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Vib! DE LEONARD DE VINCI, SUIVIE Du Catalogue :de ses Ouvrages dans s Jes. Beaux - Arts; . pee oO Par ‘P, M,. GAULT DE SAINT- -GERMAIN, ci-devant Pensionnaire du roi de Pologne, ex- -Professeur “du ci-devant College ‘dé Clerinone —— ee 3 ‘ A2 ¢350g DE L’IMPRIMERIE DE MUNIER. A PARIS, Chez PERLET, rue de Tournon, n° 1133. a 1803. EVM ire tet titer La Vre be Léonann ve Vinct se trouve en téte de la nouvelle édition de son Traite’ de la Peinture; on verra dans la Préface de YOuvrage 7 les motifs qui ont engagé PAu- teur a Ja refaire de nouveau. SV 39S Nett tn nent DE LEONARD DE VINCI. Tour parle avec éloge de Léonard de Vinai, | son nom porte un grand caractére dans les arts, et les services qu’il a rendus 4 la Pein- ture ne seront jamais oubliés. Ses principes forent le germe des hommes illustres qui lui succédérent , et c’est avec une sorte de: jus- tice que l’on peut dire qu’il a acquis le droit den étre regardé , dans les temps modernes, comme le législateur. Entrainé par la voie du génie vers la Peinture, il fut grand Peintre ; mais cet homme extraordinaire fut tout, et on ne connoit pas encore assez les fragmens qui nous restent de ses travaux et de ses écrits, pour savoir ce qui le caractérise plus parti- culiérement. I] trouva tout au bercean, et attei- gnit trois siécles de lumiéres; les.sciences ne purent le suivre, les beaux-arts seuls profi- térent de la réyolution qu’il opéra dans le gout. Elle fut si grande, que, pour s’enformer (2) une idée,il suffit de jeter un coup-d’ceil rapide sur P’état of il les trouva. Depuis la décadence de Yempire romain, les arts disparurent de VItalie pendant plu- sieurs siécles. Son histoire ne présente que Je tableau le plus affligeant du délire de l’esprit humain. Par-tout on voit le peuple gouverné par les factions , le crime servir de degré 4 Yambition, les nations les plus barbares fondre comme des torreng dans toutes ses contrées, renverser les monumens de son antique splen- deur, exereer le pillage , et mettre tout a feu et 4 sang; le tréne et le sanctuaire comman- der la guerre civile, et les foudres du Vatican se méler aux fureursdes armes, pour nourrir Jes haines et augmenter le carnage; Phorrible faction des Guelfes et des Giblins venir achever cette funeste histoire en enfantant, pendant plus de deux siécles et demi, tout ce que l’imagination , dégradée par Pexercice du crime, peut faire naitre de plus atroce pour la désolation de Pespéce humaine : les villes ne présentent que des ruines, les campagnes et les routes ‘sont couvertes de morts, d’assaillans ou de fugitifs: Au milien de’ Italie, encore inondée du sang de ses habitans, parut, en ‘:240 , Cimabué qui donna naissance a la Pein- . «sy ture.” Quelques’ arlistes que ceux de Floreuce avoient fait venir de la Gréce, lui en inspi- yérent Je premier séntiment; et, comme i eet été la destinée de Vitalie de ne pou- voir passéder la Peinture que par les Grecs, ce forent encore eux qui ’y apportérent une seconde fois. ‘Ils firent'& Florence, et en plu- ‘sieurs autres lieux de'Pitalie, des ouvrages de mosaique et de Peinture; mais co ‘n’étoit plus ces Grevs avec leurs arts animés de leiirs mythologie; dans Athénes , modéle du monde, _ et qu’ils firent encore briller avec tant déclat sous la damination des anciéns Romains leurs vainqueurs, Dirigés par une morale plus pure ,. ils langitissoient cependant dané la ‘représen- tation des vérités dé la: foi. L’image.du beau et dusublitne que leurs ancétres avoient laissée en héritage & la postérité , n’avoit plus d'at- trait pour eux: l’intolérance civile et religieuse, dans ves-temps d’obscurité, arrétoit les progrés de toutes:les sciences ; ‘elle flétrissoit le génie et les graces de la morale. Les beaux- arts ,' ne produisoient plus que des for- "mes sauvages, pauvres et bizarres’, semi- :blables @ ‘celles: que-.enfant aa bercea ‘fa-