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Suyab

Carte des royaumes Köktürks de l'ouest (violet) et de l'est (bleu) à leur apogée, vers le VIIe siècle. Les zones en clair montrent les territoires sous contrôle direct ; les zones en foncé montrent la sphère d'influence.

Sogdien faisant un don au Bouddha (fresque, avec détail), Bezeklik, à l'est du bassin du Tarim, Chine, VIIIe siècle. Suyab (en persan : ‫ ; سوی آب‬en chinois : 碎葉 / 碎叶 ; en pinyin : Suìyè ; aussi connue comme Ordoukent, aujourd'hui Ak-Beshim) est une ancienne ville sur la route de la soie, située à quelque 60 km au nord-est de Bichkek, et à 6 km au sud-est de Tokmok, dans la vallée du fleuve Chu, actuel Kirghizistan. Cet établissement de marchands sogdiens apparut le long de la route de la soie vers les Ve – VIe siècles. Le nom de la cité dérive de celui de la rivière Suyab1 dont l'origine est iranienne (suy + persan ab signifiant « eau », « rivières »). Ce nom est attesté pour la première fois par le moine bouddhiste chinois Xuanzang qui traversa la région en 6292,3 : « Faisant route à 500 li au nord-est du Grand Lac Qing, nous arrivons dans la cité de la rivière Suye. La cité fait 6 ou 7 li de circonférence ; divers marchands Hu [barbares] venus des nations environnantes se sont réunis et établis à cet endroit. La terre est bonne pour le millet rouge et les raisins ; les forêts ne sont pas épaisses, le climat est froid et venteux ; les habitants

chacun étant régi par un chef. désigné comme « loyal et obéissant Khagan » par la cour chinoise1. capitale des Kara-Khitans. sont dispersés de nombreux villages.9. » Sous le règne du Khagan Tong Yabghu (en). Tuchishi). le grand poète Li Bai naquit à Suyab6. Bien que les fouilles eussent commencé en 1938. encore prospère dans les années 130013. Témoignant de la riche et diverse culture de Suyab. notamment pour repousser la grande incursion de 763. là même où la princesse Jiaohe (交河公主). Après l'assassinat de Sulu en 738. gouverneur militaire de Beiting (Beshbalik). avait l'habitude de résider7. Outre plusieurs temples bouddhiques. livre de géographie arabe du Xe siècle achevé en 982. Une symbiose entre Sogdiens commerçants et Köktürks nomades semblait avoir cours : tandis que les premiers s'occupaient de la prospérité économique de la cité. En 766. il fallut attendre les années 1950 pour établir que le site avait été abandonné dès le XIe siècle et ne pouvait de fait être identifié à Balasagun. il contient des vestiges de fortifications chinoises. L'historien britannique David Nicolle affirme cependant que Suyab fournit 80 000 soldats à l'armée karlouke et qu'elle fut gouvernée par un chef nommé « roi des héros11 ». Après cette prise et l'évacuation des Quatre Garnisons par les forces chinoises en 787. S'ils ne dépendent pas l'un l'autre. Sur la route de Suye. vers l'ouest. date à laquelle elle fut remise à Sulu. près des sources au nord de l'actuelle Tachkent dans la vallée du Talas. l'histoire de la cité devient obscure. À la suite de la chute du khaganat occidental. les ruines d'Ak-Beshim étaient à tort identifiées à Balasagun. Suyab constitua — avec Kucha. Le Khagan possédait également une capitale d'été à Navekat. les Chinois se hâtent de reprendre le contrôle de la ville ainsi que de Talas10. Suyab est la principale capitale du khaganat des Köktürks occidentaux4. la cité fut annexée par la dynastie Tang (Taizong) dont elle constitua un avant-poste militaire entre 648 et 719. Khagan des Türgesh (突騎施. Parmi les ruines de la ville. on compte . donne à la cité une population de 20 000 habitants. Une forteresse chinoise y est construite en 679 et le bouddhisme s'épanouit. Selon certains témoignages. Le site archéologique[modifier] Au XIXe siècle. tous reconnaissent l'autorité des Tujue. fille de Ashina Huaidao (阿史那怀道). La cité est supplantée par Balasagun au début du XIe siècle et abandonnée peu après. Le site archéologique de Suyab s'étend sur quelque 30 hectares. La cité fut détruite en 748 par Ban Chenxiang. d'églises chrétiennes. les seconds se chargeaient de la défendre. Il est particulièrement riche en statues de Bouddha et en stèles14.8. L’Hudud ul-'alam min al-mashriq ila al-maghrib. Khotan et Kachgar — l'une des Quatre Garnisons du protectorat d'Anxi (安西四鎮) jusqu'en 719. le voyageur chinois Du Huan qui se rendit sur place vers 750 trouva intact le monastère bouddhique de Dayun. d'ossuaires zoroastriens et des kourganes (balbal) turcs. avis partagé par l'historien russe Vassily Bartold qui se rendit sur le site en 1893-189412. la cité tomba entre les mains d'un chef karlouk allié du naissant khaganat ouïghour. Ces capitales étaient réputées les plus occidentales du khaganat5.sont vêtus d'habits de laine sergée. La forteresse eut une certaine importance stratégique face aux assauts tibétains.

Бешим). 136-140. Saint-Pétersbourg. ↑ a et b Xue (1998). 231-233. « Монастырское вино Семиречья » [Le Vin des monastères de Semiretchia]. 1994. Suyab Ak-Beshim. D. 2003. 15.16. 16. p. p. p. ↑ A. 2002. Эрмитажные чтения памяти Б. pp. т. ↑ Zhongguo fu li hui. p. . ↑ Ji (1985). Saint-Pétersbourg. 5. Peregoudova. 25 3. 70-74. pp. Semenov. ↑ E. 9. 12. 8. 1999. I. « Археологические исследования на городище Ак-Бешим в 1953-1954 гг. 1959. œuvres complètes. 284-285. 669. 7. » [Exploration archéologique d'Ak-Beshim en 1953-1954]. « An Ancient Chinese Monastery Excavated in Kirgizia ». Great Soviet Encyclopaedia. Тр КАЭЭ [« Compte-rendu de l'expédition archéologique de Kama »]. 3e édition. 2. 1989. 596-597. 41-57. 2). Goriatcheva et S. no 1. ↑ L. ↑ V. Forte. 58. 6. ↑ G. Lubo-Lesnichenko. 13. Отчет о поездке в Среднюю Азию с археологической целью (Compte-rendu d'une campagne archéologique en Asie centrale). pp. I. 4. vol. 686. p. АРХИ. pp. ↑ Xue (1992).Б. ↑ Xue (1992). Moscou. 212-215. 38. Bichkek. ↑ Cui (2005). Буддийские памятники Киргизии (Monuments bouddhiques du Kirghizistan). ↑ Xue (1992). p. I. pp. 32. vol. 244-246. Central Asian Journal. R. Notes 1. 115-127. 11. II (vol.Пиотровского (Conférences de l'Hermitage en l'honneur de Boris Piotrovski). ↑ Nicolle (1990). L. Semionov. Kyzlassov. 14. Сведения китайских письменных источников о Суябе (Городище Ак4.une église nestorienne et un cimetière du VIIe siècle ainsi que probablement un monastère du Xe siècle comprenant des fresques et des inscriptions en sogdien et ouïghour15. China Welfare Institute. ↑ G. pp. Ак-Бешим и города Семиречья – Проблемы политогенза кыргызской государственности (Ak-Beshim et les cités de Semiretchia – Problème de politogenèse dans l'État kirghiz). pp. 187-188. 218-222. ↑ Vassily Bartold. ↑ « Turkic Khaganate ». 10. pp.

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