Vous êtes sur la page 1sur 121
R evue M arocaine des C oopératives Editée par l’Office du Développement de la Coopération

Revue Marocaine des Coopératives

Editée par l’Office du Développement de la Coopération (ODCO)

N°1

Economie sociale et solidaire :

un système et des principes en regain d’intérêt

Les Coopératives Féminines :

solidarité au féminin et chute de stéréotypes

Les coopératives des jeunes diplômés :

une expérience d’auto-emploi qui s’affirme

de stéréotypes ◆ L es coopératives des jeunes diplômés : une expérience d’auto-emploi qui s’affirme
de stéréotypes ◆ L es coopératives des jeunes diplômés : une expérience d’auto-emploi qui s’affirme
de stéréotypes ◆ L es coopératives des jeunes diplômés : une expérience d’auto-emploi qui s’affirme
de stéréotypes ◆ L es coopératives des jeunes diplômés : une expérience d’auto-emploi qui s’affirme
S m a r
S
m
a r

- Cette

Revue

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

. 3

- L’Office du Développement de la Coopération au service

 

de la promotion des coopératives au Maroc

 

4

- Le secteur coopératif au Maroc :

 

Eclairages

sur le mouvement coopératif au Maroc

 

7

Le secteur coopératif au Maroc durant les cinq dernières années : une dynamique à soutenir

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

11

L’ère coopérative

20

L’Initiative Nationale pour le Développement Humain –INDH- au cœur du développement coopératif

 

24

Le Travail Coopératif et le marketing

 

30

coopératives de femmes au Maroc : Etats des

Les

 

34

femmes artistes (peintres) d’Alma

Les

 

43

Les coopératives de pèche artisanale dans une nouvelle dynamique

 

47

Les coopératives des jeunes diplômés : une expérience

 

dauto-emploi

qui

s’affirme

 

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

53

- l’Economie Sociale et Solidaire :

 

Evolution historique de l’économie solidaire au

 

61

Économie solidaire et développement humain

69

Combler le vide stratégique : une vision d’ensemble pour un développement

harmonieux

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

79

Le premier marché itinérant des produits sociaux de Fès : la pertinence de

 

l’idée et le souci

de

 

sa

pérennité

 

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

85

- Environnement et développement durable :

La société civile comme catalyseur du développement local : Le cas du village

de potiers de Marrakech

- De tout horizon :

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

90

L’Economie sociale en méditerranée : le réseau euro-méditerranéen de l’économie sociale(ESMED)

 

102

La crise financière et les coopératives

 

.106

2012 Année internationale des coopératives

 

.108

Nouveautés

coopératives

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.110

- Evénements :

Le Conseil d’Administration

 

de

 

l’ODCO

 

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.111

Journée nationale des coopératives féminines

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.114

- Statistiques :

R M OO
R
M
OO

Directeur :

Abdelkader ALAMI

Rédacteur en chef :

Mustapha BOUCHAFRA

Secrétaire de rédaction :

Hanane MIRI

Comité de rédaction :

Ahmed FATH ALLAH Mounia HASNAOUI Mustafa BENOUICHA Hakima KHALESS Slimane LHAJJI Hayat ZOUHIR

Rachida ELGHIAT

Impression Editions OKAD - 2011 -

Dépôt légal 2011 PE 0053

Cette revue Pendant des années, l’Office du Développement de la Coopération -ODCO- a veillé à
Cette revue
Cette revue

Pendant des années, l’Office du Développement de la Coopération -ODCO- a veillé à la publication d’une revue en langue arabe spécialisée en mouvement coopératif.

Dans le cadre de la promotion de la communication externe de l’ODCO et de sa volonté de s’ouvrir sur davantage de catégories s’interessant aux coopératives, notamment des organismes internationaux oeuvrant dans le domaine, nous avons décidé de lancer une deuxième revue éditée en langue française, qui permettrait une meilleure connaissance du secteur coopératif au Maroc ,et de visibiliser son effiscience pour le développement de l’économie sociale solidaire.

Nous voulons à travers cette revue REMACOOP, renforcer les outils adoptés par l’ODCO pour sensibiliser sur l’importance de la coopérative comme moyen efficace d’auto emploi et de réalisation d’activités génératrices de revenus ,de création d’emplois ,de lutte contre le chômage des jeunes et des femmes en particulier en milieu rural, et d’améliorer ainsi la contribution de l’Office et sa performance en matière de lutte contre la pauvreté et d’exclusion sociale et de réalisation d’un développement équilibré et durable.

socio-économique, ouverte aux chercheurs, aux expert(e )s et les acteurs dans le domaine des coopératives et de l’économie solidaire, et nous permettra de capitaliser sur les expériences réussies, les bonnes pratiques, d’identifier les contraintes et de compléter notre vision lors de l’élaboration de nos nouvelles politiques, afin d’atteindre notre objectif qui est celui de l’évolution et la consolidation du secteur et l’élargissement de ses domaines d’action, par conséquent le renforcement de son role dans le domaine du développement économique et social et la construction d’une société équilibrée.

Nous comptons beaucoup ,à l’ODCO, sur la contribution de nos partenaires nationaux et internationaux pour l’enrichissement du contenu de REMACOOP, à travers des recherches académiques qui nous aideraient à promouvoir la coopérative marocaine en tant que pilier de l’économie sociale solidaire, ou à travers la présentation d’expériences réussies et de bonnes pratiques, s’inscrivant dans le cadre de la stratégie globale de promotion du secteur coopératif et de sa contribution aux grands chantiers nationaux couvrant tout le territoire marocain, lancés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI que dieu l’assiste.

Cette revue se veut un espace de débat et d’échange sur les nombreuses disciplines reliées d’une manière ou d’une autre à la vie

Abdelkader Alami Directeur de l’Office du Développement de la Coopération

Revue Marocaine des Coopératives

3

L’Office du Développement de la Coopération -ODCO- Au service de la promotion des coopératives Au
L’Office du Développement de la Coopération -ODCO-
Au service de la promotion des coopératives
Au Maroc

Les pouvoirs publics ont été convaincus dès les premières années de l’indépendance, de l’importance de la participation des populations à l’effort de développement à travers des structures adaptées et acceptées par ces populations. La coopérative, ayant fait preuve de réussite dans cette tâche de, s’est avérée le cadre le plus adéquat à réaliser une telle mobilisation.

Cette action a débuté en 1958 avec la distribution de terrains sur les agriculteurs organisés en coopératives. Elle a été consolidée par la création d’un organisme à compétence horizontale de coordination pour harmoniser l’action publique en raison de l’importance et de la diversité des secteurs ciblés.

Cet organisme était le Bureau du Dévelop- pement de la Coopération (BDCO) crée en

1962 sous forme de structure administrative dépendante de la présidence du Conseil

L’importance de ses mis-

sions a nécessité sa restructuration en 1975 en établissement public bénéficiant de la

personnalité morale et l’autonomie et finan- cière, et devient de ce fait Office de Dé- veloppement de la Coopération (ODCO) conformément au Dahir du 3 Août 1975 avec des attributions précises orientées principalement vers l’accompagnement des coopératives dans les domaines de la for- mation, l’information et l’appui juridique.

de gouvernement

La loi N° 24.83 fixant le statut général des

coopératives et les missions de l’ODCO, promulguée en 1984, a, encore, précisé la mission de l’ODCO faisant de lui l’organe chargé de la mise en œuvre de la politique gouvernementale dans le domaine des coopératives, à l’exception des coopératives de la réforme agraire.

Cette responsabilité a pris une nouvelle ampleur après le lancement de l’initiative nationale pour le développement humain par Sa Majesté le Roi Mohamed VI comme feuille de route pour la construction d’une société solidaire et équilibrée, et après que les choix publics concernant l’économie sociale en général, et le secteur coopératif en particulier, aient été clarifiés et programmés. L’ODCO est administré par un conseil administratif composé de représentants des départements ministériels, d’établissements publics, de banques et de coopératives est présidé par le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des Affaires Economiques et Générales.

ATTRIBUTIONS

L’O.D.CO : est chargé, selon la loi n° 24- 83, de :

ß Centraliser et instruire les demandes de constitution des coopératives et de leurs unions et les transmettre pour décision avec son avis, au ministre de tutelle ; ß Prêter son concours aux coopératives et leurs unions dans les domaines de

la formation, de l’information et de l’assistance juridique ; ß Centraliser et diffuser la documentation de l’information relative à la coopération ; ß Etudier et proposer toutes réformes législatives ou réglementaires et toutes mesures à caractère particulier relatives à la création et au développement des coopératives ; ß Financer des campagnes de vulgarisation et de formation ; ß Assister les institutions coopératives dans

le domaine de gestion ; ß Régler à l’amiable les différends s’élevant au sein des institutions coopératives; ß S’assurer que les coopératives et leurs unions sont gérées conformément à la législation en vigueur. L’organisation interne de l’office a été particulièrement influencée et façonnée par ses attributions, et se reflètent clairement dans son organigramme qui comprend des services centraux au niveau du siège et quatorze (14) délégations régionales.

niveau du siège et quatorze (14) délégations régionales. AXES D’INTERVENTION Les missions de l’ODCO se focalisent

AXES D’INTERVENTION

Les missions de l’ODCO se focalisent en trois axes principaux :

La sensibilisation pour la création de coopératives ; L’accompagnement des coopératives ; La gestion de crises.

A – La sensibilisation pour la création de coopératives :

Cet axe se décline en plusieurs actions de type communicatif ciblant le grand public et les catégories présentant des caractéristiques particulières (femme rurale, étudiants et jeunes diplômés, handicapés, détenus bénéficiant d’une formation professionnelle, fils d’anciens résistants…). Le grand public, constitué , de producteurs de

biens ou de services ou de consommateurs, est une cible de l’action de sensibilisation de la formule coopérative menée à travers des rencontres ouvertes, organisées par l’ODCO à l’occasion de la célébration de fêtes ou de journées coopératives ; mondiales et nationales ou à l’occasion de sa participation aux rencontres ou aux foires organisées par ses partenaires.

La sensibilisation des catégories formelles se fait de manière organisée, programmée et selon une pédagogie appropriée. Il s’agit de cours de sensibilisation organisés, soit aux sièges de l’ODCO ou chez les partenaires concernés.

Cette action de sensibilisation, vulgarisation, se fait également à travers les supports de

5

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives

communication offerts, à travers des émissions radiophoniques, de la presse écrite, et, principalement la Revue Coopérative, éditée par l’ODCO quatre fois par an.

B – L’accompagnement des coopératives :

Cet axe s’adresse aux coopératives souffrant de difficultés internes ou de contraintes de l’environnement. Il se décline en plusieurs actions qui diffèrent selon, le secteur, l’activité et le type de besoin. Les actions inscrites au niveau de cet axe sont : la réalisation de diagnostics de besoin, l’organisation de sessions de formation ciblée en matière de gestion, de législation, d’organisation, de comptabilité, de suivi, d’assistance juridique, et d’appui à la commercialisation.

L’action la plus dominante ici c’est la formation qui consiste en l’organisation de cours pour les dirigeants et gérants des coopératives avec une préparation pédagogique adaptée et l’utilisation de supports de communication nécessaires.

Une autre action d’accompagnement des coopératives qui n’est pas moindre d’im- portance et qui interpelle la mobilisation de tant de moyens humains et d’heures de travail, réside dans l’assistance aux assem- blées générales des coopératives. Beau- coup d’enseignements sont dispensés lors de ces assemblées et plusieurs problèmes trouvent leurs issues au sein de ces réunions appuyées par la présence des représentants de l’ODCO. L’ODCO accompagne, également, les coo- pératives dans le renforcement de leurs ca- pacités en se regroupant au sein d’unions ou de groupements d’intérêt économique (GIE).

C – La gestion de crises Cet axe vise les coopératives qui connaissent des problèmes liés aux litiges ou différents survenant entre certains membres et le conseil d’administration ou liés au non respect des lois et statuts en vigueur par ce dernier. L’ODCO intervient, selon l’importance ou la gravité du problème, par une réconciliation dans le cadre de l’article 81 de la loi n°24-83 ou un contrôle en appliquant les dispositions de l’article 79 de la même loi.

COORDINATION ET PARTENARIAT

Pour accomplir son action et faire aboutir ses missions l’ODCO a travaillé et travaille toujours en coordination avec tous les intervenants directes ou indirectes dans le secteur coopératif. Les programmes de sensibilisation ou d’accompagnement sont établis en concertation et sont exécutés de manière conjointe. Certaines interventions sont encadrées par des conventions de partenariat, d’autres faisaient partie d’une coordination dans la convergence et la complémentarité des actions.

Les partenaires de l’ODCO sont principa- lement les départements ministériels, les établissements publics, les chambres profes- sionnelles, les collectivités locales, les agen- ces de la coopération internationale, les organismes des Nations Unies et les ONG nationales et internationales.

L’ODCO est membre de l’Alliance Coo- pérative Internationale(ACI) et lu Réseau Euro-méditerranéen de l’Economie Sociale (ESMED).

Le Secteur Cooperatif au Maroc

Le Secteur Cooperatif au Maroc Eclairages sur le mouvement coopératif marocain Par : Ahmed FATH ALLAH
Eclairages sur le mouvement coopératif marocain Par : Ahmed FATH ALLAH
Eclairages
sur le mouvement
coopératif marocain
Par : Ahmed FATH ALLAH

Fathahmed06@yahoo.fr

1- Un peu d’histoire :

Le mouvement coopératif marocain, prend de plus en plus une grande ampleur ces derniers temps, et réalise des performances relativement considérables, mais contestables.

Il a vécu durant son historique/pratique des transformations importantes relatives aux diverses mutations que le Maroc à connu sur tous les plans : économiques, sociaux et politiques.

Il est évident qu’on ne saurait comprendre et analyser le mouvement coopératif marocain, ses atouts et ses perspectives sans une connaissance de son historique, ses étapes importantes, ses points forts et ses faiblesses.

Il est certain que le Maroc et les marocains ont connu de vieilles pratiques coopératives d’une façon spontanée, sous différentes formes, et cela pour faire face aux multiples difficultés qu’ils rencontrent dans la vie.

Ces pratiques ancestrales sont différentes dans leurs objectifs, leurs manières et leurs mécanismes. Celles- ci ont vu le jour principalement dans le monde rural, ce qui est une évidence, puisque l’agriculture, les travaux agricoles, l’élevage, … étaient des activités dominantes et qui jouaient un rôle social et économique important.

On peut citer par exemple la JAMAA qui est une institution qui s’occupait de la gestion des biens collectifs. Cette JAMAA était administrée par un comité/conseil désigné parmi les notables ou

Revue Marocaine des Coopératives

7

Le Secteur Cooperatif au Maroc des personnes possédant une certaine notoriété, surtout morale, au milieu

Le Secteur Cooperatif au Maroc

des personnes possédant une certaine notoriété, surtout morale, au milieu d’une tribu et/ou d’un village.

Autres modèles, à titre indicatif, comme la TOUIZA, LOUZIA, AGADIR, CHARD, AGOUG…, sont des formes de coopération, d’entraide et de solidarité qui touchent des domaines tel que la consommation, les travaux agricoles, les services, la gestion des silos/greniers collectifs, l’éducation, etc.…

On peut rencontrer également, d’autres modèles de coopération au Maroc, tel que AL MOUZARAA, AL MOUSSAKAT, etc. Ces modèles sont régis par le droit coutumier.

Mais le tournant dans ce processus, c’est la venue de l’ère coloniale qui a introduit au Maroc la notion de la «coopérative» en tant qu’instrument conventionnel. Ces coopératives implantées dans le secteur de la consommation (1922), d’agriculture (1937-1938) et d’artisanat (1938), étaient orientées pour jouer un rôle spécial au profit du colonisateur et de la métropole.

Et pour terminer avec cet historique bref et succinct de l’évolution du système coopératif, on s’arrête pour évoquer une expérience très intéressante que certains considèrent comme la naissance de la coopérative conventionnelle. Il s’agit du Complexe Apicole d’Inzergui dans la région de Souss, fondé depuis plus de trois siècles et qui abritait jusqu’à 3000 ruches traditionnelles appartenant aux habitants de la tribu Idaouziki. Ce complexe, est

géré et exploite en commun et d’une façon solidaire et coopérative.

Après l’indépendance, le mouvement coo- pératif marocain a connu une amélioration très sensible, notamment par la création du BDCO «Bureau de Développement de la Coopération» en 1962, et la promul- gation des textes relatifs aux secteurs : ré- forme agraire, habitat, mine, commerçants détaillants, pêche, etc. Cette étape peut être classée comme une étape classique du Mouvement Coopératif Marocain.

Une autre étape qu’on peut nommer l’étape moderne, est caractérisée par deux grands événements :

å La

restructuration

du

BDCO

et

sa

transformation en office en 1975.

ç La promulgation de la loi n° 24-83 en

1983.

Ces deux événements sont considérés comme des actes qui traduisent l’intérêt accordé par les pouvoirs publics aux coopératives, en tant qu’instruments de développement local, de part leurs rôles et leurs objectifs économiques, sociaux, et éducatifs. Les institutions coopératives se sont imposées en tant qu’organismes aptes et efficaces, pour jouer un rôle pertinent dans la sécurité alimentaire (Coopérative Agricole Marocaine), l’autosuffisance alimentaire (lait…), et à la création de l’emploi.

2- Caractéristiques des coopératives :

Ilyalieudesignalerquelquescaractéristiques

des institutions coopératives, en se référant à la loi n°24-83 régissant le statut général des coopératives et les missions de l’Office du Développement et de la Coopération, notamment son article 89

On constate que le terme «coopérative» est donc une appellation protégée, et son emploi et conditionné par l’autorisation accordée par les pouvoirs publics aux institutions répondant aux conditions citées dans la loi n° 24-83.

Les coopératives doivent être fondées et gérées par des principes tels qu’ils sont déterminés et reconnus universellement, par les instances mondiales. Se sont des piliers de la vocation coopérative.

Parmi ces principes, et sans doute le plus révélateur, c’est le fait que les bénéfices doivent être répartis entre les adhérents au prorata des opérations effectuées avec leur coopérative.

Autres principes non négligeables, et essentiels, c’est la libre adhésion des intéressés à la coopérative, et la gestion démocratique de celle-ci de manière que chaque membre ne dispose que d’une seule voix quelque soit son apport au capital de la coopération. C’est l’approche humanitaire et participative des membres.

Autres caractéristiques et particularités du mouvement coopératif, on peut citer entre autre, l’enracinement des coopératives dans le milieu social et local le plus reculé, ce qui favorise une grande sensibilité aux besoins des membres, de même, la volonté

d’aboutir malgré quelques handicaps de ceux qui sont à l’origine du projet – porteurs du projet- et leur esprit d’initiatives et d’innovation sociale.

La diversité, d’une part, des objectifs tracés et poursuivis durant le cycle de vie de la coopérative, et d’autre part, la diversité des secteurs concernés et qui touche toutes les activités humaines.

3- Remarques et observations :

On avance toujours que la coopérative est une entreprise économique, sociale et culturelle, et pourtant ces deux dernières dimensions sont généralement absentes des agendas et des programmes des coopératives.

La plupart des coopératives sont restées attachées à un seul objet et à la seule satisfaction de leurs membres, ce qui peut être considéré comme une absence d’ambition. Pourtant, les coopératives par leur fonction et leur objectif font partie intégrante d’une économie de marché à finalité sociale.

Elles doivent, en principe, apporter leur contribution à la consolidation de l’ordre social et à la cohésion sociale qui sont des conditions essentielles pour le développement humain.

Au sein de nos coopératives, nous constatons deux logiques séparées. La 1ére logique est celle d’individus rassemblés autour d’un projet collectif et/ou communautaire, et la 2éme est celle d’une

9

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc entreprise économique qui a comme finalité l’épanouissement de ses membres,

Le Secteur Cooperatif au Maroc

entreprise économique qui a comme finalité l’épanouissement de ses membres, de leur famille, et même de leur communauté. Ces deux logiques se sont rarement intégrées alors qu’elles doivent être rapprochées et complémentaires.

De part leurs particularités et leurs caractéristiques, les unités coopératives au Maroc vivent dans un tunnel plein d’instabilité, d’insécurité, de manque de confiance, et surtout, des craintes de ne pas pouvoir s’adapter aux changements qui bouleversent leur environnement, et ceci à cause des faiblesses constatées dans les domaines de l’organisation, de la gestion, et du marketing ; et la lumière du bout du tunnel apparaît lointaine

Le mouvement coopératif marocain n’a pas encore déclenché, d’une façon concrète, le processus de sa structuration que se soit au niveau interne: organes de gestion et d’administration qu’au niveau externe en se groupant en unions pour faire face à la concurrence accrue sur le marché, et créer des entreprises aux dimensions optimales pour pouvoir rationaliser les coûts et améliorer la position du mouvement coopératif sur le marché et lui permettre de s’affirmer.

Des efforts considérables restent à faire pour assurer les conditions minimales permettant à l’institution coopérative, dont

les membres créent, agissent et décident d’une manière responsable; une réussite continue et des résultats positifs.

Donc, il faut réfléchir et innover ensemble aux dispositions nouvelles qui permettront aux coopératives de s’épanouir et de continuer à concilier les principes de bases auxquels elles se référent (gestion démocratique et participative) et les nécessités et obligations de la loi du marché (financement, commercialisation…)

Et pour terminer une grande interrogation s’impose, en se référant aux nombres des coopératives, à leurs tailles, leur participation dans le produit intérieur brut, leurs impacts sur la communauté, leur force économique et à leurs structures; Peut-on parler d’un mouvement coopératif Marocain ?

Le mouvement coopératif Marocain a rarement fait l’objet d’études et d’analyses académiques.

Il est certain que ce mouvement mérite un intérêt particulier vu son rôle, ses objectifs, ses racines, et surtout qu’il porte en lui un espoir de développement, et pour le développement.

Donc c’est un appel aux intellectuels, aux spécialistes et aux universitaires de s’intéresser à ce mouvement.

Le secteur coopératif marocain durant les cinq dernières années Une dynamique à soutenir Par :
Le secteur coopératif marocain durant les cinq dernières années Une dynamique à soutenir
Le secteur coopératif marocain
durant les cinq dernières années
Une dynamique à soutenir

Par : Mustapha Bouchafra m.bouchafra@odco.gov.ma

1- Introduction

Le secteur coopératif au Maroc est en train de vivre ces cinq dernières années une pé- riode de foisonnement sans précédent. Une véritable dynamique et un regain d’intérêt et de confirmation comme outil d’intégra- tion et de mobilisation des catégories qui vivent en marge du processus de dévelop- pement déclenché par les pouvoirs publics en ce début du siècle.

Longtemps considéré comme un secteur d’amortissement de crises socio-économi- ques dont les performances sont incapa- bles de dépasser le seuil de subsistance, le secteur coopératif a démontré qu’il est en mesure d’abriter des entreprises aussi performantes que celles du secteur privé et faire face aux aléas du marché national et international.

Le secteur coopératif a prouvé, également, sa capacité de développer des activités génératrices de revenus et de mobiliser les petites épargnes permettant l’amélioration des conditions de vie des couches moins favorisées ou en état de fragilité économique et sociale.

Il a aussi fait preuve de grandes qualités d’adaptation aux différents environnements socioculturels surmontant, parfois même, les barrières sociologiques tout en imposant une dynamique démographique érigée en force motrice d’un développement local durable.

C’est en raison de toutes ces considéra- tions que le secteur coopératif a bénéficié et continue de bénéficier d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics et a acquis un accueil favorable chez les différentes catégories de producteurs de biens et de services ainsi que les porteurs de projets, notamment les jeunes diplômés et la femme rurale.

Un accueil particulier lui a été réservé par le tissu associatif en charge de réalisation de projets générateurs de revenus ou d’ac- tions de développement local soutenu soit par l’Etat ou par des bailleurs de fonds étrangers. Avec cet engouement considérable, le sec- teur coopératif a, en retour, le devoir de remplir les tâches prescrites et de répondre aux attentes.

11

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc Les résultats réalisés ces dernières années donnent de l’espoir, pourvu

Le Secteur Cooperatif au Maroc

Les résultats réalisés ces dernières années donnent de l’espoir, pourvu que cela puisse s’inscrire dans la continuité et la persévérance.

2- Conviction et volonté politique

Les pouvoirs publics exprimaient leur conviction du rôle des coopératives dans la mobilisation de l’action solidaire et dans l’organisation des activités des populations autour de projets de développement, de plusieurs façons. Cette expression de vo- lonté au plus haut niveau de l’Etat prend forme de manière manifeste aussi bien au niveau des discours, des lettres et des dé- clarations qu’au niveau de l’acte.

Dès son accession au trône et dans sa let- tre adressée, le 16 Déc 1999 , au Premier Ministre pour la préparation du plan quin- quennal 2000-2004, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a souligné :

« …, les organisations non gouvernementa- les, les associations professionnelles et les coopératives sont appelées à jouer un rôle important dans le cadre du partenariat et de la mobilisation requise pour faire face aux défis de la bataille du développement. ».

Egalement, dans son discours du Trône du 30 Juillet 2005, deux mois après le lance- ment de l’Initiative Nationale du Dévelop- pement Humain ( INDH), Sa Majesté pré- sente son hommage aux acteurs œuvrant au développement de l’économie sociale dont les coopératives constituent l’une des principales composantes ; la citation :

« …, nous rendons également hommage aux acteurs de la société civile pour les ef- forts qu’ils déploient généreusement en vue de promouvoir les valeurs de citoyenneté et développer l’économie sociale qui contribue à créer les conditions d’une vie digne. »

Ces déclarations de volonté du Souverain ont été accompagnées d’actes solennels à chaque visite de terrain ou inauguration de foires. Plusieurs coopératives ont bénéficié de ses visites ou de prix discernés par Sa Majesté aux acteurs économiques et so- ciaux invités. Le gouvernement, de son côté, a exprimé sa conviction de faire du secteur de l’économie sociale en général, et des coopératives en particulier, un moyen incontournable de mise en pratique, de sa politique en économie de proximité. C’est ce qui a été mentionné dans sa déclaration présentée par le Premier Ministre le 30 Octobre 2007 devant la chambre des représentants.

3- Contexte et environnement favorables

Les cinq dernières années ont été mar- quées par le lancement de chantiers struc- turants et de grande dimension humaine. Des chantiers qui placent l’élément hu- main au cœur des préoccupations, soit en tant qu’acteur dynamique de l’action ou en tant que bénéficiaire participa- tif de cette action, à travers des grou- pements adaptés à chaque approche. Le plus important parmi ces chantiers est l’Initiative Nationale du Développement Humain (INDH), lancée par Sa Majesté le

Roi Mohammed VI à travers son discours, adressé à la Nation le 18 Mai 2005.

Cette Initiative a mis les entreprises de l’Eco- nomie Sociale, notamment les associations et les coopératives au centre de la stratégie de développement humain en les considé- rant comme structures adéquates et parfai- tement adaptées pour des actions de proxi- mité à caractère participatif. Les premières pour l’encadrement et l’accompagnement de projets collectifs et les secondes pour le développement des activités génératrices de revenu dans un concept d’entreprise.

Un autre chantier structurant au niveau du

secteur agricole et du monde rural a fait des coopératives l’un de ses principaux outils pour la réalisation des objectifs visés. C’est le plan Maroc vert qui a été conçu sous forme d’une stratégie dont l’un de ses deux piliers est consacré à l’agriculture so- lidaire où les coopératives constituent l’ar- senal organisationnel d’exécution. D’autres projets tels que la vision 2015 de l’Artisanat, Halieutis, MCC, lutte anti

ont réservé aux coopératives

canabis,

, une place de choix dans leurs programmes destinés à promouvoir les activités à faible valeur ajoutée et ciblant les petits produc- teurs en difficulté d’accès au marché.

4- Mesures d’appui et d’accompagnement

Le secteur coopératif marocain bénéfi- ciait depuis l’indépendance du pays de l’accompagnement de l’Etat sur plusieurs plans : juridique, technique, financier, insti- tutionnel, commercial….

Le premier plan quinquennal 1960- 1964 avait consacré aux coopératives une place centrale dans le développe- ment agricole, ainsi que le code des in- vestissements agricoles de 1969. 1962 a vu la création du Bureau du Développement de la Coopération qui deviendra en 1975 l’Office de Déve- loppement de la Coopération (ODCO), établissement public chargé de promou- voir l’action coopérative et d’appuyer les coopératives en matière d’assistance juri- dique, de gestion, de mise à niveau, de commercialisation… Un appui financier sous forme de crédits bancaires avec un traitement particulier a été offert aux coopératives agrico- les par la Caisse Nationale de Crédit Agricole(CNCA), aux coopératives arti- sanales par la Banque Populaire et aux coopératives d’habitat par le Crédit Im- mobilier et Hôtelier (CIH). Une exonération fiscale bénéficiait aux coopératives selon les articles 87 et 88 de la loi n°24-83 fixant le statut géné- ral des coopératives et les missions de l’Office du Développement de la Coo- pération Les départements ministériels sectoriels ont installé, de leur côté, des services d’encadrement technique des coopérati- ves, aux niveaux central et provincial et ont réservé des lignes dans leurs budgets pour le soutien matériel et humain des coopératives relevant de leurs champs d’intervention respectifs.

Toutes ses mesures d’accompagnement - entre autres - ont permis aux petits agri- culteurs, aux mono-artisans, aux petits pê-

13

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc cheurs…organisés en coopératives, de sur- monter les contraintes dont ils

Le Secteur Cooperatif au Maroc

cheurs…organisés en coopératives, de sur- monter les contraintes dont ils souffraient, en amont et en aval du marché.

Pendant ces dernières cinq années, les coopératives ont été soutenues d’une ma-

nière différente et plus adaptée à l’environ- nement et aux attentes du nouveau marché. D’autant plus que le profil des adhérents

a complètement changé et beaucoup de

nouvelles catégories ont intégré le secteur coopératif : la femme rurale, les jeunes di- plômés, les immigrés de retour, les handi- capés,….De même que le secteur a connu de nouvelles activités : les produits de ter- roir, l’informatique et l’électronique,… et

une ouverture sur le marché international.

Les nouvelles mesures d’accompagnement ont adopté une approche beaucoup plus focalisée sur des manières d’agir et d’en- treprendre que sur le concept d’assistanat.

Il s’agit de rapports contractuels entre l’Etat

et les acteurs économiques et sociaux ac-

tifs dans le domaine du développement humain. C’est un partenariat socialement engagé pour la lutte contre les déficiences sociales notamment l’exclusion, la préca- rité et le chômage.

Les points ciblés par cette nouvelle option d’accompagnement sont :

la formation en matière de gouvernance ; l’appui matériel et financier à la création et au développement des activités géné- ratrices de revenus ; l’appui à la commercialisation des pro- duits des coopératives auprès des grands espaces de distribution et à la participa- tion aux foires commerciales ;

le soutien et l’encadrement pour l’ouverture sur les ONG et les bailleurs de fonds ; l’aide au démarrage des coopératives, porteuses de projets viables, nouvelle- ment créées.

Ces mesures sont conçues au sein d’une stratégie nationale déclinée en plans régio- naux de développement de l’Economie So- ciale où les coopératives constituent la cible prioritaire en tant que structures porteuses d’activités génératrices de revenus. Une stratégie partenariale, (pilotée par le dépar- tement en charge des affaires économiques et générales) où se conjuguent les apports de toutes les parties intervenantes : INDH, départements ministériels, établissements publics, collectivités locales, société civile…

5- Réalisations et performances (source : ODCO)

Le secteur coopératif marocain a enregis- tré ces cinq dernières années une montée remarquable avec un taux de croissance sans précédant, malgré la lourdeur qui ca- ractérise la procédure de constitution d’une coopérative et les difficultés que confron- tent les petites coopératives au début de leur existence ; difficultés de fonds de rou- lement, de local, d’accès aux crédits, d’in- tégration de marché.

Malgré toutes ces contraintes les décla- rations de création de coopératives, ex- primées à travers un formulaire envoyé à l’ODCO par les porteurs du projet, ne ces- sent d’augmenter d’une année à l’autre.

Certaines de ces déclarations aboutissent

sur des créations grâce à la persévérance et la conviction des porteurs du projet, d’autres, par défaut de cette conviction et par manque de facteurs qui poussent à l’action collective, restent sans suite. Le ta- bleau ci-après présente la différence entre les déclarations de création exprimées et les constitutions effectives :

Déclarations de Créations création effectives 2005 946 303 2006 1120 364 2007 807 487 2008
Déclarations de
Créations
création
effectives
2005 946
303
2006 1120
364
2007 807
487
2008 934
547
2009 1166
610
2010 2624
909

Si toutes les déclarations de créations ont été traduites en créations réelles, nous auront un effectif plus élevé et nous pourrions vite atteindre le seuil de décollage coopératif estimé, par l’Alliance Coopérative Internationale, à 6% de la population active occupée,

Toutefois, d’après les données relatives aux créations effectives des coopératives, nous pouvons constater une forte croissance et une évolution cumulée de 300% entre 2005 et 2010. Une évolution constamment ascendante comme le démontre le graphique suivant :

ascendante comme le démontre le graphique suivant : 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Cette évolution

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Cette évolution a été constatée également au niveau de l’effectif total d’adhérents. Ce que nous présente le tableau suivant :

15

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc   Nombre de Nombre Année coopératives d’adhérents 2005 4912

Le Secteur Cooperatif au Maroc

 

Nombre de

Nombre

Année

coopératives

d’adhérents

2005

4912

317

982

2006

5276

324

239

2007

5749

335

158

2008

6286

347

684

2009

6895

358

798

2010

7804

380

144

C’est une évolution cumulée d’un taux de 20% entre les deux années de référence. La différence entre les deux taux vient du fait que la majorité des coopératives nou- vellement créées sont des coopératives de service. Elles sont des petites structures d’une moyenne de 18 adhérents par coo- pérative.

Il est à préciser, finalement, que cette crois- sance concerne, aussi bien les secteurs classiques tels que l’agriculture, l’habitat, l’artisanat, la forêt, l’huile d’argan, la pê- che et le transport que les nouveaux cré- neaux tels que l’alphabétisation, les plan- tes aromatiques et médicinales, les denrées alimentaires, la gestion et comptabilité… comme le démontre le tableau ci-après :

secteurs

2005

2010

agriculture

3043

5003

habitat

846

1026

artisanat

570

968

forêt

144

175

pêche

53

92

transport

54

58

argan

74

183

commerce de détail

32

46

alphabétisation

29

50

consommation

25

27

plantes médicinales

14

69

denrées alimentaires

06

62

exploitation des carrières

05

14

gestion et comptabilité

05

8

main d’œuvre

04

7

autres

08

16

Total

4912

7804

D’après les données du tableau ci-haut, nous nous trouvons, avec une évolution quantitative doublée d’une diversité secto- rielle, d’une nouvelle répartition territoriale et d’une nette percée féminine.

La tendance avant 2005 a été marquée par une présence prédominante des sec- teurs laitier, céréalier, apicole, maraicher, oléicole, avicole, d’approvisionnement, d’utilisation de matériel en commun et d’élevage pour le domaine agricole et des secteurs de tapis, de broderie et couture, de menuiserie, de poterie et de ferronne- rie dans le domaine artisanal à côté du secteur de l’habitat, de la pêche, des trans- ports et de la forêt.

Pendant les cinq dernières années, le sec- teur coopératif a pu conquérir de nouveaux domaines d’activités et de nouvelles caté- gories de petits producteurs et de porteurs de projets. Comme il a pu consolider sa présence au niveau des activités liées aux produits de terroir ( huile d’argan, miel, plantes médicinales et aromatiques, den- rées alimentaires…) et aux activités de for- mation, de gestion et comptabilité, d’entre- tien de matériel électronique….

Des coopératives ont été créées distinctive- ment et massivement par des femmes et des jeunes diplômés dans différents domaines, notamment, ceux qui répondent au mieux à leurs statuts sociaux et socioprofessionnels :

produits de terroir et domaines de haute valeur cognitive : formation, informatique, gestion, consulting…

Les dernières statistiques dénombrent un to- tal de 986 coopératives de femmes avec 22429 adhérentes et 276 coopératives de jeunes diplômés regroupant 3132 coo- pérateurs.

Cette nouvelle émergence a eu également son effet au niveau territorial. La cartogra- phie coopérative a enregistré l’apparition de nouveaux espaces géographiques ab- sentés pour manque d’activités appelant au regroupement coopératif. Ils ont intégré, cette cartographie grâce aux nouveaux créneaux bénéficiant du soutien et de l’ac- compagnement des pouvoirs publics et de la société civile. Ces espaces ont vu naî- tre une action coopérative d’une grande ferveur avec l’apparition d’une diversité de coopératives. Il s’agissait plus particulière- ment des provinces du Sud, des oasis, des zones arides et montagnardes.

Pour ce qui est des performances réalisées par le secteur coopératif marocain, nous pouvons mentionner certaines expériences réussie au niveau des secteurs laitier ( Copag à Taroudant ), arganier (union Tissaliouine à Agadir), agrumicole (Mabrouka à Ait Melloul), maraicher( Izdihar à Berkane), de pêche artisanale( Merja Zarka à Moulay Bouselham et Cala Iris à El Hoceima),

d’éleva Bni Guil à Bouarfa), de cactus (Acnari à Tiznit et Sobarif à El Hoceima), de tapis de taznakht à Ouarzazate,…etc.

En terme d’indicateurs, nous pouvons avan- cer les chiffres disponibles pour 936 coo- pératives collectés en 2006 relatifs aux :

6 - Contraintes à surmonter

Avec une structure humaine et financière particulièrement faible et un environne- ment extrêmement difficile et en perpétuel changement dans toutes ses composantes physiques et immatérielles, la majorité des coopératives sont confrontées à une multi- tude de contraintes dont voici les plus ap- parentes :

Au niveau interne :

Ë Taux d’analphabétisme élevé ou niveau d’instruction très bas: plusieurs coopératives souffrent de cet handicap qui limite leur capacité de gestion et leur marge de communication avec leur environnement et ne leur permet pas de bénéficier des opportunités qu’offre le milieu de la coopération internationale en terme de financement de projets. Cet handicap est beaucoup bien ressenti chez les coopératives féminines en milieu rural.

Ë Faiblesse du capital : la plupart des petites coopératives ont un capital très fai- ble et insignifiant pour pouvoir gagner la confiance et des fournisseurs et des ban-

17

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc ques. Faute de quoi, elles ne peuvent nulle- ment engager

Le Secteur Cooperatif au Maroc

ques. Faute de quoi, elles ne peuvent nulle- ment engager des opérations à moyen ou à long terme ou participer à des actions engendrant de bonnes retombées commer- ciales et économiques.

Ë Non investissement des excédents :

beaucoup de coopératives décident, lors de leurs assemblées annuelles, de répartir les excédents réalisés au lieu de les réin- vestir. Cela est fait soit par inconscience et manque de visibilité, ou par besoin de ré- cupérer de l’argent en fin d’exercice consi- déré comme fruit ou récompense de l’effort fourni ou bien uniquement par manque de confiance au dirigeant de la coopérative.

Ë Défaut de bonne gouvernance : un

nombre considérable de coopératives de différentes tailles sont mal gérées et pré- sentent des bilans en deçà des attentes de leurs membres et de leurs partenaires. Cer- taines fonctionnent sans plan prévisionnel ou stratégie malgré la présence de possibi- lités financières. D’autres ne respectent pas les règles et les dispositions juridiques en vigueur et ne tiennent pas les réunions exi- gées aux périodes statutaires…sans parler du manque de compétences et de ressour- ces humaines qualifiées.

Au niveau externe :

Ë Contraintes du marché : la plupart des petites coopératives aux possibilités limi- tées ne résistent pas aux aléas du marché et à ses exigences en termes de qualité et de quantité indissociablement liées. Elles sont incapables de pouvoir assurer une position rentable et une place stable et

prometteuse. Elles se contentent souvent d’une clientèle locale à faible taux d’achat ou de la présence d’occasions saisonniè- res ; fêtes, mois de Ramadan, foires…pour écouler leurs produits.

Ë Difficulté d’accès au financement e -

terne : à défaut de présence de garantie ou d’organismes de cautionnement mutuel ou coopératif , beaucoup de coopératives n’accèdent pas aux crédits bancaires ou à d’autres sources de financement. Ce qui constitue une limite assez forte pour leur évolution et leur succès.

Ë Cadre juridique inadéquat ; le cadre

juridique des coopératives, en vigueur de- puis plus de 25 ans, présente certaines failles et inadaptations au nouvel envi- ronnement. La procédure de création des coopératives n’est plus adaptée au rythme en cour. La manière de gérer est devenue archaïque et handicapante. Les sanctions contre le non respect des dispositions de la loi ne sont plus en mesure de dissuader et stopper les dérives….

Ë Environnement dominé par l’informel :

il s’agit du type de rapports que tissent la plupart des petites coopératives avec leur environnement économique . La façon de s’approvisionner en produits et moyens de production et la manière d’écoulement de leurs produits, souvent sans factures ou reçus, constitue le fond et l’arrière-plan de

ces rapports. C’est un environnement qui ne favorise pas le développement de ces coopératives et rend vains tous les efforts déployés par les différents intervenants.

Ë Faiblesse d’infrastructure : l’absence d’infrastructure routière et de moyens de communication et de désenclavement de plusieurs zones pose des difficultés couteu- ses au niveau de l’approvisionnement et l’acheminement de la production. Ce qui condamne les coopératives de ces zones à la stagnation et à l’inactivité.

7 - Perspectives d’avenir

Malgré les contraintes mentionnées ci-des- sus, qui font l’objet d’interventions des pou- voirs publics et d’autres partenaires natio- naux et internationaux, le secteur coopératif marocain dispose de plusieurs opportunités et moyens pour les surmonter. Il bénéficie de larges perspectives pour progresser et se faire une position appréciable au sein du contexte socio-économique du pays. En plus des grands chantiers et projets en place (INDH, plan vert,…), il y a, égale- ment, des actions engagées pour l’assai- nissement de l’environnement coopératif au niveau juridique et l’amélioration des outils de soutien au niveau du marché.

Au niveau juridique, un projet de loi ré- formant la loi n°24-83 est déposé au Se- crétariat Général du Gouvernement pour promulgation. C’est un projet de texte qui modifiera le texte en vigueur dans sa qua- si-totalité et permettra aux porteurs de pro- jets de surmonter le problème de lenteur de la procédure de création en remplaçant l’agrément par un simple enregistrement au registre des coopératives au tribunal de première instance. La coopérative sera, ainsi, créée dans 15 jours au maximum au lieu de deux ou trois mois actuellement.

Ce projet imposera à la coopérative d’être plus transparente au niveau de l’organisa- tion, la gestion et la comptabilité, gage de la bonne gouvernance ; ce qui est fon- damental pour les partenaires financiers et commerciaux et ce qui permettra, en l’occurrence, à la coopérative d’avoir la confiance et les moyens pour assurer sa croissance et sa pérennité.

Il y a, également, un projet de loi en pré- paration sur le commerce équitable qui constitue, comme c’est le cas dans d’autres pays, un moyen approprié pour l’écoule- ment des produits des coopératives dans les meilleures conditions.

Le Ministère chargé des Affaires Economiques et Générales, tuteur du secteur coopératif a lancé ces derniers mois un projet ambitieux d’accompagnement des coopératives nouvellement créées. Il s’agit d’un accompagnement, exécuté par l’ODCO, et qui s’étale sur 2 ans pour assurer aux coopératives élues un décollage sans risque.

L’environnement international, très touché par les effets de la dernière crise financière et économique accorde de plus en plus de crédibilités aux entreprises coopératives qui ont prouvé, selon une étude réalisée en janvier 2009 par l’ACI pour le compte du Bureau International du Travail (BIT), leur résistance à ces effets. Une conviction cer- taine s’installe et une tendance à encoura- ger ses institutions prend de l’ampleur. Ce qui se traduit par des opportunités à sai- sir et des perspectives prometteuses pour l’avenir.

19

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives

Le Secteur Cooperatif au Maroc

Le Secteur Cooperatif au Maroc du terrain de jour en jour, et détiennent «sans exception» une
Le Secteur Cooperatif au Maroc du terrain de jour en jour, et détiennent «sans exception» une

du terrain de jour en jour, et détiennent «sans exception» une place importante dans les programmes de développement nationaux.

L’année 2010 a enregistré un chiffre-record avec 909 coopératives nouvellement agréées. Ce gain d’intérêt s’explique par le rôle qu’assignent les pouvoirs publics, que de nombreuses instances internationales, aux coopératives pour faire face à de nombreux problèmes de développement.

Ainsi le mouvement coopératif Marocain a connu un développement substantiel aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif. Le nombre de coopératives agréées a atteint 7804 unités en 2010, avec un nombre d’adhérents de 380.144.

Le rebondissement des coopératives s’ex- plique par leurs exploits dans divers domai- nes, économique, social, éducatif - culturel et environnemental.

Economique :

L’institution coopérative tout en étant une

L’ère des coopératives
L’ère des
coopératives

Par : Slimane lhajji LHAJJISLIM@yahoo.fr

entreprise, a constitué un modèle d’entre- prise sociale, de par les principes et les valeurs qui la régissent. Ainsi loin du but purement lucratif et de la prédominance de l’apport en capital, la coopérative en faisant exception, de ne pas exiger un mi- nimum du capital. Seule la solidarité se fait prévaloir. Les impacts économiques se font sentir sous divers angles :

génération de revenu, par un travail décent, pour chaque coopérateur, qui par son adhésion devient salarié et patron. Et ce n’est pas pour rien que la coopérative s’est imposée comme la seule capable de créer des activités génératrices de revenu. C’est ainsi qu’elle est aux premières loges dans les programmes de l’Initiative nationa- le pour le développement humain (INDH).

pérennisation des projets économi- ques, engagés par des associations, dont certaines parmi elles se sont carrément converties en coopératives. C’est l’exem- ple des associations des producteurs d’hui- le d’olive dans la région de Tétouan qui se sont toutes converties en coopératives, dans l’attente de se restructurer en union dans un proche avenir,

contributiondanslaproductiondesbiens et des services. Les coopératives alimentent de leur part, le marché national voir celui international, d’une variété de produits et de services (laitiers, oléicoles, arboricoles, fruitiers, mielleux, alphabétisation, conseils juridiques et financiers …),

amélioration de la qualité des biens et des services, par la combinaison des efforts, des ajouts et la recherche de la perfection par les coopérateurs dans l’exécution de leurs œuvres. La production d’huile d’olive, par exemple,a subi une transformation importante grâce à la coopérative, qui a permis aux coopérateurs d’avoir connaissance des nouvelles procédures et techniques modernes d’extraction d’huile. Cela a permis la production d’une huile de source connue et saine grâce à sa mise en bouteille. Elle en procure donc, un surplus en terme de garantie et de qualité. les coopératives de collecte de lait, quant à elles,ont amélioré considérablement les conditions de traite, d’acheminement et de conditionnement du lait …

diminution du prix de revient, des biens et des services acquis ou vendus, par la réduction du nombre des intermédiaires et l’établissement du contact direct des coopérateurs avec les fournisseurs ou les clients. La négociation des prix devienne possible et fertile. Quant aux divers frais et charges (transport et autre ), diminuent lorsqu’ils sont divisés sur l’ensemble des coopérateurs. Cette situation se concrétise avec les coopératives d’approvisionnement en mettant à la disposition des adhérents les matières premières et les moyens de

production nécessaires à moindre coût, (semences, engrais… pour les coopératives agricoles,piècesderechange,réparation… (coopératives des professionnels de petits et grands taxis), carburants, moteurs, filet de pêche… (coopératives de pêche maritimes)…

formalisation et organisation de certaines activités, et des systèmes productifs informels, tel que les mineurs qui se sont fédérés en coopérative dans les régions où la loi permet la création de ces coopératives, les colporteurs, les femmes de ménages…

aide à l’accès aux biens et services et à leur commercialisation, en répondant aux besoins de ces adhérents. Un producteur laitier ne peut arriver seul à écouler aisément sa production journalière, de même un artisan maçon, plombier ou peintre coopérateur ne peut soumissionner aux marchés facilement. La coopérative dresse un pont vers les débouchés et cherche les opportunités de travail.

soutien à l’intégration au service du commerce équitable. Il assure aux producteurs coopérateurs un salaire juste pour leur travail. Les coopératives féminines, essentiellement au milieu rural, travaillent des produits de manière artisanale, qui sont variées et originales. Ils rivalisent avec d’autres produits sur le marché, mais restent distingués et valent plus par leur intégration au système du commerce équitable. Il s’agit des coopératives de production de couscous, du sel (pour divers usage :

cuisine médicinal…), d’huile d’olive …

21

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc valorisation économique de quelques tâches, qui jusqu’a certaine époque, ne

Le Secteur Cooperatif au Maroc

valorisation économique de quelques tâches, qui jusqu’a certaine époque, ne sont pas prises en considération, malgré leur poids en terme de temps et de difficulté. les travaux domestiques et quotidiens des femmes au monde rural, présentent un parfait exemple. Ces femmes commencent à vivre une période florissante, avec la prolifération des coopératives féminines dans plusieurs domaines,tel que celui d’arganier, d’artisanat, d’élevage et des produits de terroir, La rupture du cycle de pauvreté des coopérateurs et de leurs familles voir même d’une grande partie de la population environnante, grâce aux effets d’entrainement.

Social :

L’entreprise coopérative contribue amplement, à l’amélioration des conditions de vie de ses adhérents et de leur famille. Une tâche qui s’est confirmée lors du lancement de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), en permettantl’accèsàplusieursservicestelsque:

résorption du chômage, par la création des opportunités du travail à toute la po- pulation inactive avec ou sans diplôme, issue du milieu urbain ou rural.

services de santé,

service de logement, par l’acquisition d’un logement décent,

protection sociale,

En plus, et toujours dans le volêt social, les

coopératives participent à l’amélioration de bien être de la population coopérative par :

la promotion sociale,

le changement de mentalité et de com- portement des coopérateurs,

la réduction des inégalités,

le renforcement d’esprit de solidarité entre les adhérents.

Educatif et Culturel :

Les coopératives, outre les ajouts socio- économiques, sont censées par la loi N 24.83, affecter et utiliser 2% des excédents réalisés pour l’éducation de leurs membres. Dès lors les coopératives participent à :

l’alphabétisation des coopérateurs et les membres de leur familles,

développement

de

la

capacité

de

participation à la prise de décision,

renforcement des capacités des adhé- rents pour faire face aux exigences de la concurrence et aux lois du marché, par des cycles de formation spécifiques.

contribution effective à la diffusion

du savoir à travers les coopératives d’alphabétisation et de formation. En outre, les coopératives contribuent à la préservation du patrimoine culturel national, par les produits artisanaux, les produits de terroir et autres produits typiquement Marocains.

Environnemental :

Face aux exigences du développement durable et aux dommages causés à l’en- vironnement, les coopératives adhérent largement dans ce sens, avec une gestion rationnelle des ressources naturelles, lors de l’exécution de leurs objectifs.

En principe le développement durable doit concilier trois éléments majeurs, qui sont : l’équité sociale, la préservation de l’environnement et l’efficacité économique. Dans ce sens, plusieurs types de coopératives y participent largement. Il s‘agit des coopératives forestières à travers l’exploitation raisonnable des ressources forestières, le reboisement …, les coopératives de la pêche maritime artisanale qui militent contre la pêche sauvage et illégale, les coopératives agricoles qui, bien encadrées, mènent leurs activités en tenant compte des impacts à court, moyen et long terme sur l’environnement, au niveau de l’usage de l’eau, l’utilisation des engrais, exploitation du sol, manipulation des produits et le traitement des détritus…

A cet égard des coopératives se sont

lancées dans le recyclage des déchets, visant à la fois la création d’un projet socio-économique, et la protection de

l’environnement.

En résumé, si le développement est sensé

être un processus participatif qui nécessite l’implication de tous les acteurs, en une étroite collaboration et partenariat, les coopératives remplissent, néanmoins,

un rôle d’importance significatif et très spécifique.

Ce rôle doit être infiniment soutenu par tous

les intervenants, qu’il s’agisse des pouvoirs

publics, les instances parlementaires, les chambres professionnelles, les collectivités locales, les organismes non gouvernemen- taux, la société civile…

Non seulement, les coopératives se sont implantées dans toutes les régions du Royaume, mais en outre, elles sont présentes dans les points les plus reculés. Elles influencent sérieusement, de leur part la progression de tout les nouveaux indicateurs de développement. C’est sans doute l’ère des coopératives.

23

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives

Le Secteur Cooperatif au Maroc

Le Secteur Cooperatif au Maroc L’Initiative Nationale pour le Développement Humain –INDH- au cœur du
L’Initiative Nationale pour le Développement Humain –INDH- au cœur du développement coopératif
L’Initiative Nationale pour
le Développement Humain –INDH-
au cœur
du développement coopératif

Par : Hanane Miri hananemiri@yahoo.fr

“ L’INDH a permis d’accélérer les transformations sociales au niveau des territoires cibles, de garantir les conditions d’une vie digne aux populations et de renforcer leur confiance dans l’avenir. ”

Extrait du message de sa Majesté le Roi Mohammed VI que dieu l’assiste aux participants du premier forum international sur le développement humain a la ville d’Agadir le 1 et le 2 novembre 2010.

Certes, l’Initiative Nationale pour le Dé- veloppement Humain (INDH), est une ini- tiative novatrice au Maroc pour réduire la

pauvreté, l’exclusion sociale et la précarité

à travers des projets d’appui aux infrastruc- tures de base, des projets de formation et de renforcement des capacités, des projets

d’animation sociale, culturelle et sportive et

a travers la promotion des activités géné- ratrices de revenus, elle s’inscrit également dans une vision globale du développement social et humain pour le pays.

globale du développement social et humain pour le pays. L’INDH a opté pour un choix stratégique

L’INDH a opté pour un choix stratégique pour renforcer les bases d’une croissance

économique soutenue favorisant l’initiative privée et la création d’emploi et de riches- ses pour une population pauvre et sans res- sources a travers l’appui a la création de micros projets, la dynamisation des coopé- ratives et la mobilisations des ressources et des richesses naturelles.

Bien évidement, L’INDH est un programme de développement communautaire partici- patif, ce qui signifie que ce sont les habi- tants des communautés cibles, eux-mêmes, qui vont exprimer leurs besoins en matière d’équipements et de services sociaux, d’appui aux activités génératrices de re- venus, de renforcement des capacités et d’animation sociale. Le programme vise 360 communes rurales qui ont un taux de pauvreté de plus de 30% et 250 quartiers urbains où les conditions d’exclusion so- ciale sont aiguës.

Les activités de l’INDH en milieu rural ont pour objectif de réduire la pauvreté et l’ex- clusion de citoyens ruraux. Les objectifs en

milieu urbain visent à renforcer l’insertion, la cohésion sociale et l’amélioration des conditions et de la qualité de vie des po- pulations. Les actions prévues peuvent être regroupées sous quatre volets :

Soutien à l’accès aux infrastructures de

base/aux services de proximité et aux équipements sociaux/urbains de base ;

Dynamisation du tissu économique local

par des activités génératrices de revenus/

d’emploi ;

Soutien à l’action et à l’animation sociale, culturelle et sportive ;

Renforcement de la gouvernance et des

capacités locales.

Elle se propose en outre de renforcer l’action de l’Etat et des collectivités locales sans se substituer aux programmes sectoriels ou aux Plans de Développement Economique et Social des collectivités locales. A cet effet, elle offre une capacité de financement additionnelle pour soutenir les actions permettant de hisser de façon rapide et durable les indices de développement humain à des niveaux appréciables. Les besoins identifiés seront étudiés au niveau de chaque commune ou quartier et seront financés dans le cadre d’une «initiative locale du développement humain». La mise en œuvre de cette initiative locale se fera tout en recherchant une mise en convergence avec les programmes sectoriels et les plans de développement des collectivités locales.

Par ailleurs, les principes directeurs de l’ l’Initiative Nationale pour le Développe- ment Humain fonde ses interventions sur une dynamique institutionnelle qui doit prendre appui sur des partenariats locaux et nationaux entre les acteurs publics et la

société civile (associations notamment) en faveur des plus démunis et ce à une échelle décentralisée et déconcentrée. Cette démarche repose sur :

- La planification stratégique :

effectuée selon un processus de planifica- tion stratégique, basée sur un diagnostic rigoureux, une définition d’objectifs précis et l’expression des besoins par les popula- tions concernées. une relecture de leur plan de développe- ment économique et social privilégiant l’as- pect développement humain.

- La synergie :

- gence des programmes sectoriels, en parti- culier sur les zones les plus défavorisées ; programmes sectoriels et les actions des collectivités locales. Dans cette perspective, la participation effective de la population bénéficiaire et des acteurs de la société civile locale de- vient sur les plans de l’approche et de la gouvernance de ces stratégies locales de développement social intégrée indispensa- ble dans toute opération de ciblage des bénéficiaires et des programmes, d’identi- fication des zones d’intervention et de défi- nition des priorités. La mise en œuvre de l’INDH obéit à une plate forme préparée par le gouvernement, sur la base des Hautes Instructions Royales, selon quatre programmes:

lutte contre l’exclusion en milieu urbain

lutte contre la pauvreté en milieu rural

lutte contre la précarité

programme transversal.

25

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc L’INDH Une nouvelle approche dans la politique du dévelop- pement.

Le Secteur Cooperatif au Maroc

L’INDH Une nouvelle approche dans la politique du dévelop- pement.

L’INDH est présentée comme une nouvelle approche de développement et un nouveau mode de gouvernance et pas comme un simple programme de lutte contre la pau-

vreté. Elle constituerait un cadre prospectif de réorganisation des solidarités sociales

et territoriales et une garantie d’efficacité

des politiques publiques de développe- ment social. Dans cet esprit, il faut insister sur deux éléments de la nouvelle approche dans la politique de développement :

L’implication des nouveaux acteurs et le passage à un système fondé sur la gouver- nance ;

Le nouveau paradigme en matière de dé- veloppement.

A signaler que le développement humain

occupe, aujourd’hui, une place stratégique aussi bien au niveau des pays développés que des pays en voie de développement (PED). Cette importance découle de l’im- pact de développement humain sur le dé- veloppement économique et social d’un

pays. Le développement humain est un

paradigme du développement qui valorise beaucoup plus que la simple hausse ou

la baisse des revenus nationaux. Il repose

sur la création d’un environnement au sein duquel les gens peuvent développer plei- nement leur potentiel et mener des vies pro- ductives et créatives en accord avec leurs besoins et leurs intérêts. Les gens sont la vraie richesse des nations. Le développe- ment vise donc à élargir les choix qui s’of- frent aux personnes pour leur permettre de mener des vies qui leur sont précieuses. Il s’agit donc de bien plus qu’une croissance

économique, qui n’est qu’un moyen – cer- tes très important – d’élargir les choix qui s’offrent aux populations.

En principe, ces choix peuvent être infinis et peuvent varier dans le temps. Les gens attachent souvent de la valeur aux réussi- tes, dans les chiffres relatifs aux revenus ou à la croissance économique : un meilleur accès aux connaissances, une meilleure nu- trition et de meilleurs services de santé, des moyens d’existence plus sûrs, une certaine sécurité contre la criminalité et la violence physique, du temps libre bien rempli, des libertés politiques et culturelles et un senti- ment de participation aux activités de la communauté. L’objectif du développement est de créer un environnement favorisant l’épanouissement pour que les gens puissent jouir d’une vie longue, saine et créative.

Le développement humain est aussi, d’abord et avant tout, une dimension terri- toriale impliquant appropriation et pilotage communautaires, Il suppose l’intégration et la participation de différentes catégories de la population aux différentes étapes du processus.

L’INDH et le développement coopératif

La dynamique coopérative actuelle consi- dérée comme très favorable pour un es- sor coopératif positif qui traduit les efforts considérables des acteurs concernés et l’apport des grands chantiers qui appui ef- fectivement ce mouvement.

L’entreprise coopérative en tant que struc- ture de production chargée de fournir à ses membres, le produit ou le service dont

ils ont besoin, constitue l’un des piliers, à coté des associations et des mutuelles, de l’économie sociale et solidaire. Ce type d’entrepreneuriat, en s’intégrant dans une économie plurielle, cherche à préserver un certain équilibre entre l’efficacité économi- que et le développement social à travers une gestion démocratique, solidaire et sociale. Le mouvement coopératif apparaît comme le mieux placé pour garantir l’attachement de l’économie au territoire ainsi il favori- se le développement humain. Il constitue un outil pour promouvoir l’apprentissage d’une culture partenariale entre l’économie sociale et l’environnement global. il doit être perçu comme un partenaire potentiel avec qui les collectivités territoriales peu- vent s’associer pour poursuivre et satisfaire les objectifs d’intérêt général, que ce soit pour favoriser la cohésion sociale, l’inser- tion de personne en situation d’exclusion et de pauvreté ou le maintien d’un tissu socio- économique dans les territoires aussi bien urbain que ruraux.

Les coopératives contribuent de façon im- portante à l’économie, à la mobilisation des ressources ainsi qu’à la stimulation de l’investissement en même temps qu’elles promeuvent la plus complète participation au développement économique et social de toute la population. Donc, en tant que forme puissante de solidarité humaine, les coopératives favorisent d’une part la créa- tion de richesses et leur répartition plus équitable, ce qui bénéficie leurs membres et leur communauté; d’autre part, les coo- pératives sont des espaces d’insertion so- ciale pour leurs membres. Cette capacité des coopératives d’imbriquer l’économique dans le social est reconnue pour tous les

pays, quel que soit leur niveau de dévelop- pement selon l’organisation internationale du travail.

Constituant ainsi la principale composante d’une économie qui s’appuie sur des en- treprises à propriété collective, les coopé- ratives sont ainsi reconnues comme faisant partie d’une sphère de l’économie pluriel- le, au même rang que l’économie publique

et l’économie privée. Une sphère de l’éco-

nomie où les biens et les services produits

servent à augmenter le bien-être des mem- bres et dont le paramètre de définition de

la valeur est la contribution à la réalisation

des objectifs de l’organisation. C’est derrières des expériences, aux ni- veaux national et international, que la coopérative a montré le moyen le plus approprié pour favoriser la création des activités génératrices de revenus. Elle trace désormais la dimension humaine du déve- loppement puisqu’elle se base sur les va- leurs de participation, de solidarité et de démocratie.

A cet égard, force est de constater que ces

principes prônés par l’INDH, s’inscrivent en parfaite harmonie avec ceux des institu- tions de l’économie sociale, notamment les coopératives qui véhiculent la même philo- sophie, partagent les mêmes valeurs et sur- tout animées beaucoup plus par la valori- sation de l’Homme et son épanouissement. L’initiative nationale de développement humain constitue la base de l’ancrage de la nouvelle culture, axée autour de valeurs et de principes fondamentaux de participation, de dignité, de confiance, de proximité, de solidarité et de partenariat, en mettant en œuvre des réalisations

27

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc concrètes porteuses d’une réelle volonté de lutter contre la pauvreté,

Le Secteur Cooperatif au Maroc

concrètes porteuses d’une réelle volonté de lutter contre la pauvreté, l’exclusion et la précarité en vue de promouvoir le développement humain durable. Au regard de cette nouvelle culture, la pro- motion du développement humain repose sur la valorisation de l’élément humain placé au centre de cette initiative.

L’adéquation entre les principes, les valeurs, les règles et les pratiques passe par la mise en cohérence de leurs applications dans les domaines de la gestion. Ces derniers sont inextricablement liés, et, en ce sens, consti- tuent bel et bien un «système» avec ses in- terdépendances, ses synergies et ce sont précisément ces interférences multiples des principes et règles dans les divers domai- nes de la gestion qu’une formation spécifi- que des entrepreneurs sociaux doit s’atta- cher à mettre en évidence et en cohérence. En revanche, le développement d’activités économiques génératrices de revenus est reconnu par tous comme étant la clé de la relance des zones rurales du pays. En effet, les expériences au Maroc ont donné de très bons résultats. D’une part, elles ont permis de déclencher un dynamisme et un proces- sus de développement au niveau des locali- tés concernées par ces actions, d’autre part elles ont été un moyen de stimulation de la motivation et de l’intégration de la popu- lation dans les projets de développement. En l’occurrence, la finalité de toute AGR est le développement local durable dans tou- tes les localités de la nation, par l’améliora- tion de la situation économique et sociale des groupements de la population. Cela, ne peut se faire qu’a travers :

ou groupe d’intérêts» susceptibles et capable

de mettre en place et de gérer collectivement une activité génératrice de revenus; économiques dans la production, la transformation et la commercialisation des produits (agriculture, élevage, et artisanat); et d’organisation collective des groupes concernés à travers la formation. C’est pour cette raison que la nouvelle stra- tégie pour le développement du secteur des cooperatives s’assigne pour objectif de s’inscrire en harmonie et en complé- mentarité avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). L’INDH a apporté une gouvernance nouvelle partant des projets identifiés par les populations jusqu’à leur réalisation. Aujourd’hui, s’il y a eu une évolution constante et dynamique du secteur coopératif, le constat est de dire que cela se traduit a travers les efforts de faire naitre des activités génératrices de revenus (AGR), des projets de type coopératif et des activités de lutte contre la pauvreté qui permettront de développer une ascension sociale. Aussi «L’Initiative nationale pour le dévelop- pement humain a donné une dynamique très importante à l’économie solidaire en nous permettant de mettre le doigt sur la problématique de la lutte contre la pau- vreté et la précarité». L’affirmation est de monsieur Nizar Baraka, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Af- faires économiques et générales. La également, des efforts se multiples tels que le projet en cours de révision de la loi sur les coopératives pour bien permettre a ce secteur à se développer de manière no- table. On trouve aussi l’accompagnement des coopératives à travers le programme

«Mourafaka» et également de la commer- cialisation de leurs produits pour assurer leur pérennité. Dans ce cadre, des conven- tions ont été signée avec les grandes sur-

faces (commerciales) pour faciliter l’intro- duction des produits des coopératives. En outre, une loi est en cours d’élaboration pour développer le commerce équitable.

Il faut aussi citer les mesures en faveur du

commerce itinérant et à travers des salons régionaux de l’économie solidaire pour la commercialisation des produits du terroir et des coopératives.

Ainsi, Pour que ce secteur puisse jouer son rôle d’insertion et créer des AGR contre la pauvreté et l’exclusion sociale, il faut qu’il

y ait un impact concret des attitudes poli-

tiques plus favorables que jamais.les insti- tutions locales incarnant la responsabilité de gestion et de régulation, devienne des

espaces de solidarité capables de générer des ressources spécifiques. En tant qu’enti- tés locales déconcentrées, elles ne peuvent jouer réellement ce rôle que si elles cher- chent a mobiliser les énergies locales et travailler dans un cadre de cohérence, de coordination et de synergie. Elles créent, par leur action stimulante, les conditions d’un nouveau développement. Le climat am- biant au développement socio-économique ne peut être acquis qu’à cette condition.

Le premier forum international sur le développement humain a AGADIR : «Le Développement Humain, l’expérience marocaine de l’INDH»

Le forum d’Agadir était, pour ainsi dire, le moment pour faire le bilan de manière so- lennelle et rendre public les premiers chif- fres et justement, de déboucher sur “une vi-

sion commune du développement humain” et de sortir avec des “recommandations qui contribueront à affiner les axes et les choix stratégiques de la deuxième phase 2011-2015 de l’INDH”. Coté bilan, 13 milliards de DH déboursés au lieu de 10 prévus initialement, 22 000 projets financés, 40 000 emplois créés, 5 millions de bénéficiaires : les chiffres parlent d’eux-mêmes. On peut parler de réussite même s’il faudra encore affiner da- vantage l’analyse. Il serait ainsi intéressant de voir l’évolution des indicateurs, dont le taux de pauvreté, dans les communes et quartiers ciblés par l’INDH.

Cela dit, pour avoir une idée précise, il faudra, selon le HCP, attendre 2012, date à laquelle il procédera à la confection d’une nouvelle carte de la pauvreté. Mais pour que l’INDH (2011-2015) soit encore meilleure, le Maroc a besoin de fai- re surtout le bilan de ce qui a le moins bien marché, de partager son expérience et de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. le forum d’Agadir a accueilli plus de 1 500 parti- cipants, marocains et étrangers, de divers horizons, et 138 intervenants, venus du monde entier ; Economistes, décideurs po- litiques, ministres, patrons d’organisations internationales, représentants de la société civile et d’ONG renommées…sont venus pour s’inspirer de l’expérience marocaine, unique en son genre.

Donner un nouvel élan à l’INDH, voilà la tâche à laquelle doit s’atteler la deuxième phase (2011-2015) de ce programme certes “fait par et pour les Marocains”, mais qui intégrerait volontiers les apports des expériences extérieures.

29

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives

Le Secteur Cooperatif au Maroc

Le Secteur Cooperatif au Maroc Le Travail Coopératif et le marketing Par : Amina Lokmane aminaellokmane@yahoo.fr
Le Travail Coopératif et le marketing
Le Travail Coopératif et le
marketing

Par : Amina Lokmane aminaellokmane@yahoo.fr

La mercatique est l’ensemble des actions destinées à détecter les besoins et à adapter en conséquence et de façon continue la production et la commercialisation de biens ou de services. Comment à partir de cette définition, la démarche mercatique peut- elle s’articuler pour une coopérative ? et quelles sont les étapes de la démarche mercatique ?

1- Etude de marché :

étapes de la démarche mercatique ? 1- Etude de marché : analyser et diagnostiquer les opportunités

analyser et diagnostiquer les opportunités et menaces de l’environnement externe :

Offre, Demande, macro-environnement. Ainsi que les forces et faiblesses de l’environnement interne : Conditions d’exercice de la coopérative.

Pour collecter ses données. Il existe trois catégories de méthodes : L’observation, l’expérimentation et l’enquête.

L’observation permet d’enregistrer des données qui seront ultérieurement analysées et expliquées. Diverses techniques sont utilisées :

le comportement passé inventaires (ex. Audit de vente) comportement d’achat de l’acheteur et le comportementd’utilisationduconsommateur (Ex. observation de l’acheteur en magasin).

L’expérimentation mesure les liens de

cause à effet. Elle mesure l’impact de la modification d’une variable sur une autre variable (Ex. observer l’effet d’une diminution du prix sur le montant des ventes).

L’enquête est menée à partir d’un

questionnaire sur un échantillon de la population à étudier. Quatre modes de recueil des données sont utilisées :

(à domicile, sur le lieu de travail, dans la rue) ou entretien de groupe. Ce mode d’entretien est onéreux et peu rapide. mais ce mode entraîne un faible taux de réponse - teux et permet de contacter des personnes dispersées géographiquement. et les modalités de réponse s’affichent sur écran et les réponses sont exprimées à l’aide du clavier. Les coûts et les délais sont réduits.

Disposant de moyens financiers limités, la coopérative devrait choisir la méthode la moins onéreuse.

2- Segmentation du marché :

La segmentation de la demande globale consiste à mettre en évidence des sous- ensembles homogènes de consommateurs (segments) aux caractéristiques spécifiques (critères), susceptibles d’expliquer des différences de comportement.

Un critère de segmentation peut être :

du foyer, revenu ; commune, climat, habitat consommation, habitudes, lieu d’achat opinions,etc …

3-Sélection d’une cible :

En segmentant, la coopérative identifie plus clairement les groupes d’acheteurs et peut cibler ceux qui lui paraissent les plus rentables.

4- Marketing-Mix :

Les besoins étant clairement identifiés, l’offre peut être affinée, et la coopérative élabore son programme marketing : Produit – Prix – Distribution – Communication.

L’expression «Mix Marketing» est l’une des plus employée en marketing. Le marketing mix est également connu sous le nom des «4P» c’est-à-dire : Produit,

Prix,

(Communication).

Place

(distribution)

et

Promotion

Quelle Offre la coopérative doit proposer sur le marché ? Quel produit ? Et à quel prix ?

Pour être choisi et acheté, le produit doit être reconnu par le consommateur. La marque, l’emballage, l’étiquette et la stylique sont les éléments qui participent à cette identification. Ils permettent de communiquer avec le client et véhiculent une image de la coopérative et de ses produits. à distinguer les produits, objets ou services d’une entité. La marque peut être : un dessin, un symbole, une combinaison de lettres et / ou de chiffres, un son, un nom géographique. Le choix de la marque permet ainsi de différencier le produit de ses concurrents et facilite le repérage du produit. remplissent deux types de fonctions : des fonctions techniques et des fonctions com- merciales ou mercatiques. Fonctions techniques :

produit (Ex. Produit alimentaire) Fonctions mercatiques :

- niquer (Ex. Emballage noir et doré de carte noire) marque - mentaires (Ex. recettes)

31

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc (pots de yaourt en verre) d’ouverture du lait) Le choix

Le Secteur Cooperatif au Maroc

(pots de yaourt en verre) d’ouverture du lait) Le choix de l’emballage est fonction du produit, de son prix, des contraintes éventuelles (Ex. recyclage).

L’étiquette : C’est la carte d’identité du

produit. L’étiquette a un rôle légal (Marquage et affichage des prix), un rôle dans la gestion du point de vente (suivi du stock Ex. codes à barres) ; un rôle de communication et d’information (mode d’emploi, promotion du produit, communication de messages publicitaires).

La stylique : est l’intégration de l’esthétique

(formes, couleurs) aux produits de l’entité et à l’image qu’elle souhaite donner aux consommateurs.

Le prix est l’expression monétaire de la valeur d’un produit. Variable mercatique déterminante, il procure à la coopérative des revenus et assure donc sa pérennité. Quatre stratégies de fixation des prix sont possibles :

Stratégie de luxe (prix élevé) :

Le caractère exceptionnel de votre offre peut justifier un prix élevé. De tels prix sont fixés pour des produits de luxe.

Stratégie du cadeau (prix de pénétration) :

Dans le but de gagner des parts de marché, l’entité utilise cette stratégie pour conquérir de nouveaux clients (pour une qualité élevée, on propose un prix bas)

Stratégie d’économie (prix économique)

Il s’agit

sans «extras». Les coûts de fabrication et marketing sont réduits au minimum. C’est la stratégie la plus adoptée par les coopératives.

d’un bas prix pour un produit

Stratégie d’exploitation (prix d’écréma-

ge) Vous bénéficiez d’un avantage concurrentiel important et pouvez fixer un prix élevé.

Comment la coopérative va assurer la distribution et la communication de son offre ? La distribution (Place, en anglais) est un autre élément du mix marketing. C’est un mécanisme à travers lequel les biens et services sont acheminés du fabricant au consommateur final.

On choisit l’une des stratégies de distribution:

Intensive, Sélective et Exclusive.

Stratégie intensive : Distribution du pro-

duit dans le plus grand nombre possible de points de vente.

Stratégie sélective : Distribution du produit dans des points de vente sélectionnés selon des critères de taille, de compétence, de services offerts à la clientèle (Ex. Produits de beauté en parfumerie)

Stratégie exclusive : Distribution des pro-

duits dans quelques points de vente limités et sélectionnés, bénéficiant d’un contrat d’exclusivité. La coopérative cherche à faire connaître son produit et à générer un chiffre d’affaire important, résultat qui ne peut être atteint que par une stratégie intensive.

Communiquer, c’est émettre des informa- tions vers une ou des cibles définies afin d’assurer de la part des récepteurs (clients, distributeurs, prescripteurs, force de ven- te…) une modification de leurs attitudes ou de leur comportement.

Pouratteindrel’objectifdelacommunication, la coopérative dispose de plusieurs canaux de communication selon ses moyens (affichage, promotion des ventes, presse, radio, télévision…).

Peut-on dire qu’il y a une orientation des efforts des coopératives vers l’adoption d’un plan Marketing ? La caractéristique principale d’une coo- pérative est que les adhérents cherchent collectivement, et non individuellement, à résoudre un problème commun ou à tirer profit d’une opportunité. Les motifs pour dé- marrer une coopérative sont variés :

possible individuellement, acheter des biens et des services, n’est possible de le faire seulement.

Les coopératives sont en effet capables de produire des articles de qualité, mais ne savent pas répondre à la demande du marché, ou chercher des acheteurs potentiels. Elles se contentent de produire, stocker et attendre que quelqu’un passe par là, ou qu’une administration leur propose une exposition. Dans un environnement d’économie de marché, la coopérative se trouve obligée d’adopter une démarche marketing et

d’établir un plan marketing mix pour vendre ses produits et services.

Par ailleurs, ces coopératives sont confrontées au manque d’études de marché, à l’inadaptation des produits et services aux goûts des consommateurs, à l’absence des politiques de prix des concurrents et des plans de distribution des produits et services.

Plusieurs contraintes empêchent les coopératives d’engager une politique marketing :

Contraintes Internes :

trop faibles ou inexistants…)

Contraintes Externes :

- nement et commercialisation)

Pour y remédier, il est nécessaire de créer de Fédérations de coopératives et de groupements d’intérêt économique. L’objectif étant d’unir leurs forces et de développer une offre plus complète, plus crédible et plus attractive.

une offre plus complète, plus crédible et plus attractive. 33 R evue M arocaine des Coo

33

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives

Le Secteur Cooperatif au Maroc

Le Secteur Cooperatif au Maroc Préambule Les Coopératives de femmes au Maroc: Etat des lieux Par

Préambule

Les Coopératives de femmes au Maroc: Etat des lieux
Les Coopératives de femmes
au Maroc: Etat des lieux

Par : Rachida ELGHIAT richawar@yahoo.fr

Etat des lieux Par : Rachida ELGHIAT richawar@yahoo.fr milieu rural et péri-urbain fournissent de gros efforts

milieu rural et péri-urbain fournissent de gros efforts pour assurer un revenu à même d’améliorer leur situation socio économi- que. Surtout qu’actuellement, elles sont devenues le seul soutien de leurs familles en l’absence du mari pour des raisons qui peuvent être liées à la maladie, le divorce, la mort, l’exode…

liées à la maladie, le divorce, la mort, l’exode… Or, l’analphabétisme, le chômage ou en- core

Or, l’analphabétisme, le chômage ou en- core l’absence de qualification dont elles souffrent ne sont pas des facteurs d’intégra- tion, ce qui affaiblit leur compétitivité sur le marché du travail, les forçant à travailler de manière individuelle dans le secteur in- formel et souvent saisonnier par la vente de produits de façon ambulante, auprès des voisins ou sur les marchés, ou des servi- ces (aide familiale) dans la perspective de

subvenir aux besoins de la famille. Ceci moyennant un revenu dérisoire, ce qui ne leur permet pas de s’émanciper et de parti- ciper au développement du pays.

Pour pallier à cette situation de pauvreté, diverses possibilités d’intégration des fem- mes se sont présentées : aide financière individuelle et mesures d’accompagnement entre autres. Or, ces mesures n’ont pas donné les résul- tats escomptés car ce dont ces femmes ont besoin en plus, c’est un cadre d’épanouis- sement et de créativité où elles se prennent en charge elles mêmes. Ce cadre n’est autre que l’entreprise coopérative.

Actuellement, l’émergence du secteur coo- pératif des femmes est une réalité que per- sonne ne peut contester. C’est une expé- rience qui mérite d’être mise en exergue, et c’est dans cette logique qu’entre cet essai.

I.Lapromotiondescoopératives de femmes au Maroc

1. La coopérative : cadre approprié pour l’intégration de la femme

La coopérative qui est une entreprise, créée

volontairement par des femmes en vue de se procurer les produits ou les services dont elles ont besoin et de la gérer selon les principes de la démocratie, la solidaire, la participation, l’autonomie et la responsa- bilité, représente la structure adéquate de création d’emploi pour les femmes dans un cadre formel.

La coopérative qui relève de la famille de l’économie sociale a des objectifs écono- miques, sociaux et éducatifs. Elle permet aux femmes de se partager entre elles les excédents réalisés au prorata des opéra- tions ou travail fourni avec une grande sou- plesse car elle :

Fait appel à davantage de main d’œu- vre que de technologie, Ne nécessite qu’un capital limité (du moins pour la période du démarrage), Permet aux femmes d’exercer des activités qu’elles pratiquaient dans leurs quotidiens, Utilise généralement des matières pre- mières locales Consolide la stabilité sociale en particu- lier pour les femmes dans les zones rura- les et participe ainsi au développement local, Préserve le patrimoine culturel marocain, notamment artisanal.

Si la coopérative des femmes s’inspire des préceptes de l’islam et valeurs ancestrales et de la société marocaine, puisque la jmaâ a constitué dans notre pays depuis des siècles un cadre au sein duquel le tra- vail collectif, l’entraide et diverses formes de soutient ont pris la forme de solidarité dans les institutions informelles au sein

desquelles les femmes marocaines étaient omniprésentes, l’expérience des coopéra- tives de femmes au Maroc dans leur sens moderne est relativement récente.

Ainsi, à l’exception d’une douzaine de coopératives de tissage de tapis et hanbal

qui ont été créées dans les années soixante et soixante dix du siècle dernier dans les villes de Rabat, Salé, et Fès. Leur démar- rage effectif n’a commencé qu’à partir de

1990.

rage effectif n’a commencé qu’à partir de 1990. Cet intérêt émanait de la volonté des pou-

Cet intérêt émanait de la volonté des pou- voirs publics à créer des activités génératri- ces de revenu pour les femmes sen vue leur insertion dans l’activité économique ainsi que l’intérêt et l’encouragement portés aux femmes par certains organismes des no- tions unies, des ONG et des associations de développement local. De son coté, l’Office de Développement de la Coopération (ODCO), conscient de l’importance des coopératives dans l’impli- cation des femmes, n’a cessé de multiplier ses mesures de vulgarisation, appui, ac- compagnement des femmes pour faciliter leur insertion dans ces structures.

35

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc 2. Mesures prises par l’odco pour la pro- motion des

Le Secteur Cooperatif au Maroc

2. Mesures prises par l’odco pour la pro- motion des coopératives de femmes

Le début des années 90 a marqué un tournant décisif en faveur de La création des coopératives de femmes. Les efforts de l’Office de Développement de la coopération ont été focalisés sur les actions suivantes à titre indicatif :

Lancement de campagnes d’information sous forme de rencontres pour sensibiliser les jeunes filles ayant suivi une formation professionnelle au mode d’organisation et de fonctionnement coopératif en par- tenariat avec différents ministères. Organisation de tables rondes au niveau central et régional et des journées d’étu- des sur les coopératives dans le cadre de la commémoration des événements liés à la femme : journée mondiale de la femme le 8 mars, journée mondiale de lutte contre la pauvreté le 17 octobre, journée mondiale de la femme rurale le 16 octobre et la journée mondiale de l’alimentation le 15 octobre. Toutes ces manifestations sont devenues une prati- que intégrée dans les activités de l’office. Formulation de projets et participation à leurs réalisations. Ainsi, entre 1999 et 2003 l’odco a pris part aux travaux pré- paratifs de la commission d’intégration économique des femmes qui a adopté la formule coopérative comme un des moyens d’implication de la femme dans la vie active, et ce lors de la prépara- tion du plan national d’intégration de la femme dans le développement. On peut citer également l’élaboration du projet «appui et accompagnement aux coopératives de femmes au Maroc»

initié par l’ODCO en partenariat avec Oxfam Québec et la GTZ avec l’organi- sation d’un atelier sur ce sujet. Etudes et publication par lesquelles l’ODCO contribue largement à une meilleure connaissance des coopéra- tives de femmes et leur environnement, à travers la réalisation de recherches et publications notamment la réalisation en 1987 d’une étude sur les femmes dans les coopératives au Maroc.

II. Bilan de l’action des coopé- ratives de femmes au Maroc

Les coopératives de femmes au Maroc sont au nombre de 986 (au 31/12/2010) re- présentant ainsi 12.63% de l’ensemble des coopératives Marocaines. Leur nombre a connu une évolution remarquable durant ces dernières décennies.

Tableau n°1 :

Evolution de création des coopératives

Années

1950

1960

1970

1980

1990

2000

2010

Nombre

de coopératives

5

11

12

27

47

70

986

Source : office du développement de la coopération

1. Répartition sectorielle La répartition sectorielle de ces coopérati- ves montre une forte concentration des coo- pératives de femmes dans les deux secteurs traditionnels qui sont l’agriculture et l’artisa- nat et, récemment le secteur de l’argan.

Tableau 2:

Répartition des coopératives de femmes par secteur

Secteurs Nombre % Agriculture 388 39.35 Artisanat 353 35.80 Argan 170 17.24 Denrées 50 5.07
Secteurs
Nombre
%
Agriculture
388
39.35
Artisanat
353
35.80
Argan
170
17.24
Denrées
50
5.07
alimentaires
Autres
25
2.54
TOTAL
986
100

Source : office du développement de la coopération

Les coopératives du secteur agricole

Avec prés de 40% de l’effectif total, le sec- teur agricole se pointe en place de choix avec 388 coopératives pratiquant en ma- jorité des activités liées au petit élevage.

Tableau n°3 :

Répartition des branches d’activité agricoles Branches Nombre % Elevage 193 49.74 (ovin-caprin) Apiculture 63
Répartition des branches d’activité agricoles
Branches
Nombre
%
Elevage
193
49.74
(ovin-caprin)
Apiculture
63
16.24
Aviculture
42
10.82
Cuniculture
42
10.82
Collecte -
commercialisation
18
4.64
du lait
Autres
30
7.74
TOTAL
388
100

Source : Office du développement de la Coopération

Les premières coopératives d’élevage qui ont été créées dans les années 90 concer- naient l’élevage du Dman. Leur création

dans le cadre du projet de coopération entre l’union nationale des femmes maro- caines (UNFM), le fonds des nations unies pour les activités de la population (FNUAP) et l’office régional de mise en valeur agri- cole du Tafilalt.

Ce projet portait sur la création des coo- pératives au profit des femmes démunies appartenant aux communes rurales de la ville d’Errachidia (connue par l’élevage de cette race d’ovin), dans le but d’améliorer leurs conditions de vie. Parallèlement, des coopératives ont vu le jour dans d’autres régions exerçant l’élevage caprin.

Depuis, les champs d’activité se sont élar- gis et les femmes ont commencé à décou- vrir de nouvelles activités : l’apiculture, la cuniculture, l’aviculture.

Hormis l’élevage, ces dernières années d’autres créneaux ont fait leur apparition dans les projets coopératifs des femmes :

collecte du lait qui concerne en général la production du fromage, plantes médicina- les et aromatiques, oléicole, sériciculture, cactus, safran.

Les coopératives du secteur artisanal :

Près de 36% des coopératives de femmes sont artisanales, et 80% entre elles prati- quent le textile, la broderie et la couture traditionnelle et moderne. Cet engouement vient du fait que ces activités artisanales ne nécessitent aucune formation préalable, du moment que la maîtrise par les femmes de l’art et la manière sont les outils de base de cette activité.

37

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc A l’instar du secteur agricole, on note l’émergence de nouvelles

Le Secteur Cooperatif au Maroc

A l’instar du secteur agricole, on note

l’émergence de nouvelles activités qui atti- rent de plus en plus de femmes, comme les activités liées à la décoration, la boulan- gerie et pâtisserie, la céramique, sculpture

sur bois. Certaines de ces activités étaient spécifiques aux hommes.

Tableau 4 :

Répartition des coopératives dans le secteur artisanal

Branches

Nombres

%

Textile tapis

118

33.43

Couture broderie

85

24.08

Tailleur confection

82

23.23

Art et décor

18

5.10

Autres

50

14.16

TOTAL

353

100

Source : Office du Développement de la Coopération

Les coopératives d’argan

170 coopératives opèrent dans la produc- tion d’huile d’argan et ses dérivées en dif- férents produits cosmétiques.

Ces coopératives ont joué un rôle primor- dial en permettant aux femmes de valoriser

le travail extrêmement pénible qui est l’ex- traction d’huile d’argan et sa commerciali- sation à un meilleur prix que celui pratiqué

sur le marché.

Les coopératives de femmes d’argan ont été appuyées dans le cadre du partena- riat entre l’Office de Développement de la Coopération, Oxfam Québec et l’organi- sation gouvernementale allemande GTZ,

appui qui a été à l’origine de la création de l’union des coopératives d’argan (tissa- liwine) dont la présidente de l’époque fut la première femme à siéger au conseil d’ad- ministration de l’Office de Développement de la De coopération.

Elles ont vu leur nombre augmenté depuis 2002 date du lancement du projet : «appui à l’amélioration de la situation de l’emploi de la femme rurale et gestion durable de l’arganeraie dans le sud-ouest du Maroc» initié par l’union européenne et géré par l’agence de développement social (ADS) en partenariat avec l’office de développe- ment de la coopération et d’autres opéra- teurs publics et privés.

Ce programme a donné une impulsion à la création et la restructuration des coopérati- ves de femmes en matière d’amélioration des conditions de leur travail pour l’extrac- tion de l’huile, la valorisation des sous pro- duits résultant de l’extraction de l’huile (les produits cosmétiques).

En parallèle à ce programme, d’autres actions transversales (formation, sensibilisa- tion, alphabétisation) et complémentaires (eau, électrification, écoles tourisme rural) ont été entreprises. Les coopératives des denrées alimentaires

Sont au nombre de 50, représentant ainsi 5% de l’ensemble des coopératives de femmes et l’adhésion de 683 femmes. Ces coopératives ont développé leurs projets autour d’activité associant le moderne au traditionnel. Il s’agit essentiellement de la production de différentes variétés du couscous que ces femmes ont réussi

à valoriser en misant sur la qualité, le conditionnement du produit avec le label de la coopérative.

C’est ainsi que des coopératives de pro- duction du couscous ont conquis des mar- chés externes en y exportant d’importantes quantités.

Autres coopératives

Ces dernières années, de nouveaux cré- neaux ont émergé, donnant ainsi aux fem-

mes l’occasion de tirer profit de ces oppor- tunités. Il s’agit d’activités liées aux plantes médici- nales et aromatiques, la collecte du mollus- que et l’alphabétisation.

2. Répartition régionale

façon

disproportionnée, les coopératives de femmes opèrent dans l’ensemble des 16 régions du royaume.

Quoique

reparties

de

Tableau 4:

Répartition des coopératives de femmes par régions

Régions 2008 2009 2010 Souss-Massa-Draâ 167 186 217 Marrakech-Tansift-Alhaouz 85 94 108 Meknès-Tafilalt
Régions
2008
2009
2010
Souss-Massa-Draâ
167
186
217
Marrakech-Tansift-Alhaouz
85
94
108
Meknès-Tafilalt
89
96
94
Tanger-Tétouan
53
60
92
Guelmim-Es- Smara
41
63
82
Doukkala-Abda
56
63
66
Taza-Alhouceima-Taounat
51
59
66
Fès-Boulmane
39
42
52
Oriental
33
42
52
Laâyoune-Boujdour
26
29
48
Tadla-Azilal
29
32
36
Rabat-Salé-Zemmour-Zaîr
27
31
33
Chaouia-Ouardigha
15
15
17
Gharb-Cherarda-Beni hssen
17
17
9
Oued Edahab-Lagouira
348
Le Grand Casablanca
776

Source : Office du développement de la coopération

39

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc En disposant de 241 coopératives la ré- gion du Souss-Massa-Draâ

Le Secteur Cooperatif au Maroc

En disposant de 241 coopératives la ré- gion du Souss-Massa-Draâ se classe en tête avec 22% de l’effectif total. Suivie par la région Marrakech-Tansift-Alhaouz avec 11% ; puis Meknès-Tafilalt avec prés de 10% et la région Tanger-Tétouan avec

9.50%.

Les coopératives d’argan jouent un rôle pri- mordial dans l’essor que connait la créa- tion de celles-ci dans la région du Souss- Massa-Draâ.

A elles seules, ces quatre régions ci-haut citées représentent plus de la moitié des coopératives de femmes.

On note également le développement que connaît le secteur coopératif dans les ré- gions du sud, surtout Guelmim-Es-Smara avec 82 unités.

Par rapport à l’année 2009, treize régions ont noté en 2010 une augmentation sensible

en création de coopératives de femmes :

Il s’agit notamment de Laâyoune-Boujdour qui a connu une progression de 65.52%, Tanger-Tétouan avec 53.33%, Guelmim- Es-Smara 30.16%. Par contre, d’autres ont stagné ou décru comme le Gharb-Cherar- da-Benihssen (-47.29%).

3. Les adhérentes

Le nombre total d’adhérentes s’élève à 22 429 femmes, soit près de 6% de l’ensemble des membres aux organismes coopératifs Marocains : 8363 femmes dans le secteur agricole, soit 37%; 7930 femmes en artisanat, soit 35% ; 4952 en arganeraie soit 22%. En effet, ces trois secteurs concentrent 94% de femmes.

On peut constater que le secteur de l’argan détient le plus de femmes par coopérative:

soit une moyenne de 29, alors que la proportion dans les secteurs agricole et artisanal est de 22.

Tableau n°5 :

Répartition des adhérentes par région

Régions

Nombre

%

Souss-Massa-Draâ

7

276

32.44

Marrakech-Tansift-Alhaouz

2

534

11.30

Meknès-Tafilalt

2

562

11.42

Tanger-Tétouan

1

623

7.24

Guelmim-Es- Smara

1

382

6.16

Doukkala-Abda

1

290

5.75

Taza-Alhouceima-Taounat

923

4.16

Fès-Boulmane

1 246

5.56

Oriental

1 023

4.56

Laâyoune-Boujdour 718 3.20 Tadla-Azilal 746 3.33 Rabat-Salé-Zemmour-Zaîr 549 2.45 Chaouia-Ouardigha 291 1.30
Laâyoune-Boujdour
718
3.20
Tadla-Azilal
746
3.33
Rabat-Salé-Zemmour-Zaîr
549
2.45
Chaouia-Ouardigha
291
1.30
Gharb-Cherarda-Beni hssen
126
0.56
Oued Edahab-Lagouira
67
0.30
Le Grand Casablanca
64
0.29
TOTAL
22 429
100

Source : Office du développement de la coopération

Sur le plan régional, Souss-Massa-Draâ concentre 32% des adhérentes, Marra- kech-Tensift-AlHaouz 12% et Meknès-Tafilalt 11%. Ces trois régions disposent de 55% de l’ensemble des adhérentes.

Les femmes sont également présentes en tant que membres actives dans beaucoup de coopératives mixtes et dont le nombre dépasse largement celui des coopératives de femmes. Malgré le faible degré de pénétration fé- minine dans le tissu coopératif, il a connu une augmentation sensible avec les nouvel- les créations. Cette évolution n’est pas que quantitative, elle est aussi qualitative. Ain- si, des coopératives dispensent des cours d’alphabétisation en faveur des femmes. Quand à cette nouvelle génération d’adhé- rentes, elle se caractérise par sa jeunesse, son implication délibérée dans ce secteur et son niveau scolaire.

Sur la base de ce qui précède ; nous pouvons émettre les remarques suivantes :

Les coopératives de femmes constituent une importante composante du tissu coo- pératif Marocain ;

Ces structures se caractérisent par la di- versité des secteurs et branches d’activité avec une prédominance de l’agriculture et l’artisanat ;

L’acheminement de la formule coopérative vers des secteurs nouveaux ;

L’implantation géographique des coopé- ratives de femmes qui touche beaucoup plus les régions rurales qu’urbaines.

Or, en dépit des avancées que ces coopératives ont connues, ces dernières sont confrontées à des limites qui entravent leur fonctionnement.

4. Les problèmes

De manière générale, les problèmes que connaissent les coopératives de femmes ne sont pas externes à ceux rencontrés par le secteur coopératif marocain dans sa globalité. Néanmoins, nous nous contenterons de mettre en exergue les principales limites spécifiques aux coopératives de femmes :

Les problèmes de commercialisation des produits qui subissent les aléas des inter- médiaires et la concurrence des usines,

41

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc surtout en l’absence de communication appropriée des coopératives pour faire

Le Secteur Cooperatif au Maroc

surtout en l’absence de communication appropriée des coopératives pour faire connaître leurs produits ; la majorité de ces femmes sont artisanes ou pratiquent le petit élevage et n’ont pas encore cette culture entreprenariale qui constitue la valeur ajoutée indispensable au développement et à la pérennité de tout projet ; L’influence de l’environnement sur les ac- tivités des coopératives notamment en milieu rural : l’insuffisance ou la dégrada- tion des infrastructures de base : les rou- tes, les moyens de transport ou encore les conditions climatiques lèsent directement l’approvisionnement des coopératives et l’acheminement de leurs productions ; Le manque de formation et d’information continue des femmes sur les techniques de gestion, de commercialisation.

Perspectives prometteuses

L’avènement de l’initiative nationale pour le développement humain (INDH) a joué un rôle primordial dans l’épanouissement que connaît le secteur coopératif des fem- mes notamment durant les trois dernières années, dans son approche de lutte contre la pauvreté en milieu rural à travers l’appui à la création d’activités génératrices de revenus dont ont bénéficié plusieurs coopé- ratives de femmes dans les activités liées à l’élevage et l’artisanat.

dans les activités liées à l’élevage et l’artisanat. Cet élan est amené à connaître davan- tage

Cet élan est amené à connaître davan- tage de développement avec la mise en route de la deuxième tranche de l’initiative royale. C’est dire l’importance du partena- riat entre les différents intervenants qui ont focalisé leurs actions sur la femme notam- ment rurale et apportent leurs soutiens à ces coopératives :

Administrations, organismes publics gou- vernementaux et non gouvernementaux, coopération bilatérale, système des na- tions unies, associations nationales et loca- les, chambres professionnelles, collectivités locales.

Parallèlement à ces appuis, les adhéren- tes sont amenées à prendre des mesures à même de disposer de coopératives concurrentielles par l’ouverture des portes d’adhésion au maximum de femmes, la diversification des activités des coopéra- tives en préconisant celles qui répondent aux besoins et au goût du consommateur local et national et, la restructuration des coopératives existantes par la constitution d’unions locales et nationales.

Les femmes devraient également réfléchir à leur protection sociale eue égard aux aléas de la vie, ainsi qu’à l’assurance de leur entreprise.

à leur protection sociale eue égard aux aléas de la vie, ainsi qu’à l’assurance de leur
Les Femmes artistes (peintres) d’Alma Par : Hayat Zouhir & Slimane lhajji HAYZOUHIR@yahoo.fr LHAJJISLIM@yahoo.fr
Les Femmes artistes (peintres) d’Alma
Les Femmes artistes
(peintres) d’Alma

Par : Hayat Zouhir & Slimane lhajji HAYZOUHIR@yahoo.fr LHAJJISLIM@yahoo.fr

& Slimane lhajji HAYZOUHIR@yahoo.fr LHAJJISLIM@yahoo.fr Si la musique brode le silence, la peinture quant à elle

Si la musique brode le silence, la peinture quant à elle a brodé de couleurs gais, la vie des femmes de douar d’Alma. C’est avec beaucoup de patience, de fascinement et surtout de curiosité, qu’on a empreinté la route du miel, qui commence à Aourir, commune rurale située à 12km au nord d’Agadir. Elle mène vers les montagnes du Haut Atlas occidental au milieu des forêts d’arganier, et de thym. Le premier douar se trouve à 8km : c’est le douar d’Alma, cette route nous mènera au milieu d’une vallée appelée «Vallée du paradis» en raison de sa nature verdoyante, fraîche tout au long de l’année et de son climat doux malgré la chaleur de l’été. Pour arriver enfin à Imouzzer, village où s’organise

chaque année le moussem du miel, afin de découvrir une entité coopérative dans un nouveau créneau. L’envie était immense à l’idée de rencontrer des femmes hors du commun, des femmes artistes en herbe qui se sont laissées porter sur les voiles d’un rêve enfouis, qui se sont démarquées par la découverte d’un monde de couleurs, qui ont tout simplement osé exister en tant qu’individu, en tant qu’être, et le plus attrayant en çela, entant que femmes rurales, juste alphabétisées, amazighphones, femmes au foyer et qui appartiennent à un milieu réservé… et dont la vie a préservé le plus beau de leur existence. Parait-il, c’est une période de grande bascule pour elles.

Parait-il, c’est une période de grande bascule pour elles. 43 R evue M arocaine des Coo

43

Revue

M arocaine des

Marocaine des

Coo

pératives

R evue M arocaine des Coo pératives
Le Secteur Cooperatif au Maroc L’éclosion d’un projet coopératif de femmes artistes : Une coopérative

Le Secteur Cooperatif au Maroc

L’éclosion d’un projet coopératif de femmes artistes :

Une coopérative artistique dé