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1/TE.-XPOSITION INTERNATIONALE DE LA RUE DE SFZE (ID) Jadmire comme une des plus belles et des plus curicuses ceuvtes de ces Eps, les Ruguenses!, de M. Renoir, un grand tableau décoratil ines discné. Jepes co est dune infinie danceur, C'est au bord d'une riviere, dans un issant paysage, d'une clacté extraordinaire, avec des saules qui fuient aa loin, le soveil, des femmes qui se baignent. [arrangement en est exquis, malgr ga phot a cause de certaines sécheresses de dessin a ka Ingtes*, audaciensement eulve par Vartisce ; car nous sommes en présence d'une ceuvre prafondément Ke et d'un art cour exceptionnel qu'un pourrait appeler, pour ea caracrétiser ature trés paniculiére, de la quintessence d'wrt, de lextraic dart. Ici, rien n'est au hasaed, tout accuse la recherche suvunte et Veffort génial vers queleya pe pouvesn, en dépit de ceraines critiques qui voient dans ce tableaw des lane, aver un style trés personnel et trés précis, chose presque intraduisible en sa fraicheut, eo se Lupitivité, en son impres abilité, yui est la carnation d'un torse de femme, voila ce qu'a rears Renoir, et ce quoi il a réussi. Exprimer 4 mon tour la délicatesse des moded jearesso des frissons de ffombre sur les jeunes chairs, la grice si joliment saodere até qui fleuric les levres épanonies, cela fst impnssiblc. Tl faut voir ce tableau, le voir langremps pour ea saisit un apres utre les détails délicieux, woutes les modularions cevinges, car M. Renoir s'rst Eni d'un procédé dle simplification raffinér ct harclie qui rend son tableau difficile compreadre* pour oolui qui n'est pes initié A co mystice - Vizne d'un grand tiste. Laissez faire le temps, et les Aarguewier restevont comune une des ow plus admirables cle ce sidele, et elles prendront place & cété des tableaux els done Ia heauté acclamée se perpéme i travers les Ages ) Dirai-je encore que les portraits au pastel qu'envoie M. Renai que ses dens figures de feamnes, si différeares de caréetére leissent dans l'esprit be sais quoi de révewr ec de troublant, et de délicieusement melsain, ce partum giteux qui seavole des vers de Baudelsire Liexposition de M. Auguste Rodin est éerosante de heats, Outre cris énormes figures, détachées de son monurment de Calnis®, aderirables d'héroisme @pique et de davlourense humanié, c'est une sétie cesquisses, de drames passicnnels qui émeuvent Vane autant gue les poktaes de Dante, de Shakespeare, de Henri Heine et que certaines pages enflanunées de la Teatation de Saiet- Antoine’, de Yimunoctel Fauber:. Cet art puissant yous €tzeint ct vous banieverse ‘siolemment par la puissance suggestive il dégage. Jumais, A aucune Gpoque, la France ne posséda un pared statuaire, ni un plas noble artiste. Il ¢ fait rentrer ka sculpcnre, qui n'était plus qu'un att plastique, un rabachage exaspéranc de Vart grec ct de la Renaimance, dans le domaine de la métaphysique et de la passion. Son couvre est colossale, comme celle cles grands génies qui vécunent jadis, ex qui eréérent le monde inteleciuel, cnt il a fait dire 4 la pierre, a a tere glaise, au bronze, ant marbre, la souffrance Gteenclle de "homme, et il a wozdu dovloureuse- ment son paavre corps meurtri dans les affies de la volupté, le Fawn, La Sobymge®, sont les plus heaux potmes de douleut qu’ait congas Timagination. EL cate — Frangoise de Rimini’? Ah! quelle souvcraine mélanentic, et quel amour !... Is sonr la; tons les denx, beaux, jeunes, catlacts ct tort nus | Corame elle est adorable de passion, comme sa nuqte frémissante, comme ce dos teu, plein de trissons, comme l'abandon de ce corps charmant et damné aspire av buiscr do Vhomme |... T faudra bien, cependant, que tour le monde sincline devant ce grand artiste, assez gentil pout honorer un sidcle 2 fai tout seul, comune Phickss, comme Donatello, cori Michel-Ange ! 4 Je sais que beaucoup de gens contesterant 4 M, Pissarro son procédé nouvean’, lequel consisce d séparer la couleur par de perizes touches rondes, dont Tuniformixé donne a sea tableaux de prés lespect d'une mosque. Le procédé | m'importe peu, sé la réulisation est helle ; et pourws que je resseate une émorion, je ne vais pas chicaner lattisie sur les moyens qu'il emploie. En act, Ia grande: affaire esc dEmouveir, que ce soit pat des touches rendes ou carrées, des vingules ou des placis, qu’esc-ce que cela fait, je vous prie ! Ez puis, si emploi constant de ce procédé est parfois génaut”, le principe en est jusce, Les peintees Elvignent leurs tons sur la pale:te, is les Ccignen: encore davannaae, sur la coile, en les faisant passer l'un dans l'autre. Il est bien ecriain qu'on active a une plus grande fraicheur par lenr juscapasition, Mais encore une tots, je ne veux coanulice que le résukat, chacun étam Je umifize de sa technique. M. Pissarro ne resemble ni i M. Chude Moret, ai & M. Sisley, Sil a un procédé a lui, ila aussi un ei a foi, tres délicar, trés subtil, erés Chansmnt, un oeil habinué aux grandes syuthéses du dessio « de la onloration, Dire benucoup de 334 ene choses dans peu de mots, tele est sa devise. Et ve qui est admirable en lui, c'est de sa pi fagoa dont il caveloppe les abjets dans Patnosphere, mps, encore des champs, sépanés par de petites heies, e¢ un tein qui fui, ns le soli, au Toin ; oils un de ses tableaux”. Ke l'on n's pas idée de lx pain de ces champs, de l'ensuleillement de ces verduves, de la egéretd [rissonnante de ses ombres, de la fraicheur qui tombe des arbres, de Pair qui vibre dans le viel, des lointains qui se perdent dans fes brumes de lunitre, Pen de paysagises ant, comune lui, le sentiment juste, sain et superbe des choses agrestes. Tl rend Padeun A Ta fois reposante et puissance, de la terre", Ah { comme on est Win de le sarure que mignoite et pouponne M, Jules Breton | Une nature sans ciel, sans ten, sans rien, of: marchent des paysannes de Lénpold Raliert, extasiées de voir ces vers tititon s‘entouler autour du pain i cacherer des saleils couchants Sil est un tempérament plu M. J.C. Cazin. Mais Putt a oct contraire 4 celui de M. Pissarta, c'ese hier d'edavitable qu'il ve préte tous les tives, et que plus iJ est varié, plus on I'sime, M1, Cazin posside le charme, lit dowveur triste, la mélincokc mysiéricuse et tence. Fi quelle savante orchestration en ses ciscrbies musicalités. Comme ses dares bosselées, oi possent de maigres végéuations « comme ses plaines suulfmnres, comme ses mits &oilées, comme sei bouts de chemin qui tournent, prés d'une chaumigre, aux mus délebrés, diagegent de podsie réveuse. M. Cavin nfest point attire par la nature incidente ve richesse et ere du pétillement de sa couleur. I! aime & s‘attarder aux choses qui souftrent; st, comme les podtes, qui nous redisent la plaizte de Thome, M. Carzin tous redit ta phainte de la nature, aver des secent de pitié Il comprend aussi tnus hes grands dames qui se pessent dans le ciel et les nuiages one da hui dire le scctct ails portent dans leurs fusées de vapeur, Ce peinice exquis est aussi un pairs atten Il ne me reste plus de plice pour dire mon admiration pour les délicieuses famaisies de Mle Behe Morisot, pour les beaux c= himineux paysages de M, Sisley, qui sont un ces suceds de come exposition ”. ['y reviendrai, cat chacun de ces articles métite une dude part. cela rows console de Fart oulieux da Selon; et quelle joie ut nous de criet swtre admiration et notre enhousiasme, a la barbe ve Unstitut, cette ville harbe sale, aux ils de k passé, e pend la morve immonde d Gal Blas, 14 mai 1887!"