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schéma corporel et image du corps

En 1911, Henry HEAD mit en avant un concept qu'il appela « schéma corporel », sorte d'intuition du modèle postural de la personne.

Vers le milieu du 20ème siècle, les travaux de Babinsky, Lhermitte, Hecaen et Ajuriaguerra vont permettre de confirmer qu'il existe bien une structure spécifique de la représentation du corps située dans les lobes pariétaux.

Le SCHÉMA CORPOREL se constitue sur la base d'informations proprioceptives (position du corps et mouvement - notamment vestibulaires, musculaires, articulaires, tendineuses) et extéroceptives (visuelles, tactiles et auditives). Il exprime la façon dont le corps est et s'organise dans l'espace. Il est synonyme de spatialité corporelle. C'est un schéma anatomique et fonctionnel du corps. Anatomique en ce qu'il reflète la perception qu'a un individu des rapports des différentes parties de son corps entre elles et avec son environnement. Fonctionnel en ce qu'il exprime la perception qu'a ce même individu de la mécanique de ce corps biologique. Sa richesse dépend de la diversité des expériences motrices vécues.

Mais si la notion de schéma corporel se situe du côté du sensible (somato-esthésie), elle se situe également du côté de la conscience (de soi) car il est le résultat de la connaissance, la représentation et le vécu que le sujet a de son propre corps. Il s'élabore lentement (il est achevé vers 11-12 ans) et avec la maturité il représente ce qu'il vit, ce qu'il expérimente, et sera indispensable à la construction de la personnalité de l'enfant.

A. L'ACQUISITION DU SCHÉMA CORPOREL CHEZ L'ENFANT

A.1.1. Approche de la psychologie génétique

WALLON s'est attaché à montrer comment la représentation du corps se dégage d'un vécu psychomoteur dans la relation avec autrui. Il confère au schéma corporel le sens de représentation globale de la personne. « Le schéma corporel est une nécessité. Il se constitue selon les besoins de l'activité. Ce n'est pas une donnée initiale ni une entité biologique ou psychique. C'est le résultat et la condition de justes rapports entre l'individu et le milieu. »(Kinesthésie et image visuelle du corps. 1959. P 263.) Pour lui, la représentation mentale du corps est le fruit de rapports changeants entre l'espace postural et l'espace environnant. L'espace postural se construit par la perception des différentes activités sensorielles et kinesthésiques (domaine intéroceptif : sensibilité viscérale et manifestations organiques ; domaine proprioceptif : équilibre, attitudes et mouvements). L'espace environnant est conditionné par les relations inter-objets, l'espace objets-inter-personnes (domaine extéroceptif). Wallon insiste également sur l'affectivité : l'espace affectif de nos attraits ou répulsions, l'espace des souvenirs, de la vie passée et à venir, de nos croyances

Au commencement, il y a dissociation entre les différents domaines fonctionnels :

intéroceptif, proprioceptif et extéroceptif. Au cours des trois premières années l'évolution psychique

de l'enfant est liée au développement de ces différents systèmes de sensibilité. Ils apparaissent successivement et leur soudure est tardive (Wallon la situe au delà des douze premiers mois). La conscience corporelle est le résultat des différenciations et des liaisons de ces sensibilités

Le schéma corporel n'est donc pas inné, il se construit au cours du développement. L'intégration sensori-motrice est progressive.

De 0 à 5 mois

De la naissance à trois mois, les informations fournies par les différentes modalités sensorielles ne sont pas encore coordonnées. L'enfant n'est pas conscient du monde qui l'entoure, ni de son corps propre, ni de la séparation entre le deux. Ce sont les réflexes archaïques qui mettent en jeu les sensations tactiles et auditives (à l'origine des réactions de défense) ou orales (succion des objets). Le schéma corporel est donc limité à certains espaces locaux. La maturation, à cette période, va s'effectuer au niveau des structures nerveuses qui vont permettre une différenciation progressive des informations proprioceptives et extéroceptives, et donc l'apparition des premières coordinations sensori-motrices assurant un traitement spatial des informations sensorielles. Les réactions dites « schèmes préformés du comportement » (préhension, évitement), dénuées de toute signification pour l'enfant dans un premier temps, lui permettent un début d'orientation dans l'espace.

Le bébé devient progressivement capable de distinguer son corps des objets du milieu environnant. Il devient également capable d'utiliser le schéma corporel comme un système de référence permettant la localisation et la saisie des objets par rapport à la position de son propre corps dans l'espace.

De 6 mois à un an

Vers 6 mois commence l'intégration des modalités sensorielles visuelles, tactiles et kinesthésiques.

Les objets perçus par la vue vont permettre de reconnaître les différentes parties du corps ; ils sont portés à la bouche de telle sorte que peu à peu l'enfant en arrive à distinguer ce qui dépend de son propre mouvement et ce qui appartient au monde extérieur. C'est le début de la reconnaissance de l'objet et du corps propre, qui va être suivie d'ébauches d'anticipations sur la perception. Henri

parle de 'motilité intentionnelle' projetée vers l'objet, apparaissant à partir de 1 an. L'espace

objectif, distinct du corps propre, s'élabore ; la préhension a cessé d'être un réflexe automatique et devient soumis au contrôle volontaire ; la motricité est de plus en plus une activité dirigée vers un but et dotée de significations.

La verticalisation confirme cette évolution d'abord par l'acquisition de la station assise (6 mois), puis de la station debout (9 mois), et enfin de la marche (12-16 mois).

A partir de un an

Les bases du schéma corporelles peuvent être considérée comme constituées avec l'acquisition des déplacements autonomes, elles se complèteront par les expériences avec ce corps mobile au sein d'un milieu environnant. Par la suite, le schéma corporel s'affine avec l'acquisition du langage. Il

, qui

se fixe vers 5-6 ans, à partir duquel se produit, en cas d'amputation, le phénomène du membre fantôme. Cette illusion de normalité corporelle se caractérise par la perception d'un corps globalement normal.

Les fonctions imitatives interviennent aussi dans la constitution du schéma corporel en permettant à l'enfant de mettre en relation son corps avec celui d'autrui. Pour Wallon, la construction du schéma corporel et celle de la perception de l'autre relèvent d'un même processus de développement, 'le mouvement est tout ce qui peut témoigner de la vie psychique et qui la traduit tout entière'.

atteint un premier niveau symbolique élaboré par l'apparition de la

dominance latérale ???????

Puis à partir de 2 ans, grâce à l'émergence de la fonction symbolique qui lui donne accès à la représentation, l'enfant prend conscience de son unité corporelle. La représentation explicite du corps propre ne s'achèvera que plus tard en s'intégrant étroitement à la conscience que l'enfant se fait de sa personnalité sociale et morale.

A.1.2 Approche piagétienne

PIAGET considère la théorie wallonienne non comme contradictoire de la sienne mais comme complémentaire. Dans la perspective piagétienne, et suivant sa propre terminologie, on peut

distinguer

:

Le schéma corporel sensori-moteur : par l'acquisition des « catégories réelles » (objet, espace, temps, causalité) et par l'imitation, l'enfant devient capable de se représenter son corps propre par analogie avec celui d'autrui et de concevoir ce corps comme permanent.

Le schéma corporel pré-opératoire puis opératoire : si la délimitation entre le corps propre et les objets par l'action, les exercices, les jeux est effective dès l'âge de deux ans, le jeune enfant continue cependant d'acquérir les éléments constitutifs de sa propre image corporelle. La prise de conscience progressive des segments corporels, le développement des praxies, la dominance latérale, les progrès dans la représentation de l'espace et dans le développement du langage permettront à l'enfant d'avoir une représentation opératoire et objective de son corps. L'importance de la maturation et les influences éducatives au sens large sont soulignées également par Piaget, de même que le rôle de l'action et de l'équilibration dans l'apprentissage de la notion de corps propre.

« La conscience d'être un corps qui agit, d'être à la fois une unité physique et mentale ne devient possible qu'après identification à son semblable, l'autre vers lequel il dirige toutes ses puissances affectives, cet autre dans lequel se confondent sa haine et son amour. L'introjection, l'imitation, l'identification et la projection permettront à l'enfant de devenir objet dans le champ des relations. » AJURIAGUERRA. (Manuel de psychiatrie de l'enfant. 1971. P.402.)

A.2. DU SCHÉMA VERS L'IMAGE CORPORELLE

A.2.1 L'approche psychanalytique

C'est le psychanalyste SCHILDER qui, en 1935, a introduit la notion d'image du corps en la différenciant de celle de schéma corporel. Neuropsychiatre viennois, il s'est attardé sur les représentations et significations symboliques mettant en jeu toute la personnalité, ce phénomène étant un produit à la fois de l'innée et de l'acquis, c'est-à-dire, de l'hérédité et du milieu. Pour Schilder, le corps est un mode de relation avec l'environnement matériel et humain, et la vie affective joue un rôle considérable. Pour lui, c'est par un processus de construction active, à partir des expériences réelles du sujet, de ses désirs et de ses besoins que s'élabore la connaissance du corps. L'amour de soi, l'identité corporelle dépendent aussi de la présence des autres, du groupe social. L'image du corps se pare alors d'un versant mental et social.

Puis, parmi les psychanalystes, c'est peut-être Françoise DOLTO qui a le mieux précisé sa conception des notions d'image inconsciente du corps et de schéma corporel : le schéma corporel,

en principe le même pour tous les individus, se structure par l'expérience et les apprentissages. Il est « notre vivre charnel au contact du monde physique »(L'image inconsciente du corps.1984. p.18). Il spécifie l'individu en tant que représentant de l'espèce. En partie inconscient, il est l'interprète actif ou passif de l'image du corps. Celle-ci est propre à chacun : elle est liée à l'histoire du sujet. Elle est inconsciente, support du narcissisme. Elle se structure par la communication entre sujets et constitue la synthèse de nos expériences émotionnelles.

Pour la psychanalyse le schéma corporel réfère le corps actuel dans l'espace à l'expérience immédiate. Il est en principe peu sensible aux variations interindividuelles : à âge égal, il sera le même pour les différents individus.

A l'inverse, l'image du corps, qui est toujours inconsciente, est propre à chacun : elle est liée au sujet et à son histoire. Elle représente la synthèse vivante des expériences émotionnelles du sujet. Elle est constituée de l'articulation dynamique d'une image de base, d'une image fonctionnelle et d'une image des zones érogènes, lieu privilégié d'expression des pulsions.

A.2.2. Le rôle du miroir, du Moi au Je.

Vers l'âge de 6 mois, le bébé est capable d'effectuer des comparaisons. L'enfant est capable de comparer les stimulations venant du monde extérieur et celles qui proviennent de l'intérieur de son propre corps. Il parvient également à faire la distinction entre des stimulations actuelles et des stimulations antérieures. Cette aptitude explique qu'il puisse tourner la tête vers sa mère réelle après l'avoir vue dans le miroir, mais il voit encore cette image comme un dédoublement de sa mère.

· Entre 4 et 6 mois: si on place l'enfant devant un miroir, il ne se reconnaît pas et l'être

dans le miroir a une réalité propre.

· Entre 6 et 8 mois: il découvre que l'autre dans le miroir n'est qu'une image et non un être réel. L'enfant passe alors du réel à l'imaginaire.

· Vers 1 an: il comprend que l'image du miroir, c'est son propre corps, quand sa mère, le

regardant dans la glace, lui dit: "c'est toi, là !". D'une part, cette perception va permettre qu'il se perçoive comme un tout et comme extériorité (c'est la première fois qu'il voit son corps en entier). Il acquiert ainsi une représentation plus unifiée de sa personne, ce qui lui procure un sentiment intense de joie et une fascination pour sa propre image. D'autre part, la voie de l'identification à l'image s'ouvre aussi en percevant l'admiration de l'image de la mère pour son image à lui. Il rencontre là son désir, qui le suivra toute sa vie durant dans son identification à l'image que l'autre a de lui.

Ce qui vient mettre un terme à cette relation aliénante au regard de la mère, c'est le père ou le langage, c'est-à-dire la place que le père a dans la vie et le discours de la mère Le père mettra une distance entre la mère et l'enfant, tout en devenant un nouvel élément d'identification pour l'enfant, car il est alors, lui aussi, l'objet du désir de la mère.

Le Moi se forme donc par identifications successives (après le père, ce peut être n'importe quelle personne rencontrée ayant statut d'objet du désir), passant du Moi du corps morcelé puis unifié, vers le « Je » de l'assomption d'une personnalité dotée de qualités psychiques et physiques. Ce « Je » qui vient définir l'aboutissement de l'image du corps perçu dans le miroir, devenu image de Soi.

Cette expérience du miroir a de nombreuses conséquences sur le développement de sa personnalité :

un rôle structurant : l'enfant accède à une prise de conscience de l'unité individuelle en passant de ce corps morcelé à cette image unifiée.

la mise en place du processus affectif d'identification : en s'appropriant sa propre image il met en

place un "je spéculaire" (du miroir), c'est-à-dire un "je idéal" qui servira de fondement à toutes les autres identifications

la mise en place de la fonction narcissique : l'enfant intègre et accepte dans sa totalité l'image de son corps, ce qui est fondamental pour la constitution d'un Moi unifié et équilibré.

A.2.3. Image du corps, image de Soi

L'image corporelle renvoie donc au regard de l'autre sur soi, en même temps qu'à l'idéal de soi que l'on souhaite voir briller dans le regard des autres. Elle naît également des expériences agréables ou douloureuses, au travers le regard des autres, dans la rencontre du corps des autres.

Toucher son propre corps, découvrir où il réagit au plaisir ou à la douleur, découvrir comment l'utiliser dans son rôle moteur contribue à en structurer l'image. La peau a une fonction importante dans la formation de l'image du corps. Cette fonction est d'autant plus importante que la peau a été suffisamment stimulée par la mère au cours du développement du nourrisson.

Elle diffère du schéma corporel en ce qu'elle correspond à la représentation mentale de ce qu'est notre corps-expression. Elle se réfère à des échelles de valeurs, esthétiques ou sociales.

L'image de soi relève du schéma corporel, mais elle peut aussi s'éloigner de la réalité objective du fait de l'idéalisation de ce qu'elle voudrait être. La psyché prend alors le pas sur la perception anatomo-physiologique. L'image de l'apparence extérieure du corps et le schéma corporel ne coïncident alors pas obligatoirement. La conception que l'individu a de l'image de son corps est souvent beaucoup plus fonction de la qualité de l'investissement libidinal de ce corps que de la réalité. Le "Moi idéal", cette image idéale de ce que nous voudrions être mais de ce que nous ne sommes pas, en est un exemple. A cause de ce déphasage entre l'image et la réalité, le corps peut devenir source de culpabilité et de honte.

Car l'image du corps joue un rôle important dans la socialisation de l'individu tout au long de sa vie.

A.3. LES TROUBLES DU SCHÉMA CORPOREL

La somatognosie est la connaissance que l'on a de son corps et des relations entre ses différentes parties. Un mauvais schéma corporel est souvent associé à un trouble de la structuration spatiale (mauvaise latéralité, difficultés de repérage spatial). Cette représentation corporelle et l'utilisation des parties du corps sont perturbées chez les enfants déficitaires, par exemple, dans le cadre des dyspraxies.

Parmi les troubles décrits, l’hémi-asomatognosie (méconnaissance d’une moitié droite ou gauche de son corps) est liée à une lésion ou à une tumeur dans la région pariétale ascendante (ou aire post-centrale) du cerveau, considérée comme le siège de la somesthésie (perception du corps). Des connexions de l’aire somesthésique avec d’autres zones sensorielles (aires temporales de

l’audition, aires occipitales de la vision), mais aussi avec le thalamus, permettent de supposer que la coordination des diverses informations sensorielles est assurée par un ensemble de régions du cerveau (appelées parfois globalement « aire du schéma corporel »). Des connexions entre aires corticales sensorielles et motrices (cortex préfrontal, supposées permettre la prévision et le contrôle des mouvements volontaires, par exemple) suggèrent l’existence de véritables « unités sensorimotrices » corticales. De telles connexions permettent de comprendre pourquoi les tumeurs cérébrales localisées pourtant dans l’aire pariétale ne produisent pas forcément des distorsions du schéma corporel : d’autres régions intactes et diverses unités sensorimotrices peuvent suppléer à un déficit local.

Le sentiment d’unité et d’individualité du corps propre serait donc le résultat de l’intégration neurologique de ces sensations et d’un investissement affectif de l’ensemble du corps. S’appuyant sur des données cliniques très diverses (sensations de membre-fantôme chez les

amputés, troubles corporels d’ordre perceptif (agnosies) et d’ordre moteur (apraxies), sentiments de

dépersonnalisation, hypocondrie

Schilder (1935) essaye de comprendre ces perturbations en se

référant à la fois aux connaissances neurologiques et aux points de vue psychanalytiques de l’époque.

),

A.4. LES TROUBLES DE L'IMAGE DU CORPS

L'image du corps, comme nous l'avons vu, résulte d'informations neurologiques et d'une construction psychique auxquelles nous pouvons ajouter l'investissement libidinal qui en est fait. Un défaut de perception de l'information, une construction fragile ou un mauvais investissement libidinal peuvent provoquer :

un sentiment de désagrégation, d'éclatement du corps : "je suis cassé", "déchiré".

la sensation pour le sujet de ne plus se reconnaître dans le miroir.

une impression d'anormalité d'une ou de plusieurs parties de son corps en fonction de l'investissement conflictuel qu'il en a fait (dysmorphophobies).

On sait que des « sensations-fantôme » (douleurs, fourmillements

persistent longtemps

après l’amputation d’un membre ou l’ablation d’un sein (chez un tiers à la moitié des femmes ayant subi une mastectomie). Schilder les attribue à la persistance du schéma corporel antérieur du patient (la zone amputée y est encore représentée), mais aussi à son image du corps (les illusions concernant la survie de la région perdue sont nécessaires au maintien d’une image de soi intacte, au moins temporairement), ce qui est un point de vue très actuel.

)

La période de l'adolescence va être propice à certaines perturbations de l'image du corps, notamment parce que les transformations corporelles ne correspondent pas toujours à l'image psychique. Deux grandes perturbations de l'image du corps : l'anorexie et l'obésité. L'anorexie apparaît chez les filles entre 12 et 15 ans : hantise de grossir, valorisation de la minceur qu'elles recherchent comme une valeur absolue. Maigrir, c'est pouvoir s'affranchir du corps, c'est réduire les désirs localisés dans le corps. L'anorexie constitue une défense contre la dépendance familiale, un refus des transformations pubertaires. Le corps se désincarne pour devenir garant du narcissisme. L'obésité peut apparaître chez les enfants relativement jeunes. Elle va jouer un rôle différent selon les sexes, certains auteurs disent que l'obésité de la fillette est une sorte de déni de castration. L'obésité chez le garçon apparaît comme une protection passive de l'angoisse de castration.

L'expérience de la maladie va entraîner une atteinte du schéma corporel dans le sentiment de

soi. Ce qui intéresse le psychologue n'est pas la motricité proprement dite mais le corps dans son ensemble. C'est-à-dire, le corps en tant que réalité psychique, réceptacle de la perception, des émotions, partie du moi se constituant sous forme d'une image, lieu des expériences agit et vécues, le corps lié aux aléas de l'imaginaire fondé par la place et le désir de l'autre. Les troubles psychomoteurs sont étroitement liés aux problèmes affectifs et psychologiques, à l'histoire du sujet. La notion de trouble psychomoteur est difficile à cerner du fait de l'intrication des facteurs en jeu, du caractère évolutif des manifestations, de la multiplicité des formes et contenus. Les troubles psychomoteurs sont un ensemble de symptômes mais ne relèvent pas d'une pathologie particulière.

L'acquisition ou la correction du schéma corporel peuvent être largement facilitées par l'usage des techniques dites de " biofeedback ". Ces techniques visent à obtenir du sujet, grâce à un appareillage électronique, le contrôle de lui-même par le conditionnement d'un certain nombre de fonctions physiologiques que le sujet ne maîtrise pas ou mal.

Au cours des cancers il est modifié à la suite de tumeurs nécessitant une amputation* ou entraînant un handicap moteur, ou bien en cas de tumeurs cérébrales* ou médullaires*.

Pour résumer :

Le schéma corporel s'élabore chez l'enfant par la coordination des facteurs suivants :

une connaissance de son propre corps ;

les relations avec les autres ;

l'orientation spatio-temporelle ;

la latéralité ;

la structuration spatio-temporelle.

Un schéma flou et mal structuré, entraîne :

du côté de la perception, un déficit de la structuration spatio-temporelle (difficultés d'adaptation, difficultés d'apprentissage : structuration, rythme, écriture, mathématique) ;

du côté de la motricité, maladresse et incoordination (production orale, écrite) ;

construction des connaissances, difficultés dues à l'absence d'interaction avec les autres).

du

côté

de

la

relation

avec

autrui,

l'inhibition,

l'insécurité

et

l'agressivité

(difficultés

de

Les conceptions varient entre les différentes chapelles du savoir, de la science médicale à celle de l'éducation, de la psychologie génétique à la psychanalyse, mais pour autant, chacune d'entre elles évoque bien un mécanisme intégrateur produisant une image, une connaissance, une conscience unitaires du corps ou de la personne.

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