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Institut national de l’environnement industriel et des risques
Parc Technologique Alata - BP 2 - 60550 Verneuil-en-Halatte
Tél. : +33(0)3 44 55 66 77 - Fax : +33(0)3 44 55 66 99
E-mail : ineris@ineris.fr - Internet : www.ineris.fr
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Rapport
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Rapport
scientifique
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Vincent LAFLÈCHE
DIRECTEUR GÉNÉRAL
C
ette année, l’INERIS fête ses
20 ans. Cette péri ode est
caractérisée par l’explosion
des préoccupations environnement/
santé et par l’émergence des attentes
et des exigences sociétales qui ont
contribué à façonner l’évolution de
l’Institut.
La maîtrise des risques technologiques
est au cœur de la mission de l’Institut
depuis 20 ans. Elle est aujourd’hui
pr i nci pal ement mi se au ser vi ce
de l ’i nnovati on pour rel ever l es
grands défis du XXI
e
siècle. Il s’agit
notamment d’assurer la sécurisation
et l’efficacité des nouvelles filières de
la croissance verte dont celles mettant
en œuvre les nanoparticules, ou celles
de la révolution électrique dans les
transports, en sécurisant les batteries.
Ces thématiques illustrent les objectifs
de recherche prioritaires du futur
contrat d’objectifs 2011-2015.
Acteur de l ’espace européen de la
recherche, l’INERIS a établi dans le
prol ongement de ses t r avaux à
l’étranger des partenariats impor-
t ant s. Par ai l l eur s, l ’I nsti t ut est
un trait d’union entre le monde de
l’entreprise et la sphère académique.
En partenariat avec l’UTC, une chaire
d’enseignement et de recherche a
été mise en place sur le thème de la
modélisation mathématique et de
la biologie systémique appliquées
à la toxicologie prédictive. Elle va
permet tre à travers l a recherche
par tenar i al e d’accompagner l es
industriels dans la mise en œuvre
de l a régl ementati on REACH et à
terme de proposer des alternatives à
l’expérimentation animale.
Les hommes et l es f emmes de
l ’ I ns t i t ut s ont au cœur de s on
i denti té. Leur savoi r-f ai re sur l a
nanotoxicologie, sur l’écotoxicologie,
sur la phénoménologie accidentelle,
etc., repose sur des bases acquises
depuis le CERCHAR et l’IRCHA qui ont
ensuite donné naissance à l’INERIS.
Si les compétences se construisent
dans l a durée, el l es doi vent être
identifiées avec une large anticipation
pour être en mesure de développer
les compétences aptes à répondre
aux grands enjeux de demain. C’est
l’enjeu du déploiement de la gestion
prévisionnelle des emplois et des
carrières, qui va permettre de valoriser
l es compétences sci enti fi ques et
techniques. L’attractivité des carrières
sera renforcée.
Enfin, l’évolution de la société et de
ses différentes cultures amènent à
appréhender autrement l’innovation.
L’ I nst i t ut ouvre sa gouver nance
scientifique à la société civile, avec la
création de la nouvelle Commission
d’Orientation de la Recherche et de
l’Expertise (CORE). Elle est composée
de six collèges : ONG, industriels,
syndi cat s, él us, académi ques et
représentant s de l ’État. C’est un
lieu de partage des enjeux et des
questi onnement s en mati ère de
recherche et d’expertise.
This year, INERIS is celebrating its 20
th
anniversary.
This period has been characterised by the explosion
of environmental and health concerns and by the
emergence of societal expectations and require-
ments that have helped to shape the development
of the Institute.
Technological Risk Management has been at the core
of the Institute’s mission for the past 20 years. At the
present time, it is primarily engaged in promoting
and advancing innovation to meet the major chal-
lenges of the 21
st
century. This involves in particular,
ensuring the security and effectiveness of new green
growth industries including those relating to the
development of nanoparticles, and to the electric
revolution in the transportation sector by further en-
suring the development of electric vehicle batteries.
These themes illustrate the priority research goals of
the future “contrat d’objectifs” 2011-2015.
A key European actor in the area of research, INERIS
has developed substantial partnerships as an exten-
sion of its work abroad. In addition, the Institute is an
effective bridge linking the world of business with
that of academia. In partnership with UTC, a profes-
sorship and research chair has been established in
the field of mathematical modelling and systems
biology applied to predictive toxicology. It will make
it possible by means of research partnerships to
support industry in the implementation of the REACH
regulation and ultimately to develop and offer
alternatives to animal testing.
The dedicated men and women who work at the
Institute are at the heart of its identity. Their vast
know-how with regard to Nanotoxicology, Ecotoxi-
cology, Accident Phenomenology is supported and
based on the foundations originating in the former
Research and Development Centre of Charbonnages
de France (CERCHAR) and the Applied Chemistry
Research Institute (IRCHA) which subsequently led
to the formation of INERIS. Whereas the expertise
and knowledge base have been built up over time,
they must also be identified with a large measure of
anticipation needed in order to be well positioned to
develop appropriate competences and skills essential
to meet the major challenges of the future. That
speaks to the challenge of being able to effectively
deploy the provisional management of jobs and
careers, which will help develop the scientific and
technical expertise. The attractiveness of careers will
be enhanced.
Finally, the evolution of society leads to differ-
ent understanding of innovation. The Institute has
opened its scientific governance to civil society, with
the creation of the new Commission d’orientation
de la recherche et de l’expertise (CORE), the research
and expert evaluation steering committee. It consists
of six colleges: NGOs, industry, trade unions, elected
officials / leaders, academics and representatives of
the State. It is a forum for discussion and for sharing
of information regarding issues and concerns in the
area of research and expert evaluation.
Edito
INERIS_RS 09-10_edito PAGE 1
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04
Qualité de l’air
28 Particules générées par la combustion
d’encens
31 La technique LIBS
32 Modélisation des aérosols organiques
secondaires
35 Impact de la combustion du bois
26
Toxicologie
environnementale
48 Toxicocinétique prédictive
51 Biodistribution et élimination
des nanotubes de carbone
54 Effets endocriniens de polluants aquatiques
57 Essais d’écotoxicité
60 Biosurveillance
61 Recherche et REACh
46
Publications
101
06 Faits marquants 2009-2010
08 Programmes 190 (soutenus par le ministère chargé de l’écologie)
09 Programmes de recherche soutenus par l’ANR
1 0 L’INERIS, partenaire de 25 programmes européens
1 1 Sujets de thèses publiés en 2010
1 2 Gouvernance scientifique
1 7 Indicateurs du contrat d’objectifs
Stratégie de recherche
Qualité des eaux
20 Variabilité de l’échantillonnage
d’un milieu aquatique
24 Réduction des émissions de polluants
dans les eaux
18
Gestions
des sols pollués
38 Transport des HAP dans les sols
41 COMRISK
44 Inégalités environnementales
36
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INERIS_RS 09-10_sommaire PAGE 3
Sommaire
Prévention des risques
du sol et du sous-sol
92 L’incertitude des analyses de risques
de mouvements du terrain
95 Hydromécanique des géomatériaux
98 Comportement à long terme de la craie
90
Substances &
procédés
74 Modèles QSPR
77 Plateforme STEEVE
78 Nano-INNOV
79 Combustion d’un mélange pyrotechnique
fuel/comburant
72
Phénomènes
dangereux
84 Vulnérabilité des installations
87 EGSISTES
82 62
Gestion intégrée des
risques industriels
64 Évaluation probabiliste des risques industriels
66 Barrières de sécurité et tests de révision
69 Analyse organisationnelle
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Stratégie
de recherche
E
n cette année d’élaboration de
son prochain contrat d’objectifs
(2011-2015), l’INERIS réaffirme ses
quatre axes stratégiques en matière
de recherche.
Il s’agit tout d’abord de renforcer son
efficacité et de développer les capa-
cités de ses chercheurs, afin que sa
production scientifique et notamment
les publications dans les revues à comité
de lecture se renforcent, tant quanti-
tativement que qualitativement. Dans
le contexte d’un important chantier
consacré à la Gestion Prévisionnelle
des Emplois et des Compétences (GPEC),
les carrières scientifiques seront mieux
individualisées, en continuant à favori-
ser l’obtention de l’habilitation à diriger
des recherches (HDR) ; mais aussi en
structurant et rationalisant les liens
avec les établissements d’enseigne-
ment supérieur et les écoles doctorales,
en Picardie (UTC, UPJV, LaSalle Beau-
vais, ESCOM) et plus largement sur le
territoire national (ParisTech, Lorraine
Université, EHESP Rennes…). Ainsi, plu-
sieurs chercheurs de l’INERIS sont déjà
impliqués comme professeurs associés
ou titulaires de chaires.
L’INERIS entend jouer un rôle majeur
pour accompagner le développement
de nouvelles filières technologiques ou
énergétiques, en apportant les éléments
permettant de garantir leur sécurité dès
leur conception. On peut ainsi évoquer
les recherches sur la sécurité des bat-
teries électriques (plateforme STEEVE),
sur la nanosécurité (contribution au plan
Nano-INNOV). Ces recherches permet-
tent de définir les futurs référentiels de
certification.
Plus généralement, l’INERIS développe
de nouvelles approches pour la pré-
diction des dangers des substances et
produits chimiques, notamment les
composés dits « émergents », pour les-
quels les connaissances sont encore très
lacunaires. En toxicologie, les efforts
se portent sur les méthodes QSAR et
les stratégies dites de « tests intelli-
gents » pour le volet in silico ; et sur
les méthodes in vitro, notamment les
organes bioartificiels, en partenariat
avec l’UTC. L’installation de la nouvelle
plateforme « méthodes alternatives »,
opérationnelle au printemps 2011, va
permettre la validation de ces nouvelles
approches qui sont au cœur des priorités
de recherche du Pôle national applicatif
en Toxicologie et Écotoxicologie Sud
Picardie. Le volet physicochimique n’est
pas en reste : l’INERIS est à la pointe du
développement des méthodes QSPR,
permettant d’obtenir des estimations
de plus en plus précises de grandeurs
thermodynamiques relatives à l’explosi-
bilité ou l’inflammabilité de substances
énergétiques.
L’INERIS continue à renforcer sa capacité
à comprendre, modéliser et prévoir les
situations à risques susceptibles de se
développer sur des sites dangereux (ins-
tallations industrielles, sites naturels).
Des investissements conséquents vont
permettre de renforcer les capacités du
site expérimental de Montlaville, per-
mettant l’acquisition de données pré-
cieuses pour la qualification des codes
de calculs, désormais implémentés sur
une plateforme numérique unique dans
le cadre du programme de recherche
EPHEDRA. Dans le domaine de la prévi-
sion de la qualité de l’air, l’Institut joue
désormais un rôle renforcé de coordi-
nation nationale. Cette responsabilité
accrue découle de la qualité des outils
opérationnels qu’il a su développer et
mettre en œuvre, en s’appuyant sur
une recherche de qualité, en partena-
riat avec les meilleures équipes. Les
recherches sur les risques liés aux cavi-
tés et ouvrages souterrains (mines, stoc-
kages) se développent, avec le souci de
mettre en évidence de manière précoce
les signes précurseurs des événements
dommageables, et de développer les
outils de gestion et d’aide à la décision
les plus appropriés.
Ces programmes de recherche sont
menés dans un cadre collaboratif intense.
Ainsi au niveau national, l’INERIS est pré-
sent dans de nombreux projets ANR et
participe à l’élaboration des feuilles de
route en recherche au sein des Alliances
Allenvi, Aviesan et Ancre, dont l’INERIS
est membre associé. Au niveau euro-
péen, le groupement européen d’intérêt
économique EuVRI, basé à Stuttgart, dont
l’INERIS est membre fondateur, joue un
rôle clé dans le montage et la mise en
œuvre de nombreux projets européens.
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INERIS_RS 09-10_stratégie de recherche PAGE 5
Pierre TOULHOAT
Directeur scientifique
Interview de Martha Heitzmann
Chargée de mission auprès de la direction générale du groupe Air Liquide,
membre du Conseil Scientifique de l’INERIS
La valorisation des carrières
techniques et scientifiques
Pourriez-vous nous parler de votre expérience de la
gestion des carrières scientifiques chez Air Liquide ?
Dans le groupe Air Liquide nous suivons de manière
spécifique les carrières de nos techniciens, ingénieurs et
chercheurs depuis plus de 10 ans. Air Liquide est leader
des gaz pour l’industrie, la santé et l’environnement grâce
à sa stratégie et à ses experts techniques qui sont au
cœur du processus d’innovation. Les collaborateurs doivent
pouvoir s’épanouir dans des postes techniques sans qu’ils
soient obligés d’évoluer dans la filière managériale avec
pour seul but la progression de carrière. Nous avons
donc imaginé une échelle de progression des carrières
techniques et scientifiques − technical career ladder −
qui est parallèle à l’échelle de responsabilité managériale.
Cette échelle établit différents stades de reconnaissance
pour les experts. Il y a 6 niveaux d’expertise : deux gérés
au niveau des entités locales, et 4 gérés au niveau du
groupe pour les experts reconnus au niveau international
− Air Liquide étant présent dans 80 pays. Plus le niveau de
reconnaissance est haut, plus les attentes sont fortes en
termes de force de proposition auprès du management,
et de capacité d’assurer le transfert de compétences dans
le groupe (innovations et brevets) en formant les jeunes
experts.
En quoi cela est-il intéressant pour l’INERIS, qui est en
train de mettre en œuvre la Gestion Prévisionnelle des
Emplois et Compétences (GPEC) ?
Le parallèle que je vois est que l’INERIS dépend lui
aussi de compétences techniques et scientifiques, qu’il
a besoin de motiver les gens, et doit aussi assurer le
transfert des compétences sur la durée. L’INERIS, dans
le cadre de la gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences, pourra, par exemple, valoriser les carrières
techniques et scientifiques en proposant à ses techniciens
ingénieurs ou chercheurs des échelles de reconnaissance
hors responsabilité de management. Cette idée force
peut être adaptée aux problématiques et spécificités de
différentes entreprises. Lors du séminaire scientifique de
l’INERIS, quelques idées intéressantes ont émergé, comme
par exemple valoriser les ingénieurs et chercheurs qui
communiquent en direction du grand public ; ou valoriser
les chercheurs et ingénieurs capables de développer des
compétences transversales.
ABSTRACT
The strategic issues of research at INERIS can be summarized in four main
items The first one aims at an improved efficiency in research, by increasing
the number and impact of papers published in peer-reviewed journals, and by
fostering the professional evolution of our researchers, with a strong incentive
to apply for a habilitation to direct research. The second strategic issue stands
in the development of emerging technologies and low-carbon energy systems.
This development is socially and politically accepted if risk control issues are
taken into account at a very early stage in the process of innovation – for
instance : emerging technologies based on engineered nanomaterials, high
capacity Li-Ion batteries for transportation. At stake is the development of
norms, or certification references, which will play a key role in competitiveness.
Other issues concern the development of predictive methods to evaluate the
hazards of products and substances, namely QSAR and in vitro toxicological
tests, biomarkers, and QSPR methods for the ab initio prediction of physical and
chemical properties of energetic molecules. Finally, we continuously develop
modelling platforms for accidental risk assessment, environmental health or
impact assessment, air quality prediction, or natural hazard assessment. Most
modelling platforms need the implementation of large scale experimental
facilities dedicated to data production and model validation.
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LANCEMENT DU PNSE II
Le deuxième Plan National Santé
Environnement (PNSE II) a été
lancé le 24 juin 2009, suite aux
engagements pris lors du Grenelle
de l’Environnement. L’État a décidé
de mobiliser 400 M€ sur 5 ans (2009-
2013) pour la mise en œuvre de ce
plan.
Deux axes prioritaires : réduire
les expositions responsables
de pathologies à fort impact
sur la santé et réduire les inégalités
environnementales. Le plan comprend
58 mesures dont 12 phares. Parmi
elles, la réduction de 30 % des
émissions dans l’air et dans l’eau de
6 substances toxiques d’ici 2013, plus
largement la réduction de l’exposition
aux substances préoccupantes,
l’identification et la gestion des points
noirs environnementaux. L’INERIS,
qui appartient au comité de pilotage
du PNSE II, participe à plus d’un tiers
des 58 actions structurées en 16 fiches.
Au-delà de ces deux axes majeurs,
le PNSE II accorde une importance toute
particulière aux risques émergents :
radiofréquences, nanomatériaux,
résidus de médicaments.
L’AVENANT AU CONTRAT
D’OBJECTIFS SIGNÉ
L’INERIS a doté son contrat d’objectifs
2006-2010 d’un avenant signé le
23 juin 2009, pour mettre en cohérence
ses actions avec les engagements
du Grenelle de l’Environnement,
avec cinq objectifs principaux.
1) Expertiser les innovations
écoresponsables : par la démarche de
certification volontaire des nouveaux
produits et procédés, l’Institut
accompagne les industriels dans
le développement de produits
innovants et sûrs.
2) Développer la recherche en santé-
environnement : l’Institut anime le
Pôle national applicatif en Toxicologie
et Écotoxicologie, en mutualisant
les connaissances pour produire des
outils de prédiction des dangers des
substances chimiques.
3) Agir sur les substances et réduire les
inégalités d’exposition géographiques :
par la mise en œuvre du deuxième Plan
National Santé Environnement, l’Institut
s’attache notamment au respect des
normes de qualité de l’air extérieur et
intérieur, à l’évaluation de points noirs
environnementaux.
4) Participer à l’élaboration d’un cadre
national de l’expertise pluraliste : pour
répondre à cet engagement, l’INERIS
ouvre sa gouvernance scientifique à la
société civile.
5) Poursuivre une démarche
écoresponsable : la politique
développement durable de l’Institut
est fondée sur le référentiel SD21000.
SIGNATURE D’UNE CONVENTION
ENTRE L’INERIS ET LE CSTB
Le 6 juillet 2009, l’INERIS et
le CSTB ont signé une convention
de collaboration de trois ans pour
la création d’une Cellule d’Appui à
la gestion des Situations d’Urgence
(CASU) concernant l’air intérieur. Elle
accompagne les autorités nationales,
territoriales et municipales en charge
des établissements publics recevant du
public (établissements d’enseignement,
établissements de soins, etc.). Outre
son expertise, l’Institut apporte la
capacité logistique de la CASU et
son retour d’expérience technique et
organisationnelle dans le domaine.
Faits
marquants
Panorama 2009-2010
LANCEMENT DE LA PLATEFORME
STEEVE
Le 22 septembre 2009, le ministre
chargé de l’Industrie, Christian Estrosi,
s’est rendu au CEA à Grenoble pour
inaugurer la plateforme STEEVE
(Stockage d’Énergie Électrochimique
pour Véhicules Électriques), qui a
pour but de permettre la réalisation
de batteries électriques de nouvelle
génération pour le transport. Cette
plateforme unique en Europe réunit
l’INERIS, le CEA, EDF, et l’Université
de Picardie Jules-Verne. Elle s’est vue
dotée par les pouvoirs publics d’une
enveloppe financière de 7,5 M€. Le
ministre de l’Industrie a affecté 1,8 M€
au projet porté par l’INERIS destiné à
la sécurité des batteries (sécurité du
cycle de vie, évaluation et certification)
en lien avec l’Université de Picardie
Jules-Verne (matériaux innovants). La
plateforme vise ainsi à développer
une synergie de compétences et de
moyens qui portent sur : le prototypage
de batteries Li-Ion, l’évaluation des
performances électriques et du
niveau de sécurité des batteries,
l’optimisation de la durée de vie des
batteries, la sécurité du cycle de
vie et la certification des différentes
technologies de batteries envisagées.
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INAUGURATION DE LA NOUVELLE
PLATEFORME « MÉTHODES
ALTERNATIVES »
La première pierre de la nouvelle
plateforme expérimentale pour
la validation et le développement
de méthodes alternatives en
expérimentation animale a été posée sur
le site de l’INERIS à Verneuil-en-Halatte
le 5 février 2010 par Nicolas Desforges,
préfet de l’Oise, Michel Delpuech, préfet
de la région Picardie et Claude Gewerc,
président du conseil régional de Picardie,
en présence de Jacques Vernier, président
du Conseil d’administration, et Vincent
Laflèche, directeur général de l’INERIS.
Il s’agit d’un équipement structurant du
Pôle national applicatif en Toxicologie
et Écotoxicologie lancé en 2009 pour
répondre aux exigences du Grenelle
de l’Environnement et contribuer à la
mise en œuvre du règlement européen
REACh sur les substances chimiques.
Le but est de limiter le recours à
l’expérimentation animale pour étudier
les effets des substances chimiques et
évaluer leurs risques biologiques. La
plateforme expérimentale permettra la
calibration des modèles mathématiques
(approche in silico) et des modèles
biologiques isolés (tests in vitro) ou
organes artificiels. Dotée de 1 500 m
2
de
laboratoires, elle disposera d’équipements
dédiés à l’exposition par inhalation de
nanoparticules et donnera la possibilité
d’étudier les substances
à l’échelle nanométrique.
VISITE DE CHANTAL JOUANNO
Madame Chantal Jouanno, secrétaire
d’État chargée de l’Écologie, s’est
rendue à l’INERIS le jeudi 22 avril,
pendant l’épisode du nuage de cendres
volcaniques en provenance d’Islande.
Elle y était accueillie par Vincent
Laflèche, directeur général, en présence
de Nicolas Desforges, préfet de l’Oise.
Les équipes de l’Institut se sont
mobilisées dès le vendredi 16 avril
pour travailler à la surveillance de pics
de pollution particulaire, et sur
la modélisation du nuage de cendres.
D’après les études effectuées par
l’INERIS*, les dépassements du seuil
réglementaire d’information (80 μg/m
3

en moyenne journalière) pour les
concentrations de PM 10 (particules
dont le diamètre est inférieur à 10 μm)
survenus entre le 18 et le 20 avril sont
bien dus en majorité aux activités
humaines ; épisode dont le constat
est assez classique en cette saison.
Un effet cumulé et limité du panache
islandais a été relevé.
La confrontation des différents
éléments permet, à ce jour, de
conforter l’hypothèse issue des
simulations numériques : les cendres
volcaniques provenant d’Islande ont
contribué à hauteur de 10 à 30 %
à l’épisode de pollution particulaire
observé sur la moitié nord de la
France (zone géographique allant
du bassin normand à la Forêt noire)
avec un maximum localisé dans la
région de Mulhouse. Dans tous les
cas, les épisodes de pollution sont
restés limités, dépassant parfois le
seuil d’information (80 μg/m
3
), mais
n’atteignant jamais le seuil d’alerte.
* À partir des mesures effectuées par les
associations agréées pour la surveillance de la
qualité de l’air (AASQA).
LE SÉMINAIRE DES
ORIENTATIONS SCIENTIFIQUES
ET TECHNIQUES DE L’INERIS
Le Séminaire des Orientations
Scientifiques et Techniques de l’INERIS
s’est tenu à Paris le 4 juin 2010. Il
réunissait les membres des différentes
instances de gouvernance de l’INERIS :
le Conseil Scientifique, la nouvelle
Commission d’Orientation de la
Recherche et de l’Expertise (CORE) −
qui a pour but d’ouvrir la gouvernance
de l’INERIS à la société civile −, les
commissions scientifiques des risques
chroniques, risques accidentels et
risques du sol et sous-sol, le Conseil
d’administration et les représentants du
ministère de tutelle. Lors des ateliers
de cette journée, 24 fiches d’orientation
stratégique ont été débattues et
enrichies, abordant l’ensemble des
activités de l’INERIS, les activités de
recherche transversale (nanos…)
et les orientations stratégiques
globales de l’INERIS sur les thèmes :
développement durable, gouvernance,
concertation, déontologie. Le séminaire
a réuni 80 participants.
Prix attribué à l’INERIS
Des chercheurs de l’INERIS ont été récompensés par le prix du meilleur article présenté
au 8
e
symposium international sur « le risque, la prévention et la diminution des explosions
industrielles » qui s’est tenu du 5 au 10 septembre 2010 à Yokohama au Japon. Il s’agit d’un
congrès international sur les explosions qui a lieu tous les deux ans.
Les auteurs de l’article – Didier Jamois, Christophe Proust et Emmanuel Leprette – mènent
depuis plusieurs années une recherche en collaboration avec la société américaine FIKE
qui conçoit, fabrique et commercialise du matériel de protection contre les explosions. Son
directeur technique, Jef Snoeys, premier auteur de l’article, poursuit une thèse co-encadrée
par Christophe Proust. http://www.dobashi.t.u-tokyo.ac.jp/ishpmie8/
INERIS_RS 09-10_faits marquants PAGE 7
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Programmes 190
(soutenus par le ministère chargé de l’écologie)
Recherche sur l’évaluation des risques
technologiques et des pollutions
Liste au 31 décembre 2009 des programmes de recherche en cours
• Évaluation intégrée (in vitro, in vivo) de l’écotoxicité des perturbateurs endocriniens
• Évaluation et évolution des effets suite à une exposition subchronique aux radiofréquences sur le système nerveux central du rat
• PHYSIOTOX - Modélisation physiologique d’organes bioartificiels pour prédire la toxicité des substances chimiques
• ALTERPE - Mise en place des tests toxicologiques alternatifs aux tests sur animaux dans le domaine des perturbateurs endocriniens
• CADABAP - Caractérisation des dérivés du B(a)P en atmosphère réelle et en laboratoire
• Qualité de l’air et changement climatique : impact environnemental et économique de politiques combinées
• Étude de la biodisponibilté et de la biodistribution des métaux : importance de la spéciation
• APSYRIS - Contribution des approches systémiques à la gestion des risques « NaTech »
• INCERTITUDES - Quantification et propagation des incertitudes dans l’estimation des risques
• REPLACE - Recherche sur les propriétés et l’activité de composés explosifs
• ProMiGaz - Mécanismes de production et de migration de gaz en souterrain et maîtrise des risques afférents
• Phénoménologie des instabilités géologiques en grand et signes précurseurs
• Écotoxicologie des perturbateurs endocriniens
• DYSHORMO : déséquilibre de la balance androgènes/œstrogènes dans le mécanisme de perturbation endocrinienne et de la cancérogenèse hormono-dépendante
• Approche de biologie systémique pour l’étude de la cancérogenèse et de la perturbation endocrinienne
• Amélioration de la prise en compte des sources d’émissions agricoles et maritimes à l’échelle régionale dans un modèle de qualité de l’air
• Étude de la composition chimique de la composante organique des particules secondaires en site réel et en atmosphère simulée
• Contributions au développement et application d’outils de simulation couplés chimie-transport pour l’évaluation des risques liés au transfert des polluants organiques
et inorganiques dans les matrices complexes
• Effets des nanotubes de carbone sur l’appareil respiratoire. Rôle de leurs caractéristiques physico-chimiques
• RIPER : étude des RIsques liés à la PERoxydation des produits chimiques (caractérisation expérimentale, modélisation cinétique et moléculaire)
• SURBAT : Sûreté des Structures Urbaines contre le risque technologique et les agressions terroristes
• QUASSI : QUAlification de la Sûreté de fonctionnement des Systèmes Industriels
• SécuStock : risques inhérents à l’utilisation des batteries et des supercondensateurs de fortes puissances et de fortes capacités
• Incidence de la dissolution et du transport dans les formations géologiques solubles sur l’aménagement du territoire - Analyse et modélisation de l’évolution spatio-temporelle
des cavités de dissolution
• Prise en compte de l’interaction sol-structure dans l’étude de l’impact des mouvements de terrains : approche expérimentale et numérique
• SECU_CO
2
: risques, critères de sécurité et impact sur l’environnement de la filière Captage – Transport – Stockage de CO
2
• Écotoxicologie des perturbateurs endocriniens
• INFLATOX : évaluation précoce de la toxicité : approches in silico et apport des études sur l’inflammation
• TransSed : compréhension et prédiction des Transferts de polluants contenus dans les Sédiments de dragage valorisés à terre
• CHIMERE URBAN : vers une meilleure connaissance des sources et des expositions pour une gestion de la qualité de l’air en ville
• Programme pluridisciplinaire Nano : caractérisation et mesure, toxicologie, modélisation du transport
• CADESEC : CAractérisation et DEvenir de Systèmes Emergents Complexes en situations accidentelles associées ou non à des effets thermiques
• EPHEDRA (3
e
tranche) : modélisation des effets des phénomènes dangereux pour l’évaluation des risques accidentels dans l’industrie
• HYDROGENE : étude des risques liés à la filière hydrogène, caractérisation expérimentale, barrières de sécurité, normalisation
• EVARISTE : EVAluation des RISques à long TErme liés au stockage souterrain du CO
2
008011.indd 8 22/11/10 16:19
Programmes de recherche
soutenus par l’Agence nationale de la recherche - ANR
(en cours au 1
er
septembre 2010)
2006
V3F Virtual reality for safe SEVESO substractors
ECLAIR Évaluation environnementale du comportement d’un laitier LD utilisé en Infrastructure routière
REMPARE Re-ingénierie des merlons de protection par composants anthropiques recyclés
2007
μHepaReTox Développement d’un modèle d’interaction tissulaire hépato-rénal dans une puce à cellulle microfluidique : application au criblage pharmaceutique in vitro
SENTINELLE Monitoring de surface de sites de stockage de CO2
COREGI Exploitation des corpus pour l’analyse organisationnelle
BIOMAP Analyse environnementale, socio-technico-économique et évaluation des risques des filières bioénergies : applications pratiques à différentes problématiques
PROPSED Développement de procédés physiques pour la valorisation des sédiments de curage
SEDiGEST
Gestion durable des sédiments de dragages des ports : élaboration d’une méthodologie de validation de la filière « restauration de cavités terrestres de la
bande littorale »
HPPP-CO
2
High pulse poroelasticity protocol for geophysical monitoring of CO
2
injection in reservoirs
VULCAIN Étude de la vulnérabilité des structures industrielles soumises à des sollicitations dynamiques : explosions ou impacts d’origine accidentelle ou malveillante
AIDHY Aide à la décision pour l’identification et l’accompagnement aux transformations sociétales induites par les nouvelles technologies de l’hydrogène
HYPE Réservoir hydrogène haute pression
CANTO Intégration de méthodes d’analyse décisionnelle et de chimie prédictive pour l’évaluation de la toxicité
SYSBIOX Approche systémique basée sur des méthodologies in vitro et in silico innovantes pour prédire la toxicité de substances
SKOOB Structuring Knowledge with Object Oriented Bayesian nets
AQUANANO Transfert de nanoparticules manufacturées dans les aquifères : développement d’une méthodologie et identification des processus
NANOFEU Impact des nanocharges sur le comportement au feu
2008
CLEANWAST Évaluation des technologies propres et durables de gestion des déchets
MEGAPOLI - PARIS Pollution des aérosols : impact sur la qualité de l’air et scénarios
FLUXOBAT
Développement d’outils optimisés pour l’évaluation des transferts de COV depuis une source dans le sol ou la nappe vers l’air atmosphérique et l’air intérieur
des bâtiments
DIMITHRY Données et Instrumentation de la MITigation du Risque HYdrogène pour des applications grand public des systèmes pile à combustible
CYRANO-1 Canalisations hYdrogène pour Réserve tAmpon d’éNergie renOuvelable
ATESTOC Stockage d’énergie thermique en aquifère pour la réalisation d’écoquartier : étude du site de Château-Thierry
NEED
Effets neuroendocrines de perturbateurs endocriniens, xénoestrogènes et dioxines, sur les circuits centraux de contrôle de la reproduction, notamment les
systèmes à GnRH
AgingNano&Troph
Impact environnemental des résidus de dégradation des nanomatériaux (RDNs) commercialisés : devenir, biotransformation et toxicité vis-à-vis d’organismes
cibles d’un milieu aquatique
RISKER Recherche intégrée des impacts sanitaires et environnementaux de la contamination par les polluants organiques persistants aux îles Kerguelen
NANOSEP Procédés d’agrégation et de séparation des nanoparticules
NANOCARA Caractérisation globale (taille, concentration, composition) en ligne, des nanoparticules produites par des procédés en phase gazeuse
QUAD_BBC Qualité d’air intérieur et systèmes de ventilation dans les bâtiments à basse consommation d’énergie
2009
AMORE Analyses multicritères pour le développement d’outils d’aide à la décision en vue de la prévention des risques environnementaux
SLAMS Études multidisciplinaires du mouvement de Séchilienne : aléas, risques associés et conséquences socio-économiques
NANOFRESES Nanoparticules de fer pour la remédiation des eaux souterraines
2010
ECHIBIOTEB Outils innovants d’échantillonnage, d’analyses chimiques et biologiques pour le suivi de traitements avancés des eaux usées et des boues
INCERDD Prise en compte des incertitudes pour les décisions durables
PREDIMOL Prédiction des propriétés physicochimiques des produits par modélisation moléculaire
TRISTAN Structures intrinsèquement sûres aux tirs d’armes et aux engins improvisés
BARPPRO Dimensionnement des barrières physiques de protection contre la propagation d’ondes de souffle consécutives à une explosion
Pour 2010, la liste comprend les programmes retenus à la date du 1
er
septembre 2010, plusieurs programmes étant encore en cours d’évaluation.
Programmes coordonnés par l’INERIS
INERIS_RS 09-10_programmes de recherche PAGE 9
008011.indd 9 22/11/10 16:19
L’INERIS, partenaire
de 25 programmes européens
(au 1
er
septembre 2010)
INTARESE Integrated assessment of health risks from environmental stressors in Europe
SAPHIR Controlled production of high tech multifunctional products and their recycling HyCHAIN
MINI-TRANS
Deployment of innovative low power fuel cell vehicle fleets to initiate an early market for hydrogen as an alternative fuel in
Europe
2-FUN Full-chain and uncertainty approaches for assessing health risks in future environmental scenarios
GEOMON Global earth observation and monitoring
CITYZEN megaCITY - Zoom for the ENvironnement
PREDICT - IV Profiling the toxicity on new drugs : non animal approach integrating toxicodynamics and biokinetics
NANODEVICE Portable easy to use device for measurement of airborne engineered on nanoparticles in workplace air
MACC Monitoring Atmospheric Composition and Climate
iNTeg-Risk Early Recognition, Monitoring and Integrated Management of Emerging, New Technology Related, Risks
ALFA-BIRD Alternative Fuels and Biofuels for Aircraft Development
FLOMINET Flooding management of underground coal
EC4MACS European Consortium for Modelling of Air Pollution and Climate Strategies
AQUAREHAB
Development of REHABilitation technologies and approaches for multipressured degraded waters and the integration of
their impact on river basin management
NANOFOL Folate-based nanobiodevices for integrated diagnosis / therapy targeting chronic inflammatory diseases
GedSet Gestion durable des sédiments transfrontaliers
Citeair II Common Information to European Air
Diese Determination of pertinent Indicators for Environmental monitoring : a strategy for Europe
Citychlor Contamination with chlorinated solvents in urban areas
HELIOS High Energy Lithium-Ion Storage Solutions
CO2HAZPIPE Quantitative Failure Consequence Hazard Assessment for Next Generation CO2 Pipelines : The Missing Link
NANOCARA Caractérisation des procédés de fabrication des nanoparticules
CARBOLAB Improving the knowledge of carbon storage and coal bed methane production by “in situ” underground tests
FONTIS Validation de méthodes et d’outils de reconnaissance et surveillance de zones à risque de fontis
MISSTER MIne Shafts : improving Security and new Tools for the Evaluation of Risks
Programmes coordonnés par l’INERIS
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Sujets de thèses
sélectionnés en 2010
Risques accidentels
Modélisation des jets diphasiques des gaz liquéfiés sous pression
Contribution à la caractérisation des profils de dangers physicochimiques des liquides ioniques
Approches structure-propriété pour la prédiction des propriétés physicochimiques des substances chimiques
Risques chroniques
Modélisation de la dynamique de population témoin en mésocosmes
Impact des perturbateurs endocriniens sur la différenciation sexuelle chez le poisson zèbre
Intérêt des organismes de la microfaune et de la mésofaune du sol dans la détermination de l’écotoxicité des matrices complexes :
application de deux bioessais, Hypoaspis aculeifer et Caenorhabditis elegans pour l’étude de l’écotoxicité des matières fertilisantes
organiques et déchets valorisés en agriculture
Effets des téléphones portables sur la physiologie humaine : vascularisation cérébrale, électroencéphalogramme et échauffement
cutané
Prise en compte d’un modèle bioénergétique dans un modèle de dynamique adaptative pour une meilleure évaluation des risques
écologiques : le cas d’une population de Caenorhabditis elegans soumise à divers stress anthropiques
Détection de polluants métalliques d’origine nanoparticulaire dans les eaux par spectroscopie de plasma induit par laser
Comportement à long terme, caractérisation opérationnelle et évaluation environnementale des contaminants organiques des
sédiments issus des activités de dragage
Dosage des pesticides des nouveau-nés picards dans le méconium et cartographie de l’exposition
Risques du sol et du sous-sol
Transport réactif au travers des roches argileuses et impact sur les propriétés des roches couvertures
Évaluation des risques et définition de seuils critiques pour la filière captage-transport-stockage du CO
2
Étude des effets de l’eau sur les mécanismes de déformation et de rupture affectant les carrières de craie
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Conseil scientifique
7 personnalités nommées
dont un président
et un vice-président,
les 3 présidents des commissions
scientifiques,
le président de la CORE
Commission d’Orientation
Recherche Expertise
Environ 15 membres
Élus, Syndicats, État,
ONG et associations,
Industriels, Académiques
Commission scientifique
Risques chroniques
Commission scientifique
Risques accidentels
Commission scientifique
Risques du sol et du sous-sol
L’organisation
Gouvernance scientifique
L
es i ns t ances d’or i ent at i on
et d’éval uati on des acti vi tés
s c i ent i f i q u e s d e l ’ I NE RI S
comportent : un Conseil scientifique,
t r oi s Commi ssi ons s ci ent i f i ques
s p é c i a l i s é e s , et u n e n o u v el l e
Commi ssi on d’ Or i ent at i on de l a
Recherche et de l’Expertise, la CORE.
Le Conseil scientifique
Son rôle est stratégique. Il se prononce
sur l’intérêt pour l’INERIS de s’orienter
vers tel ou tel domaine de recherche.
Le Conseil donne également un avis
global sur la production scientifique de
l’Institut en se référant à des indicateurs
académiques standards (nombre total
de publications, dont nombre d’articles
dans des revues à comité de lecture).
Les commissions spécialisées
El l es ont une acti vi té d’éval uati on
plus opérationnelle et sont mises à
contribution pour :
• c ondui r e une év al uat i on des
programmes de recherche que l’INERIS
envisage de lancer dans le cadre de
sa dotation budgétaire annuelle. En
pratique, elles donnent ainsi chaque
année l eur avi s sur l a per ti nence
et la qualité de conception de 12 à
15 nouveaux programmes.
• c ondui r e une év al uat i on des
programmes de recherche achevés
et donner l eur avi s sur cer t ai ns
programmes en cours de réalisation.
• assurer égal ement l ’éval uati on,
à tour de rôle, des différentes équipes
opérationnelles de l’INERIS.
Une nouvelle commission : la CORE
La création d’une nouvelle instance de
gouvernance scientifique et technique
pour l’INERIS a été approuvée par les
membres du Conseil d’administration
fin 2009. La Commission d’Orientation
de la Recherche et de l’Expertise est
devenue opérationnelle en mars 2010.
Cette nouvelle commission doit ouvrir la
gouvernance scientifique de l’Institut à
la société civile. Pour cela, elle réunit six
collèges : ONG, syndicats, élus, monde
académique, industriels, représentants
de l’Etat (voir p. 14).
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INERIS_RS 09-10_gouvernance scientifique PAGE 13
Le Conseil scientifique (au 26 novembre 2009)
Neil MITCHISON
Président du conseil
Représentant de la Commission européenne
en Écosse
Francelyne MARANO
Vice-présidente
Professeur des universités
Laboratoire de Cytophysiologie
et Toxicologie cellulaire (LCTC)
Université Paris 7 - Denis Diderot
Véronique BACH
Professeur des universités en Physiologie
Humaine
Université Picardie Jules-Verne
Christian BLAISE
Écotoxicologue à l’Institut Saint-Laurent
Responsable de l’Unité de Toxicologie
Aquatique
Montréal, Québec, Canada
Alain DESROCHES
Professeur
Codirecteur du Pôle Santé et Biotechnologies
École centrale Paris
Martha HEITZMANN
Chargée de mission
auprès de la direction générale
du Groupe Air Liquide
Patrick LANDAIS
Directeur scientifique
ANDRA
Invités permanents
au Conseil scientifique
Patrick FLAMMARION
Président de la commission
« Risques chroniques »
Directeur scientifique, délégué
à la recherche
ONEMA - Office national de l’eau
et des milieux aquatiques
Christian DELVOSALLE
Président de la commission
« Risques accidentels »
Professeur chef de service de Génie des
Procédés chimiques
Faculté polytechnique de Mons
Belgique
Jean-Louis DURVILLE
Président de la commission
« Risques sol et sous-sol »
Ministère de l’Écologie, de l’Énergie,
du Développement Durable
et de la Mer MEEDDM
Conseil Général des Ponts et Chaussées
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La Commission d’Orientation
de la Recherche et de l’Expertise
Les 6 collèges de la CORE
Approuvée en 2009 et opérationnelle depuis
mars 2010, la CORE ouvre la gouvernance
scientifique de l’INERIS à la société civile.
Elle réunit six collèges : ONG, syndicats,
élus, monde académique, industriels et
représentants de l’État.
Les missions de la CORE sont : le partage
des enjeux et des questionnements ;
l’appui à la diffusion des résultats ; la
contribution à la programmation des
travaux scientifiques et techniques. 2010
est une année pilote. Le statut, les missions
et les membres définitifs de cette commission
seront entérinés par un arrêté ministériel dans
les prochains mois.
INDUSTRIELS
ACADÉMIQUES
ÉLUS
ONG
SYNDICATS
ÉTAT
Interview de Neil Mitchison
Président du Conseil scientifique de l’INERIS,
et Représentant en Écosse de la Commission européenne
Nous assistons à
la formalisation de l’ouverture
vers d’autres acteurs
Comment voyez-vous l’évolution de la gouvernance
scientifique de l’INERIS ?
Depuis plus de dix ans, je participe aux instances externes de
Conseil et d’Orientation Scientifique de l’INERIS. Nous avons
vu se développer l’effort dédié à la recherche, les liens entre
les activités de recherche et celles de l’appui et de l’expertise,
les partenariats (français et internationaux) et surtout
l’orientation européenne et internationale de l’Institut. Celui-
ci semble déterminé à renforcer son autorité intellectuelle en
France dans le domaine de l’évaluation du risque et de ses
conséquences, et à participer de plus en plus sur la scène
européenne en tant qu’acteur de premier niveau. À mon avis,
l’Institut a connu un franc succès dans son domaine ; il est
bien connu et reconnu par les experts du risque mais aussi
par les clients qui utilisent ses évaluations.
Qu’attendez-vous de la nouvelle Commission
d’Orientation de la Recherche et de l’Expertise (CORE) ?
Avec la création de la CORE, nous assistons à la formalisation
de l’ouverture vers d’autres acteurs externes. Il n’y a pas que
l’autorité intellectuelle qui est en jeu, mais aussi une autorité
politique et morale. Il faut que l’INERIS reçoive et intègre
dans sa stratégie les points de vue, les espoirs et les craintes
d’une gamme d’acteurs beaucoup plus large que ceux
représentés dans le Conseil et les Commissions Scientifiques.
Ces considérations doivent représenter un point de départ
pour les grandes décisions stratégiques de l’Institut.
C’est dans cette optique que je souhaite voir une étroite
coopération entre la CORE, le Conseil et les Commissions
Scientifiques, et l’Institut proprement dit. Bien sûr, cette
ouverture de l’INERIS vers d’autres acteurs n’est pas un
phénomène isolé : elle entre en résonance avec l’évolution
du monde qui nous entoure. La réponse aux questions
scientifiques est du ressort des experts. Cependant nous
souhaitons tous participer à la formulation des questions.
Voilà le principe fondateur de la CORE.
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INERIS_RS 09-10_gouvernance scientifique PAGE 15
Les Commissions scientifiques
Risques chroniques
Patrick FLAMMARION
Président
Directeur scientifique, délégué à
la recherche
ONEMA - Office national de l’eau et
des milieux aquatiques
Scott ALTMANN
Vice-président
Chef du service « Transfert des
Radionucléides »
Direction Scientifique ANDRA
Robert BAROUKI
Directeur Unité INSERM U747
UFR biomédicale
Université de Paris 5 - René Descartes
Jean-Yves BOTTERO
Directeur de Recherche CNRS
Directeur de l’IFR112 PMSE
CEREGE UMR 6635 CNRS
Université Paul Cézanne
Aix-en-Provence
Marie-Thérèse BRONDEAU
INRS
Chef du Département « Polluants et Santé »
Vandoeuvre-lès-Nancy
Hélène BUDZINSKI
Institut des Sciences Moléculaires (ISM)
UMR 5255 CNRS
Laboratoire de Physico et Toxico-Chimie de
l’environnement (LPTC)
Université Bordeaux 1
Pierre-André CABANES
EDF-Gaz de France
Adjoint au directeur du Service des Études
Médicales
Claude CASELLAS
UMR 5569 « Hydrosciences »
Département Sciences de l’Environnement
et Santé Publique - IPU - Faculté de
Pharmacie Montpellier
Christian COCHET
Chef de la Division Santé
Centre Scientifique et Technique du
Bâtiment (CSTB)
Louis DE GIMEL
INSEE
Direction de la coordination statistique
et des relations internationales (DCSRI)
Chargé de la coordination des questions
de développement durable
Éric PARENT
Enseignant-chercheur
École Nationale du Génie Rural Eaux Forêts
(ENGREF)
Laurent PEROTIN
EDF R&D - Chef de département
Laboratoire national d’Hydraulique et
Environnement
Laurent ROSSO
Directeur École Nationale du Génie Rural
Eaux et Forêts (ENGREF)
Dimosthenis A. SARIGIANNIS
Physical and Chemical Exposure
Institute for Health and Consumer Protection
European Commission - Joint Research
Centre
Ispra, Italie
Christian SEIGNEUR
CEREA
École Nationale des Ponts et Chaussées
Paule VASSEUR
Professeur de toxicologie
Université de Metz EBSE
UFR Sciences fondamentales appliquées
Risques accidentels
Christian DELVOSALLE
Président
Faculté polytechnique de Mons - Belgique
Chef du service Génie des Procédés chimiques
Philippe KLEIN
Vice-président
Chef du Département Management des
Risques Industriels
EDF - Recherche et Développement
Alain CHETRIT
Chargé de mission Risques Technologiques
TOTAL
Jean-Marie FLAUS
Laboratoire d’Automatique de Grenoble
École Nationale Supérieure d’Ingénieurs
Électriciens de Grenoble (ENSIEG)
Franck GUARNIERI
Directeur - École des Mines de Paris
Pôle Cindyniques Sophia Antipolis
Éric ISSARTEL
Responsable sécurité incendie
Direction Générale des Opérations L’ORÉAL
Pierre-Étienne LABEAU
Professeur Service de Métrologie Nucléaire
Faculté des Sciences Appliquées
Université Libre de Bruxelles
Belgique
Jean-Paul LACOURSIERE
Université de Sherbrooke
Département de génie chimique
Québec, Canada
Yves MORTUREUX
Union internationale des chemins de fer
François MURGADELLA
Responsable du programme « Sécurité
globale » à l’Agence Nationale de la
Recherche
Abdelhamid NAZIH
EADS ASTRIUM - Service Sûreté Nucléaire
Laurent PERRIN
École Nationale Supérieure des Industries
Chimiques (ENSIC)
Nancy
Christophe RENIER
GAZ DE FRANCE
Directeur d’objectifs infrastructures
Isabelle SOCHET
École Nationale Supérieure d’Ingénieurs
de Bourges (ENSIB)
Richard TURCOTTE
Natural Resources Canada
Canadian Explosives Research Laboratory
CANMET
Ottawa, Ontario, CANADA
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Les Commissions scientifiques - suite
Risques du sol et du sous-sol
Invités permanents
Jean-Louis DURVILLE
Président
Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du
Développement Durable, et de la Mer
Conseil Général des Ponts et Chaussées
François-Henri CORNET
Vice-président
Institut de Physique du Globe de Strasbourg
Dominique BRUEL
École des Mines de Paris
Centre de Géosciences
Fontainebleau
Didier de BRUYN
Centre d’Étude de l’énergie nucléaire
(SCK-CEN)
Chef de la Section MYRRHA-Design
Département Physique des Réacteurs
Denis FABRE
Professeur au CNAM
Chaire de Géotechnique
Hafid BAROUDI
Directeur
GEODERIS
Metz
Yves GUISE
Directeur
SOGIMINES
Pierre-Lionel FORBES
Directeur du Laboratoire de recherche
de Meuse/Haute-Marne
ANDRA
Alain GUILLOUX
Président-directeur-général
TERRASOL
Vincent LABIOUSE
Maître d’Enseignement et de Recherche
Rock Mechanics Laboratory LMR
School of Architecture, Civil and
Environmental Engineering ENAC
Swiss Federal Institute of Technology
Lausanne - EPFL - ENAC - ICARE - LMR
Suisse
Laurent LEVEQUE
Responsable Équipe Géologie
TEGG – SGG
Aix-en-Provence
Xavier PICCINO
Inspection Générale des Carrières
Mairie de Paris
Pierre POTHERAT
Chef du groupe Mécanique des Roches
CETE de Lyon
Laboratoire des Ponts et Chaussées de Lyon
Jean-François THIMUS
Professeur
Université catholique de Louvain
Louvain-la-neuve
Belgique
Maxence VERMERSCH
Directeur
MAVESA
François HEDOU
Chargé de Mission de la Prévention des
Risques Mouvements de Terrain (MEEDDM)
Serge MIRAUCOURT
Adjoint au chef du bureau, chargé de
l’après-mine et des stockages souterrains
(MEEDDM)
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INERIS_RS 09-10_indicateurs du contrat d’objectifs PAGE 17
Indicateurs du contrat
d’objectifs 2006-2010
2006 2007 2008 2009
Nombre total de publications 295 318 314 319
Nombre de publications dans des revues à comité de lecture
dont ISI
68
48
68
54
68
57
92
74
Nombre de communications dans des congrès 237 285 305 296
Productivité de la recherche sur fonds publics
(nombre de publications/100K€)
3,2 3 2,7 2,4
Financement de la recherche de l’INERIS
par d’autres sources publiques que le Programme 190 (K€)
2 399 3 310 3 182 4112
Chiffre d’affaires en recherche partenariale (K€) 5 562 3 310 3 192 2390
Nombre de brevets 4 4 4 4
Contribution
(1)
de l’INERIS à la production scientifique des opérateurs du Programme 190
- Part française de publications scientifiques de l’INERIS, toutes disciplines confondues,
en compte fractionnaire °/
°°
- Part européenne de publications scientifiques de l’INERIS, toutes disciplines confondues,
en compte fractionnaire °/
°°
- Part mondiale de publications scientifiques de l’INERIS, toutes disciplines confondues,
en compte fractionnaire °/
°°
0,55
0,07
0,02
0,45
0,06
0,02
ND
ND
ND
ND
ND
ND
Contribution de l’INERIS à la reconnaissance scientifique des opérateurs du Programme 190
- Part mondiale de citation reçues par les publications de l’INERIS et indice d’impact relatif
sur 2 ans, toutes disciplines confondues, en compte fractionnaire °/
°°
• Part mondiale de citations
• Indice d’impact relatif
(2)
0,02
0,66
ND*
ND
ND
ND
ND
ND
* ND non disponible
Nombre et taux de participation de l’INERIS aux projets
financés par les Programmes-cadres de l’Union européenne
(PCRDT)
(3)
5
e
PCRDT 6
e
PCRDT 7
e
PCRDT
Nombre Taux °/
°°
Nombre Taux °/
°°
Nombre Taux °/
°°

• Participations 21 0,29 21 0,37 4 0,19
• Coordinations (*via Eu-VRI) 4 0,33 3 0,63 2* ND
(1) Calcul par l’OST (Observatoire des Sciences et Techniques).
(2) Un indice d’impact de 1 indique que la visibilité des publications de l’INERIS est égale à la moyenne des publications.
(3) Données arrêtées par l’OST au 1
er
avril 2009 pour le 6
e
et 7
e
PCRD.
Évaluation des équipes et des travaux de recherche 2006 2007 2008 2009
Nombre d’équipes évaluées 4 5 6 6
Attractivité des parcours professionnels
Nombre de HDR (habilitations à diriger des recherches)* 8 11 10 10
Nombre de doctorants
et de postdoctorants*
45
1
47
2
52
2
52
1
Nombre de personnes en mission de longue durée à l’étranger* 2 3 2 2
Nombre de personnes ayant un diplôme ou une carrière internationale* 64 64 75 77
* Au 31 décembre 2009.
Les indicateurs de moyens associés à l’activité de recherche
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Qualité
des eaux
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INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 19
Stratégie de recherche
S
’inscrivant dans le vaste chantier engendré par
la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) et
dans le plan national d’action contre la pollution
des milieux aquatiques par les micropolluants,
l’activité scientifique de l’INERIS comporte trois
axes majeurs de recherche et développement pour
répondre aux enjeux de la qualité des eaux.
Détection et analyse des substances chimiques dans
les milieux
L’objectif est de développer la capacité d’expertise en
appui aux politiques de surveillance de la qualité des
eaux vis-à-vis des micropolluants.
Plusieurs champs d’action sont nécessaires pour
appuyer la stratégie scientifique et technique
d’AQUAREF, le laboratoire national de référence pour
la surveillance des milieux aquatiques :
l
le développement des méthodes de prélèvements
et d’analyses chimiques dans différentes matrices, les
eaux naturelles et eaux résiduaires en particulier (voir
article p. 20) ;
l
l’adaptation et la validation de nouveaux outils
(échantillonneurs passifs et outils d’analyse chimique
de screening) ;
l
l’amélioration de l’interprétation des données, par
des développements métrologiques, mais aussi par la
prise en compte de la biodisponibilité ;
l
la proposition d’indicateurs pertinents pour
l’évaluation de la qualité des eaux.
Ces travaux concernent les substances d’ores et déjà
réglementées, et aussi les polluants émergents.
Ainsi, l’INERIS participe aux actions scientifiques
du réseau européen NORMAN de laboratoires de
référence et de recherche pour la surveillance des
substances émergentes dans l ’environnement.
L’une des actions en cours est la priorisation de ces
substances pour organiser leur surveillance dans les
milieux aquatiques en particulier.
Effets sur les écosystèmes et évaluation de la
contamination des milieux
L’éval uati on de la contami nati on des mi l i eux
aquatiques consiste notamment à comparer des
concentrations en micropolluants dans le milieu
aux normes de qualité environnementale (NQE).
L’ I NERI S déf i ni t ces val eur s seui l s pour l es
substances pertinentes au niveau national et réalise
des développements méthodologiques relatifs à
l’élaboration des NQE.
Par ailleurs, l’INERIS mène des travaux de recherche
orientés sur les mécanismes d’action des substances,
conduisant à des outils d’évaluation des dangers des
substances pour les écosystèmes aquatiques, et de
caractérisation de la qualité du milieu (approches
biomarqueurs et bioanalytique). Ces indicateurs bio-
logiques complémentaires aux analyses chimiques et
biocénotiques conventionnelles offrent des perspec-
tives pour la surveillance des milieux (voir « Toxicolo-
gie environnementale p. 46 »).
Identification des sources et voies de réduction des
contaminations
La maîtrise des flux de polluants nécessite, à terme,
d’étudier toutes les sources de contamination des
milieux aquatiques par les substances polluantes et
d’identifier les leviers d’action pour la gestion inté-
grée et la réduction des rejets de ces substances.
Dans ce cadre, l’INERIS contribue à la modélisation
des apports de contaminants aux milieux aquatiques ;
à la détermination de facteurs d’émission ; au
développement de stratégies de réduction des
émissi ons de poll uants à l ’échell e de bassi ns
versants (voir article p. 24) ; à la proposition d’outils
permettant de répartir les flux maximum admissibles
sur un bassin versant et de fixer des valeurs limites
d’émission (VLE) de certaines substances dangereuses
rejetées par les industriels.
Poursuivre la mise en
œuvre de la DCE et du
plan national d’action
contre la pollution des
milieux aquatiques
par les micropolluants,
en renforçant ou
développant :
l la métrologie dans
les eaux ;
l les outils de screening
pour identifier la
présence de substances
dans le milieu ou les
rejets, en particulier de
polluants émergents ;
l les techniques
alternatives d’analyse
en vue d’optimiser le
rapport coût/bénéfice
de la surveillance ;
l les approches
opérationnelles de
surveillance intégrée :
couplages mesures/
modélisation et
introduction des
approches par les effets
dans les programmes
de surveillance ;
l la connaissance des
sources de pollution,
du devenir des
contaminants dans
l’environnement et
la caractérisation de
leurs effets ;
l les stratégies pour
la réduction ou la
suppression des
émissions de polluants
prioritaires ;
l l’interopérabilité des
bases de données sur
la qualité des milieux
et des rejets, et sur
les propriétés des
substances chimiques.
E
T

D
E
M
AIN
018019.indd 19 22/11/10 15:42
Variabilité de l’échantillonnage
d’un milieu aquatique
M. P. Strub
D
epui s deux décenni es, l es
déci deur s du domai ne de
l’eau et du milieu aquatique
font pression sur les laboratoires pour
qu’ils améliorent la fiabilité des données
fournies afin d’améliorer la conformité
des résultats de surveillance des milieux
avec la réglementation en vigueur.
En premier lieu, la réponse consiste
à améliorer la chaîne d’analyse via
l’application de procédures d’assurance
qualité. Ce processus, pris en charge
à travers l’accréditation, a connu sa
limite au début du nouveau millénaire
car l’influence de l’échantillonnage
sur l e résul tat n’étai t pas pri se en
compte.L’échantillonnage se définit
comme le fait de prélever plusieurs
échantillons représentatifs d’un milieu
aquatique. Bien que cette influence
ait été reconnue depuis 1980, avec
la publication du premier guide de la
série ISO 5667 traitant des différents
aspect s de l ’échant i l l onnage, l es
ef for t s ont essenti el l ement por té
sur l a descr i pti on et l a val i dati on
du processus analytique applicable à
partir de l’entrée de l’échantillon au
laboratoi re. Les mesures propres à
assurer des conditions d’échantillonnage
adéquates y sont par foi s décri tes,
mais pas systématiquement. Dans le
cas contraire, il est souvent fait appel
à la norme ISO 5667-3 [1] relative à
la préservation et la manipulation de
l’échantillon. Les 19 autres parties de ce
recueil de lignes directrices sont rarement
utilisées, étant considérées comme
trop théori ques et i nsuf fi samment
descriptives. En outre, les normes de
cette série n’ont jamais été validées par
des comparaisons interlaboratoires et la
variabilité associée à leur utilisation n’a
donc jamais été établie.
Ainsi, alors que l’incertitude associée
au résultat analytique d’une mesure
ef fect uée pour l a sur vei l l ance de
l ’environnement peut être estimée
par plusieurs moyens communément
admis, la variabilité introduite par la
réalisation d’un échantillonnage des
milieux aquatiques en conditions réelles
reste inconnue.
Bien que partagée par de nombreux
organismes de recherche agissant en
soutien des autorités réglementaires
dans l eur s pays respect i f s, cet te
préoccupat i on n’a débouché que
sur quel ques rares tentati ves pour
en quantifier les effets réels. Aucun
organisateur d’essais interlaboratoires
ne propose de telles campagnes, et
le seul essai publié [2] a été conduit
en 2007 par l e Centre Commun de
Recherche (Joint Research Centre JRC)
de la Commission européenne. Au cours
de cette campagne, neuf laboratoires
institutionnels européens ont prélevé
des échantillons réputés identiques sur
le Pô, à Pontelacoscuro près de Ferrare,
et réalisé les analyses correspondantes
dans leurs propres laboratoires. Les
résultats n’ont pas permis d’identifier
quelle partie de la variabilité inter-
laboratoire est introduite par l’analyse,
et quelle partie peut être attribuée à
l’échantillonnage.
C’est pourquoi, dans une tentati ve
innovante d’approche des différentes
procédures de prélèvement utilisées
pour la surveillance de l’environnement,
de leur champ d’application et de la
variabilité qui en résulte, l’INERIS, avec
le soutien du ministère français chargé
de l’Écologie, a organisé en juin 2007
le premier essai collaboratif de terrain
national, réunissant les 14 équipes
sous-traitantes des autorités françaises
d’échantillonnage dans le cadre du
déploiement de la Directive Cadre sur
l’eau (DCE).
CONCEPTION DE
LA CAMPAGNE
La campagne devait servir plusieurs
objectifs :
l
la connaissance des procédures réel-
lement utilisées pour l’échantillonnage
de l’eau dans le cadre de la surveillance
dans le cadre de la DCE ;
020023.indd 20 22/11/10 15:42
l
l’évaluation de l’adéquation des choix
techniques vis-à-vis des exigences de
la DCE ;
l
l’évaluation de l’impact de l’étape
d’échantillonnage sur la variabilité
finale.
En aucun cas elle ne visait à évaluer
l’aptitude de l’équipe de prélèvement.
Ces vues, portées par AQUAREF, étaient
partagées par d’autres groupes d’experts
en France : experts français de l’échan-
tillonnage regroupés au sein de la com-
mission de normalisation AFNOR T91E, et
associations professionnelles de labora-
toires d’analyse, en tant que partenaires
dans la production des données de sur-
veillance de l’environnement, agences
de l’eau ordonnatrices des campagnes
de mesures et autorités responsables
du compte-rendu de leurs résultats au
niveau national et européen. Certains
d’entre eux avaient développé des
réponses dédiées, allant de la publication
de guides techniques à la formation du
personnel de prélèvement. Tous ont
considéré l’initiative de l’INERIS comme
une occasion unique de faire progresser
les connaissances sur le prélèvement et
d’en accroître l’harmonisation. Aussi ont-
ils accepté de participer à la conception
de la campagne au sein d’un groupe
consultatif. De nombreux facteurs se
cachent derrière les mots « variabilité
d’un résultat de mesure » : adéquation
du protocole d’échantillonnage choisi
aux caractéristiques de la station, res-
pect strict du protocole sur le terrain,
sélection de flaconnages n’altérant pas
l’échantillon, conditions de transport
vers le laboratoire d’analyse et, enfin,
incertitude analytique, qui inclut toutes
les étapes de calcul. Afin de limiter la
variabilité observée lors de cette cam-
pagne aux effets de l’échantillonnage,
l’impact de l’incertitude de transport et
d’analyse devait être connu et, si pos-
sible, minimum. Pour cette raison, nous
avons choisi d’avoir recours à un seul
laboratoire d’analyse et d’y transporter
tous les échantillons dans des conditions
contrôlées. Deux des sources de variabi-
lité restantes peuvent être attribuées
aux opérateurs du prélèvement : la sé-
lection d’un protocole au regard de la
spécificité du lieu d’échantillonnage et sa
mise en œuvre, ainsi que l’adéquation du
flaconnage aux paramètres considérés.
Compte tenu de ces potentialités, l’INERIS
et le groupe consultatif ont décidé que
chaque prélèvement serait effectué une
FIGURE 2
VARIABILITÉ OBSERVÉE
SUR CHAQUE TRANCHE
HORAIRE [DEHP] POUR
LA CONCENTRATION EN
DI-2-ÉTHYLHEXYLE PHTALATE
PAR DIFFÉRENTES MÉTHODES
DE PRÉLÈVEMENT
première fois selon un protocole im-
posé conforme aux meilleures pratiques
d’échantillonnage et de conservation,
puis une seconde fois selon le protocole
propre à chaque équipe.
La variabilité naturelle de l’échantillon
dans la masse d’eau a été minimisée par
une sélection rigoureuse de la station
de mesure. Fi nal ement, parmi une
sélection de quatre stations propices
à l’organisation de cette campagne
en raison de la présence de polluants
d’intérêt en concentration suffisante, la
station d’Épône, sur la Mauldre (Yvelines)
a été choisie en raison de sa localisation
géocentrique et de la possibilité d’y
assurer la sécurité d’intervention. Le
dernier élément d’un essai collaboratif
est bien entendu un nombre suffisant
de participants : les agences de l’eau ont
sélectionné 14 équipes, dont trois sans
activité analytique.
4
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
03:00 04:00 05:00 06:00 07:00 08:00 09:00 10:00 11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00
[
D
E
H
P
]

(
μ
g
/
L
)
[DEHP] : données de suivi de la Mauldre
Débit de la rivière (m
3
/s)
Débit (m/s)
[
D
E
H
P
]

(
μ
g
/
L
)
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
Résultat protocole libre
Résultat protocole imposé
Résultat suivi cours d'eau
Résultat global par tranche horaire
Estimation CVR de prélèvement : 40 %
10.00 11.00 14.00 12.00 13.00
FIGURE 1
Journée du 26 juin 2007 :
VARIATIONS HORAIRES
DU DÉBIT ET DE LA
CONCENTRATION EN
DI-2-ÉTHYLHEXYLE PHTALATE
(DEHP)
INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 21
020023.indd 21 22/11/10 15:42
LA VALORISATION DES
DONNÉES
À l’issue de 6 mois d’une préparation
i ntense, tous l es acteur s ont été
réunis à Épône le 26 juin 2007, dans
des condi ti ons matéri el l es qui ont
permi s l a réal i sati on de l a total i té
des opérations prévues. Cependant,
c’était sans compter les caprices du
ciel : depuis le 25 juin jusqu’au matin du
26 juin, de fortes intempéries avaient
touché la régi on, conduisant à une
multiplication du débit de la Mauldre par
4 au démarrage de la campagne, avec
retour à la normale en fin de journée.
Aucune des équipes de prélèvement n’a
bénéficié des caractéristiques types de
la station de mesure et peu d’équipes
ont pu opérer dans des condi ti ons
similaires. Dès lors, la comparaison des
résultats de mesure issus de l’analyse
des prélèvements, dont un exemple
est fourni par la figure 1, ne pouvait
faire appel à des concepts statistiques
appliqués uniformément à toutes les
valeurs, quelle que soit la plage horaire
de prélèvement.
L’examen des mesures réalisées par
l’INERIS pour le suivi du cours d’eau
montre que leur répartition temporelle
est clairement influencée, pour tous les
paramètres, par les variations de débit
du cours d’eau. Il est donc prudent
de ne comparer entre elles que des
val eur s obt enues sur une dur ée
pendant laquelle la rivière présen-
tait des caractéristiques relativement
RÉFÉRENCES
[1] NF EN ISO 5667-3. 2004. Qualité de l’eau -
Échantillonnage Partie 3 : lignes directrices
pour la conservation et la manipulation des
échantillons d’eau.
[2] Chemical Monitoring Activity – On-site
Workshop. Comparison of analytical
approaches for WFD chemical monitoring a
JRC IES RWER Initiative. 2007.
TABLEAU 1
VARIABILITÉS DE PRÉLÈVEMENT POUR L’ ENSEMBLE DES POLLUANTS PAR PARAMÈTRE,
PLAGE HORAIRE, ET POUR L’ ENSEMBLE DES DONNÉES
Substances Valeurs typiques
1
re
plage horaire
10:00–11:10
2
e
plage horaire
12:00–13:00
3
e
plage horaire
13:20–14:00
Tétrachloroéthylène
Concentration de référence (μg/L) 0,039 0,042 0,054
U
échantillonnage (plage considérée) 52 % 32 % 20 %
U
échantillonnage (ensemble) 43 %
DEHP
Concentration de référence (μg/L) 0,356 0,318 0,449
U
échantillonnage (plage considérée) 88 % 60 % 74 %
U
échantillonnage (ensemble) 76 %
Baryum
Concentration de référence (μg/L) 49,9 47,6 47,6
U
échantillonnage (plage considérée) nc 8 % 8 %
U
échantillonnage (ensemble) 6 %
Matières en
suspension
Concentration de référence (μg/L) 56,36 40,54 40,54
U
échantillonnage (plage considérée) 36 % 18 % 18 %
U
échantillonnage (ensemble) 46 %
Nitrites
Concentration de référence (μg/L) 0,284 0,274 0,239
U
échantillonnage (plage considérée) 8 % 8 % 4 %
U
échantillonnage (ensemble) 16 %
Orthophosphates
Concentration de référence (μg/L) 4,97 4,66 4,15
U
échantillonnage (plage considérée) 4 % 8 % 8 %
U
échantillonnage (ensemble) 14 %
nc : non calculée
constantes. C’est pourquoi les don-
nées ont été traitées par sous-popu-
lations correspondant à des tranches
horaires de caractéristiques identi-
fiées. Un exemple, le di-2-éthylhexyle
phtalate est présenté sur la figure 2.
Pour chaque groupe temporel, une
variabilité peut ainsi être calculée. L’in-
certitude analytique (U) de l’unique
laboratoire d’analyse impliqué étant
connue, la résolution de l ’équation
de pr opagat i on des i ncer t i t udes
U²totale = U²échantillonnage + U²analyse
per met d’accéder, pour c haque
020023.indd 22 22/11/10 15:42
With the support of the French River Basin Agencies (RBAs), the French
Ministry of Ecology and its local offices, INERIS organised a collaborative
field trial in June 2007 on a minor tributary of the River Seine near Paris.
This trial was the first attempt to improve knowledge of the effect, in
natural river water, of sampling activity undertaken as part of regulatory
monitoring.
The Epône sampling spot was selected for its central location, because
its rural characteristics are representative of the majority of the RBAs’
sampling stations, and because it enabled more than 40 people to be
brought together in a secure environment.
The selected monitoring parameters were:
- pH, oxygen, temperature and conductivity (field parameters);
- suspended particulate matter (SPM), nitrites, orthophosphates, barium,
di-2-éthylhexyle phtalate (DEHP), and one OHV, tetrachloroethylene
(parameters to be analysed in a laboratory).
The aim of this study was to evaluate several sampling procedures,
including standardized ones, to determine the variability induced by
sampling operations compared to subsequent analytical processes.
“Sampling activities” include sampling performance and external inputs,
e.g. weather. Individual field observations were also performed in order
to understand the reasons for reference methods not being rigorously
followed and to propose improvements that will make these methods more
acceptable to the sampling staff, and thus more reliable.
Solutions were developed to overcome the difficulties in the data
interpretation caused by climate conditions during the trial.
ABSTRACT
plage horaire à la variabilité induite
par les opérations de prélèvement.
Cet te approche, appl i quée à tous
l es par amèt res mesurés, condui t
aux évaluations regroupées dans le
tableau 1. Ces résultats demanderont
à êt re af f i nés l or s de campagnes
ultérieures et étendus à d’autres types
de milieux.
CONCLUSION
Pendant l ongtemps, l es probl èmes
métrologiques relatifs à la conception
ou l ’ i nt er pr ét at i on d’opér at i ons
de terrain ont semblé si complexes
qu’un consensus tacite avait prévalu
pour retarder leur prise en compte.
Au cours de cette étude, la plupart
de ces problèmes ont été identifiés.
En premi ère approche, l es out i l s
métrologiques habituels, par exemple
la propagation quadratique, semblent
utilisables pour l’interprétation des
résultats – l orsqu’on a pris soi n de
minimiser les influences extérieures,
dont notamment la variation spatio-
temporelle de la masse d’eau et des
performances analytiques associées à
l’analyse des prélèvements.
L’expérience de la métrologie analytique
est d’une aide considérable dans ce
travai l . La campagne a égal ement
mo n t r é q u e l a r é a l i s a t i o n d e
prélèvements multiples dans un espace
fi nalement réduit n’a pas d’i mpact
négatif sur leur résultat, pour peu que
leur disposition ait été correctement
prévue, et peut être utilisée comme
outil pédagogique.
Mai s l e résul t at sai l l ant de cet te
ét ude, au-del à de l a mét rol ogi e,
a été l a réac t i on des ac teur s de
l’échantillonnage, qui ont vu dans cette
campagne la reconnaissance de leur
importance au sein de la chaîne de
mesure, et une occasion unique de
partager expériences et difficultés.
Tous s e décl ar ent en f aveur de
l’harmonisation des pratiques et des
supports documentaires avec la mise en
place d’actions de formation technique.
INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 23
020023.indd 23 22/11/10 15:42
CONTEXTE ET OBJECTIF
La Directive Cadre sur l’Eau impose la mise en place
de « programmes de mesures » efficaces au moindre
coût (dites « coût-efficaces ») pour atteindre le bon état
écologique des eaux, notamment en réduisant les
émissions des substances (dangereuses) prioritaires
vers les milieux aquatiques. Les mesures sont, ici, des
actions techniques de réduction des émissions comme
par exemple, dans le cas du traitement des eaux usées,
la microfiltration, la nanofiltration ou encore l’osmose
inverse. Les informations sur les moyens de réduire les
émissions de ces polluants sont très peu disponibles.
Il est donc difficile d’établir un programme avec des
modèles hydrologiques et économiques, par simulation
des actions de réduction des émissions et des coûts
associés. Dans un tel contexte d’informations réduites,
nous avons recours à une alternative à la modélisation :
l’analyse multicritère (AMC). L’AMC consiste à effectuer
un classement des actions de réduction des émissions
en fonction de plusieurs critères de coûts et d’efficacité.
Il devient alors possible de construire un programme
coût-efficace dans un contexte d’information réduite
et qualitative en utilisant des dires d’expert, en
sélectionnant des actions à partir de ce classement.
MÉTHODE
Nous avons utilisé la méthode d’AMC « ELECTRE III »
développée par l’Université de Paris Dauphine (Roy,
1996). Contrairement aux méthodes dites « d’agrégation
totale » dans lesquelles une note globale est attribuée
à chaque action (exemple de la moyenne pondérée),
ELECTRE est une méthode d’« agrégation partielle »
qui consiste à comparer deux à deux les actions et
qui introduit la possibilité de non-compensation des
performances des critères. Plus précisément, cette
méthode respecte les principes de concordance (si
l’action A est au moins aussi performante que B sur
la plupart des critères, elle sera préférée à B) et non-
discordance (s’il n’y a aucun critère sur lequel l’action
A est beaucoup moins performante que B, elle sera
préférée à B). Enfin, elle permet également de prendre
en compte des poids de critères.
L’AMC opère sur une base de données d’actions
que nous avons construi te en col l ectant des
informations sur les techniques de traitement
des rejets et les possibilités de substitution pour
les substances, procédés et secteurs d’activités
concernés par 10 substances (Hydrocarbures
Aromati ques Pol ycycl i ques (HAP), mercure,
cadmi um, nonyl phénol s, tri but yl étai n, di -2-
éthylhexyle phtalate, polybromodiphényléthers,
hexachlorobenzène, atrazine et isoproturon). La
base contient 225 actions sous forme de triplets
(source, action, substance). Par exemple, une action
pourra être schématisée ainsi : production de chlore,
filtration des effluents sur membrane, mercure. Des
experts ont ensuite attribué des performances à
chacune des actions selon six critères, à savoir :
1/ ratio entre la quantité de substance émise par la
source et la quantité totale de substance émise par
l’ensemble des sources ;
2/ efficacité de l’action pour réduire les émissions de la
substance (en pourcentage de réduction) ;
3/ cobénéfices environnementaux produits par l’action :
est-ce que l’action permet de réduire une ou plusieurs
substances ?
4/ coûts financiers de l’action ;
5/ effets d’échelle : est-ce que l’action permet de
réduire les émissions de plusieurs sources ?
6/ disponibilité de l’action : est-ce que l’action est
au stade de la recherche en laboratoire, ou au stade
des essais pilotes ou au stade de commercialisation ?
Dans le dernier cas, l’action est considérée comme
disponible. Ce critère est un moyen de mesurer les
coûts de mise en œuvre autres que financiers.
Le tableau 1 présente un extrait de la base de données
pour certains des triplets caractérisant les actions de
réduction des émissions de di-2-éthylhexyle phtalate
(DEHP).
Le poids des critères est affecté de telle sorte que la
RÉFÉRENCES
[1] Ducos G., Brignon J. M., Oesterholt F., Ullrich S. M., Krupanek J., Van Tongeren W., Munthe J.
Emission reduction strategy of priority and emerging chemicals in European waters: inventory
and assessment of mitigation options. Abstract book of the 19th annual meeting SETAC Europe
"Protecting ecosystem health: facing the challenge of a globally changing environment",
31 may-4 june 2009, Goteborg, Sweden, p. 68.
[2] Roy B., 1996. Multi-criteria Methodology for Decision Aiding, Dordrecht, Kluwer Academic, 316 p.
Construction d’une stratégie efficace
au moindre coût de réduction des émissions
de polluants dans les eaux
024025.indd 24 22/11/10 15:43
somme de ceux qui représentent l’efficacité globale
de l’action (critères Ratio et Efficacité) soit égale à
la somme de ceux qui sont assimilables aux coûts
(critères Coûts, Disponibilité, Cobénéfices et Effets
d’échelle). Nous inscrivons ainsi l’AMC dans une
approche économique de type coût-efficacité.
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Plusieurs classements ont été effectués. Le premier
porte sur toutes les actions sans restriction, ce qui
correspond à un scénario efficace au moindre coût.
D’autres ont été effectués sur une partie des actions,
celles qui sont, ou suffisamment disponibles, ou
efficaces, ou d’un coût plafonné. Dans chaque cas,
qui représente un type de préférence du décideur, il
est possible de travailler sur une seule ou plusieurs
substances simultanément. On observe générale-
ment une forte dépendance des stratégies obtenues
aux préférences du décideur et aux substances étu-
diées. Certaines actions, dont l’intérêt n’était pas ap-
parent, ont été bien classées, par exemple : certaines
actions de traitement des émissions atmosphériques
de HAP (bien qu’agissant indirectement sur la qua-
lité des eaux), ou l’optimisation du fonctionnement
des stations d’épuration pour le phtalate DEHP.
Les acti ons de substi tuti on sont en génér al
moins bien classées que les actions de traite-
ment d’effluents, ce qui nécessite confirmation,
étant donné l’enjeu financier important du choix
entre les deux options, notamment pour les acteurs
publics qui financent les équipements collectifs de
dépollution des eaux. Il sera nécessaire pour cela
d’affiner les critères pour mieux représenter les
cobénéfices sociaux, et de mieux informer le critère
FOCUS
de disponibilité (clé pour les actions de substitution).
L’impact simultané d’une action de traitement des
eaux résiduaires sur un grand nombre de substances
devra également être représenté.
Touj ours en termes méthodol ogi ques, l ’AMC
sera confrontée à d’autres techniques d’aide à
la décision, comme l’optimisation multiobjectif.
Un objectif de performance sera alors établi pour
chaque critère et les actions seront classées en
fonction de leur distance par rapport à l’optimum de
Pareto. Les actions « Pareto-optimales » seront
telles que l’on ne peut pas améliorer un objectif sur
un critère sans en al-
t ér er au moi ns un
autre. Les données uti-
lisées pour construire
la base d’actions ont
ét é obt enues dans
l e c adr e du pr oj et
européen SOCOPSE
(1)

pour les 10 substances
évoquées plus haut.
Le choi x des subs-
tances fut dépendant
des contraintes impo-
sées au projet par les
enjeux réglementaires européens du moment. Les
informations proviennent essentiellement de la litté-
rature et peu des acteurs (industriels, gestionnaires
et acteurs de l’eau). Le travail de l’INERIS se poursuit
sur de nouvelles substances et avec des acteurs plus
ciblés dans le cadre de travaux avec l’ONEMA et les
agences de l’eau.
J-M. Brignon, G. Ducos
NOTE
(1) Projet SOCOPSE :
Source control of priority
substances in Europe
http://www.socopse.se/
L’INERIS est pilote d’un des
groupes de travail
du projet SOCOPSE
(2006-2009)
TABLEAU 1
EXTRAIT DE LA BASE
DE DONNÉES
ELECTRE effectue un
classement des actions
à partir de cette base de
données et attribue un
rang à chaque triplet
n
o
Triplet Sources Actions Substances Ratio (%)
Efficacité
(0-10)
Coûts
(0-10)
Disponibilité
(0-10)
Cobénéf.
(0-10)
Échelle
(0-10)
58
Boues de station
d’épuration
Incinération des boues DEHP 2 9 4 9 1 1
59
Boues de station
d’épuration
Digestion des boues DEHP 2 5 9 9 1 1
62
Rejet de station
d’épuration
Adsorption sur charbon
actif
DEHP 3 8 8 9 8 1
63
Rejet de station
d’épuration
Nanofiltration DEHP 3 8 6 9 6 1
64
Rejet de station
d’épuration
Osmose inverse DEHP 3 8 6 9 6 1
65
Rejet de station
d’épuration
Ultrafiltration DEHP 3 8 6 9 4 1
66
Rejet de station
d’épuration
Optimisation du
procédé
DEHP 3 6 10 7 4 1
INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 25
024025.indd 25 22/11/10 15:43
Qualité
de l’air
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Stratégie de recherche
INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 27
L
’expertise reconnue de l’INERIS dans le domaine
de la qualité de l’air, tant au niveau national
qu’au niveau européen, repose sur une activité
scientifique de fond ciblée sur un certain nombre
de questions de recherche, dans divers champs de
compétences : caractérisation des polluants et des
expositions, développements métrologiques et
méthodologiques, identification et évaluation des
stratégies de réduction des pollutions, modélisation
des transferts, transport et formation des polluants.
Parmi les nombreux enjeux de recherche dans le do-
maine de la pollution atmosphérique, les particules
en suspension – dont les aérosols
(1)
– représentent
aujourd’hui une des principales préoccupations en
matière de santé publique et d’impact environne-
mental. La multiplicité de leurs sources d’émission,
la complexité des processus de formation et de leurs
caractéristiques physico-chimiques nécessitent des
besoins accrus de connaissance pour atteindre les
objectifs de réduction de la pollution particulaire
inscrits dans le Plan National Santé Environnement II
(réduction de 30 % pour les PM 2.5 d’ici 2015). Un
« plan particules » a été mis en place à cet effet.
Ainsi, l’étude scientifique des différentes situations
de pollution particulaire constitue un axe prioritaire
de recherche afi n de contri buer à défi ni r l es
politiques publiques de réduction de cette pollution.
Trois volets ont été retenus :
l
les développements d’outils et d’instruments
innovants constituent un point clé pour progresser
dans la connaissance des polluants émergents,
notamment des par ti cul es ul traf i nes et des
nanoparticules : granulométrie, spéciation chimique
in situ et en temps réel par métrologie LIBS, bancs de
génération et chambres d’exposition en laboratoire
pour l’étude de la chimie atmosphérique ;
l
l’amélioration des connaissances sur la présence
des polluants particulaires, les expositions dans les
différents environnements, l’évaluation des risques
associés à ces expositions. Un accent particulier est
porté sur la caractérisation des sources et le suivi
de leur évolution dans le temps, en recherchant des
traceurs pertinents, comme pour la combustion du
bois et les polluants d’intérêt sanitaire (HAP). Des
travaux de recherche sont également ciblés sur les
pollutions intérieures, qui contribuent à l’exposition
individuelle de façon très significative. Ces travaux
portent, d’une part, sur les particules ultrafines
(caractérisation spatio-temporelle et chimique)
et, d’autre part, sur la formation des particules
secondaires, à partir des COV susceptibles de réagir
avec des espèces oxydantes telles que l’ozone ;
l
la modélisation des phénomènes de formation et
de transport des particules dans l’air en s’appuyant
sur des observations de plus en plus sophistiquée,
jusqu’aux données satellitaires d’observation de
la terre. L’information spatiale intègre notamment
des émissions imprévisibles de polluants comme
les feux de forêts ou l’observation des océans. Ces
travaux contribuent ainsi à l’évolution des systèmes
opérationnels de simulation et de prévision des
épisodes de pollution particulaire dans lesquels
l’INERIS est impliqué, PREV’AIR, et la chaîne de calcul
CHIMERE. L’INERIS étudie également les interactions
entre pollution atmosphérique et changement
c l i mat i que, et not amment l es i nf l uences
antagonistes des particules fines, sur le bilan radiatif
terrestre en fonction de leur composition.
C’est l’ensemble de ces travaux et des connaissances
qui en résultent, mis en synergie, qui permettent
d’apporter des réponses complètes lors d’événe-
ments de pollution atmosphérique exceptionnels
comme très récemment lors de l’éruption volcanique
islandaise.
l Progresser sur les
interactions climat/
pollution de l’air
et promouvoir des
approches intégrées dans
les futures politiques
environnementales de
gestion et d’adaptation,
tant nationales
qu’internationales.
l Développer
des systèmes de
modélisation intégrée,
couplant, d’une part,
climat et qualité de
l’air et, d’autre part, les
analyses économiques
des coûts/bénéfices
pertinents aux
différentes échelles
locales et européennes.
l Améliorer la
connaissance des
particules fines, en
particulier de leur
composition chimique
en fonction de leur
granulométrie, afin de
mieux appréhender leur
impact sanitaire lié à des
expositions chroniques à
long terme.
l Développer, pour
ce faire, des outils in
situ et en temps réel,
afin de progresser
sur la compréhension
des évolutions spatio-
temporelles des
polluants et de leur
spéciation chimique sur
l’ensemble du cycle de
vie : de leur formation
à leur transformation
dans l’atmosphère.
l Organiser l’accès
aux outils de simulation
notamment pour l’étude
de scénarios.
E
T

D
E
M
AIN
NOTE
(1) Aérosols : particules solides ou liquides en suspension dans un
milieu gazeux
026027.indd 27 22/11/10 15:33
Caractérisation des particules
générées par la combustion d’encens
X. Ji
N
os travaux de recherche ont eu
pour objectif de caractériser
des niveaux de concentration
en par ti cul es ul trafi nes (PUF) – de
taille de l’ordre du nanomètre – dans
l’air intérieur d’une maison modèle
en activant différentes sources. Les
13 sources identifiées ont été mises
en œuvr e dans l a mai son et l es
variations temporelles et spatiales des
concentrations en PUF émises ont été
mesurées dans différentes pièces. Une
partie de ces travaux de recherche
a été menée en partenariat avec le
Centre Scientifique et Technique du
Bâtiment (CSTB), l’INSERM U955, l’École
des Hautes Études en Santé Publique
(EHESP), le Laboratoire d’étude des
Particules Inhalées (LEPI) et l’Institut
de Recherches sur l a Cat al yse et
l’Environnement (IRCE) dans le cadre
du projet NANOP (financement APR
Afsset).
MATÉRIEL ET MÉTHODE
Les campagnes de mesure de particu-
les ultrafines ont eu lieu dans la Mai-
son Automatisée pour la Recherche
Innovante de l’Air ou Maison « MARIA »
(figure 1) qui représente un environne-
ment domestique réel contrôlé. Elle est
construite sur le site du CSTB qui est en-
touré d’une zone de banlieue (77). Il n’y
a pas de hauts bâtiments résidentiels, ni
de circulation dense dans les environs.
De grandeur réelle, MARI A est une
maison individuelle de trois niveaux
comportant cinq pièces et une cuisine
pour un volume total de 319 m
3
. Le
salon, la cuisine et les toilettes sont au
rez-de-chaussée, et quatre chambres,
une douche et une salle de bain se
situent au premier étage. Le garage
(40 m
3
) se trouve dans l e sous-sol
(192 m
3
). Dans le cadre de ce travail,
4 pièces ont été instrumentées : cuisine,
salon, toilettes (rez-de-chaussée) et une
chambre (à l’étage).
Deux campagnes de mesure ont été
réalisées : été 2007 et hiver 2008. Au
cours de chacune de ces campagnes,
deux phases se distinguaient :
l
phase 1 : caractérisation indépendante
des sources (concentration de particules
en nombre, en masse, en sur f ace
spécifique…) ;
l
phase 2 : mise en œuvre successive
des sources selon les activités d’une
journée type week-end (la définition
chronométrée de la journée type a été
élaborée par le groupe de travail pour
s’approcher au plus près d’une journée
réelle).
L’ensemble des appareils utilisés ainsi
que leurs caractéristiques techniques
et leurs emplacements sont présentés
dans le tableau 1.
La combustion de l’encens a été choisie
comme première étude de cas afin
FIGURE 1
PLAN DE LA MAISON MARIA

:cXZch
2.7
5.1
6.4
1.8
4.5
4.7
8.53
2.5
2.71
4.24
2.1
A) REZ-DE-CHAUSSÉE B) PREMIER ÉTAGE
028031.indd 28 16/11/10 11:07
d’établir un référentiel pour la mise en
œuvre et le traitement des données
pour l’ensemble des sources étudiées.
Ce choix a été motivé par la littérature
abondante concernant la combustion
de l’encens, nous permettant ainsi de
comparer et de valider nos résultats [3],
[6], [7], [8].
Pour chaque source, les essais ont été
répétés au moins 4 fois. Les mesures
d’émission de PUF liées à la combustion
de l ’encens ont été répétées 3 fois
durant l’été 2007 et une fois en hiver
2008 dans l e séj our de l a mai son
MARIA.
RÉSULTATS ET DISCUSSION
L’ensembl e des résul tat s pour l es
différentes sources ainsi que les outils
d’estimation de l’exposition aux PUF
sont présentés dans le rapport de thèse
( Ji 2010). Les travaux réalisés sur la
combustion de l’encens ont fait l’objet
d’une publication ( Ji, Le Bihan et al.
2010) et les résultats de caractérisation
de l’émission des PUF sont présentés
ci-après.
La variati on spatial e et temporell e
de l a combusti on de l ’encens est
présentée sur l a f i gure 2. Af i n de
FIGURE 2
VARIATION SPATIALE ET TEMPORELLE DES
DIFFÉRENTS PARAMÈTRES
(moyenne glissante de 5 minutes, *pt/cm
3
:
particules par centimètre cube)
A) Concentration en nombre des
particules mesurée par les compteurs de
noyau de condensation (CNC,
gamme de particules mesurées :
diamètre entre 5 et 3 000 nanomètres)
B) Concentration en nombre des
particules mesurée par les compteurs
optiques de particules Grimm (OPC Grimm,
gamme de particules mesurées : diamètre
entre 0,3 et 20 micromètres)
C) Concentration en surface spécifique
des particules mesurée par l’Aerotrak
9000 (gamme de particules mesurée :
diamètre entre 10 et 1 000 nanomètres)
D) Concentration massique des particules
PM 2.5 mesurée par Teom 50 °C.
TABLEAU 1
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
DES APPAREILS DE MESURE AINSI QUE
LEUR EMPLACEMENT LORS DES ESSAIS
Paramètre Matériel Quantité
Gammes
(nm)
Saturation*
Pas
de temps
(min)
Localisation
Concentration
en nombre
P-Trak 1 20-1000 1.10
5
pt/cm
3
1 Cuisine
CNC 3007 2 10-1000 5.10
5
pt/cm
3
1 Chambre, WC
CNC-eau 2 5-3000 1.10
7
pt/cm
3
1 Près de la source, extérieur
Distribution
en taille
SMPS 1 10-500 1.10
7
pt/cm
3
5 Séjour
ELPI 4.0 1 7-10000 2.10
7
pt/cm
3
1 Près de la source
OPC Grimm 6 300-20000 2.10
3
pt/cm
3
1
Cuisine, chambre, séjour,
WC, extérieur
Surface spécifique Aerotrak
®
9000 1 10-1000 1.10
4
μm
2
/cm
3
1 Près de la source
Concentration
massique
TEOM 50 ºC 1 PM
2.5
5.10
6
μg/m
3
1 Près de la source
TEOM-FDMS 1 PM
2.5
5.10
6
μg/m
3
15 Extérieur
NO/NO
2
TEI (AC 32 M) 2 - - 5 Séjour, extérieur
Analyse chimique
AMS
(Spectrométrie
de masses)
1 70-1000 580 μg/m
3
1 Couloir de RDC
Tº/CO
2
/humidité Q-Trak 5 - - 10
Cuisine, chambre, séjour,
WC, extérieur
* pt/cm
3
: particules par centimètre cube
A) Concentration en nombre (CNC)
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3
)
C) Concentration en surface spécifique
(Aerotrak 9000)
B) Concentration en nombre (Grimm Optique OPC)
D) Concentration massique (PM2.5, Teom 50 °C)
Combustion de l'encens
Combustion de l'encens Combustion de l'encens
Combustion de l'encens
14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00
14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00
14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00
14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00
30 000
25 000
20 000
10 500
10 000
5 000
0

2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
200
160
120
80
40
0
185
135
85
35
-15
Séjour
Cuisine
Chambre
WC
Extérieur
Séjour
Séjour
Cuisine
Chambre
WC
Extérieur
Séjour
Cuisine
Extérieur
limiter une forte oscillation des valeurs,
notamment observée pour les mesures
à proximité de la source, les données
sont présentées sous la forme d’une
moyenne glissante sur cinq minutes.
Les r és ul t at s mont r ent que l es
particules émises lors de la combustion
d’encens se retrouvent rapidement
dans l’air intérieur de la maison. Les
concentrations en nombre, en surface
spécifique et en masse (respectivement
les graphiques de la figure 2 A, B, C et
D) ont augmenté immédiatement à
proximité de l’encens et la concentration
INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 29
028031.indd 29 16/11/10 11:07
)%%
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FIGURE 3
DISTRIBUTION EN TAILLE DES PARTICULES ÉMISES
PENDANT LA COMBUSTION D’ ENCENS
- T05 à T20 : période de 5 minutes à 20 minutes après
l’allumage de l’encens, période de croissance des particules
- T-20 à T-5 : période de - 20 minutes à - 5 minutes
avant la mise en œuvre de la source (encens),
période du bruit de fond
The potential health effects of fine and ultrafine particles are of increasing concern.
A better understanding of particle characteristics and dispersion behavior is needed.
This study aims at characterizing spatial and temporal variations in fine and ultrafine
particle dispersion after emission from a model source in an experimental house.
Particles emitted by an incense stick burning for 15 minutes were characterized.
Number concentration, specific surface area and mass were measured. Partial
chemical analysis of particles was also realized. Near the burning incense
stick, the maximum concentration was 25500 particles/cm
3
; the indoor PM 2.5
concentration reached 197 μg/m
3
, and the specific surface area concentration was
177 μm
2
/cm
3
. Time of Flight Aerosol Mass Spectrometer measurements indicated that
the organic fraction was predominant in the aerosol mass detected, and other minor
components identified were K+, NO
3
, and Cl-). The combustion of an incense stick in
the living room was associated with significant modifications of the concentrations
of particles measured in the different rooms of the house. This demonstration of
pollution by particle dispersion by incense may have significant implications in terms
of assessment of indoor exposure to such particles.
en nombre dépend de l a di stance
du point de prélèvement à la source
(figure 2 A, B, et D). Dans le séjour, la
concentration en nombre maximale du
CNC est de 25 500 pt/cm
3
; ce niveau
est environ 3 fois plus élevé que la
concentrati on de fond (figure 2 A).
Dans les autres pièces, on observe une
tendance similaire à un degré moindre.
En termes de concentration massique
(PM 2.5), la concentration maximale
est de 197 μg/m
3
dans le séjour et de
97 μg/m
3
dans la cuisine. La concen-
tration massique moyenne à l’extérieur
était égale à 7,4 μg/m
3
pendant la com-
bustion (figure 2 D). La surface spécifi-
que maximale à proximité de l’encens
en combustion atteint 177 μm
2
/cm
3
.
Les résultats de l’étude sur la détermi-
nation de la distribution en taille des
particules issues de la combustion de
l’encens sont présentés dans la figure 3.
Ils sont basés sur les observations en
SMPS réalisées au cours de la campagne
d’été 2007.
Le diamètre médian lors de la concen-
tration maximale de particules issues
de la fumée de l’encens est de 136 nm.
Indépendamment des différentes mé-
thodes d’échantillonnage, ces résultats
sont en accord avec ceux des études
précédentes ([1], [2], [8]).
La composition chimique des particules
de la combustion de l’encens a été étu-
diée sur site par spectrométrie de masse
en temps réel (c-to-f AMS). Les résul-
tats montrent que la fraction organique
est prédominante dans la masse des
aérosols détectés. D’autres composants
mineurs comme le K+, le NO
3
et Cl- ont
également été identifiés.
CONCLUSION
Les résultats présentés sur les émissions
de particules lors de la combustion de
l’encens montrent que :
l
la combustion d’encens génère des
particules fines et ultrafines et que cel-
les-ci impactent la qualité de l’air dans
l’ensemble de la maison ;
l
la concentration en nombre dépend
de l’éloignement du point de mesure
par rapport à la source ;
l
à 5 mètres de la source, au moment
où la concentration en particules est
maximale, la distribution en taille des
particules culmine à 136 nm.
PERSPECTIVES
Grâce à la base de données consti-
tuée lors de ce projet, un travail a été
engagé sur l’analyse de l’exposition
des personnes aux particules ultrafines.
Quatre axes d’évaluation des expositions
humaines ont ainsi été développés :
hiérarchisation des sources, indicateur
d’exposition, scénario d’exposition,
estimation de l’exposition. Ces travaux
se poursuivent notamment sur la com-
position chimique des particules émises
et sur l’intégration dans des modèles
d’expologie pour savoir où et quand les
populations sont exposées.
RÉFÉRENCES
[1] Chang Y. C., Lee H. W., et al. (2007). The formation of
incense smoke. Journal of Aerosol Science 38(1): 39-51.
[2] Gehin E., Ramalho O., et al. (2008). Size distribution and
emission rate measurement of fine and ultrafine particle
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42(35): 8341-8352.
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particules ultrafines dans l’environnement domestique.
Créteil, Université Paris-Est Créteil : 149.
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environmental chamber. Atmospheric Environment 38(7):
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Science and Technology of Advanced Materials 8(1-2): 25-32.
ABSTRACT
028031.indd 30 16/11/10 11:07
Les dével oppements régl ementai res françai s
et européens visent de plus en plus à réduire les
risques que font peser les polluants sur l’homme et
l’environnement. Réduire la pollution implique tout
d’abord la réalisation de mesures avec des instruments
adéquats, en tenant compte de contraintes techniques
de plus en plus exigeantes, concernant de plus en
plus de polluants. Ceci nécessite le développement
d’outils innovants. Parmi les techniques d’analyse
élémentaire existantes, la « spectroscopie de plasma
induit par laser » ou LIBS (Laser-Induced Breakdown
Spectroscopy) présente de nombreux atouts pour
des appli cati ons dédi ées aux probl ématiques
environnementales ou industrielles.
Elle consiste à focaliser un faisceau laser impulsionnel
sur un échanti l l on à anal yser, qu’i l soi t sous
forme solide, liquide, gaz ou aérosol. Au point de
focalisation, la matière est très fortement chauffée
générant un gaz ionisé, très chaud et très lumineux,
appelé plasma. La lumière émise par ce dernier
contient la signature de tous les éléments chimiques
présents dans le matériau sondé. Quasiment tous les
éléments peuvent être détectés dans des conditions
expérimentales variées (température, pression,
degré d’humidité). Cette technique ne nécessite
pas de préparation de l’échantillon. De plus, elle
est non intrusive de par son caractère optique. Elle
permet donc de réaliser des analyses in situ. Elle
est potentiellement rapide, de quelques secondes
à quelques minutes selon le nombre de tirs laser
nécessaires à l’obtention d’un signal exploitable. Des
mesures en temps réel, impliquant par exemple la
surveillance d’un procédé industriel, peuvent être
envisagées. Enfin, en milieu hostile, le système LIBS
peut être déplacé et l’analyse peut être réalisée à
distance (grâce au faisceau laser) protégeant ainsi
les opérateurs. Un système basé sur cette technique
permet donc de déterminer, d’une part, la nature
chimique élémentaire des polluants et d’autre
part, leurs concentrations en masse in situ et en
temps réel. La mesure n’est plus différée. Toutes
les caractéristiques énoncées lui confèrent un fort
potentiel d’applicabilité sur le terrain. L’INERIS a ainsi
procédé à des mesures sur des procédés industriels
en particulier pour les nanoparticules (CEA, Arkema).
Cette qualité d’applicabilité est mise à profit à l’INERIS
où la majorité des dispositifs LIBS développés ont
vocation à être installés sur site ou embarqués.
DÉTECTION DE NANOPARTICULES PAR
TECHNIQUE LIBS : VERS UN TRANSFERT
DE TECHNOLOGIE
Les premiers développements concernant la technique
LIBS à l’INERIS ont été réalisés dans le cadre du projet
européen NANOSAFE II (2005-2009). Ce projet visait
à proposer des solutions innovantes afin de renforcer
la sécurité des procédés de production et de rendre
plus sûr l’usage de matériaux élaborés à partir de
nanoparticules manufacturées. Parmi toutes les
thématiques abordées, l’une d’entre elles était dédiée
au développement des moyens de détection des
nanoparticules. En effet, malgré les précautions prises
pour sécuriser les procédés de fabrication, les risques
de fuite ne doivent pas être négligés. La
technique LIBS a été proposée comme
moyen de surveillance des ambiances
de travail. En pratique, les nanoparticules
en suspension dans l’air sont aspirées
dans une cellule à l’intérieur de laquelle
le faisceau laser est focalisé. L’analyse
est réalisée par spectroscopie d’émission
conformément au principe présenté
précédemment. Les travaux réalisés ont
permis de montrer qu’il était possible
de détecter des flux de nanoparticules
polydispersés, in situ et en temps réel, et de déterminer
leurs compositions chimiques élémentaires ainsi que
leurs concentrations en masse. De plus, dans la majorité
des cas, les limites de détection obtenues (de quelques
μg/m
3
à quelques centaines de μg/m
3
) sont inférieures
aux valeurs limites d’exposition professionnelle
existantes pour les éléments chimiques mesurés.
Ces résultats encourageants ont conduit à engager un
transfert de technologie. La compagnie industrielle des
lasers (CILAS) en collaboration avec l’INERIS a entrepris
de fabriquer un prototype dédié à la détection de
nanoparticules manufacturées dans les laboratoires ou
dans les unités de production. Une liste de dix types
de nanoparticules non carbonées a été établie par
la compagnie CILAS suite à une étude de marché. Le
dispositif LIBS de laboratoire va être optimisé et son
encombrement réduit afin d’être rendu transportable.
Ce transfert de technologie pourrait être étendu à
d’autres applications sur des sujets en cours d’étude
à l’INERIS, tel le suivi en temps réel de particules
micrométriques dans les rejets gazeux industriels.
C. Dutouquet
La technique LIBS à l’INERIS
FOCUS
INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 31
028031.indd 31 16/11/10 11:07
La modélisation des aérosols
organiques secondaires
B. Bessagnet
L
es aérosols atmosphériques –
f i nes par t i cul es sol i des ou
l i qui des en suspensi on dans
l ’atmosphère – peuvent être émi s
di rectement par l ’ homme (rej et s
industriels, échappements automobiles,
combustions diverses, etc.) ou bien
naturellement (feux naturels, poussières
volcaniques, embruns marins, etc.) : il
s’agit alors d’émissions primaires. Les
aérosols peuvent également provenir de
réactions chimiques en phase gazeuse
(oxydation par OH, O
3
, etc.) formant des
espèces condensables (à faibles tensions
de vapeur saturante), qui contribuent
ainsi à la formation de particules : on
parle alors de sources secondaires.
D’un poi nt de vue régl ement ai re,
on di sti ngue l es concentrati ons de
particules de diamètre inférieur à 2.5 μm
(PM 2.5) et inférieur à 10 μm (PM 10),
les particules les plus fines pouvant
pénétrer plus profondément dans le
système respiratoire. Les particules
sont composées d’une grande variété
d’espèces organiques et inorganiques
(carbone élémentaire, sulfates, nitrates,
ammonium, sels marins, etc.).
LES AÉROSOLS ORGANIQUES
Les composés organiques directement
émis par les procédés de combustion
incomplète d’hydrocarbures ou issus de
la combustion du bois par exemple sont
appelés Aérosols Organiques Primaires
(AOP). Des études récentes ont montré
que ces espèces organiques pouvaient
s’évaporer dès l’émission par effet de
dilution de l’effluent.
D’autres espèces sont formées dans
l’atmosphère par réactions d’oxydation
en phase gazeuse et/ou hétérogène
de composés organiques volatils (COV)
émis par la végétation (isoprène, mono-
terpènes, etc.) et les activités humaines.
Ces composés particulaires, majoritaire-
ment dans le mode granulométrique fin
(inférieures à 300 nm), sont appelés
Aérosols Organiques Secondaires (AOS).
Les sources de composés « précurseurs »
de ces particules secondaires constituent
une question autant scientifique que po-
litique. En effet, ces précurseurs peuvent
provenir de l’industrie, de processus de
combustion (bois), mais également de
sources naturelles telles que la végé-
tation : de nombreuses espèces d’ar-
bres comme le chêne émettent par les
stomates de leurs feuilles des terpènes
dans l’atmosphère sous forme gazeuse.
L’émission est d’autant plus importante
que la température et le rayonnement
solaire augmentent et les AOS ont la
particularité de se trouver en équilibre
thermodynamique entre phase gazeu-
se et phase particulaire. Les feux de
forêt constituent également une source
importante de particules organiques.
Une des grandes problématiques de
ces émissions réside dans la détermi-
nation de la hauteur à laquelle doivent
être injectées ces émissions dans les
modèl es, car la dynami que du feu
génère en effet une colonne d’émis-
sion qui peut varier d’une centaine de
mètres à plusieurs kilomètres en fonc-
tion de l’intensité de celui-ci. Ces diffi-
cultés de modélisation dues aux émis-
sions ont été décrites dans Menut et
Bessagnet (2010) [4], article dans lequel
sont recensées les principales lacunes
des modèles de prévision et simulation
de la qualité de l’air.
Enfin, des composés organiques issus de
la décomposition des débris d’insectes,
de plantes, de cires émises par les
plantes peuvent se retrouver aérosolisés
mais sont généralement dans la fraction
« grossière » des particules (de diamètre
supérieur à 2,5 μm).
Or, considérant l’enjeu très sensible
de la réglementation des niveaux de
concentrations de particules fines dans
l’atmosphère pour les années à venir,
FIGURE 1
CARTOGRAPHIE DES CONCENTRATIONS
MOYENNES ANNUELLES (μg/m
3
) EN
AÉROSOLS ORGANIQUES SECONDAIRES
EN 2003
032035.indd 32 22/11/10 15:43
il est évident que la connaissance des
contri buti ons relati ves des sources
de précur seur s est déter mi nante.
Notamment, il convient de distinguer
la part anthropique sur laquelle une
réglementation pourrait être efficiente
et la part biotique sur laquelle il est
rarement possi bl e d’envi sager des
moyens d’act i ons. Cependant , l a
composante « organique » des aérosols
est certainement l’une des plus difficiles
à modéliser, à cause des nombreux
processus complexes mis en jeu et
des besoins en données d’entrée que
la simulation génère (émissions de
sources naturelles, des feux de forêts,
du chauffage résidentiel au bois par
exemple, et météorologie qui influence
les processus photochimiques). Ainsi,
l’INERIS, en charge du codéveloppement
du code CHIMERE avec l’IPSL
(1)
depuis
2001, a l ancé un pr ogr amme de
recherche sur l’intégration d’un module
spécifique de simulation des aérosols
organiques secondaires dans le code.
Ces travaux s’organisent avec d’autres
travaux menés par l’Institut, de nature
métrologique, dédiés à la caractérisation
et la mesure des aérosols organiques
secondaires, notamment à l’occasion de
grandes campagnes nationales telles
que la campagne MEGAPOLI sur Paris.
QUELQUES RÉSULTATS
RELATIFS À LA MODÉLISATION
DES AÉROSOLS ORGANIQUES
SECONDAIRES
Des travaux récents réalisés par l’INERIS
mettent en avant le rôle important
de l’isoprène dans la formation des
aérosols atmosphériques en Europe
(Bessagnet et al., 2009) [2]. La question
des émissions d’origine naturelle a été
traitée en implantant dans CHIMERE
un nouveau modèle d’émissions de
composés organiques volatils biotiques,
MEGAN, développé par une équipe
américaine du NCAR
(2)
(Guenther et al.
2006) [5]. Une quinzaine de nouvelles
réactions chimiques ont été introduites
dans le modèle. Elles mettent en jeu
l’isoprène, l’␣-pinène, le ␤-pinène mais
aussi des composés plus rarement pris
en compte tels que le sabinène, le
␦3-carène, le myrcène et l’ocimène.
Ces composés sont amenés à réagir
dans un cycle de réactions impliquant
des composés organiques d’origine
anthropique tels que le toluène, le
benzène, le triméthylbenzène et autres
al canes et composés aromati ques.
Enfin, cette mise à jour des modules
d’aérosol de CHIMERE a été évaluée
par comparaison avec des données
d’observation issues de la campagne
de mesure européenne CARBOSOL
(programme européen FP6), et de
campagnes et de supersites de mesures
du programme onusi en EMEP
(3)
de
la Conventi on sur l e Transpor t des
Polluants Atmosphériques à longue
Distance (CLRTAP). Ces comparaisons
modèle/mesures ont montré que les
modèl es sous-esti mai ent touj ours
l es c onc ent r at i ons en c a r bone
organique en hiver. Cela concerne plus
particulièrement les pays du Sud de
l’Europe, où le bois est un moyen de
chauffage courant. La quantification
correcte de ces émissions reste toujours
une question en suspens. En revanche,
en été, les contributions « naturelles »
cal cul ées par l e modèl e CHI MERE
s’avèrent correctement reproduites.
De manière générale, cette étude a
mis en évidence des concentrations
él evées sur l es zones forest i ères
(fi gure 1) et donc qu’une fracti on
importante de ces aérosols est d’origine
naturelle. Les concentrations simulées
varient de 0.5 μg/m
3
dans le nord de
l ’Europe à 4 μg/m
3
dans l es zones
foresti ères (Forêt-Noi re, Por tugal,
Massif central) en 2003. Cette étude a
également mis en lumière l’importance
des émissions d’isoprène en Europe
comme évoqué dans de nombreuses
études aux États-Unis. Ces travaux ont
permis de cartographier la contribution
secondaire des composés organiques
particulaires. Elle varierait de 30 à 80 %
en Europe, les fractions les plus élevées
étant rencontrées dans les Pyrénées,
FIGURE 2
ÉVOLUTION DES CONCENTRATIONS EN AÉROSOLS
ORGANIQUES SECONDAIRES DANS LA JOURNÉE PAR
TYPOLOGIE D’AÉROSOL.
Les AOS ont une origine naturelle issue de l’oxydation de
l’isoprène (ISOPA2, ISOPA1) des monoterpenes (BiBmP,
BiA2D, BiA1D, BiA0D) et une origine anthropique (ASOA).
RÉFÉRENCES
[1] Bessagnet B., Seigneur C., Menut L. Impact of dry
deposition of semi-volatile organic compounds on secondary
organic aerosols, Atmospheric Environment, Volume 44,
Issue 14, May 2010, Pages 1781-1787, ISSN 1352-2310, DOI:
10.1016/j.atmosenv.2010.01.027.
[2] Bessagnet B., Menut L., Curci G., Hodzic A., Guillaume B.,
Liousse C., Moukhtar S., Pun B., Seigneur C., Schulz M., 2009.
Regional modeling of carbonaceous aerosols over europe e
focus on secondary organic aerosols. J. Atmos. Chem. 61 (3),
175e202. doi:10.1007/s10874-009-9129-2.
[3] Hodzic A., Jimenez J. L., Madronich S., Aiken A. C.,
Bessagnet B., Curci G., Fast J., Lamarque J. F., Onasch T. B.,
Roux G., Schauer J. J., Stone E. A., Ulbrich I. M. Modeling
organic aerosols during MILAGRO: importance of biogenic
secondary organic aerosols, Atmos. Chem. Phys., 9,
6949-6981, doi:10.5194/acp-9-6949-2009, 2009.
[4] Menut L., Bessagnet B. Atmospheric composition
forecasting in Europe, Ann. Geophys., 28, 61-74, 2010.
[5] Guenther A., Karl T., Harley P., Wiedinmyer C., Palmer
PI, Geron C., 2006 Estimates of global terrestrial isoprene
emissions using MEGAN, Atmos. Chem. Phys, 6, 3181-3210.
C
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c
e
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r
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(
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g
/
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3
)
Heure du jour
INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 33
032035.indd 33 22/11/10 15:43
le Massif central et en Espagne, alors
que l’on retrouve logiquement les plus
faibles dans les pays industrialisés
d’ Europe de l ’ Est . Cependant l es
contributions anthropiques pourraient
encore être sous-estimées en raison
de cer tai nes approxi mati ons faites
dans le module chimique. Dans cette
étude les émissions de feux de forêts
pr i ses en compte pour r ai ent êt re
améliorées, action qui va être réalisée
en collaboration avec l’IPSL–(LMD
(4)
).
Les résultats obtenus sont cohérents
avec une étude similaire menée en
collaboration avec le NCAR sur Mexico
où a été également mis en évidence le
rôle important des émissions naturelles
par la végétation sur les concentrations
en par t i cul es au-dessus de cet te
mégacité [3].
L’utilisation du modèle CHIMERE et le
développement d’un module d’aérosol
secondaire en collaboration avec le
CEREA
(5)
a montré que le cycle diurne
des concentrations d’aérosol présentait
une diminution marquée en journée
des concentrations en AOS (figure 2)
par évaporation mais aussi du fait de
l’augmentation de la hauteur de couche
MISE EN PLACE DES SERVICES « ATMOSPHÈRE »
DANS LE PROGRAMME GMES
En 2009, les programmes dédiés à la mise en place
de services préopérationnels pour la surveillance
de l’environnement dans le cadre du GMES (Global
Monitoring for Environnent and Security) ont été lancés
par la Commission européenne. L’INERIS contribue
activement au projet MACC (Monitoring Atmospheric
Composition and Climate) coordonné par le Centre
européen de prévision météorologique à moyen
terme (ECMWF). L’INERIS et Météo France, partenaires
du consortium PREV’AIR, tirent largement parti de
cette expérience pour coordonner au sein de MACC
les actions de recherche et développement relatives
à la qualité de l’air au niveau européen (échelle dite
« régionale »). Ainsi ils sont responsables de la mise
en place de services d’élaboration et de diffusion de
prévisions à court terme et de cartographies de la
qualité de l’air en Europe, ainsi que de la diffusion
de produits issus de résultats de modèles, dans
lesquels sont assimilées des observations de toute
provenance (in situ, satellite). Les résultats obtenus
sont des cartes de pollution, considérées comme les
meilleures représentations possibles des champs
de concentrations des polluants atmosphériques
et des indicateurs d’impacts classiquement étudiés
(moyennes annuelles, journalières, dépassements
de seuil…). L’originalité de ces produits « qualité de
l’air » développés dans MACC est qu’ils sont basés sur
les résultats provenant de 6 modèles mis en œuvre
par différentes équipes européennes. Le résultat final
est un « ensemble », une moyenne correctement
pondérée, des résultats de ces 6 modèles, de
façon à tirer profit des qualités intrinsèques de
chacun. L’expérience s’avère prometteuse, avec une
amélioration sensible des prévisions produites par
le système. Cela n’empêche pas chaque équipe de
se concentrer sur la qualité de ses propres modèles.
Au-delà de leur résolution spatiale nettement
améliorée (25 km sur l’Europe au minimum pour
les modèles actuels), ces derniers sont en constante
évolution et leurs paramétrisations sont de plus en plus
sophistiquées, pour mieux reproduire les phénomènes
physicochimiques qui régissent les concentrations
de polluants dans l’air. C’est dans cette logique que
l’INERIS consacre un investissement important à la
prise en compte de nouveaux processus de formation
des aérosols dans CHIMERE.
www.gmes-atmosphere.eu
limite
(6)
(Bessagnet et al., 2010) [1]. Cette
étude a montré l’impact important de
certains paramètres météorologiques
comme l’humidité relative qui accroît
l e dépôt des espèces secondai res
pendant la nuit. En effet, les molécules
d’AOS se retrouvent à l a foi s sous
formes gazeuse et par ti culai re, on
les appelle espèces organiques semi-
volatiles. Dans les modèles, le dépôt
de ces espèces en phase gazeuse est
généralement négligé, or nous avons
montré que l’omission de ce processus
pouvai t modi fi er sensi bl ement l es
concentrations modélisées.
La compréhension des processus de
formation des composés reste cepen-
dant largement incomplète et les tra-
vaux de l’INERIS s’inscrivent dans une
série d’études scientifiques qui visent à
améliorer les modèles permettant de
simuler et prévoir la qualité de l’air. Elles
contribuent ainsi à l’évolution des systè-
mes opérationnels de modélisation dans
lesquels est impliqué l’Institut, PREV’AIR
et la chaîne de calcul CHIMERE pour les
études d’appui au ministère en charge
de l’Écologie.
NOTES
(1) IPSL : Institut Pierre-Simon Laplace
(Région parisienne, France)
(2) NCAR : The National Center for Atmospheric Research (USA)
(3) Co-operative programme for monitoring and evaluation of
the long range transmission of air pollutants in Europe
(4) LMD : Laboratoire de Métérologie Dynamique
(École Polytechnique, Palaiseau, France)
(5) CEREA : Centre d’Enseignement et de Recherche en
Environnement Atmosphérique (Champs-sur-Marne, France)
(6) Couche limite : zone de l’atmosphère directement influencée
par la surface terrestre, généralement comprise
entre 50 et 2 000 m
An improved and complete secondary organic aerosols (SOA) chemistry scheme
was recently implemented in the CHIMERE model. The implementation of isoprene
chemistry for SOA significantly improves agreement between long series of simulated
and observed particulate matter concentrations. While simulated organic carbon
concentrations are clearly improved at elevated sites by adding the SOA scheme, time
correlation are impaired at low level sites in Portugal, Italy and Slovakia. At several
sites a clear underestimation by the CHIMERE model is noticed in wintertime possibly
due to missing wood burning emissions as shown in previous modeling studies.
In Europe, the CHIMERE model gives in 2003 yearly average SOA concentrations
ranging from 0.5 μg/m
3
in the Northern Europe to 4 μg/m
3
over forested regions in
Spain, France, Germany and Italy. Isoprene chemistry has a strong impact on SOA
formation when using current available kinetic schemes.
Dry deposition of semi-volatile organic compounds (SVOC) is not currently treated in
most chemical transport models of air quality and this omission has been identified
as a possible major source of uncertainty. The effect of dry deposition of SVOC on the
concentration of secondary organic aerosols (SOA) is investigated in summertime with
the chemical transport model CHIMERE that simulates SOA concentrations by means
of molecular SOA surrogate species. Omitting dry deposition could overestimate SOA
concentrations by as much as 50%. This overestimation is larger during nighttime due
to higher relative humidity.
ABSTRACT
032035.indd 34 22/11/10 15:43
L’utilisation du bois en tant que source d’énergie
renouvelable contribue à limiter les émissions de gaz
à effet de serre. Cependant, la combustion du bois
peut constituer une source importante de polluants
atmosphériques, tels que les particules fines, les
hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et
le benzène. Les inventaires nationaux réalisés par le
Centre Interprofessionnel Technique d’Études de la
Pollution Atmosphérique (CITEPA) indiquent que 70 %
des émissions de HAP et de benzène sont dus aux
secteurs résidentiel et tertiaire en particulier à cause
de la combustion du bois. Un des enjeux majeurs de la
détermination de la contribution des différentes sources à
la qualité de l’air est d’aider les pouvoirs publics à mettre
en place des politiques de réduction des émissions
ciblées par polluant et par secteur d’activité. Pour ce faire,
il est indispensable de disposer de données mesurables
spécifiques à chaque source. Parmi les traceurs de
combustion de la biomasse, les composés organiques les
plus utilisés sont ceux provenant de la combustion de la
cellulose et de l’hémicellulose tels que le lévoglucosan,
mannosan, galactosan et des composés issus de la
thermodégradation de la lignine comme par exemple les
méthoxyphénols. Le lévoglucosan est considéré comme
le traceur le plus intéressant car il est le plus stable dans
l’atmosphère et le plus émis [1]. En Europe, la principale
source de combustion de la biomasse en hiver est la
combustion du bois utilisée pour le chauffage résidentiel.
Dans ce cas, ces composés organiques s’avèrent de bons
indicateurs potentiels.
OBJECTIFS ET RÉSULTATS DE L’ÉTUDE
À la demande du ministère chargé de l’Écologie, une
étude exploratoire a été réalisée par l’INERIS durant l’hiver
2006-2007 dans quatre grandes agglomérations
françaises afin d’étudier la validité de ces composés
organiques comme traceurs spécifiques de la source
« combustion du bois ». Des mesures de ces composés
ont été réalisées à Paris (site de Gennevilliers), Lille (site
de Marcq-en-Baroeul), Strasbourg (site de Geispolsheim)
et Grenoble sur des sites urbains de fond, en collaboration
avec les quatre Associations Agréées de Surveillance de
la Qualité de l’Air (AASQA) – AIRPARIF, ATMO Nord-Pas-
de-Calais, ASPA et ATMO Rhône-Alpes GIE/ASCOPARG –
le laboratoire de chimie moléculaire et environnement
(LCME) de Chambéry et le laboratoire de glaciologie et
géophysique de l’environnement (LGGE) de Grenoble
[2]. La caractérisation globale des aérosols a été réalisée
par les mesures de PM 10, du carbone organique (OC)
FOCUS Impact de la combustion du bois sur
la qualité de l’air ambiant de quatre villes
de France
Lévoglucosan
(ng/m
3
)
Mannosan
(ng/m
3
)
Galactosan
(ng/m
3
)
OC
(μg/m
3
)
EC
(μg/m
3
)
PM 10
(μg/m
3
)
Paris 234 (1-1224) 28 (1-152) 16 (0-85) 6 (2-15) 1 (0,2-2) 21 (8-47)
Lille 259 (31-697) 27 (2-89) 12 (1-37) 5 (2-9) 0,4 (0,2-0,6) 40 (8-110)
Strasbourg 439 (4-1300) 73 (6-269) 36 (3-157) 5 (1-14) 0,4 (0,1-1) 26*
Grenoble 1 049 (268-2469) 101 (32-237) 46 (10-129) 14 (5-28) 1 (0,2-4) 35 (18-64)
TABLEAU 1
MOYENNES ET NIVEAUX
DE CONCENTRATIONS
OBTENUS DANS LES
DIFFÉRENTES VILLES
(OC : carbone organique ;
EC : carbone élémentaire)
* Mesurées en fond sur
l’agglomération de Strasbourg
RÉFÉRENCES
[1] Leoz-Garziandia E., Besombes J. L.,
Pissot N., Allemand N., Mandin C.,
Collet S., Riberon J., Jaffrezo J. L.
« Contribution du chauffage au bois à
la qualité de l’air extérieur : données
existantes et études en cours en
France / Impact of woodburning on
outdoor air quality: Existing French
data and current studies ». Pollution
atmosphérique, numéro spécial – mars
2009.
[2] Pissot N., Besombes J. L., Leoz-
Garziandia E., Jaffrezo J. L. « Impact de
la combustion du bois sur la qualité
de l’air ambiant de quatre villes de
France : Évaluation de l’approche par
traceurs organiques / Wood burning
impact on the ambient air quality of
four French cities: Evaluation of the
approach by organic tracers ». Pollution
atmosphérique, 203 – juillet-septembre
2009.
et du carbone élémentaire (EC). Les concentrations
en lévoglucosan (tableau 1) traceur le plus abondant,
en mannosan et galactosan, observées sur les quatre
villes sont dans l’ordre de grandeur de celles observées
dans de grands sites urbains rapportées dans la
littérature. L’évolution temporelle de la concentration en
lévoglucosan sur les villes de Paris et Strasbourg montre
des variabilités importantes des concentrations, sans
qu’aucun lien avec la température ne puisse être observé.
Les concentrations les plus importantes en PM 10
(tableau 1) sont mesurées sur les sites de Grenoble et
de Lille. Les fortes concentrations en PM 10 mesurées à
Grenoble sont associées à une composante organique
importante (OC), jusqu’à 60 %. Ces valeurs enregistrées
à Grenoble correspondent à des gammes plutôt hautes
de la littérature pour des sites similaires. Les valeurs
pour les trois autres villes sont très similaires entre
elles et dans la moyenne de celles présentées dans la
littérature pour des sites de fond urbain. Compte tenu
des différences importantes observées à la fois pour
le carbone élémentaire EC, le carbone organique OC
et le lévoglucosan sur la ville de Grenoble, un impact
important de type « combustion de biomasse » semble
se profiler pour cette agglomération, et qui peut être
attribué spécifiquement à la combustion domestique
du bois, compte tenu de l’époque de l’année et de la
typologie du site. Cette conclusion est confirmée par
la corrélation assez étroite observée entre les
concentrations en OC et lévoglucosan. Afin de compléter
ces résultats une estimation de la contribution de la
source « combustion du bois » a été réalisée à partir des
données de lévoglucosan et OC dans les quatre villes. La
ville de Grenoble semble ainsi présenter la contribution la
plus importante avec des valeurs comprises entre 32 et
53 % de la matière organique particulaire.
En conclusion, cette étude a permis de mieux
préciser la pertinence de certains composés utilisés
comme traceurs de la combustion du bois, comme
le lévoglucosan qui pourrait constituer un des outils
de décision dans la mise en place de politiques de
réduction des émissions.
E. Leoz Garziandia
WEB
www.citepa.org
INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 35
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Gestion
des sols pollués
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Stratégie de recherche
INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 37
L
a méthodologie d’évaluation du risque pour
la santé des populations, formalisée dans les
années 1980 par l’Académie des Sciences des
États-Unis, a été intégrée il y a une dizaine d’années
aux procédures administratives françaises pour les
installations classées (ERS – évaluation des risques
sanitaires) ou les sites pollués (EDR – évaluation
détaillée des risques). Cependant certaines questions
scientifiques perdurent et l ’INERIS engage des
actions de recherche afin de lever certains de ces
verrous pour :
l
tester et valider les phénomènes physiques,
chimiques ou biologiques liés aux impacts sanitaires.
Depuis 2008, l’effort s’est porté sur l’étude et la
prédiction des transferts de polluants dans des
milieux, notamment le transport des métaux,
des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques
(Michel J., 2009) et des solvants chlorés dans les
sols non saturés. De même, la prise en compte de
la bioaccessibilité des polluants inorganiques dans
l’évaluation des risques liés aux sites et sols pollués
a été entreprise afin d’appréhender de manière plus
pertinente la concentration à laquelle un organisme
est réellement exposé (Caboche J., 2009) ;
l
élargir le domaine d’utilisation des évaluations en
intégrant les parties prenantes, avec notamment
le développement de COMRISK, un guide et une
boîte à outils pour l’implication des populations
dans l ’éval uati on et l a gesti on d’un si te ou
sol pollué. Cette démarche vise à impliquer les
populations concernées comme parties intégrantes
de l ’éval uati on et de l a gesti on des ri sques.
Cette prise en compte, relativement récente au
niveau national, demeure un exercice difficile,
mal maîtrisé, mais impérieux afin de renforcer la
crédibilité des évaluations de risque et de contribuer
à la construction de politiques éco-responsables
durables ;
l
développer une démarche intégrée et spatialisée
d’évaluation des risques, plus crédible et utile à la
décision, notamment en élaborant une plateforme
permettant de déterminer, à différentes échelles
spatiales et temporelles, les inégalités environne-
mentales d’expositions des populations aux subs-
tances chimiques (Caudeville J., 2009), en respectant
les particularités des groupes sociaux : cartographier
ces inégalités et identifier les populations à risque
du fait d’une surexposition potentielle à un panel de
polluants (métaux, POP, HAP et pesticides) ;
l
développer de nouvelles filières technologiques et
les qualifier en termes d’impact environnemental.
Deux axes forts structurent l’action du pôle RISK :
le reclassement des matériaux en fin de vie pour
une réutilisation sous forme de matières premières
secondaires ; la gestion aidée des sols pollués par
le recours aux végétaux ou phytoremédiation. Cela
doit permettre de progresser sur les techniques
de dépollution et d’acquérir une expérience pour
conforter l’état de l’art en matière de « procédés
propres et durables » en fonction de données
réelles.
Tous ces travaux s’inscrivent dans une démarche
cohérente et vérifiable d’intégration de données,
de méthodes et d’outils. La conceptualisation
d’une évaluation des risques sanitaires intégrée
donne un sens aux comparaisons, couplages ou
agrégations de données et sert ainsi à rendre utile
leur interopérabilité formelle.
l Associer les évaluations
de risque et l’implication
des populations pour
construire un processus
d’évaluation avec une
finalité décisionnelle
éco-responsable.
l Assurer une meilleure
robustesse de
l’estimation du risque
et des teneurs dans les
milieux d’exposition,
par un meilleur couplage
mesure-modèle.
l Maîtriser la filière des
déchets incluant leur
valorisation, avec comme
but le reclassement des
matériaux en fin de vie
sous forme de matières
premières secondaires.
l Passer d’une
vision statique
et compartimentée
spécifique au site,
à une vision territoriale
dynamique et
interactive, pour les
pollutions (locales versus
ubiquitaires) comme
pour les populations
(budgets espace-temps
activité). L’expologie doit
permettre de déterminer
la distribution statistique
des risques dans les
populations en fonction
de leurs caractéristiques
et vulnérabilité. Cela
suppose de pouvoir
agréger l’ensemble
des contributions
des compartiments
environnementaux
et leurs évolutions
temporelles en
interaction avec
les indicateurs socio-
économiques de l’état
de santé.
E
T

D
E
M
A
IN
036037.indd 37 16/11/10 10:07
Le transport d’hydrocarbures
aromatiques polycycliques (HAP)
dans les sols non saturés
J. Michel/S. Denys
fortement retenus dans les sols et les
sédiments, mais peuvent également
migrer et atteindre les ressources en
eau. Il est donc indispensable d’étudier
et de prévoir leur migration dans les
sols ainsi que leur éventuel transfert
vers la nappe phréati que, pouvant
résulter en la contamination de la nappe
et en l’exposition des personnes et des
écosystèmes.
En général, l’étude des mécanismes
régissant le transport des polluants
dans les sols est réalisée d’abord en
laboratoire, en réacteur fermé, puis par
des expériences en colonnes, de petites
di mensi ons (10 cm de diamètre et
20 cm de haut au maximum) et qui sont
remplies avec une terre tamisée, ce
qui peut amplifier ou masquer certains
phénomènes. De plus, la majeure partie
des études est réalisée en conditions
d’écoulement saturées (tout l’espace
poral du sol est rempli d’eau), alors
que, dans la plupart des cas, la pollution
pénètre dans le sol par la zone non
saturée (un mélange d’eau et d’air est
présent dans l’espace poral du sol). Pour
conduire des études dans des conditions
représentatives de la réalité, il est donc
nécessaire d’étudier le sol en conditions
non saturées afin de mettre en évidence
l’influence d’un mélange d’eau et d’air
sur la migration et la réactivité des
contaminants.
L’objectif de ce travail de thèse (réalisé
au GISFI – Groupement d’Intérêt Scien-
tifique sur les Friches Industrielles – en
partenariat avec l’INERIS) était d’évaluer
la migration des HAP dans un système
qui reflète au mieux les conditions du
terrain, et de comparer les résultats
avec ceux obtenus en colonne de labo-
ratoire. Il a été choisi de travailler à une
échelle intermédiaire entre le laboratoi-
re et le terrain, en utilisant une colonne
lysimétrique originale (2 m de hauteur),
soumise aux conditions naturelles ré-
gnant sur un site, pendant une période
de suivi de 15 mois.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Terre contaminée
Dans l e cadre de ces tr avaux, l es
expériences ont été ef fectuées sur
une terre provenant d’une friche de
cokerie lorraine, située à Homécourt
(Meurthe-et-Moselle). Sur ce site, les
installations ont été démantelées en
1985. Les sols y sont pollués sur une
profondeur de 5 m par des goudrons
et des HAP, des métaux et, localement,
par des cyanures. De grandes quantités
de terre ont été prélevées dans les
deux premiers mètres, homogénéisées,
quartées (c’est-à-dire séparées en sous-
échantillons de même masse) puis
criblées à 15 et à 4 cm.
Cette terre est majoritairement sableuse
et son pH relati vement él evé (8,3)
en raison du taux de calcaire présent
(287 g/kg). Le t aux de car bone
or gani que es t égal ement él evé
(13,9 %) en raison des activités qui ont
eu lieu sur le site, comme les dépôts
de charbon par exemple. Les teneurs
en Cu, Zn, Pb et Cd (respectivement
RÉFÉRENCES
[1] Baize D. Teneurs totales en métaux lourds dans les sols
français – Résultats généraux du programme ASPITET.
Le Courrier de l’environnement 39, 2000.
[2] Michel J. Transport d’hydrocarbures aromatiques
polycycliques et de métaux dans les sols non saturés.
Thèse de doctorat, Nancy, INPL: 253, 2009
[3] Michel J., Gujisaite V., Ouvrard S., Denys S., Simonnot M.O.,
Les expériences de laboratoire permettent-elles de prévoir
le transport de HAP et de métaux à l’échelle du lysimètre de
terrain ? Actes du congrès Deuxièmes rencontres nationales
de la recherche sur les sites et sols pollués : pollutions locales
et diffuses, 2009.
[4] Ngo V. V., Michel J., Latifi M. A., Lucas L., Simonnot M. O.,
Analyse de sensibilité et d’estimabilité des paramètres
affectant la percée des bromures – Comparaison entre
le modèle de porosité uniforme et le modèle de double
porosité, Actes du congrès SFGP, 2009.
D
ans les régions à forte tradition
industrielle, comme la Lorraine,
l’arrêt des usines métallurgiques
et des coker i es a généré de vastes
superficies de friches industrielles. Les sols
de ces friches peuvent être pollués par
des contaminants organiques, comme les
hydrocarbures aromatiques polycycliques
(HAP), des métaux tels que le cadmium,
le plomb, le zinc ou encore des cyanures.
Les HAP sont des composés organiques
neutres, hydrophobes et apolaires. Leur
limite de solubilité dans l’eau à 20 °C varie
entre 32 mg/L, pour les plus solubles
comme le naphtalène, et 10-
4
mg/L pour
les moins solubles comme l’indéno[1,2,3-
cd]pyrène. Certains de ces composés sont
cancéri gènes et/ou mutagènes (HAP,
cadmium). Ces polluants peuvent être
038040.indd 38 16/11/10 11:08
45,5 ; 391 ; 153 et 7,69 mg/kg) sont
supérieures aux valeurs habituellement
rencontrées dans les terres agricoles
françaises [1], montrant qu’une pollution
par les métaux a bien eu lieu sur ce
site – bien que n’étant pas énormément
plus élevées (2 à 4 fois plus élevées,
sauf pour le Cd pour lequel elles sont
17 fois plus élevées). La concentration
totale en 16 HAP « US EPA » (16 HAP
répertoriés par l’agence de la protection
de l’environnement aux États-Unis US
EPA en raison de leur grande toxicité)
est d’environ 5 g/kg de terre (les bruits
de fond rural et urbain sont inférieurs à
5 mg/kg).
SYSTÈME EXPÉRIMENTAL
Le lysimètre est un cylindre enterré,
en inox, de 2 m de hauteur et de 1 m²
de section (figure 1). Il est placé sur
peson, ce qui permet de connaître, à
tout instant, sa masse et donc sa teneur
en eau. L’eau de drainage est évacuée
par un orifice en fond de lysimètre et
récupérée dans une bonbonne en verre.
Un jeu de trois sondes – une sonde
TDR (Time Domain Reflectometry), un
tensiomètre et une bougie poreuse,
permettant le prélèvement de la solution
du sol – est placé à trois profondeurs
différentes (50, 100 et 150 cm) ; la
température du sol est égal ement
mesurée. La solution du sol est ainsi
prélevée à quatre niveaux différents :
50, 100, 150 cm (3 bougies poreuses,
notées BP) et 200 cm (percolat noté P,
drainage libre, en fond de lysimètre).
Les sondes TDR sont utilisées pour me-
surer la teneur en eau volumique du sol.
Les tensiomètres permettent de mesurer
la charge hydraulique du sol. Les don-
nées sont recueillies et enregistrées sur
des pas de temps horaires. Le lysimètre
est soumis aux conditions naturelles de
température et de pluviométrie et il est
maintenu en « terre nue ». Une station
météo permet de mesurer la pluviomé-
trie. En fond de lysimètre, une couche
de 15 cm de sable a été placée afin
d’éviter l’entraînement et l’accumulation
de terre dans les tuyaux. Il a ensuite été
rempli avec 3 tonnes de terre, par cou-
ches successives de 200 kg.
Le lysimètre a été suivi sur une pé-
riode de 15 mois, au cours desquels
19 campagnes de prélèvement d’eau
(eau interstitielle et/ou percolat) ont été
réalisées. Les analyses des 16 HAP dans
les collectes ont été effectuées sans
filtration.
Dans l e cadre d’autres travaux de
recherche (Michel, 2009), des échan-
tillons de terre provenant du même lot
ont été tamisés et placés en colonne
(diamètre intérieur = 9,4 cm, hauteur =
21 cm). Ces colonnes de terre ont été
soumises à des écoulements en milieu
saturé et non saturé au laboratoire. Les
conditions opératoires étaient contrôlées
et les débits d’alimentation constants. Les
16 HAP ont été dosés dans les collectes.
RÉSULTATS ET DISCUSSION
La figure 2 présente l’évolution des
concentrations totales en 16 HAP dans
les bougies poreuses et dans le percolat,
au cours des 15 mois de suivi.
Au niveau du percolat (P), les concen-
trations totales en HAP sont faibles et
en moyenne de 1 μg/L. On note deux
points à 2,75 et 3,5 μg/L, ce qui reste
cependant dans une gamme de concen-
trations basses. Dans certains percolats,
les 16 HAP n’ont pas été détectés.
Le comportement des HAP totaux est le
même au niveau des bougies poreuses
FIGURE 1
VUE EN COUPE DU LYSIMÈTRE
La solution du sol est prélevée à 4 niveaux différents dans
le lysimètre : 50, 100, 150 cm (3 bougies poreuses, notées
BP) et 200 cm (percolat, noté P, drainage libre, en fond de
lysimètre). Aux profondeurs 50, 100 et 150 cm, une sonde
TDR et un tensiomètre sont également mis en place.
FIGURE 2
ÉVOLUTION DES CONCENTRATIONS TOTALES EN HAP
DANS LE PERCOLAT (P) ET LES BOUGIES POREUSES (BP)
Au niveau du percolat (P) et des bougies poreuses (BP),
les concentrations totales en HAP dans l’eau du sol sont
du même ordre de grandeur. Elles sont faibles et en
moyenne de 1 ␮g/L.
INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 39
038040.indd 39 16/11/10 11:08
In industrialized countries, numerous
brownfields polluted with polycyclic aromatic
hydrocarbons (PAHs) and heavy metals are
identified. Some of these pollutants are
carcinogenic and mutagenic. Their migration
through the soil and their likely downward
transfer to the water table should be
investigated. Field scale studies are essential
to determine the possible impacts on
groundwater, human beings and ecosystems.
The aim of this PhD work carried out in the
frame of the GISFI (French Scientific Interest
Group working on Industrial Brownfields) was
to assess PAH transport in a former coking plant
soil using an original lysimetric system. The
lysimeter was filled with 3 tons of a polluted
soil (PAH: 5 g/kg). It was a stainless steel
column (2 m high, 1.124 m diameter) equipped
with tensiometers, TDR probes and suction cups
at three depths (50, 100 and 150 cm). Therefore
water was sampled at four levels: 50, 100, 150
and 200 cm (free drainage water at the bottom
of the lysimeter). It was submitted to the
natural atmospheric conditions and its surface
was bare. The 16 US EPA PAHs were monitored
in pore water (3 levels) and in the leaching
water, at the outlet of the lysimeter. PAH
concentrations in water were very low (below
1.5 μg/L) in the four sampling levels. They
were below or in the range of the solubility.
This study showed that PAH release was highly
dependent on the water content of the soil.
(BP). Les concentrations sont du même
ordre de grandeur que dans le percolat
aux trois niveaux de prélèvement. Les
répartitions des concentrations en fonc-
tion des profondeurs de prélèvement
ne semblent pas suivre un ordre logi-
que. De même, l’alternance d’épisodes
pluvieux et de périodes de séchage
auxquels est soumis le lysimètre n’a
pas d’effet sur le relargage des HAP aux
quatre profondeurs de prélèvement.
En colonne de laboratoire, les concentra-
tions mesurées dans les collectes étaient
largement supérieures à celles obtenues
en lysimètre (entre 50 et 350 μg/L et
entre 7 et 15 μg/L pour les conditions
saturées et non saturées respective-
ment). Ceci montre que les conditions
opératoires, et en particulier le tamisage
de la terre et le taux de saturation du
milieu, influencent fortement le relarga-
ge des HAP. Ainsi, lors du tamisage de la
terre, les agrégats peuvent être cassés
et peuvent de ce fait exposer à la solu-
tion des contaminants qui auraient été
« piégés » dans la matrice solide, per-
mettant un relargage plus élevé. Par
ailleurs, les concentrations faibles me-
surées en lysimètre s’expliquent éga-
lement par un taux de saturation très
faible de ce dernier (proche de celui
régnant dans la zone non saturée du sol
sur le terrain). Ainsi, l’eau ne va pas être
en contact avec tout l’espace poral lors
de l’écoulement, et va éviter les zones
hydrophobes contenant les HAP, im-
pliquant un passage en solution moins
élevé de ceux-ci. Ceci permet également
d’expliquer le fait que l’intensité et la du-
rée des épisodes pluvieux et des pério-
des de séchage n’ont pas d’influence sur
le relargage des HAP, puisque quels que
soient les événements pluvieux appli-
qués au lysimètre, la teneur en eau était
constante à l’intérieur du système. En
effet, le volume poreux du système
est de 1 000 L, et sa surface de 1 m
2
.
Les plus fortes pluies observées sur la
période de suivi étant de 30 mm, le
volume d’eau introduit dans le lysimètre
était de 30 L au maximum. Ainsi, un tel
volume d’eau ne permet pas d’aug-
menter significativement la teneur en
eau dans l’espace poral du sol, expli-
quant pourquoi elle était globalement
constante sur toute la période de suivi.
En lysimètre, tous les HAP peuvent avoir
été majoritairement transportés sous
forme dissoute puisque leur concen-
tration dans les collectes est inférieure
à leur limite de solubilité dans l’eau à
20 °C. Néanmoins, certains HAP lourds
sont probablement transportés égale-
ment sous forme particulaire puisque
dans certaines collectes ils s’en rappro-
chent ou la dépassent légèrement, au
niveau du percolat.
CONCLUSIONS ET
PERSPECTIVES
Les expériences conduites sur le lysi-
mètre et en colonne de laboratoire ont
permis de mettre en évidence l’impor-
tance du taux de saturation du milieu sur
le relargage des HAP dans les sols non
saturés en eau. Ainsi, dans les conditions
opératoires du lysimètre, à savoir à un
taux de saturation faible, proche de celui
rencontré sur le terrain, les HAP sont
très fortement retenus dans le sol. Les
concentrations en HAP dans l’eau du sol
sont donc faibles – majoritairement infé-
rieures à 1 μg/L. Néanmoins, la quantité
d’eau qui a percolé en fond de lysimètre
sur les 15 mois de suivi correspond à la
moitié du volume poreux de celui-ci. Or,
les expériences conduites au laboratoire
sur des systèmes de petites dimensions
s’intéressent en général au relargage
des contaminants en faisant passer une
dizaine de volumes poreux dans la co-
lonne. C’est pourquoi une étude du sys-
tème lysimétrique sur une plus longue
durée, engendrant des volumes plus
importants serait pertinente, afin de
confirmer à long terme les tendances
observées ici. Ceci permettra de mettre
en évidence les phénomènes respon-
sables de la mobilité des contaminants
organiques dans les sols non saturés.
Par ailleurs, des dispositifs plus légers et
permettant de fournir des résultats sur
une échelle de temps plus courte sont
nécessaires. C’est pourquoi une autre
partie du travail a consisté à dimension-
ner un essai représentatif du lysimètre
en grande colonne (diamètre 15 cm,
FIGURE 3
VUE DES 24 LYSIMÈTRES ÉQUIPANT LA STATION EXPÉRIMENTALE D’ HOMÉCOURT
hauteur 30 cm). Elle était remplie de
terre non tamisée et soumise à des
épisodes pluvieux. Les concentrations en
HAP dans les collectes étaient conformes
à ce qui a été observé en lysimètre. Ain-
si, il pourrait être envisagé de s’intéres-
ser plus particulièrement à l’influence du
taux de saturation sur le relargage des
HAP, par exemple à l’aide d’expériences
de lixiviation des polluants à des teneurs
en eau fixées.
ABSTRACT
038040.indd 40 16/11/10 11:08
COMRISK : pour l’implication des
populations dans la gestion des sites
ou sols pollués
B. Hazebrouck
connaissances et des pratiques concer-
nant la perception et la communica-
tion des risques, et aussi l’implication
opérationnelle des populations dans
l’évaluation et la gestion des risques
liés à l’environnement : sols pollués
mais aussi décharges, installations clas-
sées, risques naturels (effondrement…),
implantation d’une antenne relais…
Le guide est largement applicable à ces
autres questions locales de risques liés à
l’environnement.
En outre, trois enquêtes ont été menées
en France :
l
une enquête par sondage sur l a
perception des sols pollués, auprès de
riverains de sites pollués ;
l
deux enquêtes de retour d’expérience,
par interview et questionnaire, auprès
d’un large panel d’acteurs concernés.
Les recommandati ons, brochures,
supports d’événements issus de l’étude
ont été testés auprès de dif férents
publics : DRASS, public concerné ou non,
comité de pilotage multiacteurs.
Pourquoi impliquer les populations dans
l’évaluation et la gestion d’un site pollué ?
l
les principes démocratiques et les
obligations réglementaires font de
l’information et de l’implication du public
un droit et même un devoir ;
l
la légitimité des experts est restreinte
aux études techniques, les experts ne
sont pas légitimes pour faire des choix
de gestion, de valeurs ;
l
mais les décideurs institutionnels
(autorités, industriels…) souffrent d’un
déficit de confiance (figure 1, baromètre
IRSN…). L’implication de la population
locale doit alors logiquement devenir
directe ;
l
les préoccupations et attentes des
populations concernant le site sont
complexes et multiformes, bien au-delà
de la question des risques sanitaires, et
déterminantes pour l’acceptation des
solutions de gestion. Leur connaissance,
l eur compréhensi on, l eur pri se en
compte passent par l ’écoute et l e
dialogue ;
l
l’implication des populations est un
facteur de qualité dans l’évaluation et
la gestion du site, par l’apport d’infor-
FIGURE 1
SONDAGE EXPLORATOIRE COMRISK :
CONFIANCE ACCORDÉE
AUX INTERVENANTS DANS LE DOMAINE
DE LA POLLUTION DU SOL
L
es populations sont de plus en
plus considérées comme par-
ties intégrantes de l’évaluation et
de la gestion des risques liés aux sites
pollués. Mais leur implication est éga-
lement reconnue comme un exercice
difficile, mal maîtrisé, voire périlleux.
L’INERIS et l’IRSN (Institut de radiopro-
tection et sûreté nucléaire), en collabo-
ration avec la Cire Ile-de-France (Cellule
interrégionale d’épidémiologie d’Ile-de-
France), ont développé pour l’ADEME un
guide et une boîte à outils pour aider
à concevoir et mettre en place un dia-
logue entre acteurs sur l’évaluation et
la gestion d’un site pollué. Le guide et
la boîte à outils s’adressent à tous les
acteurs des sites et sols pollués. Ils sont
accessibles sur www.comrisk.fr.
Le guide et la boîte à outils sont fondés
sur une étude approfondie de l’état des
Faites-vous confiance aux acteurs suivants concernant leur rôle contre la pollution du sol ?
Tout à fait Plutôt Pas vraiment Pas du tout
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041043.indd 41 22/11/10 15:44
mations locales et de questionnements
neufs, l’ouverture des lieux, la participa-
tion aux actions de limitation individuelle
de l’exposition (ventilation/dépoussié-
rage des locaux, non-consommation de
produits du jardin…) ;
l
l’évaluation et la gestion des risques,
concepts de tous les jours, sont plei-
nement accessibles aux néophytes,
moyennant de l’engagement personnel,
en temps et en ouverture d’esprit, des
diverses parties.
Ces intérêts se traduisent en autant
de possibles bénéfices – et objectifs –
de l ’ouver ture aux popul ati ons de
l’évaluation et de la gestion d’un site
pollué. Néanmoins, l’implication des
populations ne résout pas tout : elle
« ne supprime pas les conflits, elle les
explicite » comme le formule Laurent
Mermet (Journal de l’Environnement).
DIFFICULTÉS ET OBSTACLES
L’étude a décrit différents obstacles à
l’implication des populations dans le
contexte des sites pollués en France.
l
Des doutes dans le public sur la sincé-
rité de l’ouverture aux populations, qui
est alors vue comme une astuce pour
gagner du temps ou faire « cautionner
l’inacceptable » par les populations. De
fait, l’implication des populations est le
plus souvent imposée aux gestionnaires
par une crise ou par le besoin d’une
participation des populations.
l
Une culture française de la confronta-
tion plutôt que du dialogue et du com-
promis, qui se traduit par des attitudes
de défiance, d’agressivité, de fermeture,
ou par des inhibitions parfois.
l
Une absence de cadre et de moyens
pour l’implication des populations.
l
Un fonctionnement encore cloisonné,
hermétique, peu réactif de la gestion
des sites, entre les différents interve-
nants. La compréhension des rôles et
des fonctionnements de chacun est es-
sentielle pour un dialogue de qualité, qui
évite les incompréhensions, les attentes
déçues, les suspicions, la défiance.
Le bilan coût-bénéfice, notamment
financier, de l’implication des populations
reste à étudier. Elle peut occasionner des
surcoûts comme des économies [4].
STRATÉGIES, GUIDE ET OUTILS
POUR L’IMPLICATION DES
POPULATIONS SUR UN SITE
La stratégie d’implication des populations
– objectifs, degrés (figure 3), champs
de l’implication (figure 2), stratégie de
mise en œuvre – doit être adaptée à
la situation du site. L’élaboration d’une
stratégie et d’un plan d’implication
des popul at i ons passe donc par
FIGURE 2
CHAMPS
D’ IMPLICATION DES
POPULATIONS DANS
L’ ÉVALUATION ET LA
GESTION D’ UN SITE
FIGURE 3
CONTINUUM DE
LA PARTICIPATION
DU PUBLIC SELON
SANTÉ CANADA
(2000)
l
Évaluation du site et des solutions, expertise :
informations, idées, questionnements…
l
Prise de décision sur les études et les solutions
l
Mise en œuvre pratique de mesures de réduction des risques
l
Enjeux connexes de la gestion du site
l
Échéancier, délais
l
Choix de procédures de validation et de prestataires
l
Communication avec la population moins impliquée
l
Organisation de l’implication des populations
un recensement et une analyse des
acteurs, des enjeux et du contexte. Cette
étape conduit à reformuler la question
posée, de sorte à intégrer l’ensemble
des enjeux pertinents.
Une bonne implication des populations
requi er t d’établi r une relati on pl us
symétrique que la simple « commu-
nication », une relation où la confiance
est aussi importante que les détails
techni ques, où i l devi ent possi bl e
d’expliquer les logiques et modèles
d’évaluation de chacun, d’échanger les
vues sur les perceptions, les idées, sur
les questions relatives au site et sur les
enjeux connexes, sur les langages et les
modalités d’échange. L’implication des
populations devrait débuter dès que
possible, avant l’apparition de problèmes
ou la montée d’inquiétudes, de sorte à
« construire la confiance avant qu’elle
ne soit nécessaire » [1].
Un engagement individuel et collectif
des différents acteurs sur des valeurs et
des attitudes de respect et d’ouverture
Adapté de Patterson Kirk Wallace
041043.indd 42 22/11/10 15:44
FIGURE 4
SUPPORT PÉDAGOGIQUE PRÉSENTANT LE SCHÉMA CONCEPTUEL D’ EXPOSITION
UTILISÉ POUR FAIRE COMPRENDRE L’ ÉVALUATION ET LA GESTION DES SOLS POLLUÉS
(KRAUS ET BAUMONT, 2008)
est nécessaire : écoute, disponibilité,
empathie, adaptation du langage, humi-
lité, cohérence entre administrations. La
constitution d’une équipe de site organi-
sée et formée notamment au dialogue
est recommandée.
Le guide et la boîte à outils proposent
des recommandations expliquées, or-
ganisées en fiches opérationnelles,
des documents supports (informations,
modèles, FAQ) et un jeu de brochures,
transparents, poster, « supports d’évé-
nement » sur les sites pollués.
l
Sol pollué - air - nuages - retombées Þ sol
l
Sol pollué - air - poumons - hommes
l
Sol pollué - jardin - potager - fruits et légumes - alimentation - homme
l
Sol pollué - prairie - bétail - alimentation - homme
l
Sol pollué - nappe - lac - poisson - alimentation - homme
l
Sol pollué - nappe - arrosage - champ - agriculture - céréales - alimentation - homme
l
Sol pollué - eau du robinet (potable) - alimentation - homme
l
Sol pollué - homme
DÉPLIANT
POCHETTE DE RANGEMENT
INERIS and IRSN, with the Cire Ile de France, have developed for ADEME a
guide and a toolbox for organising public involvement in the assessment and
the management of contaminated sites.
The guide and the toolbox propose operative recommendations, background
documents, FAQ, and a set of slides, leaflets and "event supports" about
contaminated site. They are intended for all stakeholders including the public,
and are available on www.comrisk.com
Communication at a contaminated site should take into account all site-
related concerns and expectations: health risks, but also property value,
employment concerns, local conflicts, relation to the local environment, etc.
Respect, honesty, humility are key requirements. Public involvement actually
helps find the best solution for the site. The guide helps analyse the context,
define the objectives and a strategy for the public involvement, and choose
and adapt involvement tools.
ABSTRACT
FIGURE 5
LE GUIDE COMRISK
RÉFÉRENCES
[1] Communication on contaminated land, 2004.
www.nicole.org.
[2] Hazebrouck B., Empereur-Bissonnet P., Ledrans M.,
Goldschmidt F., Ramel M., Cochet C., Lafon D., Momas I.,
Masse R., Zmirou Navier D., Quenel P. Études d’évaluation
des risques à Vincennes 2001-2004 : approche déployée
pour estimer les risques sanitaires en rapport avec
l’environnement d’un quartier au regard de son passé
industriel. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, n° 7-8,
pp. 62-64., 2007.
[3] Santé Canada. Politiques et boîte à outils concernant la
participation du public à la prise de décisions, 2000.
[4] US EPA. Supplement to RAGS Part A : Community
Involvement in Superfund Risk Assessments. March 1999.
[5] Ledrans M., Hazebrouck B., Clavel J., Empereur-Bissonet P.,
Cochet C., Fourme E., Garnier R., Goldschmidt F., Hartmann O.,
Jougla E., Lacour B., Lafon D., Momas I., Masse R., Ramel M.,
Suzan F., Zmirou-Navier D., Quenel P. Regroupement de
cancers pédiatriques à Vincennes, rôle du comité scientifique
de 2001 à 2006 : une confrontation entre les attentes
sociales et l’expertise scientifique. Bulletin Épidémiologique
Hebdomadaire, n° 7-8, pp. 57-59, 2007.
WEB
www.comrisk.fr
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Les dégradations de l’environnement sont très
hétérogènes selon les territoires et ne touchent pas
les individus de la même façon, engendrant des
situations d’« inégalités environnementales ». Dans
certaines zones géographiques, les populations
apparaissent davantage exposées aux effets des
pollutions de l’air, du sol ou de l’eau. Le second
Plan National Santé Environnement inscrit parmi
ses objectifs l’identification de ces « points noirs
environnementaux », la réduction des expositions à ces
pollutions et la protection de la santé des populations.
Une cartographie des inégalités d’exposition sur un
territoire établie seulement par l’utilisation directe
de mesures environnementales ne répond pas à ces
objectifs à cause de sérieuses limites méthodologiques.
Ainsi, une juxtaposition des cartes de contamination
des compartiments environnementaux isolés (air,
eau ou sol) ne rend pas compte des interactions entre
milieux ni, in fine, des contributions respectives des
compartiments environnementaux au transfert d’un
contaminant vers l’individu. De plus, l’évaluation
des expositions à l’échelle d’un territoire requiert le
croisement avec des données relatives à la population.
Pour aller plus avant, les outils de l’évaluation de
l’exposition et ceux de la modélisation multimédia
(air/sol/eau/biosphère), interfacés dans un Système
d’Information Géographique (SIG), constituent un
ensemble particulièrement adapté. L’INERIS vise à les
mettre en œuvre dans une plateforme de modélisation
intégrée « sources (émissions) – vecteurs (milieux,
aliments) – cibles (populations) », à différentes échelles
spatiales (globale, régionale et locale) et temporelles.
L’INERIS coordonne le programme de recherche
CIRCE (Cancer Inégalités Régionales Cantonales et
Environnement) avec ses partenaires (INSERM et
Observatoires Régionaux de Santé impliqués). Il
apporte en outre une contribution spécifique dans le
cadre de la thèse SIGFRIED (Système d’Information
Géographique, Facteurs de RIsques Environnementaux
et Décès par cancer) en partenariat avec l’UTC. L’objectif
de cette thèse, soutenue en décembre 2010, est de
construire un indicateur spatialisé de l’exposition de la
population aux substances chimiques.
Ces travaux ont déjà permis d’établir la faisabilité de la
construction de la plateforme de modélisation à une
échelle spatiale fine, de l’ordre du km (Caudeville et al.,
2009). Différentes techniques ont permis d’améliorer la
cartographie de variables d’intérêt :
- une méthode itérative pour aboutir à des échelles
fines pour la cartographie des densités de population ;
- un indicateur de proximité pour l’exposition liée à
l’ingestion de poissons d’eau douce ;
- une technique d’interpolation spatiale pour traiter de
façon homogène des données de contamination de
sol en dépit des niveaux d’information géographique
différents (ex : points versus surfaces) ;
- le géocodage de l’Inventaire National Spatialisé (INS)
des émissions de polluants pour pouvoir utiliser un
modèle de chimie-transport (Chimère) sur une échelle
fine ;
Les inégalités environnementales
au cœur des développements méthodologiques
de l’INERIS
Produits
animaliers
Unité de
distribution
Eau de
consommation
Produits
alimentaires
commerciaux
Eau de surface
Air
Population
Dépôt
Animaux
Végétaux
Sol
Lixiviation
Poisson
Ingestion de sol
Ruissèlement Érosion
Inhalation
Produits alimentaires
locaux
Émission
atmosphérique
044045.indd 44 16/11/10 10:07
RÉFÉRENCES
[1] Caudeville et al. Construction d’un indicateur d’exposition
spatialisé de l’environnement : application au Nord-Pas-de-Calais
Air Pur 76 (2009), p. 49-55
FOCUS
- le géocodage de la base de données sur les eaux de
consommation (Sise’EAUX).
Un nouveau proj et « PL AI NE » – Pl atefor me
intégrée pour l’analyse des inégalités d’exposition
environnementale – va compléter les travaux issus
de la thèse SIGFRIED qui s’appliquent essentiellement
aux métaux et à l’échelle régionale (voir carte ci-
contre). Le projet vise le développement d’une
plateforme intégrée et spatialisée permettant de
déterminer, sur une grande gamme d’échelles
(jusqu’à la France entière), les inégalités liées aux
expositions environnementales des populations à
des substances chimiques variées (métaux, Polluants
Organiques Persistants, pesticides). Le développement
de cette plateforme nécessite un modèle présentant
2 caractéristiques :
- la capacité de prendre en compte la variété des
situations de transport et de transfert des polluants
dans les compartiments environnementaux et celle
des voies d’exposition à différentes échelles spatiales
(globale, régionale et locale) et temporelles (sources
passées et actuelles) ;
- la possibilité de décrire sur une échelle de l’ordre
kilométrique les principales sources polluantes, média
environnementaux (eau, air, sol), voies d’exposition
(inhalation, ingestion d’eau et de nourriture) et les
populations des zones évaluées.
Cette extension sera facilitée par le développement
ad hoc d’outils d’analyse spatiale permettant de
coupler modèles et bases de données géo référencées
de sources et formats multiples. La plateforme
« génération 2 » ainsi construite constituera la base
d’une structure automatisée où seront associées
les données d’émission à la source, de mesures
environnementales, d’indicateurs socio-économiques
et de santé.
C. Boudet et J. Caudeville
Contribution des différentes voies d’exposition à la dose journalière d’exposition (cas du
cadmium), pour l’ensemble de la population des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais. La
DJE s’exprime en mg/kg/jour. Les résultats sont présentés sous forme de « boîtes à moustache »,
qui traduisent la variabilité des résultats à l’intérieur de la population sur la zone considérée.
Les barres verticales représentent l’écart-type des résultats. L’ingestion de végétaux représente
la plus forte voie d’exposition.
Dose Journalière d’Exposition (DJE en mg.kg
-1
.j
-1
)
de cadmium pour l’ensemble de la population en
région Nord-Pas-de- Calais et Picardie, calculée
sur 70 ans. Carte extraite de la thèse SIGFRIED
(Caudeville J, 2010).
I
n
g
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s
t
io
n
S
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l
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Contribution des diférentes voies d'exposition au calcul de la DJE
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Dose Jou nalière d’Exposition (DJE en mg.kg
-1
.j
-1
)
mium pour l’ensemble de la population en
Nord-Pas-de- Calais et Picardie, calculée
ns. Carte extraite de la thèse SIGFRIED
ville J, 2010).
i
urn
DJE en mg/kg/jour
7,5.10
-5
– 15.10
-5
15.10
-5
– 25.10
-5
25.10
-5
– 50.10
-5
50.10
-5
– 75.10
-5
75.10
-5
– 100.10
-5
INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 45
044045.indd 45 16/11/10 10:07
Toxicologie
environnementale
046047.indd 46 17/11/10 09:42
Stratégie de recherche
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 47
e
L
e Grenelle de l’Environnement préconisait un ren-
forcement de la toxicologie et de l’écotoxicologie
au niveau national. 2009 a été l’année de la
concrétisation de cette volonté, avec la création du
Pôle national applicatif en Toxicologie et Écotoxicolo-
gie, entité nationale regroupée autour de l’INERIS et
de son réseau de partenaires régionaux (UTC, UPJV,
La Salle Beauvais…) et nationaux (ANTIOPES…). Grâce
à l’attribution d’une allocation spécifique, l’INERIS
lance 9 grands projets regroupant 48 partenaires,
appartenant à l’INSERM, le CNRS, l’INRA, le CEA ou
l’université. Ces projets ont pour ambition le renforce-
ment des moyens humains et l’amélioration des outils
et méthodes de la toxicologie et de l’écotoxicologie
prédictives, ainsi que l’amélioration de la maîtrise des
risques liés à l’utilisation des substances chimiques.
En appui à la réglementation, et en particulier au
règlement REACh, ces projets contribuent au dé-
veloppement de méthodes alternatives à l’expéri-
mentation animale, en particulier de tests in vitro
(dont la mise en place et la validation de modèles
de barrières) et de méthodes in silico (grâce à l’outil
informatique) : QSAR
(1)
, et modèles de toxicociné-
tique. Ces domaines font l’objet d’un partenariat fort
entre l’UTC et l’INERIS concrétisé par la mise en place
de la chaire d’enseignement et de recherche « mo-
délisation mathématique et biologie systémique
pour la toxicologie prédictive » dans le cadre de la
Fondation pour l’innovation de l’UTC. Il s’agit de faire
reconnaître et de mettre à disposition ces méthodes
alternatives aussi bien dans la communauté scien-
tifique, que vis-à-vis des industriels et des pouvoirs
publics. Le Pôle national applicatif en Toxicologie
Écotoxicologie s’attache d’une part à se doter d’outils
structurants partagés (Plateforme d’excellence dans
les sciences du vivant en partenariat avec LaSalle
Beauvais, ou Innocell Valley en partenariat avec
l’UTC). Il vise d’autre part à favoriser l’émergence de
jeunes entreprises innovantes préférentiellement sur
Les grands chantiers qui
attendent l’INERIS pour
les années à venir au
plan méthodologique :
l les méthodes de
criblage à haut débit,
visant à étudier et à
identifier des molécules
aux propriétés nouvelles
dans le domaine de
la génomique et de la
protéomique en utilisant
la bioinformatique ;
l les approches
alternatives en
expérimentation animale
(in vitro, in silico, tests
sur embryons)
Les grands chantiers qui
attendent l’INERIS pour
les années à venir sur
le plan des polluants
émergents :
l La toxicité des
nanoparticules ;
l les perturbateurs
endocriniens : leurs
effets sur d’autres
fonctions que la
reproduction, les
médicaments à
effet perturbateur
endocrinien.
E
T

D
E
M
AIN
le site de l’INERIS, grâce au transfert technologique.
Les travaux de l’Institut s’articulent autour de trois
grands thèmes : le développement de tests in vitro,
le développement d’outils de type biomarqueurs, et
la modélisation mathématique à différentes échelles
du vivant en cohérence avec les recommandations
du groupement d’intérêt scientifique « Plateforme
française pour le développement des méthodes
alternatives en expérimentation animale »
(2)
. Les
perturbateurs endocriniens, les nanoparticules
et l es champs él ectromagnéti ques, suj ets de
préoccupations sociétales fortes, sont largement
étudiés dans ce contexte.
Le développement des outils d’évaluation des im-
pacts environnementaux passe par l’étude et la
reconnaissance de biomarqueurs – marqueurs bio-
logiques manifestant la présence de polluants – et
par la mise en place de tests in vitro permettant
d’améliorer les connaissances sur le mode d’action
des substances, ainsi que de faire le lien entre état
écologique et état chimique de la Directive cadre
sur l’Eau.
Dans le domaine des champs électromagnétiques,
l’INERIS a participé à la table ronde « radiofré-
quences, santé, environnement » organisée par le
ministère de la Santé avec le concours du ministère
de l’Écologie, et le secrétariat d’état au dévelop-
pement de l’économie numérique. L’Institut a par
ailleurs été chargé du pilotage des opérations de
mesure sur le terrain pour les niveaux d’exposition,
dans le cadre de l’évaluation des conséquences d’un
abaissement de l’exposition aux ondes radioélec-
triques émises par les antennes relais.
NOTES
(1) Quantitative structure activity relationships.
(2) État des lieux des méthodes alternatives dans le domaine
de l’expérimentation animale en France,
Rapport à Madame la ministre de l’Enseignement supérieur
et de la Recherche – mars 2010.
046047.indd 47 17/11/10 09:42
La toxicocinétique prédictive
L
es rel at i ons « dose- ef f et »
développées en évaluation de
risques des substances chimiques
sont des modèl es mathémati ques
si mpl es l i ant l a dose extéri eure à
un ef fet obser vé. Des modèl es de
toxicocinétique relient les doses et
l es scénari os d’expositi on avec l es
concentrations au niveau des tissus
cibles des substances. Ils permettent
d’intégrer explicitement le temps et
de prédire la réponse pour différentes
durées d’exposi ti ons ou pour des
expositions variables au cours du temps.
Mais pour extrapoler entre différentes
voies d’exposition, entre différentes
espèces ou entre différents âges, il est
nécessaire d’intégrer la physiologie de
l’organisme étudié.
Les modèles dits PBPK (Physiologically
Based Phar macoKi net i c) ont ét é
développés dans ce but. Ils s’appuient
sur la représentation de l’anatomie et
de la physiologie de l’organisme ainsi
que sur une description réaliste des
mécanismes toxicocinétiques, c’est-
à-di re l es processus d’absorpti on,
de distri buti on, de métabolisme et
d’excréti on (ADME). Typi quement,
l’organisme est représenté par une série
de compartiments, propres à un tissu ou
un groupe de tissus, interconnectés par
les flux sanguins, biliaires ou aériens.
Les paramètres de ces modèles sont
soit spécifiques à la physiologie de
l ’organi sme (vol umes des organes
ou flux sanguins) soit spécifiques à
la substance (taux de métabolisme
ou constante d’af fi nité aux tissus).
La fi gure 1 est une représentati on
schématique d’un modèle PBPK.
Nous présentons ici trois situations
pour lesquelles nous avons utilisé des
modèles de toxicocinétique dans un
cadre d’évaluation du risque. Dans le
premier exemple, nous avons contribué
à un travai l de l ’I NRS consi stant à
exploiter un modèle toxicicocinétique
simple dans le cadre d’évaluation de
l’exposition au cobalt de travailleurs.
Le second exempl e présente nos
développements récents d’un modèle
PBPK générique capabl e de rendre
compte de la cinétique des substances
à l’échelle de la vie et des différences
physi ol ogi ques entre i ndi vi dus. Le
troisième exemple propose l’analyse
de données d’imagerie pour évaluer la
cinétique de nanoparticules inhalées.
L’étude en collaboration avec l’INRS à
laquelle nous avons contribué consistait
à développer et à exploiter un modèle
toxicocinétique pour relier l’exposition
atmosphérique de travailleurs au cobalt
et sa concentration dans leurs urines [2].
Un seuil d’exposition atmosphérique
au cobal t a été déf i ni par l ’ACGI H
(American Conference of Governmental
I ndustri al Hygi eni st s), soci été non
gouvernementale qui, sans être un
organisme de normalisation, publie des
valeurs limites d’exposition en appui aux
hygiénistes du travail. Pour le cobalt, le
seuil de concentration urinaire est défini
à partir d’une relation linéaire reliant
FIGURE 1
EXEMPLE DE DESCRIPTION
SCHÉMATIQUE D’ UN MODÈLE PBPK
L’organisme est représenté par une série de
compartiments, interconnectés par les flux sanguins et
aériens, dont l’intensité est représentée par le paramètre
Q, et la concentration en substance par le paramètre C.
A. Péry
C
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PerIuse lenIemenI
(muscle, os, eIc.)
PerIuse raþidemenI
(cerveau, reins, eIc.)
Poumon
|oie
6raisse
048050.indd 48 22/11/10 15:44
concentration dans l ’air ambiant et
concentration urinaire avec des mesures
effectuées à un temps arbitraire. Dans
notre étude, il s’agissait d’améliorer
la définition du seuil de concentration
ur i nai r e et de mi eux déf i ni r l e
moment de prélèvement. L’étude a
montré la pertinence d’un modèle de
toxicocinétique à deux compartiments,
sans réali té physi ol ogi que défi ni e,
consistant en un compartiment central
où l’air est inhalé et l’urine excrétée
et un compartiment périphérique qui
échange avec le compartiment central.
L’estimation des paramètres du modèle
a été réalisée dans un contexte bayésien
à partir de données obtenues sur 16
travailleurs exposés à de la poussière de
cobalt dans le cadre de leur travail. Une
fois le modèle calibré, des simulations
ont été réalisées afin de déterminer le
moment d’échantillonnage optimal et le
seuil urinaire à considérer, donnant lieu
à un taux acceptable de faux négatifs et
de faux positifs, en relation avec le seuil
atmosphérique. Un prélèvement durant
les trois dernières heures de la semaine
de travail, avec un seuil de référence
de 5 μg/L (trois fois inférieur au seuil
actuellement utilisé), est ainsi préconisé.
Le second exemple consiste dans le
développement d’un modèle PBPK gé-
nérique détaillant un grand nombre
de tissus susceptibles d’être la cible de
substances chimiques et décrivant la
toxicocinétique sur la vie entière d’un
humain [1]. Ce type de modèle est bien
adapté pour simuler les expositions
chroniques à faibles doses et permet
ainsi d’estimer l’impact de ces expo-
sitions sur l’humain en ciblant des pé-
riodes de la vie (enfance, grossesse)
ou des caractéristiques physiologiques
(di f férences de métabol i smes, par
exemple) susceptibles d’augmenter la
sensibilité individuelle. Les fonctions
décrivant l’évolution temporelle de la
masse corporelle et celles décrivant les
masses relatives des organes ont été
améliorées par rapport aux fonctions
proposées dans la littérature. En parti-
culier, la variabilité interindividuelle au
cours de la vie de la masse corporelle,
des masses relatives des organes et
des capacités de métabolisme et d’ex-
crétion, a été intégrée au modèle. Les
effets du vieillissement sur la physiolo-
gie ont aussi été intégrés au modèle,
en modélisant l’atrophie musculaire,
l’augmentation de la masse adipeuse,
la diminution du flux cardiaque et la
modification des flux spécifiques des or-
ganes. Par ailleurs, les changements du
métabolisme liés à l’âge ont été modé-
lisés en intégrant au modèle l’évolution
temporelle de la quantité de protéines
microsomales dans les différents tissus
et en exprimant la vitesse maximale
du métabolisme en fonction de cette
quantité. Enfin, un modèle reliant struc-
ture physico-chimique et propriétés
toxicocinétiques des substances a été
intégré pour déterminer les coefficients
de partition des substances entre le
sang et les organes. Chez la femme, la
modélisation du système mère/fœtus
f
o
n
c
e
n
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r
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)
û.1
û.û1
û.ûû1
2û 3û 4û 5û 6û
Åge (années)
FIGURE 2
CONCENTRATIONS EN DIOXINE DANS LE SANG SIMULÉES
(LIGNES) ET MESURÉES (POINTS) POUR DES FEMMES
JAPONAISES.
Les lignes pleines sont les simulations pour les femmes
ayant eu un seul enfant au cours de leur vie ; les lignes en
pointillés les simulations pour celles ayant eu deux enfants.
La moyenne est représentée en noir et les intervalles de
variabilité dans la population en gris. Le modèle propose
une bonne prédiction à la fois de l’ évolution temporelle de
la moyenne et de la variabilité des mesures.
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 49
048050.indd 49 22/11/10 15:44
en concentrations dans les différents
organes. Dans notre modèle, après
absorption des nanoparticules, celles-
ci sont pour la plupart déposées dans
les poumons, une petite partie étant
avalée et transférée directement dans
l’estomac. Une part du technetium n’est
pas liée aux particules. En outre, ces
particules sont de tailles différentes
avec des cinétiques divergentes. Nous
avons donc distingué trois fractions
de technetium : une fracti on li bre,
une fraction liée aux petites particules
(i.e. capables de passer la barrière
pulmonaire) et une fraction liée aux
grandes par ticul es (i.e. qui restent
au niveau du poumon sans atteindre
la circulation sanguine). Nous avons
montré que seule une faible proportion
du technetium (6,7 %) était libre, mais,
de la même manière, seule une faible
proportion des particules (12,7 %) ont
été capables de rejoindre la circulation
sanguine, ce qui est cohérent avec
d’aut res ét udes di sponi bl es dans
la littérature pour lesquelles le taux
de passage avait pu être quantifi é
expérimentalement (de l’ordre de 5 %).
La faiblesse de ce taux de passage ne
retire rien à la nécessité d’une étude
toxicologique au niveau de la circulation
sangui ne, notamment du fait de la
lenteur de l’élimination des particules.
La modélisation toxicocinétique est donc
un outil indispensable pour mettre en
relation l’exposition et la dynamique
RÉFÉRENCES
[1] Beaudouin R, Micallef S, Brochot C. (2010). A stochastic
whole-body physiologically based pharmacokinetic model
to assess the impact of inter-individual variability on tissue
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[2] Martin A, Bois FY, Pierre F, Wild P. (2009). Occupational
exposure to cobalt: a population toxicokinetic modeling
approach validated by field results challenges the biological
exposure index for urinary cobalt. Journal of Occupational and
Environmental Hygiene, 7:54–62.
[3] Péry ARR, Brochot C, Nemmar A, Hoet PHM, Bois FY.
(2009). Development of a physiologically based kinetic
model for 99m-Technetium-labelled carbon nanoparticles
inhaled by humans. Inhalation Toxicology, 21:1099-1107.
Dose-effect relationships in chemical risk assessment are commonly derived
through simple mathematical models linking directly effects with exposure
dose. These models, usually calibrated with animal data, are specific to the
tested chemical, the endpoint and the experimental protocol. Accounting
for toxicokinetics permit to extrapolate results for different chemicals
and different scenarios of exposure. Among toxicokinetics models,
physiologically based pharmacockinetic (PBPK) models are based on a
realistic description of anatomy, physiology and of the mechanisms involved
in the disposition of a compound within an organism, i.e. absorption,
distribution, metabolism, and excretion (ADME processes). We present three
examples of use of toxicokinetics models in risk assessment. In the first
one, we contributed to an INRS study aiming at evaluating workers cobalt
exposure. The second one consists in the recent development of a generic
lifetime PBPK model accounting for physiological differences between
individuals. The third one exposes the calibration of a PBPK model based on
imaging data to assess the kinetics of inhaled particles.
de la concentration dans les fluides ou
les tissus afin d’extrapoler à différents
scénarios d’exposition. En outre, une
modélisation fondée sur une prise en
compte explicite des caractéristiques
physiologiques des individus permet
d’extrapol er entre i ndi vi dus ou de
proposer des prédictions crédibles de
la cinétique au cours de la vie entière.
Enf i n, ce t ype de modèl e per met
de créer une dynami que posi ti ve
quant aux méthodes alternatives en
expérimentation animale. Ainsi les
développements en imagerie ou les
progrès en expérimentation in vitro
amélioreront le pouvoir prédictif des
modèles.
ABSTRACT
lors de la gestation a été détaillée. Ainsi,
les modifications des masses relatives
des organes de la mère lors de la gesta-
tion et de la lactation ont été prises en
compte. De plus, lors de la lactation, le
tarissement du flux de lait en fonction
de l’âge de l’enfant a été intégré en mo-
délisant un sevrage partiel et complet
de l’enfant. Les prédictions du modèle
(valeur médiane et variabilité) ont été
confrontées avec succès à des données
réelles pour deux substances, le buta-
diène et la dioxine, comme l’illustre la
figure 2 pour les concentrations sangui-
nes en dioxine au sein de la population
féminine japonaise.
Le dernier exemple que nous présentons
c or r es pond a u dével oppement
d’un modèl e PBPK spéci f i que aux
nanoparticules de carbone inhalées
par l’homme, dans le cadre du projet
européen NANOSAFE [3]. Les données
que nous avons analysées étaient des
données d’imagerie fournies par nos
partenaires de l’Université catholique de
Leuven et proviennent d’un article qu’ils
ont publié en 2002. Elles suggéraient
un passage de particules dans le sang,
mais aucune quantification n’avait été
possible. Ces données correspondent
à des particules de carbone marquées
au technetium (
99m
Tc) en suspension
dans l’air inhalé par 5 hommes. Nous
avons construit un modèle PBPK et
développé une méthodologie capable
de convertir des données d’imagerie
048050.indd 50 22/11/10 15:44
Biodistribution et élimination
de nanotubes de carbone instillés dans
les poumons de rats
L
a s t r u c t u r e phy s i qu e des
na n o p a r t i c u l e s ( NP) l e u r
confère des propriétés physico-
chimiques et biologiques différentes
de celles du même composé de taille
micrométrique. Par exemple, les défauts
de structure semblent jouer un rôle au
niveau de la toxicité et l’élimination
des nanotubes de carbone [3]. Ainsi,
une utilisation de NP est envisagée
dans de nombr euses i ndust r i es.
En ef fet, les produits suivants sont
déj à commerci al i sés : des texti l es
insalissables recouverts d’une pellicule
de nanoparticules d’argent, des verres
autonettoyants sur lesquels ont été
déposées des couches minces d’oxyde
de titane, des cabines de douche, des
éviers ou des carrosseries recouvertes
de nanof i l ms, des dent i f r i ces au
nanophosphate de calcium qui comblent
les minuscules fissures des dents, des
produits solaires au dioxyde de titane,
de rouges à lèvres à l’oxyde de zinc pour
améliorer la tenue, des vernis à ongles
enrichis en oxyde de zirconium. Parmi
les NP les plus utilisées, on distingue
notamment les nanotubes de carbone
(NTC). Malheureusement, à l ’heure
actuelle, la toxicité potentielle de cette
NP reste encore mal connue. De par leur
faible taille, les NTC peuvent être remis
aisément en suspension dans l’air et la
voie pulmonaire est une voie privilégiée
d’exposition à ce type de composé.
L’ét ude de l a toxi ci té pul monai re
d’une par ti cul e i mpl i que l ’anal yse
de sa biopersistance c’est-à-dire du
temps au cours duquel le NTC reste
au niveau de chaque organe, de son
élimination mais aussi de sa capacité
à passer la barrière alvéolo-capillaire
entre le poumon et le sang. Les NTC
étant constitués d’atomes de carbone,
leur dosage est particulièrement difficile
dans les milieux biologiques qui sont
eux-mêmes très riches en carbone.
Dans ces conditions, il est fait appel
à des méthodes de dosage indirect
reposant sur l’analyse des catalyseurs
métalliques qu’ils renferment. En effet,
leur synthèse nécessite la présence
de ces catalyseurs métalliques qui ne
peuvent pas être totalement éliminés
lors de la purification de ces NTC.
Afin d’étudier leur biopersistance et
leur élimination, des NTC contenant
0,5 % de nickel ont été instillés dans
des poumons de rats. Sept jours après
traitement, l’analyse en microscopie
él ectroni que (MET), coupl ée à une
sonde EDX (Émission de photons X),
de coupes de poumon et de ganglions
lymphatiques de rats traités a révélé
une parfaite colocalisation entre les
NTC et le nickel. Ainsi, les résultats
obtenus montrent que le nickel reste
f i xé aux NTC dans l ’organi sme et
peut donc être utilisé comme traceur
du NTC l or s d’ét udes i n vi vo. La
présence éventuelle de NTC dans de
nombreux organes (foie, reins, rate,
cœur, cer veau, poumon, testicules,
ganglions lymphatiques et thymus) à
divers temps suivant l’instillation a été
RÉFÉRENCES
[1] Elgrabli D., Abella-Gallart S., Robidel F., Rogerieux F.,
Boczkowski J., Lacroix G. (2008a). Induction of apoptosis
and absence of inflammation in rat lung after intratracheal
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nanotubes: toxicological aspects. Chem Res Toxicol. 21(9):
1698-705. Epub 2008 Jul 18.
D. Elgrabli
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 51
051053.indd 51 22/11/10 16:58
recherchée par dosage du nickel dans
ces organes par spectroscopie optique
(ICP-OES). À l’exception des poumons
et des gangl i ons l ymphati ques, l a
présence de NTC n’a pas été détectée
dans d’autres organes après 1, 7, 30,
90 et 180 jours (figure 1), suggérant
ainsi l’incapacité des NTC à traverser de
façon significative la barrière alvéolo-
capillaire (limite de détection évaluée
à 10 ng/organe) [2]. De plus, il a été
observé que la totalité du NTC instillé
reste présente dans le poumon pendant
au moins 1 mois après le traitement.
Une diminution de 62 % et de 84 %
de la quanti té de NTC i nj ectée est
cependant observée à respectivement
3 mois et 6 mois. Les NTC n’ayant été
retrouvés dans aucun autre organe
que le poumon et les ganglions, il est
fortement suggéré l ’existence d’un
mécanisme d’élimination pulmonaire
pour le NTC étudié (figure 1).
Af i n d’ i dent i f i er l e méc ani s me
d’élimination pulmonaire des NTC des
doses de 1, 10 ou 100 μg de NTC ont
été instillées dans les poumons de rats
et différents paramètres, marqueurs
de l’inflammation, du stress oxydant,
de l’apoptose ou de la phagocytose,
ont été analysés 1, 7, 30, 90 et 180
jours après traitement. Des coupes de
poumon ont ainsi été réalisées puis
observées en microscopie électronique
à transmission. Suite à la quantification
par PCR de l’ARNm d’actine ␤ et de
EEA-1 (Early endosome antigen 1), il est
conclu que les macrophages alvéolaires
sont capables de reconnaî tre et de
phagocyter les NTC [1]. La question
suivante est donc de savoir quel est le
devenir des NTC une fois phagocytés ?
Pour répondre à cette question, des
NTC ont été instillés dans des poumons
de rats. Après 15 jours, les NTC ont été
récupérés par lavage broncho-alvéolaire
et l yse des cel l ul es pul monai res.
L’analyse de la structure de NTC instillés
dans les poumons des rats a alors été
réalisée au MET et en spectroscopie
infrarouge. Suite à ces expériences, une
diminution de la taille des NTC instillés
ainsi que des modifications physiques
et chimiques de la structure de ces NTC
par fixation de groupements alcools
et nitrés ont été notées. Par ailleurs,
l’augmentation de l’ARNm d’enzymes
i mpliquées dans la dégradati on de
molécules étrangères à l’organisme
(cytochrome P450 1A1 et 2E1) a été
mes ur ée. Ces enz ymes, et pl us
particulièrement le cytochrome P450
1A1, sont connus pour jouer un rôle dans
la fixation de groupements hydroxylés
tels que les alcools afin de favoriser la
solubilisation et l’élimination d’éléments
ét r anger s. El l es pour r ai ent donc
intervenir dans l’élimination des NTC.
Par ailleurs, et bien que la présence de
cellules en apoptose [1], c’est-à-dire de
cellules entrant en mort cellulaire ait
également été notée, une induction
de marqueurs de la phagocytose de
cellules apoptotiques (Elmo 1, Elmo 2
et Dock 180) ainsi qu’une diminution de
l’expression de cytokines responsables
q
u
a
n
t
ì
t
é

d
e

N
ì

(
µ
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Jemps (jours)
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&,(%.%&-%
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<Vc\a^dchCI8&%©\
<Vc\a^dchCI8&%%©\
6jigZhdg\VcZh
FIGURE 1
PASSAGE DES NANOTUBES DE CARBONE
À TRAVERS LA BARRIÈRE PULMONAIRE
ET ÉLIMINATION PULMONAIRE.
Les nanotubes de carbone ont été
détectés uniquement au niveau des
poumons et au niveau des ganglions
lymphatiques 30 jours après le traitement
montrant ainsi l’absence de passage de
ces nanoparticules à travers la barrière
pulmonaire. Une diminution de la quantité
de ces nanotubes de carbone au niveau
pulmonaire, associée à l’absence de
passage dans d’autres organes, suggère
l’existence d’un mécanisme d’ élimination.
EdjbdcCI8&%©\
EdjbdcCI8&%%©\
<Vc\a^dchCI8&%©\
<Vc\a^dchCI8&%%©\
6jigZhdg\VcZh
051053.indd 52 22/11/10 16:58
des phénomènes i nf l ammatoi res
(IL-10 et GMCSF), caractéristiques de ce
phénomène, ont été notées. L’hypothèse
d’un mécanisme d’élimination selon
laquelle après phagocytose les nano-
tubes sont modifiés physiquement et
chimiquement, peut donc être posée.
Les macrophages alvéolaires ayant
joué leur rôle entrent alors en apoptose
formant des débris cellulaires. Ces débris
sont alors pris en charge par un nouveau
pool de cellules afin de poursuivre
l’élimination des NTC présents dans le
poumon (figure 2).
L’ensemble de ces résultats a permis de
mettre en évidence que les catalyseurs
métalliques utilisés pour réaliser la
synthèse des NTC pouvaient servir de
Background: Constituted only by carbon atoms, CNT are hydrophobic and
hardly detectable in biological tissues. These properties make biokinetics
and toxicology studies more complex. Methods: We propose here a method
to investigate the biopersistence of CNT in organism, based on detection
of nickel, a metal present as trace in the NTC we investigated. Results and
conclusion: Our results in rats that received NTC by intratracheal instillation,
reveal that NTC can be eliminated and do not significantly cross the
pulmonary barrier but are still present in lungs 6 months after a unique
instillation. NTC structure was also showed to be chemically modified and
cleaved in the lung. Long-time presence of NTC in the lung is associated
with lung induction of cytochrome P450 1A1 and 2E1 mRNA suggesting a
possible role of these enzymes in NTC clearance. These results provide the
first data of CNT biopersistence and clearance at 6 month after respiratory
administration.
FIGURE 2
SCHÉMA REPRÉSENTANT LE MÉCANISME
D’ ÉLIMINATION DES NANOTUBES DE
CARBONE AU NIVEAU PULMONAIRE.
Les nanotubes de carbone sont
reconnus (a), phagocytés (b) et modifiés
physiquement et chimiquement (c)
par les macrophages alvéolaires.
Ces cellules entrent ensuite en apoptose
(d) et libèrent des débris cellulaires qui
seront pris en charge par un nouveau
pool de macrophages alvéolaires afin
de poursuivre l’ élimination (e).
traceur pour la détection en milieux
biologiques. Il a également été mis en
évidence que les NTC étaient capables
de persister dans l’organisme pendant
plus de 6 mois. Les résultats obtenus
ont également permis de poser une
hypot hèse quant au mécani sme
d’élimination des NTC mis en jeu au
ni veau pul monai re. Ce mécani sme
permet, d’une part, d’expliquer la lente
élimination ou clairance pulmonaire des
NTC et, d’autre part, de tenir compte de
l’ensemble des observations effectuées
et plus précisément de l’absence de
processus inflammatoire. Ces résultats
ayant été obtenus suite à une exposition
unique, la question de la réaction de
l ’organi sme face à une exposi ti on
répétée est posée.
ABSTRACT
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 53
051053.indd 53 22/11/10 16:58
Outils de criblage in vitro et in vivo chez
le poisson pour l’évaluation des effets
endocriniens de polluants aquatiques
S. Aït-Aïssa/F. Brion
L
es perturbateurs endocriniens
(PE) regroupent des substances
d’origines et de structures très
diverses qui peuvent agir sur l’ensemble
des étapes de la régulation endocrine et
induire des effets néfastes sur la santé
d’un organisme, ou sa descendance,
secondairement à des changements
de la fonction endocrine. En raison des
risques qu’ils font courir en particulier
sur la foncti on de reproducti on, l e
développement de stratégies de tests et
d’outils de criblage est devenu un enjeu
majeur pour identifier les substances
actives et quantifier leurs effets. Dans
ce contexte, les poissons apparaissent
comme des organismes cibles parti-
culièrement sensibles pour lesquels
des études démontrent des liens forts
entre l’exposition environnementale à
des composés PE et des effets néfastes
sur les individus et les populations
sauvages.
Pour étudier les effets endocrines des
substances chimiques chez le poisson,
l’INERIS s’appuie sur une démarche inté-
grant différents niveaux de complexité
biologique : moléculaire (expression de
gènes), cellulaire, tissulaire et de l’or-
ganisme (impacts physiologiques). La
mise en œuvre de cette approche passe
par le développement et la validation
d’outils de caractérisation du danger
des substances chimiques. Face à la
diversité des molécules et des méca-
nismes d’action impliqués, l’utilisation de
tests de criblage sensibles et spécifiques
(incluant des essais in vitro et in vivo
à court terme) est indispensable pour
l’évaluation des substances chimiques
vis-à-vis de leurs effets sur la fonction
endocrine.
Dans ce contexte, le développement et la
validation de tests de criblage adaptés à
des espèces non mammifères constitue
un enjeu important dans l’évaluation
du danger des PE pour les espèces
aquatiques. En effet, des différences
interespèces peuvent significative-
ment influer sur la réponse du test.
Par exemple pour les récepteurs aux
œstrogènes, il existe des différences
d’affinité et, dans une moindre mesure,
de spécificité vis-à-vis de certaines
substances, entre le récepteur humain
(hER␣) et celui de la truite arc-en-ciel
(rtER␣). Il peut également exister des
différences de réponse en fonction
du contexte cellulai re étudié (type
cellulaire, tissu ou espèce d’origine, etc.).
Plusieurs études récentes décrivent le
développement de modèles cellulaires
de poisson et leurs applications en
écotoxicologie pour l’évaluation de
polluants émergents [4], [5], toutefois la
validation de ces modèles pour l’étude
des PE et leur comparaison aux modèles
mammifères existants reste encore
insuffisamment documentée.
DES MODÈLES CELLULAIRES
Un des objectifs de nos travaux est de
développer des modèles cellulaires basés
sur l’utilisation de cellules de poisson
pour étudier les spécificités de réponse
de récepteurs hormonaux (e.g. récepteur
des œstrogènes) ou de xénobiotiques
(e.g. récepteur de la dioxine, récepteur
PXR) à des polluants aquatiques, en
comparaison aux modèles cellulaires
mammifères plus largement décrits.
Nous avons ainsi mis au point une lignée
cellulaire exprimant de manière stable
le récepteur ER de truite arc-en-ciel
(rtER) couplé au gène rapporteur de la
luciférase dans les cellules hépatiques
PLHC-1, dérivées du vairon (Poeceliopsis
lucida) (Cosnefroy et al., 2009). Cette
nouvelle lignée, nommée PELN-rtER
(PLHC-1 ERE-Luciferase-Neomycine), a
été caractérisée vis-à-vis d’un panel
de xéno-estrogènes et comparée à
d’autres modèles in vitro d’œstrogénicité
(tableau 1, [2]).
054056.indd 54 16/11/10 11:12
RÉFÉRENCES
[1] Brion F., Tyler CR., Palazzi X., Laillet B., Porcher J. M.,
Garric J. and Flammarion P. Impacts of 17 beta-estradiol,
including environmentally relevant concentrations,
on reproduction after exposure during embryo-larval-,
juvenile- and adult-life stages in zebrafish (Danio rerio).
Aquatic Toxicology 68(3): 193-217, 2004.
[2] Cosnefroy A., Brion F., Guillet B., Laville N., Porcher J. M.,
Balaguer P. and Aït-Aïssa S. A stable fish reporter cell line to
study estrogen receptor transactivation by environmental
(xeno)estrogens. Toxicology in vitro, 23:1450-4, 2009.
[3] Hinfray N., Palluel O., Turies C., Cousin C., Porcher J. M. and
Brion F. Brain and gonadal aromatase as potential targets
of endocrine disrupting chemicals in a model species, the
zebrafish (Danio rerio). Environmental Toxicology 21(4):
332-7, 2006.
[4] Laville N., Aït-Aïssa S., Gomez E., Casellas C. and Porcher J. M.
Effects of human pharmaceuticals on cytotoxicity,
EROD activity and ROS production in fish hepatocytes.
Toxicology 196(1-2): 41-55, 2004.
[5] Laville N., Aït-Aïssa S., Casellas C. et Porcher J. M.
Application de modèles cellulaires pour l’étude des
effets potentiels des médicaments chez les poissons.
Environnement, Risques et Santé 5(4): 284-289, 2006.
[6] Molina-Molina J. M., Escande A., Pillon A., Gomez E.,
Pakdel F., Cavailles V., Olea N., Aït-Aïssa S. and Balaguer P.
Profiling of benzophenone derivatives using fish and human
estrogen receptor-specific in vitro bioassays. Toxicology and
Applied Pharmacology 22(1): 384-395, 2008.
[7] Tong SK., Mouriec K., Kuo MW., Pellegrini E., Gueguen
MM., Brion F., Kah O., Chung BC. A cyp19a1b-GFP (Aromatase
B) Transgenic Zebrafish Line That Expresses GFP in Radial Glial
Cells. Genesis 47 : 67-73, 2009.
En dépit d’une sensibilité moindre aux
œstrogènes des modèles cellulaires
dérivés du poisson par rapport aux
modèles cellulaires d’origine humaine
(MELN), l ’ut i l i sat i on de modèl es
dér i vés du poi s s on s’avèr e t r ès
pertinente pour identifier les molécules
environnementales qui présentent un
potentiel œstrogénique relatif plus
impor tant chez le poisson (af finité
relative des molécules à l’œstradiol).
C’est le cas notamment de métabolites
de la zéaralénone et de dérivés de la
benzophénone. Les benzophénones
sont des molécules largement utilisées
en tant que filtre chimique anti-UV
dans différents produits industriels et
cosmétiques et sont de plus en plus
fréquemment décrites en tant que
contaminants des milieux aquatiques.
Ainsi, dans nos études, ces molécules
se sont-elles montrées plus affines,
relati vement à l ’œstradi ol, pour l e
récepteur des œstrogènes de truite
que pour le récepteur humain (Molina-
Molina et al., 2008, Cosnefroy et al.
2009, Pillon et al. 2005). Ces résultats
soulignent des différences entre les
modèles in vitro humains et ichthyens
qui serai ent l i ées à des contextes
cellulaires différents (e.g. hépatique
ver s us mammai r e) et /ou à des
récepteurs de sensibilité différente.
LE PROJET NEMO
Les travaux en cours du projet NEMO,
programme de recherche dédié au
développement de nouvelles méthodes
pour l’étude des effets des PE chez
le poisson mené en partenariat avec
différents organismes de recherche.
I NSE RM, I NR A, C NRS v i s ent en
par t i cul i er au dével oppement de
tests biologiques in vitro et in vivo de
screening des substances chimiques
chez une espèce modèle, le poisson
zèbre.
La condui te d’expéri mentati ons i n
vi vo chez cet te espèce présente
de nombreux avant ages : espèce
de petite taille à cycle de vie court,
d ével o p p ement emb r yo n na i r e
rapide et transparence du chori on,
génome bi en caractéri sé, maî tri se
du cycle de vie permettant d’étudier
différents stades de développement,
espèce recommandée par l ’OCDE
pour l ’éval uat i on des subst ances
chi mi ques . Dans l e cadr e d’une
thèse menée à l’INERIS, des lignées
cellulaires de poisson zèbre exprimant
les différents isoformes des récepteurs
des œstrogènes i denti fi és chez ce
poisson (isoformes ␣, ␤1, ␤2) ont été
dével oppées et sont utilisées pour
caractériser les effets in vitro de diverses
substances chimiques chez ce poisson
TABLEAU 1
COMPARAISON DE L’ACTIVITÉ
ŒSTROGÉNIQUE DE SUBSTANCES
CHIMIQUES DANS DIFFÉRENTS TESTS
CELLULAIRES,
Développés à partir de cellules de poisson
(PELN-rtER, PRTH) et humaines (MELN).
Le potentiel œstrogénique (REP) d’une
substance, déterminé relativement
à l’action de l’œstradiol, hormone de
référence, varie selon le test cellulaire et
s’avère globalement plus fort en cellules
de poisson qu’en cellules humaines.
REP = potentiel œstrogénique relatif
à l’œstradiol.
- : non testé
PELN-rtER
(lignée cellulaire de
poisson PLHC1)
MELN
(lignée cellulaire
humaine MCF7)
PRTH
(hépatocytes de truite
en primoculture)
Substances chimiques REP REP REP
17␤-Œstradiol
1
(EC
50
= 5 nM)
1
(EC
50
= 0,018 nM)
1
(EC
50
= 22 nM)
Œstrone 0,04 0,03 -
Œstriol 0,03 0,18 -
Éthynil-œstradiol 1,54 2,56 1,94
Hexestrol 0,50 - 0,11
DES 0,24 0,10 0,18
␣-Zéaralanol 0,22 0,13 0,56
␣-Zéaralénol 0,12 - -
b-Zéaralénol 0,011 - -
Génisteine 0,010 6,7E-04 0,013
Bisphénol A 0,016 1,9E-04 -
4-Octylphénol 2,9E-03 3,3E-04 6,3E-04
4-Nonylphénol 2,4E-04 5,3E-05 -
Benzophénone 1 1,6E-03 1,9E-06 2,3E-04
Benzophénone 2 0,014 5,5E-06 7,6E-04
Benzophénone 3 sans effet 8,8E-07 sans effet
Trihydroxybenzophénone 0,009 4,5E-06 3,8E-04
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 55
054056.indd 55 16/11/10 11:12
FIGURE 1
EFFET DE L’ ÉTHINYL-ŒSTRADIOL (EE2) IN
VIVO SUR LA LIGNÉE DE POISSON ZÈBRE
aroB-GFP.
Expression in vivo de la GFP
(Green Fluorescent Protein) chez des
embryons de poisson zèbre transgénique
cyp19a1b-GFP âgés de 5 jours post-
fécondation. Chez le poisson témoin (A),
la GFP est faiblement exprimée alors
que chez l’embryon exposé (B) à
l’ éthinylœstradiol, la GFP est fortement
induite. Cette induction de l’expression
de la GFP témoigne de la capacité de la
molécule à induire un effet œstrogénique
in vivo dans le cerveau du poisson au cours
de son développement embryonnaire.
L’effet mesuré s’observe à des
concentrations faibles d’ éthinylœstradiol
ce qui témoigne de la sensibilité du modèle
biologique pour détecter les substances
chimiques œstrogéno-mimétiques.
L’analyse de la GFP se fait à l’aide d’un
microscope à fluorescence sur embryon
vivant (méthode non invasive et non létale).
(thèse Anne Cosnefroy). Afin d’aller plus
loin dans la caractérisation des dangers
des substances, il est indispensable de
replacer les mécanismes et les effets
observés in vitro dans le contexte de
l’organisme in vivo.
Nos recherches menées ces dernières
années ont vu l a mi se en pl ace
de nombreux outils moléculaires et
biochimiques qui permettent d’étudier
l’expression in vivo de gènes cibles
hormono-régul és dans l e cer veau
(a r omat a s e c ér ébr al e) , l e f oi e
(vitellogénine) et les gonades (enzymes
de l a stéroï dogenèse) de poi sson
zèbre, contri buant à une meilleure
caractérisation du potentiel perturba teur
endocrinien des substances chimiques
et de leurs modes d’action [1], [3]. Plus
récemment, un modèle de poisson
zèbre t r ansgéni que expr i mant l a
GFP (Green Fluorescent Protein) sous
l e contrôl e du promoteur du gène
cyp19a1b de poi sson zèbre a été
développé par l’équipe du Professeur
Chung de l’université de Taiwan [7] et
implanté en laboratoire à l’INERIS, en
vue de sa validation. Le gène cyp19a1b
code pour l’aromatase cérébrale, une
enzyme cl é de l a stéroï dogenèse
r espons abl e de l a s ynt hèse des
œs t r ogènes . Conf or mément au
mécanisme d’acti on de l ’œstradi ol
sur l’expression de l’aromatase B, les
xéno-œstrogènes induisent de manière
dose-dépendante l’expression de la
GFP après une expositi on de cour t
terme chez des embryons (figure 2).
Current concern on the effects of endocrine disrupting chemicals (EDCs) to fish and
human health has stimulated the development and implementation of screening
and testing procedures, notably within the perspective of the new EU regulatory
framework for chemicals (REACH). Given the complexity of modes of action and the
effects of EDCs, various biological targets are to be evaluated at molecular, cellular,
organism and population levels. Here, we set up a panel of new in vitro and in
vivo mechanism-based tools to study chemical interaction with estrogen-regulated
pathways in fish. By using stable reporter cell lines derived from fish and human
cell lines, it is shown that estrogenic responses vary between models, likely due
to cell context and/or cross-species differences. In addition, such in vitro screening
of various environmental molecules allowed identifying those that exert higher
estrogenic potency in fish cellular context, such as UV screens. To further assess such
specific effects in vivo, we report the use of hormone-regulated gene expression
and a transgenic line expressing green fluorescent protein under the control of brain
aromatase promoter (cyp19a1b) that were developed in a model fish species, the
zebrafish. The developed assays offer rapid, specific and sensitive in vitro and in vivo
screening tools that could serve in EDCs testing strategies for aquatic vertebrates.
De mani ère très si gni f i cati ve, l es
concentrations requises en éthynyl-
œstradi ol pour i ndui re la GFP sont
très fai bles (de l ’ordre du ng/L) et
per ti nentes du poi nt de vue de l a
contamination environnementale. Ceci
démontre la très grande sensibilité du
modèle cyp19a1b-GFP vis-à-vis des
œstrogènes et en fait un test in vivo
de screening des xéno-œstrogènes
très prometteur. Les outils mis en place
permettent une évaluation des effets PE
des substances chimiques à différents
niveaux d’organisation biologique chez
le poisson. Leur application au criblage
de diverses familles de substances
chimiques est en cours et fournira des
informations importantes, d’une part,
sur le potentiel PE des substances, et
d’autre part, sur la complémentarité
des tests et par conséquent sur les
stratégies de tests à mettre en œuvre
pour évaluer le danger PE de polluants
aquatiques.
A
Cerveau d’embryon témoin
Cerveau d’embryon traité
à l’EE2 0.05nM
B
ABSTRACT
054056.indd 56 16/11/10 11:12
Utilisation d’une approche multicritère
pour la sélection d’essais d’écotoxicité
ques et des rejets en milieu aquatique,
sont aujourd’hui appliqués à d’autres
domaines tels que la caractérisation des
sites et des sols pollués, la valorisation
des boues en agriculture, la gestion des
sédiments ainsi que la classification des
déchets.
Il est couramment reconnu qu’un seul
bioessai ne peut être sensible à l’en-
semble des contaminants présents dans
un échantillon environnemental. Chaque
organisme-test présente, en effet, une
spécificité propre de réponse en fonction
des classes de contaminants. Il appa-
raît donc que seule une association de
plusieurs essais biologiques (ou batterie
d’essais), regroupant différents niveaux
trophiques et critères d’effets, permet
d’optimiser la caractérisation du danger
potentiel de l’échantillon considéré.
Les travaux entrepris en collaboration
avec le CTIS, l’IPL, l’Université de Metz
et l’ADEME dans ce domaine ont mis en
évidence que deux stratégies étaient
applicables pour sélectionner les essais
biologiques constitutifs d’une batterie :
l
une méthode a priori qui permet
d’établir un choix de tests en se basant
sur des critères prédéfinis,
l
une méthode a posteriori qui, en fonc-
tion des résultats obtenus sur une large
série d’échantillons, permet d’identifier
certaines espèces incontournables du
fait en particulier de leur sensibilité.
L’analyse bibliographique exhaustive
réalisée a montré que, pour la sélec tion
des différentes batteries de tests biolo-
giques de toxicité et/ou de géno toxicité,
l’application de ces stratégies restait à
ce jour peu répandue. Les travaux réali-
sés précédemment se sont focalisés sur
l’approche a posteriori dans un objectif
de sélection de batteries optimales d’es-
sais en appliquant différentes méthodes
statistiques : analyse en composante
principale, analyse factorielle des cor-
respondances, classification ascendante
hiérarchique et cartographie non li-
néaire ([1] ; [2] ; [4]).
La présente étude décrit un exemple de
démarche de sélection de tests a priori,
utilisant une approche multicritère, la
méthode SIRIS (Système d’Intégration
du Risque par Interaction de Scores) qui
est une méthode d’aide à la décision
initialement utilisée pour classer des
substances chi mi ques en foncti on
de leur risque de contamination des
eaux de surface ou souterraines ou de
l’atmosphère. Elle est ici appliquée à
la sélection de bioessais pour évaluer
l’écotoxicité des sols [3].
Pour ce type d’approche, la sélection
est fondée sur divers critères descriptifs
comme la normalisation de la méthode,
la pertinence écologique des organismes
d’essai ou encore le coût.
Dans la méthode SIRIS, les critères sont
hiérarchisés selon la problématique étu-
diée et selon l’importance que l’expert
leur accorde pour cette problématique.
Ces critères qualitatifs ou quantitatifs
peuvent prendre plusieurs valeurs, ex-
primées en trois catégories : favorable
(f), moyennement favorable (m) ou
défavorable (d). Une échelle minimum/
RÉFÉRENCES
[1] Charissou A. M., Jourdain M. J., Férard J. F., Masfaraud, J. F.,
Cotelle S., Devillers J., Pandard P., Poulsen V. Développement
d’une méthode de sélection des tests biologiques de toxicité
et de génotoxicité adaptée à différents scénarii, Rapport final
contrat ADEME 03 75C 0003, 2005.
[2] Charissou A. M., Jourdain M. J., Férard J. F., Pandard P.,
Devillers J. Développement d’une méthode de sélection des
tests biologiques de toxicité et de génotoxicité adaptée à
différents scénarii – Phase II, Rapport final convention ADEME
04 75 C0081, 2007.
[3] Devillers J., Pandard P., Charissou A. M., Bispo A.
Use of multicriteria analysis for selecting ecotoxicity tests. In,
Ecotoxicology Modeling (J. Devillers, Ed.), Springer, N.Y.,
pp. 117-143, 2009.
[4] Pandard P., Devillers J., Charissou A. M., Poulsen V.,
Jourdain M. J., Férard J. F., Grand C. et Bispo A. Selecting a
battery of bioassays for ecotoxicological characterization of
wastes. Sci. Tot. Environ., 363 (1-3), 114-125, 2006.
[5] Vaillant M., Jouany J. M., Devillers J.,
A multicriteria estimation of the environmental risk of
chemicals with the SIRIS method. Toxicology Modeling,
1, 57–72, 1995.
P. Pandard
L
’utilisation d’essais sur organismes
biologiques est désormais recon-
nue comme l’un des éléments
pertinents permettant de caractériser
de façon satisfaisante la qualité des
milieux. En effet, ces outils prennent en
compte, à la fois la biodisponibilité – dis-
ponibilité pour les organismes vivants –
des différentes substances chimiques
présentes, mais également les effets de
synergie ou d’antagonisme qui peuvent
se produire entre ces dernières. Ces
essais biologiques, initialement utilisés
pour le contrôle des substances chimi-
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 57
057059.indd 57 22/11/10 15:45
FIGURE 1
DESCRIPTION DES CRITÈRES
TECHNICO-ÉCONOMIQUES ET
SCIENTIFIQUES RETENUS ET
HIÉRARCHISATIONS ADOPTÉES
maximum de scores est ensuite établie
selon des règles d’incrémentations bien
définies [5].
Dans le cadre de cette étude, une analy-
se bibliographique a permis d’identifier
115 tests d’écotoxicité ayant été utilisés
pour caractériser des sédiments, des
boues, des sols pollués, des effluents,
des eaux usées ou des percolats ou lixi-
viats de sol. Ces tests d’écotoxicité aqua-
tique ou terrestre incluent différents
critères d’effet (mortalité, inhibition de
croissance ou de reproduction, géno-
toxicité, activités fonctionnelles…). Ils
correspondent à des approches directes
(tests réalisés sur les sols) ou indirectes
(tests aquatiques réalisés sur percolat
ou lixiviat).
Ces 115 tests ont été décrits en fonction
de 10 critères technico-économiques
(facilité d’obtention des organismes,
vol ume d’échant i l l on nécessai re,
rapidité du test ou coût, par exemple) et
de 7 critères scientifiques (pertinence
écologique, durée d’exposition, méca-
nisme d’action, par exemple) (figure 1).
Une approche considérant les deux caté-
gories de critères selon deux échelles
différentes de scores SIRIS – une échelle
technique et une échelle scientifique – a
été suivie (figure 2).
Cette analyse permet de confirmer
que l es tests l es pl us couramment
utilisés – inhibition de la croissance
des végét aux (f i gure 2, n° 5) ou
inhibition de la mobilité des daphnies
(n° 72) ou de croissance des algues
unicellulaires (n° 52) par exemple – sont
ceux répondant le mieux aux critères
technico-économiques et scientifiques
et donc condui sant à l a mei l l eure
caractérisation de la contamination
des sols. Cette analyse met également
en évidence la pertinence des tests
d’activité fonctionnelle – inhibition
de la respi rati on des sol s ou de la
nitrification des sols par exemple. À
l’inverse, les tests de génotoxicité sur
organismes aquatiques qui sont les
plus lourds à mettre en œuvre (Essai
micro-noyaux sur Xenopus laevis n° 82),
adduits à l’ADN
(1)
sur Xenopus laevis
(n° 83) sont classés comme les plus
défavorables sur la base des critères
technico-économiques et des critères
scientifiques.
L’essai d’inhibition de la luminescence
de Vibrio fischeri identifié comme le test
le plus communément utilisé lors des
travaux précédents [1] du fait de son
pouvoir discriminant mais également de
sa sensibilité sur différents types d’échan-
tillons, apparaît logiquement bien classé
en se référant aux critères technico-éco-
Nature des critères Modalité favorable
Modalité moyennement
favorable
Modalité défavorable Hiérarchisation
Critères technico-économiques
Obtention des
organismes
Temps négligeable < ½ journée/semaine > ½ journée/semaine 1
Volume ou quantité nécessaire < 10 mL ou 10 g 10 – 100 mL ou g ≥ 100 mL ou g 3
Rapidité du test ≤ 4 jours 5 – 20 jours ≥ 21 jours 2
Type de local commun spécialisé très spécialisé 9
Type de materiel commun spécialisé très spécialisé 10
Coût du personnel < 1 jour 1 – 4 jours > 4 jours 7
Niveau de compétence technicien - supérieur 8
Domaine d’application applicable à plusieurs matrices - applicable à une seule matrice 6
Temps nécessaire au
démarrage de l’essai
immédiat 1 – 3 jours > 3 jours 4
Perception par un public
non spécialisé
aisée (e.g. mortalité, croissance) délicate (luminescence)
difficile
(adduits à l’ADN)
5
Critères scientifiques
Pertinence écologique élevée moyenne
faible
(e.g. Microtox)
2
Durée d’exposition
> 70 % du cycle de vie de
l’organisme
10 – 70 % du cycle de vie < 10 % du cycle de vie 1
Degré de normalisation Norme existante Projet de norme absence de norme 3
Transposition au terrain
effets toxicologiques observables
sur le terrain
effets toxicologiques aux
conséquences observables
sur le terrain
Effets toxicologiques non
pertinents sur le terrain
4
Mécanisme d’action
sur une fonction (e.g. réaction
enzymatique)
sur un organe
(e.g. racines)
Sur l’organisme entier
(e.g. mortalité)
7
Stabilité génétique reproduction asexuée - reproduction sexuée 5
Contraintes et limitations faibles modérées importantes 6
NOTES
(1) Produits de
la réaction entre
un produit chimique
et l’ADN
057059.indd 58 22/11/10 15:45
nomiques mais moyennement classé du
point de vue des critères scientifiques
pour le scénario sélectionné.
Par ailleurs, certains essais discriminants
comme l e test Ceri odaphnia dubia
(n° 75) ne sont pas mis en avant pour le
scénario sélectionné du fait de la notation
pénalisante de certains critères technico-
économiques. Ceci est en contraste avec
la réalité puisque ce test est couramment
recommandé dans les évaluations du
danger de matrices polluées. La typologie
obtenue en consi dérant l a doubl e
échelle de scores SIRIS suscite quelques
interrogations. Ainsi, le test de « mortalité
ver s de ter re 14 j our s » possède
l es mêmes scores SIRIS que l ’essai
« d’évitement vers de terre d’une durée
de 48 heures » (n° 20 et 22). Ce dernier
test, même si le recul sur cette réponse
biologique est encore limité, apparaît plus
sensible que l’essai de toxicité aiguë.
De f açon pl us génér al e, l ’anal yse
montre que les tests chroniques les plus
couramment utilisés pour une approche
directe (tests directs sur la matrice
sols) et dans une moi ndre mesure
pour une approche i ndi recte (tests
Sensitivity of animal and plant communities to
toxicants may vary significantly from one species
to another. If testing is performed on one species,
the high diversity in the sensitivity between
species might result in a high level of uncertainty.
It is therefore admitted that only a combination
of several bioassays can give a clear view of the
toxic effects of chemicals and/or environmental
samples. The best approach is therefore to use a
battery of tests with several species belonging to
different taxonomic groups and trophic levels.
Usually, two methods can be used for selecting
bioassays in order to establish a test battery:
i) an “a priori” method, in which the selection
is made according to decision criteria such
as standardization of the method, ecological
relevance of test organisms, or cost, ii) an
“a posteriori” method, in which the selection
is made after performing multivariate analyses
of test results obtained on a large series of
bioassays.
In the present study on soil quality,
a methodological framework, based on the
use of the multicriteria method SIRIS (System
of Integration of Risk with Interaction of Scores)
was applied to perform an “a priori ” selection of
bioassays among 115 relevant ecotoxicity tests,
selected from an extensive literature review.
aquatiques sur percolats ou lixiviats de
sol) sont principalement dépendants
du poids donné aux paramètres durée
d’exposition/temps nécessaire à la
réalisation des essais.
De plus, cette étude indique que la
méthode de sélection a priori ne permet
pas de juger, à l’heure actuelle, de la
compl émentari té des test s au sei n
d’une batterie en terme de niveaux
trophiques, critères d’effets étudiés
(aigus, chroniques, génotoxiques...) ou
type d’approche (directe ou indirecte).
Ces premi ers travaux apparaissent
promet teurs. La démarche propo-
sée est ori gi nal e et, même si el l e
appar aî t per fect i bl e, el l e mont re
tout son intérêt. Elle permet d’iden-
tifier les tests pertinents au regard
du scénario considéré et donc sus-
ceptibles d’être incorporés dans des
batteries d’essais. Toutefois, dans le
cadre de l’élaboration d’une batterie
optimale, des paramètres complémen-
taires vont devoir être pris en compte
tels que l’adéquation entre le nombre
d’essais à mettre en œuvre et l’exhaus-
tivité de la réponse obtenue.
ABSTRACT
Tests sur vers de terre
FIGURE 2
CLASSEMENT SIRIS DES 115 TESTS. Les tests situés en bas et à gauche de la carte SIRIS
sont les plus intéressants d’un point de vue scientifique et technique. Ceux localisés
en bas et à droite ne sont pertinents que d’un point de vue technique. Les tests en
haut à gauche de la carte sont scientifiquement intéressants mais pénalisés par
leurs critères techniques. Enfin, les tests situés en haut et à droite sont les moins
intéressants. Les numéros des tests ne renvoient pas au rang de classement.
d
é
f
a
v
o
r
a
b
l
e
défavorable
f
a
v
o
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a
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favorable
Échelle scientifique
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Les travaux de recherche menés à l’INERIS dans
le domaine de l ’écotoxicologie ont conduit au
développement et à la validation d’un ensemble de
biomarqueurs – marqueurs biologiques manifestant
la présence de polluants – chez différentes espèces
de poissons autochtones des milieux aquatiques
européens.
Ces biomarqueurs – des protéines ou des enzymes –
permettent d’évaluer les effets d’une exposition à
des polluants sur différentes fonctions physiologiques
comme la reproduction, la métabolisation des conta-
minants organiques ou la transmission de l’influx
nerveux, en intégrant des paramètres tels que la
toxicité des polluants, leur biodisponibilité – la part qui
est retenue dans l’organisme – ou encore la sensibilité
des organismes. En collaboration avec l’Agence de l’Eau
Artois-Picardie, l’Office National de l’Eau et des Milieux
Aquatiques et les Facultés Universitaires Notre-Dame
de la Paix de Namur, une étude a été mise en œuvre
afin d’évaluer le potentiel des biomarqueurs dans le
cadre d’une application au sein du réseau de contrôle
de surveillance défini par la Directive Cadre sur l’Eau
(2000/60/EC). Les premiers résultats de ce travail
mettent en avant la faisabilité d’une approche multi-
biomarqueurs dans le cadre d’un réseau de surveillance
réglementaire, et également l’intérêt d’une telle ap-
proche du fait de la complémentarité des informations
fournies par rapport aux approches chimiques et écolo-
giques conventionnelles.
Les biomarqueurs développés à l’INERIS (les enzymes
EROD et GFT, la protéine vitellogénine) ont également
été mis en œuvre dans le cadre d’études visant à
identifier les causes d’un contentieux environnemental
(déclin piscicole, pathologies ou malformations
de poissons). Les résultats de ces travaux mettent
alors clairement en évidence l’intérêt d’utiliser des
outils écotoxicologiques tels que les biomarqueurs
dans ce contexte d’enquête. Les travaux autour de
leur utilisation se poursuivent actuellement par
le développement de nouveaux indicateurs liés à
l’immunité des poissons (collaboration avec l’Université
de Reims) et à l’intégrité de l’ADN (collaboration avec
l’École Nationale des Travaux Publics de l’État) qui
sont des fonctions biologiques centrales chez les
organismes, et dont les perturbations pourraient
induire des dommages au niveau individuel et
populationnel. Les données générées par cette activité
de recherche sont également utilisées dans le cadre du
réseau NORMAN afin de promouvoir l’utilisation des
biomarqueurs dans le contexte réglementaire de la
Directive Cadre sur l’Eau.
W. Sanchez
FOCUS
Les acquis de la biosurveillance
Les mésocosmes de l’INERIS sont
des bassins recréant les conditions
d’écosystèmes aquatiques
Pêche électrique
060061.indd 60 22/11/10 15:46
Le règlement REACh implique un profond changement
de culture vis-à-vis de la mise sur le marché des
produits chi mi ques qui doit être faite par l es
industriels « de façon responsable et avec la prudence
nécessaire pour éviter les effets néfastes sur la santé
et l’environnement » [1]. Cette mise en place d’ici
2018 ne pourra se faire sans un accompagnement
fort du monde de la recherche. En effet, la nécessité
impose de parvenir à évaluer l’impact des substances
de manière plus complète et plus rapide, tout en
limitant au strict minimum l’expérimentation sur les
animaux. Cette évaluation concerne l’homme, mais
aussi la biosphère et les écosystèmes, et donc le
domaine de l’écotoxicologie.
Les nouvelles approches en biologie et en traitement
de l’information permettent de générer des informa-
tions susceptibles de relever ce défi. Cependant leur
utilisation en support à l’évaluation du risque des
substances nécessite d’approfondir les connaissances
sur les liens entre les variables précoces mesurées et
les conséquences physiologiques en termes d’impacts
sur la survie, le développement et la reproduction des
individus, et sur les populations.
Par ailleurs, les tests traditionnellement utilisés
en écotoxicologie et basés sur des effets toxiques
aigus, doivent évoluer de façon à être prédictifs de
nouveaux modes d’action (comme la perturbation
endocri ni enne) et d’ef fets chroni ques à l ong
terme. Dans ce contexte, l’utilisation de tests sur
embr yon de poisson semble particulièrement
prometteuse en alliant la pertinence d’un modèle
in vivo (intégration, capacité métabolique, etc.) à
l’échelle d’un test in vitro (faibles volumes, haut
débit, etc.). Parallèlement, l’utilisation de tests
in vitro sur cellules (en particulier ichthyennes)
permet de préci ser l es modes d’acti ons des
substances. La combinaison des données obtenues
in vitro, avec les résultats des tests in vivo constituent
la base scientifique de la mise en place d’éventuels
tests alternatifs à l’expérimentation animale.
J-M Porcher
Élevage de poissons utilisés pour
les études en écotoxicologie
à l’INERIS
Besoins de recherche en écotoxicologie
dans le cadre de REACh
FOCUS
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 61
RÉFÉRENCES
[1] Règlement (CE)
n°1907/2006 par
le Journal Officiel de l’Union
européenne - 30/12/2006.
INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 61
060061.indd 61 22/11/10 15:46
Gestion
intégrée
des risques
industriels
062063.indd 62 16/11/10 11:05
Stratégie de recherche
L
es accidents industriels sont toujours le résultat
de processus complexes. Ils mettent en jeu des
causes multiples de nature technique mais aussi
humaine et organisationnelle. Leurs conséquences aussi
peuvent être variées : dommages humains, matériels,
financiers, dégradation de l’image de l’entreprise. La
prévention des accidents impose donc de considérer
les systèmes industriels sous plusieurs angles en tenant
compte de leur complexité. C’est l’enjeu de la gestion
intégrée des risques. Celle-ci vise en particulier à fournir
aux décideurs les éléments d’information pertinents
pour évaluer le risque technologique, détecter les
évolutions, anticiper les conséquences et décider.
Sur cette base, ils mettent en œuvre des mesures
techniques et humaines de maîtrise des risques, dont
ils doivent pouvoir démontrer qu’elles sont efficaces
et suffisantes, et dont ils doivent assurer le maintien
dans le temps en s’appuyant sur une organisation
performante. La recherche en cours à l’INERIS porte
donc en la matière sur deux axes majeurs : offrir la
meilleure information aux décideurs pour un pilotage
de systèmes à risque et comprendre et améliorer les
performances des organisations en matière de sécurité.
Or, la gestion intégrée des risques s’inscrit dans un
cadre réglementaire qui conditionne fortement les
processus de décisions. Ce cadre a largement évolué
au cours des dernières années en France, mais aussi
dans plusieurs pays européens. Comprendre ce qui
a motivé les évolutions réglementaires et comparer
les approches adoptées dans différents pays est
essentiel pour adapter au mieux les méthodes et les
outils aux besoins. Le premier article de Guillaume
Chantelauve et Clément Lenoble aborde l’adoption
d’une réglementation probabiliste en France et les
conséquences de cette réglementation. Il identifie
aussi les difficultés qui subsistent pour sa mise en
œuvre et comment elle se situe par rapport aux
approches adoptées dans d’autres pays (Royaume-
Uni, Pays-Bas).
Pour garanti r dans l e temps l ’ef f i caci té des
mesures de maîtrise des risques mises en place en
réponse aux objectifs fixés par la réglementation,
l’industriel doit évaluer les performances de ses
actions en particulier les tests de maintenance en
les optimisant. C’est l’objet de l’article de Florent
Brissaud et Dominique Charpentier relatif aux
stratégies de test partiel des systèmes de sécurité.
Ils répondent à une question en apparence simple,
mai s aux enj eux économi ques et de sécuri té
considérables : quand tester les dispositifs de
sécurité pour en assurer une disponibilité maximale ?
L’organisation qui mettra en œuvre les mesures de
maîtrise des risques et leurs stratégies de maintenance
est-elle adaptée et robuste, ou bien est-elle elle-même
source de défaillance ? La méthode ATHOS présentée
dans l’article de Jean-Christophe Le Coze répond à cette
question. Il s’agit d’une démarche intégrée qui permet
de croiser plusieurs regards sur l’organisation à diverses
phases de la vie d’une installation. Elle aboutit à un
diagnostic des forces et faiblesses de l’organisation face
aux enjeux de la maîtrise des risques.
Ces travaux illustrent ainsi les apports de l’INERIS
dans le domaine de la gestion intégrée des risques
technologiques. Ils visent à développer une vision
coordonnée des différentes di mensi ons de la
sécurité industrielle et à apporter des solutions à
l’ensemble des acteurs pour améliorer le pilotage
des systèmes à risques technologiques dans un
contexte d’évolution toujours plus rapide des
technologies et du monde industriel.
l Évaluer la performance
des organisations
complexes que
sont les industries,
suivant une approche
pluridisciplinaire,
en fonctionnement
normal (hors situations
accidentelles), et
rechercher des solutions
visant l’amélioration de
la fiabilité humaine et
organisationnelle.
l Étudier la construction
d’indicateurs prédictifs
de niveaux de risque, ce
qu’ils peuvent apporter
et quelles sont leurs
limites, pour améliorer
les représentations sur
lesquelles se basent les
décideurs pour prendre
des décisions en matière
de gestion de risques
(notamment dans le
projet INTEGRISK).
l Identifier les différents
types d’incertitude
associés au processus
d’évaluation et de
gestion des risques :
utilisation de différents
modèles, choix des
hypothèses de départ,
incertitudes sur les
données d’entrée ou de
sortie - pour élaborer
des propositions, des
recommandations et
des orientations sur la
manière de les gérer.
E
T

D
E
M
AIN
INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 63
062063.indd 63 16/11/10 11:05
En France, le volet « technologique » de la loi
« Ri sques » du 30 j ui l l et 2003, adoptée à l a
suite de l’accident d’AZF, introduit les analyses
probabilistes dans le domaine de la prévention
des risques industriels (établissements SEVESO).
Cette nouveauté i nter vi ent après une l ongue
période pendant laquelle la prévention des risques
industriels se fondait sur des raisonnements de
type déterministe. L’approche déterministe avait
pour principe de fonder les actions de prévention
sur l’analyse de scénarios d’accidents potentiels les
plus graves parmi ceux présentant une régularité
statistique suffisamment importante pour être
considérés comme réalistes. A contrario, l’approche
« probabi l i ste » sui t une autre l ogi que : el l e
opère non pas en référence au pire des accidents
statistiquement réalistes, mais sur la base d’un
échantillon beaucoup plus large de potentialités
accidentelles (a priori toutes celles que l’étude
de dangers est en mesure d’identifier), en tenant
compte à la fois de leur gravité et de leur probabilité
d’occurrence. L’appor t de cette approche est
notamment de permettre une hiérarchisation des
priorités en termes d’amélioration de la sécurité
sur les sites industriels. L’application de ce principe
dans la réglementation française s’est concrétisée
par l’adoption de deux outils décisionnels publics.
Le premier outil intervenant dans le processus
d’autorisation d’exploitation permet d’évaluer la
nécessité de mettre en place de nouvelles mesures
de sécurité sur le site industriel, sur la base de la
probabilité et de la gravité des scénarios. Le second
outil intervenant dans le processus de définition
de la maîtrise de l’urbanisation est appliqué à la
définition pour définir des distances d’isolement
autour des sites. Cinq ans après l’adoption des
textes réglementaires pris en application de la loi
de 2003, un premier retour peut être fait sur les
solutions adoptées et les difficultés qu’elles ont
soulevées et soulèvent encore. Dans ce contexte,
une étude comparative conduite récemment par
l’INERIS avec les Pays-Bas, pays de référence en
matière d’approche probabiliste, a permis de mieux
comprendre les spécificités, les limites mais aussi les
avantages des études de risques à la française.
UN DÉFI TECHNIQUE
La mise en œuvre d’une approche probabiliste dans
les études de dangers reste un défi technique. Il
faut identifier les scénarios d’accidents potentiels
et évaluer la probabilité des dommages associés.
La référence en matière d’approche probabiliste
au début des années 2000, après la catastrophe
d’AZF, était la méthodologie appliquée aux Pays-
Bas. L’adoption d’une méthode identique en France
aurait pu être envisagée. Cependant l’approche
néerlandaise basée sur l’application de scénarios
prédéfinis et de fréquences génériques moyennes
pour toutes les installations ne permettait pas de
répondre à certains objectifs de la nouvelle loi.
En particulier, elle ne permettait pas de prendre
en compte les mesures de sécurité spécifiques
présentes en prévention sur les sites industriels.
Par ailleurs, Hans Pasman [2] a récemment relevé les
nombreuses limites des données d’entrée utilisées
dans les approches probabilistes aux Pays-Bas. Il note,
à ce sujet, qu’il « est fortement désirable d’améliorer
la qualité et la fiabilité du contenu des analyses des
risques ». Face à ces limites, et pour prendre en compte
ces incertitudes, l’INERIS applique et adapte des
méthodologies basées sur une bonne connaissance
qualitative des scénarios d’accident et de la fiabilité
des mesures de sécurité, en s’appuyant notamment
sur le diagramme dit en « nœud papillon » pour
représenter l’analyse de risques et faire apparaitre
plus explicitement le rôle des mesures de maîtrise
de risques. En effet, ce type de représentation décrit
les scénarios d’accident, et les mesures de sécurité
qui empêchent leur réalisation, en partant des causes
d’une fuite (ou plus généralement d’une perte de
confinement ou d’intégrité physique d’une substance
dangereuse qui sont les principaux événements
redoutés sur un si te i ndustri el ) j usqu’à l eurs
conséquences. La quantification probabiliste intervient
après cette étape descriptive en utilisant des classes
de probabilité. L’approche utilisée ici, consiste donc à
établir une représentation de la réalité d’un site, à partir
des causes d’un accident, de leurs fréquences et des
probabilités de défaillance des barrières de sécurité,
en prévention comme en protection. Cette approche
n’est pas exempte de difficultés. Par exemple, ici aussi,
le manque de données fiables sur les fréquences de
causes reste un obstacle conséquent. C’est dans ce
cadre que l’INERIS réalise également des études sur
la qualité des données d’entrée et les incertitudes qui
y sont liées, en confrontant les données proposées
dans la littérature entre elles, et avec les informations
disponibles sur les accidents industriels connus.
RÉFÉRENCES
[1] Lenoble C., Chantelauve G.
Mise en perspective des
approches françaises
et néerlandaises de
prévention de risques
industriels. Acte du 2
e
colloque
« Le risque industriel,
une question de sciences
humaines et sociales »,
24-25 mars 2010, Lyon.

[2] Pasman Hans. History of
dutch process equipment
failure frequencies and the
Purple Book, Montréal,
août 2008, Symposium
on loss of containment
frequencies, WCCE8.
Évaluation probabiliste des risques
industriels : approche comparative des
pratiques françaises et néerlandaises
064065.indd 64 22/11/10 15:47
Cette approche est différente de l’approche par « arbre
des événements » utilisée aux Pays-Bas qui se focalise
sur la description des différentes conséquences d’une
fuite et les mesures de sécurité présentes uniquement
en protection. L’évaluation des probabilités se base
sur des fréquences génériques/moyennes de fuites,
qui, de par leur nature, ne prennent pas en compte les
particularités du système de sécurité d’un site industriel
(par exemple les mesures de sécurité existantes pour
prévenir une fuite).
ANALYSE DES APPROCHES FRANÇAISE
ET NÉERLANDAISE
L’INERIS a conduit en 2009, en partenariat avec le
RIVM (Institut national néerlandais pour la santé
publique et l’environnement) une étude comparative
sur les évaluations des risques et leur utilisation
réglementaire dans les deux pays pour dégager
leurs similarités, leurs différences et en tirer des
enseignements sur la pertinence des pratiques
d’évaluation des risques. Cette analyse comparative
a été conduite à titre d’exemple, sur un dépôt
de liquide inflammable, installation industrielle
relativement simple. L’exercice a permis de mettre
en évi dence de nombreuses di f férences non
seulement en matière de traitement des probabilités
mais aussi de définition des scénarios à prendre en
compte et d’estimation des distances d’effet. De
telles études comparatives avaient déjà été menées
auparavant lorsque l’approche française était encore
déterministe. Elles faisaient naturellement apparaître
des différences conséquentes. C’est ici la première
fois qu’une étude compare en détail la nouvelle
approche française avec son équivalent néerlandais,
de l a défi ni ti on des scénari os à l ’appl i cati on
des réglementations nationales, en passant par
l’évaluation de la probabilité, de l’intensité et de la
gravité des accidents potentiels. Une des différences
relevées est que l’approche française vise plutôt
l’exhaustivité des scénarios alors que l’approche
néerlandaise s’intéresse à la représentativité des
scénarios retenus. À travers l’exemple du dépôt de
liquide inflammable, cette différence s’est traduite
par la prise en compte dans l ’étude française
de phénomènes dangereux supplémentaires :
explosions/éclatements de réservoirs, boil-overs,
feux de bacs, explosions à l’unité de retraitement
des vapeurs (URV). Si l’approche française considère
qu’il est important de les identifier et de les analyser
pour la sécurité du site (ces phénomènes peuvent
générer des effets dominos, des sur-accidents et
dans certains cas, des effets à l’extérieur du site),
a contrario, l’approche néerlandaise les considère
comme non-représentatifs du risque pour l es
populations extérieures dans la mesure où leur
FOCUS
cinétique peut être lente (exemple : le boil-over) ou
leur intensité peut rester négligeable par rapport à
d’autres phénomènes dangereux (exemple : feu de
bac et explosion à l’URV). Malgré ces différences, les
résultats obtenus par les deux méthodes, française
et néerlandaise, apparaissent très cohérents, et les
zones dans lesquelles une maîtrise de l’urbanisation
est nécessaire (zone à l’intérieur du contour de
probabilité 10-
6
et zone d’aléa F+) sont très proches
dans les deux études (figure 1).
CONCLUSIONS
L’approche française apparait plus détaillée que celle
adoptée aux Pays-Bas, qui est moins consommatrice
en ressources. Elles ne visent en fait pas les mêmes
objectifs. En effet, si l’approche néerlandaise a pour
objectif de dresser un constat des risques à des
fins de prise de décision (autorisation d’exploiter,
maîtrise de l’urbanisation), l’approche française
permet d’identifier de manière plus précise les
mei l l eurs moyens pour rédui re l e risque. Ces
évaluations des risques constituent surtout une
base de travail riche pour un dialogue entre les
autorités et les industriels sur l’amélioration de la
sécurité du site. Ces deux derniers objectifs sont une
conséquence directe du processus qui a conduit à
l’adoption du nouveau cadre réglementaire français
suite à l’accident d’AZF.
C. Lenoble, G. Chantelauve, B. Debray
FIGURE 1
RÉSULTATS D’ UNE
ÉTUDE COMPARATIVE
DES APPROCHES
NÉERLANDAISES ET
FRANÇAISES
Le cas de la maîtrise de
l’urbanisation autour
d’un dépôt de liquide
inflammable :
les zones de restriction
stricte de l’urbanisation
(zone jaune pour l’approche
française et courbe
rouge pour l’approche
néerlandaise) sont
similaires
%&*%(%%BƒigZh
C^kZVjmYVa‚V
;V^
B
;
I;
I;
&m&%
"*
$Vc
&m&%
"+
$Vc
&m&%
",
$Vc
&m&%
"-
$Vc
Cartouche de gauche :
Niveaux d’aléas :
fai : faible ;
m+ : moyen + ;
f+ : fort + ;
tf : très fort ;
tf+ : très fort+
Cartouche de droite :
Courbes iso-risques de probabilité de
décès individuel par an
INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 65
064065.indd 65 22/11/10 15:47
Barrières de Sécurité
& Tests de Révision
L
es Systèmes Instrumentés de Sé-
curité (SIS) constitués de capteurs
(mesure de pression, détection
de gaz, etc.), d’unités de traitement
(automates) et d’actionneurs (vannes)
jouent un rôle clef dans la prévention
des risques industriels, en tant que bar-
rières de sécurité. L’objectif d’un SIS est
de maintenir un état sûr d’un process
industriel par rapport à un événement
dangereux (rejet de substance, incendie,
explosion, etc.). L’enjeu est de connaître
la disponibilité du SIS qui est la capa-
cité à accomplir une ou plusieurs fonc-
tions de sécurité à un instant donné
(lorsqu’elles sont sollicitées), et dans
des conditions données (leurs environ-
nements). Les recherches de l’INERIS sur
l’évaluation des SIS ont consisté à quan-
tifier la disponibilité et la probabilité de
défaillance à la sollicitation sur les archi-
tectures complexes et d’optimiser ainsi
les périodicités de tests des SIS.
Ces travaux s’appuient sur les méthodes
d’évaluation de la norme CEI 61508 [3]
et l e dével oppement de modèl es
mathématiques pour des architectures
redondantes complexes. La norme CEI
61508 propose des méthodes basées
sur les diagrammes de fiabilité, arbres
de défaillance, chaînes de Markov.
L’approche de l’INERIS est différente :
une approche analytique est proposée
afi n de di sposer d’une expressi on
paramétri que de l a probabi l i té de
défaillance dangereuse moyenne et
de pouvoi r ai nsi fai re une anal yse
paramétrique et d’optimiser les tests.
D. Charpentier/F. Brissaud
RÉFÉRENCES
[1] Brissaud F., Baros A., Bérenguer C. Probability of Failure of
Safety-Critical Systems Subject to Partial Tests, dans les actes
de la conférence RAMS 2010, San Jose, USA, 2010.
[2] Bukowski J. V. A comparison of techniques for computing
PFD average, dans les actes de la conférence RAMS 2005,
Alexandria VA, USA, 2000.
[3] IEC, IEC 61508 Functional safety of electrical/electronic/
programmable electronic safety-related systems, Genève :
International Electrotechnical Commission, 2002.
[4] Rausand M., Høyland A., System reliability theory; models,
statistical methods, and applications, 2
nd
edition,
New York : Wiley, 2002.
[5] Rouvroye J. L., van den Bliek E. G. Comparing safety
analysis techniques, Reliability Engineering & System Safety,
vol. 75, p. 289-294, 2002.
[6] Rouvroye J. L., Wiegerinck J. A. Minimizing costs while
meeting safety requirements: Modeling deterministic
(imperfect) staggered tests using standard Markov models
for SIL calculations, ISA transaction, vol. 45,
p. 611-621, 2006.
EXPRESSION DES PROBABILITÉS
DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE
NON DÉTECTÉE
La pol i ti que de mai ntenance et de
contrôle des systèmes de sécurité s’ap-
puie sur la prévision du comportement de
ces systèmes lors d’une sollicitation et sur
la quantification de leur disponibilité et
de leurs probabilités de défaillance. Ceci
afin de s’assurer de l’adéquation entre les
risques des installations et les moyens
de tests mis en œuvre. En déterminant
l es probabi l i tés de défai l l ance à l a
sollicitation de SIS soumis à des tests
de révisi on par tiels et compl ets*, il
est possible de quantifier le niveau
de sécurité de ces systèmes et d’en
déduire un plan de tests afin de maintenir
ce niveau. Le plan de test peut être
optimisé en adaptant la durée entre tests
(partiels et complets) afin de maintenir
constant le niveau de sécurité.
L’étude porte sur les systèmes comple-
xes avec une architecture redondante de
type MooN, c’est-à-dire que le bon fonc-
tionnement de M composants parmi N
suffit à accomplir la fonction de sécurité.
Les expressions analytiques des proba-
bilités de défaillances (formules exactes
ou approchées) sont simples à utiliser
pour un exploitant d’une installation
industrielle.
Il faut toutefois se méfier des évaluations
de probabilité de défaillances de ces
systèmes instrumentés qui s’appuient
sur de nombreuses hypothèses qui sont
trop souvent oubliées par les utilisateurs
de ces formules comme par exemple :
066068.indd 66 22/11/10 15:47
l
les N composants du système sont en
service et opérationnels au démarrage ;
l
les N composants du système sont
testés simultanément lors de chaque
test ;
l
les défaillances détectées au cours
d’un test partiel ou complet sont ré-
parées immédiatement et, durant ce
temps, des mesures sont prises afin de
maintenir l’installation dans un état sûr.
Des travaux complémentaires permet-
traient aisément de fournir des outils de
maîtrise des risques qui conviendraient
à un plus large champ d’applications,
comme par exemple :
l
des systèmes constitués d’éléments
hétérogènes (éléments dont les taux de
défaillance ne sont pas tous identiques),
l
des systèmes sujets à des causes
communes de défaillance,
l
des systèmes vieillissants (dont cer-
tains taux de défaillance ne sont pas
constants).
Ces évolutions peuvent facilement être
résolues par des raisonnements similai-
res à ceux étudiés mais rendent souvent
les expressions mathématiques plus
difficiles à manipuler. Il conviendrait
aussi d’exprimer formellement les inter-
valles de confiance de ces estimations.
APPLICATION À UN SYSTÈME
DE PRÉVENTION D’INCENDIE
SUR UNE INSTALLATION
INDUSTRIELLE
Le modèle est appliqué à un système
de prévention d’incendie par inertage à
l’azote de l’atmosphère. Afin d’empêcher
les départs et la propagation d’incendie,
tout en mai ntenant l ’at mosphère
respirable, la teneur en oxygène doit
être maintenue autour de 15 %. L’entre-
pôt considéré comprend 6 capteurs
d’oxygène. Comme l’azote introduit
se répar tit rapidement et de façon
homogène, les capteurs sont supposés
redondants. L’architecture du système
est de type 2oo6 (le bon fonctionnement
de 2 capteurs sur 6 suffit à accomplir la
fonction de sécurité).
Le constructeur prescrit un test annuel
des capteurs, ces tests sont donc sup-
posés complets. Des inspections visuel-
les sont conseillées, ce sont des tests
par ti el s qui ne permet tent pas de
détecter certaines défaillances visibles de
l’extérieur. L’ensemble des 6 capteurs
est testé à chaque test selon une poli-
tique qui consiste à effectuer les tests
partiels périodiquement tous les 3 mois
et un test complet annuellement.
L’évaluation a consisté à :
l
utiliser les observations faites par un
utilisateur sur une période donnée afin
d’estimer le taux de défaillance des
capteurs ;
l
évaluer l’efficacité des tests partiels ;
l
puis en déduire les probabilités de
défaillance à la sollicitation du système.
Dans un second temps, une optimisation
de la répartition des tests partiels est
proposée afin de réduire la probabilité
de défaillance dangereuse.
DÉFINITIONS
* Les tests de révision complets
font référence aux essais périodiques permettant de détecter
toutes les défaillances d’un SIS : si une défaillance s’est
produite depuis la dernière révision, celle-ci peut être réparée
et le SIS peut retrouver un état comparable à l’état initial.
Les tests de révision partiels
ne permettent, quant à eux, que de détecter certaines
défaillances, laissant les autres non détectées jusqu’au
prochain test complet. Des inspections visuelles, des
contrôles incomplets et des essais imparfaits sont des
exemples de tests partiels.
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U(t)
PFDavg
temps t [jour]
0.007
0.006
0.005
0.004
0.003
0.002
0.001
0.000
0
3
0
6
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9
0
1
2
0
1
5
0
1
8
0
2
1
0
2
4
0
2
7
0
3
0
0
3
3
0
3
6
0
FIGURE 1
PROBABILITÉ MOYENNE DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE
(PFDavg) ET INDISPONIBILITÉ (U(t)) POUR UNE POLITIQUE
DE TESTS PÉRIODIQUES
U(t)
PFDavg
temps t [jour]
0.007
0.006
0.005
0.004
0.003
0.002
0.001
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3
0
0
3
3
0
3
6
0
FIGURE 2
PROBABILITÉ MOYENNE DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE
(PFDavg) ET INDISPONIBILITÉ (U(t)) POUR UNE POLITIQUE
DE TESTS OPTIMISÉE
Safety barriers take an important part of industrial risk management. Even if
these systems are not triggered frequently, when an initiating event occurs
(overpressure, overflow, etc.), they aim at preventing undesired events on
people, environment, and goods. Proof tests have therefore to be performed
in order to check the functional state of the safety barriers and, if required,
to perform the appropriate maintenance actions. Dependability criteria have
then to be assessed by a practical model.
A set of general formulas is proposed for the probability of failure on demand
(PFD) assessment of systems subject to partial and full tests. Partial tests (e.g.
visual inspections, imperfect testing) may detect only some failures, whereas
owing to a full test, the system is restored to an as good as new condition.
Following the proposed approach, and according to an example, performance
estimations of the system and test policies are presented, by using the
feedback from previous tests. An optimization of the partial test distribution
is also proposed, which allows reducing the average probability of system
failure on demand.
ESTIMATIONS DE
LA DISPONIBILITÉ ET DE LA
PROBABILITÉ DE DÉFAILLANCE
DANGEREUSE NON DÉTECTÉE
Quatre entrepôts, comprenant 6 capteurs
chacun ont été observés sur une durée
de 4 ans. Ces données et la modélisation
du système permettent d’en déduire le
taux de défaillance des capteurs de
6,1·10
-5
/heure, et une estimation de
l’efficacité des tests partiels de 0,42.
L’est i mat i on de l a probabi l i té de
défaillance dangereuse non détectée
du système avec une politique de tests
périodiques telle que le préconise le
constructeur est évaluée à 2,06·10
-3

(figure 1).
OPTIMISATION DE
LA RÉPARTITION DES TESTS
PARTIELS
Une optimisation de la politique de
tests consiste à répartir les instants
d’occurrence des tests partiels de façon
à réduire la probabilité de défaillance
dangereuse non détectée. La résolution
du problème d’optimisation conduit alors
aux occurrences suivantes : le premier
test à 4,8 mois puis 3 mois, 2,3 mois et
1,9 mois. La probabilité de défaillance
dangereuse non détectée est de 1,87·10
-3
,
soit une réduction d’environ 10 % par
rapport à la politique de tests classique.
De plus, l’indisponibilité maximale du
système sur l’intervalle de test complet
est réduite de plus de 25 % (figure 2).
CONCLUSION
La modélisation d’un système instru-
menté afin d’évaluer la disponibilité
et les probabilités de défaillance du
sys tème en tenant compte des tests
(partiels et complets) permet de disposer
d’un outil relativement simple pour
l’optimisation du niveau de sécurité et
son maintien dans le temps. Ces travaux
ont porté sur les systèmes redondants
et homogènes constitué de N voies
identiques.
L’optimisation de la répartition et de
l’occurrence des tests permet d’améliorer
notablement les critères de sécurité.
Sur le cas d’application présenté, une
réduction de 10 % de la probabilité de
défaillance dangereuse non détectée et
de 25 % de l’indisponibilité maximale
est atteinte par rapport à une politique
de test s pér i odi ques. I l est ai nsi
possible d’optimiser les performances
du système, sans surcoût associ é
uniquement en analysant le système
et en définissant les durées adéquates
entre chaque test.
Pour poursuivre sur l’évaluation des SIS,
les recherches s’orientent vers la prise en
compte du vieillissement des systèmes
instrumentés dans l’optimisation des
durées entre chaque test.
ABSTRACT
066068.indd 68 22/11/10 15:47
L’ analyse technique, humaine
et organisationnelle de la sécurité
J. C. Le Coze
L
a méthode ATHOS, pour l’ana-
l yse techni que, humai ne et
organi sat i onnel l e de l a sé-
curité, est une méthode visant à in-
tégrer pl usi eurs poi nt s de vue ve-
nus de di sci pl i nes di verses sur l e
fonctionnement de systèmes à risques
à des fins d’évaluation globale. His-
tori quement la méthode ATHOS se
si tue dans l e si ll on des évol uti ons
réglementaires européennes à la fin des
années 1990, vers une prise en comp-
te de la dimension de l’organisation,
au-delà des dispositions techniques, par
l’intermédiaire des systèmes de gestion
de la sécurité (traduit en droit français
dans l’arrêté du 10 mai 2000).
Toutefois, l’analyse ATHOS a souhaité
dès le départ aller au-delà de l’exercice
parfois formel de l’approche par les
syst èmes de management de l a
sécurité, et prendre en compte l es
travaux et connaissances en provenance
de disciplines telles que l’ergonomie
ou l a soci ol ogi e, appl i quées aux
questions de sécurité. Une difficulté de
l’exercice réside dans la mobilisation
de connai ssances et prati ques qui
appar t i ennent à des domai nes
différents, en particulier des univers
distants les uns des autres, comme
les sciences pour l ’ingénieur et les
sciences sociales. Cet article a pour but
de présenter succinctement comment
se met en œuvre cette méthode, qui se
déroule en 6 étapes (figure 1).
ÉTAPE 1 : L’IDENTIFICATION DES
SCÉNARIOS ET L’ÉVALUATION
DES BARRIÈRES TECHNIQUES
ET HUMAINES
La première étape d’ATHOS consiste
à mettre en œuvre à la fois une ana-
lyse de risques et une évaluation de
la pertinence des barrières techniques
et humaines par rapport aux scénarios
retenus, en faisant appel aux connais-
sances à la fois techniques mais aussi
ergonomiques.
FIGURE 1
LES ÉTAPES DE LA MÉTHODE ATHOS
+
LvaluaIion
inIegree
ArIiculaIion des
diIIerenIs þoinIs
de vue
Comþaraison avec
des cas d'accidenIs
majeurs eI avec
modeles d'eIude
du IoncIionnemenI
normal
LvaluaIion de
l'ensemble au
Iravers de Iableaux
de synIhese
indiquanI les
þoinIs les þlus
sensibles
Iravail sur la
resIiIuIion des
donnees
)
&
Analyse de risques :
idenIiIicaIion des
scenarios eI evaluaIion
des barrieres Iechniques
eI humaines
'
ldenIiIicaIion eI
evaluaIion du sysIeme
de managemenI de la
securiIe
(
LIude du
IoncIionnemenI normal
sous l'angle sociologique
*
LIude des inIerIaces
avec les auIoriIes de
conIroles eI auIres
regards exIerieurs
LIude des incidenIs ou
accidenIs sous l'angle
sociologique
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L’évaluation des risques sur le plan tech-
nique se base sur l’analyse des instal-
lations, procédant par décomposition
et cherchant, grâce aux connaissances
des phénomènes (i.e. chimie, mécani-
que, etc.) et à la capacité de prédiction
qu’elles offrent, à anticiper pour prévenir.
C’est par l’intermédiaire de groupes de
travail réunissant plusieurs catégories de
personnels (opérateurs, chef d’équipes,
ingénieurs procédés ou instrumentistes,
ingénieurs sécurité) que les risques sont
évalués et que des mesures de préven-
tion sont proposées. Autour de plans
représentants le fonctionnement des
installations, des scénarios d’accidents
sont anticipés et des mesures (barrières
techniques et humaines) sont prévues
et mises en œuvre.
ÉTAPES 2, 3, 4 ET 5 : LA PRISE EN
COMPTE DE L’ORGANISATION
SOUS DIFFÉRENTS ANGLES
La première étape est complétée par
plusieurs autres étapes (étapes 2, 3,
4 et 5) qui permettent de pénétrer
dans les dimensions organisationnelles
de la sécurité, sur la base des points
d’ent rée i denti f i és à l ’i ssue de l a
première étape. Ce sont ces étapes qui
produisent l’innovation de la méthode
par rapport à l’existant dans le domaine
de l’évaluation des risques.
Dans la méthode ATHOS, les étapes 2,
3, 4 et 5 permettent de varier les angles
de vue afin d’obtenir une description
riche du fonctionnement réel de l’orga-
nisation. En particulier, à un mode plus
classique d’audit se superpose une
approche d’orientation sociologique
qui permet une description fine des
pratiques et interactions entre acteurs
et services sans cadre formalisé a priori
(a contrario des audits qui se basent sur
des référentiels).
Afin de produire ces descriptions, un
mode de suivi des activités de travail
réel, inspiré des pratiques ergonomiques
ou sociologiques, se basant à la fois
sur des observations, des entretiens
(semi-directs et directs, individuels et de
groupe) et sur de l’analyse documentaire,
est mis en œuvre. Il repose au préalable
sur une connaissance des installations
et des scénarios à risques ainsi que
des barrières humaines et techniques
qui ont été identifiées dans la première
étape. Cette démarche vient à la suite
d’une appréciation des dispositions
prises par l’entreprise dans le domaine
du management de la sécurité, en
s’i ntéressant aux outi ls mai s aussi
aux méthodes qui sont dépl oyées
dans les activités tels que le retour
d’expérience ou encore la gestion des
modifications (étape 2). S’interroger sur
ces outils permet de saisir la conception
organisationnelle telle qu’elle est pensée
par les « concepteurs » du système de
management de la sécurité. Ce sont
bien souvent les directeurs de site
aidés par l’encadrement en matière de
sécurité industrielle, influencés par les
standards pour les grands groupes, ou
par les normes existantes sur le marché
pour les autres. À cette étape, une
importance est accordée à l’articulation
des différentes activités ainsi qu’aux
types d’outils et méthodes utilisées.
Il existe en effet une variation dans les
méthodes disponibles (des approches
comportementalistes aux méthodes
d’analyses des causes profondes des
accidents par exemple).
L’étape 3, la description du fonctionne-
ment normal, s’appuie sur le principe
d’une compréhension des interactions
entre les individus (au sein des col-
lectifs des équipes de travail, entre
services ou encore au sein du comité
de direction) ainsi que des interac-
tions des individus avec les installa-
tions. Le suivi du travail quotidien, par
entretiens et observations, des acti-
vités clés de la gestion des risques
(sur vei l l ance en sal l e de contrôl e,
manipulation de produits dangereux,
dépotages, etc.) ainsi que des moments
clés comme les réunions entre services
ou au sein de services autour de la
sécurité sont nécessaires pour identifier
les modes d’interactions.
Cet te démarche est répétée pour
comprendre les dispositifs que met
l’entreprise en place pour apprendre
de ses propres incidents ou accidents
(étape 4). Cette étape est une étape
fondamentale car elle révèle la capa-
cité en particulier de la direction et
de l’encadrement de faire son auto-
critique et d’analyser les dimensions
organisationnelles sous-jacentes aux
incidents et accidents qui surviennent
dans l’entreprise. Enfin, avec la prise
en compte du regard extérieur par
les acteurs de l’organisation, l’étape 5
per met de bénéf i ci er d’angl es de
vue en décalage avec leurs pratiques
quoti di ennes. Ti rer par ti du regard
extérieur est un levier important de la
sécurité industrielle, qui a fait défaut
à beaucoup d’entreprises victimes de
catastrophes, comme cela a été montré
dans l es i nvesti gati ons d’acci dents
majeurs.
MACRO
MESO
MICRO
a
f
b
c
d
e
APPRÉCIATION
RESSOURCES
ET CONTRAINTES
PRISE
EN COMPTE
CHANGEMENTS
ÉTAT DES
BARRIÈRES
DE
SÉCURITÉ
QUALITÉ
DES REGARDS
EXTÉRIEURS
INFLUENCE
DU SERVICE
SÉCURITÉ
CAPACITÉ
DE REMISE
EN CAUSE
FIGURE 2
MODÈLE ATHOS DE SÉCURITÉ INDUSTRIELLE (FORMALISATION DE L’ ÉTAPE 6)
069071.indd 70 16/11/10 11:15
ÉTAPE 6 : L’ÉVALUATION
INTÉGRÉE ET LA RESTITUTION
DES RÉSULTATS
L’évaluation intégrée repose au final sur
l’articulation des points de vue obtenus
lors de l’application des différentes éta-
pes de la méthode ATHOS. Une grille de
lecture est alors utilisée dans ce but. Elle
a été élaborée sur la base d’investiga-
tions techniques et organisationnelles
d’accidents majeurs ainsi que d’études
sur le fonctionnement normal menées
par l’INERIS ([1], [2]) qui, une fois exploi-
tées, ont permis d’élaborer le modèle
suivant (figure 2).
Ce modèle se lit comme suit : l’appré-
ciation par l ’entreprise de ses con-
traintes et ressources par rapport à son
envi ronnement (a - ni veau macro)
doit permettre un recul suffisant pour
envisager les impacts des changements
et transformations (internes ou externes,
contraints ou choisis) sur la sécurité
(b - niveau meso). Ceci afin de maintenir
en état de fonctionnement les barrières
techniques et humaines de sécurité
(c - niveau micro). Les problèmes de mise
en œuvre se traduisent par une écoute
attentive des signaux faibles (portés
potentiellement par des lanceurs d’alerte)
ainsi qu’une capacité de remise en cause
à la suite d’incidents (d). Les capacités
d’écoute et de remise en cause reposent
notamment sur un ser vice sécurité
compétent et suffisamment influent
ATHOS, for "Analysis of Technical, Human and Organisational Safety" is a
hybrid method for assessment of industrial safety that has been applied
in empirical researches in the chemical industry. This research had the
purpose of producing safety assessment of plants by taking into account
organisational dimensions. One of the key principles of the project
was to move beyond traditional audits as practiced in this industry in
order to introduce insights from various disciplinary traditions such as
engineering, ergonomic, sociology or political sciences. Based on several
steps involving technical risk assessment, identification of technical and
human barriers, evaluation of safety management system, description of
real practices at shop floor and managerial levels as well as interactions
with safety oversights (including regulator), the method attempts to
capture the dynamical and systemic properties of industrial safety. The
results are very encouraging. The three companies which participated to
the research reacted for most of them very positively to this new way of
assessing safety, beyond ‘technically’ and ‘audit’ oriented approaches.
These researches demonstrate that it is possible today to better prevent
technological risks by including human and social sciences into a still
dominantly engineering based perspective.
(e), ainsi que par des regards extérieurs
de qualité (f) que l’organisation est en
mesure de mobiliser, de comprendre et
de traduire dans les pratiques.
Les retours d’expérience industriels
sur la mise en œuvre de la méthode
– la méthode a été testée
(1)
sur trois
ent repr i ses à r i sque de l a chi mi e
– et de l a gr i l l e de l ec t ur e sont
t r ès encour ageant s, mal gr é des
changement s de poi nt s de vue à
accepter et à adopter, pour certaines
des entreprises à risque participantes.
En effet, parler ouvertement de toutes
ces dimensions n’est pas aisé. Cette
approche de l’évaluation à caractère
organisationnel a été jusqu’à présent
balisée par les pratiques d’audits.
Or les audits ne vont pas toujours aussi
loin dans la description des problèmes
réels rencontrés par les entreprises
et contribuent à apporter une vision
quelque peu déformée ou idéalisée
des organisations [3]. À des fins de
traducti on opérati onnel l e l ors des
restitutions des résultats, des tableaux
ont été proposés. Ils ont pour ambition
de chercher à établir un lien entre cette
approche innovante de nature à la fois
descriptive et évaluative (qui s’écarte
des audits habituels), avec l’univers
gesti onnai re qui s’i nscri t dans des
cadres de pensée habitués au pilotage
des systèmes par les indicateurs et à la
recherche de solutions standardisées.
RÉFÉRENCES
[1] Le Coze J. C. 2010a. Accident in a French
dynamite factory: An example of an
organisational investigation. Safety science.
48. Issue 1. 80-90.
[2] Le Coze J. C. 2010b. A study about
changes and their impacts on safety.
Article présenté à la conference "Working
on Safety", les 7, 8 et 9 septembre 2010 à
Røros, Norvège.
[3] Le Coze J. C. Dupré, 2008. The need for
translators and new models of safety. Dans
Hollnagel E., Nemeth C., Dekker S., 2008.
Resilience Engineering Perspectives. Volume 1 :
Remaining Sensitive to the Possibility of
Failure. Ashgate.
ABSTRACT
NOTES
(1) Collaboration avec Michèle Dupré,
sociologue au MODYS de Lyon
(Mondes et dynamiques des sociétés).
INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 71
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Substances
et procédés
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Stratégie de recherche
L
a caractérisation des dangers des substances
et l’évaluation des risques physicochimiques
liés aux produits et à la mise en œuvre de
procédés i ndust r i el s est l ’un des domai nes
d’expertise reconnus de l’Institut. Cette expertise
doit s’entretenir et s’enrichir en permanence et
justifie une activité de recherche soutenue. Parmi les
thèmes que nous suivons en priorité, il convient de
citer en particulier :
l
l ’actualité réglementaire (règlements REACh
et CLP, Di rective européenne sur les énergies
renouvelables) ;
l
les récentes percées industrielles des nanomaté-
riaux et des nanotechnologies ;
l
le plan de développement national de la filière
« véhicules électriques » lequel s’inscrit dans un
contexte largement européen, et même mondial ;
l
la valorisation chimique et énergétique de la bio-
masse (concept de chimie verte) au sein de bioraf-
fineries.
Dans ce contexte, conduire la réflexion sécurité en
amont implique de développer de nouveaux outils
d’évaluation, comme par exemple les outils prédictifs
des propriétés physicochimiques dangereuses
des produits (modélisation moléculaire), venant
compléter les essais plus conven tionnels, donnant
l’accès à ces données requises dans le cadre de
l ’appl i cati on de REACh et du CLP. Un ar ti cl e
de ce rapport développe les acquis récemment
obtenus par notre recherche dans ce domaine
pour ce qui concerne la prédiction des propriétés
d’explosivité de composés nitro-aromatiques.
Ce travail est le fruit d’une collaboration avec
l’ENSCP développée dans le cadre de la thèse de
Guillaume Fayet. Les actions mises en œuvre par
ailleurs dans le cadre d’appels d’offres nationaux
pour accompagner l e dével oppement sûr des
nanotechnologies (projet Nano Innov) ou du véhicule
électrique (programme STEEVE) sont également
brièvement présentées. Elles attestent de la capacité
de réactivité de l’Institut pour mettre en place les
moyens spécifiques qu’exigent parfois les défis
de sécurité posés par certains développements
technologiques au regard de leur caractère novateur,
multisectoriel ou du fait d’une brusque montée en
puissance de leur industrialisation.
Un deuxième article, également fruit d’un travail
de thèse défini par l’INERIS en collaboration avec
l’Université d’Edimbourg montre tout l’intérêt de
conjuguer analyse théorique et validations expé-
rimentales à l’aide d’appareillages de laboratoire
performants (calorimètres de Tewarson équipant
les deux labo ratoires) quand il s’agit d’explorer
les impacts non conventionnels (hors détonation)
de scénarios accidentels impliquant les matériaux
énergétiques. Le travail s’est appuyé sur l’analyse
des mécanismes complexes de décomposition et
d’oxydation développés par des poudres fumigènes
(mélanges lactose, cellulose, nitrate de potassium)
lors de leur combustion. Dans le cadre de sa thèse,
Hubert Biteau a mis en évidence, de manière origi-
nale, les domaines d’intervention respectifs de l’oxy-
gène contenu dans le matériau lui-même et dans
l’atmosphère gazeuse dans laquelle se déroulent les
processus de combustion de ces matériaux énergé-
tiques. Il est envisagé de consolider encore à l’avenir
les partenariats académiques dans ce secteur de
notre recherche, au vu des résultats encourageants
obtenus.
l Tout en continuant
d’adapter nos moyens
expérimentaux
aux nouvelles
réglementations
REACH et CLP, nous
développerons la
modélisation numérique
des propriétés
physicochimiques
des substances telles
que l’explosibilité,
l’inflammabilité et
la comburance, par
exemple par les
méthodes prédictives de
type QSPR (Quantitative
Structure – Property
Relationships).
l Par une approche
systémique du concept
de bioraffinerie et en
prenant en compte
les indispensables
critères de flexibilité de
fonctionnement de ces
installations, nos travaux
viseront à proposer des
moyens de diagnostic
et d’amélioration
de la sécurité de la
filière biocarburants.
Nous continuerons
d’accompagner les
développements
technologiques
de l’utilisation de
l’hydrogène-énergie
pour mettre à disposition
des particuliers des
installations sûres.
l Nous contribuerons à
un développement plus
sûr des technologies
électrochimiques de
stockage de l’énergie via
la plateforme STEEVE et à
travers des participations
à des programmes de
recherche tels que le
programme européen
HELIOS sur la sécurité
des batteries Li-Ion.
E
T

D
E
M
AIN
INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 73
072073.indd 73 22/11/10 15:48
Développement de modèles QSPR
pour la prédiction des propriétés
d’explosibilité des composés
nitroaromatiques
G. Fayet/P. Rotureau
L
’éval uati on de l ’expl osi bi l i té
des s ubs t ances c hi mi ques
condensées (risque d’explosion)
lors de diverses opérations, comme la
fabrication, le stockage, le transport ou la
mise en œuvre, repose essentiellement
sur le retour d’expérience et la conduite
d’essais réalisés selon des référentiels
régl ementai res i nternati onaux [1].
L’évolution récente de la réglementation
européenne en matière de contrôle des
produits chimiques (règlements REACh
et CLP [2]) induit un volume de travaux
incompatible avec une détermination
expérimentale systématique de leurs
propriétés dangereuses (faisabilité
matériell e, coût fi nancier et délais
raisonnables) puisque plus de 140 000
substances chimiques sont concernées
par REACh. Aussi , l e recours à des
méthodes prédictives (alternatives ou
complémentaires à l’expérimentation)
comme les approches QSPR (relations
quantitatives structures-propriétés) sont
largement encouragées par REACh.
Un programme de recherche a été lancé
à l’INERIS, en 2007, en collaboration
avec l’ENSCP, dont l’objectif est de dé-
velopper des modèles de prédiction
théorique des propriétés macrosco-
piques d’explosibilité des substances
chimiques dangereuses, par le biais de
la chimie quantique et de méthodes de
type QSPR. Plus précisément, la thèse
de G. Fayet (2007-2010) a été centrée
sur le développement et l’évaluation de
modèles QSPR capables de prédire la
stabilité thermique (et plus particulière-
ment l’énergie de décomposition) ainsi
que la sensibilité à la décharge électri-
que d’une famille de substances bien
connues pour leurs propriétés explosi-
ves : les composés nitroaromatiques [3]
dont font partie le TNT (trinitrotoluène)
et l’acide picrique (trinitrophénol).
RELATIONS QUANTITATIVES
STRUCTURES-PROPRIÉTÉS
(QSPR)
La méthodologie QSPR consiste en la
construction d’un modèle quantitatif
reliant une propriété expérimentale à
la structure moléculaire des composés
étudiés. Cette dernière est caractérisée
par des descripteurs constitutionnels
(exemples : nombre de groupements,
d’atomes), topologiques (basés sur
la connectivité des atomes dans la
molécule), géométriques (caractérisant
la géométrie 3D de la molécule) ou
quantiques (regroupant les informations
énergéti ques, él ectroni ques et de
réactivité). L’obtention du modèle peut se
faire à l’aide de différents outils : réseaux
de neurones, algorithmes génétiques ou
plus couramment à l’aide de régressions
linéaires ou multilinéaires. La mise en
place et l’utilisation d’un modèle QSPR
est résumé en figure 1. Une fois un
modèle robuste obtenu, il peut alors être
utilisé pour la prédiction de la propriété
de composés similaires pour lesquels la
propriété n’est pas connue, voire pour
des molécules encore non synthétisées.
Dans cer tai ns cas, l e modèl e peut
également permettre la compréhension
des mécanismes mis en jeu dans la
propriété étudiée.
PRÉDICTION DE LA STABILITÉ
THERMIQUE
La stabilité thermique est une propriété
importante des substances explosibles,
puisque les grandeurs qui la qualifient
renseignent sur la quantité d’énergie
dissipée durant le processus de décom-
position et interviennent dans la démar-
che de classement de ces substances. Si
sa caractérisation expérimentale (tem-
pérature et chaleur de décomposition)
est bien définie, notamment par calo-
rimétrie, peu de modèles prédictifs ont
été développés pour ces propriétés.
Dans le cadre de nos travaux [4], un
premier modèle QSPR a été mis en
place à partir d’une base de données
de 22 composés nitroaromatiques pour
lesquels les chaleurs de décomposition
(-⌬H) sont extrai tes d’une uni que
référence [5] afin de s’assurer qu’elles
ont été obtenues selon un protocole
expérimental identique.
Plus de 300 descripteurs ont été obtenus
avec le logiciel CodessaPro [6] à partir
de structures moléculaires calculées
via le logiciel Gaussian03 [7] à l’aide
d’une méthode de modélisation molé-
culaire : la « Théorie de la Fonctionnelle
de l a densi té » (DFT pour Densi t y
Functi onal Theor y), une approche
théorique fondée sur des concepts
de mécanique quantique (comme la
densité électronique) qui est utilisée en
chimie et physique pour accéder à des
074077.indd 74 22/11/10 15:48
propriétés physico-chimiques à l’échelle
moléculaire.
Ces descripteurs ont été intégrés dans
une anal yse statistique menant au
développement d’un modèle multi-
linéaire le plus corrélé possible avec
l’expérience mais avec un nombre de
descripteurs suffisamment réduit pour
évi ter toute surparamétri sati on du
modèle, qui dégraderait son pouvoir
prédictif.
Un modèle à 3 paramètres très corrélé
avec les chaleurs de décomposition
expérimentales est obtenu (R²=0,98),
comme montré en figure 2. Si un jeu
de données externes est nécessaire
pour évaluer la prédictivité du modèle,
l a val i dati on croi sée démont re l a
robustesse du modèle (R
2
cv=0,97). On
notera par ailleurs la prédiction correcte
de la chaleur de décomposition d’une
molécule externe au set d’entraînement
(le TNT).
-⌬H (kJ/mol) = 401,6 n
N
+ 2092,2
BO
N,avg
+ 13287 E
O,max
– 3148,5
où n
N
est le nombre d’atomes d’azote,
BO
N,avg
l’ordre de liaison moyen pour
un atome d’azote et E
O, max
l ’i ndi ce
de réacti vi té él ectrophi l e maxi mal
pour un atome d’oxygène. Les trois
descri pteurs sél ecti onnés dans l e
modèle caractérisent le nombre de
groupements nitro et leur capacité à se
dissocier du reste de la molécule. Or, la
chaleur de décomposition dépend bien
de l’énergie libérée par la perte des
groupements nitro et de leur nombre.
Le modèle développé présente une
bonne corrélation avec l’expérience et
a également un sens chimique lié au
phénomène de stabilité thermique.
Si l’utilisation d’une base de données
pl us i mpor tante serai t souhai tabl e
afin de mettre en place une validation
rigoureuse du modèle à l’aide d’un
jeu de données externes, ce premier
modèl e QSPR, à l a foi s cor rél é et
signifiant chimiquement, démontre la
pertinence de notre approche.
PRÉDICTION DE LA SENSIBILITÉ
À LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE
Nous nous sommes également intéres-
sés à une autre propriété des composés
énergétiques, la sensibilité électrique
pour 26 composés nitroaromatiques.
FIGURE 2
CHALEURS DE
DÉCOMPOSITION CALCULÉES
(-⌬Hcal) À PARTIR DU MODÈLE
EN FONCTION DES VALEURS
EXPÉRIMENTALES (-⌬Hexp)
(kJ/mol)
Parmi les différents modes d’initiation
entraînant l’explosion (chaleur, impact,
friction…), la sensibilité à la décharge
électrique (EES) n’est pas, jusqu’à pré-
sent, la plus étudiée par approche pré-
dictive.
Nous avons dével oppé l e modèl e
suivant à 4 paramètres [8] avec un
coefficient de corrélation de 0,90 :
E
ES
(J) = 29,6 n
single
+ 63,3 N
C,max
+ 168,4
Q
C,min
– 27,8 V
C,min
+ 99,4
où n
single
est le nombre relatif de liaisons
simples et N
C,max
, Q
C,mi n
et V
C,mi n
sont
respectivement l’indice maximal de
réact i vi té nucl éophi l e, l a charge
mi ni mal e et l a val ence mi ni mal e
pour un atome de carbone. Ces trois
derniers descri pteurs peuvent être
reliés au carbone de la liaison C-NO
2
.
Or, la perte de ce groupement nitro
est communément reconnue comme
l’étape limitante de la décomposition
des composés nitrés. Ces descripteurs
semblent donc tout indiqués pour la
prédicti on de ce mode d’amorçage
de la décomposition explosive. Cette
première étude sera, dans le futur,
approfondie en augmentant la base de
données pour permettre la prise en
compte d’un processus de validation
mais elle démontre déjà l’applicabilité
de la démarche employée.
MÉCANISMES DE
DÉCOMPOSITION
Même si des modèles QSPR avec de
forts pouvoirs prédictifs sont accessibles,
ils ne nous donnent pas forcément accès
aux détails des mécanismes réactionnels
1200
1000
800
600
400
200
200 400 600 800 1000 1200
-ΔH expérimentale
-
Δ
H

c
a
l
c
u
l
é
e
FIGURE 1
MISE EN PLACE ET UTILISATION D’ UN MODÈLE QSPR
INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 75
074077.indd 75 22/11/10 15:48
sous-jacents. Cette connaissance est
fondamentale, non seulement pour
l’identification de tous les processus
microscopiques, mais aussi comme aide
à la sélection efficace des descripteurs
les plus adaptés et des molécules dans
les bases de données utilisées.
En particulier, au sein des composés
ni t r oar omat i ques, l es mol écul es
substituées en position ortho avec le
groupe nitro présentent des chemins
de décomposition pouvant mettre en
jeu des interactions directes entre le
groupement nitro et les substituants
si t ués en or t ho [9]. En ef f et , en
l’absence de substituant en position
ortho, la décomposition est initiée par la
rupture directe de la liaison C-NO
2
[10].
La présence d’un groupement méthyle
en ortho favorise une interaction directe
entre les groupements méthyle et nitro.
L’utilisation de descripteurs de réactivité,
accessi bl es grâce aux cal cul s DFT,
apparaî t alors tout indiquée dans le
dével oppement de modèl es QSPR
pertinents pour cette étude [11,12], afin
de rendre compte de la complexité de
ce processus de décomposition.
CONCLUSIONS
Deux modèles prédictifs des propriétés
liées à l’explosibilité (la chaleur de
décomposition et la sensibilité à la
décharge électrique) des composés
nitroaromatiques ont été développés à
partir de calculs de chimie quantique
permettant de décrire les structures
mol écul ai res de ces composés en
utilisant des descripteurs classiques
(de type constitutionnels) mais aussi
énergét i ques et quant i ques. Ces
premiers résultats, d’une recherche
tout à fait nouvelle à l’INERIS, montrent
que les outils de chi mie quantique
associ és aux méthodes QSPR sont
des outils performants pour prédire
l es propr i étés d’expl osi bi l i té des
substances. Ces modèles intègrent,
de plus, des descripteurs associés à la
liaison C-NO
2
représentant le processus
de décomposi t i on des composés
ni troaromati ques. L’augmentati on
des bases de données permettra une
validation rigoureuse des modèles.
Une fois validés et associés à d’autres
modèl es permet tant de prédi re l a
sensibilité à l’impact, par exemple, les
modèles développés seront intégrés
dans un out i l gl obal i nf or mat i sé
The evaluation of condensed chemicals
explosibility (risk of explosion) at
various operational processes, such as
manufacturing, storage, transport or
implementation, is based on experimental
trials according to international regulatory
frameworks. The recent evolution of
European regulations on control of
chemicals (REACh and CLP regulations)
leads to a volume of work inconsistent
with a systematic experimental
determination of their dangerous
properties (feasibility, cost and reasonable
times) because more than 140,000
chemicals are subjected to REACh. So, the
use of predictive methods (alternative
or complementary to experiments) like
QSPR approaches (quantitative structure /
property relationships) is widely promoted
by REACh. New predictive methods
have been developed to predict the
properties of explosibility of nitroaromatic
compounds with an original approach
combining QSPR methodology and
quantum chemistry tools.
RÉFÉRENCES
[1] Rotureau P., Fayet G., Marlair G., Michot C., Joubert L.,
Adamo C. Évaluation de l’explosibilité des substances
chimiques : des approches expérimentales classiques à
la prédiction par la chimie quantique et les méthodes
statistiques QSPR, Actualité Chimique, 2010, n° 337 : p. 51.
[2] Règlement CE n° 1272/2008 du Parlement européen et
du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification,
à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des
mélanges, modifiant et abrogeant les directives 67/548/CEE
et 1999/45/CE et modifiant le règlement (CE) n° 1907/2006.
[3] Médard L. Les explosifs occasionnels. Tomes 1 et 2,
Tech & Doc, 1987.
[4] Fayet G., Rotureau P., Joubert L., Adamo C. QSPR Modeling
of Thermal Stability of Nitroaromatic Compounds: DFT vs.
AM1 Calculated Descriptors, J. Mol. Model., 2009, 16, p. 805.
[5] Duh Y. S., Lee C., Hsu C. C., Hwang D. R., Kao C. S. Chemical
incompatibility of nitrocompounds, J. Hazard. Mater,
1997, 53, p. 183.
[6] CodessaPro, University of Florida, 2002.
[7] Gaussian 03, Revision B.03, Gaussian Inc., Pittsburg, PA,
USA, 2003.
[8] Fayet G., Rotureau P., Joubert L., Adamo C. Predicting
explosibility properties of chemicals from Quantitative
Structure-Property Relationships, Proceedings of the 43
rd
Loss
Prevention Symposium and 5
th
Global Congress on Process
Safety, edited by AICHE, 2009, p. 15.
[9] Fayet G., Joubert L., Rotureau P., Adamo C. A theoretical
study of the decomposition mechanisms in substituted
ortho-nitrotoluenes, J. Phys. Chem. A, 2009, 113, p. 13621.
[10] Fayet G., Joubert L., Rotureau P., Adamo C. A theoretical
study of the decomposition reactions in substituted
nitrobenzenes, J. Phys. Chem. A, 2008, 112, p. 4054.
[11] Fayet G., Joubert L., Rotureau P., Adamo C. On the use
of descriptors arising from the conceptual density functional
theory for the prediction of chemicals explosibility,
Chem. Phys. Lett., 2009, 467, p. 4 07.
[12] Fayet G., Rotureau P., Joubert L., Adamo C. On the
prediction of thermal stability of nitroaromatic compounds
using quantum chemical calculations, J. Hazard. Mater.,
2009, 171, p. 8 45.
permettant d’identifier correctement
les dangers d’explosion des produits
chi mi ques. Le dével oppement de
ces outils prédictifs QSPR, encouragé
par RE ACh, vi endr a accél ér er l a
caractérisation du danger d’explosion
des substances chimiques enregistrées
en fournissant une première évaluation
des dangers considérés et en élaborant
une stratégie de tests expérimentaux
d’explosibilité optimisée si nécessaire. Ce
travail démontre plus globalement que
les outils de modélisation moléculaire
ne sont pas réservés à la seule analyse
des dangers toxiques présentés par les
produits chimiques : leur potentiel vis-à-
vis de la prédiction des dangers physico-
chimiques est bien réel, quoiqu’encore
sous-employé de nos jours.
COLLABORATIONS
ENSCP Chimie ParisTech – Équipe de
Modélisation des Systèmes Complexes
Université de Modène et Reggio Emilia
(Italie) – Département des Sciences
Pharmaceutiques
ABSTRACT
074077.indd 76 22/11/10 15:48
Le projet de plateforme STEEVE (Stockage d’Énergie
Électrochimique pour Véhicules Électriques) est né
d’un constat simple : pour répondre aux objectifs du
Grenelle de l’Environnement (porter à 23 % en 2020 la
part des énergies renouvelables dans la consommation
d’énergie finale en France), il faut offrir des solutions
techniques innovantes parmi lesquelles le recours
à l’énergie électrique pour assurer la mobilité des
véhicules. Il faut donc anticiper une progression
rapide du besoin de solutions de stockage d’énergie
électrique de forte puissance, qui doit s’opérer dans
des conditions de marché et de sécurité satisfaisantes.
À l’heure actuelle, le domaine du stockage d’énergie
électrochimique est largement dominé par l’Asie dont
les standards de sécurité ne sont pas ceux de l’Europe. Il
est nécessaire de progresser sur la compréhension des
phénomènes dangereux associés à ces technologies
nouvelles et à leur usage et d’assurer un encadrement
approprié de leur mise sur le marché.
La plateforme STEEVE s’inscrit dans le cadre des
plateformes d’innovation et vise à renforcer une synergie
de compétences et de moyens sur le réservoir d’énergie
que représente le stockage électrochimique. Elle
regroupe des opérateurs (CEA, CNRS, EDF R&D, INERIS)
qui possèdent une expertise sur ce sujet et continuent à
la développer à travers des programmes de recherche.
Elle a pour vocation d’offrir aux industriels une filière
homogène de la recherche fondamentale à l’évaluation
des performances et de la sécurité puis à la certification.
Cette plateforme a également pour ambition de devenir
une référence européenne pour l’accompagnement de
l’innovation dans ce domaine et d’être complémentaire
d’autres plateformes d’innovation contribuant au
développement du véhicule décarboné.
Dans le cadre de cette plateforme et pour la partie
STEEVE SÉCURITÉ, l’INERIS porte les activités d’essais
et d’anal yse sur l es systèmes de stockage et
principalement les batteries. Ainsi l’INERIS définit les
protocoles et réalisera les essais de sécurité adaptés à
l’utilisation et au transport des objets considérés : en plus
des moyens d’essais et des outils d’analyse des risques
préexistants à l’INERIS, qui seront adaptés à l’évaluation
de la sécurité des systèmes de stockage d’énergie,
un programme d’investissement en équipements et
bâtiment est en cours. Il aboutira en 2012 à la réalisation
d’un bâtiment de 240 m
2
entièrement dédié aux essais
de sécurité sur les batteries.
En complément de cette activité, la direction de la
Certification de l’INERIS développe un système de
certification volontaire ELLICERT des batteries pour
véhicules électriques qui s’appuie sur un référentiel
prévoyant des testes « abusifs » sur cellules et packs de
batteries.
D. Tigreat
FOCUS
La plate-forme STEEVE
Essai de combustion d’une batterie Li-ion.
Installation pour essai de chute sur les stockages d’énergie
électrique.
INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 77
074077.indd 77 22/11/10 15:48
Le plan Nano Innov, lancé en 2009, consiste à structurer
la recherche dans les nanotechnologies tout en
assurant la sécurité des opérateurs au poste de travail
en présence de nanoparticules.
L’INERIS s’est engagé dans la recherche aux plans
national et européen pour un développement
maîtrisé des nanotechnologies depuis de nombreuses
années. La métrologie est la clé de voûte de différents
travaux menés à l’Institut sur la toxicité, l’écotoxicité
et l’expologie. C’est pourquoi dès 2006, l’INERIS
a entrepris de développer une instrumentation
capable de détecter et d’identifier les nanoparticules
dans différents milieux (air, eau). En matière de
risque industriel, l’INERIS mène des recherches sur le
comportement des poudres nanométriques vis-à-vis
du risque d’explosion sur les sites de production.
SÉCURITÉ DES OPÉRATEURS AU POSTE
DE TRAVAIL
Dans le cadre de Nano Innov, le CEA et l’INERIS
interviennent pour la caractérisation des postes de
travail (100 postes seront évalués en 2010) et cherchent
à qualifier les Meilleures Technologies Disponibles
(MTD) mises en œuvre dans les centres de recherches et
dans les unités de production industrielles. La sécurité
ne pouvant être assurée qu’en tenant compte du
facteur humain, le référentiel de certification Nano-Cert
atteste de la connaissance des risques et des règles de
sécurité par tous les acteurs de la chaîne de sécurité
(opérateurs, préventeurs, services de secours).
L’absence de seuil d’exposition et les difficultés à
mesurer les nanoparticules sur des sites de production
a conduit le CEA, l’INRS et l’INERIS à développer une
approche globale de la sécurité en réunissant des
métrologues, des experts des risques industriels, des
experts des risques aux postes de travail.
Ainsi en certifiant les opérateurs et en vérifiant que
tous les moyens de prévention et de protection basés
sur les MTD sont mis en œuvre, les recherches sur ces
domaines nouveaux pourront être engagées dans les
meilleures conditions.
De plus le comité de certification qui a approuvé le
référentiel Nano-Cert réunit des centres de recherches,
des industriels (chimie, électronique), une ONG et
l’administration, ce qui a permis de développer des
outils pour la recherche en associant les diverses
parties prenantes.
D. Charpentier
FOCUS
Nano Innov
Expérience de vieillissement accéléré de produits nanomanufacturés.
078081.indd 78 17/11/10 09:33
Étude de la combustion
d’un mélange pyrotechnique
fuel/comburant
DU BESOIN DE CARACTÉRISER
LES MATÉRIAUX
Les i ncendi es qui i mpl i quent des
matériaux énergétiques, constitués
notamment de mél anges de t ype
fuel/comburant solides, diffèrent des
incendies de type conventionnel. Afin
de prévenir la manifestation de tels
scénarios, plusieurs directives (REACh,
Seveso…) ont été établies. Elles mettent
clairement en évidence que le point
cr i t i que à maî t r i ser se concent re
dans l ’apt i t ude à compr endr e l e
comportement du matériau énergétique
dans des condi t i ons hor s de son
champ d’utilisation normal. Lorsqu’ils
sont soumi s à un f l ux de chal eur
suffisamment élevé, une décomposition
thermique du composé s’opère. Le
comburant libère des éléments oxydants
qui diffusent dans le milieu gazeux
et sont capables de réagir avec les
éléments issus de la dégradation du
fuel. Une réaction de combustion peut
alors s’établir (figure 1). Le comburant
provenant de la composition du matériau
est le principal oxydant de la réaction de
combustion en lieu et place de l’oxygène
de l’air. Par ailleurs, certaines réactions
chimiques issues de la décomposition
t her mi que du matér i au ou d’une
combustion incomplète favorisent la
formation de composés toxiques.
Une gestion adaptée de la probléma-
ti que i ncendi e l i ée aux matéri aux
énergétiques implique une meilleure
compréhensi on des phénomènes
chimiques intervenant durant la com-
bustion. Pour ce faire, la définition d’une
méthodologie, permettant de caractéri-
ser les principales réactions ayant lieu,
les émissions de gaz de combustion
ainsi que la quantité d’énergie libérée,
est indispensable.
CARACTÉRISATION DES
RÉGIMES DE COMBUSTION
D’UN MÉLANGE
PYROTECHNIQUE
Méthodologie
La caractérisation thermique et chimi-
que des matériaux constitue l’un des
domai nes de base des sciences de
l’incendie. Depuis plusieurs années,
de nombreux travaux scientifiques
combinés à l’élaboration de standards
ont per mi s l ’écl osi on d’un savoi r-
faire dans l’étude du comportement
d’un matériau soumi s à un régi me
de combust i on. La possi bi l i té de
s’inspirer d’une telle méthodologie
pour l es matériaux énergéti ques a
été consi dérée dans cet te ét ude.
El l e a consi sté en deux approches
compl ément ai r es . Une anal ys e
thermique permet de suivre l’évolution
de la décomposition du matériau au
cours du temps, ce dernier étant soumis
Matériau énergétique
Comburant Combustibles
Combustion
Volatiles
Résidu
charbonneux
Gaz de combustion
+
Résidu
Décomposition thermique
O2
+
O2 / air
H. Biteau/G. Marlair
FIGURE 1
SCHÉMA DE RÉACTION DE COMBUSTION
D’ UN MATÉRIAU ÉNERGÉTIQUE
INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 79
078081.indd 79 17/11/10 09:33
à un flux de chaleur croissant. Cette
technique aide à définir un schéma
général de la dégradation thermique
du matériau soumis à un gradient de
température suffisamment faible pour
permettre son observation. Une fois
un schéma de décomposition obtenu,
des essais de combustion peuvent être
conduits à l’aide d’un calorimètre tel
que le cône calorimètre [1] ou le Fire
Propagation Apparatus (FPA) également
nommé calorimètre de Tewarson [2].
Ces instruments ont été spécialement
développés afin d’étudier l’inflammabilité
de matériaux. Ils mesurent notamment
l es concentr ati ons des pr i nci paux
produits de combustion et permettent
une est i mat i on de l a quant i té de
chaleur libérée. L’intérêt d’une telle
étude est d’évaluer l’applicabilité de
cette méthodologie pour un matériau
énergétique représentatif de cette
fami lle de composés chi mi ques, la
vitesse de réaction de combustion étant
ici proche du temps de réponse des
instruments de mesure.
Étude de poudres fumigènes
Les spécimens tests consistent en des
poudres fumigènes basées sur des
mélanges ternaires d’amidon (C
6
H
10
O
5
),
de lactose (C
12
H
22
O
11
) et de nitrate de
potassium (KNO
3
), ce dernier jouant le
rôle du comburant. Les mélanges se
différencient par une concentration plus
ou moins importante en KNO
3
.
L’utilisation d’outils de Calorimétrie
Différentielle à Balayage (DSC) et de
thermogravimétrie (ATD/ATG) couplés à
un spectromètre IRTF a permis d’identifier
les principaux mécanismes physiques et
chimiques de la décomposition des
échantillons. Les résultats soulignent que
la décomposition du lactose précède,
en termes de température, celle de
l’amidon. Lorsque la décomposition
de l’échantillon s’opère sous air, des
réactions exothermiques d’oxydation
sont observées à ce stade. Néanmoins,
le principal exotherme intervient durant
la décomposition du comburant quelle
que soit la nature de l ’atmosphère
réacti ve (ai r ou atmosphère i ner te
d’azote). La concentration en comburant
est donc un paramètre criti que de
l’intensité de la réaction de combustion.
L’anal yse ther mi que rend compte
de comportements obtenus pour de
faibles gradients de température peu
représentatifs de conditions d’incendie.
Des essais de combustion sont donc
nécessaires afin d’approfondir l’analyse.
L’utilisation du FPA a été conditionnée
à sa capacité à capturer l’évolution de
la réaction, ce qui a été vérifié [3]. Le
FPA présente plusieurs avantages, dont
la possibilité de pouvoir modifier la
composition de l’atmosphère réactive.
L’influence de la concentration d’O
2

présent dans le milieu réactif sur la
combustion des poudres ternaires, a
été établie. Les résultats d’expériences
indiquent qu’en deçà d’une concen-
trati on cri ti que de 17 % d’O
2
dans
l’atmosphère réactive, la combustion
du matériau n’est entretenue que par le
comburant interne KNO
3
[4]. L’O
2
présent
dans la composition du milieu réactif ne
joue alors plus aucun rôle. Un modèle
de propagation de flamme de diffusion
a été élaboré et une concentration d’O
2

critique identique à celle de l’expérience
a été obtenue. Ce phénomène de
t r ansi t i on met en évi dence deux
types de combustion. Un régime de
combustion lente, de type smouldering,
est entretenu par le comburant KNO
3

présent dans la phase solide. Les gaz
produits diffusant dans l’atmosphère
réactive. Si le mélange est inflammable
(X
o
2

> 17 %), une seconde réaction de
combustion en phase gazeuse (flamme
de diffusion) s’établit. Enfin, le couplage
du FPA avec un spectromètre I RTF
montre la production de produits de
combustion incomplète (CO, aldéhydes)
et d’oxydes d’azote pour des milieux
réactifs dont la concentration d’O
2
est
inférieure à la valeur critique.
ESTIMATION DU DÉBIT
D’ÉNERGIE LIBÉRÉE
Dans le cadre d’un incendie ou plus
génér al ement d’une réac t i on de
combustion, la vitesse du dégagement
de la chaleur (HRR) apparaît comme l’un
des paramètres essentiels à déterminer.
Di f férentes méthodes per met tent
d’accéder à cette donnée. Si la chaleur
de combustion du spécimen étudié
est connue, alors une mesure de la
perte de masse permettra d’obtenir une
approximation plus ou moins correcte
du HRR. Les deux principes de calcul
du HRR les plus répandus reposent
sur la mesure de consommation d’O
2

(calorimétrie par consommation d’O
2
,
OC) [5] et la mesure de production de
CO et CO
2
pour le second (calorimétrie
par génération de CO/CO
2
,CDG) [6]. Il
n’est donc pas nécessaire de disposer
d’informations relatives au matériau
testé pour calculer le HRR. En effet,
Thor nton [7] et Tewar son [6] ont
respectivement montré que, dans le
cas de combustion complète, le HRR
était proportionnel à la quantité d’O
2

consommée (OC) et à la quantité de CO
2
générée par la réaction (CDG) :
q≈Eo
2
Δmo
2
(0C) (1)
q≈Eco
2
Δmco
2
(CDG) (2)
Les coefficients de proportionnalité,
E
o
2
(OC) et E
co
2
(CDG) demeur ent
relativement constants pour la plupart
des produits qu’ils considèrent et des
valeurs respectives de 13,1 kJ/g d’O
2
(± 5 %) et 13,3 kJ/g de CO
2
(± 11 %) ont
été calculées. Toutefois, un inconvénient
l i é à l ’empl oi de ces const ant es
empiriques réside dans l’impossibilité
de quantifier de manière appropriée
l ’erreur associée au cal cul du HRR.
Ainsi, la possibilité de pouvoir utiliser
ces constantes pour l es matéri aux
énergétiques doit être préalablement
vérifiée. Les méthodes de calculs OC, CDG
et perte de masse ont été appliquées
à des r éac t i ons de combus t i on
impliquant les spécimens étudiés. Une
comparaison des résultats a mis en
évidence des divergences de l’ordre
de 100 %. Dans le cas des mélanges
testés, des coefficients énergétiques


0C
0
e
b
i
I

c
a
l
o
r
i
I
i
q
u
e

(
K
w
)
Iemþs (s)
C06
PerIe
de masse
12

8
6
4
2
û
û 2û 4û 6û 8û
FIGURE 2
DÉBIT CALORIFIQUE DE LA RÉACTION DE COMBUSTION
SOUS AIR D’ UNE POUDRE TERNAIRE LACTOSE/AMIDON/
KNO
3
(25 %/25 %/50 %) ESTIMÉ AU MOYEN DES PRINCIPES
DE CALORIMÉTRIE OC, CDG ET PAR PERTE DE MASSES
• – •
• – •
078081.indd 80 17/11/10 09:33
E
o
2

et E
co
2

corrigés aux moyens d’un
modèle de molécule virtuelle et d’une
chaleur de réaction ont été nécessaires
pour parvenir à des résultats de HRR
à l’incertitude minimale [8] (figure 2).
Néanmoins, cette approche suppose
une connai ssance suf fi sante de l a
chimie de combustion du matériau
considéré.
CONCLUSIONS
ET PERSPECTIVES
La présence du comburant dans la
composition même du produit induit
un comportement au feu qui diffère
des combustibles « conventionnels ». Le
nombre croissant d’accidents impliquant
des matériaux énergétiques appelle
à une meilleure compréhension de
leur processus de décomposition et
de combust i on dans un souci de
prévention des risques et de maîtrise du
développement durable mieux adaptées.
Deux paramètres critiques liés à leur
combustion doivent être correctement
définis : les émissions toxiques et la
quantité de chaleur dégagée.
L’étude de la chimie de décomposition
du matér i au est pr i mordi al e. Une
combinaison des techniques existantes
d’analyse thermique et de calorimétrie
RÉFÉRENCES
[1] ISO 5660, Fire Tests – Reaction to Fire – Part 1: Rate of
Heat Release from Building Products (Cone Calorimeter),
International Standards Organisation, Geneva, 1993.
[2] ASTM E2058-03, Standard Test Method for Measurement
of Synthetic Polymer Material Flammability Using a
Fire Propagation Apparatus, ASTM International, West
Conshohocken, 2003.
[3] Marlair G., Turcotte. R., Qwok Q. S. Branka, R. Toxicity
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33rd International Pyrotechnic Seminar, 16 - 21 July,
Fort Collins, USA, 2006, pp. 467-484.
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of oxygen concentration on the combustion of a fuel/oxidizer
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[5] Parker, W. J. Calculation of the Heat Release Rate by
Oxygen Consumption for Various Applications, NBSIR 81-2427,
National Bureau of Standards, Gaithersburg, MD (1982).
[6] Tewarson, A. Generation of Heat and Chemical
Compounds in Fires, in: SFPE Handbook of Fire Protection
Engineering, 3rd Edition, Section 3, Chapter 4, The National
Fire Protection Association Press, 2002, pp. 3-82 – 3-161.
[7] Thornton, W. M. The Relation of Oxygen to the Heat of
Combustion of Organic Compounds, Philosophical Magazine
Series 6, 33, pp. 196-203 (1917).
[8] Biteau H., Fuentes A., Marlair G., Brohez S., Torero J. L.
Ability of the Fire Propagation Apparatus to characterise the
heat release rate of energetic materials, Journal of Hazardous
Materials, 166, pp. 916-924 (2009).
In the last years, energetic materials have been regularly involved in
explosions and fire events. They react very rapidly and release large
amounts of energy. Their main peculiarity stems from the oxidiser present
in their composition, so they do not require oxygen from the air as their
primary reaction partner. The thermal and chemical characterisation of
such compounds is fundamental to understand their combustion behaviour
and then becomes able to prevent severe hazards. A methodology
based on combining a thermal analysis and calorimetry tests carried
out using a Fire Propagation Apparatus enabled to determine an overall
description of the physical and chemical mechanisms taking place during
the combustion of sample energetic materials. The analysis showed that
both the concentration in oxidizer and the composition of the reactive
atmosphere influence the combustion regime that prevails. Understanding
the decomposition and oxidizing processes occurring during the different
combustion regimes is critical to predict potential toxic emissions. Another
essential parameter for the characterisation of a fire scenario involving
energetic materials is the Heat Release Rate (HRR). The use two calorimetric
methods, Oxygen Consumption and Carbon Dioxide Generation principles,
allowed the calculation of the HRR from the burning of the sample material.
Nevertheless, a correction procedure based on the use of a fictitious
molecule model and an estimation of the heat of reaction needs to be
applied to account for the internal supply originating from the oxidizer.
permet d’accéder à la description des
principaux schémas de réactions. On
met ainsi en évidence l’influence de
l’O
2
contenu dans le milieu réactif sur
le mode de combustion des mélanges
étudiés. Le niveau d’émission de produits
de combustion incomplète résulte du
mode de combusti on prédomi nant
(régime de flammes ou smouldering).
Néanmoins, il reste encore à estimer
l’ensemble des paramètres cinétiques
gouvernant les principaux mécanismes
réactionnels.
Les pr i nci pes de cal or i mét r i e par
consommation d’O
2
(OC) et calorimétrie
par génér at i on de CO/CO
2
(CDG)
permettent d’estimer la vitesse de
dégagement de la chaleur (HRR) de la
combustion de matériaux énergétiques.
Cependant, l’utilisation des constantes
d’énergie E
o
2
(OC) et E
co
2
(CDG) peut
s’avérer inappropriée. Une estimation
des coefficients énergétiques est possible
mais nécessite une connaissance de
la chimie du matériau. Par ailleurs, les
deux modes de combustion principaux
qui dépendent de la nature du milieu
réactif associent des niveaux d’énergie
libérés différents. Ces variations doivent
être prises en compte dans le calcul du
HRR afin de mieux limiter l’incertitude.
ABSTRACT
INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 81
078081.indd 81 17/11/10 09:33
Phénomènes
dangereux
082083.indd 82 16/11/10 11:17
Stratégie de recherche
S
i les analyses de risques réservent aujourd’hui
une juste place à l’estimation de la probabilité
d’accident, le calcul des conséquences doit
aussi faire l’objet d’un traitement précis étant donné
son poids déterminant dans le calcul des zones
d’urbanisation.
Pour réduire l’incertitude et optimiser les mesures de
maîtrise des risques, il faut être capable d’introduire
de manière fine les circonstances initiales de
l ’acci dent. Par ai l l eurs, si l es conséquences
potentielles des scénarios étudiés sont inacceptables,
il faut être capable d’imaginer puis de calculer
les barrières de sécurité qui conviennent. On doit
donc aujourd’hui davantage raisonner en termes
d’enchaî nement de phénomènes : agressi on
thermique ou mécanique d’un contenant, apparition
d’une brèche et d’une fuite, formati on d’une
atmosphère inflammable (ou toxique), amorçage,
expl osi on et i ncendi e, ef fet s mécani ques et
thermiques dans l’environnement, effets dominos
associés…
Ces nouvel l es approches se ref l ètent dans
l ’organisation de l ’INERIS comme par exemple
le regroupement des compétences dans le pôle
« Phénomènes Dangereux et Structures » et dans
la manière de travailler au quotidien. Ainsi, dans ce
pôle, les activités de recherche et de développement
sont coordonnées par axes de recherches dont l’un
(le programme EPHEDRA) vise spécifiquement à
créer un environnement de simulation permettant
l’enchaînement des phénomènes dangereux évoqués
ci-dessus. Les autres « axes », plus traditionnels
(prédiction des caractéristiques des fuites et des
nuages dangereux, simulation du développement et
des conséquences des explosions), ont pour finalité
de combler des lacunes identifiées et actuellement
difficiles à réduire comme la compréhension et la
modélisation des fuites en régimes multiphasiques
ou de l’effet d’obstacles sur le déroulement d’une
explosion.
Un premier article concerne la prédiction des effets
dominos qui sont consécutifs à un premier accident
(programme IMFRA). Par exemple, on peut imaginer
une citerne contenant du gaz qui, prise dans un
incendie, éclate. Des fragments de l’enveloppe
peuvent al ors percuter un second réser voi r,
provoquer une brèche et une fuite dangereuse.
On a intégré dans le programme IMFRA toutes les
composantes de ce risque qui déterminent in fine
la probabilité d’impact et ses conséquences sur les
« cibles » sensibles.
Un second ar ti cl e concerne l a prédi cti on des
conséquences des accidents routiers (transports de
matières dangereuses) et des actes malveillants
en tunnel, et propose une « intégration » des
phénomènes dangereux (programme EGSISTES).
On y traite de la formation des nuages dangereux,
l’incendie, les effets thermiques et toxiques et on
poursuit l’analyse jusqu’aux barrières de sécurité
en croisant de façon harmonieuse la modélisation
mat hémati que, numér i que et l a si mul ati on
expérimentale.
l Mieux comprendre
les phénomènes
dangereux en particulier
l’explosion en milieu
encombré, l’incendie
en milieu confiné, les
rejets diphasiques et
supercritiques.
l Évaluer et mettre
à la disposition de
la communauté des
outils de modélisation
permettant de couvrir
les principaux
phénomènes dangereux.
l Produire et mettre à
disposition des données
de référence permettant
de juger de la pertinence
de tout modèle
numérique, du plus
simple au plus complexe
(CFD).
l Éclairer les parties
prenantes sur les
limites des outils
de modélisation
et notamment la
pertinence de certaines
modélisations dans
des cas particuliers
d’utilisation.
E
T

D
E
M
AIN
INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 83
082083.indd 83 16/11/10 11:17
Impacts de fragments et vulnérabilité
des installations industrielles
F. Mercier
U
n s i t e i n d u s t r i e l p e u t
abriter plusieurs réser voi rs
cyl i ndri ques sous pressi on
contenant du gaz ou des liquides. Une
surpression, une agression mécanique,
thermique ou autre peuvent conduire
à l’éclatement d’un de ces réservoirs.
Cet te expl osi on peut générer des
f r agment s (f i gure 4) qui peuvent
impacter d’autres équipements, voire
pénétrer par tiellement ou per forer
compl ètement ces derni ers [1]. Un
nouvel accident peut alors se produire
et générer de nouveaux projectiles,
eux-mêmes initiant d’autres accidents.
Cet enchaî nement catastrophi que
constitue un effet domino qui peut faire
de nombreuses victimes : plus de 650
morts à Mexico en 1984, par exemple.
Une méthode globale de traitement
de ce phénomène a été développée.
À son stade initial, elle a fait l’objet
d’une présentati on dans le rappor t
scientifique 2006-2007 de l ’INERIS.
Depuis, les différentes étapes de ce
modèle stochastique ont été affinées.
ANALYSE DE FIABILITÉ ET
PROBABILITÉ DE RUINE
Chaque cycle élémentaire de l’effet
domino peut être décrit comme suit
(figure 1).
l
Générati on de proj ecti l es par un
accident initial. L’accident initiateur
considéré ici est celui de l’explosion
d’un réser voi r sous pressi on. À cet
événement est associée la probabilité
de génération de fragments, P
gen
.
l
Impact d’autres équipements par les
projectiles. À cette possibilité d’impact
est associée la probabilité d’impact, P
imp
.
l
Endommagement partiel ou perforation
compl ète des ci bl es i mpactées. La
nature de l’endommagement est dictée
par différents paramètres telles que la
taille du (des) projectile(s), de la cible, la
masse… La probabilité de rupture de la
cible à l’impact, P
rup
lui est associée.
La poursuite de l’effet domino est alors
déterminée par l’endommagement subi
ainsi que par l’état de la cible (réservoir
vide ou plein par exemple) au moment
de l’impact. Un endommagement de la
cible n’induit pas toujours une explosion.
Chacune de ces probabilités va mainte-
nant être explicitée. L’impact considéré
dans cette étude est celui d’un projectile
métallique rigide sur une plaque métal-
lique, mais les modèles développés
permettent de traiter d’autres cas,
notamment pour des cibles en béton.
CARACTÉRISATION
DE L’AGRESSION
Terme source
Les multiples fragments projetés ont
différentes formes, tailles et vitesses ini-
tiales ainsi que différents angles initiaux
de départ. Il est alors nécessaire de
définir convenablement les lois de dis-
tribution des termes sources : nombre
de fragments, formes et tailles des
fragments, leurs masses, leurs angles
initiaux de départ (angles horizontal
et vertical), leurs vitesses initiales de
départ ainsi que leurs coefficients aéro-
dynamiques (coefficients de portance et
de traînée).
FIGURE 1
SÉQUENCES
DE L’ EFFET
DOMINO
RÉSULTANT
DE
L’ ÉCLATEMENT
D’ ENCEINTES
SOUS
PRESSION
Probabilité décrivant
l'état de la cible
Propabilité de
génération de
projectiles
Probabilité d'impact de
la cible
Probabilité de rupture
de la paroi
Cycle élémentaire
Oui : poursuite
du cycle
Non : Arrêt
du cycle
État du cycle de vie
de la cible
Projectiles
Explosion
Conditions de
suraccident
Endommagement
cible
Probabilité
l
084089.indd 84 22/11/10 15:49
Nombre et forme de fragments
La formati on de fragments l ors de
l’explosion d’un réservoir dépend de la
pression, de la propagation des fissures,
ainsi que du matériau constitutif. Le
retour d’expéri ence montre que l e
changement de phase explosif (BLEVE)
de réser voi rs cyl i ndri ques génère
un nombre l i mi té de f r agment s :
généralement deux ou trois, tout au plus
quatre ou cinq. La taille des réservoirs
n’a pas d’i nfl uence sur l e nombre
de fragment s. Pour des réser voi rs
cylindriques, Hauptmanns [6] estime
que le nombre de fragments suit une
distribution log-normale. Cependant,
dans la présente étude, un traitement
des données accidentelles de Holden
[8] à l’aide du principe du maximum
d’entropi e montre que l e nombre
de fragment s sui t une di stri buti on
exponentielle.
La f or me des f r agment s dépend
principalement du type de rupture ainsi
que de la propagation de fissures dans
la paroi du réservoir. Sur la base d’une
analyse de Holden [8], dans la présente
étude, les fragments sont supposés
constitués de fonds de réservoir dans
23,5 % des cas, de plaques dans 30,5 %
et de fonds oblongs de réservoir dans
46 % des cas.
Masse et vitesse initiale du fragment
Suivant les cas, la masse du fragment
est obtenue à partir de la masse totale :
l
soi t en consi dér ant une l oi de
distribution Bêta [6] ;
l
soit à partir de son volume et de sa
masse volumique.
La vitesse initiale des fragments est
estimée à partir de la masse et des
conditions thermodynamiques dans le
réservoir avant l’éclatement. En effet,
elle se calcule à partir de l’énergie
cinétique, elle-même estimée à partir
de l’énergie totale disponible avant
l’explosion. Ici, l’énergie cinétique est
obtenue à partir de l’énergie totale E,
à partir des méthodes proposées par
Baker et Baum [2], [3].
Angles de départ
Dans le cas d’un réservoir sphérique, le
manque de données amène à postuler
qu’i l n’y a pas d’ai re él émentai re
préférentielle sur la surface de la sphère
pour les angles de départ. Ainsi, pour
un réser voir sphérique de rayon R,
les angles de départ horizontal ␪ et
vertical ␸ sont tels que la probabilité
élémentaire reste constante. Pour les
réservoirs cylindriques, cette distribution
reste val i de pour l es seul s angl es
verticaux de départ (␸) des fragments.
La distribution des angles de départ
hori zontaux (␪) des proj ecti l es est
spécifique aux réservoirs cylindriques.
Les fragments sont projetés de manière
préférentielle suivant dans les secteurs
angulaires autour du grand axe [7].
Coefficients de portance
et de traînée
La portance résulte de la dissymétrie
entre l ’extéri eur et l ’i ntéri eur des
fragments. Le coefficient de portance,
C
L
, s’exprime en fonction de l’angle
d’inclinaison a. Le coefficient de traînée
dépend de plusieurs paramètres, tel que
la géométrie, la rugosité de la surface
et l’orientation au regard de la direction
de la vitesse. Une distribution uniforme
du coefficient de traînée, C
D
, peut être
considérée sur certains intervalles [6].
Ici, les hypothèses suivantes sont adop-
tées :
l
pour les fragments de type fond de
réservoirs, le coefficient de portance suit
une distribution uniforme à l’intérieur
de l ’inter valle [0,351 ; 0,468] et le
coefficient de traînée suit une loi de
distribution uniforme à l’intérieur de
l’intervalle [0,8 ; 1,1] ;
l
pour la virole, l’effet de portance peut
être négligé. Le coefficient de traînée
suit une loi de distribution uniforme
dans l’intervalle [1,1 ; 1,8].
TRAJECTOIRE DES FRAGMENTS
ET CARACTÉRISTIQUES
D’IMPACT
La t r aj ectoi re des f r agment s est
décrite en employant la trajectoire du
barycentre des fragments. La rotation du
fragment pendant le vol est négligée.
MODÈLE DE PÉNÉTRATION
ET PERFORATION
Le modèle d’impact du fragment sur
la plaque (figure 2) a pour paramètres
e
t
l’épaisseur totale de la plaque, h
p
la profondeur de pénétration, d
p
la
diamètre du fragment, l
p
la longueur du
fragment, v
p
la vitesse du fragment, ␣
l’angle d’inclinaison du fragment et e
cr
l’épaisseur critique de la plaque.
À l’impact avec la cible, le fragment
FIGURE 2
PLAQUE MÉTALLIQUE IMPACTÉE PAR UN PROJECTILE
CYLINDRIQUE
Plaque
|ragmenI
V
þ
h
þ
1
2
3
(e
I
·e
cr
) e
I
FIGURE 3
RELATION ENTRE VITESSE DU PROJECTILE ET
PROFONDEUR DE PÉNÉTRATION
1 : Pénétration partielle en deçà du domaine critique
2 : Pénétration partielle dans domaine critique
3 : Perforation complète
FIGURE 4
PROJECTIONS PRODUITES PAR L’ EXPLOSION D’ UNE
CITERNE DE GPL (accident de Dagneux, mai 2007)
INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 85
084089.indd 85 22/11/10 15:49
RÉFÉRENCES
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Engin. Symposium Series, 93, 205-220.
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Review of Incident Experience Relevant to Major Hazard
Plant. Safety and Reliability Directorate, Health & Safety
Directorate.
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perforation of mild steel plates. Int. J. of Impact Engineering
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Part I: Probabilistic description of the source terms, J. of
Loss Prevention in the Process Ind., Volume 22, Issue 4,
July 2009, Pages 408-416, ISSN 0950-4230, DOI: 10.1016/j.
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417-425, ISSN 0950-4230, DOI: 10.1016/j.jlp.2009.02.005.
peut créer un cratère, réduisant ainsi
l’épaisseur résiduelle de la cible dans
l a zone i mpactée. Troi s scénar i os
principaux peuvent être distingués :
l
pénétration partielle dans le domaine
critique : l’épaisseur résiduelle de la
plaque dans la zone d’impact reste
inférieure à l ’épaisseur critique, e
cr

(figure 3, courbe 2) ;
l
pénétrati on par ti el l e au-del à du
domaine critique : l’épaisseur résiduelle
de la plaque a des val eurs situées
dans l ’i nter val l e [0, e
cr
] (f i gure 3,
courbe 1). Dans le cas de systèmes
sous pression (réservoirs, réacteurs…),
cet affaiblissement peut être suffisant
pour que la cible cède sous l’effet de sa
pression de service ;
l
perforation complète (figure 3, courbe 3).
Ces deux derniers cas sont ceux le plus
souvent rencontrés lors d’accidents
industriels. À cet effet, des modèles
mécaniques ont été développés en
vue de cal cul er l a profondeur de
pénétration et pouvoir ainsi la comparer
à l’épaisseur critique à partir de données
expérimentales disponibles dans la
littérature existante [4], [5], [9], [10]. Le
modèle mécanique actuel permet de
calculer la profondeur de pénétration
pour diverses vitesses de projectiles
ABSTRACT
The explosion of industrial facilities such as pressure vessels or reactors
can produce many fragments. These fragments can originate a so-
called domino effect if they impact other storage tanks or pressurized
enclosures, which, in turn, can burst. This paper depicts the stochastic
approach of an elementary cycle of the phenomenon. It has been
implemented since 2005. It is based on the principle of entropy maximum.
To do so, the main features of the projectiles (number, shape, mass,
departure velocity and departure angles) have been developed with
probability density functions (p.d.f.). These p.d.f. are the data injected in a
further step of the study in order to appreciate the industrial risk.
Then the trajectories of the fragments and their impact with targets
have been modeled on the base of geometric relationships. The impact
probabilities are estimated from the results of a Monte-Carlo simulation.
In addition, interaction models between the projectiles and the target
have been implemented, partly from the existing literature and to a
certain extent from experiments driven by NEXTER, a partner in the
project. These models are used to estimate the damage produced by
the fragment on the target. Crossed with the life cycle state of the target
(e.g. full or empty for a storage tank), the result can help to predict the
continuation of the domino effect cycle.
calées sur les résultats de Bless [4],
Neilson [10]. Un modèle mécanique
simplifié proposé permet d’estimer la
profondeur de pénétration (h
p
), dans
le cas où la cible et le projectile sont
métalliques.
La profondeur de pénétration dépend
de l’angle d’incidence du projectile à
l’impact, de son énergie cinétique, ainsi
que des contraintes et déformations
ultimes des matériaux constitutifs.
Nexter, partenaire de l’INERIS sur ce pro-
gramme, a développé d’autres modèles,
soit sur la base d’études numériques,
soit au travers d’expériences.
RÉSULTATS ET PERSPECTIVES
Le modèl e stochastique dével oppé
permet, en tablant sur un éclatement
initial, de :
l
qualifier les probabilités d’atteinte de
cibles, par exemple en produisant des
distributions de probabilités en fonction
de la distance et du secteur angulaire ;
l
qualifier leur endommagement à l’im-
pact. Les perspectives de développe-
ment du modèle stochastique passent
par l’intégration de l’état de la cible au
moment de l’impact et par l’élargisse-
ment des modèles d’impact aux struc-
tures non métalliques.
084089.indd 86 22/11/10 15:49
EGSISTES : Évaluation Globale
de la Sécurité Intrinsèque des Systèmes
de Transport En Souterrain
L
e projet EGSISTES (Évaluation
Globale de la Sécurité Intrinsèque
aux Systèmes de Transports En
Souterrain) avait pour objectif d’amé-
liorer la compréhension des phéno-
mènes physiques intervenant dans les
scénarios de menace intentionnelle ou
accidentelle. Les recherches réalisées
pendant les trois ans du projet, tant sur
le plan numérique qu’expérimental, ont
permis d’obtenir une meilleure descrip-
tion de la physique des phénomènes
dangereux et d’évaluer les modèles
disponibles pour en prédire les consé-
quences. Ce document présente une
partie des résultats obtenus. Une ana-
lyse des risques globaux pour les infras-
tructures souterraines de transport a fait
ressortir trois phénomènes dangereux :
l’explosion, l’incendie et la dispersion de
gaz toxiques.
Ces trois phénomènes ont été étudiés
expérimentalement et numériquement
au cour s du proj et . Ce document
traite des aspects expérimentaux et
numériques des phénomènes d’incendie
et de dispersion de gaz toxiques. Les
phénomènes d’explosion, dont l’aspect
expérimental a été étudié par l’INERIS,
ne sont pas discutés ici.
INCENDIE EN TUNNEL :
COMPORTEMENT DE LA NAPPE
AVAL
En cas d’incendie, la réglementation
actuelle [2] prescrit une ventilation lon-
gitudinale réduite, vitesse de ventilation
de l’ordre de 1 à 2 m/s, pour des situa-
tions de tunnels congestionnés. Cette
stratégie a pour but de maintenir une
« certaine stratification des fumées à
l’aval du foyer » pendant l’évacuation
des personnes. L’objet de la campagne
expérimentale était d’évaluer la pré-
sence et la stabilité de la stratification
à l’aval du foyer et de comprendre l’im-
pact de la présence de véhicules sur
cette stratification. La galerie incendie
de l’INERIS a été utilisée pour cette cam-
pagne expérimentale. L’installation a
été décrite en détail dans [1] et [4]. Pour
mémoire, il s’agit d’un tunnel à échelle
1/3 d’une section de 5,4 m², pour une
longueur de 50 m. Pour étudier le com-
portement de la nappe aval et l’impact
de véhicules sur la stratification, le foyer
d’incendie était placé à 10 m de l’entrée
de la galerie, soit une longueur d’étude
de 40 m en aval.
B. Truchot
Caractérisation de la nappe aval
Afin d’étudier l’impact de la ventilation
sur la stratification des fumées à l’aval
du foyer, deux puissances d’incendie
et trois débits de ventilation ont été
étudiés. L’objet de cet article est d’évo-
quer les conclusions qui se dégagent
de ces essais. La stratification d’une
nappe de fumées peut être évaluée à
l’aide du critère de stratification S1 (rap-
port entre la différence de température
entre le plafond et le sol et l’augmen-
tation de température moyenne) défini
par Newman [5]. Ses travaux montrent
que S1 est inférieur à 1,9 en cas de
perte de la stratification. Pour la nappe
aval, il est possible de définir deux
régions en fonctions de la stratifica-
tion [6] : une première région stratifiée,
proche du foyer, une deuxième région
plus lointaine non stratifiée. La limite
entre ces deux régions varie en fonction
des conditions de l’incendie et de la ven-
tilation entre deux situations extrêmes
d’absence complète de stratification
ou au contraire de stratification sur la
totalité du tunnel.
Afin d’évaluer la stratification à l’aval du
foyer en cas d’incendie de véhicule dans
un tunnel, l’évolution longitudinale du
critère de stratification S1 est représenté
sur la figure 1 pour un foyer de 350 kW
et les trois débits de ventilation utilisés.
Ainsi, ces essais montrent une faible
stratification à l’aval du foyer dans une
configuration de ventilation corres-
pondant à celle rencontrée en tunnel
congestionné, et ce d’autant plus que
INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 87
084089.indd 87 22/11/10 15:49
l’on s’éloigne du foyer.
Outre l’aspect thermique montrant la
perte de stratification, les images vidéo
enregistrées durant les essais mon-
trent la perte totale de la stratification
visuelle. Cette dernière n’a aucun effet
direct sur la sécurité des usagers mais
pénalise leur évacuation.
Ainsi, les conditions d’évacuation à l’aval
du foyer sont rapidement dégradées,
représentant à l’échelle, la situation dans
un tunnel en ventilation longitudinale.
Cette dégradation est notable à la fois
par la perte de visibilité qui en résulte,
mais aussi par une dégradation certaine
des conditions de tenabilité (conditions
thermiques et toxiques compatibles
avec la présence de personnes) à l’aval
du foyer. Ces deux aspects cumulés
impliquent une mise en sécurité délicate
des usagers dans une telle situation et
souligne l’importance, dans l’évaluation
de la stratification, de ses différentes
caractéristiques : thermique, toxique
mais aussi visuelle.
Impact de véhicules sur
la nappe aval
La stratégie de ventilation prescrite par
l’instruction technique [2] et décrite
précédemment est applicable pour des
tunnels congestionnés. Aussi, dans une
telle situation, des véhicules seront
présents à l’aval du foyer et leur impact
sur la stratification des fumées doit donc
être évalué. À cette fin, des éléments
si mulant la présence de véhicules,
voi tures et poi ds l ourds, à échell e
1/3 ont été introduits dans la galerie
incendie. La figure 2 montre l’évolution
comparative du critère S1. Cette courbe
a été obtenue à partir des résultats
FIGURE 1
ÉVOLUTION LONGITUDINALE DU CRITÈRE
DE STRATIFICATION S1
FIGURE 2
ÉLÉMENTS SIMULANT LA PRÉSENCE DE VÉHICULES
À ÉCHELLE 1/3 UTILISÉS POUR LES ESSAIS
FIGURE 3
VUE EN PERSPECTIVE DE LA GALERIE INCENDIE.
Simulation numérique du comportement des fumées en tunnel en cas de congestion.
Les carrés figurent des véhicules et camions, les couleurs les champs de température.
0ebiI · 4.93 m3/s · viIesse d'air reelle 1.58 m/s
0ebiI · 3.62 m3/s · viIesse d'air reelle 1.16 m/s
0ebiI · 2.52 m3/s · viIesse d'air reelle û.81 m/s
0isIance à l'aval du Ioyer [m|
P
a
r
a
m
e
I
I
r
e

d
e

s
I
r
a
I
i
I
i
c
a
I
i
o
n

S
1
0 5 10 15 20 25
3.0
2.5
2.0
1.5
1.0
0.5
0.0
0isIance au Ioyer d'incendie [m|
C
r
i
I
e
r
e

S
1
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Sans vehicule
Avec vehicules
3.0
2.5
2.0
1.5
1.0
0.5
0.0
de si mul ati on FDS (Fi re Dynami cs
Simulator), code de calcul 3D spécifique
à la modélisation des incendies.
Les résultats montrent l’impact de véhi-
cules sur la stratification des fumées. La
perte de stratification observée sans les
véhicules est moins nette en présence
de véhicules, à proximité du foyer. Cette
tendance est en accord avec les résultats
obtenus par [7] et confirmée par les
simulations numériques réalisées dans le
cadre de ce projet, figure 3. Toutefois, il
est important de rappeler que ce résultat
n’est valable qu’à proximité du foyer et,
qu’au-delà d’une certaines distance,
l’effet s’inverse, comme indiqué sur
cette courbe en accord avec [7]. Par
ailleurs, il faut garder à l’esprit que ces
résultats dépendent de la distribution
des véhicules à l’aval du foyer.
DISPERSION DE GAZ DENSES
EN TUNNEL
Une fuite de gaz toxique en tunnel peut
engendrer des conséquences dramatiques
mais elle n’est que très partiellement
traitée dans les études spécifiques de
dangers. L’objet de cette campagne
expérimentale était d’évaluer la capacité
d’une ventilation incendie pour traiter un
rejet accidentel de gaz toxique.
Étude expérimentale
Si les conséquences d’un rejet massif
comme ceux définis par le modèle EQR
(Évaluation Quantitative des Risques)
[13] seraient critiques et difficilement
gér abl es, i l convi ent toutefoi s de
s’inter roger sur l’utilisation possible
du système de ventilation dans des
situations de rejet de gaz toxiques.
Ainsi, dans le but de caractériser le
développement du nuage, des essais
ont été réalisés dans la galerie incen-
die de l’INERIS, galerie représentant un
tunnel à échelle 1/3. Le gaz utilisé pour
les essais est l’argon, un gaz neutre
intrinsèquement plus lourd que l’air, le
rapport de densité entre l’argon et l’air
atteignant 1,4. L’objectif de ces essais
est à la fois de mi eux comprendre
le comportement d’un nuage de gaz
dense en présence de venti l ati on
longitudinale ou transversale mais aussi
stratification
absence de
stratification
084089.indd 88 22/11/10 15:49
FIGURE 4
A. VISUALISATION DE LA NAPPE STRATIFIÉE
B. COMPARAISON ENTRE RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX ET SIMULATION NUMÉRIQUE
H
a
u
t
e
u
r

(
c
m
)
Résultats expérimentaux
Simulation FDS
Concentration molaire en argon (%)
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
200
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
de valider les outils de calcul existant
afin de permettre une extension de la
réflexion à des géométries réelles et à
d’autres typologies de gaz.
La confi gurati on di te de référence
présentée ici est un jet vertical d’argon,
avec un débit de 1 m
3
/min avec une
vitesse du courant d’air longitudinal
d’environ 0,5 m/s. La nappe de gaz
reste alors stratifiée depuis le point
de rejet jusqu’à la sortie du tunnel,
comme le montre l’image issue des
essais (figure 4 A). Après comparaison
des résultats numériques aux valeurs
expérimentales (figure 4 B), ces outils
de simulation ont pu être appliqués à
des situations réelles.
Cette comparaison entre les résultats
expérimentaux et numériques montre
un bon accord, le code de calcul utilisé,
FDS, permet ainsi de reproduire la nappe
stratifiée et de la quantifier au travers
des valeurs de concentration obtenues
et de la hauteur de l’interface.
CONCLUSIONS ET
PERSPECTIVES
Les obj ec t i f s du pr oj et EGSI STES
étaient, outre une analyse du risque
gl obal dans l es i nf rastr uctures de
transport en souterrain, l’amélioration
des connaissances pour les différents
phénomènes physi ques associ és
(incendie, explosion, dispersion d’un
gaz toxique) et l’évaluation des outils
de simulation ou, le cas échéant, le
développement de nouveaux modèles.
Cet article présente une partie des
résultats pour les aspects relatifs à
l ’i ncendi e et l a di spersi on de gaz
The objective of the EGSISTES (Global Evaluation of Intrinsic Security of
Underground Transport Systems) project was the study of phenomena
linked with global risk in underground transport infrastructures. The
different kinds of dangerous phenomena linked with both accidental and
intentional thread were identified during this project. Three families of
phenomena have been enlightened: dispersion of R, B or C substances,
explosion and fire. The study of those phenomena was achieved using
both experimental and numerical approach. This paper is focused on fire
and toxic product dispersion. The first part concerns the downstream
smoke layer in confined configuration. In such a case, experiments show
the quick degradation of tenability condition. Concerning toxic gases, both
numerical and numerical approach show the difficulty in managing such a
release to ensure safe conditions for users.
RÉFÉRENCES
[1] Truchot B., Heudier L., Proust C., William-Louis M.,
Benselama A., Fournier L., Armand P., Boucard A. EGSISTES –
Évaluation Globale de la Sécurité Intrinsèque des Systèmes
de Transport En Souterrain. WISG 2009, Troyes.
[2] Annexe 2 de la circulaire interministérielle 2000-63 du
25 août 2000 relative à la sécurité dans les tunnels du réseau
routier national.
[3] Truchot B., Boehm M. et Waymel F. Numerical analysis of
smoke layer stability. Congrès BHRG New York 2009.
[4] Boehm M., Fournier L., Truchot B. Smoke stratification
stability: Presentation of experiments. Congrès Gratz 2008.
[5] Newman J., Tewarson A. Flame propagation in Ducts,
Combustion and Flame 51:347 (1983).
[6] Newman J. Experimental evaluation of Fire-Induced
stratification, Combustion and Flame 57:33 (1984).
[7] Waymel F., Fournier L., RUFFIN E. Étude numérique de
l’influence des véhicules sur la déstratification des fumées
d’un incendie en tunnel, Congrès AFTES – Octobre 2005.
[8] Lee E., Finger M., Collins W., JWL equation of state
coefficients for high explosives, Lawrence Livermore Lab.,
1973, UCID–16189.
[9] Catlin C. et al. Explosion hazards assessment: a study
of the feasibility and benefits of extending current HSE
methodology to take account of blast sheltering, Health and
Safety Lab., Sheffield, HSL–2001–04.
[10] Peyret R., Taylor T. D. Computational methods for fluid
dynamics, Springer-Verlag, New-York 1983.
[11] Rigas F., Sklavounos S. Experimentally validated 3-D
simulation of shock waves generated by dense explosives in
confined complex geometries Journal of Hazardous Materials,
A121, pp. 23–30 (2005).
[12] Sklavounos S., Rigas F. Computer simulation of shock
waves transmission in obstructed terrains, Journal of Loss
Prevention in the Process Industries, vol. 17,
pp. 407-417, 2004.
[13] Guide des dossiers de sécurité des tunnels routiers.
Fascicule 3 : Les analyses des risques liés au transport des
marchandises dangereuses, décembre 2005.
toxiques. Une campagne expérimentale
réalisée pour étudier le comportement
des nappes de fumée en cas d’incendie
en tunnel a permis d’étudier l’impact de
perturbations à la fois sur la nappe aval
et la nappe amont. Ces expériences ont
par ailleurs servi de base de validation
aux codes FDS et Phoenics [3].
Enfin, les rejets de gaz denses ont pu
être étudiés expérimentalement afin
de déterminer le comportement d’un
nuage de gaz dans une configuration
de type tunnel. Cette campagne expéri-
mentale a mis en avant la fragilité de la
stratification de telles nappes de gaz. La
comparaison de ces résultats avec les
simulations numériques a permis de
valider les codes de calcul et d’étendre
ensuite numériquement la portée de
cette étude.
ABSTRACT
A. B.
INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 89
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Prévention
des risques
du sol et
du sous-sol
090091.indd 90 22/11/10 15:34
Stratégie de recherche
L
es vingt premières années de l’INERIS ont vu une
profonde évolution du champ d’activité en lien
avec la prévention des risques du sol et du sous-
sol. Lors de la création de l’Institut, les priorités de
recherche étaient tournées vers l’amélioration de la
sécurité dans les mines de charbon notamment pour
la prévention des coups de terrains – phénomènes
dynamiques en mines profondes – et la maîtrise des
atmosphères dans les chantiers – limiter ou gérer les
émissions de gaz dangereux.
Avec la décroissance rapide des activités minières
françaises et la survenue des incidents liés à la
fermeture et l’ennoyage des mines à la fin des
années 1990, les développements se sont tournés
vers la gestion de l ’après-mine. Outre la mise
en œuvre d’études approfondies consacrées à
l’impact de l’ennoyage sur les anciens travaux
miniers, d’importants efforts ont été déployés pour
adapter la technique d’écoute microsismique à la
détection des signes précurseurs d’effondrement
ou d’affaissement brutal de la surface du sol à
l’endroit d’anciennes exploitations souterraines.
Parallèlement, l ’Institut s’est progressivement
ouvert à d’autres problématiques mobilisant les
compétences acquises telles que la maîtrise des
risques naturels de mouvements de terrain (carrières,
vides de dissolution, falaises, versants, phénomène
de retrait-gonflement des argiles) et la maîtrise de la
sécurité des stockages en milieu géologique.
Désormais, les activités scientifiques se partagent
entre une poursuite des recherches menées sur
des thèmes « historiques » et le développement
de nouvel l es t hémat i ques en l i en avec l es
priorités croissantes de la société en termes de
développement durable.
Ainsi, parmi les axes de recherche pour les années
à venir, l’un a pour ambition de progresser dans la
compréhension du comportement des massifs rocheux
et la prévision du déclenchement d’éventuelles
instabilités géologiques. Il s’intéresse en particulier
à la caractérisation et la modélisation des effets de
l’eau et du temps sur la stabilité des ouvrages rocheux
ainsi qu’au développement d’outils de prédiction des
ruptures, à travers notamment le développement
de techniques de surveillance mettant à profit les
technologies récentes en matière de transfert, de
traitement et d’interprétation des signaux.
Un deuxième axe de recherche est bâti dans une
optique de transfert des connaissances acquises
vers des thématiques émergentes. Il porte sur
l ’évaluation des risques à long terme liés aux
stockages souterrains notamment pour la filière CSC
(captage, transport et stockage de CO
2
). Les travaux
ont pour vocation de développer des méthodes
d’analyse de risque et d’identification de scénarios
de défaillance portant sur l’ensemble de la chaîne
intégrée. Ils mettent à profit les autres compétences
de l’Institut : les risques accidentels pour le captage
et le transport et les risques chroniques pour
l’impact environnemental et sanitaire des substances
injectées au sein d’aquifères profonds.
Enfin, un troisième axe porte sur le développement
de compétences en termes d’évaluation de la
vulnérabilité des biens à différents types d’aléas,
en consacrant notamment une part importante à
l’analyse du phénomène d’interaction sol-structure,
cruci al dans l a compréhensi on des ef fet s du
retrait-gonflement des argiles, phénomène rendu
particulièrement sensible dans une perspective de
changement climatique.
l Développer
des méthodes
non destructives
performantes pour
détecter et caractériser
l’état des cavités
souterraines.
l Mieux prendre en
compte les effets de
fluides (eau, gaz) et
du temps sur la stabilité
des ouvrages souterrains
et des massifs rocheux.
l Caractériser l’évolution
spatiale et temporelle
de cavités créées par
dissolution, pour mieux
évaluer les risques de
mouvements de terrain.
l Améliorer les outils de
détection et l’analyse des
signes précurseurs de
mouvements de terrain
de manière à assurer
une surveillance optimale
des sites à risque.
l Développer une
méthode de référence
d’analyse intégrée des
risques relatifs aux
stockages souterrains
pour la filière « capture,
transport et stockage
souterrain du CO
2
».
l Développer des
outils de modélisation
numérique prédictifs des
phénomènes thermo-
hydro-mécaniques et
géochimiques et de
leur interaction avec
les ouvrages.
l Développer
des méthodes de
caractérisation en
laboratoire et in situ
d’interactions roches-
fluides.
E
T

D
E
M
AIN
INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 91
090091.indd 91 22/11/10 15:34
L’incertitude des analyses de risques
de mouvements de terrain
R. Salmon
E
ffondrements, glissements de
terrain, chutes de blocs… Face
aux conséquences dramatiques
que peuvent avoir certains mouvements
de terrain engendrés par les objets
rocheux, la gestion des risques est
devenue une demande for te des
populations concernées et constitue
l’une des priorités de travail des pouvoirs
publics.
La gestion des risques s’appuie d’abord
sur leur identification et leur évaluation :
prévoi r la nature des phénomènes
susceptibles de se réaliser, anticiper les
dangers auxquels les populations et les
infrastructures peuvent être exposées,
évaluer l’échéance de la réalisation
des scénarios de risques. Telles sont
les questions auxquelles l’expert doit
apporter des éléments de réponse.
Il s’agit donc pour l’expert de formuler
des avis sur le futur, le probable, afin
que le décideur établisse des choix dans
le présent.
L’expertise a pour objet d’établir un
diagnostic d’une situation donnée afin
d’identifier ses évolutions futures. La
noti on d’i ncer ti tude apparaî t donc
sur deux plans : la capacité d’établir
un diagnostic précis d’une situation
donnée ; et la capacité d’établir des
scénarios d’évolution pertinents.
Les cavités souterraines (naturelles ou
anthropiques) et les fronts rocheux à
l’origine d’éventuels mouvements de
terrain sont des milieux caractérisés par
une grande variabilité. Par conséquent,
les connaissances disponibles sur la
source potenti el l e de danger sont
limitées.
Dans le cadre d’un travail de thèse
mené à l’INERIS par Maxime Cauvin,
en partenariat avec le LAEGO [1], une
analyse systémique des incertitudes
propres aux anal yses du ri sque de
mouvement de terrain a été réalisée.
Elle a permis de proposer des outils
là où les carences techniques les plus
fortes ont été identifiées.
TYPOLOGIE DES INCERTITUDES
Puisque le concept d’incertitude est
complexe au sens où il intègre des
notions très différentes, il apparaî t
nécessaire d’en réaliser une typologie
i ntégrant l es spéci fi ci tés li ées aux
mouvements de terrain.
Incertitude de diagnostic
Le premier type d’incertitude concerne
les données nécessaires à l’établisse-
ment d’un diagnostic de la situation
actuelle.
l
La di sponi bi l i té de l a donnée :
probablement l’une des spécificités de
l’évaluation des risques « mouvements
de terrain ». Il n’est pas toujours possible
de disposer de l’information relative
à l’existence même d’une source de
danger – une cavité souterraine – en un
endroit donné. L’ancienneté de certains
travaux souterrains a pu entraîner la
perte de tout plan d’exploitation. On
s’appuie donc sur l’existence d’indices
(présence d’une couche géologique
propice à l’exploitation, mouvements de
terrains passés…).
l
La valeur, précision et fiabilité de
la donnée. S’agissant des données
di sponi bl es, l es pr obl émat i ques
classiques de l’incertitude de la donnée
s’appl i quent (vari abi l i té naturel l e,
spatial e et temporell e, manque de
connaissance, biais de la mesure lors de
la caractérisation…) (figure 1).
Incertitude d’expertise
L’incertitude d’expertise découle des
choix que l’expert réalise au cours de
son processus d’analyse.
l
L’identification et la compréhension
des phénomènes étudiés : problèmes
liés à l’interprétation et l’analyse des
événements passés, aux connaissances
propres de l’expert, à sa capacité à se
représenter le problème étudié.
FIGURE 1
EXEMPLE D’ INCERTITUDE SUR LA DONNÉE :
COMPARAISON ENTRE PLAN MINIER GÉORÉFÉRENCÉ ET
RELEVÉ TOPOGRAPHIQUE RÉEL (DONNÉES GEODERIS)
092094.indd 92 16/11/10 11:19
l
Le choix de la méthode d’analyse :
choix des scénarios, de la méthodologie
de résolution, des outils et modèles
adaptés.
Incertitude de modèle
De la phase d’exper tise découle le
choi x de modèl es mathémati ques
ou numériques permettant d’évaluer,
d’estimer ou de caractériser le risque.
L’utilisation de tels outils ne permet
néanmoins que d’approcher la réalité et
induit une certaine indétermination du
résultat de l’analyse. Plus concrètement,
l’incertitude de modèle concerne :
l
leur représentativité, c’est-à-dire le
problème de la simplification de la
réalité ;
l
leur fiabilité, c’est-à-dire les « biais »
qui résultent du modèle lui-même :
problèmes de calibrage, problèmes liés
à l’utilisation d’outils numériques, etc. ;
l
la problématique de la propagation
des incertitudes dans les modèles.
DE NOUVEAUX OUTILS
S’appuyant sur la typologie établie et
l’audit d’études d’analyses de risque
de « mouvements de terrain », nous
avons obser vé un cer tai n nombre
de carences : l e manque d’out i l s
permettant de préciser l’incertitude sur
les données manquantes ; l’absence
d’outils autorisant une hiérarchisation
des sources d’incertitude.
L’indice de confiance
Lorsque l’acquisition des données ou la
recherche des travaux souterrains (par la
réalisation de sondages, d’investigations
sur site, de relevés topographiques...)
ne peuvent pas être réalisées pour
des raisons financières ou humaines,
la stratégie mise en œuvre revient
à adopter une approche qualitative.
Ainsi, le problème de l’existence de
travaux souterrains est particulièrement
délicat à traiter pour l’expert. Plutôt
que d’adopter la stratégie qui consiste
à faire comme si les travaux existaient
réellement – et ainsi à se placer dans
le pire des cas – une marge de sécurité
qualitative est indirectement utilisée.
La confiance que peut avoir un expert
vis-à-vis de l’existence réelle d’une
source de danger est dépendante de
la source d’information qui lui a permis
d’i denti f i er cel l e-ci . La qual i té de
l’information influencera directement le
niveau de confiance qu’il aura. Chaque
type d’information est donc caractérisé
par un niveau de confiance, un « indice
d’existence », caractérisant la probabilité
qu’une s our ce de danger exi s t e
réellement sur un site donné, compte
tenu de l’information qui a permis de
l’identifier. Plus l’indice d’existence est
grand, plus l’information est fiable et
plus grande sera la crédibilité de la
présence d’un ouvrage pouvant générer
un accident.
Les travaux réalisés se sont inspirés du
domaine de la prévision météorologique
avec l’« indice de confiance » développé
par Météo France. L’échelle utilisée,
allant de 1 (indice le plus bas) à 5 (indice
le plus haut) permet une communication
facile qui apparaît relativement compré-
hensible par le public. Cette même
échelle a été conservée pour l’indice
d’exi stence que nous proposons.
Son sens réel doit néanmoi ns être
précisé (figure 2). Obtenir un indice
d’exi stence de 5 ne si gni f i e pas
automatiquement qu’un aléa existe.
Cela signifie uniquement que l’expert
considère comme le plus crédible la
possibilité de présence d’un ouvrage
souterrain. Il lui faudra ensuite évaluer
la possibilité que ce vide génère ou non
FIGURE 2
EXEMPLE DE GRILLE DE VALEURS POUR L’ INDICE D’ EXISTENCE
DES VIDES SOUTERRAINS DE PETITES DIMENSIONS
des effets en surface. Cette approche
a permi s de mi eux caractéri ser l a
notion de « prédisposition » (probabilité
d’occur rence) dans l e cadre de l a
réalisation des études d’aléa des Plans
de Prévention des Risques Miniers.
Poids des incertitudes : priorité
aux données d’entrée ou au choix
du modèle ?
Les outi l s permet tant d’éval uer l e
poids de l’incertitude liée aux données
d’entrée sur les résultats sont nombreux
(études de sensi bi l i té, si mulati ons
de Monte-Carlo…). En revanche, peu
d’approches permettent d’évaluer le
poids de l’incertitude liée au choix du
modèle ni de comparer ces deux types
d’incertitude.
Nous avons développé une démarche
permettant de prendre en compte,
non seulement l’incertitude liée aux
données d’entrée, mais également
l’incertitude liée au choix du modèle.
Le principe de notre démarche consiste
à intégrer l ’ensemble des modèles
dans l’analyse. L’étude se retrouve ainsi
exemptée du problème du choix du
modèle unique et des préférences ou
de la subjectivité propres à l’expert.
Puisque chaque modèle « approche »
Plan à
disposition
Exploitation
partielle
Chambres et piliers 5
Vides de petites dimensions (galeries isolées,
exploitation filonienne)
5
Exploitation
totale
Bien foudroyée (cf. méthode d’exploitation) 1
Mal foudroyée (cf. qualité du plan,
méthode d’exploitation)
3
Type
d’exploitation
inconnu
Exploitation
voisine
contemporaine
Exploitation totale 3
Exploitation partielle 4
Archives
Informations
disponibles
Exploitation totale 3
Exploitation
partielle
5
Pas d’information disponible 3
Pas de plan
à disposition
Géologie favorable + présence visible d’indices miniers
(ancien effondrement, ouvrage)
4
Géologie favorable + présence mentionnée dans les archives d’indices
miniers (ancien effondrement, ouvrage)
3
Géologie favorable OU ancien effondrement en surface OU
présence mentionnée dans les archives de travaux miniers
2
Doute sur la nature du désordre visible OU fiabilité faible de
l’information géologique
1
INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 93
092094.indd 93 16/11/10 11:19
FIGURE 3
CONTRIBUTION DES DIFFÉRENTES SOURCES D’ INCERTITUDE À L’ INDÉTERMINATION
la réalité d’une manière différente,
l’intégration au sein de la même analyse
de plusieurs modèles peut permettre de
tendre plus justement vers la réalité. De
manière à réaliser une telle intégration,
les modèles sont choisis de manière
aléatoire dans le processus d’estimation
du risque.
Apr ès t r ai t ement anal yt i que, l a
démarche présente clairement les parts
respectives de l’incertitude liée aux
données d’entrée, aux paramètres de
modèle et au choix du modèle et per-
met d’identifier les sources principales
d’incertitudes sur le résultat.
Dans un contexte où les moyens de
diminution de l’incertitude sont souvent
limités, cette démarche accompagne
l’expert afin de choisir la stratégie pour
préciser l e résultat de son anal yse
de l a mani ère l a pl us ef fi cace. La
démarche permet d’identifier la nature
des investigations à mettre en œuvre
en priorité, ou encore de préciser si
l es moyens doi vent être dépl oyés
préférentiellement sur l’investigation
de terrain ou sur les développements
numériques.
PERSPECTIVES
D’autres perspectives peuvent être
envisagées. La nécessité de la prise en
compte de la composante temporelle de
l’aléa a été abordée par exemple, mais
les premiers modèles proposés souffrent
d’un retour d’expérience insuffisant
afin d’en améliorer la robustesse. Par
ailleurs, les travaux développés se sont
surtout concentrés sur le concept de
l’aléa et pas sur la notion de risque.
Une approche similaire relative à la
RÉFÉRENCES
[1] Cauvin M., Prise en compte des incertitudes et calcul de
probabilités dans les risques liés au sol et sous-sol. Thèse de
doctorat de l’École Nationale Supérieure des Mines de Nancy.
Présentée et soutenue publiquement le 20 décembre 2007.

[2] Cauvin M., Verdel T., Salmon R. Modeling uncertainties in
mining pillar stability analysis. Risk Analysis, 2009,
vol. 29, n° 10, pp. 1371-1380.

[3] Cauvin M., Prise en compte des incertitudes et calcul de
probabilité dans le domaine des risques liés au sous-sol.
Application à la carrière souterraine de Grozon. Actes des
25
es
Rencontres universitaires de génie civil,
23-25 mai 2007, Bordeaux, 8 p.

[4] Cauvin M., Salmon R., Verdel T. Dealing with uncertainties
in the context of post mining hazard evaluation.
Proceedings of the symposium post-mining 2008,
6-8 February 2008, Nancy.
caractérisation de la vulnérabilité et des
enjeux permettrait de progresser vers
une approche intégrée de l’évaluation
du risque « mouvement de terrain ».
EXEMPLE : APPLICATION À L’ÉVALUATION DE LA PROBABILITÉ DE RUINE D’UN PILIER
DE MINE
Plusieurs modèles (formules analytiques) permettent d’évaluer la possibilité de ruine
d’un pilier de mine. L’application de la démarche montre que 57 % de l’incertitude
sur le résultat est portée par la variabilité et la mauvaise connaissance des données
d’entrée du problème et 43 % est expliquée par la dispersion des modèles qui ne
permettent que d’approcher la réalité. La source principale d’indétermination dans ce
problème est liée à la mauvaise connaissance des dimensions géométriques des piliers
de mine (responsable de plus du tiers de la variance totale).
Ground movements induced by underground cavities or rock slopes may
lead to tragic consequences. Risk management has become a strong
demand from concerned population and is one of the priorities of public
authorities. Risk management is primarily based on the identification and
assessment of hazard: predicting the nature of the phenomena likely to
occur, anticipating hazards likely to affect people and infrastructures can be
exposed, scheduling the implementation of risk scenarios.
Based on a thesis completed in INERIS by Maxime Cauvin, in partnership
with LAEGO ("Taking into account uncertainties and probability calculations
in ground and underground risk studies", December 20, 2007), a systemic
analysis of uncertainties in risk analysis of ground movement was carried
out. It enabled to establish a typology of uncertainties that fits “ground
movements” risk analyses specificity.
Moreover, tools were developed in order to fill identified scientific gaps:
l
a confidence index to characterize the confidence of the expert in a
context of missing input data based on their nature and quality;
l
a methodology for comparing the weight of the uncertainty of input
data and models on the result. This enables a more effective way of
deciding where extra resources should be allocated (on field investigations,
numerical modeling enhancements…).
ABSTRACT
092094.indd 94 16/11/10 11:19
Comportement hydromécanique
des géomatériaux : applications aux
ouvrages souterrains
M. Souley
progressi ve des eaux souterrai nes
après l’arrêt des pompages d’exhaure.
Par ailleurs, la gestion des ressources
naturelles (eau, gaz et hydrocarbures),
expl i que l e gr and i ntérêt pour l a
communauté scientifique d’étudier le
comportement hydromécanique des
massifs rocheux fracturés, composés
d’une mat r i ce (roche poreuse et
microfissures) et de fractures souvent
disposées en réseaux. Enfin, l’exigence
de sécurité et de fiabilité des sites
de stockage, notamment de déchets
radioactifs a donné lieu, depuis plus
d’une vingtaine d’années, à des études
approfondies sur l e compor tement
thermohydromécanique de la roche
hôte et des barrières ouvragées.
Ce sont quelques exemples de pro-
blématiques géoenvironnementales,
mettant en jeu les comportements
méca nique, hydromécanique et thermo-
hydromécanique (THM) complexes et
illustrant la nécessité de mieux com-
prendre les phénomènes s’y rattachant.
L’approche adoptée dans cet te re-
cherche consiste à mener de front un
travail expérimental, un travail de mo-
délisation théorique des phénomènes
(développements conceptuel et numé-
rique) et un travail d’applications aux
structures sur site. Plus précisément,
à l’issue des essais en laboratoire et/
ou d’observations in situ sur de nom-
breux matériaux (minerai de fer, argi-
lites de l’Est et granite ; joints rocheux
de granite, de schiste et de grès), plu-
sieurs modèles conceptuels et lois de
comportement ont été développés.
Ces modèles constitutifs ont été im-
plantés dans des codes de calculs, et
des applications à des cas réels ont été
réalisées aussi bien pour des interpré-
tations d’essais ou d’expériences in situ
spécifiques que pour des rétro-analyses
et des confrontations avec les mesures.
Les applications concernent les struc-
tures de stockage de déchets radioac-
tifs (laboratoire souterrain de Meuse/
Haute-Marne et celui de Manitoba au
Canada creusés entre 400 et 500 m
de profondeur, la mine de Kamashi au
Japon située à 1 000 m) et les ouvrages
miniers (bassins houillers de Provence,
bassins ferrifère et salifère lorrains) [3].
Cette méthodologie sera illustrée par
trois exemples mettant en œuvre l’ex-
périence, la modélisation théorique et
les applications.
EXEMPLE 1 : UN NOUVEAU
DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL
POUR CARACTÉRISER
LE COMPORTEMENT
HYDROMÉCANIQUE D’UNE
MATRICE POREUSE ET
FRACTURÉE
L’étude expérimentale, théorique et
numérique du comportement hydro-
mécanique de fracture isolée a été
largement abordée dans la littérature
depuis plusieurs décennies. C’est moins
le cas lorsque la matrice constituant les
épontes de la fracture est perméable
(naturellement et/ou due à l’endom-
magement), à l’exception de quelques
RÉFÉRENCES
[1] MODEX-REP - Constitutive Model of the Meuse/Haute-
Marne Argillites. EC Modex-Rep Project – Contract FIKW-
CT-2000-0029 - Deliverable 2 & 3.
[2] Souley M., Armand G., Su K., Wileveau Y. (2007).
Modelling of the hydromechanical response of a shaft
sinking in a deep claystone Int. Symp. On Numerical Models
in Geomechanics (NUMOGX) 25-27 April 2007,
Rhodes (Greece), Pande & Pietruszczak (eds), Balkema,
ISBN 978-0-415-44027-1, pp. 269-275.
[3] Souley M. (2010). Comportement mécanique et
hydromécanique des massifs rocheux : applications aux
ouvrages souterrains. Mémoire d’Habilitation à Diriger des
Recherches de l’INPL, Nancy, 100 p + 2 annexes.
[4] Souley M., Lopez P., Boulon M., Thoraval A. (2010).
Hydromechanical couplings between fracture and rock mass
in the case of a fractured sandstone. Rock Mechanics and
Rock Engineering (soumis).
[5] Souley M., Su K., Ghoreychi M., Armand G. (2010).
A viscoplastic behaviour including damage for deep
argillaceous rocks: from in situ observations to constitutive
equations. In: 4
th
Int. Symposium on "Clays in natural and
engineered barriers for radioactive wasteconfinement",
Nantes, France, March 29 - April 1
st
, 2010.
A
près une période d’exploitation
intense des mines, la France
et d’autres pays européens
sont confrontés aux problèmes posés
par la fermeture et l’abandon de ces
ouvrages, notamment leur stabilité
mécanique sous l’effet d’une remontée
INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 95
095097.indd 95 22/11/10 15:49
FIGURE 1
DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ACCUEILLANT
UN ÉCHANTILLON FRACTURÉ
dont le pourtour et le forage d’injection
d’eau sont imperméabilisés ; la fracture
comporte un collier amovible
études numériques. Un dispositif expéri-
mental (figure 1), permettant de carac-
tériser en même temps les écoulements
dans la fracture et dans la matrice po-
reuse, mais aussi individuellement dans
la fracture ou dans la matrice, a été mis
au point en partenariat avec le labora-
toire L3S de Grenoble. Les essais hydro-
mécaniques réalisés sur un grès poreux
et fracturé ont permis de progresser
dans la compréhension des couplages
hydromécaniques dans la fracture et la
matrice, et leurs interactions. Il a été
démontré que la perméabilité de la
fracture à travers son ouverture hydrau-
lique dépend aussi bien de sa fermeture
mécanique que des contraintes effec-
tives régnant dans les épontes [4]. De
plus, ce dispositif offre l’opportunité de
quantifier expérimentalement, avec
précision, les échanges entre la fracture
et la matrice.
EXEMPLE 2 : DÉVELOPPEMENT
D’UN MODÈLE RHÉOLOGIQUE
POUR LES ARGILITES
Plus de 400 m de galeries horizontales
au ni veau pr i nci pal de -490 m du
laboratoire souterrain de Meuse/Haute-
Marne (LS/MHM) ont été équipés depuis
avril 2005 pour les mesures continues
de convergence et d’extension dans le
but d’une meilleure compréhension de
la réponse des argilites en fonction du
temps à l’échelle de l’ouvrage souterrain.
Ces mesures ont montré que :
(a) les déformations viscoplastiques (ou
différées) sont anisotropes et dépendent
de l’orientation de la galerie par rapport
à l’état initial des contraintes ;
(b) l es vi tesses de déf or mat i ons
viscoplastiques observées dans les zones
saines loin des parois de galeries sont
du même ordre de grandeur que celles
obtenues sur échantillons en laboratoire.
Les vitesses enregistrées dans la zone
endommagée ou fracturée près des
parois sont de 1 à 2 ordres de grandeur
plus élévées. Ceci indique l’influence
de l’endommagement et des fractures
ouvertes sur les vitesses viscoplastiques.
En s’appuyant sur ces observations et
nos recherches antérieures, une loi
de comportement endommageable-
viscoplastique a été proposée pour les
argilites de l’Est :
l
à court terme, l’endommagement,
la rupture et le comportement « post-
pic » sont approchés par la théorie de
plasticité basée sur la généralisation de
Hoek & Brown récemment revisitée ;
l
le comportement à long terme étend
le modèle de Lemaître modifié ;
l
en première approximation, l’influence
de l’endommagement et des fractures
sur les déformations viscoplastiques est
introduite dans l’énergie d’activation
et l’écrouissage à travers des évolu-
t i ons en f onc t i on de l a var i abl e
d’endom magement. La figure 2 illustre
la validation de la loi sur un chemin
de contrai ntes n’ayant pas ser vi à
l’identification des paramètres de loi
(essai de relaxation) et l’apport de la
nouvelle loi sur un chemin de fluage
multiaxial et multipalier [5]. Par ailleurs,
l a pl upar t des essai s mécani ques
i nstantanés étant réal i sés sur des
échantillons d’argilites à l’état hydrique
naturel (quasi saturé), en conditions
pseudo-non drainées et sans mesure
de la variation de pression de pore,
le comportement hydromécanique a
été, dans un premier temps, approché
en contraintes totales. Les travaux en
cours sont : d’une part, son application
pour interpréter les mesures issues
de différentes expériences in situ ;
et d’autre part, son enrichissement
en pr enant en compt e l es deux
phénomènes transitoires, couplages
hydromécaniques et viscoplasticité.
EXEMPLE 3 : APPLICATION
AUX STRUCTURES DE
STOCKAGE DES DÉCHETS AU
LABORATOIRE SOUTERRAIN
LS/MHM
Afin de caractériser le comportement
méc ani que, hydr oméc ani que et
thermohydromécanique des argilites
du Cal l ovo-Oxfordi en, une grande
campagne d’essais de laboratoire a été
menée en 1995 et 2001 au cours de
laquelle plusieurs centaines d’essais
géomécaniques ont été réalisés par
différents laboratoires nationaux et
européens. Sur la base de ces essais,
pl usi eur s modèl es r héol ogi ques
de prédi cti on du compor tement à
court terme et à long terme ont été
développés dans le cadre du projet
européen MODEX-REP ou de partenariat
avec l’ANDRA [1]. Plus récemment, le
comportement hydromécanique de
ces argilites a également été étudié
dans le cadre des expérimentations in
situ, notamment l’expérimentation REP
« réponse à l’excavation d’un puits »,
où des mes ur es en c ont i nu de
pressi on de pore, de déformati ons
D
i
s
t
o
r
s
i
o
n

v
i
s
c
o
p
l
a
s
t
i
q
u
e

[
-
]

Temps [h]
Simulation d'essai de fluage triaxial multipalier
Seuil d'endommagement
non encore atteint
Déviateur à 30% du pic
Déviateur à 70% du pic
Avec effet d'endommagement
Sans effet d'endommagement
0 50 100 150 200
1.E-02
1.E-02
1.E-02
8.E-03
6.E-03
4.E-03
2.E-03
0.E+00
FIGURE 2
LOI DE COMPORTEMENT
ENDOMMAGEABLE-VISCOPLASTIQUE.
Mise en évidence de l’effet
d’endommagement sur les déformations
différées.
095097.indd 96 22/11/10 15:49
FIGURE 3
A. EXPÉRIMENTATION REP (réponse à l’excavation d’un
puits) : vues des forages et chambres de mesures à partir
de la niche
B. Confrontation entre mesures et modèle
Research presented here is justified by several problematics in relation to the
geoenvironmental applications: post-mining with regard to the mechanical stability of
the abandoned mines due to a progressive rise of ground water after the end of the
dewatering process; the deep underground storage of hydrocarburs or radioactive wastes.
The approach adopted in this research consists to jointly undertake an experimental study,
a theoretical modeling of physical phenomena (conceptual and numerical developments)
and in situ applications.
On the basis of the laboratory tests and/or in situ experiments carried out on several
geomaterials (iron ore, claystones and granite; rock joints of granite, schist and
sandstone), several conceptual models and rheological laws were developed. These
constitutive models were also implemented in numerical codes and applied to interpret
specific in situ experiments and to perform retro-analyses with confrontations between
measurements and predictions.
The practical applications involve structures of deep underground radioactive waste
repository (such as the underground laboratory of Meuse/Haute-Marne in France) and
the mining works. The details of methodology and the applications carried out are widely
discussed in Souley (2010). Three examples are illustrated here:
(a) a new experimental device allowing to characterize the hydraulic exchanges between
fracture and matrix in a double porosity environment,
(b) the developments of a macroscopic viscoplastic model of argillites aimed to improve
the viscoplastic strain prediction in the EDZ (Extent of Damaged Zone) around the LS/MHM
drifts are proposed based on the in situ observations,
(c) the modeling of REP experimentations (including the hydromechanical behaviour) at
the underground laboratory of Meuse/Haute-Marne (LS/MHM).
et de déplacements (extensomètres,
convergensomètres et inclinomètres)
ont été réal i sées dans l es forages
à partir d’une niche située à -445 m
au Laboratoi re souterrai n LS/MHM
(figure 3). Les mesures de perméabilité
(à l’eau) réalisées dans les chambres de
mesure de pression dans les forages ont
montré l’existence « vraisemblable »
de deux zones distinctes : la première,
adjacente à la paroi du puits, montrant
de for tes val eurs de perméabi l i té
correspondant à la zone per turbée
au sens mécanique (EDZ) ; et l’autre
zone, ass oci ée à des var i at i ons
très modérées de l a perméabi l i té,
correspondant à la zone perturbée au
sens hydraulique (EHZ). Un modèle
conceptuel de variations de perméabilité
autour du puits a donc été proposé.
Ce modèl e per met de combi ner
l’évolution empirique (issue des mesures
i n si tu) de l a perméabi l i té avec l a
distance radiale de la paroi dans l’EHZ
et l’évolution de la perméabilité liée à
l’endommagement dans l’EDZ à travers
la distorsion plastique considérée comme
variable d’endommagement [2].
Ce modèle conceptuel est utilisé pour
expliquer les variations de pression
obser vées dans l ’expéri mentati on
REP. Les résultats sont montrés sur
l a fi gure 3. Le forage REP2102 est
approximativement orienté dans la
direction de la contrainte horizontale
mineure : les chambres de mesure de
pression PRE_01, PRE_03 et PRE_05
sont respect i vement si t uées à l a
distance radiale de 4,9, 2,7 et 1,7 m de
la paroi du puits. La figure 3B montre la
comparaison des pressions :
l
le modèle prédit correctement la chute
de pression après le passage du front ;
l
dans les chambres (PRE_01, PRE_03 et
PRE_05), des surpressions plus élevées
se sont développées. Le modèle et les
mesures prévoient ces surpressions
avant le passage du front. Cependant,
en termes d’amplitude de surpression,
le modèle tend à sous-estimer cette
variation (relativement à la pression de
pore initiale) comparée aux mesures,
d’environ 0,5 MPa ;
l
la baisse instantanée de la pression de
pore à chaque séquence de fonçage est
bien prédite. Ces résultats n’avaient pas
pu être prédits sans la prise en compte
de l’évolution de perméabilité dans l’EDZ
et l’EHZ.
Si le modèle conceptuel d’évolution de
perméabilité a permis d’améliorer de
manière significative les prédictions
de pressi on en champ proche, i l
présente l’inconvénient d’utiliser en
partie une relation basée sur un critère
géométrique (distance radiale de la
paroi du puits) plutôt qu’une grandeur
i ntri nsèque du matériau en champ
proche comme la porosité.
En conclusion, une méthodologie de
modélisation en géomécanique a été
proposée, basée sur la compréhension
et la quantification des mécanismes
physiques en jeu. Les applications s’ins-
crivent dans le cadre des problémati-
ques liées à l’après-mine, à la gestion
des ressources naturelles ou à la per-
formance des structures de stockages.
Notre retour d’expérience montre que,
dans de nombreux cas, des hypothèses
simplificatrices ne permettent pas d’ex-
pliquer les phénomènes multiphysiques
de plus en plus complexes. Ceci justifie
l’intérêt des recherches permanentes et
pluridisciplinaires entreprises en France
comme à l’étranger.
ABSTRACT
A.
B.
INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 97
095097.indd 97 22/11/10 15:49
L
es recherches menées sur la craie
sont motivées par l’existence
sur l e ter r i toi re f r ançai s de
nombreux vides souterrains d’origine
anthropique (carrières) ou naturelle
(résul tant de di ssol uti on) dans ce
matéri au. L’exi stence de ces vi des
pose naturellement la question de leur
devenir, de leur comportement et de
leur stabilité à court comme à long
terme. Le comportement mécanique de
la craie est sensible à l’environnement
hydrique dans lequel elle se trouve.
Ce matériau possédant une matrice
poreuse, des transferts de masses, de
fluides ou de chaleur se développent en
son sein. Les mécanismes de transfert
ainsi que leur cinétique dépendent de
l’atmosphère ambiante et des différents
équilibres thermodynamiques entre
les différentes phases (solide, liquide,
gaz). La crai e est très sensi bl e au
degré de saturation (proportion de
liquide dans le volume poreux), non
seulement d’un point de vue chimique
mais aussi mécanique. En fonction des
composantes minéralogiques, sur le long
terme, des phénomènes de dissolution
peuvent se produire et contribuer à la
diminution de la résistance des ouvrages
souterrains (piliers, par exemple) par
une augmentation du volume poreux.
Pour appréhender correctement ces
comportements, des essais ont été
réal i sés à di f férentes échel l es en
laboratoire et in situ. Ils mettent en
œuvre des dispositifs très sophistiqués
tels qu’un Microscope Électronique à
Balayage Environnemental couplé à
une platine de compression et à des
appareillages de terrain plus classiques
(capteurs d’humidité, extensomètres).
LE MATÉRIAU
La cr ai e d’ Est reux est une roche
s édi ment ai r e, dat ée du Cr ét acé
supérieur. Généralement blanche et
poreuse, elle contient des fractions
argileuses, riches en glauconie, d’où sa
couleur gris-vert.
La microstructure de la craie d’Estreux
est présentée sur l a f i gure 1. On
peut y observer un coccolithe entier
de diamètre de l’ordre de 5 μm, des
pl aquet tes de coccol i thes cassées
de dimensions diverses (entre 0,5 et
2,5 μm) et des pores de formes variées.
On remarque que l es pores sont
regroupés en deux groupes : des gros
pores de formes convexes et de petits
pores de formes variées. Les petits
pores ont une dimension comparable au
diamètre moyen d’accès obtenu par la
technique du porosimètre (1,4 μm).
LES ESSAIS DE LABORATOIRE
Divers travaux menés dans le cadre
d’un programme de recherche ont
permis d’analyser les mécanismes de
dégradation ou d’altération des propriétés
mécaniques de la craie (craie d’Estreux).
Des changements imperceptibles à l’œil
nu (microdissolution, augmentation
modérée de la porosité, microfissurations)
pouvant être à l’origine d’une diminution
des caractéri sti ques de rési stance
mécani que de l a roche sont ai nsi
analysés au MEBE. Des essais de traction-
compression uniaxiaux à une échelle
« micro » ont été effectués dans le MEBE
à l’aide d’une platine spécifiquement
FIGURE 1
IMAGES DE LA CRAIE D’ESTREUX AU MICROSCOPE ÉLECTRONIQUE À BALAYAGE
ENVIRONNEMENTAL (MEBE)
Comportement
à long terme de la craie
J. B. Kazmierczak/F. Laouafa
098100.indd 98 22/11/10 15:50
développée à cet effet. On présente, pour
un échantillon saturé en eau, l’évolution
des mécanismes de rupture au cours
de la sollicitation « micromécanique »
(figure 2).
Les anal yses ef fectuées l ors de ces
recherches mettent en évidence les
coupl ages vi sco-hydromécani ques
complexes dus à l’action de l’eau et
à l’effet du temps. L’eau modifie l’état
de contrai nte de la craie, provoque
l’affaiblissement généralisé de celle-
ci et rédui t son domai ne él asti que
(f i gure 4). On obser ve égal ement
une réduction de la résistance avec
le temps. L’envahissement d’eau et la
faible vitesse de déformation (de l’ordre
de 10
-12
/s) d’un massif (phénomènes
rencontrés dans la nature) ont des effets
défavorables sur la résistance de la craie.
Dans l e cadre de ces recherches
plusieurs aspects ont été examinés :
l
l’effet de l’eau : les études des cou-
plages hydromécaniques, basées sur les
concepts de sols non saturés. Ce travail
permet de proposer et de développer
des dispositifs qui sont nécessaires et
recommandés pour une bonne caracté-
risation du comportement hydroméca-
nique de la craie en laboratoire. Dans le
cadre partiellement saturé, la signature
hydrique ou courbe de rétention de
la craie d’Estreux a été construite (fi-
gure 3) ;
l
l’effet du temps : cet effet a été étudié
à partir de plusieurs types d’essais
tel s que l e f l uage, l a rel axati on à
différentes vitesses de déformation
et/ou de chargement . Ces essai s
mettent en évidence la dépendance du
comportement de la craie vis-à-vis de la
vitesse de sollicitation ;
l
la microstructure de la craie : ces
études ont montré que la craie est un
milieu poreux avec des vides, de l’eau
et des grains de calcite. La cimentation
est présente entre ces grai ns. Des
mécanismes de dissolution, transport
et préci pi tati on se mani festent en
surface de l’échantillon ;
l
les modèles de comportement de la
FIGURE 3
COURBE DE RÉTENTION D’ EAU DE LA CRAIE D’ ESTREUX
(Srw : degrés de saturation, S : succion,
Hr : humidité relative)
FIGURE 4
RÉSISTANCE EN COMPRESSION SIMPLE POUR DIFFÉRENTS DEGRÉS
DE SATURATION ET PHOTOS DES MICROÉCHANTILLONS APRÈS RUPTURE
(ESSAIS MICRO)
FIGURE 2
ESSAI MICROMÉCANIQUE DE COMPRESSION
UNIAXIALE DANS LE MEBE SUR UN
ÉCHANTILLON DE CRAIE SATURÉE EN EAU
(A) ; au pic de résistance, la surface de
l’ échantillon est identique à celle de
l’ échantillon intact
(B) ; à environ 0,9 % de déformation axiale,
en phase de radoucissement, une fracture
pseudo-verticale devient apparente
(C) avec une ouverture progressive dans
la phase post rupture (D) et (E). Platine de
compression (à gauche). Les images sont
réalisées à partir d’un agrandissement de x37
(A) jusqu’ à x310 (E). Elles concernent à la fois
la mésostructure et la microstructure de la
craie.
craie : plusieurs modèles constitutifs ont
été analysés et développés pour décrire
le comportement prenant en compte la
vitesse de sollicitation ainsi que l’effet
de la succion − différence entre pression
de l’air et pression du fluide.
LES MESURES IN SITU
Dans la carrière d’Estreux, l’hygrométrie
ambiante et les évolutions du niveau de
la nappe phréatique, liées aux cycles
saisonniers, sont les deux facteurs
principaux à l’origine des changements
d’hydratation dans la craie. Des mesures
effectuées in situ depuis 2004 révèlent
que la température dans la galerie est
relativement stable, voisine de 11 °C,
mais que l’humidité relative varie entre
80 % et 100 %.
L’instrumentation du site d’Estreux
a été réalisée dans l’objectif d’étudier le
comportement à long terme de la craie
dans son environnement naturel, au sein
d’une carrière souterraine abandonnée.
S
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c
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Elle a vocation à décrire, dans le temps,
l’évolution temporelle de paramètres
tels que la température, l’humidité, la
pression interstitielle et la déformation
des piliers ; paramètres caractérisant
ou affectant le comportement et les
propriétés mécaniques du massif et/ou
de l’ouvrage souterrain.
Des mesures effectuées in situ sur ce
pilier montrent en particulier que la
variation de la pression capillaire en
profondeur nécessite un délai pour se
propager au cœur du pilier.
RÉSULTATS
L’analyse au Microscope Électronique
à Balayage Environnemental a permis
d’ef f ec t uer des essai s dans une
atmosphère à hygrométrie contrôlée.
La mise au point d’un dispositif de
chargement mécanique au sein du
MEBE a permis de réaliser des essais de
compression uniaxiale sur des « micro-
éprouvettes ». On a montré l’intérêt de
l’utilisation de ce type de microscope
pour l’observation des géomatériaux
dans des contextes multiphasiques et
multiphysiques, tels ceux rencontrés
par les craies. Des phénomènes comme
la création de fissures lors de phases
d’hydratation, l’approfondissement
et l ’él argi ssement de dépressi ons
Chalk mine pillars are submitted to mechanical loading and to variations of
water saturation that can be due to seasonal environmental changes as water
level fluctuations, hygrometry, temperature or atmospheric pressure. Hydraulic
modifications may affect the long term stability of pillars. In order to analyze the
behaviour and strength of such material, several experimental investigations at
different scales (microscopic, mesoscopic and macroscopic) have been conducted on
saturated, partially saturated and dry chalk samples. The microscopic scale analysis
was performed in an Electron Scanning Environmental Microscope (ESEM). Water
retention properties and a series of high pressure controlled suction odometer
mesoscopic compression tests were carried out on chalk samples extracted
from a pillar. The macroscopic scale concerns the monitoring of several variables
(temperature, moisture, strains) in a pillar of the abandoned Estreux chalk mine
(France). These three scales were considered in order to determine accurately the
general features of the chalk hydromechanical behaviour. The potential impact of
the water content variations on the mechanical behaviour of the chalk has been
realized based in the frameworks of the classical unsaturated soils mechanics.
Suction hardening was clearly identified, resulting in increasing yield stresses with
suction. Collapse under wetting at constant applied vertical load was also observed.
Rate dependency and two principal failure modes (shear and pore collapse) were
observed and formalized. In situ observation shows irreversible displacement and
strains evolution with hygrometry.
assimilables aux pores ont ainsi pu
être observés. Ces résultats originaux
encouragent l’utilisation de cet outil
dans le domaine de la géotechnique.
Les essais hydromécaniques, effectués
en laboratoire, à l’aide de méthodes
spécifiques (phase vapeur et pression
osmotique) fournissent des données
essent i el l es tel l e que l a cour be
de rétention d’eau du matériau par
exempl e. Cette derni ère traduit l e
compor t ement « hydr i que » du
matériau poreux et laisse entrevoir
quelle pourrait être l’interaction entre la
roche et l’eau dans le terrain en place.
D’autres essais plus conventionnels,
menés sur de peti tes éprouvettes
de cr ai e, ont mi s en évi dence l a
dépendance de la réponse mécanique
vis-à-vis de la succion et de la vitesse
de sollicitation. Ainsi, la résistance
apparaît être une fonction de la vitesse
de sol l i ci tati on et de l a val eur de
succion régnant au sein du matériau. En
d’autres termes, le domaine d’élasticité
(critère de plasti ci té) croî t avec la
succion et la vitesse de sollicitation.
L’extrapolation des résultats suggère
qu’il y a une diminution significative
de la résistance du matériau lorsque
la vitesse de la sollicitation est très
faible. Cela est très important, car en
carrières souterraines, la vitesse de
sollicitation est souvent très faible,
accompagnée d’une hygrométri e
él evée, et peut donc avoi r pour
conséquence une diminution de la
résistance des piliers ou de celle du
toit et du mur. Par ailleurs, alors que la
convergence du toit et du mur apparaît
clairement linéaire (avec toutefois des
vitesses très faibles), les extensomètres
placés dans le pilier présentent des
variations cycliques saisonnières (en
plus d’une tendance globale linéaire)
a priori impossible à corréler avec les
températures mesurées, la pluviométrie
(hygrométrie, niveau de la nappe, poids
d’eau dans les terrains de surface, etc.)
ou la pression atmosphérique. Les
variations des grandeurs mesurées :
température, déplacement, pression,
bien que faibles, mettent en évidence
des tendances d’évolution, certes très
lentes mais logiques. Ces évolutions
s’expli quent par fai tement dans l e
contexte des carrières abandonnées à
faible profondeur où la variation des
sollicitations d’origine hydraulique,
mécanique ou thermique est faible.
Ces différents éléments permettent
d’ i magi ner l es conséquences du
changement climatique attendu sur le
devenir de ces ouvrages.
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ABSTRACT
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Publications
Liste des articles
parus dans
les revues
à comité de
lecture ou
« proceedings »
à diffusion large,
entre le
30 juin 2009
et le 31 juillet 2010.
Nota : tous les auteurs sont
mentionnés, mais seuls les noms
des auteurs INERIS figurent en gras.
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2009
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QUIOT F., ROLLIN C., MASSELOT G.,
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Simulation du transfert de polluants dans les sols
et les eaux souterraines : recommandations pour
le choix du modèle et de la démarche.
Actes des 2
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Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
MICHEL J., GUJISAITE V., OUVRARD S.,
DENYS S., SIMONNOT M.O.
Les expériences de laboratoire permettent-elles
de prévoir le transport de HAP et de métaux à
l’échelle du lysimètre de terrain ?
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
DEMOUGEOT-RENARD H.,
HAOUCHE-BELKESSAM L., DENYS S.,
GARCIA M., D’OR D.
Couplage de mesures sur site et de méthodes
géostatistiques : mise en oeuvre « en temps
réel » à l’aide d’un FPXRF Projet REPERAGE.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
BERT V., MENCH M., VANGRONSVELD J.,
KUSCHK P., SCHWITZGUEBEL J.P.
Application des phytotechnologies : état de l’art.
Actes des 2
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Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
SAADA A., GOURRY J.C., ROLLIN C.,
GUERIN V., PROUST E., ZORNIG C.,
COLOMBANO S.
Projet ATTENA : développement de mesures
de terrain permettant la mise en évidence de
l’atténuation naturelle des polluants organiques.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
UZU G., SARRET G., BONNARD R.,
SOBANSKA S., PROBST A., SILVESTRE J.,
PRADERE P., DUMAT C.
Absorption foliaire des métaux présents dans
des particules atmosphériques issues d’une usine
de recyclage de batteries : biotest laitue.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
BATAILLARD P., GUERIN V., BERANGER S.,
COLOMBANO S., BELLIER S., LOUVRIER M.,
JULLIEN M., ROLLIN C., BADREDINE R.,
BOUR O., KRIMISSA M., LABOUDIGUE A.,
VANSIMAYES C., ZENTAR R.
CAPHEINE - De l’utilité de s’intéresser à la zone
non saturée des sites pollués par des éléments
traces : quelles caractérisations et dans quel but ?
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
Risques chroniques
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INERIS_RS 09-10_publications PAGE 103
HAZEBROUCK B., BAUMONT G.,
LEGOUT C., MAROT F.
COMRISK : un guide et une boîte à outils pour
l’implication des populations dans l’évaluation
et la gestion d’un site ou sol pollué.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
FEIDT C., DENYS S., FLOCH-BARNEAUD A.,
CABOCHE J., DOR F., DABIN C., TACK K.
Biodisponibilité des polluants du sol : définition,
caractérisation et utilisation potentielle dans
la gestion des sites et sols pollués.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
DENYS S., DOR F.
La nécessaire complémentarité des approches
environnementales et sanitaires dans la gestion
des sols pollués.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
DOR F., DENYS S., DANIAU C.,
BELLENFANT G., ZEGHNOUN K., DABIN C.,
NEDELLEC V., MOSQUERON L.,
FLOCH-BARNEAUD A., MATHIEU A.
Exposition des enfants par ingestion de sol
et de poussières contaminés : quels choix pour
les évaluations de risque ?
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
BENOIT Y., CHANCERELLE L.,
DUMESTRE A., FALCAO SALLES J.,
FAYOLLE-GUICHARD F., GRUNDMANN G.,
KYSELKOVA M., MORINIERE J.
Traitement biologique in situ au sein d’un aquifère
de polluants de type ETBE et MTBE.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
HULOT C., HAZEBROUCK B., GAY G.,
MAROT F.
Émission de polluants gazeux dans les bâtiments
à partir d’un sol pollué : comparaison mesures
sur sites et modélisations.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
TACK K., MOUTON J., MEUNIER L.,
MESTRE-PUJOL D., DENYS S.
Bioaccessibilité et spéciation de l’arsenic des sols
autour de l’ancien site minier de Salsigne.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
MUNOZ M., BADREDDINE R., BRUNEL C.,
DESTRIGNEVILLE C.
Évaluation du comportement à long terme
des déchets miniers par un essai de lessivage
dynamique : application à différentes conditions
physico-chimiques.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
MENCH M., BERT V., RENELLA G.,
VANGRONSVELD J., ADRIAENSEN K.,
KUMPIENE J., MULLER I., MAGNIE M.C.,
TLUSTOS P., CUNDY A.
Comment mettre en œuvre des solutions
de stabilisation in situ ou de phytoremédiation
dans les stratégies de gestion durable des sols
contaminés en éléments traces.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
BERT V., MENCH M., RUTTENS A.,
KUMPIENE J., MULLER I., CUNDY A.,
FRIESL-HANL W., TLUSTOS P., RENELLA G.,
TACK K., DENYS S., COCHET N.,
VIALLETELLE F., MAGNIE M.C.,
BRIGNON J.M., JOLLIVET P.,
MARSCHNER B., SOULARUE J.P., RASPAIL F.,
PUSCHENREITER M.
SUMATECS : gestion durable des sols contaminés
par les éléments traces : état de l’art et besoins
de recherche.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
BERT V., LACHEREZ S., CARON L.,
LORS C., DESAILLY G., LABOUDIGUE A.,
DAMIDOT D., GAUCHER R.
Phytostabilisation d’un site pollué par
les éléments traces : opération pilote et pérennité
du traitement.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
MANGERET A., ROLLIN C., ATTEIA O.
Comparaison de cinétiques de biodégradation
du PCE déterminées sur 3 échelles différentes :
étude d’une pollution mixte PCE/huiles minérales.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
UZU G., SAUVAIN J.J., DENYS S., TACK K.,
PRADERE P., DUMAT C.
Évaluation de l’exposition humaine au plomb
par ingestion et inhalation de PM10 et PM2,5
émises par une usine de recyclage de batteries.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
HEYMAN C., BARRET A.S., JEHANNIN P.,
DESCAMPS C., DENYS S., DECLERCQ C.
Cas de saturnisme inexpliqués à proximité
d’une centrale thermique de production
d’électricité au charbon.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
DENYS S., FLOCH-BARNEAUD A.,
MATON D., JACQUEMIN P., DOR F.
Contribution de l’interprétation de l’état
des milieux à la gestion d’un site dont les sols
présentent une anomalie géochimique : le cas
de la commune de Saint-Laurent-le-Minier, Gard.
Actes des 2
e
Rencontres nationales de la recherche
sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
CABOCHE J., DENYS S., TACK K.,
JONDREVILLE C., RYCHEN G., FEIDT C.
Validation d’un test de mesure de la
bioaccessibilité du plomb dans les sols pollués.
Actes des 2
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sur les sites et sols pollués, 20-21 octobre 2009, Paris.
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Learning of the root factors of incidents
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from some 100 significant cases.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
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international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 35-42.
BOUCHET S., KASPRZYCKI S., LEPINE N.,
MORIN J.C.
Evaluation of fixed point H2S gas detectors
intended for use in industrial safety applications.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
th
international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 483-486. [Poster]
FAYET G., ROTUREAU P., JOUBERT L.,
ADAMO C.
Development of a new QSPR based tool to predict
explosibility properties of chemical substances
within the framework of REACH and GHS.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
th
international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 387-390. [Poster]
ANTOINE F.
Assessment of the evaporation correlations
performance.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
th
international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 471-474. [Poster]
DI TOMMASO S., ROTUREAU P., VIGNES A.,
ALZERRECA M., BENAISSA W., ADAMO C.
Study of the peroxidation mechanism of diethyl
ether (DEE).
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
th
international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 327-333.
JANES A., MARLAIR G., ROTUREAU P.
Biodiesel: a case study of the impact of new
rules regarding the classification and labelling of
physical and chemical properties of chemicals.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
th
international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 423-426. [Poster]
LEPRETTE E., REIMERINGER M.,
CARRAU A., MATHIEU L.
Mechanical and thermal effects of simultaneous LPG
tanks explosions in Dagneux, France, may 7
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2007.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
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international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 335-342.
PENELON T., JAMOIS D., PROUST C.
Liquefied gas over water: an experimental
approach at medium scale to assess gas/water
interactions and vapor dispersion.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13th international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 203-210.
HOUSON I., AFFELTRANGER B., KLAIS O.
Incorporation of health safety and environmental
considerations for multiscale processing during
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SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
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international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 241-248.
CALOGINE D., DUPLANTIER S.
Estimation of pollution by fire extinguishing water.
SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
of the 13
th
international symposium, 6-9 June 2010,
Brugge, Belgium. Antwerpen: Technologisch Instituut,
2010, vol. 2, pp. 391-394. [Poster]
VIGNES A., MUNOZ F., BOUILLARD J.,
DUFAUD O., PERRIN L., LAURENT A.,
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Risk assessment of the ignitability and explosivity
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SUTER G., DE RADEMAEKER E. (Eds.). Loss prevention and
safety promotion in the process industries: proceedings
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101108.indd 107 22/11/10 15:52
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Tracking the space-time evolution of a karstic
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ANDREO B., CARRASCO F., DURAN J.J., LAMOREAUX J.W.
(Eds.). Advances in research in Karst media: proceedings
of the 4
th
international symposium on Karst,
27-30 April 2010, Malaga, Spain. Berlin: Springer, 2010,
pp. 343-348. (Environmental earth sciences)
GOMBERT P., GRANIER D., DE SEZE R.,
PANDARD P., GONDELLE F., EL KOUKALY F.,
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Toxicity and ecotoxicity of by-products
degradation of fluorescent tracers in the karstic
chalk of Normandy (France).
ANDREO B., CARRASCO F., DURAN J.J., LAMOREAUX J.W.
(Eds.). Advances in research in Karst media: proceedings
of the 4
th
international symposium on Karst,
27-30 April 2010, Malaga, Spain. Berlin: Springer, 2010,
pp. 275-280. (Environmental earth sciences). [Poster]
GOMBERT P., CHARMOILLE A., DIDIER C.,
D’HOTELANS R.
Impact of the expected climate change on the
stability of underground cavities in France.
ANDREO B., CARRASCO F., DURAN J.J., LAMOREAUX J.W.
(Eds.). Advances in research in Karst media: proceedings
of the 4
th
international symposium on Karst, 27-30 April
2010, Malaga, Spain. Berlin: Springer, 2010, pp. 521-526.
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Bordure cévenole rurassique ardéchoise :
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BROSSE E., BADINIER G., BLANCHARD F.,
CASPARD E., COLLIN P.Y., DELMAS J.,
DEZAYES C., DREUX R., DUFOURNET
A., DURST P., FILLACIER S., GARCIA D.,
GRATALOUP S., HANOT F., HASANOV V.,
HOUEL P., KERVEVAN C., LANSIART M.,
LESCANNE M., MENJOZ A., MONNET M.,
MOUGIN P., NEDELEC B., POUTREL A.,
RACHEZ X., RENOUX P., RIGOLLET C.,
RUFFIER-MERAY V., SAYSSET S., THINON I.,
THORAVAL A., VIDAL-GILBERT S.
Selection and characterization of geological sites
able to host a pilot-scale CO2 storage in the Paris
basin (PICOREF).
Oil and Gas Science and Technology. [accepté pour
publication]
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Créé en 1990, l’INERIS,
Institut national de
l’environnement industriel
et des risques, est
un établissement public
à caractère industriel
et commercial, placé sous
la tutelle du ministère
de l’Écologie,
du Développement Durable,
des Transports
et du Logement.
Imprimé sur Symbol Freelife sans chlore issu de forêts gérées durablement.
ISSN 1765-1379 - Dépôt légal : novembre 2010
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Institut national de l’environnement industriel et des risques
Parc Technologique Alata - BP 2 - 60550 Verneuil-en-Halatte
Tél. : +33(0)3 44 55 66 77 - Fax : +33(0)3 44 55 66 99
E-mail : ineris@ineris.fr - Internet : www.ineris.fr
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Rapport
scientifique
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Edito
Vincent LAFLÈCHE
DIRECTEUR GÉNÉRAL ette année, l’INERIS fête ses 20 ans. Cette période est caractérisée par l’explosion des préoccupations environnement/ santé et par l’émergence des attentes et des exigences sociétales qui ont contribué à façonner l’évolution de l’Institut. La maîtrise des risques technologiques est au cœur de la mission de l’Institut depuis 20 ans. Elle est aujourd’hui p r i n c i p a l e m e nt m is e a u s e r v i ce de l ’innovation pour relever les grands défis du XXI e siècle. Il s’agit notamment d’assurer la sécurisation et l’efficacité des nouvelles filières de la croissance verte dont celles mettant en œuvre les nanoparticules, ou celles de la révolution électrique dans les transports, en sécurisant les batteries. Ces thématiques illustrent les objectifs de recherche prioritaires du futur contrat d’objectifs 2011-2015. Acteur de l’espace européen de la recherche, l’INERIS a établi dans le p ro l o n g e m e nt d e s e s t r av a u x à l’étranger des partenariats import a nt s. Pa r ailleu rs, l ’I ns titut es t un trait d’union entre le monde de l’entreprise et la sphère académique. En partenariat avec l’UTC, une chaire d’enseignement et de recherche a été mise en place sur le thème de la modélisation mathématique et de la biologie systémique appliquées à la toxicologie prédictive. Elle va permettre à travers la recherche p a r tena r ia l e d ’a cco m p a g n er l e s

C

industriels dans la mise en œuvre de la réglementation RE ACH et à terme de proposer des alternatives à l’expérimentation animale. Les hommes et les femmes de l ’Institut sont au cœur de son identité. Leur s avoir-faire sur la nanotoxicologie, sur l’écotoxicologie, sur la phénoménologie accidentelle, etc., repose sur des bases acquises depuis le CERCHAR et l’IRCHA qui ont ensuite donné naissance à l’INERIS. Si les compétences se construisent dans la durée, elles doivent être identifiées avec une large anticipation pour être en mesure de développer les compétences aptes à répondre aux grands enjeux de demain. C’est l’enjeu du déploiement de la gestion prévisionnelle des emplois et des carrières, qui va permettre de valoriser les compétences scientifiques et techniques. L’attractivité des carrières sera renforcée. Enfin, l’évolution de la société et de ses différentes cultures amènent à appréhender autrement l’innovation. L’I n stitut o u v re s a g o u ver na n ce scientifique à la société civile, avec la création de la nouvelle Commission d’Orientation de la Recherche et de l’Expertise (CORE). Elle est composée de six collèges : ONG, industriels, syndicat s, élus, académiques et représentant s de l ’État. C’est un lieu de partage des enjeux et des questionnement s en matière de recherche et d’expertise.

This year, INERIS is celebrating its 20th anniversary. This period has been characterised by the explosion of environmental and health concerns and by the emergence of societal expectations and requirements that have helped to shape the development of the Institute. Technological Risk Management has been at the core of the Institute’s mission for the past 20 years. At the present time, it is primarily engaged in promoting and advancing innovation to meet the major challenges of the 21st century. This involves in particular, ensuring the security and effectiveness of new green growth industries including those relating to the development of nanoparticles, and to the electric revolution in the transportation sector by further ensuring the development of electric vehicle batteries. These themes illustrate the priority research goals of the future “contrat d’objectifs” 2011-2015. A key European actor in the area of research, INERIS has developed substantial partnerships as an extension of its work abroad. In addition, the Institute is an effective bridge linking the world of business with that of academia. In partnership with UTC, a professorship and research chair has been established in the field of mathematical modelling and systems biology applied to predictive toxicology. It will make it possible by means of research partnerships to support industry in the implementation of the REACH regulation and ultimately to develop and offer alternatives to animal testing. The dedicated men and women who work at the Institute are at the heart of its identity. Their vast know-how with regard to Nanotoxicology, Ecotoxicology, Accident Phenomenology is supported and based on the foundations originating in the former Research and Development Centre of Charbonnages de France (CERCHAR) and the Applied Chemistry Research Institute (IRCHA) which subsequently led to the formation of INERIS. Whereas the expertise and knowledge base have been built up over time, they must also be identified with a large measure of anticipation needed in order to be well positioned to develop appropriate competences and skills essential to meet the major challenges of the future. That speaks to the challenge of being able to effectively deploy the provisional management of jobs and careers, which will help develop the scientific and technical expertise. The attractiveness of careers will be enhanced. Finally, the evolution of society leads to different understanding of innovation. The Institute has opened its scientific governance to civil society, with the creation of the new Commission d’orientation de la recherche et de l’expertise (CORE), the research and expert evaluation steering committee. It consists of six colleges: NGOs, industry, trade unions, elected officials / leaders, academics and representatives of the State. It is a forum for discussion and for sharing of information regarding issues and concerns in the area of research and expert evaluation.
INERIS_RS 09-10_edito PAGE 1

04 Stratégie de recherche 17 Indicateurs du contrat d’objectifs 06 Faits marquants 2009-2010 08 Programmes 190 (soutenus par le ministère chargé de l’écologie) 09 Programmes de recherche soutenus par l’ANR 1 0 L’INERIS. partenaire de 25 programmes européens 1 1 Sujets de thèses publiés en 2010 1 2 Gouvernance scientifique 101 Publications 18 Qualité des eaux 20 Variabilité de l’échantillonnage d’un milieu aquatique 24 Réduction des émissions de polluants dans les eaux 36 Gestions des sols pollués 38 Transport des HAP dans les sols 4 1 COMRISK 44 Inégalités environnementales 26 Qualité de l’air 28 Particules générées par la combustion d’encens 3 1 La technique LIBS 32 Modélisation des aérosols organiques secondaires 35 Impact de la combustion du bois 46 Toxicologie environnementale 48 Toxicocinétique prédictive 5 1 Biodistribution et élimination 54 57 60 61 des nanotubes de carbone Effets endocriniens de polluants aquatiques Essais d’écotoxicité Biosurveillance Recherche et REACh .

Sommaire 62 Gestion intégrée des risques industriels 64 Évaluation probabiliste des risques industriels 66 Barrières de sécurité et tests de révision 69 Analyse organisationnelle 82 Phénomènes dangereux 84 Vulnérabilité des installations 87 EGSISTES 72 Substances & procédés 74 77 78 79 Modèles QSPR Plateforme STEEVE Nano-INNOV Combustion d’un mélange pyrotechnique fuel/comburant 90 Prévention des risques du sol et du sous-sol 92 L’incertitude des analyses de risques de mouvements du terrain 95 Hydromécanique des géomatériaux 98 Comportement à long terme de la craie INERIS_RS 09-10_sommaire PAGE 3 .

les carrières scientifiques seront mieux individualisées. avec le souci de mettre en évidence de manière précoce les signes précurseurs des événements dommageables. l’INERIS est présent dans de nombreux projets ANR et participe à l’élaboration des feuilles de route en recherche au sein des Alliances Allenvi. Ainsi au niveau national.Stratégie de recherche E n cette année d’élaboration de son prochain contrat d’objectifs (2011-2015). afin que sa production scientifique et notamment les publications dans les revues à comité de lecture se renforcent. Il s’agit tout d’abord de renforcer son efficacité et de développer les capacités de ses chercheurs. Dans le domaine de la prévision de la qualité de l’air. Des investissements conséquents vont permettre de renforcer les capacités du site expérimental de Montlaville. et de développer les outils de gestion et d’aide à la décision les plus appropriés. opérationnelle au printemps 2011. stockages) se développent. dont l’INERIS est membre fondateur. Ces programmes de recherche sont menés dans un cadre collaboratif intense. dont l’INERIS est membre associé. va permettre la validation de ces nouvelles approches qui sont au cœur des priorités de recherche du Pôle national applicatif en Toxicologie et Écotoxicologie Sud Picardie. permettant d’obtenir des estimations de plus en plus précises de grandeurs thermodynamiques relatives à l’explosibilité ou l’inflammabilité de substances énergétiques. et sur les méthodes in vitro. basé à Stuttgart. joue un rôle clé dans le montage et la mise en œuvre de nombreux projets européens. notamment les organes bioartificiels. mais aussi en structurant et rationalisant les liens avec les établissements d’enseignement supérieur et les écoles doctorales. Ces recherches permettent de définir les futurs référentiels de certification. L’installation de la nouvelle plateforme « méthodes alternatives ». Le volet physicochimique n’est pas en reste : l’INERIS est à la pointe du développement des méthodes QSPR. en partenariat avec les meilleures équipes. désormais implémentés sur une plateforme numérique unique dans le cadre du programme de recherche EPHEDRA. l’INERIS réaffirme ses quatre axes stratégiques en matière de recherche. Cette responsabilité accrue découle de la qualité des outils opérationnels qu’il a su développer et mettre en œuvre. les efforts se portent sur les méthodes QSAR et les stratégies dites de « tests intelligents » pour le volet in silico . plusieurs chercheurs de l’INERIS sont déjà impliqués comme professeurs associés ou titulaires de chaires. L’INERIS entend jouer un rôle majeur pour accompagner le développement de nouvelles filières technologiques ou énergétiques. le groupement européen d’intérêt économique EuVRI. LaSalle Beauvais. Lorraine Université. en s’appuyant sur une recherche de qualité. Plus généralement. EHESP Rennes…). En toxicologie. Dans le contexte d’un important chantier consacré à la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC). sur la nanosécurité (contribution au plan Nano-INNOV). l’Institut joue désormais un rôle renforcé de coordination nationale. modéliser et prévoir les situations à risques susceptibles de se développer sur des sites dangereux (installations industrielles. On peut ainsi évoquer les recherches sur la sécurité des batteries électriques (plateforme STEEVE). L’INERIS continue à renforcer sa capacité à comprendre. Au niveau européen. Les recherches sur les risques liés aux cavités et ouvrages souterrains (mines. . sites naturels). pour lesquels les connaissances sont encore très lacunaires. en continuant à favoriser l’obtention de l’habilitation à diriger des recherches (HDR) . en Picardie (UTC. l’INERIS développe de nouvelles approches pour la prédiction des dangers des substances et produits chimiques. en partenariat avec l’UTC. Ainsi. ESCOM) et plus largement sur le territoire national (ParisTech. en apportant les éléments permettant de garantir leur sécurité dès leur conception. Aviesan et Ancre. UPJV. permettant l’acquisition de données précieuses pour la qualification des codes de calculs. notamment les composés dits « émergents ». tant quantitativement que qualitativement.

Other issues concern the development of predictive methods to evaluate the hazards of products and substances. ou valoriser les chercheurs et ingénieurs capables de développer des compétences transversales. The second strategic issue stands in the development of emerging technologies and low-carbon energy systems. ingénieurs et chercheurs depuis plus de 10 ans. with a strong incentive to apply for a habilitation to direct research. Pierre TOULHOAT Directeur scientifique Interview de Martha Heitzmann Chargée de mission auprès de la direction générale du groupe Air Liquide. membre du Conseil Scientifique de l’INERIS La valorisation des carrières techniques et scientifiques Pourriez-vous nous parler de votre expérience de la gestion des carrières scientifiques chez Air Liquide ? Dans le groupe Air Liquide nous suivons de manière spécifique les carrières de nos techniciens. biomarkers. dans le cadre de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. high capacity Li-Ion batteries for transportation. plus les attentes sont fortes en termes de force de proposition auprès du management. valoriser les carrières techniques et scientifiques en proposant à ses techniciens ingénieurs ou chercheurs des échelles de reconnaissance hors responsabilité de management. L’INERIS. At stake is the development of norms. and by fostering the professional evolution of our researchers.ABSTRACT The strategic issues of research at INERIS can be summarized in four main items The first one aims at an improved efficiency in research. Cette idée force peut être adaptée aux problématiques et spécificités de différentes entreprises. and QSPR methods for the ab initio prediction of physical and chemical properties of energetic molecules. quelques idées intéressantes ont émergé. et 4 gérés au niveau du groupe pour les experts reconnus au niveau international − Air Liquide étant présent dans 80 pays. we continuously develop modelling platforms for accidental risk assessment. This development is socially and politically accepted if risk control issues are taken into account at a very early stage in the process of innovation – for instance : emerging technologies based on engineered nanomaterials. Plus le niveau de reconnaissance est haut. qui est en train de mettre en œuvre la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences (GPEC) ? Le parallèle que je vois est que l’INERIS dépend lui aussi de compétences techniques et scientifiques. pourra. or certification references. air quality prediction. qu’il a besoin de motiver les gens. which will play a key role in competitiveness. par exemple. Nous avons donc imaginé une échelle de progression des carrières techniques et scientifiques − technical career ladder − qui est parallèle à l’échelle de responsabilité managériale. comme par exemple valoriser les ingénieurs et chercheurs qui communiquent en direction du grand public . INERIS_RS 09-10_stratégie de recherche PAGE 5 . et de capacité d’assurer le transfert de compétences dans le groupe (innovations et brevets) en formant les jeunes experts. namely QSAR and in vitro toxicological tests. En quoi cela est-il intéressant pour l’INERIS. or natural hazard assessment. environmental health or impact assessment. Finally. Les collaborateurs doivent pouvoir s’épanouir dans des postes techniques sans qu’ils soient obligés d’évoluer dans la filière managériale avec pour seul but la progression de carrière. et doit aussi assurer le transfert des compétences sur la durée. Most modelling platforms need the implementation of large scale experimental facilities dedicated to data production and model validation. Air Liquide est leader des gaz pour l’industrie. Lors du séminaire scientifique de l’INERIS. Il y a 6 niveaux d’expertise : deux gérés au niveau des entités locales. Cette échelle établit différents stades de reconnaissance pour les experts. la santé et l’environnement grâce à sa stratégie et à ses experts techniques qui sont au cœur du processus d’innovation. by increasing the number and impact of papers published in peer-reviewed journals.

Deux axes prioritaires : réduire les expositions responsables de pathologies à fort impact sur la santé et réduire les inégalités environnementales. l’Institut s’attache notamment au respect des normes de qualité de l’air extérieur et intérieur. 1) Expertiser les innovations écoresponsables : par la démarche de certification volontaire des nouveaux produits et procédés. qui appartient au comité de pilotage du PNSE II.). nanomatériaux. l’INERIS ouvre sa gouvernance scientifique à la société civile. territoriales et municipales en charge des établissements publics recevant du public (établissements d’enseignement. pour mettre en cohérence ses actions avec les engagements du Grenelle de l’Environnement. l’Institut apporte la capacité logistique de la CASU et son retour d’expérience technique et organisationnelle dans le domaine.Faits marquants Panorama 2009-2010 LANCEMENT DU PNSE II Le deuxième Plan National Santé Environnement (PNSE II) a été lancé le 24 juin 2009. 4) Participer à l’élaboration d’un cadre national de l’expertise pluraliste : pour répondre à cet engagement. L’INERIS. le ministre chargé de l’Industrie. participe à plus d’un tiers des 58 actions structurées en 16 fiches. qui a pour but de permettre la réalisation de batteries électriques de nouvelle génération pour le transport. plus largement la réduction de l’exposition aux substances préoccupantes. suite aux engagements pris lors du Grenelle de l’Environnement. Parmi elles. etc. l’évaluation des performances électriques et du niveau de sécurité des batteries. L’État a décidé de mobiliser 400 M€ sur 5 ans (20092013) pour la mise en œuvre de ce plan. EDF. 2) Développer la recherche en santéenvironnement : l’Institut anime le Pôle national applicatif en Toxicologie et Écotoxicologie. .5 M€. La plateforme vise ainsi à développer une synergie de compétences et de moyens qui portent sur : le prototypage de batteries Li-Ion. Le ministre de l’Industrie a affecté 1. Au-delà de ces deux axes majeurs. l’optimisation de la durée de vie des batteries. Elle s’est vue dotée par les pouvoirs publics d’une enveloppe financière de 7. établissements de soins. évaluation et certification) en lien avec l’Université de Picardie Jules-Verne (matériaux innovants).8 M€ au projet porté par l’INERIS destiné à la sécurité des batteries (sécurité du cycle de vie. l’identification et la gestion des points noirs environnementaux. 3) Agir sur les substances et réduire les inégalités d’exposition géographiques : par la mise en œuvre du deuxième Plan National Santé Environnement. le CEA. SIGNATURE D’UNE CONVENTION ENTRE L’INERIS ET LE CSTB LANCEMENT DE LA PLATEFORME STEEVE L’INERIS a doté son contrat d’objectifs 2006-2010 d’un avenant signé le 23 juin 2009. en mutualisant les connaissances pour produire des outils de prédiction des dangers des substances chimiques. la sécurité du cycle de vie et la certification des différentes technologies de batteries envisagées. l’Institut accompagne les industriels dans Le 6 juillet 2009. à l’évaluation de points noirs environnementaux. Cette plateforme unique en Europe réunit l’INERIS. Outre son expertise. le PNSE II accorde une importance toute particulière aux risques émergents : radiofréquences. Le 22 septembre 2009. Elle accompagne les autorités nationales. avec cinq objectifs principaux. l’INERIS et le CSTB ont signé une convention de collaboration de trois ans pour la création d’une Cellule d’Appui à la gestion des Situations d’Urgence (CASU) concernant l’air intérieur. Christian Estrosi. et l’Université de Picardie Jules-Verne. s’est rendu au CEA à Grenoble pour inaugurer la plateforme STEEVE (Stockage d’Énergie Électrochimique pour Véhicules Électriques). L’AVENANT AU CONTRAT D’OBJECTIFS SIGNÉ le développement de produits innovants et sûrs. Le plan comprend 58 mesures dont 12 phares. résidus de médicaments. 5) Poursuivre une démarche écoresponsable : la politique développement durable de l’Institut est fondée sur le référentiel SD21000. la réduction de 30 % des émissions dans l’air et dans l’eau de 6 substances toxiques d’ici 2013.

D’après les études effectuées par l’INERIS*. Les auteurs de l’article – Didier Jamois. Christophe Proust et Emmanuel Leprette – mènent depuis plusieurs années une recherche en collaboration avec la société américaine FIKE qui conçoit. La plateforme expérimentale permettra la calibration des modèles mathématiques (approche in silico) et des modèles biologiques isolés (tests in vitro) ou organes artificiels. mais n’atteignant jamais le seuil d’alerte. VISITE DE CHANTAL JOUANNO Les équipes de l’Institut se sont mobilisées dès le vendredi 16 avril pour travailler à la surveillance de pics de pollution particulaire. risques accidentels et risques du sol et sous-sol. Il s’agit d’un équipement structurant du Pôle national applicatif en Toxicologie et Écotoxicologie lancé en 2009 pour répondre aux exigences du Grenelle de l’Environnement et contribuer à la mise en œuvre du règlement européen REACh sur les substances chimiques. de conforter l’hypothèse issue des simulations numériques : les cendres volcaniques provenant d’Islande ont contribué à hauteur de 10 à 30 % à l’épisode de pollution particulaire observé sur la moitié nord de la France (zone géographique allant du bassin normand à la Forêt noire) avec un maximum localisé dans la région de Mulhouse. les activités de recherche transversale (nanos…) et les orientations stratégiques globales de l’INERIS sur les thèmes : développement durable. les épisodes de pollution sont restés limités. premier auteur de l’article. président du Conseil d’administration. directeur général de l’INERIS. les dépassements du seuil réglementaire d’information (80 μg/m3 en moyenne journalière) pour les concentrations de PM 10 (particules dont le diamètre est inférieur à 10 μm) survenus entre le 18 et le 20 avril sont bien dus en majorité aux activités humaines . Le séminaire a réuni 80 participants. déontologie. Lors des ateliers de cette journée. gouvernance. concertation. poursuit une thèse co-encadrée par Christophe Proust. préfet de l’Oise. abordant l’ensemble des activités de l’INERIS. épisode dont le constat est assez classique en cette saison. la prévention et la diminution des explosions industrielles » qui s’est tenu du 5 au 10 septembre 2010 à Yokohama au Japon. Prix attribué à l’INERIS Des chercheurs de l’INERIS ont été récompensés par le prix du meilleur article présenté au 8e symposium international sur « le risque. directeur général. fabrique et commercialise du matériel de protection contre les explosions. elle disposera d’équipements dédiés à l’exposition par inhalation de nanoparticules et donnera la possibilité d’étudier les substances à l’échelle nanométrique. les commissions scientifiques des risques chroniques. 24 fiches d’orientation stratégique ont été débattues et enrichies.ac.jp/ishpmie8/ Madame Chantal Jouanno. Son directeur technique. Michel Delpuech. et Vincent Laflèche. le Conseil d’administration et les représentants du ministère de tutelle. pendant l’épisode du nuage de cendres volcaniques en provenance d’Islande. Dans tous les cas. Le but est de limiter le recours à l’expérimentation animale pour étudier les effets des substances chimiques et évaluer leurs risques biologiques. http://www. préfet de la région Picardie et Claude Gewerc. à ce jour. s’est rendue à l’INERIS le jeudi 22 avril. dépassant parfois le seuil d’information (80 μg/m3).t. secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Elle y était accueillie par Vincent Laflèche. et sur la modélisation du nuage de cendres. La confrontation des différents éléments permet. président du conseil régional de Picardie. Un effet cumulé et limité du panache islandais a été relevé. la nouvelle Commission d’Orientation de la Recherche et de l’Expertise (CORE) − qui a pour but d’ouvrir la gouvernance de l’INERIS à la société civile −. Dotée de 1 500 m2 de laboratoires. Il réunissait les membres des différentes instances de gouvernance de l’INERIS : le Conseil Scientifique. Jef Snoeys.dobashi.INAUGURATION DE LA NOUVELLE PLATEFORME « MÉTHODES ALTERNATIVES » LE SÉMINAIRE DES ORIENTATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES DE L’INERIS La première pierre de la nouvelle plateforme expérimentale pour la validation et le développement de méthodes alternatives en expérimentation animale a été posée sur le site de l’INERIS à Verneuil-en-Halatte le 5 février 2010 par Nicolas Desforges. Il s’agit d’un congrès international sur les explosions qui a lieu tous les deux ans. * À partir des mesures effectuées par les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air (AASQA). Le Séminaire des Orientations Scientifiques et Techniques de l’INERIS s’est tenu à Paris le 4 juin 2010. en présence de Nicolas Desforges. en présence de Jacques Vernier.u-tokyo. INERIS_RS 09-10_faits marquants PAGE 7 . préfet de l’Oise.

normalisation • EVARISTE : EVAluation des RISques à long TErme liés au stockage souterrain du CO2 . caractérisation expérimentale.Quantification et propagation des incertitudes dans l’estimation des risques • REPLACE . toxicologie. critères de sécurité et impact sur l’environnement de la filière Captage – Transport – Stockage de CO2 • Écotoxicologie des perturbateurs endocriniens • INFLATOX : évaluation précoce de la toxicité : approches in silico et apport des études sur l’inflammation • TransSed : compréhension et prédiction des Transferts de polluants contenus dans les Sédiments de dragage valorisés à terre • CHIMERE URBAN : vers une meilleure connaissance des sources et des expositions pour une gestion de la qualité de l’air en ville • Programme pluridisciplinaire Nano : caractérisation et mesure.Mise en place des tests toxicologiques alternatifs aux tests sur animaux dans le domaine des perturbateurs endocriniens • CADABAP .Analyse et modélisation de l’évolution spatio-temporelle des cavités de dissolution • Prise en compte de l’interaction sol-structure dans l’étude de l’impact des mouvements de terrains : approche expérimentale et numérique • SECU_CO2 : risques. modélisation du transport • CADESEC : CAractérisation et DEvenir de Systèmes Emergents Complexes en situations accidentelles associées ou non à des effets thermiques • EPHEDRA (3e tranche) : modélisation des effets des phénomènes dangereux pour l’évaluation des risques accidentels dans l’industrie • HYDROGENE : étude des risques liés à la filière hydrogène.Caractérisation des dérivés du B(a)P en atmosphère réelle et en laboratoire • Qualité de l’air et changement climatique : impact environnemental et économique de politiques combinées • Étude de la biodisponibilté et de la biodistribution des métaux : importance de la spéciation • APSYRIS . Rôle de leurs caractéristiques physico-chimiques • RIPER : étude des RIsques liés à la PERoxydation des produits chimiques (caractérisation expérimentale.Programmes 190 (soutenus par le ministère chargé de l’écologie) Recherche sur l’évaluation des risques technologiques et des pollutions Liste au 31 décembre 2009 des programmes de recherche en cours • Évaluation intégrée (in vitro. modélisation cinétique et moléculaire) • SURBAT : Sûreté des Structures Urbaines contre le risque technologique et les agressions terroristes • QUASSI : QUAlification de la Sûreté de fonctionnement des Systèmes Industriels • SécuStock : risques inhérents à l’utilisation des batteries et des supercondensateurs de fortes puissances et de fortes capacités • Incidence de la dissolution et du transport dans les formations géologiques solubles sur l’aménagement du territoire .Modélisation physiologique d’organes bioartificiels pour prédire la toxicité des substances chimiques • ALTERPE . in vivo) de l’écotoxicité des perturbateurs endocriniens • Évaluation et évolution des effets suite à une exposition subchronique aux radiofréquences sur le système nerveux central du rat • PHYSIOTOX .Contribution des approches systémiques à la gestion des risques « NaTech » • INCERTITUDES .Mécanismes de production et de migration de gaz en souterrain et maîtrise des risques afférents • Phénoménologie des instabilités géologiques en grand et signes précurseurs • Écotoxicologie des perturbateurs endocriniens • DYSHORMO : déséquilibre de la balance androgènes/œstrogènes dans le mécanisme de perturbation endocrinienne et de la cancérogenèse hormono-dépendante • Approche de biologie systémique pour l’étude de la cancérogenèse et de la perturbation endocrinienne • Amélioration de la prise en compte des sources d’émissions agricoles et maritimes à l’échelle régionale dans un modèle de qualité de l’air • Étude de la composition chimique de la composante organique des particules secondaires en site réel et en atmosphère simulée • Contributions au développement et application d’outils de simulation couplés chimie-transport pour l’évaluation des risques liés au transfert des polluants organiques et inorganiques dans les matrices complexes • Effets des nanotubes de carbone sur l’appareil respiratoire.Recherche sur les propriétés et l’activité de composés explosifs • ProMiGaz . barrières de sécurité.

sur les circuits centraux de contrôle de la reproduction. biotransformation et toxicité vis-à-vis d’organismes AgingNano&Troph cibles d’un milieu aquatique RISKER NANOSEP NANOCARA QUAD_BBC Recherche intégrée des impacts sanitaires et environnementaux de la contamination par les polluants organiques persistants aux îles Kerguelen Procédés d’agrégation et de séparation des nanoparticules Caractérisation globale (taille.PARIS Pollution des aérosols : impact sur la qualité de l’air et scénarios FLUXOBAT DIMITHRY CYRANO-1 ATESTOC NEED Effets neuroendocrines de perturbateurs endocriniens. composition) en ligne. d’analyses chimiques et biologiques pour le suivi de traitements avancés des eaux usées et des boues Prise en compte des incertitudes pour les décisions durables Prédiction des propriétés physicochimiques des produits par modélisation moléculaire Structures intrinsèquement sûres aux tirs d’armes et aux engins improvisés Dimensionnement des barrières physiques de protection contre la propagation d’ondes de souffle consécutives à une explosion Pour 2010. notamment les systèmes à GnRH Impact environnemental des résidus de dégradation des nanomatériaux (RDNs) commercialisés : devenir. socio-technico-économique et évaluation des risques des filières bioénergies : applications pratiques à différentes problématiques Développement de procédés physiques pour la valorisation des sédiments de curage Gestion durable des sédiments de dragages des ports : élaboration d’une méthodologie de validation de la filière « restauration de cavités terrestres de la bande littorale » High pulse poroelasticity protocol for geophysical monitoring of CO2 injection in reservoirs Étude de la vulnérabilité des structures industrielles soumises à des sollicitations dynamiques : explosions ou impacts d’origine accidentelle ou malveillante Aide à la décision pour l’identification et l’accompagnement aux transformations sociétales induites par les nouvelles technologies de l’hydrogène Réservoir hydrogène haute pression Intégration de méthodes d’analyse décisionnelle et de chimie prédictive pour l’évaluation de la toxicité Approche systémique basée sur des méthodologies in vitro et in silico innovantes pour prédire la toxicité de substances Structuring Knowledge with Object Oriented Bayesian nets Transfert de nanoparticules manufacturées dans les aquifères : développement d’une méthodologie et identification des processus Impact des nanocharges sur le comportement au feu 2008 CLEANWAST Évaluation des technologies propres et durables de gestion des déchets Développement d’outils optimisés pour l’évaluation des transferts de COV depuis une source dans le sol ou la nappe vers l’air atmosphérique et l’air intérieur des bâtiments Données et Instrumentation de la MITigation du Risque HYdrogène pour des applications grand public des systèmes pile à combustible Canalisations hYdrogène pour Réserve tAmpon d’éNergie renOuvelable Stockage d’énergie thermique en aquifère pour la réalisation d’écoquartier : étude du site de Château-Thierry MEGAPOLI . risques associés et conséquences socio-économiques Nanoparticules de fer pour la remédiation des eaux souterraines 2010 ECHIBIOTEB INCERDD PREDIMOL TRISTAN BARPPRO Outils innovants d’échantillonnage.ANR (en cours au 1er septembre 2010) 2006 V3F ECLAIR REMPARE Virtual reality for safe SEVESO substractors Évaluation environnementale du comportement d’un laitier LD utilisé en Infrastructure routière Re-ingénierie des merlons de protection par composants anthropiques recyclés 2007 μHepaReTox SENTINELLE COREGI BIOMAP PROPSED SEDiGEST HPPP-CO2 VULCAIN AIDHY HYPE CANTO SYSBIOX SKOOB AQUANANO NANOFEU Développement d’un modèle d’interaction tissulaire hépato-rénal dans une puce à cellulle microfluidique : application au criblage pharmaceutique in vitro Monitoring de surface de sites de stockage de CO2 Exploitation des corpus pour l’analyse organisationnelle Analyse environnementale. des nanoparticules produites par des procédés en phase gazeuse Qualité d’air intérieur et systèmes de ventilation dans les bâtiments à basse consommation d’énergie 2009 AMORE SLAMS NANOFRESES Analyses multicritères pour le développement d’outils d’aide à la décision en vue de la prévention des risques environnementaux Études multidisciplinaires du mouvement de Séchilienne : aléas. Programmes coordonnés par l’INERIS INERIS_RS 09-10_programmes de recherche PAGE 9 .Programmes de recherche soutenus par l’Agence nationale de la recherche . la liste comprend les programmes retenus à la date du 1er septembre 2010. xénoestrogènes et dioxines. plusieurs programmes étant encore en cours d’évaluation. concentration.

partenaire de 25 programmes européens (au 1er septembre 2010) INTARESE SAPHIR MINI-TRANS 2-FUN GEOMON CITYZEN PREDICT .IV NANODEVICE MACC iNTeg-Risk ALFA-BIRD FLOMINET EC4MACS AQUAREHAB NANOFOL GedSet Citeair II Diese Citychlor HELIOS CO2HAZPIPE NANOCARA CARBOLAB FONTIS MISSTER Integrated assessment of health risks from environmental stressors in Europe Controlled production of high tech multifunctional products and their recycling HyCHAIN Deployment of innovative low power fuel cell vehicle fleets to initiate an early market for hydrogen as an alternative fuel in Europe Full-chain and uncertainty approaches for assessing health risks in future environmental scenarios Global earth observation and monitoring megaCITY . Monitoring and Integrated Management of Emerging. New Technology Related.Zoom for the ENvironnement Profiling the toxicity on new drugs : non animal approach integrating toxicodynamics and biokinetics Portable easy to use device for measurement of airborne engineered on nanoparticles in workplace air Monitoring Atmospheric Composition and Climate Early Recognition.L’INERIS. Risks Alternative Fuels and Biofuels for Aircraft Development Flooding management of underground coal European Consortium for Modelling of Air Pollution and Climate Strategies Development of REHABilitation technologies and approaches for multipressured degraded waters and the integration of their impact on river basin management Folate-based nanobiodevices for integrated diagnosis / therapy targeting chronic inflammatory diseases Gestion durable des sédiments transfrontaliers Common Information to European Air Determination of pertinent Indicators for Environmental monitoring : a strategy for Europe Contamination with chlorinated solvents in urban areas High Energy Lithium-Ion Storage Solutions Quantitative Failure Consequence Hazard Assessment for Next Generation CO2 Pipelines : The Missing Link Caractérisation des procédés de fabrication des nanoparticules Improving the knowledge of carbon storage and coal bed methane production by “in situ” underground tests Validation de méthodes et d’outils de reconnaissance et surveillance de zones à risque de fontis MIne Shafts : improving Security and new Tools for the Evaluation of Risks Programmes coordonnés par l’INERIS .

caractérisation opérationnelle et évaluation environnementale des contaminants organiques des sédiments issus des activités de dragage Dosage des pesticides des nouveau-nés picards dans le méconium et cartographie de l’exposition Risques du sol et du sous-sol Transport réactif au travers des roches argileuses et impact sur les propriétés des roches couvertures Évaluation des risques et définition de seuils critiques pour la filière captage-transport-stockage du CO2 Étude des effets de l’eau sur les mécanismes de déformation et de rupture affectant les carrières de craie INERIS_RS 09-10_programmes de recherche PAGE 11 .Sujets de thèses sélectionnés en 2010 Risques accidentels Modélisation des jets diphasiques des gaz liquéfiés sous pression Contribution à la caractérisation des profils de dangers physicochimiques des liquides ioniques Approches structure-propriété pour la prédiction des propriétés physicochimiques des substances chimiques Risques chroniques Modélisation de la dynamique de population témoin en mésocosmes Impact des perturbateurs endocriniens sur la différenciation sexuelle chez le poisson zèbre Intérêt des organismes de la microfaune et de la mésofaune du sol dans la détermination de l’écotoxicité des matrices complexes : application de deux bioessais. électroencéphalogramme et échauffement cutané Prise en compte d’un modèle bioénergétique dans un modèle de dynamique adaptative pour une meilleure évaluation des risques écologiques : le cas d’une population de Caenorhabditis elegans soumise à divers stress anthropiques Détection de polluants métalliques d’origine nanoparticulaire dans les eaux par spectroscopie de plasma induit par laser Comportement à long terme. Hypoaspis aculeifer et Caenorhabditis elegans pour l’étude de l’écotoxicité des matières fertilisantes organiques et déchets valorisés en agriculture Effets des téléphones portables sur la physiologie humaine : vascularisation cérébrale.

trois Commissions scientifiques spécialisées. Syndicats. Académiques Commission scientifique Risques chroniques Commission scientifique Risques accidentels Commission scientifique Risques du sol et du sous-sol . Le Conseil donne également un avis global sur la production scientifique de l’Institut en se référant à des indicateurs académiques standards (nombre total de publications. le président de la CORE Commission d’Orientation Recherche Expertise Environ 15 membres Élus. à tour de rôle. Le Conseil scientifique Son rôle est stratégique. syndicats. et une nouvelle C o m m i s s i o n d ’O r i e n t a t i o n d e l a Recherche et de l’Expertise. État. Industriels. monde académique. la CORE.Gouvernance scientifique L’organisation L e s i n s t a n c e s d ’o r i e n t a t i o n et d’évaluation des activités scientifiques de l’INERIS comportent : un Conseil scientifique. élus. Cette nouvelle commission doit ouvrir la gouvernance scientifique de l’Institut à la société civile. elle réunit six collèges : ONG. • assurer également l’évaluation. Conseil scientifique 7 personnalités nommées dont un président et un vice-président. Les commissions spécialisées Elles ont une activité d’évaluation plus opérationnelle et sont mises à contribution pour : • conduire une évaluation des programmes de recherche que l’INERIS envisage de lancer dans le cadre de sa dotation budgétaire annuelle. les 3 présidents des commissions scientifiques. La Commission d’Orientation de la Recherche et de l’Expertise est devenue opérationnelle en mars 2010. Pour cela. industriels. ONG et associations. Une nouvelle commission : la CORE La création d’une nouvelle instance de gouvernance scientifique et technique pour l’INERIS a été approuvée par les membres du Conseil d’administration fin 2009. Il se prononce sur l’intérêt pour l’INERIS de s’orienter vers tel ou tel domaine de recherche. 14). • conduire une évaluation des programmes de recherche achevés et d o n n e r l e u r a v i s s u r ce r t a i n s programmes en cours de réalisation. représentants de l’Etat (voir p. En pratique. dont nombre d’articles dans des revues à comité de lecture). des différentes équipes opérationnelles de l’INERIS. elles donnent ainsi chaque année leur avis sur la per tinence et la qualité de conception de 12 à 15 nouveaux programmes.

de l’Énergie.Le Conseil scientifique (au 26 novembre 2009) Neil MITCHISON Président du conseil Représentant de la Commission européenne en Écosse Christian BLAISE Écotoxicologue à l’Institut Saint-Laurent Responsable de l’Unité de Toxicologie Aquatique Montréal. du Développement Durable et de la Mer MEEDDM Conseil Général des Ponts et Chaussées INERIS_RS 09-10_gouvernance scientifique PAGE 13 . Québec. délégué à la recherche ONEMA . Canada Martha HEITZMANN Chargée de mission auprès de la direction générale du Groupe Air Liquide Francelyne MARANO Vice-présidente Professeur des universités Laboratoire de Cytophysiologie et Toxicologie cellulaire (LCTC) Université Paris 7 .Denis Diderot Alain DESROCHES Professeur Codirecteur du Pôle Santé et Biotechnologies École centrale Paris Patrick LANDAIS Directeur scientifique ANDRA Véronique BACH Professeur des universités en Physiologie Humaine Université Picardie Jules-Verne Invités permanents au Conseil scientifique Patrick FLAMMARION Président de la commission « Risques chroniques » Directeur scientifique.Office national de l’eau et des milieux aquatiques Christian DELVOSALLE Président de la commission « Risques accidentels » Professeur chef de service de Génie des Procédés chimiques Faculté polytechnique de Mons Belgique Jean-Louis DURVILLE Président de la commission « Risques sol et sous-sol » Ministère de l’Écologie.

À mon avis. Elle réunit six collèges : ONG. mais aussi une autorité politique et morale. il est bien connu et reconnu par les experts du risque mais aussi par les clients qui utilisent ses évaluations. l’appui à la diffusion des résultats . Qu’attendez-vous de la nouvelle Commission d’Orientation de la Recherche et de l’Expertise (CORE) ? Avec la création de la CORE. . les liens entre les activités de recherche et celles de l’appui et de l’expertise. Celuici semble déterminé à renforcer son autorité intellectuelle en France dans le domaine de l’évaluation du risque et de ses conséquences. Bien sûr. Le statut. cette ouverture de l’INERIS vers d’autres acteurs n’est pas un phénomène isolé : elle entre en résonance avec l’évolution du monde qui nous entoure. ONG INDUSTRIELS ACADÉMIQUES ÉTAT ÉLUS Les 6 collèges de la CORE Interview de Neil Mitchison Président du Conseil scientifique de l’INERIS. et à participer de plus en plus sur la scène européenne en tant qu’acteur de premier niveau. C’est dans cette optique que je souhaite voir une étroite coopération entre la CORE. et l’Institut proprement dit. industriels et représentants de l’État. Les missions de la CORE sont : le partage des enjeux et des questionnements . la contribution à la programmation des SYNDICATS travaux scientifiques et techniques. Ces considérations doivent représenter un point de départ pour les grandes décisions stratégiques de l’Institut. syndicats. Voilà le principe fondateur de la CORE. monde académique. les partenariats (français et internationaux) et surtout l’orientation européenne et internationale de l’Institut. Il faut que l’INERIS reçoive et intègre dans sa stratégie les points de vue. Il n’y a pas que l’autorité intellectuelle qui est en jeu. nous assistons à la formalisation de l’ouverture vers d’autres acteurs externes. Cependant nous souhaitons tous participer à la formulation des questions. l’Institut a connu un franc succès dans son domaine . Nous avons vu se développer l’effort dédié à la recherche. la CORE ouvre la gouvernance scientifique de l’INERIS à la société civile. le Conseil et les Commissions Scientifiques. les missions et les membres définitifs de cette commission seront entérinés par un arrêté ministériel dans les prochains mois. élus. 2010 est une année pilote. les espoirs et les craintes d’une gamme d’acteurs beaucoup plus large que ceux représentés dans le Conseil et les Commissions Scientifiques.La Commission d’Orientation de la Recherche et de l’Expertise Approuvée en 2009 et opérationnelle depuis mars 2010. et Représentant en Écosse de la Commission européenne Nous assistons à la formalisation de l’ouverture vers d’autres acteurs Comment voyez-vous l’évolution de la gouvernance scientifique de l’INERIS ? Depuis plus de dix ans. je participe aux instances externes de Conseil et d’Orientation Scientifique de l’INERIS. La réponse aux questions scientifiques est du ressort des experts.

Canada Isabelle SOCHET École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Bourges (ENSIB) Jean-Marie FLAUS Laboratoire d’Automatique de Grenoble École Nationale Supérieure d’Ingénieurs Électriciens de Grenoble (ENSIEG) Yves MORTUREUX Union internationale des chemins de fer Richard TURCOTTE Natural Resources Canada Canadian Explosives Research Laboratory CANMET Ottawa.Office national de l’eau et des milieux aquatiques Hélène BUDZINSKI Institut des Sciences Moléculaires (ISM) UMR 5255 CNRS Laboratoire de Physico et Toxico-Chimie de l’environnement (LPTC) Université Bordeaux 1 Éric PARENT Enseignant-chercheur École Nationale du Génie Rural Eaux Forêts (ENGREF) Laurent PEROTIN EDF R&D .René Descartes Claude CASELLAS UMR 5569 « Hydrosciences » Département Sciences de l’Environnement et Santé Publique . SARIGIANNIS Physical and Chemical Exposure Institute for Health and Consumer Protection European Commission .Faculté de Pharmacie Montpellier Dimosthenis A. CANADA François MURGADELLA Responsable du programme « Sécurité globale » à l’Agence Nationale de la Recherche Franck GUARNIERI Directeur .Belgique Chef du service Génie des Procédés chimiques Éric ISSARTEL Responsable sécurité incendie Direction Générale des Opérations L’ORÉAL Abdelhamid NAZIH EADS ASTRIUM .Chef de département Laboratoire national d’Hydraulique et Environnement Scott ALTMANN Vice-président Chef du service « Transfert des Radionucléides » Direction Scientifique ANDRA Pierre-André CABANES EDF-Gaz de France Adjoint au directeur du Service des Études Médicales Laurent ROSSO Directeur École Nationale du Génie Rural Eaux et Forêts (ENGREF) Robert BAROUKI Directeur Unité INSERM U747 UFR biomédicale Université de Paris 5 .École des Mines de Paris Pôle Cindyniques Sophia Antipolis INERIS_RS 09-10_gouvernance scientifique PAGE 15 .IPU .Joint Research Centre Ispra.Recherche et Développement Pierre-Étienne LABEAU Professeur Service de Métrologie Nucléaire Faculté des Sciences Appliquées Université Libre de Bruxelles Belgique Laurent PERRIN École Nationale Supérieure des Industries Chimiques (ENSIC) Nancy Christophe RENIER GAZ DE FRANCE Directeur d’objectifs infrastructures Alain CHETRIT Chargé de mission Risques Technologiques TOTAL Jean-Paul LACOURSIERE Université de Sherbrooke Département de génie chimique Québec.Les Commissions scientifiques Risques chroniques Patrick FLAMMARION Président Directeur scientifique.Service Sûreté Nucléaire Philippe KLEIN Vice-président Chef du Département Management des Risques Industriels EDF . délégué à la recherche ONEMA . Italie Jean-Yves BOTTERO Directeur de Recherche CNRS Directeur de l’IFR112 PMSE CEREGE UMR 6635 CNRS Université Paul Cézanne Aix-en-Provence Christian COCHET Chef de la Division Santé Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) Christian SEIGNEUR CEREA École Nationale des Ponts et Chaussées Louis DE GIMEL INSEE Direction de la coordination statistique et des relations internationales (DCSRI) Chargé de la coordination des questions de développement durable Marie-Thérèse BRONDEAU INRS Chef du Département « Polluants et Santé » Vandoeuvre-lès-Nancy Paule VASSEUR Professeur de toxicologie Université de Metz EBSE UFR Sciences fondamentales appliquées Risques accidentels Christian DELVOSALLE Président Faculté polytechnique de Mons . Ontario.

et de la Mer Conseil Général des Ponts et Chaussées Pierre-Lionel FORBES Directeur du Laboratoire de recherche de Meuse/Haute-Marne ANDRA Xavier PICCINO Inspection Générale des Carrières Mairie de Paris François-Henri CORNET Vice-président Institut de Physique du Globe de Strasbourg Alain GUILLOUX Président-directeur-général TERRASOL Pierre POTHERAT Chef du groupe Mécanique des Roches CETE de Lyon Laboratoire des Ponts et Chaussées de Lyon Dominique BRUEL École des Mines de Paris Centre de Géosciences Fontainebleau Vincent LABIOUSE Maître d’Enseignement et de Recherche Rock Mechanics Laboratory LMR School of Architecture. Civil and Environmental Engineering ENAC Swiss Federal Institute of Technology Lausanne .EPFL .Les Commissions scientifiques .ICARE . chargé de l’après-mine et des stockages souterrains (MEEDDM) .ENAC . du Développement Durable.suite Risques du sol et du sous-sol Jean-Louis DURVILLE Président Ministère de l’Écologie.LMR Suisse Jean-François THIMUS Professeur Université catholique de Louvain Louvain-la-neuve Belgique Didier de BRUYN Centre d’Étude de l’énergie nucléaire (SCK-CEN) Chef de la Section MYRRHA-Design Département Physique des Réacteurs Maxence VERMERSCH Directeur MAVESA Laurent LEVEQUE Responsable Équipe Géologie TEGG – SGG Aix-en-Provence Denis FABRE Professeur au CNAM Chaire de Géotechnique Invités permanents Hafid BAROUDI Directeur GEODERIS Metz François HEDOU Chargé de Mission de la Prévention des Risques Mouvements de Terrain (MEEDDM) Yves GUISE Directeur SOGIMINES Serge MIRAUCOURT Adjoint au chef du bureau. de l’Énergie.

en compte fractionnaire °°° / Contribution de l’INERIS à la reconnaissance scientifique des opérateurs du Programme 190 . toutes disciplines confondues.Part européenne de publications scientifiques de l’INERIS.Part mondiale de publications scientifiques de l’INERIS.02 0. toutes disciplines confondues.02 2008 314 68 57 305 2.02 0. en compte fractionnaire °°° / • Part mondiale de citations • Indice d’impact relatif (2) * ND non disponible (1) 2007 318 68 54 285 3 3 310 3 310 4 0.66 ND* ND ND ND ND ND Nombre et taux de participation de l’INERIS aux projets financés par les Programmes-cadres de l’Union européenne (PCRDT) (3) • Participations • Coordinations (*via Eu-VRI) 5e PCRDT Nombre 21 4 Taux °°° / 0.19 ND (1) Calcul par l’OST (Observatoire des Sciences et Techniques).06 0.2 2 399 5 562 4 0.45 0.29 0.55 0.63 4 2* 7e PCRDT Nombre Taux °°° / 0.37 0. Les indicateurs de moyens associés à l’activité de recherche Évaluation des équipes et des travaux de recherche Nombre d’équipes évaluées 2006 4 2007 5 2008 6 2009 6 Attractivité des parcours professionnels Nombre de HDR (habilitations à diriger des recherches)* Nombre de doctorants et de postdoctorants* Nombre de personnes en mission de longue durée à l’étranger* Nombre de personnes ayant un diplôme ou une carrière internationale* * Au 31 décembre 2009.Indicateurs du contrat d’objectifs 2006-2010 2006 Nombre total de publications Nombre de publications dans des revues à comité de lecture dont ISI Nombre de communications dans des congrès Productivité de la recherche sur fonds publics (nombre de publications/100K€) Financement de la recherche de l’INERIS par d’autres sources publiques que le Programme 190 (K€) Chiffre d’affaires en recherche partenariale (K€) Nombre de brevets Contribution de l’INERIS à la production scientifique des opérateurs du Programme 190 . toutes disciplines confondues. en compte fractionnaire °°° / . en compte fractionnaire °°° / . 8 45 1 2 64 11 47 2 3 64 10 52 2 2 75 10 52 1 2 77 INERIS_RS 09-10_indicateurs du contrat d’objectifs PAGE 17 .4 4112 2390 4 ND ND ND 295 68 48 237 3.07 0.7 3 182 3 192 4 ND ND ND 2009 319 92 74 296 2. (3) Données arrêtées par l’OST au 1er avril 2009 pour le 6e et 7e PCRD. toutes disciplines confondues.Part mondiale de citation reçues par les publications de l’INERIS et indice d’impact relatif sur 2 ans.33 21 3 6e PCRDT Nombre Taux °°° / 0. (2) Un indice d’impact de 1 indique que la visibilité des publications de l’INERIS est égale à la moyenne des publications.Part française de publications scientifiques de l’INERIS.

Qualité des eaux .

INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 19 ET D AI EM N . l la connaissance des sources de pollution. et de caractérisation de la qualité du milieu (approches biomarqueurs et bioanalytique). L’I N E R I S d éf i n i t ce s v a l e u r s s e u i ls p o u r l e s substances pertinentes au niveau national et réalise des développements méthodologiques relatifs à l’élaboration des NQE. en renforçant ou développant : l la métrologie dans les eaux . et sur les propriétés des substances chimiques. à terme. 46 »). les eaux naturelles et eaux résiduaires en particulier (voir article p. le laboratoire national de référence pour la surveillance des milieux aquatiques : l le développement des méthodes de prélèvements et d’analyses chimiques dans différentes matrices. par des développements métrologiques. l’INERIS mène des travaux de recherche orientés sur les mécanismes d’action des substances. l l’interopérabilité des bases de données sur la qualité des milieux et des rejets. Ces travaux concernent les substances d’ores et déjà réglementées. l les outils de screening pour identifier la présence de substances dans le milieu ou les rejets. conduisant à des outils d’évaluation des dangers des substances pour les écosystèmes aquatiques. et aussi les polluants émergents. Dans ce cadre. Ainsi.Stratégie de recherche S ’inscrivant dans le vaste chantier engendré par la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) et dans le plan national d’action contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants. l’activité scientifique de l’INERIS comporte trois axes majeurs de recherche et développement pour répondre aux enjeux de la qualité des eaux. 24) . l’INERIS contribue à la modélisation des apports de contaminants aux milieux aquatiques . mais aussi par la prise en compte de la biodisponibilité . l les techniques alternatives d’analyse en vue d’optimiser le rapport coût/bénéfice de la surveillance . en particulier de polluants émergents . L’une des actions en cours est la priorisation de ces substances pour organiser leur surveillance dans les milieux aquatiques en particulier. Identification des sources et voies de réduction des contaminations La maîtrise des flux de polluants nécessite. Ces indicateurs biologiques complémentaires aux analyses chimiques et biocénotiques conventionnelles offrent des perspectives pour la surveillance des milieux (voir « Toxicologie environnementale p. à la détermination de facteurs d’émission . l les approches opérationnelles de surveillance intégrée : couplages mesures/ modélisation et introduction des approches par les effets dans les programmes de surveillance . d’étudier toutes les sources de contamination des milieux aquatiques par les substances polluantes et d’identifier les leviers d’action pour la gestion intégrée et la réduction des rejets de ces substances. l l’amélioration de l’interprétation des données. 20) . au développement de stratégies de réduction des émissions de polluants à l’échelle de bassins versants (voir article p. Plusieurs champs d’action sont nécessaires pour appuyer la stratégie scientifique et technique d’AQUAREF. Poursuivre la mise en œuvre de la DCE et du plan national d’action contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants. à la proposition d’outils permettant de répartir les flux maximum admissibles sur un bassin versant et de fixer des valeurs limites d’émission (VLE) de certaines substances dangereuses rejetées par les industriels. Détection et analyse des substances chimiques dans les milieux L’objectif est de développer la capacité d’expertise en appui aux politiques de surveillance de la qualité des eaux vis-à-vis des micropolluants. Effets sur les écosystèmes et évaluation de la contamination des milieux L’évaluation de la contamination des milieux aquatiques consiste notamment à comparer des concentrations en micropolluants dans le milieu aux normes de qualité environnementale (NQE). l les stratégies pour la réduction ou la suppression des émissions de polluants prioritaires . l l’adaptation et la validation de nouveaux outils (échantillonneurs passifs et outils d’analyse chimique de screening) . l la proposition d’indicateurs pertinents pour l’évaluation de la qualité des eaux. l’INERIS participe aux actions scientifiques du réseau européen NORMAN de laboratoires de référence et de recherche pour la surveillance des substances émergentes dans l’environnement. Par ailleurs. du devenir des contaminants dans l’environnement et la caractérisation de leurs effets .

. étant considérées comme trop théoriques et insuffisamment descriptives. Dans le cas contraire. C’est pourquoi.Variabilité de l’échantillonnage d’un milieu aquatique M. de leur champ d’application et de la variabilité qui en résulte. avec le soutien du ministère français chargé de l’Écologie. Les résultats n’ont pas permis d’identifier quelle partie de la variabilité interlaboratoire est introduite par l’analyse. la variabilité introduite par la réalisation d’un échantillonnage des milieux aquatiques en conditions réelles reste inconnue. neuf laboratoires institutionnels européens ont prélevé des échantillons réputés identiques sur le Pô. et réalisé les analyses correspondantes dans leurs propres laboratoires. mais pas systématiquement. En outre. Les 19 autres parties de ce recueil de lignes directrices sont rarement utilisées. les D ef for t s ont essentiellement por té sur la description et la validation du processus analytique applicable à partir de l’entrée de l’échantillon au laboratoire. et quelle partie peut être attribuée à l’échantillonnage. CONCEPTION DE LA CAMPAGNE La campagne devait servir plusieurs objectifs : l la connaissance des procédures réellement utilisées pour l’échantillonnage de l’eau dans le cadre de la surveillance dans le cadre de la DCE . Aucun organisateur d’essais interlaboratoires ne propose de telles campagnes. En premier lieu. à Pontelacoscuro près de Ferrare. a organisé en juin 2007 le premier essai collaboratif de terrain national. dans une tentative innovante d’approche des différentes procédures de prélèvement utilisées pour la surveillance de l’environnement.L’échantillonnage se définit comme le fait de prélever plusieurs échantillons représentatifs d’un milieu aquatique. les décideurs du domaine de l’eau et du milieu aquatique font pression sur les laboratoires pour qu’ils améliorent la fiabilité des données fournies afin d’améliorer la conformité des résultats de surveillance des milieux avec la réglementation en vigueur. P. l’INERIS. il est souvent fait appel à la norme ISO 5667-3 [1] relative à la préservation et la manipulation de l’échantillon. Bien que partagée par de nombreux organismes de recherche agissant en soutien des autorités réglementaires d a n s l eu r s p ay s re sp e c t i f s. alors que l’incertitude associée au résultat analytique d’une mesure ef fec tuée pour la sur veillance de l’environnement peut être estimée par plusieurs moyens communément admis. Strub epuis deux décennies. Au cours de cette campagne. cet te p ré o cc u p atio n n’a d éb o u c h é q u e sur quelques rares tentatives pour en quantifier les effets réels. les normes de cette série n’ont jamais été validées par des comparaisons interlaboratoires et la variabilité associée à leur utilisation n’a donc jamais été établie. Bien que cette influence ait été reconnue depuis 1980. réunissant les 14 équipes sous-traitantes des autorités françaises d’échantillonnage dans le cadre du déploiement de la Directive Cadre sur l’eau (DCE). et le seul essai publié [2] a été conduit en 2007 par le Centre Commun de Recherche (Joint Research Centre JRC) de la Commission européenne. la réponse consiste à améliorer la chaîne d’analyse via l’application de procédures d’assurance qualité. a connu sa limite au début du nouveau millénaire car l’influence de l’échantillonnage sur le résultat n’était pas prise en compte. Ce processus. avec la publication du premier guide de la série ISO 5667 traitant des différents aspec t s de l’échantillonnage. Les mesures propres à assurer des conditions d’échantillonnage adéquates y sont par fois décrites. pris en charge à travers l’accréditation. Ainsi.

00 12.8 Résultat protocole libre Résultat protocole imposé Résultat suivi cours d'eau Résultat global par tranche horaire Estimation CVR de prélèvement : 40 % 0. ainsi que l’adéquation du flaconnage aux paramètres considérés.3 1 0.00 13.7 0. Deux des sources de variabilité restantes peuvent être attribuées aux opérateurs du prélèvement : la sélection d’un protocole au regard de la spécificité du lieu d’échantillonnage et sa mise en œuvre. Afin de limiter la variabilité observée lors de cette campagne aux effets de l’échantillonnage.FIGURE 1 Journée du 26 juin 2007 : VARIATIONS HORAIRES DU DÉBIT ET DE LA CONCENTRATION EN DI-2-ÉTHYLHEXYLE PHTALATE (DEHP) Débit (m/s) 4 0. portées par AQUAREF. Pour cette raison. De nombreux facteurs se cachent derrière les mots « variabilité d’un résultat de mesure » : adéquation du protocole d’échantillonnage choisi aux caractéristiques de la station. conditions de transport vers le laboratoire d’analyse et.5 FIGURE 2 .5 0.00 14. puis une seconde fois selon le protocole propre à chaque équipe.2 0. La variabilité naturelle de l’échantillon dans la masse d’eau a été minimisée par une sélection rigoureuse de la station de mesure. incertitude analytique. sur la Mauldre (Yvelines) a été choisie en raison de sa localisation géocentrique et de la possibilité d’y assurer la sécurité d’intervention.4 1. l l’évaluation de l’impact de l’étape d’échantillonnage sur la variabilité finale. INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 21 [DEHP] (μg/L) 2.6 0. parmi une sélection de quatre stations propices à l’organisation de cette campagne en raison de la présence de polluants d’intérêt en concentration suffisante. Le dernier élément d’un essai collaboratif est bien entendu un nombre suffisant de participants : les agences de l’eau ont sélectionné 14 équipes. sélection de flaconnages n’altérant pas l 0.1 0 03:00 04:00 0 05:00 06:00 07:00 08:00 09:00 10:00 11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00 0.00 11. et associations professionnelles de laboratoires d’analyse. nous avons choisi d’avoir recours à un seul laboratoire d’analyse et d’y transporter tous les échantillons dans des conditions contrôlées.9 Débit de la rivière (m3/s) [DEHP] : données de suivi de la Mauldre 3. Finalement. En aucun cas elle ne visait à évaluer l’aptitude de l’équipe de prélèvement.5 2 0. la station d’Épône.4 0. qui inclut toutes les étapes de calcul. dont trois sans activité analytique. respect strict du protocole sur le terrain.5 0. enfin. Tous ont considéré l’initiative de l’INERIS comme une occasion unique de faire progresser les connaissances sur le prélèvement et d’en accroître l’harmonisation. l’impact de l’incertitude de transport et d’analyse devait être connu et. en tant que partenaires dans la production des données de surveillance de l’environnement. minimum. l’INERIS et le groupe consultatif ont décidé que chaque prélèvement serait effectué une première fois selon un protocole imposé conforme aux meilleures pratiques d’échantillonnage et de conservation.7 l’évaluation de l’adéquation des choix techniques vis-à-vis des exigences de la DCE . Aussi ontils accepté de participer à la conception de la campagne au sein d’un groupe consultatif.2 0.6 0.3 0. Ces vues. Compte tenu de ces potentialités.5 0. si possible.1 0 10. allant de la publication de guides techniques à la formation du personnel de prélèvement.5 [DEHP] (μg/L) VARIABILITÉ OBSERVÉE SUR CHAQUE TRANCHE HORAIRE [DEHP] POUR LA CONCENTRATION EN DI-2-ÉTHYLHEXYLE PHTALATE PAR DIFFÉRENTES MÉTHODES DE PRÉLÈVEMENT 0.00 l’échantillon. Certains d’entre eux avaient développé des réponses dédiées. étaient partagées par d’autres groupes d’experts en France : experts français de l’échantillonnage regroupés au sein de la commission de normalisation AFNOR T91E. agences de l’eau ordonnatrices des campagnes de mesures et autorités responsables du compte-rendu de leurs résultats au niveau national et européen.8 3 0.

Aucune des équipes de prélèvement n’a bénéficié des caractéristiques types de la station de mesure et peu d’équipes ont pu opérer dans des conditions similaires. la comparaison des résultats de mesure issus de l’analyse des prélèvements. Dès lors. Il est donc prudent de ne comparer entre elles que des v a l e u r s o b te n u e s s u r u n e d u ré e pendant laquelle la rivière présentait des caractéristiques relativement Concentration de référence (μg/L) DEHP Uéchantillonnage (plage considérée) Uéchantillonnage (ensemble) Concentration de référence (μg/L) Baryum Uéchantillonnage (plage considérée) Uéchantillonnage (ensemble) Concentration de référence (μg/L) Matières en suspension Uéchantillonnage (plage considérée) Uéchantillonnage (ensemble) Concentration de référence (μg/L) Nitrites Uéchantillonnage (plage considérée) Uéchantillonnage (ensemble) Concentration de référence (μg/L) Orthophosphates Uéchantillonnage (plage considérée) Uéchantillonnage (ensemble) nc : non calculée constantes.36 36 % 40. Qualité de l’eau Échantillonnage Partie 3 : lignes directrices pour la conservation et la manipulation des échantillons d’eau. dans des conditions matérielles qui ont permis la réalisation de la totalité des opérations prévues. [2] Chemical Monitoring Activity – On-site Workshop. ne pouvait faire appel à des concepts statistiques appliqués uniformément à toutes les valeurs.TABLEAU 1 VARIABILITÉS DE PRÉLÈVEMENT POUR L’ENSEMBLE DES POLLUANTS PAR PARAMÈTRE. Un exemple.9 nc 47.318 60 % 76 % 49. p o u r c h a q u e RÉFÉRENCES [1] NF EN ISO 5667-3. . Comparison of analytical approaches for WFD chemical monitoring a JRC IES RWER Initiative.042 32 % 43 % 0.6 8% 0. une variabilité peut ainsi être calculée. dont un exemple est fourni par la figure 1.039 52 % 2e plage horaire 12:00–13:00 0. conduisant à une multiplication du débit de la Mauldre par 4 au démarrage de la campagne.66 8% 14 % 4.54 18 % 47. 2007. quelle que soit la plage horaire de prélèvement.54 18 % 46 % 0. L’examen des mesures réalisées par l’INERIS pour le suivi du cours d’eau montre que leur répartition temporelle est clairement influencée. pour tous les paramètres. c’était sans compter les caprices du ciel : depuis le 25 juin jusqu’au matin du 26 juin. de fortes intempéries avaient touché la région.054 20 % Substances Valeurs typiques Concentration de référence (μg/L) Tétrachloroéthylène Uéchantillonnage (plage considérée) Uéchantillonnage (ensemble) LA VALORISATION DES DONNÉES À l’issue de 6 mois d’une préparation intens e. par les variations de débit du cours d’eau. C’est pourquoi les données ont été traitées par sous-populations correspondant à des tranches horaires de caractéristiques identifiées.274 8% 16 % 4. la résolution de l’équation d e p ro p a g at i o n d e s i n ce r t i t u d e s U²totale = U²échantillonnage + U²analyse p e r m e t d ’a c c é d e r. Cependant.239 4% 40.449 74 % 3e plage horaire 13:20–14:00 0.6 8% 6% 56. avec retour à la normale en fin de journée. L’incertitude analytique (U) de l’unique laboratoire d’analyse impliqué étant connue.356 88 % 0. le di-2-éthylhexyle phtalate est présenté sur la figure 2. 2004.284 8% 0.15 8% 0. Pour chaque groupe temporel.97 4% 4. ET POUR L’ENSEMBLE DES DONNÉES 1re plage horaire 10:00–11:10 0. to us le s a c teu rs o nt été réunis à Épône le 26 juin 2007. PLAGE HORAIRE.

temperature and conductivity (field parameters). la plupart de ces problèmes ont été identifiés. oxygen. because its rural characteristics are representative of the majority of the RBAs’ sampling stations. orthophosphates. tetrachloroethylene (parameters to be analysed in a laboratory). of sampling activity undertaken as part of regulatory monitoring. INERIS organised a collaborative field trial in June 2007 on a minor tributary of the River Seine near Paris. La campagne a également montré que la réalisation de prélèvements multiples dans un espace finalement réduit n’a pas d’impact négatif sur leur résultat. CONCLUSION Pendant longtemps. semblent utilisables pour l’interprétation des résultats – lorsqu’on a pris soin de minimiser les influences extérieures.g. et peut être utilisée comme outil pédagogique. including standardized ones. e. “Sampling activities” include sampling performance and external inputs. nitrites. a u. weather. The Epône sampling spot was selected for its central location. E n p rem i ère a p p ro c h e.plage horaire à la variabilité induite par les opérations de prélèvement. L’expérience de la métrologie analytique est d’une aide considérable dans ce travail.pH. l e s o u t ils métrologiques habituels.suspended particulate matter (SPM). and thus more reliable. a été la réa c t i o n d e s a c te u r s d e l’échantillonnage. The selected monitoring parameters were: . pour peu que leur disposition ait été correctement prévue. . Cet te approche. barium. qui ont vu dans cette campagne la reconnaissance de leur importance au sein de la chaîne de mesure. and because it enabled more than 40 people to be brought together in a secure environment. di-2-éthylhexyle phtalate (DEHP). co nduit aux évaluations regroupées dans le tableau 1. ABSTRACT With the support of the French River Basin Agencies (RBAs). appliquée à tous les paramètres mesuré s. les problèmes métrologiques relatifs à la conception o u l ’ i n te r p r é t a t i o n d ’o p é r a t i o n s de terrain ont semblé si complexes qu’un consensus tacite avait prévalu pour retarder leur prise en compte. Au cours de cette étude. in natural river water. INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 23 . Solutions were developed to overcome the difficulties in the data interpretation caused by climate conditions during the trial. Ces résultats demanderont à être af finés lors de campagnes ultérieures et étendus à d’autres types de milieux. dont notamment la variation spatiotemporelle de la masse d’eau et des performances analytiques associées à l’analyse des prélèvements. M ais le résultat s ailla nt d e cet te ét u d e. This trial was the first attempt to improve knowledge of the effect.d elà de la m ét rologi e. to determine the variability induced by sampling operations compared to subsequent analytical processes. et une occasion unique de partager expériences et difficultés. and one OHV. Individual field observations were also performed in order to understand the reasons for reference methods not being rigorously followed and to propose improvements that will make these methods more acceptable to the sampling staff. To u s s e d é c l a r e n t e n f a v e u r d e l’harmonisation des pratiques et des supports documentaires avec la mise en place d’actions de formation technique. par exemple la propagation quadratique. The aim of this study was to evaluate several sampling procedures. the French Ministry of Ecology and its local offices.

p. Ullrich S. Oesterholt F. l’action A est au moins aussi performante que B sur la plupart des critères. L’AMC consiste à effectuer un classement des actions de réduction des émissions en fonction de plusieurs critères de coûts et d’efficacité. Krupanek J. filtration des effluents sur membrane. Il est donc difficile d’établir un programme avec des modèles hydrologiques et économiques.. Multi-criteria Methodology for Decision Aiding. Emission reduction strategy of priority and emerging chemicals in European waters: inventory and assessment of mitigation options. Par exemple. [2] Roy B. mercure. 68.. action. ou au stade des essais pilotes ou au stade de commercialisation ? Dans le dernier cas. 316 p. procédés et secteurs d’activités concernés par 10 substances (Hydrocarbures A romatiques Polyc ycliques (H A P). Dans un tel contexte d’informations réduites. Plus précisément. 3/ cobénéfices environnementaux produits par l’action : est-ce que l’action permet de réduire une ou plusieurs substances ? 4/ coûts financiers de l’action .. Dordrecht. elle sera préférée à B). une action pourra être schématisée ainsi : production de chlore.. M. l’action est considérée comme disponible. substance). Brignon J. la nanofiltration ou encore l’osmose inverse. des actions techniques de réduction des émissions comme par exemple. M.. mercure. Kluwer Academic. nonylphénols. Les informations sur les moyens de réduire les émissions de ces polluants sont très peu disponibles.. Il devient alors possible de construire un programme coût-efficace dans un contexte d’information réduite et qualitative en utilisant des dires d’expert. ici. Les mesures sont. cette méthode respecte les principes de concordance (si RÉFÉRENCES [1] Ducos G. di-2éthylhexyle phtalate. Enfin. Abstract book of the 19th annual meeting SETAC Europe "Protecting ecosystem health: facing the challenge of a globally changing environment". ELECTRE est une méthode d’« agrégation partielle » qui consiste à comparer deux à deux les actions et qui introduit la possibilité de non-compensation des performances des critères. La base contient 225 actions sous forme de triplets (source. polybromodiphényléthers. tribut ylétain. Des experts ont ensuite attribué des performances à chacune des actions selon six critères.Construction d’une stratégie efficace au moindre coût de réduction des émissions de polluants dans les eaux CONTEXTE ET OBJECTIF La Directive Cadre sur l’Eau impose la mise en place de « programmes de mesures » efficaces au moindre coût (dites « coût-efficaces ») pour atteindre le bon état écologique des eaux. atrazine et isoproturon). notamment en réduisant les émissions des substances (dangereuses) prioritaires vers les milieux aquatiques. Le poids des critères est affecté de telle sorte que la . L’AMC opère sur une base de données d’actions que nous avons construite en collectant des informations sur les techniques de traitement des rejets et les possibilités de substitution pour les substances. hexachlorobenzène. 2/ efficacité de l’action pour réduire les émissions de la substance (en pourcentage de réduction) . à savoir : 1/ ratio entre la quantité de substance émise par la source et la quantité totale de substance émise par l’ensemble des sources . Contrairement aux méthodes dites « d’agrégation totale » dans lesquelles une note globale est attribuée à chaque action (exemple de la moyenne pondérée). Ce critère est un moyen de mesurer les coûts de mise en œuvre autres que financiers. Goteborg. elle permet également de prendre en compte des poids de critères. par simulation des actions de réduction des émissions et des coûts associés. Munthe J. 5/ effets d’échelle : est-ce que l’action permet de réduire les émissions de plusieurs sources ? 6/ disponibilité de l’action : est-ce que l’action est au stade de la recherche en laboratoire. elle sera préférée à B) et nondiscordance (s’il n’y a aucun critère sur lequel l’action A est beaucoup moins performante que B. 31 may-4 june 2009. Sweden. Le tableau 1 présente un extrait de la base de données pour certains des triplets caractérisant les actions de réduction des émissions de di-2-éthylhexyle phtalate (DEHP). nous avons recours à une alternative à la modélisation : l’analyse multicritère (AMC). la microfiltration.. en sélectionnant des actions à partir de ce classement. dans le cas du traitement des eaux usées. 1996. cadmium. 1996). MÉTHODE Nous avons utilisé la méthode d’AMC « ELECTRE III » développée par l’Université de Paris Dauphine (Roy. Van Tongeren W.

Un objectif de performance sera alors établi pour chaque critère et les actions seront classées en fonction de leur distance par rapport à l’optimum de Pareto. G. J-M. Les actions « Pareto-optimales » seront telles que l’on ne peut pas améliorer un objectif sur un critère sans en altérer au moins un autre. comme l’optimisation multiobjectif. et de mieux informer le critère de disponibilité (clé pour les actions de substitution). ou suffisamment disponibles. dont l’intérêt n’était pas apparent. ce qui nécessite confirmation. ou d’un coût plafonné. Le premier porte sur toutes les actions sans restriction. Dans chaque cas. ont été bien classées. L’impact simultané d’une action de traitement des eaux résiduaires sur un grand nombre de substances devra également être représenté. Ducos FOCUS NOTE (1) Projet SOCOPSE : Source control of priority substances in Europe http://www. notamment pour les acteurs publics qui financent les équipements collectifs de dépollution des eaux. gestionnaires et acteurs de l’eau). il est possible de travailler sur une seule ou plusieurs substances simultanément.se/ L’INERIS est pilote d’un des groupes de travail du projet SOCOPSE (2006-2009) no Triplet 58 59 62 63 64 65 66 Sources Boues de station d’épuration Boues de station d’épuration Rejet de station d’épuration Rejet de station d’épuration Rejet de station d’épuration Rejet de station d’épuration Rejet de station d’épuration Actions Incinération des boues Digestion des boues Adsorption sur charbon actif Nanofiltration Osmose inverse Ultrafiltration Optimisation du procédé Substances Ratio (%) DEHP DEHP DEHP DEHP DEHP DEHP DEHP 2 2 3 3 3 3 3 Efficacité (0-10) 9 5 8 8 8 8 6 Coûts (0-10) 4 9 8 6 6 6 10 Disponibilité Cobénéf. ou efficaces. Il sera nécessaire pour cela d’affiner les critères pour mieux représenter les cobénéfices sociaux. L e c h o i x d e s s u b stances fut dépendant des contraintes imposées au projet par les enjeux réglementaires européens du moment. ou l’optimisation du fonctionnement des stations d’épuration pour le phtalate DEHP. Nous inscrivons ainsi l’AMC dans une approche économique de type coût-efficacité.socopse. ce qui correspond à un scénario efficace au moindre coût. D’autres ont été effectués sur une partie des actions. celles qui sont. Les informations proviennent essentiellement de la littérature et peu des acteurs (industriels. étant donné l’enjeu financier important du choix entre les deux options. Le travail de l’INERIS se poursuit sur de nouvelles substances et avec des acteurs plus ciblés dans le cadre de travaux avec l’ONEMA et les agences de l’eau. On observe généralement une forte dépendance des stratégies obtenues aux préférences du décideur et aux substances étudiées. Disponibilité. Brignon. RÉSULTATS ET DISCUSSION Plusieurs classements ont été effectués. par exemple : certaines actions de traitement des émissions atmosphériques de HAP (bien qu’agissant indirectement sur la qualité des eaux). Les ac tions de substitution sont en général moins bien classées que les actions de traitement d’effluents. Toujours en termes méthodologiques. Cobénéfices et Effets d’échelle). qui représente un type de préférence du décideur. (0-10) (0-10) 9 9 9 9 9 9 7 1 1 8 6 6 4 4 Échelle (0-10) 1 1 1 TABLEAU 1 1 1 1 1 EXTRAIT DE LA BASE DE DONNÉES ELECTRE effectue un classement des actions à partir de cette base de données et attribue un rang à chaque triplet INERIS_RS 09-10_qualité des eaux PAGE 25 . l ’A MC sera confrontée à d’autres techniques d’aide à la décision.somme de ceux qui représentent l’efficacité globale de l’action (critères Ratio et Efficacité) soit égale à la somme de ceux qui sont assimilables aux coûts (critères Coûts. Les données utilisées pour construire la base d’actions ont été obtenues dans le cadre du projet européen SOCOPSE (1) pour les 10 substances évoquées plus haut. Certaines actions.

Qualité de l’air .

afin de progresser sur la compréhension des évolutions spatiotemporelles des polluants et de leur spéciation chimique sur l’ensemble du cycle de vie : de leur formation à leur transformation dans l’atmosphère. sur la formation des particules secondaires. jusqu’aux données satellitaires d’observation de la terre. comme pour la combustion du bois et les polluants d’intérêt sanitaire (HAP). C’est l’ensemble de ces travaux et des connaissances qui en résultent. L’information spatiale intègre notamment des émissions imprévisibles de polluants comme les feux de forêts ou l’observation des océans. pour ce faire. l Développer. l Développer des systèmes de modélisation intégrée. les analyses économiques des coûts/bénéfices pertinents aux différentes échelles locales et européennes. transport et formation des polluants. Un accent particulier est L porté sur la caractérisation des sources et le suivi de leur évolution dans le temps. Des travaux de recherche sont également ciblés sur les pollutions intérieures. dans divers champs de compétences : caractérisation des polluants et des expositions. sur le bilan radiatif terrestre en fonction de leur composition. d’une part. repose sur une activité scientifique de fond ciblée sur un certain nombre de questions de recherche. l Améliorer la connaissance des particules fines. qui permettent d’apporter des réponses complètes lors d’événements de pollution atmosphérique exceptionnels comme très récemment lors de l’éruption volcanique islandaise. l l’amélioration des connaissances sur la présence des polluants particulaires. l Progresser sur les interactions climat/ pollution de l’air et promouvoir des approches intégrées dans les futures politiques environnementales de gestion et d’adaptation. d’une part. L’INERIS étudie également les interactions entre pollution atmosphérique et changement climatique. climat et qualité de l’air et.Stratégie de recherche ’expertise reconnue de l’INERIS dans le domaine de la qualité de l’air. identification et évaluation des stratégies de réduction des pollutions. des outils in situ et en temps réel. les particules en suspension – dont les aérosols(1) – représentent aujourd’hui une des principales préoccupations en matière de santé publique et d’impact environnemental. à partir des COV susceptibles de réagir avec des espèces oxydantes telles que l’ozone . les expositions dans les différents environnements. La multiplicité de leurs sources d’émission. et la chaîne de calcul CHIMERE. l’évaluation des risques associés à ces expositions. l’étude scientifique des différentes situations de pollution particulaire constitue un axe prioritaire de recherche afin de contribuer à définir les politiques publiques de réduction de cette pollution. qui contribuent à l’exposition individuelle de façon très significative. PREV’AIR. en particulier de leur composition chimique en fonction de leur granulométrie. la complexité des processus de formation et de leurs caractéristiques physico-chimiques nécessitent des besoins accrus de connaissance pour atteindre les objectifs de réduction de la pollution particulaire inscrits dans le Plan National Santé Environnement II (réduction de 30 % pour les PM 2. l la modélisation des phénomènes de formation et de transport des particules dans l’air en s’appuyant sur des observations de plus en plus sophistiquée. l Organiser l’accès aux outils de simulation notamment pour l’étude de scénarios. en recherchant des traceurs pertinents. développements métrologiques et méthodologiques. Un « plan particules » a été mis en place à cet effet. Ainsi. notamment des par ticules ultrafines et des nanoparticules : granulométrie. tant nationales qu’internationales. d’autre part. Trois volets ont été retenus : l les développements d’outils et d’instruments innovants constituent un point clé pour progresser dans la connaissance des polluants émergents. sur les particules ultrafines (caractérisation spatio-temporelle et chimique) et. Ces travaux contribuent ainsi à l’évolution des systèmes opérationnels de simulation et de prévision des épisodes de pollution particulaire dans lesquels l’INERIS est impliqué.5 d’ici 2015). et notamment les influences antagonistes des particules fines. tant au niveau national qu’au niveau européen. Parmi les nombreux enjeux de recherche dans le domaine de la pollution atmosphérique. mis en synergie. d’autre part. afin de mieux appréhender leur impact sanitaire lié à des expositions chroniques à long terme. bancs de génération et chambres d’exposition en laboratoire pour l’étude de la chimie atmosphérique . NOTE (1) Aérosols : particules solides ou liquides en suspension dans un milieu gazeux INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 27 ET D AI EM N . couplant. spéciation chimique in situ et en temps réel par métrologie LIBS. Ces travaux portent. modélisation des transferts.

la cuisine et les toilettes sont au rez-de-chaussée. l’INSERM U955. MARIA est une maison individuelle de trois niveaux comportant cinq pièces et une cuisine 6. ni de circulation dense dans les environs. en masse. l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP).53 A) REZ-DE-CHAUSSÉE B) PREMIER ÉTAGE FIGURE 1 PLAN DE LA MAISON MARIA .7 2.5 4.Caractérisation des particules générées par la combustion d’encens X.1 1. Dans le cadre de ce travail. Le garage (40 m 3) se trouve dans le sous-sol (192 m 3). Deux campagnes de mesure ont été réalisées : été 2007 et hiver 2008. 4 pièces ont été instrumentées : cuisine. Le salon.1 N d e Re c h erc h e s su r la C at a l y s e et l’Environnement (IRCE) dans le cadre du projet NANOP (financement APR Afsset). une douche et une salle de bain se situent au premier étage. MATÉRIEL ET MÉTHODE Les campagnes de mesure de particules ultrafines ont eu lieu dans la Maison Automatisée pour la Recherche Innovante de l’Air ou Maison « MARIA » (figure 1) qui représente un environnement domestique réel contrôlé.4 2. salon. le Laboratoire d’étude des Particules Inhalées (LEPI) et l’Institut 2. Ji os travaux de recherche ont eu pour objectif de caractériser des niveaux de concentration en particules ultrafines (PUF) – de taille de l’ordre du nanomètre – dans l’air intérieur d’une maison modèle en activant différentes sources. en sur face spécifique…) . De grandeur réelle. toilettes (rez-de-chaussée) et une chambre (à l’étage). Il n’y a pas de hauts bâtiments résidentiels.7 5. deux phases se distinguaient : l phase 1 : caractérisation indépendante des sources (concentration de particules en nombre.8 2. l phase 2 : mise en œuvre successive des sources selon les activités d’une journée type week-end (la définition chronométrée de la journée type a été élaborée par le groupe de travail pour s’approcher au plus près d’une journée réelle).24 8. Au cours de chacune de ces campagnes. La combustion de l’encens a été choisie comme première étude de cas afin 4. Les 13 sources identifiées ont été mises e n œ u v re d a n s l a m a i s o n et l e s variations temporelles et spatiales des concentrations en PUF émises ont été mesurées dans différentes pièces.5 4.71 pour un volume total de 319 m 3 . Une partie de ces travaux de recherche a été menée en partenariat avec le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). et quatre chambres. L’ensemble des appareils utilisés ainsi que leurs caractéristiques techniques et leurs emplacements sont présentés dans le tableau 1. Elle est construite sur le site du CSTB qui est entouré d’une zone de banlieue (77).

C et D) ont augmenté immédiatement à proximité de l’encens et la concentration 2 500 Combustion de l'encens Séjour Cuisine Chambre WC Extérieur concentration (CNC . extérieur Près de la source Près de la source Extérieur Séjour. [8].10 pt/cm 7 3 Pas de temps (min) 1 1 1 5 1 1 1 1 15 5 1 10 Localisation Cuisine Chambre. chambre. WC. Les concentrations en nombre. gamme de particules mesurées : diamètre entre 0.107 pt/cm3 2. séjour. notamment observée pour les mesures à proximité de la source. *pt/cm 3 : particules par centimètre cube) A) Concentration en nombre des particules mesurée par les compteurs de noyau de condensation (CNC. extérieur TABLEAU 1 CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DES APPAREILS DE MESURE AINSI QUE LEUR EMPLACEMENT LORS DES ESSAIS Concentration en nombre CNC 3007 CNC-eau SMPS Distribution en taille Surface spécifique Concentration massique NO/NO2 Analyse chimique Tº/CO2/humidité ELPI 4. [7]. extérieur Couloir de RDC Cuisine. Le Bihan et al. WC.pt/cm3) 2 000 1 500 1 000 500 0 14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 FIGURE 2 VARIATION SPATIALE ET TEMPORELLE DES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES (moyenne glissante de 5 minutes. Afin de 30 000 Combustion de l'encens Séjour Cuisine Chambre WC Extérieur limiter une forte oscillation des valeurs. [6].5 70-1000 1. chambre.5. Ce choix a été motivé par la littérature abondante concernant la combustion de l’encens. nous permettant ainsi de comparer et de valider nos résultats [3].103 pt/cm3 10-1000 PM2.3 et 20 micromètres) C) Concentration en surface spécifique des particules mesurée par l’Aerotrak 9000 (gamme de particules mesurée : diamètre entre 10 et 1 000 nanomètres) D) Concentration massique des particules PM 2.107 pt/cm3 1.105 pt/cm3 5.104 μm2/cm3 5.106 μg/m3 580 μg/m3 - * pt/cm3 : particules par centimètre cube d’établir un référentiel pour la mise en œuvre et le traitement des données pour l’ensemble des sources étudiées. 0 14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00 16:20 16:40 17:00 A) Concentration en nombre (CNC) Surface spécifique (μm2/cm3) 200 160 Combustion de l'encens B) Concentration en nombre (Grimm Optique OPC) Combustion de l'encens 185 Séjour 135 85 35 -15 14:40 Séjour Cuisine Extérieur 80 40 0 14:40 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00 PM2. Teom 50 °C) INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 29 . Les mesures d’émission de PUF liées à la combustion de l’encens ont été répétées 3 fois durant l’été 2007 et une fois en hiver 2008 dans le séjour de la maison MARIA. Les résultat s montrent que les particules émises lors de la combustion d’encens se retrouvent rapidement dans l’air intérieur de la maison.5 PM2.0 OPC Grimm Aerotrak® 9000 TEOM 50 ºC TEOM-FDMS TEI (AC 32 M) AMS (Spectrométrie de masses) Q-Trak 300-20000 2. Les travaux réalisés sur la combustion de l’encens ont fait l’objet d’une publication ( Ji. les essais ont été répétés au moins 4 fois. RÉSULTATS ET DISCUSSION L’ensemble des résultat s pour les différentes sources ainsi que les outils d’estimation de l’exposition aux PUF sont présentés dans le rapport de thèse ( Ji 2010). en surface spécifique et en masse (respectivement les graphiques de la figure 2 A. gamme de particules mesurées : diamètre entre 5 et 3 000 nanomètres) B) Concentration en nombre des particules mesurée par les compteurs optiques de particules Grimm (OPC Grimm. extérieur Séjour Près de la source Cuisine.5 (μg/m3) 120 15:00 15:20 15:40 16:00 16:20 16:40 17:00 C) Concentration en surface spécifique (Aerotrak 9000) D) Concentration massique (PM2. séjour. les données sont présentées sous la forme d’une moyenne glissante sur cinq minutes. WC Près de la source. B. 2010) et les résultats de caractérisation de l’émission des PUF sont présentés ci-après.5 mesurée par Teom 50 °C.106 μg/m3 5. La variation spatiale et temporelle de la combustion de l’encens est présentée sur la figure 2.105 pt/cm3 1.pt/cm3) 25 000 20 000 10 500 10 000 5 000 concentration (OPC . Pour chaque source.Paramètre Matériel P-Trak Quantité 1 2 2 1 1 6 1 1 1 2 1 5 Gammes (nm) 20-1000 10-1000 5-3000 10-500 7-10000 Saturation* 1.

Ils sont basés sur les observations en SMPS réalisées au cours de la campagne d’été 2007.5). période du bruit de fond RÉFÉRENCES [1] Chang Y.. [8] See S. Les résultats montrent que la fraction organique est prédominante dans la masse des aérosols détectés. le NO3 et Cl. [8]). PERSPECTIVES Grâce à la base de données constituée lors de ce projet. Particles emitted by an incense stick burning for 15 minutes were characterized. en nombre dépend de la distance du point de prélèvement à la source (figure 2 A. A better understanding of particle characteristics and dispersion behavior is needed. Ramalho O. et al. (2004). [6] Lee S. Guo K. and Cl-). Le Bihan O. Participants’ exposure to PM 2. La concentration massique moyenne à l’extérieur était égale à 7. This study aims at characterizing spatial and temporal variations in fine and ultrafine particle dispersion after emission from a model source in an experimental house.5 concentration reached 197 μg/m3. et al. on observe une tendance similaire à un degré moindre. W. ce niveau est environ 3 fois plus élevé que la concentration de fond (figure 2 A). Wang B. J. et D). ABSTRACT The potential health effects of fine and ultrafine particles are of increasing concern. (2007).. C. [2]. Partial chemical analysis of particles was also realized. Université Paris-Est Créteil : 149. Créteil. D’autres composants mineurs comme le K+. Journal of Exposure Analysis and Environmental Epidemiology 14(7): 536-543. (2010). Lee H. Size distribution and emission rate measurement of fine and ultrafine particle from indoor human activities. estimation de l’exposition. The combustion of an incense stick in the living room was associated with significant modifications of the concentrations of particles measured in the different rooms of the house. un travail a été engagé sur l’analyse de l’exposition des personnes aux particules ultrafines. La composition chimique des particules de la combustion de l’encens a été étudiée sur site par spectrométrie de masse en temps réel (c-to-f AMS). S. J. période de croissance des particules . l la concentration en nombre dépend de l’éloignement du point de mesure par rapport à la source . The formation of incense smoke. au moment où la concentration en particules est maximale. Évaluation des expositions humaines aux particules ultrafines dans l’environnement domestique.5 minutes avant la mise en œuvre de la source (encens). [5] Ji X. [7] Lung S. Quatre axes d’évaluation des expositions humaines ont ainsi été développés : hiérarchisation des sources..5 and gaseous/particulate polycyclic aromatic hydrocarbons during the Ma-tsu Goddess parade. Balasubramanian R. Characterization of emissions from burning incense. (2008). l à 5 mètres de la source.T05 à T20 : période de 5 minutes à 20 minutes après l’allumage de l’encens..ont également été identifiés. B. Indoor Air 20(2): 147-158. the maximum concentration was 25500 particles/cm3. Physical characteristics of nanoparticles emitted from incense smoke. la concentration maximale est de 197 μg/m3 dans le séjour et de 97 μg/m 3 dans la cuisine.. and other minor components identified were K+. C. W. [4] JI X. Dans les autres pièces.T-20 à T-5 : période de . Number concentration. the indoor PM 2. et al.FIGURE 3 DISTRIBUTION EN TAILLE DES PARTICULES ÉMISES PENDANT LA COMBUSTION D’ENCENS . specific surface area and mass were measured.. En termes de concentration massique (PM 2.20 minutes à . Near the burning incense stick. CONCLUSION Les résultats présentés sur les émissions de particules lors de la combustion de l’encens montrent que : l la combustion d’encens génère des particules fines et ultrafines et que celles-ci impactent la qualité de l’air dans l’ensemble de la maison . Dans le séjour. C. This demonstration of pollution by particle dispersion by incense may have significant implications in terms of assessment of indoor exposure to such particles. indicateur d’exposition.. et al. La surface spécifique maximale à proximité de l’encens en combustion atteint 177 μm2/cm3. et al. Atmospheric Environment 38(7): 941-951. [2] Gehin E. scénario d’exposition. Journal of Aerosol Science 38(1): 39-51. Les résultats de l’étude sur la détermination de la distribution en taille des particules issues de la combustion de l’encens sont présentés dans la figure 3. . ces résultats sont en accord avec ceux des études précédentes ([1]. and the specific surface area concentration was 177 μm2/cm3. et al. C. Science and Technology of Advanced Materials 8(1-2): 25-32. Indépendamment des différentes méthodes d’échantillonnage.4 μg/m3 pendant la combustion (figure 2 D).. la concentration en nombre maximale du CNC est de 25 500 pt/cm3 . (2007). [3] Jetter J. Guo Z. Characteristics of emissions of air pollutants from burning of incense in a large environmental chamber. Atmospheric Environment 42(35): 8341-8352. Science of the Total Environment 295(1-3): 51-67. Time of Flight Aerosol Mass Spectrometer measurements indicated that the organic fraction was predominant in the aerosol mass detected. Le diamètre médian lors de la concentration maximale de particules issues de la fumée de l’encens est de 136 nm. (2010). (2004). Characterization of particles emitted by incense burning in an experimental house. la distribution en taille des particules culmine à 136 nm.. Ces travaux se poursuivent notamment sur la composition chimique des particules émises et sur l’intégration dans des modèles d’expologie pour savoir où et quand les populations sont exposées. (2002). NO3..

l’une d’entre elles était dédiée au développement des moyens de détection des nanoparticules. La technique LIBS a été proposée comme moyen de surveillance des ambiances de travail. en milieu hostile. en tenant compte de contraintes techniques de plus en plus exigeantes. qu’il soit sous forme solide. Enfin. de quelques secondes à quelques minutes selon le nombre de tirs laser nécessaires à l’obtention d’un signal exploitable. C. Les travaux réalisés ont permis de montrer qu’il était possible de détecter des flux de nanoparticules polydispersés. En effet. En pratique. Elle permet donc de réaliser des analyses in situ . le système LIBS peut être déplacé et l’analyse peut être réalisée à distance (grâce au faisceau laser) protégeant ainsi les opérateurs. Le dispositif LIBS de laboratoire va être optimisé et son encombrement réduit afin d’être rendu transportable. Elle consiste à focaliser un faisceau laser impulsionnel sur un échantillon à analyser. Cette technique ne nécessite pas de préparation de l’échantillon.La technique LIBS à l’INERIS FOCUS Les développements réglementaires français et européens visent de plus en plus à réduire les risques que font peser les polluants sur l’homme et l’environnement. et de déterminer leurs compositions chimiques élémentaires ainsi que leurs concentrations en masse. leurs concentrations en masse in situ et en temps réel. pression. Ces résultats encourageants ont conduit à engager un transfert de technologie. malgré les précautions prises pour sécuriser les procédés de fabrication. Toutes les caractéristiques énoncées lui confèrent un fort potentiel d’applicabilité sur le terrain. Ce projet visait à proposer des solutions innovantes afin de renforcer la sécurité des procédés de production et de rendre plus sûr l’usage de matériaux élaborés à partir de nanoparticules manufacturées. la matière est très fortement chauffée générant un gaz ionisé. la nature chimique élémentaire des polluants et d’autre part. De plus. L’analyse est réalisée par spectroscopie d’émission conformément au principe présenté précédemment. la « spectroscopie de plasma induit par laser » ou LIBS (Laser-Induced Breakdown Spectroscopy) présente de nombreux atouts pour des applications dédiées aux problématiques environnementales ou industrielles. concernant de plus en plus de polluants. Arkema). La mesure n’est plus différée. Ceci nécessite le développement d’outils innovants. gaz ou aérosol. Parmi toutes les thématiques abordées. Une liste de dix types de nanoparticules non carbonées a été établie par la compagnie CILAS suite à une étude de marché. Au point de focalisation. les limites de détection obtenues (de quelques μg/m3 à quelques centaines de μg/m3) sont inférieures aux valeurs limites d’exposition professionnelle existantes pour les éléments chimiques mesurés. De plus. dans la majorité des cas. Elle est potentiellement rapide. très chaud et très lumineux. d’une part. DÉTECTION DE NANOPARTICULES PAR TECHNIQUE LIBS : VERS UN TRANSFERT DE TECHNOLOGIE Les premiers développements concernant la technique LIBS à l’INERIS ont été réalisés dans le cadre du projet européen NANOSAFE II (2005-2009). peuvent être envisagées. impliquant par exemple la surveillance d’un procédé industriel. Des mesures en temps réel. les risques de fuite ne doivent pas être négligés. Ce transfert de technologie pourrait être étendu à d’autres applications sur des sujets en cours d’étude à l’INERIS. in situ et en temps réel. L’INERIS a ainsi procédé à des mesures sur des procédés industriels en particulier pour les nanoparticules (CEA. Dutouquet INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 31 . Cette qualité d’applicabilité est mise à profit à l’INERIS où la majorité des dispositifs LIBS développés ont vocation à être installés sur site ou embarqués. appelé plasma. les nanoparticules en suspension dans l’air sont aspirées dans une cellule à l’intérieur de laquelle le faisceau laser est focalisé. liquide. Un système basé sur cette technique permet donc de déterminer. La lumière émise par ce dernier contient la signature de tous les éléments chimiques présents dans le matériau sondé. La compagnie industrielle des lasers (CILAS) en collaboration avec l’INERIS a entrepris de fabriquer un prototype dédié à la détection de nanoparticules manufacturées dans les laboratoires ou dans les unités de production. Quasiment tous les éléments peuvent être détectés dans des conditions expérimentales variées (température. Parmi les techniques d’analyse élémentaire existantes. degré d’humidité). Réduire la pollution implique tout d’abord la réalisation de mesures avec des instruments adéquats. tel le suivi en temps réel de particules micrométriques dans les rejets gazeux industriels. elle est non intrusive de par son caractère optique.

La modélisation des aérosols organiques secondaires B. embruns marins. échappements automobiles. Les feux de forêt constituent également une source importante de particules organiques. Des études récentes ont montré que ces espèces organiques pouvaient s’évaporer dès l’émission par effet de dilution de l’effluent. majoritairement dans le mode granulométrique fin (inférieures à 300 nm). etc. etc. car la dynamique du feu génère en effet une colonne d’émission qui peut varier d’une centaine de mètres à plusieurs kilomètres en fonction de l’intensité de celui-ci. poussières volcaniques.5 μm). qui contribuent ainsi à la formation de particules : on parle alors de sources secondaires.) ou bien naturellement (feux naturels. sels marins. O3. combustions diverses. . Ces composés particulaires. En effet.). Or.) formant des espèces condensables (à faibles tensions de vapeur saturante).) : il s’agit alors d’émissions primaires. Les aérosols peuvent également provenir de réactions chimiques en phase gazeuse (oxydation par OH.) et les activités humaines. LES AÉROSOLS ORGANIQUES Les composés organiques directement émis par les procédés de combustion incomplète d’hydrocarbures ou issus de la combustion du bois par exemple sont appelés Aérosols Organiques Primaires (AOP). article dans lequel sont recensées les principales lacunes des modèles de prévision et simulation de la qualité de l’air. sont appelés Aérosols Organiques Secondaires (AOS). mais également de sources naturelles telles que la végéFIGURE 1 CARTOGRAPHIE DES CONCENTRATIONS MOYENNES ANNUELLES (μg/m 3) EN AÉROSOLS ORGANIQUES SECONDAIRES EN 2003 tation : de nombreuses espèces d’arbres comme le chêne émettent par les stomates de leurs feuilles des terpènes dans l’atmosphère sous forme gazeuse. Les particules sont composées d’une grande variété d’espèces organiques et inorganiques (carbone élémentaire. on distingue les concentrations de particules de diamètre inférieur à 2. L’émission est d’autant plus importante que la température et le rayonnement solaire augmentent et les AOS ont la particularité de se trouver en équilibre thermodynamique entre phase gazeuse et phase particulaire. nitrates. ces précurseurs peuvent provenir de l’industrie. etc. sulfates. etc.5 μm (PM 2. Une des grandes problématiques de ces émissions réside dans la détermination de la hauteur à laquelle doivent être injectées ces émissions dans les modèles. monoterpènes. de processus de combustion (bois). de cires émises par les plantes peuvent se retrouver aérosolisés mais sont généralement dans la fraction « grossière » des particules (de diamètre supérieur à 2. les particules les plus fines pouvant pénétrer plus profondément dans le L système respiratoire. de plantes. etc. D’un point de vue réglementaire. des composés organiques issus de la décomposition des débris d’insectes. Enfin. Ces difficultés de modélisation dues aux émissions ont été décrites dans Menut et Bessagnet (2010) [4].5) et inférieur à 10 μm (PM 10). D’autres espèces sont formées dans l’atmosphère par réactions d’oxydation en phase gazeuse et/ou hétérogène de composés organiques volatils (COV) émis par la végétation (isoprène. considérant l’enjeu très sensible de la réglementation des niveaux de concentrations de particules fines dans l’atmosphère pour les années à venir. ammonium. Les sources de composés « précurseurs » de ces particules secondaires constituent une question autant scientifique que politique. Bessagnet es aérosols atmosphériques – fines par ticules solides ou liquides en suspension dans l’atmosphère – peuvent être émis dire c tem ent p a r l ’h o m me (rejet s industriels.

Une quinzaine de nouvelles réactions chimiques ont été introduites dans le modèle. En revanche. MEGAN. BiA1D. Cette étude a également mis en lumière l’importance des émissions d’isoprène en Europe comme évoqué dans de nombreuses études aux États-Unis.. Cela concerne plus particulièrement les pays du Sud de l’Europe. 61-74. [2] Bessagnet B. doi:10. Menut L... Schauer J. May 2010. doi:10. De manière générale. BiA0D) et une origine anthropique (ASOA).. 2009. le triméthylbenzène et autres alcanes et composés aromatiques..5 μg/m3 dans le nord de l’Europe à 4 μg/m 3 dans les zones forestières (Forêt-Noire... Notamment. La quantification correcte de ces émissions reste toujours une question en suspens.... Madronich S. Stone E. 9. Lamarque J. ISOPA1) des monoterpenes (BiBmP.. en charge du codéveloppement du code CHIMERE avec l’IPSL(1) depuis 20 01. Massif central) en 2003. 2006 Estimates of global terrestrial isoprene emissions using MEGAN. Hodzic A. Atmos. et de campagnes et de supersites de mesures du programme onusien EMEP (3) de la Convention sur le Transport des Polluants Atmosphériques à longue Distance (CLRTAP).1007/s10874-009-9129-2. [3] Hodzic A. Regional modeling of carbonaceous aerosols over europe e focus on secondary organic aerosols. Ann. Schulz M.5194/acp-9-6949-2009.. Concentration AOS (μg/m3) Heure du jour il est évident que la connaissance des contributions relatives des sources de précurseurs est déterminante. Bessagnet B.. les fractions les plus élevées étant rencontrées dans les Pyrénées. développé par une équipe américaine du NCAR(2) (Guenther et al. Chem. à cause des nombreux processus complexes mis en jeu et des besoins en données d’entrée que la simulation génère (émissions de sources naturelles. du chauffage résidentiel au bois par exemple. Wiedinmyer C. 2009) [2]. INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 33 . Geron C. L. Por tugal. Harley P. Chem. Phys.. RÉFÉRENCES [1] Bessagnet B. le benzène.. Ainsi. Ces composés sont amenés à réagir dans un cycle de réactions impliquant des composés organiques d’origine anthropique tels que le toluène. Les concentrations simulées varient de 0.. des feux de forêts.027.. 2010. ISSN 1352-2310.. Issue 14. J. Les AOS ont une origine naturelle issue de l’oxydation de l’isoprène (ISOPA2. cette étude a mis en évidence des concentrations élevées sur les zones forestières (figure 1) et donc qu’une fraction importante de ces aérosols est d’origine naturelle. l’ -pinène.. A. 3181-3210. il convient de distinguer la part anthropique sur laquelle une réglementation pourrait être efficiente et la part biotique sur laquelle il est rarement possible d’envisager des m oyen s d ’a c ti o n s. 61 (3). La question des émissions d’origine naturelle a été traitée en implantant dans CHIMERE un nouveau modèle d’émissions de composés organiques volatils biotiques. Ces travaux ont permis de cartographier la contribution secondaire des composés organiques particulaires. Geophys. F. Menut L. Elle varierait de 30 à 80 % en Europe. 2006) [5]. Moukhtar S.... BiA2D. Bessagnet B. 6. C.. Curci G. QUELQUES RÉSULTATS RELATIFS À LA MODÉLISATION DES AÉROSOLS ORGANIQUES SECONDAIRES Des travaux récents réalisés par l’INERIS mettent en avant le rôle important de l’isoprène dans la formation des aérosols atmosphériques en Europe (Bessagnet et al.. Ces comparaisons modèle/mesures ont montré que les modèles sous-estimaient toujours les concentrations en carbone organique en hiver. Modeling organic aerosols during MILAGRO: importance of biogenic secondary organic aerosols.atmosenv. et météorologie qui influence les processus photochimiques). Roux G. Volume 44.2010. Guillaume B.. Karl T.. 175e202.FIGURE 2 ÉVOLUTION DES CONCENTRATIONS EN AÉROSOLS ORGANIQUES SECONDAIRES DANS LA JOURNÉE PAR TYPOLOGIE D’AÉROSOL. Atmospheric Environment. Ces travaux s’organisent avec d’autres travaux menés par l’Institut. a la n cé u n p ro g r a m m e d e recherche sur l’intégration d’un module spécifique de simulation des aérosols organiques secondaires dans le code. Elles mettent en jeu l’isoprène. Chem. Impact of dry deposition of semi-volatile organic compounds on secondary organic aerosols. Seigneur C. DOI: 10. Fast J.01.. le 3-carène. M. en été. le -pinène mais aussi des composés plus rarement pris en compte tels que le sabinène... où le bois est un moyen de chauffage courant. de nature métrologique. Curci G. B. Pun B. Onasch T. la composante « organique » des aérosols est certainement l’une des plus difficiles à modéliser. Seigneur C. les contributions « naturelles » calculées par le modèle CHIMERE s’avèrent correctement reproduites. [4] Menut L. 2009. Enfin.. Atmospheric composition forecasting in Europe.1016/j. [5] Guenther A. 6949-6981. Phys. Pages 1781-1787. Palmer PI. Jimenez J. notamment à l’occasion de grandes campagnes nationales telles que la campagne MEGAPOLI sur Paris.. J. 28.. Ulbrich I.. Liousse C. Cep en d a nt . le myrcène et l’ocimène. Atmos. Atmos. dédiés à la caractérisation et la mesure des aérosols organiques secondaires. Aiken A. cette mise à jour des modules d’aérosol de CHIMERE a été évaluée par comparaison avec des données d’observation issues de la campagne de mesure européenne C ARBOSOL (programme européen FP6). l’INERIS.

MISE EN PLACE DES SERVICES « ATMOSPHÈRE » DANS LE PROGRAMME GMES En 2009.. Elles contribuent ainsi à l’évolution des systèmes opérationnels de modélisation dans lesquels est impliqué l’Institut. Les résultats obtenus sont cohérents avec une étude similaire menée en collaboration avec le NCAR sur Mexico où a été également mis en évidence le rôle important des émissions naturelles par la végétation sur les concentrations en par ticules au-dessus de cet te mégacité [3]. La compréhension des processus de formation des composés reste cependant largement incomplète et les travaux de l’INERIS s’inscrivent dans une série d’études scientifiques qui visent à améliorer les modèles permettant de simuler et prévoir la qualité de l’air. L’originalité de ces produits « qualité de l’air » développés dans MACC est qu’ils sont basés sur les résultats provenant de 6 modèles mis en œuvre par différentes équipes européennes. des résultats de ces 6 modèles. Le résultat final est un « ensemble ». Dans les modèles. de façon à tirer profit des qualités intrinsèques de chacun. France) (5) CEREA : Centre d’Enseignement et de Recherche en Environnement Atmosphérique (Champs-sur-Marne. les programmes dédiés à la mise en place de services préopérationnels pour la surveillance de l’environnement dans le cadre du GMES (Global Monitoring for Environnent and Security) ont été lancés par la Commission européenne. PREV’AIR et la chaîne de calcul CHIMERE pour les études d’appui au ministère en charge de l’Écologie.eu le Massif central et en Espagne. on les appelle espèces organiques semivolatiles. le dépôt de ces espèces en phase gazeuse est généralement négligé. satellite). The effect of dry deposition of SVOC on the concentration of secondary organic aerosols (SOA) is investigated in summertime with the chemical transport model CHIMERE that simulates SOA concentrations by means of molecular SOA surrogate species. Germany and Italy. L’INERIS contribue activement au projet MACC (Monitoring Atmospheric Composition and Climate) coordonné par le Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (ECMWF). Cette étude a montré l’impact important de certains paramètres météorologiques comme l’humidité relative qui accroît le dépôt des espèces secondaires pendant la nuit. In Europe. Dans cette étude les émissions de feux de forêts prises en compte pourraient être améliorées. Palaiseau. Au-delà de leur résolution spatiale nettement améliorée (25 km sur l’Europe au minimum pour les modèles actuels).gmes-atmosphere. 2010) [1]. France. action qui va être réalisée en collaboration avec l’IPSL–(LMD(4)). pour mieux reproduire les phénomènes physicochimiques qui régissent les concentrations de polluants dans l’air. une moyenne correctement pondérée. considérées comme les meilleures représentations possibles des champs de concentrations des polluants atmosphériques et des indicateurs d’impacts classiquement étudiés (moyennes annuelles. avec une amélioration sensible des prévisions produites par le système. C’est dans cette logique que l’INERIS consacre un investissement important à la prise en compte de nouveaux processus de formation des aérosols dans CHIMERE. généralement comprise entre 50 et 2 000 m .5 μg/m3 in the Northern Europe to 4 μg/m3 over forested regions in Spain. the CHIMERE model gives in 2003 yearly average SOA concentrations ranging from 0. partenaires du consortium PREV’AIR. journalières. The implementation of isoprene chemistry for SOA significantly improves agreement between long series of simulated and observed particulate matter concentrations. dans lesquels sont assimilées des observations de toute provenance (in situ. France) (2) NCAR : The National Center for Atmospheric Research (USA) (3) Co-operative programme for monitoring and evaluation of the long range transmission of air pollutants in Europe (4) LMD : Laboratoire de Métérologie Dynamique (École Polytechnique. Les résultats obtenus sont des cartes de pollution. Ainsi ils sont responsables de la mise en place de services d’élaboration et de diffusion de prévisions à court terme et de cartographies de la qualité de l’air en Europe. alors que l’on retrouve logiquement les plus faibles dans les pays industrialisés d ’Eu ro p e d e l ’E s t . At several sites a clear underestimation by the CHIMERE model is noticed in wintertime possibly due to missing wood burning emissions as shown in previous modeling studies. This overestimation is larger during nighttime due to higher relative humidity. Cep en da nt l e s contributions anthropiques pourraient encore être sous-estimées en raison de certaines approximations faites dans le module chimique. L’INERIS et Météo France. Cela n’empêche pas chaque équipe de se concentrer sur la qualité de ses propres modèles. les molécules d’AOS se retrouvent à la fois sous formes gazeuse et particulaire. ainsi que de la diffusion de produits issus de résultats de modèles. dépassements de seuil…). ABSTRACT An improved and complete secondary organic aerosols (SOA) chemistry scheme was recently implemented in the CHIMERE model. Isoprene chemistry has a strong impact on SOA formation when using current available kinetic schemes. NOTES (1) IPSL : Institut Pierre-Simon Laplace (Région parisienne. L’utilisation du modèle CHIMERE et le développement d’un module d’aérosol secondaire en collaboration avec le CEREA(5) a montré que le cycle diurne des concentrations d’aérosol présentait une diminution marquée en journée des concentrations en AOS (figure 2) par évaporation mais aussi du fait de l’augmentation de la hauteur de couche limite(6) (Bessagnet et al. or nous avons montré que l’omission de ce processus pouvait modifier sensiblement les concentrations modélisées. Omitting dry deposition could overestimate SOA concentrations by as much as 50%. While simulated organic carbon concentrations are clearly improved at elevated sites by adding the SOA scheme. ces derniers sont en constante évolution et leurs paramétrisations sont de plus en plus sophistiquées. Dry deposition of semi-volatile organic compounds (SVOC) is not currently treated in most chemical transport models of air quality and this omission has been identified as a possible major source of uncertainty. www. France) (6) Couche limite : zone de l’atmosphère directement influencée par la surface terrestre. Italy and Slovakia. L’expérience s’avère prometteuse. tirent largement parti de cette expérience pour coordonner au sein de MACC les actions de recherche et développement relatives à la qualité de l’air au niveau européen (échelle dite « régionale »). time correlation are impaired at low level sites in Portugal. En effet.

L. En Europe. compte tenu de l’époque de l’année et de la typologie du site.. Ces valeurs enregistrées à Grenoble correspondent à des gammes plutôt hautes de la littérature pour des sites similaires. tels que les particules fines. OBJECTIFS ET RÉSULTATS DE L’ÉTUDE À la demande du ministère chargé de l’Écologie. en mannosan et galactosan. la combustion du bois peut constituer une source importante de polluants atmosphériques. ces composés organiques s’avèrent de bons indicateurs potentiels. Dans ce cas. « Contribution du chauffage au bois à la qualité de l’air extérieur : données existantes et études en cours en France / Impact of woodburning on outdoor air quality: Existing French data and current studies ». du carbone organique (OC) et du carbone élémentaire (EC). 203 – juillet-septembre 2009. Allemand N. Le lévoglucosan est considéré comme le traceur le plus intéressant car il est le plus stable dans l’atmosphère et le plus émis [1].. sans qu’aucun lien avec la température ne puisse être observé. il est indispensable de disposer de données mesurables spécifiques à chaque source.. L’évolution temporelle de la concentration en lévoglucosan sur les villes de Paris et Strasbourg montre des variabilités importantes des concentrations. et qui peut être attribué spécifiquement à la combustion domestique du bois. Pissot N. Mandin C. un impact important de type « combustion de biomasse » semble se profiler pour cette agglomération.citepa. Un des enjeux majeurs de la détermination de la contribution des différentes sources à la qualité de l’air est d’aider les pouvoirs publics à mettre en place des politiques de réduction des émissions ciblées par polluant et par secteur d’activité.2-2) 0. L. Les inventaires nationaux réalisés par le Centre Interprofessionnel Technique d’Études de la Pollution Atmosphérique (CITEPA) indiquent que 70 % des émissions de HAP et de benzène sont dus aux secteurs résidentiel et tertiaire en particulier à cause de la combustion du bois. Les valeurs pour les trois autres villes sont très similaires entre elles et dans la moyenne de celles présentées dans la littérature pour des sites de fond urbain. LeozGarziandia E. ATMO Nord-Pasde-Calais. Les concentrations les plus importantes en PM 10 (tableau 1) sont mesurées sur les sites de Grenoble et de Lille.4 (0. Strasbourg (site de Geispolsheim) et Grenoble sur des sites urbains de fond. Pollution atmosphérique... Afin de compléter ces résultats une estimation de la contribution de la source « combustion du bois » a été réalisée à partir des données de lévoglucosan et OC dans les quatre villes. observées sur les quatre villes sont dans l’ordre de grandeur de celles observées dans de grands sites urbains rapportées dans la littérature. numéro spécial – mars 2009.. comme le lévoglucosan qui pourrait constituer un des outils de décision dans la mise en place de politiques de réduction des émissions. cette étude a permis de mieux préciser la pertinence de certains composés utilisés comme traceurs de la combustion du bois. la principale source de combustion de la biomasse en hiver est la combustion du bois utilisée pour le chauffage résidentiel. La caractérisation globale des aérosols a été réalisée par les mesures de PM 10. Lille (site de Marcq-en-Baroeul).. Parmi les traceurs de combustion de la biomasse. Cependant. E. [2] Pissot N.. Pollution atmosphérique. L. Jaffrezo J.. Compte tenu des différences importantes observées à la fois pour le carbone élémentaire EC. les composés organiques les plus utilisés sont ceux provenant de la combustion de la cellulose et de l’hémicellulose tels que le lévoglucosan. jusqu’à 60 %.4 (0. ASPA et ATMO Rhône-Alpes GIE/ASCOPARG – le laboratoire de chimie moléculaire et environnement (LCME) de Chambéry et le laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE) de Grenoble [2].1-1) 1 (0. galactosan et des composés issus de la thermodégradation de la lignine comme par exemple les méthoxyphénols. Besombes J. les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et le benzène.6) 0. « Impact de la combustion du bois sur la qualité de l’air ambiant de quatre villes de France : Évaluation de l’approche par traceurs organiques / Wood burning impact on the ambient air quality of four French cities: Evaluation of the approach by organic tracers ». En conclusion. Collet S. le carbone organique OC et le lévoglucosan sur la ville de Grenoble. en collaboration avec les quatre Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) – AIRPARIF. Cette conclusion est confirmée par la corrélation assez étroite observée entre les concentrations en OC et lévoglucosan. Jaffrezo J. Les concentrations en lévoglucosan (tableau 1) traceur le plus abondant. une étude exploratoire a été réalisée par l’INERIS durant l’hiver 2006-2007 dans quatre grandes agglomérations françaises afin d’étudier la validité de ces composés organiques comme traceurs spécifiques de la source « combustion du bois ».2-4) PM 10 (μg/m3) 21 (8-47) 40 (8-110) 26* 35 (18-64) 1 049 (268-2469) 101 (32-237) INERIS_RS 09-10_qualité de l’air PAGE 35 . Leoz Garziandia Lévoglucosan (ng/m3) Paris Lille Strasbourg Grenoble 234 (1-1224) 259 (31-697) 439 (4-1300) Mannosan (ng/m3) 28 (1-152) 27 (2-89) 73 (6-269) Galactosan (ng/m3) 16 (0-85) 12 (1-37) 36 (3-157) 46 (10-129) FOCUS RÉFÉRENCES [1] Leoz-Garziandia E.. mannosan. Riberon J.Impact de la combustion du bois sur la qualité de l’air ambiant de quatre villes de France L’utilisation du bois en tant que source d’énergie renouvelable contribue à limiter les émissions de gaz à effet de serre. La ville de Grenoble semble ainsi présenter la contribution la plus importante avec des valeurs comprises entre 32 et 53 % de la matière organique particulaire.org TABLEAU 1 MOYENNES ET NIVEAUX DE CONCENTRATIONS OBTENUS DANS LES DIFFÉRENTES VILLES (OC : carbone organique . Pour ce faire. Des mesures de ces composés ont été réalisées à Paris (site de Gennevilliers). Les fortes concentrations en PM 10 mesurées à Grenoble sont associées à une composante organique importante (OC).2-0. L. WEB www. EC : carbone élémentaire) * Mesurées en fond sur l’agglomération de Strasbourg OC (μg/m3) 6 (2-15) 5 (2-9) 5 (1-14) 14 (5-28) EC (μg/m3) 1 (0. Besombes J.

Gestion des sols pollués .

pour les pollutions (locales versus ubiquitaires) comme pour les populations (budgets espace-temps activité). des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (Michel J. avec comme but le reclassement des matériaux en fin de vie sous forme de matières premières secondaires. De même. les inégalités environnementales d’expositions des populations aux substances chimiques (Caudeville J. notamment en élaborant une plateforme permettant de déterminer. en respectant les particularités des groupes sociaux : cartographier ces inégalités et identifier les populations à risque du fait d’une surexposition potentielle à un panel de polluants (métaux. couplages ou agrégations de données et sert ainsi à rendre utile leur interopérabilité formelle. La conceptualisation d’une évaluation des risques sanitaires intégrée donne un sens aux comparaisons. 2009). Cette prise en compte. Tous ces travaux s’inscrivent dans une démarche cohérente et vérifiable d’intégration de données. l développer de nouvelles filières technologiques et les qualifier en termes d’impact environnemental. Cela doit permettre de progresser sur les techniques de dépollution et d’acquérir une expérience pour conforter l’état de l’art en matière de « procédés propres et durables » en fonction de données réelles. HAP et pesticides) . plus crédible et utile à la décision. un guide et une boîte à outils pour l’implication des populations da ns l ’évaluation et la gestio n d ’u n site ou sol pollué. à différentes échelles spatiales et temporelles. l Assurer une meilleure robustesse de l’estimation du risque et des teneurs dans les milieux d’exposition. par un meilleur couplage mesure-modèle. chimiques ou biologiques liés aux impacts sanitaires.. l élargir le domaine d’utilisation des évaluations en intégrant les parties prenantes. mal maîtrisé. formalisée dans les années 1980 par l’Académie des Sciences des États-Unis. la prise en compte de la bioaccessibilité des polluants inorganiques dans l’évaluation des risques liés aux sites et sols pollués a été entreprise afin d’appréhender de manière plus pertinente la concentration à laquelle un organisme est réellement exposé (Caboche J. avec notamment le développement de COMRISK. relativement récente au niveau national. l Passer d’une vision statique et compartimentée spécifique au site. Cela suppose de pouvoir agréger l’ensemble des contributions des compartiments environnementaux et leurs évolutions temporelles en interaction avec les indicateurs socioéconomiques de l’état de santé. INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 37 . de méthodes et d’outils. Cependant certaines questions scientifiques perdurent et l’INERIS engage des actions de recherche afin de lever certains de ces verrous pour : l tester et valider les phénomènes physiques. à une vision territoriale dynamique et interactive.Stratégie de recherche ET D a méthodologie d’évaluation du risque pour la santé des populations. notamment le transport des métaux. 2009) et des solvants chlorés dans les sols non saturés. Cette démarche vise à impliquer les populations concernées comme parties intégrantes de l’évaluation et de la gestion des risques. l Maîtriser la filière des déchets incluant leur valorisation. l’effort s’est porté sur l’étude et la prédiction des transferts de polluants dans des milieux.. demeure un exercice difficile. 2009) . L crédibilité des évaluations de risque et de contribuer à la construction de politiques éco-responsables durables . POP.. a été intégrée il y a une dizaine d’années aux procédures administratives françaises pour les installations classées (ERS – évaluation des risques sanitaires) ou les sites pollués (EDR – évaluation détaillée des risques). Deux axes forts structurent l’action du pôle RISK : le reclassement des matériaux en fin de vie pour une réutilisation sous forme de matières premières secondaires . Depuis 2008. mais impérieux afin de renforcer la A EM IN l Associer les évaluations de risque et l’implication des populations pour construire un processus d’évaluation avec une finalité décisionnelle éco-responsable. la gestion aidée des sols pollués par le recours aux végétaux ou phytoremédiation. l développer une démarche intégrée et spatialisée d’évaluation des risques. L’expologie doit permettre de déterminer la distribution statistique des risques dans les populations en fonction de leurs caractéristiques et vulnérabilité.

les installations ont été démantelées en 1985.. Leur limite de solubilité dans l’eau à 20 °C varie entre 32 mg/L. MATÉRIELS ET MÉTHODES Terre contaminée Dans le cadre de ces travaux. Cette terre est majoritairement sableuse et son pH relativement élevé (8. Michel/S. en réacteur fermé. O. hydrophobes et apolaires. soumise aux conditions naturelles régnant sur un site. le plomb. A. Les HAP sont des composés organiques neutres. Pb et Cd (respectivement . la pollution pénètre dans le sol par la zone non saturée (un mélange d’eau et d’air est présent dans l’espace poral du sol). Nancy. 2000. pendant une période de suivi de 15 mois. en utilisant une colonne lysimétrique originale (2 m de hauteur).. fortement retenus dans les sols et les sédiments. Gujisaite V. puis par des expériences en colonnes. quartées (c’est-à-dire séparées en souséchantillons de même masse) puis criblées à 15 et à 4 cm. Les expériences de laboratoire permettent-elles de prévoir le transport de HAP et de métaux à l’échelle du lysimètre de terrain ? Actes du congrès Deuxièmes rencontres nationales de la recherche sur les sites et sols pollués : pollutions locales et diffuses. alors que... De plus. INPL: 253. En général. l’arrêt des usines métallurgiques et d e s co ker ie s a g én éré d e v a s te s superficies de friches industrielles.. par des cyanures. Thèse de doctorat. homogénéisées. il est donc nécessaire d’étudier le sol en conditions non saturées afin de mettre en évidence l’influence d’un mélange d’eau et d’air sur la migration et la réactivité des contaminants. Les sols y sont pollués sur une profondeur de 5 m par des goudrons et des HAP. 2009. Simonnot M. Le t a u x d e c a r b o n e organique est également élevé (13. Pour conduire des études dans des conditions représentatives de la réalité. Michel J.. 2009 [3] Michel J. Analyse de sensibilité et d’estimabilité des paramètres affectant la percée des bromures – Comparaison entre le modèle de porosité uniforme et le modèle de double porosité. mais peuvent également migrer et atteindre les ressources en eau.. [4] Ngo V. comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Le Courrier de l’environnement 39. [2] Michel J. Ouvrard S. des métaux tels que le cadmium. localement. des métaux et. comme la Lorraine. Actes du congrès SFGP. les expériences ont été effectuées sur une terre provenant d’une friche de cokerie lorraine. Les teneurs en Cu. pouvant résulter en la contamination de la nappe et en l’exposition des personnes et des écosystèmes. située à Homécourt (Meurthe-et-Moselle). de petites dimensions (10 cm de diamètre et 20 cm de haut au maximum) et qui sont remplies avec une terre tamisée. Transport d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de métaux dans les sols non saturés. et 10-4 mg/L pour les moins solubles comme l’indéno[1.3) en raison du taux de calcaire présent (287 g / kg)..3cd]pyrène. Ces polluants peuvent être D RÉFÉRENCES [1] Baize D. 2009.9 %) en raison des activités qui ont eu lieu sur le site.Le transport d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans les sols non saturés J. Simonnot M. le zinc ou encore des cyanures. la majeure partie des études est réalisée en conditions d’écoulement saturées (tout l’espace poral du sol est rempli d’eau). Zn. Denys S.O. Sur ce site. V. ce qui peut amplifier ou masquer certains phénomènes. comme les dépôts de charbon par exemple. Certains de ces composés sont cancérigènes et/ou mutagènes (HAP. Il est donc indispensable d’étudier et de prévoir leur migration dans les sols ainsi que leur éventuel transfert vers la nappe phréatique.. cadmium).. dans la plupart des cas. Les sols de ces friches peuvent être pollués par des contaminants organiques. Lucas L. Teneurs totales en métaux lourds dans les sols français – Résultats généraux du programme ASPITET. Il a été choisi de travailler à une échelle intermédiaire entre le laboratoire et le terrain. Denys ans les régions à forte tradition industrielle.2. pour les plus solubles comme le naphtalène. De grandes quantités de terre ont été prélevées dans les deux premiers mètres. et de comparer les résultats avec ceux obtenus en colonne de laboratoire. L’objectif de ce travail de thèse (réalisé au GISFI – Groupement d’Intérêt Scientifique sur les Friches Industrielles – en partenariat avec l’INERIS) était d’évaluer la migration des HAP dans un système qui reflète au mieux les conditions du terrain. Latifi M. l’étude des mécanismes régissant le transport des polluants dans les sols est réalisée d’abord en laboratoire.

153 et 7. Ces colonnes de terre ont été soumises à des écoulements en milieu saturé et non saturé au laboratoire. Le lysimètre a été suivi sur une période de 15 mois. Un jeu de trois sondes – une sonde TDR (Time Domain Reflectometry). en fond de lysimètre). Il est placé sur peson. sa masse et donc sa teneur en eau.4 cm.FIGURE 1 VUE EN COUPE DU LYSIMÈTRE La solution du sol est prélevée à 4 niveaux différents dans le lysimètre : 50. la température du sol est également mesurée. par couches successives de 200 kg. drainage libre. noté P. au cours desquels 19 campagnes de prélèvement d’eau (eau interstitielle et/ou percolat) ont été réalisées. les concentrations totales en HAP sont faibles et en moyenne de 1 μg/L. 100. La concentration totale en 16 HAP « US EPA » (16 HAP répertoriés par l’agence de la protection de l’environnement aux États-Unis US EPA en raison de leur grande toxicité) est d’environ 5 g/kg de terre (les bruits de fond rural et urbain sont inférieurs à 5 mg/kg). Une station météo permet de mesurer la pluviométrie. 150 cm (3 bougies poreuses. Le comportement des HAP totaux est le même au niveau des bougies poreuses INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 39 . En fond de lysimètre. les concentrations totales en HAP dans l’eau du sol sont du même ordre de grandeur. ce qui reste cependant dans une gamme de concentrations basses. un tensiomètre et une bougie poreuse. en fond de lysimètre). 45. 391 . FIGURE 2 ÉVOLUTION DES CONCENTRATIONS TOTALES EN HAP DANS LE PERCOLAT (P) ET LES BOUGIES POREUSES (BP) Au niveau du percolat (P) et des bougies poreuses (BP). Dans le cadre d’autres travaux de recherche (Michel.5 μg/L. Les analyses des 16 HAP dans les collectes ont été effectuées sans filtration. Il a ensuite été rempli avec 3 tonnes de terre. 100.75 et 3. des échantillons de terre provenant du même lot ont été tamisés et placés en colonne (diamètre intérieur = 9. Au niveau du percolat (P). 100 et 150 cm) . Le lysimètre est soumis aux conditions naturelles de température et de pluviométrie et il est maintenu en « terre nue ». 2009). RÉSULTATS ET DISCUSSION La figure 2 présente l’évolution des concentrations totales en 16 HAP dans les bougies poreuses et dans le percolat. notées BP) et 200 cm (percolat noté P. Aux profondeurs 50. à tout instant. une couche de 15 cm de sable a été placée afin d’éviter l’entraînement et l’accumulation de terre dans les tuyaux. une sonde TDR et un tensiomètre sont également mis en place. notées BP) et 200 cm (percolat. sauf pour le Cd pour lequel elles sont 17 fois plus élevées). Les sondes TDR sont utilisées pour mesurer la teneur en eau volumique du sol.69 mg/kg) sont supérieures aux valeurs habituellement rencontrées dans les terres agricoles françaises [1].5 . ce qui permet de connaître. Elles sont faibles et en moyenne de 1 g/L. 150 cm (3 bougies poreuses. Les tensiomètres permettent de mesurer la charge hydraulique du sol. hauteur = 21 cm). On note deux points à 2. de 2 m de hauteur et de 1 m² de section (figure 1). Les données sont recueillies et enregistrées sur des pas de temps horaires. en inox. Les conditions opératoires étaient contrôlées et les débits d’alimentation constants. au cours des 15 mois de suivi. montrant qu’une pollution par les métaux a bien eu lieu sur ce site – bien que n’étant pas énormément plus élevées (2 à 4 fois plus élevées. permettant le prélèvement de la solution du sol – est placé à trois profondeurs différentes (50. Dans certains percolats. drainage libre. L’eau de drainage est évacuée par un orifice en fond de lysimètre et récupérée dans une bonbonne en verre. SYSTÈME EXPÉRIMENTAL Le lysimètre est un cylindre enterré. les 16 HAP n’ont pas été détectés. Les 16 HAP ont été dosés dans les collectes. La solution du sol est ainsi prélevée à quatre niveaux différents : 50. 100 et 150 cm.

les HAP sont très fortement retenus dans le sol. Their migration through the soil and their likely downward transfer to the water table should be investigated. Ainsi. ABSTRACT In industrialized countries. Therefore water was sampled at four levels: 50. Some of these pollutants are carcinogenic and mutagenic. hauteur 30 cm). Ceci permet également d’expliquer le fait que l’intensité et la durée des épisodes pluvieux et des périodes de séchage n’ont pas d’influence sur le relargage des HAP. dans les conditions opératoires du lysimètre. il pourrait être envisagé de s’intéresser plus particulièrement à l’influence du taux de saturation sur le relargage des HAP. Ainsi. The 16 US EPA PAHs were monitored in pore water (3 levels) and in the leaching water. Ainsi. Néanmoins. puisque quels que soient les événements pluvieux appliqués au lysimètre. Elle était remplie de terre non tamisée et soumise à des épisodes pluvieux. Par ailleurs. TDR probes and suction cups at three depths (50. la quantité d’eau qui a percolé en fond de lysimètre sur les 15 mois de suivi correspond à la moitié du volume poreux de celui-ci. En colonne de laboratoire.124 m diameter) equipped with tensiometers. le volume poreux du système est de 1 000 L. par exemple à l’aide d’expériences de lixiviation des polluants à des teneurs en eau fixées. 100 and 150 cm). les expériences conduites au laboratoire sur des systèmes de petites dimensions s’intéressent en général au relargage des contaminants en faisant passer une dizaine de volumes poreux dans la colonne. des dispositifs plus légers et permettant de fournir des résultats sur une échelle de temps plus courte sont nécessaires. En effet. It was a stainless steel column (2 m high. les concentrations mesurées dans les collectes étaient largement supérieures à celles obtenues en lysimètre (entre 50 et 350 μg/L et entre 7 et 15 μg/L pour les conditions saturées et non saturées respectivement). tous les HAP peuvent avoir été majoritairement transportés sous forme dissoute puisque leur concen- FIGURE 3 VUE DES 24 LYSIMÈTRES ÉQUIPANT LA STATION EXPÉRIMENTALE D’HOMÉCOURT tration dans les collectes est inférieure à leur limite de solubilité dans l’eau à 20 °C. la teneur en eau était constante à l’intérieur du système. at the outlet of the lysimeter. Ainsi. à savoir à un taux de saturation faible. . proche de celui rencontré sur le terrain. Ainsi. 1. It was submitted to the natural atmospheric conditions and its surface was bare. 100. au niveau du percolat.5 μg/L) in the four sampling levels. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES Les expériences conduites sur le lysimètre et en colonne de laboratoire ont permis de mettre en évidence l’importance du taux de saturation du milieu sur le relargage des HAP dans les sols non saturés en eau. En lysimètre. influencent fortement le relargage des HAP. Or. Les plus fortes pluies observées sur la période de suivi étant de 30 mm. numerous brownfields polluted with polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs) and heavy metals are identified. les concentrations faibles mesurées en lysimètre s’expliquent également par un taux de saturation très faible de ce dernier (proche de celui régnant dans la zone non saturée du sol sur le terrain). Les concentrations en HAP dans l’eau du sol sont donc faibles – majoritairement inférieures à 1 μg/L. et sa surface de 1 m 2. Par ailleurs. expliquant pourquoi elle était globalement constante sur toute la période de suivi. certains HAP lourds sont probablement transportés également sous forme particulaire puisque dans certaines collectes ils s’en rapprochent ou la dépassent légèrement. Field scale studies are essential to determine the possible impacts on groundwater. l’eau ne va pas être en contact avec tout l’espace poral lors de l’écoulement. lors du tamisage de la terre. C’est pourquoi une autre partie du travail a consisté à dimensionner un essai représentatif du lysimètre en grande colonne (diamètre 15 cm. C’est pourquoi une étude du système lysimétrique sur une plus longue durée. le volume d’eau introduit dans le lysimètre était de 30 L au maximum. Les concentrations sont du même ordre de grandeur que dans le percolat aux trois niveaux de prélèvement. afin de confirmer à long terme les tendances observées ici. engendrant des volumes plus importants serait pertinente. human beings and ecosystems. Néanmoins. They were below or in the range of the solubility. permettant un relargage plus élevé. un tel volume d’eau ne permet pas d’augmenter significativement la teneur en eau dans l’espace poral du sol. 150 and 200 cm (free drainage water at the bottom of the lysimeter). et va éviter les zones hydrophobes contenant les HAP. et en particulier le tamisage de la terre et le taux de saturation du milieu. Les répartitions des concentrations en fonction des profondeurs de prélèvement ne semblent pas suivre un ordre logique. Les concentrations en HAP dans les collectes étaient conformes à ce qui a été observé en lysimètre. The aim of this PhD work carried out in the frame of the GISFI (French Scientific Interest Group working on Industrial Brownfields) was to assess PAH transport in a former coking plant soil using an original lysimetric system. Ceci permettra de mettre en évidence les phénomènes responsables de la mobilité des contaminants organiques dans les sols non saturés. Ceci montre que les conditions opératoires. l’alternance d’épisodes pluvieux et de périodes de séchage auxquels est soumis le lysimètre n’a pas d’effet sur le relargage des HAP aux quatre profondeurs de prélèvement. The lysimeter was filled with 3 tons of a polluted soil (PAH: 5 g/kg). impliquant un passage en solution moins élevé de ceux-ci.(BP). De même. les agrégats peuvent être cassés et peuvent de ce fait exposer à la solution des contaminants qui auraient été « piégés » dans la matrice solide. This study showed that PAH release was highly dependent on the water content of the soil. PAH concentrations in water were very low (below 1.

trois enquêtes ont été menées en France : l une enquête par sondage sur la perception des sols pollués. Mais leur implication est également reconnue comme un exercice difficile. En outre. l mais les décideurs institutionnels (autorités. leur prise en compte passent par l’écoute et le dialogue . Faites-vous confiance aux acteurs suivants concernant leur rôle contre la pollution du sol ? supports d’événements issus de l’étude ont été testés auprès de différents publics : DRASS. implantation d’une antenne relais… Le guide est largement applicable à ces autres questions locales de risques liés à l’environnement. Le guide et la boîte à outils s’adressent à tous les acteurs des sites et sols pollués. Leur connaissance. de valeurs .fr. Les recommandations. en collaboration avec la Cire Ile-de-France (Cellule interrégionale d’épidémiologie d’Ile-deFrance).comrisk. par interview et questionnaire. leur compréhension. et déterminantes pour l’acceptation des solutions de gestion. installations classées. Le guide et la boîte à outils sont fondés sur une étude approfondie de l’état des connaissances et des pratiques concernant la perception et la communication des risques. Ils sont accessibles sur www. Pourquoi impliquer les populations dans l’évaluation et la gestion d’un site pollué ? l les principes démocratiques et les obligations réglementaires font de l’information et de l’implication du public un droit et même un devoir .COMRISK : pour l’implication des populations dans la gestion des sites ou sols pollués B. par l’apport d’infor- FIGURE 1 SONDAGE EXPLORATOIRE COMRISK : CONFIANCE ACCORDÉE AUX INTERVENANTS DANS LE DOMAINE DE LA POLLUTION DU SOL Tout à fait Plutôt Pas vraiment Pas du tout INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 41 . l les préoccupations et attentes des populations concernant le site sont complexes et multiformes. voire périlleux. risques naturels (effondrement…). L’INERIS et l’IRSN (Institut de radioprotection et sûreté nucléaire). brochures. public concerné ou non. L’implication de la population locale doit alors logiquement devenir directe . et aussi l’implication opérationnelle des populations dans l’évaluation et la gestion des risques liés à l’environnement : sols pollués mais aussi décharges. auprès d’un large panel d’acteurs concernés. l l’implication des populations est un facteur de qualité dans l’évaluation et la gestion du site. ont développé pour l’ADEME un guide et une boîte à outils pour aider à concevoir et mettre en place un dialogue entre acteurs sur l’évaluation et la gestion d’un site pollué. Hazebrouck L es populations sont de plus en plus considérées comme parties intégrantes de l’évaluation et de la gestion des risques liés aux sites pollués. mal maîtrisé. baromètre IRSN…). auprès de riverains de sites pollués . les experts ne sont pas légitimes pour faire des choix de gestion. comité de pilotage multiacteurs. l la légitimité des experts est restreinte aux études techniques. industriels…) souffrent d’un déficit de confiance (figure 1. l deux enquêtes de retour d’expérience. bien au-delà de la question des risques sanitaires.

l STRATÉGIES. DIFFICULTÉS ET OBSTACLES L’étude a décrit différents obstacles à l’implication des populations dans le contexte des sites pollués en France. l’ouverture des lieux. Néanmoins. l Un fonctionnement encore cloisonné. ou par des inhibitions parfois. non-consommation de produits du jardin…) . idées. de fermeture. avant l’apparition de problèmes ou la montée d’inquiétudes. De fait. des enjeux et du contexte. questionnements… Prise de décision sur les études et les solutions Mise en œuvre pratique de mesures de réduction des risques Enjeux connexes de la gestion du site Échéancier. elle les explicite » comme le formule Laurent Mermet (Journal de l’Environnement). des diverses parties. Cette étape conduit à reformuler la question posée. délais Choix de procédures de validation et de prestataires Communication avec la population moins impliquée Organisation de l’implication des populations FIGURE 2 CHAMPS D’IMPLICATION DES POPULATIONS DANS L’ÉVALUATION ET LA GESTION D’UN SITE mations locales et de questionnements neufs. moyennant de l’engagement personnel. de sorte à « construire la confiance avant qu’elle ne soit nécessaire » [1]. de sorte à intégrer l’ensemble des enjeux pertinents. champs de l’implication (figure 2). les suspicions.l l l l l l l l Évaluation du site et des solutions. Une bonne implication des populations requiert d’établir une relation plus symétrique que la simple « communication ». la participation aux actions de limitation individuelle de l’exposition (ventilation/dépoussiérage des locaux. l’implication des populations est le plus souvent imposée aux gestionnaires par une crise ou par le besoin d’une participation des populations. sont pleinement accessibles aux néophytes. les idées. l’implication des populations ne résout pas tout : elle « ne supprime pas les conflits. en temps et en ouverture d’esprit. stratégie de mise en œuvre – doit être adaptée à la situation du site. qui se traduit par des attitudes de défiance. de l’implication des populations reste à étudier. les attentes déçues. hermétique. la défiance. d’agressivité. FIGURE 3 CONTINUUM DE LA PARTICIPATION DU PUBLIC SELON SANTÉ CANADA (2000) Une absence de cadre et de moyens pour l’implication des populations. L’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’implication des populations passe donc par un recensement et une analyse des acteurs. peu réactif de la gestion des sites. sur les questions relatives au site et sur les enjeux connexes. Ces intérêts se traduisent en autant de possibles bénéfices – et objectifs – de l’ouver ture aux populations de l’évaluation et de la gestion d’un site pollué. où il devient possible d’expliquer les logiques et modèles d’évaluation de chacun. notamment financier. qui évite les incompréhensions. Un engagement individuel et collectif des différents acteurs sur des valeurs et des attitudes de respect et d’ouverture Adapté de Patterson Kirk Wallace . sur les langages et les modalités d’échange. l l’évaluation et la gestion des risques. concepts de tous les jours. expertise : informations. l Des doutes dans le public sur la sincérité de l’ouverture aux populations. d’échanger les vues sur les perceptions. GUIDE ET OUTILS POUR L’IMPLICATION DES POPULATIONS SUR UN SITE La stratégie d’implication des populations – objectifs. entre les différents intervenants. une relation où la confiance est aussi importante que les détails techniques. Elle peut occasionner des surcoûts comme des économies [4]. L’implication des populations devrait débuter dès que possible. l Une culture française de la confrontation plutôt que du dialogue et du compromis. degrés (figure 3). Le bilan coût-bénéfice. La compréhension des rôles et des fonctionnements de chacun est essentielle pour un dialogue de qualité. qui est alors vue comme une astuce pour gagner du temps ou faire « cautionner l’inacceptable » par les populations.

..alimentation . cohérence entre administrations. 2007. humility are key requirements. Politiques et boîte à outils concernant la participation du public à la prise de décisions. Études d’évaluation des risques à Vincennes 2001-2004 : approche déployée pour estimer les risques sanitaires en rapport avec l’environnement d’un quartier au regard de son passé industriel.nappe .nicole. 2007.. Public involvement actually helps find the best solution for the site.. Empereur-Bissonnet P. background documents.nuages . 62-64. Ramel M.. Cochet C. [4] US EPA. Hazebrouck B.. FAQ) et un jeu de brochures.homme l l WEB www. 2000..jardin . [5] Ledrans M.nappe ... Respect. organisées en fiches opérationnelles.org.poisson .air . honesty. disponibilité.comrisk. Fourme E. Lafon D. Masse R. pp.. local conflicts. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire.alimentation .. www.. FAQ. Quenel P.prairie .est nécessaire : écoute.lac . relation to the local environment. Cochet C.fr RÉFÉRENCES [1] Communication on contaminated land.. FIGURE 4 SUPPORT PÉDAGOGIQUE PRÉSENTANT LE SCHÉMA CONCEPTUEL D’EXPOSITION UTILISÉ POUR FAIRE COMPRENDRE L’ÉVALUATION ET LA GESTION DES SOLS POLLUÉS (KRAUS ET BAUMONT. Momas I.. FIGURE 5 LE GUIDE COMRISK DÉPLIANT POCHETTE DE RANGEMENT Sol pollué .. poster. and are available on www. n° 7-8...céréales .champ . The guide helps analyse the context. but also property value.. leaflets and "event supports" about contaminated site. [2] Hazebrouck B. The guide and the toolbox propose operative recommendations.air . adaptation du langage. La constitution d’une équipe de site organisée et formée notamment au dialogue est recommandée. empathie. INERIS_RS 09-10_gestion des sols pollués PAGE 43 . transparents. Garnier R.. Le guide et la boîte à outils proposent des recommandations expliquées. 2004..homme l Sol pollué . Lafon D.agriculture . n° 7-8. Ramel M. employment concerns. 2008) ABSTRACT INERIS and IRSN. Masse R. Zmirou-Navier D. Goldschmidt F. Goldschmidt F. Lacour B.. modèles..alimentation . define the objectives and a strategy for the public involvement. and choose and adapt involvement tools.fruits et légumes . Suzan F.comrisk.homme l Sol pollué .bétail .. have developed for ADEME a guide and a toolbox for organising public involvement in the assessment and the management of contaminated sites. Quenel P. etc. Empereur-Bissonet P.homme l Sol pollué . Regroupement de cancers pédiatriques à Vincennes. « supports d’événement » sur les sites pollués.. Supplement to RAGS Part A : Community Involvement in Superfund Risk Assessments.hommes l Sol pollué .poumons . Momas I. 57-59.homme l Sol pollué .. des documents supports (informations. Ledrans M. March 1999.alimentation . They are intended for all stakeholders including the public.homme l Sol pollué .retombées Þ sol Sol pollué .potager . Zmirou Navier D. humilité.. rôle du comité scientifique de 2001 à 2006 : une confrontation entre les attentes sociales et l’expertise scientifique. with the Cire Ile de France. pp.. and a set of slides. Hartmann O.com Communication at a contaminated site should take into account all siterelated concerns and expectations: health risks.eau du robinet (potable) . Jougla E.arrosage . Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire.. Clavel J.alimentation . [3] Santé Canada.

. 2009). du sol ou de l’eau.un indicateur de proximité pour l’exposition liée à l’ingestion de poissons d’eau douce .le géocodage de l’Inventaire National Spatialisé (INS) des émissions de polluants pour pouvoir utiliser un modèle de chimie-transport (Chimère) sur une échelle fine . à différentes échelles spatiales (globale. Lixiviation Ruissèlement Érosion . interfacés dans un Système d’Information Géographique (SIG). la réduction des expositions à ces pollutions et la protection de la santé des populations. constituent un ensemble particulièrement adapté. eau ou sol) ne rend pas compte des interactions entre milieux ni. Ces travaux ont déjà permis d’établir la faisabilité de la construction de la plateforme de modélisation à une échelle spatiale fine. Facteurs de RIsques Environnementaux et Décès par cancer) en partenariat avec l’UTC. une juxtaposition des cartes de contamination des compartiments environnementaux isolés (air.Les inégalités environnementales au cœur des développements méthodologiques de l’INERIS Les dégradations de l’environnement sont très hétérogènes selon les territoires et ne touchent pas les individus de la même façon. est de construire un indicateur spatialisé de l’exposition de la population aux substances chimiques. Pour aller plus avant. Le second Plan National Santé Environnement inscrit parmi ses objectifs l’identification de ces « points noirs environnementaux ». Une cartographie des inégalités d’exposition sur un territoire établie seulement par l’utilisation directe de mesures environnementales ne répond pas à ces objectifs à cause de sérieuses limites méthodologiques. les populations apparaissent davantage exposées aux effets des pollutions de l’air. engendrant des situations d’« inégalités environnementales ». Différentes techniques ont permis d’améliorer la cartographie de variables d’intérêt : . Ainsi. . soutenue en décembre 2010. les outils de l’évaluation de l’exposition et ceux de la modélisation multimédia (air/sol/eau/biosphère). . in fine.. des contributions respectives des compartiments environnementaux au transfert d’un contaminant vers l’individu. De plus.une méthode itérative pour aboutir à des échelles fines pour la cartographie des densités de population . régionale et locale) et temporelles.une technique d’interpolation spatiale pour traiter de façon homogène des données de contamination de sol en dépit des niveaux d’information géographique différents (ex : points versus surfaces) . L’INERIS vise à les mettre en œuvre dans une plateforme de modélisation intégrée « sources (émissions) – vecteurs (milieux. aliments) – cibles (populations) ». Dans certaines zones géographiques. de l’ordre du km (Caudeville et al. L’INERIS coordonne le programme de recherche CIRCE (Cancer Inégalités Régionales Cantonales et Environnement) avec ses partenaires (INSERM et Observatoires Régionaux de Santé impliqués). L’objectif de cette thèse. Il apporte en outre une contribution spécifique dans le cadre de la thèse SIGFRIED (Système d’Information Géographique. l’évaluation Émission atmosphérique Eau de surface Inhalation Air Dépôt Poisson Produits animaliers Eau de consommation Unité de distribution Produits alimentaires commerciaux Population Produits alimentaires locaux Animaux Ingestion de sol Végétaux Sol des expositions à l’échelle d’un territoire requiert le croisement avec des données relatives à la population.

FOCUS

- le géocodage de la base de données sur les eaux de consommation (Sise’EAUX). Un nouveau projet « PL A INE » – Plateforme intégrée pour l’analyse des inégalités d’exposition environnementale – va compléter les travaux issus de la thèse SIGFRIED qui s’appliquent essentiellement aux métaux et à l’échelle régionale (voir carte cicontre). Le projet vise le développement d’une plateforme intégrée et spatialisée permettant de déterminer, sur une grande gamme d’échelles (jusqu’à la France entière), les inégalités liées aux expositions environnementales des populations à des substances chimiques variées (métaux, Polluants Organiques Persistants, pesticides). Le développement de cette plateforme nécessite un modèle présentant 2 caractéristiques : - la capacité de prendre en compte la variété des situations de transport et de transfert des polluants dans les compartiments environnementaux et celle des voies d’exposition à différentes échelles spatiales (globale, régionale et locale) et temporelles (sources passées et actuelles) ; - la possibilité de décrire sur une échelle de l’ordre kilométrique les principales sources polluantes, média environnementaux (eau, air, sol), voies d’exposition (inhalation, ingestion d’eau et de nourriture) et les populations des zones évaluées. Cette extension sera facilitée par le développement ad hoc d’outils d’analyse spatiale permettant de coupler modèles et bases de données géo référencées de sources et formats multiples. La plateforme « génération 2 » ainsi construite constituera la base d’une structure automatisée où seront associées les données d’émission à la source, de mesures environnementales, d’indicateurs socio-économiques et de santé. C. Boudet et J. Caudeville

Contribution des différentes voies d'exposition au calcul de la DJE DJE Cadmium en mg.kg-1 .j-1 10-4

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Contribution des différentes voies d’exposition à la dose journalière d’exposition (cas du cadmium), pour l’ensemble de la population des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais. La DJE s’exprime en mg/kg/jour. Les résultats sont présentés sous forme de « boîtes à moustache », qui traduisent la variabilité des résultats à l’intérieur de la population sur la zone considérée. Les barres verticales représentent l’écart-type des résultats. L’ingestion de végétaux représente la plus forte voie d’exposition.

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DJE en mg/kg/jour
7,5.10-5 – 15.10-5 15.10-5 – 25.10-5 25.10-5 – 50.10-5 50.10-5 – 75.10-5 75.10-5 – 100.10-5

RÉFÉRENCES
[1] Caudeville et al. Construction d’un indicateur d’exposition spatialisé de l’environnement : application au Nord-Pas-de-Calais Air Pur 76 (2009), p. 49-55

Dose Jou nalière d’Exposition (DJE en mg.kg-1.j-1) J urn Journalière de cadmium pour l’ensemble de la population en d dmium i région Nord-Pas-de-Calais et Picardie, calculée sur 70 ans. Carte extraite de la thèse SIGFRIED ns. (Caudeville J, 2010). ville

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To t

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Toxicologie environnementale

Stratégie de recherche

e
e Grenelle de l’Environnement préconisait un renforcement de la toxicologie et de l’écotoxicologie au niveau national. 2009 a été l’année de la concrétisation de cette volonté, avec la création du Pôle national applicatif en Toxicologie et Écotoxicologie, entité nationale regroupée autour de l’INERIS et de son réseau de partenaires régionaux (UTC, UPJV, La Salle Beauvais…) et nationaux (ANTIOPES…). Grâce à l’attribution d’une allocation spécifique, l’INERIS lance 9 grands projets regroupant 48 partenaires, appartenant à l’INSERM, le CNRS, l’INRA, le CEA ou l’université. Ces projets ont pour ambition le renforcement des moyens humains et l’amélioration des outils et méthodes de la toxicologie et de l’écotoxicologie prédictives, ainsi que l’amélioration de la maîtrise des risques liés à l’utilisation des substances chimiques. En appui à la réglementation, et en particulier au règlement REACh, ces projets contribuent au développement de méthodes alternatives à l’expérimentation animale, en particulier de tests in vitro (dont la mise en place et la validation de modèles de barrières) et de méthodes in silico (grâce à l’outil informatique) : QSAR(1), et modèles de toxicocinétique. Ces domaines font l’objet d’un partenariat fort entre l’UTC et l’INERIS concrétisé par la mise en place de la chaire d’enseignement et de recherche « modélisation mathématique et biologie systémique pour la toxicologie prédictive » dans le cadre de la Fondation pour l’innovation de l’UTC. Il s’agit de faire reconnaître et de mettre à disposition ces méthodes alternatives aussi bien dans la communauté scientifique, que vis-à-vis des industriels et des pouvoirs publics. Le Pôle national applicatif en Toxicologie Écotoxicologie s’attache d’une part à se doter d’outils structurants partagés (Plateforme d’excellence dans les sciences du vivant en partenariat avec LaSalle Beauvais, ou Innocell Valley en partenariat avec l’UTC). Il vise d’autre part à favoriser l’émergence de jeunes entreprises innovantes préférentiellement sur
Les grands chantiers qui attendent l’INERIS pour les années à venir au plan méthodologique : l les méthodes de criblage à haut débit, visant à étudier et à identifier des molécules aux propriétés nouvelles dans le domaine de la génomique et de la protéomique en utilisant la bioinformatique ; l les approches alternatives en expérimentation animale (in vitro, in silico, tests sur embryons) Les grands chantiers qui attendent l’INERIS pour les années à venir sur le plan des polluants émergents : l La toxicité des nanoparticules ; l les perturbateurs endocriniens : leurs effets sur d’autres fonctions que la reproduction, les médicaments à effet perturbateur endocrinien.

NOTES

(1) Quantitative structure activity relationships. (2) État des lieux des méthodes alternatives dans le domaine de l’expérimentation animale en France, Rapport à Madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche – mars 2010.

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ET D

L

le site de l’INERIS, grâce au transfert technologique. Les travaux de l’Institut s’articulent autour de trois grands thèmes : le développement de tests in vitro, le développement d’outils de type biomarqueurs, et la modélisation mathématique à différentes échelles du vivant en cohérence avec les recommandations du groupement d’intérêt scientifique « Plateforme française pour le développement des méthodes alternatives en expérimentation animale » (2). Les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules et les champs électromagnétiques, sujets de préoccupations sociétales fortes, sont largement étudiés dans ce contexte. Le développement des outils d’évaluation des impacts environnementaux passe par l’étude et la reconnaissance de biomarqueurs – marqueurs biologiques manifestant la présence de polluants – et par la mise en place de tests in vitro permettant d’améliorer les connaissances sur le mode d’action des substances, ainsi que de faire le lien entre état écologique et état chimique de la Directive cadre sur l’Eau. Dans le domaine des champs électromagnétiques, l’INERIS a participé à la table ronde « radiofréquences, santé, environnement » organisée par le ministère de la Santé avec le concours du ministère de l’Écologie, et le secrétariat d’état au développement de l’économie numérique. L’Institut a par ailleurs été chargé du pilotage des opérations de mesure sur le terrain pour les niveaux d’exposition, dans le cadre de l’évaluation des conséquences d’un abaissement de l’exposition aux ondes radioélectriques émises par les antennes relais.

AI EM N

Le seco nd exem ple présente nos développements récents d’un modèle PBPK générique capable de rendre compte de la cinétique des substances à l’échelle de la vie et des différences physiologiques entre individus. sans être un organisme de normalisation. société non gouvernementale qui. Nous présentons ici trois situations pour lesquelles nous avons utilisé des modèles de toxicocinétique dans un cadre d’évaluation du risque. interconnectés par les flux sanguins. Le troisième exemple propose l’analyse de données d’imagerie pour évaluer la cinétique de nanoparticules inhalées. Un seuil d’exposition atmosphérique au cobalt a été défini par l’ACGIH (American Conference of Governmental Industrial Hygienists). il est nécessaire d’intégrer la physiologie de l’organisme étudié. interconnectés par les flux sanguins et aériens. le seuil de concentration urinaire est défini à partir d’une relation linéaire reliant . Dans le premier exemple. Des modèles de toxicocinétique relient les doses et les scénarios d’exposition avec les concentrations au niveau des tissus cibles des substances.La toxicocinétique prédictive A. biliaires ou aériens. Mais pour extrapoler entre différentes voies d’exposition. de métabolisme et d’excrétion (ADME). et la concentration en substance par le paramètre C. de distribution. c’està-dire les processus d’absorption. e s relat i o n s « d o s e . Pour le cobalt. nous avons contribué à un travail de l’INRS consistant à exploiter un modèle toxicicocinétique simple dans le cadre d’évaluation de l’exposition au cobalt de travailleurs. Typiquement. Ils permettent d’intégrer explicitement le temps et de prédire la réponse pour différentes durées d’expositions ou pour des expositions variables au cours du temps. entre différentes espèces ou entre différents âges.ef fet » développées en évaluation de risques des substances chimiques sont des modèles mathématiques simples liant la dose extérieure à un effet obser vé. L’étude en collaboration avec l’INRS à laquelle nous avons contribué consistait à développer et à exploiter un modèle toxicocinétique pour relier l’exposition atmosphérique de travailleurs au cobalt et sa concentration dans leurs urines [2]. dont l’intensité est représentée par le paramètre Q. propres à un tissu ou un groupe de tissus. Ils s’appuient sur la représentation de l’anatomie et de la physiologie de l’organisme ainsi que sur une description réaliste des mécanismes toxicocinétiques. La figure 1 est une représentation schématique d’un modèle PBPK. l’organisme est représenté par une série de compartiments. publie des valeurs limites d’exposition en appui aux hygiénistes du travail. Péry FIGURE 1 EXEMPLE DE DESCRIPTION SCHÉMATIQUE D’UN MODÈLE PBPK L’organisme est représenté par une série de compartiments. Les modèles dits PBPK (Physiologically B a s e d P h a r m a co K i n et i c) o nt été développés dans ce but. Les paramètres de ces modèles sont soit spécifiques à la physiologie de l’organisme (volumes des organes ou flux sanguins) soit spécifiques à la substance (taux de métabolisme L ou constante d’affinité aux tissus).

Le second exemple consiste dans le développement d’un modèle PBPK générique détaillant un grand nombre de tissus susceptibles d’être la cible de substances chimiques et décrivant la toxicocinétique sur la vie entière d’un humain [1]. en relation avec le seuil atmosphérique. la modélisation du système mère/fœtus FIGURE 2 CONCENTRATIONS EN DIOXINE DANS LE SANG SIMULÉES (LIGNES) ET MESURÉES (POINTS) POUR DES FEMMES JAPONAISES. les lignes en pointillés les simulations pour celles ayant eu deux enfants. La moyenne est représentée en noir et les intervalles de variabilité dans la population en gris. INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 49 . Les lignes pleines sont les simulations pour les femmes ayant eu un seul enfant au cours de leur vie . est ainsi préconisé.concentration dans l’air ambiant et concentration urinaire avec des mesures effectuées à un temps arbitraire. il s’agissait d’améliorer la définition du seuil de concentration urinaire et de mieux définir le moment de prélèvement. Dans notre étude. Une fois le modèle calibré. sans réalité physiologique définie. a été intégrée au modèle. un modèle reliant structure physico-chimique et propriétés toxicocinétiques des substances a été intégré pour déterminer les coefficients de partition des substances entre le sang et les organes. avec un seuil de référence de 5 μg/L (trois fois inférieur au seuil actuellement utilisé). Le modèle propose une bonne prédiction à la fois de l’évolution temporelle de la moyenne et de la variabilité des mesures. des masses relatives des organes et des capacités de métabolisme et d’excrétion. Les fonctions décrivant l’évolution temporelle de la masse corporelle et celles décrivant les masses relatives des organes ont été améliorées par rapport aux fonctions proposées dans la littérature. les changements du métabolisme liés à l’âge ont été modélisés en intégrant au modèle l’évolution temporelle de la quantité de protéines microsomales dans les différents tissus et en exprimant la vitesse maximale du métabolisme en fonction de cette quantité. Les effets du vieillissement sur la physiologie ont aussi été intégrés au modèle. la diminution du flux cardiaque et la modification des flux spécifiques des organes. donnant lieu à un taux acceptable de faux négatifs et de faux positifs. Chez la femme. en modélisant l’atrophie musculaire. consistant en un compartiment central où l’air est inhalé et l’urine excrétée et un compartiment périphérique qui échange avec le compartiment central. des simulations ont été réalisées afin de déterminer le moment d’échantillonnage optimal et le seuil urinaire à considérer. l’augmentation de la masse adipeuse. En particulier. grossesse) ou des caractéristiques physiologiques (différences de métabolismes. L’étude a montré la pertinence d’un modèle de toxicocinétique à deux compartiments. L’estimation des paramètres du modèle a été réalisée dans un contexte bayésien à partir de données obtenues sur 16 travailleurs exposés à de la poussière de cobalt dans le cadre de leur travail. Par ailleurs. la variabilité interindividuelle au cours de la vie de la masse corporelle. Un prélèvement durant les trois dernières heures de la semaine de travail. Enfin. Ce type de modèle est bien adapté pour simuler les expositions chroniques à faibles doses et permet ainsi d’estimer l’impact de ces expositions sur l’humain en ciblant des périodes de la vie (enfance. par exemple) susceptibles d’augmenter la sensibilité individuelle.

physiologically based pharmacockinetic (PBPK) models are based on a realistic description of anatomy. 57:103-116. [2] Martin A.lors de la gestation a été détaillée. are specific to the tested chemical. Ainsi les développements en imagerie ou les progrès en expérimentation in vitro amélioreront le pouvoir prédictif des modèles. RÉFÉRENCES [1] Beaudouin R. . de la même manière. Les données que nous avons analysées étaient des données d’imagerie fournies par nos partenaires de l’Université catholique de Leuven et proviennent d’un article qu’ils ont publié en 2002. En outre. cellesci sont pour la plupart déposées dans les poumons. mais aucune quantification n’avait été possible. Brochot C. Hoet PHM. capables de passer la barrière pulmonaire) et une fraction liée aux grandes particules ( i. Occupational exposure to cobalt: a population toxicokinetic modeling approach validated by field results challenges the biological exposure index for urinary cobalt. distribution. Bois FY. Le dernier exemple que nous présentons correspond au développement d’un modèle PBPK spécifique aux nanoparticules de carbone inhalées par l’homme. usually calibrated with animal data. The third one exposes the calibration of a PBPK model based on imaging data to assess the kinetics of inhaled particles. Journal of Occupational and Environmental Hygiene. ABSTRACT Dose-effect relationships in chemical risk assessment are commonly derived through simple mathematical models linking directly effects with exposure dose. ce t ype de modèle permet de créer une dynamique positive quant aux méthodes alternatives en expérimentation animale.e. absorption. physiology and of the mechanisms involved in the disposition of a compound within an organism. les modifications des masses relatives des organes de la mère lors de la gestation et de la lactation ont été prises en compte. mais. Inhalation Toxicology. après absorption des nanoparticules. De plus.7 %) ont été capables de rejoindre la circulation sanguine. These models. Nemmar A. le butadiène et la dioxine. 7:54–62. Une part du technetium n’est pas liée aux particules. comme l’illustre la figure 2 pour les concentrations sanguines en dioxine au sein de la population féminine japonaise.7 %) était libre. In the first one. En outre. Ainsi. lors de la lactation. La faiblesse de ce taux de passage ne retire rien à la nécessité d’une étude toxicologique au niveau de la circulation sanguine. and excretion (ADME processes). Ces données correspondent à des particules de carbone marquées au technetium (99mTc) en suspension dans l’air inhalé par 5 hommes. ces particules sont de tailles différentes avec des cinétiques divergentes. Among toxicokinetics models. The second one consists in the recent development of a generic lifetime PBPK model accounting for physiological differences between individuals.e. (2009). Accounting for toxicokinetics permit to extrapolate results for different chemicals and different scenarios of exposure. seule une faible proportion des particules (12. le tarissement du flux de lait en fonction de l’âge de l’enfant a été intégré en modélisant un sevrage partiel et complet de l’enfant. Nous avons montré que seule une faible proportion du technetium (6. Pierre F. une petite partie étant avalée et transférée directement dans l’estomac. the endpoint and the experimental protocol. Wild P. Bois FY. We present three examples of use of toxicokinetics models in risk assessment. Development of a physiologically based kinetic model for 99m-Technetium-labelled carbon nanoparticles inhaled by humans. [3] Péry ARR. une fraction liée aux petites particules ( i. qui restent au niveau du poumon sans atteindre la circulation sanguine). 21:1099-1107. Brochot C. une modélisation fondée sur une prise en compte explicite des caractéristiques physiologiques des individus permet d’extrapoler entre individus ou de proposer des prédictions crédibles de la cinétique au cours de la vie entière. Enfin. Les prédictions du modèle (valeur médiane et variabilité) ont été confrontées avec succès à des données réelles pour deux substances. Micallef S. Dans notre modèle. Nous avons donc distingué trois fractions de technetium : une fraction libre.e. A stochastic whole-body physiologically based pharmacokinetic model to assess the impact of inter-individual variability on tissue dosimetry over the human lifespan. i. metabolism. Regulatory Toxicology and Pharmacology. Nous avons construit un modèle PBPK et développé une méthodologie capable de convertir des données d’imagerie en concentrations dans les différents organes. (2010). dans le cadre du projet européen NANOSAFE [3]. ce qui est cohérent avec d ’autres études disp onibles dans la littérature pour lesquelles le taux de passage avait pu être quantifié expérimentalement (de l’ordre de 5 %). we contributed to an INRS study aiming at evaluating workers cobalt exposure. La modélisation toxicocinétique est donc un outil indispensable pour mettre en relation l’exposition et la dynamique de la concentration dans les fluides ou les tissus afin d’extrapoler à différents scénarios d’exposition. notamment du fait de la lenteur de l’élimination des particules. (2009). Elles suggéraient un passage de particules dans le sang.

. B. De par leur faible taille. rate. cerveau.. Sept jours après traitement. on distingue notamment les nanotubes de carbone (NTC). ganglions lymphatiques et thymus) à divers temps suivant l’instillation a été INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 51 . à l’heure actuelle. les défauts de structure semblent jouer un rôle au niveau de la toxicité et l’élimination des nanotubes de carbone [3]. des verres autonettoyants sur lesquels ont été déposées des couches minces d’oxyde de titane... Biodistribution and clearance of instilled carbon nanotubes in rat lung. Boczkowski J. testicules. Moreau N. (2008).. Fonseca A. cœur. de son élimination mais aussi de sa capacité à passer la barrière alvéolo-capillaire entre le poumon et le sang. les résultats obtenus montrent que le nickel reste fixé aux N TC dans l’organisme et peut donc être utilisé comme traceur d u N TC l o r s d ’ét u d e s i n v i vo . Structural defects play a major role in the acute lung toxicity of multiwall carbon nanotubes: toxicological aspects. les produits suivants sont déjà commercialisés : des textiles insalissables recouverts d’une pellicule de nanoparticules d’argent... Gamez C. Les NTC étant constitués d’atomes de carbone.. Fenoglio I.. 21(9): 1698-705. Lacroix G. [2] Elgrabli D. Delos M. Epub 2008 Jul 18. Boczkowski J. Part Fibre Toxicol. poumon. L a présence éventuelle de NTC dans de nombreux organes (foie. (2008b). Malheureusement.. Afin d’étudier leur biopersistance et leur élimination.. Nagy J. il est fait appel à des méthodes de dosage indirect reposant sur l’analyse des catalyseurs métalliques qu’ils renferment. Toxicology 253(1-3): 131-136. [3] Muller J. la toxicité potentielle de cette NP reste encore mal connue.. Induction of apoptosis and absence of inflammation in rat lung after intratracheal instillation of multiwalled carbon nanotubes. 5: 20.. leur synthèse nécessite la présence de ces catalyseurs métalliques qui ne peuvent pas être totalement éliminés lors de la purification de ces NTC. des produits solaires au dioxyde de titane. Meunier L. Ainsi. reins... Par exemple..5 % de nickel ont été instillés dans des poumons de rats. Parmi les NP les plus utilisées. leur dosage est particulièrement difficile dans les milieux biologiques qui sont eux-mêmes très riches en carbone. En effet. Ainsi. l’analyse en microscopie électronique (MET).. des éviers ou des carrosseries recouvertes d e n a n of il m s. Abella-Gallart S.. Fubini B. a structure physique des nan o p ar ticules (N P) leu r confère des propriétés physicochimiques et biologiques différentes de celles du même composé de taille micrométrique.. les NTC peuvent être remis aisément en suspension dans l’air et la voie pulmonaire est une voie privilégiée d’exposition à ce type de composé. Rogerieux F. couplée à une sonde EDX (Émission de photons X).. (2008a). de coupes de poumon et de ganglions lymphatiques de rats traités a révélé une parfaite colocalisation entre les NTC et le nickel. d e s d ent if r i ce s a u nanophosphate de calcium qui comblent les minuscules fissures des dents.. Delalain P. Raymundo-Pinero E. de rouges à lèvres à l’oxyde de zinc pour améliorer la tenue. une utilisation de NP est envisagée d a n s d e n o m b re u s e s i n d u s t r i e s . Lacroix G.. des NTC contenant 0. des vernis à ongles enrichis en oxyde de zirconium. Beguin F. Chem Res Toxicol. Kirsch-Volders M. L’étude de la toxicité pulmonaire d’une par ticule implique l’analyse de sa biopersistance c’est-à-dire du L temps au cours duquel le NTC reste au niveau de chaque organe.. Rogerieux F. Huaux F. En effet. Elgrabli RÉFÉRENCES [1] Elgrabli D. Robidel F. Abella-Gallart S. Lison D.Biodistribution et élimination de nanotubes de carbone instillés dans les poumons de rats D. Floriani M. Dans ces conditions. des cabines de douche..

Les NTC n’ayant été retrouvés dans aucun autre organe que le poumon et les ganglions. À l’exception des poumons et des ganglions lymphatiques. Les nanotubes de carbone ont été détectés uniquement au niveau des poumons et au niveau des ganglions lymphatiques 30 jours après le traitement montrant ainsi l’absence de passage de ces nanoparticules à travers la barrière pulmonaire. Ces enz ymes. 90 et 180 jours (figure 1). De plus. 90 et 180 jours après traitement. Elmo 2 et Dock 180) ainsi qu’une diminution de l’expression de cytokines responsables . de l’apoptose ou de la phagocytose. du stress oxydant. Suite à ces expériences. ont été analysés 1. Une diminution de 62 % et de 84 % de la quantité de NTC injectée est cependant observée à respectivement 3 mois et 6 mois. marqueurs de l’inflammation. recherchée par dosage du nickel dans ces organes par spectroscopie optique (ICP-OES). La question suivante est donc de savoir quel est le devenir des NTC une fois phagocytés ? Pour répondre à cette question. L’analyse de la structure de NTC instillés dans les poumons des rats a alors été réalisée au MET et en spectroscopie infrarouge. suggère l’existence d’un mécanisme d’élimination. Par ailleurs. Par ailleurs. 7. Une diminution de la quantité de ces nanotubes de carbone au niveau pulmonaire. la présence de NTC n’a pas été détectée dans d’autres organes après 1. les NTC ont été récupérés par lavage broncho-alvéolaire et lyse des cellules pulmonaires. des NTC ont été instillés dans des poumons de rats. et bien que la présence de cellules en apoptose [1]. 7. 30. Des coupes de poumon ont ainsi été réalisées puis observées en microscopie électronique à transmission. 10 ou 100 μg de NTC ont été instillées dans les poumons de rats et différents paramètres. Suite à la quantification par PCR de l’ARNm d’actine et de EEA-1 (Early endosome antigen 1). c’est-à-dire de cellules entrant en mort cellulaire ait également été notée. une induction de marqueurs de la phagocytose de cellules apoptotiques (Elmo 1. E l l e s p o u r r a i e nt d o n c intervenir dans l’élimination des NTC.FIGURE 1 PASSAGE DES NANOTUBES DE CARBONE À TRAVERS LA BARRIÈRE PULMONAIRE ET ÉLIMINATION PULMONAIRE. l’augmentation de l’ARNm d’enzymes impliquées dans la dégradation de molécules étrangères à l’organisme (cytochrome P450 1A1 et 2E1) a été mesurée. sont connus pour jouer un rôle dans la fixation de groupements hydroxylés tels que les alcools afin de favoriser la solubilisation et l’élimination d’éléments ét r a n g e r s . Afin d’identifier le mécanisme d’élimination pulmonaire des NTC des doses de 1. associée à l’absence de passage dans d’autres organes. 30. il est conclu que les macrophages alvéolaires sont capables de reconnaître et de phagocyter les NTC [1]. et plus particulièrement le cytochrome P450 1A1. Après 15 jours. une diminution de la taille des NTC instillés ainsi que des modifications physiques et chimiques de la structure de ces NTC par fixation de groupements alcools et nitrés ont été notées. il est fortement suggéré l’existence d’un mécanisme d’élimination pulmonaire pour le NTC étudié (figure 1). il a été observé que la totalité du NTC instillé reste présente dans le poumon pendant au moins 1 mois après le traitement. suggérant ainsi l’incapacité des NTC à traverser de façon significative la barrière alvéolocapillaire (limite de détection évaluée à 10 ng/organe) [2].

NTC structure was also showed to be chemically modified and cleaved in the lung. L’hypothèse d’un mécanisme d’élimination selon laquelle après phagocytose les nanotubes sont modifiés physiquement et chimiquement. phagocytés (b) et modifiés physiquement et chimiquement (c) par les macrophages alvéolaires. based on detection of nickel. d’autre part. These properties make biokinetics and toxicology studies more complex. Les nanotubes de carbone sont reconnus (a). These results provide the first data of CNT biopersistence and clearance at 6 month after respiratory administration. Long-time presence of NTC in the lung is associated with lung induction of cytochrome P450 1A1 and 2E1 mRNA suggesting a possible role of these enzymes in NTC clearance. Ces cellules entrent ensuite en apoptose (d) et libèrent des débris cellulaires qui seront pris en charge par un nouveau pool de macrophages alvéolaires afin de poursuivre l’élimination (e). a metal present as trace in the NTC we investigated. ont été notées. Ce mécanisme permet.FIGURE 2 SCHÉMA REPRÉSENTANT LE MÉCANISME D’ÉLIMINATION DES NANOTUBES DE CARBONE AU NIVEAU PULMONAIRE. L’ensemble de ces résultats a permis de mettre en évidence que les catalyseurs métalliques utilisés pour réaliser la synthèse des NTC pouvaient servir de traceur pour la détection en milieux biologiques. Ces résultats ayant été obtenus suite à une exposition unique. ABSTRACT Background: Constituted only by carbon atoms. de tenir compte de l’ensemble des observations effectuées et plus précisément de l’absence de processus inflammatoire. Results and conclusion: Our results in rats that received NTC by intratracheal instillation. Les macrophages alvéolaires ayant joué leur rôle entrent alors en apoptose formant des débris cellulaires. Ces débris sont alors pris en charge par un nouveau pool de cellules afin de poursuivre l’élimination des NTC présents dans le poumon (figure 2). d e s p h é n o m è n e s i nf la m m atoi re s (IL-10 et GMCSF). INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 53 . Les résultats obtenus ont également permis de poser une hypothèse quant au mécanisme d’élimination des NTC mis en jeu au niveau pulmonaire. caractéristiques de ce phénomène. la question de la réaction de l’organisme face à une exposition répétée est posée. d’une part. CNT are hydrophobic and hardly detectable in biological tissues. reveal that NTC can be eliminated and do not significantly cross the pulmonary barrier but are still present in lungs 6 months after a unique instillation. Methods: We propose here a method to investigate the biopersistence of CNT in organism. Il a également été mis en évidence que les NTC étaient capables de persister dans l’organisme pendant plus de 6 mois. d’expliquer la lente élimination ou clairance pulmonaire des NTC et. peut donc être posée.

récepteur des œstrogènes) ou de xénobiotiques (e. le développement et la validation de tests de criblage adaptés à des espèces non mammifères constitue un enjeu important dans l’évaluation du danger des PE pour les espèces aquatiques. Cette nouvelle lignée. Dans ce contexte. En effet. tissu ou espèce d’origine. etc. . nommée PELN-rtER (PLHC-1 ERE-Luciferase-Neomycine). l’utilisation de tests de criblage sensibles et spécifiques (incluant des essais in vitro et in vivo à court terme) est indispensable pour l’évaluation des substances chimiques vis-à-vis de leurs effets sur la fonction endocrine. de spécificité vis-à-vis de certaines substances. Nous avons ainsi mis au point une lignée cellulaire exprimant de manière stable le récepteur ER de truite arc-en-ciel (rtER) couplé au gène rapporteur de la luciférase dans les cellules hépatiques PLHC-1. Pour étudier les effets endocrines des substances chimiques chez le poisson. Il peut également exister des différences de réponse en fonction du contexte cellulaire étudié (type cellulaire.g. Aït-Aïssa/F. secondairement à des changements de la fonction endocrine. ou sa descendance. des différences interespèces peuvent significativement influer sur la réponse du test. le développement de stratégies de tests et d’outils de criblage est devenu un enjeu majeur pour identifier les substances actives et quantifier leurs effets. récepteur PXR) à des polluants aquatiques.). dans une moindre mesure. En raison des risques qu’ils font courir en particulier sur la fonction de reproduction. l’INERIS s’appuie sur une démarche intégrant différents niveaux de complexité biologique : moléculaire (expression de gènes). cellulaire. récepteur de la dioxine. a été caractérisée vis-à-vis d’un panel de xéno-estrogènes et comparée à d’autres modèles in vitro d’œstrogénicité (tableau 1. Plusieurs études récentes décrivent le développement de modèles cellulaires de poisson et leurs applications en écotoxicologie pour l’évaluation de polluants émergents [4]. tissulaire et de l’organisme (impacts physiologiques). Par exemple pour les récepteurs aux œstrogènes. entre le récepteur humain (hER ) et celui de la truite arc-en-ciel (rtER ).g. 2009).Outils de criblage in vitro et in vivo chez le poisson pour l’évaluation des effets endocriniens de polluants aquatiques S. [2]). La mise en œuvre de cette approche passe par le développement et la validation d’outils de caractérisation du danger des substances chimiques.. en comparaison aux modèles cellulaires mammifères plus largement décrits. DES MODÈLES CELLULAIRES Un des objectifs de nos travaux est de développer des modèles cellulaires basés sur l’utilisation de cellules de poisson pour étudier les spécificités de réponse de récepteurs hormonaux (e. dérivées du vairon (Poeceliopsis lucida) (Cosnefroy et al. Brion L es perturbateurs endocriniens (PE) regroupent des substances d’origines et de structures très diverses qui peuvent agir sur l’ensemble des étapes de la régulation endocrine et induire des effets néfastes sur la santé d’un organisme. [5]. toutefois la validation de ces modèles pour l’étude des PE et leur comparaison aux modèles mammifères existants reste encore insuffisamment documentée. les poissons apparaissent comme des organismes cibles particulièrement sensibles pour lesquels des études démontrent des liens forts entre l’exposition environnementale à des composés PE et des effets néfastes sur les individus et les populations sauvages. il existe des différences d’affinité et. Dans ce contexte. Face à la diversité des molécules et des mécanismes d’action impliqués.

. PRTH) et humaines (MELN). Environmental Toxicology 21(4): 332-7..9E-04 3. M.. Porcher J. Balaguer P. Garric J.: non testé En dépit d’une sensibilité moindre aux œstrogènes des modèles cellulaires dérivés du poisson par rapport aux modèles cellulaires d’origine humaine (M E L N).. LE PROJET NEMO Les travaux en cours du projet NEMO. and Porcher J.11 0..54 0.8E-04 TABLEAU 1 COMPARAISON DE L’ACTIVITÉ ŒSTROGÉNIQUE DE SUBSTANCES CHIMIQUES DANS DIFFÉRENTS TESTS CELLULAIRES.04 0. 2006. 2009. hépatique v e r s u s m a m m a i r e) e t /o u à d e s récepteurs de sensibilité différente..6E-03 0. 2009. esp è ce re co m mand é e p ar l ’O C D E p o u r l ’év aluatio n d e s su bs t a n ce s c h i m i q u e s . Ces résultats soulignent des différences entre les modèles in vitro humains et ichthyens qui seraient liées à des contextes cellulaires différents (e. Risques et Santé 5(4): 284-289.5E-06 PRTH (hépatocytes de truite en primoculture) REP 1 (EC50 = 22 nM) 1. and Aït-Aïssa S. [6] Molina-Molina J. 2008. Laville N.5E-06 8.13 6. Cosnefroy et al.. Gomez E. Olea N. CNRS visent en p ar ticulier au dévelo pp ement de tests biologiques in vitro et in vivo de screening des substances chimiques chez une espèce modèle.03 1.. Guillet B. Aït-Aïssa S.. l ’u t ilis at i o n d e m o d è l e s d é r i v é s d u p o i s s o n s ’a v è r e t r è s pertinente pour identifier les molécules environnementales qui présentent un potentiel œstrogénique relatif plus important chez le poisson (affinité relative des molécules à l’œstradiol). REP = potentiel œstrogénique relatif à l’œstradiol. Genesis 47 : 67-73. M. 2) ont été développées et sont utilisées pour caractériser les effets in vitro de diverses substances chimiques chez ce poisson RÉFÉRENCES [1] Brion F.10 0. pour le récepteur des œstrogènes de truite que pour le récepteur humain (MolinaMolina et al.. Aït-Aïssa S.9E-06 5. Turies C. Application de modèles cellulaires pour l’étude des effets potentiels des médicaments chez les poissons.3E-05 1. Porcher J..3E-04 7. Aït-Aïssa S. and Brion F. Cousin C. Cavailles V..016 2.8E-07 4. C’est le cas notamment de métabolites de la zéaralénone et de dérivés de la benzophénone. Impacts of 17 beta-estradiol. Kuo MW. INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 55 .. ces molécules se sont-elles montrées plus affines. Effects of human pharmaceuticals on cytotoxicity. Toxicology in vitro. including environmentally relevant concentrations. M. 2009.. Mouriec K. [4] Laville N.009 MELN (lignée cellulaire humaine MCF7) REP 1 (EC50 = 0. 2004.018 nM) 0.56 0.. 2004. Pillon A. Développés à partir de cellules de poisson (PELN-rtER. La conduite d’expérimentations in v i vo c h e z cet te e sp è ce p ré s ente de nombreux avantages : espèce de petite taille à cycle de vie court. Tyler CR... Pakdel F. 2008. Profiling of benzophenone derivatives using fish and human estrogen receptor-specific in vitro bioassays.. génome bien caractérisé. dans nos études. .94 0... 23:1450-4.Substances chimiques 17 -Œstradiol Œstrone Œstriol Éthynil-œstradiol Hexestrol DES -Zéaralanol -Zéaralénol b-Zéaralénol Génisteine Bisphénol A 4-Octylphénol 4-Nonylphénol Benzophénone 1 Benzophénone 2 Benzophénone 3 Trihydroxybenzophénone PELN-rtER (lignée cellulaire de poisson PLHC1) REP 1 (EC50 = 5 nM) 0.12 0.011 0. A cyp19a1b-GFP (Aromatase B) Transgenic Zebrafish Line That Expresses GFP in Radial Glial Cells. [3] Hinfray N.56 0.3E-04 2. 2006. the zebrafish (Danio rerio). hormone de référence.... Brain and gonadal aromatase as potential targets of endocrine disrupting chemicals in a model species. M. Toxicology and Applied Pharmacology 22(1): 384-395.. des lignées cellulaires de poisson zèbre exprimant les différents isoformes des récepteurs des œstrogènes identifiés chez ce poisson (isoformes . 1. Environnement. développement embr yonnaire rapide et transparence du chorion.18 2.22 0. and Balaguer P. Gomez E.010 0.. Kah O. . déterminé relativement à l’action de l’œstradiol. Palazzi X. varie selon le test cellulaire et s’avère globalement plus fort en cellules de poisson qu’en cellules humaines. Pillon et al. le poisson zèbre. juvenile. Escande A.. Pellegrini E.03 0. Casellas C. INR A. M. Chung BC.. Gueguen MM..50 0. Ainsi. EROD activity and ROS production in fish hepatocytes.9E-03 2. INSERM. maîtrise du cycle de vie permettant d’étudier différents stades de développement. M. Laillet B. Toxicology 196(1-2): 41-55.4E-04 1.6E-04 sans effet 3.24 0.. Les benzophénones sont des molécules largement utilisées en tant que filtre chimique anti-UV dans différents produits industriels et cosmétiques et sont de plus en plus fréquemment décrites en tant que contaminants des milieux aquatiques.18 0.013 6. on reproduction after exposure during embryo-larval-.g. [7] Tong SK.014 sans effet 0.. Casellas C. Aquatic Toxicology 68(3): 193-217. Brion F. and Flammarion P.and adult-life stages in zebrafish (Danio rerio). relativement à l’œstradiol. Porcher J.. Le potentiel œstrogénique (REP) d’une substance.. A stable fish reporter cell line to study estrogen receptor transactivation by environmental (xeno)estrogens..7E-04 1. et Porcher J.3E-04 5. [5] Laville N. Brion F. Palluel O. [2] Cosnefroy A. 2005). D a n s l e c a d r e d ’u n e thèse menée à l’INERIS. programme de recherche dédié au développement de nouvelles méthodes pour l’étude des effets des PE chez le poisson mené en partenariat avec différents organismes de recherche.

Ceci démontre la très grande sensibilité du modèle cyp19a1b-GFP vis-à-vis des œstrogènes et en fait un test in vivo de screening des xéno-œstrogènes très prometteur. The developed assays offer rapid. Nos recherches menées ces dernières a n n é e s o n t v u l a m i s e e n p l a ce de nombreux outils moléculaires et biochimiques qui permettent d’étudier l’expression in vivo de gènes cibles hormono-régulés dans le cer veau (a r o m a t a s e c é r é b r a l e) . we set up a panel of new in vitro and in vivo mechanism-based tools to study chemical interaction with estrogen-regulated pathways in fish. contribuant à une meilleure caractérisation du potentiel perturbateur endocrinien des substances chimiques et de leurs modes d’action [1].A B FIGURE 1 EFFET DE L’ÉTHINYL-ŒSTRADIOL (EE2) IN VIVO SUR LA LIGNÉE DE POISSON ZÈBRE aroB-GFP. sur le potentiel PE des substances. Cerveau d’embryon témoin Cerveau d’embryon traité à l’EE2 0. Leur application au criblage de diverses familles de substances chimiques est en cours et fournira des informations importantes. L’effet mesuré s’observe à des concentrations faibles d’éthinylœstradiol ce qui témoigne de la sensibilité du modèle biologique pour détecter les substances chimiques œstrogéno-mimétiques. [3]. specific and sensitive in vitro and in vivo screening tools that could serve in EDCs testing strategies for aquatic vertebrates. ABSTRACT Current concern on the effects of endocrine disrupting chemicals (EDCs) to fish and human health has stimulated the development and implementation of screening and testing procedures. la GFP est fortement induite. Le gène cyp19a1b code pour l’aromatase cérébrale. In addition. the zebrafish. Given the complexity of modes of action and the effects of EDCs. Expression in vivo de la GFP (Green Fluorescent Protein) chez des embryons de poisson zèbre transgénique cyp19a1b-GFP âgés de 5 jours postfécondation. la GFP est faiblement exprimée alors que chez l’embryon exposé (B) à l’éthinylœstradiol. Les outils mis en place permettent une évaluation des effets PE des substances chimiques à différents niveaux d’organisation biologique chez le poisson.05nM (thèse Anne Cosnefroy). notably within the perspective of the new EU regulatory framework for chemicals (REACH). une enz yme clé de la stéroïdogenèse re s p o n s a b l e d e l a s y n t h è s e d e s œstrogènes. it is shown that estrogenic responses vary between models. l e f o i e (vitellogénine) et les gonades (enzymes de la stéroïdogenèse) de poisson zèbre. et d’autre part. Conformément au mécanisme d’action de l’œstradiol sur l’expression de l’aromatase B. Here. such as UV screens. les xéno-œstrogènes induisent de manière dose-dépendante l’expression de la GFP après une exposition de court terme chez des embryons (figure 2). such in vitro screening of various environmental molecules allowed identifying those that exert higher estrogenic potency in fish cellular context. . il est indispensable de replacer les mécanismes et les effets observés in vitro dans le contexte de l’organisme in vivo. en vue de sa validation. De manière très significative. likely due to cell context and/or cross-species differences. cellular. sur la complémentarité des tests et par conséquent sur les stratégies de tests à mettre en œuvre pour évaluer le danger PE de polluants aquatiques. Plus récemment. les concentrations requises en éthynylœstradiol pour induire la GFP sont très faibles (de l’ordre du ng/L) et per tinentes du point de vue de la contamination environnementale. we report the use of hormone-regulated gene expression and a transgenic line expressing green fluorescent protein under the control of brain aromatase promoter (cyp19a1b) that were developed in a model fish species. various biological targets are to be evaluated at molecular. Chez le poisson témoin (A). Cette induction de l’expression de la GFP témoigne de la capacité de la molécule à induire un effet œstrogénique in vivo dans le cerveau du poisson au cours de son développement embryonnaire. By using stable reporter cell lines derived from fish and human cell lines. organism and population levels. L’analyse de la GFP se fait à l’aide d’un microscope à fluorescence sur embryon vivant (méthode non invasive et non létale). To further assess such specific effects in vivo. Afin d’aller plus loin dans la caractérisation des dangers des substances. d’une part. un modèle de poisson zèb re t r a n s g éni q u e e x p r i m a nt la GFP (Green Fluorescent Protein) sous le contrôle du promoteur du gène c y p19a1b d e p oiss o n zèbre a été développé par l’équipe du Professeur Chung de l’université de Taiwan [7] et implanté en laboratoire à l’INERIS.

.. 2006. Rapport final contrat ADEME 03 75C 0003. [4]). en effet. Pandard P. moyennement favorable (m) ou défavorable (d).. Charissou A.. pour la sélection des différentes batteries de tests biologiques de toxicité et/ou de génotoxicité. Pandard L ’utilisation d’essais sur organismes biologiques est désormais reconnue comme l’un des éléments pertinents permettant de caractériser de façon satisfaisante la qualité des milieux. N. les critères sont hiérarchisés selon la problématique étudiée et selon l’importance que l’expert leur accorde pour cette problématique.. [4] Pandard P. Férard J. M. En effet. Poulsen V. utilisant une approche multicritère. 1995. M. J. Jourdain M.. Selecting a battery of bioassays for ecotoxicological characterization of wastes. regroupant différents niveaux trophiques et critères d’effets.. Elle est ici appliquée à la sélection de bioessais pour évaluer l’écotoxicité des sols [3]. 1.... Charissou A. J... Environ. et Bispo A. exprimées en trois catégories : favorable (f).). Chaque organisme-test présente. Développement d’une méthode de sélection des tests biologiques de toxicité et de génotoxicité adaptée à différents scénarii – Phase II. Ed. la gestion des sédiments ainsi que la classification des déchets. Pour ce type d’approche... Il est couramment reconnu qu’un seul bioessai ne peut être sensible à l’ensemble des contaminants présents dans un échantillon environnemental. permet d’optimiser la caractérisation du danger potentiel de l’échantillon considéré. la sélection est fondée sur divers critères descriptifs comme la normalisation de la méthode. [2] . J. 363 (1-3). 57–72. Springer. la méthode SIRIS (Système d’Intégration du Risque par Interaction de Scores) qui est une méthode d’aide à la décision initialement utilisée pour classer des substances chimiques en fonction de leur risque de contamination des eaux de surface ou souterraines ou de l’atmosphère. 117-143. ques et des rejets en milieu aquatique. Poulsen V. Une échelle minimum/ INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 57 . Ces essais biologiques. Jouany J. Ces critères qualitatifs ou quantitatifs peuvent prendre plusieurs valeurs. F. A multicriteria estimation of the environmental risk of chemicals with the SIRIS method. Devillers J. Use of multicriteria analysis for selecting ecotoxicity tests. Devillers J. [2] Charissou A.. Devillers J.. F... Masfaraud.. 114-125. Les travaux entrepris en collaboration avec le CTIS. la pertinence écologique des organismes d’essai ou encore le coût. Ecotoxicology Modeling (J. Férard J. 2005. Rapport final convention ADEME 04 75 C0081. La présente étude décrit un exemple de démarche de sélection de tests a priori. à la fois la biodisponibilité – disponibilité pour les organismes vivants – des différentes substances chimiques présentes. Dans la méthode SIRIS. ces outils prennent en compte. Les travaux réalisés précédemment se sont focalisés sur l’approche a posteriori dans un objectif de sélection de batteries optimales d’essais en appliquant différentes méthodes statistiques : analyse en composante principale. l’application de ces stratégies restait à ce jour peu répandue. J. classification ascendante hiérarchique et cartographie non linéaire ([1] . M. Bispo A. F. l’Université de Metz et l’ADEME dans ce domaine ont mis en évidence que deux stratégies étaient applicables pour sélectionner les essais biologiques constitutifs d’une batterie : l une méthode a priori qui permet d’établir un choix de tests en se basant sur des critères prédéfinis. l une méthode a posteriori qui. sont aujourd’hui appliqués à d’autres domaines tels que la caractérisation des sites et des sols pollués. la valorisation des boues en agriculture. Tot. Développement d’une méthode de sélection des tests biologiques de toxicité et de génotoxicité adaptée à différents scénarii. 2009. L’analyse bibliographique exhaustive réalisée a montré que. Cotelle S. pp.. permet d’identifier certaines espèces incontournables du fait en particulier de leur sensibilité. en fonction des résultats obtenus sur une large série d’échantillons. initialement utilisés pour le contrôle des substances chimi- RÉFÉRENCES [1] Charissou A. analyse factorielle des correspondances.Utilisation d’une approche multicritère pour la sélection d’essais d’écotoxicité P.Y. F.. Devillers. [5] Vaillant M. Toxicology Modeling. Jourdain M.. Pandard P. Devillers J. Il apparaît donc que seule une association de plusieurs essais biologiques (ou batterie d’essais). 2007. Grand C. Férard J. Sci.. Jourdain M. mais également les effets de synergie ou d’antagonisme qui peuvent se produire entre ces dernières. Pandard P. l’IPL.. une spécificité propre de réponse en fonction des classes de contaminants. M. In. M.. [3] Devillers J.

Ils correspondent à des approches directes (tests réalisés sur les sols) ou indirectes (tests aquatiques réalisés sur percolat ou lixiviat). réaction enzymatique) reproduction asexuée faibles Critères scientifiques FIGURE 1 DESCRIPTION DES CRITÈRES TECHNICO-ÉCONOMIQUES ET SCIENTIFIQUES RETENUS ET HIÉRARCHISATIONS ADOPTÉES NOTES (1) Produits de la réaction entre un produit chimique et l’ADN maximum de scores est ensuite établie selon des règles d’incrémentations bien définies [5].Nature des critères Obtention des organismes Volume ou quantité nécessaire Rapidité du test Type de local Type de materiel Coût du personnel Niveau de compétence Domaine d’application Temps nécessaire au démarrage de l’essai Perception par un public non spécialisé Pertinence écologique Durée d’exposition Degré de normalisation Transposition au terrain Mécanisme d’action Stabilité génétique Contraintes et limitations Modalité favorable Temps négligeable Modalité moyennement favorable Critères technico-économiques < ½ journée/semaine 10 – 100 mL ou g 5 – 20 jours spécialisé spécialisé 1 – 4 jours 1 – 3 jours délicate (luminescence) moyenne 10 – 70 % du cycle de vie Projet de norme effets toxicologiques aux conséquences observables sur le terrain sur un organe (e. des eaux usées ou des percolats ou lixiviats de sol. inhibition de croissance ou de reproduction.g. mortalité) reproduction sexuée importantes Hiérarchisation 1 3 2 9 10 7 8 6 4 5 2 1 3 4 7 5 6 < 10 mL ou 10 g ≤ 4 jours commun commun < 1 jour technicien applicable à plusieurs matrices immédiat aisée (e. volume d ’é chantillo n né cess aire. les tests de génotoxicité sur organismes aquatiques qui sont les plus lourds à mettre en œuvre (Essai micro-noyaux sur Xenopus laevis n° 82). Une approche considérant les deux catégories de critères selon deux échelles différentes de scores SIRIS – une échelle technique et une échelle scientifique – a été suivie (figure 2). Microtox) < 10 % du cycle de vie absence de norme Effets toxicologiques non pertinents sur le terrain Sur l’organisme entier (e. des sols pollués.g. racines) modérées Modalité défavorable > ½ journée/semaine ≥ 100 mL ou g ≥ 21 jours très spécialisé très spécialisé > 4 jours supérieur applicable à une seule matrice > 3 jours difficile (adduits à l’ADN) faible (e. activités fonctionnelles…). par exemple) (figure 1). durée d’exposition. Dans le cadre de cette étude. n° 5) o u inhibition de la mobilité des daphnies (n° 72) ou de croissance des algues unicellulaires (n° 52) par exemple – sont ceux répondant le mieux aux critères technico-économiques et scientifiques et donc conduisant à la meilleure caractérisation de la contamination des sols. génotoxicité.g. apparaît logiquement bien classé en se référant aux critères technico-éco- . À l’inverse. L’essai d’inhibition de la luminescence de Vibrio fischeri identifié comme le test le plus communément utilisé lors des travaux précédents [1] du fait de son pouvoir discriminant mais également de sa sensibilité sur différents types d’échantillons. mécanisme d’action. Ces 115 tests ont été décrits en fonction de 10 critères technico-économiques (facilité d’obtention des organismes. mortalité. Cette analyse met également en évidence la pertinence des tests d’activité fonctionnelle – inhibition de la respiration des sols ou de la nitrification des sols par exemple. Ces tests d’écotoxicité aquatique ou terrestre incluent différents critères d’effet (mortalité.g. des boues. rapidité du test ou coût. Cette analyse permet de confirmer que les tests les plus couramment utilisés – inhibition de la croissance d e s vé g ét a u x (f ig u re 2. adduits à l’ADN (1) sur Xenopus laevis (n° 83) sont classés comme les plus défavorables sur la base des critères technico-économiques et des critères scientifiques. croissance) élevée > 70 % du cycle de vie de l’organisme Norme existante effets toxicologiques observables sur le terrain sur une fonction (e. une analyse bibliographique a permis d’identifier 115 tests d’écotoxicité ayant été utilisés pour caractériser des sédiments.g. des effluents. par exemple) et de 7 critères scientifiques (pertinence écologique.

ii) an “a posteriori” method.FIGURE 2 CLASSEMENT SIRIS DES 115 TESTS. La typologie obtenue en considérant la double échelle de scores SIRIS suscite quelques interrogations. De façon plus générale. Ceci est en contraste avec la réalité puisque ce test est couramment recommandé dans les évaluations du danger de matrices polluées. Les tests en haut à gauche de la carte sont scientifiquement intéressants mais pénalisés par leurs critères techniques. chroniques. in which the selection is made according to decision criteria such as standardization of the method. le test de « mortalité ver s d e ter re 14 j o u r s » p o s s è d e les mêmes scores SIRIS que l’essai « d’évitement vers de terre d’une durée de 48 heures » (n° 20 et 22). critères d’effets étudiés (aigus. à l’heure actuelle. In the present study on soil quality. ABSTRACT Sensitivity of animal and plant communities to toxicants may vary significantly from one species to another. The best approach is therefore to use a battery of tests with several species belonging to different taxonomic groups and trophic levels. La démarche proposée est originale et. Ce dernier test. certains essais discriminants comme le test Ceriodaphnia dubia (n° 75) ne sont pas mis en avant pour le scénario sélectionné du fait de la notation pénalisante de certains critères technicoéconomiques. les tests situés en haut et à droite sont les moins intéressants. selected from an extensive literature review. or cost. ecological relevance of test organisms. même si le recul sur cette réponse biologique est encore limité. Échelle technique favorable défavorable favorable Échelle scientifique défavorable nomiques mais moyennement classé du point de vue des critères scientifiques pour le scénario sélectionné. Par ailleurs. dans le cadre de l’élaboration d’une batterie optimale. Ainsi. même si elle apparaî t p er fec tible. the high diversity in the sensitivity between species might result in a high level of uncertainty.. If testing is performed on one species. Ces premiers travaux apparaissent promet teurs. Enfin. Tests sur vers de terre INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 59 . des paramètres complémentaires vont devoir être pris en compte tels que l’adéquation entre le nombre d’essais à mettre en œuvre et l’exhaustivité de la réponse obtenue.) ou type d’approche (directe ou indirecte). Les numéros des tests ne renvoient pas au rang de classement. based on the use of the multicriteria method SIRIS (System of Integration of Risk with Interaction of Scores) was applied to perform an “a priori ” selection of bioassays among 115 relevant ecotoxicity tests.. Les tests situés en bas et à gauche de la carte SIRIS sont les plus intéressants d’un point de vue scientifique et technique. Elle permet d’identifier les tests pertinents au regard du scénario considéré et donc susceptibles d’être incorporés dans des batteries d’essais. l’analyse montre que les tests chroniques les plus couramment utilisés pour une approche directe (tests directs sur la matrice sols) et dans une moindre mesure pour une approche indirecte (tests aquatiques sur percolats ou lixiviats de sol) sont principalement dépendants du poids donné aux paramètres durée d’exposition/temps nécessaire à la réalisation des essais. It is therefore admitted that only a combination of several bioassays can give a clear view of the toxic effects of chemicals and/or environmental samples. apparaît plus sensible que l’essai de toxicité aiguë. two methods can be used for selecting bioassays in order to establish a test battery: i) an “a priori” method. Ceux localisés en bas et à droite ne sont pertinents que d’un point de vue technique. Usually. a methodological framework. De plus. génotoxiques. de la complémentarité des tests au sein d’une batterie en terme de niveaux trophiques. cette étude indique que la méthode de sélection a priori ne permet pas de juger. elle montre tout son intérêt. in which the selection is made after performing multivariate analyses of test results obtained on a large series of bioassays. Toutefois.

Les premiers résultats de ce travail mettent en avant la faisabilité d’une approche multibiomarqueurs dans le cadre d’un réseau de surveillance réglementaire. Les résultats de ces travaux mettent alors clairement en évidence l’intérêt d’utiliser des outils écotoxicologiques tels que les biomarqueurs dans ce contexte d’enquête. l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques et les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur. pathologies ou malformations de poissons). Ces biomarqueurs – des protéines ou des enzymes – permettent d’évaluer les effets d’une exposition à des polluants sur différentes fonctions physiologiques comme la reproduction. En collaboration avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie. et également l’intérêt d’une telle approche du fait de la complémentarité des informations fournies par rapport aux approches chimiques et écologiques conventionnelles. Les travaux autour de leur utilisation se poursuivent actuellement par le développement de nouveaux indicateurs liés à l’immunité des poissons (collaboration avec l’Université de Reims) et à l’intégrité de l’ADN (collaboration avec l’École Nationale des Travaux Publics de l’État) qui sont des fonctions biologiques centrales chez les organismes. Les biomarqueurs développés à l’INERIS (les enzymes EROD et GFT. leur biodisponibilité – la part qui est retenue dans l’organisme – ou encore la sensibilité des organismes. Les données générées par cette activité de recherche sont également utilisées dans le cadre du réseau NORMAN afin de promouvoir l’utilisation des biomarqueurs dans le contexte réglementaire de la Directive Cadre sur l’Eau. la métabolisation des contaminants organiques ou la transmission de l’influx nerveux. W. en intégrant des paramètres tels que la toxicité des polluants. Sanchez Pêche électrique . une étude a été mise en œuvre afin d’évaluer le potentiel des biomarqueurs dans le cadre d’une application au sein du réseau de contrôle de surveillance défini par la Directive Cadre sur l’Eau (2000/60/EC). et dont les perturbations pourraient induire des dommages au niveau individuel et populationnel.FOCUS Les acquis de la biosurveillance Les mésocosmes de l’INERIS sont des bassins recréant les conditions d’écosystèmes aquatiques Les travaux de recherche menés à l’INERIS dans le domaine de l’écotoxicologie ont conduit au développement et à la validation d’un ensemble de biomarqueurs – marqueurs biologiques manifestant la présence de polluants – chez différentes espèces de poissons autochtones des milieux aquatiques européens. la protéine vitellogénine) ont également été mis en œuvre dans le cadre d’études visant à identifier les causes d’un contentieux environnemental (déclin piscicole.

) à l’échelle d’un test in vitro (faibles volumes. et donc le domaine de l’écotoxicologie.). Cette évaluation concerne l’homme.Besoins de recherche en écotoxicologie dans le cadre de REACh FOCUS Le règlement REACh implique un profond changement de culture vis-à-vis de la mise sur le marché des produits chimiques qui doit être faite par les industriels « de façon responsable et avec la prudence nécessaire pour éviter les effets néfastes sur la santé et l’environnement » [1]. capacité métabolique. etc. l’utilisation de tests sur embryon de poisson semble particulièrement prometteuse en alliant la pertinence d’un modèle in vivo (intégration. haut débit. J-M Porcher RÉFÉRENCES [1] Règlement (CE) n°1907/2006 par le Journal Officiel de l’Union européenne . La combinaison des données obtenues in vitro. Parallèlement. etc. Les nouvelles approches en biologie et en traitement de l’information permettent de générer des informations susceptibles de relever ce défi. le développement et la reproduction des individus. tout en limitant au strict minimum l’expérimentation sur les animaux. En effet. Cependant leur utilisation en support à l’évaluation du risque des substances nécessite d’approfondir les connaissances sur les liens entre les variables précoces mesurées et les conséquences physiologiques en termes d’impacts sur la survie. et sur les populations. Élevage de poissons utilisés pour les études en écotoxicologie à l’INERIS INERIS_RS 09-10_toxicologie environnementale PAGE 61 .30/12/2006. Dans ce contexte. les tests traditionnellement utilisés en écotoxicologie et basés sur des effets toxiques aigus. doivent évoluer de façon à être prédictifs de nouveaux modes d’action (comme la perturbation endocrinienne) et d’effets chroniques à long terme. mais aussi la biosphère et les écosystèmes. Par ailleurs. l’utilisation de tests in vitro sur cellules (en particulier ichthyennes) permet de préciser les modes d ’ac tions des substances. avec les résultats des tests in vivo constituent la base scientifique de la mise en place d’éventuels tests alternatifs à l’expérimentation animale. Cette mise en place d’ici 2018 ne pourra se faire sans un accompagnement fort du monde de la recherche. la nécessité impose de parvenir à évaluer l’impact des substances de manière plus complète et plus rapide.

Gestion intégrée des risques industriels .

l’industriel doit évaluer les performances de ses actions en particulier les tests de maintenance en les optimisant. anticiper les conséquences et décider. des recommandations et des orientations sur la manière de les gérer. l Identifier les différents types d’incertitude associés au processus d’évaluation et de gestion des risques : utilisation de différents modèles. Il s’agit d’une démarche intégrée qui permet de croiser plusieurs regards sur l’organisation à diverses phases de la vie d’une installation. pour améliorer les représentations sur lesquelles se basent les décideurs pour prendre des décisions en matière de gestion de risques (notamment dans le projet INTEGRISK). suivant une approche pluridisciplinaire. Ils mettent en jeu des causes multiples de nature technique mais aussi humaine et organisationnelle. ou bien est-elle elle-même source de défaillance ? La méthode ATHOS présentée dans l’article de Jean-Christophe Le Coze répond à cette question. C’est l’enjeu de la gestion intégrée des risques. C’est l’objet de l’article de Florent Brissaud et Dominique Charpentier relatif aux stratégies de test partiel des systèmes de sécurité. Celle-ci vise en particulier à fournir aux décideurs les éléments d’information pertinents pour évaluer le risque technologique. en fonctionnement normal (hors situations accidentelles). La prévention des accidents impose donc de considérer les systèmes industriels sous plusieurs angles en tenant compte de leur complexité. Leurs conséquences aussi peuvent être variées : dommages humains. Elle aboutit à un diagnostic des forces et faiblesses de l’organisation face aux enjeux de la maîtrise des risques. financiers. la gestion intégrée des risques s’inscrit dans un cadre réglementaire qui conditionne fortement les processus de décisions. Ils répondent à une question en apparence simple. choix des hypothèses de départ. ils mettent en œuvre des mesures techniques et humaines de maîtrise des risques. INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 63 ET D AI EM N . dégradation de l’image de l’entreprise. matériels. Ces travaux illustrent ainsi les apports de l’INERIS dans le domaine de la gestion intégrée des risques technologiques. Ce cadre a largement évolué au cours des dernières années en France. Pour garantir dans le temps l ’ef ficacité des mesures de maîtrise des risques mises en place en réponse aux objectifs fixés par la réglementation. Le premier article de Guillaume Chantelauve et Clément Lenoble aborde l’adoption d’une réglementation probabiliste en France et les conséquences de cette réglementation. et dont ils doivent assurer le maintien dans le temps en s’appuyant sur une organisation performante.pour élaborer des propositions.Stratégie de recherche es accidents industriels sont toujours le résultat de processus complexes. Sur cette base. Pays-Bas). dont ils doivent pouvoir démontrer qu’elles sont efficaces et suffisantes. ce qu’ils peuvent apporter et quelles sont leurs limites. Or. mais aux enjeux économiques et de sécurité considérables : quand tester les dispositifs de sécurité pour en assurer une disponibilité maximale ? L’organisation qui mettra en œuvre les mesures de maîtrise des risques et leurs stratégies de maintenance est-elle adaptée et robuste. mais aussi dans plusieurs pays européens. Il identifie L aussi les difficultés qui subsistent pour sa mise en œuvre et comment elle se situe par rapport aux approches adoptées dans d’autres pays (RoyaumeUni. et rechercher des solutions visant l’amélioration de la fiabilité humaine et organisationnelle. incertitudes sur les données d’entrée ou de sortie . Comprendre ce qui a motivé les évolutions réglementaires et comparer les approches adoptées dans différents pays est essentiel pour adapter au mieux les méthodes et les outils aux besoins. l Étudier la construction d’indicateurs prédictifs de niveaux de risque. Ils visent à développer une vision coordonnée des différentes dimensions de la sécurité industrielle et à apporter des solutions à l’ensemble des acteurs pour améliorer le pilotage des systèmes à risques technologiques dans un contexte d’évolution toujours plus rapide des technologies et du monde industriel. l Évaluer la performance des organisations complexes que sont les industries. La recherche en cours à l’INERIS porte donc en la matière sur deux axes majeurs : offrir la meilleure information aux décideurs pour un pilotage de systèmes à risque et comprendre et améliorer les performances des organisations en matière de sécurité. détecter les évolutions.

Cinq ans après l’adoption des textes réglementaires pris en application de la loi de 2003. introduit les analyses probabilistes dans le domaine de la prévention des risques industriels (établissements SEVESO). en tenant compte à la fois de leur gravité et de leur probabilité d ’occurrence. Le premier outil intervenant dans le processus d’autorisation d’exploitation permet d’évaluer la nécessité de mettre en place de nouvelles mesures de sécurité sur le site industriel. Symposium on loss of containment frequencies. août 2008. une étude comparative conduite récemment par l’INERIS avec les Pays-Bas. L’approche déterministe avait pour principe de fonder les actions de prévention sur l’analyse de scénarios d’accidents potentiels les plus graves parmi ceux présentant une régularité statistique suffisamment importante pour être considérés comme réalistes. Par ailleurs. Cette nouveauté inter vient après une longue période pendant laquelle la prévention des risques industriels se fondait sur des raisonnements de type déterministe. et avec les informations disponibles sur les accidents industriels connus. pays de référence en matière d’approche probabiliste. consiste donc à établir une représentation de la réalité d’un site. elle ne permettait pas de prendre en compte les mesures de sécurité spécifiques présentes en prévention sur les sites industriels.. L’application de ce principe dans la réglementation française s’est concrétisée par l’adoption de deux outils décisionnels publics. l’INERIS applique et adapte des méthodologies basées sur une bonne connaissance qualitative des scénarios d’accident et de la fiabilité des mesures de sécurité. en partant des causes d’une fuite (ou plus généralement d’une perte de confinement ou d’intégrité physique d’une substance dangereuse qui sont les principaux événements redoutés sur un site industriel) jusqu’à leurs conséquences. Acte du 2e colloque « Le risque industriel. En particulier. En effet. Il note. Par exemple. La référence en matière d’approche probabiliste au début des années 2000. et les mesures de sécurité qui empêchent leur réalisation. L’approche utilisée ici. en s’appuyant notamment sur le diagramme dit en « nœud papillon » pour représenter l’analyse de risques et faire apparaitre plus explicitement le rôle des mesures de maîtrise de risques. le manque de données fiables sur les fréquences de causes reste un obstacle conséquent. History of dutch process equipment failure frequencies and the Purple Book. La quantification probabiliste intervient après cette étape descriptive en utilisant des classes de probabilité. L’adoption d’une méthode identique en France aurait pu être envisagée.Évaluation probabiliste des risques industriels : approche comparative des pratiques françaises et néerlandaises En France. WCCE8. Dans ce contexte. [2] Pasman Hans. et pour prendre en compte ces incertitudes. sur la base de la probabilité et de la gravité des scénarios. après la catastrophe d’AZF. 24-25 mars 2010. Face à ces limites. qu’il « est fortement désirable d’améliorer la qualité et la fiabilité du contenu des analyses des risques ». en prévention comme en protection. A contrario. Lyon. L’appor t de cette approche est notamment de permettre une hiérarchisation des priorités en termes d’amélioration de la sécurité sur les sites industriels. C’est dans ce cadre que l’INERIS réalise également des études sur la qualité des données d’entrée et les incertitudes qui y sont liées. ce type de représentation décrit les scénarios d’accident. une question de sciences humaines et sociales ». mais sur la base d’un échantillon beaucoup plus large de potentialités accidentelles (a priori toutes celles que l’étude de dangers est en mesure d’identifier). à ce sujet. . Il faut identifier les scénarios d’accidents potentiels et évaluer la probabilité des dommages associés. Chantelauve G. le volet « technologique » de la loi « Risques » du 30 juillet 2003. Cependant l’approche néerlandaise basée sur l’application de scénarios prédéfinis et de fréquences génériques moyennes pour toutes les installations ne permettait pas de répondre à certains objectifs de la nouvelle loi. en confrontant les données proposées dans la littérature entre elles. Hans Pasman [2] a récemment relevé les nombreuses limites des données d’entrée utilisées dans les approches probabilistes aux Pays-Bas. l’approche « probabiliste » suit une autre logique : elle opère non pas en référence au pire des accidents statistiquement réalistes. a permis de mieux comprendre les spécificités. ici aussi. de leurs fréquences et des probabilités de défaillance des barrières de sécurité. adoptée à la suite de l’accident d’AZF. un premier retour peut être fait sur les solutions adoptées et les difficultés qu’elles ont soulevées et soulèvent encore. les limites mais aussi les avantages des études de risques à la française. Cette approche n’est pas exempte de difficultés. UN DÉFI TECHNIQUE La mise en œuvre d’une approche probabiliste dans les études de dangers reste un défi technique. Le second outil intervenant dans le processus de définition de la maîtrise de l’urbanisation est appliqué à la définition pour définir des distances d’isolement autour des sites. Mise en perspective des approches françaises et néerlandaises de prévention de risques industriels. était la méthodologie appliquée aux PaysBas. à partir des causes d’un accident. RÉFÉRENCES [1] Lenoble C. Montréal.

maîtrise de l’urbanisation). L’exercice a permis de mettre en évidence de nombreuses dif férences non seulement en matière de traitement des probabilités mais aussi de définition des scénarios à prendre en compte et d’estimation des distances d’effet. Chantelauve. des effets à l’extérieur du site). en partenariat avec le RIVM (Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement) une étude comparative sur les évaluations des risques et leur utilisation réglementaire dans les deux pays pour dégager leurs similarités. Elles faisaient naturellement apparaître des différences conséquentes. En effet. C. française et néerlandaise. Si l’approche française considère qu’il est important de les identifier et de les analyser pour la sécurité du site (ces phénomènes peuvent générer des effets dominos. Ces deux derniers objectifs sont une conséquence directe du processus qui a conduit à l’adoption du nouveau cadre réglementaire français suite à l’accident d’AZF. de par leur nature. m+ : moyen + . explosions à l’unité de retraitement des vapeurs (URV). en passant par l’évaluation de la probabilité. et les zones dans lesquelles une maîtrise de l’urbanisation est nécessaire (zone à l’intérieur du contour de probabilité 10-6 et zone d’aléa F+) sont très proches dans les deux études (figure 1). À travers l’exemple du dépôt de liquide inflammable. Malgré ces différences. cette différence s’est traduite par la prise en compte dans l’étude française de phénomènes dangereux supplémentaires : explosions/éclatements de réservoirs. G. des sur-accidents et dans certains cas. B. tf+ : très fort+ Cartouche de droite : Courbes iso-risques de probabilité de décès individuel par an INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 65 . a contrario. C’est ici la première fois qu’une étude compare en détail la nouvelle approche française avec son équivalent néerlandais. Ces évaluations des risques constituent surtout une base de travail riche pour un dialogue entre les autorités et les industriels sur l’amélioration de la sécurité du site. Debray FOCUS FIGURE 1 RÉSULTATS D’UNE ÉTUDE COMPARATIVE DES APPROCHES NÉERLANDAISES ET FRANÇAISES Le cas de la maîtrise de l’urbanisation autour d’un dépôt de liquide inflammable : les zones de restriction stricte de l’urbanisation (zone jaune pour l’approche française et courbe rouge pour l’approche néerlandaise) sont similaires Cartouche de gauche : Niveaux d’aléas : fai : faible . de la définition des scénarios à l’application des réglementations nationales. feux de bacs. ne prennent pas en compte les particularités du système de sécurité d’un site industriel (par exemple les mesures de sécurité existantes pour prévenir une fuite). f+ : fort + . Lenoble.Cette approche est différente de l’approche par « arbre des événements » utilisée aux Pays-Bas qui se focalise sur la description des différentes conséquences d’une fuite et les mesures de sécurité présentes uniquement en protection. De telles études comparatives avaient déjà été menées auparavant lorsque l’approche française était encore déterministe. les résultats obtenus par les deux méthodes. boil-overs. ANALYSE DES APPROCHES FRANÇAISE ET NÉERLANDAISE L’INERIS a conduit en 2009. Elles ne visent en fait pas les mêmes objectifs. qui. L’évaluation des probabilités se base sur des fréquences génériques/moyennes de fuites. CONCLUSIONS L’approche française apparait plus détaillée que celle adoptée aux Pays-Bas. l’approche néerlandaise les considère comme non-représentatifs du risque pour les populations extérieures dans la mesure où leur cinétique peut être lente (exemple : le boil-over) ou leur intensité peut rester négligeable par rapport à d’autres phénomènes dangereux (exemple : feu de bac et explosion à l’URV). apparaissent très cohérents. Cette analyse comparative a été conduite à titre d’exemple. sur un dépôt de liquide inflammable. l’approche française permet d’identifier de manière plus précise les meilleurs moyens pour réduire le risque. leurs différences et en tirer des enseignements sur la pertinence des pratiques d’évaluation des risques. Une des différences relevées est que l’approche française vise plutôt l’exhaustivité des scénarios alors que l’approche néerlandaise s’intéresse à la représentativité des scénarios retenus. si l’approche néerlandaise a pour objectif de dresser un constat des risques à des fins de prise de décision (autorisation d’exploiter. de l’intensité et de la gravité des accidents potentiels. installation industrielle relativement simple. tf : très fort . qui est moins consommatrice en ressources.

289-294. EXPRESSION DES PROBABILITÉS DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE NON DÉTECTÉE La politique de maintenance et de contrôle des systèmes de sécurité s’appuie sur la prévision du comportement de ces systèmes lors d’une sollicitation et sur la quantification de leur disponibilité et de leurs probabilités de défaillance. L’enjeu est de connaître la disponibilité du SIS qui est la capacité à accomplir une ou plusieurs fonctions de sécurité à un instant donné (lorsqu’elles sont sollicitées). Ceci afin de s’assurer de l’adéquation entre les risques des installations et les moyens de tests mis en œuvre. Minimizing costs while meeting safety requirements: Modeling deterministic (imperfect) staggered tests using standard Markov models for SIL calculations.. New York : Wiley. vol. arbres de défaillance. and applications. L’objectif d’un SIS est de maintenir un état sûr d’un process industriel par rapport à un événement dangereux (rejet de substance.. 2006. Reliability Engineering & System Safety. Il faut toutefois se méfier des évaluations de probabilité de défaillances de ces systèmes instrumentés qui s’appuient sur de nombreuses hypothèses qui sont trop souvent oubliées par les utilisateurs de ces formules comme par exemple : . dans les actes de la conférence RAMS 2005. 2010.. Alexandria VA. 75. San Jose. 2002. 611-621. IEC 61508 Functional safety of electrical/electronic/ programmable electronic safety-related systems. [6] Rouvroye J. statistical methods. es Systèmes Instrumentés de Sécurité (SIS) constitués de capteurs (mesure de pression. en tant que barrières de sécurité.). vol. Høyland A. ISA transaction. Bérenguer C. Ces travaux s’appuient sur les méthodes d’évaluation de la norme CEI 61508 [3] et le développement de modèles mathématiques pour des architectures redondantes complexes. chaînes de Markov.. c’est-à-dire que le bon fonctionnement de M composants parmi N suffit à accomplir la fonction de sécurité. dans les actes de la conférence RAMS 2010. Probability of Failure of Safety-Critical Systems Subject to Partial Tests. Les expressions analytiques des probabilités de défaillances (formules exactes ou approchées) sont simples à utiliser pour un exploitant d’une installation industrielle.). G. etc. Baros A. van den Bliek E. L’approche de l’INERIS est différente : une approche analytique est proposée afin de disposer d’une expression paramétrique de la probabilité de défaillance dangereuse moyenne et de pouvoir ainsi faire une analyse paramétrique et d’optimiser les tests. 2000. System reliability theory. incendie. USA.. Genève : International Electrotechnical Commission. [5] Rouvroye J. V. A comparison of techniques for computing PFD average. explosion.Barrières de Sécurité & Tests de Révision D. L. etc. 45. détection de gaz. Brissaud L RÉFÉRENCES [1] Brissaud F. Les recherches de l’INERIS sur l’évaluation des SIS ont consisté à quantifier la disponibilité et la probabilité de défaillance à la sollicitation sur les architectures complexes et d’optimiser ainsi les périodicités de tests des SIS. 2nd edition. 2002. Le plan de test peut être optimisé en adaptant la durée entre tests (partiels et complets) afin de maintenir constant le niveau de sécurité. [2] Bukowski J. A. d’unités de traitement (automates) et d’actionneurs (vannes) jouent un rôle clef dans la prévention des risques industriels. La norme CEI 61508 propose des méthodes basées sur les diagrammes de fiabilité. En déterminant les probabilités de défaillance à la sollicitation de SIS soumis à des tests de révision partiels et complets*. [3] IEC. L’étude porte sur les systèmes complexes avec une architecture redondante de type MooN. L. 2002. il est possible de quantifier le niveau de sécurité de ces systèmes et d’en déduire un plan de tests afin de maintenir ce niveau. USA. p. models. Charpentier/F.. Comparing safety analysis techniques. et dans des conditions données (leurs environnements). p. [4] Rausand M. Wiegerinck J.

les capteurs sont supposés redondants. Le constructeur prescrit un test annuel des capteurs. comme par exemple : l des systèmes constitués d’éléments hétérogènes (éléments dont les taux de défaillance ne sont pas tous identiques). l les défaillances détectées au cours d’un test partiel ou complet sont réparées immédiatement et. L’évaluation a consisté à : l utiliser les observations faites par un utilisateur sur une période donnée afin d’estimer le taux de défaillance des capteurs . Afin d’empêcher les départs et la propagation d’incendie. la teneur en oxygène doit être maintenue autour de 15 %. l les N composants du système sont testés simultanément lors de chaque test . que de détecter certaines défaillances. DÉFINITIONS * Les tests de révision complets font référence aux essais périodiques permettant de détecter toutes les défaillances d’un SIS : si une défaillance s’est produite depuis la dernière révision. Les tests de révision partiels ne permettent. l des systèmes sujets à des causes communes de défaillance. L’entrepôt considéré comprend 6 capteurs d’oxygène. celle-ci peut être réparée et le SIS peut retrouver un état comparable à l’état initial.les N composants du système sont en service et opérationnels au démarrage . l évaluer l’efficacité des tests partiels . Comme l’azote introduit se répartit rapidement et de façon homogène. Des inspections visuelles. Dans un second temps. L’ensemble des 6 capteurs est testé à chaque test selon une politique qui consiste à effectuer les tests partiels périodiquement tous les 3 mois et un test complet annuellement. INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 67 . une optimisation de la répartition des tests partiels est proposée afin de réduire la probabilité de défaillance dangereuse. ce sont des tests par tiels qui ne permettent pas de détecter certaines défaillances visibles de l’extérieur. l des systèmes vieillissants (dont certains taux de défaillance ne sont pas constants). laissant les autres non détectées jusqu’au prochain test complet. L’architecture du système est de type 2oo6 (le bon fonctionnement de 2 capteurs sur 6 suffit à accomplir la fonction de sécurité). Des travaux complémentaires permettraient aisément de fournir des outils de maîtrise des risques qui conviendraient à un plus large champ d’applications. durant ce temps. Il conviendrait aussi d’exprimer formellement les intervalles de confiance de ces estimations. Ces évolutions peuvent facilement être résolues par des raisonnements similaires à ceux étudiés mais rendent souvent les expressions mathématiques plus difficiles à manipuler. Des inspections visuelles sont conseillées. des contrôles incomplets et des essais imparfaits sont des exemples de tests partiels. des mesures sont prises afin de maintenir l’installation dans un état sûr. l puis en déduire les probabilités de défaillance à la sollicitation du système. tout en maintenant l’atmosphère respirable. l APPLICATION À UN SYSTÈME DE PRÉVENTION D’INCENDIE SUR UNE INSTALLATION INDUSTRIELLE Le modèle est appliqué à un système de prévention d’incendie par inertage à l’azote de l’atmosphère. quant à eux. ces tests sont donc supposés complets.

3 mois et 1.06·10 -3 (figure 1). Proof tests have therefore to be performed in order to check the functional state of the safety barriers and.8 mois puis 3 mois. L’e s timatio n d e la p ro b a bilité d e défaillance dangereuse non détectée du système avec une politique de tests périodiques telle que le préconise le constructeur est évaluée à 2. whereas owing to a full test. Sur le cas d’application présenté.004 0. and according to an example. La résolution du problème d’optimisation conduit alors aux occurrences suivantes : le premier test à 4. when an initiating event occurs (overpressure. to perform the appropriate maintenance actions.000 120 150 180 210 240 270 300 330 temps t [jour] 360 0 30 60 90 U(t) PFDavg ESTIMATIONS DE LA DISPONIBILITÉ ET DE LA PROBABILITÉ DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE NON DÉTECTÉE Quatre entrepôts. La probabilité de défaillance dangereuse non détectée est de 1.002 0. les recherches s’orientent vers la prise en compte du vieillissement des systèmes instrumentés dans l’optimisation des durées entre chaque test. by using the feedback from previous tests.42.002 0.007 0. comprenant 6 capteurs chacun ont été observés sur une durée de 4 ans.003 0. L’optimisation de la répartition et de l’occurrence des tests permet d’améliorer notablement les critères de sécurité. Ces travaux ont porté sur les systèmes redondants et homogènes constitué de N voies identiques. performance estimations of the system and test policies are presented. visual inspections. which allows reducing the average probability of system failure on demand.006 0. A set of general formulas is proposed for the probability of failure on demand (PFD) assessment of systems subject to partial and full tests.001 0. and goods. if required.).g. An optimization of the partial test distribution is also proposed. et une estimation de l’efficacité des tests partiels de 0. Il e s t ain si possible d’optimiser les performances du système. they aim at preventing undesired events on people. soit une réduction d’environ 10 % par rapport à la politique de tests classique. Partial tests (e. Dependability criteria have then to be assessed by a practical model.1·10 -5/heure.001 0. une réduction de 10 % de la probabilité de défaillance dangereuse non détectée et de 25 % de l’indisponibilité maximale est atteinte par rapport à une politique d e te s t s p ér io d iq u e s.FIGURE 1 PROBABILITÉ MOYENNE DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE (PFDavg) ET INDISPONIBILITÉ (U(t)) POUR UNE POLITIQUE DE TESTS PÉRIODIQUES FIGURE 2 PROBABILITÉ MOYENNE DE DÉFAILLANCE DANGEREUSE (PFDavg) ET INDISPONIBILITÉ (U(t)) POUR UNE POLITIQUE DE TESTS OPTIMISÉE 0. Even if these systems are not triggered frequently. ABSTRACT Safety barriers take an important part of industrial risk management. environment. l’indisponibilité maximale du système sur l’intervalle de test complet est réduite de plus de 25 % (figure 2). Following the proposed approach. CONCLUSION La modélisation d’un système instrumenté afin d’évaluer la disponibilité et les probabilités de défaillance du sys tème en tenant compte des tests (partiels et complets) permet de disposer d’un outil relativement simple pour l’optimisation du niveau de sécurité et son maintien dans le temps.006 0.005 0. etc. the system is restored to an as good as new condition.9 mois.005 0. 2.000 120 150 180 210 240 270 300 330 360 0 30 60 90 temps t [jour] U(t) PFDavg 0.007 0.003 0. overflow. . De plus. Pour poursuivre sur l’évaluation des SIS.87·10-3. Ces données et la modélisation du système permettent d’en déduire le taux de défaillance des capteurs de 6. OPTIMISATION DE LA RÉPARTITION DES TESTS PARTIELS Une optimisation de la politique de tests consiste à répartir les instants d’occurrence des tests partiels de façon à réduire la probabilité de défaillance dangereuse non détectée. sans surcoût associé uniquement en analysant le système et en définissant les durées adéquates entre chaque test. imperfect testing) may detect only some failures.004 0.

par l’intermédiaire des systèmes de gestion de la sécurité (traduit en droit français dans l’arrêté du 10 mai 2000). Le Coze FIGURE 1 LES ÉTAPES DE LA MÉTHODE ATHOS a méthode ATHOS. et prendre en compte les travaux et connaissances en provenance de disciplines telles que l’ergonomie o u la s o ci olo g i e. qui se déroule en 6 étapes (figure 1). Historiquement la méthode ATHOS se situe dans le sillon des évolutions réglementaires européennes à la fin des années 1990. pour l’analyse technique. comme les sciences pour l’ingénieur et les sciences sociales. L au-delà des dispositions techniques. a p p l i q u é e s aux questions de sécurité. l’analyse ATHOS a souhaité dès le départ aller au-delà de l’exercice parfois formel de l’approche par les s y s tè m e s d e m a n a g e m e nt d e l a sécurité. INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 69 . ÉTAPE 1 : L’IDENTIFICATION DES SCÉNARIOS ET L’ÉVALUATION DES BARRIÈRES TECHNIQUES ET HUMAINES La première étape d’ATHOS consiste à mettre en œuvre à la fois une analyse de risques et une évaluation de la pertinence des barrières techniques et humaines par rapport aux scénarios retenus. en faisant appel aux connaissances à la fois techniques mais aussi ergonomiques. Toutefois. en particulier des univers distants les uns des autres. Une difficulté de l’exercice réside dans la mobilisation de connaissances et pratiques qui appartiennent à des domaines différents. humaine et organisationnelle de la sécurité J.L’ analyse technique. C. humaine et o rga n is at i o n n ell e d e la s é curité. Cet article a pour but de présenter succinctement comment se met en œuvre cette méthode. est une méthode visant à intégrer plusieurs points de vue venus de disciplines diverses sur le fonctionnement de systèmes à risques à des fins d’évaluation globale. vers une prise en compte de la dimension de l’organisation.

des entretiens (semi-directs et directs. individuels et de groupe) et sur de l’analyse documentaire. par entretiens et observations. un mode de suivi des activités de travail réel. une importance est accordée à l’articulation des différentes activités ainsi qu’aux types d’outils et méthodes utilisées. sur la base des points d’entrée identifiés à l’issue de la première étape. Cette démarche vient à la suite d’une appréciation des dispositions prises par l’entreprise dans le domaine du management de la sécurité. ÉTAPES 2. chef d’équipes. 3. Autour de plans représentants le fonctionnement des installations. se basant à la fois sur des observations. grâce aux connaissances des phénomènes (i. entre services ou encore au sein du comité de direction) ainsi que des interactions des individus avec les installations. procédant par décomposition et cherchant. comme cela a été montré dans les investigations d’accidents majeurs. Ce sont bien souvent les directeurs de site aidés par l’encadrement en matière de sécurité industrielle. Afin de produire ces descriptions. 4 et 5) qui permettent de pénétrer dans les dimensions organisationnelles de la sécurité. manipulation de produits dangereux. à anticiper pour prévenir. Enfin. l’étape 5 permet de bénéficier d’angles de vue en décalage avec leurs pratiques quotidiennes.) ainsi que des moments clés comme les réunions entre services ou au sein de services autour de la sécurité sont nécessaires pour identifier les modes d’interactions. etc. 4 ET 5 : LA PRISE EN COMPTE DE L’ORGANISATION SOUS DIFFÉRENTS ANGLES La première étape est complétée par plusieurs autres étapes (étapes 2. 3. En particulier. S’interroger sur ces outils permet de saisir la conception organisationnelle telle qu’elle est pensée par les « concepteurs » du système de management de la sécurité.e. ingénieurs sécurité) que les risques sont évalués et que des mesures de prévention sont proposées. etc. chimie. 3. 4 et 5 permettent de varier les angles de vue afin d’obtenir une description riche du fonctionnement réel de l’organisation. C’est par l’intermédiaire de groupes de travail réunissant plusieurs catégories de personnels (opérateurs. les étapes 2. dépotages. À cette étape. à un mode plus classique d’audit se superpose une approche d’orientation sociologique qui permet une description fine des pratiques et interactions entre acteurs et services sans cadre formalisé a priori (a contrario des audits qui se basent sur des référentiels). Ce sont ces étapes qui produisent l’innovation de la méthode par rapport à l’existant dans le domaine de l’évaluation des risques. s’appuie sur le principe d’une compréhension des interactions entre les individus (au sein des collectifs des équipes de travail. Tirer parti du regard extérieur est un levier important de la sécurité industrielle. Cet te démarche est répétée pour comprendre les dispositifs que met l’entreprise en place pour apprendre de ses propres incidents ou accidents (étape 4). mécanique. ingénieurs procédés ou instrumentistes. avec la prise en compte du regard extérieur par les acteurs de l’organisation. des activités clés de la gestion des risques (sur veillance en salle de contrôle. inspiré des pratiques ergonomiques ou sociologiques. Cette étape est une étape fondamentale car elle révèle la capacité en particulier de la direction et de l’encadrement de faire son autocritique et d’analyser les dimensions organisationnelles sous-jacentes aux incidents et accidents qui surviennent dans l’entreprise. ou par les normes existantes sur le marché pour les autres. en s’intéressant aux outils mais aussi aux méthodes qui sont déployées dans les activités tels que le retour d’expérience ou encore la gestion des modifications (étape 2). Le suivi du travail quotidien. est mis en œuvre. L’étape 3. . Il repose au préalable sur une connaissance des installations et des scénarios à risques ainsi que des barrières humaines et techniques qui ont été identifiées dans la première étape. la description du fonctionnement normal. des scénarios d’accidents sont anticipés et des mesures (barrières techniques et humaines) sont prévues et mises en œuvre. influencés par les standards pour les grands groupes. Il existe en effet une variation dans les méthodes disponibles (des approches comportementalistes aux méthodes d’analyses des causes profondes des accidents par exemple). Dans la méthode ATHOS. qui a fait défaut à beaucoup d’entreprises victimes de catastrophes.FIGURE 2 MODÈLE ATHOS DE SÉCURITÉ INDUSTRIELLE (FORMALISATION DE L’ÉTAPE 6) a APPRÉCIATION RESSOURCES ET CONTRAINTES MACRO f QUALITÉ DES REGARDS EXTÉRIEURS b PRISE EN COMPTE CHANGEMENTS INFLUENCE DU SERVICE SÉCURITÉ e MESO d CAPACITÉ DE REMISE EN CAUSE ÉTAT DES BARRIÈRES DE SÉCURITÉ c MICRO L’évaluation des risques sur le plan technique se base sur l’analyse des installations.) et à la capacité de prédiction qu’elles offrent.

Issue 1. The need for translators and new models of safety. pour certaines des entreprises à risque participantes. 2008. ABSTRACT ATHOS.niveau meso).ÉTAPE 6 : L’ÉVALUATION INTÉGRÉE ET LA RESTITUTION DES RÉSULTATS L’évaluation intégrée repose au final sur l’articulation des points de vue obtenus lors de l’application des différentes étapes de la méthode ATHOS. Les problèmes de mise en œuvre se traduisent par une écoute attentive des signaux faibles (portés potentiellement par des lanceurs d’alerte) ainsi qu’une capacité de remise en cause à la suite d’incidents (d). Article présenté à la conference "Working on Safety". sociologue au MODYS de Lyon (Mondes et dynamiques des sociétés). RÉFÉRENCES [1] Le Coze J. 2010a. identification of technical and human barriers. Cette approche de l’évaluation à caractère organisationnel a été jusqu’à présent balisée par les pratiques d’audits. the method attempts to capture the dynamical and systemic properties of industrial safety. sociology or political sciences. des tableaux ont été proposés. Ashgate. parler ouvertement de toutes ces dimensions n’est pas aisé. Les retours d’expérience industriels sur la mise en œuvre de la méthode – la méthode a été testée (1) sur trois entreprises à risque de la chimie – et d e l a g r i l l e d e l e c t u re s o n t t rè s e n c o u r a g e a n t s . Les capacités d’écoute et de remise en cause reposent notamment sur un service sécurité compétent et suffisamment influent (e). Ils ont pour ambition de chercher à établir un lien entre cette approche innovante de nature à la fois descriptive et évaluative (qui s’écarte des audits habituels). Volume 1 : Remaining Sensitive to the Possibility of Failure. Ce modèle se lit comme suit : l’appréciation par l’entreprise de ses contraintes et ressources par rapport à son environnement (a . Norvège. 2010b. C. Resilience Engineering Perspectives. ainsi que par des regards extérieurs de qualité (f) que l’organisation est en mesure de mobiliser. 48. 8 et 9 septembre 2010 à Røros. The three companies which participated to the research reacted for most of them very positively to this new way of assessing safety. for "Analysis of Technical. avec l’univers gestionnaire qui s’inscrit dans des cadres de pensée habitués au pilotage des systèmes par les indicateurs et à la recherche de solutions standardisées. The results are very encouraging. [3] Le Coze J. description of real practices at shop floor and managerial levels as well as interactions with safety oversights (including regulator).niveau micro). INERIS_RS 09-10_gestion intégrée des risques industriels PAGE 71 . [2]) qui. Accident in a French dynamite factory: An example of an organisational investigation. Dekker S. Une grille de lecture est alors utilisée dans ce but. These researches demonstrate that it is possible today to better prevent technological risks by including human and social sciences into a still dominantly engineering based perspective. À des fins de traduction opérationnelle lors des restitutions des résultats.. C. Dupré. [2] Le Coze J. ont permis d’élaborer le modèle suivant (figure 2). NOTES (1) Collaboration avec Michèle Dupré. ergonomic. 2008.. This research had the purpose of producing safety assessment of plants by taking into account organisational dimensions.. les 7. One of the key principles of the project was to move beyond traditional audits as practiced in this industry in order to introduce insights from various disciplinary traditions such as engineering. 80-90. Human and Organisational Safety" is a hybrid method for assessment of industrial safety that has been applied in empirical researches in the chemical industry.niveau macro) doit permettre un recul suffisant pour envisager les impacts des changements et transformations (internes ou externes. Or les audits ne vont pas toujours aussi loin dans la description des problèmes réels rencontrés par les entreprises et contribuent à apporter une vision quelque peu déformée ou idéalisée des organisations [3]. evaluation of safety management system. Nemeth C. m a l g ré d e s changement s de point s de vue à accepter et à adopter. En effet. Based on several steps involving technical risk assessment. de comprendre et de traduire dans les pratiques. Ceci afin de maintenir en état de fonctionnement les barrières techniques et humaines de sécurité (c . Elle a été élaborée sur la base d’investigations techniques et organisationnelles d’accidents majeurs ainsi que d’études sur le fonctionnement normal menées par l’INERIS ([1]. C. Dans Hollnagel E. contraints ou choisis) sur la sécurité (b . beyond ‘technically’ and ‘audit’ oriented approaches. A study about changes and their impacts on safety. Safety science. une fois exploitées.

Substances et procédés .

Cette expertise doit s’entretenir et s’enrichir en permanence et justifie une activité de recherche soutenue. Il est envisagé de consolider encore à l’avenir les partenariats académiques dans ce secteur de notre recherche. Le travail s’est appuyé sur l’analyse des mécanismes complexes de décomposition et d’oxydation développés par des poudres fumigènes (mélanges lactose. comme par exemple les outils prédictifs des propriétés physicochimiques dangereuses des produits (modélisation moléculaire). également fruit d’un travail de thèse défini par l’INERIS en collaboration avec l’Université d’Edimbourg montre tout l’intérêt de conjuguer analyse théorique et validations expérimentales à l’aide d’appareillages de laboratoire performants (calorimètres de Tewarson équipant les deux labo ratoires) quand il s’agit d’explorer les impacts non conventionnels (hors détonation) de scénarios accidentels impliquant les matériaux énergétiques. de manière originale. les domaines d’intervention respectifs de l’oxygène contenu dans le matériau lui-même et dans l’atmosphère gazeuse dans laquelle se déroulent les processus de combustion de ces matériaux énergétiques. il convient de citer en particulier : l l’actualité réglementaire (règlements REACh et CLP. Dans le cadre de sa thèse. Ce travail est le fruit d’une collaboration avec l’ENSCP développée dans le cadre de la thèse de Guillaume Fayet. par exemple par les méthodes prédictives de type QSPR (Quantitative Structure – Property Relationships). et même mondial . Directive européenne sur les énergies renouvelables) . Un ar ticle de ce rapport développe les acquis récemment obtenus par notre recherche dans ce domaine pour ce qui concerne la prédiction des propriétés d’explosivité de composés nitro-aromatiques. Les actions mises en œuvre par AI EM N L ailleurs dans le cadre d’appels d’offres nationaux pour accompagner le développement sûr des nanotechnologies (projet Nano Innov) ou du véhicule électrique (programme STEEVE) sont également brièvement présentées. l les récentes percées industrielles des nanomatériaux et des nanotechnologies . donnant l’accès à ces données requises dans le cadre de l ’application de RE AC h et du CLP. multisectoriel ou du fait d’une brusque montée en puissance de leur industrialisation. nos travaux viseront à proposer des moyens de diagnostic et d’amélioration de la sécurité de la filière biocarburants. Nous continuerons d’accompagner les développements technologiques de l’utilisation de l’hydrogène-énergie pour mettre à disposition des particuliers des installations sûres. l le plan de développement national de la filière « véhicules électriques » lequel s’inscrit dans un contexte largement européen. Dans ce contexte. Hubert Biteau a mis en évidence. nitrate de potassium) lors de leur combustion. l Tout en continuant d’adapter nos moyens expérimentaux aux nouvelles réglementations REACH et CLP. venant compléter les essais plus conventionnels.Stratégie de recherche ET D a caractérisation des dangers des substances et l’évaluation des risques physicochimiques liés aux produits et à la mise en œuvre de p ro cé d é s i n d u s t r i els e s t l ’u n d e s d o m a i n e s d’expertise reconnus de l’Institut. cellulose. Elles attestent de la capacité de réactivité de l’Institut pour mettre en place les moyens spécifiques qu’exigent parfois les défis de sécurité posés par certains développements technologiques au regard de leur caractère novateur. Un deuxième article. Parmi les thèmes que nous suivons en priorité. INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 73 . l Par une approche systémique du concept de bioraffinerie et en prenant en compte les indispensables critères de flexibilité de fonctionnement de ces installations. conduire la réflexion sécurité en amont implique de développer de nouveaux outils d’évaluation. l’inflammabilité et la comburance. l Nous contribuerons à un développement plus sûr des technologies électrochimiques de stockage de l’énergie via la plateforme STEEVE et à travers des participations à des programmes de recherche tels que le programme européen HELIOS sur la sécurité des batteries Li-Ion. l la valorisation chimique et énergétique de la biomasse (concept de chimie verte) au sein de bioraffineries. au vu des résultats encourageants obtenus. nous développerons la modélisation numérique des propriétés physicochimiques des substances telles que l’explosibilité.

il peut alors être utilisé pour la prédiction de la propriété de composés similaires pour lesquels la propriété n’est pas connue. en 2007. une approche théorique fondée sur des concepts de mécanique quantique (comme la densité électronique) qui est utilisée en chimie et physique pour accéder à des . RELATIONS QUANTITATIVES STRUCTURES-PROPRIÉTÉS (QSPR) La méthodologie QSPR consiste en la construction d’un modèle quantitatif reliant une propriété expérimentale à la structure moléculaire des composés étudiés. Cette dernière est caractérisée par des descripteurs constitutionnels (exemples : nombre de groupements.Développement de modèles QSPR pour la prédiction des propriétés d’explosibilité des composés nitroaromatiques G. un premier modèle QSPR a été mis en place à partir d’une base de données de 22 composés nitroaromatiques pour lesquels les chaleurs de décomposition (.H) sont extraites d’une unique référence [5] afin de s’assurer qu’elles ont été obtenues selon un protocole expérimental identique. notamment par calorimétrie. géométriques (caractérisant la géométrie 3D de la molécule) ou quantiques (regroupant les informations énergétiques. la thèse de G. Si sa caractérisation expérimentale (température et chaleur de décomposition) est bien définie. L’obtention du modèle peut se faire à l’aide de différents outils : réseaux de neurones. Une fois un modèle robuste obtenu. Rotureau L ’évaluation de l’explosibilité des substances chimiques condensées (risque d’explosion) lors de diverses opérations. algorithmes génétiques ou plus couramment à l’aide de régressions linéaires ou multilinéaires. La mise en place et l’utilisation d’un modèle QSPR est résumé en figure 1. PRÉDICTION DE LA STABILITÉ THERMIQUE La stabilité thermique est une propriété importante des substances explosibles. par le biais de la chimie quantique et de méthodes de type QSPR. topologiques (basés sur la connectivité des atomes dans la molécule). Plus de 300 descripteurs ont été obtenus avec le logiciel CodessaPro [6] à partir de structures moléculaires calculées via le logiciel Gaussian03 [7] à l’aide d’une méthode de modélisation moléculaire : la « Théorie de la Fonctionnelle de la densité » (DF T pour Densit y Func tional Theor y). le transport ou la mise en œuvre. Aussi. le stockage. en collaboration avec l’ENSCP. Fayet/P. coût financier et délais raisonnables) puisque plus de 140 000 substances chimiques sont concernées par RE ACh. dont l’objectif est de développer des modèles de prédiction théorique des propriétés macroscopiques d’explosibilité des substances chimiques dangereuses. électroniques et de réactivité). le modèle peut également permettre la compréhension des mécanismes mis en jeu dans la propriété étudiée. d’atomes). voire pour des molécules encore non synthétisées. le recours à des méthodes prédictives (alternatives ou complémentaires à l’expérimentation) comme les approches QSPR (relations quantitatives structures-propriétés) sont largement encouragées par REACh. Un programme de recherche a été lancé à l’INERIS. Plus précisément. peu de modèles prédictifs ont été développés pour ces propriétés. puisque les grandeurs qui la qualifient renseignent sur la quantité d’énergie dissipée durant le processus de décomposition et interviennent dans la démarche de classement de ces substances. Fayet (2007-2010) a été centrée sur le développement et l’évaluation de modèles QSPR capables de prédire la stabilité thermique (et plus particulière- ment l’énergie de décomposition) ainsi que la sensibilité à la décharge électrique d’une famille de substances bien connues pour leurs propriétés explosives : les composés nitroaromatiques [3] dont font partie le TNT (trinitrotoluène) et l’acide picrique (trinitrophénol). L’évolution récente de la réglementation européenne en matière de contrôle des produits chimiques (règlements REACh et CLP [2]) induit un volume de travaux incompatible avec une détermination expérimentale systématique de leurs propriétés dangereuses (faisabilité matérielle. Dans cer tains cas. comme la fabrication. repose essentiellement sur le retour d’expérience et la conduite d’essais réalisés selon des référentiels réglementaires internationaux [1]. Dans le cadre de nos travaux [4].

comme montré en figure 2. ce premier modèle QSPR.6 n N + 2092. à la fois corrélé et signifiant chimiquement. la plus étudiée par approche prédictive.max – 3148. .5 où nN est le nombre d’atomes d’azote. impact. approfondie en augmentant la base de données pour permettre la prise en compte d’un processus de validation mais elle démontre déjà l’applicabilité de la démarche employée. Or.8 VC. PRÉDICTION DE LA SENSIBILITÉ À LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE Nous nous sommes également intéressés à une autre propriété des composés énergétiques.min sont respectivement l’indice maximal de réa c t i v ité n u cl é o p h il e. ils ne nous donnent pas forcément accès aux détails des mécanismes réactionnels FIGURE 1 MISE EN PLACE ET UTILISATION D’UN MODÈLE QSPR propriétés physico-chimiques à l’échelle moléculaire.H (kJ/mol) = 401.6 nsingle + 63. Si l’utilisation d’une base de données plus importante serait souhaitable afin de mettre en place une validation rigoureuse du modèle à l’aide d’un jeu de données externes.max l’indice de réactivité électrophile maximal pour un atome d’oxygène.98). la validation croisée démontre la robustesse du modèle (R 2cv=0.4 où nsingle est le nombre relatif de liaisons simples et N C. la chaleur de décomposition dépend bien de l’énergie libérée par la perte des groupements nitro et de leur nombre. jusqu’à présent. friction…).avg + 13287 EO.2 BON. Ces descripteurs ont été intégrés dans une analyse statistique menant au développement d’un modèle multilinéaire le plus corrélé possible avec l’expérience mais avec un nombre de descripteurs suffisamment réduit pour éviter toute surparamétrisation du modèle.min et V C. Cette première étude sera. Q C. BO N.max + 168.min + 99. la sensibilité à la décharge électrique (EES) n’est pas.90 : EES(J) = 29. On notera par ailleurs la prédiction correcte de la chaleur de décomposition d’une molécule externe au set d’entraînement (le TNT). Les trois descripteurs sélec tionnés dans le modèle caractérisent le nombre de groupements nitro et leur capacité à se dissocier du reste de la molécule. Or.Parmi les différents modes d’initiation entraînant l’explosion (chaleur.97).avg l’ordre de liaison moyen pour un atome d’azote et E O. Le modèle développé présente une bonne corrélation avec l’expérience et a également un sens chimique lié au phénomène de stabilité thermique.max . Un modèle à 3 paramètres très corrélé avec les chaleurs de décomposition expérimentales est obtenu (R²=0. Ces trois derniers descripteurs peuvent être reliés au carbone de la liaison C-NO2.min – 27. la c h a rg e minimale et la valence minimale pour un atome de carbone.4 QC. Ces descripteurs semblent donc tout indiqués pour la prédiction de ce mode d’amorçage de la décomposition explosive.3 NC.Hexp) (kJ/mol) -ΔH expérimentale INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 75 . qui dégraderait son pouvoir prédictif. démontre la pertinence de notre approche. Si un jeu de données externes est nécessaire pour évaluer la prédictivité du modèle. la perte de ce groupement nitro est communément reconnue comme l’étape limitante de la décomposition des composés nitrés. Nous avons développé le modèle suivant à 4 paramètres [8] avec un coefficient de corrélation de 0. MÉCANISMES DE DÉCOMPOSITION Même si des modèles QSPR avec de forts pouvoirs prédictifs sont accessibles.Hcal) À PARTIR DU MODÈLE EN FONCTION DES VALEURS EXPÉRIMENTALES (. dans le futur. 1200 1000 800 -ΔH calculée FIGURE 2 600 400 200 200 400 600 800 1000 1200 CHALEURS DE DÉCOMPOSITION CALCULÉES (. la sensibilité électrique pour 26 composés nitroaromatiques.

.. Chem. Rotureau P. On the prediction of thermal stability of nitroaromatic compounds using quantum chemical calculations. 2010. Adamo C.. So. Joubert L.. [5] Duh Y. Adamo C. Actualité Chimique. 2002. On the use of descriptors arising from the conceptual density functional theory for the prediction of chemicals explosibility.. Joubert L. 183. p. Tech & Doc... les modèles développés seront intégrés d a n s u n o u t i l g l o b a l i nfo r m at i s é permettant d’identifier correctement les dangers d’explosion des produits chimiques. 805. [10] Fayet G.. Ces modèles intègrent.000 chemicals are subjected to REACh. 2009. 2009. Mater. [11] Fayet G. L’augmentation des bases de données permettra une validation rigoureuse des modèles. Le développement de ces outils prédictifs QSPR. 2008. [2] Règlement CE n° 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification. Mol. Adamo C. 4 07. Joubert L. 8 45. Les explosifs occasionnels. accessibles grâce aux calculs DF T. [4] Fayet G. University of Florida. viendra accélérer la caractérisation du danger d’explosion des substances chimiques enregistrées en fournissant une première évaluation des dangers considérés et en élaborant une stratégie de tests expérimentaux d’explosibilité optimisée si nécessaire. Tomes 1 et 2.. apparaît alors tout indiquée dans le développement de modèles QSPR pertinents pour cette étude [11. 1997. AM1 Calculated Descriptors.. Marlair G. [6] CodessaPro. [3] Médard L. Rotureau P. quoiqu’encore sous-employé de nos jours. Joubert L. Predicting explosibility properties of chemicals from Quantitative Structure-Property Relationships.. C. 2009. Fayet G. modifiant et abrogeant les directives 67/548/CEE et 1999/45/CE et modifiant le règlement (CE) n° 1907/2006.. Revision B. à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges. 2009. Proceedings of the 43rd Loss Prevention Symposium and 5th Global Congress on Process Safety. 53. la décomposition est initiée par la rupture directe de la liaison C-NO2 [10]. Joubert L. Mater. En particulier. J. J. au sein des composés n i t ro a ro m at i q u e s. New predictive methods have been developed to predict the properties of explosibility of nitroaromatic compounds with an original approach combining QSPR methodology and quantum chemistry tools. A theoretical study of the decomposition reactions in substituted nitrobenzenes. 1987. Rotureau P. Adamo C. [8] Fayet G. L’utilisation de descripteurs de réactivité. Évaluation de l’explosibilité des substances chimiques : des approches expérimentales classiques à la prédiction par la chimie quantique et les méthodes statistiques QSPR... n° 337 : p. Phys.. Ce travail démontre plus globalement que les outils de modélisation moléculaire ne sont pas réservés à la seule analyse des dangers toxiques présentés par les produits chimiques : leur potentiel vis-àvis de la prédiction des dangers physicochimiques est bien réel.. J. Rotureau P.. p. QSPR Modeling of Thermal Stability of Nitroaromatic Compounds: DFT vs. Phys. Hazard.. Chem. Phys. 15.. Hsu C. d’une recherche tout à fait nouvelle à l’INERIS. sous-jacents. La présence d’un groupement méthyle en ortho favorise une interaction directe entre les groupements méthyle et nitro. 2003.12]. par exemple. l e s m o l é c u l e s substituées en position ortho avec le groupe nitro présentent des chemins de décomposition pouvant mettre en jeu des interactions directes entre le groupement nitro et les substituants s i t u é s e n o r t h o [9].. non seulement pour l’identification de tous les processus microscopiques. Chemical incompatibility of nitrocompounds. de plus. e n l’absence de substituant en position ortho. 4054. cost and reasonable times) because more than 140. A theoretical study of the decomposition mechanisms in substituted ortho-nitrotoluenes. E n ef fet . p.. Chem. COLLABORATIONS ENSCP Chimie ParisTech – Équipe de Modélisation des Systèmes Complexes Université de Modène et Reggio Emilia (Italie) – Département des Sciences Pharmaceutiques ABSTRACT The evaluation of condensed chemicals explosibility (risk of explosion) at various operational processes. the use of predictive methods (alternative or complementary to experiments) like QSPR approaches (quantitative structure / property relationships) is widely promoted by REACh. [9] Fayet G. A. Pittsburg... 2009.. transport or implementation. Gaussian Inc. montrent que les outils de chimie quantique associés aux méthodes QSPR sont des outils performants pour prédire les pro pr iété s d ’e x plosibilité d e s substances. afin de rendre compte de la complexité de ce processus de décomposition. CONCLUSIONS Deux modèles prédictifs des propriétés liées à l’explosibilité (la chaleur de décomposition et la sensibilité à la décharge électrique) des composés nitroaromatiques ont été développés à partir de calculs de chimie quantique permettant de décrire les structures moléculaires de ces composés en utilisant des descripteurs classiques (de type constitutionnels) mais aussi é n e rg ét i q u e s et q u a nt i q u e s . J. Une fois validés et associés à d’autres modèles permettant de prédire la sensibilité à l’impact.. S.. Model. 113. USA.. The recent evolution of European regulations on control of chemicals (REACh and CLP regulations) leads to a volume of work inconsistent with a systematic experimental determination of their dangerous properties (feasibility.. S. PA. edited by AICHE. Cette connaissance est fondamentale. Lee C. is based on experimental trials according to international regulatory frameworks. such as manufacturing. 16. Hazard. p. A. Adamo C. 467. 171. Rotureau P. Joubert L. . 13621. Rotureau P.. Kao C. p. Ce s premiers résultats.RÉFÉRENCES [1] Rotureau P. 51. J. des descripteurs associés à la liaison C-NO2 représentant le processus d e d é co m p o sit i o n d e s co m p o s é s nitroaromatiques. Michot C. R. encouragé par RE ACh.. mais aussi comme aide à la sélection efficace des descripteurs les plus adaptés et des molécules dans les bases de données utilisées. Joubert L.. Adamo C. [7] Gaussian 03. Hwang D. [12] Fayet G. p. 112. p. Adamo C. Lett. storage.03.

La plateforme STEEVE s’inscrit dans le cadre des plateformes d’innovation et vise à renforcer une synergie de compétences et de moyens sur le réservoir d’énergie que représente le stockage électrochimique. qui seront adaptés à l’évaluation de la sécurité des systèmes de stockage d’énergie. l’INERIS porte les activités d’essais et d’analyse sur les systèmes de stockage et principalement les batteries. Elle a pour vocation d’offrir aux industriels une filière homogène de la recherche fondamentale à l’évaluation des performances et de la sécurité puis à la certification. Dans le cadre de cette plateforme et pour la partie STEEVE SÉCURITÉ. Il aboutira en 2012 à la réalisation d’un bâtiment de 240 m2 entièrement dédié aux essais de sécurité sur les batteries.La plate-forme STEEVE Le projet de plateforme STEEVE (Stockage d’Énergie Électrochimique pour Véhicules Électriques) est né d’un constat simple : pour répondre aux objectifs du Grenelle de l’Environnement (porter à 23 % en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale en France). En complément de cette activité. Tigreat FOCUS Essai de combustion d’une batterie Li-ion. INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 77 . Il est nécessaire de progresser sur la compréhension des phénomènes dangereux associés à ces technologies nouvelles et à leur usage et d’assurer un encadrement approprié de leur mise sur le marché. Ainsi l’INERIS définit les protocoles et réalisera les essais de sécurité adaptés à l’utilisation et au transport des objets considérés : en plus des moyens d’essais et des outils d’analyse des risques préexistants à l’INERIS. Installation pour essai de chute sur les stockages d’énergie électrique. EDF R&D. il faut offrir des solutions techniques innovantes parmi lesquelles le recours à l’énergie électrique pour assurer la mobilité des véhicules. le domaine du stockage d’énergie électrochimique est largement dominé par l’Asie dont les standards de sécurité ne sont pas ceux de l’Europe. INERIS) qui possèdent une expertise sur ce sujet et continuent à la développer à travers des programmes de recherche. À l’heure actuelle. Il faut donc anticiper une progression rapide du besoin de solutions de stockage d’énergie électrique de forte puissance. D. CNRS. Elle regroupe des opérateurs (CEA. la direction de la Certification de l’INERIS développe un système de certification volontaire ELLICERT des batteries pour véhicules électriques qui s’appuie sur un référentiel prévoyant des testes « abusifs » sur cellules et packs de batteries. Cette plateforme a également pour ambition de devenir une référence européenne pour l’accompagnement de l’innovation dans ce domaine et d’être complémentaire d’autres plateformes d’innovation contribuant au développement du véhicule décarboné. qui doit s’opérer dans des conditions de marché et de sécurité satisfaisantes. un programme d’investissement en équipements et bâtiment est en cours.

eau). L’INERIS s’est engagé dans la recherche aux plans national et européen pour un développement maîtrisé des nanotechnologies depuis de nombreuses années. ce qui a permis de développer des outils pour la recherche en associant les diverses parties prenantes. . consiste à structurer la recherche dans les nanotechnologies tout en assurant la sécurité des opérateurs au poste de travail en présence de nanoparticules. les recherches sur ces domaines nouveaux pourront être engagées dans les meilleures conditions. l’INERIS a entrepris de développer une instrumentation capable de détecter et d’identifier les nanoparticules dans différents milieux (air. le référentiel de certification Nano-Cert atteste de la connaissance des risques et des règles de sécurité par tous les acteurs de la chaîne de sécurité (opérateurs.FOCUS Nano Innov Le plan Nano Innov. La métrologie est la clé de voûte de différents travaux menés à l’Institut sur la toxicité. lancé en 2009. D. De plus le comité de certification qui a approuvé le référentiel Nano-Cert réunit des centres de recherches. La sécurité ne pouvant être assurée qu’en tenant compte du facteur humain. des experts des risques industriels. l’INRS et l’INERIS à développer une approche globale de la sécurité en réunissant des métrologues. électronique). des experts des risques aux postes de travail. une ONG et l’administration. services de secours). l’écotoxicité et l’expologie. préventeurs. En matière de risque industriel. C’est pourquoi dès 2006. L’absence de seuil d’exposition et les difficultés à mesurer les nanoparticules sur des sites de production a conduit le CEA. Charpentier Expérience de vieillissement accéléré de produits nanomanufacturés. le CEA et l’INERIS interviennent pour la caractérisation des postes de travail (100 postes seront évalués en 2010) et cherchent à qualifier les Meilleures Technologies Disponibles (MTD) mises en œuvre dans les centres de recherches et dans les unités de production industrielles. Ainsi en certifiant les opérateurs et en vérifiant que tous les moyens de prévention et de protection basés sur les MTD sont mis en œuvre. des industriels (chimie. l’INERIS mène des recherches sur le comportement des poudres nanométriques vis-à-vis du risque d’explosion sur les sites de production. SÉCURITÉ DES OPÉRATEURS AU POSTE DE TRAVAIL Dans le cadre de Nano Innov.

Le comburant libère des éléments oxydants qui diffusent dans le milieu gazeux et sont capables de réagir avec les éléments issus de la dégradation du fuel. Biteau/G. Par ailleurs. Seveso…) ont été établies. L a p ossibilité d e s’inspirer d’une telle méthodologie pour les matériaux énergétiques a été considérée dans cet te étude. Afin de prévenir la manifestation de tels scénarios. de nombreux travaux scientifiques combinés à l’élaboration de standards ont permis l’éclosion d’un savoirfaire dans l’étude du comportement d’un matériau soumis à un régime d e co m b u s ti o n . Elles mettent clairement en évidence que le point cr itique à maî tr iser se co ncentre d a n s l ’a pt i t u d e à co m p re n d re l e comportement du matériau énergétique d a n s d e s co n d i t i o n s h o r s d e s o n champ d’utilisation normal. Pour ce faire. la définition d’une méthodologie. CARACTÉRISATION DES RÉGIMES DE COMBUSTION D’UN MÉLANGE PYROTECHNIQUE Méthodologie La caractérisation thermique et chimique des matériaux constitue l’un des domaines de base des sciences de l’incendie. plusieurs directives (REACh. Marlair FIGURE 1 SCHÉMA DE RÉACTION DE COMBUSTION D’UN MATÉRIAU ÉNERGÉTIQUE Matériau énergétique Comburant Combustibles Décomposition thermique O2 + O2 / air Combustion Volatiles Résidu charbonneux Gaz de combustion + Résidu DU BESOIN DE CARACTÉRISER LES MATÉRIAUX Les incendies qui impliquent des matériaux énergétiques. Depuis plusieurs années. est indispensable. Elle a consisté en deux approches complémentaires. constitués notamment de mélanges de t ype fuel/comburant solides. Une analyse thermique permet de suivre l’évolution de la décomposition du matériau au cours du temps. Une gestion adaptée de la probléma- tique incendie liée aux matériaux énergétiques implique une meilleure co m préh en si on de s p h én o mènes chimiques intervenant durant la combustion. Une réaction de combustion peut alors s’établir (figure 1). une décomposition thermique du composé s’opère. Le comburant provenant de la composition du matériau est le principal oxydant de la réaction de combustion en lieu et place de l’oxygène de l’air.Étude de la combustion d’un mélange pyrotechnique fuel/comburant H. ce dernier étant soumis INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 79 . Lorsqu’ils sont soumis à un flux de chaleur suffisamment élevé. permettant de caractériser les principales réactions ayant lieu. certaines réactions chimiques issues de la décomposition t h er m iq u e d u matér ia u o u d ’u n e combustion incomplète favorisent la formation de composés toxiques. diffèrent des incendies de type conventionnel. les émissions de gaz de combustion ainsi que la quantité d’énergie libérée.

Les deux principes de calcul du HRR les plus répandus reposent sur la mesure de consommation d’O2 (calorimétrie par consommation d’O2. dont la possibilité de pouvoir modifier la composition de l’atmosphère réactive. la vitesse du dégagement de la chaleur (HRR) apparaît comme l’un des paramètres essentiels à déterminer. Étude de poudres fumigènes Les spécimens tests consistent en des poudres fumigènes basées sur des mélanges ternaires d’amidon (C6H10O5). des essais de combustion peuvent être conduits à l’aide d’un calorimètre tel que le cône calorimètre [1] ou le Fire Propagation Apparatus (FPA) également nommé calorimètre de Tewarson [2]. Les mélanges se différencient par une concentration plus ou moins importante en KNO3. a été établie. la possibilité de pouvoir utiliser ces constantes pour les matériaux énergétiques doit être préalablement vérifiée. Une fois un schéma de décomposition obtenu. de type smouldering. En effet. OC) [5] et la mesure de production de CO et CO2 pour le second (calorimétrie par génération de CO/CO2. en termes de température. un inconvénient l i é à l ’e m p l o i d e ce s co n s t a n te s empiriques réside dans l’impossibilité de quantifier de manière appropriée l’erreur associée au calcul du HRR. Il n’est donc pas nécessaire de disposer d’informations relatives au matériau testé pour calculer le HRR. Les résultats soulignent que la décomposition du lactose précède. Des essais de combustion sont donc nécessaires afin d’approfondir l’analyse. la vitesse de réaction de combustion étant ici proche du temps de réponse des instruments de mesure. des coefficients énergétiques . Dif férentes méthodes permet tent d’accéder à cette donnée. CDG ET PAR PERTE DE MASSES L’utilisation d’outils de Calorimétrie Différentielle à Balayage (DSC) et de thermogravimétrie (ATD/ATG) couplés à un spectromètre IRTF a permis d’identifier les principaux mécanismes physiques et chimiques de la décomposition des échantillons. ce dernier jouant le rôle du comburant. Dans le cas des mélanges testés. Enfin. aldéhydes) et d’oxydes d’azote pour des milieux réactifs dont la concentration d’O2 est inférieure à la valeur critique. ESTIMATION DU DÉBIT D’ÉNERGIE LIBÉRÉE Dans le cadre d’un incendie ou plus g é n é r a l e m e nt d ’u n e réa c t i o n d e combustion. Un régime de combustion lente. L’intérêt d’une telle étude est d’évaluer l’applicabilité de cette méthodologie pour un matériau énergétique représentatif de cette famille de composés chimiques. Une comparaison des résultats a mis en évidence des divergences de l’ordre de 100 %. L’O2 présent dans la composition du milieu réactif ne joue alors plus aucun rôle. Néanmoins. Les méthodes de calculs OC. Le FPA présente plusieurs avantages. CDG et perte de masse ont été appliquées à des réac tions de combustion impliquant les spécimens étudiés. ce qui a été vérifié [3]. est entretenu par le comburant KNO3 présent dans la phase solide. FIGURE 2 DÉBIT CALORIFIQUE DE LA RÉACTION DE COMBUSTION SOUS AIR D’UNE POUDRE TERNAIRE LACTOSE/AMIDON/ KNO 3 (25 %/25 %/50 %) ESTIMÉ AU MOYEN DES PRINCIPES DE CALORIMÉTRIE OC. Toutefois. Cette technique aide à définir un schéma général de la dégradation thermique du matériau soumis à un gradient de température suffisamment faible pour permettre son observation. de lactose (C12H 22O11) et de nitrate de potassium (KNO3). La concentration en comburant est donc un paramètre critique de l’intensité de la réaction de combustion. L’influence de la concentration d’O2 présent dans le milieu réactif sur la combustion des poudres ternaires. Les gaz produits diffusant dans l’atmosphère réactive. le couplage du FPA avec un spectromètre IRTF montre la production de produits de combustion incomplète (CO. Ils mesurent notamment les concentrations des principaux produits de combustion et permettent une estimation de la quantité de chaleur libérée. celle de l’amidon. Si le mélange est inflammable (Xo > 17 %). Ces instruments ont été spécialement développés afin d’étudier l’inflammabilité de matériaux. T h o r nto n [7] et Tew a r s o n [6] o nt respectivement montré que. L’utilisation du FPA a été conditionnée à sa capacité à capturer l’évolution de la réaction. la combustion du matériau n’est entretenue que par le comburant interne KNO3 [4].1 kJ/g d’O2 (± 5 %) et 13. une seconde réaction de 2 combustion en phase gazeuse (flamme de diffusion) s’établit. Les résultats d’expériences indiquent qu’en deçà d’une concentration critique de 17 % d’O 2 dans l’atmosphère réactive. alors une mesure de la perte de masse permettra d’obtenir une approximation plus ou moins correcte du HRR. Ce phénomène de t r a nsitio n m et en év id en ce d eux types de combustion. Un modèle de propagation de flamme de diffusion a été élaboré et une concentration d’O2 critique identique à celle de l’expérience a été obtenue. le HRR était proportionnel à la quantité d’O2 consommée (OC) et à la quantité de CO2 générée par la réaction (CDG) : • – • q≈Eo2 Δmo2 (0C) (1) • – • q≈Eco2 Δmco2 (CDG) (2) Les coefficients de proportionnalité. L’analyse thermique rend compte de comportements obtenus pour de faibles gradients de température peu représentatifs de conditions d’incendie.CDG) [6].à un flux de chaleur croissant. Ainsi.3 kJ/g de CO2 (± 11 %) ont été calculées. des réactions exothermiques d’oxydation sont observées à ce stade. Si la chaleur de combustion du spécimen étudié est connue. Lorsque la décomposition de l’échantillon s’opère sous air. dans le cas de combustion complète. le principal exotherme intervient durant la décomposition du comburant quelle que soit la nature de l’atmosphère réactive (air ou atmosphère inerte d’azote). E o 2 (O C ) et E c o 2 (C D G) d e m e u r e n t relativement constants pour la plupart des produits qu’ils considèrent et des valeurs respectives de 13.

Fuentes A. 166. Torero J. Another essential parameter for the characterisation of a fire scenario involving energetic materials is the Heat Release Rate (HRR). NBSIR 81-2427. INERIS_RS 09-10_substances et procédés PAGE 81 . The Relation of Oxygen to the Heat of Combustion of Organic Compounds. Le niveau d’émission de produits de combustion incomplète résulte du mode de combustion prédominant (régime de flammes ou smouldering). ABSTRACT In the last years. Fuentes A. L. Standard Test Method for Measurement of Synthetic Polymer Material Flammability Using a Fire Propagation Apparatus. Proceedings of the 33rd International Pyrotechnic Seminar. R. pp. Les principes de calorimétrie par consommation d’O2 (OC) et calorimétrie p a r g é n é r at i o n d e CO/CO 2 (C D G) permettent d’estimer la vitesse de dégagement de la chaleur (HRR) de la combustion de matériaux énergétiques. Marlair G. pp. Understanding the decomposition and oxidizing processes occurring during the different combustion regimes is critical to predict potential toxic emissions. Une combinaison des techniques existantes d’analyse thermique et de calorimétrie permet d’accéder à la description des principaux schémas de réactions. l’utilisation des constantes d’énergie E o (OC) et E co (CDG) peut 2 2 s’avérer inappropriée. Marlair G. M.. Nevertheless. ASTM International. W. Generation of Heat and Chemical Compounds in Fires. energetic materials have been regularly involved in explosions and fire events. Deux paramètres critiques liés à leur combustion doivent être correctement définis : les émissions toxiques et la quantité de chaleur dégagée. Le nombre croissant d’accidents impliquant des matériaux énergétiques appelle à une meilleure compréhension de leur processus de décomposition et d e co m b u s t i o n d a n s u n s o u c i d e prévention des risques et de maîtrise du développement durable mieux adaptées. The use two calorimetric methods. [8] Biteau H. Fire Tests – Reaction to Fire – Part 1: Rate of Heat Release from Building Products (Cone Calorimeter). International Standards Organisation. Chapter 4. L’étude de la chimie de décomposition du matériau est primordiale.E o 2 et E co 2 corrigés aux moyens d’un modèle de molécule virtuelle et d’une chaleur de réaction ont été nécessaires pour parvenir à des résultats de HRR à l’incertitude minimale [8] (figure 2). 2003. A methodology based on combining a thermal analysis and calorimetry tests carried out using a Fire Propagation Apparatus enabled to determine an overall description of the physical and chemical mechanisms taking place during the combustion of sample energetic materials. [7] Thornton. RÉFÉRENCES [1] ISO 5660.. pp.. pp. Section 3. W. Turcotte. On met ainsi en évidence l’influence de l’O2 contenu dans le milieu réactif sur le mode de combustion des mélanges étudiés. R. Par ailleurs. Experimental Thermal and Fluid Science..21 July. Journal of Hazardous Materials. L. Toxicity Issues Pertaining to Burning Pyrotechnics.... They react very rapidly and release large amounts of energy. 2006.. The National Fire Protection Association Press. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES La présence du comburant dans la composition même du produit induit un comportement au feu qui diffère des combustibles « conventionnels ». 16 . [5] Parker. A. cette approche suppose une connaissance suf fisante de la chimie de combustion du matériau considéré. les deux modes de combustion principaux qui dépendent de la nature du milieu réactif associent des niveaux d’énergie libérés différents. West Conshohocken. pp. National Bureau of Standards. Philosophical Magazine Series 6. Calculation of the Heat Release Rate by Oxygen Consumption for Various Applications. 467-484. a correction procedure based on the use of a fictitious molecule model and an estimation of the heat of reaction needs to be applied to account for the internal supply originating from the oxidizer. Néanmoins. in: SFPE Handbook of Fire Protection Engineering. Ability of the Fire Propagation Apparatus to characterise the heat release rate of energetic materials. 3-82 – 3-161. Oxygen Consumption and Carbon Dioxide Generation principles. Branka. USA. 33. il reste encore à estimer l’ensemble des paramètres cinétiques gouvernant les principaux mécanismes réactionnels. Qwok Q. [4] Biteau H. Une estimation des coefficients énergétiques est possible mais nécessite une connaissance de la chimie du matériau. 196-203 (1917). Ces variations doivent être prises en compte dans le calcul du HRR afin de mieux limiter l’incertitude. [2] ASTM E2058-03. 2002.. Gaithersburg. MD (1982). 34 (3). Fort Collins. allowed the calculation of the HRR from the burning of the sample material. S. The analysis showed that both the concentration in oxidizer and the composition of the reactive atmosphere influence the combustion regime that prevails. The thermal and chemical characterisation of such compounds is fundamental to understand their combustion behaviour and then becomes able to prevent severe hazards. [6] Tewarson. Their main peculiarity stems from the oxidiser present in their composition. The influence of oxygen concentration on the combustion of a fuel/oxidizer mixture. so they do not require oxygen from the air as their primary reaction partner. 3rd Edition. Cependant. Geneva. [3] Marlair G. 916-924 (2009). 282-289 (2010). 1993. Néanmoins. J. Brohez S. Torero J.

Phénomènes dangereux .

l Produire et mettre à disposition des données de référence permettant de juger de la pertinence de tout modèle numérique. les activités de recherche et de développement sont coordonnées par axes de recherches dont l’un (le programme EPHEDRA) vise spécifiquement à créer un environnement de simulation permettant l’enchaînement des phénomènes dangereux évoqués S ci-dessus. amorçage. dans ce pôle. On y traite de la formation des nuages dangereux. Un second ar ticle concerne la prédiction des conséquences des accidents routiers (transports de matières dangereuses) et des actes malveillants en tunnel. apparition d’une brèche et d’une fuite. du plus simple au plus complexe (CFD). formation d’une atmosphère inflammable (ou toxique). l’incendie en milieu confiné. le calcul des conséquences doit aussi faire l’objet d’un traitement précis étant donné son poids déterminant dans le calcul des zones d’urbanisation. Les autres « axes ». On doit donc aujourd’hui davantage raisonner en termes d ’enchaînement de phénomènes : agression thermique ou mécanique d’un contenant. Ainsi. Un premier article concerne la prédiction des effets dominos qui sont consécutifs à un premier accident (programme IMFRA). effets dominos associés… Ce s n o u vel l e s a p p ro c h e s s e ref l ète nt d a n s l’organisation de l’INERIS comme par exemple le regroupement des compétences dans le pôle « Phénomènes Dangereux et Structures » et dans la manière de travailler au quotidien. On a intégré dans le programme IMFRA toutes les composantes de ce risque qui déterminent in fine la probabilité d’impact et ses conséquences sur les « cibles » sensibles. éclate. ef fet s mécaniques et thermiques dans l’environnement. provoquer une brèche et une fuite dangereuse. INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 83 ET D AI EM N . simulation du développement et des conséquences des explosions).Stratégie de recherche i les analyses de risques réservent aujourd’hui une juste place à l’estimation de la probabilité d’accident. les rejets diphasiques et supercritiques. prise dans un incendie. Par exemple. si les conséquences potentielles des scénarios étudiés sont inacceptables. il faut être capable d’introduire de manière fine les circonstances initiales de l ’accident. explosion et incendie. Par ailleurs. les effets thermiques et toxiques et on poursuit l’analyse jusqu’aux barrières de sécurité en croisant de façon harmonieuse la modélisation mat h émati q u e. ont pour finalité de combler des lacunes identifiées et actuellement difficiles à réduire comme la compréhension et la modélisation des fuites en régimes multiphasiques ou de l’effet d’obstacles sur le déroulement d’une explosion. n u m ér i q u e et la si m u latio n expérimentale. l Évaluer et mettre à la disposition de la communauté des outils de modélisation permettant de couvrir les principaux phénomènes dangereux. on peut imaginer une citerne contenant du gaz qui. l’incendie. il faut être capable d’imaginer puis de calculer les barrières de sécurité qui conviennent. l Éclairer les parties prenantes sur les limites des outils de modélisation et notamment la pertinence de certaines modélisations dans des cas particuliers d’utilisation. Pour réduire l’incertitude et optimiser les mesures de maîtrise des risques. l Mieux comprendre les phénomènes dangereux en particulier l’explosion en milieu encombré. plus traditionnels (prédiction des caractéristiques des fuites et des nuages dangereux. Des fragments de l’enveloppe peuvent alors percuter un second réser voir. et propose une « intégration » des phénomènes dangereux (programme EGSISTES).

thermique ou autre peuvent conduire à l’éclatement d’un de ces réservoirs. leurs angles initiaux de départ (angles horizontal et vertical). de la cible. L’accident initiateur considéré ici est celui de l’explosion d’un réservoir sous pression. la masse… La probabilité de rupture de la cible à l’impact. Une surpression. leurs masses. Une méthode globale de traitement U de ce phénomène a été développée. Cet enchaînement catastrophique constitue un effet domino qui peut faire de nombreuses victimes : plus de 650 morts à Mexico en 1984. Un nouvel accident peut alors se produire et générer de nouveaux projectiles. ANALYSE DE FIABILITÉ ET PROBABILITÉ DE RUINE Chaque cycle élémentaire de l’effet domino peut être décrit comme suit (figure 1). l Génération de projectiles par un accident initial. tailles et vitesses initiales ainsi que différents angles initiaux de départ. Pimp. elle a fait l’objet d’une présentation dans le rapport scientifique 2006-2007 de l’INERIS.Impacts de fragments et vulnérabilité des installations industrielles F. leurs vitesses initiales de départ ainsi que leurs coefficients aérodynamiques (coefficients de portance et de traînée). À cette possibilité d’impact est associée la probabilité d’impact. par exemple. La nature de l’endommagement est dictée par différents paramètres telles que la taille du (des) projectile(s). notamment pour des cibles en béton. Il est alors nécessaire de définir convenablement les lois de distribution des termes sources : nombre de fragments. À son stade initial. l Endommagement partiel ou perforation complète des cibles impactées. Prup lui est associée. formes et tailles des fragments. FIGURE 1 SÉQUENCES DE L’EFFET DOMINO RÉSULTANT DE L’ÉCLATEMENT D’ENCEINTES SOUS PRESSION Explosion Probabilité décrivant l'état de la cible Projectiles État du cycle de vie de la cible Probabilité Propabilité de l génération de projectiles Probabilité d'impact de la cible Probabilité de rupture de la paroi Cycle élémentaire Endommagement cible Oui : poursuite du cycle Conditions de suraccident Non : Arrêt du cycle . Mercier n site industriel peut abriter plusieurs réservoirs cylindriques sous pression contenant du gaz ou des liquides. l Impact d’autres équipements par les projectiles. Un endommagement de la cible n’induit pas toujours une explosion. À cet événement est associée la probabilité de génération de fragments. La poursuite de l’effet domino est alors déterminée par l’endommagement subi ainsi que par l’état de la cible (réservoir vide ou plein par exemple) au moment de l’impact. L’impact considéré dans cette étude est celui d’un projectile métallique rigide sur une plaque métallique. les différentes étapes de ce modèle stochastique ont été affinées. voire pénétrer partiellement ou perforer complètement ces derniers [1]. Depuis. Chacune de ces probabilités va maintenant être explicitée. une agression mécanique. CARACTÉRISATION DE L’AGRESSION Terme source Les multiples fragments projetés ont différentes formes. Cet te explosion peut générer des fragment s (figure 4) qui peuvent impacter d’autres équipements. Pgen. mais les modèles développés permettent de traiter d’autres cas. eux-mêmes initiant d’autres accidents.

à partir des méthodes proposées par Baker et Baum [2]. le coefficient de portance suit une distribution uniforme à l’intérieur de l’intervalle [0.351 . tel que la géométrie. les fragments sont supposés constitués de fonds de réservoir dans 23.Nombre et forme de fragments La formation de fragments lors de l’explosion d’un réservoir dépend de la pression. le fragment PLAQUE MÉTALLIQUE IMPACTÉE PAR UN PROJECTILE CYLINDRIQUE FIGURE 3 RELATION ENTRE VITESSE DU PROJECTILE ET PROFONDEUR DE PÉNÉTRATION 1 : Pénétration partielle en deçà du domaine critique 2 : Pénétration partielle dans domaine critique 3 : Perforation complète FIGURE 4 PROJECTIONS PRODUITES PAR L’EXPLOSION D’UNE CITERNE DE GPL (accident de Dagneux. Le coefficient de traînée dépend de plusieurs paramètres.8 . le manque de données amène à postuler qu’il n’y a pas d’aire élémentaire préférentielle sur la surface de la sphère pour les angles de départ. d p la diamètre du fragment. C L . La vitesse initiale des fragments est estimée à partir de la masse et des conditions thermodynamiques dans le réservoir avant l’éclatement. CD. MODÈLE DE PÉNÉTRATION ET PERFORATION Le modèle d’impact du fragment sur la plaque (figure 2) a pour paramètres e t l’épaisseur totale de la plaque. La rotation du fragment pendant le vol est négligée. 1.5 % des cas.468] et le coefficient de traînée suit une loi de distribution uniforme à l’intérieur de l’intervalle [0.1] . Les fragments sont projetés de manière préférentielle suivant dans les secteurs angulaires autour du grand axe [7]. L a fo r m e d e s f r a g m e nt s d é p e n d principalement du type de rupture ainsi que de la propagation de fissures dans la paroi du réservoir. 0. dans la présente étude.5 % et de fonds oblongs de réservoir dans 46 % des cas. elle se calcule à partir de l’énergie cinétique. dans la présente étude. À l’impact avec la cible. ainsi que du matériau constitutif. elle-même estimée à partir de l’énergie totale disponible avant l’explosion. Pour des réser voirs cylindriques. l’effet de portance peut être négligé. Hauptmanns [6] estime que le nombre de fragments suit une distribution log-normale. l’angle d’inclinaison du fragment et ecr l’épaisseur critique de la plaque. vp la vitesse du fragment. les hypothèses suivantes sont adoptées : l pour les fragments de type fond de réservoirs. Ainsi. de la propagation des fissures. En effet. de plaques dans 30. [3].1 . Une distribution uniforme du coefficient de traînée. Angles de départ Dans le cas d’un réservoir sphérique. mai 2007) INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 85 . Masse et vitesse initiale du fragment Suivant les cas. TRAJECTOIRE DES FRAGMENTS ET CARACTÉRISTIQUES D’IMPACT L a t r aj e c to i re d e s f r a g m ent s e s t décrite en employant la trajectoire du barycentre des fragments. l pour la virole. Le retour d’expérience montre que le changement de phase explosif (BLEVE) de réser voirs c ylindriques génère un nombre limité de fragment s : généralement deux ou trois. 1. tout au plus quatre ou cinq. peut être considérée sur certains intervalles [6]. Le coefficient de traînée suit une loi de distribution uniforme dans l’intervalle [1. Cependant. la rugosité de la surface et l’orientation au regard de la direction de la vitesse. l soit à partir de son volume et de sa masse volumique. Pour les réservoirs cylindriques. La taille des réservoirs n’a pas d’influence sur le nombre de fragments. lp la longueur du fragment. La distribution des angles de départ horizontaux ( ) des projectiles est spécifique aux réservoirs cylindriques. Sur la base d’une analyse de Holden [8]. FIGURE 2 Coefficients de portance et de traînée La portance résulte de la dissymétrie entre l’extérieur et l’intérieur des fragments.8]. les angles de départ horizontal et vertical sont tels que la probabilité élémentaire reste constante. pour un réservoir sphérique de rayon R. la masse du fragment est obtenue à partir de la masse totale : l s o i t e n co n s i d é r a nt u n e l o i d e distribution Bêta [6] . Ici. Ici. h p la profondeur de pénétration. l’énergie cinétique est obtenue à partir de l’énergie totale E. un traitement des données accidentelles de Holden [8] à l’aide du principe du maximum d’entropie montre que le nombre de fragments suit une distribution exponentielle. cette distribution reste valide pour les seuls angles verticaux de départ ( ) des fragments. Le coefficient de portance. s’exprime en fonction de l’angle d’inclinaison a.

Conf. Volume 22. Pages 417-425. 31 (3). peut créer un cratère. par exemple en produisant des distributions de probabilités en fonction de la distance et du secteur angulaire . Eng. Safety and Reliability Directorate. ABSTRACT The explosion of industrial facilities such as pressure vessels or reactors can produce many fragments. [8] Holden P. Mercier F.. cet affaiblissement peut être suffisant pour que la cible cède sous l’effet de sa pression de service . July 2009. These fragments can originate a socalled domino effect if they impact other storage tanks or pressurized enclosures.. F. soit sur la base d’études numériques. l perforation complète (figure 3. 11.. To do so. DOI: 10.d. Pages 408-416. 105-112.. Mebarki A. I. J. It is based on the principle of entropy maximum. Mercier F. Swift H. J. Empirical equations for the perforation of mild steel plates. Engin... l pénétration par tielle au-delà du domaine critique : l’épaisseur résiduelle de la plaque a des valeurs situées dans l’inter valle [0. 104-109. Symposium Series. 585-597. (1985). (1998).. R. (1978). Fragment hazards form failures of pressurised liquefied gas vessels. Combustion. in turn. l qualifier leur endommagement à l’impact. (1991).. 115. B. Model of the penetration of a metal barrier by a rod projectile with an angle of attack. [3] Baum M. Jamet P.1016/j. (1995).. e c r ] (figure 3. courbe 3). jlp. which. [9].. (1988). Aguilar J..02. courbe 2) . Part I: Probabilistic description of the source terms. L. are the data injected in a further step of the study in order to appreciate the industrial risk. a développé d’autres modèles. des modèles mécaniques ont été développés en vue de calculer la profondeur de pénétration et pouvoir ainsi la comparer à l’épaisseur critique à partir de données expérimentales disponibles dans la littérature existante [4]. Neilson [10]. Structural fragments and explosions in industrial facilities. [12] Mebarki A. Proc. [4] Bless S. Assessment of Missile Hazards: Review of Incident Experience Relevant to Major Hazard Plant. The impact probabilities are estimated from the results of a Monte-Carlo simulation. La profondeur de pénétration dépend de l’angle d’incidence du projectile à l’impact..02. Reeves A. Bertke R. [7] Holden P. DOI: 10. 14. Des. [9] Lepareux M. and Workshop on Modelling and Mitigating the Consequences of Accidental Releases of Hazardous Materials. Reimeringer M. Ami Saada R. J. B..). DOI: 10.d.005. the main features of the projectiles (number.. shape. L. Int.jlp. Le modèle mécanique actuel permet de calculer la profondeur de pénétration pour diverses vitesses de projectiles calées sur les résultats de Bless [4]. of Loss Prevention in the Process Industries. 16 (11). Issue 4. réduisant ainsi l’épaisseur résiduelle de la cible dans la zone impac tée. of Loss Prevention in the Process Ind. Optim. J. ISSN 0950-4230. ISSN 0950-4230.. 205-220. L. Sci. Issue 4. Experimental and numerical studies of impacts on stainless steel plates subjected to rigid missiles at low velocity. July 2009. Penetration mechanics of yawed rods. B.f. A. of Chem.2009. Couilleaux J. Inst.1016/j. Rocket missiles generated by failure of a high pressure liquid storage vessel. Int. dans le cas où la cible et le projectile sont métalliques. P.. en tablant sur un éclatement initial. A. Les perspectives de développement du modèle stochastique passent par l’intégration de l’état de la cible au moment de l’impact et par l’élargissement des modèles d’impact aux structures non métalliques. (1985). S.. H. . Ami Saada R. [5] Bukharev Y. de son énergie cinétique. A procedure for analyzing the flight of missiles from explosions of cylindrical vessels.f. J. J. interaction models between the projectiles and the target have been implemented. 829-834. J. [2] Baker Q. J.006.RÉFÉRENCES [1] Nguyen Q. Nexter.. can burst. departure velocity and departure angles) have been developed with probability density functions (p. This paper depicts the stochastic approach of an elementary cycle of the phenomenon. Crossed with the life cycle state of the target (e. Pros and cons of TNT equivalence for industrial explosion accidents. mass. [10] Neilson A. Baker W. of the Int. À cet effet. of Loss Prevention in the Process Ind. [5]. 93.. In addition. [11] Mebarki A. Dans le cas de systèmes sous pression (réservoirs. of Impact Engineering 3 (2). partenaire de l’INERIS sur ce programme. de : l qualifier les probabilités d’atteinte de cibles. Nuclear Engineering and Design. Structural fragments and explosions in industrial facilities: Part II . réacteurs…). Then the trajectories of the fragments and their impact with targets have been modeled on the base of geometric relationships. Matheron P. Int. Trois scénarios principaux peuvent être distingués : l pénétration partielle dans le domaine critique : l’épaisseur résiduelle de la plaque dans la zone d’impact reste inférieure à l’épaisseur critique. (2001-a).Projectile trajectory and probability of impact. (1989). Mercier F. full or empty for a storage tank). Nguyen Q. J. partly from the existing literature and to a certain extent from experiments driven by NEXTER. B. 137-142. RÉSULTATS ET PERSPECTIVES Le modèle stochastique développé permet. Multidisci. [6] Hauptmanns U. Ces deux derniers cas sont ceux le plus souvent rencontrés lors d’accidents industriels..g.1051/smdo:2008016. It has been implemented since 2005. These p. Lieutenant J. 2 (2) 119-122 (2008). Simul. ainsi que des contraintes et déformations ultimes des matériaux constitutifs. a partner in the project. Monte-Carlo method used to study the fragment impact effect on the industrial facilities. 395-402. courbe 1). of Loss Prevention in the Process Industries.. Explosion and Shock Waves... [10]. These models are used to estimate the damage produced by the fragment on the target. e cr (figure 3. H. I. Health & Safety Directorate. Duboelle D. Un modèle mécanique simplifié proposé permet d’estimer la profondeur de pénétration (h p).2009. the result can help to predict the continuation of the domino effect cycle. soit au travers d’expériences.. Barber J. E. 11-24. Nguyen Q. Zhukov V. Volume 22.

deux puissances d’incendie et trois débits de ventilation ont été étudiés. Truchot Ces trois phénomènes ont été étudiés expérimentalement et numériquement a u co u rs d u p rojet . proche du foyer. Les phénomènes d’explosion. La limite entre ces deux régions varie en fonction des conditions de l’incendie et de la ventilation entre deux situations extrêmes d’absence complète de stratification ou au contraire de stratification sur la totalité du tunnel. La galerie incendie de l’INERIS a été utilisée pour cette campagne expérimentale. L’installation a été décrite en détail dans [1] et [4]. Pour mémoire. l’incendie et la dispersion de gaz toxiques. l’évolution longitudinale du critère de stratification S1 est représenté sur la figure 1 pour un foyer de 350 kW et les trois débits de ventilation utilisés. soit une longueur d’étude de 40 m en aval. pour une longueur de 50 m. Une analyse des risques globaux pour les infrastructures souterraines de transport a fait ressortir trois phénomènes dangereux : l’explosion. ont permis d’obtenir une meilleure description de la physique des phénomènes dangereux et d’évaluer les modèles disponibles pour en prédire les conséquences. Pour la nappe aval. Ainsi.4 m². la réglementation actuelle [2] prescrit une ventilation longitudinale réduite. INCENDIE EN TUNNEL : COMPORTEMENT DE LA NAPPE AVAL En cas d’incendie. Ce d o c u m ent traite des aspects expérimentaux et numériques des phénomènes d’incendie et de dispersion de gaz toxiques. L’objet de cet article est d’évoquer les conclusions qui se dégagent de ces essais. et ce d’autant plus que INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 87 .EGSISTES : Évaluation Globale de la Sécurité Intrinsèque des Systèmes de Transport En Souterrain B. tant sur le plan numérique qu’expérimental. dont l’aspect expérimental a été étudié par l’INERIS. il est possible de définir deux régions en fonctions de la stratification [6] : une première région stratifiée. L e projet EGSISTES (Évaluation Globale de la Sécurité Intrinsèque aux Systèmes de Transports En Souterrain) avait pour objectif d’améliorer la compréhension des phénomènes physiques intervenant dans les scénarios de menace intentionnelle ou accidentelle. le foyer d’incendie était placé à 10 m de l’entrée de la galerie. ces essais montrent une faible stratification à l’aval du foyer dans une configuration de ventilation correspondant à celle rencontrée en tunnel congestionné. Ce document présente une partie des résultats obtenus. une deuxième région plus lointaine non stratifiée. Pour étudier le comportement de la nappe aval et l’impact de véhicules sur la stratification. pour des situations de tunnels congestionnés. Cette stratégie a pour but de maintenir une « certaine stratification des fumées à l’aval du foyer » pendant l’évacuation des personnes. Caractérisation de la nappe aval Afin d’étudier l’impact de la ventilation sur la stratification des fumées à l’aval du foyer. Les recherches réalisées pendant les trois ans du projet. L’objet de la campagne expérimentale était d’évaluer la présence et la stabilité de la stratification à l’aval du foyer et de comprendre l’impact de la présence de véhicules sur cette stratification.9 en cas de perte de la stratification. La stratification d’une nappe de fumées peut être évaluée à l’aide du critère de stratification S1 (rapport entre la différence de température entre le plafond et le sol et l’augmentation de température moyenne) défini par Newman [5]. il s’agit d’un tunnel à échelle 1/3 d’une section de 5. vitesse de ventilation de l’ordre de 1 à 2 m/s. ne sont pas discutés ici. Afin d’évaluer la stratification à l’aval du foyer en cas d’incendie de véhicule dans un tunnel. Ses travaux montrent que S1 est inférieur à 1.

voitures et poids lourds. Ainsi. figure 3.5 1. Toutefois.0 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 l’on s’éloigne du foyer. les images vidéo enregistrées durant les essais montrent la perte totale de la stratification visuelle.0 stratification 2. Par ailleurs. Les carrés figurent des véhicules et camions. Ces deux aspects cumulés impliquent une mise en sécurité délicate des usagers dans une telle situation et souligne l’importance.5 2. mais aussi par une dégradation certaine des conditions de tenabilité (conditions thermiques et toxiques compatibles avec la présence de personnes) à l’aval du foyer. Cette tendance est en accord avec les résultats obtenus par [7] et confirmée par les simulations numériques réalisées dans le cadre de ce projet. la situation dans un tunnel en ventilation longitudinale. La figure 2 montre l’évolution comparative du critère S1. La perte de stratification observée sans les véhicules est moins nette en présence de véhicules. les couleurs les champs de température. DISPERSION DE GAZ DENSES EN TUNNEL Une fuite de gaz toxique en tunnel peut engendrer des conséquences dramatiques mais elle n’est que très partiellement traitée dans les études spécifiques de dangers. dans l’évaluation de la stratification. à échelle 1/3 ont été introduits dans la galerie incendie. À cette fin. un gaz neutre intrinsèquement plus lourd que l’air. Étude expérimentale Si les conséquences d’un rejet massif comme ceux définis par le modèle EQR (Évaluation Quantitative des Risques) [13] seraient critiques et difficilement gérables. Le gaz utilisé pour les essais est l’argon.0 1. L’objet de cette campagne expérimentale était d’évaluer la capacité d’une ventilation incendie pour traiter un rejet accidentel de gaz toxique.0 0. qu’au-delà d’une certaines distance. représentant à l’échelle. Impact de véhicules sur la nappe aval La stratégie de ventilation prescrite par l’instruction technique [2] et décrite précédemment est applicable pour des tunnels congestionnés. Outre l’aspect thermique montrant la perte de stratification.0 FIGURE 2 ÉLÉMENTS SIMULANT LA PRÉSENCE DE VÉHICULES À ÉCHELLE 1/3 UTILISÉS POUR LES ESSAIS 3. à proximité du foyer. comme indiqué sur cette courbe en accord avec [7]. L’objectif de ces essais est à la fois de mieux comprendre le comportement d’un nuage de gaz dense en présence de ventilation longitudinale ou transversale mais aussi FIGURE 3 VUE EN PERSPECTIVE DE LA GALERIE INCENDIE. le rapport de densité entre l’argon et l’air atteignant 1.FIGURE 1 ÉVOLUTION LONGITUDINALE DU CRITÈRE DE STRATIFICATION S1 3.5 2. des essais ont été réalisés dans la galerie incendie de l’INERIS. les conditions d’évacuation à l’aval du foyer sont rapidement dégradées.5 1. des éléments simulant la présence de véhicules. Aussi. .0 absence de stratification 1. des véhicules seront présents à l’aval du foyer et leur impact sur la stratification des fumées doit donc être évalué. dans le but de caractériser le développement du nuage. code de calcul 3D spécifique à la modélisation des incendies.0 2. de ses différentes caractéristiques : thermique. Les résultats montrent l’impact de véhicules sur la stratification des fumées. il convient toutefois de s’inter roger sur l’utilisation possible du système de ventilation dans des situations de rejet de gaz toxiques.4. toxique mais aussi visuelle. Cette dégradation est notable à la fois par la perte de visibilité qui en résulte. Cette dernière n’a aucun effet direct sur la sécurité des usagers mais pénalise leur évacuation.5 0. galerie représentant un tunnel à échelle 1/3. il est important de rappeler que ce résultat n’est valable qu’à proximité du foyer et. dans une telle situation.5 0.0 0 5 10 15 20 25 0. il faut garder à l’esprit que ces résultats dépendent de la distribution des véhicules à l’aval du foyer. Cette courbe a été obtenue à partir des résultats de simulation FDS (Fire Dynamic s Simulator). Simulation numérique du comportement des fumées en tunnel en cas de congestion. Ainsi. l’effet s’inverse.

Heudier L. Enfin. Combustion and Flame 51:347 (1983). Boehm M. 1973. ces outils de simulation ont pu être appliqués à des situations réelles. Benselama A. In such a case. Smoke stratification stability: Presentation of experiments. WISG 2009. pp. Journal of Loss Prevention in the Process Industries. Armand P.. COMPARAISON ENTRE RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX ET SIMULATION NUMÉRIQUE 200 180 160 Hauteur (cm) 140 120 100 80 60 40 20 0 0 0. [13] Guide des dossiers de sécurité des tunnels routiers.5 3 3.. Springer-Verlag. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES Le s o b j e c t i f s d u p ro j et E G S I S T E S étaient. Une campagne expérimentale réalisée pour étudier le comportement des nappes de fumée en cas d’incendie en tunnel a permis d’étudier l’impact de perturbations à la fois sur la nappe aval et la nappe amont. Concentration molaire en argon (%) toxiques. A121.. UCID–16189.5 2 Résultats expérimentaux Simulation FDS 2. le cas échéant. VISUALISATION DE LA NAPPE STRATIFIÉE B. Cet article présente une partie des résultats pour les aspects relatifs à l’incendie et la dispersion de gaz FIGURE 4 A.. [7] Waymel F. New-York 1983. La configuration dite de référence présentée ici est un jet vertical d’argon. [11] Rigas F. Collins W. et al.. Cette campagne expérimentale a mis en avant la fragilité de la stratification de telles nappes de gaz. dispersion d’un gaz toxique) et l’évaluation des outils de simulation ou. [8] Lee E. Congrès Gratz 2008. ABSTRACT The objective of the EGSISTES (Global Evaluation of Intrinsic Security of Underground Transport Systems) project was the study of phenomena linked with global risk in underground transport infrastructures. [2] Annexe 2 de la circulaire interministérielle 2000-63 du 25 août 2000 relative à la sécurité dans les tunnels du réseau routier national. Après comparaison des résultats numériques aux valeurs expérimentales (figure 4 B). both numerical and numerical approach show the difficulty in managing such a release to ensure safe conditions for users. Truchot B. permet ainsi de reproduire la nappe stratifiée et de la quantifier au travers des valeurs de concentration obtenues et de la hauteur de l’interface. vol. Numerical analysis of smoke layer stability. JWL equation of state coefficients for high explosives. le code de calcul utilisé. [3] Truchot B.. Computational methods for fluid dynamics.. Troyes. INERIS_RS 09-10_phénomènes dangereux PAGE 89 . The first part concerns the downstream smoke layer in confined configuration. Fournier L. Tewarson A. 407-417.5 A.de valider les outils de calcul existant afin de permettre une extension de la réflexion à des géométries réelles et à d’autres typologies de gaz. This paper is focused on fire and toxic product dispersion. The different kinds of dangerous phenomena linked with both accidental and intentional thread were identified during this project. Congrès AFTES – Octobre 2005.. Cette comparaison entre les résultats expérimentaux et numériques montre un bon accord... Lawrence Livermore Lab. l’amélioration des connaissances pour les différents p h én o m èn e s p hy siq u e s a s s o cié s (incendie. RÉFÉRENCES [1] Truchot B. William-Louis M. La nappe de gaz reste alors stratifiée depuis le point de rejet jusqu’à la sortie du tunnel. [5] Newman J.. The study of those phenomena was achieved using both experimental and numerical approach. 2004. Rigas F. B or C substances. [9] Catlin C. HSL–2001–04. Sheffield. avec un débit de 1 m 3/min avec une vitesse du courant d’air longitudinal d’environ 0.. Finger M. Boucard A. [10] Peyret R. Concerning toxic gases. D. explosion and fire. Flame propagation in Ducts..5 1 1. Combustion and Flame 57:33 (1984). experiments show the quick degradation of tenability condition. outre une analyse du risque global dans les infrastructures de transport en souterrain. 17. Fournier L... Computer simulation of shock waves transmission in obstructed terrains. Experimental evaluation of Fire-Induced stratification. [12] Sklavounos S. [6] Newman J. décembre 2005. Étude numérique de l’influence des véhicules sur la déstratification des fumées d’un incendie en tunnel. [4] Boehm M.. Taylor T.. Ces expériences ont par ailleurs servi de base de validation aux codes FDS et Phoenics [3]. Health and Safety Lab. 23–30 (2005). Fascicule 3 : Les analyses des risques liés au transport des marchandises dangereuses. Experimentally validated 3-D simulation of shock waves generated by dense explosives in confined complex geometries Journal of Hazardous Materials... La comparaison de ces résultats avec les simulations numériques a permis de valider les codes de calcul et d’étendre ensuite numériquement la portée de cette étude. Sklavounos S. RUFFIN E. le développement de nouveaux modèles. Proust C. B. explosion.. les rejets de gaz denses ont pu être étudiés expérimentalement afin de déterminer le comportement d’un nuage de gaz dans une configuration de type tunnel. Fournier L. FDS.. et Waymel F. Three families of phenomena have been enlightened: dispersion of R. EGSISTES – Évaluation Globale de la Sécurité Intrinsèque des Systèmes de Transport En Souterrain.5 m/s. Explosion hazards assessment: a study of the feasibility and benefits of extending current HSE methodology to take account of blast sheltering. Congrès BHRG New York 2009. comme le montre l’image issue des essais (figure 4 A). pp.

Prévention des risques du sol et du sous-sol .

vides de dissolution. INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 91 ET D AI EM N . les activités scientifiques se partagent entre une poursuite des recherches menées sur des thèmes « historiques » et le développement d e n o u ve l l e s t h é m at i q u e s e n l i e n ave c l e s priorités croissantes de la société en termes de développement durable. es vingt premières années de l’INERIS ont vu une profonde évolution du champ d’activité en lien avec la prévention des risques du sol et du soussol. les développements se sont tournés vers la gestion de l’après-mine. Enfin. l’un a pour ambition de progresser dans la compréhension du comportement des massifs rocheux et la prévision du déclenchement d’éventuelles instabilités géologiques. crucial dans la compréhension des ef fets du retrait-gonflement des argiles. l Caractériser l’évolution spatiale et temporelle de cavités créées par dissolution. à travers notamment le développement de techniques de surveillance mettant à profit les technologies récentes en matière de transfert. un troisième axe porte sur le développement de compétences en termes d’évaluation de la vulnérabilité des biens à différents types d’aléas. Ils mettent à profit les autres compétences de l’Institut : les risques accidentels pour le captage et le transport et les risques chroniques pour l’impact environnemental et sanitaire des substances injectées au sein d’aquifères profonds. transport et stockage souterrain du CO2 ». phénomène de retrait-gonflement des argiles) et la maîtrise de la sécurité des stockages en milieu géologique. Il s’intéresse en particulier à la caractérisation et la modélisation des effets de l’eau et du temps sur la stabilité des ouvrages rocheux ainsi qu’au développement d’outils de prédiction des ruptures. Outre la mise en œuvre d’études approfondies consacrées à l’impact de l’ennoyage sur les anciens travaux miniers. Il porte sur l’évaluation des risques à long terme liés aux stockages souterrains notamment pour la filière CSC (captage. versants. falaises. Avec la décroissance rapide des activités minières françaises et la survenue des incidents liés à la fermeture et l’ennoyage des mines à la fin des années 1990. Parallèlement. l Développer des méthodes de caractérisation en laboratoire et in situ d’interactions rochesfluides. l Développer une méthode de référence d’analyse intégrée des risques relatifs aux stockages souterrains pour la filière « capture. de traitement et d’interprétation des signaux. l Améliorer les outils de détection et l’analyse des signes précurseurs de mouvements de terrain de manière à assurer une surveillance optimale des sites à risque. Désormais. les priorités de recherche étaient tournées vers l’amélioration de la sécurité dans les mines de charbon notamment pour la prévention des coups de terrains – phénomènes dynamiques en mines profondes – et la maîtrise des atmosphères dans les chantiers – limiter ou gérer les émissions de gaz dangereux. l’Institut s’est progressivement ouvert à d’autres problématiques mobilisant les compétences acquises telles que la maîtrise des risques naturels de mouvements de terrain (carrières. d’importants efforts ont été déployés pour adapter la technique d’écoute microsismique à la détection des signes précurseurs d’effondrement ou d’affaissement brutal de la surface du sol à l’endroit d’anciennes exploitations souterraines. en consacrant notamment une part importante à l’analyse du phénomène d’interaction sol-structure. phénomène rendu particulièrement sensible dans une perspective de changement climatique. l Mieux prendre en compte les effets de fluides (eau. l Développer des outils de modélisation numérique prédictifs des phénomènes thermohydro-mécaniques et géochimiques et de leur interaction avec les ouvrages. Un deuxième axe de recherche est bâti dans une optique de transfert des connaissances acquises vers des thématiques émergentes. parmi les axes de recherche pour les années à venir. pour mieux évaluer les risques de mouvements de terrain. transport et stockage de CO2). Les travaux ont pour vocation de développer des méthodes d’analyse de risque et d’identification de scénarios de défaillance portant sur l’ensemble de la chaîne intégrée.Stratégie de recherche l Développer des méthodes non destructives performantes pour détecter et caractériser l’état des cavités souterraines. Lors de la création de l’Institut. gaz) et du temps sur la stabilité des ouvrages souterrains et des massifs rocheux. L Ainsi.

L’incertitude des analyses de risques de mouvements de terrain R. Il n’est pas toujours possible de disposer de l’information relative à l’existence même d’une source de danger – une cavité souterraine – en un endroit donné. précision et fiabilité de la donnée. la gestion des risques est d evenu e u n e d ema n d e fo r te d es populations concernées et constitue l’une des priorités de travail des pouvoirs publics. Il s’agit donc pour l’expert de formuler des avis sur le futur. aux connaissances propres de l’expert. Salmon E ffondrements. chutes de blocs… Face aux conséquences dramatiques que peuvent avoir certains mouvements de terrain engendrés par les objets rocheux. l e s p ro b l é m at i q u e s classiques de l’incertitude de la donnée s’appliquent (variabilité naturelle. les connaissances disponibles sur la source potentielle de danger sont limitées. en partenariat avec le LAEGO [1]. anticiper les dangers auxquels les populations et les infrastructures peuvent être exposées. La gestion des risques s’appuie d’abord sur leur identification et leur évaluation : prévoir la nature des phénomènes susceptibles de se réaliser. Par conséquent. S’agissant des données d i s p o n i b l e s . mouvements de terrains passés…). il apparaît nécessaire d’en réaliser une typologie intégrant les spécificités liées aux mouvements de terrain. l L’identification et la compréhension des phénomènes étudiés : problèmes liés à l’interprétation et l’analyse des événements passés. biais de la mesure lors de la caractérisation…) (figure 1). l La valeur. L’ancienneté de certains travaux souterrains a pu entraîner la perte de tout plan d’exploitation. On s’appuie donc sur l’existence d’indices (présence d’une couche géologique propice à l’exploitation. évaluer l’échéance de la réalisation des scénarios de risques. Les cavités souterraines (naturelles ou anthropiques) et les fronts rocheux à l’origine d’éventuels mouvements de terrain sont des milieux caractérisés par une grande variabilité. afin que le décideur établisse des choix dans le présent. Elle a permis de proposer des outils là où les carences techniques les plus fortes ont été identifiées. Telles sont les questions auxquelles l’expert doit apporter des éléments de réponse. glissements de terrain. spatiale et temporelle. TYPOLOGIE DES INCERTITUDES Puisque le concept d’incertitude est complexe au sens où il intègre des notions très différentes. FIGURE 1 EXEMPLE D’INCERTITUDE SUR LA DONNÉE : COMPARAISON ENTRE PLAN MINIER GÉORÉFÉRENCÉ ET RELEVÉ TOPOGRAPHIQUE RÉEL (DONNÉES GEODERIS) . La notion d’incertitude apparaît donc sur deux plans : la capacité d’établir un diagnostic précis d’une situation donnée . Incertitude de diagnostic Le premier type d’incertitude concerne les données nécessaires à l’établissement d’un diagnostic de la situation actuelle. Incertitude d’expertise L’incertitude d’expertise découle des choix que l’expert réalise au cours de son processus d’analyse. et la capacité d’établir des scénarios d’évolution pertinents. à sa capacité à se représenter le problème étudié. manque de connaissance. l L a d isp o nibilité d e la d o n n é e : probablement l’une des spécificités de l’évaluation des risques « mouvements de terrain ». le probable. L’expertise a pour objet d’établir un diagnostic d’une situation donnée afin d’identifier ses évolutions futures. Dans le cadre d’un travail de thèse mené à l’INERIS par Maxime Cauvin. une analyse systémique des incertitudes propres aux analyses du risque de mouvement de terrain a été réalisée.

La confiance que peut avoir un expert vis-à-vis de l’existence réelle d’une source de danger est dépendante de la source d’information qui lui a permis d’identifier celle-ci. le problème de l’existence de travaux souterrains est particulièrement délicat à traiter pour l’expert. . etc. de relevés topographiques. l leur fiabilité.. Les travaux réalisés se sont inspirés du domaine de la prévision météorologique avec l’« indice de confiance » développé par Météo France. allant de 1 (indice le plus bas) à 5 (indice le plus haut) permet une communication facile qui apparaît relativement compréhensible par le public. non seulement l’incertitude liée aux données d’entrée. Plus concrètement. Cette approche a permis de mieux caractériser la notion de « prédisposition » (probabilité d’occurrence) dans le cadre de la réalisation des études d’aléa des Plans de Prévention des Risques Miniers. Plus l’indice d’existence est grand. d’investigations sur site. problèmes liés à l’utilisation d’outils numériques. Chaque type d’information est donc caractérisé par un niveau de confiance. Puisque chaque modèle « approche » INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 93 .. Cette même échelle a été conservée pour l’indice d ’e x is ten ce q u e n o us pro p os o ns. c’est-à-dire les « biais » qui résultent du modèle lui-même : problèmes de calibrage. caractérisant la probabilité q u ’u n e s o u rce d e d a n g e r e x i s te réellement sur un site donné. d’estimer ou de caractériser le risque. simulations de Monte-Carlo…). méthode d’exploitation) Exploitation Mal foudroyée (cf. Nous avons développé une démarche permettant de prendre en compte. l’incertitude de modèle concerne : l leur représentativité. Son sens réel doit néanmoins être précisé (figure 2). ouvrage) Géologie favorable + présence mentionnée dans les archives d’indices miniers (ancien effondrement. mais également l’incertitude liée au choix du modèle. l la problématique de la propagation des incertitudes dans les modèles.) ne peuvent pas être réalisées pour des raisons financières ou humaines. de la méthodologie de résolution. En revanche. l’absence d’outils autorisant une hiérarchisation des sources d’incertitude. exploitation filonienne) Bien foudroyée (cf. Le principe de notre démarche consiste à intégrer l’ensemble des modèles dans l’analyse. Ainsi. nous avons obser vé un cer tain nombre de carences : le manque d ’outils permettant de préciser l’incertitude sur les données manquantes . ouvrage) Géologie favorable OU ancien effondrement en surface OU présence mentionnée dans les archives de travaux miniers Doute sur la nature du désordre visible OU fiabilité faible de l’information géologique Exploitation partielle 5 5 1 3 3 4 3 5 3 4 3 2 1 FIGURE 2 EXEMPLE DE GRILLE DE VALEURS POUR L’INDICE D’EXISTENCE DES VIDES SOUTERRAINS DE PETITES DIMENSIONS niveau de confiance qu’il aura. Cela signifie uniquement que l’expert considère comme le plus crédible la possibilité de présence d’un ouvrage souterrain. un « indice d’existence ». Plutôt que d’adopter la stratégie qui consiste à faire comme si les travaux existaient réellement – et ainsi à se placer dans le pire des cas – une marge de sécurité qualitative est indirectement utilisée. plus l’information est fiable et plus grande sera la crédibilité de la présence d’un ouvrage pouvant générer un accident. la stratégie mise en œuvre revient à adopter une approche qualitative. c’est-à-dire le problème de la simplification de la réalité .l Le choix de la méthode d’analyse : choix des scénarios. peu d’approches permettent d’évaluer le poids de l’incertitude liée au choix du modèle ni de comparer ces deux types d’incertitude. des outils et modèles adaptés. Poids des incertitudes : priorité aux données d’entrée ou au choix du modèle ? Les outils permettant d’évaluer le poids de l’incertitude liée aux données d’entrée sur les résultats sont nombreux (études de sensibilité. totale méthode d’exploitation) Exploitation Exploitation totale voisine Exploitation partielle contemporaine Type Exploitation totale d’exploitation Informations inconnu Exploitation disponibles Archives partielle Pas d’information disponible Géologie favorable + présence visible d’indices miniers (ancien effondrement. Incertitude de modèle De la phase d’expertise découle le choix de modèles mathématiques ou numériques permettant d’évaluer. compte tenu de l’information qui a permis de l’identifier. qualité du plan. L’indice de confiance Lorsque l’acquisition des données ou la recherche des travaux souterrains (par la réalisation de sondages. L’échelle utilisée. L’utilisation de tels outils ne permet néanmoins que d’approcher la réalité et induit une certaine indétermination du résultat de l’analyse. L’étude se retrouve ainsi exemptée du problème du choix du modèle unique et des préférences ou de la subjectivité propres à l’expert. La qualité de l’information influencera directement le Plan à disposition Pas de plan à disposition Chambres et piliers Vides de petites dimensions (galeries isolées. Obtenir un indice d ’e x i s te n ce d e 5 n e s i g n i f i e p a s automatiquement qu’un aléa existe. DE NOUVEAUX OUTILS S’appuyant sur la typologie établie et l’audit d’études d’analyses de risque de « mouvements de terrain ». Il lui faudra ensuite évaluer la possibilité que ce vide génère ou non des effets en surface.

Une approche similaire relative à la caractérisation de la vulnérabilité et des enjeux permettrait de progresser vers une approche intégrée de l’évaluation du risque « mouvement de terrain ». pp. 8 p. Verdel T. De manière à réaliser une telle intégration. anticipating hazards likely to affect people and infrastructures can be exposed.. mais les premiers modèles proposés souffrent d’un retour d’expérience insuffisant afin d’en améliorer la robustesse. 1371-1380.. les travaux développés se sont surtout concentrés sur le concept de l’aléa et pas sur la notion de risque. [3] Cauvin M.la réalité d’une manière différente. les modèles sont choisis de manière aléatoire dans le processus d’estimation du risque. n° 10. Modeling uncertainties in mining pillar stability analysis. 23-25 mai 2007. Dealing with uncertainties in the context of post mining hazard evaluation. Proceedings of the symposium post-mining 2008. Par ailleurs. EXEMPLE : APPLICATION À L’ÉVALUATION DE LA PROBABILITÉ DE RUINE D’UN PILIER DE MINE Plusieurs modèles (formules analytiques) permettent d’évaluer la possibilité de ruine d’un pilier de mine. Application à la carrière souterraine de Grozon. Risk Analysis. Présentée et soutenue publiquement le 20 décembre 2007. . l a démarche présente clairement les parts respectives de l’incertitude liée aux données d’entrée. tools were developed in order to fill identified scientific gaps: l a confidence index to characterize the confidence of the expert in a context of missing input data based on their nature and quality. Bordeaux. 2007). Prise en compte des incertitudes et calcul de probabilité dans le domaine des risques liés au sous-sol. aux paramètres de modèle et au choix du modèle et permet d’identifier les sources principales d’incertitudes sur le résultat. vol. Thèse de doctorat de l’École Nationale Supérieure des Mines de Nancy. La nécessité de la prise en compte de la composante temporelle de l’aléa a été abordée par exemple. L’application de la démarche montre que 57 % de l’incertitude sur le résultat est portée par la variabilité et la mauvaise connaissance des données d’entrée du problème et 43 % est expliquée par la dispersion des modèles qui ne permettent que d’approcher la réalité. La démarche permet d’identifier la nature des investigations à mettre en œuvre en priorité. a systemic analysis of uncertainties in risk analysis of ground movement was carried out. l’intégration au sein de la même analyse de plusieurs modèles peut permettre de tendre plus justement vers la réalité. Moreover. La source principale d’indétermination dans ce problème est liée à la mauvaise connaissance des dimensions géométriques des piliers de mine (responsable de plus du tiers de la variance totale). PERSPECTIVES D’autres perspectives peuvent être envisagées. Based on a thesis completed in INERIS by Maxime Cauvin. Salmon R. ou encore de préciser si les moyens doivent être déployés préférentiellement sur l’investigation de terrain ou sur les développements numériques. It enabled to establish a typology of uncertainties that fits “ground movements” risk analyses specificity. This enables a more effective way of deciding where extra resources should be allocated (on field investigations. Risk management is primarily based on the identification and assessment of hazard: predicting the nature of the phenomena likely to occur. RÉFÉRENCES [1] Cauvin M. December 20. [4] Cauvin M. Dans un contexte où les moyens de diminution de l’incertitude sont souvent limités. l a methodology for comparing the weight of the uncertainty of input data and models on the result.. A p r è s t r a i te m e n t a n a l y t i q u e . 6-8 February 2008. Prise en compte des incertitudes et calcul de probabilités dans les risques liés au sol et sous-sol. [2] Cauvin M. Verdel T.. 2009. in partnership with LAEGO ("Taking into account uncertainties and probability calculations in ground and underground risk studies". 29. numerical modeling enhancements…). Actes des 25es Rencontres universitaires de génie civil. FIGURE 3 CONTRIBUTION DES DIFFÉRENTES SOURCES D’INCERTITUDE À L’INDÉTERMINATION ABSTRACT Ground movements induced by underground cavities or rock slopes may lead to tragic consequences. Nancy. Salmon R. cette démarche accompagne l’expert afin de choisir la stratégie pour préciser le résultat de son analyse de la manière la plus ef ficace. Risk management has become a strong demand from concerned population and is one of the priorities of public authorities. scheduling the implementation of risk scenarios...

Constitutive Model of the Meuse/HauteMarne Argillites. Nancy. Les applications concernent les structures de stockage de déchets radioactifs (laboratoire souterrain de Meuse/ Haute-Marne et celui de Manitoba au Canada creusés entre 400 et 500 m de profondeur.. In: 4th Int. la modélisation théorique et les applications. à des études approfondies sur le comportement thermohydromécanique de la roche hôte et des barrières ouvragées. March 29 . (2010). Balkema. progressive des eaux souterraines après l’arrêt des pompages d’exhaure. depuis plus d’une vingtaine d’années. Armand G. (2010). Armand G. [5] Souley M. Boulon M. (2007). un travail de modélisation théorique des phénomènes (développements conceptuel et numérique) et un travail d’applications aux structures sur site. Enfin. Wileveau Y. bassins ferrifère et salifère lorrains) [3]. L’approche adoptée dans cette recherche consiste à mener de front un travail expérimental. gaz et hydrocarbures). l’exigence de sécurité et de fiabilité des sites de stockage. EXEMPLE 1 : UN NOUVEAU DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL POUR CARACTÉRISER LE COMPORTEMENT HYDROMÉCANIQUE D’UNE MATRICE POREUSE ET FRACTURÉE L’étude expérimentale.. Rhodes (Greece). France. mettant en jeu les comportements mécanique. 2010. Cette méthodologie sera illustrée par trois exemples mettant en œuvre l’expérience. composés d ’u n e m at r i ce (ro c h e p o re u s e et microfissures) et de fractures souvent disposées en réseaux. Par ailleurs. Symposium on "Clays in natural and engineered barriers for radioactive wasteconfinement". à l’issue des essais en laboratoire et/ ou d’observations in situ sur de nombreux matériaux (minerai de fer. Lopez P... Su K. [3] Souley M.Comportement hydromécanique des géomatériaux : applications aux ouvrages souterrains M. Thoraval A. (2010). Hydromechanical couplings between fracture and rock mass in the case of a fractured sandstone. la mine de Kamashi au Japon située à 1 000 m) et les ouvrages miniers (bassins houillers de Provence. plusieurs modèles conceptuels et lois de comportement ont été développés. C’est moins le cas lorsque la matrice constituant les épontes de la fracture est perméable (naturellement et/ou due à l’endommagement).. Souley A près une période d’exploitation intense des mines. à l’exception de quelques INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 95 . hydromécanique et thermohydromécanique (THM) complexes et illustrant la nécessité de mieux comprendre les phénomènes s’y rattachant.April 1st. notamment leur stabilité mécanique sous l’effet d’une remontée RÉFÉRENCES [1] MODEX-REP . la France et d’autres pays européens sont confrontés aux problèmes posés par la fermeture et l’abandon de ces ouvrages. de schiste et de grès). joints rocheux de granite. Su K. ISBN 978-0-415-44027-1. [4] Souley M. théorique et numérique du comportement hydromécanique de fracture isolée a été largement abordée dans la littérature depuis plusieurs décennies. Pande & Pietruszczak (eds).. [2] Souley M. Ces modèles constitutifs ont été implantés dans des codes de calculs. A viscoplastic behaviour including damage for deep argillaceous rocks: from in situ observations to constitutive equations.Deliverable 2 & 3. 100 p + 2 annexes. argilites de l’Est et granite . Mémoire d’Habilitation à Diriger des Recherches de l’INPL.. et des applications à des cas réels ont été réalisées aussi bien pour des interprétations d’essais ou d’expériences in situ spécifiques que pour des rétro-analyses et des confrontations avec les mesures. Rock Mechanics and Rock Engineering (soumis). Nantes. 269-275. notamment de déchets radioactifs a donné lieu. Symp. EC Modex-Rep Project – Contract FIKWCT-2000-0029 . pp.. explique le gr and intérêt p our la communauté scientifique d’étudier le comportement hydromécanique des massifs rocheux fracturés. Plus précisément. la gestion des ressources naturelles (eau. Ce sont quelques exemples de problématiques géoenvironnementales.. Comportement mécanique et hydromécanique des massifs rocheux : applications aux ouvrages souterrains. Modelling of the hydromechanical response of a shaft sinking in a deep claystone Int. On Numerical Models in Geomechanics (NUMOGX) 25-27 April 2007. Ghoreychi M.

De plus.E-03 2. En s’appuyant sur ces observations et nos recherches antérieures. mais aussi individuellement dans la fracture ou dans la matrice. La figure 2 illustre la validation de la loi sur un chemin de contraintes n’ayant pas ser vi à l’identification des paramètres de loi (essai de relaxation) et l’apport de la nouvelle loi sur un chemin de fluage 1. dans un premier temps. Il a été démontré que la perméabilité de la fracture à travers son ouverture hydraulique dépend aussi bien de sa fermeture mécanique que des contraintes effectives régnant dans les épontes [4]. l en première approximation. Plus récemment. une grande campagne d’essais de laboratoire a été menée en 1995 et 2001 au cours de laquelle plusieurs centaines d’essais géomécaniques ont été réalisés par différents laboratoires nationaux et européens.E-03 0. Ces mesures ont montré que : (a) les déformations viscoplastiques (ou différées) sont anisotropes et dépendent de l’orientation de la galerie par rapport à l’état initial des contraintes . a été mis au point en partenariat avec le laboratoire L3S de Grenoble. les échanges entre la fracture et la matrice.E-02 Déviateur à 30% du pic 8. avec précision. son application pour interpréter les mesures issues de différentes expériences in situ . et d’autre part. Sur la base de ces essais. son enrichissement en prenant en compte les deux phénomènes transitoires. ce dispositif offre l’opportunité de quantifier expérimentalement. où des mesures en continu de pression de pore. Par ailleurs. la rupture et le comportement « postpic » sont approchés par la théorie de plasticité basée sur la généralisation de Hoek & Brown récemment revisitée . EXEMPLE 2 : DÉVELOPPEMENT D’UN MODÈLE RHÉOLOGIQUE POUR LES ARGILITES Plus de 400 m de galeries horizontales au niveau principal de -490 m du laboratoire souterrain de Meuse/HauteMarne (LS/MHM) ont été équipés depuis avril 2005 pour les mesures continues de convergence et d’extension dans le but d’une meilleure compréhension de la réponse des argilites en fonction du temps à l’échelle de l’ouvrage souterrain. l le comportement à long terme étend le modèle de Lemaître modifié . Mise en évidence de l’effet d’endommagement sur les déformations différées.E+00 0 50 Seuil d'endommagement non encore atteint 100 Simulation d'essai de fluage triaxial multipalier multiaxial et multipalier [5].E-02 1. le comportement hydromécanique a été. la fracture comporte un collier amovible études numériques. la plupar t des essais mécaniques instantanés étant réalisés sur des échantillons d’argilites à l’état hydrique naturel (quasi saturé). plusieurs modèles rhéologiques de prédiction du compor tement à court terme et à long terme ont été développés dans le cadre du projet européen MODEX-REP ou de partenariat avec l’ANDRA [1].FIGURE 1 DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ACCUEILLANT UN ÉCHANTILLON FRACTURÉ dont le pourtour et le forage d’injection d’eau sont imperméabilisés . et leurs interactions.E-02 1. EXEMPLE 3 : APPLICATION AUX STRUCTURES DE STOCKAGE DES DÉCHETS AU LABORATOIRE SOUTERRAIN LS/MHM Afin de caractériser le comportement mécanique. notamment l’expérimentation REP « réponse à l’excavation d’un puits ». hydromécanique et thermohydromécanique des argilites du Callovo-Oxfordien. approché en contraintes totales. en conditions pseudo-non drainées et sans mesure de la variation de pression de pore. Les travaux en cours sont : d’une part.E-03 Déviateur à 70% du pic 6. ( b) l e s v ite s s e s d e d éfo r m at i o n s viscoplastiques observées dans les zones saines loin des parois de galeries sont du même ordre de grandeur que celles obtenues sur échantillons en laboratoire. permettant de caractériser en même temps les écoulements dans la fracture et dans la matrice poreuse. Un dispositif expérimental (figure 1). Les vitesses enregistrées dans la zone endommagée ou fracturée près des parois sont de 1 à 2 ordres de grandeur plus élévées. l’endommagement. Ceci indique l’influence de l’endommagement et des fractures ouvertes sur les vitesses viscoplastiques. . de déformations Distorsion viscoplastique [-] FIGURE 2 Avec effet d'endommagement Sans effet d'endommagement 150 200 Temps [h] LOI DE COMPORTEMENT ENDOMMAGEABLE-VISCOPLASTIQUE.E-03 4. Les essais hydromécaniques réalisés sur un grès poreux et fracturé ont permis de progresser dans la compréhension des couplages hydromécaniques dans la fracture et la matrice. couplages hydromécaniques et viscoplasticité. l’influence de l’endommagement et des fractures sur les déformations viscoplastiques est introduite dans l’énergie d’activation et l’écrouissage à travers des évolut i o n s e n fo n c t i o n d e l a v a r i a b l e d’endommagement. une loi de comportement endommageableviscoplastique a été proposée pour les argilites de l’Est : l à court terme. le comportement hydromécanique de ces argilites a également été étudié dans le cadre des expérimentations in situ.

several conceptual models and rheological laws were developed. (c) the modeling of REP experimentations (including the hydromechanical behaviour) at the underground laboratory of Meuse/Haute-Marne (LS/MHM). Notre retour d’expérience montre que. Cependant. (b) the developments of a macroscopic viscoplastic model of argillites aimed to improve the viscoplastic strain prediction in the EDZ (Extent of Damaged Zone) around the LS/MHM drifts are proposed based on the in situ observations. La figure 3B montre la comparaison des pressions : l le modèle prédit correctement la chute de pression après le passage du front . adjacente à la paroi du puits. l la baisse instantanée de la pression de pore à chaque séquence de fonçage est bien prédite. des hypothèses simplificatrices ne permettent pas d’expliquer les phénomènes multiphysiques de plus en plus complexes. These constitutive models were also implemented in numerical codes and applied to interpret specific in situ experiments and to perform retro-analyses with confrontations between measurements and predictions. Confrontation entre mesures et modèle ABSTRACT Research presented here is justified by several problematics in relation to the geoenvironmental applications: post-mining with regard to the mechanical stability of the abandoned mines due to a progressive rise of ground water after the end of the dewatering process. B. i l présente l’inconvénient d’utiliser en partie une relation basée sur un critère géométrique (distance radiale de la paroi du puits) plutôt qu’une grandeur intrinsèque du matériau en champ proche comme la porosité. Si le modèle conceptuel d’évolution de perméabilité a permis d’améliorer de manière significative les prédictions d e p re s si o n en c h a m p p ro c h e. On the basis of the laboratory tests and/or in situ experiments carried out on several geomaterials (iron ore. basée sur la compréhension et la quantification des mécanismes physiques en jeu. et l’autre zone.et de déplacements (extensomètres.9. Les mesures de perméabilité (à l’eau) réalisées dans les chambres de mesure de pression dans les forages ont montré l’existence « vraisemblable » de deux zones distinctes : la première. Les résultats sont montrés sur la figure 3. The approach adopted in this research consists to jointly undertake an experimental study. correspondant à la zone perturbée au sens hydraulique (EHZ). d’environ 0. En conclusion. INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 97 . Le forage REP2102 est approximativement orienté dans la direction de la contrainte horizontale mineure : les chambres de mesure de pression PRE_01. rock joints of granite. Three examples are illustrated here: (a) a new experimental device allowing to characterize the hydraulic exchanges between fracture and matrix in a double porosity environment. Les applications s’inscrivent dans le cadre des problématiques liées à l’après-mine. des surpressions plus élevées se sont développées. le modèle tend à sous-estimer cette variation (relativement à la pression de pore initiale) comparée aux mesures. l dans les chambres (PRE_01. schist and sandstone). Ces résultats n’avaient pas pu être prédits sans la prise en compte de l’évolution de perméabilité dans l’EDZ et l’EHZ. A. PRE_03 et PRE_05). Ceci justifie l’intérêt des recherches permanentes et pluridisciplinaires entreprises en France comme à l’étranger. The details of methodology and the applications carried out are widely discussed in Souley (2010). une méthodologie de modélisation en géomécanique a été proposée. PRE_03 et PRE_05 sont respec tivement sit u é e s à la distance radiale de 4. EXPÉRIMENTATION REP (réponse à l’excavation d’un puits) : vues des forages et chambres de mesures à partir de la niche B. dans de nombreux cas. FIGURE 3 A. Ce modèle conceptuel est utilisé pour expliquer les variations de pression obser vées dans l’expérimentation REP.5 MPa . associée à des variations très modérées de la perméabilité. a theoretical modeling of physical phenomena (conceptual and numerical developments) and in situ applications. en termes d’amplitude de surpression. claystones and granite. montrant de for tes valeurs de perméabilité correspondant à la zone perturbée au sens mécanique (EDZ) . 2.7 m de la paroi du puits. convergensomètres et inclinomètres) ont été réalisées dans les forages à partir d’une niche située à -445 m au Laboratoire souterrain LS/MHM (figure 3). C e m o d è l e p e r m et d e c o m b i n e r l’évolution empirique (issue des mesures in situ) de la perméabilité avec la distance radiale de la paroi dans l’EHZ et l’évolution de la perméabilité liée à l’endommagement dans l’EDZ à travers la distorsion plastique considérée comme variable d’endommagement [2].7 et 1. the deep underground storage of hydrocarburs or radioactive wastes. Le modèle et les mesures prévoient ces surpressions avant le passage du front. à la gestion des ressources naturelles ou à la performance des structures de stockages. Un modèle conceptuel de variations de perméabilité autour du puits a donc été proposé. The practical applications involve structures of deep underground radioactive waste repository (such as the underground laboratory of Meuse/Haute-Marne in France) and the mining works.

Kazmierczak/F. extensomètres). Ce matériau possédant une matrice poreuse.4 μm). Ils mettent en œuvre des dispositifs très sophistiqués tels qu’un Microscope Électronique à Balayage Environnemental couplé à une platine de compression et à des appareillages de terrain plus classiques (capteurs d’humidité. LE MATÉRIAU L a c r a i e d ’E s t reu x e s t u n e ro c h e s é d i m e n t a i r e . elle contient des fractions argileuses. d’où sa couleur gris-vert. d a té e d u C r é t a c é supérieur. des essais ont été réalisés à dif férentes échelles en laboratoire et in situ . des plaquettes de coccolithes cassées de dimensions diverses (entre 0. Le comportement mécanique de la craie est sensible à l’environnement hydrique dans lequel elle se trouve. riches en glauconie. des phénomènes de dissolution peuvent se produire et contribuer à la diminution de la résistance des ouvrages souterrains (piliers. sur le long terme. L’existence de ces vides pose naturellement la question de leur devenir. Pour appréhender correctement ces comportements. par exemple) par une augmentation du volume poreux. O n peut y observer un coccolithe entier de diamètre de l’ordre de 5 μm. microfissurations) pouvant être à l’origine d’une diminution des caractéristiques de résistance mécanique de la roche sont ainsi analysés au MEBE.5 et 2. La craie est très sensible au degré de saturation (proportion de liquide dans le volume poreux). augmentation modérée de la porosité.Comportement à long terme de la craie J.5 μm) et des pores de formes variées. Les petits pores ont une dimension comparable au diamètre moyen d’accès obtenu par la technique du porosimètre (1. Des changements imperceptibles à l’œil nu (microdissolution. Généralement blanche et poreuse. Les mécanismes de transfert ainsi que leur cinétique dépendent de l’atmosphère ambiante et des différents équilibres thermodynamiques entre les différentes phases (solide. La microstructure de la craie d’Estreux es t présenté e sur la fig ure 1. B. liquide. de leur comportement et de leur stabilité à court comme à long terme. non seulement d’un point de vue chimique mais aussi mécanique. En fonction des composantes minéralogiques. O n re m a rq u e q u e l e s p o re s s o nt regroupés en deux groupes : des gros pores de formes convexes et de petits pores de formes variées. des transferts de masses. LES ESSAIS DE LABORATOIRE Divers travaux menés dans le cadre d’un programme de recherche ont permis d’analyser les mécanismes de dégradation ou d’altération des propriétés mécaniques de la craie (craie d’Estreux). gaz). Laouafa L es recherches menées sur la craie sont motivées par l’existence su r le ter r itoire f r ançais d e nombreux vides souterrains d’origine anthropique (carrières) ou naturelle (résultant de dissolution) dans ce matériau. de fluides ou de chaleur se développent en son sein. Des essais de tractioncompression uniaxiaux à une échelle « micro » ont été effectués dans le MEBE à l’aide d’une platine spécifiquement FIGURE 1 IMAGES DE LA CRAIE D’ESTREUX AU MICROSCOPE ÉLECTRONIQUE À BALAYAGE ENVIRONNEMENTAL (MEBE) .

la surface de l’échantillon est identique à celle de l’échantillon intact (B) . l l’effet du temps : cet effet a été étudié à partir de plusieurs types d’essais tels que le fluage. Des mécanismes de dissolution. à environ 0. la signature hydrique ou courbe de rétention de la craie d’Estreux a été construite (figure 3) . mais que l’humidité relative varie entre 80 % et 100 %. voisine de 11 °C. L’eau modifie l’état de contrainte de la craie. sont les deux facteurs principaux à l’origine des changements d’hydratation dans la craie. On présente. une fracture pseudo-verticale devient apparente (C) avec une ouverture progressive dans la phase post rupture (D) et (E). Platine de compression (à gauche). L’envahissement d’eau et la faible vitesse de déformation (de l’ordre de 10 -12/s) d’un massif (phénomènes rencontrés dans la nature) ont des effets défavorables sur la résistance de la craie. S : succion. basées sur les concepts de sols non saturés. l les modèles de comportement de la craie : plusieurs modèles constitutifs ont été analysés et développés pour décrire le comportement prenant en compte la vitesse de sollicitation ainsi que l’effet de la succion − différence entre pression de l’air et pression du fluide. transport et précipitation se manifestent en surface de l’échantillon . La cimentation est présente entre ces grains. Ce travail permet de proposer et de développer des dispositifs qui sont nécessaires et recommandés pour une bonne caractérisation du comportement hydromécanique de la craie en laboratoire.FIGURE 2 ESSAI MICROMÉCANIQUE DE COMPRESSION UNIAXIALE DANS LE MEBE SUR UN ÉCHANTILLON DE CRAIE SATURÉE EN EAU (A) . s : MPa FIGURE 4 RÉSISTANCE EN COMPRESSION SIMPLE POUR DIFFÉRENTS DEGRÉS DE SATURATION ET PHOTOS DES MICROÉCHANTILLONS APRÈS RUPTURE (ESSAIS MICRO) FIGURE 3 COURBE DE RÉTENTION D’EAU DE LA CRAIE D’ESTREUX (Srw : degrés de saturation. Succion totale. L’instrumentation du site d’Estreux a été réalisée dans l’objectif d’étudier le comportement à long terme de la craie dans son environnement naturel. Dans le cadre partiellement saturé.9 % de déformation axiale. O n obser ve également une réduction de la résistance avec le temps. Hr : humidité relative) INERIS_RS 09-10_prévention des risques du sol et du sous-sol PAGE 99 . D a n s l e c a d re d e ce s re c h e rc h e s plusieurs aspects ont été examinés : l l’effet de l’eau : les études des couplages hydromécaniques. liées aux cycles saisonniers. l’évolution des mécanismes de rupture au cours de la sollicitation « micromécanique » (figure 2). l la microstructure de la craie : ces études ont montré que la craie est un milieu poreux avec des vides. Elles concernent à la fois la mésostructure et la microstructure de la craie. l’hygrométrie ambiante et les évolutions du niveau de la nappe phréatique. développée à cet effet. la relaxation à différentes vitesses de déformation et/ou de chargement. LES MESURES IN SITU Dans la carrière d’Estreux. au sein d’une carrière souterraine abandonnée. Les analyses effectuées lors de ces recherches mettent en évidence les couplages visco-hydromécaniques complexes dus à l’action de l’eau et à l’effet du temps.In (h) . provoque l’affaiblissement généralisé de celleci et réduit son domaine élastique (figure 4). Les images sont réalisées à partir d’un agrandissement de x37 (A) jusqu’à x310 (E). Ces ess ais mettent en évidence la dépendance du comportement de la craie vis-à-vis de la vitesse de sollicitation . pour un échantillon saturé en eau. de l’eau et des grains de calcite. au pic de résistance. en phase de radoucissement. Des mesures effectuées in situ depuis 2004 révèlent que la température dans la galerie est relativement stable.

C. En d’autres termes. (2003). mettent en évidence des tendances d’évolution. several experimental investigations at different scales (microscopic. [3] Nguyen H. alors que la convergence du toit et du mur apparaît clairement linéaire (avec toutefois des vitesses très faibles). On a montré l’intérêt de l’utilisation de ce type de microscope pour l’observation des géomatériaux dans des contextes multiphasiques et multiphysiques. D. car en carrières souterraines. First European Conference on Unsaturated Soils. moisture. [4] Nguyen. menés sur de petites éprouvettes de craie. Par ailleurs. Cela est très important. These three scales were considered in order to determine accurately the general features of the chalk hydromechanical behaviour. hygrometry.. le domaine d’élasticité (critère de plasticité) croît avec la succion et la vitesse de sollicitation. bien que faibles. l’approfondissement et l’élargissement de dépressions assimilables aux pores ont ainsi pu être observés. In order to analyze the behaviour and strength of such material. la pression interstitielle et la déformation des piliers . L’extrapolation des résultats suggère qu’il y a une diminution significative de la résistance du matériau lorsque la vitesse de la sollicitation est très faible. Thèse de Doctorat de l’Institut National Polytechnique de Lorraine: 265. Delage P. Hydraulic modifications may affect the long term stability of pillars. mécanique ou thermique est faible. ABSTRACT Chalk mine pillars are submitted to mechanical loading and to variations of water saturation that can be due to seasonal environmental changes as water level fluctuations. paramètres caractérisant ou affectant le comportement et les propriétés mécaniques du massif et/ou de l’ouvrage souterrain. In situ observation shows irreversible displacement and strains evolution with hygrometry. RÉSULTATS L’analyse au Microscope Électronique à Balayage Environnemental a permis d ’ef fe c t u e r d e s e s s a is d a n s u n e atmosphère à hygrométrie contrôlée. Collapse under wetting at constant applied vertical load was also observed..) ou la pression atmosphérique. Ces résultats originaux encouragent l’utilisation de cet outil dans le domaine de la géotechnique. strains) in a pillar of the abandoned Estreux chalk mine (France). Des phénomènes comme la création de fissures lors de phases d’hydratation. tels ceux rencontrés par les craies. la vitesse de sollicitation est souvent très faible. (2008). partially saturated and dry chalk samples. et p eu t d o n c avo i r p o u r conséquence une diminution de la résistance des piliers ou de celle du toit et du mur. ParisTech. Suction hardening was clearly identified. Les variations des grandeurs mesurées : température. resulting in increasing yield stresses with suction. etc. Rate dependency and two principal failure modes (shear and pore collapse) were observed and formalized. effectués en laboratoire. Vieillissement et comportement rhéologique du gypse. De Gennaro V. dans le temps. l’évolution temporelle de paramètres tels que la température. . Analyse microstructurale au MEB environnemental d’une craie soumise à chargement hydrique et mécanique. [2] Sorgi C. Geoscience 339. Sorgi C. The macroscopic scale concerns the monitoring of several variables (temperature. à l’aide de méthodes spécifiques (phase vapeur et pression osmotique) fournissent des données e s s e nt i e l l e s te l l e q u e l a co u r b e de rétention d’eau du matériau par exemple. temperature or atmospheric pressure. Influence des interactions eau-roche sur le comportement à long terme de cavités souterraines dans la craie. H. mesoscopic and macroscopic) have been conducted on saturated. l’humidité. poids d’eau dans les terrains de surface. Water retention properties and a series of high pressure controlled suction odometer mesoscopic compression tests were carried out on chalk samples extracted from a pillar. déplacement. Retention and compressibility properties of a partially saturated mine chalk. Cette dernière traduit le c o m p o r te m e n t « h y d r i q u e » d u matériau poreux et laisse entrevoir quelle pourrait être l’interaction entre la roche et l’eau dans le terrain en place.Elle a vocation à décrire. Les essais hydromécaniques. La mise au point d’un dispositif de chargement mécanique au sein du MEBE a permis de réaliser des essais de compression uniaxiale sur des « microéprouvettes ». D. De Gennaro V. les extensomètres placés dans le pilier présentent des variations cycliques saisonnières (en plus d’une tendance globale linéaire) a priori impossible à corréler avec les températures mesurées. Thèse École des Ponts. pression. niveau de la nappe. 468-481. RÉFÉRENCES [1] Auvray C. la pluviométrie (hygrométrie. (2007). Des mesures effectuées in situ sur ce pilier montrent en particulier que la variation de la pression capillaire en profondeur nécessite un délai pour se propager au cœur du pilier. ont mis en évidence la dépendance de la réponse mécanique vis-à-vis de la succion et de la vitesse de sollicitation. Durham. certes très lentes mais logiques. The potential impact of the water content variations on the mechanical behaviour of the chalk has been realized based in the frameworks of the classical unsaturated soils mechanics. accompagnée d’une hygrométrie él evé e. The microscopic scale analysis was performed in an Electron Scanning Environmental Microscope (ESEM).. Ces différents éléments permettent d ’imagin er le s co ns é q u en ce s d u changement climatique attendu sur le devenir de ces ouvrages.. D’autres essais plus conventionnels. Ainsi. Ces évolutions s’expliquent parfaitement dans le contexte des carrières abandonnées à faible profondeur où la variation des sollicitations d’origine hydraulique. R. la résistance apparaît être une fonction de la vitesse de sollicitation et de la valeur de succion régnant au sein du matériau. (2009).

Publications Liste des articles parus dans les revues à comité de lecture ou « proceedings » à diffusion large. Nota : tous les auteurs sont mentionnés. INERIS_RS 09-10_publications PAGE 101 . entre le 30 juin 2009 et le 31 juillet 2010. mais seuls les noms des auteurs INERIS figurent en gras.

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