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UNIVERSITE VIRTUELLE

GEOMORPHOLOGIE CLIMAT

Module conçu par

Mongi BOURGOU (professeur de géographie physique à l’Université de Tunis)

2006

1

PLAN

INTRODUCTION GENERALE

Qu’est ce que la géomorphologie climatique ?

Chapitre1

LES

CHRONOLOGIE DU QUATAERNAIRE

Chapitre2

LES REGIONS ARIDES : DEFINITION ET PRESENTATION I- Définition 1- expression qualitative de l’aridité 2- expression quantitative de l’aridité

OSCILLATIONS

CLIMATIQUES

ET

LA

II- Classification des régions arides

1- classification quantitative

2- classification géographique

3- classification morpho-climatique

III- Les causes de l’aridité et l’hydrologie des régions arides

1- les causes de l’aridité 2- l’hydrologie des régions arides

Chapitre3

LES PROCESSUS D’ATTAQUE DU MATERIEL ROCHEUX DANS LES REGIONS ARIDES

I- L’attaque mécanique

1- la thermoclastie 2- la gélifraction 3- l’haloclastie II- L’attaque chimique III- Taffonis et rochers champignion 1- Les rochers champignion 2- les taffonis

Chapitre4

LE ROLE GEOMORPHOLOGIQUE DES EAUX COURANTES DANS LES REGIONS ARIDES

I- Pédiments et glacis

1- définition 2- description 3- localisation, conditions d’existence et genèse 4- évolution

2

II- Les cônes de déjection

1- présentation 2- extension géographique

3- conditions d’existence 4- dynamique de la construction définition

III- les terrasses alluviales

1- définition 2types de terrasses 3-théories explicatives de la genèse des terrasses

Chapitre5

LE ROLE GEOMORPHOLOGIQUE DU VENT DANS LES REGIONS ARIDES

I- Les causes de l’efficacité du vent et la dynamique des

sables éoliens 1- les causes de l’efficacité

2- la dynamique des sables éoliens

3- l’accumulation éolienne

II- Les formes d’érosion éolienne

1- les formes liées à la déflation

2-

les formes liées à la corrasion

III-

Les formes d’accumulation éolienne

1- les formes élémentaires

2- les grands champs de dunes.

3

Guide pédagogique

Introduction

Ce module porte sur la géomorphologie. Il couvre plus spécifiquement la partie dite géomorphologie climatique. On se concentre sur la géomorphologie des régions arides. Le module s’adresse d’abord aux personnes titulaires d’une 1 ère année géographie. Il s’inscrit dans le programme du diplôme de DUEL et maîtrise de géographie. L’étudiant ou l’étudiante devrait avoir une connaissance de base en géographie physique. Il a comme préalable le module de géomorphologie structurale. Ce « guide d’étude » a pour objectif de vous préparer à suivre le cours. Il définit en quelque sorte un mode d’emploi, non seulement pour le matériel didactique du cours, mais aussi pour le cheminement que vous devez adopter et les différentes exigences auxquelles vous devez répondre.

Bonne lecture et bon courage.

But et objectifs du cours

Le but de ce module est de se familiariser avec la géomorphologie climatique. Plus spécifiquement, au terme de ce module , l’étudiant ou l’étudiante sera en mesure :

° d’expliquer le paysage géomorphologique des régions arides ; ° de discuter le comportement géomorphologique, au cours du Quaternaire, des agents d’érosion dans ces régions ; °d’analyser les tendances de l’évolution géomorphologique actuelle.

La géomorphologie, branche de la géographie étudie la genèse et l’évolution du relief terrestre. La géomorphologie climatique qui en

fait partie, s’intéresse à l’étude des formes et dépôts, surtout d’âge quaternaire et liés à l’action des agents climatiques. Les régions arides, qui font l’objet de ce cours, ont subi au cours du Quaternaire l’effet des changements climatiques. Le résultat est l’existence, dans ces régions d’un modelé hérité spécifique. Depuis l’époque historique, en plus de l’action des agents naturels, l’action dégradante de l’Homme explique les tendances de l’évolution géomorphologique récente. Après la lecture de ce cours, l’étudiant devrait être capable de :

- dresser un catalogue et un calendrier des différents formes et dépôts quaternaires et actuels relatifs aux régions arides, - comprendre les modalités de morphogenèse au cours du Quaternaire et de l’Actuel dans les régions arides.

5

Contenu du cours

Le contenu du module se compose de 5 chapitres qui sont 1-introduction à l’étude de la géomorphologie climatique et définition de l’aridité. 2-Les régions arides : définition et présentation. 3- Le processus d’attaque du matériel rocheux dans les régions arides 4- Le rôle géomorphologique des eaux courantes dans les régions arides. 5- Le rôle géomorphologique du vent dans les régions arides. les chapitres sont subdivisés en 13 leçons

Chapitre

Leçons

Résumé

1

1

Les différentes zones morpho- climatiques du globe.

1

2

Le Quaternaire : les oscillations climatiques et la stratigraphie de l’ère quaternaire.

1

3

Définition de l’aridité.

2

4

Généralités sur les caractéristiques physiques des régions arides.

2

5

Classification des régions arides.

2

6

Les causes de l’aridité.

2

7

L’hydrologie continentale des régions arides.

2

8

Les processus d’attaque du matériel rocheux dans les régions arides.

2

9

L’action géomorphologique des eaux courantes : le modelé d’érosion ( pédiment et glacis).

3

10

L’action géomorphologique des eaux courantes : le modelé d’accumulation ( terrasses et cônes de déjection).

3

11

L’efficacité du vent dans les régions arides.

3

12

Le modelé d’érosion éolienne

3

13

Le modelé d’accumulation éolienne.

Approche pédagogique

Ce cours de géomorphologie climatique est conçu selon une approche pédagogique propre à la formation à distance. Le matériel

6

didactique et la formule utilisée vous permettent d’adopter une démarche d’apprentissage autonome. Vous pouvez ainsi gérer votre temps d’étude et prendre en charge votre formation.

Toutefois, cette prise en charge est soutenue par la personne responsable de l’encadrement (le tuteur), pendant tout le semestre. Sa tâche est de vous faciliter les conditions d’apprentissage et de vous aider dans votre démarche, de façon à ce que vous atteigniez les objectifs du cours. Il va de soi que le tuteur ne donne pas les réponses des activités notées. Vous pouvez communiquer avec votre tuteur par le courrier électronique offert sur le site du cours ou en posant vos questions sur le forum. Votre tuteur y répondra à l’intérieur de 48 heures.

Charge de travail et calendrier

Ce module est offert à distance sur un semestre de 13 semaines. Le volume de travail exigé pour l’étude du module et la réalisation des évaluations est de 52 heures par semestre. En moyenne, la charge de travail hebdomadaire est donc d’environ 4 heures. Certaines leçons sont un peu plus longues à lire que d’autres, mais elles exigent moins de travail sous forme d’exercices. Un calendrier pédagogique détaillé est proposé au tableau suivant. Calendrier pédagogique

semaine

chapitre

tâche

Envoi de l’évaluation

   

°lecture du guide pédagogique

 

1

1

°lecture de la leçon 1 °auto- évaluation

2

1

°lecture de la leçon 2

 

° auto- évaluation

3

1

° lecture de la leçon 3

 

° auto- évaluation

4

2

° lecture de la leçon 4

Travail 1 ère date

° auto- évaluation

5

2

° lecture de la leçon 5

 

° auto- évaluation

6

2

° lecture de la leçon 6

 

7

   

° auto- évaluation

 

7

2

° lecture de la leçon 7

 

° auto- évaluation

8

3

lecture de la leçon 8 °auto- évaluation

°

Travail 2 ème date

9

3

° lecture de la leçon 9

 

° auto- évaluation

10

3

° lecture de la leçon 10

 

° auto- évaluation

11

3

° lecture de la leçon 11

 

° auto- évaluation

12

3

° lecture de la leçon 12

 

° auto- évaluation

13

3

° lecture de la leçon 13

 

° auto- évaluation

14

1,2 et 3

° révision

 

15

 

°examen final sous surveillance

examen

Evaluation des apprentissages

L’auto- évaluation Cette évaluation n’est pas notée. Elle est présentée sous forme d’activités d’intégration, de questions à répondre ou d’exercices à effectuer. Cette auto- évaluation met l’accent sur les points les plus importants de la matière. Le corrigé des exercices est disponible, mais nous vous suggérons de ne le consulter qu’après avoir complété les exercices. Ces derniers vous préparent aux évaluations notées. Les travaux notés Ces travaux visent à vérifier l’acquisition de vos connaissances et votre compétence à appliquer et à transférer les notions étudiées à des situations concrètes. Le français utilisé dans vos travaux dévaluation doit être correct. Un travail illisible, jugé irrecevable par votre professeur, vous devez obligatoirement réaliser et retourner aux dates prévues (voir la fiche calendrier) les travaux notés et passer l’examen final sous surveillance.

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Examen sous surveillance L’examen final sous surveillance porte sur toute la matière du cours et sera constitué de :

- série de questions qui nécessite une réponse à développement,

ou/ et - étude de documents (figures, cartes et courbes). L’utilisation des notes de cours et de la calculatrice ne sera pas autorisée.

L’ensemble des évaluations notées compte pour 100% de la note du cours. Voici le partage et le seuil de passage

Evaluation notée

pondératio

Seuil de

n

passage

Travail 1

30%

 

Travail2

30%

 

Examen final

40%

50%

Total

100%

60%

9

Les clichés des photos qui figurent dans le cours sont de Salah JABEUR et Houria ABDELKAFI in Atlas des paysages de Tunisie, DGAT, 2005

Introduction générale La morphologie climatique s’intéresse à l’étude des formes de reliefs commandées par le climat. Les agents climatiques sont capables d’apporter des retouches au modelé terrestre. Leur

intervention se fait en trois étapes à savoir l’ablation, le transport et l’accumulation.

Le modelé du relief qui subit l’effet du climat sera plus ou moins

modifié et détruit. Ainsi, si la géomorphologie structurale s’intéresse

au cadre général du relief, la géomorphologie climatique étudie les

différents processus morphogénétiques qui déterminent le modelé de ce relief. L’action du climat est celle d’une érosion différentielle qui tient compte des conditions lithologiques qui constituent le relief. De fait,

une même roche ne se comporte pas de la même façon sous différents climats : sous climat tempéré et froid les sables constitués d’éléments grossiers retiennent mal les eaux et sont mobilisés difficilement par

les eaux de fonte ; alors que la craie à cause de sa porosité et la faible

cimentation de ses éléments, est sensible au gel et se comporte comme roche meuble. De même les granites sous climats chauds deviennent, sous l’effet de la dissolution, très vulnérables et

constituent des dépressions.

A toute influence et comportement climatique correspond une

morphogenèse précise et un modelé typique. On appelle climax l’état

d’un échantillon (végétation, sol, faune,…) pour qui, pendant un nombre assez grand d’années les conditions naturelles tout autour restent les mêmes et sont favorables à son développement. Les processus morphogénétiques dus au climat, peuvent être soit zonaux soit extra zonaux soit enfin azonaux :

- les processus zonaux se rapportent à une zone climatique déterminée comme, la morphogenèse des formes et dépôts due à la neige et la glace,

10

- les processus azonaux : ils englobent les mécanismes qui ne sont pas dus à des conditions propres à une zone climatique déterminée, telle la morphogenèse anthropique,

- les processus extra zonaux : ils caractérisent une zone climatique bien déterminée, mais on peut les trouver même en dehors de cette zone climatique, comme l’action éolienne et la formation de dunes littorales. Les différentes zones morphoclimatiques

La répartition de la couverture végétale et des précipitations à la surface du globe détermine le comportement des agents de la morphogenèse. Ainsi, pour diviser le globe en zones morphoclimatiques on doit tenir compte à la fois des critères biogéographiques, climatiques et bien entendu morphologiques.

- les critères biogéographiques : le travail des agents d’érosion est fortement commandé par les climats qui déterminent les différentes formations végétales. La présence de celles-ci joue le rôle d’écran protecteur. Son absence expose le sol à l’érosion. Celle- ci est moins importante dans les secteurs forestiers que dans les prairies et les steppes.

secteurs forestiers que dans les prairies et les steppes. - Les critères climatiques : les températures

- Les critères climatiques : les températures et les précipitations constituent la base des données climatiques qui déterminent la classification des zones morphoclimatiques du globe. De fait,

11

c’est la combinaison des données thermiques et pluviométriques qui a été adoptée par plusieurs auteurs pour aboutir à des indices numériques. Ainsi, l’isotherme de 10°C du mois le plus chaud de l’année sépare les milieux froids des milieux tempérés. Celle de 20°C du mois le plus froid caractérise les milieux chauds. La carte des domaines morphoclimatiques (voir carte ci- dessous), montre que la zonation n’apparaît que très peu latitudinale. Ceci s’explique surtout par la massivité continentale de l’hémisphère nord qui explique la disparition de la forêt à moyenne latitude dans la partie orientale de l’Eurasie. De même les moussons suppriment dans l’Asie du Sud Est, l’aridité sous les tropiques.

Les domaines morphoclimatiques On distingue quatre domaines :

- les domaines froids des hautes latitudes : ici, le bilan radiatif est déficitaire puisque cette zone existe en deçà de l’isotherme +10°C du mois le plus chaud (marges nord du continent eurasiatique, Groenland, Islande, pointe du continent sud américain (terre du feu),Antarctique,… On y distingue :

* le domaine glaciaire soit 10% de la surface des terres (inlandsis

antarctique, Groenland, archipels et îles subpolaires de l’hémisphère nord). Ces terres sont largement occupées par des calottes glaciaires, d’où l’activité géomorphologique des glaciers,

* le domaine périglaciaire qui se trouve sur les marges du domaine

glaciaire soit sur 18% de la surface des terres. Il se développe sur les

marges des continents de l’hémisphère nord. Ici, l’activité du gel- dégel est fréquente d’où l’importance des phénomènes cryoclastiques. - Le domaine tempéré : on y distingue trois variantes :

* tempérée proprement dite (variante océanique, boréale,

continentale),

* subtropicale à saison sèche (variante méditerranéenne),

* et variante de mousson.

- Le domaine aride : avec ses différentes variétés

* aride,

* hyperaride,

* aride brumeux

* et semi aride.

- Le domaine chaud : avec une variante

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* chaude et humide (équatoriale sans saison sèche) * et une variante chaude et à saison sèche (tropicale à saison sèche).

Chapitre 1

Le Quaternaire

Les oscillations climatiques et la stratigraphie

Pré requis du premier chapitre Pour mieux comprendre le premier chapitre qui est une

introduction à l’étude de la géomorphologie climatique, il serait souhaitable de connaître au préalable :

- les différents agents d’érosion et les processus qui en découlent,

- L’action d’érosion sélective qui se fait en rapport avec la

nature des roches, le type de structure et la position géographique, Objectifs du premier chapitre Le candidat doit:

- comprendre les différentes phases qui constituent une oscillation climatique,

- être au courant des changements climatiques survenus au cours du Quaternaire,

- saisir la relation entre changement climatique et type de morphogenèse au cours du Quaternaire.

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L’ère quaternaire est une ère d’instabilité climatique, d’où la diversité des formes et des dépôts qui lui appartiennent. Ce fait a poussé les quaternaristes à établir une stratigraphie du Quaternaire.

Les oscillations climatiques au cours du Quaternaire

Plusieurs preuves plaident en faveur de changements climatiques au cours du Quaternaire. En effet, les observations du terrain montrent que dans des régions actuellement arides existent des formes et des dépôts hérités qui peuvent être rattachés à des phases climatiques plus humides. On peut constater l’inverse dans des régions aujourd’hui assez arrosées. En effet, les travaux de Butzer et Rognon au Sahara, par exemple ont montré que les conditions arides actuelles semblent succéder à des conditions semi- arides, car on y trouve d’anciens épandages fluviaux , des dépôts palustres et des paléosols (comme c’est le cas au nord du Sahara, dans le sud ouest des USA et en Asie centrale soviétique). De même certaines régions qui étaient auparavant arides sont maintenant subarides. On peut citer à cet égard l’exemple de la frange méridionale du Sahara africain, dans le secteur soudanais. Ici, une morphologie de dunes anciennes laisse aujourd’hui la place à une morphogenèse d’ambiance climatique plus humide qui se manifeste par une phase de biostasie atténuée où des sols, des prairies et des lacs marquent le paysage. Il en ressort qu’au cours du Quaternaire, les périodes humides et les périodes sèches se sont alternées plusieurs fois. De telles alternances ont fait varier la faune et la flore, le comportement des cours d’eau et par la même les systèmes d’érosion et les milieux écologiques.

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Schéma d’une oscilla tion climatique Plusieurs auteurs parlent de phases humides et de phases sèches.

Schéma d’une oscillation climatique

Plusieurs auteurs parlent de phases humides et de phases sèches. Les phases humides sont synchrones de périodes glaciaires pour la zone tempérée et froide et de pluviaux pour la zone subtropicale et tropicale. Ce sont des phases de régression marine où domine une végétation ouverte et donc une situation de rhexistasie. Les phases sèches sont synchrones d’interglaciaire et d’interpluvial pendant lesquelles le mouvement de la mer est positif : c’est une situation de biostasie. Les climats révolus ou paléoclimats ont été caractérisés donc par une exceptionnelle instabilité qui a provoqué de grandes migrations de faunes et de flores. Ainsi, pour bien comprendre les paléoformes quaternaires, il faut bien avoir une idée sur les changements climatiques survenus au cours du Quaternaire. Notons que le climat actuel n’a commencé à régner que depuis 10 000 ans. Aujourd’hui, c’est l’érosion anthropique plus que les crises climatiques qui est responsable des retouches apportées au modelé.

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Tableau : oscillation climatique et morphogenèse

Dans la zone tropicale et subtropicale

Dans la zone tempérée et polaire

Au cours d’une phase pluviale, on assiste à des influences du froid sur les versants les plus élevés dans les parties hautes du relief, mais l’action du froid se trouve entravée par une couverture végétale généralisée. Glissements et grèses caractérisent les parties basses des versants et les piémonts élevés. Ils participent aussi à la stabilisation du bas piémont par un tapis de pavage. Vers l’aval, la mer est à son point le plus bas.

Au cours d’une phase glaciaire, les vallées sont envahies par la glace et on assiste à une régularisation des pentes par apport des versants.

Au cours d’un catapluvial, la tendance est vers l’aridité. Les rivières remanient leurs alluvions et s’y encaissent. Les formes et les formations connaissent une incrustation et la mer remonte. Ainsi une terrasse côtière peut apparaître dans les basses vallées.

Au cours d’un cataglaciaire : les climats évoluent vers une continentalité. Les glaciers se retirent d’où l’importance des eaux de fonte. La végétation commence à coloniser les versants abandonnés par la glace. Dans les basses vallées, les cours d’eau s’enfoncent dans leurs propres alluvions d’où la genèse de terrasses.

Au cours d’un interpluvial : la couverture végétale s’éclaircit. Le réseau hydrographique

Au cours d’un interglaciaire : le climat est presque de type actuel. La plupart des versants sont

16

s’estompe

et

la

dynamique

couverts de forêts. On atteint un certain équilibre dynamique.

éolienne

devient

importante.

une transgression marine.

C’est

aussi

phase

de

 

Au cours d’un anapluvial :

Au cours d’un anaglaciaire : le climat devient de plus en plus froid. On assiste à une légère augmentation des précipitations. La limite des neiges persistances descend. Les versants fournissent des éléments de grande taille.

l’action du ruissellement est favorisée par une couverture végétale lâche, d’où l’importance de l’incision.

Remarque importante Il ne faut pas penser qu’il existe de grandes différences entre ces différentes phases qui constituent une même oscillation climatiques. Celles là ne présentent que des nuances climatiques. De fait, la différence par exemple de moyenne entre pluvial et interpluvial n’est que de 2 à 3°C. De même, le total des pluies ne varie pas beaucoup ; ce qui change c’est plutôt la fréquence des précipitations.

Pour plus d’information, cliquez ici : en pdf

17

LECTURE Les climats d’hier Extrait de Mémo Larousse, 2003 Au cours de l’interglaciation actuelle, le climat fut tantôt plus chaud, tantôt plus froid qu’actuellement. La dernière glaciation s’est achevée il y a environ 11 000 ans, marquant un réchauffement progressif qui atteignit son maximum entre 8 000 et 5 000 ans ; pendant cette période, appelée le « grand optimum climatique », les températures estivales étaient supérieures d’environ 2 à 3°C à celles observées de nos jours. Des rivières coulaient cependant dans le Sahara, et les premières civilisations de cultivateurs sédentaires s’établissaient. Suivirent un millénaire plus froid et une autre période plus chaude de 500 av. J.-C. à l’an 1250. Durant cette dernière, appelée le « Petit Optimum climatique », les Vikings, profitant des conditions climatiques favorables aux explorations maritimes, implantèrent des colonies sur la côte sud-ouest du Groenland et envahirent nombre de côtes de l’Europe du Nord. Puis ils furent victimes, entre 1400 et 1500, d’une disette due à un refroidissement climatique. Ce dernier, appelé le « Petit Age glaciaire », s’installa sur tout l’hémisphère Nord, et particulièrement sur l’Europe, du 15 ème au 18 ème s. La température était alors, selon les régions, de 1 à 4°C plus basse qu’aujourd’hui. Les hivers étaient plus longs et plus rigoureux, les étés plus courts et moins chauds. Les cultures en souffraient, notamment les céréales : le prix du pain monta, la famine sévit. Puis, à la fin du 18 ème s., les températures commencèrent à remonter et, globalement, n’ont cessé de s’élever, accompagnant l’ère de l’essor industriel, qui pose aujourd’hui le grave problème du réchauffement climatique dû aux activités humaines.

Références bibliographiques Sur Les changements climatiques au cours du Quaternaire

JAUZEIN André : les agents de la morphogenèse

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II- La stratigraphie du Quaternaire

1 – Les indices paléoclimatiques

Les paléoclimats quaternaires ont été mis en évidence grâce, d’une part à la nature des dépôts, et d’autre part au type de faune et de flore qu’emballent ces dépôts. Ainsi, par exemple si on trouve des dépôts glaciaires (des moraines) ceci témoignerait qu’une phase climatique humide a régné lors de la mise en place de ces dépôts. De même, les dépôts éoliens sont souvent l’indice d’un interpluvial, c'est-à-dire d’une phase sèche. Il existe aussi des faunes chaudes et d’autres froides et une flore qui s’adapte à un milieu humide et une autre qui persiste même lors d’une phase sèche.

2-Les moyens de datation

Il existe des moyens de datation absolues et d’autres relatives :

-Les datations absolues ou radiochronologiques permettent de mesurer l’âge d’une roche ou d’un fossile sans comparaison avec un autre élément terrestre connu. Elles sont fondées sur la transformation d’éléments radioactifs. Parmi les moyens de datation absolues on cite surtout :

* isotope 14 carbone dont les limites vont jusqu’à 30 000ans, * Argon Potassium, dont les limites vont jusqu’à 100 000ans - Les datations relatives permettent de reconstituer la chronologie des évènements les uns par rapport aux autres. Elles sont fondées sur l’étude des relations entre les terrains. Parmi les moyens de datations relatives, on cite en particulier :

* les données morphologiques qui se basent sur la stratigraphie et le faciès, * les données de la préhistoire : l’homme apparu depuis le début de l’ère quaternaire, a utilisé des outils (des industries variées) qui jouent aujourd’hui le rôle de fossiles. En Afrique du Nord et en Europe on compte jusqu’à 8 générations de civilisations qui ont marqué l’histoire quaternaire de la région. Elles ont laissé des outils dont l’existence est très chère pour l’étude stratigraphique des formes

19

et des dépôts quaternaires. Du plus ancien au plus récent nous avons les civilisations suivantes (voir tableau ci- dessous)

Tableau : civilisations et industries préhistoriques (le cas de l’Afrique du Nord)

Civilisation

Industrie

 

Age

approximatif

 

ans B.P.

Historique

Céramique

 

Depuis 4000

Néolithique

Flèches

et

Pierres

6000 à 4000

polies

Capsien

escargotières

 

10000

à 6000

Ibéromaurusien

Lamelles

 

18000

à 12000

Atérien

Pièces pédonculées

35000

à 20000

Moustérien

-

80000

à 40000

Acheuléen

Bifaces

900000 à 100000

Pebble culture

Galets aménagés

2M à 900000

3- La chronologie quaternaire

L’étude des caractéristiques des différents dépôts (faciès, restes préhistoriques et archéologiques, éléments de datations absolues) et formes quaternaires a permis de dégager une chronologie qui a reçu des noms locaux (voir tableau ci dessous).

Chronologie quaternaire européenne (glaciations) et marocaine (pluviaux)

Glaciations

Pluviaux

Flandrien

Rharbien

Würm

Soltanien

Riss

Tensiftien

Mindel

Amirien

Günz

Salétien

20

Danube

Moulouyen

Biber

Regreguien

Conclusion

La morphologie climatique est une discipline qui nous renseigne sur la morphologie des formes et des dépôts quaternaires aussi bien actuelle qu’héritée. C’est grâce à ces renseignements qu’il est possible de restituer les paléo- environnements et les paléo- écologies. Chronologiquement, c’est juste après la deuxième guerre mondiale que la géomorphologie climatique a commencé à prendre de l’importance. Ceci tient au fait que cette discipline s’intéresse à des formes relativement mineures qui touchent au modelé dont l’étude n’est rendue aisée qu’avec l’avènement des cartes topographiques, des photos aériennes et des analyses de laboratoire. Les données obtenues de l’étude des formes reliques (figées et stabilisées) constituent la géomorphologie historique.

Evaluation du premier chapitre (en rouge la réponse juste)

Cocher la réponse juste 1- l’ère quaternaire est une ère

a - d’instabilité tectonique

b - d’instabilité climatique

c - la plus courte

2- la rhexistasie signifie

a - l’instabilité du niveau de la mer

b - la stabilité climatique et tectonique

c -le règne d’un équilibre entre les différentes composantes du milieu naturel 3- l’anapluvial est une phase qui

a - précède le pluvial

b - succède au pluvial

c contemporaine du pluvial

21

4- le petit âge glaciaire date de

a - l’ère quaternaire

b - l’époque antique

c - l’époque médiévale et moderne

5- la civilisation capsienne date

a - de la fin de l’ère tertiaire

b - du début de l’ère quaternaire

c - du début de l’holocène

6- les paléosols renseignent sur un climat

a - à tendance humide

b - à tendance aride

c - d’alternance de périodes ventées et d’autres sèches

22

Chapitre 2

LES REGIONS ARIDES Définitions et présentation

Pré requis du deuxième chapitre Ce chapitre réservé à la présentation des caractéristiques

physiques des régions arides, suppose la connaissance préalable :

- d’une part, des changements climatiques et eustatiques survenus au cours du Quaternaire et qui ont imprégné les régions arides et déterminé, dans la plupart des cas, des paysages spécifiques à ces régions.

- D’autre part, la sensibilité des régions arides en tant que milieu naturel. Objectifs du deuxième chapitre

Après la lecture de ce chapitre le candidat doit retenir que :

- l’aridité diffère de la sécheresse,

- les régions arides se subdivisent en trois sous régions,

- l’écoulement superficiel dans les régions arides est à la fois spécifique et complexe.

Les régions arides constituent un ensemble morphoclimatique à milieu ouvert où la roche est souvent à nu, car exposée aux différents agents atmosphériques. Ce milieu est donc favorable à l’exploration scientifique, c’est pourquoi l’Ouest aride des USA a constitué à cet égard un terrain propice depuis la deuxième moitié du 19 ème siècle. Aujourd’hui encore, les régions arides constituent un terrain d’expérience pour la géomorphologie appliquée notamment dans le domaine de la défense des terres, de l’irrigation et de la sédentarisation.

23

EL OUARAA (gouvernorat de Médenine, Tunisie) Exemple de bas fond et de paysage désertique I-

EL OUARAA (gouvernorat de Médenine, Tunisie) Exemple de bas fond et de paysage désertique

I-

DEFINITIONS

Un milieu aride est un milieu sec où la sécheresse est liée à la chaleur. Un milieu sec est un milieu marqué par l’absence d’eau ; donc tout ce qui est aride est sec mais tout ce qui est sec peut ne pas être aride. Toutefois les régions polaires bien qu’elles soient peu arrosées ne sont pas considérées comme régions arides. L’aridité, c’est la sécheresse + la chaleur+ l’évaporation. Une région est dite aride si elle présente un déficit hydrique, c'est-à- dire lorsque l’alimentation (A= la pluie) est inférieure à la perte (P= évaporation) d’où un milieu écologique inconfortable.

A>P

A

= pluies insuffisantes qui sont souvent inférieures à 250 mm/an.

P

= perte due à une rapide infiltration et une forte évaporation (au

Sahara l’évaporation est égale à 6m et à Assouan elle est égale à 4m).

1- l’expression qualitative de l’aridité

Le déficit hydrique donne aux régions arides 4 caractéristiques

la dégradation de la vie végétale

24

La faiblesse des précipitations, la fréquence des températures élevées (souvent supérieures à 25-30°C) et les vents secs sont à l’origine d’une dégradation de la vie végétale.

à l’origine d’une dégradati on de la vie végétale. Dans les régions arides, la végétation et

Dans les régions arides, la végétation et souvent de type herbacé et clairsemé

La végétation est réduite tant pour le nombre des individus que pour le nombre d’espèces. La végétation se présente sous la forme de touffes dispersées dans les bas- fonds et dans les lits des oueds :c’est la biotope. Les espèces adaptées à la sécheresse sont alors les xérophytes et les éphémérophytes.

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Profil de certaines espèces végétales des régions arides 1,3,5,7, et 8 xérophytes 2,4 et 6

Profil de certaines espèces végétales des régions arides 1,3,5,7, et 8 xérophytes 2,4 et 6 cactées

arides 1,3,5,7, et 8 xérophytes 2,4 et 6 cactées ZONE ALFATIERE DE KASSE RINE (Tunisie centrale)

ZONE ALFATIERE DE KASSERINE (Tunisie centrale) Paysage de steppe dégradée

la désorganisation de l’hydrographie

le régime de l’écoulement des régions arides est rarement exoréique, ce qui domine le plus souvent c’est l’endoréisme (écoulement des dépressions fermées) et l’aréisme (absence totale

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d’écoulement). La faiblesse du ruissellement due à la rareté des pluies et à l’importance de l’évaporation fait que l’écoulement est le plus souvent anarchique. Cependant, dans certains cas et lors des grands orages ce sont de véritables nappes d’eau qui s’écoulent sur les pentes.

Un modelé spécifique

Ce qui caractérise les régions arides, c’est la fréquence et l’extension des dépressions fermées, ainsi que l’extension des modelés d’érosion sur les piémonts et des accumulations éoliennes dans les plaines.

piémonts et des accumulations éoliennes dans les plaines. OASIS SATELLITES DU NEFZOUA (Sud- Ouest tunisien) Dans

OASIS SATELLITES DU NEFZOUA (Sud- Ouest tunisien) Dans les bas fonds dominent les dépressions fermées et les sebkhas

la concentration de la vie sédentaire

La concentration de la vie humaine se fait nécessairement autour des points d’eau, en particulier dans les oasis. Les groupements sont le plus souvent perchés sur les versants montagneux ou accolés aux piémonts. En revanche, dans les bas fonds dominent la vie nomade.

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MIDESS (Sud-Ouest tunisien) Exemple de village perché PARCOURS DE GHRIB (sud- ouest tunisien) Terre de

MIDESS (Sud-Ouest tunisien) Exemple de village perché

MIDESS (Sud-Ouest tunisien) Exemple de village perché PARCOURS DE GHRIB (sud- ouest tunisien) Terre de nomadisme

PARCOURS DE GHRIB (sud- ouest tunisien) Terre de nomadisme et de semi nomadisme

Cliquez pour voir les images ou les exemples (Vous pouvez faire des liens pop up comme un album)

L’expression quantitative de l’aridité

Est dite aride toute région qui vérifie l’inéquation suivante

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P<R+I+EV+EVP

P= précipitation, R= ruissellement, I= infiltration, EV= évaporation, EVP= évapotranspiration. Toutefois, ces paramètres sont difficiles à mesurer, c’est pourquoi la notion d’aridité est complexe et difficile à évaluer. Ainsi, les auteurs ont eu recours au calcul d’indices. L’indice le plus connu et le plus utilisé est celui de De Martonne. Il s’écrit de la façon suivante P mm/an +10 (pour éviter les valeurs < à zéro)

I=

T+ 10 P= hauteur annuelle des pluies exprimée en mm. T= température moyenne annuelle exprimée en degré. Cet indice classe les régions arides en 3 catégories :

Région hyprearide ou I<5 Région aride ou I est entre 5 et 10. Région semi aride ou I est entre 10 et 20

Références bibliographiques Sur Les données de base sur la géomorphologie des régions arides

Coque Roger - Géomorphologie Demangeot Jean- Les milieux naturels désertiques Derruau Max- Précis de géomorphologie Tricart Jean et Cailleux André- Le modelé des régions sèches. Bourgou Mongi (1994- Les régions arides : les reliefs caractéristiques et le problème de désertification. ISEFC et CERES Productions, 158p.

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II- Classifications des régions arides

Il existe plusieurs classifications qui varient suivant le critère retenu 1- Une classification quantitative La synthèse des différents indices d’aridité a permis la classification suivante des régions arides (voir carte ci- dessous) :

suivante des régions arides (voir carte ci- dessous) : 1- régions hyper-arides (en noir) 2- régions

1- régions hyper-arides (en noir) 2- régions arides (en noir clair) 3- régions semi ardes ( en pointillé) 4- régions subhumides (en hachures). Carte de la répartition des régions arides (source UNESCO)

- des régions hyper arides : elles sont caractérisées par l’absence d’une saison pluviale. Le plus souvent, les pluies exceptionnelles sont séparées par plus d’une année de

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sécheresse. Le paysage est saharien où domine l’aréisme. C’est le cas du grand Sahara, du désert libyen, de la Nubie, du Roba el Khali, du Namib, de l’Atacama, du Mohave et du Gobi.

- Des régions arides : elles se distingue par

l’absence de saison de pluie parce que les pluies ne tombent que pendant quelques jours.

L’importance de l’évaporation.

La faiblesse des précipitations qui sont toujours inférieures à 250 mm/an.

L’existence d’une végétation éphémère localisée dans des sites favorables.

L’importance de la nappe phréatique profonde.

L’impossibilité de faire des cultures sans irrigation.

Les principales régions arides (aride au sens large du terme) sont :

la partie externe du grand Sahara, du Nefoud, du Lut, du Thar, de l’Asie centrale soviétique, du Gobi, de l’Australie, du Kalahari, du Gela, de l’Altiplano et de la Patagonie.

- des régions semi- arides : on y distingue une saison pluvieuse qui peut être soit l’hiver soit l’été. Dans ces régions, les pluies tombent sous la forme d’averses provoquant un écoulement concentré sur les collines et en nappe sur les piémonts, décapant de grandes quantités de sol. Les principales régions semi arides sont : les marges des grands déserts, l’Asie mineure, le centre de l’Espagne, la côte ouest malgache, et le bas Indus.

2- Une classification géographique

Il ressort de la carte de répartition des régions arides que le 1/3 des terres émergées, soit 33,6%, doit être considéré comme région aride au sens large du terme.

Tableau : typologie et extension des régions arides dans le monde

% par rapport aux terres émergées

Type de régions arides

4

Hyper aride

31

15

Aride

14,6

Semi aride

La répartition des régions arides suivant les continents est comme suit

Superficie en % des régions arides

continent

83

Australie

64

Afrique

39

Asie

16

Amérique

1

Europe

3-Une classification morpho- climatique

Trois types de groupes sont à distinguer

- Les déserts chauds et ensoleillés : ils englobent les déserts des régions subtropicales (Australie, Roba el Khali, grand Sahara). Ils sont caractérisés par une forte radiation solaire et des amplitudes thermiques journalières importantes. Dans ces déserts les pluies sont rares mais torrentielles. Les alizés qui soufflent régulièrement sur ces régions posent le problème morphologique des vents.

- Les déserts côtiers (chauds et brumeux) : le meilleur exemple est celui des déserts côtiers du Pérou et d’Atacama au Chili. Les pluies sont rares, ainsi le rôle des eaux courantes ne devrait pas être très important. De même vu la faiblesse des variations thermiques, la thermoclastie doit y être peu importante. Cependant la proximité de la côte explique le rôle morphologique du vent et surtout l’action de l’haloclastie.

- Les déserts à hiver froid : ils caractérisent la zone tempérée et se distinguent par des étés chauds (températures supérieures à 20 et même à 30°c) et des hivers très froids où les moyennes thermiques sont négatives , d’où une amplitude thermique

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annuelle considérable. Dans ce cas la gélifraction joue un rôle très important dans la morphogenèse.

III-

LES CAUSES DE L’ARIDITE ET L’HYDROLOGIE DES REGIONS ARIDES

1- Les causes de l’aridité

Dans les régions arides les tranches annuelles de pluie sont très variables d’une région à l’autre; et pour la même région elles sont variables d’une année à l’autre

Tranches annuelles de pluie en mm

Désert

250

Mohave, Turkestan, Kalahari et Australie

100

Gobi

Moins que 100

Grand Sahara

Moins que 1

Atacama

Ces moyennes sont très variables. En effet, les pourcentages moyens de variabilité par rapport aux moyennes annuelles peuvent atteindre 30 à 40% en Australie, 80 à 100% dans le grand Sahara. La faiblesse des pluies est due à deux causes principales :

D’abord des causes atmosphériques, car la plupart des déserts sont situés aux latitudes subtropicales, qui est une zone où règne une subsidence dynamique donc de hautes pressions. En effet, à ces latitudes, le jet stream « fleuve aérien » rapide coule soit de l’Ouest vers l’Est (dans l’hémisphère nord) soit de l’Est vers l’Ouest (dans l’hémisphère sud), vers 12 000m d’altitude. A droite de ce courant, l’air froid des hautes latitudes est rabattu vers le sol, ce qui ne favorise pas l’ascendance de l’air entre les latitudes 20 et

40°.

Par ailleurs, les alizés sont aussi une cause de l’aridité. En effet, lorsqu’ils soufflent sur les continents ils sont secs et font augmenter l’aridité.

33

Ensuite des causes géographiques qui sont dues à la continentalité ou l’éloignement de la mer qui font que le cœur des continents est le siège d’anticyclones thermiques et aussi au phénomène d’abri qui intéresse les déserts qui se trouvent derrière des obstacles topographiques, comme c’est le cas de la Pampa argentine, des bassins intérieures des rocheuses et des hauts plateaux afghans. Les courants marins froids, qui longent les rivages de la région subtropicale sur la façade ouest des continents causent eux aussi l’aridité, dans la mesure où ils refroidissent les masses d’air à leur base et rendent l’air plus stable et par là même ne favorisent pas les précipitations, mais ils provoquent des brouillards. C’est le cas de la côte ouest du Pérou où existe le courant froid du Pérou et du désert du Namib à cause du courant froid de Benguela.

2- l’hydrologie des régions arides

l’hydrologie superficielle des régions arides et semi arides offre deux types d’écoulement

- l’écoulement concentré

Il se caractérise par une discontinuité à la fois dans le temps ( puisque les oueds sont pendant une bonne partie de l’année en période d’étiage, et ce n’est que ponctuellement qu’ils connaissent des hautes eaux) et dans l’espace ( les crues ne peuvent affecter qu’une partie du cours de l’oued. Au moment des crues, les oueds deviennent très turbides puisque on compte en moyenne 40 kg de sédiments dans 1m3 d’eau).

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OUED ZEROUD (Tunisie centrale) Un écoulement saisonnier et des crues lointaines et sporadiques OUED BAIECHE

OUED ZEROUD (Tunisie centrale) Un écoulement saisonnier et des crues lointaines et sporadiques

saisonnier et des crues lointaines et sporadiques OUED BAIECHE (environs de Ga fsa, dans le sud

OUED BAIECHE (environs de Gafsa, dans le sud tunisien) Exemple d’oued à écoulement discontinu dans le temps et l’espace

Toutefois on peut distinguer entre deux types de crue : les crues locales lorsque de grandes quantités de pluie n’affectent qu’un espace peu étendu, et des crues lointaines lorsque des précipitations abondantes et généralisées touchent tout le bassin versant d’un oued. C’est le cas des oueds Güm et Zousfana réputés par l’importance de leurs crues. Au moment des crues, c’est l’érosion latérale des berges des oueds qui est plus importante que l’érosion verticale. Ce phénomène s’explique par le fait que le talweg est chargé de matériel en place abandonné par la crue précédente, ce qui fait que la base de la section mouillée atteint vite sa charge limite, alors que sur les bords l’attaque est forte.

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Les oueds Güm et Zousfana : croquis de localisation - L’écoulement non concentré On l’appelle

Les oueds Güm et Zousfana : croquis de localisation

- L’écoulement non concentré

On l’appelle aussi écoulement en nappe. Il se réalise quand l’écoulement n’est pas canalisé par un lit ou collecteur. Il est tout à fait spécifique aux régions arides. Ses différentes étapes sont :

la formation de filets d’eau anastomosés et réticulés,

la formation de filets et de mares,

la formation de film ou pellicule d’eau de quelques centimètres d’épaisseur et d’une centaine de mètres de longueur.

La formation de lame ou nappe d’eau de quelques décimètres d’épaisseur. Il s’agit d’un écoulement turbulent qui dure quelques 30 mn puis s’installe une évolution régressive.

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Les différentes étapes de la formation de l’écoulement en nappe. Plusieurs conditions sont nécessaires pour

Les différentes étapes de la formation de l’écoulement en nappe.

Plusieurs conditions sont nécessaires pour la formation d’un écoulement en nappe. On cite en particulier des conditions topographiques ( existence de surfaces planes et à faibles pentes), pluviométriques ( grosses averses en un temps réduit) et biogéographiques (présence d’une végétation discontinue très ouverte, c'est-à-dire de type steppique).

Aussi bien l’écoulement concentré dans les talwegs, qui agit par érosion latérale que l’écoulement en nappe qui intéresse des surfaces planes, contribuent tous les deux à réaliser des aplanissements par érosion aréale.

Références bibliographiques Sur L’hydrologie des régions arides

GUILCHER André : précis d’hydrologie

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Evaluation du deuxième chapitre (en rouge la réponse juste) Cocher la réponse juste 1- Que

Evaluation du deuxième chapitre (en rouge la réponse juste) Cocher la réponse juste

1- Que signifie milieu aride ?

a - un milieu sec et chaud

b - un milieu sec

c - un milieu où l’eau est rare

2- les éphémérophytes représentent

a - des reliefs fortement dégradés

b - des climats du passé

c - une végétation éphémère

3- le désert d’Atacama est un désert de type

a - littoral et brumeux

b - chaud et ensoleillé

c - aride 4- dans les régions arides l’écoulement superficiel se caractérise par

a - sa brutalité

b - sa discontinuité dans le temps

c - sa discontinuité dans l’espace

5- en morphologie le mot oued signifie

a - un écoulement intermittent

b - une vallée encaissée

c - un cours d’eau nord- africain

6- le ruissellement diffus est un écoulement a- spontané et inorganisé b- qui ne se fait que sur les versants c- spécifique aux régions arides 7- les badland sont a- des reliefs liés à l’action mécanique du vent b- un ravinement généralisé c- des lits d’érosion verticale

EXERCICE

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Colorez la carte de la répartition des régions arides puis portez le nom des principaux déserts et rédiger 10 lignes pour commenter cette répartition.

REPONSE L’examen de la carte de la répartition des régions arides suggère les remarques suivantes :

- l’hémisphère nord, vu sa continentalité, a la plus forte proportion des régions arides.

- Il existe des régions arides à des latitudes où on ne les attendrait pas comme au sud de la Patagonie et près de l’Oural.

- La présence de zones hyper arides le long des océans, surtout sur les façades occidentales des continents, ce qui montre l’importance de facteurs non zonaux, comme les courants marins froids. En gros on peut distinguer 6 grands groupes de régions arides.

le groupe nord américain c'est-à-dire le sud ouest des USA, et le nord et le centre du Mexique.

Le groupe sud américain, ou la diagonale aride de l’Amérique du Sud, c'est-à-dire de la côte nord du Pérou jusqu’à la pointe sud de l’Amérique du Sud, y compris le désert d’Atacama.

Le grand Sahara.

Chine

Les

déserts

asiatiques

(Arabie,

Lut,

Asie

centrale,

orientale).

Les déserts sud africains, c'est-à-dire le désert du Namib et celui du Kalahari.

Le désert australien.

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Chapitre 3

LES PROCESSUS D’ATTAQUE DU MATERIEL ROCHEUX DANS LES REGIONS ARIDES

Pré requis du troisième chapitre

Le troisième chapitre réservé à l’étude des processus d’attaque des matériaux rocheux dans les régions arides nécessite les pré requis suivants :

- connaissance des caractéristiques physiques (précipitations, hydrologie,végétation, agents et processus d’érosion,…) des régions arides

- maîtrise de la notion d’aridité et de paléoclimats quaternaires. Objectifs du troisième chapitre

Après la lecture de ce chapitre le candidat doit retenir que dans les régions arides :

- les processus d’attaque mécanique sont les plus importants,

- les processus d’attaque chimique ne sont pas négligeables

Le type essentiel d’attaque du matériel rocheux dans les régions arides est la désagrégation mécanique.

I- L’ATTAQUE MECANIQUE

L’attaque mécanique suppose l’existence de variations de température. Or à l’exception des déserts côtiers, les variations de température sont importantes dans les régions arides. Trois facteurs influencent les actions mécaniques :

la faiblesse de la couverture végétale qui fait que la roche se trouve exposée directement aux agents atmosphériques,

la faiblesse des processus chimiques qui entrave la formation de sols épais et par là même laisse la roche à nu,

40

la sécheresse qui favorise l’échauffement, ce qui augmente l’effet des températures.

1- La thermoclastie L’échauffement des roches engendre leur dilatation, ce qui provoque des efforts mécaniques donnant des fissures et des décollements. Ce phénomène aboutit à l’écaillement des roches par plaques de 1 ou plusieurs centimètres d’épaisseur. C’est la desquamation qui touche surtout les roches microgrenues comme les roches cristallines. La couleur de la roche intervient aussi dans la thermoclastie. Les noires s’échauffent plus rapidement et se séparent des autres grains :

c’est la désagrégation.

2- La gélifraction Inconnue dans les déserts côtiers, elle est surtout fréquente dans les déserts continentaux de la zone tempérée (comme l’Asie centrale). Ici, l’alternance de la chaleur diurne avec les nuits glaciales engendrent l’éclatement de la roche.

3- l’haloclastie l’air des régions désertiques côtiers surtout, contient de nombreux cristaux de sel en suspension (le sel provient des terrains salés, des efflorescences des cratères volcaniques, des embruns marins…). Ces cristaux se déposent à la surface des roches et pénètrent dans les cavités. Sous l’effet de la pluie ou de la rosée, les cristaux se dissolvent dans l’eau puis recristallisent, d’où l’éclatement des galets et la formation d’alvéoles, de baignoires ou gnammas. Ce cas est très fréquent dans le centre de l’Australie.

II- L’ATTAQUE CHIMIQUE

L’attaque chimique est faible parce que l’eau manque dans les régions arides. En effet, l’hydrolyse est très élémentaire et la dissolution est un phénomène très limité. Cependant, dans certaines régions arides existe un relief karstique qui indique l’existence de périodes quaternaires plus humides que l’actuel et qui étaient responsables de la dissolution du calcaire.

41

Le phénomène relatif à l’attaque chimique qu’il faut retenir est l’hydratation. Celle- ci est active dans les déserts côtiers à cause des brouillards qui sont abondants dans ces régions. Ceux- là humectent les roches et contribuent à leur météorisation pelliculaire. Ce phénomène, qui est plutôt mécanique, se manifeste par l’écaillement des roches par plaques de 1 ou plusieurs centimètres d’épaisseur chacune : c’est la desquamation qui alimente les poussières en suspension responsables du manteau de débris qui tapissent les reliefs des déserts côtiers et donnent aux versants leur modelé réglé ; c’est le cas du littoral péruano- chilien. L’humectation peut être aussi à l’origine d’un autre phénomène qui est le vernis désertique. Celui- ci se produit lorsqu’une roche poreuse comme le grès s’humecte par la suite et après une phase d’évaporation, l’eau remonte à la surface de la roche et dépose ainsi une mince couche superficielle de composition ferro- magnésique de teinte brun noirâtre. Le vernis ou la patine désertique suppose un climat relativement humide et il n’intéresse que la pellicule superficielle de la roche soit 1 à 2 mm.

III- DEUX TYPES DE MEGAMANIFESTATION DE L’ATTAQUE DU MATERIEL ROCHEUX : les taffonis et les rochers champignon

1- les rochers champignon

Il s’agit de rochers souvent métriques, en forme de champignon. Ils sont façonnés le plus souvent dans des roches à texture granulaire (mais parfois aussi calcaire). Leur genèse a été longtemps attribuée à l’action érosive du vent. Aujourd’hui, on pense plutôt qu’ils résultent de phénomène de désagrégation granulaire lié à l’hydratation qui agit plus fréquemment et d’une façon efficace à proximité de la surface du sol.

42

Le rocher champignon 2- Les taffonis Il s’agit de cavité rocheuse de quel ques dizaines

Le rocher champignon

2- Les taffonis

Il s’agit de cavité rocheuse de quelques dizaines de centimètres de hauteur qui affectent dans certaines régions arides, les surfaces rocheuses. Les taffonis se développent surtout dans les déserts côtiers, comme le désert du Namib et celui d’Atacama. Les taffonis sont taillés de préférence dans des roches cristallines (magmatiques et plutonites) et ou gréseuses. Ils se distinguent par un écaillement intense qui peut être plus ou moins important suivant la résistance de la roche. Les taffonis ne sont pas toujours systématiquement orientés face aux vents dominants, ce qui signifie que le vent n’est pas un agent fondamental et décisif dans leur genèse. En effet, les taffonis se développent de préférence dans les marges des déserts côtiers qui sont brumeux. Des observations au chili ont montré que ces formes se développent rapidement actuellement. Plus qu’une forme d’érosion liée à une lithologie particulière (des roches cristallines et gréseuses), les taffonis apparaissent comme dus à un processus purement morphoclimatique. En effet, les recherches récentes montrent que la formation des taffonis doit mettre en jeu deux processus complémentaires : d’une part la désagrégation granulaire par haloclastie et d’autre part le nettoyage du fond de la cavité par le vent.

43

Notons que l’encroûtement de la surface de la roche, suite à l’évaporation et à la montée par capillarité des minéraux, contribue à l’affaiblissement du cœur de la roche. Les taffonis traduisent donc un processus purement morphoclimatique.

traduisent donc un processus purement morphoclimatique. Le taffoni Evaluation du troisième chapitre (en rouge la

Le taffoni

Evaluation du troisième chapitre (en rouge la réponse juste) Cocher la réponse juste

1- Le taffoni se développe surtout dans

a - les déserts brumeux

b - les littoraux méditerranéens

c - le sud de la Tunisie

2- la désagrégation granulaire est liée à l’action

a - mécanique

b - chimique

c - physico- chimique

3- les taffonis

a - sont orientés face au vent dominant

b - sont toujours orientés face au vent dominant

c - tournent le dos au relief dominant 4- la thermoclastie

a - c’est la dissolution des roches sous l’effet de la chaleur

44

b - est un processus d’attaque mécanique

c - domine dans les déserts chauds 5- l’haloclastie est un processus

a - purement chimique

b - purement physique

c - physico- chimique

6- la gélifraction c’est a- la cryoclastie

b- la fragmentation des roches sous l’effet du gel

c-

thermiques

la

fragmentation

de

la

roche

sous

l’effet

45

des

changements

Chapitre 4 LE ROLE GEOMORPHOLOGIQUE DES EAUX COURANTES DANS LES REGIONS ARIDES

Pré requis du quatrième chapitre Le quatrième chapitre réservé à l’étude de l’action géomorphologique des eaux courantes dans les régions arides nécessite les pré requis suivants :

- connaissance des caractéristiques de l’écoulement superficiel des régions arides,

- distinction entre partie amont du versant montagneux, piémont et bas- fond.

.

Objectifs du quatrième chapitre Après la lecture de ce chapitre le candidat doit retenir que dans les

régions arides :

- le modelé lié aux eaux courantes se rencontre surtout sur les piémonts,

- les piémonts portent un modelé lié à l’érosion et/ ou à l’accumulation.

Outre les formes mineures de dissection comme les ravinements et les bad- lands qui sont dues à l’action de l’écoulement linéaire dans les régions arides, il existe des formes majeures telles les pédiments, les glacis et les cônes de déjection. Ces formes assurent le passage des secteurs qui relient les hauts reliefs aux secteurs bas et occupent donc une position de piémont. Celui- ci est un secteur de déversement des eaux de crues d’où l’importance de la dynamique fluviatile qui peut avoir soit une tendance à l’alluvionnement soit une dynamique érosive.

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LE DAHAR(sud- est tunisien) Une région à lithologie à dominanc e tendre et qui est

LE DAHAR(sud- est tunisien) Une région à lithologie à dominance tendre et qui est fortement ravinée

à dominanc e tendre et qui est fortement ravinée RESERVE DE L’OUED DKOUK(sud tunisien) Alternance de

RESERVE DE L’OUED DKOUK(sud tunisien) Alternance de ravins et d’interfluves très surbaissés

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I- PEDIMENT ET GLACIS

Ce qui domine dans les régions arides, c’est l’existence de vastes surfaces remarquablement unies au pied des reliefs. L’extension de

47

ces surfaces peut atteindre quelques kilomètres et présente une inclinaison faible (quelques degrés seulement). Ces surfaces reçoivent le nom, suivant le cas, de pédiment ou glacis.

reçoivent le nom, suivant le cas, de pédiment ou glacis. Les piémonts sont des secteurs où

Les piémonts sont des secteurs où dominent le ravinement et l’aplanissement

secteurs où dominent le ravinement et l’aplanissement versant découpé en badlands Cliquez pour voir les images

versant découpé en badlands Cliquez pour voir les images (Vous pouvez insérer les images comme album :pop up )

1- DEFINITIONS

Le pédiment est une surface proche du plan entaillée dans des roches résistantes, cristallines, de pente concave et comprise entre 1 et 8° et dominé par un relief élevé.

48

• Le glacis est une surface proche du plan à profil concave, de pente comprise

Le glacis est une surface proche du plan à profil concave, de pente comprise entre 1 et 12 ° et le plus souvent façonnée dans des roches tendres et dominée par un relief développé dans des roches dures.

dominée pa r un relief développé dans des roches dures. 2-DESCRIPTION • Le pédiment est développé

2-DESCRIPTION

Le pédiment est développé dans des structures faillées de type horst et graben, constituées par des roches résistantes, le plus souvent cristallines et où le passage du versant au pédiment est brutal. On appelle knick, l’angle de contact entre ces deux secteurs. Trois sous parties peuvent être distinguées. De l’amont vers l’aval nous avons - le pédiment proprement dit couvert d’une couche très mince de débris fins, c’est ce qu’on appelle arène granitique,

49

- la bajada qui est la partie basse du pédiment, là où l’épaisseur

(environ, 50 cm) des débris fins augmente.

- la playa qui est une sorte de dépression à l’aval de la bajada et

qui fonctionne comme une zone d’accumulation généralement salée. A l’amont du pédiment existent des reliefs saillants, à flancs raides, de faible volume sorte de relief résiduel lié à des roches granitiques dures de forme pyramidale qui sortent comme des îles dans la mer, d’où l’appellation d’inselberg. Un groupe d’inselberg est dit inselgeberg.

inselberg . Un groupe d’inselberg est dit inselgeberg . Le pédiment et les formes et dépôts

Le pédiment et les formes et dépôts qui lui sont associés

Le glacis est généralement développé dans des roches meubles sédimentaires dominées par des versants à corniche. Toutefois la roche en question doit être moyennement dure, car si elle est très dure elle sera sculptée en fonction de ses joints structuraux (comme le quartzite) et ne donnera pas de glacis ; de même si la roche est très tendre (argile) elle évoluerait en bad lands.

50

Piémont modelé en glacis d’érosion Contrairement au pédiment, le co ntact avec le versant n’est

Piémont modelé en glacis d’érosion

Contrairement au pédiment, le contact avec le versant n’est pas marqué par un knick, il s’agit au contraire d’un passage lent.

par un knick, il s’agit au contraire d’un passage lent. Les glacis d’érosion Il existe différents

Les glacis d’érosion

Il existe différents types de glacis comme le montre le tableau suivant.

Typologie

   

Type

Typologie

relative

à

la

glacis nus (couverture très mince).

couverture des glacis

 
 

glacis

d’épandage

51

   

(couverture de 3 à 5m).

 

glacis

d’ennoyage

(couverture de 5m).

 

Typologie en fonction du rapport entre glacis et pendage des couches

glacis

de

front

ou

contraire

glacis

de

revers

ou

 

conforme

 

Typologie morphogénétique

glacis d’érosion glacis d’accumulation

 

glacis d’érosion glacis d’accumulation   • Rapport entre position du gl acis et pendage des couches

Rapport entre position du glacis et pendage des couches

• Rapport entre position du gl acis et pendage des couches glacis- cône ou glacis couvert

glacis- cône ou glacis couvert

3- LOCALISATION ET CONDITIONS D’EXISTENCE ET GENESE DES PEDIMENTS ET GLACIS

52

Pédiment et glacis caractérisent les régions arides et plus précisément les marges arides des déserts. Les pédiments se rencontrent dans les régions semi- arides à pluie d’été (comme l’Ouest américain, l’Afrique tropicale de l’Ouest) ; alors que les glacis se rencontrent dans des régions semi- arides à pluie d’hiver (c'est-à-dire le monde méditerranéen). La genèse du pédiment exige trois conditions

lithologique : il faut des roches cristallines

Condition

résistantes.

Condition tectonique : présence d’une structure faillée qui dénivelle des surfaces d’aplanissement. En effet, l’élaboration des pédiments demande une longue durée et la plupart d’entre eux sont hérités du tertiaire et retouchés au Quaternaire.

Condition climatique : le rôle de la météorisation est fondamental dans la formation d’un manteau de débris et donc de l’écaillage des roches granitiques. De même de fortes pluies sont nécessaires pour nettoyer les produits de météorisation.

La genèse du glacis exige quatre conditions

condition topographique : le glacis résulte de l’aménagement d’une dénivellation initiale par les eaux courantes.

Condition structurale : les glacis sont toujours en roches tendres, en contrebas de relief en roches dures. L’existence préalable de faille mettant en contact des roches de dureté et de lithologie différentes favorise aussi la formation de glacis

Condition végétale : il faut un secteur où dominent des formations végétales ouvertes qui protègent mal le sol et non des formations arborées qui gênent l’action des eaux courantes.

Condition climatique et hydrologique : la formation de glacis est la conséquence de 3 faits qui sont d’abord la gélifraction des corniches, ensuite l’existence d’une couverture alluviale en transit et enfin la présence d’un écoulement aréale et latéral. La genèse des pédiments a fait l’objet de deux théories

La première est une théorie tectonique et de recul des versants : elle suppose la genèse des pédiments en 4 étapes qui sont d’abord la mise en place d’une tectonique cassante qui dénivelle en horst et graben des roches rigides, ensuite

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l’intervention de la météorisation et de l’écoulement qui engendrent la naissance d’escarpement de faille atténué et hérité et enfin l’élaboration d’une surface d’aplanissement.

enfin l’élaboration d’une surface d’aplanissement. Principales étapes dans la ge nèse des pédiments

Principales étapes dans la genèse des pédiments d’après la théorie tectonique et de recul des versants

La deuxième est dite théorie lithologique et bioclimatique :

l’observation montre qu’il existe le plus souvent une différence lithologique entre les roches de l’inselberg et celles du pédiment. Suivant cette théorie, la naissance du pédiment se fait de la façon suivante : au cours d’une phase de biostasie se réalise sous couvert forestier l’altération sur place du matériel rocheux. Nous savons que l’altération progresse rapidement dans les gneiss que dans les granites. Dans une deuxième étape et au cours d’une phase de rhexistasie, la forêt se détruit et l’altération se trouve ralentie et l’érosion linéaire gagne. Les altérites sont alors déblayées et le crypto- relief devient un inselberg.

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Principales étapes dans la ge nèse des pédiments d’après la théorie lithologique et bioclimatique La

Principales étapes dans la genèse des pédiments d’après la théorie lithologique et bioclimatique

La genèse des glacis a fait l’objet de nombreuses hypothèses et discussions :

Il y a ceux qui donnent la priorité à l’érosion latérale car ils estiment que les rivières trop chargées au débouché des « foums », déposent leur charge grossière et s’étalent latéralement d’où le sapement des berges par impossibilité du creusement linéaire. Il y a ceux qui sont partisans de l’écoulement aréolaire et pour qui cet écoulement agit exclusivement sous la forme de coulées boueuses contribuant à l’aplanissement des piémonts constitués de roches tendres. Pour d’autres, les deux types d’écoulement sont complémentaires. Cependant, l’érosion latérale domine le long des oueds et l’érosion aréolaire domine sur les interfluves. Dans ce cas, la coulée boueuse est un agent de fossilisation et non d’aplanissement.

4- LEUR EVOLUTION

Dans le cas des pédiments, si une longue évolution est possible, les pédiments peuvent finir par s’associer, se rejoindre ; on aura alors une pédiplaine qui est une grande surface d’aplanissement

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où dominent des playas et des îlots montagneux. Toutefois, des pulsations tectoniques peuvent engendrer l’emboîtement des pédiments.

peuvent engendrer l’emboîtement des pédiments. Schéma d’une pédiplaine Quant aux glacis d’érosion

Schéma d’une pédiplaine Quant aux glacis d’érosion, on compte le plus souvent au pied du relief des régions semi arides jusqu’à 3 à 4 générations de glacis étagés. On distingue, dans ce cas, le glacis primitif et les glacis de substitution. L’étagement des glacis est l’expression morphologique des différents changements climatiques survenus au cours du Quaternaire.

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Jbel Mghila (hautes steppes tunisienn es) et son piémont oriental : Croquis géomorphologique d’un mont

Jbel Mghila (hautes steppes tunisiennes) et son piémont oriental :

Croquis géomorphologique d’un mont dérivé et de glacis quaternaires étagés Légende de droite a gauche et de haut en bas Point côté- pendage- crêt- barre- épigénie- axe anticlinal- faille nivelée- glacis supérieur- glacis moyen- glacis inférieur- talus d’érosionfluvial

Références bibliographiques Sur Les cônes, glacis et pédiment

BESANCON et TRICART : cône rocheux, pédiment et glacis. Annales de Géographie, 1972. PECHOUX : morphologie des glacis d’érosion en roche tendre sur le versant oriental du jbel Mghilla. Bulletin de l’Association des

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Géographes Français, 1962.

Pour plus d’information, cliquez ici : en PDF

Lecture Sur la description et l’évolution des glacis du Sud tunisien (environs des chotts) « tous les piémonts du Sud tunisien se présentent comme des complexes de glacis. C’est à proximité même des reliefs que le dénombrement des niveaux étagés dans le meilleurs conditions… L’existence constante de trois glacis, situés dans le prolongement des paléo versants…Outre les variations d’amplitude présentées par les emboîtements de glacis, il faut signaler des différences dans leur extension relative selon les secteurs… Depuis les versants des djebels le passage aux glacis se manifeste par une concavité plus ou moins courte. Au-delà, la pente reste d’abord assez élevée, de 10 à 15°, puis elle s’abaisse vite à 2 ou 3°. Si l’extension des piémonts le permet elle devient presque insensible bien avant les niveaux de base. Cette évolution détermine des profils longitudinaux concaves à l’amont, puis à peu près rectilignes. Vus de loin les reliefs semblent perchés aux faîtes de leurs piémonts… Aux débouchés des oueds quelques particularités intéressantes marquent parfois le contact avec la montagne. Lorsqu les foums se réduisent à des gorges en traits de scie les glacis s’arrêtent à son pied. S’ils s’élargissent, pour livrer passage à des oueds plus importants, ils pénètrent en rubans de terrasses épanouis au passage des dépressions monoclinaux… L’ensemble des glacis de piémont de la Tunisie présaharienne se cantonnent dans deux puissantes formations meubles de la série lithologique : le crétacé inférieur à faciès wealdien et le complexe continental terminal. Mais ces formations meubles offrent le plus souvent des intercalations de roches cohérentes. Leur dégagement en reliefs monoclinaux mineurs apporte une preuve supplémentaire de la stricte localisation des glacis dans les précédentes. Des recouvrements détritiques masquent les soubassements rocheux nivelés. Les glacis leur doivent l’uniformité remarquable de leurs profils. Sans eux ils seraient très souvent troublés par des irrégularités de détail liées à la variabilité de la nature des formations

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meubles.

Coque Roger La Tunisie présaharienne p. 247-257

II- LES CONES DE DEJECTION

Un cône de déjection est une accumulation en cône ou en éventail de dépôt détritique grossier, brutalement déposé par un cours d’eau au pied d’un relief.

1- PRESENTATION DES CONES DE DEJECTION

Du point de vue géométrique, les cônes présentent un profil longitudinal légèrement concave et un profil transversal légèrement convexe. La pente du cône, son épaisseur et sa surface dépendent :

de l’importance du bassin versant

du profil longitudinal du cours d’eau

de la lithologie du bassin versant

des conditions climatiques locales.

Les cônes rocheux prennent naissance lorsqu’un fleuve au pied de la montagne érode et n’accumule pas, donnant ainsi une sorte de glacis d’ablation mais de forme conique.

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2- EXTENSION DEJECTION GEOGRAPHIQUE DES CONES DE On trouve aujourd’hui les cônes de déjection dans

2- EXTENSION DEJECTION

GEOGRAPHIQUE

DES

CONES

DE

On trouve aujourd’hui les cônes de déjection dans des régions semi- arides et périglaciaires. Dans ces régions, les cônes sont fonctionnels alors que dans les régions arides proprement dites les cônes sont hérités.

3- CONDITIONS DEJECTION

D’EXISTENCE

DES

Trois conditions sont nécessaires :

CONES

DE

Condition topographique : il faut une brusque rupture de pente, un versant en pente forte et une étendue basale de pente faible ( comme une falaise morte ou un talus d’érosion fluviale).

Condition bioclimatique et hydrologique : il faut que le climat soit contrasté, favorable aux processus d’attaque mécanique et à la formation de débris avec un écoulement discontinue dans le temps (contraste saisonnier) donnant des ruissellements en crue très forts capables de transporter de grandes quantités de débris. Le travail du ruissellement (des torrents) doit être favorisé par une végétation faible et discontinue.

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Condition

en plaquette, les brèches, les conglomérats et les roches fissurées.

donnent des débris

lithologique :

il

faut

l’existence

comme

de

les

roches

calcaires

qui

en

abondance

4- DYNAMIQUE DE LA CONSTRUCTION DES CONES DE DEJECTION

La diminution de la pente au pied du versant entraîne la diminution de la vitesse et l’étalement des eaux et donc le dépôt. Les divagations du torrent (tête du cône) peuvent élargir le débouché le foum ») de la vallée au pied de la montagne lui donnant une forme en trompette ou en golfe. Lorsque les cônes voisins se touchent ils deviennent coalescents.

les cônes voisins se touchent ils devien nent coalescents. III- LES TERRASSES ALLUVIALES 1- DEFINITION On

III- LES TERRASSES ALLUVIALES

1- DEFINITION

On définit une terrasse alluviale comme des restes d’un ancien lit majeur perché au dessus du lit actuel. Toutefois, les terrasses peuvent se former directement dans le matériel géologique en

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absence totale d’alluvions. Dans ce cas on aura un niveau de banquette ou une terrasse rocheuse ou d’érosion.

de banquette ou une terrasse rocheuse ou d’érosion . Terrasse alluviale et terrasse rocheuse 2- LES

Terrasse alluviale et terrasse rocheuse

2- LES TYPES DE TERRASSES

Suivant le critère qu’on retient pour classer les terrasses, on peut avoir plusieurs typologies :

Typologie suivant l’âge : on aura alors une terrasse holocène, würmienne, rissienne,…

Typologie suivant l’origine : on aura alors une terrasse d’origine climatique, ou tectonique et ou eustatique

Typologie suivant la disposition des terrasses dans la vallée, on aura alors des terrasses emboîtées, étagées et partiellement emboîtées.

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Des terrasses étagées Des terrasses emboîtées 3- LES THEORIES EXPLICATIV ES DE LA FORMATION DES

Des terrasses étagées

Des terrasses étagées Des terrasses emboîtées 3- LES THEORIES EXPLICATIV ES DE LA FORMATION DES TERRASSES

Des terrasses emboîtées

3- LES THEORIES EXPLICATIVES DE LA FORMATION DES TERRASSES

Les terrasses d’origine eustatique

Ces terrasses sont en rapport avec les variations du niveau de la mer qui ont une influence directe sur le profil longitudinal des cours d’eau, notamment dans leur partie aval. A chaque mouvement positif de la mer (transgression) qui fait diminuer la pente correspond une vague de remblaiement. En revanche, à

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chaque mouvement négatif qui fait augmenter la pente (régression) correspond une vague d’érosion régressive et donc une incision et une formation de la terrasse. Toutefois, une régression peut ne pas déclencher forcément une vague d’érosion. Ceci est possible si la pente aval est faible.

Les terrasses d’origine climatique

Ces terrasses sont le résultat de variations climatiques successives survenues au cours du Quaternaire et qui ont perturbé le rapport charge- débit des cours d’eau. En effet, les changements climatiques devraient être à l’origine de la formation de nombreuses terrasses. Généralement, les changements climatiques engendrent les évènements morphologiques suivants : au cours d’un pluvial on assiste à un remblaiement et au cours d’un interpluvial on assiste à une incision et donc au dégagement de la terrasse alluviale. Souvent, on présente le phénomène de formation des terrasses sous la forme d’un bilan de dissection négatif ou positif. L’établissement d’un bilan de dissection négatif et les remblaiements qui en résultent impliquent une préparation du matériel par la météorisation ; alors que pendant les interpluviaux, c’est le bilan de dissection positif qui règne et c’est pendant cette période que se dégagent les terrasses.

Les terrasses d’origine tectonique

Dans ce cas la genèse des terrasses est engendrée par les alternances de creusement et de remblaiement dues à des mouvements tectoniques locaux. Un mouvement tectonique positif a pour conséquence l’augmentation de la pente, d’où l’augmentation de la puissance nette du cours d’eau ; ce qui favorise la tendance au creusement. Par contre un mouvement négatif, un affaissement, a pour conséquence la diminution de la puissance nette et donc une tendance au remblaiement. L’alternance de ces deux mouvements diastrophiques donne naissance à une terrasse.

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Mouvements diastrophiques et ge nèse des terrasses alluviales • Les terrasses d’origine anthropiques

Mouvements diastrophiques et genèse des terrasses alluviales

Les terrasses d’origine anthropiques

L’’intervention de l’homme dans un milieu en équilibre peut provoquer une perturbation de la dynamique, d’où une rupture de cet équilibre. L’exemple qu’on peut donner est celui de l’occupation romaine en Tunisie centrale qui a eu pour conséquence la formation de terrasses. Au départ, c'est-à-dire avant l’occupation romaine, il y avait une steppe de pistachier et jujubier plus dense que celle d’aujourd’hui et qui couvre assez bien le sol. Pendant l’installation des romains, il y a eu un défrichement intense pour la mise en culture des sols. Par conséquence le sol s’est trouvé à nu et exposé à l’érosion. Les matériaux fins des collines qui ont été déplacés par le ruissellement se sont déposés dans les bas- fonds. Il s’agit d’une période de bilan de dissection négatif. Vers la fin du monde antique, on a assisté à une augmentation de la puissance nette des cours d’eau, par suite de l’arrêt de la mise en culture du sol et l’épuisement du matériel. L’installation d’un nouveau équilibre a vu le jour, alors que l’alfa et l’armoise se sont épanouies, notamment avec une mise en valeur pastorale. C’était

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une période de bilan de dissection positif qui a permis le dégagement d’une terrasse.

ion positif qui a permis le dégagement d’une terrasse. Pour plus d’information, cliquez ici : en

Pour plus d’information, cliquez ici : en PDF

Lecture Sur l’origine anthropique des terrasses, des ravinements et des badlands Le cas du territoire de Sidi Ali Ben Aoun, Hautes Steppes, Tunisie

Le milieu naturel correspond à un environnement steppique de basses montagnes au pied desquelles s’étendent des glacis d’ablation situés vers 500 m d’altitude. Dans les bas- fonds remblayés par des sédiments fins s’incisent des oueds, comme l’oued Langar, qui élargissent leur lit par érosion latérale (et dégage une terrasse d’origine anthropique). Le climat est de type méditerranéen, avec un cachet bien marqué de dégradation aride. La moyenne annuelle des précipitations est d’environ 250 mm qui tombent entre septembre et mai. La végétation naturelle correspond à une steppe basse à alfa (Stipa tenacissima) et à armoise (Artemisa campestris). La présence de pistachiers (Pistacia atlantica) isolés suggère qu’à l’origine il

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s’agissait d’une steppe arborée plus dense qu’elle ne l’est aujourd’hui. Pendant des siècles, le genre de vie des habitants de cette région a été un pastoralisme semi- nomade fondé sur un élevage extensif, principalement celui des moutons. Des cultures loteries de blé dur étaient pratiquées dans les bas- fonds alluviaux; elles ne donnaient de récoltes convenables que les années arrosées. La population, peu nombreuse, aux besoins limités, demandait peu à un milieu naturel aux ressources réduites mais auxquelles il était permis de se renouveler. Un équilibre s’était empiriquement établi entre un environnement fragile et les hommes qui tiraient raisonnablement partie de ses capacités. Au total, le genre de vie était bien adapté au milieu. Pourtant une première phase d’appauvrissement des potentialités offertes par le milieu naturel s’était manifestée dans l’Antiquité, probablement vers la fin de l’époque romaine. Celle- ci avait été caractérisée par une extension de l’agriculture dans les hautes steppes, comme en témoignent de nombreuses ruines d’installations rurales : villas, pressoirs, mais aussi citernes et canaux d’irrigation, ce qui indique que le climat de la région était déjà, en ce temps- là, marqué par une certaine aridité. Les terres cultivées étaient localisées sur les collines où affleure aujourd’hui une croûte calcaire épaisse qui les rend impropres à d’éventuelles cultures. Seuls y poussent l’alfa et l’armoise. La croûte calcaire correspond à l’horizon B d’un sol. L’horizon A , meuble, a été dispersé par le ruissellement, le défrichement de la steppe arborée ayant provoqué une vague d’érosion des sols. On trouve la contrepartie de cette ablation dans les secteurs bas de la topographie qui sont colmatés par des sédiments fins, argilo- limoneux, emballant des fragments de poterie antique. Ainsi, une agriculture probablement trop intensive a-t-elle déséquilibré un milieu fragile et amoindri les ressources qu’il pouvait offrir. Les longs siècles qui vont de la fin de l’Antiquité au début de l’époque contemporaine ont vu le retour à un nouvel équilibre dans un environnement appauvri. Une steppe moins dense, d’où les arbres étaient désormais pratiquement exclus, a recolonisé les collines tandis que des sols minces avaient le temps de se former dans les parties

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basses où l’alluvionnement avait cessé. Les hommes qui vivaient en ces temps-là ne demandaient pas au milieu plus qu’il ne pouvait en fournir. L’équilibre retrouvé était respecté. Tout a changé depuis la fin du 20 ème siècle. La population s’est sédentarisée et ses effectifs n’ont cessé de croître tout comme ses besoins. Elle a progressivement eu accès à la machinerie agricole. L’économie de marché s’est répandue. Cette conjoncture nouvelle a entraîné un grand développement des cultures, céréales mais aussi arbres fruitiers, dans les parties basses de la topographie qui ont été défrichées, parallèlement à un accroissement des troupeaux, désormais cantonnés essentiellement sur les collines. La végétation naturelle a partout reculé, parfois même disparu sur de vastes espaces. C’est maintenant au tour des parties basses de connaître une active érosion des sols. Pendant les mois arrosés, les pluies torrentielles provoquent des ravinements, d’où l’apparition d’un modelé de bad-lands qui se développe inexorablement. Pendant l’été, la déflation éolienne exacerbée par des vents turbulents, peu freinés par des obstacles topographiques, s’exerce sur les champs dénudés. Elle est matérialisée par de grandes nebkas (1à2m de haut, 3à 4 m de diamètre) qui portent des buissons de jujubiers (Ziziphus lotus). La comparaison de photographies aériennes prises à différentes époques montre que leur nombre et leur taille ne cessent de croître. Le matériel fin qui les constitue vient directement des sols imprudemment labourés qui perdent ainsi leur substance. A terme, si cette évolution continue, ces sols sont condamnés à disparaître. Roland PASKOFF Géographie de l’environnement,1985, p.48-52

Evaluation du quatrième chapitre (en rouge la réponse juste)

Cocher la réponse juste

1- Le piémont est un secteur

a - de transition

b - qui relie la ligne de crête et le bas- fond

c - où les eaux courantes se trouvent canalisées 2- le glacis et le pédiment sont des formes

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a - d’érosion

b - d’accumulation

c - d’érosion liée aux eaux courantes

3- le glacis se développe dans des

a - roches tendres

b - roches à dominance tendre

c - roches où alternent les calcaires et les argiles

4- les cônes peuvent être

a - étagés

b - emboîtés

c - superposés et parfois étagés

5- les cônes et les terrasses sont des formes

a - d’érosion

b - d’accumulation

c - d’accumulation liées aux eaux courantes

6- les terrasses d’origine climatique sont

a - le type de terrasses le plus fréquent

b - moins fréquentes que les terrasses d’origine eustatique

c - des formes qui se prolongent vers l’amont par des terrasses

eustatiques

7-

l’inselberg caractérise

a-

le glacis seulement

b-

le pédiment et les cônes de déjection

c-

le pédiment

8- pédiplaine

a- surface d’aplanissement généralisée constituée par des pédiments coalescents

b- relief épargné de l’érosion

c- relief résiduel hecto- à kilométrique, à versants raides autour du

pédiment

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Chapitre 5

LE ROLE GEOMORPHOLOGIQUE DU VENT DANS LES REGIONS ARIDES

Pré requis du cinquième chapitre Le cinquième chapitre réservé à l’étude de l’action

géomorphologique du vent dans les régions arides nécessite les pré requis suivants :

- connaissance des caractéristiques physiques (topographie, lithologie, hydrologie,couvert végétal,…) des régions arides

- maîtrise de la notion d’aridité et de paléoclimats quaternaires. Objectifs du cinquième chapitre Après la lecture de ce chapitre le candidat doit retenir que dans les régions arides :

- le vent est un agent morphogénique efficace mais pas unique,

- le modelé éolien est en grande partie le résultat d’un remaniement de matériaux liés aux eaux courantes,

- l’erg est un modelé spécifique aux régions arides.

Contrairement à l’idée courante, le vent n’est pas l’agent unique et fondamental dans la morphogenèse quaternaire des régions arides. Historiquement, l’importance du rôle géomorphologique du vent est passé par 3 étapes :

Vers la deuxième moitié du 19 ème siècle et au début de l’exploration scientifique des régions arides, étonnés par l’extension des ergs, les spécialistes ont donné au vent un rôle essentiel dans l’évolution géomorphologique des régions arides. Certains auteurs ( comme Walther, 1891) ont même attribué au vent le pouvoir de creuser des vallées.

Entre les deux guerres mondiales, la tendance était de réduire considérablement le rôle du vent au profit des eaux courantes.

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Aujourd’hui, les différentes études considèrent le vent comme un agent géomorphologique important et efficace des régions arides, sans cependant minimiser le rôle des eaux courantes.

I-

LES CAUSES DE L’EFFICACITE DU VENT ET LA DYNAMIQUE DES SABLES EOLIENS

1- LES CAUSES DE L’EFFICACITE

Ce qu’il faut savoir tout d’abord, c’est que le vent dans les régions arides, chose paradoxale, est moins fort que dans les pays de montagne et sur les océans. Toutefois, dans les régions arides l’efficacité du vent s’explique par trois raisons fondamentales :

- Les régions arides sont des régions ventées à cause de l’existence des alizés. Certes, ces vents ne sont pas puissants mais ils sont réguliers.

- L’importance de la sécheresse qui fait que les particules des dépôts sont très cohérentes et par la même facilement mobilisables. La sécheresse interdit aussi le développement de la végétation, chose nécessaire pour la fixation des sables. Il existe plusieurs déserts sans aucune végétation. En outre, le vent souffle le jour, alors que la nuit se sont les calmes qui prédominent, or c’est bien aux heures chaudes que le sol est sec, donc mobilisable.

- Dans les régions arides le vent trouve à sa disposition de grandes quantités de matériaux fins, conséquence de l’endoréisme qui empêche les réseaux hydrographiques d’atteindre la mer.

2- LA DYNAMIQUE DES SABLES EOLIENS

- La mise en mouvement des sables : l’étude granulométrique des matériaux éoliens montre la prépondérance des sables sur les limons et les argiles. En effet, les argiles du fait de leur trop grande cohésion sont faiblement éolisables, car lorsqu’elles sont humides elles deviennent une sorte de pâte et lorsqu’elles sont sèches elles deviennent compactes. Elles ne peuvent être

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mobilisées qu’après dispersion par cristallisation du sel et sous forme d’agrégats. En revanche, les sables sont mis en mouvement beaucoup plus facilement. Pour qu’un vent devienne morphologiquement efficace il a besoin d’une vitesse de 16 Km/h, ce qui équivaut 3/ 4° de l’échelle Beaufort. - Les mécanismes de transport éolien : Le transport éolien se fait de 3 façons différentes :

par suspension, pour les argiles et les limons. Cette modalité de transport peut se faire même au-delà de 1000m au dessus du niveau du sol.

par saltation pour les sables à une hauteur de 30 à 100cm, c’est le mode de transport le plus important (75%).

Par roulage, pour les matériaux dont la taille est supérieure à

2mm.

pour les matériaux d ont la taille est supérieure à 2mm. Par ailleurs, le transport par

Par ailleurs, le transport par suspension peut se faire jusqu’à 1 à 4 Km au dessus du sol, et ce à la suite de vent de poussière tourbillonnante, c’est le « hoboob » au Soudan et les nuages de poussières aux USA. Ce phénomène explique le fait que les marges désertiques sont limitées par des dépôts fins. On appelle « loess » les limons transportés et déposés par le vent comme c’est le cas des loess de Matmata et de Palestine. Parfois, les poussières peuvent traverser de grandes distances et même passer la mer ;

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c’est ce qui explique en Italie les « pluies de sang » qui tombent de temps en temps.

3- LE DEPOT

Pour que le vent dépose le matériel qu’il transporte une ou deux des conditions suivantes sont nécessaires :

- la diminution de la vitesse du vent ou son annulation.

- La présence d’un obstacle quelconque. Dans le monde aride il s’agit le plus souvent de touffes de végétation psammophile comme le drinn (Aristida punges) ou le rtem (Retama reatem) et le jujubier (Ziziphus lotus). Les sables étant les grains les mieux éolisables, leurs caractéristiques sédimentologiques sont les suivantes

Sur le plan granulométrique, c'est-à-dire l’étude fréquentielle de la taille des grains, la courbe granulométrique typique des dépôts est la courbe d’allure sigmoïde. La courbe sigmoïde montre la finesse du matériel, son bon classement et son caractère homométrique. Le plus souvent, ce sont les sables qui prédominent.

matériel , son bon classement et son caractère homométrique. Le plus souvent, ce sont les sables

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Sur le plan morphoscopique, c'est-à-dire l’étude de la forme et de l’aspect des grains (non usé, sub- émoussé luisant, émoussé luisant, émoussé mat et rond- mat). Les grains transportés par le vent sont généralement usés et mats parce qu’ils ont subi les chocs de transport.

Sur le plan stratification, le dépôt éolien présente le plus souvent une stratification entrecroisée résultant des différentes tempêtes de sables.

II-

LES FORMES D’EROSION EOLIENNE

L’érosion éolienne se fait de deux manières différentes :

- soit par corrasion qui est l’attaque des surfaces rocheuses par le vent des matériaux qu’il transporte. Il s’agit donc d’une action d’usure, d’abrasion, d’attaque et de mittraillage. Selon Mainguet au Bourkou (au Tchad) une nuit de vent de sable suffirait à décaper une carrosserie de voiture d’une bonne partie de sa peinture.

de voitu re d’une bonne pa rtie de sa peinture. ONG EJJMEL Forme énigmatique liée à

ONG EJJMEL Forme énigmatique liée à la corrasion éolienne

- Soit par déflation qui est un balayage par le vent de particules fines, c’est une sorte de tri ou ce qu’on appelle vannage.

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GARAET SABER( Sud-Est tunisien) Surface plane et rugueuse due à l’importance de la déflation 1-

GARAET SABER( Sud-Est tunisien) Surface plane et rugueuse due à l’importance de la déflation

1- LES FORMES LIEES A LA DEFLATION

Les formes liées à la déflation éolienne ne se manifestent le plus souvent que dans le détail de la topographie et s’exercent aux dépens des formations meubles. Le plus souvent le déchaussement des plantes traduit l’importance de la déflation.

Le pavage désertique On appelle reg, une surface plane et caillouteuse. On explique ce pavage par l’enlèvement de la pellicule superficielle meuble et fine du sol sous l’effet de la déflation et l’aboutissement à un dallage de cailloux roulés quelque soit leur origine. Les regs accompagnent le plus souvent le lit des grands oueds comme les oueds Messaoud, Igharghar et Bothna au Sahara. Ici, les dépôts alluviaux sont triés plusieurs fois. Le vannage prolongé aboutit à un véritable tri ; Les sables étant soufflés, il ne reste que les éléments grossiers.

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Les dépressions fermées Le paysage de dépressions ferm ées est très fréquent dans les régions

Les dépressions fermées Le paysage de dépressions fermées est très fréquent dans les régions arides. La genèse de ces dépressions est souvent complexe, mais la déflation éolienne joue un rôle primordial dans leur formation. On peut citer l’exemple des dépressions de la vallée de la mort dans l’Ouest des USA.