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ye a 7 ws / T& FORCE NAVALE AU CONGO BELGE, Shin ihe eo Rabshernla of 25%. eo Ayaan _ ADH, Conme,eu cours de son histoire nilitaire,la Belgique n'avait consseré que peu d'attention & son réle militaire,on aurait pl s'étonner qu'il en eut ate(i) autrement en ce qui concernait la colonie. La aussi,nous Ltavone vu,il avait fallu improviser dans la précipitation avec les moyens au bord lorsque ltorage éelata,en 1914 comme en 1940.Des moyens du bord en forne de reaorqueurs de rivilre,pontons & moteura,varges de toute depdce,chaloupes arafes de fusile-mitrailleurs et autres "hace A /| ) moules".La chance voulut gu'au cours de la premiére guerre mondiale,les “, homaes qui montaient ces navires(1!) sfrent bien s'en servir et gu'iis 1! eurent pas & s'en servir au cours de la deuxidme.La legon allait-elle étre retenue? Cette fois,elle le fut. Lorsqu'on avait commencé & réfléchir au probléme en 1939,0n avait estimé que le danger auquel ii allait falloir faire face au Congo était,soit une ‘ invasion massive du bas-Congo,scit des raids dans le fleuve venant de 1a mer.(3 Bn fait 1a sevle et unique menace était celle des sous-marins.Les Britannique avaient compris,qui avaient équipé en conséquence la base de Freetown (Sierra Leone). La guerre terminge et 1'Europe ayant & veine eut le temps do penser cee Plaies,trois fecteurs inquiétants apparurent qui alleient se conjuguer:les Puissances coloniales se démantelaient,les Btate-Unis intervenaient activement dans cette évolution et 1'U.R.§.S cherchait 4 jouer un réle prépondérant dane Je monde.Les Russes avaient élaboré une politique et une stratégie A cet effet longtemps avant @'avoir eu les moyens d& les mettre en oeuvre ;maia ce nt était'qu'une question de temps.Coté mer,le danger viendrait une fois encore if dee sous~narins visant A couper les lignes de communication du monde libre (Y etyen particulier,les passages reliant les océans entre cuxdes routes av / approche du Cap longeant 1a céte ouest Africaine en feiasient partie. Des conférences réunissant les puissences concernées ce tinrent & Nairobi, Accra et Dakar entre 1951 et 1954 pour étudier le probléme et tenter d'y trouver des sclutions. } ee Me disposant que de moyens linités,il était impossible pour le Congo de se doter d'un appareil militaire capable de faire face A la menace.Aused la =~ Belgique opta-t-elle pour une présence militaire métropolitaine eur places Avec Ltidée d'implanter les trois armes dens 1a colonie,une Commandenent des Forces Nétropolitaines (COMETRO) fut eréé.Le haut plateau de Kamina,au Katanga,fut choisi comme base pour l'arnée et l'aviation.Dane le bas Congo, Kitona hébergerait aussi des unitées de 1a Force Aéricnne,tandis que la Presqu'fie de Banane serait réservée A la marinela Force Navale ne disposant pi. ataéro-navale,la reconnaissance en mer et 1a lutte anti-sous-marine fureat confiée A l'aviation. A partir d'avril 1953,1e "Kamina" commonea & rendre des services & COMETRO on aesurent,tous les six mois,la relive dos para-conmandos belges envoyés parfaire leur entrainenent au Congo. Vn coup d'ocil aur 1a carte suffisait pour se rendre compte que 1a défense du bas-Congo n'était pas une sinécure et comportait des risques de couplication internationale au eoté du Portugal.De"Bon embouchure jusgu!A Matadi,la tive gauche du fleuve appartenait & ce pays,le roste était territoire belge-Sdtuatior - 195 - gui ntout pas mangué éBtre gfnante en cas de conflit étant donné que tout le trafic maritime & destination de Boma ct de Matadi devait passer par les eaux territoriales portugaises. Une bonne entente avec nos voisins du sud s'imposait done et un accord de coopération luso-belge fut signé & cet effet,qui prévoyait l'exploitation en commun des moyens de défenae des deux pays en temps de guerre.Un cotiman- doment mixte sorail eréé dans cette éventualité et,en entretemps des exercices consuns deveient avoir lieu afin de roder l'organisation.Dans le cadre de cet accord,un attaché naval belge fut accrédité a Lisbonne. Les moyens & mettre en oeuvre en vertu de l'accord étaient,bien évidemment en fonctica de ce que les deux pays avaient A offrir.Vu l'importance straté— gique du fleuve Congo et de see ports,la Belgique allait devoir fournir le plus grand effort,un effort qui parut déséquilibré A certains. La Force Publique disposait de deux batteries oétidres de 125 et 150 mm sur 1'ile de Bulabomba et sur le presqu'fle ge Banane,qui seraient placées sous le contréle opérationnel de 1a marine en cas do conflit.L'armée belge fournirait un betaillon de para-commandos ot les Portugais une compagnie a’ infanteric.la Force Aérienne mettrait en ligne un wing de chasseurs- bombardiers et une escadrille d'avions maritimes A long rayon d'action.Ces avions n'existaient pas encore,mais 1a Belgique avait l'intention de s'asso- eier Ale construction du Bréguet-Atlantique,un projet OTAN. La Force Navale se vit confier des missions variées,dont me série de services A terre:équipement d'une station portuaire de eignalisation,contrdle de le marine marchande,gestion d'm dép6t d!armement pour les navires de com neree,vigie vers le large.Sur le plan opérationnel,elle prendrait on charge les radars cOtiers et exploiterait en conmun avec le Portugal le service a! arraisonnement ct la patrouille fluviale.L' accord prévoyait que la Belgique aurait constaumen’ deux frégates sur place et le Portugal un patrouilleur cétier. L'éxécution du plan de défense prévu nécéscita 1a construction d'un aéro- @rome & Kitona et d'une base navale A Banane et demanda un effort financier considérable. Dans le bas Congo,la priorité fut donnée & un aérodrome capable d'accusidlir es avions long-courriers.L' éxécution des travaux fut confige A un détachement au génie belge-Une tache titanesque si 1'on songe que 450.000 tonnes de nofllon,sans parler des autres matériaux,allaient devoir étre amenées sur place pour moner le projet A bion.Une firme privée accepta de se charger de leur transport par voie d'eau entre les carritres de Boma ot Banane ,mais elle n'était pas de taille et aft bien vite renoncer. La Force Navale fut invitée & prendre 1a relive.Moyens mis A ea disposition: trois barges de 300 tonnes que la Compagnie Maritime Belge amena A pied ét ceuvre et wm remorqueur de 800 CV,que les Allemands avaient utilisé comme @raguour de mines,acheté a" occasion aux Pays-Bas et baptiaé "Sous-lieutenant Valcke" du nom d'un officier belge qui s' était distingué au Congo au 19e sitcle.Monté par deux officiers,trois sous-officiers et neuf honues d'équipage, le "Valeke" parti d'Ostende arriva & Banaae le 9 octobre 1953 aprée trente fours de navigation. Le directeur de 1a firme de transport nalchancense gut l'un des premiere A L'accueiliir et paria une caisse de chanpagne que 1a Force Navale ne réusei- rait pas 1 of dl avait échoué.Défi relevé.la petite équipe,ayant commencé Par reconnaitre le fleuve,se mit aussitét au travail en utilisant la oe technique du remorquage en couple-Aprée une premiére semaine d'essai,les premiéres trois-cents tonnes de mo8llon furent livrées & Banane et l'on sabla le champagne & bord du "Valcke". La baie de Banane était un endroit aésertique dénué de toute facilité jportuaire.A défaut de ponton,la Force Navale avait fait mouiller un coffre 'amarrage pour les barges et le remorqueur.Restaient A résoudre les problames de chargement et de déchargement.La carriare de Boma était enfouie dans une jungle épaisse ct il fallut se frayer un chemin A la machéte pour y accéder-A Banane,le déchargement cut été impossible si le "Valeke" n' avait foré des trous dans le sol sablonneux a coups de pompes A incendie pour qu'un appontement puisse 8tre construit avec des trones de palmier. Le déchargement commenca & se faire par une équipe a'indigénes qui transportaient les mo8llons,piéce par pidce,sur leur dos mais,la cadence des. apports dépassant de loin celle du déchargement,on dut faire appel & une grue mobile. : Si,sept ans durant,le "Valcko" continua A remorquer les trains de ehalantis transportant les matériaux néeéssaires A 1a construction des deux bases, il remplit aussi d'autres missions.I1 fit plusieurs voyages pour le compte du professeur Capart venu étudier la péche hauturidre au large de 1" estuaire du fleuve Congo.tn 1955,i1 eut l'honneur de transporter & son bord le roi Baudouin lors de sa visite A 1a colonie.En 1958,41 contribua au renflouage du "s/s Lumumbashi" qui s'était mis A sec sur'la cdte,etc, Les bases de Kitona et de Banane finirent par prendre forme.Pour Banane, les plans A long terme prévoyaient des installations de réparation pour les unités de le Force Navale et méme un bassin de radoub de 15.000 tonnes.En attendant que tout cola soit terminé,le "Valcke" se fit entretenir et réparer & Pointe Noire en République du Congo. 1954110 Commandement Maritime du Congo est inauguré aprés 1'arrivée et L'4netallation A Banane du Capitaine de Frégate Depoorter.Ce commandement était une copie conforme de l'organisation métropolitaine,l'idée étant que le Force Navale puisse se replier sur 1a colonie en eas d'occupation de 1a Belgique. En attendant 1'édification d'une tour d'eau et d'un dépét de combust{bles, une barge & eau et une barge A mazout furent amenées a'Anvors.A terre ,la construction des habitations,des batiments administratifs et de 1'éeole technique pour les indigtnes progressait A grands pas.Au prix d'un vérita- ble travail de pionnier et A grands frais vu que pratiquement tout devait Stre importé.L'effort financier fut considérable et out débouché sur de sérieux problémes budgétaires si la colonie n'avait accepté de prendre en charge une grande partie des dépenses. Cette méme année,les travaux atteignirent un état d'avancement suffisant pour qu'un premier aviso colonial,en 1'occurence le "De Brouwer", puisse étre détaché & Banane.La vie qui l'attendait cous les tropiques était celle de tous les avisos du monde,essentiellement axée sur le représentation sur place et dans les pays avoisinants,tout en lui permettant de rendre de menus services aux autorités locales lorsque l'occasion s'en présentait. Ctost ainsi qu’é leur demande,il réduisit le haut-fond de Kock Wall a coups d'explosifs,rendant ainsi la navigation sur le fleuve plus aisée. La base de Banane était désormais suffisamment équipée pour qu'on puisse Y organiser un exercice local avec 1a marine portugaise.¥ prirent part:le