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Suberbie, Léon. 1895. Vocabulaire Franco-Malgache.

Suberbie, Léon. 1895. Vocabulaire Franco-Malgache.

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In: Humbert, Gustave. 1895. Madagascar. I. L'île et ses habitants, renseignements historiques, géographiques et militaires. II. La dernière guerre franco-hova (1883-1885). 133-160.
In: Humbert, Gustave. 1895. Madagascar. I. L'île et ses habitants, renseignements historiques, géographiques et militaires. II. La dernière guerre franco-hova (1883-1885). 133-160.

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Humbert, Gustave (1849-19..). Madagascar. I. L'île et ses habitants, renseignements historiques, géographiques et militaires. II.

La dernière guerre franco-hova (1883-1885), d'après les documents du ministère de la marine, par G. Humbert,... Accompagné.... 1895.

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Madagascar

I.

L'île

et

ses

habitants

1

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et militaires Renseignements géographiques historiques, IL La franco-nova guerre (1883-1885) D'APRÈS DOCUMENTS LES DU MINISTÈRE MARINE DE LA dernière

Par G. HUMBERT DR CAPITAINEBREVETÉD'IKFAUTBKIK MARINE Ol'FIC1ERIl'tHIUOSSAXCE UM STliE DE LA MARINE U ISI DE CARTES ETSUIVI ACCOMPAGNÉ TOPOGRAPHIQUESD'UN VOCABULAIRE FRANCOMALGACHE

D'aprèsles indicationsde M. SUBERBIE

BEEGEE-LEVRAULT PARIS DES 5, RUE BEAUX-ARTS

ET

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ÉDITEURS

NANCY ï, RUE DES GLACIS

1895 Toutdroit»rêgerréx

MADAGASCAR

Madagascar

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et

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BERGEE-LEVEAULT PARIS DES 5, RUE BEAUX-ARTS

ET

Cie,

ÉDITEUES

NANCY 18, RUE DES GLACIS

1895 Tousdroitsréservés

AVANT-PROPOS

à agir par se prépare à Madagascar, les armes il nous a paru utile de sous les yeux de nos camarades mettre qui feront Au moment où la France un exposé des opépartie du corps expéditionnaire de 1883 à 1885. de la guerre rations militaires du Ministère de la marine, Les archives qui ont à notre disposition, nous ont permis de éternises faire cet exposé Nous n'avons aussi pas nous sommes laissant complet que voulu écrire à chacun possible. un cours d'art

nous militaire, les événements, clure.

contenté

de rappeler le soin de conet nous préde comde la de

les faits parlent d'eux-mêmes D'ailleurs, sommes convaincu saura en tirer qu'on cieuses indications, relatives à la manière battre guerre des Hovas et aux petites opérations à Madagascar. Mais, au moment est toujours avide éclairer sur le pays

un voyage, on d'entreprendre de renseignements pouvant où l'on va, ses habitanls, ses

VI moeurs, camarades 1883-1885 etc.

PREFACE. être agréable à nos ; nous avons pensé en ajoutant à l'histoire de la guerre de un petit recueil de toutes les données

sur Madagascar. les plus intéressantes A cet effet, nous avons utilisé les publications les plus récentes ainsi que des rapports d'officiers ou séjourné dans l'île. qui ont voyagé Notre est donc divisé en deux ouvrage — L'île Ire Partie. et ses habitants, gnements militaires — IIe Partie. Il se malgache berbie, historiques, ; La dernière un : parties renseiet

géographiques guerre franco-hova franco-

(1883-1885). termine par d'après concessionnaire ce établi

vocabulaire petit les indications de mines le pays. volume guère d'or ne

de M. Suà Madagaspeut être collectel et lui

car, qui a longtemps Par sa nature, une oeuvre littéraire; tion

habité petit ce n'est

qu'une

de renseignements. donc Qu'on veuille sa forme, utiles.

pardonner indications

l'accepter s'il renferme

comme au fond

quelques

G. Janvier 1895.

H.

Ire

PARTIE

RENSEIGNEMENTSGÉNÉRAUX SUR MADAGASCAR

Les renseignements réunis sous ce titre ont trait aux à chacun desquels nous avons réservé points suivants, : un chapitre I. —• Histoire II. III. IV. V. VI. — — — — — de France à Madagascar (Résumé histo-

rique) 5 Aspect général de Madagascar ; Climatologie, pathologie, hygiène ; Les populations ; Le gouvernement et l'administration L'armée hova.

hovas ;

Les chapitres cations récentes

de publiI, II et VI ont été inspirés ou de rapports d'officiers en mission à

Madagascar. Pour le chapitre III, nous avons emprunté nos renà un remarquable travail du docteur Laseignements années à Madagascar. eaze, qui réside depuis plusieurs IV et V, ce sont des résumés Quant aux chapitres de l'excellent livre de M. Martineau, en Madagascar 1894.

MADAGASCAR.

CHAPITRE

Ior

RÉSUMÉ HISTORIQUE récentes ont exposé en détail notre Des publications à Madagascar. Les causes de notre intervenhistoire tion officielle dans ce pays, les obstacles de tout genre ce jour l'acceptation complète qui ont retardé jusqu'à de notre suprématie sont connus de tous. De même, de nos droits, la nécessité d'une intervenla validité immédiate ont été prouvées surabontion militaire damment. Nous ne reviendrons pas sur les polémiques engaet nous nous questions gées à propos de ces différentes les principales contenterons de rappeler brièvement phases de notre action clans la « grande île ». sont établis à Madagascar Dès 1601, des Français et y font le commerce. de négociants, En 1642 se fonde une compagnie de l'Orient dite « Compagnie de », pour l'exploitation isle de Madagascar et isles voisines ». la « grande lui accorde le monopole du commerce Eichelieu et de à condition la navigation dans cette région, d'en prendre possession au nom du roi de France. En 1643, le Saint-Louis, capitaine Cocquet, quitte emmenant les premiers Lorient, colons; après avoir la baie de Sainte-Luce, visité Antongil, Sainte-Marie, se fixe sur la presqu'île de Tholongare et l'expédition de Fort-Dauphin. Les résultats de jette les fondations ne furent pas heureux. cette première entreprise

RÉSUMÉ HISTORIQUE.

3

les privilèges de la compagnie et Colbert supprima fit rendre en 1664, en faveur d'une nouvelle compaun édit de concession gnie dite des Indes orientales, ainsi conçu : « Nous avons donné, concédé et octroyé, et octroyons à la dite compagnie donnons, concédons ou Saint-Laurent avec les îles cirl'île de Madagascar forts et habitations convoisines, qui peuvent y être et en tant que besoin est, construits par nos sujets; à celle ci-devant nous avons subrogé la dite compagnie établie pour la dite île de Madagascar, pour en jouir, à perpétuité, la dite compagnie en toute propriété, sei» gneurie et justice. Un nouvel édit, du 1er juillet de 1665, prescrivait le nom d'île Dauphine donner désormais à l'île de MaSaint-Laurent. dagascar, appelée jusqu'alors A la suite de nombreuses comfautes, la compagnie, ruinée, fut obligée de liquider sa situation plètement en 1670 ; elle remit en conséquence ses droits sur l'île aux mains de Sa Majesté. Louis XIV réunit alors l'île Dauphine aux biens de la couronne et y envoya, comme gouverneur, l'amiral Jacob de la Haye, qui en prit officiellement possession le 24 novembre 1670. Sous Louis XV, Louis XVI, pendant la Eévolution, les actes du gouvernement, aussi bien que les travaux de nos nationaux dans l'île, continuèrent à affirmer notre prise de possession. C'est sous le règne de Napoléon Ier que prirent naissance les premières difficultés à propos diplomatiques de Madagascar. Profitant de l'insuffisance de notre made l'île en 1811. La rine, les Anglais s'emparèrent paix signée au traité de Paris du 30 mai 1814, sir

4

MADAGASCAR.

de Maurice, refusa de Eobert Farquhar, gouverneur nous la rendre, sous prétexte qu'elle était une dépendance de cette dernière colonie. son gouvernement reMais, sur nos observations, connut par dépêche du 18 octobre 1816 que cette prétention n'était pas fondée. se termina Cette première campagne diplomatique officielle donc à notre avantage, par une consécration de nos droits, mais elle fut aussi le point de départ de notre longue querelle avec les Ho vas. ceux-ci n'avaient A cette époque, pas encore dans mais leur roi Eal'île une situation prépondérante, de la conquérir. dama I" entreprenait vit dans cette circonstance le Sir Eobert Farquhar N'ayant pu nous ravir moyen de prendre sa revanche. il essaya d'y créer une influence assez Madagascar, la nôtre. Les Hovas puissante pour contrebalancer à celle des autres une vitalité affirmant supérieure il les adopta. peuples malgaches, et Grâce à ses conseils, ils progressèrent rapidement nos ennemis irréconciliables. devinrent Nous ne tardâmes pas à entrer en lutte avec eux. de la côte chefs Betsimisaraks En 1822, plusieurs ouest ayant conclu avec nous des traités d'amitié, Ealeurs territoires et s'empara de Tamadama envahit la France se tave. Après quelques années de patience, l'insolence hova qui ne connaissait décida à châtier plus de bornes. de vaisseau En 1829, le capitaine Goubeyre bomet infligea barda Tamatave, Pointe-à-Larrée,Tintingue de sanglantes à nos ennemis malheureusedéfaites; arrêta la campament, un échec devant Foulpointe

RÉSUMÉ HISTORIQUE.

5

décimé par la fièvre, gne. Le corps expéditionnaire, dut être rappelé avant d'avoir obtenu satisfaction. Sous Louis-Philippe, nous reprenons pied dans les : parages de Madagascar et la reine Le 14 juillet 1840, les chefs Sakalaves du Bouéni nous cèdent les îles de Nossi-Bé etdeNossiComba et nous abandonnent tous leurs droits de souveraineté sur la côte occidentale, depuis la baie de En février Passandava jusqu'au cap Saint-Vincent. nous cède encore l'île de 1841, le roi des Antankars sur Nossi-Mitsiou ainsi que ses droits de souveraineté nous son pays; en même temps, le chef de Nossi-Fali transmet la propriété de cette dernière île. à Eadama Ier en Avec Eanavalo Ire qui succéda 1828, nos difficultés avec les Hovas recommencèrent. Cette reine détestait en 1845 elle renles étrangers; dit un décret aux termes duquel tous les Européens, sans exception, étaient soumis à la corvée, à l'épreuve du poison, à l'esclavage; il leur était en outre interdit de faire du commerce dans l'intérieur de l'île. Une expédition fut organinavale franco-anglaise sée aussitôt dans le but de ramener par la force les Hovas à la raison. Tamatave fut bombardée, des troupes furent lancées à l'assaut de la batterie, de munitions mais, manquant au dernier moment, elles durent se replier en abandonnant 18 cadavres à l'ennemi. sur Dix-huit têtes dressées sur des bambous restèrent le rivage pendant dix ans. La politique empêcha en effet le départ d'une expédition puissante avait confiée au que le gouvernement de Le 5 février général Duvivier. 1846, les députés

b

MADAGASCAR.

tout en déclarant l'opposition, que « la France n'abandonnait aucun de ses droits sur Madagascar, émettaient le voeu qu'elle ne s'engageât pas sans nécessité dans de lointaines et onéreuses ». expéditions de grands Néanmoins, grâce à l'initiative privée, intérêts se développaient dans l'île. français M. Laborde, était ins1831, un Français, Depuis tallé à Tananarive de la devenu ; il était ingénieur reine et avait acquis par ses nombreuses qualités personnelles et les ressources de son esprit une situation exceptionnelle. Il avait établi une fonderie une manucle canons, facture il avait introduit dans une poudrerie; d'armes, le pays le savon, le verre, les bougies, etc., son influence était illimitée sur le prince le jeune héritier, Rakoto. celui-ci eut succédé à Eanavalo Ire, Aussi, lorsque avanen 1861, sous le nom de Eadama II, cle grands accordés à notre pays. tages furent-ils du gouvernement III eut d'abord vis-à-vis Napoléon hova une politique assez hésitante; le néanmoins, de 4 août 1868, pour garantir la sécurité des intérêts nos nationaux, il signa avec lui un traité de commerce. la disposiL'article 4 de ce document renfermait à Madagascar, tion suivante : « Les Français, jouiront et leurs d'une complète protection pour leurs personnes comme les sujets de la nation Us pourront, propriétés. et en se conformant aux lois et rèla plus favorisée, du pays, à bail ou acquérir toute prendre glements et immeubles et se livrer à espèce de biens meubles commerciales et industrielles toutes les opérations qui » intérieure... ne sont pas interdites par la législation

RÉSUMÉ HISTORIQUE.

7

de C'est à propos de cette loi et cle l'envahissement sakalaves le nos territoires par les Hovas, qu'éclata conflit actuel. laissant une fortune En 1878, M. Laborde mourut, à plus d'un et immeubles évaluée en biens meubles se ses héritiers voulurent million de francs. Lorsque le gouvernement hova s'opcette succession, partager La terre à Madagascar posa à la vente des immeubles. contrairement aux stiest inaliénable, prétendait-il, de l'article de 1868, cité plus 4 du traité pulations haut. Des débats confus et déloyaux s'ensuivirent ; puis, en 1881, fut proclamée la loi n° 85 qui annulait tous les avantages concédés par le traité cle J 868. « La terre de Madagascar, être vendue à y était-il dit, ne saurait ni mise en gage entre les mains cle qui que personne, ce soit, non sujet cle la reine. » insulte. Ce ne fut pas la seule. C'était une véritable était remplacé Peu de temps après, notre drapeau par chez les popule drapeau hova sur la côte nord-ouest, delations sakalaves placées sous notre souveraineté puis 1840. Le gouvernement immédiatement français protesta contre de tels agissements de ; mais ni les menaces notre consul M. Baudais, navale ni une démonstration Le Timbre sur la côte nordopérée par le commandant ouest ne purent nous donner satisfaction. Les Hovas, pendant ce temps, envoyaient en Europe une ambassade avec mission de traîner avec nous les choses en longueur et de gagner à leur cause les principales nations européennes. C'en était trop, la guerre était indispensable. Nous

8

MADAGASCAR.

donnons dans un chapitre le récit des opéraspécial tions de la campagne au printemps de qui, commencée de paix du 7 mars 1886. 1883, se termina par le traité Nous obtenions les résultats suivants : Le gouvernement de la Eépublique représenterait dans toutes ses relations extérieures Madagascar ; il la baie de Diégo-Suarez occuperait pour y faire des établissements à sa convenance une in; il recevrait demnité de 10 millions de la guerre. pour les victimes Le mot protectorat n'était dans le texte pas inscrit de ce traité ; le premier ministre foropposé s'y était il espérait ainsi pouvoir mellement; jouer plus facilement sur les mots, et arriver toutes peu à peu à éluder les clauses notre dans les qui consacraient ingérence affaires malgaches. Il n'eut plus dès lors qu'un seul but : faire du traité une lettre morte et par une tactique d'obstruction chasser la France de l'île. constante, il accorda ou fut obligé d'acSi, au commencement, notre corder quelques points à M. Le Myre de Vilers, résident de 12 millions au premier général, l'emprunt l'établissement d'une ligne téléComptoir d'escompte, à Tamatave, de Tananarive ce fut toujours graphique tout lui et il ne négligea rien pour en détruire malgré l'effet. concessions furent même accordées à nos Quelques le 2 décembre celle cle 1886, nationaux, par exemple, M. Suberbie, la seule qui aujourd'hui ait une réelle valeur. Mais depuis longtemps les Français ne peuvent obtenir et c'est assez qu'une réclamation plus rien soit aussitôt repasse par la Eésidence pour qu'elle jetée.

RÉSUMÉ HISTORIQUE. En

9

la question de Yexequatur. D'a1888 survint M. Le Myre de Vilers, près les usages diplomatiques, dans toutes ses relaMadagascar chargé de représenter devait être l'intermédiaire tions extérieures, obligé des pays étrangers et le gouverentre les représentants c'est lui qui avait qualité nement hova; pour transLe preà la reine les demandes mettre Yexequatur. dès que l'occasion s'en présenta, mier ministre, protesta et prétendit contre cette manière d'agir correspondre avec les consuls étrangers. directement et aujourd'hui encore On ne parvint pas à s'entendre sont adressées tantôt au Eéles demandes d'exequatur tantôt au premier selon les sident général, ministre, des puissances. particulières dispositions avec la Cour A la suite de cet incident, les. relations extrêmement tendues. d'Imerina devinrent Malgré il fut impostoute leur habileté et toute leur énergie, d'améliorer une situation inextrisible à nos résidents cable. à nos réclamations, à nos rappels A nos demandes, à l'observation hova des conventions, le gouvernement ou le silence le plus opposait des fins de non-recevoir complet. Il se rendait parfaitement compte de l'impuissance cle nos représentants, perdus avec une cinquantaine d'hommes de au coeur du pays, à 400 kilomètres la côte. Un événement mit le comble à sa mauvaise imprévu volonté et acheva de rendre la guerre inévitable. Le 5 août 1890 fut signée la convention franco-anglaise de nos droits à Zanzibar qui, en échange de l'abandon et dans l'île Pemba, reconnaissait notre protectorat avec toutes ses conséquences à Madagascar.

10 Voici le texte

MADAGASCAR. authentique de cet instrument :

Déclaration

du gouvernement

anglais.

dûment autorisé par le Gouvernement de Le soussigné, fait la déclaration suivante : Sa Majesté Britannique, de Sa Majesté Britannique reconnaît Le Gouvernement avec de la France le protectorat sur l'île de Madagascar, en ce qui touche Vexequatur ses conséquences, notamment et agents britanniques, des consuls qui devra être demandé par l'intermédiaire du résident général français. Dans l'île de Madagascar, les missionnaires des deux La tolérance repays jouiront d'une complète protection. ligieuse, la liberté pour tous les cultes et pour l'enseignement religieux sont garanties. de ce protectorat Il est bien entendu que l'établissement ne peut porter atteinte aux droits et immunités dont jouissent les nationaux anglais clans cette île. Signé : SALISBUEY.

une conTrois mois plus tard, signait l'Allemagne vention analogue. à Tananarive, Aussitôt la convention connue ce fut une explosion de plaintes amères et de récriminations. devinrent en butte à toutes les injusNos nationaux et La sécurité matérielle tices, à toutes les vexations. morale indispensable à la réussite des entreprises commerciales et industrielles disparut complètement. à plusieurs reLe gouvernement français protesta mais inutilement; cette situation ne pouvait prises, durer. M. Le Myre de Vilers fut envoyé en octobre

RÉSUMÉ HISTORIQUE.

11

avec mission de faire à la Cour dernier à Tananarive et d'exiger des représentations d'Imeiïna énergiques des garanties pour l'avenir. On connaît le refus des Hovas ; après avoir tout fait amiable et la paix, la France est aujourpour l'entente de combattre. d'hui clans la nécessité

CHAPITRE

II

ASPECTGÉNÉRALDE MADAGASCAR

des accidents ne voulons orograpas donner de Madagascar une noet hydrographiques phiques d'une carte bien faite sera, menclature aride ; l'examen à coup sûr, plus utile et plus profitable. du pays, voici le résumé des desQuant à l'aspect la « Grande des explorateurs qui ont parcouru criptions Terre ». Partagée en deux versants par un soulèvedans toute sa longueur, Madament qui la traverse selon qu'il s'agit différente, gascar a une physionomie est (Océan ou du versant ouest du versant Indien) (canal de Mozambique). et enchevêtrés courts Vers l'est, les contreforts très raides. D'immenses forêts les offrent des pentes et les sentiers étroits recouvrent presque partout qui montent de la côte, après avoir traversé une plaine d'alluvions basse et marécageuse, constituent d'interminables défilés. Au point de vue d'une expédition l'accès militaire, de l'intérieur de difficultés : par la côte est est hérissé de se déployer sur les côtés pas de vues ; impossibilité des allongedelà route; pentes escarpées occasionnant des fatigues ments énormes, excessives pour les porteurs.. Vers l'ouest, au contraire, le pays est tout différent. douceDe grandes ondulations dénudées s'étagent Nous

ASPECT GÉNÉRAL DE MADAGASCAR.

13

ment et progressivement jusqu'aux points culminants. De ce côté, pas de forêts, pas de défilés ; on voit loin devant soi. Une colonne expéditionnaire pourrait y contre un adversaire facilement manoeuvrer qui s'opElle trouverait en outre d'excelposerait à sa marche. de ravitaillement dans les rivières lents moyens qui de l'Imerina, cle la province sur navigables rayonnent cle 200 kilomètres. des parcours Le versant occidental est, il est vrai, dénué de toute tant d'alimentation ressource, que de cantonnement, sait parer à ces inconmais une direction prévoyante vénients. cle l'île constitue la province La partie culminante et la contrée Betsiléo ; les ITovas l'appelde l'Imerina ». lent le «: nid d'aigle Le pays est généralement mais très moudécouvert, vementé. La population est, clans l'Imerina, plus dense que de la capitale s'étenailleurs. Autour hova, partout dent de nombreux villages bâtis en terre et eu brique immense. qui forment une banlieue Pour compléter cette rapide nous dondescription, nons ci-dessous un extrait des renseignements recueillis à la suite d'une reconnaissance exécutée par un officier de Majunga à Tananarive, en 1893. La route de Majunga à Suberbieville et particulièrement cle ce dernier un présente point à Tananarive où la vue peut s'étendre, aspect triste et désolé. Partout on ne voit que collines ou montagnes sans rougeâtres d'herbes séchées par le soarbres, pelées ou couvertes leil. Ces herbes atteignent parfois deux mètres de hauteur et répandent le matin et par temps de brume des

14 exhalaisons

MADAGASCAR.

les malsaines. A partir clu mois de juillet, mettent le feu aux herbes, afin de renouveler indigènes détruit et le même incendie indistincteles pâturages, inutiles et les rares arbustes ment les chaumes qui réussi à sortir de terre depuis l'année avaient précédente. barbare favorable à Cette coutume ne peut qu'être la marche d'une colonne Les nomexpéditionnaire. cle bât ou de trait trouveront breux animaux ainsi leur sur place et les troupes marchant en pays fourrage découvert et cette chan'éprouveront pas cette fatigue leur malsaine en Indo-Chine, clans que l'on éprouve la traversée des hautes herbes et de la brousse. Les services et de sûreté d'exploration y trouveront leur bénéfice. également Le bois, dans ces conditions, est nécessairement très de 500 kilomètres rare et dans le désert qui sépare de Tananarive, on ne rencontre Majunga que deux bois taillis de 6 kilomètres d'étendue chacun (entre Maet quelques d'arbres. bouquets rovoay et Traboungy), En revanche, tous les cours d'eau sont bordés d'arbres qui pourront être utilisés des alipour la cuisson ments. Enfin cle grandes herbes sèches trouvées dans le voisinage de la route fourniront de leur côté un excellent et inépuisable combustible. A Tananarive on n'en emploie et c'est pas d'autre un spectacle curieux matin, le long que de voir chaque des canaux de l'Ikopa, des centaines de pirogues-char de bottes de foin destinées au chaufgées de montagnes fage de la capitale. Si la route est dépourvue elle l'est égaled'arbres, ment d'habitations. C'est à peine si de Marovoay, au

ASPECT GÉNÉRAL DE MADAGASCAR. fond

15

à Ankazobé, de la baie de Bombetoke, premier sur un parcours de 300 kilomèvillage de l'Imerina, soit sur la route, soit dans les entres, on rencontre, de villages, sortes de colonies virons, une quarantaine d'une trentaine de cases en rafia. militaires composées ont donné à ces misérables Certains explorateurs le nom de forts ; on leur attribue sur agglomérations réservé aux ouvrages les cartes le signe conventionnel C'est leur faire vraiment de fortification permanente. trop d'honneur. militaires la route de Les villages qui jalonnent à Suberbieville sont généralement situés Marovoay mais ils n'ont ni fosdans des positions avantageuses, en bois de 2 mèUne simple palissade sés ni parapets. elle-même d'une haie de cactus tres de haut, précédée de 3 à 4 mètres constitue toute d'épaisseur, épineux A l'intérieur, une seconde leur défense. enpalissade toure la demeure du gouverneur et prend le nom de rova (on prononce rouve). De Suberbieville à Ankazobé, les procédés de défense diffèrent : les villages sont entourés d'un fossé de 3 à 4 mètres de profondeur, de 3 mètres de large et d'un parapet en terre battue de 0ra,60 d'épaisseur et de 2 mètres de haut, mais ils sont toujours dominés à courte distance facilement accessipar des hauteurs bles. Ces modestes à peu près suffisantes défenses, pour arrêter une attaque de sauvages, ne sauraient tenir devant une troupe commencent ; elles européenne même à ne plus en imposer aux fahavalos (voleurs). A partir de l'Imerina, d'Ankazobé, premier bourg les villages deviennent et changent plus nombreux sont construites à l'européenne, d'aspect ; les maisons

16

MADAGASCAR.

ou en pisé ; elles ont un étage et sont couen brique vertes en tuiles. à Tananarive, Enfin de Fiarona sur un espace de les maisons se suivent, ainsi dire, 70 kilomètres, pour les terrains incultes sans interruption, disparaissent. des parties est couvert de et le sol, en dehors habitées, rizières. magnifiques Dans cette les troupes favorisée, région peuvent facilement mais avant elles cantonner, d'y arriver, de camper ou de bivouaquer. seront obligées ne faut en aucune Ajoutons qu'il compter façon trouver des vivres dans la contrée car les traversée, et leurs Hovas certainement leurs bestiaux évacueront provisions.

CHAPITRE

IH

CLIMATOLOGIE,PATHOLOGIE, HYGIÈNE

nous envisagela climatologie, En ce qui concerne de chacune des trois granrons la situation respective de l'île : côte est, plateau côte des divisions central, Au point de vue de la salubrité et ouest et Bouéni. surtout nous étudierons cette de l'hygiène, dernière de laquelle le corps expéditionnaire au travers région, : 300 kilomètres sur 500. fera son plus long trajet de l'île préla morbidité des autres D'ailleurs, parties sente les mêmes caractères (à des degrés bien moindres sur le plateau et l'hygiène à obsercependant central) la même. ver est partout CLIMATOLOGIE. est. — La côte est a un climat chaud et husauf à ses extrémités nord et sud : la tempéramide, ture deDiégo-Suarez est plutôt sèche, grâce aux brises dans ces parages continuelles ; Fort-Dauqui régnent d'un climat phin et le pays au sud jouissent tempéré et relativement sec. faite pour cette dernière le séjour zone, Exception sur la côte débilite rapidement l'Européen. On observe à Madagascar deux saisons : l'une sèche, à des températures l'autre hucorrespondant minima; mide, avec les plus fortes chaleurs. MADAGASCAR. 2 Côte

18

MADAGASCAR.

Sur la côte est, la première commence en avril et au mois de décembre se termine ; elle est caractérisée des pluies, ne se propar la rareté qui généralement duisent et par un abaissement plus que la nuit prooù elle atteint juillet, jusqu'en gressif delà température va de décembre à avril; son minimum, 17°. La seconde cette période, les pluies et torrenpendant orageuses sont une humidité désatielles ; il règne fréquentes et les chaleurs vont croissant devenir gréable pour en février excessives parfois (3.2°). —

Plateau les mois sont plus

paraissent tures les plus élevées, 30°, qui atteignent quelquefois à novembre et décembre. correspondent dans La saison aussi dénommer sèche, qu'on peut à septembre va d'avril cette région saison fraîche, inet clus ; les mois les plus froids sont ceux de juillet la température varie de 8° août, pendant lesquels à 17°. comme jouisLe plateau central peut être considéré : d'après sant d'un climat les observations tempéré faites à Tananarive, durant seize ans, par le E. P. Codes températures des mois les plus lin, les moyennes et février, sont les suichauds, décembre, janvier vantes: et celles des mois les plus 20°, 20°,4, 20°,6, et août : 14°,9, froids, 14°,2, 14°,6. juin, juillet favorisée est éminemment Cette situation à propice la colonisation : les Européens se livrer, sur peuvent

central. à d'octobre abondantes peu à peu

saison chaude comprend mars inclusivement. Les pluies en novembre et décembre et diset avril. en mars Les tempéra-

La

CLIMATOLOGIE, le territoire

PATHOLOGIE,

HYGIÈNE.

19

à toutes leurs hova, à tous leurs travaux, accoutumés. occupations au corps expéditionnaire de terminer Elle permettra conditions sa tâche dans de bonnes ; nul hygiéniques doute en effet que les tempéraments fatigués par la ne se refassent une du Bouéni traversée rapidement atteints. fois les hauts plateaux de Mahédu trajet dans cette région, La longueur à Tananarive, sera de 200 kilomètres environ. vétanana — «. La saison des pluies et Bouéni. Côte ouest en octobre; est annoncée pluies légères par quelques se rétablit vers la fin du jusque temps puis le beau les pluies sont plus ou moins frémois. En novembre, et ce n'est guère que vers le commencement quentes, deviennent à peu près de décembre quotiqu'elles et torrentielles diennes. Elles sont orageuses ; elles red'un abaissement de température s'accompagnent aux refroidissements; latif, mais qui n'expose guère le thermomètre se maintient même au fort de l'orage, de 24°. Les pluies communément vers et au-dessus et de féles mois de janvier ainsi pendant persistent moins fréquentes en mars et cessent vrier, deviennent en avril. « L'humidité est considérable cette période. pendant « La saison sèche justifie son nom. C'est d'une façon voir tomber exceptionnelle que l'on peut quelques à octobre. gouttes d'eau d'avril « Les brouillards sont très rares dans la région. Le serein est inconnu dans la saison sèche il se ; parfois aux heures des plus basses temproduit vers le matin, une rosée assez abondante. » pératures,

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MADAGASCAR.

Température. /Maximum ,, 1Moyenne , . ]Moyenne . pluies./,,,. r (Minimum /Maximum Saison 'Moyenne sèche. J Moyenne _ . Saison (Minimum (moyenne) vers A-.' 1 heure vers 3 heures , (moyenne) (moyenne) vers 1 heure vers 3 heures (moyenne)

Degrés. midiv après du matin. ... ... 38 o/ 34 24 0, Zl 34 30 19 16

après midi du matin.

... ...

— « Tension seulement Appréciée par électrique. des ses effets physiologiques très marqués au moment habituels : et se traduisant orages par les symptômes surexcitation mornerveuse, abattement, paroxysmes bides '. » PATHOLOGIE. « Des trois d'affections classes grandes qui frappent en campagne : affections les armées palustres, dysenet typhiques, le premier seul est un groupe tériques de la morbidité dans le Bouéni. facteur important ce L'endémie mais la dysenpalustre y est sévère, assez peu fréquente chez l'indigène et généraleterie, ment bénigne, est assez rare chez l'Européen; les affections typhiques y sont (typhoïde, typho-malariennes) 2. » exceptionnelles 1. Dr Laoazc. 2. Idem.

HYGIÈNE. 21 PATHOLOGIE, — Par ordre de fréquence, Affections palustres. affectent les formes suivantes : les affections palustres intermittentes à type quotidien, Les fièvres atypila rémittente la bilieuse, pernicieuses, ques, tierces, les névralgies bilieuse hématurique palustres, (rare), CLIMATOLOGIE, le paludisme chronique (assez fréquent). ces affections se contractent On a remarqué que la saison des pluies pendant que penplus facilement sèche. celle-ci esc loin de dant la saison Toutefois, et les précautions une immunité complète présenter sont à observer en tout temps. spéciales hygiéniques du Bouéni, la traversée Ce n'est guère que pendant de la côte au plateau c'est-à-dire central, que la fièvre est à redouter. on trouve des températures Sur le plateau central, un air plus vif, aussi les affections tempérées, palustres rares et bénignes. y sont-elles facilement dans l'Imerina des On se débarrasse affections contractées dans le bas pays. — Ainsi nous l'avons dit Dysenterie. que plus mais sévit toute l'année. haut, elle est rare et bénigne, Elle n'a pas de recrudescence saisonnière. Les complications hépatiques de la dysenterie sont rares. Mais le seul fait de son existence doit faire prévoir qu'elle et grave du fait de l'encompeut devenir épidémique brement résultant d'une en immigration européenne masse. En dehors de ces affections principales qui menacent tout le monde, il est bon de citer les suivantes dont la est moindre ou qui pourront être facilement fréquence certaines évitées, moyennant précautions.

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— La Affections vénériennes. est génésyphilis rale dans la population les affections blenindigène; et chancrelleuses sont très fréquentes. Il norrhagiques un danger constant. y a là pour l'Européen immigré — Assez rare chez l'Européen vivant Insolation. et travaillant isolément. Est à prévoir assez nombreuse en cas d'encombrement et d'exercice au soleil. à l'état en—La variole existe éruptives. les cas n'en soient démique. Quoique pas très nomtout Européen ou doit être vacciné breux, immigrant revacciné. Fièvres Affections cutanées. dans les basses classes Plaies — La gale est assez fréquente de la population indigène..

— Chez les individus sains d'ulcérations. et robustes, les plaies bien et rapidement guérissent ; bien elles chez traitées, peuvent guérir également même un j>eu débilité. l'Européen CONSEILS D'HYGIÈNE. — La coutume de l'apéritif est dangereuse. Repas. d'une grande d'eau avant le L'absorption quantité au lieu d'exciter l'estomac repas, l'appétit, emplit occasionqui, déjà mal disposé par suite de la fatigue née par la chaleur, se refuse à recevoir une quantité suffisante. d'aliments Faire bouillir ou la filtrer, surtout si elle ne l'eau, d'eau Les indigènes provient pas d'un cours rapide.

CLIMATOLOGIE,

PATHOLOGIE,

HYGIÈNE.

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ne boivent ordinairement eux-mêmes que de l'eau du thé léger est recommandé. bouillie. L'usage d'eau est un tonique dont les Le vin pur ou coupé se passent difficilement. Eviter les excès de Européens Ils sont presque suivis boissons alcooliques. toujours à l'insolation. d'un accès de fièvre et prédisposent doit être substantielle La nourriture ; les boeufs du une viande d'assez A bonne qualité. pays fournissent du riz. défaut de légumes frais, manger l'estomac d'une Ne pas charger quantité grande d'aliments. — De la côte au c'estVêtements. central, plateau à-dire pendant 300 kilomètres la tenue coloenviron, niale peut seule être supportée. Dolman et pantalon chemise blancs, légère, casque et insolaire. Pour la nuit, avoir à portée un dolman une ceinture de flanelle. Sur le plateau la tenue de drap central, pour les hommes la même tenue ou la tenue (pour les officiers coloniale en flanelle) est indispensable. Précautions contre —Ne la fièvre. pas se mettre en marche à jeun ; ne pas boire d'eau stagnante ; faire bouillir l'eau ou la filtrer. En prévision d'une journée une absorber fatigante, dose de 08r,25 de quinine en avant de se mettre marche. Les médecins de Madagascar recommandent le bromou le chorhydrate de quinine. hydrate L'usage coolé, par journalier exemple, du quinquina, sous est très recommandé. forme d'al-

24 Certains quinine,

MADAGASCAR. médecins conseillent à raison de 0S1',25 tous constant l'usage les deux jours. delà

— AlimentaPrécautions contre la dysenterie. tion aussi régulière Port habituel de la que possible. ceinture de flanelle, surtout la nuit. Ne pas boire d'eau Eviter le contact des objets à l'usage des stagnante. dysentériques. Précautions boire d'alcool constant du besoin. — Ne l'insolation. jamais avant d'aller au soleil. Port largement du mouchoir mouillé au casque. Usage contre

— S'isoler à prendre Précautions au bivouac. du sol le plus d'un moustipossible ; s'envelopper se couvrir le ventre d'une ceinture de flanelle. quaire, — Éviter tout excès de boisConseils généraux. Les médecins résidant à Mason, tout excès sexuel. sont unanimes à dire que l'intempérance dagascar d'un accès de ou la débauche se paient immédiatement fièvre. Ne pas oublier et que les affections syphilitiques sont courantes chez les femmes hoblennorrhagiques vas. les soins de la peau en parLes soins de propreté, ont une importance la transticulier, considérable, étant la meilleure défense contre piration régulière du pays. l'influence de la haute nocive température les bains de rivière donnant la Toutefois, quelquefois fièvre, il sera sage de n'en pas user.

CLIMATOLOGIE, PATHOLOGIE, HYGIÈNE. Renouveler de sueur. fréquemment les vêtements imprégnés

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ce chapitre, nous nous empressons Pour terminer unanime des médecins de donner l'opinion français à Madagascar, sur l'acclimatement des Eurorésidant à sans tribut péens dans le pays : il se fait facilement, soit tempérant et qu'on la maladie, pourvu qu'on recommandées hygiéniques par prenne les précautions l'expérience.

CHAPITRE LES

IV

POPULATIONS

habitent Madagascar que plusieurs peuples à la race noire, sauf les Iiovas, et qu'ils appartiennent qui sont de race jaune. aucun de ces peuples ne certains savants, D'après de naufragés serait tous proviendraient autochtone, abordé dans l'île à des ou de navigateurs qui auraient et inconnues. époques plus ou moins éloignées Il est certain, en effet, que des différences physiques familles considérables caractérisent les principales malgaches. détails Nous n'entrerons pas dans de plus grands nous sur l'ethnographie des indigènes, rappellerons et seulement les traits essentiels des différents peuples succinctement leur situation vis-à-vis indiquerons des Ho vas. tout C'est en effet sur ces derniers que se concentre en conséquence, nous avons groupé autour l'intérêt; d'eux les différents peuples qui leur obéissent presque tels que les Antsianacs, les Betsiléos, complètement, et les Benazanozanas, les Betsimisaraks, les Antancars les Antaimours. Nous avons ensuite passé en revue les populations en commensoumises, qui ne sont que partiellement leurs adversaires les plus puisçant par les Sakalaves, On sait

LES POPULATIONS.

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les Tanales les Antanosses, sants. Après eux viennent et les Bares. les Quant aux peuples encore libres, les Mahafales, et les Machicores, leur importance poliAntandroys guère fait que les citer. tique est nulle; nous n'avons HOVAS ET PEUPLES SOUMIS AUX HOVAS. — On désigne ainsi la population de l'ImeHovas. a à Tananarive, résidant rina, dont le gouvernement, de Madaétendu son action sur la presque totalité les Hovas Au point de vue ethnographique, gascar. d'acêtre de race malaise. Leurs traditions, semblent cord avec celles des populations qui les ont précédés, les font venir de l'est. sur la côte et en Naufragés butte aux entreprises des naturels, ils se malveillantes retirés dans l'intérieur et auraient seraient, paraît-il, peu à peu conquis par les armes leur place au soleil. Plus intelligents, plus énergiques que leurs voisins, ils établis dans le pays le plus sain, le plus fertile, ont progressivement étendu leur domination. Aujourà part quelques tribus du sud, les d'hui, sauvages ou sont sous leur dépendance peuples de Madagascar tout au moins subissent leur influence. L'histoire des rois hovas remonte au seizième siècle, mais jusqu'au commencement elle est du dix-neuvième, si bien ignorée que les colons et les explorateurs franabordèrent dans l'île, n'en font çais qui, dès 1601, aucune mention. C'est sir E. Farquhar, de l'île gouverneur anglais Maurice en 1815, qui a inventé selon la les Hovas, de de M. de Mahy. Contraint pittoresque expression

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restituer à la France l'île de Madagascar, occupée par son gouvernement les guerres de l'empire, il pendant à créer dans le pays une puissance de s'ingénia capable contrebalancer notre influence. la plus active, Les Hovas étaient de toutes les tribus la plus immédiate de transformation ; il susceptible sut les gagner et devenir peu à peu leur conseiller. a su conserver cette époque sa Depuis l'Angleterre du gouvernement hova. vis-à-vis Dans tous position nos démêlés avec lui, nous la trouverons s'efforçant notre action et de retarder notre mainmise d'enrayer définitive sur l'île. Voici le portrait que donne des Plovas M. Grandiclier, avant 1870 ; il ne s'est pas moqui visita Madagascar difié : « Les Hovas sont généralement de taille plus petite que les autres mais ils sont malgaches, peuplades et adroits néanmoins ; si l'on peut avec pleins d'énergie leur hypocrisie, raison leur reprocher leur ignorance, leur égoïsme, leurs défauts naturels dans cruautés, une population livrée de tout temps à la barbarie, mais qui tendent à disparaître, ils n'en sont pas moins économes et relativement travailleurs, intelligents, sobres ; et à cause de ces qualités très réelles, on ne saurait les comparer aux autres tribus malgaches, qui à l'ivrognerie, leur sont inférieures par leur penchant » et par leur prodigalité. par leur paresse Les Hovas ne forment que le tiers de la population de l'île ; c'est la meilleure de leur supériorité. preuve — Nous Hovas. soumis aux désignons Peuples les peuples de fait sous cette rubrique qui ont accepté mais il est bon de dire que l'administration hova;

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est loin d'être absolue. Ils ne montrent leur soumission aucune pour des vainqueurs qui les opprisympathie deet il est certain ment durement, que si les temps durs pour les Hovas, ils n'hésiteront viennent pas à se soulever contre eux. — Les Antsianacs au nord sont établis Antsianacs. central. à l'extrémité du plateau de l'Imerina, Popusoumise la fin et paisible, lation insouciante depuis ils n'ont fait aucune tentative du siècle dernier, pour hova leur indépendance. Le gouvernement recouvrer chez eux deux gouverneurs. entretient — Le la parBetsiléos. comprend pays des Betsiléos tie du plateau central située au sud de lTmerina. Les acharn'ont été soumis qu'après des luttes Betsiléos hova est particuliènées; pour eux, l'administration sécurité rement dure et tracassière. Il n'y a aucune ni pour le commerce. Aussi le pays pour la propriété est-il très troublé; des bandes de fahavalos (voleurs), de soldats d'habitants révoltés déserteurs, composées le pays et opèrent parcontre les exactions, parcourent tout des razzias. chez eux la dominaHuit assurent gouverneurs tion des Hovas. La capitale, Fianarantsoa, compte 10,000 âmes. — On désigne ainsi l'ensemble des Betsimisaraks. delà côte est, de la baie d'Antongil à Mapopulations de la nanzare. Amollis par la température plus chaude se distinguent côte, les Betsimisaraks par leurs moeurs douces et faciles et leur répulsion le travail pour assidu. Ils se contentent de récolter les produits que le sol leur fournit et abondamment, presque sans culture, vivent misérablement dans des cases primitives. Quel-

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du goût pour la namontrent ques peuplades pourtant . vigation La côte, dans cette partie de l'île, présente plusieurs sont ceux de Fénérive, ports, dont les plus importants Andevorante, Vohémar, ; Foulpointe, Vatoumandry mais le centre le plus considérable de toute la côte est sans est et même de toute l'île, après Tananarive, contredit Tamatave. C'est en ce point que vient se la plus grande du commerce d'imconcentrer partie et d'exportation. portation et un tribuLa France y avait établi une résidence et l'Italie nal; l'Angleterre, y ont chal'Allemagne cune un consul. bureau de l'Union est reliée avec Tamatave, postale, toutes les localités de l'île par un service importantes de courriers et en outre, avec la capitale, piétons par une ligne télégraphique. Trois compagnies maritimes y font escale : les Mesla Compagnie havraise et la Castle sageries maritimes, Line (anglaise). La ville est bâtie sur une pointe de sable d'un kilomètre environ de longueur, entre deux baies ; celle de et ouverte, constitue une rade assez l'est, très grande bonne tenue, la saison sèche, vaste et d'une pendant de mars à novembre. Cet avantage et sa proximité de la Réunion et de en même temps que de Tananarive, ont fait Maurice, la fortune de Tamatave. Elle est percée de rues dirigées dans le sens de sa reliées Le transversales. longueur, par des ruelles les consulats, quartier européen qui renferme banques et maisons de commerce, la rade; les villages regarde

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sont de l'autre côté de la pointe ou vers l'inindigènes térieur. d'habitations de plaiEnfin un faubourg composé de jardins s'étend le long de la côte sance entourées sud. le service de la voirie est nul et Malheureusement, encadrées dans de jolis jardins si quelques habitations un aspect agréable, un plus grand nombre, présentent construites au contraire, avec des matériaux de rebut, sont entassées pêle-mêle. On trouve dans la ville deux hôtels et de nombreux de comestibles, d'habillemagasins liquides, objets ment et d'ameublement; la vie y est relativement chère. Tamatave renferme dont 400 Eu12,000 habitants, ropéens environ. — Ils habitent la vallée du ManBenazanozanas. et le pays des Betsimisaraks; l'Imerina gour, entre comme ceux-ci, ils sont complètement soumis aux Hovas qui les emploient à porter des fardeaux entre la côte et Tananarive. Leur capitale, a une population de Mouroumangue, hova y réside. 3,000 âmes; un gouverneur — Les Antankars Antankars. l'extréoccupent mité nord de Madagascar. De 1820 à 1840, ils ont été soumis aux Hovas; à cette dernière date, ils ont essayé de secouer le joug. Mais, désespérant du succès de cette leur roi, Tsimiar, céda ses États à la France tentative, et se retira à Nosi-Mitsiou. Nous avons toujours négligé de tirer un parti effectif des droits qui nous ont été ainsi cédés et les Hovas ont librement dans le pays. pu s'installer

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font un grand Antankars commerce de boeufs à Diégo-Suarez ou à Vohémar. Ils nous qu'ils vendent ont rendu services la dernière camquelques pendant en qualité et de porteurs. d'auxiliaires pagne, — Leur pays s'étend Antaimours. le long de la côte de Mananarre à Faraest, au sud des Betsimisaraks, n'ont Les Antaimours été complètejamais fanga. et ils entretiennent ment soumis une haine vivace contre leurs vainqueurs. le plus travailleur C'est le peuple de Madagascar ; un grand nombre d'entre eux quittent année, chaque clans d'autres le pays et vont se louer de l'île. parties PEUPLES DEMI-INDÉPENDANTS.

— Les Sakalaves avaient autreLes Sakalaves. à Madagascar fois une situation et occuprépondérante une étendue de 10 degrés de la géographiques, paient au nord, à la baie Saint-Auguspresqu'île d'Ankify, tribut. tin, au sud. Les Hovas leur payaient Mais des dissensions intestines résultant de compétitions au trône les divisèrent et pour la succession endettèrent pour ainsi dire l'autorité. Dans ces conditions, leur bravoure et leur malgré contre les Hovas, haine très violente ils ne purent résister aux invasions de ces derniers. Ils ne sont pas encore mais soumis, complètement les Hovas s'infiltrent de plus en plus chez eux. Les sur des postes militaires dont le appuyés gouverneurs, croît sans cesse, à petit nombre arrachent aux petit chefs sakalaves le peu d'autorité qui leur reste. les Sakalaves Au physique, sont mieux constitués

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ils possèdent une réelle valeur guerque les Hovas; immodéré rière, mais ils ont un penchant pour la vie nomade et le pillage. On a prétendu qu'ils sont les alliés de la France,, c'est exagéré. du Hova les pousse à rechercher notre Leur haine on aurait tort de tirer de cette attitude touteappui; et égoïste la conclusion qu'ils ont des sympapolitique thies pour nous. sont répartis en quatre Les Sakalaves aujourd'hui et autonomes divisions du Bouéni, de principales du Ménabé et du Fiéréné. l'Ambongou, la plus importante des quatre, s'étend deLe Bouéni, la presqu'île d'Ambatou au cap Saint-André. Il relève du gouverneur hova de Majunga. le long de la mer, il présente dans Peuplé seulement à peu près incultes. l'intérieur d'immenses solitudes Parmi les nombreux rois et reines de cette contrée,, nous ne citerons frère duroiMonza,. que le roi Tsiaras, mort en 1887, et la reine Binao, établis respectivement au nord et au sud de la baie de Passandava, dont les la dernière sujets nous fournirent pendant campagnedes auxiliaires, soldats, porteurs, guides.... sur la baie de Bombétoke, est la ville la. Majunga, de toute la région, la troisième de plus importante l'île entière. A proximité de Nossi-Bé, et Mozambique,, Mayotte au fond d'une rade étendue, d'une bonne tenue poulies navires, elle possède en outre l'avantage de setrouver à l'embouchure du fleuve Betsiboka, dont le contourne une partie de laprincipal affluent, l'Ikopa, ville de Tananarive. 3 MADAGASCAR.

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Bien que plus éloignée de 150 kilomètres de la capitale de l'île que Tamatave, elle tire de la pente plus douce des terrains, du voisinage de ces importants d'un mouillage cours d'eau, delapossession sûr et prodans un avenir che, des avantages qui lui promettent, une supériorité incontestée sur sa rivale. prochain, la paix revenue, elle sera reliée à TananaLorsque de fer à voie étroite, rive par un chemin elle deviendra incontestablement de Madagascar. l'entrepôt principal Vue du mouillage, avec ses maisons de pierre que une ligne de cases de plus continue d'un kilomètre, adossée à une colline couverte de manguiers, dominée a l'air d'une véritable cité. par le rova hova, Majunga De près, il faut en rabattre. La ville se compose de soixante maisons de pierre ou torchis et cinquante-deux recouvertes de tôle ou surmontées d'une terrasse. Le reste est une agglomération de huit cents cases de paille, entourées pour la plupart d'une clôture de même nature et disposées sans grand ordre. A part deux grandes artères au rivage, il parallèles n'y a pour ainsi dire pas de rues. l'entretien des routes, les soins les plus L'éclairage, élémentaires de voirie sont choses totalement inconnues. « Le long du Betsiboka et de l'Ikopa et jusqu'à Kià 340 kilomètres naze du littoral, sont répartis les les communications avec hovas, postes qui assurent Tananarive. Les principaux de ces postes, Kinaze, ne Malatse, Ampoutac, Ampassiri, Ankoale, Bessève, sont que des villages de cent à cent vingt cases environ. Le pays qu'ils est très mamelonné et jalonnent

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cimes atteignent ; les plus hautes parfois montagneux défaut et font partout 1,200 mètres ; mais les arbres sur un horizon assez étendu '. » la vue se repose toujours sud de la baie de Baly jusqu'au s'étend L'Ambongou états. Les Il est divisé en plusieurs de Maintirano. en 1835, mais décimés Hovas ont voulu le conquérir à leurs entreprises par les fièvres, ils ont dû renoncer et le pays est toujours indépendant. de la côte sont Les principaux ports de cette partie et Maintirano. Tambouarane au sud de l'Ambonla contrée Le Ménabé comprend du pays, Une partie la rivière Mangouc. gou, jusqu'à l'autre est soumise est indépendante, celle du nord, aux Hovas. obéit au roi Touère et à son Le Ménabé indépendant de cette région, frère Angarèze pares; les habitants ni industrie. n'ont ni commerce seux et pillards, à la reine Easaotra soumis Le Ménabé appartient du gouverauprès qui réside dans le fort de Mahabo, neur hova. et Mosont Ambato Les ports les plus importants des Messageries maescale de la Compagnie rondava, ritimes. sur la la contrée, assez peuplée Comme le Bouéni, elle est également dans l'intérieur; côte, est déserte de postes hovas. reliée à l'Irnerina par une succession et la baie Le Fiérène entre le Mangouc est compris rois sades anciens Saint-Augustin ; c'est le berceau aux dont les reliques sont encore conservées kalaves, environs de Tulléar. 1. Madagascar en 1894, par A. Martineau.

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du Fiérène est toujours Une partie indépendante, ne sont établis les Hovas que dans le sud, à Tulléar, et environs. Saint-Augustin — Les Antanosses sont les Malgaches et environs. sont plus Leurs traits de Fort-Dauphin de la côte ; leur délicats que ceux des autres peuplades sont fins et couleur est moins foncée ; leurs cheveux aux Hovas, mais l'autorité du bouclés. Ils sont soumis ne s'étend gouverneur pas au delà de Fort-Dauphin. au sommet ce Fort-Dauphin se trouve de dunes de de hauteur. On accède à la ville par 40 à 50 mètres à la plage près du hangar un sentier de qui débouche de la douane. des rochers, Au pied des dunes se trouvent au milieu on voit la vague finir en gerbes et desquels en jets d'eau intermittents d'une grande hauteur. L'asest tout pect de la ville et des environs européen. n'est pas lourde comme à Tamatave et L'atmosphère sur les autres points peu élevés de la côte. L'air est au contraire vif et frais et les Européens dit-on, peuvent, vivre dans d'excellentes conditions. « Le fort construit en 1642 est une par les Français vaste enceinte dans se trouvent établies aulaquelle un grand nombre de cases habitées jourd'hui par les soldats hovas ; elles forment une sorte de village hova à côté du village Il en est ainsi du reste malgache. dans toutes les villes de quelque A l'eximportance. trémité nord de l'enceinte, dans une sorte de cour se trouve l'habitation du gouverneur. Il ne d'honneur, reste guère comme souvenir de l'occupation française du fort, dont les ruines que les tours et les murailles semblent défier les années. Il ne reste plus aucune Antanosses.

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constructions trace des autres ; on chereuropéennes et l'église de nos compacherait en vain le cimetière de Forttriotes du dix-septième siècle. La population est d'environ dont les trois 2,000 habitants, Dauphin et comprennent le français *. » quarts parlent — Les Tanales habitent les contreforts Tanales. orientaux de l'extrémité sud du plateau Betsiléo. Leur de forêts, il est incomplètementsoumis. pays est couvert — Ils sont établis au sud des Betsiléos et à Bares. l'est du Fiérène. des Hovas Les nombreuses expéditions sont restées à peu près infructueuses; pour les réduire elles n'ont amené que l'occupation d'Ihouse. Le pays des Bares est à peu près inconnu. PEUPLES INDÉPENDANTS. sud de Madagascar est occupée par les les Antandrogs et les Machicores, peuples Mahafales, absolument en luttes intestines constantes, sauvages, rebelles à toute civilisation. On a les plus grandes des relations peines à établir commerciales avec eux et les établissements fondés sur leur côte sont loin de jouir d'une sécurité suffisante. 1. Madagascar en 1894, par A. Martmeaa. L'extrémité

CHAPITRE

V

LE GOUVERNEMENT L'ADMINISTRATION ET HOVAS

On s'imagine volontiers hova que le gouvernement est basé, comme ceux d'Europe, sur une constitution observée. C'est une erreur, s'il y a régulière, toujours à Madagascar des lois écrites, elles sont, la plupart du lettres les faits les contredisent en mortes, temps, toutes choses. une législation, En se donnant les Hovas, conseillés n'ont eu qu'un but : en imposer à l'Eupar les Anglais, rope; faire croire qu'ils sont en pleine voie de civilisation et qu'ils peuvent se passer de tutelle. voir que leurs institutions sont rudiNous allons mentaires et que la fantaisie, l'arbitraire, l'injustice, se retrouvent dans le gouvernement, l'admipartout, et l'armée. nistration GOUVERNEMENT. — La reine est la première reine. autorité de n'étant l'île, mais son pouvoir pas établi sur une constitution est absolument nul. régulière, est de la prendre dans la descendance diL'usage recte d'Andrianampouine; l'ordre de succestoutefois, sion n'est nullement déterminé. ans environ, la reine étant la Depuis quarante femme du premier le soin de la ministre, légitime La

LE GOUVERNEMENT ET L'ADMINISTRATION HOVAS. 39 La reine de celui-ci. est laissé au bon plaisir Eanavalo 1883 ; elle est III, règne depuis 35 ans. son maintien ou son éducadans son attitude, la distingue des autres femmes du peuple ; elle et insignifiante. aussi ignorante des affaires, elle vit conEloignée systématiquement et avec ses femmes de service finée dans un palais enfantins. passe son temps à des amusements tout anglaises Ses sympathies ; elle est sont, paraît-il, le chef de la religion. choisir actuelle, âgée de Rien tion ne est tout — L'institution du premier Premier ministre. ministre remonte à Ranavalo Ire (1828-1861). A cette n'avait qu'un pouvoir époque, ce haut fonctionnaire à l'autorité assez restreint et subordonné ; il royale n'était guère que l'amant de la reine. Mais ses fonctions augmentèrent peu à peu d'importance ; Rainilaiarivony, le premier ministre actuel, actoute l'autorité et les rôles furent rencapara bientôt versés. Aujourd'hui, c'est lui qui choisit la reine et c'est lui qui gouverne. Au pouvoir 1864, il eu depuis est à sa troisième épouse et reine. Une idée unique préside à toutes ses actions : découde s'établir à rager les étrangers, quels qu'ils soient, autour de leurs et, pour cela, accumuler Madagascar, ou industrielles commerciales tous les obsentreprises tacles possibles. Ce programme aussi bien aux Anglais s'applique des premiers Si les conseils sont acqu'aux Français. de refouler l'inceptés en politique, lorsqu'il s'agit fluence française, leurs tentatives, pour créer dans

-10 l'île des intérêts les nôtres.

MADAGASCAR. anglais., échouent tout aussi bien que

en prévision d'événements Néanmoins, qui pournous de la « grande raient momentanément éloigner de plus en plus leurs île », ils encouragent pasteurs méthodistes dans leur entreprise toute pour accaparer influence. raAussi les missions protestantes progressent-elles pidement. les Hovas ont une religion Grâce aux méthodistes, officielle ont des convic(ce qui ne veut pas dire qu'ils tions religieuses), un arsenal de lois, de codes, de rètrès complets, mais auquel on ne recourt glements que Toute cette belle législation n'est pour faire illusion. en effet qu'apparence l'arbitraire et, dans la réalité, le plus absolu et l'injustice la plus criante caractérisent tous les actes du gouvernement. La famille du premier ministre est en pleine lutte intestine. Son fils Eajoël, son avoir après empoisonné frère aîné, a tenté de renverser son père ; il est actuellement à Amboustre, exilé du pays sur les confins Betsiléo son arri; de nombreux amis, qui escomptent vée au pouvoir, lui restent fidèles. Mais les préférences de Rainilaiarivony sont pour son Eatilifère petit-fils ; c'est à lui, paraît-il, qu'il réserve sa succession; un parti nombreux s'est en conséquence formé autour de ce jeune homme qui n'a qu'une vingtaine d'années. à la reine, elle aurait, déclaré Quant paraît-il, que toutes ses sympathies sont pour Rajoë'l. de Raile successeur Quel sera dans ces conditions ? Il est difficile de le dire. Mais que ce soit nilaiarivony

LE GOUVERNEMENT ET L'ADMINISTRATION HOVAS. 41 ou même un troisième, la France l'un ou l'autre peut ministre suivra la être certaine que le futur premier de celui d'aujourd'hui. Elle aurait tort d'espolitique la chute du gouère nouvelle marquerait pérer qu'une actuel. vernement — Le premier est assisté d'un Cabinet. ministre du « cabinet », composé des hommes les plus influents un organe royaume choisis par lui seul. C'est d'ailleurs sans aucune autorité effective. consultatif, purement Le gouvernement ne demande son avis que très rarement, par exemple, lorsqu'il s'agit de prendre une mesure impopulaire ; de cette façon, il dégage sa responsabilité. — La création ministères Ministres. des différents ne remonte elle est complètement guère qu'à 1880; illusoire but que de tromper et n'a d'autre l'Europe sur la valeur réelle des institutions malgaches. soient netteMalgré qu'en théorie leurs attributions ment définies, les ministres hovas ont si peu à faire ni bureaux ni personnel en sousqu'ils ne possèdent ordre ; ils n'ont même pas de traitement. Néanmoins, les indigènes à cause tiennent à ces fonctions beaucoup du prestige qu'elles leur donnent. A l'instar des nations de l'Europe, les Hovas se sont donné le luxe des ministères suivants : affaires étrangères, Intérieur, justice, légisguerre, instruction travaux lation, commerce, pupublics, blique. Secrétariat. — H y a pourtant à côté du premier

4.2

MADAGASCAR.

ministre une institution une autorité effective, ayant c'est son secrétariat. Les trois personnages qui le composent, Rasange, Rabibishou n'ont et.Rasonarainiarisona, pas, comme les ministres, des attributions déterminées par règleleur influence s'étend à tout. néanmoins, ment; ils sont les interprètes du premier En principe, ministre avec les étrangers; en fait, ils connaissent de toutes les affaires intérieures et extérieures. C'est à eux qu'il faut s'adresser obtenir une pour obtenir etc. ; de bons pots-de-vin concession, justice, sont l'entrée en matière si l'on veut indispensable réussir. Conseil de gouvernement. vernement est un conseil privé influents choisis par le premier cune autorité effective. conseil cle goucomposé de personnages mais n'a auministre, — Le

ADMINISTRATION. Les fonctionnaires aucune indemhovas ne reçoivent de trouver les moyens de subnité; il leur appartient venir à leur existence et d'assurer leur fortune. On un pareil sysconçoit facilement quels abus engendre tème. Il n'existe aucune honnêteté dans la gestion des affaires ; la sécurité morale et matérielle du pays est nulle. Le grand principe sur lequel est basée l'organisation à Madagascar est le suivant : la fonction doit faire vivre le fonctionnaire.

LE GOUVERNEMENT ET L'ADMINISTRATION HOVAS. 43 — Les castes. — Au x vin 0 siècle, la nation Imerina. en plusieurs hova était divisée groupes ayant chacun Une révolution un roi ou chef particulier. qui éclata à le pouvoir entre les mains d'un cette époque concentra Celui-ci sut habileseul souverain, Andrianampouine. à déau lieu de chercher ment profiter de sa victoire; amené des réce qui aurait truire ses anciens rivaux, il sut s'en sans nombre, voltes et des complications en instituant à leur profit des castes faire des partisans mais sans importance politique. privilégiées, six castes elles ont Il existe aujourd'hui nobles; michacune un chef choisi par elles et par le premier nistre et forment environ le sixième de la population totale. aucune influence Aucune distinction spéciale, polià ceux qui les composent. Etre tique ne sont accordées d'une caste noble est un honneur sans profit, les chefs eux-mêmes n'ont aucune autorité. Pourtant, quelquesdu service militaire. unes de ces castes sont exemptes La famille royale appartient à une septième caste, dont le chef est Ratsimamangue, l'oncle de la reine. — Jusqu'à Chefs de la noblesse et du peuple. la noblesse l'institution du premier seule ministre, avait participé à la gestion des affaires de l'Etat; elle avait alors une prépondérance sur toute sans conteste la population. Mais avec les premiers la bourgeoisie, ministres, dont ils étaient une grande influence et issus, acquit supplanta peu à peu la noblesse. On songea alors à organiser ces deux séparément Dans chacune des six circonscripparties de la nation.

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MADAGASCAR.

on institua un chef de la noblesse tions de l'Imerina, dont les fonctions consistent et un chef du peuple à faire rentrer les impôts, lever les soldats, la organiser celle des chefs de contrebalance police. Leur influence caste. — Les esclaves (un tiers de la populaCaste noire. tion environ) ne forment pas une caste; ils n'ont pas de chef. La caste noire comprend seulement les esclaves elle a un chef, simple des libérés; agent d'exécution ni influence. ordres du gouvernement, sans autorité ou Un certain de noirs, nombre plus intelligents sont employés plus vigoureux que leurs congénères, comme courriers et forment la classe des Tsimando ou courriers de la reine ; leur chef est 12° honneur. — En dehors de l'Imerina, les différents Provinces. sont répartis en onze provinces peuples de Madagascar hova nommé par le administrées par un gouverneur ministre. premier Ce fonctionnaire réunit toutes les attributions ad: perception ministratives des impôts, recrutement, sans police, etc. Il est assisté d'un second gouverneur attribution nettement mais particulièrement définie, sa conduite et de rendre compte à chargé de surveiller Tananarive de tout ce qui peut intéresser le gouvernement. Ce gouverneur en second est à son tour espionné par un certain nombre d'officiers ou aides de camp attachés à la douane ou à la police ou au recrutement. Dans ces conditions le premier ministre est facilement au courant de tout ce qui se passe dans l'île.

LE GOUVERNEMENT ET L'ADMINISTRATION HOVAS. 45 de camp ont sous leurs ordres, comme des Malgaches, qui ont le titre de agents d'exécution, mais ne sont pas «honneurs», juges (Andriamasente), aux Hovas. cette dignité étant réservée sont les chefs de village, Au bas de la hiérarchie, leur autorité s'étend sur nommés par le gouverneur; : impôts, l'administration recrutout ce qui intéresse etc. tement, justice, à la noblesse ou à la Les gouverneurs appartiennent hova. Ce n'est généralement bourgeoisie pas en consiadministratifs dération de leurs talents que le premier ministre les choisit, mais d'après l'habileté qu'on leur clans le trébeaucoup d'argent suppose à faire rentrer leurs charges ne leur sont concésor. Souvent aussi, de fortes sommes. dées que moyennant à quelles exactions un paIl est facile de s'imaginer reil système conduit. A tous les degrés delà hiérarchie une partie des revenus chaque fonctionnaire prélève en proportion avec l'importance de ses fonctions et néanmoins la part du trésor doit être abondante. Aussi les gouverneurs tirent-ils de tout : conargent tout ou faveurs cessions, justice, diverses, exemptions est vendu. des ils se font les complices Quelquefois Fahavalos ou voleurs ils les procle grands chemins; et rachètent leurs prises. tègent en cachette Pourvu que le trésor ait sa bonne part de foutes ces le premier ministre ferme les yeux. Il n'inopérations, tervient entre la part du que dans le cas où le rapport et celle du trésor lui paraît trop peu avangouverneur tageux pour ce dernier. Les gouverneurs intellihovas sont en général élèves des méthodistes gents; ils sont pour la plupart Les aides

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MADAGASCAR.

et possèdent une certaine instruction; quelques-uns même sont au courant de nos usages et les observent sans trop de gaucherie. Certains d'entre se rendent eux, paraît-il, compte de la barbarie de leur administration et appellent de leurs voeux un protectorat français qui leur permetet suffisant, de trait, grâce à un traitement régulier devenir des fonctionnaires équitables. JUSTICE. En J 881, au moment des démêlés entre la France et la cour d'Imerina, les méthodistes firent comprendre au premier ministre de nous que le meilleur moyen combattre était de s'attirer les sympathies des Etats en leur donnant le spectacle d'institutions européens et civilisatrices. Ce programme un régulières accepté, code de justice conforme aux principes de l'équité et de la raison fut publié. Ce document règle toutes les questions qui intéressent la vie d'un peuple; mais c'est une oeuvre purement théorique. Nous l'avons déjà dit, on n'a eu qu'un : illusionner seul but en le publiant l'Europe. la justice est abandonnée à la Dans la pratique, fantaisie ou plutôt à la cupidité des fonctionnaires : ses arrêts sont vendus au plus offrant des intéressés. Trois cours de justice furent en même temps instil'une devait connaître des causes civiles et comtuées; une autre des crimes et délits, et la troisième merciales, des atteintes violentes et injustes à la propriété. Cette organisation n'a jamais dans la fonctionné; voici ce qui se passe : pratique,

LE GOUVERNEMENT ET L'ADMINISTRATION HOVAS. 47 d'individus désiun certain nombre A Tananarive, en raison de leur fortune gnés par le premier ministre, de connaissent indifféremment ou de leur influence, de trois, quails siègent au nombre toutes les affaires; tre ou cinq. en effet de il s'agit Les procès durent longtemps; des intéressés; tirer le plus d'argent quand les possible l'affaire est sont à bout de libéralités, deux parties les juges rédigent une sentence entendue; qu'ils souet c'est ce dernier ministre au premier mettent qui tranche le différend. la justice est rendue Hors de Tananarive, par les en même temps des amis des villages, qui sont chargés toutes de notaire et de greffier. Ils examinent fonctions et rédigent un raples affaires qui leur sont soumises ministre la sentence. qui prononce port pour lepremier ce sont les gouverneurs Dans les provinces, qui remde juges. Les choses se passent plissent les fonctions comme à Tananarive, avec cette différence que les gouverneurs la sentence. prononcent au premier miIl est pourtant permis d'en appeler à cause des rarement, nistre, mais le fait se produit frais énormes que nécessite une nouvelle procédure.

FINANCES. les Contrairement à ce qui a lieu partout ailleurs, aux sommes provenant ne font pas retour des impôts Le gouverrendus. sous forme de services populations l'asnement ne dépense rien pour les travaux publics, etc... ; le traitement de ses fonctionnaires, sistance,

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affectées à la défense quelques sommes sont seulement nationale. Les ressources de l'Etat peuvent se classer sous les dénominations : suivantes — Ces droits se paient Droits de douanes. ad valorem et sont fixés d'une manière générale à 10 p. 100. à l'exportation, il existe quelques Toutefois, exceptions. La perception de cet impôt est des plus irrégulières, les commerçants de s'entendent avec les capitaines douane hovas ou les gouverneurs et, moyennant potsou exportent sans payer la totalité de-vin, importent . de leurs redevances. Dans les six ports de Fénérive, Vohémar, Tamatave, Mananzar et Majunga, la recette douaVatoumandre, nière a été concédée au Comptoir en garand'escompte tie de l'emprunt au gouvernement qu'il a consenti le contrôle est un peu Dans ces localités, malgache. s'élèvent à environ 700,000 plus sérieux et les revenus francs. les douanes au C'est à peu près tout ce que rapportent et pourtant elles atteindraient, gouvernement paraît-il, facilement 3 ou 4 millions si elles étaient régulièrement administrées. Capitation. dû par tout pas perçu. — Un est impôt de 0 fr. 18 c. environ homme libre, mais il n'est généralement

— Cet impôt a été créé de la piastre. Impôt environ deux ans par le premier ministre.

il y a

LE GOUVERNEMENT ET L'ADMINISTRATION HOVAS. 49 devait verser au trésor une D'abord, chaque individu on demanda à chacun une par an, ensuite piastre à son revenu, mais comme contribution proportionnelle il n'existe servir de base à pas d'indication pouvant on est tombé une répartition dans l'arbiéquitable, traire le plus effréné. Les amis des autorités ne paient sur les autres citoyens rien, leurs charges sont reportées ainsi taxés à 50 et même dont quelques-uns se trouvent 60 fr. une atteinte séCes procédés ont porté aux affaires rieuse et gravement le prestige des Hovas. compromis La prospérité les négociants se cachent, émidiminue, cesser tout travail grent ou préfèrent que de voir leurs bénéfices absorbés complètement par le fisc. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause des troubles actuellement l'intérieur de l'île; souvent qui agitent les fahavalos ne sont autre chose que des mécontents ou des commerçants ruinés. de la piastre, dont on espérait tirer 12 à 15 L'impôt ne rapporte fr. millions, guère que 800,000 — Tout cultivateur est imposé d'une foncier. Impôt mesure de riz dont la valeur est de 2 fr. environ. Cet impôt est très irrégulièrement perçu. — Certaines transactions doivent Enregistrement. des être enregistrées sur les livres de l'Etat et acquitter et affranchissements d'esdroits ; tels sont les ventes etc.. ne rapporte Cet impôt baux, claves, loyers, fr. ; il n'y a guère 60,000 qu'environ que les loyers aux étrangers qui soient taxés régulièrement. 4 MADAGASCAR.

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MADAGASCAR.

— En théorie, le code punit d'amende de Amendes. délits et contraventions; nombreux mais comme en prade ceux-ci d'une jouissent tique la plupart impunité cette source de revenus est très restreinte. complète, — Ils sont étade transport à l'intérieur. Droits blis à raison de 2 fr. 50 c. par convoi de douze hommes et de 1 fr. 25 c. par douzaine en sus. Moyennant cette le chef du convoi reçoit une sorte de passeport somme, de circuler librement. qui lui permet — Tout bénéficiant Cautionnement. Européen au gouvernement concession dans l'île doit verser de ses bénéfices. partie d'une une

— C'est un cadeau en argent Hasina. que l'on fait ministre en signe de soumisà la reine ou au premier anniversaires. sion, à certains — Il existe, dit-on, au paen numéraire. Réserve en numéraire évaluée à plus lais de la reine une réserve enfermée dans des jarres et enfouie de 10 millions nationale. en terre. Elle ne doit servir qu'à la défense existe et si on l'évalue à des chiffres Si cette réserve on peut en conclure vrais, que les impôts malgaches .suffisent actuellement aux besoins de l'île. Toutefois il n'est pas douteux que le jour où une administration se substituera à l'administration il actuelle, régulière faudra trouver des ressources Mais il plus nombreuses. aux Malgaches sera facile de faire comprendre qu'ils auront à payer intérêt sont plus cher, si les charges avec équité et si l'Etat fait des dépenses réparties pudont tout le monde pourra bliques profiter.

CHAPITRE

VI

L'ARMÉE HOVA

— L'état civil n'existant l'armée. pas et les renseignements fournis à Madagascar par les militaires étant absolument il est aussi autorités faux, le chiffre exact de la population difficile de connaître de l'armée. que l'effectif toutefois de se faire une idée suffiIl est possible de l'armée, en totalisant les lesante de l'importance la loi de recrutement et en retranvées faites depuis le chiffre chant de la somme obtenue des approximatif de toute sorte, tel qu'il est avoué par le goudisparus vernement. du résultat obtenu le nombre d'arEn rapprochant à Madagascar, à mes existant on pourra déterminer Effectif de utilisable en temps peu près l'effectif allons donc examiner successivement de l'armée hova. puis l'armement de guerre. Nous le recrutement,

— La loi de recrutement a été dicRecrutement. tée par les Anglais à l'année 1879. ; elle remonte En voici les points : principaux 18 ans, Tout homme libre et valide, âgé d'au moins doit cinq ans de service à l'Etat. il peut Toutefois, être rappelé, cette période, si le gouvernement après le juge nécessaire et spécialement en cas de guerre.

52 Ce principe En dehors contingents soins locaux

MADAGASCAR. n'est applicable hova. qu'à la nation des du contingent l'armée hova, reçoit fournis suivant les bepar les provinces, et sans règles fixes.

— La classe Recrutement du contingent hova. 18 ans n'est pas forcément dans appelée ayant atteint l'année. toutes les choses importantes, Comme des l'appel du premier classes sous les armes relève de la fantaisie Pour ne pas mécontenter la population, ministre. Raine fait que rarement de son droit. nilaiarivony usage les chefs de district de Lorsqu'un appel est décidé, à Tananarive et font conl'Imerina sont convoqués le chiffre au premier ministre des naître approximatif en état de porter hommes de leur territoire les armes. de au-dessous Ce chiffre, toujours qui est naturellement la vérité, sert de base au gouvernement pour la fixation du contingent général. une fois déterminé, l'effectif est réparti Celui-ci entre chaque district. proportionnellement une véritable chasse à l'homme Alors commence qui recruteurs. rapporte gros aux fonctionnaires Moyennant de bons pots-de-vin, on exempte les amis et tous ceux qui le désirent; mais comme il faut atteindre l'effectif des enfixé, on comble les vides en enrôlant et même des infirmes. Un grand fants, des vieillards nombre de conscrits trop pauvres pour se faire exempet vont ter s'enfuient dans la brousse les grossir de fahavalos. bandes Les nobles et les esclaves sont exempts. Le recrutement terminé, les conscrits sont acheminés

L'ARMÉE

HOVA.

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de l'occasion sur Tananarive; profitent pour beaucoup se sauver. sous les yeux du sont immatriculés Ceux qui restent de cent ministre et répartis en compagnies premier hommes. la levée de 1879, A part dit-on, qui a fourni, au nombre les autres levées, hommes, plus de 20,000 chahommes environ de huit, n'ont donné que 7,000 a produit cune. La neuvième hommes, 12,000 (1893) dont il ne reste actuellement que la moitié. à environ le nombre des soldats On estime 80,000 recrutés 1879. depuis les renseigneDe ce chiffre il faut défalquer, d'après ments officiels : 1° Les morts ou disparus, 20,000 ; va en et les malades dont le nombre 2" Les infirmes des soldats sans cesse, une grande augmentant partie des recrutés il y a quatorze ans étant aujourd'hui 15,000. vieillards, Reste un total de 45,000 soldats environ. avec lesofficiers malgaches Or, au dire de quelques des intelligences et de tous les quels nous entretenons à Madagascar, on peut être certain résidant Européens déserterait en cas de que plus du tiers de cette armée donc en dernière 25,000 guerre 1. Il resterait analyse à 30,000 Hovas. 1. Les dernières entreprises militaires des Hovas prouvent l'exactitude de cette appréciation : En 1888, lors d'une expédition contre le chef sakalave de Tulléar, 50 p. 100 des troupes désertèrent. En 1893, 2,000 hommes ayant été envoyés dans le Bouéni pour réprimer les désordres des Fahavalos, 150 soldats seulement arrivèrent à destination.

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MADAGASCAR.

— Pour Recrutement en dehors de l'Imerina. la garde des provinces, les Hovas entretiennent, par des procédés de circonstance, à 12,000 indi10,000 gènes encadrés par 4,000 des leurs. Ces soldats improvisés ne servent et ne sauraient enqu'à contre-coeur trer en ligne de compte, s'il s'agissait d'entrer en campagne. — Les Armement. troupes de Remington, de fusils Snider, pierre. 10,000 4,000 12,000 5,000 9,000 Snider ou Remington sont en magasin à hovas sont armées de à piston et de fusils à

Tananarive; sont entre les mains de la garde; Remington Snider ou Remington sont en service dans les troupes de l'Imerina ; de ces armes sont emmagasinées dans les postes ; fusils à piston ou à pierre sont en service sur les routes militaires, dans les postes de moindre importance.

Soit au total : 31,000 fusils se chargeant par la culasse et 9,000 se chargeant par la bouche. La plupart de ces armes sont dans un état déplorable. elles sont, paraît-il, de mauQuant aux munitions, vaise qualité et très mal entretenues. de nouvelles commandes d'armes Toutefois, ayant été faites ces temps derniers en Europe, on peut admettre hommes de l'armée hova sont que les 30,000 actuellement armés d'une manière convenable.

L ARMEE HOVA.

00

— Il existe à Tananarive, de 85 canons Artillerie. se chargeant Hotchkiss, par la culasse, petit calibre etc. ; Gardner, 12 canons-revolvers; 4 canons bouche Vortford ; sans affûts. 10 mitrailleuses de peDans les forts, on compte environ 2.2 canons de tit calibre se chargeant 1 canon par la culasse, 10cm système de Bange et 2 canons-revolvers. en outre dans tous les postes de nomOn rencontre à âme lisse, se chargeant breux canons par la bouche, mais ils sont généralement hors d'usage et n'ont pas d'affûts. de donner Les chiffres que nous venons paraissent mais il ne faut pas oublier considérables, que le meilleur matériel ne vaut rien entre de mauvaises mains. Or, nous verrons plus loin que l'artillerie malgache canonniers fort inexpécompte en tout 500 prétendus rimentés. — Chacune de l'Ides six provinces Organisation. merina fournit une force militaire dénommée corps d'armée. d'armée trois briChaque corps comprend trois ou quatre ou batailgades, c'est-à-dire groupes lons de 700 à 800 hommes. L'unité de formation est la compagnie de 100 hommes commandée par un capitaine ayant sous ses ordres un lieutenant et cinq sergents. Au-dessus des capitaines, on trouve les chefs de chefs de bataillon) 1,000 hommes qui (probablement résident au centre de la province et président aux manoeuvres d'ensemble.

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Il existe un 7e corps, la garde, dont l'effectif est de Les hommes de la garde vivent dans 4,100 hommes. leurs foyers; trois cents d'entre eux chaque semaine, sont convoqués pour le service du palais et de la capitale. — Cinq cents ou Artillerie et troupes spéciales. six cents soldats sont préposés au service de l'artillerie; leurs officiers sont pris parmi les jeunes gens qui ont reçu une instruction sommaire d'un Anglais, le major Grave. Il n'existe, bien entendu, ni génie, ni cavalerie, ni service administratif, ni service sanitaire, ni casernement. Chacun vit chez soi et à ses frais. — En dehors de l'armée provinces. de l'Imerina, encadrés 10,000 indigènes, par 4,000 hovas, sont égrenés dans les postes, le long des routes de Tananarive. On peut les considérer divergentes comme perdus pour l'armée de campagne. Gardes des — Les cadres n'ont Instruction de l'armée. aucune instruction, aucune et, par suite, aupratique, cune valeur. La désignation des officiers se fait ordinairement au moment de l'appel du contingent et, bien qu'on fasse passer un semblant d'examen aux on n'exige d'eux en réalité aucune préparacandidats, tion. C'est ainsi qu'un modeste planton à la résidence faisant du contingent de 1889, a été générale, partie nommé capitaine, au moment même de l'immatriculamots de français. La tion, parce qu'il savait quelques

L'ARMÉE

HOVA. de le dire, se donnent

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des places, il est inutile plupart à la faveur. Deux Anglais, dont l'un a été et dont glaise pour escroquerie sont supposés former des mieux, et hova. En réalité, professeurs chose.

anchassé de l'armée l'autre ne vaut guère officiers pour l'armée élèves savent peu de

des renseignements récents donnés D'après par un haut fonctionnaire il n'y aurait dans les six hova, districts de l'Imerina les que trois officiers connaissant de brigade manoeuvres et de division, officiers vingt commander l'école de bataillon et vingt et pouvant un officiers au courant du service des pièces d'artillerie. ne sait rien, mais le gouverEn résumé, personne nement ne s'en émeut estimant guère, qu'il suffirait de quelques au moment de la déclaration de exercices, sache manoeuvrer et guerre, pour que tout le monde combattre correctement. L'armée hova du temps de paix se divise, comme bien distinctes, l'une nous l'avons vu, en deux parties stationnée dans l'autre entre les l'Imerina, répartie postes de l'intérieur. L'instruction des troupes diffère suivant qu'il s'agit de l'une ou de l'autre de ces deux catégories. — 1° Troupes l'immatriculade l'Imerina. Après dans son village où il homme retourne tion, chaque les premiers subalternes reçoit d'instructeurs principes de l'école du soldat. au chefIl termine son instruction lieu de son district, des chefs sous la haute direction de 1,000 manoeuvres et exécute hommes quelques d'ensemble.

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En trois mois, l'instruction est terminée ; elle comà rangs d'armes et la marche prend le maniement serrés. Le tir à la cible engageant nécessairement des déexécuté ; toutefois il paraît penses est très rarement bon tireur. que le Hova est naturellement Ainsi dégrossi, le soldat hova rentre dans ses foyers; il emporte son arme. De temps à autre, il est convoqué mais moyennant cadeaux à ses pour des exercices, être dispensé. officiers, il peut facilement la reine passe à TanaTous les quatre ans environ, narive une grande revue des six corps de l'Imerina et de la garde. Dans ce cas, les exercices reprennent avec et on apénergie quelque temps avant la convocation avec ensemble certaines prend aux troupes à exécuter formations de parade qui n'ont rien de commun avec des manoeuvres de guerre. Ces mouvements sont d'ailleurs, assez paraît-il, bien exécutés. 2° Troupes occupant les postes. — Les hommes destinés à tenir garnison dans les postes sont dirigés immédiatement sur leur destination une ; ils y reçoivent instruction rudimentaire leur permettant d'exécuter le maniement et le chargement de l'arme. Ils sont ensuite employés au service de garde et d'escorte et ne font plus que rarement l'exercice. Ils vivent avec leurs familles et font le commerce être ; ils doivent considérés comme des colons militaires plutôt que comme des soldats. Ils sont perdus de pour l'armée campagne. L'homme désigner que sa malchance pour un poste éloigné et sa pauvreté ont fait fort de ne plus risque

L'ARMÉE revoir meurt émigrer

HOVA. et

59 il

l'Imerina. On l'oublie volontairement dans à moins son exil, ne déserte qu'il ailleurs ou se faire fahavalo.

pour

— L'armée ne possède aucun uniHabillement. ne se distingue forme qui lui soit propre. Le soldat pas du civil. Tous deux le lambas blanc, portent grande ils se drapent comme à la pièce de toile clans laquelle du lambas, ils ont une mode espagnole; au-dessous blanche et un caleçon. sorte de chemise La coiffure en un chapeau de paille nos chaconsiste qui rappelle aux chaussures, elles n'exisQuant peaux européens. tent pas : tout le monde va pieds nus. nombre d'uLa garde un certain possède pourtant à Tananarive niformes revêt lorsqu'elle prend qu'elle le service. un pantalon Le costume bleu, comprend une tunique courte en toile blanche, une toque, bleu foncé avec un liseré de couleur. Si les soldats ne sont pas habillés, en revanche les hauts arborent les cosfonctionnaires et les officiers tumes les plus fantaisistes. est libre de choisir Chacun l'uniforme le mieux. Aussi peut-on qui lui convient voir des capitaines en amiraux, en généraux euroen officiers subaldes généraux péens et inversement ternes. La plupart du temps les costumes sont même, à pluleurs différentes composites, empruntant parties sieurs tenues européennes. '. — Toute de marcher et de combattre de Tananarive. Les troupes qui doipart textuel du rapport d'un officier en mission.

Manière expédition 1. Extrait

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vent en faire partie au palais, sont réunies où elles sont haranguées ministre. par la reine et le premier Le chef de l'expédition et, bien entendu, répond promet la victoire et de vê; il y a distribution d'argent tout cela au milieu d'un enthousiasme aussi tements, bruyant que momentané, puis le corps expéditionnaire quitte la capitale. Les étapes sont courtes; leur très réelle malgré aptitude les Malgaches ne parcourent pour la marche, faible distance. C'est qu'une par jour qu'une troupe de 1,000 soldats, un effectif de par exemple, comporte 5,000 hommes. Ce sont les esclaves des officiers et d'un grand nombre de soldats. Ils portent le riz, les marmites, les tentes et une foule d'ustensiles. Ce sont les habitants du territoire traversé que l'on des canons, de la pouréquisitionne pour le transport dre et des munitions de toutes sortes. Ce sont enfin les marchands la colonne qui suivent et vendent des vivres et des vêtements. L'Européen en présence d'une armée hova doit donc qui se trouve réduire de 4/5 l'effectif total pour avoir l'effectif des combattants. A l'étape, on campe. Le camp a toujours la forme d'un carré et les voies principales sont toujours orientées nord-sud et est-ouest. côté du carré est Chaque formé de plusieurs : lignes de tentes assez rapprochées au centre est la tente du général en chef; dans l'esles cuisines. pace resté libre, on installe Lorsqu'il y a d'eux forme un carré chacun plusieurs corps d'armée, distinct et placé de telle sorte que les soldats de ce carré occupent dans le camp, par rapport à la tente du

L'ARMÉE général occupe Les teinte hommes blanche. Les

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en chef, la même position que leur province dans l'Imerina à Tananarive. par rapport tentes des soldats sont en rabanne de grossière en fibre de rafia) ; il y a cinq jaunâtre (toile tente ; celles des officiers sont en toile par

sont corrects. De loin, du alignements l'aspect est pittoresque il n'y a plus ; si l'on camp approche, et indiscipline. A proximité de l'ennemi, le que saleté service est fait par des sentinelles avancées. ne se risquent Les Malgaches en bataille rangée ont le sentiment bien net de leur suqu'ils qu'autant derrière ils se retranchent de autrement, périorité; d'où ils ne sortent fortes à que pour fondre positions sur leurs surtout la ennemis, l'improviste pendant ou tout au moins de les nuit, afin de les surprendre et de les tenir en alerte. la pratique C'est fatiguer ont employée nous la dernière contre qu'ils pendant guerre (1883). — En cas

de guerre, un drapeau clans chaque localité A ce importante. ou supposés tels sont tous les hommes instruits signal, tenus à Tananarive où ils sont enrégicle se rendre mentés. A cela se réduisent les prévisions. Mobilisation. rouge est hissé Valeur morale n'est ni courageux, son beau moment mieux armé grâce a fait sous Radama — Le soldat hova hova. de l'armée ni discipliné, ni patriote. Il a eu les Anglais, lorsque, dirigé par il à eux que les autres peuplades, de l'île. Mais cette Ie 1' la conquête

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MADAGASCAR.

le époque est passée et on peut dire qu'aujourd'hui sont absolument le peuple et l'armée gouvernement, et désorganisés. démoralisés à Tamatave, Un officier cle rang élevé, en garnison à un cle nos notables disait dernièrement commerde faire partie çants : f( Je suis loin d'être mécontent à Tamatave, car cela me perdes troupes stationnées mettra d'être fait prisonnier dès le début et d'échapper » ainsi aux dangers du reste cle la campagne. au monde de la cour donUn officier appartenant nait ainsi son opinion à la résidence sur ce générale si une nouvelle guerre éclatait : « Sitôt qui se passerait que les troupes auront quitté Tananarive pour gagner la côte, les officiers ne ^manqueront point de gagner leurs postes dans la crainte que leurs biens ne soient Il n'en sera pas de même confisqués en cas de désertion. on en envoie 1,500 pour les soldats et si, par exemple, à Tamatave, il y aura des chances pour que 1,000 ou la fin arrivent à destination. 1,100 seulement Jusqu'à des hostilités, les 400 ou 500 déserteurs n'osant pas rentrer et se par crainte d'être pris se feront brigands mettront à piller et à saccager les populations. Après ils reprendront leur ancienne quoi, sûrs de l'impunité, existence. Il en sera de même pour tous ceux qu'on à Majunga enverra et clans tous les autres ports de la côte. » toutefois une observation à ce porNous ajouterons trait peu flatteur du soldat hova : c'est qu'un homme, et posté quel qu'il soit, armé d'un fusil à tir rapide derrière un abri ou un retranchement, est toujours resurtout s'il combat clans son propre doutable, pays. Dans ces conditions, les ITovas ont donné pendant la

L'ARMÉE dernière honneur. on aurait des

HOVA.

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à leur tout de ténacité preuves guerre d'être ce qui vient dit, tout Aussi, malgré même une résistance tort de ne pas prévoir : de la côte à Tananarive dans une marche énergique son ennemi. il ne faut jamais mépriser

IIe

PARTIE

LA

GUERRE

FRANCO-HOYA

(1883-1885)

Chapitre Chapitre Chapitre

Ier. — Commandement II. — Commandement III. — Commandement

de l'amiral de l'amiral

Pierre. Galiber. Miot.

du contre-amiral

-MADAGASCAR

CHAPITRE

Iûr

COMMANDEMENT L'AMIRAL PIERRE DE

À la fin de 1882,, la guerre avec les Hovas devint inévitable. Les causes en sont connues de tous : refus du gouvernement de Tananarive de laisser les héritiers de entrer M. Laborde en jouissance des propriétés immobilières laissées sous prétexte par ce dernier, que la terre est inaliénable à Madagascar des ter; invasion ritoires sakalaves placés sous notre souveraineté depuis 1840 et installation de postes commandés par des officiers hovas tout le long des côtes.nord-ouest et nordest 1. ambassade Une en France arrivée en malgache, donné aucune à satisfaction 1882, n'ayant septembre nos représentations, les préparatifs d'une expédition maritime commencent immédiatement. Le 15 février le contre-amiral Pierre 1883, quitte la France en qualité de commandant en chef de la division navale delà mer des Indes et se rend sur la côte de Madagascar. — La mission Instructions du Gouvernement. d'abord assez restreinte, est résuqui lui est confiée, mée dans ce passage de ses instructions : spéciales « Après avoir déclaré nettement aux Hovas que 1. Voir le résumé historique (Ire partie du volume).

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MADAGASCAR.

nous sommes résolus à mettre un terme à leurs tentatives pour s'imposer aux populations de la côte nordouest placées sous notre protectorat, vous ferez disparaître les postes qu'ils ont établis chez ces dernières, en autant que possible, par ceux les plus commençant, fondés et dont la présence récemment est la plus gênante. » Ainsi, il ne s'agit tout d'abord que d'une action sur la côte nord-ouest de Madagascar. La force navale de l'amiral placée sous les ordres Pierre comprend les bâtiments : suivants Le croiseur la Flore portant le pavillon du commandant en chef de la division ; Le croiseur le Forfait ; L'éclaireur d'escadre le Vaudreuil ; L'aviso de station le Boursaint ; La canonnière la Pique ; Le Beaidemps-Beaupré, alors en armement croiseur, à Lorient, doit, aussitôt prêt, relever le Forfait. En outre, le transport-aviso la Nièvre, affecté au service de la colonie de la Réunion, peut coopérer aux opérations, entre le commandant après entente en chef de la division navale et le gouverneur de cette île. Mais on estima bientôt, dans les conseils du Gousur la côte vernement, que les opérations projetées nord-ouest ne suffiraient à composipas pour amener tion la cour d'Imerina. En conséquence, des instructions et plus étendues sont envoyées à l'amiral à plus énergiques Pierre, son passage à Zanzibar. le programme fixé tout d'àAprès avoir accompli

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL

PIERRE.-

61)

la division en outre, chasser les navale doit, bord, sous cle la côte nord-est Hovas des territoires placés l'esnotre protectorat ; puis, pour frapper davantage mettre à exécution les mesures prit de l'adversaire, : suivantes de Majunga, et en perS'emparer y saisir la douane cevoir les droits ; et faire parvenir au premier à Tamatave Se rendre cle la reine cle Madagascar un ultimatum ministre : exigeant « 1° La reconnaissance de soueffective des droits sur la côte nord ; veraineté que nous possédons <(.2° Des garanties immédiates à assurer destinées clu traité cle 1868 ; l'observation « 3° Le paiement des indemnités dues à nos natio» naux. En cas cle rejet cle l'ultimatum, le fort de occuper les se saisir de la douane et en percevoir Tamatave, droits jusqu'à concurrence de la somme réclamée parle gouvernement français.

— des Hovas de la côte nord-ouest. Expulsion L'amiral arrive le 30 avril à Nossi-Bé, Pierre où est concentrée une partie de la division navale ; il entrel'exécution cle la première prend immédiatement partie du programme des qui lui a été fixé : l'expulsion Hovas des territoires cle la côte nord-ouest sous placés notre souveraineté et l'occupation cle Majunga. Le 8 mai, au point du jour, tous les commandants des postes de la côte nord-ouest hovas la reçoivent sommation : suivante

70

MADAGASCAR. « Au chef de poste « Vous êtes de....

sakalave établi sur un territoire qui point aux Hovas et qui est placé, au conn'appartient de la France. sous la protection traire, l'exer« J'ai résolu cle ne pas souffrir plus longtemps hova ou la présence du pavillon cice d'une autorité ho va sur ce territoire. à vous retirer im« Je vous invite, en conséquence, avec les hommes du pays sakalave médiatement que vous commandez. <r Je vous accorde deux heures pour quitter le poste

de.... « Si, après ce délai, vous n'avez pas obéi à mon inou si vous n'y avez pas fait une réponse satisjonction, à vous expulser vous m'obligerez faisante, par la force et la responsabilité des conséquences que cela peut sur vous tout entière. amener retombera « Si une demi-heure de la préaprès la réception sente lettre, vous n'avez pas fait acte cle soumission en amenant le pavillon hova qui flotte sur le poste de...., cela comme une intention de formelle je considérerai résistance et je n'attendrai pas pour vous attaquer des deux heures que je vous ai accordées l'expiration volontairement. pour vous retirer Le Contre-Amiral, commandant en chef la division des Indes. : PIERRE. » navale de la mer « Signé

COMMANDEMENT Les postes ramahomaï, sont répartis sommés sont

DE L'AMIRAL ceux

PIERRE.

73

de Mourountsang, BeAmboudimadirou ; ils Ampassimbitiki, entre la Flore, le Boursaint, le Beaule Vaudrcuil et la Pique. Les commantemps-Beaupré, ont l'ordre dants comme coercitif d'employer moyen très lente obtenue de une canonnade et, l'évacuation cle procéder à la destruction totale gré ou de force, de lutte d'indes établissements sans engager hovas, fanterie. Aucun chef hova ne consentit mission : les forts furent donc et détruits par les compagnies ennemies garnisons qui, pour tées à proximité cle leur poste tirèrent ment, quelques coups dans l'intérieur. Les bâtiments aucun au courant de dommage à faire acte de soucanonnés, puis occupés cle débarquement. Les la plupart, étaient resle bombardependant de fusils et se replièrent français n'éprouvèrent cette opération. aux Ho-

— Sans laisser de Majunga. Occupation vas le temps cle se remettre de l'impression à la dispersion par la promptitude apportée l'amiral se porte immédiatement Pierre garnisons, vant avec le Beautemps-Beaupré, Majunga le Boursaint et la Pique. dreuil, Pour les Hovas,

produite de leurs dele Vau-

la position de Majunga a une du énorme entrée ; elle commande importance l'unique de la côte de Madagascar, dont les plus vaste estuaire ramifications commerciales alimentent une grande étendue du pays. est en outre la tête de la meilleure route Majunga militaire La possession qui relie la côte au pays hova.

74

MADAGASCAR.

à la possibilité et à la menace de ce point équivaut d'une invasion. perpétuelle une pointe basse et sablonLa ville est située'sur les pentes raneuse, en arrière de laquelle se dressent du Gouverneur. ouest vinées du plateau L'extrémité était défendue de ce rempart naturel par un fort cirde 45 mètres de diamètre intéculaire en maçonnerie l'extrémité rieur et de 5 mètres de relief; est, par une mesurant vaste redoute cle forme semblable, 200 mètres suivant son plus grand d'un diamètre, pourvue et entourée d'un fossé profond. parapet d'infanterie Les deux ouvrages étaient reliés par une ligne de retranchements à fournir des feux disposés cle manière sur la ville et la plage. plongeants à Majunga Les Hovas entretenaient une garnison de 2,000 hommes, mais leur artillerie n'avait aucune valeur et était hors d'état de riposter aux coups des canons de la marine française. Le 15 mai, l'amiral Pierre arrive devant la place et somme le gouverneur cle l'abandonner sous peine d'être aussitôt canonné; celui-ci répond par une lettre dérisoire dont nous reproduisons le texte ci-dessous ; on aura ainsi une idée de la finasserie des fonctionnaires hovas: « Majunga, le 15 mai 1883. « J'ai reçu la lettre que vous m'avez envoyée, mais comme c'est écrit en français, je ne suis pas à même de bien comprendre le français. «. Je vous souhaite la bénédiction Mondu Seigneur, sieur l'Amiral. «. Recevez mes respects, Monsieur l'Amiral.

COMMANDEMENT Ramanhazafy, de Majunga, aide de camp mandant en chef. » « Je suis

DE L'AMIRAL 14e

PIERRE.

75

honneur, gouverneur du premier ministre et com-

Sur ces entrefaites, la nuit étant le bombarvenue, dement est remis au lendemain. Le 16, au lever du soleil, la division navale ouvre le feu sur les défenses de Majunga. Les forts ripostent coup pour coup. à 1,800 Les navires, mouillés mètres cle la place, exécutent un tir lent, à raison d'un obus navire par cle deux en deux minutes. Bientôt les mâts cle pavillon sont entamés et dès abattus, 7 les ouvragesO largement O 7 heures du matin, le feu de l'ennemi est éteint. Notre tir continue plus lentement. A 8 heures, nos projectiles allument un violent incendie clans le fort principal et clans les cases qui serà la garnison. vent d'abris L'amiral fait alors cesser un tir désormais les flammes se chargeant d'acheinutile, ver la destruction des établissements de l'ennemi. La garnison a déjà disparu abandonnant 30 canons ; au gouverneur, il se serait dès enfui, quant paraît-il, le début de l'action. Dans la journée, le Vaudreuil et la Pique remontent la côte pour canonner le revers nord de la position et achever la destruction des maisons hovas restées debout. La ville commerciale située au bord de la mer avait été absolument notre feu. à Soudain, épargnée par 10 heures du soir, un vaste incendie éclata sur divers à la fois et embrasa toute la ville en un instant : points les Hovas n'avaient de détruire ce qu'ils pu essayaient

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MADAGASCAR. des et la plupart et indiennes furent

La factorerie conserver. française américaines maisons cle commerce

épargnées. pourtant Le 17, au point du jour, le corps cle débarquement cle débarquement) cle marine et compagnies (infanterie fut dirigé sur le plateau du Gouverneur avec mission le fort de la Pointe. de le fouiller et d'occuper ce point après une reconnaisLes troupes ralliaient sance sans résultat, fort parti de Hovas, lorsqu'un sortant à l'improviste des couverts du terrain, se préet rapide escarmouche Une vive cipita sur elles. arrêté par notre feu, l'ennemi se débanda s'ensuivit; et fut poursuivi 4 kipresque sans résistance pendant lomètres. Nous ne perdîmes aucun homme clans cette affaire. On s'occupa de la aussitôt la défense d'organiser en mesure position conquise et de mettre la garnison de repousser tout retour offensif. du Gouverneur avec les faiOccuper tout le plateau bles effectifs dont on disposait n'était pas possible ; on se contenta donc de placer les 80 hommes de l'infanterie de marine dans le fort de la Pointe ainsi qu'une dizaine d'artilleurs de marine destinés de : au service une pièce de 4cm, un canon de débarquement de 65""" et 3 canons hovas. Pour devaient la défense, le Vaudreuil et la Pique compléter rester mouillés à Majunga et se tenir prêts à par leur feu le fort de la Pointe.

flanquer Conformément aux instructions la ministérielles, douane fut saisie et les commerçants avertis furent d'avoir à verser à l'avenir, entre les mains du commun-

COMMANDEMENT

DE L'AMIRAL

PIERRE.

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de Majunga, les droits d'entrée dant de la force navale et cle sortie ordinaires. du programme La première été partie qui lui avait fixé était l'amiral Pierre sans plus quitta accomplie; à Tamatave et se rendit tarder où il devait Majunga aux autorités hovas l'ultimatum du gouverremettre nement français. — Il mouille en rade de cette Prise de Tamatave. ville le 31 mai, avec la Flore, le Forfait, le Beautempsle Boursaint et les transports la Creuse et la Beaupré, tout exprès de la Réunion. Nièvre, appelés du gouvernement L'ultimatum est imméfrançais à Tananarive diatement de notre envoyé par les soins M. Baudais. consul, à 8 heures du soir, la réponse Le 9 juin, du gouverà l'amiral, nement hova parvient c'est une fin cle nonrecevoir catégorique. la division Le 10 au matin, navale ouvre le feu sur la place. La ville cle Tamatave une petite occupe presqu'île environ et large de 1 kilomètre sablonneuse, longue de 500 mètres. A cette époque, en un fort ses défenses consistaient circulaire la base de la presqu'île et un camp occupant situé à 1,500 mètres dans l'intérieur. palissade Le fort seul avait une action sur la mer. Son ende 70 mètres de diamètre était formée ceinte, environ, d'un parapet de 6 mètres et de maçonné, d'épaisseur hauteur. Un remblai en forme de couvre-face l'entourait à 5 mètres en avant.

78

MADAGASCAR.

valeur constituaient pièces sans grande Quelques l'armement. Dès les premiers coups cle canon, les Hovas abandonet se replient sur le camp de Faranent leurs positions environ dans l'intérieur. fate, à 6 kilomètres Après les fuyards de leurs obus, les navires avoir poursuivi cessent le feu dès 8 heures du matin. un corps de débarquement, Le lendemain, comptant environ 600 hommes, occupe sans coup férir la ville et ses défenses, pendant que les canons de la division, leur tir jusque dans le camp de Farafate, allongeant, à distance. l'ennemi maintiennent commence l'expulsion des Hovas Le 12 juin, l'amiral en envoyant le Beautempsétablis sur la côte nord-est détruire leurs défenses et leurs Beaupré et le Boursaint établissements de Fénérive, et Mahambo. Foulpointe Le 13, cette opération était terminée sans dommage de notre côté. — L'endéfensive de Tamatave. Organisation nemi se trouvant en force dans le camp cle Farafate, à 6 kilomètres seulement cle Tamatave, il importait non seulement de mettre la garnison en mesure de repousser une attaque, mais encore de garantir la ville contre toute tentative ou cle pillage. d'incendie On se proposa en conséquence cle fermer complètement la presqu'île d'obspar une série ininterrompue tacles s'étendant d'un rivage à l'autre. Voici le dispositif adopté clans son plein développement : En avant, du côté cle l'ennemi, une ligne de défenses accessoires : abatis, réseaux de fils de fer, trous de

COMMANDEMENT

DE L'AMIRAL

PIERRE.

79

en arrière, : le fort hova loup; quatre points d'appui et trois fortins construits 1. par nos troupes Ces fortins, établis sur cle petites éminences d'une de mètres dizaine une maid'élévation, comprenaient: son d'habitation, une enceinte d'une formée palissade le tir, et un fossé. Leur épaisse permettant garnison, 30 hommes commandés par un officier ou un sous-offitoutes les vingt-quatre heures. cier, était relevée Des communications abritées des haies faciles, par de cactus, reliaient ensemble tous les organes de la un chemin de fer à voie ligne de défense ; en outre, étroite cle la douane aboutissait au fort hova. partant Le service de sûreté était le jour, assuré, par un à 150 mètres établi du fort, du poste cle 30 hommes, côté cle l'ennemi et fournissant abritées 6 sentinelles à 400 mètres sous cle petits toits en paillote loin. plus la garde rentrait au fort et les sentinelles La nuit, du haut du rempart; surveillaient des signaux optimettaient en communication les ouvrages et la ques racle. En cas d'attaque, le fort hova disposait de : 2 canons cle 65rara ; 2 pièces de 4 ; 2 hotchkiss ; 1 canon hova, en batterie, sur la banquette du parapet ; de 80rara, 2 pièces 1 pièce de 12mm, en réserve à l'intérieur. 1. Le Mamelon Vert sur la rive nord; le fort de la Dune sur la rive sud ; le fort Aitkens entre le précédent et le fort hova.

80

MADAGASCAR.

sur rade se tenaient En outre, les navires mouillés de la ligne cle déprêts à croiser leurs feux en avant en avant du étaient fense et des fougasses disposées poste cle garde et cle chaque fortin. des troupes, on utilisa tout d'abord Pour le logement convenables du fort et les constructions les casemates hova. Le commandant et les officiers y résidèsupérieur rent ; une garnison de 200 hommes y fut installée, à un mois. ainsi qu'un magasin approvisionné les troupes de Tamatave furent Plus tard, lorsque on construisit, entre les forts et la ville, renforcées, une sorte cle camp de baraques protégé par une palissade. En même temps qu'il mettait notre conquête à l'abri d'un coup de main, l'amiral assurait la sécurité intéde précaution rieure par de sages mesures : à Tamatave Etat de siège déclaré ; nomination d'un maire et d'une commission mouvemunicipale; ments des navires réglés par l'autorité intermilitaire; diction pour les indigènes de pénétrer clans le quartier de huit heures du soir au lever du soleil; européen interdiction de porter une arme; exécution immédiate de tout incendiaire de la vente des spiri; interdiction tueux. L'amiral Pierre signifia même aux consuls étrangers d'avoir à cesser leurs fonctions, mais cette mesure fut désavouée et rapportée par le Gouvernement quelque temps après. Comme l'amiral ne disposait garnison, que cle 120 hommes d'infanterie de marine et de 30 artilleurs.

MADAGASCAR, Capitaine paris HUMSERT.

PI. 1.

LCou Pans ruer, &1? GEditeur.Berger-Levrault^

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL

PIKRRE.

81

Le service de garde, l'exécution des travaux d'améet cle défense, l'état de surexcitation dans nagement les premiers lequel on vécut pendant jours eurent bientôt surmené les hommes. du com Aussi, dès le début, la grande préoccupation en chef est-elle mandant d'obtenir de la métropole des renforts en hommes le service et de noupour alléger veaux navires autour de l'île des croipour exécuter à assurer les résultats sières destinées acquis. «. Vous n'avez jamais pu supposer sérieusement, écrivait le 14 juillet l'amiral avoir 1883, qu'après croche aux oreilles de Majunga et de Tamatave un de la dimension de Madagascar, nous serions sanglier en état de le tenir en respect d'une manière durable avec 180 hommes de troupe et 6 navires, dont 4 petits. » En effet, dès le commencement de juillet, il se voit de réclamer toute la garnison de la Réunion obligé du 4e régiment d'infanterie (les 40e et 41e compagnies de marine); le gouverneur, M. Cuinier, la met patrioà sa disposition. En outre, cinq compagnies tiquement d'infanterie de marine sont réclamées par télégramme à la métropole. — Les événements de Tamatave. veAttaques naient d'ailleurs de démontrer la nécessité de ces renforcements. Le 25 juin et le 5 juillet, les Hovas avaient en masse, la nuit, nos positions de attaqué pendant Tamatave encore Le incomplètement organisées. à pénétrer 25 juin, ils cherchent dans la ville jusque en passant au sud du fort hova. Leur effort principal vient se butter contre un poste de 25 hommes comMADAGASCAR 6

82 mandé

MADAGASCAR.

de l'infanterie de Castanié, par le lieutenant établi sur l'emplacement du blockhaus Aitmarine, kens. A trois reprises ils se précipitent condifférentes, tre le poste, nos feux de salve les arrêtent fois chaque et leur font éprouver de nombreuses pertes qui les décident à la retraite. Le lieutenant Castanié fut décoré pour cette vigoureuse résistance.

Défense de Tamatave. du 5 juillet, eut lieu dans des La seconde attaque, mais ne dura heure et conditions identiques, qu'une fut tué parmi les nôtres. un homme demie; Pendant toute la durée de la campagne, les attaques est nocturnes se répétèrent sans cesse. Cette tactique aux Hovas, ils en connaissent toute la puishabituelle de surprise. Ils n'ignorent sance, basée sur l'effet pas non plus que le meilleur de fatiguer et démomoyen raliser un adversaire à l'empêcher de dormir. consiste

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL

PIERRE.

83

l'extrait suivant D'ailleurs des instructions de la de Madagascar à ses troupes reine démontre bien ils attachent à cette méthode de quelle importance combat : vous attaquent « Si les Français et que vous ne mais à petite distance, et retirez-vous, puissiez tenir, à tout instant, la nuit surtout, et arrangezharcelez-les le plus possible vous de façon à les alarmer et à leur faire le plus de mal que vous pouvez ; mais que ce soit cle jour ou de nuit, tout en tâchant cle harcelez-les, » vous garer le plus possible. En cas de nouvelles des instructions anahostilités, certainement mises en vigueur par l'enlogues seraient s'attendre à cle nombreuses nemi; il faudrait alertes, la nuit, et assurer avec le plus grand soin le surtout de sûreté. En opérations, un réseau d'avantservice autour clés points de nombreuoccupés, postes solide; devront accessoires ses défenses le toujours garantir ou la garnison contre les tentatives cle corps principal le repos indispensable. l'ennemi et leur ménager — Pendant sur la côte nord-ouest. Opérations à Tamatave, se passaient on ne que ces événements à Majunga; la Betsiboka était restait pas immobile afin de déterminer un point cle débarqueexplorée, ment d'où un corps expéditionnaire marcher pourrait de Tananaiïve situé sur la route et où surMarovay, l'ennemi était signalé en forces respectables. La canonnière remontait la rivière la Pique dix jusqu'à milles cle ce point et harcelait sans relâche les troupes hovas. De son côté, la garnison faisait aux environs de reconnaissances. Pour ménager les hommes, fréquentes

84 on ne sortait qu'aux de l'ennemi prochait

MADAGASCAR. heures qu'à et favorables cle canon. portée on ne s'ap-

— La santé de l'amiral Pierre. de l'amiDépart à son départ de France, ral Pierre, s'édéjà fatiguée au milieu tait des perdue complètement fatigues de son commandement et sous l'action du accablantes de Madagascar. climat débilitant un reste de force, tant qu'il eut encore Néanmoins, ce n'est la dernière il resta à son poste; extréqu'à douter au moment où il pouvait de revoir la mité, à partir. Le 16 août, il remit France, qu'il se décida au capitaine de vaisseau son commandement Rallier; à son arrivée il mourut le 11 septembre dans le port sans avoir pu revoir les siens. de Marseille, la valeur de l'amiral il n'est Pour apprécier Pierre, bien haut dans sa carrière : les pas besoin de remonter événements en donnent la d'exposer que nous venons mesure complète. la vigueur et la fermeté Par la décision, avec lesles opérations de guerre quelles elles ont été menées, révèlent un chef qui savait, commander. de l'amiral restant à son poste, malL'abnégation un sentigré la conviction qu'il en mourrait, prouve ment du devoir poussé jusqu'à l'héroïsme. il se donnait à sa Pierre L'amiral commandait, sans compter, la mort : c'était un tâche jusqu'à du mot. chef, dans toute l'acception sur sa tombe, cette fois avec véOn pouvait répéter : sa perte rité, cette expression trop souvent employée est irréparable.

CHAPITRE

II

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL GALIBER

— C'est à l'amiInstructions du Gouvernement. misral Galiber confia la lourde que le Gouvernement l'amiral clans le commandesion de remplacer Pierre navale de la mer des Indes. ment de la division Dans les grandes étaient les ses instructions lignes, suivantes : Xe pas tenter offensives seuled'opérations ; tenir ment Majunga et Tamatave, surveiller activement les côtes nord-ouest et est et attendre dans cette situation la soumission des Hovas. Dans l'espoir ne tarderait qu'elle pas, pleins pouà l'amiral voirs furent donnés de concert pour traiter, à Tamatave, avec M. Baudais, de France sur consul les bases de l'ultimatum. de l'amiConformément aux demandes antérieures ral Pierre, on envoie à Madagascar des renforts pour marins et soldats. soulager La division navale des bâtiments suis'augmente vants : Le Capricorne, canonnière cle station ; La en hôpital Creuse, transport organisé pour 200 malades ; Le croiseur la Flore avait la Naïade relève qui des avaries éprouvé par suite d'incendie. à terre sont renforcées Les troupes par une compa-

8 6

MADAGASCAR.

marins ; en outre, quatre gnie cle fusiliers compagnies 1 sont cle marine sur la Réunion. d'infanterie dirigées cle fréquents de personnel Elles permettront échanges et Madagascar, de manière à mainentre cette colonie clans une situation tenir les troupes d'occupation hygiéque possible. nique aussi satisfaisante enfin à faire au patriotisme On pense clés appel et à tirer des disposijeunes gens de la Réunion parti des Sakalaves de la côte nordtions sympathiques ouest. Notre colonie est invitée à constituer deux compacréoles destinées à concourir à gnies de volontaires de Tamatave et de Majunga. l'occupation aux Sakalaves, on essaiera de les utiliser Quant comme auxiliaires et même comme solindépendants dats réguliers. — L'amiral Situation sanitaire des troupes. Gaà Tamatave liber arrive le 24 septembre 1883. Son attention est tout d'abord sur la situaappelée tion sanitaire de la garnison. La fatigue était extrême les hommes débarparmi était indisponible qués, et près de la moitié de l'effectif dans la 39' compagnie d'infanterie de marine casernée clans le fort depuis sa prise cle possession. En dehors cle l'action l'amiral Galiber climatérique, attribue aux causes suivantes le mauvais état sanitaire cle la garnison : « Les fatigues du service, les alertes fréquentes 1. Les 21% 22e, 23e, 24e, du 4e régiment, ciers et 117 hommes. à l'effectif de 3 offi-

COMMANDEMENT

DE L'ÂMIRAL

GALIBER.

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mouillés ne se changent «. De plus, les hommes pas; de le faire ; ils ne possèdent il leur est en effet difficile de laine seul pantalon comme effet d'habillequ'un ment. vu l'état il est € Une fois mouillé, hygrométrique, de se faire sécher. Les hommes sont munis impossible mais le vent fait pénétrer même l'hude cirés, quand midité Les hommes couchent par terre profondément. d'un simple couvre-pieds. enveloppés € Les vivres frais font défaut. a L'ennui, causé compar la séquestration presque du fort, vient ajouter sa cause dépriplète à l'intérieur à ces conditions mauvaises. » mante générales sont immédiatement Des mesures prises pour remédier à cet état de choses. des les casernements On améliore ; le rez-de-chaussée bâtiments du sol. nouveaux est élevé à l'n,20 au-dessus à 500 mètres construits en dehors du Des hangars aux hommes d'arbres, fort, sous un massif procurent abri et fraîcheur. qui ne sont pas de service La quinine et le vin de quinquina sont distribués contre la comme mesure journellement préventive fièvre. au Le fort hova est trop on reporte encombré; dehors certains dont la présence à l'intérieur services n'est pas indispensable : lavoirs, cuilatrines, écuries, sines, etc. L'eau de boisson ne présentant employée jusqu'alors une machine distillatoire pas de garanties suffisantes, est demandée à la métropole. Enfin un roulement d'ocest établi entre les troupes et la garnison de la Réunion; les hommes cupation

88

MADAGASCAR.

avant d'être ainsi se refaire complèfatigués peuvent tement impaludés. le nombre des malaGrâce à ces sages précautions, dans le calcul néanmoins des ne tarda pas à diminuer, on dut toujours tabler sur un déchet des disponibles, du quart de l'effectif. minimum et du bien-être de l'état sanitaire s'agit Puisqu'il à la ici hommage il est juste de rendre des troupes, de France. de la Société des Femmes générosité secours furent distribués Par ses soins, de nombreux vin de Banyuls, aux hommes, tabac, vêtements, jeux à contribuer de toute sorte, etc. ; tout, ce qui pouvait cette le physique et le moral en bon état, maintenir à le procurer. Société s'ingénia Grâce à elle, bien des souffrances bien des courages ranimés. furent soulagées,

sur la côte nordContinuation des opérations est. — L'amiral n'avait Pierre pas eu le temps d'acla destruction hovas de la des établissements complir côte nord-est, ainsi que ses instructions le recommandaient et les postes de Foulpointe, Fénérive ; seuls Mahambo avaient été bombardés. Une dépêche du 27 septembre invite l'amiral Galiber à exécuter une cette opération ; en même temps, de la division navale doit faire le tour de l'île partie aux postes hovas établis sur la par le sud, en causant côte le plus de mal possible. Le Beaulemps-Beaupré et le Boursaint sont chargés de la côte nord-est au 16 novembre, ; du 26 octobre ils bombardent et incendient AnManahar, Vohémar, tombouc et Marancette.

COMMANDEMENT

DE L'AMIRAL,

GALIBER.

89

le bombardement delà ville est comA Marancette, de dédes compagnies plété par une petite expédition la rivière deux barquement qui remontent pendant milles pour détruire un fortin hova. est menée avec décision L'opération par le lieutenant de vaisseau les canots franchissent Devergie; neuf barrages les coups de fusil qui successifs, malgré les accompagnent tout le long de leur trajet. à portée Arrivés de fusil de l'ouvrage, les marins un feu ouvrent sur les défenses ennemies débarquent, de mousqueterie abandonnent l'ou; les Hovas rapide ainsi environvrage qui est incendié que le village nant. De leur le Vaudreuil et la Nièvre descencôté, dent la côte E. au sud de Tamatave et détruisent par le feu de leur artillerie Manourou, Mahela, Mananjari, Benanoremana, Fort-Dauphin. conformément aux instructions Puis, ministérielles, le Vaudreuil sa route à Tamacontinue rentrer pour tave en faisant le tour de l'île. Il a pour mission contre les Hod'agir par la force vas qu'il trouvera à sa portée et de sonder les dispositions des populations de la côte ouest. malgaches — Aude Majunga, 13 novembre 1883. Attaque cun événement de guerre intéressant n'avait encore eu lieu à Majunga, dans la nuit du 13 nolorsque, un parti fort de 500 hommes vembre, environ, ennemi, tenta sur la ville un coup de main dans le but d'enlever la reine sakalave Hanarena qui s'était réfugiée sous notre protection.

MADAGASCAR. 1 à notre service un Makoua Eventés qui décharpar eurent le grand tort gea son fusil sur eux, les ennemis immédiatement une vive fusillade de commencer qui à la garnison et aux navires. donna l'éveil de la rade, en butte à des immédiatement Canonnés d'un établi à terre dans feux de salves partant poste ausune maison de l'agence ils s'enfuirent française, sérieuses. sitôt après des pertes la nécessité de mettre la démontra Cette attaque en état de défense ainsi l'avait ville elle-même qu'on fait pour Tamatave. ni les matériaux nécessaires ni Comme on n'avait le personnel suffisant de défenseurs toute pour garnir à l'ennemi, la lisière on dut se borner d'abord exposée à occuper solidement maisons en maçonnerie quelques se flanquant réciproquement. Mais ce système de défense ne tarda pas à être reconnu insuffisant; les flanquements étaient incomplets et laissaient subsister des intervalles non battus par se glisser des groupes audacieux. lesquels pouvaient De plus il exigeait de nombreux détachements de défense, ce des maisons en état pour l'occupation outre mesure la garnison. qui fatiguait Au mois de juillet du capi1884, sur la proposition taine Brun, de l'artillerie de marine, la défense de la ville fut arrêtée : définitivement sur les bases suivantes 1° Le système de blockhaus devait être abandonné et continue constituée avec remplacé par une enceinte les maisons en bordure et les murs de clôture crénelés 90 1. Nègre de la côte d'Afrique. et armés en qualité d'auxiliaires.

80 Makouas

avaient

été levés

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL ou munis

GALIBER.

91

de banquettes les intervalles d'infanterie; en troncs de palétuviers; par des palanques garnis 2° L'enceinte des parties comprenait flanquantes tracées de manière à battre tous les abords des palanques; de ronde 3° Un chemin était en arrière de ménagé l'enceinte et sur tout son développement pour le service des patrouilles ; 4° La ville était divisée en deux secteurs, le secteur ouest et le secteur conduiest, séparés par le chemin du Gouverneur; à la garde sant au Plateau de chaque secteur était attachée une compagnie d'infanterie de de débarquement marine. Les compagnies devaient, en cas d'alerte, se concentrer sur la place du débarcadère et s'y tenir en réserve. En outre, le rayon d'action de la augmenter pour de compléter du Plateau place, on résolut l'occupation du Gouverneur d'un en par la construction ouvrage en flanc une d'où l'on prendre palanques pourrait sur la ville. attaque dirigée relatives à l'hygiène miliD'autres considérations taient encore en faveur de cette détermination : l'altitude du plateau, la présence d'une source d'eau vive à la abondante et d'un bois de manguiers offrant du soleil, constiun abri contre les rayons troupe tuaient autant d'avantages appréciables. ne fut néanmoins commencé 1885, qu'en L'ouvrage de sous la direction du capitaine de l'artillerie Poutet, marine. d'un petit camp palissade sur trois de Il se composait ses faces ; la quatrième face, du côté de la ville, était de l'anformée en maçonnerie par l'épais rempart

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MADAGASCAR.

cienne redoute hova; quatre caponnières flanquaient les abords. un solide blockhaus en maçonAu centre du camp, à étage, servait de réduit. nerie, était casernée sous des baraques du La garnison Moisant. système la durée Pendant des travaux, les Hovas cherchèà surprendre la petite rent à maintes reprises garnide nuit, suivant leur coutume; ils son, en l'attaquant furent constamment repoussés. Il est à remarquer du moment où le Plaqu'à partir fut complètement teau du Gouverneur la ville occupé elle-même ne fut plus inquiétée. entre la France et le gouverneNégociations — se préoccupent ment hova. les Hovas Cependant, de renouer des relations avec la France. Le 16 novemviennent en parlementaires bre, trois officiers ennemis à Tamatave une lettre du premier ministre apporter déclarant à entrer en pourparlers avec qu'il est disposé les autorités accréditées et qu'il a nommé françaises des plénipotentiaires. Rendez-vous est aussitôt Galiber pris par l'amiral et M. Baudais d'une les représentants du prepart, mier ministre de l'autre, pour le 19 novembre. Dès cette première on put constater séance, qu'il ne fallait sur la valeur des ouvertures pas s'illusionner de la cour d'Imerina : ses plénipotentiaires n'avaient en leur possession aucun titre consacrant la validité de leurs pouvoirs. On fut donc obligé de remettre la séance. Le 24 novembre, une nouvelle eut lieu, mais réunion

COMMANDEMENT

DE L'AMIRAL

GALIBER.

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il fut impossible de s'entendre, les plénipotentiaires hovas se refusant à admettre le premier article de l'ultimatum et déclarant en même ne pouvoir temps un autre texte. proposer Deux ils adressaient aux jours après, plénipotentiaires un projet de traité français par lequel la France à abandonner ses droits sur Madagascar s'engageait certaines indemnités. Ils ne reçurent moyennant pas de réponse. Il était évident ministre avait voulu que le premier du temps et faire respirer ses trousimplement gagner été entendu en effet qu'aucun acte d'hospes ; il avait tilité ne serait tenté de part et d'autre, autour de Tale cours des négociations. matave, pendant Les opérations de guerre recommencèrent donc après avec une nouvelle activité. jours, quelques Plusieurs reconnaissances furent exécutées dans les environs de Tamatave; les troupes, enchantées de sortir de leur inaction, montrèrent d'entrain et beaucoup d'endurance hovas furent ; quelques postes surpris. On put enfin juger des obstacles à tral'importance verser avant d'atteindre les lignes de Farafate. Sur tout le front de la position des lacs, des maennemie, se succédaient, n'offrant aucun rais, des rivières moyen de passage de quelque pour une colonne importance. Dans une de ces opérations, le capitaine Pennequin, de l'infanterie de marine, lieutenant-coaujourd'hui se distingua lonel, particulièrement. Parti la veille au soir avec 25 hommes le choisis, traversant les marais avec de l'eau jusqu'à capitaine, un poste hova au petit jour, lui fit mi-corps, surprit trois prisonniers dont un officier et rentra à Tamatave

94

MADAGASCAR.

un terrain à travers après avoir fait 24 kilomètres hérissé de difficultés. la on était en plein hivernage, Malheureusement, était très élevée et la santé du corps expétempérature devenait de plus en plus précaire. ditionnaire les opérations et faire reralentir On dut bientôt à la dont une partie fut envoyée poser les troupes, Réunion. On appela à Madagascar en conséquence les deux créoles levées dans cette de volontaires compagnies l'une renforça la garnison de Tamatave, l'aucolonie, à la fin de détre celle de Majunga ; elles arrivèrent cembre. des esprits Situation le Vaudreuil cette époque, avoir accompli sa tournée chez les Sakalaves.—A rentra à Tamatave après de Madagascar. autour Les relativement à l'attirenseignements qu'il rapportait tude des indigènes de la côte ouest n'étaient guère favorables. Partout il avait rencontré des populations de se ressaisir et de secouer le apathiques, incapables terrifiées joug ou absolument par leurs ennemis. de la reine Binao, établis aux Seuls, les Sakalaves de la baie de Passandava, alentours montraient quelde résistance, mais ne voulaient rien ques intentions sans être appuyés franentreprendre par des forces çaises. Il était évident sur un qu'il n'y avait pas à compter contre les Hovas. Les Sagrand mouvement populaire kalaves ne pourraient être que des auxiliaires jamais à la condition toutefois de rester en liaison intime avec nos troupes.

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL

GALIBER.

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les illusions s'était On dut donc abandonner qu'on et les sentiments d'infaites sur les qualités guerrières et se borner à les emde ces populations dépendance en guise soldats ou porteurs, et d'éclaireurs, ployer mesure. encore dans une faible — De des lignes de Farafate. Reconnaissance ne restait son côté, l'ennemi Le gouvernepas inactif. ment hova levait des hommes en grand et les nombre à la hâte. instruisait Des rapports informaient le commandant d'espions en chef que d'importants renforts arrivaient sans cesse à Farafate. Voulant se rendre des forces qu'il avait decompte vant lui, l'amiral ordonna une reconnaissance générale sur le front des positions ennemies. à deux heures Le 14 janvier, du matin, nos troupes le fort et se portaient en avant en trois coquittaient lonnes. La première colonne était composée de : 180 fusiliers 50 volontaires La deuxième 50 hommes 150 fusiliers La troisième, marins créoles. ;

de : d'infanterie marins. au centre, de marine;

comprenait

:

de 65mm; 2 canons 1 canon de 80,nm ; 1 canon de 4; soutenus par 50 fusiliers

marins.

96 Les bâtiments devaient dreuil, sur

MADAGASCAR. Creuse et VauNaïade, rade, de leur feu la marche des appuyer

troupes. de forces dans la plaine inaccoutumé Ce déploiement le résultat cherché ; les Hovas démasquèrent produisit leurs positions. une série d'ouvrages de fortifiEn première ligne, à 3,000 homcation et de nombreuses troupes évaluées mes environ ; une deuxième Dans le lointain, ligne de défense. ennemie ouvrit le feu la première : sept L'artillerie à boulets pleins, à obus; une huitième pièces tiraient immédiatement la nôtre riposta et, dès les premiers fuir on put voir les chefs hovas en fUacon coups, (chaise à porteurs). Pendant ce temps, la colonne de droite continuait à se jetait sur le village à d'Amboditavona, progresser, la gauche de la ligne ennemie, et l'incendiait après une résistance peu sérieuse. A huit heures du matin, tout le monde était rentré à Tamatave sans aucune perte. On avait pu déterminer avec une exactitude suffisante l'emplacement des défenses de l'adversaire, les forces dont il disposait, le peu de valeur de son artilles obstacles considérables le lerie, que présentait terrain : Pour l'amiral, il devint évident action déciqu'une sive sur Farafate était inopportune et même dangereuse. La plus grosse difficulté n'était pas, en effet, d'enlever la position, mais de la conserver en repoussant l'ennemi loin dans l'intérieur. à Or, nous n'avions

COMMANDEMENT DE L'AMIRAL Tamatave que cher ; il fallut rafate. environ 400 hommes remettre à plus tard

GALIBER.

97

en état de marla prise de Fa-

— Pour des négociations. à nos imposer Reprise de nos prétentions, une action la plénitude adversaires était nécessaire militaire ; on s'en plus considérable en France. D'autre la mauvaise rendait part, compte immobilisées sur la côte malde nos troupes situation une rapide solution. saine de Madagascar exigeait d'en finir plus vite, le Gouvernement Dans l'espoir à diminuer ses exigences; un télégramme du consentit à nos plénipotentiaires 1884 permit 10 janvier de ne au gouvernement hova demander que l'engagement de « n'exercer aucune action dans la région qui fait des arrangements conclus en 1841 l'objet par la France et 1842 avec les Sakalaves ». se montrèrent Les Hovas à entrer en empressés nos concessions, ils restèrent mais, malgré pourparlers, à toutes intraitables et opposèrent nos propositions la volonté de ne céder aucun pouce de leur territoire. « Prenez ce que vous voudrez, si vous êtes les plus rien à vous offrir ni à vous céder », forts, nous n'avons tel fut le résumé de leur discours. De ces discussions, M. Baudais, notre tirait consul, la conclusion seule viendrait à bout de que la force leur résistance. « L'inaction où nous sommes restés depuis dix mois, écrivait-il au président du Conseil en avril 1884, donne l'espoir au gouvernement hova que nous en resterons là et que nous deviendrons d'autant moins exiactuelle se prolongera. geants que la situation ' '/• ' .' ' MADAGASCAR. 7 /"

98

MADAGASCAR.

à nos armes, ils savent et « Quant à la résistance de lutter contre nous. ils avouent qu'il est impossible action Le gouvernement malgache compte bien qu'une ne s'exercera de notre sérieuse jamais, part qu'une à certain viendra moment européenne complication y obstacle. mettre un pas en avant «. Le jour où nos troupes feraient de Tananarive, ses illusions s'évanouisur la route et un traité serait facilement obtenu et je pense raient que, dans ce cas, les conditions, quelles qu'elles soient, » être plutôt imposées pourraient que discutées. entrant enfin dans cet Le gouvernement français, •ordre d'idées, se disposa, au printemps de 1884, à une à Mada.action plus énergique. On décida d'envoyer suffisants à l'amiral gascar des renforts pour permettre à l'amiral de succéder Miot, Galiber, désigné pour une attitude prendre plus offensive.

CHAPITRE

III

COMMANDEMENT U CONTRE-AMIRAL D MIOT

— Envoi du Gouvernement. de Instructions — Dans les instructions renforts. qui lui sont donà l'amiral en cas de nées, il est recommandé Miot, avec le gouvernement des négociations hova, reprise de toute de faire abstraction clause relative aux limites que nous entendons à nos établissements assigner dans l'île et à notre occupation effective. et l'autorité de nos droits, Etant donnés le caractère aux Hovas ni déle Gouvernement ne veut demander la reconnaissance de ces droits, claration qui implique ni engagement de respecter nos arrangements particuliers avec les tribus du nord de Madagascar. Son intention est d'affirmer nos droits- en les exerçant, au lieu de demander aux Flovas un acte de reconnaissance. Les engagements conventionnels ne devront porter suivants : réparations et garanties que sur les points dues à nos nationaux et paiement des indemnités. au programme des opérations il Quant militaires, ne varie guère : continuer à occuper Tamatave et Maen outre quelques sur les côtes junga et établir postes nord destinés à devenir de ralliement des points pour les Malgaches placés sous notre souveraineté ; frapper un fort coup contre Farafate, afin de produire sur l'essalutaire. prit des Hovas un effet d'intimidation

100 Pour

MADAGASCAR.

à même d'exécuter mettre l'amiral ces instrucde Madagascar sont les troupes de nouveau tions, renforcées : Les 8 compagnies d'infanterie de marine de Madasont portées à 150 hommes. gascar et de la Réunion Cette dernière colonie à fournir est invitée un bataillon de 4 compagnies de volontaires. Un peu plus tard, le bataillon de fusiliers marins faisant du Tonkin est partie du corps expéditionnaire de cette contrée où les opérations de guerre rappelé une accalmie et rallie Madagascar. éprouvent Un détachement de 43 artilleurs de marine et un autre de 30 gendarmes les forces complètent disponibles à terre. La division navale de la mer des Indes la reçoit suivante : composition couverte Naïade, croiseur à batterie portant du commandant en chef de la division ; croiseur à batterie barbette Forfait, ; éclaireur Beautemps-Beaupré, d'escadre; Scorff, transport; aviso de station Boursaint, ; canonnière de station Capricorne, ; de flottille ; Pique, canonnière de flottille ; Chacal, canonnière Creuse, transport-hôpital ; canonnière Bedoute, ; canonnière Tirailleuse, ; à la disposition, Allier, transport-aviso neur de la Réunion. L'amiral Miot arrive à Tamatave pavillon

du

gouver-

le 8 mai.

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL Premières

MIOT.

10 L

Miot avec de l'amiral négociations — Il était à peine arrivé à hova. le gouvernement hovas demandèrent Tamatave que les plénipotentiaires et avec les plénipotentiaires à se rencontrer français fut aussitôt les négociations. Rendez-vous à rouvrir on ne put aboujusqu'alors, pris, mais comme toujours tir à rien. ferme déclaration A notre catégorique que notre d'un acte de reconnaisétait de nous passer intention et et d'exercer ceux-ci sance de nos droits purement de hauts cris hovas poussèrent les envoyés simplement, à néet déclarèrent qu'ils ne pouvaient pas continuer de les quitter, avant On se sépara donc, mais gocier. de nouvelles les prévint l'amiral qu'il n'accepterait traiter sur les bases ouvertures exposées que pour par lui. et de Majunga. de Tamatave autour Opérations — Les opérations militaires recommencèrent sans plus tarder. de fréquentes reconnaison pousse A Tamatave, ennemies de Fasances sur toute la ligne des positions sous se renforcent rafate. Celles-ci continuellement; les retranla direction du colonel Villougby, anglais de repli s'ordes positions chements se perfectionnent, accuEn présence des obstacles en arrière. ganisent l'amiral renonce à de l'ennemi, mulés sur le front le moyen de et cherche toute idée directe d'attaque tourner la position. sur Sahamafy, Son attention se porte tout d'abord ennemies situé à la droite des lignes ; mais il village à l'aide faudra alors franchir la rivière de Vorinkina

102

MADAGASCAR.

à la suite des troupes. Cent mud'un pont transporté à la Réunion. lets sont achetés dans cette intention l'amireconnaissances, Puis, à la suite de nouvelles à toute offensive sur Farafate, tant qu'il ral renonce à sa disposition. Il n'aura pas de plus forts effectifs des positions ennemies estime ne. que l'enlèvement on serait dans rien à la question; toujours changerait vis-à-vis des Hovas, tant qu'on ne la même situation les chasser au loin ; l'occupation de Farafate pourrait rendrait au contraire le service des trouplus pénible pes débarquées. En août 1884, ainsi répartissait l'effectif : disponible de ces troupes se

A Tamatave: 962 fantassins 27 artilleurs; 24 gendarmes. ;

A Majunga 204 fantassins 15 artilleurs. ;

:

A Nossi-Bé 113 hommes. A la Réunion 50 hommes. Il est évident une expédition monde.

:

:

qu'on ne pouvait songer à entreprendre de longue haleine avec aussi peu de

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL

MIOT.

10i:

on rayonne aussi jusqu'à 6 à 7 kilomèA Majunga, sans résultat tres de la place, ; pourtant appréciable des rôdeurs les alertes de nuit sont fréquentes, pénèà allumer l'incendans la ville, cherchant trent jusque habitants. Ainsi die ou à surprendre que quelques nous l'avons vu, c'est seulement après l'occupation la ville que ces tentatives du fort hova dominant prirent fin. est à signaler de ce côté : le Une seule opération de fusiliers 4 novembre marins, 1884, une compagnie de Maisonde vaisseau commandée par le lieutenant fort d'un millier hova rencontra un parti neuve, des de la disproportion d'hommes environ. En raison mais se replia en bon ordre, la reconnaissance forces, en manoeuvrant les Hovas la suivirent régulièrement, et lui les pertes sérieuses malgré qu'ils éprouvèrent, firent subir une perte de 1 tué et 3 blessés. en opérasaison de 1884 se passe ainsi, La bonne sans que la situation tions de petite envergure, respecdes points occuse modifie. Autour tive des adversaires avec stériles exécutées pés, ce sont des reconnaissances obus le long des côtes, de faibles effectifs; quelques de passage sur quelsont parfois lancés par un navire rien ne présentent hova ; ces événements que poste d'intéressant. fortifiés de postes vers l'établissement C'est surtout sur les côtes sakalaves et antankares, que se portent en chef. Ainsi les préoccupations du commandant cette avait recommandé qu'on l'a vu, le Gouvernement des Houn terme aux incursions mesure afin de mettre dont nous revendivas et de rallier les populations absolue. quions la souveraineté

104

MADAGASCAR.

Création du poste d'Amboudimadirou (août — Le choix de l'amiral se fixe d'abord sur la 1884). baie de Passandava, entre les Etats de la reine Binao et du roi Monza. Une redoute avec des lopalissadée, est établie sur une colgements pour une compagnie,

d'Amline, dans le fond de la baie, auprès du village boudimadirou. De ce point, on est à même de couper les chemins suivis par les troupes hovas qui, partant du situé à environ 45 kilomètres dans camp d'Ankaramy, viennent de temps à autre ravager les terril'intérieur, toires de Binao ou de Monza, nos alliés.

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL Sous

MIOT.

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la protection de notre fortin, le village d'Amse boudimadirou, qui avait été détruit par les Hovas, releva rapidement. Cette prise de possession produisit d'ailleurs un grand sakalaves effet sur les populations autour de nous et nous fournirent qui se groupèrent bientôt des guides, des porteurs et même des soldats. autorisa en effet la levée Le ministre de la marine d'une de tirailleurs En peu de compagnie indigènes. les Sakalaves surent exécuter convenablement temps, et acquirent les manoeuvres de l'école de compagnie une bonne tournure militaire. Nous les verrons plus tard se conduire au feu très bravement. — octobre Combat d'Anziaboury (15 1884). du fortin ne s'aLa construction d'Amboudimadirou cheva pas sans de fréquentes alertes ; comme toujours les Hovas profitaient de la nuit, de surpour essayer la garnison ou pour inquiéter les indigènes prendre rallié notre drapeau. qui avaient nommé au commandement Le capitaine Pennequin, du poste, s'employa immédiatement à mettre fin à ces incursions. Renseignements pris, on sut bientôt que les coureurs ennemis d'un camp nouvellement établi provenaient à deux heures L'enlède marche d'Amboudimadirou. de cette position fut aussitôt vement décidé. aux compagnies Le 15 octobre, avoir confié après de débarquement des canonnières la Pique et la Tirailla 39e dans la baie, la garde du fortin, leuse, mouillées d'infanterie de marine, forte de 4 officiers compagnie et 96 hommes se met en marche.

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MADAGASCAR.

officiels ne font pas mention de Les comptes rendus Selon toute probabila formation prise pour la route. du sentier, on marche lité, à cause de l'étroitesse par est dimiun. La distance d'avant-garde réglementaire de telle façon, nuée considérablement ; elle est calculée de l'ennemi, et le gros l'avant-garde qu'à l'annonce s'étant sur leur tête, cette rassemblés respectivement à l'abri dernière se trouve des coups dirigés fraction sur la première et dispose d'une zone de manoeuvre suffisante à la droite pour se porter par une diagonale ou à la gauche des premières forces déployées. La mousdes Hovas étant seule à redouter, queterie l'espace entre les têtes de l'avant-garde et du gros est compris sans doute de 300 mètres environ. Après le rassemblement pour le combat, les réserves se trouveront ainsi à bonne portée pour renforcer ou manoeuvrer. A sept heures du matin, la petite colonne arrive en vue d'Anziaboury. C'est un village entouré fortifié, d'une enceinte de 250 mètres de long sur palissadée 150 mètres de large. Le terrain aux alentours est découvert. A 600 mètres, le premier commandé peloton, par le lieutenant se déploie en tirailleurs en marMarmet', chant. Deux crêtes' longées par des ravins la séparent chaîne de l'ennemi. Pendant en dissimulant qu'elle progresse lentement, sa marche le plus possible, le reste de la colonne rassemblé sur une éminence dominant l'ensemble de la commence la préparation de l'attaque position par des feux de salve. 1. Le commandant Marmet a été tué an Dahomey.

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL De tous

MIOT.

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vers le village accourent côtés, des Hovas ; la palissade se garnit et l'ennemi avec vigueur. riposte La chaîne du terrain. gagne toujours A 200 mètres, le dernier après avoir franchi ravin, elle commence un feu rapide. Bientôt l'adversaire son tir se ralenébranlé, paraît tit ; son chef semble avoir grand'peine à maintenir son au combat; monde on le voit courir et brandir son sabre. il tombe ; « en même temps une section de Soudain, soutien du ravin débouche en l'ennemi pour prendre flanc. Soit par suite de l'arrivée de cette troupe, soit par suite delà mort de leur chef, c'est alors une débandade générale. « La chaîne se précipite à la baïonnette sur la palison ouvre à coups de hache des passages et la sade; continue dans le village de poursuite que l'on traverse » bout en bout. Dans une expédition les petits coloniale, engagecomme celui du 15 octobre 1884 sont frégements il en est peu où les troupes et le terquents; toutefois, rain soient employés avec autant d'habileté. Le combat est un modèle du genre d'Anziaboury qu'il est bon de méditer. A la suite de cette belle opération, la renommée du se répandit dans toute la contrée capitaine Pennequin ; elle y subsiste encore. Sous sa direction, les Sakalaves se reprenaient à l'espoir de chasser leurs oppresseurs et ne demandaient qu'à marcher. En novembre, dans une expédition qu'il organisa dans le but de reconnaître le camp d'Ankaramy, situé à 45 kilomètres dans l'intérieur, le capitaine Penne-

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MADAGASCAR.

avec lui 500 hommes de Binao et 600 quin emmena hommes de Monza, soutenus par 150 soldats d'infanterie de marine et deux canons. furent les Sakalaves Comme éclaireurs etflanqueurs, et leur manque mais leur indiscipline très appréciés, comme ne permirent pas de les utiliser d'organisation troupe régulière. fit ressortir en outre le parti précieux Cette expérience à condition de les qu'on peut en tirer comme porteurs, à leur allure habituelle. payer et de les laisser marcher — Le de Vohémar. poste d'AmboudiOccupation madirou on occupa Vohémar sur la côte nordorganisé, avait d'être est. Ce point situé sur une l'avantage transversale le reliant à Amboudimadirou, après l'ocde Diégo-Suarez, avoir lieu encupation qui devait on espérait sur des suite, que les indigènes appuyés les routes principales, compurgeraient postes tenant la région de tous les Hovas qui s'y trouplètement vaient. Le 21 novembre, après une reconnaissance préliminaire des lieux, au courant de laquelle on avait infligé à l'ennemi un léger le Beaulemps-Beaupré, échec, YAllier et le Scorff débarquent à Vohémar un petit : corps expéditionnaire 100 hommes d'infanterie de marine ; 240 fusiliers marins ; 10 gendarmes à cheval ; 300 porteurs antankares. On enlève le jour même le village de la Douane, situé au fond de la baie, au pied du plateau de la Table. Puis les troupes s'établissent au bord d'un ruisseau

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL d'eau vive

MIOT.

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dominé ou ; en quatre par cette hauteur sur l'emplacement du bivouac cinq jours, on transporte de la Douane les cases du village et on crée ainsi le camp de Beautemps-Beaupré. de sentinelles entoure le camp, de plus, Une ligne est installé sur le sommet un poste d'observation de la d'où l'on aperçoit, à 14 kilomètres dans le sud, Table, le rova d'Amboanio. — Les Hovas avaient une garPrise d'Amboanio. nison en ce point; la sécurité de notre établissement de Vohémar en fussent chassés. Le qu'ils exigeait fut dirigée une colonne sur Amboanio 26 novembre, ; à son approche, le feu au rova les Hovas mirent et s'enfuirent vers Andraparany. fut rapidement éteint par nos troupes L'incendie qui dans le village s'établirent voisin du fort. Combat —La d'Andraparany (5 décembre 1884). ne suffisait ramener le prise d'Amboanio pas pour l'ennemi calme dans la région; restait en force à Anà 35 kilomètres clans l'intérieur. draparany, Chaque mettaient la garnison des alertes sur pied ; tannuit, tôt c'était une tentative tantôt c'était une d'incendie, de nos avant-postes. Les populations attaque inopinée étaient avoitinantes terrorisées. de venir à nous, on marcha Pour empêcher l'ennemi résolument à lui. fut dirigée de frégate L'expédition par le capitaine le capitaine de l'arEscande, Brun, qui s'était adjoint tillerie de marine, avec le titre de commandant militaire.

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MADAGASCAR.

suivant du rapport du capitaine Brun conL'extrait du plan d'opération. tient l'exposé à une de la pleine « Le 5 décembre, lune, époque la colonne heure du matin, quittait expéditionnaire : clans l'ordre de marche suivant Amboanio « 1° La 5e compagnie de fusiliers marins précédée de gendarmes à cheval et du guide ; d'un peloton ce 2° La 21e compagnie de marine ; d'infanterie ce 3° Le canon de 65ra,n de débarquement du Beauà 64 coups et servi par temps-Beaupré, approvisionné des marins canonniers et quelques artilleurs de marine ; « 4° Le convoi de vivres, avec des porteurs malgaches et makoas; « 5° L'ambulance, avec des porteurs et malgaches makoas ; « 6° La compagnie de débarquement du Beautempsen même temps de en arrière-garde, chargée Beauprè la garde de l'artillerie et des convois ; « 7° Le contingent des auxiliaires antankares avec leur roi Tsialana en tête. a La police de la colonne et le service des ordres étaient assurés par la gendarmerie.

<cLes guerriers s'étaient antankares, joinauxquels tes une partie des populations étaient au soumises nombre de 1,200 environ, tous armés de fusils à pierre et de sagaïes. « Pour utiliser ce contingent, plus redoutable par le nombre que par la valeur et la discipline et en même temps, pour rendre la colonne plus mobile, il avait été

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL

MIOT.

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décidé et arrêté avec mon Commandant, vous, que cette colonne serait scindée en deux groupes : «: Le premier de gauche, colonne et groupe, appelé environ 700 Antankares et un détachement comprenant de 73 fusiliers sous les ordres de M. Martel, marins, de vaisseau, devait se séparer de la colonne enseigne de droite à 8 kilomètres environ se dirid'Amboanio, le massif ger dans le sud, en contournant montagneux au delà duquel est situé le plateau et d'Andraparany en se rabattant à l'ouest, la retraite à venir, couper l'ennemi sur la route à Sambova. qui conduit « Ordre lui était donné immédiatement d'occuper les positions dominantes et d'attendre, marcher pour sur le village, l'arrivée et l'attaque de la colonne de droite. « De son côté, la colonne de droite, après le passage du gué, devait remonter la rivière Fanamba et attaennemies. quer par le nord les positions « La colonne de gauche, plus mobile que la seconde, n'avait à franchir avait puisqu'elle pas d'artillerie, une distance de quelques kilomètres. plus longue ce Le chef de l'expédition était donc en droit d'espéde difficultés et d'événements rer, qu'à moins impréles deux de points vus, colonnes, parties différents, déboucheraient à peu près en même sur le platemps à une attaque teau pour concourir d'ensemble et prendre l'ennemi entre deux feux. » A 3 h. 45 m., les deux colonnes se séparent. La colonne de droite rencontre un terrain assez mouvementé qui rend sa marche pénible. A 11 heures du matin, elle atteint le pied des pentes et s'arrête d'Andraparany pour déjeuner.

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MADAGASCAR.

constitue une position « Le plateau d'Andraparany dominant la vallée du militaire vraiment redoutable; il est proà plus de 200 mètres de hauteur, Fanamba couvertes de tégé à l'est par une chaîne de montagnes au nord et à l'ouest, bois impénétrables, par des pende bouquets de bois très tes raides ravinées, coupées à la guerre d'embuscade. propres « Au pied même de ces pentes, un ruisseau profondément encaissé rend encore les abords de la position » plus difficiles. on commence l'escalade du plateau. Aune heure, dans les taillis et les rochers, Un parti hova embusqué il est refoulé tiraille avec énergie; pied à pied. lesommet. La colonne met trois heures pour atteindre De beaux pâturages, de bouquets d'arbres, parsemés à perte de vue. s'étendent Dans le lointain, on aperçoit le village d'Andrapaou rova. rany, au centre duquel s'élève un réduit « C'est un rectangle de 70 mètres de long sur 50 mètres de large. La palanque de l'enceinte se compose de d'essence dure, de 0m,15 à 0m,20 de diapieux jointifs, mètre et de 4 mètres de haut. « Cette palanque est démunie de créneaux et n'est des feux de mousqueterie. pas organisée pour fournir de flanquement, d'un armés chacun Quatre tambours sont placés en saillie sur les faces et au centre canon, de la palanque, dont ils assurent ainsi le flanquement. Des tirailleurs peuvent prendre place sur une plateforme dans les tambours de flanquement ménagée à 2m,50 au-dessus de l'emplacement à l'artilréservé lerie. » La colonne se déploie en tirailleurs clans la largeur

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL MIOT.

113

du plateau et s'avance sur la position ennemie. Chemin faisant, on refoule par le feu des groupes qui se de couvert en couvert. replient Tout à coup, le feu de l'ennemi éclate avec une nouvelle énergie; il part d'un ravin encaissé et boisé situé en avant du village et qu'on n'avait de pu découvrir loin. C'est là que les Hovas ont concentré leurs forces. Ils en grand nombre le bord situé de notre garnissent côté ; sur chacun de leurs flancs, deux pièces d'artillerie tirent sans relâche. de front serait une La position est forte, l'attaquer témérité. Il faut manoeuvrer sur son flanc pour la déborder gauche. Pendant les gendarque le canon de débarquement, entretiennent le combat mes et un peloton d'infanterie le gros des forces à de front, appuie progressivement en potence par rapport à l'ennemi. droite et s'établit 11 est 5 heures, les feux rapides leur atteignent maximum. au moment de « On touche décisif. Une distance militaires du bord 50 mètres à peine sépare nos braves du ravin. est franchie d'un bond au pas Cette distance et les Hovas qui tiennent encore, terrifiés gymnastique de nos soldats abandonnent par cette subite apparition à s'enfuir leurs armes et cherchent par le fond du radans les hautes herbes. vin, en se dissimulant ceLa victoire est complète, tous les chefs hovas sont et à côté d'eux leurs de bataille restés sur le champ meilleurs soldats. « Le reste est une cohue qui se débande et qui, ne 8 MADAGASCAR.

114

MADAGASCAR. par le escar-

du sud, gardée se sauver par la route pouvant se précipite détachement Martel, par les pentes les seules qui restent libres. pées de l'ouest,

« Il est 5 heures et demie. Le combat est terminé, il a duré trois heures. A 6 heures et demie, la colonne de a fait subir des pertes sensibles aux qui gauche, fait son entrée dans le village. » fuyards, « Plus de 200 cadavres ennemis jonchent le sol.

« De notre dont côté, nous n'avons que 3 blessés, » un mortellement et deux contusionnés... de la position L'enlèvement où les d'Andraparany Hovas se croyaient eut pour conséquence inattaquables de ces derniers et l'anéantissecomplète l'expulsion dans le district de Vohémar. ment de leur influence Pour la garde de cette riche contrée, on décida l'ocdéfinitive d'Amboanio au cupation qui, par sa position coeur du pays, le courant commercial qui y a toujours a une importance existé, plus considérable que Vohémar, qui n'est qu'un entrepôt. fut en conséquence Le rova d'Amboanio restauré. des logements et On y installa pour deux compagnies des magasins trois mois de vivres. pour contenir était formé d'une enceinte rectangulaire Cet ouvrage de 170 mètres de long sur 120 mètres de large, composée d'une solide de quatre tampalanque flanquée bours. — L'année de Diégo-Suarez. 1885 Occupation de Diégo-Suarez. Le 17 fés'inaugure par l'occupation

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL

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le transport la Creuse, venant de Tamatave, vrier, mouille dans la baie et en prend possession au nom du Gouvernement. habité Le village famild'Antsirane, par quelques les sakalaves, est immédiatement mis en état de défense ; des reconnaissances dans l'intérieur, rayonnent dans le but d'assurer en viande l'approvisionnement fraîche et de se renseigner sur la situation des Hovas dans la région. à Ambohémarina, à quelques kiloCeux-ci occupent un rova perché comme un nid mètres de Diégo-Suarez, au sommet d'une montagne; les pentes ont été d'aigle étroits taillés seuls des escaliers dans le roc, escarpées, l'accès de l'ouvrage. permettent sur ce point, Au cours d'une reconnaissance une colonne forte de 40 marins, commandée de par l'enseigne vaisseau tomba dans une embuscade et eut Crova, quelque peine à se rallier. Crova fut blessé. L'enseigne Nous n'entrerons pas dans le détail des mesures prises pour l'occupation définitive de Diégo-Suarez. la baie et une portion du terriComme on le sait, toire environnant furent cédées à la France, lors de la de la paix avec le gouvernement hova. signature Dès lors, les travaux exécutés dans notre nouvelle donné leur caractère de fixité, ne préétant colonie, sentent aucun rapport avec ceux qu'on peut être amené d'une expédition. à entreprendre au courant n'entre L'étude les pas dans que nous en ferions limites du travail que nous nous sommes fixé. Nouveaux renforts. — En avril 1885, l'amiral

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MADAGASCAR.

de la marine un rapport adresse au ministre résumant les opérations son arrivée et expoaccomplies depuis sant la situation. n'a guère changé. Celle-ci Pour la modifier, l'amiral estime faudrait à Madagascar commencer qu'il une nouvelle Eenoncer à une occupation politique. de l'île ; utiliser par la force d'une partie quelconque au contraire l'élément action à Mahova, pour notre en lui imposant le protectorat. dagascar, Pour décider les négociations, un succès complet est indispensable; c'est à Majunga l'amiral, d'après en débarquant sur ce point une qu'il faut le chercher colonne de 4,000 hommes de disperser les capable ennemies rassemblées aux environs de Matroupes rovoay. Sans entrer immédiatement dans ces vues, le Gouvernement se préoccupe aussitôt de renforcer nos troupes. La paix avec la Chine, le 8 juin signée 1885, rendait d'ailleurs une partie des effectifs emdisponibles et des réserves en France. ployés au Tonkin préparées Une compagnie d'infanterie de marine et une batterie provenant du Tonkin, six compagnies en prises France sont expédiées à Madagascar. En août, les effectifs du corps expéditionnaire se ainsi : répartissent A Tamatave. 1,571 fantassins; 159 artilleurs ; 31 gendarmes achevai.

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL A Majunga. 553 fantassins. hommes occupent Diégo-Suarez,

MIOT.

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En outre, 800 mar, Sainte-Marie, dimadirou.

les postes Nossi-Bé,

de VohéAmbou-

— Situation militaire des Hovas en août 4885. Il est difficile de supputer avec précision les forces militaires des Hovas à la môme époque. Seul le rapport d'un déserteur, le nommé Donald de Fontenay, créole naturalisé dans l'armée ho va, nous anglais, capitaine donne à ce sujet quelques renseignements. On savait effectuées, déjà, par les reconnaissances ennemis devant Tamatave, que les rassemblements étaient Amboudimadirou, Majunga, respectivement de 12,000, et 2,000 hommes. 10,000 le rapport en question, le gouvernement D'après hova a en outre réuni à Tananarive recrues (?) ; 100,000 leur instruction est activement sous la direcpoussée tion de quatre officiers anglais. continue en La capitale est entourée d'une enceinte du d'un a énorme fossé ». En avant, terre, précédée côté de l'ouest, il y a plusieurs fortins. est de la place, fourni par les Anglais, L'armement constitué de campagne. en canons Armstrong à Majunga, Au sujet de l'itinéraire de Tananarive la relation des indicadu sieur de Fontenay renferme tions intéressantes. on a le choix Entre la capitale et Mahévétanana, entre deux routes.

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MADAGASCAR.

Celle de l'ouest, est la plus courte qui longe l'Ikopa, et la plus avantageuse. Pourtant l'ennemi ne la garde de gagner la fièvre dans les baspas, parce qu'il craint fonds. « La route de l'est est beaucoup Les plus difficile. accidents de terrain, les précautions prises par les les travaux de défense élevés par eux sur les Hovas, cette route hauteurs sur à peu près qui commandent la moitié de sa longueur, les travaux inqu'il serait d'exécuter causeraient au corps dispensable expéditionnaire de trop longues difficultés. » Entre Tananarive et Mahévétanana, « tous les vilou du moins protégés lages sont fortifiés par des fossés de fortes entourent l'ensemble profonds; palissades des cases et des postes militaires d'une de vingtaine choisis parmi les meilleurs, tiennent soldats, garnison dans chacun d'eux ». il y a 2,000 A Mahévétanana, hommes armés de fusils Snider ; le village est palissade. Un fort en terre armé de six canons-bouche domine la rivière. Entre ce point et Marovoay, on rencontre successivement : avec fort en terre Ampanihibé, village palissade armé de quatre canons-bouche de gar; 300 hommes nison. Ankoula, palissades ; deux canons sans valeur. « construit sur une hauteur Traboungy, qui domine a la rivière et toute la vallée environnante, ce village été fortifié avec le plus grand soin ; des retranchements en terre bien défilés l'entourent ; une complètement solide palissade la crête ; la défense est confiée garnit

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL MIOT.

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armés de Snider ; cinq canons-bouche à 250 soldats du côté de la rivière ». défendent l'enceinte principale sans auAmbohibary, Ambouibay, Madriy-Kéli, sont organisés cune importance militaire, en'magasins à riz ou parcs à bétail. « Les ports militaires établis en avant de Majunga le grand sont : Marovoay, Camp et le poste fortifié » d'Andretsy. « Marovoay, s'élève sur sur le bord de la rivière, une falaise de 40 mètres de hauteur un que couronne de retranchements en terre entouré plateau palissades. » à 1,500 mètres Un poste avancé occupe une hauteur au nord-est. « Cinq cents hommes défendent 26 pièMarovoay, surtout du côté de ces-bouche le parapet, garnissent accès dans la rivière, et aux trois portes qui donnent » le camp. de marche de MaroLe grand Camp, à huit heures renferme environ hommes commandés 3,000 voay, par Ramamba. « Construit sur une hauteur dominant les environs, il est complètement entouré par un mur de lm,50 d'ésur 3'",50 de hauteur; des créneaux et des paisseur meurtrières en grand nombre sont percés dans ces murs. Un fossé de 3 mètres de large et 1 mètre de profondeur a été creusé autour et sera prochainement agrandi. « L'artillerie se compose de deux mitrailleuses, de*ùx canons nons de 12 en bronze se chargeant tout dix-sept pièces. canons-bouche, deux caHotchkiss, en par la culasse, dix

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MADAGASCAR.

« Cette être très rapidement artillerie peut portée du camp et peut tirer dans sur un point quelconque à cet toutes les directions par les créneaux ménagés effet. » «. Une tranchée-abri relie le camp à la mer dans la de l'Ile-Verte. direction « Un poste d'observation se trouve à mi-displacé tance entre le fort et la rivière Les troupes, d'après ses indications, se portent au fort, sur les berges et à l'avance. » dans tous les postes préparés On ne possède aucun renseignement sur l'organisation défensive d'Andretsy. de Ramamba Les troupes sous les ordres placées commandées sont, en réalité, ; c'est par un Européen lui qui organise conduit les les positions défensives, des troupes. travaux, dirige l'instruction sont Par ses soins, des compagnies de 100 hommes des exercices de tir sont exécutés créées, ; une tenue et un équipement aux distribués convenables sont hommes. Dans la prochaine les Hovas s'inspirecampagne, ront sans doute des dispositions il nous prises en 1885; a paru utile de les faire connaître. mois de juin 1885, négociations.—Au M. Maigrot, consul d'Italie à Madagascar, avait offert à l'amiral Miot ses bons offices pour amener une entente avec Rainilaiarivony, de la ministre premier reine. M. Maigrot était convaincu que le gouvernement hova s'empresserait de déposer les armes et de demander la paix si la France, terriau lieu d'une conquête Nouvelles

COMMANDEMENT

DU CONTRE-AMIRAL

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se contentait du protectorat de l'île, toriale, placée tout entière sous la domination de la reine. Les négociations se succédèrent juspéniblement, mois d'août, au milieu des Hovas. des réticences qu'au En fin de compte, il en fut de cette tentative comme la dédes précédentes, il fallut briser net devant à acde nos adversaires : ils se disaient prêts loyauté notre le refusaient d'inscrire mais cepter protectorat, mot lui-même dans le projet de traité. L'amiral ne voulut sur cet échec pas rester diplode frapper un grand il abanmatique; pressé coup, la donna ses projets sur Marovoay entreprendre pour destruction du camp de Farafate.

— du terrain. de Farafate. Lignes Description — La du côté de l'intéTamatave plaine qui entoure rieur des terres est nettement délimitée au sud et au et l'Ivohonord par deux rivières l'Ivondro profondes, de 20 kilodistantes l'une de l'autre de près lina, mètres. la plaine est fermée A l'ouest, par complètement à la une chaîne et à peu près mamelonnée parallèle une distance séparée que par d'une de 5 à 6 kilomètres et qui s'appuie, moyenne à l'Ivoholina. à l'Ivondro, et de l'autre, part, trile Ranomainty, Deux cours d'eau importants, affluent de et la Vorinkina, butaire de l'Ivoholina, forde collines le pied de la chaîne l'Ivondro, longent et la plaine de Tamatave, entre cette dernière mant, un immense naturel de 18 kilomètres de lonfossé mer, gueur. Sur tout ce parcours, il n'y a que quatre points dont elle n'est

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MADAGASCAR.

en remontant du sud au nord : les gués de guéables, de Farafate et d'AmpassiSahamafy, d'Ampanalane, mandorona. battus de front et Ces quatre gués étaient de flanc par de solides ouvrages casemates. Dans les intervalles, d'autres redoutes palissadées de manière et pourvues d'abris blindés étaient établies à battre au loin la plaine du côté de Tamatave. L'ensemble de ces ouvrages ce qu'on a constituait lei lignes de Farafate, du nom de l'ouvrage appelé central. — Le hovas. du matin, 10 septembre, toutes les forces à Tamatave, environ hommes et 1,200 disponibles une batterie, formant une seule colonne commandée sont dirigées vers Sahamafy, où il Miot, par l'amiral est plus facile, au dire des espions, d'aborder la position ennemie. En même temps, de la compagnie de débarquement la Naïade fait une diversion en sur la gauche ennemie simulant une attaque et les bâpar Ampassimandour, timents de la rade (Nielly, ainsi que Bisson, Naïade), le fort, canonnent les hauteurs de Farafate. Le chemin suivi par la colonne la plupart traverse du temps un terrain de nombreux mariboisé, coupé du environ il débouche gots contenant 0"',80 d'eau; bois à 600 mètres devant longé Sahamafy après avoir deux kilomètres à une les positions ennemies pendant distance de 700 mètres seulement. A 9 heures, la pointe d'avant-garde la lisière atteint de la forêt, l'action en voici immédiatement; s'engage la relation officielle : Affaire de Farafate. à 5 heures Effectifs —

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL

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« Le capitaine de frégate Laguerre, qui commandait fut accueilli l'avant-garde, par un feu très vif de un mousqueterie, parti d'ouvrages qui couronnaient vaste marais et établis pour défendre le gué de Sahaenviron. C'étaient mafy. Nous en étions à 600 mètres de longs retranchements être en terre, qui semblaient mais casemates, dont les larges meurtrières horizontales étaient de défenseurs. Leurs feux étaient garnies et justes. Les projectiles rapides indiquaient qu'ils étaient armés avec des carabines Remington.

Combat(1G Sahamafy. « L'avant-garde de la lisière étant établie en arrière du bois la berge est sucorientale, qui couronnait cessivement renforcée une par une première, puis deuxième du bataillon compagnie Toureng. « Puis je fis mettre successivement en batterie deux de 80 de montagne sections pour entamer l'ouvrage central d'où partait une vive fusillade. Les principal du terrain ne permettaient dispositions pas d'établir les canons à moins de 600 mètres. « Le combat dura jusqu'à heure à laquelle llh30,

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MADAGASCAR.

ne pouvait que le passage je fis cesser le feu, jugeant être tenté de ce côté et dans ce moment. « J'ai constaté que : la ligne ennemie ce 1° Dans son ensemble, présente un kilomètre un développement d'environ sur ce point entière de Sahaet je suis persuadé que sur la ligne on trouvera des défenses semblables ; mafy à Farafate, leurs ce 2° Que les Hovas ont très bien tenu derrière retranchements, que leur tir a été bien dirigé et qu'ils sont armés de fusils modernes ; Remington et assez « 3° Que leurs ouvrages sont bien construits à 380 coups de canon tirés ont résisté épais, puisqu'ils à 600 mètres ; ce 4° Que les forces réunies sur ce point se montaient à environ 7,000 hommes ; à « 5° Qu'ils ont plusieurs canons porter pouvant au moins ; 3,500 mètres de la compagnie «. 6° Du côté d'Ampassimandour, d'une redoute sur la Naïade a constaté l'existence les l'extrême de Farafate et des abris pour gauche à longue tirailleurs. Dans la première, un canon portée a dû se taire sous le feu de la Naïade et, dans les les on a évalué à 700 ou 800 hommes retranchements, » tireurs et les renforts. Nos pertes s'élevèrent à : environ 2 tués et 31 blessés, 3 p. 100 de l'effectif. A elle seule, l'artillerie : comptait 2 officiers blessés ; 1 sous-officier tué; 6 hommes blessés ; 4 animaux tués et 8 blessés, c'est-à-dire 10 p. 100 de son effectif.

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL

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— L'affaire Combat d'Andampy (27 août 4885). de Farafate clôture la liste des opérations de guerre de la campagne de Madagascar; temps après, quelque de nouvelles Miot négociations, dirigées par l'amiral et M. Patrimonio comme on sait, au traité aboutirent, de paix du 17 décembre le 1885, qui nous accordait de l'île, la cession définitive de la baie de protectorat ainsi que 10 millions d'indemnité. Diégo-Suarez, Nous ne voulons pourtant pas terminer par le de cette opération et, comme la plutôt malheureuse velle du combat livré le 27 août, d'Andampy, en France le compte rendu de parvenue qu'après faire de Farafate, c'est par le combat d'Andampy nous achèverons notre travail. C'est encore au récit noun'est l'afque

commandant capitaine Pennequin, le poste d'Amboudimadirou, redeque nous sommes de nos armes vables de cette dernière illustration à Madagascar. du matin, Le 26 août à 10 heures des indigènes à Amboudimadirou : les Hovas rorisés accourent en train de piller et d'incendier Zongoa, village environ. gné de 24 kilomètres, aussitôt Le capitaine Pennequin organise de la compagnie colonne forte de 70 hommes et 50 hommes de marine; dès d'infanterie met en marche. A 4 heure tersont éloi-

une petite sakalave midi, il se

«.le village est et demie, il atteint Zongoa, cadavres carbonisés désert, incendié, quelques gisent ». sur les ruines fumantes Il faut avant tout quelle est sa force. savoir ce qu'est devenu l'ennemi,

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MADAGASCAR.

» et des pa« prend une forte position La colonne dans toutes les directions. sont envoyées trouilles éelaircissent la situarecueillis Les renseignements sont des troupes tion : les ennemis ; ils d'Ankaramy ils ont de l'arsont fort nombreux, plus d'un millier;

de Samils ont pris la direction de la vallée tillerie; birano. on se disSur ces entrefaites, la nuit étant venue, est i la position sur une hauteur; pose à bivouaquer à surveiller, le terrain bien découvert, facile bonne, il fait clair de lune ».

COMMANDEMENT Ainsi l'ennemi va-t-elle

DU CONTRE-AMIRAL

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est nombreux, bien armé; la colonne à sa suite, s'aventurer l'émalgré française crasante de ses forces ? disproportion Le capitaine n'hésite pas : à fond, «... Si je ne pouvais à m'engager songer un ennemi très supérieur en nomcontre que je savais tout au moins, en tombant sur leurs derbre, je pouvais forcer à s'arrêter, à me faire face et les Hovas rières, une bonne en prenant leur infliger des pertes position, à la retraite. » assez sérieuses pour les forcer on se remet en marche sur le Le lendemain matin, Sambirano et Betfitina. par Andampy Vers 8 heures, la colonne est engagée sur un chemin longeant des crêtes boisées, lorsque l'avant-garde l'ennemi. Les Hovas sont établis sur une crête signale à pentes parallèle, escarpées. On leur envoie feux de salve les quelques pour « Deux tâter: d'artillerie et une fusillade très pièces vive nous ils ont des lignes de feux étarépondent; d'environ un kilomètre; l'argées sur une longueur tillerie est à leur à hauteur du village d'Androite, dont nous les ruines fumantes. dampy, apercevons tir est bien notre est balayée Leur ajusté... position nous affaire armé avons à un ennemi par les balles... de Snider. » Ordre est donné de se coucher, néanmoins le sergent Hein est tué, le lieutenant hommes Valette et huit sont blessés. Il est inutile de tenter une attaque, la position est l'ennemi trop forte, trop nombreux. Le capitaine a alors une idée heureuse : Pennequin Au lieu d'attaquer, il va manoeuvrer attapour se faire

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MADAGASCAR.

sur il se replie quer. Après avoir fait filer les blessés, « Il et à droite. un peu plus en arrière une position nous nous voyant évident me semblait que les Hovas et viendraient leur position abandonneraient retirer ne pourrait en désordre assaillir nous ; l'artillerie suivre. en pente, bien cousur un terrain « Je pris position à peu des arbres, au milieu vert des vues des collines, mais de façon à avoir des vues de la lisière, de distance et sur les bas-fonds. ennemie sur la position crurent à une fuite, je les vis aussitôt « Les Hovas descendre les pentes courir en désordre, tous s'élancer, dans les bas-fonds, et se masser pour nous assaillir. et les hommes le carré, « Je fis former agenouiller tirer que au canon. On ne devait mettre la baïonnette » sur mon ordre. dans le ratemps d'arrêt Cependant, après quelque se précipite ; « une bande vient se heurter vin, l'ennemi à cheval sur la sur la face du carré sans s'en douter à bout portant la fait dégringoune décharge pente, à gauche, tantôt assauts se répètent ler » ; de nouveaux avec calme, à droite ; on les attend tantôt puis des feux distance brisent leur élan et les disde salves à courte persent. une débandade attaque, générale Après une dernière se produit. et se lance à la poursuite. se relève Alors la colonne en « Sur toutes les collines, c'est une fuite générale, instants on ne voit plus rien ; les Hovas quelques abandonnent » leurs morts sur le terrain. Pendant cette deuxième du combat, le capiphase taine Pennequin et trois hommes sont blessés.

COMMANDEMENT DU CONTRE-AMIRAL

MIOT.

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une brales troupes ont montré Dans cette affaire, le capitaine voure admirable ; à la fin de son rapport, ont bien justifié : les Sakalaves leur rend un hommage : « ils ont à côté des Français fait très bonne figure, de discipline..., rivalisé de d'entrain, bravoure, ils ont porté les blessés français, ont après le combat, de leurs les hommes en se chargeant soulagé fatigués armes ».

de MadagasNotre étude de la première campagne car est terminée. de ces grandes Nous n'y avons pas rencontré opéraoù l'importance des difficultés surmontions militaires nombre de combattants en présence le grand tées, les esprits, donnant ainsi au succès une refrappent nommée impérissable. reconnaisCe ne sont que de petites opérations, de postes, créations d'établissements sances, attaques militaires. utile de les présenter aux Il nous a paru pourtant méditations de ceux qui, plus heureux que nos aînés de 1883, auront un jour l'honneur de quitter la côteTananarive. pour porter notre drapeau jusqu'à lecture donnera un aperçu de la manière Leur de éveillera combattre des Hovas, l'attention sur l'impordans une expéditance particulière que doit prendre le service de sûreté. tion à Madagascar à terre pourra de nos installations L'exposé inspirer mesures à ceux qui se trouveront aussi d'utiles dans le: cas de créer des postes nouveaux. Enfin les quelques reconnaissances dont nous avons donné contiennent des renseignements le détail préMADAQASCAR. 9

130 cieux

MADAGASCAR.

des petites de la opérations pour la conduite aux colonies. guerre à ces différents de vue, l'oeuvre de points Envisagée à nous de savoir en nos aînés est loin d'être stérile, tirer profit.

VOCABULAIRE

FRANCO-MALGACHE

D'après les indications de M. SUBERBIE

VOCABULAIRE

Yo se prononce comme ou. N. B. — En malgache, s est toujours sifflante comme La lettre dans chasse. La lettre dure comme dans langue. g est toujours Le y se prononce comme dz. Dr et tr se prononcent en appuyant la langue contre la base des incisives supérieures. du mot est très faiblement La dernière prosyllabe noncée : elle est presque muette. 1° Pronoms, Oui. Non. Il y a. Il n'y a pas. Combien (nombre). Combien (valeur). Pourquoi (interrogatif). Comment. Beaucoup. Peu. Un peu. Rien. Qui. Où (adverbe). Ou (conjonction). ) ) articles, adverbes Eny. Tsia. Misy. Tsy Misy. Firy. Hoatrinona. lnona no Antony Ahoana. Betsaka. J Tsinontsinona. Izay. Aiza. Sa, na. usuels.

134 Ça (pour cela). Qui ça. Ne pas. Pas. Moi. Toi. Vous. Vous (pluriel). Lui. Ils, eux. Mon, mien. Ton. Son.

MADAGASCAR. Izany. Iza. Asa. Tsy. Izaho. Ialahy. Hianao. Hianareo. Izy. Izy, ireo. Ko, ahy. ylnao. Ny (mis devant et derrière le mot : son père, ny Rainy). Nay. Anareo. Ny. Ny Ny Ny Izi Izi Ireo ) > article. ) j \ pronom )

Notre (adjectif possessif). — — Votre — — Leur Le ) > article. La Les ] Le ] La | pronom personnel. Les ) Ici. Là-bas. Loin. Près. Vite. Doucement. Nous (sans comprendre ceux à qui l'on parle). Nous (en comprenant ceux à qui l'on parle).

personnel.

Aty. Ary, Iry. Lavilra. Akaiky. Ilaingana. Moramora. Izahay. Isika.

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE.

135

2° Quelques Acheter. Aller. Apporter. Attaquer. Atteler. Avoir. Chercher. Coucher. Coudre. Couper. Dire. Défendre action Défendre

verbes

usuels.

Mividy. Mandeha, Mitondra.

Mankany.

Mamely. Manakambana Manana. Mitady. Mampandry. Manjaitra. Manapaka. Milaza. Miaro. Mandrara. Manome.

Soavaly.

(sens de résister, de combat). (sens d'interdic-

tion) . Donner. Dormir. Être. Faire. Entendre. Devoir (sens de obligation, de il faut). Cuire (faire la cuisine). Marcher. Pouvoir. Piocher. Laver. Payer. Tirer (faire Venir. Voir. feu).

Matory. N'existe pas en malgache. ilanao. Mandre, Mahare. Tsy Maintsy. Mahandro. Mandeha. Mahazo. Miasa Tany. Marias a. Mandoa Vola. Rere, Poa Basy. Avy, Tamy. Mahita, Mijery.

136 Vouloir. Tuer. Vendre.

MADAGASCAR. Mikaza, Sitraka. Mamono. Mivarotra. 3° Division du temps. Taona Iray. Volana Iray. Herinandro Iray. Andro Iray. Or a Iray. Fahefany Iray. Minitra Iray. Maraina. Misasaka Andro. Ny Hariva. Ny Alina. Anio. Omaly. Afakomahj. Rampitso. Raha fakampitso. Ny farany. 4° Les saisons, mois et jours.

Une année. Un mois. Une" semaine. Un jour. Une heure. Un quart d'heure. Une minute. Le matin. Midi. Le soir. La nuit. Aujourd'hui. Hier. Avant-hier. Demain. Après-demain. La fin.

Le printemps. L'été. L'automne. L'hiver. Janvier. Février. Mars. Avril. Mai.

Ny Lohataona. Ny Fahavaratra. Ny Fararano. Ny Ririnina. Janoary. Febroary. Marsa. Aprily. May.

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE. Juin. Juillet. Août. Septembre. Octobre. . Novembre. Décembre. Dimanche. Lundi. Mardi. Mercredi. Jeudi. Vendredi. Samedi. Un jour de fête. 5° Nombres Zéro. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Onze. Douze. Treize. Quatorze. Quinze. collectifs, Jona. July. Âgosto. Septembra. Oktobra. Novembre/,. Desembra. Alahady. Alatsinaina. Talata. Alarobia. Alakamisy. Zoma. Sabotsy. Andro lehibe. fractionnaires, multiples.

137

Zezao. Iray. Roa. Telo. Efatra. Dimy. Enina. Fifo. Valo. Sivy. Folo. Iraika amby ny folo. Roa amby ny folo. Telo amby ny folo. Efatra amby ny folo. Dimy amby ny folo.

138 Seize. Dix-sept. Dix-huit. Dix-neuf. Vingt. Vingt et un. Vingt-deux. Trente. Quarante. Cinquante. Soixante. Soixante-dix. Quatre-vingts. Quatre-vingt-dix. Cent. Cinq cents. Mille. Un million. Le premier. Le deuxième. Le troisième. Le quatrième. Le cinquième. Le sixième. Le septième. Le huitième. Le neuvième. Le dixième. Le onzième. Le douzième. Le treizième. Le quatorzième. Le quinzième. Le dernier. La moitié.

MADAGASCAR. Enina amby ny folo. Fito amby ny folo. Valo amby ny folo. Sivy amby ny folo. Roapolo. Iraika amby ny Roapolo. Roa amby ny Roapolo. Telopolo. Efapolo. Dimampolo. Enimpolo. Fitopolo. Valopolo. Sivifolo. Zato. Dimanjato. Arriva. Iray Tapilrisa. Ny Voalohany. Ny Faharoa. Ny Fahatelo. Ny Fahefatra. Ny Fahadimy. Ny Fehenina. Ny Fahafito. Ny Fahavalo. Ny Fahasivy. Ny Fahafolo. Ny Faharaika amby ny folo Ny Faharoa amby ny folo. Ny Fahatelo amby ny folo. Ny Fahefatra amby ny folo Ny Fahadimy amby ny folo Ny Farany. Ny Antsasaka.

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE. Le tiers. Le quart. Le double. Une fois. Deux fois. 6» Dimensions, Un carré. Un rond. Rond. Hauteur. largeur. Profondeur. Petit. Grand. Droite ] > d'une Centre Gauche ) Ny Fahatelo. Ny Fahefany. Indroa heny. Indray. Indroa. formes.

139

position.

Karè, Efajoro Mitovy lafy Vorivory Iray. Vorivory. Hahavo. Habe, Sakana. Halalina. Kely, Madinika. Lehibe. Ankavanana. Ampovoana. Havia.

7° Couleurs. Blanc. Bleu. Brun. Gris. Jaune. Noir. Rouge. Vert. 8° Monde Le ciel. Une étoile. céleste, Fotsy. Monga. Manja. Mavo. Vony. Mainty. Mena. Maitso. orientation. Lanitra. Iray Kintana.

140 La lune. Le clair de lune. Le soleil. Le lever du soleil. Le coucher du soleil. Le nord. Le sud. L'est. L'ouest.

MADAGASCAR. Volana. Diavolana. Masoandro. 3Iiposaka ny Masoandro. Maty ny Masoandro. Avaratra. Atsim. Atsinana. Andrefana. 9° La terre.

Argile. Terre. Sable. Pierre. Cailloux. Rocher. Une colline. Une montagne. Une vallée. Un plateau. Un précipice. Une plaine. Une rive. Un désert. Une île. Une contrée. Boue.

Tanimanya. Tany. Fasika. Vato. Vatokiloujy. VatolampyTanety. Tendrombohitra. Lahasaha. Tany marintampona. Tevana. Tany Lemaka. Moron drana. Tany foana. Nosy. Tany, Fary tany. Fotaka. 10° L'eau.

La mer. Une rivière Ruisseau.

ou fleuve.

Ranomasina. Renirana. Jakeli-Irano.

VOCABULAIRE Lac. Marais. Prairie marécageuse. Une inondation. Une source. Un puits. Une cascade. Un rapide ) . „ ., , îovt faibleTT courant A Un ) Un canal. Un abreuvoir. De l'eau potable. Une digue. à pic. !raide. àpente „ , Fond ( vaseux. ! solide.

FRANCO-MALGACHE. Farihy. Hotsaka heniheny. Tanim bilona hotsaka. Fahatondrahandrano. Laharano. lalina. Fantsakana, Riano. Miezaka. n i , Rano mandehfi moramora. Lakandrano tatatra. drano Dobo-Fampisotroan Mb y. Rano azo sotroina. Fefiloha. Morondrano — — mora. Halalina —

141

ny

douce.

Visolobolo. Mideza. — mora-

Quelle profondeur. Un gué. 11° Végétation, Arbre. Latanier. Bananier. Rafla. Caoutchouc. Bambous. Palétuvier. Herbes sèches. Cactus.

fotaka. il/a/ty. Hoatrinona ny Halalina. Fitana azo robohina. du sol.

aspect Hazo.

Befelatanana. Vatan Akondro. Rofia. Fingotra. Volotsangana. Honko. Bozaka. Tsilo.

142 Broussaille. ( grande. Herbe , courte. ( Taillis. Forêt. Petit bois. Prairie. Rivière. I sec. _ 1 dénudé. . lerram \ couvert. j [ pierreux. Cultures : Manioc. Patates. Canne à sucre. Riz, rizière. Haricots. Café. Blé. Vanille.

MADAGASCAR. Hazohazo kely. Ahitra. .... Vilona. Kirchitr'ala. Ala be. Ala kely. Tanim bilona. Renirano Lalanrano Tany mania. — manala nofo. ,,,77 — Alokaloka. — be Karvabato. Mangahazo. Voamanga. Fary. Vary, Tanimbary. Tsaramaso. Kafé. Varim bazaha. Vanila. de l'atmosphère. Ranonorana. —

12° État La pluie. Une averse. Le brouillard. Le vent. Un orage. Chaud. Froid. Humidité. Beau temps. Mauvais temps.

mivatravalra.

Zavona. Rivotra. Ranonoram baratra. Ma fana. Manyalsiaka. Hamando. Tsar a ny Andro. Ralsy ny Andro.

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE. 13° Substances Alun. Argent. Cuivre. Or. Plomb. Granit. chaux. Calcaire, Terre glaise. Brique. Tuile. 14° L'homme, Un enfant. Un garçon. Une fille. Un homme. Une femme. Jeune. Vieux. Un vieillard. La famille. Le grand-père. La grand'mère. Le père. La mère. Le fils. La fille. La soeur. Le frère. Oncle. minérales. Alun. Vola. Varaina. Volamena. Fira mainly. Vatomainty, Vatolampy Vatosokay-Sokay. Tanimauga. Biriky. Tanimanga Kapila. la famille.

143

Zazakely. Zazalahy. Zazavavy. Lehilahy. Vehivavy. Tanora. Antitra. Olona Autilra. Fianakaviana. Raibe. Renibe. Ray. Reny. Zanakalahy. Zanakavavy. Rahavavy Mirahavavy. Miralahahy. ou RahalaAnadahin-dreny hin-dray.

144 Tante. Tante — (soeur de père). — mère).

MADAGASCAR. ou RahabaAnabavin-dray vin-dreny. Anabavin dray. Rahanabavin dreny. Zanak'olo miralahy. — — Vady lahy. Vady vavy. 15° Parties du corps humain.

Cousin. Cousine. Mari. Épouse.

La tête. Les cheveux. L'oeil. Le nez. Les oreilles. La bouche. La barbe. La moustache. Le cou. Les bras. La main. La poitrine. Le ventre. Les jambes. Les cuisses. Les pieds. Le coeur. Le sang. 16° Qualités, Ami. Ennemi. Amitié. défauts,

loha. Volo. Maso. Orana. Sofina. Vava. Volombava. — Vozona (lenda). Sandry. Tanana. Traira. Kibo. Ranyo. Fe. Tongotra. Fo. Ra. état d'esprit.

Sakaiza. Fahavalo. Fihavanana.

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE. Bonté. Bon. Courage. Intelligent. Honnête. Content. Savant. Colère. Méchant. Impoli. Inintelligent. Ignorant. Peureux. Voleur. 17° Propriété Fort. Faible. Gros. Maigre. 18° Accidents, Être malade. Douleur. Maladie. Blessure grave. — légère. Maladie. Ivresse. Fièvre. Diarrhée. MADAGASCAR. Hatsarana.

145

Malemy fanahy ou Ny Tsara ou Tsara tout court. Herim po. Manan tsaina. Tsara fanahy. Faly ou Afa po. Mahay. Hatezerana, ou Ratsy Fanahy Sompatra ou Masiaka. Tsy mahalala fomba. Tsy mahay. Tsy mahalala. Sarotahotra. Mpangalatia. du corps humain.

Mataiyaka. Kely aina ou Osa. Be vatana ou Vaventy. Mahia. maladies. Marary. Fangiriplriana. Aretina. Ratra mafy. Ratra kely. Aretina. Hamamoana. Tazo. Fivalandava. 10

[46 Ivre. Dysenterie. Vomissement. Empoisonnement. Insolation. "Rhumatisme. Petite vérole. Lèpre. Syphilis. Mort. Cadavre. Convalescent. Guéri. Charpie. Bandage. Médecin. Médecine. Infirmier. 19° Habillement, Bottes. Chaussures. Caleçon. Casque. Chapeau. Chaussettes. Chemise. Culottes. •Guêtres. Dolman. Linge. Manteau-caoutchouc.

MADAGASCAR. Mamo. Mivalan dava. Fandoavana. Fanomezana poizina. tlafaninana avy amy ny lazon andro. Rohana, Hotsohotso. Nendra. Habokana. Tely ou Kobay ou Farisisa. ou Maty. Fahafatesana Faty. Fanaretana. Sitrana. Vahan Lamba. Bandy ou Famehezam pery. Dpkotera. Fanafody. Mpitsabo. équipement, armement.

Baoty. Kiraro. Kalisaona. Satroka. Satroka. Ba fohy. Lobaka. Pataloha. Gety. Akanjo, Manambonniahitra. Lamba. Kapoaty fingotra.

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE. Veston. Selle. Éperon. Sac. Couverture. Ceinturon. Fusil. Revolver. Sabre. Cartouches. Lorgnette. Parasol. Parapluie. Canne. Serpe. Sabre d'abatis. Etoffes. Coton. Drap. Flanelle. Indienne. Toile. Objets Aiguille. Épingle. Fil. Bouton. Brosse. Savon. Peigne. Rasoir. Landihazo. Lopotra. Filanelina. Zindiena. Lamba, Rougony. de toilette. Faujaitra. Pingotro. Taretra. Bokony. Borosy. Savony. Fihoyo. Hareza. Akanjo bory vody. Lasely. Zeprony. Lasaka ou Kitapo. Botofotsy. Fehikibo. Basy. Basy poleta maro vava. Sabatra. Katirijy. Masolavitra. Elo. Elo sarotro. Tehina. Antsy Solanga. Antsy lava.

147

148 Miroir. Serviette. Ciseaux. 20° Préparation Faim. Soif. Dîner. Déjeuner. Bois de chauffage. Charbon. Feu. Allumette. Fumée. Bière. Vin. Thé. Lait. Pain. Farine. Riz. Pommes de terre. Patates. Manioc.

MADAGASCAR. Fitaralra. Famaohan viety. Hety. du repas, tànano ou Ser-

Soupe. Viande. OEufs. Poulet. Oie. Canard. Poissons. Écrevisses. la cuisine, remHerbespour plaçant bois de chauffage,

boissons. manger, Hanoanana. Hetaheta. Misakafo. Misakafo Marania. Kitay Hazo. Arina. Afo. Afokasika ou Afokasoka. Setroka. Labiera. Divin. Dithé. Ronono. Mofo ou Dipaina. La farina. Vary. Ovimbazaha. Vomanga. Mangahazo. Lasopy. Hena Atody. Akoho. Vorombê ou gisa. Vorombazaha. Hazandrano. Orana. Kitay bozaka.

VOCABULAIRE Gibier. Perdrix. Caille. Daim. Boeuf. Veau. Mouton. Cochon. Chèvre. Salade. Légumes. Haricots. Graisse. Beurre. Moutarde. Huile. Vinaigre. Sel. Poivre. Conserve Conserves. D essert. Fruit. Fromages. Bananes. Orange. Biscuit. Sucre. Café. Rhum. Tabac. Orge.

FRANCO-MALGACHE. Biby fihaza. Tsipoy. Papelika ou Kibobo. Dami. Omby. Zanakomby. Ondry. Kisoa. Osivavy. Salady. Voan Savatra. Tsaramaso. Menaka. Dibera. Moustarda, Dilvilo. Vinaingitra. Sir a. Mostarda.

149

de viande.

Dipoavratra. Ilena Voatahiry anaty vata. hanina Zavatra isakarazo anaty vata. hanina Fromayy syvoankazo, farany. Voankazo Fromazy. Âkondro. Laoranjy. Mofomamy. Tsiramamy. Kafé. Toaka. Paraky. Karazam barim bazaha. voa.

150

MADAGASCAR. 21° Ustensiles, objets de ménage.

Assiette. Bouteille. Verre. Cuiller. Fourchette. Couteau. Bougie. Bougeoir. Lampe. Pétrole. Lanterne. Casserole. Marmite. Poêle. Cafetière. Pot. Foyer. Banc. Table. Chaise. Malle. Couvercle. Serviette. Un panier. Une pelle. Pioche. Seau. Arrosoir. Scie. Marteau. Tenaille.

Lovia et Vilia. Tavoahangy. Gobelet et Verry. Sotro. Forsety. Antsy. Labozy. Fanaovan-jiro. solika. Fanaovan-jiro Solitany. Fanala. Kaseroly. Vilany. Lapoaly. Kafitera. Tavoara. Fatana. Dabolio. Latabatra. Seza. Mally ou Vata. Rakolra ou Sarona. Lamba fitondra Mihinana Famaohan tanana. Sobika ou Ilarona. Lapely. Angady, Lapiocha. Fitondran rano. Siny, Larozoir. Tsofo, Tsofa. Maroto ou Tantànana. Tandra mokalra.

ou

VOCABULAIRE Serpe. Clous. Brouette. 22° Habitations, I paille. 1 torchis. < , . j bois. [ brique. Une boutique. Une cheminée. Un étage. Un toit. Un plancher. Une porte. Un pont. Une fenêtre. Un volet. Un escalier. Lieux d'aisances. Grenier. Mur. Cuisine. Jardin. Chien de garde. Chat. Rats. Une rue. Église. Douane. Palais. Pont.

FRANCO-MALGACHE. Antsy solanga Panlsika. Boroety. mobilier, campement. | bozaka. \ fotaka. { hazo. ) , ( biriko. loha.

151

Une maison

„, lrano Trano

fivarotana. Lafaoro ou Fivoantsetroko. Rihana. Tafon trano. Nyorodonkazo. Varavarambe. Tetezana. Varavaran kely. Varavaram kely hazo. Tohatria. Tranokely. Rihana ambony indrindra. Rindrina ou Ampiantany Lakosina. Zarday. ^/fta mpiambina. Sa/ea ou Pwo. IWauo. Araben dàlana. -E^fei/Ladoany. Lapa ou /ioya. Tetezana.

ou

152 Puits. Marché. Place publique. École. Village. Village fortifié. Pont-levis. Hôpital. Lit. Drap. Couverture. Matelas. Moustiquaires. Moustique. Table. Chaise. Armoire. Fourneau. Tente. Paillote. Corde. Piquet. Ficelle. Bambous. Natte. Campement. Tente. Cantonnement. 23° Voyage, Voyage. Voyageur. route,

MADAGASCAR. lalina. Fantsakana, Tsena. Kianja. Sekoly. Tanana kely ou Vohitra. Vohitra fanamafisana. Tetezana hazo. Ilospitaly. Far a far a ou Fandriana. Lopotra. Bodofotsy. Kidoro. Lamba Makarakaraatao moka any Fandriana. Moka. Lalabatra. Seza. Larimoira. Lafory ou Fatana. Tranolay. Tranobozaka. Tady. Tsato hazo. Kofehy madinika. Volotsangana ou Volo. Tsihy. Toby ou Fitobiana. Tranolay. Itocran ny Miramila. moyens de locomotion et par eau. par terre

aro

Fandehanana ou Dia. Mpivahiny ou Vahiny.

VOCABULAIRE Postes. Télégraphe. Fil télégraphique. Pont. Conducteur. Porteur. Charge d'homme. Courrier. Cheval. Chien. Mulet de bât. Mulet de trait. Voiture. Un guide. Un fouet. Un harnais. Bac. Bateau à vapeur. Bateau à voile. Canonnière. Chaland. Pirogue. D ébarcadère. Route. Sentier. Canne. Bâton. Convoi. — de vivres.

FRANCO-MALGACHE.

153

Posta. Telegrafy. Kofehy amy ny telegrafy. Tetezana. Mpitaridalana. Mpitondra Entana. Entana Zakan olona iray. Mpitondra Taratasy. Soavaly. Alika. Moulet Mpitondra entana. Moulet mpitarika. Sarety ou Kalesy. Mpitari-dàlana. Karavasy. Fomban tsoavaly hitarihan Kalesy. Salàna. Sambo Sitimo. Sambo lay. laSambo sitimo mitondro fondro. Salano. Lakana. Fitodraci dakana. Làlano ou Lalambé. Sakelo dàlana. Tchina. Tchina. Olona maro manarako tondro fwelomana.

| !

mpi-

154

MADAGASCAR. 24° Professions diverses. Andevo. Andriana. Mpanompo. Mpahandry. Mpitarika. Mpivarotro. Mpanasa lamba. Mpilanja ou Mpitondro entana . Mpandika teny. Mpanety volo. Mpanao rafitra Madinika ou Mpandrafttra. Mpamfy Vy. Tambato. Mpanao-Milina. Mpanjaitra. Mpivarotra, épicerie. Mpivaro-by. Lehibe, Komandy, Mpifehy. Dokotora. Mpitondra fiangonana. Pretra, Mompera. Katolika. Protestanta. Governora. Lefitra Governora. Mpanjaka vavyou Mpanjaka. Primer Minister. Iray Voninahetra, Roa Voninahetra, etc. Lehilahy Mivavaka. — Vehivavy

Un esclave. Un noble. Un domestique. Un cuisinier. Un conducteur. Un marchand. Une blanchisseuse. Un porteur. Un interprète. Un coiffeur. Un menuisier. Un forgeron. Un maçon. Un mécanicien. Un tailleur. Un épicier. Un quincaillier. Un chef. Un médecin. Un pasteur. Un prêtre. Un catholique. Un protestant. Un gouverneur. Un sous-gouverneur. La reine. Le premier ministre. Un premier, deuxième, honneur. Un religieux. Une religieuse.

etc.,

VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE. 23° Nationalités. Un Européen. Un Français. Un Allemand. Un Anglais. France. Allemagne. Angleterre. Madagascar. Sakalave. Hova. Un Indien. Un Arabe. Un nègre. 26° Armée, Une armée. Une compagnie. Un bataillon. Un escadron. Une baUerie. Un régiment. É claire ur. Avant-garde. Avant-poste. Arrière-garde. Convoi. Un soldat. Une sentinelle. armement, Europeana. Frantsay. Germana. Englisy. Frantsa. Ger mania. Englanda. Madagaskara. Sakalava. Ilova (homme libre). Indiana. Arabo. Olona mainty hoditra. fortifications.

155

Tafika ou Mpiantafika. Kompany. Efatia Kompany, Bataillo ou Batayo. Antoko miaramila mpitaingin tsoavaly ou Escadro. Batery. Antoko miaramila fehezinny kolonely. Tily ou Mpisafo. Loha làlana amy ny tafika. Mandry tsy aman' afo. Vody Ady. Olona maro manaraka. Miaramila. Mpiambina ou tily.

156 Un fantassin. Un artilleur. Un cavalier. Un conducteur Un marin. Un porteur. Un Un Un Un Un infirmier. musicien. clairon. tambour. sous-officier.

MADAGASCAR. Miaramilamandehatongolra. Mpandefa tafondro ou miaramila amy ny tafondro. Miaramila mpitaingin tsoavaly. Miaramila mpitondra kalesy. Miaramila amy ny Sambo. Mpitondra entana ou Mpilanja. Mpitsabo. Mpitsoka mozika. Mpitsoka Bingona. Mpively langorony. Manamboninalutro ambony, sous-lieutenant. Lieutenant. Kapiteny. Komandy. Kolonely. leneraly. Amiral. Komandni ny tafika, jénéral in chief. Mananboninahitramaromaro Antoko - miaramiadidy, mila iray lehibe. Deka. iray toniany Mpitandrina ilain miaramila. Dokotera. Tafondro. Tafondro mifahan betsàka. Basy fahanbody.

du train.

Un lieutenant. Un capitaine. Un chef de bataillon. Un colonel. Un général. Un amiral. Général en chef. État-major.

Aide de camp. Un intendant. Un médecin. Un canon. Une mitrailleuse. Un fusil se chargeant culasse.

par la

VOCABULAIRE Un fusil se chargeant bouche. Un sabre. Une lance. Une hache. Des munitions. Une cartouche. Une balle. Un obus. Poudre. Un drapeau. Une recrue. Un uniforme. Forteresse. Palissade. Petits piquets. Parapets. Fossés. Tranchées. Bataille. Victoire. Retraite. Fortifications. Réduit fortifié. Embrasure. Haie de cactus. 27° Commerce, Un marchand. Un commis.

FRANCO-MALGACHE. Basy kapsuly. Sabatra. Lefona. Famaky. Fitoavana Katirijy. Baolina. Romba. Vanja. Saina. Zazavao. Mitovilovy Manda ou Rova hazo. Tsato hazo Tamboha Manda. Ilady. Fototra tantana. bâter y. madinika. vato ambony

15'

par la

Fiadiana.

ny

ou Tatatra.

Ady. Fandresena ou Mandresy ny Fahavalo. Fiverenana. Manda ou Rova. Manda Fitoeranan kely manynignia. Banga aiiifirana fondro. Fefytsilo. marchandises. Mpivarotra. Mpanampy amy ny ta-

ny Mpivarotra.

158 Une quittance. Une balance. Un ballot. Une dette. Crédit. Une lettre. Signature. Solde. Marchandise. Caoutchouc. Gomme. Cire. Vanille. Sel. Sucre. Nattes. Cuir. Rabanes. Bétail.

MADAGASCAR. Taratasy milaza fahafahan trosa. Mizana. Bandiana. Trosa. Toky ou Fahatokiana ou Fitrosana. Taratasy. Sonia. Karam ny Miaramila. Entam barotra. Fingotra. Gaoma. Savoka. Vanila. Sir a. Siramamy. Tsihy. Iloditry. Sadiadiaka. Riby manompa iray dia, ou bien si c'est des boeufs, Reniomby iray dia. Tandrokomby. Iloditry. Lamba rongony. Lamba. Amboradara. 28° Peinture, écriture. Taratasy. Boky fanoratana. Fitomboka. Pensily Hazo.

Cornes de boeuf. Peaux. Toile. Lambas. Broderies.

Du Un Un Un

papier. cahier. cachet. crayon.

VOCABULAIRE Un dessin. Encre. Un plan. à lettre. Papier Enveloppe.

FRANCO-MALGACHE. Sary soratra. Banomainty. Sary plana. Taratasy jotsy. Fono Valopy.

159

29° Chasse Chasseur. •Chien. Un cerf. Un chevreuil. Perdrix. Caille. Poissons. Caïman. Requin. Des filets. Hameçons. 30° Reconnaissance Chemin Chemin carrossable. muletier.

et pêche. Mpihaza, mpitifitra. Alika. Serfa. SevreuU. Tsipoy. ou Kibobo. Papelika Hazandrano. Voay ou Mamba. Antsantsa. Karato ou Lahavy ou pika. Fintana. militaire. Làlambè Làlambè moulet. Karazam Andiany kony. Fitoerana Fitoerana Fitoerana mahazo mahazo Kalecha. handehany

Tsi-

Sauf-conduit. Troupes. Position ennemie. Droite de la position. Gauche de la position. Centre de la position. Bonne position. Mauvaise position.

pàsipaoro. ou Tafika

ou Anto-

Fahavalo. Amy ny Havanana. Amy ny Havia. Ampivoany ny Fitoerana. Tsara ny Fitoerana. Ratsy ny Fitoerana.

160 Crête. Front. Marche. Bruit. Cris. Aboiement. Signal. Poussière. Silence. Odeur. Combien d'heures. Combien de jours. Convoi. Vivres.

MADAGASCAR. Tampony. Ala. Dia ou Fandeha. Fitabatabana. Horakorako. Vovô. Famantarana. Vovoka. Fanginana. Fofona. Firy famantaranandro. Hafiriana. Olona maro manaraka. Fivelomana.

NOTE SUlî LES MONNAIES, POIDS ET MESURES MALGACHES

Il n'y a pas, à Madagascar, de monnaie indigène. La pièce de 5 fr. de l'Union latine, qu'on appelle impiastre, a seule cours. proprement n'a pas cours, sauf La monnaie divisionnaire française à Tamatave, où elle est acceptée par les indigènes. Autant les Malgaches que possible, n'acceptent pas, sans une légère perte de change, les pièces de 5 fr. de au règne de Louis-Philippe. frappe antérieure n'a plus cours à Madagascar. La piastre mexicaine On coupe les pièces de 5 fr. en un certain nombre de alors la monnaie divisionnaire morceaux, qui constituent du pays. on se avec cette monnaie, Pour effectuer les paiements sert de petites balances. La piastre argent coupée pèse 27 grammes ; elle reprédite Talary, sente le poids de l'ancienne piastre espagnole, qui pesait 27 grammes et qui était autrefois la seule piastre ayant cours.

MADAGASCAR.

Il

162 Poids

MADAGASCAR. des monnaies

malgaches.

2 Loso

27*r,0

Kirobo

1/4 1/8 1/24 1/48 1/72 1/96 1/144 Mesures

d'une

piastre

.

6 ,52 3 ,6 1 ,125 0 ,56 0',37 0 ,28 11 ,28

Sikajy Voamena llavoamena Eranambatry Varifitovenly Varidimivenli

de capacité. 132 litres. 88 — 66 — 44 — 22 — 11 —

Yary-iray Roalokombary Tapabary Fahatelombary Fehenimbary Tapapeheniny

(6 mesures de riz) — (4 ) — (3 ) — ) (2 de riz) (1 mesure — (1/2 ),

Le Fehenimbary capacité malgache.

est la base du système de mesures de Pour les liquides, on se sert du litre.

MONNAIES,

POIDS

ET MESURES.

163

Mesures Une brasse Demi-brasse Un empan ou palme (1/8 Pouce (1/12 d'un empan)

de longueur lm,82 0 ,62 0 ,225 0 ,018 à se servir du

d'une

brasse)

....

NOTA. — Les Malgaches commencent mètre (Aletatra Yazaha en malgache). Poids.

Pour les objets pesant plus de 10 piastres, du Livrata ou english, qui est la livre anglaise, français (500 gr.). Les liquides se mesurent au litre.

on se sert du Livrala

TABLE

DES

MATIERES

AvANT-PItOPOS

Pages. V

Irc PARTIE RENSEIGNEMENTS GENERAUX SUR MADAGASCAR 2 .... ... 12 17 26 . 27 32 37 38 38 42 46 47 51

CHAPITRE Ier. — Résumé historique — — — II. III. — Aspect général — Climatologie, de Madagascar pathologie,

hygiène

IV. — Les populations Hovas et peuples soumis aux Hovas Peuples demi-indépendants Peuples indépendants V. — Le gouvernement hovas et l'administration

Gouvernement Administration Justice Finances — VI. — L'armée hova

166

TABLE DES MATIÈRES.

IIe PARTIE LA GUERRE FEANCO-HOVA (1883-1885) CHAPITREICr. — Commandement de l'amiral Pierre ... — — II. — Commandement de l'amiral Galiber . . Pages. 67 85 99 133 161

III. — Commandement du contre-amiral

Miot .

VOCABULAIRERANCO-MALGACHE F NOTE SUR LES MONNAIES, POIDSET MESURES ALGACHES M .

et Nancy.—Imprimerie Berger-Levrault C'«.

e Nancy,iinpr.Berger-Lovrault . C,;i

AVANT-PROPOS I<SUP>re</SUP> PARTIE RENSEIGNEMENTS GENERAUX SUR MADAGASCAR CHAPITRE Ier. - Résumé historique CHAPITRE II. - Aspect général de Madagascar CHAPITRE III. - Climatologie, pathologie, hygiène CHAPITRE IV. - Les populations Hovas et peuples soumis aux Hovas Peuples demi-indépendants Peuples indépendants CHAPITRE V. - Le gouvernement et l'administration hovas Gouvernement Administration Justice Finances CHAPITRE VI. - L'armée hova II<SUP>e</SUP> PARTIE LA GUERRE FRANCO-HOVA (1883-1885) CHAPITRE Ier. - Commandement de l'amiral Pierre CHAPITRE II. - Commandement de l'amiral Galiber CHAPITRE III. - Commandement du contre-amiral Miot VOCABULAIRE FRANCO-MALGACHE NOTE SUR LES MONNAIES, POIDS ET MESURES MALGACHES

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