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Annales de philosophie chrétienne. 1830. Volume 28.

Annales de philosophie chrétienne. 1830. Volume 28.

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Annales de philosophie chrétienne (1830)


Volumes: 1-40
Subject: Philosophy
Publisher: Paris : Roger et Chernoviz
Language: French
Call number: BAG-7521
Digitizing sponsor: University of Ottawa
Book contributor: Kelly - University of Toronto
Collection: kellylibrary; toronto

Provided by: SMRS Library.
Annales de philosophie chrétienne (1830)


Volumes: 1-40
Subject: Philosophy
Publisher: Paris : Roger et Chernoviz
Language: French
Call number: BAG-7521
Digitizing sponsor: University of Ottawa
Book contributor: Kelly - University of Toronto
Collection: kellylibrary; toronto

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Published by: Patrologia Latina, Graeca et Orientalis on Jan 17, 2012
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02/01/2013

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text

original

Ôibliatiicque

r:CO:X LIBRE
H. iOiiVH.

DE LILLE

lèmm

n.

4

DE

iPiniîiL(DS®!?iaiii3 (2inïai!5îi?!iffiKfïïis<

111*

SÈttlt.

TOME

1\.

^•

/»9,

[Sli'.\.

m SERIE.
AVIS.

Le

titre

de ce volume sera donnd h

la fin

avec

la table

de tous

les

ar-

ticles, saus

prdjudice de la tuhlc des matières, qui sera placée à

la lîu ilu

volume.

Comme

les

annales sont
les

lues par

beaucoup de personnes,
sur

et sont

un

li-

vre d'usage, nous nous sommes dëcide's à employer un papier collé, qui

permettra d'ëcrire sur
naires,

marges

comme

un papier

cirdinaire, et
les

un

papier mécanique fabrique' exprès, beaucoup plus fort que

papiers ordi-

comme

on peut

le

voir dans ce n°; c'est une augmentation de de'la

pense que nous faisons volontiers pour l'avantage et
a])omié$4

commodité de nos

INP. DE UAOQLELI> ET TAUtuI CUt, RUE DE LA HARPE, 90.

A>J

iPiiî3iL(D3(DiPiaiî]E (Biiîiaâ;n"iîi3]pjnia,

RECUEIL PÉRIODIQUE,
DESTINÉ A FAIRE CONNAÎTRE TOUT CE QUE LES SCIENCFg UUMilNES RENFERMEKT

DE PREUVES ET DE DÉCOUVEnTES EN FAVEUR BU CHRISTIANISME

,

JJar

une !ocdhé
,

DE LITTÉRATEURS ET DE SAVANS, FRANÇAIS ET ETRANGERS
SOLS LA DIRECTION

DE
ri

M. A.
de

BONNETTY,
In
r. Ii-i.,i,

ilunbr.- df l'Atadémie dr

ralh

ll.|ii.'

«le

Piunie

b

Soclélc royalu a9uilii|ue de

l'.irij.

QUVTOuzi

i

311:

A\\i:r.

TOME

IX.

(28* DE LA COLLECTION

PARIS,
vlu Ouifiui î»rô vlimalfâ
^l*
J'i,

pl)iUi^Hipl)ti*
I

Cljii'linnif,

Hiif .Sl.-C«iiill.Miiiii', H'

.ml). Sl.-Cifrm.iln.

18^1^1.

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in

2009

witii

funding from

University of

Ottawa

littp://www.archive.org/details/annalesdepliiloso28pari

TAr.T.K

DF.S

ARTICLES.

TABLE DES ARTICLES.
Voir fila
lin fin

volume

h

laM<-

ili'S

matières.

)

N"
Preuves de
la

49.

JANVIER 18i3.

propagation de la révélalioii primitive parmi les Genlils afanl lu naissance de Jésus-Christ, (2« art.), par M. l'abbé Brunati. Deux préfjces inédites d'Abailard, sur les hymnes qu'il avait composées; par M. Alexandre Lk iNoniK. Lettre à M. BonDe lu prononciation du Tctra;;rammalon des hébreux.

7

18
-^3

nelty par M. le chov. Duacii. Dictionnaire de diplomatique, ou cours philologique et historique; d'antiquiExplication des abréviaSuite du U tés civiles et ecclésiastiques
; ;

;

'•

tion comnicnçiitit par la lettre D.; par
fait à

M. Ronnettv.

30

tlapporl
cueillie

Tacadéuiie des sciences sur la collection d'anthropologie repondant rexpédition de l'Astrolabe et de la Zélée; par M. l'abbé

D.CaI VIGNY. De rexistcuco de M. A. R.

SS
l'inslilul

des .lésuiles, parle R. P. de Ravignan

;

par
Ci<

Cours complet de philosophie mis en rapport avec le progranune universitaire et ramené aux principes du catholicisme ; par M. P. L. i\L\UP.iED. édition de la géographie de Malteynuvellci et Mélanges. Mutilation de

80
84

1

Brun,

fuite

parM.
la

Iluot.
N'^ 50.

— FÉvniiîn.
Rome, et preuves de son AL l'abbé Grrbkt. conservée à Rome.
;

Description de
I.ilhographie.

chaire de saint Pierre conservée à

identité avec celle dont saint Pierre s'est servi

de saint Pierre L'amérique sous le nom de pays de Fou-Sang, est-elle citée, dès le •5'" siècle de notre ère, dans les grandes annales de la Chine, et, dès lors, les Samanéens de P.Vsie-Centrale et du Caboul, y ont-ils porté le Rouddhisme, ce qu'a cru voir le élùbre M. de Guignes, et ce qu'ont nié Gaiibil, Klaprotli ii l'affirmaet ^L de Ilumbold*. ? Disrussion ou dissertation abrégée, tive est prouvée ; par M. pk Paravev, dn corps royal du génie. Relation du pays de Fou-Sang, fuite par un prèiie bouddhique, traduite par M Klai'Ruiii. Examen de la Thcodirée chrétienne t'f M. l'abbé Maret; (I" art.); par M. l'abbé D. Cauvkjnv. Lettre de Mgr l'archevè(iue de Paris sur ce volume. Du système des anglicans, appelés l'uséystos (l*^' art); par Mgr Baggs RéclamaNouvottet et Mélanges. Nouvelles des missions catholiques tion de SI. lluot, éditeur et continuateur de la géogiaphio de Malte-Brun. l'ibtiiigraphie Scriptune .sacrœ, toiiius xxvi et xxvii. Theologiir, louais XXVI.— Prfrlecliones theologirn- du P. Pcronne. OFuvres du comte dr ftLiistrc. ,\nnonce d'une (JLuvres très complètes de Mgr de Pessi. traduction du Talmud (de Babylone) et du Schoul'han Aroucli (code religieux isruélite).
i

— La chaire

par

S'>

IKÎ

<

101

110
l'il
l'A.

.

lil
15'<

— —
.

— — —

1>)(»

N"

h\.

MARS.

Du système
De
la

iCî des* Anglicans, appelés Puséystes (2'' art.); par Mgr Bac<:<. prononciation du TélraKrnmniaton lies hébreux, Lettre M. Bon18" iietly (suite cl lin) par RI. le chevalier Duacii.

.'i

;

C
Do
la

TABLE DLS ARTICLES.
doclrint el des livres des chinoi.s, ménioire inédit d'un ancien mistion4(j7
la Tlii-od
jiiir

naire.

Tht'odicée chrtlienne, on comparaison de

cée de Platon avec celle
l'abbé D.

dWristoie

el celle d.- D.'.scaries, (2' art.);

iM

Calvignv.

212

])écouverte du si*|iulcre où repose iecorp» de suint Réparaius,évèque d'Afrique au 4' siècle. 230 Fac simile de rinscription du lomi)eau de saint Réparalus. 231

Nouvellet el Méianget. Ouvrages mis à l'index Bibliographie. Sancti Joaonis Clirysosiomi, opéra oninia, Aligne. Encyclopédie du 19' siècle.

238
etc.,

accurante

239

N" 52.^
Les Verbes nouveaux, M. A. B. ..

AVRIL.

AI.

Mickiewicz, M. Towianski, M. Quinel, par

245

Pierre Michel Vinlras, révélateur de l'œuvre de la miséricorde, par AI. A. B., 272 Diciionnaire de diplomatique, ou cours [ihilologique et historique d'anliquités
civiles
el

ecclésiastiques.

Origine

et diriérentes

espèces d'E

;

par

M. Bonnet IV.
Lithographie.

— Planche29.
c.i|iilal latin

28G
Différenles formes des caractères chinois el

ég\ptiensse rapportant à l'E. Planche ^0. lu de tous les Alphabets sémitiques.
ciipiions.

—E

Planche 'ii. ]L minuscule latiu différens cursif 291 Conférences de Notre-Dame de Paris, par le R. P. de Ravignan; par M. A.
lioN.NETrv.
^'''

— £ capilallatin des des manuscrits. de âges. — E des diplômes.
o3.

287

ins-

289

297
MAI.

Théodicée chrétienne (3'' art.). Erreurs du rationalisme moderne sur l'origine du dogme de la Trinité par AI. l'abbé D. Cauviunv. 323 Du Bouddhisme. Cosmographie. De l'étendue de l'univers, ou du monde considéré dans l'espace par M. l'abbé H. de Vai.roger. 330 Mémoire» géographiques sur la Babylonic ancienne et moderne (l'"" art.) Etendue de 1^^ Baliylonie, par M. Quatremère. 3^1 Conférences de Noire -Dame de Paris, par le R. P. de Ravignan, suite el


;

;

par AI. A. Bonnktiy. De quelques aberrations de M. Didron dans son Histoire de Dieu. Lettre écrite de Rome à M. Bonaelly; parM. S. H. Examen de l'histoire du Pape saint Pie V, de AI. de Failoux, par M. de CllAMl'AGNV. Nouvelles des missions calholiques. Nouvelles et Mélanges. Nouvelle d('cision de Rome sur le magnétisme. Bibliographie. Esquisse de Rome chrétienne par AI. l'abbé Gerbet.
fia;

— —

373

383
307

;

402 396


Mémoires géographiques sur

54.

— JUIN.
403

Babylonie ancienne el moderne, (2' arl.); Description de Babylone; par M. Qoatremère. De l'Encyclopédie du 19« siècle ; par M. de T. Dictionnaire de Diplomatique, ou cours philologique et hisloriqne d'anliquiOrigine de l'écriture; par M. Bonnettv. tés civiles et ecclésiastiques. Nouvelles des missions catholiques. JS'ouvelles el Mélanges Aonali delli scitnze religiosc. Bibliographie Cumpte-rendu à nos abonnés; par M. Bonsktty. Bosnktty. Nécrologie des auteurs morts en ISii, par Table générale des ouvrages, des auteurs el des matières.

la

428
4.37
4.'>4

M

437 438 4G6 477

.

ANNALES
DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE.
»

«^^g'

Q/tiiiiie'to

4-

accwviev

iS^y^

^vûî)itiou6 tJrimitiycei.

IM\EUVES DE LA PROPAGATION
DE LA RLVJÎLATION J'RIMITIVK PAUMI LhS GENTILS AVAINl
LA KAlSSArSCt: DK JESDS-CHRIST.

SSVuxicmc

urticfc

«
•>

F.c

Seigneur

,

nous
Il lui

dit

la

sainte écriture
les

,

souilla

en
il

Adam

le

souille

de vie»...

montra

biens et les

maux;

ajouta i'inxircMit

"

slrucliou, et lui donna en
les

lii-rilaf^c la loi

de

la vie...

Ses yt'u\

• »

merveilles de sa puissance, et son oreille entendit l'honnein- de sa
n

voix \

Ainsi, non-seulement Dieu lui
il

fit

lire sa loi

dans

les

mer-

veilles

qui l'entourent, mais encore,

lui

en donna une conununica-

'

Voir

la

V

fhk\

n"

\.]-\:>,

t.

m,
;

p. ?tM).

Inspirnvil in fncietn cjus spiraculuin vita'. (iin., u, 7,
'

Mnin

cl buiia ostciulit

illis ..

odilidil

illis

disriplinani et Icgrin viUT

hxvo-

redilavit illos...
cis

Magnalia honoris ejus

vidit oculus
,

illorum c(

lionorcni

ondicrunt nuipn illorum

Krrfrsfrfstiffiir

ri\.

xtii

^

,

}<

L\ RÉVÉLATION CONNUE
c:i

DliS (jEFTII.S.
elCClli.' loi,
il

lion CxUM'ii'Urc
coiilia

Vhoiwranl du <on de savoir,

la lui

comme un
la falalc
la

hcriiage qu'il dcvail transmcUrc à ses dcscendaiis.

Après

imprudence qui
bouche

le lit

loucher au fruit défendu
si

,

Adam

reçut de

mCme

de Dieu cette annonce
la iclc

consolante

:

que nnilraii de sa race Celui par qui
serait écrasée.

du Serpent séducleur
nombre surmonde. Leur

Knsuile descendirent
passe celui des étoiles

d'Adam des générations dont

le

du lirmament.

Elles ont peuplé le
,

commun
ment
la

père, qui fut aussi leur maître
,

ne leur transmit pas seuleIl

vie, mais encore, avec la vie
les

la science.

leur enseigna
la

pendant

930 ans

qu'il

vécut,

la

même

religion,
Il

même mo:

rale qu'il avait apprise
la

de

la

bouche de son auteur.
,

leur raconta et
il

noble histoire de son origine
sacrifices

et sa

chute

si

déplorable
;

leur

parla des

du juste Abel,

et

de l'impie Caïn
le

leur ai)prit
la

l'horrible fratricide

de ce dernier, et leur confia
la

dépôt de

tra-

dition vitale
drait

,

je

veux dire de

promesse du Rédempteur qui vien-

un

jour.
foi, cette religion
,

Celte
à

celte histoire, ces traditions (ceci est bien

remarquer), ont pu très aisément, depuis Adam jusqu'à >oé, se transmettre dans les familles et se conserver intacts ; puisque La,

mech

,

père de Noé, a pu vivre avec

Adam

plus d'un demi-siècle

que Mathusalem, père deLamcch, a pu vivre avec notre premier père deux siècles et demi environ (245 ans). qu'il marcha \ioutez encore qu'Enoch naquit l'an du monde 622,
(r)S ans), et

devant
ration

le

Seigneur, disent
divin esprit
,

les saints li\res

';

que, poussé par l'inspi-

du

il

adressa les menaces les plus terribles aux
,

hommes

qui ne marchaient pas

comme

lui,

dans

les voies

de Dieu

;

jour, le grand jour des vengeances du juge qu'il leur prédit le dernier Voilà que le Seigneur arrive avec la multiclcrnel, et qu'il s'écria
:
<'

»
.)

tilde

de ses

saints,

pour juger tous

les

hommes,
'

et convaincre tous

les impies de toutes leurs

œuvres

d'iniquité, et de toutes les paroles
.

»

superbes qu'ils ont proférées contre Dieu

»

A la 365'' année de sa vie,

(hn.
^

V- 2-2

Pronlietavit

autem

et

de bis sepliraus ab
suis, faccrc

Adam

Enoch, dicens

:

Ecce vcnit
et

Domiiius in sanctis millibus

judicium contra omncs

,

arguere

AVANT LA VEM'li DE
Enoch
,

.IKSlS-rriRTST.
,

9

qui avait vi-cuavcc Noé 113 ans
lo

fut, grâce à sa loi, irans-

porlé dans

Paradis, et (selon
la

le texte

grec) donné en exemple de
la

pénitence, ou (selon
nations. C'est ainsi

Vulgate) destiné à prêcher
,

pénitence aux
,

que

par ses leçons et par ses exemples

purent
,

revivre
foi
,

la

justice, qu'ils avaient négligée depuis

quelque tems

et la

qui commençait à s'altérer parmi eux.
la

La lumière de

révélation n'a

donc

été refusée

à
le

aucune nation
fut

anlédiiu\ienne; mais loin d'être fidèles,
suivre les saintes inspirations, les

comme

Noé,

à

en

hommes
,

se plongèrent

dans

les plus

infâmes

voluptés

;

et

leurs forfaits

dont l'odeur exécrable monta
Tout-Puissant à
faire pleuvoir
la

jusqu'au trône de Dieu, obligèrent

le

un déluge d'eau
terre
'.

,

pour laver

les

hideuses taches qui souillaient

Voici pourtant
et, à
la

que surnagent en paix
Avec eux
la

,

portés par les eaux

,

Noé,

cause de

lui, sa famille.

est

sauvée

la

morale, sauvée

foi

révélée à

Adam, sauvée
le

science des choses divines acquise

par Noé lui-même dans ses entretiens avec Dieu. Ainsi, à ces unicjues
restes, qui

survécurent à tout

genre humain

,

fut

donnée

la

gloire,

non-seulement de repeupler
rations,
utiles
"

le

monde, au moyen de nouvelles généles récits

mais encore de transmettre, avecla doctrine sainte,

conservés par eux.
dit

Noé,

un minisire protestant irlandais', Noé, qui,
',

lors

du

déluge, avait 600 ans

et

qui connaissait bien

la

Religion,

la

morale,

et (ic

omnes impios de omnibus opcribus iinpietalis eorum, quibus impie egcrunt omnibus duris, qu.T loculi sunl contra Deum pcccatorcs impii. Jinlic.
\\\,
'
1

1.

Cl

II.

VI.

— Mallli. XIV,
vie.
:î"

:î7,

;i,S.

— lue. xvii, }\.
rrli'j.,clirrt., p. 7, S, tra'>.

'

Kd. Ilyan,

de I)onagi)morc. Uiciifaiis de la
cdit.

diict.

de ilouiard,

in-S\ Paris, 182

L'ouvrage a paru en anglais

on 1788.
^

.\nno scxcentcsimo
1

vil.T
la

Noc...

riipii

suiil ciiincs (ontcs Aliyssi
:

magna*.

C,ni.,\\\.

1.

On

lit

dans

traduit, de l'oulard

Noc

inii

avait IdOanslors
la

du

déluge. C'est cvideiimienl

une erreur typograpbiqne; nous
autant toutes
(piel les

relevons

ici, cl

.sommes disposés
tera, parée (juil

à

en

l'aire

fuis

que l'orcasion

s'en présen-

est

ineroyabic

nombre

d'erreurs se vuh^urîstnt de

nos

jours, grâce à
vérilier.

In

manie de

riler des ritalions qu'on ne

prend pas

lo

peine de

(Note du traducteur.)

,

10
r<it;iifiilliir(',

r..\

RÉVÉLATION CONNUE DES CENTILS.
li's

ainsi (|iie

arts

du monde

anlrtliluvien

,

avait

Icsqnadescen-

liu's con\('nal)k's

pour

inslriiire,à

ci-t l'-j^ard,

sa famille et ses

dans.

11

osL naturel

de présumer que
l'esprit

le

second père du genre humain

impiima forlemcnl dans
Uieu,
et

de ses enfans l'idée des attributs de

de

la

nécessité de se conduire conformém*^"! auv lois de la
la

morale. L'avantage qu'il eut d'avoir échappé à
rale, doit lui

destruction géné-

avoir

fait

contempler

la

bonté et l'indidgence de Dieu
;

avec

])laisir, ainsi
,

qu'avec reconnaissance

et sa puissance, sa sagesse,
11

et sa justice

avec respect, admiration, et crainte de l'offenser.

doit

avoir dit à sa famille

que

le

monde
,

antédiluvien était

inconi^ible-

ment corrompu
mais encore,

,

et qu'il fut détruit

non-seulement pour ses crimes,
d'exemple à
la postérité.

afin

que son
de

sort servît
lui
la

Ainsi

ses disriplos ont reçu

des préceptes religieux et moraux, et

chacun d'eux

a transmis

même

instinction
la

à ses enfans et h ses

descendans. La tradition fut, sans doute,
les sages

source d'où les nations et

de l'antiquité tirèrent
de Dieu.
Il

les idées

raisonnables de l'existence
',

et des attributs

paraît, par
les

Kusèbe

que plusieurs peul'

ples anciens avaient à
et cela

peu près
,

mêmes

idées de

Être-Suprême;
origine, et

est vraisemblable

i)uisque tous avaient la

même

que

les tiadiiions

do Xoé doivent s'être conservées sans aucune cor-

ruption, chez toutes les nations, pendant quelque tems après le déluge.
«
»

Noé,
le

dit

Thomassin

•,

fut

comme le père du monde nouveau
;

et

de

tout

genre humain échappé du déluge

cette qualité

demandait que

Dieu
dont

lui fît part
il

de ces grands avantages et de ces trésors de sagesse
la
,

avait

comblé Ad.mi dans

première création. Noé eut cette
qu'il fut inviolablement attaché
fut

excellence par-dessus
à la loi et

Adam même
;

aux commandemcns de Dieu. Sa vie
celle

même un
le

peu plus
il

longue que

d'Adam

car ayant vécu

000 ans avant

déluge,

'

Prop. c'vong-,
si

llv.

i.

—Confirmer par do nombreuses citations une indicat;ui

tion

vagiu' serait

un hors-d'œuvre

nous

jetterait

dans d'interminables

longueurs.
l«'liv.

D'ailleurs, viendra

un peu plus lard

l'occasion

d'emprunter

à

ce

d'Eusèbe des textes précis. ;>;ote du Iraiiiicteur)
el d'enseigner

Méthode d'eludicr
!.

chrciiennenunl

la pliilosophie,

1" par-

lie,

I,

ch. 3. p.

1%

30, 31. Paris, 168:,. In-8».

,

AVANT LA VENUE DE JÉSUS-CHRIST.
en vécut encore 350
,

11

afin

de pouvoir non-seulement transmettre à

une nombreuse
pouvoir
l'espace
»

postérité l'iiéritage des belles sciences et des arts qu'il

avait sauvés avec lui
le lui

du naufrage de
,

l'ancien

monde mais
,

aussi

de

affermir

et le

répandre par toute
:

la

terre pendant

de près de quatre siècles
,

les païens

en

firent leur Saturne.

Noé

sortant de l'arche, et s'approchant de l'Assyrie', de l'Arala

bie,

de l'Egypte, de

Palestine

,

en personne, ou par ses enfans
écoles, qui y furent depuis

,

y

jeta les

fondemens de ces fameuses

si flo-

rissantes, et d'où toutes les sciences s'étendirent
»

dans l'univers.

Les dcscendans de Cliam dominèrent en Babylonie et en Egypte.

Ce

fut

de

que

les lettres se

communiquèrent

à

une grande multila

tude de provinces. Les descendans de
s'étant

Sem
les

peuplèrent

Palestine
ils

mêlés avec

les

Chananéens pour
:

enfans de Japhet,

se

jetèrent dans la Grèce, et dans les autres provinces, sur la
diterranée.
Ailleurs %
»

mer MéÉgyptiens
après

Thomassin
la

avait dit
firent

:

«

Les Phéniciens et
,

les

étant placés sur
le

mer

,

en leur tems

quelques
fait

siècles

déluge, ce que les Portugais et les Castillans ont
ils

dans ces der-

niers siècles,

portèrent leurs lettres et leur religion dans tous les
la

pays situés sur
par tout
le vaste

Méditerranée,

comme

ceux-ci ont porté
la

les leurs

Océan. Les Hébreux, n'étant pas sur
il

mer, ont été

peu connus des Grecs; mais
fil

était

impossible (pie leur voisinage ne
et

de grandes impressions sur

la

doctrine des Phéniciens

des Kgyp-

ticiis, et

que,

par ce double voisinage, elle ne se répandît jusque
liés

dans

la

Grèce. Les Égyptiens et les Phéniciens étaient
le

aux Hé-

breux par

voisinage;

et les
,

lléi)rciix

éiaient

liés
la

aux Chaldécns,
littérature passa

en étant descendus. Ainsi
des

il

est très visible
,

que

Chaldécns aux Hébreux
et,
:

des Hébreux aux Phéniciens et aux
elle passa

Égyptiens,

de ces dcu\ nations,
«

aux Grecs.

»

W

ajoute

Ouand

je parle

ici

des Chaldéens, j'enlends les des-

'

r.t (le la

C.hino mi'nic ppulH'trc, que

M. do TomToy

croit avoir élc

une des

provinces du grand empire d'Assyrie. (Noie
""

du

troducleur;.
l(s porlis.

Mt/fiof/r (t'flntlicr il

c/'i

nsn),'iirr

r/irr/ff inniiinif

Livre

ii,

^^

9!, p. 513, Cl §

U.

12
(ondans de

I.A

r.f.vf^I.ATION

CONNUE DES

flF.NTII.S.
la

Not'-

jusqu'à Ahialiain, qui peuplc-icnl rAnnt'-iiic
»

,

Mt'-

sopolaiiiic, et la Clialdre.

Ce

(|iu

nous raïuùno
:

ù

ia la

conclnsioii
litléialuie

du
et
la

passage où nous a renvoyés M. Hrunali
»
«
>)

«

Toute

loule la sagesse

du monde, après
maison de Noé
et

le

déluge, étaient sorties de
trois enfans,
ciel

personne

et

de

la

de ses
les

dont

le

plus
la

jeune avait en\irou lUO ans lorsque
terre.

eaux du

inondi rent

»
))

Les

trois

enfans de Noé, ayant vécu au moins 100 ans avant

l'inondation, avaient

pu étudier tontes

les

disciplines de
»

l'ancien

»

nioude pour

les

connnunicjuer à leur postérité.

(Remarque du traducteur). La fidélité scrupuleuse aux engagemens que nous avons pris, nous imjwserait l'obligation de citer ici
un assez long texte de V Essai sur Hn-lifférencc
l'ouvrage est assez connu
thèse qui confirme, à
la
,
'

;

mais, outre que

RL l'abbé de

la

Mennais y soutient une
à reproduire,

vérité, celle
il

que nous avons

mais qui va beaucoup au-delà,
sicn soit UNIVERSEL, quc
térieur,
\élation.

veut (jue cet ordre de irausmis-

que

tniii^

TOUT sc couscrve par un enseignement exMÊME LA PENSÉE, commcnce par une véritable réla diffusion

M. lîrunati se borne à soutenir
peuples de
la gentilité,

de

la

ré\élalion

parmi

les

avant

la

venue de Jésus-Christ

[Dclla diffiisione dcUa rivelazione fra le nazloni f^enlilcsche, prima
(liila veniiia di Jesu-Christo).

Qu'il nous suffise
(p.

donc d'extraire,
le

d'un long texte
vérifiant

cité

par l'auteur de VEssai
,

iU, 15), ce qu'en

dans

l'original

pour

le

compléter, nous y trouvons de plus

conforme
<'

à l'opinion

défendue par l'auteur que nous traduisons.

Ainsi, dit le savant Gabriel Fabricy% ainsi

que
;

l'ont

démontré

:

Vossius {De origine et progressa Idololntriœ)

Pfanner (S^ystenia Theologiœ geniilis)

;

T.
»

III,

p. i;]-M.

Des

litres primitifs
t.

de

la révélation, cdit.

de Migne [Script, sacr. curs.
le

rompt.,
<le

XXVII, p.

\V\.

Tabricy n'a indiqué

nom

de presque aucun
la
;

ces ouvrages.

Mais nous nous sommes assurés par nous-mrmus que
il

pluparl de ccu\ que nous citons ont été coinjiosés dans le but dont
cl

parle

quant aux aulros, leur

titre

en

fait voir assez

clairement l'objet pour qu'il
le

soit

impossible de s'y méprendre. Si donc nous avons omis
si

nom

de quehiues
c'est

auteurs, et

nous nous sommes contentes de
les

nommer

Purchass,

parce

que nous ne connaissions pas

ouvrages de ces auteurs. fN.

d. tr.).

AVANT

r.v

VFMi:

Dr.

jKsrs-rnnrsT.
:

13

rncliart [Opéra, ]iassini; voir surtout
Kiiol

Flutleg. Channa?i)\
et

[Dniionsiraiin evangelicti, réccinmont traduite
,

publiée

par M. .aligne
fjiies, et

dans

le \' vol.

de ses Déinonslrations

éi'an'^éli-

Qiieslioiics

alnetanœ);

Tboniassin [Méthode d'étudier et d'enseigner chrétiennement la
j)liil<)soi>hie, les

poêles, les historiens)

;

(llaïke (Discours
l)ar
"SI.

concernant Vctre

et les atlrihuls
;

de Dieu, publié

Migiie, dans le

même

vol.)

CudAVorlil (Sj siemn inlellectuulis (uh-crsus alhœo'.)

;

Stanley [Ifisloriaphilosopliia-)

;

Rrucker [Historia crilica philosophiœ)
Jlanisay [Discours sur la
(le

;

Mythologie ;

à

la

suite des T'ofages

Cyrus)

;

Slillinglleet

[Origines sacrœ)

;

Leland [Nouvelle démonstratioîi é\'nngéli(jue);
lîuruel [Défense

de la Religion, tant naturelle que révélée)
;

;

Dickinson [Delphi fhœnicizantcs)

Sbuckford. [flistoire du
Stucliius

monde

sacrée

et

profane.

[De perenni

philosopliid).
lois)
;

Goguet [Orii(inc def

Innoc. Ansaldi [Délia nécessita c verita délia Religione naturnlo
e revelata)
Jo. Alb.
;

Fabricius [Delcctus argumentoruin de vcritate Religio;

nis chrisiiana)
l'urcliass.
,

etc., etc., etc.

(Ainsi ([ue l'ont

démontré ces auteurs) :« Le Seigneur n'a jamais été

sans témoins parmi les
lâtrie, le

hommes;
ils

car,

malgré

les

ténèbres de l'ido-

souvenir des premiers principes religieux nes'cITaça pas en-

tièrement de U:ur esprit,

conservèrent toujours ([uelque tradition
culte des anciens patriarches a vu tous

des vérités
les

j)riniitives....

Le

autres cultes couuuencer et disparaître.
:

La véritable religion

est
;

une
cili'

elle

date de
jus([u
et

la
il

même
la

é|)0(pie (pic

la

naissance de l'univers

sMl)sist(M-.i

consommation des
aussi

siècles.

Dieu

s'est révélé
le

aii\

lioMunes,

celle révélation est

ancienne ipie

monde

mèuu'. Adiià

l'iuiicpie point li\e aucpiel

ou doit nécessairement s'ar(pi'il

rêter pour ne point s'égarer. C'est à cette source

f;mt

ramener

.

lu

I.A

BÊVéLATION CONNUE DES GENTILS.
répandues dans l'enseignement des peuples. Les
eu qu'une Religion
,

l'origine des \én[('n

lioniuies n'auraient jamais

s'ils

n'eussent point
n'a

altéré l'ancienne crovance

émanée de Dieu. ..Le genre humain
;

point passé d'abord de l'erreur à la vérité

il

ne

s'est

corrompu que

peu

à

peu

;

il

est ainsi

tombé dans

l'erreur

'.

»

Du
» » »

grand nombre d'auteurs ci-dessus

nommés

,

nous ne choisirons
l-'abricy.
»

qu'un seul témoignage pour confirmer celui de
ordinairement, dit Ramsay
la

On

croit

% que

toutes les

traces qu'on voit de

Religion naturelle et révélée dans les poètes et les i)hilosophes

païens, se doivent originairement à la lecture des livres de îMoïse;

»
»

mais

il

estimi)ossible de répondre aux objections
.
.

que

les

incrédules

font contre cette opinion.

Opinion tout
(ainsi

à fait

absurde,

il

faut l'avouer,
le faire

quand on l'exagère
ou
le

que plus d'un auteur a semblé ou
la

supposer) au

point de vouloir que

Bible bien entendue soit la seule source des

vérités conservées dans le genre

humain,

et la Bible

mal entendue /a

seule cause des erreurs el des fables odieuses

ou

ridicules de la tlièo(\\XQ

logie tl mythologie des anciens. Les objections

fuit l'iucré^lulilé

contie un

tel

système sont celles que

ferait le

simple bon sens. Mais
soit

ro])inion qui soutient

que

ùdxi^ plusieurs

de ces traditions,

théo-

logiques

,

soit

mythologiques, se retrouvent des traces, non pas seules

lement des pamles transmises par
textes

patriarches, mais encore des
;

du Pentateuque, du

livre des Juges, elc.
,

textes

commimiqués
d'Egypte;
les
la

par fragmens ou de vive voix

tant par les Juifs

eux-mêmes vendus
les

connue esclaves' que par

les

Égyptiens, après
^)

la sortie

Phéniciens (Chananéens, rhihstius. Pelages

durant

guerres de

'

Ib., p.

ii(),

'in.

'

A

la suite

des

foyagei de Cyrns
2''

:

Discours sur la Iheologie et la my-

thologie des anciens,

partie,

ad finem.

^Tyrus

et Sidon, el ouinis terminus pa'ii'.stinoruin.... et filios.Tuda, et fllios
liliis

Jérusalem vcndilistis
(Joël,
**

Grœcorum, ut longé

faceretis eos de

(inilus suis.

m.

4. 6.)

Ce mot Pelasges, si
lui-même racine,
Calasio,
t.

célèbre dans l'antiquité, vient
dit Calasius

évidemment de l'hébreu
de 'n'^'^D pcUsthi,

't^Ss,

[Concordant, sacror. Bihli. hehraic. au1021. in-J'olio),

tore

iv,

col. lO.G.

—Roma;.

, ,

AVANT LA VENUE DE JÉSUS-CHRIST.
Palestine, depuis Josué jusqu'au roi David; et enfin par Ninivo,

45
de-

puis Jouas, clliabyione depuis les 70 ans de captivité. Cette opinion,

appuyée sur

les conjectures plus
,

ou moins heureuses de Bochart
incrédules qu'en haine de nos

Iluet, Vossius,
traitée

Lavaur, Tliomassin Girardet, Guerin du Rocher, n'est
les
li-

avec tant de mépris par

vres saints. M. Brunati, dans une longue note

que nous aurons plus

tard à reproduire, ne croit pas cette opinion indigne d'un

mûr

exa-

men

;

et

notre dessein est de l'entreprendre dans notre Appendice
,

non pas certes d'une manière complète
fisante,

il

faudrait

un

livre,

mais

suf-

au moins pour ce qui conc(!rne

les

personnages dont notre aula

teur

fait

mention. Quoi qu'il en soit par conséquent de

portée de

celte phrase
ces, etc.

de Ramsay
il

:

«

On

croit ordinairement (jue toutes les tra:

,

»

n'en a pas moins raison d'ajouter

t

Les Juifs
la

et leurs

livres furent trop

longtems cachés dans un coin de
»

terre pour

»

devenir

la

lumière primitive des nations.
la

Pourvu qu'on ne donne

au mot primitif que

valeur qui

lui convient.

Ce que Ramsay ajoute

ensuite est incontestable, et c'est

surtout ce que nous avions en vue

dans cette citation imporlanle

:

Il

faut

remonter plus haut

,

jusqu'au déluge même.

— IL

EST

ÉTONNAYr QUE CEUX QUI SONT PKRSUADÉS DE L'AUTiiiiNTicrn':

des livres sacri's n'aient pas profité DE CMTTE idée pour FAIRE SKNTIR LA VÉRirÉ DE L'inSTOIRF I\I0SAIQUE SUR L'ORIGINE DU MONDE, LE DÉLl GE UNIVERSEL ET LE RÉTAlîLISSLMLNT DE LA RACE HUMAINE PAR NOÉ. IL EST DIFFICILE D'EXPLIQUER AUTREMKNT L'UNIFORMITÉ DE SENTIMENS QUI SE TROUVE DANS L\ RELKilON DE TOUTKS LES NATIONS. »
C'est

du souvenir de Noé,
les

à

moins que ce ne

soit plutôt

du comde
!a

merce avec
Plii/islins,

Hébreux

',

que sera venu ce qui dans

l'histoire

dont

les jtrincipnlos villes ctaieiil

Azot, (îaza, Aecaron,

('.elli

et

As-

calon, avec lesquelles les
clicnieril si

Hébreux curent

ile si

(réquens rapports.

Ce

rnppro-

simple en lui-inèmc nie parait de nature à jeter un grand jour sur

l'histoire des anciens

Grecs et de leurs colonies
,

si

nombreuse:).

'V. i'iippeni!i(c

où nous analyserons Huei
,

Thoinnssin, I^ivaur, Vossius,
l.i

Girardet,

ol

surtout Gucrin-du-lloelier

en ce qui concerne

création

,

le

déluge

et les patriarches.

(Note du traducteur.)

10

I.A

lïfVÉf A'IION

r.ONMT. DHS fiEMILS.
',

Cliino ost ntliil)iir à l'o-lii,

Yao ou Tiko

cl

dans

l'Iiisloirc

dcsrlialivtil

dccns

à

Xisutliiiis

*

;

et ce

qu'on Ironvc de ronfoiinc an
la

de
le
il

Moïse, sur l'origine du monde, sur

cliulc

de Thoiinne, et sm-

déluge dans

les livres

de l'Inde

les

plus anciens'. C'est aussi à (pioi

faut rapporter l'origine

de ce qui se trouve épars dans

l'Iiistoire, les

traditions et la mythologie des dilTércns peuples, sur la création de

l'univers et sur celle
(jue,

d'Adam

et

d'Kve, et sur

le

déluge. C'est ainsi
la

grâce aux instructions des anciens patriarches,
fait

voix de

la

di-

vine révélation s'est

entendre aux nations diverses; et c'est pour:

quoi enfui nous lisons dans Aristote
» jnitiquc,

t

Oui

(o3v), c'est

une parole
les

une

tradition

répandue de père en fds parmi tous
(êx

honi-

» »
» »

mes, que tout vient de Dieu

Beou)

;

que Dieu

a

disposé pour

nous

(/;aîv)

toutes choses; qu'il n'est point de nature créée (oûcrc)
(5:i,Tâp/.Y,ç) et
»

capable de se suffire à elle-même
seul instant, privée

de se conserver un

de ce secours divin K

M. Brunali renvoie
1

ici à

Diiclos

:

/tiVilia

diffsa,
t.

t.

i,

p. 207-312. lirescia

1

83 .—Slon'a unircrsalf dcgli aiilori inglesi,
in-i«
les
;

i,

p. 197, 198. Not.

R. Venezia

17G."),

— de

Paravcy

:

Identité du déluge d'Yao et de celui de la Bible
t.

dans

.Innalcs de philos, déc. n«89.

xv,p.

oS— Duclosn'a failqu'exlraiie
t.

l'HIsloire univesclie,
p.

non seulement 1.

1,

mais encore

xxx, p. 8I-9j,
le

cl

t.

liv,

89 ctsuiv. de

l'cdit. franc, in-8».

— On

y défend, p. 91-155,
.VI.

système de

Shuckfoid, diamétralement opposé à celui de
qu'à
•lu'il

de Paravcy, et soutenu jusdélails,

la

mort par M. Riambourg. Cette discussion exige d'immenses
les

nous faudra, en

abrégeant beaucoup, renvoyer à l'appendice. (>'ole

du traducteur.)
'

Voir Duclos, Op.
à

cit.,

t.

i,

p. 156-158.

— Duclos y

citeBérose et jVbydène.

Nous renvoyons
'

Tappendice leurs textes

cl les discussions qu'ils exigent.

(Note du traducteur.)

V. dans l'appendice

la

dissertation de
les xi

M. Brunali

sur la conformité des

anciens livres de l'Inde avec

premiers chapitres de la Genèse. (Note

du traducteur.)
^

kzyy.'.'j^ ij.h

CUV ti; Xclvi;

y.at

-ârp-c'; èoTt

,

Tràatv à-/6;w-ot;,
çûff'.ç,

w;

s'/.

Ov.Xt

T.ii-'j., y.vx S'ià
y./;;,

0ccu raTv
vt;;
£>',

GuvscTr.y.sv

où^saia t\

aùrr,

x.7.9'

s7.'jtv;v

aOraptra-

£"/;y.(.)9c"c7a
:

toûtcj ofoT/.pîc;. (Arlist.
est, à

De mundo.

c.

6.)

Budce

duit
»

«Velus

igilur

sermo

majoribusque prodilus intcr omnes horaines,
conslilula fuisse atque coagmentala
:

universa

lum

ex Doo,

lum per Deuni

AVAM" LA
Ce discours aiuiqnc,
tolc,

\EME

OE JÈSLS-CUIST.
en
fils

17

coite tradilioii de porc

dont parle Aris-

conimonl

la

révoquer en doute?

-\oé a

survécu 350 ans au déluge;
ans.
et celle

Sem 500
La
vie

de Cliam

de Japhet auront été sans doute à peu près

aussi longues.

Autant de

livres vivans, et les plus respectable

de

tous.
lire

Sans aucune peine leurs arrière-neveux pouvaient
tels livres; ils y
(pi'il

dans de

pouvaient apprendre sans

la
la

moindre étude tout ce
morale,
le culte cl l'his-

leur importait de savoir sur les

dogmes,

toirc.

N'est-ce point, par exemple, ce

que

fut à portée

de

faire cet

Abra,

bam dont

le savoir était si

renommé en
âgé de

Orient.
l,")!)

Sem
fils

vivait

encoie

(pie ce saint patiiarcbe était déjà

ans.

Pendant loO ans,
de Salé, furent

Salé petit-fils de

Sem,

et

pendant 180 ans, Ileber,

contemporains d'Abrabam.

A

ces témoins de

la

Providence

et

de

la

justice de Dieu, h celte traavait opérés, ajo'.ilez des
foi

(liiion

pairiarcbale des prodiges

que Dieu

Mi'diumens plus instructifs, plus éloquens, plus dignes de

que

les

médailles d'or, d'argent ou de bronze, et que les |)ierres entassées,
savoir
:

pour

la

création, la division de
:

la

semaine';
le

poiu- le déluge

l'arcbe,
les
la

demeurée sur

mont

Ararat;

dépouilles des

animaux engloutis;
la

tour de Babel, dans
L'abbé

plaine de Sennaar,

RRUNATL

Trnduit et coinplclc par P. P.

»

iiiil!;iiiKiii:'

naliiiain salis inslruclam

ad salutcm esse posso, qua'
pcrinissa
:

cilia Dei

»

luasidimii sua- ipsa dciuùiti lulidio
iircinii'rc

sit.

»

y\. Itriiiiali

traduit ou

((•> Iciiiics la

inoilic

de

la

phrase

«E dunque

dcriyala nna torla
di

" iraiii/.ionc aiilica -

c

paterna a

lutli gli

uomini, rhe da Dio, e per mc/.zo

Dio
1(

siaiio stalo a
i

nui costiluilo tulle
le

le rose.

une longue note sur

uoiiibre 7, et ses rapports avec la créalion,
les

Xous renvoyons de mèuie a l'appendiec

dcvcloppemeus qu'elle

exi^^c.

^Nolc

du Iradueleur)

^11

tîftnnn

—Il

~

16

DEUX PRÉFACES

Cittérûluif Ciluv0iquf.

DEUX PRÉFACES INÉDITES

D'ABAILAIU).

c'est cet été seulement qu'ayant passé par Bruxelles

,

à notre re-

tour

(le

Saint-Gall,
le

mémc

donné de connaître enfin par nousmanuscrit des Hymnes inédites (VAhailard dont nous
il

nous

a été

,

avions annoncé l'existence en publiant naguère, d'après une copie de

M. Oehler, savant philologue allemand mort depuis peu,
et intéressante lettre à Héloïse

la

curieuse

qui accompagna primitivement l'envoi

de ces hymnes

'.

Nous ne reconmiencerons pas après M. Emile Cachet,
nous, a publié
la

qui, depuis

même

lettre d'Abailard

dans

le

Compte-rendu des
*,

sôances de la commission
cription
le titre

royale d'histoire de Belgique
à

la

des-

du célèbre manuscrit ; nous nous bornerons
le

remarquer que

placésur

dos du volume, à

la fin

duquel le recueil des hymnes

Voy.

le vol.

m

de

la

Bibliothèque de l'école des chartes. Paris, 1841.
le secrétaire

Nous devons une bien vive rcfonnaissanceà M.

général du miil

nistère de l'intérieur de Tclgique, pour la grâce parfaite avec laquelle

a bien

voulu, en l'absence du ministre, et sur l'obligeante recommandation de

MM.

de

Rumigny

et

de Bassano, charger M. Marchai, conservateur des manuscrits de

l'Etat, dont tous ceux qui ont eu des relations avec la Bibliothèque

du Roi de
non moins

Bruxelles connaissent

le zèle

empressé, de nous remettre
restituer.

le

manuscrit que
été

M. Cousin venait
travail étant

tout

récemment de

Nos rapports ont

flatteurs à Paris, avec

MM.
il

le

Prince de Ligne et Firmin Rogier, lorsque, notre
de faire repasser encore une
fois la frontière

terminé,

s'est agi

au précieux volume,
'

afin

de

le réintégrer

dans son domicile actuel.
à l'automne

Bruxelles, ISl:?.

La découverte de M. Oehler remonte

de 1840,

aiiui

que

le

constate une lettre de lui que nous avons en notre possession.

INÉDITES D'ALAILARD.
acte inséré, volume relié au chiffre de Napoléon, ainsi que tous
tres
les

19
au-

volumes de

la

Bibliothèque de Bourgogne, qui

fit,

comme

l'on sait,

partie sous l'Empire

de notre Bibliothèque du
contenu.
Il

lloi

de Paris,

est loin

d'en annoncer tout
indications
c

le

ne présente en

effet

ViiaP'dati.

— Cicero de amicitid. — 12'
même
,

que ces simples
siècle.

Cepenle

dant d'autres opuscules, ayant chacun un numéro particulier dans
catalogue, figurent encore sous la
le

couverture, sans compter
et

plus important de tous

celui dont
le

nous nous occupons

qui est

inscrit

dans

le

catalogue sous

n° 10158.

A

cette

première remar-

que, nous en joindrons une autre qui n'est pas dénuée d'un certain
intérêt.

Le manuscrit
»

portait primitivement, à la première ligne a

ad

iiiarum instantiam

au

lieu
,

de

«

ad tuariim precum instantiam"»
et E.

qu'on y ht;

le

mot precum que MM. Oehler
,

Cachet ont inséré
a été

dans leurs copies

et

que nous croyons devoir maintenir,
la

mis

après coup et en surcharge au-dessus de
différente et n'a été

hgne;

il

est

d'une encre

lard n'avait-il écrit

désigner par
ses les
qu'il a

là les

évidemment ajouté que iwstérieuremcnt. Abailui-même que « ad fnaïuni insiantiam » pour instances que lui avaient faites à différentes repriil

compagnes d'Héloïse, dont

parle

deux lignes plus
la

bas, et

pu avoir
;'

l'intention

de désigner sous

simple dénomination de

titarum

C'est
et

un point sur lequel nous ne nous permettons pas de
livrons h l'appréciation de la critique.
soit, ni

prononcer

que nous
en

Quoi

qu'il

M. Oehler,

ni

M. E. Cachet, ni M, Cousin,

ainsi qu'il est

permis de

le

conjecturer d'après son silence, ne s'étaient

aperçus d'une chose qu'il n'était possible de reconnaître r|u'cn lisant
le

manuscrit d'un bout à l'autre; c'est que
les

la lettre

ne

finit

pas

conmicncent
Abailard
la

premières

hymnes ;

elle

n'y est qu'interrompue et
([ui se

continue en

deux autres endroits. Ces reprises,
la

confondent d'amant plus facilement, à

première vue, avec

les

hym-

nes au milieu desquelles elles se trouvent jetées sans aucune espèce

de distinction particulière

,

que

ces

hymnes

sont, à la

manière des

anciens manuscrits, écrites de suite, en forme de véritable prose, constituent

deux préfaces nouvelles;
({u'il

et si

nous employons cette expresIn mncs

sion, c'est

appert de leur lecture qu'Abailard ayant divisé ses
:

Jiymnes en trois classes ou catégories, savoir

jioiir

les

/V-

•JO

DtLX
de lu semaine
,

l'IlÉKACES
'

ries

/ij

innés pour les solcnniles divines

,

il h ruiii-

nes pour les saints, composant chacune, selon son expression, un
helliis
,

a distribué sa letlre

en autant de
la

|)ariies

dont cliacune

est

destinée à servir de préface à
suite;

catégorie

d'hymnes

qu'il place à la

de sorte que

la

partie de la lettre
dit

que nous avons déjà
va
lire,
la

éditée

forme, ainsi
j><éf(u-e. sait à

(|u'il le

dans

les

lignes (|u'on

jncmicre

On

a

pu remanjucr que, dès

cette préface, Abailard s'adres-

toute la

communauté du
([ui
le

Faraclet,

comme

il

le fait

dans

celle

de ses lettres à Héloïse
([uc
l)Ius
;

accompagne

les règles

de

la

vie monasiiil

il

persévère sur

même
la

pied dans les deux autres, où

ne parle
la

directement k Héloïse, mais qui font exactement suite à
et

pre-

mière
et se

dans lesquelles

dissertation

entamée d'abord

se prolonge

complète de manière à

offrir définitivement

un

véritable traité

de l'hymne
seule et

religieuse. Les trois préfaces

ne font évidemment qu'une
({u'il a jibi à

même

hatre. divisée en autant de parties

Abai-

lard d'établir de catégories
le

d'hunnes;

la

deuxième commence dans
le

manuscrit au bas du
87, et
finit

i'erso

du

folio

86, remplit tout
;

recto

du du

folio

au haut du rcrso suivant

la

troisième
finir

commence
le

au bas du
folio 92.

l'ciso

du

folio

91 pour continuer et
les

sur

recto

Il est

probable que dans

pages du manuscrit que nous
la

avons annoncé avoir été emportées par
les

vétusté, se trouvait, après

hymnes qui nous manquent,
ses lettres.

la

salutation finale qu'Abailard n'o-

met jamais au bas de
dispense de revenir,

La nouvelle découverte dont nous

faisons part en ce
l'étions

moment nous

comme nous
,

nous

d'abord proi)osé, sur

notre première publication
faite,

afin d'en

rendre l'intelligence plus par-

Abailard allant de lui-même au devant des doutes que nous

avions à élever ou des explications que nous pensions nécessaire de

donner. Désormais l'histoire de
par
les

la

réforme dans l'hymnaire

sollicitée

noues du Paraclet

et

exaucée par Abailard, sera bien complète,
motifs qui déteriuinèrent ce

bien lucide, et l'on connaîtra tous les

dernier à favoriser cette réforme malgré les changemens qu'il était

amené

à proposer

dans

la liturgie.

Le

texte inédit

que nous

livrons

'

On

entend

ici

sous ce titre les fêtes qui 5e rapportent spécialement à

Dieu.

INÉDITLS
an
])iiblic

])'AI!AlLAni).
les

21

ne pouvant, d'après
',

éclaiicissemcns que nous avons
,

oiïcrls

précédenimenl
à
le

présenler d'obscurité ni d'anihiguité

nous

nous l)ornons

reproduire avec une traduction française suivant

l'usage le i)lus ordinaire des éditeurs d'Ahailard, déjà adopté parnous,
et

en raccompagnant seulement de (jnelques notes

qu'il

nous aseud^lé

indispensable d'y ajouter.

Nous remarquerons,
laquelle

toutefois,
,

dès maintenant,
([ue
la

et

comme eu
,

rappel de notre précédent article

définition de l'iiynuie
(

à

Abailard

fait

allusion dans sa seconde préface
tirée

Laus Dti
qiddcst?
di-

com

c/uitico),
le

nous semble
16«S,

de saint Augustin, dans son énarlisons:

raiion sur

psaume

où nous

t^Hymnus
et

sciiis

Canins
cis

est ciivi

lande

De't.

Si laudas

Dcum

non vantas, non
dicis
et si

liyinnum. Si contas et non laudas

Deum, non

Inmnum.
cnntando

Si laudas aliquid quod non perlinet ad laudcm Del
laudes, non dicis
tiiin fi

hymmun. Jhiunus
»

ergo tria ista habcl ci can-

laudein

et

Vei'^.

Nous prévenons qu'après nous
duire
la

être attaché
la

,

autrefois

,

à

lepro-

copie de M. Oehler avec
,

plus scrupuleuse observation de
celte fois, à

l'orthographe indiquée par lui
|)rendrc
et

nous avons dû renoncer,

une peine tout-à-fait superflue, puisque le copiste négligent ignorant auquel est dû le manuscrit d'Abailard n'a pas d'ortho,

,

graphe constante,

et

qu'd écrit capricieusement
l'autre
,

manière
I.e

,

tantôt de

et

mots lanlôt d'une souvent avec une barbarie complète.
les

mot hjvirc, par exemple,
on

est écrit tantôt /9//i7u/«r, tantôt

/limnns,

et tantôt j//ui»i;

voit coitidianus

pour (/uoiidianus, lionus pour

vnus, dijjinitio pour dc/initio, etc.,
^/'?*Cus
*"

etc.
la

ne pouvions ne pas réimprimer aujourd'hui

partie de

la

lettre d'Abailard (pie

nous axions déjà éditée;

c'éi.iit

une obligation

à

laquelle

impossible de nous soustraire sans tomber dans le gra\<' incoMNénient de n'oITiir auv h'cleurs de ce recueil (Mi'un moil

était

nument

troncjué

:

il

nous

iiiijiorlait

,

d'ailleurs,

de

saisir celle

occa-

sion de reclilier diverses variantes (pie M.

Oehler axait

introduites

dans sa copie,

et

de |irésenler, celte
texte d'Abailard.

foi>,

une reprodiiciion parfailc-

ment exacte du

Voy.
V.
Il

le vol.
8'2,
l.

m

de

la

nHiliolJirqitc ilr l'I'.inlr (Us iliniies.

'

IV, lidilion

des Bciicdicliris
i.\.

m*

stHiE. TOMfc

;

p

l'.iiT,

cd. de .Aligne.
-y

rs*

^9. \^kk.

2i

DtUX PRLFACES

LETTRE DE

V.

ABAILAllD A HÉLOISE.
I.

Ad luarum precum quondam eara, nunc in
'

instantiara

,

soror mihi Heloïsa

in

scculo

Christo carissima,
;

Hebraïce

tillim

'

nominatos, composai

hymnos Graece dictos, ad quos quidem me scriben-

dos

cum tam

tu

quam

quae tecum morantur sanclœ professionis fe-

minae saepius iirgueretis, vestram super hoc intcnlionem rcquisivi.

Censebam quippe superfluum me vobis novos condere cura veterum
copiam haberetis
versis diversa
,

et quasi

sacrilegiura

videri

antiquis sanctorum

carminibus nova peccatorum preferre vcl œquare.

Cum

autem

a di-

mihi responderentur, tu inter caetera talcm memini
:

subjecisti rationem

scimus, inquicns, Latinam et

maxime

Gallica-

nam nem mus

ecclesiam, sicut in psalmis, ita et in hymnis magis consuetudi\enere

quam

auctoritatem sequi. Incertum etonim adhuc habesit

cujus auctoris haec

translatio psaltorii

quam

nostra, id est

Gallicana, fréquentât ecclesia.

Quam

si

ex corum diclis dijudicare

velimus qui translationum diversitates nobis aperuerunt longe ab universis interpretalionibus dissidebit, et nullam, ut arbitrer, aucloritatis

dignitatem oblinebit
ut,

;

in

qua quidem adeo

longoevc-e

consueludinis

usus jam praevaluit

cum

in ceteris correcta beati

Hieronimi tenea-

mus

exemplaria, in psalterio quod

maxime frequentamus sequamur

apocrypha.
Ut qui,

Hymnorum
sint,

vero quibus nunc utimur lanta est confusio
vel rara titulorum praescriplio distinguât
;

quorum

nuUa

et si aliqui certos

habere auctores videantur,
extilisse

quorum primi

Hilarius

atque Ambrosius
alii,

creduntur

,

deinde Prudentius et plerique

tanta est fréquenter inaequaîitas sillabarum ut vix cantici meiosine

diam recipiant

qua nullatenus bymnus consistere

potest, cujus

descriptio est laus Dci

cum

cantico. Plerisque etiam soUemniiatibus

addcbas déesse proprios hynmos, utpote Innocentum et Evangelista-

rum

seu illarum Sanctarum quae virgines vel martyres minime exsti-

terunt. Nonnullos denique asserebas esse in quibus

nonnunquam hos

'

Voj. suprd notre observation sur ce mot.
Lisez Tekillhn, C^/Hin.

»

La corruption de

ce

mot

doit être vaisembiable-

raent attribuée au copiste.

INEDITES D ABAILARD.

23

TRADUCTION..
I.

«

C'est sur vos instantes prières, Ilcloïse
le siècle et

,

ma

sœur, qui

me

fûtes

chère autrefois dans
Jésus-Christ, que

qui aujourd'hui m'êtes plus chère en
ces chants

j'ai

composé

nommés hjmnes

par

les

Grecs, et par les hébreux teJdllun. Lorsque vous
écrire,

me

pressiez de les
j'ai

vous

et les saintes

femmes qui

habitent avec vous,
il

voulu

connaître les motifs de votre demande; car

me

semblait superflu de

Aous composer de nouvelles hymnes, quand vous en possédiez tant
d'anciennes
;

je regardais d'ailleurs

comme un

sacrilège de préférer

ou seulement d'égaler aux chants antiques des
veaux d'un pécheur.
i>

saints, les chants

nou-

Parmi

les diverses

réponses que

j'ai

reçues de plusieurs d'entre

vous, je

me
:

rappelle

que vous particulièrement, vous mettiez eu avant
disiez-vous,

ces raisons
»

Nous savons,
,

me

que pour

le

choix des psamues et
,

des hymnes
rcraj)ire

l'Église latine et surtout l'Église gallicane
(pi'à celui
la

obéissent à

de l'habitude plutôt

de l'autorité; car nous igno-

rons encore de quel auteur est
l'ÉgUse gallicane; et

traduction du j)sautier adopté par

même,
la

s'il

faut

eu croire sur ce point ceux qui
,

nous ont
de toutes
autorité
les
;

fait

connaître

di\ersité des traductions

celle-ci s'éloigne

les autres, el

ne mérite nullement, ce
force de
la
,

me

semble, de
,

faire

mais

telle est la
la

coutume que
la

tandis

que pour

autres livres de

Ilible

nous suivons
(jui est

traduction correcte de
les li\res le plus fré-

saint

Jérôme, pour
lu
,

le

psautier,

de tous

quennnent

nous nous contentons d'une traduction apocryphe.
il

Quant aux hymnes dont nous nous servons aujourd'hui,
tel

y

règne un

désordre, (pie jamais, ou du moins bien rarement,
(pielles elles sont, ni (pii
les les

l'inlitulé
si

ne

nous apprend

a coni|X)sées; et

nous

croyons connaître

auteurs de (juehpies-unes,

comme

Hilaire et
et

Ambroise,

les |ireiniers

compositeurs de ce genre de |«>ëme,
la

après

eux, l'rudence et d'autres encore, toutefois
est

mesure des

syllabes y

souvent

si

mal observée que
laquelle
il

les |iaroles sont rebelles à la

mesure
de

du chant, sans
l'hymne
est

n'y a point

d'Inmne

;

car

iâ délinition

l'('loi:;e

cliante de la Dii'iniir.

l'i

DEl X PUtFACLS
(It'caiitaiiUir, mciiliii iicccssc sit, Uni» vidoîicot

a

quibus

pio teiiiporis
aliciiio \el dis-

nécessitait',

luin [iro falsilalis insertione. Casu

quippe

pensalionc, co

modo

sicpius praspediti (idelcsconstilula horaruni leni,

pora vel praevcniunl

vel

ah

ipsis pra-vcninnliir
,

,

ut

de ipso saltein
aiit

lenipore nienliri compellanlur
diuriios noclc

duni videlicel aul nocturnos die,

liymiios décantant.
et

Constat qnippc, secundnni pro,

pheticam aiictoritatem

ecclesiaslicani institutionem
«

nec
fui

a

laude
n.

Dei noctem ipsam vacare, sicut scripluin est
t.

Memor
»

nocte
ad

d.

'» et

iterum
;

«

31edia

nocte

s.

ad.

c.

l.'

lioc

est

laii-

dandum
propheta

te
«

nec scptem rcliquas laudes de
die
1.

quibus idem nieminit
peisolvendas esse,

Scpiics in

d.

t.

^

»

nisi in die

quarum quidem prima quae nialutinac laudes appellanlur, de qua
in

codcm scriplum
est.

est
,

propheta

"

In malutinis

d.

m.
,

in te^

»

in

ipso slatim dici inilio

illucescente aurora seu lucifero

praemitenini

lenda
dicil «

Quod

ctiam in plerisque distinguilur liymnis.
v.
o.
'

('.uni

>oclesurgenles

»

et

iterum

«

« Ad confitendum surgimus morasque n. rerum contegit t. c. o.* » vel « Nam lectulo consurgimus

Noctem canendo r.'' vel r." » cl alibi Nox atra
<<

n. q. t.^ »

et

rursum
liynmi

«

Lt qui([uc

lioras

noctium ne.

c.

r. '"»

et similia, ipsi

sibi
lini

quod nocturni sunt testimonium praebent. Sic et matuseu reliqui hymni proprii temporis quo dicendi sunt institu,

lioncm nonnunquam profitcnlur. Verbi gralia

cum
vel
«

dicitur

«

Ecce
s.
I.

jam

n.

t.

u.

"
<'

»

et

iterum

<>

Lux cccc
'<

s.

a."
<-

»

Aurora jam
dici

polum'^ seu

Aurora

lucis r.

»

et

alibi

Aies

nuntius

'

XoDiin's lui

Domine (Psaume
lihi.

118, v. 5'),)
1

*
'

Media nocte iurgeham ad confdcndum Ubi. (Psaume
L'iudcm disi
lu matutinis

18, v. 6'2)

(Psaume

IhS, v.

I

()'!.)

*
5

Domine mcdilnbor
vernale.)

in le.

(Psaume

63, v. 7.)
{lalii

Xoclo surjîcntcs vigilcnuis oinncs. Hyinn. sancti Grcgorii papac ad

cantum post ;cquinoctium
''

Noctem canendo

/v/w/>w».f.

(Hymn.

sancti Ambrosii.)
nvn/jinitis. (Ilymn. sancti.am-

'

Ad contitendum surgimus morasque nodis
Tcrrœ colores omn-ani (Hymn.
yorlis
(jiiitfo

brosii.)
*
''

sancti Ambrosii ad galli canium).

Icwporc. (Hymn. sancti Ambrosii)
sancti Ambrosii.)!

Sunc concinendo rumpimusr (Hymn.

INÉDITES D'Ar.MLATîD.
*

2j

plus grand
gélistes et

Vous ajoutiez que nous manquions d'hymnos spéciales pour le nombre des fêles, idlos que celles dos Innoccns, desMvande ces saintes qui ne furent
il

ni vierges, ni

martyres. Enfin

disiez

vous,

y a plusieurs

de ces hymnes qui f(mt mentir ceux
qu'elles ne

qui

les

chantent,

ou parce

s'appliquent pas au lems,
,

ou parce que leurs termes sont peu conformes à la vérité. Ainsi il arrive souvent que les fidèles empêchés soit par quelque circon,
,

stance fortuite, soit par

la

manière dont les
:

offices sont distribués, desi

vancent ou laissent passer l'heure prescrite
mentir, au moins en ce qui concerne
le

bien qu'ils sont forcés de
le

tems, chantant
jour.

jour

les

hymnes de
')

la unit,

ou
en

la

nuit les

hymnes du

H

est certain,

effet,

d'après l'autorité des prophètes et les insnuit
:

titutions de l'Église,

que

la

même

doit avoir des chants

pour

la
:

Divinité, ainsi qu'il est écrit

mcmur

fui nocte
tihi
le le
,

,

etc. ; et
,

encore

média noct; surgcbojti ad confilendum
louer.

c'est-à-dire

pOUr
,

te

Kt

les sept

autres louanges dont parle

même
jour
;

prophète
car
la

sep-

lies in die, etc.,

ne peuvent se chanter que
laudes et dont
,

première,

qui est appelée
phète
:

matminœ

il

est dit

dans

le

même

pro-

in matuiinis, etc.

doit se chanter au point

du jour, quand
poète dit
nocie

l'aurore

ou Lucifer commence

à luire. Cette distinction est observée
le
:

dans

la

plupart des
,

hymnes
encore
:

;

et

par exemple, quand
,

siirgintes, etc.
sitrijimus

et

nocteni canendo, etc.
:

ou ad cunfiienduni
:

morasque,
;

etr, et ailleurs

?to.v

ntra, etc, ou

nnrn lectulo
,

consurçiimiis, etr.

et

encore
:

:

Hf qtiiijiie

livras nnctiiiiu

etc., et

au-

tres paroles semblables

ces hxniues témoignent assez d'elles-mêmes
la nuit.
l':t

(pi'oM doit les chanter

pendant

de

même

les

hymnes du

matin

et les
;

autres indiquent souvent à quelle heure du jour on les doit
il

chanter

par exemple, (piand

est dit

:

eccc

jam

noctis tcnuaiur itm-

die

" Rccejom dom. post
''

norlis liiunilnr inniirn.
.Tijuin. vcrnulc.)
fiirp't

(ilyiiiii.

jnncii (Ircgorii pn|

.T

inatuli.

Lux eccc
Auiora

aurea. (Hymn. Prudcntii.)
polmii. (llvninc snns di-sif^nnlion d'auteur.)

'Wiirorn jnm
'*

s/ntru'it

liicis riililnf.

(Hyiiino jnns (icii^iintion (IViiilcur.)

Noie
de
il

NdiLs (lontnn.s inio

M.

l^.

Ciiiclicl tiil

t'-lc

l)ipn

nulnriso A nltribuor ces
iniiicatii>ns niiMinetles

IX
a

dernières liynines à saint Ambroise, inali^ré
se
lii'r.

les

pu

26
|).
'

DEUX
piccinil,
»

l'IlÉFACES
I.' »

vel

<>

Orluni refulgcl

et

si

quae smil hujusmodi,
ut,
si

ipsi

nos inslruuiit liymni ({uo teniporesint cantandi,

cis videJicet

sua tcm])oi'a
invenianiur.

non observcmus,

in ipsa

corum

prolalionc

mrndaces

Ilanc tanien oi)servanliani

non tam negligentia plerum;

tollit quam nécessitas aliqua vel dispensalio praej>€dit quod maxime in parocliialihus scu minoiibus ecclesiis propter ipsas plebium occupaiioues quotidie lieii necesse est, in quibus omnia et fore continue peraguntur in die. Nec solum tempora non observata mendacinm ingenmt, xcinm eliam quorunidani iiymnoiiimcomposi-

quc

'

tores

,

vel ex proprii

animi compunctione alienos pensantes, vel imextollere sanctos
ipsani

providac
ita

studio

pietatis

cupientes
nostiani

,

in

aliquibus

niodnm excesserunt ut, contra
in

conscientiam,
prorsus
vel pec-

aliqua

ipsis

saepius

proferamus tanquam

auctoritate

aliéna, l-aucissimi

quippe sunt qui contemplationis ardore
llentes
d. q.

catonun suorum compunctione
decantare
«

acgementes,
^

illa
<'

digne valeant
Nostros pius

Preces gementes
f.

f.

p.

;» et

iterum,

ciim canticis

b. s.'

)

et similia quae sicut electis ita paucis

conve-

niunt. Oîia ctiani praesumptione singulis aniiis decantare non verea-

mur

« ."tlartinc

par apostolis,

»

vel singulos confossores
«

immoderate de

miraciiiis

glorilicanlos

dicamus

Ad

sacrum cujus
sanitati
etc.
»

tumulum

fré-

quenter

mombra languentum modo

discretio vestra

di'iudicet.

His vel consimilibus vestrarum persuasionibus rationum,

ad scribcndos per totum anni circulum hymnos
vesti'iie

animum nostrum
mihi
vobis

rcM-rentia sanctitalis compulit.
i

In lioc itaque
,

supplicantibus, sponsae Christ

vel ancillae

et

nos e converso vobis
,

supplicamus, ut quod nostris onus imposuistis humeris

vestrarum
simul

oraiionum manibus sublevetis, ut qui seminat
opérantes congaudeanf.
'

et qui metit

(S'.ii'ent les

hrmnes de

la

V

calcs^orie.J

Aies

fliei

nuntius luccm propinquam prccinit. (Hymn. Prudcntii.^

'

Orlurri refulgel hicifer.
II

(Hymn.

sancli An.brosii

)

'

impoilc de remarijucr qu'Abcilard distingue
églises cathédrales

ici

les églises paroissiales

ou mirn'ures des
^

ou niijeurcs.
(jiwd pacavimiis.

Preces gementes. /"«7ir//;«w.f,

diixillt.

(Hymn.

sancli S.m-

brosii)
''

Fletns henipie suscipe. (Hymn. sancti Arabros'i.!
(i'est ici

"

que

finit la partie

de cette

lettre déjà publiée

par nous.

INÉDITES D'ABAILARD.
bra, etc.
;

27
nii-

et

encore

:

lux ecce,

etc.

;

ou aurora spargit polum, ou

rora

liicis, etc.; et ailleurs:
;

alesdiei jjuntiiis, etc; ou ortum refulget

liicifer, etc.

ces passages, et d'autres semblables,

nous apprennent

à quelles

heures ces hymnes se doivejil chanter. Or ne pas observer
,

ces heures

c'est faire
le

mentir

les

chants qui s'y rapportent. Et pour-

tant, ce qui

plus souvent nous

empêche de nous conformer au
la

tems précis,

c'est
,

moins

la

négligence que

nécessité ou la distribu-

tion des offices
paroissiales

comme

cela se pratique journellement dans les églises
les

ou mineures",

occupations du peuple forçant de faire
la suite l'un

tous les offices de jour et presqu'à
'<

de

l'autre.

Et ce

n'est pas seulement l'inobservation des heures qui

nous
par

fait

mentir, mais encore quelques auteurs d'hymnes, lesquels, soit qu'ils

aient jugé des autres

cœurs par
,

la

perfection

du leur

,

soit

que

,

un zèle d'imprévoyante piété

ils

aient voulu exalter

les saints

,

ont

tellement dépassé les bornes, qu'ils nous font chanter dans ces

hymnes

contre notre conscience et comme sous l'empire d'une autorité tout à
fait

étrangère

'.

Il

y a

en

effet
la

bien peu de gens qui, pleurant et géla

missant dans l'ardeur de
leurs péchés
et
,

contemplation ou dans
:

componction de
,

puissent véritablement dire
,

preces cémentes

etc.

;

encore

:

nosiros jius, etc.

et

de

tels

autres passages qui ne conpetit

viennent qu'à des élus, c'est-à-dire, au

nombre. >'y

a-t-il

pas

présomption à chanter chaque année Murtine par cpostolis,
à glorifier

etc..
,

ou
en

inmiodérément de leurs miracles (quelques confesseurs

chantant

:

ad sacrum cujus tuniulum,
m'ont déridé

etc.

Votre sagesse en décidera.
le

«Ce

sont ces raisons et d'autres scnd)lables, ainsi que
à écrire

respect

à votre sainteté, (jui

des

hynm"s pour

t.ut le

cours de l'aimée; vous m'avez prié sur cet objet, épouses et servantes
(lu

Christ, et

moi

je

vous prie

à

mon

tour de soulever par l'effort de

NOS prières
travaillant

le

fardeau (pie vous avez mis sur nos épaules, afin (pie,
et

ensemble, celui qui sème
se iTJoiiir.

celui (pii

moissonne puissent

ensemble
'

Voyez

la

note

i\\u'

nous nvons njoutéc à oe sujet nu
liion

te^te latin.
il

"

Nous pensons

avoir

traduit vc passope

,

nous parait évident

(|u'M)ailar<l doit vouloir parler
In

d'une autorité différente de eelle que renmnaii

véritable orlliodoiic chrétienne.
il

Ce passage répond

à

relui
la

de

la

lellrc

d'Uéloise auquel

est fait allusion

nu ronunenceiiienl de

présente

Icllre.

28

ini-\

pr.fTACi-.s

II.

'riipartiluni est divini niltiis ofliciuni.

Doctor fçcnliuin

in

epislola

ad Kphcsios
liuuria,
<'t

oïdinavit (lirons: «Etnolile incbriariin vino' in quoosl
inipltniiiii

sctl

spirilu',

l()f|ut'nt('s

V()l)isnK'lipsis

in

psalmis

liymnis et canlicis spiiilualilnis, cantanlosel psallcntos in cordibns

vestris
lial)ilct

domino
in
'

;

»

et

rursns ad Colossenscs

^

inquit

:

<!

Vorbnm

Cinisti

vobis abundanter, in

omni

sapientia, docontes et coniniu,

nontcs

vosmetipsos

psabnis

,

h\ ninis cl canlicis si)iriUialibns

in

gratia cantantos in cordibus vestris

domino

•.

»

Psabni voro
siint scripluiis,

cl canlica

,

quuni ex canonicis
aliciijns

antiqiiitns pr.'pparata

nec nostro ncc

cgenl studio ut

modo compohabeatur
sive canti-

nanliir.

De bymnis vero cnm
scripluris,

niliil

insuper positis

dislinctum

quamvis

et

nonnulli psabni

nomen Ijymnornm
horarum
;

coruni sanctorum inscriptum tituium habeant, passim a patribus postea

scriptum est

et

pro temporum

,

aut

,

seu festivitatum
bos nunc pro-

varielate

quibusque proprii bynmi sunl consliluli

et

prie

hymnos appellamus quamvis
ritbmo
vel

antiquitus indilTerenler nonnulli
et quaelibet divinae laudis

tam hymnos quam psalmos dixerint
lica

can-

métro composita. Undc Euscbius caesariensis ecclesccundi capitulo

siasticae historiœ libri

XVII

disertissimi juda.'i Plii-

lonis laudes erga Alexandrinara

sub

.Alarco

ecclesiam

commemorans
faciant

inter c.Ttera adjccitr. Post pauca rursus et de eo

quod psalmos

'

Epîtrcde sainl Paul aux Épbésiens. Cap.

v, 18, 19.

^

De

tous les pères que nous avons été à

même

de consulter,

.«^aint

IlHaire

est le seul tjui dise

comme

Abailard indriari in vino. Les autres

et la

Vulgatc

portent inehriari vino,
'

La Vulgale, saint Ambroise,
Gildas
le

saint

Jérôme dansson commentaire, lAmbrogrecs ajoutent sanclo.
lit

siaster,

sage et

un grand nombre de manuscrits
le

Le manuscrit latin des Epiircs, connu sous
Abailard
:

nom de Saint-Germain

comme

il

en

est

de

même

de

la

plupart des manuscrits.

'Epitre de saint Paul aux Colosses. Cap.
'

m,

16.

La Vulgale

et le scholiasle

de saint Jérôme portent fowwone'n^^i'
et le

comme

Abailard, l'Ambrosiastcr monentes
pientcs.

manuscrit de Saint-Germain corri-

iNfiniTES d'abailarp.
II.

29

'.

L'office (lu cullo divin se

compose de

trois
,

ûlémens. Le docteur
l'établit

des
il

Gentils
:

,

dans

r('|)îtn'

au\

Ephésieiif

ainsi

quand
mais

dit
"

\e vous

enivrez pas dans
l'esprit,

le

vin

,

qui renferme

la

luxure

;

«
<<

remplissez-vous de
et

vous entretenant de psaumos, d'hymnes
et

de cantiques spirituels, chantant
»

psalmodiant

le

nom du
la
;

Sei-

«

gneur dans vos cœurs.

Va encore dans lY'iMtrc aux Colosses
'<

il

dit

:

«

Que

parole

du
des

Christ habite en vous

abondamment
les

et

en toute sagesse

instruisez,

« «
«

vous et exhortez-vous

uns

les

autres par des psaumes

hymnes

et des cantiques spirituels,

chantant de cœur et avec

édifi-

cation les louanges
')

du Seigneur.
les

«

Les psaumes et

cantiques ayant

('té

fournis de toute antiquité

par des livres canoniques, n'ont besoin ni de nos efforts, ni des travaux

de i)orsonne pour être composés aujourd'hui.
»

Quant aux hymnes

,

comme

elles

ne tiennent pas une place

disle

tincte

dans les saintes écritures, quoique certains psaumes portent

nom d'hymnes ou de

saints cantiques, ce furent les l'èresqui s'en oc;

cupèrent en divers passages de leurs écrits

on

fit

des

hymnes
;

parti-

culières appropriées aux tems, aux heures, aux fêtes diverses

et c'est

ce qu'aujourd'hui nous nonnnons hymnes, dans
(pioique anciennement on
tous les cantiques sacrés

le

sens propre

du mot.

nommât indifTéremment hymnes ou psaumes
composés suivant un rhythmc ou un mètre

*"

(''cslainsi

(|iio

lisonl l'Anibrosiaslor ot le scholiaslc

de saint Joniinc avec

la

pins Jurande partie des manuscrits };rccs.
/;i'f-i(<-1:i"i).

La Vuigate

cl plusieurs

manuscrits

grecs lisent
'

Le

co|)iste a

passé

les

paroles d'iùiscbc, et rien dans
.'e

le

texte n'indique retie

lacune. Abailard citait probablement
ainsi le président Cousin,

passage du chapitre xvii, que traduit
I'

dans
•>

sa

traduction des liistorimsdr iF.t;Use, tom.

pag.

(»y, in-1,

Taris, 1GT5.
ils

Il

y a dans cbacjue habitation (des thérapeutes

),

un monastère où
boire, pour

célèl)renl seuls les saints mystères, sans y tien porter pi'ur
ni

manger,

pour

b's

autres nécessites du corjis, mais seuletiwnt

les livres tie In loi,

des |M0plu'tes et des
cl la piété.

hymnes propres

à

entretenir

et

a

nccroilre

la

science

30
novos
ita
,

DEUX PRf.FACES
scripsit
:

"

Itaque non soluni suhlilium intclligant

hymnos

volerum

scd ipsi faciuul novos in

Deum omnibus
,

cos cl melris et

sonis honesla salis et suavi conipage modulantes.

»

Ilaud fortassis

incongruum est omn.cs psalmos liehraice melio
mellica dulccdine condilos appcllari otiam
licel

vel lillmio

composiloset

hymnos

juxla ipsam vide-

liymnorum definilionem quara

in praefalione

prima posuimus

'.

At

cum jam

psalmi ex hobraeo in aliam linguani transiali a

l'illimi vel

metrilegcsoluli sunl bene adEphesios.qui gncci sunl, apostolus scri-

bcns sepaiatim a psalmis hymnos dislinxit sicut et canlica.
ita([ue
tis

De

his

quum noslrum saspe

ingeniolum, dileciissimai

Clirisli (ili;e,

mul-

precibus pulsavislis, addentes insuper quibus de causis id necessavestrai

rium vobis videatur,

jam

pclilioni

,

prout dominus aiinuerit,
quolidianos leriarum

ex parle paruimus. Superiori

namque

iibello

hymnos qui
ita

loti suflîcere possint

hebdomadae comprehendiuius, quos
sit

comj)ositos esse cognoscaiis ut bipartilus

corum canlus

sicut

et

rilhmus.

lit sit

uua omnibus nocturnis melodia commuuis, aique

altéra diurnis sic et rithmus.

Hymnum
»

etiam graliarum post epulas

exsolvcndum non prœtermisimus secundum quod in Evangelio scrip-

lum esl.
liac

«

Hymno dicto exierunt'.
;

Caîteros vero supra posilos
'

hymnos

consideratione digessimus ut qui nocturni
diurni
^

sunt suarum opéra

feriarum contineant

autcm ipsorum operum alegoricam seu
ita

moralcni exposilionem tradant. Atquc
toriae nocli
,

factum

est ut obscuritas his-

lux vero expositionis reservetur

diei,

Superest de caelero

vestris

me

oralionibus adjuvari ut opiatura vobis
les
lij

munusculum

irans-

miltam. {Suivt^nt

mnes de

la 2" catégorie).

'

Voyez ce que nous avons

dit pp.

19 et 20

au

sujet

de cette première pré-

face.

'Saint Matthieu, cap. xxvr,
'

30.—

Saint Marc, cap. xiv, f. 26.

Celles qu'on chantait dans cette partie de l'ofSce qu'on appelle maintenant
et laudes.

matines
*
'

Voyez troisième préface,

r^

laudibiu insiipcrmalutinis.

Celles qu'on chante à prime, tierce, sexte, nonc, vêpres et complies

^

Voyez Voyez

]a note 7 de la p. 28.
!a

note du passage latin correspondant.

INÉDITES D'AnAILARD,
régulier. C'est ainsi

31
livre

qu'Eusèbe de Césarée, au chap. 17 du
le

IP de

son histoire ecclésiastique, rappelant l'éloge que
faisait

savant juif Pliilon

de l'Église d'Alexandrie
''.

à l'époque

de saint Marc, ajoute entre

autres choses
qu'ils
«

Et un peu plus loin au sujet dos psaumes nouveaux
il

composent,

ajoute

:

«

Et

ainsi
,

non seulement
ils

ils

comprennent

les

hymnes

subtiles des anciens
les

mais

en composent de nouvelles
les

«
i<

à la

louange de Dieu,

modulant sur tous
»

mètres

et sur tous

les tons,
»

avec une harmonie pure et suave,
il

Sans doute

est

permis de donner

le

nom d'hymnes

à tous les

psaumes composés en hébreu suivant ceriain rlnthmeet certaine mesure et avec une douceur qui tient du miel. Ce

nom

rentre

même

dans

la définition

de l'hymne
''.

telle

que nous

l'avons

donnée dans notre

première préface

Mais

comme

les

psaumes, en passant de l'hébreu
et leur

dans une autre langue, ont perdu leur rlnthme

mesure

,

c'est
a

avec laison que l'apôtre, écrivant aux Lplu-'yic/is, qui sont des grecs,
séparé des psaumes les
-

hymnes

et les cantiques.
filles

C'est au sujet

de ces hymnes, chères

en Jésus-Christ

,

que

NOUS avez souvent

sollicité

notre faible génie par vos prières, en ajou-

tant les causes qui nécessitaient votre

demande,

et

nous avec

la

grâce

de Dieu
effet,

,

nous nous sommes
le livre

rendus on partie à cette den)ande.

En

dans

précédent, nous avons renfermé dos hymnes quo-

ti(liem'.osde fériés qui puissent sufïire à toute la semaine.
»

Nous

les

avons composées, pour (lue vous

le

sachiez

,

ûc

telle

sorte qu'il y a double chant et double rh\ thme,

une mélodie commune

pour tous
->

les

nocturnes et une autre pour

les

chants diurnes.
gr;!Cos après le ropas,

Nous n'avons pas omis non plus l'hymne de
:

suivant qu'il est écrit dans l'évangile
n

<

Et

ils

sortiront après l'hyume

réciiée. »
»
lit

(|uant

aux hymnos

cpii

précèdent, en
les

les

com|)osanl nous

avons été dirigés par colle pensée que
les

nocturnes doivent coulonir

œuvres de leurs

fériés, et

que

les

diurnes doivent contenir l'expo;

sition allég()ri([uc

ou nioralo do ces (ouvros
résor\éo |)our
la

si

bien (pu* l'obscurité

de

l'histoiro
le
Il

soit

nuit, ol

la

hunier»' do l'oxpo^ition

pour
"

jour.

\ous roslo maintonanl

à

m'aidor

ih'

vos prières, pour (pie jo

puisso vous iransmoUro

lo polit

présont ([uo vous désirez.

52

DEUX

Pr.f.FACF.S
iir.

Siipcriorihusduobiislihellisquotidianos feriaium liymnoscl soloniiiitaluin (livinarnm proprios digessiniiis
tis gloriain régis cl
:

nunc vcro supcicst ad
,

rrelos-

commiincm

fidcliiim cxhortatioïK-m
|)r()iii

ipsam qno-

quc

siipeini cuiiain palaiii dchilis liyinnoruin,

possuinns, cf-

ferrc pnL'Coniis.

In quo
gloriosa;

quidem opère

ipsi

me
»

jjrecipne adjuveiit

merilis

quorum

memoriae (pialiuuicumque laudiun munus-

cula cupio pcrsolvere, juxta

quod sciiplum

est:

Mcmoria
»

jiisti

cum

laude',» et iterum:

«

Laudenius viros gloriosos etc.

Vosquoquc ohprecibus

secro,sorores carissimœ Cliristo(|ue dicata^,

quarum maxime
orando

hoc opus agressus sum vcstrarum
illius

adjiuigite

devolionem orationnm

memores

l)calissimi legislaloris qui plus
'.

quam populus

poluit dimicando

Et ut caritatcm vesiram in orationnm copia lar-

gam inveniam
tram
ingenioli
^

,

pensate diligenter

quam

prodigani vestra pctitio nos-

liabuit facullatem.

Dum

enim
,

divina? grati;e laudes pro noslri

prosequi studeremus

quid de ornatu
,

deesl eloqnenlia^

recompensavimus hymnorum mullitudine

singulis videlicet singula-

rum

soleiimilatnm
'

nocturnis proprior

componentcs hymnos cùm

unus solummodo

hucusque hymnus

infestis

quoque

sicut in

feriis'^

ad nocturnes precineretur. Quatuor itaque hymnos singulis
tibus ea ratione decrevimus ut in uno

festivita-

quoque trium nocturnorum
insuper
,

prius decantetur

hymnus

et

laudibus

matulinis non desil

suus \ Ex quibus rursus quatuor instituimus

ut duo in

vigilia

pro

uno conjungantur hymnoet duo
ut

reliqui similiter ad vesperas ipso die

solerani recitentur, aul itabini et bini in singulis vosperis dividantur

cum duobus

prioribus psalmis unus et

cum duobus

reliquis alius

decantetur ^

De cruce autem memini qninqueconscripti
singulis preponatur horis invitans
et
in

sunt hymni,

quorum primus
de
altari

diaconem crucem
ibidem eam quasi
presentia tota
caiég.)

tollere

medio chori

afferre atque

adorandam ac salutandam statucre ut

in ejus

quoque

persingulashorasperagatursolemnitas. {Suiu.les

hjm. de laS^

'

Prom//,

X, 7.

La

X'ulgate et presque tous les anciens lisent rtim larit//7/"s.
1.

'
'

Ecrlesiastu, cap. xiiv, v.

Allusion à ce qui est rapporté dans les Nombres, chap. xvn,

v. S-J3.

LNÊDITES D'ABAILARU.
III.

33

('

Dans

les

deux

livres

précédons

j'ai

réuni

les

hymnes quotidien;

nes des fériés el celles
reste maintenant

qui sont particulières aux solennités diverses
la

pour

gloire

du Roi

céleste et

pour l'encourage-

ment des

fidèles à

exalter dans des

forces, par de justes louanges,
cette

la

hymnes suivant la mesure de nos cour du suprême i)alaiH. Dans
est écrit
«

œuvre,
la

mon

principal soutien sera le mérite de ceux dont je

célébrerai
»

glorieuse

mémoire, suivant ce qui
»

:

La mévous

moire du juste sera louée
n

et

encore

:

«

Louons les hommes glorieux,
vouées
à Jésus-Christ
,

etc.

VA vous
les

,

mes

très chères

sœurs

,

dont
à

sollicitations

m'ont

fait

entreprendre cette œuvre, joignez

mes

efforts la

dévotion de vos prières, vous souvenant de ce biena
fait

heureux législateur qui

plus en priant qu'un peuple entier en

combatlanl. Et pour que voire charité ne m'épargne pas vos prières,

songez avec quelle prodigalité nous avons exaucé vos demandes.
essayant de

En

louer

la

grâce divine suivant notre faible génie
la

,

nous

avons compensé par

multitude des hymnes ce qui pouvait nous

manquer du
lières

côté de l'éloquence,

composant des hymnes particu([ue jusqu'à
fêles et
,

pour chaque nocturne de chaque solennité, tandis

ce jour on ne chantait (ju'une
fériés.

hymne aux nocturnes des
fête

des

Nous avons

fait

quatre hymnes pour chaque

afin

qu'on

"

Le

copiste a

évidemment passé

ici

un mot

Ici ijuc

virtulc

ou l'équivalent.

'

Aujourd'hui

comme du
il

tems d'Abailard on ne

dit

qu'une hymne aux noc-

turnes, inunédialemeiil après le
'

psaume

vrnilc el riiivitulolrc.

Dans

les iï-tcs

y a trois nocturnes et dans les fériés

un

seul.

Il

paraissait

à Ah.iiliird contraire à la raison

que de ces

trois

nocturnes

le

premier eût seul

une
'

Iiyiimc.

Ootlc manière de parler jointe a ce qu'un peu plus bas Abailard ne met

(jue

quatre psaumes à vêpres, donne à penser qu'a cette époque

,

dans

la cir-

roiisiription ecclésiastique
roîli. c annlof^iie a celui

était située la prieuree
les

du

l'araclet,

on suivait

de Saint- Henoit, dans lequel
|)saunies.

laudes sont sans

hymnes

cl !es\è|)res n'ont
"

que quatre

Nous

ferons, relativement à ce paragraphe,

une observation qui nous pa-

rtit indispensable

pour expliquer un passage que son cïlrème concision rend

peut-être plus obscur

que nous ne

l'avions pense d'abord. Celle observation

DEUX PRÉFACES INÉDITES I/aBAILARI).

puisse chanter une

hymne

à

chaque nocturne,

et qu'il y

en

ait

en-

core une pour les laudes.
('tabli

Et pour ces quatre hymnes nous avons
et

que pour

la vigile

on prendrait deux liymnes en une,

que
à

les

deux autres seraient également réunies pour être chantées
la

vêpres au jour de

solennité,

ou bien qu'en

les

conservant ainsi

deux

à

deux pour chaque vêpres on chante une de ces Innines
les

doubles avec
derniers. J'ai

deux premiers psaumes,
il

et l'autre avec

les

iV-ux

composé également,
dont
la

m'en souvient, ciuq hynmes
à

pour
le

la

croix,

première convient
et

chaque heure,

in\itai!l

diacre à enlever la croix de l'autel
l'offrir

à l'apporter au
,

milieu du
la

chœur pour
nité puisse à
croix.
»

à l'adoration

et

au salut

afin

que

solen-

chaque heure du jour,

se passer en présence

de

la

Alexandre

le

NOBLE.

nous est suggérée par

le

même

et

savant ecclcsinstique dont nous avions déjà

eu

lieu de signaler les utiles conseils

précédemment, M. l'abbé Sionnet du clergé

de Saint-rrançois, et l'un des rédacteurs ordinaires de ce recueil. Abaiiard
voulait sans doute que les quatre

hymnes composées pour
de
la fcle, c'est-à-dire
la

les

nocturnes

et

laudes se récitassent encore à
celte vigile, et aussi

la vigile

aux vêpres de

en nocturne de solennité; mais comme il ne fallait
l'ofuce,
il

qu'une bymue pour chacune de ces parties de
ces quatre

propose de réduire
cl

hymnes
du

à

deux

,

en n'en faisant (|u'une des deux preniicres

une
1rs

des deu\ dernières. Dans
religieuses
les

la

rrainle (jue celte combinaison ne satisfasse pas

Paraciet,

il

leurjjropose de laisser ces (juatre

hyumes

lelies qu'il

a composées, mais d'en récilcr deux aux premières vêpres de chaque solen-

nité, et

deux aux secondes en divisant

l'office

d'une manière nouvelle. D'après
suivis

ce plan, les deux premiers

psaumes de chacune des vêpres auraient été
et ainsi les

du

(liant
fois

dune
dans

autre
le

hymne,

quatre hymnes auraient été employées

deux

corps de l'office.

Nous n'avons pas besoin de faire relYofe (lu Direricur des .tnntiles. marquer qu'Abailard n'avait pas connu l'esprit de l'Eglise, lorscju'elle conserve des hymnes qui ne se rapportent ni aux heures ni au tenis où on les
à ces

de la tradition, n'a rien change hymnes, parcequ'elies nous conservent la forme de la prière antique depuis David, et probablement plus anciennement encore. D'ailleurs il est
récite. L'Eglise, essentiellement conservatrice
,•

bien des priants dans l'Eglise (jui gardent encore cet ordre donc sans portée et surtout faits sans intelligence.

ces reproches sont

PROMONGIATIO-N DU TÉTRAeiRAMMATOX.

â.ï

l) ]

LA P'iONONGIATlON DU

TÉTRAGRAMMATOX

DES HÉBREUX.

A
(juc,

-M.

A. Bonnelly, meaibre de l'Académie pontiOcalc de

la

rcligiou calboli-

rédacteur des Annales de philosophie chrélieniic.

Monsieur et savam
Dans votre journal
sciences religieuses
,
,

a3ii,
les

si

précieux pour tous ceux qui cultivent
la

vous avez publié une suilp d'articles sur

srn-

glosse du

nom de

Dieu. Permettez que je vous adresse une disser-

tation sur la vraie prononciation
lui assignant les points- voyelles

du nom dvin tétragrammatique
qui lui sont propres en hébreu.
la

,

on

L'étude

la

plus intéressante,

plus importante

,

sur

le

nom

Je-

hovj,

celle

vraiment digne de
,

fixer l'atlcntion la plus sérieuse

de tout
th-éuso-

liébraisant «hrétien

c'est

au point de vue de l'importance

phujue

qu'il paraît avoir

eu dans

la

synagogue ancienne. Les savans
siè-

et religieux orientalistes, à la
cles, à la tète desfjuels
{;io

vigoureuse érudition, des derniers

marchent l'auteur de l'immortel ouvrage Fu-

Fidei, et Joseph de Voisin, ont reconnu toute l'importance

du

nom

ineffable sous ce rapport, et y ont consacré de longues re-

cherches, de profondes méditations.
Jùi effet, la
le

synagogue ancieime déposait
les vérités

,

en quelque sorte
la

,

dans

TtUrai^ranimaion

qui servent de base à
vérités

rédemption

([u'elle

attendait d'un Messie à venir, (jes
la

comprcnneni né////.

cessairement

doctrine

de

la

tiiniic

du Dieu essenliellemenl

J'ose espérer d'avoir

démontré ce point d'une manière incontestable

dans

Les

mon ouvrage De l'harmonie entre i'E^Us- et lu synct^ot^ue. monumcns les [iliis authenticjues de cette synagogue, non encore
:

abâtardie, nous apprennent cpie le peuple de Dieu était dans l'expcctation plus

ou moins prochaine de l'avénemenl d'un Messie, Sauvem-,

,

30

l'IlONONCIATION
,

1)L

lÉTllAGllAMMATON
,

llépaïalour, llOcoiicUialcur

Personne divine

cngencIrOc du

di^in

principe premier, et devenue

homme

par l'cpcration d'une Iroisièuic
et

personne di\ine,

celle ci

procédant des deux picniièrcs. OeiuTnlion
len)porelle
:

procession éternelles, Incmnation

telle

était

la foi

du

père des croyons

,

Abraham,
juifs le

l'ancre de salut des justes de l'Ancien-

Teslanient. Aussi ne voyons-nous nulle part dans l'hvangile (pie .lésus(Ihrist ait rc'rc/-'

aux

dogme de

la T.

S. Trinité

:

le di\ in

doc-

teur n'eut (pi'à

le

confirmer par son autorité.

Mais qu'on ne

s'y

trompe pas, ces deux grandes

xérités, la trinilé

de Dieu

et

l'incarnation,

fondement de notre sainte
,

religion catho-

lique, qui
la

remonte, sans interruption

jusqu'au berceau du monde,
pas dans l'analyse grammatila

synagogue ancienne ne

les trouvait

cale

du nom
la

iricj/'uble, et

encore moins dans

subtile appréciation,
le

ou dans
posent.
j)ure
:

configuration des lettres et des points- voyelles qui
lui

com-

Ces sui)limes connaissances
la

venaient d'une source plus

de

révelution.

Klles étaient conservées' dans la nation par

une

irnditioii

constante que les générations se transmettaient de main
le

en main,

et

dont

premier anneau se lattachait au jour où
fils

la

pro-

messe d'un

Uéparateur,

de la fcnunc, \hn adoucir l'immense

douleur de nos premiers parens, exilés du lieu de délices où l'inno-

cence seule pou\ait habiter.
Cette promesse d'un
.'Messie

désonnais unique intermédiaire de

la

réconciliation de la créature révoltée avec le Créateur offense par

un

péché dont
promesse
,

l'esprit

humain

n'arrive pas à estimer l'énormilé, cette
telle

dis-jc, était

d'une

importance

,

d'une

telle

nécessité
infinie
la

pour

le salut

des âmes, que
la

le

Seigneur jugea digne de sou
fois

miséricorde de

renouveler plusieurs

aux patriarciies de

na-

tion qu'il avait décidé de choisir entre toutes les familles de la terre

pour

la

constituer eu peuple

saim

'.

Car, au milieu dis ténèbres qui
la voie

couvraient ce
raël
,

monde

et

corrompaient
,

des enfans

d'Adam
du

,

Is-

dépositaire de la vraie foi
fanal,

devait élever le (lambeau céleste
salut.

comme un
Les

pour guider

les autres nations vers le port

hommes

inspirés par l'Esprit d'en haut préparaient le peuple hé-

Deut. vu, C, XIV,

2. 21. XXVI,

l'J.

DES HÉIJRELX.
brou au grand événeinent de
naient (jnc
la
la

37
,

conversion des Gentils
sainte, devait

et lui

appre-

parole de vie,

la loi
le

déborder du pa\s de
le

Juda,

et se

répandre, con)me

lleme qui apporte

limon fécon-

dant, sur toutes les régions babitées.
«
))

Voici ce qui arrivera dans les derniers jours, dit le propliète de la
:

race royale, évangéliste avant l'Kvangilc
sera élevée au-dessus des collines sur le

la

montagne de Jébova
autres monla-

» »

sommet des

gnes.
i'i

i'outes les nations y
:

viendront en foule. VA les peuples iront
à la

diront

Venez

et

montons
et

monlague de Jébova,

et
;

au temple
car
la loi

« »

du Dieu de Jacob,
sortira

nous marcbcrons dans ses sentiers
de Jébova, de Jérusalem",
»

de Sion,

et la parole

Le Messie, personne divine revêtue de notre nature,
sans cesser d'être vrai Dieu
,

vrai

liommc,
trinité

suppose nécessairement une
indivisible.

de

personnes dans l'essence divine une et
j'ai

C'est
la

pouniuoi

dit,

au connnencement de cette dissertation, que

synagogue

il(^lJosaii,
là,
il

dans l'adorable

nom

/t'/ioi'rt, la

doctrine messianique. Par

faut entendre seulement

qu'en enseignant ces grandes vérités,

qu'elle possédait par tradition, elle lem* donnait

pour appui,

comme
du

pour aider

à la

mémoire,

les signes matériels, les caractères écrits,

nom

ineflable.
la

Les Pères de

synagogue, du reste, observaient, en général

,

la

même
orale.

métbode,

qu'ils appelaient
les

l'égard

de toutes

simple rippui, Kd^'J2 NDDQDX. à traditions qui constituaient le corps de la loi
(ju'/.trt^/c

Je citerai en

preuve un passage de l'introduction

./hnluih, rabbin espagnol
finrat

du

1,V siècle, a placé
les i)lus

en tête de son

Mc-

/Iamninut\ un des livres
les juifs.

populaires et les plus estimés

parmi

Après avoir expliqué l'origine
tradition sacrée',
«
il

et

le

mode de

transmission de

la

ajoute

:

Lt les anciens, bien qu'ils connussent, par

la

tradition

,

la

nia-

»

nière d'observer les prescwpiions et les ordonnances de

la loi écrite.

Isaïc,

u,

•},

'•'>

'

Voyez conceinanl tes doux
I,
|>.

|ioinls

,

mon

llunnonif

mire

l'

Eglise el Ut

Sipmp^gin-, loin.

l'î et suiv

llf sfcBIE.

TOMK

IX.

^" i9.

18/|'l.

3

,

38
»

i'uo.N<xN(;iAriuN

dl

ihiit

\<.hammato-\

s'appliquaient cepeudaiii à prouver ce qu'enseignaient ces interprétalions orales, soit par
la

» »

lettre
:

du

texte, soit par l'un des treize

raisonnemeiis

',

ou en disant

Le

iciic est

un

simjilc appui.

«

Maïmonidcs, dans son

livre Moré-IVc'ùuhliim, partie III, chap. Liv,
la loi

en indiquant

la

gradation à suivre dans l'élude de
celle- ci
:

do Dieu, met

au premier rang
tradition.
»

«

En
les

acquérir

la

vraie connaissance />ar la

Tels sont

,

ce

me

semble,

grands cnscigncmens qui doivent réle

sulter d'une

étude consciencieuse sur

Tétragrammaton hébreu,
dans

étude dont

j'ai

développé au long

les résultats

mon Harmonie
Qu'importe
il

entre l'Eglise et la sjnagogue, à l'endroit déjà

cité.

au reste

,

comment

il

se
?

prononçait autrefois?

comment

se

doit

prononcer maintenant

Convient-il au philologue chrétien de perdre

son tems, de se consumer en recherches, pour arriver à savoir laquelle des deux lectures esi
la

véritable

,

de Vehova ou d'Jdonaï

ou même
systèmes ?

de toute autre lecture sortie du cerveau des faiseurs de

Cette question

,

si

oiseuse,

si

futile

en elle-même

,

est pourtant

celle qui a donné heu à une controverse fort animée entre les hé-

braïsans hérétiques des deux derniers siècles. Plusieurs d'entre eux ont
écrit des traités entiers sur la

manière de

lire

le

Tétragraminaton
et tant

:

Buxtorf, Drusiu!», Fuller,
tres

Leusden, L. Cappel, Gataker,
la liste

d'au-

que

je m'abstiens

de nommer, parce que
partis

eu

serait trop

longue.

Les combattans des deux

ne se contentaient pas d'alléguer
,

de bonnes raisons
pion de
la

:

ils

en venaient aux injures. Ainsi Drusius
,

chamhé-

lecture

Jdonaï
et

se fâchait tout

rouge

conti'e les

braïsans qui ne se rangeaient pas sous sa bannière, et les traitait de
rien moins

que d'impies

de Jéhovisics. Ceux-ci, qui témoignaient

une répugnance
dOTl.

invincible pour le système

du professem-

hollandais

,

lui tenaient tête, et

ne se gênaient pas de

le

quaUfier de drôle

d'J-

'

Ou

argumens. \oyez dans
les

le toin. 1"^

de

mon Harmonie,

etc.

l'article:
p.

Logique du Tabnud, ou
174 et suiv.

Irène ynodcs d'argamenlalion de R. Ismaél,

DES HÉBREUX.
Puis donc que ccttte question a partagé les savans du
sirclc
1 7' et

39 du
18'

on deux corps

ennemis

,

et

que leurs raisons
la

se retrou\enl

souvent,
geais

comme

les

plumes du paon, sur

parure d'emprunt des
ici

modernes de

la littérature

hébraïque, je dirai

ce qui

me

li-

rait la vérité à cet égard.

I.

Quoique

la

synagogue défende sévèrement
tel

de prononcer

le

Tc-

ira^raminaiijn,

qu'il est écrit, les juifs sa\ent cependant, par

une

tradition constante,

que

sa véritable prononciation est

Yeho^a. De

tout tenis,

s'ils

s'abstenaient de le

prendre sur
le

les lèvres habituelle-

ment
dans
le

•,

ils

le

prononçaient cependant, et

prononcent encore quelle

(luefois

par manièie d'enseigner. Ainsi, les sacerdotes

prononçaient
ils

les

cérémonies du culte au temple de Jérusalem,

et

devaient

proférer distinctement

quand

ils

l'enseignaient à ceux qu'ils

mi-

tiaient à la

manière de l'épeler \

Au
le

jour des expiations, le grand- sa-

cerdole
voix,

le faisait

entendre à tout

peuple
le

,

à

haute et intelligible

non pas une Juis^ en bénissant
Sjuf^losse
",

peuple, connne dit l'auteur

de

la

mais dix

fois

;

savoir, trois fois dans

chacune des

'

Voyez

(/<•

Vlldrmonif,

etc., p.

350
il

et suiv.

l.eusden raconlc ([u'un jour
s'il

offrit

de l'argent à un juif très pauvre à lenoni Jrliovn ,cn apse rendrait coupable
n. 17.

Amslcrdam,
d'un
*

voulait sî-uleinent
sylialw.

une

fois [irononcor

puyant sur chaque
iiéciic.

Le juif refusa, assurant

qu'il

Leusd. de I\'om. Dit hebi-.,Dh?,cx\. xxtiii,

\ Oyez J)c /'//ariiionir, clc. p. -ÎTO cl suiv.

'

L'auteur delà Synsrlossc dit:
;

.:

Le grand prêtre seul
/b/.f rti», le

le

prononçait

(le

nom
I

Véhoya)
cufrf'

encore ne
te

le fesait-il

quV/nr

jour de l'expiation, lorsque
le
|ii'tiplc.
-

dans

snin/ d< s saints ,

il /irnis.uifl io\c\\i\ç\Wm\:x\\.

"

Le

}:rand-prètre n'était pas le seul {\u\ prononr.'il le

nom
le

.léliova,

puisque de sim-

ples prêtres rcxi)rimaient tous les jours en bénissant

peuple après l'offrande de
la

t'hntnmtisle prrpctuil. Celle prali(iue s'est conservée jusqu'après

naissance de

Notre-Seigneur, et cessa seulement
(//«//•/».,
|).

;i

la

mort de Siméon-lc-.lusle (saintsiméon)
:*."

:'.77).

T.

L

iK fois, c'esl-.i-dire di.rf«is.

Lorsi/ii'ni/rtdfins !c

smul

dfs

sfiitt/s.

Ln bcnédirlion sncerdutale ne un rideau

se donnait pas

au peuple du fond du

saint des saints, cache jiar

très épais,

mais bien du haut d'une es-

tradeélevccdaivsle/Mri'/> rx/ericiir. \'-\ilbenissni(.LG cérémonial dujour des

'lU

l'r.oNoNf.i \i io\
(|u'il

in

nVii!

v(.r,

\M\i ATdN
<•(

trois confessions
fois,

faisait

ce jour à liaule voix,

une
:

tlixicinc

en consacrant

le

bouc

expiatoire, par celle formule
la

./

Jchova,
,

sacrifice expiatoire, 'l'out Ic j)eui)le qui assistait à
(ju'il

cérémonie

dès

entendait

le

Jiom iitenarrublc, se proslernail en terre, cl louait

Dieu.

Les juifs chinois se font scrupule
naires des autres pays, d'articuler le
les a

,

autant que leurs coreligion-

nom

tétragrammatique

;

cela
,

ne

pas empêchés d'apprendre aux missionnaires jésuites (jue
;

chez

eux, son épellalion esl //oioï
nière d'articuler des Chinois
hoi'a, ainsi
lire
i,

celle épellalion est
:

conforme

à la

ma-

que

je vais

on y trouve les trois voyelles de Fel'expliquer. La première syllabe, jte, peut se
la

à la manière des Syriens. Les juifs chinois prononcent

ka-

Tnetz[^]
et

non

a,

mais

o,

comme ceux dune
la

grande partie de l'Europe,
;

comme

les

Syriens de

Syrie orientale

ceux

même

de nos pays
;

substituent quelquefois
c'est-à-dire,

d

à

v dans
ils

la

lecture

du Tétragrammaton

au

lieu

de }\'ho^-a,
le

lisent
fort

Ychod ^
/.

or, dans la langue

chinoise, le

d prend toujours

son

du

llosenmuUer réfute donc a\ec beaucoup de raison
en disant
)
:

la

lecture ichvè,

"

Ceci est contre toute vraisemblance

,

puis([u'il existe

des

preuves que,

même plusieurs siècles
^'^r\''

avant l'invention des caractères
'.

.)

pour figurer
Il

les voyelles,

se prononçait i'eho^'a

»

y a (les vérités universellement admises, confirmées par

une

tia-

dition de la plus haute antiquité, ei

que notre propre éducation nous
constantes que
le

a habitués à regarder

comme

aussi

plus évident

c\|)ialions est décrit ininutieuscmeiil
tres 1,
'>,

dans

le Taliiiud

,

traite

)'oina

,

chapi-

î,

5,
les

fi,

7, cl

répète dans roflice tiu jour qui est récite publiquement
le teile

dans toutes

synagogues. Faute denlendre
Ii\

de l'un ou de
:

l'autre,

l'auteur de la Synplosse pourra consulter le

re d'Hottinger

JJni/s/rniim
fois sa

jo/nnnrs ejrpialfonm/i

e/cci.

Use Convaincra qu'on

n'y voit pas

une seule

prétendue bénédiction du grand-prêtre donnée au peuple. Et si le grandpriarc l'avait donnée, il aurait prononcé le nom Jéhova plus de dix fois. Ce-

pendant
'

il

est certain qu'il

ne dépassait pas ce nombre.

Quod lamen non

verisimile est,

quum

vestigia citent, niullis
fuisse.

jam

ssculis

ante puncta massoretica,
15.

niîT

Jfho^'<^

appellatum

Scholia in

Exod.m,

DES HÉRRr.rx.

M
prmiièrc
et
fois
,

a\iomede mathémaliqnos. Lorsque,
tend mettre en doute
stupeur.
C'est ce qui est arrivé
,

])()iir la

on

los

en-

on

reste

bouche béante,

comme

frappé de

un jour

à

deu\ rabbins
loiile

fort

versés dans les

scienrvs hébraïques

,

mais if^norans sur

autre connaissance.

Quand
lecture

je leur dis

que des gojim.

lettrés ])rétendent

que

la

véritable

du ïétragrammaton
}'ahi'é
:

n'est point
etc.,
ils

comme
reprises

ou Véln'c,

Yehova, mais toute différente, ne surent que répéter à plusieurs
si

Cela

est-il possible ! Ils n'auraient pas été plus étonnés
la

on leur avait soutenu que
|)uisqu'clle

nation juive a une origine assez moderne,

descend d'un Boyard du Nord.

Voici maintenant la proposition

que

j'établis

:

que les points voyelli:s qui accompagnent le tétracrammaton représentent les voyelles quf ont toujours
Il est (;ei\tain
êtf;

propres a ce nom adorap.le

,

et qu'ils ne sont point em-

pruntés du nom adonai.
J'apporterai à l'appui de cette proposition quelques preuves qui, je
l'espère, convaincront

pleinement

le lecleiu-

judicieux.

Première preiwe. La tradition ancienne
conserve
nationale
(

et constante

du peuple rpii
de sou

comme un
,

dépôt sacré l'hébreu, autrefois sa langue vulgaire
lenis la langue

et

de tout

de son code religieux

,

nlte,

de sa

liturgie.

Lesjuifs n'ont jamais reconnu d'autre lecture que

iehnva. Pour mieux caractériser celle lecture véritable du Tétra-

grammaton,

il

l'appellent "iriD'nDD,

conformément à son ort/iogmphe.
,

Or

,

les voyelles

dont ce

nom

est

accompagné

forment précisément

}\/iova.
Deti.ricme prcui'e.

Toute

l'antiquité,

non seulement hébraïque
le

et

chrélienne, mais aussi païenne, reconnaissait que

nom

propre de

Dieu,
lence,

le

Tétragranunaton, renferme
cire
:

les trois

lems du verbe par excelle

du verbe

il

fut,

il

est,

il

sera.

Or,

ixmi ineffable ne renavec
les voyelles (lu'il

ferme ces
a

trois teins (pi'auianl (pie

nous

le lisons

maintenant, vo>elles([ui seules servent à former ces tems.

Rosenmullerdit également, dans ses schoUes sur V Exode 111,
le seul

(ju

verset de

1'

\pocalypse, où saint Jean rend

le

Tétragrammaton
pflge '\X\.

'

Voyez (/< r/funnonic,

etc.,

depuis

la

page

:il!> jiis(iu';i la

,

'|.!2

l'l!(»\(i\(.l

AI KIN
{à.Tv>

l)L

Tf.TliACRAMMATON
hwt,Y.'x\

pai" /'<;/a»f , l'étt', le

fniur

wj

h ^v, %i\ 6
le

Èp/ôyevo;)

',

ce

set»!

verset,

dtl-il, suffirait
il

pour prouver que

nom

divin doit se

proiioncor

Vrhova. Mais

tire aussi la

même

preuve des antiquités

grecfiHcs et t-gypliennes.

Troisième preuve. Cette preuve lessori d'un grand nombre de

noms propres imposés
anciens.

à des individus lirbrcux dans les teins les plus

Ces noms commencent où finissent par une partie notable
,

du Tétragrammaton partie remplacée quelquefois dans les mêmes noms d'hommes par un autre vocable divin, surtout par celui EL, ha.
(ies

noms propres
la

sont naturellement

le

guide

le

plus sûr dans la

recherche de
i'in

véritable ponctuation

effet,

on

sait

du Tétragrammaton. que dans un grand nombre de noms que
,

les

Hé-

breux imposaient à leurs enfans
cables divins,

il

entrait
Ils

une partie de

l'un des vo-

ou

le

vocable entier.

espéraient

que ces noms divins
l'cho, in', qui
,

porteraient bonheur.

Or

,

fréquemment ces noms qui sont en usage

encore parmi

les juifs

d'aujourd'hui,
les

commencent par

comprend non seulement
loutrs les lettres dont
(|îie la
il

trois quarts
,

du Tétragrammaton
la

mais

se

forme
'.

puisque

quatrième

lettre n'est

ré[)élition
;

de

la

deuxième

(^e >
I(

Art, TH"".

a été

constamment considéré comme représentant
les juifs,

nom }'ehot',i entier, non seulement par hommes des autres nations, les plus savans,
,

mais aussi parles

les plus

judicieux des preIls

miers siècles du clmsiianisme
((uaient en ce sens, ainsi
le

qui possédaient l'hébreu.
le voit

l'expli-

qu'on

un grand nombre de

fois

dans

livre

De nommibus

hebraicis de saint .Jérôme, dans

le ç^lossuire

d'ilésychius, et dans les autres livres anciens qui expliquent ces sortes

de noms hébreux. C'est pour cette raison que l'on appelle ces noms
téira-^r'tmmalophorcs, d^un terme grec qui signifie, portant, renfer-

mant
']''>,

le

Tétragrammaton.

Puis donc que dans ces
l'cho.
le
il

noms propres on
les

a de tout

tems prononcé
,

est évident

que

points scheva, scholeni
,

kamet.<

dont

nom

de quatre lettres fut toujours marqué

sont ses voyelles

j>ropres et naturelles.

'

Voyez mon Harmonie,
Voyez
(le

\).

3?.5 et

Apocnhipse,

i,

-4.

^

l'Harmonie

,

etc., p. 385.

m:.s iiERRKix.

/)."

Pcrmctioz, Monsieur, que

je

vous nielle sons
la

les

yoiix

quelques

exemples de ces noms, avec
tion
1.

la

traduction de

vulgate et l'explica-

de saint Jérôme
-iTyin"*

:

Ychoézer,

ViUg. Joezev]

S. Jér.

2.

Yehozabad,-i3nn">

3.
Zi.

Yehohhanan.prnrr'
Yehonallian,
jrijin"'

5.

Yehotzadak,
Les

pi!i*MT>

— — — —
i,

Jozabad;
Joannes ;
Jonathan'^

Josedec;
,

— — — —
la

DomM aiixilium.
DOMmi
dos.

DOMVM^rntia.

Dom^l donum. Dom^M Jus tus.
comme
i

lettres serviles 3,

2, h, etc.

qui se trouvent

préfixes,

devant ces noms propres, sont ponctuées de

voyelle

{hhiiik) con-

formément aux règles de
Bîlioseph, ï]D';n"'3

la

grammaire
Ps,

:

lxxxi,

6.

Vîhoschua, v^^r^'"\
Vîhonatan,
n:in"'i

Exod. xxiv, 13. >um. xiv, 30, 38.
Jud, xviii, 30.
Jos. i, 17.

Llhoschua, y^iniS

Souvenlle re^o,

in""

se contracte en .>n,

r

:

1. 2. 3.

Yoézer. lîyr

Yozabad,

-;3ît>

Yohhanan,
}

pnV

U.
5,

Yonatan,*^'j,Y

oizaddk, piîjv
la

Ouelqnefois
lionuncs
:

le

vocable divin s'ajoutait à

fin

du nom propre des

1. Azarialiu, in^-!TV

Vulg.

^izuriaf,
Zal'tulius.

S. Jér. /^ ///«for

noMlNUS.

1. Zcbcdialiu, in"'12)
3.
^1.

Ilbanauialm, irr'ijn
Nelanialui
'l'zidkialui
,

in'iP:

').

in'piï

— — — —

Ananius;
Nuthnnia;
Sftfccins
;

— — — —

Dos DOMIM.
GraiiaMoswsx.
Dante \)0\WSO.
.fiistiis

DOMINI.

(Jette

terminaison

iiihii, "in' se

contracte paifois en iuh, n»;

comme

:

1.

Azariab, nnîi*

2. 3.
fi.

Zebadiab,

i-t'"2î

niiananiab, rT'jjn
Nelaniali,

n':nJ

5.

Tzidkiali,

hy"!*

.

f\U

l'HONONCI
Ca'.

MIoN

fUJ

T(^TIt\r,HAM\IATO\
(|iic lo

(\\n

fcmiribiic eiirorc à prouver
lin
,

liT lani

an

nimmciile

rt'iiu'iil

(|u';i la

des iionis propres d'Iiomnies, csi

réelleiijeni
le

'rélragraïuniaton
't'X,

c'est (ju'on le voit

sou\eul lemplac^- par

mol AV,

qui signifie Dieu.

a.

An commencement des quatre premiers noms que
:

j'ai

choisis

pour exemple
1

Ei-azar,

^îi•'7^'

Vulg.

2. El-zabad, -î3îSx
3.

El-hhanan, pn'r'N

A. El-natan, ^ri:'?^
5.
fi.

El-yakim. 'p"''?N'
Yelio-yakim, D"'pin^

— — — — —
-^

Eleazar-,

S. Jér. l)Li ver.

ad/iUorium
r/o/af/V».

-,

Elzabad", A.
Klehnnan
vl
-,

Dei

S. }(ir. \)ï.\ s;rntia

(Adeo-

Elihantin;
;

datus).

Elnatan
Eliacim.

Joiacim

;

— — —

Dei domim.
\)v.\

resnrrrcito.

Do.MlM resurrertiu
;

''.

A

la fin

des

m€mos

quatre noms

:

1. Azar-el, Sx'iîi'

Jzareel-, \\ïC.S('V. Ailjuloninn

I)EI.

2. Zal)di-el,

Sx^-^î

Zahdiel;

Dos

Dei.

Dans

soj» livre

Dr

uomini/itis hfhrairis, S.

Jérôme donne, dans

l'ordre alla

pliabétique, l'explication des

noms d'hommes de chaeun
le travail

des livres de

Bible

séparémenl. Les Paraiiponiènes, qui renferment cependant le plus grand nombre de CCS noms, ne sont pas tonipiis dans

du savant Père.
jilus

('omnie
loin,

le

nom

Ei.a/iml,

?i\\\<.\

(jiie

quelques autres que je rapporte

ne

se

rencontrent (|ue dans

les

l*aralipomènes, à défaut delinterprétalion

de S. Jérôme, je
gate.

cite celle qui fait partie

de plusieurs exemplaires de

la

Vul-

Dans

les éditions

ordinaires,

cette

.\ominam inlerpretalio
le
vi«

est fort in-

complète

et fautive.

Elle l'est

moins dans

tome de

la

Polyglotte de

Walton. Je possède un beau manuscrit, du

13' siècle, de la

Vulgate

latine,
liste

don de feu
la

le

cardinal AVcld, de pieuse mémoire, dans lequel je trouve la

plus complète des

noms propres

bibliques avec l'interprétation.
fait

jM. Jules Fuerst, Israélite

allemand, a

un beau

travail sur les

noms

bi-

bliques, sous le titre

excellente

Onomasticwn sacrum. Il forme le second appendix de fon dmcordanct h(hr<iupn\ éditée par Tauchnitz de Leipsic. 11 e»t à
noms, M. Fuerst
ait

regretter t[ue, dans rinterprélation des

préféré rallemand

au

laliii (lu'il

écrit

cependant

fort bien.

DES
3. Flliaiian-El',
I\.

iif.nr.r.i \,

(i7t

\S*::n

Vul^-.

llana'.cd;
iXtUhniuitl',

S. .Kt.

Cr
Quis

lia

\)\.\.

\<'lan-Kl, t'N'Jrj

5.

Millha-El,
JI.

''7NZ"'D

— —

Ponuin Dei.
s icut

Alichael;


«

DE\: S

^"^

Le

proplièic Jéirmie ne se contentait pas d'annoncer le

germe
la

(le

David

qui devait régner sur
;

la

terre, et y opérer

la
,

justice et
disait-il
,

justification
))

il

prédisait

même
:

son nom.

Kt voilà

de

quel

nom on
Il

l'appellera

Jchoi'a notre Jusiice^.o

Les Septante éprouvèrent une grande diiïiculté à rendre ce verset

en grec.

était

important de conserver dans

la

version le
;

nom du

JMessie à venir, tel qu'il est

énoncé dans
loi
,

l'original

d'un autie côté

ces docteurs s'étaient
bible grecque le
inciïable

fait

uno

de ne pas reproduire dans leur
le

nom

Jéhoi>n

parceque déjà de leur tems

ne

se prononçait plus

publiquement. L'importance du

Je/ioi'u notre justice consistait

en ce qu'il répond quant au sens au
le

nom nom nom

adorable Jésus, en bébreu 'jyc\ abrégé de y^n'' qui signifie

salut

de Jéhova. Que
le j)lus

firent

les

Septante

?

Ils

s'arrêtèrent à l'expédient
le

propre

à les tirer

d'embarras. Si l'on ne prononçait pas
le
,

noiu

redoutable, ou ne portait pas

scrupule justju'à s'abstenir des
c'est-à-dire
,

noms
déjà

propres fcirei^rnmrnaiophores
expliqué
duire,
lice)
la
»
,

ainsi

que je
lieu

l'ai

combinés avec

le

télragrammalon. Au
:

donc de tra(jus-

comme
ils

jiortc le texte original
le

«

Jéhova notre Tzédek
le

ont mis

nom

propre d'homme, qui est
l\?>

cinquième de

liste

(pie j'ai
et

donnée ci-devant page

et
«

qui n'est autre chose

(\ui-

Jéhova
(

Tzédeh combinés ensemble.

Et voici son
»

nom,

Iho-sedek.

Koù toUto to civoaa

a'iTOÛ.. 'Iwffeosx.)

De
que
le

cette circonstance

on peut encore

tirer la
,

conséquence légitime
véritablement
le

reho

,

'7]\

des

noms d'hommes

était

nom

inelïable.

'

Ce

ixiin parail phisioiirs fois

dans IKcritiire roninie
le

nom

d'une tour; lou-

Iclois saint .Icrninc, \1. Jules

luoisl et d autres,

ritent coninie

nom

propre

d lioumie.
l'our .Mildi;i ynliu. Tn'r'îr,

Autant
'

(|ue

:

{)iii.\

>ulg. Mirlur.is: S. Jér. {hiis ,lominalnlur su ut Domniiis .'

:"

Jer. XXIII,

(i.

,

Û6
III.

PROXONCI A riON

l)[

TÉTRAGRAMMATON
sullirail seul

Le passage suivant duZo/inr'
anciens
,

pour montrer que

dans

les tcnis les plus

les juifs

considéraient
la

comme

le

Tétrades

grammalon lui-même
Je
ferai

le

J'eho qui entre dans

composition

noms propres d'hommes.
précéder

ma

citation

d'une remarque qui en fera mieux
{Joscj>Ji), n'est
tel

saisir le sens.

Le nom Yoscph, 3DV
écrit

qu'une contracle lisons

tion

du nom,
au

en plein, Yehoseph, ÛDin*,
verset 6.

que nous

en

effet
«

Psaume lxxxi
,

Viens et considère

dit le

Zohar

:

parcec|ue Joseph a gardé la
),

'(

pureté de cette alliance (de

la

circoncision
il

et

ne

lui a pas
illustre

manbéni
:

('

que par

le

péché
dans
le

,

non seulement

est

devenu
le

dans ce
,

« « »

monde,

et

monde

à venir,

mais aussi

Très-Saint
ps.

soit-il, l'a

décoré de son propre nom. Car il est écrit,

Lxxxi. 6

Il l'a mis

connue un témoignage en Yehoseph.

»

IV.

S'il est

incontestable pour tous les critiques judicieux
,

que

le

yeho des noms propres d'hommes en hébreu est véritablement le Tétragrammaton Yehova, tout le monde convient également que ces noms d'hommes se Usent tels qu'ils sont écrits. Quant aux juifs
jamais
il

ne leur

est

venu que

à la pensée
les

qu'on pût

lire

autrement.

Nous venons de

voir

Septante

prononçaient

de

même
'oxrc-

^eliotzeilek, puisqu'ils ont transcrit ce
oîic.

nom

en lettres grecques

Or, ceux qui veulent qu'on

lise

Adonal au Ueu de Yehova,
:

ne devraient pas, pour être conséquens à eux-mêmes, prononcer
selon V\x?,:i^çvQC\\\es.

tétragrommalaphores

Yehohhanan
,

(Joannes),

Yehonatan {Jonâthau), Yehotzédek (Jcsedec) etc., mais bien: Jdohhanan Adonaian^ Aàoizédek etc.. Mais ils savent bien
,

,

que
V.

cette ridicule

manière de

lire

serait

démentie par

la

lecture de
les

tous les lems, et par les versions de
Il

la bible

dans toutes
le
;

langues.
se
il

n'est pas vrai

que

les voyelles,

dont

Tétragrammaton
car,

trouve ponctué, soient celles
aurait
,

du mot Jdonài
ineffable,

dans ce cas,

y
,

sous

le

yud du nom

non un

e très bref {schei'a)

mais un a très bref [hhnieph-patahh). Et qu'on ne dise pas que
cet a n'a pas été placé sous le
,i

si

oJ, c'est que, d'après les règles de

la

'

Partie

ii,

fol.C, col. 21.

DES HÉTÎREUX.
grammaire
,

'

^7
des voyelles très
niri"'
^

cette lettre n'est pas susceptible d'une
;

brèves composées (hhaleph)
«luel les

car, répondrais-je

,

dans

au_
di-

iMassorètes ont véritablement prêté les voyelles
n'a pas fait difficulté de
(le

du nom

vin

Elohim\ on

donner

aujoduae
,

voyelle
,

très brève

composée

hhntcph-sêgol), quoique

de sa nature

il

n'en soit pas susceptible.

Louis Cappel, un des chefs de Vadonismc, répond à cet argument,
par une observation tout-h-fait mal fondée. Le Tétragrammaton, ponctué avec les voyelles

du terme Elohim,
pas donné
la
la

dit-il

,

se pré': entant fort rale

rement
voyelles

,

on ne

s'est

peine d'opérer

changement de
Bible,

que demanderait

gi-amniairc.

Le savant ministre protesla

tant,
voir,

({iii

ne voulait reconnaître d'autre autorité que

fait

en celte circonstance, qu'il n'était pas excessivement familiarisé
le

avec

texte

du volume sacré

;

et, si

vous voulez

,

Monsieur

,

me

passer
I,e

une expression

triviale, je dirai qixil

a compté sans son hôte.
empruntées de £"/o/n/«,
le

Tétragrammaton, ponctué avec
si

les voyelles

est

|)eu

rare dans

la

Bible hébraïque,

que

seul livre d'Ézéchiel

en offre deux cent-onze exemples.
,ïe

suis persuadé que, tout au contraire, les voyelles

du

nom

u4do-

na'i, i^-^v^

que

les juifs

substituent au Tétragrammaton dans renonineffable
;

ciation, sont celles
liéi

du nom

car Adnnnïcsl ponctué irrégula
;

finent par a long (A fl/n^/z), tandis

que

granmiaire y demanderait,

pour troisième voyelle, un nhreî

(pain/i/i)

mais

si

ce sont

les voyelles

de f'ehova, tout s'explique parfaitement.
troisième Aoyelle du Tétragrammaton, et
le

\'a long {kametz)
scfieca

est

la

du lod
la lettre

a

dû né-

cessairement se changer en hhat<ph païahh sous

gutturale

\

\.

Comme

la

s\Tiagogne, par suite de

la

défense de prononcer haécrit, a\ait

i)itu('Ilement le

l'étragrammaton

tel cju'il est

adopté à sa

place, dans la lecture, le Iricnl (adpln.rrnuii)

nom

Jdonn'i,

les

Massorètes, lorsqu'ils ajoules voyelles
.

à la Bible
^,

dcs signes pour
'?.

ont

donner aux
les voyelles

lettres serviles 2.

2.

O
"!

fr^'fifcs

du 'l'étragrammaton,
,:/Jo-

par lesquelles on

les

prononce devant son suppléant
3
2
7

naï
'

;

à savoir, ha, i>a, ffl, la,

mè ;

D.

Voy. /)f ihannonic etc. p. 359,

,

'i^

l'KONONCIATION
M.iis

l)C

J

fïR

\(.i:

\MMATO\

(lovam

les

noms propres

(riioiuines litrn'j,iammatni)hores,

nom vénérable CCS mêmes lettres
le

a conservé dans l'usage sa prononciation naturelle,
serviles reprennent aussi
la lettre la

Noyelle

(pi'il

convient de
;

leur donner devant

vod
"'^

\\\\.m\w(t
i,

d'im schcva mobile

c'est:

à-dire, elles repreimcnt le hlilrik long
vi, ki
,li,

qui absorbe ce srlici-a

bi,

mî;

''2

"""!

T
d,

"'S

Par

la

même raison, les
2,
;
,

Massorètes ont dû mavquer du daghcsch kal
,

les lettres
le

-, r,

r>

par lesquelles
la

commence

b;

mol

(jui suit

'l'étragrammaton. Car, d'après

grammaire, ces

lettres, lorsqu'elles

sont initiales d'un mot, doivent être marquées de ce point daghesch
à la suite d'une qidesccnte sensible, tel qu'est le

yod

à la fin
telle

du mot
qu'est le

Jdonaï; mais
fiè

pas à

la suite

d'une quiescenie muette,

à la fin

du terme yehova.
la

En résumé,
est

vraie lecture

du Tétragrammaion

est telle

que ce mot

ponctué

:

Ychoi'a.
cette lecture résulte clairement,

Nous avons vu que
des

non seulement

noms propres d'hommes qui en
la

ont été formés, mais aussi de l'an-

tique et constante tradition de

synagogue, dont aucun

homme

de

bonne

foi
la

ne songera à contester l'autorité dans une question qui
nôtre, ne touche en rien aux
infidèle.
la
,

comme
et la

dogmes qui partagent

l'église

synagogue

Quelques protestans rejettent avec mépris

lecture j^e/joi^a, parce

que
i'elle

cette épellation, h ce qu'ils prétendent

est

une irifcmion noii',

due

à

un moine de

16' siècle, Petrus Galatinus

et ({u'avant lui

elle était

totalement ignorée.
fi

On

peut leur conseiller d'abord de ne pas tant faire
la

des moines.

L'auteur de

prétendue réforme qu'ils ont embrassée avec son esprit
le froc.

contentieux, avait longtems porté

Et plût à Dieu qu'il no leur

eût légué que

la

prononciation, assez indifférente en elle-même, d'un
le salut le

mot hébreu. Quoi qu'en dise Drusius, ment intéressé à la manière d'énoncer
purement grammaticale
'.

de l'âme

n'est nulle,

Tétragrammaton

question

Mais l'assertion concernant^Pctrus Galatinus

'

Voyez une notice sur
rt.

ce savant religieux dans

mon Harmonie,
Il

tonae

i,

p.

190, note

"Leusden

est

non-seulement Jchovisle, mais ultrà-Jéhoviste.

va jusqu'à

OLS
esl gratuite ei décèle

lIKIJIlliLX.

'49

une grande ignorance de

la littérature

hébraïque.
,

La \eclurc ^eho^'a a été donnée avant Pctrus Galatinus par Ficino
a\aiit celui-ci par

Denjs-le Chartreux,

iwSint celui-ci
latin

par PorcJiciii,
,

avant celui-ci par l'auteur d'un coinnienlaire

sur les psaumes

commentaire

si

ancien que plusieurs l'ont attribué à saint Jérôme.
les juifs s'en

Avant ce deniier
âge
;

étaient transmis la tradition d'âge en
à

et Racliel fut la

première qui donna

son

lils

aîné

un

nom

icira-

grammaiophore, en expliquant clairement son
dit:
«

intention.
l^eAo-.<-^/^/i,
«

Le texte
Joseph),

Et
:

elle

appela son

nom Yoseph
ajoute

(autant

que
'.

disant

Que Yehova m'y

un autre

fds

Ce qui précède
tés

me

paraît satisfaire pleinement
la

aux diverses difficul-

qu'on a élevées contre

lecture JV7iOiY7,qui est, dans

ma persua-

sion, Ia^érilable éuonciation

du Tétragrammaton. Les plus spécieuses
les explications

trouvent leur réponse dans
«lues, (juc je
\

en quelque sorte historiqui nous occupe

iens de

donner relativement
si

à la (juesliou

en ce moment. Les autres sont
les réfuter.

futiles

que ce

n'est pas la peine

de

Dans un autre

article je parlerai

du

Vao) des Grecs.

bibliothécaire honoraire de la

Le ihcv. DUACH, Propagande de Rome.

prononcer JV/wr/. Voici comment
(,;ilalinusail
v\('.tiii>nK-,
.sa

il

repojid

ii

la

prescnie objection

:

.f)uc

cela ne fait rien a la philoldjiie. I.uilier aussi avait été

mw»-' avant
relornie;'
Si

(on\ersion {\hi;i pcntrsioi,)
est le

Taul-il

pour cela
il

rejeter sa

donc (ialalinus

premier

»|ui ail lu

]ehora,

faut dire qu'il
lire.

a iiip|)ele et introduit
le

de nouveau l'ancienne
p. i8-i.

et vraie

manière de

Noyez

le\te ialin

dans

mon Harmonie,

Gcncse,

\w,

21.

,

50

COURS DE PIIJLOLOGIE ET D'ARCIIÉOLOGIE.

>VM w\ twwv tv* W'^ w* w* v\\ w* ^-^N \\*« v\^ vv\'vx^ v\\ w>\ \\\ vx««A^^.v^^A'\ \'v«a.\% xvs w%^\^v\^ -w* x-x-* \^^

^.vfljcoloi^if.

DlC TIOiXNAlilE DE DlPLOMAl'K HE,
00

COURS PHILOLOGIQUE ET HISTORIQUE
d'antiquitjîs civilks et ecclésiastiques'.

DOMINICALES
de l'alphabet
,

(lettres).

Ces

lettres qui sont les sept
le

premières
premiers

furent introduites dans

calendrier par

les

chrétiens, h la place des lettres nundinales
elles

du

calendrier romain;
le

servent à

marquer

le

jour du dimanche tout
:

long de l'année

et

de

vient leur

nom

dominicus aies

,

dimanche ou jour du
par

Seigneur. Si, par exemple, l'année conmience par un mardi, ce jour
est

désigné par A

,

durant toute l'année
,

;

mercredi

l'est

B

,

et

ainsi

de suite jusqu'au dimanche

qui est désigné par F, Cette der-

nière lettre qu'on

nomme
, ,

dominicale, change donc chaque année, et
a

rétrograde d'un rang

parceque l'année
,

un jour de plus que

r)2

semaines.

On

voit

en outre

que

les

années bissextiles ont deux

lettres dominicales.

DONATION. Nous avons vu au mot charte tous les différens noms que Ton donnait aux pièces sur lesquelles on assurait à quelqu'un une donation. Il n'est pas rai*e de voir ce don, donum,
comme
on
l'appelait quelquefois,

porter en

titre

le

nom

de cArtr/e

et dans le texte celui A'éjnire,
Il est très

ou

ap])elé tour à tour cpiire cl charte.
les plus

difficile

de décider lesquelles sont
la

ordinaires des
'

épiires

ou des chartes de donation dans
,

plus haute antiquité
la

On
;

distingua autrefois

mais très rarement %

donation

,

de

la

cession

'

Voir

le

dernier article au n° précédent,
t.

t.

viii, p. 435.

^

Baluze,

n,

col. 399.

'//>/^/., col.

420,-571.

DONATION.
car les donations furent toujours appelées cessions sous
race de nos rois
:

51
la

première

mais

,

dans ces tems reculés
,

,

elles

fuient souvent

distinguées des lettres de tradition

qui

était l'inveslilure

propre
sont

des biens donnés. Les lettres de donation entre mari et
appelées, dans le

femme

moyen âge,

episiolœ consiituiionis on ejiisiolœ

adfaiimœ

:

on en dressait ordinairement deux d'une
première

même

teneur'.

L'énumération des biens aumônes

est très familière

aux chartes
rois.

de donation de

la

et

de

la

seconde race de nos
a

On

v

annonçait souvent en détail,

comme on
,

vu que cela
,

se pratiquait

dans
les

les bulles
,

pancartes, les prés
terres
;

les bois

les vignes, les

maisons,

serfs

les

et l'on

comprenait toutes leurs dépendances
ciim omnibjis appendiciis

sous les mots appendices ou adjacens,
suis.

Ces
,

détails,

qui se rencoutient dans les chartes un peu considé-

rables
soit

et

que

les di|)lomes

mérovingiens présentent continuellement,

que

les

biens aient été donnés, ou veiulus, à des églises ou à

des particuliers, se trouvent
les titres

mème%
faire

quoique plus rarement, dans
,

de conlirmation.

Il

n'appartenait (lu'aux princes

aux papes

et

aux seigneurs suzerains, de
11

de ces sortes de
,

titres.

n'est pas hors

de propos de remarquer que

dans

les

anciens

diplômes

et chartes, les moi'i daie,

dona/r, concedere, sont très sou,

vent pris pour cunfumnre, reddere
être

restilucre, et

que ce qui

paraît

un don '

nécessaire à

qu'une confirmation ou une investiture toujours chaque mutation de possesseur.
n'était
([uc lieu
les églises

Les fonds de terre
3""=

possédèrent dès

le

milieu du

siècle,

donnèrent

à

un grand nombre de Ce qui
|)rouve

lettres et
,

de

chartes de

donation en forme.
les

que

du tems de

de Julien l'Apostat,

particubers^donnaienl par écrit des fonds

aux
acte
et à

un fragment que nous donne GononS d'un de donation faite par une dame Lyonnaise à saint Domilieii
églises,
c'est

ses
,

compagnons,

moines du

territoire

de

Lxon.

JJaiis

le

7" siècle

comme
-ITS.

on s'écartait déjà en France des formes légales

Baluzc, col.

'.frin<t/.
'

n< ncd.,

t. ii,

p. 6lH.

— (ifd.
I.

Clirisl.

U

vni, cul. 487.
ft.

Des

Tliuiierics, disserf,
f'ilis

sur hi Moitv. de ûrcla^.

10.

*

De

Palrum Occident.,

m,

ji.

?1(>

52
(Ijins la

(^OURii

DE

l'IllLOl.OGIt
,

ET D'AUCHtOLOGlt,
,

rédaclion des actes

le

concile de Paris

de
les

61."),

se crut

obligé

de

statuer,

j)ar

son

10'"'

canon,
l'église

(juc

donations

des

c\ (Milles et des clercs en faveur

de

auraient leur elTet indéle

pendamment des
11*= siècle,

formalités.

Les donations commencèrent \ers
l'aulel
si

au moins, à se faire, en posant sur
se dessaisissait
à

la

charte par

la(|uelle

on

de certains biens,
Cette

comme

c'eût été des

offrandes

i'ailes

Dieu'.

pieuse
siècle.

coutume continua
J)ès le

d'être
et

religieusement observée dans
les

le 12'

précédent
,

dans

suivans

,

les

donations so faisaient dans un lieu ])ublic

en pré-

sence de

témoins. Le consentement des petits enfans

intéressés*

était requis

pour

la validité

des donations

faites

aux

églises, et elles

n'étaient regardées légales,

qu'autant qu'elles étaient ratifiées par
et
les
:

femme comment
la

,

les

enfans

,

le

{)ère

parens du donateur.

> oici

se faisaient ces donations

le

bienfaiteur se dessaisissait,

entre les mains de ré\è([iie diocésain de l'église,
l'objet
la

du bien qui

faisait

de son présent;

le prélat

en investissait
il

l'église, et

confirmait

donation par une charte où

employait souvent

les

termes dodonateur.

namits, cojiccdunus,

comme

aurait

pu

faire le véritable

DROIT CANON
Papes, des

,

ou Droit Canoni(/ue.
,

(Collection

de préceptes

de l'Écriture-Sainte

des conciles

,

des décrets et constitutions des
l'Église,
et

Sentimens des Pères de
la

de

l'usage

ap-

prouvé

et

reçu par

Tradition.
est ainsi appelé
qu'il est

Le Droit Canonique
fie

du terme Canon

,

qui signipartie des

Règle

,

ou bien de ce
,

composé en grande

canons des apôtres

et

de ceux des conciles.

On

distingue deux sortes de Droit

Canon

écrit, les Saintes-Écricelles

tures et les Canons.

Les Saintes-Écritures sont
,

que renfer-

ment l'Ancien
celles

et le

Nouveau Testament

et qui sont

du nombre de
des

que

le

concile de Trente a reçues.

Les Canons sont des règles
et Épîtres Décrétales
,

tirées,

ou des Conciles, ou des Décrets

Papes, ou

du Sentiment des

Saints Pères

adopté dans

les

Livres
le

du

Droit Canon.

Les différentes collections qui entrent dans
la

corps

2 Histoire géne'at.

tle

Muison dt France,

t.

m,

|i.

C64; trois, édit.

Mnnal. Bencd.
'Ihid.
t.

t.

v, p. 25.
.

VI,

p.50

,

DUC ET DUCHÉ.
du Droit canonhiuc, sont
GrOyoirc IX,
le le

53
les /?ecreVa^e5
,

Décret de Gralicn,
les

de

Sexie de Bonifacc VIII,

trai'a^anles dc Jean

XXII,
le

et les

ExExtravagantes communes. Ou
Clémentines
les

peut encore ajouter pour
par
les

les églises particulières les

Concordais

faits

gouvernemens avec que

Saint-Siège.
le

On
rité

voit

par ce qui j)rccédc (jue
lui

Droit

Canon
il

n'a d'autre autoest tiré
:

que

celle

donnent

les

sources d'où

on

voit

en outre que, composé en grande partie dc décisions émanées des
papes
èire
et

des conciles

,

il

est

nécessairement
établi.

variable
l'on
,

,

et

peut

changé par
se

l'autorité qui l'a

D'où

doit

conclure

combien
tems
,

sont trompés (juelques prêtres qui

dans ces derniers

ont tourné quelques-unes de ses décisions contre leurs pas-

teurs.

L'étude du Droit Canon est pourtant très
riiistoire

utile

pour connaître
qu'on

disciplinaire
elle

de

l'église

:

abandonnée trop longtems] en
Il

France

,

commence
'.

à y reprendre faveur.

est à désirer

continue celte étude

DUC

et

DUCHK. Du

tems de l'empereur Probus

,

en 276, les
le

généraux de divers corps de troupes étaient désignés sous
dc ducs, Puces'. C'est l'origine des ducs
après gouverneurs de provinces.
,

nom
,

qui furent quehjue tems
ces
Il

Dès
il

le

règne dc Dioclétion

gouverneurs en prirent
deviut plus

le titre;

mais

n'était

encore qu'usurpé.
,

connnun sous Constantin
du

;

ou

,

pour mieux dire

cette

dignité fut instituée par Constantin en
le

330'; car ce
,

n'est qu'après
les

transport

siège imi)érial à Constantinoplc

qu'on trouve
de l'Arabie,

noms de ducs

d'isaurie, de l'hénicie, de

la l'alestine,

etc.

employés plus ordinairement.

Ces

titres, et

les

fonctions qui y
;

étaient attachées, n'étaient d'abord ([ue des

cemmissions

ce qui

le

lirouvo, c'est

que

les enfans des gouverneurs n'héritaient pas de leur

'

Il

en existe un abroge très

commode

ri 1res l)ipn

fiiil

par M. l'nhbé I,c-

qucvix, snpciieur
(tiinii
'

nu spuiinairo de Soissons, sous

le \\\vv{lc.l/'inii(i/<

rompen-

Jiiiis Ctinotiiit.'i vol
///.tV. (les

in-l?,à Paris, chez Mcquiiîuou Junior.
t.

Tilicin.

Euip.

m,

p. ôCm.

'

llisl. (lu litix /.'i>i/>irr,

t. i,

p. fjiîS.

lir SÈRli:.

TOME

1\.

— K" 69.

184.'|.

U

5^
dignilc
,

(.01

KS

l>F

l'IlILOr.OOIt
les

KT f/ARCIlÉOLoGlE.
déposaient quand
ils

<'t

(|ue
,

les fiu|)«'iriiis
plii.s

voulaient'.

M.

le

Boan

liié

liaui,

préicnd an contraire que

le titre

de dur

était celui

des coinmandans en chef,
perpétuels;

répartis sur les frontières, et

qu'ils

étaient
la

qu'afin de les attacher au département
le

dont
lieu

défense leur était confiée, Constantin leur assigna, dans
,

même

des terres considérables

,

qu'ils possédaient

en

toute

franchise, avec droir de les faire passer à leurs héritiers militaires;

que ces

terres s'appelaient Bénéfr.c;
,

,

et

que

c'est
fiefs.

,

selon
Jl

un grand
que
le

nombre d'auteurs
titre

le

plus ancien modèle des

paraît

de Z>Hcfut

même,

sous les enfans de Constantin, l'apanage des

proconsuls ou préteurs, qui n'étaient que des espèces de lieutenans

de

police.
,

L'invasion des barbares ne changea rien à ces
les

titres.

x\u
,

6* siècle

ducs étaient chargés du gouvernement des provinces

et les comtes de celui des villes.

La coutume

s'établit

dès lors peu

à peu en

France d'appeler ducs ceux qui gouvernaient plusieurs

diocèses, et comtes ceux qui n'en gouvernaient qu'un seul sous les

ducs.

La succession
dans
la

héréditaire des duchés est manifeste dès le S* siècle
,

personne d'Eudes de
la

duc d'Aquitame
,

;

mais ce n'est que sous

les derniers rois
tion.

seconde race

qu'elle se réalisa par usurpa-

Après

le

commencement du

10' siècle, les ducs et les comtes
ils

convertirent en principauté les lieux et les villes où
daient avant par commission
;

comman-

et dès lors

ils

ajoutèrent à leur

nom
que

celui de leurs duchés ou de leurs comtés.

Les duchés furent héréditaires en France jusqu'en 1566
Charles

,

IX ordonna

Cfu'ils

seraient réversibles à la couronne au dé-

faut de mâles.

Jusqu'au tems de ce prince,
faites

les érections

des duchés ne s'étaient
lettres pa-

qu'en faveur des princes du sang. Les premières

tentes d'érection en duché-pairie furent données en faveur de Jean,

comte de Bretagne, en 1297, pour remplacer la pairie de Champagne, réunie à la couronne par le mariage de Pliilippe le Bel avec
Jeanne de Navarre en 1284. Depuis cette époque,
érections de cette espèce
'

il

y a eu plusieurs

;

mais
part,

c'était

toujours en faveur des prin-

Ant. 3Iatlheus

,

de NobilU,

i,

cap. 5.

13

ET StS ABRÉVIATIONS.
royal.

55

ces OU souverains
(lue l'on

,

ou du sang
à

Ce

n'est

que sous Charles I\,

a

commencé

ériger par

brevet les terres de quelques

seigneurs particuliers en duchés-pairies. Le plus ancien et par con-

séquent

le

premier duché-pah'ie de cette dernière sorte est celui

d'Usez, érigé en 1572.

Le premier prélat français qui
de Courtcna\
,

ait

pris le titre de

duc
'.

est

Robert

qui

monta sur
III fut
le

le siège

de Reims en 1299

Le

roi

Edouard

premier qui
:

établit la dignité
fils

en Angleterre, au
iiouaille.

14'= siècle

il

créa son

de duc Edouard duc de Cor-

Les chartes où

il

est fait

mention de duchés possédés en propre
si

et

par fonne d'héritage, doivent passer pour fausses,
rieures à

elles

sont anté-

Charles
:

le

Simple en France,
,

et à
,

Henri l'Oiseleur en

Allemagne
taine.

il

en faut excepter

en France

Eudes, duc d'Aqui-

EXPLICATION
Des Abréviulions conunençant par
sur les
D.

la lettre l) que l'on trouve

monumens
decus, di-

et les manuscrits.

— Deus, Del, Dominus,
seda,

D. B.

Dccius Hrutus.

vus, dévolus, dicavit, diel)us, dccitiius.decuria, decuiio, doiiius,

D. B. C.
D. B.

— De bcnè consulenlibus,

oa

dmid-

de boiioconimuni.

donum,

daluiii,

decretuni,

DD.
I.

— De
Diis

bonis dixerunt, ou

quiiigenta.
I).

dederunt.
il

— F.sl mis (fiichjurfois pour T;
(ijniilr

csl

D. B.

benè juvantibus, de

qnrhiurfois à lajiii des an-

bono
D. B.

judicio.

tinis

iiio/s liilins.

A.
n.

— Quarlum. A. — Divus .\ugu$tus,di;;nilasatnij'E..— I)ca>rario.

D. B. IN.

MB.

— De bonis incerlis. — De bcnè inerentibus.
De
bonis noslris, de benè

D. B. N.
notalis.

roruni, duUis anima.

I).\.— Dona.
I).

D.

B.

nVESQVAS.

Dul(i> bene

D.A.M.S.AV.
D. AIT».
gusto.

quiese«s.

DcavibiismnlcsonAugusto, Divo Au-

D. B. S. F.
D. B. V.

— De

bonis

scrunt augures.

— Dco

— De bunis \irpinis.
conceptivua.

.suis feeit.

D. C.
D. C.

— Dies
A

Divu.<iC««ar AogustiL«.
fd

'

Hist. Genral.

de

(n

Maison de Fraïue,

(

ii,

p.

56
1).

coLiïs DE rniLor-OGiE tr d'archêolocil.
C.C.IÙS.

— DivusCaius Osar.
E.

Av|Aaf/;/.r.; iIvjt.v.;.

Tribunilià po-

D. (-

!)• ('- i'^-

— Dicbus Ca-saris

teslatc, consul tertio.

dirlatoris causa ditata est.

DET.
D. F.

D. C.N. N. B. I). non bcne dical.

— De Osarc nemo
dcdil publiciN

— Dolraclum.
— Dolem
Tecil.

Dccii

liiius.

D. G.
Dl.



-

Dedil

gratis.

D.C. D.
D. C. S.

P.

— De consuluni senlenlià, on

— Dics cum

— C/imigecn Z; Zabolus/jy/// DiaDictator.

bolus.

de ronsulis, ou consilii scntenlià.

DICT.
DIEF..

DCT.
]).

— Detractum.
danlil)us,donodcdi»,dcdica-

Diebus.

D. Deo dicavil, dotis datio, Deus de-

DIG. M.

— I)i;;nus

memorià.

dit, Diis

Al.
DIL.
D.

KYP.

2.-A-'^r^j?:vj:s*p-i5c;
Scrapidis.

vit,daninunidedit,dicsdediC,dandas
dedicaverunt.

lovis doinini

— Dilcctus.
L. IV.

D. DD-— Dono dedorunt. Datus docroto decurionuni, D. D. D. ou dono dedil, dicavit. Dcdicàront, deD. D. D. A. A. A. dcrunl, dono, auro, arf;ento, arc.

I.

A.— Dcisto

lapide invc-

nics

aurum.

D.IX.M.S.— Diis infcrismalè sacrum.
D.
1.

p.

— Dormit

in'pacc,

D. D. D. D.
dicavit.

D. IPS.

Dignum Dco donum D.
DN. SWW. PV.
pugna-

— De L. — Donavit locuni, donc
ipsis.

legavit,

dédit legcm, de loco.

Dl). E. H. L. lO. Lir,.

ET.

LI. P.

— Dinlicalus cslhic locus
patri.

Dclcgo. DE. I). L.D. P. —Diis locum dcdil

publicè.

lovi liberalori, deinde 3Iarli
tori ol

D. E. D. M.

S.— Diis

Liboro
S.

Dl).

IMM.

— Diis.Manibus, domus morli-, —

laribus sacrum.

Diis immoilalibus

Divus.maximus, Diis maximis^doium

sacrum. D. D. L. M.
ncra.

— Dono dédit libefo mu—

maium, donavit monumcntum. Dco magno iTterno. Diis Manibus bcnemcD. M. B. F.
D. M. /E.

Diesmali vcnciunt. Dare de nulu niihi D. D. X. M. P.

DD. M.

V.—

rentibusfecit.

D. M. FV. C.
causa.

— Dolo

malo, fraudisvc

parât.

DD. NX. DDPP. —

— Doniini
Deposili.

nostri.

D.MI^DD-

Quingenla

et

quinqua-

Dédit, donavitque. D. D. Q. D. 31. L. Diis, D. D. Q. O. H. L. S. E. V. D. 31. 31. dcabusque omnibus hune locuni sa- D. M. S.

ginla millia.

— Do malè loqucnlibus. — Diis Manibus Maviorum.
— Divis
3Ianibus sacrum,
sciiuilur,

crum

esse voiuerunt.

D. DQ. S.

Diis

deabusquc sacrum.

dormlunt morlui securi. D. 31. S. C. P. Dies malus
cras pejus.

A. E« Ar^[J.cu È'J/.f, Populi rogalu. DEC. XIII. AUG. XII. POP. XI.
Dccurionibus denariis Iredecim
,

au-

D.

31.

S.C.S.RPP. T. DEIXV.CR.—
si

Dies malus sefjuilur, cras

ruperis

gustalibusduodecim.populolundecim.

AHMAPX.

EZ.

YIIATO

P.

-

tonitrua deinvenies carbones.

D. N.

Dominas

noster,

ujitc sur

D ET SES ABRÉVIATIONS.
I,
.t

57

metliiillcs,

scnlemcnt depuis Do-

D. R.

Drusus.

viilicu, lotit

au plus sous les successeurs de Sévère, jamais sur les mé-

D.

RM.— De

Romanis.

dailles des Francs.

Doniimis. D. N. Diutiùs non fraudebis. 1). N. G. Dévolus numini, D. N. MQ. SQ.

DR. P. — Dare i)roinitlit. Dcrepublieà. D. RP. D. RS. De regibus.

— —

DS.

D. S.

— Deus. Diis. — Datosoio.

majcsialiciue, slaliquc.

D. SP.

DNN.
I).

— Domini. N. P. F. S. — Denumcratâpccunià
sacrum.
().

A. S. C.

— De sapienlibus. — Eopulus senatûs
Aïl^y-wî.

consulte.

De suà pecunià obiit. D. S. P. O. Dco oplimo. Diis omnibus. D.SP.S.P. Desapientià suàperfccit. Dcooptimo a'terno. I). (). .E. D. SVP. P. — De supinà pila. IX^L. Dulcissimus. DT. — Dumtaxat, durai. Deo optimo, maximo. I). O. M. De tribubus. D. TB. DOMS. COS. XllI.l.VD. S.EC. F. De lue genio quod D. T. G. Q. S. Dominus consul XIII ludos s.cculasentis. rcs faciondos curavit. D. TRIB. TL. S. —De iribunali tuli»
faciès

D.

— —

C—

DOT. — Dotcm. DOT. R. — Dolem rccuperavit. DO. TUA. on TUlN.Dlvo Trajano. D( ). VAL. — Divo Valcriann.
D.
P.
(lotis

sentenliam.
D. T. S. P.
riiidinuin.

Diem

terliuni, scu pe-

DUC. DUC.
DV.

Ducum

ductor, duc-

Divus pius, Diis penalibus,

torum ductor.

promissio, dolcm pclil.devola

— Dévolus, donum voluntarium,

persona.

D. D.

PEC. R.
P.
fccil.

F.

— Do pccuniis ropctimdis. — Denunliandi |)o(cstatem
pra-fcclo.

duplex Victoria,
D. V.

— Dévolus vir, Diis votenlibus, — Dilectunivinum bibebant. — Diebiis novem.

Dévolus istorumservalor.
vel

dévolus veste, dies quintus.

I).
I

IM'.

D.Y. BB.

De

D. VIllI.

)!'{).

Dopositio.

1).

V.

n. P.
I).

OCC. ORT.

— De

De

i)arte orcidcntaii.

DV. I. DVL.

S.

vel

DOL

DVLCISS.

parte

orieiitis.

PP.

Dulcissinuis-

I).>PS.

Deo perpeluo. De principibus.

DVL.MS.
D. VS.

— Duleissimus.
— Dolo, vel malo luo.
virlutibus,

DP.S.

— Discipulus.

D. V. M. T.

D. P. S. D. L. D. P.
sibi Diis

— Dc;e virginis, de
Qiiarluni

Deo
«//

posuit

deverbis.

locum dédit publiée.
qnirinalibus
Diisque.

D. O.
I). I).

— Diis

DVS. —Dévolus.

A. XXI.

vicesia"

primo;

(K R. (K S.
supra.

Dequare.
(juo suprà,

— De

(Iribuluni).

on

die,

quo

A.

B.

,

58

r!\piH>i!i

sri!

r^MHRopor.nnir

:?lntl)ropoUnilf.

RAl'I'OUr FAIT

A L' \CADKM1E DES SCÏKNCKS SU!\ LA COLIJ-CTION D'AMIIROrOLOGli: RECL MILLIi: PE\i)A\T L'EXPÉDITION l)i: L'ASTUOLABt ET DE LA
ZÉLÉE,
PAR M. SERRES.
Voilà plus d'un an que les denx coivotles VAstrolnhc ot
la

Zehe
faits

sonl rcnliTcs dans
huit mois.

le

port de

ioulon

,

après une absence

d(î

irenle-

On

a

peine à se figurer quelle abondante moisson de

scientilu|ii('s

et d'objets d'hisioire nalurclle,
à la

combien de documens

relatifs à la

jihysiquedu globe,

géograpbio, ont été recueillis penfaits et

dant cette longue et périlleuse campagne. Ces

ces collections

ayant été soumis à l'examen de l'Académie des sciences, elle a en-

tendu des rapports distincts
enti'e
les

sur

l'ensemble de ces travaux.

Or
,

résultats scienlifuines obtenus

pendant cette expédition

ceux concernant l'anf/iropolofiie présentent un intérêt tout particulier, et

doivent, à raison de leur importance, trouver place dans les

y.'niiales.

V^

ciïet,

contrairement à l'opinion émise

jiar les

demila

sanms du
les

siècle dernier, qui, poiu' faire croire

mettre en défaut l'auteur de
les

Genèse, vodlaient nous

que

peuples étaient étrangers

uns aux autres,

ils

concourent h conformer, par de nouveaux aila

guniens, l'origine unique des nations répandues à

surface

du

globe.

Ce cinquième monde
au banquet de
classe nouvelle

cpae les
;

découvertes des navigateurs modeMies

ont donné à l'humanité
la

ces peuplades de l'Océanie qui ont pris rang
la

grande famille, n'ont pas exigé
allés se

création d'une

en ethnograpliie, mais sont
Cette conclusion
la

fondre dans celles

déjà

formées.

découle

évidemment du rapport
pendant

de

ftl.

Serres sur

collection d'anthropologie recueillie

l'expédition de l'Astrolabe et

de

la

Zélée.

Nous aimons
;

à croire

que

nos lecteurs verront avec plaisir ce beau travail

aussi le reproduiroits-

nous presqu'en

entier.

,

PAR M. SERRES.

S9

A
les

toutes les époques des sciences naturelles, fait observer l'illustre
les physiologistes et

rapporteur, l'histoire du genre humain a été pour

philosophes l'objet d'une attention spéciale. Tous ont compris que

l'anthropologie devait tenir le premier rang, et personne n'ignore quelle

marche progressive
les

lui

ont imprimée, dîuis ces derniers tems surtout,
,

travaux de Camper, de Buffon

de
et

Sœmmering de Blumenbach
,

de Pallas, de Cuvier. de Dumoulin

des navigateurs modernes.
les faits destinés à lui

Tandis qu'ils travaillaient à rassembler ainsi

servir de base, des faits d'une autre nature venaient se

grouper autour

des premiers et corroborer leurs inductions. Epris d'une passion nouvelle,

inconnue jusqu'alors, certains
,

hommes

s'attachaient à suivre,

avec une sagacité snrprenante

et

une persévérance vraiment digne
les

d'admiration,

la filiation

des races humaines, les migrations,

mélais-

langes et le sort des peuples dans les traces
sées, et, par leurs recherches, jetaient

que leurs langues ont
les

de vives lumières sur

com-

binaisons physiques et morales qui en ont été le résultat.

Toutefois, malgré

la

multitude de ces observateurs
la

et

de ces trasoient

vaux
à

,

et bien

que

lus

nations qui peuplent

surface

du globe

peu près toutes connues, l'anthropologie
il

est

encore bien incomplète
ses progrès soient
^

et bien inexacte;

s'en faut

même
le

beaucoup que

aussi grands
»
»

que ceux des autres
,

parties de la zoologie.

CxHie im,

perfection

reconnue de tout

monde

,

tient

,

dit

M. Serres
le

h des

causes qui arrêtent à chaque pas l'observateur, et
sa roule

détournent de
ren-

» »

en l'empêchant d'atla((uer de front
»

les obstacles qu'il

coiUre.

L'absence d'un musée spécialement destiné à l'anthropo-

logie explique, selon lui, les
Il

progrès lents
la

et tardifs

de celte science.

remar({ue ensuite que ceux de

zoologie datent de l'établissement
,

(les

musées

,

et

il

attribue à la lacune (\\n existe

sous ce rapport

,

en

antbropologie,

la

divergence des

savans sur

l'unité

ou

la

pluralité

des types auxquels peuvent être ramenées
niain.
»

les variétés
,

du geme bula

«

On

conçoit cependant

,

conlinuo-t-ii

que

détermina-

tion

de ces types

est la clef de l'anthropologie: car,
l'eiïel

avant de reclieril

B

cher

comment

ces races se coud)inent par

des croisemens,

» n
.)

est nécessaire

de préciser leurs

traits.

Sans

cela,

comment

sépai-er

ce qui s'entremêle sans cesse,
tend à se confondre?
•>

comment

distinguer cecpii.^ans cesse,

f>()

HAPPORT
(la

SL'R L'aNTHROPOI.OGII:
le

donc

été

pour l'aiithropologie un grand pas vers

progrés, un

vérital)lc

élémonl do snccés, d'avoir rapporté
trois types

les variétés

de rcspécc
;

hnniaincà
la

primordiaux
la

:

la

race blanche, ou caucasiquc
'.

jaune, ou vwngoliquc ;

noire, ou éthiopienne

— Ouanl aux

mélliodcs diverses employées pour arriver à cette classification, elles

méritent de fixer l'ailention. M. de >Valkenaer y a été conduit par ses

recherches approfondies sur

la

géographie et l'histoire des peuples;
le

M. Cuvier, par ses éludes comparatives sur

règne animal, et M.

le

contre-amiral Dumont-d'Urville, ainsi que plusieurs autres voyageurs,

par l'observation directe de rcnsemblo des traits et des habitudes des

peuples divers qu'ils ont

visités.

On

n'attribuera pas, saus doute, à

un

pur

effet

du hasard ce même

résultat qu'ils ont obtenu en
si la

marchant

par des voies diverses. Reste à savoir maintenant
langues, des traditions et des
«

comparaison des

monumens

le

confirmera.

Quoi

qu'il

en

soit,

l'anthropologie peut, dès ce
afin

moment,

le

prendre

pour base de ses études,

de se rendre raison, d'une part, des
;

caractères propres à chacune de ces races
tre, les lois selon lesquelles s'opère le

et

de rechercher, de l'auet la

mélange

combinaison de
,

ces caractères par

l'effet

de leur croisement.

On

arrivera

par cette
C','s

méthode

,

à reconnaître et à

retrouver encore l'empreinte de

ca-

ractères chez les peuples les plus civilisés de la race caucasique, et à

expliquer

comment

il

se fait

que, dans cette race, certains individus

rappellent la race mongolique, d'autres la race éthiopique, chez latiuelle

on

les

remarque souvent

à

des degrés très-marqués.
»
,

En un mot
la

,

on

aura

la clef

des diversités des tempéramens.

Une

fois

en possession de ces notions physiques
à

science doit
les

s'en servir

pour s'élever

des recherches morales qui en sont

con-

séquences. Dans tous
rapports

les

lems

,

les physiologistes

ont été fiappés des
les voir se

du physique

et

du moral de l'homme. Mais, pour
,

dessiner clairement et dans toute leur étendue
races humaines

il

faut prendre les

en masse
,

;

alors

seulement on peut sans peine dé-

couvrir leurs effets

soit

dans l'aptitude comparée de ces races pour

'

On

sait

que

les trois races

de Cuvier, Liiik,

etc., la

blanche,

la

jaune

et

la nt-L're sont

également regardées

comme

descendant de Japhet, de
t.

Sem

et

Cham. Voir

les ligures

des races d'après lîluniembacJi/ dans notre

ix. p. i44.

PAR M. Î^ERRES.
les sciences, la lilU'ialurc et les ails, soil

01

dans leurs habitudes et leurs
les

mœurs
casique

,

tandis

qu'une étude

partielle

ne

présente que sous un
la

demi-jour. Ainsi, considérez séparément
,

les

individus de
,

racecauqu'ils

ces rapports vous paraîtront
la civilisation et

peu sensibles

modifiés

sont par

l'éducation.

Si l'étude des rapports

du physique

et

du moral dans
,

les races

hu-

maines répand une vive lumière sur leur histoire
mile à quiconque veut suivre leur
ce qui constitue ce mélange
,

elle n'est

pas moins

filiation et

leur mélange.
la

En

effet,

ce n'est pas seulement

combinaison

des caractères physiques des deux races qui se croisent, mais encore
la

combinaison de leurs aptitudes morales
la
,

Aussi a-t-on compris,

de nos jours, que

physiologie et la philosophie de l'histoire doivent
soutenir, s'éclairer l'une et l'autre.
est évident

marcher de front

s'allier, se
,

Quant

à la linguistique

il

que

la

connaissance de ces
le

rapports l'intéresse au plus haut point; car, dans
la

genre humain

,

voix, la parole et
il

la

prononciation, voilà les élémens du langage;

d'où

suit qn'un(!

connexion intime doit exister entre ces élémens
l'appareil

et les variations
«

que

vocal présente d'une race à l'autre.
la

Or,

si

une langue

n'est

que

coordination du langage humain

ap|)li(iuée à l'expression
tif

des idées, on conçoit que l'examen comparales races

de

l'appareil vocal

dans

humaines

,

doit être pris en coneffet,
les
fa-

sidération

dans l'étude des langues primitives.... Si, en
le

idiomes des langues peuvent se classer d'après
milles humaines; si,

groupement des

pour nous borner

h l'Océanic, d'après la belle
',

théorie

de M. Guillaume de Ilumbold

les

idiomes des Océaniens

peuvent se ranger en cinq grands rameaux correspondant à autant de
variétés de races
;

si les

travaux récens de M. d'Urville semblent con-

firmer l'opinion émise par Forster,

que tous

ces idiomes dérivent
la

d'une langue primitive aujourd'hui perdue, qui ne voit

connevité

que ces

faits

semblent

étai)lir

entre les variations des idiomes et celles

de l'appareil vocal des races?
"

Ces vues sont particulièrement applicables

ù l'élutlc

des races

Nous rendrons compte du savant

ouvrofre

tic

M.

ilc

Ilunilu'ldi

sur hi

lunvjtc knn'i.

i

M
primitives
;

RAPPORT SUR
mais

L* ANTHROPOLOGIE

comme
,

,

en anthropologie

,

nous opérons plus son-

vent sur leurs rameaux

les effets résultant

de leurs mélanges doivent
»

occuper une place distincte dans ces recherches anthiopologiques.

M. Serres observe ensuite que, dans
la

le

croisement de deux races
le

supérieure empreint constamment ses caractères sur

produit

([ui

en résulte d'une manière beaucoup plus profonde que
rieure» Aussi
,

la

race infé-

le

métis n'est pas une résultante

moyenne des deux
les caractères
si l'on

producteurs, mais une résultante inégale dans laquelle
la

de

race supérieure prédominent toujours....

11

conclut que,

veut

liater les

progrès de l'anthropologie,

il

importe beaucoup de rassembler

les types

des peuples et des races dans un
le

même

lieu et sur
le

un

même
pour-

point; car, alors seulement,
giste

philosophe, l'historien et

physioloet

trouveront des élômens indispensables h leurs travaux,

ront aborder avec succès l'étude physique et morale de l'homme.
reste, les obstacles

Au

insurmontables qui, jusqu'à ce jour, ont empêché

les anthropologistes

de réunir ainsi

les familles

humaines, commencent
,

enlin à disparaître.

Ce sont ces

difficultés

vaincues en partie

c'est la

possibilité d'arriver à la solution

de ce problème, qui donnent un cala

chet particulier au voyage de V Jstrolabe et de
«

Zélée.
être tenté sur
,

L'essai d'un

musée anthropologique ne pouvait
que
celui des peuples

un
en

sujet plus intéressant
effet
tre.
,

de l'Océanie. Là

les diverses races

humaines sont en présence l'une de
d'ailleurs.

l'au-

Toutes sont probablement aborigènes ou venues
est

Cha-

cune à son tour
posent.

venue prendre possession des archipels qui la comces archipels, séparés les uns des autres par

La nature de

l'Océan, formait, po^n- ainsi dire, des corps d'état distincts, permettant aux possesseurs de jouii* et de défendre leur indépendance, permettant

aux facultés physiques

et

morales de chaque race de se déployer

sans oppression.
»

Chaque race

a

donc pu montrer ce
elle-même
,

qu'elle sait

,

et ce qu'elle

peut

lorsqu'elle est hvrée à

abandonnée

à ses propres

moyens

de conservation
»

,

de défense

et d'organisation sociale.

En

outre

,

la

prise de possession des terres de l'Océanie n'a pas
;

été faite au hasard

l'apparition successive des races a suivi cet ordre
les petits

régulier

que

l'on
la

remarque toujours dans
nature.

comme

dans

les

grands actes de

,

PAR M. SERRES.
»

63
qui se montre
;

D'abord

,

c'est la race la plus inférieure

sur celle-

ci

s'implante une race plus avancée, qui, à son tour, sert de greffe et
la

cède

place à

la

race

d'hommes qui domine

toutes les autres par
'.

la

supériorité de ses caractères physiques et
»

moraux un

Le

fait

de

l'histoire générale

des peuples et des nations étant enintérêt tout particu»

core en pleine activité dans l'Océanie, donne
lier à l'étude

de ces peuples

et des races

qui les composent.

On

conçoit dès-lors qu'une grande importance se rattache à
;

la re-

production exacte des types océaniens

or,

le

procédé employé par

M. Dumoutier ne
simple que féconde
à les

laisse rien à désirer
l'a

sous ce rapport.

Une

idée aussi

porté à raser

la tète

des Océaniens qu'il moulait,
,

peindre de leurs couleurs naturelles

tillons (le la

et à y joindre des échanchevelure propre à chacun d'eux. Les figures quoique
,

toutes obtenues par emi)reinte, ont conservé les caractères d'expression qui leur étaient particuliers
,

et sont telles

que

les

réclament

les

besoins de l'anthropologie, sans déguisement et sans art.
côté, celte collection

D'un autre

complète

les

descriptions données par les précé-

dens voyageurs. Dorénavant,
lieu d'aller à la

ainsi

que

le
,

remarque,

le

rapjiorteur, au
([ui
,

recherche des peuples

ce seront les peuples
h la

à

certains égards, viendront

d'eux-mêmes

rencontre de l'observa-

teur, (lu philosophe, de l'historien et de l'anthropologiste.

Le nombre des bustes exécutés par
ils

'^L

Dumoutier

s'élève à 51, et
la
2fi

oui éié pris aux diverses stations de W^/siroldlxt et de

Zélée.
appartien-

Sur ce nombre,
à la

2"»

appartiennent

à la

race cui\rée;

race noire ou mélanésienne.
îles

— Les
et

individus de

la

race cuivrée

ont été moulés aux

Gambierou de Mangareva, aux
Salomon
été

îles

des Navià la

gateurs, à Raboa, aux îles

Hogolen, aux Philipj)iueset

Nouvelle-Zélande.

— Les .Vclancsicns ont
la terre
,

moulés au\
,

îles Viti
,

au détroit de Torrès, à
l'armi ces

de Van-Diémen
la

à l'Ilc-Bourbon

etc.
,

denu'eis

les

uns venaicîii de

rôte de

Mozambique

les

autres étaient nés à iModagascar.
«

Au premier aperçu de cette
M. Serres somlile croire
ici

collection, l'esprit est frappé desdifles
lit

que

peuples ont été créés ou se sont produits
ce ijue pensait M. d'irville.
L;i

sur

les lieux

mômes. Ce
la

n'est point

science

ne peut
liroiiilli"

se contenter de celle
liiMf,
l't

Iiypollièse dnillcurs

toute gratuilc; elle

em-

phrase ninne du rapporteur en

est

emlwirrnssée.

{\o/f

(lu

Direct fttr.

>

, ,

f)/i

RAPPonr SUR L A?<TnRoroLor.in
la

féronccs qui

composent. Ces diiïérences ne sont
la

|>as

sculeniont des

nuances dans veux
,

coloraiion de
,

la

peau

,

dans

la

dis|>osilion des
;

che-

dans

la

forme du nez

des lèvres et des orbites

elles

portent

sur tout rcnseniblc
»

On

conçoit, dès-lors,

du crâne de la face, du col et de la stature, que les voyageurs qui ont pris çà et là
,

ces

individus dans des localités diverses, avec des costumes variés, aient

émis

l'idée

de

la

pluralité d'espèces
,

d'hommes chez

les

peuples de

rOcéanie.

En

zoologie

si

un groupe d'animaux

se ])réscntait avec les

mêmes
établir,
u

conditions, ce ne sont pas des espèces que l'on se bornerait à

mais bien des genres
,

,

et peut-être

même des
les

familles.

Cependant

quand on compare ces individus
et

uns aux autres,
-

quand on rapproche
tères,

que

l'on analyse

un

à

un chacun de ces carac
;

on

voit des analogies ressortir

de ces différences

de soite que

tandis

que nous sommes portés

à diviser

dans notre pensée, on trouve

que
»

la

nature réunit dans son action.
cette réunion paraît résider dans l'abaissement

La source de
forme

ou

l'élévatiim
les races
,

du pédicule
le

oculo-nasal de l'os coronal

,

qui

,

dans toutes
le

caractère anthropologique le plus constant et
ses résultats.
la

moins variable dans
»

On
il

sait
,

que
la

,

par

position qu'il occupe

,

ce pédicule forme

d'une part
part,

paroi interne et supérieure de l'orbite, et que, d'autre

sert d'arc-boutant

aux os et à l'apophyse montante de
il

l'os

maxillaire supérieur; d'où
suite celle des
face.

suit
,

que, de

la position qu'il affecte, ré
la

yeux

,

du nez
les

des lèvres et des parties latérales de

Or, personne n'ignore que ces parties de

la face et des disposi,

tions

que présentent

yeux

,

le

nez et

la

bouche

se déduisent pré-

sentement

les caractères les

plus significatifs, non-seulement des races

humaines, mais ceux
»

aussi
la

de leurs principales

variétés.
et
la

Dans

les

bustes de
le

collection rapportée par V Astrolabe
les

Zélée, on suit
produit dans

redressement de ce pédicule et

évolutions qu'il

les dispositions

de

la tête

,

di;puis les nègres de la terre

de Van-Diémen jusqu'aux Hindous de

l'intérieur et

de

la

côte Coro-

mandel.
»

On

les suit

mieux encore sur
,

les bustes

de
,

la

race cuivrée des
îles

naturels des îles Salomon

des

îles

Sandwich

des

de

la

Nou-

velle-Zélande
vigateurs.

,

jusqu'à ceux des

îles

Gambier

et

de l'archipel des Na-

PAR M, SERRES.
>)

65
îles
,

On

arrive ainsi graduellement
l'île

aux naturels des

iMariannos

,

à

ceux de
({ui

liogolen dans l'archipel des Carolincs
,

jusqu'au buste

reproduit un naturel de Manille
si

dans

les îles Philippines, et

dont

le type est
»

parfait.
la

Dans ces degrés de perfectionnement de

race cuivrée, on
la distinction

retrouve facilement les caractères qui ont servi de base à

des races polynésienne et micronésicnnc de M. d'Lrville, caroU-

nicnne et océanienne de M. Lesson

,

que M. Bory-Saint-Vincent comdans
les descriptions, rcssor-

prend dans son espèce neptunicnnc.
»

Ces distinctions

,

si difficiles à saisir

toiit

avec évidence de l'examen des bustes.
îles \iti,

— Les hybrides négrola

malais, moules aux

servent d'intermédiaire à
intérêt.

race noire

et cuivrée. Ils offrent
»

en outre un autre

On

sait

qu'à l'exemple de Forster et de M. de Chamisso, notre
le

savant navigateur, M.

contre-amiral Uumont-d'I'rville ne voit que
,

(leu\ races distinctes dans les peuples de l'Océanie

la

race

mélané-

sienne
la

,

qui n'est qu'une branche de

la

race éildopique d'Afrique, et
(pii
,

race j)oljncsienne basanée ou cuivrée,
la

elle-même, n'est qu'un

rameau de
»

race jaune, originaire d'Asie.
,

Dans
Or,

celte opinion

la race malaise se

trouve effacée du nombre

des races primili\es.
»

si la

race malaise est secondaire, on conçoit, d'après ce qui
la loi

a été dit
i.on
<.

,

que

du croisement des

races humaines devra subir à

égard une modilieation importante.
Car, dans
le

mélange du Malais

et

du Nègre,
j)lus

le

Malais étant su-

jiérieur, le
si la

métis devrait reproduire en

ses propres caractères,

rare était primitive; tandis, au contraire,
,

que

,

si elle

n'est

que

secondaire

son mélange avec une race pure devra

la

ramener vers
les

etlc dernière.

Or,

c'est ce qui est et ce
îles Yiti
,

que montrent

métis néles

gro-iiialais

moulés aux

sur lesquels prédominent

carac-

tères (le la race noire.
"

Si ce fait se

confirme
si

,

on sent tonle

sa valeur,

d'une part

,

pour

la

question malaisienne,

cmbarrassanle pour l'aniliropologie, et, de

l'autre, pour la transmission des caractères humaius dans le mélange des races et de leurs rameaux. L'histoire du rameau araraéen, si errant dans ses croisemcns , en recevra sulout de notables éclaircisse-

mens.

»

.

,

66
M. Serres
fait

RAPPORT SLU
alors ressortir

LAM IIBOPOLOGIE
rimporlance du procédé
luis

eu œuplus

vre par M. Diiniouticr, cl dil (|ue plus ou étudie sa collectiou,

ou

est roulJruié

dans l'opinion de M.
îles

Dûment - d'I. rville

,

(pic la race

noire a donné aux
c<

de l'Océanic ses habitaus primitifs.
(pie la difficulic n'csl (pie

A

la \c'i(é

,

on peut dire, ajoute-t-il,

reculée, puiscju'il reste à établir d'où pro^ienucnt cux-inêmcs ces pre-

miers habitans.
(jue secondaire.

Au fond, néanmoins,

cette dernière question n'est
h

La ([uestion principale consiste

déterminer d'nhord
greffer, par la

quelle est

la

souche-mère sur laquelle sont venus se
et

marche du tems
Or, nous

des événemens, les Hindous, les Mongols, les Chi-

nois et les Arabes.
»

le

répétons, cette souche nous paraît être la race noire

ainsi

que

l'a

établi
les lois

M. Dumont-d'Urville. Et nous répétons encore
physiologiques du croisement des races, les peuet

que, d'après
ples

de l'Océanic portent l'empreinte de ces mélanges
. .

de ces com-

binaisons,
')

La fusion s'opère

ici

d'une manière graduelle et successive. Ce

sont les Hindous qui agissent d'abord sur les Mélanésiens, et préparent,

pour
les

ainsi dire, ces
les

peuples à recevoir les Arabes,
la civilisation

comme,
si

à leur tour,

Arabes

ont préparés à

européenne,

supérieure

à la lem-.
»

Cette

marche concomitante des caractères physiques
est d'autant plus

et

mola

raux des peuples de l'Océanic

intéressante pour
la

philosophie, qu'elle semble dégagée en partie des causes qui

mascette

quent chez
race
,

les

peuples de

la

race caucasique

;

quoique chez

et

principalement dans les rameaux pélagique et celti(iue dont
,

nous faisons partie
trois mille

le

mouvement
loi
la

intellectuel paraisse
»

soumis depuis

ans à

la

même

physiologique.
collection
,

Ln
nie

buste anormal de

buste moulé à Samarang

(

île

Java), et que
cju'il

M. Serres caractérise en disant

que

le

défaut d'harmo-

présente résulte d'un crâne caucasi(|ue implanté sur une face
lui

mongole,
«'

suggère

les réflexions suivantes
dit-il, est

:

Ce défaut d'harmonie,

celui

que présente constamment

l'homme caucasique dans une des périodes de son développement....
Les individus de cette race ne parviennent pas d'un seul jet aux formes
qui
la

caracU^risent

;

datis sa

marche

,

pour revêtir ces formes

,

elle

PAR

M.

SERRES.
;

67
et

en traverse d'autres qui sont moins parfaites

ces

formes moins
l'état

avancées qui, chez elle, ne sont que transitoires, constilut-ut

permanent des races mongoliques
regarder ces dernières races
sique.

et éthiopiques

;

de sorte qu'on peut

comme un tems

d'arrêt

de

la

race cauca-

Après avoir entretenu l'Académie des bustes rapportés par M.
moutier, M. Serres dit que
les

i3u-

crânes recueillis pendant

le

voyage de

Y Astrolabe et de

la

Zélée offrent d'autant plus d'intérêt, qu'ils proles

viennent en partie des races que

bustes représentent, et permettent
,

de suivre, d'après une double comparaison
fectionnemens
,

la

série graduelle des perla

tant sur la race noire
les

que sur

race cuivrée.

Ils

confirment ainsi
avait conduits.

conclusions auxquelles l'examen des bustes nous

En terminant

cette analyse,

nous n'essaierons pas de montrer, après
mais que l'on nous permette une ré,

M. Serres, quels avantages l'anthropologie doit retirer des tra\aux
exécutés sur un plan semblable
flexion.
;

Chaque jour, des savans
et

indiffércus à nos
la

croyances, s'en
,

vont, poussés uniquement par l'amour de

science

parcourir
le

le

monde,

rapportent, sans y songer, souvent

même

sans

vouloir,

des argumens en faveur d'un livre bafoué au siècle dernier.
semble-t-il pas,

>e vous
une lon-

comme
,

à
le

moi, que ce

(ait

vaut, à

lui seul,

gue dissertation

et

que

doigt de Dieu pourrait bien tire là?
D.

CAL VIGNY.

«••ooo»

,

68

DE L'LXISrt.NCE ET DE L'INSTITUT

polcmii)uc inU)oliquc,

DE
L'IilXlSlENCE
Par le R. r.

ET DE L'INSTITUT DES JESUITES,
de la Compagnie do
Jc'siii
-.

DE UAVIGNA.X,

Il était,

en

ciïct,

tcms de parler,
siècle

comme
le

le dit
,

i'aulcur dans son
la

épigraphe.
presse,
c'est

Dans un
si

comme
la

nôtre

parole a

,

par

la

une part

large sur

formation de nos pensées, se taire

donner

libre carrière à la

calomnie

,

c'est

,

aux yeux du grand
lais-sèrcnt

nombre, s'avouer vaincu. Quand

les Jésuites,

en 1828, se

condamner
c'est

et

renvoyer de leurs collèges, une chose nous étonna,
,

de ne pas entendre une seule voix qui
Il

du milieu de

cette fa-

mille, s'élevât pour se défendre.

ne

s'agit
,

pas seulement, ])our les

(laiholiqucs et tous les enfans de l'Église

de donner des exemples

d'humilité,

il

faut ciue

,

membres de

la

Société,

hommes de
mais

notre

tcms,

ils

en comprennent non-seulement

les devoirs,
la

les droits.

(À's droits

sont inscrits principalement dans

Charte, fondement du

droit public de notre

époque.
vieilles

En

vain quelques légistes surannés

vont exhumer quelques

lois, débris

d'un
la
il

autre âge, pour
liberté acquise à

proscrire des l-'rançais qui ne
tout

demandent que
:

homme

qui met

le

pied sur le sol français

ne faut cesser de
et à la liberté.

rappeler ces demeurants
C'est ce
lyser
sa

du

siècle passé à la

Charte

que

vient de faire le R. P. de Ravignan.
il

Nous

allons ana-

brochure;
,

était

impossible de

parler

un langage

plus

noble et plus sage
est

plus français et plus chrétien. Cette publication
;

un

véritable

événement
pour

c'est

une voix nouvelle

,

un langage d'un

autre

monde

,

ainsi dire. ÎNulle

préoccupation de politique, de

'

Brochure de 168 pages, àParis, chezPoussielgue; prix

:

2 fr.

DtS JÉSUITES.
parli, nulle injure, nulle récrimination
libortô sage
, ,

69
mais une force douce, une
en un mot
,

une assurance modeste
de
la

;

c'est,

le vrai

lan-

gage

(le la

vérité et

justice opprimées.

Ce langage

sera-l-il
la

en-

tendu? Pourquoi pas?>'ousle savons, une notable partie de
ration actuelle est fatiguée des

géné-

mensonges

et

des calonmies du siècle
la

dernier

;

elle

travaille tous

les

jours à réhabiliter

vérité
lui

,

et à lui
:

rendre

,

dans notre société, de
la

la

place d'honneur qui

appartient

c'est à cette portion

jeunesse que ce livre offre l'occasion et les
justice.

moyens de
llavignan.

faire

un grand acte de

Écoutons donc

le 11.

P.

de

Dans une Iniroduciion pleine de force
bliée par plusieurs
à i)rendre la parole

et

de noblesse,

et déjà

pu-

journaux,
:

il

donne

les motifs
la

qui l'ont déterminé
le droit

le

devoir de repousser

calomnie,

in-

hérent à

la
le

qualité de Français.
1"" chai)itre,
il

Dans
cices

examine ensuite

le

fameux

livre

des Exer-

de saint Ignace, loué par tant de

saints et

de grands
ait

hommes,

cl l'épouvanlail

de certains professeurs, qui ont
entier y était
,

semblatit de

croire

que

le

monde

menacé de
la

ruine. L'auteur, dans

une analyse

très bien faite

montre que ce

n'est

qu'une voie

,

mais
,

une voie admirable, pour dompter

partie matérielle de

l'homme

et relever, pcrfeciionner, la partie spirituelle.

Le
ciété

2= G apilre est consacré à

examiner

les

constitulions de

la

So-

de Jésus. Nous

allons faire

quelques citations qui mettront nos
est

lecteurs à

même

de bien connaître comment

formé un

.lésuite.

L'auteur raconte d'abord en ces termes les motifs qui

le

détermi-

nèrent à entrer dans l'ordre
«

:

Un homme
la

lassé

du monde

le ([uitla.

Peut-être

les passions
il

ar-

dentes de
chait
el

jeunesse avaient traversé violenunent son àiue;
il

cher-

un

abri,

a

conçu un profond désir de se venger de lui-même
encore aujourd'hui (pie
totale

de Satan par des faligues utiles au prochain.
«
Il

crut alors et
est

il

croit

le

grand mal de
d'ubrissancc

notre tems

l'ab-sence

de

subordiiiatiin
illusions
,

et

parmi

les

honimes.
il

Désabusé des vaines
soif d'obéir;

des chimères de
le

l'indépendance,

avait

lien ressonlail
l'asile

besoin iui(pii

mense;
lit'

il

invo(piait l'obéissance

comme

sameur

devait
")

SÉUIE.

Tu.ME IX.

iV i9.

\\i>kh.

70

l)F.

L'lNSTIt(JT
lui

proléger sa dignité d'iioiiiinc et

assurer la possession de

la

véri-

table liberté, raffraiicliissemeiit de l'àme.
«

Le

travail

des exercices spirituels achève de
;

lui

montrer

la

lu-

mière
Jésus.
»

et

de

lui tracer la voie

il

frappe à

la

porte de la

Compagnie de

Ce qui l'émeut dès

l'entrée, c'est

la

paix profonde qui règne dans
la

la religieuse

demeure. L'aspect de ces murs silencieux,
le

démarche

recueillie

de ceux qui l'habitent,

bruit des pas qui retentissent

comme au
la

désert, l'ordre, la pauvreté qu'on rencontre partout, l'ac-

cueil prévenant et l'expression obligeante

du bon
sais

frère qui introduit,

douce gravité du père qui
l'on respire,

reçoit

,

je

ne

quel air pur et suave
et

que

une présence de Dieu plus intime, ce semble,

plus familière, tout dans ce séjour,

quand pour

la

première
,

fois

on

l'aborde étranger venant de loin et battu par les orages
ressentir

tout y fait

une impression qu'on ne peut guère
l'impression de Dieu.
,

définir,

mais qu'il faut

nommer

Un

principe inconnu,
les

un

esprit bien-

faisant soulage les peines

réparc

forces, et

donne l'avant-goût
soi

d'une nouvelle et heureuse existence. Enfin on n'a plus autour de

que des cœurs ouverts

et

pieux

,

des fronts sereins

;

la

parole qui
et frater-

rarement interrompt un long silence est toujours simple
nelle, les rapports libres, joyeux, faciles.
»

Voici ensuite les premières questions
désire entrer dans
«

que

l'on fait à

celui qui

la

compagnie

:

Êtes-vous prêt, lui demande-t-on

,

à renoncer au siècle, à toute

possession

comme
s'il

à tout espoir de biens temporels ? Êtes-vous prêt

à mendier,

le faut,

votre pain de porte en porte pour l'amour de
'.

Jésus-Christ?
»

— Oui

Êtes-vous disposé à vivre en quelque pays
les

du monde

et

en quel-

que emploi que ce puisse être, où
serez plus utile pour
la

supérieurs jugeront que vous

plus grande gloire de Dieu et le salut des

âmes?

— Oui'.
.,

Exam.
,

c. vs, § 1, 12, 26,

27

;

Const. part vi,

c. 2, §

lU; Institut. Soc.

1. 1
'

p.

345

et seq., et p. 410.
c. iv> J

Exam.,

35

Const. part,

m.,

6. 2. litt.

G, Institut. Soc.

t.

i,

p.

350

«

Î7S.

DES JÉSUITES.

71

Êles-vous résolu d'obéir aii\ supérieurs qui tiennent pour vous
la

la

place de Dieu, eir toutes les choses où vous ne jugeriez pas

con-

science blessée par le péché?
»

— Oui

'.

Vous sentez-vous généreusement déterminé
les
;

à

repousser avec

horreur sans exception tout ce que
gés mondains aiment et embrassent

hommes

esclaves des préju-

et

voulez-vous accepter, désirer

de toutes vos forces ce que Jésus-Christ notre Seigneur aima et embrassa?
»

— Oui\
la

Consentez-vous à vous revêtir de

livrée d'ignominie qu'il a
lui, les

jiorlée, à

soulMr comme
les

lui,

par amour et par respect pour
,

Taux témoignages et
jet
»
'

injures

sans toutefois y avoir donné su-

»

H

faut répondre

:

Kt grâces immortelles en soient rendues à

la

bonté de Dieu;

j'ai

répondu
»

oui.

«

Vous passerez pour

fou.

Oui, cela
»

me

convient.
si

Jamais question

étrange ne frappa des oreilles humaines;
la

jamais peut-être l'Évangile de

croix et sa folie sacrée ne furent
native.

mieux présentés dans leur rudesse
tendait
si

Au

reste, saint

Ignace en-

bien que les soldais de sa compagnie fussent des disciples

du Dieu
il

crucifié, que, durant sa \ie, tous ses historiens l'attestent,
le

pria

instamment
:

Seigneur pour que

la société fût
»

toujours per-

sécutée

il

a été bien exaucé,

on

doit en convenir.

L'auteur parle ensuite du noviciat qui dure deux ans.

Toute

étude est interdite au novice durant ce tems.
«

La prière,

les

méditations prolongées, l'étude pratique de
la jilus

la

perla ré-

feilioii et

surtout de

sincère abnégation do soi-même,
la

form<; courageuse des
et litlèle contre

penchans de

nature

,

la lutte

journalière
jouis-

l'amour d'un vain honneur

et

des fausses
la

sances, l'usage familier des exercices spirituels et de

conversation

avec Dieu

,

la

connaissance de tout un

monde caché au fond de
ii el
passiiit.

'

Exnm.,
p. 37:J.

c. iv, ^

2'.».

Cuii^l.,

j).

m,

C- 1,

'l

— /nsliltU.

Soc,

t.

I,
'

F.rnin.,

c.

IV,

'l

li. liitUflil. Sor.,\..

i,

p.

:}"«"2.

»

Imiiii

ei'idt'in

yestp ac insij;nibiis Doniini «ni, pro ipsius anioro ac revc•

•'

rt-nlià...

ruulunieliiu, falin toitiniuni.i el injuriai» pn(i...

fhiJ.

,

72

DE L'j.NsrnuT
(lui iciiiplil les ln'urcs

ràine, cl (ruiK' \ic toute inléricmc; \oilù ce
(lu noviciat
'.

»

Écoulons comment
(les

l'auleui" fait

encore

ici

un retour sur lui-même,

paroles seront

nouvelles pour ceux qui ne connaissent (jue les
la lillcralurc

livres
«

de

la

science et de

du

jour.

On me
les
,

pardonnera

,

en parlant de ce tems déjà bien éloigné de
les

moi, d'y retrouver mes plus doux souvenirs; alors s'accomplirent
jours
plus heureux de

ma

vie.

Berceau chéri de
,

mon

enfance re-

ligieuse

creuset laborieux de

mon âme

épuration féconde de l'in-

telligence et
»

du cœur

,

non je ne vous oublierai jamais.
les derniers bruils

C'est bien là

que viennent mourir

du monde
on

et ses vaines agitations.

A

l'école

de

la

pénitence et de
,

la prière,

se dépouille peu à peu de cette vie fausse

de ces intérêts factices
et

de ces affections inférieures qui empêchent d'aspirer aux combats

aux triomphes de
grâce, et

la

grande gloire de Dieu

et

de

la

conquête des âmes.

Et cependant l'onction des entretiens divins,
de
la
le

et les attraits puissans
inal-

bonheur intime d'une concorde, d'une paix

térables pénètrent, encouragent, consolent....

Oh!

il

faut le dire

que ces premières années
dité!
»

s'écoulent avec une bienheureuse rapi-

Après ces deux ans de noviciat

les

vœux

sont prononcés. Ici l'au:

teur traite des études, qui sont divisées ainsi qu'il suit sont consacrées à
la

doux années
ans à
la

rhétorique et à

la littérature

,

trois

phila

losophie et aux sciences physiques et mathématiques;

puis vient

régence ou

enseignement des classes dans un collège,

des

plus

basses aux plus hautes classes; la régence doit dm-er 6 ans.

A

28 ou 30 ans, l'étude de

la

rhétorique, de i'Écriture-Sainle

,

de

l'histoire ecclésiastique et

des langues orientales, pendant 4 ou 6 ans,

et l'on

n'arrive au sacerdoce qu'à l'âge de 32
le

ou 33 ans; après ces

éludes seulement
V

religieux est admis à faire sa profession.
le saint

Cet ordre des études, dit l'auteur, est conforme au but que
s'est

fondateur

proposé. Pour

la

plus grande gloire de Dieu et le plus

'

C'umL,

pari,

m,

c.

1.

— Exanu,

c. iv^ % il

\

IhsUIuL Soc,

t.

i,

p.

ôlO et

551.

DES
grand hion des âmos, un
g(''liques à

.lÉSTITFS.

73
préparo
los

lonp; appren(iss.ige

onvriprs évan-

toutes les positions, à tous les ministères sacrés. Saint Ignace

veut, autant que possible, des

hommes

solidement instruits,

des

hommes
les voies

qui ne s'égarent point

,

qui marchent d'un pas assuré dans

de

la

vérité

,

et

que

les saines doctrines éclairent et

condui-

sent toujours; des

hommes

qui sachent tout ce qu'il faut savoir, qui

se placent fidèlement en présence

du mouvement de

la

science et se

maintiennent à sa hauteur; qui en tout, en histoire, en physique, en
philosophie
,

en littérature
sit;f le
,

,

comme

en théologie ne restent point en

aiiière de leur

mais puissent en suivre ou

même

en aider
la

les

progrès, sans jauiais oublier toutefois qu'ils sont voués à

défense

de

la religion et

au salut des âmes, cependant
:

s

Ce

n'est pas tout
,

après toutes ces études et toutes ces
,

épreuves

avant d'entrer dans l'exercice du saint ministère

le reliil

gieux doit faire encore une année de noviciat, pendant laquelle

re-

nonce
« »
.)

à toute étude,

pour s'exercer dans Yêcole du cœur.

C'est-à-dire, qu'on va soigneusement l'appliquera tout ce qui

affermit et fait avancer dans

une humilité sincère, dans une abné,

gation généreuse de

la

volonté

du jugement même
la

,

dans
,

le

dé-

»
-)

pouiilcment des

penchans
,

inférieurs de

nature
jilus
,

dans une

connaissance plus profonde

dans un amour

grand de Dieu;
fait
il

» »

de cette sorte, après avoir

fortilié

dans son ànie

après y avoir

pénétrer plus avant encore cette vie véritablement spirituelle,

»
»

pourra micx aider
la
"

les

antres à s'avancer dans les

mêmes voies pour
les trois

gloire de Dieu et de notre

Seigneur

'

».

Ainsi

,

après les 2 ans de

premier noviciat viennent
\~>

\(eux de religion, simples mais perpétuels; après
(rè|)reuves et d'études
,

ou 17 années
les

après une

.3'^

année de noviciat \ienneut

\œux

solennels de profès, ou les derniers
'.
>

vœux de coadjuteur

:

telle

est la gradation régulière

'

Coiiil., part.

V, c. },

;;

I.

A'.iv/w., c. iv,

;;

IC;

J.,stiliil..

Soc.

1. 1,

p. i03

(•i:ri8.
'

i:.iinu., c. I,
;i'iO

ii

7, 8, 9.

Coiist., pnrl. v, o.

I,

lilt,

A.

— /rsUInl. Sor.,

t-

I, 1».

ol 40-2.

7/j

DE l'institut
l/autPiii- finit ce chapitre

par ces belles paroles qu'il adresse à tous

Wti esprits
'

impartiaux.

On

sait

mainienant comment se forme un religieux de
,

la

flom-

pagnie de Jésus. Certes aucun fondateur ne multiplia
les

ne

|>rolon_i;ea

préparations et

les

épreuves autant que

1'^

nôtre.

Il

semble avoir

\oubi laboiieusement imiter l'éducation instinctive de l'oiseau qui
plane dans les
airs,
il

veut que ses disciples rendus étrangers aux
terrestres s'élèvent jusqu'h contempler

basses régions des affections

fixement dans leur course

le

divin soleil de justice, et sachent inces-

samment renouveler
leur action à
» la

les forces

de leur âme

et accroître la

vigueur de

clialeur

vivifiante

de ses rayons.
la

J)aigne la grâce de Dieu accomplir en nous

pensée de notre

))ère! Puissions-nous tous

par d'Iuimbles et généreux efforts réponet

dre aux
a u-acécs
»

\œux de
!

sa

grande âme

marclior dans

les voies qu'il

nous

Kt maintenant

,

le

jour de l'action étant arrivé, pour
le

la

plus

grande gloiic de Dieu, pour
l)lus (jue

service de ses frères,
les

le

Jésuite sera

jamais indifférent à tons
Il

lieux,

h

tous les emplois, à
,

louies les situations'.
tion invincible,
b's

ne repoussera loin de

lui

par une dénégaIl

que

les

honneurs
,

et les dignités
le

».

les respecte et

admije dans

les autres
Il se

comme

faîte

du dévouement

et

d'une

^hrieuse servitude.
jamais pour
»

dévoue,

lui aussi,

mais toujours pour obéir,
,

commander, sans réserve, sans exception
de septième
,

sans retour.

La
et

classe

au collège,

la

pénible surveillance

du
les

jour

de

la

nuit entre les

murs d'une

salle

d'étude ou d'un dortoir-,
;

la (Jliine, les Indes, les sauvages, les infidèles

l'Arabe, le
,

Grec

;

républi({ues

,

les

monarchies

;

l'ardeur des tropiques
les

les glaces
;

du

nord; l'hérésie, l'incrédulité;

campagnes,

les cités

les résistan;

ces sanglantes du barbare, les luttes polies de
sion,
le

la civilisation

la

misles

confessionnal;

la

chaire,

les

recherches studieuses;

prisons, les hôpitaux, les lazarets;

l'honneur, l'ignominie;
cachots; la faveur,
,

la persé;

cution,

la

justice;

la

liberté,
soit

les

le

Inartyre

pourvu que Jésus-Christ
'

annoncé

la gloire

de Dieu proclamée,

Cons/., part. AU,

c. 2, §

1,

in fine; p.

4'" et alibi passini.
i,

'

l'oHsl., Dart. X, j C.

— Insdtul.

Soc.

t.

p. 446.

DES JÉSUITES.
les

7")

âmes sauvées, tout

est

pour

le

Jésuite d'une égale indifférence.

Tel est l'homme que les Constitutions ont voulu donner à l'apostolat
catholique. Sans doute nous

pouvons gémir devant Dieu de ne pas

atteindre

ce but avec

le

courage persévérant qu'il demande; du
but n'est pas sans grandeur; et y consa;

moins,

faut-il l'avouer, le

crer sa vie, c'est peut-être lui donner quelque prix
vérité.
»

et j'ai dit la

Nous bornons
substantiel,

ici

nos citations, et nous renvoyons à cet opuscule
traite

où l'auteur
la

encore successivement
la

:

nement de
béissance
»
;

compagnie;

— De

journée d'un jésuite
:

— Du gouver— De
;

l'o-

qu'il

termine par ce résumé

Ainsi, le religieux n'est plus esclave;

il

ne
il

sert plus

l'humeur,

le

caprice, les sens, l'orgueil ni les passions
II

;

a foulé

aux pieds ses
prudence, rèil

tyrans.

est

libre
II est

dans
libre
,

les voies sûres; la vérité, la

glent ses pas.

car
les

il

obéit à la sagesse de Dieu, et
utiles
,

obéit

pour se dévouer à toutes

œuvres

à tous les sacrifices et à

tous les travaux pour le bien éternel de l'humanUé.
«

Soldat

,

tu iras te placer à

la
,

tète

mourras, nous passerons.
r>

— Oui
la

de ce pont, tu y resteras
général.
«

;

tu

mon

Telle est l'obéissance guerrière, perindc ac cadciver. Elle sert,

elle

meurt;

et voilà

pourquoi

patrie n'a pas assez de voix

pour

célébrer son héroïsme et sa grandeur.
>

Demain vous

partirez

pour

la

Chine

;

la

tend, peut-être le martyre.

— Oui, mon

persécution vous y at»

père.
fait

Peritidc ac

eadaelle

Ver;

telle est

l'obéissance religieuse. Elle

l'apôtre, le

martyr;

envoie ses nobles victimes mourir aux extrémités du uionde pour
le salut

de frères inconnus. Et voilà pourquoi l'Église

lui élève ses

autels, lui
»

décerne son culte, ses pompes et ses chants glorieux.

Telle est l'obéissance

demandée au
;

Jésuite.

Vous avez cru pouvoir
la

la

livrer à la dérision
,

pubhque

il

vous a plu de

mépriser

:

laissez'.

moi penser que

jusqu'à ce jour, vous ne l'aviez pas comprise

»

Il

npntpriit-plrcpa^ inutile dr
et

fnirft

observer ici'que l'obôlMBurr religieuse
tie

f>l

essentiellement libre
la
lui
;

voinninire. l.e \(t\\ n'a plus

force ni

tle vaiiMir

au\ ycu\ de

U

religieuj nu 5«urji( olr« conlntinl par aui iino auloiiié

TC)

DE
Enfin
,

I.

JNSTITLT
irailc
:

pagnie; — De

dans

le cliapiiie

m.
;

il

— Des doctrines de
,

la f«»ni-

ses missions

et finit

par cette conclusion

que nous

citons en entier.
<

Il

y a plus

de quatre-vingts ans qu'un arrêt de proscription pèse
Société de Jésus. Nos juges, au su de tous, étaient
,

m

Franco sur

la

alors jiarties contre nous

et avant d'instruire le procès,

ils

avaient

prononcé

la

sentence. Tout ce qui se dit, tout ce qui s'écrivit à celte
le

époque, on

ramasse aujourd'hui

,

sans tenir compte de vingt réfu-

tations victorieuse;, et on le jette en pâture à la crédulité popidaire.
»

A

certains jours donnés, la Franco entière s'en nourrit; aux ca;

lomnies anciennes on en ajoute de nouvelles
fautes et
lc>^

on nous impute
,

les

malheurs dos tems qui ne sont plus
suffisaient pas h

comme
l'histoire

si les
;

pas-

sions des

hommes no

en expliquer

et

nous,

que chaque heure de notre
et

vie rappelle à la contemplation exclusive
lier

unique de

l'éternité,

on nous accuse de
immortels de
h.

inséparablement dans

nos pensées

les intérêts

Religion aux mobiles intérêts
la terre.

du

siècle et à la destinée passagère

des choses de

Ou nous
plus vulla

accuse de rechercher, d'entretenir, de cultiver avec soin dans nos

âmes

tout ce

qui

irrite et divise

,

lorsque

la

philosophie

la

gaire inspire des pensées plus sages

aux acteurs eux-mêmes de

scène politique

,

désenchantés par tant de mécomptes.
cela
,

Panni tout
foi, et l'on

le

bon sens

n'est pas plus respecté
les

que

la

bonne

ne recule pas devant
dit,

plus étranges contradictions. Ce
et

que d'autres ont

on nous en charge,

en

même
Dieu

tems, on nous
sait

reproche de nous

taire.

On

exalte à plaisir, et

dans quel

but, ce qu'on appelle notre habileté, et en

même tems,
de
la

l'on

nous prête,

dans
u

les

circonstances
récit
le

les

plus critiques
dioit attaqué
,
,

,

les plus folles témérités.

Au

du moindre

moindre

liberté

mena-

cée dans

plus

humble citoyen

mille voix s'élèvent et invoquent la

cxtépieure et civile à raccomplissement de ses devoirs,
autrefois

comme

il

pouvait l'être
11

La conscience

est

aujourd'hui son seul maître et son seul juge.
et à

conserve donc légalement toute sa liberté,

aucun instant son obéissance
et

ne saurait

être forcée.

Quelques

esprits

pourront ainsi se rassurer

ne nous

croiront plus tant à plain-Jre dans

un

état

que nous avons

choisi,

quenous Con-

servons par

le libre

usage de notre volonté de chaque jour.

DES JÉSUITES.
Cliarlo vl les lois
,

77

cl ces

mômes

voix ne savent invoqner contre nous

(HIC la proscription cl l'arbitraire
(les

des coups d'État. Dans
,

les

colonnes
,

journaux

,

dans

les

ateliers

sur les bancs des ('coles

jusque

dans l'enseignement
designés à
la

distribue'? à la

jeunesse

,

partout nous

sommes

haine

,

et

comme

offerts

en holocauste aux fureurs de

l'opinion égarée.
.)

Telle est, enfin, notre situation,

que quelques hommes ont
,

l'in-

qualifiable puissance

de se

faire croire

en proclamant par toutes

les

voies de

la

publicité ce qu'ils rougiraient de dire en face à l'un d'entre
es])rits

nous

;

et

qu'on voit de bons

même

ployer à notre

nom

sous

le

joug d'une frayeur stupide.
» Il faut
»

que tout

cela ait
le

un terme.
est
la
;

Un homme,

dont
,

mmi

demeuré
;

célèbre, se présenta, h
n'avait rien à

la

fin

du

siècle dernier

devant

justice

il

demander,

rien à réclamer

pour lui-même

mais un motif immense pressait son

cœur,

exaltait

son courage. Fils généreux, enfant blessé dans ses plus
la
,

chères affeclions par
torité

condamnation d'un père, quelle

([ue fût l'au-

de

la

sentence

il

en prononça l'injustice dans sa conscience, et
Il

demanda une
rans,
il

réhabililalion solennelle.

dut

à

ses efforts persévéle

dut à cette consécration courageuse d'un beau talent,
la piété filiale, et

triomphe de
')

une noble part de renommée.
la

Comme

lui je

viens

demander
par
la

réhabilitation de

mes

pères.

Kufant blessé dans
par
la douloureu.sv.'

mon àme
iniquité de

les

longs malheuis de

ma

famille et

sentence qui pesa sur

elle, je

n'amje n'ai

i)iiionnc

aucune renommée, je n'apporte point de
.le

talent

,

qu'une inébranlable conviction.
je n'ai pas besoin d'aulre chose.
1)

ne demande que justice

et vérité;

Je deniaiidc

la ié\isi()u

d'im grand

et injiisic [irocès; je la
;

de-

mande pour mes pères moi-même, .l'ai la |)lus
cenls, (pic

(jui

ne sont pins

je'

la

demanch»

pour

indubitable conscience qu'ils furent innoIls

nous

le

soniuies.

ne

finciil

ni

jugés, ni ciiteiuliis

;

qu'on nous enlendc enfin, (pi'on
Il

les

juge aujourd'hui.
plus dans
la

.le s.'iiscpie

ce genre de réhabililalion judiriairc n'es!
réhabililation

nos lois;

mais
:

la

morale sera toujours dans

justice

de

la
»

Krance
Je
la

je la

demande.
la

demande au nom même de

patrie qui ne peut voir

plus

78

DE l'institut

lonççtoms avoc indiffcTonro (m'oii fléirisso ot qu'on ontraj^c, au ni^*-

pris de tous les droits, l'Iionncur de ceux qui n'ont pas cessé d'être
ses en fans.
»

Je

la

demande pour des
leur donnant

millions de catholiques qu'on
n'est pas leur

prétend

insulter en

un nom qui

nom

,

qui est le

nôtre, et qui ne doit plus être une injure.
»

Je

la

demande pour
poser tout

toutes les sociétés religieuses qui ont posé
la

leur tente au soleil protecteur dO

France, et sur lesquelles malgré

nous on
vent.
»

fait

le

poids des animosités qui nous poursui-

Je

la

demande au nom des évêques vénérés dont
solennellement

la

voix se

fit

trois

fois

entendre

pour protester contre
de religieux
fidèles

l'injuste

proscription de toute une famille
l'Église, aux lois,
»

à

Dieu

,

à

au pays.
vingt papes qui tous approuvèrent,
;

Je

la

demande au nom de
,

confirmèrent

louèrent l'Institut proscrit

je la
,

demande au nom du
et qui
la

saint pontife qui

deux

fois

bénit le

sol'

français

au milieu des

longues douleurs de
gloire à
,

son exil se reposa dans
la
si

pensée de rendre
Cet auguste

Dieu en

rétablissant

Compagnie de

Jésus.

vieillard
a-t-il

qui fut pour tous un
la

doux

et

si

courageux réi)arateur,
de
la

donc perdu dans

tombe tous

les droits

vertu et

le

pouvoir de ses souvenirs?
»

Je

la

demande au nom de
,

l'Église universelle qui

,

par

la

voix

du

concile immortel de Trente
:

prononça dès

lors

une

indestructible

approbation
»

pium
et

institutum.
et

Je

la

demande,

en

la

demandant

je

ne

fais

que réclamer
,

pour mes frères
patrie
liberté
.)

pour moi ce qui appartient
,

à tous

l'air

de

la

,

le droit

de vivre

de

travailler

,

le

droit de nous dévouer, la

dans l'ordre,

la liberté

dans

la justice.

Et maintenant

j'ai fini

j

je

me

recueille dans la pensée

de Dieu

et

de

mon
Que
si

pays

,

et je sens

au plus intime de
faire.
la lutte,

mon âme

la

grandeur

et la solennité
-)

de ce que je viens de

je devais succomber dans
la

avant de secouer sur
pas, j'irais m'asseoir

le

sol

qui m'a vu naître
fois

poussière de

mes
de

une dernière

aux

pieds de la chaire

Notre-Dame. Et

là.

DES JÉSUITES.
portant en

79

moi-même

l'impérissable témoignage de l'équité
patrie, et je dirais avec tristesse
la
:

méconpro-

nue, je plaindrais
»
Il

ma

y eut
la

un jour où
nous

vérité lui fut dite

:

une voix

la

clama; et

justice ne fut pas faite; le
la
,

cœur manqua pour
,

la faire.

Nous

laissons derrière
la

charte violée

la liberté

de conscience
:

opprimée,

justice outragée

une grande
il

iniquité

de plus

ils

ne

s'en trouveront
lis

pas mieux.
l'i-nfaillible

Mais

y aura

un jour meilleur;

j'en

dans

mon ame

assurance, ce jour ne se fera pas longtaira pas la

tems attendre. L'histoire ne
faire.

démarche que

je viens

de

Elle laissera

tomber sur un
Seigneur
,

siècle injuste tout le poids

de ses

inexorables arrêts.
l'iniquité

vous ne jK-rmcttez pas toujours que
,

triomj)he sans retour ici-bas
la

et

vous ordonnerez
»
-

à

la

justice (lu tems de précéder

justice

de

l'éternité.
,

Nous croyons que tout
raisons

esprit
,

non prévenu

et surtout

qui n'aura

pas pris son parti à l'avance
si

se laissera con\aincre et touclier par des

justes, et présentées avec cette

mesure

et cette

convenance.
:

iMais les Jésuites ont

eu et ont encore deux puissans ennemis
haine des médians
A. B.

la ja-^

lousio des

bons

et la

,

80

COURS DE PUH.OSOI'MIE,

}JI]iUi5opl]if

Cntl]olii]Uf.

COUUS COMPLET DE PHILOSOPHIE
MIS EN RAPPORT AVEC LE PROCRAMMB UXIVERSITAIllE ET P.AMEXÉ kCX PRINCIPES DU

CATHOLICISME.

Par

M

ï\ATTir,F,
;i

avocat, professeur de philosophie

l'école

de Pont-lc-Voy

'.

Il est

bien

difficile

de

faire

un ouvrage élémentaire
le

,

sur

la
il

piiiloso-

phie

,

qui soit du goût de tout

monde

aujourd'hui
la

;

mais

est sur-

tout difficile de le faire en

rapport avec

nécessité

du

tenis.

La

philosophie, quoi qu'on en dise, n'est point, de nos jours, une science

constituée en rapport avec tous les progrès de nos connaissances.
Il

y a

de quoi
telle

la faire

,

nous

le

croyons
la

,

mais

elle n'est

pas

faite,

du

moins,

que bien des gens
ou l'agrandissent,

comprennent;
:

cela

dépend des
,

points de vues divers où l'on se place
la rétrécissent
la

ces points de vues

en

effet
,

formulent ou l'anéantissent
la

sui-

vant leur manière de l'envisager, de

concevoir ou de

la

définir.

Cependant
sur
la

,

tout le

monde convient qu'un bon ouvrage

élémentaire
,

philosophie est une des choses les plus importantes

en

fait

d'instruction et d'éducation.

On ne

peut donc qu'accueillir avec re-

connaissance tous
le dire, le

les efforts dirigés

dans ce but. ^ous nous hâtons de
Ratticr, par son exdis-

Cours cotnplet de philosophie de M.

cellent esprit, par sa clarté, par son

ensemble, mérite un rang

tingué à son auteur dans

la

gratitude de tous ceux qui s'intéressent

aux progrès de

la

jeunesse française dans les saines doctrines.
la

Deux
tion

causes nous semblent avoir dominé l'auteur dans
;

produc-

de cet ouvrage

d'une part

,

la nécessité

d'un enseignement phidu
l'ot-

Tome

1", 3' et 3% Paris,
:

Gaume
8
fr.

frères, libraires-éditeurs, rue

de-Fer-Saint'Sulpice, 5. Prix

PAU

-M,

r.ATiiin.

.

81

losophique pour préparer l'intclligeuce du jeune élève à répondre

aux pri'scriplions légales dans
la

les

épreuves des examens; d'autre part,

nécessité, plus pressante encore, d'un

enseignement qui

fortifie les

uobles tendances

du cœur en illuminant
;

l'intelligence. Cette

pensée

de l'auteur est généreuse

mais

elle était

d'une haute

difficulté

dans

son accomplissement, parce qu'il

fallait,

comme

l'indique le titre,
la

lemplir

le

programme

universitaire en
;

ramenant

philosophie aux
la

principes
^l)ossibihlé

du

(>atholicisme

or,

il

est

permis de mettre en doute

d'une alliance parfaite entre ces deux choses. Car, qui dit

principes dit choses
trable
il
;

immuables, enchaînement logique
i)uisse être

et

démon,

pour qu'un progranmie

ramené
et

à des principes

faut

donc

qu'il soit

logiquement enchaîné
Il est

démontrable. Le pro-

gramme
douter.
(jette

universitaire est-il cela?

permis encore un coup d'en

double nécessité, dans laquelle
le

était

renfermé l'auteur, a
conception de l'en-

délermhié

plan de son

ouvrage

,

et toute sa

semble des connaissances humaines.
stantielle,
il

— Dans une introduction subphilosophie, et en cherche une

détermine l'objet de

la
il

délinilion

convenable; pour cela,

])assc

en revue toutes

celles (jui
;

ont été doimées depuis les tems les plus anciens jusqu'à nos jours
puis
il

donne

la

sienne

,

ainsi

conçue

:

La philosophie

est l'exercice

rc^ultcr de la réflexion^ V emploi inélliodiqiie de la raison, appli(/iiécs cl

à Li sAulion du problème de notre nature

,

de noire
f>rin(ipc?>

orii^ine

de nuire dcslinie, ainsi qu'à la recherche des
relier nos rappurls^
soit

qui dui-

i>i:nl

avec Dieu,

soit

a\cc les divers êtres
,

(/ai

nous enlouren!,

soit

avec nous-mêmes. Cette définition
,

excel-

lente sous plus d'ini rapport
nition de
la

nous paraît cependant phuôt une défila

logicpie
la

simplement que de
or,

philosophie; c'est une
(pie la

délinilion

de

méthode;

nous n'admettons pas

phi-

losophie soit simplement

une nu'tliode, mais bien
,

l'enseniblc

des

connaissances divines et humaines

connue iMaton, connue
saint

Arislote,

connue
iM.

Albert-le-Grand

,

conmic

Tiiomas

,

enlin

connue
la

Uattier lui-même, (pii
la

comprend
,

toutes les sciences dans
l-a

phi-

losophie, sauf
plir le

théologie

et

peut-être à tort,
l'a

nécx?ssilé

de rem-

programme
,

uni\ersitairc
tro|)

peut-être forcé de trop accorder
la

au rationalisme

de

scinder les diverses parties de

science, et

R2

COUnS DE PHILOSOPHIE,

de n'en pas montrer l'cncliaînemcnt logique d'une manière assez
nelle.

Nous accordons comme
si elle

lui

une grande pari
pour
la

à la raison

;

mais

nous cr(»yons que

est créée

vérité, elle est aussi créée

pour

la foi

:

quelques mois vont expliquer notre pensée.
est créé

L'homme

pour un but

;

ce but est Dieu

même,

sa -iloiilii

cation dans le tems et dans l'éternilé; tout

l'univers a étv

iv-é

pour

l'homme, afm de
ici,

le

conduire à Dieu, M.

llatlior.

digne de tout éloge

admet ces deux grands principes avec nous;
est créé

il

admet encore que
noble but,

l'homme

pour connaître

et s'élever

par cette connaissance
si
il

jusqu'à Dieu. Puisque l'homme a été créé pour un

s'ensuit qu'il est dans sa nature d'y atteindre; que, par conséquent,
tout,

dans cette nature, doit converger vers ce but;
l'y

et,

en outre, tout

dans l'univers doit

conduire; puis tous

les

êtres créés qui l'en-

tourent ne sont que dos circonstances naturelles créées pour faciliter
et

procurer

le

développement de
le

la

nature humaine vers son but. Par

ce premier point donc,

but

final

de l'homme, toutes

les

sciences

qui n'ont d'autre objet que les choses créées, doivent tendre à l'unité. Mais, d'autre
il

part,

l'homme

est le lien

du monde
il

et

de Dieu

;

a des rapports nécessaires avec son Créateur;
le

faut

donc que

les

facultés naturelles de sa raison puissent

conduire

à la réalisation
;

de
par

ces rapports;
le

comment?
et

par deux voies qui n'en font qu'une

raisonnement

par

la foi.

Ces deux voies n'en font qu'une eu ce

sens que

la foi et la la

raison doivent toujours être d'accord, et c'est cet

accord de

laison
le

avec

la

foi

que nous regardons
,

,

pour notre

compte,

comme

seul vrai critérium

le seul

critérium possible de
la

de toute philosophie. Par
n'est point

lui l'unité renaît

dans

science
la

;

la

raison

opprimée, mais soutenue et guidée; et
la

certitude est
et l'auto-

inébranlable, puisqu'il y a accord entre
rité divine,
tifie la

raison

humaine

entre l'œuvre de Dieu et sa parole; et c'est

ce qui jus-

définition

de

la

phitosophie, l'ensemble des connaissances direste, la

viiies et

humaines.

Du
;

pensée de M. Rattier est bien
elle n'est

celle

que nous exprimons
M. Katlier
encore

mais

comme

pas celle du

programme
ce
la lar-

universitaire, et qu'elle ne
qu'il est,

pourra jamais
malgré
la

l'être tant qu'il restera

a été obligé,
et

lui,

de captiver toute

geur de sa conception,
l'autre. C'est
à

de ne

présenter qu'une partie après
et sa division

cela qu'est

dû son \ûm

de

la

PAR
philosophie.
Il

M. RATIER.
la

83
dans laquelle
il

commence par
la

psycologie,
la

com-

prend avec raison

physiologie dans
;

partie

des seusalions, des
;

sens et de leurs organes
le

c'est là l'objet des

deux premiers volumes
poutant pas

troisième

comprend

la

logique.

>ous savons bien
;

qu'il y a quello-

ques raisons spécieuses à cette marche
gique.

mais

elle n'est
la

La logique, en

effet, n'est

autre chose que
et

marche

naturelle
la

h l'esprit

humain dans son développement
degrés successifs de
la science.
il

dans l'acquisition de
est
la

science,

ce qui, pour le dire en passant,
les
la

même

chose. Or,

quels sont

manifestation de l'esprit hiiuiain

dans l'acquisition de
s'étudier
Il lui

Il

ne commence assurément pas par
il

lui-même

:

est principe,

se sent,

il

agit, et voilà tout.
il

serait

même
il

impassible de s'étudier tout d'abord,

n'en a pas

les

moyens,

faut qu'il les acquière.

La première
la

acquisition de l'inla

telligence est celle
sée.

du langage, qui amène
il

manifestation de

pen-

A

l'aide
foi
;

du langage,

reçoit les picmières notions des choses

par pure

après cela vient la comparaison de ses pensées pour en
:

faire sortir

des jugemens

c'est la logique naturelle qui cnti aîné l'es-

prit vers le vrai.

Ce

n'est qu'alors qu'il peut prétendre à étudier les

objets qui l'entourent et lui-même.

Telle est, nous semble-

t-il,

la

marche

naturelle, qui place les sciences instrumentales à la tête delà

philosophie; ces sciences sont indispensables pour arriver à la cou-

naissance de quoi que ce soit;
l'objet

l'homme aura beau

se faire
il

lui-même

de son étude,

s'il

n'a l'instrument nécessaire

n'avancera h

rien. C'est

pour

cela (jue

nous insistons toujours jiour commencer

par l'étude de

la logitiue.

Ce

n'est pas

ici le lieu

d'exposer le plan que
et,

nous proposerions
sé(pient, à la place

à la place

du programme universitaire,

parcon-

de celui de M. Ratlier. Nous n'avons voulu (ju'une
faire
les

chose dans toutes nos crilicjues,
send)le
lière
la

réserves de ce qui nous
,

vérité contre

la

tendance générale
livre actuel,

(pii

n'est pas particun'est

à

l'estiniable

auteur du

qui

mOme

pour

lui

cpi'un accessoire forcé ([ue auus aurions aimé lui voir secouer; car

nous prisons son

livre,

nous

le

croyons propre à suppléera tout ce qui
ne
|M)ssèd<'
la

manque

à l'enseignemeni chrétien, cpii

malheiuTusemont

rien, sous ce rapport, <iui puisse pcnnclire à

ji'uncsM" de satisfaire
foi.

aux examens eu ne courant aucun danger pour sa

C'est pour cela

que nous reconimanduns

le

Cours de M. Rattier

comme un

ouvrage

,

«i
sûr, bien exposé, et
<|u'à présent,
lis,

NOUViiLLES LT MÉLANGES.

comme

ce

que nous connaissons de niiouv jusriclïc

(l'est

un ouvrage

en matériaux sagement recueil-

clairement analysés et sainement jugés.
F. L.

M MA ni:
i

prcirc, docteur cs-scicnccs.

UûiiDfllre ci ilU'lantjcô.
LILLE.
})(ir

— .Mdtiidlion de
— iSous

M.

Ilitot.

plorable, et ([ui

de la Oeo^rnphie, de Mallc-Iinui , fuite suivante (jui nous sij^nalc un lait dénous prouve un mauvais esprit (lue nous croyions désormais
l'édition

avons reçu

la letlrc

étranger aux véritables savans.
Lille, 4

janvier !8ii.

Monsieur

le

Directeur,

Les .înnalcs ont déjà protesté contre l'audace avec laquelle des éditeursphilosophes avaient mutilé les ouvrages de lUieon, de l'aseal ç.\. à\'-i-tcr, qu'il^
trouvaient trop entachés de Christianisme, et dont certains argumens les
barrassaient,
.ie

em-

vous signaler aujourd'hui un nouvel exemple de linlidélité, pour ne pas me servir d'un mol plus dur, aveclaiiucllc un beau monument scicntilique de notre époque vient d'être reproduit par un savant de nos jours. Je veux parler de la Ge»'^raphie de .Ueilte-/Jnt)i, donl on a publié une seconde édition revue pur Jl. Iluot et augmentée de nouvelles décou* vertes. Sous ce dernier rapport, l'ouvrage est amélioré, et je me plais à rendre celte justice à l'éditeur; mais de quel droit rctranche-t-il de la nou>elle édition des passages qui no touchent jioiiil aux pro;;rès de la science et qui se trouvent dans l'ancienne'.' Pour en citer un exemple, Malte-Brun, dans le volume de l'Amérique, que j'ai sous les yeux, en décrivant le Paraguay, p.nrie (t. v, p. ()i?0)des fameuses missions f/<j\/V;r«//cj- auxquelles Bufion.^Iontesijuicu et (i2G llaynal lui-même ont rendu de magniliques hommages. Malle-Brun dé[ilorc la j)erte decesélablissemcnsiyMf la religion, l'histoire et la grographie regretcrois devoir
il

jamais; il leur consacre trois pages intéressantes. Je croyais le volume de la nouvelle édition que je viens de lire; croiriez-vous, monsieur le directeur, qu'on n'en a pas conservé une seule ligne? Je vous demande si c'est là reproduire Malte-Brun. Par ce trait nous pouvons juger du reste. Déjà l'on m'avait signalé plusieurs retranchemens dans les premiers volumes qui indi(juaienl que l'éditeur n'aime point les passages de son
teront, dit-il, à
les

retrouver dans

auteur qui viennent à l'appui des traditions bibliijues. Je n'ai pas eu le tems de vérifier la chose, mais je me propose de confronter incessamment l'ancienne
édition avec tous les

volumes de

la nouvelle, et je

m'empresserai de vous faire

part du résultat de ce travail.
nicnt-ci certifier aux

En

attendant, monsieur, vous pouvez dés ce

mo-

acquéreurs du Maltc-Brun-IIaot qu'ils n'ont qu'un

Malte-Bran tronque.
J'ai

l'honneur de vous saluer avec les sentimens,

etc.

h'K.vRi

DE

CUGNAC.

ANNALES
DE PHILOSOPHIE GH RÉ TI

JX'^iiiue'ïo
-

E NKF.
.

—^j~- ^ -^- " TTBTBI
00,

Il

rj^e^'zeo

iS/,,/|..

iîlauumrnti Catljaliqurs.

DESCIUPÏION

Di]

LA GIIAIUR DE SAINT PIERRE
dont saint Pierre

CONSERVÉK A ROME,
El preuves de son identité avec
ct'lle

s'est servi.

M. l'abbé Gerbet va
a\anl pour litre:

faire

paraître

incessamment un ouvrage
c/irétietmr
,

Esquisse de

Rome

dans lequel

il

énumérera tour
et

à tour les

principaux

monumens

chrétiens de llonie,

fera

voir

comment
Dans
le

c.'iliiolicpies.

ils servent à prouver la vérité des croyances 1" volume, dont l'impression est terminée, il y

iraile,

en 5 chapitres, de l'ensemble des
considérée

Monumens
,

chrétiens

,

de
,

Home
iaiils

comme
et à la

centre du Christianisme
cl

des Catacombes

(1rs I]asili([ues

constantinienncs,

de

(li\ers

autres

Monumens
que

re-

à

la

défense

propagation du Christianisme. Ciiai'gés do
tandis

soigner cette impression qui s'est faite a Paris,
est à

l'auteur

Rome, nous avons

lu tout l'ouxrage

avec

u\\

bien grand intéréi.
la

Nous pouvons
la

diif à l'avancf (pic Ions les amis de

litlrialnrc ci

de
si

science catholique ne
ef
si

pourront ffuc se réjouir d'une (ouvre
;

consciencieuse

belle

dans

aucun d'àmo
par
âO.
le

aulre ouvr.ige

M.

l'abbé

(ierbet n'avait mis, nous ne dirons

jias tant

de poésie
laiil

et tant

d'imadiraii
.

gination,
(pie sou
111'

mais nous dirons
esprit

laiii

et

de ((cur.

mûri

el ('•chaulfé

beau

soleil

StUlL.

lo.Mt IX.

de

On Rome

sou

iN"

li>!\!^.

(i

,

88

DESCRIPTION ET IDENTITÉ
à
la

cœur nourri

source
cl

même
la

de

la

foi et

do j'aposlolal

,

se sont

répandus avec amour
jourd'hui un
fait

avec prédilection dans cet ouvrage. >'gus
faveur d'en

devons à l'auntié de l'auteur
extrait à nos

communiquer dès
celui

auil

abonnés; nous choisissons


,

connaître l'un des plus précieux

monumens du

catholicisme

la

Chaire de saint Pierre. Nos lecteurs jugeront de l'ensemble par ce
morceau.

LA CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROiME.
«

Le premier des monumens qui
la

se conservent

à

Rome

dans

la

basilique vatlcane, est

C/iaircde saint Pierre.

On

sait

que dès

l'o-

rigine les évoques eurent
C'était
assis.

des sièges auxquels on donnait ce nom.
et

une marque d'honneur

un signe
premiers

d'autorité

que de parler un grand

A leur mort on

plaçait,
:

au moins de temsentems, leurs
fidèles portaient

chaires dans leurs

tombeaux

les

respect aux

sièges dont les apôtres s'étaient servis pour leur ensei-

gner

la foi

ou pour remplir d'autres fonctions de leur
:

minislère.

Ils

durent être conservés avec soin

ce qui semble indiqué par quelques
,

mots de Tertullien
second
n » »

,

qui représente
dit-il,

à cet égard

,

les traditions

du

siècle.

«

Parcourez,

dans son
les

livre des Prescriptions

contre les hérétiques,
lesquelles les chaires

parcourez

églises

apostoliques,

dans
,

mêmes

des apôtres président à leur place
'.

et

leurs épîtres authentiques sont lues à haute voix
,

»

Rigaull est

d'avis

dans une des notes de son édition de Tertullien
ici

,

que ce mot

de chaires doit être entendu
d'abord rien n'oblige
à

dans un seul sens figuré; mais
sens
littéral
, ,

répudier

le

le

savant annotateur

n'en donne aucune raison.

En second
à citer

lieu

il

n'est pas vraisemblable

que Tertullien

se

soit

borné

des

tandis qu'il pouvait signaler des chaires réelles
le

monumens métaphoriques comme le prouve
,

passage d'Eusèbe, que nous rapporterons tout à l'heure. Cela est
,

d'autant moins probable que cet écrivain était porté

par ses habises asser-

tudes d'esprit et de style
tions à quelques
'

,

à rattacher autant
:

que possible

faits

matériels

ses

ouvrages eu offrent une foule

lorum
'ur.

Perrurre erclesias apostolicas apud quas ip?œ adhuc Cathedra; apostolosuis locis pra-sident, apud quas ipsa? authenticœ Literae eorum recilaii-

De

prascripL,

c. -'6.

,

DE LA CHAIRE DE SAINT PIERRE.
d'exemples. Le sens
le

87
:

plus naturel de ce passage est donc celui-ci

dans

le
,

second

membre
les

de cette phrase
apôtres
,

,

TertuUien rappelle que
les
il

les

églises

fondées par

pouvaient montrer

exemplaires
dit,
les

authentiques des Lettres qu'ils leur avaient adressées;

dans

le

premier

membre, que
ils

ces

églises conservaient
:

encore

Chaires

sur lesquelles
à l'autre.

s'étaient assis

ces

deux

faits

servent de pendant l'un
voyait de son

Eusèbe nous apprend que
,

l'on
,

tems,

à

Jérusalem

la

Chaire de son premier évèque
à

saiiU Jacques-le-iMiiieur,

que

les

chrétiens avaient sauvée

travers

tous les désastres qui
l'église

avaient accablé cette ville'.

On

sait aussi

que

d'Alexandrie

possédait celle de saint i^larc,
ses évoques,

son fondateur, et qu'un jour un de

nommé

Pierre,

ayant pris place aux pieds de cette
,

même

chaire dans

une cérémonie publique

et tout le

peuple lui

ayant crié de s'y asseoir, l'évêque avait répondu qu'il n'en était pas

digne ^ L'église de
et

Rome

dut mettre au moins autant d'empressement
prince des apôtres
,

de soin
les

à

garder celle du
motifs de piété

d'autant

plus

qu'outre
tère

communs

à tous les chrétiens, le carac-

romain était, comme on le sait, éminemment conservateur des monumens et que les catacombes fournissaient aux premiers fidèles de Home une grande facilité pour y cacher, en lieu sûr, un dépôt
,

aussi précieux.

Suivant une tradition d'origine immémoriale, saint Pierre
servi de celte chaire, qui se lrou\e maintenant au
et (pii a été revêtue
elle avait été

s'est
,

fond de

l'église

d'une enveloppe de bronze. Avant cette époque
la

successivement placée dans d'autres parties de

basili-

que.

r,es textes ([ne
la

Plurheus

a recueillis
,

'
,

particulièrement dans les
liistoire

manuscrits de
Les

Jiibliolhèque vaticane

nous font suivre son
eux
la cliairo

'

litlèlcs

de .Tcrusalcm ont er.rorc

|iarini

de

.laci|ue«, surles aprtires

nommé
<pii fuit

le frère

du Seigneur, qui fut

élnbli par le

Sauveur

et

par

In |ireniier

évè(iue de leur ville, et

ils la

^'ardent avee ^Monde vénéralion; ee

voir clairetiient (|ue les cluéliens, tant des siècles passés «pie

du luMre,

ont toujours rendu de grands honneurs aux saints à cause de l'amour dont
ils
'

brûlaient pour Dieu.

/////. eccl.. i»ai-t.

I.

vu,

e. 19.

Art. S. Pelr. Alfxand.

Traduits du

firec

en

latin

par Anastase-le-

Hibliothéraire.

Dr

Identil.itf (\ilh.

/?.

I\lr,. Utuna-,

Ifif.f..

88

DESCRIPTION LT IDENTITÉ
I.c

dans CCS divorscs translations.
à l'endroit

papo Alexandre Vif
,

,

(pii l'a fixi'-c

où nous

la

vénérons aciuellcment

l'avait prise

près (k

la

diapelle qui sert aujourd'hui de baptistère,
lait

où Urbain VIII

l'avait

trans|K)rler

peu de tenis auparavant
la

'.

Klle avait élé

précédem-

ment déposée dans

cliapillc tics Ileli(pies
était

de

1

ancienm; sacrislio'.

On

sait

aussi

qu'elle

restée, durant cpielque tems, dans un
celui

autre

oratoire

de cette

sacristie,

de

Sainte-Anne
'

%

a|irès

avoir eu pour résidence la chapelle de Saint-Adrien droit

,

près de l'en-

où nous voyons aujourd'hui
l'y

la
S"^

chaire

du grand Pénitencier.
Pendant toute celle

Adrien I"
période
,

avait fixée

dans

le

siècle'.

divers passages des anciens auteurs font mention d'elle.

Nous en mentionnerons ici plusieurs, pour marquer la suite de la tradition relative à un monument si vénérable. Il en est question
dans une bulle de Mcolas

m,

enl27D''.
le

Pierre Benoît

,

chanoine

de

la

basilique vaticane,

dans

12" siècle, a laissé un manuscrit
la liturgie

qui contient des renseignemens sur ce qu'il marque pour
» est
»

de cette église
:

:

voici

la

fête

de

la

chaire de saint Pierre

«

L'oflice

celui

de
à

la

fête
,

même
la
.

de l'apôtre; seulement,

à vêpres, à

matines et

laudes

on chante l'antienne Ecce saccnhs. Station
messe,
»

»
»

dans sa basilique.
la

A

le

seigneur pape doit s'asseoir sur
les

chaire, in caihedvdi

Depuis

premiers siècles,

les

papes

'

Carol, Fontana, de Basil. Valic,

c.

xxix.

"
'

Gnmald.viamis., Calai,

sac. roliqu. Basil. Vatican.

In hoc sacello ubi sedcs seu catliedra S. Pétri pulcherrima, super quain

sedebat

cùmmunia

ponlificalia eierccbat, honorificè conscrvalnr,

Til>. .l/f'a-

rjn, manusc. Vatic.
<

Porrô in ipso S. Adriani laclus

est luinc egregic ornalus, ubi collocata est

cathedra super

quam

sedebat B. Pctrus dumsoiemnia agerct.

Maph.
falic.

P'cj^^us,

de Rébus
'

antiq. raernorab. Basilic. S. Pctri, lib. iv,

manusc
Il

Grima /cl,,
Denarii

Catal. S. Reliquiar. asscrval. in Arch. Yatic.

sappuie sur un

passage de Maph. Veggius.
^

qui danlur porlanlibus ad

altare

et

reportanlibus cathedram

sancti Pelri.
1

In cathedra S. Pétri legitur sicut in die nalali ejus, tanliim ad Vespcrns, ad
et

Malutinum

Laudes canitur
in

:

Lcce Sacerdos,

Statio ejus in Eaàilicd

;

Do-

minus Papa sedere débet

Cathedra ad

3Iissani.

,

DK LA
rlait'iU

CHAfPii;

DE SAFNT

l'IKRP.E.

89
,

dans l'usage de prendre place sur un siège éininent
jK-iidant
les
la

non pas

sciilcnienl

messe, mais

aussi

pendant

les

vêpres, les

matines et

laudes, lorsqu'ils assistaient aux offices, ce qui arri,

vait plusieurs fois dans l'année

aux principales

fêtes.

Il

est visible

d'après cela
fête

,

qu'eu notant,

comme une
,

rubri(|ue particulière de la
assis

de

la

chaire de l'apôtre
la

que

le

pape devait être

sur la

chaire à

messe

,

l'auteur

que nous venons de

citer a désigné la

chaire

même que
,

la tradition considérait

comme

celle

de saint Pierre.

D'ailleurs

dans tout son livre, lorsqu'il parle seulement du siège
,

ordinaire
ùlci'é
îi
f

du pontife

il

le

désigne toujours sous

le

nom
,

de siège

et

jamais sous celui de chaire. Pierre Manlius, qui appartient
,

la

même époque

dit avoir lu

dans Jean Cabaliinus que
,

durant

le

siècle

précédent, sous Alexandre II

la

chaire de saint Pierre avait
les objets
11'^ siècle

éié respectée par

un incencUe qui
aussi
,

avait

consumé
mention

environ,

nans

'.

Nous trouvons
,

dans un écrivain du
font

Othon
voit,

de
par
cles

l'Yeissingue

des passages qui

d'elle'.

On

des
',

récits d'Anastase le Bibliothécaire, relatifs
le

aux 9'

et 8^ siè,

que

pape élu

était

d'abord conduit au patriarcat de Latran

il

s'asseyait sur le trône pontifical;

que,

le

dimanche suivant,

il

se rendait, revêtu

du manteau papal
,

et

au milieu des chants sacrés,

à la basilique vaticane

et

que

là il

prenait place sur VaposLolique et
les

trcs-suinic chaire

tic

sni/it

Pierre; ce sont
,

termes employés

par Anastase ^ Nous voilà arrivés au 8" siècle

c'est-à-dire à l'époque
dit
,

le

pape Adrien

la fit établir

,

ainsi
il

que nous l'avons déjà
le

dans

l'oratoire consacré nu saint dont
lase

porte

nom. Les
,

textes

d'Anas

nous font remonter encore plus haut
il

puis(iu'en

parlant de

l'usage dont
la

vient d'être question,
le teins \

il

l'appelle la

coutume ancienne,

coutume blamliie par

Le catalogue des saintes huiles

'

/'{/rus M,in/ttis, de consut'ludin. et rcb. Hasii. Valir.

'

OU.

/'ns/i^'cs. in l'reder.
vil.

'

Jiuiit., in

Paul. I.Scrg.

\\.

*

Apos.'ulicà sacralissimù Pclri Cathedr;!.
la

Lorstiiic IVliTtion avail

eu

lieu

dans

Hasili(|uc Vaticane,

on

jirocéilnil ininu-iliatcnient

à rinstaili'ii^"'

du

pontife sur teUecliairi'.
'

C.ann consueliido.

90

DESCRIPTION ET IDENTlTt
l\

envoyées par Grégoire-le-(irand
fait

l'Iiéodolinde

,

reine des Lombards,
la

mention de

l'huile des

lampes qui brûlaient devant
assis
'.

chaire sur

hujiu'Uc saint Pierre s'était
fidèles
la

Il

paraît (pj'à cette
la

époque
:

les

rencontraient avant d'entrer dans

basilique

elle

se

trouvait près de la place qu'occupe aujourd'hui la Porte-Sainte».

Les néophytes, revêtus de

la

robe blanche du baptême, étaient con-

duits aux pieds de cette chaire

pour
pape

la

vénérer.
,

Kn rappelant

cet

usage, dans son apologie pour

le

ce
»

monument d'une manière
du

fort

Symmaque Knnodius désigne claire. « On les mène, dit-il, près
,

siège gestatoire de la confession upostolique, et
la joie

pendant
fait

qu'ils
,

»
»

versent avec abondance des larmes que

leur

couler
•>

la

bonté de Dieu double
,

les

grâces qu'ils ont reçues de lui \
,

Cette
le

expression

siège gestatoire
,

caractérise exactement
et la

,

comme on
siècle.

verra bientôt
chaire.

la

forme spéciale
écrivait

destination primitive de cette
6'

Ennodius

au

commencement du

Le

U'

nous fournit un témoignage
sant à des schismatiques
,

très-positif d'Optat

de Milève.

S'adres-

qui se vantaient d'avoir des partisans à
:

Rome,
» »

il

leur

fait
il

cette interpellation

«

Qu'on demande
il

à votre

Macrobe où
siège sur
,

siège dans cette ville;
? »

pourra-t

répondre: Je

la

chaire de Pierre
ait

Si cet auteur n'avait rien dit de
,

plus

on pourrait douter qu'il
:

parlé

dans ce passage
,

,

de
la

la

chaire

matérielle

comme
chaire

il

ne

faisait

pas de l'histoire

mais de

polémi-

que

,

il

aurait très-bien
la

pu

se servir

de cette expression pour signifier
,

seulement

moralement

prise

ou

l'autorité

de saint Pierre,
schismatiques,

survivant dans ses successeurs, et

méconnue par

les

contre lesquels
celte
»

il

argumentait. Mais ce qu'il ajoute ne permet pas

supposition.

«Je ne

sais

pas

même,

dil-il,
»

si

Macrobe

a
il

seulci.ieni vu cette chaire

de ses propres jeux.
,

Évidemment,

a voulu désigner la chaire matérielle

ce qui est d'ailleurs confirmé
lequel
il

par tout

le reste

du même passage dans
,

continue d'opposer

De
'
'

oleo de sede ubi priùs sedil S. Petrus
,

on an

Hist. templ.

Vatic,

c. xxiii.
li-

Ecce nunc ad geslatoriara sellam aposloliciï confessionis uda millunt

niina candidatos, et ubcribus gaudio exactore flelibus, collala Del bonelicio

dona cuniulanlur. Ennod. Apolog.,

p. 5J2. Tor,)nci.

DE LA CHAIRE DE SAINT PIERRE.
aux schismatiques
Il est

91

les

nioniimens de saint Pierre et de saint Paul'.
celte chaire a été exposée
le siècle

donc certain que

publiquement
christianisme

à la

vénération des chrétiens, dans
la

même où le

a

eu

liberté

du

culte public.
les

Il

n'est pas étonnant qu'il

n'en
:

soit

point

fait

mention dans

documens de l'époque antérieure
Il

il

serait,

au contraire, étonnant qu'ils en eussent parlé.
petit

ne nous reste qu'uu

nombre
:

d'écrits

rédigés h J\ome pendant les trois premiers sièles

cles

les actes

des martyrs ne mêlent guère à leurs récits
si

particu-

larités

monumentales,
le

ce n'est qu'ils indiquent, et souvent par
et celui

un

seul

mot

lieu

du supplice

de l'inhumation. Les (.uvrages

apologétiques et polémiques avaient à faire quelque chose de plus
pressé que
d'ailleurs
le

soin de tenir note des

meubles sacrés, ce qui eût été
les per-

une indiscrétion dangereuse, qui eût pu provoquer

quisitions des païens.
les écrivains

Quant aux

livres

composés

à cette

époque par
,

qui résidaient dans d'autres parties du
il

monde romain
reste,

les

mêmes

observations s'y appliquent, et

est,
la

du

extrême-

ment vraisemblable que
l'existence de ce

leurs auteurs, au moins

plupart, ont ignoré

monument, qui
la

devait être renfermé à

Rome

dans

(|uelque lieu secret, sui\ant
n't'sKju'au k" siècle

coutume des tems de persécution Ce
Jacques à Jérusalem,

que d'autres chaires, contemporaines delà chaire
de
saint
celle

de saint Pierre,

celle

de saint
et

Marc dans
l'histoire.

l'église

d'Alexandrie, reparaissent sous

le soleil

dans
la

Les chrétiens s'empressèrent alors de vénérer, dans
les

lu-

mière de leurs basiliques,

dépôts que leur avaient conseï vé les

cryptes souterraines. Tout nous persuade (jucla chaire de saint l'ierre

'

Dcni(iiie

si

.Macrobio dicnlwr ubi
si

illic

secical
,

,

nuniquid polcsl dircre
cl

in

rnliicdrà l'ptri.^ (^)unm iicscio

ir/ orulis novit

ad cujus mcmoriain
(|iji

no)i

uirnlil

,

([uasi

scliisiiialicus

ccmlrà Apostolum

faciens,

ail

:

iiicnioriis

saiulorum
tol.irum
:

(•oniniuiiicantcs. ICcco pra-sentcs sunl ibi diiuruni
di( itc si

innnond

A|)os-

ml las
le

itn-irdi poluil, ilà ni ol)liilcril

illic
ii.

ubi saiulorum

luomorias esse conslnl. O/italits Milcvit., Coiitr. Partn., Mb.
des picmiÉrs cbrélicns,

— Dans Icsiyle
mo-

mol memorîa

était

employé pour
,

d('sij:ner les

nnmcns funèbres
dnns un

des apôtres ou des martyrs

comme

nous l'avons déjà vu

i).Tsaf;e cilé

prérédcmmenl,

relatif à la ninslrurlion

dn nioniinienl
i)|iplii|ué

de saint Pierre {couslruxU nicmoiinm). Ce terme a pu être ensuite
nii\ bnsiliiiucs érigées

sur res tombeaux.

02
avait
('h'-

i)is(

nipriox

i

i

ii>r\Tiii'

cîk Ih'c
la

il.iiis

li'

saruliiaiii!

inriiif
',

de

s()0 loiiihcaii.

I

ii

m.i-

nnscril de
('{(',

hiltliollircjiic IJailx'iiiK;
k'

(|iii

ralïinnc posilivcmoril, a

on peut

croire,

!'<'(

Iio d'iiii

souvenir tradilioniicl ou de rendes archives lomaiiies,

.seigiiemeiis coHsii^iiés

dans

(|uci(iiies J'euilles

qui se sont ensuite perdues. C'est donc, suivant toute apparence, à
répo(pie des ronslniclioiis
faites

par saint Sylvestre dans

la

confession

do saint Pierre, (jne cette
et

cliaire a été oiferti! à la

dévotion publifpie
(Constantin venait
la

libre

du peuple qui
en a

adluail dans le temple
elle a pris

que

d'ériger. Sortant
silique, elle

du tombeau,
visité

possession de
le

grande bale

successivement, dans

cours des âges,
la

ves-

tibule, les chapelles, le

chœur, pour

se fixer enfin à

place radieuse
la co-

qu'elle

occupe aujourd'hui, éclaiiée d'en haut par l'auréole de
jiiane

lombe qui

sur

elle,

couronnée par
rit

les

anges, légèrement sou-

tenue par quatre grands docteurs du

latin et

du

rit

grec, saint
et sus-

Ambroise, saint Augusiin, saint Athanase, saint Chrysostome,

pendue au-dessus d'un
saints papes.

aulel dédié à la sainte > ierge
célestes,
ils

et à tous les

Sur leurs trônes

gardent sans doute un souils

venir de celte chaire, au pied de laquelle
((ues

se sont sanctifiés,

si

(|uel-

images des

monumens

terrestres vont se
les

réfléchir

,

comme

l'ombre du tems, jusque dans
I)<'pm"s

splendeurs de l'éternité.

plusieurs siècles, les p.apcs ont cessé do s'en servir aux fêtes
vétusté pouvait faire craindre

solennelles. Sa

que

cette reh([ue jiré-

cieuse ne souffrît quelque

dommage

si

l'on eût continué
:

de

la

dépla-

cer

et

de remployer pour des fonctions du culte
l'a

le soin

de sa concela qu'elle

servation

rendue désormais immobile. C'est

aussi

pour

a été revêtue, sous Alexandre
reste, tout le

VU, d'une enveloppe de
une copie dans une des

bronze.
salles
les

Du
la

monde peut en

voir

de

sacristie vaticane, et l'on

en conserve un fac simile dans

combles

de

l'église,

près de l'endroit où sont déposés les plans en relief dos

divers projets qui ont été proposés dans le tems pour l'architecture

de

la

basilique moderne.
a

Torrigi, qui

examiné
les

cette chaire en 1637, et qui en a pris la

mesure dans tous

sens,

nous en
'j
:

a laissé la description

suivante

{Voir la planche ci-cojilre
'

Mich. Lconic.^ not. manus

'

Xous ajoutons

à la description de .M. l'abbé

Gcrbet

la figure

même

de

la

lilii

iS3

CHAIRE DE

SAIIST PIERRE.

DF.

r.A

CHAIRE DE SAINT PIERRE.

93

« » »
.)

Le

(levant
;

(tlii

sié^f) est large

de quatre palmes et haut de trois

et

demie

ses côtés

en ont un peu plus de deux et demie en larle dos, est

geur; sa hauteur, en y comprenant
est de bois avec des colonettes et

de
:

six
les

palmes. Elle
colonnettes

de petites arches
",

» »
» »
«

sont hautes d'une palme et deux onces

les petites

arches de deux

palmes
en
tits

et

demie

;

sur

le

devant du siège sont ciselés dix-huit sujets

ivoire, exécutés avec

une rare perfection,

et

entremêlés de peIl

ornemcns en

laiton,

d'un travail très délicat.

y

a

autour

plusieurs figurines d'ivoire en bas-relief.
doigts d'épaisseur
11

Le dos de

la

chaise a quatre

»)

\

»

faut ajouter à cette description

que

le

dos carré est terminé à

son

sommet par un compartiment
à

triangulaire. Torrigi a

omis aussi

de noter une autre circonstance plus importante que nous rappellerons tout
(juil
a

riieurc, et

il

s'est

trompé en un point

:

les

ornemcns

cru être en

lailoji

sont en or très pur.

Cette particularité,

qui a éié vérifiée par une commission qu'Alexandre YII a
cet effet, n'est point,
plicaiion

nommée

à

comme

nous

le

verrons, indilîérente pour l'ex-

de ce monument.
\cs

Los petites sculptures d'ivoire, qui représentent
cule,

travaux d'Herla

prouvent

qu'il

est

d'origine païemie. Abstraction faite do
il

tradition

que nous avons constatée,

n'est pas possible do supposer,
ait

avor (piolquo apj)aronce do raison, que cette chaire romaine
cIkuii

été

.

Olle
et

(HIC

nous

pul)liuiis

ici

est celle qui a clc doniice par Pliœbeus
in

dans son ouvrage l>c Idenlilalf calhtdra-,

quà

sanctiis Pdrits Roiikt pri-

màin sridl,

de

<iiili<iiiittilf

tf /irreslanlià solemnittilis

CnHiedrœ
larlislc

Jiomtiiur
n'ait pas

dissnlalio. Uoniu',

1()G(),

in-l:\

— Nous

rej^rellons

que

donné (dus de dcYelo|i|ienicnlaux ornemcns en
ment, t/cst en vain
t|ueli|ne autre dessin. (jue

ivoire qui décorent ce
si

monudans

nous avons clierdié

ces li^ruris se Irouvenl sur
(jue
.?'

Nous navons trouvé ce monument reproduit
compiubala monnmcnlis,
plus
i)lan( lie

lliancliini, JJetti. ///slor. cccics.
II"

m,

siècle,

77.

Les proportions on sont encore
il

exiguës; .seulement, l'artiste a

njoulc

la

chaire

le riche

coussin sur le(|uel on s'assayait, cl

une espèce de

ta:

blier sur lequel est

éi rit le

nom du pape
la

Virlor, avec ces mois de Tertullien

l'iiiscopus rpiscoporuni.

(Note du dirci leur des Jnnults).

'JL'once,

ou

la

dou/ieme parlie de

palme romaine, équivaut

a

1

cenli-

inetre S millimélres.
'

/./

sarr. tiofii.

Roman.,

c.

xxi, p. r'2.

9't

DESCRIPTION ET IDENTITt
riiilcr\iillt'

fabriquée dans

de teins qui

s'osl

écoulé depuis

la la

clnilc

du paganisme au
ture vers
ter
la fin

3' siècle, jusqu'à la révolution

opérée dans

sculp-

du moyen

âge.

On

ne se fût pas permis de représenaussi

une légende essentiellement mylliologique sur un n)euble
de
l'autel

sacré, destiné à figurer près

pendant

les saints

mystères.

Les monumens religieux de cette période, qui existent à Rome en grand nombre, font voir clairement, parleur sévérité cbrétienne,que
cette fantaisie profane y a été aussi

étrangère au caractère de
;

l'art

qu'elle eût été opposée

aux préoccupations dominantes

les Sibylles

n'ont pu être admises h figurer sur ces
étaient considérées, suivant l'opinion
l'Église,

monumens que

parce qu'elles

de plusieurs anciens l'ères de
Christ.

comme

ayant propiiétisé
il

le

Nous verrons

d'ailleurs

que

le style

des sculptures dont

s'agit

dénote une origine bien anplus haut, nous rencontrons

térieure à cette période".

En remontant
le

l'époque qui est comprise entre
Constantin, et
la

triomphe du christianisme, sous

chute complète du paganisme. Elle est encore moins

favorable à l'hypothèse de l'origine clirélienne de ce
d'être disposés à jouer avec

monument. Loin
qui

de pareils emblèmes,

les chrétiens,

avaient été forcés jusqu'alors de tenir secrets les signes extérieurs de
leur
les
foi,

s'empressèrent de

les

muliiplier sous diverses formes, sur

monumens
Dans

publics et privés. Restent donc les trois siècles de percette période

sécution.

nous trouvons,

il

est

vrai,

parmi
la

les

peintures des catacombes, une figure allégorique tirée de
logie
:

mythoClément

le

Christ, le céleste

enchanteur,

comme

l'appelle

d'Alexandrie, y est représenté sons les traits d'Orphée. Toutefois les
motifs qui ont
fait

tolérer cette exception

aux règles

suivies,

ne s'ap-

pliquent pas aux sculptures de cette

chaire.

L'image symbolique
les

d'Orphée

était

d'une dimension assez grande pour frapper

regards

des fidèles qui se réunissaient dans les souterrains sacrés; on leur en
expliquait
le

sens, et ce tableau devenait

ainsi,

comme

toutes les

autres peintures qui décoraient ces galeries, use prédication qui parlait

aux yeux. Mais de petites figures mythologiques, sculptées dans
parois d'un

les

meuble

et

qu'on pouvait

à

peine distinguer à deux

pas, ne pouvaient remplir le
été

même

but. Ces incrustations n'eussent

qu'un caprice sans

utilité

comme

sans convenance, et les prel*s

miers chrétiens ne faisaient fléchir leur aversion pour

allégories

DE LA CHAIRE DE SAINT PIERRE.
(le la

9.")

poésie païenne, que lorsque de graves raisons les y détermi-

naient.

Dans ces mêmes catacombes qui oui fourni

le

tableau dont

il

vient d'être question,

on n'a retrouvé aucun emprunt mythologique
les fidèles

parmi

les petits
ils

symboles tracés par

sur

les

pierres sépul-

crales;

sont tous exclusivement chrétiens.

Nous sommes donc conà

duits à penser

que ce monument a dû appartenir primitivement

un

païen, et qu'on ne doit pas lui assigner

une origine postérieure aux

1'" siècles de l'ère chrétienne.

Le caractère de
rement
la

ses

ornemens, envisagés sous un point de vue pud'une manière plus circonscrite,
Ils

artistique, sert à déterminer,
ils

péiiode de tcms à laquelle
la

remontent.

sont fort remarquables

par

beauté,
la

la

délicatesse et le fini

du

travail

qui décèlent une épol'art

que où

sculpture était très florissante. Or, les historiens de

ont constaté, d'après l'élude comparée des
ture a subi

une dégénéralion
siècle, et
ils

très

monumcns, que la sculpprononcée à partir du commencedécadence
se fait déjà

ment du
dans
le

S*"

comme
ini

celle

remarquer

second,

attribuent en général au siècle d'Auguste les

œu-

vres qui se distinguent par

grand mérite d'exécution.

Ine

autre pariicularité permet de resserrer encore en des limites

plus étroites l'époque de ce
.ui'^cs ^('suttaircs

OU chaises

h

monument. On sait que la mode des porteur a commencé parmi les prinà l'empire.

cipaux personnages de

Rome, après ra\énemenl de Claude
examiné
«

C'est ce qui a fait dire à Juste Lipse, après avoir
les
I

à ce sujet

passages des auteurs latins de cette époijue
la

:

Au

toras d'Auguste,
;

je ne trouve pas

chaise, mais toujours
la

la litière

au contraire,
1-:»

» »

depuis
chaise
'.

Claude, très rarement
» Il

litière
jins le

et

presque toujours

serait bien difficile
i,i,

de ne
dans

rccomiaître une de ces

chaises à porteur, sella u^cstaim

meuble dont nous nous

occupons eu ce moment, puistpron
neaux doubles en
cards
'.

y voit

de chaque côté des anfairi'

fer,

par lescpirls on de\ail

passer des

bran-

Les grands seigneurs romains de cette épo(pie, très amis du
;

Niin rcperio tcniporo Auftiisli scllnu). sonippr Ifcticnm
|ileriiin |iie scllniii
1('.I3.
'
,

nsl |)os; ("laiidium

rara
lib.

momoria
I,

|prtica>.

Just.

I.ps., oper. onin.

hii^dun.

loin, i;

KUct.,

cap. xiv, p. ;U?.

Ad usuni

gt'Slatoria» scllu-

procul dubio affabrè
ferroa
iC.
,

l'acla

(

crivliir, linlicns

iii

utroiiur

latcro

dupiiria

inaiiubrin
p.

liaslis

pi.rlalilibiis

iriuintltndis

apitusila. Plucb.,

do Idcnt. Calli.,

96

ni:sr.RiPTiON et inEMiTf:
loiiis

luxe et de leurs aises, ne manciiiaicnl pas de garnir

chaises à

porleur de riches et moelleux coussins;

elles

devaient avoir une di-

mension qui pût
en question, qui

se prêter à cet
est celle

arrangement. La structure du nicuhle
et large fauteuil, s'accorde ainsi

d'un grand

très bien avec la destination

clairement indiquée par les anneaux do

fer latéraux. Il résulte
lité,

de ces obscrvaiions que, selon toute probabiet (preilc

son origine n'est pas antérieure au règne de Claude,

est postérieure

aux connnencemens delà prédication évangéliquecpii
le

ont eu lieu sous

règne de Tibère.
quelle a

En

rités

suivant

ces divers indices, on parvient à découvrir

être la position sociale

de son premier possesseur.
elle

Les.i)arlicula-

qui caractérisent en

une chaise

à porteur, et par là

même
de
fi-

un genre de meuble dont
lets d'or, la

les

grands seuls se servaient, son ampleur,

sa structure soignée, ses élégans

ornemens

d'ivoire entrelacés

perfection des sculptures, tout annonce qu'elle n'était
,

pas un meuble ordinaire

mais un siège de distinction, une espèce de

chaise curule, appartenant à quelque personnage opulent de la classe
aristocratique

ou

sénatoriale.
recueillir quatre indications distinctes
:

Nous venons de
dont
elle était la

1" cette

chaire a été originairement

une chaise
;

à porteur

;

2° le personnage

propriété était païen

3"

il

faisait partie

de
si

la

haute

société

dans
le

la

Rome

impériale
tiers

;

W

le

siècle
le
il

d'Auguste,

l'on

en

retranche
sente
faire

premier

qui précède
à laquelle

règne de Claude, se préest
le

comme

étant l'époque

plus raisonnable de

remonter ce monument.

Confrontons maintenant ces indices avec des observations qui dérivent d'une autre source. Saint Pierre, arrivé à

Rome

dans

le siècle

d'Auguste

et

sous

le

règne de Claude, y a reçu

l'hospitalité

chez

le

sénateur Pudens, converti par lui au christianisme. C'est
sont tenues les premières assemblées des fidèles, c'est
pastorale lui a été fournie.
torité,
effet
il

que

se

que

sa chaire

Comme
Le

la

chaire était une
ait

marque d'au-

est très naturel

que Pudens

tenu à

lui

procurer à cet

dont se servaient l'empereur et les grands, était éminemment un siège d'honneur, et il n'est guère douteux que- le sénateur Pudens n'ait possédé un meuble de ce

un meuble

distingué.

s^estatoire,

DE LA CHAIRE DE SAINT PIERRE.
genre, puisqu'il
à l'exemple
faisait partie

9'i

de

la classe

qui avait adopté celte

mode

du souverain.
séries d'indications
:

Nous avons donc deux

les

unes se déduisent

des particularités matérielles du

monument
et la
(>es

;

les

autres résultent des
saint Pierre a j)ris

données historiques sur l'époque
possession d'une chaire dans

maison où

Home.

deux

séries,

quoique d'ori-

gine diverse et réciproquement indépendantes, s'ajustent l'une à l'autre

sur tous

les

points pour concorder, d'une manière frappante, avec

la

tradition qui a répété de siècle
celle

en

siècle

que

celte chaire antique est

de saint Pierre.
sans doute
si la

On demandera
par
les

légende mythologique, représentée

sculptures d'ivoire, ne peut pas former une objection légitime

contre l'authenticité de ce

monument. Assurément

il

ne serait pas

raisonnable de supposer qu'en faisant fabriquer
lique,

une chaire aposto;

on

ait

exigé

que
le

ses

ornemens
,

figurassent des objets profanes
puisqu'il s'agit d'un siège
qu'il possédait avant sa
ait

mais

tel n'est

point

cas présent
les

que
conlaissé

Tudens

aurait pris

parmi
Il

meubles

version au christianisme.
subsister ces petits
ils

est aisé

de concevoir qu'on y

emblèmes en faveur du sens allégorique auxquels
naturellement que celte figure d'Orphée que
,

se prêtaient aussi

nous avons rappelé tout-à l'heure

et

qui avait été tracée sur

les

murs des catacombes par
les

les

premiers chrétiens. Orphée, domptant
,

animaux par

les

accord; de sa lyre

était

une

belle allégorie

du

(ihrist

subjuguant

les

âmes

rebelles par sa doctrine céleste; de

même
y

saint Pierre était le véritable

Hercule qui

était

venu

à

Rome pour
l'avoue,

terrasser l'hydre

infernale de l'idolâtrie.

C'eût été, je

un

symbolisme presque imperceptible à raison de
et
il

l'exiguité des ligures,
le

n'aurait pas eu,
les

comme

je

l'ai

déjà

dit,
si

genre

d'utilité

qu'avaient
allégorique
pareils

peintures des catacombes. Mais

ce rapprochement

n'explique pas pourquoi l'on aurait choisi loul exprès de
les

emblèmes pour
il

incruster dans

le

meuble destiné
o\\

à être la
a

chaire de l'apùtre,
laisser

explicjne

sullisamment pour(pioi

pu

les

dans un meuble préexistant, pourquoi on n'a pas tenu
de

à briser

sur celte chaire curule du coiupuranl chrétien

Kouie

les figures

en quelque sorte prnphéticpK's dont
plicilion

elle

se trouvait ornée.
,

Cette e\-

se pressente Irès-nalurellcmenl

supposé que ces premiers

,

98

nESCRIl'TION ET IDENTITÉ

chrétiens aient attarhé quelque importance à ces

ornemcns; mais,

du

reste

,

il

est

très possible et

même

probable qu'ils n'y ont guère

pris garde.

Il

ne faut pas juger de ce qui a dû arriver alors d'après
:

ce qui se passe aujourd'hui, lorsqu'on fournit une chaire à un évt'(pie
la

chose ne

s'est

pas
,

faite

avec tant d'apprêt.

Saint Pieire étant
salle

établi

chez Pudens

des néophytes s'y sont réunis dans \mv
et

pour l'enlendre prêcher

pour recevoir de
les

lui le

sceau du baptême.

On

a choisi sans délai

,

parmi
,

meubles de

cette

maison
il

,

qui

la

Veille était

encore païenne

un

siège d'honneur dont
,

pût se servir

en présidant celte assemblée religieuse
sans que
lui ni ses disciples

et

il

a

continué d'en user,
les petites figu-

se soient

mis à éplucher
,

res découpées entre les pieds de cette chaise

tandis qu'il

s'agissait
la

de connnencer

la lutte

contre

le

grand colosse de Home. Après
sa

monde
'si la

l'apôtre, la vénération
était

due à

mémoire
la

n'aurait pas permis,
il

pensée en
,

venue, de mutiler

chaire sur laquelle

s'était

assis

et

de proscrire ce qu'il avait
l'on

toléré.

Quelque supposition que
donc former une objection
qu'une

fasse,

ces

emblèmes ne sauraient
et

solide;

car,
,

eu matière de critique,
il

spécialement de critique monumentale
difficulté se résout

est

de principe que
,

lors-

par une explication plausible
origines d'une

elle

ne peut
,

ni infirmer les indices qui éclairent les

chose

ni à

plus forte raison prévaloir contre une tradition constante.
n'y
a-t-il

Combien

pas de

monumens dont on ne
singularités

Conteste point l'authenticité

quoiqu'ils présentent des

moins facilement explicables
cette particularité sert au

que

celles

dont nous venons de parler?
la

Loin de porter atteinte à

tradition

,

contraire à l'appuyer. Si après quelques siècles on avait

commencé
,

à

présenter aux respects publics une fausse chaire de saint Pierre
n'aurait pas

on

manqué de

choisir
la

un meuble exempt de

ces images

païennes qui pouvaient
les

rendre suspecte.

La présence de pareilqu'il n'a

sculptures sur un pareil
être vénéré de siècle

monument semble donc prouver
siècle
,

pu

en

que parce que chaque
première chaire de

siècle a

trouvé une tradition préexistante qui en garantissait l'authenticité.

Ces ornemeus piofanes, incrustés dans
tienté
,

la

la

chré-

ont sans doute embarrassé plus d'un savant du
,

qui ne pouvait pas connaître

comme

nous

,

d'après

moyen âge des monumens

DE LA CHAIRE DE SAINT PIERRE.
retrouvés ou étudiés plus tard
,

99

l'indulgence des premiers fidèles

envers certains emblèmes mythologiques. 3Iais ce qui a pu être une
tentation de doute
les

pour

la

simplicité de nos aïeux, n'est plus,
,

pour

lumières archéologiques des tems modernes

que

la

confirmation

d'une vénérable croyance.

Sous un point de vue simplement archéologique
chose fort intéressante qu'une chaire
,

,

ce serait déjà
d'airain
,

non de marbre ou
,

mais de bois

,

appartenant au premier siècle

qui a subsisté jusqu'à

nos jours pour se perpétuer bien au-delà, dans un assez bon état de
conservation et presque dans son intégrité native. La vénération des
reliques a contribué, par l'elTicacité propre aux soins qu'elle prescrit,
à

conférer au siège du premier des apôtres ce privilège de durée.
il

Mais

faut convenir qu'elle

a

été singulièrement favorisée à

cet

égard, puisque les autres chaires apostoliques n'ont point participé à
cette prérogative. Elles ont péri par la

main ou par

la

négligence des

hommes celle de qui se nomme, je
;

saint Pierre seule a été sauvée par

quelque chose

crois, la Providence.

destructions de tout genre, l'ont
die qui éclatait autour d'elle
:

Des événemens féconds en souvent menacée, comme un incenles

ce ne sont pas

dévastations

((ui

ont
ans,

manqué

à

Rome. D'Alaric

à Totila, dans l'espace d'environ

l/j()

cette ville a été saccagée quatre fois.

Un

indigne héritier du trône do
la
fit

(ionstantin finit par se mettre à
|)()uiller.

la tète

des rois barbares pour

dé-

La dernière

fois

que

cette souveraineté dégénérée y

une

apparition, au 7' siècle, l'aigle impérial,

devenu un oiseau

pillard, dit

adieu à ilomc en emportant dans ses serres avilies une foule d'objets

piécieux

,

et jus([u'au\

tuiles

dorées du Panthéon.

Au H"
la

siècle,

l'empereur Henri IV venait de ravager une partie de
sous
le

ville

connue

nom

de

cité

Léonine,

(|ui

renfermait

la

basiii(pie

de Saintle

Pierre, lorsque l'armée de Pioberl Guiscard,
ser, dévasta plus

({ni arrivait

pour

chas-

par
les

les

Le sac de Rome bandes luthériennes du connétable de Boiubdu détruisil, dans
complètement encore
l'autre partie.

églises et

dans

les sacristies,

une foule

d'anliiiuilés

(|iii

axaient

échappé
treuses,

à toutes les dé|)rédations

précédentes. A ces époques désas-

Rome

a

\u

piller ses trésors sacrés, jeter

aux vents des

reli-

(pies saintes, abattre des coldiuj's
la(|ucllc saint

de granit;

la

fragile

planche, sur

Pierre

s'est assis, a

traversé tant de siècles et tant de

lUO

DESCRIPTION

1>E

lA CHAIRE DL SAINT MKr.RL.
perpétuel de l'indéfcclibiJilé
:

(Icslruclions
foi
'.

comme un miblèmc
lui

dt» la

On

pourrait

appliquer ces mots

tu

marcheras sur

l'aspic

et le basilic, et tu

fouleras

aux pieds
(in

Iç lion et le

dragon, auxquels
les

faisaient allusion les

animaux symboliques sculptés sur
dont se servaient
les

gradins de
la

l'antique chaire en
silique

marbre

papes dans

ba-

de Latran.

Labbc GERBET.

Non

(le

Marmorco,

ast .ilorno è fragniine tcxla.

Durât

in

exlrcmum Hrnia cathedra
Andr. 31arianus,
lib. ii,

diein.

rpi^r. i

,

L'AMÉRIQUE DÉSlGNÉli

l'AU

PAYS

l)L

FOU-SA.\G.

lUl

L'AMÉRIQUr.,
SOLS LE NO.M DE PAYS DE roU-SAxNG
Esl-el'e tii6c, des le
tir-

5""

siècle

de notre ère

,

dans

les

Grandi-s Anualcs

la

Chine,

cl,

des lors, les S:.mancens de l'Asie-Ccntrale et du

Cahoiil, y ont-Jls porté le
'M[.

Souddhismc, ce qu'a cru voir !c célèbre de Guignes, et ce qu'ont nié Gaubil, Klaproth et M. de Hum-

l)oldt?

DISCUSSIOiN

OU DISSERTATION ARUÉGÉE, OU L'AFFIUMATIVE
EST PROUVÉE,

Par

?J. (le

PAUAVEY,

du corps royal du génie.

Les savons de
([lie

l'Islaiulc cl

du Danomarck

vioniicnl de déinoiilrcr
les parties

les

Scandinaves, longleins avant Coloml), visitaient

iiord-cst

de l'Amérique,

y trouvaient

des vignes soulages

et

du

raisin, cl iiicinc a\aicnt pénclré plus au arlucl.

sud,

jiis([uc

dans

le Brésil

Avant ces recherches toutes modernes,
J>i.<cniirs

l'illustre PiulTon

,

dans son

sur

les

variétés de
l'a

V espace
et

liuinaiue

,

avait
,

reconnu
les

roiiime M. de llumboldt
plades

vu aussi postérieiu'ement

que

peu-

du nord-ouest de rAn)éri(|ue,
de
la

mC'me du

;\Ie\i(pK',

a\aient

y venir

Tartarie

et

de l'Asie centrale; et, s'appuvanl sur
de

'

En

lisant celle curieuse
|ins

disserlntion
sa

y\. le rlr'

do P.irnvey,

ms

lei--

princiimle in)|iorlnii((', pour nous, est rournit les moyens d'c\|)li(|ni'r runniienl «{UcLMie connnissaiiix' du iiu'clle « lirisli inisine dans le .Ndincau-.Muinlc , lieaucoup av.iiit lo> a pu arriver voyaire des l".s|ia;;no!s el eoiiinieiil. par eonsc.iuent on a pu lioiivcr des siinenirs de la Uihie nu Mexique dcsrvv"/- cl aulr(s svinliolos elnodens sur 1rs luonumens détoiiverlsà l*<ili ujin el ailleurs. C'est donc une lionne Cor.'une
leiirs

ne doivent

()ul)lier (pic

;

,

.

|iniir

nous

«)ue le

nouveau

travail

de

31.

de Paravcy,

cl

nous l'iuM'ions a>ec
J)(it<l(u>).

plaisir.

lir SÉRIE.

TOME

IX.

— N° 50.

{.\'oU-

du

\W\.

7

,

102
les noiivcllos

L'aMÊRKjUE DÊSIGNÉt
(Ircouvcrlcsdos Russes,
il

traçait la roule suivie par ces
la

Asiatiques
vers le

,

les faisant arriver

au nord-ouest de
îles

Californie, à tra-

Kamtchatka

et la

chaîne des
,

Aléoules.
les

De

son côté, M. de Guignes

compulsant

annales de

la

Chine,

et par elles éclaircissant toutes nos origines européennes, y trouvait fort

un

curieux mémoire sur

le

pays de

FOU 3 7C SANG
les

^^
les

,

ou pays

de V Orient extrême.
les

Il s'aidait

des lumières jetées par

Russes et

géographes

les plus

modernes sur

contrées extrêmes du nordinséré au T.
et
,

est

de

l'Asie

;

et

,

dans un savant

travail

xxvili des
,

Mémoires de l'Académie des Inscriptions
prouvait
,

des Belles- Lettres

il

autant qu'on
l'an

le

pouvait faire alors
,

que ce pays de Fouen argent
et

sang, connu dès

458 de J.-C. riche en

or,

en cuivre,

mais où manquait
Toutes
les

le fer,

ne pouvait être autre que V Amérique.
,

Cartes grossières et altérées à dessein

quant

à la

granles li-

deur des contrées étrangères, que nous avons pu

recueillir

dans

vres ou les recueils rapportés de Chine, et antérieures aux caries exactes

du

Céleste Empire, dressées ensuite par les missionnaires de Pékin,
,

offrent

en

effet

,

à l'est et au

nord -est de

la

Chine

,

outre

le

Japon,

Peri /p^ ( Source du soleil ) marqué sous un de ses noms Gi un amas confus de pays dessinés comme de petites îles sans doute
,
,

p

parce qu'on pouvait y aborder par
l'étendue est diminuée à dessein,

mer; et, parmi ces pays, dojit est marqué le célèbre pays de Fouen Chine, bien des fables; mais

sang, pays sur lequel on
qui, dans
la

a débité,

Relation traduite par M. de Guignes, se présente sous
,

un jour

tout à fait naturel
si

et

ne peut s'appliquer qu'à une des

contrées de l'Amérique,

ce n'est

même, comme nous le verrons,
,

à

l'Amérique entière.

Nous n'avons connu
manière

ces anciennes cartes Chinoises

dressées de

à présenter l'Europe elle-même, et toute l'Asie autre

que

la

Chine
à

,

comme

de très
:

petits

pays
les

,

que dans

le

voyage
la

fait

par nous

Oxford, dès 1830

nous

avons calquées à
sir

Bibliothèque

Bodléienne, et plus tard, notre savant ami,

Georges Staunton,

nous a donné une de ces cartes imparfaites.

De

retour à Londres
la

,

chinois de
elle se

Relation traduite par

nous y avons cherché et trouvé le texte !\I. de Guignes ; car les ouvrages
,

trouve étaient accaparés

à Paris

,

par certains sinologues.

PAP.

PAYS DE FOU-SANG. montré
Il

103
à 31.

Nous

avons copié ce texte; nous l'avons

Iluitman^ alors
,

secrétaire

de

la

Société asiatique anglaise.

y reconnut

comme
;

nous, une description de l'Amérique ou d'une de
dans
la

ses parties

et,

surprise qu'il en éprouva
;

,

il

fit

part probablement de nos

recherches à M. Klaproth
ce savant prussien
fit

car nous étions encore à Londres,

quand

paraître,

dans les Nouvelles Annales des

yojages

,

année 1831, une prétendue réfutation du Mémoire de
,

M. de Guignes, réfutation qu'il nous adressa
lettre assez longue
,

en

même

tems qu'une
'.

que nous publierons peut-être un jour
ni celte réfutation

Ni

cette lettre

,

imprimée ne changèrent nos

convictions sur
le

la justesse

des aperçus du docte M, de Guignes.
;

Nous
de

déclarâmes à M. Klaproth
la

et

,

comme

il

sentait sans
il

doute lui-

même

faiblesse des

raisonnemcns par lesquels

avait essayé

montrer que
Jajjon, ce fut
lant
T.

cette
lui
,

Relation

du Fou-sang

devait s'entendre

du

nous

le

supposons, qui, postérieurement, ^ouà ses fausses idées,
,

amener M. de Ilumboldt

fit

insérer dans le

X du Nouveau Journal asiatique de Paris
de M. de Guignes,

des Lettres du feu

W

Gaubil, où ce savant missionnaire, sans nier cette Relation, discute
et

les idées

ne connaissant pas alors

les
,

Caries dont
le

nous parlons, semble ne pas admettre que l'Amérique sous
de Fou-sang ou sous d'autres noms
Bouddhistes ou Samanéens de
Christ.
la
,

nom

ait été

réellement connue des
l'an

Haute-Asie, dès

658 de Jésuscalcul

Dès

lors

,

cependant

,

nous eussions pu démontrer, par

le

exact des distances en /).?, données dans cette Relation traduite des

Grandes Annales de
tant la route suivie

la

Chine, sur ce pays du F^ousang^ et en discus'y

pour
et

rendre, que ce pays,
T.

même

d'après les

aveux de M. Klaproth
à la contrée
si

du

Gaubil, sur
,

les

noms

chinois donnés

reculée

du Kamtchatka

ne pouvait exister qu'en

Amérique.
Suivant
le

samanéen ou
,

le

moine bouddhiste, qui
,

fit

connaître

le

Fou-sang aux Chinois
à l'est de la Chine
,

en 699 de notre ère
à l'est

ce pays était à

la fois

et

également

d'une contrée demi-sauvage

'

Voir

à la (in

rcfulallun de

M.

de col article celte relation Khiprotli.

du Fon-srin^,

extrnite «le retlo

,,

104
connue, dans
lian
^fl;J

L'AMÉRIQUE DÉSIGNÉt
les

livres chinois, sons

h;

nom

de pays de

Ta y\^
la

ou des grands Ilana,

nom

applique déjà anpaia\aiil à

dynastie chinoise des Ilans, établie en 206 avant noire ère a|)rès celle

des Tsin.

Mais, d'après

les

relations chinoises
soit

,

sur ce pays de Td-lum

^

l'on pouvait aller,

par mer, en parlant du Japon
,

et se diri-

geant au nord-cti; soit par terre
vers
le

en parlant du coude très prononcé
,

nord

,

que

fait le

grand fleuve Ho<tni^-ho
,

dans

le

pays des

Mongols,

et passant

au sud du lac Balknl

et se dirigeant ensuite

également au nord-est, ce
être

jiays, très éloigné

de

la

Chine, ne jKiut

que

le

Kamichaïka
{limu
^7|(^)

,

aussi

nomme

pays de Licou-koucj, ou
'koiirj-

Lieu d'exil

des iirmmcs pervers

/\!^), dans

d'autres Géoirrapliios chinoises.

Le père Gaubil, dans ces
l'admet pour
côtés par
le
la

lettres
;

mémos

publiées par M. Khiprolli

le

pays Lieon-kouer
l'est

car on dit ce pays entouré de irnis

mer, connue
la

le la

Kamtchalka
dynastie des

;

et la

distance où
,

(

n

met, dans

géographie de

Tauçs

publiée aussi

par ce savant missionnaire,

ne peut con\enir qu'à celle pointe ex-

trême de

l'Asie nord-est.

D'une antre part, discutant la position du pays de Ta-lum, M. Klaprotb lui-même dans le mémoire que nous réfutons, p. 12""^,
,

déclare que

ce pays de

Ta-haii a aussi été

nommé

pa\s de/./Vovle V.

koun
pas à

:

et

puisque ce lieu csllu Knmtcha'ha, d'après

Gaubil
,

le pays de r^-Z/an répond donc aussi au
la

Kamiclunka du sud
,

et

non
la

grande

île

Saghalien ou Taràiknï

qui existe
,

à l'est

de

Tartarie et à l'embouchure du fleuve

Amour
le

île

le

veut mettre

M. Klaprotb, dans
C'était
plaçait le pays

ses

Recherches sur

Fou-san^.
le

aussi dans

le A'a/n^c/jafAvï
,

que

célèbre M. dcGuign.es
la

de Tn-han

les livres

de

Chine

,

tels (jue le
,

Piaii-y-lieu, vaste

Géographie des peuples étrangers
la

précieux

l

ouvrage que possède

bibliothèque du roi à Paris, figurent dos

hommes
,

sauvages fort grands et à cheveux très longs et en désordre.
le

Et quand
(>hine, et

samanéen Ilocï-chin

,

venu du pays de Fou-sang, en
,

débarqué à Kingtcheou
dit

dans

le

/Jou-pe, sur

la live

gauche du grand fleuve Kiang,

:

que

le

Fou-sang at à la

fois

PAR PAYS DE FOU-SANG.
à Vuricnl de la Chine
clialka
,

105

et

à

l'est

du pays de Ta-hnn, OU du Kamt,

il

osl ('vidont qu'il

donuc, du sud au nord
le

une

très
,

vasle

élondue

à

ce pays de Fou-sang-, iMiisquc
la

Kamtchatka
,

même
Chine,

dans sa partie
eu ne
lleuve
la

plus australe

,

est très loin

,

au nord-est
,

de

la

prenant
: il

même que
donc

dans

le

nord

et

encore plus loin du

Kiang

parle

ici,

non pas d'une

île,

même
tel

aussi grande

que

le

Japon,

niais

d'un continent très étendu,

que l'Amérique

du Nord.
Aussi, quand nous avons

communiqué
.M.
la

le

Mémoire de M. de Gui,

gnes

et la

prétendue Réfutation de

Klaproth

au célèhre navigala

teur M.

Dumont-d'l
qui
,

rville,

dont

science déplore encore
,

perte

fatale, ce savant

avant son dernier voyage

avait

commencé par
,

nos conseils l'étude des livres de géographie conservés en Chine
n'a-t-il

pu s'empêcher de sourire de
tour

pitié

en voyant que, par un
avait

véritable

de force

,

de ce vaste continent M. Klaproth
,

essayé

de faire une simple contrée du Japon
est

pays qui

,

sous son

nom

véritable,

lui-même indiqué dans un autre passage des
cité

O'tiitdcs

Annales
la

par M.

de Guignes,

et

l'on

décrit la

roMie qui, de

Corée, menait par mer au pays de Ta-hnn.

On

louchait pour y aller au pays de
était déjà

Ouo ou du Japon
ses parties.
,

qui, dès lors,

connu des Chinois dans toutes

On

abordait au

nord

le

pays de /rcn-ichin (île Saghalien)

puis

,

cinglant à l'est, on

arrivait

au Ta-han ou au Kamtchatka,

ailleurs

nommé
être

Lieou-kouci.
la

In
trale
(In

pays assez vaste pour être à la fois h l'orient de
et (lu
;

Chine cen-

Kamtchatka, ne peut é^idemment
.AI.

que rAméri<pie

>ord

ce que n'avait pas dit

de Guignes, mais ce qu'il devait on place
Uelalion
le

sentir, et la dislance

même

à la([nelle
la

Fou-sang^ du pays
,

de

yVi-Art/i

ou du Kamtchatka, dans

du samanécn

achève

(le le
Il

démontrer.
évalue, en effet, à 20 mille/)
cl,
5

cette distance vers l'est

du

'fa-

htm au Fou-sang;
(in'au
ferait

comme
les
la

les Ij s ont

souvent varié en Chine,

M. Klaproth essaie, en

supposant

fort petits,
l'est le

de n'arriver

ainsi

Japon!! Mais

comme
,

direction à
,

gêne encore
il

et le
le

tomber dans l'Océan
n'est

en admettant

cuuune
,

le fait
,

,

que
jilus

l'iiltan

autre que
,

l'ile

de Saghalien
le

il

change

sans
,

de

Urm

,

cette direction

et la

porte vers

sud

;

de sorte

(juc

de

su|i-

,

100
position en supposition

1/

AMÉRIQUE nÉSIGNf.E
arrive à conclure

,

il

que

la partie sud-est

du

Japon

('(ait
,

celte contrc-e

du

Fou-sang

,

alors

nouvelle encore

supposc-t-il

pour

les Chinois.
,

Mais

le. P.

Gaubil

qu'il invoquait ailleurs, pouvait

môme

le

dé-

tromper à cet égard

et lui
(le

donner

la

valeur réelle de ces lys.

DniKi^on Histoire

la dynastie des

Tan f^,

qui a régné pou de

tems après l'époque où les Grandes Annales ont transcrit ces Relations du Ta-hanQ.\,à.\xFou-sang,\\ dit ^ que l'on comptel5,000 lys entre la
:

»

Perse

et la ville

de Sy-ngan-fou',

.>

alors capitale de la

Chine

;

la

Perse étant en ces livres désignée sous le
et sa capitale

nom de royaume ihPo-sse,
la

devant être vers Passa- garde et Schiras ou Persépolis.
nord-est, les géographes de
lys,

Or, vers
aussi

le

dynastie Tang, comptent

15,000
(le

pour

la

distance de Sy-ngan-fou, au pays de JJeoit-

kouey

même
la

que

le

pays de

Ta-hnn

selon

M. Klaproth

),

pays

entouré par

mer de

trois côtés, et

qui est reconnu parle P. Gaubil,

avons nous

dit,

pour correspondre au Kamtchatka.

Si donc, sur

un globe

terrestre,

on prend une ouverture de comPerse, et qu'on reporte,
le

pas, entre la capitale Sy-ngan-fou, celle de la Chine alors, et Schiras

ou Persépolis, capitale du Po-sse ou de

la

à partir de Sy-ngan-fou, cette distance vers
teindre
effet, la partie

nord-est

,

on doit aten

sud du pays de Kamtchatka,

et c'est ce qui a lieu^

avec une grande exactitude.
est

La valeur des lys
sorte
les

donc

fixée,

en grand, pour celte époque; de
lys, et

que

le tiers

de cette ouverture représentera 5,000

qu'en

joignant aux 15,000 lys qui forment l'ouverture entière, on obla rela-

tiendra d'une manière exacte, la distance de 20,000 lys, que
tion

du Samanéen
partir

affirme exister à
il

l'est,

entre

le

pays de Ta-hnn et

celui de

Fou-sang, d'où
de
la

venait d'arriver.

A

pointe sud

du Kamtchatka, qui répond
l'est,

à ce pays
le

de

Lieoii-kouey ou de Ta- han, portant alors vers
question, l'ouverture de

sur

globe en
si le

compas de 20,000

lys,

on devra donc,
la

Fou-sang
a été, par

est

l'Amérique, atteindre au moins

côte ouest de ce
les Asiatiques,

nouveau continent, côte qui dès longtems abordée par

une

sorte de fatalité, la dernière explorée par les Européens.
les Chinois,
t.

Mémoires coyiccrnanl
I/>.,
t.

xv, p. 450.

'

XV, p. 453.

, ,

PAR PAYS DE FOU-SANG.
Or, c'est ce qui arrivera, en
effet, et

107
la fois, les

ce qui confirme, à

con-

jectures de Buffon, et les assertions, appuyées de cartes encore peu
exactes
,

qu'avait émises M. de Guignes

;

car on parviendra ainsi au

nwd

des Bouches de la Colombia, et non loin de
alors, parvenir à la

h

Californie.

Ce savant ne pouvait
puisque, nous
le

même précision que même
le

nous

;

répétons, les positions exactes des côtes nord-ouest
les îles

de l'Amérique vers

Aléoutes, et

celles

du pays du
;

Kamtchatka, n'élaient pas encore bien rigoureusement étabhes mais
il

n'en a eu que plus de mérite à reconnaître

premier,
les

la

valeur des

Ij's

pour

cette

époque, et à retrouver
la

ainsi,

dans

Géographies trop

peu consultées de
l'étaient

Chine, des pays aussi nouveaux pour nous, que
et ce

alors

le

Kamtchatka
les

vaste continent

d'Amérique

connu de tout tems par
et persévérant

peuples explorateurs de l'Asie Centrale
le

mais qui ne nous a été révélé que bien tard par
d'un
illustre génois.

génie admirable

A

l'aide

de ces
les

mêmes
les

livres

conservés en Chine, et qu'il est hon-

teux pour

Européens, de ne pas avoir traduits encore, depiu's plus
possèdent, nous pourrions montrer que
la

d'un siècle qu'ils
ro/jiflc

Mé-

cVElien

n'était

elle-même

aussi,

que V .Imérique du Nord;

car l'invasion chez les IJjpcrborécns, dont parle cet auteur, ne peut
avoir eu lieu,

que du nord de l'Amérique, au Kamtchatka

et

aux rives
la

du grand
font vivre

fleuve

Amour, contrées où
])euples,

les

anciens livres de

Chine
à

une foule de
tems

dont

les

noms, en Europe, sont

peine connus en ce jour, bien que très curieux et tous significatifs.

Dès
la

les

les
la

plus reculés, ayant reçu sans doute, des colonies de

Grèce

et

de

Syrie, ces heureux llyperboréens, envoyaient au

temple d'Apollon, à Délos, des gerbes du blé récolté par eux.

Hérodote

cl

Pausanias nous

nomment

les

peuples qui, de main en
et,

main, faisaient parvenir ces offrandes en Grèce;
ce
(pi'ils

quand on

coini)ine

en disent, avec

les notions

sur ces

mêmes

peuples, qu'ollVeui
le

'les livres chinois,

on acquiert facilement

la

conviction que

vérita-

ble pays des Ilrpcrhorecns, c'est-à-dire, des peuples

du nord-est, u
Corée,

pouvait être situé ailleurs que sur

le

fleuve

Amour

et vers la

contrées à alphabet, très anciennement civilisées ou colonisées.

'

rrist.,

I.

m.

is.

,

108
l'ar rcs Ilyix'iljorroiis,
ri(|n(!

i/AMf:Rii}i

i:

Dtsir.NÉi;
iï-roccs

en rapport avec Jcs nations

(lerAiné-

(In ikikI,

nations (pie déciit iilien sons le

nom

de Muc/iimos
la

ou

(le

fînciriers, les
c(!'iéalis

Grecs des teins anciens,

(jui

avaient porté

cnl-

tnie des

sur les rives de l'Amour, devaient donr avoir des

ïiolions sur ce Fuu-sani^
côli;

ou monde

oriental, vaste continent, (jui,

du
,

de l'ouest, exploré par
les

les l'iiénieiens
le

de

l'Kjjypte, et ensuite

par

Carthaginois, avait reçu

nom

d'.JtlaïUide,
fabli's

L'imagination lleurie des Asiatlfiues avait pu broder bien des

sur ces relations d'un

monde

si

éloigné, et

l'on n'aI)ordait pas sans
si

courir de très grands dangers; mais les
ralenijiié dans
le

monumens

curieux de
(ju'a des-

Guatimala, et ceux non moins importants

sinés iM. deAValdeck. dans le Yucaîan, démontrent positivement ces
rapjiorls antiques de l'Asie Genlraie, des Indes et de l'Kgx pie à l'Ainéritjue

ou à la j\Icropidc', véritable pays de Fun-san^. Le Chaii-luiihint;-, antique géographie mylhologicjue de ou des

la flhine,
la

le

Li-sao et d'autres livres chinois débitent aussi des fables sur

vallée de Tanu,-kou

Faux chaudes,
ils

d'où

le soleil

paraît sortir,

se levant ensuite dans le pays de Foii-sanç;,

où croissent des mûricis
peuples du Fon-sanij;

d'une hauteur prodigieuse;

disent

que

les

mangent

les fruits

de ces mûriers pour devenir immortels et pouvoir

voler dans les airs, et

que

les vers à soie

de ces arbres, énormes

aussi,

se renferment dans des cocons

monstrueux de grosseur.
le

Toutes ces fables sont fondées sur
qui entre dans
le

nom

Sanii

^^

du mûiMcr
;

nom

chinois de l'Amérique
les

ou du Fou-sang

et

on se

les

explique quand on examine
,

monumens Mylhriaques
,

sculptures de l'Asie occidentale
droite,
le

l'on

remarque toujours
tel

sur

la

soleil
la

se levant derrière

un arbre,

qu'im mûrier; ce
prononce Tong
izfi

qui n'est que

peinture

même du

caractère hiéroglyphique conservé
se

en chinois

,

pour exprimer l'Orient, caractère qui
forme en dessinant
le

^^

et qui se

symbole du

soleil

gi,

dereffet

rière celui de V arbre /jC

mo,

le

soleil à

son lever, montrant en

son disque derrière
Tacite,
le

les arbres.

dans

sa

Germanie ,

débite aussi des fables sur les pays où
il
,

soleil

se couche, en faisant entendre, dit
cl cet

des pétillemens lors-

que ses feux pénètrent dans l'Océan,

admirable ouvrage n'en

,

PAR PAYS DE FOU-SANO.
ost pas

109
merveilleux

moins
fait

In et consiiltr lous les

jours

;

cl ces récils
il

n'onl poinl

nier l'exislence des pays dont

parle.

Mais laRelalion du Samanéen Hoaï-chin, sur IcFou-saiv^^ n'oiïrc

aucune de ces
que,

fables, et

si

elle place

un arbre de ce nom en Améri-

elle le décrit

comme un
,

végétal à fruit rouge en forme de poire,

arbuste dont les jeunes rejetons se mangent et dont l'écorce se préparc

comme du

clianvre

et

donne des
en

toiles,

des habits et

même du
et

pa-

pier; car les habilans de ce pays avaient déjà
llelaiion, et l'on a retrouvé,
effet

une écriture,

dit cette

en Amérique, des livres

une

écriture au Mexique, et ailleurs.

Dans

les livres

chinois de botanique, ce

nom
,

de Fou-^an^^ qu'on
utile
,

peut traduu"e par celui de milricv secouruble
•jA*
,

sens de

Fun

est

donné maintenant

à la

Actinie, ou Hibiscus rasa sinensis,

plante venue de Perse en Chine, nous ai)prend le P. Clibot, et fjui j'
a clé grej/ëe sur le mûrier.

Mais
iiiiîrier

I\l.

Ivlaprotli

serait porté à y voir, par ([uelque
fait

méprise

,

le

à papier, dont on
((lie

aussi, en effet, des étoffes et des babils,

tandis

d'autres pourraient y

trouver

le

Meil ou Moquer du
des alimenS: et

Mexicpie, mais mal décrit; car cette plante donnait également des
étoffes et
éiait

un papier;

elle

procurait une sorte de

\\\\ et

éminemment
vrai
,

utile.
le

Au

ce

nom Fou-sanç^ exprime seulement
ainsi

nom
,

de V Orient
le

extrême; car dans l'antique géograpbie biéioglyphique
central
se

Royaume

nommait,

qu'on

le fait

encore en Chine, Tchonget les

hnn

,

ou Fleur du centre, du milieu j

quatre contrées car-

dinales avaient le

nom de

Ssc-fou

,

ou des quatre pays auxiliaires
,

comparés aux quatre pétales principales du Nelumbo
fleur

fleur mystique,
'

du milieu, Lotus

sacré, type

de

l'anticpie

Egypte

et

de

la

terre

par excellence.

L'Inde nous offre encore celte géographie symbolique
ciennes caries chinoises nonmient

;

et les

an-

Fou-^u
celles

les

contrées du

nord;
le

Fou-nan
Ta-tsin
l'est
,

,

celles

du sud; Fuu-lin,
cl enfin,

de l'ouest,
,

c'esl-j'i-dire,

empire romain;
la

Fuu-sang

celles

de

l'est;

or, à
et

de

Chine, n'existe

(pie

l'Amérique,

comme

jmys étendu,

'

01 les

Voir sur le Lotus /rtrrf'.typc de l'EfiypIo, Gritnm. /tunnUi, t. mi, p. i'i'i, i' série.

rL'i/p(. de('.linni|"I-

,

110
si

l'amêrioue désignée
Jaiwn
;

le

a

eu aussi ce
il

nom de

Foii-sans^, c'est qu'il est à l'est

de

la

Chine

mais

n'est pas le vrai pa\s

de Foii-suni^,

dit l'ilncyclo,

pédie japonaise
tort sur ce

,

qu'aurait

dû consulter M. Klaproth
aurait
,

s'appuyant à

nom reconnu

faux pour ce pays.

Le Bananier, arbre Pis-sang des Malais,

pu

aussi être encore

un de

ces arbres
,

Fou-sang

,

types de l'orient

aussi bien

que

la fleur

du ISelumho
n'est

ou

lotus rose d'JÈgypte, d'où l'on voit sortir le jeune
,

Ilorus, c'est-à-dire

naît le soleil

;

tout cela

,

nous
,

le

répétons,
la

qu'une suite naturelle des symboles employés
,

dans

géogra-

phie antique et hiéroglyphique

encore trop peu étudiée.
,

La Relation traduite par M. de Guignes Pou-tao,

met

aussi

beaucoup de
M. de vu
avec

c'est-à-dire de raisins dans le pays de Fou-san-^;

Guignes avait traduit ces deux caractères séparément,
des glayeuls
raison
;

et y avait

Pou
,

et

des pèches Tao.

M. Klaprolh
,

le rectifie

mais

par une singulière distraction

il

oublie que les forêts

de l'Amérique du Nord aboudaient en Vignes sauvages de plusieurs
espèces
le
,

et

que

les

Scandinaves y avaient

plarcé

,

dans

le

nord-est

pays de

f'in-laml,

ou du

\iu.
et,

Il

va donc jusqu'à nier l'exis-

tence delà Vigne en Amérique;
il

s'appuyant surtout sur ce passage,
,

veut que

le

Fon-smig
,

soit le

Japon

la

vigne

,

dit il, existait

depuis longteras

bien qu'en Chine elle n'ait été apportée de l'Asie

occidentale qu'eu l'an
ainsi,

126 avant notre

ère.

On

voit

donc

,

encore

combien

sa réfutation
,

de M. de Guignes,
,

même

lorsque ce
n'offre

dernier se

trompe
la

était

faible

et tout

son

Mémoire

que

des arguracns de

même

force.

Quand
més

le

Samanécn

dit

que
et

le

fer

manque au Fou-sang, mais
sont pas estiil

qu'on y trouve du cuivre,
,

que

l'or et l'argent n'y
,

vu leur abondance sans doute

ne
,

fait

que nous apprendre

ce que l'iaton ava^ldit déjà de l'Atlantique
les relations

et

ce que répètent toutes

de l'Amérique

;

une

rivière célèbre

du nord de

ce con-

tinent, porte encore le

nom de Rivière mine de
,

cuivre, et le cuivre est

aussi très abondant daus le Pérou.
Il

nous apprend

,

en outre

que

les

habitans

du Fou-sang nourlait

rissent des troupeaux de cerfs et font
et,

du fromage du
,

des biches;
aussi dans

dans

les Encyclopédies chinoises et japonaises
si

comme

le

Pian-y-lien,

l'on

donne

la figure

d'un habitant du Fou-sang,

PAR PAYS DE FOU-SANG.
on
lo

111
,

dessine
;

,

en

effet
,

,

occupé h
dans
les

traire

une biche

h petites taclies
,

rondes
la

c'est

même là

deux encyclopédies

ce qui forme

caractéristique de cette
la

contrée du Fou-san^. Déjà Philostrate,
,

dans

Vie iVApollomus

avait cité
lait
,

,

dans l'Inde

,

des peuples

nourrissant des biches pour leur

et la
;

chose n'est pas assez com-

mune pour ne
Boraare
» «
,

pas être remarquée

mais ces troupeaux de biches
;

ont aussi été retrouvés en Amérique de nos jours
article

car Valmont de

Cerf, dit
,

:

« L<îs

Américains ont des troupeaux de
jour dans
les bois et le soir
,

cerfs et de biches

errans

le

rentrant

dans leurs étables.

Plusieurs peuples d'Amérique
,

n'ayant point

a n

d'autre lait, ajoule-t-il

que

celui qu'ils tirent
»

de leurs biches, et

dont
Il

ils

font aussi

du fromage.
sur

semble donc,

qu'il traduit
,

par ces mots, ce que disait en Zi99 de
si

noire ère, Hoeî-chin

les

peuples du Fou-san<^. Et
,

nous avons
fait

signalé aussi cet usage dans l'Inde antique

nous ne l'avons pas

sans dessein

,

car ce

môme Samanécn
Fou-sang
,

affirme
^i

que

la

religion

de

Kouddha
de

,

religion indienne,
le

avait, dès l'an
jiar
il

58 do notre ère, été

portée dans

pays de

cinq religieux du Ky-pin, ou

la (;(>|)liéiie,

contrée indienne

;

dit

que

les

peuples convertis dès
(

lors par

eux

,

n'avaient ni armes ni troupes, et

à l'instar

des

.\rgi|>;

péons

,

dont parle Hérodote) qu'ils ne

faisaient

point

la

guerre

il

ajoute enfin qu'ils avaient

une écriture

,

et le culte

des images, c'est-

à-dire
(le

({u'ils étaient
(ju'il

de vrais

r)Oudd!iistes.

dit

des bœufs à longues cornes, portant de lourds far,

deaux sur
oITre

la tête
,

de chars

attelés

de bœufs, de chevaux

et

de

cerfs,

seulement

ce semble, quchpie dilficulté; mais les bœufs à cri-

nières et à
lieu à ce

têtes

énormes, de l'Amérique du nord, ont pu donner
,

rapport inexact

et
le

l'on

a

pu

,

bien qu'à tort

,

mais pour
s'appli([ue

éviter de les dériire,

donner

nom

chinois
et

Ma

..;.}, (|iii
la

aux chevaux, aux ânes, aux chameaux,

qui forme

clef des ([ua-

drupèdes

utiles

de celte nature, aux

Lhima

et .jI/juc.is déjà

domptés

peut- être dans l'Amériipu'
Il

du Sud, comprise

aussi dans le

Fcu-uin^.

serait

()i)ssil)le,

d'ailleurs, (pie des clie\au\, à celle

époque, eus,

sent été introduits déjà dans l'Amérique

du nord-ouesl

à

j^eine

connue de nos jours,
cl l'on a

cl

l'on cite des

peuplades qui s'en servent;

pu

aussi y voir des attelages

de Hennés du kamichaïka.

,

112
11

i/amériOue désignée
est vnii (ju'on stipposc

que ces
;

clievaiiv:
la

sont issus de reii\ îiine;

nés au MeAiquc par les Kspaf,'uols
et en

mais

chose n'est pas déinonliéo
,

supposant ceux-ci d'origine européenne
,

une

rpidi-niie

,

nue

guerre destructive auraient pu

depuis

le 5- siècle,

détruire les che-

vaux doniesli(iucs, amenés au Fuu-snnp;, par
(Ihistes

les

Tarlareselles boud-

de

l'Asie.

Ce peuple du Fou-san^
planches
et au
,

n'avait

encore alors

,

que des cabanes en
la

et

des villages
la

,

comme on

en a trouvé vers

Colombia
,

nord-ouest de

Californie; et i)our obtenir

une épouse

les

jeunes gens du pays devaient servir leur fiancée, pendant une année
entière.

Or (dans

la

Colleciiun de

21ici>enoi)

c'est
,

précisément
il

ce ffue dit
décrit les

Palafox de son indien de l'Amérique
et c'est ce
l'Asie
,

indien dont

mœurs;
dit.

qui existe aussi dans

les

contrées extrê,

mes du nord-est de
avons-nous

contrées d'où on passait en Amérique

D'autres détails de

mœurs semblent empruntés
le

à la civilisation

chinoise, cl spécialement

Cycle de 10 années, ou peut-être

même

de 60 ans

',

cycle portant les

noms

chinois des 10 kans

,

et servant à

marquer
vait

les

couleurs successives des habits du roi, couleur qu'on deles 2 ans, ainsi

changer tous
le

que

le prescrit

pour l'empereur, en
des
llites.

Chine,

chap. yue-liug

du Lj-kr, ou
,

livre sacré

Mais ces cycles prétendus chinois

et
,

qui ont donné
en Phénicie
et

les

alphabets
,

des peuples les plus anciens en Syrie

dans l'Inde

con)medans
pu
l'Inde

la

Grèce,

ainsi

que nous l'avons démontré
,

ailleurs', ont

être apportés au

Fou-sang
,

aussi

bien de l'Asie centrale ou de

que de

la

Chhie

et

ils

n'ont jamais été inconnus aux boud-

dhistes

ou samanéens.
le

JNous pourrions aussi discuter

son des

noms donnés au

roi et

aux grands du pays de Fou-sang^; mais ces discussions nous entraî•

M.

(le

Humboldt, en
l'u.-afro

effet, a signalé

pota en Aniériciue,
celles
»

du

cycle

c!c

chez Cû ans
et

les

Muyscas du Plateau de Fodes institutions analogues;!
et

et

du Bouddhisme du Japon.
essai sur lorigine

Voir noire

unique

hiéroglyphiques des chiffres
,

des

lettres. Paris, l.s:(i,chez Treutlel et
l'article

Wurlz, et dans les .Immles t x, p. 8, Origine japonaise des Muyscas, où se trouvent les ligures de ces cy-

5 Le titre du roi était I-lnj, son v^ui rappelle le nom des Htc-so.t, venus d'Asie, rois pasteurs d'Kgyplei et la finale /i/c, des noms des rois goths, aussi venus du nord de l'jVsie; "et peul-ètre encore celui de Cacique, des chefs des îles d'Amérique, comme celui des Arikis, ou rois des lies de i'Océanie.

cles, p. 109:

PAR PAYS DE FOU-SANG.
lieraient trop loin.

113
de cette

relation
o.

Nous nous bornons donc du Fou-san^.
,

à discuter la fin

Autrefois

dit
;

Ilod-chia
les

,

la

religion de

Bouddha
,

n'existait pas

»
))

dans ce pays
ici),

mais sous
,

Song

(en /;58 de J.-C.

date précisée
le

cinq Pi-kicou

ou religieux du pays de
,

Kr

pin (pays où

» »
» »

P. (Jaubil voit

Samarcandc

où M. de lléinusal
au Fou-sang
, ,

voit l'anliquc

Co-

phène vers l'Indus),
les livres et les

allèrent

apportèrent avec eux

images saintes
;

le rituel

,

et insliUièreiit les liahi-

tudes monastiques

ce qui

lit

changer
,

les

mœurs

de ses habitans.

»

Aussi

,

venant en Chine en /i99

c'est-à-dire Zi8 ans après celte

conversion du Fou-savg, Iloei-chin, samanéen lui-même, déclaret-il, ([u'alors les

peuples de cette contrée vénéraient les images des
et le soir, et

esprits, le

malin

ne

faisaient pas la guerre.
à

On

sait

que

le

prosélytisme est un des devoirs qu'ont
il

remplir

les

religieux Bouddhistes;

n'est
les

donc pas étonnant de

les voir partir

de l'Asie centrale, franchir

meis

et les pays les plus

dangereux,

pour

aller

convertir les peuples encore sauvages de l'Américpie, pays

déjà bien connu d'eux, et des Arabes et Perses de Samarcande.
(l'est
NN

ce qu'on ne peut plus révoquer en doute, depuis que
le
,

31.

de

akleck a dessiné, dans
,

Viicaian, un temple ou monastère anti-

(pie

vaste enceinte carrée

accompagnée de p\raiuidcs analogues
,

à

celles des

Bouddhistes du Pégu

d'Ava

,

de Siani et de

l'arciiipel

indien, et ([u'on peut étudier dans tous leurs détails.
l

ne multitude de niches, où ligure
les

le

Dieu célèbre, Bouddha,
tout autour
le

assis

jambes croisées,

existe
,

à
si

Java,
l'on

de l'ancien

tcm|)le
lan,
c( s

du Bourou Bouddha
31.

et

examine

temple du Yuc?-

dont

de AValdeck a publié
le

les

beaux dessins, ou y rocomiaît
Dieu Bouddha,
ainsi

mêmes
tète

niches où est assis

même
,

que
de

d'autres figures à'crigine indienne

telles

cpie la lêtf alTreuse

Sirn,
niches.

aplatie

et

déformée,

qui

surmonte chacune de ces

Nous ne pourrions allirmer cependant que ces temples du
lan
l'on

^

uca(»ù

fussent aussi anciens

que
(pic

celte

relation

du

/'(>«-.«<;//_;

,

pavs

ne nous montre encore

des cabanes en bois
Sind,
les
le

;

mais, persécu.

tés par les

Brahmes dans

l'Iiule et le

Bouddhistes ont dû

à plusieurs reprises,

chercher un

asile

dans

Fuu-sung ou l'Ame-

Wli

1,'

AMÉRIQUE DÉSIGNÉl:
,

rique, el pcul-êlre mOiue fuir à Bogota et jus(|u'au Pérou

les

mœurs ont été trouvées si douces et si analogues à leurs mœurs. De la même manière ils adoucissaient les peuples encore sauva,

ges des îles de l'archipel indien
la

,

et

des pays compris entre l'Inde et
,

Chine

,

et

ils

y élevaient ces temples
,

ces pyramides qu'on y reet vénérées,

trouve eu déhris

comme
et

à Java,

ou encore debout

comme

dans

le

Pégu

Siam.

La Chine

avait reçu leur culte

peu de tems après notre ère
l'an

,

sous
le

M

iiig-tj^,
,

des

H ans;

la

Corée, dès
,

372 de Jésus-Christ;
, ,

Fou -San g avons-nous dit en l'an 458; et le Japon enfin seidement en 552, le recevant aussi de la Corée et du royaume de Pe-tsr,
pays situé dans celte

même

contrée de l'Amour et de

la

Corée

,

an-

cien centre de civilisation.
C'était

de

la

Corée, disent

les livres chinois

,

qu'on
et

allait

par

au pays de Ta-han, pour de
ricjue, c'est-à-dire

là cingler à l'est,

arriver en

mer Amé-

au Fou-sang. Dans ce voyage on relâchait au Japon,
contournait pour atteindre , au nord,
vers le Kamtchatka ou
le
,

el sans

doute on

le

l'île

Sagha-

licn

,

puis se

diriger, à l'est,
la

Ta-Han.
publiée dans

Mais dans
la collection

curieuse Histoire des Chichivièques
,

de M. Ternaux

l'auteur, américain d'origine,
,

IxtUlxo-

chiil,

fait

venir les Toltéques
les côtes

par mer, du Japon en Amérique,
,

abordant par
tels

nord-ouest

cl

dans des pays à terre Rouge

,

que

le

Rio

del gila,

l'on cite encore

un ancien monument,

appelle la maison de 3Iotecuzuma.
Il

avait vu, à Mexico, des Japonnais
;

envoyés à
,

Rome
fixait

par

les

mis-

sionnaires
el le

et dans ces Japonais

modernes
il

il

reconnaissait les traits
il

costume des Tollèques dont
au
les

parkdl

;

or,

leur migra-

tion

5' siècle

de noire ère.

Il

se trouve

donc parfaitement d'accord
;

avec

Relations chinoises sur les divers voyages en Amérique
le

car

on passait par
allait

Japon, nous venons de

le

dire

,

quand de Corée ou
,

par

mer au pays de Ta-hnn,
,

pointe sud
le sait
,

du Kamtchatka
le

la-

titude élevée où se rencontrent

on

les vents d'ouest et

du

nord-ouest, vents qui poussent tout naturellement vers

Fousang

ou l'Amérique du nord, contrée située à Monumens bouddhiques au Yucatan ;
ïollècpies

l'est.

histoires conservées par les
;

du Japon venus en Amérique

relations chinoises

du pays

PAU PAYS DE FOU-SANG.
de Talian
par
les

115
nous sont données
,

cl

du vaste pnjs de

Fon-sant!;, et qui

Bouddhistes, partis de ce pays d'Amérique
:

et qui

par
;

le

Ja-

pon, venaient en Chine
sage,
•trer,

tout est

donc parfaitement d'accord

ce pas-

par

le

Japon, expHquant

d'ailleurs

comment nous avons pu monet

dès 1835, que les

noms de Nombre
le plateau
'.

beaucoup de Mots de

la

langue des Muyscas sur

de Bogota se retrouvent encore

dans

la

langue actuelle dos Japonnais
les

De môme que

Scandinaves avaient pu, à une époque plus ré-

cente, descendre de la côte nord-est

du Nouvcau-31onde,

et

du finse

land fondé par eux, jusqu'au
sont retrouvés de leurs

Brésil dans l'Amérique

du sud, où

monumens; de même,
la

mille ans avant les

Espagnols, mais débarqués sur
l'Inde, alors persécutés par les
celles des rives

côte nord-ouest, les Bouddhistes de
les

Brahmes,

peuplades du Japon, et
,

de l'Amour

,

pays des anciens Hyperboréens

ont pu

pénétrer au Mexique, au Yucatan, au pays de Guatimala et de Palan-

qué, au royaume do Cundinamarca, et enfmjusqu'au riche et pacifique

royaume du Pérou. Le célèbre M. de Ilumboldl
,

a très-bien
,

inchqué lesjapporls de race et de civilisation

de cycles

moeiu-s,

usages, qui unissaient les peuples de ces dernières contrées à ceux

de

la

Tartarie et de l'Asie; mais en niant
était

,

d'après le P. Gaubil au-

quel l'Amérique

peu connue,
,

et d'après

M. Klaproth

,

l'identité

de l'Amérique et du Fou-saur^

il

se privait

de ses meilleurs argu-

mens,

et

ne pouvait

fixer
s'il lit

aucune date précise pour ces migrations.
ce court

Nous espérons,
justice à
la
,

Mémoire,

qu'il

rendra plus de

vérité des aperçus
les

du

célèbre M. de Guignes, sinologue

profond

dans

travaux duquel M. Klaproth avait puisé une grande
,

partie de sa science

et

que, pouj^ cela

même
extrait

,

celui ci

n'aurait

pas

tant décrier!!

Nous avons voulu, dans ce succinct
sur rAniéri([ue
,

de nos^ vastes travaux

rendre justice à ce docte et modeste auteur de

y Histoire des //uns.

Connue

lui

aussi,

de méprisables coteries

nous oppriment; mais nous espérons cprim jour, peut-être, on rendra plus de justice à des rcclK-rches (jui ont consumé nos plus belles
îiiniées.

Août

18/i3.

Le

clr*-

de

PARAVEY.

C'est lo DissrrIattoH sur 1rs Muyscas, insérée dans les Annales, el citée plus hnu». Kllca été aussi publiée à pari sous le litre de Mcnwnr sur l'origine Japonaise des peuples du ptalcau de L'oi^'ota. Clie/ 'i'reullel, à Paris.

116

l'améhioue désignée

APPENDICE.
RELATION nu PAYS DE FOU-SANG,
Failc
[\av

un pn-lro Houddliifiuc

nommé

cl cxlrailc des {jrandes

Iloâ-chln Annales de

m\ .V siècle de noire éio,
la (Lliine.

(Avertissement de M. Klaprolh).

Le célèbre de Guignes, ayant trouvé dans
cription d'un pays situé à

les livres chinois la

des-

une grande distance

à l'orient

de

la

Chine,

à ce

((u'il

lui

sembla, crut que cette contrée,
Il

nommée

Fon-s.m^',
oi>ini()n

pouvait bien être une partie de l'Amérique.

a

exposé cette

dans un mémoire lu à l'académie des inscriptions et belles-lettres, cl
intitulé

Recherches sur

les

navigations des Chinois du côté de

l'

Amé-

rique, et sur plusieurs peuples situes à Vextrcinltc orientale de

l'Asie
Il

'.

faut d'abord observer
l'original chinois

que ce

titre est inexact.

Il

ne

s'agit nulle-

ment dans

que de Guignes

a eu devant les

yeux d'une

navigation entreprise par les Chinois au Fou-san^', mais,

comme on

verra plus bas

,

il

est

simplement question d'une notice de ce pays
était

donnée par un religieux qui en

originaire et qui était venu en

Chine. Celle notice se trouve dans
la

la partie

des grandes Annales de
jnid''.
,

Chine

*

intitulée

JVan-szu, ou Histoire du

Après

la

destruc-

tion de la dynastie

de Tsin, en

/i2()

de J.-C.

la

Cliine fut pleine de l'un d<ms

troubles, dont
les

il

résulta rétablissement de

deux empires,

provinces septentrionales, l'autre dans celles du midi. Ce dernier

a été

successivement gouverné

,

de ^20 jusqu'en 589, par

les

quatre

dynasties des Soung, des

Thsi, des iJang et des Tchhin. L'histoire

de ces deux empires
le

a été rédigée
7''

par

Zi'-i7i/z-/t'/ico?/,

qui vivait vers

commencement du
«

siècle. Voici ce qu'il dit

du Fou-sam;'^.

Dans

la

première des années

^'o//n^-j-»<7/i,

du règne de

Fi-ii

'

Voyez Mrmoircs de V .4cademie loyale des inscriptions

cl ùclles-lcllrcs,

vol.
''

xxMH, p. 5''5 a 525. Ce sont les iMan cnl-szu, ou
(le

les 3"2

liisloriens,

dont

les

collcclion
les

plus

rie

(i'

volumes
.Mailla

cliinois, et qu'il
,

ne

fr.ut

Annales inlitulccs

77/o!iuL'-/:irin-/:ani:-»ioii

(]\i'on

ouvrages forment une pas ron fondre avec coiuiait en I'",urope par

en a donné en 12 volumes in-i". ' L(^c-(''li-l)re Ma-loiian-liv, si estimé par 3Î. Rcmusat, a aussi donné relie relation dans son IFcn-hitn-lons-kan a^vec de lé^'èrcs variantes, et c'est là nue M. De (iuij;nes l'a traduite; elle se trouve égniemcnt répétée, dnn^ la célèbre encyclopédie chinoise, intitulée yonen-l,ien-loinj-!in:i ,o\\ nous l'avons trouvée à Londres en 18o0; et dans le Pitin-y-licii ^ ou j:éo^raphie des peuples étrangers; et tous ces ouvrages, fort estimés, existent à Paris. {Sole de M. de Paraveij).
le maiij;re extrait (jiie le P.

PAR PAYS DE FOU-SANG.
»

117
prèîrc

de

la

dynastie de

Thsi,
arriva
:

un chn-mcn du pays de
à l'est

(ou

bouddhique),
'

»
1

nonuné Hocï-chin,
il

Fou-shtis; à King-tchcvu

;

raconte ce qui suit

» »

Le Fou-sang

est à
la

20,000

li

du pays de Ta-Iia/,
il

et éga-

leuienlà l'orient de

Chine. Dans celte contrée,
les feuilles

croît

beaucoup

»
')

d'arbres appelés Fou-sang'', dont

ressemblent à celles

du Thoung[f}ignonia iomcnioso),

et les

premiers rejetons à ceux
fruit est

j » » »
>

du bambou. Les gens du pays
la

les

mangent. Le

rouge

et a

forme d'une poire.
et

On

prépare l'ccorce de cet arbre

comme du
la

chanvre,

ou en

fait

des toiles et des babils.

On

en fabrique
cons-

aussi des étoffes à fleurs. Les planches

du
il

bois servent à

truction des maisons, car dans ce pays
lations

n'y a ni villes, ni habi-

')

murées. Les habitans ont une écriture et fabriquent du

»

papier avec l'écorce
et

du Fou-sang. Us n'ont

ni

armes

ni
il

troupes,
y a uni;

»

ne font pas

la

guerre. D'après les lois

du royaume,
méridionale,
seiitentrionale.
à la

')

prison méridionale et
fautes

une septentrionale. Ceux qui ont conuuisdes
la la

>)

peu graves sont envoyés dans

mais

les

')

grands criminels sont relégués dans

Ceux qui
,

»
>

peuvent recevoir leur grâce sont envoyés
contraiie auxquels on ne veut
[)as

première

ceux au
la

l'accorder sont détenus dans

»
>'

prison

du nord \ Les hommes

et les

fennnes qui se trouvent dans

celle-ci

peuvent se marier ensemble. Les enfans mâles qui naissent
à l'âge

» »
"

de ces réunions sont vendus connue esclaves
filles

de 8 ans,

les

à l'àgc de

9 ans.

Jamais

les

criminels qui y sont enfermés
sujK'rieur coui,

n'en sortent vivans.

Quand un homme d'un rang

»

met un crime
'

,

le

peuple se rassemble en grand nombre
ville

s'assied

A/ny-/r'

(011 est

mw

du

A'fiiiiy duii.s la
•i'J'.»

province

iictuelle

prcriiirr ordre, située sur In p.uulie du prnnd de hou-pc. Celle dnlc répond d ailleurs a l'an

dcJ.-C.

' f'(>ii-siiir,',vi\ chinois cl selon la pronoiu'ialion japonaise, Fouls-sM,-, est arbrisseau que nous nonuiions ///j/^/jf7/j losa c.'itntiuis. Voir ces Carac-

de .M. de l'aravi y, ei-dessus, p. !('-?. .M de l'arnvey, a leurejjard, y l'ait observer encore, (|ue le P. Coiim'vrsy dans son Dul.por(tii:(i(s-<liniois Ibrl estime, traduit ce nom /oii-.ufnL' \H\r /'i//>ou/n roiiurfu, ou aussi ./r^'rinunc du Mi.tiijin Ce savant missionnaire y voyait donc une plante ou un arbuste d'Améritiue cl cette seule ubservalion pourrait prouver (juc le /oii-sfuii; propre répondait ipicl(|iie partie du .U< i</'ir. De (iui^;nes a assez mal rendu ce |ia.ssa;;e de (ctle manière: • Les plus coupables siint mis dans la prison du nord et transfères eUMiite d ms celle du midi, s ils obtiennent leur f;ràcc; aulrejncnt ils sont condaiiuics a rosier pendaul toute leur vie dans la première. •
la

Icres

dans

Dissert,

,

.

;

.i

.<

'

,

lir stlUli. lOMIi L\.

K" 50. Ib44.

8

^

118
» » »

L'AM£;niocu désignée

vis-à-vis
et

du criminel placé dans une
lui

fosse

,

se rectale d'un banqucl,

prend congé de

comme

d'un mourant'. Puis on l'entoure
le

de cendres. Pour un

délit

peu grave,
le

criminel est puni seul
,

;

»

mais, pour un grand crime,

coupahh;

ses

fils

et les pclils

fils

»
M

sont punis; enfin, pour les plus grands méfaits, ses descendans,

jusqu'à
»

la 7'

génération, sont enveloppés dans son châtiment
roi

Le nom du

du pays
et

est

Y-khi (ou Yii-hhiy;
,

les
la

grands de
les

»

la

première classe sont appelés Toui-lou
,

ceux de

seconde

a

petits Toui-lou
sort,
il

ceux de

la

troisième Na-tu-cha.
cors. Il
les

Quand
la

le roi

»
»

est

accompagné de tambours et de
;

change

couleur

de ses habits à différentes époques

dans

années du cycle kia
tinu^

»
»

et^ \
les

ils

sont bleus; dans les années ping; et
;

\ rouges; dans
et
ils

années ou et kl^, jaunes

dans

les

années keng^

sim, blancs;
sont noirs
^,

»

enfin dans celles qui ont les caractères jin et kouci
fl

%

Les bœufs ont de longues cornes, sur lesquelles on charge des

»

fardeaux qui pèsent jusqu'à 20 /o
sert

120 Uvres chinoises). On
et

se
'".

»

dans ce pays de chars y nourrit
les cerfs
lait

attelés

de bœufs, de chevaux
élève les

de cerfs

»
»
»

On

comme on

bœufs en Chine ; on

fait

du fromage avec le
coup de vignes'^;
'

des femelles".

On

y trouve une espèce de
Il

poire rouge qui se conserve pendant toute l'année.
le fer

y a aussi bcau-

»

manque, mais on y rencontre du cuivre;
'•

les

traduit ces derniers mots par « on le juge ensuite. pénales sont celles que l'on a suivies de tout tems en Chine et dans (De l'nravei/). pays de l'Asie qui ont dépendu de la Chine.

De Guignes
lois

Ces

De Guignes a mal lu }'-e/ii. les années I, 11, 21,31,41 et 51 du cycle de GO ans portent le caractère les années i, 12. 22, 32, 42 et :>2 ont le caractère y' Pin^, 3, 13, 23. 33, 43 et r)3; te'nr, 4, 14, 24, 34, 44 et 54. Ou, 5, 15, 25, 35, 45 et 55; /ci, 6,"^1C., 2(;, 36, 46 et 56. ' Arn^, 7, 17 27, 37, 47 et 57 ; sin, 8, Irf, 28, 38, 48 et 58. Jin,9, Ifl, 29, 39, 4.1 et Ô9; koiiei, 10, 20, 3 40. 50 et 60. J yi. Klaproth reconnaît dune ici l'existence au Fou-smig, du cycle de 60 ans des Chinois mais le recueil du P. So/ir/et montre qu'il existe aussi aux Indes; et dans \q Journal usialique de Paris. M. de Paravey a montré qu'il commençait dans llnde et en (;hine précisément en la même année, l.es Bouddhistes de l'Inde ou'du nord de l'Asie-Centrale avaient donc pu le porter dès lors au pays de /'ou-sa/tr, en Améri(iue et au ^lexique. (Z)e Paravey.) De Guignes traduit: « Les habitans élèvent des biches comme en Chine, et ils en tirent du beurre. • •' Dans rinde, on le sait, ce sont surtout les bœufs qu'on attelle aux chars, et, au Kamcbatka, ce sont les lennes, espèce de cerfs, qui tirent les baincaux. [De Paravty. ) '» Il y a dans l'original To'Phou-thao. De Guignes ayant décomposéle mot

^ia;
•'

.

!,

''

;

'">

,

PAU PAYS DE FOU-SANG.
»
»

119
est libre et l'on

l'or et l'argent

ne sont pas

esliuiés.

Le commerce

ne marchande
»

pas.

Voici ce qui se pratique
fille

aux mariages. Celui qui désire épouser
la

» »

une

établit sa

cabane devant

porte de celle-ci

;

il

y arrose et
a prali(iuO

nettoie la terre tous les matins et tous les soirs.
cetle formalité

Quand il

»

pendant un an,

si la fille

ne donne pas son consenil

»
))

tcment,

il

la

quitte; mais

si elle est

d'accord avec lui,
les

l'épouse.

Les cérémonies de maiiage sont presque

mêmes qu'en
la

Chine.

»
»

A

la

mort du père ou de

la

mère

,

on

s'abstient

de manger pen-

dant sept jours.

A

celle

du grand-père ou de
sœurs
oncles

grand'mère, on se

»
>•

prive de nourriture pendant
trois h la

cinq jours, et seulement pendant
, ,

mort des

frères

,

tantes et autres parens,

»
->

Les images des esprits sont placées sur une espèce de piédestal
et

on leur adresse des prières

le

matin

et le soir

'.

On

ne porte pas

»

d'habits de deuil.
»

Le

roi

ne s'occupe pas des

affaires

du gouvernement pendant
'.

les

»

trois
»

années qui suivent son avènement au trône

Autrefois, la religion de
fut

Bouddha

n'existait pas

dans cette contrée.

»

Ce

dans
,

la

k" des années
t

Ta-ming, du règne de Hiao-won-ti

Phou-Uiao traduit: pèches. Cependant

On y

le

mot Phou

trouve une grande quantité de glayeuls et de seul nu si^'nilie jamais glaiieul, "c'est le nom

des joncs cl autres espèces de roseaux de marais, dont on se sert pour faire des nattes, //(«o est en effet le nom de la pèche, mais le mot composé Piioulao signifie en chinois la vigne. A présent il s'écrit avec d'autres caractères, mais ceux employés ici sont l'ancienne orthographe du tcnis des Han,([\xi a prévalu jus(iu'au ïu« siècle de notreère. La vigne n est pas une plante originaire de la Chine, les grains en ont été importés par le célèbre général l'clitittis-ldan envoyé en 12() avant notre ère dans les pays occidentaux. Il |iarcourul l'Af^-'hanistan de nos jours et la partie nord-ouest de l'Inde, et revint en Chine après i:5 ans d'nlisence. le terme Plmn-fiao n'est j)as originaire de la Chine, de même (;ue l'objet qu'il désigne, il n'est vraisemblablement que la transcription imparfailc du mot grec (VJrpj:. Les .Japonais le prononcent /Ion f/ô; ils donnent ordinairement a la vigne le nom de Ythi-hadiDitrii^ composé de yi'f'i, écrevisse <ie mer, et de /cfit/.oiini, nom général des plantes grimpantes ([ui s'nllachenl aux arbres voisins.- Dans le lexie, M. Klaprolh malgré tout ce qu'il ilit dans celte noie , dexail traduire , connue nous lovons fait dans notre mémoire les mots Po/itao, qu il prononce l'Iinu-l! no, par laisins, et non pas ]tar le mol rt'yurs, qui chez nous entraîne l'idée de cillinr. Les bois de l'Amérique du nord et du nord-ouest abondent en raisins sauvages, connue le dit le Sanianéen mais on n'a pas trouvé en Amérique des vignes cultivées, et ce texte, en effet, n'en
.

,

,

,

;

parle
'

jias.

\/^< /'•rarr;/).

(«uignes traduit: «Pendant leurs prières ils exposent l'imagé du défunt. • Le texte parle du r/im ou génies, et non pas des ànies des défunts» Celait aussi l'antique usage en Chine et dans l'Indo-Chinc. {De Paraicij.)

De

.

120
»
»

L'AMÉRIQUE DÉSIGNÉK

l'AH

l'AYS

DL FOL-SAN(;.
rcliç^icux

des Soung (/|58 de J.-C.) que cinq Pi-hhicou ou

du

pays de Ai-pin (Cophène) allèrent au Fou-snn^ et y répandirent
la loi

»

de Bouddha
rituel
les

;

ils

apporlèront avec eux
les

les livres et les

images

»
»

saintes, le

et instituèrent

habitudes monastiques', ce
'.
>

qui

fil

changer

mœurs des

habitans

KLArRUTlI.

A l'appui de SCS idées, M. Do (;uij.'ncs a aussi Iraduil un autre passage du donne la roule, par mer, de la O/rtcau pays de Tn-hmi. ;\1. Klaprolh traduit également ce passage, cl il dit, en le rectilianl sur (luelques points: -On [lartait alors de /V/)i-//.</.i', ancienne capilaU; des Coréens, sur la côte ouest de ce royaume; on côtoyait cette pres(]u'ile et après uye navigation de r2,00 lys, on arrivait au .lapon. De la uin- roule de 7,' Oi» lys vers • le nord amenait au [tays de fTtn-r',iii ou des lionimes peints, lr.tnués; et • enlin, après une na\igalioii de 5,0 lys vers rOiicnton atteignait le i)ays » de Ta-luui, » pays où .M. Klaproth^à tort avons-nous dit voit sculemcnl la grande ile Sa^lmlioi. Mais en appliqunnt à ce routier par mer la même échelle de lys que lui a donnée la disiaiic de IVrsépolis Sy-ngan-rou,M- de Taravey trouve en cCIct 5,0 Hl lys au nord est, entre les Douches de 1' .linoiir ou la lin de l'ile SnJuidu lien, pays de K'en-cinn de ce routier, et la pointe sud du kamlclialka, o Ta-'ian; et il trouve également 7,i'00 lys au nord entre /tf/o, capitale du Ja.yti>i-s:ii, (|ui
>'
,

>•

,

,

;i

.

i

pon,

et ces

mêmes

parties; et s"il compte d'abord l^Xifl capitale de la cote ouest de la Corée (ce qui est évidemment une troj) grande dislance), c'est qu'en allant au .lapon on all.iil d'abord toucber aux lies I.itou-Lii on , (|ui sont en enVt situées a ;j,< 0(1 lys du Japon, et 7 000 de la Corée; on faisait ce détour ou bien on comptait 'ci de

Le

lys par

routier est mer entre

de C/moiu donc exact en ces deux
flouc'ics
le

.lapon et

la

1res petits lys;

mais

le
le

'J'a-luni

toutes les hypothèses,

Japon,
le

connu, n'apu renfermer 7 mars I8i4.

n'en est pas moins le Kamlclialka. I'!l. dans indiqué par son nnm, pays parlaitement Fou-sani: comme le veut M. Klai)rotli^ "
,

[ci

Ch" dePARAVEY.

'

Dans

l'original fchu-Â/a, c'est à-dire

embrasser la vie monastique. » ment de ce paragrafibc. ^ Extrait du n' de juillet-août
-' série,
'

— De

t quitter sa maison ou «a famille» eu Guignes n'a traduit que le commence-

I8-)l

des Xoave/ies ainui/es des voyages,
,

tome

x\i, p. 5

'>.

Un mot

seul,

quand

il

est

bien choisi

Dans

le dictionnaire de la langue du Mexique, par le 1*. Molin i , conservé au Britisti muséum à Londres, nous avons trouvé que le

vaut parfois une démonstration. dictionna re

mot Lim-,

ou Llarna, exprimait le nom des médecins chez les Mexicains; et jtersonne n'ignore qu'au Thibel et en Tartarie les Lamas, ou prêtres bouddhistes, sont en même tems les médecins de ces contrées si peu connues , par où Ion devait, des De J'ar.nei/.) Indes, se rendre au l'vu-sang. (

THÉODICÉE CHRÉTIENNE.

421

polcmiquc €all]oliqur.

TriÉODICtE CHRÉTIENNE,
Ou
comparaison do
la

notion chrétienne de Dieu avec

la

notion rationaliste,

Pau m.

i.'abel

MARET.

Avant d'entrer dans l'analyse de l'ouvrage
de publier M.
l'abbé Maret,

si

remarquable que vient
faire

nous croyons devoir

connaître le
faisons

jnç^fiuonl qu'en a porté

Mgr
que

l'arclievêque de Paris; nous le

avec d'autant plus de plaisir que
vices de tous les sytèmes
l'on

Mgr
les

y signale en quelques mots les

cherche à répandre en ce

moment
les

eu France, non seulement dans
cli;iiros

ouvrages, mais encore dans
le

officielles.

Nous devons ajouter que

livre

de M. l'abbé

Maret

est le recueil

des leçons du cours quil a professé à la Sor18/ilî.

hoiinc pendant l'année
a'Iiesséos

Voici les paroles de

Mgr qui
la

étaient

aux ecclésiastiques qui forment dans son diocèse

Confè-

re ne t^ centrale.

«

ftlESSIEURS,
les

»

Malgré

travaux que

nous impose l'administration de notre
c'était

(liocrsc,

nous ne nous soinnuvs jamais dissimulé que
les fidèles
,

pour nous

nu devoir de prémunir
les

confiés à notre sollicitude, contre

pernicieuses erreurs de quelques systèmes philosoplii(iues de notre

épn(jue.
X

Ne pouvant

les

discuter en détail, nous nous proposons de signala

ler

du moins leurs faux principes,

méthode erronée, employée pour

les faire prévaloir, et
»

leurs fiuiestes conséquences.

î.a

nnlure d'une semblable discussion vous explique asFcz, mesil

sieurs, couiriieiu

ne nous a pas été possible d'y apporter

jiiscpi'ici

une

sullisaiite

liberté d'esprit.

Nous eu

élioiis

néanmoins toujours
nature mixte de

préoccupé, lorsque M. l'abbé Maret a heureusement réalisé ce projet

dans une partie de

si»

Tlu^odicéf chrétienne.

I,a

la

122
discussion qui est à
fort difTiciie

THÉODICÉE CHRÉTIENNE,
la fois

philosophique et ihéologique, nous rendait
dite.

une approbation proprement

Toutefois nous recom-

mandons
teur sur

cet ouvrage à votre attention, et à celle de tous les

hommes
au-

instruits. Il est supérieur, ce
le

nous semble,
les

à

l'ouvrage

du

même

Panthéisme, que

catholiques et les philosophes chré-

tiens ont accueilli avec tant de faveur.

La Théodîrée vous

intéressera
les sys-

surtout, messieurs,

comme

étant

un antidote précieux contre

t^mes

socialiste, éclectique, et contre toutes les théories

anti-chré-

tiennes
»

du rationalisme moderne.
rationalistes,

Les

au

lieu

de prendre pour point de départ des
le

vérités évidentes, des

axiomes consacrés par

bon sens de tous

les

peuples, posent pour fondemcns de leurs systèmps, quelques propopositions vagues, par exemple, celle-ci
:

Il

n'y a qu'une substance

dans

le

monde. Ces

assertions, loin d'être des principes, c'est-à-dire
le résultat

des vérités premières, sont au contraire
fausses de l'esprit et d'un

des vues

les

plus

égarement qui, avant toute discussion, est
la

aperçu par l'intelligence
être plus vraies

moins exercée. Les déductions ne peuvent

que

les

principes sur lesquels on les appuie. Est-il
le

même

possible de

donner

nom de

déductions à cette foule d'obsersi

vations très contestables, à ces analogies historiques

incertaines,

produites par- des esprits présomptueux, dont les idées sont continuel-

lement brisées, en sorte qu'au lieu de marcher à leur suite dans une
route facile, on perd sans cesse leurs traces de vue?

On ne

peut pos-

séder une doctrine avec certitude, qu'autant que l'esprit peut y adhérer avec fermeté. Mais

comment adhérer
Image

à ce qui fuit

ou s'évapore

quand on

veut le saisir?

vraie et sensible de ces trompeuses
si

théories dont les auteurs

eux-mêmes sont

peu

satisfaits,

qu'ils

les modifient ou les abandonnent avec une mobilité qui suppose

une absence complète de conviction. A l'aide d'une semblable méthode, il n'est point d'erreur que le rationalisme ne soit capable de soutenir mais il lui suffirait d'avoir produit la plus fondamen;

tale des
le

erreurs

,

celle

qui altère

la

notion de Dieu , pour assurer
ainsi
:

triomphe de toutes
,

les autres.

Tout,

que

le dit

avec raison
le

M. l'abbé Maret
»
..

découle de cette notion
,

«

Le

droit et
,

devoir,

le

bien et le mal

les

espérances et

les

craintes

la

consolation
la

elle désespoir,

la

force

et la faiblesse

de l'homme,

rehgion,

,

PAR
»
))

M.

MARET.
un mot dérive de
»

123
l'idée plus

la

morale

,

la

philosophio
l'on se

,

tout on

ou

moins vraie que
»

forme de
,

la Divinité.

Peut-être

,

messieurs

qu'absorbés par

les fonctions

de votre

ministère et accoutumés à rencontrer des erreurs bien différentes

parmi ceux qui viennent vous révéler

les secrets

de leur conscience

vous serez tentés de ne pas attribuer à de faux systèmes métaphysi-

ques une action morale aussi effrayante. Ne nous y laissons pas tromper

messieurs; c'est sans doute dans les mauvaises passions du cœur humain que prennent leur source la plupart des égaremens qui troublent l'existence de l'homme et portent le désordre dans la so, ,

ciété

;

mais trop souvent aussi

,

ces passions

,

après avoir obscurci

l'inlclligence, lui font
et celles-ci,
l'infini les
» Il

produire des erreurs purement métaphysiques,
adoptées, justifient, fécondent, multiplient à

une

fois

erreurs morales.
,

faudrait être bien étranger à l'histoire de la philosophie

pour

ignorer l'influence exercée sur tout
vérité i)hilosophique
,

un

siècle

par une erreur ou une

protégée par des génies assez puissans pour do-

miner leur
»

siècle.
si

Descartes n'a donné au sien une
les

heureuse impulsion que
,
,

parccqu'il a respecté
l'esprit

dogmes chrétiens

pendant

qu'il a|ipelait

humain

5

poursuivre avec une ardeur et une indépendance
la

encore inconnues

solution de tous les problèmes placés en dehors

des vérités révélées.
»

Au

contraire

,

Locke

a jeté plus d'un philosophe dans le
si

maté-

rialisme, en hésitant h affirmer

Dieu pouvait ou ne pouvait pas

communiquer
tour
,

à la

malière

la

faculté

de penser. Ses disciples,

à leur

ont produit des théories qui ont eu sans doute quelques résul-

tats favorables
(le

pour

les
(pii

sciences physiques et l'amélioration matérielle

riionune, mais

ont produit aussi sous

le

rapport religieux et

moral des
»

maux

incaloilables

pour

la

France

et l'Kurope.

L'erreur des matérialistes est une erreur prodigieusement despuisqu'elle anéantit
la loi

tructive,

la

liberté

de l'homme,
loi

fait

disparaître

toute sanction de
sihle.

naturelle, et rend cette

elle-même im|>osest celle cpii rela

IMais

une errem- plus fondamentale encore,

monte jusqu'à Dieu,
le fait

uie son existence, le confond avec

nature, ou

évanouir dans d'insaisissables abstractions.

l2/l

TIIKnI)I(.r;E

CHRf.TlE^INE

,

')

L'alliéismo oxliniiié de l'oubli par lejiiif Spinosa et réfuté

si

victoriiii-

soniont

par

l'imniortol l'éiielon, n'avait trouvé au 17" siècle
,

(juc (le rares prosélytes

inconnus au peuple
Il

et

méprisés par tous

les

grands penseurs de celte époque.

reparut dans le siècle sui\ant

au sein de l'Allemague protestante, sous des formes nouvelles. Ouel(ju'liabiles qu'aient été les disciples

de Spinosa,

ils

n'ont pu surpasser
les

leur

maître qui avait puisé l'idée-mère de son système dans
traditions

ténébreuses

de

la

Cabale

,

conforme sur ce point

à plu-

sieurs cultes et à plusieurs écoles de l'antiquité, l'icbtc, Sclielling et

Hegel

,

sans être plus logiciens que ce mauvais sophiste
s'il

,

sont plus
le

opposés,

est possible, h ces vérités

premières qui forment

sens

connnun du genre humain.
»

Cependant

,

que ne peut une déplorable prévention
,

!

Il

s'est

formé parmi nous plusieurs écoles qui
lequel

voyant

le
le

discrédit

dans

commençaient

à

tomber

le

matérialisme el

sensualisme du
la

18' siècle, ont préféré les systèmes nébuleux d'un pays voisin à
philosophie chrétienne
,

que

tant de beaux génies avaient illustrée.
la

Leurs chefs, accusés de confondre Dieu avec
contre l'accusation; mais
ils

nature, ont protesté
la fausseté.

n'ont pu en démontrer

Tour

séparer leurs doctrines du panthéisme, les uns,
les

après avoir posé

principes de cette erreur monstrueuse, ont repoussé arbitraireles

ment

conséquences

';

les

autres

,

préconisant tour à tour Spinosa,
les directions les plus

Hegel, Descartes et Leibnitz, ont suivi
traires % tout

con-

en persistant à soutenir qu'ils sont chrétiens et catholi-

ques.

Ces divers écrivains ont cela de dangereux, qu'en adoptant
le

beaucoup d'expressions con.sacrées par
réellement plus opposés que
ils

christianisme

,

ils lui

sont
,

le

déisme du 18'
celui-ci, les

siècle. Ils n'ont

pu

et

ne peuvent conserver,
les

comme
;

dogmes fondamentaux
qu'il

de toute morale;

dogmes d'un Dieu créateur du monde,
le

gouverne par sa Providence
d'une autre
vie.

dogme des
de
la

peines et des récompenses
vérités,
ils

Pour professer ces grandes
les règles

sont contraints

de renoncer à toutes
»

logique.
:

Mais voici un danger plus sérieux encore

une de ces écoles

;

'

Voir Voir

la 19'

leçon sur

les

écoles socialiste et humanitaire.

'

la CO' leçon.

PAR M. MARET.

125

VEclcriisme, puisqu'il faut l'appeler par son nom, après avoir produit
l'anarchie intellecluelle
la

plus déplorable,

aspire à

dominer

toutes les chaires de philosophie, et prétend,

pour

justifier celte

domination, que son enseignement csiVenseignement

même de VEiat.

Nous ne discuterons point une à remarquer avec effroi que,
viendrait
,

telle
si

prétention; nous nous bornerons
était
la

elle
,

jamais admise, un jour
serait sans

et
Il

il

ne serait pas éloigné

France
la

morale
les
il

publique.
règles de

y a

un

lien

nécessaire entre

notion de Dieu et

la

morale. Or, {'Eclectisme n'a pas encore déterminé, et

est impuissant à le faire jamais, tisans sont

une notion sur laquelle tous

ses par-

en

lutte

,

et

que son fondateur
'.

a déjà présentée sous plu-

sieurs formes contradictoires
»

Mais

,

en attendant que l'expérience vienne rendre tous

les

jours

plus sensibles ces funestes résultats, ne voit-on pas

combien

est

ab-

surde
arrêté,

la

prétention de ces docteurs, qui,

n'ayant aucun principe

aucune doctrine fondamentale, réclament néanmoins un droit

exclusif d'exposer
qu'ils

un enseignement

qu'ils ont déjà tant

changé,

et

changeront probablement encore plus d'une
?

fois, si

Dieu leur

accorde une longue vie
»

Cette absurdité a de plus

un caractère tyrannique auquel on
la

a

fait

trop peu d'attention.

Ceux qui
,

professent nous accusent d'être
la raison.

des Mcnnaisiens obstinés
fl

des ennemis de
sait

Or, tout

le

monde

que

le

clergé de France avait repoussé

le

système de M. de La Mennais,
à
la

précisément à cause de son oppo-

sition

certitude rationnelle,

constamment professée dans nos

écoles; et tout le

monde peut

savoir

que

les Bo.ssuet, les

Fénelon

,

les

Descartes ont raisonné, et que nous aussi nous raisonnons et discutons avec
et

nos accusateurs,

tandis qu'ils se bornent à dogmatiser

à protester en faveur de
le

leurs doctrines
la

si

justement accusées,

preuve irrécusable que
différentes.
')

rationalisme et

raison sont

deux choses

Ces réflexions rapides sulTironl, messieurs, pour vous
([ucl

faire sen-

tir

arec

intérêt vous devez accueillir la Thîoiliccc chrvticnuc.
écrit avec clarté
,

(ici

ouvrage,
Voir

avec précision

et

un

talent

remarqua-

la

90' leçon.

126
ble de style
,

THÉODICÉE CHRtTIEJINE,
est

une réponse savante
si

et

péremploire aux divers sys-

tèmes qui ont produit une
philosopliiques.
.Mais
,

effroyable confusion dans les doctrines
Icin-

ces doctrines devant à
la

tour exercer une
,

grande influence sur
morales, sur
sort réservé à
les lois

liltéralure,

sur l'histoire

sur

les sciences

elles-mêmes, on ne peut penser sans terreur au
serait

une société qui
dans toutes

condamnée

à trouver les ténèbres

et la corruption et la vie. »

les voies

elle devrait

trouver

la

lumière

DENIS, archevêque de

Paris.

Objet de

la

Thèodicec chrcticnnc.

Conséquences.
ractères.

Histoire de la ihéolosie.

— Considérations iiénéralos sur — Trois époques. —

la théologie.

Leurs cathéo-

— Dispositions

du

10» siècle pi;ur la tliéoIo|ïie.

— Méthode

logique,

— Son —

application à la Théodicée.

l'oint

de départ de la dé-

monstration de l'existence de Dieuabsolu.
Iléfutalion.

Une

des erreurs

du rationalisme

«

La question qui remue
et

le

plus profondément la pensée, dit

M. Maret,
Le

dont

la

solution ébranle

ou consolide

les bases

du monde

moral, est celle de Dieu.
droit et
le

En

effet,
le

tout découle de la notion de Dieu.

devoir

;

le

bien et

mal;

les

espérances et

les craintes

;

les consolations et le
la religion, la

désespoir;
la

la

force et la faiblesse de
;

l'homme;
l'idée
la

morale,

philosophie

tout, en

un mot, dérive de
l'on se

plus ou moins pure, plus
vinité
'.

ou moins vraie que

forme de

Di-

»

Or, aujourd'hui des

hommes haut

placés lancent à

chaque

instant,

parmi nous, des ouvrages dans lesquels cette notion de Dieu

se trouve

profondément altérée
;

;

on nie son existence en

le

confondant

avec

la

nature

on

le fait

évanouir dans d'insaississables abstractions:

en un mot, on arborre

le Panih<^isvic. il

importe donc de dévoiler
le

l'erreur, de lui opposer le

dogme

catholique, de

présenter dans son
la vérité,

ensemble
et

et avec toutes ses

preuves aux esprits qui cherchent
est le

qui

la

demandent en vain au Rationalisme. Tel

but que se

propose M. l'abbé Maret en publiant sa Théodicée clirétienne. Cet

ouvrage

est la

reproduction du cours qu'il professe à

la

Sorbonne.

'

Thcodiccc rhrélicnnr, ou

De

Dieu, préface, p

ix.

PAR
Il

M.

MARET.
la

127
théologie en généelle

commence par quelques

considérations sur
les

ral. Il

détermine d'abord son objet,

sources où

puise ses prin-

cipes, les procédés qu'elle
ciale
;

emploie pour constituer une science spéest l'usage de la raison

il

montre enfin quel
son

dans

les

questions

théologiques. Systématiser, développer, prouver et expliquer les vérités révélées, voilà
rôle.
;

Les principes

qu'il a posés le

conduisent à

ces

deux conséquences
;

1° la théologie est

une science, une science

d'autorité et de raison

2° la théologie et la philosophie sont distinctes,
«

mais ne doivent jamais être séparées.

La philosophie part de
:

l'évi-

dence

et se

renferme dans son domaine

aussi est-elle absolument
à

insuffisante, et

ne correspond-elle nullement

tous

les

besoins de

l'homnïc. La théologie, au contraire, part de

la foi, s'élève
l'infini

progressivetout entier.

ment

à l'évidence, et

embrasse dans sa sphère

Distinctes par leur objet, distinctes par leur méthode, la théologie et
la

philosoi^hie ne

peuvent cependant subsister
absolue de
la

et fleurir l'une sans
;

l'autre. iJ'iin côté, l'insuffisance
la

philosophie
la

de

l'autre,

nécessité d'introduire dans le

domaine lhéoU)gique
solides

spéculation

rationnelle, telles sont les bases

de

l'alliance

de ces deux

sciences nécessaires au monde.
ration violente de
la

La rupture de
la

cette alUance, la sépa-

philosophie et de

théologie est

un

attentat

de

lèse-humanité, fécond en malheurs de tout genre. Vous voulez faire

delà

i)hiloso|)hie

pure, dites-vous
jiarole

;

vous voulez procéder

comme

si

Dieu n'avait pas donné une
résolu

au monde,
la

comme

s'il

n'avait pas

lui-même

les

grands ])roblèmes de

destinée

humaine; vous
le

vous placez dans
tianisme;
cil

la déi>l()ral)le i)osition

des philosophes avant

chris-

bien! vous serezpiini dcvotrc égarement

ou devotie téméeiïorts;

rité parla versatilité

de vos doctrines, par l'inutilité de vos
passé quelques vieux systèmes

vous

serez réduits

àexhumer du
de

que l'huma-

nilé a déjà fléliis
la lliéulogie.

sa réprobation.
le

Non, vous ne jwuvez vous passer de

La théologie, je
la

reconnais de grand cœur, ne peut non

plus se pa.sscr de
à

philosophie; car alors elle ne correspondrait pas
la

tous les besoins de l'ame. La lliéoiugje el

philosophie sont donc

deux sœurs qui ne peuvent vivre l'une sans
s'aider, el,

l'autre, (pii ont brsuin

de

qui doivent marcher unies. Lue philosophie lhéologi(|ue,
|)liil()so|)lii(jiie,

une

llu'M)!(ii;ie

voilà ce (pii con\ienl
la

au monde, surtout

au monde d'aujourd'hui. Quelle n'est pas

nécessité d'une scioiice

128
ainsi

inÉODICÉE CnRÉTIENNE,
conçue
le
!

quel vide itnnionso
livré

la

théologie ne

laisse-t-ello

pas

dans

monde

aux

stériles

expériences des philosophes ralioiia-

listes!

Vous ne connaissez pas Dieu, vous ne connaissez pas l'homme;
grands objets dans une vague indétermination, connue
et

vous

laissez ces

dans un ténébreux nuage,

vous voulez ensuite constituer une
la

science de la société, une science de
l'art
!

nature, une science
la

même

de

et

vous ne vous apercevez pas que

plupart de vos principes

sont fautifs,

que vous

laissez derrière

vous des lacunes béantes qui

accusent l'impuissance de vos doctrines. Par vos procédés, on arrive
à

une science politique

et

économique qui matérialise
engendre
le

la

société,

abaisse les h

âmes

et les courages,
la

despotisme ou l'anarchie;
lien, sans unité,

une science de
;

nature sans profondeur, sans
l'art

sans

vie

à

des théories de

qui ne sont que
les

les

rêves d'une imagina-

lion déréglée. C'est

que toutes

sciences touchent à Dieu, à rinhiii,

et

que

tant

que Dieu

n'est pas connu, l'ombre gigantesque de cet in-

connu

se projette sur la science et l'enveloppe de ses voiles.

La théode

logie a des rapports nécessaires à toutes les sciences. Sans parler

ses résultats

pour

le

perfectionnement moral de l'homme et l'accom-

plissement de ses destinées les plus hautes, de ses destinées surnaturelles, elle

peut exercer sur toutes vos facultés

la

plus heureuse in-

fluence.

Songez que

c'est la théologie qui a inspiré le génie politique

de Suger,

comme

le

génie poétique de Dante,

comme

le

génie philo15' et

sophique de Pascal

et

de Leibnitz. Les grands

artistes

du

du

16' siècle n'étaient-ils pas aussi théologiens? La théologie peut élever

vos âmes, décupler vos talens, tremper vos caractères, et faire de

vous des

hommes
»

utiles à

la patrie.

Tout

homme

aujourd'hui qui a

du

loisir et
'.

du courage

doit

donc désirer de
de

s'initier à cette science

divine

M. Maret passe ensuite
gie, dit-il,

à l'iiistoire

la

théologie.
distincts
:

Dans

la

théolo-

nous voyons deux objets bien
;

des vérités donla

nées, révélées

des dogmes contenus dans l'Écriture et dans

traelle.

dition, proposés par l'Église et souvent

rigoureusement définis par

Cette partie est éternelle, invariable
vine, s'élève le travail de
la

;

sur celte base absolument divérités

raison

humaine qui s'empare des

'

P. 23-35.

PAll M.

MARET.

129

révélées pour les exposer, les développer, les prouver et les expliquer.
Il

forme

le

second objet de
à l'histoire

la

théologie. Celui-là est mobile et sert

de

fondement
trois

de cette science.
:

— Or, on peut
la

la
6"=

diviser en
siècle; la

grandes époqiies

la le

première s'étendra jusqu'au

seconde embrassera tout
dra
les

moyen-âge

;

troisième enfin

compren-

tems modernes.
le
le

Cela posé,

professeur nous initie au secret des tcms apostoliques.
chrislianisme accomplissait au

L'œuvre que
parer un
il

1"

siècle était
la

de pré-

monde nouveau, en jetant
et

bien profonde

base sur laquelle

devait s'élever. Cette base était la

époque d'origine

foi. Ue là le caractère de celte de formation. Ce 1" siècle fut et devait être beau-

coup plus pratique que
parole.

spéculatif,

beaucoup plus
tradition

à l'action ({u'à la

La doctrine

se perpétuait par la
la foi ?

orale
la vie,

et vivante.

Demandait-on des preuves de
de
la

Les témoins de
:

de

la

mort,

résurrection de l'IIomme-Dieu disaient

Voilà ce

que nous a^ons
fidi'les?

vu. S'élevait-il quelques discussions

parmi

les

premiers

LU
ks

mol

sorti

de

la

bouche d'un apôtre ou d'un premier
renouvellement que
la

disciple les ter-

niitinit.

Lnfin

le

foi

opérait dans l'homme,
tons les yeux.
,

vertus inconnues qu'elle enfantait,

la justifiaient à

A

côté des apôtres et continuant leur mission divine

s'élève la

glorieuse phalange des martyrs et des premiers pasteurs de l'église.

Quel spectacle magnifique présentent ces confesseurs de

la foi

parais-

sant devant les proconsuls et les empereurs, et les confondant par
la

sagesse de
,

leurs réponses!

Comme
la

leurs

interrogatoires,

leurs
!

lettres

leur langage font ressortir

vérité des faits évangéliciues

Tout

le

1"

siècle s'y révèle, la foi y est vivante et palpitante

avec tous

ses caractères. Klle contient déjà

en germe toute
,

la

science des choses
,

divines que

le

génie des Augustin

des l'homas d' Aquin
le

des Bossuct
il

développera plus tard. Sous ces inlluences,
sent

monde
le

s'ébraidc;

se

animé par un
les

esprit

nouveau

,

et les petits et les

grands

,

les sa-

vans et

ignorans entrent en foule dans
(jui

sein de rÉi;lise.


le

Puis, voilà que des chrétiens,
lèvent pour défendre
n'est pas assez
la

avaient été des philosophes, se

nouvelle doctrine
le

méconnue
mensong(>
:

,

calomniée. Ce
atlaiiuenl

pour eux de repousser
divant
le

ils

paganisme

et la philosophie

sénat, adressent leurs apologies

aux protecteurs tout-puissans des cultes établis, et, taudis que tout

,

130
tremble,
cause de
ils

THÈODICÉE CHRÉTIENNE,
lieniient

un langage
la

plein d'une noble

indépendance

:

la

la vérité,

de

justice,

de

la liberté

trouve des vengeurs inle

trépides dans Ailiénagore et Justin.

— Mais
Au

(Christianisme n'a\ait
il

pas seulement pour ennemis les païens et les philosophes;
aussi combattre le

lui fallut

judaïsme

et l'hérésie.

milieu de ces luttes sans
le

cesse renaissantes (jui se terminaient toujours par

martyre ou par

des apologies savantes, on vit surgir l'école d'Alexandrie.

On

sait

quel éclat firent

rejaillir

sur
et

elle saint

Panthène, Clément et Origène;

on connaît

la

grandeur

l'importance des travaux de ce dernier.
il

Avec

lui la

controverse reçut de nouveaux développemens-;
la

essaya

une systématisation complète de

doctrine,

et la

philosophie ihéola

logique prit naissance. Et puis quelle largeur dans

méthode d'en-

seignement adoptée par cette école

:

elle

embrassait une encyclopédie
les

de toutes

les

connaissances alors existantes, et

ramenait toutes

à

leur centre, qui est Dieu. Si l'on veut juger de sa puissance,

que

l'on

songe que l'école d'Origène ne se bornait pas à former des savans

mais qu'elle fut appelée une pépinière de luartyrs.

Un
grands

demi-siècle après sa mort, Constantin pacifiait l'Église. La

théologie va tout animer, tout inspirer, tout féconder. Les

noms des

hommes

qui furent l'ornement del'Éghseau^^ et au 5" siècle

sont dans toutes les bouches, et on ne peut les prononcer sans se
représenter l'image du génie et de
avait Athanase
,

la

vertu

la

plus pure. L'Orient

Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Chrysosglorifiait

lome,

etc.

L'Occident se

de Jérôme, d'Ambroise, d'Augustin,

de Paulin de Nôle, de Léon-le-Grand.

A

côté de ces grands

hommes,
nécesla

on en
de

voit d'autres

doués de tous

les talcns

de

l'esprit et
,

des charmes
et la

la sainteté.

La théologie
les hérésies

s'enrichit de leurs travaux

sité

de réfuter

qui déchirèrent alors l'Église, donna à

partie

dogmatique surtout des proportions grandes et magnifiques. Ainsi, saint Athanase développa le dogme de la Trinité avec une invirxible logique; saint Augustin,
celui de la création, et tous les

Pères à la fois expliquèrent celui de l'Incarnalion. Ajoutez que ces

grands

hommes
le

étaient tous les bienfaiteurs des peuples, les avocats
petits.

nés, les protecteurs des pauvres, des faibles et des
«

Que

Christianisme

me

paraît

beau,

s'écrie

3L Maret, quand
!

je

le vois

à cette époque, éclairant, consolant, protégeant l'humanité

PAR M, MARET.
au
iiiilieu

131
,

d'une

civilisation
,

corrompue

et décrépite

au milieu des
,

ruiues d'un

moude

il

fait

naître

une science nouvelle
elle avait

un

art

nou-

veau;
vertus.

il

développe
Il

les plus

nobles caractères, les plus magnifiques
société,
les
si

aurait sauvé

la vieille

voulu se laisser

pleinement transformer par lui;
et convertis; la

Barbares auraient été repoussés

marche de

la

civilisation n'aurait pas élé
,

interrompesait sur

pue. Mais ce despotisme brutal qui
le

depuis quatre siècles

,

monde, ne voulut pas abandonner
et

ses traditions d'orgueil, d'é-

goïsme

de violence.

Il

y avait au fond des
l'action
;

mœurs

publiques un

paganisme secret qui

résistait à

régénératrice

du

Christia-

nisme. Cette société était condamnée
tion chrétienne
,

elle devait périr, et la civilisasi

qui venait de jeter un éclat
5" siècle, devait
et

pur et

si

beau pen-

dant

le

W

et le

s'effacer

et disparaître avec elle,
'.

pour renaître ensuite

poursuivre ses destinées

»

Le professeur
Dieu de
nité est

signale

une œuvre dans laquelle cette époque cé:

lèbre vient se résumer et se concentrer tout entière
saint Augustin.

c'est la Cite

de

L'ensemble du développement de l'huma;

embrassé dans cet ouvrage
;

la loi

qui préside à ses destinées

y est posée
l'erreur,
»
D

on y
et
:

voit

décrite la lutte éternelle de la vérité et de
«

du bien
cités

du mal.
de

Deux amours,

dit saint

Augustin, ont

bâti

deux

l'amour de soi-même, poussé jusqu'au mépris de
la

Dieu, a élevé

la cité

terre; l'amour de Dieu, poussé jusqu'au
la

)'

mépris de soi-même, a été l'architecte de
docteur a fondé
la

cité céleste.
:

»

Ainsi

le saint

philosophie de l'histoire

elle

ne pouvait

naître en dehors

de ré\êque d'IIipponc
fois,

du Christianisme, Un jour Bossuet reprendra l'œuvre et la marquera du sceau de son génie. Toute-

comme

le

remarque

.^L

Maret, malgré cette vaste synthèse,

les

grands siècles théologiques que nous venons de parcourir, n'élevèrent
pas un système scienlificpie qui embrassât dans son ensemble Dieu,

riiomnie et
âge;
11

le

monde. Pour

le

trouver,

il

faut attendre

le

moyenles

faut attendre saint

Thomas.
à

Tandis (pie saint Augustin rendait

Dieu sa belle àme,
le

Van-

dales tenaient assiégée sa ville épiscopalo, et déjh

torrent dévastale

teur de la barbarie avait

commencé

à

répandre sur

monde

des

\\ o0-51.

132

THÉODICEli CHRÉTIENNE,

calamités sans nombre. La science théologique ne survécut pas à ce
vaste naufrage qui engloutit les arts
entière.
,

les

leltres

,

la

civilisation tout

Cependant

les

études ne furent pas entièrement abandonla

nées,

la

succession des écoles ne fut pas interrompue, et

théologie
les Pères.
les

lout-à-fait négligée.
Il

On

l'étudiait

dans l'Écriture

et

dans

y avait,

il

est vrai,

peu d'invention, peu de

pliilosophie;

écrits

de Bède, de Raban, etc., nous montrent que l'on se bornait h
la

copier, à compiler, à abréger les anciens. Cependant, malgré

pé-

nurie du génie créateur et inventif, on trouve dans cette époque des
essais
lieu

de systématisation plus complets que ceux des Pères.
7* siècle,

Au mi-

du

un évoque de Sarragosse, un corps
ou somme de

nommé

Tayon,
l'Église
,

et queiciuc

lems après, saint Jean de Damas, au sein de
dressèrent chacun

grecque,

théologie

divisés l'un en

quatre

livres, et l'autre
le

en cinq.

Mais avec
la

li" siècle, des destinées nouvelles connneiicenl pour

science sacrée. Les études furent reprises avec ardeur.
lequel la célèbre école de l'abbaye'du
la

On

sait K:

zèle avec

Bec

cultiva alors la
,

philosophie chrétienne, sous
saint
saint

direction de Laiifranc

et surtout

de

Anselme. Dans ses hautes spéculations, ce dernier continuait
Augustin
,

et

précédait Descartes.

— La
le

scolastique avait pris

naissance

et l'on vit bientôt paraître les trois
le

grandes écoles philosole

phiques du moyen-àge,
lisme.

nominaUsme
la

,

réalisme et
la

conccptua,

On ne

tarda pas à appliquer ces systèmes à

théologie

et

dès-lors le point

de départ de

science se

trouva changé. Elle ne

demanda

plus à

la

révélation son principe, mais elle le

chercha dans
dans

un ordre logique, dans une sorte d'expérience
la conscience. Telle est
la

et d'observation,

grande innovation du 11'
celte voie
,

siècle. L'Église

laissa la philosopiiie

marcher dans

l'avertissant
:

seulement

une barrière qu'elle devait respecter cette barrière est le dogme révélé dont elle est la dépositaire. Aussi quand Iloscelin, Abaiqu'il V avait

lard,

Guillaume de Champcaux, Amaury de Chartres, se présentèrent
elle

avec des systèmes qui l'attaquaient,
dis novateurs. .Mais, tout

s'opposa fortement à cis harles

en proscrivant sévèrement

erreurs enfan-

tées parla philosophie sortie de la dialectique d'Aristote, elle se
tra trop facile peut-être envers elle, en adoptant

mon-

pleinement
;

sa

méthode.

Pierre

Lombard

l'appliqua avec succès à la théologie

mais ce fut

PAR M. l'abbé MAUET.
sailli

133

Thomas

qui

la

porta à son npogôe. Ce puissant génie, qui

mou-

rut à l'âge de ^9 ans, laissant ai)rès lui 17 volumes in-folio, embrassa
clans sa

Somme
«

Dieu

,

l'homme

et la nature,

avec leurs rapports les
est celui
la

plus profonds et les plus mystérieux.
l'univers.

Son plan

même

de

D'abord

il

s'élève à

Dieu et nous présente
,

nature di-

vine dans son essence, dans ses perfections
cable.

dans sa vie incommuni-

Nous voyons ensuite
le
le

la

création sortant de Dieu,

marquée de

son sceau,

reproduisant en quelque sorte.

Dans

cette création,

nous traversons
à

monde angélique
la

et le

monde

matériel pour arriver
et

l'homme. Saint Thomas l'étudié dans ses deux natures
La destinée humaine
loi
,

dans sa

destinée.
loi.

(in

de l'homme
les

lui

découvre sa
,

De
,

la
la

de l'iiomme se déduisent tous
la

devoirs

toutes les

vertus
la loi

constitution de la famille et de
et

société.

Mais à côté de

de justice
le

d'amour

se

trouve l'égoïsme qui engendre le

péché,

\ice, le mal. Cette filiation hideuse de l'égoïsme est décrite

l)ar le saint

docteur avec une analyse

jui

en découvre jusqu'aux
se guérir,

libres les plus cachées. Il faut

un moyen
iiii
;

à

l'homme pour

se justifier et atteindre

à

sa

alors saint

mystères de l'Incarnation et

de

la
Il

Thomas raconte les Rédemption en eux-mêmes et
voulait

dans toutes leurs conséquences.
éclairant par
la
'

terminer son
les

livre

en

lumière de sa haute contemplation tous
».

mystères

delà \ie future connaisse.
Il

Voilà

la

synthèse

la

plus majestueuse

que

l'on

M l'anticpiité,
dégénéra
la
;

ni les

tems modernes n'ont rien à opposer

la

Somme

de saint Thomas. Ajirès sa mort et celle de ses plus

iUustres successeurs,
scolastiqiie

Duns Scot
et

et
,

Durand de Saint
en renouvelant
le

-

Pourcain

,

la
,

Occam

Nominalismc

acheva de jeter
Alors parut

confusion dans

les écoles.

la

réforme.
1'

Ses altaqm
glisc

s

aveugles et passionnées déet

veloppèrent au sein de
rép()(|ue de

une science vaste
,

profonde
et

;

ce fut

Suan'Z, de Duperron

de Haronius

de Hellarmin.

IJacon

et

Descaries accomplirent

cHsuite une nouvelle rê\o!ulion
le
la

dans
sée,

les idées;
il

cependant, malgré
pas scission entre

mouvement imiirimé
ihêologie et
la

à la

pencarles

n'y
;

eul

pliilosopliic

tésienne

on peut seulement reprocher

à celle-ci tl'avoir

préparé

'

P.

7-2.

m*

SÉRIE.

TOME

l\.

—>

JO.

18/ii.

Q

ISil

TlIÉODlCÉt CHBÉTlfciNiMi

,

voies à celle scission, maigre les elToils de Kossuol, l'Y-neloii, iMalle-

branche, pour tems modernes
phie
,

les

concilier l'une el l'aulre.
le
la

Juifui

on a, dans
la

les

proclamé conquête

divorce de

la

ihéologic cl de

philosola

comme

la

plus glorieuse de l'esprit
le

humain;
,

théologie a été reléguée dans

domaine purement saceidolal
,

el la
les

philosophie est allée chercher ses principes dans l'homme

dans

sens ou dans
ture
;

la

raison.

On

connaît les tristes résultats de cette rup-

ou
cl

sait

quel est aujourd'hui l'épuisement de l'esprit philosophiest

que

,

combien

grand l'affaissement où

est

tombée

la

pensée
,

après avoir goûté de toutes les erreurs et de tous les systèmes

sans

pouvoir s'arrêter à aucun.

Pour
et

sortir

de cet

état

,

il

faut

une aUiance nouvelle de
dit

la

science

de

la foi.

Or, tout paraît annoncer,

M. Maret, une renaissance

théologique. Les esprits semblent fatigués

du scepticisme
,

et
ils

du proaccueil,

gressisme. Détrompés des illusions d'une fausse science
lent avec plus d'empressement
les idées el les

senlimens religieux

et lorsque des doctrines élevées et
ils

généreuses

leur sont présentées,
la foi et

se passionnent

pour

elles. L'élite

de

la

jeunesse revient à

lui

demande
n'est

la

solution des grands problèmes de la destinée humaine.
fin

Ce

pas toutefois que le christianisme soit à la
le

de ses comlui

bats; non,
traits
;

rationaUsme n'a pas encore épuisé contre

tous ses

une controverse aux proportions gigantesques se prépM'e pour
n'est pas très éloigné. Mais
,

un avenir qui
pher enfin,
le

la vérité

devant trioml'aurore d'mie

professeur regarde le 19^ siècle

comme

grande époque ihéologique.
Il

passe ensuite à l'exposition de

la

méthode
de
el

qu'il suivra
la

dans son
de
la

enseignement. Or, connne
théologie qui est
est

elle doit résulter

nature

même
la

une science d'autorité

de raison, cette méthode

une méthode historique
de chercher
et

et philosophique.

— L'objet de
croyons
,

première

sera

d'établir l'origine et les
les

développemens des

dogmes. Le rationalisme contemporain
produit des facultés humaines
;

regarde

comme un
ils

simple

si

nous

l'en

se sont éla-

borés dans
et

le laps

des tems et parés des dépouilles de l'antique Orient

de

la

spéculation hellénique.

La méthode historique devra réfuter
faire

ces

théories

mensongères
.

et

ressortir

l'origine

divine

des
leurs

dogmes.

Puis

comme

les hérésies

ont opposé des obstacles à

,

PAR M. l'abbé MARET.
développemens
Alors le
,

135
effets

elle

étudiera

la

nature et

les

de

celles-ci.

dogme
,

apparaîtra avec tous ses grands caractères d'unité, de
la

perpétuité

d'immutabilité. Or,
le

pensée humaine imprime sur tous
la

ses produits

triple

cachet de

variété

,

de

la

mobilité et de

la

mutabilité

;

il

faudra donc reconnaître que cette admirable suite de

la

vérité catholique n'est pas l'œuvre

de l'homme. Voilà pour

la

mé-

thode historique.

Quant
la

à la

méthode philosophique
,

,

elle

cherchera dans

le

dogme

\éritable explication de Dieu
le

de l'homme et du monde;
la

elle s'at-

tachera à

présenter

comme

plus haute et

la

plus complète des

philosophies. Elle rencontrera d'abord les mystères, et elle

montrera
la

que tout incompréhensibles
pensée humaine
;

qu'ils sont

,

ils

ne répugnent pas à

elle les

étudiera dans toute leur étendue pour se
elle fera

pénétrer de l'idée qu'ils recèlent dans leur profondeur; et
ressortir ainsi leurs rapports avec la nature
l'histoire.

humaine

,

les sciences et

Enfin

,

elle

soumettra

à

un examen sérieux

et

approfondi

les doctrines

qui disputent aujourd'hui au christianisme l'empire des

intelligences.

Pour dévoiler

l'erreur,
les

il

lui suffira

souvent de mettre
philosophie de
la

ces théories
révélation.

en parallèle avec

dogmes

et la

Après avoir

ainsi

déterminé

la

méthode

qu'il se propose

de suivre

M.

Marct l'applique

à la théodicéc.

Si l'on veut, dit-il, arriver h
le

une connaissance de Dieu aussi complète que
cultés dans leur état présent,
il

comportent nos

fa-

faut interroger la conscience
la relii^ion
il

formée
la

par

le cliristiaiiisnie.

Avant l'apparition de
s'était

chrétienne,

spéculation
forces
et

philosophique
l'aide

élevée,

est vrai

,

par ses propres
à

à

de traditions plus ou moins pures,
la

une certaine
la

Conception de l'unilé, de
divine
;

simplicité, de
était

la

perfection de
et

nature

mais cette conception

incomplète

mêlée de gra\es
|)as

erreurs.

Que

la

raison laissée à elle-même ne dépasse
les
laits

dans celte

connaissance certaines limites,

sont

pour

l'attester,

lia

donc

été nécessaire (|uc le christianisme vint éclairoi' le
(jui

monde pour
la

renverser cette barrière,

arrêtait l'esprit
il

humain dans

pre-

mière de toutes
simple,
distinct.
inlini
,

les sciences.

Or,

croit à

un Dieu uni(pie, éternel,

libre

créateur et conser\aleur du
ai

monde dont
les

il

est

Nous ne nou>

rêlerons

pas

à

éiumiérer

preuves de

136
l'existence de

TIIÉODICÈL CHRÉTIENNE,
cet

Ktrc-Suprcnic

:

tout le

monde

les coiiiuiît.

Mais

nous crovons devoir signaler une ei renr anjonrd'liiii livs rc'-pandne dans un grand nombre d'ouvrages savans ou riui veulent l'être. On
sait

que

le

rationalisme absolu confond
là la

rinliiii

avec

le

monde

et

déliuit par
IM.

personnalité divine.

Pour renverser ce s\slème,
la

Maret prend son point de départ dans l'étude de
le christianisme. Laissons-le parler
, :

conscience

développée par

«

Les deux pre-

du moi

miers éléniens ([ue cette étude nous révèle se résimient dans l'idée et dans l'idée du monde... Or, relaliviié, inulliplicilé, vacontingence, bornes,
;

riabilité,

tels

sont les caractères généraux cl

du moi et du monde mot le fini.
,

et tous ces caractères sont

exprimés par un seul

»

Mais

il

y a dans la conscience et dans la raison
les caractères
le

un autre

élé-

ment. Quand j'énumcrais
le relatif, le
avait-il

du

fini

,

(juand je nonmiais
le

multiple,

le

variable,

contingent,

temporel, n'y

pas dans vos consciences une grande voix, écho du

monde

divin

,

qui nommait en

même
les

tems ce qui

est

opposé

à ces caractères,

l'absolu, le
riez

un,

le

nécessaire, l'éternel, l'immuable, l'infini? Pour-

-vous

concevoir

premiers termes sans

les

seconds? ces

termes ne
séparer
))

s'appellent-ils pas? est-il

donné à

l'esprit

humain de
du
.

les

?

Ainsi, au-dessus, infiniment au-dessus de l'idée
la

fini,

nous

trouvons dans

conscience

la

grande idée de

l'infini.

.

Ces deux

idées nous accompagnent sans cesse; nous les retrouvons dans toutes

nos perceptions; elles font partie intégrante de toutes nos pensées, de tous nos raisonncmens ; nous ne pouvons ni les efîacer, ni les
oublier.
»

Mais

n'existe-t-il

aucun rapport entre ces idées?

n'exisle-t-il
le
,

aucun rapport entre
fini

le fini et l'infini?

Comme je

ne puis concevoir

tout seul

,

comme

je

ne puis trouver dans

le fini sa

raison d'être
le

je suis forcé par la constitution de
l'infini
,

ma
la

nature à rapporter

fini à

à considérer l'infini

comme

cause et

la

raison

du

fini. Il

y

a

donc entre
Mais

l'un et l'autre le rapport qui existe entre la cause et

l'effet.

comme

l'infini

se suffit, puisqu'il est infini;

comme
fini.

il

doit trouver en lui-même tout le

complément de son
,

être, je conçois

clairement que

l'infini est la

cause libre

hifiniment libre

du

Si

PAR
rinfini (Mail nécessilé

M. l'ap.tîé
la

maret.

137
fini,
il

dans

prodiirlion

du

ne se

sufllrait
il

plus à lui

-môme;

il

manquerait quelcpio chose à

sa perfection;

ne serait plus
fini.
»

infini. J'arrive

donc

à l'infini

cause

,

et cause libre

du

Avec ces impérissables idées

,

avec ces rapports nécessaires
,

,

me
du

sont données les existences. Ces idées

ces rapports correspondent à

des

réalités.
;

Je ne puis douter de

la réalité

du moi
fini et

,

de

la réalité

monde
kant
a

je ne puis douter de

la réalité

du

de

celle

de

l'infini,

beau

me
la

dire

que ces idées purement
,

relatives h

ma

manière

d'èire,

purement régulatrices de ma raison
;

ue m'apprennent rien
,

des choses

nature est plus puissante que kant
,

et la raison

com-

prend l'erreur de son système. Car enfin

y a-t-il

quelque chose de

personnel dans ces idées, dans ces rapports? puis-jc
ces idées, puis-je intervertir ces rapports?
,

me

dépouiller de
lois

Ce sont des
elles

que je
Elles

n'ai pas faites

qui dominent
la

ma
,

raison et toutes les raisons.

sont donc l'expression de

nature des choses;
m'est-il

correspondent

donc

à

des

réalités.

D'ailleurs

donné de douter véritabledu monde
,

ment de
(In fini?

la réalité
l'^t

de

mon moi
fait

,

de

la réalité

de

la réalité

si

je ne puis douter de la réalité

du

fini

,

celle

de

l'infini,

(pii

seul explique et

comprendre

le fini,

peut-elle être plus

dou-

teuse? Ces réalités se supposent et se soutiennent; qu'une seule vous

échappe, l'autre fuit aussitôt.

H

faut

donc

les

reconnaître ou tomber
universel.

dans
»

les

contradictions jialpaples

du scepticisme

Je m'élève maiiUcnant vers cet infini qui vient de se révéler ù
raison et à

ma
l'ilU;

mon cœur. Que me
,

représente cette grande idée?
simplicité jiarfaites
,

me

représente une unité

une

réunissant

toutes les |)erfections dans
celte unité ab.solue,

un

dej^ré sans limites.
,

Je^découvre dans

dans celte unité féconde
la vie.

un abîme d'être sans

fond et sans rives, l'océan infini de
je trouve

Toutes les perfections (|ue

répandues dans

le

monde

existent à
les

un degré sans

limites

dans

l'infini;

tout ce qu'il y a de
reflets

bon dans

créatures se retrouve
,

dans leur cause, pâles

de rélernelle lumière
l'être,
la

faibles éooule-

mens de

retlo

mer immense de
de
l'éiei iielle
le

les

créatures rej)roduisenl

(jiiehpies traits

beauté, de

perfection souveraine. Ur,
,

connue je trouve dans

monde

des èlies intelligens
est

sages

,

bons

et

libres, je puis affirmer (pie

l'infini

Inlelligenl et

soinerainement

13R
intolligpiu
;

THÉOniCf.E CHRÊTIfNNE,
sage, bon et souverainement bon;
;

libre

et

somerai

nemeiil libre
qu'il se suffit

et puisqu'il possède toute perfection, je puis affirmer
Ici j'arrive à l'idée
;

plainement à kii-même.
infinie
,

d'un

infini

personnel,

d'une personnalité
,

j'arrive

à l'idée

d'un Dieu

personnel

cause libre du
par
la

monde

et

par conséquent distincte
;

du
ne

monde
fais

;

et j'y arrive

voie d'une déduction rigoureuse

je

que développer
:

l'idée

même
'.

de
»

l'infini;

je

lire

le

même du
fini

même

ce procédé est jigoureux

'Mais, dira-t-on

peut-être avec Hegel, ces deux termes infini et
,

peuvent se réduire l'un dans l'autre

se

confondre dans une identité
distinctes
,

commune.
«

Alors, loin de représenter

deux existences

ils

n'en représentent qu'une seule. Examinons cette bypotlièse.
J'affirme

donc que

le

contingent et

le nécessaire, le

temporel et

l'éternel, la multiplicité et l'unité, le limité et l'illimité sont et

une seule
sens
,

même

existence,

un

seul et

même

être.

Mais quel
?

est

le

la

portée des affirmations que je viens de poser
je
le

Dans ces
le

affirmations,

disque

le

nécessaire, l'éternel et
,

le

un deviennent

contingent,

temporel
le

le

multiple

;

et

réciproquement. Mais qu'est-ce à dire,
le

sinon que
éternel
;

nécessaire, l'éternel et
le

un

cesse d'être nécessaire, un,
et le

que

contingent

,

le

temporel

multiple cesse d'être

contingent, temporel et multiple. Ainsi je nie alternativement chacun

de ces termes,
t-il

et je les détruis les

uns par

les

autres

:

que

me

reste-

alors? Quel résidu dans
,

mes mains? Rien, absolument
Oui
,

rien. J'ai
l'infini

réussi à faire le vide

je suis arrivé au néant.

dire

que

devient

fini, c'est

détruire, c'est nier l'infini; dire

que

le fini

devient

infini, c'est détruire, c'est nier le fini.
»

Ces deux termes ne peuvent donc pas se réduire l'un dans l'auils

tre;

subsistent

donc dans leur éternel antagonisme. Et comme ces
nécessairement distinct du monde,

idées nous représentent dos existences et des existences distinctes,

Dieu

est

donc essentiellement

et

en dehors, au dessus, infiniment au-dessus du monde. L'identification

de Dieu avec

le

monde mène

l'esprit à des contradictions, à des ab-

surdités palpables; le

même

cesse d'être le

même;

le

néant

et l'être
ici

sont identiques.

Le principe de contradiction s'applique donc

PAR M. l'abré maret.
dans toute
plus loin
'.

139
aller

sa
»

rigueur

et

la

démonstration rationnelle ne peut

Ce

n'est pas tout

:

puisque l'identification de l'infmi et du

fini

dans une

mOme

substance conduit logiquement au néant absolu, comla

ment expliquer
le

formation de

l'univers,
,

comment

le

tirer

du

néant? Hégol nous dit,
néant,
? le lU'venir.

il

est vrai

qu'il y a
!

un milieu entre

l'être et

« iMais

quoi

pour devenir, ne

faut-il pas être

déjà
les
le

Ne

faut-il

pas quelque chose qui persiste au milieu de toutes
?

transformations? Eli bien! ce quelque chose, qu'est-il
néant, nous retombons dans toutes
;

Si c'est
si

les

absurdités

du système;
?

c'est l'être, c'est rètre infini
le

car par quoi serait-il borné
»

Alors tout

système croule par sa base^

Ilégel et son école disent enfin

que
le

la

personnalité est une borne
divin

en Dieu.

«

Vaine objection

!

moi
?

équivalant h r-nilni
,

,

comment
monde,

serait-il

une borne en Dieu
;

Le non-moi en Dieu

c'est le

c'est le Sni

c'est l'èireque

Dieu crée avec une
,

infinie liberté;

c'est l'être

que Dieu crée sans

rien perdre

sans rien

communiquer
la ri-

même

de son infinie perfection. Le non-moi di\in n'est donc pas une
,

borne pour Dieu

et

la

réalité

du

fini n'a|)])auvrit

nullement

chesse infinie de l'Être suprême. Les vaines difficultés qu'on voulait

nous o|)poscr s'évanouissent;
ductibles l'un dans l'autre
Ainsi
il
,
;

l'infini et

le

fini

restent à jamais irré-

Dieu
,

est à

jamais distinct du monde'.»

un

infini

personnel
le

libre
tels

créateur du

monde

a\cc lequel

est

impossible de
le

confondre,

sont les résultas

que nous avons
,

obtenus par

raisonntment. Nous avons donc tron\é
,

ajoute l'élole

(|uenl professeur

le

Dieu (pie

la

conscience humaine adore,
,

Dieu
plus

que

le

Chrislanismc nous révèle. Oui
Il

la

parole de

la foi est la

profonde des sciences.

est

bon de voir disparaître

à

sa

lumière
«pii luit

ces nuages dont l'orgueil voudrait obscurcir l'éclatant soleil

dans nos Âmes.
iMais
la
,

en démontrant
et
tlu

ainsi |)nr le

raisonnement l'enseignement de

conscience

rlirisliaiiisme,

nous a\ons écarté une cpiestion

'

V.

1?:5-24.

'

P. 125.

'

Ihtd.

1/i»i

Tui.tnnc.iE chrétienne.
:

importante

qneik' est
la
il

,

par rapport à

la

ronnaissanro do Dieu
elle

,

la

puissance de

raison

luuuaiiie

aI)andonnée à
,

même?

l'our la

déterminer,

faut consulter les faits
,

et d'abord sortir des

tems

chrétiens. Car

si la

religion de J.-C. a réellement agrandi la notion
si elle

de Dieu, ou du moins
facées
,

a rétabli dans la conscience des idées ef,

celte notion

,

ces idées

une

fois

entrées dans son domaine
le

,

agissent toujours sur les esprits
sa divinité.
alors
se

mêmes

qui nient

christianisme et

Nous nous placerons donc au

sein de ranti(iuité païenne;
,

présenteront à nous deux
,

noms immortels

symboles du

génie et de l'inspiration

Platon et Aristote. Nous interrogerons leur
la

théodicée; nous aurons ainsi toute leur valeur, toute
raison en dehors

portée de

la

du

christianisme.

L'abbé V.D.

C.WVICA Y.

SYSTtMF. DES ANGUCANS.

Ul

polcmiqiic

(!:all)oliquf.

DU SYSTEME DES ANGLICANS,
APPr.LKS PISKVSTES
'.

Réflexions préliminaires.

Rien n
la

est
et

mposanr, rien ne donne à réfléchir

comme
,

de suivre

marche

h

transformation des idées de l'homme

surtout lorsque

ces idées achèvent leur orbite et s'arrêtent

enfm dans leur révolution,
mais pour rentrera
l'état

pour ne plus se

réaliser par des faits,

d'ahsiraciion d'où elles furent tirées jadis. L'intérêt redouble
(Iles

quand

contiennent,
el

comme

il

arrive
siècle
,

souvent,

quelque

élément

mauvais
(le

désorganisateur.

Le

actuel a déjà

vu beaucoup
en
,

faraudes choses
,

en ce genre
,

et

il

est à croire qu'il

verra

cncoïc

ce siècle qui

parce qu'on devra dire à son sujet
a

lassera

le hiniii

de

l'histoire.
fait
,

On

voulu creuser jusqu'aux dernières assises
à l'idée
!

sociales;

tant le tout

aujourd'hui succède vite
et l'on sent

On

a tout

ébranlé,

remué

encore

le sol osciller

sous

les pas.

La pensée humaine a eu l'envie de mesurer son domaine; mais
a

elle

enclavé

,

dans son chimérique empire
franchir les

,

des régions dont

elle n'aurait

jamais
n'ait

bornes

:

il

n'est pas

de mauvais

lieu

elle

reposé

son vol

,

essayé de réaliser ses folles et fatales imagina-

'

Nous espérons dans un de nos prochains
de
l'église

caliicrs dire
s'y

quelques mois de

l'élal

nnglieanc cl du

mouvement qui
faire

opère dans ce moment.

Mais noU'* avons cru devoir auparavant
iiienl

connaitre à nos lecteurs comIMj^r

ce

même
di.siriel

iiiouveiiienl

est

jugé à Uonic jmr un anglais,

Uaf:>{S,

recteur du collège ani;Iais, et aujourd'hui évèiiue de P<ll<i el \icaire aposloli(|ue

du

orcideulal de l'Angleterre. Cet article est extrait du n° ii,

lonie XV. p. CO, des .hitmli de

Mpr de Lucn.
{Noif (tu Dirrclfitr).

142
lions.
.>Iais

nu SYSTÈME DES ANGLICANS,
elle
:

ne saurait vivre longtems au sein d'une atmosphère
lui a prescrit

pcsiilenlielle

Dieu

de revenir toujours au grand
Tel est bien, après tout, le

air,

à l'air

pur; c'est-à-dire à

la vérité.
,

terme
être.

de chacune de ses excursions
Plus que toute autre
,

quelque hardie qu'elle

ail

pu

l'idée protestante

mène
et

à ces considérations.
et

Trempée en
aux

partie
la

au feu des passions
,

de l'erreur,

en partie

rayons de

vérité

on

l'aurait

crue capable de résister plus
,

longtems à l'action corrosive de ses conséquences. Or
tenant
trois

il

y a maindire, en

siècles

révolus qu'elle s'incarna

,

pour

ainsi

des

faits

monstrueux;

depuis, des produits du

même
,

ordre sont
est

sortis

par intervalles. Mais aujourd'iiui elle se meurt
elle

ou

déjà

morte en certains pays. Le pays où
plus vivace
,

devrait élre naturellement
est
Klle

parce qu'elle y

était plus

comprimée, l'Angleterre
stérilité.

comme
De
des

toute frappée de son impuissance et de sa
elTroi le

mesure avec

vide qu'on s'était figuré

si

parfaitement rempli.

des besoins inconnus jusqu'alors, des besoins qu'ont imprimés
divers
,

mouvemens
est

parfois

étranges

,

et

dont l'observateur

attend encore
qu'il

le résultat et les suites.

C'est donc
la

principalement

imposant

et instructif

de suivre
va-t-elle

transformation des idées
titre ?

de l'homme.

L'île des Sainis

reprendre son noble

ou bien
sainteté
?
,

s'éloignera-t-elle encore davantage de la source de toute

Une impulsion

vaste et forte s'est manisfestée vers

le

catho-

licisme

vers l'église de

Rome.

Mais quelle est la vraie signification
,

de ce
le

fait ?

On

a

beaucoup espéré des puscjstes; quelles sont
,

dans

sens des

espérances catholiques

la

valeur et

la
,

portée de ce

système?

On

peut douter que celte école soit aperçue
:

en France

,

sous un point de vue net et clair

on

se flatte quelquefois

en regarréalisé.

dant comm'i d'une éventualité facile ce qu'on brûle de voir

Mais

les aspirations à la

doctrine catholique pourraient bien se boiner
et
;

à produire
tions, et h

un simple rapprochement vers nos dogmes
fact'ces

nos institu-

tromper par des alimens

qu'il n'est

un besoin réel pour sentir pas encore tems d'immoler, au foyer du père de famille,
,

veau engraissé
le

en signe de

la

joie

du retour,

il

suffit

d'une réflexion
,

bien naturelle.

Quand on
la

a sucé l'erreur à la

mamelle
:

on

se

l'est

assimilée
terrible
!

comme
c'est la

vie

;

elle fait partie

de nous-môme

communion
;

robe trempée dans

le

sang du Centaure

elle

inocule

1

, ,

APPELÉS PUSÉY9TES.

4^3

un venin qu'on ne peut extraire qu'à grand'peine; si l'on s'en elle déchire en lambeaux ce qu'on a de plus cher. Voilà dépouille
,

l'erreur.

N'était-il

pas

tout simple

,

après cela, que les ani^licans,
a

sentant

comme

malgré eux ce qu'il y

du défectueux dans

l'idée

protestante, et qu'elle ne fait pas taire toutes les exigences de l'âme
aient

imaginé un
à leur

état
,

mitoyen dans lequel

ils

donnent encore une
stérile
fait

main

marâtre

pour

saisir

de l'autre ce que son sein

n'a point porté?

Oui

,

cela est bien
;

dans

la

nature
,

:

la

nature ne

rien

par

<;nitt

,

disait

Linnée
seul

la

parole est vraie

vraie surtout

du

retour à

la vérité.

Un

bond

précipite au fond de l'erreur; mais
,

quand on

essaie

de regagner

la vérité

il

faut péniblement gravir.
il

Quelques degrés sont déjà franchis; mais
pour mettre
à

en reste encore. C'est
et

même

de juger de l'espace parcouru

de l'espace à

parcourir, qu'on a traduit, et qu'on publie les pages suivantes et quel-

ques antres

([ui

paraîtront aprî-s.
sait

Elles

sont d'un témoin sûr, d'un
,

observateur qui

juger, d'un chrétien qui ne s'abuse pas

d'un

prêtre qui voudrait voir tous les
la

hommes dans

les

bras de leur

mère

sainte É;^l!se.
a

Dans un premier
le

travail, publié en lS'i2,

Monseigneur
:

Iiftf:-:<
il

exposé

système
la
,

et la

méthode des théologiens d'Oxford

en a aussi apprécié

valeur.

Une seconde

dissertation

,

datée de

cette

mcMue année 18i3
(le

contient quelcpios considérations sur

Wtat

actuel

l'r-^Iise

anglicane.

On

y verra

les

modifications que le

IMiséysme a subies;

maison
le

y verra surtout
a

que l'Angleterre, ou du
,

moins

l'élite

de l'Angleterre,
('ll«'

besoin de quelquo chose
!'•

et

que ce

(pichpie chose

ne

trouvera (pic dans

ciitliolici>me iniivcrsel.

Que l'Anglelerrc y songe donc! la vieille foi romaine est revenue comme naguère une grande infortune x^f-seoir an forer du peuple
,

hrii.inri'iiiir
la \irioii('
!

:

puisse-l-cllt' être

mieux

traitée (pie le héros trahi
la

par

Kllc

ne demande l'hospitalité que parce (pie
sont ses
s(vurs
;

paix de

r.iinc cl

1,1

fcliciic

l'Iiospiialité

lui

sera- -elle re-

fusée

?

C.-M. A

l'i'j

DU SYSTtME DES ANGLICANS,
sur.
r.i:

système des anglicans
,

appi;i.i;s Pi'Sf:YSTES

'.

Noue

divin Sauveur

avant de

souiïrir

pour

la

rédemption de

riionuiic,

ayant prié
les

le
:

l'ère Éternel
«

pour

ses apôtres, pria aussi
,

pour tous
» »

fidèles
,

.le

ne prie pas pour eux seuls
,

mais aussi

j)our

ceux qui

par leur parole
,

croiront en moi

,

afin

que tous
et

ne soient qu'un
en vous
croie
:

comme
de

vous

,

ô

mon

père

,

êtes en
,

moi
le

moi

»
»

qu'ils soient

même un

en nous

afin

que

monde
céleste

que vous m'avez envoyé'.» L'unité des
afin
la

disciples

de Jésus

doit
et

donc être iniime,

de ressendjler

à l'unité

du Père
la

du

divin Fils, qui ont
Il

même

pensée divine et

même

volonté

éternelle.

faut

aussi

que

cette unité soit extérieure, afin d'être

pour
le

monde une preuve de la divine mission du Christ, afin que monde croie que vous in avez eni>ojé ; car cette intime et parfaite
le

unité de tant de peuples divers, ne peut être l'œuvre d'une force

humaine, mais seulement du bras tout-puissant d'un Dieu, Cette
prière solennelle
tion
,
,

à

laquelle

l'Homme-Dieu
:

n'attacha pas de condi-

a été exaucée par le Père éternel

après dix-huit siècles passés,
fidèles

on voit encore subsister en deux cents millions de
nation
,

de toute

qui appartiennent à l'église catholique, l'unité de pensée ou
l'unité

de

foi

,

de volonté ou de charité ou de communion
,

;

puis

aussi l'unité extérieure

toujours conservée au

moyen de

la

suprême

autorité de

Pierre établie par Jésus-Christ, et dont l'invariable perla

sévérance et

salutaire efficacité à conserver l'unité est

une preuve

'

Mgr Baggs

avertit,

dans

le

courant de

l'article,
il

que

s'il

se sert

du mot pu-

se'ystes,

bien qu'il soit rejeté par ceux auxquels

l'applique, ce n'est ni par

mépris, ni par aucun autre sentiment qui pourrait leur être désagréable; au
contraire, dit-il, je désire les traiter avec toute sorte de charité et de respect;

mais

il

remploie parce que ce terme
la

est plus

connu,

et qu'il est déjà

adopté
à cette

dans toute

presse et dans le

monde

littéraire.

— Nousinous unissons

déclaration de Mgj: Baggs.
'

{Note du Directeur).
:

Saint Jean, XVII, 20, 21

«Non pro
in

eis
:

rogo lantum,sed et pro

eis

qui

credituri sunt per
ter, in

verbum corum
le, ut et ipsi in

me

et

ego in

me ut omnes unum sint sicut tu, Panobis unum sinl ut crcdat mundus, quia
••

tu

me

misisti.

APPELÉS PUSÉYSTES.
éclatante de la mission divine de celui qui
l'a

1''/)

posée

comme

la

pierre

angulaire,
église.

comme
est

le

perpétuel et inébranlable fondement de son

Oui

,

telle

l'église

catholique.

Mais

,

hélas

!

que

diiïérente a

toujours

été la condition

de ceux qui sont séparés de ce centre

d'unité, qui ne se soumettent point à l'autorité établie par le

Sauveur

dans

la

sainte

église

!

Jamais

il

ne

s'est

trouvé chez eux d'unilé (\m
d'unilé qui puisse persuader
!

ressemble h l'unité du l'ère avec

le Fils,

monde que le Christ a été envoyé par le Père Ahn de constater, avec toute l'évidence de la réalité, cette marque caractéristique dans V anglicanisme , nous
au
les

l'absence de
citerons
ici

propres paroles du professeur Pusej, qui a donné son

nom aux
,

anglicans

dont

le

système

fait

le

sujet de ce travail. Ecrivant
,

en

1842,
termes

à
:

l'archevêque anglican de Cantorbéry
«

il

s'exprime en ces
actuelle, sé:

Nous sommes, par rapport
reste

à la

communion
'.

parés

du

de

la

famille

chrétienne

»

Et ensuite

«

Ces

»

nombreuses divisions entre nous,

ces contentions sur les points

»
)>

que ceux d'un
espérions qu'ils
tache d'hérésie

parti

prétendent fondamentaux, bien que nous

croient
si
,

mieux que ce

qu'ils

professent

,

cette

n

souvent appliquée
cette

même

au don du Soigneur
frères propre
les

«
»

dans

le

baptême
,

proscription des

noms de

aux méchants
autres

cette impossibilité
faire

de nous comprendre
Ciel
!

uns

les

»
1)

ou de nous
In'en jiliis

comprendre.

comme

tout cela

ressemble

à la conjnsion de Babel, lors((UC Dieu
construire leur édifice géant
il
,

em-

»
» »

pécha

les

hommes de

qu'à cette cité
qu'il n'y

mcr\eill('usemenl unie en soi et à hupicllc
aurait dans son sein qu'une voix
et

fut

promis
!

(ju'un langage
:

»

Autre aveu

plus frappant
»
>)

encore du

même

auteur

«

Nos

séculiers jusqu'ici

n'ont pas un seul guide vivant: les lèvres
pas jusqu'ici
la

du prêtre n'enseignent

science pour eux

;

des personnes ([uils respectent
,

» »

au

même
dans

degré leur exposent un enseignement divers

et

l'une

des deux grandes classes des maîtres leur crie sou\eiit
est
uiiq

(jiie

l'autre

»
»

erreur

fatale.

Sera-l-on surpris (pie

le peu|>le

trouve

mal

aisé

de reconnaître

comme

représentant de cette église qui

'

rngc M.

,

U6
»

DU SYSTÈME DES ANGLICANS,
et le

est la colonne
Il

fondement de

la vérité

,

une

église

si

divisée ?

»
))

essaie

d'échapper à ces débats et va trouver quelqu'un qui se
lui

charge de

montrer

la

voie. » C'est

encore

le

docteur Pusey,
disait:

qui, écrivant,
«

en 1839,

à

l'évèque
faire

aM;;lican

d'Oxford,

Nos schismes menacent de
de mépris pour tout
partout où
le

de nous une parole de dérision et
:

» »
» »

monde
et
le

nous portons

la

honte avec nous

nous allons

nous sommes en danger de devenir

une tache
des

flétrissante

pour
été
)

nom

chrétien

,

au

lieu d'être

(comme
et

nous pouvions avoir
plus
florissantes
le

une des plus grandes communions
les églises,

u »

de toutes

La nation
»

anglaise est
le

près de dc\enir

type

même du

schisme.

A son tour,

révé-

rend
«

fVard

,

également attaché
,

à cette école, vient

nous dire que

l'église

anglicane

dans laquelle se trouvent tant de divisions
fntrdmenl
lucalc
,

»
»

n'est

qu'une

église

séparée de
»

la

plus grande

partie, sans comparaison,

du christianisme'.
à

A coup
verses

sûr,

on

serait

longlems

nombrer

toutes les nuances di:

(jui se

présentent quand on observe l'église anglicane

mais

il

vaut mieux se borner aux variations les plus prononcées. Écoutons

un

intelligent séculier anglican,
intitulé

encore de l'école de M. Pusey
,

:

dans
:

un opuscule
« »
»

Un

Traité de plus

voici

comment il s'exprime
la

11 y a trois aspects tout-à-fait distincts

sous lesquels l'Église anbasse

glicane s^

montre

à dillerents esprits
la

:

YE\'angcli<]ue ou
,

Église

,

l'Église cl l'Etat ou

haute ÉgUse

le Ptiséj ste

ou Ca-

n

tholiqiie. »

L'auteur définit
» »

la

seciian é^'angéliqne en disant

que
la

«

la

doctrine

principale sur laquefle insistent les évangéliques est

justification

par

la

foi

,

et qu'ils

jugent de

la

pureté ou de

la

corruption de

»
>•

l'Église suivant

que

celte doctrine est relativement manifestée
et les

ou

négligée.

Le ministère

sacremens de

l'Église sont à
,

peine

»

nécessaires pour compléter ce système religieux
agit principalement
d~e

et

»
.)

sentimens spirituels,

les liens

comme il s'y de commubien
ils
,

nion extérieure entre les
forts.

membres de l'ÉgUsene peuvent être
la

» »

Plus

la

réforme s'éloigne de

hiérarchie de

Rome
le

plus

l'admirent, jusqu'à ce qu'elle se

complète dans

Calvinisme.

'

Ward few more

ivords.

APPELÉS PUSÉYSTES.
n
» »

\U1
,

Pour eux
est utile

,

continue toujours l'auteur Puséyste

l'Église anglicane
foi

simplement

comme une

profession publique de

chré»

tienne, qui règle et facilite les devoirs publics du Christianisme.
Il

définit la

seconde section en disant que

« le parti

de

la

haute
:

>)

Église en Angleterre a toujours réuni deux élémens bien divers
l'ini

»

séculier et politique, l'autre philosophique et religieux. Le

»
»

politique de la haute Église regarde l'État, représenté soit par le
roi, soit

par

le

parlement,

comme

la

seule source légitime
à. l'État

du pou-

»
»

voir
est

:

il

pense que toute résistance
i)rêtres.
Il

de

la

part de l'Église

une usurpation des

regarde Dunstan et
lui
,

Thomas
est

»
»
»

Becket

comme

d'ambitieux agitateurs; pour

la

réforme

l'époque de l'établissement des pleins et justes droits de l'Étal sur
l'Église, et partant

de rétablissement de l'Église anglicane, de ses
d'après les lois et

»
')

pouvoirs

et privilèges,

mœurs de

la

nation. F.es

partisans de cette idée pensent
l'Église

donc que l'Anglais

est

membre de

.)

comme

il

est

membre de
morale

l'État; qu'il assiste

au culte pu-

>

blic |)our professer la
et

civile autant

que

le

devoir religieux,

»
«
-)

que

l'Église et l'État,
à

ou

l'Église et le souverain ont des droits

au moins égaux

sa dévotion.

L'athéisme pratique, qui peut se

concilier avec ce système (et la conciliation s'est réellement clîect née
à l'endroit

»

de Ilobbes

)

a fort

embarrassé beaucoup de personnes

religieuses, qui ont imaginé l'existence d'une conscience

de

l'État,

>)

supposant qu'il y a dans l'Ktat je ne
ligieuse.
»

sais quelle responsabilité re-

')

La doctrine

calholi(|ue, dit-il

,

c'est-à-dire Piiséysie,

admet que

" » »
•>

l'Église catlu)li(jue est

une

institution

spéciale fondée par .lésus-

Christ et par ses apôtres, et transmise de génération en génération

au mo\ en de certaines règles
des
lois

» »
->

({u'élant nniver.selle, elle est en dehors de l'espace et du tenis; qu'elle se peut unir, mais par pur accident seulement, à un Ltat polilique quclc()n(|ue. C'est à
;

celti- institution

politique (pK'lcuu(|ue ([ue Dieu a coufié
le

la

conser-

vation de la \érite religieuse, le soin et
spirituelles

gouvernement des choses
l'Kglise
la

)•

de tous

les

hommes

baptisés dans

de Jésus-

» »
>.

Christ; toul evercice de celte juriiliclion de
séculier est

part

du pouvoir

une usiupation contre
il

laipielle

on doit prolester

comme
ne sont

contre une injustice, et

faut résister par les

moyens

(jui

lUa
»
»

DU SYSTÈME DES
la

Ai\«iLI(;ANS,

pas incompatibles avec
point
(le

nature spirituelle de celle anioriié. A ce

vue,

l'Église anglicane n'a pas son origine

dans

les sales

»
»

passions d'Henri

VIII et dans

le

scepticisme

de son

ministre

Cromweil.uiais
fut établie
soit

elle

devient cette portion de l'Kglisc
soit

du

Christ, qui

en Angleterre

sous l'autorité du patriarclial romain,
»

»

avec quelque constitution indépendanic plus ancienne.
lit

Voilà ce qu'on

dans

les

ouvrages indirjués, tous d'auteurs l'ul'éiat

séystes, et ce qui sullii
l'Église anglicane.

pour donner une idée de
alin

présent de

Mais
il

de mieux éclaircir certaines expressions

dont

ils

font usage,

faut ajouter quelques observations. Les

Pn-

scystes nient

que

la

primauté de juridiction appartienne au

j)onlife

romain;

ils

lui
:

reconnaissent simplement une primauté de préséance
ils

ou d'honneur

réduisent son autorité à celle d'un patriarche, et
la

son pairiarchat

(suivant

carte

géographique qui accompagne
l'Italie

YAbréqé delliistoire
et

e.cdésiasiiquc du D. Palmcr) se bornait à

aux

îles voisines,

en sorte que, dans ce système, l'Angleterie

était

indépendante du pape.

On

est allé jusqu'à prétendre,

comme

le \).

Pal-

mer, que

le

pape n'exerça pas de juridiction

spirituelle en Angleterre

jusqu'au 1" siècle, et que, pendant quelques siècles encore, cette juridiction fut très bornée.

Ce roman
,

,

car c'en est
la
il

un

,

a été pleinement

réfuté par

le

savant Lingard

dans

llevue de Dublin. Ecrivant
a pareillement

contre l'évêque

protestant Burgess,

démontré

la

fausseté de l'autre assertion, encore mise en avant par le D.

Charton

autres Pnséysies, qu'antérieurement à saint Grégoire-le-Grand et à
saint

Augustin

,

il

y avait en Angleterre

une Église indépendante de

Rome,
Il

fondée, selon quelques-uns, par saint Paul,
les partisans

peut aussi paraître étrange que

du professeur Puscy

se

nomment eux-mêmes

catholiques,
:

comme

faisaient les Donatistos

au tems de saint Augustin

c'est qu'ils

soutiennent être une brancju'iis

che de l'Église catholique ou universelle, bien

ne puissent
ils

nier que cette branche ne soit détachée de son tronc. Malgré cela,
s'appellent

eux-mêmes
,

les caihoUqiics

en

yinf^lcicrre,

ou

les

Anglo-

caiholiques

avec cette étrange idée que les Anglais unis avec

Rome

sont schismatiques, car, disent-ils, ce sont eux qui se sont retirés,

ce n'est pas nous (autre proposition de M. Palmer réfutée par

l'illustre

Lingard).

Ils

nient donc qu'ils soient prolestans,

le

prolestanlisoie

,

APPELÉS PUSÉYSTES.
ciaiil,
» n

U9
<•

d'opiôs railleur (l'un Traiic de plus,

uu Icrmc absolument
foi {/ics-

lu'galif

qui no suppose ncccssaircuicnl aucune ombre de

suiui fcde ajj'ulloj'.»

Or
clair

,

que ranglicanisrac
le

soit

une espèce de protestantisme,

cela est

d'après

serment que prêtent à leur couronnement
,

les

souve-

rains britanniques

de maintenir
la loi

la

religion rcfnrmcc j)iotestniile,
est

connue
iii^iic

aussi d'après

que

la

couronne

bèréditaire dans la
Goliglitly, IM.

jirolcsfantc. jN'éanmoins,

dans sa lettre à
la

Fnl-

iner, diacre et professeur

au collège de

Madeleine à Oxford, va
«

jus(|u'à se
»

proclamer catbolique
et

et jus([u'h dire
,

anatlième au pro,

lestantismc

à toutes ses

formes

sectes et dénominations

et

')

spécialement à celles des luthériens et calvinistes et des dissidcns
britanniques et américains;
(pii
»

»

comme

aussi, dit-il,

<

à tous

ceux

»
')

chercheront à établir identité de connnunion entre eux etnolre
si

église anglicane.., à tousje dis anatlième..; et

jamais

l'église angli,

»

cane

faisait

profession d'être une forme

du protestantisme

je re-

»
»
-)

jetterais

l'église

anglicane

,

à
,

l'instant je

me

séparerais d'elle
la

comme

d'une secte humaine
»

sans donner aux protestans
s'il

peine

de m'expulser.

Reste à voir

peut accomplir celle promesse

solennelle;
lu

car ces prétentions ont été victorieusement réfutées par

Revue

(le

Diddin\

qui prouve invinciblement
le

le

protvsianiisme

de l'église anglicane par
les calvinistes

fait

récent de l'union des anglicans avec

et luthériens

unis,

ou

iilulôl

avec

les

évangéliques

prussiens, dans l'envoi d'un évèque protestant à.lérusalem. Cet évèque
a été

consacré

et

envoyé par

le

primai de

l'église anglicane,

auquel

il

est
les

soumis connue suiïragant.

et c'est à lui

d'ordonner non seulement

Anglicans, mais aussi les Prussiens; ceux-ci, après avoir souscrit les

39

articles anglicans

,

doivent encore souscrire à

la

confession rons'est

traire, à la confession

d'Augsbourg. l/églisc auglicaue
les cath()li([ues,

doue

é\i-

dcuunenl unie, non pas avec
et

mais avec
,

les luthériens
,

calvinistes

ou avec
,

les

évangèlicpies prussiens

qui

de l'aveu

même

des Pvséystes

sont protestans; elle s'est donc déclaré pro-

'

Pngc

52.
le («liior

'

Cette rofulntion se trouve dans

Iir SÉRIL.

TOME

l.\.

— N*

do mai 18i2.

50.

\W\.

10

^50
testante et point

DU SYSTÈME DES ANGLICANS,
du tout catholique. On peut prouver combien
les
la

no-

mination de cet évêque est illégitime d'après

principes des

mêmes
que

Puseï

sies.

On

connaît une Lettre du docteur Pusoy à Varchci'c/jue

de Cantorbcry

ûnm

laquelle

il

blâme

cette nomination, et ajoute

l'immense troupeau du docteur Michel-Solomon-Alexandre, évêque

de

l'église

protestante unie d'Angleterre et d'Irlande à Jérusalem

se réduit à quatre personnes'.

Ces observations peivent donner une idée générale de
sent de
l'Église anglicane
,

l'état

pré-

aussi bien

que du système des puséjsics.
Pcro/mt' de
la

Comme

monseigneur PFiseman

et le P.

compagnie de

Jésus, ont réfuté avec détail les principes des Puséysles sur l'Église

anglicane, sa vérité
parler,

,

son apostolicité

,

son autorité, je

me

bornerai à

2"

De De

l'origine

du Puséysme

;

ses plus importantes publications
;

,

qui mettent en état de

connaître ses doctrines
3"

De son

état actuel et
I.

de son

état futur probable.

De

l'origine

du Puséysme.
siècle passé
,

L'extrême décadence du clergé anglican au

fit

naître

dans son sein

le

nouveau schisme des méthodistes
,

qui aspiraient à

une

règle plus exacte

et dès
ils

lors à

une morale plus évangélique.
la

Avec

les autres dissidens,

déclarèrent

guerre à l'Église angli-

cane. Cependant,

ses

ministres, pleins de richesses et gorgés des
*
;

biens de cette terre, étaient plongés dans une léthargie profonde
ils

ne songèrent

à

prendre

les

armes convenables que quand
,

ils

virent
et les

marcher contre eux
catholiques.
Il

les dissidens

le

peuple

,

le

gouvernement

y a déjà bien des années que,

pour se défendre contre

'

M.

ffope, à son tour, dans
les
lois tant

une brochure sur
civiles

cet évèché,

cherche à faire voir

que, d'après

qu'ecclésiastiques de l'Angleterre,

ouïes

proteslans prussiens sont ex lus de la

communion de

l'év

èque Alexandre, ou

l'évèque lui-même est retranché de l'église anglicane. 3Iais \t/ait reste tou-

jours le

même,

c'est

un

acte non-seulement

du gouvernement prussien, mais

aussi de la reine d'Angleterre et de rarchcvèque de Cantorbéry.
'

Voyez l'opuscule

intitulé

:

Un

traité de plus.

APPELÉS PUSÉYSTES.
les dissidciis,

151

qui savent citer l'Écriture aussi bien que les anglicans,
le

un grand nombre furent contraints d'embrasser
nécessité

principe de la

de

la

tradition et de l'autorité ecclésiastique déjà reconnue

par (luelques-uns de leurs pères anglicans, mais oublié par eux pen-

dant un certain

lenis.

Dégoûté

d-;

voir les évêques et les ministres

proteslans s'opposer éternellement aux réformes civiles proposées

dans

les

chandircs

,

le

peuple

s'était plaint
;

des richesses énormes et
le

du pou d'énergie du clergé
appuyé du parlement
Jl
,

établi

c'est

pourquoi

gouvernement,

supprima sept évéchés protestans en Irlande.
à ce

n'y avait

donc rien de surprenant
,

que certains memi)res du
la

clergé anglican

pour s'opposer

à cette

prétendue persécution de

pari de l'État,

commençassent dès

lors à

soutenir que l'Église était
fiit

totalement indépendante de l'État, bien que cette Église

établie

par l'État,

et

que son chef reconnu
État,

fût le
,

Souverain ou

la

Souveraine

de ce

même

D'un autre coté

les ministres anglicans n'ont pas

niaufiué d'observer la marclie progressive
terre et la tendance
trines.
"

du catholicisme en Angleou

toujours croissante des Anglais vers nos doc,

Tcndiinus in Lniiiim
«

disent-ils

,

,

comme

l'un d'eux
u

s'en est
il

exprimé devant moi,

Nou\ sommes
stiv

sur la voie Appicnnc,

aurait été

mieux de dire

la ioie Cassienne
les

ou sur la

t-oic

flaminienne. Toutes ces forces unies
propre défense
,

ont contraints, pour leur

d'étudier assiduoment et do donner au
et

monde des
la

preuves plus édiliaules de conduite morale

do
,

piété.

On commença donc
Traité de
tration
:

,

h l'université d'Oxford

à étudier

logique

purement scholasliquo do
jilus
,

IFIiaicl}-. Kilo sor\il, d'après l'autciu'd'iui

à exciter les esprits et à leur

donner plus de

jH'nè-

ce fut, suivant le Moniin^-Hcralil. journal protestant, l'o-

rigine

immédiate de l'onsoignoment de beaucoup do doctrines catho-

liques à Oxford.
» » »

Le
la

passage; est cliarmanl.

«

Quel

a été, dil-il, rellol
le

historique de

logique soholastiquo? N'a-ce pas été
le

grand iule

slrumcnl au

moyen duquel

Papisme
th'

s'est

perpétué dans

moyen-figo? N'a-ce pas été l'arme
des jésuites?

prèdiloi-iion dos prêtres pa-

» pistes et
» et
» »

Ne

l'étudic-t-on pas

diligemment

h

Majnonth

dans toutes

les universités
le

papistes? N'est-ce pas principalouionl
et les prestiges
?
Il

par les subterfuges,

méranismo
se

de celte logique
ne reste plus à

que

la

iransubstantialion

défend toujours

,

152
»

DU SYSTÈME DES ANGLICANS.
Irompousc qu'à déUiiire
la

celle logique

l'allncliemciil

du
»

clergé pour

» les

sobres doclriues de

réforme, cl loul sera pcidu.

D'un autre
fait relie
»
))

côlé, le Mnrning-C/tro7iiclc, autre journal proleslanl,
:

observation
et

«

Le syllogisme est, au sens de Y Herald
et sans

une ruse
le

une invention du Papisme;
la

doute Arislote aélé

fondateur de

Propagande
dans
la

;

néanmoins,

c'est

un

fait

que
d(!

l'uni-

»
»

versilé d'Oxford,

refonte de son système, a résolu

relc-

nir
!

loules les abominations
il

du

s\ll()gismc

'.

»

Pau\re prolestau,

lismc

ne peut résister aux balleries du seul syllogisme
d'autres forces se sont coalisées
!

lui

contre

(jui tant

l'^coulons le
,

docteur Pitsrj
l'énumération
«

faire,

dans sa Lcllrc à Vatchcx-cque de C antnrhéry
la

des causes qui ont produit
))

tendance au catholicisme.
a contribué à
la

Toute

chose

,

dit-il

,

bonne

et

mauvaise,

produire ce

mou-

» »

ment

:

la poésie, les arts,

rarclutccture,

morale clnétienne ou

païenne l'ont préparé ou accéléré; nos communications rcnouvelécs avec les Églises étrangères, et aussi les

»

maux

faits à la

nôtre

,

» la

suppression de nos évéchés
le

,

les

attaques des

dissiden.*:, l'indilTéla

n
»
» »
»

rcnce des adhérens,
haine de l'Etat
,

courroux des ennemis,
,

froideur ou
,

la
d(!

tout ce qui est profond

réel

,

saint

les

actes

charité, de bonté,

de sévérité
les

,

tous les tempéramens, toutes les

lia-

blindes d'esprit

même

plus éloignées, les plus improbal)k's, les

plus hostiles, le libéralisme

ou

la

tendance au scepticisme, tout

y a

»
I)

contribué;

il

va sans dire que celui-là seul lui a donné naissance,
à tout, et qui fait tout

qui

commande

coopérer

à la réalisation

de

» ses
»
')

volontés suprêmes.

La tendance au Romamsmc\w\~m(:mc
les diverses évolutions
la

n'est

qu'un phénomène dans d'événemens
pirs sée,
;

dans ce siècle plein
des profonds sou-

ce n'est tout à

fois

que

l'effet

»
»

de

l'Église
ci

empêchée
»

d'être encore ce

que

le

Sauveur

l'a lais-

une

unique

(p.

30).
et

Mais voyons quelle est l'origine principale
des Puséysles
notre travail
cette école.
,

immédiate du système
la

;

cette recherche

nous conduit à

seconde partie de

à la

considération des plus importantes pubUcaiions de

Mgr BAGGS

,

Recteur au collège anglais, à Rome.
17 nov. 1841.

NOUVELLES ET MÉLANGES.

If)?)

Honufllfs

fl

nu'lauc|f6.

EUROPE.
FRANCK.
1.


la

PAlïIS. Xonvelles des missions calholiquts. (Extrait du n°9l
la

dos Annales do

Propagation Je la Foi.
relation

Suite de

du

P. do Sniel, jésuite, datée
18 octobre

du Camp dis Tries
zélé missionnaire a

/;A//rj

(Amérique septentrionale),
l'aire

18i!.

Le

lospoir de

revivre les célèbres réductions

du Paraguay,
la

tant les sauvages

inonlrcnt de bonne volonté et dardeur dans
{,'éii(iuo.

pratique delà morale évan-

Los représenlans de 24 nations assistent à ses instructions.
ces nations.

Enu-

niéralion de

Les ouvriers seuls manquent pour cette belle

•ouvre.
2. .Vutrc lettre

û\xmeme, datée de Sainte-Marie (idem),
qu'il vient

iîS

décembre 1841;
lleuveColom-

racontant
l)ia,

le

voyage

défaire au port Calville sur
le

le

à

320 milles de ses montagnes, dans

but d'obtenir des jjrovisions pour

riiiver, des

semences pour
il

le

printoms

,

et des outils
[lar

pour

les

Indiens, (llie-

niin (osant
il' ail

visite les

KuUspels, convertis
accueil.

un des
ce

leurs.

Les Ccrurs
i2 jours,
il

nus

lui l'ont
!'•

un magnillquc

Pendant

voyage de

l)a(itiso

plus de

personnes, prêche plus de 2,000 indiens.

— Description
,

des uKours sauvages.
plale.

11

travaille à traduire

le

catéchisme on langue lèle\\

Los missionnaires apprennent aux .sauvages

forlilier leurs villages.


tlo

L'inl'aligable n)issionnaire repart

pour

le fort l'unetiiivert

entre[i6t

tie la

ciiiiipagnio

de

la

baie d'iludson, à une distance de oitO lieues, pour procurer
à
,

nouveaux secours
;!.

.ses

sauvages.
5rt/«/-/-«///.f

Lettre

du

«;//«<•

datée de

(Canada), I" novembre 1812,
la

racontant son nouveau voyage et en iiarticulier
lui a été
/•'iilies

réception amicale

qui

faite

par

la

nation des CoHicad.v.

Us demandent avec instance des

non s.
Mgr Hetord,
des missions étrangères, datée du Tong- A'm:: oril

L
I

Lettre do
ntiil, a\ri\

/,

Il

KSi2, et dans la(|uelle

donne

les

ilétails

de

la prise

,

des

inloirogatoires et dos supplices iniligés à M. Charrier, saisi le 5 octobre ISII.

M. Clianier rend compte lui-monio do
passe dans sa prison.

ses interrogatoires et
(

do ce

ipii so

Ce

qu'il y a
le

do remar(]iiali'.\
île

'est la

dolerenco que

lui

témoigne

le

grand mandarin,

concours

cliréticns (|ui >ionnent le voir.

l')/|

NOUVELLES ET MÉLANGES.
la ciîpilalc.

el le porlcnl ilurnnt son voynfse à

Le

roi

approuve

la

sonlence de

inorlle 28 janv. 18i2, el ajourne pourlanl le supplice.
5. Lettre

de M. Charrier, donnant quelques détails sur sa vie de mission-

naire;
pile.
fi.

il

y parle des bonnes dispositions du peuple Tong-kinois pour l'évan-

Lettre de

M

MicJie, des missions ctranfrères
jS,

,

datée de Tràn-Plui (Cola

cliinchine), 28
et

septembre 18

dans laquelle
et

il

donne

description physique

morale de

la capitale

annamite (//n«)
et assez

de

la

prison politique cl criminelle

de

Tràn-Phâ. Hué, grande
Il

forte
,

ville,
il

mais déserte;

les
il

sujets

fuyent leur prince.

n'y a

pas de peuple
et brutal
les
:

n'y a pas de société,

n'y a

qu'un

soûl

homme, corrompu

c'est la société

sans christianisme.

La

prison y est célèbre par
chrétien.
les

supplices el la
les

force d'âme des confesseurs

du nom

On
y

y

nomme

plus grosses chaînes \t% chaînes de
et

Datô,

nom que
5

païens donnent à Jésus-rhrist

à ses disciples. D'ailleurs les

missionnaires

sont traités avec égard, el les gardiens leur accordent

assez de liberté.
7.

Autre lettre du même, datée des prisons de
Il

Hué
;

,

12 nov. 1842

,

cl

ra-

contant un nouvel interrogatoire.

a roulé principalement
les

sur une carte

géographique
tout que
livrer
lix, le

el sur les couleurs

qui
les

enluminent

les

juges pensaient sur-

la

couleur jaune désignait

mines d'or que

les

missionnaires voulaient

aux Européens.

— Les missionnaires refusent de
ils

marcher sur

le

cruci-

vénèrent au contraire, mais

ne sont pas frappés.

8.

Autre lettre du même, datée des prisons de
le roi

Hué
la

,

décembre 1842,

et ra-

contant que

a sanctionné le 3
,

décembre

peine de mort prononcée

contre les 5 missionnaires
tion.

en ordonnant cependant de surseoir à l'exécula

Le missionnaire y donne une nouvelle description de cupent. La plupart des prisonniers y meurent de faim
auiiiùnes des associés de la Propagation de
la

prison qu'ils oc-

et

de misère;

les

Foi vont chenhcr ces irénéreux
cl les

confesseurs et tous les chrétiens qui y gémissent, plus press.:ns besoins.

sustentent dans leurs

— Nous répétons

ici

que

les

5 missionnaires prison-

niers ont été délivrés par l'intervention d'un capitaine de vaisseau français.
9.

P. S. annonçant que 3Igr. Im/xti et 3ni. Chasian et Maufianf, des

mi.ssions étrangères, qui étaient
risés

parvenus à entrer en Corée, y ont été marty-

en septembre

ISS'J,

avec plus de 250 chrétiens indigènes. La ('orée est
!

encore tuut-à-fait privée de pasteurs et de guides

VERSAILLES. Réclamation de M. Hnol
la géographie

,

éditeur

et continuateur

ite

de Malte-Brun. Nous recevons

la lettre .suivante

que nous nous

empressons de publier.

NOUVELLES ET MÉLANGES.
Monsieur le Directeur,

155

Vous avez donné place dans le rallier de vos ./«««l'r.f de janvier 18ii, n une lettre dans laquelle M. Henri de Cugnac, me dénonce à vos lecteur;; conin;*»
ayant mutilé

Géographie de Malte-Bran, parceque j'aurais supprimé dans une nouvelle édition quelques pages à la louange des Jésuites au Paraguay.
la

Si

M. de Cugnac qui
lire

me

signale

comme un

éditeur infidèle, s'était

donné

la

peine

ma
il

notice sur la vie tt les écrits de Malle-Brun, ainsi que

les

avertisscintns qui se trouvent dans les diverses éditions de la géographie universelle,

saurait

que ce savant géographe étant mort en 1820 sans avoir
fut

ter-

miné son ouvrage, ce

moi qui

le

complettai par 2 volumes publiés sous son
je l'ai

nom en

18-28 et

1829;

que depuis,

constamment augmenté; quela
in-8'' à 3 col.

5"

ou dernière édition en O volumes grand

représente 14 volumes

des 4 éditions précédentes dont 5, environ, appartiennent à Malte-Brun; que

collaborateur et continuateur de cette grande géographie,
le

mon

devoir envers

public est

dy

faire les

changemens que

je juge convenables.

VA maintenant que dire de M. Henri de Cugnac qui s'empresse de prendre
la

plume pour aflirmer

qu'il a lu le

volume contenant l'Amérique dans

la

nou-

velle édition, et qu'il n'y a pas trouvé

une seule ligne des 3 pages de Malte"

Brun sur
chercher

les
ù la

anciens établissemens des Jésuites ?

th bien

,

il

n'avait qu'à

province de Corrientes
il

<|ui

comprend lancien

territoire

des

plus importantes missions,

aurait trouvé tout le passage en question.

Voici, dans les cinq éditions,

1" et

2« et S"


.V
J'ai

où l'on peut trouver ce même Tome V, pages 626 à 629. Tome XI, pages 609 à 612. Tome XI, pages 609 à 612. Tome VI, pages 290 à 297.

passage

:

l'honneur de vous saluer avec considération.
J. J.

HUOT.

Continuateur de Malte-Brun.
.Nous remercions

M. Huotdi' nous avoir mis à

môme
effet

de rectifier

la

lettre

insérée dans notre dernier cahier.

Nous avions en un

peine

à croire

quun

homme

de science et de talent comnio M. Huot se fût

laissé aller à

une préoc-

ciipalinn injuste.

Nous

le

répétons, c'est

vrai plaisir

pour nous que de pou-

voir démentir le reproche fait à
.Al.iis

nos lecteurs comprendront ce qui n

un des meilleurs ouvrages de notre époque. trompé M. de Cugnac, c'est i|ue le

l>nss.ige

en question a clé transporte du tome
d'ailleurs

V au tome XI
scieniifi<iue et

et

au tome

W.

Nous avons

rendu justice nu mérite
II

même
Us

religieux

de l'ouvrage en citant dans notre tome

p.

195,

LAnulijsc des differrns
connais-

systèmes géologiques, et dans notre tome IX p. 181 un article sur
sances géographiques de Moïse.

156

r.iP.i.ior.nAPMiR.

Gibliocjrapljif.

PI'BLIC.VTIONS
in- i", et

DE

M. L'AIiliK 3Il(iNE

,

au prix de

f.

francs

le

volume

5 francs pour les soust ri i)teurs aux Cours roiuphls d'EciHure

Sunde

tt (le Théologie.

A

Paris, au Pelit-Monlrouge
le

,

près la barrière d'iùilèr.

M.
par

l'abbc
la

Migne poursuit

cours de ses utiles publications. Voilà qu'il va
,

publier
les

série latine des Pères de l'église. Cette série
liabitent

préparée et soignée
le les

Bénédictins qui
la

Paris,

ne laissera rien à désirer sous

rapport de

correction et de l'intégrité
,

du

texte.

Nous avons eu sous
est

yeux plusieurs épreuves du Tirtnllicn
avons pu voir par nous-nième
tins; toutes les éditions
les

dont l'impression
les

achevée.

Nous

recherches que font

nouvcaui Bénédicfaits

parues jus(iu'à ce jour, tous
Italie, en

les

travaux

en Alle-

magne, en Angleterre, en
on pense que tous
les

France; toutes

les

notes ont élé consultées,

examinées, mises à profit: ce sera une vraie rdilion vdiionan. Or, quand
Pères seront publiés avec
le
,

même
et

soin

,

dans

le

même

format, selon l'ordre chronologiciuc des teras

que ces volumes seront

donnés

à

un

prix

si

jamais rien n'avait été
disons
publiés
ici.
,

fait

modique, on ne peut s'empêcher de convenir que de semblable. Bien n'est exagéré dans ce (jue nous
aux nombreux volumes qui ont
été déjà

Que

si

l'on fait attention

on ne pourra s'empêcher de convenir qu'une œuvre semblable s'élève déjà jusqu'aux proportions d'un vrai monument élevé à la gloire de la religion ; c'est un devoir pour tous les catholi(iues de soutenir et de répandre de semblables productions. Bien de semblable
c'est

n'est fait

dans

les

aulres pays;

une

gloire
,

pour

la

France.
,

Pour nous
lems
et

avant de parler de ces publications nouvelles

nous allons

mettre nos lecteurs au courant de quelques-unes qui ont paru depuis ([uelijuc

que nous n'avions pas encore

fait

connaître; mais avant nous allons

récapituler celles dont nous avons déjà parlé, en avertissant q\i(i\&(:olltcliun

dont nous allons parler ne correspond pas aux publications de M. Migne

,

(|ui

sont bien plus nombreuses, mais aux ouvrages dont nous avons rendu conqite

dans

les .-Innalcs

:

TOME

IV, p.

:'.30.

p. 400.

Pcrpéluilé de

OEuvres de Ste Thérèse la Foi

2 vol.
-4

V,

p.

67. Cours complet d'Histoire Sainte.

...

25
4

p. 3di.

Pierre Lombard et SI

Thomas

Cours complet de Théologie
VI, p. 463.

25
15^

OEuvres de St Augustin

75

.

DIBLIOGRAPHIE.

If» 7

SCRIPTUR.« SACREE CURSUS COMPLETUS,
colonnes ('G' de la colkcUon).

T.

XXVI,

de 1?3G

Dans ce volume, M. l'abbé Mignc a complété les travaux sur récri18' ture sainte de JJ'oulcrs , augustin belge, mort vers le milieu du
siècle.

Dans son volume XXIII,
:

p.

7T0,

il

avait déjà

inséré

du
et
les

même
de
la

auteur

Eclaircissemens sur

quelques
le

questions de

l'histoire

concorde évangélique; et dans

T.

XXV,
ce

Eclaircissemens sur
,

Actes

et les autres ouvrages autlienticiues.

Dans
le

volume

il

publie

:

1° les
le

Eclair-

cissemens sur

la

(îenèse, l'Exode,

Léviiique,
les

les

Nombres,

Dcutéro.luditli,

nome.Josué

,

les

Juges, Kuth
livres des

,

les

Rois,

Paralipomènes, Esdras,

Esilier, elles

deux

Machabécs.
les

On

voit qu'il ne reste plus

de ce savant qu'à publier ses travaux sur

quatre

Evangélistes.

TOME

XXVII, de

1420 colonnes (77« de la collection).

Ce volume comprend: I. ViedeO«i^«<»^, oratoricn,néen l('49,mort enl73o. —5. Préface de l'abbé d'./^/V'/r/, sur l'écrit suivant (on français}.— 3. Règles pour
rinlclligcncc des saintes écrituros (en français), par DuL;iitt.

i.

Traité sur

la

poésie ellamusi(]UP des Hébreux, pour servir d'introduction aux psaumes expli-

qués, par Coulant de
1T'J3

La Molette
5.

,

docteur de Sorbonne, né en 1737, mort en
\e

(en français).

Jugement porté par
/-'««.''/«/(-/,

Joumal
(>.

ciei/e'opedù/nc

f.[ir

l'Exode e\pli(iué du

même

auteur (en français).

L'Ecriture Sainte réduite

en forme de iiiédilatiuns, par Nie.

jésuite.

7.

Des Titres primilils
P. Fuhnrij,

de

la

révélation,

ou Considérations

criti(|ues sur la

pureté et l'intégrité du texte
le

original dos livres saints de r.Vncion

Testament ;fianç.), par

dominicain, né en 1725 à Saint-Maiiniin, en Provence, mort à
I.SiiO.

Rome
de 20

en
fr.,

Les deux volumes de Fabricy étaient

très rares, coûtaient plus

et c'est

un

vrai service

rendu

à la critique sacrée

que de

les

avoir réimprimé<.

K. L'histoire évangélicpic,
l'i-.foii
,

conlirméc parla judaïque
170(î;

et la runiaino, |iar io P.

bornardin

,

né en ICSU, mort en
en ce

ouvrage

.savant oi ([ui

i*st

très nécessaire à étudier
la

moment;

suivi

de Dissertation sur l'aimée
9.

di-

mort

et

de

la

passion du Sauveur (franc.).
la

Du même
).

,

Dissertation sur

le

tems auquel on célébrait

Pà(|uc des Juifs (franc

riil.OLOtil.E

CIHSLS CO.MPLETUS,
:

T.

XXVI

(7S'<A la eolhetlo,,).

i>
le
'?.

volinne renfi-rnii-

I.

Dissertation sur les fêles el les sectes des Juifs, par

p. '/.(iiiolini, professeur de langues orientales

au séminaire de Padoue
la

Traité desièles de Notre Seigneur Jésus-Christ el de

bienlieureuse vierge

.Marie, \\ur /ienoit .V//'.

3.

Raisons de convenance sur l'innuaculée concep-

tion, par
rites

M.

l'abbé

Détonne, prêtre du diocèse de Clermont.

—L

Sur

les

sacrés, par

P. Jd, .Moy. -//frwrm/, professeur de langue syriaque au

.

,

158^
collège de la propagation de
à
l'asa{,'e

mBMOGRAPniE.
la foi.—').
.

Du

vcrilable esprit de l'égiise,

quant

dos cérémonies
17r)-5;

sarrt^es

par

.I-.T.

Lnn'jurl

,

arclinvtViup de Sens,
le

mort en

travail très

important, où

l'on

montre

danger dos mutal'église

tions laites par les litiirfîistes

modernes dans

les

cérémonies de

—G.

Traité de
ristie,

la

l'ransubstantiation et de la présence réelle

du Christ dans l'eucha-

par

le

P. /*rr?o7îf.— 7. Sur les traditions non écrites, leur nécessité et

leur autorité, par le P.

Noél Alexandre

,

il

réfute l'ouvrage de Rivet sur
véritable usage des Pères. —8.

l'aulorilé des Pères, et celui

de Dallée sur

le

Introductions à

la Théologie , par l'ablié de Lark/imùre, docteur de Sorbonne né en lG98,morten 1753 (en français).— 9. Méthode pour étudier la théologie de Louis ElUes Dapin, docteur de Sorbonne, né à Paris en 1657, mort en

1715; c'est

la

reproduction de l'édition donnée par l'abbé Dinouart en ITCO,
et des corrections.
la

avec des augmentations
sur chaque branche de

10. Liste

des meilleurs ouvrages

science religieuse, avec l'indication des questions

principales qui peuvent être posées

comme

matière de conférences ecclésias-

tiques, par J'ilnsse,

Dupin

et

Dinouart;
,

très utile et très complet.

PR^LECTIONES THEOLOGiaE
Jesu habebat J. Perrone è S. J
post
,

quas in collegio romano Societatis
collegio theologiae professor, editio
ip.so

in

eodem

secundam romanam,
,

diligentiùs

emendata, novis accessionibus ab

auctore locuplelata

et

omnium

in totà

Europà hucusquè excusarum octava

accurante Migne, ciirsuum completoruni editore.

Tomusprior

li5?, col.— T. posterior 1444, col. i vol.
(

Tomes Id et 80 de
peu de

la collection)

Nous n'avons pas besoin de

faire ressortir l'utilité et l'excellence

de cette

théologie; huit éditions faites en

teras, et

dans toutes
fait

les parties

du

monde

catholique, prouvent assez l'accueil (|uelui ont
à

ceux qui s'occupent

de cette étude. Nous devrions nous borner

dire
,

que

31.

Migne

,

en reprode ces

duisant ce vaste ensemble en deux volumes

et

en mettant

le prix

volumes

à 12 francs (et

pour

les souscripteurs

généraux, à 10

fr.),

a fait tout

ce qu'il était possible de faire pour populariser cette science, et a rendu
vrai service à la cause de l'Église.

un

Cependant, pour
,

les

personnes qui ne con.
<

naissent pas l'ouvrage

du docte
que

jésuite

nous dirons que ce

ui

distingue sa

théologie de toutes celles

l'on professe, surtout

en France,

c'est

fexposi-

tion et la réfutation de toutes les attaques les plus

modernes

faites contre la

religion;

il

n'est pas

un auteur

français, anglais, allemand, etc., dont les erreurs

ne soient
les

citées d'après le texte
et raisons

même,

et réfutées

non seulement par toutes

que donne l'ancienne méthode Ihéologique, mais encore par toutes les preuves que les sciences nouvelles ont apportées pour la défense de notre cause. Il n'est pas un ouvrage, pas un opuscule, pas une thèse qui
preuves

P.IBLIOGRAPHIE.
n'y soit citée

159

ou

réfutée.

On s'étonne

qu'un seul

homme

ait

pu

lire et

appro-

fondir tant d'ouvrages.

Nous
le

désirons vivement que retlc théolof^ie se propage en France; t'est, nous

croyons,

un grand progrès

fait

dans une élude qui

a

bien besoin de quelques
le

réformes et de quelques améliorations. Le P. Perrone aura
contribué, et
les

mérite d'y avoir

M.

l'abbé Mignc, d'avoir

augmenté

le

mérite de ces travaux en

popularisant.
allons citer ici,

Nous

pour ceux de nos abonnés qui ignorent ce que
,

c'est

qu'un Cours de Ihcoloyic
volumes.

quelles sont les matières traitées dans ces deux

TOME
L.

l'i-.de

1452 col.
3.

— Delà vraie religion. — De Dieu et de SCS attributs. — De Trinité. — 5 De Dieu en tant que Créateur. — De rincarualion. — Du culte que l'on rend aux saints. — De grâce.
Avant-propos Ihéologiques.
1.

2.

la

G.

7.

8.

la

TOME
9.

II, de

\Wi

colonnes.

Des sacremens en général.— 10.

Du
là.

baptême.

— II.

De

la

conHrmalion.

I?.

De

l'eucharistie.

13.

De

la

pénitence et des indulgences.

li.

De

l'extrême onction et du mariage.

— Des

lieux

thcologiques, c'est-à-dire

de l'Eglise, de son chef, du cnnon des Saintes-Ecritures, de leur interprétation et dcleur lecture, de la tradition,
la

de l'accord delà raison

cl

de

la fui

,

de

méthode,

etc.

(Jn voit quelles graves questions sont traitées dans ces

deux volumes. Nous
les

engageons nos frères

,

nos amis !aï.]ues qui veulent parler ou écrire sur
lire

questions religieuses à

et à étudier ces et

deux volumes;

ils

ne sauraient en

trouver de

jilus instructifs
(!e

de plus

sCirs.

.Nous espérons mêiiie traduire

un

jour quehiu'unc

ces dernières questions, cl les publier
J.

dans
1,

les .tniuilrs.

OEUVRES DU COMTE

DE MAISTRE.
(81

— TOME

de

(.11

colonnes

de la

colleclion).

Nous n'avons pas besoin de
les callioli([u<'s

faire res.sorlir le mérite
il

du comte de Maistre;
Il

savenl assez quels services

a

rendus

à l'Eu'Iise.
,

n'est pas

un

liomtTic, tant soit
('.eu\

peu occupé de religion ou de

politiciue

(pii

ne

les

connaisse.
la

mêmes

qui ne sont pas de son opinion rendent eeiicndanl justice n
ses

grandeur de

>ucs cl à

la

sagacité de son

regard, qui vn prcs';ue
le litre

jusqu'ici

une espèce de

révélation.

Nous

allons donner seulement

«les

ouvrages

qui entrent dans ce volume.
I.

Considérai ions sur

la

France, où l'auteur juge

.tm-c lanl

de profondeur

Fa

valein- réelle

de celle grande

<'po pie dile la TlévoIulioJi
el

française.

?.

Essai

sur

le

prineipe genêrnleur des eonslilulions |H>litiques

des aiilres insiiiulions

IGO
humainos.
l)l»'S
,

nir.LiOGRAPniE.

3.

Sur

les délais
,

de

la justice

divine dans
et

la

punition des coupa-

ouvrage de Plularquc
,

nouvellement traduit

annoté

ouvrage

traduition d'Aniyot.

5.

Du

l'ape, en iv livres.
ii

— —

i.

Le

même
l'église

C.

De

gallicane dans son rapi)ort vcele Saint-Si^gc, en

livres.

Il

serait inutile

de

donner

fiolre

sentiment

.«ur

des œuvres déjà
les chapitres

si

connues,

el l'on

peut dire jugées.
,

Nous recommandons pourtant
laïijue

de ce dernier opuscule

où l'auteur
le

et

étranger prend

la

permission
le

grande d'examiner Bosquet sous
rapport du mérite littéraire.

rapport de l'urlliodoxie, et Pascal, sous

OLUVRKS TRÈS COMIM.ÈTKS
logne. 2 vol.
(82'^ et

de ^Igr de Partz de Pressy, évèquc de Bou-

ST. de

la colUclion).

Mgr de
fui

Pressy, né en 1712, est mort évèque de Boulogne en

1789.

Ce

prélat

un de ceux qui
contre
la

résistèrent avec le plus d'efforts et de courage aux empiéle|iliiloso-

mens
plies

des parlemens sur le domaine de l'Eglise, et aux attar|ues des
foi.

L'éditeur lui

attribue

(juelciues opinions erronées

ou

inexactes; mais tous ses écrits prouvent
voici la liste.

un vaslc

savoir et

un grand génie. En

TO.ME
I.

I

de 1203
1.

col.

Oraison funèbre de Mgr de
la foi et

Pressy. —

Instruction pastorale sur l'ac-

cord de
la foi et

de

la

raison dans les mystères en général
le


la

3.

Sur l'accord de
la foi

de

la

raison dans

mystère de

la trinité.


le

4.

Sur l'accord de
rédemption.

et

de

la raison

dans

les

mystères de l'incarnation et de

5.

Pourquoi Dieu
clié.

s'cst-il

fait

homme.
et

C.

Sur

l'éternité des peines

dues au
la

jif-

7.

Sur l'accord de

la foi

de

la raison

dans
de

mystère de

distribu-

tion des grâces


0.

8.

Sur l'accord de
la

la foi et

la rai.son

dans

le

mystère de

l'Eucharistie.
ristiques.

— Du dogme de transubstantialion. — 10. Des espèces eucha— 10. De l'Eucharistie considérée comme sacrifice.
TOME
II

de 1324

col.

II.

Sur l'accord de
la

la foi

et

de

la

raison dans le

dogme de

lajcréation.
13.

12.

Eternité de

matière. Réfutation de celte assertion.

Démonstration

de l'existence d'un élre nécessaire, éternel, immuable, intelligent, créateur,
unicjue,

le

jets,

— 14. Sur avantages de à l'autorité — Des miracles en général. — Quatorze mandemens pour autres sucarême, — 17. Sur l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement — Extrait d'une con.sullation des docteurs deSorbonne. — 19 Mémoire sur l'Embryologie.— 20. Autres mandemens. — 21. Statuts synodaux du diocèse de Boulogne.— 22. ^Méthode de l'oraison mentale. — 23. Casus reservati papœ episcopo boloniensi. — 21. Averlissemens sur divers sujets
immense, indépendant.
15.
les
la foi

de

l'église.

IG.

et

18.

et

:

Des

retraites

spirituelles; Avis

aux doyen» de chrétienté; Sur

les visites

de

niBLIOGRAPHIE.
munsfii^'ncur
;

161
les

Instruction pour exhorter les ecclésiastiques à remplir

de-

voirs de leur clat.
les sacrenicns.

— 36

Ilituel

du diocèse de Boulogne.
pour
les

— 27
fdles

Instruction sur

38. Instruction

dimanches

et autres fêtes de l'an-

née.

— 29.
;

Fondation d'un prix de sagesse en faveur des
la rosière.

pauvres et verla

tueuses
tion

De

-50.

Oi)usculcsn«céti(|uos et Lilurpiqucs de

dévo-

au sacré-Cœur de Jésus et de Marie.

— 31.

Heures. —32. Mandement au
les

sujet

du catéchisme.

— 33.

Mandement de 3IM.

vicaires-généranx,

le

siège

cpiscopal vacant.

TR.ADLCTIO.N

DU TALMl D
israélite),

(de

Habylone)

et

du SCIIOL
:

L'Il.VN

.\ROUCH
»

(Code religieux
dans
la

avec cette épigraphe

Ils

lurent dans
;

le livre,

Tora de Dieu distinctement

et intciligihlcmenl

ils

coiii-

prirent en lisant. Xclicmie, vmî. 8.»
(le

A

Paris chez M. Cahcn,
I,

au bureau des
pour
ont

Jrdvvcs ismclites

France, rue Pavée, n"
projet

au Marais.
israclilcs

Nous applaudissons au
<ntte publication, et

formé par quehjues savans

nous approuvons Is considérations suivantes

qu'ils

consignées dans leur prospectus.
«

Nous

pos.sédons, traduits dans notre langue, les principaux ouvrages de

religion des (chinois et des Indous,
(chrétiens, des .Mahomélans.
"

des anciens Persans, des Hébreux, des

Les travaux de

l'illustre

de Sacy ont

même

levé
il

le voile

qui couvrait la
si

croyance des Druses, peuplade syrienne dont
i|ueslion.

est

maintenant

souvent

(Iràce à

nos .savans orientalistes,
des

les

gens du
culte
est

monde même peuvent
ces diverses

prendre
i\{'

connaissance
diverses

dogmes
,

et
il

du
en

de
des

nations,

ces

communions
systèmes

et

systèmes

philo-'^oplii-

(pics

connue des

religieux.

On
,

cherche aujourd'hui

à

faire

renlrer flans le
la

domaine du grand public
les

ce qu'il y a de plus abstrait dans
;

pensée, dans

opinions des individus et des peuples
,

et ce qui appartela

nait autrefois à qiiel(|ucs esprits «|)étulatifs
aiijipiird'hui
l.i

vivant dans
I

relraile, devient

pnquiilé de tous. Chose singulière
la

une seule communion,

dofitiis mcnibics, dispersés sur toute

surface du globe, semble, par celle

position, appeler pins |)articidièremenl la plus

grande publicité possible,

est

précisément celle où ion n'en trouve aucune. (!elle
ses livres

comnmnion

est la notre;

dogmati<iues fondamentaux sont beaucoup moins connus que ceux
de l'extrémité asiati(pic que nous venons
.i

des habit.ins

d'énumérer. Us sont

inconnus non-seulement

ceux qui sont dehors, mais

même
,

à

nous autres

lui

vivons dans l'inlerieur.

Kn

effet,

les

livres

de

."Sloise

VJncicn-Tcstn-

iiirul,

contiennent bien

la ba.sc

primitive de notre culte; ninissur celle base s'est

élevé l'immcDsc édifice de la législation talmudiquc renfermcc

dam

la

Ciu-

162
viara et résaméc dans
Xa

BIlîLIOGRAPIllE.
Sclioul' han

Aroudi, Code
<le

religieux.

Hormis

les

gens

de profession, hormis

les rabbin»;,

qui

nous connnît ces ouvrnjrcs nalrement
la

que de nom-' Ce sont pourlnnl res ouvrages qui règlent
juif, depuis
la

vie rehjiieusc

du

première aspiration jusqu'au dernier soupir.
dérive de la Bible, (jue tout
le

A

cela,

on répond
;

que
mais

la
il

Cutmara

monde

peut consulter

soit,

faut considérer
la

que

cette dérivation

est

tellement compliquée, telle-

ment éloignée, que
l'autre.

connaissance de lune ne peut donner aucune idée de

Aussi ceux qui se llaUcnt, au
,

moyen de
ils

la

Bible, de connaître notre

religion

sont dans une compiéle erreur;
,

n'en connaissent pas les plus
les
.

irnporlans

les

principaux déveloj)pcmens. Je dis cela de moi, et

dix-neuf

vingtièmes de mes coreligionnaires sont dïnsla
»

même

position...

Nous avons donc

raison de dire

que connaître

la Bible, ce n'est

pas con-

naître notre religion.

Cette erreur est pourtant
ii

la

cause du peu d'intérêt que
la

le

monde

chré-

tien attache

l'étude du

Tabnud; car ce momie pense que

Bible suflit pour
la loi

étudier la loi judaïque;
et la loi

maison ne veut pas comprendre que
,

de .Moïse

du Talmud sont deux

qui ont bien quelques points en
civil
la

commun,
et les Inslégisla-

mais qui diffèrent radicalement dans l'ensemble. Le Code
titutes

de Juslinien ont aussi des points de contact; est-ce

même
est

tion? Je sais bien (ju'on nous désigne quelquefois sous le
]Moisc, et

nom

de sectateurs de
fauiive,

nous adoptons

même

ce litre;

mais celte appellation

appartient aux Caraïtcs, et ne nous convient nullement; car nous

sommes

Rabbinistes essentiellement,
qui
»

tel est

notre vrai

nom

de secte

;

je parle de ce

est,

et n'ai pas à ni'occuper

de ce qui devrait

être.
à ce

Jusqu'à ce jour nous nous sommes donc rapportés aveuglément

que

les

Rabbins nous ont
la

dit de nos livres de religion.

Ils

nous ont probablement

toujours enseigné

vérité

,

telle

que ces

livres l'ont faite. Je

ne prétends
le

nullement

affaiblir la conliance

que ces théologiens méritent, mais par
clair
,

tems qui court, chacun aime à voir
yeux, et non par ceux d'autrui.
voir, étant le véritable contexte

dans

ses affaires,

par ses propres
le

Or

le

Talmud, comme nous venons de
les

de notre cuile, et que
ce

théologiens invoIl

quent sans cesse,

le

tems

est

venu de savoir

que contient ce Talmud.

faut donc que nous puissions lire cet ouvrage dans notre langue maternelle.

Le

droit de lire

,

d'expliquer avec intelligence nos livres de religion appar6= siècle

tenait

même

aux Hébreux du
nous

avant

l'ère ^vulgaire

,

ainsi qu'on le

voit par le verset qui

sert d'épigraphe; à plus forte Tai.son
de.-;

un

tel

droit

ne saurait-il êlre contesté à
ère, et personne

français Israélites au

1!^'-

siècle après celte

même
:

ne songe
la

à le contester.

On

lit

même
le

dans

le

Siffril» lé-

gende singulière que

Tora
,

a été

pronmlguée sur
et

Sinai en quatre langues

en hébreu, en chaldéen

en arabe

en latin.

,

BIBLIOGRAPHIE.
»

163
ia
;

Je sais bien que

la

dernière partie intégrante du Talmiul, que

Mischna
c'est

a été entièrement traduite par

Surrhénius aux 17' et 18*
très

siècles

mais

une traduction

latine

,

devenue

rare

et

acccssil)le

seulement au

petit
,

nomI)re. iS'ous en dirons autant de la traduction allemande de la
(jue

Mischna

nous devons à M.

Jost, le célèbre historien.
le latin. C'est

Lallcniand

est

encore moins

répandu en France que

également dans ces deux langues ({u'ont

été translatées plusieurs parties de la

Guemara, seconde
les

partie intégrante

du

Talmud.

On

peut consulter
',

la liste

complète de tous

travaux de ce genre

dans VOricnl
publié par M.

journal rempli d'érudition et d'instruction solide, et qui est
professeur Fiirst de LeipsicU, savant éditeur d une nouvelle
liste,

le

Concordance. Sur cette longue
tion française.
»

on ne renaarque pas une seule produc-

J'ai

résolu de faire disparaître cette lacune, et de doter

mon

pays d'un

Talmudfrançais, A'^unSchouritan Aroucli
la législation, le
tifs.

français. (]c secondouvragecontient
la discussion et les

Code, tandis que

le

premier présente

mo-

Tous

les

deux sont également indispensaL)les au juif rabbiniste, qui veut
et leurs causes;

connaître ses obligations

au publicislc qui veut porter un
s'instruire,

jugement

éclairé sur nos institutions, et
à satisfaire sa curiosité.
>

au curieux qui cherche ù

ou simplement

Aces
(jue la

considérations de M. Singer, fondateur-propriétaire, nous ajouterons

connaissance du
les

Talmud
origines

est

sourtout nécessaire à tous ceuv qui

.s'ocïf^i

cupent d'éclaircir

des religions primitives. Non-seulement
et divers usages

fieuples anciens ont
lites,

emprunté plusieurs croyances
est rempli

aux Israé-

mais

le

Talmud

de détails, d'allusions, d'usages, de fables,

empruntés aux
grand

antiijues religions de lOricnt.

En

ce

moment

il

se fait

un

et solennel

examen des
les

religions anciennes.

On

les

compare entre

elles,

on en recherche
tions,

origines, on veut en suivre les filiations.

Or,

les tradi-

croyances, fables, superstitions, pratiques, singularités, spéculations,
la

raisonncmens judaï(|ues sont une pièce intégrante,
être de ce

plus essentielle peut-

grand procès. Nous applaudissons donc à celle publicalion.
(jue

Les conseils

mius nous |(erinetlons de donner aux
(|ui

Ir.nluclciirs

c'esl

de
les

nous donner une lraducti(m
explications, les

s'approche

le

plus possible

du

texte;

que

développemens soient
simplicité cl
siècle.
.sa

rejclés

dans

les notes.
les

Ouc

ce soit le

Talmud dans
ducteur du

.sa

naïveté primitive, et non

opinions du tra.soil

l'J"

Que

ce qui ne pourra pas être rendu en français
lutin. C'est

consigné mol pour mot en
(pie la

poiu n'avoir
la
i

|i,is

suivi
ii

celle

méthode
au

plupart des livres sacrés do l'Inde de
.sera |)ublié

Chine sont
Ti consacrés

relraduire.
i

l/ouvrage

en Ki volumes in-

';

au Talvmd cl

N». 2i, 25,

^(i, 181(1.

,

16/i
Sc'ioul'liaii

lUBLIOr.RAPHlE.

Ainwh^

et

sans

Ir.rtc, ce

(]iii

diniinuc considérablement les
les

frais

mais on indiquera en earaelères hébreux

commenccmcns

et les lins

des

textes, alin de faciliter la confrontation à ceux qui veulent les eonsuller.

Des

utiles tjp/icntiirs, jointes h la traduction, éclaireront les endroits ob>curs; cl

dans ces explications on aura en vue non-sculemenl nos co-rcli^ionnaircs

,

mais

la classe

générale des lecteurs; cl lorstiuc

le sujet l'exige,

ligures et des calculs.
le

Le

travail sera conlié

ii

on y joindra des plusieurs Israélites verses dans
et ciiacun melt;int
la

Tiihiiinl et

njant l'habiludc des travaux de ce genre,

son

nom

à son

(cuvre, en

prend

la

res|)onsabililé; le tout sous

gestion de
la Ijible.

M. Cahen,

l'un des collaborateurs, déjà

connu par

la

traduction de

l'ne introdaction contiendra rhistori(iuc

du Talmiul, de

sa composition, des

noiicms biogra|)hif|ucs cl chronologiques, l'explication des treize
f,'umenlation, formant

modes

d'ar-

Torganum talniudique;

et sera suivie

d'un xocalndaiic

d'expressions techniques propres à celle polcmiiiuc. Le

prix |de
fr.
»

chaque vo-

lume pourra revenir

à 6 fr., et le prix

de tout l'ouvrage ù KH)

ERRATA.
M. Alexandre
que dans
le

Noble nous donne connaissance d'un léger changemcnl
de son article
il

le tirage à part

a

pu

faire
,

subira

sa traduction p. -Il,
la

de

la

lettre d'Abailard (voir notre dernier

numéro)
(|uatre

en substituant,
etc.,
»

au pas-

sage

commençant

ainsi

:

El pour ces
la

hymnes,
:

version suiétabli,

vante, qui exprime mieux

pensée d'.vbailard

Nous avons en outre

à l'égard de ces quatre hymnes, que pour la vigile on joindrait deux

hymnes

en une, et que les deux autres seraient également réunies pour être chantées

aux vêpres
deux
(

le

jour

même

de

la

solennité; ou bien (]u"en les distribuant ainsi
etc. »

à

deux pour chaque vêpres, on diantcrait une de ces hymnes avec,

le reste

comme aux Annales).
rectifier

Nous
restées

profitons de l'occasion pour

quelques fautes d'impression

dans

le
1.

même

article, savoir

:

p.

W,
1.

1.

30, lisez exccutec

au

lieu d'exau1.

re'e; p. 54,
lisez

16, ajoutez les guillemets après

.\oclcm caicndor; p. 25,

3i,

Gacliet au lieu de Gacltel; p. o>,

2, divines au lieu de dircrjcs; el

même

page,

1. 2'.',

/c

praire au

lieu

de la pr'curee.

7<^

165

DE PHILOSOPHIE CHRETIENNE.

IJoU'miquf alall)oliiiuc.

DU SYSTÈME DES ANGLICANS,
Al'PLLÉS l'IlSÎLVSTCS
'.

II.

Principales publications de l'école pusëyslc.

.!(.'

ne pailcroi

ni

du Mnç^nsin

briuinn'ijjic

,

ni

du

Crtti(jiic

hri-

tniiiiiqur, jonnial religieux rédigé
l)ar

par

>!.

Nc\vmaii,(\\\[ est reconnu
le

Ions cciiv aveclesqncis

j'ai

eu l'occasion de parler connue
Pnst'tstcs-.
Il

plus

puissant appui

du

syslènie dil des

est

à reniaripicr

pourtant que,

comme on
les

pouvait s'y allcndrc, ce système varie plus
le

ou moins, selon

diiïércns auteurs (pii

défendent.

.le

passerai

pareillement sous silence

les sitiiictk cl les rliscours

de

?l.

Ni

wman
,

sur

le

Romanismc

,

les

œuvres du

jiosthuiuos de J-foudc el
yo/i

autres ouhi^tninles

vrages,

comme

le

Traité sur l'Ki^lisc du Clirisl cl
I).

Orii^ir.cs litiirgicrp, etc.,

Palmer,

el je

me

horneiai simplement
couiius
cl (|iic

aux Traités pour
l'on

les

tcms pri^scnts, qui soni

les plus

considère généralement
rpii est

comme

les

plus

impoiians de leurs
Tracta"-

opuscules, ce
listes.

cause (pi'on les appcili" sou\enl aussi
(pie

Ce
le

fut en 1>S3;5

se publia, à
".">(>,

Ovford

,

le

premier de ces

'

Voir

preiéilcnl nrliclc, n

lir bLlUL. lO.Mt 1\.

(i-(lc>sii> p. lil.

N" 51. \%hh.

11

,

166
traités;

DU SYSTtME DES ANGLICANS,
au mois de janvier 18'il, paraissait
le le

90», qui occasionna,

comme nous
Or quel
jnorls.
»
>y

verrons,

la

suspension de ces publicalio.MS.
les

est le

but de ces opuscules? Voici
:

propres paroles du
les prières

traité 72°, intitulé
<<

L'Jrchcvcquc Usher sur
a

pour

les

Notre but

été de présenter au lecteur
les

un argument

clair

et

convaincant contre

Romanistes, dont

le

dogme du purgatoire
»

paraît être justement refuté dans cet ouvrage.

Quant au but prinle voici
:

cipal qu'on se propose dans cette série de traités,
»
» » » w
»

«

dresser

d'imprenables remparts pour défendre
glise
lui

le fidèle

anglican contre l'É-

de

Rome marquer
,
,

clairement et visiblement des bornes qui

assurent largement l'espace dans les riches pâturages
sans craindre raisonnablement que
,

du Catho,

licisme

comme

individu

il

puisse tomber dans ces grandes embuscades qui ont confondu toute
l'Kglisc latine, c'est-à-dire
les

embuscades du Papisme

(p.

jU).»

Ue même, dans
ford,
» » »

le

traité 71'=

que, dans sa Lettre

à l'évêquc
:

d'Ox-

M.

Newinan
il

reconnaît pour sien, nous lisons

«

L'objet de ces

traités sera

donc de considérer sous
est

différents points de

Tue l'unique
:

question dont

probable que nous serons

assaillis
»

pourquoi

de

fait

restons-nous séparés de

Rome

(p.

2)

?

L'auteur y propose le système de défense que les Anglicans doivent adopter contre les Romanistes, comme il les appelle il leur con;

seille d'éviter les
la règle de foi,
la

questions fondamentales,

comme

l'autorité

du pape,
de

présence réelle, et de mettre en avant ce qu'il ap-

pelle les griefs pratiques qui pèsent, d'après lui, sur les chrétiens
la

communion romaine
la

,

c'est-à-dire le refus
le

du

calice

aux laïques

la nécessité

de l'intention dans

ministre pour la validité des sacre-

mens,
l'Église

nécessité de la

confession, les anathèmes prononcés par

romaine contre

les

hérétiques (parmi lesquels

il

y aura des
le

parens et des amis de celui qui songerait à se faire Romaniste),
purgatoire,
duit
le
le

culte des images, l'invocation des saints, dont
la

il

propape,

comme exemple

bénédiction solennelle prononcée par
il

le

dimanche de Pâques. Puis

soutient

que nous ne devons pas nous
pratique de

contenter des décrets de l'Église, par exemple des décrets de Trente,

mais que nous devons interpréter ces décrets par
l'Église

la

romaine
le

et

par l'enseignement de ses docteurs. Ainsi l'auteur

admet que

décret de Trente, relatif au culte des images et à l'iu-

APPELÉS PUSÉYSTES.
vocation des saints
«
» n
))

167

,

est susceptible

d'une interprétation raisonnable.

Or,

dit-il,

nous savons qu'en

différentes parties de l'Église romaine,

un
aux

culte, qui se rapproche de l'idolâtrie, est actuellement offert
saints et

aux images, en des pays
Italie et

fort différens l'un
et qu'il a été

de

l'autre,

par

exemple, en

en Belgique,
,

sanctionné par des

» »

hommes
ou

distingués et savans

sans aucune protestation sérieuse

efficace

de personne
,

(p.

17).»

Ces écrivains

bien que mieux instruits que leurs prédécesseurs
,

des choses catholiques
los pratiques,

défigurent donc quelquefois,
les

non seulement
il

mais aussi

doctrines de l'Église catholique, et

ne

serait pas dificile
tière.

de faire un tableau de leurs erreurs en cette ma,

Mais, d'un autre côté

on pourrait

faire

une contre-partie inde l'Anglicatraité 71'',

téressante avec leurs

nombreux aveux sur
du Catholicisme.

les défauts

nisme

et la sublimité

Ainsi, dans le

même
s'est
;

M. JSewman admet 1"
trompée quand
elle a

que

l'Église

anglicane

quelquefois
2" qu'elle a
:

réduit son système en pratique

sans doute ses côtés faibles, puisqu'elle ne s'attribue pas
«
» » »

l'infaillibilité

Ces défauts,
se
fit la

dit-il,

sont venus en partie de

la

rapidité avec laquelle

réforme

et

de

la

confusion qui régnait à son berceau, et
saisissait

en partie de l'ignorance du peuple, qui ne
était

pas ce qui lui

enseigné (p. 27).» Le but des traités étant de s'opposer au

Catholicisme, appelé
surpris de voir

Eomanisme parmi eux, on ne
,

sera nullement

que

outre uue nmltitude de passages disséminés
il

contre l'Église catholique,

y a plusieurs de ces
le

traités intégrale-

ment

dirigés contre

la

transubstanliation et
anti-cath()li(|ue

purgatoire, et qui
les

donnent une explicatrCn
Mais connnent trouver

aux prières j)our

morts.

la raison

de tant d'autres Traités en faveur
vi-

des doctrines et pratitpies catholiques, "par exemple, sur l'Église
sible, sur son ministère et sur son apostolicité;
la

ceux

(jui

conliouncnl

traduction
le

d'impoitans passages dogmalicpies des Saints-I'ères,
,

ceux sur

jeune

sur

la

mortilication, sur

la

prière

pubhquc de

cha([uc jour, sur
les fêtes,

la

fré(iuenie

communion,
,

sur les cérémonies, sur

sur

les

anciennes liturgies

et spécialement celui sur la réla

génération baptismale en opposition avec

doctrine de

la

justilicatiou

par

la foi
,

seule?

On

pens(> (pu; c'est
ic

de ce dernier

écrit,

du dociem
tic

Puscj

qu'on a pris

nom

de Piisc'jslcs donné aux membres

,

168

DU SYSTkME DES ANOLICANS.
ouvcrlcmcïU la\(>
d'iirrésie par

roltc écolo; car la doclrine en a élc
les proleslans anglicans.

Voici

comment

se concilient ces apparentes contradiciions.

Les

professeurs d'Oxford, de celle école, parlent souvent dans leurs écrils

de

la

grande tendance qui se main'feslc aciuellenieni en Auglcicrrc

vers le Romanisine, ou,

comme ils

disent en d'autres termes,

du

s(»u-

verain besoin des vérités et pratiques catholiques ressenti par

laiit
ils

de

cœurs; voyant ensuite

(pie plusieurs se faisaient catholiques,

pré-

tendent ([u'aucune nécessité n'oblige à se faire catholique romain
l)uisqu'on peut fort bien trouver, dans l'église anglicane elle-même,
l'objet

de tant de soupirs, c'est-à-dire
et cela

les vérités primitives et les pieuses

pratiques du Christianisme,
pellent les corruptions

sans

le

mélange de ce

qu'ils ap-

du Pftpi^mc. Telle

est la

défense des Piisejstcs
sa Lettre

longuement
l'évcqtie
le

tissuc par le docteur Piiser

lui-même dans
le

a

d'Oxford. Ainsi s'expliquent, d'un côté,
les

revirement vers

Catholicisme, et, de l'autre,

accusations qu'on ne cesse de
ils

porter contre l'Église romaine. Voilà pourquoi
pris

se félicitent d'avoir

un moyen terme onivc

les

romanistes
le traité
,

et les

prétendus réforma-

teurs". Voilà

pourquoi encore, dans
le

75, aussi de M.

Ncwman,
un
trésor

tout en exaltant

Bréviaire romain

on prétend que

c'est

qui appartient tout aussi bien aux anglicans qu'à

l'Église

romaine;
et

que

celte dernière a seulement le mérite

de l'avoir conservé,

en-

core a-cc été en y introduisant de prétendues corruptions de doctrine,

spécialement par rapport à l'invocation de
Saints. Aussi l'auteur adapte
t-il l'office,

la

Sainte-Vierge et des

traduit en anglais à sa
et le

ma(pii
fait

nière, à

la

commémoration des morts dans lelSeigneur,
à la fête

Com-

mun

d'un confesseur joniifc

de Ken, évèque anglican,
!

fut déposé au '.ems

de Guillaume
80* de M.
les

111

Un

autre traité qui a
,

grand bruit
réserve à
la

,

c'est le

Ne^vman encore

je crois

,

sur la

communiquer

doctrines rcli'^ieuses. Aujourd'hui que
les

religion chrétienne est

connue de tout l'univers, que
évangéliques se sont
si

moyens

humams

de répandre

les doctrines

multipliés,

l'auteur voudi^ait introduire de

nouveau une espèce de discipline

Dans

les traites

o8 et

il.

APPi:i,fis

Pusf:vsTEs.
•.

1

69

m\

sfc'ricnse pareille à celle
était

du

secrei

La principale raison de celte

(lise ij)liiie

sans doute qu'on ne voulait pas exposer les mystères

chrétiens aux profanations des juifs cl des infidèles; mais ce motif
cessa avec
la

conversion de

la

majorité des infidèles.

Tous

les

autres traités ont moins

d'importance

si

on

les

compare

an dernier, c'est-à-dire au 90% publié au commencement de 18^1.
Il

a

eu beaucoup d'adversaires

et

beaucoup de défenseurs; mais

les

supérieurs des collèges d'Oxford l'ont
vilhî l'a

condamné

et l'évèque

de cette

désapprouvé connue une source de dissensions dans l'Angli.AL

canisme. L'auteur,

JWwrnan

,

a

cédé subitement aux instances
traités.

de l'évèque, et l'on n'a pas publié d'autres

Dans ce
f^licans

traité
les

90%

l'auteur clierclie à concilier les

39

articles

an-

avec

doctrines catholiques, et .spécialement avec les décrets
serait
la
si

du Concile de Trente. Quelques-uns espéraient d'abord que ce
un
[)as

important

fait

pour préparer l'union des Anglicans avec
affligée qu'ils avaient

Sainte-Église, celte

mère

abandonnée depuis

longlems. iMais dans sa Lettre au docteur Jclf, écrite en mars
il

iSM,
motif

dit

:

('

Je puis déclarer, avec

la

plus grande sincérité,
traité a été
les

que

le

» n
»

que

j'ai

eu en écrivant

et

en publiant ce

de

trufitjiiiUiser

les consciences

de ceux qui pensaient que
la

39

articles les

em•>

péchaient de professer les doctrines de
dit

primitive Kglise(p. 29).

Il
»
'I

encore

:

«

Je

me

suis spécialement efforcé de seconder les vives
je respecte, faisant tout

instances de ceux

que

mon

possible pour

em|)ècher ([ue

les

membres de

notre Kglise anglicane ne marchent
27).
le
»

»

dans

la

direction de

Rome
90
la

(p.

.M.

Pusey enseigne
ilS).

la

même
il

chose dans sa Lettre à Jclfsuv
clair (pie le

même
:

traité (p.

Donc

est

but du

traité

n'est pas l'union

avec l'Kglise romaine,

mais
je
.le

la

p(;rsè\érance dans

séparation

c'est

pourquoi je pense (pie

puis procéder avec franchise dans l'examen
le ferai au'-si

que j'en veux

faire,

court que lcpi'rm<'t

la

matière.

'

On

snit(|n"aiiv picniicis loiiis

do l'K-liso,

les

lidclos étaient

astreints

au

secret sur les mystères ecl(^brés nu\ cntaconibes.

On

nimnil mieux nlfronler les
('.ijifaiiliiiile,

suppliées et se laisser couvrir des n(ilri!isontes caloir.niis llMopophaîiie, do rrinies contre nature, (|ue de

d'an-

rompre

le silence.

(.V('/<- (/n Iriuliii II iir].

170

nu SYSTl-ME DES ANGLICANS,
le?

Tous

minislros ani^licans doivent souscrire h

la

vérité"
/|2

des 39

articles. (Jcs articles

ont été tirés principalement des

composés

par Crnnmrr, archevêque protestant de Cantorbéry, et Ridlry, cvéquc

de Londres. Les deux chambres de convocation, ou
clergé anglican, approuvèrent

le

Concile général du
articles

unanimement
la

les

39

en janvier

1562.
tulés
» »
»
:

Ils
«

furent publiés par ordre de

reine Elisabeth et sont inti-

Àrlicles approuvés itnartimcmenl par les archcvcques et

éi'cques des

deux prorincea

et

par tout

le clerf'é,

dans

la
les

convodiver'.

cation tenue à Londres en l'année 1562, pour éviter
sites d'opinions, et

pour établir l'accord sur la vraie religion
on pourrait plutôt
les les intituler,

»

A

en juger par
la

les effets,

comme

le

remarque
saint Paul

Revue de Dublin,

Quadragenas una minus de

\
dans leur interprétation.

Une

des questions les plus importantes, par rapport à ces articles,

c'est celle des principes qui doivent guider

Or, dans
ariens,
«
))

le traité

71, M. .Vcivuian lui-même, parlant des symboles

l'on omettait le
les

mot

oaoo'jatov

(consubstantiel), écrit
?

:

Pourquoi donc

Catholiques refusaient-ils d'y souscrire

pourquoi
à l'autre?
est

soniïraient-ils plutôt l'exil

d'une partie du
et

monde romain

»
»

pourquoi devinrent-ils confesseurs
aisée, dit-il
:

martyrs? La réponse

parce qu'ils interprétaient

les expressions des sj-ni-

»
»

boles d'après les opinions professées par ceux ijui les formèrent
(p.

16).» C'est en effet

un principe admis
faut

d'interprétation

qu'il

faut chercher quelles étaient les idées des auteurs dont les expres-

sions doivent être interprétées.

Il

donc admettre ce que
:

dit l'au-

teur du traité 82, d'après
»

les

principes par lui professés
le

«

>"ous re-

cevons

les articles

sur l'autorité et dans
la

sens de

la

convocation
(p.

»

qui lésa imposés, c'est-à-dire de
l'avis

convocation de 1562
31.

36).»

Je ne saurais donc être de

de

Newman

c^uand, dans sa

*

Articuli de quibus convenit

inter

archicpiscopos et episcopos utriusquc

provincia' cl L'ierum universuiii in synodo Londini ann. 15Gj

secundum comHe;iina;

putationem

ccclesi;e anglicana.',

ad lullondam opinionum dissenlioneiu,clcun-

sensuni in verà religione linnnndinn, cdili anctorilale stienissiin;e
(Kli.sabolli).
'

3 Cor. XI, ?4

APPELÉS PUSÉYSTES.
Lciirc à Jelf,
')

171

il

dit

:

«

Il

est

reçu que

la

croyance spéciale de leurs
;

rédacteurs détermine leur véritable interprétation

mais je

ferai

»

de la croyance de l'Eglise catholique
tion (p. 2^).» Je prétends
le traité

le

principe de l'iiitcrpréta-

»

au contraire que, puisque M.
90, que les articles sont
îl

Ncwman
d'un

admet, toujours dans

le fruit

siècle anii-cutholique (p

h),

faut conclure

qu'eux aussi sont anii-

catholiques. Ainsi, on ne peut reconnaître ce que dit M. If^nrd, que
« »
l

Vimponens des

articles n'est autre
Il

que V Esprit -saint, résidant
y a plus

dans l'Église catholique (p. 13).»

'Esprit-saint, tandis qu'il enseigne la vérité à
le

comment, au fond Rome, pourrait-il en:

,

seigner
il

contraire à Oxford? Et pourtant, malgré tous ses efforts,

faut

que M.

Newman

admette qu'il
des
,

est certaines choses

que

l'J'lglise

de

Home

enseigne

comme

dogmes

(par exemple

,

la

primauté du

pape,

la transubstantiation

la

messe privée,

etc.), et qui sont

con-

damnées par
l'J'îglise

les

Puscystes eux-mêmes. Ce qui a imposé
la

les articles à

anglicane, c'est

convocation ami- catholique de 1562,

donc

les articles aussi sont anli- catholiques.
il

-Néanmoins,

faut avouer

que, quoique l'interprétation donnée

par M. Ax'ivnian aux 39 articles paraisse nouvelle,

comme

l'a fait

remarquer M. /Tard, nous avons pourtant d'autres exemples de semblables interprétations, ainsi
effet,

que

le
,

prouve

le

révérend Vakclcy.
,

En
la

François de Sainte-Claire

père dominicain

chapelain de

reine Henriette d'Angleterre,

et ensuite

de Catherine, femme de

Charles II,

comme

aussi

un

certain ministre de l'Église, en 1715, et

Moniui^ue, évOque anglican de Cliichester, puis de ?Nor\vich, au tcms

de Charles I", expli(|uaicnt de celle sorte
trines

les

39

articles, et les

doc-

du dernier furent forniollomcnl

tléclarées

orthodoxes par une

congrégation de 5 évèques anglicans.

Mais voyons
défenseurs
» » » »

la vérité

de ce qu'aflirment
:

"\l.

A>

ard et

les

autres

du

Irailé 90"^

«

Ceux qui

firent

les articles, disent -ils,

pensaient toujours à un parti opposé dans l'église qu'ils ne devaient

point blesser ou offenser; c'est pourquoi l'on sent, dans les articles

mêmes, un grand

cITorl

de

la

part des auteurs [hhu- présenter

des ap|)arences de protestantisme

(pii

en imposassent

,

tandis tpi'au

» »

f(md rien ne fut décidé qui pût exclure ceux qui avaieut nn plus

grand respect pour

l'autorité primitive

(p.

2^).» Jetons

donc un

172

1)1

s^sriMi: urs ANr.r,i(;\NS,

icj^ard sur les interpivlalioiis

de M. Newinan. Les premiers arliclos
la

parlent
tion
:

«les

grands mystères de

très-sainte Trinité el de rincania-

on. est consolé de voir
article,

(|u'ils

enseignent

la

vérité

(•ailioli((iic.

Mais au 6"

on cxclat du (lanon
voici

les livres

deuléro-canoniques de
:

l'Aucicn-Testament:
« »

donc l'explication doiméo par M. Ncwinnn

Les

livres ap|)elés a/>ocr} j)hes (c'est-à-dire les livres

dentéro-cano-

niques de l'Ancien Testament) ne sont point présentés dans cet
article

» M
»

connue n'étant pas inspirés,

et

comme purement Immains;

mais

comme

n'étant pas canoniques; en d'antres termes, on y pré-

tend qu'ils sont distincts de l'Écriture canonique, spécialement sous
ce rapport
(p. 6). »
,

» »

qu'on ne peut

les
il

alléguer pour prouver

la

docirinc

Or, au contraire,
les

suffit

de connaître

la

force des termes

pour savoir ^juc tous

livres

inspirés sont canoniques; et puisà l'appui

qu'ils sont ii'spirés on peut les apporter

de
,

la

doctrine.

Aussi

le

concile de

Trente
les

'

après avoir

énuméié
,

tant les livres
:

deutéro-canoniques que
"

proto-canoniques

ajoute
et

«

Si quel-

qu'un ne
((u'ilsoit

reçoit pas ces livres en entier,

pour sacrés

canoniques,

»
»

anatlième.
,

»

— «Le

saint concile, suivant l'ciemple des pères

orthodoxes

reçoit tous les livres tant
,

de l'Ancien que du Nouest l'auteur

w

veau Testament

puisque

le

même
de
la

Dieu
,

de l'un

et

de

«

l'autre; aussi bien

que

les traditions

soit qu'elles

regardent

la foi

> »
»
>•

ou

les

mœurs, comme

sorties

bouche

même

de Jésus-Christ ou

parle Saint-Esprit,
succession continue,
égale piété
'.

et

conservées dans l'Église catholique par une

et les

embrasse avec un égal respect

et

une

Trente ce
dit
n
:

De même on ne saurait concilier avec le concile do que fait observer M. Puscy dans la Lettre à Jelf, où il
»

« 11

{Newnian) soutient formellement contre
la foi

l'erreur des
(p.

Ro-

manistes que

dérive totalement de l'Ecriture
anglican,
il

15).»

Dans

le 19''

article

est dit

que

'

l'Éghsc romaine a

'

Sess. IV'.
"

'

Si quis

autcm
sit.

libres ipsos inlegros pro sacris el canonicis

non susccpctùni vo-

»
»

rit,

analliema

Puis avec non moins de raison

:

Onines libros

leris ijuiim

novi lestamcnti, nec non traditiones ipsas tùin ad (idem liim ad

»

mores
ratur,

pertinentes...

pnii pietalis

fijfcclu

ac revcrentiù

snit,i\n\. et

venera-

»

Sessio iv.

APPELÉS PUSÊYSTES.
>

173

ovvt'

en

(\o^

points de foi.»
«

(l'est

une pure évasion que de dire
en des articles

avec M. y^w^^; que
»

l'on n'aflirme pas qu'elle ait erré

(le

foi qui mettent le salut en péril (p. 22)»; car toutes les erreurs
la foi

obstinées contre
L'article 21
»

mettent
«

le salut

en

péril

'.

annonce que

les conciles

généraux peuvent errer
»

et

ont quelquefois erré eu

des choses relatives à Dieu.
:

Écoutons

l'explication de
»
•>

M. i^'ewnuin

«

Les Conciles généraux peuvent errer

comme

tels; c'est-à-dire
,

qu'ils

peuvent errer,
,

si

ce n'est en cerobjet de privi,

tains cas

lorsqu'il leur a été
,

promis

comme un
article.

»
'>

lègo exprès et surnaturel

qu'ils

ne se tromperont pas

ce qui

passe

le

but ou du moins
les

les

bornes de cet
les

Mais cette pro-

»

messe existe dans
au

cas

Conciles généraux se rassemblent

»
..

nom du

Christ,

selon

la

promesse

de

Notre -Seigneur

(p. 21)...

les Conciles
lui
,

Pour défendre et justifier cette explication, M. Newman distingue œcuméniques des Conciles généraux; ceux-ci, d'après
pouvant errer
et

non
«

les autres.

M. Puscy

fait aussi
si

cette dis-

tinction, en disant
» »

que

l'onjsait par l'événement
il
1)

le

Concile est

a'cuméni(jue ou non; car
par
l'Jvglise univer.selle
,

est

cccuméni(iue

s'il

est ensuite
les six

reçu
pre-

\

Aussi n'adnielleiit-ils que
les

miers Conciles généraux
l'Lglise universelle,
ils

comme

seuls reçus, d'après eux, par

que, contrairement au grand principe de l'unité,

enseignent être composée de l'Kglise laiine, des grecs schisma-

tiques et des anglicans. Et encore l'infaillibilité de ces Conciles n'estclle

soutenue que

comme une
foi (p.

opinion inicr pic creiUhilia,

et

non

connue nu point de

31). Et ici,
le

pour connaître
:

l'esprit (jui

anime ces auteurs, écoutons encore
.'

docteur Fuser
,

«

Les théolo-

giens
le

d(! la

conununion romaine pourraient
ou (rcuméni(jue.
et

si

Dieu h'ur donnait

u
')

repentir, abroger le (ioncile de Trente, ce Concile n'axant pas
,

été vraiment général

Ils se

rapprochent de nous
à ce (jui est ca(jui est

» » »

en abandonnant ce qui est romain
tholiciue

en adhérant

dans leur Eglise, et nous, nous soutenons ce

ca-

iholifpie et

nous ne nous rapprochons pas de ce

(pii est

romain.»

Sine

liiie

inipossibile est placerc

Deo. Saint Paul aiu //eirrux,

xi, G.

Lellir a Jrlf, p. 29.

174
(Jes principes

DU SYSTËME DES ANGUCANS
ne donnoni inallioureusement pas u espérer runioa de
i'J^^lise

ces auteurs avec

catholique.
il

Par rapport

à la justification,

y aurait

beaucoup

à dire, attendu
le

que

l'article

11 affirme que nous sommes réputés justes, d'où

doc«

teur Pitsey,
•)

dans sa Lettre h l'évcque tVOxford, prétend que
la

la

doctrine anglicane ne veut pas que

sanctification ait lieu dans

»

notre justification,

»

erreur contraire au Concile de Trente.

De

plus, le
» » » » »
.)

même
«

article enseigne

que

«

nous sommes
en

justifiés

par
«

la foi

seule.

Mais cela n'exclut nullement, dit M.
les

Newman,
on
la

la

docles

Irine

que

œuvres

aussi justifient.
le

Si

elTet,

disait

que

œuvres
lifie,

justifient

dans

même
les

sens qu'on dit que
les

seule foi jusla foi

ce serait une contradiction dans

termes; mais

seule

peut justifier en un sens,
tout ce qu'on prétend
l'état

bonnes œuvres en un autre,
12).
»

et c'est

ici (p.

Je crois que quiconque consi-

dère

de

la

question en Angleterre dans ce siècle anli-caiholique,
cette interprétation est,

sera d'avis

que
12

pour ne rien dire de plus,

singulièrement forcée.
L'article
dit

en général que

les
;

œuvres

faites

avant

la justifi-

cation

sont de la nature des péchés

mais M.

Nen'man
avec
le

voudrait

restreindre cette condamnation aux œuvres faites sans le secours de
la

grâce actuelle, prétendant que
la

les

œuvres

faites

secours dià recevoir

vin et avec foi avant
la

justification, disposent les

hommes

grâce de

la justification.

Sur

les traces

de l'évêque Bull, M. Pusey
et le retour à
»

soutient
»

que

«

outre

la

foi, le

repentir

du péché

Dieu

sont nécessaires pour
il

la

rémission des péchés;

doctrine très-vraie
la

quand

s'agit

des adultes, mais qui paraît toujours contraire à
l'article

condamnation générale (prononcée dans
précèdent
la justification.

12) des œuvres qui

A
» »
»

l'égard des s'acremens, l'article

25 apprend que

la

confirmation,

l'ordre, le
tés

mariage

et l'extrême-onction «

ne doivent pas être compla

comme

des sacremens de l'Evangile, et n'ont pas

nature de
qu'ils
»

sacremens

comme

le

Baptême

et la

Cène du Seigneur, parce

n'ont pas de signe visible ou de cérémonie prescrite par Dieu.
soutient qu'ils
nie

M. Newinan
sens; mais
sus-Christ
:

peuvent être appelés sacremens en un
par Jé-

il

que leurs
ils

rites extérieurs aient été institués

d'après lui,

l'ont été par l'Eglise, à laquelle

il

attriliue.

APPELÉS PUSÊYSTES.
avec Thorndike,
teur,
» »
»
«

175

le

pouvoir, jusqu'alors réservé à son divin fondala

de dispenser

grâce par

le
«

moyen de
le

rites

de

sa

propre in-

stilution. » Il

enseigne encore

que

Baptême

et la

Cène du Sci-

gneur sont les seuls
quer
la

rites justifians,
(p.

ou instrumens pour communi»

rédemption,

ù2, hZ.)

M. Piisey soutient que
le

les

cinq sacrcmens susdits sont des sacremens seulement dans

sens de

sncramentalia
cation
,

:

conséquemmcnt

il

appelle aussi sacremens la prédile

le

symbole, l'oraison, l'Ecriture,
il

martyre,

et

même
que

le

jeûne, dans lequel

met une confiance

extraordinaire.
:

Le Concile de
dit
les

Trente condamne clairement ces erreurs
n »

«

Si

quelqu'un

sacremens de

la nouvelle loi n'ont pas été tous institués par Notre,

Seigneur Jésus-Christ, ou qu'il y en a plus ou moins de sept

»
«

ou que quelqu'un de ces sept

n'est pas

proprement
'.

et véritable-

ment un sacrement,
L'article

qu'il soit

anathêmc

»

28 condamne avec des paroles énergiques
le

la

transubstan«

tialion.
»
»

Or,
la

docteur Pusey prétend que l'Eglise condamne

seu-

lement

manière scolaslique d'expliquer

h

grande doctrine qu'elle
«

conserve, celle d'une vraie et réelle présence";
« la

ou,

comme

dit

M. Newntan,
»

doctrine que

le

corps du Christ est
dents, (p. hl.)
»

pressé char-

nellcmcnt {carnalincn(c) avec
là la

les

Mais ce n'est
le

pas

doctrine de l'Eglise catholique, qui enseigne, dans
les

Concile

de Trente, que
»

Chrétiens

«

mangent

le

pain des anges sous les

voiles sacrés,

on,

comme

dit saint
:

panem angclorum suf) sncris velnnûnilius cdimt \ » Thomas dans la séquence pour la fcte du TrèsNuUa
Quà
rei

Snint-Sacrenient

lil

scissura,
(il

Sii:ni lanluin

Irnctura,

npc status, ncc slalura,

Si;^nnli niinuitur.

Mais l'Eglise anglicane ne condamne pas simplement des opinions
'

Si

(jiiis

(lixnit saciniiipiila

nova' legis non fuisse

uiiiiiia à .losu

Cliiislo

Doniino

tiosir»

insliluta; aut esse plura nul paucioin (|uani S('|ilnu....,

nia
sil.

cliaui olit|ui(l ooruui

non

cssc

veic el profuii- sacranienluui

:

anallicuia

Sits.
"

VII, c.

I.

l.ctlrr

à Ji/f,

p. 5S.

'

>Vj/. xui, cap. 8.

176
scolasliqiios;
flair
|);u'

DU

SYSTiiMi:

i>k.s

anglicans,

die nHuIamno aussi

les

dogmes
il

ralliuliqucs

:

cHa

est

co

(|iie iliL fiisiiilc

M. IS'cwinan.
de
la

ciic la luhiicinc

ou vx-

plicalioii

(jiii

accompagne

le lile

Communion

anglicane, el, eniic
le \in
»

autres erreurs, on y dit (ine
»

le

paia it le pain et

sacramentels

reslenl dans

lems mêmes substances
le

naturelles,

erreur condam«

née sous analliC'me par
»

Concile de Trente; et que

le

corps naluciel ci

rcl et le

sang de notre Sauveur Jésus-Christ sont an
est contre
la

non

n »

ici, j)arce qu'il

réalité
'.

du corps naturel du Christ
»

d'être

en plusieurs lieux à
a

la fois

La

même

rubi ique dit en,

core qu'il n'y
JM.
« »

pas de

présence corporelle (c'est-à-dire
la

selon

>'eu\Mnan, charnelle) de Or, qu'il y
ait

chair naturelle et
réelle,

du sang du

Christ.
c'est ce

une présence

dit

M. Ncwinan,
le

qu'aflirmcnt l'Ecriture et les homélies anglicanes;
et
le

catéchisme
donc, de-

»
u

rite

de

la

communion
telle

le

proclament.

Comment

mande-t-il, peut-il y avoir
et

une présence quelconque de son corps
ne
soit

»
»

de son sang, mais

qu'elle

pas ici?
»

Comment

peut- il

y avoir une présence qui ne

soit

pas locale?

Nous répondrions
Nevvman ne
se

qu'une

pareille présence est contradictoire, .^lais
si

M.

décourage pas pour

peu. Après avoir dit que l'explication donnée
il

parla rubrique est simplement une déduction philosophique,
expliquer

veut

comment
5^.)
«

le

Christ est

ici

réellement, mais non localeest le

ment,
»
'<

(p.

Notre mesure de distance
objet,

pied ou

la

main

;

mais

comme un
que

h la distance d'un pied,

ne s'appelle pas
de même,

distant, bien
il

l'intervalle soit

indéfmiment

divisible,

»

n'est pas nécessaire qu'il soit distant,
(p.

après avoir été multiplié

»

indéfiniment,

53).

»

C'est-à-dire
petit,

:

M. I^cwman enseigne que. de même,
si

comme un
jusqu'à

intervalle

d'un pied est
billions

on

le

multiplie

cent

millions de

de lieues, l'intervalle reste toules

jours

petit.

Que

diront

de celte découverte
poursuit-il,
lui
la

physiciens et Jes

mathématiciens!
»
»

«Donnez,
d'étoiles.

vue à un
le

aveugle,

et

vous pourrez dire que

le soleil

est

présent

jour, et la nuit

une multitude
relatif

La présence d'une chose

est

donc un terme

»
»

qui dépend, dans le sens populaire, des canaux de comelle et celui

munication entre

à

qui

elle est

présente

:

elle

admet

»

Newman,

p. 52.

APPELÉS PUSÉYSTES.
»

177

donc des degrés.

»

Pourtant M. Newnian devait observer que

h
so

présence du sokil, en ce cas, n'est pas réelle, mais figurative; c'est
coiunu!
si

l'on disait

que

l'effet

du

soleil

ou

la

lumière, et non

le

k'illui-niéme est présent à
concilier
,

l'ieil;

or, cependant, notre docteur doit
,

non pas

la
la

présence fgnraiii'c

mais

la

présence réelle
:

avec l'exclusion de
«
»

présence locale. Ecoutons-le donc encore

Telle est,

dit-il, la signilicaiion
:

du mot pièsencc, quand ou

parle

d'objets matériels
la

tout autre est l'idée
esprit.
la

que nous nous formons de
la

» »
)

présence d'esprit à

La présence

plus intime que nous
l'âme.
>'olre-

puissions imaginer

est
et

présence spirituelle de
spirituel
»

Seigneur
,

a

un corps

un corps

(mais n'est pas un esIl

prit
<i

comme M. XeA\man
est

devait se le rappeler").
:

continue:

Le Christ
il

dans l'espace
il

mais, étant un esprit,
ici

la
là,

manière dont
peut être, ce
corps malc-

»

se

rapproche, dont

devient présent
la

ou

« »
')

nous semble, aussi difTérente de
riels se

manière dont

les

rapprochent et s'unissent, ({u'unc présence spirituelle est

plus i)arfaile.

La présence d'un corps
elle est

spirituel

peut être
»

réelle,

"

mais non locale; en un mot,
celte présence serait

mystérieuse

(p.

55).

Oui
le

\raimeni,

mystérieuse, et sans comparaison

plus grand mystère de tous ceux (ju'euseigne
|)arce ([ue ce serait
jirà,

l'Eglise catholique,

un mystère ouvertement contradictoire, non su-

srd conirà rttionem. Quelle Contradiction peut être plus maniconclusion de M.
à
la
i;i,

feste (|ue la
»
"

Ne^vman, que
droite de

<

le

corps

et le

sang du

C.hrisi^sont localement
ici,

l)i(\u,
ici

et réellement i)résens

c'est à-(Iire

présens

mais non
50)
;

d'une manière locale,

»

parce que c'est un esprit
esprit,

(p.

»

c'est-à-dire

qu'un corps
et

est

iMi

en d'autres termes,
la

n'est ])as

un coips,

que

ic/,

qui

est
/'/

un mot exprimant
localement,
l'est

localité, et

par conséquent synonyme de
localement.

aussi
la

de pas

ici

Donc, d'après

M. NeVNuian, éloi(jnv est
la

même

chose que rapproc/ir; prcsnit est

la

même chose (iWnhsrni; corps est la même chose ([u'<s/)rii, et ici même chose «pie /'«w</. Ah! combien ou est malheureux (piaiid on
de croire de
()areilles

est obligé

choses

!

<

Comment
me

est-il

présent, con-

'

Spirilus ct'iian el ossa

iiuii

liabel, ^icul

Mik'lis liaberc. Saint Lue.

178
»

DU SYSTtME DES ANGLICANS,
,

tiuue l'auteur

nous ne

le

savons pas; mais qu'il

le soit

,

bien

» ifu'à
»

la dislance Je millions

de milles^

cela n'est pas plus inconla faculté
:
i-

cevable pour nous que ne

l'est

pour un aveugle

de

voir.

•>

Le Concile de Trenic dit, avec
»
'1

sa précision

accoutumée

Si

quehju'un

nie

que

le

corps et

le

sang de Notrc-8eigneur Jésus-Christ, avec

son
soit

âme

et la divinité, et, par

conséquent Jésus-Christ tout entier

>)

contenu véritablement, réellement et substantiellement au sala très sainte Eucharistie... qu'il soit

>i

crementde

anathème

'.

L'article 31 enseigne
»
»>

que

"

l'oblation

du Christ
,

faite

une

fois est la

seule satisfaction pour le péché. Ainsi
l'on disait

les sacrifices
le

des Messes, où

communément que
,
,

le prêti'e offrait

Christ pour les

"

vivans et pour les morts

afin d'obtenir la rémission

de

la

peine et

»
»

de

la

faute

étaient des fables blasphématoires et de pernicieuses
»

impostures.

Les

articles

furent adoptés en janvier 1562, et en
la

septembre de

la

même
la

rnnée se tenait
le

xxir
3'
:

session
Si

du

concile de
dit

Trente, dans laquelle fut porté
»

canon

"

quelqu'un

que

le sacrifice

de

Messe... ne doit point être offert pour les vivans
les

»
»

et

pour

les

morts, pour

péchés,

les peines

,

les satisfactions et
=

pour, toutes les autres'nécessités, qu'il soit anathème

? »

Comme
la

aussi le
» »

canon h'

:

«

Si

quelqu'un

dit

que par

le sacrifice

de

Messe

on commet un blasphème contre
Christ

le très saint

sacrifice
,

de Jésussoit

consommé en
'.

la

croix

,

ou qu'on y déroge

qu'il

ana-

*

thème
,

»

Si l'on

compare attentivement ces paroles avec
les

l'article

cité

on pourra soupçonner que

pères

du

concile de. Trente
:

avaient cet article sous les yeux en portant leur condamnation

le car-

dinal Pallavicin ne spécifie point les écrits d'où furent extraites les

erreurs condamnées par
'

le concile.

Il

sera

donc malaisé à M.

Newman
wrè,
Scss.

Si quis negayerit in sanctissirna; Eucharistia> sacraincnlo contineri

rcahtcr et subslantialiler corpus et sanguinem unà

cum anima
,

et divinilate
sit,

Doniini noslri .Tesu Chrisli, ac proinde totum Christum

anathema

xm,
*

can.

1.

Si quis dixerit Missa-

sacriQcium.... pro vivis et defunctis, pro peccalis,
aliis

pœnis, satisfactionibus et
Sess. XXII, can. 3.
'

nccessilatibus offerri

non debere, anathema

sit

Si quis dixerit

biasphemiam

irrogari sanclissimo Christi sacriDcio in cruce
illi

peracto per Missa; sacriflcium, aut

per hoc derogari, anathema

sil.

Can.

4.

APPELÉS PUSÉYSTES.
de nous persuader, en se servant du pluriel
gulier,
,

179
,

messes
la

au

lieu

du

sin-

messe, que

l'article

ne condamne pas

messe, mais l'imindépendantes du

piélé de certaines messes privées regardées
sacrifice

comme

de

la

croix (erreur

que personne

n'enseignait), et les perni-

cieuses impostures par lesquelles on faisait de cette croyance l'instiu-

ment d'un

lucre avilissant. L'article

,

au contraire
,

,

ne distingue pas

entre messes privées et messes publiques
lucre avilissant.

et

ne parle nullement du

Le 22"
»

article anglican dit
,

que

« la

doctrine romaine (ou des romale

nistcs) sur le purgatoire

les indulgences,

culte et l'adoration

»

tant des images
est

que des reliques,

et aussi l'invocation des saints,
et
la

»
»

une

sotlise,
,

une chose vainement inventée
mais bien plutôt contraire à
doctrine romaine

nullement fondée*
parole de Dieu.
la
»

sur l'écriture
,

Ici

M.

Nowman prétend
,

qu'on ne condamne pas du tout
;

doctrine

primitive
le

mais
à

la

non pas

la

doctrine de Trente,

décret

fait

Trente sur cette matière n'ayant pas encore été porte, reçue à cette époque et
«

mais
»

celle qu'il appelle la doctrine
,

mallieu-

reusemcnt

ajoute-t-il
»

,

la

doctrine d'aujourd'hui, c'est-à-dire des

»

écoles romaines.

On ne
par
I\I!\I.

se

Ogure pas tout ce qui a été

recueilli

par M. ]Ve\vmn?i cl
d'at-

Pusej-,

Palmer
la

et tant d'aulrcs,

pour être en demeure
:

tribuer aux catholiques

superstition et l'idolâlric

fausses opinions

que

l'Église

romaine n'approuva jamais
sa

et qui quelquefois sont

même
faut
cl

contraires à

doctrine, abus condamnés, par elle, exagéraiions,

pieuses expressions mal entendues, choses
allribucr à la simplicité et à la

peu fondées,

qu'il

bonne

foi

de quelque particulier
et

jamais aux écoles romaines. Ouelqucs partisans

agens de ces mes-

sieurs viennent à celte cilé sainte et s'en relournenl avec des récils
vrais
,

faux ou exagérés, sur les
,

madones

,

les

images,
,

les saints, les
,

reliques

sur des inscriptions
les églises,

,

des solitaires

des sacristains

des

conversations dans
tions
,

des prêtres, des religieux, des prédica-

des expressions dont

ils

ne pénètrent pas

le vrai

sens

,

j)arcc

qu'ils sont étrangers à la doctrine cathoIi(|ue ([u'on

suppose toujours
S.

connue ((uaud on parle aux
avait ces voyageurs
•>

catholi([uos.

Il

semble que
«

Cyprien

en vue,

lorsqu'il

écrivait:

Ils

traversent les

mers

cl.

.

. .

>oul auprès de ce siège de l'ierre, cl de celle église prin-

180
>>

DU SYSTtML
émane

J>LS ANGLIC. \NS.

cipalc d'où

l'unilé saccrdolalo, sans
la foi a

songer qu'ils s'adrcsla

« »

sent à CCS

Romains dont

été louée par

parole

même
'

de

l'apôtre, et auprès desquels le parjure

ne peut a\oir accès

.

»

A llomc.on

est

homme
:

tout

comme

ailleurs;

mais

la foi

dellom»'.

comme
«

celle

de saint Pierre, fondateur de celte
«

église ajiostolicpie,

ne

peut jamais mourir
la foi

car, a dit le Christ
'.
>

,

j'ai

prié |)our toi

,

afin cpic

ne

défaille
la

jamais

Cherchons

pensée de M.

jyewman dans une
«

occasion semblable,

il

s'agit

do duclrinc. Le

35'-

article anglican déclare (lue les

dcu\

livres
•)

des Homélies anglicanes

contiennent une doctrine divine et
»

saine et nécessaire

pour
les

les

tems présens.

Or, M.

Ncwman

retran-

jclrc

de cette doctrine

opinions que

Home
la

papale soit ranlcclirist
tout ce qui est

et qu'il

y ait eu une papesse Jeanne; en
et

un mot,

d'opinion
titres

non de doctrine;
et

il

voudrait que

d'ctrin»' fût tirée des

des Homélies

non do
,

toutes les pensées et de chacune des ces homélies admettant l'autorité des
l'église, l'inspiration

pensées qui y sont consignées
pères
,

celle des six

premiers conciles de
,

des apo-

cryphes (prétendus)
institutions, la

la

nature sacramentelle du mariage et d'autres
,

présence réelle

le

pouvoir d'excommunier

le roi

,

le

jeûne,

la

puissance propitiatoire des bonnes œuvres,
etc.
;

la justification
,

inhérente,

donc

,

d'après M.
la
,

NcMinan lui-même
les

les

opinions
anglican

n'apparliennent nullement à

doctrine. Or,

le 22'" article

condamne

,

non

les

opinions

non

pratiques, mais

la

doctrine et
concile de

h

doctrine romaine, laquelle est identique avec celle
? Il

du
,

Trente. Et quelle est cette doctrine romaine
dit

est vrai

comme

le

M.

Newman que
,

les

décrets

du

concile de Trente sur la matière
faits;

dont

traite l'article, n'étaient pas

encore

mais

la

doctrine ensei-

gnée par ces décrets

n'éiait pas nouvelle, n'avait pas
le

une origine purec'était

ment scholastique, comme
la

prétendent ceux. de cette école;

doctrine de l'église catholique.

audcnl

et

ad Pelri catlicdmm atqiic ad Ecciosiam prircipalcm,

uiidè unitassacerdolalis cxorta est, nec cogitare eus esse R()iiiano>, (jiioruin
tide? aposlolo pra'dicanle laudata est,
cessuiii. Epiil., i.v,
'

ad fjuos perlidia liabcic non

po.'sit

ac-

ad Cornelium.

Rogavi pro

te ui

non

deflciat fldes tua.

Luc, xxii, 32.

.

APPELÉS PLSÉVSXES.
L'n

181

exemple

:

— Lorsque
livres

les

professeurs de ruuivcrsité d'Oxford

eurent extrait des

de

IVickleff

les

propositions

erronées
la

(exemple digne de l'imitation des modernes professeurs de
université)
,

même

le

concile de Constance les
: <'

condamna. Parmi ces propo-

sitions se trouvait la suivante
))

C'est tuio chose folle de croire aux
»

indulgences du pape et des évêques'.

De même, dans
,

la bulle

de

Léon

\

contre Luther
lit

,

fulminée en 1520
:

parmi

les

piopositions

condanuiées, on
»
»

celle-ci

«

Les personnes qui ont

foi

aux indul-

gences, sont dans l'erreur en croyant qu'elles sont salutaires et
utiles

pour
la

les fruits

de

l'esprit'.
,

»

La contradictoire
la

étant enseiet

gnée dans

bulle d'un pape
la

c'est

donc

doctrine romaine,
anglican
:

par

conséquent

doctrine condamnée par
la

l'article

or, c'est

précisément aussi
session
» »

doctrine

du

concile de Trente, qui dit, dans sa

25

:

«

Le

saint concile frappe

d'anathème

ceux

qui enseil'église

gnent que ses indulgences sont iimtiles, ou qui nient que
ait la
yx.

puissance de les accorder
,

'.

»

Kewmati
pas grand

on voidant que

les articles

anglicans condamnoiit,

non
ne

la

doctrine de l'église catholique, mais les opinions scholastiques,

fait

honneur

à cos articles
:

;

car los opinions scholastiques

sont souvent contradictoires
a

d'où

il

résulterait

que

l'église

anglicane

condamné des propositions
,

contradictoires, dont l'une doit nécesla vérité.

sairement être vraie

et

dès lors qu'elle a condamné

Cela

n'est pas surprenant, lorque le

avoue que
»

«

les

révérend >L JJ'akclc}-, pusévste aussi, réformaleuis anglais n'étaient pas versés dans les
leiu-

grandes controverses de

éiKxpie. » Quelle raison n'a
«

donc pas

M. fl'ard, pusévste, d'avouer que
»

l'église

anglicane man((iie à un
et dii ec-

de ses principaux devoirs, qui

est

de proclamer clairement

»

temcnt

la

vérité calhoIi(iu(\
dit

»

L'article

Zl

que

«

l'évéquc de

Rome

n'a point

de juridiction en

'

latuiini est crcdero indiil^'Cnliis Papa' cl opivcoporuii).

'

Seducuntiir crcdenlcs indulgenlias cssc solulorcs

et

ad

iViiotus fpiritù'^

utiles.
'

Prop.

ÎO.
eo<;

Sacrosanrta synodus

nnallicinatc

damnai

i|ui

iiidijignntia;;

ait inu-

tiles esse

doccnl vol cas coinedcndi
•l\.

m

crc/esin poleylalcm c^sc nrgant. Scss

XXV, posi cap.

lir

sfettlE.

luMk

JX.

^" 51. IS'l^.

12

182
»

DL'

SVSTËME DES ANGIICANS,
»

ce royaume d'Angleterre.

Pourlccoup, M.
:

Newman
«

avoue fran-

chcnieiil
»

que

faire cette déclaration, c'est dire

Je ne suis pas Cale prin-

tholi(iue lloniain, et

que
»

c'est la

même

chose que professer

»

cipe de l'Anglicanisme.

Le docteur Puscy, comme ceux de son
primauté d'honneur, mais non d'auto-

école, admet, dans le pape, la
rité.

D'où

il

résulte clairement
la

que

les articles

anglicans ne se peuvent
,

nullement accorder avec

doctrine Callioliciue

comme

le

prétend

M. Newmait', mais que les Anglicans doivent nécessairement renoncer
aux 39
maîtres
articles
'.

ou

à la vérité catholique:

c

nul ne peut servir deux

»

m. De
£ufiu,
tre la foi
il

l'avenir probable

du Puséysme.

est lamentable

de voir les préventions que nourrissent con-

de

Rome

quelques-uns des professeurs distingués dont nous

avons parlé. Écoutez M.
» »

Newman,

par exemple
:

:

«

Le système coret

rompu de Rome ne

se peut réformer
'
;

il

ne peut qu'être détruit,

cette destruction serait sa réforme

>>

et

M. Pusey, écrivant à

Jelf,

après avoir gravement calomnié les ecclésiastiques de

Rome
,

,

cite ce

mot

:

«

Rome

vue,

foi

perdue

'.

»

Pour nous, en entendant ces panous nous

roles contre la pierre sur laquelle le Christ a fondé l'Église

contenterons d'exhorter ces ennemis du siège Apostolique à se rappeler le passage où le Sauveur dit aux prêtres Juifs
:

«

La pierre re-

»

Nenio potest duobus dorainis
Zc/^r^; à

servire.

Matth.

vi, 24.

»
^

révèque d'Oxford,

p. 15.
;

Mgr Baggs

écrivait ceci en juillet 1842
:

depuis lors voici
,

une

déclaration
,

iaile par 31.

Newman

Si vous

me demandez

nous

dit

M. Newman

com-

ment un simple

individu peut se permettre non-seidement de penser, mais de

publier de pareilles choses sur une

communion
sont pas
le

si

ancienne,

si

répandue,

et

qui a produit tant de saints, je répondrai par

le

langage que je

me

tenais à

moi-même;

je
;

me
ne

disais
fais

:

«

Ce ne

mes propres

paroles que je fais

entendre
de

je

que suivre

sentiment {consemus) des théologiens

»

mon

Eglise.

Us ont toujours parlé en termes extrêmement violens contre

»

Rome,

sans en excepter

même

les

plus distingués et les plus savans d entre
:

» eux. Je désire adopter leur système

quand

je répète ce qu'ils ont dit eux-

» mêmes, je suis en toute
» chose

stireté.
»

Dans notre

position, embrasser leurs vues est

presque nécessaire,

Du mouvcmoit

religieux en Auglelerre, p. 316.

APPELÉS PLSÉYSTES.
»

«83
la

jeléc par ceux ([ui bâtissaient est
c'est

devenue

pierre fondamentale

:

»
» »

l'œuvre du Seigneur, une merveille à nos yeux
s'y brisera, et celui

Celui qui
elle

tombera sur cette pierre
sera écrasé
'.

sur qui

tombera en

»

Et l'Église Anglicane ne
chaine et universelle?

serait-elle point

menacée d'une ruine prolui-même
,

Ne

serait-il

pas possible d'y voir l'exemple d'une

maison divisée contre elle-même? M.
ver que
»
«

Newman

fait

obser-

si elle

reste divisée on partis irréconciliables

nous verrons

s'effectuer ce qu'a déclaré notre Sauveur,

qu'une semblable maison

»

ne peut tenir \

»

Les divisions inleslines de l'Anglicanisme vont toujours augmentant.
iSous avons vu, après la publication

du tmiié 90, doux grands débats
l'élection

dans l'Université d'Oxford; l'un à l'occasion de

du
ils

profes-

seur de poésie, et bien que les Puséystcs fussent vaincus,
plus de

eurent

600

votes

;

l'autre

,

dans lequel

ils

ont eu une majorité de

115 voix,
censure
le

lorsqu'il s'agissait

dernièrement d'abroger une espèce de
le

faite

par l'Université contre

professeur royal de théologie,

docteur llampden. Leurs doctrines envahissent aussi l'Université
et
;

de Cambrigde,
des adveisaires

dans toute l'Angleterre

elles

ont des défenseurs et

les

évoques protestans eux-mêmes ne sont pas d'ac-

cord

s'ils

doivent approuver ou condamner ces opinions.

Du tems de

Dossuet, ce grand écrivain put justement soutenir que les protestans,
n'ayant

pas

\x\\

fonikment àc

foi,

mais une simple opinion, ne
foi;

pou^ aient faire un acte tliéologi(pie de

aujourd'hui

les angli-

cans avouent que leurs articles sont tellement ambigus que calvinistes et

arméniens, prétendus catholiques

et

souscrire; à quoi

donc

se réduit

leur

foi,

protestans peuvent y source unique, d'après

Lapidcm qucm rcprobavcruul
liipiileni i.siuni

a-dilicanles bio faclus est in
iii

caput anguli.

A Domino
super

fiutuiu est islutl et est mirabilc
ciinriingeluri super
Il

oculis iioslns....

gui cceidorit
de lui-même;

quem

vero cetiticril conlercl cuuj.
iii

Malih. XXI,

1?,

4i. -_

est

vrai

que Jùsus-Chrisi parle
et

mais Ihisloirc ccelcsiasliquc aneienne
raulorilé suprême a éle donnée par

moderne nous
le

ensei-iic (juc tel est

aussi le sort de eeux «lui font la guerre contre
lo

siège apostolique, auquel

divin Ucdempleur.

.

i84
les articles,

DU S\SJfcMt DES ANGL1CA.\S,
de leur juslificalion? Tout ce qu'ils enseignent à cette
«

heure, c'est que,
» »

pour jouir des privilèges confiés
est nécessaire, savoir, la

à

l'Église caiho-

lique,

une chose

croyance du symbole des
»

Apôtres, et cet esprit docile qui n'y introduit pas de nouveautés'.
le siècle

Déjà, dans

passé,
«

un évèque anglican,
anglicane
»

cité

dans

Un

traiié

dt

plus, enseignait que
»

l'Église

comprend
définition

tous ceux qui

croient la divine mission
la

du Christ,
,

très-commode,

suivant

remarcjue de M. de Maistre

puisqu'elle embrassait

même

tous les Mahométans.

A

quel remède

les

Anglicans pourront-ils re?

courir pour faire disparaître tant de dissensions

Celui

j)roposé par

M. flopc^

c'est-à-dire la

modération

et la libre discussion, serait fort

incertain dans ses effets, lors

même

qu'on pourrait pleinement
ce

le ré-

duire en pratique. Le seul
décret de
parti
la

moyen

efficace,

me

semble

,

serait

un

convocation générale du clergé par lequel l'un ou l'autie

serait déclaré hétérodoxe.

Or

la

convocation ne peut se tenir

sans l'autorité

du gouvernement
les

civil; et celui-ci n'aurait

guère envie

de renouveler
verain
,

occasions de cette opposition aux volontés du soula

qui

fit

dissoudre

convocation en 1717. Kt encore, lors
,

même

qu'elle se rassemblerait
la

comment

les

ministres pouriaient-ils

s'accorder dans

formation dos décrets? Et puis, quelle serait, en

matière de foi, l'autorité d'un tribunal provincial, qui se donne lui-

même comme faillible? Combien un
il

pareil décret n'eu retrancheraitsi

pas de

la

communion

extérieure de l'Eglise anglicane, déjà
'? 11

étroi-

tement circonscrite, suivant l'observation de M. Hope

ne se peut

que

l'incertitude de la foi

dans l'Église anglicane, unie au désir des

vérités catholiques, n'en

porte

un grand nembre, avec
catholique.
«

la

grâce de
disait

Dieu, dans
»

le

sem de

l'Eglise

Vous verrez, me

dernièrement un habile ministre anglican anti-puséyste et très-versé
dans
les

»
» » »

questions dont

il

s'agit,

vous verrez que pas un des chefs de

puséystes ne se fera catholique romain, mais une multitude
leurs disciples se convertiront
fleur
;

et

si

vous considérez que
la

c'est la
la

de l'anglicanisme par

la

doctrine, le talent,

conduite et

'

/'/></// (il, p.

f

'

Ouv.rH.,\).

(>}.

^

Ouv,

cil.,

\\. j'.i.

APr'ELÉ.S ?L"SÉÏSTÏ-S,
»

185
»

piété,
a

VOUS comprendrez qu'il s'agit d'une affaire d'importance.
difficultés, dit

Nos

»
>

gantcsqucs dans

Newman, prennent des proportions giun endroit comme celte Université, où se trouvent
M.
dernières conséquences de nos prin-

quantité de personnes d'un esprit exercé, qui, sans aucun mauvais
vouloir, tirent toujours les

»
>)

cipes et nous obligent d'affirmer ou de ni"r ce

que nous ne vouou

')

drions pas considérer ou décider

'.

»

Il

n'est

donc pas surprenant
jésuites

que ces professeurs d'Oxford aient
travestis
,

été appelés papistes

d'autant plus que
et

le

docteur Pusey lui-même prétend que

des prêtres

des Jésuites ont parfois simulé l'xVnglicanisme et se
'.

sont ordonnés anj^Iicans afin de pouvoir ruiner l'Kglise établie

Déjà, par

la

grâce de Dieu, quelques-uns, imbus des principes des
la foi

puséystes, sont parvenus h

catholique

;

quant

à

ceux qui restent

encore plongés dans
pareille confusion,

les

doutes

et

dans l'incertitude, au milieu d'une
:

nous leur dirons
à

«

Élevez, ô frères, élevez vos
catholiques

mains
pii<'r

et vos
le

cœurs

Dieu

;

unissez-vous à nous

pour
la

Père des lumières et de
le

miséricorde qu'il vous domie
état,

grâce de connaître

malheur de votre

de revenir à

la
,

maison de

votre bon Père, à son unique et sainte église catholique
et

apostolique

romaine. Vous y trouverez l'imité de

la foi

,

tontes ces vérités ca-

tholiques auxquelles vous aspirez, ces pieuses pratiques de l'église pri-

mili\e dont vos

cœurs sentent

le

besoin

;

vous trouverez

la

rémission

des péchés,

la

paix delà conscience, cette vraie et réelle présence d'un
le

Dieu incarné, qui formera

centre de vos délices, et tant d'autres
et puissante

moyens pour appliquer
di\in llédempleur.
</iir,

à vos

âmes l'abondante

grâce du

Vous y trouverez

la vcritablc succession npostoîi-

et

dans

le

chef suprême de
le

la sainte

hiérarchie, vous admirerez

non-seulement

nom, mais

aussi l'autorité et les vertus

de Gré-^oireà la

l('-(jrand,apùlre de l'Angleterre.

Venez donc vous réunir
les

commu-

nion

(le

Home,

à cette

Kome

heureuse sur laquelle

deux grands

apùlres l'ierrc et Paul out versé leur doclrine et leur sang. Là, \ous

trouverez
ircs et des

la

communion des
et

martyrs

saints la puissante proteclion des apiV de cette Vierge bénie dont vous commencez déjà
,

Ifthr
fff.,

k rév. d'Oxford, p. 17.

*

p. ?•?«.

186

nu SYSTl-ME DES ANGMCANS, APPËLf-S
:

PUSfiYSTF.S.

à rcconnaîtro la grandeur el la beauté
la

là,

vous ne craindrez plus de
lui dire:

reconnaître pour votre M^re céleste, vous n'hésiterez pins à
,

Mère aimable
cité

priez pour nnusl

Maler amahilis

,

ora pro tiohis!
« à la

expression que vous admettez déjà
>.

comme

légitime.

Venez donc

du Dieu vivant,
,

à la

Jérusalem céleste, au sein de milliers
inscrits

))

d'anges

de l'assemblée des premiers-nés qui sont
le

dans

les

»
))

cieux, vers
sont dans
la

Dieu juge de tons, vers
;

les esprits

des justes qui

gloire

venez à Jésus médiateur du Testament nou-

»

veau

!

'

»

Mpr BAGGS,
rrclcur au collège aafjlais à

Rome.

Traduit de ritalicn par G. M. A....

'

Ad

riyitatcm Dei vivon lis

,

Jérusalem ca-lcstem

cl

mullorum millium anin cmlis,

}ïoloruin frcqucntiam, cl crclesiam

inimitivovum qui consrripti sunt

et

judicem omnium

Dcum

,

et spiritus

justovum perfcctorum,

cl

icsiament

uovi mcdialoreni Icsum.

//c/>r,

mi, 52.

PRONONCIATION DU TÉTRAORAMMATON.

187

DE LA niONONCIATiON DU TÊTRAGRAMMATON
DES HÉBREUX.

SSat^'cicm^

(^HhU

.

A

M. A. Bonnctly membre de l'Académie pontiGcale de
,

la religion catholi-

que, rédacteur des Annales de philosophie chrétienne.

Du

taco des

Grecs,
la clof

Le Tc'tragrammaton prononcé Vehocanous donne

du

'ïaw,

nom que
(]e

les ))aïens

donnaient au Dieu des Juifs.

'law figuré en caractères latins est
et

Inho

,

ainsi

qu'on

le voit

dans jilusieurs manuscrits
cien sur les
Bocliarl

impressions du commentaire très-an-

Psaumes,

insér«'i

dans

les

œuvres de

saint
,

Jérôme,

admet

celte leçon seule dans ce

commentaire

et rejette la

leçon Jc/iova qui ne se trouve

que dans des

éditions plus rappro,

chées de nos lems'. laho,

il

n'y a pas de doute, est une métalhèse

pour Inha [ou Ihoa] que

les

Grecs n'auraient pas prononcé

facile-

ment
(le

'.

qui

me

confirme pleinement dans cette pensée

,

c'est
le

que dans

les

noms propres d'hommes, téiragriimmaiopJwres par
les

commen-

cement,

Grecs

laissent

Ihoa

dar.s son état naturel

,

parce qu'alors

Voir

le

1"

article

au n» 49, ci-dessus, p. 35.
,

'

Ita vetorcs rdilionos

sed novn>pprpornm Irhova.

Clmnnan

,\\h. u,

r.

17,

'

Suspicor
et

niotnlhosin c\ nioIrslA ftirsan nominis pcrcprini prolnlionc nacl

inm,

Im», ordinc rccio, scril)cndum
(i.

pronnntiandum. Fullrri Mistrf.

s,i'

rrn. lih. u, cap.

,

1H8
il

l'iîoVd.Ncj
rliiii
|;ltl^

\

ii<(\

iir

Ti'n; \<.KAM\i vro.N"
Aiii>i
ils

Kiir

l'iicllf (II'

W

prononrt'i'.
,

(lisaient luA'tjy.

\Jo(dh(nn\\Mmv

riicbi-eii

Vulain

UîW,

équivalant à Veho-itun,

OmT,

viil!i>.

Johalam.

Ilésycliiiis

explique ce

nom

par, perfection

(le /(i/to,

'lao '7'ji-Dv/.
lors(iii(' le
,

Ainsi,

nom

vt'nrrable csl seul, les (jrecs le prononeaicnt

luhi)

,

Mc'.w

conlonnément an génie de leur langue. Mais combiné

avec un autre
et

nom
lo/ta

,

ce terme conservait chez eux sa forme naturelle

hébraïque

,

ou Ihoa

,

parce qu'alors

ils

le

prononçaient sans

di/riculté.

C'est ainsi

que dans V
le

Oiii^enitirium
est

L/xicon grœcum no-

mininn ]icl>raicortim\
lato (laho)
,

létragrammaton

donné sous

la

forme
,

et

que dans

les

noms propres qui en
;

sont composés

le

téiragrammaion redevient 'fwà [roha ou Ihnn)
(Joacim),
^lojcxOaa

comme
'Iwi/

'Itoaxsi'y.

(Joalham)

,

'Iwâwr,!;

(Johannes),

(Joach)

vulg. Joli a.

Au

reste,

un passage de
ne

la

Chaîne grecque

,

que

je rapporte plus
;

bas, p. 191

laisse lieu à

aucun doute

à cet égard
'lorà.

car elle nous

apprend que

les juifs

nomment Dieu loha,
les

On

croit

généralement que

Grecs eurent connaissance du

nom

vénéiable Jèlwvn, par Puhagorc qui non-seulement a recueilli dans
ses voyages les leçons de

plusieurs docteurs juifs,
aussi passe

et,

selon quelques

uns du prophète Ézéchicl % mais

pour avoir appartenu

lui-même par son origine
«
')

à la nation juive. Saint

Ambroise ditde
la

lui:

Comme
il

il

descendait, à ce que croient plusieurs, de

nation juive,
"

lui devait aussi le

fond de

la

doctrine qu'il enseignait \
:

Je rapporterai maintenant quelques exemples
1.
fait

Macrobecite un oracle d'Apollon ClariusS dont
:

le

vers suivant

partie

'

Imprimé dans

les feuvres

de saint Jérôme",

t.

m,

p. 651

suiv. |de l'édit.

de Vallarsius.
'

Voyez dans mon Ilarmonie,'^.

oiC.
,

^

Nam cum

ex populo JiuUeorum

ut plerique arbilrantur, geûus duxerit

ex ejus disciplina derivavit ctiam magisterii pnecepta. Saint
Episl. xxviii,
"
t.

Ambr.
dans

lib.

i

vin, p. 399 de Tcd. deJMellier.
fils

Ce surnom du
il

de Lalone a été pris de

la ville

de Claros

,

l'Ionie,

avait

un

oracle.

RF.S

JlfiBRllX.

189

^bci^to tÔv TTavTwv S-XTOv

(-)£Qv £y.y.3v "lâ(.j.
'.

Songe que /«Ao
Cet oracle
qu'il fut
était fort

est le

Dieu siipn'me de toutes choses

»

ancien

,

puisque Conon

'

et

Strabon
,

*

disent

rendu quand

vivait le

fameux devin Mopsus

contemporain

de

Calclias, et par
2.

conséquent du siège de Troie.
cité

Porphyre

,

par les écrivains ecclésiastiques
,

,

rapporte un
,

passage de Sanclioniaton
dit
» »
:

traduit en grec par Philon de Byblos

et

«

L'historien phénicien suivit,

pour ce qui regarde

les

annales

de

la

nation juive, les
JufiO^,

mémoires d'un certain Jérobaal* prêtre du
toù upâo; Oeoô 'law.)

Dieu
3.

(riaoci! 'Iîpoi/.6â/,ou

Les rhibionites, secte bâtarde du Gnosticisme, admettaient 365
ils

puissances célestes, qui étaient autant de dieux. iMais
saient

reconnaisciel.

un Dieu au-dessus de tous
était

les autres,

occupant

le

premier

Son nom
/i.

Jaho

ÇV.v uiv TÔi tcocÔtco oùpavr.j
,

itv-^i-rciv

'law ipyovTx).

Diodore de Sicile

en parlant des législateurs

anciens qui

,

pour concilier une plus grande autorité à leurs codes,
à des divinités
<

les attribuaient
lois

,

dit

:

«

Lt parmi

les juifs

,

Moïse feignait que ses

lui

avaient été dictées par le Dieu appelé laho. Ilapà os toI; 'IouMoij/iv tÔv 'lato £-'.xaXo'jaîvov Wîov... 7:po(r:ror/"'7'acOai Toù; vo-

«

oaîo'.ç

5.

Le passage suivant de Philon prouve que

les

païens instruits
,

connaissaient parfaitement l'épellation
Juifs s'en abstinssent

du

saint

nom

bien que

les

soigneusement par un scrupule religieux.

Philon, après avoir raconté

que l'ambassade dont
,

il

faisait

partie

ayant paru devant Caius Caligula
les Juifs,

l'empereur

s'était

emporté contre
de Dieu,
et

parce qu'ils refusaient de reconnaître sa

([ualiié

qu'ils aimaient
le

mieux adorer une
il

divinité dont
:

ils

ne disaient pai
levant les

nom

(à/.aTovoixai7Tov Cy.Tv),

ajoute

«

En même tems

* '

Macrob. Satum.,

lib.

t,

cap. 18.
ii.
(i.

Voyer

VhnX'wii Bihlinthera L'rirtfi, cod. 18(i,
lib. xiy, p.

»

Geogr.,

Gi2.

*

Jcrobaal
;

est,

comme nom
I,

propre, le

synonyme de Cedeon. Voy. Juges

vi,

32
*

VII,

I.

Tiii, 35.

Dthli. hist.A.

n.

%.

,

190
«

PRONONCIATION DU TÉinAGRAMMATON
le ciel,
,

mains vers
d'entendre

il

prononça

le

nom

qu'il n'est pas

même
'.

permis

»

et

encore moins de rendre littéralement
,

Les écrivains ecclésiastiques grecs

à l'exemple des

païens

,

figu-

raient aussi le Iclragrammalon par 'law, laho.
1.

Eusèbc, dans sa Démonslraùon èvangélique
,

,

explique

le

nom

de Josué par Salul de lAIIO, c'est-à-dire
Jéhoi'a,
2.
('ItoffouÈ
,

le salut

qui vient de
(7t>)Tr'piov.)

ecù law

crw-ripta

,

to'jtïcti

0£oj

Hésychius

ainsi

que nous

l'avons déjà

vu plus haut

,

p.

188

explique Joaiham par perfection de Iaiîo. explique Ozias
et

Le

même

lexicographe

Ozia (en hébreu
Maw).

T\''V^

autant que in^TV) par :/;«jj-

sance de IahO
3.

(O'Cst'aç ^^yy<i

Origène

,

dans son commentaire sur Daniel

,

explique

le

nom

de Jérémie par ï élévation de lAIIO.
fjibi;

('l£po;;.îaç 5py.v;vsiJîTat

[j.s-:so)pi7-

'law».

h.

Théodoret
le

,

en parlant du

nom
la6's

tclragrammatique
',

,

dit

:

«

Les

Samaritains
5.

prononcent lavc^

et les Juifs Iaho'>. »

Saint Irénée cite également lahoth parmi les
ih

noms

divins \
la

Le

ou plutôt

le

,

n'est

qu'une addition pour soutenir

pro-

nonciation

du mot.
lettre
-q-n

C'est ainsi qu'on trouve dans les auteurs grecs le

nom
6.

de

la

hébraïque

écrit

de cette manière

:

heth

rfi

(Photius) et hep

(Evagrius).

Dans
le

les

divers fragmens grecs

Nominum helraicorum
;

,

et

dans

double Origenianum Lexicon ^rccium nominum hchraicoIaho,'lixoi, est expliqué
;

runi''-,

invisible, àôpatoç

seigneur, Kupio;;

Dieu, ©coç.

'

Kal àvatcîvaî rà;
eux

y^sToa; eî; t'ov cùsavôv s^rîsr'a'.cjî -po'apr.o'.v r,v oviis à/'.oûs.v

e£{Ai<TTÔv

^"' ^'£5,u.v;vE'jstv aytoXe^sî.

Philo. Légal,

ad

Caj., p. lOil. A. de

l'éd.
»

de Paris. 16iO.
II,

Tome

p. i5, éd.

des Bcnéd.
le

'

Les Grecs figuraient souvent par leur P

vav

T des

Hébreux

et le v des

Latins: Aagi,î (David), Aeêl (Lévi), 2î€v;po; (Severus, Sévère).

KaXsùdi ^è ajTi SaaapslTai iaSs,

ioj^aTo'. Js

law. In cxoH. q. xy. La leçon
la vraie.

law
5
^'

est celle

adoptée par Bochart. C'est certainement
lib. ii, c. G6.
les

Adv. Hccns,

Imprimés dans

ffuvres de saint Jérôme,

t.

lu de l'édition de Vallarsius.

DES HERBEUX,
7.

191

Tzetzès"

dit

aussi

:

«

laJw

signifie

m

hébreu, invisible»

('KÇpatxôiç TÎo 'lato aopatov

(77ijJ.aiv£i).

La Cha/ne grecque donne
turelle

le

tétragrammalon d'après
«

sa

forme na-

que

j'ai

indiquée plus haut, Ihoa.
et

Chez

les Juifs, dit-elle,

Dieu

est

nommé Idia

Elalta\n

Faute de copiste dans un codex.

Ceci

me

conduit
,

;i

expliquer une faute qui s'est glissée dans une
les

pièce grecque

sur

dix

noms

divins

,

d'un codex de
le

la

bibliothè-

que Colbert. Cette pièce
saint

est insérée

dans
la

tome

m des œuvres
fois
;

de

Jérôme. Elle a été publiée pour

première
,

par Cotelier.

L'auteur donne pour premier

second

nom
,

la,

l'a

(n'');

pour troisième

nom Âdonaï 'A.owv5ï pl^') pour nom /e iciragrammaton
que
les Juifs

qui est ineffable, àvsx'^wvrjov wv (sic),

remplacent

pur Adonaï
kupioç.

et

que nous (c'est-à-dire nous autres Grecs) j-emplao

cons par KURIOS (seigneur);
7]|JI.IV

~ap"Eopa'o'.ç'Ao(ovai

^/.v(i-'x\,

Trapào;

Après avoir

dit

que ce nom

était

gravé sur

la

lame d'or du grand:

prêtre, l'auteur ajoute (si l'on s'en rapporte au copiste)

le

qua-

trième

nom
,

est

lAHO

:

Tsiap'/.

Mais

il

y a

ici

une erreur manifeste.

le

\ous avons vu par tout ce tjui précède que le tctraij^rammaion et laho îaw des Grecs sont la même chose. Il est hors de doute
,

que l'auteur, après avoir parlé du
senté, V\n

/t'<7-rtgrrtm??hj«o?i

,

l'avait

repré,

connue

c'était alors la

coutume, en caractères hébreux

m,"î».

des premiers copistes,

ignorant ces caractères, peut-être déjà

mal conformés, a

pris la lettre

,

n,

«

gauche, pour un tau grec
lo

,

1, ayant un cpsilnn, £,
vni>
,
•;

inscrit

dans

corps
1.

:

£"!=/£.
la

La

lettre
lettre

,

devint pour lui un tau grec simple,
la

De

deuxième
,

br

,

vers
la

droite,

il

fit

un alpha grec avec un rho grec

«p. Knfin,
lui a

de

lettre
le

,rod ,

»,

il fit

encore un (au grec. L'ensemble
il

donc
la

donné

mot grec retapr, au(|uol

n'y avait i>lus ((uà ajouter

'

Clitl.

\n;llisl.
y.xi
r,).à

lJ(i.

i(.)à -^ip

-aj'

ilppaî'^i; ô fitb; ovîu.x!^!?».!.

Sur saint Jfnn. vors

la

lin

ihi rl.np

vin.

192
lerniinaison

PRONONCIATION
ov,

I)f

Tf.TP.\<;f..UIM\TO\
,

pour

faite TÎ-rapTv/

quatrième. Et c'est conformé-

ment

à celte singulière métainorplioso
(le

que

l'interprète latin a traduit

quariiim lao

quatrième

est lao).

On

sait

que

les chrétiens

grecs et

les juifs hellénistes

,

qui s'ahstrle

naiont ordinaircuionl de figurer en leurs caractères nationaux
inellable", y substituaient leur

nom

terme Kûpio;, seigneur,

et

peignaient

en marge

les

caractères hébreux

jod,

hé,

var, hc

,

rnn'- Ainsi en
,

usaient particulièrement les Septante pour

leur version
,

et

Origènc
ressemlire

pour ses Uexuples. Les Grecs du
blance de ce mot avec
partout où
ils

comnmu

trompés

i)ar la

fil

ni, pipi, de leur langue, finirent par
le

pipi

rencontraient

tétragrammaton en caractères hébreux.

C'est ce qu'on voit clairement dans notre //•r7n;m6Vi/ d'Kvagrius, Cette

pièce, qui

traite

spécialement
-<.-{.

du

7'e/rrti;T':i/n'«afo«, est intitulée
le

:

Du
»

(nom) Pipi. Kîç to

Voulant citer

verset 36
:

de VErode, l'auteur de cachet, la
:
<•

le

rapporte en ces termes

"

du cliap. xx\ tu Gravure façon

sain'.clè

au Seigneur

,

Fipi*.

n

Et quelques lignes

plus bas
»

hep, ouaii, /h>/>', PIPI,

Ee Tétragrammaton Dieu

s'écrit
*.

par ces quatre lettres, idli,
évident que les quatre
let-

»

Il est

tres

hébraïques
le

rod

,

lii;,

vàv,

lié,

ne sauraient former en aucune
écrit

manière

terme

pipi. L'auteur a

donc

primitivement

mi'

qui

a été transcrit par les copistes, nifll.

Saint Jérôme, dans sa lettre xxv, écrivit à Marcella

,

en l'entreteest le
Il

nant des dix noms hébreux de Dieu
))

:

«

Le neuvième nom

Télragrammon
par ces
trouvaient ce
ïl]Yl\, pipi,

(sic),
.

qui passait parmi les Juifs pour inejfahlc.
iod, hè, vai>
,

» s'écrit
» »

lettres

hè. Quelques-uns, lorsqu'ils

nom

écrit ainsi ("in')
la

dans des

livres grecs, lisaient
'.

trompés par

similitude des caractères

»

'

Voyez, dans

mon Harmonie,
les lettres

les

pages 309, 36G, 367, du tome

1"'.

^
'

t.A-'j~M^j.% aspa^'i'^;;,

i-^-'.-xrnj.y.

K'jpîw, Ilini.
190.

Voyez, pour

additionnelles, à la fin de ees mots, plus haut, p
-roî; n-ixî'.v.;, t(ô9,

*

TaTpa-f3â[x|j,aTCv tcOtci; -^îa'jiu.svcv

Ô-,Ojxj, Ir~,

Tlini,

é

©!9;.

Nonuin

TSTîâ-jîa;j.;j.ov

quod

àvsy.cpùvr-ov, id est ineffabile,

putaverunt; quod

hisliiteris scribilur iod, he, vav, hc.

Quod quidam non
in

inlelligentes i>ropter

elementonim similitudinem , 'quum

grspcis Ubris repererint,

nini légère

^ ,

DES HÉnRELX.
Conjecture sur
Il

193

le

mot Pipi.

n'est

guère probable que

les

Grecs, qui certes ne manquaient

ni

de

tact, ni

de pénétration

,

aient adopté dès les premiers siècles de
le

notre ère, pour le
Pilii,

nom

réputé

plus saint de Dieu, un
était

mot comme

qui paraît n'avoir aucune significalion, et

regardé cflecti-

Tcineut par de grands savansdc l'Orient
ainsi

comme un mot

vide de sens,

que nous verrous tout que

k l'heure

dans une citation de Bar- Hé-

breu.
Voici l'explication
iAJonsieur, et qui

je
la

soumets à votre excellent jugement
plus satisfaisante.
la

me

paraît

Vous connaissez
copte et
la

les

rapports qui se sont établis entre
celle-ci était entrée

langue

langue grecque, depuis que

en Kgyptc

avec
la

la

dynastie macédonienne des Lagides, et princij)nk'ment depuis

conversion de l'Jlgypte au Clirislianisme. Les nouveaux chrétiens
les lettres

de ce pays ne tardèrent pas à adopter pour leur écriture
grecques, parce
qu'il leur

répugnait d'employer
n'étaient

les

caractères liié-

r(»gl\|)hiques, dont plusieurs

autie chose que les figures

d'idoles égyptiennes". Ils ajoutèrent seulement à l'alphabet grec des

caractères destinés h expi imer les sons

que

les

Grecs n'avaient point.

Jrls sont

le

scnci

^,
,

qui répond au schin
;

'C

hébreu;

le

hhei %2>

qui répond au hhùt

n hébreu

le

hori

^,

(pii

répond au hè

n

.

lȎ-

brcu

;

le

djniulja ^
,

qui répond au djim
est

^

arabe.
le.

Kn
donc

copte, 111
le /', ([ui

/n',

l'article

défini

masculin
lui

Pi/>i signifie
le

vaut autant (pie lui lui.

grec aussi,

même

ar-

ticle, ô, le, (le\ienl

un pronom persomiel

relatif.

Or,

les

Orientaux,

aussi bien
la

que

les Juifs,

par suite de leur profonde vénération pour

Divinité, se servent fiécjueuunent
;

du pronom
probable

lui

,

Nï~,

»j6, poiu*

désigner l'Kternel

il

est

donc

très

(pic

pipi est non un

mot grec, mais un mol copte
blé
i.l
I,

(jui

désignait Dieu par l'article redou-

lAJ.
Saint .leroiuc rciil /ftKi^nm.won au lieu de Iftiuirninifiaai dil h

<

onsucvciunf.

-

Ion. \ oy. ce
'

que j

»t sujrl dans

mon
rr>/>/f

Ifanuotiir, p. 'MV\ note/».

Voyez

la

pvt'tarp

de

la

(tnimnutirr

de

lilluslre orirntHlidr, le thf-

\A\\rr IVvioii de

Turin.

,

.'iM

PRONONCIATION DU TÉTRAGRAMMATON
Diverses variantes de taw.

1.
îotoù
,

Au
',

lieu
«

de iaw

,

iV//io

,

on trouve dans Clément d'Alexandrie
se

iaho'û.
»

laliou, dit-il

,

traduit

par

celui

qui est

cl

qui

sera

iî et ou

permutlent fréquemment en grec.
est la

On

pourrait dire aussi
à la lin
p.
/i3.

que lahu

forme que prend

le

Tétragrammalon ajouté

des noms propres, ainsi que nous l'avous vu au 1" article,

Au

reste, les manuscrits des

Stromntes varient sur ce nom,

et font

penser qu'il a pu être nne faute de copiste.
2.

Eusèbe

,

en rapportant

le

passage de Porphyre dont

j'ai

parlé

plus haut, transcrit leaho,
3.

'Isuto,

leçon qui approche do Vcho^a.
ineffable

Une

autre variante du
'latoïa

nom

que je trouve dans Origène,
la

c'est

lahoia,

\ Elle a encore plus que

précédente de

la

simi-

litude avec le
U.

Yehova.
ahïn
,

Quant

à

àïà

,

qu'on

lit

dans Théodoret et dans Photius

je le

regarde avec Bochari et Drusius connue une véritable faute de

copiste.

Comment

les

Syriens prononcent
le

le

Tétragrammalon.

Les Syriens prononcent
Voici

létragrammatou yahjah.
,

un passage de Grégoire Bar-Hébreu

qui n'est pas sans in-

térêt

:

«Et Dieu dit à Moïse,
» est, et qui
» les

Jhyah
est.

aschar Hija

';

cela signifie, celui
P//^»/,

qui

véritablement
,

Les Grecs l'appellent

parce que

Septante-deux
,

pénétrés de vénération pour l'excellence de ce
le

» »

nom

l'ont écrit

dans
,

grec

(

de leur texte

)

avec ses propres ca-

ractères en hébreu

de cette manière, Ilini. Et

comme lejod
,

a

» la »
»

môme

figure en hébreu et en grec, et
,

que

le

hc hébreu ressemfait

ble au pi des Grecs

ce

mot

,

si

on

le lit

de droite à gauche
,

yahjah
'

;

mais

si

,

à la

manière des Grecs

on

le lit

de gauche à

taoù

t

(xs6a;ay,vJÛ£Tai

i cov

xal

& èoc'aEvc;.

Stromates,

1.

v, c. 6. p.

503 de

réd. de Paris, 1659.
' En hébreu "'H.^ IwX n\"iN. Le nom iTnt< est identique avec tragrammaton lui-même. Voy, mon Harmonie, t, i, p. 320.

le

Tc-

DES HÉBREUX.
»

195
'.
)>

droite,

il

forme

le

mot

pipi,

terme qui n'a aucune signification
J

Le même, dans son Trésor des mystères,
les
((

)) f

5«oJ

parle dans

termes suivans de

la

lame d'or du grand prêtre :^
la sainielc

Et graves-y en gravure de cachet,
le
»

au Seigneur.
,

')

C'est-à-dire,
est

nom du
s'y

Seigneur en cette

manière Ilini

ce qui

»

yahyah '.

Mais qu'on ne
chose que

trompe pas

,

ce

j-ahjah des Syriens

n'est autre

VAdonni des

Juifs; c'est-à-dire
ils

un nom

qu'ils substituent

au Tétragrammaton. Mais
véritable

ne

le

considèrent pas

comme
le

le

nom

lui-môme.

Toutefois saint Jérôme semble prendre ce

jahjah pour
,

Tétra-

grammaton même. Car dans
mase r',
il

sa

leitre

xvill

au sahit pape Da-

dit

:

«

Le Seigneur du

texte latin représente le

nom

hé-

^^^^ «CH^

^^Vud ^^^^^ ^^! a« M-o^oj^^l
Ji-'^A,^

J^|;^Wco
f

^CH^
ri)ri)

'ho^

otla::>9

^ o^or^f ^^^lo ^^v^jl
)j^-»;^'*fcw

.JL±.acH )Lajq-as i^wa'^iA.j

ILôLJls

A.U»^^9
•o^^om«*-^J

loto .JLajq.^0 JL;.:^V3 9cu mO«)«.a*9
-^I

^Ofâo

-*)

JL;.^

J^^^^^^

^

.JL^Jû^f ^o»

^^^ J^.-^^ ^o

.w»»oJ^M*)9

o& w );^&^
^^^^
j^^jc^^

smso ]i:>OLeo J^jjs
Manusrril du Vatican, n" clxxi,
fol.

V^

JI.'îûa,

-O.

AJVifiL::^ JIa.iq.jd Jlioj^»-w»f

Jla^^i^wdib^

^a^^^

'

OMOM
Mcmc

^0»oJ^!l
fol, 3i,

ll)ll|
verso.

JLûOaO^ jjOO JLw»

tOA. Ô»

luanuscrit,

196

rnO.\O.N(ilATlÔ.N
lettres

DU TÉTRAGnAMMATON.
,

»breu en ces quatre
»
»

iod

hé, iod, hc; c'est-à-dire
le

composé

de deu\
de Dieu

fois la sjllabc in,
'.
>>

qui forment

nom
saint

glorieux et iueiïahle

Mais

il

faut considérer
,

que

Jérôme
il

écrivit cette

lettre

de Conslanliiiople

quand, jeune encore,
Il

suivait les leçons
la

de

saint Grégoire

dcNazianzo.
Il

s'occupait alors plus de

langue

grecque (jue de l'hébreu.
t;ette

avait

encore

fait si le

pou de

i)rogrés

dans

dernière langue
fois

,

qu'il croyait
,

que

Tétragramnialon se com,

pose de deux
Juifs.

jod

hc. Ainsi l'écrivent les Syriens
il

mais non

les

Or,

à Constantinople

devait rencontrer plus de Syriens

que

de

Juifs. Aussi,

qnand

il

était i)lus

solidement instruit dans
le

la

langue

sainte, répétait-il

invariablomonl que

nom

ineffable s'écrit ^orf,
sa lettre

hé, vui', hc.

Nous en avons vu un exemple dans

à Marcella

que

je viens de citer, et qui n'était postérieure

que de peu d'années
sujet.

à celle qu'il avait écrite à

Damase sur

le

même

Mais

les

Syriens

eux-mêmes d'où
la

tenaient-ils ce

jayah?

J'ai tou-

jours pense qu'on doit lui assigner pour origine l'usage adopté très

anciennement par

synagogue de figurer

le

Tétragramnialon
''''

,

dans

l'écriture ordinaire, par

deux yod souscrits d'un kamclz
}vi/(.

,

ce qui

donne précisément deux

C'est ainsi
le

que

le

désignaient effocti-

vcment

les

anciens

,

en l'appelant

double

yaii.

Nous venons de

le

voir aussi dans

la lettre

de saint Jérôme au pape Damase,
Le chcv. DRACII,

bibliothécaire honoraire de la

Propagande de Rome.

I)own:us quoque ipse

liic

(jualuor Jitlerarum est,

quod propric

in

Dec

poiiilur,

iod hc,

ioil lie,

id est,

duobus

,

quœ

duplicata ineffabile illud et

gloriosuin

Deinomen

cfliciunt- Epiil. wiii, n. 7

ad Dainasum.

DE LA DOCTRINE ET DES
»

LlYftES

DES CHIiNOlS.

197

^-V-V-V-» '>.'«% -%.-».

DE LA DOCTBINE ET DES LIVRES DES CHINOIS,

Le Mémoire que nous publions
l'acquisition

ici

a été trouvé dans
31.

une vente

,

parmi de vieux papiers destinés à être brûlés.
lit
,

PautliiLT, qui

en

découvrit facilement qu'il devait appartenir à un de

ces savans missionnaires qui avaient
la

une connaissance profonde de
nous en parla
et

langue et des livres des chinois;

il

nous
il

lui

de-

mandâmes de nous permettre de le on lontiers. En lisant ce mémoire
,

publier; ce à quoi
voit

accéda vo-

que l'auteur

était

de l'école
les livres

des pères de Prémare, Cibot
chinois conservaient

et

Bouvet, qui croyaient qnc

un grand nombre de
,

traditions primitives. Ils
ai)pli-

ont pu pousser trop loin ce système
cations,

se

tromper sur quelques

mais quoiqu'en disent que!(iues autres sinologues, ces idées
;

sont vraies. Les livres chinois datent des tems voisins du déluge

ils

nous parlent d'hommes qui sont desccndans presque immédiats de

Noé

et

de ses

fils.

Or,

comme

ces patriarches connaissaient et prati-

(piaient toutes les croyances qui .sont

dans notre Bible,

ils

ont dû les
choses se

traiismetlre à leurs dcscendans

;

il

est impossible

que

les

soient passées autrement, cl c'est ce qui fait

que nous recueilloui

avec tant de soin tous ces précieux restes.
(^)uant à la valeur intrinsèque
a

de ce mcinoirc, nous croyons qu'il y

bien des rapprochemcns forcés, bien des textes

accommodés
a négligé

à l'idée

principale;
les

un autre inconvénient,
passages d'où
;

c'est

que l'auteur
citations
;

de citer

livres et les

il

tire ses

aucun caractère
;

chinois n'est joint à son travail
toules les

nous y en avons ajouté quel pies-ims notes sont aussi de nous; mais il nous était impossible de
de tous
les textes.

citer l'origine

Sous ce rapport, ce

travail est loin

d'avoir
111'

l'autorité

de celui du P. de Préinaïc que nous avons comIX.

SÉiUL.

TOME

51. 18^4.

13

49.8

DE
à publier et

LA.

DOCTRINE
bientôt.

mencé
vions

que nous continuerons
ne
fallait

Mais
,

tel qu'il

est

nous avons crn
le

qu'il

pas

le laisser

perdre

et

que nous de-

consigner dans nos y/««rt/c.?.
à l'auteur,
il

Quant

ne nous a pas fté possible de

le

découvrir.

Le

manuscrit porte

à la fin

un grand A; sur
au
P.

cela

nous aurions soupçonné

qu'il pouvait appartenir

Amiot, mais quelques mots que nous
l'original était

notons à
ce n'est

la p.
ici

209,

n, 3,

proment que

en

italien et

que
que

qu'iino traduction. Quoi qu'il en soit, nous pensons
le liront

nos lecteurs

avec intérêt, smtout
,

les
le

passages qui concer-

nent l'usage des hiéroglyphes anciens
tirer

et

secours qu'on peut en

pour

l'explicaliou des fables mythologiques.

A. B.

Livres sacrés chinois.—

Ce

qu'ils disent

du Seigneur suprême;

— du

Saint;

il

sera glorieux et souffrant.
cré.
le

Doctrine contenue dans YY, leur
et

1»^ livre sa-

— Trois états pour monde, d'innocence, de chute de réhabilitation. — Source de ces traditions. — Identité de Fo-hy de l'Anubis, ou 3Iercure patriarche Enoch. — SupérioIrismégistc égyptien — Ce 3Iercure serait
et
le

rité

de l'écriture hiéroglyphique qui a rapport à l'objet désigné, sur

l'écri-

ture alphabétique qui n'y a
les

aucun rapport.

— Les hiéroglyphes renfermaient
la

dogmes

révélés.

Preuves.

Les fables proviennent de

traduction
le vrai

des hicroglyphes en écriture alphabétique
sens.

Les nations en perdirent

— Les

Chinois applhiuent à leur empire ce qui est Thistoire du monde.
les

Ils

ont converti en fables

anciennes vérités.
fort extraordinaires
elle
la

On

trouve à

la

Chine des monuraens
»

,

na-

tien les

nomme Kings t fn
,

et

par ce mot
faits

entend des livres

d'une doctrine immuable
quels
il

des ouvrages

par des saints, et aux-

n'est pas
les

permis de rien ôter, de rien ajouter, ni d'y rien
Chinois ont-ils pour ces livres une vénération exles saintes

changer; aussi

trême, et mi esprit égal à celui que nous avons pour
Écritures.
Voici les

Tekun-tsiou
le litre

noms des principaux de ces Kings, le, Chu, Chi, Lj , Fo '. Les deux derniers sont perdus; le Lj- était
, ;

des rites OU des cérémonies

on

lui a substitué

une compila-

*

Notfs conservons pour Tes

noms

chinois l'orthographe de l'auteur; c'est

celle dit* française.

I

ET DES UVRES DES CHINOIS.
t;ou

499

de divers
les

traités, faite
la

vers

le

commencement de Vèr.^ chrétienne;

mais

savans chinois

regardent

comme un amas

défectueux nul-

lement digue de porter

le

nom
il

de Kings; aussi l'appelle-t-on seule-

ment Lj-ki, comme qui
le livre

dirait

coinmeninue sur
Jie

les r.tes;

Wo

était

de

la

musique, dont

reste

qu'un fragment de peu de
là les

lignes

,

qui est pourtant précieux. Ce sont
il

Kings de

la secte

philosophique, auxquels
king, et
le

faut joindre le

Tuo-[c-king,\c Nan-hoa-

Li-sau-king

,

qui sont d'une très-grande antiquité, quoi-

que postérieurs aux

autres.
il

A
faits

tous ces

Kings

faut ajouter

beaucoup de discours

et

de
;

traités

par des philosophes qui llorissaienL avant l'Inciirnation

mais

il
:

n'est pas aisé

de fixer l'époque de ces ouvrages, tant

ils

sont anciens

enfin

il

s'est

conservé quelques lambeaux de traditions dans

les écri-

vains et les interprètes postérieurs qui ont mis au jour depuis

2,000

ans une multitude innombrable de commentaires sur les

monumens

antiques des Kings

'.

Voilà en général ce dont est

composée
est

la littérature chinoise, tout se

rapporte aux Kings
est considéré

;

mais ce qui

venu depuis 2,000 ans

et plus,

comme moderne,
de
la

d'où l'on peut conjecturer combien

l'origine

des Kin^s est éloignée de nous, puisqu'ils passaient déjà
livres

pour des

première antiquité cinq ou

six (siècles ')

avant

Jésus-Christ.

Les

Mngi

,

pris en

eux-mêmes
encore

,

et tron(|ués, contieiuient

le

quoiqu'aujourd'hui assez altérés système d'une doctrine admirable

et

sublime dont voici quelques

traits.

Le Chang-ti, ou

le
:

souverain empereur, s'appelle souvent dans ces
« le ciel

monumens
»
><

antiques

suprême

,

l'auguste ciel

,

le ciel splri-

tucl

ou

intelligent, le seigneur, le créateur, Je
l'appelle aussi

dominateur do l'uni,

vers.

Ou
;

Tao, c'est-à-dire raison, règle

loi

code

»
»

éternel

l'en

,

Tchi-iching,

c'est-à-dire 7tcrhe ou parole; Tching-iche vérité • la .souveraine vérité; ils disent de cette raison
iraduclion de V
)' ol

»

NdU'ï nvons

la

du

r/,i/

en

inliii. cl
le

çais;

M. Julien vient de traduire aussi en français
dans un autre
article.
ici

du C/iou en franTno-lc-hin'* \niic

|)arler(ins
'

I>p

manuscrit porte

précisé l'Age de ces livres.

des points, l'auteur n'nvanl pas encore, ' sans dout

200
*
»
»
>>

\)E

LA DOCTRINE

qu'elle est ineffable, qu'elle existait avant le

monde
nature

,

qu'elle créa
est son

l'univers, qu'elle le tira

du néant, que

la

même

ouvrage,

qu'elle

n'ignore

rien, qu'elle est le soleil des esprits,
la

mais que leur intelligence ne peut

comprendre, qu'elle
le

est le
ti

» princijie et la fin des créatures.

En

d'autres endroits,

Clum^

» est la
»

grande vérité, l'unité

essentielle,

l'unité existante

par

elle-même, de laquelle sort tout ce qui
cette multitude innombrable d'objets
' .

existe, qui

de son sein
le ciel et

» tire
))

visibles

dans

sur

la terre

»
Chaup-ti, ou souverain empereur, on trouve dans ces
très

Outre
livres

le

un personnage

singulier qui est

comme

le

ministre du

Chang-t'r, Ci'S Vivres
dire

l'appellent

ordinairement C/ii«-^'m», c'est-à,

homme
Ils

saint,

ou

le

Saint par excellence; Ta-^in

le

grand

homme.
le

disent

que

c'est à cet

homme
les

extraordinaire

que nous

devons nous attacher pour entendre
but
et
le

Kings, parce

qu'il est l'objet,

centre de toutes les merveilles qui y sont voilées.

Nous

commencerons par rapporter ici une partie des éloges sublimes que les mêmes Kings et les écrivains de tous les âges font de ce Saint.
a
»

1° Il existait avant le ciel et la terre

;

il

est l'auteur, le

créateur
,

et la cause

du

ciel et

de

la

terre

;

c'est lui qui les

conserve
la fin.

il

a

une

»
»

connaissance parfaite du
si

commencement
si
,

et a

de

Quoique
de pas-

grand

et

d'une majesté
à la nôtre

haute,

il

néanmoins une nature
,

»
»

humaine semblable
sions et

mais exempte d'ignorance

du péché
il

;

ces avantages sont

même une

prérogative de sa
ces rai-

» » »
>y

naiirsance;

les possédait

avant qu'il vînt au

monde; pour
,

sons

il

est appelé Tchi-i^in

ou l'homme-suprême
là,

placé au plus
a

haut degré de l'humanité. 3° De sonne
le

le

genre humain

danssaper,

modèle
lui

le

plus accompli des plus éminentes vertus

et

il

»

n'v a que

qui

soit

digne de sacrifier au souverain empereur et
U° Il est intimement
, ,

»
»

au maître du monde.
avec
la

indivisiblement uni
le ciel, et

raison

suprême

avec

la

souveraine vérité et avec

'

Voir tout ce que nous avons dit en citant
l.

les

caractères el les textes, sur

le

Chovf-t'j,
'

XV, p. 1(9.

Sur tous

les

noms du

Saint, voir textes et caractères dans notre tome xix,

p. 20.

ET DES LIVRES DES CHINOIS.
»
»
»
))

201
ou l'iiomme
céleste.

pour cela

il

est appelé Tien-gin

,

le

ciel-liomiiic

3° C'est lui qui doit rétablir l'ordre et la paix diins l'univers en

réconciliant le ciel avec la

terre,

il

sera attendu
:

comme

l'auteur

d'une

loi sainte

qui fera

le

bonheur du monde
;

celle loi remplira

»

tout et soumettra tout de i'un à l'autre pôle

tout ce qui pense,
éclaire
lui sera

»
1)

tout ce qui respire,
obéissant. »

et tout

ce

que

le

soleil

Ce
que

n'est pas

seulement

la

gloire, la majesté

,

l'empire de ce Saint

l'on voit

marqués dans

ces anciens livres

,

on y trouve quelques
:

iraits
»

qui ne peuvent regarder que l'idée d'un Messie souffrant
le

« Il

paraîtra, disent ces livres, dans

monde, lorsque

le

monde
la

sera

»
»
55

enveloppé des plus épaisses ténèbres de l'ignorance et de
tition
il
,

supers-

lorsque la vertu sera oubliée et que les vices domineront;

sera

parmi

les
le

hommes
,

et

ils

ne

le

connaîtront pas

;

si le

Saint

55

ne meurt pas,

grand voleur ne cessera pas; frappez
et mettez le voleur

le

Saint,
les

» »
»

déchirez-le en pièces

en liberté

;

rompez

balances, brisez les fouets, tout sera dans l'ordre, et

la

tranquiUité

publique sera

rétablie;
le

relui

qui se chargera des
le

ordures du
le

»

monde, deviendra

seigneur et
il

maître des sacrifices;

Saint

» M »

ne sera point malade, mais

prendra nos n)aladiessur
les

lui afin

de

nous en guérir; celui qui portera
le

malheurs du monde sera

maître de l'univers.

»
le

Knfin, c'est ce 5rtm<qui est

point de réunion, c'est à lui en tant
il

que ministre du C/umg-ti
connue son

,

dont

exécute

les desseins,

que

se rap-

portent les Kings; ces ouvrages mystérieux sont, à parler en général,
histoire hiéroglyphique, et ce

que nous venons d'en dire

n'est (pi'un petit échantillon.

Knire Ics/iings dont les
le

noms ont

été rapportés plus haut,
les

l'

J'c tient

premier rang

:

ils

en sont sortis comme

ruisseaux coulent de leurs

sources, disent les savans chinois.
les

VI'c

est

caractères eujployés pour exprimer ce

un tableau de la nature, car mot signifient cli(int;er:
,

or, la base et l'objet

du VYc

est

un double
le

état

du monde

:

le

premier
se-

de ces états s'appelle Ciel antérieur;

second Ciel pustéricur. Le

cond surcéda au iMcniier parle plus terrible changement qui
mais arrivé dans l'univers.
cet état heureux.

soit ja-

Voici ce qu'on trouve dans ce livre

sur

202
»>

DE LA DOCTRINE
Alors
le ciel cl la

terre avaient chacnn la place qui leur conveciel
,

« » » » »
»

nait, la terre

soumise au
et

le ciel

protégeant

la
îi

terre

,

il

y avait

une continuelle
s'écoulait

douce correspondance de l'un

l'autre.

L'année

sans cette inégalité de saisons que l'on éprouve aujour-

d'hui

;

leur ordre n'était point troublé; elles formaient
il

comme un
ton-

éternel printems;

n'y avait point do pluies violentes ni de

nerres, ni de vents impétueux; les deux élémcns qui composent les

»

choses matérielles étaient d'une parfaite concorde

,

toutes les parties
;

»

de l'univers conservaient entre

elles

un concert

inaltérable

le soleil

» et la lune sans ténèbres et sans tache brillaient d'une pure et écla» »
>i

tante lumière

;

les

cinq planètes suivaient leur cours sans écarts.

L'homme

habitant un
à

monde
la

si

réglé et

si
:

magnifique, ne voyait rien
uni au dedans à
;

qui ne contribuât
il

conienler ses désirs

la

souvc-

» raine raison,
»

exerçait

justice au dehors

n'ayant rien de faux dans
,

le

cœur,

il

y goûtait une joie toujours pure et tranquille
;

ses actions

»
» » »

étaient simples, sa conduite sans artifice

le ciel l'aidait à

augmenter
lui

ses vertus, et la terre, produisant d'elle-même avec

abondance,

procurait une vie délicieuse
la

;

les êtres

vivans n'avaient pas à craindre

mort,

et les créatures

ne

se nuisaient pas

mutuellement. Lesani;

n

maux

et les

hommes
un

étaient dans
ils

une espèce d'amitié

l'homme ne

»
»

pensait point à leur nuire, et

n'avaient point la volonté de lui faire
»

du mal;

il

habitait

lieu délicieux; c'était le séjour des immortels',

Voici ce qu'il disent
»

du Ciel postérieur
ciel était tranquille,
,

:

o

La nature de l'homme

telle qu'il la

reçut du

en paix, sans guerre inteset
le
;

»

tine

;

un objet

l'excita

de
la

là le

mouvement
mal parurent
,

trouhle
il

;

ce qui

»
» » »

est la

concupiscence de

nature, l'objet agissant
;

y eut unecouaver-

naissaiice très claire, le bien et le

les désirs et les

sions étaient sans règle au dedans

la

connaissance grandit au de,

hors

,

on ne
,

réfléchissait plus sur

soi-même

la
;

raison

du

Ciel fut

»
» »
>)

éteinte

et la

concupiscence domina partout
les faussetés, les

les

crimes sortirent
les révoltes,
,

de cette funeste source,
les

mensonges,

impuretés,
le

les violences, puis les
la

maladies incurables
;

et

en un

mot

désordre général de
bonheur
et

nature

l'àme

était

une puissance
et

Sur

cet état de
les

d'innocence primitives, puis de chute

de

malheur, voir

textes cités et indi(]ués

dans notre

t.

xvi, pp.

12o, 296 et

ET DES LIVRES DES CHINOIS.
»
»

SOIÎ
travailler h lui

lumineuse

,

elle fut

obscurcie

;

on doit aujourd'hui
les

rendre sa lumière. C'est en détruisant
propre qu'on aperçoit
»

faux désirs et l'amour

»

la

raison céleste.
le

Il

est dit ailleurs

qu'un esprit superbe se révolta contre
;

Ti,

» »
»

ou

le

Seigneur, voulant se faire Ti lui-même

qu'il entraîna

dans
d'où

sa révolte

neuf troupes d'intelligences dont
ciel

il

était le
ciel

chef; que les
,

colonnes du
s'en suivit

en furent ébranlées
le

,

que

le

s'inclina
,

» »
»

un changement dans
le

cours du

soleil

de

la

lune et
la terre

des astres; que

désastre s'étendit jusqu'à l'homme,
ses

que

en

fut

émue jusque dans
une

fondemens,
'.

qu'elle s'écroula, ce qui

»
^;^

produisit
»

terrible inondation
livres

Ces

mêmes
,

parlent d'un troisième état
la

du monde qui

est

» » » n
»

un rétablissement de
primitive
qu'il
vaille

nature dans

le

bonheur de

sa condition

mais rétablissement qui s'exécute avec lenteur, parce
fait

ne se

pas sans combats.
il

Le

Saint par excellence tra-

à ce grand ouvrage;
,

répare insensiblement les ruines

du

monde
toire
;

il

renverse
elle

,

il

détruit

peu
,

à
le

peu ce qui s'oppose

à sa vic-

»

quand

sera complète
,

inonde se trouvera dans une

»
»

situation fixe et

immuable

les
»

biens seront séparés des

maux enle

lièrement et pour toujours.

De
}'e

naissent trois

difTérentes

manières de prononcer
,

mot

^j

,

ouvert, et

comme F simple avec un c muet comme Je avec un é fermé,
le

comme rè
et
le

avec un è

lesquelles désignent le

monde
tabli.
f.c

avant

changement

,

le

monde changé

monde

ré-

]"'

livre

Vc-fcitif^

contient les différens

changemens
3'

arrivés

dans l'univers;

h

2" livre

Ch u-ki nt;
la fin

couùi'ni plusieurs

prétlictions
livre
,

sur ce qui doit arriver jusqu'à
Clii-kiiifr,

du monde;

le

ou

le

contient les désirs de

la

nature gémissante et du gonre

Iiuninin

soupirant après son libérateur; dans ces sacrés canli(|uesi
les sacrifices, le

dont on se servait pendant

cœur

se porte et s'élana*

de toute sa force vers cet unique objet de nos vœux.

Dans

le

Tclmn

-

is:<>ti

on trouve
le

les

fastes

prophétiques
s'est

du

royaume où devait naître
*

Saim. Dans V ï'v-king qui
t.

perdu,

Voir sur rc chef des rebelles notre

lyi. p. 354.

204

hr.

r,A

hoctiu.ne
couceil que
lo

(lait cxpriiiirc la (t)iilr-j)iiissaiile liaiiiiouiii cl ri'icniol

Sai/it (lev;»il rélablir enire lo

cid et

la

terre; c'est l'idée j)arliculière

qu'on doit

se

former de chaque I^ing considéré séparément.

Les européens seront sans doute surpris de voir cet assemblage de traditions mer\eillcuses dans ces anciens niomimons chinois; leur
clarté et leur détail suffiront
pcrficiels;
ils

pour

les faire

rejeter par les esprits su^
ait

se

récrieront sur l'imposture; on niera qu'il y

de

semblables livres, ou l'on

doutera de leur antiquité;

l'ignorance
efforts

combattra longtems, et l'incrédulité prêtera tous ses
l'appuyer
;

pour

mais en s'appliquant à l'étude de

la

langue chinoise et de

ses antiquités,

on reconnaîtra enfin
le fait

la

'

érité

de tout ce qu'on avance.

En

attendant qu'on prouve

par des traditions authentiques et

vérifiées, j'espère

que

les lecteurs équitables

ne feront pas un crime

à celui qui rapporte ces paradoxes, et qu'on lui saura quelque gré

d'avoir

,

par de i)énibles

et

longues études

,

acquis les connaissances
la

nécessaires pour révéler à l'Kurope ces traditions surprenantes de

plus nombreuse, de

la

plus florissante

,

et

de

la

plus ancienne nation

du monde.

Examinons cependant quelle
idées dans une nation
si

a

pu

être la source

de ces grandes

éloignée et parmi un peuple qui depuis tant

de

siècles

n'a point eu de

communication avec notre hémisphère

;

pour

cet effet, écoutons d'abord ce
livres.

que

les

Chinois disent de l'origine

de ces
Ils
lait

nous assurent que l'auteur de ces

monumens
est

antiques s'api)e-

Fou
ou

\\

hi ^ fl

;

la syllabe

Fou

composée de deux caracchien
il

tères

symboles, dont
les

l'un

yC

signifie

et

l'autre

\

homme; comme
quer que
le

chinois lisent de droite à gauche,

est à

remar,

caractère qui est à la tète

du symbole

signifie
:

chien

et

le caractère

qui

fait le

corps du symbole signifie
la

homme

or,

comme
,

tous les caractères de

langue chinoise sont des hiéroglyphes

ce

symbole répond parfaitement 'aVAnubis des Égyptiens, dans
duquel une
te'ie

la figure
,

de chien

était

entée sur

un corps d'homme
',

et

ap-

pelé pour cette raison

Winuhis c^mocéphale

et peut-être pourrait-

'

«

Les Egyptiens représentent avec une tète de chien
I.

le

Dieu

qu'ils appel-

»

lent Jnitôis.n Diodore,

i, c.

87.

.

ET DES LIVRES DES CHINOIS,
on
(lire

205

que V.4auhis des égyptiens

n'est

qu'une copie du Fou-là

chinois. Les philosophes chinois se

moquent de ceux qui s'imaginetète

raient qu'il y ait jamais eu

d'homme avec une

de chien
si

:

le

peuple grossier, disent-ils, peut seul se former une
idée.
la

extravagante
le

Ce

caractère, selon eux, est tout symbolique;

comme
à

chien a
avait

sagacité et la fidéUté en partage, lorsqu'on a feint

que Fon-hi

n\nt tète

de chien, on a voulu désigner son attachement
Seigneur ou C/iang-ti
,

son maître

qui est

le

et sa sagacité

ou

sa sagesse à péné-

trer dans Içs merveilles de la nature.

La seconde syllabe

lu

ij|% du

nom Fuu-hi

est

un composé des
les

symboles qui représentent Virrimolaiian des victimes, et
assurent que Fou-lii fut
hi al
le

Chinois
Si

premier instituteur dos

sacrifices.

Fon-

 nu bis
les

sont les

mêmes
le

personnages, Annhis étant reconnu

par tous

savans pour

plus ancien

drait dire

que Fon-hi

et le

premier /fermes sont

Hennés ou Mercure, il faule même. Hennal'interprète des dieux;
le
le

nnhis ou Hermès anuhis fut regardé
les

comme

philosophes chinois prétendent que
la

Ciel ou

souverain

empour

pereur s'expliqua par
faire

bouche de Fon-hi,

et se servit

de
fut

lui

connaître ses volontés. Cet
,

Hermès ou

ce

Mercure

nommé

Trismègiste

ce qui s'accorde merveilleusement avec l'épithète de
les

Taihno, que
-l
{'/and,
tère est
(

Chinois donnent à Fon-hi et qui signifie trois fois
grand, et

/^

lai, très

3^^
|^|

^

hao, grand; ce dernier caracu\i

comjwsé des caractères
fut ap|H'lé ainsi

parler, et /\^ ciel
roi,
,

dUu). Ce

Mercure

parce qu'il fut grand

grand pontife et

grand prophète; Fou-hi eut ce surnom glorieux
parce qu'il commandait à un grand empire
prêtre instituleiu" des sacrifices, et
les
([u'il
,

selon les Chinois,
fut
le

qu'il

souverain
ses écrils

avait

renfermé dans

destinées de l'unixers.
,

Mercure
de tous

i/ismcgisie passa pour

inven-

teur de toutes les sciences

les arts et

surtout des hiérogly,

phes

;

les

Chinois en di.sent autant de leur Fon-hi
les

et

nous verrons

plus bas

que

symboles trouvés par Mercure
les

,

et qui se voient sur

'

Voir l'analyse de tous
t.

caraclèrcs qui cntrcnl dans le

nom

de Fon-lii
est J/>cl

dans notre
cl

wi,

p. 135.

On

y souliont aver probabilité que Fon-hi

non Enoch.

,

2t)6
les obélisques égyptiens
,

HE LA DOCTRINE
ne semblent pas différens des caractères de
les Cbinois.
le
,

Fou-hi qui se sont conservés cbez

Quelques savans prétendent que
différent

Mercure irismé^isle

n'est pas

du

saint patriarcbe
:

Enoch

et les annales cliinoises

semblent

favoriser cette conjecture

1° le tems

d'Enoch
les

et le

tems de Fou-

hi s'accordent; car on peut

démontrer par
la

Chinois que Fou-hi a

vécu avant
estle 7*
;

le

déluge; 2" dans

suite des

premiers patriarches, Enoch
la

or on trouve dans les

vieilles
,

chroniques de
le

nation chinoise
lui, et

une
le 7*

suite de personnages célèbres

dont

chef n'a rien avant

après ce chef est Fou-hi; 3°
il

Enoch

passa sur la terre 365 ans,

après lesquels

fut enlevé

:

or, selon la chronique,
dit
'

Fou-hi

fut ravi
les

au

ciel

après 365 ans; h°

Ammien MarcelUn
//er;/i't'5

que selon

an-

nales égyptiennes, le premier

grava 36,000 caractères sur des

pierres, dans des cavernes souterraines, parce qu'il savait

que

le

dé-

luge devait arriver et qu'il voulait faire passer à
ciens rites
,

la postérité les la

an-

les

cérémonies

et les

mystères de

religion

:

or les

caractères chinois, inventés par Fow-/i/, sont environ 36,000.

Toutes ces ressemblances font conjecturer que
nois,

le

Fou-hi des Chi-

ou
le

le

Hermès

des Égyptiens, était quelque patriarche qui vivait

avant

déluge, et qui porta des

noms

différens, selon les différentes

nations; on l'appelait

Mercure chez
Taaut chez
les

les

Romains

,

Grecs, Jdaris, Adris et Edris chez les Arabes, Ourlai ou

Hermès chez les Domairai
Thoyt chez
les

chez

les

Ghaldéens,

les

Phéniciens,

Égyptiens, Toutatès chez
ces différens
fut le maître

Gaidois; toutes ces nations parlent sous

noms d'un
eu
soit,
il

législateur

d'une très-grande antiquité

(jui

de l'ancien monde

et l'auteur

de toute

la Ultérature.

Quoi

qu'il

est certain

que

les

hiéroglyphes ou
la

les

carac-

tères symboliques étaient la

première ou
trompe

plus ancienne manière

'

Nous croyons que
ici
:

l'auteur se

ici;

au moins nous n'avons pu troutexte qui se rapporte à
et flexuosi recessus

ver ce passage dans
ce qui est dit

«

Ammien

.Marceilin. Voici le seul

Sunt syringes subterranei quidam

quoSjUt fertur, periti rituum vetustorum adventarediluvium pra-sciijmetuenlesque ne cerimoniarum oblileraretur memoria^ penilùs operosis digestos
lodinis per loca diversa struxerunt
:

»
1

ctexcisisparietibus,

volacrum ferarum"
39.»

»
»

que gênera multa scuipsevunt

,

et

ania.alium species innumeras multas,
c.

quas hieroglyphicas Hueras appellàrunt, Latinis ignorabiles.X. xsn,

,

ET DES LIVRES DES CHINOIS.
d'écrire avant l'invention des
lettres.

207

Les caractères alphabétiques

sont seulement des signes arbitraires pour exprimer des sons arbitraires,

qui n'ont qu'un rapport arbitraire à nos idées; dans cette ma,

nière d'écrire
le

tout est l'eiîet de convention et de choix

;

mais dans

langage hiéroglyphique, chaque caractère est un tableau raccourci
les

qui rf présente

choses au naturel;

il

y a

un rapport entre
leva
les

les
;

signes et la chose signifiée
c'est
')

comme

entre
«

un

portrait et son original

pour cela que
le ciel
,

les
il

Chinois disent

que Fou-hi
terre
;

yeux

vers

puis

les abaissa

sur

la

qu'il

fixa ses

regards
vit les
;

» » »

sur tous les

êtres-, qu'il

eu pénétra

les propriétés, et qu'il

en

rapports secrets avec les attributs et les desseins de leur auteur
qu'il

exprima
qu'il

les

uns par

les autres

,

et

que ce sont ces divers rap',

»

pork

renferma et voila sous ces hiéroglyphes

»

Plusieurs auteurs anciens confirment ce sentiment

;

Manétlion

dans une

lettre qu'il écrivit à

Pli'Uadclphc et qui a éié conservée par
»
:

EiLiébe, apiXîUe ces hiéroglyphes des signes sacrés

Philon

,

Jm-

mien Marcclliji

,

Corneille
'

Tacite, Liicain^

y-Z/^î/Zee k's
*

appellent de

de même. Origène

et saint
la

Cléinenl iV Alexandrie

disent

que ces
,

caractères renfermaient

théologie mystique des Égyptiens

parce
les

que, sous des énigmes et dessunbolcs, ces caractères dénotaient

dogmes

et

les

mystères de

la

plus profonde tliéologic

:

les

prêtres les
'

plus savans en étaient dépositaires.

Sanchonialon chez Euȏhe
le ciel et les

as-

sure ((ue Tnnut avait exprimé par ces lettres

visages des

des dieux; parmi ces écrivains célèbres, plusieurs disent que ces
Icllres hiéroglyphiques étaient des
(le

figures

d'hommes

,

d'animaux

et

diveiscs parties de
i\('^

la

nature

,

qu'on rcgaidait connue des emla

blèmes ou

images des attributs de

di\inité et des (jualités des

'

Pajsnj-'o oxirait i\o l'Y-kinp:,

t.

ii,

p. .^98, édit. latine. T.ctoxtpct

la tracl.

Cranç. ont cle
la

duniics par 11. l'aulliier, p. 4, de .son l-^ssai
tirs

sur
et

Vovi-jinf et
vL'in>tictine.

formation snirtairr
i8i-.\

irrilnrrs

/i-'iiratircs cJiuoiic

Paris,
'

Voir sur ces signes sacrés

et

Ioi»r

inventeur

le

passage

([ui se

trouve dans

le

Syncelle, ('hruno^ntiphie, p. 10.
'

Contre Cclse,
Stromali
s,
I.

I.

m,
i.

c.

<î.

Dnnonst.

e'ran;.'.

de

.Alij^no

,

l.

i,

p.

HO.'

* '

v, e.
\.

1.

Prep, cvan.'.,

rli.

D. p. 3! el

I.

ii,

rii.

1,

p. iC.

20S

UI-.

I.A

DOCTRINE
l'iaicnt

esprits; l'iiirisible cl l'iminatéricl
\isibk'S et cor|)orcllcs.

lepréseniés par des choses

Ces signes sacrés

et

ces hiéroglyphes furent gravés sur des co;

lonnes de pierre et de métaux

c'est

pourquoi on
de ki

les appelait

hiéro-

glyphes ou saintes gravures
caractères cliinois signifie
la

,

et le

nom

^^

qu'on donne aux

même

chose.

On
'.

en voit plusieurs de
et sur les obélisques

ces liiéroglypiies sur la fameuse Table

hiaque

égyptiens conserves jusque
étaient originairement
les a
les

aujourd'hui

Les caractères chinois
quelc^ues siècles on

mêmes, mais depuis
les lettres

abrégés pour
le

la

plus grande facilité en écrivant.

Quand
duisit

second Hermès inventa
sacrés

de l'alphabet
cette

,

on tra-

ces signes

en style
,

vulgaire; mais

traduction
a point

ne pouvait être que très-imparfaile
de lieu
,

une traduction exacte n'y

on ne pouvait y réussir que par des circonlocutions et des paraphrases ; c'est ainsi que leà sens primitifs et mystérieux échappèrent
souvent aux traducteurs
,

ils

leur substituaient des sens vulgaires pro-

fanes, déguisés par l'imagination

ou par l'ignorance.
;

J'en donnerai quelques exemples tirés des hiéroglyphes chinois

le

mot Kieou

Jx

(figuré en antique

f±\
le

')

qui signifie une

montagne

est désigné par

un symbole qui représente une
soleil,

terre élevée f|ui s'é-

tend en plaine toujours éclairée par

sur laquelle on voit

deux personnes dans un jardin
des habits
,

délicieux.

Le mot

Y

^yC qui

signifie

est

exprimé par un symbole qui représente un sergent

qui couvre deux personnes d'un voile. Le

mot Ho.m S^j

(figuré

en antique
fourberie,

d
est

|

)

qui dans l'usage vulgaire signifie tromperie ou par un fruit à
la

représenté

bouche

de quelqu'un
signifie bar-

présenté par une couleuvre. Le

mot Jchuen

t|)J qui

que

,

est

exprimé par un symbole qui représente huit personnes dans
le
t. i,

'Voir dans
VII, Yiii et IX,

des

Mémoires concerrant
:

les Chinois, les î)lan. vi,

ayant pour

titre

Caiaclèrcs

c'iino'S et hieioL'lyphes è'pjpltens
(

qui se resseinhUnl,
tiquité des Chinois.

et fesant partie

du mémoire du P. Ko
le

P. Cibot

)

sur l'an-

— Voir en outre

curieux travail de M. Paulhier, Essai

sur
et

l'ori'jiue tl
.

la foimalion similaiie

des ccritu> es Jiguralives cJiino:se

égyptienne
'

Chez Didot. 1853.
ce sont celles qui

Nous ne donnons que deux formes antiques, parce que

ET DES LIVRES DES CHINOIS.

209
signifie
rer/j/;

un

esquif; enfin
le

Te \^^
le

,

dans i'nsagc

vulgaire,

mais

symbole qui

désigne est composé de quatre caractères qui
,

signifient la
sait

Croix

,

VOEU, une Bègle
la

et le
la

Cœur, comme
faut

si

on di-

que

la

vraie vertu a toujours

mort ou
';

crucifixion des passions

devant

les
la

yeux

comme
était

la règle

du cœur

il

remarquer que
les

le

signe de

Croix

un

très ancien
,

symbole parmi

Égyptiens
'

%

qu'on

le

trouve sur les obélisques

les

camées

,

les

gravures

et les

médailles antiques.

Ces cinq exemples suffisent pour donner une idée générale des caractères chinois
téral
,

;

les liabitans
,

du pays n'entendent plus que
le

le

sens

lit-

superficiel

et

nullement

sens original

,

profond

et primitif

de ces symboles.
C'est de celte traduction des hiéroglyphes en style vulgaire et lettres

alphabétiques que sont venues toutes les fables des payens. Les égyptiens appliquèrent ce qui fut dit des grandes révolutions

de l'univers,

du plan admirable de
aux
petits

la

Providence

et

des différons étals du

monde

é\ènemcns imaginaires qu'ils croyaient

être arrivés dans leur

pays. Les

buts,

devinrent les

noms mystérieux de la divinité, du libérateur et de ses attrinoms d'une multitude de héros qui avaient fait
;

des exploits chimériques
logies

de

son venues toutes lesdiiïérentes
*;

in\ tho-

de l'occident

et

du nord

elles

passèrent successivement des

pnilcnt

le

plus aux ypux; nous les prcnonr dans le /.ou-t/iou-fonf ou intelles

ligence dessii Sortes de cararlrrcs (pie nous possédons. Sur

éiTilures anli>?1.

qnes
'

et leur âge, voir IM. Pautliicr,

dans l'ouvrage

rite ci-dessus, p.
la

Voir une analyse philosophique de ce caractère dans
p.

traduction du
priiici|)0

Ta-hio,

lOi de

M.

l'aulhicr,

qui croit y Irouver l'expres'ion du

iiiiinalériei
'

dans riioniinc chez

les (Ihinois.
,

Voir

la

disscrlation sur la Croi.i:

insérée dans notre

tome

m,

p. |')1,

;5«

série et celle de .M. de Poravey, sur le Ta-tsin

ou pays dr

la Croix, lonie xii,

p. 9.M, 250.
'

Ici le

traducteur a hésité sur
le

le

mot Camrcs

,

i\\\"\\

avait écril
il

Cimrs en
dans

mettant en marge
son texte
le

mol

italien

Cnmei; et quant aux gravures,
la

a laissé

mol intn.lios,

ce qui semble prouver que

disserta lion a éié

écrite priniitivemcnl en italien.
*

Nous croyons

cela très exact, d'autant plu-; (|ue
les

Ion trouve

chez, le» C.iii-

nois,Ies Cyclopes,
et tous les peuples

niirmidoiis

,

les

Harpies,

les

Amazones,

les

Centaures

mythologiques des Grecs.

210

DE LA DOCTRINE
,

Egyptiens aux Grecs, des Grecs aux Romains dos Romains aux Gaulois et

aux Bretons; chaque nation déguisa

et

dégrada ces débris d€
son génie ei ses
la

l'ancienne tradition

selon son goût et sa fantaisre,

passions dominantes. Les Chinois firent à peu près

même

chose

;

les

anciens raonumens et
nes, les métaux ou
les

les

caractères sacrés copiés d'après les colon-

pierres sur lesquelles les premiers

hommes

les

avaient gravés furent portés dans celte partie orientale de l'Asie qu'on
appelle la

Chine

,

par quelque colonie qui s'y établit peu de tems

après

le

déluge. Les anciennes traditions el le sens primitif des
,

sym-

boles ayant été perdus par les guerres

les révolutions et les
les

change-

mens auxquels
rent que ces

la

nature humaine est sujette,
n'étaient

Chinois s'imaginè,

monumens

que

les

annales de leur nation

et

appliquèrent ainsi ce qui regarde l'univers en général et les grands
dessins de la

Providence

,

à leur patrie el au petit

coin de

la terre

qu'ils habitent; c'est ainsi

que
que

les diflérens

noms

du Saint devinrent

dilTérens

Empereurs de

la

Chine, el on en composa une suite de dycelle des

nasties aussi chimériques

Egyptiens: pour donner nnc

idée de cette illusion,

il

faut parcourir les différens

noms du Saint
la

contenus dans

les

monumens
que
sa

chinois.

Ileou-icie Qsl le premier héros dont on chante

merveilleuse

naissance

;

on

dit

mère Kiang-yuen

le conçut sans

commerce

d'homme; lésons propre du mot Ileoa /p tcie \'^ signifie h prince des semences qui préside aux grains et aux végétaux, et qui donne
,

ta fécondité
dition,
est le

à toute la nature

:

les interprèles,

suivant l'ancienne tra-

donnent un époux à Kian^-juen ([n'ûs nomment Tico, qui

même que le
nommé
le livre

Clmng-ii ou
les

le

souverain seigneur".
hé-

Il est fait

mention dans

mêmes monumens d'un personnage
fait le
,

roïque
pire;

Yno, que

les

Chinois ont

fondateur de leur

Em-

Cku-king, en parlant
le

dTao

dit

que son empire emsoumis, son empire

brasse tout ce qui est sous

ciel

,

tous les pays qui sont entre les
lui sont

quatre mers, tous

les

peuples

du monde

Voir

les
il

cHations de tous

les textes

concernant //fîJ?i-/ji dans notre

t.

xix.

p. 43,


t.

ai.

y a aussi l'analyse et l'explication des caractères de Kian-^-yuai, de Taravey pense au contraire que Ueoii-tsi est 6cm l'agriculteur ;

XS\, p. 123;

,,

ET DES LIVRES DES CHINOIS.
est appelé l'empire
lui vivait

211

du milieu

et le jardin

du

milieu.

On

dit

que sous
fils

un
,

homme nommé Quen

(Rouen) qui
:

fut le

premier

de

Chang-ti ou du souverain seigneur cet
perdit sa race; alors arriva

homme par sa désobéissance
les

un déluge universel,
;

eaux s'élevèrent
à

jusqu'à

la

cime des plus hautes montagnes
il

rao ordonna
:

Quen de
lui ôta la

les faire écouler,

ne put
,

en venir à bout
et le

le

Chung-ii

qualité de son premier-né

condamna

à mourir.

Le

fils

du coumit au

pable se
cet

nommait

}'u,

il

prit la place
,

de son père, et délivra l'univers;
;

Vu, suivant

les traditions

naquit par miracle
'.

sa

mère

le

monde

après avoir avalé une perle divine

Les Cliu-kin^, et Chi-kin.'^ parlent encore d'un troisième per-

sonnage ÏFen-wang,
ce héros
il

comme
dit

qui dirait Roi de la sagesse

:

on appelle

le

Ciel

même, on
les

que

soit qu'il

descende

,

soit qu'il

monte
furent

est toujours

aux côtés de Chang-ti.

C'est ainsi

que tous

noms

,

attributs et actions
à des

du Saint

,

attribués à des

empereurs imaginaires ou

héros chimériques par

les mythologistes et les historiens fabuleux de la Chine*.

Ce qui

arriva

en occident arriva de
qu'on trouve dans
,

même

en orient

;

les

Chinois attribuèrent tout ce
,

les

monumcns antiques à leur propre nation
les écrivains, les
,

ils

s'ap-

proprièrent tout et peu à peu on convertit les vérités les plus sublimes

en fables monstrueuses. Mais en négligeant

commen-

tateurs, les historiens et les fabulistes postérieurs

en remontant à ces
,

anciens

monumens eux-mêmes qu'on

appelle

Aings

on trouve des

merveilleuses vérités au milieu des ténèbres qui les enveloppent

on

voit

échapper de tems en lems des rayons de lumière qui pour-

ront servira faire taire l'incrédulité, à développer les mythologics an-

ciennes

,

et à
,

nous montrer
la

la

véritable origine des diiïérenles fausses
la

religions

fondées sur

corruption do

seule véritable.

A.

'

Voir sur tout cela
:

les l"^

chap. du Chon-h'ng^ cl
ricins

la disserlalion

de M. do

l'aravoy
t.

Les palr:archfs
1

an'-i

à .\or refrouvrs
IdenUtc dn

m

Chine

,

dans notre
et

XVI, p.
t.

l.j,

et surtout l'arlicle intitule

deltti'e

d'Yao

de

la

Bible,
'

XV, p. 38U.

II

faut noter

pourtant

que

la

plupart de

nos

patriarches de

la

Bi-

ble sont des ligures, des types
réels, ni

du Mesjic
il

à venir et sont

cependant desèlrcs

mythologiques

ni

Tabuleuii

en pourrait cire de

des Chinois.

*

mémo

de ccui

212

THÈObICÉE CHHÉTIENNE

|JI)ilo&iipl]ic

Catl]aUquf.

TIIÉODICÉE CHRÉTIENNE,
Ou
comparaison de
la

notion chicliennc de Dieu avec

la

notion rationaliste

Tau m.

i.'acei:

MARET

'.

Théodicée de Platon.
matière preniicrc.
rislotc.
il

— Les — Erreurs
les

trois facteurs

de rcxistence

:

les

iJ?cs, Dicn,

la

et lacunes

de son système.
la

— Théoditce d'Amonde,
Christianisme

— Ses
que
la

conséquences: Dieu n'est pas
cause finale; négation de
la

cause cITicicnte du

n'est

Providence.

— Le

seul a

pu combler

lacunes de ces théories.

ves de l'existence de Dieu sous son influence.

— Dévelopjiciiient des preu— Saint Augustin. — Analyse
celle
trois

de son argumentation.
selme.

Démonstration du Monologium.

— Elle est supérieure à de Platon. — Saint .An— Descartes. — Ses preu—
Caractère de
la

ves de rcxistence de Dieu.
Perfections de Dieu.

démonstration cartésienne.
le

— On ne

doit pas le confondre avec

monde.

Quelle est

la

théodicée de rlaton et d'Aristotc? La solution de celte
la fois la

questiou nous révélera tout à

puissance et

la faiblesse

de

la

pensée antique loisqu'elle a voulu s'élever vers Dieu. Laissons parler
les faits.

Platon

,

comme on

le sait

,

admet

trois facteurs

de l'existence

:

les

idées, Dieu, et la matière première.

Voici, autant qu'on peut la dégager des obscurités dont on s'est

plu h l'envelopper, sa théorie sur les idées.

Il les

regarde

comme

des

'

A

Paris, chez Méquignon-Junior. Prix
le

:

7 fr.

50 c'

»

Voir

1"

article, au^cjbier précédent, p. 121.

.

PAR
espèces tjpes
,

M. L'ABHÉ

MAHtT.
'.

"213
cl

des formes intelligibles
,

Modèles

principes des

choses passagères

qui leur doivent leur essence et leur
et

nom%

elles

forment une hiérarchie vaste

immuable. Au degré inférieur se

trouve l'idée des genres et des espèces; au
d'elle^ plane l'idée
autres dérivent
*.

suprême de
ici

l'unité et

sommet du bien

,

par-delà l'idée
,

d'où toutes
;

les

Mais

se présente

une question importante

ces

cspcces-tjj)es ont-elles
elles les

une existence indépendante? ou bien, sont,

pensées

mêmes de Dieu

des modes de son intelligence
et
la

?

Grand nombre de commentateurs anciens
ton cette dernière oi)inion
;

modernes prêtent

à Pla-

mais nous ne

trouvons dans aucun de

SCS ouvrages aulhentiques, et Aristote, qui rapporte souvent les doc-

trines nonéciites

du maître

,

n'en parle pas; loin de
ciïet
,

:

il

lui attri-

bue l'opinion contraire K En
disciple
lité

si

nous consultons

les écrits

du

de Socrale

,

nous voyons
;

qu'il reconnaît
elles existent

aux idées une réaelles

individuelle et indépendante

en

mêmes,
le

elles
il

n'ont point été, elles ne seront point, elles sont, et, hors de Dieu,
n'y a point d'autres
le

êtres réels;
"
:

il

leur

donne
,

même
lieu

dans

Timée
à la
fait

nom

de dieur étemels

en
les

un mot

au

de rattacher
il

substance du Dieu suprême

idées, ces espèces types,
l'objet

en

des

êtres distincts de lui «[ui sont
Ici

seulement
de

de sa contemplation".

nonsanivons
Il

à la théologie

l'iatoii.

pose, connue
Il

un
,

fait

incontestable, l'existence d'un JJieu organik' livre

sateur.

montre

dans

des Lois
,

,

que

si

le

monde
le

n'est pas

son ouvrage mais
(lue

le |)roduit

du hasard

les lois et la

morale ne sont
,

de pures inventions humaines, et, par conséciuent
voir Platon
liv.
i,

droit, le

Li'fî/,,

i^Ectt,

,

lU/i., x. p,
7
;

5',»;,

a,

b; sp<<us,/'aniiir, voirCiliv., ii,

ccron, Jrad., u,

8; Top..

Apulée, Phil.,

pages

;}S,

U), cti.

de

Vulcanius, Paris,
'

1(;01
.1/^7. i,
\).

Voir Plaloii, Plieilou,^. lOJ b, KCJ b; Aristote,
Viiir Platon, S»pl,., p. 3ôO-((); Vïw\\i<.,

C, p. ;)8:,c.
180.

•?.

'

sur

le
;

'/'iiurc,

«

V. Platon, /trp.,

vi,

1, p.

ÔOO; vu,

p. 517,

Tvi.'

Aristote, .Ur/.,
!,!. :îl.

mi

x^)

G,

',8, p. 1080,
'

c. -2; p.

lOSI,

r. i.l. 2'.); p.

|(i,S.\

<•.

l'bi sup.

'

V. l'lalon,/f
V. sur

7iiiirf,\).

i)7

p.

'

la lliéorie
;;
"2

des idées M. H. Martin,
?>,

/:fiti/r.>

sur

U

Timce

ilc

P/ttlon

t.

I,

argument,

cl

noie ^^
I.X.

m*

SÉR1I-.

TO.Mli

— N"

(;;

;

i

cl

:.), I.

n. noies GO

cl Gî.
1',

51.

\W\.

214

THÉODICÉK CHnÉTIENNE,
;

devoir, toute autorité disparaissent

la


sa
le

force seule règne sur
c'est se

la

terre

'.

(Iroirc

que
;

le

monde

existe par

lui-mOme,

méprendre sur
Dieu

nature

il

est

même
il

placé au-dessus de lui\

— In
l'effet

impossible de le concevoir sans un

corps peut recevoir
le

transmettre, mais
il

ne saurait

produire

;

si le

mouvement et monde est en moule
il

vement,

faut

donc un premier moteur \

Di^ plus,

est plein d'Iiarla

mouie

;

la

perfection de

— Platon
s'y élève à
it

prouve donc l'excellence de

cause

".

n'est pas moins explicite dans le Tiniée

que dans

les

Lois;

il

Dieu par

le

principe de causalité. «Tout ce qui naît, dit-il,
;

procède nécessairement d'une cause

car rien de ce qui est né
il il

»

ne peut être né sans cause'.,. Le monde a été produit, car
corporels
»

» visible, tangible et

— Enfin on
«

est

sait

que

le

Timce tout

entier est la démonstration d'un Dieu, architecte et père

du monde.

Mais d'après quel motif
»

l'a-t-il

créé?

Disons

la

cause qui a porté
cet univers.
.

le

suprême ordonnateur
bon
,

à produire et à

composer

.

Il

» était »

et celui qui est

bon n'a aucune espèce

d'envie.

Kxempt

d'envie,

il

a voulu

que toutes choses fussent, autant que

possible,

»

semblables à lui-même. Quiconque, instruit par des

hommes sages,
Dieu de Platon
bonne;
il

»
»

admettra ceci

comme

la

raison principale de l'origine et de la forle vrai.
»

mation du monde, sera dans

Ainsi

le

est

une cause, une force

intelligente et parfaite, sage et

est

aussi
» le
n >
»

une providence.

«

Ne

faisons pas

,

dit-il

,

cette injure à

Dieu de

mettre au-dessous des ouvriers mortels; et tandis que ceux-ci,
proportion
qu'ils

à

excellent dans leur art

,

s'appliquent aussi

davantage à

finir et à

perfectionner par les seuls

moyens de

cet

art, toutes les parties

de leurs ouvrages,
est très-sage,

soit

grandes, soit petites;

ne disons pas que Dieu, qui

qui veut et peut prendre

'

V.

le X' livre des Lots, l.

viu de

la

traduction de

M, Cousin,

p. 2-2i.

'
3

Ibid., p. 229.

Ibid., p. 236 el sqq.
Ibid., p. 249.

*
*

nàv

Js au

Tci

'^'ipo'p.svsv

ut:'

aÎTÎo'J tivc;

èÇ

àva'Y'cy,;

fî-jveoôat.
t.

llavTi

-j-àp

àJûvarcv y/jfl; aùtcu
^

•^î'vecw ffy.^îv. p.
kT.-z'j',

28 a; trad. de 31. Cousin,

xii, p. 116.

ri-joviv- épttTÔ; "^àp
fr., p.

te soti y.al owL/.a Ixwv.

Platon

,

le

Timre, p. 28,

b. Trad.

H".

, ,

PAR M. MAULT.
»

215
il

soin de tout

,

néglige les petites choses auxquelles

lui est

plus

» aisé
»

de pourvoir,

comme pourrait
,

faire

un ouvrier indolent ou lâche,

rebuté par
des
'.

le travail

et qu'il

ne donne son affection qu'aux gran-

«

»

Platon reconnaît donc non-seuloinent une providence géné-

rale

qui maintient l'ordre du

monde
les

,

mais encore une providence

particulière qui veille

sur tous

êtres

Ces notions de Dieu
le rabaisse

sont vraies et belles
rôle d'organisateur,

;

mais voici l'erreur qui

au simple

A

côté de ce Dieu existe

une matière éternelle
le

comme

lui

,

in-

créée

comme
:

lui.

Platon a développé dans
«

Timée

sa théorie sur la

production du monde.
» »

Voici, dit

M. Martin,

traduction fidèle de
;

sa pensée
tait

Le monde
,

n'a pas toujours existé
,

lorsqu'il n'exis-

pas encore

il

y avait déjà

suivant les expressions

mêmes de

»
»

Platon, non seulement ce qui est d'une manière absolue, c'est-àdire
le

modèle

(les idées) et le lieu

,

c'est-à-dire

la

matière prela

»
)'

mière indéterminée, mais

la

génération, c'est-à-dire,

production
».

alors confuse des quatre espèces

de corps élémentaires
le

En

effet

1)

Platon ajoute qu'avant que Dieu formât
la

monde

,

les

élémens de

»
» n

matière corporelle étaient agités au hasard et se trouvaient dans

l'état

où doit être un objet duquel Dieu
état
le

est

absent

',

c'est-à-dire

dans un

il

n'y

a\'ait

ni raison ni

mesurer
à
le

Aussi Platon organiser le

')

nomme
monde,
vov

plan d'après U'Cjucl Dieu

se disposait

» »

le

dessein

du Dieu éternel concernant
,

Oidv

\


t.

Dieu futur, £7ou£-

2" Ainsi

non seulement

le

chaos est antérieur au

Les Lois,

Yiii (le la Irad.

du M. Ciousin, p.

2(»3.

ov Tt

y.yÀ y,(ôj)5.v

"yi'vîotv elvai,

t;:x

Tj'.yri, y.xl ttîÎv

cOfxvôv "jt/ccôai.

Timer

p. 52 d.

M)Tî

5' in£/_t'.peÎ7û xcou.ïîc'jai to 7;à7,T:Û3 7;pwTiv x«l
u./.v J:ay.i(u.£vy. (ijottes

ûJwp.xat

-j^v^xoil issa...

7;xvT2-aai
p.

v.v.\ vjtvi iîzxi Ôrxv

à-f two;

©î^';. I^ç

Time'r

53 b.
*

Kai

ri

u.'fi

H
il.

-p b tcjtcj (^avii;) r.xiTX rrjr'

i/jtv iX&ifw; y.xi iuiiTf w;.

IM.,^. 53
'

a.

Ikid., p. i\

216
» »
» »

iiitoiJicÉi: cjini-TiENM:;,
l'action

monde, mais encore
donc, suivant

de Dieu était
était

absente du cliaos

,

et par conséquent Dieu
le

n'en
,

pas

l'auteur.

Où commence

Timcc

l'opération di\ine qui a produit l'ordrQ

du monde physique?
pare,
les

C'est au

moment où Dieu
les
fait

sépare les (piatre
:

» »
)'

espèces de corps et les réunit ensuite avec harmonie
il

il

les

sé-

réunit, mais

il

ne

pas.

Il

fait

encore
'.

bien
vertu

moins

les

élémens primitifs dont ces corps

se

composent
avant
ei
la

En

»

de quoi existaient-ils donc

et s'agitaient-ils

formation du

» »
» » »

monde? En

vertu

de celte cause cirante,

dèraisonitahle dont

Platon a posé l'e.xistcnce, lorsqu'il a voulu expliquer ce qui est anàvay/.-/);'. Ine âme désordonnée produisait dans la matière corporelle un mouvcment confus. Pour que le principe du bien pût y dominer, il fallait que Dieu mît l'intellect dans l'âme et l'âme dans le corps'. A ce auparavant c'était le chaos moment conmiença le monde

térieur à l'action divine, en vertu de la nécessité, il

»
» » »

:

3° Platon

,

dans

le

Timée

,

ne regarde pas
;

la

matière seconde des
pas non plus
^

corps

comme
le

l'œuvre de Dieu

il

ne

lui attribue

» la »

création de la matière première. Aussi Proclus

lui-même

avoue

que suivant

Timee

,

et

en général suivant

la

doctiine de Plalon,
la

» le

Dieu père du monde,

le orjatoupyo;, n'est

pas l'auteur de
le

mala

» lière
»

première, mère et nourrice du monde, mais que
sont deux principes éternels l'un
la

père et

mère
nité,

comme

l'autre.

Pour soutela divi,

» nir,
» »

que suivant Platon,
il

matière première est l'œuvre de
supérieur, duquel

est obligé

de recourir à un Dieu
et la

à l'en

croire, l'auteur

du monde

matière tireraient leur origine éterle

» nelle.
»

Mais on ne voit rien de semblable dans
,

Timée

:

il

n'y est

question que d'un seul Dieu suprême

savoir de l'être inDniment

» »

sage qui a organisé l'univers; et celle hypothèse de Proclus n'est

pas mieux appuyée par les autres œuvres de Platon

'.

»

'

V. M. Martin, Études sur
Ibid.,
t.
II,

le

Timte de Plalon, notes

GO, 08.

' ^ * 5

note 53.
'

V. note
V\Hi(\\i^,

22,

7.

sur le

J'iiiice,\)p.
t.

117, 118.
ii,

V. M. Marlin, u6i sup,,

note 64.

,

PAR M. MARF.T.
Ainsi, d'après le

217
la
;

Timce
la

,

1"

Dieu n'a pas créé

matière première
il

des corps, c'est-à-dire
créé

substance indéterminée
le

n'a pas
il

môme
Dieu

h

matière seconde, c'est-à-dire

chaos éternel; 3"
'.

a produit
le

l'ordre

du monde, mais non de toute

éternité

Ajoutons que

organisateur de l'univers est simplement imitateur des êtres réels
(les idées''.

Tels sont les trois principes admis par Platon
éternels,
trice

:

les idées

,

types

immuables des choses
enfin,
la

;

Dieu, force intelligente et organisa-

du monde;

matière incréée.

— Or,
,

cette conception

ne

renferme-t-elle pas

une contradiction
,

radicale?

Ne parlons pas des

idées,
,

puisqu'on a soutenu

sans aucun fondement

nous l'avons montré

que Platon ne leur accorde pas une existence indépendante. Mais,
celte maiière éternelle et incrééc
à

comme Dieu,
,

qui souvent oppose
pas
la

son action une
véritable infini
,

résistance

invincible
,

n'est-clle
est par

négation
,

du

de Dieu? Car
modalités
,

si elle

elle-même
;

elle a

aussi d'elle-même ses

elle

est

donc

infinie

nous avons

donc deux
manquerait

infinis;
à

or,

deux

infinis

ne peuvent coexister, puisqu'il

chacun

l'infini;

donc, dans ce système. Dieu ccssed'ètre

infini, tout-puissant.'

— Platon,

conuneon

le voit,

malgré

sa vaste in-

telligence, n'a

pu

s'élever à l'idée véritable de la divinité.
la

Cependant
la

sa doctrine était

un grand progrès pour

pensée,

si

nous

compaIl

rons aux théories de Parménide, d'IIéraclile et de P\ thagore.
piopria tout ce qu'il trouva devrai dans leurs systèmes,
leçons de Socraie,
il
il

s'ap-

profila des

sut

aussi

s'inspirer

des traditions primitives.
il

Alors fécondé par sa puissante réllexion, son génie s'exalta,

s'éleva

dans

la

connaissance de Dieu plus haut que ses devanciers; ses suc-

resscins

même

ne purent pas l'atteindre

et le

comprendre,
il

sa tliéodi-

cée est
Vrillé

le

chef-d'œuvre de l'antiquité; cependant

n'a pas saisi la

toute entière;
:

son système présente des lacunes, des erreurs
dit y\.

profondes
«

« Il

ne pouvait pas,
'.

Marlin, accomi^lir l'œuvre de

la

j)hilosophie chrétienne

»

I/'if/

,

t.

u. pp. 181, 181.

*
'

i\Iiij.r,TT.;

Twv

ovT<.jv.

Le Sophislt ,

p. 'iX^ a.

l'bi sup.,

t. I,

p. 18.

218

TMÉODICÉE CHRÉTIENNi;,
tliéodicée d'Aristotc ofTre-t-clIo

La

moins de lacunes
il

?

Contient-elle

plus de vériié?

On

sait

que dis

le

point de départ,

a suivi
Il

dans ses

spéculations une direction opposée à celle de son maître.
il
il

admet,
;

est vrai,

comme

Platon,

une substance,

«nie

matière éternelle

mais

ne

la

conçoit pas indéterminée, existante en elle-même, antérieure;

ment aux essences il ne voit là qu'une pure conception de l'esprit, un être abstrait, sans aucune réalité d'après lui la matière, l'essence,
;

la

forme sont inséparables. L'élernilé de
des essences
;

la

matière entraîne donc
eîi

celle

et

,

en

eiïet

,

dit-il

,

il

y a toujours

tière sous l'essence, et

de l'essence dans

la

matière

;

et le

de la mamonde est

éternel
la

II

existe tout formé, tout organisé, par sa propre nature, par

force des choses, sans l'intervention d'aucun principe étranger. Il
intelligent
,

est

et

capable
,

de
il

se
,

mouvoir
tems

:

l'intelligence

et

la

force motrice

endormie

est vrai

tiennent à son essence... D'un
le
,

autre côté,

le

mouvement,
,

ainsi

que

est éternel",
fait
;

non en
il

puissance mais en acte

non comme possible mais en
,

existe

donc un moteur éternel

éternellement en acte, et

comme
,

être et

comme
bile
;

moteur'.
s'il

— Or,

ce premier
,

moteur

est nécessairement

immoet ces
;

car

se

mouvait

il

serait

par quelques causes

causes elles-mêmes devraient à d'autres causes leur impulsion

ainsi

jusqu'à

l'infini,

ce qui est absurde. Mais alors on se

demande comà cette

ment un moteur immobile peut mouvoir.
tion est le point le plus obscur
,

— La réponse
le

ques-

mais

aussi

plus subtil et le plus

caractéristique de

la

lliéodicée pirépatéticienne.

D'après Aristote

,

il

meut comme
les objets
il

un moteur immobile peut mouvoir,
désir et de la pensée.
'.

comme meurent

du

Il est

cause finale du mouvement,

n'est pas force motrice

Ainsi

la

nécessité d'un premier

moteur conduit Aristote
,

à recon-

naître l'existence d'un Dieu qui met en branle

sans

le savoir, les

forces motrices résidant dans la nature des êtres.
est
la

Au

reste, son

Dieu

cause du bien;

il

est parfait et sa perfection n'a point de

'

Aristote, Met., xu.

c. C.

'
'

Met., xu,
Ktvîï
-î;

c.

(5.

C".f.

P!tys.

viii, c. 5 et G.
Y.'.-r.'ju.t /'.'/,

li^z

-zh

oziy.-vi x.al rh icr-bi y.wîi. cù

Met. su,

(alias

MV)

c. 7.

PAR
bornes.
Il

M.

MARET.
,

219

est

une substance simple
,

parce qu'une substance simple
Il

est supérieure

par nature, à une substance composée'.
finir.

n'a point

commencé
et

et

ne doit point

Ajoutons qu'il
;

est

une

intelligence,

même
la

l'intelligence la plus parfiiitc

car l'intelligible en soi et l'incatégorie
,

telligence

en

soi

appartiennent à
'.

la

même

à la
,

catégorie
et la

de

perfection
jaillit

Celte intelligence est toujours en acte

pen-

sée qui en

est la plus parfaite qu'il

nous
h

soit

donné de conce'.

voir; c'est la pensée
celte contemplation

de Dieu appliquée
,

Dieu lui-même

Dans

de son être

il

trouve éternellement et continûéternel dans sa durée,

ment
» »

le

bonlieur.

«

Simple dans

sa substance,

complet dans son intelligence, heureux par sa nature
sont les attributs du moteur
Il est

môme
*.

,

tels

immuable;
suffit

et c'est là

Dieu

»

unique, puisqu'un seul Dieu

pour expliquer

le

monde.

Cause nécessaire de l'ordre et de l'harmonie qui régnent dans toutes
ses parties,
il

l'attire

comme
lui.

l'aimant attire
;

le

fer

;

mais
,

il

n'exerce

sur

lui

aucune action volontaire
sans

il

ne
,

le

connaît pas

il

le laisse vivre

et se développer

En

effet

le

Dieu d'Aristote
sait
,

est
le

si

loin

d'être la Providence
existe
;

du monde,
,

qu'il

ne

môme
si

pas que

monde
ne

il

perdrait sa perfection
,

sa félicité

l'univers pouvait être

l'objet
vcMit

de sa pensée. Aussi
({u'il le

pour ne pas
il

la

souiller, le Stagyrite

pas

connaisse;

ne veut pas

(pi'il
la

agisse sur lui

,

car ce

serait lui

imposer une fatigue \ Voilà donc

négation de

la
,

Provià

dence

,

voilà

donc

le

monde abandonné
la

à l'empire

du

destin

une

invincible fatalité.

Oh! j'aime

bien mieux

entendre Platon célébrer

avec inni d'éloquence
(pi'aux plus

IM'ovidence, lorsqu'elle étend ses soins jusêtres.
Il

humbles des

ne craint pas,

lui,

de

faire

dé-

'

Iflrf.

xir, c.

Oft

7.


'

Afrf. 1,1.

/6ù/.,xu,

7.

* *«|i.«v îè TÔv 6(ôv tltOLt
eîiSîo;

Xmi

àiîiov, apioTov. ftuT!

^(H'h

x*l «î/ov

<riif/j^,i

*t\

ûrrapx"

f';' *^'';>'

'l'oSro "yis i

0:c;.

Jlfr't.

xu,

C. T.

M. Julos Simon,

/'lurfrs

sur fa Thfodicee de Plalon rt
'

d'.-iristotf, p. 21.

lIpÛTov

u.«v oviv

El u.T, vsV.o»;

idriv

«>.Xà JûvaiM;, i5Xc-yo»

iiTiirovc»

«îvxi ti

«yvixâ;

aùm

rri; voTÎaew;.

Mft, XU,

9, (raducl., p. 5 14.

,

220
choir Dieu
félicité
J']t

iiii;oni<;r:E
tic

r.iip.KTiiïNNF.,

sa

perfection souveraine

,

on de diiuinucr par

sa

suprême.
les syslènu'S

maintenant mettons en re^jard
I.e

de ces deux grands

philosophes.
il

Dieu d'Aiistole

n'est

que

la

cause finale du
est

monde;
donc
la

n'esl pas

une Providence. Le Dieu de Platon
il

une force

efficiente,
le

une Providence, mais
dernier mol de
la

n'est pas
le

une cause

créatrice. Voilà

pensée antique,

résultat des méditations de

raison

Immaine abandonnée
Dieu, mais
elle a

à ses seules forces. Elle a
elle a

reconnu l'existence de
elle n'a

profané,
la

mutilé son être;

pu

s'élever

jusqu'à l'idée de

création, et elle a imposé des bornes à l'intelligence

et à la puissance divines. Si

quelques-uns ont proclamé une Prov idence,
la

d'autres font de leur Dieu un heureux oisif absorbé dans

contempla-

tion de sou être, |H'U soucieux de ce qui se passe au-dessous de lui.

Combien

ces théories sont incomplètes et pleines d'erreurs!
les vices

Du
des

fond de notre petitesse, nous signalons avec assurance
systèmes élaborés par ces deux grands

hommes
la

qui peuvent avoir

des égaux pour

le

génie, mais qui n'ont point de supérieurs; nous

faisons, sans crainte

de nous tromper,

part du vrai et celle
à

du

faux

,

mêlés dans leurs spéculations; nous nous élevons
la divinité.

une notion
la le

plus parfaite de

Mais d'où vient ce progrès de

pensée
reven-

moderne?
diquer

Peut-elle s'en glorifier
le

comme

d'une conquête,

comme

fruit

de ses

efforts

persévérans?
,

>e

doit-elle pas,
la
Il se

au contraire,
dans
la

le

rapporter au Christianisme

en chercher
la

cause

révélation
,

surnaturelle qu'il a donnée à
,

terre?

ren-

contrera

nous n'en doutons pas

des

hommes

idolâtres de la raison
ils

qui accueilleront ces paroles avec un sourire de pitié;
ront
le

nous jetteeffraient
la

sarcasme

et l'ironie

;

mais leurs

railleries

ne nous

pas; elles ne nous porteront pas à mentir à notre conviction

plus

profonde
rité.

,

à étouffer dans notre
le
,

cœur ce que nous croyons

être la vé-

>ious

proclamerons donc hautement, oui,
le

c'est le Christia,

nisme qui
lancé
la

en rayonnant sur

monde pour
ces

régénéi'er la pensée

a

raison

humaine dans
de

routes nouvelles inconnues aux
les idées; c'est lui

philosophes de l'antiquité; c'est lui qui a agrandi

qui nous

a révélé

nouveau

l'unité

de Dieu

,

sa toute-puissance

créatrice, sa

vie

incommunicable. La raison a

recueilli ses
l'a

enseialors

gnemens

,

mais

elle

ne

les a

pas découverts

:

il

inspirée

;

PAR M. MARET.
SOUS
fion

221

influence, elle a Irailé

la

dénionslralion de Dieu avec beau-

coup

plus de vérité, de rigueur et de profondeur.
la suite

Nous

allons suivre

son développement dans

des âges chrétiens. Toutefois, nous

n'exposerons pas les preuves de l'exislence de l'Être suprême; nous

nous attacherons à
base
et

la

plus importante
les

,

à celle qui sert
à
la

comme

de

de fondement à toutes

autres,

preuve ontolo-

gique, et nous l'étudierons dans saint Augustin-, saint Anselme et
Descartes.

Le grand évêque d'Hipponc résume
le

la

doctrine des Pères
et

;

nous trouverons dans

célèbre abbé
el

du Bec
en

dans Descartes

l'enseignement du moyen-âge
lintre les ouvrages de saint

des tems modernes.
il

Augustin,
à

est

un que
qu'il

l'on

peut

considérer

comme une
à
:

introduction

la

méthode

employait
sait
il

pour s'élever
ce livre est

Dieu je veux parler de ses Soliloques.
saint

On

que

un entretien du
et évidente.

docteur avec

la

raison;

veut,

par

la

connaissance de soi-même, arrivera une connaissance de l'Être
claire
il

suprême
la

Mais avant de méditer
et verse

les

mystères de

divinité,

tombe
il

à

genoux
fait

son
le

pi ières

ardentes où
le

nous
le

admirer

l'amour
» »
» »

plus vif pour

Dieu qui

l'attire

âme dans une de ces cœur le plus tendre et et l'enchante. « Que je

vous connaisse,
connaîtie à

vous
aussi

s'écrie-t-il, comme vous me coimaissez; faites mon âme qu'elle ne peut rien que par vous. .Montrezà moi ma seule consolation... Venez, délices de mon esprit bien que de mon cœur; que je vous contemple à jamais...
,

»
»

Donnez-moi des yeux capables de vous

voir, lumière invisible...
esprit qui

Donnez-moi un cœur qui vous aime, un
vous, une inlelligence
(pii

ne pense qu'à

»
«

vous compronne, amant (pie par voire
,

grâce nous pouvons vous comprendre

une mémoire qui vous
»

ait

»

toujours présent, une raison qui ne s'écarte jamais de vous-.
\()ilà

comment
faut les

ce saint docteur se préparait aux méditalions qui

devaient l'élever à Dieu. (^)uant aux preuves qu'il donne de son cxisliiiee,
il

chercher dans ses autres

écrits.

Kt d'abord, consta-

tons

le

principe, l'essence

même de
de
la

sa dénionslralion.

— Le monde
le

'

ne

nous présente

(pie l'image

mulabililé; tous les êtres qui

coui-

'

Sailli Aiifîiist.,

Opcra,

t.

\,Solilo(jiiin.
t.

'

Tliomassinuï, D(K'm. Ihcol.,

i;

De

Deo,

lib.

i.

.

222

THÉODICÉE
j^as
,

CIÎRÉTIIÎNNE,
naissonl ot mcuront. Au-dessus de
la

posent sont et no sont
la

car

ils

substance corporelle se trouve

substance spirituelle
corps;

cjui lui est

très supérieure.

L'àme, en

effet,

commande au
"...

elle

juge de

toutes les choses visibles,
les astres; elle

même

des plus sublimes. Ainsi elle connaît

mesure

leurs

mouvemens
l'homme
,

Et cependant cette na-

ture excellente, celte raison de

est pleine d'imperfections et
elle

de défauts

:

elle

ignore

,

elle

apprend

gagne

,

elle

oublie

,

elle

perd, elle veut et ne veut pas; en un ture corporelle
,

mot,

elle porte,

comme

la

na-

le

cachet de

la

mutabilité et de l'imperfection. Ainsi

donc,
car
'>

les esprits et les

corps nous avertissent qu'ils ont reçu l'être;
ils

s'ils

étaient par

eux-mêmes
Ils

seraient immuables.
été

«

Et voilà

le
ils

ciel

et la terre. et
ils

sont.

Ils

crient qu'ils ont

faits; car

»

changent

passent.

Or

ce qui est sans avoir été créé n'a rien

il

» »
»

en

soi

qui ne soit éternel; de

ne peut être sujet à

la vicissi-

lude. Et le ciel et la terre ne se sont pas faits; leur voix
c'est parce

nous crie

:

que nous avons
Vous

été faits

que nous sommes; nous n'éfaire
,

»
»

tions

donc pas avant d'être pour nous
les

nous-mêmes. L'évidence
'. »

est leur voix.

avez donc créés

Seigneur

Eh
tion

bien

!

à peine saint Augustin a fait
,

un pas dans

la

démonstrala

de Dieu

et

déjà

il

a franchi l'abîme devant

lequel

pensée
regar-

antique
daient
la

s'était arrêtée.

Cette matière
,

que Platon
la

et Aristote

comme

nécessaire et incréée

vous

voyez sortir du néant, à

voix de l'Éternel, par

un

acte libre de sa volonté.
^ ,

Les notions du vrai

'

,

du beau

et

du bon

' ,

qu'une étude appro-

fondie de l'âme lui révèle, sont les degrés qu'il établit ensuite pour
s'élever à Dieu.

Nous regrettons beaucoup que

les limites

qui nous sont

On
le

reconnaît

ici

,

dit

M, Maret,

ie

roseau pensant de Pascal

,

plus fort
l'é-

que

monde parce

qu'il se

connaît et qu'il connaît aussi ce
se connaît pas.

monde qui

crase, tandis
"

que ce monde ne

Théod.

chr., p. 162.

Confess.yX. xi,
10
;

c
8;

4 de la tiad. de
1.

M. Moreau. Voy.

aussi

1.

vii,c. 17.;

1.

IX, c.
^

1.

xn,

c.

xiii, c. 33, etc.
libei-o Ai-bilrio
.

S. August.
1.

Opéra, t.\,I)e
;

1. ii,

c.

8, 10, 12,
1.

13,

De Mu-

sicà,
* '

VI, c. 4, 7, 9, lOj 12

De dochinà
31

christianâ,

ii, C.

32, 35, 38.

De vcïà reltsione, c. 30> De Trinilatc, 1. vin, c. 3.

PAR M. MARET.

523
;

imposées ne nous permettent pas de reproduire son argumentation

nous pourrions

alors la

comparer

à colle

de Platon

,

et faire

mieux

res-

sortir sa supériorité.

Sans doute

le disciple

de Socrate a consacré des
nécessaire,

pages ravissantes d'éloquence à célébrer
la

la vérité éternelle et

beauté absolue

,

le

bien suprême. Mais sa vaste intelligence n'a
et

pu
et

embrasser d'une manière nette

précise les rapports des idées et

du monde avec Dieu

;

aussi sa théorie présente
le saint

de grandes lacunes

des erreurs profondes. Dans

évéqued'IIippone, au contraire,

rien d'obscur, rien de vague; la vérité brille à nos yeux dans tout son
éclat;

en

le lisant,

nous sommes

comme

électrisés par cette beauté,

par cette bonté suprême qui l'inspirent et l'ennamment... Kt puis,

comment rendre

ces

mouvemens impétueux
,

et

passionnés de l'âme

d'Augustin vers son Dieu

ces soupirs, ces élans, ces prières ardentes

qui interrompent h chaque

moment
le

la

suite

de ses raisonncmcns? Quels

accens! Ouelie nou\eautédans
les

monde! On chercherait cnvaindans
si

philosophes de l'antiquité ces rapports

doux de l'âme avec

le

Dieu

qu'elle contemple: c'est là

que

le

Christianisme triomphe et que saint

Augustin n'a pas

d'égal.

Cependant

il

manque quelque chose
il

à son

argumentation. Partout,
il

dans ses écrits,
conséquences.

a

posé

les

principes, mais

les a séparés

de leurs

On

sent, dit

M. Maret, que toutes ces idées pourraient
et

être soumises h
|)lus

une analyse plus profonde

revêtues d'une forme

exacte.

Saint Anselme a eu la gloire de compléter l'œuvre de l'iluistre évêque d'Ilipponc. Le célèbre abbé du Bec ne raisonne pas seulement

sur l'idée du bon et du grand

,

mais aussi

,

et

prinoipaleiuont

siu- l'idée

de

l'être

qui ombrasse toutes les autres.

Ajoutons que son langage

est plus précis,

que

sa

prouve se développe avec plus do logique et
:

présente un ensemble plus majoslueux
périorité
"

voilà ce (pii ronsiilue

la

su-

(le sa

(lémonslralion.
le

Le moyen

plus simple,

dit-il,

pour s'élever

h

Dieu

est relni-ci:

»

nous no recherchons que

les objets (pii

nous paraissent bous,
il

et la

» raison
»

nous on découvre un grand nombre. Or,

est incontestable

que

ionl(> rlio.se

plus grande, moindre ou égale à une autre, ne sonfn'est ni l'un ni

» fre ces
'>

modificaiions qu'en vertu d'une chose qui

l'autre

de ces objets

;

mais que l'on conçoit

la

même

dans tous

les

-

22'»

Tnf-ODIf.ÈE CIinfTIENNE,
elle.
11

êtres divers qui s'unissent en

est

donc ntVessaire que
,

les

choses bonnes soient
>

telles

en vertu d'une bonté, une

et toujours

la
Il

même
y a

,

qui se retrouve dans tous les objets bous en pariiculier.
telles
,

donc un être par lequel toutes choses bomies sont
les

et
les

dans lequel se réunissent toutes
»
>

nuances du bien, malgré

diversités qui les distinguent.
est

Qui peut douter que ce par quoi
,

tout

bon ne

soit le bien
tels

suprême
la

ne

soit

bon par soi-même? Les

»
j)

autres biens sont

par

\erlu de quelque autre (ju'eux

mêmes,

celui-ci l'est par la sienne propre.

Mais ce qui est bon par autre
l'est

»

chose que par soi est inférieur

à

ce qui

par soi-même. Ce qui
et

» est
» »
»

bon par

soi

est

donc souverainement bon

supérieur à tout;

car ce qui est souverainement bon est en

même

tems souveraine

ment grand.

Il

y a

donc quelque chose qui
et

est à la fois souvcraine-

ment grand

et

souverainement bon,

supérieur par conséquent à

»
»

toutes choses.

Kufm, non seulement
l'est

tout ce qui est

bon

et tout ce

qui est grand

en vertu d'une seule et

»
»

tout ce qui est n'existe qu'en vertu de ce

même chose, mais encore même principe. En effet,
Ce dernier

tout ce qui existe est par quelque chose ou par rien.

»
»

point de Talteruative est impossible; donc tout est en vertu de qucl-

que chose. Ce quelque chose en vertu duquel
choses créées, est un ou plusieurs.
S'il est

existent toutes les
,

«

plusieurs

ses différentes
il

» individualités existent
»
»

par elles-mêmes, et, dans ce cas,

y a

un

principe ou une force en vertu de laquelle elles existent par elles-

mômes.

Il

y a

donc quelque chose d'un par
;

la

vertu duquel sont

»

toutes les choses. Cela seul existe par soi

car, ni les êtres qui ont

» «
»

des rapports ensemble, ni les rapports

eux-mêmes ne
Il

se

donnent
est

mutuellement l'existence: mais ce qui

est

en vertu d'un autre
y a donc

moindre que ce qui

est

par soi-même.

un principe
,

»
)'

qui seul s'élève d'une manière absolue au-dessus de tout
à la fois

qui est

souverainemeut grand
lui

et

souverainement bon
sa

,

jiuisque
et

» c'est »

en

que chaque chose puise

bonté, sa

grandeur

son

être '.»

'

S. Anselnii,
IfiO

De

divinilatis essenlià Monologiinn. Cf.

M. Marel,

Tlic'od.

chr., p.
11

et sqq. Saint

Anselme

a divisé le

Monologinm en 79
la

chapitres.
la Trinité,

traite
la

successivement des attributs de Dieu, de

Création, de

de

relation de

l'homme, comme intelligence

à Dieu, etc.

l'Ail

M.

MAHET.
,

225

Telle est l'argumentation

son Prosologiuin

,

donne une autre preuve de

du Monologium. Saint Anselme dans l'existence de Dieu '.
l'existence réelle
est

Elle repose sur ce principe
l'idée

que

contenue dans
,

de perfection souveraine. Cet argument secondaire
l'illustre

dans

la

démonstration de

archevêque de Canlorbéry,
il

a

eu des for-

tunes bien diverses.
cible,
il

Au

17" siècle,

paraissait

d'une rigueur invinpar

fut développé

par un puissant génie,

Descartes; au

18% on

s'en est

beaucoup moqué.
Elles se perpé-

Les grandes preuves de saint Augustin et de saint Anselme ne subirent pas au

moyen-àge de transformation notable.

tuèrent dans les écoles; on les y présenta quelquefois avec plus de

rigueur et d'étendue

;

mais leur caractère resta toujours
à Descartes.

le

même.

Nous pouvons donc passer
M. Maret ne
gardée
faire

se

propose pas de juger en elle-même
;

la pliilosopliic

de ce profond penseur

son but n'est pas d'exposer sa méthode reil

comme

la

source du rationalisme moderne;

se conlente de

observer que Descartes a complètement sacrifié l'élément tradi-

tionnel et de croyance à l'élément d'évidence.
les résultats

On

sait

quels ont été
,

de cette méthode exclusive;

elle a

engendré

à

1

insu de

son auteur, ce grand combat que Rossuet voyait déjà se préparer
contre
le

christianisme, sous
la

le

nom

de philosophie cartésienne. C'est
il

pourquoi, en parlant de
se souvenir ([ue l'Église,

philosophie de Descartes,
et

faut toujours

en mettant

en conservant à Vindc.t ses

ouvrages métaphysi(iues, avait averti de se mettre en garde contre
ces principes.
..

Au

reste, les six

Méditations de Descartes

,

qui

forment

à

peine

!.")()

pages,
a

ont créé une mélaph\si(pie nouvelle.
et se dé\el()p|)er l'école

Sous son inlluence, on
sophie
la

vu naître
ait

de philo-

plus brillante qui

peul-êire jamais existé, l'école fran-

'

Voici coinninnl

.M.

Cousin présc^nlc rcl nrpumcnt

:

« I.c

plus irsciisc alliée
il

a

dans

la

pensée l'idée d'un bien souNCraiii au-iles>us duquel

n'en peut

ronrcvoir un autre. Or, ee souverain bien ne peut exister seulement dani
la

»
"

pensée; car on |)ourrait on concevoir un
la

jilus jirand

encore.

On

ne

le

peut; donc ce souverain bien existe hors de

pensée

;

donc Dieu

existe.

»

Le

l^rosoUr^itun se
18* siècle
;

compose de
édit.,
t.

'Jfi

petits chapitres

Uni, de

la

phdust-

phc au

nouv.

i.

p. 317.

226
çaise, cette école qui

THÉODIGtE t;HRÉTIENNE,
compte
La
clans ses rangs

Malebranche, Bossuol,
doit

lù'nelon, Ix'ihnilz, etc..

théodict'c

du Cartésianisme

seule

nous occuper

ici.
•.

Descartes a donné trois démonstrations de l'existence de Dieu
a consacré sa 3"
la 3'

11

méditation au développement des deux premières;
la .V tnéilitation.

se trouve dans
et,

Elle est

identique à celle du

Prosoln^ium,

dans

le

philosophe français,

comme

dans saint An-

selme, elle ne joue ([u'un rôle secondaire. Nous allons nous occuper

exclusivement de

»
» » » « J'ai

la

première

et

de

la

seconde preuve.
le

en moi

l'idée
,

de Dieu \ Par
éternelle,

nom de Dieu
,

,

j'entends

une substance

infinie

immuable

toute-connaissanle et

toute-puissante. Or, cette idée ne peut tirer son origine de

moila

même,

qui ne suis qu'une substance finie, et qui n'ai pas
L'être objectif d'une idée
il

même
le

perfection en puissance.

ne peut être

»
»

produit que par un être foimel; et
autant de réalité daus
la

doit y avoir
effet
'.

pour

moins
suis, et

cause que dans son

— T Je

'

Y, DesCârlcs, Mec/ifatcof!s p/ii/osopliicjues e( principes de philosophie.
Cousiiij


ne

M.
^

Leçon

\\'

mr

Kant.
les sens, et

Je n'ai pas reçu celte idée (Pidée de Dieu) par

jamais

elle

s'est offerte à

moi contre mon attente,

ainsi

que font d'ordinaire

les idées des

choses sensibles, lorsque ces choses se présentent ou semblent se présenter aux

organes extérieurs des sons;
tion de
ter

elle n'est

pas aussi une pure production ou

ficr

mon

esprit^ car
et

il

n'est pas

en
il

mon
ne

pouvoir d'y diminuer ni d'y ajou-

aucune chose;

par conséquent

reste plus autre chose à dire, sinon
lors

que

cette idée est née et produite avec

moi dès

que
i)as

j'ai été

créé> ainsi

que

l'est l'idée

de moi-même.
ait

Et de

fait^

on ne doit

trouver étonnant que

Dieu en me créant

mis en moi cette idée pour être
»

comme

la

marque

de louvrier empreinte sur son ouvrage.
'

Troisième mcditatïon.
est

Nous voyons par

la

lumière naturelle qu'il
s'il

impossible qu'il y ait en

nous l'image de quoi que ce soit,

n'y a en nous ni ailleurs

un

original qui

comprenne en

effet toutes les perfections qui

nous sont

ainsi représentées}

mais comme nous savons que nous sommes sujets à beaucoup de défauts et que nous ne possédons pas ces extrêmes perfections dont nous avons lidée, nous devons conclure quelles sont en quelijue nature qui
la

est différente

de

nôtre, et en effet très parfaite, c'est-à-dire qui est Dieu, ou

du moins

qu'elles ont été autrefois
linies

en cette chose
>

:

et

il

suit de ce quelles étaient in-

qu

elles le sont

encore.

Principes, 18.

PAR M. MARET.
j'ai l'idée
»

227

de Dieu

;

donc

je

ne suis pas l'auteur de
dont
j'ai
la

mon

être; car

je

me

serais

donné toutes

les perfections

en moi quelque

» » »

idée, m'étant déjà donné de toutes les choses
quérir, qui est, à savoir,
la

plus difficile à ac-

substance. Si l'on suppose quej'ai tou-

jours été ce que je suis maintenant, cela ne
d'avoir
tition

me

dispense pas
la

»
» »
»)

une cause car
;

la

durée d'une substance n'est que
l'acte

répé-

non interrompue de

par lequel

elle

est produite.

Reque

courir ù

mes parens ou

à quel([uc autre cause
;

moins

parfaite

Dieu

,

ce n'est rien expliquer

car d'abord cette cause n'aura pas
,

»

autant de réalité que son effet
qu'elle n'existe

et

de plus on pourra démontrer

»
» »
->

point par elle-même; et
et

comme
y'

il

s'agit

d'une

cause actuelle
l'infini.

conservatrice,

il

ne peut

avoir de progrès à

Enfin plusieurs causes n'ont pas concouru à

ma

forma-

tion et ajouté
j'ai

chacune

l'idée

de quelque perfection

à la

notion que
est le

» »

de

la

perfection de

Dieu; car l'unité et

la simplicité

principal caractère delà perfection

que

je lui attribue. Ainsi donc,

»

de cela seul que

j'existe et

que

j'ai l'idée

de Dieu, son existence

» est
31.

démontrée
Marct
,

.

»
la

après avoir exposé

démonstration de Descartes,
et

la

compare

à celles

de saint Augustin
le

de saint Anselme. Leur point

de vue n'est pas

humaine,

s'élèvent

même; ceux-ci, sans négliger l'étude de l'àme du monde visible au monde invisible. Descartes,
il

au contraire, sort du monde extérieur;
il

n'en lient pas compte, mais
il

pénètre dans les profondeurs
le

les

plus mystérieuses de l'àme;
là qu'il

s'enferme dans son sanctuaire
la

plus intime. C'est

découvre
n'est pas

lumière cherchée.

Et

s'il

rentre ainsi en

lui-même, ce

'

M. Jules Simon^ OEnvres de Descaries,
(}ut'l(|ue

iiitivd., p. ix cl x.
sii

11

est éri-

denl que oo qui connaît

chose de plus parfait que

ne

s'est

point

lionne l'être, à cause (juc, par ce

moyen,

il

se sérail ilonné toutes les pertec([u'il

lionsdoiilil aurait eu coiinnissanee, cl [lar con>équeiil
ter

ne

savirait sul)sis-

par aucun autre (|ue celui qui possède, en eflet, toutes ces perfections,

c'cst-à-dirc (|ul csl Dieu.

Kl nous connaissons aisément

cju'il

n'y a point de

force en nous par laquelle

nous puissions subsister ou nous conserver un seul
de puissance
qu'il

moment,
(le lui, cl

et

que

celui cpii a tnnl

nous

fait

subsister hors

qui nous conserve, doit se conserver soi-même, ou plutùl n'a besoin

d'èlro conservé par qui

que ce soil,

et

cnbn

qu'il est Dieu.

>-

{Pitnci/xs, 20 cl 21

.)

,,

228
jK)ur se perdre

TIIÉODICÉE CHRÉTIENNE,
dans rabsiracUoii
,

c'est afin

de mieux

saisir la ^ie

de

l'âme dans sa réalité profonde, dans son premier jet, dans sa pre-

mière manifi'siaiion. Or, cette aiïirmalion première,
pense, j'exisie;

la

voici

:

je

mais avec

l'idée;

de

mon

néant

se révèle l'idée

d'un

être infini, cause

de

mon
de

être borné.
l'infini se

Comment

celte idée

Irouve-t

elle

en nous?
la

Est-elle le

produit du raisonnement? >on, évidemment; car, ou
syllogisme qui nous donnerait l'infini contiendrait
et alors
il

majeure du

l'infini

lui-même

y aurait

un

cercle vicieux

;

ou

elle

ne

le

contiendrait pas,
il

et alors

comment

le tirerions-nous

de prémisses où

ne serait pas?

Celte idée est donc tout-à-fait primitive dans notre raison. Avant
tout,
il

y a U!ie illumination intérieure, une manifestation divine,

une

révélation.

Dieu se montre
,

à

l'àme, et l'àme alfirme Dieu avec
certitude
inébranlable.
la

une invincible assurance
ne débutons pas dans
Tel est donc
elle constate elle élève
le

avec une

Nous

la vie

par

le

doute, mais par

croyance.

véritable caractère de la démonstration cartésienne;
le fait
fait

d'abord

même

de

la vie

intellectuelle et

morale

;

ensuite sur ce

des raisonnemens qui participent h son

évidence.

— Quant

à ses rapports avec les autres preuves de l'exis-

tence de Dieu, on

sait

qu'elle leur sert de base; toutes supposent
31.

l'argument à priori de Descartes.

Maret attaque ensuite
il

et

ren-

verse toutes les difficultés qu'on a élevées contre lui;

le

montre

triomphant des sopbismes de l'erreur
Mais
il

et

de l'impiété.
,

ne

suffit

pas de savoir que Dieu existe

il

faut auî^si re-

chercher ce qu'il
»
»
>.

est. «

La

situation actuelle de l'esprit
,

humain,

dit
,

M. Maret donne à un nouveau degré
,

cette connaissance
d'intérêt.

importante en elle-même
,

Quelle

est

en

effet, la

marche de
,

la

raison

moderne ?

Elle

ne nie pas Dieu formellement

mais

» elle a » »
»
» »

perdu

l'intelligence

du dogme chrétien;
,

aussi,

en proie à
,

dit-elle elle cherche une ardeur inquiète et douloureuse quelque chose de mieux que ce dogme; elle poursuit une

conception de Dieu
par les

plus

parfaite.

Pour
qui
le

n'être

point
le

entraîné

erreurs du rationalisme
le

nous

présente

monde
il

comme

vaste organisme,

comme

corps vivant de l'Eternel,

»
»

est donc nécessaire de bien concevoir sa nature. Mais comment pourrons- nous parvenir à le connaître? En approfondissant l'idée

PAR
» »

M.

MARET.
infinie perfeciion.
:

229
Nous avons, eu

qu'il

nous communique de son

elîot, si je puis parler ainsi, celte équation

Dieu, perfection in-

» finie. »
1)

Si

nous méditons
à celte

le

second membre, n'arrivons-nous pas
Il

immédiatement

conséquence?
,

faut affirmer de

Dieu toute

perfeciion; donc aussi
j)alible

il

faut l'exclure de tout ce qui est

incom-

n

avec l'idée de

la

perfection infinie, c'csi-à-dire tout défaut,

n »
»

toute borne.

Or, ce principe ne nous portc-t-il pas à prononcer

avec une invincible assurance qu'il n'est pas un composé, un aggrégat de plusieurs élres
?

])ès lors

on ne peut pas
la

l'idenlilier

avec

la

»
»
» « » » » » »

matière, lui attribuer une forme,
nière d'être finie.

succession, le lems, une

ma-

Donc

enfin. Dieu n'est pas l'ensemble de l'uniil

\ers cl

la vie

universelle; car

est évident

que

la

perfeciion sous'il

veraine cl infinie n'a jamais existé, n'existera jamais,

n'y en a

pas d'autre que celle de la vie etderiiarmonie universelles. Prenez,

en

effet, le
le

monde

à tel

moment de
l'infini

sa

durée que vous voudrez,

dans
ai

passé

ou dans

l'avenir, quel cjue soit le point

où vous vous
en arrière,

reliez, vous avez

toujours

en avant,

l'infini

par consé<iuent vous ne saisissez jamais qu'une existence incomplète et tronquée.

n »
» »

Eh

bien

!

cette existence

bornée ne peut être
dont
là la la

la

perfection souveraine; ce n'est pas l'infini véritable pleine et complète à tous ses

vie est

momcns;

ce n'est point

manière

d'être du Dieu que nous cherchons '. » Quel est-il donc? Le principe que nous avons
:

|)osé

nous l'apprend
infini; il est
,

encore
(l'hti

il

possède toutes
Cit.

les

perfections à

mi degré

ijui

Dans son

ccre,
:

pour aider noire
la

faiblesse

nous disl'im-

tinguons divers attributs

l'asséité,

simj)Iicité,

l'éternité,

mcnsilé. Leur réunion constitue son essence. Cette essence n'est pas

une simple

i)uissance

d'<'Vrt'

;

elle

ne se développe pas

;

elle est

:

c'est

un

acte pur,

un acte innnanenl.
considérer sa vie

Mais ce n'est pas assez de méditer l'essence de Dieu seule et en

elle-même

;

il

faut aussi

,

son action.
la

M.

Warct

passe donc à l'élude des

dogmes de
l'aulre.

la

Trinité et de

création qui
le

nous révèlent l'une
cahier,

et

Nous donnerons, dans

prochain

une anaUse de ces

belles el sa\auics K'cons.

L'abbc V. D.

CALMGNÏ.

UV

StRlE.

TOMt

IX.

N* 51,

i^kk.

15

230

l.NbCRiniON UL XO.MnLAL

2lvfl)coloc){f Cl)ri'lifnuc.

DÉCOUVERTE
Du
sépulcre où repose le corps de saint Réparalus que d'Afrique au 4° siècle.
et
,

évé-

Description
est

beauté de celle

église.

Inscription de son tombeau, qui

encore intact.—

\utre.s églises retrouvées.

— Autre

inscription

chré-

tienne.

Les martyrs de Tipasa parlant sans langue.

Preuves his-

toriques payennes et chrétiennes.

Ou

parla

beaucoup

il

y a près de deux ans de

la

découvcrlc du

corps de

saint Réjiaratus et

de Vinscription qui ornait son lombcau.

Nous attendions pour
pagnée de quelques

l'adincllre dans les /Innalcs qu'elle fut accotu-

détails, et

qu'une copie bien exacte

fut entre nos

mains. Nous trouvons aujourd'hui ces détails dans le n" 92 des Annales de la Propagation de la Foi. L'article, bien que sans signature, est de Mgr Oupucli, évêque d'Alger. C'est une garantie

de son exactitude.
«

La

belle

mosaïque retrouvée

à

El-Esslam

'

par les soins de

M.

le

commandant du génie

Tripier, était bien en effet le pavé d'une des plus
la

anciennes basiliques de

chrétienté; à en juger par son inscription,
,

elle daterait des premières années du écrite en grands caractères ù« siècle. Cette mosaïque n'a pas moins de ZiO pas de longueur sur

22 de
la

large, sans y

comprendre

les

bas-côtés qui étaient séparés de

nef par deux rangs de colonnes.

A

l'extrémité Est de cet admirable pavé et au milieu d'un
;

hémiper-

cycle, se trouvait l'autel

l'hémicycle est remarquable par son éléva,

tion d'un

mètre

et

quelques centimètres
le

mais bien plus par
devant de
l'autel

la

fection de la

mosaïque qui

décore.

Au

est

un

un peu au-dessous, des deux côtés, des pcissons d'un merveilleux travail. Le poisson, dans ces tems antiques,
agneau percé d'une
flèche, et

^El-Esslam,

la

/7//c auxStalucs,

nom

donné

à ces ruines par les

Arabes,

à cause de la muUitude de grandes pierrei droites qu'on y voyait.

DE SAINT RÉPARATUS.
était,

231

comme
;

tous le savent,

un signe symbolique du christianisme.
est

Sous

l'autel,
il

dans une crypte voûtée,
ouvert au

un tombeau creusé dans
basilique au caveau par

du
un

i)làtre

était

moment

des fouilles; ce qui ne doit pas
la

surprendre, puisqu'on communiquait de
escalier

dont on reconnaît encore

les

marches.

A

droite et à

gauche

s'élevaient

deux colonnes de marbre blanc. A l'extrémilé opposée et dans un hémicycle parfaitement semoù
Cbt l'autel
,

blable à celui

mais presque au niveau du pavé
lit,

,

orné

comme
lieu

le

premier de deux colonnes de marbre blanc, on

au mi-

d'une belle rosace entourée de guirlandes de feuillage, l'inscrip-

tion tumulaire

que

voici dans sa plus parfaite exactitude

'.

HIC

REQVIES

SANCTAE MEMO PATER NOSTER REPARATVS EPS. QVI FE CIT IN SACERDOTIVM AN NOS Vllll MEN XI ET PRE CESSIT NOS IN PACE DIE VNDECIMA KAL AVG PROVN CCCCXXX ET SEXTA
CIT
R|;E
.

« »

Ici rcp>>sc
le

notre Père de sainte mémoire, Iléparatus, évè(jue

;

il

vécut dans
la

sacerdoce 9 ans et 1 1 mois

:

il

nous

a

précédés dans

paix

,

le 11'

jour des kalendes d'août de

l'an

de notre province

'

L'inscriplion que nous publions

ici

n'est point la nu'-nic

quant à

h forme
avec

dos signes, que celle donnée dans les
clé envoyée
d'.\frii|uc

,//iHrt/<-j.

Nous reproduisons

celle (jui a

en f<ic s'mi/r

à

M. Hase, metnl)rc de

l'Inslilut,

plusieurs autres inscriptions, |iar
(jue

M. de

.MonlJ3Mavier,ca|)itaine d'artillerie, et

M. Miller
;

a insérée

dans sa /Icrtie de Bihlioin-apliic, cahier de janvier
publiée aussi dans
la
le
l.

dernier, p. 58
lies

elle avait été déjà

Charles,
les
les

mm

v, p. 103

de VLcolc

avec quelques variantes dans

configuration et
(|ue

même

dans
sous
*

lettres;

nous suivons, nous, c\aclemenl Torigina!

nous avons

yeux.

\

jj

l'ne iiduvellc iMjianis.ition de celle province, d-nl l'époque servait à déterminer la date des m.pnuii>cns pulilics et des monnaies du pays, avait

précédé de quelques années notre ère chrétienne. (Note des .^,„ui/es de In Fo,). Nous ne savons où l'auteur a puise lindicaiion que Vèrc

de la province

232

JNSCRIPHOiN DU rOMLEAU
serait donc vers l'an

Ce

M'I de J.-C.

(luc se

scniil

cndonni

diuis

le sein de Dieu ce père de sainte niéniuiie, cel évèriiie IW-paraliis, à

qui ses cnfans rcconnaissans élevèrent ce
impérissable.
Il

monument devenu presque
la paix...

sont allés

le

rejoindre dans

Puissent ceux
!

qui leur succèdent après tant de siècles, les y retrouver un jour
L'inscription est aussi en grands caractères et en

mosaïque

;

la

rosace est encadrée entre deux colonnes en mosaïque et une arcade

surmontée d'une corbeille de

(leurs; tout

à l'entour
le

serpentent des
,

guirlandes supportées par des colombes. Vers

bas

d'autres co-

lombes boivent dans deux beaux

vases.

Évidemment
été enseveli

le

tombeau de Réparatus
il

n'a pas été violé.

Le pontife a

cl

y repose, hic rcquiescit. Impossible de pénétrer basilique dans le caveau, et à l'extérieur
le
il

par l'intérieur de

la

a été

muré

dès

le

commencement. Déjà, suivant
la dillicullé

désir de

Mgr

l'évèquc,

des travaux avaient été entrepris pour parvenir jus(iu'au précieux

dépôt; mais

de

les

terminer a\ant son départ, l'inconvéla

nient d'ouvrir trop tôt ce sépulcre sacré, et
plus convenablement lors de
les ont fait
la

certitude de le faire

restauration prochaine delà basilique,

heureusement ajourner.
le

Sur

le

tombeau même,

samedi 30 septembre 18^3 au malin

,

le

successeur de Réparatus

olliciait

pontificalement entouré de l'arméi", des

colons et des indigènes étonnés. Après la messe, eu frappant de son

bâton pastoral

le

dessus
,

du tombeau

et

en invitant son prédécesseur,
le

de sainte mémoire

à se réjouir

dans

glorieux
:

lit

il

repose,

Mgr

l'évCque paraphrasait ces belles paroles

ExuUabunt
le

sancti in

f^lorid,

lœlahunlur

i:i

cubUilius suis

;

il

y baptisait
;

premier enfant
petite
fille

d'Orléansville présenté aux fonts sacrés
l'avant-veille
,

c'était
,

une

née

intéressant et fragile anneau

renoué

si

merveilleuse-

ment

à

une chaîne brisée i)cndant de longs

siècles!

commence
de
l'ère

:ii

ans avant .!ésus-Christ. h'Iùolc des Charles pense qu'il s'agit

de Numidic, qui avait commencé 40 ans avant Jésus-Christ. M. Hase
c'est l'crt

croit

au contraire que
,

de Mauritanie

,

qm

a

commence

l'an

700

de
le

Rome

•'^o

ans avant Jésus-Christ. Dans ce cas, Réparatus serait mort
cl

32 juillet

io'.,

non

iliO

comme

le

dit l'auttur

par inadvertance.
A. B.

,

DE SAINT RÊPARATLS.
Lfi reste

233

de

la

mosaïque se compose alternativement de guirlandes,
et,

de

feuillages et

de rosaces de fleurs au milieu,

sur les côtés

,

de

comparlimens variés, aux arabesques ('maillées des plus vives couleurs.

En

avant de

la

porte latérale,

à

gauche,

se

trouve une der-

nière inscription, véritable jeu de lettres, où ne figurent
roles répétées diverses fois
:

que ces paencore
frais

Ecclesia snncla.

Malgré

la

chute de

la voiite

de

l'édifice, la

mosaïque

est

dans un état
elle servira

surprenant de conservation. Restaurée à peu de
nouvelle basilique.
si
,

bientôt sans doute de pavé h la

Nous
parce

donnons

le

nom

de Sufa~ar

à ce poste
'

devenu

intéressant

,

que l'évêque Bépnraïus de Sufazar trêmement
se
détaillée des
celle

est le'seul

dans

la

notice ex-

évèques de l'ancienne Afrique, dont l'époque
l'inscription.

rapproche de

de

Notre Réparatus
et ses disciples
tistes.
Il

assistait à la

célèbre conférence
si

saint Augustin

remportèrent une

éclatante victoire sur les
foi

Dona-

mourut peu après l'énergique profession de
la

que men-

tionnent encore les actes de

conférence.
,

Indépendamment de
rem|)laccment

cette

basilique

on

a retrouvé

à Orléansvillc

et les débris

d'une seconde église chrétienne, au lieu
,

même
pelles

où s'élève

l'hôpital militaire

et, à

un quart de

lieue environ

,

au milieu du nécropole chrétien de Sufazar, les restes de deux cha-

ou oratoires dont

la

forme

et

la

destination ne sauraient être

douteuses.

Sur

les

bords escarpés du Chélif {Clnnalaph des anciens) et parmi
de MonlfçraTicr, qui avait d'abord pensé qu'il

'

Dansunc IcUro
de

à

;\I.

Hase,

.AI.

s'agit
l)ien

SiiJ'is(tr, croit qu'il

faut y reconnaître le ('(islclliim ll»i;iltiHntii,
,

ou

Ti^aïuUa viancipium des Romains
été l'évè(|ue

que lU'paralus aurait
relie opinion,

M. Hase est de son avis en sorte de Ti-^auda. Nous ne pouvons partager
et
;

parce (|ue lodans aucune notice des cvècliés d'Afri(|ue, on ne

trouve un évèrhé du

nom

de

'J'ir^'i/iinum

ou de

l'ii^tnulia

,

mais seulement

de

7'inL,'tii.(/f;-î"

porreijue, au contraire, la notice de l'Afriipie parle d
et

un Ho-

liianus, c'vèipjc

de Sdjl'ina,

qu'un

lU'[iariitus,

évèque de
les

.S'////.//*/

,

est

men-

lionné dans

la

fameuie conférence de Carllinge avec
,

Donatistes; voir la

Crngrnpliîii sacra
leniéc
ti
,

édition

d'Hoislenius; 3" les géographes anciens, Ptoplacé
le

Slrahon
la

,

ele.,
ii

ont

('as/r/ftim

tin^il,inuin
'l'anijcr.

sur

le

détroit

Hercule, à

pla( e

peu près où

est

aujourdluii

2S^»

INSCRIPTION nu TOMDEAU
soit
,

des éboulemcns do terrains causés

par des inondations,

soit

par
,

de nouvelles

fouilles, se sont

trouvées

au milieu d'ossemens brisés

plusieurs pierres tumulaires ornées d'inscriptions et de figures

sym-

boliques, vestiges

sacrés qui recouvraient autrefois les
,

dépouilles

sanglantes des martyrs

comme

l'attestent

encore ces inscriptions

touchantes que nous n'osons ajouter à des détails déjà trop longs.

Tout auprès
sus.

gît

encore une grande pierre

tailk'C et

creusée en deset

Sur
:

la

face antérieure

on

lit

en gros caractères

en toutes

lettres

ARAM DEO SANTO /ETERNO
Autel à Dieu
,

Saint, Éternel.

En
l>as

général on a découvert jusqu'ici à Orléansville très peu d'in-

scriptions et de

monumens

païens caractérisés
,

,

tandis qu'à chaque

on y rencontre des restes
revenant

des traces incontestables du christia-

nisme.

Mgr Dupuch en

iV
la

Orléansville

,

il

avait reçu

du co-

lonel Cavaignac et de tonte

garnison l'accueil

le

plus cordial et le

plus gracieux, s'est arrêté quelques heures à Ténès.

On

y découvrait
fort

au

même

instant les premiers carreaux d'une
celle

mosaïque

grande

aussi,

mais moins précieuse que
ils

de Sufazar; on ne savait en-

core à quel édifice
tans civils
:

avaient pu appartenir. Té?ics a déjà
,

800

liabile

Mgr

y bapiisa trois enfans

et inaugura,

en acceptant

banquet qui

lui fut oiïorl, le pavillon

de

l'arlillcrie; c'est la

première

construction en pierre achevée sur ce beau plateau de Cartenna.

Le lendemain
nait la

il

descendait à Cherchell {JuUa
,

C œs ar en),
et
et

y donle

confirmation dans une charmante église

en repartait

3 octobre au matin,

accompagné du colonel Ladmirault
de
la

d'un grand

nombre
iM.

d'officiers

garnison, pour visiter les ruines de TeJJ'essed

(ancienne Ti]>asa des Latins) récemment explorées et décrites par

Bcrbruggcr.

Au
tien,

milieu de ces ruines immenses et à côté d'un nécropole chré-

dont

les

remarquables tombeaux ont tous ou presque tous été

violés, s'élevait
villo
,

un

édifice

de

même

forme que
et

la

basilique d'Orléans-

avec double rang de coloimcs

une

galerie

supérieure dont

DE SAINT RÊPARATUS.
trois arcades sont

235

encore debout. Les belles colonnes de pierre cal-

caire et de granit qu'on y foule à

chaque pas, sa forme

,

sa situation,

son orientation, etc.. ne peuvent laisser de doute sur sa destination
primitive
;

c'était l'église

de Tipasa.
la

Après avoir erré durant

moitié du jour parmi ces intéressans

débris, nous avons passé sous la tente

une nuit délicieuse
aux
officiers

,

à la clarté

du

feu des bivouacs

;

Mgr
'.

lisait, le soir,

rassemblés aufoi

tour de lui, les héroïques malheurs et l'admirable confession de

dos habiians de Tipasa
tobre,

Dès

les

premiers rayons du jour,

le

k oc-

Mgr

célébrait dans

l'enceinte

même

et

sur

les

ruines de

l'église l'auguste sacrifice

qui n'y avait pas été offert depuis tant de

siècles.

Deux heures
Halloula
et

et

demie après

,

la

pieuse caravane
la

faisait halte

un
lac

instant sur les degrés

du tombeau de

Clirétienne

,

non

loin

du

du

bois des Karésas.

'

Déjà une première
la

fois les liabitans

de cette belle

cilé

avaient eu à souf-

frir

plus affreuse persécution. Quelcjues années plus lard, et en 48i,
'>,

un

roi

impie (Uuirric

ayant voulu imposer un évèque arien, au premier bruit
ils

de l'arrivée du faux pasteur,
possible, el passèrent en

rassemblèrent

le

plus f;rand
l\

nombre de barques
Tous cependant

Espagne, préférant

l'exil

l'apostasie.

n'avaient pu ([uilter ces rivages.
et de

A

cette nouvelle, le tyran redouble de fureur
il

rage,

il

envoie un messager revêtu de pouvoirs sans bornes,

donne

des ordres extraordinaires, une armée entière investit Tipasa; toutes les autorités

de

la

province,
les
le

la

province elle-même, sont conv-oquccs

illur

provincia

ae/vota/ay, tous

calboliques fidèles, dignes cl généreux frères des exilés,

sont traînés dans
oricn
:

Forum, sommés une dernière

fois

de reconnaître l'evèijue
la

tous refusent. Bientôt tous sans exception auront
la

main droite couils

I)éeel

langue arrachée. Mais, ô prodige!
la

ils

parlent encore,

confessent

encore, avec plus de ferveur (jue jamais,
par tout rOricnl,
vénération des
ils

foi callinlique.

Dispersés plus tard
la
,

y

furent jusquii leur mort l'objrl de ladmiration, de

peuples cl

des princes

Sans

iiarler
la

d'une foule d'auteurs

soit profanes, soit sacrés, qui

nous ont transmis

mémoire du

ces admirables

scènes, l'empereur .Tuslinien en a consigne l'impérissable souvenir dans son
recueil célèbre lia Lois
intitulé
:

Romaines;

el

il

existe

un ouvrage

fort

remarquable,
Ir

//» Divinilc

du

C/nisfuinisinc, proiirrc, (/nnon/rcf

par

innarlr

de Tipasa.
'

(Noie des Annales de la Propagaltou.)

Ou

plutôt ///m«r>7r.

23C

i\S(:niPTroN uv

roMr.nAi'

Arrr.NDicK.
.

Nous no

oonnni.-Jsoîis

point l'ouvrofro qiif riio

ici

]o

n-dnclour
:

do

cH

ar-

ticle,

mais seulement une Dissrrldlion de Schniiedtius

<lc

IJin>:ualis vnjs-

IrritiniSS. 'J'n'nilalls ctlcliranlilnis. IS'ous croyons Caire plaisir à nos lecteuri

en leur citant
fait

»
»'
:

ici

sommairement

la plu[)art

des (cmoignagcs qui attestent te

L'empereur Juslinien
ayant
la

:

Nous avons vu nous-mêmes

ces

Iiommcs véné-

râbles, (jui

lanjiue eoui)éc jusqu'à ia racine, racontaient leur sup1. 1,

plicc d'une

manière miraculeuse [Codiris,
IMarceliin dit qu'il a

lit.

27, in princ.

)

»

2*

Le comte

vu à Conslantiiiople <iuc!ques-uns de ces
la

pieux réfugiés d'Afrique qui avaient
qu'il les avait
VII', à
ti"

langue

et la

main droite coupées,
sa

et

entendu parler

comme

les autres.

(Dans

Chronique, indiction

l'année 484 ;dan^ le Thésaurus lemporum, deScaliger, p. 4'{\
:

Victor Turoncnsis

»

Hunéric, roi des Vandales, coupa
ville

la

langue aux
,

»

confesseurs, et toute

la

royale,

leurs corps sont ensevelis

atteste
la

« qu'ils «
>.

ont parlé parfaitement jusqu'à

la fin

de leur vie, quoique ayant
le

langue coupée. (Dans sa Chronique; dans
gcr, p. 4).
»

T/iesau?its /empor.,

i]e

Scaii-

4° Victor de Vite, d'Afrique et

témoin oculaire de

la

persécution, assure

que plusieurs vivaient encore à répoijue où il écrivait, et parle dun sousdiacre, nommC' /ieparahis, qui se retira à Constantinopic où il était respecté
et

admiré de tout

le

monde, dans

le palais

de l'empereur Zenon. (Dans son

VwTi' (le

pei'seru/ione ranclalorum, dans les actes de
:

dom

Ruinart).
fut

r)oProcope, peu bienveillant pour les chrétiens
.

«

Hunéric

de tous

les

princes de sa race

le

plus cruel envers les catholiques, qu'il
le

contraignit
feu et tous

. >

d'embrasser l'hérésie d'Ariuspar toutes sortes d'affronts, par
les

autres supplices imaginables, faisant
Il

même

couper

la

langue à plusieurs
teras à


.

auprès du gosier.

y en avait encore plusieurs de notre

Constan-

tinople qui parlaient très bien, et qui ne se sentaient en aucune manière

"

incommodés du supplice qu'on leur
(laïcs,
1. l).

avait fait souffrir. (Gf/^r/r des

Fan-

n

G'

Enfin Énée de Gaza, païen d'abord

,

puis platonicien

,

enfin

chrétien

philosophe, refusa d'abord de croire ce prodige; il voulut l'examiner luimême , et voici ce qu'il en dit « Je les ai vus ces hommes persécutés
:

tyran de l'Afrique (c'est ainsi que ceux de l'Empire appelaient le qui leur a fait couper la langue pour n'avoir pas roi des Vandales ) à ses impiétés. Ils ont eu recours à la bonté de l'auteur de » voulu consentir
.>

par

le

..

,

.

la

nature, qui les a rétablis au bout de trois jours dans les fonctions

or/a

»

dinaires de la parole, sans leur donner

néanmoins d'autres langues en

DE SAINT r.fiPAnATUS.
.

237
entendus parler d'une ma-

filaro (le colles

qu'on leur avait ûlôcs. Je
si

les

ai

» »

nièrc

si

distincte et d'une voix

bien nrticulée que j'en étais tout étonné;
la

je ebeichais l'instrument qui
liant

pouvait Tornier en eux
ai

[jarole, et

ne

me

»

pas à

mes
ai

oreilles
fait

,

j'en
la

voulu remettre l'examen à mes propres
ai

»

yeux; je leur
la

ouvrir
sorte

bouche, j'y

trouve
fut

la

langue coupée dans
tant de les

racine

même, de

que mon admiration

non pas

»

entendre parier que de

les voir
la

vivre ainsi contre toutes les lois de la

mé-

»
>
.

derinc et contre l'ordre de

nature. {Theoplimsle, ou de V/inmorlalitr de

l'âme et
t.

(le

la rèsurreclion

dts corps, dans Gallandus,

liihliot.

patruni,

X, p. 627). »

23R

NOUVELLES ET MÉLANGES.

EUROPE.
ITALIE.

ROME. Ouvra^rs nus d llndex. Par décret du 21 mars 1843, approuvé le 26 juin, a été défendu
:

l'ou-

vrage suivant
et

La

religion constatée universellement à l'aide des sciences
fait

de Cenidilion modernes, par M.... de La iMarne. Nous avons

connaitrc

l'auteur de cet ouvrage,
térieurs,

il il

se

M. Cachet, en rendant compte d'un de montre un ennemi déclaré de la révélation
tome
xiii, p.

ses livres poset

de

l'église

catholique. Voir notre

409.
le

Par décret du 23 juin, approuvé

même

jour
le

:

C'est un petit cadeau,
l'an,

mats je
italien.

te

Coffre de bon cccur; clrenne pour

commencement de

en

Par décret du 21 mars 1843, approuvé
Christlichen, etc.

le 11)

janvier 1844

:

Leitfaden der

Manuel de Chistoire de

la reliifion et
les

de rEglise chrelienne

d V usage de

la jeunesse catholique
:

dans

écoles civiles supérieures et

gymnases, avec cet appendice
par A. Sartori.

Esquisse d'archéologie de V Eglise chrétienne,

Il

faut noter que l'auteur a abusé d'une approbation conil

ditionnelle donnée par les supérieurs, et dont

n'a pas rcnqili les conditions.

Par décret du 15 janvier 1844, approuvé
Bresce, tragédie de J.-Bi Niccolini.

le

l'J

du même mois Ainanld de
:

— Notes de A.
,

Bianchi-Giovini

'ix

sa tra-

duction de l'allemand de XHistoire critique de l'église gréco-moderne et de
l'église russe,

accompagnée de considérations spéciales sur leur constitution
de

sous la forme d'un synode permanent

Hermann

Jos.

Schmitt,curé ca-

tholique à Grosswallstadt, près d'Asclaffenbourg.

,

BIBLIOGRAPHIE.
*,-%.%

239

VI

%/%*

6iblio(jrûpl)if.

SANXTI JOANNIS CHRYSOSTOMI
nes, germanicos, etc.,

,

archiepiscopi Constanlinopolitani

opéra omnia, castigata ad manuscriplos codices gallicos, vaticanos, anglica-

nccnon
opus

et

ad Savilianam

et

Fronlonianam

editiones,

iiovà inlcrprelatione, ubi

erat, prfffatioiiibus, monitis, notis, variis lec-

lionibus illuslrata; nova sancti doctoris vità, appcndicibus locupletala, operâ
et studio

monachoruni ordinis sancti Benrdictl

à congregatione

S. Mauri.

Editio novissima, eraendata et auctior, accurante

M.

..,

Cursnnm eomplctoMontrouge, juxta
tomes en 10

rum

cililore, Parisiis venit

apud edilorem
d' Enfer,

in vice dicte
\\.Vii.x'\%,

portam Gallicè diclam, barrière
volumes, prix 50 francs.
(

1842; 13

Tomes 8i-9T« de

la Collection.')

Ce

n'est

que

le texte latin

de saint Jean Chrysostomc que M. Tabbé Mignc
la

n publié

dans celte édition; mais après

publication des

Phcs de

l'Eglise

latine, selon l'ordre r/irouolopif/rie,
est

([m\a commencer par Tcrtullien, qui
il

achevé

et qui paraîtra .<ous
faite
la

peu,

publiera une édition originale
le

des

Pères grecs,

de

telle

manière que chacun pourra prendre
:

texte cl la

traduction ou

traduction seule

c'est vouloir

se mettre à la portée
à saint

de

tonles les bourses et de toutes les intelligences.

Quant

(^hrysoslome,

réditeur pourra ainsi profiler des découvertes et des travaux de l'édition que
le

liévérend

.\Inrriol pré[iarc

en ce

moment

h

Oxford

,

et

pour laquelle on

fnit

ime nouvelle rccensioD des

textes

de l'Angleterre et du cunlinent. Les

vnriniiles (juc l'on

a déjà obtenues et (|ue

nous avons vues à Oxford, nous
fail

ont paru très importantes.

Comme
détail

nous l'avons
les titres

pour saint Augustin

,

nous

(liions aussi

donner en

exacts de tous les ouvrages qui

entrent dans chaque volume. Nousfesons cela non seulement pour les ecclésiastiques qui ne pos.sèdent pas ces œuvres, et ([ui sauront ainsi de
.«^uite

quel
les

volume
hciiiimes

il

faudra chercher dans

les

bibiiolhcqucs

,

mais encore pour
traités
et
ils

du niondc qui n'ont jamais su quels sujets ont
ils

nos grands

docieiirs;
(iiins

ne

les

chercheraient jamais dans leurs oeuvres,
(\\i\

pourront,

ce tableau, en avoir une idée sommaire,

pourra leur donner envie

de

les lire.

TOMf'",
1.

1,

comprenant 1120 colonnes.

Dédicnce de Munlfaucim au chev. Alex. Albane, neveu de Clemenl XI.
Préfaco du înème, sur
les

?.

nméliorations faites à son édition, laquelle
et

se trouve

nu tome

xm

de l'édition des nénédictins

que

l'on a plus

conve-

2Û0
n.iMomonl pincée
l'on a
ici.

mr.r.ior.nArnii:.

S.

Sur

les vies

de sainl

.Ic.in

Chrysoslomo", que
sur
la

cru devoir omcllrc.
il

l\.

Averlissement de

.Sa\ilius

pru-

dence avec laquelle
5.

faut lire les écrivains récents

de

la vie
,

du Saint.
,

Dialogue historique de Palladius, cvèiiuc d'Hélénopolis
la

avec Tln'odore

diacre de l'église romaine, sur

vie

et

la

conversation du bieniicureui

Jean Chrysostome, évc(juc de Conslantino[)Ic.
propres écrits; ces vies étaient placées Tune
Bénédictins.
écrits
8. cl

(j.

Vie du Saint, d'après ses
la lin
,

lautrc à

de l'édition des

7.

Abrégé chronologique de

Stiltingius

sur les gestes et les
lîollandistes
9.

du

Saint, extrait

du tome

iv

du mois de septembre des
livres.

— Exhortation —
les

du Saint à Théodore tombé, en n
la

Traité contre

ceux qui blâment
roi

vie

monastique, en

m

livres.
la

- 10.

Comparaison d'un

puissant cl riche avec un moine vivant dans
11.

vraie philosophie chréii

tienne.

De

la

componction, au moine Déraélrius, en
le

livres.

VI.
1^5.

Discours au moine Slagirius tourmenté par

démon, en

m

livres.

Contre ceux qui gardent chez eux
ce

les

vierges soiis-iniroduiles.

H. Sur

que

femmes vivant sous une
15.

règle ne doivent pas

cohabiter avec les

hommes.

Traité de
à

la

virginité.

10.

Deux

traités à
17.

une jeune veuve,
sacerdoce, en
vi

pour l'engager
livres.

ne pas se marier de nouveau.
fut

— IS. Homélie lorsqu'il
Gentils que
le

— ordonne prêtre. —
12
,

Du

19,

Sur l'incompréhendans

sible nature de Dieu, contre les
'es Juifs et les

Anoméens, en
Juifs

homélies.— 19. Preuves contre
lui

Christ est Dieu, d'après ce qui est dit de

les prophètes.

— 20. Contre
les

les

en 8 oraisons.

— 21. Qu'd ne

faut point

analhématiser

vivans ni les morts.

23. Discours contre ceux qui

ob-

servent les nouvelles lunes et font des danses dans la ville, etc.

— 23. Sur —
2.

Lazare, en

7

homélies.
1.

Ouvrages supposes.

Qu'un

ascète ne doit point user de railleries.
3.

Sur

le jetine et

sur
vit'.

la prière.


la

Réponse de Théodore tombé


la

3.

Du
de

sacerdoce, livre
lation.
la loi

4.

Sur
,

bénignité.

5.

De

la

fuite

de
.

dissimula foi,


de

6. la

Contre

les Juifs

les

Gentils et les hérétiques.

7

De
9.

nature et du Saint-Esprit.

8.

De
le

la Trinité.

Xoles de

Savilius, de Boisius et de

Fronlon-le-Duc, sur
11,

tome 1".

TOME
1.

contenant 848 colonnes.
21. — Calhéchèses
la

Préface sur

les

21 homélies au peuple d'Antioche, sur les statues.
statues, .au
;

— 2.

Les homélies sur

les

nombre de
la 2'

pour ceux
rcgénérn(jui

qui doivent être éclairés
tion et

la

l" pourquoi on parle du lavacre de

non de

la
1

rémission des péchés;
s

contre les femmes

frisent

leurs cheveux et
tions et les

ornent

d'or,
4.

et contre ceux qui recherchent
les

les prédic-

enchantemens.—

Contre ceux qui disent que
le

démons gou-

vernent

le

monde

;

à ceux qui
le

demandent pourquoi

diable n'a pas été ôté

de ce monde; que

diable ne peut nuire aux chrétiens vigilans, en 3

home-

ŒUVRES DE SAINT JEAN-CHUYSOSTOME.
lies.

2/il

— 5. vSur

la

pcnilcnco, en 9 homélies.

6.

12 panépryriques sur les so-

Icmnités du Seigneur et des Saints.
homélies.

7.

Sur

les

louanges de saint Paul

,

en

7

8.

Klogc de saint 3Iéléce,

e-vèijuc

d'Antioche.

î).

Eloge de saint
d'Anli.oclie et
et .Alaximi-

Lucien, martyr.

10.

Deux distours sur
cl les
Gt-nlil.'--.

siint lîahylns,
I!.

évcjuc

martyr; contre Julien

Sur SS. .luvcnlinus

nus, martyrs sous Julien

\}. 2\

homélies sur sainte Pélagie, martyre; sur

saint Ignace, évèque d'Antioche, n)artyrisé à

Home,

cl reporlô

de nouveau à

Antiothe;sur saint Euslalhe, évè.]uc d'.Vnlioche; sur saint Romain, martyr;
'')

homélies sur

les saints

3Iachabécs

et leur

mère; sur saintes Bcrnice, Prosles

docc, vierge, cl sur leur mère, martyres; sur
les

mêmes

cl saint

Lazare; sur

martyrs et sur la componction du cœur; que

c'est

une cliose

ulih; d'accuser

ses péchés; sur les

martyrs; sur saint Julien, martyr; sur saint lîarlaam, mar-

tyr; sur sainte Droside, martyre; sur les martyrs Egyptiens; sur saint l'hocas,
le

martyr, et contre

les
;

hérétiques; sur tous les saints martyrs; houiéiie après

tremblement de terre

sur

la

trahison de Judas; sur saint Bassus; sur saint
15.

Pierre et le prophète Élie; sur le
riiéLia.

Abraham; sur

la

protomarlyre

et

apôtre

E3.

(5

homélies, sur

le destin et la

Providence.

H. Deux discours

sur

la

prière.
1.

OiivraL'cs supposes.

Sur

la

prophétie de Zacharie et la conception d'Éli-

sahclh.— 3. Sur

i.

Sur

la

curseur.
veille

conception de saint Jean-liaplisle.— 3. Sur l'Annonciation. prophétie de Daniel louchant les empires. 5- Sur Jean le Préla

C.

Sur

la
'J.

de Pàiiues.

Ihéophanic.

7

Sur

l'arrivée

du

Christ.

Sur

la croix et la

première transgression.

— —

8.

Sur
Sur

la

10.

la

résurrection.

— Noies choisies de Savilius,
TCJ.ME

lîoisiuset l'ronton-le-Duc.

m,

comprenant 8G8 colonnes.

1.

3i

homélies sur divers passages du Nouveau-Testament.
les agilalions

2.

15 opus-

cules touchant
«pii

de Constantinoplc et
3i.> lettres,
.'>

le.s

différons

événemens
d'innoî.

iiccoiupagnèrent ses deux exils.— 3.
1

parmi

lesi|uclles 2

cenl, pape;

de l'empereur llonorius, et

du prêtre Conslantius.


le

cours à

la

louange de Diodore, évè(|ue de Tarse.
la

Dis-

5.

rragment sur
3 sur

— 0. Sur
—3. Sur

Pàiiue.

même.

7.
1.

Sur l'Ascension.
5 discours sur l'Ascension.
i.

Ouvrages supposfs.
rEs|irit saint.

2.

la

Pentecôte.

3 autres sur

les

martyrs cl sur

la croix.

ô. .\yici

critiques de Savilius, etc.

TOME IV,
I.
l')T

comprenant
(Jcnèse.

7M

colonnes (réuni au suivant).
la

homélies sur

la

—2-

9 discours sur

(lenèse.

3.
-

discours
.•>.

sur

In

prophétessc Anne.

—h.

3 homélies sur Saul cl David.

Notes

choisies de Savilius, etc.

TOME
1.

V, comprenant 703 colonnes réuni au prerédciu).
Ô'J

Exposition sur

psaumes.

3.

0|iusiulcs duuleux sur

le

psaume o).

2^2
Ouvmges
1.

BIBLIOGRAPHIE.
supposes.
1.
-47

discours ou expositions sur clivera psaumes.

TO.ME
raphins.

VI, comprenant Oôi colonnes.

Interprétation sur 8 diop. d'Isaïc.


'i.

2.

6 liomélics sur Oscc ou

les

Sé-

3.

Sur un passage d'Isaïc

Sur un passage de Jérémic.
C.

— ô.
Conla

2 homélies sur l'obscurité des prophéties.
Daniel.
tre les

Interprétations sur 13 chap. de
8.

7.

Sur un passage de saint Jean.
les tliéàlres.

Sur ilelchisedech.


11.

'.).

jeux et


la
la

10.

Sur un passage de l'Evangile.

Sur

charité [)arfaitc.


i.

l-\

Sur

continence.

13. 2

discours sur la consolation

de

la

mort.

Nahum.

— Abrégé ou commentaire sur — 15. Homélie sur nativité.
1

toute l'Ecriture sainte, jusqu'à

Oiivrares supposes.
l'ancien cl
ticité

1.

Homélie d'un auteur incertain
est le

(juc le législateur

de

du nouveau Testament
:

même.

2.

Homélie dune authen'.'

douteuse sur cette parole

au nom de qui faites-vous ces choses
la

3.

6 homélies de Sc'vc'r/anus, évcquc de Gabala.sur
4.

création

du monde.


7.

Du mcme,

sur

le

Serpent d'airain et

la Trinité.

— 5. Lettre

du

saint doc-

teur à Théodore de Mopsueste.

6. 15

homélies sur différens sujets.

Ouvrage imparfait sur

saint [Matthieu, en 54 homélies.

TOME
Ce volume
lement, à
est tout entier
la fin,

Vil, comprenant 800 colonnes.
rempli par
les

90 homélies sur saint Matthieu ; seules 14 générations

on trouve un /ragmcnl d'une page sur

avant et après la captivité de Babylone.

TOME
Ce volume

VIll, comprenant 772 colonnes (réuni au suivant).

contient les 88 homélies sur saint Jean.
divers sujets, et

Ou'-raijes supposes, hh homélies sur

de plus ou moins

d'importance.

TOME
I.

IX, comprenant 780 pages (réuni au précédent).
les actes

55 homélies sur

des Apôtres.

2.

3i homélies sur lépitre aux

Romains.
Ouvrn'.'es supposes.
1.

3 homélies sur la

pénitence.—

2.

Sur l'aumône.

3.7 discours sur

le

jeAne.
les

— 4.

2 discours sur la patience.

5.

Sur

le salut

de rame.
vierges.

6.

Sur

cathéchuraènes.
hérétiques.

7.

Contre ceux qui corrompent
l'aumonc.

les

—8.

Contre

les

— 9.

De

10. Epître

aux

moines.

11.7 discours puérils et ridicules, suivant l'éditeur.

TOME
1.

44 homélies sur

X, comprenant 80 i colonnes (réuni au suivant). 2. 30 homélies sur la 1" cpitre aux Corinthiens.

la

2e épître

aux Corinthiens.
.

3.

Commentaire sur

lépitre aux Calâtes.

Ouvrages supposes. 1 40 homélies sur divers sujets. TOME XI, comprenant 780 colonnes (réuni au précédent).
1.

24 homélies sur l'épltre aux Éphésiens.
3. 12 homélies sur l'épitre

—2.

15 homélies sur l'épUre aux

PhUippiens. —

aux Colosses.

— 4.11

homélies sur

OEUVRES DE SAINT JEAN-CIIRYSOSTOME.
la

2/»3

1" épitre aux Thcssaloniens.

5.

5 homélies sur

la 2-

épîtrc aux Thessa7. 10

lonicicns.— 6. IS homélies sur
la
2>^

la

1" épilrc à Timothée.

homélies sur
9.

épîtrc à

Timolhéc.

8.

6 homélies sur l'épître à Tite.

3 homélies

sur répitre à Philémon.

Ouvrages supposes. 22 homélies sur divers
la

sujets,

parmi lesquelles

la 2^ sur

Passion est attribuée à Eusèbc (C Alexandrie.

TOME
1.
1
1

XII, comprenant 95G colonnes.

24 homélies sur répître aux Hébreux, avec deux traductions latines,

2.

homélies qui n'avaient pas encore élé éditées et qui renferment un grand
d'indications sur les affaires de ce siècle.

nombre

3.

homélie de Sévérianus,

évètjue de Gabala, sur les sceaux des livres.

4.

homélie d'un auteur inconnu

sur CCS paroles

:

au commencement

était le

Verbe.

5.

Discours sur
le

la

dou-

ceur (douteux).

G.

48 extraits de ses autres homélies sous
liturgie dite de saint

nom

de choix.


8.

7.

Ordre du divin sacriDce, ou

Jean Cbrysoslomc.

Deux

prières d'une authenticité douteuse.
I.
fi

Ouvrages supposes.
moins interpollé.

homélies sur divers sujets.

2.

Éloge de saint

Grégoire l'illuminateur, traduit de l'arménien, peut-être de l'auteur, mais au

TOME
|.

XIII, comprenant 410 colonnes,

1.3

discours trouvés au monastère

du mont Athos,
du

tous supposés, eiceplé

le

1"

et le 4' ([ui sont

douteux.

—2.
2.

Coup-d'œil composé de 5 diatribes sur
saint docteur.
1.

diverses observations qui ressorlcnt des écrits

sur les opi-

nions lliéologi(iucsde ce siècle;

Sur

la discipline, les rites et; la liturgie
4.

de

ce siècle; 3. Sur les hérétiques et les hérésies de ce siècle;
5.

Mélanges divers;

Sur
3. 4.

les

termes

de comparaison

ijui

se rapportent

— —

aux usages profanes.

Témoignage des anciens auteurs, au nombre de
Catalogue de tous
la

17, sur le saint docteur.

les

avec

nouvelle édition.

ouvrages, d'après l'édition de Merci, mis d'accord ô. Catalogue de tous les ouvrages d'après l'édition
la

de Saville, mis d'accord avec
lheiili(iues

nouvelle édition.—

fi.

Catalogue des

écrits

au-

du

saint docteur, tire de la bibliothèque
les

d'Augsbour".

Table

gnicrule a'pliaùéliipic des malières de tous
supposés qui entrent dans celte édition.

ouvrages aulhenlitjucs ou

—Nous avons déjà SIECLE à propos de
cl avoir

parlé, dans les Annales, de
la théorie eatholnjuc

l'E^CYC^LOPEDlE DT
(|ui lui le travail

19»

des sciences

sert d'intro-

duction. Après avoir jeté un rapide coup-d'«eil sur

de

.M.

Laurcntie

rendu hommage à
de son

la

pureté de ses doctrines,

à l'élévation

de sts
les

vues

et à l'élégance

slyle,

nous formions des V(rux
faits

|tonr
le

que tous

articles

de XEnnirtopedie d„ V^' .u,etr fussent
érudition, la

avec

même
titre

esprit, la

même
un

même

profondeur, et nous ajoutions qu'à ce

ce serait

excellent ouvrage.

241
Nos prévisions ont été

liinuoGUAPHit.
juslificcs. I.7i;(ry(?/o/;<-i//<;

du

l'.»

sùdc, lidélcà son
engapcc
iM.

profiraninic, a marclic conslaniinenl
rcnlic.
J-^IIc

dans

la voie

l'avait

Lan-

est
la

dcvonuc tout

à la fois

un monument

sticnliliciue et

une œuvre

rclii^ieuse

de

plus grande portée.

CdMUue
occupe
valeur.

(puvre religieuse, clic a reçu, de la uarl de [liusicurs évèiues, de*
(]ui

témoignages
déj.i,

en garantissent l'imporlancc;
les

comme
,

iruvie scienlili()ue, elle
(lui

parmi

publications de ce tems-ci

une place

en atleslc

la

Le public

est

devenu

très diflicile

pour ce genre d'ouvrages.
(jui

II

veut y troules
l'J'

ver, à côté d'un intérêt universel, une étendue

n'excède pas

bornes
siècle
la

chaciue jour plus restreintes de son oUcnlion. \J Emyclopcdlc du
s'est

conformée

à ces exigences,

en réunissant, avec un grand bonheur,

précision

du

style, et la sobriété des

développemens

,

à l'étendue des vues et à

lavaricté des questions, tout en évitant de se laisser déborder par lamultiplicilé

des mots qui n'est un mérite que dans les dictionnaires de

la

langue, et dont
traiter

une boimc Encyclopédie

doit savoir se préserver, i)our pouvoir,
les

dans

des proportions convenables,

mots qui ont de

1

importance.
,

^ious nous proposons, dans notre prochain

numéro

d'examiner sérieuse-

ment
la

cet ouvrage, qui

nous parait de nature à rendre de grands services pour

propagation des saines doctrines religieuses, sociales et philosophiques.
ce

Tout

menl, pour

que nous en pouvons dire aujourd'hui, c'est qu'il est, iiicoiitcslabicle fonds et pour la forme, le mieux entendu et le plus irré[)ro-

chablc des recueils encyclopédiiiucs publiés depuis trente ans.
\J Encyclopédie
18

du

xix.'

siècle ne peut pas avoir plus de 52 volumes,
la "2Te livraison
,

dont
ne

ont paru.

Pour

les

souscripteurs inscrits avant
fr-, et elle

elle

doit pas coûter plus de 3G4

contiendra

la

matière de 2G0 vol. de

Tin-S" ordinaire.
l'abbé Mignc nous prie d'insérer la rcctilicalion suivante Vous avez annoncé dans le cahier de février que tous les vol. de mes publications ne se^vendaient que 5 francs pour les souscripteurs aux Cours com:

—M

plels d'Eciilnre Sainte et de Tlieologic Veuillez rectilier dans votre prochain

me porterait un grand préjudice Votre asseriion que des 54 vol. du double Cours, de celui de Maislre, des 15 de saint Au^uilin et des 10 de saint Chrysoslômc pris ensemble, des i de lu Pcrpctuilé, des 4 de sainte Tlicrèse, des 3 de Pallavicin, des 4 de Piertc Lombard et de saint Thomas enfin des 4 pretnicrs des Dànonslrnlions cvan^eliques. Le vrai prix pour tout le monde est celui annoncé dans mes
numéro
cette erreur qui
n'est vraie
,

prospectus, hci, frais d annotation
d'achat

,

d'actualisation, de traduction et surtout

de droits de propriété sont la cause de cette différence. Le prix des itO vol. latins du Cours ^/c /^rtZ/o/o^/c n'est également que de 5 frantsi

mais

il

faut prendre la collection entière.

,

ANNALE
DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE.

tJI]ilodopl]ic

Uatioiialiôlr.

LES VERBES NOUVEAUX
M. m;ckii:\vicz, m.

towi vxsKr,

m. guiVEx.

Nous

l'avons

riiommc
par
fait

n'a qu'à descendre en

somentdit dans nos annales, dès que l'ou admet que lui-mèmo pour y trouver, sans secours
la

exlérieur, sans règle exlcrieure,

vrriié; dès

que

l'on

admet que
en
lui, se

un développement spontané
en lui,
il

et nécessaire, la vérité naît

doit arriver

un moment où riiomme
parole de Dieu; et

se reconnaîtra et
il

s'adorera connnc verbe,
celte

comme
d(>

quand

proférera

nouvelle parole, quelque étrange qu'elle puisse être, rien ne
lui être

pourra

opposé
(pii est

logique pour

le réfuter.

Car que peut-on

objecter à Dieu
(pie

censé parler sans témoin
se réalise avec

à sa créature?... et

Ce
une

nous ayons prévu

une élonnante rapidité
prophètes,
les

cirrayantc extension. Les

Verbes,
la

les

révélateurs, les
la

Messies se posent en face de

société actuelle.

Longtems

crainte

du

pensée intime des Verbes nouveaux. C'était sous une forme poétique dans des vers échevelés dans une prose
ridicule avait voilé
la
, ,

obscure,
faisait

s'adressani à des

auteurs

morts ou éloignés,

(pic

l'on

l'application
:

de ces con.séquences.

Mais aujourd'imi on dit
^

oiiviTlcmenl

le

Messie, c'est celui-ci, c'est celui-là

c'est /nui.

On

propose de jurer en son
jurent
;

nom

en plein amphiihéàtre;

les .spoctateur.s

et ainsi les

ancicjmes apothéoses iiaïcnncs ont recommencé.

Nous devons
(|ue revêt la

tenir nos lecteurs au courant

de ces phases nouvelles
dans l'expoI5

polémique contre

in' ht.i;ii.

TUME

IX.

— N'

l'Église catholique. Mais,
'^2.

\S!iti.

,

2^6
sitioii

LI'S

M-,1UŒS NOLNEALX.

(jnc

nous allons

faire

de tes cxcenlricilés, nous avons besoin de
ni les

dire à l'avance

que ce ne sont
les

i^crsonnes ni les résultats

que

sont de» hommes d'honneur, hommes dévoués au soulagement

nous attaquons;

personnes,

— nous en donncrojis
et

des preuves,
religieux, des

même

des

hommes

des misères de leurs frères, de l'hu-

manilé entière

;

les résultats qu'ils désirent obtenir sont
la

une plus

grande union entre
les

famille

humaine, une plus grande charité entre
Christ prépare depuis son établissement.
,

enfans de Dieu. Ce résultat, c'est celui que nous poursuivons nouscelui

mêmes,

que

l'église

du

Mais ce que nous attaquons

ce sont les principes sur lesquels reles

posent ces excentricités diverses; ce sont
font sortir tant d'âmes d'élite de
la

leçons qui tous les jours
cl

croyance catholique,
sens
,

malheu-

reusement quelquefois des limites
:
<<

même du

commun.

»
»
»

La raison cest l'être absolu qui s'apparaît à lui' On a dit même dins la conscience humaine; c'est un principe médiateur
,

entre

l'homme

et

Dieu dans
la

le

dogme

chrétien

;

c'est

un principe

vraiment divin dans

croyance universelle de l'humanité.

On

a

» dit

que

le T'crbe

s'incarnait dans chaque homme...', que Dieu
la

» n'était
»

pas descendu sur

terre

pour proclamer lui-même ces

droits; ....qu'il les a^-ait grai'és de sa

main au fond de toute conqu'il se soit

»

science

'.

»

Voilà ce

que

l'on a dit à

l'homme. Est-il étonnant

mis

à parler
et

comme un
il

Dieu, qu'il se croie Messie, Paraclct, Révélateur;
lui parle ainsi
il

quand

dit

que Dieu
:

au-dedans, que
?

lui

répondre

excepté peut-être

à

moi

parle autrement
31.

Au
raison
et
il

reste, ce n'est pas
le

seulement à

Cousin que nous

faisons rela

monter
en

reproche d'avoir exalté et en quelque sorte divinisé
ces principes; car
le
il

humaine par
est le

y croit sans doute lui-même,

premier

jouet ou

la victime.
,

Ces principes, qui en
les

ce

moment

passent à l'état d'action

ont longtems séjourné dans
le

écoles, se cachant plus
tés naturelles,
les

ou moins sous

nom

d'idées innées
et

,

de facul-

de raison humaine. Réglementés alors
ils

contenus par
,

croyances catholiques,

s'étaient

longtems essayés

répandus,

'

M. Cousin, Cours de

et 76.

1S18, p. J5. — Intwductiœi au cours de — Cours de 1819, 1" partie, p. 19J.

1820, p. 75

LtS VERlitS .\OLVi;ALX.
fortilics

"247
les

dans

les écoles,

quand Descartes
et

esl

venu, non

inventer

',

mais leur donner une forme nouvelle
brillantes sans doute, et

complète. Dans ces théories,
loin

que nous sommes
essentiel, et d'où
,

de rejeter en entier,
,

on

a oublié

un principe

suivant nous
la

sont venus

tous les désordies qui se

trouvent dans

philosophie actuelle. Ce

principe

,

que nous avons eu bien souvent
et

l'occasion d'exposer dans
,

nos

.4 anales,

qui a

fait

comme

la

base de nos travaux
elles

c'est

que

,

quelle

que

soit l'origine
,

de nos idées,

ne se développent en nous,
et

ne se

fortifient

ne

passent à

l'état

de raison

ne constituent
la

l'homme, qu'autant qu'elles sont ou produites, ou excitées par
role,

pa-

que l'homme

doit recevoir
a

forcément d'une société plus ou
\v

moins organisée.

On

renoncé généralement à admettre pour
il

corps un état de nature où
secours extérieur
lui est
le
;

se serait

formé ou développé seul

,

sans

on reconnaît qu'un aide extérieur, un état social

nécessaire; et cet état de nature,
le

que

l'on croit irréalisable

pour

corps, on
la

suppose pour l'âme

;

on assure que l'àme, sans secours,

sans

parole, sans la société, a trouvé et tiouve encore en elle-même
le

Dieu,

monde,
la

sa foi, sa

morale!! Voilà
;

les principes

sur lesquels

s'apj)uye
rejeter
si

philosophie

moderne

et voilà aussi les principes qu'il faut
Il

l'on veut
les

répondre aux Messies et révélateurs nouveaux.

ne faut pas

reconnaître

comme

formés par une communicaiion ou
si

une infusion directe de

l'esprit

de Dieu en eux,

l'on veut leur re-

fuser le dioit de croire à celle

communication. Voilà ce que nous
prophètes nouveaux
,

voudrions que non-seulement
les

les

mais encore

défenseurs de

la

cause catholique comprissent mieux.

'

Nous n'en donnons

ici d'aiilrc

preuve que ces proposilions luofcssees par
le 7

rUnivcisilé de Paris cl condamnées,
cvf'tiuc

mars \î''

,

par Klienne Tcrnpier,

de relie

ville

:

H

n'y a point délai plus excellent (|ue de s'appliquer

à la pliilosoptiic.

l

es philosoplies seuls sonl les sages
la

du monde.

On

»

ne doit pas se contenter de Inulorité pour avoir

cerlilude d'une quesil

"

lion.— Pour qu'un imninic
soil

ail la cerlilude

d'une coiiclu.Mon,
par eux-inénies.

faut
Il

(]u'ii

fondé sur des principes connus ou

clairs

ne fanl
clioses

croire

que ce qui

est

connu par

.soi

ou ce qui peut lètrr par des
ici les

connues par elles-inènies.

-On

reconnailra facilement

principes
\,

de Descarlcs et d'autres philosophies modernes

Voir nos .inv,tUs, tome

p.JTl.

,

•268

LES VLRBtS NOUVEALX.
l'origine de cet esprit de

En exposant

iMessianisme qui se révèle

parmi nous, nous avons voulu

faire connaître les raisons qui

peuvent

servir à excuser les écarts de ces génies d'élite dont nous allons citer
les paroles.

Nous avons voulu surtout

faire passer

dans

l'esprit

de nos

lecteurs ces scnliniens de compassion et de bienveillance bien plus

que
nou-

de division ou/le colère, qui nous animent nous-mêmes pour
veaux
31essies.

les

Les infortunés!

ils

croient suivre des \oi\ parties

du

ciel, tandis

que ce ne sont

({ue des échos rebondissant

de

la terre.

Nous aurons souvent
que

à revenir sur ces questions,

qui sont d'une

importance radicale et décisive. Aujourd'hui, écoutons les révélations
les

Messies nouveaux trouvent dans leur conscience, et qu'ils

disent avoir reçues

du

ciel.

Nos amis nous diront
celles

si

elles

sont

aussi

divines

,

aussi certaines

que

que notre

Église conserve et

nous

coranmnique.
M.

ADAM MICKIEWICZ.
ces polonais qui
,

M. Mickiewicz
lions

est

un de

,

à la suite des |)ersécu,

de l'empereur de Russie

sont venus en France

doublement

chers aux catholiques connne

persécutés et

comme
la

leurs frères en
,

croyance. Déjà très connu dans son pays par ses poésies

c'est

M.

le

comte de Monialembert qui
en 1833
lire
,

le fit

connaître à
,

France en traduisant,
lequel nous

son Li^re des pclevins polonais
foi

daiis

pûmes
les

des pages admirables de

et

de poésie.

Depuis lors
frère
,

ca-

tholiques ne cessèrent de le regarder

comme un
et
,

et

c'est

en

grande partie aux instances de quelques-uns d'entre eux qu'il dut de
voir créer en sa faveur

une chaire de Umgue

de liitcraiure

slrn^e

au Collège de France. Son cours est assez suivi
ses compatriotes,

non-seulement par

mais encore par un certain nombre de français, qui

sympathisent avec ITime aimante et rêveuse du poète. Les journaux
catholiques surtout lui
voici ce

ont souvent donné de justes éloges

'.

Or

que ce

même M.

Mickiewicz est venu annoncer dans

la

séance

du 19 mars
«

dernier.

La docliinc nouvelle

et Je Verlie

nouveau.

Le professeur, après avoir
\J'

fait

un grand nombre de jMologues,
xi,

'

f'nivcr.tfh' tûâho/f'/iic a publié
-iiS.

une analyse de son cours de I8il,l.

p.

Ho,

,

M.

MIC.KirUK 7.,

2/49

(l'avaiil-inopos, (rintrodnclions,

do disrours prôliminairossur piosquo
la

lous les points de la doctrine nouvelle, a enfin abordé

hase de son

nouveau système de méietiipsy chose.
D'abord
n
«

est

venue

la

question

"

(jui
C(t

einharrassc tout penseur,
?i'est

question de nos rapports avec tout
les

qui

pas Vhonnne, avec

animaux

et les végétaux.

>

On

va trouver
lorl.

que nous manquons quelquefois de

clarté, et l'on

n'aura pas

Mais que l'on veuille bien considérer que nous ne
les initiés h la

comptons pas parmi
exposons
les idées

nouvelle doctrine

,

et

que nous

de M. Mickiewicz, idées non moins brumeuses que

profondes. Reprenons notre exposé.
<(

L'homme
à

est le roi

de

la

création

,

oui

,

— mais un

roi

sau-

vage et qui ne sent pas que ses sujets peuvent avoir des droits et sont
destinés

un

état

plus élevé qu'il doit les aider à atteindre. Les
la

philosophes n'ont pas médité sur
férieures.
\rir,
il

cause du mutisme des races in-

Il

y a

un mystère

qu'il faut découvrir, et.

pour ledécou-

faut s'intéresser au sort

de ceux que nous voulons secourir.
solitaire
,

La voix du professeur sur ce sujet n'est pas
tait

dit-il

,

il

se

lui-même pour nous
Il

faire

entendre l'écho qui
la

lui

répond de
touche de
si

l'autre hémisphère.

prend pour exemple
la

race qui

près

la

race humaine,

race marine

,

dont

les

substructions ne sont

éloignées de nos j)ieds

que de
le

l'épaisseur d'un plancher; et

deux voix

plaintives déplorent à l'unisson

que pas un mot du langage d'une de
langage de l'autre. Le
,

ces races n'ait pénétré dans

(

christianisme

précurseur de

la

nouvelle doctrine
,

doit réaliser la réhabilitation des

races inférieures

et la

preuve

,

c'est la

sympathie que

les

chrétiens

professent pour les animaux, en recomiaissance de ce
les

que ceux-ci ont

premiers reconnu
>

le

Sauveur.
le

lùisuite >L
Le-

Mickiewicz définit
la

vi'rbc.

Le verbe
(jui

est partiel et

universel.
( t

verbe donne

force à

l'homme

le i>orte
il

au dedans d'ano\\\\

appainrit celui qui

le jette

au dehors, cependant

est obligé

noncer ce verbe. Le \erbe
trouve
jeté.
la

partiel est poiu"
difficile,

chacun
il

W

wonu-nt

solution d'un

problème


,

trace

un tahleau pro-

Poni"

exemple

:

vcrln-

d' ./rchitnède
est

vcrhr de I^'ewton. Mais

voilà (pie

riionnne lui-même

ce vcrbr, pourvu cependant (pie cet
:

honnnesoit coniplel. (Kxemples

Alexandre-lt'-(irand

,

.lules-(.ésar,

25ft

l.KS

VKRRRS NOI'YEAIX,
,

Napoléon.
«H/'s

)

Lorsque Nopoléon

après une victoire

,

s'est écrié

:

'<

Je

l'horrnne de la

France

,

»

Napoléon
réalisent

a senti qu'il était le

verbe

de la France. Les hommes qui
très-rares
,

môme

ce verbe partiel sont
est le

mais

ils

seront récompensés.

Le général en chef

verbe de l'armée.
')

On trompe

singultèreriienl le

Christ a tout

fait.

— Non. —

monde quand on dit qne Jésusque chacun de nous dei'ienne
,

Il faut

après 2,000, après 3,000 ans, un autre Jésus-Christ
Jésus-Christ.
»

Vcs^al

de

Alexandrc-Ie-Grand,

homme complet, réalisa en
,

lui la

Mythologie,
qu'il était

qui sans lui eût ctc une fahlc
Dieu. Ici
allonge la
le

en croyant de bonne

foi

professeur, en habile orthopédiste et en quelques

mots

,

moyenne
je

stature d'Alexandre

,

abrège son col trop haut,
,

redresse sa lète

un peu penchée du côté gauche
ne
sais

le

déclare beau

comme Adonis

,

quoi

comme Bacc
Est-ce que
voilà

us, et incarne

en

lui la

mythologie, trouve son ouvrage bien et

]iasse à

Jules-César, qui avait

grandement raison de

s'écrier

:

les

Romains me
arrive.

croient

vraiment un homme comme eux! Et
loger en lui le
est

Jules-César tout préparé à

Paganisme. Le tour du catholicisme
a le

La chose
'!^a,

pré\ue

:

Napoléon
le

mieux

réalisé en lui le

Catholicisme,

poléon retrouvait

secret des apôtres.
il

Dans

la

leçon précédente

Napoléon avait baptisé ses soldats,
chrcii ns
,

les

confinnait, et les
,

Évéques
quelque

dans une inconvenante apostrophe
confirmer de ce pontife modèle.
il

étaient invités à apfaut encore

prendre

à

I\îais il

chose pour rendre Napoléon complet,
à la Jules-César.

faut

une de ces exclamations
qui établit que
sa suite,

Or voici une
un jour
la

vérité historique dont l'authenticité est
,

garantie par l'autorité privée de M. Mickievricz

et

Napoléon se
il

sentit

prêtre, et

que n'en ayant pas dans
1"S confesser.

proposa h ceux qui
i)

com]wsaient de
ainsi
:

Le professeur continue
est répartie

Une masse de
qu'il

chaleur et de luet cette

mière

pour chafiue époque. Celte chaleur
J'ai prié

lumière

constituent l'époque...

Dieu

me

donnât quelque cha-

leur et quelque force. J'ai accompli
le

ma

mission en vous annonçant
,

P'erbe incarne, nouvellemenl ern'Ojé parmi nous

et

Vhonneur

d'avoir été trouvé digne de l'annoncer fera la joie de toute
et

ma

vie

de TOUTES MES VIES.

M.
»
>)

MlflKIEWir.Z.
il

251
:

Puis d'un cri véhément

a continué

«

J'ose

sommer ceux

d'entre les polonais et ceux d'entre les français qui ont approché

»

de ce Ferhe de déclarer

s'ils

l'ont

vu

,

oui ou non

— Un

bruit

tumultueux de près d'une soixantaine de voix a répondu par un oui
prolongé et répété. Toutes ces personnes se sont rapidement levées et
ont étendu
le

bras.

Un

seconde sommation a été suivie d'un nou:

veau bruit,

et

de

la

réponse

«

\ous
,

le

jurons.

>

Une dame
tendre parmi
les

étrangère à

la

secte

effrayée de cette scène

,

tomba

dans une crispation nerveuse. Des cris mêlés de sanglots se firent enles

femmes

adeptes, dont

une

est restée et

quelque tems
tendus vers
le

mains

jointes, les bras élevés

au dessus de sa tête

professeur.

Le

bruit général couvrait la voix de

M. Mickiewicz. Une
,

autre

femme

a attendu

que

le

professeur fût descendu de sa chaire

et alors elle s'est jetée à ses pieds et a

voulu

les

embrasser.

Voilà comment M. Mickiewicz a annoncé ou plutôt inauguré un Messie nouveau; ce messie est un Polonais qui porte le nom
,

de To-ividuski
par lesquelles

;
il

on sera sans doute curieux de connaître
s'est

les paroles

annoncé au monde. Nous avons pu nous pro-

curer un exemplaire du fameux discours qu'il prononça dans un re-

pas ou banquet
pour
la

,

que M.
la

IVlickiewicz

appelle la

Cène

,

sans doute

comparer à

cène du sauveur Jésus. Cette pièce est d'auc'est
'.

tant plus curieuse
ait livrée

que

encore

la

seule

que

le

nouveau prophète

à l'impression

M.

TOWIA^SKI.
il

O

nouveau' messie est venu,

y a trois ans,
la

du fond de

la

Lides

iliiiniiic,

apjiorterà ses frères polonais et à

France

le bienfait

rc\élali()iis

dont

il

a été favorisé dans

uuc période de 17 jours, du

26 (Uanibrc au 10 janvier, nous ne savons de quelle année. Assez
loiigtcnis
il

a produit sa doctrine
petit

dans des réunions particulières
il

et

devant un
à laquelle

nombre d'adeptes;
les

a

formé

ainsi

une association
croient
eji lui.

il

aggrége

hommes

et

les

femmes qui

'

lianqurl

<hi

17 jijnvirr

IHH

,

l\

rnri*, cIict np( hcl

,

i,

rup do f»'"!'""'"'

•j.>2

tiS
ilii

M
(".1

H lus
as>('/.
,

MOI

MAI

\,
\|>ic-;
n\i»ii- .uiisi

<M»

(|iK'

le iKiiiiluc

(Il

<"()iisi(lLT;il)|('.

prt'-jiart'

son (imimc dans

le

serroi
joii!'
,

il

a r ni quic<;

!•

inoniciil élait

vonn

de

la

pioduin; au grand
fait

cl

serait d'après ses ordres (pic

M. Mickiewirz aurait
(l'est

la

scène d'apothéose (jue nous a\ons vue.
fut

dans un repas au milieu duquel
fut

reçu
le

un adepte

(peiii-ètre
:

M. Mickiewicz lui-même), que

prononcé

discours suivant

Discours d'ouverture de la solennité du 17 janvier, célébrée intérieurement et extérieurement pour la plus grande gloire du Seigneur, et les plus ferventes actions de grâce pour l'admission du Frère dans le Giron du saint Ministère célébrée en une assemblée petite et paisible encore comme il convient à ce premier pas de l'Œuvre qui s'accomplit dans le monde extérieur, d'une œuvre qui jusqu'à présent était tout entière dans le monde des esprits.
,
;

,

Annonce de l'œuvre
est

nouvelle.

— Théorie
et

des actions humaines.

— L'homme
et esprits

une gaine par laquelle

les esprits agissent.

— Esprits supérieurs
bien et
le

inférieurs, formés en colonnes

opérant
;

le

mal en

ce

monde.


«

La lumière du Christ

est éteinte

nécessité d'un Te envoyé.

Au nom du
Consacrons

l'ère, et

du

Tils, et

du Saint-Esprit. Ainsi
si

soit-il.

le

moment

si

saint et

joyeux que notre Seigneur
si

nous a donné

à la considération

de

si

grands et

saints mystères

que

Dieu, par sa grâce et sa miséricorde, a daigné nous révéler, mystères
qui deviendront
la

base sur laquelle nous réglerons toutes nos actions
,

dans l'œiwre qui approche
serons nos forces dans un
11

qui deviendront

la

source où nous pui-

moment difficile. Représentons-nous l'homme comme la

dernière f^aine,

comme le
de

dernier point visible par lequel des nuées d'esprits agissent invisible-

ment. Ces masses d'esprits armées sont très diverses, car

l'esprit

Vhomme, que
Très-Haut.

dis-je

!

l'esprit

de chaque créature

doit s'accorder avec
le

eux pour former une certaine harmonie prescrite par

décret

du

— Des nuées

d'esprit

,

que

l'œil

ne peut embrasser, en,

combrent

le

globe terresti e, lesquels ordinairement

en cet état d'es-

V. TO\VI\NSKI.
|triis.

l'.»j

snns

ciiv('l()j)pc,

sans orsanisaiion

,

r'csl-à-din' sana
et

m-

selon

la

Icno, accomplissent leur pcnilence en se façonnant

en allen-

t/niit

(jucla volojilé supérieure les introduise de noUK'enu dans cette

vie terrestre [qui est la

mort pour tout

l'esprit

,

car elle est
'.

la

des-

truction de ses facultés, de ses caractères, de sa force

],

— ou bien,

fonuiic les esprits supérieurs
le

,

esprits saints [qui ayant déjà accompli

pèlerinage terrestre selon les lois de l'amour, ne peuvent plus, à

cause de leur élévation, demeurer sous aucune voûte terrestre, ni subir d'opération de cette espèce]. Ils continuent leur opération à l'état
d'esprit, à l'état
»

de liberté et de

vie.

La

terre est

une

vallée, car les esprits inférieurs [d'où les tentasa

tions]

occupent exclusivement

surface.

— Mais
,

Dieu ayant
,

,

du

haut de ses tabernacles, envoyé Jésus-Christ
partie le
a

a

vaincu

dispersé en
ciel,
la

mal terrestre; car Jésus-Christ
gouvernent selon leur nature]

a ouvert le

chemin du

vaincu l'enfer [c'est-à-dire k'S esprits inférieurs qui enconihrenl
,

terre et la

et cela

,

en répandant

la lu-

mière divine par sa très sainte doctrine, sa
dessus tout par ce souille saint
bre préparé à cet honneur.
l'intérieur des

vie,

son exemple,

et par-

et divin qu'il souilla

sur un petit jjom-

— Aussitôt que
le

cette lumière di\ine éclaira
loi

hommes,

aussitôt [selon la

spécifique,

loi

de

la

plus

sainte harmonie,

que Dieu protège avec

plus de force], les colonnes
,

d'esprits inférieurs, agissant par leur gaînc

par leur point terrestre,
la loi

furent obligées de se retirer, et les esprits supérieurs, subissant

de l'harmonie céleste, de prendre leur place. Alors
pures, en rapport avec
le

les

colonnes plus

degré de lumière apportée par Jésus-Christ,
la

s'appuyèrent sur plusieurs points de
l'enfer, et
la

terre

,

le

sceptre fut enlevé à

sainte

Merge, important instrument dans l'œuvre de
la tète

l'amour du Seigneur, écra>a
»

du

ser|H'i)t.

Aujourd'hui donc,lors(jue,/^<Tr la falsifcalion de la lumière de
ou par son eitinction totale, pour n'avoir pas nourri

Ji\<u.<'-Chris{,
le

feu dans nos cœurs, les colonnes obscures se sont de

nouveau éten-

'

Nous nvons pnfcrmé quelques phrases du
f

tejtc rlans des parenihéses

semtiior

blables à celles-ci
le

i,

uniquenienl pour

cii

faciliter l'intelligence

ou en

sens probable.

.\ole tin Irmlmttnr.

25/»

LKS VERBES NOUVEAUX,
la

ducs sur

terre, par la force
,

de

la

m/'me

loi

,

Dieu
la

rf'solut

,

dans

«îon

inextiuguibic miséricorde

que non-seulement
,

lumière de Jésus-

Christ soit épurée et attisée {rozzarzone)

mais encore qu'elle fût
,

mise en une
le

telle tension, qu'il s'en

allumât une étoile ardente
nouvelle alliance
,

et

que

Feu de l'amour

divin,

Feu de

la

réjouit

la

terre

assombrie, afin que l'enfer perdît plus de son sceptre, plus de son
pouvoir; car
par
dis
la

les

nuées dos mauvais esprits, ces colonnes obscures,

force de la

même

loi

sont obligées de fuir devant
la

l'éioile, tan-

que

les esprits
la

purs descendent à

lumière divine.
la terre.

— Et

lors-

que, d'après

miséricorde révélée pour

Dieu, en envoyant

de ses espaces non terrestres des esprits supérieurs, et attisant toujours davantage
le

feu de son

amour,

l'aura,

au lems dusrpiicme
la terre
:

Envoyé,

le

plus activé, et
la terre,

que ce feu aura embrasé
périra [selon
la sainte

alors le

mal disparaîtra de
Force do
la

expression].

prière pour attirer les colonnes des esprits lumineux.

— Ce sont ce
un
Di-

colonnes qui gouvernent l'homme.
esprit élevé.

L'esprit de

l'ours peut devenir

L'Homme

dirigeant l'œuvre vaincra l'enfer par la force de

sa colonne lumineuse.

— Le

mal disparaîtra de

la

société nouvelle.

vers

phénomènes annoncés.

— L'Agneau

faisant descendre

une colonne

lumineuse.

')

Puisons

ici

,

ô mes frères, une grande instruction.
;

La force

réside

uniquement dans Vcsprit
ci est

elle est d^ autant plus

grande, que celui-

plus élevé, plus pur.
la

Un

seul esprit inférieur ébranle aujourla

d'hui toute

Russie et

la

trouble, et la sainte Vierge, par

force de sa

sainteté, d'un
esprits.

seul signe,

imprime

sa volonté à des
,

légions de tels

Tout

l'enfer tremble devant Jésus-Christ
est léger
la

qui, à cause de sa

grande sainteté,
>>

comme un

nuage.
,

Profitons de

lumière de Jcsus-Christ

qui nous

est

envoyée,
l'état

conservons-la tendrement dans nos cœurs, activons-la jusqu'à

de feu de
tre

l'étoile
,

;

elle est

au milieu de notre sombre pèlerinage nonotre force, notre défense contre
,

unique salut
si

notre égide,

le

mal encore
milité,

puissant. Attisons-la par des prières

des actes d'hu-

de contrition, d'amour; par
$16"]
;

le travail intérieur,
,

par

les efforts

[dociskanie

et

,

dans

chaque moment

selon

l'état

de notre

âme,

la

colonne sombre sera remplacée par une autre lumineuse.

,

M.
et
la

TOWUINSKI.

2f>5
la

nous fera descendre
joie de l'esprit
;

la

bénédiction

du Seigneur,
la

consolation,

fera

surtout descendre
,

protection supérieure

la

lumière

,

la

force pour l'œuvre

pour ces actions gigantesques. La ne sont rien auprès de
la

lumière et

la

force matérielles, terrestres,
la

lumière et de

force d'un seul esprit libre
,

même

inférieur
saints

;

et

que

dire d'une colonne lumineuse entière

composée des

du Seiet ar-

gneur, à

la

tète de laquelle est Dieu lui-même, [ô grâce inconcevable l'on

du Seigneur], que
dent soupir.

peut

s'attirer

par un seul humble

,

pur

L'homme possède
lite

la

volonté

;

mais

elle est

une

partie infiniment
lui faci,

petite de ses actions. Souvent Dieu met l'homme en liberté,

tout

,

et les colonnes de hunière et d'obscurité se retirent

et at-

tendent que l'homme abandonné à lui-même et entièrement libre

prenne nécessairement une direction
vers
la

;

et après celte direction prise

lumière ou l'obscurité,
la loi

les

colonnes lumineuses ou obscures

en vertu de

de l'harmonie,
,

loi

suprême, occupeni encombrent)

Vintérieur de

Vhomme

et le

gouvernent d'après leur nature.
(le

Un
;

grand

et volontaire

assombrissoment

l'âme produit ce

fatal effet,

que pour longtems une colonne obscure occupe l'âme humaine
un
»

et

tel

honune

,

d'ajirès les paroles
»

de

la

révélation

,

«

est

abandonné
,

a:i

pouvoir du mal.

Un

tel

malheureux perd
esprit.
il

sa.
Il

volonté

car

«me colonne sombre occupe (encombre) son
liberté

a toujours la

de

sortir

de cet
il

état

par un
,

effort intérieur;

i>eut,

au milieu
,

de cet enfer où
quer, au
sein

se trouve

faire jaillir

une

petite lumière

et

évo-

moyen de

cette petite lumière,
est
,

une colonne protectrice au
s'il

de son malheur. Mais cela
fait

presque împossil'le, car

ne

l'a

pas

libre et la grâce aidant
Il

comment
la

y réussira-t-il au milieu
la la

d'une atmosphère infernale.
miséricorde divine,
grâce, et
il

arrivera

un tems, où, en vorlu de
liberté et le secours

il

recevra encore
,

de

lui

adviendra de nouAcau

suivant l'usage qu'il fora des
?

dons du
(|iie la

ciel.

Ou'est-co donc que notre raison terrestre
la

qu'est ce
,

doctrine? qu'est-ce que
la

force teirostre

?

Combien
n'rst

sur no-

tre vrai cliomin,

lumière torrcstre
le

la |)lus liatife

rion auprès

de

celle

de Dieu, lorsque
réi>élaiion)

plus élevé sur la terre [d'après la pala seconde vie, n'être
l s

roles

delà

pnit,dani

même pas

un hninmr. Et

l'esprit d'un

ourt avant quitté

plaines polaires^

-

256
Ittui arri\rr

IIS VKRHES NOUVFAIX.

an coinhi'

ilèlt-^ation f/an<i In

premirif rnpilulr
piiroh',
riiiimililc''
,

,lii

inoiuh'. Oucllo

arme

ircst-co donc pas

que

la

la

contrition, lorsqu'un seul soupir d'un petit berger fait descendre sur
lui

une colonne lumineuse. Ainsi
le

,

dans notre position actuelle
la

,

lors
\\\\

lue

mal élreint encore fortement
si

terre

,

où trouverons-nous
?

refuge,

ce n'est dans la pureté et
et

la

componction
la

^pris
le

la secousse

f;«^'ni^rale,

l'œuvre une fois commciuéc,
la

puissance du mal dimicond)at
,

njinuera en cédant à

lumièie étincelante. Après
si

l'en-

thousiasme de l'amour divin sera porté à un

haut degré, que pour

quelque tems

le

mal cédera

tout-à-fait, obéissant à la loi spécifique.
l'ànie
si

Et l'J/omme (iirigcani l'ceiii'rcÔL'Wà avoir

pure,

si

ardente,

que
sant

,

par

la

force de sa colonne lumineuse [qui descend
travail intérieur continuel]
il

en vertu de

son mérite, de son
,

puisse, en repousl'andis

vaincre tout l'elTorl du mal et mettre l'œuvre sur pied,

que

vers son point,

comme

le })!us

important, l'enfer appliquera toute

sa puissance.

Les tentations attaqueront r homme de la prédestina

tion plus fortement, à
\élation]. Il
le

mesure que

l'espiit sortira. [Paroles

de

la

ré-

devra soutenir continuellement cet état de sainteté, car
aussitôt irruption par la colonne

mal

ferait
la

sombre
le

;

et

cette rél'esprit.

sistance est
')

croix de lu noui'elle .llliancc,
création

martyre de

Depuis

la

du monde,

les

colonnes lumineuses n'ont pas

lui

de

l'éclat

dont

elles

seront douées, en vertu d'un enthousiasme
et après la bataille.
,

pur pour Dieu, pendant

Le Mal ayant reconnu

une

si

grande force se retirera

et tout alors

s'accommodera

à

la

vo-

lonté de Dieu.
»

Jésus-Christ racheta

le

genre humain
,

,

car

,

par sa sainteté^
,

il

fit

descendre une colonne lumineuse
la terre.

et

,

par celle-ci
le ciel
,

il

dissipa les

ténèbres épaisses de

L'humilité perce

parce qu'elle
la

en

fait

descendre une colonne lumineuse. La sainte Vierge écrasa

tète

du

serpent, parce qu'elle fut l'instrument si important de l'œuvre

de

la

<lispersion des ténèbres par des rolonnes lumineuses.
la prière
,

In grand

bien résulte de l'union dans

car alors plusieurs colonnes

lumineuses composent une

atmosphère lumineuse devant laquelle
la

fuient les mauvais esprits. Cette atmosphère sera générale pendant
bataille,

premier phénomène sur la

terre.

Et

monde

connaîtra

la

puissance de Dieu. Toutes

les alliances

futures seront ordonnées, par

M.

TOWlAiNSkl.

257

rapport à une ardeur toujours plus grande de l'amour de Dieu dans
les

cœurs des hommes,
céleste]
,

et

de

[conformément au\

lois

de l'harmo-

monie
|)rils

une descente toujours plus vaste d'atmosphère d'es-

toujours plus élevés, c'csL-à-dire des grâces

du

ciel

,

tellemeul
ciel.

(ju'au

tcms du 7" envojc de Dieu

,

la terre (L'^iemlrn un

Tel

sera l'amour de Dieu, et, par lui, la sanclification des
cet

honuues que
,

amour

seul peut opcrei'.

Tout globe

subit celte loi

et

l'Agneau
à être

seul efface les péchés, parce

que l'Agneau se dévoue par amour
,

mal reçu par

la terre
la

ténébreuse

qui ne comprend pas

la

lumière.

Cet Agneau, malgré
le

contradiction des

hommes,

active en

lui-même
là les

feu divin

,

fait

descendre une colonne sainte, et sauve par
la

lionmios qui

lui

sont hostiles, parce qu'ils gémissent sous
sera

puissance

du mal. Et l'Agneau ne
l'Agneau de Dieu sera
les

rcc(mnu que plus tard, car ce ne sera
;

qu'au lems où cette lumière se sera implantée et se sera propagée
toiijoiu's

et

martyrisé, parce ([ue, par les

hommes,

colonnes mauvaises f(mdront sur lui
nouveau
I,('s

comme

par leurs organes.
leno, mais

KITels ilu
<

niinislèro.

Il

sauvera non-seulement

la

le

irl.

chérubins condamnés

comme

impuissans.
qu'il a

— .Tcsus-C.hrist, Ironc
n'a pas fait loul
le
la

(le

loi bre divin.

I.n

colonne lumineuse

envoyée

— Homme nouveau chargé de reclamer contre gaspillage de grâce. — C'est en Pan que pouvoir sera en possession de colonne lumineuse. — Mais ce don sera passager. — Dernière épreuve. — Les élus du Seigneur connaiiront méthode d'évoquer colonnes lumineuses y aura toujours un [mini lumineux [lour uuide. — La Irancc
le

bien désiré.
la

I8;>0

le

la

la

les

el

il

est dej;i

un

//oiiif i;vV.

»

Lors donc que nous avons reçu l'ordre de j)orter secours à
la

la terre,

gémissant sous
sant

puissance du mal
,

,

quoique
le

fonliiMielIemi'nt desccndic

durant

en faipmc/iain niinislèrc, une
brillant
,

el cela

colonne luiuiiRMisc dans nos co-urs brùlans de l'amour de Dieu et du
piochain, tandis (pie Dieu
selon son
éternelle
loi
,

sans cette ignilion {gorzenie), ne peut,
,

spéri(i(pir

faire d(^scen(lre

la

colonne de sa

grâce, ileiulons grâce à Dieu de ce
|Mi
,

que,

sa

grâce aidant, nous a\ons
.

au milieu des contradictions
ciilicr
(

cpii

nous entoinent

comprendre
une

l'élit,

r.

niy^lc/r,

le

plus iniportnnl de nnlie force, (i'osl

garantie de nos futures destinées,

Soii\enons-iious

(|ue

notre de-

258
vouemenl

I.L^

VERRES NOUVEAUX.
mais encore
le ciel;

servira, non-seulement la terre,
,

car
la

les esprits saints

ces grands cliérubiris [pour qui
,

non seulcmeiu

nialiùre de la terre

des corps

,

mais encore

le

monde
le

surterresire

d'esprits est trop étroit, à cause de leur élé\ation]. ces grands chéru-

bins ne peuvent quitter
divin par
le

la terre

n'y ayant pas allumé
,

feu delauiour

moyen de nos cœurs
De

à cela destinés;

ne

s'étanl

donc pas

acquittés de leur devoir envers Dieu en
obligés d'y rester.

mesure de leur élévation, ils sont
de ces iirands

nous viendra

l'aide extraordinaire

cliérubins; ces êtres tiès saints descendront à nous avec désir

d'amour

inconcevable, pour nous éclairer, nous fortifier, pourvu seulement

que

la loi

spécifKjue le leur permette, c'est-à-dire

pourvu que nous

présentions toujours à Dieu des cœurs purs, simples, innocent et

aimans.

Kt
la

,

l'œuvre accomplie
,

,

s'ouvrira

,

à

la

face de Dieu
le

,

cette

marche,
tre,

plus auguste

des grands saints quittant
la

globe terres-

Jésus-Christ seul, en sa qualité de père de

terre, ne la quitte

point tout-à-fait.
terre,
il

Comme

tronc

le

plus sacré de l'arbre divin sur la
// est

veillera sur sept

rameaux; sur beaucoup de globes,

ce

Ironc; sa paternité est grande et ^aste. Lorsqu'en leur tems toutes
ces branches reverdiront, alors, d'après les paroles de la révélation,

un nuage de

sept esprits, sous la conduite de leur père, de ce tronc
le

de l'arbre divin, s'abîmera dans
partiel s'unira à l'arbre
la révélation.
»

sein

du

pî re

commun,

et cet arbre

commun

de l'amour, d'après

les paroles

de

Beaucoup de

fils

de ténèbres
la

,

c'est-à-dire d'esprits bas

,

dans

le

temple desquelles le rayon de

lumière divine n'a pas jusqu'à préils

sent pénétré, recevaient des colonnes; car
ils

ont

fait

beaucoup, car
,

ont

fait

énormément
la face

,

ils

ont imprimé

les

directions aux peuples
fait

ils

ont changé

de

la terre,

ce qu'ils n'ont pas

de leur pro-

pre force, mais,

comme

cela a lieu toujours, de celle des esprits,

de

leur grande colonne ténébreuse;

et

jusqu'à présent c'était ordila terre.
,

nairement

la seule

espèce de grandeur connue sur

Jésus-

Christ manifesta au
faisant
la

monde

sa

grandeur selon Dieu

c'est-à-dire en

descendre

la

colonne lumineuse. Mais jamais encore jusqu'ici
le

colonne lumineuse ne posséda

sceptre de la terre
les

;

la

lumière

de Jésus-Christ combattant encore contre
tes, n'est

ténèbres prédominan-

point arrivée jusqu'ici à ce point de force et de puissance.

,

M.

TOWlANSKf.
on
la falsifiait,

259
pour
se

— On

l'outrageait,
!

on

l'étouffait,

raccommohumiliôe et

der; hrlas

elle

servait (l'instrumenta l'orgueil, et ainsi la lumière
n'exisiail

pure de Jésus-(jhrist

çà et

que mendiante

,

contrite; le pouvoir. les directions gLMwrales étaient en possession
d'esprits ténébreux.

vernaient

la

terre,

— —

f]eux-ci

,

par leurs colonnes sombres, gouesprits
!

et l'esprit des

brement son

vaste héritage.

— Hélas

de

la terre

parcourait

li-

il

n'est

venu

à l'esprit
/7f

de per-

sonne que Dieu, après 2,000 années lunaires, célestes,
vive réclamation
i

une

si

onlre
la

le

^aspUagiJ du don

de;

sa grâce et de sa

miséricorde, envoyée à
clamation

terre par Jésus-Christ, qu'après cette ré,

une nouvelle grâce et miséricorde seront répandues

et

par suite une plus lumineuse atmosphère terrestre résultant de ces

colonnes lumineuses versées nécessairement à
par
la

la suite

de cette grâce
la

même
la

loi

spécifique

,

le

sceptre et les directions de

terre

seront en
»

possession de la colonne lumineuse.
travail

L'homme vu par h: prophcte, homme remarquable par le
recul dt^jà l'Ordre

au-dessus de tous les travaux de l'esprit, par l'amour des peuples,

au nombre bienheureux de hU

,

Suprême

et

de

faire cette réclamation et d'effectuer celle grâce nouvelle, et par
cette grâce et par sa

force

,

d'arracher

le

bres de

la terre.

sceptre à l'esprit de ténè-

C'est à la moitié

du

19'' siècle

que tu

as réservé

ô Seigneur, cet honneur, celte joie, ce phénomène inconnu au globe. Le pouvoir en la possession de ht colonne lumineuse cl de la domination de la lumière, de la vérilè et de r amour. Mais la terre dépri-

mée
du
la

,

lourde de péchés, suivant l'expression de
pas longtcms retenir cet hôte céleste
miséricordivux.
,

la

révélation

,

ne

saura

cette

soin

— Les
se ternira

lumière envoyée
le feu
,

tems heureux passeront,
dans
les

première sensation
les

cœurs des hommes
sin-

de

et

colonnes ténébieuses se

jetteront

les
;

âmes assombries
car,

comme

sur leur proie, et en prenilroni possession
la

mcmr dans
,

cr jubilé himillénairc de

grâce

ei

de

la

miséricorde divine
la

le

feu

sacré brûlera seulement sur certains points préparés de

terre, et

en brûlant
terre.

il

fera

descendre

,

pôr des colonnes sainlcs

,

le ciel

sur

la

>Iais à

l'exemple de notre lumière terrestre qui brûle les
le

uns, tandis qu'elle laisse d'autres |ia\s dans

crépuscule, d'autres

encore dans

les

phis épaisses ténèbres et

le froid, la

lumière céleste

260

I.LS

\tUl;LS .NULMiALX.

subira aussi celte destinée, et

au milieu du jubilé de
,

la

grâce, le feu
les

brûlaui 1rs nations élues et préparées
uiOnie
le
le

ne jettera sur

autres pas
l'a

plus faible ra\on. Cependant,

connne

le

Seigneur

assuré,

sceptre sera pour

un

certain tenis arraché à l'enfer, et alors les pa\s
et

les plus

ténébreux seront (pielque toms entravés
la

dans l'inaction,

alois

que

puissance de leur ténébreux monarque sera rclenue par
l'out-Puissant.
triste et
la

la droite
"

du

Après cette

douloureuse épreuve, ô réjouissante pensée

!

l'esprit

ténébreux de

terre, ébranlé, ne rentrera plus jamais en son
lest^lus
le

ancienne puissance,

— car

du Seigneur,
les

ces luminaires futurs

de

la

terre,

couna/ssant déjà

moyen d'éi'Ofjuer les
puissance du mal

colonnes lumi-

neuses, cet unique bouclier contre
toujours désormais chanceler
la

entreprises des ténèbres, feront
;

et le

pouvoir

sur

la

terre sera à l'avenir partagé, sera balancé entre l'esprit de la
et l'esprit

lumière

des ténèbres.

— Et vous, âmes pures, aimantes,
se dii'i-

dévorées d'un désir ardent au milieu des ténèbres, vous aurez déjà,

même

sur terre

,

un point lumineux vers lequel votre àme
Et

geant sera

fortifiée.

même

aujourd'hui, la France présente, sinon
gi'is

un point lumineux, au moins un point du
de
globe,
ta

au milieu des ténèbres

et cela est

déjà le développement élémentaire, progressif
!

miséricordieuse pensée, ô Dieu

^lanilestaliiin
les esprits.

du

secret

du gouvcrncnienl de Dieu.—

Commenl
la

se façonnent

I.a sainteté

de l'amour do Dieu dépend de
les

spontanéité de

ses créatures.
les

— Ce sont elles qui font descendre
—Les
fornies

colonnes lumineuses ou
religions, confes-

colonnes ténébreuses.

exlcrieurcs des

sions,

communions ne
Dieu.

sont rien.

Tout dépend du

mouvement de

notre

àme pour
»

Ici,

mes

frères, dirigeons notre attention,

calmons
,

le

trouble

qui agite notre
sel,

àme en

ce

moment.

— Pourquoi Dieu
que pour
les

père univer,

ce plein et parfait
,

amour
cpii n'a

n'existant

créatures

ses

enfans, qui se dévoue
à lui ses créatures;

rien autre chose à
à côté

cœur que

d'attirer

pourquoi,

de ce pouvoir, de celte puislaisse-t-il

sance, étant

lui-même nn amas de lumière, n'en
la terre, et

de-scendre

(ju'unc parcelle sur
rei|K)se
t-il

cela

encore

si

rarement,

et

pourquoi

à

un

si

triste scMt,

— permet son outrage

et le trioniphe

M. TOWIANSKI.
des ténèbres?
bile,

261

Il a

plu au Seigneur, à l'occasion du (irnchain ju,

de découvrir une partie des secrets de ses gouvernemens
faciliter

afin

de nous

par

un pur amour de

lui

,

afin

qu'un mvslère

n'entravât, ni n'embarrassât pas le
»

cœur

([ui s'élève...

Oui Seigneur

!

vous êtes pressé par In réalité de celle

loi la plus

sacrée, et quoique votre

nous

faciliter le

amour donne des millions de moyens pour chemin du salut, il ne peut ceiicndant nous sauver
,

sans nous, sans celte spontanéité
celle ilcur de noire propre
>)

sans ce

mouvement propre,
la

sans

champ.
,

Dans l'immensité d'œuvrcs divines
l'esprit, et l'esprit,
;

force est

uniquement

dans

dans son eiiveioiipe, dans sa vie terrestre,

perd sa force

beaucoup en
forts,
l

faisaient beaucoup et peuvent faire en faisant descendre des colonnes d'esprits des colonnes plus lumineuses ou plus sombres en rapport ufec
et les

hommes

s^iuiissant,

'ciat

de leurs âmes

,

comme nous
faible

l'avons

vu

:

c'est ainsi

que Moïse,
sans se-

en pliant, c'est-à-dire évoquant une colonne très-puissanle, puisqu'elle était sainte
,

quoique
p;is

exlérieurement
,

,

j-.uiscjue

cours

il

ne pouvait
la bataille.

élever les bras

il

ne

laissait

pas de diriger le

sort de
»

Tour un

seul juste

,

pour ses mérites

,

Dieu épargne un pavs

,

\\m' ville;

car ce juste, par son intérieur pur,

sainte ([ui défend ce pays, cette ville

amène une colonne des eiitrepiises du mal: tandis
à la loi

que précisément sans ce
violable constiluiiou
I.ors
,

seul

homme, conséciuemment

de

l'in-

colonne supérieure ne pourrait venir en aide. donc <|ue tant dc'ie/id du nwuveni'uit dj notre unie pour Dieu
la

considérons (jue sont toutes espèces de formes, tjue sont
sions
je ?
,

les confeS'

que sont
ces

les

communions sans
ce

ce

mouvement. Ah! que
la

dis-

que sont

formes qui nous étourdissent sur
sollicite à

voix de ce père
lui, ces forle

aimant qui nous

mouvement attendu par
de
la

nus qui cloujjent
mal tourne
à

les in,;uiétudes
les

Conscience?

c'est Iors(Mie

son profit
,

moyens donnés par Dieu, lorsque dans
,

les

t('mples (lu Seigneur
h',

des fimiées noires s'élèvent pour Salan
accompli. .Mais
(')

(pie

triomphe du mal

esl

,

vaines entreprises

!

elles

ne

sont rien ces vertus froides, mortes; ces prières, ces formes, ces fon-

dations sans
la

nombre,

etc.
:

,

il

n'y a

\oix de son vicaiie
111'

Mon

SÉRIL. T(J.ML IX.

— N*

fils,

donne moi
.VJ.
18.'l.'l.

que d'écouter Dieu appelant par Ion ccwr ; (pi'une seule
17

,

202
éiiiolion
,

l.liS

VERr.LS NOUVEAUX.

qu'une

illuiuiiialion
,

de
la

l'àine

([ui
la

pcul nous auioner une
le ciel.

colonne d'csprils saints

d'où

grâce,

bénédiclioa el

Inulilitr fies anciens efforts

pour évoquer

les
la

colonnes.

— On ne faisait que se
M.To-

thalouiiler dans la prière.

— Annonce de
la

nouvelle mission conGéc à

wianski.

Ne

point sonder Dieu sur

les

preuves de cette mission.

— For— —

oiAtion des colonnes,

— Jésus-Christ

premier agent.

Les chérubins.
e!>t

r^apoléon ravanl-dernior de
Il

colonne.
les

est le

premier chargé de manifester
les

— M. Towianski en X secrets de Dieu. — Toasts.
le ciel
,

orifice.

»

Jusqu'à présent,
sainte

hommes

roulaient acquérir

évoquer
,

nne colonne
âme,

au

prix:

de ce que Dieu leur avait donné

en se

ménageant eux-mêmes, en
et s'unissant toujours,

se satisfaisant, et par là obscurcissant leur

dans

les affaires
,

de

la vie,

avec

la

colonne

ténébreuse, et les colonnes lumineuses

descendant dans

les

cœurs
il

d'un
avait

petit

nombre de purs

,

n'étaient pas employées au service;

n'y

que des cellules de

cloîtres

ou des misérables cabanes qui
société

aient

été l'habitation de la grâce.
»

Sur un échelon plus élevé de
brillé.

la

,

la

colonne sainte n'a

point encore

Aussi

le

monde

exalte aujourd'hui Celui qui

d'un échelon plus élevé, ayant reçu un appel de Dieu, une sainte tension pour les

œuvres

,

pour

le

ministère

,

les

tourne en formalités,

s'en sert pour se chalouiller

par la prière,

qu'il

prend pour but
,

et

non pour moyen de des ordres pour que
au service
Seigneur.
»

servir le Seigneur,
les

aujourd'hui

Dieu a donné

colonnes lumineuses se présentent sur terre
le

actif,

pour défendre contre

mai

la

plus sainte

œuvre du

Ajant

reçu ces ordres

très- saints

d'un recoin de la Lithuanie,
et l'appeler à
les destins

je

me suis hâté pour te les déclarer à toi, frère, au nom des ordres suprêmes. Ne scrutons pas

l'œuvre

pour quoi

Dieu nous commet, à nous indignes, une œuvre si grande, l'œuvre de son amour; ne le sondons pas, mais appliquons tous nos forces à
l'accomphssement de
la

volonté suprême.

A une

autre époque

,

nous
avec

eussions été obligés de nous cacher dans les
l'étincelle
»

murs d'un

cloître

qui nous anime.
la

Aujourd'hui que

grâce du Très-Haut nous appelle à l'actiou

qui nous attend au miheu de l'orage du monde, nous devons nous en-

AI.

Tû^\iA^SK^.
iiitOricur,

263
pour
(juc le

fermer dans

le cloître

de notre

mal qui nous

guette ne puisse faire irruption derrière nos grilles, cl nous

amener

une colonne ténébreuse qui put
est notre défense
fait

faire

chanceler l'œuvre. Jésus-Christ

comme
la terre

père et source de toute lumière que Dieu
,

descendre sur

et

dans celle œuvre
,

,

il

est

,

après Dieu
,

,

le

premier agent. Viennent après
d'esprits.
le

ces grands chérubins

ces saintes

armées

Et nous

,

nous constituons, de par la volonté su-

prcmc

,

dernier échelon de cette colonne; nous en

sommes surtout

Vorijicc, par lequel la force divine, invisible, doit se manifester visi-

blement à
spécial
,

la

terre.

Et

loi

,

(^rprii

de Napoléon

,

par un privilège
Il

lu es

ravanl-dcndcr

da/is celle saiiile colonne.

t'est

permis de vivre, d'agir sur
il

la terre,

sans cesser d'être
tes

un pur

esprit;

t'est

permis de t'unir
ta

et

de porter secours à
,

instrumens terresta

tres,

pour que

nation le reconnaisse

et

,

habituée à
le

direction

,

avide d'elle, accomplisse l'œuvre prescrite par
a plu

Seigneur, selon qu'il
volonté cl ses
grâce, de

au Seigneur de manifester en cela sa très-sainte

dispositions.

Lorsque nous sommes élevés à
c'est

la gloire et à la
la

manièic que
vine
,

par nous que doit se répandre

miséricorde di-

ah

I

souvenons nous à chaque instant qu'un dépouillement
,

complet, un détachement de tout ce qui est humain
lure
,

de toute souiltrouble peut

doit être le caractère de cet orifice

,

le

plus

]>eiii

arrcler la colonne; car Dieu ne changera pas sa loi spécifique. Beaucoup d'hommes (?.'/7/) qui gémissent aujourd'hui ont arrêté la
,

source do
volonté

la

grâce divine par leur impureté. .Maintenant
la

,

d'après la

suprême révélée,

grâce arrêtée par l'un sera incontinent

a\ancéo par l'autre; car l'œuvre delà miséricorde di\ine doit être accomplie, parce que celle œuvre, préparée depuis des siècles, et, tracée d'un L'ardd et confiée à ses sen'iteurs ,
;

suivant saint Jean

pour être exécutée
lonté
»

les serviteurs

supérieurs ont manifesté cette vo-

suprême aux
Je suis
la

inférieurs.
i/ni ai

le

premier

reçu cet ordre sur la icrrc
toi,

et

on

même
du

tems

volonté suprême de te manifester à
ol

frère,

les secrets

Seigneur,
le fil
pli
le

de le recevoir compagnon au service, dr donner au frère du frire (paroles do l'ordre de saint Jean), ce f(ul s'est accomla

dans
11
,

période do 17 jours, du 1h dérembre au !0 janvier
sa volonté a été remplie.

et

Dieu révéla que

Aujourd'hui donc,

,

266
après
les aclioiis

I-t-'^

\LKliLb

AOL\LAL\.

de grâce adressées au Seigneur, pour nous avoir reil

gardés d'en haut, nous, indignes,

nous

est

permis de nous réjouir

en esprit

et

de nous

féliciter

récipnKiuenicnt de cette grâce et misé,

ricorde divine répandue sur nous. El à nous, iionimes

co()|)éranlà
ar-

l'œuvre de

l'esprit,

il

nous

est

permis de vider

la

coupe avec un

dent soupir', pour
inière
lel

la

prospérité de l'oeuvre et de notre patrie,
la

i're-

coupe de ce genre sur
la

terre; car

il

n'y eut point encore de

service sur

terre et i)ar conséquent de telle
h

coupe
la

,

en nous

souvenant qu'il est permis

l'homme de renouveler

sainte cène

du

Seigneur en élevant

l'esprit.

Premier
-)

loasl, à Dit'u.

Dieu! daigne

recevoir à ta gloire cette exposition
:

de l'œuNre de

l'Esprit dans les formes terrestres
»

Pour

la

prospérité, pour

que ton nom

,

ô Seignem-, soit sancli;

lié

,

pour la prospérité de la plus sainte cause des peuples
!

pour

la

prospérité de notre patrie

Deuxième
n

loast,

au maitrc illuminé.
,

union avec nous!

La miséricorde du Seigneur, le pardon et le repos et prompte O esprit, cher pour nous, d'un héros, frère, col-

lègue et coopérateur dansns l'œuvre sainte.
connaissant de plus près
toi

O

toi,

maître illuinimla

les

décrets du Seigneur en faveur de

terre!

qui, après vingt années de soulîrances, par permission supérieure,

partages en ce

moment

notre banquet en esprit, reçois en ce
les

moment
,

notre solennelle assurance [et calme

soucis qui te consument
efforts
la

ô

ombre chère

!

]

que nous ferons tous nos
la
,

pour devenir dociles

à tes inspirations, à

direction que, d'après
lu

volonté de Dieu, dont
la

lu es plus rapproché
salut de

nous imprimeras pour

joie, le repos et le

ton esprit.
Troisième loast, au frère reçu.

»

Pour
,

la

prospérité, la bénédiction et la santé

du très-cher
le

frère

fiui

par grâce et privilège de Dieu, entrant dans
notre esprit
,

giron du saint

ollice, a réjoui

a

rempU notre cœur de

joie.

Vive

'

Il

faut se fcouvenir

que

l'on est a table et à la tin

duti feslin.

\I.

(UIXF.T.
,

2(>r)

Qu'il marrlic dans la pai\ cl la force

conduit par

la »

droite toute-

puissante sur

le

chemin sacré de
IM.

sa

grande destinée.

Tel est

le

Messie que

Mickiewicz a inauguré

le li)

mars au

collège de iMance.
difficiles

On

voit Cjue les fidèles
la

du

19' siècle ne sont pas

sur les preuves de

mission de leurs Christs. Nous devons
le

pourtant ajouter une chose, c'est que bien que

révélateur nouveau
fait

n'en parle pas, cependant ses adeptes croient qu'il

des miracles.

On
avec

assure en eiïet

que dans un

entretien

que M. Mickiewicz a eu
avait de la mission

Mgr
foi

l'archevêque de Paris,
et lui

comme
il

ce prélat s'étonnait de sa
il

bonne

demandait quelles preuves
lui a-t-il dit,

de

M. Towiauski,

— Mgr,

a fait

une femme d'une maladie

très grave.

— Et M. Mickiewicz accom;

un miracle,

il

a guéri

pagnait ses paroles de protestations non simulées de dévouement à
l'église

catholique, au Christ, à Dieu, à l'iiumanité
a

puis

,

en se retiil

rant,

il

demandé

à

Mgr

sa bénédiction
le

;

et
:

pour

la

recevoir,

s'est

prosterné tout de son long sur

parquet

c'est ce

que M. Mickiewicz

raconte lui-même. lùi répétant ces détails, aucune pensée de
querie

mo-

ou de dérision
la

n'est dans

notre

esprit.

M.

Mickiewicz,

couché sous
grand
à

bénédiction du successeur de saint Denis, est plus

nos yeux que tant de catholiques sans respect pour Dieu ou

pour
dit

le prêtre.

au commencement

Nous voulons seulement prouver ce que nous avons que les révélateurs nouveaux sont des âmes
,

d'élite,

tromi)ées par de faux principes, ne sachant pas distinguer les

voix isolées, vaincs, trompeuses, qui viennent de

l'homme, des gran-

des révélations de
ri'lglisf, (pli
'lel est

Dieu données ouvertement au genre Inmiain, à
les

nous

conseive intactes.
tel est

M. Mickiewicz,

M. 'l'owianski.

M.

EDCAK OUINET.
isolés

Mais ce ne sont pas seulement quel((ues adeptes

qui ont ré-

pondu

h leur

appel et ont roinmuvit' avec eux selon leur expression.

l'n antre piofesseur

du

collège de France, déjà
;i

connu par

«livers

con-

tingens

((u'il a

apportés

l'o-uvre

de

la

révél.iiidu U(iu\elle. s'écriait
:

en pleine séance,
•>

à la (in

du mois

d«'rni<'r

Je dois constater, saluer

comme un

fait

imporlani

,

ce

(pii

se

,

2f)(i

LES VERBES NOUVEAUX.
,

')

passe à quelques pas d'ici

dans l'enceinte du collège de France.

«

An nom des

Slaves,

le
,

prenjier poète des Slaves, notre clier, notre

»
« n
I)

héroïque ."Mickicwicz

cond)at de sa sainte parole pour une cause
la

qui bien souvent se confond avec

nôtre.

Oui jamais

a

entendu une

parole pins sincère, plus religieuse, jdus chrîiienne ,plus extraordinairc

que
le

celle

de cet exilé, au milieu d'un reste de son peuple,
,

» » »
»

comme
est.

prophète

sous les saules?

Ah

!

si

ITirae

des martyrs et
elle

des saints delà Pologne n'est pas avec lui, je ne sais pas où

Oui jamais, surtout,
,

a parlé

de notre pays, de
la

la

France
!

,

avec

des enlrailles de fds
soient rendues
!

si

ce n'est cet enfant de

Pologne

Grâces

» lui » » »

Ces

hommes
le

,

Messieurs

,

ces frères d'armes
il

ont toujours été à l'avant- garde de nos armées;
veuillent être encore
,

est juste qu'ils

dans

mouvement de

la

France, à l'avant-

garde de

l'avenii-.

)

Les auditeurs de M. Quinel ont applaudi à cette fraternisation

;

nous doutons que tous connussent

la

révélation nouvelle qu'ils sa-

luaient. >ios lecteurs savent en quoi elle consiste.

Mais M. Quinet

lui-

même
lui,

s'est

posé

comme obéissant
sa
Il

à la volonté de Dieu, qu'il trouve
la

non précisément dans
peuple français.

conscience, mais dans

conscience
;

/lu
il

croit à

une grande

alliance entre les peuples

veut aider à ce
"

mouvement

selon ses forces. Écoutons ses paroles
,

:

Pour ne tromper personne
,

je dois

marquer d'un mot ce que
de cet enseigne-

»
»

j'entends par ces jiaroles

c'est-à-dire la tendance

ment. Je vois autour de moi des cultes divers, qui tous se font une
guerre acharnée
plète
;

»

et

prétendent vivre dans une séquestration comils

»
.)

ils

s'excommunient,

se répudient mutuellement. Si leurs
,

instincts d'isolement

étaient seuls écoutés

n'y ayant aucun lien

«

entre les uns et les autres, cette société se dissoudrait. Chacim veut

»
1

un enseignement séparé,

et je

ne

les

en blâme pas; chacun
de parler

vit

dans

un monde
prendre,

distinct.
la

Ce que je lente

ici, c'est

à tous, c'est
;

'>

de remonter à

source de vie qui leur est

commune

c'est d'ap-

» » ^

c'est d'épeler, c'est

de parler

la

langue de cette grande

cité d'alliance, qui,
et se fortifie

malgré

la

colère de quelques liorames, s'élèi'c
,

chaque jour; car

il

n'est pas Vrai qu'elle soit bâtie
la

»
n

comme on

le dit,

sur l'indifférence, mais bien sur

conscience de
\0\\l

Videndté do

la vie spirituelle

dans

le

monde moderne ! EX

M. QUINET.
» faible
» » »

267

que

je suis, d'où vient
?

que

je ne désespère pas de continuer

celte

lâche

Le

voici

,

Messieurs ; c'est tout

mon

secret

;

je sens
l'esprit
;

que dans
des
lois,

cette

œuvre

je suis

profondément d'accord avec
la
,

du droit, des révolutions, des institutions de
en avant.

France

et

»

ce sentiment, que je peux bien aussi appeler religieux

> et
»

me

fait viarcher
la

Eu donnant

le

me pousse même droit, le même
membres
elle est

nom,

même

place dans la cité de vie aux
,

partagés de

» la

famille religieuse

la

France a montré un sentiment plus chré;

« tien
»

que ceux qui continuaient de maudire
,

entrée par

là,

plus que personne

dans

l'idée

de V église universelle

; 'elle s'est

«
» »

trouvée à
a livré

la fin,

pour

ainsi parler, plus
travail

catholique que Rome. Elle
l'esprit
;

un monde nouveau au
,

de

et

en

me

rangeant

à cette idée d'alliance qui

déposée pour toujours dans notre pays

» et »
» » »

nos institutions, en forme

comme

la

profession de foi, je crois,

moi, aussi, obéir à la volonté de Dieu, manifestée , imprimée par
tant de secousses dans la conscience d'un peuple, La réaction,

pleine de haines, tentée partout, ne peut nulle part réussir, parce

que, mortelle à progrès de
Certes,
il

la

France,

elle est

mortelle à l'Europe
»

,

mortelle au

»

la vie

véritablement religieuse.

y aurait bien des choses à dire sur ces paroles et sur
Ouinet.
JNous
lui et

la

leçon entière de M.
points.

ne

toucherons que

quelques

Et d'abord, autant que
et

plus que lui, l'Église appelle de
cité d'alliance

ses

vœux

cherche à réaliser cette grande

où doivent
|)ris

un jour

se reposer les

cnfansde Dieu. M. Quinet n'a mCnie
;

celte

idée (pie dans l'Église

car l'idée d'une alliance générait' entre les
à

peuples a toujours été antipathique
iMniiileiiant

l'humanité avant l'Evangile.

encore

,

partout où renscignenient de l'Eglise n'est pas

établi

,

elle

persiste à se diviser

par races, par nations^ par rastes.
la

Mais l'Église veut fonder cette alliance sur
à

croyance h un seul Père,
fonder sur l'adoption de

un seul symbole;

et

M, Ouinet \eut

la

toutes lesrroyanres et de tous lessyud)ules, en sorte

que ce

serait vrai-

ment
nion

l'union de
a

la

désunion, l'nnilé de

la

diversité. Cette sorte d'u-

déjà été vue plusieurs lois dans
le

le

nioude

,

et l'Iumiauilé lui n
;

donné
lomplr

nom

de polytliéisuie, de pauthéisme, d'indinërcure
élevé, qui eviste encore, c'est
le

tui

lui fut

Panthéon de Rome.

,

2ns

I

^•^

\

I

hRi.s

\or\ faix.

On

s.'iil

In

di'-'^iad.ilioii (|iii

prs.i

sur riiiimaiiilr dans relie rilé d'alccll<;

liance.
lui

Nous
second

l'avttnoMs, ce n'esl point
lieu,

(|ne

nous

clierclions.

M. Oiiinol nous proinc qn'il ne connaît en ancnne
l'K^lisc catli()li(|ne (piand
il

manière

l'esprit

de

l'accuse de vouloir

vivre dans une scf/nestroiio'i campli-tc, et
tincts (V isolement.
les

fpi'il lui

attribue des ins-

Faire de pareils reproches à l'Kglisc, c'est fermer
s'est passé

yeux sur ce qui

depuis

la

prédication de l'Évangile

sur ce qui se passe sous nos yeux. Ceux-là sont plus conséquens qui
l'accusent au contraire de trop de prosélytisme.

Dès son berceau,

clic
;

a travaillé à
elle a

communiquer
égal

à tous

son enseignement et sa doctrine
,

appelé tous les

hommes
;

frères

et les a traités comnif; ses

en-

fans avec

un

amour

ce sont au contiaiic les pensées de sét/iteaet inventées
à l'Église

traiion et d'isolement
elle

répandues dans l'humanité
c'est
telle
s'il
,

par

que

l'Église est

venue combattre. Et
pensé? d'alliance
Perse,

encore
quelle
,

que

M. Oniuet doit
ici.

celle

qu'il

prêche

S'il

avtiit

été Égyptien, Grec,

était

Chinois, Hindou,

celte pensée d'alliance ne lui serait pas
tait
il

venue

et si

on

la lui

présen-

la rejetterait loin

de

lui.

Quant

à la haine qu'il reproche à l'Église,

chacun

sait

bien que

tout en poursuivant l'erreur l'Église aime ceux qui errent. M. Quinet
est trop sous
la

préoccupation de rjuelques attaques qui ont pu être

trop \ives

,

les

auteurs eux-mêmes l'ont reconnu, mais qui ne se sont
Il

jamais adressées à sa personne.

n'y a pas

un

seul vrai catholique,

parmi ceux qui l'attaquent, qui ne
pouvoir
le

soit disposé à

donner sa
ils

vie

pour

reconnaître i)our frère.
l'Église.

Tels au moins

devraient être

pour être enfans de

Est-ce

ce que l'on peut appeler de la

haine? La haine a toujours été un instinct de l'humanité séparée de
l'Église.
Il est

encore une chose contre laquelle nous devons réclamer. Dans
,

tout le cours de sa leçon

d'Espagne a été

et est

encore

M. Quinet cherche à prouver que l'éghse le type de l'Église cathohque. D'abord
les

nous ne croyons pas que cette Église mérite

reproches que

lui fait

M. Quinet. Ce
M. Quinet

n'est point

en se promenant un ou deux mois dans
la

l'Espagne actuelle qu'on peut
est plus

connaître
réel.

;

et

le

portrait qu'en fait
,

poétique que
loin

Mais après cette réserve
l'église

nous

dirons que nous

sommes

de regarder

d'Espagne com

,

M. OTJINET.
le

2C0

typo

(îo l'Kglise

raiholiqno. Ccllo-ci n'a jamais pris pour symbole
les

une esclave pins ou moins riche dormant dans
bicnvcillans d'un roi.
les lèvres

bras plus ou moins

L'église

d'Fspagne ne

s'est

pas souvenue que
la

du

j)rètre doivent
les

non seulement conserver

science, mais

encore tous

jours l'augmenter; ce n'était pas assez d'éloigner les
il

erreurs étrangères,
vérités
utile à

fallait

encore chercher

les vérités étrangères, les

politiques, spéculatives, industrielles, tout

ce qui peut être
tout cela. Aussi
ses bras

l'humanité

;

car l'Kglise catholique

comprend

l'Église est plutôt symbolisée par

une mère serrant dans
sa

peu-

ples et rois

,

leur

communiquant
,

propre vie

,

les invitant à

une
con-

union

réelle et

durable

aidant l'iiumanilé dans sa

route

,

et la

duisant vers son père qui est Dieu.
A

euir reprocher à l'église d'Kspagne et par elle à l'Église catholique
fait le

d'avoir

malheur actuel de ce pays,

c'est faire

tomber sur

la

vic-

time

les

reproches qui doivv'ut s'adresser à
effet

l'assassin.

Que voyons

nous en
estimés

en Espagne? L'introduction des doctrines, des principes
la

qui ont bouleversé

France

;

les livres

de Voltaire

et

de Rousseau,

à leur juste

valeur en France, sont préconisés en Espagne
les

avec cet engouement d'un peuple enfant qui admire toutes

nou-

veautés. L'introduction de ces doctrines qu'a-t-elle produit jusqu'à

ce

moment?

la

ruine

,

la

guerre

civile, la

mort.

Comme
le

M. Ouinet,

nous croyons cette épreuve

utile à l'Espagne,

non point parce que ces
peuple espagnol

doctrines s'y établiront à jamais, mais parce que après un court essai, en connaîtra
s'est fait
la

fausseté et le danger. C'est ce qui

en France.

Comme
lat

M. Ouinet, nous croyons notre patrie appelée à un aposto,

glorieux

mais

c'est

parce qu'après avoir

fait la

première

rap[>li-

cation des principes
et

que M. Quinet appelle de Descartes, de Luther,
elle est la

que nous croyons bien plus anciens,
la

première

à

en avoir

reconnu

fausseté. ()uoi (pi'eu disent les
s'est
;

nouveaux révélateurs, un
en France
,

grand changement

fait

dans

les esprits

im grand
,

mouvement

les

pousse
le

mais ce changement, ce mouvement
sens catholique
,

sont
reli-

complètement dans

dans

le

sens de l'unité
et (pii est

gieuse, mais de cette unité qui a son centre à

Uome,
mais

basée

sur l'identité de s\nd)ole. M. Ouinet ne veut pas ViinmohilHi- des
esprits;

nous ne

la

voulons pas plus que

lui

;

il

ne

voit pas

que

,

278
s'il

LLS VERBES NOUVEAUX.

y a vie,

mouvement, progrùschez nous,
le doit.

cl

chez

les

autres, c'est

à l'Église calliolique qu'on
lique,

En
dans

effet,

supprimez l'Église cathotropardeus

supprimez son rigide symbole, ses
le

zélés et peut-être

défenseurs, et

calme va se

faire

\v

monde

intellectuel; car l'er-

reur ne combat pas contre elle-même; nousre\iendrons aux lems de
la

Rome

païenne avant

le Christ, alors

que

l'esprit

humain
les

se repo-

sait

tranquillement, parcourant

satisfait sa

course terrestre en adorant

des Dieux de pierre et de bois,

les plantes

de ses jardins,
le

animaux

de sa basse-cour, en réglant ses actions sur
l'appétit des poulets sacrés,

chant des oiseaux ou
de Delphes et de
et à la Chine,

en consultant

les oracles

Dodone

;

nous aurons

le

calme qui règne dans l'Inde

l'esprit se

contente de croire à Bouddha,
et le

h Vichnou, à Fo, etc.

nous aurons le calme
prit grec séparé

dépérissement de

l'esprit

musulman, de

l'es-

de

l'église.
;

Voila la cité d'alliance qui résulterait des
vie et

principes de M. Quinet
c'est

nous voulons plus de
à notre Église.

de progrès, et

pour cela que nous tenons

Aussi nous ne nous effrayons pas beaucoup des nouvelles attaques
qui se sont manifestées en ce moment. Elles ont, suivant nous, leur
principale cause dans de faux principes

que nous avons

signalés plus

haut

,

et

qui proviennent d'un

manque de
,

science et d'instruction.

j\os adversaires ont

un

esprit élevé

perçant, mais qui ne s'élève pas

encore assez haut
desseins de Dieu
,

,

ne connaît pas encore assez toute l'économie des

ne comprend pas assez l'action de l'Église catho-

lique dans l'humanité. Mais

peu à peu
fait.

les

nuages se dissiperont;
ère nouvelle

un pas immense
l'ère

a déjà été

Nous croyons qu'une
l'ère

commence pour l'Église;
de
foi
,

elle a

eu

desmiracles, l'ère du martyre,

elle

va ajouter à ses fastes Vère de la science.
;

De

tous

côtés les élémens de cette ère se préparent

les

peuples se rapprofiliation;

chent; on étudie leurs langues, par celles-ci leur
duit leurs livres sacrés
qu'ils contiennent; ces
la
,

on tra-

par eux on connaîtra

les traditions générales

croyances, ces livres ne pourront supporter
croyances chrétiennes
les prédications
et
,

comparaison avec

les

croyances qui com,

prennent non seulement
révélations faites à

du

Christ

mais toutes

les

Adam,

par lui et par ses descendans
les a altérées
,
,

communine con,

quées au reste de l'humanité, qui
serve plus

et

dont

elle

que des pièces

et des

lambeaux

tandis

que

l'Église

qui

M. QUINET.

271

par les Juifs, par les patriarches remonte au berceau du
a toutes conservées intactes
,

monde

,

les

et les tient

recueillies

dans

sa Bible.
titres

Tous

les

peuples viendront y reconnaître leur origine, leurs

de

frères, viendront y épurer, y

coordonner leurs croyances

,

et

alors

seront posés les fondemens solides d'une union réelle entre les peuples
,

et alors la cité d'alliance sera constituée.

A. B.

272

Mirurr, \i\tp.as Rfvri Anif:

nfm'lntnir nouiu-nu.

PTrnnn-MrciirL vixtuas, îikvkla ieui». m: i.okcivih: i)i: LA MisruïCOi.DE. i)i:MA\Dr iri\TKr.ï)i(.Tio\ CONTIIK SES I II)i:Li:S. lUlEF DE <:OM)AU.\ATI()\

— —

DU SOUVEUAIN

l»Oi\Tll'E.

Nous nous proposions de terminer
ques considérations sur
tiiéories
le

le

précédent

article

par quelles
et

danger

qu'il y a\ait

avoir dégénérer

de révélations humanitaires en illiuninations de bas étage
pratiques,'

en

folies

Nous voulions

citer avec

beaucoup de ménagerinira.t
,
,

mens à ^l^]. Mickiewicz et Ouiiiet, .Michel Normandie, et quelques autres, qui, eux aussi
le

le

duc de

croient avoir en eux

verbe de Dieu et être chargés de
est

le faire

connaître au
craintes
,

monde,
et

lorsle

que un procès récent

venu

réaliser nos

prouver

danger de ces théories avec un à-projws que nous ne pouvons nous

empêcher de
des

saisir,

On

a cité les

noms de MM. Mickiewicz
et

et

Towianski en plein Palais de justice pour excuser
folies,

même

approuver

que Ton

croit sulïisantes

pour motiver une interdiction des
les

droits civils. D'ailleurs

on donne sur

nouveaux Messies des

détails

qui nous étaient inconnus. Le compte-rendu de
la

ce procès, extrait

de

Gazette des Tribunaux

,

devient donc un appendice naturel de
le

notre précédent article; c'est ce qui nous détermine à

publier,
,

11
il

pourra d'ailleurs égayer un
faut en convenir
,

moment

nos lecteurs

,

si

peu égayés

par notre rédaction habituelle.

Nous joignons
vOque de Bayeux
ce visionnaire
;

à ce

compte-rendu deux
lieu est la

pièces.

La première que

nous mettons en premier

circulaire par laquelle

Mgr

l'é-

avertissait ses prêtres

de prémunir

les fidèles

contre

la

seconde que nous mettrons

à la fin est le l'on fait

bref de

sa sainteté Grégoire

XVI, condamnant
les

l'abus

que

du nom de

Dieu

et

du

Christ,

pour tromper

crédules.

On

verra en cela que les
la

chefs de l'Église catholique n'ont pas attendu les révélations de
tice

jus-

ou

les plaintes

des parens pour empêcher

les

duperies dont se

plaignent ces derniers.

DE l'œlnul dl
Lellrc de

j.a

MisÉuicor.Dt.

273

Mgr Tévèque de Baveux

sur l'œuvre de Pierre Vintras.
liayeux,
'}

novembre

18 il.

t

Messieurs

el cliers

coopéralcurs,
fuilivenii'iit

1

Des inanuscrits pioj)agés

dans

notre diocèse nous a\ aient

révélé l'existence d'une association religieuse, qui a son symbole, ses obser-

vances, ses emblèmes.

Nous

surveillions attentivement la

marche

et les

pro-

grès de cette société, lorsqu'un opuscule

imprimé

est

venu subitement jusiilier
but avoue de

nos craintes. Dans cet opu^ule, déjà répandu avec profusion, on annonce des

communications

célestes,

on publie des miracles nombreux,
les

et le

ces révélations et

de ces miracles est de préparer

fidèles à

un nouveau
impor-

règne, au règne de l'Esprit saint, sous lequel l'Evangile sera mieux (omprisj

de nouvelles lumières seront données
tantes

ii

l'Eglise sur les vérités les plus

du Christianisme, des dogmes inconnus jusqu'alors seront proclamés
autant d'articles de
foi

(omme

par l'organe d'un concile général,

comme

si

l'Eglise |)ouvait

jamais avoir d'autre règle de croyance que
sièi les

la tradition et

ren-

seignement des

passés. I,e chef de celte association, sinqde Iaïi|ue,a

choisi, parmi ses adeptes, des apôtres

chargés de répandre ce qu'il

nomme

XOEiiitc de

la miséricorde; et,

usurpant des pouvoirs qui ne sauraient apil

partenir qu'aux pontifes de l'Eglise,

leur

donne une

sorte de consécration

par rim|)Osition des mains et l'onction ^KvbauTC de la Croix.
>

Vous n'ignore/ pas, nos

clicrs

cooperateurs, cette règle
1

si

sagement

éta-

blie el sanclionnéc nar le saint concile de

rente, d'afirès laquelle

aucun nou

veau miracle ne doit être i»ublic dans un diocèse sans l'approbation de lévèqiic (le

ce diocèse'. Or,

comment pourrions-nous approuver de prétendus
pour conlirmer des doctrines

miracles arrivés dans l'ombre ou dépourvus des caraclèros qui annoncent l'ojicration divine, des miracles qui seraient faits

manifestement erronées'

A

Dieu ne

plaise ()ue
la

nous autorisions un apostolat
!

laïque, formé pour réaliser

l'ieuvre de
le

rf):iner,ilion tic l'iliUst

"Sous

avons pu jusi|u'à présent garder

silence; mais aujourd'hui

ces

hommes

les intérêts de la dépôt nous a été conlié, nous font un devoir de nous élever contre ces nouveautés profanes et ces entreprises téméraires, avec toute l'autorité
foi,

réjiandant leurs écrits avec une ardeur toujours croissante,

dont

le

que nous doiuicnt
nous sommes
C'est pourquoi
iliin hiiliic

le

caractère sai ré de l'épiscopat et

la

mission divine dont

chnrgi'.
,

npres avoir entendu
,

le

rapport circonstancié

et

motive

ihéologien

a|)res

un mûr examen de notre

pari, el de l'avis una-

'

Ntatuit snncla sjnodus nulla admiticnda e^he no\a niiiaculd, mim recoguoset

cenle

approbnnîe

f'.piscopu.

Sas.

To.

U

'21

MIQILL VINTHAS RÉVÉLATLUR
commwùralions
n

ninie de noire conseil, nous utci.AU0NS (juc V Opuscule sur les

annonranl COEuvrc de la luiscrirordc* conticnl des principes contraire»

renseignement

et

ii

In

foi

de ITglise

ralliulii|uc

;

que

les

ré\elations et les

miracles dont on veut se prévaloir ne sauraieut venir de Dieu; nous réprou-

vons

et

condamnons

l'association établie
-

pour

la

propaj^alion de ces révéla-

tions et de ces principes.

Voici maintonaal l'histoire d'uue famille illumiuée par col imjwsteur.

Nous savons

qu'elle n'est pas la seule et rpie le

nombre dos du-

pes est trcs-ctendu.

Tribunal

civil

de la Seine

Chambre). du 22 mars 1844.
l"^*^

Audience

(Présidence de

31.

de Belleyme).

Les disciples d'un nouveau prophète.
les esprits célestes.

— Extases, visions, communications arec — La secte de \OEuvre de la Miséricorde. — Demande
un homme qui
a
,

en interdiction.
«
')

Il s'est

trouvé, eu 18^0,

tout d'un coup

,

s'est

prétendu illuminé par des inspirations
des états d'extase dont
il

célestes.

Cet

homme

,

dans

» »

donné

le

spectacle pendant des nuits

qu'il a appelées mystérieuses, a pi-étendu qu'il était

en communiet

»
» »

cation avec la divinité

ou avec
sous

ses organes.

La Vierge

Jésus-

Christ lui apparaissaient sous des formes mortelles. L'archange saint

Michel se présentait à

lui

la

forme d'un

vieillard vénérable.
,

»
))

Saint Joseph se montrait sous le costimie d'un ouvrier
règle à la

avec une

main

,

ainsi

que

le

peint l'Écriture. Puis Pierre-Michel

C'est

un

in-8" de 4

f.

1/2

^

imprimé chez Locquin
le

,

à Paris.

En

voici quel-

ques extraits:
«

Le monde, y
et
il

dit on, a
le

vécu sous
règne de
la

règne de

la

crainte depuis Moïse jus-

qu'à Jésus-Christ; sous

srâce, depuis Jésus-Christ jusqu'à nos
la

jours

;

va passer sous le règne de l'amour dans l'OEuvre de
la

miséricorde.

Règne du Père sous
Ksprit, sous l'Evangile
«

Loi; règne du Fils sous l'Evangile; règne du saint
le

mieux compris, où
,

Paraclet enseignera toute vérité....

Dans

cette

troisième période

le

Seigneur choisit pour Organe Pierreet

Michel, qu'il charge de recevoir, d'écrire
divines,

de répandre ses communications
les

au sujet de
le

l'alliance

quil va renouveler avec

hommes en

les re-

générant par

Saint-Esprit.

, ,

DE L'ŒU\'RE de la miséricorde.
»

275

cnk'Hclait des paroles sublimes;

il

redisait ces paroles, et eu les pro»

»

nonçaut
«

il

était

plongé dans un état d'extase miraculeuse.

Telles étaient les paroles prononcées le 2 juin
la

1843 devant

la

chambre criminelle de
Delapalme
',

Cour de

cassation, par

M.

l'avocat-général

dans son 'réquisitoire à l'occasion du pourvoi du nou-

veau prophète Pierre-Michel Vintras, condamné à cinq ans d'empri-

sonnement pour escroquerie
sation a rejeté,

et

abus de confiance ^ La Cour de caspourvoi de Pierre-31ichel
n'a pas refroidi
;

nous l'avons
qu'il subit

dit, le

mais

la

condamnation

en ce

moment

le zèle

ar-

dent de ses disciples,

et l'exaltation d'esprit

de deux d'entre eux avail

déterminé leur famille à provoquer aujourd'hui leur interdiction.
»

Le rapport de M. Martel, juge,
à la

fait

connaître
et M"""

les faits

suivaus,
et

empruntés
Bournier
nier.
»
,

requête présentée par M.
l'interdiction

Faguer

et

M.

M""

pour demander

de M. et M'"" Emile liom--

M. Faguer gère à

Paris, dans la rue Richelieu,

un établissement
fille

de parfumerie renommé.
Lournier
,

En

1

839

,

il

a

marié sa

à

3L Éuiiie

et

il

se l'est associé

pour son commerce. M. Bournier

d'abord associé, devait ensuite devenir seul gérant et propriétaire de
l'établissement
les prévisions
» II y a
;

mais voici

les

circonstances qui sont venues déranger

du père de

famille.
,

quatre ans environ

qu'un

nommé

Pierre-Michel

\ intras

des environs de Caea, prétendit prophétiser l'avenir, faire des miiacles

qui prouveraient sa mission divine, annoncer de grands chàliet à leur suite le

mcns,

règne de la Miséricorde

et

de l'Esprit
le

,

dont

les ijrincipau-t

a^ens au milieu des hommes seraient
pontife.
avait
le

monan/uc
dans

fort
>'

cl le

grand

Cet

homme
ils

beaucoup d'adeptes dans

la

Touraine

et

le

Maine;

ont pris

nom

d'associés dv ÏOF.u^'re de lu Miséricorde,
petite croix blanche, sans Christ, a\ec

et portent

pour insignes une

un ruban

rose. Jl portent aussi

un ruban en l'honneur de llnnuacu-

lée conception

de

la sainte

Vierge.

'

\'o\x\îiG(t:fllr des Irihinidiir {\n'\]n\u ISi:î.
i-

C'rd le '20 auùl 18 i'2 (|ue te sieur Vintras a élc rondaïuno h ;> ans il'eiii|ii suuuemcui et à 100 Ir. liauicude i)ar lu iriLunal corrsïliounci do Caeu.

,

276
»

MICIILL

M.MUAS
dc^cnu

KLMll.VTtLii
l'un des adeptes de
la

M. Kmile liouinicr

est

religion

de

l'icric-Michcl Vintras, et, dans les premiers mois de

lS'i."5,

à la suiie
il

de conférences avec l'un des partisans de

l'ierre-MiclicI

Mnlras,

communiqua