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UNIVERSITÉ MOHAMMED V – AGDAL FACULTÉ DES SCIENCES Rabat N° d’ordre : 2292 THÈSE DE

UNIVERSITÉ MOHAMMED V – AGDAL FACULTÉ DES SCIENCES Rabat

MOHAMMED V – AGDAL FACULTÉ DES SCIENCES Rabat N° d’ordre : 2292 THÈSE DE DOCTORAT Présentée

N° d’ordre : 2292

THÈSE DE DOCTORAT

Présentée par

SANAA BENABDELLOUAHAD

Discipline : SCIENCES DE LA VIE Spécialité : HYDROBIOLOGIE ET BIODIVERSITE AQUATIQUE

STRUCTURE, DYNAMIQUE ET TYPOLOGIES PHYSICO-CHIMIQUES ET PHYTOPLANCTONIQUES DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG (CÔTE ATLANTIQUE MAROCAINE)

Soutenue le 21 janvier 2006, devant le jury :

Présidente :

Mme Touria BENAZZOU

Examinateurs :

: Professeur, Faculté des sciences de Rabat, Maroc

M.

Meeransa Syed SHAFEE : Professeur, Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, Maroc

M.

Mohamed LOUDIKI

: Professeur, Faculté des sciences de Marrakech, Maroc

M.

Ahmed YAHYAOUI

: Professeur, Faculté des sciences de Rabat, Maroc

M.

Abdelaziz BENHOUSSA : Professeur, Faculté des sciences de Rabat, Maroc

M.

Allal HAMOUDA

: Professeur, Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, Maroc

Faculté des Sciences, 4 Avenue Ibn Battouta B.P. 1014 RP, Rabat – Maroc Tel +212 (0) 37 77 18 34/35/38, Fax : +212 (0) 37 77 42 61, http://www.fsr.ac.ma

A mes très chers parents

Jamais je ne saurais m’exprimer quant aux sacrifices et dévouement que vous avez consacrés à mon éducation et mes études. Les mots aussi expressifs soient-ils, restent faibles pour vous énoncer ma gratitude hautement profonde. Puisse Dieu vous exaucer de santé, de prospérité et de bien-être et vous octroyer une longue vie.

A mes chers Fatiha et Mustapha

A mes gracieuses sœurs

A mes chers Said et azzeddine A mes aimables belle-sœur et beaux-frères Aux petites Hounaïda, Malake et Janette

A mes nièces et neveux A ma belle-famille

A tous ceux qui me sont chers

Avant-propos

AVANT-PROPOS

Le présent travail de recherche a été réalisé grâce à la collaboration effective entre la Faculté des Sciences de Rabat, l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat et la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech. Il s’inscrit dans le cadre des thèmes de recherches de l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) intitulée : "Biodiversité, exploitation rationnelle et gestion des ressources naturelles des zones humides" dont le responsable est Professeur Touria BENAZZOU. Ce travail a été effectué sous la direction du Professeur Touria BENAZZOU, Chef du laboratoire de Zoologie et Biologie Générale de la Faculté des Sciences de Rabat et la co-direction et l’encadrement de Monsieur Meeransa Syed SHAFEE, Professeur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat et Monsieur Mohamed LOUDIKI, Vice-doyen de la Faculté Poly-disciplinaire de Safi et Professeur à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech. Mes travaux ont été menés au département de Foresterie à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat et aux laboratoires d’Algologie, d’Ecotoxicologie et de Physiologie Végétale du département de Biologie à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech.

Il m’est agréable d’exprimer ma profonde et respectueuse gratitude et mes sincères remerciements à toutes les personnes qui ont soutenu ce travail et aidé, de prés ou de loin, à le mener à bien.

Je tiens en premier lieu, à remercier sincèrement Monsieur Wail BENJELLOUN, Doyen de la Faculté des Sciences de Rabat et Monsieur Fouâd GUESSOUSS, Directeur de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, pour l’intérêt, le soutien et les encouragements qu’ils accordent à la recherche et aux chercheurs au sein de leurs établissements.

Je dois une profonde reconnaissance à Mme Touria BENAZZOU, Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat, de m’avoir accepté aimablement dans son UFR. Je suis très honorée qu’elle préside le jury de ma thèse. Qu’il me soit permis de la remercier très vivement pour l’intérêt exceptionnel qu’elle octroie aux jeunes chercheurs et à la recherche scientifique.

Je tiens à rendre hommage à Monsieur Meeransa Syed SHAFEE, Professeur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, qui a bien voulu me recevoir dans son laboratoire et accepté d’encadrer et diriger mon travail de thèse. Je lui dois mes remerciements les plus vifs pour l’intérêt et l’effort qu’il a consacrés à mes débuts dans la recherche. Sa disponibilité tout au long de mon parcourt doctoral, son soutien moral, ses efforts continus, ses qualités humaines, ses directives et ses conseils judicieux m’ont été d’un grand intérêt pour mener à bien ce travail. Qu’il trouve ici l’expression de ma profonde reconnaissance.

Je suis particulièrement et vivement reconnaissante à Monsieur Mohamed LOUDIKI, Vice- doyen de la Faculté Poly-disciplinaire de Safi et Professeur à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech, d’avoir bien voulu diriger mon travail de recherche malgré ses multiples préoccupations professionnelles. Qu’il veuille croire à mes sincères remerciements pour ses critiques judicieux, ses remarques et conseils avisés, pour sa haute compétence scientifique dont il m’a fait profiter. Sa rigueur et son exigence étaient toujours au profit du bon déroulement et de l’avancement de mon travail. Il représente pour moi une référence

Avant-propos

incontournable en Algologie. Qu’il soit assuré de ma gratitude et mes remerciements respectueux.

Mes remerciements les plus vifs vont également à Monsieur Abdelaziz BENHOUSSA, Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat, qui me fait l’honneur de porter jugement sur mon travail de recherche. Qu’il soit assuré de mon profond respect et toute ma gratitude d’avoir accepté avec gentillesse de participer à mon jury de thèse.

Monsieur Ahmed YAHYAOUI, Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat, a accepté avec amabilité d’examiner mon travail de recherche et me faire part de ses critiques en siégeant parmi les membres de mon jury de thèse. Je le prie de bien croire à mon profond respect et toute ma gratitude.

Ma dette de reconnaissance est particulièrement lourde envers Monsieur Allal HAMOUDA, Professeur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, qui, en dépit de ses nombreux engagements et responsabilités scientifiques, a suivi avec un grand intérêt mon travail de recherche. Je lui dois une profonde gratitude pour son aide précieuse au niveau statistique et pour les corrections importantes apportées à ce mémoire. J’ai toujours bénéficié de son appui moral, sa disponibilité, sa modestie, ses remarques pertinentes, ses fructueuses discussions et ses conseils qu’il m’a toujours prodigués. Il me fait le grand plaisir d’être un des rapporteurs de cette thèse et participer à son jury.

J’adresse mes vifs remerciements et mon profond respect à Mademoiselle Fouzia YASSINE, Professeur à la Faculté des Sciences de Rabat, à Madame Latifa SAMI, Professeur-assistant à l’Ecole Normale Supérieure - Takaddoum de Rabat et son époux Monsieur Seddik SAIDI, Ingénieur-Agronome à l’Institut National de Recherche Agronomique du GUICH de Rabat, pour leur aide matérielle, leur soutien moral, leur gentillesse et sympathie. Ils étaient toujours là quand j’avais besoin d’eux. Qu’ils reçoivent l’expression de ma sincère reconnaissance.

Toute ma gratitude à Madame Naïla OUAZZANI et Monsieur Mohamed BELKOURA, Professeurs à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech, qui m’ont bien permis d’effectuer certaines analyses physico-chimiques et biochimiques respectivement dans leurs laboratoires. Qu’ils croient à ma profonde reconnaissance de m’avoir fait accueil, de leur gentillesse et leur coopération.

J’exprime ma profonde reconnaissance à Monsieur Houceine TIJANI, Directeur de l’Office National de l’Eau Potable de Rabat et Monsieur M’hamed SEDRATI Ex-directeur de l’Institut National de Recherche Halieutique de Casablanca, qui ont accepté avec amabilité de m’accorder des stages au sein de leurs établissements respectivement. C’est grâce à ces stages que j’ai eu mes premières connaissances dans l’identification des espèces phytoplanctoniques. Qu’ils veuillent agréer l’expression de mon respect et ma gratitude.

J’avoue bien volontiers que j’aurais été incapable de résoudre plusieurs problèmes informatiques si ce n’était pas grâce à mon ami respectable Dr. Hamid AZEROUAL. Je lui adresse ma profonde reconnaissance et tout mon respect pour tout ce qu’il a fait pour moi.

Je suis vivement reconnaissante aux enseignants et au personnel de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, qui, par leurs encouragements, leur appui matériel, l’ambiance positive qu’ils ont toujours su créer et leurs multiples aides, ont beaucoup

Avant-propos

contribué au bon déroulement et à l’avancement de mon travail de recherche. Je suis particulièrement redevable envers :

Monsieur Abdelaziz MOUKRIM, Professeur Chef du département de Foresterie, qui m’a aimablement accepté dans son département ;

Mes amies Mesdames Najah, Malika et Fatima et Messieurs M’hamed BOUHALOUWA et Ahmed HRACHERAS, Professeurs, Mohamed HARKATI et Mohamed EL BAHI technicien et bibliothécaire successivement, du département de Foresterie ;

Monsieur BENGOUMI, Professeur au département de Pharmacie et mon amie Madame Hafida, technicienne au même département ;

Madame Sos-eva DAHBI, Professeur au département de Production animale, Madame Malika BENNANI-BAYTI et Messieurs Mohamed CHICHA et Mohamed DBIZA techniciens au même département.

Je ne saurais oublier la contribution importante dans mon travail, des responsables de la Direction Régionale de la Planification de l’Eau à Rabat, qui m’ont fait aimablement parvenir des données concernant les lâchers du barrage Sidi Mohamed ben Abdellah. Je leur adresse mes sincères remerciements.

Que Madame Nadia BERDAY, Professeur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat, soit assurée de toute ma gratitude pour son aide dans la systématique du phytoplancton qui m’a été très utile surtout que c’était pendant mes premiers jours de l’analyse microscopique.

Mes vifs remerciements vont également à Madame Fatima GABOUNE du Département des statistiques de l’Institut National de Recherche Agronomique de Rabat, d’avoir voulu avec gentillesse de m’aider à ce niveau statistique malgré ses préoccupations.

Par ses qualités humaines, sa modestie, sa gentillesse et sa disponibilité en dépit de ses grandes responsabilités professionnelles et personnelles, Madame Saâdia CHERKAOUI, Professeur-assistant à l’Ecole Supérieure de Technologie de Salé, a su me soutenir et m’apporter l’aide nécessaire quand j’en avais besoin. Je la remercie chaleureusement.

J’adresse contentement mes remerciements les plus vifs et sincères à mes collègues et amis pour leur amitié, leur appui moral, leur collaboration, pour toute la littérature qu’ils m’ont procurée, pour l’ambiance amicale et encourageante qu’ils ont toujours su créer et pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. J’ai le plaisir de nommer en particulier : Laïla SOUMOUE, Latifa MY AISSA, Brahim SABOUR, Sultana BOUMNITE et son mari Houceine AIT HCINE, Hamid RGUIBI IDRISSI, Malika ESSEMRANI, Mohamed KAMEL, Brahim SBIYYA et Brahim FAWZI.

Qu’il me soit permis d’exprimer mes chaleureux remerciements à Messieurs Dr. Abdellatif CHAOUTI, Pr. Mohamed FEKHAOUI et Monsieur le dessinateur-cartographe Ayad EL BOUNI du département de Zoologie et Ecologie Animale de l’Institut Scientifique de Rabat. Ils m’ont été, pendant une période donnée, très utiles par les divers services qu’ils m’ont courtoisement rendus, aide au niveau informatique, encouragements, bibliographie très intéressante notamment. Je les prie de croire à mes profonds respect et gratitude.

Avant-propos

Quoi que je dise à mes chers sœur Fatiha, beau-frère Mustapha et leurs enfants Salma et Simo, jamais je ne pourrais leur transmettre ma reconnaissance. Je leur dois une très profonde gratitude de toute éternité pour l’appui moral et matériel qu’ils m’ont toujours prodigués, pour leur encouragement continu et leur patience. Si mon travail de thèse a pu voir le jour c’est grâce à l’ambiance et aux circonstances positives qu’ils ont toujours su engendrer au sein de leur foyer. Je les remercie infiniment de m’avoir supporté durant mes longues années d’étude depuis ma première année universitaire.

Je réserve une reconnaissance toute particulière à mon époux, à mes sœurs, à mon frère et à mes beaux-frères pour leurs encouragements incessants, leur compréhension et leur aide matérielle. Je leur souhaite de tout mon cœur tout le bonheur qu’ils espèrent.

Résumé

Ce travail de recherche a pour principal objectif la détermination de la composition globale et le suivi de la dynamique du peuplement phytoplanctonique de l’estuaire atlantique marocain du Bou Regreg en relation avec les principaux facteurs abiotiques du milieu. Les caractéristiques physico-chimiques et phytoplanctoniques ont été étudiées au niveau de sept stations, sur la base des données collectées mensuellement à bimensuellement au cours des marées haute et basse pendant 25 mois d’échantillonnage.

Les eaux de l’estuaire montrent, grâce à l’effet régulateur des eaux océaniques, un double gradient thermique horizontal en fonction de la saison. La température des eaux décroît de l’amont vers l’aval en période sèche alors qu’en période humide, ce gradient s’inverse. Ces eaux sont à salinité qui s’élève de plus en plus dans le temps depuis l’édification du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah. Elles sont généralement bien oxygénées et chargées en seston. Les nutriments sont à concentrations élevées principalement en secteurs moyen et amont qui sont les plus touchés par les activités anthropiques polluantes.

Au total, 307 taxons d’algues planctoniques ont été identifiés témoignant d’une taxocénose bien diversifiée. Les Diatomées et les Dinoflagellés sont les mieux représentés. L’indice de Shannon et l’équitabilité indiquent une grande hétérogénéité de la composition phytoplanctonique. La complexité des facteurs environnementaux abiotiques fait que les densités des phytoplanctontes fluctuent dans le temps d’une façon spectaculaire. Les densités cellulaires très élevées, assurées essentiellement par les Cyanobactéries et les Euchlorophycées, témoignent de la grande productivité du Bou Regreg. Les deux Cyanobactéries Synechocystis salina et Synechococcus elongatus et la Chlorophycée Chlorella sp. sont les meilleurs contribuants à cette productivité. Le début de l’hiver 2000 a été marqué par la manifestation d’un bloom monospécifique à Alexandrium taylori. Les blooms à ce dinoflagellé s’avèrent être favorisés par le confinement hydrodynamique plutôt que par l’enrichissement en sels nutritifs et ne semblent pas occasionner des effets nuisibles notables. Bien que toutes les trois rubriques de microalgues toxigènes, vulnérantes et provocatrices d’anoxie ont été dépistées, la grande majorité des espèces reste inoffensive. La présence de la Cyanobactérie Arthrospira platensis, à grand intérêt nutritionnel et médical, en témoigne.

La typologie physico-chimique de l’estuaire du Bou Regreg est gouvernée par la combinaison de deux gradients, celui de l’enrichissement en matières organiques particulaires et en sels nutritifs et celui de la minéralisation. La biotypologie du phytoplancton se révèle sous la dépendance de cette typologie hydrologique. Trois regroupements phytoplanctoniques se succèdent tout au long de l’estuaire selon leurs exigences et tolérances. Les taxons, notamment S. salina, S. elongatus, Kircheneriella obesa et Navicula spp., s’avèrent coloniser l’estuaire tout entier tout en étant indifférents à telle ou telle condition hydrologique.

Les diverses classes d’algues montrent une organisation qualitative et quantitative bien régie par les deux gradients physico-chimiques ; les Dinoflagellés abondent en qualité et en quantité dans les eaux salées déficitaires en nutriments et relativement transparentes, les Diatomées se montrent dans ce même type d’eau, avec de grandes richesses spécifiques tandis que leurs effectifs les plus élevés s’expriment dans les eaux relativement dessalées, enrichies en nutriments et chargées en matières sestoniques. Les Cyanobactéries et les Euchlorophycées exigent, quant à elles, des taux bas de sels dissous et surtout élevés de sels nutritifs.

Mots

clés : Littoral

atlantique,

Maroc,

Estuaire,

Bou

Regreg,

Structure, Dynamique, Typologie, Interaction.

Physico-chimie,

Phytoplancton,

Abstract

Structure, dynamic and particularities of the physical, chemical and the phytoplankton components of Bou Regreg estuary from the Atlantic coast of Morocco

The research work presented here was meant to determine the overall structure and dynamic of phytoplankton populations of the Bou Regreg estuary, situated on the Atlantic coast of Morocco, in relation to the abiotic factors of the environment. The physicochemical and phytoplankton characteristics were studied at seven sampling sites on the basis of the data collected at fortnightly to monthly intervals, at low and high tides during a 25 months sampling period.

The estuarine waters, due to oceanic influence, show a double thermal gradient horizontally with season. In fact, their temperature decrease of the upstream towards the downstream in dry period then q’in wet period, gradient is reversed. The salinity of the estuary was found to increase with time since the construction of the Sidi Mohammed Ben Abdellah dam. The waters, in general, are well oxygenated and rich in suspended particulate matters. High concentrations of nutrients occur at mid stream and upstream parts. They show seasonal variation with higher values at wet seasons and low values at spring-summer months corresponding the rainy and phytoplankton growth seasons respectively.

On the whole, 307 taxa were identified from 499 samples, testifying a well diversified taxonomy of phytoplankton in the estuary. Diatoms and Dinoflagellates are the most represented groups. The complexity of the index of Shannon and the equitability indicate heterogeneity in phytoplankton composition with a structural imbalance. The complexity of the abiotic factors, acting together on the development of the micro-algae, makes the abundance of cells to fluctuate with time in a spectacular manner, particularly at low tide. The abundance of cells follows a gradient inverse to that of specific richness. Cells occurring at great abundance, mostly Cyanobacteria (Synechocystis salina and Synechococcus elongatus) and Euchlorophycia (Chlorella sp.), contribute significantly to the high productivity of the Bou Regreg Estuary. The beginning of winter 2000 was marked by the bloom of Alexandrium taylori at the upstream part of the estuary. This bloom was enhanced by the hydrodynamic containment of the estuary rather than by the enrichment of nutrients and did not show any noticeable harmful effects. Although all the three groups of algae, which are toxic, vulnerable and may provoke anoxia, had been observed to occur, the great majority of species were inoffensive. The presence of the cyanobacteria, Arthrospira platensis, which has a great nutritional and medical interest, has been detected.

The physical-chemical structure of Bou Regreg Estuary is characterized by two gradients: one is the increment of particulate organic mater and nutrients and another is the enrichment of salts, the latter playing therein a more important role. The dynamics of phytoplankton in the estuary is controlled by this physical and chemical structure. Three groups of phytoplankton follow one another all along the estuary according to their requirements and tolerances. The species such as S. salina, S. elongatus, Kirchneriella obesa and Navicula spp. colonize all the estuary, although at different densities, without being affected by varying hydrological conditions.

The qualitative and quantitative organization of the various classes of algae is governed by the two physical-chemical gradients. The dinoflagellates are abundant, qualitatively and quantitatively, in marine waters of good hydrological quality, the diatoms do also show a high specific richness in these waters although their abundance is more pronounced in less saline waters where high concentration of nutrients and particulate organic matter occur. For Cyanobacteria and Euchlorophycae, are present at very low salinity and particularly at high concentration of nutrients.

Key words: Atlantic coast, Morocco, Estuary, Bou Regreg, Physical chemistry, Phytoplankton, Structure, Dynamic, Typology, Interaction.

ﺺﺨﻠﻣ

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ﻕﻠﻌﺘﻴ ﻲﻨﺎﺜﻟﺍﻭ ﺕﺎﺒﺼﺨﻤﻟﺍﻭ ﺔﻴﻭﻀﻌﻟﺍ ﺩﺍﻭﻤﻟﺍ ﺓﺭﻓﻭﺒ ﻕﻠﻌﺘﻴ لﻭﻷﺍ :ﻥﻴﻴﺴﺎﺴﺃ ﻥﻴﻠﻤﺎﻋ ﻕﺍﺭﻗﺭ ﻲﺒﺃ ﺭﻭﺤﻟ ﺔﻴﺠﻭﻟﻭﺭﺩﻴﻬﻟﺍ ﺔﻤﻭﻅﻨﻤﻟﺍ ﻑﻴﻨﺼﺘ ﻲﻓ ﻡﻜﺤﺘﻴ ﺔﻴﺭﻬﺠﻤﻟﺍ ﺏﻟﺎﺤﻁﻟﺍ ﻲﺠﻭﻟﻭﻴﺒﻟﺍ ﻑﻴﻨﺼﺘﻟﺍ ﻥﺃ ﻥﻴﺒﺘ ﺩﻘﻟ .ﺭﻭﺤﻠﻟ ﺔﻴﺌﺎﻴﻤﻴﻜﻭﻴﺯﻔﻟﺍ ﺔﻴﻨﺒﻠﻟ ﺍﺩﻴﺩﺤﺘ ﺭﺜﻜﻷﺍ ﻭﻫ ﺭﻴﺨﻷﺍ ﺍﺫﻫ ،ﺔﻟﻭﻠﺤﻤﻟﺍ ﺡﻼﻤﻷﺍ ﺓﺭﻓﻭﻭ ﻥﺩﻌﻤﺘﻟﺎﺒ ﺭﻭﺤﻟﺍ لﻭﻁ ﻰﻠﻋ ﺔﻴﺭﻬﺠﻤﻟﺍ ﺏﻟﺎﺤﻁﻟﺍ ﻥﻤ ﺕﺎﻋﻭﻤﺠﻤ ﺙﻼﺜ ﺝﺭﺩﺘ ﻰﻠﻋ ﺎﻤﻭﻤﻋ ﺔﺴﺍﺭﺩﻟﺍ ﺞﺌﺎﺘﻨ ﺕﺭﻔﺴﺃ ﻭ .ﻲﺠﻭﻟﻭﺭﺩﻴﻬﻟﺍ ﻑﻴﻨﺼﺘﻟﺎﺒ ﺭﻴﺒﻜ لﻜﺸﺒ ﻁﺒﺘﺭﻤ ﺓﺭﺎﺸﻹﺍ ﺭﺩﺠﺘ ﻪﻨﺃ ﻻﺇ .ﻩﺎﻴﻤﻟﺍ ﺙﻭﻠﺘﻟ ﺔﻴﺴﺎﺴﺤ ﺭﺜﻜﺄﻓ ﺭﺜﻜﺃ ﺎﻋﺍﻭﻨﺃ ﺎﻨﺩﺠﻭ ﻪﺘﻠﻓﺎﺴ ﻭﺤﻨ ﺭﻭﺤﻟﺍ ﺔﻴﻟﺎﻋ ﻥﻤ ﺎﻨﻬﺠﺘﺍ ﺎﻤﻠﻜﻓ .ﺀﺎﻴﺤﻹﺍ ﻁﻭﺭﺸﻭ لﻤﺤﺘﻟﺍ ﺔﺠﺭﺩ ﺏﺴﺤ ﻥﻭﺩ ﻪﻠﻤﻜﺄﺒ ﺭﻭﺤﻟﺍ ﻥﻁﻭﺘﺴﺘ Kircheneriella obesa , S. salina, S. elongatus, Navicula spp. ﺎﻬﻤﻫﺃ ﺔﻴﺘﺎﺒﻨﻟﺍ ﻕﻟﺍﻭﻌﻟﺍ ﻥﻤ ﺎﻋﺍﻭﻨﺃ ﻥﺃ ﻰﻟﺇ ﺝﺭﺩﺘﻟﺍ ﻪﻴﻓ ﻡﻜﺤﺘﻴ ﻲﻔﻴﻜﻭ ﻲﻤﻜ ﻡﻴﻅﻨﺘ ﻰﻠﻋ ﺔﻴﺭﻬﺠﻤﻟﺍ ﺏﻟﺎﺤﻁﻟﺍ ﺕﺎﻋﻭﻤﺠﻤ ﻊﻴﻤﺠ ﺕﻨﻴﺒ ﺎﻤﻜ . ﺔﻨﻴﻌﻤ ﺔﻴﺌﻴﺒ ﻭﺃ ﺔﻴﺠﻭﻟﻭﺭﺩﻴﻫ ﻑﻭﺭﻅﺒ ﺎﻗﻼﻁﺇ ﻁﺎﺒﺘﺭﻻﺍ ﺔﻴﺠﻭﻟﻭﺭﺩﻴﻫ ﺓﺩﻭﺠ ﺕﺍﺫ ﻩﺎﻴﻤﻟﺍ ﻲﻓ ﺎﻔﻴﻜﻭ ﺎﻤﻜ ﺭﻓﻭﺘﺘ ،لﺎﺜﻤﻟﺍ لﻴﺒﺴ ﻰﻠﻋ (les Dinoflagellés) ﺔﻴﺭﺌﺍﺩﻟﺍ ﺕﺎﻴﻁﻭﺴﻟﺍ ﺔﻋﻭﻤﺠﻤ ﻥﺃ ﺙﻴﺤ ،ﻲﺌﺎﻴﻤﻜﻭﻴﺯﻔﻟﺍ ﺩﺍﻭﻤﺒ ﺔﻴﻨﻏﻭ ﺔﺤﻭﻠﻤﻟﺍ ﺔﻠﻴﻠﻗ ﺎﻫﺎﻴﻤ ﺝﺎﺘﺤﺘ ﺎﻬﺘﻓﺎﺜﻜ ﻥﺃ ﻻﺇ ﺭﻴﺒﻜ ﻉﻭﻨﺘﺒ ﻁﺴﻭﻟﺍ ﺱﻔﻨ ﻲﻓ ﺎﻀﻴﺃ ﺭﻬﻅﺘ (les Diatomées) ﺕﺍﺭﻭﻁﺸﻤﻟﺍ ﺔﻋﻭﻤﺠﻤﻭ ﺔﻴﻟﺎﻋ ﺭﻴﺒﻜ لﻜﺸﺒ ﺎﻬﻋﻭﻨﺘﻭ ﺎﻫﻭﻤﻨ ﺏﻠﻁﺘﻴﻓ (les Cyanobactéries et les Euchlorophycées) ﺀﺍﺭﻀﺨﻟﺍﻭ ﺀﺎﻗﺭﺯﻟﺍ ﺏﻟﺎﺤﻁﻟﺍ ﺎﻤﺃ .ﺔﻘﻟﺎﻌﻟﺍ ﺩﺍﻭﻤﻟﺍﻭ ﺕﻴﻘﻟﺍ . ﺔﺒﺼﺨﻤﻟﺍ ﺡﻼﻤﻷﺍ ﻥﻤ ﺔﻴﻟﺎﻋ ﺔﺒﺴﻨ ﺎﺼﻭﺼﺨﻭ ﺔﻟﻭﻠﺤﻤﻟﺍ ﺡﻼﻤ ﻷﺍ ﻥﻤ ﺔﻔﻴﻌﻀ ﺔﺒﺴﻨ

. لﺨﺍﺩﺘ ،ﻑﻴﻨﺼﺘ ،ﺔﻴﻤﺎﻨﻴﺩ ،ﺔﻴﻨﺒ ،ﺔﻴﺭﻬﺠﻤ ﺏﻟﺎﺤﻁ ،ﺀﺎﻴﻤﻴﻜﻭﻴﺯﻓ ،ﻕﺍﺭﻗﺭ ﻲﺒﺃ ﺭﻭﺤ ،ﺏﺭﻐﻤﻟﺍ ،ﻲﺘﻨﻠﻁﺃ لﺤﺎﺴ : ﺔﻟﺍﺩﻟﺍ ﺕﺎﻤﻠﻜﻟﺍ

Table des matières

TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS TABLE DES MATIÈRES

i

LISTE DES FIGURES

v

LISTE DES TABLEAUX

xi

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1

Chapitre I : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU LITTORAL ATLANTIQUE MAROCAIN ET DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

5

1. LE LITTORAL ATLANTIQUE MAROCAIN

5

1. 1. Situation géographique et caractéristiques morphologiques

5

1. 2. Cadre climatique et caractéristiques hydrologiques

6

1. 3. Importance socio-économique et sources de pollution

8

2. ASPECT GÉNÉRAL DU BASSIN VERSANT DU BOU REGREG

9

2.

1. Contexte géographique

9

2.

2. Aspect géomorphologique

10

2.

3. Cadre géologique

11

2.

4. Données climatiques

12

2.

5. Aperçu phyto-pédologique

12

2.

5. 1. Pédologie

12

2.

5. 2. Couvert végétal

12

2.

6. Régime hydrologique

13

3. CADRE GÉNÉRAL DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

13

3.

1. La dynamique hydrologique des estuaires

14

3.

2. Typologies estuariennes et résultats d’application sur l’estuaire du Bou Regreg. 14

3.

3. Caractéristiques générales de l’estuaire du Bou Regreg

17

3.

3. 1. Situation géographique et morphologique de l’estuaire

17

3.

3. 2. Géologie sommaire

17

3.

4. Cadre hydrologique

18

3.

4. 1. La marée

18

3.

4. 2. Les apports d’eaux douces

18

3.

5. Conditions climatiques

20

3.

5. 1 Température aérienne

20

3.

5. 2. Les précipitations

20

3.

5. 3. Le vent

21

3.

5. 4. L’insolation

21

3.

5. 5. L’humidité relative

21

i

Table des matières

3.

6. Phyto-pédologie

22

3.

7. Qualités bio-écologiques de l’estuaire du Bou Regreg

22

 

3.

7. 1. Faune macro-benthique

22

3.

7. 2. Faune piscicole

22

3.

7. 3. Richesse ornithologique

23

3.

8. Usages et fonctions liés au Bou Regreg

23

 

3.

8. 1. Cueillette de fruits de mer

23

3.

8. 2. Pêche

24

3.

8. 3. Activités portuaires

24

3.

8. 4. Loisirs

24

3.

8. 5. Dragage

24

3.

8. 6. Prélèvements d’eau

25

3.

9. Actions anthropiques et menaces pesant sur l’estuaire du Bou Regreg

25

3.

10. Conclusion

28

Chapitre II : CARACTÉRISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

29

1. INTRODUCTION

29

2. MATERIEL ET METHODES

29

2.

1. Choix et description des stations d’étude

29

2.

2. Echantillonnage

32

2.

3. Mesures et dosages

32

2.

3. 1. Mesures in situ

32

2.

3. 2. Dosages et mesures au laboratoire

32

2.

4. Traitements statistiques des données

34

3. PRESENTATION DES RESULTATS

34

3.

1. Eléments de climatologie

34

3.

1. 1. Température de l’air

34

3.

1. 2. Pluviométrie

35

3.

2. Paramètres physico-chimiques

37

3.

2. 1. Température de l’eau

37

3.

2. 2. Salinité

39

3.

2. 3. pH

42

3.

2. 4. Titre alcalimétrique complet

46

3.

2. 5. Oxygène dissous

46

3.

2. 6. Duretés totale, calcique et magnésienne

52

3.

2. 7. Les ions alcalins : sodium et potassium

57

3.

2. 8. Chlorures

61

3.

2. 9. Sulfates

62

3.

2. 10. Matières en suspension, minérales et organiques particulaires

64

3.

2. 11. Eléments azotés

72

ii

Table des matières

 

3.

2. 12. Orthophosphates

84

4.

DISCUSSION ET CONCLUSION

88

Chapitre III : ETUDE DES PEUPLEMENTS PHYTOPLANCTONIQUES DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

97

1. INTRODUCTION

97

2. MATERIEL ET METHODES

97

 

2.

1. Echantillonnage, identification et comptage des microalgues

97

2.

2. Dosage de la chlorophylle a et des phéopigments

98

2.

3. Analyses statistiques

99

 

2.

3. 1. Effets marémétrique et spatial

99

2.

3. 2. Relation entre la teneur en chlorophylle a et les variables abiotiques

99

2.

3. 3. Pourcentages des microalgues nocives et bénignes

99

 

2.

4. Production primaire

99

2.

5. Eléments descriptifs et synthétiques

100

 

2.

5. 1. Richesse spécifique

100

2.

5. 2. Dominance relative

100

2.

5. 3. Fréquence

100

2.

5. 4. Diversité spécifique et équitabilité

101

 

2.

6. Analyses biochimiques

101

3. PRESENTATION DES RESULTATS ET DISCUSSION

102

 

3.

1. Inventaire et variations spatiale et marémétrique de la composition phytoplanctonique du Bou Regreg

102

 

3.

1. 1. Composition phytoplanctonique globale

102

3.

1. 2. Variabilité marémétrique de la structure taxinomique globale

112

3.

1. 3. Variation spatiale et marémétrique de la richesse taxinomique totale et de la structure qualitative par classe d’algues

115

 

3.

2. Evolution saisonnière des densités cellulaires totales

121

3.

3. Dynamique saisonnière des biomasses phytoplanctoniques globales

128

 

3.

3. 1. Poids frais

128

3.

3. 2. Pigments photosynthétiques

134

3.

3. 3. Production primaire

143

 

3.

4. Eléments de structure et d’organisation du peuplement phytoplanctonique

144

 

3.

4. 1. Densité et richesse spécifique

144

3.

4. 2. Fréquence temporelle

151

3.

4. 3. Diversité et équitabilité

153

3.

4. 4. Dominance relative et dynamique saisonnière des principales espèces

157

 

3.

5. Bloom à Dinophyceae

167

3.

6. Le phytoplancton nocif

171

4. SYNTHÈSE ET CONCLUSION

178

iii

Table des matières

Chapitre IV : TYPOLOGIES PHYSICO-CHIMIQUES ET PHYTOPLANCTONIQUES DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

183

1. INTRODUCTION

183

2. MATERIEL ET METHODES

183

2.

1. Analyse en Composantes Principales

183

2.

2. Diagrammes ioniques

184

2.

3. Analyse Factorielle des Correspondances

185

2.

4. Analyse des Corrélations Canoniques

186

3. PRESENTATION DES RESULTATS ET DISCUSION

188

3.

1. Typologie physico-chimique spatio-temporelle des eaux du Bou Regreg

188

3.

1. 1. Typologie établie à partir de l’ensemble des variables étudiées

188

3.

1. 2. Structure typologique établie à partir des treize variables étudiées de mars

 

1999 en mars 2001

197

 

3.

1. 3. Conclusion

201

3.

2. Minéralisation des eaux

204

3.

3. Biotypologie spatiale et diverses affinités inter-stationnelles et inter-spécifiques

 

propres à l’estuaire du Bou Regreg

207

 

3.

3. 1. Biotypologie caractérisant le Bou Regreg pendant la basse mer

207

3.

3. 2. Biotypologie caractérisant le Bou Regreg pendant la pleine mer

211

3.

3. 3. Conclusion

215

3.

4. Interaction entre le compartiment biologique et les conditions physico-chimiques

 

du milieu

216

3.

4. 1. Liens entre les diverses variables biotiques et abiotiques caractérisant le jusant

216

3.

4. 2. Liens entre les diverses variables biotiques et abiotiques caractérisant le flot

219

3.

4. 3. Discussion et conclusion

222

4. SYNTHESE ET CONCLUSION

223

CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

226

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

233

ANNEXES

xiii

iv

Liste des figures

LISTE DES FIGURES

Figure I.1

: Situation géographique générale de la côte atlantique marocaine

5

Figure I.2

: Eléments géomorphologiques constituant le tronçon de la côte atlantique marocaine qui borne la région de Rabat (modifiée, d’après Cheggour, 1999)

7

Figure I.3

: Situation géographique du bassin versant du Bou Regreg (d’après El Agbani et al., 1992)

10

Figure I.4

: Unités géomorphologiques du bassin versant de l’oued Bou Regreg (s. s) (d’après Beaudet, 1969)

11

Figure I.5

: Représentation du schéma général d’un estuaire

13

Figure I.6

: Principales catégories des estuaires classés en fonction des modalités de pénétration de la marée de salinité et le degré de mélange des eaux marines et

fluviales

15

Figure I.7

: Classification des estuaires en fonction des quantités d’eaux douce et marine entrant dans l’hydrosystème

16

Figure I.8

: Volumes des eaux restituées (en Mm 3 ) à partir du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah (d’après la Direction Régionale de la Planification de l’Eau)

20

Figure I.9

: Distribution des points de rejets des eaux usées déversées au niveau des deux

: Distribution des stations de prélèvement de l’eau au niveau de l’estuaire du

Figure II.1

rives du Bou Regreg

Bou Regreg

27

30

Figure II.2

: Variation saisonnière des températures aériennes moyennes enregistrées entre mars 1999 et mars 2001 (d’après la Direction Régionale de la Météorologie du nord-Rabat)

35

Figure II.3

: Variation saisonnière de la pluviométrie moyenne mensuelle mesurée entre mars 1999 et mars 2001 (d’après la Direction Régionale de la Météorologie du nord- Rabat)

36

Figure II.4

: Diagramme ombrothermique de Gaussen de la région de Rabat-Salé (P = 2T où P : précipitation et T : température aérienne)

36

Figure II.5

: Evolution temporelle de la température de l’eau du Bou Regreg à basse et à haute mer (B) pour les sept stations d’étude

38

Figure II.6

: Amplitude des variabilités temporelles de la température de l’eau en fonction

: Variation temporelle de la salinité des eaux du Bou Regreg au cours de la

Figure II.7

de la marée pour les sept stations d’étude

basse (A) et la haute mer (B) pour les sept stations d’étude

39

41

Figure II.8

: Amplitude des variabilités temporelles de la salinité des eaux en fonction de la marée pour les sept stations d’étude

42

Figure II.9

: Variation spatiale des valeurs moyennes du potentiel hydrogène (pH) en fonction de la marée

43

Figure II.10 : Amplitude des variabilités temporelles du pH en fonction de la marée pour les sept stations d’étude

44

v

Liste des figures

Figure II.11 : Variation temporelle du pH des eaux des différentes stations d’étude du Bou Regreg pendant les marées basse (MB) et haute (MH)

45

Figure II.12 : Variation temporelle de l’alcalinité (TAC) des eaux du Bou Regreg pendant les marées basse (MB) et haute (MH) dans chacune des stations étudiées

47

Figure II.13 : Variation spatiale des valeurs moyennes du titre alcalimétrique total (ou alcalinité totale) en fonction de la marée

48

Figure II.14 : Variation spatiale des teneurs moyennes en oxygène dissous en fonction de la marée

49

Figure II.15 : Variation temporelle des teneurs en oxygène dissous dans les différentes stations d’étude du Bou Regreg pendant les marées basse (MB) et haute (MH)

51

Figure II.16 : Amplitude des variabilités temporelles des teneurs en oxygène dissous pour les sept stations d’étude en fonction de la marée

52

Figure II.17 : Variation spatiale des valeurs moyennes des duretés totales (DT), calcique (Ca++) et magnésienne (Mg++) en fonction de la marée

53

Figure II.18 : Evolution spatio-temporelle de la dureté totale au niveau de l’estuaire du Bou Regreg au cours des marées basse et haute

54

Figure II.19 : Evolution spatio-temporelle de la dureté magnésienne au niveau de l’estuaire

du Bou Regreg au cours des marées basse et haute

55

Figure II.20 : Amplitudes des variabilités temporelles des duretés totale, calcique et magnésienne en fonction de la marée pour les sept stations d’étude

56

Figure II.21 : Variation temporelle de la teneur en sodium des eaux des différentes stations d’étude pendant les marées basse (MB) et haute (MH)

58

Figure II.22 : Variation temporelle de la teneur en potassium des eaux des différentes stations d’étude pendant les marées basse (MB) et haute (MH)

59

Figure II.23 : Amplitudes des variabilités temporelles des teneurs en potassium et sodium en fonction de la marée pour les sept stations

60

Figure II.24 : Evolution spatio-temporelle des chlorures à basse et à haute mer au niveau de l’estuaire du Bou Regreg

61

Figure II.25 : Amplitudes des variabilités temporelles des chlorures pour les sept stations d’étude en fonction de la marée

62

Figure II.26 : Evolution spatio-temporelle des sulfates à basse et à haute mer au niveau de l’estuaire du Bou Regreg

63

Figure II.27 : Amplitudes des variabilités temporelles des sulfates en fonction de la marée pour les sept stations d’étude

64

Figure II.28 : Variation spatiale des concentrations moyennes des matières en suspension (MES) en fonction de la marée

65

Figure II.29 : Evolution saisonnière des quantités des matières en suspension (MES), matières organiques particulaires (MOP) et des matières minérales particulaires

(MMP) dans les eaux des différentes stations étudiées à marée haute

66/67

Figure II.30 : Evolution saisonnière des quantités des matières en suspension (MES), matières organiques particulaires (MOP) et des matières minérales particulaires

(MMP) dans les eaux des différentes stations étudiées à marée basse

vi

68/69

Liste des figures

Figure II.31 : Contribution des matières minérales et organiques particulaires dans les matières en suspension des eaux estuariennes du Bou Regreg pendant les deux marées

Figure II.32 : Amplitude des variabilités temporelles des matières en suspension en fonction

71

de la marée pour les sept stations d’étude

72

Figure II.33 : Variation spatiale des concentrations moyennes de l’azote nitreux en fonction

de la marée

73

Figure II.34 : Variation saisonnière des concentrations de l’azote nitreux dans les eaux de

chacune des stations d’étude au cours des deux marées

74/75

Figure II.35 : Amplitudes des variabilités temporelles de l’azote nitreux pour les sept stations d’étude en fonction de la marée

76

Figure II.36 : Variation spatiale des concentrations moyennes de l’azote ammoniacal en fonction de la marée

77

Figure II.37 : Amplitude des variabilités temporelles de l’azote ammoniacal pour les sept stations d’étude en fonction de la marée

77

Figure II.38 : Evolution saisonnière de la teneur de l’eau du Bou Regreg en azote ammoniacal pendant les marées basse et haute pour les quatre stations d’étude les plus marines

78

Figure II.39 : Evolution saisonnière de la teneur de l’eau du Bou Regreg en azote ammoniacal pendant les marées basse et haute pour les trois stations d’étude les plus continentales

79

Figure II.40 : Variation spatiale des concentrations moyennes de l’azote nitrique en fonction de la marée

81

Figure II.41

: Variation saisonnière des concentrations de l’azote nitrique dans les eaux

de chacune des stations d’étude au cours des deux marées

82/83

Figure II.42

: Amplitude des variabilités temporelles de l’azote nitrique pour les sept stations d’étude en fonction de la marée

84

Figure II.43

: Variation spatiale des concentrations moyennes de l’azote nitrique en fonction de la marée

85

Figure II.44

: Evolution saisonnière des concentrations des orthophosphates dans les sept stations d’étude pendant la marée basse

86

Figure II.45

: Evolution saisonnière des concentrations des orthophosphates dans les sept stations d’étude pendant la marée haute

87

Figure II.46

: Amplitude des variabilités temporelles des orthophosphates pour les sept stations d’étude en fonction de la marée

88

Figure III.1

: Contribution des onze classes d’algues à la richesse spécifique totale (RST) du peuplement phytoplanctonique du Bou Regreg. Le pourcentage accordé à chaque classe d’algue représente le nombre de ses espèces par rapport à la RST (en %)

110

Figure III.2

: Contribution des différentes classe d’algues à la richesse spécifique totale (RST) du peuplement phytoplanctonique du Bou Regreg par marée (A:

marée basse ; B: marée haute). Le pourcentage attribué à chaque classe d’algue représente le nombre de ses espèces par rapport à la RST (en %)

113

vii

Liste des figures

Figure III.3

: Variation marégraphique des structures taxinomiques des divers groupes d’algues

114

Figure III.4

: Variabilités spatiale et marégraphique de la richesse spécifique totale

116

Figure III.5

: Nombre d’espèces par groupe phytoplanctonique et par station

117

Figure III.6

: Distribution spatiale de la structure qualitative du phytoplancton estuarien du Bou Regreg à marée basse

119

Figure III.7

: Distribution spatiale de la structure qualitative du phytoplancton estuarien du Bou Regreg à marée haute

120

Figure III.8

: Evolution spatio-temporelle de la densité cellulaire totale (en 10 8 cel/l) au niveau de l’estuaire du Bou Regreg pendant les marées basse et haute

122

Figure III.9

: Variation spatiale des moyennes de la densité cellulaire totale

123

Figure III.10 : Variation saisonnière des densités cellulaires (X), exprimées en log 10 (X+1), des différentes classes phytoplanctoniques au cours de la marée

basse

125/126

Figure III.11 : Variation saisonnière des densités cellulaires (X), exprimées en log 10 (X+1), des différentes classes phytoplanctoniques pendant de la marée

haute

127/128

Figure III.12 : Variations saisonnière et marémértrique de la biomasse (en mg PF/l) au

niveau des stations étudiées

129/130

Figure III.13 : Variation spatiale des concentrations moyennes de la chlorophylle a

.134

Figure III.14 : Variation saisonnière de la chlorophylle a (µg/l) comparée entre les deux

marées pour les sept stations

136/137

Figure III.15 : Corrélation entre la chlorophylle a et la biomasse totale au cours du flot

138

Figure III.16 : Amplitude des variabilités temporelles de la chlorophylle a en fonction de la marée pour les sept stations

138

Figure III.17 : Variation spatio-temporelle des teneurs en phéopigments au niveau du Bou

Regreg durant les deux marées

142

Figure III.18 : Variation saisonnière de la production primaire en aval (S12, S2 et S3) et en amont (S6) du Bou Regreg

143

Figure III.19 : Variabilités spatiales de la richesse spécifique (A en %) et de la densité cellulaire (B en %) par classe d’algue pendant le reflux

145

Figure III.20 : Variabilités spatiales de la richesse spécifique (A en %) et de la densité cellulaire (B en %) par classe d’algue pendant le flux

146

Figure III.21 : Variation temporelle de la densité cellulaire totale (10 8 cel/l) et la richesse spécifique totale (RST en nombre d’espèces) à marée basse au niveau des sept stations

149

Figure III.22 : Variation temporelle de la densité cellulaire totale (10 8 cel/l) et la richesse spécifique totale (RST en nombre d’espèces) à marée haute au niveau de sept stations

150

Figure III.23 : Evolution spatiale des nombres des espèces (en % par rapport à la richesse spécifique totale) constantes (Cs), communes (Cm), peu communes (Pc) et rares (Rr) recensées pendant les marées basse et haute dans le Bou Regreg

viii

151

Liste des figures

Figure III.24 : Variabilités temporelles de l’indice de Shannon (Ish) et l’équitabilité (E) au cours des deux cycles étudiés à basse mer

155

Figure III.25 : Variabilités temporelles de l’indice de Shannon (Ish) et l’équitabilité (E) au cours des deux cycles étudiés à pleine mer

156

Figure III.26 : Variabilité spatiale à marée basse (A) et à marée haute (B) de la dominance relative moyenne (Dr en %) des taxons les plus dominants (Dr supérieure à

1%)

Figure III.27 : Evolution temporelle de la dominance relative, au cours des deux marées, de Synechocystis salina ; cyanobactérie constante dans le peuplement phytoplanctonique des sept stations

158

160

Figure III.28 : Evolution temporelle de la dominance relative de Synechococcus elongatus ; cyanobactérie constante dans le peuplement phytoplanctonique des sept

stations au cours des deux marées

Figure III.29 : Evolution saisonnière de la dominance relative, au cours des deux marées, de Chlorella sp. ; euchlorophycée constante au niveau des sept stations

162

164

Figure III.30 : Variation saisonnière de la dominance relative de Navicula spp. ; taxon

constant au niveau des sept stations pendant les deux marées

Figure III.31 : Dynamique saisonnière du dinoflagellé Alexandrium taylori au niveau de la

165/166

station S7 au cours du jusant

168

Figure III.32 : Evolution saisonnière de la chlorophylle a et des matières organiques particulaires (MOP) au niveau de la station S7 au cours du jusant

170

Figure III.33 : Distribution spatiale, au niveau du Bou Regreg, des taxons nuisibles et non nuisibles pendant les marées basse et haute

174

Figure IV.1 : Forme générale des axes des ions, en traits continus, et des axes bissecteurs, en traits discontinus, servant à la construction d’un diagramme ionique

185

Figure IV.2 : Cercles des corrélations des 22 variables dans les plans F1xF2 (A) et F1xF3

(B)

de l’ACP à marée haute

190

Figure IV.3 : Représentation graphique des nuages de points relevés saisonniers dans les plans factoriels F1xF2 (A) et F1xF3 (B) de l’ACP appliquée aux 22 variables

hydrologiques mesurées à marée haute entre avril 2000 et mars 2001

192

Figure IV.4 : Cercles des corrélations des 22 variables dans les plans F1xF2 (A) et F1xF3

(B) de l’ACP à marée basse

194

Figure IV.5 : Représentation graphique des nuages de points relevés saisonniers dans les plans factoriels F1xF2 (A) et F1xF3 (B) de l’ACP appliquée aux 22 paramètres

hydrologiques mesurés à marée basse entre avril 2000 et mars 2001

196

Figure IV.6 : Cercles des corrélations des 13 variables hydrologiques, mesurées en pleine mer de mars 1999 en mars 2001, dans les plans factoriels F1xF2 (A) et F1xF3

(B) de l’ACP

198

Figure IV.7 : Représentation graphique des nuages de points relevés saisonniers dans le plan factoriel F1xF2 de l’ACP appliquée aux paramètres hydrologiques mesurés à haute mer entre mars 1999 et mars 2001

199

Figure IV.8 : Représentation graphique des nuages de points relevés saisonniers dans le plan factoriel F1xF3 de l’ACP appliquée aux paramètres hydrologiques mesurés à haute mer entre mars 1999 et mars 2001

200

ix

Liste des figures

Figure IV.9

: Représentation graphique des nuages de points relevés saisonniers dans le plan factoriel F1xF2 de l’ACP appliquée aux paramètres hydrologiques mesurés à basse mer entre mars 1999 et mars 2001

202

Figure IV.10 : Représentation graphique des nuages de points relevés saisonniers dans le plan factoriel F1xF3 de l’ACP appliquée aux paramètres hydrologiques mesurés à basse mer entre mars 1999 et mars 2001

203

Figure IV.11 : Diagrammes ioniques représentant la minéralisation globale de l’eau dans les sept stations durant la marée basse

205

Figure IV.12 : Diagrammes ioniques représentant la minéralisation globale de l’eau dans les sept stations durant la marée haute

206

Figure IV.13 : Représentation graphique des taxons (cercles et triangles) inventoriés à basse mer et des stations (carrés) d’étude dans le plan factoriel F1xF2 de l’AFC

209

Figure IV.14 : Représentation graphique des taxons (cercles et triangles) inventoriés à basse mer et des stations (carrés) d’étude dans le plan factoriel F1xF3 de l’AFC

213

Figure IV.15 : Représentation graphique des taxons (cercles et triangles) inventoriés en pleine mer et des stations (carrés) d’étude dans le plan factoriel F1xF2 de l’AFC Figure IV.16 : Corrélations des variables abiotiques et biotiques avec les deux premières variables canoniques des variables abiotiques (VH1 et VH2), cas du jusant

214

218

Figure IV.17 : Représentation graphique de l’Analyse des Corrélations Canoniques appliquée aux variables hydrologiques et biologiques relatives à la marée haute

221

x

Liste des tableaux

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I.1

: Classification des eaux, autorisée par le symposium de Venise, en fonction de leurs salinités (ANONYME, 1959)

17

Tableau II.1

: Intervalles de variations des teneurs maximales en éléments de minéralisation

atteintes au niveau du Bou Regreg au cours du jusant et du flot

93

Tableau II.2

: Concentrations minimales (min) et maximales (max), exprimées en mg/l, atteintes par les trois composés azotés au niveau du Bou Regreg au cours du jusant et du flot

96

Tableau III.1 : Taxons phytoplanctoniques inventoriés au niveau de l’estuaire du Bou

Regreg durant la période mars 1999 – mars 2001

102/…/109

Tableau III.2 : Distribution des taxons (genres) par classe d’algues

112

Tableau III.3 : Equations de régression et coefficients de détermination (R 2 ) pour la variable chlorophylle a (Y) en fonction des variables physico-chimiques par station

140

Tableau III.4 : Taxons constants des peuplements phytoplanctoniques du Bou Regreg et leurs fréquences temporelles dans les sept stations étudiées durant la basse mer

Tableau III.5 : Taxons constants des peuplements phytoplanctoniques du Bou Regreg et leurs fréquences temporelles dans les sept stations étudiées en pleine mer 153

152

et par marée

Tableau III.6 : Grandeurs des principaux paramètres physico-chimiques caractérisant la période du bloom à Alexandrium taylori apparu au niveau de la station S7 pendant le jusant

171

Tableau III.7 : Principales espèces toxiques, non toxiques et vulnérantes récoltées au niveau de l’estuaire du Bou Regreg

175

Tableau IV.1 : Abréviations données aux variables biotiques

188

Tableau IV.2 : Valeurs propres, inerties et inerties cumulées des trois premières composantes

189

Tableau IV.3 : Valeurs propres, inerties et inerties cumulées des trois premières composantes

193

Tableau IV.4 : Valeurs propres, inerties et inerties cumulées des trois premières composantes principales de l’ACP appliquée aux 13 variables mesurées de mars 1999

197

Tableau IV.5 : Valeurs propres, inerties et inerties cumulées des trois premiers axes factoriels des deux AFC appliquées aux marées basse et haute sur les matrices

207

Tableau IV.6

principales de l’ACP appliquée aux 22 variables étudiées à marée haute

principales de l’ACP appliquée aux 22 variables étudiées à marée basse

en mars 2001 au cours des deux marées

du log 10 (abondance maximale + 1)

: Matrice des données ayant servi à établir la biotypologie spatio-temporelle caractérisant la basse mer. Les taxons, désignés par des codes, sont représentés par le logarithme de leurs abondances maximales obtenues entre mars 1999

et mars 2001

208

xi

Liste des tableaux

Tableau IV.7 : Matrice des données ayant servi à établir la biotypologie spatio-temporelle caractérisant la haute mer. Les taxons, désignés par des codes, sont représentés par le logarithme de leurs abondances maximales obtenues entre mars 1999 et mars 2001

212

Tableau IV.8

: Informations sur les premiers coefficients de corrélation canonique et leurs

tests de signification, cas du jusant

216

Tableau IV.9

: Proportions et proportions cumulées des variances des variables biologiques expliquées par leurs propres variables canoniques et par les variables

canoniques des variables hydrologiques, cas du jusant

Tableau IV.10 : Informations sur les premiers coefficients de corrélation canonique et leurs tests de signification, cas du flot

217

219

Tableau IV.11 : Proportions et proportions cumulées des variances des variables biologiques expliquées par leurs propres variables canoniques et par les variables

canoniques des variables hydrologiques, cas du flot

xii

220

IINNTTRROODDUUCCTTIIOONN GGÉÉNNÉÉRRAALLEE
IINNTTRROODDUUCCTTIIOONN GGÉÉNNÉÉRRAALLEE

Introduction générale

INTRODUCTION GÉNÉRALE

De par sa double exposition sur l’océan atlantique et la mer méditerranée et sa grande variabilité spatiale des conditions climatiques et des situations topographique et géologique, le Maroc est le pays du Maghreb le plus riche en zones humides (Dakki et El Hamzaoui, 1998).

A partir des nombreuses études hydrobiologiques, entamées notamment par El Agbani

(1984), Dakki (1987), Ramdani (1988), Bouzidi (1990) et Berrahou (1995), il ressort une importante diversité et variété d’habitats des zones humides marocaines et leurs biocénoses. Toutefois, ces écosystèmes sont restés marginalisés et méconnus pendant longtemps dans la

mesure où ils étaient pris en compte beaucoup plus pour leurs ressources ou leurs nuisances que pour leurs valeurs écologiques et leurs biodiversités.

La définition la plus communément admise est celle qui leur a été donnée par la Convention

Internationale la plus spécifique, en l’occurrence la convention de RAMSAR (MATUHE / PNUE, 2002), selon laquelle les zones humides correspondent à "des marais, fagnes, tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris les étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres". Ce sont des écosystèmes de transition entre les milieux terrestres et aquatiques qui doivent, justement, leur originalité et leur complexité à ce mélange entre les caractéristiques de ces deux grands types d’écosystèmes extrêmement différents. L’intérêt des zones humides ne réside pas uniquement dans leur originalité ou leur particularité, mais également dans leurs valeurs et fonctions écologique et socio-économique aux échelles locale, régionale, nationale et même internationale.

Sur le plan écologique, les zones humides sont comptées parmi les habitats les plus productifs

de la terre. Elles constituent des sites de nidification, d’alimentation et de repos pour un très

grand nombre d’organismes, en particulier les oiseaux migrateurs. Elles constituent également des réservoirs et des filtres d’eau et contribuent à protéger les zones riveraines contre les dégâts des tempêtes, les inondations, etc. Cependant, ces zones humides sont souvent considérées pour leurs valeurs économiques et sont, par conséquent, soumises à une pression

anthropique sans cesse croissante. La majorité d’entre elles, plus ou moins gravement menacées, ne pouvant remplir les autres fonctions principalement écologiques, qui leur sont

connues. Certaines ont même disparu, d’autres ne tarderont pas à l’être si rien n’est fait pour les sauvegarder. Une troisième catégorie de zones humides, beaucoup moins diversifiée sur

le plan écologique (lacs de barrages par exemple), a pris naissance au détriment,

généralement, d’un grand nombre d’habitats naturels et d’hydrosystèmes spécifiques.

Conscient de la dégradation croissante de la biodiversité nationale, en particulier celle des zones humides, le Maroc a été l’un des premiers signataires de la Convention Internationale sur la biodiversité en 1992. Trois ans après, il a ratifié cette convention, démontrant son engagement et sa volonté de contribuer à l’effort international visant la réduction des menaces pesant sur diverses composantes de la diversité biologique mondiale. Le Maroc a également signé, ratifié et inscrit certaines de ses zones humides dans la convention RAMSAR qui est l’une des conventions internationales les plus spécifiques dans ce domaine.

Les écosystèmes estuariens constituent une grande part des zones humides du Maroc vu ses deux façades maritimes et son réseau fluvial. Les estuaires représentent une catégorie originale de formes littorales qui, situées à la frontière des continents et des océans, sont des

1

Introduction générale

milieux biologiquement riches mais écologiquement et physiquement très fragiles. Ils sont caractérisés par la pénétration, au gré des marées, d’eaux marines dans le cours aval d’organismes fluviaux. De cette rencontre entre des eaux salées et des eaux douces résultent une dynamique hydrologique particulière et des mécanismes sédimentaires spécifiques. Les estuaires apparaissent comme des lieux d’échange très importants d’énergie et de matière entre le domaine marin et le domaine terrestre.

Cette situation de carrefour fait que les estuaires représentent des espaces privilégiés pour les activités humaines. Très tôt, la navigation a tiré partie de ces voies naturelles de pénétration dans les continents. La vie maritime a créé la fonction portuaire qui, à son tour, a stimulé l’urbanisation et l’industrialisation si bien que, dans les pays développés, les estuaires sont souvent devenus des foyers économiques importants.

Les écosystèmes estuariens sont aussi très favorables à la vie végétale et animale parce qu’ils représentent des lieux de contact, protégés mais dynamiques, dans lesquels abondent les éléments nutritifs. De nombreuses espèces d’oiseaux et surtout de poissons s’y reproduisent, d’où la place qu’y tient traditionnellement la pêche et, depuis quelque temps, l’aquaculture.

Les aménagements, dont les estuaires ont été l’objet depuis le milieu du siècle dernier, ont profondément modifié non seulement leur géométrie mais également les processus hydrologiques et sédimentologiques naturels. Les rejets de déchets et de polluants excèdent souvent le pouvoir auto-épurateur des estuaires : la production biologique en souffre et les activités de récréation qui se sont aussi développées au cours des dernières décennies sont mises en danger. Les estuaires sont des espaces littoraux très sensibles à l’intervention humaine qui risque de bouleverser très vite l’équilibre de l’écosystème.

L’intérêt socio-économique des estuaires explique que leur étude scientifique a commencé assez tôt. Ils ont fait l’objet de relevés cartographiques dès le 18 ème siècle. Les premières observations sur leur hydrologie datent du 19 ème siècle, tandis que les mécanismes de piégeage et d’expulsion des sédiments ont été précisés plus récemment (Paskoff, 1998).

L’importance de leur productivité biologique, la simplicité de leurs chaînes trophodynamiques, la fragilité de leur équilibre écologique due à la grande instabilité de leurs conditions et la forte action anthropique qu’ils subissent sont autant de raisons qui justifient l’étude des zones humides, en particulier les estuaires et les lagunes, dans l’optique de mieux les connaître, les surveiller et surtout les sauvegarder. Dans ce sens, il est à signaler que, grâce à l’importance capitale de sa fonction ornithologique, l’estuaire du Bou Regreg a été classé parmi les Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) retenus par le Plan Directeur des Aires Protégées au Maroc pour être sauvegardés et préservés (AEFCS, 1996).

Au cœur des deux agglomérations de Rabat et de Salé, l’estuaire du Bou Regreg jouit d’une valeur inestimable. Il est connu, à titre d’exemple, par une large biodiversité faunistique, faune macro-benthique, piscicole et ornithologique notamment. Il est également le siège de plusieurs activités aussi bien sur le plan récréatif que socio-économique ; c’est un espace de cueillette de fruits de mer, de pêche, de loisirs et d’activités portuaires bien que très limitées comparées à ce que raconte l’histoire de l’estuaire. Les dernières décennies ont malheureusement rompu l’équilibre naturel du Bou Regreg et accentué sa déchirure et sa détérioration. Son environnement a été en effet gravement affecté par plusieurs nuisances à savoir notamment l’envasement de l’embouchure, le barrage en amont, l’assèchement, la pollution (domestique et industrielle) sans cesse croissante et l’absence de tout

2

Introduction générale

assainissement. Il faut souligner que l’estuaire du Bou Regreg est un espace écologique et socio-économique dont la sauvegarde est devenue un impératif. Le futur projet de son aménagement, qui a été décidé et annoncé très récemment et qui se déploiera sur une étendue de plus de quatre mille hectares allant de l’embouchure au barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah, doit se faire dans l’optique d’une prolongation de la continuité historique du site.

L’estuaire du Bou Regreg est l’un des estuaires les plus caractéristiques du littoral atlantique marocain ayant fait l’objet de plusieurs travaux de recherche. Il a été étudié depuis 1926 par Emberger et Regnier qui ont donné un aperçu sur la répartition des associations végétales. Delmas (1931) a tenté de préciser le rôle de quelques facteurs édaphiques dans la localisation de ces associations. Les premières études physico-chimiques de ses eaux ont été entreprises par Francis-Boeuf (1940). Plus tard, Mazancourt (1960) a étudié l’écologie et la biologie de la végétation algale et durant plusieurs années (1971, 1972, 1974), ces recherches ont été poursuivies par El Kaïm. Gillet (1986) s’est intéressé à l’étude écologique des annélides polychètes de l’estuaire alors que le travail de Mayif (1987) a été consacré à l’étude hydrologique, géochimique et minéralogique. Chiahou (1987 et 1990) a étudié la communauté zooplanctonique de l’embouchure du Bou Regreg. D’autres études plus récentes ont été consacrées à l’analyse physico-chimique des eaux et la contamination métallique du sédiment et chez deux espèces animales : Scrobicularia plana et Nereis diversicolor (Cheggour, 1988) et à la qualité des eaux superficielles du point de vue bactériologique et physico-chimique (Ezzouaq, 1991). En 1999, Cheggour a retenu à nouveau l’estuaire du Bou Regreg dans son travail sur l’évaluation de la contamination métallique. Un travail sur la macrofaune benthique est actuellement en cours de préparation par Cherkaoui.

L’objectif de notre travail de recherche est d’apporter de nouvelles données scientifiques sur le peuplement phytoplanctonique de l’estuaire. En effet, sa position clé à la base de la pyramide trophique, confère au phytoplancton un rôle fondamental et son étude paraît primordiale pour mieux comprendre le fonctionnement des systèmes aquatiques. Cette étude constitue une contribution à l’étude de ce maillon principal qui, à notre connaissance, n’a jamais fait objet d’une étude antécédente au niveau du Bou Regreg malgré la multitude de travaux déjà réalisés.

Le phytoplancton, ou plancton végétal ou encore micro-algues planctoniques, désigne l’ensemble des micro-algues unicellulaires, filamenteuses ou cénobiales, mobiles ou non, dont les dimensions sont comprises entre quelques millièmes de millimètres et quelques dixièmes de millimètres (Gayral, 1975). Le phytoplancton utilise la lumière pour transformer en matière organique le carbone inorganique et les nutriments dissous dans les eaux marines et côtières. Il est donc responsable de la productivité des océans et des écosystèmes littoraux et conditionne par son importance les capacités de structuration de l’ensemble du réseau trophique ; il sert de nourriture de base à tout le zooplancton herbivore et représente une part non négligeable de l’alimentation des animaux filtreurs, Spongiaires, Copépodes et Tuniciers. Le présent travail représente donc un premier état de référence du phytoplancton de l’estuaire du Bou Regreg. Il vise essentiellement la détermination de la composition globale du peuplement phytoplanctonique afin de contribuer à l’évaluation de la biodiversité du Bou Regreg. Il a pour principal objectif le suivi de la dynamique des communautés microalgales en relation avec les principaux facteurs abiotiques du milieu, la détermination de l’état actuel de l’estuaire du point de vue physico-chimie et l’établissement de typologies physico- chimiques et phytoplanctoniques spécifiques de l’estuaire.

3

Introduction générale

Pour répondre à ces principaux objectifs, cette étude sera structurée en quatre chapitres. Le premier sera consacré à la présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’ensemble du bassin versant du Bou Regreg. Une grande partie de ce chapitre sera réservée particulièrement à la situation géographique, géologique, hydroclimatique et phytopédologique de l’estuaire du Bou Regreg. Nous présenterons aussi les qualités bio- écologiques, les usages et les fonctions de l’estuaire et puis l’action anthropique menaçante. Les caractérisations climatique et physico-chimique et les variations spatio-temporelles de dix-neuf paramètres hydrologiques ainsi que la présentation de l’état actuel de santé des eaux du Bou Regreg feront l’objet du second chapitre. Le troisième chapitre, point de mire de ce travail, abordera l’étude des peuplements phytoplanctoniques de l’estuaire, particulièrement des points de vue structure, abondance et dynamique. Le quatrième chapitre sera accordé à l’établissement des typologies physico-chimiques et phytoplanctoniques spatio-temporelles, aux différentes affinités inter-stationnelle et inter-specifique et aux principales interactions entre les compartiments biotique et abiotique.

Notre mémoire sera terminé par une conclusion générale avec une synthèse de l’essentiel des résultats et par des perspectives.

4

CCHHAAPPIITTRREE II PPRRÉÉSSEENNTTAATTIIOONN GGÉÉNNÉÉRRAALLEE DDUU LLIITTTTOORRAALL AATTLLAANNTTIIQQUUEE
CCHHAAPPIITTRREE II
PPRRÉÉSSEENNTTAATTIIOONN GGÉÉNNÉÉRRAALLEE DDUU
LLIITTTTOORRAALL AATTLLAANNTTIIQQUUEE MMAARROOCCAAIINN
EETT DDEE LL’’EESSTTUUAAIIRREE DDUU BBOOUU RREEGGRREEGG

Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

CHAPITRE I

PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU LITTORAL ATLANTIQUE MAROCAIN ET DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

1. LE LITTORAL ATLANTIQUE MAROCAIN

1. 1. SITUATION GEOGRAPHIQUE ET CARACTERISTIQUES MORPHOLOGIQUES

Occupant l’extrémité Nord-Ouest du continent africain, le Maroc présente, outre la façade méditerranéenne de prés de 600 kilomètres (Km) de long, une façade atlantique qui s’étend sur plus de 2500 Km. Celle-ci est orientée du Nord-Est au Sud-Ouest. Elle est limitée par le Cap Spartel au Nord et par le Cap Blanc au Sud, correspondant aux 21 ème et 36 ème parallèles Nord et aux 6 ème et 17 ème degrés de longitude Ouest (figure I.1).

et 17 è m e degrés de longitude Ouest (figure I.1). Figure I.1. Situation géographique générale

Figure I.1. Situation géographique générale de la côte atlantique marocaine.

5

Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

Le profil général de la côte atlantique marocaine est assez aplati et montre une faible pente, ne dépassant généralement pas 1% entre la côte et les isobathes 130-160 m, suivie d’une pente beaucoup plus forte annonçant le début du talus dont l’inclinaison devient plus accentuée (25% environ) entre les profondeurs de 50 et 300 mètres (m) (Refk, 1985). Les largeurs de ce plateau continental sont très variables ; il est large de 15 à 25 milles entre Cap Spartel et Cap Ghir, à 60 milles entre Cap Boujdour jusqu’au Cap Barbas.

La côte atlantique marocaine est constituée, par endroit, de plages sableuses, de platiers rocheux sans falaises, de petites et moyennes falaises ou de grandes falaises vives ou mortes. Ces éléments confèrent à la côte atlantique marocaine en même temps le caractère de "côte africaine" et "côte pacifique". La classification de la côte dans le type africain s’explique par la présence de grandes plages, estuaires, falaises mortes ou vives, hautes ou basses, qui alternent tout au long de la côte. Sa classification encore dans le type pacifique se justifie par l’existence au niveau de la zone littorale, de dunes anciennes dont les crêtes et les sillons gréseux sont orientés parallèlement à la ligne de côte (figure I.2). Dans une moindre mesure, la côte atlantique marocaine s’apparente au type "atlantique" principalement aux endroits où les plis affectant les terrains tertiaires sont faibles perpendiculairement au rivage (Cheggour,

1999).

1. 2. CADRE CLIMATIQUE ET CARACTERISTIQUES HYDROLOGIQUES

La côte est soumise à l’influence des vents amenant du sable et des particules fines à partir du continent. Il s’agit en particulier des alizés et des vents de direction Nord et Nord-Ouest, des courants marins de surface (courants des Canaries) et des courants ascendants dits Up- Welling dont les eaux sont généralement riches en nutriments et en éléments traces (Bruland et Francks, 1983). Elle est soumise aussi à des houles assez importantes, ce qui reflète un milieu marin côtier assez perturbé et instable (Mittelsteadt, 1987).

Sur la majeure partie du littoral, les vents dominants soufflent généralement du Nord et du Nord-Est, aussi bien en saison chaude qu’en saison humide, quoique plus régulièrement pendant la saison sèche (Furnestin, 1957). Les vents agissent profondément sur les courants océaniques et constituent leurs principaux moteurs.

La météorologie du tronçon marocain est régie par deux types de circulation ; zonale et méridienne dominant successivement pendant les saisons estivale et hivernale.

En été, l’anticyclone des Açores agit sur l’ensemble des deux secteurs littoraux marocain et mauritanien. Les courants des Canaries (dérive superficielle) se dirigent vers le Sud-Ouest et les affleurements d’eaux profondes apparaissent dans de nombreux endroits le long de la côte atlantique (Mittelsteadt, 1982).

En hiver, l’anticyclone devient décalé vers le Sud tandis que les dépressions issues du front boréal atteignent le Nord. Ces dépressions sont à l’origine des précipitations depuis le détroit de Gibraltar jusqu’aux îles des Canaries (Binet, 1991).

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg Figure I.2. Eléments géomorphologiques constituant le

Figure

I.2.

Eléments

géomorphologiques

constituant

le

tronçon

de

la

côte

atlantique

marocaine qui borne la région de Rabat (modifiée, d’après Cheggour, 1999).

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

Selon Mittelsteadt (1987), trois types de courants superficiels agissent sur la façade océanique Nord-Ouest africaine (12°N à 33°N) :

Le courant des Canaries qui est un courant de basse température et de direction principale Sud-Ouest. Il est issu de la circulation anticyclonique de l’Atlantique Nord. Au niveau du secteur atlantique marocain, ce courant, dont la circulation est dépendante des cycles saisonniers, domine généralement entre la surface et la profondeur de 500 m (Mittelsteadt, 1987).

Les courants équatoriaux correspondant au courant Nord équatorial et le contre- courant équatorial. Celui-ci est un courant de secteur Est à eaux peu salées et relativement chaudes.

Les courants ascendants dits "Up-Welling" qui ont une extrême importance en Afrique de l’Ouest, essentiellement au niveau du Maroc où ils sont régis par les vents alizés. D’après Binet (1983) et Roy (1991), ces "UpWelling" représentent la principale source d’enrichissement des écosystèmes côtiers Ouest africains.

Sur la ceinture atlantique marocaine, quatre zones de résurgences d’eaux froides côtières ont été déterminées récemment par Makaoui et al. (2000) :

- Une première zone située entre Cap Cantin et Cap Ghir (32°30’-30°30’N) ;

- Une seconde située entre Cap Drâa et Cap Juby (29°-28°N) ;

- Une autre zone localisée entre Cap Boujdour et Dakhla (26°-23°30’N) ;

- Une quatrième localisée entre Cap Barbas et Cap Blanc (22°-21°N).

Au niveau du Nord du Maroc l’Upwelling est saisonnier ; il ne se manifeste que pendant la période mars – août, alors qu’il est quasi-permanent au Sud du Maroc jusqu’au Nord de la Mauritanie (Wooster et al., 1976 ; Roy, 1991)

1. 3. IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE ET SOURCES DE POLLUTION

Sur le plan socio-économique, le secteur atlantique marocain, plus particulièrement l’axe Larache-Safi, jouit d’une importance capitale ; c’est le secteur le plus peuplé et le plus industrialisé du pays, c’est une zone aux nombreuses activités agricoles intenses et variées. Plus de la moitié de la population marocaine, soit 61%, se cantonne dans la ceinture côtière atlantique, avec un maximum de densité urbaine sur l’axe Kénitra-Safi. Elle est de 1000 ha/Km 2 à Rabat-Salé et d’à peu prés 1800 ha/Km 2 à Casablanca (Kaioua, 1991).

Malheureusement ces agglomérations humaines utilisent la côte comme un dépotoir de leurs eaux usées non préalablement traitées, ce qui induit une pollution marine forte, variée et permanente. Benchekroun et Bouchama (1991) signalent que 55% du total des rejets proviennent des rejets urbains des villes côtières marocaines, encore plus, 70% de la pollution marine sont d’origine tellurique et proviennent particulièrement des rejets en mer d’eaux usées urbaines et industrielles en absence de toute stratégie efficace d’assainissement et de traitement (Bouchama, 1996).

Toujours en terme de chiffres, 80% des unités industrielles permanentes se concentrent au niveau de la ceinture atlantique notamment dans les grandes villes. Cette façade atlantique rassemble également 53% de la capacité touristique nationale et assure 92% du trafic maritime purement commercial.

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Aussi faut-il souligner que le littoral atlantique marocain abrite la grande majorité des activités de pêche essentiellement dans les grands ports tels Agadir, Essaouira, Casablanca et Safi et secondairement dans les plus petits, cas de Mehdia et Larache. Ainsi, toutes ces activités représentent, d’une façon directe ou indirecte, une menace au milieu marin dans la mesure où elles sont à l’origine de son enrichissement en polluants de toutes sortes.

La pollution au niveau du secteur atlantique marocain est encore aggravée par l’utilisation parfois exagérée et anarchique de quantités de plus en plus croissantes de pesticides, de fertilisants et d’autres produits phyto-sanitaires ce qui a pour effet des risques de pollution chimique. Le sol, la nappe phréatique, les cours d’eau et les écosystèmes paraliques confinés (estuaires, lagunes, etc.) sont touchés en premier degré par cette pollution.

2. ASPECT GÉNÉRAL DU BASSIN VERSANT DU BOU REGREG

2. 1. CONTEXTE GEOGRAPHIQUE

L’oued Bou Regreg est l’un des principaux cours d’eau du réseau hydrographique du Maroc. Son bassin versant, couvrant une superficie de 9800 Km 2 (Benmohammadi, 1991), est limité au Nord-Est par le bassin de Sebou, au Sud par celui de Oum-Er-Rbia, au Sud-Ouest par les bassins des oueds côtiers (Cherrat, Nefifikh et Mellah) et s’ouvre vers l’Ouest sur l’océan atlantique. De forme elliptique, il est drainé par trois principales artères hydrographiques :

l’oued Bou Regreg, le Grou et le Korifla (figure I.3).

L’oued Bou Regreg est un fleuve de 300 Km de long à débit moyen de l’ordre de 7.1 m 3 /s. A 25 Km de l’océan atlantique, il reçoit près de Ras Ennouala, l’oued Grou avec un débit de 6.6 m 3 /s et l’oued Korifla. Plus en aval, à 18.2 Km de l’océan, il reçoit l’oued Akrech de faible débit (0.1 m 3 /s à la fin du printemps), celui-ci est l’unique affluent dont le bassin représente 30% du bassin versant fonctionnel total de l’estuaire (Cheggour, 1988).

Prenant sa source dans le massif central marocain (méséta centrale), l’oued Bou Regreg chemine vers le littoral atlantique à travers la méséta côtière selon une direction NW-SE conformément à la disposition topographique générale du centre du plateau central (Beaudet, 1969). C’est au niveau de la région de Rabat-Salé qu’il se jette dans l’atlantique via sa partie terminale constituant l’estuaire du Bou Regreg.

Les caractéristiques géologiques et géomorphologiques de la partie amont de cet estuaire ont été hautement propices pour l’édification, en 1974, du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah (SMBA) dont les eaux sont exclusivement destinées à l’alimentation en eau potable des agglomérations urbaines de la zone côtière Kénitra – Casablanca.

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg Figure I.3. Situation géographique du bassin versant du

Figure I.3. Situation géographique du bassin versant du Bou Regreg (d’après El Agbani et al.,

1992).

2. 2. ASPECT GEOMORPHOLOGIQUE

Le réseau hydrographique de l’oued Bou Regreg chemine à travers un grand massif hercynien, séparé du moyen Atlas par un couloir et constitué de quatre unités géomorphologiques majeures (Beaudet, 1969) (figure I.4). Il s’agit du haut pays, formé de crêtes culminantes et des hauts plateaux, de la dépression orientale qui, adossée au haut pays, étale ses plaines coiffées de barres rocheuses au pied du moyen Atlas, et puis de deux larges gradins disposés en auréoles : le palier inférieur et le palier intermédiaire. Celui-ci est constitué de plateaux qui s’étagent entre 600 et 900 m d’altitude alors que le premier regroupe des plaines et des plateaux s’étendant en altitude décroissante jusqu’à l’océan, communément appelés méséta côtière ou basse méséta (Beaudet, 1969).

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg Figure I.4. Unités géomorphologiques du bassin versant de

Figure I.4. Unités géomorphologiques du bassin versant de l’oued Bou Regreg (s. s) (d’après Beaudet, 1969).

2. 3. CADRE GEOLOGIQUE

Les terrains que drainent l’oued Bou Regreg et ses affluents sont essentiellement formés de séries paléozoïques. Le bassin versant appartient dans son ensemble au plateau central dont la nature lithologique des roches est dominée par des schistes, grés et quartzites. Les calcaires, granites et basaltes sont moins représentés. Ces terrains sont plissés, métamorphisés et arrasés. La méséta côtière comprend ces mêmes terrains sur lesquels repose une couverture mésozoïque et cénozoïque peu plissée et scellée, par endroit, par un recouvrement quaternaire (Beaudet, 1969 ; Michard, 1976 ; Chalouan, 1977 ; Griboulard, 1980).

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2. 4. DONNEES CLIMATIQUES

En associant les deux paramètres climatiques, température atmosphérique et précipitation, on distingue des zones climatiques qui s’identifient avec les principales unités géomorphologiques du bassin versant. En effet, le domaine le moins aride est le haut pays, qui connaît les plus fortes précipitations réparties sur presque la totalité de l’année, suivi du palier intermédiaire et de la basse méséta dont les vallées encaissées montrent de fortes aridités (El Agbani, 1984).

La durée de la période biologiquement sèche, ressortie à partir des diagrammes ombrothermiques de Gaussen, est de 3 à 4 mois dans le haut pays alors qu’elle atteint, et parfois dépasse, 5 mois dans la basse méséta et la dépression orientale.

Selon la classification climatique de Thornthwaite (1948), la zone avale (station de Rabat) du bassin versant du Bou Regreg est sous un climat de tendance sub-humide alors que la majorité

du bassin est sous un climat semi-aride atténué, avec de fortes évapotranspirations potentielles

moyennes annuelles qui excédent les pluviosités moyennes annuelles du bassin versant. D’après Emberger (1964), le climat qui règne dans l’ensemble du bassin versant du Bou

Regreg est un climat semi-aride.

2. 5. APERÇU PHYTO-PEDOLOGIQUE

2. 5. 1. Pédologie

Les données relatives à la pédologie du bassin versant du Bou Regreg sont très fragmentaires et ne concernent que les régions de Zaërs, la basse Chaouia et Sehouls. Le reste du bassin n’a pas fait l’objet d’études pédologiques vu son intérêt agricole limité.

Le bassin versant du Bou Regreg offre une gamme variée de sols reflétant la diversité lithologique, avec une dominance de sols rouges et bruns méditerranéens. Ces sols sont

caractérisés par une évolution rapide de la matière organique et par leur hydromophie. Celle-

ci est liée à la fois à l’imperméabilité du substratum schisteux dominant, au climat et à

l’évolution pédologique elle-même.

2. 5. 2. Couvert végétal

La végétation se présente sous plusieurs aspects selon les zones considérées. La forêt de chêne liège s’étend dans la zone littorale, sur les formations sableuses de Sehouls. Dans les hauts plateaux, contrastent les étendues de parcours dénudées avec des masses forestières de chêne liège associé au chêne vert.

Sur les versants, il y’a une inégale répartition des forêts en fonction de leur exposition. Elle se traduit par des peuplements assez denses sur les versants exposés au Nord ou à l’Ouest et par des surfaces plus ou moins dénudées sur les versants exposés au Sud et à l’Est (Ghanem, 1981). La transition vers les zones cultivées est rapide sur les bas plateaux où la déforestation est très poussée. Les ermes denses les plus typiques s’observent sur les versants exposés au Nord des vallées des bas plateaux.

Le long des cours d’eau se développe une végétation ripisilve à laurier rose. Les falaises ouljiennes ainsi que les cordons dunaires partiellement fixés, sont colonisés par des espèces

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

halophytes (Ghanem, 1981). La dépression orientale dépourvue de couverture forestière est couverte par un matorral lâche, constitué d’arbustes isolés et chétifs.

2. 6. REGIME HYDROLOGIQUE

Vu l’imperméabilité de son substratum, les ressources hydriques souterraines du bassin demeurent faibles mais diversifiées grâce à sa tectonique et la variabilité et l’hétérogénéité de la nature lithologique de ses roches. Son régime hydrologique reste surtout sous la dépendance du régime pluviométrique. En fait, les régimes hydrologiques de l’ensemble des cours d’eau du Bou Regreg sont très fluctuants, caractérisés par une grande irrégularité. Ils sont influencés par le contraste saisonnier du climat.

L’écoulement s’effectue en saison humide et plus spécialement en période de crues. Quant aux apports fluviatiles, ils ne se font que pendant une période relativement courte de l’année hydrologique (Rhouichi, 1996).

3. CADRE GENERAL DE L’ESTUAIRE DU BOU REGREG

Le terme d’estuaire vient d’aestrus qui signifie mouvement de flot. Ce terme est souvent utilisé par les géologues dans un sens très large. Pour un géomorphologue, il désigne, sur une côte à faible relief, l’embouchure d’un cours d’eau important qui s’évase vers l’aval et dans laquelle pénètre amplement la marée (figure I.5).

dans laquelle pénètre amplement la marée (figure I.5). Figure I.5. Représentation du schéma général d’un

Figure I.5. Représentation du schéma général d’un estuaire. 1 : courant fluvial ; 2 : courant de flot ; 3 : courant de jusant ; 4 : houle principale ; 5 : dérive littorale dominante ; 6 :

falaises ; 7 : vase ; 8 : sables d’origine marine ; 9 : sables d’origine fluviale (d’après Paskoff, 1998).

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Les estuaires, au sens strict, se distinguent d’autres formes littorales dues à l’ennoyage par la mer de vallées continentales, comme le sont les rias, les calanques et les fjords 1 . Au sens de Duxbury et al. (2000), les estuaires sont des hydrosystèmes semi-fermés connectés à l’eau océanique et dilués par des sources d’eaux douces. Si nous adoptons la définition, la plus correcte, proposée par Pritchard (1967), nous pouvons dire qu’un estuaire est "un plan d’eau semi-fermé qui a une liaison libre avec la mer ouverte et dans lequel l’eau de mer est diluée d’une façon mesurable dans l’eau douce apportée par le drainage continental".

3. 1. LA DYNAMIQUE HYDROLOGIQUE DES ESTUAIRES

Différentes forces se manifestent dans les estuaires, à savoir la dérive littorale qui est sensible

à l’aval où elle est parfois responsable de la construction de flèches sableuses à pointe libre, la

houle et les ondes de tempête qui pénètrent dans les estuaires par leur ouverture évasée et les vagues qui s’y amortissent rapidement, mais sont capables de tailler des falaises là où elles frappent de plein fouet des rives avant de perdre leur énergie. Le vent peut faire naître des vagues sur le plan d’eau des estuaires et, suivant la direction d’où il souffle, il est susceptible de renforcer ou, au contraire, de freiner la vitesse des courants de marée. Cependant les deux forces essentielles qui commandent la dynamique des estuaires sont, d’une part celle liée au fleuve, d’autre part celle liée à la marée. Le courant fluvial s’amortit dans un estuaire par diminution de la pente et il finit par s’annuler. Il est contrarié par le courant de relais vers l’aval lorsqu’il disparaît. Le volume d’eau douce qu’il apporte joue un rôle important dans l’hydrologie de l’estuaire dont les caractères changent suivant les périodes d’étiage, de débit moyen ou de crue.

La marée provoque dans un estuaire un mouvement alternatif de la masse d’eau qu’il contient. La pénétration de l’eau de mer pendant le flot refoule l’eau douce vers l’amont jusqu’au point

à partir duquel on retrouve un courant fluvial dirigé vers l’aval. C’est ce que nous appelons la marée dynamique dont l’ampleur dépend du marnage, de la pente du lit submergé, du débit fluvial, de la largeur et de la profondeur de l’estuaire.

L’alternance du flot et du jusant dans un estuaire provoque ainsi, au gré des marées, une oscillation des particules d’eau d’amont en aval et vice versa, avec une résultante de déplacement vers l’aval. Les courants alternatifs du flux et du reflux ont des vitesses qui dépendent du marnage et qui peuvent atteindre plusieurs nœuds (4 à 5 dans la Gironde (Paskoff, 1998)). La rugosité du fond et des berges les freine et provoque des mouvements tourbillonnants qui jouent un rôle dans le mélange des eaux. La pénétration de l’eau de mer, proprement dite, dans l’estuaire constitue la marée de salinité dont le front se situe bien en deçà du point extrême atteint par la marée dynamique.

3. 2. TYPOLOGIES ESTUARIENNES ET RESULTATS DAPPLICATION SUR LESTUAIRE DU BOU REGREG

Les modalités de pénétration de la marée de salinité et le degré de mélange des eaux marines et fluviales permettent de répartir les estuaires en quatre catégories selon la classification de Cameron et Pritchard (1963) ; on distingue ainsi les estuaires très stratifiés, ce sont généralement de grands fleuves (Mississipi, Rhône, etc.), des estuaires stratifiés ou partiellement mélangés, des estuaires mélangés et ceux homogènes.

1 Ria : vallée profonde, creusée par un cours d’eau dans des terrains résistants, largement envahie par la mer. Calanque : ria étroite et courte à versants raides, entaillant des terrains calcaires. Fjord : vallée d’origine glaciaire, occupée par la mer.

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

Le Bou Regreg a été considéré par El Kaïm (1972) comme un estuaire stratifié, mais depuis l’édification du barrage SMBA en 1974 et la digue d’Akrech en 1986, il a évolué au type très homogène (Lemine, 1993).

Cette classification, ci-dessus, a été simplifiée par Paskoff (1998) en deux principales catégories (figure I.6), la première est celle des estuaires à coin salé (figure I.6A) dans lesquels le rapport entre le débit fluvial et le volume de prisme d’eau salé, introduit par la marée, est élevé. L’eau douce fluviale s’écoule au-dessus de l’intrusion saline, mais, aux processus diffusifs qui se produisent à l’interface, le va-et-vient de la marée ajoute des échanges verticaux à double sens. Lesquels échanges ne perturbent pas fondamentalement la stratification et le gradient de salinité reste suffisamment élevé pour donner naissance à des courants de densité. La seconde catégorie est celle des estuaires partiellement mélangés (figure I.6B) dans lesquels le débit du fleuve est faible par rapport au prisme de marée. Les courants de flot et de jusant, par leur turbulence, mélangent suffisamment les deux masses liquides pour que le gradient vertical de salinité soit réduit. L’écoulement moyen résiduel tend à se diriger vers l’aval sur toute la hauteur d’eau.

La catégorie d’un même estuaire peut changer dans le temps, c’est le cas de la Gironde qui appartient généralement à la première mais passe dans la seconde lorsque le débit apporté par la Garonne et la Dordogne atteint un niveau d’étiage très marqué en période de vives eaux (Paskoff, 1998).

très mar qué en période de vives eaux (Paskoff, 1998). Figure I.6. Principales catégories des estuaires

Figure I.6. Principales catégories des estuaires classés en fonction des modalités de pénétration de la marée de salinité et le degré de mélange des eaux marines et fluviales. A : estuaire à coin salé ; B : estuaire partiellement mélangé (d’après Paskoff,

1998).

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La salinité des eaux estuariennes est extrêmement variable ; elle oscille, selon McLusky (1981), entre 0.5 et 35‰. Ce même auteur a considéré le modèle de distribution de la salinité comme critère de classification des estuaires. Ainsi, il a différencié entre trois principaux types d’estuaires :

Estuaire positif (figure I.7A) : l’évaporation, à partir de la surface, est moins importante que la quantité des masses d’eau douce entrant dans l’écosystème à partir du fleuve et du drainage continental. L’eau marine pénètre dans ce type d’estuaire à travers le fond, alors que l’eau douce entre à travers la surface. Estuaire négatif (figure I.7B) : l’évaporation, à partir de la surface, excède le volume d’eau douce qui pénètre dans l’estuaire. Ce type correspond au cas où l’apport en eau douce est très limité, c’est le cas du Isefjord en Danemark (McLusky, 1981). Cette catégorie d’hydrosystème accueille aussi bien les eaux douces que marines par la surface. Occasionnellement, l’eau douce pénètre dans l’estuaire dans une égale mesure avec l’évaporation ; ceci définit les estuaires neutres (figure I.7C), ce genre d’estuaire est rare, il

neutres (figure I.7C), ce genre d’estuaire est rare, il Figure I.7. Classification des estuaires en fonction

Figure I.7. Classification des estuaires en fonction des quantités d’eaux douce et marine entrant dans l’hydrosystème. A : estuaire positif ; B : estuaire négatif ; C : estuaire neutre (d’après McLusky, 1981).

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Présentation générale du littoral atlantique marocain et de l’estuaire du Bou Regreg

est intermédiaire entre les types positif et négatif, peut-être il représente une situation transitoire (McLusky, 1981). La réduction des apports d’eau douce par le barrage SMBA nous laisse penser à classer l’estuaire du Bou Regreg dans le type négatif.

Lors du symposium de Venise (Anonyme, 1959 ; McLusky, 1981), une autre classification a été proposée ; les eaux estuariennes ont été distribuées en trois rubriques selon leurs salinités (Tableau I.1).

Tableau I.1 : Classification des eaux, autorisée par le symposium de Venise, en fonction de leurs salinités (Anonyme, 1959 ; McLusky, 1981)

Classes d’eau

Intervalles de salinité (‰)

Hyperhaline

> 40

Mixohaline

40 – 0.5

Mixo-euhaline

40

- 30

Mixo-polyhaline

30

- 18

Mixo-mésohaline

18

- 5

Mixo-oligohaline

5 – 0.5

Limnique

0 – 0.5

Durant notre période d’étude (mars 1999 - mars 2001), les salinités mesurées en dehors des périodes des lâchers du barrage, vont de 5.6 à 37.7‰ (de 7.1 à 37.7‰ en flux et de 5.6 à 36.4‰ en reflux), ce qui nous permet de classer l’estuaire du Bou Regreg dans la rubrique mixohaline précisément mixo-mésohaline à mixo-euhaline. Toutefois, il peut se transformer, même, en un estuaire limnique à mixo-oligohalin à l’occasion d’une vidange de fond à fort débit. En définitive, nous pouvons dire que l’estuaire atlantique marocain du Bou Regreg est un estuaire négatif, du point de vue distribution de la salinité, très homogène à eaux mixohalines voire limniques à mixo-oligohalines lors des lâchers du barrage SMBA.

3. 3. CARACTERISTIQUES GENERALES DE LESTUAIRE DU BOU REGREG

3. 3. 1. Situation géographique et morphologique de l’estuaire

L’estuaire du Bou Regreg se localise sur le littoral atlantique marocain entre les villes de Rabat et Salé à 34°Nord et 6°50’ Ouest. Il est long de 24 Km avec une largeur moyenne de 150 m. Il est orienté généralement SE-NW sauf au niveau du secteur allant du kilomètre 13.5 au confluent de Akrech où il adopte une direction SW-NE. En amont, jusqu’à 18 Km environ (confluence avec oued Akrech), l’estuaire se présente sous un aspect de vallée encaissée bordée de hauts plateaux, lequel encaissement disparaît en aval du kilomètre 13 et l’estuaire traverse une plaine alluviale tout en décrivant de nombreux méandres. Les deux plages sableuses de Rabat et Salé constituent la partie terminale de l’estuaire.