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Éthique et politique – 9

Éthiques environnementales
• Une question de membership
• Le point de vue de la tourbe
• Anthropocentrisme et sentiocentrisme
• Biocentrisme et écocentrisme
• Le Monde selon Monsanto
•1. Une question de
membership
Quelles sont les frontières de
notre communauté morale ?

• Qui (ou quoi) peut avoir des droits ?

• Qui (ou quoi) peut être victime ?

• Qui (ou quoi) peut avoir des devoirs ?

• Envers qui (ou quoi) peut-on avoir des obligations ?


• «L’éthique environnementale
traite des devoirs que nous
avons à l’endroit du monde
naturel et des valeurs qui y sont
présentes. Elle est tout autant
une affaire de théorie que de
pratique. Il s’agit de
s’interroger à nouveaux frais
sur l’identité des sujets ou des
entités à l’endroit desquels
nous avons des devoirs, et sur
les niveaux appropriés des
obligations qui nous incombent,
en élargissant le champ de
considération morale tel qu’il a
été délimité par la tradition afin
d’y inclure le monde naturel,
pour pouvoir former des
jugements qui soient appropriés
à cette nouvelle donne. »
• Entretien avec Holmes Rolston
III , mardi 10 juin 2008,
• http://www.nonfiction.fr/article-
1196-
entretien_avec_holmes_rolston_i
ii.htm
Qu’est-ce qui est digne
de considération
morale ?
Éthiques environnementales

Anthropocentriques
Sentiocentriques
Biocentriques
Écocentriques
« Les compagnies forestières font du tort à la
population québecoise.»

« C’est injuste pour les générations futures !»

«On doit respecter la nature! »

«Notre sort est lié à celui du


reste de la nature »

«La pollution, c’est


dégoûtant !»

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• Dommage
• Réciprocité
• Équité
• Coopération
• Avantage mutuel
• Égalité
• Contrat
•2. Le point de vue de la
tourbe
Les plus importants milieux humides intérieurs de toute la région
du Montréal métropolitain.
1260 terrains de football (un millimètre par an pendant cent
Qu’est-ce qu’une tourbière ?
Les tourbières…
• capturent le gaz carbonique
• capturent les eaux de ruissellement
• ont un pouvoir épurateur naturel sur
l’eau
• sont un rouage important de la
biodiversité
Le chevalier cuivré
• "La population de
Terrebonne nous demande
un bon équilibre entre le
développement et la
protection de
l’environnement. C’est ce
que nous allons faire avec
la Cité industrielle. La
moitié du terrain sera
consacré au
développement et l’autre
50 % sera protégé et mis
en valeur."
• Jean-Marc Robitaille, maire
de Terrebonne.
Qu’est-ce qui pèse
dans la balance ?

De quoi doit-on
tenir compte dans
notre processus
de décision ?
•3. Anthropocentrisme et
sentiocentrisme
Valeur instrumentale
• X a une valeur
instrumentale pour Y
si X constitue un
moyen pour Y de
réaliser l’un de ses
objectifs.
• La valeur
instrumentale d’une
chose est fonction de
l’utilité qu’elle
présente pour une
autre.
Anthropocentrisme /
sentiocentrisme
• Anthropocentrisme : seuls les
humains ont une valeur intrinsèque.
• Sentiocentrisme : seuls les êtres
sensibles ont une valeur intrinsèque.
Valeur intrinsèque

Cyprinodon Diabolis
Pour quelle(s) raison(s) devrait-
on protéger le Cyprinodon
Diabolis ?
• Dans le cadre d’une éthique
anthropocentrique, aucune*.
• Dans le cadre d’une éthique
sentiocentrique, pour le Cyprinodon
Diabolis lui-même en tant qu’il a une
valeur intrinsèque.
L’argument de Pister
• «À quoi est-il bon ?
Et vous, à quoi êtes
vous bons ? »
• La valeur globale
du Cyprinodon
Diabolis excède sa
valeur
instrumentale.
J. Baird Callicot, «La valeur intrinsèque dans la
nature : une analyse méta-éthique», in Éthique de
l’environnement, Vrin, 2007, p.188

• «Bien des gens souhaitent


avoir une valeur
instrumentale – souhaitent
être utiles à leur famille, à
leurs amis et à la société.
Mais lors même que nous
ne serions bons à rien,
nous continuons de croire,
en dépit de cela, que nous
avons quelque droit à
l’existence, à la liberté, à
la recherche du bonheur.»
• Nous nous valorisons nous-
mêmes, au-delà de notre
valeur instrumentale.
Et le Cyprinodon Diabolis ? Ne
se valorise-t-il pas aussi lui-
même ?
•4. Biocentrisme et
écocentrisme
L’argument de Holmes Rolston
III (1994).
• «Une vie se défend elle-même pour ce
qu’elle est en elle-même, sans qu’il soit
besoin de faire entrer en ligne de compte
aucune autre référence que cette vie
même […]. Ceci signifie ipso facto que la
valeur, aussi bien au sens biologique qu’au
sens philosophique du mot, est une valeur
intrinsèque parce qu’elle est inhérente
à…, parce qu’elle a son lieu dans
l’organisme lui-même.»
• Le biocentrisme est «individualiste». Ce
• qui a de la valeur ce ne sont pas les êtres
• vivant eux-mêmes, considérés
• individuellement, mais les ensembles
• complexes dans lesquels ils prennent place
• (c-à-d les écosystèmes ou, mieux encore, la
• «biosphère»).
• • L’écocentriste se préoccupe moins des
• êtres individuellement que la protection de
• leur environnement (écosystème).
• • Le tout vaut mieux que ses parties (c’est le
• «holisme»).
• • La Règle d’or de l’écocentrisme : «Une
• chose est juste lorsqu’elle tend à préserver
• l’intégrité, la stabilité et la beauté de la
• communauté biotique. Elle est injuste
• lorsqu’elle tend à l’inverse.», d’Aldo
• Leopold (Almanach d’un comté de sable
• (1948)