N° 128 - Mars 2012

www.fo38.fr
Bulletin d'information de l'Union Départementale des Syndicats Force Ouvrière de l'Isère

Chamrousse :
stop à la fonte
des salaires !

Sommaire

Ikéa logistique :
le pouvoir d’achat,
toujours
p. 2

Négociation
sur les salaires

Journée Travail
et handicap

p. 3

p. 5 à 8

Directeur de publication : Jean-Pierre GILQUIN - commission paritaire : 0711 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre-Dame - Montbonnot
UDFO ISERE - bourse du travail - 32 avenue de l’Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - Tél. 04.76.09.76.36 - Fax 04.76.22.42.55 - courriel : udfo.38@laposte.net
Prix le numéro : 0.80 € - Abonnement 1 an : 3.20 €

Editorial
Pour les salaires !

Chamrousse

La régie remise
sur la bonne piste
Sans doute est-ce parce que le mouvement avait
été soigneusement préparé que les saisonniers
de Chamrousse ont mis un coup d’arrêt, le mois
dernier, à la politique de grignotage des acquis
menée par la régie des remontées mécaniques.

Pendant la campagne présidentielle
les revendications continuent et
l’Isère participe, comme toujours, à
la bataille :
- Avec Photowatt, cas emblématique
au coeur du débat sur le Made in
France et la place de l’Industrie dans
notre pays ;
- Avec Ikéa, épinglé pour sa capacité
à jouer big brother (dixit le Canard
enchaîné) mais surtout rattrapé par
les salariés du dépôt de SaintQuentin-Fallavier pour des augmentations de salaire qui tardent à venir
alors que les bénéfices explosent.
- Du côté de l'entrepôt des magasins
Europa Discount (enseigne ED) ou
les salariés ont fait plusieurs jours de
grève pour obtenir satisfaction : une
prime de participation de 300,00 €.
En ces temps de négociations obligatoires sur les salaires (NAO), les
syndicats FO sont en première ligne,
partout, pour que se concrétise
son mot d’ordre prioritaire :
« Augmentation des salaires ».
Enfin, comment ne pas dénoncer
l'attitude de La Poste qui malmène
son encadrement et accepte enfin
d'ouvrir des discussions... après des
drames qui se multiplient.
Décidément, c'est bien dans un
monde brutal que nous avons
basculé. Un monde où les salariés ne
peuvent plus rester seuls, isolés, à la
merci de politiques d'entreprise
toujours plus avides de "cash".
Combattre pour se faire respecter,
obtenir de meilleures conditions de
travail et des augmentations de salaires pourrait paraître dépassé… Il faut
pourtant sans cesse revenir sur ces
fondamentaux, aujourd’hui remis en
cause par des technologies qui
veulent gommer les frontières et les
législations pour imposer le moins
disant social.

Un décompte incontestable, une intervention
ferme et polie lors de la rencontre avec la direction, des réunions d’info des salariés, histoire de
construire une mobilisation conséquente, un
préavis déposé pour une grève « à partir du
samedi 18 février »… Yves Berçon, délégué
syndical FO a finalement indiqué, le 17 en fin
d’après-midi, que « les gars étaient ok » et que
la grève n’aurait pas lieu puisque l’essentiel des
revendications étaient satisfaites.
Le temps d’habillement réintégré dans le temps
de travail (ne justifiant donc plus d’une prime)
la suppression de la « prime langue » en passant
par le non-respect d’un accord sur la gestion (et
donc la récupération) des heures supplémentaires, « ce sont environ 500 € par saison que nous
avions perdus ces dernières années », chiffre le
délégué syndical. Environ 400 € ont été récupérés grâce à cette mobilisation.

Et maintenant ? « Il reste à traiter la question
des reports d’embauche (ndlr. lorsque la neige
manque). Ce report fait perdre pas mal d’argent,
notamment parce que l’intéressement et le
13ème mois sont calculés sur le temps de
travail », récapitule
Yves Berçon.
« Le comité d’entreprise demandera
une expertise des
comptes », ajoutet-il. Parce que sur
les cimes aussi,
les bons comptes
assurent un management intelligent
des salariés,
saisonniers ou
permanents.

Yves Berçon, délégué syndical :
« C’est bizarre, cette direction
qui s’imagine que nous ne
savons pas compter ! »

Saint-Quentin-Fallavier

Conflit chez Ikea logistique
Ahmed N’Gui, délégué syndical FO de la plateforme logistique d’Ikea est clair : les propositions de la direction ont rapidement fait l’unanimité contre elles. Opposées à la proposition de
la direction d’une hausse des salaires de 1 % à
3,1 % exclusivement à la tête du client, les
organisations syndicales, dont FO qui reven-

dique une hausse générale de 3 %, ont appelé
à la grève lundi 12 mars.
C’est donc sans surprise qu’une grande majorité
de salariés s’était donnée rendez-vous dès les
premières heures du jour devant les portes ce
jour-là. Rapidement de nombreux camions de
livraison se sont accumulés sans trouver de
salarié pour décharger les marchandises.
C’est par voie de justice que la direction a
répondu, estimant que les grévistes entravaient
la liberté de travail.
Le 15 mars, le tribunal de grande instance de
Vienne ordonnait le déblocage de l’entrepôt.
La reprise du travail est timide à l'entrepôt d'Ikea
Logistique. Une grosse partie de l'activité à été
détournée sur d'autres dépôts.
Après 4 jours de grève, la direction n’a rien
concédé. L'amertume est grande parmi les salariés et pour certains d'entre eux il n'est pas exclu
que le mouvement reprenne.

Jean-Pierre GILQUIN,
Secrétaire général.
Entrepôt bloqué le 12 mars…

Alpes FO - Mars 2012 - N° 128

La perte, il est vrai, était d’autant plus insupportable que les cadres, eux, ont vu leur revenu
bondir de 22,5 % entre 2008 et 2011, sans
que les augmentations générales ou l’intégration
d’une prime logement dans leur salaire ne puissent expliquer cette belle progression.

2

Inspecteurs
du permis de conduire

Isère/Hautes-Alpes

Dilemme pour les métallos
FO demandait 2,5 % sur les salaires,
38 centimes sur la prime panier et une
refonte de la prime d’ancienneté (1 % chaque
année jusqu’à 20 ans).

Un participant à l’assemblée générale, Frédéric Boyer,
délégué syndical à Satma PPC, Goncelin.

L’USM (Union des syndicats FO de la métallurgie) avait dit sa satisfaction, l’automne
dernier, de la participation des employeurs à
une partie du coût d’une mutuelle. Elle dit
aujourd’hui son mécontentement devant ce
qu’elle considère comme un chantage exercé
par l’Udimec (syndicat patronal de la métallurgie sur le périmètre Isère et Hautes-Alpes).
Ouverte en janvier, la négociation obligatoire
annuelle (sur les salaires) est pour l’instant…
en suspens. FO hésite à signer la proposition
présentée comme la dernière par le patronat,
de 1,8 % d’augmentation des salaires,
14 centimes sur la prime panier et une revalorisation de 1,25 % de la prime d’ancienneté.

Si FO hésite, c’est parce-que l’Udimec,
singeant en cela nombre d’autres branches
et/ou entreprises, a mis sur la table le chantage suivant : les syndicats signent ou c’est
0 % d’augmentation pour tout le monde et une
remise en cause du principe même des négociations locales, y compris sur d’autres sujets
que les salaires (la mutuelle par exemple !).
Rappelons par ailleurs l’importance de cette
négociation territoriale pour toutes les entreprises de la métallurgie sans présence syndicale. L’accord signé avec l’Udimec constitue
en effet un minimum, filet de sécurité pour
tous les salariés de cette branche.
A l’heure où nous écrivions et après que l’intersyndicale ait demandé la poursuite des
négociations, de nouvelles réunions étaient
programmées début avril.
Pour le résultat de ces nouvelles négociations
voir : http://www.fo38.fr.

Grenoble/Echirolles

Caterpillar : c’est non…
FO n’a pas signé l’accord sur les salaires. « Une
question de dignité et de cohérence », a expliqué le syndicat aux salariés. « La direction n’a
jamais démontré une claire volonté de trouver
un accord, même avec un syndicat modéré
comme le nôtre », a-t-il ajouté avant de dérouler très clairement les conséquences de cette
absence de signature.
FO réclamait 2 % d’augmentation générale, le
déplafonnement de la grille, un bonus de 25 %
sur la récupération des aléas de production
(lorsque le salarié est prévenu la veille qu’il doit
travailler le lendemain) et la transformation de
CDD en CDI.

Cadres à La Poste
Selon Christian
Cerato, responsable des cadres
à La Poste
(Isère, Savoie),
60% des directions du courrier
seraient concernées par une
prochaine réorganisation.
Aucun chiffre n'a été communiqué pour
notre département et c’est le premier
des soucis !
Les réorganisations provoquent un traumatisme et une peur de l'avenir qui ont
déjà poussé deux cadres au suicide.
Le PDG a envoyé un courrier au
240 000 salariés promettant un
meilleur dialogue social et la nomination
d'un médiateur, mais aucune pause
dans les réorganisations. FO demande
toujours leur arrêt.
Voir l’interview vidéo de Christian Cerato sur
www.fo38.fr
Oerlikon
Elections en décembre chez Oerlikon,
entreprise implantée à Saint-QuentinFallavier, oeuvrant dans le revêtement
sous vide (environ 150 salariés en
France et un peu moins d’une trentaine
à Saint-Quentin). FO, qui présentait une
liste pour la première fois, a 3 des 12
élus au comité d’entreprise. Ils auront à
se battre contre la perte des emplois.
USM

Robert Gamez, secrétaire du syndicat.

Sans signature des syndicats, la hausse des
salaires sera limitée à 1,3 % d’augmentation
générale au lieu du 1,8 % proposé par la direction. L’augmentation au mérite sera identique
(1,1 %). Les aléas de production seront gérés
via le chômage partiel (à 65 % du taux horaire).
Il n’y a pas d’objectif d’embauche en CDI.

Les inspecteurs du permis de conduire
étaient en grève, du 19 au 23 mars, à
l’appel du Snica FO, pour obtenir le
respect des engagements pris en octobre
dernier par le ministère de l’Ecologie.
Les discussions étaient encore en cours
à l’heure où nous écrivions.

FO a également écrit : «Les inégalités de traitement sont sévèrement punies par les tribunaux
et notre direction serait bien inspirée d’en tenir
compte ». En effet, l’augmentation dont bénéficieront les cadres est plus élevée que celle
prévue pour les autres catégories.

3

Salvatore Réale (Socamel) est le
nouveau secrétaire de l’USM (Union des
syndicats de la métallurgie). Il prend le
relais de Pierre Pernot (Soïtec). L’USM
est l’interlocuteur
de l’Udimec,
syndicat patronal
sur le périmètre
Isère et HautesAlpes.
Lire ci-contre
« Le dilemme des
métallos ».

Alpes FO - Mars 2012 - N° 128

Veuvage, orphelinage, handicap, dépendance

Recherche

Rendez-vous sur www.ocirp.fr

Go

Les garanties OCIRP sont diffusées par les organismes de prévoyance membres des groupes de protection sociale AG2R LA MONDIALE - AGRICA - APICIL
- AUDIENS - D&O - HUMANIS - IRCEM - LOURMEL - MALAKOFF MÉDÉRIC - MORNAY - RÉUNICA, les organismes de prévoyance ANIPS - APGIS - CAPSSA - CIPREV
- CREPA - IPECA PRÉVOYANCE - UNIPRÉVOYANCE, et les partenaires UNPMF - UNMI - IDENTITÉS MUTUELLES - PREVAAL. (Liste au 31 janvier 2012)

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Face aux risques de la vie, le rôle de l’OCIRP est d’unir des organismes
de prévoyance afin d’offrir des garanties complémentaires aux salariés
dans le cadre d’un contrat collectif.
L’OCIRP, organisme paritaire géré par les représentants des salariés et des
employeurs, assure près de 5,4 millions de salariés et 1,2 million d’entreprises.

- Crédit photo : © Olivier.Roller

Et si nous parlions d’avenir ?
Des garanties qui assurent l’avenir ?

Travail et Handicap
10 mai 2012

Alpes Congrès Grenoble
Avenue Innsbruck

9h/17h
Quatre tables rondes (deux par demi-journée), organisées par la confédération FO et l’Agefiph :
• travail, handicap et dépendance
• l’intégration réussie

• handicapés, les oubliés de la crise ?
• saisonnalité et handicap

Ouvert à tous, inscription auprès de l’Union départementale au 04 76 09 76 36.
Le repas de midi est offert.
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Alpes FO - Mars 2012 - N° 128

Faire progresser
l’emploi
des handicapés
Jean-Marc Bilquez,
secrétaire
confédéral

Plan d’action Handicap chez Decaux

Participer ? Evidemment…
et jusqu’au bout !
poste de Daniel Laporte dans un environnement de travail dont la restructuration
est programmée.

Pourquoi une journée Travail et Handicap ?
Ce n’est pas une journée. Ce sont trois réunions
par an, sur tout le territoire, à Paris et dans les
villes du pays.
L’objectif est de faire progresser l’emploi des
personnes handicapées en milieu ordinaire.
Elles ont les mêmes droits que les valides. Le
premier d’entre eux est d’avoir un travail. Or, le
chemin est encore long : 2,8 % des salariés du
privé et 4 % des salariés du public sont des
personnes handicapées quand l’obligation
légale faite aux employeurs est 6 %.
Des salariés handicapés, des responsables syndicaux et des employeurs du privé et du public, des
représentants des organismes intervenant sur ce
champ, des responsables associatifs. Est-il bien
nécessaire de rassembler autant de monde ?
Le prix de l’efficacité ! Avec qui doivent
travailler les syndicalistes sinon avec les
employeurs qui embauchent, les professionnels
qui les accompagnent, les élus qui votent des
lois et sont eux-mêmes des employeurs, les
associations représentatives de ces personnes
handicapées ?
La richesse des témoignages et l’expertise des
invités donnent à ces journées leur pertinence.
Quelles sont les revendications défendues par FO ?

François Gonzalez, délégué central adjoint :
« Il faut maintenant faire progresser, très concrètement, l’emploi des travailleurs handicapés ».

« Ce que voulait le directeur d’exploitation, c’était avoir un papier de la
Médecine du Travail. C’est long d’avoir un
papier de la Médecine du Travail ! ».
C’est long mais Daniel Laporte, travailleur
handicapé syndiqué FO et François
Gonzalez, délégué central adjoint FO de
l’entreprise Decaux, n’ont pas laissé
dormir le dossier.
Plus encore, ils font aujourd’hui le nécessaire, avec la responsable Ressources
humaines en charge des questions
Handicap mais aussi avec un ergonome
du Sameth (Service d’Appui au Maintien
dans l’Emploi des Travailleurs handicapés), pour anticiper un aménagement du

D’autres suivront, à n’en pas douter.
Decaux paie actuellement près de
235 000 € de pénalité pour n’atteindre
pas le quota légal de 6 % de travailleurs
handicapés dans son effectif. Affichant
des objectifs clairs et des engagements
concrets, l’entreprise travaille donc,
actuellement, en partenariat avec
l’Agefiph (Association de Gestion du
Fonds pour l’Insertion professionnelle des
Personnes handicapées), sur un plan
d’action destiné à améliorer la situation.
Mais, petit problème à régler : «L’Agefiph
demande l’avis favorable des organisations syndicales avant de mettre en œuvre
le plan d’action. Mais nous n’avons pas
été associés à l’élaboration de ce plan et
aucune commission de suivi à laquelle
nous serions associés n’est prévue»,
relève cependant François Gonzalez.
« Ce qui nous gêne ? Donner notre avis
mais ne pas participer directement au
travail du comité de coordination qui doit
être créé. Pourquoi les organisations
syndicales en sont-elles exclues ? », interroge le délégué syndical.

L’allocation adulte handicapé s’élève aujourd’hui
à 796 €, en-dessous du seuil de pauvreté. Nous
réclamons un revenu d’existence équivalent à
un Smic.
Quant aux pénalités dues par les employeurs
n’atteignant pas les quotas fixés par la loi, elles
ne sont jamais assez élevées !
La loi du 25 février 2005 (ndlr. sur l’égalité des
chances, la participation et la citoyenneté des
personnes handicapées) elle, est une loi à
minima et son application l’est tout autant, sur
le volet accès au logement comme aux lieux de
travail ou même la libre circulation dans
l’espace public.
Enfin, le renforcement des services de la
Médecine du Travail et des structures concourant au maintien dans l’emploi est indispensable. N’oublions pas que 85 % des handicaps
apparaissent durant le cours de la vie, et pour
une part importante suite à un accident du
travail.
Handicapé après un accident de la route, Daniel Laporte a été embauché comme plieur dans un atelier
Decaux. Il s’agit aujourd’hui d’anticiper son transfert futur vers un autre poste de travail.

Alpes FO - Mars 2012 - N° 128

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