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Lettres persanes

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Montesquieu, Charles-Louis de Secondat (1689-1755 ; baron de La Brède et de). Lettres persanes...[- Supplément aux Lettres persanes.

Par Montesquieu]. 1754.

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LETTRES

PERSANES, I..

TOME

A

CQLOG~Ë~

Chez Fierre Ma r t e aA tj ImpriïKeiiE^ Libraire pr4s le Collège des Jéfuites. près Collége féfuites. M. DCÇeXlVï J

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P E R S A N E S. JE ne fais point ici d'Épître dédicatoire & je ne demande point de pfotecHon pour ce livre on le lira, s'il eft bon & s'il eft mauvais, je ne mefoucie pas qu'on le life. J'ai détaché ces premiereslettres, pour effayer le goût du public j'en ai un grand nombre d'autres dans mon porte-feuille, que je pourrai lui donner dans la fuite. Mais cjeft à condition que je ne ferai pas connu car, fi l'on vient à fçavoir mon nom, dès,ce moment je me tais. Je connois une femme qui marche aiîez bien, mais qui boite dès qu'on la regarde. C'eft affez des défauts de l'ouvrage, fans que je préfente encore à la critique ceux de maperfonne. Sil'onfçavoit qui je fuis, on diroit Son livre jure avec fon caractère il devroit employer fon tems à quelque chofe de mieux cela n'eft pas digne d'un h ommegrave. Les critiques ne manquent jamais ces fortes de réflexions parce qu'on les peut faire, fans éiTayerbeaucoup fon efprit. Tome1, À

Lettres

Les Persans qui écrivent ici, etoient .logés avec moi nous paffions notre vie enfemble. Comme ils me regardoient comme nn homme d'un autre monde ils ne meca?choient rien. En effet, des gens tranfplantés de fi loin, ne pouvoient plus avoir de feçreîs ils me communiquoient la plupart de leurs lettres je les copiai J'en furpris même quelques-unes, dont ils fe fercient bien garelles étoient des de mefaire tant mortifiantes pour la vanité Se la jaloufie Per' iane. Je ne fais donc que l'office de traducteur toute ma peine a été de mettre l'Ouvrage à nos mœurs. J'ai foulage le le&eur du langa& l'ai fauge Afiatique autant que je l'ai pu ve d'une infinité d'expreffions fublimes, qui l'auroient ennuyé jufques dans les nues. Mais ce n'eft pas tout ce que j'ai fait pour retranché lés longs complimens,9 complimens longs îui. lui. J'ai e dont les Orientaux rie font pas moins prodinous & j'ai paffé un nombre infini gues que de ces minuties qui ont tant de peine à foutenir le grand jour 8c doivent toujours qui mourir entre deux amis. Si la plupart de ceux qui nous ont donné 'des recueils de Lettres avoient fait de même, ils auroient vu leur ouvrages'évanouir. Il y a une chofe qui m'a fouvent étonné ç'eft de voir ces Perfans quelquefois auffi inf ruits que moi-même des mœurs 8ç des mapjeres de 1,~ngtio:n jufqu'à en connoître IC6

1

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S

plus fines circonftançes & à remarquer des chofes, qui je fuis fur ont échappé à bien des Allemands qui ont voyagé en France. J'attribue cela au long féjour qu'ils y ontfait fans compter qu'il eft plus facile à un Afiatique de s'ihftruire des mœurs des François dans un an, qu'il ne l'eft à un François de s'inftruire des mœurs des Afiatiques dans quatre parce que les uns fe livrent autant que les autres fe communiquent peu. L'ufage a permis à tout Traducteur 8c même au plus barbare Commentateur, d'orner la tête de fa verfion ou de fa glofe, du panégyrique de l'original, 8cd'en relever l'u-» tilité le mérite <kl'excellence. Je ne l'ai point fait on en devinera facilement les raifons une des meilleures eft que, ce feroit une chofe très-ennuyeufe, placée dans un lieu déja très-ennuyeux de lui-même je veux dire une Préface..

s P e r S a n-1 s.'

LETTRE
Usbek à fort ami

I.
Ru s tan,

A IJpahàn.

Nous n'avons féjourné qu^unjour à Gomi lorfque nous eûmes fait nos dévotions fur le tombeau de la Vierge, qui a mis au monde douze Prophètes nous nous remîmes en chemin Se hier, vingt-cin<pierrtejour;ïdejnotEa

,i,x A ij Ij

S Lettres départ d'Ifpahan, nous arrivâmes a 1 auns. Rica & moi fommes peut-être les premiers ait parmi les Perfans, que l'envie de fçavoir fait fortir de leur pays, & qui aient renoncé aux douceurs d'une vie tranquille pour aller chercher laborieufement la làgeiTe. Nous fornmes nés dans un royaume floriffant ;maisnous n'avons pas cru que fes bornes fuiTentcelles de nos connoiifances, 8c que la lumière.Orientale dût feule nous éclairer. Mande-moi ce que l'on dit de notre voyafiar ge ne me flatte point je ne compte pas un grand nombre d'approbateurs. AdreiTeta lettre à Erzeron, où je féjournerai quelque tems. Adieu mon cher Ruftan fois affûté qu'en quelque lieu du monde ou je fois, tu as un ami fidèle..
De e Tauds,le 15 de la s Lune deSaphar s-ji-*»

LETTRE
USBEK au A PREMIER fon ferrait

II.
EUNUQUE d'Iffahan. NOIR.

Tu es le gardien fidèle desplus -belles femmes de Perfe; je t'aiconié ce que j'avois dans le monde de plus cher tu tiens en tes mains les clefs deces portes&tales, qui ne s'ouvreïit que pour moi. Tandis que.tu veilles fur ce dépôt précieux de mon éœur il fe repofe 8c jouit d'une fécurité entière. Tu fais la garde dans le iilence de la nuit, comme dans le tu*

Fers

à

n

e ss.

tnmte du jour; ~r~r~<f@ms tes infatigables fçutieri^ nent la vertu lorfqu'elle çhancellevSiles fem7 pies que tu gardes vouloient fortir de leut devoir tu leur en ferois perdre l'efpérance tu es le fléau du vice, 8cla colomne de la fidélité. Tu leur commandes Sz. eur obéis tu exél cutes aveuglementtoutes leurs volontés, 8c leur fais exécuter de même loix duferrail: les tu trouves de la gloire à leur rendre les fervices les plus vils tu te fournets,avecrefpéâ:8c avec crainte, à leurs ordres légitimes tu les fers comme l'efclave de leurs efclaves. Mais, par un retour d'empire, tu commandes en maître comme moi-même quand tu crains le rel~chemt>i- des fA;1", la pudeur 8c .dA relâchement ;1" loix de .1" de la modefiie. Souviens-toi toujours du néant d'où je t'ai fait fortir, lorfque tu étois le dernier de mes efclaves, pour te mettre en cette place, 8c te confier les délices de mon cœur tiens-toi dans un profond abaiffement auprès de celles qui partagent mon amour; mais fais-leur en même tems fentir leur extrême dépendance procure-leur tous les plaifirs qui peuvent être innocexis trompe leurs inquiétudes amufeles par la mufique les danfes les déboiflbns licieufes perfuade-leur de s'afTemblerfouvent. Si ellesveulent aller à la campagne tu peux les y mener mais fais faire main-baiTe fur tous les hommes qui fe préfenteront devant elles. Exhorte-les à la propreté, quiet A •
Àiij

cher llfoeic.Tauris. USBEK. Tantôt je me voyois en ce îieu. III. nous nous mîmes félon la coutume dans desboëtes deux efclaves nous porterent fur leurs épaules. dans ton ferrai! d'Ifpahan dans ces lieux. Comment atirois-je pu vivre. Je voudroisles revoir dans ce lieu charmant qu'elles embelliflenté Adieu. LETTRE Zachi l à A Tauris.IL E T T R E S 1 1de la netteté de l'ame louage parle-îeûî quelquefois de moi. le 18 de la Lune de Saphar 1711. & ne te trouvant jamais. & nous échappâmes à tous les regards. Nous avons ordonné au chef des Eunuques de nous menerà la campagne il te dira qu'aucun accident ne nous eft arrivé. Quand il fallut traverfer la riviere & quitter nos litières. où tu décidas cette fameufe querelle entre tes femmes Chacune de nous fe prétendoit fupérieure aux autres .où pour la première-fois de ma vie je te reçus dans mes bras tantôt dans celui. te cherchant toujours. De. qui me rappellant fans ceifemes plaifirs paffe's irritoient tous les jours mes defirs avec une nouvelle violence ? J'errois d'appartemens en appartemens.maisrencontrant par tout un cruel fouvenir de ma félicité pafTée.

A iv . & je fçus te retenir le triomphe fut tout pour moi. tu détruifïs tout notre ouvrage il fallut nous dépouiller de ces ornemens. après avoir épuifé tout ce que l'imagination peut fournir de parures <k d'ornemens tu vis avec plaifir les miracles de notre art tu admiras jufqu'où nous avoit emporté Pardeui: de te plaire: mais tufisbientôt céder ces charmes empruntés à des graces plus naturelles. 9 -A 'N E en beauté: nous nous préfentâmes devant toi. tu mequittas tu revins à moi. Je mevis infenfiblement devenir la maîtrefle de ton cœur tu me pris. & le défefpoir pour mes rivales il nous fembla que nous fuffions feuls dans le monde tout ce qui nous entourât ne fut plus digne de nous occuper. UfbeK. il fallut paroitre â ta vue dans la fimplicité de la nature Je comptai pour rien la pudeur je ne penfai qu'à ma gloire. nous fûmes en un moment toutes couvertes de tes baifers tu portas tes curieux regards darjs les lieux les plus fecrets tu nous fis paifer en un inflant dans mille fituations différentes toujours de nouveaux commandemens ôc une obéiffaiice toujours nouvelle.une pafflonencore plus vive que l'ambition. Je te l'avoue. Heureux UfbeK que de charmes furent étalés à tes yeux Nous te vîmes longtems errer d'enchantemens en enchantemens ton ame incertaine demeura longtems fans fe fixer chaque grace nouvelle te demandoit un tribut. qui t'étoient devenus incommodes. me fit fouhaiter de te plaire.PE r.

elles auroient fenti la différence qu'il y a de mon amour au leur elles auroient vu. fuis-je'? Où m'emmène ce vain récit ? C'efl: un malheur de n'être point aimée mais c'efl un affront de ne l'être plus. &: ton infenfibilité t'en éloigne fans ceffe Ah mon cher UfbeK.arra.Plût au ciel que mes rivales enflent eu le courage de refler témoins de toutes les marques d'amour que je reçus de toi Si elles avoient bien vu mestranfports. que fi elles pouvoient difputer avec moi de charmes. Zephis i Usbek. il tu fçavois être heureux E Du ferrail de Fatmé.ra 1711. Quoi tu comptes pour rien l'avantage d'être aimé? Hélas tu ne fçais pas même ce que tu perds ? Je pouffe des foupirs. le 21 de la Lune de Mah. ÏL n fin ce monftre noir a réfolu de me defefpérer il veutà toute force m'ôter mon efclave Zélide Zéllde qui me fert avec tant d'affedion & dont les adroites mains porfent partout les ornemens 6c les grâces i| . L e t TR« s I" L E T T R E I V. A Erzeron. Se tu n'en jouis pas il femble que l'amour refpire dans le ferrail. Tu nous quittes. UibeK. pour aller errer dans des climats barbares. elles ne pouMais où i^oient pas difputer de fenfibilité. qui ne font point entendus mes larmes coulent.

j'ai trop de refpecl pour moi-même pour defcendre jufques. que ton amour. 8c ils ne persuadent perfonne ë on ne peut comprendre que tu puifles quitter tes femmes tes parens. A Erzeron. ne fçauroieftt me mettre à l'abri de fês foupçons extravagans un viî efclave vient m'attaquer jufques dans ton cœur. cher IHbeK que mes larmes. TU es le fujet de toutes les converfatîong d'Ifpahan on ne parle que de ton départ les uns l'attribuent à une légéreté d'efprit. Le traître veut regarder comme criminels les motifs de ma confiance 8c parce qu'il s'ennuye derrière la porte où je le renvoie toujours. R'IÎSTAH à U S B E t. Je fuis bien malàéureafe Ma retraite. les autres à quelque chagrin tes amis feuls te défendent. errail dfPatiné le 29delit. tes amis ta patrie pop aller dans des climats inconnus auxPer- Av . il ©fefuppofeïqu'il a entendu ou vu des chofes que }ë ne f^ais pas même imaginer. & il faut que je m'y défende.à desjuftifications je ne veux d'autre garant de ma conduite que toi-même.P t r s a k s s» bne lui fuffitpas que cette réparation foit donloureufe il veut encore qu'elle-foit déshonorante. Du. Non. ni ma vertu. 1 L E T T R E V. f Lune de Màharrarn 1711. que le mien &s'il faut te le dire.

ma tendreffe s'eft: réveillée.u=-. A mefure que j'entrois dans les pays de ces profanes. fans. La mere de Ripa eft inconfolable elle te demande fon fils que tu lui as. mon cher UlbeK je me fens naturellement porté à approuver tout ce que tu fais mais je ne fçaurois te pardonner ton abfence & quelques raifons que tu m'en puiiTes donner. Pour moi. A UNE journée d'Eriyan nous quittâmes la Perfe pour entrer dans les terres de l'obéiffance des Turcs douze jours après nous aroù nous féjournerons rivâmes à Erzeron trois ou quatre mois. Il faut que |e te l'avoue. il me fembloit que je devenois profane moi-même. quand j'ai perdu la Perfe de vue & que je me fuis trouvé au milieu des perfides Ofmanlins. . D'I/pahan le 28 dela Lune deRebiab".LëttriS ._11 =_r_f. Adieu aime-moi toujours. Neffir j'ai fenti une douleur fecrète. une certaine inquiétude a achevé de nie troubler 8c m'a fait connoître que pour mon repos j'avois trop entrepris. 1 LETTRE Usbek à fon ami VI.mon cœur ne les goûtera jamais. fe font préfentés à mon efprit.1. 1711. NESSIR. mes amis. Ma patrie ma famille. dit-elle enlevé. A Ifpahan.

je ne puispenfer à elles. T deRéiab.E Mais ce qui' affligeJe plus.171 1. font pas ? Quelles trifles nouvelles peuvent m'en venir dans les pays éloignés que je vais parcourir ? C'eft un mal où mes amis ne peuvent porter de remède c'eft un lieu dont ils doivent ignorer les triftes fecrets 8c qu'y pourroient-ls faire ? N'aimerois-je pas mille i fois mieux une obfcure impunité qu'une correction éclatante ? Je dépofe en ton cœuï tous meschagrins mon cher Neffir c'eft la feule çonfolâtion qui me refte dans l'état où jefuis.. 'r'YL. 2. mon cœur ce font mes femmes. D'Errer on R SAM ' ES. Ce n'eft pas Neffirque je les aime je me trouve à cet égard dans une infaillibilité qui ne me laifle point de defirs. que je ne fois dévoré de chagrins. J'aurois peine à être en fureté fi mes efclaves étoient fidèles que fera-ce. . j'ai prévenu l'a-' mour 8cl'ai détruit par lui-même mais de ma froideur même il fort une jaloufîe fecrète qui me dévore: Je vois une troupe de femmes laifées prefque à elles-mêmes je n'ai que des ames lâches qui m'en répondent. s'ils ne le. le 10 de la Lunfi kn.. Dansle nombreux ferrail où j'ai vécu.

je ne puis m'empêcher de m'eftimer heureufe mon imagi-.femmesndiennes» I plus tement gardées «}ue les . jfiation ne me fournit point d'idée plus raviffante. Que veux tu que devienne une femme qui t'aime qui étoit accoutumée à te tenir dans {esbras. IL y a deux mois que tu es parti. Quand je compare !a beauté de ton vifage avec la difformité du leur. comme û tu y e'tois je ne -fuis point défabufée. Je te le jure Ufbcç: quand il rce feroit permis de fortir de ce lieu.X Ë T T BL E g LETTRE VIL FaTMI* à USBEK. dedans l'abattement où je fuis. qui n'étoit occupée que du foin de te donner des preuves de fa tendreffe libre par l'avantage de fanaiffance efclave par la violence de fon amour? Quand je t?époufai mes yeux n'avoient point encore vu le vifage d'un homme tu es le feul encore dont la vue m'ait été permife car je ne compte pas au rang dee hommes ces Eunuques affreux. Je cours: tout le ferrail. A Erzeron. mon chef UfbeK. que les charmes enchanteurs de ta perfônne. je ne puis pas me le perfuader encore. où je fuis enfermée par la néceffité de ma condition Les femmes erfanes femmes urques & lès P T font beaucoup étroi. dontla-moin^ dre imperfection eft de n'être point hommes.

Ne penfe pas que ton abfencé m'ait fait négliger une beauté quit'élit chère quoique je ne doive être vue de perfonne & que les ornemens dont je me pare foietit inutiles à ton bonheur. je ne choifiro. Je me rappelle ce teins heureux. dégoûté d'un pénible voyage tu vas revenir à nous: la nuit fe pafle dans des fonges qui n'appartiennent ni à la veille ni au fommeil je te cherche à mes côtés & il me femble que tu me fuis ennn le feu qui me dévore. mon imagination le perd dans fes defirs comme elle fe flatte dans fes efpérances:je penfe quelquefois que. je cherche cependant à m'entretenir dans l'habitude de plaire je ne me couche des point que je ne me fois parfumée effences les plus délicieufes. Tu ne le croiroispas.isque toi il ne peut 7 avoir que toi dans le monde qui mérite d'être aimé.enchantemens 8c rappelle mes efprirs je me trouve pour lors fi animée. qui meféduit me montre ce cher objet de mon amour. 1 à 1 la .P B garde qui ifuâncîje pourrois me dérober m'environne quand il me feroit permis de choifir parmi tous les hommes qui vivent dans cette capitale des nations UfteK je te le jure. difllpe lui-même ces.il eft im*poiïible de vivre dans cet état le feu coule dans mes veines que ne puis-je t'exprimer ce que je fens fi bien 8c comment fens-je fi bien ce que je ne puis t'exprimer Dans ces S AS < 'f. où tu venois dans mes bras un fonge flatteur.Ufî>eK.

que vous n'ofezefpérer de Adieu mon cher Ufbes adieu compte amed je ne vis que pour t'adorer mon que toute pleine de toi. n'ayant rien qui faut qu'elle vive dans l'habitude des foupirs fie dans la fureur d'une paffion irritée que bien loin d'être heureufe elle n'a pas même l'avantage de fervir à la félicite' d'unautrejornement inutile d'un ferrail gardée pour de l'honneur. Il y a de la peine à fe faire aimer il eft plus court d'obtenir de notre tempérament ce votre mérite. il me.ee. iju. que nous ne puiffions pas fatisfaire: finous étions infenvous nous traitez comme nous le fibles. & vous feriez bien fâchés que fufllons vous croyez que nos defirs fi longteins mortifiés. lorfqu'elle eft privée de celui qui feulles fatisfaire que livrée à elle-mêpeut puilTela diftraire. le Du ferra. u delà. & non pas pour le bonheur (on époux Vousêtes bien cruels vous autres hommes Vous êtes charmés que nous ayônsdes defirs. feront irrités à votre vue. de .il 'ifpahatt. bien loin de te faire oublier animeroit mon ginour s'il pouvoit devenir plus violent.L E T T: & ES 1 donnerois t Tempire au lïiomens >UibeKje monde pour un feul de tes baifers. & ton abfen. d Lune ReHdbi. Qu'une d'avoir des defirs fi femme eft malheureufe violens.

Je portai la vérité jufques aux pieds du trône j'y déparlai un langage jùfqu'alors inconnu je concertai la flatterie. fans avoir la faveur du prince que dans une cour corrompue. je m'en éloignai. Je m'étois bien douté que mon départ feroit du bruit: je ne m'en fuis point mis en la peine. Je feignis ua à grand attachement pour les fciences & force de le feindre il me vint réellement. Mais ce parti même avoit fes inconvéniens je yeftois toujours expofé à la malice de mes ea- .F E r. Dès que je connus le vice. Que veux-tu que je fuive? prudence de mes ennemis ou la mienne ? Je parus à la cour dès ma plus tendre jeuneffe je le puis dire mon cœur ne s'y cordefrompit point je formai même un grand fein. & j'étonnai en mêmetemps les adorateurs 8c l'idole. Je ne me mêlai plus d'aucunes affaires 8c je me retirai dans une maifon de campagne. ¿ ï Us b e k àfon ami l u s ta w<s A Ifpahan. Ta lettre m'a été rendue à Erzeron où je fuis. j'ofai y être vertueux. je ne me foutenôis plus que par une foible vertu je réfolus de la quitter.s a w E -$l LETT R É VII I. Mais quand je vis que ma fincerité m'avoitfait des ennemis que je m'étois attiré la jaloufie des miniftres. mais je m'en approchai enfuite pour le démafquer.

L Li premier ETT R Eunuque A Erzéron. Ruftan le véritable motif de mon me défens voyage. z. 1711. Non Ruftan je ne veux point me livrer à cette trifte penGée je leur ferai toujours cher. à Ibbi. On parle de moi à préfettt peut-être ne ferai-je que trop oublié. J'allai au Roi je lui marquai l'envie que j'avois de m'inftruire dans les fciences de l'Occident je lui infînuai qu'il pourroit tirer de l'utilité de mes voyages je trouvai grâce devant les yeux je partis» & je dérobai une vi&ime à mes ennemis. r ôte les moyens nemis &: je m'étois prefque D'Eritron le ze de la Lune deGemmadi.à moi férieufement je résolus de m'exiler'de ma patrie 8c ma retraite même -de la cour m'en fournit un prétexte plaufibfe. Voilà.de m'en garantir. Quelques aVis fecrets me firent penfer. 8c quemes amis. E 1 X. fur la je compte fur leur fidélité comme tienne. LETTRES .Laiffe parler Ifpahan ne devant ceux qui m'aiment laiffe à mes que ennemis leurs interprétations malignes je fuis trop heureux que ce foit le feul mal qu'ils me puiffent faire.¡. Tu ges fuis tu ton parcoàis ancien les maître provinces dans 8c fes les voyaroyau- .

8c bien loin d'en être foulage je me trouvai environné d'objets j qui les'irritoient fans celle. 8c un moment tranquille. . enfermé dans une affreufe prifon fuis toujours environné des mêmes objets. Lorfque mon premier maître eut formé le cruel projet de me confier fes femmes. par l'impuiffance de le fatisfaire. qui. 8c dansle cours d'une longue vie je ne puis pas dire avoir eu un jour ferein. Malheureux que j'étois mon efprit préoccupé me faifoit voir le dédommagement & non pas la perte j'efpérois que je ferois délivré des atteintes de l'amour. Il n'en eft pas de même de moi. 8c dévoré des mêmes chagrins. J'entrai dans le ferrail où tout m'infpiroit le regret de ce que j'avois perdu je me fentois animé à chaque inftant mille graces naturelles fembîoient ne fe découvrir à ma vue. Hélas on éteignit en moi l'effet des paffions fans en éteindre la caufe. que pour me défoler:: pour comble de.P tu s a s t n Iftïes les chagrins ne fçauroient faire d'îmdes preffion furtoi chaque inftant te montre chofes nouvelles tout ce que tu vois te récrée. 8c te fait païîer le tems fans le fentir. 8c m'eut obligé* par des fédu&ions foutenues de mille menaces de me féparer pour jamais de moi-même las de fervir dans les emplois les plus pénibles je comptai facrifier mes paffions à mon repos 8c à ma fortune. je gémis accablé fous le des poids des foins & inquiétudes de cinquante années.

que je ne fois rentré chez moi la rage dans le cœur. je n'ai jamais conduit une femme dans le lit. ont Enfin les feux de la jeunefTe paffé je fuis vieux 8c je me trouve à cet égard dans un état tranquille je regarde les femmes %jET f RE 9 19 devant les . que j'étois tenté de regarder avec des yeux fi tendres. condefcendances qui m'ont expofé mille fois à perdre la vie. Charge' d'ennuis & de chagrins. je me fentis fi tranfporté. Voilà comme j'ai paffé ma miférable jeunèfle je n'avois de confident que moi-même. Je crus à la premiere réflexion que ce jour étoit le dernier de niés jours je fus pourtant affez heureux pour échapper à mille morts: mais la beauté que j'avois faite confidente. & un affreux défefpoir dans l'aine. de mon maître je ne l'ai jamais deshabil-. de ma foibleffe.j'avois toujours homme heureux. que je perdis entiérement la raifon. le'e.yeux un s malheurs. il me les falloit dévorer: & ces mêmes femmes. je ne les envifageois qu'avec des regards féveres j'étois perdu fi elles m'avoient pénétré quel avantage n'en auroient-ell&g pas pris ? Je me fouviens qu'un jour que je mettois une femme dans le bain. me vendit bien cher fon fîlence je perdis entiérement mon autorité fur elle 8e elle m'a obligé depuis à des. Dans ce tems de trouble. & que j'ofai porter ma main dans-un lieu redoutable.

fe fatisfait un peu. Auffi les pas. la feule paffion qui me refle.f E!-RSAM E S. dans les oecafions où je leur commande encore.mon ambition. il me femble que c'eft pour moi. & il me "fembleque je redeviens homme. &. & il m'en revient toujours une fatisfaëtion indirecte je me trouve dans le ferrail comme dans un peîit empire.fuisnéceffaire je me charge volontiers de la hainede toutes cesfemmes.qui m'afn'ont-eJfermit dansle pofte. Je vois avec plaifir-quetout roule fur moi 8ç qu'à tous les inilans je. le plaifir de me faire obéir me donne une joie fecrète quand je les prive de tout." SVêcindifférence 6c je leur rends bien tous leurs méprisj & tous les tourmens qu'elles m'ont fait fouffrir je me fouviens. lesarrête foudain je m'arme de refus je me hériffe de fcrupules je n'ai jamais dans la bouche que les mots de devoir.affaireà un ingrat elles me trouvent au-devant de tous leurs plaifirs les plus innocens je me préfenfe toujours à elles comme une barrière inébranlable elles forment des projets 8c je.oiije fuis.toujours que j'étois ne' pour les commander. . Je les hais depuis que je lès envifage de fens froid.je les défefpere en leur parlant fans ceifede la foibleffe de leur fexe 8ç de l'autorité du maître je meplains enfuite d'être obligé à îant defévérité.& je femble vouloir Imt . de vertu de pudeur de modeftie. Quoique je les garde pour un autre. 6c que ma raifon me laiffe voir toutes leurs foibleffes.

8c que tous les jours ces femmes vindicatives ne cherchent à renchérir fur ceux que je leur donne elles ont des revers terribles. 8e elles rient de ce trouble elles font charmées de me voir ainfi me tourmenter moi-même.¿. foumiflîon elles font toujours tomber fur moi les emplois les plus humilians elles affectent un mépris qui n'a point d'exemple 6c fans égard pour ma vieilleffe elles me font lever la nuit dix fois pour la moindre bagatelle: je fuis accablé fans ceiTed'ordres de commandemens. d'emplois. elles me font faire de fauffesconfidences tantôt on vient me dire qu'il a paru un jeune iomme au tour de ces murs une autre fois. ou bien qu'on doit rendre une lettre tout ceci me trouble. de caprices t il femble qu'elles fe relayent pour m'exercer. des frayeurs elles-ne manquent pas de prétexte pour me mener au point oîi (filesveulent il faut dans ces occafions une .L~ "A.. &run grand attachement pour elles. & que leurs fantaifies fe fuccédent fouvent ellesfe plaifent à me faire redoubler de foins.J.L E T t -rfït s faire entendre. que je n'ai d'autre motif que leur propre intérêt. & m'y enchaînent nuit & jour elles fçavent bien feindre des maladies des défaillances. Il y a entre nous \iV comme un flux & un reflux d'empire 8c de ""V"A. qu'on a entendu du bruit. Ce n'eft pas qu'à mon tour je n'aie un nombre infini de défagrémens. Une autre fois elles m'attachent derriere leur porte.

.que de defcendre à cette humiliation. de leurs embraffemens & de leurs plaifirs mêmes ellesfont dansle lieu de leurs triomphes leurs charmes me deviennent terribles les fervices prëfens effacent dans un moment tous mes fervices paiTés & rien ne peut me répondred'un jnaître qui n'eft plusà lui-même. Ce n'eft pas tout je ne fuis jamais fûr d'être un inftant dans la faveur de mon maître ô j'ai autantd'en nemiesdans fon cœur. qui ne fongent qu'à me perdre elles ont des quartsd'heure ou je ne fuis point écouté des quarts-d'heure où l'on ne refufe rien des quarts-d'heure ouj'ai toujourstort jeméne dans le lit de mon maître des femmes irritées crois-tu que l'on y travaille pour moi 8c que mon parti foit le plus fort } J'ai tout à craindre de leurs larmes. qu'avois-je fait ? Je laiiTeune femme dans les bras de mon maître dès qu'elle le vit enflammé elle yerfa un torrent de larmê^ elle fe plaignit . elles feroienten droit de nus châtier: j'aimerois autant perdre la vie. feroitune chofe inouïe 6c fi je balançois à leur obéir.mon cher Ibbi. Combien de fois m'efb-ilarrivé de mecoucher dans la faveur 8c de me lever dans la difgrace ? Le jour que je fus fouetté fi indignement autour du ferrail. obéiffance aveugle & une complaifance fans bornes un refus dans la bouche d'un homme comme moi.Persanes. de leurs foupirs.

Voilà.il d'Ifpahan le dernier de la Lune Saphar'. Tu étois le feul qui pût me dédommages de l'abfence de Rica & il n'y avoit que Rica Tu nous pût me confoler de la tienne. L Mir-za E T à T fon U s b e k. A .1. 171.Erzeron. cher Ibbi. Comment aurois-pu me foutenir dans un moment fi critique ? Je fus perdu fus la lorfque je m'y attendois le moins je vi£time d'une négociation amoureufe 6c d'un traité que les foupirs avoient fait.v bien qu'elles au& ménagea de l'amour qu'elle faigmentoient. ou par la pratique de la vertu I . fes plaintes . E S fi t:1~t.%i r E T T R. Hier on mit en queflion fi les hommes croient heureux par les plaifirs & les fatisfactions des fens. l'état cruel dans lequel j'ai toujours vécu. Du ftrra. de R ami E X. qui de notre manques UfbeK tu étois l'ame fociété qu'il faut de violence pour rompre les engagemens que le eœur& Fefprit ont formés ` Nous difputons-ici beaucoup nos difputes roulent ordinairement fur la morale. Que tu es heureux! tes foins fe bornent il t'eft uniquement à la perfonne d'Ufbeiî facile de lui plaire 8c de te maintenir dans fa faveur jufques au dernier de tes jours. à mefure foit naître.

de perfuader. mais comme homme. TU renonces à ta raifon. je n'ai pas cru devoir employer des raifonnemens t fort abftraits II y a de certaines vérités qu'il ne fuffit pas. pour eflayer la mienne tu defcends jufqu'à me confulter tu me crois capable de t'inftruire. Adieu. appelle Troglodite qui decendoit de ces an- .P11 'r D'Ifpahan. comme aln ~omiSlr~ de' père famille.. mi«Tn Hfi /Mil . MlRZA.17ix. Pour remplir ce que tu me prefcris./ < t'ai fouvent 4* oui dire-> que les hommes Je etoient nés pour être vertueux & que la juftice eft une qualité qui leur eft auffi propre que l'exifience. je te prie. LETTRE USBEK à A Ifyahan. J'ai parlé a des MoIIaics qui me défefpecar je rent avec leurs paffages de l'Alcoran ne leur parle pas comme vrai croyant. A~. Explique-moi. Mon cher Mirza il ya une chofe qui me flatte encore plus que la bonne opinion que tu as conçue de moi c'eil ton amitié qui me la procure. XI. ce que tu veux dire.^4i+* «11/» I (3 . Peut-être que ce morceau d'hiftoire te touchera plus qu'une philofophie fubtile. mais qu'il faut encore faire fentir telles font les vérités de morale.P E R S AN ES.le dernierdela Lune ditS2phar. comme citoyen. Il y avoit en Arabie un petit peuple.

t' fi nous en croyons ciens Troglodites. qu'ils leur devinrent insupportables 8c ils les maifacrerent encore. ils s'affemblerent pour choifir un gouvernement 8c après bien des diffentions. Ceux-ci n'étoient point fi contrefaits ils n'étoient point velus comme des ours ils ne fiffloient point ils avoient deux yeux mais ils étoient fi méchans &fî féroces qu'il n'y avoit parmi eux' aucun principe d'équité. Cette réfolution unanime flattoit extrêmement tous les particuliers.Ce peuple libre de ce nouveau joug. & exterminerent toute la famille Royale. qui. les traitoit févérement mais ils conjurèrent contre lui. ils créérent des magiftrats mais à peine les eurent-ils élus. ni de juftice. Ils difoient Qutai-je affaire d'aller me tuer à travailler pour des gens dont je ne me foucie point? Je penferai uniquement à moi je vivrai heureux que m'importeque les autres le foient? Je me procurerai tous. Le coup étant fait. Ils avoient un Roi d'une origine étrangère qui voulant corriger la méchanceté de leur naturel. les hiftoriens reffembloient plus à des bêtes qu'à des hommes. vu . ne confulta plus que fon naturel fauvage tous les particuliers convinrent qu'ils n'obéiroient plus à perfonne que chacun veilleroit uniquement à fes intérêts. le tuerent.mes befoins ôc pour- Lettres T. fans confulter ceux des autres.

B .ç.R S AKÈ Si tyuque je les aye je ne mefoucie point que tous les autres TrGgloditesfbJentmifér|bîes. & d'autres qui.YJ. Cette année la fécherefTefut trèsgrande. Pavoient té é eux-mêmes. La moitié du peuple cria une Secondé fois famine mais cesmiférables trouverent des gens auffidurs qu'ils. tandis que celles qui purent être arrofe'es furenttres-fertilcs ainfï.les peuples des montagnespe'rirent prefquetous defaim^. dans un terrein bas étoient arrbfées de plufieurs ruiffeaux.] & de montagneufes. Un des principaux avoit une femme fort belle fon voifîn en devint amoureux 8c l'enleva il s'émut une grande querelle.aVcQl il y en.E. nature 1'1.& des coups. On étoit dans le mois où l'on enfemence les terres chacundit. avoit.pluvieufe les lieux élevés fe trouvèrent d'unefertilité extraordinaire ôcles terres baffes furent fubmergées. ils convinrent de s'en remettre à is| n-' T' Tome I. de maniere que les terres qui étoient dans les lieux élcvc's manquèrent abfolument. i. & après bien des injures .. Je ne lâboutërai mon champ que pour qu'il mefourniffe le bled qu'il me faut pour me nourrir une plus grande quantité me feroit inutile je neprendrai point de la peine pourrien. Les terres de ce . L'année d'enfuite fut très..petit royaume n'étoierit pas de même JJCU.1 en. par la dureté des autres.f. qui leur refuferent de partager la récolte. d'arides es ~an.

8c de ne m'irn*portuner plus dé vos quefëlles. qu'il cuitivoit avec grand foin deux de fes voifîns s'unirent enfemble. 8c à travailler à vosaffaires tandis que je. négligerai les miennes je vous prie de rne laifler en repos. jura qu'il mourroit plutôt que de rendre cette femme êc l'autre pénétré de l'injuftice de fon voi^fin & de la dureté du juge s'en retournoit défefpéré Idrfqu'il trouva dans fon chemin une femme jeune & belle. qui revenoit de la fontaines il n'avoitpîus de femme. & elle lui plut .Lettres décifion d'un Troglodite qui. Là-deflus il ks quitta . Le ravifleur qui étoit le plus fort. Il y avoit un homme qui poffédoit un champ affezfertile. lorsqu'il apprit que c'étoit la femme de celui qu'il avoit voulu prendre pour juge 8c qui avoit été û peu fenfible à fon malheur il l'enleva. Que m'importe dit cet homme que cette femme foit à vous ou à vous? j'ai mon champà labourer je nuirai peut-*» eue pas employer mon tems à terminer vos différends.bien davantage.-&s'en alla travailler fes terres. & l'emmena dans fa maifon. occuperent fon champ ils firent entr'eu? une union pour fe défendre contre tous :ceux qui voudroient Fufurper & effectivement ils fe foutinrent par4à pendant plufieurs mois mais undei '<h . Ils allerent à lui 8c voulurent lui dire leurs raifons.9 le chafferent de fa i-naifon'. pendant que la république fubfiftoit avoit eu quelque crédit. celle-là lui plut.

dit le marchand j'aurai du bled à préfent. Son empire ne fut pas long. Un Troglodite prefque tout nudvit de la laine qui étoit à vendre. afin d'avoir huit mefures. dufliez-vous crever de faim. & il fut maffacré. Quand la maladie eut ceffé il alla chez tous ceux qu'il avoit traités demander. qu'il guérit tous ceux qui fe mirent dans fesmains. fon falaire mais il ne trouva que des refus vt Persanes^ si Pij11. & devint feul maître du champ. 8c je vous donnerai «ne mefure de bled car je ne veux pas m'en défaire autrement.peut-être car vous fçaurez que îé'bled cil extrêmement cher & que la famine règne prefque par-tout mais rendez-moi mon argent. Cependant une maladie cruelle ravageoît la contrée un médecin habile y arriva du pays voifin. Il fallut en pafîer par-là. & donna fes remèdes fi à propos. . Queditesvous reprit l'étranger ? vous avez befoin de bled ? J'en ai à vendre il n'y a quele prix qui vous étonnera .lieux ennuyé de partager ce qu'il pouvoit avoir tout feul tua l'autre.: deux autres Troglodites vinrent l'attaquer il fe trouva trop foible pour fe défendre. 8c payer le prix demandé. mais je la vais vendre quatre fois davantage. Naturellement je ne devrois efpérer de ma laine qu'autant d'argent qu'il en faut pour acheter deux mefures de bled. Je fuis bien aife. il en demanda le prix: le marchand dit en lui-même.

z* A Ifyahan. z. & furent les vïaimes de leurs proinjuitices.ijiu E T T R E XII. Tu as vu. Mais bientôt après il apprit que la même maladie fe faifoit fentir de nouveau. Il y avoit dans ce pays deux hommes bien finguliers ils avoient de l'humanité ils connoiffoient la iuftice ils aiînoient la vertu autant liés par la droiture leur <J% cœur que par la corruption de celui J. Vs b e k au msrn. Detant de familles. il n'ea pres ïéfta que deux qui échappèrent aux malheurs de la nation. poifon plus mortel que celui dont vous voulez gue'rir vous ne méritez pas d'occuper une place fur la terre. leur dit-il hommes injuftës vous avez dans l'ame un. Allez. E S 1_ r ô-s»<! ri dans fon pays 5c il y arriva acil retourna cablé des fatigues d'un fi long voyage. & que les régies de l'équité vous font inconnues je croirois pffenfer les Dieux à la jufqui vous puriiiTent fi je m'oppôfois tice de leur colère. A Erieron h î dela Lune deGemmadi. mon cher Mirza comment les méchanceté Ttoglodites périrent par leur roême. parce que vous n'avez point d'huinanité. 8c affligeoit plus cette terre ingrate ils allerent à que jamais lui cette fois. & n'attendirent pas qu'il vînt chez eux. .L È T T F.

la delolation générale & ne la reffentoient que par la pitié i. 8c ils en étoient tendrement chéris. Ils aimoient leurs femmes. eft une charité pouf nous.joujours la même &la vertu B iii A 1 h "i E S-. l'union fut riages bien loin de . Le jeune peuple qui s'éleva fous leurs yeux s'accrut par d'heureux male nombre augmenta.l'intérêt commun que vouloir s'en féparer c'eft vouloir fe perdre que la vertu n'eft point une chofe ne faut point la qui doive nous coûter qu'il & que regarder comme un exercice pénible la juftice pour autrui. c'étoit le motif d'une union" nouvelle. /r r t . Ils eurent bientôt la confolation des pères vertueux. que ceux qu'une douce & tendre amitié faifoit naître & dans l'endroit du le plus écarté féparés de leurs compays ils mepatriotes indignes de leur préfence ïioientune vie heureufe & tranquille la terre fembloit produire d'elle-même cultivée pat ces vertueufes mains.Toute leur attention étoit d'élever leurs enfans à la vertu ils leur fefans celle les malheurs de leurs préfentoient Ôc leur mettoient devant les compatriotes cet exemple fi touchant ils leur faiyeux foient fur-tout fentir que l'intérêt des parti^culiers fe trouve toujours dans. ils voyoient. Ils travailloient avec une follicitude commune l'intérêt commun ils n'avoient de difpour férends.f E S fles autres. qui eft d'avoir des enfans qui leur reflemblent.

s'affciblir dans la multitude.+. Dès qu'il ouvrit les yeux pourles connoître il apprit à les craindre 8c la religion vint adoucir dans les mœurs ce que la nature y avoit lailTé de trop rude. On alloit au temple pour demander les faveurs des Dieux ce n'étoit pas les richeffes. Ils inftiîuerent des fêtes eri l'honneur des Dieux les jeunes filles ornées de fleurs Ôc les jeunes garçons les célébroient par leurs danfes 8c par les accords d'une mufique champêtre on faifoit enfuite des feftins ou. 8c une ônéreufe abondance de pareils Souhaits étoient indignes des heureux Troglodites ils ne fçavoient les defîrer que pour leurs compatriotes ils n'étoient aux pieds des autels que pour demander la fanté de leurs peresj l'union de leurs frères 9latei^ X E T T IL ~*t~ 1. la joie ne regnoit pas moins que la frugalité. C'étoit dans ces aifemblées que parloit la nature naïve c'eMà qu'on apprenoit à donner le cœur & à le recevoir c'eft-là que la pudeur virginale faifoit en rougiffant un aveu furpris mais bientôt confirmé par le confentement des pères & c'eft-là que les tendres meresfe pîaifoient à prévoir par avance une union douce 8c fideïle.+n~a E S v\lt'1F . Qui pourroit repréfenter ici le bonheur de ces Troglodites ? Un peuplefi jufte devoit être chéri des Dieux. fut fortifiée a$ contraire par un plus grand nombre d'exemples.

lorfque les troupeaux quittoient les prairies. Le foir. ils s'alTembloieiit.ï* I R S A K É S. leurs faveurs toujours préfentes aux hommes qui les implorent. 8c leur colere inévitable à ceux qui ne les craignent pas ils décrivoient enfuite les délices de la vie champêtre. Dans ce pays heureux la cupidité étoit étrangère ils fe faifoient des préfens où celui qui dormoit croyoit toujours avoir l'avantage le peuple Troglodite fe regardoit comme une feule famille: les troupeaux étoient prefque toujours confondus la feule peine qu'on s'épargnoit ordinairement.8cdans un repas frugal." tfféffe de leurs femmes. que celle de pouvoir rendre un Troglodite heureux. Bientôt ils s'abandonnoient à un fommeil que les foins 8cles chagrins n'interrompoient jamais. c'étoit de les partager. & le bonheur d'une condition toujours parée de l'innocence. l'amour 5Cl'obéiffance de leurs enfans.di 171 » z 1 1 . Les filles y venoient apporter le tendre facrifice de leur cœur ôc ne leur demandoient d'autre grâce. & que les bœufs fatigués avoient ramené la charrue. La nature ne foumiiToitpas moins à leurs defirs qu'à leurs befoins. & fa félicité ils chantoient enfuite les grandeurs des Dieux. ils chantoient les injuftices des premiers Trogîodites 8c leurs malheurs la vertu renaiffanteavec un nouveau peuple.ma.h r' ~i9- P iv . fi'Efieron le de la Luns deGein..

• On vint dire à un autre que des voleurs avoient enlevé fon troupeau j'en fuis bien fâché. JE ne fçaurois affezte parler de la vertu des Troglodites. Un jour que plufieursTroglodites étoient aflemblés un vieillard parla d'un jeune homme qu'il foupçonnoit d'avoir comrnif .Lettres L E T TRE XI II.' car il y avoit unegénifle toute blanche. Ou bien II ya un champ qui touche celui de mon pere & ceux qui le cultivent font tous les jours expofés aux ardeurs du foleil il faut que j'aille y planter deux arbres afin que ces pauvres gens puiffent aller quelquefois ferepofer fousleur ombre. On entendoit dire à un autre Il faut que j'aille au temple remercier les Dieux car mon frere que mon pere aime tant ÔC que je chéris fi fort. fanté. Usbek au même. Un d'eux difoit un jour Mon pere doit demain labourer fon champ je me leverai deux heures avant lui & quand il ira à fon champ. & que je le détermine à faire ce mariage. a recouvré la. il le trouvera tout la` bouré. dit-il. que je vouloisoffrir aux Dieux. Un autre difoit enlui-même Il me femble que ma fœur a du goût pour un jeune Troglodite de nos parens il faut que je parle à mon père.

répondit-il je: founajterois que les Dieux leur en donnaiTentunpiusîongufage qu'à moi.P è n s a n ê s» lui îîtie mauvaife aétion >8ç en fit des t eproches. Desque cette réfolution fut connue les Troglodites enf voyerent au-devant 4^euxdes arnÎDaiïadeurs. ravagé vos campagnes? Non. nousfommes juftes 8c nous craignons les. Tant de profpérités ne. par ce qu'il y a de plusfacré «queû vous entrez dans nos terres Gommeennemis nous vous regarderons comme un peuple înjulîe 8s des que nous vous traitero|is comme bête^ ifarouchesj in. qui leur parlerent ainfi. Nous ne croyons pas qu'il ait commis ce crime. Mais nous jurons. Que voulez-vous donc de nous? Voulez-vous de îa laine pour vous faire des habits ? voulezvous du lait pour vos troupeaux ? ou des fruits de nos terres? Pofez bas les armes venez au milieu de nous 8c nous vous donnerons de tout cçla.furent pas regardées fans envie: les peuples voifins s'affemblerent 8c fous un vain prétexte ils réfolurent d'enlever leurs troupeaux. S'ils n'étoient pas injuftes. dérobé vos beiliaux-. 1 . dirent les jeunes Troglpdites mais. Dieux. s'il l'a fait puiiTe-t-ilmourir le dernier de fa famille On vint dire à un Troglpdite que des étrangers avoient pillé fa maifon 8c avoient tout emporté. Que vous ont fait les Troglodites? Ontils enlevé vos femmes.

Ces peuples lâches. Tel fut le combat de Pinjuftice & de la vertu. le g'de la ULune de Gemmadi z } 17 il- . Usbïk au même* tous les jours j3 C o mme le peuplegrofliïToit les Trogîodites crurent qu'il étoit à propos de fe choifîr un roi ils convinrent qu'il faîloit déférer la couronne à celui qui étoit Iç . outre la caufe commune. lé s>de Lur~~ D'Er~ëron. n'eurent pas même honte de fuir. qui ne cherchoient que le butin. D'Eriefon.Ces paroles furent renvoyées avec ffie^ pris ces peuples fauvages entrèrent armé» dans la terre des Troglodites qu'ils ne croy oient défendus que par leur innocence. qui. tous pour le peuple Troglodite la placé de celui qui expiroit étoit d'abord prife par un autre.el tt E T t r_ H E S LETTRE XIV. 8c ils cédèrent à la vertu des Troglodites* même fans en être touchés. 6c non pas de leur nombre une ardeur nouvelle s'etoit emparée de leur cœur: funvouloit mourir pour fon pere un autre pour fafemme 8c fes enfans. celui-ci pour fes frères. celui-là pour fes amis. Mais ils étoient bien difpofésà làdéfenfe? ils avoient mis leurs femmes & leurs enfans au milieu d'eux ils furent étonnés de l'irrjuftice de leurs ennemis. avoit encore une mort particuliere à venger.

Mais ce joug vous paroît trop dur vous aimez mieux être fournis à un prince & obéir à fes loix moins rigides que vos mœurs vous fçavez que pour lors vous pourrez contenter votre ambition. Il n'avoit pas voulu fe trouver à cette affemblée. dit-il. que je faffe ce tort aux Troglodites.ttis. Vous me déférez la couronne & fi vous le voulez abfolument il faudra bien que je la prenne mais comptez que je mourrai de douleur. acquérir des richeffes & languît dans une lâche volupté 8c que pourvu que y°u§ évitiez de tomber dans les grands criB vj\ 3BvJv P E K S ArN E S. n'ayant point de chef il faut quevousfoyez vertueux malgré vous fans cela vous ne fçauriez fubfiikr & vous tomberiez dans le malheur de vos premiers peres.par fon âge & pat une longue vertu. 1 . difoitil 8c pourquoi ai-je tant vécu ? Puis il -s'écria d'une yoix.févere Je vois bien ce que c'eil. que l'on puifle croire qu'il n'y a perfonne parmi eux de plus jufte que moi.plus juite oç ils jefterent tous les yeux fur un vieillard vénérable. Lorfqu'on lui envoya des députés pour lui apprendre le choix qu'on avoit fait de lui A Dieu ne plaife. d'avoir vu en naiffant les Troglodites libres & de les voir aujourd'hui affoje. Malheureux jour. il s'étoit retiré dans fa maifon le cœur ferré de trifteffe. ô Troglodites votre vertu commence à vous pefer: Dans l'état où vous êtes. il fe mit à répandre un torrent de larmes. A ces mots.

je vais bientôt revoir vos facrés ayeux pourquoi voulez-vous que je les afflige. comme tu te couvres de nuages. de taches comme cet aftre mais. A Coin. quiavoit deux . i vis tu dans les tombeaux 9 Pourquoi divin MollaK? Tu es bien plus fait pour le féjour des étoiles tu te caches fans doute de peur d'obfcurcir le foleil tu n'as point lui.11. Lune de Gemmadi. lî s'arrêta un moment &feslarmes coulèrent plus que jamais. Ta fcience eft un abyfme plus profond que l'Océan ton efprit eft plus perçant que Zufagar.. & par le feul penchant de Tanature ? 0 Troglodites je fuis à la fin de mes jours. Et que prétendez-vous que je faffe? Comment fe peut-il que je commande quelque chofe à un Troglodite ? Voulezvous qu'il faffe une a&ion vertueufe parce que je la lui commande. vous n'aurez pas befoin de la vertu.2. lui qui la feroit tout de même fans moi. LETTRE SJsbek XV. cette épce d'Hali. mon îang eïl glacé dans mes veines. 17.LETTRES mes. & que je fois obligé de leur dire que je vous ai laiffésfous un autre joug que celui de ta vertu? D'Er*erons le 10 de la. Hali^ au Mollah Mehemet Gardien des trois Tombeaux'.

& defcend du trône pour t'en révéler le fecret.calmermon im* patience je ne fjaurois attendre ta. LETTRE USBEK XVI.. 0JK Mï~Ë'. J E ne puis divin MollaK. k avec les Je pourrois par ton moyen avoir une intime correspondance car fe'raphins le centre enfin treizième Iman n'es-tu pas oïl le ciel 8c la terre aboutiffent.prophète & lorfque tu trouves quelque paffage abfcur un ange par fon ordre déploie fes ailes rapides.1.fublime . 8c le point de communication entre Fabyfme 6c l'em- ASËS< 1 r pirée? PerJe fuis au milieu d'un peupleprofaner mets que je mepurifie avectoi fouirre que tourne mon vifage vers les lieux facrés que je tu habites: diflingue-moi des rnéchans. Adreffetes -lettres famois. . comme on diftingue au lever de l'aurore le filet blanc d'avec le filet noir aide.moi de tes conseils prends foin de mon ame enyvrela de l'efprit des prophètes nourris-la de la fcience du paradis.~BR S J:r. 8c permets que je mette fes plaies à tes pieds.çréesà Erzerçn où je relierai quelques D'Er^eronle i de la hum de Gemmait zy 1711. tu fçais ce qui fe paffe dans les neufs jointes chœurs des puiflances céleftcs tu lis î'alco'ran fur la poitrine de notre divin.

ôc de toutes les viandes qu'il appelle immondes? D'où vient qu'il nous défend de toucher un corps mort? &que. ni impures je ne puis concevoir aucune qualité inhérente au fujet. J'ai des doutes il faut dans fens que ma raifon s'égare.LETTRES '< r 9 les fixer }4 ïéponfe. il nous ordonne de nous laver fans ceife le' corps ? Il me femble que les chofes ne font en elles-mêmes ni pures. qui puiffe les rendre telles. pour purifier notre ame. doivent donc être les feulsjuges de la pureté. ni la vue comment auroit-on pu s'imaginer qu'ils fuffent impurs? Les fens. divin MollaK. que parce qu'elle bîefle notre vue. Laboue ne nous paroît fale. . D'où vient que notre îégiilateur nous prive de la chair de pourceau. ou de l'impureté deschofes? Mais comme les objets n'affectent point les hommes de la même manière que ce qui donne une fenfetion agréa- . raméne-îa le droit chemin viens m'éclairer fcurcede lumiere. ou quelqu'autre de nos fens t mais en elle-même. elle ne l'eft pas plus que l'or & les diamans: l'idée de fouillure contractée par l'attouchement d'un cadavre. 6c rougir de la queftion que je vais te faire. foudroie avec ta plume divine les difficultés que je vais te propofer fais-moi pitié de moi-même. ne -nous eft venue que d'une'certaine répugnance naturelle que nous en avons fi les corps de ceux qui ne fe lavent point ne bleflbient ni l'odorat.

nerenverferoit-il pas les diftin&ions établies par notre divin prophéte ôc les points fondamentaux de la loi qui a été écrite de la main des anges ? D'Er^ron. 2. ni Femîjraffer ni la fuivre. & qui révérez la condition des MollaKs. f ë Rs Àiî i 'Éi 1 T y en LETTRE XV IL Mehemet Ali. triode la Luai deGemmadij 1711. il fuit que le témoignage des fens ne peut fervir ici de regle à moins qu'on ne dife que chacun peut à fa fantaifie décider ce point. facré Mollax. Que ne liiez-vous les traditions des do&eurs ? Que n'allez-vous à cette fource pure de toute intelligence ? Vous trouveriez tous vos doutes réfolus.ofer. les chofes pures d'avec celles qui ne le font pas. A Erzeron. Profanes qui n'entrez jamais dans les fe- . Malheureux qui toujours ernbarrafles des chofes de la terre. "VotfS nous faites toujours des queftiom qu'on a faites milk fois à notre faint prophète. ôcdiftinguer. n'avez jamais regar-* dé d'un œil fixe celles du ciel. produit unedégoûtante ches les autres.fcîeaux uns. Mais cela même.. fans. pour ce qui le concerne. ferviteur des frophétes» iUSBEK.

s ï t h n 'é

crets de l'Eternel, vos lumieres reffeniDlenÊ aux ténèbres de l'abyfme;8cles raifonnemens de votre efprit font comme la poufliere que vos pieds font élever, lorfque le foleileft dans fon midi dans le mois ardent de chahban. l Auffi.e zénith de votre efprit ne va pas au nadir de celui du moindre des Immaums*: Yotre vaine philofophie eft cet éclair, qui annonce l'orage & l'obfcurite' vous êtes au milieu de la tempête, 8c vous errez au gré des vents. Il eft bien facile de répondre à votre diffi'culte: il ne faut pour cela que vous raconter ce qui arriva un jour à notre faint prophéte, forfque tenté par les Chrétiens éprouvé pat les Juifs, il confondit également les uns ôc |es autres. lui demanda Le Juif Abdias îbefaîcn de pourquoi Dieu avoit défendu de manger la chair de pourceau. Ce n'efl: pas fans raifon, reprit le prophéte c'efl:un animal immonde &je vais vous en convaincre. Il §t fur fa main avec de la boue la figure d'un liomme il laf|etta à terre Selui cria, Levezvous. Sur le champ un homme fe leva §£ dit: Je fuis Japhet, fils de Noé. Avois-tuîes cheveux auffiblancs quand tu es mort, lui dit le faint prophète? Non, répondit-il: maïs truand tu m'as réveillé, j'ai dru que le jour du Ce mot eft plus en TraditionMâhoiséufage chez lesTurcs^ue tane. l chez,esPerfans.

P e r S A N es;
jugement etoit venu 6cj ai eu unefi grande frayeur que mes cheveux ont blanchi toutà-coup. Or çà, raconte-moi, lui dit l'envoyé de Dieu, toute l'hiloire de l'arche de Noé. Japhet obéit, & détailla exactement tout ce qui s'étoit paffé les premiers mois; après quoi il parla ainfi Nous mîmes les ordures de tous les animauxdans un côté de l'arche ce quilarltfî fort pencher, que nous en eûmes une peur mortelle furtout nos femmes, qui fe lamentoient de la belle manière. Notre père Noé ayant été au confeil de Dieu, il lui commanda de prendre l'éléphant 8c de lui faire tourner la tête vers le côté qui penchoit. Ce grand animal fit tant d'ordures, qu'il en naquit un cochon. Crqyez- vous UfbeK que depuis ce tems-Ià nous nous en foyons abflenus &que nous l'ayons regardé comme ur* animal immonde ? Mais comme le cochon remuoit tous les |ours ces ordures il s'éleva une telle puanteur dans l'arche, qu'il ne put lui-même s'empêcher d'éternuer & il fortit de fon nez un rat, qui alloit rongeant tout ce qui fe trouvoit devant lui ce qui devint fi infupportable à Noé qù'itcrut qu'il étoit à propos de confulter Dieu encore. Il lui ordonna de donner au lion un grand coup fur le front, qui éternua auffi & 6t fortir de fon nez un chat. Croyez-vous que ces animaux foient

Le t t r e
encore immondes ? Que vous en femblef Quand donc vous n'appercevez pas la ràtfon de l'impureté de certaines chofes, c'efi que vous en ignorez beaucoup d'autres & -que vous n'avez pas la connoiffance de ce qui s'eft paffé entre Dieu, les anges 8c les hommes. Vous ne fçavez pas l'hiftoire de l'éternité vous n'avez point lu les livres qui font écrits au ciel; ce qui vous en a été révélé n'eft qu'une petite partie de la bibliothèque divine 8c ceux qui comme nous en approchent de plusprès tandis qu'ils font en cette vie font encore dans l'obfcurité & les ténèbres. Adieu Mahomet foit dansvotre cœur-. dela A Com ledernier Lum
de Chaliban 1711.

LETTRE XVIII. Usbek à fon ami Ru s t an» A Iffahan. Nous n'avons féjourné que huit jours a Tôcat après trente-cinq jours de marche, nous femmes arrivés à Smirne. DeTocatà Smirne on ne trouve pas une feule ville qui mérite qu'on la nomme. J'ai vu avec étonnement-la foibleïTede l'empire des Ofmanlins ce corps malade ne fe foutient pas par un régime doux & tempéré mais par des remédes violens, qui l'épuifent êc le minent fans ceffe. Les bâchas? qui n'obtiennent leurs emplois

1* s n s â h es;

^u a force d'argent, entrent ruinés dans les provinces, & les ravagent comme des pays de conquête. Une milice infolente n'eft foumife qu'à fes caprices les places font démantelées, les villes défertes, les campagnes défolées la culture des terres 8c le commerce entiérement abandonnés. L'impunité règne dans ce gouvernement févere les Chrétiens qui cultivent les terres, les Juifs qui levent les tributs, font expofés à mille violences. La propriété des terres eft incertaine; & par conféquent l'ardeur de les faire valoir 1 ralentie il n'y a ni titre, ni pofleffionqui vaille contre le caprice de ceux qui gouvernent. Ces barbares ont tellement abandonnéles arts, qu'ils ont négligé jufques à l'art militaire pendant que les nations d'Europe fe rafinent tous les jours ils reflent dans leur ancienne ignorance 8c ils ne s'avifent de prendre leurs nouvelles inventions qu'a>près qu'elles s'en font fervi mille fois contre eux. Ils n'ont nulle expérience fur la mer, nulle habileté dans la manœuvre on dit qu'une • de Chrétiens fortis d'un rocher poignée font fuer tous les Ottomans, & fatiguent leu* empire. Incapables de faire le commerce, ils fouffrent prefqu'avec peine que les Européens deMalthe. les Cefontapparenuiient. Chevaliers

entr-ep-r,enans >vierte toujours nent le faire ils croient faire grace à ces étrangers, que de permettre qu'ils les enrichilTent. Dans toute cette vafie étendue de pays que j'ai traverfée, je n'ai trouvé que Smirne qu'on puiffe regarder comme une ville riche 6c puiffante; ce font les Européens qui la rendent telle, & il ne tient pas aux Turcs qu'elle ne reffemble à toutes les autres. Voilà, cherRuftan, une jufteidëede cet empire qui avant deux fiéclesfera le théâ* tre des triomphes de quelque conquérant. A Smirne le z de la Lune
de Rahma^an & 1711,

Lettres .® Q,. laborieux &

LETTRE
Usbek à Zachi

XIX.
/« femme.

Au ferrait d'Ifpahan* Vo u s m'avez offenfé Zachi 8c je fens idans mon cœur des mouvemens que vous ,devriez craindre fi mon éloignement ne vous laifïbit le temsde changer de conduite, & d'appaifer la violente jaloufie dont je fuis tourmente'. J'apprends qu'on vous a trouvée feule avec Nadir, eunuque blanc, qui paiera de fa tête fon infidélité'& fa perfidie. Comment vous êtes-vous oubliée jufqu'à ne pas fentir qu'il ne vous eft pas permis de recevoir dans votre chambre un eunuque blanc tandis

a vous f|ue vous fervir? Vous avez beau me dire que des eunuques ne font pas des hommes, & que votre vertu vous met au-deffus des penfées que pourroit faire naître en vous une reifemblance imparfaite ? Cela ne fuffit, ni pour vous, ni pour moi pour vous, parce que vous faites une chofe que les loix du ferrail vous défendent pour moi en ce que vous 1 mt. uioîcz l'honneur, en vous expofant à des regards que dis-je à des regards? peut-être aux entrepf'fes d'un perfide qui vous aura i fouillée par tes crimes, & plus encore par fes regrets, & le défefpoir de fon impuiflance. Vous me direz peut-être que yéus m'avez été toujours fidelle. Eh! pouviez-voiïâ ne l'être pas ? Comment uriez^ vous trom-R. a pé la vigilance des eunuquesïioirs qui font îî furpris de la vie que vous menez? Comment auriez-vous pu brifer ces verrouils & ces portes qui vous tiennent enfermée ? Vous vous vantez d'une vertu qui n'eft pas libre: & peut-être que vos defîrs impurs vous ont ôté mille fois le mérite & le prix de cette fidélité que vous vantez tant. Je veux que vous n'ayez p'cint fait tout te que j'ai lieu de Soupçonner que ce perfide n'ait point porté fur vousfes mains fa* criléges que vous ayez refufé de prodiguet à fa vue les délices de fon maître que, couverte de vos habits, vous ayez laifle cette foible barrière entre lui ôc vous; que.

P ER 9 A S E S. ~'t1 avez ~4~ ~tr~ ~<3~<~ en ~TrO~de nous deitines

Lettre

s

u -ait frappé lui-même d'un laint reipect, îjaiifé les yeux que, manquant à fa hardieiTe, il ait tremblé fur les châtimens qu'il fe préil ne pare Quand tout cela feroit vrai, Feft pas moins que vous avez fait une chofe qui eft contre votre devoir 8c fi vous l'avez violé gratuitement, fans remplir vos inclinations déréglées, qu'euffiez-vous fait pour les fatisfaire? Que feriez-vous encore Il vous pouviez fortir de ce lieu faeré qui eft pour vous une dure prifon comme il eft pour vos compagnes un afyle favorable contre les atteintes du vice un temple facré Où votre fexe perd fa foibleiTe & fe trouve invincible malgré tous les désavantages de la nature? Que feriez- vous,fi, laiiTéeà vousmême, vous n'aviez, pour vous défendre, que votre amour pour moi qui eft fi griévement ofFenfé ôc votre devoir, que vous avez fi indignement trahi? Que les mœurs du pays où vous vivez font faintes, qui vous arrachent à l'attentat des plus vils efclaves Vous devez me rendre grace de la gêne où je vous fais vivre, puifque ce h'eft que par-là que vous méritez encore de vivre. •' Vous ne pouvez fouffrir le chef des eunuques, parce qu'il a toujours les yeux fur votre conduite, & qu'il vous donne fes fages çpnfeils. Sa laideur, dites-vous eftfi gran^ de que vous ne pouvez le voir fans peine commefi, dans ces fortes de portes on met£oit de plus beaux objets. Ce qui vous afflige^

èft de n'avoir pas à fa place l'eunuque blanc qui vous deshonoré* Mais que vous a fait votre première efclave ? Elle vous a dit que les familiarités que vous preniez avec la jeune Zélide étoient contre labienféance voilà la raifon de votre haine. Je devrois être Zaclii -un juge févere; je ne fuis qu'un époux qui dheïche à vous trouver innocente. L*àKïoui" l'ai pour que toute Roxane, ma nouvelle ép oufe,' m'a^lâifie la tendreiTèque fe dois avoir pour vous qui n'êtes pas moinsbelle je partage mon amour entre vousdeux 8cRoxane n'a d'autre avantage que celui que la vertu peut ajouter à la " <beautés M ASmirm> 12 dela Lune h
. • de^Zilcade ,1712.

t~Yt$ANE1~ rt~ 11 1

t~

LETTRE XX. USBEKau PREMIER EUNUQUE ELAN C* \f qjjs devez trembler à l'ouverture de cette lettre ou plutôt vous le deviez lorfl que vous fouffrîtes, a perfidie de Nadir, Tous qui, dansunevieiliefle froide 6c ianguiffan-. te, ne pouvezfans crime lever les yeux fur les redoutables objets de mon amour vous à qui jl h'e# jamajspermis de mettre un pied facrilége fur la porte du lieu terrible qui les dérobe à tous les regards vous fouffrez que ceux,, dont la conduite vous eft confiée,

que pour vivre fous mes loix. la. LETTRE .£ TTRES la ayent fait ce que vous n'auriez pas temen-. qui leur font donnés pour les ramener à leur époux. té de faire. ou pour mourir dès queje l'ordonne. je le fçais Mais vous qui vous prêtez à ce défordre. qu'autant que vous fçavez obéir. Je jure par tous les prophétes du ciel. fi vous vous écartez de votre devoir.d'autre ame que mes Volontés d'autre efpérance que ma félicité ? Je fçais que quelques-unes de mes femmes fouffrent impatiemment les loix aufteres du devoir.vous que de vils inftrumens que je puisbrifer à ma fantaifie qui n'exiiez. & vous n'àppercevez pas la foudre toute prête à tomber fur eux & fur vous? Et qui êtes. 8c par Hali le plus grand de tous que. je regarderai votre vie comme celle des infectes que je trouve fous mes pieds. que la préfence continuelle d'un eunuque noir les ennuie qu'elles font fatiguées de ces objets affreux. qui ne pouvez avoir d'autre partage que la foumiffion. ma jalouse mêmeont befoin de votre baffeffe. quine refpirez qu'autant que mon bonheur. &:enfin. vous ferez puni d'une maniere à faire trembler tous ceux qui abufent de ma confiance. mon amour. qui n'êtes dans le monde. A Smirne le u de Liini deZilcade J ¡¡u.

- ET TRE XXL U s u s k à [on ami Ils s s n. eft de nous rendre ihceflamment à Paris qui eft le fiége de l'empire d'Europe. C'efl:un grand fpe&aclepour un Mahométan. d'un village marécageux. Les voyageurs cherchent toujours les grandes LesPerfanesn ontquatre* e T v* ïtome I. comme différence des édifices des habits des principales coutumes: il y a. Je ne parle pas des chofes qui la frappent d'abord tous les yeux. C'cft uneviile nouvelle. Nous partirons demain pourMarfeille notre féjourn'y fera pas long le defleinde Rica êc le mien.Pi r •« a » s i. quelque chofe defingulier que je fens c^: queje ne fçais pas dire. la ville d'Italie la plus floriflante. âe voir pour la première fois une ville Chrétienne. fans qmÏQ mari s'en formalife prefquejamais. jufques dans les moindres bagatelles.> A Smirne* Nous fommes arrivés à Livourne 4§ns quâïante jours de navigation. qui les accompagnent n'ont qu'un voile teurs bcaufretes leurs oncles leurs neveux peuvent les voir. Les femmesy jouiCent d'une grande libera té elles peuvent voir les hommes travers certaines fenêtres qu'on nomme jaloufîesi elles peuvent fortir tous les jours avec quelelles ques vieilles. lu .elle eft untémoignage du génie des ducs de Tofcane qui ont fait.

eil extrêmement peuplée 8c que.dans la rue il s'yfait u^ bel embarras. i c a i Ibbes. qu'on ait trouveles gens qui on «ft adrefïë $t qu'on fe foit pourvudes chofes toutes à la fois.L E T T R 1 g >nt efpece patrie villes qui font une efpece de pati commua ne à tous les e'trangêrs. qui tirentîmieux parti de leur machineque les François ils courent ils volent les voitures lentes d'Âfie. ôc qui . delaLuns deSaphar}i7iz.ks feroîent tomberen fyncope. Tu juges bien qu'une ville bâtie enl'air. $è nous ayons toujours été dansun mouvement continuel. XS ou fommes à Paris depuis un mois. foisperfuadé que ]&t'aimerai toujours» leia A Livourne. le pas re'gle'de nos chajnfeaux. il fautbien des affaires avant qu'on à iôitlogé. qui a fix ou fept^maifonsles unesfuries autres. L E T T R E X X I L B. Adieu. Tu ne le croirois pasp eut-être depuis un mois que je fuis ici je n'yai encorevumar* cherperfonne il n'y a point de gens au monde. A Smirne. ne'cefTaires r qui manquent Paris eftauffî grand qu'Ifpaîian 1 les mai-> fons y font il hautes qu'on jureroit qu'elles ne font habite'es quepar des aftrologues. Pour moi qui ne fuis point fait à ce train. quand tout le monde eu defcendu.

me remet foudain où le premier m'a voit pris & je n'ai pas fait cent pas. fes troupes fe trouvoient payées fes places munies. r 1 «-J 1T .vais Couventà pied fans changer d'allure.qui me croife de l'autre côté. n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre &. car encore paffequ'on m'e'claboufledepuis les pieds jufqu'à la tête mais je ne puis pardonner les coups de coude. & je n'ai eu à peine que le tems de m'étonner.par un prodige de l'orgueil humain. me fait faire un demi tour & un autre. j'enrage quelquefois comme un Chrétien. Ne crois pas que je puiffe. parce qu'il lestire de la vanité de fes fujets plusinépuifable que les mines on lui a vu entreprendre ou foutenir de grandes guerres. ce roi éfl:un grand magicien î il exerce fon empire fur l'efprit même de fes fujets il les fait penfer comme il veut. que je fuis plusbrifé que fi j'avois fait dix lieues. D'ailleurs. qui vient après moi & qui me paife. S'il n'a qu'un million d'écus dans fon tréfor 8c qu'il en ait befoin de deux. comme le roi d'Efpagne fon voifin mais il a plus de richeffes que lui. quant à préfent te parler à fond des moeurs & des coutumes Européennes je n'en ai moi-même qu'une légère idée. Le roi de France efl le plus puiffant prince del'Europeriln'a point de mines d'or. que je reçois régulièrement & périodiquement un homme. il n'a qu'à leva Cij P B 1t S A N E S. & fes flottes équipées.

Ce magicien s'appelle le Pape tantôt il lui fait' croire que trois ne-font qu'un que le pam qu'on mange n'eft pas du pain. Il ya deux: e'erit qtt'il apan*qu'il lui envoya un grand pella Confiitutiou &>voulut obliger îous de grandes peines ce prince êcfes fujets de croire tout ce qui y e'toit contenu. il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier eft de l'argent. Ce que je dis de ce prince >nedoit pas t'é* tonnera il y a un autre magicien plus fort que lui. qui fe fournit auffitôt & donna l'exemple à fes fujets mais quelquesuns d'eatr'eux fc révolterent. Il réuflit à l'égard du prince.efprits. Et pour le tenir toujours eniiaîéine &-ne point lui laiffer perdre-i'habitude de croire.aune guerre difficile àfoutenir. Seils en font auffitèt oonvaincus il va même jufqu'à leurfaire croire qu'il les guérît de toutes fortes de maux en les tourchant tant . qui n'eft pas moins maître defon efprit. -S'il.Le t t re s periiiader qu%n écu en vaut deux & ils lé croient. 6c dirent qu'ils ne vouloient rien croire de tout ce qui étoit dans cet écrit ce font les femmes quji ont éié les rjaouicies 4etome cette rivoltc q& . êc qu'il n'ait point d'argent. qu'il l'eft lui-même de celui des autres.. il lui donne de tems en tems pour l'exercer de certains articles de croyance..eft grande la force ck la paiffance qu'il a fur4es. ou queie via qu'on boit n'eft pas du vin & mille autres eîiofes de cette efpece.

ïl Il UVV"WW-.. dans fcs tribunaux 8ç cependant on dit qxi'll aurale ch&~ Ciij E R ? A N" E 1 1 .-ontmis les hommes de leur parti. indi* gnées de l'outrage feit à leur fexe foulevent tout contre la Conflitutjon elles. qui ont fa confiance il n'en a pu trouver un feul ils vivent avec lui ils font à fa cour dans fa capitale. 8c que malgré les foins infatigables de certains dervis. 8s toutes les familles. qui s*e'toïent tous ligués contre lui. if avoit dans fon royaume un nombre innombrable d'ennemis inyHiblés quil'en»touroient on ajoute qu'il les a cherchés pené&it plus de trente ans.pendant qu'il faifoitla guerre à fes voifins. pourquoi faut-il qu'elles fe mêlent de lire un livre. qui dans cette occa* fion ne veulent point avoir de privilége. tout le royaume.c'eft proprementleur Alcoran. qui n'efl.P #îvrfe toute la cour.L "U r~"LLC&LIL faut pourtant avouer que ce moufti ne raifonne pas mal 8e. Cette Conititution leur défend de lire un livre que tous les Chré-* tiens difent avoir été apporté du^eiel. puifque les femmes font d'une création inférieure à la nôtre y Ô£que no* prophètes nous dirent qu'elles n'entreront point dans le paradis. dans fes troupes. parle grand Hali .<II faut qu'il ait été irrftruiî des principes dé notre fainteloi car.fait que pour apprendre le chemin du paradis? J'ai oui raconter du roi des chofes qui tiennent du prodige & je ne doute pas que tu ne balances aies croire* On dit que.Les femmes.

dans le deffein de voir'l'Italie que l'unique but de fon voyage. Rica t'écrit une longue lettre il m'a dit qu'il te parloit beaucoup de ce pays-ci la vi* . & ceux du pays ou tu es. li/V »w. J'ai reçu une lettre de ton neveu Rhedif il me mande qu'il quitte Smirne.Lettre s grinde mourir fans les avoir trouvés ondi-* roit qu'ils exiftent en général ôc qu'ils ne font plus rien en particulier c'eft un corps. Je te félicite d'avoir un neveu qui fera quelque jour la confola» tion de ta vieiilefTe. 8c je t'apprendrai des chofesbien éloignées du cara&ere & du génie Perfan C'eft bien la même terre qui nous porte tous deux mais les hommes du pays où je vis. font des hommes bien différeris. eft de s'inftruire & de fe rendre par-là plus digne de toi. 1-7 z 1 LETTRE Usbek A à Ibb XXIII. mais point de membres. puifqu'il lui en donne d'invifibles & dont le génie ôç le deftin font au-deiTus du rien. Je continuerai à t'écrire. De Paris h 4 i$ la Lune de Revia~ z. Sans doute que le ciel veut punir ce prince de n'avoir pas été affezmodéré envers les ennemis qu'il a vaincus. Smirne.

USBEK à ROXANE. De Paris le 4 de la Lune r_ r r · . S£ u e vous êres heureufe Roxane d'être dans le doux pays de Perfe. & retrouver avec toi ces jours heureux qui coulent fi doucement entre deux amis Adieu. 171-2. ni la vertu i Que vous êtes heureufe Vous vivez dans mon ferrail comme dans le féjour de l'innocence. ôc non pas dans ces climats empoifonnés oh l'on ne connoît ni la pudeur..·r · deRebiab 2. C iv . Auferrail d'Ifpahan. je ne fuis pas en état de te rien dire. généreux Ibben. Tu es le fujet de nos converfations les plus tendres nous ne pouvons affezparler du bon accueil que tu nous a fait à Smirne 8c des fervices que ton amitié nous rend tous les jours. Puiifes-tu. inacceffible aux attentats de tous les humains vous vous trouvez avec joie dans une heureufe impuiffance de faillir jamais homme ne vous à fouillée de fes regards lafcifs votre beaupere même) dans la liberté des feilins. LE TTRE XXIV. vache de for\efprit fait qu'il faifit tout avec promptitude pour moi qui penfe plus lentement.Pi r s a v h s. trouver par-tout des amis auffireconnoiffans ôc aafil fide'ïesque nous Puis-je te revoir bientôt.

Vous fouvkntil de ce jour. vous avez toujours eu des eunuques. & vous dérobèrent à mes recherches ? Vousfouvient-il de cet autre où voyant vos larmes impuiffantes.Lettres n'a jamais vu votre belle bouche vous m & vez jamais manqué de vous attacher un bandeau facré pour la couvrir. ou je vous perdis parmi vos efclaves. Moi-mênae à qui le ciel vous a donnée pour faire movraonheur. vous employâtes l'autorité de votre niere. Heureuse Roxane quand vous avez été à la campagne. qui ont marché devant vous. pour donner la mort à tous les téméraires qui n'ont pas fui votre vue. de ne pas vous voir Et quelle impatience quand je vous eus vue Vous ne la fatisfaifiez pourtant pas vous l'irritiez au contraire par les refus obftinés d'une pudeur allarmée vous me confondiez avec tous ces hommes à qui vous vous cachez fans ceiTe.pour arrêter lesfureurs de mon amour? Vous fouvient-il lorfque toutes l'esreiïbur* ces vous manquèrent de celles que vous trouvâtes dans votre courage? Vous mîtes le poignard à la main. qui vous -trahirent. quelle peine b n'ai-je pas eue pour me rendre maître de ce tréfor que vous défendiez avec tant de confiance!! Quel chagrin pour moi. dans les premiers jours de notre mariage. & menaçâtes d'immoler un époux qui vous aimoit. Deux mois fe pa&e- 9 i fi i 1 . s'il continuoit à exiger de vous ce que vous chériiïïez plus que votre époux même.

à laquelle iLeft impoffi> We de s'accoutumer. Roxane frvous étiez ici vousrou^ fentiriez outragée dan&l'affreuf® ignommi© mhvotre fexeeildefcendu "rvous-fuiriez: œs> tfT*' € . ~l. que vous n'ofiez -me regarder fans rougir votre air confus fem* bloit me reprocher l'avantage que j'avois pris je n'avois pas même une pofféfllontranquille vous me dérobiez tout ce que vous pouviez de ces charmes 8c de ces grâces 8c j'étois eny vré des plus grandes faveurs fan* avoir obtenu les moindres Si vous aviez été élevée dans ce pay-s'-c'f' vous n'auriez^pas étéfi troublée les femmes y ont perdïr toute retenue. elles fe préfenten* devant les hommes.PÉÉ'ÈA' 114 ES. Oui. elles les cherchent de leur-sregards elles les voient dansles mofquée^ tes promenadesv chez elles-mêmesj l'ufage de ferfaire ferrir par des eunuques leufeft inconnu*: Au lieu de e ette noblefîm-plické8s de cette aimable pudeur qui règne parmi vous.à vifage découvèrtvcom> me fi elles vouloient demander leur défake^.t a~a l~nmnnr ïent dans ce combat de l'amour Se de la vertu vous poufsâtestrop loin vos chaftes ferapules vous ne vous rendîtes pas même après avoir été vaincue vous défendîtes jufqu'à la derniere extrémité une virginité mourante vous me regardâtes comme un ennemi qui vous avoit fait un outragea non pas comme un époux qui vous avoit aimée vous£û>tes plus de trois mois. i. onvoir uns impudence brutale.

où vous trouvez l'innocence. ou vous êtes fure de vous-même.eÉ . jepenfe qu'elles que pouffent râttentat auffi loin qu'une pareille conduite devroit le faire oroke ôc qu'elles B. que vous vous ïnfînuez dans. Ce n'eft pas^Hoxane. quand vous vous parfumez tout le corps des effences les plus pré'cieufes quand vous vous parez de vos plus beaux habits quand vous cherchez à vous diflinguer de vos compagnes par les graces de la danfe 8c par la douceur de votre.abominables lieux & vous foupireriez pour cette douce retraite. moncœur par des paroles douces 8c flatteufes je ne fçauïois Roxane douter de votre amour. mais l'amour que vous me devez. Quand vous relevez l'éclat de votre teint par les plus belles couleurs. où enfin vous pouvez m'aimer fans craindre de perdre ja-. je ne puis pas rn'imaginer que vous ayez d'autre objet que celui de me plaire 8ç quand je vous vois rougir modeûefnent que vos regards cherchent les miens. Mais que puis-je penfer des femmes d'Europe? L'art de compofer leur teint lesornesanensdont elles fe parent les foins qu'elles prennent de leur perfohne lé defir continuel de plaire qui les occupe font autant de taches faites à leur vertu. où nul péril ne vousfait trembler. chant. de douceur ôc d'enjouement.· i'i'RE n r ° . & d'outrages à leur époux. que vous combattez gracieufement avec elles de charmes.

peu de femmes données. qui fait fre'mir de violer abfolument la foi conaffez abanjugale. lorfqu'ils volent trop loin ce n'eft pas que nous craignions la derniereinfidélité mais. pour porter le crime fi loin elles portent toutes dans leur cœur un certain caïaclere de vertu. Il y a bien.Persanes. quand il s'agit de faire les derniers pas la nature fe révolte. 8c que la moindre tache peut la corrompre. & qui pût-luimême réprimer les defirs que votre feule fgxtu fçait foumettre. De Paris deRegebs ijiz* le 7 de la Lune 19 Cff . portent la débauche à cet excès horrible. Auffi quand nous vous enfermons fi étroitement que nous vous faifons garder par tant d'efclav?s que nous-gênons fi fort vos defirs. mais ne détruit pas elles peuvent bien fe relâcher des devoirs extérieurs que la pudeurexige mais. Je vousplains Roxane: votre chafieté û long-tems éprouvée méntoit un époux qui ne vous eût jamais quittée.c'eft que nous fçavons que la pureté ne fçauroit être trop grande. qui y eft gravé quela naiffance donne 8c que l'éducation affoiblit.

rlous fommes à préfent à Paris. Lorsque je partis de Smirne je chargeai mon ami Ibben de te faire tenir une boëte.Lettres LETTRE TJsbbk à Nessiiu XXV. part continuellement des vaiiTeauxpour Smirne de-Ià il envoie cek les qui font pour la Perfe par les caravanes d'Arme'riieas qui partent tous.les jours pour Kpafean. Mais pour-moi yjene me porte pas bien â mon corps & mon efprit font abattus î je me îivre à des réflexions qui deviennent tous les fours plustriées ma fanféj.. 6cme rend ce pays-ci plus étranger* Ifpah«r#» . A Ifpahan*. que s'il étoit à Ifpahan & moi à Gom. le mettent au-deiïus dit toutes les épreuves. cette fis* perbe rivale de la ville du foleil. ou il y avoit quelques préfens pour toi tu recevras cette lettre par la même voie.quis'aflFoiblit me tourne vers ma patrie. Quoi* qu'éloigné de lui de cinq ou fîxcent lieues. je lui donne de mes nouvelles. Rica jouit d'une fanté parfaite îa force de fe conftitution fa jeuneffe Se fa gaieté naturelle. & je reçois des fiènnes aulïï facilement. J'envoie mes lettres à Marfeille d'où il.

qui exd%& prime £a langueur itaia. v De. Neffir j'ai dupMïït à te donner èos marques de maconfiance.Paris /te s de la hum de.autrÊ?a.Chahban-. L E T T R E XXVI. s'ils pouvoient efpérer l'impunité d'une lâche complaifance il&cefferoient bientôt d'êtrelourds à la voix flatteufe de ce fexe qui fe fait entendre aux rochers & remue les chafes inaniméesAdieu. Rica à JE vis hier une chofe affezfinguliere quoiqu'elle fe paffé tous les jours à Paris Tout le peuple s'afTemblefuxla fin de l'a-près-dînée.vee . fais err forte que mes femmes ignorent l'état où je fuis fi elles m'aiment je veux épargner leurs larmes êc fi ellesne m'aiment pas je ne veux point augmenter leur hardiefFe.tôtiUn©. 1712. Pèrfe. cher NefFtr je te conjure.1y^'J'4 Mm A^ v J u* jrmt v« j* Mais. kLt ^f\. Si mes eunuques mecroyoient en danger. & va jouer mneefpéce de fcène quej'ai entendu appeller comédie le grand mouvement eît uï une efîrade qu'on nomme le théâtre* faux deux côtés on voit dams: de petits réduits r qu'on nomme loges. qui font en ufageen notre Tantôt c'eft une amante affligée. desSommes & des femmes^ qui jouent enf€mbîedes fcènes muettes à peu près comme celles.f E R S A M E S.

& vont comme les autres. Il femble que le lieu infpire de la tendréffe en effet on dit «pie les ptinceifes qui y regnent ne £qiï£ rys 8 p .9 en bas dans toutes les loges ils plongent. Enfin on fe rend à des falles où l'on joue une comédie particulière ï on commence par des révérences on conti^» nue par des embraffades on dit que la confioiffance la plus légère met un homme en 4roit d'en étouffer unautre. Mais ceux qui prennent le plus de peine. fcène. qui par un prodige qu'on n'auroit ofé efpéter de leurs béquilles. & vont jouer dans un autre on en voit même. pour être muette. 8c ont ordinairement un manchon par modeflie. qui la regarde de même toutes les paillons font peintes fur les vifages. marchent. pour ainïl dire on les perd.LETTRES yeux vifs 8c un air paflîonné dévore des yeux fon amant. pour foutenir à la fatigue ils font obligés d'être partout ils paffent par des endroits qu'eux feuls connoiflènt montent avec une adreffe furprenante d'étage en étage ils font en haut. Il y a en bas une troupe de gens debout. pour cacher leurs bras. qu'on prend pour cet effet dans un âge peu avancé. font quelques jeunes gens. Là les acteurs ne paroiiTentqu'à demi. qui fe moquent de ceux qui font en haut fur le théâtre. ils reparoiilent: fouvent ils quittent le lieu de la. & ces derniers tient à leur tour de ceux qui font en bas. corps. £c exprimées avec une éloquence qui n'en eft que plus vive.

Cependant je fais fi grojfe que je n'ofe plus me préf enterfur le théâtre^ car je fuis fur le"chapitre de l'honneur d"unedélie atefa inconcevable & je foutiens toujours qu'à ane fille bien née il aft plus facile de faire perdre la vertu que lamodefiie. on peut dire que le refte du tems elles font traitables. qu'on nomme l'opéra toute la différence eft que l'on parle à l'un & chante à l'autre. TpuLee que je te dis ici fe rJtffe à peu près de même dans un autre endroit.Persanes. ôc que c*eft une yvrefTe qui les quitte aife'ment. point cruelles & fi on en excepte deux ou trois heures par jour. s'il ma . Avec cette délicateife vous jugez bien que ce jeune abbé n'eut jamais jétijp. JE fuis lapins malheur eufe fille du monde. Un de mes amis me mena l'autre jour dans la loge où fe deshabilloit une des principales a&rices nous fîmes fi bien connoiffànce que le lendemain je reçus d'elle cette lettre. Monsieur. j'ai toujours été la plus vsrtueufe aBrice de l'opéra: il y afept ou huit mon • qtiej'étoisdans la loge ou yous me vîtes hier comme jeni'habillois en frêtreffe de Diane un jeune abbé >vïntTri1y trouver & fans refpeBpour mon habit blanc->mànvoile& mon-bamdeau. où elles font affez fauvages. il me ravit moninnocence. fat beau lui exagérer le fatri fice que je lui ai fait il fsmet à rire & me foutient quil m'a trouvée très-profane.

les dépofbit auiS facilement que 310smagnifiques fultans dépotent les rors d'ffimette & dëGéotgie r mais on ne le craint plus. L ETT REE XXVII? à Ib b en. car à préfeut que j'avance en âge &" que je perds du côté des charmer? mapen~ jîon-yqui eft toujours la mêmœ.m' accorder votre proteBionr Ô" m emmener avec vous àansce pays-là rvovs: auriez. J'ai apprisrparun homme de votre fuite. If ctoit autrefois1 redoutable aux princes mê* ifies car il.femhiediminuer tous les jours. q»7on appellç-faiîîîPiesf c ôà . fi fé– tois à Ifpàhan'y ma fortune feroit aujfitôt faite* Si vous vouliez.indigned&vos. nzfe rendroip b f as. Rica A Smirne. Il fe dit foeceffeur d'un des premiers e*èJl€Jireti§ns.infini dans fat votre pays d'une bonne danfeufe & que. que Von. oii en*trevous & m$ l'on ne me donne guéres de quoi vivre.petites formalités ordinaires & commencer far où j'aurais définir* Maïspiifquefon in fidélité m'a déshonorée je ne veux plus vivre à l'ogérœ. foii un-cas. ontés* Jefuh DtParis le z dela Luœ deChahniLj 1-712.V'avamage.t ETI SE$ immé* tnfavoit promis de fe marier avec mot tiffi légitime msfit pafter fur les.' JjE Pape eft fe cRefdfes Chrétiens c'èffimevieille idole.de*faire dit Hemà unefille 9 fa qui. par fa venu & conduite. qu'on encenfe par habitude.

que dans. fi on veut rompre fes vœux fi on veut fe marier contre les défenfes de la loi quelquefois même£î on veut revenir contre fon ferment. Les évêques font dès-gens de lof. que d'avoir des évêques qui en di£« penfent on a pris ce dernier parti pour l'utilité publique ainfi. on va àl'évêque ou au pape. Quand ils font-en particulier. A P H I S» Certainement une riche fucceffion car il a des tréfors immenfes. de royaume où il y ait eu tant de guerres ci?» yiksj. Car tufçnuïas que la religionChrétienne eft chargée d'une infinité de pratiques très-difficiles & comme on a jugé qu'il eft moins aifé de remplir fes devoirs. des articles de foi. Quand ils font affemblés. Les évêques ne font pas des articles de foi de leur propre" ouvement m il"yaun nombreinnni de doéieurs la plupart dervis qui foulevent entr'eux'mille quêtions nouvelles fur îa religion on les laiCë difputér longtems. & un grand pays fous fa domination. • . ils font. qui lui font fubordofinés 6c ont fousrfon autorité deux fondions bien différentes.fi on ne'veut pas faire le lahmazan fron ne veut pas s*affujettir aux fo^alkésdes mariages. comme lui.F E K S1.puis-je t'aflurer qu'il n'y a jamais en. ils n'ont guéres d'autre fonction que de difpenfer d'accornplk îa toi.celui de ChùLh. cela guerre dure jufqu'à ce qu'une décifion vienne la terminer^ Auffi. qui donne auiîi-tôt la difpenfe.

Dans le doute. Ce que je te dis eft bon pour la France oc l'Allemagne car j'ai oui dire qu'en Efpagne & en Italie. pour ceux qui y font engagés comme le mot de ralliement. Les autres juges préfument qu'un accufé eft innocent ceux-ci le préfument toujours eoupable.Lettres Ceux qui mettent au jour quelque propofition nouvelle. Chaque héréfie a fon nom. ils tiennent pouï _1. qui eil. qui a porté fur lui deux morceaux de-drap attachés à deux rubans. 8c. Quand on tombe entre les mains de ces gens-là heureux celui qui a toujours prié Dieu avec de petits grains de bois à la main. on pourroit bien ne pas demeurer d'accord des qualités 8c le brûler comme hérétique il auroit beaudonner fa diftin&ion point de diftin&ion. il y a de certains dervis qui n'entendent point raillerie & qui font brûler un homme comme de la paille. intelligible ou non elle rend un homme blanc comme de la neige &il peut fe faire appeller orthodoxe. donner cufent d'héréfie 8c quelle que foit la diflinction. & qui a été quelquefois dans une province qu'on appelle la Galice fans cela un pauvre diable eft bien embarrafle quand il jureroit comme un païen qu'il eft orthodoxe. font d'abord appellés héré* tiques.mais n'eft hérétique qui neveut: il n'y a qu'à partager le différend par la moiune diftin&ion à ceux qui actié. . il feroit en cendres avant que l'on eût feulement penfé à l'écouter.

qu'ils font doux. Heureufe la terre qui eft habitée par les enfans des prophétes ces trilles fpe&acles y font inconnus*. 1 LETTRE XXVIII.les plus toleransde tous les Mahoraétans.Lune de Chalval. Ils forit dansleur fentence un petit compliment à ceux qui font revêtus d'une chemine de foufre 8c leur difent qu'ils font bien fâchés de les voir fi mal habillés. A Smirne. des femmes de mauvaife vie. & font au défefpoir de les avoir condamnés Mais pour fe confoler ils confifquent tous les biens de ces malheureux à leur profit. de ceux qui exercent une profeffion infâme. Les fcabitans de Paris font d'une curîoflté qui va jufqu'à l'extravagance.P ER régie de fe déterminer du côté de la rigueur. ils en ont fi bonne opinion qu'ils ne les jugent jamais capables de mentir car ils reçoivent le témoignage des ennemis capitaux. abhorrent le fang. A Paris le 4-de la. . apparemment parce qu'ils croient les hommes mauvais mais d'un autre côté. La fainte religion que les anges y ont apportée fe défend par fa vérité même. Rica au même. elle n'a point befoin de ces moyens yiolens pour fe maintenir.8c qu'ils. Lorfque j'arLes Perfansfont. ï^ii» S A N E S.

je me vis apprécié au ' plus Julie: j'eus fujef deme plaindre de moi.difoient entr'eux Il faut avouer qu'il a l'ai* bien Perfan. Cet effai mefit connoître ce quejevafois réellement libre de tous les ©memeïis étrangers.Ë Y R-"£ $ fi rivai je fus regarde comme j'avoîs étéetP voyédu ciel vieillards. femmes^ enfans. Cela me fit réfoûdre à quitter l'habit Perfan & à en endoifer un à l'Européenne. qui . les femmes ïhêmes faifoient un arc-en-ciel nuance de îïiille couîeurs^quim'entoaroit fi j'étais aux fpe£tacles je voyois auffitôt cent lorgnertes dreflees contre ma figure enfin jamais lïomrne n'a tant été vu que moi. pour voir s'il refteroit encore dans ma phyfionomie quelque chofe d'admirable. tous vouloient me voir fï je fortois. tout le monde femeîfoit auxienêtres û jJé-> fois aux thuiîleries je voyois auflkôt uiï cercle fe formerautour de moi. Il . Chofe admirable je trouvois de mes portraits par-tout je me voyois multiplié dans toutes les boutiques fur toutes les cheminées tanton cratgnoit de ne m'a-^ voir pas affezvu. Tant d'honneurs ne îaîfTent pas d'être à charge: je ne me croyois pas un homme fi curieux & fi rare: &: quoique j'aie très-bonne opinion de moi. hommes. Je foufiois quelquefois d'entendre des gens qui n'étoient prefque jamais fortis de leur chambre. je ne me ferois jamais imaginé que je duffetroubler le repos d'une grande ville ou je n'étais point connu.

dans unendroit. d'eau vive il eft impoffible d'y acscomplir une feule ablution.£ AParis.à-coup dansun néan. le 6 dela Lune de Chalval. Maisette urilleprofane manque dutre'fojt c le plusprécieux qui foit aai mon^e c'eft-àîdire. légale.reJPerfan.cùail ne devroit y av.. ^XIX.9 compagnie que j'ptpk ferfan j'entendoig ~ompagrl:ie.tendoi~ auffitôt autour de moi on bourdonnement-? 1 eft fûi'i ah î monfîeur Perfan? C'eft unechafe bien extraor4inaire j Cp^mmeAt eut on p éî. A Paris. îlH-E:D. Elle efl e» abomination à notre iaint .ophéte. S A' S S &. t fera & être jfurpris en arrivant ^à Veniie von toujours e'tonné de voâruîieville des tours & des mofquéesfortir de deflbus l'eau 8ç dé trouver un peuple innombrable . Je fui* à pre'fent à Venifç mon cher UfbeK^ On peut av©iïwvl outes les villes du anonde.pr.taffreux jedemeusois quelquefois une heure dans une compagnie fans qu'on m'eût regardé êc qu'on m'eût mis en oeca£on d'ouvrir la touche mais fi quelqu'un par hafard apprenait à la . fcg:T T^tE.oir-qu€despoif» fons. 1712..a tJSBEK.& il . « t tailleur qui m'ayoïtfait perdreen «« imitant l'attention &l'eftimepublique.I. cat l'entrai fout.'P-»B" .c~u~ Il ~Perfan -ex.

Je m'inftruis des fecrets du commerce. J'y vais medit-il & je vous y conduirai. ou à d'autres jeux que je ne connois point. *> Le t t r e s 1 LETTRE Rica J'allai l'autre jour voir une maifohoù l'on entretient environ trois cent perfonnésaflez j'eus bientôt fait. des intérêts des princes. « Sans cela. Comme je fortois. à la phyfïque à Taftronomie j'étudieles arts enfin je fors des nuagesqui couvroient mes yeux dans le pays de ma naiffance. Ceux qui font dans-cette maifon étoient afTêz gais plufieurs d'entr'eux jouoient aux cartes.ciei qu avec ne la regarde jamais du haut cm colere. de la formede leur gouvernement je ne néglige pas même les fuperftitions Européennes je m'applique à la médecine. car l'églife ni pauvrement. Il me mena à merveille.lv 1712al XXX. mon cher UibeK je ferois charmé de vivre dans une ville ou mon efprit fe forme tous les jours. les bâtimens ne méritent pas d'être regardés. un de ces hommes fortoit auffi êc m'ayant entendu demander le chemin du marais. me tira de tous les embarras. AVenifele 16dela Lune deCha.quieft le quartier le plus éloigné de Paris. 8c me fauva adroitement des carrofes 8c des voitu- . fuivez-moi.

De Paris. me répondit-il. j'embarraiTeraiplus les gens.+n ~l~w~. lui dis-je. vous êtes. Comment. 1712. Si quelque chofe a flétri la vie & la réputation de nos monarques. c'eft . je ne puis rri'empêcher de la regarder commele préfent le plus redoutable que la nature ait fait aux hommes. qui défendd'en boire. monfieur. c'a étéleur intempérance.. quand la curiofité meprit Mon bon ami. A Venife* ILE vin eft fi cherà Paris par les impôts que l'onymet. AI tes.aveugle ? Et que ne priiez vous cet honnête homme qui fouoit aux cartes avec vous de nous conduire ? Il eft aveugle aufli me reposdit-il il y a quatre cent ans que nous fommestrois cent aveugles dans cette maifonoii vous m'avez trouvé Mais il faut que je vous quitte voilà la rue que vous demandiez je vais me mettre dans la foule j'entre dans cette églife où. je vous jure. qu'ils ne ïiï'embafrafferont.Persane .lWNl~sG4H s. lui dis-je. ne pourrois-je point fçavoir qui vous êtes ? Je fuis aveugle. qu'il femblequ'on ait entrepris d'y faire exécuter les préceptes du divin alcoran. Lorfgue je penfe aux funefîeseiïets de cette liqueur. Nous étions prêts d'arriver. E T T K E X X X L IIsbèk à Rhedj. lé 17 la la Lune de Çhalval.

qu'on appelle Séneque mais les Afiatiquës plus fenfés qu'eux. Il n'y a rien de fi affligeant que îesconfoîa^ tion-stirées de la ïiéceffité du mal de l'inutilité des remèdes de la fatalité du deftùi de l'ordre de la providence. &*on ne remarfaute..W L leurs vouloir . &: il-s en boivent avec un excès qui les dégrade de l'hujr*anité même. c'cft fe moquer de 1 ET T. onfe révol-te avec fureur contre Içs préceptes &la loi -faite pour nous rendre plusjjsftes nefeïifojiYent qu'àaous rendre plus coupables. que pas qu'il leur faffe faire aucune L'efprit humain eft la contradiction même dans une débauchelicentieufe.l irrjuiK la fourcea plus empoifonnéede tices & de leurs cruautés.eftpermis aux princes Chrétiens. Mais quand je défapprouve l'ufage de cette conliqueur qui fait perdre la raifon.R.prennent des breuvages capables de rendre l'homme gai. je ne damne pas de mêrne ices boiffons qui l'égaient. cet ufage^auc©Jitraire. &meilleurs phyfîciens en cela. beur à un Européen 'il n'a d'autre reffource que la lecture d'un philofophe. ôc de charmer le fouvenir de fes peines. avce autant de foin que contre les maladies les plus Lorfqji'il arrive quelque maldangereufes.E ï. & du malheur de la condition humaine. Je le dirai à la honte des Sommes la loi interdit à nos princesl'ufage du vin. C'eft la fageffe des Orientaux de chercher des remèdes contre la triftefie.

Je le dirai à la honte des Sommes la loi interdit à nos princesl'ufage du vin.R. beur à un Européen 'il n'a d'autre reffource que la lecture d'un philofophe. ôc de charmer le fouvenir de fes peines. &*on ne remarfaute. la plus empoifonnéede leurs rrrjuiK la fource tices & de leurs cruautés.L ET T.prennent des breuvages capables de rendre l'homme gai. avce autant de foin que contre les maladies les plus Lorfqji'il arrive quelque maldangereufes.. C'eft la fageffe des Orientaux de chercher des remèdes contre la triftefie. cet ufage^auc©Jitraire. &meilleurs phyfîciens en cela. onfe révol-te avec fureur contre Içs préceptes &la loi -faite pour nous rendre plusjjsftes nefeïifojivent qu'àaous rendre plus coupables. c'cft fe moquer de vouloir . Il n'y a rien de fi affligeant que îesconfoîa^ tion-stirées de la ïiéceffité du mal de l'inutilité des remèdes de la fatalité du deftùi de l'ordre de la providence.E-SLu_r~ a:. qu'on appelle Séneque mais les Afiatiquës plus fenfés qu'eux. que pas qu'il leur faffe faire aucune L'efprit humain eft la contradiction même dans une débauchelicentieufe. Mais quand je défapprouve l'ufage de cette conliqueur qui fait perdre la raifon. & du malheur de la condition humaine.r.eftpermis aux princes Chrétiens. &: il-s en boivent avec un excès qui les dégrade de l'hujr*anité même. je ne damne pas de mêrne ices boiffons qui l'égaient.

Les hommes mêmes n'ont pas en Perfe la même gaieté que les François: on ne leur voit point cette liberté d'efprit 8c cet air content. que comme des marques d'autorité 8c de dépendance. depuis la fondation de la monarchie. ce doux engagement M cœur qui fait ici la douceur de la vie. C'eft bien pis enTurquie où l'on pourroit trouver des familles. que je trouve ici dans tous les états & dans toutes les conditions.Lettres la vie reglée que les femmes y rnenent ëllei ne jouent. pour ainfî dire ifoléeautres. & ne s'expofent prefquejamais à l'air. ni ne veillent elles ne boivent point de vin. Cette gravite des Afiatiques vient du peu de commerce qu'il y a entr'eux ils ne fe voient que lorfqu'ils y font forcés par la cérétnonie. qui ne pique point. l'amitié.. les plaifirs mêmes y font graves 8c les joies féveres 8c on ne les goûte prefque jamais. où ils trouvent toujours une comchapagnie qui les attend de maniere que des que famille eft. Un jour que je m'entretenois là deflus avec un homme de ce pays-ci il medit Ce qui 1~00 Îen f-OmrtlGn tr HeAt~ . Il faut avouer que le ferrail eft plutôt fait pour la fanté que pour les plaifirs c'eft "ne vie unie. tout s'y reffent de la fubordinationôc du devoir. où de pere en fils per* fonne n'a ri. leur e£t prefque inconnue: ils fe retirent dans leurs maifons.

A Paris. par jaloufie & par de'fefpoir qui brûlant de fe venger des deux fexes dont il eft le rebut confent à être tyrannifé par le plus fort pourvu qu'il puifTe défoler le plus foible qui. qui fait concilierfon honneus à garder les femmes d'un autre. chargé de la jaloufie defon maître. que l'on tient de la nature & ils les ruinent depuis l'enfance qu'ils vous obfedent. qui eft la feule de fes vertus parce qu'il y eft porté par envie. de fa laideur 8c de fa difformité tout l'éclat de fa condition. où. Dij1J .on attendre de l'éducation qu'on reçoit d'un miférable. & s'enorgueillit du plus vil emploi qui foit parmiles humains.le 14dela Lune deZilhagé} 1713.eft.P E R 8 A V E Éi tne choque le plus de vos mœurs cefi que vous êtes obligés de vivre avec des efclaves. dont le cœur & l'efprit fe fentent toujours de la baffelfede leur condition ces gens lâches affoibliïfent en vous les fentimens de la vertu. il a exercé toute fa bailefle?. n'eftcfiimé que parce qu'il. qui eftme'prifable par fa fidélité même. Car enfin défaites-vous des préjugés que peut.ri-» vé pour jamais à la porte ou il ett attaché g plus dur que les gonds ôc les verrouils qui la tiennent fe vante de cinquante ans de vie dans ce pofle indigne.indigne de l'être qui enfin. tirant de fon imperfection.

qui fervironB d'ânes aux Juifs. 6k feront rrrene's eux au par n'i-s grand trot en enfer ? Je fçais bien qu'ils ront point dans le féjour des prophètes 8ç eux. vidage 4? notre grançf prophète. dervk. Ils ne reflemblent point à ces infidèles. parce qu'ils refufoient de croire aux miracles du ciel ils font plutôt comme ces malheureux qui vivoient dans les téné-? bres de l'idolâtrie ava. qu'il ne lewe a pas fait connaître ? Je puis te le 4ire j'ai fouvent examiné ces Chrétiens je les ai in-f idée terrogés pour voir s'ils a voient quelque étoit le plus beau de tour du grand Hali qui les hommes j ai trouvé qu'ils n'en avoient jamais oui parler. .pt que la divine lu-^ miere vînt éclairer le. G e m c h i r> fon Que penfes-tu des Chrétiens. fublime dett vis ? Crois-tu qu'au jour du jugement ils feront comme les infidèles Turcs.$ erois-tu qu'ils foient condamnésà des châtimens éternels? & que Dieu les puniffe pour n'avoir pas pratiqué une religion.Lettres L E T T R E Usbek à 4u brillant monajiere XXXIIL coujîn de Tquris. que nos faint? prophétes faifoient paffer aufil del'épée. que le grand Hali n'efi point venu pour Mais parce qu'ils n?ont pas été affez heureux pour trouver des mofquées dans leur pays.

oii ils goûteront mille délices par le moyen de la re'furreêtiondes corps ils ont.à Â s î s. & fe me'fientdes mauvais î ils ont unefàihfe" crédulité pourles miracles que Dieu opere par le miniftere de fes fervi^teurs ils reconnohTent. comme ous. J'ai fouvent admiré les fecrets de la providence. rinfufn fifance de leurs mérités & le befoin qu'ils ont d'un intercêffeUrauprès de Dieu. qu'ils croient devoir fuffire pour toutes les autres leurs prêtres & leurs moines prient comme nous fepf fois le jour ils efperënt de jouir d'un paradis. Je vois partout le Mahome'tifme. on y trouvera comme une Semence de nos dogmes.ligion. comme nous des jeûnes marqués des mortifications avec lefquelles ils ëfpereht fléchir divine ils rendent un culte la mife'ricorde1 aux bons anges.dans lequel il eft prouvé que la polygamie eft ordonnée aux Chrétiens leur baptême eft l'image de nos ablutions légales. J'ai oui parler d'un livre de leurs docteurs. qui femble les avoir voulu préparer par-là à la converlîon générale. Il viendra un jour où l'éternel ne verra fur la terre que de vrais croyans le tems. 8c les Chrétiens n'errent que dans l'efficacité qu'ils donnent à cette premiere ablution. On a beau faire la vérité s'échappe 6c perce toujours les ténèbres qui l'environnent. intitule' l'a Polygamie triomphante. qui confume tout.quoique je n'y trouve point Mahomet. s fl l'on examine de D'ailleurs û l'on examine de tprès leur re- . détruira D iij f E R.

fe voir fous le même étendard tour. fera confommé. A Venife. il n'y a perfonne qui ne croie qu'il en a quatre fois plus que lorfqu'il y eft entré. êc portés dans les céleftes archives. je les trouvai échauffés fur une difpute la plusmince qu'il fe puiffeimaginer: il s'agiffoit de la réputation d'un vieux poëte Grec. A Paris. jufques à la loi. les divins exemplaires feront enlevés de laterre. auffibien que le tems de fa morte . dont depuis deux mille ans on ignore la patrie. Mais ce qui me choque de ces beaux efprits. 713.Lettrés les erreurs mêmes: tous les hommes feront étonnés de. L E caffé eft très en ufage à Paris il y a un grand nombre de maifons publiques où on le di. Dans quelques-unes de ces maifons on dit des nouvelles. dans d'autres on joue aux échecs il y en a une où l'on apprête le caffé de telle maniere qu'il donne de l'efprit à ceux qui en prennent au moins de tous ceux qui en fortent. c'eft qu'ils ne fe rendent pas utiles à leur patrie & qu'ils amufent leurs talens à des chofes puériles par exemple lorfque j'arrivai à Paris. RHEDI. le20delaLune 1 de Zilhagé. LETTRE USBEK tf tXXIV.ftiibue.

difois-je en moi-même. difputent en langue vulgaire & il faut les diflinguer d'une autre forte de difputeurs.devant un de ces défenfeurs du poëte Grec. il ne feroit pas malrelevé & je crois que ce zèlefi délicat fur la réputation des morts. Mais quoiqu'il en foit. Chacun en vouloit donner le taux mais parmi ces distributeurs de réputation 5 les uns faifoient meilleur poids queles autres voilà la querelle.Les deux partis avouoient que clétoit-un poète excellent il n'étoit queftipn que du plus ou du moins de mérite qu'il falloit lui attribuer. D iv . injures fi groffieres. Elle étoit bien vive car on fe difoit cordialement de part 8c d'autre des. qui fe fervent d'une langue barbare qui Semble ajouter quelque chofe à la fureur & à l'opiniâtreté lies combattans il y a des quartiers oii Toa.¥ E R S A N E -£. étoit affezétourdi pour aller. on faifoit des plâifanteries fi arriéres que je n'admirois pas moins la manière de difputer que le fujet dela difpute. attaquer la réputation de quelque honnête citoyen. mais que feroitce fi leur fureur étoit animée par la préfence d'un ennemi ? Ceux dont je te viens de parler. s'embraferoit d'une bonne maniere pour défendre celle des vivans. Si quelqu'un. ajoutois-jé Dieu me garde de m'attirer jamais l'inimitié des cenfeurs de ce poète que le féjour de deux mille ans dans le tombeau n'a pu garantir d'une haine fi implacable ils frappent à présentdes coups en l'air.

où l'on devroit mourir de faim ne laiffe pas de rendre on a vu une nation entière chafféede fon pays. Ce métier.L E T _A9s. fa cour. '1' :Il E 'S" voit comme une mêlée noire &epaiffe de cas fortes de gens ils fe nourriffent de diftinctions ils vivent de raifonnemens obfcurs 8c de fauffes conféquences. lui plairoit le mieux tant il fait cas de la politique Orientale. Ii E roi de France efl vieux nous n'avons point d'exemple dans nos hiftoires d'un monarque qui ait fi losigtems régné? On dit qu'il poflede à un très-haut degré le talent defe faire obéir il gouverne avec Je même gérât. fon e'tat on lui a fouvent entendu dire que de tous les gouvernemens du monde. h E T TR E XXXV* US BE KMI BBEN. qu'un redoutable talent pour la difpute. Cafamille. il a un mïnlftre qui n'a que dix-huit ans. A Paris j le dernier de la Lunt de Zilluigéjij 13. J'ai étudié fon caractère ôc j'y ai trouvé des contradi&ions qu'il m'eil impoflibîe de réfoudre par exemple. pour s'établir en France n'emportant avec elle. celui des Turcs. pour parer de aux rnéceffités la vie. Adieu. ou celui de notre augufle fultan. & une maîtrefle qui en a quatre-vingt il aime fa religion. &il %$ . A Smkne. traverfer les mers.

Ps H. & accablé d'une pauvreté. qu'un par-. Il n'eft je crois jamais arrivequ'àlui d'être en même tems comblé de plus dericheffes. Il aime à gratifier ceux qui le fervent mais ïl paye auffi libéralement les affiduités ou plu.ôt I'oifi vetéde fes courtifans. que les campagnes laborieufes de fes capitaines fouvent il préfère un homme qui le déshabille ou qui lui donne la fervïetfe lorfqu'il fe-met à table t à un autre qui lui prend des villes ou lui gagne des batailles il ne croit pas que la gran-^ deur fouveraine doive être gênée dans la dif-tribution des graces & fans examiner fî celui qu'il comble de biens eft homme de méti-* te > il croit que fon choix va le rendre teï âuffilui a-t-on vu donner une petite penfion à un hommequi avoit fui deux lieues & uit beau gouvernement à un autre qui en avoit" fui quatre. giêutfouffrir ceux qui difent qu'il la faut obferver à la rigueur quoiqu'il fuie le tumulte des villes oc qu'il fe communique peu. f iculier nepourroit foutentr. il n'eft occupé depuis le matin jusqu'au foir qu'à faire parler de lui il aime les trophées àc les victoires mais il craint autant de voir un bon général à la tête de fes troupes qu'il auroit fujet de le craindre à la tête d'une arinée ennemie. 'f t . Il eft magnifique fur-tout dans fes bâtimens il y a plus de ftatues dans les jardins é& fon palais que de citoyens dans une granfe P f S A N ~·r f" r S. qu'un prince n'en fçauroif cfpérer.

nos Afiatiques répondent qu'il y a de la baflefle aux hommes de renoncer à l'empire que la nature leur a donné fur les femmes. A Smirne. Que s'ils objectent à leur tour que les Européens ne fçauroient être heureux avec des femmes qui ne leur font pas fidelles on leur répond que cette fidélité.LïTT R I S ville. embarraffent moins qu'une qui n'obéit pas. 8c fes finances aufi ine'puifables. A Paris le 7 de la Lune ] de Maharram. a LETTRE Rica 0 XXXVI. n'empêche point le dégoût. qui fuit toujours les paffionsfatisfaites que nos fem-mes font trop à nous qu'une poifefflon iî . Ibben. C'est une grande queftion parmi les hom mes. Si les Européens difent qu'il. fes reifources auffigrandes. ils répondent que dix femmes qui obéiflent. n'y a pas de ge'nérofîtéà rendre malheureufes les perfonnes que l'on aime. qu'ils vantent tant. Si on leur dit que le grand nombre des femmes enfermées eft embarraffant. Sa garde eft auflî forte que celle du prince devant qui tous les trônes fe renverfent fes armées font auffi nombreufes. 1713. de fçavoir s'il eft plus avantageux d'ôter aux femmes la liberté que de la leur laiffer il me femble qu'il y a bien des raifons pour & contre.

ôc par conféquent plus d'humanité ôc de raifon. fi nous avions été raifonnables la leur ont fait perdre. ~y. que parce qu'elles ont plus de douceur que nous. la nature n'a jamais diété une telle loi l'empire que nous avons fur elles. il faudroit qu'il n'y eût que trois perfonnes dans le monde ils feront toujours à but. difent-ils quand nous ferions malheureux en qualité de maris. Peut-être qu'un homme plus fage que moi. fi les Afiatiques font fort bien de chercher des moyens propres à calmer leurs inquiétudes les Européens font fort bien auffide n'en point avoir.defirer. s'il eft vrai que nous n'avons fur les femmes qu'un pouvoir tyrannique il neTell pas moins qu'elles ont%r -nous un empire naL P vj Y P~RSAN~s. Pour qu'un homme pût fe plaindre avec raifon de l'infidélité de fa femme. eft unevéritable tyrannie elles ne nousl'ont laifle prendre. ni à tranquille craindre qu'un peu de coquetterie eft un fel qui pique &prévient la corruption. ces avantages qui dévoient fans doute leur donner la fupériorité. Après tout. feroit embarraffé de décider car._ ne nous lahTe rien à . nous troude verions toujours moyen nous dédommager en qualité d'amans. Or. quand il y en aura quatre. C'eft une autre queflion de fçavoir fi la loi naturelle foumet les femmes aux hommes. • Non me difoit l'autre jour un philofophe très-galant. parce que nous ne le fommes point.

iyisl . qui étoient véritablement dans la fervitude dufexe ils étoient trop barbares pour que leur exemple puiffe être cité. à qui rien ne réfifte. Le nôtre n'eft pas de tous les pays. Je ne parle point des Sauro mates. quoique cela choque nos mœurs chez les peuples les plus polis les femmes ont toujours eu de l'autorité fur leursmaris elle fut établie par une loi chez les Egyptiens. A Paris»e z6deigjLuas Gemmadi.& à réduire tout en paradoxe. Nous employons toutes fortes de moyens pour leur abattre le courage les forces feroient égales fi l'éducation l'étoit auffi: éprouvons-les dans les talens que l'éducation nra point affoiblis <k nous verrons fi nous fommesfi forts. Le prophéte a décidé la queftion. Pourquoi aurions-nous donc un privilége ? Efr-ce parce que nous fommes les plus forts ? Mais c'eft une véritable injuftice. en l'honneur d'Ifis ck chez lesBabyloniens en l'honneur de Sémiramis. celui de la beauté.Xi S ¥ T K E 9 iurel. de 2. Tu verras. mais celui de la beauté eHuniverfel. où l'on aime à foutenir des opinions extraordinaires. & a réglé les droits de l'un &de l'autre fexe Les femmes dit-il. qu'ils commandoient à toutes les nations mais qu'ils obéifïbient à leurs femmes. mon cher Ibben que j'ai pris le goût de ce pays-ci. doivent honorer leurs maris leurs maris les doivent honorer jaaaisiis ont l'avantage d'un dégré fur elles. On difoit des Romains. Il faut l'avouer.

i 2~iec~ue.' LETTRE H a g i I s b i 1 gvofélyte au XXXVÎL Juif B e h J o s y b! Mahométan.ordinaires coirime fi la nature fouffroit une efpéce de crife y êc que la puiiïahcè eélefie ne produisît qu'avec' effort. II n'y a rien de û merveilleux que la naf£fance de Manomeî. comme un témoignage a:utenti. I L me femble Ben Jofué. Il vint au monde circoncis. S A. pour enchaîner Satan. d'ancêtre en ancêtre de Mahomet parvint enfin jufquesà lui.JE E S. que îa nature de la femme ceffât d'être immonde.È S. qu'il y a f oujour* des lignes éclatans qui préparent à la naiffance des hommes extra. & îa joie parut fur fon vifage dès fa naiiTaiïce la terre tr.que:qii'iJ étolt (îefceBH du des patriarches. ï)ieuy qui. parles de'crefôde fa providence. . & que le membre viril ne fût livré àla circoncifîon. S .em^Hagi efttfHbommê afaitlepélerjaage e h d p. créa une lumière deux mille ans avant Adam qui paffant d'élu en élu.. avoir réfoiu dès ïe eorrisniencement d'envoyer aux hommes ce grand prophète. Ce fot auflîà caùféde ce même prophe'te y que Dieu rie voulut pas qu'aucun enfant fût rïe conçu. A Smhne.

à tous les infians de la fraîcheur des eaux. parce que nous pouvons lui apporter. Là-delfus les anges indignés s'écrioient Que nous reflera-t-il donc à faire? Mais une voix du ciel fut entendue qui tet- L E T T RBs _> comme fielle eût .fe réunirent pour élever cet enfant & fe difputerent cet avantage. & tous les efcadronsdes anges. d'où avec une voix terrible il appella les anges. J'ai envoyé' au monde snon ami fidéle.de tous les endroits. les générations des oiîeaux. Les vents mur-. enfante4je-. les odeurs les plus agréables. des nuées. Cette nuit Dieu pofa un terme entre l'homjne & la femme qu'aucun d'eux ne put paffer l'art des magiciens& négromans-fetrouva fans vertu on entendit une voix du ciel qui difoit ces paroles. parce qu'ils pouvoient plus facilement rafembler plufleurs fruits de divers lieux.l>Jatrois fois. des vents. 5c difoient C'eft plutôt à nous. Selon le témoignage d'ÏÏben Aben hiflorien Arabe. Lucifer fui jette au fond de la mer & ce ne fut qu'après avoir nagé pendant quarante jours. difoient les nuées non c'eft à nos foins qu'il fera confié parce que nous lui ferons part. Les oifeaux difoient dans leurs gazouillemens qu'il étoit plus commode qu'ilsl'élevaifent. qu'il fortit de l'abyfme 8c s'enfuit fur le mont Cabès. même toutes les idoles fe profternerent i\s trônes des rois furent renverfés. Non non. muroient.

Que pbuvoit faire davantage le ciel pour autorifer fa miffiondivine à moins que de renyerfer la nature 8cde faire périr les hommes mêmes qu'il vou-. parce qu'heureufesles mammelles qui l'allaiteront. 8c l'on fait fon oraifon avec funèbre. qui eft un difcoursà fa louange. qu'à lui exagérer la perte qu'il va faire ? .PERS 1 '1-0 r ANES. il f faut pleurer les hommes à leur naiiTance. Aprèstant de témoignagesfi éclatans. 8c la maifonqu'il habitera & le lit où il repofera. on s'afTembîe dans une mofquée. Vf ili- Inina toutes les difputes II ne fera point ôté d'entre les mains des mortels. le 20 de la Luns deRhegeb31713. Aquoi fervent les cérémonies. 8c les mains qui le toucheront. A Smirne. mon cher Jofué il faut avoir un cœur de fer_pour ne pas croire fa fainte loi. lequel on feroit bien embarraffé de décider au jufte du mérite du défunt. & tout l'attirail lugubre qu'on fait paroître à un mourant dans fes derniersmomens les larmes mêmes de fa famille & la douleur de fes amis. Je voudrois bannir les pompesunèbres. ôc non pas à leur mort. LE T T R E XXXV ÏIL Us B E K « ÏBBES. loit convaincre ? A Paris. O e* s qu'un grand eft mort.

qu'il n'ofe pas même rega*- .hegeh. Comme je vois qu'au bout du compte c'eilfdn avantage je voulus l'autre jour ufer à fon égard d'un peu de rigueur-.gouverner j'ai pitié f îbben de l'extravagance humaine.Nous néiçâaveugles. anQuand je vois le Mogol. 8t fe faire pefer comme un bœuf quand fe vois les peuples fe réjouir de ce quece prince eft devenu plus matériel e'efl à dire y moins capable de les. ôc de concert avec l'intendant de tes jardins p. malgré lui. qui toutes les nées va fottement fe mettre dans une balance. Le premier eunuque hoir à ÛsbeKV Ismael un de tes eunuques noirs vient de ïnourir magnifique feigneur & je ne puis fîi*empëcherde le remplacer. j'ordonnai que. Comme les enîïuques font extrêmement rares àpréfent. que nous jrons quand nous devons nous affligerou de réjouir nous n'avons prefque jamais que fauffestrifteiTes ou de fauffesfoies. j*a-vois penfé de me fervit d'ûîi efelave noir f que tu as à la campagne mais je n'ai pu jûfqu'ici le porter à fouffrrr qu'on le confacrâtascet emploi. on le mît en état de te rendre les Servicesqui flattent le plus tort de cœur 8c vivre comme moi dans ces re^ d«tttabl€? lieux. le DeParis* 20delitturië duB.ïTi3* r z s <tt-<oc n nous fommesfi a~cratia~ac_ n~tlPt'1 LE T T R E XXXIX.

Sous prétexte de quelques railleries qu'il prétend que j'ai faites fur le malheur de fa condition. ôc il n'yen auroit pas aifez encore pourécrire toutes les infultes que ton premier eunuque noir. Je viens d'apprendre qu'il veut t'écrire pour te demander grace. S I tu étoisici magnifique felgneur je paroîtrois a ta vuetout couvertde papier blanc. . que par un'-defirinfatiabîe de vengeance fur certaines railleries piquantes qu'il dit avoir faites de moi. P h Ar a n à-UsBEK.f 1 ït S A E E Si «fer mais il femit à hurler comme fi on avoit voulu l'écorcher & fit tant qu'il échappa de nos mains. [on fouverai» feigneùr. foutenant que je n'ai conçu ce deffein. Fatmé le 7 de la Duferrailde Lum de M&harram. Je me profterne à tes pieds.~ ~a. & évita le fatal couteau. le plus méchant de tous les hommes m'a faites depuis ton départ. -ra~siw~s XL. LETTRE ~.I.rac. Cependant je te jure par les cent mille prophètes que je n'ai agi que pour le bien de ton fer vice la feulechofe qui me foit chère & hors laquelle je ne regarde rien. il exerce fur ma tête une vengeance inépuifable il a animé contre moi le cruel intendant de tes jardins qui depuis ton départ m'oblige à des travaux infumiontadans lefquels j'ai penfé mille fois laiCer $>les? . 1713.

j'embraffe tes pieds fubliine' feifrlêur sdans une humilité' profonde fais en forte que je fente les effets decette vertu fîrefpectée 8c qu'il ne foit pas dit que par ton ordre. f c'efl-à-dire à une exe'cution qui feroit pour moi mille fois plus cruelle que la mort.yi3» i le 7 de la . Combien de fois ai-je dit en moimême. fe consolent peut-être fur ce qu'ils n'ont jamais connu d'autre état que le leur mais qu'on me faite defcendre de l'humanité. fï je ne mourois pas de cette barbarie. Ceux qui en naiffant ont eu le malheur de recevoir de leurs cruels parens un traitement pareil.la vie fans perdre fervir. l'ardeur de te de Lune Maharram. & qu'on m'en prive je mourois de douleur t. Il y a quelques jours que de fon autorité privée. il me deflina à la garde de tes femmesacrées. je ne me croyois pas deftiné à de plus grandes miferes mais ce traître d'eunuque a voulu mettre le comble à fa méchanceté. il y ait fur la terre un malheureux de jplus* Des jardins de Fatmé L E T TRE t 1 un moment 11 . J'ai un maître rempli de douceur 8c je fuis le plus malheureux efclave qui foit fur la terre Je te l'avoue magnifique feigneur.

fi vous en abufez. Usbek à Pharah. que l'on devroit méprifer parce qu'il eft un fot ne l'eft fouvent que parce qu'il eft hom` mede robe. Il n'y a pas jufqu'aux plus vils artifans qui ne difputent fur l'excellence de l'art qu'ils ont eholfî chacun s'f levéau-deffus de celui qui 1 . comme fi vous m'aviez toujours devant les yeux. Acquittez-vous devotre devoir. Chacun a un mépris fouverain pour les deux autres tel.P E R. S A H E S. LETTRE XLI. par exemple. LETTRE Usbek 4 Rhedi. A Venife. Aux jardins de Fatmé. car fçachez que plus mes bontés-font grandes. l'églife. 1 L y a en France trois fortes d'états. l'épée ôc la robe. faites-les baifer au grand eunuque. RECEVEZ la joie dans votre cœur 8c reconnoiflez ces facrés cara&eres. 1713» XLII. & à l'intendant de mes jardins je leurdéfends de mettre la main retour: dites-leur d'afur vous jufqu'à mon cheter l'eunuque qui manque. plus vous ferez puni. De Paris le 25 de la Lwi9 de Regeb.

dans les bénédi&ions qu'elle lui donna.cette femme delà province d'Erivan. Les hommes refferhblent tous plus on ï»oîns.à. que le ciel le fît gouverneur d'ËrivanJ'ai lu dans une relation qu'un vaifleaû la côte de Guinée François ayant relâché à quelques hommes de l'équipage voulurent aller à terre acheter quelques moutons. à propomoS de l'idée qu'il s'eû faite de la fupériorité dé la Éenne. On les «nenà au roi qui rendoitla juftice à fes fujets fous un arbre il etoit fur fon trôné >c'eft-àdire fur un morceau de bois auffi fier que «'il eut été affis fur celui du grand Mogol il avoit trois ou quatre gardes avec des piques de bois un parafol en forme de dais îe coi*tousfes ornemens vroit débardeur duf6icil@6c ceux de la.w A< 11 . Quand le Kan de Tartarie a dîné un he'raut crie que tous les princes de la terre peuyent aller dîner. qfâ'il avoit fait taire toute la terre il croyoit lui. de qui on a dit. s.tÉïfili cft d'une profeffion différente. plus vain encore que mife'rabïe demanda à ces étrangersfi on parloit beaucoup de lui en France ikrroyoit que fon nom devoit être porté d'un pole à l'autre 8t à la diiférence de ce conquérant. Ce prince. ayant reçu quelque grâce monarques lui foûfeaitamille fois.C1.reine fa femme confîifoienten leur peau noire 8c quelques bagues. d'un de nos qui.1 iju'il devoit faire parler tout l'univers.fi bon leur femble de ce bas'fy~ :.

|e R SAN Eil1 larê. fc lesinfulte régulièrement deuxfois par jour^ de DeParis le2% ULunt dejlhtgeb. En venant ici. & je ferai bien ajfe que ce foit avec vous r ilfaut premiérement quç nous allions à la rue faint Honoré parler à un notaire. quifutfoui dain ouverte. ou enfoncée. RïCA à USBEK. le tems de faire recoudre fpn ppurpoirit noir & il a-. comme'étoîs aulit. voit renonce pour ce jour-là aux fages pré-* cautions avec lefquelles il avoit coutume de déguiferle délabrement 4e fon équipage. j'enteri* j dis frapper rudement à ma porte. XLUI.je me fuis arrêté un momentagi fauxbourg faint Germain où j'ai loué un hôLETTRE . regar^ de tous les rois du monde comme fes efclaves». Son habillement étoit beaucoupplus que modefle fa perruque de travers n'avoit pas même été peignée il n'avoit pas eu. A *? 9 Hier matin. par un homme avec qui j'avois lié quelque fppiétçYôcquime parut tout hors de lui-même.qui efl char-* gé de vendre une terre de cinq cent mille li* vres je veux qu'il m'en donne la préférence.. Levez-vous me dit-il j'ai befoin de vous tout aujourd'hui j'ai mille emplettes à faire. qui ne mangeque du lait. qui n1apa«de piaifon qui ne vit que de brigandage.\i\i.

me dit-il venez dans ma chambre je vous montrerai des tréfors immenfes & des richeffes enviées des plus grands monarques mais elles ne le feront pas de vous. En effet.L E TTRE S tel deux mille e'cus 8c j'efpere paffer le corw trar aujourd'hui. 8c ne co mptajamais auffi ne de'plaça-t-il pas. Je le fuis. qui eft d'aller viliter mon œuvre j'ai vu que le grand jout AU 1G 11l. une grimpons à fon cinquième étage. Dès que je fus habille. ou peu s'en falloit ïnon homme me fit précipitamment defcendre. Je revois fur tout ceci 6c quand j'examinois cet homme je trouvois en lui une complication finguliere de richeffes & de pauvreté de maniere que je ne fçavois que croire. nous achetâmes non-feulement un carrofle. Commençons par aller acheter un carroffe & établiffons d'abord l'équipage. z Monfieur. me dit-il & j'ai fait d'abord ce que je fais depuisvingt-cinq ans. qui les nous partagerez toujours avec moi.& ae. & par échelle nous nous guindons à un fixiéme qui etoit un cabinet ouvert auxsquatre vents dans lequel il n'y avoit que deux ou trois douzaines de baffins de terre remplis de diverfes liqueurs. qui eft-ce qui payera tout cela? Moi. t'LVULt'L. Mais enfin je rompis le filence & le tirant à quartier je lui dis. mais auffi pour cent mille francs de marchandifes en moins d'une heure tout cela fe fit promptement parce que mon homjne ne marchanda rien. Je me fuis levé de grand matin. .

3c je defeendis ou plutôt je me précipitai par cet efcalier. Ce fecret que Nicolas Flamel trouva » maisque Ratimontl Lulle & un million d'autres cherchèrent toujours eft venujufquesà moi 8c je metrou-. qui qu'hommequi foit fur la terre. 171}* fi~°iE. Usbe* i Rhebi. Lune deRehgeb. Voyez-vous cette liqueur vermeille ? Elle a à préfent toutes les qualités que les philofophes demandent pour faire la tranfmutation desmétaux s j'en ai tiré cesgrains que vousvoiez.mon cher UfbeK.'^toitvenu. AParis le dernier dela. <klaiffai cet homme riche dans fort hôpital.. Adieu. J Evois ici des gens qui difputent fans fin fat la religion maisil femble qu'ils combattent en même tems à qui l'obfervera le moins. Je fortis. Non feulement ils ne font pas meilleurs Chrétiens. mais même meilleurs citoyens.J'irai te voir demain & fi tu veux.1. ve aujourd'hui un heureux adepte. quifont de vrai or par leur couleur quoiqu'un peu imparfait par leur pefanteur. tranfporté de cofi 1ère. ôc . Fafle le ciel que je ne me ferve de tant de tréfors qu'il m'a communiqués que pour fa gloire.~ -1-devoit me rendre pius riche t E T T R E XLIV. A Fenife. nous reviendrons ehfembleà Paris.

en exerçant envers eux tous les devoirs de la charité & de l'humanité.trE T T. Oneft bien plus sûr par-là de plaire à Dieu» car qu'en obfervant telle ou telle cérémonie les cérémonies n'ont point un degré de bonté par elles-mêmes.X E § d c*eftce qui me touche t car ans quelque rer» qu'on vive l'obfervation des loix. ou eft sûrde lui plaire en les aimant auffî c'eft-à-dirè. puifqu'it établit une les rendre heureux que s'il aireligion pour me les hommes. elles ne font bonnes qu'avec égard. l'agion $nour pour les hommes.. 3c en ne violant point les loix fous lefquelles ils vivent. & dans la fuppofitionque Dieu les a commandées Mais c'êft la matiere d'une facilement s'y grande difcuffion on peut tromper. car il faut choifir celles d'une religion entre celles de deux mille. je n'entens rien dans les. la piété envers les a&esde reparens. difputes que l'on fait fans ceife à votre fujet je . f Un hommeaifoit tous les jours à Dieucette prière Seigneur. dès qu'on en fuppofe une il faut bien que Ton fuppofe auffi que Dieu aime les hommes. En effet le premier objet d'un homme reà la diviligieux ne doit-il pas être de plaire nité qui a établi la religion qu'il profeffet Mais le moyen le plus sûr pour y parvenir eft fans doute d'obferver les reglei de la fociété» 8c les devoirs de l'humanité car en quelque religion qu'on vive. font toujours les premiers ligion.

Ah 1 vousavez commis une aéliofi abominable & que Dieu ne vous pardonne-. qui e'toient auprès de-ïà. 5 A N È ~r e e vouarois vous fervir félon votre volonté \q mais chaque homme queje confulte veut que je vous ferve à la fïenne. Unbrachmanequi paflbit par-là &: que je pris pour juge. me ait: Ils ont tort car apparemment vous n'avez pas tué vous-mêmecet animal.f~~i ~`~ . G'. l'autre enfin. Je ne fçais pas non plus en quelle poftùreje dois memettre l'un ditque je doisvous prier debout l'autre veut que je foisaffis l'autre exige que mon corps porte fur mes genoux. (à) Un Juif. mefirent trembler ils mefoutinrent tous trois queje vous avois grie'vementoffenfé.ceaude chair. Si fait lui dis-je. medit.i 4-li y~n.(c) parce qu'il n'e'toit pas poifïbn. je ne f^ais enquelle langueje dois vous parler. parce qu'il etoit étouffe'.JLOâ~Z. ra jamais. Lorfque je veux vous faire ma prière. c~ .S^ ~· -`. (b) UnTurc. LçlJJn Arménien. ger un lapin dans un earavanfera: trois hom> mes. fi je ne mefais pas couper ufi petit mor. Ce n'eft pas tout il y en a qui prétendent que je dois melaver tous les matins avec de l'eau froide d'autres fouîiennent que vous me regarderez avez horreur.o. l'un (v2%parce ue q cet animal étoit immonde l'autre (&). me jettent dans unembarras inconcevable je ne puis remuer la tête que je ne aasvcuv.P E È. Ilm'arriva l'autre jour de man-.A .il d'une voix févere que fçavez-vousil l'ame de votre père n'ctoit pas paflee dans cette bête? Toutes ces chofes Seigneur.

& tes principales concubines furent invitées testantes & plufieurs de tes coufines s'y trouverent auffi elles étoient venuesachevai.I à USB £. B'S crn3. Je donnai à ZepMs un grand feftin.K.pîier l'amour. Je ne fçais fi je me vie que je tiens de trompe mais je .pour y parvenir. ôc en bon pere dans la famille que vous m'avez donnée. couvertes du fombre nuage de leurs voiles & de leurs habits.e. A Paris. A~Pa. .crois que le meilleur moyen de vivre en bon choyer* . eft dans la fociété où vous m'avez fait naître. Comme la partie avoit été faite. viens-y faire ttiom. où ta mere tes femmes.1t -y& T T:S. deChahban. /13. brusquement. où nous efpe'rions être plus nous montâmesfur nos chameaux & nous nous mîmes quatre dans chaqueloge.y.~PY Y"P cependant 56 fais menace de voos oïtenier & •employer à cela la voudrois vousçlaire vous.o. 1 L E T T R E XL Z A.ru le s dela Lune.r Il~. Il ne manque t que toi dans ces lieux où la paix règne viens mon cherUlbex. Le lendemain nous partîmes pour la camlibres pagne. J* a i-urie grande nouvelle it'apprendre je me fuis réconciliée avec Zephis le ferraïl ^partagéentre nouss1eft réuni.CH.

Quand nous fûmes arrivées à cette rivière. que nous ne pouvions abfolument voir perfonne.P E R S A K E fî ïîous n'eûmes pas le tems d'envoyer à la ronde annoncer le courouc mais le premier eunuque. qu'il faut traverfer chacune de nous ferait félon la coutume dans une boëîe* ter dansle bateau car on nous dit que la riviere étoit pleine de monde. Effrayées de ce péril. reçut un coupmortel qui lui ôta pour jamais la lumiere du jour. que nos matelots commencèrent à défefpérer. un autre. toujours induftrieux prit une autre précaution car il joignit à la toile qui nous empêchoit d'être vues un rideau fi épais. Un curieux. qu'on trouva fe baignant tout*ïud furte rivage. Quand nous.£c un nuageftaf-» s freux couvrit les airs.même fort Ôpte. Mais écoute le relie de nos aventures. dont les uns difoient qu'il falloit nous avertir du péril & nous tirer de notre prifon mais leur chef foutint toujours qu'il mourroit plutôt que de fouffrir que fon maître fût ainfi deshonoré & qu'il enfonceroit un poignard dans le fein de celui Eij & fe fit por- .sHdeleseunuques facrifierênt à ton fconneu-r& au nôtre ces > deux infortunes. qui Rapprocha trop près du lieu oii nous étions enfermées. eut le. fûmesau milieu du fleuve un vent fi impétueux'éleva. nous nous évanouîmes preTque toutes Je me fouviens que J'entendia la voix & la difpute de nos eunuques.

ôMS~ '1' st~164~1~AfaH~' IP1719 Y7le~ &'((~us f11111° _f^· BtT R-ESS P.il de fatmê. 1- 1»- Pu ftrra. Ceux qui aiment à s'inftruîfe ne font ja* mais oifîfs quo%uéjé néloiéiéha'rgë d'aucudans ne affaire importante je iuïs: cependant vie une oceiapàtioii continuel^ l Jè'paSe ma à examiner j'écrislè fcîl "ce |ùe. Que les voyages font embarraffans pourles femmes Les hommes rie fontexpofés qu'aux périls qui menacent leur vie 8c npus fomînes à tous les inftâns dans le péril de perdre notre vie.? A Fenife. c. ou notre vertu.une de Rhama^an:.être nous fom* mesre^usagréaî?Ieniéîit dans toutes les çon>3 . l.t. & ne revins à moi que iorfque le péril fut paiTé. le z de là s.t quiferoit des proportions fi hardies. Unede mes efclaves toute hors d'elle courut vers moi deshabillée pour me fecourir mais un eunuque noir la prit brutalement. 6c la fit rentrer dans l'endroit d'où elle étoit fortie pour lors je m'évanouis.tout m'étonne i je fuis comme un enfant. Tu ne le croirois pas peut. VSBEK « Rh E p.ddnt lés organes eneore tendres font vivemerit frappés par îé§ moindres objets. j'ai rernatdans à^aêi ce que j'ai vu ce qùe^'aïléntenclu la journée tout m'kitereffé .ï7i3' t. Adieu mon cher UibeK je t'adorerai toujours.

nousjouiflbns même de la furprife ou l'on eft de nous trouver quelque politeffe car les François n'imaginent pas que notre climat produife des hommes cependant il faut l'avouer ils valent la peine qu'on les détrompe. Etranger que j'étois. devoir beaucoup à l'efprit vif Se à la gaieté naturelle de Rica. de forte que nous nous trouvions toujours l'un auprès de l'autre. qui fait qu'il recherche tout le monde & qu'il en eft également recherché. il s'attacha à moi.furcette foule de gens qui y abordoitfans ceffe dont les caractères me préfentoient toujours quelque chofe de nouveau. dont la fïmplîcité me plut je m'attachai à lui. Un jour que dans ungrand cercle nous nous entretenions en particulier >laiflant conles verfations générales à elles mêmes Vous trouverez peut-être en moi. Je remarquai d'abord un homme'.je crois pagnies. félon ma coutuime. Notre air étranger n'offenfe plus perfonne. J'ai paffe quelquesjours dans une maifon de campagne auprès de Paris chez un homme de confédération qui elt ravi d'avoir de la compagnie chez lui il a une femme fort aimable & qui joint à une grande modeflie une gaieté que la vie retirée ôte toujours à nos dames de Perfe. oc riane tnntPC Ipc fociétés danstoutes les fnr't~t . je n'avois rien de mieux à faire que d'étudier. lui dis-je plus de curioilté que de politeffe mais je vous fupËjij P E R S A z~ S.

s'il pouvoit fe réfoo- . qui eft fi familier avec vos ducs. & que vous n'abuferez pas de ma confiance. Qui eft cet homme. & de vivre avec des gens que je ne fçaurois démêler. Vous n'avez qu'à dire me répondit il. & je vous infiruirai de tout ce que vous fouhaiterez d'autant mieux que je vous crois homme difcret. Je fuis étranger mais il me femble qu'il y a en général une certaine politeire commune à toutes les nations je ne lui trouve point de celle-là: eft. Mon efprit travaille depuis deux jours il n'y a pas unfejil de ces hommes qui ne m'ait donné la torture plus de deux cent fois & cependant je ne les devinerois de mille ans ils me font plus invifîbles que les femmes de notre grand monarque.Lettres S plie d'agréer que je vous faffe quelques queftions car je m'ennuie de n'être au fait de tien. eft un fermier il eft autant au-deffusdes autres par fes richeffes.ce que vos gens de qualité font plus mal élevés que les autres ? Cet homme me réporidit-il en riant. qu'il eft au-deffous de tout le monde par fa naiflance il auroit la meilleure table de Paris. & qui parle fi fouvent à vos miniftres qu'on me dit être d'un accès fi difficile? Il faut bien que ce foit un homme de qualité mais il a la phyfionomie fi baffe. lui dis-je qui nous a tant parlé des repas qu'il a donné aux grands. qu'il ne fait guéres honneur aux gens de qualité & d'ailleurs je ne lui trouve point d'éducation.

& qu'on a de grands égardspour lui.f t 3t f A*Mt É. dis-je ï il parle toujours de quelque chofe. il parle encore plus volontiers de fa chute il foudroieen public mais il eft doux comme un agneau en particulier. que cette dame a fait placer'auprès d'elle ï Gomment a-tnî un habit fi lugubre avec uiï air fî gai & un teint fî fleuri ? Il foùrit'grâcieufement dès qu'on lui parle fa parure eft plusmodefte. qui eft fi mal habillej. me répon-^ dit-il à l'oreille d'une jolie femme.pas toujours. qui fuit quelquefois des. lui dis-je ». il diffipe un mal de tête mieux qu'homme du monde 9 c'eft un homme excellent. Comment!fi on le diftingue ? C'eft un homme néceffaire il fait ladouceur de la vie retirée petits confeils foins officieux. vifites marquées. qu'on le diftingue beaucoup. & qui pis eft un direéteur: tet que vous le voyez.oit le foible des femmes elles fçaventauiîî qu'il a le ûen. Gomment.nn. Il me femble dis-je pour lors.grimaT" E iv . il en fçaitplus que les maris if co. Mais fî je ne vous importune pas. créa ne manger jamais chez lui il eft bien impertinent comme vous voyez mais il excelle par fon cuiiïnier aufîl n'en eft-iïpas in-» grat car vous avez entendu qu'il l'a loué tout aujourd'hui. dîtes-rn©i qui eft celui qui eft vis-à-vis de nous. mais plus arrangée que cellf de vos femmes. C'eft rrre répondit-il urï prédicateur. Et ce gros homme vêtu de noir. qu'il appelle la-grace ? Non.

& a un langage différent des autres qui n'a pas d'efprit pour parler. Vous ne le croiriez pas peut-être.ces. c'eft-à-dire prefque toujours les plu'sridicules de tous les hommes auffi neles épargne-1.dont la bonîé & la politefle ne fe démentent à l'égard de perfonne il fit leur épithalame lorfqu'ils fè marièrent c'eft ce qu'il a fait de mieux en fa vie car il s'en trouvé que le mariage a été auffi heureux qu'il l'a prédit. 6c des femmes dont la vertu eft un gardien févere.·~r~ . dont nous parlons. goûtent entr'eux une paix qui ne peut être troublée ils font aimés & eftirnés de tout le monde il n'y a qu'une chofe c'eft que leur bonté naturelle leur fait recevoir chez eux toute forte de monde ce qui fait qu'il y a quelquefois mauvaife compagnie-: ce n'eft pas que je les défâpprouve il faut vivre avec les gens tels qu'ils font les gens qu'on dit être de bonne compagnie ne font fouvent que ceux dont le vice eiï plrçs raâné & peut- LETTRES .onpoint on verfe fur eux 1êmépris à pleines mains. La famine a fait entrer celui-ci dans cette maifon & il y eft bien reçu du maître & de la maîtreffe . mais parle pour avoir de l'efprir ? C'eft me répondit-il. Les gens. un poète & le grotefque du genre humain ces gens-là difent qu'ils font nés ce qu'ils font cela eft vrai & auffi ce qu'ils feront toute leur vie. entêté comme vous êtes des préjugés de l'orient il y a parmi nous des mariages heureux. ajoutat-il.

à la différence de ces philofophes qui difent qu'on ne êc le n'eft rien. dis-je a-t-il quitté le fervice? Il ne l'a point quitté me répondit-il mais le fervice l'a quitté on l'a employé dans une petite place. Il ne peut ïbuffrirquela France ait gagné des batailles où il ne fe foit pas trouvé ou qu'on vante un fie'ge où il n'ait pas monté à la tranchée il fe croit fî néceflaire à notre hifloire qu'il s'imagine qu'elle finit où il a fini il regarde quelques bleffures qu'il a reçues. qui a l'air fi chagrin? Je l'ai pris d'abord pour un étranger car. où il racontera le refte de fes jours mais il n'ira jamais plus loin. 6c n'approuve pas votre gouvernement. Et pourquoi cela.' -a a r être qu'il en elt comme des poiions dont Jes plus fubtils font auffiles plus dangereux. qui fe rend mémorable à tous fes auditeurs par la longueur de les exploits. me ditil. lui dis. le chemin des honneurs lui eft fermé. commela diiîblution de la monarchie &. jouit que du préfent que paffé il ne jouit. C'eft un vieux guerrier. au contraire. outre qu'il eft habille autrement que les autres il cenfure tout ce qui fe fait en France.je tout bas. Mais pourquoi. 8c n'exige que dans les campagnes qu'il a faites il refpire dans les tems qui fe font écoulés comme les héros doivent vivre dans ceux qui paieront après eux. lui dis-je ? Nous avons une maxime en France. me répondît-il d c'_eft e n'élever jamais les officiers dont la FEv v . Et ce vieux homme. que du paffé.P b R s a si $«.

pour le font auffi.ils ne réuffiflent tout au plus qu'à faire ce qu'ils ont fait toute leur vie & il ne faut point commencer aies charger dans le tems qu'ils s'affoibliffenf. font devenus incapables des plus grandes Nous croyons qu'un homme. & le fçait fi bon gré d'être au monde ? C'eil un homme à bonnes fortunes? me T T R e v n 1 s < . n'acquérera jamais ces talens cela que nous avons des emplois brilpour ïans pour ces hommes grands & fablimes le ciel a partagés non feulement d'un que Se des cœur mais auffid'un génie héroïque ceux dont les talens emplois fubalternes. fi vous voulez encore fouffrir celle-ci. qui n'a pas les qualités d'un général à trente ans. 8c tant d'impertinence ? D'où vient qu'il parle plus haut que les autres. Qui eftee grand jeune homme qui a des cheveux. ne les aura jamais: que celui qui n'a pas ce coup un terrein d'œil qui montre tout d'un coup de plufieurs lieues dans toutes fes fituations différentes cette préfence d'efprit qui fait dans une vi&oire on fe fert de tous fes que de toutes fes refavantages. Un moment après la eufiofîté me reprit & je lui dis Je m'engagea ne vous plus faire de quêtions. Dece nombre font ces gens qui ont vieilli dans une guerre obfcure. peu d'efprit.par une habitude de petites fes. & dans un échec Ceft fources.Le a langui dans les emplois fubakerpatience nés nous les regardons comme des gensdont l'efprit s'eit comme rétréci dans les déchotails &qui.

je n'ai d'autre emploi quede faire' enrager un mari ou de'fefpe'rer unpère j*aime à allarmer une femmequi croit me tenir. des gens entrèrent y ^pondit-il.PE1'tSANES. tA ces mots. Apparem-ï ment moniteur lui dis-je que vous avez' quelque charge ou quelque emploi. Je fuis venu à la campagne.a bien me dans le monde.il pour faire: plaifîr à la maîtreffe de la maifon. medit. Si vousétiez eaP Ferfe? vous ne jouiriez pas dé tous cesavan* VT3' E vji 41 . qui peftera un peu mai* qu'y faire ? Je vois les plus jolies femmes de Paris mais je ne mefixe pas à une ôc je leuren donne bien à garder car. qui vousempêche d'être plusaflidu auprèsd'elles. d'autres fortirent. A ce que je comprens lui dis-je. on fe leva quelqu'un vint à mon gentilhomme 8c je refiai auffi parler Mais unmoment peu inftruit 'qu'auparavant. après. &m'adrefv fant la parole II fait beau voudriez-vous. vous fâites plus de bruit que le guerrier le plus valeureux c^ vous êtes plus con-fidéré qu'un grave magïïïrat. monfieur. 6c îa mettre à deux doigts de ma perte mous tommes quelques jeunes gens qui partageons ainfî tout Paris.avec laquelcertaine femle je ne fuis pas mal r il y.Non. je ne fçais par quel hafard ce jeune hommefe trouva auprès de moi. moniteur faire un tour dans le parterre ? Je lui répondis le plus civilement qu'il me fut poffible. 8c rintéreiTonsà nosrmoindres démarches. 8c nousfortîmesNenfemble. entre vous 8c moi je ne vaux pas grand' chofé.

pour peu quej'euffe parlé. fous deviendriezplus propre à gardet tios dames qu'à leur plaire. Terre natale 8t chérie. fur qui le foleiî fouiljette fes premiers regards. . Le feu me monta au vifage & je crois que. je n'aurois pu m'empêcher de le brufquen Que dis-tu d'un pays ou Ton toïerë de pateilles gens & où l'on laiffevivre un homme fait un tel métier ? où l'infidélité. qui défendent leurs familles de l'opprobre ôc de la féduélioriÏLa lumiere du jour rt'eft pas plus purs que le feu qui brûle dans le cœur de nos femmes nosfilles ne penfent qu'en tremblant au jour qui doit les priver de cette vertu.tages. qui les rend femblables aux anges 8c aux puiffances incorporelles. une femme à fon mari 8c trouble les fociétés les plus douces ôc les plus faintes ? Heureux les enfans d'Hali. tu n'es point lée par les crimes horribles qui obligent cet âftre à fe cacher dès'qu'il paroit dans le noiï occident.17131 E T T-R'Ë 8 Il t. deRabm^n . la perfidie & l'injuftice conduifent à la conlldération l où l'on eftime un homme parce qu'il ôte une fille à fon pere.: 'AParis le s de la Lune. la traqui îiifon le rapt.

Mon père. On m'a dit. monfieur me dit-il Je m'en donnerai bien de garde je fuis ici provincial. ajouta-t-il. tre. Et que diable me demandez-vous donc ? C*efl: me répondit-il quefi nous avions cet hofpice. 6c en quelques endroits pointu le tout me parut fi bifarre que ma premiereidée fut d'envoyer chercher un pein. monfieur. Usbek* l'autre jour dans ma chambre j& Etant vis entrer un-dervis extraordinairement habillé fa barbe defcendoit jufqu'à fa ceinture fon habit î avoit les pieds nuds fon habit de corde it il d. vous voulez donc aller en Perfe? Moi. que vous retournez-bientôt à la cour de Perfe. nos peres d'Italie y enverroient deux ou trois de leurs religieux. 6c je ne troquerois pas ma condition contre celle de tous les. pour en faire une fantaifie.Persanes. dans lequel il m'apprit qu'il e'tok homme de me'rite êc de plus capucin. oh vous tenez un rang diftingue' je viens vous demander votre protection & vous prier de nous obtenir du roi une petite habitation auprès de Cafbin pour deux ou trois religieux.voit les pieds uüua C1e CorClC étoitgris groffier. lui dis-je.capucins du monde. h ET Rica TRE à A XLVII. Vous les connoiffez apparemment . Il me fit d'abord un grand compliment.

& s'y portoient comme par inftina r bien loin de relever par leurs difcours leurs^ rares qualite's il fembîoït qu'elles n'avoienf pas perce jufqu'à eux. ces religieux ? Non.etoit & naturelle y qu'ellene fe faifoit pas même fentir ils s'attacHqient à leur devoir fans s'y plier.L E T T K E ~nt1 S^ t lui dis-je. monarques voilà ce qui. Voilà les gens que f aime non pas ces fiommes vertueux qui fem> blent être ^tonnés l'être & qui regardent rde ane bonne aélion comme un prodige y dont* fe récit doit fur prendre. infectes qu^ofent' . je ne les connois pas. Eh morbleu que vous ? importe donc qu'ils aillent enPerfe C'eilun beau projet de faire réfpirer l'air de Cafbin à deux capucins cela fera trës-utiîe ckà l'Europe. vos femblables n'êtes point faits pour être tranfplantés &: vous ferez-bien de continuer à ramper dans les endroitsoù.. Allez vous 8c. monfieur. vous vous êtes engendrés. & à l' Afie il eft fort néceiTaired'inté-» reffer là-dedans les. s'appelle de belles colonies.E XLVIÎIv R i c x.a J 'ai vu des gens cBez qui la vertu . Si la modeftie eft une vertu rréceiïaire b ceux à qui le ciel a donne de grands talens ç que peut-on dire de ces. < r~li~rri~nrfv AParis fe i s" deTaLumde Rhamti%an) 171ï* E ETTR.

faire paroître un orgueil. Quoi toujours des fors.celfa de parler. tout penlé ils font un modèle univerfel un fujet de comparaifons inépuifable. raifon reprit brufqiîement notre difcoureur il n'y a quràfaire comme moi 'tjene me loue jamais j'ai du bien de la naiflance. qui fe peignent eux-mêmes » & qui ramènent tout à eux ? Vous avez. une fource d'exemples qui ne tarit jamais. la converfationjaous Eevint"donc. & ils veulent que l'intérêt qu'ils y prennent les tout fait. Un homme quï-paroilblt aCez chagrin commença par fe plaindre de l'ennui répandu dans les converfitions. mais je ne parle jamais de tout cela I j'ai quelques bonnes .F E R S A H E . lorfqu'elie réfléchit vers le lieu d'où elle part 1 de 11y a quelques jours qu'un homme ce caraâere nous. comme il n'y a point de mouvement perpétuel dans le monde il.accabla pendant deux heures de lui de fon mérite & de fes talens maisv. tout groffiiïe à vos yeux ils ont vu tout dit. je fais de la dépenfe mes amis difent que j'ai quelque efprit. ôcnous Is^ primes.$. Oh que la louange eft fade. qui deshonoreroit les plus grands hommes? Je vois de tous côtés des gens qui parlent fans celle d'eux-mêmes leurs converfations font un miroir qui préfente toujours leur imr ils vous parleront des pertinente figure moindres chofes qui leur font arrivées.

8c ne compromet point fon mérite avec l'orgueil des autres. 1713. J'admirois cet impertinent 8c pendant qu'il parloit tout haut je difois tout bas Heureux celui qui a affezde vanité pour ne dire jamais de bien de lui.Lettresqualités.où j'ai termi-. Na r g u mj envoyé de Perfe en Mofcoviej « USBEK. dontles intérêts foietît mêlés avec ceux de la Perfe parce qu'il eft ennemi des Turcs comme nous. c'eî ma modeftie. AParis le 20delaLune de Rhama^an. qui craint ceux qui l'écoutent. & que tu étois actuellement à Paris. A Paris* O N m'a écrit d'Ifpaliaiï que tu avois quitté la Perfe. Son empire eft plusgrand. né plufieursiiégociations importantes. Pourquoi faut-il que j'apprenne de tes nouvelles par d'âutres que par toi ? Les ordres du roi des rois the retiennent' depuis cinq ans dans ce pays-ei. L E T T R E XLIX. Tu fçais que le czar efl:ïë feuî des princes Chrétiens. Il eft le maître abfoiu de la vie 8c des . celle dont je faisîe plus de cas.queîe nôtre car on compte deux mille lieues depuis Mofcow îufqu'à la derniere place defes états du côté de la Chine.

MA CHERE MERE» J Efuis la plusmalheureufe femme du monde> il n'ya rien Que n'aie fait gourme faire & je f e ac fnîptc ï s a n e s: mu Çc\r\Y truie e*ft . une manière de recevoir leurs hôtes. qui a marche-pied. l'étranger la baife et cela paiTe our une poîitefle faite au mari. Voici une lettre qu'uned'elles écrivit derniérement à famere. ftipulent ordinairement que le mari ne les fouettera pas. Ils ont. à la réfervede quatre familles. cependant on ne fçauroit croire combien les femmes Mofcovites aiment à être battues elles ne peuvent comprendre qu'elles poffedentle cœur de leur mari.point du t&utPerfane. L&Iieutenant des le ciel pour prophétes le roi des rois.dès qu'un grand eft difgracié on le relégue en Sibérie. s'il ne les bat comme il faut une conduiteoppofée de fa part. ne fait pas un exercice plus redoutablede fa puiffance. celle du prince le défendaux Mofcovîtes. eft une marque d'indifférence impardonnable. A voir le climat affreux de la Mofcovie 9 on ne croiroit jamais que ce fût une peine d'enêtre exilé cependant. quin'efl. p Quoique les peres au contrat de mariage 'deleurs filles. Î3ès qu'un étranger entre dans une maifon le mari lui préfentefafemme.de foiens tes fujets qui font tous efclaves. Comme la loi de notre prophète nous défend de boire du vin.

de vouloir bien représenter me traite d'une manière indigne. à quelréfolu bien enrager.Ù mer de mon mari-. a mon mari.crierai de toute maforce. Hier j'avois mille affaires fir. Mo* qu'il honnête homme nagifj'oh fere qui eft un fa & il me fouvient lorfquej'ém pas de même fembloit quelquefois qu'il petite fille qu'il. f^T je VL'/lî.embraie r ma chm mère. qu'on trois que fi quelque voifin venoit aufecoursr rm~ Je votis fupplie ma-chere je Vétranglerais. un homme. me vous aimoit trop. je. Mafœur efi bien autrement traitée fon mari la roue deelle ne peut pas regarder coups tous les jours. Ceftce qui larendfîfiere maisjemluiào^r long-tems fujet de me méprifer j'ai neraipas de me faire aimer de mon mari-. & ÎC> n'ai 'l&W. Il ne fera pas dit que je ne ferai pas battue.Ïj E T T R E S irrî. 4n< & & s'imagine qu'il y va tout de bon. te vous. dehors je &jê demeurai tout le jour iefortis crus à mon retour qu'il me battrok bien fort mais il ne me dit. re. & que je vivrai dans la maifon fans qui la moindre chiquenaude qu'il Tonpenfe à moi me donnera. qu'il ne Va$ommefoudain ? ils s'arment beaucoup au(fir & ils vivent de la meilleur te intelligence du monde. Les Mofcovïtesne peuvent point fortirde • zmh î'empire3quandce feroit pour voyager . que cefoit je le fer aï fi que prix donne des marquer faudra bien qu'il me qu'il à1 amitié. jamais pu y rétif»dans lamaifon. pas un feul mot.

& prefque uniquement connue d'ellemême. lé De Mq/coM 2de la Lune de Qihalval i. & ne néglige rien pour porter dans l'Europe 8c l'Afie la gloire de fa nation oubliée jufqu'ici.: 1. il erre dans fe& vaftesétats biffant par tout des marques de fafévérité naturelle.- . loix du pays? des autres nations parles 1. Inquiet. Il s'attache à faire fleurir les arts. mon cher UfbeK:donne-moi 4e tes nouvelles je te conjure.713. & va chercher dans l'Europe d'autresprovinces 8c de nouveaux royaumes.P E R S A TU E S. féparés ils ont conferve leurs anciennes coutumes avtc d'autant plus d'attachement qu'ils ne croyoientpas qu'il fût poffible qu'on en pût avoir d'autres. 8c fans cefle agité. comme s'ils ne pouvoient le contenir. ïi les quitte. Jet'embraffe. Mais le prince qui regne à préfent a voulu tout changer il a eu de grands démêlés avec eux au fujet de leur barbe le clergé & les moinesn'ont pas moins combattu en faveus deleurignorance. -4.

lui dis-je c'efturi deffein qui ne convient qu'à vous.unbon- . qui me dit Que dites-vous de cette femme . ne fentirons-nous jamais que le ridicule des autre*?'C'eft peut être. & elle me dit à l'oreille Que dites-vous de ma tante.j.t.Ily avoit là des fem. '-1. laquelle avoit une nièce qui pouvoit en avoir vingt ou vingt-deux.. Un moment après je nie trouvai auprès de fa tante. une de quarante. Un certain inftinèt mefit approcher de cette derniere. lui dis-je ôc il faut avoir vos charmes pour devoir y fonger. qui.J mes de tous les âges unedequatre-vingtans. bon Dieu dis-je en moi-même. ouï je me divertis affezbien. Se qui met des rubans couleur de feu. J'allai à cette malheureufe femme de foixante ans & la plaignois dans mon ame lorfqu'elle me dit à l'oreille Y a-t-il rien de fi ridicule? Voyez cette femme qui a quatre-vingt ans.qui a pour le moins foixante ans qui a pafle aujourd'hui plus d'une heure à fa toilette? C'eft dutems perdu.e fl-.L n TTJlï E i LETTRE Rica .: elle veut faire la jeune 6c elle y re'uffît car cela approche de l'enfance. t.4 « Useek. J e*t o i s l'autre jour dans une fociéte.à fon âge veut avoir des amans 8£ fait encore la jolie ? Elle a tort. Ah...) ~:L.L.L"U .l.IoV\I. une de foixante.

madame que vous de'cidiez un pari que j'ai fait J'ai gagé que cette dame &: vous lui montrant la femme dé quarante ans étiez de même âge. Bon m'y voilà continuons.F ï R S A H E J. je ne crois pas qu'il y ait fix mois de différence. Ma foi.me divertir. fieur. me dit-elle je fuis fatante. Cependant j'e'tois en train de.que vous n'avez certainement pas & ces couleurs vives qui paroiffent fur votre teint Attendez. Madame faites^ de moila grâce de me dire fî c'efl:pour rire que vousappeliez cette demoîfelîe qui eft à l'autre table. vous vous reffemblezfi fort cette dame à qui je viens de parler 8c vous qu'il femble que vous foyez deux fœurs & je ne crois pas que vous foyez plus Fautre. 8c je dis Nous avons affez monte' defcendons à préfent.' Ireur difois-je enfuite que nous trouvions âe la confolation dans les foiblefTesd'autrui. Eh 'tTf'a'l"m ent. & commènçons parla vieille qui eft au fommet. j'ai Qui dire à feue nia . mais fa jîîeré avôit pour le moins vingt-cinq ans plus que moi nous n'e'cions . Madame. votre niècei? Vous êtes auM jeune qu'elle elle a même quelque chofe dans le vifagede paffé. Quandje tïns cette femme décre'pite j'allai à celle defoixantê ans.medit-elle lorfque l'une mourra. F1~ vraiment.pas de même lit". dit-elle. Il faut. mon". F|U" tre devra avoir grand' peur je ne crois pas qu'il y ait d'elle à moideux jours de diffe'ren^ ce. ~A~ l'np'r~yP monâgéesl'une que l'l11trp. Je çlèfcÈncKs encore &j'allai à la femme quarante ans.

Et pourquoi erois. plus qui toujours • .. Jam ri'até. que je ne puis la lui refufer. An A Paris.t E T T R ES jfœur que fa fille &: moi naquîmes la même & jeF année. Eh comment ne chercheroient-elles pas. Mon cher UfbeK les femmes qui fe fentent Enir d'avance par la perte de leurs agrémens > ^Qudroientreculer vers la jeuneffe. Zelis à Usbek. AParis le 3 de la Lune de Chdval.je de-la réfiftance. .êc deTomhre vaine qu'on lui présente? Que veut-elle faire de cet infortuné qui n'aura d'un mari que la jaîoufie qui ne fortira de fa froideur que pour entrer dans un defefpoir inutile qui fe rappellera toujours la mémoire de ce qu'il a été pour la faire 's fouvenir de ce qu'il n'efl. & pour fe dérober à la .1:. v ".à tromperles autres? Elles font tous leurs efforts pour fe tromper elles-mêmes. s-in* t L E T T R E LI. eunuque blanc pour mon efclave Zélide illa demande en mariage avec tant de fureur. Je le difois bien madame n'avois pas tort d'être étonné.plus affligeante de toutes les idées. f lorfque fa mèren'en fait pas &que Zélide elle-même paroîtfatisfaite de ridée de cemariage impofteur.plu« A ispafîîon forte é 8cpîusvîve que celle de Cofrou.

1t 9 A'Í1E§. au lieu de répondre à fes foupirs ne répondre qu'à fes <* regrets? Quel mépris ne doit-on pas avoir pour ua hommede cette efpéce. *±>W «-*AaJ* Q-V «^r\ ne fe Ji y-*«^1 à ie donner. qui nous eft inconnue. &jamaispour pofîeder? Je cherche l'amour 8t je ne le vois pas.. Si cela étoit je trouverois Zélide moins à plaindre c'efl:quelque chofe de vivre avec desgens moins malheureux. la tromperafans ceiTe & lui fera effuyer à chaqueinftant tous les malheurs de fa condition? Et quoi être toujours dans les images & . pour ainïi dire.eunuques goûtent avec lesfemmesune/orte de volupté.dansles phantômes? ne vivre que pour imaginer? fe trouver toujours auprès des plaifirs & jamais dans les plaifirs ? languiffante dans les bras d'un malheureux.» maisnon pas d'être fenfible & que dans cet état oneft comme dans un troifierne fens oii l'on ne fait. Je te parle librement parce que tu aimes manaïveté & que tu préfères mon air libre ôc ma fenfibiiitépour les plaifirs . . 8c *S\n Jm donnant jamais. 9 jptet fe trompera..àia pudeur feinte de mescompagnes^ Je t'ai oui dire mille fois que les.. que changer de plaiîirs.. que la nature fe dédommagede fes pertes qu'elle a desrefTour-» ces qui réparent le défavantage de leur condition qu'on peut bien ceiTerd'être homme:.fait uniquement pour garder.

comme tu fçais n'eft féparée des autres que par une cloifon fort mince . A J E' t o 1s ce matin dans ma chambre !aa quelle. 1713.6c percée en plufieurs endroits de manière qu'on entend tout ce qui fe dit dans la chambre voifine. Adieu. fans que quatre jours vieillirent dans ma j'en aie pu faire le moindre ufage fi celacon« tinue je crois qu'à la fin je ferai un fot 11 r 1 1_ femble 1 . difoit à un autre Je ne fçais ce que c'efl mais tout fe tourne contre moi: Il y a plusde trois jours que je n'ai rien dit qui m'ait fait honneur 8c je me fuis trouvé confondu pêle-mêle dans toutes les conversations fans qu'on ait fait la moindre attention à moi 8c qu'on m'ait deux fois adrefféla parole. e s Donne-moi tes ordres la-delius Se faisrnoi fçavoir û tu veux que le mariage s'ao compliffe dans le ferrail. on l'a efquive' comme je l'avois fait çxprès j'ai quelques bons mots qui depuQ tête. \r les deU 1 Du ferrailtflfpahan ~'t"'r1"0C' 1%f~t~P~ Lunsde Cludval. qui fe promenoit à grands pas. J'avois préparé quelques faillies pour relever mon difcours jamais on n'a voulu fouffrir que je les fiffe venir j'avois un conte fort joli à faire mais à mefure que j'ai voulu l'approfi cher.L e t t s. L E T T R E Lit RlCA'à USBEK. Un homme.

F P B R S N E S. Nous nous protégerons par des lignes de tête mutuels tu brilleras aujourd'hui. qui certainement ne m'impofent point. & elles coupèrent Parques fatales. P Q_ ce foit mon ·m_ & . Veux-tu que je te dife ? la réputation de bel efprit coûte bien à fouteriir je ne fçais comment tu as fait pour y parvenir. Il me vient dans l'idée une chofe. reprit l'autre travailIons de concert à nous donnerdei'ëfprit affocions-nous pour cela nous nous dirons chacun tous les jours de quoi nous devons parler & nous nousfecourerons £ bien. fi quelqu'un vient nous interrompre au milieu de nos idées nous l'attirerons nous-mêmes 8ç s'il ne veut pas venir de bon gré nous lui ferons violence.femble que étoile que je ne puïffe m'endifpenfer. Nous conviendrons des endroits oùil faudra approuver deceux où il faudra fourire des autres oii il faudra riretout^à-fait 8c à gorgedéployée tu verras que nous donnerons le ton à toutes les converfations & qu'on admirera la vivacité de notre efprit 8cle bonheur de nos reparties. Hierj'avôis efpéré de briller avec trois ou quatre vieilles femmes. demain tu feras mon fecond j'entrerai avec toi dans une maifon 8c je m'écrierai en te montrant II faut queje vous dife une réponfe bien Tome I. le fil de tous mes difcours. 8c je devois dire les plus jolies chofes du monde je fus plus d'un quart d'heure à diriger ma converfation mais ellesne tinrent jamais un d comme es propos Suivi. que.

le parti qu'il nous faut sion. il a été bien étonné. mon !L E T T R S S Al • ci- . Il faudra acheter de ^certainslivres qui font des recueils de bons mots compofés à l'ufage de ceux qui n'ont pas. &je t'avoue qu'il n'y a rien de fi défolantque de voir une jolie chofe qu'on a dite mourir dans roreille d'un fot qui l'entend. & il ne rêva pas *m moment. Il eft vrai que fouvent il y a une com8c que nous difons auffi bien des penfetion fotifes qui paffent incognito &c'eft la feule chofe qui peut nous confoier dans cette occacher. Je réciterai quelques-uns mes <de vers & tu diras: J'y étois quandil les -|k c'étoit dans un fouper. converfation d'une îieuretpute remplie de bons mots. Souvent même nous nous raillerons toi 8c moi ôc l'on dira Voyez comme ils s'attaquent. Mais . comme ils fe défendent ils ne s'épargnent pas voyons comment il fortira de-là à merveille quelle préfence 4'efprit ï voilà une véritable bataille.d'efprit 8c qui en veulent contrefaire tout dépend d'avoir des modèles je veux qu'avant fix mois nous foyons en état de teiûr une. fans cela.. me que nous avons trouvé dans la rue Et je' 2iietournerai vers toi II ne s'y attendoit pas. Mais il faudra avoir une attention c'eft de foutenir leur fortune ce n'eft pas tout que de dire un bon mot il faut le répandre &:le femer par tout. Voilà.on ne dira pas que nous nous étions efcarfnouchés dès la veille.plaifante que monteur vient de faireàunhom.. autant de perdu.

ft qu'elles n'ont rien à perdre mais on fçait toujours chofe honteufe 1 le moment de leur défaite 8cfans confulter les aftres on peut prédire au jufte l'heure de la naiflance de leurs enfans. il prend d'abord ce qu'on appelle l'efprit du corps tu en feras de même & je ne crains pour toi que rembarras des applaudiffemens.n'y rien de fi plériier fi elles ne a perdent rien. qui disputent le terrein quelquefois des mois entiers 1:il. CHEZ les peuples d'Europe le premier quart d'heure du mariage applanit toutes les difficultés les dernieres fayeurs font toujours de même date que la bénédictionnuptiale les femmesn'y font point commjenosrPerfanes. c'e. n. prendre mets avant fix mois une place à l'académie c'eft pour te dire que le travail ne fera pas long car pour lors tu pourras renoncer à ton art. Les François ne parlent prefque jamais de leurs femmes c'eil qu'ils ont peur d'en parler devant des gens qui le! connoiffent mieux qu'eux. LIII.de 17 14. tu feras homme d'efprit malgré que tu en aies.Persanes* 0fais ce que je te . Fij . LETTRE Ri c A a à Ibbe Smirne. On remarque en France que dès qu'un homme entre dans une compagnie. A Paris le6 delaLune de ZUea.1~= & je te prodirai.

Unmariquivoudïoitfeul pofleder fa femme. Ici un mari qui aimefa femme eft un hom*: me qui n'a pas aiïez de mérite pour fe faire ai=mer d'une autre qui abufe de lanécefliîé de la loi pour fuppléer aux agrémens qui lui manquent qui fefert de fous fes avantages.hommes tres-mâlheu« il y a parmi rêux que perfonne ne confole ce font les maris jaloux. au préjudice d'une foeiété entière:. qui fait le bonheur de Fun Se de l'autre fexe.cefont Àuffin'y a-t-il point de pays oii ils foient en fi petit nombre que chez les Françoisrleur tranquillité n?eft pas fondée*furla confiance qu'ils ont en leurs femmes c'eft au contraire fur la mauvaife opinionqu'ils en ont toutes les feges précautionsdes Asiatiques. feroit regarde comme un perturbateur dela joiepublique.E~r. qui s'approprie ce qui ne lui avoit été donné qu'en engagement & qui agit autant qu'il eften lui pour renverfer une convention tacite.lesvoiles qui les couvrent les prifons où ellesfont détenues. il en a que tout le mondehait.il y en a que tous leshomencore les maris jaloux» iBesme'prifenÉ.6c comme un infenfé qui youdroit jouir de là lumière du foleil à i^exclufioridesautreshommes. ce font lesmaris jaloux.leurparoiffent des moyens plus propres à exercer l'induftrie du fexe qu'àlalaifçr».~c~ i < eux des s . la vigilancç deseunuques.Ici les maris prennent leur parti de bonne grâce 8cregardent les infidélités comme des coups d'un© étoile inévitable. Ce ~.

Cen'eft pasqu'il n'y ait des damesvertuèufes & on peut dire qu'elles font diftinguées jnon conducteur meles faifoit toujours remarquer maiselles croient toutes û laides qu'ilfaut êtreunfaintpour ne pashaïr la vertu.on le loue defa prudence il n'y a queles cas particuliersqui deshonorent.r1~lG d es. F iiï 0 .iîs ne fe croient plusengagés à la leur.ou qu'oiâ fera toujours heureux. titré de mari d'une jolie femme qui le cache en Afîeavec tant de foin fe porteici fans inquiétude on fe fent en état de faire diverfîon partout: Unprince fe confolede la perte d'u-* ne place par la prife d'une autre dans le" tems que le Ture nous prenoit Bagdat. Quandils promettent^ à une femme qu'ils l'aimeront toujours j ils d'êfuppofentqu'elle de fon côté leur promet tre toujours aimable 8c fi elle manque à fa parole.-Persan ~i ~1~t111n~~1. Après ce queje t'ai dit des mœurs de ce pays-ci. n'enlevions-nous pas auMogollà fortereife de Candahor ? Un homme qui en ge'néral fouffre les in*fidélités defa femme n'eft pointdéfapprou. tu t'imaginesfaeilemëhtque îesFran*çois ne s'y piquent guéres de confiance ils croient qu'il eft auffi ridicule de jurer à une femmequ'on l'aimera toujours que^e&tu* tenir qu'on fe portera toujours bïen. AParis i le 7 de la Luné de}Zilcad&. 1714.vé au contraire.

rangées autour d'une table je les ai vues dans leurs efpérances.paflîon pour le jeufemble rajeuremplit tout le vuidedei. J'ai vu fouvent neuf ou dix femmes. de bien. leur. depuis la plus tendre jéunefle jufqu'à la viciHefle la plus de'ere'pite: les habits 6cles équipages commencent le dérangement ta coquetterie l'augmente.* il s'eft trompé très-fouvent ornais on eu convenu d'être incorrigible. de probité il met tout homme quile porte au rang des honnêtes gens •fansexamen quoiqu'il n'y ait perfonne qui ne feache qu'en jugeant ainfï. A Smirne. la E jeu eft très en ufage en Europe c'efi un état que d'être joueur ce feul titre tient liett de naiffance.•t. IEBEN. É T t TU S LETTRE UîBEK à LÏV. Les femmes y fontfur-tout très-^données: il eit vrai qu'elles ne s'y livrent guéres dan* leur jeuneffe que pour favcrifer une paffion chère mais à mefure qu'elles vieillifplus fènt. dansleurs craintes dans leurs joies furx tout dans leurs fureurs tu aurois dit qu'elles . le jeu l'achevé. elles ont des moyens pour tous les âges. nir & cette pafFxon autres» Elles veulentruiner leurs maris 8c pour f parvenir. ou plutôt neuf ou dix fiécles.

r_ le tems de s'appàifer 8£ n'auroient jamais avant leur défetq e la vie alloit les quitter fi ceux qu'elles'« poir tu aurois été en doute ou leurs?, payoient étoient leurs créanciers,

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S À N É S`:

légataires. Il femble que notre faint prophète ait eu de tout principalement en vue de nous priver ce qui peut troubler notre raifon il nous a interdit l'ufagé du vin qui la tient enfevelie£ il nous a par un précepte, exprès, défendu? les jeux de hafard 8c quandil lui a été irrvpoïïïble d'oter la caufe des paffions ,il les ac amorties. L'amour parmi nous ne pôïfe ni trouble ni fureur c'eiVune pafîion languit fante qui laifle notre ame dans le calme la pluralité des femmes nous fauve'de leur" empire elle tempere la violence de noé defîrs*
A Paris

deZilhagê 1714» L V,

le 16 de la Lutté

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E T T R E
ÙSBEK à Ê.HÉDIV

A Venife. Ijes libertins entretiennent ici un nombre infini*defillesde joie ;• &' dévots un nomles bre innombrable de dervis. Ces dervK font trois vœux, d'obéiflance »de pauvreté 8c de' chafteté. On dit que le premier eft le mieutf obfervé de tous quant au fécond je te répons qu'il ne l'eft point je te iaifle à juger du5 troifu'me. F iv

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Mais quelque riches que foient ces dervis, ils ne quittent jamais la qualité de pauvres; notre glorieux fultan renonceroit plutôt à fes magnifiques & fublimes titres: ils ont raifon car ce titre de pauvres les empêche de l'être. Les médecins 8c quelques-uns de ces dervis, qu'on appelle confefleurs font toujours ici ou trop eiHmés ou trop méprifés cependant on dit queles héritiers s'accommodent mieux des médecins que des confeffeurs. Je fus l'autre jour dans un couvent de ces. dervis un d'entr'eux, vénérable par fes cheveux blancs, m'accueillit fort honnêtement; 8c après m'avoir fait voir toute la maifon il me mena dansle jardiru où nous nous mîmes à difcourir. Mon père lui dis-je quel emploi avez-vous dans la communauté? Moniteur me re'pondit-il avec un air très-content de ma queflion, je fuis cafuifte. Çafuifle reprisjeîDepuisque je fuisen France,je n'ai pas oui parler de cette chargé.Hé quoi vous nëfçavez pas ce quec'efl qu'un cafuifte? Hé bien, écoutez je vais vous en donner une idée, qui ne vous lailTerarien à defîrer. Il y a deux fortes de péchés de mortels, qui excluent ab{blument du paradis; de "véniels, quioffenfent Dieu à la vérité, mais ne l'irritent pas au pointde nous priver de la béatitude Or tout notre art confiRe à bien diftinguer ces deux fgrtes de péchés car,à la réferve de quelques libertins, tous les Chrétiens veulent gagner
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f E R S A N E S. le paradis mais il n'ya,guéres perionne qui ne le veuille gagner à meilleur marché qu'il eft poffible.Quand on eannok bien tes péchés mortels on tâcJie de ne pas commettre de ceux-là ôc l'on fait fon affaire, Il y a des hommes qui n'afpirent pas aune fi grande perfection 8c comme ils n'ont point d'ambifion ils ne fe foucient pas des premières plails ces aufïi- entrent en para<3is plusjufte le qu'ils y foient, cela qu'ils peuvent • pourvu leur leur fuffi-t.: but eH de n'en faire ni plus ni moins. Ce {ont des gens qui raviffent le ciel i plutôt qu'ils ne l'obtiennent ,•&qui difent à Dieu Seigneur, j'ai accompli les conditions à la rigueur vous ne pouvez vous empêcher de tenir vos promeiTes comme je n'en ai pas fait plus que vous n'en avez demandé je vousdifpenfe de m'en accorder plus que vous n'en avez promis. Nous fommes donc des gens néceffaires monfieur. Ce n'elî pas tout pourtant • vous allez,bien voir àiitré.chofe. L'aétion ne fait pas le crime c'eft la connoiffance de celui qui la commet celui qui fait un mal, tandisqu'il peut croire que ce n'en efi pas un eft en fureté de confcience Se comme il y a un nombre infini d'aélions équivoques uncar fuifte peut leur donner un degré de bonté qu'elles n'ont point, en les qualifiant tel-les% & pourvu qu'il puilTe perfuader qu'elles n'ontt pas de venin ilîe leur ôte tout entier. Je vous dis ici h feciet d'un métier oii j'ai F v

vieilli je vous en fais voir les râfinemens îi? y a un tour à donner à tout même aux chofes qui en paroiffent les moins âifceptibles. Mon pere, lui dis-je, cela eftfort bon mais comment vous accommodez -^voas avec le ciel ? Si le grand Sophi avoit dans £a cour un homme comme vous, qui fît à fon égard ce que vous faites contre votre Dieu, qui mît de la différence entre fes ordres &:qui apprît à fes fujets dans quel cas ils doivent les exécuter 8cdans quel autre ils peuvent tes violer il le feroit empalerfur l'heure. Là-deffusje faIuai mon dervis, 8c le quittai fans attendre fa réponfe.
A Paris le 23de la Lune
,.1714. de Maharram

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LETTRE
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Rica à Rhe bi, A Venife. A Paris, mon cher Rhedi il y a bien des métiers. Là un homme obligeant vient pour un peu d'argent vous offrir le fecret de faire de l'or. Un autre vous promet de vous faire coucher avec les efprits aériens pourvu queï vous foyez feulement trente ans fans voir de femmes. Vous trouverez enfuite des devins fi habiles qu'ils vous diront toute votre vie pourvu qu'ils aient feulement eu un ^quiart-

P E ït s À n i £*'d'heure de converfation avec vos domeiuques. Des femmes adroites font de la virginité une fleur, qui périt & renaît tous les jours, & fe cueille la centiéme fois plus douloureufement que la première. Il y en a d'autres qui réparant par la forée" de leur art toutesles injures du tems, fçavent rétablir fur un vifageunebeautéqui chancel. le 8c même rappeller une femme du fommef de la vieilleiTe pour la faire redefcendre jusqu'à la jeun euela plus tendre. Tous ces gens* vivent, ou cherchent à là vivre, dans une ville qui eft la mere de l'invention. Les revenus des citoyens ne s'y afferment point ils ne corififtent qu'en efprit de en induflrie chacun a la fîenne qu'il fait valoir de fonmieux. Qui voudroit nombrer tous les géhsde toi qui pourfui vent le revenu de quelque raofr quçe, auroitauffitôt covmptéles Tablesde ïâf mer 8c les^efclavesdenotre monarque. Un nombre infini de maîtres de langues"^ d'arts 8c de fciencës enfeignent ce qp'ilsnefçavent pas & ce talent eft bieircorffidérable car il ne faut pasbeaucoup d*efpritpourf montrer ce qu'on fçaif maisil en faut infini*^ ment pour enfeigner ce qu'onignore:On ne peut mourir ici que fubitement ïk1 · mort ne fçaUtoit autrement exercer fort enx; fire car il ya danstous' les coins des gens^u^ Fvj.

L JE T T.ÏL ES S ont des remédes infaillibles contre toutes les maladies imaginables. Toutes les boutiques font tendues de 'filets invifibles où fevont prendre tous les acheteurs l'on en fort pourtant quelquefois à bon marché une jeune marchande cajole un homme une heure entière pour lui faire acheter un paquet de curedents. Il n'y a perfonne-quine forte de cette ville à force plus précautionné qu'il, n'y efl entre de fàire part de Conbien aux autres, on apprend à le conferver feul avantage des étrangers dans cette ville enchantereiïe.
De Paris, le 10 de la Lune 1714. deSaphar,

k E T T R E L V I I.. Rica à Usbek. A où J'e't o 1s l'autre jour dans une rhaifon, il y avoit un cercle de gens de toute efpéce je trouvai la conversation occupée par deux vieilles femmes, qui avoient en vain travaillé tout le matin à fe rajeunir. Il faut avouer difoit uned'entr'elles que les hommes d'aunous jourd'hui font bien différens de ceux que ils étoient povoyions dans notre jeunefe lis gracieux, complaifans mais à préfent je les trouve d'une brutalité infupportable.Tout eft changé, dit pour lors un homme qui paroiiToitaccablé de goutte le tems n'eft-plus

P E R S A.N E S. comme il étoit il y a quarante ans tout lé monde fe portoitbien onm^rchoit, on étoitgai, on ne demandoit qu'à rire Se à danfer à préfent tout le mondeelt d'une triftefle infupporrable. Un moment:après la converfation tourna du côté de la politique Morbleu, f dit un vieux feigneur,l'état n'eft plus gouverné trouvez-moi à préfent un minière comme monfieur Colbert je le connoiiToisbeau-: coup ce moniteur Colbert il étoit de mes amisjil mefaifoit toujours payer de mespenfions avant qui que ce fût le bel ordre qu'il y avoit dans les finances l tout le monde étoit à fori aife mais aujourd'hui je fuis ruiné. Monfieur dit pour lors un eccléfiaftique, vous parlez l~ du teins le pluszzyra~uleil~ Cie VO11Sparlez là dtl t~âyS i~ ~uŸÜS" miraculeux de notre invincible monarque y a-t-il rien de fi grand que ce qu'il faifoit alors pour détruirel'hérefie ? Et comptez-vous pour rien l'abolition des duels, dit, d'un air content, un autre liomme qui n'avoit point encore parlé XLa remarque èft Judicieufe,,me dit queleft qu'un à l'oreille cet homme charmé de l'édif; ôciU'obfervefi bien, qu'il y a fix mois qu'il reçut cent coups de bâton, pour ne le pas vioier. 11me femble, UibeK que nous ne jugeons jamais des chofes que par un retour fecrét que nous faifonsfur nous-mêmes. Je ne fuis pas furpnsque les Nègres peignent le oiable d'une blancheuréblouiiïante & leurs Dielix noirs comme du^charbon;,quela Vénus de

qui lui: certains peuples pendent jufques aux cuiffes 8c qu'enfin tous les idolâtres aient repréfentë leurs Meu^r avec une figure humaine, 8c leur aient fait de toutes leurs inclinations. On a dit fort part bien, que fi tes triangles fàifoïenf unDi'eu,ils lui donneroient trois côte's. Mon cher UfbeK, quand je v-ns des hommes qui rampent fur un atome, c'eft-à-dire la terre qùi n'eit qu'un point de l'univers fe1 de la propropofer directement pour modèles vidence, je ne fçais comment accorder tant' d'extravagance avec tant de petiteffe. DeParis, le14dela Lunf
de Saphar, 17 14.

Lettre sf 1-- mammelles .u ait des

L E T T R E LVIIï^ Usbek à I'b b en. A Smirne.' T V me demandes s'il ya desJuifs en FrSîîce ? Sçaches que par-tout où il y a de l'argent, il y a des Juifs. Tu- me demandesce qu'ils y font? Précifément ce qu'ils font en Perfe rien ne reflemble plus à un Juif d'Afiej qu'un Juif Européen. Ils font paroître chezles Chrétiens cota* îne parmi nous une obfti nation invincible pour leur religion qui va jufqu'à la folie. La religion Juive eft un vieux tronc qui a produit deux branches qui ont couvert toute la terre, je veux dire le Mahomédfme àc ?

« A NE S. ils croient' qu'ils aûroient' été facilement féduits rftais comme il s'ëft fait toutà-coup 8c d'une maniere violente. ait reçu.P Ë S. On s'eft apperçu que le zéîe . en fait de religion. commeils peuvent marquerle jour 6c l'heure de Pùne & de l'autre riaiflance ils fe fçandaîifent de trouver en nous des âges & fe tiennent fermesà une religion quele monde même n'a pas précédée.le Chriftianifmeou plutôt. 8cen France d'avoir fatigué des Chrétiens dont la croyance di:fféroit un peu de celle du prince. c'efl unemeré qui a engendré deuxelles. lis n'ont jamais eu dans l'Europe un calme pareil à celui dont ils jouiifent. On com-? mence à fe délaire. parmiles Chrétiens de cer on efprit d'intolérance qui les animoit s'eftmal trouvé en Efpagne de les avoir chaffés. les plus proches font les plus grandesennemies. Si le changement s'e'toit fait infenfifeiement. Mais quelques mauvais traitémens qu'elle eh. rable embraiTetous Tes Les Juifs fe regardent donc comme la fource de toute faint|fe 8c l'origine de toute religion î ils nous regardent au contraire comme des hérétiques qui ont cîîangé la loi oir plutôt comme des Juifs rebéles. qui l'ont accablée* de mille plaies car. elle ne laiffe pas de fe glorifierde les avoir mifes au monde elle fe fort de l'une 8c de l'autre pour embrafler le monde entier tandis que d'un autre côté fa vieillefle vénéîerns.

euriofîté y avoit attiré comme moi. pour Faimer 8c l'obfeiver il n'ell pas fiéceflairede haïr ôc d« perfe'cuter eeux qui ne l'obfervent pas.de vaines préférences & qu'on cherchât à mériter leur faveur ^quelque place que Dieu leur ait marquée foit à fa droite. ou bien fousle marche.&_ refpecl:.L_JpT'"M~< T t-R é _~1: û LÎ3L LETTRE tlsBEKi RffEDÏ. j'eus pecafîon de m'entretenir avec un eecléfiaftique 3.Lé pour les progrès de la religion. Il feroit à fouhaiter que nos Mufulmans penfaffentaufli fenfément fur cet article. que les Chrétiens.il profeffion. J'entrai l'antre jour dans une égiife hmeufe qu'on appelle Notre-Dame pendant que fadmiïois ce fuperbe édifice. La quela converfation tomba for la tranquillité de fa me dit. envient le bonheur de notre état. La plupart des gens. que l'on pût une bonne fois faire la paix entreHali & AbubeKer 8claiffer à Dieu le foin de décider des mérites de ces faints prophètes: jeveudrois qu'on les hode norât par des actes de vénération . ôc ils ont .pied de fon frône* APariPileiîdeldLzm? de Saphar 1714» . A Venlfe. eâ différent de l'attachement qu'on doit avoir pour elle 5 &êque. & non pas par.

.E JR S A M E .Sï raifon Cependant il a fes défagremens nous ne fommes point fi féparés dumonde que nous n'y foyons appelles en mille occafions là nous avons un rôle très-difficile à foutenir. Des que nous y parolÇoûs. Il y a plus une certaine . à un autre qui a nié toute fa vie l'immortalité de l'amet. ni nos cenfures fi nous les voulons corrigerais nous trouvent ridicules fî nous les approuvons y.. neutralité eft difficile les gens du monde qui hafardent tout. liant que de penfer qu'on a fçandalifé les impies mêmes Nous fommes donc obligés de tenir une conduite équivoque .& d'impofec aux libertins non pas par un caraéiere décidé. . Il n'y a rien de fi humi-.$iàûmn$ réu£nf iiflentbîenniïeu^.Cen'èft p^tstout» Cet état fi Heureux &fî tranquille y que l'on vante tant'. qui fé livrent à toutes leurs faillies^ qui félon le fuccësles poaffenï pules d&®. • Les gens du monde font étonnans ils ne peuvent fouffrir notre approbatioB*. ils nous regardent comme des gens au-deffous de notre caractère. l'entreprife eft laborieufe & les rieurs ne font pas pour nous. pas en Dieu la néçefîité du jeûne. mais par rincerti^de oïl nousles mettons de la manière dont nous recevonsleursdifcours il faut avoir beaucoupcf efpritpour cela cet état de.P. nous ne le confervons pas dans le monde. Futilité dela prière à un homme qui ne croit. onnousfait difpXitér on nous fait entreprendre par exemple de prouver..

évês'alla placer parmi les prêtres le même que l'en fit fortix & en cela il commit l'action d'un fanatique 8c d'un fou tant il eft vrai que Ton doit fe défier de fon zèle. attachée à notre profeffion. quece 0 0 tïl'îRES 1 autres dans nos les A- . à l'état. Le zèle même que nous avons pour faire îemplir à ceux dont#>us femmes chargés les devoirs de notre fainte religion eft fouvent dangereux 8c ilnefçauroit être accompagné -de trop de prudence.opinions } envie d'attirer îtous tourmente fans cefTe 8ceft pour ainfï dire. même les ferames & les petits enfans s'étant enfùite préfenté pour entrer dans u. Nous troublons l'état nous nous tourmentons nous mêmes à faire recevoir des points de religion. Un empereur nomme Théodofe fit paffer au fil de l'épée tous les habitans d'une ville. Cela eft auffi ridicule. refqui ne font point fondamentaux 8c nous femblons à ce conquérant de la Chine qui pouffafes fujets à unerévolte générale pour les avoir voulu obliger à fe rogner les cheveux ou les ongles.nt eglife un évêque nommé Ambroife lui fit fermer les portes comme àun meurtrier & un facnlége & en cela il fitune adion héroïque'. Cet empereur. que fi on voyoit les Européens tra. criayant enfuite fait la pénitence qu'un tel me exïgeoit.# Vaïfler en faveur de la nature humaine à blanchir le vifage des Africains. ayant étç admis dans Péglife. Qu'importoit à la reUgiortcu.

LETTRE Zelis à Usbek. nous la fake pratiquer afîfiqu'elle nous foutienne dans ce tems critique où les paiTions . leur font embrafferviolemment une manière de vie qu'elles auraient dû leur infpirer. une place parmile"» prétres ? là De Paris le i de Lune de Rebiâb 1. & de la peint* attendre qu'elle ait dix ans. On ne* fçauroit de trop bonne heure priver une jeune perfonne des liberte's de renfance. T A fille ayant atteint fa feptie'meannée. qui les condamnant au ferrail plutôt qu'elles ne les y consacrent. LX.8c lui donner une éducation fainte dans les facrés murs oii la pudeur habite r Car je ne puis être de l'avis de ces meresV qui ne renferment leursfilles que lorfqu'elles u font fur le point de leur donner n e'poux. ou n'eût pas. 171+. A Paris.F E R S A S 1Ë S. pour confier aux eunuquesnoirs. A prince eût. Faut-il tout attendre de la force de la raifon ôc tien de ta douceur derhabitude? C'ett en vain quel'on nous parle de la fubordination ou la nature nous a mifes ce n'eft pas affez de nous la faire fentir il faut. j'aï cru qu'il étoit teins de la faire pafTerdans le» ne appartemens inte'riewrs du ferrail.

ne ^imaginé pas gueta. Dans la prifon même où tu me retiens je fuis plus libre que toi tu ne fçaurois redoubler tes attentions pour mefaire garder. ta jaloufïe tes chagrins. UfbeK. Mais quand les lôfac nous nent à un homme elles nous dérobent à tous les autres & nous mettent auffiloin d'euxy cent mille lieues. pour les fsïre vivre tranquilles s'ils fortent deleur infenfîbtïfté. induflrieufe en faveur des homr mes. animés de leur félkltéielïe flousa mis dansle feu des panions. peut-être un penchant plu fort pourdonroit i'affbiblir. elle noàs a deftinées à les y faire rentrer. j'ai goûté ici mille plailîrs quetu ne connois à pas mon imagination a travaillé fans ceffe m'en faire connoitre le prix j'ai vécu ôe tu N n'as fait que languir. Si nous n'étions attachées à vous que parle devoir i nous ourrions quelquefoisl'oublier: p fi nous n'y étions entraînées que pat le pen5*~ chant. ne s'eft pas bornée à leur donner derdefirs elle a voulu que nous en euffioflsnousmêmes & que nous fuflîons des inftrurnërïs. que je ne jouiffe de tes inquiétudes & tes foupde çons. L fi t à naître à naître t s. font autant marques de ta dépendance. fans que nous état oit faufilons jamais goûter cet heureux nousles ffiëttônsv Cependant.commencent encourager à l'indépendance. fïtuatiori fôit plus heureufe que la mienne. s s 8slnous Se-anous . que fi nous en étions à La nature.

vie Pour moi je menéà peu près la même que tu m'asvu mener je mere'pans dans le monde & je chercheaie connoître mon efprit perdinfenfiblement tout ce qui lui refte d'Afîatique ôc je plie fans effort aux mœurs de Européennes.~40\( J E crois que tu veux jàaïïer ta vie à la campagne je ne té perdais au commencement quepour deux putrois jours.P E R S A K E S. cherUfbeK fais veiller fur moi aux nuit 8cjour ne te fie pas même précautions ordinaires augmente monbonheur. pas Je le puis dire je ne eonnois les femmes que depuis que je fuis ici j'en ai'plus appris dansun mois. en affurantle tien &fç. ne fuis plus fl étonne' voit Je dans une maifon cinq où fispfemmes. que je n'aurois fait en trente ansdansun ferrail.açhes ^ue je ne redoute rien que ton indifférence. 8ëenvoilà quittze que je né tfai vu il eÉ vrai que tu es dans une maifon charmante que tu y trouves une fociétéqui te convient. . . que tu y raifonnes tout à ton aife il n'en faut pas davantage pour te faire oubliertout l'univers. avec cinq ou fix hommes *''$% je trouve cela c[ue n?eft mal imaginé.1714» E T T R É XXI. Continue. A# ? JiJ Ç V$ E£. Puferrflil d'Ifpahan le z de la Lun& 4e Rebiabjl.

core davantage il confifte dans une efpe'ce de badinage dans l'efprit qui les amufe en ce qu'il femble leur promettre à chaque inftant ce qu'on ne peut tenir que dans de trop longs intervalles. tout s'entend le cœurfe montre comme le vifage dans les mœurs.17^- . çoit toujours quelque chofe Il faut.C (fini. 8c plus fi s'il tuoitfes malades en badinant. fi La diflîmulation cet artparminous pratiqué & fi nécefiaire e# ici inconnue tout parle. naturellement fait pour les toilettes. femble être venu àformerle caractère général de la nation on badine au confeil on badine à la tête d'une arme'e on badine avec un ambaffadeur les profeffionsne paroiffent ridicules qu'à proportion du férieux qu'on y met un médecin ne le feroit feshabits étoient moins lugubres. tout fe voit. 1.leio de là Lune ieRebiab. qui n'a qu'un langage. dans la vertu.L E T T RE f no caractères. pour plaire aux femmes un certain talent différent de celui qui leur plaît en.parce qu'ils font forcés: on ne voit point les gens tels qu'ils font mais tels qu'on le? oblige d'être dans cette fervitude du cœur & de l'efprit. Ce badinage-. lont tousunitor* Chez nous lles r·~r~t~P4'P. A Paris . &qui païoît fous tant de formes.'f mes. on n'entend parler que la crainte. & non pas la natufe qui s'exprime fi différemment. dans le vice même on apperde naïf.

magnifiquefeigneur la caufede tous ces défordres? Elle eil toute dans ton cœur ôc dans les tendres égards que tu as pour elles. que murmures que reproches mes remontrances font méprifées tout femble permis dans ce tems de licence.¥ E R 8 A H ES. Veux-tu que je te découvre. NOIRS A Paris. au lieu de la voie des re- . J E fuis dans un embarras que je ne fçaurois l'exprimer magnifique feigneur le ferrait €&dans un défordtfi & une confufion épouvantable la guerreregne entre tes femmes s tes eunuques font partagés on n'entend que plaintes. Il n'y a aucune de tes femmes qui ne fe juge au-deffusdes autres par fa naiffance. CHEF DES à EUNUQUES Usbsk. &je n'ai plus qu'un vain titre dans le ferrail. par fes richeffes par fon efprit par ton amour & qui ne fafTe valoir quelquestinsde ces titres-ïà pour avoir toutes les préférences je perd-sà chaque infant cette longue patience avec laquelle néanmoins j'ai eule malheur de les mécontenter toutes ma prudence. ht. L E T T R E LX I I. ma complaifance même vertu fi rare 8c fi étrangère dans le pofte quej'occupe. Si tu ne me reténois pas la main fi. par fa beauté. ont été inutiles.

Il avoit une tenir dans une regle qui étoit de les faire &il avoit pour cela des grande propreté . Le premier eunuque.ai a. elles en fortoient au moindre fîgne que nous leur en faifîons le reile du tems.~oL. . ou concubines.t 1d femmés. parce qu'elle m'approcha de l'oreille Ôc de la confiance de mes maîtres. il ordonna que l'on achevât de me rendre tel & me fit faire une opération pénible dans les commencemens mais qui me fut heureufe dans la fuite.1f.n. que j'étois propre au ferrail. l'homme le plus févere que j'aie vu de ma vie y absolu. tume laifiois celle des chatimens fi. elles étoient prefque toujours enfermées dans leurs chambres. qui ne m'attendris jamais.fr.P» je les façonnerais bientôt au joug qu'elles doivent porter 8ç je laflerois leur humeur impérieufe 8c indépendante. Ayant jugé à mon air grave & taciturne.montrances. fans te laiiTer attendrirà leurs plaintes & à leurs larmes tu les envoyois pleurer devant moi.a . On n'y gouvernoit avec un empire entendoit parler ni de divifîons ni de querelles un filence profond regnoit par-tout: toutes ces femmesétaient couchées à la même heure d'un bout de l'année à l'autre 6c levées à la même heure elles entroient dans le bain tour à tour. Enlevé des l'âgade quinze ans du fond de vendu àl'Afrique ma patrie je fus d'abord .m .~wtW n~i' attentions un maître qui avoit plus de vingt femmes L et t r es8 n. moi un J'entrai dans ce ferrail qui fut pour nouveau monde.

8c à ne point m'étonncr de leurs hauteurs. il tournales yeux de moncôte': il parla de moi à mon maître comme d'un homme capable de travailler félon fes vues 8c delui focce'derdans le polie qu'il rempliiToit il ne fut point étonne' de magrande jeuneiTe i! y crut que mon attention metiendroit lieu d^expérience. qui eHvotre maître 8c le mien 8cj'ufe du pouvoir qu'il m'a donné fur vous c'eft lui qui vous châtie..e"w-. attentions inexprimables le moindre férus d'obéir étoit puni fans mife'ncorûé. 8c que je me formai aux maximes d'un gouvernement inflexible Í j'étudiai fouslui le cœurdes femmes il m'apprit à profiter de leurs foiblelTes. aw~n.' C'eft fous ce grand maître que j'appris l'art difficilede commander. qui ëtois le dernier des noirs dans ce ferrai! tranquille. efclave mais je le fuis d'un homme. Souvent il fe plaifoit de me les faire exercer même 8c de lit.n~en a rri~~111 Tome I. 8e nonpas moi qui ne fais que prêter ma main.P ES. Des que ce grand eunuque eut connu mon" génie. G . Ces femmes^n'entroient jamais dans la chambre de mon maître qu'elc les n'y fuffent appellées elles récevjoient ette grâce avecjoie 8c s'en voyoient privées? fansfe plaindre enfin moi. j'etôis mille fois plus refpe&é que je nele fuis dans t le tien où je les commandeous. Quetedirai-je? je fis tant de progrès dans fa confiance qu'il ne faifoit plus difficulté deme conter les clefsdes lieUx terribles qu'il gardoit depuis fi long-tems. Je fuis difoit-il. SA N E S.

Lettre s les conduire jufqu'au -dernier retranchement de i'obéifTance il les faifoit enfuite revenir înienfiblement 8c vouloit que je parure pour quelque tems plier moi-même» Mais il falloit le voir dans ces momens où il les trouvoit tout près du défefpoir entre les priere-s6c les reproches il foutenoit leurs larmes fans s'émouvoir. Voilà comjne oegouvernoit.eunuquesn'ont commencé par foumettre leur jefprit ? Il avoit non feulement de la fermeté'. de notre je conduiroisde même toutes celles grand monarque. raagni- . Comme elles n'abordoient leur mari que lorfqu'elles ^toient'averties l'eunuque y les yeux appelloit qui il vouloit & tournoit .deforamaître fur celles qu'il avoit en vue & cette 4iftin&ion étoit larécompenfe de quelà fon malque fecret révélé il avoit perfuadé tre qu'il étoit du bon ordre qu'il lui laifsât ce choix afin de lui donner une autorité plus graade. difojt-il d'un air content comment il faut gouverner les femmes: leur nombre ne m'embarrafTepas. mais auffi de la pénétration il lifoit leurs penfees ^c leurs difïimulations leurs geftes e'tudiés leur vifage feint ne lui déroboient rien il les plus cachées fça voit toutes leurs avions Scieurs paroles les plus fecrétes il feYervoit des unes pour connoitre les autres & il fe moindre confidenplaifoiîàre'cornpewierla ce. Voilà. Comment un homme peutil efpérer de captiver leur eœur û fes fide'le« .

Que vous recommaridaije en partant que la paix & la bonne intelligence? Vous me le promîtes. U S B E K à S ES V F É MME S. que lorfque j'ai tenté tous les autres faites donc en votre confédération ce que vous n'avez pas voulu faire à la mienne. imiji4- LE T T.êc que ta fureté exige. Comment pouvez-vous accorder cette conduite ayeÇjlci £ modëfiie de votre état? Gij . De tonferraildlfpahanle 9 dela .. J'apprehs que le ferrail eft dans le défor-î dre 8ç qu'il eft rempli de querelles & de divifions inteftines. je fique feigneur. Âu^ferrail d'Ifyahan. t r un ferrai! qui etpit.Persanes. Je ne fçais me fervir de ces. étoit-ce pouf me tromper1 C'efl:vous qui feriez trompe'es fi je voulois fuivreles confeils queme donne le grand eunuque fi je voulois employermonautorimes té pour vous faire vivre comme exhorde tations le demandoient vous. Laifle-moi les mainslibres permets que je me faiTeobéir huit jours rèmettront l'ordre dans le fein de la confufion c'eft ce que ta gloire demande . moyens vio-' ïens. le mieux reglé qu'il y eut en Perfe. Le premier eunuque a grand fujet de fe plaindre il dit c[uevous n'avez aucun égard pour lui..Lune'de Rebiab. dans crois.K E LXIII.

c'eft de faire des ' livres. mais je ne fçais fi on eft fort fçavant. Celui n'ofë qui doute de tout comme philofophe.'' L E T T R E Rfca à LXIV. La fureur de la plupart des François. Changez donc de conduite. votre vertu eft confiée? Ç'eft untréfor facré. ' t fimal imagine s Cependant il n'y a rien de U nature fembîoit avoir fagemerit pourvu à . Car je voudrois vous faire^ublier que je fuis votre maître. cet homme ontradi^oire eft toujours eénterlt de lui pourvu qu'on conviehne des qualités. je vousprie. c'efl d'avoir de l'efprit 8c la fureur de ceux qui veulent avoir de Fefprit. Mais ces mépris que vous lui témoignez font une marque faire vique ceux qui font chargés de vous vre dans les loix de l'honneur.pour me fouvenir feulement v que je fuis votre époux. AParis le 5 dela Lune de Chahban. c rien nier comme théologien. dont il eft le dépoiitaire. ON s'attache ici beaucoup aux Sciences.nx^> ". & faites enforte que je puifle une autre fois rejetter les proportions quel'on nie fait contre votre liberté 6cvotre repos.pendant mon abfence. vous font à charge.L E T TRES S 'N'eft-ce pas à lui que.

comme des pièces degazon dans un parterre: ils ne font point ag-deffus de ces ouvriers d'imprimerie. il n y en a point que je méprife plus que les compilateurs. qui rangent des caractères.~ les fotifes des hommes fuirent G11) .la main<Je voudrois qu'on refpeGme femble que tat les livres originaux il e'e~uneefpéce de pfofan. dont il auroit pu jouir comme du tombeau il veut que la poftérité fcit informée qu'il a vécu 8c qu'elle fÇacheà jamaisqu'il a été un fot. qui combinés ehfemble.de tirer les pièces quilles compofent du fanctuaire ou elles font. où ils n'ont fpurni quë. ~w.atio11.eque. Vous êtes un habile homme: c'eft:-à-dire que vous venez dans ma bibliothèque vous mettez en bas les livres qui font en haut.w_r.qt:1'ils plaquentdanslesleurs. les livres les immortalifent. Un fot devroit être content d'avoir ennuyé. je 1 r~ i5 E1t S ANE S. Se en haut ceuxqui font en bas vous avez fait unchef-d'ceuvre. Je t'écris fur ce fu~et .font unlivre. qui vont des de tous potes chercher desflambeaux oùvragesd>è$aqt~~s. pour les exposer à unmépris qu'elles ne méritent point.te que paiiageres. tous ceux qui ont vécu avec lui il veut encore tourmenter les races futures il veut que fa fotife triom'phe dé l'oubli. De tous les auteurs. Quand un homme a~a rien à dire de nouveau que ne fe tait-il ? Qu'a-t-on affaire de ces doubles emplois?Maisje veux donner un nouvel ordre.

. de~`Cha~ban 1'7 4. P~YtS.ou plutôt la même tendreffe pour les malheureux.LETTJtE:S t~ viens de iuis outré d'un livre quitte?. Uf6eR partout oh je trouverai des hommes. C'eft mon caractère. L E T T R E LXV. . Adieu.contenir la fcién-~ ce univerfelle mais il m'a rompula tête fans m'avoir rien appris. la même eflime pour ceux que la prospérité n'a point aveuglés.qu'il fembloit. je meehoiûrai des amis. j'y ai vécu comme fi j'avois dû y paffer ma vie j'ai eu le mêmeempreiïement pour les gens vertueux la mêmecompaffioI1. que fera-ce au milieu de la Perfe oc dansle fein de ta famille Mais peutêtre que je me trompe: tu es âifez apmable pour trouver par-tout des amis le cœur e~ citoyen de tous les pays. comment une an~e bien faite peut-elle s'empêcher déformerdes les engagemens ? Je te l'avoue je respecte anciennes amitiés mais je ne fuis pas fâché d'en faire partout de nouvelles. . En quelque pays que j'aie été.IBBEN4USBEK.> ~4P~rï~S~~I. vaiffeaux font arrives ici fans m'aT Il OIS voir apporté aucune de tes nouvelles.# nue je qui eft fi gros. Es-tu malade ? ou te plais-tu à m'inquiéter? Si tu ne m'aimes pas dans un pays ou tu ri' eslié à rien.

d'une religion qui eft peut-être la plus ancienne qui foit au monde. Mon pere étonné d'une û tbrtc fymGiv . it n'a pu les refufer à mon amitié" &jè les cos£c à la tienne. Des raisons partis culieres l'ont obligé de fe retirer dans cette ville ou il vit tranquille du produit d'un trafic honnête avec une femme qu'il aime. 8c je vois déjaque tuas un anu qui t'eftinconnu. la premiereplace -dansmoncœur? c'eR rame de la probité même. tt IS'T' ÔIR'E B'APHERÏDON 8C D'AsTARTE'J 9 fuis né parmi les Guebres. vie eft toute marquée d'actions genereufes & quoiqu'il cherche ta vie o'6fcure il y a plux d'béroïfmedansfoJ. II y a ici un Guebre qui. Sa. Je lui ai parle mille ibis de toi.1coeur que dans celui des flus grands monarques. je lui mort" tre toutes tes lettres je remarque que cela lui fait plaiûr. Je fus fi malheureuxque l'amour mé vint avant la raifon. Tutrouverasici tes principales aventures quelque répugnance qu'il eut !es écrire.Ps R S A N Ë S. J'avoisàpeineHxans que je ne pouvois vivre qu'avec ma fœur: mesyeuxs'attachoient toujours fur elle. ~e' a crois. que mon amour. trouvait baignés de larmes chaque jour n'augmentoit pas plus mon âge. 8e elleles relorfqu'elle me quittoit un moment. après toi=~.

ensemble. laiffant ma foeur entre a les mains d'une de fes parentes car mimele étoit morte depuis deux ans. je n'en aurois pas été plus frappé car.r_9_? Z_ marier auroitbien'Ibuhaitéde nous . introduit par Cambyfe mais lacraintedes. iny fié mon laiffa & s'en retourna chez lui. Mahométans. outre que je n'efpérois plus de la revoir. empêche ceux de notre nation de penfer à ces alliances faintes que notre religion ordonne plutôt qu'elle ne permet. maisje n'en verfai point car la douleur m'avoit rendu comme infenfible. fon entrée dans le beiram l'avoit rendue Mahométane &elle ne pouvait plus) fuivant LETTRESS · .iitRrŸnpP_re~~rwatHrtc~(_'sf' laûengereux de fuivre mon inclination & tie réfolut d'éteindre une flamme qu'il croyoit naiffante. par le crédit d'un de fes amis. fousle joug defquels nous vivons. Quelque tems après j'appris qu'il avoit. 8~ 11'l'~mmena vec lui. felon l'ancien ufage des Guebres. qu~i1 auraitét. Je ne v ousdirai point quel fut le défefpoir de cette féparation j'embraffai ma fœur toute baignée de larmes. Nous arrivâmes à Te~Ris & mon pere ayant conéducation à un de nos parens. mais qui étair déja à ton dernier période il prétexta un voyage.pathie.é danT. fait entrer ma ibeur dans lebeiram du roi ou elle éroit au fervice d'une fultane. & qui font des images fi naïvesde l'union déja formée par la nature. Si l'on m'avoit appris fa mort.

rs~-`rnille à A égorgé1 parles tou~ses JOU1i'n. je retournai àlfpahan.)l.o~a~ croîl:és jours tre'» 19é'9:~t'~(1.g. Mes premieres paroles furent ameres à mon pere je lui reprochai d'avoir mis faillie en un lieu.e-s.dtane qtge' . lai dis-je.ce me~ÿe:n aJœur fottjt du ferrail m & prit avec ~bn! eunuque une: maifon à Iipahan.u~uque. je paHai mavie à allerre~ garder les murailles du beiram.. ou l'on j~ie eut entrer qu'en changeant de religion..oy. lé préjugé de cette religion me regarder qu'avec horreur.l1~' jaloux } h9ml1)~s. .ir~a fçri~te f.e'Qls. p Vous avez attiré'fur votre famille.~<ff1~n i~o~pe$e ~Q~rut {~li1.égorge par les >fais autour eU1}uqu.. ~oyana~t.~tla'i'on~~ de ces re~ doiHablesl~eU~.aetre.e. Par .qui ~fouh~t~it avec pafron. las de moi-même Se de la vie.P .11P-V.Û.111etèw~tctaf)t toujours fous divers pîétextes.}quifo. 'la colère de Dieu 8c du Soleil qui i7ouséclaite vous avez plus fait quefi vous aviez fôuillé les élémens puifque vous avez fouillé l'ame de votre Elle qui n'cft pas moins pure j'en mourrai de douleur 8ç d'amour: mais puiffema mort être la feule peine que Dieu vous faife feritir A.j) devint jal~ maria.0' Gy . Je fus plus/le trois mods {an's pouvoir lui lé de tous Ie~ parlér J. avec ~.. ces/mots je fortis pendant deux ans.la~.. E~nj'entrai dans fc~ri beirari2.'1 E R 1 S A N E S. Cependant ne pouvant plus vivre à TeiRis. §e éonfidérer îe lien p~ma?f(&urpouvoit être m'éxpofant l tous tes jou.er~. .

Quant à elle il me parut qu'elle verfa quelques larmes. cet hommedont vous parlez.dit-elle.y LET TRE S -1 ~j! fitlui parler au travers il me lui . vous ne devez le regarder que comme un montre. 8~je ne la pus reconnoitre qu'au fon de fa voix. tant elle étoit enveloppée d'habits 8c de voiles. car j'étois examiné. e'étoit l'ancien Perfan qui eft notre langue facrée. tous ? Mon frère . quihousdoit être 6 chère? pour un miférable encore Hetri desfers qu'il aporde (ëroit le dernier tés qui. lui dis·je. eft mon mari il faut que je l'honore tout indigne qu'il vous'paroît & je feAh rois aufcila derniere des femmes fi ma foeur lui dis-je vous êtes Guebre il n'eil ni v~tre époux ni nepeut l'être: 6 vous êtes Rdéfëcomme vos pères. Il fut bienembarraffé quand il vit que je parlai à mafoeurune langue qui lurétoit inconnue. Quoi. &fi éloigné d'elle! Je me contraignis. Hélas. s'il étoit homme.ja:Iou6ê: -des yeuxde lynx ne l'auroient pas pu découvrir. Son mari voulut me faire quelques mauvaifes excufes. eft-il vraique vous avez quitte la religion de vos pères? Jef9aiqu'entrant au beiramvous avez du faire profeiEon du Mah ornétifrne mais ~dites-moi votre cœur a-t-il pu confentir comme votre bouche. mais je le traitai comme le dernier des efclaves. à quitter une religion qui mepermetde vous aimer ? Et pour qui la qttitte`z-vous-cette religion. mafoeur. Quelle fut mon émotion '11' quand je me vis fi près.

il aimoit fi éperduement mafœur..elle me quitta le plus désoléde tous les hommes. qu'il ne fqavoit lui rien refufer. que les autres.. elle ne feroit pas longue. mon frere.G vj . . ~r. rage & de jalouner jenevous verrai plus je vous parlefans doute pour la derniere fois de ma vie H cela étoit. va me coûter encore Je vous vois tout hors de vous même mon mari frémit de.- dit-elle que e'ëfte religion fe montreà moi de loin A peine en fcavois-je les pjéceptes. Trois ou quatre jours après je démandai à voir ma fœur lebarbare eunuque auroit bien: voulu m'en empêcher: mais outre que ces fortes de maris n'ont pas fur leurs femmes la même autorité. Ma fœur.3. Vousvoyez que cette plus familangue. Maisque ce jour qui m'a tant coûté. ne m*e& liere & que j'ai toutes les peines du monde à m''Cxprimer: mais comptez que-le fouvenir de notre enfance me charme toujours que depuis ce tems-là je n'ai eu que de fauffesjoies qu'il ne s'eâpaspàHe de jour que je n'aie penfé à vous que vous avez eu plus de part que vous ne croyez à mon mariage y Se que je n'y ai été déterminée que par l'espérance de vous revoir.E 9. Je la vis encore dans le même lieu Se dans le même. qu'il les fallut oublier. A ces ~ôt's elle s'attendrit Se ~ë voyant hors d'état dé tenir la conversation . accompagnée de deux efclaves ce qui me fit avoir recours à notre langue particulière.i~. équipage. que je vous parle.

votre bonheur.me mettent en fureur: comment avez-vous perdu ladouce liberté dont joui-ffoientvos ancêtres ? Votre mère. ma fœur:}font bien fonder . ma fœur lui dis je tout transporté. ces verrouils & ces grilles ces miférables gardiens qui vous obfervent. En perdant votre religion. ni vous parlerfans crime. refpedez la religion que j'ai embraffée felon cette religion je n'ai pu vous en^ tendre. & fi mes doutes Oui. c'eH que vous êtes non pas la femme car vous ne pouvez pas l'être mais l'efclave d'un enclave qui a été dégradé de l'humanité.\fI"" L e . vos doutes. Quoi. pour que je puifiène la pas croire A ces mots elle fe tût. Ah mon frere dit-elle respectez mon époux. qui étoidi chafle. Mais ce qu'il y a de pis encore. ne donnoità fon mari pour garant de fa vertu que fa vertu même: ils vivotent heureux l'un 8c l'autre dans une confiance mutuelle & la fimplicité de leurs mœurs étoit pour eux une richeffe plus précieufe mille fois que le faux éclat dont vous femblez jouir dans cettemaifoa fomptueufe.T T R E S lui dis-je d'où vient que je ne puis vous voit fans me trouver dans une fituation affreufe? Les murailles qui vous tiennent enfermées. vous la croyez donc véritable cette religion? Ah! feroit avantageux qu'elle ne dit-elle qu'il me le fîit paf. qui fait l'honneur de votte fexe.1Je fais pour elle na trop grand far crifice. 8c cette précieufe égalité. vous avez perdu votre liberté.

Tranfportezvous dans ces fîéçles reculés tout vous parlera du Magifme & rien de la feéle Maho*rnétane qui i plufietïrs milliers d'années après. Je vois.mani*à déflations de la divinité. quels qu'ils foient. non par la voie de la perfuafion mais de la conquête fî nosprinces naturels n'avoient pas été foibles vous verriez régner encore le culte de ces anciens Mages. dit-elle.vous a une religion qui vous rend malheureufedans ce monde-ci &ne vous laiffe point d'efpéraiïce 'ppur l'autre ? Songez que la nôtre eft la plus ancienne qui foif au mondé qu'elle a^ toujours fleuri dans la. que ce n'eft que le hafard qui y a introduit le Muho*métifrae que cette fecte y a été établie. ma f&ur <m . Nous n'adorons ni les aftres ni les élémens & nos peres ne les ont jamajs adorés jamais ilsjie leur ont élevé des temples jamais ils ne leur ont offert desfacrifiees ils leur ont feulement rendu un culte religieux. Mais. elle eft au moins plus pure puifqu'elîe n'adore que Dieu au lied que vous adorez encore le foleil les étoiles le feu. ôc mêmeles éiémens. comme des ouvrages ôc des. dont les commencemens ne font point connus. quand mareligion feroit plus moderne que la vôtre. Qu'attendez.Perfe & n'a pas d'autre origine que cet empire. Mais. mais inférieur. ma fœurj que vous avez appris parmi les Muful-mans à calomnier notre fainte religion.f 1 R S A H È S. n'étoit pas même dans fon enfance1.

par la promptitude avec laquelle vous m'ac< cher. J'y retournai deux jours après. Vous êtes aimé mon frere me dit-elle. de vie.que ceci convient bien à l'état de mon coeurl1 Mais vous qui avez fçu rompre les chaînes que monefprit s~étoit forgées. 8c lalaiHaifeuledécider la plusgrande affaire que je puffeavoir de ma vie. Je n'exprimerois jamais bien la joiéf que je fentis à ces douces paroles je me cru! ri J:CI. je la'quittai tout'tranfporté. ou de ma mort. que de votre changement. eft cepterez combien ce p Mon frere. je ne lui parlai point j'attendis dans le SIencel'arrêt de ma vie. E T T ~~·9po B S r~P nom de Dieu qui nous éclaire. la premiere fois que je pourrai vous etnbrafifer je crois que je mourrai dan~ vos bras. & par une Guébre g j'ai long-temps combattu mais Dieux que l'amour léve de difficultés! que je fuis fouÏagée Je rie-crains plus de vous trop aimer je puis ne mettre point de borner à monamour ? l'excès même en eâ légitime. recevez-ce livre facré que je vous porte c'eft le livre de notre légillateur Zoroaâre lifez-le fans prévention recevez dans votre cœurles rayons de lumière qui vous éclaireront en le lifant fouvenez-vous de vos peres qui ont fi longtems honoré le foleil dans la ville fainte de Baix oc enfin fouvenez-vous de moi qui n'efpere de repos. . quand romprez-vous celles qui me lient les mains? Dès ce moment je me donne à vous faites voir.m. de fortune. Ah > .L n .

. je couroisjdfqued'être de empalé mais je ne voyois pas peine plus manquer. Enfin la fëiziéme j'entendis unefcie qtti travailloit: de temsen tems l'ouvrage étoit interma frayeur rompu. Je .PEU. Nous convînmes cruelle quede le 'm'enverroit demander .pèrelui avoitlaiËée Se que j'y que trois dedans une lime.8c une corde nocée pour defcendre que je ne > mais que 1 irais la. S AN ES. chagrins qui me l'avoient fe mais quand je me fus un-peu accoutumé fi à ces douces idées.verro1s.une horloge. je vis que je n'étais pas mYétoisfiguré près de mon bonheur.. 8c dans~ces intervalles une heure étoit inexprimable. pour fcier les jaloufies de fa fenêtre qui donnoient dansia rue.Je paffai quinze -nuitsentières fans voirperfonne. Il falloit furprengrand dre la vigilance de fes gardien-s je n'ofors confier à perfonne le fecret de ma vie il falloit que nous fiffionstout elle & moi: fi je manquois mon coup. me vis en effet en un mitant le plus heuje acreux de tous les hommes je vis prefque formés en complir tous les defirs que j'avois ans de vie & évanouir tous les vingt-cinq rendue fi laborieua. que je tout à coup. qu'elle metfôn. parce qu'elle n'avoit pas trouvé le tems favorable.51us'dorenavant toutes les nuits fous fa fenêtre attendre qu'elle pût exécutetfonde:ffeÍl1. je la vis qui attachoit la corde elne le fe £al-71la iiiilfa 7dansmes bras. Enfin après de travail. quoique j'euffe Surmonté le plus de tous les obûacles.

atten dantl'o e cafiQà que"|fue. tous les jours plus chàrme'sl'tin de l'autre mais comme mon argent alloitfinir & que' je eraighols la miferë pour iaa f^ur ? ^0ivpas> LE T x R' S.dans un lieu défert où il étoitretiré. Bientôt après nous quittâmes laPerfe où nous n'étions pas en sûreté'. lieu Nous arriqui pouvoit nous être fi funefle. Se nous nous mîmes dans le creux d'urî vieux chêne.fans bouger de-là je la conduifis hors de lfa ville où j'avois un cheval toutprêt--t. & je reftai long-tenïs . & nous fouhaita mille fois toute la vigueur de Guftafpe & . inlpatience amoureufe? Ilifiâdaivsïa mâifon du payfan toutes lescéréfftoniêsidu mariage it nous bénit.prêttje Guébre pûtfake laCerlâftraniê dpmariag"ef>re£ crite par nos livres facre's.& nous nous retirâmes en Géorgie.je la mis en croupe derriere moi.viyant frugalement du travail de fesmains nous ne jugeâmes pas à propos de refter chezlui ôcp^r fon confeil nous entrâmes dans unee'paiffe forêt. vâmes avant le jour chez un Guébre. . Nousy ye'cûmesun an. jufqu'â ce que le bruit de notre évafion fe fût diffipé. & m'éloignai avec toute la promptitude imaginable d'un. repétant fans ceiïequienous noils^imeEÎonstouque jours. notre fàinte loi ^a%nous encore. Ma fœuï lui disje.fafainteté de l'Hdfeorafpe. Nous vivions tous deux dans ce féjour écarte fans téftiçiks-fious. j~ connus plus le danger. que cette union eu fairyte:!^nature nous unir avoitunis. Enfin unprêtre vintiièaîineriioti'e.

Après m'être adreifé à tout le monde. luidis- . & je puis vous embraffer voilà cinq tomans que je vous porte j'ai du regret q~on ne m'ait pas acheté davantage. maisfunefle nos car ayant trouvé d'un c6té<tous biens confifqués. 8cles joignis à trois lieues de-là mes prières mes larmes furent vaines ils me demandèrent toujours trente tomans. de lautre mes parens prefque 9an~ l'impuHfancede me fécourir. avoir imploré la protection des prêtres Turcs & Chrétiens. Se me vendis auffi pour trente-cinq tomans j'allai aux Juifs je leur donnai trente tomans & portai les cinq autres à ma foeur. vous vous êtes vendu? Oui. je ne rapportai d'argent précisémentque ce qu'il falloit pour mon retour. Jamais adieu ne fut plus tendre. r_ _rr_ moi je la quittai pour aller chercher pour quelque fecours chez nos parens.dit-elle. ma fœur.P E 1l S A N E s. Vous êtes libre lui dis-je. que je n'avois pas encore vue. & ne laifferent qu'une petite fille dont elle étoit accouchée quelques mois auparavant. Mais mon voyage me fut non-feulement inutile. Mais quel fut mon défefpoir je ne trouvai plus malœur quelques jours avant mon arrivée desTartares avoient fait une in curfiondans la ville où elle étoit & Gomme ils la trouverent belle ils la prirent. & la vendirent à des Juifs qui alloient en Turquie. Je fuivis ces Juifs. Quoi 1 . & n'e fe relâcherent jamais d'un teuî. je m'adreilai à un marchand Arménien je lui vendis maElle.

qui fut touché de nos malheurs. L'Arménien étoit un homme doux. Ah malheureux. Ah. dit-ellé. & votre efclavage va me mettre au tombeau. Servez-moi Fun & l"autreavec fidélité & avec zèle. peut-être que cet argent &mes fervices pourront quelque jour obtenir de vous ce que je n'ofe vous demander il eude votre intérêt de ne nous point féparer comptez que je difnafe defa. Ce fut alors qu'il fefit un combat qui arracha les larmes des yeux de mon maître. lorfque vous ferez libres vous êtes 1 LETTRES 1 .je. & je vous promets que dans un an je vous donnerai votre liberté je vois que vous ne méritez ni l'un ni Fautrejes malheurs de votre condition fi. vie. as-tope~ fé que je puffe accepter ma liberté aux dépens de la tienne? Seigneur vous voyez deux infortunés qui mourront fi vous nous réparez je me donne à vous. lui dis-je. Malheureux. Je vous demande.. qu'avez-vous tait ? n etois-je pas airez infortunée fans que vous. dit-elle la fervitude comme les autres vous demandent la liberté: prenez-moi vous me vendrez plus cher que mon mari. Nous fondîmes tous deux en larmes & n'eûmes pas la force de nous rien dire. & ma foeury arriva que prefque an1litÔt moi elle fe jetta à fes ge: noux. mon frere quevotre amour eft cruel Et ma fille je ne la vois point? Je l'ai vendue auffi. travaillaffiez à meta rendre davanragé? votre liberté me confoloit. payez-moi. Enfin j'allai trouver mon maître.

Quelques oH affaiTesm'appellerent enfuite en Smirne.P E R S A N B S.171~ . qui excr~oit avec fuccés la médecine dans cette ville i1. & le fuivîmes dans fon voyage.qt1elque argent.~4~mirncr.retrouver le marchand Arménien. aIis. a~ùije dois tout.rnê'prê~a. . dela ~r~~ 1~3~ <feG~7ïma~t ~z. oï: je ne chaMgerois ma pas condition pour celle de ~ous~to~d~m~ affez heureux pouï. & fëtois charme Mquepavois pu faire l'ouvrage quiétoit tombéà mafoeur. il la tortu3uffiheureux que ne vous rit je fuis certain que vous me fatise ferez de la perte que je fouffrirai. Nous nous foulagionsl'un &l'autre dans les travaux de la fervitude. 1 vous le mentez.' Nous rnbrafsâmes tous deux fes genoux. avec lequel je 6s quelque négoce. La nn de l'année arriva. oc lui ai rendu des ServicesËgna~es. 8t j'y je m'étapfis j'y vis -depuis jouis de la plus aimable 8c de la plus douce focieté dumonde runion règne dans mafamille.. notre maître tint fa parole &nous délivra. Nousretournâmes à Te&is là je trouvaHunancienâmi de monpere.

en ai point. répondit-il: de le faifons. Mais €omment? N'avez-vous pas toujours la tête remplie des affaires d'autrui? N'êtes-vous de chofes qui ne font pas toujours occupé avez raifon ces ? point intérefl7antes Vous chofes ne font point intéreffantes. Ce n'eix pas nous je les regrette nous autres juges.volumes de l'oix . & lui dis Monfieur je n'ai point vu votre/ cabinet. Aprèsavoir 'parlé de bien des chofes je lui dis Monneur. qui m'en avoit prié plufieurs fois. car nous nous y intéreffons ri peu que rien cela même fait que le métier n'eit pasfi fatiguant. il me paroit que votre métier eft bien pénible. befoin d'arQuand je pris cette charge. J'ALLAI l'autre jour dîner chez un homme de robe. vous dite-s. j'eus mes provifions je vendis gent pour payer ma bibliotheque & le libraire qui la prit d'un nombre prodigieux de volumes.ne que enflons point d'une vainefcience qu'avorsnous affaire de tous ces.Quand je vis qu'il prenoit la< que chofe d'une maniere fi dégagée je continuai. ne me laiffa que mon livre de raifon. ce n'eJt qu'un amufemerit.LETTRES S L E T T R E LXVIÈ Ri ÇA à USBEK. Je le crois car je-n'. Pas tant quevousvousimala'maniere dont nous ginez.

quand tu auras eiïuyé çe débordement dç ma philofophier . 8e tu en fera convaincu. lui mal de.. Et ne fe chargentils pas auffiquelquefois de vous tromper. fi elles n'avoient pas leur application? Se comment peut-on les appliquer. vour ne parleriez pas comme vous faites nous avons des livres vivans. qui font les avocats ils travaillent pour nous.1 G_ ~~e~M!7ï4-' LET T ~:$BEK RE CG LXVH. fi on ne les fçait Si vous co~noitliez le palais reprit le pas? magivrât. T U ne te ferois jamais imaginé que je fufia devenu plusmétaphyficien que je ne l'étois cela eft pourtant. oc fortent de la regle générale.ce monfieur. Li Yen~f'e. prefque tous les cas font hypothétlques. parce que vous les p~s en faites fortir ? car enfin pourquoichez tous les peuples du monde y auroit-il des loix..P E R S-A N E S. Lune la 1 . repartis-je? Vous ne feriez donc pas vous garantir de leurs embûches ils ont des armes avec lesquelles ils attaquent votre équité il feroit bonque vous en euifiezauffi pour la défendre &:que vousn'allaffiez pas vous mettre dans la mêléehabillés à la légere. 8c fe chargent de nous ineruire. A Paris lè ï3 3de. RHEDI. parmi des gens euiraffésjusqu'aux dents. lui dis-je. Maisne fèroit.

Souvent Dieu manque d'une perfeaioa qui pourroit lui donner une grande imperfection maisil n'eft jamais limité que par luimême il eft lui-même fa néceüité ainfi. r t!l1. mais dans leschofes relatives Se c'e11:'la raifon pourquoi il ne peut pas changer leseffences. que de nos dodeurs aient ofé nier quelques-uns L 1 E T T R 1 6 -S r_ r! . ont dit qu'il étoit un Etre fouverainement parfait mais ils ont extrêmement abufé de cette.Les philosophes les plus feniês qui ont réfléchi fur la nature de Dieu. dont il fit un tout pour à la plus belle de toutes les Déeffes.idée: Ils ont fait une énumération de toutes les perfections différentes que l'homme eft capable d'avoir 6e d'imaginer. & qu'ils ne peuvent "r. Si un homme en avoit conclu qu'elle étoit blonde & brune. il ne peut pas quoique Dieufoit toutpuifant violerfes promets. .1dans un même fujet fans etruire. fe détruire.r. il n'y a point fujet des'étonner. Se en ont chargé ridée de la Divinité. ni tromper les hommes Souvent même l'impuiffance n'eft pas dans lui. fubi i cr Les poëtes d'Occident difent qu'un peintre voulu faire le portrait de la Déeffe de ayant la beauté affemblales plus belles-Grecques & prit de chacune ce qu'elle avmixde plus reffembler gracieux.t~infi. pour ridicule.. qu'elle avoit les yeux noirs & bleus. il auroit paffé qu'elle étoitdouce Be 6erc. fans fonger queauvent ces attributs s'entr'empêchent.

cette action qui ia détermine n'eft point en elle. 8c voir dans Faméttne chofe qui n'exige point en elle Car jufqu'à ce quelle fefoit déterminée. ne peut être apperçu: Dieu ne peut point lire dans une volonté qui n'eft point.ce qui eitencorc :PERSANES. Quelque hardie quefbit cette idée. qu~ellenef~aitpas même de quel côté fe déterminer.. la metaphyfique s'y prête merveilleufement.néceûaires qui e fuivroient 1nfai~liblementQ:~llnecat1~ qui lesproduiroitde tn~1U~..onféquentne peut être connu car le rien qui n'a point de propriétés. Selon fes principes il n'eft pas poffible que Dieu prévoie les chofes qui dépendent de la détermination des caufes libres. ÇommeDieu pourroit-iiprevoir les èhofes qui dépendent de la.s lgeionq gç lç s -objets font furelle. où elle eHtellement indéterminée. Souvent me.~a prefcience infinie dé Dieu fur cefbnde~ent.'efcienée. déterminationdes caufes libres î Il ne pourroit les voir quede deux manières par con~e~ure ce qui eft contradictoire aveciapt.}nfi1'1i~ oa bien il lesverroit~qm)11. parceque ce qui n'eH point arriv~ n'dl point 8c par c.qu'ell~ eft incompatible avec fa juflice. ~m "'r' . 9n.me elle ne le fait que pour faire ufage de fa liberté de manière que Dieu ne peut voir cette détermination par avance.id~ân. ni dans l'ac" tion de rame. L'âme eiH'ouvriere de fa détermination mais H y a des occaËons.ede5ffets.

fbh ambaffadeur fera dans une affaire importante s'il le veut de fe comravoir.un monarque ignore ce que. & les privant de la puiffancequ'il leur à don< née d'agir ou de ne pas agir. il n'a qu'à lui ordonner d'une telle maniere & il pourra affuporter rer que la chofe arrivera. L'alcoran 8~les livres des Juifs s'élevent fans celle contre le dogme de la prefcience _Lr ~a· abfolue . Mais quoiqu'il puiffe voir tout il ne fe fert pas toujours de cette faculté il laiffe ordinairement à la créture la faculté d'agir ou de ne pas agir pour lui laiffer celle de mériter ou de démériter c'eit pour lors qu'il renonce au droit qu'il a d'agir fur elle 8c de la déterminer. comme il la projette. parce qu'il n'a qu'à vouloir qu'elle rive comme illa voit et déterminer les créatures conformément à fa volonté. Ne crois pas pourtant que je veuille bornée la fcience de Dieu. Mais quand il veut ravoir quelque chofe il le fçait touarjours. Sil'on peut fefervir d'une comparaifon dans une chofe qui éi~au-deffus des comparaifons.L B T T Il E S libre par plus contradictoire car l'ame feroit la fuppofition dans le fait elle ne le feroit pas plusqu'une boule de billard n'eH libre de fe remuer. .lorfqu'elle eft poufféepar une autre. Comme il fait agir les créatures à fa fantaifie il connoît tout ce qu'il veut connoître. C'efl:ainfi tire ce qui doit arriver du nombre des qu'il chofes purement poffibles en fixant parfes décrets les déterminations futures des efprits.

après les premieres céï€monies.c¿9~x~f~rlXeIRtj}~ çoutu~Í. S AN E S. Hier. .abfolue! Dieu y.T t -1 -1-i P B R.t' "en défefpéréd'u1'l ' affront qu''il vient de recevoir. Dieu met Adamdans le paradis terreilre. -Pa~is:: Son 1 ivi A 14 que.1nuque~~w~tW~tt~ 3*4 -.accompagnée le. fans les rendredérifoires ? C'eft comme fi un homme qui a-u'roitf~u la vous prife de Bagdat. Ne feroit-il pas là une bienrnauvaife plaisanterie? E! P~ris . :~9Îî2 .~e dërnië~'d°~la Lune .Us-~K./fJ./f?t L 'Ë:~L~I~ E ZB~S.la&llelbrtitàcheval.J. à condition qu'il ne mangera pas d'un certain fruit: précepte abfurde dans un Etre qui connoitroitles déterminations futures des ames car enfin un tel Etre peut-il mettredes conditions à fësgrâces. àro"t par-tout ignorer la détermination future desesprits & il femble ait que ce foit la premiere vérité que Moïfe enseignée aux hommes. avoit dit à un autre Je donne mille ecus. Un jeune étnurdi nomméSuphis recherchtsit depuis trois mois fa fille en mariage il paroiHbitcontent de la Rgurede la fille fur le rapport 6c la peinture que lui en avoient fait les femmes qui l'avoiént vue dans fon enfance on étoit convenu de la dot &tout s'étoit paifé fans aucun incident.7:d.Ë Bagdatn'eft pas pris.l" n. de fon ~M~M~tM~~ ~.

. 171 T 1 T R>É' -9- L E TT R E ~$$$7~ G~G Z E L 1 S~ LXIX. d'autant plus que le mat t il fans reméde & que fon gendre n'a fait trouve que fe fervir de la liberté de la loi.. il lui Et fermer la porte.. Enfin les cérémonies du mariage acla fille dans lelit avec complies. jura la dot. lui coupa le vifage en plufieurs endroits foutenant qu'elle n'étoit pas vierge ce la renvoya à fon pere. on conduifit allez de violence mais une heure après cet étourdi fe leva furieux. Luné'ïté Gémmadi~m. Je ainfi l'honneur cette loi biendure.e9de:la 1)ufernailde° <arriié.J. Adiet~~ 1 I. 0~ ne peut pas être plus frappé qu'iiréA de cette injure: il y a des perionnes qui foutienneM {ont: que cette fille eu innocente.' Les pères bien malheureux d'être expofés à de tels aïfronts: ~pareiltraitementarrivoitàmaMey de je crois que j'en mourrois douleur:. fi on n'auqu'il ne la recevroit jamais. y d'expofer d''une famille auT: caprices d'un fou. # J E plairrsSoliman. Les parens accoururent de gmentoit 9~ côté &d'autre pour accommoder l'affaire-Rrent la réûAance & après bien de Taréfü~ance ils firent convenir Sollman de faire un petit préfent àfbïï gendre.tains . & if. on a i~di:~es beau dire "lueFoh a c1e`s pout ce.Ë 9- me depuis la tête juiqu aux pieds: maisdèsl maison Ïbn' devant' la majfon de fo qu'elle 'elle fut arrivée "la mari prétendu.

" fa tête que des lambris dores. ou la condamnation de tôutes les fiues. Îe ~e là ~u~. Dieu veuille que fonmarila trouve auffibelle Se au~ipure que Fatima qu'elle ait. Dans un quart-d'heure il décida trois ueftions de morale quatre problèmes hiflodq.erreur ~-OMoitïeîa dont on eft aujourd'hui revenu parmi nous &nos médecins donnent des raifbns invincibles de l'incertitude de ces preuves. P E R S A N ~:n~>ârifÂ~1~9P9~~ une vieille vérité. Il n'y a ne les regardent pas jufqu'aux Chrétiens qui comme ch1méIiques" quoiqu'elles. J'apprens avec plaifir îe foinque tu te donnes de l'éducation de la tienne.v h.. Ô€ que leur ancien Iégiflateur en ait fait dépendre l'innocence. 6e ne marche que fur des tapis fuperbes & pour comble de fouhaits puifent mes yeux la voir dans toute fa@gloire 4: . US19EX. &cinq points de phyfique je n'ai ja-7 . e~eSfmPw~!<* LETT RICA R E à -!toIt' 14 -1C LXX. J E me trouvai l7autre jour dans une comprsgnie où je vis un homme bien content de lui.Pâris. foient clairement établies par leurs livres facres.~r~ ~~4ttPN u ferra .4es.. dix eunuques pour la garder quelle foit l'honneur Se l'ornement N'lû~P1(P t~f~~ait:y. e ®(~ du qu'elle n'aitfm.e N'de~halval i7i9.

Je lui parlai de la Perfe mais à peine lui eus je dit quatre mots. quel homme eH-ce là ? Il connoitra tout à l'heure les rues d'Ifpahan mieux que moi Mon parti tut bientôt pris je me tus. il décide encore.idead~~ zs·. Ah. je le lajjfai pa~ler & A Ÿaris te 8 delaLune de. qu'il me donna deux démentis. bon Dieu dis-je en moi-même. fon erprit ne fut jamais fufpendu par le moindre doute. . Je voulus l'attraper & je dis en moi-même Il faut que je me mette dans mon -fort je vais me réfugier dans mon pays.mais vu un décmonnaireit univer&l. ~'`cra~ ~'11V d~ ~~efinie~`. fondé fur l'autorité de meffieurs Tavernier & Chardin. On laiffa les fciences on parla des nouveltes du tems Il décidafur les nouvelles du tems.

près le Collègedes Jéfuite. ~0 ME & $ tfe COLOGNE. Kl. Pierre Marteau.LETTRES PERSANES.fifiQ LIV* . Imprimeur* Libraire..

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Ceuxqui le compofentn'ont d'autre fono.L E T T R ES P E RS ANE S. d car on dit jqn'au~Htot a décidé. 9 un bâtard.~1 donna un code de fes jugemens cet enfant de tant de peres étoit prefque -vieux quand il naquit & quoiqu'il fu. 1-1 a quelque tems que pour fixer fon auy tor~ë . plus.L ET T R E LXXL RICA J'A oui parler d'une efpece de tribunal~ qu'on appelle l'Académie Françoife il n'y en a point de moins reîpe<3:c ans le monde. le peuple qu'il caffe -fesarrcts lui impsfe 'des loix qu'il ei obligé de fuivre. cer comme de'lui-même dans leur'babil éternd. 'tion que de jafer fans ceffe l'éloge va fe pla. . qui avoit déjà paru. Sc~Itot qu'ils font initiés dansfes myile~ re~ la fureur du panégyrique vient les faifir" ne "les quitte. Ce corps a quarante têtes -toutes remp'H€§ J Aij .t légitime. -l'avoit prefque étouffé dans fa naiffance.

On a dit autrefois que les mains étoient avides. & non pas pour voir.que~ion ilfem.. E T T iR 'E '.& l'harmonie. 1 L y a quelques jours qu'un hommede Mac connoiffance me dit Je vous ai promis de vous produire dans les bonnes maifons de Paris je vous méile préfent chez un grand feignel1r quieâ un tes hommesduj:oyaums qui repré&nte le mieux. d~ Zilhag~ fit. E 'T R E LXXII. bîe qu'il foit fait pour parler.s ce figures de métaphores & d'antifhefes~ t~r. 4t ~4'. nous m'avoniS point l'efprit porté à ces établiiferoens fingu. Ri ÇA à USEE~9.t de bouches ne parlent prcfque que par exclamation fes oreilles veulent toujours être frappées par la cadence . Pour les yeux il n'en efhpas. & je laiffe décider cela à ceux qui le gavent mieux que rnoi. qui eftfon fléau. . liers & bifarres nous cherchons toujours la nature dans nos coutumes amples Se nos ma~ nieres naïves. que l'on ne' voit point dans notre ~Perfe.. je ne t'en dirai rien. l'ébranle~ tous les inftans & détruit tout ce qu'il a fait. Voilà des bifarreries. Il'n'eil point ferme fur fes pieds car le tems. . I.1.A Paris le 27 de la Lu~e 171~.

nous faiuons tout pour nous rendre aimables nous nous communiquions aux plus petits au milieu des grandeurs.&. a fur tou-s ceux qui rapprochent je n'ai que faire d'y aller je prens déja condamnation. _tcela veut-il dire. me dit-il.: &: s'ils l'avoient ignoré~nos bienfaits le leur auroient appris chaque-jour. il:. il caréna fes chiens d'une maniere fi o~enfante pour les hommes que je ne pouvois me laffer-de l'admirer.eit-ce Que' autre ? qu'il eft plus poli. 'pour aller faire cent petites infaltes à des gem qui venoient tous les jours chez nous nom témoigner leur bienveillance: ils~f~~~roiŸr~t bien que nous étions ati-deffus d'eu. UiLeK i~e nous euffions eu un bien ruauvars nature!. moniieur? . plus affable qu'un Ce n'eft pas cela. de Perfe je repréfentois ainit. qui endurciffent toujours. il cracha avec tant de flegme. Ah bon Dieu! dislorfque j'étois à la cour je en fi. Il fallut pourtant marcher ic vis un petit homme fi fier il prit une prife de tabac avec tant de hauteur il fe moucha fi impitoyablement. N'ayant rien à faire pour nous faire respecter. & je la lui paife toute entiere. Mais lorf~n'iI fallait foutenir fa majefté du prince dans le~ Aîij F -<j:SA. je repréfentois un grand fbt Il auroit fallu. nous trouvoient fenfibles ils ne voyoient nouslefcenque notre cœur au-ddfus d'eux dions jufqu'à leurs besoins. Ah j'entens il fait fentir à tous les initans la fupériontë yz'ü fi cela :1.

P<syM. L fau~ qneje te l'avoué je n'ai point t~ marqué claez les Chrétiens cette petËmËca vive de leur religion. L E T T RE LXXIII: ~s~ ï~ ~~â~â~ A FeuiTe. qui fe trouve parmi les ~Mufuîmans il y a bien loin chez eux de la profeffio à la croyance.miner la vérité on la f~uffeté de cette religion qu'ils rejettent ce font' des rebéles qui ont fenti le joua. de la croyance à la 1n conviétiron de la conviction à la pratique~ La religion eft moins un fujet de lan~iâcation. lesgensde guerre.J't. s'élevent contre m les eccIé&dUques.8c leur demandent de leur prouver ce qu'ils font réfolus de ne-pas croire. les femmes êmes. nous.nation aux étrangers lorfelu"ta:fin. qui appartient atout le monde les gensde cour. 8c l'ont fecouéavar~tde- . qu'uni~ujet de disputes. Ce n'cft pas qu'ils fe foient détermines par raifon. remontionscent fois plus haut que nousn'étions descendus nous :ramenions la fierté fur ~s~t~~ vifage &: î'oa s-ouvoit Tielquefois que nous repréfentions x&zbieB. il falloit animer les foldats.L-B f'u. 1 J! i t eéremoniespubliques îorfqu'H jfaîîoit~îr~ refpeaer la.c~I~as a~ ~c~ ~g. &qu'ils aient pris la peine d'exa. i3c. dàBsIesotca~ons périlleufes.1-1:n~1"\ T 'r-.

P t ERS <v< r }¡ N n ~I S~ voit connu.ou gïcRier que lesviandes dont je me nourris font légères ôa Ib-' lides je fuis Spinofifie. puiffance defquels ils retiroient le bas peuple Ils ont enfuite fait des:. Auffine font-ils pas plus fermes dans leur incrédulité que dans leur foi ils vil vent dans un flux & reflux. conquêtes. ligion de m'aSiger "'1-_&. Il eft vrai que cet.c~ moarfr du côté de I'ef~érar~eëd Il y a longtems que les princes Chrétiens affranchirent. Un d'eux me difoiru11C jour Je crois l'immortalité dé l'ame par fe1l1eflre mes opinions dépendent abfolurnent' de la conftitution de mon corps felon que j'ai plus ou moins d'efprits animaux que mon eflomac digere bien ou mal. le conteneur me trouve à fon avantage. m me porte b~H quandj'e r mais je lui permetsde me confoler quandle fuis malade lorfque je n'ai plus rien à efpérer d'un côté la religion fe préfente me j gagne par fes pron~effes:. A ~v . qui les porte fans ceffe de l'un â l'autre. ~re`r. Quand le médecin eft auprès de mon lit. que le Chriftianifme rend tous les hommeségaux. Catholique. impie ou dévot. difoient-ils. parce qu'ils abaiffoient par-là les feigrieurs. e veux bien m'y lir. que l'air je q7ue retire eft fubtil. de la. Je fçais bien empêcher la reJl1 ~'rJ. tousles efclaves de leurs états parce. aéte de religion leur éfoit très-utile..1. Socinien. dans des pays ouils ont vu qu'il leur ëtoit avantageux d'avoir des efclaves ils ont permisd'enacheter & d'en vendre publiant ce principe 1.

1E E T T 1l i S de religion qui les touchoit tant.. J 1715'. lé z 3 ~e la Lun~ de Saphar. De Paris. & qui eft pure COID' me le ciel.. pourquoi veut-on m'empêcher de mettra iin à mes peines.' nefe Foucienc deprendrepour levrspurifications. de ce que je pr ofeffeune religion qui fe fait préférer à.les fait mourir pour ainfi dire. Il me paroît. que ces loix font bien injufies-: Quand je fuisaccablé de douleur. LETTRE LXXIV. tous les intérêts humains. point Venife) parcequ'ils n'y. Je rends graces au Dieu'toutpuuïant. USBEK â fon aani I~B~N= S~irne. dont elle eft defcéndue. . 3L E s loix forit furieufes en Europe contre ceux qui fe tuent eux-mêmes: On.de mépris. & me priLesMahométans trouveraientpoint d'eau.feJoules principes du faint alcoran. Que ne faifons-nous comme les Chrétiens ? Nous fommes bien fimples de refufer des établiilemens & des conquêtes faciles dans des climats heureux4. parce que l'eau n'y eft pa'saffez pure pour nouslaver. qui a envoyé Hali fon grand prophète. une feconde fois ils font traînés indignement par les rues. C~ue veu~ tu que je te dife? Vérité dans un tems erreur dans un autre. Ibben. on les note d'infamie on confifque leurs biens. de 111ifere.

veut-il me condamner à recevoir des graces qui m'accablent? Je fuis obligé de fuivre les Ïoix.quand f : je ne retire point les avantages de la iujétion~ Mes concitoyens peuvent. Le prince veut-il queTeois~fo~:fujet. c'e~-à-diïe les Ioix de la création c~ cle Av .~~R~`~i~ ver cruellement d'un remede qui ei~eiï'mes mains ? Pourquoi veut-on que je travaillé pour sne fociété dont je confens de n'être plus ? que je tienne.. vous troublez l'ordre de fa providence. lorsqu'elle ne l'eft plus la caufe celle l'effet doit donc ceffer au~. Que veut dire cela Troublai-je l'ordre de' la providence lorfque je change les modii?cations de la anatiere. & que je rend. Dieu a uni votre âme avec votre corps & vous l'en féparez vous vous: lui réoppofez donc à fes deffeins vous Snez. quand je' vis fous les loix mais quand jé n'y vis plus y peuvent-elles me lier encore? Mais) dira-t-on. malgré moi une convention qui s'eâ faite fans moi? La fociétéeft fondée fur un avantage mutuel maislorsqu'elle me' devient onéreufe quim'empêclie d'y renoncer ? La vie m'a été donnée comme une faveur je puis donc la rendre.ils dé~4ei ce partage inique de leur utilité & de mondé" fefpoir 1 Dieu différent de tous les bienfaiteurs. quarree' une boule que les premieres loix du mouve3r.irnt.

monc1ÍerIh6en. un ver.= 'épi de bled. d'autre fource que notre orgueil nous nefentons point notre petitefré malgré" qu'on en ait nousvoulons être comptés dans.. je puis trou. gazon. dé-graderoit toute la nature r nous ne concevons pas qu'an homme de plus ou moins dans Je monde que-dis-je ? tous les hommes enla semble cent millions de têtes comme nôtœ ) ne font qu'un atome fubtil 6~délié qu.er= · . Bler à ma fantaine toute la nature fans qu~ à ron pui'ffedire que je m~oppofë la providènce. & moins dépendante des loix gêné-' ralês ? que le mondey ait perdu quelque chofe ? & que les ouvrages de Dieu foient moins. moinsimn~. ou-pLutôt Croyez-vous que mon corps dévenu'un. mon corps.moinsdigne d'elle ? & que mon ame. fublimc? Toutes ces idées. 1'un4ver-s y figurer" ce y être un objet important-. un.n'oJ1t. Nous nous imaginons que ranéantiffêment d'un être auHiparfait que nous.L2 TT RË t la con[ervation" avoient fait ronde < ~o~~ fans doute je ne fais qu'ufer du droit qui m'a été donné 6e en ce fe. y aura-t-il moins d'ordre Se moins d)arranfIement dans l'univers-?Croyez-vous que cette nouvelle combinaifon fÓit moins parfaite. foit changé en un ouvrage de la nature. Lorfque mon âme fera féparéé de. dégagée de tout ce qu'elle avoit de terreHre~Ibu devenuemoins.ns.enfest grands-.

&enfêveli dans deprof0ndesl~aures.quetu feras bie. de~aphar. T P. moui~aehe. elle eit refpe'~abîepap elle-même..& je vis parmi des peuplerqui jr les ïneprifant tou& autres.aife dola voir~ J E parcoursfdepuis tx rt1ôiS' l'Espagne 86 IcrPortt:1gal. ix par la. Les lunettes font voir demortfiratÍvement: que celui qui les porteeft un homme confommédanslesfciences.4'" 4~ de i'immemM . font aux feuls ~ran-~oi~rhonneur de ~es haM'.g dela Lun.~eu rr'apperç0it qu'à (escosnomances.ti. L E'-T T R E RICA '¡¡¡¡¡' à USBEX.le a. Ii It 9' ~¡( g~ _r_ ca~Ie 'J_I'~0A4. quien ca orné oa clargé peut pafer fans contredit pour le nez <~ungavant. Pour la mouHache.171$. LXXV. à-un tel point quefa vues'en~ eâ airbiblie 8~ toûfnea.a~Pa~ris-. ce indépendamment de<conféquences quoique pourtant on ne laiffe pas d'en tir~r fouvent de gœndei utilités ~pour e l . La gravité eft le caraaere brillagt des deux natioiig elle fe manifefle principalement de deux manières par les lunettes. JE t'envoie la Gopied'un&Ïettrequ'un Fra~ 'CMi~ çois qui eA en Efpagne a écrite i~ .

peuvent avoir de la vanité auffi en ont-ils. extrêmement-élevé. il fe coupa une de fes. Ceux qui font dans les Indes ne font pas moins flatxés y lorsqu'ilsconfiderent qu'ils ont le fublime mérite d'être. fe-fententle cœur. Il n'y a jamais eu dans le ferrail du grand feigneur de fultane fi orgseilleufe de fa beauté. Ceux qui vivent dans le continent de l'Efpagne & du Portugal. comme le fit bien voir un fameux général car ? fe trouvant Portugais dans les Indes avoir befoin d'argent. que le plus vieux & le plus vilain matin ne l'eft de la blancheur olivâtre de ton teint. lorfqu'il eft dans une ville du Mexique.L B fervice du prince Se l'honneur de la rÍ~tÍOl1. comme ils difent. c'eH-à-direy qu'ils ne fÓ}1tpas originaires de ceux à qui Finquintion a perfuadé dans ces derniers fi des d'embrafferla religion Chrétienne. On conçoit aifément que des peuples graves &: flegmatiquescomme ceux-là. Se envoya demander aux habitans de Goa vingt mille pifloles fur ce gage 4 eUes lui furent prêtées d'abord y 8e dansla fuite il retira fa mouâache avec honneur. Un homme de cette conséquence 'T une créature fi parfaite. mouAaches. lorfqu'ils font ce qu'ils appellent de vieux Chrétiens.hommes de chair blanche. afrisfur fa porte les bras croifés.ne travailleroit pas ne f~ !:spour tous les tréfors du monde Jeande baflr T" n_1~1- T ? _B 3 . Ils la fondent ordinairement fur deux chofes bien con-* fidérables.

e l'ont pourtant pas dans le Ils coeur. & fecondement jaloux. C'elui qui refle affisdix heures par jour. Car il faut fçavoir que lorfqu'un homme a un certain mérite en Efpagne comme par exemple quand il peut ajouter aux qualités dont je viens de parler. ou pris de fon pere Fart de faire jurer une difcordante guittare. par une vile a mecilanique induflrie de compromettre l'honneur & la dignité de fa peau.reposde fes membres. ils n. Ils fe garderont bien d'expoier leurs femmes aux entreprifes d'un foldat criblé de coups. ou un fobuûe ~`rancifcain qui les éleve.. Ils fontpremiérement dévots. celle d'être le prod'avoir ap. Ils connoilent mieux queles autres le fo~ . il ne travaille plus fon honneur s'ÍntéreÍfe aut.ou d'un magirrat décrépit mais ils les enfermeront avec un novice fervent qui baille les yeux. priétaire d'une grande épée. Mais quoique ces invincibles ennemis du travail failent parade d'une tranquillité philofoph~que.PE RSÀ'M E '3é foudroit jamais. carils ~bnt toujours amoureux: font les premiers hommes du monde pour mourir de langueur fous la fenêtre de leurs maitrelfes & tout Efpagnol qui n'eâ pas enrhumé se fçauroit paffer pour galant. obtient précifément la moitié plus de confidération qu'un autre qui n'en reâe que cinq parce que c'eft fur les chaifes que la nobldfe s'acquiert.

unparoitroient mal placées par exemple.]L E T T R B ble des femmes ils ne veulent pas qU'on[eut voie le talon. 8c Vous-pourrez trouver de 1"efprit~ du bon. On dit par-tout que les ri~ueûrs de l'amour {. capitaine ne bat jamais fon foldat. qui attribuent à de petites pratiques monaehales la même efficacité ce qui qu'aux feptfac~rerr. M Les Efpagnoîs qU~0n brûle pas. point dans leurs livres voyez une de leurs . mais contre les héréfiarques. é~ teinte. 8c-qu'on les furprenne par le bout des pieds ils gavent que l'imagination! va toujours. Ils-ont dé petites politeffes qui en France. qu'ils font à peine Chrétiens. & qui font fi dévots.ontcruelles elles le font encore plus pour les Espagnols les femmes les guénilent d& icurs peines mais elles ne font que leur en f~i~rechanger & il leur refle toujours unï-ong Se fâcheux IbuVeniEd'une paûlon.. adorent tout qu'ils vénèrent. & là on étoit quelque&isavert~ d'avance. mais n'en cherchez. fans lui en demander permMion & L'inquisition ne fait jamais brûler un Juif fans lui.ens-. P3fOiffenfu attachéarà l'inqui~tioB /~il y aurolt de la mauvalfe humeur de la Ïeut otcr: Je voudrois feulemerit qu'on en établit une autre non pascontre les hérétiques. que rien nePamufe en chemin elle artive.faire fes' excuies. fens chez les Efpagnols.

fe & Ils difent que le foleil'u 1-éve fe couche dans leur pays mais il faut dire auffi qu'en.ex les de ~ciiolaHiques l'autre vous diriez que les parties en ont été faites & le tout raffem" blé par quelque ennemi fecret de la raifon humaine. de voir une lettre écrite à Madrid par un Espagnol. & dansleurs montagnes des nationt qui-leur font inconnues. extrêmementdécriés chezicur~voifia~~ . E ne ferois pas fâché UfbeK. Il y a ici une mai (on on l' 0ftmet les fous on croiroit d'abord qu'elle eft la plus grande de la ville. les romans d'un cote9. eft celui qui a fait voir le ridicule de tous les au" tres. qui< voyageroit en France je crois qu'il vengeïoit bien fa nation quel vafte champ poc~t un homme ftegmatiq~ue penfif! Je m'imat~ gine qu'il commenceroit ainfi la description de Paris. non 1~6 remède eft bien petit pour le mal~ Sans~dbute que les François. ont Ils fait desdécouvertes immenfesdans le nouveau monde. Le feul de leurs livres qui foit bon.R s~~r Ev a: tMbhotJheques. faifûnr fa courfe il ne rencontre que des ca~pagnes ruinées & des contrées d~ certes. & ils ne connoiffent pa~ encore leur propre continent il y a fur leurs:: rivieres tel port qui n'a pas encore été découvert.

grandeuï d-e |te la dignité même leur ouvrage ils fefonf amufés à faire des inflitutions puériles avec îefquellesils fe font à a vérité conformés aux petits efprits. potiï perfuader que ceux qui font dehors ne le font pas. fi elles. 71 i 5 LETTRE Usbek à LXXVL Rhedi.LETTRES ferment quelques fous dans une maifon. Ils fe font jettes dans des détails inutiles ils ont donné dans les cas particuliers ce qui marque un génie étroit. Il femble qu'ils aient méconnu la. que le hazard a mis à la tête des? autres. Je laiffe làmon Efpagnol. qui ne voit les chofes que par parties. chofe abcomment furde pour un faifeur de loix peut-on les obferver. Quelques-uns ont affe&é de fe fervir d'une autre langue que la vulgaire. mon cher UfbeK. 8c n'embraffe rien d'une vue générale. Adieu. & qui n'ont prefque confultë que leurs préjugés & leurs phantaiîiës. ne fontpascon-* nues ? . De Paris le 17 de la Lune e de Saphar.. \a A plupart des lëgiflaîeurs ont été âes îîom» mes bornés. A Venife. mais décrédités auprès des -gens de bon fens.

IL. former toujoursï Il faut pourtant avouer.mes. par unebizarrerie qui vient plutôt de la nature que de l'efprit des hom.'Y. elles ont été trouvées trop dures Scpaï'unelpritd'équi" té. on a cru devoir s'en écarter mais ce reméde étoit un nouveau mal. Danslaluite.L-" 'JJ . Quelles due foient les loix. 8c les regarder comme laconfcience publique à laquelle celle des particuliers doit fe con-. Mais le cas eH rare ~& lorfqu'il arrive.~ Il eft vraique.Ll~111U"'a.qu'ils ont trouvées établies c'eft-â-dire~ qu'ils ont jetté les peuplesdans les défo-rdros.1p P. que quelques-uns d'entr'eux ont eu une attention qui ont marque beaucoup de fageife c~eH:qu'iIs donné aux peres une grande autorité fur leurs enfans rien ne foulage plus les magiftrats rien ne dégarnit plus les tribunaux.&VUA.L. il faut toujours les fuivre. vaa . il eft quelquefois néceifaire de changer certaines loix. X SAN E Ils ont fou-vent aboli fans necemte celles . puifqu'il faut tant de formalités pour les abrogerSouvent ils les ontfaites trop fubtiles. <8c ont fuivi des idées logiciennes~~lutôt ue 1" a quité naturelle. il n'y faut toucher que d'une main tremblante: on y doit observertant de fblemnités. inséparables des changemens.I. & apporter tant de précautions. que le peuple en conclue naturellement que lés loix font bien faintes.w.V. rien enan ne répand plus de tranquillité dans un état~ .

-On xemarqueque.t <cu'les mœursont toujours de mei`llcu~~if toyensquelesloix. celle dont on C'e~ de toutes les puiSa-nces abufe le moins c'eS:la plus facrée de toutes les magiftratures :~eIUaIëul€ qui ne dépend les a même pré.-JesÆamillesf. & même pis & ils n'ont pas pris d'elles la puiffance paternelle. &~har~t7i~ a . pas des convcntioR&~jScqtn eedjees.p~c f~n amour.. qui.ol1t mieux du créateur de réglées les peres font l'image l'univers. dans les pays où l'on met danslu mains pate~eHes plus de récomFcnfes&de pnnitions. qu'elles ont établie comme larp-x~ ~i~~amodt~tégkime. On dit ~u's Qpt retenu des loix Romaines un nombre infini de chofes inutiles. ~j'~aris~ le 18 de la Lune. Je ne finirai pas cette~e~tre~ansteiaipe red marquer-la bifarrerie de 1"efpr~t es François. ne laiffe pas de fe les attacher encore par 1'£fpérance & delà crainte. quoiqu'il puiffe conduire les hemmes.1 E T T'B'4' .

je bai£-.Heureux Uibeicî tu poffédes plus de beautés que n'en enferment tous les palais d'Orient. late je lui misau doigt un anneaudfor je meprofternaîà fes pieds je l'adorai comme Arméniens i la ceine de ton cœur je payaiî^es je la dérobai à tous les yeux. (ailes yeux: jeiui jettai un manteau dJécar>. à Usbek. à ton retour tout cç que la Perfe a de plusxaviffant & de vak #aas ton ferrail i$aaitr$ les glaces ? à mefutç . LXXVII. Jî i®k des Arméniens menèrent au ferrait une jeune efclave deCirçaflîej qu'iIs vouaient vendre* J<eia£s entrer dans les appartemens fecrets je la deshabillai je l'exami- nai avec les regards d'un juge & plus je l'e*xaminai. -SA S fi S- LETTRE JLe grand jïyNUQUjs A Paris. Dès que je l'eus jugée digne de toi. Une pudeur virginale fetnbloit vouloir lesfd érobeï à ma vue je vis tout ce qu'il lui en coûtoit pour obéir elle roMgîffokde fe voir nue même devant moi.fuisinaniméfous l'empire de ce fexe '8c qui miniftre de la jnodeftie dans les avions les plus libres. j& ne puis infpi?«. qui exempt des paffionsqui peuvent allarmer la pudeur. Quel plaide pour toi de trouver. rer que l'innocence.f'-m S. plus je lui trouvai de grâces. ne porte que de chaftes regards.

mon cher Rhedi.171~. A" 2 jT~fV* LET LXXVIII. mon cher Rhedi. A Yeni e. le peuple eft auifz foumis que dans un gouvernement (evere. Compte. les peines plus ou moins cruelles ne font pas que l'on obéiffe plus aux loix. puifqu'il eft plus conforme à la raifon 6c que la Sévérité €&un motif étranger.j que le tems & la polisson travaillent a le~ detruirel détruire ~.LETT1l'E. Si dans un gouvernement doux.u ferrail de ~'atmé le i de ltt Lune de ~biab.'j'ai vu bien des gouvernemens ce n'eit pas comme en Afie. pour ravoir quel de tous les gouvernemens étoit le plusconforme à la raison. Dans les pays où les châtimens font modérés. que. le premier eft préférable. 1~. TRE USBEK à RHEDI. dans un état. SoU . on les craint comme dans ceux oixils ~~pn~ tyranni" Quesc~a&enx~ #. 1. ou les régIes de la politique fe trouvent partout les mêmes. le plusparfait. f DEPUIS que je fuis en Europe. Il m'a femblé que le plus parfait ~0: celui qui va à fon but à moins de frais & qu'ainfi celui qui conduit les hommes de la maniere qui convient le plus à leur penchantes à lem-inclination cri. J'ai fouvent penfé en moi-même.

un pa~ys de douceur. moins tnaître~quepa~-atout Je vois que dansées ~t~mensrigoureux il y a toujou.s Je remarque au contraire une fource d'injuitice ce de vexations au milieudc ces '1( ?mêmes t a 5. quand une fois l'autorite violentecjCtméprifée il n'ea r_'F_ B ~ome ~I~ .rs~ees m emenstumultueux.~è(1fi~ttie.gquverl1eJ:n~nt déqu'il foit cruel.. on punit toujours par grés on inflige un châtiment pîus ou moins grand à un crime plus ou moins grand.ted~heure/deifdn'tJ!11ei:Và la p juftice &: réquite~ fbiént mieux ôbfeTvées en Ttirqùie. même.P . de Venife.. ou une légère àme:nde. où perfbnne ï~eHle cher': oc que.E N. Se chacunla de partage à fa far~on:: ~le'déféfpc3iie rinfamie vient défblerun François qu'dn vient dccondâmner à une peine.appe~nt=autai~t-1'éfprit d'un Européennourri ~dans. qui n'ôteroit pas.emPè!. un un Turc.' = quar. :'jetle vois pas qu'on y commetterhoins de crimes 8c que les hommes. ~fr. ion: Soit que Ie.' memes e Je trouve même~j~ptince. que la perte d'un bras intimide un Afiatique. gui eft la loi ailleurs. Ils attachent un certain degré de crainte àuri ce rtain degré de peiné. S X ë s 44 ioit deux. & QansJ"AngJeter. L'imagination j[e plie d'elle-mêmeaux mœurs du pays où l'on vit huit jours de prifon. i~imi~és par Ia grandeur des fOlÚi1isauxoix.?.fe('êhè~. l châtiri1"~ns. ue q dans les républiques de Hollande.te Mog01.¥~fé)i'ihf"plp.

it(0. futdéLor~u'Ofïïïan empeMur des Taures ~ofé aucun de c:eJ. Jo~e~~¡..é12at!éslp.-i~ le~z 'dela Lune L BT TR BS 11 .M.ir~é-ri~e-de firme le défordte -& le rend pl~s grand Que dans ces états il ne fé forme point de petite révolte 8e qu'il n'y a jamais d'inférition-: tervallé entre 1e wurn~ure.1pe'J.in MU~~fhafúteD.fouvent au~Mnprévue de ceux qui la font que de ceux quilit louant.faire.F.y~ . leur fit jufii:cefur quelquegrief une voix.r. tentat ne inngpoit & commettre dequ'on snal)dQi~Qtfet:11en'lel!):tenfupplians.J.}. 3e fou.$~3. -°~ë.at.ï'ï)l7ï~ .TeUeplu~ a~ez perfbnne pour la.\1~'1quicommire1)1!cetat..rt.d.revenir l'impunité conQue 'le dé:fefp4.fortit de la foule par fard le nom de MuHapharut prononcé. ¡~0indte accident produit une gratlder~V:91~tio. qu'on haCL'a jamais çO:l1nuè.de' caufes: g:rarides au centr~.a Qu'il ne &ut point que les grands événetn~~sy.etif¡..

LE T T R ELXXTX.tousles âges. que Qu'eŒ~ce les conquêtesd'AlexaMre 1 can c-ncoii2paràifà d eéelltësde' Ç~ycn-.¡afp~ills:oritfoUmis'¡a Mofcovie. . c'eâ d'eu~que fén-tlfôrtisprévue tous les peuple$ qui ont renverfë l'empire Romain.t1 ~M~e P~ 6% ~O~'O~ JA...:Í'ls fris a. Ils d0n1h1én.dë ten~.P E R S ANE S.Beils dominent ur ces trois parties de 1'. rs. il n'y ena pas qui ait furpaffécelledes Tarares.1 ance.a été le fléau des nations. monchef UfbeK. il a donne furla terre des marques de fa pui. ni en gloire ni dans Itt'g-randeur d"At'\l"IU:'tJHL . NAIlG. il.Spl'usrecules. Se ils la tiemnënt encore fous leur obéif-~ ` r-: . USB E K.r Af fie&t'At\tiq1!ié.C'-Jt1e. D E toutes les nations du monde.le'r':a:l' 'do teur de l'univers tous les autresfëmblent être faits pour le' fervir il eiï également le fondateurScle deftruéteur des empires :daMstous les tems. Les Tartares ont conquis deuxfois la Chine.Œanc~dans. 1 cul "s c'ei Et pour ~arle~.I]tile:eJ). furIe"trône deefrús:~2~e. S~lenom'deT!'Urcs'.$ dèJa:Pcl1fç.~1Paris..u.ghn Bjj ..tfu~ te$vâae~'Faysqt1ifbr'ment l'empired~'1V1~gdlFL\ ont Maîtr{.ilsontfait : des conquités ÍrrÜhèl1Íes'dal'Ísl'Europe.

il y€H a de bien plus finguliers que ceux-là. ni de retenir un mot de ce qu'ils QRt~it- . 0 'IQUE iès François parlent beaucoup. Smirne. A propos de gens taciturnes.'De Mo/èou.8t.. fans qu'il ~bitpôniblede les déceler. ë~ qui ont un talent bien extraordinaire. Ce font-ceux amuqui fçavent parler fans rien dire & qui fent une conversation pendant deux heures de tems. ne fongeoit point à fe ~fignale'r . couvent . Que d'avions immortelles ont été enfevilies dans l'oubli! que d'émpires par.Rn.éfente.. fure de vaincre dails tous 4 les tems. ï.eux fondes. le. dont nous ignorons l'origine! Cette belÏiqueufe nation uniquement occupée de fa gloire pr.ans rayenir par la mémoire de tes conquêtespafi~es. 4dea Lureé le l d<R<'H~i3i7i!' ï .x LET .1 T R E LXXX. les autree.if~orièns pour célébrer là mémoire defes merveilles.4etvis feretran*chaffentde même leur tout ce que ~eu.1~ng-ue entrant dans fouhaitcroitibrt quetous. qu'on appelle Chartreux on en dit qu'ils fe coupent la-. dtêtr~ leur plagiaire.L E T T R E 6 Il n'a manqué à cette viétorieufenation que des h.r profeHion rend inutile. u de deril y a cependant parmi eux une efpece vis taciturnes. Ri CA à 1BBEN.

h. De Pâris le 6de.p Ê e S A N ES. dont n ne fait aucun cas cheznous. Mais ils font au comble deTeiprit.'9'tiaif'ie-flè cours: & quand l'exorde eft beàu itrénd fupportâbles toutes les lotites qui viennent enfuite.n6ig@ '. o Jeté prometsque ces petits iale'ns1.{. chaque infiant & qui portent la grace d'urie joyeufe approbation fur tout ce qu'elles dt> iehr.. c~Ièur~ sand~ Il eft bon de commencer de la'tue à fé faire écouter par le bruit du carroH~ Se du marteau qui frappe rudement'la porte: cet avant*propos prévient pm. Ces fortes de gensfont adores des~mmes. lorf qu'ils gavent entendre fineA'e tbut $~ ~â trouver mille petits traits gutiie ans les chofeslesI'lûsco1'ïlmu~s.'b" 'Í~h trouves d'introduire dans les'conve~Rtion's les chofes i'nanimees.i')"fè"Í.~ niais ifsne le ~'ontpourtant pas tant que d'autres. .!='. qui ont reçu de la'nature l~âimabletaà lent de fourire à propos.Ù:<M( .8cqu'un hommede bon fens ne brille guére& devantces fortes de gens.eft"7"dire. mai~qui par bonheur arrivent trop tard.la Lune~ de Re~iavz. 8c d'y faire parler leur habit brode. Ú'i' d"aüt'rés "q.t .u. leur canne.6. z xs: B iij . leur perruque btàn~de leur tabatière. J'en con. fervent bien ici ceux qui font aiïëz heureuxpour les avoir .

. trouve réellement entre deux chofesr ce rapport efl toujours le même. La juftiçe éléve. S. ils s'en éloignent & intérêt eft toujours ce qu'ils voient le mieux. qui fe.L'E T T R t S ET T RE LXXXÏ. s'il ne l'é-toit pas il feroit le plus mauvais & le plus impa~it~e tous les Etres. fa voix mais -elle a peine à ~'e laire entendre dans le tumulte des paffions. A Yeni fe.quelque Etre qui le confdere foit quece foit 33ieu foit que ce foit un ange ou enfin que ce foit un homme. 1 Jo y a un Dieu. les auqu'ils aiment mieux fe fatisfaire "que tres.a. C'eA toujours par un retour fur euxmêmes qu'ils agiilcnt nul n'eft mauvais gratuitement il faut qu'il y ait une raifon qui détermine & cette raifon eft toujours une raifon d'intérêt. il faut Ilécefl'airement qu'il (bit juite ca~. La juaîcc cil un rapport de convenance. Maisil n'eH pas potl'~bleque Dieu Meja- . 'U' s B i~ RHEbI.. Il eft vrai que les hommesne voient pas toujours ces rapppïts fouvent même lorileur qu'ils les voient.. mon cher Rhedi. Les hommes peuvent faire des injufticesr 8e parce qu'ils ont intérêt de les commettre.

nouspafferions devant leshommes comme devant les lions 8c nous ne ferions jamais affuré~un momentde notre vie de'notre bien ni-de notre honneur. noue Ain6. Libres.~'ais rien d'injure dès qu'on fuppofe qu'il voit la juf&ice. 8s qui s'il exilloit.pIl1$£ort!J que nous ils peuvent nous nuire de mille manières diiïërentes les trois quarts du tems ils peuvent le faire impunément Quelrepo~ pour nous de ravoir qu'il y a dans le coeurde tous ces hom~$'1[i:principe intérieur qui combat en notre faveur. cequi1fi~afaitpenfer que la juûicc eHéterneHe 8e ne dépend point des conventions humaines 8c quandelle en dé– .Fendroit ce. nous n~devriü~n°s:~pas=.quandil n'y auroit pasde I~"iéuy devrions toujours aimer la Jpftfçc. . 1 B. 8c nous met à eouvert de leurs entrepri{es? . Rhedi. ? B It. Voilà.1'ê`tte 1'équité. faut néceIÏairementqu'il là il fuive car."feroit ter. faudroit fe Nous (ôrtlmes¿ntourehttlfôthnres.ffousferiÓn5. feroitnéceHairemen~Ae. 9 A14 BS. dont nous av~ns un:ë ~eMe i~ee. faire nos e~bftspourre~mbléràcet Etre. comme il n'abefoin de rien Se qu'il fe fu~it à lui-même il feroitle plus méchant de tous les Etree-~P"Uifq-u'i-1 le~fe~ro-it~fa-ni. det1:-àdire.. qU~f. intérêt.Sans cela nous deyrtons être dans une frayeur continuelle .cfu Se ta relijoug 'wt!(tebtide gion.

qu'il fe voit au-deffusdes 8c desours. Rhedi fi j'étois fur de gres fùivre toujours inviolablement cette équité le j'ai devant les yeux je mecroirois que crémier des hommes. A Paris Jet de la deGemmadi}i.• •-• punit:• tfexàmkie-. qui le font agir dontnous ne voudrionspas agir nous-mêmes.hôffltffie faction pour loi de trouver qu'il a le cœur ju£ te Ce plaifir. tout févere qu'il eft doitle ravir il voit fonêtre autant au-dtffus de ceux tiqui ne l'ont pas.. qaellefatii» Quand Utt.Lettres7. Toutes ces penfe'es m'animentcontre ces un docteurs qui repre'fentent Dieu comme de fa Etre qui fait un exercice tyrannique d'une manière puiCance.i7lS' Lune . Oui. de peur de l'offenfer qui le chargent de toutes les imperfectionsqu'il pùriit en nous 8c dans leur opinions contradictoires le repre'fentent tantôt comme un Etre mauvais un Etre qui liait le mal 8c le tantôt comme .

P "'Í! R S A N E.r Je vDudrois queles noms de c-eu-xqu1 yent pout la patrie. _Ri c i~ -1t 1t~.t~Mœss' ~0e3aRïï~i~-ï'7~ ]tPf" . dan~désrëgiHresqu~ furent comme foarce ~glo-M-e'& de la la 1l0Dle!f~ ~PMy.8s co'n'tervés dans les temples. On y trouve par-tout la maind'un grandmonarque.devoirs de la relig. Je la crois quec'eftlelieu le ptus'refpe:ctacble4e terre~ Quel fpeétaél'e que de voir dans un même fieu rafïemblées toutes ces vi~imes de la patrie. & non pasla même force .ne'fe plaignent que de l'ims puiitance ou elles font de fe facrifier encore pour elle Quoi de plus admirable. fuHentécrits..n8~"ceu~ derarî'militaireP m~rr. 8e qui fefèntantle même cœur.S. que d'avoir gagné trois batailles. observer exa€beques*tls y étoienï' nne drfcipline~auHI contr~i~nts--i~ar Ia préi'er°ce 'uner~neri~i.r-fetir cœu¥& efpdt entre les. J E fus hier aux Invalides j'aimeroisautantavoir fait cet établiiîément. que de voir ces: guerriers débiles dans cette retraite. c~e~ d cherleurderriièréfaliS'fâé1:~i dn'daîYscette imaleur ge de la guerre & partage.a~. qui ne respirent que pour ta défendre. Hj'étpis Prince.io. L E T T R E LXXX IL .

mdaârijeux. En profcrivantlës Arménieny.. On ne fgait comment chofe manquanB l'a ceux qui firent la propontion. .. C'étoit fait de la gran3eur Pérfane H dans. 'de de fe faire Mahométans le royaume. ni ceuxqui la rejetterent.L1tTTRES. écoutée. n'en connurent les conséquences le hafard 6t roNice de la raifon & de la politique. de lagrand que celui qu'il auroit pu courir deux perte de trois brailles & de laprife de villes. Mirza. tes.pareil 8c qu'en -envoyantau gner :Lès Se auxautres rois des Indes~~ fu. & fauva l'empire d'un péril plus~. USBEK à MIRZA: A j~p~~M. on penfadétruire en un feul jour tous les négocians. cette occafion l'aveugle dévotion avoit été. ter le royaume. a~omcM te~' jets.Je fuis fûr que~e grand Cha-Abasauroit mieux:: aime fe gai~ecouper les deux bras. les artifans du royaume. tandis qu'il garderoit fein ces infidéles. que quelques miniâres de' Cha Soliman avoient formé le deffein de d'obliger<tousles Arméniens de Perfe quit-Mahomëtans. plus. Mog@l\. & presquetous. que de Hun ordre. T U fçais. ou fë dans la penfée que notre empire feroit toudansforu jours pollué. L E T T R E LXXXIII.

t1j&¡-'C}Jii~:viven1f: dans la religion domii~nte parce qu~éloi-gnés des honneurs. oe ~u'a~-il~àeJ?lÎ1s'capable' d~aRime~ ~€ «1!1e leur111ulfipl1clt'é?l' ~~s~j[e:p~b'ajs~~ r. fe: t. & avec lui par une mite néc.foientobfeÍvéês~a\7ec zèle: Ofy. On remarque que ceux quivi~eïft'darRrde~ r'digionstolé~é\es. 8~ à embraser e MI rt pén~ibles: ` D' aillèut"$'fC'(1mme"tbu~es"è's"rengÍ tiennent~des préceptesutiles à là fociéfé.cSairc cette même religion. qu. Il ne refloit à tadevotion qu'an fécond de ""l'n::er'.l'l'fl' .¿~40 moyennant quoi rempire tomboitde lui-jhême.tI!JV'iI ~-&n~ Ji '1jJ E' R '1 S A N' E" .on vouloit rendre noriHante.ên'dènt'6rdinait'emej-t~ . S'il faut raifonner fans prévention je ne u fçais Mirza s'il n'eft pasbonque d'al'n's rij état il y ait plu~ears reHgt6ns. tl e& bon qu'eUes.fi appli' quée au labourage. qui feule par fon travail. les ont obligés de paffer en foule dans les Indey Scont privé la Perfe de cette laborieufe natiô'11'. étoit~en étatdevaincïela Serilitede nos terres.P donner lamoitié de feséta. plus utiles à leur patti\e'i'èJ:ue'te.pouivan-t'fe d 'lit~14-guéÉque par leur'opulencë' ~'lëurs'~i~ ils' font portés à en acquérir par leur travaif.. ne~.tss Les perfécutions que nos Mahon~i~m'xélés ont faites aux Guébres.'d'u11if'}e coup à J:¥".

. Maisqu'on y prenne guerres de religion bien garde ce n'eH. &I'expoferoient aux mépris ce aux cenfures impardonnables du parti contraire.di2. ne prêche la ~bumi~on. &craint défaire des. C'eft enfin cet efprit de vertige... que les C'eft ce~t~-çfprit juifs~ont. &pane. abus de l'ancienne. c.rien. qui d'eux eft. font J'avoue 4ue-les h'i. dont les progrès ne peuvent être regardés que -comme une éclipfe entiere de la raison humaine.chofes quideshonoj-eroient fori parti. de.ndjufqu7aux particuliers chacurifë tient furfes gardes. aux Mahométans & aux Chrétiens. Quand toutes les fe4~les monde viendroient s'y rafiembler. dqfce. c'éfi: l'èfprit d'intolérance qui animoit.~oitrauc\l1+ mauvais L E T T R E S aln" r!~fff<n<~fnfnm'at 1 . On a beau dire qu'il n'eftpasde l'intérêt du prince de fouffrir plusieursreligions dans fon du état. celle qu4îe croyoit la dominante. La jaloufie.profélytifrne. cela ne lui porteroit aucun préjudice parce qu'il n'y en a aucune qui ne prefcrive'1'obéilfance. Auffia-t-on toujours remarqué qu'une fecte nouvelle introduite dans un émt.Egyptieng.Uoires.cerbe unemalade épidémique 8c populaire.pointla multiplicité dey religions qui a produit ces guerres.s. Car enfin" quand il-n'y auroit pas de 1'mbumanité à amiger la c~n~cienee des autres des quand il n~en'~éfalte. remplies des.peis. étoit le moien le plus fûr pour corriger tous les.

fesaugïandjpuE. 1715» LETT LXXXTV: RE Rica à **K I. . Avant que d'yarrÎFer il faut paffcr fous les armes d'un nombreinfini de jeunes marchandes qui vous appellent d'une voixtfempeufe..Cefpeélaelé d'ab®rd eft afîeariant :maisil dcvientlugubre lorfqu-'onentre dans les grandes foies oh l'on ne voit que des gens dont l'habit eft encore plus grave quela figure.ehagtiri le maître mcomrnode. obfe révèlent tous les fecrets des famiî-r kjs & où les actionsles pluscaehé€s.fb.L femble ici queles familles fe gouvernent? toutes feules le marin'a qu'une ombre d'autoritéfur fa femme. i.le pcrefur fes enfans le maître fur fes efchves Bcfois fur qu'elle ell toujours contre le marijaloux le père.P E K S" A K E S. Celui qui veut me ne le fait fans faire changer de religion doute que parce qu'il ne changeroir pas la fienne quand on voudrait l'y forcer il trouve donc étrange que je ne faire pas une chofe. qu'il ne feroit pas lui-même. peut-être pouf l'empire du monde. AParis.ntm&°. effets qui en germent à milliers Il fâtfdfoit être fou pour s'en avifer.. fe J'allai l'autre jour èam le lîeûvOÙ rend la'juilice.re2 6dèlaLuHF de Ggmmadi. Enfin on entre dans le lieu facré.

comme une raifon d'en être féparée. L'amourfait retentir nal on n'y entend parler que de pèresirrités.elle lesexpofe à tout le peuple.befoins-. d'amany infidéles 8~de maris chagrins. Parla 10i'1uÎ' yeftob1ervéè. la p lui). &.défier leurs maris 8c leur demander en public un combat-que les témoins rendent 6 difficile épreuveauffi fi' > triffante pour la femme qui la~butient.1~A-4 T T ar K n 6?Y1 J't. tes combats.. de filles abufécs.tout enfant ?0 pendant le mariage CEfenfé être au mail a beau avoir de Sonnesrations pour se lie gs~~loire. qu'une fentence là réiabliffe dan~tousles droits de la virginité.livre aux regards des experts les plu's habiles'. Avec une"modeftie pareille une . . Une femm:eeffrontéè vient enfuite expofer les outrages Qu'ellea faits à fon époux."IY"1.. fans en jouir elle vient révéler les elmyf1:erescachésdans la nuit du mariage le veut qu'on la. que pour le mari qui yfuc combe.&fa doulourcufe réH~ance elle fiere de ~victoire..' Là. 8s pour que fon pere n'ignore plusfes.L 1- Ir ".autre' vient dire qu'elle eft laife de porter le titre de femme. une fille modefte vient avouerles tour-mens d'une virginité trop long-tems gardée.. peu toujours d'une défaite prochaine. Un nonibre infini defilles ravies ou ~ëduites font les hommes beaucoup plus mauvais ce tribuqu'ils ne font. Il y en a même qui ofent. qu'elle menace eft fi.

8c peuplent ear' un infant les quatre quârtiers-d'une ville cent Hommes e cette efpeceationd'ent--plus~ d ils que deux mille citoÿ5ens~. Sur ce pied-là. écoles y Cun corps-peut être en un inüant en plufie\1rs lieux ils fontune preuve de ce que ° res pHilofbpResmettent en queflion. parce ~qu'il~ 1'aËaMe itn . pourroient réparer aux yeux desétrangers les ravages de là peilé ou de la famine. demandert~ à . peud'efprits jufles ~c'tout le ïnondeeonvient qu'il y en a une infinité defaux.R°rf~uf1te.i tte EMne? ~eG.. hommeu'un autre: e'€~ me par excellence car il femble être fait j. ilmeparoît que le Franl'homq çois eR plus. foulage de rexarhen 8c des icrupuies. On demande dans les:. uniquement pour la loGiéte. LET T' R E RiC'A~ LXXXV. -€) N dit que l'homme eft un animât fociablé. Mais j'ai remarqué parmi eux des gens s qubnon feulement font fociables. de.r N S. Pa~ de Gxmmadi 2. Ils fe mulriplienr4ans tous les coins.17 yS.on prend les voix à la majeure mais on a reconnu par expérience à la miqu'il vaudroit mieux les recueillir neure r8c cela eft bien naturel~caril y a très. mais font1 eux-mêmes la fociétéuniverfelle.P-E R S Il.fm77!<ïdt~2~i7ï!. ~1~Cont toujours emprei~és. Dans ce tribunal.

Un d'eux mourut l'autre jour de'laffitudev êcon mit cette épitaphe fur fon tombeaux C'eft ici que repofe celui qui ne s'eft jamais enà repof'^îl s'eft promené cinqcent trente î«rréniens. toujours en dïes^ermesdifférent montentà^deuxmil-li©a^Ha: ceat mùh livres j ie^heiaiia cpir'St* . Il s'eii réjoui de la naiffance de deux mille-fixcent quatre-vingt enfans. où ils vont.Lettres' 1 ceux qu'-ils voient. 8c d'où ils viennent. on y trouveroit chaque jour leur nom. que les vents & les pêtes. Si l'on alloit examiner la liite de tous les portiers. pour pouvoir reprendre le lendemain leurs pénibles fonctions. Les penfions dont il a félicité fès amis. On ne leur ôteroit jamais delà tête qu'il eft de la bienféance"de chaque jour le vHïtgr en détail. fans compterles v'iûtesqu'ils public font en gros dans les lieuxou l'on s'affèmble: mais comme la voie en eft-trop abrégée y elles font comptées pour rien dans les règles de leur cérémonial. ils fatiguent plus les portes des maifons f temcoups de marteau. Le roi ne fait point de gratification^à en coûquelqu'un de fés fujets qu'il ne leur te une voiture pour lui en aller témoigner leur joie*Enfin ils reviennent chez eux. bien fatigue's fé repofer. eftrdpié de mille manieres en caraéteres Ils "SuifTes. paffent leur vie à la fuited'un enterrement? dans des complimerrsde condo'léancei ou dans des folUckafions de-maria«ge.

1 =__r ~m. Sa converfation étoit amufante (il avott un fonds tout fait detrois-centfoixarite-1cin-q contes il pofféctoird'ailleurs depuis fon jeune âge cent dix-huit apophthegme~ tifes des anciens qu'il employoit dans les occafions brillantes.dela Lun~ dë Gemmadi.être le plus heureux de tou~. S'il peut avec cela cacher fon oifiveté par un air emprcfl'é. On dit que le premier de Paris eft celui qui a les meilleurs chevaux à fon carrôffé. Un grand feigneur eft un homme qui voit d le roi qui parle aux m-iniftres qui a. L E T T 'R E LXXXVL USBEV ~D n_ A. quelquebrÍllalltqÙ~it1oi't~nefau"e' pas un hommede la foule dans laquelle il confondu. La jaloufie des rangs y eft inconnue. ou par un feint attachement pour les plaifirs il croit . Il eft mOltenf1jàla foixantiéme année de fon âge.p t fait fur le-pavé à neuf mille fix cent tlades celui qu'il a fait dansla campagne. voyageur. I: .es ancêtres. car commentpourrois-Je achever de te dire ce qu'il a fait ce qu'il a vu3 Paris te3. des dettes &des penfions. leshommes R SA N E S. La naiffance la vertu le mérite même de 1~: guerre. à trentefix.I~If.. AP A R 1s règne la liberté & l'égalité.yenife. z.. Je me tais.

. h b qui..que ceux à quï le monarque donne quelque part au gouvernement. lorfque nous pouvons le porter dans la mémoire des autres*: c'eil une nouvelle vie que nous acquérons & qui nous devient auffi précieuse que celle que n nous avons reçue du ciel.. Cette noble paffion eft bien toujours gravée dans leur: LET TRE . Les rois font comme ces OU\7.&tan-t'tfacr 0 ils fe dévouent eux-mêmes à leuridole avec tout le peuple. iln'y a de grand. Mais comme tous les hommes ne font pas également attachés à la vie ils ne font pas auffi égalementfënfibles à l'agloire. Ici il y a des gens qui font grands par leur naiffance. pour exécuter leurs ouvrages.le que nous augmentons notre être.' cet iniiinél que toutes les créatures ont pour leur confervation.riers' abiles. Il femb. maisils iont fans crédit. Le minifirëeft le grand-prêtre. 2~t71 LXXXVIY~ Us~E K 1 BBEN. La faveur e~ rande ~ois. ~`S'xnâ~^ne:.ïI3dl~t. APdrïs !e9<fe~Ï<MJM de~~?iT. divinité des Fraai. de L E cfe~u~ la gloire n'eil point différent de. fë Servent toujours des machines les plus Rmples. qui lui offre bien des victimes Ceuxqui l'entourent ne font point habilles de blanc tantQtïacri'ficateurs.~E T T R B S EnPerfe.

c'eft que les unes . La différence qu'il y a des troupes Françoifes aux vôtres. Cette heureufe fantaifie fait faire à ce que François. parmi nous le prince eft-il jaloux de l'honneur du dernier de fesfujets.compof¿es d'efclaves naturellement lâches ne fur montent la crainte de la mort. parce qu'il ne peut l'être fans choquer fes intérêts. un fujet fe trouve bleffé dans fon honneur. que par celle P 'E 1l 1~n4mri A N E S. Cette différence qui fe trouvéd'homme à homme. Un homme de bon fens me difoit l'autre jour Oneft en France àbien des égards plus libre qu'en Perfe auffiy aime -1 on plus la. On peut pofer pour maxime que dans chaavec la lique état le defir de la gloire croît berté des fujets. < Auffi. fe fait encore plus fentir de peuple à peuple. Ay l'éducation & I~Pli!à . pardon prince. 8cfë retire chez lui. votre fultan n'obtient defes fujets. qu'en leur mettant fans ceffedevant les yeux les f1!pplicesoclesrécompenfes. Ainfifi.ia cœur mais l'imagination modinent de mille manières. & diminue avec elle la gloire n'eft jamais compagne de la fervitude. fon fervice. un gloire. avec plaifir & avec goût. il quitte fur le champ fa cour fon emploi. 11ya pour le maintenir des tribunaux respectables c'elî le tréror facré de la nation & le feul dont le fouverainn'eft pas le maître. foit par quelque préférence foit par la moindre marque de mépris.

t BLË S du châtiment. 8~ bannüfentla crairtte par une Satisfactionqui lui eft fupérieure. chez qui les emplois8c les dignités ne font que des attributs de la fantaiffe du fbuverain? La réputation & la vertu y font regardées comme imaginaires. -A Rome 1. à Lacédémone. étoit une récompenfe immenfe pour une bataille gagnée. à Athènes. l'honneur payoit feul les Servicesles plus fignalés. fe trouvoit füffifalllment récornpenfé par cette action même. Mais cette noble émulation ne doi~~ elle point être errtiérement éteinte dans le cœur devosperfans. un ge. Une pouvait voir un de fes compatriotes qu'il ne reffentît le plaifir d'être fon bienfaiteur il comptoit le nombre de fes Services par celui de fes concitoyens. ce qui produit dans l'arüè uh nouveau genre de terreur qui la rend comme f cupide au lieu que les autres fe préfentent aux coups avec délice. avec laquelle ellesnattent & meurent (le . Tout homme e:ftcapable/de faire du 'bien à un homme mais c'eft reÍfembleraux Dieux. fi elle's ne-font accompagnées de la faveur du prinec. Là un homme qui avoit fait une belle action.Une couron élone de chêne ou de laurier. Se dans les pays où l'on peut prononcer le mot de patrie. que de contribuer au bonheur d'une Sociétéentière. femble être établi' dans les républiques. Maisle fanduaire de l'honneur de la réputation & de la vertu. ou une ville prife.

fans une peine plus cruelle que la mort. & c'efl le point d'honneur par excelbien difficile de te faire' lence. Autrefois les François. pumême. que celui d'avoir fait un bon ragoût. . je ne dis pas les enfreindre-emais en éluder la plus petite dilpofition.E1 aris. le 15 dela Lune P Paris. Il me'fe fentir ce quec'eR car nous n'en avônspoint précifément d'idée. le 15de la Litne ~Gcm77!2~71~. j46*~r~. JL E TT R E L XXX VIII. U~SBEKau méme. cette paffion générale que la nation dans Francoifë a pour la gloire il s'eft formé l'efprit des particuliers un certain je ne fçais quoi.ellesde ce point d'honneur elles regloient toute la conduite de leur vie &elles étoient fi févéres qu'on ne pouvoit. Un homme qui a pour lui i ei-urne blique'3n'cR jamais fûr de ne pas. qu'on appelle point d'honneur c'eit proprement le cara~ere de chaque proieffion mais il eff plusmarque chez les gens de guerre. ne fuivoientguéres d'autres loix que c. fur-tout les no-* bles.être deshol-01 noré demain Le voilà aujourd'hui général d'armée peut-être que le prince le va faire fon cuifinier & qu'il n'aura plus à efpéter d'autre éloge. .PERSAN ES.

-t-~t-- S . il falloit qu'il entrât dans la difpute oc avoit s qu'il payât de fa perfbnne comme'il été lui-même en colere. fe révolte. lui & toute fa famille. il ne s'enfûivoit pas qu'il eût de meilleures raifons. Ainfi les François font dans un état bien violent :'car les mêmesloix d~~rhonneur' un honnête homme de fe venger obligent âutre côté.Quand il s'agifibit derégler les différends. Il fefentoit toujours honore d'un tel choix & d'une préférence fi Ëatteufe & tel qui n'auroit pas voulu donner quatre picoles à un homme pour le fauver de la potence. Si l'on fuit les loix de l'honqu'il fi l'on fuit neur on périt fur un'échafaud LE _·rr_ T TR. Mais*ce qu'il y avoit de mal c'eft que fouvent le jugement fe rendoit entre d'autres parties que celles qui y ctoientintéreflées. Aufi les rois l'ont-ils défendue fous des peines très-févéres mais' c'ef1:en vain l'honneur. Cette manière de décider étoit affez mal étoit plus imaginée car de ce qu'un homme adroit ou plus fort qu'un autre. qui veut toujours régner. quand il a été offenfé mais d'un la juilice le punit des plus cruelles peines lorffe venge. qui étoit le duel. & il rie reconndit point de loix. qui tranchoit toutes les difficultés. Pour peu qu'un-homme fût connu d'un autre.E 1. ne faifoit aucune diaicultc d'aller rifquer pour lui mille fois fa vie. elles ne prefcrivoient'guéres qu'une maniere r de décifion.

f f ^pofanttous les droits de fa naiffance il a fâit cafer la difpofition du monarque. Le feu roi avoitlalt un ieftament qui bornoit l'autorité' du çéffjnt. il a paru ne céder qu'au defiin. à Rh." on efl L. un prince fon oncle a été déclare régent du royaume. n'ayant que cinq ans.emmaii. 0 P*E R S A H «.eDi» A Venise. z 1715. Le roi arriere petit-fils du monarque défunt. voulant fe furvivre à luile ï Umouritf i fepteiuke 1715» .belles juftice pour jamais de la fociété deshommes il n'y a donc que cette cruelle alternative ou de mourir. Ce prince habile a été au parlement. Ne crois pas que ce grand événement n'ait fait faire ici que des re'flexionsmorales. A. Ferme tk courageux dans ce\dernier moment. de la . banni LETTRE Usb ek LXXXIX.rempli toute la terre de fon nom. Chacun a penfe' à fes affaires & à prendre fes avantages dans ce changement.S. ou d'être indignede vivre. parler des genspendant plus fa vie tout le monde s'eft tû à fa mort.Paris le 1 de la Lune de G. Àinfi mourutle grand Cha-Abas après avoir.r~n. qui. L E monarque qui a fi lorig-tems regné n'efi: Il a bienfait.

il a voulu qu'on les regardât comme de la monarchie & le fondement de l'appui toute autorité légitime. àla corruption.une 1 deRhegeb. mais qui rappellent toujours l'idée de quelque temple fameux par l'ancienne religion des peuples. fembloit avoir prétendu régner mcore après fa mort. Ils ne fe mêlent guéres plus que de rendre la juftice & leur autorité eft toujours languiflante. 9 1_- même. des moeursqui a tout affoibli à l'autorité fuprême quLa tout abattu. l AParisy le $ deIg. à moins que quelque conjoncture imprévue ne vienne lui rendre la force & la vie. Les parlemens reflemblent à ces ruines que l'on foule aux pieds.ivi le deftindes chofeshumaines: ils ont cédé au temsqui détruit tout.L P. Ces grands corps ont fu.. Maisle régent qui a voulu fe rendre agréable au peuple a paru d'abord refpe&er cette image de la liberté publique &: comme s'il avoit penfé à rélever de terre le temple &l'idole. 715» LETTRE . T T R -E -I.

que les dervis même infidéles ont toujours un caractère de Sainteté. cC je me profterne le regarde les veftiges de tes pieds.fa-colere prête à tom~ beri'urtantdepeupLesrebeIes? Les Chrétiens difent desmerveilles de leurs premiers Santons. qu'i! Semblequetu aies le cœur de notre faint prophéte tes. & vole autour du trône 7 qui eH fbutenu par les nuées ? .(tere de Cusb:Î~o J E m'humilie devant toi.s étonnent le ciel même les anges t'ont regar-. que celles de 7'omell. leurs vies font auffipleines de prodiges. comme la prunelle de mes yeux. & ont dit.pour chefs. Si ce qu'ils en difent eft vrai. qu'il a féparc-osdu mondeimpie. afin que leurs mortifications &leurs prieres ferventes fufpendiffe~l. Paul. qui Ies. dans tous les coins de. qui fe réfugierent à milliers dans les-dé[ertsaffreux de la Thébaïde 1 & eurent.auflérité. racré Santon.. dé du fommet de la gloire. Antoine & Pacôme. puifque fon efprit eft avec nous.P B R S A N E LETTRE XC.moï qui ai appris de nos dodeurs. T0 U SBEX à frr~ frere S AN N au mona.rendl'efpe~âbles aux vrais croyans &que Dieu s'e~ choiH.Comment.eft-il encore fur la terre. Ta fainteté eft fi grande. Et comment net~honorerois-jepas.la terre. . des âmes plus pures que les autres.

Santon vénérable je fçais que l'envoyé de Dieu a enchaîné Satan. qui nous peut fervir à nous faire fentir le malheur de la condition humaine. Les Chrétiens fenfés regardent toutes ces hifloires comme une allégorie bien naturelle.. Si tout ceci eft vrai. paiipient quelun quefois dix ans entiers fans voir feul homme mais ils habitoient la nuit & le jour avec des démons: ils étoient fans ceffe tourmentés . nos pa:rl()vS figurées par les démons. Santon vénérable. il faudroit avouer que perfonne n'auroit jamais vécu en plusmauvaife compagnie. En vain cherchons-nous dans le defërt'un état tranquille les tentations nous fuivent toujours nous 1 d nos pali'~ons ~gurées pa_r _es é_m__ons. & l'a préla terre cipité dans les abyfmes.t E T T RES' Ils nos plus Sacrés immaums. .: il a purifié autrefois pleine de fon empire & l'a rendue digne duféjour des anges & des pr-ophétes. ils les trouvoient à table jamais d'afyle contr'eux.r~~clris le . c'e~-à< 1' dire jufques dans notre force même."ar ces efprits malins ils les trouvbient au Ut. ces vains fantômes de l'erreur 8c du menfon~é~ montrent toujours fe à nous pour nous déduire & nous attaquent jufques dans les jeûnes & les cilices. ne du quittent point encore ces monfires coeur.9dela Lun~ deGhat~ban 7a5· ~ . ces illufions de Tefprit. Pour moi.

Si les hommesn'en fcrmoient point s'ils fe quittoient 6c fe fuyoient les uns les autres. A Yeni e. pour endurcir leur confcience mettre l'iniquité en Même. fans choquer leurs intérêts. RHE D1.1»g lt SAN Jl. tel qu'il eHaujourd'hui. la flatterie des écrivains erlont corrompu tous les principes. gneufement quelle eft l'origine des focictés ce qui me paroit ridicule. ne.JJ LETT RE XCI. d'en donner des régles d'en former des principes. qu'on n'ait commencé par rechercher foi-. Le droit public eft plus connu en Europe qu'en Afie: cependant on peut dire que les paffionsdes princes. Quel defrein. ç . f J E n'ai jamais oui parler du droit public. eft une fcierice quiapprend aux princes jufqu'à quel point ils peuvent violer lajuftice. &d'en tirer des conféquences La puifiànce illimitée de nos fublimes fultan. la patience des peuples.droit. 41' Ce.. Rhedi. de vouloir. Us B'P' Y.9.s qui n'a d'autre régie qu'elle-même. if faudrait en demander la raifon & chercher pourquoi ilsfe tiennent réparés mais ils nailront tous liés les uns aux autres un fils eft né auprès de fon pere & il s'y tient voilà la fociété & la caufe de la fociété.

# De peuple à peuple. que cet art indigne.1716» LETTRE Usbek X. dela AParis le premier Lum AeZilhagè. Les intérêts de deux nations font ordinairement fi féparés qu'il ne faut <j»'a& .Lettre Nie At» tsnn-n&rpc s nne> produit pas plus de monftres. Je t'expliquerai dans âne autre lettre mes penfçes î|-deffus. On diroit.t de peuple à peuple qui tyrannife dans le droit public comme file droit public n'étoit pas lui-même un droit civil non pas à la vérité d'un pays particulier mais du monde. Rhedi. qu'il y a deux juftices toutes différentes Tune qui re'gle les affaires des particuliers. L E s magiftrats doivent rendre la juflice de citoyen à citoyen chaque peuple la doif rendre lui même de lui à'uà autre peuple. qui veut faire plier la jufljce toute inflexible qu'elle eft. qui régne dans le droit ç'w vil l'autre qui régie les différends qui furviennen. il eft rarement befoin de tiers pour juger. Dans cette féconde distribution de juftice on ne peut employer d'autres maximes que dans la premiere.eilr au même. parce que les fujetsde ditfont prefque toujours clairs 8c faciles à putes terminer.

Dans le droit public l'acte de justice le plus févere.E K> 9 A 'Ê N$. a moins que le cas ne fi grave. ou du peuple qui l'a commis. on ne peut guéres fe prévenir dans fa propre caufe. Comme ils vivent en Société. -actede juflice. parce qu'on lui aura refufé un honneur qui lui eft du. qu'il méritât la mortdu prince. Il n'y a que deux fortes de guerres juiles les unes qui fe~ font pour repoufferun ennemi qui attaque les autres pour fecourir un allié (lui eft attaqué. leurs intérêts font f mêlés & fi confondus. Car faire la guerre à quelqu'un.dans laquelle il faut toujours que la peine foit proportionnéeà la faute il faut voir fi celui à qui on déclare la guerre mérite la mort. la trouver. La raifon en e:ftque comme la déclaration de guerre doit être un. ou parce qu'on aura eu quelque procédé peu convenable à l'égard de fes ambaffadeurs. Il n'en eft pas de même des différends qui arrivent entre particuliers.. qu'il eft néceifaire qu'un tiers débrouille ce que la cupidité des parties cherche à obfcurcir. c'efl vouloir le punir dé mort. il y en a de tant de fortes différentes. c'eft la guerre puifque fon but c nj p . Ainfi un prince ne peut faire la guerre.mer la juflicepour. Il n'y auroit point de juftice de faire la guerre pour des querelles particulieres du prince. & autres chofes pareilles non plus qu'un particulier ne peut tuer celui qui lui refufe le pas. < .

Il n'y a rien parmi les hommes qui leur foit plus glorieux. eH retranché par-là de notre fociété. Le quatrième acte de juftice. C'eft une loi que les tribunaux n'ont pu s'empêcher d'obferver. Un troifiéme a6te de juftice. efl la renonciation à l'alliance du peuple dont on a à fe plaindre. que de la contrader. des'&llier&vecun t~ra~ az~ t!'TT1lE"S t_ . eft la Les repréfailles font dufecond degré. Il n'eft pas même de l'honneur & de la did ~nit~ du prince. que de renoncer à fon alliance ni lui faire de plus grand honneur. que d'en voir d'autres toujours attentifs à leur confervat.-retranche les coupables de la fociété. de mefurer la peine par le crime. Ainfi un prince. Mais pour que l'alliance nous lie il faut qu'elle foit jufle: Ainfi une alliance faite entre deux nations pour en opprimer une troiSème. On ne peut pas faire de plus grand affront à un prince. Cette peine répond à celle da bannifièment établie dans les tribunaux qui. qui doit être le plus fréquent.r<_·r~· -? deKruction de la fociété. Be n'eit plus un de nos membres. à l'alliance duquel nous renonçons.ion. n'eft pas légitime & on peut la vio~ ler fans crime. & même plus utile. eft de priver un prince des avantages qu'il peut tirer de nous proportionnant toujours la peine à l'offenfe.

ils ne font jamais légitimes lorfqu'ils ordonnent une ceffion ou dédommagement plus confidérable que le dommage caûfé autrement c'eft on une pure violence contre Facmelle peut toujours revenir à moins que pour ravoir ce qu'on a perdu on ne foit obligé de fe fervir de moyens fi violens. 1. Voilà.- 3 S~ -hl' fit Çiy . • A Paris le4 d~laLune yle4 de la Lune deZilhagé 1716. qu'il en arrive un mal plus grand que le bien que 1l'onen doit retirer.J" dit qti'un monarque d'Egypte avertir le roi de Samos de fa cruauté & de fa tyrannie. A l'égard des traités de paix. & le fomma de s'en corriger comme il ne le fit pas. ce que j'appelle le droit public voilà le droit des gens ou plutôt celui de la-jaifo. E R S A 1. iTn£fCCi&é peut être fondée que fur la vone lonté des affociés fi elle eft débite par la conquête le peuple redevient libre il n'y a plus de nouvelle focie'té ôc fi le vainqueur en veut former ceft une tyrannie.n. Le droit de conquête n'eft point un droit. il lui envoya dire qu'il renonçait à fon amitié & à fon alliance. cher Rhedi.

commefi elle avoit voulu me dire qu'un vil marchand n'étoit pas digne d'elle & qu'elle étoit devinés à un plus illufire époux. 9 LET T 11 E LE PREMIER EUNUQUE ~l6YtSs XCIII. Je me connois en femmes. Se qu'en moi les yeux ne font point troublés par les mouvemens du cœur. & fembloit chercher les miens. d'autant mieux qu'elles ne me furprennent pas. négociant d'Ifelle fe pahan la marchandoit avec moi mais déroboit dédaigneufement à fes regards. Je te l'avoue je fens dans moi-même une de joie fecrette quand je penfe aux charmes cette belle perfônne il me femble que je la vois entrer dans le ferrail de ton frere je me plais à prévoir rétonnement de -toutes tes . IL pi arrivé ici beaucoupde femmes jaunes du royaumede Vilapour j'en ai acheté une pour ton frere le gouverneur de Mazenderan. Je n'ai jamais vu de beauté R régulière oc fi parfaite fes yeux brillans portent la vie fur fon vifage & relevent l'éclat d'une couleur qui pourroit effacer tous les charmes de la Circaffie. à UsBEK.E T T R P. qui m'envoya il y a un mois fon commandement fublime oc cent tomans. Le premier eunuque d'un.

1pP. moins elles nous donnent d'embarras. Nous remarquons que plus nous avons de femmes fous nos y eux. fortira du fond même du défefpoir. & l'ambition irritée de celles qui efperent encore. des autres la confolation maligne de celles qui B'efperent plus rien. le dehors ne fera pas moins tranquille les grandes révolutions feront cachées dans le fond du cœur les chagrins feront dévorés & les joies contenues l'obéiffance ne fera pas moins exade. c~ . toujours contrainte de paroîtrc. des tentives fur les démarches autres il femble que.r aen la douleur impérieufe des unes 1 aifemmes fliaiOn muette. de concert avec nous. & les régIesmoins inflexibles la douceur. & nous ouvrent les yeux quand nous les fermons. plus d~exemplesdefbumifHon tout cela leur forme des chaînes les unes font fans cefe at-.S. mais plus douloureuse. Que de paffionsje vais émouvoir que de craintes Be de peines je prépare Cependant. elles travaillent à fe rendre plus dépendantes elles font prefquela moitié de notre office. dans le trouble du dedans. Il S A N 2. moins de facilité de s'unir. Que dis-je ? elles irritent fans cefÏete maître contre leurs rivales & eIles ne voient pas com~ bien elles fe trouvent près de celles qu'on pUïUtj. _r. Je vais d'un bout du royaume à l'autre faire changertout un ferrail de face. Une plus grande nécefïite de plaire.

Toi. adoucir des marques de ton empire. J efpérances plus abfolu quand que tu ne l'es quand tu menaces. 8c rendre le devoir même aimable viens enfin foulager tes fidèles eunuques d'un fardeau qui s'appefantit chaque jour. à îa vérité.. tu temperes la crainte par les tu careffes.t ï ï TS8 f Maïs tout cela. dervis de la mo& à Hasseik . fage dervis. LETTRE Ûsbek XCIV. Que pouvons-nous faire avec ce vain fantôme d'une autorité qui ne fe communique jamais tosre entiere ? Nous ne repréfentons foiblement la moitié de toi-même nous que ne pouvons que leur montrer une odieufe féVerité.tagne de Jaron. magnifique feignent. O toi. Reviens donc magnifique feigneur y reviens dans ces lieux porter par-tout les. fost cela n'eft rien fans la présence du maître. écouté ce que je vais te dire. lede laLutti ( Duferrail Tlfpahan de Zilhagé 1716. Il y a ici des philofophes qui. n'ont point atteint jufqu'au faîte de la fageffe Orientale ils n'ont point été' ravis jusqu'au trône lumineux ils n'ont ? ni entendu les pa- . Viens ôter tout prétexpafïions défefpérées viens te de faillir viens appaifer l'amour qui murr mure. dont l'efprit curieux brille de tant de connoifiances.

èc une promptitude infinie dans l'immenfîté des efpaces. que foient ces loix ? Tu t'imagines peut-être qu'entrant dans le confeil de l'éternel. tôles ineffables dont les concerts des anges retentiffent ni fenti les formidables accès d'une fureur divine mais.rune régularité. que l'efprit de ceux qui les propofent9 êc des peuples qui les obfervent: ceux-ci ne nous parlent que des loix générales immuables.1 UjUlt:: h nature a donné du mouvement à la matière il n'en a pas fallu davantage pour produire cette prodigieufe variété d'effets.de penfee: elles n'ébiouilTerit point par un faux refpe£t ô Cw'ï C vj . ils fuivent dans le filence les traces de la raifon humaine. Mais tu changeras bientôt. privés des faintes merveilles.Fersan es. Et que crois-tu. tu vas être étonné par la fublimité des myfteres tu renonces par avance à comprendre tu ne te propofes que d'admirer. homme divin. . Que les législateurs ordinaires nous propofent des loix pour régler les fociétés des hommes des loix auffi fujettes au changement. lailTésà eux-mêmes. L'auteur de ~UVUI\ l'ordre ut:: 1 al\"lUL~LUJ. éternelles qui s'obfervent fans aucune exception avec un ordre . Tu ne fçaurois croire jufqu'ott ce guide les a conduits. par une méchanique fimple de TarchiteSure divine. Ils ont débrouillé le chaos 8c «nt expliqué. que aous voyons dan? l'univers.

que tout ce qu'on nous raconte de nos faints prophetes. tre & ce n'eft qu'après bien des réflexions. que tout corps tend à décrire une ligne droite. fi on lui eût dit de pefer dans une balance tout l'air qui eHautour de la terre. à moins qu'il ne ren. qu'on en a connu toute la fécondité 6e toute l'étendue. combien de t0tj[esH y a «ici à fatame quelle cil LETTRES ~« e 1 .¡eût' implicite les a fait long-tems méconnof. La connoiHance de cinq ou fix vérités a rendu leur philofophie pleine de miracles 8t leur a fait faire plus de prodiges & de mera veilles. Car enfin je uns perfuadé qu'il n'y a aucun de nos docteurs. contre quelque obftacle qui ren détourne & la Seconde qui n'en eft qu'une fuite c'eâ que tout corps qui tourne autour d'un centre. La premiere eft. qui n'eût été embarraffé. ou de mefurer toute l'eau qui tombe chaque année fur fa Surfois 1 face & qui n'eût penfé plus de quatre avant de dire combien de lieues le fon fait dans une heure quel tems un rayon de lurniere empl ~ieà venir du [vieil ànous. tend à s'en éloigner parce que plus il en eft loin plus la ligne qu'il décrit approche de la ligne droite. Voilà fublime dervis la clef de la nature voilà des principes féconds'1 dont oa tire des conféquences à perte de vue. comnie je te le ferai voir dans une lettre particuliere.

Dieu y avoit dicté les paroles & que'l'homme eût fourni les penfées. par un admirable caprice. Tu diras peut-être que je parle trop librement de ce qu'il y a de plus faint parmi nous tu croiras que c'eH le fruit de l'indépendance.. Non. Peut-être que fi quelquehomme divin avoit' orné les ouvrages de ces philofophesde paroles hautes & fublimes s'il y avoit mêlé des figures hardies ce des allégories myftérieufes. t~ndis l'efprit n'a pas corrompu le cœur prophéte. que je vivrai Halï fera mon ° Pari~. pour être le meilleur voilier qu'il foit `' pénible. .le 1 de la L~~n~ aQ deChahbanx7.' Il y a dans notre alcoran un grand nombre de chofes puériles.–. t PEUSA~BS. je ne m'accommode guéres du flylefiguré. 1. quoiqu'elles foient relevées'par la for. Cependant. graces au ciel. s'il te faut dire ce que je penfe.n!< felon laquelle un vali1eallnoit être la courbe taillé. & les idées des hommes comme il. d'abord ce & la vie de l'expreiïion. qui n'auroit cédé qu'au faint alcoran. où l'on vit dans ce pays.1 _t. il auroit fait un bel ouvrage. qui me paroifent toujours telles. Il femble que les livres inspirésne font que les idéesdivines rendues en langage humain au contraire.·é. dans nos livres faints on trouve le langage de Dieu.

l'aveugle fatalité dudeftin. Ils font à préfent dans une fituation bien terrible.E S LETTRE XCY. On vient d'établir une chambre leur qu'on appelle de juitice parce qu'elle va ravir tout leur bien. 1 L n'y a point de pays au monde où la fortune foit fi inconftanfe que dans celui-ci. USSEK à I B BEN. Ils commencent pourtant ce métier par la derniere mifere ils font méprifés comme de la boue pendant qu'ils font pauvres? quand ilsfont riches. Celui ci eft étonné de fa pauvreté celui là l'eft de fon abondance.L-EiT -f -R. onles eftime affez auffi ne négligent-ils rien pour acquérir de l'eftime. A Smime. Le nouveau riche admire la fageffe de la providence le pauvre. qui enléprécipitent le riche dans la mifere. & vent le pauvre avec des aîles rapides au comble des richeffes. ni détourner. Ceux qui lèvent les tributs nagent au milieu des tréfors: parmi eux il y a peu de Tantales. Iî arrive tous les dix ans des révolutions. Ils ne peuvent. ni cacher leurs effets car -on les de oblige de les déclarer au jufte fous peine la vie: ainfi on les fait paifer par un défilebien étroit je veux dire entre la vie 8c leur ar- .

des gentilshommes tués dans les.r. xicheifes fi elle ne lesavoit accordées qu'aux gens de bien. Er. Ceux qui le compofent prennent la place des grands malheureux. la providenee admirable dans la manière dont elle a diftribué les. ~P~~3~l<ïde!<ïZ. On ne trouve pas tous les jours des miniftres difpofés à faire rire le peuple & l'on doit fçavoir bon gré à celuici. 14z comble d'infortune y a un mi~en~. dn-neles auroit pas affezdiflinguées de la vertu-. on vient en~ à méprifer les richeliës..K?sc yI~I~o~E~'lahcinran'2 . :eo1JI Biûre connu par fon efprit qui les honore de fes plaifanteries 8~badine fur toutes les délibérations du confeil. t A~ S7. Ibben. fureurs de la guerre & quand ils ne peuvent pas fuppléer par eux-mêmes. Mais quand on examine qui font les gens qui en font les plus chargés à force de méprifer les riches. Le corps des laquais eft plus refpcâabte CK France qu'ailleurs e'efi un féminaire de grands feigneurs il remplitle vuidedes aurres états. & on n'en auroit plusfenti tout le néant. Je trouve. des magiftrats ruinés. ils relevent toutes les grandes maisons par le moyen de leurs filles qui font comme une efpéce de fumier qui engraiffe les terres montagneufes & arides. de l'avoir entrepris.

tout. 11 a été un temps que leur hauteur immenfe mettoitle vifage d'une femtneau mtlieu d'elle-mérne dans un autre . pour mettre fa femme à la mode. on ne fçauroit croire combien il en coûte à un mari. Une femme qui qukte Paris. ou que le peintre a voulu exprimer quelqu'une de fes fantaifles. It 1 C A « RHEDI. LETTRT. Le fils méconnoit le portrait de fa mere. Quelquefois les coëffures montent infenfiblement & une révolution les fait defcendre tout à coup. étonnans. Que me ferviroit de te faire une defcription exacte de leur habillement Sz deleurs parures? Une modenouvelle viendroit détruire tout mon ouvrage.AYB~2ZfP~. JE trouve les caprices de la niodej cliez les François. Ils ont oublié comment ils étoient habillés cet été ils ignorent encore plus comment ils le feront cethyver mais fur. en revient antique que fi elle s'y étoit oubliée trente ans. pour aller aufli paflèr fix mois à la campagne.L g Y y 1 E i XCVI. commecelui de leurs ouvriers 8z avant que tu euffesreçu ma lettre. . tout feroit changé. tant l'habit avec lequel elle eft peinte lui paroît Améétranger: il s'imagine que t'dl quelque ricaine qui y eft représentée.

la ville aux provinces. & des dents. la cour à la ville. & les régIes de leur art ont été affervies à ces fantaifies. félon l'âge de leur roi.c'étoit les pieds qui occupoient cette place les talons faifoient un piéde~al. Qui pourroit le croire ? les ar~ chitedes ont été fouvent obligés de hauffer. comme des modes :. Autrefois les femmes avoient de la taille. felon que les parures des femmes exigeoient d'eux ce changement. aujourd'hui il n'en ei~ pas queilion. Il en eft des manieres Bede la façon de vivre. L'âme du fouverain eft un moule qui donne la forme à toutes les autres.lesFrançois changent de mœurs. quoiqu'en dife le critique. les filles fe trouvent autrement faites que leurs meres. p-px. Le prince imprime le caradere de fon efprit à la cour. c deSaphar.S'A N21:gio. Le monarque pourroit même parvenir à rendre la nation grave s'il l'avoit entrepris. On voit quelquefois fur un vifage une quantité prodigieufe de ïnouches Se elles difparoiffent toutes le lendemain. Dans cette changeante nation. De Paris. 8e d'élargir leurs portes.1717- lé 9 de la Lutz~ . qui les tenoit en l'air. de bailler.

Avec ses nobles avantages.$ pourvu que les perruquiers François décident en légiflateurs fur la forme des perruques étrangères. Rien ne leur paroît fi beau. jufqu'à fe degra-. car fur les chofes importantes ils femblent s'être méfiés d'eux-mêmes. Ils avouent de bon cœur que conpeuples font plus fages pourvu qu'on vienne qu'ils font mieux vétus ils veulent bien s'affuiettir auxloix d'une nation rivale. Cependant il eft inconcevable à quel point ils en font entêtés c'eft la regle avec laquelle ils jugent de tout ce qui fe fait chez les autres nations: ils y rappellent tout. Scies ordonnances leurs coëffeufesportées dans toutes les toilettes de l'Europe.L1!1'TJtÉi L E T T R E XCVIL RI CA au a~aéme. que leur iss- . Quand je te dis qu'ils méprifent tout ce qui eli étranger. Je t'avoue que je ne fçaurois guéres ajufler cette fureur pour leurs coutumes avec l'inconilance avec laquelle ils en changent tous les jours. que de voir le goût de leurs cuifiniers régner du de feptentrion au midi. les autres der. JE te parlois l'autre jour de FinconHancs prodigieufe des François fur leurs mode?. je ne te parle que des bagatelles. ce qui eft étranger leur paroît toujours ridicule.

Et afin que i'aequifition fût entiere &: que tout le bon fens leur vînt d'ailleurs ils ont adopté toutes les conflitutions des papes. Ils ont abandonné les îoix anciennes.P E R S ANB S. porte que le bon fens leur vienne (rameurs & qu'ils aient pris de leurs voifins tout ce qui concerne le gouvernement politique c~ civil ? Qui peut penfer qu'un royaume. le plus ancien & le plus puisant de l'Europe.1l!. foit gouverné depuis plus de dix Socles par des loix qui ne font pas faites pourlui ? Si les Franne feroit pas çois avoient été conquis ceci difficile à comprendre mais ils font les conquérans. Il eft vrai que. Mais ces volumes de loix ne font rien 9. faites par leurs premiersrois dans les ailemblées Se ce qu'il y a de fingénérales de la )n q¡¡It gulier.fdans les derniers temps. Cette abondance de loix. oit rédigé par écrit quelques flatuts des villes Os des provinces mais ils fontprefque tous pris du droit Romain. c*eH les loix Romaines. & en ont fait une nouvelle partie de leur droit nouveau genre de fervitude. ~Ky~?'É`~v partie rédigées par des empereurs contemporains de le urs!@giflatel. qu'ils ont ~npartie faites & en prifes à la place.uGemparailen de cette armée effroyable d@ . adoptées t 8c pour ainli dire naturalifées eH fi grande qu'elle accable également la jufHcc & les juges.

ce mandement & vous verrez que j'y ai réfolu tous vos doutes. LsTZa~s ON parle toujours ici de la'eonftitutiort. de teurs gens auai foibles par le peu jufleffe de leur efprit qu'ils font forts par leur nombre prodigieux. que fous le large chafi dans l'une elle a peau d'un médecin & n'en a tué dans plus ruiné de gens qu'elle l'autre.1 de commentateurs. qui difoit d'une voix forte J'ai donne mon mandement je n'irai point répondre à tout ce que vous dites mais Iifez-le. Il feroit affez difficile de décider fi la forme s'ca rendue plus pernicieufe. Je le crois di. LET T R E ÜSB~~ XCVIII.1 où je J'entrai l'autre jour dans une maifon vis d'abord un gros homme avec un teint vermeil. 1'7 lac le de I. dit-il en portant la main fur le front j'ai eu befoin de toute ma domine & il m'a fallu lire bien des auteurs latins.7i. . 11m'a fallu bien tuer pourle faire.M?te i ~eSaphar. de compila gloirateurs. ou lorsqu'elle s'cft logéedans la médecine fi elle a fait plus de ravages fous la robe d'un jurifconfulte. l6rfqu'elle eit entrée dans la jurifprudence. ~7~~aris. Ce n'efi pas tout ces loix étrangeres ont introduit des formalités qui font la honte de la raifon humaine.

Et bien lifez-le donc reprit-il 8t vous ferez inilruit fur ces matieres dans un quartplus d'heure. lui dis-je pour lors êtes-vous des juges infaillibles ? Ne voyez-vous pas. d'en faire un meilleur. il fut obligé de foitir de les retrsnchemens & il commença à dire théologiquement force fottifes. lui répondis-je car de la ma. foute-' nu d'un dervis qui les lui rendoit très-refpecdeux hommes qui étoient tueufement. z i 7. je reconnois que vous avez grand be&ind'êlp Jre éclairé. Quand là lui nioient quelque principe.un homme qui fe trouva là car c'eft un bel & je défie ce jéfuite. reprit-il.ic x s dela Li~~ 'deRebiabI. Mais comme il fe vit preHe. & de commettre fa fuffifance. quele faint efprit nous éclaire Cela eft heureux. nous l'avons jugé ainf & nous femmes des juges infaillibles. il difoit d'abord Cela eft certain. Et comment. c ~eParis. Voilà comme il évitoit d'entrer en converfation.~ E R s n x~Es~ . niere dont voûs avez parlé tout aujourd'hui. quefi je vous en avois parlé deux heures. qui vient ft ouvrage fouvent vous voir.

. d'Efpa& une grangne. leurs ne font pasf~w:nis.'des rois de France.t P.z(' L1tre le être également partagée peut jamais 8c le prince l'équilibre eft t~op diffipeuple cile à garder il faut que le pouvoir diminue .L 2 T'T~ 1. L E TT R E XCIX. & leur grands plutôt que de leur amitié.d'un côté.C'e~ état vicient. USBEK àlBBEN. les marprinces de la fouveraineté. -Nosglorieux fultans tyrs ont plus de femmes que' la plupart de ces Ceux d'Italie qui princes n'ont des fujets. qui dégénère toujours en defpo: tifme. au moins eft-il irnpofun iible qu'ils aient fubfiité long-temps. pendant qu'il augmente ùe l'auto .. princes.A Smir~e.font plus à plaindre états font ouverts comme des caravanferas. font partagées en de partie de i un nombre infini de petits états dont les font. ou en république La puiffance7. à proprement parler. ou plutôt font ainfi apcar je ne fçais pas s'il y en a jamais eu pelles véritablement de tels. &d'Angleterre. L'Italie. La plupart des gouvernemens d'Europ~ font monarchiques. frayeur. oh ils font obligés de loger les premiers qui viennent il faut donc qu'ils s'attachent aux faffent part de leur. ÏJBS plus puiffansétats de l'Europe font ceux de l'empereur.

porter iî loin.s eft fur de mourir: la moindre /aute ou le moindre caprice le met dans «ette néceffité. que cet immenfe pouvoir qu'ils exercent fur eux: rien ne les foumet plus aux revers ôc aux caprices d$ la fortune.à la tête des armées. premiérement.0. il en ferojt aufBquitta pour perdre la yie. Un Perfan qui par imprudence ou par malheur s^eflatt-iré la difgrace du prince.1. Mais s'il ayoit attenté à la vie de fon fouverain s'il avoit voulu livrer fes places aux ennemis.: il ne court 4onç paç plu» . & cette proportion ^crtipulertfement gardée par les princes Chrétiens kur donne un avantage: Infini fur nos fultans. Aufli le pouvoir des rois d'Europe eft-il bien grànd 6c on peut dire qu'ils l'ont tel qu'ils le veulent mais ils ne l'exercent point avec tant d'étendue que nos fultans. parcequ'ils ne veulent point .choquer les mœurs $c la religion des peuples fecondement. qui efl.1. mais l'avantage eft ordinairement du côté àm prince.s fautes 6c les peines qui eft comme l'ame des états i'ck l'harmonie des empires. parce qu'il n'eftp^s de leur in. Rien ne rapproche plus les princes de ï? condition de leurs fujets.Io-+~1:.Persane s. renverfetla proportion qui doit être entre le. L'ufage oh ils font de faire mourir tout ceux qui leur déplaifent au moindre figne qu'ils font. térêt de '1~ le ..

par la considération de ce qu'ils ont à Perdre 8c du peu qu'ils ont à gaec qui fait qu'on voit peu de révol" gner mprt tes & peu de princes morts d2"U-nç yiolente.& s'ils n'avoient à leur folde un nombre innombrable de troupour tyrannifer le refle de leurs fu-1 ces. qu'un petit prince d'Ane avoit envoyés pour le faire pérïr jufques-là les rois avoient fujets. leur empire ne fub~ileroit pas un mois. contre Fumage de ces temps-là. Ils fe retirent de la cour. & ne voyant rien de pis. Si dans cette autorité illimitée qu'ont nos ils n'apportoient pas tant de préprinces.craignent d'y tomber. caution pour mettre leur vie en fureté. . tets. ils ne vivroient pas un jour . il fe à troubler l'état. pe. Siècles qu'un n'y a que quatre ou cinq roi de France prit de~ gardes.L 2 T T R 9 9 de rifque dans ce dernier cas que dans le pfe" mier. quille & des avantages Comme on ne les fait guéres périr que pour le crime de léze-majeiM. feule refou'rce qui lui reHe< Il n'en eft pasde même des grands d'Euro" rien que la bien. ils. voyant la mort certaine. AuHi. dans la moindre disgrâce. à qui la difgrace n'ôte veiilance êc la faveur. pour fe garantir des affaffins. 8e à porte naturellement confpirer contre le fouverain. & ne fongent qu'à jouir d'une vie trande leur naiffance. vécu tranquilles au milieu dç leurs ~*<tfnm« commio.

-Ouoique dix rois. >J foient `~oŸYI~ 14 -D. De~Par£s de lâ i.1. c'eRde fç. . qu'il né conns~itque de nom égorgés Fun après 1.mme ils font. volci à peu près ce que me difoit l'autre jour un f Européen a. Fous. il fuffit qu'un homme ait été allez heureux pour voir l'augutle vifage de fon prince pour qu'il ceffe d'être in digne de vivre. Bien loin queles rois de France puiHent de leur propre mouvement ôter la vie à un de leurs fujets. 1717.a non pas le roi Se attachent l'efprit des Sujets à uncertain trône & non pas à une certaine jperfonne. ils portent au contraire toujours avec eux la grace de tous les criminels. 1> D: R ~<jf~t- ~1 E E T T RE C.enfans.ur~o le deRebia$ 2. comme nos fultans. U S B E K ~M MÏ~MC.d'Afle aiént pu pren~ïre.tomme des peres au milieu q. Ilsveulent le rendre plus i'efp~éta-' blés: maisils font jreJpè~e1T royauté 8~ l. fuivre ridée ds maderniete lettre. ~l.ço. (1~c.'àutre . e~toujours la mênie pourle peuple. Cette pui~ncs invifible qui gouverne.eleul'"6. Ces monarques font com? ms le oui porte par tout la chaleur Se la vie.he~.ffe-zente: Le plus mauvélispaqiqu~rle~-i1~i~c~s.

cela fi ce n'eft de ce qu'il ~i~tyrannique & af1 freux?1 Les çpangernens ne peuvent être faits que par le prince ou par le peuple Mais là les princes n'ont garded'en faire parce que. il auroit pris tranquillement les rêne§ de l'empire. Si le déteâable parricide de notre grand toi Henri IV avoit porté ce coup fur un roi des Indes maître du tceau royal & d'un tréfor immenfe.~gï~ comme s'if fent aucune différence avoit été gouverné fucceelvemetit par des écrits. toujours unique comme les moyens Mais il n'a qu'à aller & la fouree de ce pouvoir1 &il nelui fautqu'ut\ . pend 1e 'c'e~ . le temps lui manque. s'ils chan?geoientquelqueçho&~ ce ne pourrpitt re y qu'à leur préjudice.~)ras8cqu'un inilant. fans!' On s'étonne de ce qu'il n'y a. ro! Quant -aux-fujets. 8e d'où vient . fa famille &fes enj. dans un fi haut dégré de puiffance.prefque ja<nais de changement dans le gouvernement: des princes d'Orient. ils ont tout ce qu'ils peuvent avoir. fi quelqu'un d'eux rnequelque réfolutiôn il ne fçauroitl' exé~ cuter fur l'état il faudroit qu'il contrebalançât tour-à-coup une puiffance redoutable. fans qu'un feul homme eû~ penfé à t~clanicf fon tpi. i~~~efl1~prtriermonte fur le tïçne. qui auroit femblé amaÍfé pOU! lui.

étonne. que pourindiquer au premier ambitieux rendroit ou il la trouvera toute entiere. Malheureux le roi qui n'a qu'une tête il fémble ne réunir fur elle toute iapuijfïance.Rebiab. il n'y a qu'un lien qui pùi~é attacher. Un mécontent en Europe fonge à entretenir quelque intelligence fecrette. à fe jettet chez les ennemis. Un mécontent en Afie va droit au il en effaprince. une femme.P E x 8 A N E S. les hommes. qui eft celui de la gratitude un mari. un pere & un fils. le 17de la LMK9 de. USBEK~MM~H~. ils difent là-deÍfus des choses bien extraordinaires Se" l'on eux. renverfe ce jufqu'à l'idée dans un inftant l'efclave 8c le maître dans un infant usurpateur & légitime. Tous les peuples d'Europe ne font pas ega" lement fournis à leurs princes par exemple. tombe.defcend. va que le monarque en . L E T T R E C I. à fe faifir de Quelque place. frappe. ne font > Dij . €xp!reràfespieds.2. 1717. l'humeur impatiente des l~ngl~is ne laiffe guéres à leur roi le temps d'appefantir fon autorité la foumiffion & l'obéiffance font les vertus dont ils fe piquent le moins. à exciter quelques vains murmures parmi les Sujets. DeParis.

déclara-t-il de lèse-majeflé à un Prin que c'eft un ce de faire la guerre à fes fujets. bien loin de faire vivre fçs fujets heureux. Car nous ne à un autre pouvons pas. nous ne pouvons pas nousôter la vie perfonne n'a donc. quand ils difent que le pré9 cppte de leur alcoran. que le crime que le plus foible. 9 liés entr'eux quepar 1 amourqu'ils le portent.qui ordonne de fe~ foumextre aux puiltances n'eft pas bien dif9 âcile à fuivre y puifqu'illeur ca impo~ible . veut les accabler & les dé9 truire le fondement de l'obéiifance çe. rien ne les attache à lui & ils rentrent dans leur liberté naturelle. parcequ'il pu avoir d'origine légitime.auro. félon eux.quelquemaniere qu'il lui defbbéi~ Auffile peupled'Angleterre. < Le crime de Ièse-majeflé n'eË autre chofe... fur la terre un tel pouvoir. ou par les bienfaits qu'ils fe procurent & ces motifs divers de reconnoiifance. difent-ils donner n'en avons plus de pouvoir fur nous que nous nous-mêmes or nous n'avons pas fur nousmemesnnpouvoir fans bornes par. commet contre le plus fort en lui défobéifi fant -de .fiè rien ne les lie. 1.itêtre légitime. E T T \l E. qui fe trouva le plus fort contre un de leurs rois.exemple.1sfoutiennent que tout pouvoir fans bornes ne n'a jamais f~. font l'o. Ils ont donc grande raifon.rigine de tous les royaumes Se de toutes les iociétése Mais fi un prince.y. concluent-ils.

A Paris: Tu m'as beaucoup parlé dans une de tes lettres. dédommage les hommes du mauvais ufage que l'on en fait tous les jours.rtië nele pas obferver d'autant que Ce n eit les oblige de pas au plus vertueux qu'on fe Soumettre. ? E Il 9 Alq i~'S. J'ai oui dire que la feule invention des bombes avoit ôté la liberté à tous les peuples D iij . de Les Anglois difent qu'"Ltt1 leurs fois. qu IL Vlcnt d'être décide Î?ïlÏlt:~ lequel de nous deux eflle traitre. L E TT R E CIL RHEm USBBK. dit le qu'il vient etre eClCle lfilortune. comme des arrêts du ciel. De Paris le 2d de la Lunt de Rehiab. Un u~urpateur déclare rèbéles tous ceux qui n'ont point opprimé là patrie comme lui.. z ~717. ayant voulu lui reprocher fon infidélité & fa perfidie Il n'y a qu'un moment. mais à celui qui eit le plus fort. prince infortuné.les caprices du hafard & de la fortune. des fciences & des arts' cultivés en Occident. qui avoit vaincu & pris prifonnier un prince qui s'étoit révolté & lui difputoit la couronne. & croyant qu'il n'y a pas de loi là où il ne voi t point de juges. il fait révérer. Tu me vas regarder comme un barbare mais je ne fçais fi l'utilité que Fou en retire.

. la famine.les 'détruifen t en gros mais pat intervalles. tieres. Il n'y a pas long-temps que le fuisen Europe mais j'ai oui parler à des gens fenfés des ravages de la chymie il femble que ce foit un quatrième fléau qui ruine les hommes & les détruit en détail mais continuellement tandis quela guerre.u~ rvr~wlW t~ we-11I\l7ff~11 . & la découvente de tant de peuples. Tu fçais que. prefque toutes les Monarchies n'ont été fonn'ont été dées que fur l'ignorance des arts 8c détruites que parce qu'on les a trop cultivés.à-dire. ont eu un prétexte pour entretenir de gros corps de troupes réglées avec lefquelles ils ont dans la fuite oppriméleurs fumets. iice Je tremble toujours qu'on ne parvienne à la fin à découvrir quelque fecretqui fourniffe une voie plusabrégée pour faire périr les hom3nes détruire les peuplesles nations en. il n'y a plus deplaces imprenables. Uibex. c'eft. depuis l'invention de la poudre. L'ancien empire de Perfe peut nous en foux~ nir un exemple domeHique. Tu as lu îeshiHorien§:iais-y bienattention. la pelle.LETTRE! d'Europe. qu'il n'y a plus d'afyle fur la terre contre i'_iy°tj-û & la violence. Que nous a fervi l'invention de la boulrole. qu'~ nous communiquer leurs maladies plutôt g. qui à la premïe-rebombe fe feroient rendus. Les princes ne pouvant pîtrs coafier la garde des places aux bourgeois.

~â~i~K~7 1 . L'or & l'argent avoient été établis. pour être le prix de toutes les marchandiles. peres. Heureufe l'ignorance des enfans de Mahomet 1 Aimable fimlici. 8c un gage de leur valeur par la raifon que ces métaux étaient rares 8s inutiles à tout autre ufage que nous importoit-il doncqu'ils de~inffent plus communs? & que. la tranquillité qui régnoit dans le cœur de nos premiers pères. J) itf p~' . nous euffionsdeux ou trois fignes au lieu d'un ? Cela n'en étoit que plus incommode. De~e<tt/e.[7. Mais d'un autre cote cette invention a été bien pernicieufe auxpays qui ont été découverts.E It-' S A N~ ? '§* léuts richeffes?. chérie de notre faint prophète vous merappeliez toujours la naïveté des anciens tem:ps. pour marquer la valeur d'une denrée.té.R. par une convention générale. e$ de la L~Ke 7 . Les nations entieres ont été détruites & les hommes ont échappé à la qui mort ont été réduits à une Servitude Ë rude que le récit en a fait frémir les Mufulinans. ri.

~232Z fG r ou tu ne penfes pas ce que tu dis ou bien tu fais mieux que tu nepenfes. pour te former. chez lesquels un finge paffablement ~tAruit pourroit vivre avec honneur il s'y trouveroit à peu près à la portée des autres ''l1abitans on ne lui trouveroit pointl'efprit iingulier. & couvrir de leurs. Tu dis que les fondateurs des empires ont prefque tous ignoreles arts. As-tu bien réfléchi à l'état barbare Se malÏieufeux. Te le dirai~e.armées féroces les royaumes les mieux policés Mais prends-y § ont appris les arts ou les ont fq.i.1t ï Ïr. en peut le voir. où nous entraînerait la perte des arts ? Il n'eH:pas nécefiaire de fe l'imaginer.)1: la terre. ïr ït 1 1 L E T T R E CIII. U9BEK dG R H E D Jo. comme des torrens impétueux fe répandre fur la terre. Tu as quitté la patrie pour~'in4~rüire. ni le caractère bizarre il pafferoit metout comme un autre. feroit d.& tu méprifes toute in~rudion tu viens. garde .ft~xrgué me par fa gentilleffe. que ~tzne res avec toi-même.. Je ne te nie pas que des peuples barbares niaient pu. Il y a encore des peuplesf1. dans Xmpays où l'on cultive les beaux arts & tu les regardes comme pernicieux. > Uedi?Je fuis plus d'accord avec toi.

où unart auroit été préjudiciable doit-on pour cela le rejetter? Penfes-tu.~molIi. que la religion quenotre faint prophéte a apportée du ciel foit pernicieufe.ëxêrcëif aux peuples vaincus fans cela leur puiffanceauroit paffé commele bruit du tonnerre Sedes tempêtes.SA N ~s: Dv . & non pas des terres. que depuis l'invention de la poudre. dis-tu. que tu trouves étrange que les guerres foient aujourd'hui terminées plutôt qu'elles ne l'étoient autrefois. Tu dois avoir remarqué en lifant les hiftoires. !1__n_'pipn~rltdel'intérêtde3 princes de faire des conquêtespar de pareilles voies ils cherchent des fujets. parce qu'il n'y a prefque plus de mêlée. Tu crains.ŒeEt pettles '1' E N. Et quand il fe feroit trouvé quelque cas particulier. que l'onn'invente quelque maniere de deftr udionplus cruelle que celle qui eft en ufage. tu trouves étrange qu'il n'y ait plus de place imprenable c'ef~à-dire. elle feroit bientôt prohibée par le droit des gens 8z le confentement unanime des nations enféveliroit cette découverte. Tu te plains de l'invention de la poudre &: des bombes.parce qu'elle fervira quelque jour à confondre les perfides Chrétiens? Tu crois que les arts . Non fi une fatale invention venoit à fe découvrir. les batailles font beaucoup moins fanglantes qu'elles ne l'étoient. Rhedi.

cultivoient les arts avec infiniment plus de loin qu'eux. & par-là font cauié de la chute des ea~a pires. cinquante artifans ne dorment de plus. Quand on dit que les arts rendent les hommes efféminés. on ne parle pas du moins des gens qui s'y appliquent. qui fut l'effet de leur molleffe mais il s'en faut bien que cet exemple décide. 8c n'aient plus le loifir de boire & manger elle commande & elle eft obéie plus promptementque ne feroit notre menas- T'4t'E. ceux qui joüiffent des commodités d'un art font obligés d'en cultiver un autre à moins que de fe voir réduits à unepauvreté honteufe il s'enfuit que l'oinveté & la molleilë font incompatibles avec les arts.L m r E T pies. puifque les Grecs. ciens Perfes. dans un pays policé. Une femme s'eft mife dans la tête qu'elle devoit paroître à uneaffemblée avec une certaine parure il faut que. rage. puifqu'ils ne font jamais dansl'oifiveté. quilesfubjuguerent.~S r_ _1 1. Pour qu'un homme vive délicieufement. Il n'ef~donc queflion que de ceux qui en jouiilent Mais comme. eft celui qui amollit le plus le cou-. qui. de tous les vices. Tu parles de la ruine de celui des an.. Paris eft peut-être la ville du mondela plus fenfuelle & ou l'on ranne le plus fur les plaifirs mais c'eft peut-être celle où l'on mène une vie plus dure. .. dès ce moment. il faut-quecent autres travaillent fans relâche.

& te faire voir que les revenus des particuliers ~e. &par conDvj P E 'Il S À11B§.dition. ou à la fantaifie-.la.~ depuis les artifans jusqu'aux grands perfbnne n'aime à être pluspauvre que celui qu'il vient de voir immédiatement au deifous de lui.~ue. qui travaille (ans L. cet état feroit le plus v miféra. t9:a ~. qu'on ne fouffrÎt\ dans en royaume que les arts qui font abfolumentnéceffaires à la cuture des terres. le peuple dépériroit tous les jo-urs& l'état deviendroit fi foible y qu'il n'y auroit fi petit puiffance qui ne fut en état dele conquérir.114'.1fetoient -prefqueabfolument. qui font pourtant en grand noni_bre &qu'on.i"e l'intérêt e&le pitts gïaiidmo- . Cette ardeur pour le travail. :court risque d'accour& cir fes jours. en bannit tous ceux qui ne fervent qu'à la volupté. parce que narquede la terre. Vous voyez à Paris un homme qui a de quoi vivre jufqu'au jour du jugement.l. pour ama~eï dit-il. Je pourrois entrer ici dans un long détail. de quoi vivre. Le même efprit gagne la nation on-n'y voit que travail & qu'induûrie où eft donc ce peuple efféminé dont tu parlestant <* Je fuppofe. cette paiSo~ de s'enrichir.je le foutiens. Rhe3i. pafféde condition en con.bl~e y eût an qu'il mondes Quand les habitans auroient afez de courage pour fe paffer de tant dechofesqu~i1$ doivent à leurs befoins.

Pe Paris 7~ ~€1717. Fais bien attention jufqu'oïi vont les revenus de î'induftrie.Un fonds ne produit annuellement a Ion maltre que la vmgtleme ement à fan maître que la' vingtième partie partie de fa valeur.t féquent ceux du prince il n'y aûf oit pretqtf# plus de relation de facultés entre les citoyenss cette circulation dé richeïïesy8t cette prôpa gation de revenus qui vient de la dépendance oh font les arts les uns des autres. mais avec une piftole de couleur.1 fes pour qu'un prince foit puiffant il faut que fujets vivent dans les de'lices il faut qu'il travaille à leur procurer toutes fortes de foperfluite's avec autant d'attention que les nécefïités de la Yie. que. enfoie. un peintre feraun tableau qui lui en vaudra cinquante. cefleroit absolument chacun ne tireroit de revenu que de fa terre & n'en tireroit précifémertt de que ce qu'il lui faut pour ne-pas mourir faim Mais comme ce n'eft pas la centième partie du revenu d'un royaume il faudroit que îe nombre dés habitans diminuât à proportion. On en peut dire de même des orfe'vres des ouvriers en laine. De tout ceci il faut conclure Rhedi. '1 1E 1! 1~ É 8 ~1~ t . le 14 de la Lunf. 8c dfc toutes fortes d'artifans. & qu'il ri'en reftât que la cenfiéme partie.

On dît quel'on ne peut jamais connoitre îe <.araaere des rois dlOccident jufqu'à ce qu'ils aient paffé par les deux grandes épreu« ves. Mais les rois comme les Dieux. & promet déjà"un. de leur maîtreffe êç de leur corifefleur on verra bientôt l'un §el'autre travailler à fe faifir de l'efprit de celui-ci & il fe livrera fous un pour cela de grands combats.grand prince. Sous un jeune prince.t ë x s a ït « i. ces deux puiffances &zfe jours rivales mais elles fe concilient ïéuniffentfôus un vieux. le dervis a Unrôle bien difficile à foutemais l'aunir la force duroi fait fa foibleffe tre triomphe également de-fa foiblefe & de ia force. on doit les croire immortels. Lorfquef arrivai en France je trouvai le feu roi absolument gouverné par les femmes: . par les grands troubles que font ia mort pourroit produire. mais charmante: un belle éducation femble concourir avec heureux naturel. . CIV- r.4 Smirne* J'ai vu le jeune monarque fa vie eft bies elle ne l'eft pas moins précieufeà fesfujets à toute l'Europe. 8c pendant qu'ils vivent. L ET RlC T RE A À IBBEU. Sa phyfionoune mieeftmajeftueufe. font toujeune prince. Car.

ckofe pourtanttrès-facile à faire chezlerprineesEuto^éens. Mak c'eft qu'il n'y a perfonne qui ait quelqueemploi à tes la cour. qui ft'aitunê femme par les mains de laquelle lés mfaÎTent toutes les graces Se quelquefois JuSicesqu'il peut faire.ïl ne faurpïs que tu t'imagines que celles qui te*j pourtant inoient ces difeours rui&nt des favorites àw prince: elles ne lui a voientpeut-être pas parlé deuxfois en leur vie.1# terre qui en que c'étoit le monarque avoit le moins de befoin» J'entendis unjour une femme qui ddfoit II faut que l'on faïTe fa vaquelque chofe pour ce jeune colonel. Ibbe» qu^une femmes?avife ËË f<*A '1 t 1\ &6 .dans Paris. leur m'eft connue j'en parlerai au miniftre^ Une autre difok II eft furprenant que ce jeuîae abbé ait été oublié il faut qu'il foit évê-. éft comme celui qui voit bien une irtachine qui refjoue mais qui n'en coonoit point les fôrts.je de. que il eft homme de n:aiffance & je pourïois répondre de fes s mœurs. qui voit agir des aniniftres des magiftrats f des prélats s'il ne connoft les femmes qui les gouvernent.Cïoit $c cependant dansl'âge où Hétoit . dans les provinces. ouTdan® provinces. Ces femmesont toutes jdès relations les unes avec les autres Se forment une efpéce de république dont les/ membres toujours aaifs fe fecourent 8c fe/_ un fervent mutuellement c'eft comme noU» eft à la eaut*j t Se Vélétat dans l'état celui qui à Paris. Crois-tu.

àrJA la maîtreffe d'un miniftre pour couetre cher avec lui ? quelle idée c'eit pour lui présenter cinq ou fix placets tous les matins & la bonté de leur naturel paroît dans l'em-~ preffement qu'elles ont de faire du bien aune inimité de gens malheureux q-ui Ictu procurent cent mille livres de rente. Celui-ci veut simmor~al~ferpar un iu-dou.& quime paroiffent' ici fort à la mode ce -font lesfournamr. l'auteur n'a pas) fait les comp!imens ordinaires. où les femmes en générât gouvernent 8c prennent non feulement ert. On fe plaint en Perfe de ce que îe royaume efl gouverné par deux ou trois femmes c'e~ bien pis en France. L y a u-ne~efpec~4e livres quenous ne ~o~r~ noiffons point en Perfe. la De Pâr~. lé dernier~rt~ Lune ~tee~alval I'~ I J.P E R s A il F s. L E TT R E U S -B E K CV.?Í(. mais même fe partagent en détailtoutel'autorité.ua 4e-p .1~celw. gros. Ls pareffe fe lent Hattéeen les liCant on eft ravi de pouvoir parcourir trente volume$ en un quart-d'11eut~ Dans la plupart des livres.là ar. que les lecteurs font aux abois il lesfait entrer à demi morts dans une matierenoyée au milieu d'une mer de paroles.

Ils n'ont garde de critiquer les livres dontils font les extraits. comme fi la vérité étoit jamais nouvelle. Il faut donc bien fe donner de Rien.' Il ïïie Semble jufqu'à ce qu'un homme aitlu que tous les livres anciens. qui fe tue à réduire ce que l'auteur a pris tant peine à amplifier. qui fouifrironi une volée de coups bâton fansfe plaindre mais qui. Le grand tort qu'ont les journalifles c'eit qu'ils ne parlent que des livres nouveaux. quel mérite il ya à faire de pareils ouvrages: j'en ferois bien au. quelque raifon qu'ils en aient l'homme allez hardi pour vouquel eft loir fe faire dix ou douze ennemis tous les ~nois ? La plupart des auteurs reffemblent aux de poëtes. Je ne fçais e e. Mais lorfqu'ils s'impofent la loi de ne parler que des ouvrages encore tout chauds de la forge. ils s'en impofent une autre qui eft d'être très-ennuyeux. garde de les attaquer par un endroit . comptant pour rien la peine du pauvre teneur.. & en effet. le font fi fort de leurs oumoinvrages. peu jaloux de leurs épaules. qu'ils ne fçauroient foutenir la dre critique..8 un autre qui a de plus belles inclin~~ ~!uarto tions vife à l'in f olào il faut donc qu'il étende fon fujet à proportion ce qu'il fait fans pitié.LIl TTR~ P. il n'a aucune raifon de leur préférer les nouveaux. tant fi je voulois ruiner ma fanté & un libraire.

Rîle nu âÎn~ des rois de France.très-aînée. Il faifoitbcau voir les deux corps de l'Europe les plus refpe~ade Il veutparlerdela querelle Ramus. De Paris. car elle a plus de neuf cent ans auffirêve-t-elle quelquefois.tut il y a quelque temps un grand démêlé avec quelques docteurs à l'occafion de la lettre Q e. 8e il accorda permi~on.qu'elle vouloit que l'on prononçât comme lU1Jt. L E 7C T R E CVI. 8c . On m/a conte quelle. que quelques-uns furent dépouillés de leurs biens: il fallut que le parlement terminât le différend. . tout prêts à fe faire faire raifon & à foudroyer à coups de plurne un téméraire ~ournali~e. par un arrêt folemnel. Ils font donc tout le contraire ils commencent par louer la matière qui eft traitée9. La difpute s'échauffafi fort.1l S A N B ËiMe. premiere fadeur de-là ils paffent aux louanges de l'auteur louanges forcées car ils ont affaire à des gens qui font encore en haleine. 8e les jôiirnaliflesle gavent bien. _111. te de lct Lune de Zilcarié.la. RICA à ~`~~`. l CL r 1 de Paris a t:1I. à tous les fujets du roi de France de prononcer cette lettre à leur fantaifie. 1713. L'UNIVERSITE' fi z:.

qui etûlt. .que demand-e sine un expédient.bles occupés à décider du ibrt dune lettre de l'alphabet. qui étoit . Humble. 8e quey là où il y a plus de fages il y ait aqffi moins de fage~fe.~ f çues la difpute étoit vive & toient rompus mille fois 1~l'on n'avoit ima-' giné 'expe ¡ent.l~ez~deÎa ~rCt~: de Zilhagé Z1&! X t B T t AB 1.que la demande feroit faite en langage Cata~axi. J'ai oui dire qu'unroi d'Arragon ayant affemblé les états d'Arragon ce de atalogne.irtoncner ott -1t queles têtes des plus grands hommes s'étrécüfent lorfqu'elles font a{[emblées. C'étaiteni~rô-: DëParis. les pre.aux v4asufa. Les grands corps s'attachent toujours fi fort aux minuties aux formalités.mieres féances s'employèrent à décider en quelle langue les délibérations feroient conles états i~ee.. que l'eifentiel ne va jamais qu'après. . ges.8~la Ieppl1r~ en Arra9 onois.. .

qu'el. & prévenir tous les ace: dens qui pourroient les rompre f Avec tout cela la plus grande peine n'ël~ pas de fe divertir c'eft de le paroître' Ennuyez-les tant que vous voudrez elles vous le pardonneront.e~aus'êeŒe Au moms.que' des femmes firent à la campagne. RICA à ~E rôle d'une jolie femme eft beaucoup pîm grave que l'on ne penfe il n'y a rien de plus férieux que ce qui fe paife le matin à fa toilette. ou fon corps de réfërve. pouf. concilier fans ceffe les intérêts de deux rivaux pour paroître neutre à tous les deux.. mais dont elle efpere ou prévoit le Íuccè's. les faire fuccéder & renaître fans ce1fè.ât ~A N E S3 LETTR E CVII. Dans! chef pin elles di~6~i. le en met à pofler une mouche qui peut manquer. au milieu de fes domefliques un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à pla-~ cer fa droite. pourvu que l'on puiffe croi~ re qu'elles fe font bien réjouies. il . pendant qu'elle eHlivrée à l'un & à l'autre â 6cfe rendre médiatrice fur tous les fujets de plainte qu'elle leur donne 1 Quelle occupation pour faire venir partiel de plailir fur parties. quelle!attention. Je fus il y a quelques jours d'un fouper.Quellegen~d'efprit.

Tu n'as peut-être pas fait attention à une chofe qui caufe tous les jours ma furprife. & la terre fi peu femblable à elleA même. Comme l'ennui me gagnoit. Cependant la trifieife triomphoit toujours des réflexions 8~ quant à moi.Il faut avouer.fl Paris. que nous nous divertifons bien il n~y a pasaujourd'Hui dans Paris une partie fi gaie que la nôtre. je me fentis conduit de bâillement en bâillement dans un fommeilléthargique. ~i.a~~Di â USBBK.r. qui finit tous meslaifirs. P. devant moi & j'arrête fur-tout mon efprit à ces grands changemens qui ont rendu les âges fi différens des âges. dit une de ces femmes. pour ainfi dire. je fais en Europe je lis les hmonens anciens 8c modernes je compare tous les temps j'ai du plaifir à les voir pafer. une femme me fecoua. . DeP~r~j i de Lune ~eI~~ahgrram 1718.ï t T1 Èî ls> faudra bien rire 8c bien nous divertir. p la. & me dit Hé bien. L E T T R E C VIII. Nous nous trouvâmes affez mal aiïortis~ 6e par conféquent affezférieux. . ne fommes-nous pas de bonne humeur Oui lui répondis-je en bâillant je crois que je creverai à force de rire. PEN DA~T le féjour que.

Quoique tout le monde habite les villes. La Gréce eft fi déferte qu'elle ne con. 1. où je n'ai vu que le débris de cette ancienne Italie fi fameufeautrefois. & des peuples nombreux. P B R S A NE?. fans compter ceux qui travailloient dans les maifons de campagne t & comme on y comptoit quatre ou cinq cent mille citoyens.* tient pas la centième partie de fes ancien? JiabitaHs. qui en ont difparu depuis:._J~ ~t . elles font entièrementde'fertes & dépeuple'es il femble qu'elles ne fubfiftent encore que pour marquer le lieu où étoient ces cités puiflantes dont l'hiftoire a tant parlé. révolte. elle déja dans fa vieillerie ? Se tomberoit-elie de langueur? J'ai refte' plus d'un an en Italie. Il y a des gens qui prétendent \que ïa feule ville de Rome contenoit autrefois plus de peuple que le plus grand royaume de l'Europe n'en a aujourd'hui.cette ifle n'a plus rie» de confîdérable que fes volcans.< fi . II y avoit autrefois dans la Sicile de puif'" fans royaumes. on ne peut fixer le nombre de feshabitans? fans que l'imagination ne fe. 11y a eu tel citoyea Romain qui avoit dix & même vingt mille efclayes.Comment le monde eft-il peu<i peuple en e'omparaifonde ce qu'ilétoit autrefois? Comment la nature a-t-elle pu perdre cette prodigieufefécondité des premiers temps? Seroit.

& de Guriel.É°`~r ~tt~t-f~t ïr <p fi autrefois 4< . on verra qu'elle n'a qu'une très-petite partie des habitans qui y étoient fans nombre du temps des Xerxès & des Darius. Les pays du Nord font fort dégarnis & il s'en faut bien que les peuples y foient9comme autrefois. ne fait L'Efpagne voir aujourd'hui que des campagnes inhabi~ées & la France n'eû rien.. des colovoyer mes6c des nations entières. comme des eilaims. L'Afie n'eil guéres en . Cette 'Afiemineure qui contenoit tant de puiffantes monarchies. obligés de fe partager. en comparaifon de cette ancienne Gaule dont parle Céfar. Quant aux petits états qui font autour de ces grands empires ils font réellement déferts tels font les royaumes d'Irimette de CircaSe. La Pologne & la Turquie en Europen'ont _prefqueplus de peuples. Se d'endehors. & un nombrefi prodigieux de grandes villes..9 .meilleurétat.T~ remplie. Quant à la grande Afie celle qui eft foumife au Turc n'eft pas plus pleine 8c nos pour celle qui dl fous la domination de rois fi on la compare à l'état floriffant où elle étoit autrefois. n'en a plus que deux ou trois. chercher de noU7 velles demeures. On ne f~auroit trouver dans l'Amérique la deux-centième partie des hommes y forqui ïnoient de fi grands empires. Tous ces princes.

E avec de vafles états. comptent à peine cinquante mille fujets. la plus terrible catalhophe qui foit jamais arrivée dans le monde. L'Egypte n'a pas moins manqué que les autres pays. Voilà. Après un calcul auffi exact qu'il peut l'etre dans ces fortes de choies. dan dix iiecles.Aujourd'hui fes prin. q1. Ce qu'il y a d'étonnant'. que ce font les plus petites puiffancesdu monde. c'eit qu'elle fé dépeuple tous les jours 8c fi cela con. à ne faire attention qu'aux cotes de la Méditerranée connues de tout temps. Seje n'y trouve que délabrement je crois la voir fortir des ravages de la pelte & de la famine~ L'Afrique a toujours été 6 inconnue. mon cher U~eK. Enfin je parcours la terrée. tinue.F E 1lS.A. ces font fi foibles. mais à peine s'en eH-on apperçu. Ps YCrix~e le tp de ln Lune de ~j~egeb 1718.elle e~ arrivée infenfiblement 8~ dans le cours d'un grand nombre de uécles ce qui marque un vice intérieur. parce qu'. qu'on ~e peut en parler fi précifément que des au. elle ne fera qu'un défert.1Í ~~ige la nature humaine. un venin fecret & caché une maladie de langueur.j(. .on voit qu'elle a extrêmement déchu de ce qu'elle étoit lorfqu'elle etoit province Romaine. j'ai trouve qu'il y â peinefur la terre la cinquantième partie des hommes qui y étoient du temps de Célar. tres parties du monde mais.

n'ea point incorruptible les cieux mêmes ne le font pas les aftrol1ômesfont des témoins oculaites de tous les changemens. ~~K~< LE monde. aux mêmes loix des mouvemens elle fouffre au-deda:ns d'eUeun combat perpetuel de. Les hommes. & à plus forte raifon augmenter ou diminuer leu$ nombre.les détruire. La terre eft foumife. fujette aux changemens. dont la plus petite peut.quifontleseffets bien naturels du mouvement univerfel de la matière.R C I Xo 6L RHED1. comme les autres planètes. naifons. mon cher Rhedi. Les biftoires font pleines d~ces pefles unz-: yedeUes~ 3r .fes principes la mer 8c le conth ment femblent être dans une guerre éternelle. Je ne te parlerai pas de ces cataf4oph-eg particulieres fi communes chez les hifl0' riens. dansune demeure C.* certain cent mille caufes peuvent agir. E UsBP. qui ont détruit des villes & des royaumes entiers il y en a dé générales qui ont mis bien des fois le genre humain à deu~ 1 -4oigtsde fa perte.L E T T &B S L E T T R. font dans un état auffiin. chaque infant produit de nouvelles combi-.

's A 14 E S.incapables de foutenir le poids des charges de la for-i-é't. jufqu'à l'empire du Catay un dégré de plus de corruption auroit peut-être dans un feul jour. auroit attaqué la génération même.4ils auroient péri miférablêmen t. Peut-être que cette maladie. qui ont tour à tour défolé 1 univers. Il n'y a pas deux Héclesque la plus honteufentir en Euroie de toutes les fit pe.E R. Elles parlent d'une entr'autres qui fut fi violente. E . détruit toute la nature hu-i mine.t-il pas à une feule famille ? Ceux qui connoi1ferîtla nature. qu'elle brûla jufqu'à la racine des plantes & fe fit fentir dans tout le monde connu. peuvent-ils comprendre que la matiere & les chofes Ctééesn'aient que fix mille ans? que Dieu ait `~'o~a~I.Î~ . vetfelles. fi elle avoit continué fes progrès avec la même furie. Qu'auroit-ce été fi le venin eût été unpeU! plus exalté? Et il le feroit devenu fans doute. fi l'on n'avoit été aÍfezheureux pour trouver un reméde aulü puiffant que celui qu'on a découvert. en Afie oc en Afrique elle fit dans trèspeu de temps des effets prodigieux: c'étoit fait des hommes. Mais pourquoi parler de la deftruaion qui auroit pu arriver au genre humain ? N'eil-elle pas arrivée en effet ? & le déluge ne le réduifi. Accablés de maux dès leur naiffance. ce qui ont de Dieu une idée raifonnable. attaquant les parties de la génération.

différé pendant toute l'éternité fes ouvrages, & n'ait ufé que d'hier ,4efa puiffânce créatrice ? 7 Seroit-ce arce qu'il ne l'auroit pas pu? p ou parce qu'il ne l'auroit pas voulu?Mais, s'il ne l'a pas pu dans un temps il ne l'a pas pu dans l'autre. C'eft donc parce qu'il ne Ta pas voulu mais comme il n'y a point de fucceffiondans Dieu, fi l'on admet qu'il ait voulu quelque chofe une fois, ill'a voulu tout. A commencement. jours ôc dès le"A,¿+. JVU-J. v.. U, II ne faut donc pas compter les années çluinonde le nombre des grains de fable de la mer ne leur eft pas plus comparable qu'un inftant. Cependant tous les friftoriensnous parlent d'un premier père ils nous font voir la nature humaine naiffante. N'efl-il pas naturel de penfer qu'Adam fut fauve d'un malheur commun comme Noé le fut du déluge gc que ces grands événemens ont été fréfur la terre depuis la création du quens monde ? J'ai été bien aife de te donner ces idées générales, avant de répondre plus particuliérement à ta lettre fur la diminution des peuples arrivée depuis dix-fept à dix -huit îlëcles je te ferai voir,dansune lettre fuivante, qu'indépendamment des caufes phyfi»ques, il y en a de morales qui ont produit cet effet.
&e Paris le 8 de la Lune

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U SB E*K au méme. Tu cherches la raifon pourquoi-la terre €Ë moins peuplée qu'elle ne l'étoit autrefois & fi tu y fais bien attention, tu verras que la' grande différence vient-de celle qui eft arrilesmoeurs. ';7.Wda:l~ Depuis que la religion Chrétienne & la Mahométane ont partagé le monde Romain, les chofes font bien changées il s'en faut bien que ces deuxreligions roient auffi favorables à la propagation de l'efpèce, que celle de ces maitres de l'univers. Dans cette derniere, la polygamie étoit défendue & en cela elle avoit un très-grand avantage fur la religionMahométane -le divorce y étoit permis; ce qui lui en donnoit un autre non moins confidérable fur la Chrétienne. Je ne trouve rien de fi contradictoire, que cette pluralité de femmes permife par le faint alcoran & l'ordre de les fatisfaire ordonné l par le mêmeivre. Voyez vos femmes, dit le prophéte parce que vous leur êtes néce1fai:re comme leurs vêtemens, 8e qu'elles vous font néceffairescomme vos vêtemens. Voilà un précepte qui rend la vie d'unvéritable Mufulman bien laborieufe.Celuiqui a les quatre femmes~iabliespaïlalot, Seulement au-

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tant de concubines & d'efclaves ne doit-il 1ii, pas être accable de tant de vêtemens? Vos femmes font vos labourages, dit encore le prophéte approchez-vous donc de vos labourages: faites du bien pour vos ames; & vousle trouverez un jour. Je regarde un bon Musulman comme un fans à, athlète, defl~iné' -com~biat5tre relâche; mais qui, bientôt.foibl~e & accablé de fes premières fatigues, languit'dans le champ même de la, viaoire & fe trouve pour ainfi dire enféveli. fous fes propres triomphes. La nature agit toujours avec lenteur, 8c pour ainfi, dire, avec épargne tes opérations ne font jamais violentes: jufques dans elle fes produébiO'1ilS:, veut de là tempérance elle ne va jamais qu'avec règle &: melure fi tombe bientôt dans la on la elle elle emploie toute la force qui_ tanguer tui re~eA fe con&rver, perdant absolument fa vertu produdrice & fa puiffance générative~. C'eâ dans cet état de défaNIance, ue nous q tft-t toujours ee grand nombre de femmes, p, 1.1'5:piro:presanons'ep:Uher, qua:t1lous.J.f.!tls1al.. de re. n;eJl:tœè'S~ordinaire,parn1in'(}us" voir un.Jhomm€ dains un lerrail avec un t1';ès.petit'n(j)mb~ d!enf~ns ces enfans mêmesifbntla;plupaitdutempsfbibles8~ mal fains fe fêlent de ta loueur de leur pet.c.

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Ce n'eft pas tout ces femmes obligées a une continence forcée, ont befoin d'avoir des gens pour les garder qui ne peuvent être Se que des eunuques la religion, la jaloufie la raifon même, ne permettent pas d'en laifleï approcher d'autres ces gardiens doivent être en grand nombre, fôit afin de maintenir la tranquillité au-dedans parmi les guerres que ces femmes felenftfans ceffe foit, en-fin pour empêcher les ©ntrepriiesdu déhols. Ainii un homme qui a dix femmes ou concubines,, n'a pas trop d'autant d'eunuques pour les garder. Mais quelle perte pourla focïétë $t*e ce gïand nombre drhommesmôtts dès leur naiiàncë 1 Quelle dépopulation ne doit-il pas s'en ftàvre Lesfilles efclaves qui font dans le ferrai?, pour fervir avec les eunuquescegrand nonibre de femmes;y vieillii'ent presque tpujours dans une affl%eân*tVkgijpté:êllesne peuvent pas ft«aa^»* pendant qu'elles yréflenï; & leurs rriaitfeffes, unefois accoutumées à elles, ne s'en défont jprefquejamais, TôMà comme t*n feul homme occupe lui feul tant de fujets de l'uft & ie l'autre fexe à fes piaifirs'; les fait mourir pour l'état ôc les tend inutiles à la propagation de l'eCpécê. Conftantinople & Ifpafean font les capital les des deux plus grands empires du -monde c'eil-là que tout doit aboutir <8cqueles peuples, attirés demille manières, fe rendent éç
T' 1E' ilj

LETTRES'

toutes parts. Cependant elles perdent d'elles-mêmes; & elles feroient bientôt détruites, fi les fouverains n'y faifoient venir prefqu'à chaque fiécle des nations entieres pouf les repeupler. ]'épuiferai ce fujet dans une autre Iet~re..
De Paris, le 13de la Lunt

deChah~an, i7is.

L ET T R E CX.I.
USBEK GdZGmé~ie:

LES Romains n'avoient pas moinsd'enclaves que nous; ils en avoient même plus: mais ils en faifoient un meilleur ufage. Bien loin d'empêcher, par des voies forcées, la multiplication de ces enclaves, ils la favorifoient au contraire de tout leur pouvoir ils les affocioient le plus qu'ils pou-, v oient par des efpéces de mariages par ce moyen, ils rempliifoient leurs maifbns de domefiiques de tous les fexes., de tous les âges, & l'état d'un peuple innombrable. Ces enfans qui faifoient à la longue la riche~ d'un maître, nainbient fans nombre autour de lui Il étoit feul charge de leur nourriture & de leur éducation les peres, libres de ce fardeau, fuivoient uniquement le penchant de la nature, & multiplioient fans craindre une trop nombreufefamille. Je t'ai dit que, parmi nous, tous les efclaves font occupés à garder nos feinmes c~ à

P E KL S A 'N

S.

tien de plus qu'ils font à l'égard de l'état dans une perpétuelle léthargie de manicre qu'il faut reffreindre à quelques hommes libres, à qûélques chefs de famille; la culture ,des arts & des terres, lefquelsmêmes s'y donnent le moins qu'ils peuvent. Il,n'en étoit pas de même chez les Romains la république fe fervoit avec un avantage infini de ce peuple d'efclaves. Chacun d'eux ayoit ton pécule, qu'il poiîedoit aux conditions que foh maître lui impofbit avec ce pécule il travailloit, & fe tournoit du côté ott le port6it rÓnindtiftrie. Celui-ci faifoit la banque celui-là fe donnoit au commerce de la mer; l'un vendoitdes marchandifes en détail l'autre s'appliquoif à quelque art méchanique, ou bien afFermoit8: faifoit valoir des terres mais il n'y en avoit aucun qui ne rattachât dé tout ton pouvoir à faire profiter te pécule, qui lui procuroit en même temps l'aifartee dans la fervitude préfente &l'efpérance d'une liberté future celà faifoit un peuple laborieux, animoit les arts & l'induftrie. Ces efclaves', devenus riches par leurs foins & leur travail, fe faifoient affranchir s & dévenoient citoyens. la république fe réparoit fans celte, & recevoit dans ton fein de nouvelles familles, à mefure que les ancien-' nes fe détruifoient. J'aurai peut-être, dans mes lettres fuivantes, occaûon de te prouver, que plus il y a
Eiv

commerce y d'homïNe~dansun le feurit je prouverai auffi facilement, que le nomplus te commerce y fleurit plus bre des hommes y augmente ces deuxchoes s'entr'aident, Scfe favorifent n'ceffairement. Si cela eH) combien ce nombre prodigieux d'efclaves toujours laborieux devoit& s'augmenter? 1/induûtie s'accroître ëc rabonda~eles failbit naitre &eux,de leur cote faifoient naître l'abondance 8c t'induHri€< ,I'i,nduïlii,e. l DeParis, le16<fea,Lune deChabban, I~1-$.

L E T T R. ES ,1:

LETT R E CXII. USBEK~MM~M~. H o u s avonsjusqu'ici parle despaysMaho~ 1 ils~ metans ô~cher_r;l~é ~raifon_p,ourquôi etoient moinspeuples que ceuxquiétoient examifournisà la dominafiqn:j,~es:R:0111ain's cons à préfent ce qui a produit cet effetchez Chrétiens. ,,les Le divorce 6toit permis dans la religion, Payenne il fut 'défendu aux Chrétiens. Ce changement qui parut d'abord defi pedesfuitite cO¡t1¡[éque.t)ce infenfiblement ,êtît tés terribles, & telles qu'onpeutà peine les croire. Onôta non feulementtoute la douceur du donna atteinte à fa rpariage mais au1l11'on

fin: envoûtant reiierrer fes nœuds 1Ón les relâcha & au lieu d'unir les coeurs ccmme on le prétendoit, on les fépara pour jamais. Dans une aéHoni.1ibre, & ouïe cœur doit l avoir tant de part,on mit la gêne, la nécdl1té, & la fatalité dudeRin même. On compta pour rien les dégoûts, les caprices, & l'infociabilité des humeurs on voulut fixer le cœur, ,c'eft-à-diïe, ce qu'il y a de plus variable & de plus inconfiant dans la nature on attacha fans retour, & fans espérance, des gens accablés l'un de l'autre, & prefque toujours mal aeortis & l'on fit comme ces tyrans qui faifoient lier des hommes vivaas à des corps morts. Rien ne contribudit plus à l'attachement mutuel, que la faculté du divorce un mari & une femmeétoient portés à Supporterpàtiernment les peines domeâiques, cachant qu'ils étoient maîtres de les faire finir & ils gardoient Couventce pouvoir en-maintoute leur vie fans en ufër,par cette feule eox~fidé-ration, qu'ils étoient libres de le faire. Il n'en eH:pasde mêmedes Chrétiens, que leurs peines préfentes défefperent pour l'avenir ils ne voient, dans les détagrémens du mariage, que leur durée, êc pourainfi dire, leur éternité delà viennent les dégoûts, les difcordes, les mépris; & c'd1:autant de per. du pour la poûérité. A peine a-t-on trois ans de mariage y qu'on ce néglige l'effenticl; on
Ev

P t R S' A N t $-. < 1 /1T*

Bientôt un homme dégoûté d'une femme éternelle fe livrera aux filles de joie commerce honteux & fi contraire à la fociété. il y en a une qui n'eft pas propre au deflèin de la nature & à la propagation de 1"efpéce foit par fon tempérament. fuccefivi2ment dans les mains de plusieurs maris. Si. & peut être plus pernicieufes que fi elles étoienr publiques chacun vit & reile de fon côte ce tout cela au préjudice des races futures. fans remplir l'objet dumariage. elle enfévelit l'autre avec elle. comtrne chez les Romains. lequel. me Lacédémone oit les citoyens étoient fans ceffe gênés par des loix fingulieres & fubtiles & dans laquelle il n'y'avoit qu'une famille qui étoit la république il avoit été établi que les maris changeaient de femmes . (bit par fà~ âge. de deux perfonnes ainfi liées.LETTRES s -1£trente ans de froideur il fe paire enfemble forme des féparations inteâines auffi fortes. n'en repréfente tout au plus que les plaifirs.8€ la rend âuIEinutile qu'elle eft elle-même. comJ'ofe le dire fi dans-une république. qui en tiloient dans le chemin le meilleur parti qu'il étoit poffible. Il nefaut donc pas s'étonner Hl'on voit chez les Chrétiens tant de mariages fournir un fi eflabopetit nombre de citoyens Le divorce li les mariages mal affortis ne fe raccommodent plus les femmesne paient plus.

ilfemble qu'ils veulent l'en bannir autant qu'ils peuvent Mais c'efl:une image. il brable. Le mariage chez toutes les nations du monde. une figure. comme je te l'aidéja dit. De Paris. $~ quelque chofe de myilérieûx.. Il eil allez difficilede faire bien comprendre la raifon qui a porté les Chrétiens à abolir le divorce.PERS A NES. que je né comprens point.. Evj . efl:un contrat fufceptible de toutes les conventions 8c on n'en a dû bannir que celles qui auroient pu en affoiblir l'objet: Mais les Chrétiens ne le regardent pas dans ce point de vue auffiont-ils bien de-la peine à dire ce que c'eft. le 19 de la Lune Paris 191 $ dela1Lune deChahban. 1:718. ~<en feroit né un peuple innomtous les ans. Ils ne le font pas confifler dans le plaifir des fens au contraire.

L E T 1 1l IE 9. que les pefies & les guerres les plus fanglantes n'ont jamais fait. L E T T R E CXIIL US BEK au même. une famille . ir a. rnes fondamentaux. Les peres y condamnoient autrefois tes enfans dès le berceau aujourd'hui ils s'y vouent eux-mêmes dès l'âge de quatorze ans ce qui revient à peuprèsàlamêmcchofe. le bien efi toujours le mieux. Je trouve que leurs doreurs fe contredifent manifeflement. Ce métier de continence a 'anéanti plus d'hommes.. Le nombre de ces ~ens faifant profeffioii de célibat eft prodigicux.d~érable. ne fçachant ce que c'eit qu'une vertu dontil ne ténuité rien.. LA prohibition du divorce n'eH pas la feule caufe de la dépopulation des pays Chrétiens le grand nombred'eunuques qu'ils ont parmi eux n'en eft pas une moins conf. qui fe vouent à une continence éternelle c'eft chez les Chrétiens la vertu par excellence en quoi je ne les comprens pas. Q Je parle des prêtres & des dervis de l'un 8e de l'autre fexe. On voit dans chaque maifon religieuie. a~ ~s. quand ils difent que le célibat qui le mariage cft faint que lui eft oppofé 1"eflencore davantage fans compter qu'en fait de préceptes & de dog-.

J'ofe le dire dans l~'étàtpréfent oit el' l'Etlr1cop~ik1'1'eft as pofllble que la religion p catholiquéy Cubfiftecinq cent ans. qui ramenoit tout aux premiers temps. ils n'en euf-fentencore adouci le joug. Cetfe politique eft bien différente de celle des Romains qui éaablrifoiPntdes loix pénales contre ceux qui fe refufoient aux loix du mariage & vouloient jouir d'une liberté R contraire à Futilitépublique. tretient aux dépens de toutes les autres ces maisons font toujours ouvertes. Je ne te parle ici que des pays catholiques. comme autant de gouffres où s'enféveliffent les races futures. Dans la religion proteflante tout le monde eft en droit de faire des enfans. elle ne fouffre ni prêtres.0 ou il ne naît perfonne. ni dervis ocR dans Fe" tablüi`ement de cette religion. & achevé d'otér toute la barrière qui fépare en ce point leNa-~ zaréen 8~lVlahot~et. & qui s enéternelIe. Avant l'abaissementde lapuufTance d'Efpagne. il eN: ertain que la donne aux pxo-teüansun avantage n i fur les catholiques. c Mais quoiqu'il en foit.~ il ne faut pas douter qu'après avoir rendu la pratique du mariage universelle. fes n'avoient été accufés fansceü'e c~'internpérance. les catholiques étoient beaucoup plus forts que les proteflans ces derniers font peu à peu parvenus à un équilibrer 8c aujour- PB *< RSA NES. .

Quandil n'y a quele nombre de gensfuffifans le pour la culture des terres il faut que commerce périffe & lorfqu'il n'y a que celui qui ea~éceffaire pour entretenir le commerce il faut que là culture des terres manles deux que: c'eft-à-dire. en y a plus de réifources pour les remplir. Ë S d'hui la-balance-commence a. parce qu'ils augmentent à proportion de -ceux qui les payent Secondement. il faut que tous tombent en même temps. Les pays proteAans doivent être & font -réellement plus peuplés que les catholiques: d'où il fuit premièrement. non feulement la culture des terres y eHabandonnée. i emporterde leur côté. il ne doit plus . parce que l'on ne s'attache jamais à l'un. Quant aux pays catholiques. que les tributs y font plusconâdérables. Cette fupériorité augmentera tous les jours les proteilâns deviendront plus riches & plus puilans 8c les catholiques plus foibles.L E T f R. que ce ne foit aux dépens de l'autre. mais même l'indufirie y eft pernicieufe elle ne confiée qu'à apprendre cinq ou fix mots d'une langue morte.. que les terres y font mieux cultivées: Enfin que le commerce y fleurit davantaune ge parce qu'il y a plus de gens qui ont -fortune à faire &: qu'avec pl usdebefoins. Dès qu'un homme a cette provifion par devers lui.

qui prennent toujours. Le commerce ranime tout chez les uns. 8c ne rendent jamais. que le pape n'en leve. pour acquérir des capitaux. Il n'y a point de prince protestant. en paralyfie plus de circulation. DeParis lè 26delâ Lur~e de Châhban I~I$a . Ce n'efl:pas tout les dervis ont en leurs mains prefque toutes les richefes de l'Etat c'eH une fociété de gens avares. plus de commerce. plus de manufactures. pendant que les autres vivent dans l'opulence. ils accumulent fans ceffe'desrevenus. plus d'arts. furfes fujets cependant ces derniers font misérables. Tant de richeiïes tombents pour ainfi dire.S: P E-R S A s'embarrailer de fa fortune il trouve dans le cloitre une vie tranquille qui dans le monde lui auroit coûté des fucuts & des peines. qui ne levé fur fes peuples dix fois plus d'impôts. & le monachifme porte la mort par tout chez le~ autres.

ou chefs des villages. qui reçoit tous les ans tant de nouveauxhabitans eft elle-mêmedéferte. où la religion M&hométane eft établie ne font plus fi peuplées qu'elles étoient du temps des Romains par les raifons que nous avons déja dites. y périiTent à. No u s n'avons plus rien à dire de l'Afîe & de l'Europe pafïbRs à l'Afrique. Il n'y a rien de û extravagant que de faire périr un nombre innombrable d'hommes ? . Ce qu'il y a de fingulier. Quant aux cotes de la Guinée . que les petits rois. Celles de Barbarie. On ne peut gupres parler que de fes côtes. le vif-argent dont il fautfaire un continuel ufage. parce qu'on n'en connoît pas l'intérieur. vendent leurs fujets aux princes d'Europe. les détruifent fans reiTource. Us b b k au même. & ne profite point des pertes continuelles de l'Afrique. pour les porter dans leurs colonies en Amérique. les exhalaifons malignes qui enfbrtent. c'eft que cette Amérique. Ces efclaves qu'on tranfporte dans un autre climat.L E T T RE S LETTRE CXIV.milliers & les travaux des mines où l'on occupefans celte & les naturels du pays ôc les étrangers.elles doivent être furieufement dégarnies depuis deux cent ans.

Us BE x au mé~ne. par cette feul€ eC' pérancë' U'onr. L E T T R E CXV. comme les enfans te- .pai'mi q eiJx. que les aét:es les plus agréables à Dieu que les hommes puiffent faire~ c'étoit de faire un enfant.~ rer un champ. & planter un arbre. & qui ne font des richefes que parce qu'on les a choifis pour en être les fi~nes. Les Juifs.circonflances du mon-de de maniere qu'il ne faut fouvent qu'un nouveau tour dans fon imagination. poux le rendre beaucoup plus nombreux qu'il n'étoit. 8c toujours renainans~ ont réparé leurs pertes & leurs dettru~ipns continuelles. toujours exterminés. qui fera le -maître de la terre.petites. Les anciens rois de Perfe n'avoient tant de milliers de fujets qu'à caufe de ce dogme de la religion des Mages.lesfiU'Í1ines.~ d'y voir naître un roi puisant. DfP~r~e ~grK~r Lune <feG&<th&aH~i7iS. 2 labôu. cela ne vient que d'une certaine maniere de penfer car. LA fé~ondiré d'un peuple dépend quelquefois des plus .P s Á11 s. pour tirer du fond de la terre l'or & l'argent ces métaux d'eux-mêmesabfolumentdnutiles.tout{Js. Si la Chine a dans fon fein un peuple fi prodigieux.

lorfqu'elle efi enracinée dans les efprits. toute fainte qu'elle eft. &fi nécei. dans lefquels ils croient que leurs ames. Tranquilles pour le préfent fans inquiétude pour l'avenir nous ne prenons la peine. & nous lailons tout faire à la providence. reprennent une nouvelle vie chacuneft porté à augmenter une famille fi foumife dans cette vie.1'attention d'un père fur un fèul de fes enfans. D'un autre côté. nous paroiffent quelque chofe d'extravagarit.L ET TRB9 gardent leurs pères comme des Dieux qu'aS' les refpectent comme dès cette vie.0 faire dans l'autre. ni de réparer les édifices publics. à caufe d'une opinion. qui. anéanties dans le Tyen. les pays des Mahométans deviennent tous les jours déserts. ne laiffepas d'avoir des effets très-pernicieux. ni de défricher les terres incultes. en ce qu'il porte . les projets qui tendent au-delà d'une vie courte G~paffagere. ni de cultiver celles qui font en état de recevoir nos foins: nous vivons dans une ini'ënnbilité générale. C'eft un efprit de vanité qui a établi chez les Européens Finjuite droit d'aineiï&. Nous nous regardons comme des voyageurs qui ne doivent penfer qu'à une autre patrié les travaux utiles & durables les foins pour affurer la fortune de nos enfans. 8e détourne fes yeux de tous les au- . fi défavorable à la propagation. qu'ils tels les honorent après leur mort par des facrifices.

qui puife donner la fubfiflance à un grand peuple parce que les animaux fuient toujours les endroits trop habités. pour rendre iolide la fortune d'un feul de s'oppofer à l'érabliffement de plufieurs. UsBEK au méme. ils font défolés par des famines fréquentes fans compter qu'il n'y a pas de pays fi abondant en gibier & en poî1fon. qui en fait toute l'opulerice~ DeP~tr~ 4-dela Lurze j deR~M~an\. que lorfqu'ils font quelque imprécation contre quelqu'un de leurs ennemis ils ne lui rouhaîtent autre chofe. Cette malhéureufe averfion efl fi forte. croyant qu'il n'y a que la chaffe & la. Mais comme il y a fouvent des années où la chaife & la pêche rendent très-peu. LES s pays habités par les fauvages font ordinairement peu peuplés par l'élolgnement qu'ils ont prefque tous pour le travail & la culture de la terre.pêche qui foit un exercice noble & digne d'eux. D'ailleurs les bourgades de fauvages. en ce qu'il détruit l'égalité des citoyens.P E R S A N E S.i7ig. enfin. tres en ce qu'il l'oblige. que d'être réduit à labourer un champ. T E T T 11 t4 CX VI. au .

ayant des intérêts auffi féparés que ceux de deux empires. eft punie de mort. Il y a chez les fauvages rare mitre cootume. 11y a ici de*sloix terribles contre ce âéfordre elles vont jufques à la fureur. & fe fecourent mutuellement. Toute fille qui n'a point été décîarer/a groffeffeau magiftrat.h pâelaLunt dtRh. fi fonfruit périt: la pudeurSela honte.œm&%&nji7ii*. ne peuvent pas fe foutenir parce qu'elles n'ont pas la relfourcedes grands états dont toutes les parties fe répondent.jamais. les accideris mêmes. De Paris . qui n'eft pas moins pernicieufe que la première c'eft la cruelle habitude où font les femmes de fe faire avorter afin que leur ne grofTelTe les rende pas défagréables à leuft maris. ne rexcufent. .Lettres nombre de deux ou trois cent ha&itans ifolées les unes des autres.

des Juifs. Le grand Cha-Abas voulant ôter aux Turcs le moyen d'entretenir de groires armées fur les frontières. d'autres qui viennent précifément de ce qu'on en change. on fait précifementle contraire de ce 1 qu'on fe propofe. L E T T R E CXVII.c'ef~ un préjugé de quelque vice particulier de la nature da climat: ainfi. Quand un pays e:ft défert. .P £ S A N W S. L<'6. tranfporta prefque tous les Arméniens hors de leur pays. quand on ôte les hommes d'un ciel heureux pour les envoyer dans un tel pays. U faut que les hommes relent où ils font: il y a des maladies qui viennent de ce qu'on change un bon air contre un. Us a s Re~umérne. F E T ordinairedes colonies eft d'affoiF blir tes pays d'où -on les tire. Il fallut fe confoler de leur perte. Les Romains fçavoient cela par expérience ils reléguoienttous les criminels en Sardaigne & ils y faifoient paffer. chofe que le mépris qu'ils avoient pour ces miférables rendoit très-facile. fans peupler ceux ou on les envoie.mauvais. & en envoya plus de vingt mille familles dans la province de Guilan qui périrent prefques soutes en très-peu de temps.

. la Paleiline eH fans habitans. L'expulfion desMauresd'Efpagrle fefait encore fentir comme le premierjour bien loin que ce vuide fe rempliffe il devienttous les jours plus grand. la moindre des circonftances dont nous avons parlé vient à concourir. il fe rétablit il faut des -fiécles pour cela.. refte dans le même état & lï par hafard. Il faut donc avouer que les grandes deftruétions font prefque irréparables parce à qu'un peuple qui.colonies. Ce nombre prodigieux de Negres.T'. ~'hepüisla de£tru6èion des Juifs fous A. Que fi dans un état de défaillance. Depuis la dévaluation de l'Amérique les Eîpagnols qui ont pris la place de fes anciens habitans. & fe confument tous jours.. par une fatalité que je ferois mieux de nommer une juflice divine. Les princes ne doivent donc point fonger à peupler de grands pays par des.E?.R. manque un certain point. n'ont pu la repeupler. dont nous avons parler n'a ppint rempli l'Amé1 rique. au contraire.S" Tous les trànfports de peuples faits à Con. mais il dépérit tous les jours & tend à fon anéantiIrement. non feulement il ne fe répare pas.~L'E''T. Je ne dis pas qu'elles neréuffiffent quelquefois . drien. les defiruêteursfe détruifênt eux-mêmes. (tantinople n'ont jamais réùfG.

i'Efpagne deviendroit la puiffance de l'Europe la plus redoutable.P il. J'ofe le dire au lieu de faire paffer les Efpegnols dans les Indes. que l'efpéce s'y multiplie toujours témoinces ifles qui ont été peuplées par des malades que quelques y. comme les Efou au moins pagnols. comme font celles pour occuper quelque place que pnxrnie pour le commerce. vaiffeaux y avoient abandonnés qui recouvroient :auffi-tôtla fanté. & ne fervent qu'à faire de l'ombrage Riennedevroit corriger les princes de. 1 1 . Les Carthaginois avoient. E R S A N E S. Mais quand ces colonies réufriroient. de grandes iflesdans lefquelles ils faifoient un commerce prodigieux mais quandils virent le nombre de leurs habitans diminuer. découvert l'Amérique. il-faudroit faire re paffer tous les Indiens ce tous les métifs en Efpagne il faudroit rendre à cette monarchie tousfes peuples difperfés & fi la moitié feulement de ces grandes colonies fe confervoit. cette fage république défendit à fes ûïjets ce com merce & cette navigation.Ia L'auteur parlepeut--être del'Hlede Bourbon. dont les branches trop étendues ôtent tout le fuc du tronc. On peut comparer les empires à un arbre. au lieu d'augmenter la puiffance elles ne feroient quela partager à moins qu ellesn'euffent très-peu d'étendue.y a des climats fi heureux.

üs prirent une voie toute .foutenir une guerre civile de filoin? Que feroient-ils devenus. 8c de la crainte de leurs foudres ? Quant aux Portugais. Juges par-là combien les conquêtes font funef1:es.puifque les effets en font tels Car enfin ce reméde affreux étoit retenir unique comment auroient-ils pu tant de millions d'hommes dans l'obéiffance? comment. qui femblerent. & prirent chacune pour cela une voie différente. On vit un peuple auffi nombreux que tous ceux de l'Europe enfemble difparoître de la terre à l'arrivée de ces barbares. s'ils avoient donne le temps à ces peuples de revenir de l'admiration ou ils étoient de l'arrivée de cesnoù< veaux Dieux.S 1L E T T R Ë fureur des conquêteslointaines que l'exemple des Portugais & des Efpagnols. avoir voulu en même temps découvrir aux hommes quel étoit le dernier période de la cruauté. prirent le parti de les exterminer. Les Efpagnols dérefpérant de retenir les nations vaincues dans la fidélité. en découvrant les Indes. Par cette barbarie ils conferverent ce pays fous leur domination. & d'y envoyer d'Efhorpagne des peuples fidèles jamais deflèin rible ne fut plus ponctuellement exécuté. Ces deux nations ayant conquis avec une rapidité inconcevable des royaumes immenfes plus étonnées de leurs viéloires que les peuples vaincus de leur défaite fongerent aux moyens de les cQnferver.

LI.. j8c rendtrent de même !eur propre pays. ce.àa. C'eâ le defHndesnetos de fe rMJMrà conquérir des pays qu'ils perdent foudain ou à foumettre desnationsqu'ils font obligés euxmêmes détruire de comme infenfé.cheter. fi l'on confidère la nature du terrein.M~ ~fR~Ktm~~I~l!.P E R A11I!: S. ils n'employèrent pas les toute oppose cruautés auffi furent-ils bientôt chaues de tous les pays qu'ils avoient découverts.t. & qui cependant font les plus e peuplés. au~to~ au1Iitôi PeP<tr"t~t8~e~I..1 A douceur du gouvernement contnbue mervèil1é~fe111ent à -la. LE T T R E CXylIÏ. qui cet te confumo. 8c en pronterent. Rien n'attire tplusles étrangers.que t~Hb~tv `~'OYitB . Quel prince envieroit le fort de ces C011quérans ? quivoudroit de CMconquêtes à ces conditions? Les uns en furent auiffitôt-cliaffés. .9 :: plus quetoutes. la Suiiïe& 8 mauvais la Hollande.Ôë des.é. Les Hollandois favoriferent la rébellion de ces peuples.dcs ftatues qu'il jettoit dans la meE.deux<plus pays de l'Europe. les autres en iirent des déferts. K ..p'ropagatiqnde?l'efp.qui font les. ~e Us 13 EK'~Umén~e.r~pub'1îques'en fÕnt1un¿'preu-' ve cQni~anté. glaces qu'il briibit es. ToutesJes'.

L'égalité même des citoyens. 8s*îa répand par tout. & qui defcehdrdient de la condition..le'.ur. porte l'abondance ce la vie dans toutes les parties du corps politique.Of>1"e1 J'avoue que le ra~iqùe ou payfan étant une fois peuplera foit qu'il fbit ~iche.fbit 'qu'il fbit pauvrey c.1-.s''i1 marie. r. ~3'u'ti hdAïme6~ m~là fon aife & qu'il ~ fente qù'ît fera des enfans plus pauvres que fe lui.' . & les befoins attirent dans les pays trouve l'autre._· la fuit toujours l'une té.il craindra d'avoir un trop grand nombre d'enfans..pa'$'{'Õu. r. qui produit ordinairement de Pégalité dans les fortunes. S nataœ. II n'en efi pas de même des pays foumis au pouvoir arbitraire le prince. qui pourroient achever de déranger fa fortune.. fans rien diminuer de la fubfiflance des peres. les courpoffédent tifans 8c quelquesparticuliers "t"" les toutes `le~ichc per da ~r =~uë autres gémiflènt dans une pauvreté extrême.ëtte confidération ne le touche pas il a toujours un héritagefuràlaiilërà tes enfans qui eft fôn hoyau 8~:~ienne l'empêche -ja mais de fuivre aveugle'*mentl'inflinét de 14 LETTRES .0. L'efpece fe multiplie dans un pays où l'abondance fournit aux enfans.j. Se l'opulence qui fe fait rechercher par elle-même. il ne fe maÚéra. -7' .

& cela. qui languiffent dans la mifere? Ils tous à mefurequ'ils naiflent: péri1fent'prefque ils ne.profperent jamais fpibles &._` roître. un Que fi. débiles* ifs meurent en détail de mille manières tandis qu'ils font emportés en gros pat tes fré«-} quentes maladies populaires. Les hommesfont commeles plantes qui ne croiflent jamaisheureufement fï elles ne* font bien cultivées Chezles peuples mïféfables l'efpéce perd. ôc même quelquefois dégénere. iës'otUigéoltu de fe marier.que fera-ce Mrs les autres états? DeParis le 2 3de-aLu~s l âe Rbumaiam.lacrainte oîi étoient tous les enfans de famille. la famine& les maladies en ont fait difpa. 1~ Mais à quoi fert dans un état ce nombre d'enfans. dans un âge trop teWdre & dans le fein de la pauvreté. La France peut fournir un grand exemple de tout ceci. . qu'ôtt: ne les enrallât dans la milice. & iangùiflerit tojit le refte deleur vie.Persane 1" 1 s. 171S. De tar& de n mariages ilnaiffoit biendes erifaas '[ùeTon cherche encore en France & que la mifere. que la frilfere Ô£ la mauvaife nourriture produifent toujours ceux qui en échappent atteignent l'âge viril ians en avoir la force. Dans les guerres paffées. Fi| . dans ciel aufîî heureux (dansua royaume aufll ptslice quela France ori^faiÉ de pareilles remarques.

MOLLACK MEHBMET ALI. youdrois les voir réunis fous l'étendard les larmes des faints 9 non pas d'Ali-.le 1delaLurae ~~hatv~l-~ j. ~SBEK gardien des trois tombeaux à CO~z. ~~r de cilices 8QC. deux plus grands échecs qu'il ait jamais ne le foutient qu'à çus un moufti Chrétien peine le grand vizir d'AllemagneeR le fléau de Pic:u. par les d Çi difperfés.dansles montagnes & dans infi~étes~ g az Ji terreur ~i~s pe Paris.Iges des mollacxs? La main Dieu s'eil deux fois appesantie fur tes enfans de la n'éclailoi Ip foleil s'obiçurcit fernble rer plus que leurs défaites leurs armées s'afcomme la ~tnblent. nous fervent les jeûnes des immaums.~i~ .t iz T T p. 8e elles font ç1iPIpées pouffieref les eft L'empire dçs@Ofmanlins ébranle par re. envoyé pour châtier les fe~a~ colere du ~eurs d'Omar il porte par-tout la leur per~ ciel irrité contre leux rébellion ûaiet nuit Efpritfacré des immaums.0 S L E TT RE CX IX. tu pleures le déjk jour fur les enfans du prophète que dévoyés tes entrailles s'é? tcûableOmar à la vue de leurs malheurs tu défi" ~eu~rent les leur converfion (3cnon pas leur perte? tu.

CXX. On épouvante facilement les mécîigris par une longue îuite de peines. à ON eft bien embarrafle dans toutes les reîigions.de donner une idée des jplâiiîrsqui font deftinés à ceux qui ont bien vécu. dont on les menace mais pour les gens vertueux on né fçait que leur promettre.Persane LETTRE Rica s. sso e l1J nj . J*ai vu des defcrîptions duparadis capa* bles d'y faire renoncer tous les gens de bon fens les uns font jouer fans cefle de la flûte ces ombres heureuses d'autres les condamnent au fupplice de fe promener éternellement d'autres enfin qui les font réver làhaut aux maîtreffes d'ici-bas n'ont pas cru que cent millions d'années fuflent un terme affez long. dans les idées qu'ils oiit ées plaifirs du paradis» 'Ii' F yH. quand il s'agit. Il fembleque la nature des plaifirs foit d'être d'une courte durée l'imagination a peine à en repréfenterr d'autres. pour leur 6ter le goût de ces in* quiétudes amoureufes* Je me fouviens à ce propos d'une hiftoire que j'ai oui raconter à un homme qui avoit été dans le pays du Mogol elle fait voir que les prêtres Indiens ne font pas moinsftérile» que les autres..

ce maudit gouverneur.à crier comme un enragé. chagrin) & d'ailleurs fi vieux que fi le dieu Braman'a point fait fur lui quelque réforme. Voyez. je ne lui ai jamais conparlé mais fi elle m'en croit elle fera une adion sommera fon facr. qui venoit de perdre fon . Que dites-vous.mari vint en cérémonie chez le gouverneur de la ville lui demander permiffion de fe brûler mais comme.ifice fera-tagréable au dieu Brama auffi en elle bien réco mpenfée car elle retrouve8e elle ra dans l'autre monde fon mari recommencera avec lui un fecond mariage. dit la femme furprife? me Je retrouverai mon mari ? Ah je ne brûle pas. quand elle en a envie A-t-on jamais vu rien de pareil Ma mere. dit-il. comme on eH gêné Il ne fera_~ feulement pas permis à une pauvre femme de fe brûler. Il fe trouva là . on abolit tant qu'on peut cette cruelle coutume.parhasard un jeune bonze r Homme infidéle lui dit le gouverneur eftce toi qui a mis dans l'e{prit de cette femme cettefureur? Non.. dans les pays foumis aux Mahométans. il fe âch e 9 feme!. Lorfdu'elle vit fesprières impuiilantes. il la refufa abfolu-' ment. Il étoit jaloux. elle (éjetta dansun furieux emportement. düôit-eile. ma tante mes tceurs fe font bien brûlées 8c quand je vais demanderpermiffion à. furement il .LETTRES IlUNB PEMMF.

qui eitchargé d~foJi>é~1i:c~tion.o)Et.je n'ai jamais vu couler les larmes de perfonne. Deux vieux bonzes.~A"~-U'SB-! 1 K~.DeP4r~4~ dé'Châl.P~ous. & qui f§a voient de quelle maniere je vivois avec-lui. je renonce le à cette béatitude.n'avoierit garde de me tout dire: mais fi le dieu Brama n'a que ce prêtent àtmefaire. quimefeduiloient.. `. Je fuis touche du fort-de ce prince.val.s. ~Mon. UfbeK..Ëeur gouverneur.4irecà:i$qns~ari\ ue je q ii. Seje le plains. . n'a pas befoin de moi.N ES._p~ot~w~z. 17IS..tJé_~ptfnce..:`ai vous voulez aller. Me brüler pour feulementle bout du do~gt pôur lui!pas le.]P' B R S A. -RI ~-C. On ajoute oncle du roi. qu'on l'a fait conduire dans un château..7 ditpour elleen r~g9rd~~i-lJ~(:b~R~e 3. 7 je mefai? ¥qbQmÆti¡lA~. fans en être attendri je fens de l'humanité pour les asas malheuFiv . ï-etirer dH fond des enfers.. qu'on a fait arrè~~r.' me porte fort bien. Je te l'avoue. Les miennes portent que fainbaffacleur du grand Mogol rea çu ordre de fortir du royaume. e JE t'attens ici demain cependant je t'envoie tes lettres d'Ifpahan. ouil eâ très-étroitement gardé &q1J~b1i privé de tous tes l'a honneurs.. LE TT R E CXXI.

le De P~rïs-. En effet.qu~pler roient: Je fensy leur dit-il. à vos larmes.reux.il n'y a que nosplaintes qui puifféntleur en rappeller l'idée.n'y hommes & les grands memës~ poudefquels je trouve dans mon coeur. dans les paroles d'un prince qui. Je trouve quelque chôfe de bien naïf 8s même de bien grand. 3dela ~une S~8'laiyRl 17~* 1L E T T R. prêt de tomber entre les-mains de fes ennemis. qu'ont-ils affaire dans ta profpénié d'une inutile tendrefe ? elle approche trop de l'égalité its aiment bien mieux du refpeél. voyant (es courtifïans autour de luï. queje fuis encore votre roi.de-la dureté quand ils font élevés je les aime Ëtot qu'ils tombent. qui ne demande point de retour.E S < avoit _A comme . qu'eux qui fuftnt s'iI. Mais fi-tôt qu'ils ibnt déchus de leur grandeur.

rol de Suéde Il affiégeoit une place dans un royaume qu'on nomme la Norwége comme il vifitoit la tranchée L'eu!avecun ingénieur. Tu f~aisque dans les banquets facrés oh le feigneur des feigneurs defcendciu plus fublime trône du monde pour fe communiquer à fes efclaves je me fuis fait une loi févere de captiver une langue indocile on ne m'a ri_ F ~r . felon moi) mérite mille morts. 8c l'ont condamné à perdre la tête. 8~de lui avoir fait perdre la confiance de fon roi forfait qui.aHemblés. On a fait fur le champ arrêter fon premier miniftre les états fe font. Il étoit accufé d'un grand crime c'étoit d'avoir calomnié la nation. & qu'onlui ôté ta bienveillance de celui que la providence a établi pour faire fon bonheur? Je voudrois que les hommes parlaffent aux rois comme les anges parlent à notre faint prophéte. TU as oui parler mille fois du fametix. Car enfin fi c'eft une mauvaife a6Honde noircir dans l'efprit du prince le dernier de fes fujets qu'eft-cé. A ~mirne. LET TRE X XJrIv P~mA à IBBEN. il a reçu un coup dans la tête dont il eft mort. lorfque l'on rtoircit la nation entiere.P t R S A 19 3 S.

épreuve de notre fidélité.!7tS.s -1". ~eParis lë de la LIme: deSaphar.l' T P. Mais que labaffeife d'arne de comprens-tu qu'un homme qui n'eft que d'hier dans le miniflere. qui peut-être n'y fera demain pu devenir dans un moment pas l'ennemi de lui-même de fa famille de fa & du peuple qui naîtra à jamais de cepatrie. lui qu'il va faire opprimer? Un prince a des payons le minière les remue c'eâ de ce côté-là qu'il dirige fonminiftere il n'a point d'autre but. Les courtifans le féduifent par leurs louanges 8c lui le flatte plus dangereufement par fes conseils. E. ' 1 r_ . feule parole qui fes pût être amere au dernier dé fujets. j'ai risqué & jamais ma vertu. ni n'en veut collnoitre. Quand il m'a fallu ceffer d'être fobre je n'ai point ceffé d'être honnête homme & dans cette ma vie. elle a prefque touquelque été fuggérée de maniere que l'ambijours tion des princes n'eft jamais fi dangereuse fes confeillers. que fon prefque jamais de min 1i:ftrene le foit encore davantage s'il fait action mauvaife. par lès défeins: qu'il lui inipire & par les maximes qu'il lui propofe.jamais vu abandonner une. Je ne fçais comment il arrive qu'il n'y a princefi méchant. a LB.

iî parutqu'il fe trouvoit dans un lieu agréable car il dé-rida un peu Xon vifage 6c fe mit à rire.I. 6c s'apprirent récifjroq'uement quelques nouvelles littéraires. Cepen4atit fçAefprit régulier toifoit tout ce qui fe difoit dansla converfation il refïembïoit à ç^lui qîû rà&munjardin coupon ' Wwji . Ces difcours les menèrent jufques fur la porte d'un caffé où j'entrai avec eux. car il étoit n'y parût d'une réVerie profonde il fallut que mon ami le tisât long-temps par4a manche ôc le fecouât pour le. géométrie.ours. faire defcendre jufqu'à lui tant il étoit occupe'd'une courbe qui le tourmentoit peut-être depuis plus de huit j. Pour luir. R I G.. Ilsfe firent tous deuxbeaucoupd'honnêtetés. çu dq to^le mpnde.aUîlhp^rrime fa connoilTançe qu'il medit être ungéométre il n'y v vay .avec e^greiîe^nt^.u.A à U S B E K.u':I.. & aa ai ey avpit rien qui aa t'cu.Persane f. Je remarquai que notre géomètre fut xe-y. L E t T R É 4 Ç X XI II. & queles g^rço^^u ca^ertfeifbiçnf beaucoup plus de cas (pe 4^ ^euXirnQufquetaires qui étoient çlan^JWk coin. corri' me s'il n'avait pas eu la moindre teinture de.I. t. J JE paffois l'autre jour fur le pprit-neuf avec de un de mes amis il ïencqnîr.

il étoit offenfé d'une faillié. 8c iî aucoitdonnépour cela une thode infaillible. fur trente-cinq de large. Il parut fort fatisfait d'un cadran qu'il y avoit dé~êIé'. Un homme fe plaignoit d'avoir été ruiné lhyver d'auparavant par une inondation Ce dit que vous me dites-là m'efl:fort agréable. Unnouvellifté parla'du bombardement du château de & il nous donna foudain les Fontarabie de la ligne que les bombes avoient propriétés décrite en l'air 8~ charméde ravoir cela. qui malfçavant qui étoit auprès heureufementlui demandafi ce cadran marquoitles heures Babyloniennes. 6e voit vu lui qu'un bâtimerit de foixante pieds de long. Il étoit arrivé ce jour-là de campachâteau gne avec un hommequiavoit vuun des jardiîis magniti. Rien pour lui n'étoit indifférent. alors le géométre je vois que je ne me fuis pasarompé dans l'obfervation que j'ai faite .L Il' T T Il B s 1 ç e~*e avec fon épéela tête edes ileursquis'élevotent -atte. pourvu qu'il fût vrai auffifa converfation étoit-elle finla guliere.qtiiÉ'élevoient au-deffus des autres martyr de la juâeile.ques 8c il n'aSuperbe..~desfi'urÈ. d'une ftrucrure fort finguliere & il s'échauffa fort contre un de moi. commeune vue déeft liC4~e oiienfée par une lumière trop vive. & un boifort quet barlong de dix arp-ens il auroit fouhaité que les régies de la perfpeaive euifent été tellement obfervées que les allées des avenues euffent paru partout de même inclargeur.g il voulut en ignorer entiérement le fuccès.

Vous ne m'entendez pas. la terre cteux tombe fur 1~ au éil . y ne vingt àn~ que vo& peniez pas ? Vousparlez pour Jés autres. Comme il alloit affez vite Se qu'il de regarder devant lui. cet homme portant la main fur le front. que il y a vingt ans je viens de mettre au jour. de lui rendre la lecture des bons auteurs familiere? Je ne d'is pas tout-à-fai~cela j'eflime autant qu'un autre les fublimes génies que vous trâv~Mez Mais vous ne leur reffemblerez point. dit le gavant. que je m'occupeà faire des traductions. ce ils penfent pour vous? Monteur. ccnousïeiuivimes. Comment! dit le géomètre il y a deux mille ans qu'il y eft. car. croyez-vous que je n'aie pas rendu un grand fervice au public. dit au géomètre Je fuis bien aife que vous m'ayez heurté car j'ai une grande nouvelle à vous apprendre: reviens de donner monHorace au public.& qu'il pouces d'eau plus que l'année paffée Un moment après il fortit. on ne vous traduira jamais.Les traductions font comme ces rnonnoies P E R si A Nï! S< n moins~t. moniieur dit te géomètre. a Quoi. reprit l'autre: u c'ef1: ne tradudion de cet ancien auteur. fi voustraduifez toujours. il fut rennéglf~eoit contré direétement par un autre homme: ils fe choquerent rudement & de ce coup ils rechacun dé leur côté en raifon réel. jaillirent de leur vîtefFe & de leurs xnatfesé proqué revenus de leur Quandils furent un peu étourdiffernent.

qui ont biea même qu"une piece d'or. dites-vous faire renaître parmi nous cesilluftres morts & j'avoue que vous leur donnez bien un corps: Mais vous ne leur rendez pas la vie il y manque tou-jours un efprit pour les animer. qu'un calcul facile nous fait découvrir tous les j~nurs Après ce petit confeil. ils fe fépare? r~nt.T.'ils '8' entretiennent projets magniRques~ de grandsintéréts. ott '. qt. & leurs difeours de cinquan~ te ans n'ont .. ~Re!)M&~z.E. L E T T ~y. je crois. tres-mécontens l'un de l'autre.éigbles~.C R E A lG CXXIV. Que ne vous appliquez-vous plutôt à la recherche de tant de belles vérités.nii}q~1e leur oifiveté eft toujours occupée.ùn:col1veIÍatious.qrx'onappelleJe.ell.de celui' qu'auMit puproduire un filence auffi long parce cependantils fé croient c-onfW.de cuivre.snQ'n~.pas un effet différent-. mais elles fonttoujours foibles & d'un mauvais aloi. DgP~rtïjIe~rnt~de~LunSs.)C ~Ete pailerai dans çet~e ~tre ~uneçertay ne narfon.' .L. Vous voulez.une U~' C .ii' ou ~'affemblentdans ijn ja~di-nrp:ag.tyi9. X. S~ ..<'j_t_ la valeur.!u..T.: traitent La bàfe de le.. & même font d'un plus grand ufage pour le peuple.lis (ont trèsmutilesàFetat..~s. 9.ell~fl. de .

Ils font voler les.ils gavent combien notre auguite fultan a de femmes y combien iL fait d'enfans toutes les années & quoiqu'ils' ne faffent aucune dépende en efpions ils font infiruits des mefures qu'il pren<d pour humilier l'empereur des-Turcs 8c celui des* Mogôls.bles bru~ Sans:ïlnel~urmanquequeIeBonfëns.1.031tes:.rioûtê ~°rivole8~ridicule il n'y point de~ cabinet fi myfiérieux qu'ils ne.E1t S v 1qB' «Iln I.t" devant de la providence. & marchant aufu. .~ à A peine ont~-Hs éimi{éle .qu'ils fe~ précipitent dansl'avenir-.i1jgu:liere' je' la gardai.' t :Nt0 NSIE U~c JE me troa~fie~y~~yey~nsnC ~âns'es~ co~n~é£~~=° Le ~e~fur les-affaires du ~.-s.fa préviennent2 toutes les démarches des hommes ils conduifént un général par la main & après l'avoir loué de mille fottifes qu'il n'a pas faites..d'ànsi. armées comme îeëgruesy.eaaa~s. prétendent pénétrer ils:ne~auroïentconfëntiic à igno-rer quelque chofe..: !<? YOIC1i.préfent.. & tomber les murailîes comme des car~ons~° Us ont de.A. anômt~grl~s:9r des magaânsimmë.nfesdans les &.. routes fectetfes¡\. ~. Il y a un hommeavec qui je 1-àg'e qui re~ ~ut cette lettre d'un nouveIMe: comme' elle ~~apan1. trewtoi . Pc.1 ~»g.p-onfs toùte~1-és-riv'icres dess fur.Ies.t." ils lui en préparentmilîe autres qu'if ne fer~ pas.

Dès que la guerrefut déclarée entre Vemcherchernos mzfpereur & les Turcs j'allai les fleurs dans tous les coinsdes Tuilleries je ajfemblai près du bajfîny &leur prédis. ce qui fit que je mefervis de termes. pourfaire la torieufe du Milanès commeje trouvai de la conquéte voulus réfifianceà faire recevoir cette idée je la foutenir glorieufement j s pariai cinquante & je lesperdis encore car cediable piftoles fa d'Alberoni.tb e~(twraa vers le rixilieu c~ise. fi je m'expliquais manieré bien claire.Il efi-vraique. malgré la foi des traités envoya deux flotte en Sicile & trompa tout à la fois m)U gra&ds politiques le due de Savoye & 1717.unpeu énigmatiques mais les gens bien. je pariai cent pijloles quilferoh fris. qu'on & qu'il feroitpris. le iB août il ne fut pris que le lendemain peut-onperdreàfibeaujeu? Lorfqneje vis que la flotte d'Efpagne débarquait en Sar daigneî je jugeaiqu'elle en ferait la conquête je le dis & celafe trouva vrai. Le qui fçavent raifonner m'entendirent 1 7 avril de la mêmeannée il mourut de la petite vérole. ait ete accom~lie. Enflé de cefuccès j'ajoutai que cetteflotte viciroit débarquer à Final. L Ë f ? «.» "1 1 . je crus queje ms d'ans ferois moquer de moi. il eftvrai que commeil feportonfort bien. lemilisu dufiége. J'ai été aff'ezheureux pour que ma prédiction été accomplie.mourvier 1711 je prédis' qu&V empereur Jofeph roit dans le cours de l'année.ESS >II . ferait lefiége de Belgrade.

le C. y JE fuis le fujet.JP B 1t S A H 1 S* Tout cela monfteur medéroute jt jon que & de ne parier fâi réfolude prédite toujours nous ne eonnoijjtons point aux jamais. le Maréchal de ayant appris me dit-il vous avez toujours Cela eft faux des nouvelles extravagantes il n'y a pas h monfens communà tout cela. me dit Je parie centpiftolesque non. fieur de mefaire le plaifir demaprêter trente m'ont fifloles car je vousavouequecesparis de fort dérangé. Je vousprie. Je 'vous envoiela 1copie' deux lettres quej'ai écrites auminifire. Monseigneur. & reprenant la parole d'une voix plusforte je dis M. le plus zélé que le roi ait jamais eu c*eft moi obligeai un de mes amis qui d'exécuterle projet quejiarooisforméd'>un livre® . &c* Lettres d'un nouvellifte au minîfîre. ne les fouffroitguéres mais depuis quune parmi nous9 troupe de petits-maîtres s'eft mêlée nous neffavons plus oisnousenfommes. crit)& accommodons m de cesfanfaronsJaifijfdnt jùftemem l'intervalle du premier mot àu fecond. Vautre jour commej'ouvrms mon manufmeslunettesfur mon nez. e n'ad voir pas fait d'attention à cette extravagance. le fis femblant. Autrefois Tuilleries Vufagedesparis &feu M. Je fuis. A peine ouvrons-nousla bouchepour dire une noud velle qu'un de cesjeunes genspropofe éparier contre. da L.

jeunes hnpofent lards. nous avons rrande fois évoqué les ombresde nos héros a gois il faudraque nous. d la depuis le commencement e monarchie les François n'ont jamais été battus & que ceque. leshifioriens ont ditjufqu'ici de nos défavantc^ gesffont de véritables impofiures. Je travaille depuislong-tempsd un autre ouvrage.llions teninnoiconfS' . Je fuisobligé de les redrejfer enbiendes occafions. JDEfuis la perte que nousavonsfaite e de MiH C.&j'ofe meflatter queje brille fur-toutdans la critique* Je fuis.fi votre grandeurveut m"accorder unprivilége mondeffeinefideprouver que. où les.L E T T R ES Louis le grand ët-oït-tephs pour démontrer que grand de tous lesprinces qui ont mérité le nom de grand. anciens & enfans -•' 'eux > fans -difçtpltm cUftlevéritableconfêil aux. les.oà. nous vousfupplionsd'avoir la bonté' de nous permettre$ élire unpréfident.vieilde Roboam.& lesaffaila res d'état n y font pas traitées avec mêmedifcujfîonque par lepajj'é nosjeunesgens vivent absolument égardpour. de L. qui fera encoreplus d'honneur à notre nation. Monfeigneur. Le défordre fe met dans nos conférences. Nous avons beau leur repréfenter que des'ïuilleries nous étions paifibles po(feffeurs vingt ans avant qu'ils nefurent au monde je crois qu'ils nous en chajferontà la fin & qu'otant blizésde quitter ces lieux .&c» MoHSEI G HEUR.

y terre d'autre que le defpotique. Un e des çhofes qui a le plus exerce ma euriofité en arrivant en Europe c'eft l'hiftoire ôc l'origine des républiques. de nouveauxhabitans vinrent la peupler elle tira prefque toutes fes coloniesd'Egyptey. Les premiers gouvernemens du monde furent monarchiques ce ne fut que par hafard. z. & des contrées de l'Afîe les plusvoifines & comme ces pays étoient goiivernés pardea. & du débris de tant de royaumes s'élevereat ces républiques qui firentfî fort fieu^ . Mais la tyrannie de cesprinces devenant trop pefante on fecoua. 1719' h E TTR É Rh e©i à CXXV. &: par la fucceffiondes fiécles que les républiques fe formèrent.F E K S A N B S. A Paris. rentes au jardin du roi. La Gréce ayant été àbyfmée pat un déluge. ou plus écarté. les peuplesqui en fortirent furent gouvernés de même. Je fuis ne» De Paris.ie joug. & que l'imagination ne les a pas fervis jufqu'à leur faire comprendre qu'il puilTe en-avoir fur lar. Tu fçais que la? plupart des Asiatiquesn'ont pas feulementd'idée de cette forte de gouvernement. rois. Ri g a.le 7 de la Lutte de Gemmadi.

On fçait que cette grande Hefpérie fi fameufe chez les anciens. l'Efpagne. étoit au commencement la Gréce un que fes voifins regardoie~ntcomme lèjout de félicité les Grecs qui ne trouvoient l'allerent point chez' eux ce pays heureux. qu'elles avoient pris dans ce doux pays. chercher en Italie ceux d'Italie en Efpaou le gne ceux d'Etpagne. Ainfi on ne voit guéres dans ces temps reculés de monarchies dans lItalie. Ce n'di pas tout la Gréce peupla l'Italie l'Italie. feule polie au milieu des ûa~ bares. Tout ceci fe paifoit en Europe car pout . dans la Bétique. 2l'Efpagne. Ces colonies Grecques apportèrent avec elles un efprit de liberté. les Gaules. On verra bientôt que les peuples du Nord & d'Allemagne n'étoient pas moins libres &fi l'on trouve de des vefil~ges quelque royauté parmi eux c'eft qu'on a pris pour des rois les chefs des armées ou des républiques. Portugal de manière que toutes ces régions porterent ce nom chez les anciens.Ltt1'T'IlES rir la Grèce. L'amour de la liberté (a haine des rois f €ônj[erva long-temps la Gréce dans Findé" pendance. 8c peut-étre les Gaules. Les villes Grecques trou" verent des alliées dans l'Aue mineure elles y envoyèrent des colonies auffi libres qu'el. les" qui leur fervirent de remparts contre les entreprifes des rois de Pérfe. & étendit au loin le gouvernement républicain.

.P B Rs A N E FAHe&.ée~ .odigJ~UK Ja r~pÙ1)liqy.(ep¡.autres peupler SpuroI. Ôc comment ils perdirent leur. C'eût été un grand bonheurpour le monde queTagran" de Rodiifem~ntpr. Sela république de Cartha* geenArri~~ Le monde fut partage entre deux puiffan-: tes républiques. tyrannie. On ignore abfolument la fuite des princes Africains depuisDidon. elles ont toujours été ijÇ-O cablées fous le (lejtpotifm's fi vous en exceptez quelquesvilles de rAfle mineure dont nous apon arlé. '1" A de Carthage.8cs'iIfn~s'élolent pas fervis. puiHance.tre les citoyens Romains & les peu? pies vaincus Hl'on . & la fervitude pour celui des peupler ~1'Afe. C'eftenvai~ que les Romains itrirent aux Cappadocieys o ce précieux tréfbr cette nation lâche le refufa Se elle courqtfla'Cervitude~' avec I~ mêmelempmfrement que les. ayoient ét~01>. Il femble que Ïa liberté ~.$ .pour çmpêchef leur.en.LV" peu que l'origine de celles 'of %lu£ (bit Ë 1.l'Afrique.avoit donné aux gouver' neurs des provinces une autorité moins grande fi les Ipix RMaintes.aitfaite ppur le génie des peuples d'Europe.t= anaine s'il n'y avoit pas eu cette diSérence injuj4.en~laHbert~ . celle de Rome & celle de Carthage il n'y a rien de fi connu que les commencemens de la république Romaine. pour Ïesfaïre taire des mên~e~tr~for~ que leur inju~ce/avoit aavai~es.U & rien qui le.

Goths en Efpagne. L'Europe gémit long-temps fous un goula douvernement militaire Se violent ceur Romaine fut changée en une cruelle oppreffion. & à établir par les armes fon autorité violente mais les peuples du Nord. firent des conquêtes fournis à la volonté d'un feul ils ne fongèrent qu'à lui donner de nouveauxfujets. 6c la founiit à un pouvoir arbitraire. Ainfi ces royaumes.Afrique.L E T T R B S Ce»'faropprima la république Romaine. l'autorité du prince étoit bornée de mille manières différentes un grand nombre de feigneurs la partageoient avec lui. lesdémembrerent. libres dans leur pays s'emparant des provinces Romaines. quoique fondés par la force ne Sentirent point le joug du vainqueur. ne donnerent point à leurs chefs une grande autorité. dépofoient leurs rois des' qu'ils n'en étoient pas fatisfaits chez les autres. les es. comme lés Turcs &les Tartares. Lorfque les peuples d'Afie. Quelques-uns mêmes de ces peucomme les Vandales en. Ces peuples étoient libres & ils bornoientfi fort l'autorité de leurs rois. fe répandirent comme des torrens dans les provinces Romaines. 8c en firent des royaumes. & trouvant autant de facilité à faire des conquêtes. qu'ils n'étoient proprement que des chefs ou des généraux. les . qu'à exercer leurs pirateries. Cependant une infinité de nations inconnues fortirent du Nord.

Si je devôisdixmLiIIerancs.x JE fus il y a cinq ou ilx mois dans un caS~ J'y remarquai un. J'ai beau preffer mes fèftni~rs.ferres. guerresn'êtoient entreprifes que de leur confentement les dépouilles étoient partagées entre le chef Seles ïbidats. quinze mille livres de rente en fonds deterre ëc je mecrbirdis plus heureux fi j'avoisle quart de ce bien-là en argent 8c.. Pn"l. aucun impôt en faveur du prince les Idix etoient faites dans lès àilemblees~e là nation. on me fef roit faifir toutes. qui fefailbit écouter parloit du plaifirqu'il yàvoitde vivre à Paris. DeT~enife lezodela Lune 1719.ni. de.S. l1hnmmp.&:lësaccabIêtdefrais:de jufticë je ne fais queles rendre plus iMbIva-' blés je n'ai jamais pu voircentpiitolësà Ï<t fois. il dépl oroit fa fituation d'être obligé de vivre dansla province.P E R S A N E S.Rhegeb L Ë T T RE w CX XVI.&je lerois à l'hôrital. qui fe formèrent des débris de l'empire Romain. J'ai dit-il. Jefortis fans avoir fait grande attention a tout ce difcours Mais me trouvant hier'dans ce quartier j'e~trai'd~s h même mailbn . 'Voilà le principe fondamental de tous ces états.és. en elfets portablespar-touf.crpn. Rii c n à :x . t hl..~ffp'7.

jufques ace que prenant brusquement la parole Oui. que.abeau faiM.risplus riches.. tournai par hafard la tête d'un autre Je homme ¡allQlt es.!puif les aétions à deux mille.1e?.ui1.«~tt~ < t L iz *TT X2 9jt?. Tout près dé-là etoit unhomn!i€ très-mal vêtu qui élevant les. Se je . voilà à r :al Au moins.mr. dit-il enhauHanHavoix. C'el1 un homme extrémement pauvre. qui V~. menteurs. dan. 6 les fortunes conti~Mit que . affieuje me trouve dans une fituation sent fe je me£ujscru riche" &..que leurs rnaL' très J'eus la curiofité de demander ton no~. grimaces ~ccMoitil? Il y a un traître. fi favois feulement une petite terre oujepuiHc me retirer. d'un nouveaux . g~néalôgi~e Se il e{pefequefon art tous ces. Dieu béniae les projets de nos minières. me auffi a-t-il un pauvre métier il eit dit-on rendra.omme 'lUI faiïbit des Cote. jefuis car j'ai acruiné.s mon-efprit il feratou-jours déshonoré. de poffédé.vl~ un autre ~. yeuxau ciel. qui au milieu de cinq coureurs paroiilbit morne penRf. prêté :perfi~:v ïnon argent 8c il me l'a rendu ~...~ tous fai-jevoir les laquais c. je fçrois fur devoir de quoi vivre mais je n'ai pas gran4 comme ce chapeau en fonds de terre.vifage pâfé gz j'y vis unhomme grave ou fix difrallongé.JIelll. A qui fe fier déformais. je croyois fi fort de mes amis que-je lur avais.uelle die ho.«. J~ vis pn. di&)it.a:utre cote. j-e n'ai plus de quoi vivre tuellement chez moi deux cent mille livres en billets de banque créent mille écusd'ar.

Enfin. 6eil eft à craindre que le prince Pio. il y a une heure. Les affaires vont bien mal du <:6tëd'E~agne.. pour réformer leur nom. & présagent toujours les victoires Se les trophées c'étoit au contraire un de ces trembleurs qui n'ont que des nouvelles trifics. & il'me dit à l'oreille: Vous oyez que ce fat nous env tretient-. ne fane contribuer tout le Languedoc.t. je m'approchaide 1m.quali.tc qu'il -voudra & il t.reifaillït de joie de voir multiplier tes pratiques. qui en a un gros corps. fi:elleaugmentoit pourront faire tomber toute la nature en engourd:itfem~eaa.etlü~eavant nombre de qu'ilfe fût affis: il n'étoit pas du ceux qui .& n'ai pas dit un feul je mot< mo. de fafrayeur pour le Languedoc c~moij'appercus hier au foir une tache dans le foleil qui. 8c les épaules à meïure que Fautre hauffoit Ia voix.qu'il va' faire autant de gensde. -1- deR~<!M<ï~m. ~e Paris.ont une affura-nceviétorieufecontre tous les revers. décraffer leurs ancêtres & orner leurs carrones il s'imagine . je vis entrer un vieillard pâle8c fcc que je reconnus pour nouv.i7!~ TotM~fJ~ 'Oc . Il y avoit vis-à-vis de moi un philofophe affez mal en ordre qui prenoitie nouvelli~c~npitié.nouveaux riches auront bmbm de lui. dit-il: nous n'avons point de cavalerie furla frontière. le 17de la Lur~_ P B 1 < 8 A If E ?.

Ls T T S. qui fe promenoit au milieu d'un nombre innom. De Pari le r delaLutae s deRharna~. Monteur. J'allai à lui & le priai de me dire quels étoient quelques-uns de ces livres que je voyois mieux reliés que les autres. difpaïutàmesyeux. brable de volumes qui l'entouroient.qui enfontcomme les dépofitaires. ES L E TT RE Ri z c Aà CXXVII. comme moi. mais qui font obligés d'y laiffer entrer tout le monde à certaines heures. Bien des gens me font de pareilles queftions mais vous voyez bien que je n'irai pas lire tous ces livres pour les fatisfaire mais j'ai mon bibliothéquaire qui vous donnera fatisfaaion car il s'occupe nuit & jour à déchirer tout ce que vous voyez-la: c'eft un homme qui n'eft bon à rien & qui nous eHtrès à charge.qui. parce qu'il ne travaille point pour le couvent. je vis un homme grave.T%· ..am. J'ALLAI l'autre jourvoir une grande bibliothéa que dans un couventde dervis. Mais j'entens. doivent être les premiers à tous les exercices. En entrant.s'il eût volé.l'heure du réfectoire qui fonne ceux . j'habite ici uneterre étrangère je n'y connois personne. le moine me pouffa dehors~ferma la porte &. font à la tête d'une communauté. En difant cela. camme. I7. dit-il.

G 1~ .fpirituelle. Sc :u l~. Mon pere. il fe mit en devoir de la fatisfaire. refle-t-il encore quelques doutes? peut-il y avoir des points conte~es? S'il y en a. & même. merépondit-il Il y en a prefqueautant quede. & bien claire a prêtent. les interprètes de l'écriture. Dès que je lui eus fait connoître macuriofité.tous cesauteurs? Ces auteurs. bon Dieu s'il y ena. en qualité d'étranger. fa phyIi011omie. me repartit-il. n'ont point cherche dans l'écriturece qu'il faut croire. où je trouvai tout un autre homme que celui que j'avois vu la premièrefois. ft. Oui.cela qu'ils en ont corrompu tous les féris. Il y en a un grand nombre lui repartis-je il faut que l'écriture fut bien obfcure autrefois. Se fon abord trës-afîable.P 1 -F.lignes. de m'iruilruire. lui dis-je? Et qu'ont donc fait. mais ce qu'ils croient eux-mêmes ils ne font point regardée comme un livre où étoient contenus les dogmes qu'ils devoient recevoir. lui dis-je. S A N E -6 E T T R E CXXVIIL Ri ÇA c~u~r~érne. quels font ces gros volumes qui tiennent tout ce côté de bibliothéque? Ce font me dit-il. mais comme un ouvrage qui pourroit donner de l'autorité à leurs propres idées c'efl pour . fon air étoit fimple. JE retournai le lendemain 9 cette biblioth que.

vousvoyez les livres afcétiques ou de dévotion en fuite les livres de rnorale. lk heureux fi leur coeurne fe met pas penses. & lui fait envoyer des eiprits au cerveau cïuï l'échauf~entde même d'où naitfent les exhales &Ies raviffemens. & ne devient pa~ lu~ . les raffemblent. ou plutôt dégénère en quién'eft au~ifmc vous fçavez qu'un quiétifte tre chofe îteun homme ~fou dévot 8c libertin. bien plus utiles ceux de théologie doublement nintelligibles. (1it~il. '"e la partie. 'p~rl~TIp~ de cesI1'lyftiq~es. p'amour peut en font l'objet éternel de leurs ~9rnpat~l1t. Tout près de-là. des dévots qui ont le cœur tendre. Ah.Monfieur. où l'on s'attaque ou l'on s'efcarxnouche de bien des manières. ter les ouvrages des 111yftiques. & par la manière de la traiqui y e'eH-à-dire. qui mettent les fecrets de la nuit qui forment dans leur le démon imagination tous les montres que les produire. Cet état le délire de la dévotion Couventil fe perfeaionne. mon lui dis-je. un moment n'allez pas fi per~c y~te. Se parla matiere i eft traitée. la dévotton échauffe un coeur difpof~ à la tendreUe.s LETTRES 1 1-tous les patt~ges C'eft ont donné la torture un pays oh les hommes de toutes les fec-les font des defcentes & vont comme au pillac'eft un champ de bataille où les nations ge ennemies qui fe rencontrent livrent bien des combats.. au jour Voyez les cafuiRes.

que je penfe li brement. Je fais naturellement nâïf. .I! fi naïvement tant 1G-Îij . Si je voulois.d'egaremens ëompÏice de décrits 8c nuemens p~ints j Vous voyez monteur. qui furvint au dervis rompit nôtre converfation jufqu'au lendemain. 1 . ou que je me des'honorerois dans votre efprit. Et il en arriveroit de deux chofes l'une. 8c que je vous dis tout ce que je enpenfe. Nous en reflames~-là une affaire. Cela-eft divin cela eft respectable il y a du merveilleux. le z3 de la Luri~ ~R&<tM<t~M~Ï7!P. ou que je vous tromperois. 8~ plus core avec vous qui êtes unetranger. P Ë il S A N B S.quivoulez fçavoir les choses & les fçavoir telles qu'elles font. je ne vous parlerois de tout ceci qu'avec admiration je vous dirois fans celfe. De P~rn.

qui obligent un homme malgré lui d'être peituadé & le convainquent avec tyrannie.5. les grammairiens. & je connois bien des philofophes qui feroient bien de s'appliquer à ces fortes dé. Cela eft vrai.!L B T T & E S LET T R E CXXIX. qui ont le talent de perfuader indépendamment des raifons & les géomètres. poursuivit-il. s R ICA au méme. lui dis-je. de nos arque dans la machine la plus fimple tifans Les livres de médecine ces monumens de la fragilité de la nature Be de la puüfance . ils le peuvent.a&les commentateurs. les gloffatet~rs. les orateurs. Voilà. Voici les livres de métaphyfique. dit-il. fciences-là. tous ces d'agens-là ne peuvent-ils pas fe difpenfer voir du bon fens? Oui. lui dis-je. JE revins à l'heure marquée & mon homme me mena ptécifément dans l'endroit où nous nous étions quittés. & même il n'y paroît pas.. leurs ouvrages n'en font. Voici me dit-il. Mon pere. pas plus mauvais ce qui cil trèscommode pour eux.qui trailefquels tent de fi grands intérêts dans l'infini fe rencontre par-tout les livres de de merphyfique qui ne trouvent pas plus veilleux dans l'économie du vafte univers.

conçus déterminent dans toutes nos entreprifes les aftrol-ogue s font proprement nos dire~eurs.S.traitent des maladies même les plus légères tant ils nous rendent la mort préfente mais qui nous mettent dans une féeurité entiere. & enG iv P E 1t S A N B. Si cela e~ me dit-il vous vivez fous un joug bien plus dur que celui de la raifon s voilà ce qui s'appelle le plusétrange de tous les empires: je plains bien une famille". cin de fon ignorance. Tels font encore les livres d'afirologie judiciaire. Voici la chymie qui habite tantôt l'hôpital & tantôt les petites-maifons comme des-demeuresqui lui font également propres. tels font ceux qui contiennent quelque efpéce de diablerie exécrables.de1¢art qui font trembler quand ils. Que dites-vous. Tout près de-là l'ont les livres d'anatomie qui contiennent bien moins la defcription des parties du corps humain que les noms barbares qu'on leur a donnés chofe qui ne ni le médeguérit. ils entrent dans le gouvernement de l'état. quand ils parlent de la vertu des remèdes comme fi nous étions devenus immortels. ni le malade de fon mal. mon père Les livres d'àflrologie judiciaire repartis-je avec feu Et ce font ceux dont nous faifons plus de cas en Perfe ils règlent toutes les avions de notre vie. Voici les livres de fcience ou plutôt d'ignorance occulte. ils font plus. 1 1_ 1 . felon la plupart des gens pitoyables~ feIon moi.

Nous nous fervons. qui ieïaiffe miner par les pknettes. 1719* LETTRE R.Lettres S o core plus une «o+«r\n mil Vf îainf! û fort' donation.i c a au C X X X. mêwei Dàhs rentrevue fui vante mon fçavant nie mena dans un cabinet particulier.vous que le concours fortuit des aftres ne foit pas une re'gle auffi fure que les beaux raifonneinens de votre faifeur de fvitême ? Si Foi* comptoit les voix là-deiTusen France & en Perfe ce feroit un beau fujet de triomphe mathémapour 1'aftrologie vous verriez les ticiens bien humilie's quel accablant corollaire en pourroit-on tirer contre eux? Notre dïfpute fut inteirompue &il' fallut nous quitte1. Croyez. De Paris le 26 de la Lune' de Rhamaiam. Void les livres d'Biitoire moderne me dit-it. Voyezpremièrement les Bifloriensde Téglife & des papes livres que je lis pour m'édifier^ ôc qui font fouvent ea moiun effet tout couîïaire» . qu'un feul de vos algébriftes en a fait ici. Chaque nation a fa fcience felon laquelle elle regle fa politique: tous les aftrologues enfemble n'ont jamais fait tant de fottifes en notre Perfe. lui repartisse de î'aftroîogie comme vous vous fervez de l'aîgébre.

laquelle n'eu qu'une ombre-du premier empire. ou l'on voit d'abord la puiffa ncedes rois fe former mourir deuxfois. & fonderent tous les royaumes que vous voyez à prétent en Europe. Ces peuples n'étoient point proprement barbares puifqu'ils étoient libtès mais ils le font devenus depuis que foùmis pour la plupart à une puifrance abfolue. qui fe fortifie à mefure de fes pertes. mais qui ea. prenant infenfiblement des forces accrue de toutes parts monter à fon dernier période femblable à ces fleuves qui dans leur rourfe perdent leurs eaux. l'inonderent. renaître de même. je crois la feule puiffance qui foit fur la terre. Voici les hlHoriensde France. Un nombre infini de peuples barbares. ils ont perdu cette douce liberté fi conforme à la raifon à rhumanite & à la nature. lente à profiter de&fuccès devient indomptable par fes défaites. ou cachent fous terre Gv . Vous voyez ici les hifloriens de l'Allemagne. S A È $. le dépecerent. & qui. parurent tout-à-coup.B R. languir enfuite pendant plufleursfiécles mais. je crois encore. tà ce font ceux qui ont écrit de la décadence du formidable empire Romain.qui s'étoit formé du débris de tant de monarchies » & fur la chute duquel il s'en forma auffitant de nouvelles. auili inconnus que les pays qu'ils habitoient. que la diviuoa n'a point affoiblie la feule. le ravagerent.

la république de Hollande. Se ne con~rva que f orgueil de fa premiere puiffance. ou fes négocians voient tant de rois profternés devant eux. groSis par les nvieres qui s'y jettent entraînent avec rapidite tout ce qui s'oppofe à leur paifage. o~ l'on voit la liberté fortit fans ceffe des feux de~ la difcorde &: de la fédition le prince toujours chancelant fur untrône inébranlable une nation impatiente. qui. Tout près dé-là font les }1ifloriensde cette autre reine de la mer. & fi formidable en Afie. iues hifloriens d'Italie vous repréfentent une nation autrefois snaître~'e du monde 9 aujourd'hui efcîave de toutes les autres fes divifés & foibles.ce &fa réputation même. fi refpe8ée en Europe'. &fans autre atprinces tribut de fouveraineté qu'une vaine politique. ~oilà îe&hl&o-neM'des~epabË~~s dë~ . fage dans fa fureur ~êmé.§ L B T T R E puis reparoiffant de nouveau.' Là vous voyez la nation Efpagnole fortir de quelques montagnes les princes Mahornétans fubjugués auffiinfenfiblement. Ce font ici les hifloriens d'Angleterre. qu'ils avoient rapidement conquis tant de royaumes réunis dans une vafle monarchie qui devint prefque la feule jufqu'à ce qu'accablée de fa 'fauifeelle perdit fa for. maîtreffe de la mer ( chofe inouie jusqu'alors) mêle le commerce avec l'empire.

He f qu'ejEt-c'e' queles poëmes épiques? En vérité. de Châ~val.: & d'accabler la.'J 4!'T' @ vj~ . où le Soleil plus ardent j~mble ecjiaufEëïles ima~1 tons mcmes~ Voilà les poëmes épiques. qui ont perdu l'un & l'autre. ces auteurs dont l'e métier eftde mettre des entrave3au ban fens. MM ?M~6'. me ditil. me dit-il c'eità-dire. & de Genes. 1 CA LE lendemain il me mena dans un autre cabinet. ne le-ÍÓ$l. ~'AA. je n'en-fçais rien les connoi1f:eursdifenr qu'on n'en a jamais fait que deux & que îes ~âe>e.s~on-'d-o-s~e Ions-ae' nom. & entrautres de la Pologne. qui ufe fi mal de fa liberté & du droit qu'elle a d'élire fes rois qu'il Semble qu'elle veuille confoler par-là les peuples fes. qui n'eit fuperbe que par fes bâtimens.P i! n~ E IL S A N B S~ eft 1. Voici ceux du Nord. raifon fous les agrémens. ya9~ L E T T R E C X X X I~ 1>. voifins.le2dela Lune.-1p ~a:Îi~'1PP l'image de la liberté de Vesuiffe. Là-deilus nous nous réparâmes jt2fqu'a~ lendemain. comme on enféveIiflôia autrefois les femmes fous leurs parures: & leurs ornemens Vous les connoiffez its ne font pas rares chez les Orientaux.Mncrp . DeParis. qui n'a de reffources qu'en fon économie. Ce font ici les poëtes. qui nife..

que je meprife autant font de leur que je fais cas des autres.. & le~ maîtres des paillons Il y en a de d'euxfortes. Vous voyez ici les romans. qui font une plaie profonde & inacceffible aux remédes. di~ point c~el~ fent de plus qu'il eft impoffible d'en -faire cela eH encore plusfttrpreâ. les tiagïques. Sescomiques. Voici les lyriques. er-! également peces langage de l'efprit & celui du coeur. font les poëtes par excellence. J'ai vu.Lf 9 Ils auffice que je ne fç~is. qui font des efle qu'o. de nouveaux nant. quipa~ fent leur vie à chercher la nature.p. quelques-uns de vos î~ . qui nous re~t~entfi doucement. qui nous troublent eXnous agitent avec tant de viofence.as. qui plaifent même aux gens de cour par ridée qu'ils leur donnent d'une certaine tranquillité qu'ils n'ont pas §€ des qu'ils leur montrent dans la condition bergers. lui dis-je.»~4. felon moi. & qui art une harmonieufe extravagance. & la manquent toujours & qui font des :~éros. De tous les auteurs que nous avons vu~ voici les plus dangereux ce ÍÔnt ceux qufi aiguifent les épigrammes. qui y font auffiétrangers queles dragons ailés& les hippocentaures. Voici les poètes dramatiques.. qui. On voit enfuite les auteurs des idylles 8c des églogues. qui font de petites fléches déliées.

Cependant voilà nos romans: ces aventures froides. De Pdpi~s. Ils font auffi pe~ naturels y 8ë d'ailleurs extrêmement géné~ par nos mœurs il faut dix annéesde paffiony avant qu'un amant ait pu voir feulement le vifage de fa maîtreffe. Cependant les auteurs forcés de faire palier les ledeurs dans ces font ennuyeuxpréliminaires. . lé 6 de la ~~cn~ PE& p t~e CÂa~~ï7~.. & fbuvent répétées. Or il eft impoffible que les incidens foient variés on a recours à un artincé pire que le mal mêmequ'on vet~~ guérir c'eftaux prodiges Je fuis fur que vous ne trouverez pasbon qifune magicienns faffefortir une armée de déchus terre qu'un héros lui feul en détruite une de cent milfe hommes.raans 8c fi vous voyiez les -nôtres vous~n feriez encore plus choqué. nous font languir & ces prodiges extravagant ROMs révoltent.

changer quatre fois de fyflêmefur les nnan'~es. de de-Seins miraculeux de fyâemes nouveaux & qu"abibrbes dans les méditations. eulier. Il. qu'il y. s'en faut bien qu'il en foit ici de même.eft vrai que nous n'y 'mettons pas tant d'efpnt que les Occidentaux r nous croyons qu'il n'y a pas plus de diférence entre 1°adrninülratior~ des<revenusdu prince & de ceux d'un parti-. Rs&iëNtpsivés non-élément de rufage ds . Oh levé aujourd'hui en Perfe Uen Turquie les fubfides de la même manière que les fondateurs de ces monarchies leslevoient il.en a entrecompter cent milletomàns ou en compter cent.e-L. E1* R ES L E T T R E ~oaGA~ CXXXIL GL ÎBBEN. qui travaillent pour eux fans en êt~epries qu'ils îe retirenr & vivent dans.le fond d'un cabinet impénétrable aux grands. Mais il y a ici bien plus de Ënelie & de myRere. f Es s miniarese fucredent 8c fe detrui&nt ici comme lesfaifons: depuis trois ans j'ai vu. 6'~rK?. qu'ils aient toujoursla tête remplie de fecrets irnportans. Il faut que de grands génies travaillent nuit ce ~our g qu'ils enfantent fans ceffe& avec douleur de nouveaux projets qu'ils écoutent les avis d'une infinité de gens. 8c Íâcré aux petits.

avoir rendu Tonembonpoint &il l'a feulement rendue bouSe.~7~t/1fB "t... . Mais. 8c ce '[1.J.¡' . Tous ceux qui étoient riches il y a fir.qui a entrepris cette cure après bien.w.fif"\à. .¡.. ~eu~~ les ont faites Dieu a~~t~e ~as pl~z~ qui ~f~w.m. On créa pour cet effet fix ou fept confeils.il. s CJl. La France à la mort du feu roi.~V.des remédes violens il a cru-lui.fît. retrancha les chairs inutiles. il lemet à l'envers.. Jamais ces> fe font touchées defi près. Des que le feu roi eut ferme les yeux on! penfa à établir une nouvelle adminiRration. On s'etoit mal trouvé de l'autorité fans bornes des minifires précédens on la voulut partager. étoit un corps accablé de mille maux.Je "l'Ul. & appliqua quelques remédestopiques.:N-1C~ prit le fer à la main. On fentoit qu'on étoit mal mais on ne fçavoit comment faire pour être mieux.. auffibien quecelle du bien' qu'elle produi.j~j. reçoit toujours un vice intérieur à guérir.' tous qui gouverné la France avec plus de'fens la durée en fut courte.fL. L' Taparole y mais même quelquefois de la pou-* 'ite1fe.I.J"L"J. mois font à préfent dans la pauvreté &: ceux qui n'avoient pas de pain regorgent deux extrémités ne de richeffes.~· · ~·s~. Quelles fortunes inelpérées.I t'L.f<_bt'Y'> . vLL a. incroyable? mêmeà.V . il fait pàroitre deifus ce qui étoit deffous & ce qui étoitde1fous.i~ y~~ ES:.wm. Un étranger ei~venu. L'étranger a tourné l'état comme un frippier tourne un habit.

tout le mépris qu'on avoit pour euxil y a fix mois. Scque.M:e D~ Dej~m.. <t ET--t <du néant. voulant à toute forceaffoçier le prince fonépoux à la couronne.a envoyé aux états une déclaration par laquelle elle fe défitle. 8c peut-être demain par leurs mahfes 1 Tout ceci produit fouvent des chofes bi~ zarres. un grand exemple de la tendre~ Voici conjugale. < RE 9 T les hommes L E T T R E CXXXIIL R 1 C A. Les laquais qui avoient fait fortune fous le régne paifé.de la régence. dans trente ans. pour applanir toutes les difj&cultés.uelque~ années.Que (M rapidement valets fervis par leurs camarades. eu cas qu'il foit élu· II y a fbixante 8t9. ces gens de qualité feront bien da 1?ruit~ t de I. te c de d~ Lrctae ~~ris de ~ilcadÉ. vantent aujourd'hui leur t1ai1fance:ils rendent à ceux qui viennent de quitter leur livrée dans une certaine rue. La feine de Suéde. qu1)une . ils crient de toute leur force" La nobleffe eft ruinée. uu sriér~ie. 1710. quel désordredans l'état quelle confufion dans les rangs oh ne voit que des inconnus faire fortune Je te promets que ceux-ci prendront bien leur revanche fur ceux qui viendront après eux. non feulement dans une femmey mais dans une reine.

L E parlement de Paris vient d'être relègue dans une petite ville qu'on appelle Pontoife.r. . le quittent comme par une efpéce de d'fertion je iuis cependant frappé de la grandeur d'ame de ces deux prineeffes & de voir l'efde l'une & le cœur de l'autre fupérieurs à prit leur fortune. nore le confeil. On menace d'un pareil traitement quelques parlemens du roya:urne~ p E 1t S A B s: Chriftine1abdl'lua ia nommée l`'i.fle ~7e aris 1~ delaLune P 27 deMaharram.E T T R E CXXX1V. ceux qui. augu. exemples nous devons admirer davantage.à là couronne pour fe donnet toute entiere deux Je ne fçais lequel de ces philofophie. que pour fon tre tout fon bonheur entre ks de époux. chacun fe Quoique j'approuve affez que tienne ferme dans le pofte où la nature l'a & que je ne puiffe louer la foibleffe de mis.nP ~ütre reine. Chriftine a fongé à connoitre dans le temps que les autres ne fongent qu'à metjouir & l'autre neveut jouir.: L.(~. RICA à USBEK. Le confeil lui a envoyé enregi&rer ou approuver une déclaration qui le déshonore & il l'a enregülrée d'une manière qui desho-. fe trouvant au-deffous de leur état. I~2Q.

3L E . a: a~ J'I R Ate voir fur la fin de la femaine què les jours couleront agréablement avec toi Je fus préfenté il y a quelques jours à une dame de îaeout. s'ils n'y étoient forcés même leur par leur devoir. mon cher Ufbex que celui de la vérité lorsqu'il faut la porxex jusqu'aux princes Ils doivent bien-penfer 8e que ceux qui le font.~17~ >T 19 r_ .a. elles viennent démentir la.flatterie. . qui avoit quelque envie de voir ma figure étrangers. De Faris te 2r da la 7~une dgGëntm~Lï.7 Ces compagnies font ton jours odieufes r Elles n'approchent des rois que pour leur dire de trilles vérités & pendant qu'une foule de courtifans leur repréfentent fans ce1fe' un peuple heureux fous leur gouvernement. leur & amour. Ri ÇA ~M M~F. S~' L E T T R E CXXXV. C'eft un pefant fardeau. y font contraints qu'ils ne fe réfoudroient jamais à faire des démarches fi trifles &: H affligeantes pour ceux qui les font. Je la trouvai belle. & d'un rang auguile dans le lieu facre où fon ca~ sepofë. & apporter aux pieds du trône les gémi1femens& le~ larmes dont elles font dépofitaires. digne des regards de notre monarque.

& je lui envoyai quelques jours après un conte Perfan: peut-être feras-tu bien aife dedevoir travefli. DuTEMps Cheix-aIi-Can il y avoit en de Perfe une femme nommée Zulema elle fçavoit par cœur tout le faint alcoran il n'y avoit point de dervis qui entendit mieux qu'elle les traditions des faints prophétes les dodeurs Arabes n'avoienfrien dit de t mystérieux qu'elle n'en comprit tou~ les ce~ fens & elle joignoit à tant de cor~noi~'an un certain caraélere d'efprit enjoué. Un jour qu'elle étoit avec fes compagnes dans une des falles du ferrail.. ou les irilruire. qui laiffoit à peine deviner. Comme elle aime la lecture.PERSAN Es~ Elle meEt mille queitions iur les mœurs des Perfans. Elle ne put voir fans envie le bonheur de l'un. & fans pitié la condition des autres. elle fouhaita que ie lui parlaiîë des nôtres ce elleque je lui en dis redoubla fa curioilte me pria de lui faire traduire un fragment de le quelques-uns de ceux quej'ai apportés. une d'elles lus demanda ce qu'elle penfoit de l'autre vie & fi elle ajoutoit foi à cette ancienne tradition- . fi elle vouloit arnuferceux à qui elle parloit. &fur la maniere de vivre des Perfanes il me parut que la vie du ferrail n'étoit pas de fon goût & qu'elle trouvoit de la répugnance à voir un homme partage entre dix ou douze femmes. Je ~s. fur-tout celle despoëtes & des romans9.

il fe donneroit auffitôt la mort dans l'impatience les d'en jouir au1B femmes vertueufes iront dans un lieu de délices. Dieu ne fe bornera point dans les ré'com. encore plus 6déles.& penfes Se comme les hommes qui auront bien vécu. fans qu'il y ait enti'cllcs deprérogatives que celles ~uelaveit~ y aura ¡pifes. dont Vautre Ces opinions n tes origine que l'orgu'éil des nommes. qu'on appelle la nation Juive.L E T T R-E S '1 -1!le paradis n'eil-fait qu~ de nos doreurs. dans le de.que les nôtres. Il y a même une nation répandue par toute la Perfe.toutes les créatures paroîtront vant Dieu comme le néant. que nous n'avons point d'ame.. grand jour. oc bien ufe de 1"cm>pi're qu'ils ont ici-bas fur nous. où elles feront enyvrées d'un torrent de voluptés avec des hommes divins qui leur feront fournis dans lechacune d'elle aura un ferrail quel ils feront enfermée. qui foutient par l'autorité de fes livres racrés. C'eft le intiment commun. feront dans un paradis plein de beautés célefles & raviffàntes 8c telles que fi un mortel les avoit vues. Se des eunuques. qui veulent porter leur fupériorité au-delà même de leur vie 8c ne penfent pas que. leur dit-érIe: il n'y a rien que l'on n'ait fait pour dégrader notre fëxe. que ppurïeshommes. pour le~ garder .

ede ta brutalité natJ. Be le lui plongea dans le £~in.t un moindre Hgne. Un jour qu'il les avoit toutes affemblées r jdans une falle de fop ferrail.enfermées dans leur.eUe l'~ngvQtx moi P E R. s A NE s.d'unemaniere très-dure il ne fefioit plus à fes il les eunuques. qu'il traitoit . . Quand cherche fifort les moyens de fe faire craindre lui dit-elle.livre Ararai lu. ajouta-t-elle dans un be.chambre fans qu"elles purent fe voir. Il avoit douze femmes extrêmement belles.9. ni aux murs de lon ferrail. que nous ne pouvons nous empêcher de defirer !un changement d'autre.t la teintur. -Ce difcours.d'une amitié innocente toutes fes avions prenoien. ni fe parler car il étoit même jaloux . lui reprocha on fon mauvais naturel. le fit entrer dans une furieufe colère il tira (on poignard.. qui auro~t du le toucher. qu'un.1r~J1e: jamais une doujcéparole ne fottit de fa bouche & jamais il ne~. tenoit prçfque toujours fousla ~~£. -.a~e. plus hardie que les autres.fouhaiteroient votremort. qui rajoutât quelque chofe. on trouve toujours auparavant ceux de fe faire Pair.ne 'enffeîd les.à la rigueur de leur je~avage.homme nommé Ibrahim étoit '<fune jaloufie infupportable. il mefera encore bien doux den être feparée. Mes cheres com~ l' r pasnes~ d~t. Nous femmes fi malheureufes. je ne fouhaiteque Ïa mienne Se ne pouvant efpérer d'être féparée de vous que par-là.s ma p1.

Tout fembloit concourir ment de fes fens elle entendoit d'un côté une mufiqued'autant plus divine qu'elle étoit ne voyoit que plus tendre de l'autre elle des danfes de ces hommes divins. y faifoit un nombre infini de détours. dont îa verdure étoit relevée par les peintures des fleurs les plus vives un ruiffeau. dont les eaux étoient plus pures que le crytlal.I S ciel a pitié de ma vertu. uniquement occupés à lui plaire.L E T T R. -vous ferez vengées. & la parfumèrent des plus délicieufes effences on lui donna enfuite des habits infiniment plus riches que les fens après quoi on la mena dans une grande falle où elle trouva un feu fait avec des bois odoriférans & une table^couverte des mets les plus exau raviffequis. Elle trouva enfin un palais fuperbe cépour elle & rempli d'hommes préparé lefles deftinés à fes plaifirs. Cependant tant . A ces mots. Deux d'entr'eux fe préfenterent auffi-tôt la deshabiller d'autres la mirent dans pour le bain. Elle entra enfuite dans des bocages çharmans dont le fiî'ence n'étoit interrompu que par le doux chant des oifeaux de magnifiques jardins fe enfuite la nature les avoit orpréfenterent nés avec fa fimplicité & toute fa magnificence. elle quitta cette vie infortunée aller dans le féjour des délices >oii les pour femmes qui ont bien vécu jouiffent d'un bonheur qui fe renouvelle toujours. D'abord elle vit une prairie riante.

Se à revenir à moi-même. qui renommèrent fbudain. On l'avoir la mena dans fa chambre apres encore une fois deshabillée. C'eft pour lors qu'elle fut enyvrée & que fes rafes viSemens paiferent même defirs. je fuccornbe fous la violence des plaifirs.? B RSA M ES. Oui.deplaifirs ne dévoient fervir qu'à la conduire infenfiblement à des plaiurs plus grands. C'en eft trop. je vous demande grace. dit-elle je . où deuxhommes d'une beauté charmante la reçurent dans leurs bras. elle fut obéie mais elle ne le fut que lorfqu'elle voulut l'être bien férieufement. car je vois bien qué vous êtes gens à n'en deman° der jamais. Elle fe repofa lan~uiiiar~Ÿnent. s'endormit dans & leurs bras. Après plufieurs commandemens réitères. 0 dieux que ces ténébres font aimables Quoi je ferai immortelle & immortelle avec vous je fe"rai Non. Deux momens de fômmeil réparerent fa la~iitude elle reçut deux baifers. on la porta dans un lit fuperbe. oc lui firent ouvrir les yeux. pourquoi voir ? Vous me faites rentrer dans mes premiers tranfports. D'où vient que l'on a' été les flambeaux ? Que ne puis-je à présent votre Mais beauté divine ? que ne puis-je voir. Je fuis toute hors de moi. laiifez-moi. VOU6 rendez un peu le calme à mesfens je commence à refpirer. . Je fuis inquiette. leur difoit-elle: je croifois mourir. îi je n'ctûis fure de mon immortalité.

etoit un doute. Elle ~leva~enfuite. je le confeffe on n'a jamais tant.tion~u ptaiHr de ïna défaite.long-temps: ~~ii~ éclairciifeme~ qu'eue pouvait defirer. & firent lever ces deux jeunes hommes. dans lequel elle ne vouloit pasrefter eut-elle avec eux tous les . Se voloit fes deux jeunes héros après quelques pré~2~«<p deux . que jeux que & l'on remarquoit qu'Anaïs fe promenades vers déroboit de temps entemps. aimé. Ses Ëdëîes tk a3:11)ables trerent dans fa chambre. & de l'expre6ion à fes graces. s'écria-t-elle. que concerts. Je fuisdéfabulee. Cette nuit ravoit embellie elle avoit donné de la vie à fon teint.ES crains que vous ne m'aimiez plus.t- 9 -T "1" R. enfuite couverte des plus fomptueuxornemens. que feftins. pardon. Tout ceci ne fut interrompu .que par le do~efliq~es enjour. je fi4s perdue vous ferez tous moi de deux vainqueurs il n'y aura que vaincue mais je vo~s vendrai bien'cher la yi6toire. oui. & pales rut d'abord à cette cpur Idolâtre dans charmes d'un deshabillé lîmple. Ce ne fut pendant tout le jour que danfes. Mais quoi vous vous difputez tous deuxl'honneur de me perfuader Ah R vous vous difputez fi vous jo'igne. parfuis fure de vous Vous ne me dites don je mais vous prouvez mieux que tout Ce rien vous que vous me pourriez dire oui.3l'ambi. que deuxvieillards ramenèrent dans les lieux 04 ils étoient gardés pourfesplaifirs.

II y avoit plus de huit jours qu'elle étoit dans cette demeureheureufe que toujours hors d'elle-même elle n'avoit pas fait une feule réflexion elle avoit joui de fan bon-. difoit-elle. Enfin fur le foir on la • perdit toût-à-fait elle alla s'enferma dans le ferrai! où elfe vouloit. d'elle. & toujours les même?. faire connoiflance avec ces captif immortels. admiréed'une troupe brillante.P e r s a we s.qui devoient à jamaisvivre avecelle. Elievifita donc les appartenions de ces lieux les plusreciile's8c les plus cîiarmans oîi elle compta cinquante efclaves d^ne beauté miraculeufe: elle eçra toute la nuit de chambreen chambre recevant par tout des hommagestou-< jours dilfôrens.• 6c les jeùxfe préfeôtoient enfouie au-devant. tantôt dans desplaifirs folkaires. «leuxinflans d'entrevue elle revenoitvers la troupe qu'elle avoit quittée. 6c s'écoute dans le iîlencedes paffions. ou bien^aimée d%namant éperdu fouvent elle quittoit un palais enchanté pour aller dans une grotte champêtre les fleurs fembloient naître fous fespas. heur fans le connoître ôc fans avoir eu un oîi Tarne fe feul de ces momensranquilles t rend pour ainli dire compte à elle-même. toujours avecun vifage plus ferein. Voilà commentrimrriortelle Anàïs paiToit fa vie tantôt dansdes plaifirs eclatans.. j qu'ils peu vent rarementouir de cette liberté 1'1" 1 TomeI* I H . Les bienheureux ont des plaifirs fi vifs.

les fimples bornes de la compaflion plus tendre envers ces infortunées elle fe fentit portée aies fecourir. & fur fa félicité préfent.e elle ne put s'empêcher de s'attendrir fur le malheur de fes'compagnes on eftfenfîbie à des îourmens que l'on a partagés.d'une femme laiffée à elle-même. de. & s'enferma feule dans un appartement de fon palais. Elle donna ordre à un de ces jeunes hommes qui étoient auprès d'elle de prendre la figure de fon mari.Lettres d'efprit? c'eft pour cela qu'attaches invinciblement aux objets préfens ils perdent endvérementia mémoire des chofes paflees. C'eft cette force d'efprit qui lui avoit fait méprifer la crainte dont fes compagnes étoient frappe'es & la mort qui devoit être la fin de fes peines 8c le commencement de fa féli* cité. &c n'ont plus aucun fouci de ce qu'ils ont connu ou aimé dans l'autre vie. La retraite auftere quefon mari lui avoit fait garder ne lui avoit iaifle que cet avantage. Anaïs ne fe tint pas dans . Ainfi elle fortitpeu à peu de Tyvreffedes plaifirs. d'aller dans fon ferrait. Elle fe laifla aller à des réflexions bien doucesfur fa condition paffée. Mais Ânaïs dont l'efprit étoit vraiment |>refquetoute fa vie à philofophe avoit paiTé méditer elle avoit poufféfesre'flexionsbeaucoup plus loin qu'on n'auroit dû l'attendre . s'en rendre maître de l'en chafler & .

J:' Pendant que cesnouveiïe's fcènesife jouent dans le ferrail Ibrahim 'heurté re nomme tempête 8~ crie. a qui il s'étoit rendu invüibi~. tout lui e~ bu vert. Il avoit en pafant pris les clefs dans la poche de ce jaloux. qui n'y étoit. il entre. toutes les libertés d'un il maître. & par la rapidité defes entreprifes. 8c elles l'auroient pris pour un fonge.pas. Il. veut que les eunuqueslui aident à tuer c'et impo~eu. s'il y eut eu moins de réalité. L'exécution fut prompte: il fendit les airs.. mais il n'eft pas obéi.blereffource c'éft des'en rapporter au jugementdeies femmes. Il eft c11a!fé traîné indignementhors du ferrait. Aprèsavoir . Il entre 6~ lesfurprend d'abord par ton air doux8c aSable & bientôt après il les furprend davantage par fes emprelièxnéns. mais il jf'ecple arrière 8t tombe comme en d~snúe~<1ûai1d\ilvÓit"lC'f~ux Ibrahim. iequ. Ey refler à fa place. '8c 8~ il auroit reçu la mort mille fois. Ilcrie au fe-cours-..à ce qu'elle le rappeM~t.ef!uy~bien des difficultés. 1LY Hi~ . Dans une-heure le faux Ibrahim avoit'fëduit tous les juges. & jette les eunuques dans à undéfordre extrême: il marche grands pas. frappe. Il n'a plus qu'une bien foi. le. fi fon ri. eunuques tombent à tes pieds il vole vers Iesappartemens ou les femmes d'Ibrahim étoient enfermées. véritable image dans. arriva à la porte du ferrail d'Ibrahim. Toutes eurent leur parade I'étonnement.E P E R SA N S.r.

fe montra 4e plus en plus digne d'un tel choix.val n'avoit ordonn qu'on lui fauvât lavitf. dites plutôt que cet impofteur ne me reffemble pas. qu'il ne l'a été dans le cours de dix années. vous avez raifon) 4it fhom*. Pkes. fj ce que je fais ne fuflit pas? Ah nous n'avons garde de douter dirent Je§ femmes Si vous n'êtes pas Ibrahim. le nouvel Ibrahim. difoit le triomphant Ibrahim:î comment faut-il faire pour être votre époux. reprit le faux Ibrahim ne cpnnoiffez point encore tout le tort qu'il vous a fait. refté maître du champ de bataille. difoient ces femmes. Oui. Nous jugeons de fon injuftice par la grandeur de notre vengeance.ï W . & fe fignala par des rniracles jufqu'alors inconnus. Vous ne refferpbîez pas à Ibrahim. N'en doutez pas. >& T T R. il nous fuffit que vous ayez fi bien mérite de ï'être: vous ê\tes plus Ibrahim en un jour. dirent-elles voix nous vous jurons une d'une commune fidélité éternelle Nous n'avons été que trop longtemps abufées: Le traître ne foupçonnoit çoint notre vertu il ne foupf onnoit les que fa foiblefle Nous voyons t?ien que îaommes ne font poi«t faits comme lui c'ei 1 à vous fans doute qu'ils reffemblent fi vous combien vous nous le faites haïr 1 fçaviez Ah je vous donnerai fouvént çie nouveaux vous fujets de haine. Vous me promettez donc reprit-il que vous vous déclarerez en ma faveur contre cet impoEeur. Enfin. reprirent-elles.

Enfin le mari défefpéré revint encore les troubler il trouva toute fa maifon dans. fi cet impoiteur revient que feronsnous? II lui feroit. je crois.PBAS ME divin j'ai mefuré l'expiation au crime de je' fuis bien aife que vous foyez contentes ma maniere de punir. difficile de vous tromper. Je ne ferai point jaloux je fçaurai m'aifurerde vous. que vous n'entendrez plus parler de lui pour lors je prendrai fur moi le foin de votre bonheur. La place n'étoit pas tenàble pour un jaloux il fortit furieux Et un infant après le faux Ibrahim le fuivit. le prit. elles s'imaginoient quelH iij A N 11~ S: .les fi vous n'étiez pas vertueufes avec moi. dirent ces femmes. que de leur ref~emblance. toute l~ maifon émit 1<~rmes. avec qui le feriez-vous? Cette converfation dura long-temps entre lui & ces femmes. qui plusfrappées de la différence des deux Ibrahims. Mais. ne fbngeoient pas même à fe faire éclaircir ete tant de merveilles. 0 dieux dans quelle déflation fe trouverent ces femmes dans l'abfence de leur cher Ibrahim Déjà leurs eunuques avoient repris leur févérité naturelle. pour croire que vous meferez fidel. fans vous gêner j'ai a~'ez bonne opinion de mon mérite. on ne fe foutient guéres par la rufe ced'ailleurs je l'enverrai fi loin. répondit-il dans la place que j'occupe auprès de vous. le tran-fporta dans les airs. & le laiffa à quatre cent lieues de-là.-la joie & les femmes plus incrédules que jamais.

rendit fa maifon acceffîrn~me monde 'ble ble à tout le rr~onde il ne voulut pas même ne fouffrir que fes femmes^fevoilaffent.9 <6c trente-fin eafans. Le nouveau maître prit une conduite fi oppofée à celle de l'autre.L.. Ibrahim crut avec raifon que les coutumes du pays n'étoient pas faites pour de&citoyens comme lui.. Il congédia tous les eunuques. toujours plus aimable il leur parut que fon voyage n'avoit pas été pénible.tout ce qu.leur étoit arrivé nequefois que toit qu'un fonge elles fe regardoient toutes les unes les autres &: fe rappellojent les moindres circonftances de ces étranges aventures. deGemmadi172s»- .. de retour trois ans après des pays lointains où il avoit été transporté ne trouva plus que fes femmes.dela Lun. qu'elle fuKpnt tous les voifins. le z6.L E T T KE S -1_d. Enfin Ibrahim revint. De Paris. qui. c'étoitune chofe finguliere de les voir dans les feftins parmi des hommes auffi libres qu'eux. Cependant il ne ferefufoit aucune dépenfe il diffipaavec une immenfe profufion les biens du jaloux.r.

a Usbek. Monsieur. ni dégoût pour les flatjirs je fuis prejque toujours enfermé dans un cabinet. on je mené la vie d'unfçavant. Mais depuis je mefuis bien pourvude ces préehufes raretés. IL y afix mois que j'ai recueilli la fuccejfion d'un oncle très-riche qui m'a laijfé cinq oujix cent mille livres & une maifon fufsrbemem meublée. Il y a plaifir d'avoir du bien. LET T R E Rica A CX XXVI. Il y a quelques jours que je vendis ma vaijfelle d'argent pour acheter une lampe de terre qui avoit fervi à un fhilofophè' Stoïcien. Je mefuis défait de toutes les glaces dont mon oncle avôit couvwt prefqae tous les H iv . ni urnes ni lampes antiques. Cefi dans ce lieu que l'on trouve un curieux amateur de la vénérable antiquité* Lorfque mon o-ncleeut fermé les yeux 9fau~ rois fort fouhaité de le faire enterrer avec les cérémonies obfervées par les anciens Grecs Ô* Romains mais je n'avois pour lors nilâcrymfttoires.F E R S A S E S. Je n'ai point d'ambition. r V o i c ï une lettre que je reçus hier d'un fjavant elle te paroîtra fïnguïiere. lorfqu'on en fçait faire un bon ufage.

L e t -r ji i s murs de f#sappartement pour mon m petit miroir un peufêlé qui fut autrefoisà l'ufage de Virgile je fuis charmé dry voir mafigure au lieu de celle du cygnede Marin repréfentée toue.cléchez mot qu'unproconfuldes cent ans: lorflesfit faire. milliaires qui bles indices an lieu des colonnes ne les y étaient autrefois je ne doutepas queje rétablir par mes héritiers & queje ne les fajfe Si engage à cette dépenfepar mon teftament. je ne que trèsmanquejamais d'y pajfer quoiqu'il foi incommode & qu'il mallonge de plus d'une ce Mais qui méfait enrager c'efi qu'on lieue en de y a mis ies poteaux de bots dïfiance dif~ d tance pour marquer Véloignement es villes mifêravoifines je fui* défefpérê de voir ces. Soi un petit cabinet quoique me tue je &fort chers fort précieux la vue à les lire yf aime eaucoupmieux m'en b ns Jervir. Ce nefi pas tout j'ai acheté cent louis de cuivre qui $or cinqoufix piècesde monnoie mvoitcours il y a deux mille ans.v?zt monfisur. que des exemplaires imprimésqui mondea enpasfi corretfs. vous a. Je ttefçach dans ma maifon un feul pas avoir à préfent meuble qui n'ait été fait avant la décadencede de manufcrits Vempire. Quoique je ne forte prefque ja~ mais je nelaifiepas d'avair une pajjtondémeancienschi-mins qui furée de connaîtretous les Romains. quelque mannfcriîP ev- . il y a environ douze je vais à ma maifon de campagne. Il y en a unqui étaient du des Gaueft près. & que tout le font tre les mains.

& nonpas de laurier vous en admirerez une autre ouja prouve. Je vous par enverrai encoreun volumein-quarto.Jevous quittepour une affaire importante quej'ai fur les bras il s'agit de refiituer un beau pajfage de Pline le du naturalise que les copiftes cinquième te fiée •n%étrangementdéfiguré.&nonpas à là droite une autre.fan vous me ferez plaijtrde m1en accommoder je vous le paierai tout ce que vous voudrez & je vousdonneraipardejfus le marché quelques ouvrages de ma façon par lefquels vousverrez queje ne fuispoint un membre inutile de la républiquedes lettres. Fous y remar~ je querez entr'autres une dif[brt-ation. en forme d'explication d'un vers dujtxiémelivre de FE~ nêïde de Virgile.étoit de chêne. par de doBesconjeBurestirées desplus graves auteursgrecs que Cambifes blejféà fut la jambegauche.'« pouffiered'une bibliothèque.oîi prouve que la couronne dont on fe fervoit autrefois dans les triomphes. Vous ne recevrez tout ceci que dans quelquesjours & quant à préfèntje me contentede vous envoyer ce fragment d'un ancienmythologifte Grec. qui n"avohpoint pa-~ ru jufques ici & que? ai découvert dans . P E 1l S A t) < Il! < H* . ou je prouve qu'un petit front étoit une beautétrès-recherchée les Romains. Je fuis &c.

.es des Orcaâes il naquit unEole dieu des. qui dvoitpour père de Calédonie. Saturne qui régnoit four lors. Dès qu'il fut grand.t E T T It" 'E 8 Fragment.Vage de quatre ans metinguoitjï parfaitement les métaux.s &il diftribua de entres qu'il «voit apportées . Il apprit dans fes voyages que dans laBéti*cela fit qu'il que l'or reluifoit de toutes parts Il y fut fort mal reçu de y précipita fes par.&] lajetta par terre. que fa re ayant voulu lui donner une.apprit le vents dans une outrerqui\ fecret d'enfermer les •vendoit enfuiteà tous les-voyageurs: mais comme la marchandise riétoit pas fort pyifêe dans mit à courir le fon pays. une ifle yr. mais ce dieu dansla terre il d'aller ayant quitté tous les carrefours ouil crioit fans cejfe d'une voix rauque Peuples de Bêtique vous croyez être riches parce que vous avez de l'or & de l* argent votre erreur me fait pitié Croyezmoi quittez le pays des vils métaux venez dans r empire de l'Imagination & je vous promets des rkheffes qui vous étonneront vous-mês mes. tout feul à compter avecfes: il difdoigts & que dès. Ans d'an ancien Mythojlogiste. père lui. AuJJi-tôt il ouvrit unegrande partie d.ventsy. il le quitta. f on. bague de laiton: ernliâu A"uned'or il reconnut la tromperie. enfant. & fe monde y en compagnie de V aveugle dieu du Hazard. Onâlt& pour mère une nymphe de lui qu'il apprît.

P' 7. fa marchanàife Le lendemain il revint dans' les 'mêmescarde Bétique refours. du nombre & de l& penfion de vos mattreffes. & il s'écria: Peuples voulez-vous être riches ? Imaginez-vous que Vêtes beauje le fuis beaucoup & que vous matins dans coup aujfî mettez-vous tous les la Vefprit que votre fortune a doublé pendant nuit l evez-vous enfuite & fi vous avez des créanciers allez les payer de ce que vous aurez imaginé & dites-leur d'imaginer à leur tour. Et quant à. Peuples. A quelques jours de-îà il arriva dans le' carrefour tout effoufflé & tranfporté de colère 9 s'écria.je vois bien que votre imagination n'eft pasfi vive que les premiers jours laijfez-vous conduire à la mienne je mettrai tous les matins devant vos yeux un écriteau gui fera pour vous la fourre des richejfes vous n'y verrez que quatre paroles car elles' mais elles feront bien fignificatives régleront la dot de vos 'femmes la légitime de vos enfans le nombre de vos domeftiques. vous. R A N B S< _1~ à qui en voulut. dit -Mà ceux de la troupe qui étotent le plus près de lui quant à vous mes shers-enfans: (je puis vous appeller de ce nom y car vous avez reçu de moi uns féconde naijfance ) mon écriteau décidera de la magnificence de vos équipages de la fomptuofité de vos feftins. de Bétique ? je vous aveh' 1 ar · Ht] . Il reparut quelques jours après & il parla ûinfi Peuples de Bétique .

fapprensquevousavez une Peuples dans lespays étrangers.• la réflexion lé rappella fur fes pas. Le fils d'Eole parîoit à desgens qui ri avaient pas grande envie de rire. & je vous en aurai une reconnoïjfance éternelle. Mais reprenant courage il encore une petite prière t Jefcais ue vous avez q des pierres précieufes au nomde Jupiter dérien ne vous appauvrit comme faites-vous-en disces fortes de chofes. je vousen rendisfur le champ jours Le lendemainon Vayperçutde loin & on le vit s'infînuer avec une voix douce&fîatteufe: de Bétique. gnation fils ne viennent me Vapporter je les puque nirai févérement.jmaispour ïor.pour Ah cela me met dans une indide l'or Je jure par mes outres-Jacrêes j. Là-dejfusil les quitta brufquement mais .défaites-vous-en vous je. Puis il ajouta d'un air toutce à-fait perfuafif: Croyez-vousque foit pour vous les garder ces miférabhs métaux queje demande? une marquede ma candeur.-jî vous ne le pouvezpas par vous-mêmesje .Lit t ris d'imaginer er le vois que vousne ce confeillé l'ordonpas Eh bien àpréfent je vous faites ne. ils riepurentpourtant s'en empêcher ce quifit qu'il s'enretourna bien hazarda eonfus. je partie de vos tréfors vous prie faites-les moivenir vous meferez plaifîr. il a lorfque vous me les apportâtes y quelques ta moitié..c'eft que. fapprens que quelques-uns de vous font affez déteftabhs or & leur argent: encore pour conferver leur de paffepour l'argent .

Ehbien. rien dit.je vous. nous le pouvons facilement. car elles ne tiennent pas un gros volume» AuJJt-tet il endifparut les trois quarts.outres. Enfin il monta fur un tréteau & prenant une voix plus ajfurée il dit Peuples de Bétidans lequel que.vois le plus riche peuple la terre iMais. je mets tout ce qu'il y aura de plus pur dans mes .eje vous ôte la moitié de mots d'une aile légère' le fils d'Eole difparuiy & laijfà fus auditeurs dans une confternation le lendeinexprimable ce qui fit qu'il revint main.fi vous Que de richejfes vont couler vous profaites ce que je vousconfeille! oui. DeParis. R S A 1~ E S: T t _.E vous donnerai des hommes cl affaires excellent* chez vous . que mon difcoursvous dé plut extrêmement. le 9 dela Lune deÇhahlan 172*. foufvos biens.pour achever votre fortune. A ces frez qu. il eft vrai 3 prenez que je nevous aie la moitié c'eft trop il n'y a qu'à prendre d'autres expédient pour arriver au but que je me fuis propofé ajjemblonsnos fichejfes dans un même endroit. j'ai comparé l'heureux état vous êtes avec celui oh je vous trouvai lorfque de j arrivai ici . & parla ainfi Je m'apperçus hier.cc_ .

feraisdans un effroi continuel. . font caches en plus* de vingt endroits de mes habits. pour me conformer à s'ils n'ont pratiqueuniverfelle je crois que aupas plus de vertu que les bagues 8c les tres ornemens dont on fe pare. miiJe porte toujours fur moi plus de. 8c je fuis Mahométan c'eii-à-dire .. où font écrits les nom® de plus de deuxcent dervis ceux d'Mi. Pourquoi t'adreffes-tu à moi? Tu esJuif. E f 1? K BTSCXXXVIÏ. ils n'emtmt moins.ica à NathahaelJuif à Tu me demandes ce que je penfe de la vertu des amulettes. 8c de la puiflance des talifmans. & de tousîes Purs.que nous fommes tous deux bien crédules.1. Levi. Livourne.deux îe paffages dû faint alcorari j'attache à mes bras un petit paquet. de' Fatmé. médecm LETTRE B. une Je portétous ces chiffons facrés par une longue habitude. ceux Cependant je ne désapprouve point qui rejettent cette vertu que l'on attribue $ eft defcertaines paroles il nous bien' plus difIciîe de répondre à leurs raifonmemens qti% eux de répondre à nos expériences. Mais toi. tu mets toute ta conpas fiance fur quelques lettres myftérieufes 8e fans cette fauvegarde tu.

dans le nombre ou dansle courage des foldats dansl'expérience des capitaines. n'ont pas un moindre effort &• faire. pour en vaincre l'effort avec ce que les médecins appellent l'humeur peccante 8e fa caufe morbiflque des maladies pour les. caufe*. pour ne pas trouver. ils fe font des monflres qui les intimident. Tu me diras que de certains preftiges ont fait gagner une bataille & moi fe te-dirai qu'il faut que tu t'aveugles. flottent fans ceffeentre de fauffesefpérances & des craintes ridicules & au lieu de s'appuyer fur la raifon. pour appaifer les tempêtes avec la poudre à canon.Persan e s: Les hommes font bien malheureux! Ils. Quelfeffet veux-tu que produife farrangement de certaines lettres? Quel effet veuxtu que leur dérangement puiffe troubler^ Quelle relation ont-elles avec les vents. Je te pafle pour un moment qu'il y ait des preffiges paife-moi à mon tour pour un moment qu'il n'y en ait point car c-elan'eil .dans la fituation du terrein. ou des fantômes qui les fëduifent. pour s'ëmpecher d'en voir la véritabler a. des caufesfuffifante& pour produire cet effet dont tu veux ignorer la caufe. guérir? Ce qu'il y a d'extraordinaire c'efi quer ceux qui fatiguent leur raifon pour lui fairerapporter de certains évéhemens à des vertus occultes.

là. que les hommes comme toutes les créatures qui tendent à cônfetver leur être siment paflionnémeht la vie. & tout ïe monde fent. aucune des deux ne puiffe remporter la i victoire? Crois-tu que leur fort reliera iricértaih jufvienne qu'à ce que quelque puiflanceinvifible le déterminer? que tous les coups feront perdus. 8c tout le cour.Jp inutile '1 .que tu me pas impofîibïe. toute la prudence vaine..1 Lit Cette conceiiion of t îl è -> f f Pendes-tuque la mort. rendue préfente de mille manières ne puiffs terreurs papas produire dans les efprits ces '3 niques.. on fçait cela en ` une général: & on cherche pourquoi. dans certaine occafion particulière ils ont ctaint de la perd*e? .rrca rage . dans ces occafions. Tout le monde fçait. il ne puiffepas y avoir un feul homme timide ? Crois-tu que le découragement de celui-ci.qui quitte untroifiéme.nnt. que tu as tant de peine à expliquer ? Veux-tu que dans une armée de cent mille hommes. ne lui fafle pas bientôt abandonner un quatrième? II n'en faut pas davantage pour que le défefpoir de vaincre faififfe foudain toute une armée & la faififfed'au^ tant plus facilement qu'elle fe trouve plus nombreufe. ne puifle pas produire le découragement d'un autre? que le fecond. fais n'empêche pas que deux arme'es ne dans ce caspuiffent fe battre veux-tu que.

LETTRE D'un médecin de province à un médecin de Paris. eft furnaturel. il faut avoirauparavant examiné fi aucune de ces caufes n'a agi ce qui cil imjboffibîe. P.P K £ . Je ne t'en dirai pas davantage. parce qu'elle a du rapport à notre fujet. S. IL y avoit dans notre ville un malade qui ne dormpit point depuis trente-cinq jour s fon médecin lui ordonnal'opium maisil ne pouvaitfe réfoudre 'le prendre &il avoit-la coupeà la à 3 main Qu'il étoit plus hulétennmé qitefxmfih. Il y a bien des chofes que je n'entends pas mais toi. tu dois entendre le langage de tes confreres. 8c s'achetent) f aï cru que je ferois bien de te l'envoyer. 1720.$ A 'S t &' les naQuoique les livres facrësde toutes tions foient remplis de ces terreurs paniques ou turnaturefles. fe publient. pour s'affurerqi/un effet. De Paris h 2o de la Luize de Chahban. C o mme > finiffois j'ai entendu crier dans la rue une lettre d'un médecin"de province à un médecin de Paris (car ici toutesles bagatelles s'impriment. qui être produit par cent mille caufesnatupeut relles. je n'imagine rien de fi frivole parce que. qui es médecin. NatJanaëh il mefembïe que ïa matière ne mérité pas d'être fi ferieufement traitée. .

i -n>r_ '? médecin Monfieur je veuf Enfin il dit a fort demande quartier feulementjufqu' à demain je. connais un homme qui n'exerce pas lamédecine^ mais qui a chez lui un nombre innombrable de remèdes contre l'infomnie fiuffrez que je l'envoie quérir: &fije ne dors-f ascette nuit, je vous vous.' Le médecin que je reviendrai à f remets les rideaux congédié -le malade fit ferme? & dit à un petit laquais Tiens, va-t-en chez vienne dis-lui ~e Anis & ~,ÿ'~ Î4 9 qu'il LBnn.ic v?° me parmonfieur ler. Monfieur Anis arrive. Mon cher monfieur Anis, je me meurs, je ne puis dormir; n'auriezvous point dans votre boutique la C. du G. on bien quelque livre de dévotion compofé par un R. P. J. que vous n'ayez pas pu vendre ? car les remèdes les plus gardés font les fouvent meilleurs. Monfieur dit le libraire j'ai chez moi la cour fainte du pere Caujfin en fix volumes à votre fervïce :je vais vous l'envoyer je: en trouviez bien fi vous. que vous vous fouhaite voulez les œuvres-du révérend pere Rodrigue z, vous en faite? faute Mais, jéfuite Efpagnol,ne au pere Cauffm croyez-moi. tenons-nous-en avec l'aide de Dieu qu'une période du j'ef pere, autant d? effet, qu'un feuilpere Cauflin vous fera let tout entier de la C. du G. Là-dejfus mon& courut chercher le réinéde à fleur Anisfortit, on en fearrive fa boutique. La cour fainte coué la poudre h fils du malade jeune écoil en féntit le prelier commence à la lire mier l'effet à la féconde page il ne pronon-mal articulée 7 & déjà çoitflus. que-voix

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Et

TIt E$ •

tuae la compagnie fentoit aftotbhe un i»/r fe tant après tout ronfla, exceptéle malade, qui é après avoir été long-temps prouvé, s'ajfouphà la fin. Le médecinarrive de grand matin. Hébien, ërt-on pris mon opium? On ne lui répondrien la femme la fille, le petit garçon, toustranfIl fortés dejoie 9 lui montrent le pere CauJJtn. demande ce que c'eft on lui dit ,Five le pere CauJJîn il faut l'envoyerrelier qui Veut dit? qui Vêtit cru? c'efiun miracle Tenez, monfieur, voyez donc le pereCaujfm c'efi ce volume-là qui afait dormir monpère. Et là- deffus on lui expliqua lachofe commeelle s'étoit pajfée* Le médecinétoitun homme fubtïl^r emplide$ myfleresde la cabale,& de lapuijj'ancedespa~ & roles & desefprïts: cela-le frappa; aprèsplufleurs réflexions>il réfolut de changerabfolumentfa pratique. Voilà un fait bienfingulier difoit-il. Je tiens une expérience il faut litpoufferplus loin. Hé pourquoi un efprit ne pourroit-il pas tranfmettre à fon ouvrage, les mêmesqualitésqu'il a lui-même? ne le voyonsnouspas tous les jours? Au moins cela vaut-il Je bien la peinede Vejfayer* fuis las des apotitaires; leurs fyrops, leurs juleps &. toutesles droguesG aléniques ruinent les malades &leur de éprouvonsla verfanté changeons méthode, tu des efprits. Surcette idéeII dreffa une nouvous allez voir par les velle pharmacie comme $efcriptionqueje vous vaisfaiye desprincipaux

Fer

sa n e s:

L E; i t it d 4
têtiiédes qu'il mit enpratique. Tifanné purgative: Prenez trois feuillesde U logiqueàtAriftot* m Grec deuxfeuilles d'an traité de 'théologie du par fcholafiiquele plusaigu, comme exemple une dïAvïcenfubtil Scot, quatre déParacélfè; ne fix d'Avetroës trois de Porphire autant dePlotin; autant de Jamblique:faites infufef le tout pendant vingt-quatre heures & p-enez-^ en quatre frifei fur jour* Purgatif plus violent.' concernantla du C* Prenez dix A des l* laC B*& faites-les difiiller fiu bain-marie; mortifiez une goutte de l'humeur acre &piquante qui en viendra dans uni a verre d'eau comtAwe: valez le tour avec cou?.
fanée,

1?omïti£' Prenez fix harangues; une douzainecforafe Jbns funèbres indifféremment prenant garde M. pourtant de ne point fefervir de celles de de N.; un recueil de nouveaux opéra; cinquante romans trente mémoires nouveaux mettez le tout dans un matras lai{fez-le en digeftion pendant deux jours puis faites-le difiiller au feu de fable*Et ft [toutcelanefu§s
1>1$,

f g R. | A M « fr

Autre plus puiflant. Prenez unefeuille de papier marbré, qui ait fervi à couvrir un recueil desfie ce?des J.F.$ faites-lp infuferVeffacede trois minutes; faiune ` tes chauffer cuillerée de cette infufion,• ^3 ,avalez. Jtenede très-jimple pour gU&frde ï'aftîimé^ Lifez tous les ouvrages du révérend pefé Maimbourg ci-devantjéfuite prenant garde 4e ne vous arréter qu'à la fin de chaquepé~ riode i & vous fentirez la faculté de refprer, -vous revenirfeu a peu [0S qu'il fçit befoin<Jg le remède. < Pour réferver p delaf galk gratëîle teigne farçin des chevaux. Prenez trois cathégorhs d'Ariftote 9 deux dégrés métaphyfiques une diftinBion fixvers (le Chapelain unephrafe tirée des lettres da M. Vabbéde S. Cyran Ecrivez le tout fur tm, morceau de papier, que vous plierez, attsk% gherez à un ruban &porterez au col Miracnlum chymicum, de violenta ferment tatione cum fumo igné 6cflammâ. Mifce Quefuellianam infufionem cum ïn* ? fufione Ltlkmanianà fiat fermentqtio cun%

T R Ég ^f^^t *t ad *M X* L «% si » acidtsfugnammagnâvi imgetu & tomtru tibus & invicem fenétrantWm alcalinos falet: fiet evaporatioardentiwkfykituum. Pons nihil inliqttwem ferment atùm in i alembùo de extrahes,& nihïl inventes rnifi caputmorz s :fuum. Lenitivum, lïT
< Réâpe MoÉinèanoâini eUwrtâs 'âuàs ÈfîïF,

1

!barisrelaxativi paginasfex; Fafqiâi emollien* uhum infunde maquis communis \ti$' folium lib. iiij- Adconfumptionem dimidiœ partis colentur & exfrïmantur; & in exprejfwnedi§oU ve Banni deterfivi à? ïamburiniabltiemis 'foi 'Ha n'}. lia iii. .Fiat.cliftèrî ••il dàïàûm qùamvu gus, jmlli<îos-coîores aut febrim-amatoriam, appellâî. RecipeAretîni figuras quatuor R*Thpmé 'Sanchii de mammomo j^lta't^dantuf:'in r squaçommimïslibrasqupique. '-' Fiatftîfana apéiHehs. Voiîà les drogues que notre médecin mit ïucçps imaginable. Il :e'npratique, avec un ft.1c"è's en me vouloit pas difoit-il, pourne pas'ruiner Cesmalades .employer des remèdesrares 8c qui ne fe trouvent prefque point comme epitre dédicatoire qui par exemple une îi'aiîfait bâiller perfonàè une 'préface trop

es; Persan £ou*te;un mandement fait par un evêque; Se l'ouvrage d'un janfénifteme'prifépar un janféniile ou bien admiré par un jéfuite. 11difoit que ces fortes de remèdes ne font propres qu'à entretenir la charlatanerie contre laquelle il avoit une antipathie infurmon-table.

h E TTRE

CXXXVltl,

U S B £ K à RHEDI.

A Fenife. Y ILya longtemps que l'on a dit que la boni ne foi étoit l'ame d'un grand rhiniflre. Un particulier peut jouir de Fobfcurité oîî il fe trouve il ne fe décrédite que devant quelques gens il fe tient couvert devant les autres Maisun mîniftre qui manque à la pro» bité, a autant de témoins, autant de juges gu'il y a de gens qu'il gouverne. Oferai-je le dire? le plus grand mal que fait un minjfire fans probité n'efl; pas de deflervir fon prince, & de ruiner fon peuple s il y en a^unautre, à mon avis, mille fois plus dangereux c'eft le mauvais exemple qu'il donne. Tu fçais ,quej'ai longtemps voyagé dans les ïndes. J'y ai vu une nation naturellement généreufe, pervertie en un inilant, depuis le dernier des fujets jufqu'auxplus grands, par le mauvais exemple d'un miniflre j'y ai

Ij, E T T R ES
vu tout un f eupJe cnezqui la généralité, la probité la candeur & la bonne foi, ont palïe de tout temps pour les qualite'snaturelles, devenir tout- à-coup le dernier des peuples;le,mal fe communiquer,8tn'épargner pas gieme les membres tes plu? faints;îes hommes les plus vertueux faire des chofes indignes -t Ôcvioler, dans toutes, les occafïons de leur vie les premiers principes de la juflice, fu~ce vain prétexte qu'on la1. leur avoit 1 vioqu'on vain prétexte fuj^çe lée,, 11$appelaient des toix odieufes en garantie des aftions les plus lâches & nommoient ^'ceffité rinjuftice &la perfidie. J'ai vu la foi des contrats bannie, les plus conventions anéanties, toutes les loix Maintes des farnilïes renverses. J'ai vu des débiteurs avares, fiers d'une infolentç pauvreté, infinimens indignes de la fureur des loix 8c 4e la d.es temps feindre un payement au rigueur lieu de le faire, & porter le couteau dans le fein de leurs bienfaiteurs. J'en ai vu d'autres plus indignes encore acheter prefque pour rien, ou plutôt ramaffer *deterre d«s feuilles de chêne, pour les mettre des $ la place de la fubftançe des veuves & r orphelins. J'ai vu naître foudaîn dans tous les cœurs une foif infatiable des richefles. J'ai vu fe former en un moment une détefîable conun honnête juration de s'enrichir, non par & une généreufe indyftrie mais par frjivajl tOI la

Persane

$;.

la futoe du prince, de 1 état, oc des cona« toyens. J'ai vu un honnête citoyen clansces temps malheureux ne fe coucherqu'en difant J'ai ruiné une famille aujourd'hui; j'en ruinerai «ne autre demain. Je vais, difoit unautre avec unhomme giojrqui porte une écritoire à la main ôc un fer pointu à l'oreille, affajftner tous ceux à qui j'ai de l'obligation. Un autre difoit Je vais quej'accommode mes affaires il eft vrai que lorfque j'allai il y a trois jours faire un certain payement je laiiTaitoute une famille en larmes, que je dijïipai la dot de deux honnêtes filles que j'ôtai l'éducation à un petit garçon; lé père en mourrade douleur la mère périt de triftefle mais je n'ai fait que ce qui <eftpermis par la loi. Quel plus grand crime que .ceJui que com-; metun miniffcre,lorfqu'il corrompt les mœurs de toute une nation dégrade les âmes les plus généreufes iérnit l'éclat des dignités obscurcit la vertu même & confondla plus haute naiflance dans le mépris univerfel? Que dira la poftérité, lorfqu'il lui faudra rougir de la honte .defes pères ? Que dira le le peuplenaiffant lorsqu'il comparera fer de fés ayeuis, avec l'or de ceux à qui il doit im« tnédiatement le jour? Je ne doute pas que les nobles ne retranchent de leurs quartiers un indigne degré de nobieffe qui les deshonore '
%om& IL |

Hier au foir un jeune garçon fut trouvé dans le jardki du €errail & fl fe fauvâ païdeffus les murailles. laiffa tomber ton voiie.-Le T t re s & ne biffentla générationprçfente dansl'affreux néant ou elles'eftmife. Ajoute à cela ce qui n'efl pas parvenu à*na Gonnoiffance carfurement tu es trahi. à Usbek. Xi es c!iofe«font venues à un état qui ne fe fe font imapeut plus foutenir tes femmes une impuginées que ton départ leur laifFoit nité entiere il fe paiTe ici des chofes horribles je tremble moi-même au cruel récit que » je vais te faire» Zélis allant il y a quelques jours à la mofquée. De Paris ale 11 dela Lune ie Rh&m&f&mt 1710. t J'ai furpris. CKXXIX. L E T T R E LE gran d eunuque A Paris. J'attends tes ordres 8c jufqu'à l'heureux mosnent que je lesrecevrai.^ parut pr€& tout le peuple» queà vifage découvert devant f'ai trouvé Zachi couchée avec un« de fe~ efdaves chofefi défend par les loix dufeir \raiî. paacle plus gfand hàfaro du îïionde unelettre qmje tîenvofe je n'ai jar mais pu de^ouveir à^qui©lteétoit adreflee. je vais être dans une .

liJ . ces femmes à ma difcrétion. Duferrail d'î/pahan le i de la Lune ~sArrES~! « il am deRhegeb1717. CXL.usles jours des nouvelles aufii triâes à te mander. Car dès ce momentje mets fur votre tête les moindres fautes qui fe commettront.um ih™ le nde~~Kn~ deZilhagé17x8.P fi ~a Mais 1". le xxieUJ. s'adreffok ^examinez cela avec des yeux de lynx.tu ne mets toutes fituation mortelle. EUBUqUEi L E T T R E U S B E K au PREMIER Auferraïl d'ffpahan. e c e v Ez'par cette lettre un pouvoir fans bornes fur tout le ferrail commandez avec autant d'autorité que moi-même que la crainte ôc la terreur marchent avec vous a en courez dVappartemens appariemens porter les punitions & les châtimens que tout vive dans la coniternation que tout fonde en larmes devant vous interrogez tout le ferrail commencez par les efclaves: n'épargnez amour que tout fiibjlTevotre tribupas. Je Soupçonne Zélis d'être celle à qui la lettre que vous avez furprife. je ne te réponds d'aucune d'elles ôc j'aurai to.mon nal redoutable mettez au jour les fecrets les plus cachés: pufiiïejs celieu infâme ôc faites-y rentrer la vertu bannie.

fublimefeigneur Se je te prie de compter fur mon zélé monex* vieilleiTe. j?irience §z ma Pu ferrail (Tlfpdian. Jeté baife les pieds. I. magnifique feigneur comme je fuis le plus vieux dé tes efclaves j'ai pris fa place jufques à ce que tu aies fait connpître fur qui tu veux jet* ter les yeux. .dans le ferrail je me levai. Narsit rUss ek. A Parti» HiE grand eunuque vient de mourir. Deux jours aprèsfa mort on m'apporta une 'de tes lettres qui lui étoit adreflee je me fuis bien gardé de l'ouvrir je l'ai enveloppée avec refpe£t & l'ai ferrée jufques à ce que tu m'aies fait connoitre tes facrées volontés. j'examinai la chofe & je trouvai que c'étoit une vifion. Hier un efclavé vint au milieu de la nuit tne dire qu'il avoit trouvé un jeune homme . ï7. le s de 1$ de Èune Gemmadi.E T-T R E $ LETTRE CXLT.

Narsït. vous avez dans vos mains deslettres qui contiennent des ordres prompts 8c violens le moindre retardement peut me défefpérer r §c vousdemeurez tranquille fous un vain prétexte Il fe pâlie des chofes horribles j'ai peutêtre la moitié de1 mesefcïaves qui méritent la mort. JM alheureux que vous êtes.le is delà Lunt a de Chalval. Be* . 1718* il) .f E R S A N ESè LETTRE Usbek à CXLII. Je vous envoie la lettre que le premier eunuque m'écrivit Ià-deiTus avant de mourir. Au ferrait d'Ifpahan. Si vous aviez ouvert le paquet qui lui éft adrefTé vous y auriez trouvé des ordres fanglans lifez-les doncces ordres ôc yous périrez fi vousne les exécutez pas.

après mamot il manque de vigilance fonge à en avertir ton maître. c'eftque mes de derniers regards aient trouvé les femmes mon maître criminelles. . fi elle avoit été ouverte celle que tu as écrite depuis a été furce prife à trois lieues d*ici je ne fçais^ que f c'eft 2tout e tourne malheureufement..L e t x R e s L E T T R E CXLIII. En achevant ces mots il expira dansmesbras. & lesintimider encore Voilà les clefs. Si je gardois plus long-temps le filence je ferois auili coupable que tous ces criminels que tu as dans le ferrail. de ces redoutables lieu* j va les porterau plus vieux des noirs. A Paris. Maisfi. S OL I M-4 USBÎK. après ma mort mon ombre menaçante venir avertir ces perfides de leur devoir. J'étois le confident-du grand eunuque. Le crel puiffe le ga-* rantir de tous les malheursque je prévois: puifle. Lorsqu'il fe vit près de fa fin il me fit appeîier ôc me dit ces paroles Je me meurs mais le feul chagrin que j'aie en quittant la vie. Je ne fçais ce qu'il t'écrivît quelque temps avant fa mort fur la conduite de tes femmes il y a dans le ferrail une lettre qui auxoit porté la terreur avec elle. le plus fidèle de tes efclaves.

d'où ilsfortoient le foir lorfque nous étions retirés. g^conferve de la modeftie. Je fuis agité d'une colere vengerefe contre tant de perfidies & file ciel vouloir pour le bien de ton fervice. 6c pour l'obfervatïon des règles.auCependant tes femmes ne gardent plus cune retenue depuis la mort du grand eunula que. eft un témoignage infaillible ieîoïi moi de quelque fatisfaction nouvelle dans les plus petites chofes je remarque des libertés jufqu'alors inconnues. On ne trouve plus corrompre fur le vifage de tes femmes cette vertu mâle & févere qui y régnoit autrefois une joie nouvelle répandue dans ces lieux. t '1 . On voit les mœurs fe tous les jours. il fembîe que tout leur foit permis: feule Roxane eft reftée dans le devoir. qui me furprends ils n'ont plus ce zélé ardent pour ton fervice. à une de tes maifonsles plus abandonnées^ Ondit que l'efclave qui en a foin a été' gagné Se qu'un jour avant qu'elles arrivafdans fent il avoît fait cacher deux hommes un réduit de pierre qui eft dansla muraille de îa principale chambre. je te promets que. Il règne même parmi tes efclaves une certaine indolence pour leur devoir. e# un imbéciiîe à qui l'on fait croire tu** c® qu'on veut. fi tes l'w P E R S' n A lï E S. Le vieux eunuque. Tes femmes ont été huit jours à la campagne. qui fembloit animer tout le ferrail. qui eft à préfent à notre tête. que tu me jugeaffescapable de gouverner.

le Duferrail '>d'Iftuhatt 6délaLuM de Rebiab 1. Il' eft arrivé un malheur qui me met es Arme'grande peine. tu dois avoir des chofes de eonféquence à me fnander. Compte qu'il nesypafera rien qae tes yeux ne puiffent foutenir. de maniere que la lettre eft perdue. à CXLIV.1719. car je m'imagine que dans ce changement. R o x a n e 8c Zélis ont fouhaité d'aller à U campagne je n'ai pas cru devoir le leur reï fidelfufer.Heureux XJfoeii tu as des femmes les Ôcdes efdavesvigilans je commande en des lieux oii la vertu fernble s'être choifi un afyle.t Ë t ~r1t S -1 femmes nMtoientpas vertueufesyau moins ellesferoient fidelles. L E T TRE Narsit A Paris. j'ai envoyé un efcî'ave pour la chercher il a été volé à fon retour. Du ferraïldeFatmé le6 deU Lune Rêbiab ï. Quelques marchands rtiens nouvellementarrive's à Ifpahan avoient apporté une de tes lettres pour moi. USBEK. de 9 . Ecris-moi donc promptement. 171'.

SOLIM. ni pitié. Entre dans ce nouvel emploi mais n'y porte ni cœur.Persanes. Il faut que je te doive mon bonheur ôc mon repos rendsmoi mon ferrail comme je Tai laiffé. Mais commence par l'expier extermine les coupables. elles tomberont devant tes regards. Bc fais trembler ceux qui fe propofoient de le devenir. J E te mets le fer à la majn. Que ne peux-tu pas efpérer de ton maître pour des fervices fi fîgnalés ? Il ne tiendra qu'à toi de te mettre au-deffus de ta condition même 6c de toutes les ^écompenfes queïu as jamais defirées. Je te confie ce que j'ai à préfent dans le monde de plus cher* -qui eft ma vengeance. LETTRE USBEK à CXLV. Ve Paris le 4 de la Lun& deChahbajij 1719* ir .de crimes. Au ferrail d'Ifpahan. J'écris à mes femmes de t'obéir aveuglément dans la confufion de tant .

'JLB T T R. E S LETTRE UîBBK à CXLVÏ. De Paris. Puisse cette lettre être comme la foudre qui tombe au milieu des éclairs 8c des tempêtes l Solimeil votre premier eunuque. mais pour vous punir. Au ferrail d'Ifçahan.yo . il vous fera vivre fous un joug fi rigoureux. que vous regretterez votre liberté 'fi'vous ne re^grettez pas votre vertu. SES FEMMES.z7. le 4 de laLum de .l-ial`Tian 9. Que tout le ferrail s'abaiffe devantlui. non pas pour vous garder. 11doit juger vos aétions paffe'es 6c pour l'avenir.

R S A » E ît CXLVII. & enfanter dansmon ame la crainte. Tu meconnois Nelïîr tu as toujours vi* d dans mon coeur comme ans le tien Je te ferois pitiéy. ii tu fçavois monétat déplorable. abferît de tout cé qui m'intéreiïe.P E . repofe fon cœur au milieu de fa famille. A Iftahan. eft prêt drarriver il fe fait dans mon cœur une révolution foudaine ma main tremble d'ouvrir une lettre fatale cette inquiétude qui me défefpéroit.ce qui m'importune. celui qui connoiiTant tout îe H eureux prix d'une vie douce & tranquille. ôc|e crain» .je la trouve l'état le plus heureux ou je puiiTeêtre. J'attens quelquefois fîx mois entiers des nouvelles du ferrail je compte tous lés inftan* qui s'écoulent mon impatience meles allonge toujours & lorfque celui qui a été tant attendu. les foupçons la haine 8e les regrets. Une trifteiTefombre me faiût je tombe dans un accablement affreux t il me je fembîe que jeir/anéantis 'y & ne me retrouve moi-même que lorfqu'une fombre faloufîe vient s'allumer. & ne conîioît d'autre terre que celle qui lui a donné le jour. LETTRE Usbik à Nessir. Je vis dans on climat barbare y préfentà tout .

"L 6 t R S S « 4 cruel pour ffîol d'en fortir par' un coup plus que mille morts* Mais quelque raifon que j'aie eu de fortir de ma-patrie quoique je doive ma vie à ma retraite. Malheureux que je fuis Je fouhaite de revoir ma patrie. peut-être pour devenir plus malheureux encore Ehqu'y ferai-je ? Je vais rapporter ma tête à mes ennemis. je ne puis plus Neffir. qu© deviendrai-je ? Et fi la feule idée m'accable de fi loin que fefa-ce lorfque ma préfencë la rendra plus vive? que fèra-ce.tout j'entrerai dans le ferrai! il faut que j-'ydemande compte du temps funefte de mon. Et ne mourrois-je pas tout de même en proie à mes chagrins? J'ai preffé mille fois Rica de quitter cette terre étrangère mais il s'Oppofeà toutes mes réfolutions. Ce n'efl pas. il m'attache ici par mille prétextes Il femble qu'il ait oublié fa patrie ou plutôt il femble tant il efl:inqu'il m'ait oublié moi-même {enfïbleà mes déplaifirs. refter dans cet affreux exil. foient des marques éternelles de Hia confufion & de mon défefpoir ? J'irai m'enfermer dans des murs plus terribles pour moi que pour les femmes qui y font gardées j'y porterai tous mes foup§ons leurs emj?reffemensne iii*en dérobe^ . abfence & fi j'y trouve des coupables. s'il faut que Je voie s'il faut que j'entende ce que je n^ofê imaginer tans frémir? que fera-ce enfin sîl6 faut que des cnâtifnens que je prononcerai moi-même.

R O X A H E à USBEK. Rebut indigne de la nature humaine efclavesvils dont le cœur a été fermépour jamais à tous les fentimens de l'amour. l Vt Parise 4 detatune de Ghakb&n i/tp.orter fur elles fes viles mains. A Paris. dans le ferrail un deuil affreux l'environne un tigre y exerce à chaque inftant toute fa rage il a misdansles fupplicesdeux eunuques blancs. qui n'ont avoué que leur innocence il a vendu une partie de nos ef-. gnent. un traitement indigne le facrilége n'a pas craint de p. vous ne gémiriez plus fur votre condition . la nuit c*c l'épouvante réL'hoîireur. il nous y fait vivre fous le voile il ne nous eft plus permis de nous parler.fî vous connoiffiezlr malheur de la mienne* mienne. ce ferc4t . claves 8c nous a obligées de changer entre nous celles qui nous refioient. je ïdnt rien dans mon lit ne jouirai que de mes inquiétudes dans un temps fi peu propre aux réflexions? ma jaloufie trouvera à en faire. p E ? 1A N E S.& quoique nous 3rfoyons feules.bras. Zachi & Zélis ont reçu dans leur chambre dans l'obfcurité de la nuit. < dans leurs LETTRE CXLVIÏI. II nous tient enfermées chacune dans notre appartement.

?oicf tes malheurs 8ç les miens je ne t'en écris qu'en tremblant. JE me plains. finiront avec ma vie Elle ne fera pas longue. depuis que tu m'as confié tes femmes j'ai veille nuit 8c jour fur elles que je »'ai jamais fufpendu un moment le cours de mes inquiétudes.fans fortir de monauflérité naturelle. Je jure par tous les proplétes du ciel. iefalufle lez deMaharram. défaire eeiTer '• PuferrtilŒlfpahan. cruel UfbeK je ne te donnerai pas le temps tous ces outrages. Une troupe de nouveaux eunuques eft entrée dans le ferrai! où ils nousaffiégentnuit Se jour notre fommeil eft fans celTeinterrompu par leurs méfiances feintes ou véritables. :E1P~v~~r. 720. Ce qui me confole c'eû que tout ceci ne durera pas long-temps Se que ces peines. J'ai commencé mon miniftere par les châtimens & je les ai fafpend-us. magnifique feigneuï f# te plains: jamais ferviîeur ficléïën'eâ dèfcëîîdu dansl'affreux défefpoir otrje fuis. 1 LETTRE SoilM CXLIXg À USBEK. Mais que dis-je ? Pourquoi te vanter ici . que.«? tt B T r^ ? n: S a JL~ fis T 7}© E p nftm prrirft nous n'il n'avons pîùl un crime de nous écrire rien de libre que les pleurs.

P ERS une fidélité qui t'a été mutile? Oublietous mes fervices paffés regarde-moi comme un traître 6c punis-moi de tous les crimes que je n'ai pu empêcher. en a bleffé plufieurs il vouloit même rentrer dans la chambre. pour mourir. il m'a donné. c'étoit le voile de fa perfidie. Sublimefeigneur^ tes ordres féveres Tu as mis ta vengeance'en mes mains je ne dois pas la faire langnit.deux coups de poignard.letie Icz lime le d'IJpahan <dela ï-ace Vufcrra. 'Je l'ai furprife dans lesbra» d'un Jeune homme. g\1lr . eft venu fur moi. 8c tu avois pour Roxane une fécurité entière mais fa vertu farouche étoit une cruelle impoflure. Je ne fçaisfî j'attendrai.il de ReHabfiiifiof)~i S A N K S. ~< . dès qu'il s'eft vu découvert. les eunuques accourus au bruit Pont entouré il s'eft défendu long-temps. aux yeux de Roxane. difoit-il.·f_9t1__1_i1 . Mais enfin il a cédé aunombre.la fuperbe Roxane ô ciel à qui fe fier déformais? Tu foupçonnois Zachi. Roxane. & il eft tombé à nos pieds.qui.

Le t t. Tu devrois me tenait grâces encore du facrifice que je t'ai fait. Je vais mourir le poison va couler dans mes veines car que ferois-je ici. CL. puifque le feul homme qui me retenoit à la vie n'eft plus? Je meurs mais monombre s'envole bien a<> compagnée je viensd'envoyer devant moi ces gardiens facriléges qui ont répandu le plus beau fang du monde. créComment -as-tu penféque je fuite alTez dule . en* . è s LETTRE Rqxake A Paris. Oui je t'ai trompe j'ai féduit tes eunuques je me fuis jouée de ta jaloufie ôc j'ai lieu de délifçu de ton affreux ferrail faire un ces Ô£de plâifîrs.s.^our m'imaginer que je ne fuffedans le monde que pour adorer tes caprices ? que lé pendant que tu te permets tout tu eufTes droit d'affliger tous mes defîrs? Non: j'ai puvivre dans la fervitude mais j'ai toujoursété libre j'ai réformé tes loix fur celles de la nature & mon efprit s'eft toujours tenu dans l'indépendance. de ce que je me fuis abaiffée jufqu'à te paroître fidelîe de ce que j'ai lâchement gardé dans mon cœur ce que faurois dû faire paroître à toute la terre. à USBEK.

courage? Mais c'en eil fait. 8 dela Lune deB. je fens affaiblir jufqu'^ ma fiaine je memeurs. Tu étois étonné de ne point trouver en moi les tranfports de l'amour: fi tu m'avois bien connue.ebiahi?J7Mf . Seroit-il poffible qu'après t'avoir accablé d@ .douleurs je te forçaffe encore d'admirer mon . Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un cœur comme le mien tétoit foumis Nous étions tous deux heureux tu me croyois trompée & je te trompois. le Puferrtil d'Ifpahan. tu y aurok trouve' toute la violence de la haine. A Il 1 $n de ce que j'ai profané la vertu. le poifon me confume. Ce langage fans doute te paroît nouveau. ma force m'abandonne la plume me tombe des mains. en fouffrant qu'on appellât de ce nom ma foumiflion à tes fantaifîes.Persane s.

.SUPPLEMENT AUX LETTRES PERSANES.

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SUR LES LETTRES PERSANES.QUELQUES REFLEXIONS . Rien n'a plu davantage dansles lettres perfanes que d'y trouver. fansy penfer une efpèce roman* mvoit le commenOit de cement le progrès la fin les divers perfonnagesfont placés dans une chaîne qui les Me.fortes de romans réufJiffknt ordinairement parce que l'on rend comptefoi-même de fa Jïtuation uBuelle ce quifait plus fentir les p offrons quetous les récits qu'on en pourroitfaire.A mefure. D'ailleurs ces. Et c'efî Aij .merveilleux& moins bifarre &* ils font plus ou moins frappés de ce bifarre & de ce merveilleux ^fuivdntla différence de leurs çaraBères. Jfun autre coté le défordrecroît dans le ferrail d\Ajte à proportion de la d longueurde Vabfence 'UJbekj c'ejî-à-dire À mefure que la fureur augmente & qu$ l'amour diminue.qu'ils font un plus longfejour en Europe les mœurs de cette partie du monde prennent dans leur tête^unair moins .

Ils alloient tirer par la manchetous ceux qu'ils rencontraient Monfieur J difoient-ilsfaites-moi des lettres perfanes.dans la forme ailleursne font pas chôtfis &ou les fujets d'aucun def quori traite ne font dépendant frirt ou d'aucun plan déjà formé Vauteur donné l'avantage dé pouvoirjoindrede s'eft la philofophiede la politique & de la morale à un roman & de lier le tout par une chaînefecrètt£& en quelque façon inconnue. Mais. Mais ce queje viens de dire fuffit pour voir qu'ellesne font fufceptibles d'aufaire cunefuite encoremoins d'àueun mélangé avec des lettres écrites d'une autre main. On n'y fçauroit mêler de raifonnemens parce qu'aucunsdes personnagesn'y été ajfembléspour raifonner cela ayant choquttoitle dejfein& la nature de l'ouvrades lettres où les gé. Les lettres perfahes eurent d'abord un débitfi prodigieux que les libraires mirent tout en ufage pour en avoir des fuites.J REFLEXIONS t .QUELQUES ouvra" une des caiifes du fuccès de quelques les lettres ges charmans qui ont paru depuis perfanes. Enfin dans les romans ordinaires les digrejjîom ne peuvent être permifesque lorf an forment elles-mêrhe nouveau roqu'elles rnan.

On uar voit à peindreque le J&rttiimmQu'ilsavo. chaque exchojequi kjttr .SUR LES LETRES PERSANES.unfigrand : rôlej.ont trouvés bienhardis.(ivoM <p#ru traordinaire. Leurs premièrespeîifées dévoient être Jïngulières il fimblok qu'onn [avoit rien à faire qu'à leur donnerl'efpècede Jïngularité qui peut compatiravec de Vefprit. à in? p térefjtr quelquerincipe de notre religion pn nefejoupçonnoitpaswime d'impiudmce. coutumesh"de nos ufages. L. En.knt . attentifqu'à faire ri voir la génération &le progrès de leursidées. fi trouvoient tout-à coup4r mfplanus en Europe c'efï-à-dire dansun autre univers. Bien loin qjulmpensât. On 'et oit.eu à. quelqw 'ingénieufesquellespiiiffent être. Et J s'ilstrouventnos quelquefois dogmes fingulier s czttefingularité eft toujaurs marquée ait coin de la A Aiij' .esPerfans qui doiventy jouer. Ces traits Jetrouventtoujoursliés aveclefentimentdejurprifi £r d'étonnement J Gr point avec l'idée à: 'examen 6r eucoremoinsavec cellede critique. Il y a quelquestraits que bien des gens .de faire attention à la nature de cet ouvrage. Il y avoit un temps où ilfalloit nèceffairementles repréfenterf teins d'ignorance & de préjugés. parlant de notre religion ces Perfans ne dévoientpas paroître plus injtruiti que lorfqu'ilsparlaient de nos.. Mais ilsfant priés .

. On prie doncle leBeur de ne pas cejj'erun momentde regarder les traits de des dontje parle comme effetsde la furprife gens qui devoient en avoir. ou commedes paradoxes faits par des hommes qui n'étoient pas même en état d'en faire.liaifons tes dogmes & nos autres vérités. On fait cettejuftification par amour pour du cesgrandes vérités indépendammentrefpeÈ pour le genre humain que Von n'a certainement pas voulufrapper par Vendrait le plus tendre.n "-1" PER& `.. . SUR LÉS L. Il efî prié de faire attention que tout V agrément conjifloit dans' le contrafte éternel entre les J chofes réellesJ & la manièrefingulière* naïve ou bifarreJ dont elles étaient apperçues. 11 H. Certainement la nature & le dejfein des lettres perfanes font fi à découvert qu'elles ne tromperont jamais que ceux <pH voudront fe tromper eux-mîme* QûËlQX?E£ RÉf t.qud y a entre yàrfaîte ignorancedes.

l ( I. Quoique je n'aie guère jamais connu cet engagement qu'on appelle amitié & qu« je me fois enveloppé tout entier dans moimême. pendant que j'étois de bronze pour tous ces enclavesqui vivoient fous mes loix je voyois croître ton ` enfance avecplaiiîr. tu m'as cependant fait fentir que j'avois encore un cœur. y A Aiy . 8c. E. ( Le temps vint ou mon maître jetta fur toi les yeux. part.~ LETTR Le PREMIER eunuque à Jaron. Je ne te dirai point fi je te plaignis. A Evzeron.Page avanta lettre 'UsbekMéhémet 3s. Il s'en falloit bien que la nature eût encore parlé lorfque le fer te fépara de la nature.SUPPLÉMENT AUX LETTES PERSANES. JE prie le ciel qu'il te ramène dans ces lieux £c te dérobe à tous les dangers. eunuque noir. d d Hali.

é toujours inféparable des inftruaions te fit longtemps ignorer que tu T metolsC1ef. Je pris foin detone'ducation. à fon retour le péLerinage de la Mecque vous youspurifieriez tous dans la terre des anges. J'appaifaLfes pleurs &: tes cris. io&et$.~ 171. Il eft impofllbîe que tu n'y contractes bien des fouillures. J)ufsrrélJ^lff<ihcLn. Tu me tétois pourtant 5c jeté dirai que jefaïmois comme un père aime fon fils il ces noms de père 8e de fils pouvoient convenir à notre ..deitine'e. Je crus te voir prendre ime feconde naiCara.le ~nec[eGc/n/?ï~dt lunedeGemmeidi ï/ï.1» Supplément 1te à fentîs du .&fortir •d'unefervitude ou tu devois toujours 'obéir.eetols pourtant Je.. Comment le prophète pourroit-il te regarder au milieu de tant de millions de fes ennemis? Je voudrois que mon maître fît. Tu vas parcourir les pays habités par les chrétiens qui n'ont jamais cru. La Jévirit. u rq.ce? .ou û je voir élevé jyf» plaifir qu'à moi. pour entrer dans une fervitude ou tu devois commander.te m'étois cher.

Je vais donc vivre fous tes' Ioix/6c parta.parce que leurs droits étoient re'ciproques.'avant la lettre d'Usbekâfon ami Ibben.ger tes foins. Il veut augmenter le nombre de leurs gardiens. Il ne craint pluspour lui il craint pour ce (!. fes foupçoiis fe fortifient. Grand dieu! qu'il faut de chofes pour rendre un feul jhommelieuceuxï La nature fembloit avoir mis les femme? dans la dépendance.aux lettres perfanes. La-joie fuira de mes lèvres.equi lui eft mille fois pIuscner. & I'efprit inquiet. part. Je n'attendrai point les rides d© Ay . A mefure qu'IHbek s'éloigne du ferrait 9 tourne fa tête vers fes femmes facrées il foupire. Le dehors fera tranquille. (I. Je Iaiférat tomber des regardsfôitibr es. Mon front va devenir févère. Page +9 . l'amour. avec tous les noirs qui l'accompagnent. entre les femmes. & nous la haine 6c ent*eles hommes 8c les femmes. Nous fommes entrés dans le plan d'une nouvelle harmonie nous avons mis. Il va me renvoyer. 'lue lullui plus cher que luimême. de les en avoir retirées 1 -le dëfordre naifloit entre les deuxsexes-. il verfe des larmes fa douleur s'aigrit.) A LETTR JaRON au PREMIER EUNUQUE.

Quefa grandeur lious ramène à notre foibleflè. Supplément dela L âlafin lettre XVII.Page169 alôute~ Mon cher Rhédi pourquoi tant de philo. & qu'il eft moins aifé d'humilier.la vieilleffe. maître J'aurois eu du plaifir à fuivre mon dans l'occident mais ma volonté eft fon bien. '( I. 11 vent que je garde fes femmes je les garderai avec fidélité'. quand on ne lui permet pas d'être vain commence à devenir fuperbe. S'humilier toujours. i 2 delafane deZilcadéijn. que d'anéantir. c'eitTadorer toujours. pour en montrer les chagrina.fophie ? Dieu eft fi haut. qui. part. Il eft jmmenfe fpirituel infini. Je tombe fous tes regards» le DeSmïrne. . Je fçais comment je dois me conduire avec ce sexe. que nous n'appercevons pas même fes nuages. Nous ne le connoMbns bien que dans fes préceptes.

A Paris. De Smirne ~~rm~oMrffe~ de lune Saphar1715» .auxlettres perfimesï (II. Page 1 1 avant la lettre de Ricaà U$bek+) L E T T R E. Mon cher Uibek. il me femble que pouruft vrai mufulmàn les malheurs font moins des cMtimens que des menaces.e deux êtres & que la nécefllté de conferver l'union marque plus la foumifTionaux ordres du créateur. Quefervent . cesImpatiences qu'à faire voir que nous voudrions être heureux indépendamment de celui qui donne les félicités. C'eft le temps des profpérités qu'il faudroit abre'ger. Ibben à Usbek. Ce font des jours bien précieux que ceux qui nous portent à expier les offenfes.toutes. parce qu'il eftï* félicité même ? d Si un être eil compofé. part. on en a pu faire uneloi religieufe Si cette néceffité de conferverl'union eft un meilleurgarant des actionsdes hommes on en a pu faire une loi civile. JivJ .

rice.prétend être le plus poli de l'Europe 8c. part.il a fait dire en occident que le roi des rois ne domine que fur des barbares. au monarque des François. Il paroit ici un perfonnage travefli en am« bafladeur de Perle.Supplément dRhéii») (II. Je ne veux pas que nos minières le puniffeht de leur propre imprudence. a Ne dis point ceci à Ifpahan épargnes la tête d'un malheureux. des preTens que le nôtre ne fçauroit donner à urr roi dlrimette ou de Géorgie 8c. elle l'a fait paroître avec dignité devant un peuple dontileil le mépris. A Iffahan. il a -flétri la ma Il s'eft rendu ridicule devant un peuplé qui . 'r r.. fi. & de l'indigne choix qu'ils ont fait. qu'il fembloit avoir voulu fe faire refufer lui-même Et comme ii la cour de 'France avpit eu plus à cœur la grandeur perfane que lui. Il appor-te. qui fe joue infolemmgnt des deux plus grands rois du monde. dela DeParis. Il a reçu des honneurs. par fa lâche ava» telle' des deux-empires. à RuSTAS.ledernier lunt » de Gemmadi 1 715 z. . Page 43 avant la lem&d'Usbek LE USBEK T T R E.

la peut chercher dans la guerre.pîace des trois derniers alinéa j mettei ceux-ci») La conquête ne donne point un droit par elle-même.commencemerit. Ils font tous légitimes lorfque les conditions en font telles que les deux peuples peuvent feconfefver:fans quoi celle des deux fociétés qui doit périr. Car la nature. a été à long. qui a établi les différens degrés de force 8c de foibleffe parmi les hom. Lorfque le peuple fubfifte.C'eil aujourd'hui ia modede ne. a encore fouvent égaléla foibleCeàla force par le défefpoir.auxlettres perfanes. Page« g ayant la lettre Rkédi à Uibe^ J " TET TE E* U'. ( II. parc. ou difperfé.S.& fi le peu. elle eft le monument d'une tyrannie. pan. elle effc gage de la paix &: delà réparation du un tort :. privée de fa défenfe naturelle pair la paix..I*B-. qu'ils femblentqu'ils foient la voix de la nature qui réclame fes droits.mes.r-ègrie-3dù^feu. de (1]. Page s i à la.ple eft détruit. s'occuper q^uedeç . que îâ Gm en avoit fait oubliée Ie. Lès traités de paix font fifacrés parmi le* hommes.BEK à *r roi .

il y a quelquesjours.. du nom de Mazarin. e lM jJi. Si cela ne ftijfit pas nous ferons paroîiYe une eftampe qui fera voir Mazarin pendu. été r?avec perte fje crois qu'il nousferafapoufl'ées cile de réparer cet échec. que. Par bonheurpour nousr il ne parle pas bien Vécorehe tellement. p" celles qui fervent à tirer. Nous paspojjîble que ne manquons pas de faire bien remarquer au le ton ridicule dont il prononce. J'ai fait choix de quelques voix trhnettes qui fortant de la cavité de certaines émouvront merveilleufe* poitrines très-fortes ment le peuple. J'efpère qu'avant qu'il (oit huit jours. Ils font fur un air qui a fait 9 jufqu*à préfent un effettout particulier. 3Iejfîeurs quoique nos troupes aient. Depuis notre défaite^ notre mufique l'a ft Supplément m J m *> . le peuun mot généré pie fera. Noui peuple relevâmes.événemens arrivés dans fa minorité ôc on ne lit plus que les mémoires de ces temps-là. qu'il nefi François il fes affaires ne déclinent. une faute de grammaire fi gr opère qu'on en fit desfarces par tous les carrefours. Voici le difcours qu'un des généraux de la ville de Paris prononça dans un confeil de guerre & j'avoue que je n'y comprends pas grand' chofe. pour exprimer toutes les bétes defomme. J'ai fix couplets de chanfon tout prêts à mettre au jour qui je m'apure remettront toutes chofesdans l'équilibre.

il a été obligé de renvoyer tous fes pages. Mais toutes les deftru&ions ne font pas violentes. Nous voyons pluiîeurs parties de la terre fe laffer de fournir à la fubfîftance des hommes que fçavons-npiisfi la terre entière n'a pas des caufes générales lentes & imperceptibles. part*Page113. de laffitude. nous devenons malades.. Il agit tellement fur nous.auxlettres perfanes. Les liquides étant accoutumés à une certaine confiftance . De Paris le 4 dela lune deChahban 1718. pour ne pas voir fes fartifans réduits à la moitié. Page avante dernier 94..& foyez fur que nous lui ferons regajfer les monts à couçs de fifflets. ) ( II. des particules de la terre de chaque pays. que notre tempérament en eft fixé. Ranimez-vous donc. . l alinéa* ) ( II. comme les plantes. reprenez courage. l alinéa. part.les folides à une certaine difpofîtion tous les deux à un certain degré . Lorfque nous fommes tranfportés dans un autre pays. aprèse fécond L'tiir fe charge. furteufement vexé fur le péché originel que.

de mouvement n'en peuvent plus ïouffr» d'autres. d'ailleurs. par la même raifon. part. Quand je penfe à la fituatioil des princes. s'ils acquièrent quelques-uns de leurs fujets en les achetant. je ne puis que les plaindre: & je les plains encore davantage lorfqu'ils n'ont pas ïa force de réfiikr à des demandes toujours onéreufes à ceux qui ne demandent rien.p toujours entourés d'hommes avides Se infatiables. à Rhedj. des grâces §c des penfîons qu'ils accoirr dent. { II. ) A Venlfe. Et. Page i z i LETT USBEK avant la lettre de Rica d *» RE. ilfaut bien. qu'ils en perdent une infinité d'autres en les appauvriffanf. Quel peut être le motif de ces libéralités immenfes que les princes verfent fur leurs courtifans ? Veulent-âls fe les attacher? ils leur font déjà acquis autant qu'ils peuvent l'être.une foule d'idées fe préfente à mon efprit:# me femble quef entends publier cette ©r$oa* nanee. que je ne melivre à mille réflexions: . 8c lis réfîftent à un nouveau pli. Je n'entends jamais parler de leurs libéralités. .

depuis noas tre avènement à la couronne de fe trouver » à notre lever que nous les avons toujours 9} fur notre païfage immobiles commedes vus élevés p>bornes $ç qu'ils fe font extrêmement ?3 pour regarder. ai §cleur accorder toutes leurs prières. qui nous ont fupplié 35defaire attention qu'il eft notoire qu'elles ?a font d'unentretien très-difficile quelques-unes mêmetrès-furannées nous ont prie. Seque fi les généraux leurs m arméesont rendu l'état redoutable par leurs faits militaires elles n'ont point rendu la .33 courmoins célèbrepar leurs intrigues.Âinfit mdélirant traiter les fupplians avec bonté.re~). ous av¡onsmem. nous :» ayonsordonné ce qui fuit =3 Que tout laboureur. Enjoignons aux tie aj pères de famille de faire ia~4iminution -'A .aux lettmjRerfaneï.pluiîeurs requêtesde la part dequelques-per?3 fonn. fur les épaules les plus hauN ~~te5.yo.1'("T£1I 'n de ~1'¡: ·H~n1-srî s»LE courage infatigable ~~1EP quelques-uns 33 nos fujets à nous demander des penfions de «ayant exercéfans relâche notre magnificence e royale nous avons enfin cédé à la mulwtitude des requêtes qu'ils nous ont préfen?> tées lefquelles ont fait jufqu'ici la plusgranas de follicitudë du trône.e .. de faire attention qu'elles a>-ontfait l'ornement de Ja cour des rois nos de 03prédéceffeurs. ayant cinq enfans » » retranchera journellementla cinquième par33 du pain qu'il leur donne. 3> branlant la tête.esdu beau sexe. r-o.1 ?s .tr-e~ré~aité. Ils nous ont répré9> fente qu'ils n'ont point manqué.

que par unetrifle 8c ennuyeufe 33modeftie nous ordonnons qu'ils attendront à les marier. lefquel» les ne fe font rendues recommandables.n'achètent déformais d'habits à » eux. d'y » faire aucune réparation. elles 33 viennent à les y contraindre. jufqu'à ce qu'ayant at9jteint l'âge limité par les ordonnances. de De Paris le premier la lune de Chalval i S 1" SupjÊéntent y l'Y'" _c . que de »? quatreans en quatre ans leur interdifons en 33outre très-étroitement ces petites réjouif» fancesqu'ils avoient coutume de faire dans aj leurs familles les principales fêtes de l'an3' née » Et d'autant que nous demeurons aver» tis que la plupart des bourgeois de nos bon» nés villes font entièrement occupés à pour* Mvoiràl'établiffement de leurs filles. =» Défendons jexpreflement à tous ceux qui a»s'appliquent à la culture de leurs he'ritages 03ou qui les ont donnés à titre de ferme.fur chacun d'eux auffi jufte que faire fe mpourra. » Ordonnons que toutes perfonnes qui *> s'exercent à destravauxvils Scméchaniques. 33 lefquelles n'ont jamais été au lever de notre œrmajefté". dans 33 notre état. Défendons à » nos magistrats de pourvoir à l'éducation de w leurs enfans ce. à leurs femmes& à leurs enfans. de quelque efpècé » qu'elle foit.

c'eft fon bien le fécond attaque les opinions des autres & c'eft le bien de tout le monde. Leur caractère me parut admirable. cela me fait beaucoup. bien appréciée fe réduifoit à ceci: Ce que j'ai dit eft vrai. USBEKà Rica. Oh mon cher Uibek que la vanité fert mal ceux qui en ont une dôfe plus forte que celle qui eft néceffaire pour la confervation de la nature Ces gens-là veulent être admirés à force de déplaire.aux lettres perjânes. deuxfçavans qui ont ici une grande célébrité.deux lettres fuivantes. J'aimois aflez le premier car qu'un homme foit opiniâtre cela ne me fait abfolument rien. il y a quelques jours dans uns maifon de campagne où j'étoisallé. LETTRE. . La converfation du fecond portoit fur autre chofe Ce que je n'ai pas dit u'eit pas vrai. mais qu'il ibit impertinent. JE trouvai. parce que je l'ai dit. Vous croyez que vous n'avez rien. La converfation du premier. parce que je ne l'ai pasdit. Le premier défend fes opinions. part. Ils cherchent à être fupérieurs & ils ne font pas feulement égaux. Page 187. Hommes modefles venez que je vous embraffe. Vous faites la douceur §c le charme de la vie. avant la lettreà'Ushtk d Rica. mettet les. ( II.

DeParis. e z2 delalun» l deChahhan720. R USBEK à Un homme d'efprit eft ordinairement diffici*le dans lesfociétés. E. je vousdis que vous avez tout. Il ruine prefque toujours fa -fortune parce quefon efprit lui fournit pour cela un plus grand nombre de moyens. Il eft porté à la critique parce qu'il voit plus de chofes qu'un autre. Sans compter que ? . 1 Supplément LETTRE. Il choifït peu de pexfonnes il s'ennuie avec tout ce grand nombre de gens qu'il lui plaît appeller mauvaife compagnie il eft impoiEble. & les fent mieux.qu'ilne. je les précipite de leur tribunal.& moi.faffe:unp eu fentir foa de'gojjf: Autant d'ennemis. Vous penfez que vous n'humiliez perfonne 8c vous humiliez tout le monde. 8c je lés mets à vos pieds. Sa vue qui fe porte toujours loin lui fait voir des objets qui font à de trop grandes diÛances. Sûr de plaire quandil voudra # îi^glige très-fouvent de le faire. Il échoue dans fes entreprifes parce qu'il hafarde beaucoup. Et quand je vous compare dans mon idée avec ces hommes abfolus que je vois par-tout.

Mais. que dirons-nous de la dure condition des fçavans? Jen'jr penfe jamais que je ne merappelle une lettre d'un d'eux à un de fe« amis. Pendant que l'envie fond fur l'un & qu'on ne lui pardonne rien on fupplée tout en faveur de l'autre la vanité fe déclare pour lui. . L'approbation univerfelle effc plus ordinairement pour l'homme médiocre. La voici Monsieur. Je fuis un hommequi m*occupe toutes les nuits à regarder avec dés lunettes de trente fieàs cesgrands corpsqui roulent fur nostê~ tes & qnand je veux nie délacer je prends mespetits miierofeofes &j'obferve uncironou une mitte. 8c qu'il tire de fon propre fonds.aux lettres perfdnes. L'homme médiocre au contraire cherche à tirer parti de tout il fent bien qu'il n/a rien à perdre en négligences. dansîa naiffance d'un projet il eft moins frappé des difficultés qui viennent de la chofe que des remèdes qui font de lui. Il néglige les menus détails dont dépend cependant la réuftîte de prefque toutes les grandes affaires. fi un homme d'efprit a tant de défavantages.. On eftcharmé de donner à celui-ci on effc enchanté d'ôter à celui-là.

Û" n'ai qu unejtsule je fhamhe Je n'ofe même y faire du feu. Depuis ce temps-là^ dès qu'il s* écarte quelque . Il y a cinq ans que je fus rudement infultê es par une de mes -voifin pour avoir fait la diffecîion d'un chien qii elle prétendait lui apparte^ nir. un autre # Londres. Et 7 pendant que celle-là m'aecabloit d'injures celle-ci m'ajfommoit à soups de pierre conjointement avec le doc* et oit §veç moi. femit de la partie.Supplément Je ne fuis point riche . un autre à heipvus. quife trouva là i. Mais U y a un homme â Stockholm. Mais. quej jamais & que je ne verrai fans doute jamais 7 aveclefquels j'entretiens une correfpondance fi escaBe que je ne laijfe pas fajfer un courr va' fans leur écrire. Je me communique f ort peu & de tous le$ gens que je vois je n'en cannois aucun. Et j'ai la confolation d'être iyiêyuit exa&ement des changement de fempsles plus injenfibles de toute l'année paffép. parce que j'y tiens mon thermomètre & que la chaleur étrangère le feroit haujfer. quoique je vie eonnoijfe perfonnedans mon quartier je fuis dansunejimauvaife répu-r îûtion 1. fxck. La femme d'un boucher. je ne me dérangeai point.ébranlé. que ferai â la fin obligé de le quit~ je ter. L'hyver dernier je penfai mourir de froid & quoique mon thermomètre qui étoit au plus bas dégté m'avertît que mes mains alloient fe geler. t? qui reçut un coup teur qui terrible fur Vasfrontal &occipital dont le fié" ge de fa raifon fut très.

Apréfent que ces fortes d'accufations font tombées dansle décri ona pris un autre tour un fçavan. par le peuple la plaie eft faite.tne fçauroit guère éviter le reproche d'irreligion ou d'héréfie.thten au boutde la rue. il e(i aùjfitotdécidequil a gaffepar mesmains. Il a beau être abfous. C'eft toujours pour lui un endroit malade. aux lettrespérfanes.\& ne le trouvant crois le pas. Une bonne bourgeoife. trente ans après lui dire modefternent A dieu ne plaife que je dife que ce dont on vous aceufefoit vrai mais vous aves été obligé de vous défendre. Je n'en fuis point étonné.cependant un certain fçavant a des avantages fur moi: il faut bien qu'il 7 ait là quelque diable? rie. '9" M A . Je queje ne ferai jamais délivré de la malice impor* tune de ces femmes qui aves leurs voix glade pjfantes m'épourdijfentans cejfe l'oraifon funèbre de tousles wtomêtesqni font morts à$** puis dix ans. Hefuist&Çt Tous les fç&vansetoient autrefois accufés He magie. elle me cita devant magiftrat.elle plus que fes enfans vint Vautrejour s'évanouir dansma chambre. C'eft ainfi qu'on tourne contre lui fa justification même. di" qui en avoit perdu un petit qu'elle aimoit foit.: Unadverfaire viendra. elle ne fe fermera jamais bien. Chacun difoit en luirï#êine J'ai porté les talens naturels auffi loin qu'ils peuvent aller .

donr nent aux princes. augmentent ceux'd'une autre. Il voit le jour. Mais ce n'eft point afflèz. plume foif captivé fi elle n'eft pas vénale. qui renversent la conftitution de l'empire. On ira contre lui foulever-le magiftràt fur un fait qui s'eft paifé il y a mille ans. Voilà cependant la guerre qui fe déclare.:& qu'il ait de!» nobleffe dans l'efprit & quelque droiture dans le cœur. JE&core s'il pouvoit espérerd'obtenir quel j. pour lui d'avoir été dans une inquiétude continuelle fur le fuccèsde fen ouvrage. ôtent aux.peuples >fonte-' vivre des droits furanjïés flatte-nt-lé's paffions qui font en crédit de leur temps. qui abandonnent leur foi pour une médiocre penîïon. Il lui attire des querelles de toutes parts. Et comment les éviter? Il avok un fentiment il l'a foutenu par fes écrits il ne fçavoit pas qu'un homme. pour un aiiteur. & les vices: <|ui font fur le trône impGfânt à lapoûérité. d'avoir effuyé toutes ces. Et on voudra que fa. ïnfiîttes ce ri'eÉ point afîez. qu'elle a moins dôdoyens de détruire leur témoignage.S'il écrit quelque hilk>ire. Plus heureux cependant que ces hommes lâches. enfin. qui. diminuent les droits d'une puiffance. e d'autant plus indignement. ne les vendent pas feulement une obole. cet ouvrage qui lui a tant coûté. à prendre toutes leurs impoftures en détail. on lui fufcité mille perfécutions. que e ~u~pl~~Qv~ i · n· . à deux cent lieues de lui. avoit dittout le contraire.

n 'l\T__T' B .^ue connderation Non.· Tzuxîettres effaneïl p r. tout auplus. Enfin. à qui il manque un talent. Quant à ceux qui font profeÔioa d'une orguèilleufe ignorance. fe -trouve au niveau de celui dont il redoute les travaux. :par4à. ils voudroient que tout le genre humain fut enfeveli dans l'oubli oie ils feront eux-même. Unphilofo-» phe a un mépris fouverain pour un homme qui a la tête chargée de faits 8cil effc àfo» tour regardé comme un vifionnaire par celui qui a une bonne mémoire. fê dédommage en le méprifant il ôtecet obflaclé qu'il rencontrait entre le mérite St lui &. il faut joindre à une réputation équivoque la privation des plaifîrs Se la perte de la fanté. DeParis le 20deUlima d.e~th~any z v: 7. ei&mé que de ceux qui fe font appliqués au m^me genre defciencequelui. Un homme. Il n'en.

) L E T T R E. part» Page zoz avant la lettre deSolimd UJbel^ mem\ les deux lettresfuivantes. ce châtiment qui met dans l'humiliation extrême. & tenter fa pitié. à l'enfance. fon am'einfoîente & fervile s'eft élevée fur la mienne. On m'entendit demandergrace au plus vil de tous les humains. fes paroles. Sa préfence. î Mon ame d'âbprd ane'antié fdusla honte ^eprenoit le fentiment d'elie-même. Quand je fuis feule. Depuis ce temps. à mefurequ'il étoit plus inexorable. Le tigre ofe me dire que tu es l'auteur de . tous les malheurs viennent m'accabler. fes regards. je la trouve impuiffante. lorfqu'il s'offre à ma vue la fureur me faifit. ce châtiment qui: ramène. A Paris* © Ciel! un barbare m'a ouiragee jufques dans la manière de me punir Il m'a infligé ce châtiment qui commence par allarmer là pudeur. 8c je tombe dans le défefpoir. 6c comeris firent mençoit à s'indigner. Z'AÇHl 0 USBEX. j'ai du moins la confolation de verfer des larmes mais. lorfque me& retentir les voûtes de mes appartemens.Supplément ( II. pour ainfi dire.

par la force de mon amour. tout a été pour toi. pour que j'expire à tes pieds.toutes ces barbaries. auxlettrés perfaheK LETTRE. A Paris. reviens pour m'aimer reviens. fi je fuis coupable. . vous fez. les jours. & profaner jufques aux fentimens de mon cœur. je ne puis plus foutenirl'humiliation où je fuis defcendue. lesmomens. Il voudfoit trfoter mon amour. Les nuits. Zelis à Usbek. Du ferraiti'Iïbahanle z dela lunt de Maharram 172:0. A mille lieues de moi. Qu'un eunuque barbare porte fur moi fes viles mains. il agit par votre ordre c'eft le tyran qui m'outrage 8c non pas celui qui exerce la tyrannie. je ne puis plus que mourir. Mais à préfent Non. J'ai foutenu ton abfence. Si je fuis innocente. Quand il me prononce le nom de celui que j'aime. & j'ai confervé mon amour. J'étois fuperbe de monamour même 8c le tien me fâifoit refpectèr ici. vous me jugez coume punit pable à mille lieues de moi. je nefçais plus me plaindre.

qui fembïezn'être faites que pour ignorer tous vosfens 8c être indignées de vos defirs même éternelles victimes de la honte êc de la pudeur que -ne puis-je vous faire entrer à grands flots dans ce ferrail malheureux pour vous voir étonnées de tout le fang que j'y vais répandre! le Du ferraild'ïfpahan. Adieu» . '_t. Page 04 hvclu% deB. part. ôcvçus devenez cruel* Soyez fûr que vous n'êtes point heureux.Vouspouvez a votre iamailie redoubler vos mauvais traitemens. depuis qu'il ne peut plus vous aimer.. .1 '1 à Ujbek»J a la lettre §II.n. 8delâlw% ^jde > Rébiab)1 >1720e x r ~~$~i~â~ <}y 1 u . USBEK. Je fens déjà une joie fècrette mon ame 8c la tienne vont s'appaifer: nous allons exterminer le crime. 8c l'innocence va pâlir. J'A pris mon parti tes malheurs vont difparoître je vais punir. Votre ame fe dégrade. &uferraild'ljpakantlezdelaluiie de MAharnim 1720. R E. A Paris. Supplément ux lettres perfams. a f.oxanne L E SOLIM T à T. Mon cœur eft tranquille. O vous.

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