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DIRECTION

REDACTION
ORINFOR
]B.P.83 KIOALI
Tlx:~57 ORINFOR
]RW
ii iii

N° 143-144 du 19 au 25 octobre
1990 Prix 50FRW

O Les affrontementsarmés
INYENZI quieurentlieuà Kigali
dansla nuitdu 4 au 5
octobredernier
onttrau-
matisélesKigaliens.La
VERSION moralité
n’est
enfutquelapaix
pasun vainmotp.3

Lescombats entreforces
arméesrwandaiseset les
assaillants venusd’U-
Guérilla,guerre classique,guerre méitiatique: gandase poursuivaient
le
12 octobre.A l’avantage
les réfugi6s qui ont attaqué le R wanda début des troupesgouverne-
octobre 1990 s’acharnentà déstabilisernotre mentales p. 4
pays.
Maisla riposte
estdetaillecarde l’inté-
rieur,
on saitque"laRépublique
nousappelle’" Les agresseurs du
Lirepp.2-10 Rwandarecourentsou-
ventà la guérilla.
Une
technique
quele colonel.
LéonidasRusatira
expli-
que longuement
dansson
\
} ouvrage"La guerredes
faibles"
p, 6

¯ Les Rwandaisréfugiés à
l’étrangerse sonttou-
joursconsidérés comme
lesoubliésde laRépubli-
que.Etpourtant,l’histo-
riographie du pays
prouvele contraire
p. 8
ni i ,i,

¯ Le programme politique
-
queles,assaitlants
présen-
tentala communautéin-
"Des
r~edresseurs
detorts"
que personne
n’aappelés
à larescousse.
Ici,
descomplicem
des ternationale n’~t:qm
assaiilants
arrêtés
à Kigali mensongerp. 9.
, POLITIQ UE
La nuit qui fit trembler Kigali
Les at~ontementsarmés qui eurentlieu à Kigalidans la nuit
du 4 au 5 octobretraumatisèrent les Kigaliens.La moralité
en fut que la paix n’estpas un vain raoL
e quatre
octobre
avait
pourtant
été
C unejournée
Kigali..On
mouvement
commelesautres
notaitseulement
anormalement
à
un
fébrile
devant
lesmagasins
à vivres.
Telles
lesfourrais
avantleretour despluies,lesKigaliens
s’affairaient
pour
seconstituer
unpetitstock.
Lapénurieconséquente
del’attaque
desennemis
danslenorddu payscommençaità sefaire
sentir
à Kigali.

Du coup,les prix amorcèrent


une
fulgurante
hausse.
Enquelques
heures,
lesprix
desdenrées
alimentaires
avaient
doublé,
voire
triplé.
Maislaguerre
restaitdetoute
évidence
lointaine.
LeKigalien
entend
raconter
cequise :~~:
~:~
passe
auMutarasans
êtretropconcerné
parles
affrontements.
C’est
qu’ilignore
toutdela
guerre.
A-t-il
aumoinsunefois
entendu
tonner
unearmeà feu? z -

Versla finde la journée, la Radio


nationaleannonce quelecouvre-feu annoncé la
veilleestavancé de20à 19heures. Lanouvelle
achèvedeconvaincre lesplus incrédules dela
gravité delasituation. Maislaville reste ~~~~.
calme.- Pluscalme d’ailleurs qued’habitude.
AinsilesKigaliens secouchent-ils plus tôtque
d’habitude certes, maissanssedouter que
l’ennemiestplus près OEeux qu’ilsnelecroient. Quelques armessaisies chezlesKigaliens après
lanuitdu4 au5 octobre 1990.
Leplustéméraire futcertainementcesurprise
aupremierquisortira?
Cequiarriva lefitdonc aumoment oùon journaliste
chewonnéqui, croyant
avoiraffaireà
s’yattendait lemoins. Encore queçaarriva au uneparade militaire,poussal’audacejusqu’à Lesheuresquisuivirentfurent
richesen
momentoù chacunétaitsensédormir sortir pouraller
assister.Histoire
denepasse commentaires.Lesopportunistes firentdes
profondément. Selon toute vraisemblance, tout voirraconterplustard ceà quoiilaurait pu événementsde la nuitleuraffaire. "Nos
commençaquelque temps après minuit. Ily eut, avoir assistélui-même.Notre
confrèrefaitune militaires,
rancontaient-ils,
essayaient
lesarmes
pourcommencer, deuxoutrois coups defeu. centaine demètres sans sedouter
delamoindre fra~hement
venuesdeFrance etdeBelgique".
Suivit unlapsde temps d’accalmie. Puisun menace. Ilmetà profit lavuepanoramique Etpuis,
continuaient-ils,
lesréservistes
qu’ona
lugubre vacarme fait d’une amalgame debruitsqu’offre sonquartier (Nyamirambo) pour rappelés
hiersouslesdrapeaux avaient
besoin
d’armes
à feu. contemplerlascène apocalyptique
tuevitle d’un sérieux
entraînement
avantderejoindre
le
centre-villeetlesquartiers au-deloe Des front/"
Kigali s’ébranla. Comme quidirait que étincelles
s’~lèvent,
s’entrecroisent,
seperdent.
chaque maison craquait, quelesimmeubles D’autres,
croit-ilentendre,percutentquelqueBalivernes!
Envérité,n’eut étélabravoure
s’écroulaient, quela mortapprochait, chose,probablementun mur,ets’~teignent. desForcesAnnées
Rwandaises,Kigali
auraitpu
implacablement. LesKigaliens s’éveillèrent Toutd’uncoup, unobusillumine unegrandetomberdansles mainsdes ennemisqui
tousensursaut. Maisbien peuosèrent bouger. partiedececentre-ville, ets’y
abat dansun secouaient
lepaysdepuis
quatre jours.
Unepeurangoissante, massacrante même, les terriblefracas.Prisdepanique,notre lémoin
figeait
aulit, quand elle nelesfaisait pasfondre nocturne
rentre précipitamment,
convmncu que LesKigaliens de leurcété,euxqui
littéralement
sous celui-ci. lecoinatteint
tombeenruine.Ilserasurprisle croyaient
laguerrelointaine,lav~curent
cette
lendemain, de même que tous ceux qui nuitmême.Mieux,ilscomprirent combien
Bienpeuosèrent sortir. De fait,où pensaient commelui,de trouver la ville "PAIX"
auraient-ils pubienaller? Puisque lestirsstrictement n’estpasun vainmot.Ilsavaient
intacte. l’habitude de prononcer en touttemps
fusaient departout. Ceuxquisedéplacèrent
irent
sepelotonner
,
contre leursvoisins, depeur Lecauchemar
dura toutlerestedelanuit. "AMAHORO" mais sans réellement se
,
d~pénr
" seuls. Dautres nesurent pasexactement Cescoupsdefeupersistèrent jusqu’aumatin. représenter
cequepeut
êtrel’inverse.
Lanuitdu
cequ’ils faisaient Telle cette adolescente quiseDesKigaliènsrestaient médusés
dans leurs 4 octobre
leleurapprit
à leursdépens.
retrouva, subitement etsansl’avoir voulu,logis.Lematin, chacun hésitait
avant dese
au~ delagarde-robe familiale, pres~’i~lancerdehors. Quisaiten effetsi les Eulade MPAMBARA
consciente, pyrotechniciens
decette nuitner~,serventune

La RelèveN° 143-144
du 19 au 25 octobrel990

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