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ETUDE SUR LA TAMAZIR’T DENATIA DE QALAAT ES~SENED (TUNISIE) Dr PROVOTELLE DE Garsa ¢ PARIS ERNEST LEROUX, EDITEUR 8, RUE RONAPARTE VI 1914 PREFACE Nommé en 1910 médecin de colonisation Gafsa, j'ai eu Voc Aatre en frequents rapports aveo les habitants de Ia Qalad de Sened; t pourquoi j'ai eatrepris d’étudier le dislecte berbére encore parlé 5 cette localité située dans la région montagneuse qui fait suite au Djebel Orbata (sud-est de Gafea), Sened est en effet avec Djerbah et Ie pays de Tamezr: (Matmates) ua arabe; encore que l'usage a'en soit plus que secondaire pour ceus qui la parlent; ce n'est plus qu'un patois mélangé de mote arabes dont fon ne se sert que pour n'étre point compria des étrangers au village, Le vocabulaire autochtone a du reste une tendaoce 4 s'appauvrir de plus en plus; il viendra un jour oi la Zenatia de Sened disparaitra & son tour comme elle a disparu a peu prés complitement 3 Majourah et & Sakkat (0. Bow Said) et totalement 4 B, Amran, El Ayacha, ete. Aussi Fai ponsé qu'il était intéressant de fixer les caractéres morphologiques ¢t phonétiques de ce qui subsiste encore de ce dialecte, succinctement avant moi par M,R, Basset, doyen de la Faculté des Leftres @’Alger, dans un travail paru en 1891-92 (Woking, 189%, Cet opascute comprend quelques remarques grammaticales et un petit lexique; le tout joint & des notes sur le dialecte des Harsktas avee un lexique comparé des mots de Bougie, Ge travail m'a été extrémement utile au début de mon étude on Iai constituant use veritable base, Je n'ai trouvé mention d’aucune autre étude sur le dialecte de Seved. Pour la comparaison du dialeete de Sened, j ‘ante, tilisé les travanx sui R, Basset, Blades sur les dialectes ber- Le dialecte des Matmatas a été étudié par le DF Stamme (de Leipzig). Sousle titre Marchen der Berbera von Tamecrat’ in Sid-Tanisien (Leipzig, 1900, in), il publié ua reoueil de contes recucillis de la bouche d'un Matmata pendant son séjour & Tunis, Il est & regeotter qu’une gram= roaire et un lexique a'aieat pas accompagné cette publication, M, Neblil, " Prerace, apres une mission aur Matmatas, a recucili lee éléments d’an travail 4gui n'a pas encore para, a été étudié par M, R, Basset dans le Journal Asiatique (Wotes de Lezicographi berbire, 4" série, Paris, 1893, in-8). M, de Cal Motyliski a également publié dans le méme Jouroal Uh dialogue et deuz textes en Dialecte de Djerbah, avec traduction iateri- nésire et notes (1898) et une chanson dane le Bulletin de Correspondance africaine, fase, V-VI, 1885, p. 561-566; ef. aussi plusieurs fables de Logmin en dialecte de Djerbah dans R. Basset, Logmén berbare, Pa 1890, Dustecre oe Bovots. — R, Basset, L'Insurrection algérienne on 4871 dens les chansons populaires kabyles, pp. 48-60. Louvain, 1892; Bros- selard, Dictionnaire francais-berbére, Parie, 1840, Hanoteau, Grammaire kabyle, Alger, 1859; B. Sedira, Cours de langue kabyle, Alger, 1887, iB; R. Basset, Manuel de grammaire kabyle. Patis, 1887, in-t2; “Aucapitaine, Etude récente sur les dialectes du Djurjura. Paris, 1867, in-8; R. Basset, Logman berbére, Catou, — Masqueray, Comparaison d'un vocabulaire du Zénaga avec les vocabulaires correspondants des dialectes des Chawia et des Beni Meab (Archives des Missions scientifiques, 18:9); Tochon, Essai d'une grammaire chaoui, ila suite de Sierakoweki, Das Schaui, Dresde, 1871, in-8; Mercier, Le Chaouia de U'Aurés, Paris, 1896, in-8; R. Basset, Notes sur le Chaouia de la province de Constantine. Paris, 1892, in-8 Mercier, Ging textes berbéres en dialecte chaouia. Pacis, 1900, in-8; Huyghe, Dictionnaire francaie-chaouia. Alger, 1906, in-8; id,, Diction- francais, Alger, 1901, ia-8, Hanaera, —R. Basset, Notice sur le dialecte des Haraktas. Woking, 41892; id., Logmén berbare, Ovancua xr O. Rn, —R, Basset, Etude sur ta Zénatia du Meab, de Ouargta et de U'0-Rir', Paris, 1892, i0-8; Biarnoy, Ktude sur le dialecte berbare dz Ouargla, Paris, 1908, is Dinan, Nurovss, — De Motylinski, Le Djebel Nefousa, Paris, 1698, fnc8; R, Basset, Logmdn berbére; Grimal de Guiraudon, Dyabaili Yoca- bulary dane le Journal of the Royal Asiatic Society, oct, 1893; R. Basset, Les Sanctuaires du Djebel Nefouse. Paris, $899, ia Guvanis, —_R, Basset, Logmén berbire; De Motyl berbire de Rdamés, Paris, 1904, in Guar, — R, Banset, Notes de lexicographic berbire, Ir série, oh, IIL; Nehlil, Etude sur te dialecte de Ghat, Paris, 1909, in-8, Srouan xr Aoupman.— R. Basset, Le dialecte de Syouah. Paris, 1890, in-8. On remarquera que je a'ai pas employé le terme de Dialecte du Djerid. Ii me semble que cette dénomination porte & confusion, Dans le Djerid Le coxua's px D: naire chaoui ski, Le dialecte PREFACE nu — qui e'étend de Gatsa a Nefta — le Djeridi, "homme de Ia plaine est ‘constammest opposé au Djcbeli, "homme de la montagne (Sendi, B, Amri, 0, B. Saad, Ayachi, etc.) Le Sendi ae se méle guére aux tribus environaaates : il ne va jamais, comme les gens du « Djerid weai », aux orgies de Sdada, prés de Kriz, qui oat lieu tous lee ans et qui doivent etre les restes dane vieille coutume, trbs ancienne, Ce qui nlempéche da reste que toutes ees populations soient d'origine évidem- ment berbire, mais les mélanges ont altéré le type primitif et doané liew & des sous-races distinctes les unes des autres. Pourrait-on troaver dans d’autres localités tunisiennes des traces de la lange berbére? Peut-itre examen détaillé des divers dialectes arabes donnera quelque satisfaction a cet égard; je signalerai les dia- Jeotes parlés dans 'Eafida (Takrouna) ot peat-éire le Cap Boa of une Jocalité a gardé Ie nom d’Azemmour, — Des racines peuvent avoir été Aéformées et avoir été confondues avec des racines sémitiques. J'ai indiqué quelques mots dans le glossaire a titre de pare indieation sans chercher & en tirer aucune conclusion. Groseatms, — Wai négligé & dessein un grand nombre de mols pro- venaat de 'arabe lorsque le- passage de arabe au berbére n’eatrainait pas de modifeations phonétiques intéressantes, Egalement négligés les mots comme abidoun, Ye seau, taharrost, la voiture, ete ‘Jai fait suivce certains mots de leurs analogues dans d'autres dislectes herbires que j'ai pu consulter, Ml y a en elfet des modifications de racines, qui permettent de comparer les dialectes entre eux, Chaque fois que le sendi dilfére lexicologiquement des dialectes de Bougie et du Nefousa j'ai indiqué ces divergences, Mes informateurs principaux pour le dialecte de Sened ont été Teieb ben Boubaker, notaire de Sened, excelleat homme et mon ami, intelligent et dont Ia grande bonae volooté ot Is patience m’ont permis de mener & bonne fin la tiche que j'avais entreprise. Je lui die cordialement merci, ainsi qu’é soa fils Mohamed bea Taieb, qui m’a fourai d’amples rensei- guements, De plus la foule des Sendi, qui viennent journellement au: marché @ Gafea, m'a permis d’établic ua contréle sur la valear des mots et surtout la prononciation individuelle, Je dois remercier aus: M, Abderrhaman Guiga instituteur 4 Gafsa qui jerprate toutes les fois qu'il m’était nécessaire d’obtenir ua reasei- guement bien précis, bien voulu me servi M. R, Baaset, le maitre incontesté des études berbéres, doyen de la Faculté des Lettres d’Alger, a droit i toute ma profonde reconnaissance pour les conseils éclairés qu'il ne m'a pas ménagés et pour avoir bien Ww PREFACE voula revoir mon travail en me sigoalant tout ce que mon inexpérience avait Iaiseé ccbapper : je lui exprime ici de tout mon eur mee rem clments tre respectueax, Test quelqu'an qu'il mest doux de mentionner en terminant : ma cohére femme, qui m's aidé dans mon travail et 4 qui je suis heureux de dire toute ma profonde affection, BTUDE SUR LA TAMAZIR'T OU ZENATIA DE QALAAT ES-SENED INTRODUCTION I. — Historique. Le village deSened —Qalaat es-Sened — est situésurle flanc septentrional de la chaine montagneuse qui fait suite al’est av Djebel Orbata, environ a 48 kilométres de Gafsa, Les Sendi reconnaissent étre de la méme famille ethnique que les habitants de Bou-Amram, Sakkat (Oulad Bou Said), El “Ayacha, villages du flanc méridional de la méme chatne de montagnes, et que ceux du Dj. Majourah, situé plus au nord, des localités, autrefois habitées, de Oum el Aleg et Bou- Zannoueh (flane septentrional). Tons ces villages formaient autrefois des déchras, posées en nid d’aigle sur un sommet difficilement accessible. afin de se défendre contre les pillards. Bou-Amram en particulier a une position pittoresque, et de loin, dans la vallée, ses maisons tuinées font penser & quelque vieux chateau féodal démantelé, ‘Toutes ces populations —sauf Sened — parlent maintenant Yarabe. On m’a assuré qu’a Sakkat quelques personnes Agées pouvaient encore dire quelques mols berbéres. A Majourah ‘ 2 ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED quelques familles également ont conservé Pusage de co dialecte. Mais on peut dire qu'il n’en restera bientét plus aucune trace. J’ai remarqué, en tournée dans ees villages, de nombreux individus aux cheveux blonds et, aux yeux clairs. Quelques-uns possédaient méme des yeux bleu-faiencea faire envie & quelque Germain. Le cheikh de Sakat actuel porte le nom patronymique de Zarroug 4 cause des yeux bleus qui existent dans sa famille. Son petit enfant a les yeux blen- verts et les cheveux blonds. Ces populations sont restées un peu farouches et se lient difficilement ayeo les tribus environ- nantes; elles traitent les Arabes avec mépris et lour infligent, le sobriquet d’Isegsaouen (les Bleus). Néanmoins elles se familinrisent assez vite aveo Européen, et montrent de la reconnaissance. Ces Berbéres sont également assez bavards et deviennent rapidement expansifs. J’ai va 'un d’eux, de passage & Gafsa, mo traitant en ami, me confier sa fille pendant deux ou trois jours. Je dois peutétre cette marque de confiance & ma qualité de médecin : elle me prouve en revanche combien le role du médecin pent avoir de valeur au point de vue de 'action sur les indigénes, réle qu’a bien su juger M. Urbain Blanc, secrétaire général du Gouver- nement, quand, & notre arrivée en Tunisie, il nous faisait entrevoir le réle que nous aurions & jouer. Sened se compose de deux villages : Pun Sened proprement dit, Pautre En-Nageuria, du nom d’un marabout. Ces deux villages forment deux groupes familiaux' vivant en bonne intelligence, sous la surveillance d’un cheikh (amar). Avant occupation frangaise, Sened était le sidge d’un cafdat actuel- Jement supprimé. La maison (tazegga) est creusée dans Ja terre, analogue en cola aux habitations des troglodytes du pays des Matmatas. Cette dénomination, tasegga, se retrouve avec le sons de maison chez les Haraoua : azegea, chazeqga. Egalement cette 4.5.4 600 habitants environ. BTUDE SUR LE DIALGTE DE SENED 3 derniére s‘emploie en zouaoua. M. Basset pense que le sens primitif parait avoir été construction. Cf. en Beni-Iznacen : thazeqqa, terrasse ; Ouargla : tazeqya, chambre & provisions; Mzab : tazega, enceinte: Dj. Nefousa : ¢azega, chambre au rez-de-chaussée; R’damés, tasegga, mur. VZR’ modifiée de VZQ; ainsi B. Iznacen : thizar’ouin, maison en terre; Guelaia: thizir’ouin, terrasses. A Bougie asekka signifie tombeau (anil & Soned) (cf. anil Mzab et Ouargla). Le progrés a fait éclore & Soned quelques maisons au- dessus du sol dans le style arabe, et leur nombre a une ten- dance & augmenter. Les Sendi s’appellent eux-mémes Imasir’en. Le singulior a Imazir'en est Amazin’ jL1. Leur langueest dite: tamazir’t ou sénatia. Retrouve-t-on trace de ces populations dans Vantiquité? On a rapproché le nom d’Amazir? — ef. Amasigh des Touaregs — des Matixes de Ploléméet, Les Capsenses, cités par Pline, s’étendaient probablement comme tribu au-dela de Capsa et comprenaient sans doute les populations environ nantes. Parmiles autres peuples de la région cités par les auteurs romains et byzantins, on trouve les Frexones (Fraichich de ‘Thala-Feriana), les Maxxoipx de Ptolémée qui font songer aux Madjeurs de Sbeitla-Sbiba et aux Madjouri présSened (Magouri en sendi). Cette derniére assimilation ne serait pas plus improbable que celle qui a rapproché les Maghraoua des Mayovpaée. Ges diverses populations ont souvent changé de place et, par conséquent, il est nécessaire parfois de chercher leur origine dans une zone différente de habitat actuel. Dans les notices épiscopales que nous possédons sur 4, Sur les Mazikes = Amazit', vole R, Bassot, Blude sur Ce dialecte de Syouah, P6 4 [ETUDE SUR LE DIALECT DK SENED VAfrique ehrétienne je trouve un episcopus sinitensis dont le sidge est actuellement inconnu. Dans les mémes listes on Tit Mazaces, co qui est bien un nom ethnique se rapportant aux Mazaces dos époques antérioures (Matixes). Le sitge « Sinitensis » a pu étre une bourgade assez importante. Pour- quoi ne pas songer & Sened? Toute Is région située entre Sened et Majourah, sur les bords de l’Oued Nadour, est riche en ruines non fouillées et pour ainsi dire inconnues. De grandes citernes se voient le long de ls ligne du chemin de fer de Gafsa et, au pied du Majourah, il on existe d’autres que ions — dont il resto des traces — reliafent & la source qui jaillit encore dans Je Djebel. Il y eu donc la autrefois un centro de colonisation important; des fouilles pourront nous Vapprendre un jour. Quoi qu'il en soit, je ne vois pas d’objection contre mon hypothése d’assimiler la ville épiscopale « Sinot, Sinit » & l'ethnique Sened Toute la région du Djerid contiont encore des dénomi- nations berbéres dans sa nomenclature orographique : Tozeur, Tamer’za, T’abedit (I'arrét, le campement aux sources), Theveste, Thala, Tébessa, Suffetula (Sheitla Sou/, riviere) (2)*, Deggache s'appolait Thiges dans l'antiquité. ‘Au moyen age le Chott ol-Djorid s'appelait encore Tekmert. Enfin la petite oasis de Lala, prés Gafsa, au pied du Dj. Orbata, me parait dériver de la racine VLL qui en ancien libyque signifiait eau (Hesychios) et qui actuellement en sendi, en djerbi, & Dj. Nefousa et & Matmata signifie mer sous les formes ile, ilil. De sorte que Jala équivaudrait & ’ain, 1a source, l'eau. Les Sendi, comme tous les Berbéres, n'ont gubre de sou~ vonirs historiques so rattachant & leur passé", Ils se sou- 4, Une de eos citernes vient etre réparée et utlisée. 2. M, Basset considore cette étymologie comme doateuse. ‘4 Parma les Berbdres issus de emit (descendant de Madr's ol Abter) et ‘dont font partie les Matmatas et les Djerbieus fe releve une tribu des Miknasa. Cf, Bled Matnasey & Youest de Sened. ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 5 viennent vaguement copendant d'une dynastio Zénéte qui régnait sur toute la région da Djerid au temps d’un puissant Asoukkour chrétion de Tunis. Leur dernier chef, Abou Sida, surnommé Khalifa Ezsenati, aurait été tné dans son chateau par le prince des Hilalions Bow R’anem. Les gens du pays montrent encore les ruines d'une vieille batisse prés de Maknassy, qu’ils appellent Ksar Khlifa Exsenati et qui aurait &t6 le lieu du désastre. Cette tradition tendrait & confirmer que V’aire des populations qui habitent actuellement la mon- tagne était plus étendue (Oued Nadour). Cette région a da étre prospére, a sans doute été christianisée comme les régions de Kasrin, Feriana....: les invasions arabes ont refoulé les Berbares et ruiné le région. Le pays présente de nombreux foyers préhistoriques (?) de pierres taillées' : Gafsa, Oum-el Aleg, Zannouch, Tabedit, Redeyef, ete. Voir A ce sujet les travaux de Collignon, Palary, D* Gobert, ote. Il n’est pas doutenx que ces diffé- rents. vestiges soient l'cuvre des anciennes populations berbares chez lesquelles Page de la pierre taillée a existé encore a une période historique. La population de Sened a été fortement décimée par le typhus en 1909-1910, Pendant six mois ce terrible fléau a fait pls de 600 victimes dans tous les villages cités plus haut. La langue tend a s‘altérer ot & se pénétrer de plus en plus de mots arabes. Le Sendi emploie le plus souvent la langue arabe, méme dans son village. Son dialecte berbére ne Ini sert plus que comme un patois destiné & n’étre pas compris des étrangers, il montre une certaine répngnance parfois méme a le faire connaftre. Il n’y a évidemment aucune langue écrite. Je n’ai pu reeucillir aucune chanson? ni ancun conte dans fe genre de ceux qu’a publiés M. Basset 4. Formes moustériennes. 2, Si Mohamed Roubaker m’a aflrmé que 'on chantait seulement des chan- sons arabes. 6 ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED pour différents dialectes et M. le Dt Stumme de Leipzig pour Jes Matmatas (dialecte de Tamezratt), H., — Lextoologte. Au point de vue de sa phonétique et de sa morphologie le dialecte de Sened me parait faire partie d'un groupe com- prenant les dialectes de Bougie, de Sened, de Matmata, du Djebel Nefousa. Il s’éloigne du Chaouia et du Zouaoua ainsi que du dialecte de R’damés. Cependant il existe des diflé- rences lexicologiquos notables entre les dialectes de Boogie, de Matmata, et du Nefousa, d’une fagon tras irrégulidre du reste, la concordance se trouvant tantét avec un dialecte, tantét avec un autre. Voiei & titre de renseignement un court tableau compara- tif de mots emprantés & ces dialectes (voir p. 6). Ce tableau montre combien le dialecte de Sened a sa place bien déterminée & cbté des grands dialectes : il a sa physio- nomie propre. S'il ressemble par certains cdtés au dialecte de Bougie, il se approche par d’autres des dialectes tripoli- tains. En tous cas cot tlot berhére constitue un chainon qui relic les dialectos algériens et les dialectes du Djebel Nefousa. IIT, — Phonétique. 4° Au point de vue phonétique le dialecte de Sened n’admet pas les consonnes : . dh et 3 d’. Ce (> que Bougie transforme quelquefois en 3, Sened le remplace par un d >. Ainsi : Djerba alridh Gop Zo8008 nig ‘ Bougie $7" Bougio. Riviere, asf Montrer, esken Entendre, sel Fianeé, Fianeée, Soned. souf sebken esel etchour aril tar'rout agoujit ajen toum tamedjit tiksé aieddid temechkent erga netch netta temechkant argos netta Nofouss, | Chaovia. ousef i seken » el » asli, » tsilout » iechchar » vil » tar'rout aarout temedjit » terellet » guid (8) teboulchit » ergas, aterres| —argaz nech, netch netch neta tadjertilet ‘oulown asim anefaji tadjmart tatal aiddit taouadjet oudjdjid neck nnitten tangtoust erids 8 ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED Sened Chaouia { i Mab (rid opt Ridamés Nefonsa brid ap Autre exemple : ad’rar = advar, montagne; ird’en = oud'i = oudi, graisse, ete. irden, blé; 2°. th de Bougicest remplacé par = (comme en Nefousa). thamat'outh, femme = tamat'tout, ithri, étoile thasa, foie thidels, vérité = tida. 3° Le Sendi transforme le | des mots tirés de Varabe en b, rigle & peu prés générale & Bougie (oi cependant un 3 rem- place parfois le _+) et fréquente en Nofousi. {Ar.) edfdherou, le lentisque; (B.) edd’erou; (S ) etterow. (Ar.) dridA, large; (S.) idrev’. Aredoui, le poulain, vient de Varabe ra@oui 53) (d=a’). 4 Le ¢ =: de Bougie correspond aussi au d > de Sened. (B.) ets, rire; (S.) ides, 5° Le sf de Bougie, devient j j a Sened. (R) thirga, réve; (S.) itirjin, les réves; ancbgi, hote: ——_inijiou, etc. Cependant : (B.) ergigi, trembler; (S.) rgel, etc. 6° 5 sveprésonté par ¢ dj. (B,) amezsour’, oreille; (S.) tamedjit. 7° Dans quelques cas se gutturalise en _ (rare). (B.) azekka, lombeau; (8.) tazegga, maison. TUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 9 8° L¢’ se maintient sans modification : (B.) thames’touth, femme; (S.) tamet'fout: at'ad, doigt; tad; atiar, pied ; far. ele. 9 (s correspondant a 1, (B.) netsa, elle; (S.) neta. teh, (B.) nek, je, moi; (8.) neteh. 10° 26 Cos différences se trouvent récapitulées dans le tableau suivant; la premiére colonne représentant le zouaoua et Yarabe pour la lettre (> dh. Div. dial ot Arabe, Bougie. Sened. ja od wth we we od oe 3a be en 3 3 zu 2k atch vu wu. En somme, tandis que Bougie remplace le.» par 3, Sened ot le Nefousi le rojetant complétement, le remplacent par L ow >; Djorbah et R’damés V’ont conservé dans quelques mots. Egalement S., Nef. et Rd., ne posstdent pas le > de Bougie (conservé a Tamezratt et Djerbah).S., Nef., Dj., R’d. n'ont pas le + de Bougie, ce qui établit entre les premiers dialectos un nouveau trait d’union qui a plus d’importance que leurs différences lexicologiques'. 4, Ea effet, au point de vue lexioologique, M. Basset dit que le Hjerbi se rap- proche du Rif, du Zougoua et du Mzabi. On pourra remarquer aussi bien que le Sendi — au point de vue du vocabulaire — a également des affinités avec le Mzabi, le Ouargla et 10. Ri. 10 ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED DIALECTE DE TAMEZRATT Je ne veux pas m’aventurer dans le domaino de la phoné- tique comparée du dialecte des Matmatas. Les textes de M. le D* Stumme ne permettant pas de porter un jugement d’en- semble sutfisant. 1] est regrettable qu'il n’ait pas paru une grammaire et un lexique comme Vavait annoncé Tauteur en 1900: « Eine Grammatische Skizze des Dialekts unserer hier publizierten Texte werden wir spiiter verdffentlichen ». Les traductions allemandes qui suivent ne serrent pas le texte Wassez pres et laissent parfois dans l’incertitude. Attendons le travail que publiera dans quelque temps un éléve de M. R. Basset, M. Nehlil, officier interpréte & Bou Denib. Je me bornerai & indiquer les quelques différences que j'ai pu extraire des Marchen. Ceci pour montrer simplement que le dialecte du Sened et colui des Matmatas ont leur physio- nomie propro. 4° Différences lexicologiques. Sened. Matmatas. jeune fille, tamachkent, Pangloust'; cendre, ir'ed, ermad (ar.); dire, emmel, enna; mourir, emmet, exef; jeune homme, achenti (ar.),amdkehen anglous ; argent, idrimen (ar.), elme! (at. ichemmen; fils, fille, memmi, ilti, afroukh, tafroukht; montagne, —adrar, eddahrat'; caverne, tioutchit, tirit; negre, ichmej, ackiou, ete.; Modifications morphologiques et phonétiques. main, fous, afous; uit, daggit, deggeia ; ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED u homme, ergs, erias; femme, tamat'Vout, Pamat'tout’; sous, sadous, seddou: votre pére, daddakoumet, daddakmet ; vent, atou, ad'ou; mer, ilel, ‘lil; plein, itehour, ‘ichchowr; vendre, ens, sing; beaucoup, eget, gitt; chambre (maison), te:agqa, dsagqa; ane, ar’ioul, a"roul (Stumme) ; frore, 8. aoummat; — pl aoumaten; un, ens une, ‘cht’; auits (pl.), iifan, iefan, iid’an; comme, mé, amazat, sam pied, var, agar; malade, izemmerj. imeijil REMARQUE. — tau’; gsi; (=03 ' a’; dj. 3° Remarques diverses. A) Le sendi & ’état construit emploie parfois la substitu- tion de la voyelle ow a Ja voyelle initiale «, Mais ce fait ne constitue pas une rdglo absolue; on dira aussi bien : itehour 8 aksoum et itchour s ouksem, plein de viandes af abrid et af oubrid, par le chemin; ouchi-d d our’roum d ouksoum tisent doubrin d ouamdn d our’i d imetchen, donne-moi du pain, do la viande, du sel, du couscous, de eau, du lait et des figues et ouchi-d dar’ronm d aksowm tisent d oubrin d amin d ari dimetchen-; — ouches iouchenti, i oumezzien, donne au jeune homme, au petit, et ouches i achenti, i amouzsien; — ouches i oumdouklik et ouches i amdouklik, donne & ton ami, Quelques mots ne présentent jamais cette modification : ergs homme, etc. 2 [ETUDE SUR LE DIALECT DE SENED Le dialecte des Matmatas paralt au contraire absolu & cet égard + Tena ias n ouriatis, ello dit son mari; g oufouris, dans sa mainj laf’kait n ouchehen d oujernd: d oufounds, his- toire d'un cbaeal, d'va lion et d'un bacuf, B) La négation qui est réduite & +, (+ & Sened se com- pléte aux Matmatas d’un ow préfixé au verbe. ou-anleouiieh-eh, ow-ounnissin-ch, oul-rerech-ch. C) Le préfixe et le suffixe du féminin est 4 #’, contrairement & Sened ott le = est de rigueur. D) Utilisation fréquente du @ confirmatif aprés Ie pronom complément du verbe : a’enrad, aritii-d. Son emploi avec le complément indirect : ireggeb d is, il Ja regarda. La forme din omployée aprés les substantifs d’une fagon confirmative : celui ou celle-la dont je parle : tanglousd-di, es jeunes filles. Noter Vassimilation du + final avec le d. ASened ce d n’est guére employé qu’avec le pronom de la 4 personne : ouchid, donne-moi; taddistiow toujaid, mon ventre me fait mal; sgenfaid, guéris-moi. On verra a la grammaire son usage avec Padjectif épithete et avec le substantif. E) Les textes de M. le Dt Stumme ne m’ont pas révélé Yexistence d'une terminaison ¢ & la 4* personne des verbes'. Plusieurs formes correspondant dans la traduction allemande 4. Gh Ouargla et O. tie a 1 por. aoriate (verbo omployé aves. une par~ tical) Bi, pret. : ari’ terri, etey aor. + adezra,alered, ete. (Ouargl); aidegsera, atepsered et egserer, eprerd (Os Rir}; 4 Waams cate modieation dda g en d 30 maintiont aut deux temps: adedkeld ot etkeld; au reste dans ce Ainktcte d= &, sist: ezda pour exder’s ff pour afer’; ti pour tat, eto. Y. alessant‘Motylinskl, Oratcte de Ramer, . 7 et. ‘ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 8 & Ia 4" personne se terminent par a. Ex. : atlenr’a ch’sa, addéa'fa, tichcha, ete. F) Le dialecte des Matmatas me paratt encore plus mélangé d’éléments arabes que le dialecte de Sened. Il paratt plus dur par la présence de certaines consonnes et se rapprocherait, des dialectes algériens plus que des dialectes tripolitains. DU NOM DE DIEU A SENED Une particularité qui m’a para intéressante signaler & part est le nom que les Sendi donnent 4 Dieu : Ow yaunnej, c’est- a-dire, & proprement parler, celui qui est au-dessus. De méme on dit du démon : Ow-gedai, celui qui est au dessous. Ces mots sont composés : 1° du pronom démonstratif simple ou qui n'est plus employé sans la particule démonstrative at dans le langage courant, mais entre encore dans des locutions comme ougemmes, celui du milieu; 2 do la particule dannexion g qui n'est également plus employée dans ce sens & Sened, mais était autrefois une particule d’annexion dans Je vieux libyen et l’est encore dans les dialectes algériens ; 3° des adverbes enneg, eddai. En sendi, au dessus se dit senneg; au dessous, sadous; en Z. on trouve : ennig, sennigs eddaou, seddaou; nefousi : denney, saddou, =) {ennej). Co qui m’a feappé c'est 1a ressemblance étrango qui existe entre le nom de Dieu chez les anciens Guanches, @aprés Viana et Galindo, et le nom qu’emploient Jes Sendi. Viana donne Aucanech (lisez sans doute Ou-k-anech), Galindo Achucana, N’est-co pas ule méme mot que notre Ow-g-ounne}? M. R. Basset & qui j'ai soumis ce rapprochement I’a jugé vraisemblable', 1. Volr R, Basset, Religion dee artclens Berberes, Patls, 1910, in-8. CHAPITRE I PHONETIQUE J. — VOYELLES Le dialecte de Sened possdde les trois voyelles fondamen- tales communes aux langues borbares : a, 4, ow En transcription avec les caractires arabes elles sont re- présentées respectivement par : Vout a, sousi, "pou 2 ow. Copendant & e618 de ces trois sons principaux il y en a autres que I’éerituro arabe est impuissante & représenter ot que dans la transcription francaise nous noterons ainsi qu'il suit: 4, se prononee ai [a/ounds); — eu [adri (lisez €)}s — 6 {bourrost); — — @ [iséfen); ai [tifrai); SH we a 2 8) \ i, = ai avec légére aspir, a-A-i. 16 ‘ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED A, —Sons représentés par ua J alif et 2, 2) Le son normal a dans les mots comme ahi, adrér, montagne; LS, tina, les puits; bL=|, isr'aren, les troncs d’arbres, le bois. Dans tind ot isr’dren V'a est long. Dans ddrér I’a est bref. Dans ce dernier mot il constitue Valif initial caractéristique des noms masculins : il est tou- jours brof. Ex. : founds, le boouf, ar’wul, Vane, abrid, le chemin, &en, In maladie. Rewangue. — On remarquera la tendaneo dans le dialecte de Sened & supprimer fréquemment Valif initial surtout dans Jes mots monosyllabiques et quelques polysyllabiques. Ex. Pad, le bras, ar, le pied, /ous, la main, souf, In riviére. Et copendant — quoique ne le pronongant jamais, mon transcripteur ne manguait jamais de figurer ’alif. De méme redout ou aredout, le poulain (ar.); simmel ou asimmel, le cheval (ar.); r'arda ou ar’arda, le rat. En revanche on prononce (4t/ut, le soleil, qui est un nom féminin, Au féminin Valif initial disparait et le = préfixe est suivi dune voyelle de liaison dont la valeur varie avec la pronon- ciation individuelle. Elle est tant6t «, ¢, i, e muet. C’est ainsi que j’ai entendu prononcer tantét : la vache : tafoundst, téfoundst, tefoundst, (foundst; le ventre : taddist, téddist, teddiet, tiddist, ete, Les mots féminins employés avec une particule voient leur voyelle de liaison déplacée par mélathése et reportée devant le = préfixe. Ex. : iv’eren n’ etzagga, pour : tezagqa, le plafond (mot & mot : les bois de la maison). Cela pour Peuphonie et une plus grande facilité. ‘ETUDE SUR LE DIALECT DE SENED ” 8) Le son dso prononce ¢, ai. Cette prononciation de la est partagée par le dialecte de Sened aver les dialectes arabes tunisiens oi 'atrés souvent a le son ai. Ex.:ma zal, se pro- nonce mé sél, pas encore. De méme : afounds, bot, se prononce afaunds; args, homme, érgé: +) € se prononce ew, ainsi: aérér, montagne = adreur, Le son qui précéde le ¢ se prononce généralement de la méme facon : adeiché,’ = adetchour’ (je mangerai); atsiberér’ =artsiberew” (je fais bouillir). 2) | < représente aussi le son ¢ qui est moins ouvert que @ ot n’est pas aussi fermé que le son é frangais. Ex. : iséffen, les rividres; iféssen, les mains, Co son est souvent suivi d’une consonne redoublée. «) @ dans la terminaison an des pluriels masculins se pro- nonee tantdt an, tantot en. On dira ainsi : isr’aren, les bois; ifessen, les mains. Et fi?’an, les chiens. Dans quelques cas il prend un ton plus aiguqui rappelle @: amén, Yeau (amin). 2) La dipthongue _c! se prononce ai dans les mots fémi- nins pluriels : tifrai, ¢esdai, izdi, etc. lls répondent & un singulier : tifret, tesdet, izet, ete., la fouille, le palmier, le lourier. a) Le en des 3° personnes pluriel des verbes se prononcent en; cependant dans quelques cas le son er est tellement fermé qu'il ressemble un # tres bref : Ex, : ammout'en, ils mourront = ammout’in. Remargue I. — L'a dans les pluriels féminins en @ est long (ex. : ténisa, les clefs), et }’accent se porte sur la syllabe finale sinisd, 2 * [ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED Rewangur If, — Dans quelques mots comme amasai, oval, tai, at est transorit avec la dipthongue _¢I; il semble qu’il y ait entre Va et 'é une légare aspiration : a[*]i. Ainsi : ama- sa[f}i, oua[A}i, sa[A}i. Cotte aspiration se sent également dans [AJida, [Alia, oneddajh], cedda[A]. Je transeris a[4]i: ai, — Sous représeatés par ua ¢ ou “7 (1). Le son i peut étre long ou bref. Tl est long dans les mots comme : ag/tm, Ia peau; hydne; ametcht, la figue; abrid, le chemin; agoujtl, Yor. phelin; oudai, lo juif. Long dans la terminaison des pluriels féminins en in : tikhotn, tir’ellin, timamouin, tegatchilin, Long dans les diminutifs : tar’enjait, outlit, Le son é est bref dans ’i qui précdde par prosthase les noms masculins singuliers : ifs, la hydno; iasir, le coq; izagid, la detto; tneres, le talon; itinjén, les roves. Bref dans V'i prosthétique des noms masculins pluriel ‘ifessen, tseffen, etc. Bref & a 3° personne du singulier des verbes, dont il est la caractéristique : tet't'es, tsesoug, il a dormi, il a fait boire. Bref dans les noms féminins lorsqu'il sert de voyelle do liaison aprés le = préfixe, surtout au pluriel; sizeqgouin, les maisons; smamouin, les pains; tinisa, les clefs. Li joue parfois lo réle d'une demi-consonne : maitou, la fourche; #i’an, les chiens. Remanove. — ai fait remarquor plus haut la prononcia- tion extrémement fermée do en, pouvant étre entenduo ix. , + Sons repréventds par y ot 2. a) Le son ow qui peut étre bref comme dans diz/aoiten, les coours. ‘ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 19 Long dans maitoa, fourche; tiotfert, le trou; tanoat, le Puits; ow, le cwur; oalli, la charrue, ete. 6) Le son o comme dans bourrost, sauterelle; tamah’rogt, cuisse; tif’oraft (ar.), conte. On le trouve souvent dans des mots tirés de l'arabe. Reangue. — Il existe un son ¢ muet dans quelques ter- minaisons surtout aprés un 6 ot un m on dira : alebéfe] du verbe ebb, il voudra; gezmenér’, & o6t6 de nous. Simplification euphonique. — Contraction vocalique. La valeur du mot réside dans ses consonnes radicales. Aussi ne sera-t-on pas surpris de voir supprimer les voyelles quand Veuphonie ou Je moindre effort & faire le réclament. Ainsi : 1° ifef. sein; plur., ifeffen : ifefis, son sein; deviendra par simplification i/fs, son sein, iffenis, ses seins; 2° eqgenfa, gusrir: seggenfa, faire guérit =sgen/2, guéris; Be memmis w’Ahmed : mis n’ Ahmed, le fils d’ Ahmed. Renargue. — Dans les verbes bilitdres. Ex. : le verbe enne?’, aller, verra dans la conjugaison son ¢ disparaitre par suite de la chute d'un n (redoublement de la 4" consonne dans une racine bilitére) : ad-en-er’, firai. De méme : agqen=ad-ag-ner’, mais, ulaggen, (Voir Venees prirénes). Il. — CONSONNES A. — Labiales : BO. Le (4, Zouaoua (v), R’damés (7) n’existe pas. OU consonne :. — wr'a-ou-sa, chose; a-0u, chevelure; aou-et, frapper. 0 TUDE SUR LE DIALECTE DE suNeD Remangue : Amezouarou, le premier : (Z.) amzouarow; chez les Ait Khalfoun le ou est devenu 9 : amesgarow (of. Sened, zaou et deaggout). F _s. — atounds, bwuf; foud, genou; ikAf, tate; ifef, sein, etc. M ¢. —amellal, blano; imé, bouche, ete. ReMaRgue. — Dans temja, flite, roseau : m correspond au 6 du Nefousi : ¢ebga (avec j = y). B. — Deatales. T = constant, remplace le 4 th de Zouaoua et de Bou- sie (Nef., 4d). TA Ja 2 pers. des verbes, finale du singulier. T préfixe et suffixe, signe du féminin. Ts existe sous la forme (5 : tsallest, obscurité. Ths noxiste pas. T’ L oxiste : at’ou, vent; at’en, maladie; Var, pied (Dj. dar), tad, bras, ote. Z bn’oxiste pas : =’, Ex : _s.b5, propre (ar.), éentef. Teh ~ rtch, manger; itehour, plein; ‘agatchilt, petite fille. Correspond parfois an & do Bougie : nek = netch, D> constant 4 Sened oit n’existent ni le 3 4’ nile we dh huile; irden, blé; eddou/t, la laine, pl. teddou/t. [(B.) rd’en; (R’d.) ird’an.] Dh .» correspond & Sened au > et au b. Ex. (0.) adhou, vent; (8.) at’ou; (Z.) adhen, malade; (8.) al’en; (T,) iasidh, coq; (S,) tazit’; (D.) abridh, chemin; (S.) abrid’y (Rd) afradh, nuit; (S.) it’, Dj z existe dans un certain nombre de mots : tamedjtt, oreille; idjen, un. Correspond au j de Bougie, du Mzab et du Zouaoua. Dans djera, entre, il correspond au g de Bougie : gar, entre VGR. CE. Not. eggel, juror; S. idjel, TUDE SUR LE DIALECTE DE SENED a J 5 correspond ang de Bougie. Ex. : (S.) ijenna, ciel; (B.) tignaou, igenni; itirjin, raves; thargith, thirga; anijiou, hole. inebgi; 4 correspond au do Bougie dans : {S.) taPenjait, evillers (B.) thar’endjaouth; tagerjoumt, gorge; thagerdjoumth, Cf. injef. se marier. (Nef, Sy.) nedje/, andjaf. te.5 L Jexiste : t avec une prononciation légérement gutturale, ar'it=ar’ill, bras. Ry normal. SU normal. Renangue. — A la fin de quelques mots il se prononee comme un cy» légérement emphatique =¢. ‘ier'eg ou ier'eg, 08; gir’ree’ ou gir'ree, moelle (g-ir'rer’); bourrds' ou bourrds, sauterelle. Z 5 correspond au j de quelques dialectes : texerzelt, rein; (D. Nef.) teijelt. et au dj: dagen, moti; (Rd.) idjdjin; — Gutturales, G _3.0u Fest fréquent & Sened. Le £5 de Bougie correspond pourtant souvent & un ¢ ou un 5 & Sened (V. ¢ ot 3), agerthid = ajertil. Le ede Soned correspond également au j du Nefousi et au 35 du méme dialecte : (S.) gennej=(N.) zenneg (25'= j; j= G3). RY ¢ 1° pormute avec le ki = dans quelques mots: et ikh, tate; 1°” ot skh’, colline; tir'si et cikthsi, brebis, 2 ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED généralement le son du ¢ arabe : ader'rel, aveugle; ai, Te lait; arouggel, noir, etc. 3°Le ¢ dans quelques mots présente un son plus grassey¢ : je Vai fait répéter & plusieurs roprises j‘essaierai de repré- senter Ia prononeiation de ce ¢ par yf-re!: ax'roum, pain; oghr'e-roum 5,81; er'res, égorger; eght'e-res Cpe. Remangue I. — Lorsque le ¢ est suivi d'une autre articula- tion r, c'est toujours un y ef non un ¢ qui lui succéde : ar’roum, gir'ree, otc. ReMaRgue II. — Le ¢ est la terminaison caractéristique de la personne des vesbes, au singulier : adelcher’, adetser, oummir’. Remangue III. — Ne pas confondre oummir’, j'ai parlé et oumir, autrefois; nir’, ou bien et nir (ar.), chandelle; ari, le lait et ori, alfa; ar’, prendre et ar, ouvrir. Remangue IV, — Certains mots intercalent au pluriel une voyelle entre le ¢ ete y= tajer’ra, poutre, tijer’arin, Q ou K’ : 4, — Souvent confondu avec lo 25": aqouda ou agouda (ar.), tas; ifaqoun ou ifagoun (ar.), broches. (Prononciation individuelle). Nore. — J'ai toujours transerit K’ par Q. Ces deux nota- tions désignent la méme consonne. K -Snormal, moins fréquent que le _é : chek, ik, toi, de toi. Caractéristique du pronom masc. 2° pers. sing. H’ 7 Se rencontre surtout dans des noms venant de l’arabe: tk oraft, histoire; tak’neiet, fenétre, 4. Cet »* ne roprésente pas Ir y qui suit Ie 3. TUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 2 Hy. Dans corlains mots : tahachoucht, tente. Remanqus. — Il existe parfois une légére inspiration & poine indiquée dans des mots comme [A]ia, {A]ida, amasa[fi, aoudat}. A’ ¢. Dans les mots provenant de arabe seulement. Je le transeris @. NV yn. normale anil, taniltit, eto. V no so prononee jamais ® (Rif.). ‘D. — Chuintante, Gh (+ trbs employéo, De Yasstmttation do ta dentale de ta particule AD du fotur (aoriste} du verbo avec la consoune Initiale (4*¢ radicale) du verbe. La particule ad donne au verbo te sens du futur-présent. Elle est placée en préfixe devant le radical du verbe. Selon que la radicale iniliale différe, la conduite de la dentale varie. 4° Avec lo mil y a assimilation : ad-mougcér’ = ammouggér’, je suce. 2° Avec le s tantat s'assimile : assioulér’, je parle; sekrér’, je fais; sirer’, 'allome, ad-sivr'er = Ou bien s’affaiblit en ¢: ad-siberér’ atsiberér’, je fais bouillir. 3° Aveo n variable : VNZR ad-nesrér’ = ancarér’, je puise de Peaus VND adeent’ér’ je vais, ie Aveo ou subsiste ou tombe : ad-aoutér’ = ad-aowlér’ ou a-outér’, je frappe. By ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 5° Aveo d, s‘assimile : eddid, suer = addider’, je sue, 6° Avec &, 9, ne s’assimile pas ou tombe : eggen (V'QN) adeagenér’, j’attache: ekker (KR)_—ad-ekkerér’, je me leve; gim VOM agimér, je massieds ‘T° Avec =, tombe : a-zounér’, je coupe; azensér’, je vends. Sarrajir’, j‘atlends. 10° Aveo ¢, s’assimile : ad-tinji attirjir’, je réve. 14° Avec J, s’assimile = ad-louzér’ Remanue I. — Le d de ad devient ¢ 4 Ia 2° pers. du singo- lier ot du pluriel ot a la 3° pers. du fém. sing. Le d disparall toujours devant le i de la 3° pers. du singulier et devant le dela 1" pers. du pluriel. Le d reparatt toujours & la 3° pers du pluriel soit sous forme d, soit sous forme ¢, méme quant i était tombé on assimilé & Ja 4° pers. du singulier : a-outér’, je frapperai ammougcér’, je sucerai: ‘ad aouten, ils frapperont. ‘atmouseen, ils suceront. Remangue II. — Les verbes, quand ils ont employés avec Ia particule ad (aoriste), ne modifient pas leur yoyelle initisl a en ou (V. VERBES). CHAPITRE I MORPHOLOGIE LE SUBSTANTIF § 1. — NOMS MASCULING SINGULIERS A. — Noms commencant par une voyelte. Cos noms penvent commencer par un | @ ou é, £4, 3 0 Noms commengant par a. — Ex. : at'ou, te vents agitioun, la tente; ajertil, la natle; adi, la quenouille; adrér, la montagne; amer'roudou, le berceau; abrid, le chemin; agatekil, le petit enfant: agoujil, Vorphelin; alrem, te chamean; aril, le bras; founds, le beat: agli, 1a peau; amdtchi, la figue; drgdz, Phomme; aouél, les paroles; amchli, le déjeuner; agachgouch, le bois ; ailér’, le boue; arroum, le pain; dagen, 1a moitié. Remargue. — A l'état construit I’a initial peut se modifier onow. Cen’est pas une régle absolue dans le dialecte de Sened. 6 ‘ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED Noms commengant par ow : oudem, visage ; onli, charrue ousli, Baneé ouchchen, chacal; oudoi, jui oudi, Vhuile; oubrin, le couscous. Rewanue. — Dans les mots Ougounnej, Dieu; ougedat, démon; ougemmes, le troisiéme, ou n’est autre que le pronom démonstratif. Noms commengant par i : ifs, byene; imi, bouche ; ir'id, chevreau ; ilel, mer; ici, movehe; ikervi, mouton ; iri, cou; iour, mois, lune; icheker, ongles itri, etoile; ichfer, poil; isni, panier; ils (iles), langue; iasit’, coq; ikhf (ikhef), téte; inerez, talon. Remanque. — Cet é initial no se modifie jamais & Vétat construit, pas plus que I’ou initial. Noms monosyllabiques commengant par une voyelle : Gr, lion; owl, ewur. Noms commengant par une consonne, 4% Momosritamoves cowWENCANT PAR UNB CONSOWNE PAR CHUTE DB LA Var, pied; fan, broche; tad, bras; foud, genou; fous, main; souf, riviere, etc. 2 Poursretaniguss + maitou, fourche ; memmi, fils (mon); saou, eheveu ; zimmel', cheval ; redout', povlain; rarda’, rat, 4. Ou aredout, azimmel, ar'arda, ETUDE SUR Le DIALEGTE DE SENED 7 Remangve. — Il faut signaler un grand nombre de mots arabes passés en berhdre : aguuda, agittoun, Le el arabe ne s'est pas transformé en a; en passant au berbére le mot a rojeté Varticle. Cela indique une provenance ancienne, pro- bablement avant le x1°siécle (invasion des B. Hilal.). Cf. Yar- ticle de M. Basset : Les mots arabes passés en berbére (Orien- talische Studien... Th. Noldeke gew. Giessen, 1906, p. 439 et sq.) Tous les jours le Sendi s’enrichit de mots nouveaux tirés du francais : abidown, le seau, lo bidon de pétrolo. § I. — DES NOMS MASCULINS PLURIELS A. — Pluriets externes. 4° Plariel externe régulier. — Le pluriel externe se forme en ajoutant au mot les désinences du pluriel : a, in, en, own, ouen, et en remplagant V' initial par un # : alr'em, le chamean, agouda, Ie tas, asennen, Pépine, isennen-in asarout, la corde, isaroui-in; en founds, le boont, ifounds-en; abrid, le ehemin, ibrid-en; agoujil, orphelin, igoujil-en ; Grgds, Yhomme, ingds-en 5 amjer, a faveille, imejr-on; amdtchi, ta figue, imalteh-en ; areggai, le jardin, ineggatven ; aglim, la peau, ighim-en; aggerous, le nceud, iggerous-en ; aresis, Ia cle, ires'is-en; aousser, le vieillard, iousser-en; Gmr'ar, Ye cheikh, imrar-en 5 ajrou, la grenouille, —_—_ijreen; * ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED oun, anijiou, I'hdte, anijionn (anijioi-oun), oven amekli, le déjeuner, imekli-ouen, 2° Un certain nombre de mots commengant par a, ou, i, Dt modifient pas cette premiére voyelle ot forment leur plural en suffixant les mémes désinences que ci-dessus. en i+ izsi', da mouche, inven; izerzer, a gazelle, izerser-en3 ickeker, Yongle, icheher-en; ier'es', os, ir'sen; iat'tous, le chat, iat'Cous-en: iour, le mois, iour-en; fe, esein, ifeff-ens insit’, le coq, iasit’-en isen, Ia dent, isinen; if, Ia hyene (male), ifiseen; a aieddid, outre, aieddid-en ; mE it rétvile, itran; inoue le jut, ouda-in; isni, Te panier, isna-in; oven i= ils, Ja langue, ‘ilsaou-en ; iri, le cou, iraow-en; imi, la bouche, jimaou-en ; ikhf, ta tte, ikhfaou-en ou- oul, le carur, oulaou-en; oudem, Ie visage, oudmaou-en, eles 3° Noms dont I'l initial est tombé au singulier. — Ils prennent au pluriel les désinences ordinaires, et retrouvent I’: pré- fixe. Ex. : Var, le pied, iar-en; redoui, le poulain, iredowin; Aroumion', Vépaule, ikroumiown; rarda, le rat, ivarda-in, ete. 4 prononciation individuelle. 2. kroumiou, le dos; takroumt, la nuque (le petit dos). ETUDE SUR LE DIALEGTE DE SENED 29 8. ~ Piuriel interne. Ce plariel consiste & modifier une des voyelles internes du mot; voyelle qui prend généralement l'accent. Ex. : ariout, Pane, pil ir'idl; agendois, le veau, ‘igendds ; andoukli, Vami, imdoukil; aekt'te, Voiseau, fickrét’, ‘ete Parfois cette voyelle du pluriel interne remplace une yoyelle muette : az (ér’, le boue, pl. is-ou-lér’ ; adrér, la montagne, —id-ow-rar, etc. Remangus. — La prononciation individuelle m’a donné comme pluriel de a’r’em tant0t iler’ man tantdt ilar’men. . — Le plariet externe pout étre combine avec un plurtel fnterne. Ily a plusieurs modes de combinaisons : 4° i préfixe ajouté + voyelle interne + désinence. fous, main, pl. iféssen; souf, riviere, —_is6/fen; foud, genou, —ifaden; tad, pied, ifouden, ete. 2° i préfixe ajouté + voyelle interne + 2° modification, maitou, fourche, i-m-oiou-tan; gadoum, hache, i-g-ou-dem ; anim, rosea, —iroun-a-m-, ete. 3° i préfixe modifié de a+ modif. voy. int. + suff. désin. axdi, quenouille, icx-o-dient; anzer, pluie, inz-a-ren5 4, Cf, moudre sed WZ. 30 ETUDE SUR LE DIALECIE DE SENED akroumiou, le dos, ar'it, le bras, -k-orman ; ir-ell-ea, ete. 4°i non modifié + voyelle interne + désinences. irid, chevreau, — ir’al-d-en; ikerri, le mouton, ikr-ar-en. Rewangus I. — Quelques substantifs font leur pluriel ex ouin, ain, Ex. : oulli, charroe, oullaouin ; kourdi, la punaise, la puce, ikourdain, Remangve I]. — Noms masculins qui n’ont pas de pluriel: imendi, la récolte, les céréa Ougounne}, Dieu ; y’roum, Je pain; ar’i, le lait; za0u, les cheveux; ari, Valfa, Renangve Ill. — absel (ar.), Yoignon fait au pluriel tibeslim (Féminin). Plartels d'une autre racine otima, frore, —aitma; memmfij, Ble, ara. aid, chic ds, jour, aksoum, viande, — sousen, Plarlels employés sans stoguller. iboussiden, les urines; aman, Veau; idemmen, le sang ; illamen, elgiz (sorte de chicoracée) ; izougehen, thym sauvage ; ETUDE SUK LE DIALEGTE DE SENED a itoumin, les jumeaux ; aoudl, les paroles; idrimen, Vargent (arabe (23); inden, le bl6; ” midden, les gens, ete. § IM. — NOMS FEMIININS SINGULIERS A. — Formation du féminin propre. Il se forme du nom masculin en préfixent ct en suf- fixant ¢ = & Soned; et cela sans modification interne ou modification par voyelle de liaison. aidi, chien; founds, borat ; iat'Vous, chat: alr'ém, chameay 5 ifs, hyene 5 Warda, rat; agatchil, petit gargon ; anilti, berger; ar'ioul, Aue; agemfoud, hérisson; oudai, juit; ouchchen, chacal; achtit’, oisean; aoussér, vieillard ; iatit’, coq; taidit, chienne ; tafoundst, vache ; tiatCoust, chatte ; talr'emt, chamelle; tifist, byene femelle ; tardait, souris; tagatehilt, petite fille; taniltit, bergeres tar°ioult, Anesse ; tagemfout, hérisson femelle ; toudaxt, juive; touckchent, chacal femelle ; tacktit’, oiseau femelle ; taoussert, vieilte femmes tiasit’, poule. Remanue, — Ousli, lo fiancé, roprend sa voyelle initiale au f6minin taslit (is/an la noce). 5. — Féminin conventionnel. Comme dans toutes les langues il existe des féminins con- Yentionnels (sans masculins) : a ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED tndst, la clef (tendst); takrowmt, 1a nuque: tagmist, 1a chemise (ar.); tar’rout, 'épaule; fiaoufert. te trou ; trabit, la gargoulette; tazourit, la vigne (tezowrit), (id.); tase? Cart, la pierre (tete’Cart), (id.) (ow tezet' tinzert, le aez (tenzert), (id.); tart, ta barbe (temdr!), (id.); tamemt, le miel (tememt), (id.); tisent, te sel it, Poeil; taoutehit, la caverne ; tanout, le puits tesegnit, Vaiguille; ldddist, le ventre (teddist, taddist), (id.); dsirt, la meule de paille (tesirt, tasirt), (id.); tamedjit, Voreille (temedjit) ; esezzelt, le rognon ; tikoufast, le erachat; timerouak't, Véventail (ar.). fart); Remangue I. — Dans tous ces mots la voyelle de liaison est incertaine et varie avec Ia prononciation individuelle. Ainsi indst ou tendst; tamemt, tememt, tememt; tensert ou tinzert; taddist, taddist, teddist, vildist, etc. Rewanqus II. — Un grand nombre de ces mots ont des formes masculines dans certains dialectes comme aarout, Vépaule (Chaonia); tar’rout (Send.), etc. C.— Féminins ne présentant qu'un c) préfixe. Ex.: timsi, le feu; tikhsi, la brebis; temja, la flate, le roseau; ‘ajer'ra, la poulie; tazegga, la maison ; Hii, Vombre; tidni, lo mortier; tifisnag, la carotte; 4ikli, le pass TUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 33 Remanqus I. — Le soleil, ¢/ouit, est du féminin. On pro- nonce souvent dtfowit comme “tsa ou tesa, foi Remangue Il. — Un certain nombre d’animaux sont du féminin taierzist, le liewre; —telefsa, la vipere; tillit, 1e parasite; tr’ardems, le scorpion; Bourrost, la santerelle. Egalement un certain nombre d’arbres et de plantes (voir GLOSSAIRE, article Puawres). Remanque III. — Certains adjectifs féminins peuvent étre pris substantivement amessoug, fade; tamessoust, la fadeur; azouggér’, rouge; _tazougger't, la rougeur ; amellal, blanc; tamellit, la blancheur''; ar'ouggél, noir; tar’ouggelt, 1a noirceur’. Remangue IV. — Un grand nombre de mots arabes passés en berbére ont été transformés par ’adjonetion du ¢ préfixe, tandis que le fa marbouta i devenait ¢ suffixe. Ex. : tanouart, la fleur; tennemelt, la fourmis tagobat, le sommet de la tle; taferachit, la couverture wretemt, le premier sommeil ; temmela, le pigeon, la tourterelle; tanaamt, Yautrnche, ete. Remarque V.— 4r, lelion, a pour féminin l'arabe ef /edet. Remargue VI. — D'autres noms arabes n’ont subi aucune transformation appréciable, conservant Varticle : el abba, la partie, un peu de ... errih'a, Je peu de... ajna, Vaile (pls); elh'iv, le mur (b=). 4, Par extension : Feu, Ie testicule 2. Par extension : a tonte noire. Ea ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED Remanque VII. — La laine, cddowft, est un mot berbére pour teddouft. D. — Nome féminias tirés d'une autre racine que leur correspondant masvulln. abidouk, perdrix male; tesekkourt, perdrix fem. ; aslér’, le boue; treat’, 1a chevre; timmel (ar.). le cheval; ter’ellit, ta jumen ikerri, le mouton ; tikhsi, la brebis ; memm(i), fils; iti], fille" dada, pere; iemma, mere; argas, homme ; tamat't out, feramo ; ichmej, négre; taia, négresse; otima, frbre; oueltma, scour. — PLURIEL DES NOMS FEMININS. A. — Pluriel externe. 4° Le pluriel féminin se forme en remplagant le ¢ final par la désinence in : tamellatt, Voout, timellalin; tidrit, Pepi, tidrin; taéllegt, le bracelet, taallegin; temedjit, Voreille, timedjin taloraft, histoire, tiktorafin tamdtchit, le tiguier, timatchin’ wkarouit, le panier, tikarowin; témamouit, le pain, timamouin ; ter'ellit, la jument, fir'ellin; tamdchkent, la jeune fille, timachkenin, Rewanqus I. — On observera que, la plupart du temps, la voyelle de liaison aprés le ¢ est prononeée comme un i. Bt cppendant il y a des variations. 4. Aa voeatit : oudt, ouddia :femma, oummu. TUDE SUR LE DIALECTE DE SENED % Remanque ll. — Quelques mots présentent une modification Voralique interne : ‘ar'rout, épaule, tir’ertin, Tajer'ra fait ‘ijer'arin par intercalation d'un @ entre Ie ¢ et le ). Remangue Ill. — Tesegnit, aiguille, fait sesegnetin sans chute du ¢. Rewanque IV, — Le mot aidit, chienne, fait tiit’in. Remaroue V. — tiasit’, poule, ot tai’, chdvre, qui pos- sbdent un /’ appartonant a la racine () le conservent sans modification : tiazit’in, tat’in, Rewanque V. — Les mots tirés de Varabo font régulidre- ment leur pluriel en in : tesdllt, pridro, tizellin; takouladet, bracelet, cakouladin, 2° Noms féminins faisant leur pluriel en owin. — Ex. : ikhsi, brebis, —__tikhsiowin tezeqga, maison, —tizeggouin; taddist, ventre, —_tiddisowin tidni, mortier, _tidnionin; teraja, fate, temjouin; iti, pas, tiktiouin, 3° Pluriels en aowir tit, wil, tifaouin, 4 Pluriels en ai tr'ardemt, scorpion, tir'ourdain (avee pl. int.); tamret, miroir (ar.), tamrain, B. ~ Pluriel interne. tikoufast, salive, lenzert, le nez, teseszelt, le rognon, tamat’rogt, la cuisse, timek'rag; tes crachats; tarmest, la molaire, _ tirmés, la mAchoire; tadeggougit, 1a cruche, tadeggéj ; jbirt, (ar) bourse, jars ‘abelboult, la poulpe, tibelbal % ETUDE SUR LE DIALACTE DE SENED Co mode de pluriel consiste dans la suppression du ¢ fina! et dans l'accentuation de la derniére voyelle en syllabe forte. 6. = Plurtel féminin par z Dans cette forme de pluriel, c'est encore V’a final qui est fortement accentué : taklout, le panier, tik tnd, clef, tinisd; tanout, puits, tind; talat, bouton, toualé; tmart, barbe, timird; taoutchit, caverne, tioutcha; tasint, meule de paille, tisind; fammourt, village, timourd, On remarque dans cette classe quelques mots tin’s de Varabe : tanout, le magasin, tik’ound; ajna, Vaile, Jjouend. D. = Phariet en @ (\. Quelques noms ayant leur singulier en ef font aiau pluril. Ce sont en général des noms de plantes et d’arbres. Ex. : texdet, le pal pl. tézdais tafret, la feuille, tifa; ise, le laurier, zat texouret, le jujubier, tizourai, ete. E, — Piuriel en et De divers ordres ajallit, épée, pl. jlalet; maitetcha, Ia jument, —_maitchinet. Islan, la noce, pl. islanet. ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED n £. — Pluriels féminias ayant une autre racine que leurs correspondants singuliers, tamet'tout, la femme, pl. tisednan ; daggit, 1a nuit, nitan oueltma, la scour, souitma; iui), Alle, iss[i], etc. 6, ~ Plariels feminine sans singuitor. tizourin, le raisin (tazourit, la vigne); timestin, les fesses texizoud, les abeilles; tirnan, le morve. SV. — DU DENUTEr 4° Le genre féminin exprime également le diminutif. Ex. : ar'enja, la grsie cle Suenis; —Larenjait, la petite euiller; {tfait, 1a lumiére; teflit, Lumiére de lampe; aowel, les paroles; toutlit, un mot; saou, les cheveux; dzaggout, un cheveu; tamar’mout, un pain; ar’roum, le pain. tamamouit, ua morceau de pain, wun petit pain. 2° Lidée d’unité est également exprimée par le féminin : temzin, Vorge; timzit, un grain @orge; inden, le blé; firdent, le grain de ble; tiftost, la brolba; axemmour, les olives; tazemmourt, une olive (ou Polivier); tint, les dates; tdinit, la date. 3° L'idéed'unités’exprimeanssi avec le mot arabe ef h’abbet : elt’abbet nirden, un grain de bid; elfabbet nazemmour, une olive. Es ETUDE SUR LE DIALUCTE DE SENED Ou bien encore par une autre expression arabe : errif’et ef gaat, un pou de lerre, un morceau, ‘une motte de terre labourée. 5° Le diminutif est encore exprimé a V'aide de Vadjecti amouzzién, petit : tndst tamoussient, une petite clef; agatchil damouszidn, un petit gargon. 4¢ Les noms de métier sont tirés de arabe : forger, ouzzel; le forgeron, akdddad; égorger, er'rer; le boucher, azezzer (jha); faire tter, tserfa (elle fait téter). la uourrice, timourdat (ar.). 2 Pour indiquer le métier on emploie souvent la 3° per- sonne du préterit : genni, coudre; genni, le tailleurs zens, vendre; ‘izenza, le vendeur, le marchand, etc. 3° Une périphrase : Vaccoucheuse, ‘amat’’out tsirou (le femme qui fait accoucher). — Le marchand de charbon, afia turjin (le vendeur de charbon). 4 Enni, monter & cheval; amenai, le cavalier. § VI. — DU COMPLEMENT D'ANNEXION Lecomplément d’annexion est marqué par deux particules: ‘oum et par abréviation m*; 1 (quelquefois net). Je n’ai pu rolever de rdgles déterminant tantét l'emploi de Yune, tantét l'emploi de l'autre. Probablement affaire d’eu ‘ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED 9 phonie. N* est peut-étre un peu plus employé devant les noms féminins, cum ou m dovant a et s. Mais cola n'a rien absolu. Lorsque 2 se trouve devant un nom féminin la nécessité ouphonique l'oblige & attirer la voyelle de liaison placée apres ce ¢ et & V'intercaler entre elles deux. Ex. : oudem n tegtehil ifef n tamet'tout istaren n tezegg oudem n etgdtchilt; ifef n etmét't ou isr'aren n etzdgga. Ce déplacement a pour résultat de rendre plus sensible la prononciation de la voyelle qui suit et de la metire en posi- tion accentuée. Exemples de Yusage des particules dans le complement @annexion. La corde du puits, asaroui m Lanout; Le chemin de fa montagne, abvid oum adrér; Les gens de Majourab, midden net Magoura; Les gens de Gafsa, midden net M'a/sa; Les femmes des Arabos, tisednan n /zegzaouen; La fille d’Ahmed, iii-s 0 Al’med; Le fils du frare, mi-s n oma: Le jardin du catd, saviit m soukkour; Les vétements du soldat, irougen m askri; La main de Vhomme, four oum drgé; Le choval du spahi, zimmel n esbahi; Le pou de la téte, tilli¢ m ikh/; La tresse de la fille, azda u etgdtehilt; La braise du bois du foyer, sirraije agackgouch m timsi; Le bras de l'enfant de Vhomme, ar'i agaichil oum argdz; Lreau de la riviére noire, amdn onm souf d ar'ouggel; Lo fils de la mere, illis n iemma: illés n owmma: Le fils de Vhomme, memmis oum argds; c ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED Les fils de homme, ara oum drgdz; Les gens de la montagne, midden oum adrér. La jambe du malade, ‘ar n elli zemmerj; (ar n izemmerj; Le ventre du cheval, taddist n extimmel. Rewangue. — Les exemples 17 et {8 nous montrent que lorsque plusieurs compléments d’annexion se suivent, le der- nier soul est déterming par la particule d’annexion. CHAPITRE Il LADJECTIF §.. — DE WVADJECTIF AU SINGULIER Vadjectif présente des caractéres morphologiques ana- logues au substantif et suit les mémes régles : AP Adjectifs commengant par amoggrér, grand, vieux, tamoggrért; aoussér. viowx. taoussért; azegrér, tong, haut, tazegrért; agexidt, court, tagezlale; amouzsién, petit, tamoussient; amellat, lane, tamettalt ; arouggél, noir, tar’ ouggelt; adllax (ar.), haut, tadllai; ader'rel, —aveugle, tader'relt azougger’, rouge, tazougger’t ; asbit’, bien, bon, beau, —_—_tashih't; ali, gras, tas; ammaiou', boiteux, tammaioubet. ‘@ Adjectife commengant par ¢ au masculin. — (Ce sont les * pers. du singulier de l'aoriste sans particule) : 4. Le 6 est tombé au masculin singulier ot reparait au féminin et av plurtel (V. iow) 2 ETUDE SUR LE DIALECTE DE SENED iegiel, jeune, court, —_—tegsel; iesded, —‘maigre, texded; iagres, —aigre, agres (arabe); izzour, gros, tessours ‘izemmerj, malade, texemmerj; i paressoux, teldi; humide, tebuegs adroit, tessen; tizats tesid; taggour ; itieker, —_voleur, tatake itaber, —bouillant, tetaber; iexli, eau, teati (Lerlegget, tebegget); iett'ad, mor, tet Cab (arabe); iesmel’, — froid, tesmet"; ietfouk’, odorant, tetfouk? (arabe); ient'e?, propre, tent'ef (arabe); ioussikk, sale, toussikh (arabe); iouel, long, tefouel (arabe). isseldi, utile, tesseldi; iak’ma, —_chavd, tak’ma (arabe). 3° Quelques rares adjectifs commengent par une consonne, tun certain nombre provient du resto de l'arabe : sematt, bea, termah't gader, gras, tagder; saouel, malheureux, tessaouelt. 4e On omploie des périphrases qui jouent le réle d'un véri- table adjectif. Ex. : muet =issaoueleh = il ne parle pas; muette = tessaouel-ch = elle ne parte pas; cher legget —=qui codte beaucoup: chére =ter'l-egget ==qui cotite beaucoup; pauyre = ar'ech =qui n’s pas; (je suis) riche = ar'é idrimen = j'ai de Vargent; (elle est) stérile =ay’ech ara —elle n’a pas de fils. ETUDE SUR LE DIALEGTE DE SENED 2 Remangue. — (Il est stérile, il a’a pas d’enfants males == dgour, de Varabe). Les contraires s'obtionnent par l’adjonotion de la négation : iexli, beau; ieclich, mauvais; arir'ech, impossible; _ (je n’ai pas vu.) 8° Emploi du verbe iegdes, il «. — Dans certaines locutions Yomploi du verbo iegdes avec un substantif répond & un cer- tain nombre d'adjectifs caractérisaut un état du corps : il est bossu, iegdes ef kerbet; je suis bossu, egdi ef kerbet, ele. § 1. — PLURIEL Des apsecrins Les adjectifs suivent au pluriel les mémes rdgles que les substantifs. (> Plariel maseal imouggraren, grands; timouggrarin, grandes; en; pluriel féminio in : iousseren, vioux tiousserin, vieilles; izegreren, haute; tizegrorin, hautes; igeslilen, courts; tigestatin, courtes; imouszienen, petits; timouszienin, petites; imellalen, blancs; timellalin, blanches ; itaouetien, malheureux; tizaouellin, malhoureuses. ? Plariel interne : ammaiou, boiteux; —_immaieb, timmaicd, boiteuses: ‘ammachoun, méchant; immachen, timmachen; ial’ma, ehaud; Hammdn, tak’main (ou tak’ manet) 8 Plariel mascalia en; féminin net (pluriel d’aoriste, sans Particule) itaber, bouillant; taberen, tabernet; iesmer’, froid; _semat'en, semt'enet; i ieldi, paresseux; eldin, eldine!