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Bashu, le petit tranger (1991) de Bahram Beyza

A la frontire irakienne, Bashu fuit son village iranien qui vient d'tre bombard. Dsormais, orphelin il va devoir se dbrouiller par ses propres moyens. Sa fuite va le conduire au nord du pays o Nae, une mre de famille de deux enfants, va le recueillir. Si la gnrosit de la femme est indniable, son entourage est nettement moins accueillant. D'autant que l'obstacle de la langue et celui de la couleur du petit garon vont compliquer la situation... Bashu le petit tranger est la preuve que la crativit d'un ralisateur peut compenser avantageusement le peu de moyens d'une production. Tout dans ce film est une leon de cinma : les plans et les cadrages, le scnario, le choix des acteurs et leur jeu... Sans en avoir l'air, sont abordes des questions comme l'acceptation de l'autre, les prjugs et le racisme, le poids de la communaut dans les petits villages, les traumatismes lis la guerre, mais aussi la gnrosit, la persvrance et la rbellion face l'ordre tabli... Un film riche, dont il est difficile de faire le tour en quelques lignes. Notons, tout de mme, que son charme vient aussi de son tranget. Certains choix de ralisation sont des plus surprenants et donnent de la profondeur au film, comme le fantme de la mre qui apparat parfois aux cts de Bashu ou les cris de Nae, qui communique avec les animaux qui l'entourent. Et quel beau visage que celui de Nae (Sussan Taslimi) qui nous envote avec ses yeux marron vert et son visage franc ! Elle capte littralement la camra. Ce classique de la nouvelle vague iranienne a t dans un premier temps interdit dans son pays, les autorits considrant que le film faisait une critique de la guerre de l'Iran contre l'Irak. Pourtant, peu d'lments dsignent explicitement cette guerre et un public non averti n'aura pas cette lecture du film. Il s'agit avant tout d'une aventure humaine, de la rencontre d'un enfant et d'une femme hors du commun.