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LYCÉE DURUY. Une cinquantaine d'élèves de première travaillent sur la Grande guerre.

Une
exposition, ouverte au public, sera inaugurée le 12 novembre

Mémoire d'une hécatombe

Devant le monument aux morts, dans la cour du vénérable établissement, quelques-uns des élèves qui
préparent l'exposition « Le lycée Duruy et la Grande Guerre » photo pascal bats

Une photo jaunie des Boutons d'or, l'association sportive du lycée, prise en 1913 suffit à prendre
conscience de l'ampleur de l'hécatombe. La moitié des jeunes gens souriants et insouciants qui figurent sur
le document ne sont pas rentrés de la guerre.

Le monument aux morts installé dans l'enceinte de l'établissement confirme. 93 noms y figurent. Parce que
le vieux lycée Victor-Duruy (il a été ouvert en 1863) a payé un lourd tribut à la Grande Guerre, parce qu'on
commémore cette année les 90 ans de l'armistice qui y a mis fin, deux classes de première sont engagées
dans un projet pédagogique spécifique sur lequel se greffent des travaux personnels encadrés (TPE) qui
constituent une épreuve anticipée du baccalauréat.

Ce projet se poursuivra l'an prochain autour de la Seconde Guerre mondiale, quand les premières seront
devenues terminales.

Cel le Gaucher et gueules cassées.

Cette année, 31 élèves de première ES 1 et 17 de première L arts plastiques se sont rendus, fin octobre, sur
le théâtre des opérations, à Verdun, Peronne et Reims.

Le 6 novembre, 190 élèves auront droit au cinéma Le Royal à une projection spéciale de « La Chambre des
officiers », film réalisé par François Dupeyron, ancien élève du lycée.

Le temps fort reste néanmoins l'exposition intitulée « Duruy et la Grande Guerre » qui sera inaugurée le 12
novembre et sera ouverte au public durant quinze jours. À voir des portraits d'anciens élèves morts au
front, des photos de « gueules cassées », une dizaine d'oeuvres originales de Cel le Gaucher (Marcel
Canguilhem de son vrai nom a perdu son bras droit lors des combats) prêtées par un de ses descendants
directs, des pièces historiques (casques, obus, cartes d'état-major, le journal du 12 novembre 1918...). In
fine, une plaquette mettant en avant les relations entre les élèves du lycée et la guerre sera tirée à 2 000
exemplaires.

Et les élèves concernés, tous volontaires dès l'année passée, ils retiennent quoi ? « C'est intéressant de se
souvenir de nos anciens dont beaucoup se sont engagés sitôt le bac en poche », rapporte Julien. « Ils
paraissent âgés avec leur moustache mais ils avaient à peu près le même âge que nous. »
« On aurait fait quoi ? ».

« Au-delà du lycée, il faut savoir que la moitié des Landais qui sont partis à la guerre ne sont pas
revenus », éclaire Timothée. « On ne pensait pas que les Landes avaient été si concernées. C'est toute
une génération qui a été fauchée. Ici aussi, c'était une hécatombe. »

Pour Mathilde, « tous ces noms de gens d'ici, ça incarne concrètement et localement la grande
histoire ». « Tout comme le fait que notre lycée avait été transformé en hôpital. »

« Avant, poursuit Justine, le monument aux morts dans la cour, c'était un mur avec des noms dessus.
Aujourd'hui, on fait plus attention. » « On voit autrement les cérémonies de commémoration, on sait
qu'à tous ces morts nous sommes redevables », estime Alice.

« Ça nous fait réfléchir à nous, à nos petits problèmes, philosophe Aurélien. Cela permet de
relativiser et de se poser la question : "Qu'est ce qu'on aurait fait à leur place ? » C'est vrai ça, si tant
est qu'on ait eu le choix, qu'est-ce qu'on aurait fait ?

Auteur : Jean-François Renaut

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