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Guide pour l'integration du genre dans les projets de développement

Guide pour l'integration du genre dans les projets de développement

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Projet d’Appui aux communautés de base pour le développement durable dans la région du Mont Chenoua (Algérie, Tipaza, Nador

) Cofinancement avec les ONG européennes de développement Actions dans les pays en développement (PVD) Ligne budgétaire : 21-02-03 (ex-B7-6000) Référence : EuropeAid/122438/C/G

GUIDE POUR L’INTEGRATION DU GENRE DANS LES PROJETS DE DEVELOPPEMENT

Réalisé avec l’appui financier de l’Union européenne

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LE CONTENU DE CE DOCUMENT RELÈVE DE LA SEULE RESPONSABILITÉ DE SES  AUTEURS ET NE PEUT EN AUCUN CAS ÊTRE CONSIDÉRÉ COMME REFLÉTANT  LA POSITION DE L’UNION EUROPÉENNE 

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SOMMAIRE
INTRODUCTION
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LE GENRE… EN THEORIE ?
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Le genre, c’est quoi ?
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Définition du genre Rapports sociaux de genre L’égalité de genre Les concepts de base du genre L’approche genre L’approche genre
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Pourquoi integrer le genre ?
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La nécessite de combattre les inégalités entre les hommes et les femmes La valeur ajoutée de l’approche genre : des interventions plus efficaces pour un développement humain durable
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La lutte contre les inegalités de genre : un agenda international et national
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Le contexte International
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LE GENRE… EN PRATIQUE !
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Comment intégrer le genre dans l’association ?
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Le principe de l’intégration du genre dans les associations Eléments de méthode pour intégrer le genre dans les associations
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Comment intégrer le genre dans les projets ?
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Rappel sur le cycle de projet Le genre dans l’identification du projet : une analyse du contexte sensible au genre Le genre dans la formulation et la planification du projet Le genre dans la mise en oeuvre du projet
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Le genre dans le suivi-évaluation du projet
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CONCLUSION
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ANNEXES
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Glossaire des termes utilisés dans l’approche genre
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Ressources complementaires sur le genre : liens internet
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Ressources générales sur le genre Bases de données sur le genre Outils, manuels pour intégrer le genre Sources de financement
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Fiches-outils pour l’analyse selon le genre
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INTRODUCTION
L’approche « genre et développement » cherche à assurer une répartition égale des possibilités, des ressources et des bénéfices entre les différents groupes de la population visée par une intervention. L’utilisation de cette approche aide les gestionnaires / planificateurs de projets à identifier, à travers une analyse de genre, les différences importantes entre les rôles et les responsabilités des femmes et des hommes et ce afin d’obtenir des informations pour rendre plus efficaces et égalitaires les politiques, les programmes et les projets de développement. Si le développement ne prend pas le genre en compte, il est en danger. En effet :
• • •

Les femmes représentent plus de la moitié de la population ; Sans elles, beaucoup de projets sont peu efficaces ; Méconnaître les impacts différenciés sur les femmes et les hommes peut accroître les discriminations qui frappent les femmes.

Le « Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement » s’adresse aux associations algériennes qui mettent en œuvre des projets de développement. Il se veut un outil simple et pratique pour aider ces associations à intégrer la dimension du genre dans leur organisation et leurs projets de développement afin de s’assurer que les efforts de développement tiennent compte des besoins et priorités des hommes et des femmes et contribuent à réduire les inégalités entre hommes et femmes.

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LE GENRE… EN THEORIE ?

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LE GENRE, C’EST QUOI ?

Définition du genre
Le mot genre est la traduction du mot anglais gender. Ce terme est apparu pour la première fois en 1972 (dans un ouvrage d ’Ann Oaklay) et s’est progressivement répandu partir des années 80. Il propose de faire la distinction entre la dimension biologique (sexe) et la dimension culturelle (genre).

Le genre permet ainsi de mettre en évidence le fait que :

les rôles « féminins » et « masculins » (ex : les femmes doivent s’occuper des tâches ménagères et des enfants, la politique ou la direction d’entreprises sont des domaines réservés aux hommes, etc…), ne sont pas déterminés à la naissance (caractères innés déterminés par la biologie) et voués à ne jamais changer… …mais sont attribués aux hommes et aux femmes par la société (rôles acquis / socialement construits : appris à l’école, au sein de la famille, etc) et peuvent donc

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évoluer différemment selon les situations sociales, économiques et culturelles où se trouvent les individus.

SEXE Fait référence aux différences biologiques qui sont universelles « sexe biologique » Caractère inné : défini à la naissance Ne change généralement pas au cours du temps

GENRE Fait référence aux différences culturelles construites par la société, et qui varient selon le milieu social, le contexte culturel… / « sexe social » Caractère acquis : appris, non défini à la naissance Peut changer au cours du temps Exemples : Le père et la mère peuvent donner le biberon a un enfant (il n’est pas déterminé « biologiquement que seules les femmes peuvent nourrir un enfant ») Les hommes et les femmes peuvent exercer des responsabilités politiques (il n’y a pas d’obstacle « physique », biologique à la participation des femmes en politique »

Exemples : Seules les femmes peuvent mettre au monde un enfant Seuls les hommes ont de la barbe

Le concept de genre est donc un concept social qui part du principe que les différences sexuelles propres ne constituent pas et ne justifient pas les inégalités entre les êtres sociaux. Seule la culture intervient en créant les identités pour chaque sexe et en élaborant les systèmes de genre. Les différences se transforment alors en inégalités. On peut observer dans toute société que les places occupées par les femmes et par les hommes et les rôles sociaux que les unes et les autres jouent ne sont pas seulement – et loin de là – le résultat de la différence physiologique entre les hommes et les femmes. Ils sont le résultat d’une longue construction collective. Attention ! Genre n’est pas synonyme de femme ! Le genre ne désigne pas les femmes mais les relations entre les hommes et les femmes, puisqu’il fait référence aux différences sociales entres les femmes et les hommes.

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Illustration pour mieux comprendre la différence entre genre et sexe Lors d’une formation « Genre et Développement » destinée à un groupe d’associatifs marocains, il a été demandé aux participants de citer les adjectifs ou caractéristiques qui leurs venaient spontanément à l’esprit en pensant à « HOMME » et à « FEMME ». Voici quelques-uns de leurs réponses : HOMME A de la barbe Fort Courageux Force économique du ménage Pouvoir FEMME Sensible Protectrice Faible Met au monde des enfants Patiente S’occupe du foyer

Le groupe a ensuite classé ces caractéristiques selon qu’elles relèvent du « SEXE » ou du « GENRE ». SEXE A de la barbe S’occupe du foyer GENRE Sensible Protectrice Faible Met au monde des enfants Patiente Fort Courageux Force économique du ménage Pouvoir

On constate que la plupart des caractéristiques que la société attribue généralement aux hommes et aux femmes ne relèvent pas d’un déterminisme biologique, mais sont des constructions faites par la société. Or ces caractéristiques attribuées aux hommes et aux femmes par la société, la culture influencent la vie des hommes et des femmes, conditionnent les opportunités qui seront offertes à chacun (ex : certains métiers on fonctions sont réservés aux hommes, certaines tâches sont exclusivement confiées aux femmes…).

Rapports sociaux de genre
Les femmes et les hommes (les filles et les garçons) ont le plus souvent un statut différent au sein de la famille, dans la communauté et dans la société. Pour remplir leur rôle, ils utilisent des ressources différentes (naturelles, économiques, politiques et sociales). Il arrive que l'appartenance à un sexe ou l'autre empêche les individus de jouer le rôle qu'ils voudraient jouer et d'accéder aux ressources nécessaires à ce rôle. Les femmes en particulier, doivent surmonter des difficultés pour accéder à certaines ressources et/ou les contrôler. De plus, leur contribution sociale et économique est souvent sous-estimée. Pour «analyser les relations de genre» dans le cadre des actions de développement, il convient

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de considérer la répartition et l'organisation des rôles, des responsabilités, des ressources et les valeurs attachées aux hommes ou aux femmes, afin d'identifier les différences et les inégalités qui les séparent et de déterminer leurs intérêts, possibilités, contraintes et besoins respectifs en terme de développement. Contrairement aux différences biologiques entre les sexes, les rapports sociaux de genre dépendent du contexte. Ils varient d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre dans un même pays (différences entre la ville et la campagne, p. ex.), mais aussi d'une famille à l'autre. Le modèle de rapports diffère aussi selon la structure familiale (famille monoparentale, nucléaire ou élargie). Les femmes et les hommes étant en contact dans tous les domaines de la vie, les relations de genre sont omniprésentes dans la sphère privée (au niveau de la famille par ex.) aussi bien que dans la sphère publique (interaction entre collègues ou membres d'une communauté). Les rapports sociaux de genre ne sont pas figés. Même dans les cultures traditionnelles, ils évoluent avec la situation économique, juridique, politique ou environnementale. Certaines de ces évolutions sont voulues et favorisent l'égalité: nombre de pays ont par exemple entrepris d'éliminer toute discrimination entre les sexes dans leur législation. Il arrive aussi que des mesures soient prises pour perpétuer ou accroître les disparités (en Arabie saoudite, les femmes n'ont ainsi pas le droit de conduire). Les changements ne sont pas toujours voulus et peuvent aller dans un sens ou dans l'autre :

Positifs : comme par exemple dans les zones franches du Bangladesh, où nombre de femmes travaillent (même si leur employeur ne se soucie que de ses intérêts économiques et n'a que faire du pouvoir social des femmes et si les conditions de travail sont souvent douteuses) tirant ainsi de leur activité un revenu monétaire non négligeable qui leur permet d'améliorer leur statut au sein de la famille. Négatifs : comme par exemple dans certains pays de l'Est où la libéralisation des marchés a engendré un chômage élevé parmi les hommes, qui, privés de leur place et de leur statut traditionnel à la tête de la famille, tendent à exprimer leur malaise et à affirmer leur masculinité en recourant à la violence domestique.

Les rapports entre hommes et femmes évoluent souvent lentement, mais parfois aussi très vite :

au Rwanda, le génocide de 1994 et la disparition massive des hommes a donné aux femmes un nouveau statut et de nouvelles responsabilités. En Algerie, dans certaines régions qui connaissent une très forte émigration masculine, les femmes sont amenées à assumer de nouvelles tâches et responsabilités (par exemple dans certaines oasis où une grande partie des hommes sont absents, les femmes doivent effectuer des tâches agricoles traditionnellement réservées aux hommes, comme le labour ou la pollinisation des palmiers-dattiers).

Les rapports sociaux de genre sont croisés avec d'autres rapports sociaux. Les femmes ne sont pas toutes égales et les hommes ne sont pas tous égaux : l'âge, la classe sociale, l'appartenance ethnique, la religion et les aptitudes (physiques et psychiques)

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déterminent les activités et les responsabilités des femmes et des hommes, ainsi que leur statut, leurs chances et les contraintes auxquelles ils/elles doivent faire face. Les références identitaires de chacun sont nombreuses et l'une ou l'autre peut prévaloir en fonction des circonstances. En Inde, une femme d'une caste élevée peut posséder un pouvoir plus grand qu'un homme d'une caste inférieure, tout en étant subordonnée aux hommes de sa propre caste. Cependant, qu'il soit pauvre ou riche, jeune ou vieux, musulman ou catholique, un être humain est toujours une femme ou un homme ; c'est dire que les rapports hommes-femmes sont omniprésents. Les rapports sociaux de genre sont des rapports de pouvoir. Qu'elles soient privées (famille, mariage, etc.) ou publiques (religion, école, marché du travail, etc.), les institutions reflètent et perpétuent les rapports sociaux hommes-femmes. C'est pourquoi les tentatives visant à modifier ces rapports, en vue d'instaurer l'égalité, sont souvent perçues comme des menaces pour les «traditions» et pour la culture. S'il est difficile de gagner des batailles dans la promotion de l'égalité, il est extrêmement facile d'en perdre. D'innombrables sociétés de par le monde en appellent au retour des valeurs traditionnelles, y compris à la soumission des femmes, parce qu'elles se sentent «menacées» par des forces ou des idées «étrangères». Les rapports de genre traditionnels, dans lesquels la femme est inférieure à l'homme, deviennent alors souvent les étendards de l'identité culturelle.

L’égalité de genre
L'égalité entre hommes et femmes est une des finalités du développement. Les projets et programmes de développement ne visent pas seulement ou nécessairement à faire participer le même nombre de femmes et d'hommes (de filles et de garçons) aux activités de développement, ni à réserver un traitement en tous points identique aux femmes et aux hommes (aux filles et aux garçons). Ils ne prétendent pas rendre les femmes et les hommes égaux, mais veulent leur offrir les mêmes chances, les mêmes possibilités. L'égalité comprend le droit à la différence. Promouvoir cette égalité c'est tendre vers une société où les femmes et les hommes (les filles et les garçons) peuvent s'épanouir équitablement tout en contribuant à modeler la société à laquelle ils/elles aspirent.

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Les concepts de base du genre
Quelques concepts sont indispensables à une bonne compréhension du genre. Ces outils conceptuels sont en outre nécessaires pour guider les interventions en tenant compte de la dimension genre. Il s’agit essentiellement des concepts suivants :
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La division du travail selon le genre ; L’accès et le contrôle des ressources et des bénéfices ; Les facteurs d’influence ; La condition et la situation ; Les besoins pratiques et les intérêts stratégiques ; Le concept « d’empowerment » ou « renforcement du pouvoir / habilitation » ; Le concept de « gender mainstreaming » ou « transversalité du genre ».

Les trois premiers outils conceptuels servent à analyser les rapports de genre dans une collectivité à l’étape de l’analyse de la situation (diagnostic) et de l’identification d’un projet. Les quatre autres outils servent à orienter les interventions de développement (formulation, planification et mise en œuvre d’un projet).

La division du travail selon le genre
Dans toute société, il existe une division du travail entre les hommes et les femmes, qui est propre à chaque culture et à chaque époque. Elle peut varier d’une collectivité à l’autre. Elle est flexible et s’adapte aux conditions prévalant dans le ménage (par exemple l’éducation, la maladie ou l’absence d’un membre important de la famille). Dans l’analyse fondée sur le genre, on distingue trois grandes catégories de travail : Le travail lié à la production Inclut l’ensemble des activités liées à la production de biens et de services voués à la consommation et au commerce (agriculture, pêche, industrie, etc.). Il est généralement lié à une activité rémunéré / qui génère un revenu. Le travail lié à la reproduction Inclut l’ensemble des activités liées au bien-être familial dont les tâches domestiques, le soin et l’éducation des enfants, les courses, la collecte de l’eau et du combustible, etc. Le travail lié à la collectivité Inclut l’ensemble des tâches liées à l’organisation collective des activités et services sociaux : cérémonies et fêtes, toutes activités pour améliorer le maintien et l’établissement de liens au sein d’une communauté, activités politiques locales, participation aux groupes sociaux, etc.

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Les femmes comme les hommes, ainsi que les filles et les garçons, peuvent s’engager dans des activités liées à l’une ou l’autre catégorie, mais la plupart du temps leurs responsabilités diffèrent. Il faut bien réaliser que toute intervention dans un domaine aura des effets sur les autres domaines. Par exemple, la charge de travail des femmes peut les empêcher de participer aux projets de développement ou leur causer une surcharge dans d’autres domaines. Il importe donc de bien cerner la division du travail et le type de travail que chacun des genres accomplit pour en tenir compte dans la planification des projets ou programmes, si l’on souhaite que les femmes puissent bénéficier autant que les hommes de l’intervention.

L’accès et le contrôle des ressources et des bénéfices
Il convient au préalable de noter que la notion de ressource inclut : Les ressources économiques ou productives La terre, l’équipement, les outils, la main-d’œuvre, l’argent, le crédit, les compétences utiles sur le marché du travail et les possibilités offertes sur le marché de l’emploi en vue d’obtenir un revenu

Les ressources politiques

La ressource temps

Le leadership, l’éducation, l’information, la confiance en soi, l’expérience, la crédibilité

La disponibilité pour la formation, les loisirs, les rencontres, etc.

Les bénéfices peuvent inclure les besoins essentiels (nourriture, logement, vêtements), l’accès à un revenu, la possession de biens, l’éducation et la formation, le pouvoir politique, le prestige, le statut ... L’état de subordination des femmes peut limiter leur accès aux ressources et bénéfices. Dans certains cas, les femmes peuvent avoir accès aux ressources (l’occasion de s’en servir) mais n’exercent sur ces ressources et avantages aucun contrôle (aptitude à en définir l’utilisation et à imposer ce choix aux autres). Exemples Les femmes peuvent avoir accès à la terre pour cultiver, mais n’en possèdent pas la propriété (la législation ou le contexte socio-culturel limite souvent l’accès des femmes à la propriété foncière) et ne peuvent donc pas décider comment s’en servir (vendre ou louer, cultiver telle ou telle variété…). Les femmes peuvent avoir accès au revenu grâce à leur production alimentaire ou artisanale, mais n’exercer aucun contrôle sur la façon dont il est dépensé.

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À l’étape de planification, il est important de connaître quels sont les ressources et les bénéfices auxquels hommes et femmes ont accès et lesquels ils contrôlent, pour pouvoir définir les activités du projet. Il ne serait par exemple pas pertinent de proposer une activité éloignée d’un douar si l’on sait que les femmes n’ont pas accès à des moyens de déplacement (possibilité d’utiliser un moyen de locomotion ou d’utiliser de l’argent pour payer un moyen de transport) ou encore de développer une culture exigeante en eau alors que les femmes n’ont pas de droits d’usage pour l’eau, etc…

Les facteurs d’influence
Dans toute société, la division du travail entre les hommes et les femmes, le type de travail accomplit par chacun des genres, l’accès et le contrôle des ressources et bénéfices selon les genres ne sont pas des données statiques, qui n’évoluent pas. Plusieurs facteurs tissent, influencent et modifient ces rapports sociaux. Dans une approche genre et développement, il importe donc d’identifier ces facteurs pour développer des stratégies adaptées pour promouvoir l’égalité entre les genres. Parmi les facteurs d’influence, on distingue les facteurs :
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Politiques : Régime, représentation, sphère d’influence, alliés, conflits, … Economiques : Taux de pauvreté, taux d’inflation, répartition des revenus, marché du travail interne et externe, privatisation des services, … Culturels : normes et organisation sociale, type de famille, hiérarchie sociale, forme d’organisation collective, religion, coutumes, traditions, … Liés à l’éducation : système éducatif, images et stéréotypes transmis par l’éducation, scolarité des filles et garçons, … Démographiques : structure par age et sexe, répartition spatiale de la population, mortalité maternelle – enfantine, … Institutionnels : bureaucratie, dispositifs pour générer et transmettre les savoirs, savoir faire, technologies, … Juridiques : législation locale, statut juridique des personnes, engagement via les conventions internationales, … Internationaux : influence de la culture occidentale, etc .

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Exemple La capacité des femmes à entreprendre des activités économiques ne dépend pas seulement de l’accès à des ressources financières ou à des moyens de production. Elle est conditionnée par une série de facteurs culturels, politiques, économiques et sociaux qui peuvent favoriser ou restreindre leur participation dans le domaine économique, comme le montre l’étude réalisée au Maroc en 2004 par l’AMAPPE :

Au Maroc, la répartition sexuelle des rôles ne favorise pas toujours, pour les femmes, la disponibilité nécessaire à la conduite d’une entreprise. La conciliation des rôles liés à la production et à la reproduction et l’absence de services et de technologies appropriées pour alléger les corvées des femmes constituent des obstacles importants à l’accès des femmes à l’emploi et au développement de l’entreprenariat féminin, étant donné que les femmes ne disposent d’une ressource essentielle qu’en quantité très limitée : le temps. L’enquête réalisée par la Direction de la statistique sur le budget temps des femmes démontre d’ailleurs que les principales contraintes des femmes dans l’exercice de leur savoir-faire sont la lourdeur des tâches, l’exercice d’un travail professionnel, le manque de financement et le temps. Les stéréotypes de genre constituent également un facteur d’influence majeur. Le concept de bonne réputation des femmes, et par extension de leur famille, est par exemple une valeur centrale dans la société marocaine. Ce concept, et ces diverses facettes, a un impact sur ce qui est considéré comme étant une attitude ou une activité respectable ou acceptable pour une femme. Ainsi, dans certains milieux, les femmes ne sont pas encouragées à s’investir dans des activités qui demandent de fréquents déplacements ou de nombreux contacts avec des hommes ou dans un environnement d’hommes. Dans l’étude réalisée sur la condition socio-économique de la femme au Maroc, la Direction de la statistique s’est intéressée au degré de participation de la femme à la prise de décision dans la sphère familiale et communautaire. L’étude démontre qu’une proportion très importante des femmes rurales (85,3%), et dans une moindre mesure des femmes urbaines (61,2%), doivent obtenir l’autorisation de leur père ou de leur conjoint pour se déplacer. De même, des activités qui sont considérées comme étant traditionnellement masculines telles que l’utilisation de machinerie ; d’emblée la société, et les femmes elles-mêmes, considèrent qu’elles n’ont pas les capacités de le faire. L’éducation constitue également un facteur d’influence déterminant : faible scolarisation des filles, faible accès à la formation professionnelle… Les filières de la formation professionnelle offertes aux filles contribuent particulièrement à renforcer la position des femmes dans les secteurs « traditionnellement » féminins et précaires (textile et artisanat notamment).

La condition et la situation
Du point de vue de l’analyse genre, on fait la distinction entre les conditions de vie des hommes et des femmes, qui touchent l’état matériel des individus dans leur quotidien, et leur situation sociale, liée à leur situation politique, économique et sociale comparée à celle des hommes ou des femmes d’une société donnée. Selon l’approche genre, il ne suffit pas par exemple d’améliorer les conditions de vie des femmes (accès aux soins, meilleur revenu, meilleures conditions de logement…). Il est essentiel de viser également l’amélioration de leur position sociale (possibilité d’exercer une influence, de prendre des décisions…) par rapport aux hommes, si on veut qu’elles puissent bénéficier également des initiatives de développement.

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Les programmes ou projets de développement ont des répercussions différentes sur les conditions de vie des femmes et des hommes et sur leur situation. Les programmes ou projets de développement peuvent également avoir des répercussions sur la situation des femmes, de manière négative si les secteurs où elles sont actives sont dépréciés ou éliminés ou de façon positive si les femmes sont incluses comme agentes de changement.

Exemple Un projet d’approvisionnement en eau potable dans un douar ou un quartier peut améliorer la condition des femmes (allègement des tâches), mais avoir peu d’impact sur celle des hommes. Dans le cadre de ce même projet, on peut :

Aménager un point d’eau, sans tenir compte par exemple de l’avis des femmes pour le choix de l’emplacement et sans les impliquer dans la gestion de ce point d’eau. Dans ce cas, le projet aura contribuer à l’amélioration des conditions de vie des femmes (accès à de l’eau saine à proximité de la maison, allègement des tâches liées à l’approvisionnement en eau). Il aura répondu à un besoin pratique des femmes. Contribuer à organiser les femmes, leur donner la possibilité de décider de l’emplacement du point d’eau en fonction de leurs besoins, renforcer leur capacité pour assurer l’entretien et la gestion du point d’eau. Dans ce cas, le projet aura répondu à un intérêt stratégique des femmes (augmentation du pouvoir de décision relatif à des infrastructures essentielles comme l’alimentation en eau potable…)

Les besoins pratiques et les intérêts stratégiques
L’analyse genre fait la distinction entre les besoins pratiques et les intérêts stratégiques, qui sont respectivement liées à la condition de vie et à la situation des individus. Généralement, les projets visant uniquement à répondre aux besoins pratiques et à améliorer les conditions de vie des femmes maintiennent et renforcent les rapports traditionnels entre les femmes et les hommes. Intérêts stratégiques (ou intérêts stratégiques de genre) Plutôt à long terme Font intervenir les femmes comme agents, ou leur permettent de le devenir Ont trait à la position désavantagée des femmes dans la société, à leur manque de ressources et d’éducation.

Besoins pratiques Plutôt immédiats et à court terme Font intervenir les femmes à titre de bénéficiaires, et pas comme participantes actives Ont trait aux conditions de vie quotidienne : eau, alimentation, santé, logement, revenus…

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Facilement identifiables par les femmes Peuvent être satisfaits par des apports matériels précis : aliments, services de santé, formation… Peuvent en général être satisfaits sans modifier les rôles et rapports

Ne sont pas facilement identifiés par les femmes Peuvent être satisfaits par la sensibilisation aux questions de genre et par la prise de conscience de ces questions, par l’éducation et la formation, la mobilisation politique… Peuvent donner du pouvoir aux femmes et transformer les rapports entre les sexes Types d’intervention répondant aux besoins stratégiques des femmes : • Allégement du fardeau lié au travail domestique et à la garde d’enfants • Abolition des formes institutionnalisées de discrimination (lois et systèmes légaux tendant à favoriser les hommes) • Mise à disposition de services de santé reproductive proposant aux femmes le contrôle de leur fertilité • Mesures contre la violence masculine • Création d’opportunités de s’organiser collectivement

Types d’intervention répondant besoins pratiques des femmes :

aux

• Provision d’eau potable • Amélioration d’accès aux soins de
santé

• Opportunités de gagner des revenus
pour le ménage • Provisions de services de base et liés au logement • Distributions alimentaires

Source : C. Moser, Gender planning in the Third World : meeting practical and stratégical gender needs Les intérêts stratégiques des femmes en tant que groupe incluent notamment :
• • •

• •

moins de vulnérabilité à la violence et à l’exploitation ; plus de sécurité économique, d’indépendance, de choix et de possibilités ; responsabilités partagées avec les hommes et l’État en ce qui concerne le travail lié à la reproduction ; possibilité, avec d’autres femmes, de s’organiser pour développer la force, favoriser la solidarité et l’action ; pouvoir politique accru ; plus de capacité à améliorer la vie et l’avenir de leurs enfants.

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Exemple de besoins pratiques et stratégiques des femmes entrepreneures marocaines

Les besoins pratiques des femmes entrepreneures représentent l’ensemble des « outils » nécessaires aux femmes pour développer une activité économique :
• • • • • • •

La formation technique pour améliorer le processus de production ; L’information et la formation pour assurer la commercialisation ; L’information et la formation sur les procédures administratives, la législation et la fiscalité, les programmes d’appui à la micro entreprise et leurs formalités ; L’accompagnement dans l’élaboration des projets ; L’accès à des financements pour l’investissement et le fonds de roulement ; L’accès à des locaux ; L’accès à des moyens de production et notamment à des technologies « modernes » pour améliorer le rendement et la productivité et alléger la pénibilité des travaux ;

Les besoins stratégiques concernent l’ensemble des moyens qui permettent aux femmes d’améliorer leur position sociale afin qu’elles soient capables d’assurer la viabilité de leur activité économique en assurant le contrôle de leurs ressources et bénéfices.
• • • • • • •

Le développement de l’autonomie financière ; La participation des femmes aux processus de prise de décision tant au niveau familial que communautaire ; L’augmentation de la représentativité des femmes dans les instances de décision politiques et économiques ; La reconnaissance sociale de leur potentiel et de leur contribution ; L’augmentation de la mobilité des femmes ; Le développement de leur confiance en elles ; Le plaidoyer auprès des décideurs pour qu’ils reconnaissent le potentiel des femmes et prennent en compte leurs besoins.

Source : Etude sur l’identification d’activités économiques potentielles pour les femmes au Maroc, réalisée par l’AMAPPE en 2004

Le concept d’empowerment (pouvoir ou habilitation)
La traduction du terme anglais « empowerment » ne fait toujours pas l’unanimité mais il se traduit généralement par l’expression : appropriation de pouvoir ou encore par les termes autonomisation ou habilitation. Selon Caroline Moser, l’empowerment pour les femmes, pourrait se définir comme suit : « La capacité des femmes à accroître leur propre autonomie et leur force interne. Cela est identifié comme le droit de faire des choix dans la vie et d’influencer la direction des changements via la capacité d’acquérir le contrôle sur les ressources matérielles et non matérielles ». (Moser, 1989). D’autres auteurs définissent le terme empowerment comme étant « un processus par lequel, au moyen de leurs luttes contre l’oppression, les actrices et acteurs sociaux augmentent individuellement et collectivement leur pouvoir, c’est-à-dire leur autonomie et leur contrôle sur leur propre vie et dans la société ». (Dagenais et Piché, 1994). Dans plusieurs pays, les femmes s’organisent (ou furent organisées) pour exercer des pressions, faire campagne pour des lois anti-discrimination, sensibiliser le public, se syndiquer et manifester pour ou contre l’accès à la planification des naissances, le vote des

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femmes.... On a ainsi observé des progrès dans ces domaines au cours des dernières décennies. Pourtant, avec la mondialisation des marchés et en dépit de la croissance économique, les femmes s’appauvrissent toujours davantage et subissent encore de nombreuses formes de violence ou d’inégalités. Un des éléments clé permettant d’expliquer cette situation réside dans notre compréhension du pouvoir. Contribuer à l’empowerment des femmes constitue un élément stratégique pour favoriser l’amélioration de leur situation. Exemple Dans un village en Algerie, peu après la conduite d’un diagnostic participatif, les autorités locales visitèrent le village. Comme le voulait la tradition, les hommes s’assirent devant et les femmes se regroupèrent au fond de la salle. Le représentant villageois prit la parole et expliqua que la communauté voulait que des puits soient construits (près de son domicile). Une femme se leva soudain au fond de la salle et exprima son désaccord. Au cours du diagnostic, elle avait participé avec d’autres femmes à l’analyse des coûts et avantages de ce projet, qui avait montré que chaque puits ne profiterait qu’à quelques personnes. Elle fit ensuite une proposition : construire un four collectif qui, dans son opinion, bénéficierait à beaucoup plus de familles du village. Elle fut appuyée dans ce sens par de nombreuses autres femmes qui avaient trouvé le courage de parler. Ces femmes avaient pris de l’assurance parce qu’elles avaient eu l’opportunité de faire leur propre analyse de la situation et avaient examiné le pour et le contre de chaque option. Grâce au consensus obtenu sur les priorités durant les discussions de groupe et les réunions des groupes cibles, elles comprirent qu’elles avaient le pouvoir de donner leur point de vue et les connaissances suffisantes pour défendre leurs propres choix.

Le concept de gender mainstreaming (ou transversalité du genre)
La généralisation de la prise en compte du genre (gender mainstreaming) consiste à évaluer les répercussions sur les femmes et sur les hommes de toute action planifiée (législation, politiques, programmes, projets), et ce quel que soit le secteur (économique, social, culturel, politique… ; agriculture, infrastructures routières, industrie…) et à quel que niveau (national, régional, local) que ce soit. Cette stratégie de promotion de l'égalité entre hommes et femmes consiste à reconnaître que les femmes et les hommes ont des besoins et des priorités différents, qu'ils doivent faire face à des contraintes différentes et que leurs aspirations et contributions au développement ne sont pas les mêmes. Selon l'une des hypothèses à la base de cette approche, il importe de transformer les sociétés pour qu'elles s'adaptent aux spécificités des femmes et des hommes et leur accordent la même importance. Après la victoire des travaillistes en GrandeBretagne par exemple, le nombre des femmes députées a sensiblement augmenté. Peu

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après les élections, un groupe de ces parlementaires a fait pression afin de modifier les habitudes de travail du parlement (sessions se prolongeant tard dans la nuit), car elles tenaient à concilier activité professionnelle et vie familiale. Pour une approche intégrée de l'égalité, il faut que les acteurs et les institutions de développement soient à même d'inclure le souci d'égalité non seulement dans leur manière de travailler (culture institutionnelle, compétences, etc.), mais aussi dans leurs politiques et dans leurs programmes, à tous les niveaux et à toutes les étapes d'un programme ou projet. Cela implique aussi que le genre ne se limite pas aux actions et aux projets qui concernent uniquement les femmes. Il doit être pris en compte dans toute intervention de développement, qu’elle cible seulement des femmes ou toute une communauté. De même, le genre ne se limite pas à des interventions dans des secteurs particuliers (éducation, santé, AGR dans le domaine de l’agriculture ou de l’artisanat). Il doit être pris en compte dans des domaines où, à première vue, la problématique du genre pourrait ne pas sembler évidente (travaux d’infrastructures, projets environnementaux…). Exemple Projet Problèmes de genre Qui profitera des opportunités d’emploi liées aux travaux de construction de la route ? Les femmes seront-elles associées à la prise de décision sur le choix des routes à aménager en priorité ? Possibles appréhensions des femmes pour leurs enfants et leurs maris (accès à la ville et ses dangers ou tentations, immigration) Accès au marché facilité pour la commercialisation des productions : qui en profitera ? les femmes pourront-elles aussi aller vendre leurs productions en ville ? Profiteront-elles des nouveaux revenus générés par l’augmentation de l’activité ? Accès à des moyens de transport : les femmes auront-elles accès de la même façon que les hommes à des moyens de déplacement et profiter du désenclavement ? Présence d’étrangers pouvant favoriser les chocs culturels Pression accrue sur des ressources comme l’eau et donc approvisionnement en eau plus difficile pour les femmes Dans le cas d’aménagement de chambres chez l’habitant, y aura-t-il une ugmentation de la charge de travail pour les femmes ? Qui va profiter des revenus générés par le tourisme ? Risque d’abandon des activités agricoles (productions vivrières) par les hommes pour cibler le tourisme

Aménagement de pistes rurales pour désenclaver des douars

Développement du tourisme rural

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L’approche genre
Trois constats ont amenés les acteurs à tenir compte du genre dans les approches de développement :

Le fait que dans toute société les femmes forment un groupe désavantagé par rapport aux hommes, en terme de bien être (éducation, santé, revenu, etc.), en terme d’accès et de contrôle des moyens de production et en terme de pouvoir ; Le fait que dans toute société les femmes et les hommes ont des besoins différents, compte tenu de leurs rôles et responsabilités distinctes, et compte tenu de l’inégalité dans l’accès et le contrôle des ressources ; Le fait que cette situation d’infériorité constitue un obstacle au développement, puisqu’elle limite les chances et les opportunités de la moitié d’une population.

L’approche genre a été amenée à évoluer. En 1975, avec l’ouverture de la décennie des Nations Unies pour la femme, on fait le constat que les femmes sont « hors du processus de développement » et il faut donc les y intégrer. C’est à ce moment qu’apparaît l’approche « Intégration des femmes dans le développement » (IFD). Ciblée au départ sur les femmes, cette approche s’est progressivement transformée et enrichie pour aboutir à une approche centrée sur les relations hommes-femmes : c’est l’approche Genre et Développement (GED), qui prévaut aujourd’hui dans les interventions de développement.

L’approche Intégration de la Femme au Développement (IFD)
L’approche IFD est issue du courant féministe libéral et de la théorie de la modernisation, qui a dominé la pensée sur le développement international des années 1950 aux années 1970. Cette approche a misé sur la promotion de l’accès des femmes aux nouvelles technologies et à l’éducation, afin d’assurer leur pleine participation sociale et économique. L’approche IFD est en fait le produit des Nations Unies, de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) et de l’USAID. Elle représente un discours qui rejoint les revendications féministes des pays du Nord. Plusieurs lacunes ont été observées dans son application, mais également dans ses fondements :

L’approche IFD, de par l’importance accordée aux responsabilités individuelles des femmes d’assurer leur intégration et leur participation au développement a négligé tout l’aspect des rapports hommes-femmes. Elle est basée sur l’hypothèse que les rapports de genre changeront d’eux-mêmes à mesure que les femmes deviendront des partenaires économiques à part entière dans le développement. Elle ne cherche pas à modifier les rapports d’inégalités entre les hommes et les femmes, pas plus qu’elle ne considère les différences même au sein des mouvements des femmes, c’est-à-dire des différences de classe, de caste, d’ethnie entre les femmes.

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La sphère du privé est négligée au profit de la sphère publique. L’approche omet de tenir compte que, bien qu’elles puissent intégrer le domaine du travail et poursuivre des objectifs ambitieux, les femmes doivent toujours assumer les tâches quotidiennes du soin des enfants et du travail domestique ce qui occasionne une surcharge de travail. L’approche IFD ne questionne pas les structures du développement et le développement lui-même. Elle l’accepte tel qu’il est et ne fait que promouvoir l’intégration des femmes à celui-ci.

L’ensemble de ces lacunes a donc inévitablement amené les chercheurs à développer d’autres modèles d’intervention de développement.

L’approche Genre et Développement (GED)
L’approche GED, qui a vu le jour à la fin des années 1980, résulte de nombreuses critiques formulées par des femmes chercheurs du Nord et du Sud, insatisfaites des approches précédentes. Ces approches avaient ignoré l’apport des femmes et leur contribution à la production de biens et de services dans leur communauté. Les femmes étaient toujours confinées dans leur rôle traditionnel familial (soins des enfants, activités traditionnellement réservées aux femmes telles que la broderie…). L’approche GED se combine au concept de développement durable et équitable. En plus de chercher à intégrer les femmes au développement, elle vise à exploiter le potentiel des initiatives de développement à transformer les relations sociales et de genre, afin de réduire les inégalités de genre et de donner plus de pouvoir aux femmes. Contrairement aux approches précédentes, l’approche GED considère les femmes comme agentes de changement plutôt que comme bénéficiaires passives de l’aide au développement. L’application de l’approche GED doit permettre aux programmes et projets de développement de répondre aux besoins pratiques des femmes et aux intérêts stratégiques de celles-ci. L’approche GED se caractérise par :

Une stratégie qui vise à permettre l’intégration des préoccupations de genre dans l’analyse, la planification et l’organisation de politiques, programmes et projets de développement. Une approche qui cherche à promouvoir l’égalité entre les sexes par l’empowerment des femmes et des hommes dans la population et dans les activités de développement. Une approche qui prône des valeurs d’égalité dans tous les domaines où les écarts entre les hommes et les femmes sont grands, notamment dans : - la division du travail ; - l’accès aux services et aux ressources ; - le contrôle des ressources et des bénéfices ;

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le pouvoir décisionnel. Une approche qui ne se concentre pas uniquement sur les femmes ou sur les hommes, mais plutôt sur la transformation des rapports entre les genres dans un sens plus égalitaire. Une approche qui ne tente pas de marginaliser les hommes mais d’élargir la participation des femmes à tous les niveaux. Une approche qui ne vise pas à transformer les femmes en hommes, mais bien à s’assurer que l’accès aux ressources ne relève pas de l’appartenance à un sexe.
IFD Une approche qui considère que la condition des femmes est le problème Les femmes L'exclusion des femmes (qui représentent la moitié des ressources potentielles de production) du processus de développement Un développement plus efficient, plus efficace Intégrer les femmes au processus de développement existant Projets pour femmes Volets femmes Accroître la productivité des femmes Accroître le revenu des femmes Accroître la capacité des femmes d'effectuer les tâches traditionnellement liées à leur rôle GED Une approche du développement Les rapports femmes-hommes Les relations de pouvoir inégales (riches et pauvres, femmes et hommes) qui empêchent un développement équitable ainsi que la pleine participation des femmes Un développement équitable et durable, où les femmes et les hommes prennent les décisions Accroître le pouvoir des plus démunis et des femmes Transformer les relations non égalitaires. Identifier/considérer les besoins pratiques déterminés par les femmes et les hommes en vue d'améliorer leur condition. Traiter en même temps des intérêts stratégiques des femmes Faire face aux intérêts stratégiques des pauvres par un développement axé sur les gens

-

Approche Centre d’intérêt

Problème

Objectif

Solution

Stratégies

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En quoi cette approche genre et développement concerne-t-elle les hommes ?

L’établissement de relations plus équitables entre les hommes et les femmes nécessite la redéfinition des droits et des responsabilités de chacun dans toutes les sphères de la vie quotidienne. La vie des hommes est fortement influencée par le genre. Il existe des normes culturelles et sociales reliées à la masculinité qui confinent les hommes à certains rôles sociaux (tels que leader, mari, fils, pourvoyeur), ce qui les empêche parfois de réaliser pleinement leur potentiel humain dans d’autres domaines. L’adoption d’une perspective de genre est donc importante pour les hommes puisqu’ils subissent eux aussi les désavantages de leur socialisation.

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POURQUOI INTEGRER LE GENRE ?
La nécessite de combattre les inégalités entre les hommes et les femmes
Les inégalités de genre
Partout dans le monde, les femmes en tant que groupe, gagnent moins que les hommes, ont moins de bénéfices et ont des journées de travail plus longues. Leur travail et leurs opinions sont peu valorisés ou pris en compte. En général, les femmes ont des responsabilités familiales plus lourdes et sont souvent menacées de violence. Elles sont également sous représentées aux niveaux décisionnels et elles font face à de nombreux obstacles lorsqu’elles veulent occuper des postes d’autorité. Les inégalités de genre se situent donc à plusieurs niveaux :
Différences de revenu ou de consommation (en dépit de l’intitulé, cette catégorie inclut aussi les revenus non-monétaires qui représentent un volume considérable dans les pays en développement) Inégalité monétaire Ex : différences entre les femmes et les hommes quant à leur accès à des carrières lucratives, au contrôle des ressources financières et productives (aux crédits, aux prêts, et à la possession des terres) Différences dans les possibilités d’accéder aux services collectifs et de satisfaire des besoins considérés comme essentiels (alimentation, logement, santé, éducation, etc.) Différences dans les moyens disponibles dont les équipements et infrastructures, les actifs financiers, l’état sanitaire et le niveau d’éducation (repris sous le terme de capital humain), la disponibilité en temps (« capitaltemps »), l’adhésion à des réseaux sociaux (capital social), etc. Ce type d’inégalité traduit une inégalité des chances. Différences liées à des aspects sociaux Ces deux types d’inégalité Ex : marginalisation des veuves ou des traduisent des formes filles-mères, hommes perçus comme étant d’exclusion, il n’est donc pas les chefs de famille et les principaux facile d’opérer des distinctions. gagne-pain / femmes associées aux soins Le même phénomène peut des enfants et au bien-être de la famille avoir des origines diverses selon le contexte (plutôt différences liées à des aspects culturels culturel ou plutôt social). (exemple : asymétrie des droits et obligations du mariage) Différences dans les possibilités de prendre des décisions de manière autonome et de participer aux prises de décision collective Ex : les hommes plus impliqués dans les hautes sphères politique et au niveau national, les femmes plus impliquées au niveau local dans des activités liées à leurs rôles domestiques Différences dans les normes morales qui ne s’appliquent pas de manière identique aux femmes et aux hommes

Inégalité des conditions de vie

Inégalité des capacités

Inégalité sociale

Inégalité culturelle

Inégalité politique

Inégalité d’éthique

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Tous ces types d’inégalités se trouvent aggravés pour des femmes, à des degrés très variables en fonction de chaque société, voire à l’intérieur de chaque société en fonction de la classe, l’ethnie, l’âge, etc. des femmes en question. Ce statut inférieur des femmes les rend plus vulnérables à la pauvreté que les hommes et limite leur capacité individuelle à tout mettre en œuvre pour éviter la pauvreté ou pour s’en sortir. Les femmes sont ainsi plus nombreuses parmi les pauvres, elles sont plus sujettes au risque de tomber dans la pauvreté et de s’y maintenir, et le maintien des femmes en situation de pauvreté accroît le risque d’une transmission entre générations. Les inégalités liées au genre s’avèrent être totalement transversales à toute forme de pauvreté. Les inégalités liées au genre doivent donc être ciblées par chaque intervention de lutte contre la pauvreté, et ceci non seulement pour des raisons éthiques, mais également par principe d’efficacité.

On ne peut en effet prétendre résoudre les problèmes de développement sans tenir compte de cette réalité relative aux inégalités de genre… Un développement humain durable suppose que tous, hommes et femmes, tirent profit de façon équitable des bénéfices du développement.

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Quelques constats à l’échelle internationale

Les femmes accomplissent 70% des heures de travail mais gagnent moins de 10 % du revenu mondial

Les 2/3 des enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles

70 % des 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolue sont des femmes

Les femmes représentent 2/3 des analphabètes

130 millions de femmes ont subit des mutilations génitales

Les femmes possèdent moins de 1% des propriétés dans le monde

Les femmes élues ne représentent que 15 % des parlementaires

Les 2/3 des 900 millions d’analphabètes sont des femmes

1 femme sur 3 dans le monde a été victime de violences

75 % des jeunes infectés par le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne sont des femmes

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La valeur ajoutée de l’approche genre : des interventions plus efficaces pour un développement humain durable
Il est manifestement inapproprié d’aborder une problématique, d’identifier des stratégies ou de mettre en œuvre des solutions liées au développement si seulement la moitié des personnes concernées sont parties prenantes du processus. En effet, le développement socio-économique des communautés, tout en prenant en considération les dimensions environnementale, économique et publique, ne peut être effectif que si l’approche genre est respectée. Intégrer l’approche genre dans les projets de développement est une méthode de travail pour promouvoir un développement équitable. Elle consiste à favoriser une prise de conscience et à introduire des stratégies et des outils pour l’égalité à travers l’intégration transversale du genre à plusieurs niveaux : dans les modes de fonctionnement des institutions, dans les compétences des personnels et à toutes les étapes de la gestion du cycle des projets ou des programmes. La prise en compte de l’égalité de genre est essentielle dans toute intervention de développement car :
• • •

Elle est directement liée au développement durable ; Elle est un élément essentiel à la réalisation des droits humains de tous ; Elle permet aux femmes et aux hommes de jouir des mêmes opportunités, droits et obligations dans toutes les sphères de leur vie quotidienne ; Elle permet aux femmes et aux hommes d’avoir un accès égal à l’éducation, d’acquérir une indépendance financière, de partager les responsabilités familiales et d’être libres de toute forme de coercition, intimidation et violence ; Elle permet aux femmes et aux hommes d’être en mesure de prendre des décisions qui auront un impact positif sur leur santé et leur sécurité et sur celle des membres de leur famille.

La connaissance des rapports de genre au sein de la population ciblée par une intervention et leur prise en compte devrait se traduire soit par le souhait que l’intervention réduise les inégalités entre femmes et hommes, soit par le souhait qu’elle veille au moins à ne pas renforcer les inégalités existantes. Dans tous les cas, l’approche genre contribue à améliorer l’efficacité des interventions de développement dans une perspective de développement durable. Les études de cas commentées qui sont présentées ci-après mettent en évidence l’importance de la prise en compte du genre pour assurer des interventions efficaces.

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Etude de cas 1 : Le projet environnemental
Dans une région connaissant d’importants problèmes de dégradation des ressources forestières, un projet environnemental a réussi à créer une aire protégée et à interdire l’accès de la zone limitrophe de cette réserve à la population environnante, pour éviter la coupe de bois et préserver la forêt. Une évaluation des effets de la création de cette réserve a été effectuée 2 ans après le démarrage. On a pu voir que la situation environnementale s’était nettement améliorée au niveau de la réserve. Mais un des constats était aussi une déscolarisation massive des garçons et surtout des filles. Les évaluateurs ont conclu que les jeunes filles et garçons avaient eu des opportunités de travail nouvelles (écotourisme…) et avaient abandonné l’école. Toutefois, une analyse plus fine des activités a montré que les habitants du village voisin étaient habitués à puiser leur bois de chauffage et de production artisanale ainsi que leur eau (source), à l’intérieur de la réserve. Ces tâches sont habituellement réservées surtout aux filles, et dans une moindre mesure, aux garçons. L’interdiction de l’accès à la réserve a eu pour conséquence que les filles devaient aller de plus en plus loin pour chercher de l’eau ou pour trouver du bois à l’extérieur de la réserve, ce qui leur prenait beaucoup plus de temps. Ainsi, les garçons, mais surtout les filles, sont arrivés de plus en plus en tard à l’école, sont devenus de moins en moins assidus, et plusieurs ont dû abandonner leurs études. Commentaires : * Avant de mettre en défens une partie de la forêt, il aurait fallu analyser les activités des ménages selon le genre (qui va chercher l’eau et le bois ? où ?), ce qui aurait permis à l’équipe du projet de prévoir les impacts négatifs de l’intervention sur la charge de travail des filles et leur scolarisation. * A partir de cette analyse, l’équipe aurait pu améliorer l’intervention, soit en consultant la population (hommes et femmes) pour identifier une zone plus appropriée pour la création de l’aire protégée, soit en prévoyant des mesures d’accompagnement / de compensation (création d’une borne-fontaine et mise en place d’un dépôt de gaz au niveau du douar…).

Etude de cas 2 : Le projet SAHAOUZ
Le SAHAOUZ est mis en œuvre au Maroc dans le cadre du programme PAL-PDS d’appui à la lutte contre la pauvreté rurale, la désertification et les effets de sécheresse. Il est axé sur le développement rural à travers les activités socio-économiques et les comportements environnementaux des différentes composantes de la population rurale tout en le liant à la lutte contre la pauvreté. Il cible spécialement les zones défavorisées et les catégories les plus marginalisées. Lors des visites sur le terrain, il s’est avéré que les activités génératrices de revenus pour les femmes étaient limitées à l’apprentissage dans les foyers féminins de la broderie et du tissage, qui ne leur offrait aucune perspective de revenus (faible possibilité de commercialisation des produits) et ne leur permettait pas d’améliorer leur condition et leur situation. Commentaires : * En général, les activités programmées dans le cadre de ce projet sont non transformatives ; elles ne permettent pas de faire évoluer les inégalités de genre et de lutter contre la pauvreté dont sont en particulier victimes les femmes. * Les AGR n’ont pas été planifiées en fonction de résultats à atteindre et en fonction des impacts attendus, mais en fonction de stéréotypes de genre (proposition d’activités traditionnellement réservées aux femmes et liées à l’activité domestique).

Etude de cas 3 : Le projet agricole

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Le gouvernement d'un pays producteur de café était sous pression pour augmenter ses exportations de café afin de gagner des devises étrangères. Les devises étrangères étaient nécessaires pour financer différentes activités du pays et pour acheter des intrants pour l’agriculture. Afin de stimuler la production de café, le gouvernement a pensé que faciliter l’accès au marché était essentiel. Un important bailleur de fonds international a ainsi financé le développement d'infrastructures ; des pistes et des routes ont été construites pour 80% des zones rurales, de sorte que les fermiers de café puissent plus facilement transporter leurs récoltes vers les centres commerciaux principaux. On a alors constaté que, sur une période de quatre ans, les revenus des fermiers avaient augmenté de manière significative. Cependant, dans cette région, les femmes effectuent la majeure partie du travail agricole, à la fois pour les cultures vivrières et les cultures de rente comme le café. Elles utilisent des outils manuels et travaillent de nombreuses heures par jour. Les hommes sont responsables de la commercialisation des cultures de rente. Quatre ans après que les routes aient été construites, on a constaté une malnutrition étendue dans ces communautés productrices de café, qui touchaient notamment les femmes et les enfants (rations alimentaires moins importantes, manque de vitamines). Commentaires : Au niveau de ce projet, on constate les problèmes suivants du fait de la non prise en compte de la dimension genre : * La charge de travail est augmentée par le développement de la culture de rente (café) car elles doivent travailler davantage sur ces cultures en plus des cultures vivrières et des tâches domestiques. * Les femmes n’ont pas été consultées pour le projet. On a ainsi réduit la superficie des cultures vivrières au profit du café, d’où une alimentation moins importante et moins diversifiée pour les membres du ménage. * Les femmes ne contrôlent pas les revenus générés par la culture de rente (par exemple pour acheter des compléments à la ration alimentaire).

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LA LUTTE CONTRE LES INEGALITES DE GENRE : UN AGENDA INTERNATIONAL ET NATIONAL
Le contexte International
La nécessité de lutter contre les inégalités de genre est désormais affichée par la communauté internationale. La volonté de la communauté internationale d’appuyer l’égalité entre les sexes et de mener des actions dans ce sens s’affirme progressivement depuis les années 50, notamment à travers la mise en place de plusieurs conventions internationales.

La CEDEF, une avancée significative en faveur des femmes
Le 18 décembre 1979, un pas significatif est fait en faveur des femmes à travers la promulgation par l’Assemblée Générale des Nations Unies de la Convention sur l’élimination des toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ou CEDEF. En 1989, près d’une centaine de nations avaient approuvé cette convention. Cette convention est le fruit de 30 années de travaux de la Commission des Nations Unies sur le Statut des Femmes (CSW), un organe mis en place en 1946 pour suivre l’évolution de la situation des femmes et pour promouvoir leurs droits. La Convention est particulièrement importante puisqu’elle s’applique aux actions discriminatoires menées tant par des organismes ou des sociétés privés que par les Etats. La Convention n'établit pas seulement une loi internationale sur les droits des femmes, mais aussi un programme d'action pour les gouvernements en vue de garantir aux femmes l'exercice de leurs droits fondamentaux. Cependant, les pays peuvent émettre des réserves sur tout ou partie du texte et cet instrument juridique n’a pas de véritable dimension contraignante. Elle est aujourd’hui signée par 181 pays. Au niveau de la région Afrique du Nord : Moyen-Orient (MENA), tous les
pays (dont l’Algerie) ont ratifié cette convention, à l'exception du Qatar, du Soudan et de la Somalie.

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Accéder au texte complet de la convention : http://www.un.org/womenwatch/daw/cedaw/text/fconvention.htm

Un Protocole facultatif à la Convention a été ouvert à la signature lors de la Journée des droits de l'homme, le 10 décembre 1999. Il permet aux femmes victimes de discrimination basée sur le sexe de déposer des plaintes auprès du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), l'organe établi par la Convention pour garantir son application. La conférence régionale de la MENA sur la ratification et la mise en

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ouvre de ce protocole facultatif s’est tenue en juin 2006 à Rabat. A cette occasion a été lancée officiellement la campagne régionale « Egalité sans réserve ».

La plate-forme de Beijing, l’affirmation de l’égalité entre les hommes et les femmes comme condition du développement durable
En 1995, 189 gouvernements se réunissaient à Pékin pour la 4ème Conférence Mondiale sur les Femmes (Conférence de Beijing). Cette conférence constitue un évènement international majeur en faveur de la promotion de l’égalité hommes / femmes. Pour la première fois en effet, une conférence internationale proclamait que l’égalité entre les femmes et les hommes était une condition essentielle du développement durable, de la paix et de la démocratie. 12 « points critiques » qui requièrent des actions spécifiques des gouvernements et de la communauté internationale ont alors été identifiés, ainsi que différents objectifs stratégiques pour chacun d’entre eux. Si certains de ces points font l’objet de controverses dans leur formulation et/ou dans leur contenu idéologique, on peut toutefois considérer cette plate-forme comme un important progrès dans la mesure où elle a permis de mettre en avant l’importance de l’égalité des sexes pou le développement.
Les 12 « points critiques » de Beijing
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Les femmes et la pauvreté Education et formation des femmes Les femmes et la santé Violence contre les femmes Les femmes et les conflits armés Les femmes et l'économie Les femmes, le pouvoir et la responsabilité Mécanismes institutionnels pour la promotion de la femme Les droits de l'homme et les femmes Les femmes et les médias Les femmes et l'environnement Les fillettes
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Depuis la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, les efforts de promotion des droits humains de la femme se sont intensifiés aux niveaux international, national et régional. Cependant les progrès restent insuffisants et les femmes restent bien souvent ignorées des processus de développement. En 2000, à l’occasion du 5ème anniversaire de la conférence de Pékin, a eu lieu la 23ème session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies, au cours de laquelle les gouvernements du monde entier ont réaffirmé leur volonté de mettre en place des mécanismes pour répondre aux différents points critiques issus de la Plate-forme de Beijing.

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Aujourd’hui, la révision de Bejing+10 se fait dans le contexte de la 49ème session de la Commission de la condition de la femme, qui est tenue à New York entre le 28 février et le 11 mars 2005. En savoir plus sur Beijing + 10 : http://www.un.org/french/events/beijing10/
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Conventions et dates-clé
1951 1952
Convention n°100 de l’OIT sur l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes. Convention de l’ONU sur les droits politiques des femmes. Convention n°111 de l’OIT concernant la discrimination qui encourage l’égalité des droits entre les hommes et les femmes sur le lieu de travail. Janvier : l’ONU lance l’année internationale de la femme. Juin : 1ère conférence mondiale sur les femmes, à Mexico. Décembre : lancement de la décennie de la femme. Convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

1958

1975

1979

1981

Convention n°156 de l’OIT sur l’égalité de chances et de traitement pour les travailleuses et travailleurs ayant des responsabilités familiales.

1993

Déclaration de l’ONU sur l’élimination de la violence contre les femmes. L’assemblée générale de l’ONU adopte, le 15 octobre, le protocole facultatif à la Convention sur l’élimination des discriminations envers les femmes.

1999

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LE GENRE… EN PRATIQUE !

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COMMENT INTEGRER LE GENRE DANS L’ASSOCIATION ?

Le principe de l’intégration du genre dans les associations
L’intégration de l’approche genre dans les politiques de développement est une méthode de travail visant à promouvoir un développement équitable en favorisant une prise de conscience et en introduisant des stratégies et des outils pour l’égalité à toutes les étapes de la gestion du cycle des projets ou des programmes) mais aussi dans les modes de fonctionnement des institutions et des différentes formes d’organisation (associations, entreprises…). En effet, le genre ne se limite pas à une méthode que l’on applique sur le terrain. Pour parvenir à assurer l’égalité de genre, il faut au préalable en assurer l’intégration dans les institutions et les organisations. Aucune organisation n'est exempte de considérations de genre. Les perceptions du masculin et du féminin qui prévalent encore dans nos sociétés influencent le monde des organisations. Qu'il s'agisse d'un ministère, d'une ONG, d'un consultant, d'un institut de formation ou d'une entreprise privée, tout organisme possède sa propre culture institutionnelle, ses valeurs, ses compétences et son expérience dans son domaine d'activités. Son «identité» détermine largement sa manière d'intégrer la perspective genre. De plus, chaque organisme réunit des individus (femmes et hommes) qui souscrivent ou s'opposent au principe de l'égalité entre hommes et femmes, et ceci indépendamment de la politique de leur organisation. Intégrer (ou institutionnaliser) la perspective genre dans les associations constitue une stratégie qui vise à :

Faire de la perspective genre un thème transversal dans les projets et éventuellement définir et mettre en œuvre des projets ciblant spécifiquement la promotion de l’égalité hommes-femmes ; Promouvoir l'égalité des chances au sein de l’association.

En général, donner la priorité à l'égalité entre hommes et femmes induit une transformation de l'organisation et des individus qui la composent. .Assurer l’égalité de genre dans l’association signifie notamment :

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• •

Favoriser la mixité des membres et des salariés (pour les salariés, rechercher avant tout les compétences lors du recrutement, qu’elles soient portées par des hommes ou par des femmes ; permettre l’adhésion aussi bien des hommes que des femmes) ; Veiller à ce que mes hommes et les femmes puissent accéder aux mêmes fonctions, quelle que soit leur nature ou leur niveau (membres du conseil d’administration, président/e, trésorier/ère, chef de projet) ; Soutenir les hommes qui veulent évoluer vers un poste ou une tâche majoritairement réservé aux femmes, et inversement ; Encourager les femmes à occuper des postes à responsabilités ; Assurer l’égalité de traitement (rémunération ou indemnités, accès à la formation, reconnaissance du travail effectué …) ; Prévoir des conditions de travail / d’activités adaptées aux contraintes et besoins spécifiques des hommes et des femmes (ex : ne pas prévoir des réunions tard le soir sachant que les femmes ne pourront se déplacer seules la nuit) ; Eliminer les différentes formes de discrimination à l’encontre des hommes et des femmes du fait de leur sexe, mais aussi âge, religion, origine ethnique ; Créer un climat de travail inclusif permettant aux hommes et aux femmes de travailler efficacement ensemble ; Eliminer les conflits et les pratiques de harcèlement liés au genre pour améliorer le moral des membres ; Eliminer les barrières qui limite l’accès des femmes à des postes à responsabilité / de décision.

Eléments de méthode pour intégrer le genre dans les associations
On envisage généralement 4 étapes pour créer une égalité de genre dans l’association (ou toute autre forme d’organisation).

Etape 1 : l’audit organisationnel de genre
L’audit organisationnel de genre est à la base des plans d’égalité hommes / femmes dans les associations. Il consiste à établir le constat, c’est-à-dire à analyser la situation actuelle de l’association concernant la prise en compte du genre : connaître la situation des hommes et des femmes dans l’association (fonctions occupées, conditions de travail…) ; réunir des données désagrégées (hommes / femmes) concernant le recrutement, la formation, les activités exercées ; mettre en évidence les points forts et les points faibles (inégalités de genre), les lacunes de l’association ; analyser les causes des déséquilibres. Pour réaliser cet audit, on peu par exemple commencer par initier un débat avec les membres de l’association sur la perception qu’à chacun et chacune du genre. Pour initier ce

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débat, les membres peuvent faire l’exercice suivant et débattre collectivement des réponses proposées.
Un exercice pour auto-évaluer sa perception du genre… Affirmations sur le genre Les hommes et les femmes ne pourront jamais être égaux puisqu'ils sont biologiquement différents. Le genre est un terme utilisé pour désigner les femmes Il est normal que les femmes gagnent moins que les hommes, parce qu’elles s’absentent plus souvent pour les besoins familiaux Intégrer les femmes dans les différents programmes de développement est important puisque cela permet d'augmenter l'efficacité des projets Le travail concernant le genre doit se faire seulement au niveau de la vie sociale et culturelle des personnes L'objectif le plus important en matière de développement est de permettre aux femmes d'avoir accès à une autonomie financière Il est normal que les hommes et les femmes exécutent des tâches différentes dans la vie de tous les jours Les femmes étant moins fortes, il est préférable qu’elles ne pratiquent pas les mêmes sports Les hommes n’ont pas le choix : pour être respectés, il ne peuvent pas changer de rôle A l’occasion d’une naissance, les hommes doivent avoir un congé parental égal à celui des femmes Il est anormal que les femmes aient un salaire inférieur à celui des hommes à travail et compétences égales Il n’est pas normal que les femmes rurales ne gagnent pas d’argent en cultivant leurs champs C’est en permettant aux filles d’avoir accès aux études que l’on contribuera à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes Tous les noms de métiers doivent avoir systématiquement leur équivalent au féminin (ex : animateur / animatrice…) Les femmes doivent pouvoir avoir accès aux professions dites « masculines » (ex : maçon, mécanicien, plombier…) Il est anormal que les manuels scolaires (images…) attribuent des tâches différentes aux filles (ménage, soin des enfants) et aux garçons (travail dans une entreprise…) Nous ne devrions pas encourager le développement du mouvement de femmes autonome car cela pourrait être source de division au sein des communautés Encourager le développement et le maintien des traditions féminines (couture, cuisine) est une stratégie efficace pour permettre l’émancipation / le renforcement du pouvoir des femmes L’émancipation / le renforcement du pouvoir des femmes signifie nécessairement une perte de pouvoir pour les hommes D’accord Pas d’accord

Dans un deuxième temps, on peut recueillir quelques données de base sur l’association :

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Employé(e)s et bénévoles

Hommes Nombre d’employé(e)s Nombre de bénévoles / adhérents Salaire moyen des employé(e)s Nombre de personnes au niveau du bureau exécutif Nombre de personnes au niveau du conseil d’administration Nombre de personnes au niveau des postes à responsabilité (chef de projet…) Nombre d’animateurs/trices (agents de terrain) Nombre d’employé(e)s et bénévoles ayant bénéficié d’une formation
Activités de l’association

Femmes

Nombre de projets ciblant les hommes uniquement Nombre de projets ciblant les femmes uniquement Nombre de projets ciblant les hommes et les femmes Nombre de projets tenant compte de l’approche genre Nombre de personnes au niveau du conseil d’administration Nombre de personnes au niveau des postes à responsabilité (chef de projet…) Nombre d’animateurs/trices (agents de terrain) Nombre d’employé(e)s et bénévoles ayant bénéficié d’une formation Enfin, l’association peut compléter son audit de genre en répondant aux questions suivantes :
• Dans

ENGAGEMENT POLITIQUE Cet élément s'intéresse à la volonté politique en faveur de l'intégration du genre dans l’association.

RESSOURCES ET MOYENS Cet élément traite des ressources et moyens disponibles pour le genre dans l’association.

quelle mesure existe t-il un engagement politique au sein de l’association pour l'intégration du genre dans les activités de développement ? • S'il existe, qui manifeste cet engagement et comment se manifeste-t-il dans la pratique? • Qui influence cet engagement (ex. groupes de pression, groupes de femmes de la société civile) et comment cet engagement influence t-il les actions de l’association ? • Quels sont les objectifs et les valeurs fondamentales de l’association et dans quelle mesure intègrent-ils l’égalité de genre ? • Quelle proportion des ressources actuelles est consacrée à l'intégration du genre ou à des projets ciblant l’égalité homesfemmes ? • Existe-il des ressources spécifiques pour l'intégration du genre ? • Quels sont les groupes/mécanismes affectant l'allocation des ressources pour le genre ? le suivi de cette allocation par genre ? • Dans quelle mesure les femmes, les hommes à la base contribuent-ils au financement des interventions (ex.

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RESPONSABILITE POUR L'INTEGRATION DU GENRE Cet élément concerne l'intégration des responsabilités pour le genre dans l’association PROCEDURES Cet élément cherche à établir dans quelle mesure les procédures internes de l'organisation (par ex. Termes de référence, schéma des propositions de projets, indicateurs etc.) et les procédures qui gèrent les partenariats entre organisations incluent le genre

contrepartie communautaire, travail bénévole, matériaux etc.) ? • La contribution des femmes et des hommes est-elle différente/inégale ? • Existe-t-il des personnes au sein de l’association qui sont responsables pour l'intégration du genre ? Leur mandat est-il clair, légitimé (ex. par la hiérarchie), respecté par leurs pairs ? • Ces personnes ont-elles un accès et un contrôle appropriés, des ressources, compétences etc. nécessaires pour remplir leur rôle ? • Ont-elles accès aux instances de décision pour influencer la prise en compte du genre dans l'organisation ?
• Dans

quelle mesure les procédures et les processus du cycle du projet prennent-ils en compte le genre ? • Les procédures de partenariats facilitent-elles la prise en compte du genre ? • Les procédures régissant le fonctionnement de l’association incluent-elles des limites / discriminations envers les femmes ou les hommes ? • Dans quelle mesure hommes et femmes peuvent-ils prendre part à la prise de décision ? • Les femmes et les hommes ont-ils le même accès à l’information concernant l’association ?
• Le

DEVELOPPEMENT DU PERSONNEL Cet élément concerne l'environnement dans lequel évoluent les acteurs (H et F) impliqués dans la formulation et la mise en oeuvre des projets. Dans quelle mesure cet environnement est-il sensible au genre (par exemple la formation, le recrutement, la promotion) ?

METHODOLOGIE Cet élément concerne le degré d'inclusion du genre dans les méthodologies actuelles appliquées à la formulation, à la mise en oeuvre, au suivi et à l'évaluation des projets

genre est-il intégré dans les mécanismes en place pour le développement du personnel (formation, promotion, politique de recrutement etc.) ? • Dans quelle mesure les besoins-genre des femmes et des hommes sont-ils été pris en compte par ces mécanismes (ex. disponibilité des femmes pour aller en formation par rapport aux responsabilités familiales) ? • Existent-ils des interventions spécifiques pour promouvoir le genre dans les interventions, et/ou l'égalité des chances ? • Il y a t-il des actions pour renforcer la capacité du personnel sur le thème « genre » ? • Existent-ils des discriminations dans le recrutement de salarié ou l’adhésion de bénévoles (rejet d’une personne compétente sur le seul critère de sexe de peur qu’elle ne tombe enceinte et s’absente ; offres d’emploi indiquant « homme exigé / femme exigée » ou « recherche assistante » au lien de « recherche assistant/te » ? • Existent-ils des discriminations dans la promotion, l’accès à la formation, l’accès à certaines fonctions / responsabilités, la rémunération ? • L’association a-t-elle prévue des conditions favorisant la participation des homes et femmes membres (horaires et lieux des réunions, etc) ? • Dans quelle mesure les rôles-genre, l'accès aux ressources et leur contrôle, ainsi que les besoins-genre des femmes et des hommes sont-ils pris en compte dans les méthodologies existantes (de recherche, de formation, de mise en œuvre etc.) ? • Existe t-il des outils/méthodologies spécifiques pour le genre ? • Les projets élaborés sont-ils « révisés », suivi et évalués par des personnes maîtrisant l’approche genre ? • Les hommes et les femmes de l’association sont-ils impliqués dans la formulation, la mise en œuvre et le suivi des projets ?

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Les informations recueillies dans le cadre du diagnostic peuvent être regroupées dans le tableau suivant : FORCES FAIBLESSES

OPPORTUNITES

MENACES

Etape 2 : la stratégie
Sur la base des éléments mis en évidence dans le cadre de l’audit, il s’agit, en concertation avec les hommes et les femmes de l’association, de :
• •

• •

définir des objectifs à atteindre en matière d’égalité hommes / femmes ; identifier la stratégie et les actions appropriées pour atteindre ces objectifs, en tenant compte des spécificités de l’association ; établir un plan d’action ; affecter des moyens humains et financiers appropriés pour assurer la mise en œuvre du plan d’action.

On peut utiliser à ce niveau la méthode de planification par objectifs et s’aider des questions suivantes :
• • •

Quelles améliorations apporter ? Quels facteurs clés de succès ? Comment lutter contre les pratiques et comportements discriminatoires ?

Etape 3 : l’action
Les actions mises en œuvre dans le cadre d’une politique de genre peuvent inclure :

la révision des procédures de recrutement, de rémunération et de promotion, d’élection des membres du bureau ou du conseil d’administration, l’information et la sensibilisation des salarié/e/s et des adhérent/e/s sur les principes et les enjeux de l’égalité hommes / femmes, la formation « d’agents du genre » qui seront en charge de la mise en œuvre et du suivi du plan d’action, de l’appui à l’intégration du genre dans les projets, la mise en place d’outils pratiques pour faciliter la prise en compte du genre dans les interventions.

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Etape 4 : le suivi et l’évaluation
Afin d’inscrire la politique de genre dans la durée, il est essentiel d’assurer le suivi des actions mises en œuvre (reporting), d’évaluer l’impact de la politique de genre et de communiquer sur les résultats obtenus. Voici quelques indicateurs pour mesurer la prise en compte du genre dans une association (on peut également reprendre les outils de l’audit organisationnel de genre pour mesurer les changements) :
• •

• • •

Quantité et qualité du personnel compétent dans l’application de la perspective genre Nombre d’outils et de procédures créés ou modifiés pour tenir compte de la perspective genre Place de la perspective genre dans le dialogue avec les partenaires Nombre de projets tenant compte du genre Ressources (temps et argent) consacré à l’appui à l’intégration du genre dans l’association et les projets

 

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COMMENT INTEGRER LE GENRE DANS LES PROJETS ?

Rappel sur le cycle de projet
Le cycle de gestion de projet représente le processus continu d’un projet, au cours duquel chaque étape conditionne l'étape suivante. Par exemple, les informations collectées pendant la phase d’identification du projet (étape 1) servent de support au plan détaillé du projet (étape 2). L’étape 3 passe en revue les informations recueillies au cours des deux étapes précédentes en intégrant diverses perspectives afin de garantir la viabilité du projet. Si ces fondements sont solides les étapes suivantes auront d'autant plus de potentialités de réussite.
Les principales étapes du cycle de projet

IDENTIFICATION
Enoncé de l'idée initiale d’un projet associée à une orientation générale et une analyse de situation.

CONCEPTION ET FORMULATION
Élaboration détaillée du projet prenant en compte les aspects techniques et opérationnels ; validation de la faisabilité sociale et économique, y compris l'aspect technique, institutionnel et environnemental; rédaction de la proposition de projet et recherche de financement.

EVALUATION
Bilan à des périodes données pour apprécier et mesurer l'atteinte des objectifs et faire des recommandations pour la poursuite du projet ou pour la mise en place de

SUIVI
Vérification régulière et continue de la bonne marche du projet pour intégrer, au fur et à mesure du déroulement, les actions correctives nécessaires.

MISE EN OEUVRE
Déroulement du projet en conformité avec les objectifs visés par la réalisation d'activités programmées orientées vers l'obtention de résultats précis.

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Intégrer le genre dans le cycle de projet revient à prendre en compte cette dimension dans chaque étape du cycle de projet, comme on va le voir ci-après à travers les questions-clés (checklists) à se poser à chaque étape et les outils à mobiliser. Pour contribuer à réaliser l’égalité de genre, il est en effet nécessaire dans le stade de l’identification, de la planification du projet, en passant par le suivi et l’évaluation, de mener systématiquement des analyses par l’approche genre, c’est-à-dire de se poser les questions sur l’implication du rôle et de la place des femmes et des hommes dans le projet.

Pour chaque étape du cycle de projet, une liste de questions essentielles à se poser sont indiquées. Des outils pratiques sont proposés au niveau de l’annexe 3. Chaque fiche-outil présente : l’objectif de l’outil (informations apportées, intérêt pour l’analyse du contexte, la formulation et la mise en œuvre du projet), la méthode pour utiliser l’outil, les participant/e/s le temps et le matériel nécessaires, les questions essentielles à poser en utilisant l’outil.

Le genre dans l’identification du projet : une analyse du contexte sensible au genre
L'analyse de genre est une étape indispensable pour identifier et formuler un projet qui tienne compte de la dimension genre. L’analyse de genre est un outil de diagnostic des différences entre hommes et femmes sur le plan des activités, des conditions, des besoins, de l'accès aux ressources et de leur maîtrise, comme l'accès aux bénéfices du développement et à la prise de décision. Elle étudie les liens entre ces facteurs et d'autres dans un contexte socio-économique, politique et environnemental général afin de mieux comprendre les principaux facteurs qui déterminent le mode de vie des femmes et des hommes dans un contexte donné (accès à la propriété, vulnérabilité, besoins spécifiques des groupes cibles, politiques, problèmes de développement social, etc.). Cette analyse sert, tout d’abord, à définir les objectifs de l’intervention en terme de genre, c’est-à-dire de prévoir comment le projet concerné compte influencer les rapports entre femmes et hommes. Une telle prise en compte devrait se traduire soit pour que l’intervention réduise les inégalités entre femmes et hommes, soit pour que l’intervention veille au moins à ne pas renforcer les inégalités existantes. L'analyse de genre passe essentiellement par la collecte de données ventilées par sexe (ex : taux d’alphabétisation des hommes et des femmes, répartition par sexe et par âge des activités…) et d'informations intégrant la problématique hommes/femmes sur la population concernée.

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La prise en compte systématique de l’approche genre ne peut par ailleurs pas se faire sans une réelle participation des femmes, aux côtés des hommes. La meilleure façon de s’assurer que les rapports de genre soient réellement pris en compte est de faire participer les femmes concernées le plus activement possible dès la phase préparatoire de l’intervention. Ainsi, on arrive à construire un nouveau partenariat entre femmes et hommes, respectant justement la différence et assurant leur participation équitable, pleine et entière dans tous les domaines et lors des différentes étapes d’un projet. Le diagnostic de genre s’appuie donc fortement sur les outils de l’approche participative, adaptés et complétés pour tenir compte des relations de genre.

Méthodes et outils du diagnostic participatif sensible au genre
Les objectifs du diagnostic participatif sensible au genre Le diagnostic participatif vise à :

• Faire un état des lieux / constat sur un sujet donné et dans un espace donné (quartier,
douar, commune, territoire…) en s’attachant à tenir compte des inégalités et problèmes de genre: problèmes, atouts, contraintes, opportunités, … C’est en quelque sorte une « photographie » de la zone d’intervention. Analyser les causes des phénomènes observés. Identifier les acteurs impliqués, leurs comportements, leurs besoins / intérêts, leurs stratégies, leurs relations. Identifier de façon concertée les priorités et les pistes d’action. Partager les informations. Jeter les bases d’un dialogue. Impliquer les acteurs concernés dans l’analyse des problèmes et des solutions, et ainsi favoriser leur participation tout au long de l’intervention. En effet, au-delà d’une simple photographie de situation, le diagnostic participatif constitue la première étape d’implication et de mobilisation des acteurs-clés du projet / de l’action. Le diagnostic participatif est en ce sens un outil de connaissance et d’analyse mais aussi un outil d’animation et de concertation.

• • • • • •

Un principe méthodologique : la triangulation La triangulation est un moyen de garantir des résultats aussi complets et exacts que possible en vérifiant les informations par recoupement, en confrontant les points de vue, en ne se contentant pas d’une vision partielle de la situation. La triangulation vise à envisager tous les problèmes sous le plus grand nombre d’angles possibles (trois au moins). La triangulation s’applique aussi bien aux méthodes utilisées qu’aux acteurs concernés dans le cadre de la réalisation du diagnostic : Les méthodes : on peut réaliser la triangulation en utilisant plusieurs outils de collecte d’information pour étudier le même sujet (enquêtes, entretiens, étude de documents, cartographie, observation…), en partant du principe que chaque méthode va révéler des aspects différents ou complémentaires de la réalité.

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OBSERVATION

DIAGNOSTIC ENQUÊTE
-

FOCUS GROUPE

Les acteurs : on peut réaliser la triangulation en écoutant différentes personnes / groupes sociaux ou « sources d’information » exprimant différents points de vue sur un sujet (ex : hommes / femmes, jeunes / personnes âgées, associations / collectivité locale…).

HOMMES

DIAGNOSTIC ASSOCIATIONS FEMMES

Exemple d’une triangulation des méthodes Des employés d’un centre de santé évoquent l’apparition de nombreux cas de maux de ventre dans le quartier, même après l’installation de robinets publics. Cela est confirmé par les statistiques existantes concernant ces cas de maladies. Une équipe du centre de santé se rend dans le quartier pour discuter avec les acteurs locaux. Ceux-ci confirment que les femmes viennent chaque matin au robinet public pour recueillir de l’eau. Pendant que l’équipe déguste le thé offert par les acteurs locaux, elle observe le robinet. Elle constate que, effectivement, beaucoup de femmes viennent chercher de l’eau au robinet, mais elle constate aussi que des femmes portent des seaux et partent dans une autre direction. En interrogeant ces femmes, l’équipe apprend qu’il y a une source d’eau à proximité et que beaucoup de gens préfèrent le goût de cette eau à celle du robinet public et aussi que les femmes ont l'habitude de se rencontrer à cet endroit pour discuter entre elles. Cet exemple montre l’importance de la triangulation des méthodes :

• l’analyse de documents nous donne une indication sur un fait que nous ne pouvons pas
expliquer ;

• les entretiens fournissent des données sur le comportement rapporté ; • les observations sur le comportement actuel ; ces observations confirment en partie les
informations des documents et des entretiens mais les complètent en donnant des explications aux statistiques.

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Les différentes méthodes de diagnostic Méthodes qualitatives et quantitatives Les méthodes qualitatives et quantitatives sont complémentaires. La méthode quantitative permet d’obtenir des informations précises et chiffrées sur des faits (ex : % de femmes en situation de précarité…). Ces données sont issues des différents organismes établissant des statistiques ou d’enquêtes. La méthode qualitative permet d’acquérir des connaissances sur une réalité culturelle, économique ou sociale vécue quotidiennement. Ces connaissances sont généralement acquises par l’application d’une ou plusieurs méthodes suivantes : analyse de documents, observations, entretiens et rencontres avec des individus ou des groupes… Les méthodes qualitatives se caractérisent par une procédure ouverte, visant à déterminer «qu’est-ce qui existe» et «pourquoi il en est ainsi» plutôt que «combien en existe-t-il». Elles permettent aux gens d’exprimer librement leurs opinions, points de vue et expériences (ex : connaissance des facteurs socio-économiques et culturels susceptibles de favoriser le non accès des femmes aux activités génératrices de revenus…). APPROCHE QUANTITATIVE On cherche à savoir « combien » Production de « chiffres » Processus fermé Analyse de faits « objectifs » Vaste échantillon APPROCHE QUALITATIVE On cherche à savoir « quoi », « pourquoi », « comment » Production de « mots » Processus ouvert Analyse d’une réalité « subjective » (attitudes, valeurs…) Petit nombre d’informateurs et/ou études de cas

Voir : l’observation et l’étude de documents L’observation L’observation est une méthode qualitative. Le mot «observer» implique que l’on observe une action ou un acteur (ex : comportement des hommes et des femmes concernant la santé reproductive) avec une attention particulière. L’observation peut également impliquer de prendre des photographies ou de filmer une situation. L’étude de documents et la collecte de données Différents documents existent généralement sur le sujet traités et peuvent fournir des informations utiles pour analyser la situation : études et rapports, statistiques… Ces documents sont généralement disponibles auprès des différents organismes publics : municipalité, services déconcentrés de l’Etat…

Il est important de penser, pour les statistiques, de collecter des données désagrégées par sexes. Ex : nombre d’hommes analphabètes / % de femmes analphabètes (plutôt que % de la population analphabète).

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Entendre : entretiens, enquêtes, focus groupes L’entretien L’entretien est une conversation ou communication entre deux personnes. Il est basé sur le principe que la personne interrogée est la plus apte à expliquer ses pensées et ses sentiments. Par conséquent, le rôle de l’animateur consiste uniquement à écouter attentivement son interlocuteur et à le motiver pour qu’il s’exprime. Il doit par ailleurs veiller à suivre un fil conducteur afin que les éléments importants du sujet traité soient abordés durant l’entretien. L’entretien permet d’obtenir des informations approfondies sur la vie, les coutumes, les pensées, les perceptions des gens (ex : perception de la problématique des déchets dans le quartier) ; il permet également d’approfondir les informations sur un sujet déjà connu et de recueillir des informations sur un événement récent ou ancien. Plusieurs critères peuvent intervenir dans le choix d’un interlocuteur pour un entretien :

• • • •

Disponibilité de la personne interrogée pour un entretien approfondi; Disposition d’esprit de la personne interrogée; Intérêt et ouverture de l’informateur pour le sujet ; Connaissance de l’informateur du sujet de la recherche.

L’entretien peut être caractérisé soit par :

• l’absence de structure : discussion ouverte avec une personne ; • une structure élaborée : discussion à partir d’un guide d’entretien. Le guide d’entretien
est une liste écrite de questions ou de sujets qui doivent être couverts pendant l’entretien. L’enquête L’enquête est menée auprès d’un échantillon de personnes sur la base d’un questionnaire pré-établi. Le questionnaire peut inclure deux types de questions : Les questions ouvertes : elles ne suggèrent pas la structure de la réponse et offrent la possibilité d’une réponse complète et détaillée. Exemple : pourquoi n’utilisez-vous pas les poubelles du quartier ? Les questions fermées : elles pré-structurent la réponse qui doit être brève et se référer à un fait. Exemple : Avez-vous accès au crédit (réponse : oui / non) ? Combien de formations avez-vous suivies (réponse : 1 / 2 …) ? Qui s’occupe collecter le bois au sein du ménage (réponse : moi / mon fils…) ? Dans le cadre d’une enquête par questionnaire, il est essentiel de bien choisir l’échantillon (personnes enquêtées). On peut choisir de travailler sur : un échantillon homogène (individus présentant une même caractéristique : âge, sexe, classe sociale, culture, profession…), si l’on traite d’un thème précis (exemple : enquête auprès des jeunes uniquement pour analyser leur comportement en matière santé reproductive) ; un échantillon hétérogène représentatif, si l’on traite d’un thème général et que l’on veut avoir des informations / points de vue de l’ensemble d’un groupe / d’une population. Dans ce cas, il faudra veiller à ce que les personnes enquêtées soient représentatives de la diversité de la population / groupe (jeunes, adultes, personnes âgées, hommes, femmes…).

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Concernant le questionnaire : les questions doivent être claires et compréhensibles pour l’enquêté(e) ; il doit être organisé / structuré (par thèmes / sous-thèmes) pour assurer un enchaînement logique des questions ; les questions et les choix de réponse doivent être numérotés pour faciliter le traitement des questionnaires ; dans le cas de questions à choix multiples, il conviendra, en cas de réponse « autre », de préciser l’information. Le focus groupe ou entretien de groupe La technique des «discussions en groupe focal» se distingue de celle des entretiens individuels. Un groupe focal est un groupe de discussion qui réunit des personnes du même milieu ou ayant des expériences semblables pour discuter d’un thème précis. La discussion en groupe focal ne correspond pas à un entretien dans lequel le modérateur (animateur, «facilitateur») pose des questions précises auxquelles doit répondre le groupe. Les participants d’un groupe focal discutent, au contraire, librement d’un sujet déterminé. La particularité du groupe focal est qu’il est orienté sur un thème d’intérêt spécifique («focus») que le modérateur garde à l’esprit. Il tente d’inciter les participants à approfondir le sujet durant la discussion, afin d’obtenir davantage de renseignements sur leur mode de penser. L’application de la méthode de groupes focaux présente différents avantages et inconvénients par rapport à d’autres méthodes : AVANTAGES INCONVENIENTS

• Les groupes focaux peuvent produire un
important volume d’information, plus rapidement • Une discussion en groupe focal est bien acceptée par les communautés, étant donné qu’elle fait appel à une forme de discussion tout à fait naturelle et bien connue dans la plupart des communautés • Lorsqu’ils sont utilisés pour l’étude de questions simples, les groupes focaux peuvent facilement être dirigés par des personnes peu formées dans le domaine concerné

• Les groupes focaux sont d’une utilité
limitée dans l’exploration en profondeur d’un sujet délicat. • Les résultats provenant de groupes focaux ne peuvent être étendus à la communauté au sens large du terme: ils peuvent fournir un éventail de points de vue et d’opinions, mais non la fréquence avec laquelle ils sont répandus dans la société. • Les participants s’accordent souvent au fur et à mesure dans les réponses à donner, d’où la nécessité d’être vigilant dans l’interprétation des résultats. Ceci est notamment le cas pour des discussions en groupe focal dominées par un personnage fort.

Cf. FICHE N°2 : LE FOCUS GROUPE Méthodes interactives La particularité des méthodes participatives ou interactives consiste dans l’introduction de la dimension dynamique en encourageant la participation du groupe ou de l’individu.

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Un concept de méthodes interactives très connu est le « diagnostic rural participatif » (Participatif Rural Appraisal ou PRA). PRA est un cadre méthodologique qui permet de comprendre et d’analyser des situations en un temps minimum, afin de pouvoir mieux planifier dans le domaine du développement. Ces méthodes sont basées sur le phénomène de l’échange et sur des méthodes interactives adaptées au contexte local. Le but de ce concept vise moins les objectifs d’une étude que l’identification des actions concrètes au bénéfice de la population et basées sur une compréhension mutuelle de la situation. Les caractéristiques des méthodes interactives par rapport aux autres méthodes sont :

• Le principe de «l’ignorance optimale», c’est-à-dire que «l’étude et l’analyse ne sont • • • • •
poursuivies que jusqu’au point où les besoins ou les activités envisagées peuvent être identifiés». La participation de la population, non seulement comme informateurs mais aussi comme acteurs. L’orientation vers l’action. La population reste «propriétaire» de l’information, toute étape étant accompagnée d’une séance de rétro-information («feed-back»). La flexibilité et créativité des méthodes. La visualisation des méthodes et la discussion sur ce que l’on a vu ou entendu.

AVANTAGES

• Rapide • Adaptée à un public analphabète
(utilisation du visuel) • Permet un meilleur contrôle du processus par la communauté • Permet l’apprentissage en commun • Les outils peuvent être utilisés dans la phase de diagnostic mais aussi d’évaluation (comparaison des résultats obtenus)

LIMITES • Chaque méthode a sa propre dynamique de groupe et donne ainsi des résultats différents • Risque de créer de faux espoirs; • Nécessite beaucoup de sensibilité par rapport au choix des méthodes et à la gestion des émotions et du dynamisme du groupe.

La réalisation d'un diagnostic participatif requiert de bonnes capacités d'animation et le respect de certaines principes cf. FICHE N°1 "GUIDE DU/DE L’ANIMATEUR/TRICE". Le choix des outils participatifs varie selon le thème choisi et selon la culture dans laquelle elles doivent être appliquées. Plusieurs outils peuvent être utilisés pour réaliser un diagnostic sensible au genre. Un important échantillon d'outils est proposé au niveau de l'annexe 3 pour recueillir les données et informations essentielles à une bonne analyse du contexte selon le genre. L’utilisation de ces outils se fait en référence aux principaux concepts de base évoqués dans la première partie du guide. FICHE N°3 : LE PROFIL D’ACTIVITES Cet outil permet d’étudier la division du travail selon le genre au sein de la population cible (répartition des tâches effectuées par les hommes et par les femmes selon les trois grandes catégories de travail : productif, reproductif et communautaire ; temps consacré à chaque tâche). Une analyse participative de la répartition des tâches permet à la population cible

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(femmes et hommes) et aux planificateurs de comprendre comment concevoir le projet (ex : les femmes auront ou non la disponibilité pour développer des AGR, les horaires les plus appropriés pour organiser des réunions ou des formations en fonction des activités de chacun afin de s’assurer de leur participation, etc), qui doit y participer et quelles seront les répercussions sur les femmes et les hommes. Cette démarche participative permet aussi de sensibiliser la population aux tâches effectuées par chaque groupe et notamment à la charge de travail effectuée généralement par les femmes. FICHE N°4 : L'HORLOGE DES ACTIVITES JOURNALIERES Cet outil complémentaire au profil d’activités permet de visualiser la répartition des tâches et la charge de travail selon le genre et les saisons, d’identifier les moments disponibles dans la journée pour intervenir (réunions, formations, activités), d’évaluer la possibilité du développement de certaines activités nouvelles (activités génératrices de revenus…) FICHE N°5 : LE CALENDRIER SAISONNIER Cet outil permet de : voir la pénibilité du travail de chacun (hommes et femmes), voir les changements sur l’année et donc de prendre en compte la variation des besoins, quand intervenir sur le terrain auprès des hommes et/ou des femmes, d’identifier les principaux problèmes des hommes et des femmes selon les périodes de l’année.

FICHE N°6 : LE RESSOURCES

PROFIL

/

CARTE

D’ACCES

ET

DE

CONTROLE

DES

Il est essentiel de connaître quelles sont les ressources économiques, politiques et autres et quels sont les bénéfices (nourriture, logement, argent, …) auxquels chacun des genre de population a accès et que chacun de ces genres contrôle en les utilisant à sa guise. Cet outil permet d’identifier qui a accès ou contrôle les ressources (matérielles comme les moyens de production, ou immatériels comme la formation…), de voir si une activité pourra être réalisée ou non en fonction de l’accès du groupe à certaines ressources, de prévoir des actions pour améliorer l’accès et le contrôle de certains groupes à des ressources.

FICHE N°7 : LE PROFIL SOCIO-POLITIQUE DES FEMMES Cette analyse permet de connaître la répartition du pouvoir entre les femmes et les hommes aux niveau du ménage, de la commune et de la société en général. Le niveau étudié dépend du contexte et du degré de précision nécessaire pour le projet.

FICHE N°8 : LES BESOINS PRATIQUES ET INTERETS STRATEGIQUES

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L’analyse des besoins pratiques et des intérêts stratégiques est essentielle à la conception d’un projet ou d’une intervention, mais peu aussi être très utile dans le cursus d’une formation / sensibilisation par rapport aux inégalités de genre. FICHE N°9 : LA CARTE SOCIALE Cet outil part du principe que les habitants sont ceux qui ont la meilleure connaissance de leur territoire ou village et permet d’identifier ce qui est important pour les gens selon le genre (différentes perceptions). FICHE N°10 : LE GRAPHIQUE DES TENDANCES Les graphiques des tendances permettent d’identifier et d’analyser les changements environnementaux, économiques, sociaux ou institutionnels au niveau de la zone d’intervention, en fonction de la perception des hommes et des femmes. Cet outil met en lumière ce qui s’améliore et ce qui empire. FICHE N°11 : LE DIAGRAMME DE VENN FICHE N°12 : LE PROFIL INSTITUTIONNEL Ces deux outils permettent de réaliser une analyse des acteurs et organisations présents sur la zone d’intervention du projet et d’identifier la place des hommes et des femmes dans ce système d’acteurs.

Ces outils sont en grande partie ceux de l'ASEG (Analyse Socio-Economique selon le Genre, approche développée par le programme de la FAO / Département du Développement Durable), en partie basés sur une adaptation de la boîte à outils de la MARP, et les outils développés par les chercheurs et acteurs du développement travaillant sur l'approche genre. Ces outils sont généralement utilisés avec des groupes séparés d'hommes et de femmes afin de limiter les influences et assurer une meilleure qualité de l'information.

Il est essentiel de restituer les résultats du travail de diagnostic et de planification à la population concernée.

Liste de contrôle (points-clés) pour l’analyse du contexte
Les ressources liées à la production auxquelles les femmes et les hommes ont accès ont été identifiées Les ressources liées à la production que les femmes et les hommes contrôlent ont été identifiées Les moyens pour contribuer à donner aux femmes un meilleur contrôle et accès aux ressources ont été identifiés

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Les bénéfices que les femmes et les hommes tirent chacun du travail lié à la production, à la reproduction et à la collectivité ont été identifiés Les bénéfices que contrôlent chacun ont été identifiés Les moyens pour contribuer à donner aux femmes un meilleur contrôle et accès aux bénéfices ont été identifiés Les ressources liées à la production auxquelles les femmes et les hommes ont accès ont été identifiées Le travail des femmes et des filles (rémunéré et non rémunéré) a été identifié Le travail des hommes et des garçons(rémunéré et non rémunéré) a été identifié Les répercussions de cette division du travail sur la réalisation des objectifs du projet (possibilité de dégager du temps pour développer d’autres activités, pour participer à des réunions ou à des formations) ont été identifiées Les répercussions possibles du projet sur cette division du travail ont été identifiées Les ressources liées à la production auxquelles les femmes et les hommes ont accès ont été identifiées Les ressources liées à la production que les femmes et les hommes contrôlent ont été identifiées Les moyens pour contribuer à donner aux femmes un meilleur contrôle et accès aux ressources ont été identifiés Les bénéfices que les femmes et les hommes tirent chacun du travail lié à la production, à la reproduction et à la collectivité ont été identifiés Les bénéfices que contrôlent chacun ont été identifiés Les moyens pour contribuer à donner aux femmes un meilleur contrôle et accès aux bénéfices ont été identifiés Les intérêts stratégiques des hommes et des femmes ont été identifiés Les besoins pratiques des hommes et des femmes ont été identifiés Les priorités de développement de la communauté ont été identifiées, en tenant compte en particulier des priorités des femmes Les facteurs clés ayant des répercussions sur et qui modifient les rapports entres les genres, la division du travail, l’accès aux ressources, le contrôle de ces ressources ont été identifiés Les contraintes et possibilités que ces facteurs imposent dans la promotion de l’égalité hommes/femmes et du pouvoir aux femmes ont été identifiées

Le genre dans la formulation et la planification du projet
La prise en compte du genre dans la formulation et la planification du projet se base sur les informations collectées lors de la phase de diagnostic, et sur les problèmes, les besoins, les

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priorités et les solutions identifiés par les bénéficiaires du projet, en veillant à tenir compte des contraintes et des attentes spécifiques des hommes et des femmes.

Questions-clé pour la formulation et la planification d’un projet
Le projet peut être formulé, planifié et préparé à l’aide des questions suivantes afin de tenir compte de la dimension genre.

Qui sont les bénéficiaires de l’intervention (hommes uniquement, femmes uniquement, les deux) ? Est-ce qu'ils sont clairement et spécifiquement identifiés (selon âge, statut socio-économique, sous-groupes,) Quelle information est disponible sur chaque groupe de population et sur les femmes en particulier ? Les informations sur le travail des hommes et des femmes au sein du ménage et de la communauté, leurs ressources, leurs besoins, contraintes et intérêts spécifiques… ont-elles été collectées ? A-t-on consulté les personnes dont les vies seront affectées par le projet et quelle attention a été portée aux femmes dans ce processus ? A-t-on évalué les impacts potentiels du projet sur les hommes, les femmes et les relations entre hommes et femmes, au sein de la famille et de la communauté ? A-t-on informé les hommes et les femmes dont les vies seront affectées par l’intervention des implications et des conséquences du projet ? Si l’intervention prévoit une participation active des bénéficiaires dans l'exécution de l’intervention et dans la gestion de ses ressources, est-ce que les femmes ou/et d'autres groupes vulnérables sont activement et équitablement impliqués dans les instances concernées ? Sinon, pourquoi ? Le rôle des hommes et des femmes se reflète-t-il dans les objectifs du projet ? Lorsque les activités concernent les hommes et les femmes, bénéficient-elles de façon équitable aux hommes et aux femmes ? Est-ce que les contraintes spécifiquement féminines ont été prises en compte (au niveau des horaires, de la mobilité nécessaire, des possibilités de concilier les activités de l’intervention avec les tâches domestiques, la garde d’enfants, etc. ) ? Quels gains ou bénéfices vont être générés par ou grâce à l’intervention ? Quelles sont les personnes qui les contrôleront, qui les géreront ? Qui sont les exclus ou les perdants possibles de cette intervention ? Quelles femmes, quels hommes ? Quels sont les changements escomptés par le projet chez les hommes ? chez les femmes ? Quel intérêt portent les femmes et les hommes au projet ?

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A-t-on prévu des mesures pour s’assurer que le projet n’influencera pas de façon négative la condition des femmes ? Comment les objectifs répondent-ils aux besoins et préoccupations des hommes et des femmes ? Comment la participation des femmes contribuera à atteindre les objectifs du projet ? Les problèmes des enfants sont-ils pris en compte? Comment les femmes auront-elles accès aux opportunités et services fournis par le projet (formation, vulgarisation agricole, allocation de droits fonciers, dispositifs de crédit, adhésion à une coopérative, emploi dans le cadre de l’exécution du projet, etc.)? Quelles contraintes sociales, juridiques et culturelles pourraient empêcher les femmes de participer au projet ? Quels plans ont été élaborés pour dépasser ces contraintes ? Le projet respecte-t-il le contexte socio-culturel local (perceptions, normes, valeurs…), dans la mesure où il ne favorise pas la position inférieure de la femme ? Comment les contraintes socio-culturelles ont-elles été prises en compte dans la définition du projet et de ses objectifs ? Le projet a-t-il pour objectif de contribuer à faire évoluer les normes et valeurs influençant négativement les rapports de genre ?

. Les outils pour la formulation et la planification d’un projet avec la participation des

bénéficiaires (hommes et femmes)

Trois outils sont proposés pour identifier de façon participative les problèmes et actions à prendre en compte pour l’intervention, en tenant compte des priorités des hommes et des femmes : FICHE N°13: LA MATRICE DES PRIORITES – CLASSEMENT PAR PAIRE FICHE N°14 : LE PLAN D’ACTION

Le cadre logique sensible au genre
Le cadre logique est un instrument de gestion de base utilisé par la plupart des organismes de développement. Il permet de concevoir des projets de développement et de structurer l'analyse de réalités complexes. Il facilite la diffusion d'une information claire sur la planification d'un projet mais permet aussi de suivre et d'évaluer les résultats de celui-ci. L'un des principes fondamentaux du cadre logique est d'établir une hiérarchie verticale et logique des objectifs, qui sont mis en rapport avec un niveau de résultats correspondant.

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Résumé narratif •

Objectif global / de développement (niveau du programme / projet) ou but

Indicateurs Objectivement Vérifiables (IOV) Le projet a-t-il un but qui influence d’une façon ou d’une autre els relations de genre ?

Moyens de Vérification (MV) • Les données pour contrôler le niveau d’atteinte du but sont-elles ventilées par sexe et analysées en termes de genre ? •

Hypothèses importantes Facteurs externes importants et nécessaires pour permettre que les objectifs soient sensibles au genre à long terme Facteurs externes importants nécessaires pour atteindre le but qui prenne en compte le genre Facteurs externes importants nécessaires pour atteindre les objectifs qui prennent en compte le genre Facteurs externes importants qui doivent prévaloir pour permettre d’avoir des bénéfices pour les hommes et les femmes

Objectif spécifique

Le projet a-t-il des objectifs qui tiennent compte du genre?

Résultats (liés aux objectifs et activités)

La répartition des bénéfices prend-telle en compte les problèmes de genre?

Les données pour contrôler le niveau d’atteinte des objectifs sont-elles ventilées par sexe et analysées en termes de genre? Les données pour contrôler le niveau d’atteinte des objectifs sont-elles ventilées par sexe et analysées en termes de genre? Les données pour contrôler le niveau d’atteinte des objectifs sont-elles ventilées par sexe et analysées en termes de genre?

Shéma des activités

Les problèmes de genre sont-ils clairement énoncés dans l’exécution du projet ?

Source : ISNAR Gender Training Manual

Liste de contrôle
L’intégration de systématique de l’approche genre dans le processus de planification d’un projet est assurée en suivant les lignes directrices suivantes : L’analyse de genre est effectuée dès le début du cycle de projet ou de programme et les résultats sont pris en compte lors de la planification du projet Les faiblesses institutionnelles ou les préjugés culturels susceptibles de nuire à la réalisation de l’égalité entre les sexes sont pris en compte dans la conception du projet et des stratégies sont mises en place pour y remédier Des mesures sont prises pour assurer une participation importante des femmes et des hommes, à titre de décideurs, au processus de planification Des résultats clairs, mesurables et réalisables pour appuyer la réalisation de l’égalité entre les sexes sont établis dès le début du processus Des indicateurs, à la fois qualitatifs et quantitatifs, tenant compte des écarts

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entre les hommes et les femmes sont élaborés (cela nécessite la collecte de données ventilées par sexe, aussi bien que par âge et groupe socioéconomique et ethnique) Une stratégie précise et un budget sont établis pour appuyer l’atteinte des résultats liés à la réalisation de l’égalité entre les sexes Les partenaires et les responsables de la mise en œuvre sont choisis en fonction de leur volonté et de leur capacité à promouvoir l’égalité entre les sexes

Le genre dans la mise en oeuvre du projet
Le projet peut mis en oeuvre à l’aide des questions-clés suivantes afin de tenir compte de la dimension genre. Le personnel du projet est-il familiarisé avec les problèmes de genre? Le personnel du projet est-il désireux d’impliquer les femmes dans l’exécution du projet ? Dans quelle mesure le personnel féminin est-il expérimenté dans la fourniture de services aux hommes ? Dans quelle mesure le personnel masculin est-il expérimenté dans la fourniture de services aux femmes et est-ce approprié ? Le projet prévoit-il du personnel féminin et masculin, notamment pour assurer les séances d’information, sensibilisation et formation auprès des hommes et des femmes (ensemble / séparément) ? Le personnel féminin est-il aussi bien formé que le personnel masculin ? Du personnel féminin est-il disponible pour assurer des postes techniques ? Comment le projet va-t-il s’assurer que les femmes ont un accès et un contrôle équitable aux / sur les ressources techniques, matérielles et les technologies ? Comment les femmes participeront et contribueront à la maintenance de l’équipement ? Des formations sont-elles prévues à cet effet ? A travers quelle(s) organisation(s) les femmes seront-elles impliquées ? Comment le projet affectera-t-il l’emploi du temps des femmes ? Leur charge de travail sera-t-elle augmentée / diminuée du fait des innovations et changements induits par le projet (mécanisation, nouveaux intrants agricoles et itinéraires techniques, lieux de travail, approvisionnement en eau et bois de chauffe, etc.) Si la charge de travail diminue, cela impliquera-t-il une baisse de revenus pour les femmes ?

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Comment le projet affectera-t-il les relations entre hommes et femmes ? Les nouvelles technologies introduites par le projet impliquent-elles des changements au niveau des modes de travail des femmes ? Des mesures sont-elles prises pour favoriser la participation des femmes aux différentes activités prévues ? (Ex : information / sensibilisation de la famille sur l’activité, choix d’horaires et de lieux adaptés, accès facilité, invitation séparée des différents groupes de femmes pour limiter les influences) ? Des mesures sont-elles prises pour favoriser l’accès des femmes à l’information sur les activités (moyens de communication appropriés) ? Des activités sont-elles prévues pour sensibiliser les hommes et faire évoluer leur comportement ? Comment les activités prévoient-elles de responsabiliser davantage les hommes à certaines tâches ? Des activités sont-elles prévues pour informer les femmes sur leurs droits ? Des activités spécifiques sont-elles prévues pour informer et sensibiliser les hommes sur les droits des femmes ? Les messages et supports d’éducation / information intègrent-ils une perspective genre ? Les messages et supports d’éducation / information sont-ils adaptés aux personnes illettrées ? Les messages et supports d’éducation / information sont-ils adaptés au contexte culturel, dans la mesure où ils ne confortent pas la position inférieure des filles / femmes ? Une stratégie de communication différenciée a-t-elle été prévue selon que la communication cible les hommes ou les femmes ? Les structures communautaires formelles et informelles (sages-femmes traditionnelles, écoles, Jmaâ, Mokadem, ..) sont-elles impliquées dans les activités afin de favoriser la sensibilisation des hommes et des femmes et l’évolution des comportements ? Le projet prévoit-il de travailler avec la communauté pour trouver des solutions aux obstacles qui limitent l’accès des femmes à certaines ressources ? Les leaders (hommes et femmes) de la communauté sont–ils identifiés et impliqués dans le projet ? Des mesures sont-elles prévues pour les inciter à influencer la communauté pour promouvoir l’égalité hommes-femmes ? Les services proposés dans le cadre du projet prennent-ils en compte la capacité différente des hommes et des femmes à payer un service ?

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Le genre dans le suivi et l’évaluation du projet
Questions-clé pour le suivi-évaluation d’un projet
Le projet peut être formulé, planifié et préparé à l’aide des questions suivantes afin de tenir compte de la dimension genre. Est-ce que le dispositif de suivi du projet prévoit une collecte de données différenciées selon le genre ? Est-ce que ces informations seront utilisées pour une remise en question régulière de la marche de l’intervention ? Le projet implique-t-il la majorité des parties-prenantes dans le processus de suiviévaluation ? Le projet a-t-il un système d’information pour détecter et évaluer séparément les effets du projet sur les hommes et les femmes ? Des indicateurs (qualitatifs et quantitatifs) sensibles au genre sont-ils utilisés ? L’évaluation prévoit-elle des indicateurs relatifs à l’émancipation, l’empowerment des femmes ? Des données désagrégées par sexe sont-elles collectées pour le suivi et l’évaluation du projet ? Le projet a-t-il des effets et des impacts différenciés sur les hommes et les femmes ? Le rapport final du projet identifie-t-il systématiquement les lacunes ou les succès en matière de genre ? Les membres du groupe d’évaluation ont-ils reçu des consignes en matière de prise en compte de la dimension genre dans leur mission (termes de références) ?

Les indicateurs de suivi-évaluation sensibles au genre
Un indicateur est un signe de changement ou permet de mesurer le changement. Définir des indicateurs peut prendre du temps mais l’expérience montre que c’est du temps bien employé. Deux questions essentielles doivent être posées :

• Comment peut-on mesurer le degré de réalisation des objectifs de départ ? • Quelles sont les quelques informations majeures (indicateurs-clé) qui nous renseignerons
sur cela ? Les indicateurs doivent décrire avec précision l’état de réalisation en termes de :

• Qualité à obtenir • Quantité fixée au départ • Groupe cible affecté par le programme/projet ou qui en bénéficie

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• Temps dans le cadre duquel l’objectif est supposé être atteint • Endroit ou région où la réalisation est supposée avoir lieu
On distingue généralement trois types d’indicateurs de genre : Les indicateurs de performance Ont trait à la mise en œuvre pratique des actions et mesures. La mesure a-t-elle été introduite dans le délai prévu ? les indicateurs de performance ne disent pas encore grande chose des effets, mais sont important pour contrôler le processus et ses étapes intermédiaires Les indicateurs de résultat Servent à évaluer la concrétisation des objectifs du projet. La proportion visée des femmes et des hommes bénéficiaires du projet est-elle atteinte dans les délais prévus ? Les indicateurs d’effet Concernent les changements globaux et à long terme. Il s’agit de savoir en quoi le projet a contribué à l’égalité dans un domaine de vie ou de politique donné. Il est par nature beaucoup plus difficile de répondre à cette question. Les effets à long terme ne sont utiles que lorsqu’on prévoit une évaluation globale de l’impact du projet

Par ailleurs, sur cette base, on distingue deux types d’indicateurs de genre :

• Les indicateurs désagrégés par sexe / catégorie (ce sont les indicateurs utilisés
habituellement, mais que l’on décompose par sexe ou groupe d’intérêt). Ex : pour une formation, l’indicateur ne sera pas « nombre participants ayant bénéficié de la formation » mais plutôt « nombre d’hommes et nombre de femmes ayant bénéficié de la formation »

• Les indicateurs spécifiques pour mesurer la réduction des inégalités de genre /
l’amélioration de la situation (empowerment) du groupe marginalisé (femmes…) et l’amélioration de sa participation. Ex : Amélioration de la mobilité des femmes, participation des femmes à la prise de décision dans le cadre du comité de gestion de l’eau, nombre de femmes au sein d’une association ou d’une coopérative… Exemple d’indicateurs sensibles au genre
Objectif en matière Amélioration de la participation des femmes et des hommes au marché du d’égalité travail et dans les domaines de formation Indicateurs de réalisations Augmentation du nombre de bénéficiaires femmes dans le projet Augmentation du pourcentage d’entreprises qui améliorent le niveau de qualification de leur personnel féminin ou qui accueillent des publics féminins dans les secteurs non habituels. Réduction des disparités en matière de recrutement pour les femmes bénéficiaires du projet Réduction des disparités ou amélioration de l’égalité dans les qualifications professionnelles des femmes et des hommes par niveau et secteur professionnel après la mise en œuvre du projet Meilleure prise en compte du statut des conjoint(e)s de travailleurs indépendants

Indicateurs de résultats

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Indicateurs d’impacts

Diversification des choix professionnels des femmes dans la formation et dans l’emploi Moins de travail à temps partiel ou atypique et moins d’emplois précaires pour les femmes Pourcentage d’insertion significatif ou de promotion des femmes après la qualification dans des postes d’encadrement

Exemples d’indicateurs liés à l’environnement

• % de la population féminine ayant accès à l’eau potable • Temps nécessaire aux femmes pour collecter l’eau • Nombre d’hommes et de femmes participant à la planification et la mise en oeuvre de • • • • •

projets hydrauliques % de femmes impliquées dans la gestion des équipements hydrauliques % des ménages adoptant des méthodes de collecte de l'eau permettant de réduire la charge de travail des femmes % de femmes ayant réduit leur charge de travail liée à la collecte de l’énergie, du fait de l’utilisation de technologies de conservation des sources d’énergie % de femmes ayant accès à des sources d’énergie alternatives (diminution de la dépendance à des sources telles que les déjections animales…) Nombre d’hommes et de femmes formé(e)s / sensibilisé(e)s à la préservation des ressources forestières Exemples d’indicateurs liés au micro-crédit

• Montant total du crédit accordé aux agriculteurs ou micro-entrepreneurs et % accordé
aux femmes hommes

• Montant moyen du crédit accordé aux femmes / montant moyen du crédit accordé aux

On distingue enfin les indicateurs quantitatifs (visant à mesurer, à quantifier) et les indicateurs qualitatifs (visant à apprécier une amélioration,…).

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Exemples d’indicateurs quantitatifs pour évaluer l’augmentation du pouvoir (empowerment) économique des femmes

• Evolution des taux d’activités / emploi / chômage des hommes et des femmes. • Evolution du temps consacré par les hommes et les femmes à certaines activités, • • • •
notamment à caractère reproductif (partage plus important des tâches non rémunérées au sein du ménage, comme le soin des enfants). Différence entre les salaires moyens des hommes et ceux des femmes. Evolution dans la part de ressources (terre, logements, bétail…) possédées et contrôlées par les femmes par rapport aux hommes. Augmentation absolue et relative du nombre de femmes chefs d’entreprises ou occupant des postes de direction. Augmentation du nombre de femmes ayant accès au micro-crédit.

Exemples d’indicateurs qualitatifs pour évaluer l’augmentation du pouvoir (empowerment) économique des femmes

• • • • • •

Amélioration de l’autonomie économique des femmes. Augmentation des opportunités économiques offertes aux femmes. Amélioration de la position des femmes au sein du foyer (rôle dans la prise de décision). Nature des décisions prises de façon indépendante par les femmes. Amélioration de la mobilité des femmes. Augmentation de la confiance des femmes (entreprenariat) / Prise de conscience de leurs potentialités. • Evolution de la perception, par les hommes et par la communauté, des femmes en tant qu’actrices économiques (travail salarié des femmes hors du foyer, implication des femmes dans des activités commerciales…). • Evolution au sein du ménage concernant le contrôle des revenus / usage des revenus supplémentaires générés par les femmes (décision concernant les dépenses, nature des dépenses…).

Les outils
Les différents outils utilisés lors du diagnostic peuvent également être utilisés dans la phase de suivi et d’évaluation pour évaluer les changements entre la situation de départ et à la situation à la fin du projet. On peut utiliser l’analyse des 3 « R » (Représentation, Ressources, Réalisation) pour analyser l’intervention en cours en fonction du genre. cf. FICHE N° 15 – L’ANALYSE DES 3 « R ». On peut par ailleurs utiliser un outil spécifique tel que la matrice d’analyse de genre, qui permet de déterminer les divers effets que des interventions de développement peuvent avoir respectivement sur les femmes et les hommes, en identifiant et analysant les différences en fonction du genre. cf. FICHE N° 16 – LA MATRICE D’ANALYSE DE GENRE

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CONCLUSION
Pour conclure, rappelons-nous simplement que le genre ce n’est pas :

• Uniquement un terme à la mode qui remplacerait le terme « sexe » ; ce dernier fait
référence aux différences biologiques, alors que le « genre » désigne les inégalités socialement construites.

• Simplement un nouveau terme pour l’intégration des femmes dans le développement ;
cette dernière approche se concentrait sur l’analyse de la situation des femmes, alors que le « genre » met l’accent sur les interactions entre hommes et femmes.

• Qu’une méthode à appliquer sur le terrain : une institution qui veut favoriser la prise en
compte des rapports de genre par ses partenaires doit également l’appliquer en son sein.

• Qu’une exigence de bailleurs de fonds ou de groupes de pression féministes, mais
une condition indispensable pour des interventions efficaces et un développement humain durable.

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ANNEXES

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GLOSSAIRE DES TERMES UTILISES DANS L’APPROCHE GENRE

ACCES ET CONTROLE DES
RESSOURCES

Le fait que les hommes et les femmes soient assignés à des rôles et des responsabilités différents a une implication directe sur le niveau de leur accès aux ressources (matériel comme l’argent, l’eau, etc ; immatérielles comme l’éducation, l’information…) et de leur contrôle (capacité à définir et à prendre des décisions concernant l'utilisation des ressources). Méthode utilisée pour tenir compte des questions de genre dans tout le processus de développement d’un projet, depuis la conceptualisation jusqu’à l’évaluation, en passant par l’identification des besoins, la conception, et l’exécution. L’analyse de genre a pour objectif de s’assurer que les projets de développement tiennent pleinement compte des rôles, des besoins et de la participation des femmes et des hommes. L’analyse de genre exige qu’on sépare par sexe les données et les informations (qui deviennent alors des données désagrégées) et qu’on comprenne comment le travail est réparti et évalué en fonction du sexe. Préoccupations à court et à long termes découlant des rôles des genres. Les besoins pratiques ont un caractère immédiat et matériel généralement liés la satisfaction des besoins quotidiens comme la nourriture, l'énergie, l'eau… On peut satisfaire ces besoins à court terme par des solutions pratiques. Les intérêts stratégiques ont un caractère à long terme et sont liés à l’évolution des positions dans la société. S’agissant des intérêts des femmes, ils englobent une législation instaurant l’égalité des droits et des chances, le choix génésique et la participation accrue aux prises de décision. L’identification comme la satisfaction de ces intérêts ont pour objectif fondamental le changement du statut social de la femme, qui se caractérisé essentiellement par la dépendance de la femme à l'égard de l'homme. Il s'agit de l'une des exigences du programme d'action de Beijing. Cela consiste à évaluer l'incidence des dépenses et des revenus du gouvernement sur les femmes, le but étant d'accroître l'efficacité de l'affectation des ressources du gouvernement pour favoriser l'égalité entre les sexes et le développement humain.

ANALYSE SELON LE
GENRE

BESOINS PRATIQUES /
INTERETS STRATEGIQUES

BUDGET SEXOSPECIFIQUE

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CONDITION / SITUATION

Expressions qui décrivent un état. La condition se définit par l’état matériel et immédiat dans lequel vivent les femmes et les hommes dans une communauté donnée. La situation se définit par la place des femmes dans la société par rapport à celle des hommes. La situation sous-entend pouvoir, standing et maîtrise de décisions et de ressources. Traitement préjudiciable d’un individu fondé sur un stéréotype de genre. Peut aussi être appelé “sexisme” (ex : je ne vais pas recruter une femme car elle sera absente trop souvent pour s’occuper de ses enfants). Les femmes et les hommes ont le même statut et jouissent des mêmes conditions pour réaliser pleinement leurs droits humains, et des mêmes aptitudes pour contribuer au développement national, politique, économique, social et culturel et bénéficier des résultats. L'équité entre les genres signifie qu'un traitement impartial doit être accordé aux hommes et aux femmes, en fonction de leurs besoins respectifs. Ce traitement peut être identique ou différent, mais il doit être équivalent en termes de droits, d'avantages, d'obligations et d'opportunités. Eléments susceptibles d'avoir un impact sur une situation donnée. Les facteurs d'influence peuvent être d'ordre socio-culturel, économique, politique, environnemental, démographique, juridique, religieux, culturel etc. Ils peuvent avoir un impact négatif ou positif sur les résultats d'une action de développement. Rôles et responsabilités construits par la société et attribués aux femmes et aux hommes dans une culture et un espace donné. Ils subissent l’influence des perceptions et des attentes découlant de facteurs culturels, politiques, environnementaux, économiques, sociaux et religieux, et aussi des coutumes, de la loi, de la classe sociale, de l’ethnicité et de préjugés individuels et institutionnels. Les attitudes et les comportements des genres sont appris et peuvent être modifiés. Approche de développement qui se fonde sur les relations femmes / hommes que détermine la société et non plus sur les femmes en tant que groupe. L’approche GED est centrée sur les forces sociales, économiques, politiques et culturelles qui déterminent la façon dont les hommes et les femmes peuvent participer à un projet, en profiter et contrôler ses ressources et ses activités. Capacité des femmes à s’organiser, individuellement et collectivement, afin d’avoir un meilleur accès à la prise de décisions, à l’information, aux connaissances, à l’éducation, aux ressources économiques et aux chances. L’habilitation donnera aux femmes les moyens de contrôle, de pouvoir et d’influence dont elles ont besoin pour négocier leurs droits au foyer et dans la société, et participer à la vie sociale et politique sur un pied d’égalité avec les hommes. Prise en compte systématique de la dimension Genre et des besoins différents des hommes et des femmes dans l'élaboration des programmes et des politiques, dans le processus de prise de décision et dans la gestion des institutions, dans le but de favoriser des pratiques égalitaires. Approche de développement qui est centrée sur les femmes et leur

DISCRIMINATION FONDEE
SUR LE GENRE

EGALITE

EQUITE

FACTEURS D'INFLUENCE

GENRE

GENRE ET
DEVELOPPEMENT (GED)

HABILITATION (OU
EMPOWERMENT)

MAINSTREAMING
(TRANSVERSALITE DU GENRE)

INTEGRATION DES

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FEMMES AU DEVELOPPEMENT (IFD)

situation particulière de groupe isolé. Cette approche est partie du constat selon lequel on méconnaissait les contributions apportées par les femmes au développement. Les projets qui mettaient en exergue IFD ont souvent fait des femmes les seuls participants et les seuls bénéficiaires et n’ont pas réussi à exercer une influence sur les politiques. Problèmes qui découlent de l’inégalité entre les hommes et les femmes. Voies par lesquelles une culture ou une société définit les droits, les responsabilités et les identités des hommes et des femmes les uns par rapport aux autres. Avoir conscience des différences entre les besoins, rôles, responsabilités et problèmes des hommes et des femmes et en tenir compte dans les programmes, projets et activités. Les différences biologiques entre femmes et hommes qui sont universelles, évidentes et, en général, permanentes. Les différents rôles, responsabilités et activités assignés habituellement aux femmes et aux hommes sans considérer leurs capacités. Les trois catégories de travaux effectués par les femmes : travaux de production (tous les travaux qui apportent une contribution économique au ménage et à la communauté, tels que agriculture et élevage, production artisanale, vente de produits et emploi rémunéré); travaux de reproduction (travaux effectués en vue de la reproduction et des soins du ménage et de la communauté, tels que approvisionnement en combustibles/eau, préparation des aliments, soins des enfants, éducation, soins de santé, entretien ménager); et travaux communautaires (travaux effectués à l’appui d’événements et de services sociaux au niveau de la communauté, tels que cérémonies, fêtes, améliorations communautaires, activités politiques).

PROBLEMES DE GENRE RELATIONS DE GENRE SENSIBILITE AU GENRE SEXE TRIPLE ROLE DES FEMMES

66

RESSOURCES COMPLEMENTAIRES SUR LE GENRE : LIENS INTERNET

Ressources générales sur le genre
@ GENRE EN ACTION Il s'agit du site de l'association française du même nom. Un site très riche et régulièrement mis à jour, incluant une rubrique "actualités", une bibliographie et des textes de référence sur le genre, des analyses et expériences sur les questions de genre par thème ou par région, des liens vers des outils pratiques. http://www.genreenaction.net
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@

UNIFEM – BUREAU REGIONAL POUR LES PAYS ARABES L’UNIFEM (Fonds de Développement des Nations Unies pour les Femmes) est une organisation qui soutient depuis 1975 les programmes novateurs des gouvernements et des ONG dans plus de 100 pays dans le domaine du renforcement du pouvoir économique des femmes et de l’égalité entre les sexes. Ce site, accessible en arabe, propose des documents et des liens utiles. L'UNIFEM finance également des projets en lien avec l'égalité des sexes : http://unifem.org.jo/
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@

COMMISSION EUROPEENNE La Commission Européenne propose un site sur l’égalité des sexes et le développement qui fournit des informations sur l’intégration des questions de genre dans la conception, l’élaboration et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de la Communauté en matière de développement. Le site propose des rapports annuels sur les projets, des textes sur la législation communautaire, des documents sur l'évaluation de l’impact genre (documents en anglais et en français), un magazine « Egalité entre les femmes et les hommes » et des liens : http://ec.europa.eu/employment_social/gender_equality/index_fr.html
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@

CENTRE DE RECHERCHE POUR LE DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI) La section genre et développement durable du site de cette agence canadienne se consacre à l’intégration des considérations relatives à la problématique hommes-femmes dans tous les programmes et toutes les initiatives du CRDI. De nombreux documents en français sont disponibles : guides méthodologiques, rapports de projets, bibliographie annotée sur l’équité

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sociale et économique, l’environnement, la santé en Afrique, magazine électronique et publications en ligne. http://www.idrc.ca
H

@

ASSOCIATION POUR LES DROITS DE LA FEMME ET LE DEVELOPPEMENT (AWID) Le site de cette association propose publications en français, des analyses et des liens sur les questions de genre. Le bulletin hebdomadaire « Carrefour » présente différentes actualités sur le genre (analyses, ressources, évènements…). http://www.awid.org
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@

PROJET GENRE MAROC Le site du Projet Genre : Intégration de l'approche genre dans les politiques de développement économique et social au Maroc (GTZ / Secrétariat d'État chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes Handicapées auprès du Ministère du Développement social, de la famille et de la solidarité) propose, outre une présentation du projet, un glossaire, une bibliographie, des liens, des actualités sur le genre au Maroc. http://www.genre.ma/
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@

PNUD La section « genre » du site du PNUD, accessible en français, propose des documents, des outils méthodologiques d’analyse du genre, une liste de ressources en lignes, des indicateurs et des statistiques. http://www.undp.org/women/ Le site du PNUD au Maroc propose la version française (PDF) du rapport national de développement humain 2005 pour le Maroc, axé sur le thème « Femmes et dynamiques de développement » http://www.pnud.org.ma/pdf/rapports/RAP_DEV_HUM_Fr_05.pdf
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PROJET ACTIONS POSITIVES POUR LES DROITS DE CITOYENNETE DES FEMMES ET L'EGALITE DES CHANCES AU MAGHREB Le site du projet "Actions positives pour les droits de citoyenneté des femmes et l'égalité des chances au Maghreb" offre une riche variété d'informations sur la citoyenneté des femmes, genre et égalité des chances au Maghreb : Droits, Politique, Travail, Education, Histoire, Culture, Société, Migration, Médias, Solidarité, Violence, Créativité. http://www.imednet.it/ActionsPositivesMaghreb/Index1.htm
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@

BRIDGE / CENTRE D’INFORMATION SUR GENRE ET DEVELOPPEMENT Basée au Royaume Uni, BRIDGE est une organisation qui produit des informations sur le genre et développement. Des documents sont disponibles en français, dont le bulletin « Genre et développement en bref ». Ce centre produit aussi le dossier 'kit'actu en français sur des thèmes divers (ex. genre et SIDA, Culture, Participation, Conflit, Budgets etc.). http://www.ids.ac.uk/bridge
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FAMAFRIQUE – LA TOILE D’ELLES Espace d’expression en français sur le genre, ce site d’information pour les femmes d’Afrique francophone qui agissent pour la promotion d’un développement durable a été créé dans le cadre du projet « Inforoutes au féminin pour l’Afrique francophone ». Le site présente des formations et outils permettant de mieux utiliser les inforoutes, des textes de référence, un bulletin électronique de liaison « La Toile d’elles ». http://www.famafrique.org
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INSTRAW Le site de United Nations International Research and Training Institute for the Advancement, dont une version est accessible en français propose de très nombreuses ressources (études, outils, manuels…) classées par thème/ www.un-instraw.org
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@ ACDI Le site web de l’agence canadienne de coopération propose une page en français dédiée à l’égalité entre les sexes, avec des analyses, des documents, des liens.

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http://www.acdi-cida.gc.ca/egalite
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DDC - SUISSE Le site de la direction du développement et de la coopération suisse (DDC) contient des documents utiles sur le genre. Le site est accessible en fraçais. http://www.deza.ch
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FAO Le site de la FAO consacré au genre est disponible en français et en arabe. Il propose de nombreuses ressources sur le thème du genre et du développement rural et durable.
http://www.fao.org/Gender/gender.htm
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UNESCO Le portail de l’UNESCO, accessible en français, propose une page dédiée au thème du « Femmes et égalités de genre ». http://portal.unesco.org/fr/
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QUELQUES SITES TRES RICHES MAIS EN ANGLAIS EXCLUSIVEMENT ! Site de la Commission sur le statut de la femme (Women Watch) : www.un.org/womenwatch GenderNet, site de la Banque Mondiale pour promouvoir l’égalité hommes/femmes : www.worldbank.org/gender Site IDS / ELDIS : www.eldis.org/gender/index.htm
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Bases de données sur le genre
@ GENDERSTATS Base de données statistiques désagrégées de la Banque Mondiale, permettant notamment d’obtenir des indicateurs en croisant un thème et un pays. http://genderstats.worldbank.org
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BASE DE DONNEES SUR LES DROITS HUMAINS DANS UNE PERSPECTIVE DE GENRE DANS LES PAYS DU MAGHREB (UNESCO) La création de cette base de données a pour objectifs de donner un aperçu précis, complet et à jour de ce qui est fait dans le domaine des droits humains et du genre dans les pays du Maghreb. Elle regroupe l’ensemble des intervenants d’importance en matière de droits humains dans une perspective de genre, dans la région du Maghreb. Sont répertoriés les services d’administration publique, les universités, les centres de recherche et/ou de formation, les associations, les organisations internationales et autres partenaires dans le développement. La base de données permet de faire une recherche par :organisme, thématique, pays, mots-clé http://www.unesco.ma/droits_humains/
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BASE DE DONNEES ÉGALITE HOMME-FEMME, INSTITUTIONS ET DEVELOPPEMENT DE L'OCDE Cette base couvre un ensemble de 162 pays et comprend 50 indicateurs pour mesurer la discrimination envers les femmes. La base a été construite à partir de sources diverses et elle combine d’une manière systématique et cohérente les données courantes qui existent sur le statut socio-économique des femmes. Son caractère innovateur tient à la prise en compte des variables institutionnelles qui vont des comportements à l’intérieur des ménages aux normes sociales. Les informations sur les pratiques culturelles et traditions qui ont une incidence sur la participation des femmes au développement sont codées afin de mesurer le niveau de discrimination. Fichier excel à télécharger. http://www.oecd.org/document/17/0,2340,fr_2649_33947_36236817_1_1_1_1,00.html
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DIMITRA – BASE DE DONNEES SUR LES FEMMES ET LE DEVELOPPEMENT RURAL

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La base de données Dimitra, accessible en Français, contient les fichiers d'organisations basées en Europe, en Afrique, et au Proche Orient qui ont toutes des projets ou des programmes qui impliquent ou concernent les femmes rurales et le développement. 3 critères sont proposés pour la recherche : par organisation / par projet / par documentation : http://www.fao.org/Dimitra/servlet/LogOnLoaderServlet
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BASE DE DONNEES DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT AU MAROC (TANMIA / PNUD) Cette base de donnée permet, en utilisant des mots-clé, d'identifier les projets menés au Maroc dans le domaine du genre ou prenant en compte le genre. http://lpd.tanmia.ma:8080/lpd/index.jsp
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Outils, manuels pour intégrer le genre
@ PROGRAMME D’ANALYSE SOCIO-ECONOMIQUE SELON LE GENRE (ASEG) DE LA FAO Ce programme du département du développement durable vise à renforcer la conscience sur les questions liées au genre. Le site est disponible en français et en arabe. Il propose des outils méthodologiques et des guides pratiques (PDF) destinés à faciliter la prise en compte des questions socio-économiques selon le genre à tous les niveaux d’organisation de la société et dans divers domaines techniques lés au développement rural. On y trouve notamment le Guide pour l’intégration du genre dans la gestion du cycle de projet. www.fao.org/sd/seaga/main1_fr.htm
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GENRE ET DEVELOPPEMENT - MANUEL DE FORMATION DU CEDPA Ce manuel en français du Centre for Development and Population Activities est très pratique pour comprendre les questions de genre et les différents concepts liés au genre. http://www.cedpa.org/images/pubs-pdfs/gender_french_all.pdf
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LE MONDE SELON LES FEMMES Le site de cette ONG belge de sensibilisation et de formation en genre et développement propose de nombreux outils pour appuyer l’intégration du genre (à commander ou à télécharger au format PDF). http://www.mondefemmes.org/publications/index.htm
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PRISE EN COMPTE DES APPROCHES DU GENRE DANS LES INTERVENTIONS DE DEVELOPPEMENT – MANUEL DE IFAID AQUITAINE Outils méthodologiques et fiches pratiques pour comprendre le concept de genre, intégrer le genre dans une intervention, suivre et évaluer selon le genre. http://www.genreenaction.net/article.php3?id_article=224
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ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL - OIT La page du site de l’organisation internationale du travail propose des documents et outils pour l’égalité des genres dans le domaine du travail et les projets liés au développement de l’entreprenariat. www.ilo.org/dyn/gender/gender.home?p_lang=fr
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LES P’TITS EGAUX Ce site propose un répertoire d’activités novatrices pour la construction de rapports égalitaires entre les filles et les garçons âgés de 5 à 8 ans. www.lesptitsegaux.org
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COMMENT EVALUER L’EMPOWERMENT DES FEMMES DEFAVORISEES Ce document d’Elisabeth HOFMANN propose des éléments de réflexion et de méthode pour évaluer l’empowerment des femmes défavorisées en s’appuyant sur l’exemple de projets de développement dans les pays du Sud. www.cota.be/SPIP/dw2_out.php?id=44
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Sources de financement
Ces liens concernent des sources de financement pour les projets et/ou les organisations ciblant des actions relatives à la promotion des droits des femmes et à la lutte contre les inégalités de genre. Il est important toutefois de rappeler que les bailleurs de fonds en général (agences de coopération bilatérale et multilatérale, etc…) sont sensibles à la prise en compte de la dimension genre dans les projets de développement. @ FONDS MONDIAL POUR LES FEMMES Le Fonds Mondial pour les Femmes est une fondation octroyant des dons de 500 à 20 000 $ pour soutenir des organisations de femmes (dirigées par des femmes). Ces organisations doivent mener des initiatives de protection et de défense des droits des femmes comme l'accès à une indépendance économique, à l'éducation et l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Le fonds finance également la participation d'associatifs à des évènements en lien avec ces thématiques. Demande de subvention : Page en français : http://www.globalfundforwomen.org/6languages/french/3grant/ Page en arabe : http://www.globalfundforwomen.org/arabic/grant/application.html Le site propose un manuel d'aide à la recherche de financement (à voir en ligne ou à télécharger en PDF) : http://www.globalfundforwomen.org/6languages/french/4news/fundraising-handbook/1intro.html
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FONDATION D'ENTREPRISE ELLE Cette fondation a été créée par le Groupe Hachette Filipacchi Médias, sous l'égide du magazine ELLE, en vue de promouvoir l'émancipation des femmes par l'éducation, la formation et l'information. Elle apporte un soutien financier à des projets dont l'objet est l'éducation des femmes et des filles, comprise comme moyen d'émancipation. La fondation appuie également toute initiative visant à renforcer l'autonomie des femmes par l'éducation non formelle, la formation professionnelle et l'insertion sociale des plus vulnérables. Elle encourage la création de circuits et supports d'information (journaux, radioscommunautaires) en faveur des femmes. La Fondation agit principalement à l'étranger, dans les pays où l'éducation des filles est le levier fondamental pour un développement pérenne. Le projet doit être présenté par une association française, mais le projet peut être mis en œuvre par des associations marocaines. http://www.ellefondation.net/pags/newprojet.php
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FONDATION MAMA CASH Cette fondation, basée aux Pays-Bas accorde des subventions de 500 à 20 000 $ à de petites associations ayant un accès limité aux financements. La fondation finance des projets ou la participation à des évènements en lien avec les droits des femmes. Les thèmes prioritaires sont la justice économique, la paix et la sécurité, la participation, l’art, la culture et les médias. Attention, le site n’est accessible qu’en anglais. http://www.mamacash.nl/site/en/funds/index.php
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FICHES-OUTILS POUR L’ANALYSE SELON LE GENRE

FICHE N°1 FICHE N°2 FICHE N°3 FICHE N°4 FICHE N°5 FICHE N°6

LE RÔLE DES ANIMATEURS/TRICES LORS DU DIAGNOSTIC. LE FOCUS GROUPE LE PROFIL D’ACTIVITES L'HORLOGE DES ACTIVITES JOURNALIERES LE CALENDRIER SAISONNIER LE PROFIL / CARTE D’ACCES ET DE CONTROLE DES RESSOURCES LE PROFIL SOCIO-POLITIQUE DES FEMMES LES BESOINS PRATIQUES ET INTERETS STRATEGIQUES LA CARTE SOCIALE LE GRAPHIQUE DES TENDANCES LE DIAGRAMME DE VENN LE PROFIL INSTITUTIONNEL DES ORGANISATIONS LA MATRICE DES PRIORITES LE PLAN D’ACTION L’ANALYSE DES TROIS »R » LA MATRICE D’ANALYSE DE GENRE

FICHE N°7 FICHE N°8 FICHE N°9 FICHE N°10 FICHE N°11 FICHE N°12 FICHE N°13 FICHE N°14 FICHE N°15 FICHE N°16

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FICHE N° 1 LE RÔLE DES ANIMATEURS/TRICES LORS D'UN DIAGNOSTIC

Pour la réalisation d’un entretien ou d’une enquête Pour assurer le bon déroulement d’un entretien, l’animateur doit :

• Respecter l’emploi du temps de l’informateur : généralement, le rendez-vous avec
l’informateur est pris à l’avance. Quant à la date et l’heure, les préférences de l’informateur les détermineront. Si, par exemple, l’informateur préfère coudre ou effectuer d’autres travaux ménagers pendant l’entretien, laissez-le faire et continuez à un rythme adapté. • Créer une atmosphère d’aise et de détente : choisissez, pour l’entretien, un lieu tranquille et neutre et qui mette votre informateur à l’aise. Quelques «réflexes» de communication sont par ailleurs indispensables:

• • • • • • • • •

Expliquez bien le pourquoi de l’entretien et ce que vous allez faire avec les données. Demandez l’accord avant de prendre des notes ou d’enregistrer. Identifiez votre informateur (nom, âge, sexe, situation de famille, profession). Commencez par des questions simples et ouvertes. Essayez d’éviter les jugements de valeur et les interprétations, n’imposez pas votre opinion. Ne formulez pas plusieurs idées dans une même question. Ne changez pas subitement de sujet sans que l’informateur puisse en comprendre la raison. La répétition d’une question dans le même entretien risque de décourager l’informateur qui pourrait alors supposer que vous n’avez pas écouté. L’écoute active est primordiale pour obtenir des renseignements plus détaillés: montrez par des gestes (réactions non verbales) que vous êtes en train d’écouter, répétez en vos termes ce qui a été dit, demandez davantage de détails, créez éventuellement une situation hypothétique afin d’éclaircir les attitudes de l’informateur (Exemple: Imaginez-vous être à sa place, qu’est-ce que vous auriez fait... ?)

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Pour l’animation d’un focus groupe ou l’utilisation d’outils participatifs Voici quelques règles de base pour une bonne conduite d’une discussion en groupe focal ou pour l’utilisation des outils participatifs présentés dans les fiches 2 à 20. La préparation Avant la séance, il convient de bien préparer son déroulement en :

• répartissant les rôles et en clarifiant les rôles de chacun (facilitateur / observateur) ; • réunissant le matériel nécessaire (feuille, marqueurs, scotch…) ; • informant suffisamment à l’avance les participants.
L’animation de la séance Une séance dure entre 1 et 2 heures. Le groupe focal est guidé par un seul modérateur qui tente d’encourager les participants à une libre discussion. Il est généralement assisté d’un observateur. Il importe, en fonction du contexte d’intervention, de prévoir des femmes pour animer les séances avec des femmes, et des hommes pour animer les séances avec les hommes. Rôle du modérateur / animateur/trice Il/elle souhaite la bienvenue au groupe Il/elle explique l’objectif de la discussion ou de l’outil utilisé (résultats attendus, utilisation des informations) Il/elle guide la séance, la contrôle, la dirige Il/elle introduit le sujet et pose les questions Il/elle encourage la participation du groupe et s’assure de la participation de tous Il/elle reformule les questions au cas où les participants ne les comprennent pas Il/elle réoriente la discussion si elle s’écarte trop du sujet, tout en restant soupe et ouvert Il/elle écoute attentivement chaque contribution à la discussion et valorise chaque réponse Il/elle résume les interventions, compare les points de vue, demande des explications complémentaires Rôle de l’observateur Il/elle ne participe pas à la discussion Il/elle est assis à l’arrière-plan Il/elle note les principaux sujets de discussion, les questions, ainsi que les communications non-verbales et attitudes des participants (expressions traduisant l’intérêt / désintérêt…) Il/elle recopie les outils réalisés (cartes, graphiques…) Il/elle élabore le compte rendu de la discussion Les qualités d’un/e bon/ne animateur/trice Savoir écouter Un bon facilitateur doit savoir écouter afin de pouvoir résumer et paraphraser ce qui a été dit, réorienter les débats et déceler ce qui se cache derrière les attitudes ou jugements. Une écoute active est essentielle. Savoir observer

• • • • • • • • • • • • • •

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Un bon facilitateur est conscient des dynamiques de groupe ; il remarque les personnes qui parlent et celles qui se taisent, ainsi que les rapports entre les personnes. Etre un bon observateur permet de déterminer à quel moment certaines méthodes devront être utilisées pour garantir la participation de tous. Savoir poser des questions Un bon facilitateur pose des questions qui stimulent les participants à s’interroger sur certains points, à se concentrer sur ceux-ci et à les approfondir. Un simple “pourquoi?” suffit souvent à aller plus loin dans le questionnement. Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Sont autant de points de départ utiles pour amener une réponse détaillée. Savoir s’organiser Une bonne organisation est impérative. Tout le matériel nécessaire et les aspects logistiques doivent être préparés afin d’éviter les pertes de temps et les frustrations inutiles. Le facilitateur doit garder à l’esprit les objectifs de la séance pendant tout le processus. Être souple Un bon facilitateur doit pouvoir répondre aux besoins des participants ; il doit donc être ouvert à toute adaptation ou changement au niveau des méthodes, des outils, des questions. Être clair Le facilitateur appelle les choses par leur nom et n’utilise pas de mots fantaisistes ou de jargon. Il répète ou reformule des idées / questions si nécessaires. Être positif et ne pas contrôler Un bon facilitateur sait quand intervenir et quand s’abstenir durant les débats. Il cherche surtout à mobiliser les connaissances des participants et à fournir des orientations lorsque les tâches à réaliser ne sont pas claires ou lorsque les débats s’écartent du sujet. L'animateur/trice doit veiller à :

• Ne pas suggérer de réponses ; • Ne pas dévoiler sa propre opinion (qu’elle soit négative ou positive !) ; • Ne pas porter un jugement sur les points de vue exprimés (ne pas contredire,
ne pas être moralisateur…) ;

• Ne pas faire de commentaires en « aparté » avec l’observateur.
Comment encourager la participation ? Voici quelques principes permettant de garantir la participation : Sélectionner le lieu de rencontre Certaines personnes ne peuvent pas se rendre n’importe où. Pour les femmes ayant des contraintes de mobilité, on choisira un site proche de chez elles. Pour certains groupes. Les endroits publics, accessibles à tous, tels qu’une école ou un terrain de sport, peuvent être une bonne solution. Sélectionner le moment approprié Il faut éviter les heures (préparation des repas) où les membres de la communauté sont généralement occupés. Former des groupes cibles séparés Chacun doit avoir la possibilité de donner son point de vue. Une façon de garantir la participation de tous est souvent de travailler avec des groupes

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cibles séparés formés en fonction du sexe, de la catégorie socioéconomique, de l’âge, etc. Mobiliser les personnes silencieuses Si des personnes se limitent à observer, on leur posera des questions ou on les invitera à montrer sur la carte, le diagramme ou le graphique quelque chose qu’ils aimeraient voir apparaître. Se concentrer sur les personnes dominantes Si un participant domine le processus, on lui posera des questions spécifiques sur la communauté. Le fait de l’engager dans une conversation séparée de celle du groupe pourrait faire baisser son influence sur le processus. Le facilitateur devra également faire en sorte de limiter les interventions d’un participant dominant si elles empêchent les autres membres du groupe d’intervenir.

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FICHE N° 2 LE FOCUS GROUPE

Utilisation Un groupe focal est un groupe de discussion qui réunit des personnes du même milieu ou ayant des expériences semblables pour discuter d’un thème précis (ex : l'entreprenariat féminin, la santé reproductive, l'implication des femmes dans la gestion de l'eau…). La discussion en groupe focal ne correspond pas à un entretien dans lequel l'animateur/trice pose des questions précises auxquelles doit répondre le groupe. Les participants d’un groupe focal discutent, au contraire, librement d’un sujet déterminé. L'animateur/trice tente d’inciter les participants à approfondir le sujet durant la discussion, afin d’obtenir davantage de renseignements sur leur mode de penser. Participant/e/s La sélection des participantes ou participants se fait en fonction des éléments suivants :

• La sélection doit correspondre aux thèmes à explorer. Les personnes doivent être
concernées par le sujet ou avoir une opinion sur le sujet. Le groupe peut être homogène ou hétérogène ; il est important de réfléchir à la composition du groupe (est-ce que les participants doivent avoir le même âge ? le même sexe, la même occupation, etc. ?). • Identifiez tous les éléments susceptibles d’influer sur la sélection et tentez de les minimiser. Exemple: les membres d’une communauté qui aiment s’écouter euxmêmes seront plus enclins à se joindre au groupe. • Parfois, il est préférable de prendre des gens qui ne se connaissent pas afin d’éviter les hiérarchies et les influences. • Il est recommandé de ne pas travailler avec plus de 10/12 personnes à la fois. Déroulement

• Expliquer l’objectif de la séance ; • Faire un tour de présentation des participants ; • Engager la discussion en faisant par exemple une déclaration relative au sujet de
discussion : « Mon nom est Fatima et je guide cette discussion. J’ai 29 ans et trois enfants dont deux filles. Dans l'association où je travaille, je reçois de nombreuses femmes qui souhaitent développer une activité génératrice de revenus... ». • A ce stade, le modérateur tente de diriger la discussion vers le thème de focalisation (focus) par une série de questions orientées. Cela débute par des questions générales qui par la suite deviennent de plus en plus spécifiques. • Dès que le groupe est arrivé au thème d’intérêt principal, le modérateur a la tâche d’inviter les participants à exprimer leurs réactions, leurs opinions. Il ne doit pas se satisfaire de déclarations trop superficielles ou de descriptions fragmentaires. Il essaie d’inciter les participants à donner des explications détaillées sur les circonstances, les raisons, les influences en jeu, à parler de leurs sentiments. A ce stade, l’élément-clé est de nouveau l’écoute active. Le modérateur vise à

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développer une sorte de jeu de billard où les participants ne s’orientent non pas au modérateur même, mais aux commentaires des autres. • Pour encourager la discussion, on peut également comparer les affirmations qui s’opposent. Exemple: «L’une d’entre vous a dit que le développement de l'entreprenariat féminin est contraint par le manque de formation des femmes ; un autre pense que c’est avant tout lié au manque d'accès au crédit. Qu’en pensent les autres ? ». • Cette étape se termine dès que plus personne n’apporte de nouvelles idées ou que les participants commencent à se fatiguer. • Avant la fin d’une discussion, il est indispensable de faire un résumé, qui donne aux participants du groupe focal la possibilité de rectifier, s’ils pensent avoir été mal compris. Il convient par ailleurs de souligner l’importance des idées formulées pour l’étude en cours et pour le programme.

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

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FICHE N° 3 LE PROFIL D'ACTIVITES

Utilisation Cet outil permet d'identifier et d'analyser le triple rôle des femmes et d’obtenir une image relativement complète de leurs activités, qui sont souvent « peu visibles » car peu ou pas rémunérées. Il essaie de fournir une réponse à la question « Qui fait quoi ? », sous forme d’inventaire d’activités. Cela permet, lors de la formulation et la mise en œuvre du projet, de mieux adapter les actions en tenant compte de la charge de travail des femmes, du type de tâches accomplies. L’utilisation de l’analyse basée sur le triple rôle permet également de prévoir comment l’intervention de développement affectera ces activités et leur répartition. Par exemple, la charge de travail reproductif des femmes peut les empêcher de participer dans une intervention productive, ou si elles participent, le temps supplémentaire utilisé pour la production de biens, la formation, les réunions, etc. peut être amputé du temps nécessaire pour des activités comme les soins des enfants ou la préparation de la nourriture. Participant/e/s Des groupes de femmes homogènes (même classe d'âge ou situation sociale) ou hétérogène. Déroulement Le tableau ci-après est complété en deux étapes : 1) On liste l’ensemble des activités 2) On complète le tableau en demandant au groupe : qui fait quoi / telle activité ? , quand ? , où ? pendant combien de temps ? en utilisant quelles ressources ?.

Activités Reproductives A1 – Soin des enfants A2 Productives A3 - Irrigation A4 A5 De collectivité A6 A7 A8

Qui ?

Où ?

Quand ? / Pour combien de temps ?

Ressources utilisées

80

Le tableau est remplis en s’appuyant sur les 3 rôles :

• Travail reproductif : Cette catégorie comprend l’entretien du ménage et les soins de
toutes sortes de ses membres. • Travail productif : La production de biens et de services pour la consommation et pour le commerce font partie de cette catégorie, qu’il s’agisse d’une activité salariale ou non. Femmes et hommes peuvent être impliqués dans du travail productif, mais leurs fonctions et leurs responsabilités sont différentes. Le travail productif des femmes est souvent moins visible et moins valorisé que celui des hommes. • Travail communautaire : Cette catégorie comporte l’organisation collective ou de services sociaux ou d’événements collectifs (cérémonies, célébrations, activités pour l’amélioration de la communauté, participation dans des groupes et organisations, engagements dans la politique locale, etc.). Les hommes quant à eux participent à la politique locale, de manière organisée et formelle, souvent dans le cadre de partis nationaux. Contrairement aux femmes, les hommes sont souvent rétribués pour leur travail ou bénéficient de manière indirecte par une amélioration de leur statut ou une augmentation de leur pouvoir. NB : se référer à la partie théorique du guide pour la définition des 3 rôles. Selon le contexte, d’autres facteurs, comme le montre le tableau suivant, peuvent enrichir cette analyse. Age, classe, ethnie, etc. La catégorie d’âge des personnes qui exécutent une activité peut être davantage spécifiée (filles ou garçons en âge scolaire, jeunes femmes et hommes, femmes et hommes adultes, …). De même, en cas d’hétérogénéité de la population cible, on peut choisir de faire des sous catégories en fonction de critères économiques qui restent à définir selon le contexte (pauvres, classe moyenne, classe supérieure). Allocation de temps Le pourcentage du temps alloué à chaque activité peut être spécifié. On peut également spécifier s’il s’agit d’une activité journalière, saisonnière, …etc (par exemple en heures journalières pour des activités journalières) Lieu d’activité Afin de connaître la mobilité des personnes concernées, on peut spécifier où l’activité est accomplie (à la maison, dans le champ familial, dans le douar, …) Ressources nécessaires Il peut être intéressant d’enregistrer pour chaque activité les ressources employées. Cette information complète utilement le profile d’accès et de contrôle.

Exemple de division quotidienne du travail entre hommes et femmes au niveau d’un douar de la Province de Chefchaouen
Activités \ nombre d’heures Préparation des aliments Travaux ménagers Soins des enfants Corvée de l’eau Trait de la vache et des chèvres Corvée de bois Femmes 2h 30mn 1h 30mn 30mn 1h 30mn 2h Hommes

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Pâturage Travaux des champs Total

2h 2h 12h

3h 5h 8h

Exemple de profil d’activités hommes / femmes au niveau d’un douar de la Province de Chefchaouen Type d’activité Activité Céréaliculture Arboriculture Maraîchage Kif Elevage Création de revenu Corvée de l’eau Corvée de bois Préparation des aliments Soins des enfants Soins de santé Ménage Total Femmes/filles 60% 80% 60% 50% 80% 0% 80% 80% 100% 100% 50% 100% 70% Hommes/garçons 40% 20% 40% 50% 20% 100% 20% 20% 0% 0% 50% 0% 30%

Liées à la production

Liées à la reproduction

2h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

82

FICHE N° 4 L’HORLOGE DES ACTIVITES JOURNALIERES

Utilisation Les horloges des activités journalières décrivent les différentes activités réalisées sur une période de 24h. Elles sont particulièrement utiles pour comprendre les activités et la charge de travail des différents groupes de personnes d’une communauté, notamment dans la perspective de programmer des actions : disponibilité des femmes pour des formations, nécessité de création de crèches pour dégager d’une temps libre et permettre aux femmes d’exercer une activité productive, développement d’activités génératrices de revenus pour les femmes, moment de la journée le plus approprié pour organiser une réunion avec des hommes ou des femmes... La comparaison des différentes horloges permet en outre de comprendre qui travaille le plus, qui se concentre sur quelques activités, qui a une grande variété d’activités, qui a le plus de temps libre pour participer à des activités, etc. NB : cet outil est complémentaire de l’outil profil d’activités (FICHE N°4). Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Si les groupes sont trop hétérogènes, ils peuvent être divisés en sous groupes en fonction de l’âge, de la classe sociale, etc… Déroulement Pour la réalisation des horloges, l’animateur/trice explique aux participant/e/s qu’il/elle désire savoir ce qu’ils font sur une journée normale de travail. Chaque groupe est invité à produire sa propre horloge à partir de la question suivante : « Dites tout ce que vous avez fait durant la journée d’hier, entre le levé et le couché, en précisant les horaires » On peut notamment décrire les activités du jour précédant. Dans tous les cas, l’horloge doit montrer les activités réalisées aux différents moments de la journée et la durée de chaque activité. Les activités sont ensuite représentées sur le diagramme circulaire (en forme d’horloge). On notera dans la même portion de temps les activités réalisées simultanément, par exemple la garde des enfants et le jardinage. Il est par ailleurs important de savoir si la journée représentée est typique de toute l’année et d’indiquer la saison correspondante. Les participants préparent ensuite une nouvelle horloge pour représenter une journée de travail représentative d’une autre saison.

1h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

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21h00 20h00

22h00

Diner Cuisine

18h00

Soin des enfants

Dormir

Jardinage

Tâches domestiques

6h00

15h00 14h00

Repos Déjeuner Cuisine

Collecte bois de 8h00 feu Tâches 9h30 domestiques

13h00

11h30

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FICHE N° 5 LE CALENDRIER SAISONNIER
Utilisation Les calendriers saisonniers permettent d’étudier les changements se produisant au niveau des moyens d’existence à différents moments de l’année. Ils sont très utiles pour se faire une idée plus précise des activités menées aux différentes saisons par les hommes et par les femmes. Sans ces calendriers, on risquerait de s’en tenir uniquement à ce qui se passe au moment du diagnostic rapide. Ils aident à étudier différents thèmes, tels que la charge de travail en fonction des saisons ou les fluctuations des revenus au fil des mois. Les calendriers sont donc précieux pour approfondir les aspects liés au caractère saisonnier des moyens d’existence. Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Si les groupes sont trop hétérogènes, ils peuvent être divisés en sous groupes en fonction de l’âge, de la classe sociale, etc… Déroulement .Chaque groupe réalise ses propres calendriers. Pour la réalisation des calendriers, l’animateur/trice explique aux participant/e/s qu’il/elle souhaite savoir ce qu’ils font sur une année complète. Les calendriers peuvent être dessinés sur de grandes feuilles de papier. Si l’on ne dispose pas de papier, ils pourront être tracés à même le sol, dans du sable ou sur la terre battue, en utilisant des pierres ou des feuilles pour quantifier les activités. On commence par tracer une ligne horizontale en expliquant aux participants que cette ligne représente une année et qu’il faut la diviser en mois, en saisons, etc. On retiendra l’échelle temporelle ayant le plus de sens pour les participants. Les divisions saisonnières sont indiquées le long de cet axe (12 cases = 12 mois). On peut commencer l’exercice en posant des questions sur les revenus : quels sont les mois où vous avez beaucoup de revenus, les mois où vous en avez moins ou très peu ? Les participants dessinent ou placent des pierres (ou des graines, ou dessinent des points ou colorient les cases) sur chaque mois (ou autre division) du calendrier en fonction de l’importance des revenus. Revenus des femmes sur l’année
janvier février mars avril mai juin juillet août sept. octobre nov. déc.

On cherche ensuite à expliquer le calendrier : pourquoi avez-vous beaucoup de revenus durant les mois de juillet-août-septembre (pourquoi y a-t-il des variations) ? Est-ce que votre mari gagne aussi d’importants revenus à cette période ? (La période d’été

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peut par exemple correspondre à une période de revenus importante du fait de la vente des récoltes). On peut réaliser d’autres calendriers pour traiter différents thèmes (charge de travail, dépenses, disponibilité alimentaire…). Pour cela, les questions suivantes peuvent être posées aux participant/e/s :

• Les moyens d’existence sont-ils dans l’ensemble assez stables ou fluctuent-ils • • • • • • •
fortement selon les saisons ? A quel moment les femmes sont-elles les plus occupées ? Y a t-il des moments difficiles en ce qui concerne le travail ? Quelles sont les variations en termes de disponibilités alimentaires au fil des mois? Quelles sont les variations en termes de travail ? Y a-t-il des périodes où aucun revenu n’est dégagé ? Quelles sont les variations en termes de dépenses ? Y a-t-il des périodes de grandes dépenses? Par ex., frais d’inscription scolaire, achats d’aliments. Existe-t-il des liens entre les différents calendriers ?

Charge de travail femmes sur l’année
janvier février mars avril mai juin juillet août sept. octobre nov. déc.

Dépenses du ménage sur l’année
janvier février mars avril mai juin juillet août sept. octobre nov. déc.

Les calendriers des différents groupes peuvent être ensuite comparés.

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

86

FICHE N° 6 LE PROFIL / CARTE D’ACCES ET CONTROLE DES RESSOURCES

Utilisation Cet outil est fréquemment utilisé après le profil d’activité (FICHE N° 3), car il complète utilement les informations recueillies par le premier. L’accent est maintenant mis sur la question de l’accès aux ressources et à leur contrôle des hommes et des femmes, la situation étant généralement très différente entre eux. Les informations fournies par cet outil sont très utiles lors de la définition des activités d’un projet. Elles permettent d’éliminer des activités qui seront impossible à réaliser si par exemple un groupe n’a pas accès à une ressource indispensable pour mener à bien ces activités (ex : droits d’eau pour développer des cultures exigeantes en eau) ou de prévoir des mesures appropriée pour mener à bien l’activité en assurant l’amélioration de l’accès et du contrôle du groupe aux ressources nécessaires (ex : si les femmes n’ont pas accès à des revenus pour développer une AGR, on peut prévoir de favoriser leur accès au micro-crédit). NB : se référer à la partie théorique du guide pour la définition des « ressources », « bénéfices », « accès et contrôle ». Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Si les groupes sont trop hétérogènes, ils peuvent être divisés en sous groupes en fonction de l’âge, de la classe sociale, etc… Déroulement L’animateur/trice liste d’abord avec le groupe la liste des ressources nécessaires à leur vie et activités quotidiennes telles qu’identifiées (cf. FICHES N°3 et 4 sur le profil d’activités et l’horloge journalière des activités). Ces ressources et bénéfices sont placés dans un tableau et sont ensuite examinés en se posant les questions : Qui utilise ces ressources ? Qui contrôle ces ressources ? La réponse à ces questions peut être : « la femme », « l’homme », « les deux ». Il faut ensuite essayer d’expliquer pourquoi les hommes ou les femmes ont un accès et un contrôle limités à certaines ressources ou bénéfices. Si l’on travaille avec un groupe de personnes analphabètes, on peut réaliser le même exercice en utilisant des symboles représentant l’homme, la femme et les différentes ressources / bénéfices.

La première colonne du tableau ci-dessous est élaborée en faisant la liste des ressources nécessaires pour accomplir les activités identifiées ainsi que les bénéfices qui en découlent.

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Accès Femmes Ressources Equipement Travail Argent Education / formation, etc. Bénéfices Revenus externes Pouvoir politique / prestige X X X X Hommes X X X X X X

Contrôle Femmes Hommes X X X X X X

X

Exemple de carte d’accès aux ressources

Source : FAO, ASEG

Tableau profil accès et contrôle : exemple d’un douar de la Province de Chefchaouen Accès Ressources Terres Equipements Main d’oeuvre Argent comptant Bénéfices Revenu externe Possession de bien Besoins essentiels Santé Education Femmes * * * * * * * * Hommes * * * * * * * * * Contrôle Femmes Hommes * * * * * * * *

* * *

1h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

88

FICHE N° 7 LE PROFIL SOCIO-POLITIQUE DES FEMMES
Utilisation Cet outil permet de connaître le pouvoir relatif des femmes par rapport aux hommes, de savoir « qui décide de quoi , » et donc de fournir des informations utiles pour déterminer le choix des activités en tenant compte de leur faisabilité (en fonction du fait par exemple que les femmes auront le pouvoir ou non de se déplacer seules, de décider d’affecter une partie de leurs revenus à des soins liés à la santé reproductive, etc…). Participant/e/s Des groupes de femmes. Déroulement Le profil peut être réalisé à l’aide du tableau suivant, remplit avec les participantes, qui se base sur l’exemple de la participation des femmes dans la prise de décision au sein du ménage. Dans la première colonne figurent des aspects qui constituent (entre autres) le profil socio-politique. A l’aide des autres colonnes, il s’agit de comparer ce pouvoir de décision des femmes à celui des hommes :

• Décision prise par des hommes : concerne les décisions qui se prennent par les
hommes sans concertation avec les femmes • Position à peu près égale : la décision se prend conjointement, sur la base d’une position à peu près égale entre femmes et hommes • Décision prise par des femmes : concerne les décisions qui se prennent par les femmes sans concertation avec les hommes Le tableau peut être rempli simplement par des croix dans les cases correspondantes, avec si nécessaire des commentaires complémentaires, en posant la question au groupe : « Qui décide de… ? ». D’autres aspects concernant le degré de participation des femmes à la prise de décision sur d’autres niveaux que le ménage compléteront ce profil socio-politique :

• Participation des femmes dans la prise de décision au niveau de la commune • Participation des femmes dans la prise de décision dans la société en général
Selon le contexte donné et la nature de l’intervention de développement envisagée, le tableau peut être complété. Ex : la prise de décision au sein du ménage peut s’avérer nécessaire pour un programme qui vise la création d’activités génératrices de revenus par des femmes ; la prise de décision concernant les ressources naturelles (eau, terre…) peut s’avérer importante pour un projet agricole.

89

La position socio-politique des Décision prise Décision prise Position à peu femmes comparée à celle des par les par les près égale hommes hommes femmes Décisions journalières (décision de consommation, etc.) Décisions concernant les enfants (scolarisation, consultations médicales, etc.) Décisions de mobilité (déplacements des femmes : lieu, moyen de transport, compagnie, etc.) Décisions périodiques (choix des cultures, proportion de récolte commercialisée, etc.) Décisions professionnelles (choix d’activité du mari / de l’épouse / du couple / de la famille, etc.) Décisions d’investissements (achat d’outillage, demande de crédit, etc.) Décisions de dépenses pour le ménage (réfection du toit, achat d’un poste de télévision, etc.) Décisions de dépenses « sociales » (liées aux rites culturels, dépenses de soutien pour des membres de la famille élargie, etc.) . Le profil socio-politique des femmes peut également être examiné à travers l’image de la femme et de l’homme au sein de la communauté en question en répondant à deux questions fondamentales :

• Quelle est la perception des femmes et des hommes de leur propre image ?
(relativement inférieure, à peu près égale, relativement supérieure)

• Quelle est l’image de la femme et de l’homme dans la communauté en question ?
(relativement inférieure, à peu près égale, relativement supérieure)

1h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

90

FICHE N° 8 LES BESOINS PRATIQUES ET LES INTERETS STRATEGIQUES
Utilisation Cet outil permet de connaître les besoins et intérêts des femmes, partant du principe que les femmes en tant que groupe ont des besoins et intérêts particuliers, différents de ceux des hommes et cela pour deux raisons. Premièrement à cause de leur triple rôle (productif, reproductif et social), deuxièmement, dus à leur position subordonnée par rapport aux hommes dans la plupart des sociétés. Pour rappel (cf. partie théorique du guide) :

• Les besoins pratiques : En satisfaisant ces besoins, on allège les activités courantes
des femmes. Les interventions qui se concentrent sur la satisfaction des besoins pratiques répondent aux besoins immédiats perçus dans un contexte spécifique, souvent liés à des conditions de vie inadéquates. • Les intérêts (besoins) stratégiques : En satisfaisant ces besoins, on rend les femmes capables de transformer des déséquilibres de pouvoir existant entre hommes et femmes. Ils peuvent inclure des sujets comme des droits légaux, la violence domestique, l’égalité des salaires et le contrôle des femmes sur leur propre corps. L’identification de ces besoins et intérêts permets de prévoir des interventions qui pourront améliorer les conditions de vie des femmes, mais aussi leur situation sociale, et qui contribueront donc à réduire les inégalités entre hommes et femmes. Participant/e/s Des groupes de femmes. Déroulement L’animateur/trice amène les femmes à lister leurs besoins, notamment sur la base des informations recueillies avec les outils précédents. Il/elle les aide ensuite à faire la distinction entre besoins pratiques et intérêts stratégiques. Tableau besoins pratiques et intérêt stratégiques des femmes (exemple d’un douar à Chefchaouen) Besoins pratiques Aménagement de point d’eau au centre du douar Alphabétisation Aménagement d’un pré-scolaire Introduction de fours améliorés Mise en place d’un internant féminin au Intérêts stratégiques Maîtrise de la gestion de l’eau Augmentation du pouvoir de décision des femmes au sein du foyer Libérer du temps pour d’autres activités Economie du bois de feu – alphabétisation des femmes Scolarisation féminine secondaire

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centre urbain Sensibilisation des hommes sur le rôle que joue la femme dans l’économie du foyer Formation des femmes (gestion de l’eau, économie du bois, hygiène, gestion du temps, développement du maraîchage et du petit élevage) Appui à la commercialisation des fruits Accès au souk

Valorisation du travail de la femme

Qualification des femmes Amélioration des revenus des femmes Maîtrise de la commercialisation

L’analyse des besoins pratiques et des intérêts stratégiques est étroitement liée à l’analyse de la condition et de la situation des femmes. Laa condition décrit l’état matériel de l’individu (type de travail, accès à l’eau potable, l’alimentation, l’accès à l’éducation, …). La situation décrit la position sociale et économique de l’individu au sein de la communauté (écart de salaire, chance d’accès à l’emploi, participation aux instances législatives, vulnérabilité face à la pauvreté et à la violence, …). Ces deux aspects doivent être analysés pour pouvoir déterminer les objectifs et les actions d’un projet. Tableau : Exemple du Projet MEDA à Taza Condition Surcharge du calendrier de travail Eloignement des points d’eau Eloignement des lieux de corvée de bois Eloignement du collège Eloignement des soins de santé (problème d’accouchement) Marginalisation et manque d’accès à l’extérieur Situation Femmes analphabètes Absence de revenu propre aux femmes Absence de contrôle sur les principales ressources Absence de contrôle des revenus du ménage Absence de pouvoir quand à l’éducation des enfants Manque d’accès au souk ; absence de loisirs

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

92

FICHE N° 9 LA CARTE SOCIALE
Utilisation La carte permet d’acquérir des connaissances générales sur une communauté donnée (quartier, douar…). L’essentiel ici n’est pas la précision cartographique, mais plutôt l’obtention d’informations révélant la façon dont la communauté locale, les hommes et les femmes perçoivent leur environnement. Les participant/e/s eux-mêmes définissent le contenu de la carte en relevant ce qui est important à leurs yeux. La carte permet avant tout d’établir un dialogue avec les habitants / acteurs locaux. Les cartes peuvent inclure : les infrastructures (routes, maisons, constructions) ; les points et les sources d’eau ; les espaces verts ; les espaces publics (espaces verts, terrains de jeux…) ; les magasins, les marchés ; des informations plus spécifiquement liées au thème traité dans le cadre du projet : lieux où se réunissent les femmes ou les enfants,

Les renseignements fournis par cette carte sont très utiles pour par exemple choisir l’emplacement d’un point d’eau à aménager ou d’un centre polyfonctionnel, etc… en fonction des besoins des principaux utilisateurs (hommes, femmes…). Ils sont utiles aussi pour identifier le lieu le plus approprier pour une réunion. Cela permet également d’anticiper les impacts négatifs d’un projet : par exemple, la mise en défens d’une parcelle ou la privation d’un accès à un lieu peut affecter les hommes ou les femmes ou les enfants (lieu où ils exercent habituellement une activité, où ils collectent des plantes ou du bois, etc…). Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Déroulement Pour la réalisation de la carte, l’animateur/trice mentionne sur une feuille un point de départ facilement identifiable pour tous (la mosquée, l’école du quartier…). A partir de là, il/elle élabore la carte à partir des indications du groupe, ou mieux, il/elle laisse le groupe dessiner lui-même toute caractéristique jugée importante dans le quartier / le douar / la zone et par rapport à la problématique spécifique éventuellement traitée. Chaque groupe établit sa propre carte. les cartes peuvent ensuite être comparées. Les questions suivantes peuvent être utilisées pour guider la réalisation des cartes et la collecte d’informations :

• Quelles ressources naturelles abondent le plus ? Quelles ressources manquent ?
Quelles ressources utilisent-on ? Quelles ressources se dégradent ? • Qui utilisent ces ressources (hommes / femmes...) ?

93

• Qui prend les décisions sur l’utilisation de ces ressources ? Les droits d’accès /
d’usages sont-ils différents pour les hommes ou pour les femmes ? • A quels endroits les membres de la communauté s’approvisionnent-ils en eau, en bois, en fourrages ? Qui le fait ? • Quels sont les lieux fréquentés par les hommes ? Par les femmes ? Par les enfants ?

1h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

94

FICHE N° 10 LE GRAPHIQUE DES TENDANCES
Utilisation Les graphiques des tendances nous aident à appréhender la façon dont la communauté perçoit les changements environnementaux, économiques, sociaux ou institutionnels au niveau local. Cet outil met en lumière ce qui s’améliore et ce qui empire. Les graphiques sont simples et illustrent les changements dans le temps. Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Pour cet outil, il est intéressant d’impliquer les personnes d’un certain âge, qui ont davantage de connaissances sur le passé. Déroulement Pour réaliser le graphique, l’animateur demande aux participants quels changements importants se sont produits dans le quartier / douar, en mieux et en pire. Les participants devront dessiner un graphique des tendances sur une feuille pour chaque sujet traité (situation des femmes, situation économique des ménages, etc). L’animateur/trice aide le groupe en posant les questions suivantes :

• Quelles sont les tendances les plus importantes? Par ex. le taux de natalité, • • • • •
l’émigration, l’augmentation des femmes chefs de ménage, la sécheresse, le chômage… Quelles sont les autres tendances importantes? Y a-t-il des liens entre les tendances? Qu’est-ce qui s’améliore? Qu’est-ce qui empire? Y a-t-il des tendances ayant un impact différent sur les hommes et sur les femmes? Y a-t-il des tendances ayant un impact différent sur les riches et les pauvres?

IMPORTANTE
Sécheresse

MOYENNE FAIBLE

2000

2001

2002 Années

2003

2004

95

Pour faciliter la compréhension des problèmes clés du quartier / douar / commune, on encouragera les participants à débattre des motifs à l’origine des tendances relevées. Les participants seront amenés à parler des solutions ayant été tentées dans le passé pour résoudre les problèmes et de l’efficacité de celles-ci. On peut aussi leur demander ce qui pourrait améliorer la situation actuelle.

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

96

FICHE N° 11 LE DIAGRAMME DE VENN
Utilisation Le diagramme de Venn est un outil puissant pour analyser le rôle des acteurs au sein d’un territoire et leurs interactions. Ce diagramme met notamment en évidence la façon dont les acteurs perçoivent leur rôle et celui des autres acteurs par rapport à une problématique donnée. Il permet : de mettre au clair les acteurs ayant une influence sur la prise de décision (hommes, femmes, associations…), d’identifier les conflits potentiels entre les différents groupes, de repérer si des acteurs sont absents alors qu’ils auraient un rôle à jouer (organisations féminines, coopératives…), de voir si le groupe est satisfait ou non de l’action de tel ou tel acteur, de discuter des changements possibles (implication plus importante de tel ou tel acteur, résolution d’un conflit entre certains acteurs…).

Participant/e/s Représentant/e/s d’organisations féminines, masculines coopératives…)., acteurs institutionnels, hommes et femmes Déroulement Le diagramme de Venn peut être tracé à même le sol, mais il sera plus clair si l’on dessine sur une feuille ou si on utilise des cercles de papier de couleur à coller sur une grande feuille. Les cercles peuvent être découpés à l’avance dans des couleurs et formats différents. L’animateur/trice invite les participants à lister les acteurs (internes ou externes au territoire / quartier) qu’ils estiment être importants par rapport à la problématique traité (prévention de l’abandon, amélioration du niveau de vie des ménages, services aux femmes et aux enfants…). On leur demande ensuite de discuter le degré d’importance de chacun de ces acteurs et de choisir, en fonction de leur point de vue (perception du rôle des acteurs) un cercle de couleur (petit, moyen ou grand) censé représenter ce degré d’importance. Le nom de chaque acteur est indiqué sur le cercle. Enfin, les participants doivent indiquer les groupements, associations, institutions qui travaillent ensemble ou encore ceux ayant des membres dans plusieurs de ces entités. Tous les cercles sont placés à l’intérieur d’un grand cercle qui représente le territoire (quartier) selon les critères suivants : et mixtes (associations,

• cercles séparés = pas de contact entre les entités ; • cercles se touchant = échange d’informations entre les entités ; • cercles légèrement superposés = légère coopération ;

97

• cercles complètement superposés = forte coopération.

Source : FAO, ASEG

On peut réaliser différents diagrammes de Venn avec différents acteurs, afin de comparer la vision des acteurs sur le rôle que chacun joue ou devrait jouer concernant la problématique traitée (ex : vision des femmes/ des hommes, vision de la municipalité / vision des associations…). Les questions suivantes peuvent être posées pour guider l’exercice :

• • • • • • •

Quels sont les acteurs impliqués dans la problématique ? Existe-t-il des groupements locaux organisés autour de ces questions ? Certaines personnes (jeunes, femmes…) sont-elles exclues de certains groupes ? Lesquels ? Pourquoi ? Quelle est la conséquence de leur non participation ? Certains acteurs sont-ils absents du diagramme ? Pourquoi ? Pourquoi, d’après vous, tel acteur a-t-il un rôle si important ? Quelles relations existent entre les différents acteurs (coopération, conflits…) ?

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs, cercles de couleur en papier (optionnel) et scotch

98

FICHE N° 12 LE PROFIL INSTITUTIONNEL DES ORGANISATIONS LOCALES
Utilisation Le profil institutionnel permet d’explorer de façon plus détaillée la nature des institutions relevées dans les diagrammes de Venn. On obtient ainsi, pour chaque groupement de la communauté, un tableau analytique qui décrit les réalisations, les besoins d’amélioration des performances. Il est primordial d’accorder une attention spéciale aux capacités des groupements et institutions si l’on veut que les communautés locales mettent en œuvre des activités de développement durable. Participant/e/s Les travaux se poursuivent avec les mêmes groupes de participants ayant produit le diagramme de Venn (cf. FICHE N°11) Déroulement Chaque institution ou groupe identifié dans le diagramme de Venn fera l’objet d’une discussion axée sur au moins quatre aspects : création et buts, gestion, réalisations et besoins. L’animateur/trice peut préparer à l’avance un tableau vierge sur un panneau à feuilles mobiles. Il/elle remplit le tableau avec les participant/e/s. Groupement Création et buts Gestion Réalisations Besoins

Les questions suivantes seront utiles pour susciter les débats :

• Combien d’institutions ou de groupements locaux y a-t-il dans la communauté ? Quels
en sont les membres ? Quels sont leurs objectifs?

• Ces institutions ou groupements sont-ils dirigés majoritairement par un groupe
socioéconomique en particulier ? Par des hommes ? Par des femmes ? • Les femmes occupent-elles des postes clés dans l’une ou l’autre de ces institutions ? Si oui, quelles femmes ? • Y a-t-il des groupes de personnes qui ne sont représentées dans aucune des organisations locales ? Si oui, souhaiteraient-elles créer leur propre organisation ? • Quelles institutions réalisent des activités liées à la satisfaction des besoins de la communauté ? Des hommes ? Des femmes ? Autres aspects importants pouvant être abordés pour chaque organisation : la gestion de l’institution, les membres, les activités, les mécanismes de prise de décision…

2h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

99

FICHE N° 13 LA MATRICE DES PRIORITES / CLASSEMENT PAR PAIRES
Utilisation L’analyse du contexte a permis de mettre en évidence les besoins des hommes et des femmes. Mais les associations ne disposent souvent pas des moyens suffisants pour traiter l’ensemble des problèmes et réaliser toutes les actions. Il faut donc, à l’étape de la formulation et de la planification du projet, choisir de façon concertée les problèmes prioritaires à traiter et les actions jugées comme prioritaires à mener. Pour établir un consensus sur les actions prioritaires à mener, on peut utiliser la matrice du classement par paire. La matrice doit être utilisée avec différents groupes (au moins hommes /femmes), afin de comparer leurs priorités et de faire des choix qui tiennent compte des priorités de chacun. Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Si les groupes sont trop hétérogènes, ils peuvent être divisés en sous groupes en fonction de l’âge, de la classe sociale, etc… Déroulement L’animateur liste dans le tableau suivant, en ligne et en colonne, tous les problèmes identifiés lors du diagnostic avec le groupe concerné (hommes ou femmes). Pour chaque problème, on demande au groupe de la comparer avec un autre de la liste et de choisir le problème qui lui semble la plus importante (ex : Pour vous, le problème le plus urgent à traiter est celui de l’alimentation en eau potable ou la réhabilitation du dispensaire ?). Le groupe doit discuter, justifier son choix et trouver un consensus. Chaque choix est reporté dans la grille. L’exercice se poursuit jusqu’à ce que le tableau soit rempli. Pour compléter la grille de classement par paire, on compte le nombre de fois que chaque problème a été choisi et on obtient ainsi une hiérarchisation des problèmes. Les problèmes sélectionnés le plus souvent seront les problèmes prioritaires. On recommence ensuite le même travail pour choisir les actions prioritaires à mener pour traiter le problème qui a été sélectionné dans la première phase.

100

Problèmes

Alimentation en eau potable (AEP) X AEP AEP AEP

Réhabilitation dispensaire

Création d’un centre féminin

Réhabilitation de la piste

Alimentation en eau potable (AEP) Réhabilitation dispensaire Création d’un centre féminin Réhabilitation de la piste

X X Dispensaire Dispensaire

X X X Piste

X X X X

Actions
Alimentation en eau potable (AEP) Réhabilitation dispensaire Création d’un centre féminin Réhabilitation de la piste

Citation 3 2 0 1

Actions
Alimentation en eau potable (AEP) Réhabilitation dispensaire Réhabilitation de la piste Création d’un centre féminin

Classement par ordre de priorité 1 2 3 4

2h30 / 3h00

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

101

FICHE N° 14 LE PLAN D’ACTION
Utilisation Une fois les problèmes et les actions prioritaires identifiés, il convient d’établir un plan d’action avec la participation des bénéficiaires du projet :

• soit avec le groupe cible concerné par le projet, • soit avec l’ensemble de la communauté si le projet cible un douar, un quartier.
Ce plan devra tenir compte des priorités des différents groupes (hommes, femmes…) qui composent la communauté. La préparation d’un plan d’action aide les membres de la communauté à s’investir de façon réaliste et concrète dans la planification de leur propre développement. En amenant toute la communauté à une réflexion sur les ressources et sur l’implication possible de chacun, chacun prendra conscience de ses capacités et des ressources déjà disponibles. Cet outil met directement à profit le diagramme de Venn et la matrice des priorités. On part problèmes prioritaires et des solutions possibles de développement pour se concentrer sur les ressources nécessaires à leur mise en œuvre, sur les groupes (locaux et extérieurs) devant être impliqués et le moment où les activités pourraient démarrer. Participant/e/s Des représentants des différentes composantes de la communauté (hommes, femmes…). Déroulement Pour réaliser le plan d’action, une réunion de la communauté est convoquée. Aussi bien les femmes que les hommes doivent y participer et toutes les catégories socioéconomiques doivent être représentées. On aura préparé à l’avance sur papier les tableaux vierges du plan d’action. Chaque tableau concerne un problème prioritaire et comporte plusieurs colonnes. La première indique les activités à réaliser (cf. arbre à solutions) : Problème traité : Activités Ressources à mobiliser Groupes et organisations impliqués Début des activités

Les membres de la communauté sont invités à discuter des ressources nécessaires pour mettre en œuvre chaque activité. Dans la deuxième colonne sont alors inscrites les

102

ressources jugées nécessaires, sans oublier les terres, l’eau, la main-d’œuvre, les intrants, la formation, etc. On demande aux participants quelles sont les ressources déjà disponibles dans la communauté et quelles ressources devront venir de l’extérieur. La troisième colonne est consacrée aux groupes qui seront impliqués dans la mise en œuvre de chaque activité. Il est important, à ce stade, de consulter le Diagramme de Venn et les profils institutionnels préparés dans le cadre du diagnostic. Pour chaque organisme extérieur identifié, on peut tenter d’identifier un groupe local: ce sera l’occasion d’établir un partenariat ! Dans la quatrième colonne, on indique la date à laquelle on estime que chaque activité de développement pourra débuter. Les calendriers saisonniers sont utiles pour tenir compte des fluctuations saisonnières. Questions pour guider l’animation de la séance de réalisation du plan d’action :

• Quelles sont les ressources nécessaires pour mettre en œuvre les activités de • • • •
développement proposées ? Selon les résultats du diagnostic, de quelles ressources dispose la communauté ? Ces ressources posent-elles des problèmes ? Quelles sont les ressources que l’on peut obtenir uniquement auprès de sources extérieures ? Quels acteurs / groupes seront impliqués dans la mise en œuvre des activités de proposées ? En vous référant aux diagrammes de Venn et aux profils institutionnels, quels groupes communautaires pourraient appuyer ces activités ?

Une fois le plan d’action établi, il convient de vérifier qu’il prend bien en compte les besoins et priorités des différents groupes et qu’il n’est pas susceptible de créer ou renforcer des inégalités entre hommes et femmes. Pour cela, on pose les questions suivantes :

• Au regard des résultats du diagnostic, faudrait-il impliquer d’autres groupes pour
mettre en œuvre certaines activités de développement ? • Quelles actions ou activités bénéficieront directement aux hommes ? Aux femmes ? Aux groupes les plus marginalisés de la communauté ? • Certaines actions ou activités doivent-elles être éliminées ou modifiées du fait d’un risque : de conflits entre groupes d’acteurs ou entre hommes et femmes ? d’impacts négatifs sur les hommes ou sur les femmes ?

2h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

103

FICHE N° 15 L’ANALYSE DES 3 « R »
Utilisation A la fin de la préparation d’une intervention (après l’analyse du contexte et la formulation du projet), on utilise cette analyse pour jeter un regard critique sur l’intervention conçue, ou pendant l’intervention, pour analyser l’intervention en cours en fonction du genre. Participant/e/s Les membres de l’association en charge du projet. Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Déroulement Ce cadre d’analyse est relativement simple et permet de se poser quelques questions essentielles pour suivre une intervention en fonction des rapports de genre. Les deux premières lignes correspondent surtout à une collecte d’informations spécifiées selon le genre : l’implication des femmes et des hommes dans l’intervention et la répartition des ressources liées à l’intervention. L’analyse commence en s’interrogeant tant sur les causes et les conséquences de la représentation des femmes et des hommes que sur la répartition des ressources entre ces deux groupes. L’étude des causes et des conséquences incite l’association responsable de l’intervention à mesurer de manière objective la prise en compte des rapports de genre. Si les conséquences pour l’intervention risquent d’avoir des effets négatifs, il peut s’avérer nécessaire de modifier / réorienter l’intervention.

Représentation

• Combien de femmes et combien d’hommes bénéficient de •
l’intervention ? Combien de femmes et combien d’hommes participent à l’intervention ? Comment se répartissent les ressources utilisées et/ou mises à disposition par l’intervention entre les hommes et les femmes (argent, terre, temps, …) ? Quels espaces sont occupés par les femmes et les hommes ? Comment les femmes et les hommes utilisent le temps (division sexuelle des tâches) ? Quelles sont les causes de la répartition des ressources constatée entre les genres ? Quelles sont les conséquences de cette répartition pour l’intervention ?

Ressources

• • •

Réalisation

• •

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

104

FICHE N° 16 LA MATRICE D’ANALYSE DE GENRE
Utilisation Cet outil de suivi participatif permet de déterminer les divers effets que les interventions de développement ont eu respectivement sur les femmes et les hommes, en identifiant et analysant les différences de genre. Il peut être utilisé en groupes, encourageant leurs membres à identifier et à remettre en question, de manière constructive, les préjugés quant aux rôle des deux genres.

Participant/e/s Des groupes de femmes – Des groupes d’hommes. Déroulement La matrice d’analyse de genre est présentée sous forme de tableau de quatre liges et quatre colonnes. Les quatre lignes du tableau analysent l’impact (potentiel ou réel) sur les quatre niveaux : femmes, hommes, ménage et communauté Les quatre colonnes du tableau mettent l’accent sur quatre type d’impact (potentiel ou réel) : travail, temps, ressources et culture.
Femmes : femmes de tous âges de la population cible ou de la communauté. Hommes : hommes de tous âges de la population cible ou de la communauté. Ménages : tous hommes, femmes et enfants vivant ensemble, même s’ils ne font pas partie d’une famille nucléaire. Communauté : ce niveau inclut toutes les personnes dans le rayon de l’intervention. Travail : cette catégorie comprend des changements de tâches et de leur façon de les exécuter, le niveau de compétence nécessaire et la capacité de travail. . Temps : Changement de la durée en temps nécessaire pour exécuter une tâche modifiée par l’intervention Ressources: cette catégorie fait référence aux changements dus à l’intervention, au sujet de l’accès aux ressources (revenus, terres, crédit, …) et à l’évolution du degré de contrôle de ces ressources en fonction de chaque groupe analysé. Culture : il s’agit des changements concernant les facteurs socioculturels structurant le quotidien des personnes concernées par l’intervention.

Travail Femmes Hommes Ménages Communauté

Temps

Ressources

Culture

105

Le groupe répond aux questions suivantes :

• Les effets cités, sont-ils désirables ? • Comment l’intervention touche ceux qui ne participent pas ? • Quels effets sont inattendus ? (question à poser uniquement si l’intervention est déjà
en cours) Le tableau est rempli comme suit :

• « + » si l’effet est conforme aux objectifs • « – » si l’effet est contraire aux objectifs • « ? » si les participants sont incertains quant à la conformité des effets et des
objectifs. On peut aussi utiliser un tableau plus détaillé en fonction de la nature du projet. Exemple d’un projet d’activités génératrices de revenus : Avant le projet Accès au marché Accès à l’information sur le marché Revenus générés par le ménage Revenus sous le contrôle des hommes Revenus sous le contrôle des femmes Charge de travail des hommes Charge de travail des femmes Capacités / compétences des hommes (production, gestion, marketing…) Capacités / compétences des femmes (production, gestion, marketing…) Après le projet Raison du changement

1h30

Matériel

Grandes feuilles, marqueurs

106

107

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