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LETTRE-DE-MARAFA-AUX-CAMEROUNAIS-5-23-2012

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Lettre de Marafa hamidou Yaya aux Camerounais
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05/23/2012

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LETTRE DE MARAFA HAMIDOU YAYA AUX CAMEROUNAIS

Depuis mon incarcération, les Camerounais s'interrogent sur les raisons pour lesquelles je ne m'exprime que sur les sujets autres que celui pour lequel je suis supposé être détenu. En effet, le 16 avril 2012, répondant à une demande du juge d'instruction près le Tribunal de grande instance du Mfoundi, pour y être entendu sur les faits relatifs à l'affaire «ministère public et Etat du Cameroun contre Atangana Mebara Jean-Marie, Otélé Essomba Hubert, Mendouga Jérôme, Fotso Yves Michel et autres» (c.f annexe n°1). J’ai été mis sous mandat de dépôt au motif vague de «détournement de deniers publics en coaction et complicité (c.f annexe n°2).» Je ne sais ni quand ce détournement a eu lieu, ni sur quoi il porte, ni de quel montant il s'agit, ni qui en est l'auteur principal, ni quels sont les complices. Je présume qu'il s'agirait de l'affaire relative à l'acquisition d'un avion pour les déplacements du président de la République, pour laquelle le juge d'instruction aurait été instruit de m'imputer une indélicatesse et pour laquelle il avait rendu une ordonnance de disjonction en janvier 2010 et dont j'ai eu connaissance, car mise en ligne sur internet et publiée dans son intégralité par la presse locale. S'il s'agit effectivement de cela, je réitère solennellement mon innocence malgré les «vraisemblances» dont il me revient qu'elles auraient été assemblées pour les bénéfices de la cause et qui relèvent d'une démarche inductive. Je rappelle à nouveau que lorsque les enquêtes relatives à l'acquisition d'un aéronef destiné au président de la République ont été ouvertes et que les différentes personnes ayant intervenu dans ce dossier ont été interrogées, c'est moi qui avais, par acquis de conscience, sollicité le président de la République par note en date du 07 mai 2008, pour être également entendu par les instances compétentes dans le cadre de ces enquêtes, afin de contribuer à la manifestation de la vérité. C'est ainsi que j'ai été interrogé le 15 juillet 2008 par les responsables de la direction de la police judiciaire. A ce jour, c'est la seule fois qu'il m'a été demandé quelque chose sur cette affaire. Au stade où nous sommes rendus, les Camerounais ont en effet le droit de savoir toute la vérité sur cette malheureuse affaire du BBJ-II, à travers un procès transparent et équitable qui seul, permettra de mettre fin à l'imbroglio et à tout l'amalgame entretenus dans cette affaire, et à dessein, me semble-t-il. I- Du choix de GIA International Les principaux intervenants nationaux dans l'affaire de l'acquisition du BBJ-II (Boeing 737800) sont: Le Président de la République, le secrétaire général de la présidence de la République que j'étais, le ministre de l'Economie et des Finances, le chef d'Etat-major particulier du président de la République et l'administrateur-directeur général de Cameroon Airlines (Camair). Au vu des informations dont nous disposions tous, aucun d'entre nous n'avait présenté une objection quelconque à ce que CAMAIR conclue un contrat avec GIA INTERNATIONAL dans le cadre de cette acquisition. La multinationale «The Boeing Company» n'a pas hésité non plus à conclure et à signer un contrat avec GIA INTERNATIONAL. II.- Du paiement de GIA INTERNATIONAL

Au cours de nos différentes réunions relatives à cette affaire, nous sommes arrivés à deux (02) conclusions: 1) Le contrat devant lier CAMAIR et GIA INTERNATIONAL comportait trois (03) volets: - La fabrication de l'avion par The Boeing Company; - La configuration et l'habillage intérieur par la société «JET AVIATION» basée en Suisse, choisie par l'Etat-major particulier du président de la République; - Et des équipements annexes (équipements de communications sécurisées, système de protection antimissiles notamment). GIA INTERNATIONAL devait recevoir un «Security deposit» de trente et un (31) millions de dollars, grâce auquel cette société devait lever des financements pour l'ensemble de ces opérations d'une valeur totale de soixante douze (72) millions de dollars et livrer le BBJ-I1 prêt à être utilisé. La durée du remboursement de ces financements était fixée à dix (10) ans. 2) Le «security deposit» de trente et un (31) millions de dollars devait s'effectuer à travers l'émission d'une «stand by letter of credit» (accréditif à paiement différé) au profit de GIA INTERNATIONAL qui se chargerait, grâce à cette garantie et le nantissement de l'aéronef, de lever des financements sur le marché international. Cela présentait l'avantage d'éviter à notre pays une prise de risque initiale excessive, dès lors que la somme pour laquelle l'Etat s'engageait n'était guère libérée et transférée d'avance à GIA INTERNATIONAL. Le ministre de l'Economie et des Finances s'est opposé à l'émission d'une «stand by letter of credit» et a dit qu'il trouverait le moment venu, d'autres moyens pour payer la «security deposit» à GIA INTERNATIONAL. Le ministre de l'Economie et des Finances était celui qui avait en charge la gestion de la trésorerie de l'Etat. Je n'avais ni à douter de ses propos, ni à lui donner des instructions sur cette question. Concernant ma qualité de président du Conseil d'administration de la SNH, il me convient de signaler que cette fonction ne me donnait aucunement la latitude d'interférer dans la gestion des revenus pétroliers destinés, à ma connaissance, à alimenter le budget de l’Etat, géré par le ministre de l'Economie et des Finances. C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai jamais convié l'administrateur-directeur général de la SNH à aucune réunion relative à un financement quelconque, ni à l'occasion de cette affaire, ni à toute autre occasion pendant que j'étais secrétaire général à la présidence de la République. J'ai été informé, une quinzaine de jours après notre réunion relative à l'acquisition du BBJ-II, par l'administrateur-directeur général de la CAMAIR, et à ma grande surprise, que les trente et un (31) millions de dollars avaient été virés directement dans le compte de GIA INTERNATIONAL aux EtatsUnis par le ministre de l'Economie et des Finances. III.- De la suite de la procédure A mon départ du secrétariat général de la présidence de la République le 24 adit 2002, le BBJ-II avait

été fabriqué par Boeing, le contrat relatif à la configuration et à l'habillage intérieur de cet avion avait été conclu et signé par JET AVIATION. Il y a lieu de noter que cette société suisse n'avait pas non plus hésité à conclure et à signer un contrat avec GIA INTERNATIONAL. Il semblerait qu'après mon départ du secrétariat général de la présidence de la République, d'après la lettre en date du 04 septembre 2003 adressée à l'ambassadeur du Cameroun à Washington par la société Boeing et dans laquelle cette société exprimait son étonnement et son embarras (conf annexe n°3), l'on se serait orienté vers l'acquisition d'un Boeing 767-300 VIP en lieu et place du BBJ-II (737-800). Et qu'en attendant la fabrication de ce nouvel aéronef, un avion de type 767-200 d'occasion aurait été loué. C'est ce dernier qui aurait été baptisé «L'Albatros». De ce fait, le contrat entre CAMAIR et GIA-INTERNATIONAL aurait été rompu et notre pays aurait engagé des poursuites aux Etats-Unis à l'encontre de GIA INTERNATIONAL; poursuites ayant abouti à un jugement en août 2006 à Portland, dans la région de l'Oregon, par lequel le Cameroun aurait été indemnisé. Au vu de tout ce qui précède, je m'interroge sur les faits suivants: - Pour quelle raison le ministre de l'Economie et des Finances a-t-il préféré transférer l'argent de GIA INTERNATIONAL plutôt que d'utiliser la solution sécurisée de la «stand by letter of credit» qui était proposée? - Qui a décidé d'utiliser le guichet SNH pour payer les trente et un (31) millions de dollars? - Pourquoi avoir décidé d'acquérir un Boeing 767-300 Vip en lieu et place du BBJ-II (Boeing 737-800) déjà fabriqué? Les réponses à ces questions permettraient d'édifier les Camerounais et prouveront mon innocence dans ce qui semble être m'imputé. Dès lors, plus que tout autre, je réclame et je revendique toute la transparence à travers un procès équitable, dans le cas où ce serait pour cette affaire que je suis incarcéré, afin que toutes les responsabilités soient établies et que, le cas échéant, l'honneur et la dignité de ceux qui sont injustement incriminés soient restaurés. Marafa Hamidou Yaya | 23 Mai 2012 | kondengui

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