P. 1
Evaluation Du Risque Chimique

Evaluation Du Risque Chimique

|Views: 454|Likes:
Publié particia25

More info:

Published by: ticia25 on Jun 04, 2012
Droits d'auteur :Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

02/15/2014

pdf

text

original

SÉRIE

| CHIMIE

Guy Gautret de la Moricière

RISQUE CHIMIQUE
Concepts • Méthodes • Pratiques

LE

LE RISQUE CHIMIQUE

N. MARGOSSIAN Le règlement REACH : La réglementation européenne sur les produits chimiques 288 p.

N. MARGOSSIAN Aide-mémoire du risque chimique 2e edition, 296 p.

E. KOLLER Dictionnaire encyclopédique du génie des procédés 520 p.

Guy Gautret de la Moricière

LE RISQUE CHIMIQUE
Concepts • Méthodes • Pratiques

© Dunod, Paris, 2008
ISBN 978-2-10-053565-1

TABLE DES MATIÈRES

Table des matières Avant-propos 1 • Introduction
1.1 1.2 1.3 L’importance du risque chimique Le principe de prévention La méthode proposée

V VII 1
1 3 4

2 • Théorie du risque chimique
2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 2.7 2.8 Notions générales Caractéristiques du risque chimique Le danger chimique Processus chronique Processus accidentel Caractéristiques des méthodes existantes La contribution du règlement REACH Le principe de précaution

9
9 12 16 60 70 107 113 119

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques
3.1 3.2 3.3 3.4 Les méthodes de repérage des risques Identification des risques Estimation des risques Fixation des priorités d’action

123
123 130 142 159

4 • Pratique de la prévention des risques
4.1 4.2 4.3 Objectifs de prévention Recherche des mesures possibles Les familles de mesures

161
161 162 168

V

4.4 4.5

Choix des mesures Application de la méthodologie aux autres risques

214 227

5 • Applications particulières
5.1 5.2 5.3 5.4 Stockage Industrie chimique et pharmaceutique Traitements de surface Protection de l’environnement

237
237 253 267 276

6 • Étude de cas
6.1 6.2 6.3 6.4 Description du cas Analyse des risques Mesures de prévention Conclusion

295
295 296 299 301

7 • Organisation de la démarche
7.1 7.2 7.3 7.4 7.5 7.6 Chronologie générale Mise en place des moyens Recensement des agents chimiques Repérage des urgences Application de la méthode Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise

303
303 304 305 307 311 312

8 • Annexes
Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Annexe 5 – SGH – Classification Annexe 6 – SGH – Classement des mentions de danger selon le niveau de danger Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles Annexe 11 – INRS – Liste des guides de ventilation

315
315 320 324 328 330 336 340 345 351 355 359

Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux 360

VI

pour ensuite proposer une méthode d’analyse adaptée. Le risque chimique présente en effet des particularités qui justifient une approche et une recherche d’informations différentes par rapport aux autres risques. à l’instar de ceux que l’on propose dans l’amélioration de la qualité ou de la productivité. L’application de cette démarche au risque chimique a souvent rebuté les entreprises et les services. Elle est détaillée dans la troisième partie. VII . avec ses acteurs. qui évoquera notamment la présélection des postes à plus grand risque. ses étapes et ses moyens. Il est donc d’abord destiné aux chefs d’entreprises et à l’encadrement. comme on le croit parfois. La première partie de ce guide s’attache à identifier ces particularités. en raison de son apparente complexité. mais aussi aux fonctionnels d’hygiène et de sécurité et à toute personne confrontée aux risques chimiques dans une démarche de prévention. Toute étude de risque n’a pour finalité que d’éviter les dommages aux personnes. en s’appuyant largement sur des cas concrets. La deuxième partie est consacrée à la recherche et à la mise en place des mesures de prévention correspondantes. en commençant par ceux qui concernent l’environnement. Il n’est pas destiné de préférence aux grandes entreprises. ce qui signifie que les responsables doivent en adapter la complexité à la réalité de l’entreprise ou du service. Les dernières évolutions de la législation française. La mise en pratique efficace de cette méthode nécessite une organisation analogue à un projet. Comme tout outil d’une certaine technicité. Cet ouvrage se veut un moyen d’acquérir une véritable efficacité dans la prévention des dommages d’origine chimique. En particulier. car son utilisation n’exige en fait qu’une bonne organisation préalable. découlant d’un modèle original et universel du risque chimique. qui transcrivent les directives européennes. mettent en avant la démarche d’évaluation des risques avant toute mise en œuvre de mesures de prévention. mais bien comme un dysfonctionnement. Cet effort est un véritable investissement susceptible de porter des fruits. cet ouvrage doit faire l’objet d’une appropriation par ses utilisateurs. cet ouvrage montre que la méthode présentée ici est transposable à l’ensemble des risques. au-delà même du domaine santé/sécurité.AVANT-PROPOS © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. aux biens et à l’environnement. les accidents et maladies professionnels ne doivent pas être considérés comme une charge parmi d’autres. En outre.

.

1. la caractérisation du risque chimique manquait encore d’une méthode suffisamment rationnelle et détaillée pour en tirer des décisions sûres.1 • INTRODUCTION Cet ouvrage veut établir une rationalisation de l’approche du risque chimique. Dans le domaine professionnel. Cette théorie est l’aboutissement de l’étude systématique des dommages d’origine chimique observés depuis que des enregistrements en sont faits. . avec des concepts définis. fours. dispose d’abondantes statistiques. Elle apporte une réponse méthodologique aux principes généraux qui ont été développés ces dernières années par les spécialistes de la prévention des risques. – vapeurs. gaz et poussières délétères.1 L’importance du risque chimique Le risque chimique est présent dans de nombreux domaines de la vie et ses conséquences néfastes peuvent être facilement constatées. des règles précises et surtout une logique de fonctionnement quasi universelle. comme ses homologues dans le monde. Les chiffres donnent un ordre de grandeur du problème de la santé et de la sécurité au travail. qui vise l’estimation des risques dans le cas des équipements de travail. Cet objectif s’est trouvé réalisé par l’élaboration du modèle présenté dans cet ouvrage et son exploitation. 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le tableau ci-après donne quelques repères très généraux. La directive 98/24/CE concernant les risques liés aux « agents chimiques » en fait largement état. Elles sont collectées par les caisses régionales d’Assurance maladie. comme la norme internationale ISO 14121. appareils de cuisson. toxiques . Ces principes se retrouvent en particulier dans des directives européennes et des normes. corrosifs. puisqu’il faut les chercher dans trois groupes d’éléments matériels ainsi libellés : – appareils ou ustensiles mettant en œuvre des produits chauds. Cependant. Il expose d’abord une théorie. étuves. – appareils ou ustensiles mettant en œuvre des produits caustiques. d’autre part de la bonne codification de ceux-ci lors de la saisie. etc. . sachant que leur validité est tributaire d’une part de la discipline de déclaration des sinistres. pour l’aider dans ses missions de prévention et de réparation des atteintes à la santé. la Sécurité sociale. Les accidents de nature chimique sont assez mal définis dans le système de codage de la CNAMTS (Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés).

– Une pathologie représente près de 70 % du total tous tableaux . – Sur les 112 tableaux en vigueur. du moins en proportion. mais seuls 60 sont encore utilisés. c’est celle des affections périarticulaires (tableau n˚ 57). est sans commune mesure avec celle du domaine professionnel. article L.fr. c’est l’amiante (tableaux n˚ 30 et 30 bis). les statistiques disponibles ne sont pas si précises. L’exploitation de ces statistiques n’est guère possible puisque 77 % des causes sont codées « non précisé » ou « non classé ».risquesprofessionnels. consulter le code de Sécurité Sociale. Mais l’ampleur de ces accidents. Ils sont finalement assez rares. Ces statistiques sont disponibles sur le site Internet www. Pour en savoir plus. au cours de sports ou de loisirs et dans le cadre scolaire. qui se répartissent ainsi : Tranche d’âge (ans) Chutes Suffocations Noyades Feu <1 8 50 8 2 1-14 35 28 64 40 15-24 70 20 42 19 25-44 320 224 122 93 45-64 710 420 137 108 65-74 904 481 76 65 75 et + 8 163 2 125 92 138 Total 10 210 3 348 541 465 1. 461-2 2 . ciment et bois pour environ 15 %. survenant au domicile. – Un agent causal représente près de 80 % du total chimique . Dans le domaine de la vie courante.1 L’importance du risque chimique Statistiques de la CNAMTSa Tous types Accidents du travail (avec arrêt) en 2006 Maladies professionnelles (avec arrêt) Moyenne annuelle sur 2004-2006 Totaux 700 772 Tous types Totales 40 175 Mortelles 514 Mortels 537 Origine chimique Totaux 5 625 Mortels 9 Origine chimique Totales 8 118 Mortelles 484 a. puisqu’en 1998 on a dénombré plus de 18 000 accidents mortels.1 • Introduction 1. Les résultats sur les maladies professionnelles reconnues sont rattachés à des tableaux1.ameli. 78 ont un agent causal chimique. – Le reste des MP concerne les allergies de contact ou respiratoires et les poussières de silice. suivies par 50 tableaux différents qui ne représentent que 5 % des MP.

On peut néanmoins tenter une approche statistique grossière qui révèle que les sinistres importants. soit une pathologie. que ce soit sur une personne ou sur des biens.2 Le principe de prévention Tranche d’âge (ans) Intoxications Autres Total <1 1 11 80 1-14 5 66 238 15-24 27 263 441 25-44 73 659 1 491 45-64 102 739 2 216 65-74 140 505 2 171 75 et + 380 1 282 12 180 Total 728 3 525 18 817 Si l’on suppose qu’une partie des feux est due à des produits inflammables.1 • Introduction 1. Sachant qu’il est relativement facile de les éviter presque totalement. Un dommage sur une personne est une atteinte à sa santé . Mais ces notions restent parfaitement valides dans le domaine de 3 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Depuis la création de l’Assurance maladie en 1945. Il s’agit de définitions administratives dont les modalités pratiques répondent à certains critères.2 Le principe de prévention Avant d’aborder les définitions normalisées. soit une lésion issue d’un accident. Il faut rappeler que la réparation et la prévention des atteintes à la santé font partie des missions de la Sécurité sociale. c’est-à-dire impliquant des morts. Les accidents du domaine environnemental sont difficiles à répertorier. . soit au cours de transports de matières dangereuses. Par contre. car leur définition reste assez floue. comme le démontre cet ouvrage. il ressort que leur fréquence n’a rien d’alarmant par rapport aux autres types de dommages. car les deux termes recouvrent des réalités qui se confondent souvent. les accidents d’origine chimique peuvent donc être estimés aux environs d’un millier. sachant qu’une partie importante des intoxications est d’origine médicamenteuse. leur origine est majoritairement chimique et ces accidents se produisent soit dans des installations classées. Cette distinction n’est d’ailleurs pas facile à faire. La maladie professionnelle est une affection résultant d’une exposition répétée à des activités ou substances nocives. sont de l’ordre de la dizaine par an sur les quinze dernières années. L’accident du travail est défini comme une atteinte à la santé ayant un caractère brusque et soudain. qui est soudaine pour l’un et progressive pour l’autre. leur prévention s’impose finalement comme un devoir urgent. on peut définir le risque très simplement comme la possibilité d’un dommage. Celui de la santé humaine n’en est qu’un cas particulier. En conclusion de cette synthèse sur les dommages chimiques. C’est pourquoi la distinction doit surtout se faire sur la dynamique d’apparition du dommage. précisés dans le code de Sécurité sociale. La notion de dommage est bien connue dans le domaine de l’assurance en général. mais qu’ils sont d’une gravité supérieure à la moyenne. 1. la protection sociale a été appliquée au monde du travail en distinguant deux domaines dès le départ : les accidents du travail et les maladies « professionnelles ». en pratique.

Elle repose en fait sur quatre concepts simples. c’est réduire les risques. 4 . car en pratique. Ce point résume toute la stratégie de prévention qui sera développée dans cet ouvrage. qui nous dit qu’il n’y a parfois rien à faire. ou estimation selon le vocabulaire normatif. notamment par la méthode de l’arbre des causes. on comprend que la suppression d’un risque entraîne l’impossibilité du dommage correspondant. Faire de la prévention. il n’existe pas de dommage survenu sans risque préalable. sans que la cotation.3 La méthode proposée 1. des risques sans dommages. bien qu’elle ne soit pas admise par tous. Par la suite. En effet. Cette évidence est fondamentale pour la prévention. heureusement. 1. ce dernier terme faisant référence au vocabulaire médical. Cette estimation ne vaut en fait que par l’usage que l’on en fait pour la prévention. En étudiant des centaines de cas d’accidents ou de pathologies d’origine chimique. elle s’oppose au principe de fatalité.1 • Introduction 1. Nous les appelons composantes du risque. m Les composantes qui caractérisent un risque chimique Nous avons dit qu’il n’y a pas de dommage sans risque préalable. de sorte que les composantes identifiées ci-dessus sont différentes et propres à chacun des processus.3 La méthode proposée la vie privée. m L’estimation du risque à partir de paramètres précis L’expérience et l’intuition montrent que le risque peut être quantifié.1 Les principes de la méthode La théorie du risque chimique présentée dans cet ouvrage est une première tentative de rationalisation d’un ensemble de pratiques dictées par l’expérience et l’intuition. cette distinction des deux types de dommages est fondamentale et sert de fil conducteur dans le développement de la méthodologie proposée. si l’on rencontre. nous avons constaté. m Les deux processus d’apparition du dommage Comme le montrent aussi les études de cas. toujours en distinguant les deux processus. Le second concept fondamental est que.3. des constantes dans les circonstances qui ont contribué à l’apparition du dommage. nous appellerons ces processus « accidentel » et « chronique ». car leur présence est à la fois nécessaire et suffisante. les dommages de nature accidentelle et de nature progressive conduisant à une pathologie n’apparaissent pas dans les mêmes circonstances. qui en résulte ait les caractéristiques d’une « grandeur » mathématique. Mais si l’on admet qu’il n’y a pas de dommage sans risque préalable. au milieu d’innombrables facteurs. la suppression totale d’un risque est impossible. Nous avons identifié quels en sont les paramètres déterminants. même si sa réduction peut être parfois presque totale. Il s’avère que dans l’élaboration d’une théorie du risque chimique.

c’est pourquoi elle concerne en premier lieu les responsables d’entreprises ou d’organismes. d’obtenir une 1. son aspect logique et automatique le rend facile à utiliser avec un outil informatique. Cependant. Mais le respect de ces principes ne saurait tenir lieu de méthodologie. L’originalité de ce principe est qu’il oriente efficacement le choix des mesures. Son champ d’application dépasse d’ailleurs le domaine du risque chimique et nous verrons ce qu’il apporte notamment pour les problèmes d’environnement. C’est la mise au point du double modèle d’apparition des dommages qui a fondé notre méthodologie dans tous ses aspects. En outre. 1.2 Les apports de la méthode © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France. identifiées au préalable. Elle est inspirée.3. évaluation des risques et choix des mesures de prévention. Elle passe nécessairement par des décisions. Guide de prévention du risque chimique. Le critère d’universalité est donc à considérer tout autant que celui d’efficacité. Les critères de choix d’une méthode reposent en définitive sur son aptitude à bien prévoir les dommages possibles et à aboutir aux mesures les plus efficaces. puis a conduit à la rédaction du présent ouvrage. une fois réalisé. dont il faut connaître les fondamentaux et les exercices. Il apparaît dans la pratique que la prévention du risque chimique est une discipline à part entière. aussi simple qu’un tableur. les services. au lieu de le laisser guider par l’intuition. ainsi que dans la protection de l’environnement. Cette rationalisation en fait un outil universel. par l’étude des données disponibles sur les accidents et les maladies professionnelles. c’est-à-dire éviter les dommages. jusque dans les activités artistiques. qui a d’abord fait l’objet d’une description sommaire dans une brochure publiée par la CRAM d’Île de France1.3 La méthode proposée m La prévention comme action sur les composantes du risque Puisque la prévention consiste à réduire le risque.1 • Introduction 1. et vise à déboucher sur des pratiques utiles pour atteindre l’objectif d’un meilleur niveau dans la santé et la sécurité des personnes. applicable à toutes situations et toutes activités. Cette théorie permet de s’inscrire automatiquement dans les principes généraux proclamés par la législation tant française qu’européenne. elle doit agir sur ses composantes. ce qui finalement indique la marche à suivre. c’est-à-dire à diminuer son importance. DTE 175. car ils se résument à la progression : inventaire des dangers. dans l’industrie.fr. Beaucoup de méthodes ont été proposées pour évaluer les risques. et cela dans l’immensité de toutes les situations que l’on peut rencontrer. Ce document est téléchargeable sur le site www. 5 .cramif. les commerces. mais il faut rappeler que l’objectif de toute démarche est la prévention. nous le rappelons. inventaire qui permettra en outre. dont les premières conséquences sont souvent financières. Le cheminement global de cette méthodologie est le suivant : 1) La première étape est un inventaire complet des agents chimiques présents et de leurs dangers. par exemple. l’examen des avantages et des inconvénients des méthodes les plus connues nous a conduit à imaginer une méthodologie plus universelle.

qui est expliquée au paragraphe 2. est la directive 67/548/CEE. Elle conduit à une fixation des priorités. reposant sur un raisonnement logique. mais aussi l’institution d’une agence européenne des produits chimiques. » Il devrait aussi « promouvoir le développement de méthodes alternatives pour l’évaluation des dangers liés aux substances ». et non de l’écrit ou du prescrit. La plus importante. Elle vient de faire l’objet d’une profonde modification par la directive 2006/121/CE1. le 18 décembre 2006.3 La problématique REACH Les différentes parties du Code du travail qui traitent du risque chimique. afin qu’elle soit de nature relative et non absolue. L’universalité de cette démarche apparaîtra dans les applications que nous décrirons dans des domaines variés. sont issues de décrets de transposition de directives européennes. • l’activité humaine réelle. l’évaluation des substances chimiques. 1. Ce règlement « devrait assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement ainsi que la libre circulation des substances.3. 4) L’estimation du risque. sachant que ce point n’est qu’une étape et non un objectif final. 6) Il est ensuite facile d’évaluer le gain obtenu par les mesures mises en place.1 • Introduction 1. il ne reste qu’à les choisir et les mettre en place. en réitérant l’estimation des risques du 4˚. Directive publiée au JO C 396 du 30/12/2006 6 . 5) La recherche des mesures de prévention devient ensuite très simple. Son objet principal est l’enregistrement. nécessaire pour pouvoir planifier les actions de prévention. afin que les règles concernant la notification et l’évaluation des risques des substances chimiques soient conformes au nouveau règlement CE n˚ 1907/2006.3 La méthode proposée présélection rapide des postes à plus grand risque. celle qui régit la classification des produits chimiques depuis 40 ans. 1. se fait après inventaire complet des risques. génère des hypothèses que la simple intuition est loin d’imaginer. Ce règlement. Une fois inventoriées. c’est-à-dire l’attribution d’un niveau d’importance. 3) Cela dans le but de repérer systématiquement les composantes du risque présent selon les deux processus de la modélisation. plus connu sous le sigle REACH (Registration. Son entrée en vigueur date du 1er juin 2007. On constate rapidement que le respect de cette règle. telles quelles ou contenues dans des préparations ou des articles. plus ou moins explicitement. tout en améliorant la compétitivité et l’innovation. Evaluation and Authorization of CHemicals). a été adopté le même jour. ainsi que les restrictions applicables à ces substances.2.1. il faut observer et noter : • les dangers présents . 2) Ensuite. puisqu’elle consiste à trouver des actions possibles sur les composantes identifiées dans l’évaluation des risques. Le repérage de ces composantes doit se faire en fonction du travail réel observé.

50. alors que la directive 98/24 traitait des risques. p. ou de les remplacer par des substances moins dangereuses ». – Selon la classification des substances ou préparations issue de l’évaluation. » Il nous semble très regrettable que le REACH n’ait pas mieux séparé les rôles. 11 7 . et les opérateurs situés en aval dans la chaîne d’approvisionnement peuvent maîtriser valablement les risques. Mais si l’évaluation de la sécurité chimique est accessible aux fabricants. JO L 158 du 30/4/2004. Leur nombre est estimé à 30 000. » Ce descriptif appelle des remarques importantes. et notamment de la directive 2004/37/CE1 concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail et de la directive 98/24/CE2 concernant la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des agents chimiques sur le lieu de travail. lorsque cela est techniquement possible. La réponse est que le fournisseur ne peut que parler d’expositions « raisonnablement prévisibles ». si tel était le cas. et rectificatif dans le JO L 29 du 29/6/2004. à savoir les dangers pour les fabricants ou importateurs et les risques pour les utilisateurs « en aval ». est bien différente ! Toutefois. et les résultats consignés dans un dossier technique. qui font obligation aux employeurs d’éliminer les substances dangereuses. p. il est précisé au point 16 de ladite annexe que « le présent règlement fixe les devoirs et les obligations des fabricants. selon l’expression de l’annexe I. Dans ces conditions. il serait étonnant que ces expositions puissent être estimées importantes. p. et même qu’elle « couvre toutes les étapes du cycle de vie de la substance. Son but est d’établir que « les risques liés à la substance qu’ils fabriquent ou importent sont valablement maîtrisés pendant sa fabrication et son utilisation propre. Nous savons que la réalité. D’ailleurs un fabricant n’est-il pas nécessairement un utilisateur ? 1. découlant de la fabrication et des utilisations identifiées ». JO L 131 du 5/5/1998. que seul connaît l’utilisateur final. donc très théorique. – Les fabricants ou importateurs devront élaborer un rapport sur la sécurité chimique. comment un importateur ou un distributeur peut-il connaître toutes les expositions possibles des utilisateurs finaux ? L’annexe I dit bien que « l’évaluation de la sécurité chimique par un importateur porte sur l’ensemble des utilisations identifiées ». puisqu’en plus des règles de classification. importateurs ou utilisateurs des plus dangereuses seront soumis à une autorisation.3 La méthode proposée © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La directive 67/548 et tous ses amendements ou adaptations visaient essentiellement le domaine des dangers chimiques. il introduit des évaluations d’exposition. Le nombre de celles-ci est estimé à 3 000. Le règlement REACH couvre les deux domaines. Mais il précise qu’il est « sans effet sur l’application des directives relatives à la protection des travailleurs et à l’environnement.1 • Introduction 1. les fabricants. des importateurs et des utilisateurs en aval des substances telles quelles et des substances contenues dans des préparations ou des articles. 23 2. – Les produits ainsi enregistrés doivent être évalués selon une procédure fixée par le règlement. Son contenu peut être schématisé ainsi : – Toute substance ou préparation mise sur le marché européen à raison de plus de 1 tonne par an doit être préenregistrée auprès de l’agence désignée à cet effet.

aux importateurs et aux utilisateurs en aval de veiller à fabriquer. par exemple le point 3 du premier article : « Le présent règlement repose sur le principe qu’il incombe aux fabricants. » L’effet nocif d’une substance. Ses dispositions reposent sur le principe de précaution. mettre sur le marché ou utiliser des substances qui n’ont pas d’effets nocifs pour la santé humaine ou l’environnement. Comment une substance chimique pourrait n’avoir aucun danger ? Le principe de précaution serait-il d’interdire toute utilisation de produit chimique ? Notons que les définitions de danger et de risque ne figurent pas dans l’article 3. c’est la définition du danger. Cette évolution réglementaire renforce le besoin d’une méthodologie précise et fiable dans le domaine du risque chimique et nous conforte dans notre entreprise d’établir des fondamentaux sur la théorie et la pratique du risque chimique.3 La méthode proposée Il semble même que la confusion entre danger et risque soit encore présente dans certaines expressions du document. 8 .1 • Introduction 1. Ce sont donc celles de la directive 98/24 qui restent valides.

Après des années d’hésitations. le bruit.1 Définitions normalisées m Cas général © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le danger. ISO 14121 et de la directive européenne 98/241. 1. d’un phénomène ou d’un milieu qui décrit le type de dommage qu’il peut causer. 9 . Il existe en effet un grand nombre de concepts qui s’y rattachent depuis les temps anciens. les organes en mouvement et les énergies potentielles sont des phénomènes dangereux. le vocabulaire prend une importance décisive. les objets coupants. Quant à la directive déjà citée. Les définitions qui suivent sont celles qui sont adoptées par les instances spécialistes des risques professionnels. d’une matière.1 Notions générales 2. Le risque est une notion dont la définition est la plus variable. C’est une constante qui ne varie pas avec les conditions d’utilisation. La norme ISO 12100 emploie plutôt le terme de « phénomène dangereux ». Elles sont largement inspirées des normes ISO 12100. parce qu’elle dépend du domaine concerné. En matière de science du risque. Mais on observe une convergence grandissante avec la définition de la norme ISO 12100 : « combinaison de la probabilité d’un dommage et de la gravité de ce dommage ». Dès qu’il a fallu introduire un peu de rationalité dans ce domaine. cette notion faisant partie de la vie quotidienne des hommes. une normalisation s’est mise en place. qui désigne une « source potentielle de dommage ». où le jugement subjectif domine. la nécessité de fixer le sens des termes employés s’est imposée.1. Cette définition a le mérite de montrer clairement que si le danger est propre à l’agent chimique.2 • THÉORIE DU RISQUE CHIMIQUE 2. à savoir les CRAM et l’INRS. le risque dépend des conditions d’utilisation. sans être encore aujourd’hui complètement aboutie. notamment attribuables à la difficulté de trouver des équivalences entre les grandes langues scientifiques. est une propriété d’un matériel. La directive 98/24 est une directive européenne du 7 avril 1998 concernant la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des agents chimiques sur le lieu de travail. elle le définit comme « la probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d’utilisation et/ou d’exposition ». L’électricité. Les textes réglementaires nationaux et européens ne sont pas encore parfaitement homogènes sur ce point. en général.

quantification. complétant l’aspect simplement qualitatif qu’apporte l’identification. La radioactivité est un phénomène très dangereux. tels qu’évaluation. Les premiers constituent des phénomènes plus dangereux que les seconds. Il en existe d’autres.1 – Schéma de la norme ISO 14121 adapté au risque chimique La notion d’importance du risque est fondamentale dans le discours sur la sécurité et devrait toujours être utilisée à bon escient dans tous les domaines. appréciation. et doit être estimé au cas par cas. la comparaison entre avions et véhicules automobiles. Et lorsque l’on parle d’absence de risque. Le terme d’estimation est celui qui est fixé par la norme ISO 14121 (ex EN 1050). et réciproquement. on exprime en fait que le risque considéré est trop faible pour être pris en compte. en le simplifiant. cotation. comme suit : Délimitation du domaine d’étude atelier (process…) Identification des agents chimiques dangereux Analyse de risque Appréciation du risque Estimation des risques chimiques Évaluation des risques chimiques L’action estelle sûre ? NON Réduction du risque OUI FIN Figure 2. Nous insistons sur ce point. notamment par les media ou les hommes politiques. Les termes d’évaluation et d’appréciation se retrouvent dans un schéma général établi pour les équipements de travail.2 • Théorie du risque chimique 2. Autre exemple. objets de la norme.1 Notions générales L’estimation du risque consiste à en préciser l’importance. 10 . C’est une forme de quantification. mais c’est l’inverse au stade des risques. pourtant simple à comprendre : un grand danger n’engendre pas obligatoirement un grand risque. mais le risque nucléaire est variable selon les circonstances. utilisés à sa place. Ce schéma peut être facilement transposé pour le risque chimique. les statistiques en témoignent.

qui font l’objet de mesures réglementaires spécifiques. et en particulier l’étiquetage réglementaire. cancer…). Le terme d’agent chimique plutôt que de produit est plus large. Le risque chimique est celui qu’engendre l’utilisation ou le contact avec un ou plusieurs produits chimiques. comme dans les autres risques. La classification. Les dommages possibles sont très variés . À ce sujet. même les personnes familières du domaine de la sécurité commettent souvent la confusion. indépendamment de ses conditions d’utilisation. 11 . Le risque d’incendie ou d’explosion en fait donc entièrement partie. La première regroupe les atteintes lentes à la santé (irritation. nous les détaillerons par la suite. est loin d’être anodin quand on sait l’importance de ces agents dans la genèse de nombre de maladies professionnelles (poussières d’amiante ou de bois. La directive 98/24 définit le danger comme une « propriété intrinsèque d’un agent chimique susceptible d’avoir un effet nuisible ». la seconde les effets soudains et rapides. comme avec les intoxications aiguës.2 • Théorie du risque chimique 2. Il est important de retenir que le danger est propre à l’agent chimique. Nous avons vu que ce risque peut prendre une forme progressive ou accidentelle. comprenant les accidents et les maladies professionnelles. En tant que tel. Le danger d’un agent chimique est défini par le type de dommage qu’il peut causer. Le risque chimique est souvent compris comme risque toxique. sans avoir abordé l’activité des personnes les utilisant. m Cas du risque chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. vapeur. tels que poussière. puisqu’il inclut les substances. Pourtant. mais aussi d’autres facteurs étrangers au risque. Nous verrons que le règlement REACH n’a malheureusement pas levé toute ambiguïté sur ce sujet.). il faut saluer le remplacement de l’expression « phrase de risque » utilisée dans la réglementation française par l’expression « mention de danger » introduite par le nouveau SGH (Système Général Harmonisé). tenant compte de l’évaluation. Ce changement d’appellation. désigne l’ensemble de la démarche qui va de l’identification à l’estimation. Ainsi il peut y avoir un risque relativement faible avec un produit très dangereux et. etc. Cette distinction entre danger et risque sur laquelle nous insistons est fondamentale dans la gestion du risque chimique. fumée. en parlant de risque des produits. déchet.1 Notions générales L’évaluation. qui n’en est en fait qu’un aspect. il peut être estimé pour situer son importance. ne vise principalement qu’à informer sur les dangers des produits chimiques. L’appréciation est la décision finale. inversement. soit par action directe. Cette distinction se retrouve d’ailleurs dans la partie du code de la Sécurité sociale qui traite des risques professionnels. en raison des propriétés physico-chimiques des produits (inflammabilité. l’utilisation d’un produit de danger modeste peut générer un risque élevé. fixée par la réglementation. soit par action indirecte. comme la définit la norme. fumées de soudures ou de combustion. La directive 98/24 le définit comme « la probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d’utilisation et/ou d’exposition ». les préparations et les produits générés par l’activité. explosivité…). alors qu’il est souvent considéré à part dans l’organisation de la sécurité ou dans certains ouvrages.

en l’occurrence une pathologie. etc.2 • Théorie du risque chimique 2.2. elle n’est pas directement visible tant que l’on ne s’est pas représenté quel événement dangereux pourrait survenir.2 Caractéristiques du risque chimique 2. cutanée ou digestive. puisqu’elle découle d’une certaine conscience de risque. Cette « zone de danger » n’est pas toujours facile à délimiter ou même à imaginer.2 – Schéma du processus chronique Le mécanisme accidentel part d’une situation dangereuse créée par la présence d’une personne dans la zone où un agent chimique peut constituer une menace. qu’il soit de type accidentel ou de type chronique. L’étude des bases de données sur les accidents ou les maladies professionnelles nous apprend que les points de départ des processus sont différents.2 Caractéristiques du risque chimique 2. temps nécessaire pour qu’une quantité d’agent chimique soit absorbée par l’organisme. mais aussi sous forme de vapeurs. Le passage au dommage. Ce processus peut être représenté par le schéma suivant : exposition zone dangereuse personne produit dangereux zone de présence quantité absorbée dommage Figure 2. d’aérosols. Le passage au dommage. ne se produira 12 . se produit obligatoirement. suffisante pour générer une pathologie. Il n’y a pas de phénomène aléatoire dans ce cas et l’exposition est directement observable à partir du moment où l’agent chimique est identifié. Le mécanisme chronique part d’une exposition. sachant que la frontière entre ces deux types peut parfois être floue. de poussières ou même de dépôts sur des surfaces. avec un agent chimique par voie respiratoire. suit un mécanisme que l’on peut représenter par deux schémas. En particulier.1 Mécanisme d’apparition des dommages d’origine chimique L’apparition d’un dommage. solide ou gazeuse. Cette quantité est variable selon les paramètres d’exposition et les facteurs personnels. en l’occurrence une lésion. c’est-à-dire un contact de la personne. Cet agent peut être présent dans l’environnement sous forme liquide. qui constituent une modélisation. mais après un certain temps. Ces schémas ne font jamais que reproduire les arbres des causes généraux des accidents et maladies observés sur le terrain.

C’est pour cette raison qu’elle a été introduite dans la version révisée de la norme ISO 141211. Pour bien comprendre ce terme de situation dangereuse. une protection individuelle. une alarme. l’habileté des opérateurs ou leur condition physique leur permettent parfois d’échapper au dommage ou du moins de le minimiser. prenons exemple. 13 . une éclaboussure de produit qui se répète assez souvent est. si certains facteurs matériels ou humains sont présents. La validité de cette modélisation du risque dépasse le risque chimique et peut être généralisée à tout type de risque. Ce point est développé au paragraphe 4. après un accident. Nous verrons que 1. On retrouve en fait la logique de la construction d’un arbre des causes. La contrainte subie par celle-ci modifie le serrage d’un joint entre deux brides.3 – Schéma du processus accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. justement situé au-dessus du poste de travail. En processus accidentel. dont le fait déclencheur est le choc entre le chariot et le tuyau. Figure B. parce qu’une menace plane.5. un phénomène accidentel à caractère chronique.1 de l’annexe B de la norme ISO 14121-1 : 2007. La survenue d’un tel accident nécessite bien les deux conditions : la situation dangereuse et l’événement dangereux. Une personne travaille sous une canalisation contenant un liquide corrosif : c’est typiquement une situation dangereuse. Il existe évidemment des situations intermédiaires aux schémas accidentel et chronique. Dans les deux processus. le dommage peut être finalement évité ou réduit après le déclenchement de l’exposition ou de l’événement dangereux. partant d’un événement déclencheur suivi d’un enchaînement de faits conduisant à un dommage final. Par exemple. un dispositif de protection automatique.2 • Théorie du risque chimique 2. Ce processus peut être représenté par le schéma suivant : situation dangereuse zone dangereuse personne produit dangereux zone de présence événement dangereux dommage Figure 2. occasionnant une brûlure chimique. qui peut être un scénario complexe. En processus chronique. qui est moins évident que celui d’exposition. Le liquide corrosif fuit aussitôt et tombe sur la tête de la personne. en quelque sorte. Un chariot automoteur passant à proximité accroche la canalisation en manœuvrant. Ce petit scénario constitue l’événement dangereux.2 Caractéristiques du risque chimique qu’après survenue de cet événement. c’est essentiellement un bon état de santé qui peut retarder l’apparition des pathologies.

mais ce terme est réducteur puisqu’il se réfère à une décision administrative. Il est en effet connu que la plupart des solvants ont un effet narcotique.2 Les composantes du risque chimique Le premier intérêt de cette modélisation est de faire apparaître les composantes du risque selon les deux processus. Cela ne fait au total que cinq composantes distinctes.2 • Théorie du risque chimique 2. qui entre dans la définition de l’accident. l’événement dangereux et le dommage. Elle montre quatre composantes : le danger. de façon plus ou moins continue.1. direct ou indirect. qu’elle soit reconnue ou pas. Tel est le cas des accidents de circulation survenus à des peintres professionnels après leur journée de travail.2. car elle a été proposée initialement pour les risques liés aux équipements de travail. Processus chronique Danger Processus accidentel Danger Situation dangereuse Exposition Événement dangereux Dommage Dommage Dans le processus chronique. au cours de laquelle ils ont été soumis à de fortes expositions aux solvants.2 Caractéristiques du risque chimique l’on peut alors classer ce processus dans n’importe lequel des deux schémas sans que cela nuise à l’efficacité de la méthode. l’exposition et le dommage. C’est pourquoi il est préférable de parler de pathologie professionnelle. Cette modélisation est exactement l’expression du principe proposé dans de nombreux ouvrages sur le risque chimique (notamment le SGH dans son paragraphe 1. Elle est générée par le mode opératoire habituel et. pour cette raison. pour désigner les effets négatifs de l’exposition sur la santé. Cela correspond au risque de maladie professionnelle. La modélisation du processus accidentel semble plus originale pour le risque chimique. en cas de survenue 14 . réunies dans le tableau synthétique suivant. – Une situation dangereuse caractérise la localisation d’une personne dans une zone où elle subira un dommage soudain. la situation dangereuse. En voici des définitions précises : – Une exposition caractérise l’état d’une personne en contact avec l’agent chimique par voie respiratoire. 2. Le danger et le dommage sont des notions qui ont été bien définies précédemment et qui se retrouvent dans la plupart des méthodes. cutanée ou digestive. elle est souvent ressentie comme normale dans la situation de travail.6.2. Une exposition ainsi définie ne génère pas de malaise immédiat.2.1). Elle peut durer longtemps avant que ne se déclarent ou découvrent des effets alarmants pour la santé. Il faut aussi signaler que des expositions chroniques peuvent avoir des conséquences accidentelles. il apparaît trois composantes du risque : le danger. Les trois autres composantes sont plus difficiles à cerner. ce qui confère toute sa simplicité à la méthodologie décrite ici.

telle que nous voulons le proposer. Cette répartition des missions. a probablement gêné l’émergence d’une approche globale de ce risque particulier. Dans les accidents graves. Un dommage est direct quand il est provoqué par l’entrée en contact de l’agent chimique avec le corps humain. C’est pourquoi il y a autant de situations dangereuses que d’événements dangereux différents. 2. Elle peut donc durer très longtemps. qui a pour conséquence une différence de culture et donc de méthode. panne électrique. De même. D’une part la médecine du travail et la toxicologie. cela correspond au risque d’accident. tel que la méthode de l’arbre des causes le met en évidence. un produit toxique ou cancérogène engendre un risque plus grave qu’un produit nocif. partant d’un déclencheur et aboutissant au dommage. pour un même produit. Seuls les accidents graves donnaient l’occasion d’une intervention commune de ces deux services. notamment en cas de réaction incontrôlée. ce qui conduit parfois à douter de sa réalité. le risque chimique a été depuis longtemps réservé à deux catégories d’intervenants. à exposition égale. En effet. le risque de pathologie augmente avec la durée de l’exposition ou la concentration atmosphérique des vapeurs. Le déclencheur peut être d’origine technique (rupture de canalisation. C’est le cas des brûlures thermiques et blessures provoquées par un incendie ou une explosion. Il faut bien comprendre que l’existence d’une situation dangereuse ne suffit pas pour que le dommage se produise. L’estimation du risque d’exposition chronique dépend du danger de l’agent chimique et de l’importance de l’exposition. Elle ne peut être mise en évidence que par l’hypothèse de l’événement dangereux. d’autre part les services de sécurité ou d’intervention. C’est le cas des brûlures chimiques et des intoxications aiguës. Nous verrons que ces deux points font partie des facteurs déterminant l’importance de l’exposition. Cette double nature du risque chimique a été peu mise en évidence dans les études publiées dans ce domaine. 15 . La deuxième caractéristique importante du risque chimique concerne son estimation. – Un événement dangereux est un enchaînement de faits. les dommages sont très souvent directs et indirects. par exemple. Chaque déclencheur possible génère un scénario différent. Il est indirect si l’agent chimique provoque le déclenchement d’autres types de dommages. Le terme d’exposition servait en fait à couvrir l’ensemble des mécanismes menant aux dommages. avec un dommage différent.2 • Théorie du risque chimique 2.2. s’intéressant essentiellement aux effets directs sur la santé. En pratique.2 Caractéristiques du risque chimique d’un événement dangereux. dérive d’une régulation…) ou humaine (erreur de produit lors d’un chargement…). Inversement. spécialisés dans les incendies et explosions. une dose quotidienne de 1 g d’un produit à faible toxicité représente un risque moins important qu’une dose quotidienne de 10 mg d’un produit très toxique. suivant un scénario parfois complexe. Celle-ci repose sur des paramètres en partie différents en fonction des deux processus que l’on vient de décrire.3 Estimation du risque chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. En résumé.

2. le danger présenté par les agents chimiques est un paramètre qui a été beaucoup étudié. Pour mémoire.3 Le danger chimique Depuis longtemps. il faut interroger les personnes compétentes et en premier lieu le médecin du travail. C’est le cas du Code du travail. Rappelons à ce sujet que plusieurs raisons peuvent expliquer qu’un produit soit sans étiquette. qui est constamment variable et beaucoup moins bien cerné par ces réglementations. il est donc hors classification. sauf évolution des connaissances. Mais ce n’est pas toujours suffisant. Dans le doute. L’étiquetage est précisé dans les annexes II. du SGH et du tout nouveau règlement REACH. La deuxième est qu’il n’a pas encore fait l’objet d’études pour connaître ses dangers. C’est pourquoi il faut compléter cette information chaque fois que c’est nécessaire et possible. par exemple à l’occasion d’un reconditionnement. Ce paramètre a le gros avantage d’être une donnée invariable liée au produit. il faut bien le dire. elle résulte de la combinaison de la gravité du dommage et de la probabilité de sa survenue. le document le plus facilement disponible est la « fiche de données de sécurité ». Il constitue l’un des objets de la toxicologie et le point d’appui essentiel des réglementations du risque chimique. La première est qu’il ne présente pas de danger connu . comme pour l’exposition. 16 . du moins lorsque le produit est étiquetable. Nous allons passer en revue les différentes approches du danger chimique dans les principales réglementations existantes.1 Les dangers selon le Code du travail L’estimation des risques chimiques repose en grande partie sur la classification réglementaire des substances et préparations. soit de l’utilisateur. En conclusion. de la directive européenne 67/548. m L’étiquetage L’étiquette réglementaire1 contient obligatoirement les phrases de risque. le résultat d’une erreur ou d’une négligence. 1. soit du fournisseur. C’est le contraire du risque.2 • Théorie du risque chimique 2. Nous verrons comment déterminer ces paramètres dans le cas du risque chimique.3 Le danger chimique L’estimation du risque accidentel répond aux règles utilisées pour l’ensemble des risques de type accidentel. Nous allons d’abord examiner ces deux sources. C’est le cas de produits nouveaux et peu répandus. La troisième est. et fait l’objet d’une normalisation internationale (ISO 14121). notamment pour le risque de réaction dangereuse. III et IV de l’arrêté du 20 avril 1994 modifié. Pour ce faire. il faut analyser plus précisément comment les cinq composantes du risque chimique interviennent dans les deux processus aboutissant aux dommages. Il faut rester prudent dans ces cas-là et toujours tenter d’en savoir plus. due réglementairement par le fournisseur. et en particulier sur l’exploitation des phrases de risque figurant sur l’étiquetage.3. de l’ADR. Il est évident que si le danger n’est pas un facteur direct. ce qui n’est pas très fréquent. 2. il joue un rôle important sur la gravité comme sur la probabilité du dommage.

Solvex S. Mais elle fournit d’autres informations. destiné directement à l’opérateur qui se saisit de l’emballage. 200-662-2 – Étiquetage CE Figure 2. comme le résume le schéma suivant. 98 76 54 32 10 Acétone R11 – Facilement inflammable R36 – Irritant pour les yeux R66 – L’exposition répétée peut provoquer dessèchement ou gerçures de la peau R67 – L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges S9 – Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé S16 – Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. avenue des tuyaux 234 100 Flaconville Tél.2 • Théorie du risque chimique 2.5 17 . de nature purement visuelle.4 – Exemple d’étiquette réglementaire Nous ne parlons ici que des informations qui concernent les dangers : les symboles et les phrases de risque. Les symboles de danger sont un premier niveau d’information. S26 – En cas de contact avec les yeux. Figure 2. laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. en voici la liste : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ne pas fumer. Les premiers sont des pictogrammes accompagnés d’une lettre et les secondes sont codifiées par un R suivi d’un ou plusieurs nombres. Ils sont au nombre de 10 (avec celui de l’environnement) .A.3 Le danger chimique Un agent chimique peut présenter plusieurs dangers et son étiquette doit indiquer toutes les phrases de risque correspondantes.

sur fond orange. R63 R46. R61. de voies. preuves insuffisantes Peut causer le cancer par inhalation L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges Libellé Contenu de l’information Effet Effet et gravité Effet et voie Effet. Nous faisons notamment allusion aux symboles nocif. C’est donc sur elles que doit s’appuyer un inventaire des dangers présents. Dangers Réactivité particulière Inflammables Sensibilisants Cancérogènes Toxiques pour la reproduction Mutagènes Phrases de risque R14. R62. de modes d’intoxication. R45. R68 L’exploitation des phrases de risque pour distinguer les dangers n’est pas aisée. R49 R60. car elles mélangent des notions d’effets.3 Le danger chimique En fait. voie et gravité Mode d’intoxication Dommage et gravité Dommage et voie Voie et symptômes 18 . Elles précisent aussi la voie de pénétration principale de l’agent. R19. elles combinent des numéros de danger et de voie. Quand cela est nécessaire. irritant ou comburant. ils n’utilisent que 7 pictogrammes distincts. de symptômes et de gravité. On peut toutefois s’interroger sur l’aptitude de certains d’entre eux à suggérer réellement le danger. Parmi les 66 phrases simples : Phrase R10 R14 R20 R24 R33 R40 R49 R67 Inflammable Réagit violemment avec l’eau Nocif par inhalation Toxique par contact avec la peau Danger d’effets cumulatifs Effet cancérogène suspecté. Voici quelques exemples. R31. R43 R40. d’autant plus que certains dangers particuliers exprimés par des phrases de risque n’ont pas de symbole de danger spécifique. Ils sont censés évoquer un danger particulier pour inciter à la prudence.2 • Théorie du risque chimique 2. R16. Les phrases de risque précisent le type et la gravité du dommage susceptible de survenir.… R10 R42.

2 • Théorie du risque chimique 2. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à les recouper avec d’autres sources.it/documents/Classification-Labelling/DIRECTIVE_67-548-EEC/ ANNEX_I_OF_DIRECTIVE_67-548-EEC/Annex_I_of_Directive_67548EEC. Les phrases S sont présentées comme des conseils de prudence. qui sont inscrites sous la responsabilité du fournisseur. elles figurent en annexe 2.3 Le danger chimique Parmi les 57 phrases combinées : R36/38 R68/20 Irritant pour les yeux et la peau Nocif. qui imposeraient « phrases de dangers ». Les libellés de ces phrases alternent d’ailleurs les termes de risque et danger. La dernière ATP. http://ecb. doc. par exemple. http://ecb.jrc.jrc. 1. mode d’intoxication et voie R48/24 La liste intégrale figure en annexe 1. la liste comporte près de 8 000 produits. Par contre. Il faut rester prudent sur le bien fondé des informations de l’étiquette. Il est préférable d’interroger la liste par le numéro CAS. car les noms chimiques sont trop sujets à variation. la 29e. La prévention du risque chimique ne saurait se limiter à leur respect. La 30e ATP est en cours d’adoption. 19 . comme celles qui sont décrites ci-après.it/classification-labelling/ 2. date de 2004. risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau Effet et voies Gravité et voie Gravité. En voici quelques exemples : Phrase S 8 15 18 30 48 50 Libellé Conserver le récipient à l’abri de l’humidité Conserver à l’écart de la chaleur Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence Ne jamais verser de l’eau dans ce produit Maintenir humide avec… Ne pas mélanger avec… © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. en consultant la liste des substances dangereuses dans l’annexe I issue de la dernière « adaptation au progrès technique » (ATP) de la directive de base2. À ce jour. Notons que l’appellation « phrase de risque » est inadaptée selon les normes en vigueur. Au nombre de 54 simples et 17 combinées. la source la plus fiable reste le site officiel de l’Union européenne1. possibilité d’effets irréversibles par inhalation Toxique. S’agissant des substances. certains de ces conseils apportent des informations complémentaires sur le danger. Il s’agit de mesures d’application immédiate qui s’adressent aux utilisateurs directs des produits.

L’acheteur doit vérifier la réception de cette fiche et faire en sorte qu’elle soit à la disposition de tout utilisateur du produit. – 9) propriétés physiques et chimiques . – 15) informations relatives à la réglementation . quand ils existent. 2. À défaut.quickfds. – 10) stabilité et réactivité . Les réseaux informatiques généralisés dans les entreprises permettent d’ailleurs une consultation facile par tout le monde. – 6) mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle . est vite commise. 20 . Il est donc préférable d’utiliser les numéros d’identification figurant à la rubrique 3. – 16) autres informations. et toute autre information sur un danger particulier qui aurait pu se manifester. – 8) contrôle de l’exposition/protection individuelle . Pour les substances. – 5) mesures de lutte contre l’incendie . – 2) identification des dangers .com. – 7) manipulation et stockage . Outre les sites des fournisseurs. L’article R. Les dénominations chimiques. 4411-73 indique que le fabricant ou l’importateur d’une substance ou préparation dangereuse fournit au destinataire une fiche de données de sécurité conforme aux exigences prévues par le règlement (CE) 1907/2006 (REACH). La réglementation fixe un contenu précis à ces fiches. quoique normalisées. le médecin du travail doit disposer d’une collection complète et à jour. – 12) informations écologiques . – 3) composition/informations sur les composants . les autres contribuant davantage au choix des mesures de protection et d’intervention. il est presque toujours possible de les retrouver sur Internet2. – 4) premiers secours . qui doivent comporter 16 rubriques : – 1) identification de la substance/préparation et de la société/l’entreprise . En particulier. – 13) considérations relatives à l’élimination . par exemple. – 11) informations toxicologiques . sont en effet très variables et une erreur d’isomère. il faut indiquer. le numéro CAS (Chemicals Abstracts System). on peut consulter www. beaucoup plus 1.3 Le danger chimique m La Fiche de Données de Sécurité (FDS) Cette fiche prévue par le Code du travail1 doit être réalisée et mise à jour par le distributeur de produits chimiques dès la première livraison d’un produit. 2) Identification des dangers C’est ici qu’apparaît la classification du produit. 1) Identification de la substance ou préparation Une erreur sur l’identité d’un produit peut être lourde de conséquences sur les mesures de prévention à prendre. Une grande partie de ces rubriques apporte des informations utilisables pour identifier et quantifier les dangers.2 • Théorie du risque chimique 2. – 14) informations relatives au transport .

dans la mesure où une substance réactive est très souvent aussi corrosive pour la peau.3 Le danger chimique utilisé que le numéro EINECS (European INventory of Existing Commercial chemical Substances information system). ˙˚ niveau dérivé sans effet ») et PNEC (Predicted No Effect Concentration. même si elles sont limitées sur des critères de concentration ou d’existence de VLEP des substances contenues. 12) Informations écologiques Ce point mentionne les données disponibles sur l’écotoxicité. pourtant officiel pour l’Europe. indispensables pour l’analyse du risque environnemental. Figurent ici les propriétés de persistance.3. au froid. et plus encore pour le repérage des situations dangereuses. la liposolubilité. Cela concerne par exemple les possibilités de réaction dangereuse. de dégradabilité et de bioaccumulation. les sensibilités à la chaleur. DNEL (Derived No Effect Level. la pression de vapeur. 3) Composition/informations sur les composants Ces informations sont particulièrement utiles pour les préparations. ou du moins pas clairement. les températures de décomposition et d’auto-inflammation. À défaut. 11) Informations toxicologiques Les informations toxicologiques sont surtout utiles au médecin du travail mais elles permettent aussi de juger de la cohérence de la classification.2. mais aussi d’autres effets quand ils sont connus. mais aussi pour les expositions. etc. à la lumière. en considérant le point d’éclair. tels que le potentiel d’appauvrissement de la couche d’ozone. le potentiel de perturbation du système endocrinien et/ou le potentiel de réchauffement climatique. le potentiel de formation photochimique d’ozone. les dangers d’explosion. Ces informations sont évidemment précieuses pour l’identification de situations dangereuses.2 • Théorie du risque chimique 2. l’indice d’évaporation. 21 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. le pH. . Cette information est à rapprocher de la classification travail. 14) Informations relatives au transport Comme nous le verrons au paragraphe 2. par exemple en considérant le point d’ébullition. l’information la plus intéressante sur le danger est le numéro d’identification de danger (voir annexe 3). pour éventuellement la compléter. 10) Stabilité et réactivité du produit Cette rubrique permet de mentionner ce que les phrases de risque ne disent pas. « concentration prédite sans effet »). les propriétés comburantes. au choc et certaines précautions d’utilisation. 8) Contrôle de l’exposition Les niveaux de dangers peuvent être connus grâce aux VLEP (Valeurs Limites d’Exposition Professionnelle). 9) Propriétés physico-chimiques Ces données sont utiles pour le repérage des expositions. le numéro ONU permet de le retrouver facilement. ou le numéro ELINCS (European LIst of Notified Chemical Substances).

3.org/ trans/danger/publi/adr/adr2007/07ContentsE. Sur ce point.4). de contenu très variable. cette information doit être considérée comme provisoire. il faut faire l’effort de réaliser une petite bibliographie sur les produits utilisés pour la première fois. – La notice technique du fournisseur. qui contiennent beaucoup d’informations sur des substances dangereuses. un numéro ONU et un groupe d’emballage.unece. Il ne faut pas perdre de vue que les dangers des agents chimiques sont établis sur la base de la classification réglementaire. le système REACH devrait apporter une meilleure fiabilité de ces données (voir le paragraphe 2. la sécurité et l’environnement. De nombreuses substances ont vu. Elle est régie par un accord européen (restructuré). Deux documents sont à consulter en priorité : – Les fiches toxicologiques de l’INRS. selon une procédure précise qui aboutit à un consensus des partenaires sociaux. régulièrement mis à jour. – La dernière ATP de la directive 67/548. et donc la liste de leurs dangers. À ce jour. 2. parce que plus complète que la classification travail. libellées en entier.2 • Théorie du risque chimique 2. m Autres sources d’information Les données concernant les dangers ont bien d’autres sources. Nous présentons ici les éléments qui contribuent à la connaissance des dangers. un code de classification. leur « classification » changer. Les fournisseurs peuvent maintenant s’appuyer sur l’annexe II du règlement REACH. mais qui sont en nombre limité.3 Le danger chimique 15) Informations réglementaires Cette rubrique indique tout ce qui concerne la santé.2 Les dangers selon le règlement type du transport de matières dangereuses La classification transport est dans l’ensemble plus complexe. De ce fait. Ces fiches sont une source d’informations indispensable dans une analyse de risques. 1. qui permet d’anticiper sur les futures évolutions de la classification. Elle est téléchargeable à l’adresse http://www. Elle peut donc évoluer avec le temps. Cette classification consiste à déterminer principalement quatre éléments : une classe de danger. en particulier pour les produits récemment mis sur le marché. et procurer en outre des informations techniques toujours précieuses. au cours des dernières décennies. C’est un moyen de contrôle supplémentaire. qu’il faut néanmoins considérer avec prudence. mais mentionnant au besoin les précautions d’emploi. à partir des observations qui ont été recueillies par expérience ou à la suite d’études. Elle peut être simple et rapide sur Internet. dit ADR1. La dernière version est du 1er janvier 2007. On y trouve aussi l’éventuelle inscription dans un tableau de maladie professionnelle. 16) Autres informations C’est ici que doivent figurer les phrases de risque.3.html 22 . la 30e est toujours en cours d’adoption et le projet de 31e est déjà publié sur le site de l’Union européenne. Autant que possible.

1 Classe 6.3 Classe 5. nous dirons que la quasi-totalité des codes de classification utilisés résulte d’une combinaison de dangers élémentaires appartenant à la liste suivante : Groupe de danger © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. matières autoréactives et matières explosibles désensibilisées solides Matières sujettes à l’inflammation spontanée Matières qui.2 Classe 6. au contact de l’eau.2 Classe 7 Classe 8 Classe 9 Matières et objets explosibles Gaz Liquides inflammables Matières solides inflammables.2 • Théorie du risque chimique 2. La liste des codes possibles dépend de la classe de danger. Pour simplifier cette réglementation particulièrement complexe.1 Classe 4. Signification Asphyxiant Comburant Inflammable Toxique Corrosif Auto-réactif Auto-échauffant A O F T C R S 23 .2 Classe 4. dégagent des gaz inflammables Matières comburantes Peroxydes organiques Matières toxiques Matières infectieuses Matières radioactives Matières corrosives Matières et objets divers Le code de classification est une subdivision précisant le ou les dangers de la matière ou de l’objet.1 Classe 5.3 Le danger chimique La classe de danger est choisie parmi une liste de 13 classes et sous-classes : Classe 1 Classe 2 Classe 3 Classe 4.

2 4. adhésifs : 1133. produits pour parfumerie : 1266. Par exemple : acétone : 1090. Le numéro ONU est une sorte d’immatriculation des matières. hydroxyde de sodium : C6. des objets ou de familles de matières ou d’objets. La liste figure en annexe 3. dioxyde de plomb : 1872. selon les définitions suivantes : Groupe d’emballage I Groupe d’emballage II Groupe d’emballage III Matières très dangereuses Matières moyennement dangereuses Matières faiblement dangereuses Il ne s’applique qu’aux matières appartenant aux classes de dangers suivantes : 3 4. 24 .3 Le danger chimique Par exemple : méthanol : FT1. acide acétique : CF1. – Le deuxième chiffre est un 0 si le danger est normal. L’intérêt de ce numéro est de retrouver facilement toutes les propriétés d’un produit à l’aide des tableaux de l’ADR1. Il constitue un vrai code de description du danger : – Le premier chiffre est celui de la classe du danger principal. sauf pour le 9 qui signifie danger de réaction violente spontanée. chlorure mercurique : T5. acide nitrique : CO1.2 de l’annexe A de l’ADR du 1er janvier 2007. EXEMPLES : 50 : matière comburante 48 : matière solide inflammable. nitrite de sodium : OT2. la règle étant d’attribuer toujours le numéro le plus spécifique.1 8 9 a.2 • Théorie du risque chimique 2.3 5.1a 4. il indique le danger subsidiaire. Le groupe d’emballage précise l’importance du danger. corrosive 669 : matière très toxique pouvant produire spontanément une réaction violente X338 : matière liquide très inflammable et corrosive. acétate d’amyle : 1104.1 5. en plus des symboles de danger. Le numéro d’identification de danger comporte 2 ou 3 chiffres. acétone : F1.1 excepté matières autoréactives À ces données s’ajoute un numéro d’identification de danger devant figurer sur l’unité de transport. – L’éventuel troisième chiffre indique un deuxième ou troisième danger subsidiaire.2 6. Le chiffre qui suit les lettres est fonction de l’état physique et de la nature organique ou pas. réagissant dangereusement avec l’eau 1. nitrates inorganiques : 1477. au plus. éventuellement précédés d’un X. Il ne concerne qu’une partie des classes de danger et ne comporte que trois niveaux. et identique au premier si le danger est intensifié. liquide inflammable : 1993. spécifiques à cette réglementation. – La présence du X signale le danger de réaction chimique dangereuse avec l’eau. Dans les autres cas. Tableaux A et B du chapitre 3. 4.

Par contre. 2. puis de se reporter au tableau A avec le numéro ONU pour retrouver la classe de danger en colonne n˚ 3a. c’est-à-dire les familles de dangers IE et Re (Voir paragraphe 2. Il comporte même une échelle.2.3 Les dangers selon le SGH m Classes de dangers Le SGH instaure 27 classes de dangers. sommaire. classés par numéro ONU croissant. EXEMPLES : 44 : matière solide inflammable qui. à une température élevée. ce qui impose de se référer au tableau de signification des numéros d’identification de danger. par le jeu du doublement de chiffre. le groupe d’emballage en colonne n˚ 4 quand il existe. chimiques et toxicologiques. Les dangers physico-chimiques (16 classes) sont en grande partie issus de la réglementation transport. Cependant.3. Les dangers pour la santé (10 classes) distinguent bien le chronique de l’aigu. En pratique. ils n’apportent pas beaucoup plus d’informations que les phrases de risque et surtout aucune information sur les voies d’expositions possibles. il suffit de se reporter au tableau A du chapitre 3.html 25 . priorité doit être donnée à la rubrique la plus spécifique possible. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La détermination des classes de dangers et des groupes d’emballages des matières sans numéro ONU peut être assez complexe. identifier et coter les dangers. du règlement ADR. d’importance des dangers. le code de classification en colonne n˚ 3b. Les dangers pour l’environnement se limitent à une classe1. Dans tous les cas où plusieurs choix de rubrique sont possibles.3.fr/dossiers/sgh. et le numéro d’identification de danger en colonne 20.inrs. 1. C’est pourquoi la définition de la plupart des rubriques collectives se termine par l’expression « NSA ». voir http://www. c’est-à-dire « non spécifié par ailleurs ». avec l’avantage d’une forme très condensée et très logique. c’est le numéro d’identification de danger qui présente le plus d’intérêt pour. car elle fait appel à des données physiques. se trouve à l’état fondu 606 : matière infectieuse 33 : liquide très inflammable (point d’éclair inférieur à 23 ˚C) Il est intéressant de noter que ce numéro d’identification est une forme condensée et simplifiée de l’ensemble « classe de danger + code de classification ». Les matières et les objets y sont répertoriés. réparties en trois grandes familles.2 • Théorie du risque chimique 2. En conclusion.6).3 Le danger chimique Cette règle supporte néanmoins quelques exceptions. justement. Il sera plus facile de consulter d’abord le tableau B pour trouver la matière ou l’objet. la classification transport mérite d’être consultée sur les dangers physico-chimiques. puis éventuellement à quelques calculs dans le cas des mélanges. Pour une vue d’ensemble sur le SGH.

4 3.10 4.16 3.15 2.14 2.12 2.1 Danger matières et objets explosibles gaz inflammables aérosols inflammables gaz comburants gaz sous pression liquides inflammables matières solides inflammables matières autoréactives liquides pyrophoriques matières solides pyrophoriques matières auto-échauffantes matières qui.3 Le danger chimique Classe 2.1 2.5 3.8 3. dégagent des gaz inflammables liquides comburants matières solides comburantes peroxydes organiques matières corrosives pour les métaux toxicité aiguë corrosion/irritation cutanées lésions oculaires graves/irritation oculaire sensibilisation respiratoire ou cutanée mutagénicité pour les cellules germinales cancérogénicité toxicité pour la reproduction toxicité systémique pour certains organes cibles.13 2.7 2.3 3.8 2.7 3.10 2.9 2.11 2.1 3. expositions répétées danger par aspiration danger pour le milieu aquatique Famille Dangers physiques Dangers pour la santé Dangers pour l’environnement 26 .4 2.2 • Théorie du risque chimique 2.5 2.6 2.2 3.3 2. exposition unique toxicité systémique pour certains organes cibles. au contact de l’eau.6 3.9 3.2 2.

Le nombre de catégories varie de 1 à 6 selon les classes. le tableau suivant donne une idée de la diversité de ces critères.9 2. Sans entrer dans le détail des critères d’attribution. 2 : point d’éclair < 23 ˚C et point d’ébullition > 35 ˚C Cat.13 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.1 2.org/trans/danger/publi/ghs/ghs_rev01/01files_f.11 2.html 27 .15 2.2 • Théorie du risque chimique 2. 3 : point d’éclair = 23 ˚C et = 60 ˚C Cat. 1 : point d’éclair < 23 ˚C et point d’ébullition = 35 ˚C Cat. 2 5 1 1 2 3 3 3 5 1 5 2.12 2. Le texte des différents chapitres de ce règlement est téléchargeable à partir de l’adresse Internet : http://www.16 3.5 Nombre de catégories 7 2 2 1 4 Sensibilité à l’explosion Domaine d’inflammabilité Concentration en inflammables et test d’inflammabilité de l’aérosol vaporisé Sans objet Sans objet : états physiques Cat.8 2.6 4 2.10 2. 4 : point d’éclair > 60 ˚C et = 93 ˚C Vitesse et durée de combustion Aptitude à l’explosion (7 types) Sans objet Sans objet Réaction à la chaleur d’un échantillon en masse Débit de dégagement gazeux Vitesse de combustion en présence de cellulose Durée de combustion en présence de cellulose Aptitude à l’explosion (7 types) Sans objet Dose ou concentration létale (DL50. Classe de danger 2.unece.14 2. qui occupe la majeure partie de ce règlement1.7 2.1 1. CL50) par différentes voies ou estimation de toxicité aiguë (ETA) pour les mélanges (voir ci-dessous) Critères généraux 2.4 2.3 Le danger chimique m Catégories de dangers Chaque classe est subdivisée en catégories de dangers qui expriment le niveau de danger du produit.3 2.2 2.

2) est fait à partir d’études disponibles chez l’homme et l’animal.7 1 3 3 4 3. 3 catégories pour la toxicité aiguë et 4 pour la toxicité chronique. Le choix des 2 catégories est fait à partir d’études disponibles chez l’homme et l’animal. concentration des composants actifs. Pour les mélanges. Le choix des 3 catégories est fait à partir d’études disponibles chez l’homme et l’animal. On s’appuie aussi sur les doses/ concentrations à effet toxique non létal. on tient compte de la concentration des composants actifs.6 3. 1B. à dire d’expert. on peut utiliser des critères de concentration Le choix des 3 catégories (1 de corrosifs et 2 d’irritants) est fait.5 3. Pour les mélanges. Le choix des 3 catégories (1A. On s’appuie aussi sur les doses/ concentrations minimales à effet toxique observable.3 3 3. à partir des CL50. d’après : – des études sur l’homme – des études sur l’animal – la structure chimique du produit – le pH en solution Pour les mélanges. à dire d’expert. avec 3 sous-catégories (1A. d’après : – des études sur l’homme – des études sur l’animal – la structure chimique du produit – le pH en solution Pour les mélanges. Pour les mélanges. Une catégorie spéciale vise les effets via l’allaitement. Pour les mélanges. Études de toxicité sur l’homme et l’animal et viscosité dynamique.2 • Théorie du risque chimique 2. on tient compte de la concentration des composants actifs. on peut utiliser des critères de concentration Sans objet.2 2 1 catégorie de corrosifs (1).10 2 4. 1B. 2 catégories sans pictogramme.8 3 3. on tient compte de la concentration des composants actifs.4 3.9 2 3.3 Le danger chimique Classe de danger Nombre de catégories Critères généraux 3. 3. 1C) et 1 catégorie d’irritants (2). on tient compte de la composition et de la viscosité. à dire d’expert.1 3/4 28 . Pour les mélanges. selon le cas.

Pictogrammes de mise en garde : Leur fonction est de transmettre une information sur la nature du danger.2 • Théorie du risque chimique 2. décrit la nature du danger que présente un produit chimique et. – deux chiffres correspondant à la numérotation séquentielle des dangers liés aux propriétés intrinsèques de la matière. disponible sur http://www.org/trans/doc/2007/ac10/ST-SG-AC10-34a3f. Mention de danger : Une mention de danger est une phrase qui. l’inflammabilité (codes 220 à 230). comme suit : • « 2 » pour les dangers physiques . rassemblés dans le tableau suivant : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ils sont destinés à être utilisés à des fins de référence. Amendements au Système Général Harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (annexe 3. lorsqu’il y a lieu. De même. dont la liste a été établie par un amendement au SGH du 24 janvier 20071. – un chiffre désignant le type de danger auquel la mention de danger est affectée en suivant la numérotation des différentes parties du SGH. visuellement. une étiquette doit comporter les éléments suivants : Mention d’avertissement : Il s’agit d’un mot. mais une catégorie 2 pourra mentionner « danger » ou « attention » selon la classe considérée. soit « ATTENTION » pour les dangers moins graves. Ils ne font pas partie du texte de la mention de danger et ne devraient pas être utilisés en lieu et place de celui-ci. soit « DANGER » pour un danger principal. qui sont repérées par des codes R suivis d’un nombre.pdf. attribuée à une classe de dangers ou à une catégorie de dangers. Il y a 9 symboles possibles. En résumé. 29 .unece. comme l’explosibilité (codes 200 à 210). sans lecture nécessaire. • « 4 » pour les dangers pour l’environnement . 1. section1). etc. Les mentions de danger rappellent évidemment les phrases de risque de la réglementation travail.3 Le danger chimique m Étiquetage Les règles d’étiquetage se trouvent détaillées dans les annexes du règlement SGH. Un code alphanumérique unique est affecté à chaque mention de danger . le degré de ce danger. ce code est constitué d’une lettre et de trois chiffres. Les 71 codes se répartissent comme suit : – Dangers physiques : 29 codes – Dangers pour la santé : 35 codes – Dangers pour l’environnement : 7 codes La liste complète des codes de mentions de dangers est reproduite en annexe 5. comme suit : – la lettre « H » (pour « hazard statement ») . les mentions de danger sont repérées par des codes. ou aucun mot. • « 3 » pour les dangers pour la santé . La mention danger sera attribuée par exemple aux catégories 1.

pour lequel reste en vigueur le règlement type de l’ONU. ce qui peut conduire à trouver sur un même emballage. Même s’ils sont d’aspect très voisin. ils n’en sont pas moins différents.6 – Symboles de danger du SGH On reconnaît certains symboles identiques ou presque à ceux des réglementations travail ou transport. en fait un losange. Exemple : Figure 2. mais deux nouveaux symboles apparaissent. en remplacement de la « croix de Saint-André ». Les symboles doivent être noirs et le losange représenté par un cadre rouge. comme dans la réglementation transport. Le symbole de danger est toujours placé à l’intérieur d’un carré posé sur la pointe.3 Le danger chimique Figure 2. réservée aux dangers « irritant » et « nocif » et effectivement peu évocatrice.2 • Théorie du risque chimique 2. les deux pictogrammes suivants : 30 . par exemple pour une matière inflammable. le SGH précise que ces pictogrammes ne s’appliquent pas au domaine du transport des matières dangereuses.7 Toutefois.

2 • Théorie du risque chimique 2. Conseils de prudence : Un conseil de prudence est une phrase décrivant les mesures recommandées qu’il y a lieu de prendre pour réduire au minimum ou prévenir les effets nocifs découlant d’une exposition. • « 3 » pour les conseils de prudence concernant l’intervention. ne pas utiliser d’eau. En cas d’incendie. – un chiffre désignant le type de conseil de prudence. cancérogène ou repro-toxique. • « 5 » pour les conseils de prudence concernant l’élimination . comme suit : • « 1 » pour les conseils de prudence généraux. – deux chiffres correspondant à la numérotation séquentielle des conseils de prudence. il suffit de se reporter à l’annexe 2 du règlement pour trouver le pictogramme à mettre sur l’étiquette.8 Lorsque l’on connaît la classe et la catégorie de danger d’un produit. l’identité chimique des composants qui présentent un danger critique. corrosion de la peau. Ne pas respirer les vapeurs. • « 4 » pour les conseils de prudence concernant le stockage. Le choix de ces conseils est laissé à l’appréciation du responsable de l’étiquetage ou à l’autorité compétente. EXEMPLES : Garder le récipient hermétiquement fermé. Identification du produit : L’étiquette devrait révéler l’identité chimique d’un produit simple. à savoir : toxicité aiguë . Les codes des conseils de prudence sont destinés à être utilisés à des fins de référence et ne font pas partie du texte des conseils de prudence et ils ne devraient pas être utilisés en lieu et place de celui-ci. Ce code est constitué d’une lettre et de trois chiffres. lésions oculaires graves. • « 2 » pour les conseils de prudence concernant la prévention. pouvoir mutagène. comme suit : – la lettre « P » (pour « precautionary statement ») . L’annexe n˚ 3 du SGH propose une liste de conseils de prudence adaptés à chacune des classes de dangers. pour un mélange.3 Le danger chimique Figure 2. 31 . Ces phrases rappellent les conseils de prudence (« S ») de la réglementation travail et elles possèdent aussi un code alphanumérique unique. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Porter des gants de protection. sensibilisation cutanée ou respiratoire. ou.

4 Les dangers selon le règlement REACH Selon ce règlement. l’adresse et le numéro de téléphone du fabricant ou du fournisseur du produit devraient figurer sur l’étiquette.3 Le danger chimique toxicité systémique sur organes cibles. une DNEL est établie pour chacune d’elles et pour l’ensemble des voies d’exposition considérées globalement. l’évaluation des dangers a pour objet : – de déterminer la classification et l’étiquetage d’une substance. conformément à la directive 67/548/CEE . Toutes les données non humaines qui sont utilisées pour évaluer un effet particulier sur l’être humain et pour établir la relation dose (concentration) – réponse (effet) feront l’objet d’une présentation succincte avec une distinction entre données in vitro. il n’y a pas lieu de fournir de telles informations supplémentaires si le déclarant met en œuvre ou recommande des mesures de gestion des risques et des conditions d’exploitation suffisantes qui. En effet. ainsi que d’autres informations à prendre en considération.3. Ce niveau d’exposition est appelé niveau dérivé sans effet (DNEL pour Derived No Effect Level). Pour la santé humaine. conformément aux sections correspondantes de l’annexe I : – une évaluation des dangers pour la santé humaine . Toutefois. Identité du fournisseur : Le nom. les fabricants ou importateurs qui veulent mettre sur le marché une substance ou une préparation sont tenus de l’enregistrer auprès de l’agence désignée en fournissant un dossier d’évaluation. Remarquons au passage la volonté de limiter les essais sur animaux. il systématise la fourniture de VLEP. les règles qui protègent les informations commerciales confidentielles sont prioritaires par rapport à celles qui concernent l’identité chimique. données in vivo et autres données. ou LO (A) EL. Ce dossier doit comprendre les éléments suivants. NO (A) EL. 32 . – une évaluation des dangers pour l’environnement . – d’établir le niveau maximum d’exposition à la substance auquel l’être humain peut être soumis. No-Observed-Adverse-Effect Level. déjà exprimée dans le SGH. Cependant. Le dossier d’évaluation présentera les résultats pertinents des essais (par exemple DL50. – une évaluation des dangers que constituent les propriétés physico-chimiques pour la santé humaine . Par contre. – une évaluation des produits persistants. bioaccumulables et toxiques (PBT pour Persistent Bioaccumulative Toxic) et des très persistants et très bioaccumulables (vPvB. Lowest-ObservedAdverse-Effect Level) et les conditions des essais (par exemple la durée des essais ou la voie d’administration). le déclarant présente une proposition d’essai. Si plusieurs voies d’exposition sont probables.2 • Théorie du risque chimique 2. pour very Persistent very Bioaccumulative). appelée donc DNEL et fixée par intégration des données humaines et non humaines pertinentes disponibles. si la fourniture d’informations supplémentaires est indispensable et qu’elle nécessite des essais portant sur des animaux vertébrés. 2. Nous voyons que le règlement REACH ne change pas la classification actuelle et semble ignorer le SGH.

cette impossibilité doit être clairement indiquée et dûment justifiée. – la sensibilité de la population humaine particulière à laquelle se rapportent les informations quantitatives et/ou qualitatives sur l’exposition. – toxicité par administration répétée . en particulier la mutagénicité et la carcinogénicité. et d’identifier la concentration de la substance au-dessous de laquelle il ne devrait pas y avoir d’effets nocifs dans le milieu environnemental en cause. l’évaluation des dangers a pour objectif de déterminer la classification et l’étiquetage d’une substance.2 • Théorie du risque chimique 2. – la nature et la gravité de l’effet . Les processus accidentel et chronique sont bien tous deux pris en compte. sauf impossibilité démontrée. et élimination) de la substance et les groupes d’effets suivants : – effets aigus (toxicité aiguë. conformément à l’annexe XI. – pouvoir oxydant. d’une part. Un facteur d’évaluation exprime l’écart entre les valeurs d’effets établies pour un nombre limité d’espèces. exemptent des essais concernant l’évaluation PBT et vPvB. Cette concentration est appelée concentration prédite sans effet (PNEC. Nous verrons que cela facilite grandement la fixation de niveaux de danger. distribution. une DNEL. Pour les dangers découlant des propriétés physico-chimiques. pour Predicted No Effect Concentration). de la variabilité des informations expérimentales et des variations intraspécifiques et interspécifiques . entre autres. il est notamment tenu compte des facteurs suivants : – l’incertitude résultant. – sensibilisation . Lors de l’établissement de la DNEL. – effets CMR (carcinogénicité. le règlement REACH crée l’obligation de fixer des valeurs limites d’exposition aussi bien pour l’homme que pour l’environnement. et de la PNEC identifiée pour le milieu environnemental. irritation et corrosivité) . – inflammabilité . S’il n’est pas possible d’établir la PNEC. conformément à la directive 67/548/CEE. cette impossibilité est clairement indiquée et dûment justifiée. mutagénicité et toxicité pour la reproduction). Ainsi. conformément à la directive 67/548/ CEE. métabolisme. par conséquent. section 3. S’il n’est pas possible d’établir une DNEL. d’autre part. Pour l’environnement. Sont évalués au minimum les effets potentiels sur la santé humaine des propriétés physico-chimiques suivantes : – explosibilité . Lors de l’évaluation des dangers pour la santé humaine sont pris en considération : le profil toxicocinétique (c’est-à-dire absorption. à partir d’essais de laboratoire. Sur la base des informations disponibles. la PNEC est établie pour chaque milieu environnemental. l’évaluation a aussi pour objet de déterminer la classification et l’étiquetage d’une substance. Pour certains effets. 33 . les informations disponibles ne permettent pas d’établir un seuil et.3 Le danger chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Elle peut être calculée par l’application d’un facteur d’évaluation approprié aux valeurs des effets (par exemple CL50 ou NOEC).

34 . Heureusement il existe une donnée toxicologique importante pour le processus chronique. Il est clair que le but de tels tests est essentiellement de déterminer la toxicité aiguë.3 Le danger chimique 2. Son importance dans l’estimation du risque chimique mérite un examen détaillé. relevant de la toxicologie. l’actualité réglementaire évolue vite . respiratoire ou cutanée. Il est ainsi évident qu’un niveau 2 est au-dessus d’un niveau 1. c’est la VME. INRS. le niveau de danger détermine directement l’importance du risque avec le niveau d’exposition. ED 984. en fonction de deux processus. Certaines sont utilisées dans les grandes entreprises de l’industrie chimique et pharmaceutique. Le choix du terme « niveau » permet d’éviter toute confusion dans l’interprétation du chiffre qui l’exprime. Elles sont réalisées suivant les cas par voie orale. soit par valeur limite sur 15 minutes. c’est-à-dire les doses ou concentrations létales qui provoquent la mort de 50 % des animaux soumis aux expositions de produit. comme « classe ». qui nous sera utile dans le processus accidentel.5 Le niveau de danger Le danger d’un agent chimique à l’origine d’une exposition ou d’une situation dangereuse est un des paramètres fondamentaux pour situer l’importance du risque. Les VLEP sont définies soit par une moyenne sur 8 heures de travail. Si le terme de danger qualifie le type de dommage que peut provoquer un agent chimique. car plus cette valeur limite est basse. Le niveau de danger intervient différemment dans l’estimation du risque selon que le processus est chronique ou accidentel. m Le niveau de danger dans le processus chronique Dans le processus chronique. Une liste complète figure dans la brochure de l’INRS ED 9841. qui a été traité par différents auteurs et différentes réglementations. Cependant. « catégorie » ou « groupe ». Valeurs limites d’exposition professionnelle aux agents chimiques en France. on dispose souvent de données toxicologiques telles que la DL50 ou la CL50. Décret n˚ 2007-1539 du 26 octobre 2007 fixant des valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes pour certains agents chimiques (JO du 28 octobre 2007). il existe des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP). Plusieurs approches sont possibles. C’est pourquoi de nombreux auteurs ont essayé de classer les produits chimiques sur des échelles de danger. Il est parfois appelé « dangerosité ». c’est la VLE. Les valeurs contraignantes sont à respecter strictement et les valeurs indicatives ne constituent qu’un objectif de prévention. réparties en deux catégories réglementaires. mais le classement est toujours un problème de toxicologie. Elles permettent toutes deux de bien situer le niveau de danger. Pour les substances.2 • Théorie du risque chimique 2.3. m Les valeurs limites d’exposition professionnelle Pour les substances les plus courantes mises sur le marché. elle vient de s’enrichir d’un décret2 pour les valeurs 1. le niveau de danger quantifie la gravité de ce dommage sur une certaine échelle. Le choix d’une échelle et les critères d’attribution des échelons constituent un sujet complexe. plus la substance est dangereuse. 2. Nous verrons que ce n’est pas le cas d’autres terminologies utilisées.

35 . INRS. L’indice de toxicité est attribué aux substances émises selon le tableau suivant : Valeurs limites Gaz – vapeurs (ppm) < 10 10 à 10 100 à 500 > 500 Aérosols (mg/m3) < 0. Voici ce qui concerne les VLEP : Classe de danger 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. établissant la liste des valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives (JO du 28 octobre 2007).1 0. listés en annexe 9. 2005. Le premier exemple est extrait d’une recommandation de l’INRS concernant l’activité du traitement de surface (ED 651). listés en annexe 8. respectivement. Il y est proposé de répartir les dangers en classes de 1 à 5 en fonction des phrases de risque ou des VLEP.1 à 1 < 0. Voici deux exemples de cette démarche qui ont été publiés. 2. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique.3 Le danger chimique contraignantes et d’un arrêté1 pour les valeurs indicatives. et 43 agents chimiques affectés d’une VLEP indicative. VLEP (mg/m3) > 100 10 à 100 1 à 10 0.1 2 3 4 5 1. Il est donc intéressant de les exploiter directement pour fixer les niveaux de danger utilisables en exposition chronique. À ce jour. il existe 63 agents chimiques affectés d’une VLEP contraignante. qui propose une méthodologie simplifiée de l’évaluation des risques. Il y est exposé.1 à 1 1 à 10 > 10 Indice de toxicité A B C D Le second exemple est extrait de la note documentaire ND 2233 de l’INRS2. Remarquons la parfaite cohérence de ces indices avec. ND 2233. le niveau d’exposition et le niveau de danger. Arrêté du 26 octobre 2007 modifiant l’arrêté du 30 juin 2004 modifié. en résumé.2 • Théorie du risque chimique 2. que chaque bain de traitement se caractérise par un niveau global de risque qui est la combinaison de deux paramètres : l’indice d’émissivité et l’indice de toxicité.

propose une échelle de danger basée sur des plages de VLEP : Classes 5 4 3 2 1 <1 1 à 10 10 à 100 100 à 1 000 1 000 à 5 000 Plages en ìg/m3 (microgrammes par m3) Cette échelle des VLEP. ce qui révèle le haut niveau d’activité des principes actifs pharmaceutiques en général. l’attribution d’une classe suit une procédure officielle. Une publication de la CRAMIF2. m L’exploitation de l’étiquetage réglementaire La source d’information la plus simple sur le danger des produits les plus courants reste la classification réglementaire. indicatives ou réglementaires. Il est utilisé pour déterminer une VLEP pratique selon la formule : VLEP = NOAEL (mg/kg) ¥ Pc/k Pc est le poids corporel et k un facteur de sécurité pouvant varier de 100 à 10 000 en fonction de la nature du produit et des effets attendus ou constatés en phase clinique. Notons que ce tableau pourrait être remplacé par la fonction (continue) : Classe = log (1 000/VLEP) + 1 Encore faut-il disposer de VLEP. mais une autre valeur repère est généralement disponible : c’est le « NOAEL » ou dose sans effets indésirables observés. s’appuyant sur les travaux scientifiques disponibles et notamment 1. Guy Gautret de La Morcière. repose sur des plages de concentration exprimées en microgrammes par m3. fruit d’un accord avec l’industrie pharmaceutique. il n’existe pas de VLEP officielle. se référer à notre précédent ouvrage sur le sujet1.2 • Théorie du risque chimique 2. parce que générés par l’activité et non mis sur le marché. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France. 36 . il est possible d’évaluer une sorte de VLEP théorique.4. dans le cas d’une substance sans VLEP mais dont la CL50 est connue. 2. Risques d’exposition aux principes actifs pharmaceutiques et médicaments. Pour plus de détails. note technique n˚ 21. On en compte environ 520 aujourd’hui. Guide du risque chimique (paragraphe 4. Dunod.4). Dans le domaine des principes actifs pharmaceutiques.3 Le danger chimique C’est ce tableau qui a permis d’établir les niveaux de danger des agents chimiques non étiquetables. En effet. que l’on peut retrouver dans la brochure de l’INRS déjà citée. Cependant. qui n’est qu’une recommandation.

selon le tableau suivant : Symboles Xn R20 R21 R22 T R23 R24 R25 T+ R26 Phrases de risque Nocif par inhalation Nocif par contact cutané Nocif par ingestion Toxique par inhalation Toxique par contact cutané Toxique par ingestion Très toxique par inhalation Très toxique par contact cutané Très toxique par ingestion Critères toxicologiques 2 < CL50 = 20 (gaz et vapeurs) 400 < DL50 = 2 000 200 < DL50 = 2 000 0. recommandation n˚ R 409. 25. Différentes études ont proposé des échelles de danger en fonction de toutes les phrases de risque que nous venons de parcourir et qui concernent les effets directs sur la santé humaine. On peut citer un document de l’UIC1. brochure DTE 175. document DT 80 de décembre 2004. La correspondance avec les phrases de risque et les symboles de dangers se fait. 2003. adopté par le Comité technique national de la chimie.25 (poussières et aérosols) DL50 = 50 DL50 = 25 R27 R28 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 3. 37 . diffusion interne à l’Union des Industries chimiques. Mais si des effets irréversibles (autres que CMR) peuvent être provoqués par une seule exposition.25 < CL50 = 1 (poussières et aérosols) 50 < DL50 = 400 25 < DL50 = 200 CL50 = 0. Guide de prévention du risque chimique. une publication de la CRAMIF2. en simplifiant. les toxiques sont étiquetés R39/23 et/ou 24. Mais les données toxicologiques disponibles permettent aussi d’attribuer des phrases de risque qui relèvent spécifiquement de la toxicité chronique. et les très toxiques R39/26 et/ou 27. Le fait que ces phrases soient attribuées sur des critères relevant de la toxicité aiguë n’enlève rien de leur pertinence en toxicité chronique. mais consécutifs à des expositions répétées ou prolongées. Prévention des risques professionnels liés aux agents chimiques.50 < CL50 = 2 (vapeurs) 0.3 Le danger chimique des valeurs de DL50 et CL50. Le tableau ci-après répertorie ces phrases en distinguant la famille des CMR.5 (gaz et vapeurs) CL50 = 0. L’ensemble de ces numéros de phrases avec toutes leurs combinaisons représente 35 phrases de risque sur les 121 disponibles aujourd’hui. du caoutchouc et de la plasturgie le 23/06/04.2 • Théorie du risque chimique 2. 2. il n’y a pas de critères chiffrés pour fixer le niveau du danger. Un certain nombre de phrases sont ainsi affectées à des produits pour des effets très divers. Évaluation du risque chimique. mais le document que nous 1. 28. une recommandation de la CNAMTS3. Dans ce cas. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France. syndicat professionnel.

48/20 ou 48/23) R48/2x R64 R68/2x 38 . pulvérulents Toxiques pour la reproduction catégories 1 et 2 Toxiques pour la reproduction catégories 1 et 2 Toxiques pour la reproduction catégorie 3 Toxiques pour la reproduction catégorie 3 Mutagènes catégorie 3 R45 R46 R49 R60 R61 R62 R63 R68 Substances à effet toxique chronique autre que CMR R33 R42 Danger d’effets cumulatifs Peut entraîner une sensibilisation par inhalation Risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée Risque possible pour les bébés nourris au lait maternel Possibilité d’effets irréversibles autres que CMR Seulement si la voie de pénétration est indiquée Allergènes respiratoires Phrase toujours associée à la voie de pénétration et à la gravité (ex.2 • Théorie du risque chimique 2.3 Le danger chimique Phrase de risque Libellé Substances à effet CMR Remarques R40 Effet cancérogène suspecté – preuves insuffisantes Peut provoquer le cancer Peut provoquer des altérations génétiques héréditaires Peut provoquer le cancer par inhalation Peut altérer la fertilité Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant Risque possible d’altération de la fertilité Risque possible pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant Possibilité d’effets irréversibles Cancérogènes catégorie 3 Cancérogènes catégories 1 et 2. liquides et gaz Mutagènes catégories 1 et 2 Cancérogènes catégories 1 et 2.

soit connues pour leurs effets négatifs sur la santé.nocif 4 T . Nous attirons l’attention sur le fait que les produits dits CMR. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. En fait. En fait. ne sont classés qu’au niveau 4. Classe de danger 1 2 Aucune R36 R37 R38 R36/37 R36/38 R36/37/38 R37/38 R66 R20 R21 R22 R20/21 R20/22 R20/21/22 R21/22 R33 R34 R40 R42 R43 R42/43 R48/20 R48/21 R48/22 R48/20/21 R48/20/22 R48/21/22 R48/20/21/22 R62 R63 R64 R65 R67 R68 R68/20 R68/21 R68/22 R68/20/21 R68/20/22 R68/21/22 R68/20/21/22 R15/29 R23 R24 R25 R23/24 R23/25 R23/24/25 R24/25 R29 R31 R35 R39/23 R39/24 R39/25 R39/23/24 R39/23/25 R39/24/25 R39/23/24/25 R41 R45 R46 R48 R48/23 R48/24 R48/25 R48/23/24 R48/23/25 R48/24/25 R48/23/24/25 R49 R60 R61 R26 R27 R28 R26/27 R26/28 R26/27/28 R27/28 R32 R39 R39/26 R39/27 R39/28 R39/26/27 R39/26/28 Pictogramme aucun Xi . ce qui peut créer une confusion sur le sens de l’échelle. En effet.très toxique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. contrairement à la préférence de certains auteurs. ND 2233. après une seule exposition. poussières. voire la mort. cette note propose un tableau permettant aussi la cotation du danger de certaines matières non soumises à étiquetage. 39 . Ce choix se justifie par le souci de distinguer le risque mortel différé de celui qui peut être immédiat ou à très court terme.2 • Théorie du risque chimique 2. 2005. Nous avons vu que les agents chimiques sont aussi des produits non étiquetables parce que générés par l’activité. référencée ND 22331. cette cotation est une application de la relation citée plus haut. INRS.3 Le danger chimique avons choisi comme référence est la note documentaire de l’INRS de 2005. aux séries R26 et R39/26. cette éventualité relève du processus accidentel. En effet. vapeurs et aérosols. donc de catégories 1 et 2. le niveau 5 est réservé au R32. Voici un extrait de ce tableau. mais soit affectées d’une VLEP. qui parle de classe de danger plutôt que de niveau.irritant Phrases de risque 3 Xn . 1. qui s’appliquent aux produits capables d’entraîner des lésions graves irréversibles.toxique 5 T+ . tels que fumées.

dont le nombre varie de 1 à 5 selon les classes. huiles de décoffrage Pas de danger connu Nature de l’agent chimique 3 2 1 Ce tableau ne comporte en fait que trois niveaux. ND 2233 de l’INRS. fumées de soudure de métaux ou plastiques. Les critères d’attribution sont spécifiques aux classes (voir paragraphe 2. graphite. C’est le cas de 7 classes sur les 10. gaz de combustion. mercure. essence (carburant) Fumées de soudure inox. huiles d’usinage et de coupe Fer. nous n’en parlerons que dans le prochain paragraphe. exposition unique – 3.1 : toxicité aiguë – 3. Nous en prenons deux exemples : 1. des dangers évidents. on remarque qu’ils appartiennent au domaine soit de l’incendie-explosion.3 Le danger chimique Or ces agents présentent. Ils appartiennent évidemment au chapitre 3. amiante et matériaux en contenant. R409 de la CNAMTS et DTE 175 de la CRAMIF. toutes les poussières et vapeurs issues d’agents chimiques étiquetables sont classées comme leur source. Bien entendu. goudrons et brais. En conséquence. matériaux de construction. Dans le SGH. plomb métallique. matières végétales ou animales. la CNAMTS et la CRAMIF. peintures au plomb. Si l’on examine l’ensemble des critères fixés pour l’attribution d’un groupe d’emballage. puisque certains disposent de VLEP Il a été décidé par les trois organismes compétents. si l’on exclut celles qui évoquent un risque accidentel : – 3. pour la plupart. fumées de vulcanisation. . soit de l’atteinte aiguë à la santé. figure dans les trois publications déjà citées1. fibres de verre. fumées de combustion de bois traités. c’est le groupe d’emballage qui fixe le niveau de danger. sables. fibres céramiques.2 • Théorie du risque chimique 2. fibres végétales. de créer une cotation des dangers de cette catégorie d’agents les plus fréquents. matériaux composites. c’est-à-dire qu’ils ont toujours un caractère accidentel. fumées de fonderie.8 : toxicité systémique pour certains organes cibles. poussières de meules. le libellé des classes de risques permet de repérer les dangers qui jouent un rôle dans le processus chronique. dédié aux dangers pour la santé. qui a réuni un consensus de ces organismes et des partenaires sociaux. 40 . talc. il nous faut prendre en compte les catégories de dangers. céréales et dérivés. Dans le règlement du Transport des matières dangereuses. à savoir l’INRS.3.10 : danger par aspiration Pour connaître les niveaux de danger correspondants. Niveau de danger 5 4 Néant Bois et dérivés. ciment.3). Le tableau. décapage au jet.

– Soit on peut identifier l’organe cible (ou tissu) particulier principalement affecté par la substance classée. 1A 1B 2 Il faudra éviter toute confusion avec le classement du CIRC1.php 41 . l’affectation des substances dans cette catégorie s’appuie largement sur des données humaines. On s’efforcera de déterminer le principal organe 1.iarc. toutes voies de pénétration confondues (tableau ci-après).3 Le danger chimique Classe 3.2 • Théorie du risque chimique 2. Remarques : – Les valeurs indicatives proposées se réfèrent essentiellement aux effets constatés dans une étude de toxicité classique de 90 jours conduite sur des rats. la liste des substances et procédés classés est disponible sur http://monographs. Toxicité systémique pour certains organes cibles.fr/indexfr. dont le code des trois premiers groupes lui ressemble : – Groupe 1 : Cancérogènes pour l’homme – Groupe 2A : Probablement cancérogènes pour l’homme – Groupe 2B : Peut-être cancérogènes pour l’homme Ce qui conduit à établir le tableau de comparaison suivant : Cancérogénicité UE SGH CIRC Niveau de danger avérée 1 1A 1 4 probable 2 1B 2A 4 possible 3 2 2B 3 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. l’affectation des substances dans cette catégorie s’appuie largement sur des études animales.6 : cancérogénicité Catégories de dangers pour les substances cancérogènes Catégorie Critères généraux L’effet cancérogène de ces substances pour l’être humain est avéré . expositions répétées Cette appellation propre au SGH n’est autre que la toxicité chronique. soit la substance peut être considérée comme un toxique systémique général. Centre International de Recherche sur le Cancer. L’effet cancérogène de ces substances pour l’être humain est supposé . Substances suspectées d’être cancérogènes pour l’être humain.

Il faudra évaluer soigneusement les données et. tous types de dangers confondus. Les 7 classes de dangers du SGH concernées par le risque d’exposition chronique font l’objet des mentions de danger suivantes : 42 .2-1.2 (cible) affecté par la toxicité afin de classer les substances en hépatotoxiques. sur 5 échelons. qu’elles risquent d’être toxiques de façon significative pour les êtres humains à la suite d’expositions répétées. ne pas prendre en compte les effets secondaires. ce qui ne facilite pas la transposition des niveaux de dangers.0 mg/litre/6 h/ jour 0.02 10-100 20-200 ppm/6 h/jour mg/litre/6 h/ jour 50-250 2 0. si possible. Comme dans le Code du travail. il existe la progression : nocif < toxique < très toxique. neurotoxiques.2 0.2 • Théorie du risque chimique 2.02-0. Cutanée (rat ou lapin) Inhalation (rat) gaz Inhalation (rat) vapeur Inhalation (rat) poussières/ brouillard/fumées Orale (rat) Cutanée (rat ou lapin) Substances pour lesquelles des études sur animaux permettent de supposer qu’elles risquent de porter préjudice à la santé humaine à la suite d’expositions répétées. etc. cette classe de danger ne comporte que deux catégories. d’après des données provenant d’études sur des animaux. alors que dans le système actuel. c’est la liste des mentions de danger qui nous permettra d’établir une échelle de niveaux de danger. un hépatotoxique peut produire des effets secondaires sur les systèmes nerveux ou gastro-intestinaux.3 Le danger chimique Critères complémentaires Catégorie Critères généraux Voie d’exposition Unité Valeurs indicatives (dose/ concentration) 10 Orale (rat) Substances ayant produit des effets toxiques notables chez les êtres humains ou dont on peut supposer. Curieusement. Par exemple. Inhalation (rat) gaz Inhalation (rat) vapeur Inhalation (rat) poussières/ brouillard/ émanations mg/kg de poids corporel/jour mg/kg pc/jour 20 1 ppm/6 h/jour mg/litre/6 h/ jour mg/litre/6 h/ jour mg/kg pc/jour mg/kg pc/jour 50 0.

Catégorie supplémentaire R64 3 H372 1 R23. R49 R40 R60. R61 3 4 3 4 H361 2 R62. R41 R38 R38 R43 R41 R36 R36 Niveau de danger 4 3 2 3 4 3 2 H314 H315 H316 H317 H318 H319 H320 H334 1 R42 3 H340 1A. R27. R34. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) Risque présumé d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. 1B 2 1A.3 Le danger chimique Code Mentions de danger pour la santé Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque une irritation cutanée Provoque une légère irritation cutanée Peut provoquer une allergie cutanée Provoque des lésions oculaires graves Provoque une sévère irritation des yeux Provoque une irritation des yeux Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation Peut induire des anomalies génétiques (note) Susceptible d’induire des anomalies génétiques (note) Peut provoquer le cancer (note) Susceptible de provoquer le cancer (note) Peut nuire à la fertilité ou au fœtus (note) Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (note) Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel Risque avéré d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. 1C 2 3 1 1 2A 2B Équivalence Code du travail R35. R48/2x 4 H373 2 R68/2x 3 43 . R24. R25 R26.2 • Théorie du risque chimique 2. R63 3 H362 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) Catégorie de danger 1A. 1B. 1B R68 R45. 1B R46 4 H341 H350 H351 H360 2 1A. R28 R48.

il sera plus simple de se reporter à l’annexe 4. R21. En matière de classification. nous avons vu dans le schéma du paragraphe 2. quand elles seront disponibles. les produits affectés d’une mention de danger visant la toxicité aiguë peuvent très bien avoir un effet sensible en exposition chronique. quand le danger est de nature toxicologique. en même temps que les autres facteurs évoqués précédemment. Comme nous l’avons dit pour les phrases de risque.3 Le danger chimique NOTE : Indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger. la gravité va dépendre. sans avoir de bonnes connaissances en chimie ? L’étiquetage 1. puisqu’il faut un deuxième produit réactif et un contact entre les deux. complétées par des indications de toxicité aiguë quand elles existent. pour plus de précision. et non sur la gravité des effets. le règlement REACH se réfère à la directive 67/548. INRS. R22) n’est pas repris.1 que l’estimation du risque ne dépendait que de la gravité et de la probabilité du dommage. le niveau de danger ne joue pratiquement pas de rôle. classés par niveau. entre autres facteurs. seuls les dangers physico-chimiques vont jouer un rôle. En pratique. Quand le processus accidentel prend la forme d’une réaction dangereuse. 2005. on souhaite s’appuyer sur des VLEP en utilisant le tableau de la note documentaire de l’INRS1 (voir paragraphe 2. Il suffit alors d’utiliser les niveaux de danger établis selon le Code du travail (annexe 6). Cette condition est nécessaire mais non suffisante. comme pour les CMR. Mais. ce sont les DNEL qu’il faudra exploiter. Pour la gravité. plus un produit est réactif. aussi bien dans la famille de la réactivité que dans celle de l’incendie/explosion. plus facilement il peut provoquer une réaction dangereuse imprévue. 44 . Mais le niveau de danger intervient au stade de l’estimation de ces deux paramètres.2 • Théorie du risque chimique 2. En conséquence. On doit donc s’appuyer sur les échelles décrites pour l’exposition chronique. – La différence de niveau de danger entre H372 et H373 porte sur le degré de certitude sur les effets. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique.5). En effet. – Le qualificatif de nocif (correspondant aux phrases R20.2. le tableau ci-dessus doit être complété par celui qui figure dans le paragraphe du risque accidentel. pour les autres cas tels que les incendies/explosions ou l’anoxie. ND 2233. qui regroupe tous les dangers pour la santé. m Le niveau de danger dans le processus accidentel Concernant le processus accidentel. son niveau a une influence évidente en cas d’exposition massive. Comment savoir si un produit est réactif. Si. du niveau de réactivité des substances concernées. Remarques : – Les mentions de danger sont moins nombreuses que ne l’étaient les phrases de risque. – Peu de bonnes correspondances existent entre les deux systèmes. Pour la probabilité.3.

Mais d’autres types de dangers sont aussi révélateurs d’une certaine réactivité. Peut exploser en mélange avec des matières combustibles. Il faut remarquer que quatre de ces phrases. Forme des composés métalliques explosifs très sensibles. R29. Peut former des peroxydes explosifs. Explosif à l’état sec. dégage des gaz toxiques. Au contact de l’eau. le feu ou autres sources d’ignition. le feu ou autres sources d’ignition. Au contact d’un acide.3 Le danger chimique apporte une première solution. Peut exploser en mélange avec des substances comburantes. Spontanément inflammable à l’air. Risque d’explosion si chauffé en ambiance confinée. Réagit violemment au contact de l’eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables. Favorise l’inflammation des matières combustibles. R19 R44 Il faut ajouter ceux qui ont des propriétés comburantes : R7 R8 R9 Peut provoquer un incendie. Grand risque d’explosion par le choc. Il y a d’abord tous les produits avec un caractère explosif : R1 R2 R3 R4 R5 R6 R16 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. la friction. la friction. à savoir R15/29. R31 et R32. Danger d’explosion sous l’action de la chaleur. Au contact de l’eau. 45 . Risque d’explosion par le choc. Un certain nombre de phrases de risque expriment directement la réactivité : R14 R14/15 R15 R15/29 R17 R29 R31 R32 Réagit violemment au contact de l’eau. dégage un gaz toxique. Elles interviennent donc aussi dans la fixation du niveau de gravité des dommages possibles. Au contact d’un acide. dégage des gaz extrêmement inflammables. comportent une information toxicologique. dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables.2 • Théorie du risque chimique 2. dégage un gaz très toxique. Danger d’explosion en contact ou sans contact avec l’air. Au contact de l’eau.

Réagit violemment au contact de l’eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables. il est très probable qu’une personne compétente participe à l’analyse des risques. En ce qui concerne le risque d’incendie/explosion. Celle-ci est exprimée par quelques phrases de risque. Mais dans ce domaine. c’est évidemment l’inflammabilité qui est déterminante sur la probabilité de survenue. la priorité de l’étiquetage porte sur les propriétés toxicologiques et d’inflammabilité. utilisant le point d’éclair (Pe) et le point d’ébullition (Eb) : 46 . Cet ensemble réunit 20 phrases de risque. Peut devenir facilement inflammable pendant l’utilisation. Risque de lésions oculaires graves.3 Le danger chimique Et ceux qui sont corrosifs : R34 R35 R41 Provoque des brûlures. Rappelons que l’attribution des phrases R10. Extrêmement inflammable. R11 et R12 répond à des critères techniques précis. dégage des gaz extrêmement inflammables. En effet. simples ou combinées. Il faut cependant savoir que la corrosivité est un aspect particulier de la réactivité en général. telles qu’on peut en rencontrer dans l’industrie chimique. dont cinq sont déjà citées pour la réactivité : R10 R11 R12 R14/15 R15 R15/29 R16 R17 R18 R30 Inflammable. mais très insuffisantes pour rendre compte de la réactivité de substances plus rares. formation possible de mélange vapeur-air inflammable/ explosif. dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables. Peut exploser en mélange avec des substances comburantes.2 • Théorie du risque chimique 2. Au contact de l’eau. Elles sont judicieuses pour les produits les plus usuels. Lors de l’utilisation. et réciproquement. ce qui signifie que toute substance considérée comme assez réactive est probablement corrosive. Au contact de l’eau. Spontanément inflammable à l’air. Provoque de graves brûlures. Facilement inflammable.

3 Le danger chimique Phrase de risque R10 R11 R12 Symbole de danger aucun F F+ Critère 21 ˚C < Pe £ 55 ˚C 0 ˚C £ Pe £ 21 ˚C Pe < 0 ˚C et Eb £ 35 ˚C Il y a donc 28 phrases s’appliquant aux propriétés physico-chimiques. en fonction de la classe de danger. Il comporte trois niveaux au maximum. dans les documents déjà cités. à l’instar de ceux que l’on a décrits pour les effets toxicologiques.2 • Théorie du risque chimique 2. Groupe d’emballage I Groupe d’emballage II Groupe d’emballage III Matières très dangereuses Matières moyennement dangereuses Matières faiblement dangereuses Donc un ordre inverse de celui des niveaux définis précédemment. à une nuance près. m Processus accidentel dans le transport des matières dangereuses Nous avons vu que le niveau de danger de type accidentel est donné par le groupe d’emballage. qui n’expriment pas le même niveau de danger. C’est pourquoi nous proposons une échelle de ces niveaux. Les critères d’attribution sont très variables selon les classes et toutes les classes ne sont pas sujettes à affectation de groupe. Niveau 5 Phrases de risque R1 R2 R3 R4 R5 R6 R32 R7 R12 R14 14/15 R15 R15/29 R16 R17 R19 R29 R31 R35 R41 R8 R9 R11 R18 R30 R34 R44 R10 aucune 4 3 2 1 Ce classement est aussi celui adopté par l’UIC et la CRAM d’Île-de-France. Le tableau suivant résume ces critères dans les grandes lignes : 47 . Les niveaux sont fixés selon la définition très générale suivante : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Il est intégré dans l’annexe 4.

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Classe 1 et 2 3 F 4.1 4.2 4.3 5.1 5.2 SR

Niveaux de danger Pas de groupes I, II et III II et III 7 types I, II et III I, II et III I, II et III 7 types

Critères

Fonction du point d’éclair et du point d’ébullition et des risques subsidiaires. Selon les tests de réaction au feu. Fonction de la « quantité maximale admissible dans un emballage », selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères. Aptitude à l’auto-inflammation, selon la température et le volume. Aptitude au dégagement de gaz inflammable en présence d’eau, selon le débit du dégagement. Fonction de la vitesse de combustion d’un mélange avec de la cellulose, selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères. Fonction de la « quantité maximale autorisée par colis », selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères. Fonction d’une part du degré de toxicité, lui-même établi à partir des indicateurs de toxicité par inhalation ou contact cutané que sont la CL50 et la DL50, selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères, et d’autre part de la « volatilité » de la matière, quand elle existe. La volatilité n’est en fait que la concentration de vapeurs dans l’air à l’équilibre. Pour les mélanges, on utilise une CL50 théorique du mélange obtenue par calcul. À défaut de CL50, on peut recourir à des essais toxicologiques simplifiés sur l’animal.

6.1

I, II et III

6.2 et 7

Pas de groupes Fonction du degré de corrosivité, déterminé par l’expérience acquise ou par des tests sur l’homme observant le délai d’apparition d’atteintes cutanées après application de la matière. Pour le groupe III, on tient aussi compte de l’attaque d’une surface métallique. Sans critères précisés.

8

I, II et III

9

II et III

En pratique, le groupe d’emballage d’une matière connue se trouve dans le tableau A du chapitre 3.2 de l’ADR. Deux cas permettent plus facilement une comparaison avec le Code du travail : Liquides inflammables : Les matières et objets classés dans la classe 3 doivent être affectés aux groupes d’emballages selon les critères présentés dans le tableau ci-après.
NOTE :

Pour un liquide ayant un (des) risque(s) subsidiaire(s), il faut prendre en compte le groupe d’emballage défini conformément au tableau ci-dessus et le groupe d’emballage lié à la gravité du (des) risque(s) subsidiaire(s) ; le classement et le groupe d’emballage découlent alors des dispositions du tableau d’ordre de prépondérance des dangers du 2.1.3.10.

48

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Groupe d’emballage I II III –

Point d’éclair (en creuset fermé) £ 35 ˚C > 35 ˚C > 35 ˚C

Point initial d’ébullition

< 23 ˚C ≥ 23 ˚C et £ 61 ˚C

Les différences portent sur les limites de point d’éclair : 23 et 61 au lieu de 21 et 55 dans le Code du travail. D’autre part, le groupe I ne tient pas compte du point d’éclair. Toxicité aiguë par inhalation : Les liquides dégageant des vapeurs toxiques (classe 6.1) doivent être classés dans les groupes suivants, la lettre « V » représentant la concentration (en ml/m3 d’air) de vapeur (volatilité) dans l’air à 20 ˚C et à la pression atmosphérique normale
Vapeurs Très toxiques Toxiques Faiblement toxiques
NOTE :

Groupe d’emballage I II III

Critères Si V ≥ 10 CL50 et CL50 £ 1 000 ml/m3 Si V ≥ CL50 et CL50 £ 3 000 ml/m3 et si les critères pour le groupe d’emballage I ne sont pas satisfaits Si V ≥ 1/5 CL50 et CL50 £ 5 000 ml/m3 et si les critères pour les groupes d’emballage I et II ne sont pas satisfaits

Ces critères de toxicité à l’inhalation de vapeurs ont pour base les données sur la CL50 pour une exposition d’une heure, et ces renseignements doivent être utilisés lorsqu’ils sont disponibles. Cependant, lorsque seules les données sur la CL50 pour une exposition de 4 heures aux vapeurs sont disponibles, les valeurs correspondantes peuvent être multipliées par deux et le résultat substitué aux critères ci-dessus, c’est-à-dire que la double valeur de la CL50 (4 heures) est considérée comme l’équivalent de la valeur de la CL50 (1 heure).

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Pour comparer, il faut ramener les CL50 (4 heures) indiquées dans le Code du travail à leur équivalent (1 heure). D’autre part, il faut ramener les concentrations en mg/l à leur équivalent en ml/m3, ce qui dépend évidemment de la masse molaire de la substance en question. Prenons l’exemple de substances ayant des masses molaires de 50 et 200 :
Nocif/III Travail Masse molaire = 50 Masse molaire = 200 Transport CL50 (1 h) < 20 000 CL50 (1 h) < 5 000 < 5 000 Toxique/II CL50 (1 h) en ml/m3 CL50 (1h) < 2 000 CL50 (1 h) < 500 < 3 000 CL50 (1 h) < 500 CL50 (1 h) < 125 < 1 000 Très toxique/I

49

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Les différences sont sensibles, sans même tenir compte de la volatilité, mais les groupes I et II ont des critères plus sévères que ceux du Code du travail qui leur correspondent. En conclusion, il ne nous semble pas réaliste de pouvoir tirer une échelle de niveaux à partir de cette réglementation, mais une consultation du classement sera toujours utile pour affiner, au cas par cas, le choix final adopté pour l’estimation du risque accidentel.
m Processus accidentel dans le SGH

Les dangers correspondant à des risques accidentels sont soit dans le tableau des dangers physiques, soit dans celui des dangers pour la santé, quand ils sont susceptibles d’être impliqués dans des expositions massives. Pour le premier groupe, il y a 16 classes de dangers, dont le nombre de catégories varie de 1 à 7. Trois familles de dangers physico-chimiques peuvent être identifiées : Les explosifs : Ils sont réunis dans la classe 2.1. Si l’on élimine les explosifs par destination et les matières pyrotechniques, il n’y a que 5 catégories, avec 7 mentions de danger en ajoutant le H240 (risque d’explosion en cas d’échauffement) et le H280 (contient un gaz sous pression ; peut exploser sous l’effet de la chaleur), que nous répartirons logiquement sur les niveaux de danger de 3 à 5, sachant qu’on ne les rencontrera normalement que dans la chimie fine ou des établissements faisant l’objet de réglementations spécifiques, notamment Seveso II. Les réactifs : Sous cette appellation, nous réunissons les matières autoréactives et auto-échauffantes (classes 2.8 et 2.11), les comburants (classes 2.4, 2.13, 2.14 et 2.15) et les corrosifs (classe 2.16). Cet ensemble est reconnaissable par 9 mentions de danger, à placer sur 3 niveaux de danger. Les inflammables : C’est le groupe le plus fourni, avec les classes 2.2, 2.3, 2.6, 2.7, 2.9, 2.10 et 2.12. Ce type de danger est beaucoup plus détaillé ici que dans le Code du travail, notamment en ce qui concerne les gaz, du fait que les dangers physiques proviennent en grande partie du règlement du Transport des matières dangereuses. Il existe un choix de 12 codes de mention de danger, que l’on répartit en 3 niveaux, sauf pour les liquides pour lesquels existent 4 catégories de dangers :
Critères de classification des liquides inflammables (classe 2.6) Catégorie 1 2 3 4 Critères Le point d’éclair est < 23 ˚C et le point initial d’ébullition est £ 35 ˚C Le point d’éclair est < 23 ˚C et le point initial d’ébullition est > 35 ˚C Le point d’éclair est ≥ 23 ˚C et £ 60 ˚C Le point d’éclair est > 60 ˚C et £ 93 ˚C

50

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Le SGH se distingue par un niveau supplémentaire (code H227, liquides combustibles) et des limites de point d’éclair différentes. Là aussi, il faudra se souvenir que la catégorie 1 correspond au plus haut niveau de danger. Il faut ajouter à cette liste une mention d’un danger particulier, n’existant pas en phrase de risque mais bien réel : « contient un gaz réfrigéré ; peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques » (H281). Pour l’ensemble des dangers physico-chimiques, un niveau de danger a été attribué à chaque code de mention de danger. Une liste de ces codes, classée par niveau de danger, figure en annexe 6. Le deuxième groupe de danger à prendre en compte dans le risque accidentel comprend les toxiques aigus (classe 3.1), les corrosifs-irritants (classes 3.2 et 3.3) et le danger par aspiration (classe 3.10). On peut à la limite ajouter les toxiques systémiques en cas d’exposition unique (classe 3.8). Ces classes comportent de 2 à 5 catégories et couvrent 21 mentions de danger, dont une partie est commune avec les dangers d’exposition chronique. Examinons plus particulièrement le danger de toxicité aiguë. Les produits chimiques peuvent être classés dans une des cinq catégories de toxicité aiguë par voie orale ou cutanée ou par inhalation selon des valeurs seuils, comme le montre le tableau ci-dessous. Les valeurs de toxicité aiguë sont exprimées en valeurs d’estimation de la DL50 (orale, cutanée) ou CL50 (inhalation). Catégories de danger de toxicité aiguë définissant les différentes voies d’exposition :
Voie d’exposition Orale (mg/kg de poids corporel) Cutanée (mg/kg de poids corporel) Gaz (ppmV) Vapeurs (mg/l) Poussières et brouillards (mg/l)
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Catégorie 1 5 50 100 0,5 0,05 50 200 500 2,0 0,5 2 3 300 1 000 2 500 10,0 1,0 4 2 000 2 000 5 000 20,0 5,0 Voir critères détaillés en note b) 5 5 000

NOTE :

a) La concentration des gaz est exprimée en parties par million de volume (ppmV). b) Les critères pour la catégorie 5 sont destinés à l’identification de substances dont la toxicité aiguë est relativement faible mais qui peuvent, sous certaines conditions, être dangereuses pour des populations vulnérables. Les DL50 orale et cutanée de ces substances se situent dans l’intervalle 2 000-5 000 mg/kg ou, par inhalation, à des doses équivalentes.

Nous voyons que les seuils sont différents de ceux qu’utilise la classification actuelle. Par exemple, pour l’ingestion, la limite de DL50 pour « très toxique » (R28) est de 25 mg/kg, soit entre les catégories 1 et 2, et la limite pour « toxique » (R25) est de 200 mg/kg, soit entre les catégories 2 et 3.
51

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Pour la détermination de la toxicité aiguë, comme pour certaines autres données toxicologiques, on se réfère à des essais sur des animaux de laboratoire (rats, souris, lapins, etc.). Notons que les expérimentateurs devront s’efforcer, dans le choix de leurs méthodes, de respecter la protection et le bien-être des animaux. Le SGH rappelle à plusieurs endroits que : « les essais sur animaux de substances classées en catégorie 5 doivent être découragés pour des raisons de protection des animaux. De tels essais ne sont envisageables que lorsqu’il y a une forte probabilité que les résultats apporteront des éléments d’information importants pour la protection de la santé humaine. » Cette précaution est aussi prescrite par le règlement REACH, dont les « considérants » précisent par exemple : « … il est nécessaire de remplacer, de réduire ou d’affiner les essais sur les animaux vertébrés. La mise en œuvre du présent règlement devrait chaque fois que possible reposer sur le recours à des méthodes d’essai de remplacement adaptées à l’évaluation des dangers présentés par les substances chimiques pour la santé et pour l’environnement… La Commission et l’Agence devraient veiller à ce que la réduction des expériences sur animaux constitue un élément clé du développement et de l’actualisation des orientations destinées aux parties concernées ainsi que dans les procédures de l’Agence. » Pour classer les mélanges, il faut soit appliquer les critères des substances aux mélanges, dans la mesure où l’on dispose des données nécessaires, soit procéder par calcul à partir des données de chaque composant. Dans ce cas, l’estimation de toxicité aiguë (ETA) orale, cutanée ou par inhalation du mélange est calculée à partir des valeurs d’ETA des composants à prendre en compte, à l’aide de la formule ci-dessous : 100 ----------------- = ETA mél -----------∑ ETA-i n Ci

où : Ci : est la concentration du composant i ; n : est le nombre de composants et i va de 1 à n ; ETAi : est l’estimation de toxicité aiguë du composant i. En conclusion, pour fixer une échelle de danger de toxicité aiguë, on peut proposer une répartition des codes de danger correspondant aux 5 classes citées plus haut sur quatre niveaux :
Équivalence Code du travail R28 R39/28 R25 R39/25 Niveau de danger 5

Code

Mentions de danger pour la santé

Cat. de danger

H300

Mortel en cas d’ingestion

1, 2

H301

Toxique en cas d’ingestion

3

4

52

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Code

Mentions de danger pour la santé

Cat. de danger

Équivalence Code du travail R22 R68/22 R22 R23/25 R39/23/25 R20/22 R27 R39/27 R24 R39/24 R21 R68/21 R21 R35, R34 R41 R38 R38 R41 R36 R36 R26 R39/26 R23 R39/23 R20 R68/20 R20 R37

Niveau de danger 3 2 5

H302 H303 H304

Nocif en cas d’ingestion Peut être nocif en cas d’ingestion Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Peut être nocif en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Mortel par contact cutané

4 5 1

H305

2

3

H310

1, 2

5

H311

Toxique par contact cutané

3

4

H312 H313 H314 H315 H316 H318 H319 H320
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Nocif par contact cutané Peut être nocif par contact cutané Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque une irritation cutanée Provoque une légère irritation cutanée Provoque des lésions oculaires graves Provoque une sévère irritation des yeux Provoque une irritation des yeux Mortel par inhalation

4 5 1A, 1B, 1C 2 3 1 2A 2B 1, 2

3 2 4 3 2 4 3 2 5

H330

H331

Toxique par inhalation

3

4

H332 H333 H335

Nocif par inhalation Peut être nocif par inhalation Peut irriter les voies respiratoires

4 5 3

3 2 2

53

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Code

Mentions de danger pour la santé

Cat. de danger 3

Équivalence Code du travail R67 R39 R39/23/24/25

Niveau de danger 3

H336

Peut provoquer somnolence et des vertiges Risque avéré d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés, s’ils sont connus) Risque présumé d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés, s’ils sont connus)

H370

1

5

H371

2

R23/24/25 R68/20/21/22

4

Cette liste est évidemment indicative, car tout agent chimique présent en quantité ou concentration importante, quel que soit son étiquetage, peut générer un risque d’accident. C’est pourquoi, dans l’estimation de la gravité et de la probabilité d’un risque accidentel lié à une exposition massive, on s’appuiera sur la liste complète figurant dans l’annexe 6.
2.3.6 Les familles de dangers

La réglementation du travail propose donc 123 phrases de risque différentes pour identifier les dangers des produits chimiques. La réglementation du transport des matières dangereuses propose 92 numéros d’identification de danger. Le Système Général Harmonisé, qui devrait bientôt se substituer aux deux précédents, distingue 71 codes de danger, ce qui est plus simple, mais encore lourd à gérer pour la prévention. Il y a pourtant une façon simple de résoudre ce problème. Quand on examine les listes de phrases ou de codes, il s’avère que certains dangers évoqués ne diffèrent que par la gravité des dommages possibles, alors que le mode d’action est identique. Par exemple, entre un irritant et un corrosif, la différence ne porte que sur la gravité de la lésion éventuelle, mais il s’agit toujours d’un effet lié au contact cutané ou oculaire. C’est encore plus net pour les phrases R23 et R26 : toxique ou très toxique par inhalation. On comprend bien que les mesures de prévention seront identiques pour ces deux dangers ; seule la priorité d’action peut être différente. Si l’on écarte la notion de gravité, il se dégage deux grandes familles de dangers homogènes, avec des subdivisions : Danger physico-chimique : – Incendie/explosion : code IE – Réactivité particulière : code Re Danger toxicologique : – Toxicité par inhalation : code In – Nocivité par contact (cutané ou oculaire) : code Co – Toxicité par ingestion : code Tg – Classement CMR selon réglementation : code CMR
54

Mais ces symboles n’indiquent que partiellement les voies d’exposition ou les propriétés physico-chimiques. – Le classement CMR. Famille de danger IE Re In Co Tg CMR Phrase R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pour simplifier. Seuls les effets sont distincts. dans l’étude des dangers. – Les contacts cutanés et oculaires ne sont pas distingués.3.2). R9 R10 R11 R12 R14 R15 R16 R17 R18 55 .2 • Théorie du risque chimique 2. qui s’applique aux cancérogènes. n’est introduit que pour des contraintes réglementaires. il est redondant avec les deux précédents. il fera l’objet d’une approche particulière. Il faut passer par les phrases de risque pour arriver à affecter chaque danger à une ou plusieurs familles. nous avons éliminé les dangers pour l’environnement. car. sachant que. mutagènes et reprotoxiques. parce qu’ils répondent au même processus d’apparition. – Le danger de toxicité par ingestion est atypique par rapport aux autres . Il aurait été intéressant de trouver des symboles de danger correspondants à chacune de ces familles. – Ces cinq codes ont une certaine ressemblance avec les sept groupes de danger de l’ADR (voir paragraphe 2. mais seulement de catégories 1 et 2 selon l’Union européenne.3 Le danger chimique Remarques : – Ce classement est conforme aux règles d’estimation du risque accidentel énoncées au paragraphe 2.5. Le tableau suivant permet ce passage.5.

3 Le danger chimique Phrase R19 R20 R21 R22 R23 R24 R25 R26 R27 R28 R29 R30 R31 R32 R33 R34 R35 R36 R37 R38 R39 R40 R41 R42 R43 R44 R45 R46 R48 R49 R60 R61 R62 Famille de danger IE Re In Co Tg CMR 56 .2 • Théorie du risque chimique 2.

malgré l’apparente complexité de l’étiquetage.2 • Théorie du risque chimique 2. ce qui a pour effet de cumuler les familles de dangers. Ce tableau n’utilise que les phrases simples. Phrases de risque 11-36-66-67 11-23/24/25-39/23/24/25 10-35 8-34 20/21-36-61 Famille de danger IE + Co + In IE + Co + In + Tg IE + Co Re + Co In + Co + CMR Méthanol Acide acétique Peroxyde d’hydrogène Diméthyl-formamide On s’aperçoit vite que la grande majorité des solvants comporte le classement IE + In + Co. ce qui simplifie énormément l’analyse des risques. mais s’applique sans difficulté aux phrases combinées.3 Le danger chimique Phrase R63 R64 R65 R66 R67 R68 Famille de danger IE Re In Co Tg CMR Chaque fois que la phrase R ne précise pas la voie. c’est que les trois peuvent être concernées. En voici des exemples : Produit Acétone © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Par exemple : Phrases combinées R20/21 R39/23/25 R36/38 R42/43 R48/21 R68/20 Familles de danger In + Co In + Tg Co In + Co Co In Les substances et préparations classées ont le plus souvent plusieurs phrases de risque. 57 .

car les modes d’exposition réels peuvent conduire à des classements différents. En effet.9 2.8 2.10 2. au contact de l’eau. il faut ajouter la famille In. En effet. Cette simplification est un des points clés de notre méthode. les dangers In et Co sont présents simultanément. Avec l’application du SGH. et de vérifier ensuite par les phrases R du produit si elles sont toutes réellement concernées. Re. le risque est caractérisé seulement par une exposition ou une situation dangereuse. La pénétration percutanée est en effet souvent sous-estimée. quelle que soit la réglementation concernée.2 • Théorie du risque chimique 2. mais en cas d’une possibilité de formation d’aérosol. IE.3 2. C’est plus rapide et plus sûr.5 2.1 2.2 2. même en présence de vapeurs. car les classes de dangers sont justement organisées selon ces mêmes familles. dans l’activité de traitement de surface. dégagent des gaz inflammables Re In Co Tg CMR 58 . Le « déchiffrage » de la classification.12 matières et objets explosibles gaz inflammables aérosols inflammables gaz comburants gaz sous pression liquides inflammables matières solides inflammables matières autoréactives liquides pyrophoriques solides pyrophoriques matières auto-échauffantes matières qui.6 2.7 2. une présence d’acide sulfurique induit le seul danger R35.4 2. donc la famille Co. il est beaucoup plus simple d’envisager les 4 familles de dangers classiques automatiquement pour chaque phase de travail : In.11 2. Ainsi. L’expérience montre d’ailleurs que dans la grande majorité des situations de travail. par exemple. le classement réglementaire des produits n’est qu’une indication générale. parce qu’elle permet une certaine indépendance vis-à-vis de l’étiquetage. n’intervient ensuite que pour l’estimation. Ce phénomène est bien connu.3 Le danger chimique En pratique. Cela conduit au tableau de correspondance suivant : Famille de danger Classe Danger IE 2. avec ce qu’elle comporte d’incohérence et de lacunes dans la pratique. la définition des familles de dangers se fera très simplement. Co.

tels que poussières et fumées.3 Le danger chimique Famille de danger Classe 2. exposition unique toxicité systémique pour certains organes cibles. européenne ou issue du SGH.4.16 3.13 2. La classe 4.10 Danger IE liquides comburants matières solides comburantes peroxydes organiques matières corrosives pour les métaux toxicité aiguë corrosion/irritation cutanées lésions oculaires graves/irritation oculaire sensibilisation respiratoire ou cutanée mutagénicité pour les cellules germinales Cancérogénicité toxicité pour la reproduction toxicité systémique pour certains organes cibles.8 3. Nous avons vu que la notion d’agent chimique fait aussi appel à des produits générés par l’activité et non soumis à la classification.15 2.2 • Théorie du risque chimique 2. expositions répétées danger par aspiration Re In Co Tg CMR © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. qui ne vise que l’étiquetage en final.4 3. 59 .2 3.6 3.1 3.14 2.1 concernant l’environnement ne figure pas ici. il sera plus simple de partir des codes de danger en « H ». Lorsque l’étiquetage selon le SGH sera effectif. Nous ne pourrons pas nous appuyer sur des phrases de risque mais nous devons leur affecter des familles de dangers. comme on le fait aujourd’hui pour les phrases de risque. EXEMPLES : Fumées de soudure Poussières de bois Poussières de plomb Fibres d’amiante In In + Re In + Tg In Ainsi se trouve comblée une lacune de la classification.3 3.7 3. Elle fait l’objet d’une approche spécifique traitée au paragraphe 5.9 3.5 3.

selon le niveau d’activité physique. aux mains et aux avant-bras. Pour que le contact soit possible. Elle induit une conséquence évidente mais importante dans la pratique. S’agissait-il toujours d’expositions vraies. Les plus exposées sont celles du système buccorespiratoire. comme aux membres et au torse. voire à l’ensemble de la tête. laquelle. Cette définition est largement admise aujourd’hui dans le monde professionnel. c’est qu’il n’y a pas d’exposition en dehors de tout contact. La troisième voie habituellement évoquée est la voie digestive. par son humidité. son contact avec le corps humain peut couvrir une large surface puisqu’il peut passer au travers des vêtements. Lorsque l’agent chimique est volatil. À côté de la peau. cette idée soulève plus d’interrogations. jusqu’aux alvéoles pulmonaires.4 Processus chronique 2. il a été publié des évaluations du nombre de salariés exposés à des agents cancérogènes. En processus chronique. il se limite en général.4. Mais cela peut s’étendre au visage. les cavités nasales. Le premier cas de figure est le contact cutané. à tous les niveaux des voies respiratoires. ce qui peut conduire à ignorer. le contact oculaire ne provient en général que de vapeurs et de poussières. Le contact oculaire est un cas particulier en raison de la très grande sensibilité de la surface de l’œil. un individu exposé à une pollution de 200 ppm de xylène en inhale 800 mg par heure. pour peu que le travail soit très polluant et que la température ambiante conduise la personne à se dévêtir. La transpiration peut aussi améliorer le contact. Par exemple. l’exposition est définie comme le contact d’une personne avec un agent chimique par voie respiratoire. cutanée ou digestive. la gorge et les voies respiratoires profondes. Les effets sur des organes cibles peuvent donc se manifester rapidement. sans se soucier de la réalité d’un contact. le débit respiratoire est compris entre 20 et 120 litres par minute. Pour mémoire. facilite l’adsorption des produits volatils. En processus chronique. Pour situer le problème. c’est-à-dire avec contact ? Beaucoup d’intervenants en santé au travail parlent d’exposition dès qu’il y a utilisation de produit chimique au poste de travail. car elle induit une grande vitesse de passage des substances en milieu sanguin. 60 . Les aérosols liquides réussissent encore mieux à se déposer sur la peau. voire nier. notamment pour les poussières. de l’irritation à l’ulcération. En dehors de circonstances accidentelles. pour les liquides et les solides.2 • Théorie du risque chimique 2. ce sont les muqueuses qui peuvent entrer en contact avec les molécules d’agents chimiques. sous forme de vapeurs ou de poussières fines. elle est présente surtout comme effet secondaire de la voie respiratoire.1 Exposition Dans l’exposé des mécanismes du risque chimique. L’exposition par voie respiratoire est au cœur de toute évaluation de risque chimique.4 Processus chronique 2. L’identification d’une exposition cutanée doit tenir compte du fait que certains produits chimiques ne laissent ni dépôt visible ni sensation particulière sur la peau. ce qui n’exclut pas des effets locaux. Présentée sous cet angle. il faut que les molécules ou les particules soient transportées par l’air inhalé. comprenant la bouche. Le contact en question est le contact des molécules de l’agent chimique avec une partie quelconque du corps humain. toute exposition.

2 • Théorie du risque chimique 2. et à une possible voie digestive. Les observations qui précèdent amènent à une conclusion évidente : le plus souvent. le produit peut « se cacher » à la surface d’un objet ou d’un matériau pollué. Figure 2. Beaucoup d’expositions cutanées suivent ce schéma. il suffit de prendre l’exemple des chiffons. voire du visage. conduisant à des pollutions soit de nourriture. réf. DTE 145.4 Processus chronique puisque toute déglutition en présence de vapeurs. dans un premier temps. deviennent eux-mêmes source de contamination des mains. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Concernant l’exposition aux principes actifs. voir la brochure CRAMIF. Pour l’illustrer. ont pour but d’éliminer une souillure. La voie digestive n’est pas à négliger dès que l’on travaille avec des produits dont les doses actives sont très faibles. Un contact avec des liquides ou des solides est relativement facile à observer. sont simultanées. – consommation de tabac pouvant entraîner d’une part une contamination buccale avec des mains souillées. poussières ou aérosols peut entraîner un agent chimique dans le système digestif. On touche ou on ne touche pas le produit. cutanée. respiratoire et digestive. qui. Elle est aussi envisageable dans des circonstances particulières : – manque d’hygiène des mains. Seule la manipulation de produits liquides ou pâteux non volatils limite l’exposition au contact cutané. d’autre part des effets de toxicité aggravée par la pyrolyse dans la cigarette d’agents chimiques présents dans l’atmosphère. soit de la zone buccale au cours des repas . mais avec des proportions variables. Toutefois. les trois voies. comme cela se rencontre dans l’industrie pharmaceutique1. La frontière de la zone dangereuse coïncide avec leur surface.9 – Les chiffons sont un vecteur d’exposition cutanée 1. aussitôt l’essuyage réalisé. mais qui. 61 .

plus banalement. les bords de cuves. En effet. VLEP = 100 ppm 20 ppm 200 ppm 500 ppm solvant Figure 2. tant qu’il ne sera pas éliminé. voire des jours. la zone de présence de beaucoup de molécules dans l’air est quasiment infinie. Qui pourrait prétendre aujourd’hui ne pas être exposé à des hydrocarbures cancérogènes ou. à l’intérieur de laquelle la concentration atmosphérique en agent chimique dépasse la VLEP. Il s’agit du diamètre moyen des particules. il faut tenir compte de la granulométrie. dont la concentration en polluant est critique en tout point. Cela supposerait de placer des capteurs adéquats dans tout l’environnement concerné et de suivre leur indication en temps réel. les tuyaux mobiles. du moins quand elle est connue. Cette frontière ne peut être définie que par une concentration limite. en pratique. À l’inverse. souvent inaccessibles aux moyens d’analyse disponibles. de l’ordre du micron.2 • Théorie du risque chimique 2. alors qu’elles sont seulement présentes à des concentrations infimes. à du monoxyde de carbone ? Il nous faut donc nous tourner vers les VLEP pour pouvoir définir une zone dangereuse. c’est-à-dire la dimension des particules en suspension dans l’air. ni d’un diamètre constant. etc. Concernant les poussières. ou aérosols solides.10 – Courbes de niveau de concentration de vapeurs (à un instant donné) C’est une définition théorique. les outils de travail ou de maintenance en zone d’activité chimique. sachant que celles-ci ne sont ni sphériques. En effet. Nous les croyons absentes. Le contact est parfois la conséquence d’un mode opératoire inadapté ou d’opérations effectuées dans la précipitation telles que la saisie manuelle de pièces sortant d’un bain ou fraîchement revêtues d’un produit. il est rarement possible de tracer cette limite. 62 . la stabilité du nuage formé est inversement proportionnelle à cette dimension. Un nuage de grosses particules retombera assez rapidement. le nuage se maintiendra des heures. alors que pour des particules très fines. un nuage de vapeurs ou de poussières n’a pas de frontière nette. Cette zone dangereuse devient possible à identifier lorsqu’elle coïncide avec un espace fermé. car.4 Processus chronique On peut aussi citer les orifices de récipients.

Ainsi. ce qui incitait à ne pratiquer ce type d’analyse qu’en cas d’exposition à des substances non volatiles. comme le cancer. des inhalations de vapeurs corrosives. – cancers. mais aussi de la voie de pénétration. La membrane de ces alvéoles est particulièrement perméable aux substances chimiques. au contact des alvéoles pulmonaires. mais plus spécifiquement des trachéites et des bronchites. Mais la voie respiratoire se distingue par le fait que les agents chimiques sont conduits. Un produit lipophile. Ensuite. qui n’auraient qu’un effet modéré sur la peau. Les effets possibles sont les suivants : – irritation . – dermite et dermatose . plus ou moins partiellement. l’état de la peau et la réceptivité particulière de l’individu. – eczémas . comme les alcools et les éthers de glycol. 63 .4. passera plus facilement. L’inhalation d’agents chimiques provoque aussi un contact avec les muqueuses de l’appareil respiratoire supérieur qui conduit aux pathologies décrites ci-dessus. de l’œil ou de la muqueuse touchée par le produit. à niveau de danger égal. Il est souvent possible de contrôler cette pénétration percutanée par des analyses de sang appropriées. les effets locaux habituels apparaissent. tels que les propriétés chimiques de l’agent. Dans les voies supérieures. puis une insuffisance respiratoire. éventuellement de l’asthme. Elle a été longtemps sous-estimée. Hormis ce dernier cas. ou différés sur de longues périodes. la peau présente toujours une perméabilité chimique qui permet aux agents de pénétrer dans son épaisseur. comme le trioxyde de chrome. Sachant que les muqueuses sont beaucoup plus sensibles que la peau. sa concentration et sa température. L’inhalation des produits pulvérulents suit un mode d’action un peu différent. Ainsi. Certaines substances corrosives.2 • Théorie du risque chimique 2.2 Dommages © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. la partie du corps touchée. ils sont rapidement visibles et perceptibles et servent donc d’alarme. lorsqu’il y a contact cutané ou oculaire. puis de passer dans la circulation sanguine. c’est-à-dire soluble dans les graisses. les dommages sont plus graves. Les dommages sur la santé humaine causés par des expositions chroniques sont très variés et dépendent évidemment de l’agent chimique. c’est-à-dire qu’il se produit à la surface de la peau. acides ou basiques. Cependant. Cette pénétration percutanée a une certaine cinétique qui dépend de nombreux facteurs. car leur fonction est d’assurer les échanges gazeux avec le sang. et spécialement celles qui se partagent bien entre l’eau et les graisses. Ces effets peuvent être immédiats. laquelle peut être obtenue en quelques secondes par inhalation d’un gaz approprié. Cette sensibilité est d’ailleurs démontrée dans la pratique de l’anesthésie par voie respiratoire. avec un risque d’effets irréversibles. – ulcération .4 Processus chronique 2. il se produit d’abord un dépôt qui peut générer des réactions de toux. toujours en fonction des propriétés physico-chimiques des agents inhalés. le premier type de dommage est local. comme l’irritation. C’est le cas de la plupart des substances organiques. d’expectoration et de charge nasale. peuvent provoquer d’abord de la toux.

lorsqu’ils existent. font que l’organisme peut s’adapter à une absorption chronique. soit en l’état. Les plus fines. le système nerveux. beaucoup d’autres organes font partie des cibles. selon leurs propriétés biochimiques. tant qu’elle ne dépasse pas une dose critique. mais aussi les reins. principalement le sang et les urines1. Elles sont absorbées par des cellules appelées macrophages qui conduisent à terme à une élimination physique. Pour les agents cancérigènes. un certain nombre d’indicateurs biologiques ont des valeurs limites indicatives. la présence et les effets des substances absorbées cessent aussi après un délai variable. L’élimination se produit selon une certaine cinétique. le sang. une substance peut agir sur n’importe quel organe réceptif. 64 . liée à la substance comme au système récepteur. Le passage dans la zone des alvéoles pulmonaires dépend essentiellement de la granulométrie des particules de l’aérosol. dont un exemple bien connu est celui du plomb. dont c’est la fonction. L’effet des particules dans les alvéoles est d’abord local. Les plus grosses sont arrêtées au niveau de la bouche et du nez. – élimination simple . ED 791. – accumulation dans l’organisme. appelé organe cible. le cycle jour-nuit permet 1. Leur devenir dans l’organisme relève de la toxicologie. atteignent les alvéoles et provoquent divers effets. quelle que soit la voie. C’est le rôle de la biométrologie. etc. En pratique. les poumons. les pathologies sont repérables d’abord par un certain nombre de symptômes. On peut consulter le document de l’INRS : « Biotox. Une fois passée dans le sang. guide biotoxicologique pour les médecins du travail. Parmi les cibles les plus fréquentes. Les substances agissent. le cœur. on peut citer le foie. que nous globaliserons dans un but pratique par les catégories suivantes : – pathologie au niveau d’un organe ou un système cible . Les substances absorbées. en raison justement de son rôle éliminateur. voire de perforation de la cloison nasale. c’est que l’organisme réagit à la présence d’agents chimiques par divers processus. Cela signifie que lorsque l’exposition cesse. dans les différents milieux physiologiques. appelées indicateurs biologiques. Notamment. ». qui n’est pas abordée dans cet ouvrage. ces cellules sont impuissantes et la réaction de l’organisme conduit à l’apparition d’une fibrose. Les poussières de bois peuvent provoquer un cancer de l’ethmoïde. Mais pour certaines substances. En effet. soit après transformation en métabolites. sont soit éliminées comme telles. C’est cette dose limite que tendent à exprimer les VLEP. – élimination par métabolisme . comme la vessie. Ce qu’il faut retenir en pratique. la plèvre. qui est fondamentale en surveillance médicale. Les mécanismes d’élimination. soit sous forme de métabolites. C’est notamment le cas de l’amiante et de la silice. On considère comme alvéolaire une particule dont le diamètre apparent moyen est inférieur à 5 microns.2 • Théorie du risque chimique 2.4 Processus chronique sont responsables d’ulcération. la moelle osseuse. Les particules d’aérosols liquides ou solides peuvent aussi se dissoudre et passer ainsi partiellement dans le sang. etc. Il est donc théoriquement possible de détecter et de doser ces substances. dites justement alvéolaires.

par exemple. il reste possible. On parle alors de bioaccumulation.2 • Théorie du risque chimique 2. C’est pourquoi la médecine du travail préconise des examens et analyses spécifiques aux expositions présumées. À dose reçue identique. Hors de ces tableaux. ce qui ouvre des droits à réparation. les expositions diffèrent beaucoup par leur intensité. L’expérience et la théorie montrent que le délai d’apparition d’une pathologie d’exposition est en relation directe avec la dose reçue cumulée de l’agent chimique. dans certaines conditions. paramètre assez complexe. dont 78 mentionnant un agent causal chimique figurent en annexe 10.3. Une centaine de tableaux. dans le but d’obtenir une détection précoce des pathologies. La cinétique d’élimination explique aussi pourquoi une exposition de deux heures est plus grave que deux expositions d’une heure. Quand on parle d’apparition d’une pathologie. précisent toutes les conditions requises pour valider cette reconnaissance. articles L. Ce dernier. Il ne s’agit pas ici de traiter des principes de la toxicologie mais de dégager quelques règles simples pour une estimation de risque. « danger d’effets cumulatifs ». L’importance d’un risque en général est toujours liée à une combinaison de la probabilité et de la gravité du dommage. ou très peu. En pratique. Parmi les critères de reconnaissance figure le délai de prise en charge. Mais il y a évidemment une influence réciproque de ces deux paramètres. 461-8 et R. ce qui a une conséquence évidente sur la gravité des effets. séparées par trois heures.4. si le temps d’exposition est suffisant. 65 . en s’appuyant en particulier sur les indicateurs biologiques.3 Indice d’exposition © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. réf. 2. le meilleur exemple étant le plomb. Outre par leur nature. Le code de la Sécurité sociale a prévu que lorsque l’origine professionnelle d’une pathologie est clairement démontrée. 461-1 à R. de déclarer une maladie à caractère professionnel1. Elle va de 7 jours à 50 ans. sur des temps très longs. qui prend en compte la durée de persistance des effets d’une exposition après sa cessation. 461-8. qui sont en général postérieurs à la naissance de la pathologie.4 Processus chronique d’éliminer efficacement les effets de la plupart des expositions modérées quotidiennes. Les détails des tableaux sont rassemblés dans la brochure de l’INRS. 461-1 à L. Ce principe nous fournit les deux paramètres fondamentaux de l’estimation du risque d’exposition chronique : dose cumulée et niveau de danger. alors que sa gravité dépend principalement du niveau de danger de l’agent chimique. 1.5. Code de Sécurité sociale. c’est le niveau de danger de l’agent chimique qui déterminera la gravité de la pathologie. phénomène dont les substances minérales sont souvent responsables. ED 835. La probabilité d’apparition d’une pathologie en cas d’exposition chronique à un agent chimique est en fait quasi totale. on se réfère surtout aux symptômes. Cela n’est évidemment pas le cas des substances qui ne s’éliminent pas. cette pathologie est reconnue comme « maladie professionnelle ». le facteur probabilité ne représente que le délai d’apparition de la pathologie. fait l’objet du paragraphe 2. Il existe d’ailleurs une phrase de risque pour indiquer cette propriété : R 33.

elle est significative de l’importance de l’exposition. En pratique.2 • Théorie du risque chimique 2. rappelons-le.4 Processus chronique La dose cumulée reçue est assez simple à concevoir . D’autre part. Mais cette approximation ne remet pas en cause la validité de l’estimation. surtout si elles sont assez espacées. avec un débit respiratoire de 25 l/min (travail moyen). même la concentration atmosphérique est assez difficile à déterminer. une grandeur relative est suffisante. La représentativité des prélèvements atmosphériques est d’ailleurs un objet de débats classique dans ce domaine. quelle que soit la voie de pénétration. tant il y a de variables. ni les débits d’absorption. Dr : débit respiratoire à considérer (en l/min). avec d’autres facteurs physiques et biologiques. il est possible de relier l’exposition à ces paramètres par la fonction : Di = 0. k : taux d’absorption de l’agent chimique . quand on dispose des valeurs de la concentration atmosphérique. pour classer les expositions par niveaux relatifs. Dans le cas le plus simple. il ne serait pas réaliste de vouloir calculer une dose cumulée quotidienne. car elle varie dans le temps et l’espace. En réalité.06 ¥ k ¥ Tc ¥ Ca ¥ Dr Di : dose inhalée pour une période donnée (en mg) . elle absorbe donc 1 ¥ 4 ¥ 700 ¥ 25 ¥ 0. des expositions respiratoires successives dans l’espace ou dans le temps. Ainsi. En théorie. et le plus fréquent. soit la moitié de la VME. sur une échelle préétablie : Ir = Tc ¥ R 66 . Mais si le but de l’estimation est strictement une comparaison. Le débit d’absorption est une fonction de la concentration de l’agent chimique. d’un agent chimique. ni les durées d’exposition ne sont constants. Il suffit donc d’utiliser une valeur théorique n’utilisant que les deux variables les plus accessibles. Ca : concentration atmosphérique au niveau des voies respiratoires (en mg/m3) . C’est pourquoi il est préférable de se fixer un indice d’exposition respiratoire (Ir) égal au produit durée cumulée (Tc) par un coefficient d’exposition respiratoire (R) qui exprime la variable concentration atmosphérique en relatif. D’où l’indice d’exposition respiratoire quotidienne : Ierq = Tc ¥ Ca Cet indice n’est valide que pour comparer.06 = 4 200 mg par jour. Si le taux d’absorption est de 100 %. durée (Tc) et concentration (Ca). EXEMPLE : Une personne inhale de l’acétate d’éthyle 4 heures par jour. à la concentration atmosphérique de 700 mg/m3. Tc : durée cumulée d’exposition pour la période (en heures) . de l’exposition par inhalation. une dose reçue est le produit d’une durée d’exposition par un débit d’absorption. les mécanismes d’élimination font qu’une exposition de deux heures n’est pas équivalente à deux expositions d’une heure. toutes deux supposées aussi constantes. Une durée cumulée est le produit d’une durée d’exposition élémentaire par la fréquence de cette exposition. supposé constant.

que le plus important correspond au plus grand chiffre. pour éviter l’accumulation de risques dans un même niveau. En réalité.3. R = 5 pour la concentration la plus élevée et R = 1 pour la plus faible. – l’intensité du contact. En effet. Sachant qu’il ne s’agit que de classer les risques. de l’état de la peau et plus encore de la liposolubilité du produit en question.4 Processus chronique Avec. Dans tous les cas. En résumé. même approximatif. « catégorie ». car le risque ne saurait être une fonction mathématique. voire 10 si le nombre de risques le justifie. alors qu’il peut y avoir des valeurs instantanées beaucoup plus fortes. Comment les combiner pour estimer le risque ? Il n’y a pas de réponse unique. seule la deuxième variable est accessible.5. la surface de contact et la concentration du liquide ou du solide en produit actif. il suffit d’une fonction croissante avec les niveaux ou valeurs des paramètres. il existe le chiffre fixé par l’INRS en fonction de la classification du produit. il suffit de les classer pour fixer des niveaux d’expositions sur une échelle adéquate. – la durée et la fréquence de l’exposition . Mais. et la sensibilité des tissus sont largement dépendants de la localisation du contact sur le corps. la fréquence et parfois la concentration. Ic = Tc ¥ C C est un coefficient d’exposition cutané qui exprime l’importance du contact. respiratoire ou cutané. Dans l’estimation des expositions par voie cutanée.4.. Les chiffres obtenus permettent alors d’accéder aux indices d’exposition Ir et Ic par les formules citées plus haut. etc. des mesures sont possibles. avec l’agent chimique. pour ne citer que les principaux paramètres. un indice d’exposition cutanée (Ic) est apte à classer relativement les expositions. car le taux d’absorption. la durée cumulée.2 • Théorie du risque chimique 2. Signalons au passage que le choix du terme « niveau » plutôt que « classe » ou « cote ». permet de comprendre. qui peut aller de 3 échelons au minimum jusqu’à 7. Pour la durée. Cette notion d’indice d’exposition est d’ailleurs conforme à celle de valeur limite de moyenne d’exposition (VME). C’est pourquoi cette estimation ne peut être conduite qu’avec l’aide de personnes compétentes en la matière. tous facteurs confondus. Ces indices sont ensuite classés pour déterminer le niveau d’exposition sur l’échelle choisie. « indice ». il est possible de situer l’importance relative d’un risque d’exposition à un agent chimique dès que l’on dispose des quatre variables simples et relativement accessibles que sont : – le niveau de danger de l’agent chimique . Il existe malheureusement beaucoup de classements 67 . Pour le niveau de danger. pris sur une échelle similaire à celle de l’exposition respiratoire. cutanée et percutanée. Une fois ces deux types d’indices établis pour un ensemble d’expositions. puisque cette dernière est calculée en moyenne sur 8 heures.4 Estimation finale du risque d’exposition chronique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. exprimée par les coefficients d’exposition R et C. sans confusion possible. il faut proportionner l’échelle au nombre de risques étudiés. les variables influentes sont le taux d’absorption. par exemple. 2. comme cela est expliqué au paragraphe 2. les coefficients R et C sont fixés par estimation avec une échelle.

On ne redira jamais assez la différence qui existe entre les notions de danger et de risque. Une bonne estimation des risques d’exposition reste le préalable indispensable à toute politique en matière de prévention. Il est aussi possible d’utiliser simplement une matrice de combinaison. les deux exemples les plus simples étant la cotation des zones à risque d’explosion et les catégories de substances CMR. exposé au paragraphe 2. telle que celle qui suit1.2 • Théorie du risque chimique 2. niveaux de danger et d’exposition peuvent être à leur tour combinés avec une addition. Il permet en outre de corriger les approches plus ou moins affectives qui privilégient toujours les dangers sur les expositions et qui conduisent à prescrire les interdictions de substances avant d’avoir examiné le problème des expositions.7. en raison de quelques dérives. Ces dérives furent souvent la conséquence d’une utilisation directe dans le grand public. voire des fonctions exponentielles ou polynomiales. Ce tableau est très important pour faire une bonne estimation comparée des risques d’exposition. une multiplication. 1. En effet. selon ce qu’auront décidé les personnes impliquées dans la démarche. Cette grille figure notamment dans la recommandation R409 de la CNAMTS et la brochure DTE 175 de la CRAMIF. Enfin. qui a abouti à son interdiction totale. L’évolution récente de la législation accrédite totalement cette position. c’est la règle qui a prévalu pour l’utilisation des éthers de glycol classés CMR. susceptibles d’une maîtrise totale du risque. c’est-à-dire interdite au grand public. dans un premier temps. 68 . limitée à trois niveaux : Niveau d’exposition faible élevé Niveau de danger moyen faible 2 1 1 moyen 3 2 1 élevé 3 3 2 Les valeurs de 1 à 3 situent l’importance du risque lié à l’exposition.4 Processus chronique inverses dans lesquels le 1 (voire le 0 !) signifie le plus grave. Le schéma suivant résume plus clairement la procédure de cotation. mais il constitue aussi un outil de prévention pour réduire l’importance du risque en montrant qu’il y a deux paramètres sur lesquels on peut agir. Une meilleure solution serait une utilisation contrôlée. comme l’illustre le drame de l’amiante. La maîtrise des risques est une alternative à l’interdiction d’un produit. et c’est surtout la philosophie du règlement REACH. bien que cette option ait souffert d’une image négative. mais autorisée à des utilisateurs compétents.

sa pertinence tenant à la logique qu’elle apporte dans une démarche intuitive à défaut de méthode. La pratique démontre qu’elle permet d’atteindre l’objectif d’estimation. 69 . Cette méthode comporte évidemment une certaine part d’approximations qui peuvent faire douter de sa validité.2 • Théorie du risque chimique 2. il est dit dans son annexe I que « l’évaluation de la sécurité chimique est fondée sur une comparaison des effets nocifs potentiels d’une substance avec l’exposition connue ou raisonnablement prévisible de l’homme… » Or le niveau de danger est exactement le reflet des effets nocifs potentiels.4 Processus chronique Mode opératoire Agent chimique Phrase de risque Exposition respiratoire Exposition cutanée Durée et fréquence Niveau de danger Métrologie Durée et fréquence Estimation Estimation Coefficient d’exposition R Coefficient d’exposition C Indice d’exposition Ir Indice d’exposition Ir Niveau d’exposition Importance du risque Figure 2. En effet.11 – Estimation d’un risque chimique chronique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Il faut remarquer la cohérence de cette méthode avec les préconisations du règlement REACH.

Nous verrons plus loin que ce périmètre peut être calculé facilement.1. Il s’agit du risque créé par un défaut d’information. comme dans le stockage en hauteur. 70 . il sera beaucoup plus étendu pour une explosion que pour une fuite. elle peut être hors d’atteinte du champ d’une projection par exemple. Par exemple. ou des intoxications par ingestion de produits dangereux. Par exemple.2 • Théorie du risque chimique 2. une situation dangereuse est créée chaque fois qu’il y a risque d’écoulement. plus subtil. décrits plus loin. Caisse régionale d’assurance maladie.2. notamment lorsqu’il existe un risque de chute d’objet.2 Événement dangereux m Scénario Nous avons défini l’événement dangereux comme un enchaînement de faits. Qui n’a jamais ressenti d’appréhension en se trouvant au pied d’une cuve de 50 m3 d’acide nitrique concentré ? Ou d’un hydrogénateur sous haute pression en service ? D’ailleurs. ou tout récipient ou organe dépourvu d’une signalisation adéquate. ou risque de projection. Il est cependant possible de le délimiter grossièrement et parfois de le matérialiser. suivant un scénario parfois complexe. Qui dit localisation dit périmètre enfermant un espace que l’on appelle zone dangereuse. encore faut-il une présence humaine dans cette zone pour qu’il y ait accident.5. Cette matérialisation est analogue à celle qu’on peut observer sur un chantier de construction ou de réparation.5 Processus accidentel 2. Le plus explicite est de citer quelques exemples rapportés par des agents des services de prévention des CRAM1. Cette situation est en effet une porte ouverte aux erreurs humaines. 1. C’est ce que montre le schéma général du paragraphe 2. S’il existe une zone dangereuse. Elle peut concerner une personne ou un groupe de personnes. en cas de fuite soudaine de cette cuve ou de ses équipements immédiats.5. Ces deux cas sont d’ailleurs liés. Cette présence peut être permanente ou occasionnelle. 2. il existe une possibilité de contact avec un liquide dangereux contenu dans une cuve de stockage. En particulier certains accidents consécutifs à une réaction chimique intempestive. Cet espace est forcément dépendant de l’événement dangereux envisagé. Il existe un autre type de situation dangereuse. même si une personne est en zone dangereuse au moment du déclenchement de l’événement. Enfin. Cette zone dangereuse est même perceptible intuitivement dans certaines situations.1 Situation dangereuse Nous avons défini la situation dangereuse comme la localisation d’une personne lui permettant de subir un dommage en cas d’événement dangereux. C’est le cas pour tout emballage non étiqueté. dans un périmètre déterminé par les points de chute les plus éloignés de cette fuite. Ce sont autant de facteurs qui vont influer sur la probabilité du dommage. Plus généralement. Cela est plus difficile en cas d’explosion ou d’émissions massives de vapeurs. indépendamment de celle de l’événement dangereux.5 Processus accidentel 2. partant d’un déclencheur et aboutissant au dommage. sont issus d’une telle situation. ce type de situation est généralement interdit. présent dès qu’il y a pression.

le déclencheur. un jet de soude s’en échappe et atteint son visage et ses yeux. Une surverse est un « trop-plein ». Les propriétés corrosives de la soude sur les tissus vivants sont telles qu’il n’aurait 1. l’inflammabilité. le responsable du poste de travail lui assure que la cuve a été complètement vidée.2 • Théorie du risque chimique 2. La fuite est alors arrêtée. des travaux de soudure sur tuyauterie sont en cours. la situation dangereuse. Le caractère dangereux était amplifié par la situation en espace confiné. Comme il convient. la solution alcoolique suivant le caniveau arrive dans cet atelier en émettant des vapeurs. située à proximité de la précédente. L’événement déclencheur est double : la fuite acide. compte tenu de son isolement (murs et portes) pouvait être considéré comme compatible avec une activité temporaire de soudure. EXEMPLE 3 : Un ouvrier d’entretien veut changer le joint d’un raccord de tuyauterie servant à amener de la soude en solution dans une cuve de décapage. mais les quelques dizaines de litres d’effluent acide sont laissées dans la cuvette de rétention. pour quelque risque que ce soit. Ce scénario met en évidence quelques lacunes de prévention. Dans ce cas. avant que les personnes présentes aient pu prendre conscience du risque.5 Processus accidentel EXEMPLE 1 : La défaillance d’un raccord de tuyauterie provoque une fuite soudaine et importante d’une cuve de stockage intermédiaire d’une solution alcoolique sur le sol d’un atelier de chimie. à caractère acide. qui est la déconnexion inattendue d’un tuyau de process. est assez souvent à l’origine des événements dangereux. puis le bouchage. provoque le débordement de la cuve sur le sol. C’est en fait l’analyse du risque accidentel dans l’atelier utilisant la solution alcoolique qui aurait dû intégrer l’éventualité d’une fuite d’un liquide inflammable par le caniveau et l’évaluer. une mauvaise décision. sans avoir conscience du risque. 71 . On peut même trouver un troisième déclencheur dans la décision de reporter l’élimination des effluents acides. le danger n’était pas présent sur le lieu de l’accident. le scénario décrit ci-dessus et le dommage. Dans le dernier atelier dans lequel passe le caniveau. EXEMPLE 2 : Dans un atelier de traitement de surface. dans ce cas particulier. Un opérateur a voulu descendre au sous-sol pour intervenir. Mais lorsque l’ouvrier commence à dévisser les boulons des brides du raccord. et l’a payé de sa vie. que l’on qualifie généralement d’erreur humaine. le nettoyage étant remis à plus tard. Cependant. Le liquide se propage jusqu’à un caniveau à ciel ouvert. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Nous retrouvons bien toutes les composantes du risque : le produit dangereux et son danger. Le poste de travail. L’absence de tout liquide inflammable avait été vérifiée au préalable. la notion de situation dangereuse est évidente : proximité de produits capables de réagir en générant des gaz mortels. Une explosion se produit alors. En effet. Il faut savoir que les cyanures se décomposent en milieu acide en générant du cyanure d’hydrogène. le bouchage d’un tuyau de surverse1 d’une cuve d’effluents cyanurés. Ce caniveau traverse plusieurs ateliers contigus. mais encore faut-il pouvoir l’imaginer avant. à savoir la présence d’une source d’ignition dans un environnement chimique inflammable. une fuite d’acide dilué se produit sur une cuve de stockage d’effluents située en sous-sol. pour conduire l’excédent vers la capacité de rétention. L’ouvrier ayant été rapidement secouru. travaillant avec des bains cyanurés. c’est-à-dire une tuyauterie par laquelle s’écoule le contenu d’une cuve dès que le niveau devient critique. Le lendemain. Ces effluents cyanurés rejoignent ensuite ceux qui étaient déjà présents. à savoir une grave brûlure de deux ouvriers. la brûlure qui en résulte a des effets se limitant à une irritation superficielle. qui est un gaz capable d’une intoxication mortelle en quelques minutes. En effet. quand tout se passe normalement.

Le terme de négligeable est évidemment flou . Ce principe est un autre point clé de la méthodologie développée dans cet ouvrage. Le meilleur moyen. Les nombreux scénarios décrits peuvent être classés en six familles. dont les cinq premiers correspondent précisément aux familles de dangers : Scénario type 1 2 3 4 5 6 expositions massives cutanées expositions massives respiratoires expositions massives par ingestion réactions dangereuses incendies et explosions anoxie Dommage final brûlures chimiques intoxications aiguës lésions et intoxications aiguës tous les autres tous les autres + effets mécaniques et thermiques asphyxie Famille de danger Co In Tg Re IE 72 . non publiées. mais seule l’évocation précoce des événements dangereux possibles peut conduire à la bonne conception d’un équipement.2 • Théorie du risque chimique 2. si faible soit-elle. m Typologie La difficulté de cette méthode est la capacité à envisager tous les événements dangereux possibles au niveau d’un poste de travail. L’événement dangereux est l’intervention sur cet équipement. gérée par l’INRS. bien sûr. mais si faible qu’elle rend leur prévention irréaliste. La situation dangereuse est créée par toute présence de produit dangereux dans un équipement. ont conduit à créer une typologie des événements dangereux impliquant un produit chimique. d’après les rapports d’enquête fournis par les agents des CRAM. de cerner une probabilité est d’observer les événements sur une longue période ou un grand nombre de cas. nous nous contenterons de l’illustrer par l’exemple du risque de chute d’un avion sur un atelier. Il s’agit de la base EPICEA. surtout sous pression. Cela est vrai. c’est-à-dire assurant la sécurité indépendamment des consignes imposées aux intervenants. La réaction qui vient à l’esprit après l’exposé de cet accident est.5 Processus accidentel fallu que quelques secondes supplémentaires de contact avec les yeux pour qu’il perde la vue. bien connu dans tous les domaines. Le terme d’événement possible doit être compris comme relevant d’une probabilité non négligeable. Il est donc facile d’y rechercher de nombreux exemples d’accidents impliquant un produit chimique. Heureusement. L’enquête a montré que le tracé de la tuyauterie comportait un point bas non vidangeable et que le raccord à réparer était justement « en charge » dans cette partie pleine de soude. la principale cause réside dans une mauvaise conception de la tuyauterie. qu’en dehors du non-respect de règles de prudence lors d’une intervention. Des études statistiques. La liste de ces événements serait d’ailleurs infinie si l’on ne tient pas compte d’une probabilité minimum de réalisation. En voici les grandes conclusions. il existe une base de données des accidents du travail en général. accessible sur Internet. Ces risques n’ont pas de probabilité nulle.

La logique incite à partir de l’événement déclencheur. Ainsi une réaction dangereuse peut conduire à une exposition massive. Cette autre méthode est d’ailleurs appelée l’arbre des défaillances et a sa place parmi tous les outils de prédiction. Ces scénarios d’accident apparaissent clairement lorsque l’on pratique la méthode de l’arbre des causes pour expliquer des accidents survenus. sachant qu’on peut ensuite les combiner à volonté pour construire des scénarios possibles.2. etc. laquelle peut conduire à une anoxie. Fait déclencheur Chauffage brutal d’un liquide volatil Chute dans un récipient Combustion en espace confiné Conditionnement trompeur Contact entre deux produits réactifs Contact soudain avec un agent chimique Débranchement de tuyau © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le tableau suivant propose une liste. laquelle peut conduire à une explosion. avec leur conséquence immédiate. dont certains sont décrits au paragraphe 3.4.2 • Théorie du risque chimique 2. seulement indicative. tous ces scénarios peuvent être imbriqués. Il peut être à l’origine de plusieurs scénarios différents et donc de dommages différents. il est plus efficace de partir des déclencheurs pour arriver aux dommages.5 Processus accidentel En réalité.4. de faits déclencheurs d’événements dangereux. comme exposé au paragraphe 2. 1er effet Émission massive de vapeurs Contact cutané massif Émission massive de monoxyde de carbone Ingestion massive Émission massive de vapeurs 2e effet possible Intoxication respiratoire Explosion Brûlure chimique Intoxication respiratoire Intoxication digestive Intoxication respiratoire Explosion Brûlure chimique Contact cutané massif Intoxication respiratoire Intoxication respiratoire Explosion Intoxication respiratoire Contact cutané massif Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Contact cutané massif Projection de liquide Émission massive de vapeurs Décomposition thermique d’un agent chimique Décompression brutale d’un récipient ou canalisation Défaut de confinement d’un espace dangereux Éclatement de tuyau Erreur sur identité d’un produit Émission massive de vapeurs Arrivée massive de gaz ou vapeurs Projections liquides Réaction chimique dangereuse 73 . Alors que cette méthode part du dommage pour remonter aux facteurs premiers.5.

5 Processus accidentel Fait déclencheur Erreur sur le choix d’une commande Explosion d’un contenant Fuite de gaz inerte Fuite de récipient Fuite soudaine d’un joint ou raccord Immersion brutale d’une pièce Incendie avec des produits chimiques Ouverture intempestive de robinet ou vanne Interprétation erronée d’une consigne ou d’un mode opératoire Panne de régulation Panne d’un captage Pénétration dans un espace appauvri en oxygène Pollution d’un aliment Renversement ou fuite d’azote liquide Renversement de récipient Rupture de paroi de récipient ou d’appareil contenant un agent chimique Rupture d’emballage de pulvérulent Ouverture d’un réseau de ventilation sous pression 1er effet Réaction chimique dangereuse Projections diverses Anoxie Contact cutané massif Contact cutané massif Projections liquides Brûlures thermiques 2e effet possible Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Contact cutané massif Intoxication respiratoire Émissions massives diverses Contact cutané massif Erreur sur le choix d’une commande Réaction chimique dangereuse Émission massive de vapeurs Anoxie Ingestion massive Anoxie Contact cutané massif Réaction chimique dangereuse Émission massive de vapeurs Intoxication respiratoire Perte de connaissance Intoxication digestive Perte de connaissance Contact cutané massif Émission massive de vapeurs Projections liquides Émission massive de vapeurs Émission massive de poussières Explosion Émission massive de poussières Explosion 74 .2 • Théorie du risque chimique 2.

soit une concentration moyenne de 1. était de 100 mm. Ce scénario est possible dès que des quantités de plusieurs litres sont manipulées et dès que le procédé comporte des passages de produits à l’air libre. correspondant aux 5 familles de dangers. ou une lésion grave.5 Processus accidentel Ainsi. mais seulement pas ou peu ventilé. Pour se faire une idée. se retrouve toujours après un fait déclencheur. soit 300 fois la VME de 50 ppm. Il y a aussi tous les incidents propres aux interventions de maintenance et surtout de dépannage. dont les paramètres relèvent du processus accidentel. Pour la voie respiratoire. etc. surtout avec les tuyaux souples fixés par un collier à vis. Voici un exemple d’accident qui met en évidence la grande volatilité de ce solvant chloré1 : EXEMPLE : « La victime. respiratoire ou digestive. m Expositions massives © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Dans ce cas. Les effets sont alors rapidement perceptibles. par chute d’emballage en manutention mécanique. prenons l’hypothèse d’un local fermé de 20 m2. pompes. mais doit toujours être envisagée. etc. donc accomplis dans l’urgence. la porte étant disposée manuellement à plat au fond du bain. En effet. ce qui ne veut pas forcément dire exigu. décapait. La chute de personnes dans des cuves est très rare. Cela représente 15 000 ppm. tels que vannes. Cette cuve n’était pas équipée de dispositif de ventilation. La hauteur du bain de décapant à base de chlorure de méthylène avec un additif. telle qu’une atteinte profonde de la peau. c’est-à-dire un effet immédiat ou presque. par trempage dans une cuve. 75 . Il est intéressant de bien comprendre leur mécanisme. par une grande surface atteinte. un cadre technique de 39 ans.2 • Théorie du risque chimique 2. filtres. voire l’ensemble du corps. soit environ 50 m3. hydroxyde de potassium/alcool méthylique. par voie cutanée. Une exposition massive ne diffère d’une exposition chronique que par son intensité. situation imaginable chez un artisan. dans lequel se vaporisent 2 litres de dichlorométhane.5 %. par débordement. En général. toute émission de vapeurs par un liquide s’évaporant reste dans le volume du local. Le volume occupé par les vapeurs sera d’environ 2 (litres) ¥ 1 328 (densité g/l) ¥ 24 (litres par mole) / 85 (masse molaire) = 750 litres. Ce qui se traduit. une porte intérieure bois. l’un des six scénarios types. oculaire. par renversement de récipient. la présence de pression dans une canalisation ou un récipient est un facteur de risque de projection. La victime travaillait avec une collègue dans 1. l’exposition est massive si les concentrations atmosphériques de vapeurs ou de poussières sont largement au-dessus des VLEP. qui peut être irréversible. On peut être surpris par des projections lors d’ouverture ou de démontage d’équipements divers. Elle consiste donc en un contact. on observe par exemple ce type d’accident au cours de transferts. pour le contact cutané. La dimension de la cuve était de : L 3 000 ¥ l 1 000 ¥ h 700 mm. Une émission massive est relativement probable dès qu’on travaille en espace confiné. Les débranchements soudains de raccords de tuyauterie sont aussi assez fréquents. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. des muqueuses ou des yeux. Ces paramètres sont d’abord un volume d’agent chimique généralement important et une concentration élevée.

4 jours plus tard.5 Processus accidentel l’atelier de décapage. ils utilisaient un chariot élévateur à combustion gaz. Il peut aussi s’agir d’une sous-estimation de l’exposition au cours d’une action volontaire. Les accidents se produisent souvent à cause du réflexe des personnes cherchant à arrêter le sinistre plutôt qu’à fuir. Le passage du caisson devait se faire à une hauteur d’environ 4. elle a trouvé la victime inconsciente au-dessus du bain et l’a mise au sol. Les vapeurs peuvent également être déjà présentes dans un équipement de travail et s’échapper à la suite d’un dysfonctionnement. Le décès clinique a été prononcé à l’hôpital. et notamment de masque de protection respiratoire. Le calcul du volume des vapeurs libérées exposé précédemment prouve qu’un malaise est vite arrivé dans ces conditions. Une des réactions dangereuses fréquentes est simplement la combustion. Le passage avait été fait au plus juste. » Les émissions massives ont beaucoup de causes possibles. etc. qui réceptionnait le filtre. L’opération a duré environ 1 h 30. Conséquences : intoxication par monoxyde de carbone provoquant un arrêt de 10 jours. Il faut remarquer que l’extrémité d’échappement des gaz de combustion se trouvait approximativement à l’endroit où évoluaient les deux victimes. la victime a perdu connaissance. qui ont fait appel au SAMU. même partiellement. Une émission massive n’est pas toujours le résultat d’un incident qui surprend la personne. L’exemple le plus courant est le travail avec un produit solvanté dans un espace confiné. À son retour. soit dans un moteur thermique. qui peut être totale en quelques minutes pour les solvants les plus volatils. Le schéma inverse existe. les vapeurs peuvent se former par réaction chimique imprévue dans un espace ouvert. Les raisons précises de l’intervention de la victime audessus du bain ne sont pas connues en l’absence de témoin. ont ressenti des maux de tête. elle a continué à respirer les vapeurs pendant une durée maximale estimée à une heure. fuyant de son conteneur. Enfin.50 m du sol à travers une ouverture réalisée dans le mur. Cette situation dangereuse est typique. et en l’absence de collègue à proximité. un produit de nettoyage. La victime ne portait pas d’équipement de protection individuelle. Les deux opérateurs. tel que rupture. une colle. Ce produit peut être une peinture. La grande surface d’évaporation qui se forme accélère l’évaporation. ou ouverture intempestive. Ce dernier a appelé les pompiers. Pour cette manutention. Cette éventualité est développée au paragraphe suivant. qui se produit soit dans un appareil de chauffage à combustible. des égouts et des 1.2 • Théorie du risque chimique 2. Il peut s’agir d’un gaz sous pression. dont la victime. par exemple. notamment dans les activités de second œuvre du bâtiment. la collègue a quitté l’atelier. dont voici un exemple1 : « Une équipe de deux opérateurs était chargée de transporter et d’installer un caisson de filtration d’air dans un local. La collègue est allée prévenir les secours et a rencontré un autre salarié qui rentrait d’un rendez-vous chez un client. On imagine facilement l’ampleur des dommages lorsque c’est une cuve ou un réacteur de quelques mètres cubes qui se vide. Lors de cette intervention. Ces deux cas de figure sont à l’origine de beaucoup d’accidents graves. car il s’agissait d’un mur porteur. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. Il suffit de renverser un bidon de solvant sur le sol. Étant affalée au-dessus du bain. âgée de 56 ans. à savoir l’intrusion d’une personne dans un espace dans lequel existe déjà une concentration critique de gaz ou de vapeurs dangereux. Les symptômes de mort cérébrale ont été détectés par le SAMU. Les exemples de tels accidents ne manquent pas. » Tous ces scénarios impliquent des vapeurs ou des gaz survenant dans l’espace de travail habituel. vers 10 h. Vers 9 h. d’une capacité de 3 tonnes. agent de maîtrise depuis 24 ans. 76 .

m Risques liés à la réactivité chimique Le scénario qui part d’une réaction dangereuse se rencontre évidemment dans l’industrie chimique. D’ailleurs. qui fait que ce gaz apparaît là où on ne l’attend pas. Voyons d’abord en quoi réside le danger spécifique des réactions. quelle qu’elle soit. souvent une bouteille d’eau minérale. les personnes se fient spontanément à leur odorat. Le deuxième scénario d’intoxication digestive est plus rare. Ce geste est généré par le besoin d’une préparation temporaire. comme de la sensibilité olfactive des personnes. pour stocker un réactif. Ainsi un récit d’accident révèle que par suite d’un bouchage.2 • Théorie du risque chimique 2. par exemple le déplacement de la bouteille vers un autre local ou la présence d’une personne non avertie qui croira à une boisson normale. sans précaution particulière. on doit parler de réactions incontrôlées dans l’industrie chimique. Ce gaz est très toxique et mortel à de faibles concentrations. à l’insu du consommateur. comme il le faisait habituellement. Plusieurs accidents mortels ont été rapportés dans ces conditions. passant dans un bâtiment abritant des grilles. Il consiste en une contamination d’aliment par un produit toxique. Les expositions massives par voie digestive ne suivent en fait que deux scénarios classiques. créée par la consommation d’aliment sur le lieu de travail et exceptionnellement par l’inverse. En réalité. le flux d’eaux usées a été interrompu dans un canal à ciel ouvert. stations d’épuration. Le temps d’interruption du flux a permis le déclenchement de la fermentation et. On sait combien cet indicateur est trompeur. car il s’agit bien d’une propriété de la réaction. Le premier est celui de la réutilisation d’un emballage alimentaire. C’est ici qu’intervient le rôle de l’événement dangereux. il a été surpris par la présence de gaz et n’a pas eu le temps de s’échapper. car il est difficile d’évaluer intuitivement l’importance d’une émission accidentelle.5 Processus accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les utilisateurs ne disposent pas toujours des moyens nécessaires à un réétiquetage correct. Ce phénomène est bien connu des professionnels de ces activités. Le danger est dans ces cas représenté par le sulfure d’hydrogène. Ce type d’accident ne survient qu’en situation dangereuse particulière. consistant soit à dissoudre un solide soit à diluer un liquide. en dehors d’un acte volontaire. parce que le préparateur de ce réactif s’estime suffisamment informé. la conduite des stations d’épuration est organisée pour éviter tout dégagement de ce gaz. sans parler de l’effet d’accoutumance. Ce cas est relativement fréquent. mais souvent aussi dans toutes les autres activités. généré par la fermentation anaérobie des matières organiques. la VLE étant de 10 ppm. comme en attestent les statistiques des services d’urgence. c’est-à-dire l’utilisation de produits toxiques sur le lieu de préparation des aliments. Ce risque est assez pernicieux. L’événement dangereux viendra d’une modification de la situation. et pas seulement dans le domaine professionnel. Même un simple marquage est négligé. et de réactions imprévues ou intempestives dans les autres cas. Cette partie du scénario génère la situation dangereuse. Comme pour les émissions chroniques. quand l’opérateur de maintenance a pénétré dans ce bâtiment. en raison de la variabilité du coefficient d’olfaction des substances. puisque c’est sa fonction de conduire des réactions dangereuses. qui n’a pas 77 .

Prenons le cas des cyanures alcalins. Comme la réaction est incontrôlée ou imprévue. une réaction entre acides et bases dilués à quelques pourcents ne dégage qu’une chaleur à peine perceptible. diminuée de la somme des enthalpies de formation des réactifs. capable de provoquer de grandes élévations de température. Plusieurs remarques s’imposent pour l’exploitation judicieuse de ce tableau : – La vitesse et l’énergie de réaction sont directement proportionnelles à la concentration des réactifs. Toute réaction chimique. La substance dégagée peut ne pas être toxique mais sa présence va générer automatiquement un appauvrissement de l’atmosphère en oxygène. – Certaines réactions ont besoin d’une énergie dite « d’activation » pour démarrer. soit par une simple élévation de température. Ce type de danger est de deux natures possibles. 78 . voire rupture. les moyens de refroidissement et de captage sont souvent insuffisants ou même absents. du moins en espace plus ou moins confiné. disponibles dans les ouvrages spécialisés. Ces réactions sont en outre très rapides. Le tableau suivant présente les couples de produits chimiques les plus fréquents parmi ceux qui sont susceptibles d’être à l’origine d’une réaction dangereuse. Il est possible. c’est-à-dire sortir du lieu réactionnel pour se répandre dans l’atmosphère environnante. – Certaines réactions avec dégagement de gaz passent d’abord par une neutralisation. Pour certaines. On est alors ramené au cas d’une exposition respiratoire massive. surpression du contenant. Le second type de danger est présenté par la nature volatile des produits de réaction. projection des mêmes réactifs et des produits de réaction. – Les dangers d’exothermie et de dégagement sont souvent simultanés. de calculer la chaleur d’une réaction à partir des enthalpies de formation1. l’énergie dégagée est très importante. selon qu’elle est endothermique ou exothermique. Si cette réaction se produit dans un solvant volatil. puisque soumises à une auto-accélération par la température. avec de nombreuses conséquences dommageables : vaporisation des réactifs. Celle-ci est fournie soit par un catalyseur. qui peuvent être toxiques ou corrosifs.2 • Théorie du risque chimique 2. Le dégagement ne se produit pas avant ce basculement. La première est celle de l’énergie dégagée par la réaction. En effet. Si l’on verse une 1. consomme ou dégage de l’énergie selon des règles que nous n’aborderons pas ici. celle-ci va « se dégager ». pour des experts. elle est seulement ralentie. c’est-à-dire une substance particulière capable d’agir en très petite quantité. C’est la loi de Hess : l’enthalpie de réaction d’une réaction chimique est égale à la somme des enthalpies de formation des produits. susceptible d’être généré par tous les carbonates. si le schéma réactionnel conduit à la formation d’une substance qui est gazeuse dans les conditions normales. même moyennement.5 Processus accidentel toujours de rapport direct avec le danger des réactifs. déformation. en tenant compte de la stœchiométrie de la réaction. atmosphère explosive. Le milieu réactionnel peut ainsi être porté à ébullition. Si cette substance formée est en outre inflammable s’ajoute le risque d’atmosphère explosive. etc. – La formation de produits volatils n’est pas empêchée par la dilution des réactifs. etc. des risques supplémentaires apparaissent : inhalation massive. c’est-à-dire un basculement de pH du milieu. Le cas le plus typique est celui du dioxyde de carbone. Ainsi.

ED 697. Solvants Eau Forte Moyenne Cette liste n’est qu’un petit extrait de toutes les combinaisons possibles.N R23-36/37/38-50 Dégagement Classification Moyenne Acide nitrique Moyenne Forte Moyenne Hydrogène F+ R12 T. Le cas de l’industrie chimique est traité au paragraphe 5. hors chimie. le dégagement ne commencera qu’après neutralisation. Réactions chimiques dangereuses.N R10-23-34-50 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Mais si l’on verse de l’acide dans une solution cyanurée. T+ .5 Processus accidentel solution cyanurée alcaline dans une solution acide.2 • Théorie du risque chimique 2. 1. Produit 1 Bases Cyanures Hypochlorites (dont eau de Javel) Acides Bisulfites Carbonates Sulfures Eau Acide sulfurique Chlorures Acide chlorhydrique Métaux Solvants Métaux légers Bases fortes Sels d’ammonium Oxydants forts Isocyanates Moyenne Ammoniac Moyenne Moyenne Moyenne Forte Moyenne Chlorure d’hydrogène Vapeurs nitreuses T. sachant que l’INRS a édité un ouvrage de référence en la matière.2. N R12-26-50 T R23-34 Produit 2 Exothermie Forte Moyenne Cyanure d’hydrogène Chlore F+ . le dégagement de cyanure d’hydrogène se produit aussitôt. N R12-26-50/53 T. mais elle cible les produits que l’on peut rencontrer dans des industries diverses. 79 . T+ . éditions INRS. On peut rechercher l’existence de tels couples dans la bibliographie.C R23-35 T+ R26-34 Dioxyde de soufre Dioxyde de carbone Sulfure d’hydrogène F+ . contenant plus de 4 000 combinaisons1.

qui incluait le refroidissement complet du réacteur. À 12 h 37.8 bars se rompt et une partie du contenu est projetée à l’extérieur. En analysant le déroulement de cet accident.4. EXEMPLES : Réaction incontrôlée Le plus célèbre exemple de réaction incontrôlée est sans doute celui survenu à Seveso. sachant toutefois qu’elles ne peuvent être à la fois acides et basiques. Réaction imprévue Dans une usine de traitement de surface. qui est exothermique. – Les oxydants peuvent réagir violemment avec les réducteurs (dont les inflammables). Beaucoup de substances appartiennent en fait à plusieurs de ces catégories.7.2 • Théorie du risque chimique 2. 6 h 30 plus tôt. deux membres d’une même catégorie peuvent très bien réagir vivement entre eux. utilisant comme fluide 80 . Le 10 juillet 1976. L’échauffement de la surface du mélange réactionnel au repos a initié la réaction secondaire exothermique de formation de la dioxine (la 2. sans perdre de vue l’importance de la concentration dans le niveau de danger. la production est arrêtée pour le week-end . dans tous les environs. avec les phrases de risque qui permettent de les repérer. L’évaluation de la quantité de dioxine émise varie de 200 g à 40 kg. aucune absence de risque ne peut en être déduite.3. ou oxydantes et réductrices (sauf exception). indices qui transparaissent dans le précédent tableau. Cette émission a été responsable de l’apparition de pathologies. Ainsi. le cycle de production du trichlorophénol est arrêté alors que seuls 15 % (au lieu de 50 %) du solvant (éthylène glycol) sont distillés. – Les acides forts sont capables de réagir sur beaucoup de sels et de métaux. ayant conduit à arrêter le process avant sa fin normale. L’interprétation de ce tableau demande de la prudence. Aucun ajout d’eau n’est effectué. Dans le cas évoqué. L’agitation est stoppée et le vide cassé. qui a eu les conséquences que l’on sait sur la réglementation des installations classées. En particulier. qui doivent être surveillés avec vigilance. en fin de poste. quelques indices permettent de prévoir une réaction dangereuse. puisqu’ils sont à la fois acides forts et oxydants forts. – Les acides forts réagissent toujours sur les bases fortes avec une exothermie importante.5 Processus accidentel D’autre part. et l’événement dangereux dans le retard pris dans la production.8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine). Nous attirons l’attention sur les acides nitrique et chromique. on procédait au chromage de pièces par immersion dans une solution concentrée d’acide chromique. Rappelons toutefois les faits précis. avec souvent un dégagement important. avec dégagement. L’unité est laissée sans surveillance pour le week-end. Le dépôt de chrome métallique se fait par réaction électrochimique. sous l’effet de l’augmentation de la température et de la pression dans le réacteur. la rubrique n˚ 10 des fiches de données de sécurité est censée signaler les réactions dangereuses possibles. mais aucun décès ni augmentation du nombre des cancers n’ont été constatés. Une entreprise chimique italienne fabriquait du 2. Les exemples présentés dans le tableau ci-après illustrent les termes chimiques employés. on reconnaît la situation dangereuse dans le type de réaction conduite.5-trichlorophénol. – Les bases fortes réagissent sur les métaux légers et les sels d’ammonium. La cuve comportait donc un circuit de refroidissement. le disque de sécurité taré à 3. Sans entrer dans les principes du mécanisme réactionnel. la température devait être maintenue à un niveau modéré. notamment d’acné.

5 Processus accidentel Famille Membres Sulfurique Chlorhydrique Nitrique Phrase repère Acides forts Chromique Phosphorique Acétique Sulfures Cyanures Sels sensibles Carbonates Sulfites Hypochlorites Soude Potasse Bases fortes Chaux (vive) Ammoniaque Aluminium Métaux légers Magnésium Nitrates Chlorates Peroxydes Oxydants Oxygène Ozone Trioxyde de chrome Acide nitrique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. R17.2 • Théorie du risque chimique 2. R12. nitrites Réducteurs Amines Hydrures Cellulose Charbon R10. R8. R9 Alcools Cétones Hydrocarbures insaturés Sulfites. R19 81 . R15. R35 R31. R32 R35 R7. R11.

Il s’est ensuivi une violente réaction d’oxydation. plastifiants. Une décomposition thermique génère de nombreux gaz et vapeurs. C’est l’événement dangereux qui a conduit aux dommages. en formant des composés plus simples et plus stables. Ces réactifs. la réaction se fait ici de molécule à molécule. le réactif de départ. Ces produits instables appartiennent à la catégorie des explosifs. possèdent une double fonction dans leur structure leur permettant de se lier ensemble. par une importante élévation de température. des oxydes d’azote. appelé monomère. souvent très toxiques. Il existe donc un risque d’emballement dans ce type de réaction. Il existe en outre des réactions qui ne nécessitent pas de second composé pour se produire. C’est le cas des décompositions et des polymérisations. ou plus. qui peuvent être aussi exothermiques et génératrices de gaz et vapeurs. Celle-ci peut être atteinte par exemple au cours d’une réaction incontrôlée. est tel que son expansion brutale crée une explosion. Il faut distinguer les explosifs par destination. n’est jamais le seul présent dans le milieu réactionnel. pour n’importe quelle substance. Bien que le réactif de départ soit unique. sans doute par usure. Une fuite s’est produite dans la paroi de la cuve. du cyanure d’hydrogène. Cette instabilité provoque une rupture des liaisons internes et leur réarrangement. du chlorure d’hydrogène. très exothermique. majoré par la chaleur de réaction. des explosifs occasionnels. etc. initiateurs. On comprend que le risque est aggravé par le fait que cette polymérisation imprévue ne se produit pas dans un équipement prévu à cet effet. Bien sûr. qui peut contenir des catalyseurs. Les réactions de polymérisation sont à la base de la fabrication des polymères en général et des matières plastiques en particulier. colorants. Les 82 . On appelle aussi polymérisation des réactions en chaîne se faisant avec deux réactifs. normalement classés comme tels avec le symbole et le pictogramme correspondants. qui présente généralement des doubles liaisons réactives. Elle peut être provoquée. etc. mais le plus souvent à l’occasion d’un incendie. du cyanogène. Une molécule affectée d’une certaine instabilité peut se décomposer sous l’effet d’un apport d’énergie parfois minime. inhibiteurs. Telle était la situation dangereuse. faisant l’objet d’une réglementation particulière. qui doit être envisagée dans toute analyse de risque chimique. Mais il existe aussi un risque de polymérisation spontanée en travaillant sur certaines molécules qui possèdent cette propriété de par leur structure chimique. Mais beaucoup de substances utilisées en chimie fine. tant pour leur fabrication que pour leur utilisation civile ou militaire. quand ce n’est pas en totalité. provoquant un éclatement localisé du circuit avec projection de liquide corrosif. Cette catégorie comporte par exemple des engrais azotés et des désherbants.5 Processus accidentel frigorigène du glycol légèrement dilué. Une décomposition n’est pas toujours le fait d’un produit instable. c’est-à-dire « en chaîne ». Le volume alors dégagé par ces composés.2 • Théorie du risque chimique 2. rentrent aussi dans cette catégorie. plus ou moins isolées. Les décompositions sont en quelque sorte des réactions internes à la molécule. Elle a donc permis à la solution chromique de se mélanger au glycol dans le circuit de refroidissement. c’est-à-dire ceux qui sont utilisés pour leurs autres propriétés. On peut d’ailleurs parfois trouver la température de décomposition dans les données techniques d’une substance. Parmi ceux-ci on trouve souvent des produits volatils. Cette réaction est généralement très exothermique et conduite sur des grandes quantités. tels que de l’oxyde de carbone. parfois nommés résine et durcisseur dans le commerce.

ecologie. soit ionique. – acrylonitrile. on peut citer : – styrène. butadiène. Nous verrons que ce schéma simpliste est très efficace au moment de la recherche de mesures de prévention. autant pour les réactions incontrôlées que pour les imprévues. m Incendies et explosions © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. si l’on exclut les explosions d’explosifs évoqués précédemment. Le démarrage d’une polymérisation. 83 . http://aria. il est possible de ralentir ou de bloquer une polymérisation avec les additifs adéquats. l’oxygène et la source d’ignition. Il est initié par une énergie interne fournie de différentes façons. porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques. Elle s’entretient d’elle-même.5 montre 1. Les produits chimiques étant le plus souvent combustibles. l’agriculture. Cette propriété explique la règle fameuse du triangle du feu. ou auraient pu.5 Processus accidentel risques présentés par ces réactions sont identiques à ceux des polymérisations vraies. En dehors des situations rares où de l’oxygène pur est employé. soit un générateur des radicaux libres. Recherche et Information sur les Accidents). mais plus encore le rayonnement ultraviolet. qui dit que pour qu’il y ait incendie il faut que soient réunis : le combustible. montre la diversité des sources d’exposition massive pouvant survenir et décrit autant de situations dangereuses. à savoir des combustions. Les incendies et les explosions ne sont que des réactions chimiques particulières. chloroprène . l’évaluation du risque telle qu’elle est développée au paragraphe 2.gouv. vinylpyridine . cette situation dangereuse est omniprésente. n’est pas toujours facile. La réaction de combustion demande deux réactifs. les combustibles envisagés se limitent aux seuls produits chimiques. La base de données ARIA (Analyse. surtout quand ils sont organiques. Beaucoup d’autres scénarios de réactions chimiques ayant provoqué des sinistres peuvent être consultés dans la base de données ARIA1. cyanoacryliques . méthacryliques. C’est parfois simplement la lumière.2 • Théorie du risque chimique 2. tel qu’un peroxyde.5. que l’on observe par exemple à l’occasion du stockage de ces produits. Cet inventaire. Toutefois. La connaissance de ces données est évidemment indispensable pour assurer la prévention de ce type d’événement dangereux. dont l’un est un combustible et l’autre l’oxygène. acroléine . parce que très exothermique. après son amorçage que l’on appelle ignition. c’est toujours l’air qui est la source d’oxygène. – acétate de vinyle. – époxydes. qui ne peut être exhaustif. isoprène. tel qu’un acide ou un composé métallique. la nature et l’environnement. De même. Parmi les nombreuses molécules susceptibles d’une polymérisation spontanée. Pour rester dans le cadre de l’ouvrage. C’est le plus souvent un catalyseur. prévu ou non. La situation dangereuse propre au risque incendie est constituée presque toujours par la présence simultanée du combustible et de l’oxygène.fr/. – esters acryliques. du Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles (BARPI) recense depuis 1992 les événements accidentels résultant essentiellement de l’activité des établissements classés au titre de la législation relative aux installations classées ainsi que du transport de matières dangereuses qui ont.

Mais une explosion demande des conditions supplémentaires pour survenir. Lorsque le SGH sera appliqué. même à ses débuts. L’INRS propose une brochure synthétique sur le sujet : L’évaluation du risque incendie dans l’entreprise. Au moment de la reprise de poste après une vingtaine d’heures d’arrêt. Quant au point chaud. mais aussi R17. par suite du débordement du bac tampon d’un encrier situé à proximité. ED 970. L’événement dangereux est l’apparition d’une source d’ignition. Parmi les causes de cet accident. Précisons que l’ignition ne peut avoir lieu qu’en phase vapeur. La victime et ses collègues. R18 et R30. Cela nécessite que la source d’ignition rencontre des vapeurs au-dessus du liquide inflammable et cela explique pourquoi l’inflammabilité est une fonction directe de la volatilité. car les facteurs de départ sont les mêmes : présence d’inflammables ou de combustibles et occurrence d’une source d’ignition. puis les combustibles grâce à la chaleur dégagée. une flamme nue. les codes « H » correspondants à cette catégorie seront plus nombreux parce que dépendants de l’état physique des produits (voir annexe 5). Aujourd’hui en Europe. Ensuite ce sont les structures porteuses qui sont affaiblies et s’effondrent. au cours de l’intervention de traitement de la fuite. un incendie s’est déclaré et ils ont été intoxiqués par les fumées (intoxication des poumons et du sang). Nous verrons au paragraphe 3. Voici un exemple de ce type de scénario1 : « La victime est un homme de 45 ans. une concentration en gaz atteignant le seuil d’inflammabilité . Cela parce que tous les inflammables présents à proximité sont rapidement mis à feu.3 toutes les sources d’ignition que l’on peut rencontrer en pratique. Les substances ainsi libérées s’enflamment à leur tour ou génèrent des réactions dangereuses. » Un incendie. ont fait usage de sciure de bois contenue dans des sacs en plastique pour éponger le produit . Rappelons que l’inflammabilité peut être caractérisée par le point d’éclair. Cet effet d’auto-aggravation est appelé parfois « effet dominos ». lorsqu’il se produit dans un environnement chimique. Nous verrons dans le chapitre 4 que la véritable prévention des incendies est plus économique que le déploiement d’importants moyens de lutte contre le feu. mais sa limite inférieure est variable selon les réglementations.2 • Théorie du risque chimique 2. improbables au départ.2. il doit être à une température minimum correspondant au point d’auto-inflammation du produit inflammable. il a été constaté au sous-sol un épanchement de toluène dans la fosse du porte-bobines d’une rotative (machine à l’arrêt) en héliogravure. Le risque d’explosion est très lié au risque incendie. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. ou un point chaud. provoquant des ruptures de contenants et de canalisations. Il s’agit principalement de l’atmosphère explosive. On comprend pourquoi les services de sécurité dans les entreprises et les assureurs se focalisent sur le risque incendie. En effet. que ce soit une étincelle. 2. et des explosions.5 Processus accidentel qu’une probabilité significative d’incendie n’est présente qu’avec des produits inflammables. un début d’incendie dû sans doute à un phénomène d’électricité statique . il est à noter : une fuite de robinet(s) non décelée lors de l’arrêt machine . n’est souvent que la première étape d’un scénario conduisant à un sinistre très grave. sont inflammables les substances et préparations dotées des phrases de risque R10. 84 . une explosion 1. R11 et R12. un défaut d’organisation dans l’intervention de traitement du problème d’épanchement d’un produit très inflammable. De nombreux ouvrages traitent du risque incendie en général2. conducteur en second sur rotative.

4 LSE (en %) — 8 5 5.2 • Théorie du risque chimique 2. Cette concentration doit être comprise entre une limite inférieure d’explosivité (LIE) et une limite supérieure d’explosivité (LSE).6 0.8 0.9 8 50 11. il est difficile de garantir qu’il n’existe aucune zone explosive.9 1. car elle est possible avec les combustibles à condition qu’ils soient dispersés dans l’air.2 1.5 Processus accidentel résulte de la combustion rapide.3 1.1 1.4 7 7 7. souvent instantanée.9 0.4 11 7. Toutefois. du comburant avec l’oxygène de l’air.7 0. Eb (point d’ébullition en ˚C) 216 199 150-300 174 159 152 217 155 145 138 69 184 80 82 46 80 PE (point d’éclair en ˚C) 73 71 43-72 46 30 36 78 43 31 27 –22 70 –11 –20 –30 –9 Substance LIE (en %) 0. C’est cette dernière qui constitue la situation dangereuse. ou un solide sous forme de nuage de poussières.1 1. condition qui détermine l’existence d’une atmosphère explosive.5 5.3 1.1 1. Cette réaction se passe donc en phase vapeur ou aérosol. Xylène n-hexane Aniline Benzène Cyclohexane Sulfure de carbone Méthyléthylcétone 85 . pour des liquides.9 9.7 0.8 0. Le tableau suivant donne quelques exemples de valeurs de LIE et LSE.3 1. C’est le cas avec un combustible liquide sous forme de brouillard.4 6 6. Mais dès qu’il y a une émission de vapeurs ou de poussières combustibles dans l’air. classées par LIE croissante. il faut que la concentration des vapeurs ou des particules en suspension dans l’air puisse permettre à la combustion de démarrer et de se propager.3 1.4 Dodécane Acétate d’octyle Kérosène n-décane Propylbenzène Cumène Naphtalène Cyclohexanone Styrène © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

4 1.0 2.8 2.4 13 42 31 25 16 17 100 19 20 60 75 44 41 11 36 Essence Butane Éther éthylique Dioxanne Tétrahydrofurane Acétate d’éthyle Diméthylformamide Acétylène Acétate de vinyle Acétone Diméthylsulfoxyde Acroléine Acrylate de méthyle Acétonitrile Acrylonitrile Oxyde d’éthylène Éthanol Acide acétique Acétaldéhyde Hydrogène Sulfure d’hydrogène Cyanure d’hydrogène Bromoéthane Méthanol 86 .8 3 3 3 3.8 1.5 15.7 6.4 36 22 11.6 2.9 2 2 2.2 81 13.5 2.2 • Théorie du risque chimique 2.3 4 4 4 4 6 6.5 Processus accidentel Substance Eb (point d’ébullition en ˚C) 38-204 –1 35 101 66 77 152 –83 72 56 189 52 80 82 77 10 78 118 21 –252 –60 26 38 64 PE (point d’éclair en ˚C) –43 — –45 12 –14 –4 57 — –8 –20 95 –26 –3 2 0 –18 12 39 –37 — — –17 — 11 LIE (en %) 1.7 LSE (en %) 7.6 2.6 8.6 2.2 2.8 11.

La sensibilité des aérosols solides à l’explosion est fonction de leur granulométrie.1). Vitesse de sédimentation en mètres par heure 1 000 100 10 2. Guide du risque chimique (ch. Dunod. par ordre croissant. compte tenu de la formule chimique du combustible et de la teneur en oxygène de l’air. Diamètre particulaire en microns 100 50 10 5 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. car un nuage de poussières n’a jamais une granulométrie homogène.4 22 28 Formaldéhyde Chlorométhane Dichlorométhane Ammoniac Ce tableau montre que ni le point d’ébullition. c’est-à-dire celle qui donne une combustion totale. mais ne présentent pas la même précision qu’avec les vapeurs.1 1 On considère qu’au-delà d’un diamètre de 100 microns le risque d’explosion reste très faible. Le tableau suivant montre les vitesses de sédimentation de particules solides en fonction de leur diamètre. mais aussi leur stabilité dans l’air. Le tableau suivant montre quelques exemples de ces valeurs. Les limites inférieures d’explosivité sont établies en mg/m3. Leur détermination est assez délicate à réaliser. ne laissent présumer de la LIE. Ce point a été développé dans un ouvrage précédent1.2 • Théorie du risque chimique 2. ni le point d’éclair.1 13 15 LSE (en %) 73 17. Tout au plus peut-on se référer à une granulométrie médiane. 1. dans la mesure où l’on a pu réaliser une métrologie. Guy Gautret de La Moricière. 87 .5 0. Elle est en fait en relation avec la concentration stœchiométrique.5 Processus accidentel Substance Eb (point d’ébullition en ˚C) –19 –25 40 –33 PE (point d’éclair en ˚C) — — — — LIE (en %) 7 8. Ces chiffres doivent être pris avec prudence. 4. qui détermine la surface réactive pour un poids donné.

5 Processus accidentel Combustible Anhydride phtalique Hexaméthylènetriamine Polystyrène Stéarate de zinc Polyéthylène Résine époxydique Amidon Caoutchouc Polycarbonate Magnésium Nylon Polyuréthanne (mousse) Soufre Dextrine Acétate de cellulose Aluminium pulvérulent Sucre Aspirine cellulose Charbon Viscose Carboxyméthylcellulose Vitamine C Fer (réduit) Étain Résine urée formol Zinc LIE en mg/m3 15 15 15 20 20 20 25 25 25 30 30 30 35 40 40 40-140 45 50 55 55 55 60 70 120 190 385 460 88 .2 • Théorie du risque chimique 2.

2 • Théorie du risque chimique 2. âgé de 23 ans. Hors mise en œuvre des produits utilisés. Dans l’utilisation des produits chimiques. En dehors des sources classiques. demande en général moins d’énergie que pour un incendie. il faut au préalable une présence de produit pulvérulent. Une poudre. le balayage et tous les nettoyages d’équipements en général qui contiennent des dépôts pulvérulents. dont une grande partie se présente sous forme pulvérulente. que des puissances caloriques et mécaniques considérables se développent lors d’une explosion. la présence de poussières peut venir de la mise en forme pulvérulente volontaire. en forme de chaussette. Voici deux exemples d’explosion d’aérosols2 : EXEMPLE 1 : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. citons la maintenance des gaines de ventilation. il faut d’abord qu’un nuage de poussière se forme. Voyons comment se forment les nuages de poussières. si cela est nécessaire. c’est-à-dire tout ce qui relève du broyage. À partir d’environ 3 mètres du filtre qui était ouvert se trouvent des appareils de fabrication de dragées avec des rampes de chauffage à gaz qui fonctionnent durant le nettoyage des filtres. La source d’ignition d’une explosion. La plupart des produits chimiques solides sont disponibles sous forme de poudre. tant soit peu mise en mouvement. qui est l’événement déclencheur. 2. etc. qu’ils soient cristallisés ou amorphes. ils ouvrent successivement les extrémités des filtres pour en évider les contenus de résidus de sucre et les recycler dans le processus de fabrication. les étincelles générées par des décharges d’électricité statique sont suffisantes comme source d’ignition des atmosphères explosives. produit de la poussière d’autant plus stable qu’elle est fine. il est très probable qu’une partie du nuage atteindra la LIE. Parmi les opérations produisant des émissions de poussières de déchets. mettant le feu. Nous renvoyons nos lecteurs à des ouvrages spécialisés pour approfondir ce sujet1. de l’atomisation. 89 . 1. 2. brûlant sur tout le corps le salarié qui est tué sur le coup et blessant légèrement l’autre. il faut citer en particulier la circulation des liquides ou solides pulvérulents dans des canalisations non conductrices. le ponçage. qui sont en bout du système d’aspiration des poussières de sucre de l’atelier de fabrication de dragées. alimentaires ou agricoles. du concassage. Pour cela. Le transport pneumatique est aussi largement utilisé dans le transfert de grandes quantités de produits chimiques. Pour qu’il y ait poussières. Nous conseillons par exemple deux brochures de l’INRS : Les mélanges explosifs. Enfin. Il s’agit par exemple de traitements de surface tels que les dépôts par procédé électrostatique ou le sablage. Le système d’aspiration est remis en marche sans raison de service et un nuage de poussière de sucre se répand dans cette partie de l’atelier. une explosion se produit. Ainsi. était occupé avec un autre salarié à vider les filtres. etc. le perçage. il ne faut pas perdre de vue le domaine des déchets. des filtres.5 Processus accidentel Pour que l’explosion puisse avoir lieu. Extraits de la base EPICEA de l’INRS. Cette mise en forme est par contre non désirée dans le traitement mécanique des matériaux. La formation d’aérosol solide peut être le but recherché dans certaines opérations. il existe de nombreuses sources d’électricité statique. Gaz et vapeurs (ED 911) et Les mélanges explosifs. l’exemple le plus banal étant celui du bois. tel que le sciage. Le salarié. telles que le frottement de matériaux non conducteurs. Quelques moments après. Si la granulométrie comporte suffisamment de particules fines (< 100 microns). ouvrier d’exécution. Rappelons. Poussières combustibles (ED 944).

puis en anoxie. L’air normal contient environ 21 % d’oxygène et 79 % d’azote. dont la victime. ont dû relever le rideau métallique pour sortir du bâtiment. mais ces chiffres sont très dépendants de facteurs individuels. Le dioxyde de carbone a un effet particulier. etc. bien qu’on ne lui connaisse pas de toxicité. avant que ne se manifestent ceux de l’anoxie.5 %. du dioxyde de carbone. L’hydrogène. L’événement dangereux partira d’une fuite. observables dans différents laboratoires. etc. Cette composition peut être modifiée par la présence de gaz ou de vapeurs. C’est le cas de l’azote. qui se sont mis à projeter le feu en fouettant dans l’air. soit 0. Ce maintien dans une atmosphère dangereuse a entraîné l’intoxication des deux salariés. un ouvrier spécialisé âgé de 28 ans. d’une rupture. une importante fumée toxique s’y est dissipée. Dans le cas de la sous-oxygénation. tels que le néon ou l’argon. La manipulation de touries d’azote liquide. Le deuxième exemple illustre très bien l’enchaînement de dommages de gravité croissante. un gaz peut donc occuper jusqu’à dix pour cent de l’air avant de créer un risque d’hypoxie. comme l’état de santé. Par suite de l’incendie. dans l’industrie chimique notamment. L’explosion produite a désolidarisé les tuyaux souples d’alimentation des pistolets. la pratique sportive. la situation dangereuse peut se présenter de plusieurs façons : Présence d’un stock de gaz inerte : Il peut être contenu dans une bouteille sous pression. Deux salariés. présente un tel risque d’explosion qu’il n’est pas envisagé dans le cadre de la sous-oxygénation. Supposons par exemple que l’on introduise du dioxyde de carbone à concurrence de 10 % d’un volume donné. de même que la pratique de l’inertage de cuve. Pour les vapeurs. En effet. Ce risque est souvent oublié dans les analyses parce que l’habitude est de partir des agents chimiques présentant un danger. L’ensemble de l’installation s’est enflammé. si n’intervenait pas d’abord la toxicité. le calcul serait le même. d’une ouverture intempestive. À condition qu’il soit inerte. notamment le fût de 200 kg de colle en réserve dans l’atelier. Cela veut dire que les atteintes à la santé interviendront bien avant l’hypoxie.5 Processus accidentel EXEMPLE 2 : La victime. Une personne respirant cet air va se trouver en hypoxie. eau exceptée. Les teneurs en oxygène et azote vont respectivement descendre à 19 % et 71 %. il provoque des troubles graves. lorsqu’une décharge d’électricité statique au niveau du convoyeur a provoqué l’inflammation du nuage de colle pulvérisée par le pistolet de la chaîne d’encollage. la VLEP la plus élevée que l’on rencontre est la VLE de l’éthanol à 5 000 ppm. 90 . qui ont dû être hospitalisés et gardés en observation. crée ce type de situation dangereuse. d’un renversement.2 • Théorie du risque chimique 2. dont une perte de connaissance. et de la dégradation du stock de mousse polyuréthanne présent dans l’atelier. etc. coincés au fond de l’atelier. appelé « effet dominos ». une canalisation. travaillait sur une chaîne d’encollage automatique de 1986. On considère que la zone de sécurité va de 19 % à 25 % d’oxygène. de l’hélium et des autres gaz rares. un réservoir cryogénique. conduisant rapidement à un décès par asphyxie. à savoir que dès une concentration d’environ 15 %. m Sous-oxygénation La sous-oxygénation est un manque partiel ou total d’oxygène dans l’air.

– Inertage : Il est d’usage. souterrain. – Oxydation : L’oxygène de l’air peut être consommé par l’oxydation de métaux. Ce type d’accident est toutefois relativement rare. quels événements en seraient responsables. local. La victime et son collègue auraient recommencé à bouger avant l’arrivée des pompiers. Pénétration dans une atmosphère sous-oxygénée : La situation dangereuse est alors constituée par l’espace confiné : enceinte. Auparavant.2 • Théorie du risque chimique 2. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. l’accident est inévitable. initiée par un point chaud. comme le montre cet exemple1 : La victime.. La victime a repris connaissance en sortant de la cuve. De l’air comprimé est injecté par le haut et le bas de la cuve pour la purger. Des masques filtrant l’ammoniac sont également à disposition mais n’ont pas été utilisés et n’étaient pas adaptés à la situation. Les événements dangereux correspondants sont ceux qui ont déjà été évoqués pour les réactions dangereuses (paragraphe 2. sans que l’on s’en aperçoive. Une canne est à disposition pour retirer les objets de la cuve mais n’a pas été utilisée. peut générer du dioxyde de carbone quand elle est aérobie et du méthane ou du sulfure d’hydrogène quand elle est anaérobie. également asphyxié par le manque d’oxygène. a pénétré dans une cuve de fermentation utilisée pour la fabrication de ferments lactiques. opérateur de fabrication. – Fermentation : La fermentation de matières organiques. Certaines réactions chimiques peuvent aussi générer de l’azote gazeux. excavation. est un véritable piège mortel. Mais il est aussi d’usage de pénétrer ces volumes pour y exécuter des opérations de maintenance. Encore faut-il pouvoir imaginer un manque d’oxygène et. tunnel. Ce scénario se rencontre dans la chaudronnerie et dans la construction navale. non déjà oxydées. dans un espace mal ventilé. Ce collègue avait voulu récupérer un couvercle de boîte tombé inopinément dans la cuve. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. par exemple d’un acide sur un carbonate. pour ce faire. etc. Elle a voulu secourir un collègue en contrat de qualification BTS Maintenance qui était sans connaissance dans la cuve. le collègue seulement à l’hôpital. Mais la pollution peut aussi provenir d’un appareil de chauffage en dysfonctionnement. âgée de 40 ans. un autre collègue avait tenté de récupérer le couvercle mais était remonté rapidement.2).5. Si l’atmosphère d’un tel volume n’est pas rendue respirable avant toute intrusion.5 Processus accidentel Génération de gaz inerte : Cela concerne principalement le dioxyde de carbone en cas de réaction imprévue. essentiellement ferreux. comme pour le risque de toxicité aiguë. Elle a été asphyxiée et a perdu connaissance. Ainsi une combustion sans flamme. La baisse de la concentration qui en résulte n’est sensible qu’en espace confiné et en présence de surfaces neuves. pour éviter les atmosphères explosives. réacteurs ou réservoirs. qui réalisent de grands volumes clos avec des tôles d’acier neuf. La situation dangereuse est donc liée à la présence de ces matières organiques. la cuve étant en atmosphère saturée en azote (sans oxygène). 91 . Elle est 1. L’alerte est donnée. car il s’était trouvé incommodé. provoquée par des micro-organismes. qui est progressivement remplacé par du dioxyde de carbone. L’expérience met en évidence les facteurs suivants : – Combustion : Une combustion consomme nécessairement de l’oxygène. d’introduire de l’azote dans de grandes cuves. mais aussi par du monoxyde de carbone si la combustion est incomplète.

des irritations. selon qu’elles agissent sur le système nerveux central. le décès survient de façon très rapide. comme beaucoup de solvants. Elles peuvent laisser des séquelles visibles. Effets toxiques généraux : Une forte exposition cutanée à un solvant. car l’historique des terrains n’est pas toujours bien connu. provoque. Mais il faut également l’envisager dans des travaux de fouilles et d’excavation.3 Dommages Ceux-ci peuvent être inventoriés par la synthèse suivante. est un toxique insidieux. Notons qu’une simple goutte de produit corrosif peut provoquer des graves atteintes à l’œil.5. comme pour les « poisons » tels que le cyanure d’hydrogène ou le monoxyde de carbone. Quant au sulfure d’hydrogène (H2S). Elle peut aller jusqu’à la suffocation. 92 . l’acide monochloracétique et l’acide fluorhydrique. perte de connaissance et mort. m Dommages provoqués par une inhalation massive L’intoxication aiguë commence par de simples malaises. Des substances possèdent un effet corrosif renforcé par une capacité accrue à la pénétration percutanée. citons le brome. ou sur le métabolisme sanguin. des dégradations de l’épiderme et du derme peuvent intervenir. Aux concentrations supérieures à 1 000 ppm. d’un œdème pulmonaire. capables de ronger la peau assez profondément.5 Processus accidentel évidemment prévisible dans les installations où l’on provoque la fermentation. en plus des dommages cutanés. Brûlure chimique : En fonction de la corrosivité de l’agent chimique et de la durée du contact. 2. des effets similaires à une intoxication respiratoire. de troubles du rythme cardiaque et de modifications tensionnelles. en raison du passage rapide dans le sang par voie percutanée. Les mécanismes de l’intoxication sont différents selon les substances. suivie d’un coma parfois convulsif accompagné de troubles respiratoires (dyspnée et cyanose).2 • Théorie du risque chimique 2. troubles de la vue et de l’équilibre. vertiges. établie après consultation des bases de données sur les accidents du travail : m Dommages provoqués par un contact cutané massif Effets réversibles : Le premier stade de l’atteinte à la peau se manifeste par des rougeurs. car même quand les dommages cutanés sont relativement modérés. Parmi celles-ci. les effets sur le métabolisme du calcium osseux sont redoutables et même mortels. L’acide fluorhydrique. céphalées. telles que les stations d’épuration. en quelques minutes. l’apparition de boutons et d’eczéma. une rapide perte de connaissance intervient à partir de 500 ppm. tels que nausées. en particulier halogéné. Ces effets cessent après suppression de l’exposition et élimination de l’agent. dont l’utilisation se rencontre dans beaucoup de domaines.

Enfin. Elle s’accompagne généralement d’une expansion de flammes et de gaz brûlants. des nausées. créant ainsi un risque d’anoxie. Une explosion cause toujours de graves dommages humains et aux installations.2 • Théorie du risque chimique 2. Une ingestion accidentelle de produit chimique est souvent d’un volume non négligeable. Il est alors responsable d’autres types d’accidents : chutes. m Dommages provoqués par une ingestion accidentelle © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. m Dommages provoqués par l’anoxie Lorsque la concentration en oxygène dans l’air est entre 12 et 16 %. pouvant aller jusqu’à une suffocation. les fumées abondantes sont à l’origine d’irritation des yeux et des voies respiratoires. À moins de 10 % apparaissent une fatigue anormale. reprenons l’exemple du paragraphe 2.5. m Dommages accidentels indirects par incendie ou explosion Un incendie produit d’abord beaucoup de chaleur. ainsi qu’un manque de coordination des mouvements. On sait que des troubles graves interviennent avec cette substance sur l’homme dès 2 000 ppm et que la concentration létale (CL50) par inhalation pour les souris est de 24 850 ppm en 30 min. Mais lorsqu’elle se produit dans un récipient. On peut avoir. le sujet devient inconscient. De même. etc. Comme dans les incendies. le risque d’intoxication aiguë s’ajoute à tous ces effets. un effet narcotique. voire d’autres explosions. Ensuite peuvent suivre des effets d’intoxication générale par assimilation au niveau de l’estomac et de l’intestin. plusieurs centilitres. La voie digestive est d’abord sensible au contact direct des produits avalés. surtout s’ils se produisent après le temps de travail. puis le cœur quelques minutes après. elle provoque sa rupture brutale en envoyant des projectiles. en raison de l’effet de surprise. À moins de 6 %. comme en présentent nombre de solvants. à de grandes distances. la respiration s’arrête. Il consomme aussi de l’oxygène. Certains toxiques agissent à des doses si faibles qu’une simple contamination des aliments peut provoquer une intoxication. rapidement très graves en raison de la sensibilité des muqueuses. qui projette objets et personnes à proximité. accidents de circulation.5 Processus accidentel Pour fixer les idées. produisant eux-mêmes des brûlures et des départs d’incendies. des irritations et des brûlures. Il génère ensuite beaucoup de gaz et de vapeurs qui peuvent être toxiques. des vomissements et des pertes de conscience.2 qui montrait que deux litres de dichlorométhane évaporés dans un local de 20 m2 générait une concentration de 15 000 ppm. blessures. qui peuvent être lourds et acérés. selon les propriétés des produits en cause. donc les personnes qui n’ont pu s’échapper sont victimes de brûlures thermiques de toutes gravités. 93 . Le premier effet est le souffle. des convulsions se produisent. peut se manifester très rapidement en fonction de la concentration. Ces accidents ne sont pas toujours mis en relation avec l’exposition aux solvants. on observe une augmentation du rythme respiratoire et du pouls.

C’est d’ailleurs en appliquant cette méthode à un grand nombre d’accidents liés aux produits chimiques que nous avons élaboré le modèle sur lequel repose notre méthodologie.4 Arbre des causes L’arbre des causes est une méthode d’analyse d’accident mise au point par l’INRS il y a plusieurs décennies. En effet. il ne reste plus qu’à trouver les moyens d’éliminer chacune d’elles. Une fois l’ensemble des causes identifiées. Ainsi.12 – Principe de l’arbre des causes La méthode consiste à partir du constat du dommage final. le schéma ci-dessus montre bien que la suppression d’une cause de rang n élimine toutes les causes en aval qui en dépendent. résumée au paragraphe 2. en commençant par les plus hautes dans la hiérarchie. qu’ils soient des accidents. pour identifier ses causes immédiates. Nous allons voir. en général au niveau des choix stratégiques de l’organisation concernée.5. Il s’avère en effet qu’elle constitue un puissant outil de repérage des facteurs « premiers ». on construit un enchaînement de causes de plus en plus ramifié. En réitérant ce raisonnement élémentaire à chaque cause identifiée. constat qui rendrait cet arbre infini ! Le bon sens dicte à quel rang il faut s’arrêter. Il n’est cependant pas inutile de rappeler les bonnes pratiques de la méthode de l’arbre des causes. il est indispensable de faire une bonne analyse de ceux qui se sont malgré tout produits. à côté d’une méthodologie prédictive des dysfonctionnements. sachant qu’il peut y en avoir une comme trois ou quatre.1.2. c’est-à-dire étant à l’origine des situations et des événements dangereux possibles dans le domaine étudié. m La méthode Cause C de rang 2 Cause A de rang 1 Cause D de rang 2 Dommage final Cause E de rang 2 Cause B de rang 1 Cause F de rang 2 Figure 2.2 • Théorie du risque chimique 2. nécessaires et suffisantes. des « presque accidents » ou de simples incidents. à l’instar d’un arbre généalogique. la puissance de cette méthode. 94 .5 Processus accidentel 2. Il est toujours possible de trouver une cause à une cause. sur quelques exemples. ce qui est déjà beaucoup. Elle n’a rien perdu de son opportunité et son utilité s’est vue renforcée par l’émergence de la notion d’évaluation des risques dans les réglementations.

puis transféré à l’hôpital par les pompiers appelés par la suite. plutôt que de dire « il n’y avait pas de couvercle sur la cuve ». Avant de construire un arbre des causes. Les produits sont dans des citernes mobiles et le transfert se fait par pression à l’aide d’un compresseur. Dans la pratique. Ainsi. D’autre part. il aurait dû…. par exemple. car elle n’est évidemment pas réservée au risque chimique. Il existe en effet trois points clés qu’il ne faut absolument pas négliger pour en tirer le meilleur parti. elle conduit automatiquement à une pluralité de causes. qui n’est pas forcément judicieuse. L’efficacité de la méthode tient à ce que les conclusions sont logiques et non pas intuitives. animée par un garant de la méthode. soit « le couvercle avait été déposé ». le chauffeur va vérifier le remplissage de la citerne d’acide se trouvant à l’intérieur du local. – La méthode est rigoureusement factuelle. 95 . il vaut mieux dire soit « des vapeurs sortaient par l’ouverture de la cuve ». elle n’a pas le succès escompté. – Il faut éviter toute négation suggérant un écart. Les opérations de raccordement sont opérées. ces deux faits étant plus précis. car l’état standard d’un individu implique les mains nues. m Exemples d’arbres des causes Étude de cas 1 : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. excluant ainsi le réflexe simpliste de la cause unique des faits. la vraie cause d’une brûlure aux mains est le contact avec un produit qui fuit. qui seront d’autant mieux appliquées. mais seulement des problèmes. De même. comme d’habitude. Il constate alors la présence de vapeurs et se trouve rapidement pris de suffocation. Cette démarche collective est indispensable pour obtenir un consensus sur les mesures à prendre.5 Processus accidentel Cette description courte de la méthode montre bien sa simplicité. c’est-à-dire que l’arbre doit être construit à partir de faits établis. Comme le débit lui paraît faible. etc. Cependant. comme dans beaucoup de décisions. La victime s’est par la suite rétablie sans séquelles. I1 doit livrer 3 000 1 de lessive de soude et 2 500 1 d’acide chlorhydrique dans les cuves de stockage. à ne pas confondre avec des opinions ou des jugements. qu’il ne faut pas mettre en avant. c’est certainement la règle la moins respectée. Il est secouru par le technicien. un camion d’une entreprise de distribution de produits chimiques arrive dans l’entreprise de traitement de surface cliente. qui en fait son universalité. mais applicable à tout dysfonctionnement. cette méthode ne doit pas servir à identifier des fautes. Cela facilite en outre le respect des deux règles précédentes. Il faut dire « la température était de l’ordre de 120 ˚C et la consigne était de 90 ˚C » au lieu de « la température était trop élevée ». il faut d’abord recueillir le maximum de faits avec précision. en s’attachant à repérer les écarts et les états inhabituels. ni même aux accidents. Inversement. Ces formulations induisent une mesure de prévention.2 • Théorie du risque chimique 2. – L’arbre des causes et l’enquête qui précède doivent être élaborés par une équipe pluridisciplinaire. ». Le port de gant n’est alors qu’une des possibilités de solution. mais pas l’absence de gants. car elle est souvent mal appliquée. comme « il ne portait pas son casque » ou « il n’y avait pas d’extincteur ». en présence du responsable de la station d’épuration. du type « il était trop… il semblait…. Relation des faits : À 10 h 30.

prévenu au téléphone. – Il s’est écoulé 400 1 d’hypochlorite. chaux vannes camion bureaux station d’épuration Figure 2.5 Processus accidentel Une vérification. puis reconnu. contenait en fait de l’hypochlorite de sodium (eau de Javel) suite à une erreur humaine au cours du chargement. a montré que la citerne de livraison.13 – Plan de la zone d’accident Schéma du poste de travail : ventilation air comprimé cuve mobile cuve HCl camion vanne marquée « HCl » Figure 2. Schéma de l’environnement : porte NaOH javel HCl bisulfite . D’où l’origine du nuage de chlore issu de la réaction de l’hypochlorite sur 1’acide chlorhydrique contenu dans la citerne fixe.14 – Coupe du poste de déchargement Recueil d’informations complémentaires après enquête : – Le bon de livraison mentionnait de l’acide chlorhydrique. sensée contenir de l’acide chlorhydrique. puisque la cuve est toujours en légère dépression. – Il n’y avait pas d’étiquetage de la cuve mobile. 96 . – La ventilation ne concerne que les citernes dans l’atelier et il n’y a pas de ventilation générale. Cela a été d’abord nié par le fournisseur. rapidement faite.2 • Théorie du risque chimique 2. – Le couvercle de la cuve d’acide était simplement posé.

97 . car certaines n’ont pas joué de rôle direct dans l’apparition de l’accident. Le chlore a détruit le pupitre de pilotage de la station. – L’arbre a bien été établi sans négations. comme le défaut de marquage des cuves de transport. – Les causes en grisé sont celles qui feront l’objet de mesures de prévention. Remarques sur l’arbre des causes : – La méthode met bien en évidence l’importance de l’erreur d’identification de produit. par rapport à un non-port de protection respiratoire qui venait à l’esprit au départ. – Toutes les observations ne sont pas reprises dans l’arbre. contrairement aux observations figurant dans le rapport d’enquête.15 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le chauffeur n’avait pas de masque. Le technicien de la station d’épuration avait un masque adapté et s’en est servi.2 • Théorie du risque chimique 2. Arbre des causes établi dans l’entreprise : erreur au chargement confiance au chauffeur de l’acide a été commandé acide sur le bordereau de livraison hypochlorite dans la cuve du camion contenu identifié comme acide délai de détection de l’incident introduction d’hypochlorite dans l’acide incident de dépotage quantité versée importante émission massive de chlore cuve de stockage dans la station vérification du niveau couvercle soulevé chlore dans la station chauffeur dans la station intoxication au chlore Figure 2.5 Processus accidentel – – – – Il n’y a pas de contrôle des produits livrés.

La technicienne avait oublié de remettre ses lunettes de protection. Ne pas fumer.5 Processus accidentel Étude de cas 2 : Relation des faits : Dans un laboratoire de recherche. car elle sortait d’une réunion. mais sans séquelles après les soins dispensés. à cet instant. Le carbonate de diméthyle se décompose en présence d’eau en méthanol et dioxyde de carbone. Le lave-œil était placé dans le couloir menant au laboratoire. à l’intérieur de la sorbonne où est monté son appareil. une technicienne chimiste doit lancer une réaction dont l’un des réactifs est le carbonate de diméthyle. L’étiquette du flacon mentionnait les informations de sécurité suivantes : R11 : Facilement inflammable R36/38 : Irritant pour les yeux et la peau S9 : Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé S16 : Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. Elle cherche aussitôt un lave-œil. qu’elle va trouver au bout de deux minutes.16 – Arbre des causes d’accident au laboratoire 98 . Recueil d’informations complémentaires après enquête : Le flacon était en surpression. un petit jet de liquide s’échappe de l’ouverture et atteint un œil de la technicienne. Le réactif était en stock depuis 3 ans. Arbre des causes établi dans l’entreprise : Produit hydrolysable avec formation de gaz Prise d’humidité 1 Pression interne Mode opératoire Produit irritant 3 ans de stockage 2 Projection de produit 3 Lésion oculaire 5 Besoin pour la réaction Ouverture rapide du flacon Contact oculaire 4 Flacon bouché et étiqueté Travail manuel délicat Yeux à proximité Figure 2. Elle aura une légère lésion oculaire.2 • Théorie du risque chimique 2. Elle va chercher le flacon au local de stockage et s’apprête à l’ouvrir sur la paillasse. Elle dévisse le bouchon du flacon et. Le flacon était entamé.

Le disque de rupture a sauté. au reflux du chloroforme. Borohydrure + CHCl 3 Réacteur Pompe doseuse Figure 2. Schéma de l’installation : évent condenseur Disque de rupture Imide + activateur © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ensuite on ajoute lentement l’imide préparée en solution dans le chloroforme avec un activateur.17 – Schéma d’installation de chimie fine Recueil d’informations complémentaires après enquête : Une explosion a précédé le jet de flammes. comme convenu. – La cause « ne portait pas de lunettes de protection » ne figure pas. consultée après coup. est d’abord introduit dans le réacteur. Seule la bibliographie et la formation peuvent amener à l’imaginer. – Les causes numérotées de 1 à 5 sont celles qui sont retenues pour une mesure de prévention. on réalisait la fabrication d’une amine secondaire par réduction d’un imide au borohydrure de sodium. des flammes fusent par le plan de joint du couvercle et atteignent l’opérateur qui s’enfuyait. Mais 15 min après le début du transfert. malgré son apparente évidence. La réaction avait été conduite 21 fois sans incident. La réaction est conduite dans un réacteur équipé d’un condenseur vertical pour le reflux de solvant. Cela n’empêche pas la mesure d’être indiquée pour la cause n˚ 4. Aussitôt après.2 • Théorie du risque chimique 2. L’addition se fait en 8 heures. au moyen d’une pompe doseuse. Étude de cas 3 : Relation des faits : Dans un atelier de chimie fine. l’opérateur entend une explosion dans le premier réacteur. L’opérateur était nouveau à ce poste. en suspension dans du chloroforme. 99 . dans un autre réacteur. ne mettent en garde contre le risque d’hydrolyse.5 Processus accidentel Remarques sur l’arbre des causes : – Ni l’étiquette ni la FDS. La victime a été gravement brûlée dans le dos et intoxiquée par les gaz de combustion. Le réactif.

5 Processus accidentel Le débit de coulée était 7 fois plus rapide que la normale. Il y avait une alarme de température dans le condenseur.18 – Arbre des causes d’un accident de process chimique 100 . La pompe doseuse était réglée pour une autre réaction. Une odeur de chloroforme a précédé l’explosion. La température d’auto-ignition du diborane est de 40 ˚C. La réaction dégage de l’hydrogène avec des traces de diborane.2 • Théorie du risque chimique 2. Arbre des causes établi dans l’entreprise : Réglage de pompe modifié Opérateur nouveau 1 Débit de réactif très supérieur à la consigne 2 Délai de démarrage de la réaction Réaction exothermique Accumulation de réactif non réagi Emballement de la réaction 3 Dégagement rapide d’hydrogène et de diborane Évent de diamètre 50 mm Montée rapide en pression 4 Éclatement du disque de rupture Décompression brutale et arrivée d’air dans le réacteur 5 Milieu réactionnel à 65 °C Auto-ignition du diborane Ignition de l’hydrogène Surpression Pilotage à vue 6 Fuite au couvercle Jet de vapeurs en flammes Opérateur à proximité du réacteur Opérateur brûlé gravement Figure 2. qui n’a pas fonctionné. La pompe doseuse est réglable par de simples repères.

Dès que l’on remonte un peu dans la hiérarchie des causes. cite les facteurs déterminants (chapitre 7. qui dépendent elles-mêmes de beaucoup de facteurs.5. m Conclusion Chaque arbre montré ici est issu du travail collectif d’un groupe particulier. Norme ISO 14121-1-2007 . du moins si on l’applique avec rigueur. Tout autre groupe aurait abouti à un arbre différent. Ces exemples montrent bien la multiplicité des causes de tout accident ou incident. – La rupture du disque de surpression a aussi été difficile à expliquer. Son explication est venue de la découverte de la formation de diborane et de la rupture du disque. car il n’y avait pas de source d’ignition présente. Elle s’appuie toujours sur deux variables. 101 . une enquête minutieuse et des vérifications d’hypothèses. Les principes en sont repris au paragraphe 5. L’estimation du risque accidentel est une étape de l’analyse encore plus indispensable que dans le processus chronique. c’est le management qui est en cause. décrites au paragraphe 5.5 Processus accidentel Remarques sur l’arbre des causes : – Un tel arbre est long à construire. En effet.5 Estimation du risque accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. car l’emballement de la réaction est passé inaperçu. – Cet arbre des causes a été très riche en enseignements pour la sécurité des process en général. ce qui ouvre un choix de mesures de prévention beaucoup plus large que celui qui résulte de la seule intuition.2. elles deviennent principalement du type organisationnel.2. 2. le bruit de cette rupture s’est confondu avec celui de l’explosion.2) : 1. Mais la logique de la méthode fait que l’on arrive toujours aux mêmes conclusions et aux mêmes choix de principe des mesures de prévention. Le contrôle de température. Il demande une bonne équipe pluridisciplinaire.Sécurité des machines – Principes pour l’appréciation du risque. la gravité et la probabilité du dommage. – La survenue d’une explosion a été difficile à expliquer au départ. n’a pas montré de montée significative en raison du reflux. Ce n’est que le signalement de l’odeur de chloroforme qui a conduit à cette hypothèse. Rappelons que cette règle est commune à tous les types de risques accidentels. Ce point est fondamental et le nier condamne à terme toute démarche de prévention à l’échec. La norme ISO 141211. – Les causes numérotées de 1 à 6 sont celles qui feront l’objet de mesures de prévention. étant placé au niveau du condenseur. qui vise les accidents sur équipements de travail.2. en raison du nombre d’événements dangereux que l’on est amené à envisager.2 • Théorie du risque chimique 2. différents selon la nature du dommage. ce qui fait qu’on l’a prise pour la conséquence de l’explosion et non pas pour la cause.2. comme en témoigne le plan de prévention qui en a découlé. En final.

– 2 = Dommage irréversible avec incapacité légère . m Niveau de gravité Les dommages peuvent se situer sur une échelle de gravité assez classique quand ils sont corporels : – 1 = Dommage réversible . selon une variation classique que le schéma suivant synthétise : 10 9 8 7 probabilité 6 5 4 3 2 1 0 0 2 4 6 8 10 gravité Figure 2. Cela est dû au fait qu’il existe un lien étroit entre la gravité et la probabilité. En effet.2 • Théorie du risque chimique 2. Nous allons examiner comment gravité et probabilité se déterminent en l’occurrence.19 – Relation entre gravité et probabilité d’un dommage donné 102 . Il est assez difficile à fixer sans respecter des règles de raisonnement. de l’absence totale de dommage jusqu’au décès. – 3 = Dommage irréversible avec incapacité lourde . – 4 = Décès. Le niveau de gravité concerne le dommage envisagé. on peut observer que tout peut arriver dans un accident.5 Processus accidentel LE RISQUE relatif au phénomène dangereux considéré est une fonction de LA GRAVITÉ du dommage possible pouvant résulter du phénomène dangereux considéré et de LA PROBABILITÉ D’OCCURRENCE de ce dommage – fréquence et durée d’exposition – probabilité d’occurrence d’un événement dangereux – possibilité d’éviter ou de limiter le dommage Cela peut très bien s’appliquer au risque chimique. mais en tenant compte de ses spécificités. notamment la nature des dommages.

2 • Théorie du risque chimique 2. c’est-à-dire qu’elle est en rapport avec le niveau de danger et la dose reçue d’agent chimique. à défaut. la gravité du dommage ne dépend plus du niveau de danger de l’agent chimique. Seule la quantité mise en œuvre permet une estimation relative. mais leur quantité est tout aussi influente sur cette gravité. la gravité s’estime comme celle d’une exposition chronique. Le tableau du paragraphe 2. cutané ou respiratoire. de la dose susceptible d’être absorbée.2 montre que. de la possibilité de projection d’objets ou de produits chimiques. que l’on appelle aussi exposition aiguë. souvent. mais des circonstances et de l’environnement présents à l’instant du déclenchement. Dans la pratique. Ainsi la gravité du dommage sera fonction de la position de l’individu par rapport à la source du phénomène.5. La différence est que la dose reçue est unique et de durée relativement courte. même grossier. Pour le risque lié à la réactivité. la gravité d’un accident d’intoxication aiguë sera a priori inférieure à celle qu’engendre le travail sur 1 000 litres du même solvant. le caractère aléatoire de cet événement interdit tout calcul prédictif. de son ampleur. selon les caractéristiques du poste de travail. plus que de celui des réactifs. comme le montre le graphe suivant : !0 9 Importance du risque 8 7 Probabilité 6 5 4 3 2 1 0 0 2 4 6 8 10 Gravité Figure 2. la toxicité des substances formées est telle que le dommage le plus fréquent à considérer est le décès. Par exemple si un opérateur travaille sur 1 litre de solvant. En outre. pour des événements similaires. etc. Mais c’est une estimation qu’il faut traiter au cas par cas. de celle d’émanations massives. Quand le dommage chimique se produit par contact massif direct.20 – Courbes de risque d’importances différentes © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. qui n’est que le déclencheur. la gravité du dommage est à la fois fonction de la chaleur totale de réaction et du danger des substances volatiles formées. c’est le positionnement de la courbe. du nombre d’individus menacés.5 Processus accidentel Ce qui fait la différence d’importance des risques. 103 . Pour un risque d’incendie/explosion. il suffit de situer la gravité la plus fréquente pour l’événement considéré d’après l’historique et les statistiques disponibles ou.

La détermination d’un niveau de gravité reste donc très intuitive. acquis par l’expérience et déclenchés 104 . un incendie laisse généralement beaucoup plus de possibilités d’évitement des dommages. tel qu’une évacuation et une première lutte contre le feu. Une gravité inférieure n’est envisageable que pour un travail sur de petites quantités (quelques cm3). D’autre part. il convient de distinguer l’incendie de l’explosion.5. Pour illustrer ce concept. Mais il est difficile. est une combinaison de toutes les probabilités intervenant à chaque étape. déjà exploitée pour l’exposition chronique. la probabilité de survenue de l’accident est essentiellement fonction du scénario. En effet. ayant chacun leur propre probabilité. certains facteurs accroissent ou réduisent le niveau de probabilité d’un événement dangereux. reprenons l’exemple du paragraphe 2. La probabilité du dommage. qui sont des gestes réflexes. La gravité dépend aussi du nombre de personnes exposées. il y a autant de probabilités finales que de variantes de scénarios. on envisage le dommage le plus grave. Elle sera éventuellement fonction de l’importance du travail manuel dans le mode opératoire. Néanmoins. – L’importance des possibilités d’évitement.5 Processus accidentel Pour imaginer le scénario. mais doit être guidée par la prise en compte des paramètres que l’on vient d’évoquer.2 • Théorie du risque chimique 2. c’est presque toujours la mort qui est retenue comme dommage maximum dans ce type d’accident.2. Comme la prudence veut que. voire l’apnée. On retrouve ici la notion de durée cumulée. d’exclure le risque d’explosion. m Niveau de probabilité Que l’accident envisagé soit de type exposition massive ou incendie/explosion. surtout pour un classement relatif. Rappelons que ce scénario est un enchaînement de faits élémentaires. et c’est la seule qui compte. Rappelons d’abord ceux que cite la norme ISO 14121 : – La fréquence et la durée de présence en situation dangereuse. la mise à l’abri. Étape Choc chariot/tuyauterie Desserrage des brides Fuite du liquide Contact liquide/opérateur Brûlure chimique Facteur influent Proximité entre le passage du chariot et la tuyauterie Qualité du serrage initial Présence de liquide sous pression Présence de l’opérateur sous la bride P1 P2 P3 P4 P = P1 ¥ P2 ¥ P3 ¥ P4 Probabilité Nous voyons en particulier qu’un déclencheur assez probable peut ne générer qu’un dommage assez peu probable. en vertu des lois statistiques. excepté en l’absence totale de produits inflammables. telles que la fuite. l’esquive. dans le doute.

Lorsqu’il a rétabli l’air comprimé. le fonctionnement du dispositif électrostatique s’est rétabli automatiquement. Ajoutons à ceux-ci les facteurs plus spécifiques du risque chimique : – la quantité de produit mis en œuvre. L’exemple le plus connu des chimistes est celui des réactions de nitration. – le confinement du poste pour l’intoxication aiguë . En particulier. L’exemple suivant illustre l’influence de l’inflammabilité sur la probabilité d’une explosion1 : « La victime est métallier dans une entreprise de métallerie-serrurerie. soit par des avertisseurs ou signaux installés dans ce but. – la pression des produits liquides ou gazeux . Elles ont été reconnues dans de nombreuses catastrophes technologiques. 2. Lors d’un essai de pulvérisation après une opération de rinçage d’un pistolet d’application de peinture électrostatique.4. 1. c’est-à-dire l’importance des surfaces de produit à l’air libre. – l’inflammabilité du produit (en fonction de son point d’éclair) . Nous en citerons quelques-uns : – le défaut de formation . qui agit aussi sur la probabilité en facilitant l’atteinte d’une concentration critique. – la distance homme-produit . – la présence possible de sources d’ignition. souvent étudiés. 105 . Extrait de la base EPICEA de l’INRS. – la concentration probable des vapeurs dans l’air . Ces erreurs sont d’autant plus probables lorsque les personnes sont soumises à des facteurs favorisants. leur probabilité va dépendre de la possibilité de rencontre de produits incompatibles d’une part et de la présence humaine d’autre part. – le degré d’ouverture de l’installation. Voir note 43.2 • Théorie du risque chimique 2. Le solvant utilisé a un point d’éclair de 6 ˚C au lieu des 30 ˚C préconisés par le fabricant du pistolet . comme en témoigne la base ARIA2 ou l’exemple n˚ 1 du paragraphe 2. sont aussi déterminants sur cette probabilité. Les moyens qui permettent de respecter ces conditions. Quant aux réactions imprévues. souvent très précises. mais surtout de la criticité de ses paramètres de fonctionnement. il ne faut pas sous-estimer l’importance des erreurs humaines dans le déclenchement des événements dangereux. la moindre étincelle au niveau du bouchon du fût peut provoquer une explosion à température ambiante. une explosion s’est produite. La probabilité d’une réaction incontrôlée est fonction d’abord de son exothermicité. En outre. Ces quelques points seront déterminants au moment du choix des mesures de prévention.5 Processus accidentel soit par la vue directe du dysfonctionnement. brûlant gravement l’opérateur au visage. tels que : – le volume possible de l’atmosphère explosible . la probabilité d’une explosion est elle-même estimée à partir de certains facteurs. que ce soit une VLEP ou une LIE .5. » © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. et effectué le rinçage de l’installation en rejetant le solvant directement dans un fût. L’opérateur a semble-t-il oublié de couper le boîtier électrostatique. – la volatilité et le point d’éclair pour le risque incendie/explosion .

en suivant une règle similaire à celle qui est utilisée pour le risque d’exposition chronique. 106 . En termes de probabilité. à 3. à la combinaison gravité-probabilité permettrait de démythifier l’importance de ces risques. la peur des produits chimiques.5. la peur du nucléaire. Envisageons le dommage maximum. la différence est énorme : des centaines de fois plus faible pour l’avion que pour le véhicule personnel. C’est ainsi que l’on observe la peur de l’avion. mais le résultat est valide si l’on respecte une certaine logique. etc. – les défaillances de système de communication (technique ou humain) . – le manque de planification des tâches . m Estimation finale du risque accidentel L’évaluation du risque accidentel se termine en situant son importance.4. qui prend en compte un scénario précis.2 • Théorie du risque chimique 2. La prise de risque n’est-elle pas. En voici un exemple : Niveau de probabilité de survenue du dommage faible élevé Niveau de gravité du dommage moyen faible 2 1 1 moyen 3 2 1 élevé 3 3 2 L’échelle de 1 à 3 situe l’importance du risque d’accident. certains risques sont maximalisés a priori.5 Processus accidentel – le défaut d’information . souvent motivées par la part d’inconnu qui s’y attache. on trouverait un niveau 2 de risque pour l’avion et un niveau 3 pour le véhicule. le jugement des risques est empreint. La matrice de combinaison. – l’absence de mode opératoire écrit et disponible . 4 ou 5 niveaux d’entrée. dans l’opinion publique. En appliquant le tableau ci-dessus. avec un niveau supérieur pour l’avion puisque le décès est collectif. qui est donc une combinaison des niveaux de gravité et de probabilité. elle aussi. Prenons l’exemple du risque d’accident lié à un transport motorisé et comparons l’avion et le véhicule personnel. La détermination du niveau de probabilité reste. ainsi que les facteurs qui peuvent accroître ou réduire le niveau de probabilité. – la surcharge mentale. un signe de courage et de force de caractère ? Inversement. on ne peut plus simple. c’est-à-dire le décès dans les deux cas. En effet. Le fait que l’on choisisse instinctivement l’ordre inverse s’explique en partie par l’idée rassurante que l’on maîtrise les événements dangereux en conduisant soi-même. Ces facteurs sont bien apparus dans les exemples d’arbres des causes du paragraphe 2. est un des moyens les plus pratiqués pour cette cotation. de facteurs culturels et affectifs. en raison de craintes réflexes. dans tous les domaines. très intuitive. Ce simple tableau offre en fait l’occasion d’une remise en cause de notre façon de juger les risques accidentels. Or le recours. dans l’histoire humaine.

le but final étant d’établir un plan d’action qui traitera tous les risques répertoriés.6 Caractéristiques des méthodes existantes Mais comment bien estimer la probabilité d’un dommage. Agent chimique Mode opératoire Phrase de risque Déclencheur Situation dangereuse Niveau de danger Événement dangereux Niveau de gravité Niveau de probabilité Importance du risque Figure 2. la probabilité d’accident grave dans la production d’énergie est largement supérieure avec les combustibles liquides ou gazeux que par technique nucléaire. qui veut que la fréquence statistique d’un dommage particulier observée dans un très grand nombre d’événements mesure précisément sa probabilité de survenue.21 – Estimation du risque chimique accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. lequel nécessite d’inventorier d’abord tous les produits utilisés. Les approximations apparentes de cette méthode ne nuisent pas à un classement judicieux des risques par importance. Le schéma suivant résume la procédure complète de cotation du risque chimique accidentel. etc. L’inventaire des risques chimiques commence en général par un inventaire des dangers.2 • Théorie du risque chimique 2. La deuxième étape concerne la recherche des expositions 107 . Elles existent dans beaucoup de domaines. les accidents du travail. 2. Cela permet d’affirmer par exemple qu’en Europe occidentale. la santé publique. tels que les transports.6 Caractéristiques des méthodes existantes Les méthodes d’analyse des risques chimiques que l’on peut trouver auprès d’organismes ou d’entreprises spécialisés dans les risques industriels s’appuient toutes sur la distinction entre danger et risque. Encore faut-il disposer de ces statistiques. les accidents de la vie privée. puisque c’est un paramètre déterminant ? La réponse est dans la « loi des grands nombres ».

le cas échéant. ainsi que les recommandations destinées aux utilisateurs en aval. un scénario d’exposition comprend. l’étape de gestion des déchets. il est tenu compte des émissions qui se produisent durant tous les stades pertinents du cycle de vie de la substance et découlent de la fabrication et des utilisations identifiées. qui d’ailleurs l’annonce clairement. – les activités des consommateurs. Dans son annexe I qui décrit les mesures de sécurité chimique incombant aux fabricants et utilisateurs. le cas échéant. Mais il est précisé plus loin : « En particulier. Cette lacune a des conséquences évidentes sur le choix des mesures de prévention censées couvrir tous les risques présents. – la durée et la fréquence des émissions de la substance vers les différents milieux environnementaux et les systèmes de traitement des eaux usées. le règlement européen CE/1907/2006 n’a pas clairement envisagé le processus accidentel. mais aussi dans le système REACH. 2) l’évaluation du devenir chimique et des voies de transfert . puisqu’on la retrouve dans la méthode INRS (ND 2233). y compris la forme physique sous laquelle la substance est fabriquée. L’estimation des émissions est réalisée en admettant que les mesures de gestion des risques et les conditions d’exploitation décrites dans le scénario d’exposition ont été mises en œuvre.6 Caractéristiques des méthodes existantes des postes de travail et la démarche se termine par une évaluation des risques. » La référence constante à la durée et à la fréquence montre bien que les rédacteurs parlent d’exposition chronique. Il nous est apparu que l’ensemble de ces méthodes souffre d’une vision limitative du risque chimique. En effet. Les étapes du cycle de vie découlant de la fabrication de la substance couvrent. 108 . Elle est pourtant assez fréquente. 3) l’estimation des niveaux d’exposition. le cas échéant. Lors de l’estimation des émissions. Les étapes du cycle de vie découlant des utilisations identifiées couvrent. selon des méthodes très variables. une description des éléments suivants : Conditions d’exploitation : – les processus intervenant. la durée de vie utile des articles et l’étape de gestion des déchets. Le risque incendie-explosion est souvent traité dans une démarche distincte. il est dit qu’un « scénario d’exposition » décrit la manière dont la substance est fabriquée ou utilisée. en dehors du risque incendie-explosion et des réactions chimiques dangereuses. On pourrait imaginer que les accidents du type expositions massives sont inclus dans les scénarios d’exposition. quand il n’est pas inclus dans le risque chimique. – les activités effectuées par les travailleurs dans le cadre des processus. ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . transformée et/ou utilisée .2 • Théorie du risque chimique 2. qui ne prend que partiellement en compte le processus accidentel. Cela est confirmé par le passage suivant : « L’estimation de l’exposition comporte trois éléments : 1) l’estimation des émissions . ainsi que le facteur de dilution dans ce milieu récepteur de l’environnement.

mais seulement pour les propriétés physico-chimiques. d’autre part. conducteur onduleuse et collerie. La seule évocation du mécanisme accidentel intervient pour la caractérisation des risques : « La caractérisation des risques consiste en : – une comparaison entre. situé à proximité de la victime. » Il est clairement fait uniquement référence aux événements habituels et prévisibles. s’il en fallait. d’une part. Les deux opérateurs ont été atteints par des projections de soude. Quand l’estimation va plus loin en prenant en compte les conditions de mise en œuvre de l’agent chimique. les concentrations environnementales prévues dans chaque milieu de l’environnement et. l’ouverture d’un récipient. Dans la grande majorité des cas. Cela est logique et simple parce que concret. les DNEL pertinentes . On peut citer pour preuve. un local de stockage. Un manomètre. est loin d’être négligeable. ce qui est contraire à la définition même du risque et peut conduire à des erreurs graves. indépendamment de l’aspect incendie-explosion. ouvrier. les PNEC . – une comparaison entre. C’est pourquoi on retrouve ce principe notamment dans les logiciels développés pour l’évaluation des risques chimiques1. l’estimation repose essentiellement sur le niveau de danger de l’agent chimique. 37 ans. par exemple.25 bar) pour régulariser le débit de soude. la base de données « EPICEA » de l’INRS sur les accidents graves ayant fait l’objet d’une enquête dans les CRAM. ou la manipulation de produits. – une évaluation de la probabilité et de la gravité d’un événement qui se produirait à cause des propriétés physico-chimiques de la substance.2 • Théorie du risque chimique 2. la signalisation. Or le volet accidentel du risque lié à l’utilisation de produits chimiques. Il est douteux qu’une projection d’une substance corrosive. Dans le secteur du bâtiment. ainsi qu’à une estimation de la distribution et du devenir dans l’environnement. la membrane de l’accumulateur a éclaté. a cédé sous la pression excessive envoyée dans l’installation. » © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. l’exposition de chaque population humaine dont on sait qu’elle est ou qu’elle sera probablement exposée et. L’intervention a été effectuée à l’aide d’une bouteille d’azote à 200 bars. En voici un extrait : « La victime. un mécanicien a été chargé de vérifier la pression de gonflage de l’accumulateur. l’OPPBTP (Office paritaire de prévention du bâtiment et des travaux publics) propose le logiciel LARA pour les risques chimiques. Au cours de cette opération. 109 . de transformation ou de réaction. d’une part. a été atteinte aux yeux et au visage par des projections de soude.6 Caractéristiques des méthodes existantes Il est procédé à une caractérisation des éventuels processus de dégradation. Suite à des dysfonctionnements du système de régulation. » Ainsi l’événement est cité. d’autre part. entre dans ce cas. Une autre caractéristique des différentes méthodes disponibles réside dans la manière dont est estimé le risque. elle le fait à partir d’éléments de l’environnement de travail tels que la volatilité d’un produit. alors qu’elle aidait un collègue pour une opération de maintenance sur une installation de dosage équipée d’un accumulateur gonflé à l’azote (pression : 1. 1.

ce qui est loin d’être négligeable. ou la fuite d’une vanne ou d’une pompe. en 20001. L’attribution des deux derniers scores se fait par comparaison du poste de travail avec l’un des quatre postes types décrits. Son objectif est de quantifier chaque risque. Elle propose par exemple pour l’exposition par inhalation de tenir compte d’un score de volatilité. concentration. dont la sécurité et la santé au travail sont la raison d’être. L’INRS. Mais un incident intervenant sur une telle installation.htm 110 . Mais cette estimation suppose que la ventilation soit toujours en service. L’erreur d’estimation existe même dans le mode chronique. fréquence. non prévu par le mode opératoire. les intervenants sont souvent amenés à ouvrir le système. Elle est caractérisée par l’utilisation de scores qui quantifient les différentes composantes du risque. On retrouve cette impasse dans la méthode OPER@ (Outil de Première Évaluation du Risque chimique par l’Analyse de l’activité) développée par la CRAM de Bourgogne-Franche-Comté. qui s’appuie uniquement sur des grandeurs (durée. ce qui ne peut être garanti.fr/entreprises/ evaluation-risque-chimique. d’un score de procédé et d’un score de protection collective. la relation de cause à effet n’est pas toujours garantie. un poste de travail sujet à émanations et équipé d’un captage enveloppant sera probablement classé comme peu exposant. puis de chercher à réduire la cotation obtenue en agissant sur ses paramètres. 2.2 • Théorie du risque chimique 2. La méthode de l’INRS a été déclinée par la CRAM Midi-Pyrénées de façon plus conviviale. Supposons un procédé de fabrication d’un produit chimique dans une installation totalement close. De même. Outil Simplifié d’Évaluation du Risque chimique. Notre méthode aurait d’ailleurs prévu à ce poste un risque accidentel de défaut de ventilation. par exemple en cas d’ouverture de couvercle pour un contrôle visuel. L’exemple le plus banal est le bouchage d’une tuyauterie. gravité).6 Caractéristiques des méthodes existantes Nous allons examiner plus particulièrement trois méthodologies issues des organismes de la Sécurité sociale chargés de la prévention des risques professionnels. souvent citée. Ce qui montre encore que les deux processus du risque chimique sont indissociables à tout instant. sous le nom de méthode OSER2. Mais cette méthode comporte la même lacune sur le risque accidentel. a été un des premiers à élaborer un outil d’évaluation des risques pour les produits chimiques. par exemple en raison du bruit généré. Les méthodes évoquées ci-dessus attribuent à cette situation un facteur d’exposition négligeable et concluent donc à un risque faible. nous proposons deux exemples. Cet outil a évolué par la suite pour aboutir à la « Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique ». lorsque cela n’est pas prévu. Pour bien expliquer le problème que nous soulevons ici. Note documentaire ND 2121-178 de l’INRS. Le niveau de gravité du risque chimique est calculé par la formule : GR = (A/B + C) ¥ D 1. L’expérience montre que les ventilations n’ayant qu’un caractère préventif sont assez souvent arrêtées.cram-mp. probabilité. ce qui est bénéfique au développement de la prévention. disponible sur http://www. Il est vrai que la différence avec notre méthodologie. n’est qu’apparente. notamment dans les très petites entreprises. car les grandeurs que nous estimons sont bien la résultante de la présence de tous les éléments de l’environnement de travail. Cependant. d’origine technique ou humaine.

B représente la minoration de A qui peut être obtenue si tous les conseils de prudence mentionnés sur l’étiquette ou la fiche de données de sécurité sont respectés. la notion de danger « atténuable » est incompatible avec sa définition officielle. – le degré d’automatisation de l’opération réalisée . Ces phrases R caractérisent les effets CMR (cancérogène. dépend beaucoup de facteurs inconnus des rédacteurs de l’étiquette.risquesprofessionnels. Elle a suscité de notre part les remarques suivantes : – Le facteur A introduit bien le niveau de danger du produit chimique. bien que le terme d’intoxication aiguë ne figure pas. peuvent entraîner la mort en quelques minutes. avec sa contrepartie en approximations. Caisse régionale d’assurance maladie de Bourgogne-Franche-Comté. c’est-àdire celles relatives aux dangers non atténuables pour lesquels aucune protection n’est totalement efficace. – les risques d’asphyxie.fr. qui. – Le facteur C a le mérite de pointer les CMR et d’inciter ainsi à leur substitution. dans laquelle : A est la somme des valeurs attribuées à chaque phrase R de catégorie A. Nous citerons pour finir une méthode qui possède un certain caractère officiel.cram-bfc. Évaluation du risque chimique. 1. participative et pluridisciplinaire. que nous résumons ainsi : Étape 1 : Organisation de la démarche L’employeur doit être à l’initiative de cette démarche. d’incendie ou d’explosion. il suffit de l’essayer sur le site de la CRAM1. recommandation n˚ R 409. d’effets sur la santé. Il est toutefois dommage de ne pas en faire autant des produits non CMR mais classés très toxiques. Elle propose six étapes. Pour entrer dans les détails de son fonctionnement. c’est-àdire celles relatives aux dangers atténuables pour lesquels une protection efficace peut être mise en place (exemple : port de gants et de lunettes pour la manipulation de l’hydroxyde de sodium – soude caustique – à 5 %). mutagène. eux. adoptée par le Comité technique national de la chimie. mais sa réalité montre qu’il est plutôt rare que les phrases S soient les mesures nécessaires et suffisantes pour réduire le risque.2 • Théorie du risque chimique 2. qui. 111 . – Le facteur D est sans doute une intégration partielle du processus accidentel. puisqu’elle est publiée par la CNAMTS sous forme d’une recommandation2 . Par contre. du caoutchouc et de la plasturgie le 23/06/04.fr 2.6 Caractéristiques des méthodes existantes © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. C est la somme des valeurs attribuées à chaque phrase R de catégorie C. Le facteur D permet de prendre en compte l’exposition de l’opérateur en fonction des critères suivants : – la nature de la ventilation . elle a été votée par les partenaires sociaux en juin 2004. – Le facteur B est une bonne exploitation de l’étiquetage. www. rappelons-le. de brûlure. Disponible sur le site www. La méthodologie générale qui y est décrite tient en quatre pages. reprotoxique) des produits. Cette méthode a l’avantage d’être simple et rapide.ameli.

les situations pour lesquelles une évaluation du risque devra être menée prioritairement sont identifiées. Lorsqu’elle est incluse. Les phrases de risque servent à attribuer les classes de dangers (de 1 à 5) pour chacun des aspects du risque chimique : santé. Elles figureront dans un plan d’action pouvant s’appliquer sur une période assez longue. et de consigner l’ensemble du constat dans un rapport. Étape 5 : Risques. Un classement par score de potentiel de risques décroissant permet de sélectionner les agents chimiques ou unités de travail pour lesquels l’évaluation des risques doit être conduite en priorité. de compétences acquises. de méthode. mais sans la partie prévention comme la plupart des méthodes existantes. d’outils performants. Étape 6 : Classement des priorités d’action Déterminer les actions de prévention à mettre en place en priorité. etc. demande de repérer les tâches effectuées par les salariés d’un même « Groupe d’Exposition Homogène ». sécurité et environnement. estimer et classer les risques inhérents aux conditions de travail habituelles et ceux pouvant résulter d’événements accidentels. avec ce que cela suppose de technique. puis les risques liés à des événements accidentels. Étape 4 : Détermination de priorités d’étude Sur la base des résultats issus de la hiérarchisation des potentiels de risques (étape 3). certes bien fondés.6 Caractéristiques des méthodes existantes Étape 2 : Inventaire des agents chimiques et identification des classes de dangers Un inventaire exhaustif des agents chimiques présents et l’identification de leurs dangers sont les étapes initiales indispensables à l’évaluation des risques. La démarche est possible soit par unité de travail. Étape 3 : Caractérisation et hiérarchisation des potentiels de risques En raison du nombre d’agents susceptibles d’être présents au sein de l’établissement. il est suggéré de commencer. Les annexes de cette recommandation. la plus importante. alors que nous pensons qu’elle reste une discipline quasi scientifique. tels que l’on peut en trouver dans le Code du travail (voir paragraphe 4. référencée ND 2233 (déjà citée). Ces principes. sont trop généraux pour suggérer des mesures adaptées aux risques caractérisés d’une situation de travail précise. notamment exploitable pour la rédaction du document unique. reprennent quasi intégralement pour illustrer la démarche la publication de l’INRS. d’évaluer les risques en fonctionnement habituel. analyse et classement Il s’agit d’identifier.4). Cette étape. La méthodologie décrite dans cette recommandation est. 112 . analyser. à quelques détails près. dans une première phase. identique à celle que nous développons ici. cette partie se limite au recours à des principes généraux hiérarchisés. de formation.2 • Théorie du risque chimique 2. outre quelques données utiles.4. soit par agent chimique. On retrouve cette tendance dans certaines méthodes qui ambitionnent de mettre la prévention du risque chimique à la portée de tous. par les agents chimiques les plus dangereux et les plus utilisés (en quantité et en fréquence). soit par procédé.

2. voire réticente. La seule méthodologie proposée consiste à choisir ces mesures dans une liste de type hiérarchisée. Si le choix des mesures de prévention n’est pas le résultat d’un raisonnement logique mais plutôt le fruit de diverses intuitions.7 La contribution du règlement REACH Nous avons vu que le règlement REACH instaure en premier lieu un nouveau système de classification des agents chimique visant à fiabiliser l’identification de leurs dangers. elle ignore toujours le risque accidentel. Selon le schéma général présenté au paragraphe 1. les durées d’exposition et les mesures de prévention « complémentaires ». malgré leurs limites. les fabricants. doivent déclarer à l’agence désignée la mise sur le marché ou l’utilisation des substances ou préparations.7.3. du moins pour certaines. aboutissant à terme à une attitude dubitative. telles que des ventilations ou des protections individuelles. Nous ne rejetons pas toutes ces méthodes.fr/entreprises/evaluation-gerc.3.7 La contribution du règlement REACH Pour illustrer cet aspect du choix de la méthode. hors exemptions. liées à la « culture sécurité » des intervenants. en insistant sur la nécessité de se faire aider par le médecin du travail. Mais il impose aussi aux fournisseurs et utilisateurs de procéder à une évaluation de la sécurité chimique. 113 . Sur ce point. ou leurs représentants. envers toute démarche de prévention. Sans vouloir exposer tout le contenu du REACH. en mettant en évidence les CMR. les produits et leurs dangers.cram-mp. sous le nom de méthode GERC1. on peut être incité à substituer un produit dangereux par un moins dangereux. En effet. pour une progression de l’esprit de prévention. Ces solutions entraînent généralement des contraintes pour le personnel. est un atout pour leur diffusion et. Cette méthode.2 • Théorie du risque chimique 2. qu’une solution du type système clos aurait pu éviter. utilisateurs en aval. n’est que rarement techniquement possible. très simple et facilement accessible aux très petites entreprises. mise en exergue par la campagne CMR. nous présentons ici ce qu’il apporte dans la méthodologie d’analyse du risque chimique. Il faut ensuite inscrire les quantités consommées annuellement.htm.1 Les étapes principales m Enregistrement © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. à terme. qui doit être consignée dans un rapport. en oubliant un risque de projection ou d’explosion lié au process. En conséquence. disponible sur http://www. on aboutit à une accumulation de solutions de « premier niveau ». il se situe en amont du SGH. Grille d’Évaluation du Risque Chimique pour les TPE. Cette progression sera aussi facilitée par un recours croissant à des logiciels spécialisés. Nous pensons au contraire que la simplicité. la substitution. consiste à remplir un tableau renseignant sur les tâches. 1. prenons celle qui est proposée par la CRAM Midi-Pyrénées et reprise par d’autres. importateurs. 2. comme les autres déjà citées. Cette méthode peut évidemment bien fonctionner mais.

67/548/CEE et le titre XI du règlement. c) une évaluation des dangers pour l’environnement . 114 . sans préjudice de l’article 4 de la directive 98/24/CE qui stipule que tout employeur doit évaluer les risques pour la sécurité et la santé des travailleurs résultant de la présence d’agents chimiques. bioaccumulables et toxiques (PBT) et des caractères très persistants et très bioaccumulables (vPvB). recommande ces mesures dans les fiches de données de sécurité. Cette évaluation comprend les étapes suivantes : a) une évaluation des dangers pour la santé humaine . Tout déclarant identifie et applique les mesures appropriées en vue d’une maîtrise valable des risques identifiés dans l’évaluation de la sécurité chimique et. – des résumés d’études. qui comprend la production de scénarios d’exposition et une estimation de l’exposition . à la suite des étapes a) à d). soit pour un groupe de substances. telle quelle ou contenue dans une préparation ou dans un article. Si.7 La contribution du règlement REACH en quantité supérieure à une tonne par an. l’évaluation de la sécurité chimique comporte les étapes supplémentaires suivantes : a) une évaluation de l’exposition. Elle ne doit pas être effectuée pour une substance présente dans une préparation si la concentration de la substance est inférieure au plus faible des différents niveaux prévus dans les directives 1999/45/CE. m Évaluation Le rapport sur la sécurité chimique contient une évaluation. ou si la substance est évaluée comme étant PBT ou vPvB. Un rapport sur la sécurité chimique. – des conseils d’utilisation de la substance. soit pour chaque substance. – la classification et l’étiquetage. Cet enregistrement est assorti de l’obligation de fournir un dossier technique contenant (article 10) principalement : Des informations : – l’identité du ou des fabricants ou importateurs. – des informations concernant l’exposition. d) une évaluation des caractères persistants. le cas échéant. – des propositions d’essais. b) une évaluation des dangers physico-chimiques . qui est effectuée conformément aux paragraphes 2 à 7 du règlement et à l’annexe I.2 • Théorie du risque chimique 2. pour les substances en quantités comprises entre 1 et 10 tonnes . le déclarant conclut que la substance répond aux critères de classification d’une substance ou d’une préparation comme dangereuse conformément aux directives 67/548/CEE et 1999/45/CE. – des informations sur la fabrication et les utilisations de la substance. Elle est effectuée et un rapport est établi conformément à l’article 14. b) la caractérisation des risques. pour toutes les substances enregistrées en quantités égales ou supérieures à 10 tonnes par an. – l’identité de la substance. c’est-à-dire.

7. les toxiques pour la reproduction 1 et 2. » S’il s’avère que certaines substances ou préparations présentent des risques inacceptables (article 68) ou qui ne sont pas valablement maîtrisés (article 69). » Il est aussi précisé (article 34) que cette transmission d’information doit aussi se faire en remontant de l’utilisateur au fournisseur et d’un employeur vers ses employés (article 35). il faudra en outre démontrer que « les avantages socio-économiques l’emportent sur les risques qu’entraîne l’utilisation de la substance pour la santé humaine ou l’environnement. L’autorisation n’est octroyée par l’agence désignée que si toutes les mesures de maîtrise des risques mentionnées dans le rapport sur la sécurité sont prises. vide pour le moment. Mais l’article 57 précise que si des substances appartenant aux catégories suivantes : – CMR selon la directive 67/548. Celles-ci doivent figurer dans l’annexe XIV. Cela est si vrai que l’utilisateur en aval fait reposer ses mesures de prévention sur la FDS et le rapport sur la sécurité que lui a transmis son fournisseur et ne fait son propre rapport que si nécessaire. c’est-à-dire les cancérogènes 1 et 2. Il est à noter que l’agence désignée constituera progressivement une base de données contenant tous les produits enregistrés avec leurs données de sécurité. les mutagènes 1 et 2. l’agence désignée peut aller jusqu’à interdire. 115 . La plupart de ces restrictions concernent le marché « grand public ». le cas échéant) en annexe à la fiche de données de sécurité couvrant les utilisations identifiées et notamment les conditions spécifiques résultant de l’application de l’annexe XI. leur mise sur le marché et leur utilisation. qui en comprend déjà 52 (liste en annexe 7). – PBT et vPvB (selon l’annexe XIII).2 • Théorie du risque chimique 2. En particulier. sont incluses dans l’annexe XIV. section 3. Elle comporte deux volets. partiellement ou totalement. m Autorisation © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 2. Elles sont alors inscrites à l’annexe XVII.7 La contribution du règlement REACH Ainsi le règlement REACH garantit une conservation des informations de sécurité tout au long de la chaîne d’approvisionnement. qui doit être remplie avant juin 2009. et qu’il n’existe pas de substances ou de technologies de remplacement appropriées. Après cette synthèse sommaire du règlement REACH. l’article 31 précise que : « tout acteur de la chaîne d’approvisionnement qui doit élaborer un rapport sur la sécurité chimique conformément aux articles 14 ou 37 joint les scénarios d’exposition correspondants (y compris les catégories d’usage et d’exposition. en particulier « pour toute utilisation s’écartant des conditions décrites dans un scénario d’exposition… ». Cette base de données sera consultable par le grand public sur Internet. examinons l’étape qui concerne plus la méthodologie d’analyse des risques.2 L’évaluation de la sécurité chimique Cette évaluation s’impose pour toute mise sur le marché ou utilisation de substance ou préparation classée dangereuse. Une autre particularité du REACH est d’exiger une autorisation pour utiliser ou mettre sur le marché des substances ou préparations dites préoccupantes.

– les activités effectuées par les travailleurs dans le cadre des processus. Un scénario d’exposition comprend.7 La contribution du règlement REACH m Évaluation de l’exposition Cette évaluation comporte elle-même deux étapes : – la production de scénario(s) d’exposition ou des catégories d’utilisation et d’exposition pertinentes. conditions que ne peut pas connaître le fournisseur. Étape 1 : Élaboration de scénarios d’exposition Le scénario d’exposition est au cœur du processus d’évaluation de la sécurité chimique. le cas échéant. assorti de précautions générales. S’il révèle une maîtrise inappropriée des risques pour la santé humaine ou l’environnement. Certes il est reconnu que les utilisations peuvent être très diverses et que le fournisseur définit alors des familles d’utilisation. Il est défini comme : « … l’ensemble des conditions décrivant la manière dont la substance est fabriquée ou utilisée pendant son cycle de vie et la manière dont le fabricant ou l’importateur contrôle ou recommande aux utilisateurs en aval de contrôler l’exposition de l’être humain et de l’environnement. – les activités des consommateurs. Ces scénarios d’exposition décrivent à la fois les mesures de gestion des risques et les conditions d’exploitation que le fabricant ou l’importateur met en œuvre ou dont il recommande la mise en œuvre aux utilisateurs en aval. en modifiant un ou plusieurs facteurs liés à l’évaluation des dangers ou de l’exposition. le cas échéant . Le scénario d’exposition obtenu après la dernière itération (scénario d’exposition final) est inclus dans le rapport sur la sécurité chimique et joint à la fiche de données de sécurité. appelées « catégories d’exposition ». en général. » Le scénario doit correspondre aux hypothèses de départ concernant les conditions d’exploitation et les mesures de gestion des risques (scénario d’exposition initial). ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance. une description des éléments suivants : Conditions d’exploitation : – les processus intervenant. à l’instar de ce qu’exige déjà la réglementation pour les équipements de travail. transformée et/ou utilisée. Heureusement.2 • Théorie du risque chimique 2. » Il se présente donc sous la forme d’un mode d’emploi standard. il est alors nécessaire de procéder par itération. y compris la forme physique sous laquelle la substance est fabriquée. – l’estimation de l’exposition. la méthodologie de remplacement utilisée est décrite et justifiée de manière détaillée dans le rapport sur la sécurité chimique. 116 . qui reflète les conditions réelles de chaque utilisation d’un produit chimique. On ne saurait le confondre avec la notion d’exposition que nous développons dans cet ouvrage. il est dit dans l’introduction de cette annexe I que : « quand la méthodologie décrite dans la présente annexe n’est pas appropriée. afin de faire preuve d’une maîtrise appropriée. ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance.

ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . représentatives et mesurées de manière adéquate . – L’estimation des niveaux d’exposition : elle tient compte en particulier des éléments suivants : • les données sur l’exposition. l’exposition de chaque population humaine dont on sait qu’elle est ou qu’elle sera probablement exposée. Lorsqu’un fabricant. – L’évaluation du devenir chimique et des voies de transfert : elle rend compte des dégradations et réactions chimiques possibles.2 • Théorie du risque chimique 2. • les activités effectuées par les travailleurs dans le cadre des processus. des scénarios d’exposition ne doivent être élaborés que pour l’utilisation en cause et les étapes ultérieures du cycle de vie. y compris le degré de confinement . • les activités des consommateurs. • la quantité pour laquelle la substance est produite et/ou importée . • la durée et la fréquence de l’exposition que prévoient les conditions d’exploitation . ainsi que le facteur de dilution dans ce milieu récepteur de l’environnement . • la quantité destinée à chaque utilisation identifiée . • la présence éventuelle d’impuretés et d’additifs importants dans la substance . 117 .7 La contribution du règlement REACH – la durée et la fréquence des émissions de la substance vers les différents milieux environnementaux et les systèmes de traitement des eaux usées. Mesures de gestion des risques : – les mesures de gestion des risques visant à réduire ou à éviter l’exposition d’êtres humains (travailleurs et consommateurs) et de l’environnement à la substance. puisque cette expression est mentionnée une fois dans les conditions d’exploitation et trois fois dans l’estimation de l’exposition. – les mesures de gestion des déchets visant à réduire ou à éviter l’exposition des êtres humains et de l’environnement à la substance durant l’élimination et/ou le recyclage des déchets. m Caractérisation des risques © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Étape 2 : Estimation de l’exposition L’estimation de l’exposition comporte trois éléments : – L’estimation des émissions : elle est réalisée en admettant que les mesures de gestion des risques et les conditions d’exploitation décrites dans le scénario d’exposition ont été mises en œuvre. • les voies d’exposition probables et le potentiel d’absorption par des êtres humains. ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . La caractérisation des risques consiste en : 1) une comparaison entre : – d’une part. un importateur ou un utilisateur en aval fait une demande d’autorisation portant sur une utilisation spécifique. Nous remarquons la redondance particulière qui affecte la durée et la fréquence d’exposition. • la gestion des risques mise en œuvre ou recommandée.

laquelle consiste à combiner un niveau d’exposition avec un niveau de danger. issues de la directive 91/155/CEE. pour les risques physico-chimiques. les DNEL pertinentes . Il est là aussi regrettable qu’aucune méthode. De même. restent en vigueur dans REACH. 2) identification des dangers . 9) propriétés physiques et chimiques . telles que déterminées à la section 2. sont négligeables. il est dit que le risque est estimé comme maîtrisé quand la gravité et la probabilité des événements dangereux sont négligeables.2 • Théorie du risque chimique 2. 2.7. mais aucun classement des risques ou des dangers n’est évoqué. il est procédé à une évaluation qualitative de la probabilité d’éviter les effets lors de la mise en œuvre du scénario d’exposition.2 ne dépassent pas la DNEL ou la PNEC pertinent(e). En cas d’absence de telles valeurs limites. 7) manipulation et stockage . 2) une évaluation de la probabilité et de la gravité d’un événement qui se produirait à cause des propriétés physico-chimiques de la substance. – la probabilité et la gravité d’un événement qui se produirait à cause des propriétés physico-chimiques de la substance. 4) premiers secours . ne vienne lever cette imprécision. Il est en effet précisé qu’une fiche de données de sécurité est datée et contient les rubriques suivantes : 1) identification de la substance/préparation et de la société/l’entreprise .7 La contribution du règlement REACH – d’autre part. tant soit peu quantitative. le risque pour les personnes et l’environnement peut être considéré comme étant valablement maîtrisé au cours du cycle de vie de la substance découlant de la fabrication et des utilisations identifiées. Dans le cas des effets sur l’homme et des milieux environnementaux pour lesquels il n’a pas été possible de déterminer une DNEL ou une PNEC. qui est lui-même fonction des VLEP . 118 . Par contre. l’évaluation peut être « qualitative ». en raison de sa nature subjective. ce qui devrait être fréquent dans les premiers temps. 5) mesures de lutte contre l’incendie . sans autre précision. tels que déterminés respectivement aux sections 1 et 3 . 8) contrôle de l’exposition/protection individuelle . 6) mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle . L’expérience montre combien le terme « négligeable » est sujet à débats. 3) composition/informations sur les composants . si : – les niveaux d’exposition estimés à la section 6.3 Fiches de données de sécurité La plupart des règles déjà applicables à l’élaboration et à la diffusion des fiches de données de sécurité. Pour chaque scénario d’exposition. m Aspects méthodologiques Nous voyons que la caractérisation des risques correspond exactement à l’étape estimation du risque chimique de notre méthode. l’objectif des scénarios d’exposition reste binaire : il ne faut pas dépasser les DNEL ou les PNEC.

14) informations relatives au transport . qui consiste à interdire ce qui n’est pas « sûr ». si elles sont disponibles. 13) considérations relatives à l’élimination . abstiens-toi ! ». Depuis longtemps. à ne pas confondre avec le numéro de soumission. Il faut ajouter : À la rubrique n˚ 1 : – l’adresse e-mail de la personne compétente . 15) informations relatives à la réglementation .8 Le principe de précaution 10) stabilité et réactivité . est d’appliquer le principe de précaution. 11) informations toxicologiques . Cette zone d’inconnu est par nature inquiétante.8 Le principe de précaution © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. la réponse que l’on attend des responsables. du moins pour beaucoup de personnes. L’ancienne rubrique 3 devient la nouvelle rubrique 2 et l’ancienne rubrique 2 devient la nouvelle rubrique 3 (information sur les composants). qui doit être mentionné dans toute correspondance relative à l’enregistrement jusqu’à ce que celui-ci soit considéré comme accompli. délivré par l’ECHA (European Chemical Agency). 12) informations écologiques . les mises sur le marché de produits chimiques n’ont été précédées d’aucune étude de danger approfondie.2 • Théorie du risque chimique 2. De la théorie des risques exposée ici. Pendant longtemps. un risque lié à un phénomène ou à une matière dont on ne connaît pas le danger. Scénario d’exposition : Tout acteur de la chaîne d’approvisionnement qui doit élaborer un rapport sur la sécurité chimique conformément aux articles 14 ou 37 joint les scénarios d’exposition correspondants (y compris les catégories d’usage et d’exposition. L’usage veut que les études soient déclenchées dès que des soupçons d’effets néfastes apparaissent ou que ceux-ci sont constatés. si elles sont disponibles . le cas échéant) en annexe à la fiche de données de sécurité couvrant les utilisations identifiées. générant ainsi chez elles un besoin de protection. 16) autres informations. Il faut aussi signaler une modification de l’ordre des rubriques. autrement dit : « dans le doute. On trouvera dans l’annexe II du règlement REACH un guide d’élaboration détaillé pour ces fiches. il ressort qu’il n’est pas possible d’identifier. Quelques modifications ont été apportées. et notamment des pouvoirs publics. Cette situation est relativement fréquente en raison de l’apparition régulière de nouveaux produits et de nouvelles technologies. – le numéro d’enregistrement de la substance selon REACH (si disponible). À la rubrique n˚ 8 : – les valeurs DNEL (Derived No-Effect Level). 2. Quelle attitude adopter dans une telle situation ? L’observation de 119 . – les valeurs PNEC (Predicted No-Effect Concentration). a fortiori d’estimer.

C’est une démarche qui est garante du maximum de protection. Ainsi. Si c’est le cas. aujourd’hui. ou un assouplissement. les optimistes.8 Le principe de précaution nos contemporains révèle deux comportements opposés. Deux types de difficultés peuvent gêner cette démarche. Ce doute n’est pas anormal dans un système de classement qui repose. qui ne vise que les substances nouvelles ou mal connues. en éteignant les passions que soulève parfois l’angoisse. les deux attitudes conduisent à des conclusions très différentes. Cela est relativement facile et rapide. en fonction des résultats toxicologiques. sinon celui d’obtenir le consensus des personnes concernées. Toute évolution des connaissances. d’indépendance. avantages et inconvénients s’opposent dans un débat où s’invitent parfois des aspects affectifs ou idéologiques. ce sentiment réflexe de l’homme face à l’inconnu. qui consiste à exiger une toxicologie aiguë sérieuse avant toute mise sur le marché. On peut donc espérer qu’il devienne un outil de consensus. il faut mettre en place une vigilance et réagir au fur et à mesure de la progression des connaissances. et sur leur cotation à partir de leur classement réglementaire. La première provient du doute qui peut surgir sur la bonne classification d’une substance ou préparation. pour lui-même. ils montrent que les études publiées ne suffisent pas toujours à éliminer les craintes. Un premier groupe. Le principe de précaution l’amènerait donc à majorer le niveau de danger. Cela revient à dire que le principe de précaution.2 • Théorie du risque chimique 2. mais qui est lourde et longue. Nous pensons qu’il existe un point d’équilibre entre ces deux extrêmes. Mais l’utilisateur est tout aussi libre de revoir. dit que s’il y avait quelque chose de grave. on le saurait déjà. Une approche rapide des propriétés dangereuses peut être 120 . les pessimistes. se trouve respecté par la mise en place de REACH. En termes de méthodologie. on trouvera bien comment s’en remettre et s’en prémunir. l’estimation du risque repose sur l’identification des dangers des produits. ce qui ne pose aucun problème. Le second groupe. cette classification et d’en adopter une autre s’il dispose des arguments suffisants. puis en une utilisation plus ou moins contrôlée. acquises selon des procédures reconnues. La pratique en la matière est bien connue. C’est ce que propose le règlement REACH dans ses différentes étapes. elle n’est logiquement pas sur le marché. L’application du principe de précaution est-elle aussi possible dans notre méthodologie ? En effet. des conditions d’utilisation. dit que l’ignorance peut cacher une grave menace sur la santé et qu’il faut interdire avant qu’il ne soit trop tard. etc. Ces observations évoquent par exemple les débats sur les rayonnements émis par la téléphonie mobile ou les OGM. La seconde apparaît lorsque la substance ne fait l’objet d’aucun classement. sur la responsabilité du producteur. la toxicologie aiguë étant bien développée aujourd’hui. en même temps que le lancement d’études sur les effets chroniques et à long terme. car il apparaît une exigence croissante d’objectivité. Par ailleurs. La position pessimiste conduit à suspendre toute mise sur le marché tant que toutes les études n’ont pas abouti à des résultats cohérents et validés. Nombre d’intermédiaires de l’industrie chimique de synthèse se trouvent dans cette situation. Ces études incluent aussi bien le court terme que le long terme. La position optimiste consiste à s’assurer effectivement qu’aucun danger évident et grave n’existe. de validation. dans un premier temps. S’il y a une nuisance bénigne. Ensuite. peut ensuite entraîner un durcissement.

souvent par les deux. sachant que ce cas de figure ne devrait être qu’exceptionnel. soit par des tests toxicologiques de base. par exemple pour des raisons de délai. qui permet alors d’appliquer la méthode générale. Cela revient à procéder à un classement de substance.8 Le principe de précaution réalisée soit par le rapprochement structure/activité.2 • Théorie du risque chimique 2. 121 . il convient sans hésitation d’affecter le niveau de danger maximum à ladite substance et de continuer l’évaluation des risques. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Mais si ce classement n’était toutefois pas possible. en interne.

.

3 • PRATIQUE DE L’ANALYSE DES RISQUES CHIMIQUES

Le but de ce chapitre est de préciser comment les aspects théoriques du risque chimique, développés au chapitre précédent, sont mis en pratique dans un grand nombre de domaines. Nous avons vu que les risques chimiques résultent de la présence simultanée d’une personne et d’un agent chimique dans une même zone, créant soit une situation dangereuse, soit une exposition, soit le plus souvent les deux. Leur évaluation, qui consiste à établir un classement par importance relative, se déroule en quatre étapes : • repérage ; • identification ; • estimation ; • classement. Cette évaluation doit s’inscrire dans des limites précises pour que le classement final ait un sens. Même si la méthode décrite ici ne concerne que les risques chimiques, elle peut très bien être intégrée dans une approche multirisque, qui utilise d’ailleurs les mêmes concepts, comme nous le verrons au paragraphe 4.5.

3.1 Les méthodes de repérage des risques
3.1.1 Les limites de l’analyse

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Comme pour tout problème, il faut commencer par le délimiter, c’est-à-dire bien préciser à quel ensemble de postes de travail il s’applique. Cet ensemble peut s’identifier à un atelier, à une usine, à un bâtiment, à un service, à une équipe, etc. Il est important de bien faire cette délimitation afin de ne commettre ni oubli ni hors-sujet. L’évaluation des risques est avant tout relative, donc le classement des risques qui en résulte n’est valable que pour l’ensemble défini au préalable. Les niveaux estimés, que ce soit d’exposition, de gravité, de probabilité ou de priorité, ne sont pas transposables d’un ensemble à un autre. En effet, le risque le plus important d’un ensemble peut n’être estimé que moyen dans un autre ensemble, et réciproquement. Très souvent la stratégie d’évaluation des risques professionnels mise en place par une entreprise conduit à un plan pluriannuel qui, pour des raisons de moyens, définit plusieurs ensembles à analyser successivement. Chacun de ces ensembles aura donc
123

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

son propre classement de risques, qui fera l’objet d’un plan de prévention autonome. Seul le niveau de danger des agents chimiques est une valeur absolue, puisqu’il se réfère à une échelle fixée au départ, sauf évolution du classement réglementaire.
3.1.2 Les méthodes possibles

Repérer des risques consiste en fait à relever toutes les situations dangereuses et les expositions présentes aux postes de travail. Cela nécessite une observation attentive du travail des opérateurs et des équipements. En effet, on ne peut identifier un risque que pour un poste, une action, ou encore un geste précis. Le repérage est en fait une prise de conscience d’un risque. Le risque est souvent tellement bien intégré dans les gestes du métier qu’il faut d’abord apprendre à le voir. Ainsi, pour les expositions, le contact avec le produit n’est pas forcément perçu par les opérateurs, en particulier lorsque le produit n’est pas visible, n’a pas ou peu d’odeur, n’est pas irritant ou piquant. L’absence de perception sensorielle conduit souvent à nier le contact. D’où l’importance d’un travail collectif, avec des observateurs étrangers à l’activité étudiée. De même, une situation n’est perçue comme dangereuse que si des accidents ou des incidents se sont déjà produits, que ce soit dans les mêmes lieux ou ailleurs, et dans la mesure où la mémoire collective les a conservés. Le repérage passe par une observation des modes opératoires. Cette observation peut demander beaucoup de temps, car les gestes sont très nombreux, même pour une personne. En outre, ils varient dans le temps et avec les opérateurs. Les tâches accomplies sont aussi variables en fréquence : il y a celles qui sont habituelles et celles qui sont occasionnelles, rares ou exceptionnelles, par exemple à l’occasion d’un dépannage ou d’une marche en mode dégradé. Il y a celles que l’on considère comme importantes (production) et d’autres comme annexes (démarrage, réglage, préparation, maintenance, nettoyage…). Il faut donc une méthode pour repérer les risques pas à pas. Il s’agit en fait d’élaborer une séquence listant toutes les actions ou phases successives, pour pouvoir ensuite repérer les risques présents pour chacune d’elles. C’est une analyse séquentielle de l’activité. Il y a trois méthodes possibles pour la réaliser. Une première méthode consiste à suivre un opérateur tout au long de l’exécution de ses différentes tâches. Il faut alors les lister, ainsi que les différentes phases qui les constituent, en observant longuement et en questionnant, car on oublie facilement les tâches rares, et des variantes peuvent exister selon les circonstances. C’est pourquoi ce repérage doit se faire avec un groupe de travail constitué à cette occasion, dont l’opérateur fait évidemment partie. La première difficulté, quand on a choisi un opérateur, est de lister toutes ses tâches. Il peut y avoir des tâches répétitives et des tâches variables ou occasionnelles. Un opérateur peut assumer plusieurs fonctions, en des lieux différents. Il faut savoir qui le remplace en cas d’absence, etc. Le phasage des tâches ne doit être ni trop vague, comme « préparation du matériel », ni trop détaillé, comme « prend le flacon, enlève le bouchon, verse le liquide, repose le flacon, remet le bouchon ». Pour y arriver, il faut partir sur un phasage plutôt détaillé et le simplifier en fonction des risques présents (exemple ci-après). Il faut
124

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

surtout retenir les gestes exposants, comme un simple essuyage avec un chiffon. À l’issue du repérage, on peut supprimer les phases qui ne mettent aucun risque en évidence. Toutes les tâches et leur phasage doivent faire l’objet d’un enregistrement, suivi d’une observation in situ pour vérifier. On connaît les écarts possibles entre le « prescrit » et le réel… Les outils informatiques habituels permettent de réaliser facilement cet enregistrement.
EXEMPLE DE LISTE DES PHASES POUR UNE TÂCHE :

Tâche : Réalisation d’un mélange Phases : Vérification du mélangeur Chargement d’un solvant S Pesée du produit A Pesée du produit B Introduction du produit A dans le mélangeur Introduction du produit B dans le mélangeur Surveillance du mélange Vidange du mélangeur Nettoyage du mélangeur Remarque : Ces phases sont réalisées successivement par un même opérateur. Elles peuvent être communes à plusieurs procédés.

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Ensuite il faut recommencer avec tous les opérateurs de l’ensemble défini. Lorsque plusieurs opérateurs ont la même activité, comme des caristes, il n’est pas nécessaire de recommencer à zéro, mais il faut bien repérer les différences qui peuvent exister, comme le trajet suivi ou la façon de charger, etc. L’important est de ne pas oublier d’opérateurs, ce qui est facile avec un support préétabli, en suivant l’organisation décrite au chapitre 7. Cette démarche a l’avantage de conduire en même temps à une meilleure vision globale des emplois, sans compter l’intérêt pour le médecin du travail, qui pourra facilement connaître toutes les expositions des salariés. L’observation d’une tâche peut révéler que d’autres opérateurs, voisins ou « de passage », sont soumis aux mêmes risques. Il n’est pas rare qu’un employé administratif ou commercial, voire un client, soit victime d’un accident à l’occasion d’une visite dans un atelier. Il faudra en prendre note pour pouvoir recouper ces risques avec l’observation de l’activité de ces opérateurs quand elle sera réalisée à son tour. Une deuxième méthode consiste à prendre un procédé bien délimité, et à observer toutes les interventions d’opérateurs à chaque phase de ce procédé (exemple ci-après). On entend par procédé un ensemble d’opérations avec des produits, du matériel et un mode opératoire bien définis, qui vise à produire un produit ou une famille de produits, ou à utiliser une technique particulière. Le procédé peut d’ailleurs être l’ensemble délimitant l’analyse. Généralement, un procédé fait intervenir plusieurs opérateurs et on peut trouver des phases opératoires identiques ou communes à plusieurs procédés. Le phasage se fait en suivant l’élaboration du produit, et en prenant soin de n’oublier aucune intervention humaine puisque l’homme reste le centre d’intérêt de la démarche.
125

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

Cette méthode a le gros avantage de conduire à une rédaction détaillée du procédé, ce qui n’est pas si fréquent, notamment dans les PME. Là aussi, le procédé doit inclure des phases qui peuvent paraître secondaires ou annexes, comme la manipulation des emballages, la pesée des produits, la préparation du matériel, son nettoyage, sa maintenance. Cette démarche est d’ailleurs indispensable dans la mise en place d’une assurance qualité.
EXEMPLE DE PHASAGE D’UN PROCÉDÉ :

Procédé : Chromage d’une pièce métallique Phases : Réception Rectification Montage sur support de traitement Dégraissage Décapage acide Chromage électrolytique Rinçage Séchage Conditionnement Remarque : Ces phases ne sont pas nécessairement réalisées par un même opérateur.

Un des points critiques du phasage est de prendre en compte les variantes possibles du procédé, qu’elles soient prévues ou dictées par un dysfonctionnement. L’étude des accidents montre bien l’importance des écarts de mode opératoire dans leur apparition. Notons que le fait de pointer soigneusement toutes les interventions humaines dans un procédé est riche en enseignements, qui peuvent conduire à rechercher des gains de productivité apportant souvent eux-mêmes des gains de sécurité. Une troisième méthode consiste à suivre un agent chimique tout au long de sa « vie » dans l’entreprise, depuis son entrée jusqu’à sa disparition ou son élimination, pour repérer toutes les situations de travail dans lesquelles il est présent (exemple ci-après). Cette méthode est souvent considérée comme la plus difficile, mais elle est probablement la plus riche en informations méconnues, notamment sur les phases d’arrivée dans l’entreprise et celles de son élimination. Un produit donné peut être utilisé par plusieurs opérateurs, et dans plusieurs procédés. Cette méthode permet en outre de dresser un bilan matière de chaque produit, ce qui conduit généralement à des découvertes ou, du moins, à de fortes interrogations. C’est un véritable outil de gestion, qui s’avère très utile dans la prise en charge des problèmes d’environnement. Le bilan matière peut être conduit pour une période ou un cycle de production. Il commence par le pointage des entrées pour en connaître le poids total. Encore faut-il avoir une maîtrise complète des entrées et sorties, c’est-à-dire un passage obligé, généralement le service achats. Toutefois, certains produits entrent sans opération d’achat, parce qu’ils sont livrés avec du matériel, par exemple. Ensuite il faut suivre toutes les utilisations possibles du produit et finir par le pointage des sorties. Il faut distinguer deux façons d’utiliser un produit chimique.
126

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

La première utilisation, typique de l’industrie chimique, est son incorporation dans la structure des molécules transformées. C’est un rôle de matière première, qui disparaît au fur et à mesure de la transformation. Mais les réactions chimiques se font rarement avec un rendement de 100 %, de sorte qu’une partie du produit engagé se retrouve inchangée dans le milieu réactionnel. Si sa quantité peut être déterminée, elle viendra participer au bilan. La quantité qui n’est pas retrouvée est automatiquement présente dans un rejet, tel que des eaux mères, des lavages, des phases liquides ou solides issues de filtrations, distillations, etc. Le rejet peut être aérien, sous forme de vapeurs, gaz ou poussières. S’il n’est pas capté, il faut évaluer sa quantité. Mais quel que soit le traitement d’un rejet, il y a production d’un déchet ultime qui constitue la sortie finale, à comptabiliser à côté des substances et préparations produites. On peut aussi utiliser un produit comme moyen pour une opération donnée. C’est le domaine immense des solvants, des préparations actives dans toutes sortes d’activités, des matériaux, des fluides, des combustibles, etc. Dans ce cas, le produit est soit consommé, soit usagé, avec ou sans régénération possible. On retrouve alors le même schéma qui consiste à comptabiliser en sortie des déchets ultimes ou des matières, toujours sans oublier les sorties aériennes.
EXEMPLE DE SUIVI D’AGENT CHIMIQUE :

Agent chimique : Perchloréthylène Suivi : Livré en fûts de 200 litres ; une livraison par mois de trois fûts en moyenne. Les fûts sont placés dans le local de stockage. En fonction des demandes, un fût est transféré auprès d’une des trois machines à dégraisser, pour faire le plein. Les baisses de niveau proviennent essentiellement de l’évaporation. Un fût du stockage est utilisé pour remplir des bidons de 5 litres qui servent à l’atelier d’entretien. Le solvant ne se retrouve que sur des chiffons. Il disparaît soit par évaporation, soit par imprégnation des chiffons. À l’issue de chaque vidange de machine, le produit souillé est filtré, puis remis dans un fût spécial, qui est expédié pour destruction dès qu’il est plein, soit une fois par mois en moyenne. Les boues de filtration, imprégnées de solvant à environ 30 %, sont stockées en fût et livrées pour destruction. On en récolte environ 100 kg par mois. Bilan : Entrées 200 200 200 Utilisations machines nettoyage Quantités 500 100 Sorties 300 100 170 30 Nature vapeurs machines vapeurs nettoyage solvant à détruire boues de filtration

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

127

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

Le schéma suivant visualise les données du tableau précédent. Il met bien en évidence la quantité de solvant qui disparaît par évaporation, ce qui surprend souvent.

D1
250 L

300 L l
environnement

600 L

D2
150 L

stockage

filtre

D3
100 L

Boues 30 kg Bidons de 5 L Machines à dégraisser

Déchets

Entretien

170 L

100 L
Figure 3.1 – Exemple de bilan matière sur un mois Un tel bilan suscite en général une bonne motivation sur les questions de santé aussi bien que d’environnement. Ainsi, dans cet exemple, 400 litres de perchloréthylène sont perdus par mois par évaporation. Cette perte pose trois problèmes : ils ont été achetés pour rien, ils ont été partiellement respirés et ils ont pollué l’environnement. La remise en cause de ces utilisations vient alors d’ellemême.

La méthode des bilans matière nécessite la collaboration de services très divers, tels que les achats, la logistique, la production, les services sécurité/environnement, et bien d’autres encore dans des structures plus complexes. Elle ouvre la porte à l’inventaire des dangers et prépare à l’analyse des risques.
3.1.3 Choix d’une méthode

Le choix de la méthode de repérage des risques se fait en fonction de l’activité et de l’organisation de l’entreprise. Ainsi, dans les petites entreprises qui utilisent un nombre de produits relativement faible, l’approche par l’activité des personnes est préférable. Lorsque l’activité de l’entreprise est relativement complexe et repose sur des « process », c’est évidemment l’approche procédé qui est préférable. Mais dès que le nombre de produits utilisés est important, l’approche produit doit aussi être employée. En réalité, cette dernière, en raison de ses avantages pour la gestion de l’entreprise, devrait être systématiquement pratiquée en plus des deux autres. L’idéal, chaque fois que l’on peut en prendre le temps, est de pratiquer les trois méthodes, ce qui permet de recouper les informations et d’aboutir ainsi à une étude très fiable, en s’appuyant sur la matrice suivante :
128

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

Produit n

Opération élémentaire

stockage

process 1 process 2 process n

élimination

Opérateur n

Figure 3.2 – Croisement des méthodes d’étude de postes

Le tableau suivant synthétise ce que les trois méthodes apportent comme informations spécifiques.
Type d’approche Caractéristique Activité Détail des actions des hommes au cours de leur temps de travail Recueillir l’activité réelle En faire un relevé exhaustif Inclure les dépannages et rattrapages Procédé Ensemble des modes opératoires, des matériels et des produits nécessaires à une production ou une technique Décrire tout ce qui est déterminant Décrire les variantes possibles Inclure les phases annexes et transitoires Exigence de précision S’inscrit dans une démarche d’assurance qualité Peut conduire à des gains de productivité Niveau de risque comparé des procédés Produit Devenir du produit tout au long de sa présence dans l’entreprise Bilan matière complet Connaître les consommations par poste Inclure les pertes imperceptibles et les déchets Connaissance des pertes Gestion claire des matières premières Aide pour la protection de l’environnement Présélection des plus grands risques

Contenu

Point clé

Difficultés
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Intérêt pour l’entreprise

Gestion du temps de travail

Intérêt pour l’évaluation des risques

Identification claire des risques

129

contrôle des effluents.2 Identification des risques Identifier les risques chimiques.4 Enregistrement des données Ce premier travail d’inventaire des actions ou des phases élémentaires est rapidement très lourd. car les risques générés sont en principe distincts. procédé ou produit. – Action ou phase. qui doit être repéré pour son suivi ultérieur. et l’on peut donc noter une seule action pour cela. dite « QSE » (Qualité. on va rechercher les précisions nécessaires à la conduite de l’évaluation. réelle pour les expositions ou possible pour les situations dangereuses. s’il s’agit d’un ajout unique des trois produits ensemble. chromage de pistons. il faut créer autant d’actions distinctes. Une fois l’inventaire des actions ou des phases élémentaires réalisé. Si plusieurs agents sont présents dans une action. Exemples : Atelier de peinture. 3. dépose des flasques PD03 EP04 Que l’on suive l’approche opérateur. il ne reste plus qu’à passer à l’identification des risques. des activités et des procédés entre dans une approche globale de l’entreprise. Il faut donc partir du repérage des actions ou des phases que l’on a réalisé au préalable et ne retenir que celles qui se font en présence d’un agent chimique. atelier. Santé. il faut noter trois actions. et leur classement par ensembles successifs.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. – Domaine d’étude : usine. si on ajoute 3 produits successivement dans une cuve. mélange « M ». mais nous indiquons ici les données qu’il faut enregistrer pour la suite de la démarche. Dans cette nouvelle séquence. 130 . on doit retrouver les mêmes actions élémentaires. Son organisation est donc primordiale et demande des outils informatiques. gestion du stockage. le repérage systématique des agents chimiques.2 Identification des risques En conclusion. etc. 3. grâce au croisement indiqué précédemment et à un repérage méticuleux.1. selon que l’on décrit une activité ou un procédé. technicien pompes. entre les agents chimiques présents et l’opérateur considéré. ils sont considérés comme formant une préparation. etc. C’est l’élément de base de l’analyse des risques. peinture de capots. opération de décapage. Ces informations sont différentes selon le type de risque repéré. service. non par la complexité des informations mais par leur nombre. action de tremper les volets dans la cuve de soude Service entretien. avec ses dangers propres. Environnement). Exemples : nettoyage d’installation. Par contre. c’est décrire les circonstances de la rencontre. – Opération : ensemble d’actions aboutissant à un résultat global. Ainsi.

etc. qui sont en général un mélange de gaz. Les formes classiques sont : gaz. poussières de ponçage de bois. de vapeurs et de particules ultrafines. déchets. Elle s’appuie sur des situations de travail « standard ». Les produits générés par l’activité. parce qu’utilisé au poste. vapeurs. ou invisible parce que contenu dans l’atmosphère de travail. puisque c’est le domaine des situations dangereuses. la vapeur d’eau. qu’au fonctionnement habituel de l’entreprise. une référence fournisseur ou interne. tel que le numéro CAS ou le numéro EINECS. Normalement il ne devrait y avoir qu’un seul agent chimique concerné. Rappelons que la différence entre gaz et vapeurs ne tient qu’à l’état physique de la substance dans les conditions normales de pression et de température. poussières. Une substance peut avoir un nom d’usage. faute de quoi il vaudrait mieux subdiviser la phase. m Forme physique du produit © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. substance ou préparation. liquide.). etc. est en fait visible parce qu’elle se forme souvent sous forme d’aérosol (brouillard). fumées. On peut citer la pulvérisation d’un liquide. volontaire comme dans l’application d’une peinture. Ainsi. traitées par ailleurs. présent sur la surface d’un matériel. Ainsi. Il s’agit des points suivants : m Phase de travail Il s’agit de suivre le phasage qui a été réalisé dans l’étape de repérage précédente. même si elles peuvent être exceptionnelles. poussières.2. aérosol.2 Identification des risques 3. objet imprégné.1 Expositions La recherche des expositions ne s’applique. un nom chimique normalisé et un identifiant. Il y a aussi l’état pâteux. brouillard d’huile de rectification. poussières. contenu dans un matériel clos. normalement invisible. Une préparation a un nom commercial. sont plus difficiles à identifier. déchet. ou involontaire comme dans la lubrifi131 . éventuellement un identifiant. Il doit être bien identifié. m Mode de dispersion Le mode de dispersion signifie la façon dont laquelle un produit se répand dans un espace autre que son contenant. m Produit en contact avec la personne Il s’agit d’un produit chimique commercialisé. Un brouillard n’est qu’un aérosol liquide. même si on peut le liquéfier par pression.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. En pratique. masqué par un autre produit. mais il faut s’efforcer d’être le plus précis possible. Les caractéristiques d’une exposition doivent être notées. ou d’un produit généré par l’activité (intermédiaire. qui est intermédiaire entre les liquides et les solides. les vapeurs possèdent toutes les propriétés des gaz. dans le sens non planifiées. poudre. fumées. Par contre. À ces formes s’ajoutent les fumées. Par exemple : fumées de soudure d’inox. le propane est un gaz. on ne tient pas compte des activités issues d’un dysfonctionnement. mais le méthanol est un liquide émettant des vapeurs. par définition. aérosols. gâteau de filtration du perchloréthylène. Il peut être visible. qu’il soit technique ou humain. etc.

est un bon indicateur pour estimer l’étendue d’une zone. la zone se limite à l’intérieur de l’emballage. L’attention se porte volontiers en priorité sur l’exposition respiratoire. m Zone de dispersion La zone de dispersion est évidemment liée au mode de dispersion. etc. tant il est trompeur. sachant tout le problème de représentativité qu’ils soulèvent. digestif) Chaque voie de pénétration constitue un risque distinct. Nous verrons que ce constat simpliste a des conséquences intéressantes sur la prévention. même si elle est approximative. c’est la position des voies respiratoires (nez et bouche) par rapport à la source qui est déterminante pour les produits émis. il faut d’abord bien localiser tous les accès possibles aux agents chimiques et chercher si ces accès sont possibles par l’opérateur dans l’exécution normale de ses tâches. l’intérieur de certains équipements. Il s’agit de vérifier en fait si ces voies sont dans la zone de dispersion de l’agent chimique. En pratique. C’est aussi le cas des postes en atmosphère confinée. etc. la formation d’une poussière peut avoir pour origine un ponçage ou un broyage. comme nous le verrons dans le paragraphe sur les dangers. Au stockage. la zone de dispersion ne sera notée que si elle est évidente. liquide ou solide. la zone de dispersion est très difficile à délimiter. m Localisation de la personne par rapport au produit Il est clair que le niveau d’exposition va beaucoup dépendre de la proximité de l’opérateur avec l’agent chimique concerné. Mais il est établi que la perception sensorielle est trompeuse et doit être remplacée par une approche raisonnée s’appuyant sur une observation 132 . La seule solution est de recourir à des prélèvements atmosphériques. la volatilité. Sa perception par l’odorat y est pour quelque chose.2 Identification des risques cation d’une machine tournante. les mesures de prévention pourront être très différentes pour une inhalation et un contact cutané. Pour l’exposition par contact cutané. oculaire. telles que des bords de cuves. mais souvent aussi dispersé sur des surfaces dans l’environnement de travail. En effet. des organes sujets à fuites. cutané. De même. du moins pour des concentrations importantes. en particulier pour des nuages de poussières ou d’aérosols. Pour un produit non volatil au repos. des tuyaux. C’est aussi la position amont ou aval dans un courant d’air pollué.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Il ne faut pas oublier qu’un produit n’est pas seulement présent dans son contenant. Dans la majorité des situations de travail avec des produits volatils. m Mode de contact (respiratoire. Les poussières sont aussi un phénomène très visible. Rappelons qu’il ne faut pas faire confiance à l’odorat pour cette estimation. On devine bien l’utilité de ces précisions dans la recherche des mesures de prévention. où les produits sont emballés. les petits locaux sans aération suffisante. basée sur la pression de vapeur. tels que les cabines de peinture. même dans une même phase opératoire. des chiffons. En particulier pour l’exposition par inhalation. Mais le mode de dispersion le plus banal est l’évaporation naturelle d’un produit volatil à partir d’un récipient ouvert. cette zone se confond avec le volume du produit. En dehors de ces situations. La connaissance des dangers des agents chimiques utilisés est une indication sur les expositions à rechercher.

d’une part parce qu’il met en cause le comportement individuel.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. d’autre part parce qu’il ne se situe pas toujours au poste de travail. Le scénario classique est la prise de nourriture sans lavage préalable des mains. éventuellement potentialisé par une présence de vapeurs dans l’atmosphère. sachant que l’ingestion est en fait liée aux deux précédentes par le biais du défaut d’hygiène. venant ainsi aggraver l’effet des fumées elles-mêmes. Une autre contamination peut se faire en fumant. voire au domicile. Ce risque n’apparaît pas facilement dans les inventaires. Ce comportement est d’ailleurs facilité par des conditions de travail difficiles et par une éventuelle carence en équipements sanitaires. meulage…) Poussière émise par mise en mouvement d’une poudre déposée Vapeurs émises par application d’un agent chimique solvanté Vapeurs émises par chargement ou déchargement de solvants Vapeurs émises par chauffage d’un agent chimique Vapeurs émises par évaporation d’un agent chimique à l’air libre Vapeurs émises par le rejet d’un captage Poussière ou vapeurs émises par des vêtements souillés Par contact cutané lors de : Application d’un agent chimique à l’aide de chiffon Application d’un agent chimique à l’aide de brosse ou pinceau Manipulation de pièces souillées par un agent chimique Manipulation de pièces avec immersion dans un agent chimique Dépôt sur la peau de poussières ou de vapeurs condensées Contact avec un liquide en cours d’écoulement à l’air libre Port de vêtements souillés par un agent chimique Par ingestion provoquée par : Contamination des mains. on accordera plus d’importance à de nombreux contacts cutanés. les deux voies. 133 . de la bouche… Tabagisme sur le lieu de travail Repas pris en environnement pollué Pollution des locaux sociaux (vestiaires. qui passent couramment pour être insignifiants. inhalation et contact cutané.2 Identification des risques objective de la situation de travail. mais aussi dans des locaux à caractère social. réfectoires…) Port de vêtements souillés par un agent chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ainsi. doivent être examinées systématiquement. EXEMPLES D’EXPOSITIONS : Par inhalation : Aérosol émis par pulvérisation Aérosol émis par formation de bulles de gaz Aérosol émis par un jet liquide Gaz de combustion Gaz d’échappement d’un moteur thermique Gaz produit par une fermentation Poussière émise par chargement ou déchargement d’un agent pulvérulent Poussière émise par un traitement mécanique de surface (ponçage. En pratique.

Ce qui sera noté. Cela est vrai autant pour les protections collectives que pour les protections individuelles. on ne la peut définir que par rapport à un événement dangereux possible. Il est étonnant.2 Situation dangereuse Contrairement à une exposition. En pratique. Pour ne pas faire d’exception. alors qu’elle ne traduit qu’un faible niveau de probabilité. le bruit. On peut citer le rythme de travail. c’est-àdire réellement adoptée. L’exemple le plus simple est le travail avec un produit inflammable. Il repose beaucoup sur la bonne volonté du porteur. on n’en tiendra pas compte.11.3. qui peuvent ressentir des incitations à ne pas s’en servir. il faut en tenir compte dans l’exposition et prévoir aussi le non-port de protections individuelles comme un événement dangereux. mais en les associant automatiquement à une situation dangereuse. Mais cela demande des précautions. une situation dangereuse n’est pas directement observable. il ne paraît pas possible. puisqu’il ne relève plus de la situation standard et qu’il est imprévisible. cette option fait souvent l’objet de réticences. il peut exister plusieurs événements dangereux possibles. nous avons choisi de considérer la « non-mise en œuvre » des protections collectives comme un événement dangereux. car elles modifient bien le niveau d’exposition. Ce point est repris dans le paragraphe 4. voire l’inconscience du risque. Par ailleurs. laquelle est affectée d’autant plus que la contrainte et l’inconfort créés sont sensibles. C’est l’un des obstacles les plus courants que rencontrent les professionnels de la prévention des risques. par exemple. puisqu’elles demandent soit une mise place (couvercle). soit une mise en marche (ventilateur). 3. car tant qu’un événement n’a pas été observé. la recherche des expositions ne nécessite pas la connaissance de la classification des agents chimiques puisque tous les modes de contact sont envisagés systématiquement. Ne pas en tenir compte dans l’estimation du risque fausserait le résultat du classement.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Elles dépendent donc de la volonté des opérateurs.2 Identification des risques Dans la plupart des cas. Ce raisonnement s’applique d’abord sans difficulté aux protections collectives.2. des mesures de prévention. en tenant compte des protections normalement prévues. compte tenu de ces mesures. la précipitation. en raison du caractère assez aléatoire que présente le port de ce type d’équipement. ou du moins de protection. qui crée généralement un risque d’intoxication aiguë en même temps qu’un risque 134 . consacré aux protections individuelles. existent déjà. Mais il existe de nombreux cas de figure où les protections individuelles restent la seule solution efficace. toute exposition sera décrite et ensuite estimée. de constater le nombre de personnes qui ne perçoivent pas de risque d’explosion en travaillant avec un solvant inflammable à l’air libre. Mais la plupart d’entre elles n’ont pas de caractère permanent. L’absence d’accident sur une longue période est souvent avancée comme preuve d’une absence de risque. la charge mentale. c’est l’exposition restante. Pour cette raison. sachant que si une protection n’est systématiquement pas mise en place. Cela revient à se poser la question : « peut-il y avoir un dommage si telle chose se produit ? » Cette vision représente une difficulté majeure pour beaucoup. En résumé. Pour une phase de travail donnée. Pour les protections individuelles.

Par contraste. 135 . quel que soit le contenant. de la réaction incontrôlée. surtout en espace ouvert. de la fuite. La gravité de ces événements est une fonction quasi exponentielle des quantités stockées. et de le comparer au volume du local éventuel. Le local a une hauteur de 4 m. Il faut donc définir une zone dangereuse tenant compte de ce paramètre. les vapeurs en occuperaient 12 %. L’examen de tous les événements dangereux possibles décrits au paragraphe suivant montre qu’il existe presque toujours une situation dangereuse à proximité immédiate d’un produit chimique. c’est-à-dire qu’on se trouve largement dans la zone d’explosivité. Vv = 25 ¥ 200/106 = 47 m3 Le volume du local étant de 400 m3. en raison du risque incendie et explosion. Il est intéressant de noter que la zone dangereuse coïncide avec celle que l’on doit déclarer dans le cadre de la réglementation du risque explosion et qui exige une signalisation spécifique. Nous en décrivons quatre : m Degré d’ouverture de l’espace Les murs et portes d’un espace de travail constituent le plus souvent une barrière naturelle suffisante pour arrêter les effets des événements dangereux. Vv = 25 m/M Vv : volume de vapeurs en m3 . m : masse de liquide en kg .2 Identification des risques d’explosion. l’atelier doit être considéré comme tel dès qu’un produit dangereux est utilisé à l’intérieur.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Il est toujours utile de faire le petit calcul consistant à chiffrer le volume théorique de vapeurs obtenues par vaporisation totale d’un liquide stocké. il faut étudier ce paramètre plus précisément. Pour les produits inflammables ou explosifs. EXEMPLE : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. En pratique. à défaut d’équipements de protection particuliers déjà mis en place. Sa masse moléculaire est de 106. Cette zone dangereuse ne peut être estimée qu’en fonction de certains facteurs. m Quantité stockée Tous les effets néfastes d’événements dangereux sont proportionnels à la quantité de produit contenu dans l’équipement considéré. c’est l’intérieur du local qui constitue la zone dangereuse. Cette surface peut toutefois être réduite en cas de très petite quantité de produit. D’où la nécessité de définir une situation dangereuse pour chaque événement dangereux possible. Le terme de proximité immédiate est évidemment sujet à interprétations. de la projection. M : masse moléculaire du liquide en g. Seule l’estimation de la probabilité et de la gravité des dommages permet ensuite d’éliminer certaines situations à risque négligeable. Un atelier de 100 m2 contient 1 fût de solvants de 200 kg. C’est grossièrement le cas de la vaporisation.

Il est certain qu’un produit stocké ou utilisé en hauteur crée une menace plus étendue que s’il était au sol. C’est l’événement dangereux qui définira cette possibilité. en s’aidant des informations figurant au paragraphe 2.2 Identification des risques Le risque de réaction dangereuse doit toujours être envisagé. de façon plus restreinte. Mais le risque d’exposition massive est présent quel que soit le danger. Par contre.3 Événements dangereux Pour inventorier les événements dangereux possibles. Les prévoir consiste en fait à repérer des couples de produits fortement réactifs. EXEMPLES D’ÉVÉNEMENTS DANGEREUX : Contacts massifs provoqués par : Éclatement de tuyau Débranchement de tuyau Décompression brutale d’un récipient ou d’une canalisation Rupture de paroi de récipient ou appareil contenant un agent chimique Renversement de récipient Fuite de récipient Ouverture intempestive de robinet ou de vanne Chute dans un récipient Projection de liquide par immersion brutale d’une pièce Projection de liquide par explosion d’un contenant Contact avec un équipement souillé par un agent chimique Contact avec le sol souillé par un agent chimique 136 . Une fois qu’un couple est identifié. très simple. de préférence au moment de l’inventaire des produits présents dans un certain espace. de même que des contenants ou des tuyaux créent une zone de risque dont l’étendue est fonction de la pression interne. d’un combustible. son apport de créativité n’étant plus à démontrer. 3.2. un produit corrosif un risque de brûlure cutanée. Il en existe dans des ouvrages spécialisés et nous en proposons une. le risque d’incendie ou d’explosion n’existe qu’en présence d’un inflammable et. m Paramètres physiques La zone dangereuse est aussi fonction de paramètres tels que la pression. mais elle n’est pas toujours indispensable. que l’on parcoure systématiquement. encore faut-il que la rencontre des produits protagonistes soit possible. il faut faire appel à son imagination.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques m Paramètres chimiques 3. Nous parlons bien des réactions imprévues.5.2. Le second outil classique est la « check-list ». Peut-on s’appuyer sur la classification des agents chimiques utilisés ? Un produit toxique suggère évidemment un risque d’intoxication aiguë. la température des agents chimiques et leur situation dans l’espace. Le premier d’entre eux est le groupe de travail. Mais elle doit être aidée par des outils appropriés pour prétendre à une bonne couverture des risques. et un comburant un risque de réaction dangereuse. La proximité est la principale condition pour créer une situation dangereuse. ou incontrôlées.

puis la pénétration de l’opérateur dans le local. plus les options se multiplient. le danger était apporté par une substance générée par l’activité. Il s’agissait de la formation de sulfure d’hydrogène dans une station d’épuration des eaux. Plus on remonte dans l’enchaînement des faits. il faut inclure les défaillances des dispositifs de 137 . Nous retrouvons bien les composantes du processus accidentel . La recherche des déclencheurs de dysfonctionnement se fait d’abord en s’aidant de l’expérience de l’entreprise.2 Identification des risques © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pour se terminer par l’inhalation massive d’un gaz très toxique (la VLE est de 10 ppm). provoquée par l’arrêt accidentel du flux des eaux usées. puis la fermentation. en supposant que le déclencheur arrivera toujours. on peut trouver une douzaine de faits possibles. Le fait que les événements déclencheurs soient quasi innombrables conduit à s’en tenir. Cela est d’autant plus difficile quand le poste de travail ne comporte aucune utilisation d’agent chimique et que c’est une formation inattendue d’agent chimique dangereux qui est l’événement déclencheur. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. aux deux dernières causes avant le dommage. même sans le moindre dommage. mais constitue déjà une bonne base pour trouver l’essentiel des risques. si l’on cherche les causes possibles d’une fuite.5. L’exemple qui illustre le mieux cette éventualité a été décrit au paragraphe 2. par exemple. C’est pourquoi il faut se constituer des bases de données d’accidents et surtout d’incidents survenus. Comme évoqué précédemment.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques Inhalations massives provoquées par : Décompression d’un récipient Explosion d’un récipient Fuite de gaz ou vapeurs Chauffage brutal d’un liquide volatil Renversement d’une quantité importante de solvant Réaction entre deux produits générant un gaz Décomposition thermique d’un agent chimique Incendie avec des produits chimiques Panne d’un captage Ingestions nocives provoquées par : Conditionnement trompeur Pollution d’un aliment Asphyxie provoquée par : Fuite de gaz inerte Renversement d’azote liquide Pénétration dans un espace appauvri en oxygène Combustion soudaine d’un inflammable Brûlures thermiques provoquées par : Incendie Explosion Projection de liquide chaud 3.2. Ainsi. la situation dangereuse était de travailler à proximité d’un milieu fermentescible et l’événement dangereux a commencé avec l’arrêt du flux.

en particulier dans l’industrie chimique. voir la note documentaire ND 1675 de l’INRS sur le site www. 1. des fluides. Cependant. Les modifications de procédés improvisées peuvent déclencher des événements dangereux. s’adapte mieux aux défaillances techniques. Une autre méthode utilisée dans l’inventaire des événements dangereux consiste à partir des déclencheurs pour lister ensuite tous les dommages qui peuvent en résulter. le croisement de plusieurs méthodes donne les meilleurs résultats. 3. un déclencheur peut être d’origine humaine. etc. le dommage final est présumé et les circonstances qui pourraient provoquer cet événement sont ensuite recherchées. qui peuvent être des produits chimiques.2. Elle est spécifiée dans la norme CEI 812 : 1985 – Techniques d’analyse de la fiabilité des systèmes – Procédure d’analyse des modes de défaillances et de leurs effets (AMDE). L’analyse qui suit détermine les événements que cette défaillance pourrait provoquer.net. Souvent c’est la simple ignorance du risque qui est le premier facteur. Dans la méthode inductive. L’APR cherche ensuite à identifier toutes les situations dangereuses générées par ces éléments. comme dans l’étude de sûreté des process ou d’installations. Pour en savoir plus.previnfo. d’une installation ou d’un projet. Elle nécessite dans un premier temps d’identifier les éléments dangereux. en particulier dans le déclenchement de réactions dangereuses. dans l’inventaire des événements dangereux possibles. pour en déduire in fine des mesures de prévention. appelée « événement redouté ». des signaux. Elle comporte donc des points communs évidents avec la méthode développée dans cet ouvrage.fr. Dans la première. Il existe deux types fondamentaux d’analyses des risques. Depuis longtemps des méthodes ont été développées et normalisées dans ce but.2 Identification des risques protection collective ou individuelle. Elle va donc jusqu’à l’estimation du risque. L’une est appelée méthode déductive et l’autre méthode inductive.hst. la défaillance d’un élément est présumée.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. en imaginant des enchaînements de faits. On peut citer les erreurs d’identification portant sur des produits. des opérations. Nous les évoquons brièvement ici1. Ainsi l’arrêt d’une ventilation ou la défaillance d’un détecteur de gaz peut être un événement générateur de dommage. des équipements. 138 . Là encore. ou la synthèse faite sur le site www. m Analyse préliminaire des risques (APR) L’APR est une méthode générale utilisée au stade de la conception d’un équipement. des organes de commandes. m Analyse des modes de défaillances et de leurs effets (AMDE) L’AMDE est une méthode inductive dont l’objectif principal consiste à évaluer la fréquence et les conséquences de la défaillance d’un élément.4 Les méthodes de recherche des risques accidentels La recherche des événements dangereux possibles s’inscrit dans l’ensemble des études de risques qui sont exigibles avant le démarrage d’un nouveau procédé ou d’une nouvelle installation. que l’on retrouve dans les méthodes inductives (voir paragraphe suivant). Ce principe.

m L’arbre des défaillances (ADD) L’ADD est une méthode déductive menée à partir d’un événement jugé indésirable qui permet à son utilisateur de trouver tous les chemins critiques conduisant à cet événement. de lister tous ses paramètres influents et d’examiner tous leurs écarts possibles. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. en particulier pour le risque de réaction incontrôlée.) est considéré comme formé de sous-systèmes en interaction. par consensus. Les écarts possibles de ces paramètres sont passés en revue à l’aide de mots guides tels que : – trop de . m Méthode HAZOP (HAZard OPerability) Cette méthode a été conçue pour les risques liés au process. L’adéquation des mesures de sécurité est étudiée à l’aide d’une deuxième grille. similaire à l’arbre des causes décrit par ailleurs. Le système à analyser (procédé. puis d’une troisième grille prenant en compte leur interdépendance. etc. La méthode est spécifiée dans la norme CEI 61025 : 1990 – Analyse par arbre de panne (AAP). Elle est donc bien adaptée à l’industrie chimique. volume . Les scénarios sont classés. les situations dangereuses et les événements dangereux. Les événements dangereux ou sommets sont tout d’abord identifiés. pression . On représente ensuite toutes les combinaisons de défaillances élémentaires qui pourraient se traduire par un événement indésirable sous la forme logique d’un arbre des défaillances. installation. Ceci conduit à la construction de scénarios d’accidents. Une grille de correspondance. dans une grille de gravité. état d’un organe (marche/arrêt. concentration . ouvert/fermé).2 Identification des risques m Méthode MOSAR (Méthode Organisée Systémique d’Analyse des Risques) La méthode MOSAR est une démarche qui comporte dix étapes. Les mesures de sécurité sont alors intégrées aux arbres logiques et les risques résiduels sont analysés au travers d’une grille d’acceptabilité définie par consensus. débit . pH . 139 . Son principe est de choisir un système. Les paramètres du système sont typiquement : – – – – – – – – – température . Une grille est utilisée pour identifier les phénomènes dangereux. – pas assez de . relie la grille de gravité aux objectifs à atteindre par les mesures de sécurité et spécifie le niveau de performance des mesures techniques et organisationnelles. poids. établie elle aussi par consensus.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. niveau . durée .

2 Identification des risques – – – – – – – non fait . marche à l’envers. c’est l’intérêt d’une double approche. etc. sachant que le plus souvent les deux groupes sont présents. avant. Ce qui veut dire que la configuration la plus complète est : 140 . inverse . il n’y a qu’un risque par famille de danger. en s’aidant d’un tableau comme celui-ci : Système Repère Mot guide Paramètre Cause Conséquences Détection Mesure corrective m Méthode « Que se passe-t-il si » (« WHAT IF » Method) « Que se passe-t-il si » est une méthode inductive. déductive partant des dommages. en partie .2. le mode opératoire est passé en revue. On en déduit quels moyens de détection et quelles mesures correctrices seront opportuns. Il faut donc enregistrer ceux qui ont été identifiés. ouverture non faite. volume en partie dévié. … Ce qui génère des hypothèses telles que : température trop haute. fermeture avant la fin. pas assez de poids A. Pour les procédés relativement simples. on se demande ce qui se passe si tel dysfonctionnement se produit et on répond en décrivant les effets des défaillances de matériel ou des erreurs de procédure sur l’apparition de dommages.6. la méthode utilise une « check-list » pour balayer tous les dysfonctionnements et divise le travail de façon à confier l’étude de certaines phases aux personnes qui ont la plus grande expérience ou habileté à évaluer ces aspects. il faut indiquer une cause et des conséquences.3. pour chaque groupe. Pour chacun de ces écarts. d’une part comme risques d’exposition chronique. autre . Pour les procédés plus complexes. Mais.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.5 Enregistrement des données Nous avons vu qu’à une action ou phase donnée peuvent être rattachés plusieurs risques. Toutes ces méthodes sont en fait très voisines. comme établi au paragraphe 2. Elle est assez voisine de la méthode HAZOP. d’autre part comme risques d’accident. et inductive partant des déclencheurs pour un inventaire plus complet des événements dangereux envisageables. Ce qui est important à retenir. 3. après . en plus de . À chaque étape. mais exige une certaine compétence des personnes qui la pratiquent.

qui s’ajoutent pour le risque accidentel. pâte. Paramètres Agent chimique Identité Dangers N˚ 1 2 3 Précisions Son nom de substance. Point d’ébullition.2 Identification des risques Action Type de risque Famille de danger Nocivité par inhalation Code In Co Tg In Co Tg IE Re Chronique Nocivité par contact Nocivité par ingestion Nocivité par inhalation X Nocivité par contact Accidentel Nocivité par ingestion Incendie-explosion Réactivité Soit 8 risques par action. sauf pour l’incendie-explosion et la réactivité. Pour chacun de ces risques élémentaires. utiliser la liste de codes suivante : C-In C-Co C-Tg A-In A-Co A-Tg A-IE A-Re Dans la pratique. il reste à enregistrer tous les paramètres que nous appellerons qualitatifs et qui figurent dans le tableau suivant : Domaine © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pression de vapeur. On peut donc. il ne reste que 4 à 5 risques. En réalité. granulométrie. d’éclair. aérosols. LIE. fumées. ou référence Il s’agit des phrases de risque correspondant à la famille de danger générant le risque Liquide.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. de préparation ou de rejet Son numéro CAS ou EINECS. masse moléculaire. cela revient à préciser la voie avec le type. selon qu’il y a des inflammables ou pas. après élimination des risques négligeables. poussière. Danger Forme physique 4 Constantes physiques 5 141 . par commodité. gaz. vapeurs. poudre. etc. etc.

1 Le cheminement de l’estimation L’estimation des risques va nous permettre de tous les classer dans l’ensemble défini. 10. car. il faut être en mesure de bien les attribuer. Si l’on augmente le nombre de niveaux. La cotation des risques se fait donc à partir des quatre paramètres quantitatifs fondamentaux. pulvérisation. échappement. mise en suspension. dans le classement final.3 Estimation des risques 3.5. Ils peuvent très bien figurer dans une autre base de données. Ceux-ci doivent eux-mêmes faire l’objet d’une cotation. 2. par priorité décroissante.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.2 Règles de cotation 1) Choisir des échelles de cotation adaptées à l’ampleur de l’évaluation. il suffit d’enregistrer chaque risque élémentaire avec un repérage adéquat. etc. Ils ont été décrits au paragraphe 2.5. Ces diverses cotations doivent suivre certaines règles pour être significatives. plus large doit être l’échelle. broyage. 4. 2. 7.4 et 2. Plus il y a de risques à estimer.4. produit sur les mains. sa famille de danger et les paramètres qualitatifs correspondants.3. La proximité avec le danger Le scénario Correspond à la phrase de risque. Tête à 50 cm de la surface. à partir de paramètres chiffrés ou pas. local entier. Pour cela. Exposition Zone de dispersion Proximité Situation dangereuse Accident Événement dangereux Dommage La nature et la localisation de la pathologie Seuls les paramètres 1. 3. 8)) sont renseignés en fonction de leur disponibilité et de leur utilité.4. et 11 sont indispensables pour un risque chronique et les paramètres 1. En définitive. il nous faut connaître les paramètres influents sur leur cotation. < 1 m.5. < 10 m. Les autres (5 et les 3 qui ne précisent que le risque chronique (6. consultable à volonté. donc disposer de suffisamment 142 .4 pour le type chronique et 2.3 Estimation des risques Domaine Paramètres Mode de dispersion N˚ 6 7 8 9 10 11 Précisions Évaporation. etc.5 pour le type accidentel. 3. et 11 pour un risque accidentel. Le tableau ci-contre en présente une synthèse.3. 9. dépôt. Le minimum est une échelle à trois niveaux : faible. Éventuellement tableau de MP. 4. en mentionnant son type. comme exposé aux paragraphes 2. NG et NP. codés ND. il faut éviter d’avoir trop d’éléments sur un même niveau. moyen et élevé. etc. qu’ils soient de type chronique ou accidentel. NE. 3. 3.

3 Estimation des risques La cotation d’un risque de type dépend d’abord du Niveau de danger codé qui dépend de Phrases de risque qui dépend de ND VLEP ou DL50 Durée Indice d’exposition respiratoire Ir Chronique Niveau d’exposition NE Fréquence Coefficient d’exposition R (métrologie ou estimation) Durée Indice d’exposition cutanée Ic Fréquence Coefficient d’exposition C (surface de contact.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. concentration) ND Niveau de Gravité NG Dommage le plus probable Quantité Proximité Nombre de personnes Nombre de déclencheurs potentiels Accidentel Nombre d’étapes du scénario Niveau de Probabilité NP Étendue de la zone dangereuse Présence humaine Possibilité d’évitement Conception Maintenance Facteurs humains Zone atex Complexité de l’environnement © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Conception Propriétés du produit Durée et fréquence des actions Mode opératoire Protection Surveillance Formation/information 143 .

5. prenons l’exemple des risques liés à l’utilisation d’une préparation affectée de la classification suivante : R23.3. et ses opposants disent qu’il ne faut pas être tenté de s’y réfugier… L’étendue de l’échelle peut aussi varier selon le paramètre que l’on cote. Les partisans du nombre impair disent qu’il est plus facile de se référer à une moyenne. et les combinaisons se font par matrice. puisque l’impair fixe un niveau juste au milieu de l’échelle. R10. en fonction du nombre de variables dont il dépend. à partir des phrases de risque. la cotation du risque est immédiate.3. C’est pour cela qu’on ne peut coter les risques qu’une fois leur identification terminée sur l’ensemble. Voici quelques pistes pour ce faire. Il est donc primordial d’examiner d’abord tous les niveaux d’un paramètre donné pour l’ensemble des risques. il est important que les trois règles ci-dessus soient établies de façon collective et consensuelle. c’est-à-dire pour coter les quatre niveaux fondamentaux eux-mêmes. la cotation se fait par lettres ou par mots. 3) La cotation peut être numérique ou pas. Cette option permet plus facilement de « doser » l’influence de chaque paramètre sur la cotation finale. qu’on appelle aussi grille ou tableau. Dans le premier cas. on accède à la cotation finale par une fonction mathématique.5. on retiendra le plus haut niveau de danger obtenu. Pour illustrer ce point clé de la méthodologie.4 et 2. Rappelons qu’il ne faut considérer que les phrases se rapportant à la famille de danger correspondant au risque estimé. puis d’affecter le plus haut niveau. d’ailleurs absolues. Le choix du nombre pair ou impair n’est pas anodin. R37/38.3 Paramètres influents sur la cotation Une fois fixée la fonction ou la matrice de combinaison des quatre paramètres fondamentaux. La difficulté intervient au stade précédent.4. Pour éviter les tensions et désaccords ultérieurs.3 Estimation des risques de critères. Dans le cas contraire. La règle énoncée ci-dessus conduit à l’analyse de risque suivante : 144 . 3. Nous pensons qu’il est illusoire d’utiliser plus de 10 niveaux. puis le plus bas. m Niveau de danger (ND) C’est le plus facile puisqu’il existe des échelles de cotation. Cela veut dire concrètement que chaque paramètre est situé par rapport au plus haut et au plus bas. souvent l’addition ou le produit des cotations des paramètres influents. comme cela est expliqué en détail au paragraphe 2. Dans les autres méthodes que nous avons étudiées.5. 2) Toute notre méthodologie d’estimation repose sur le caractère relatif de la cotation.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. ce point capital n’a jamais été mentionné. La cotation des risques engage à terme ses auteurs sur une stratégie de prévention. S’il y a plusieurs phrases. Une cotation des risques réalisée au fur et à mesure de l’identification perd tout caractère relatif et n’atteint pas son but. comme celles qui figurent aux paragraphes 2. et enfin de coter tous les autres par rapport à ces deux extrêmes. R60.

et d’autre part aux agents chimiques générés par l’activité et non étiquetables. ce qui entraîne une nouvelle cotation aux niveaux 5 et 4. qui affichent cinq niveaux – mais il n’y en a que quatre réels –. Cette cotation est un minimum et peut être avantageusement complétée par des phrases de risque affectées pour la circonstance. figure dans l’annexe 4. Par exemple : gaz de combustion.3 Estimation des risques N˚ de risque Type de risque Libellé Phrases de risque R23 R37 R60 R38 R60 R10 Libellé Niveaux de danger 4 2 4 2 4 2 Niveau retenu 1 In Inhalation Toxique par inhalation Irritant pour les voies respiratoires Peut altérer la fertilité Irritant pour la peau Peut altérer la fertilité Inflammable 4 2 Co Contact cutané Incendieexplosion 4 3 IE 2 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. m Indices d’exposition (Ir et Ic) Le troisième paramètre de l’indice est le coefficient d’exposition. R26. de négliger l’exposition chronique aux vapeurs ? Ce classement de niveau permet en outre une approche conforme à la réglementation qui prévoit des mesures spéciales pour certains produits dangereux (plomb. et l’idéal est de procéder à des campagnes de métrologie. fumées de soudure inox. bras. Nous prendrons un exemple très simple pour illustrer ce point. 145 . il faut principalement intégrer la surface de peau exposée. La synthèse des niveaux. Les effets de l’éthanol (alcool éthylique) sur la santé ne sont plus à démontrer. corps entier.) ou catégories de produits (cancérogènes. R23. Peut-on imaginer. Mais celle-ci est très variable dans le temps et l’espace. le coefficient R reflète le niveau de concentration du polluant dans l’air. Le coefficient C peut suivre une progression du type : mains. À défaut. Pour la voie respiratoire. affectés d’une part aux phrases de risque de tous types pour la réglementation actuelle. facilement inflammable.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. R49. mutagènes. etc. Or sa classification se limite strictement à R11. amiante. Pour le contact cutané. en conséquence de son étiquetage. Ces tableaux. Dans tous les cas. Ce produit est pourtant un solvant industriel. toxiques pour la reproduction). en fonction d’une expérience ou d’une connaissance particulière des personnes concernées. torse. on s’appuie sur des facteurs d’exposition. Il est parfaitement admissible que des modifications y soient apportées d’un commun accord. sont une référence permettant le consensus. jambes. il est préférable de déterminer le niveau de danger en accord avec le médecin du travail.

Mais c’est souvent largement suffisant quand on procède par comparaisons. d’autant qu’elle est indépendante du mode de contamination. du type frottis. constitue un troisième type de métrologie. mais aussi sur les objets. Comment traiter ce cas ? On peut assimiler l’exposition multiple à une exposition simple à une préparation qui contiendrait les différents agents présents. agents chimiques. m Expositions multiples Un poste de travail peut induire une exposition à deux. on en déduira le coefficient d’exposition cutanée C. comme indiqué. Pour les concentrations surfaciques.4.3 Estimation des risques La métrologie des agents chimiques susceptibles d’entrer en contact avec les personnes n’est pas une technique d’accès facile. ou plus. parce qu’ils sont présents simultanément dans l’atmosphère de travail ou parce qu’ils sont manipulés simultanément. La métrologie concernant l’exposition cutanée est plus complexe. Le dosage d’indicateurs biologiques d’exposition (IBE)1 dans les urines et le sang. Mais cela reste une indication précieuse pour procéder à des comparaisons dans l’espace et dans le temps. surtout si les modes opératoires varient souvent. ce qui suppose des séries de mesures pour pouvoir faire un minimum de statistiques. tout aussi intéressant pour mettre en évidence une exposition déjà réalisée. reflétant dans ce cas la quantité qui se dépose.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques m La métrologie relative aux expositions 3. en intégrant l’importance de la surface de peau en contact. pour rester prudent. Dans le cas d’une préparation ou d’une dilution. on peut attribuer les coefficients d’exposition respiratoire R. Ensuite. sur une surface donnée. Pour analyser les risques qui en résultent. Il faut d’abord que l’agent chimique visé soit mesurable. Cela est difficile parce que la composition nous échappe dans ce cas. Une métrologie doit évidemment être représentative de l’exposition pondérée. Quand l’ensemble des mesures est réalisé sur le domaine de l’étude. Elle a aussi des inconvénients. L’expérience a montré que le recours à cette technique peut remettre en cause les estimations intuitives initiales. Pour en savoir plus. c’est-à-dire un ordre de grandeur. consulter BIOTOX. comme la contrainte des analyses pour le personnel et le fait qu’elle ne soit qu’une méthode a posteriori. 2007. 1. il existe peu de valeurs de références et aucune VLEP. En pratique.2. dans l’atmosphère de travail. Pour la première. il faut tenir compte de la concentration du produit actif. Pour ces diverses raisons. ED 791. elle consiste à mesurer la concentration d’une substance. il faut reconstituer la classification de cette préparation théorique. déjà évoqués au paragraphe 2. ou d’une poussière. la technique est très différente selon qu’il s’agit d’une exposition respiratoire ou cutanée. INRS. 146 . La biométrologie a l’avantage de rendre compte de la dose réellement absorbée par l’organisme. Elle consiste à procéder à des prélèvements surfaciques. Il suffit alors. Elle peut être pratiquée sur la peau. Les pollutions atmosphériques sont souvent des mélanges complexes. La mesure ne porte alors que sur un ou deux composants du mélange. Guide biotoxicologique pour les médecins du travail. Cette observation a été faite notamment avec le plomb et certaines amines aromatiques. elle n’apporte souvent qu’une information semi-quantitative.

m Facteurs d’exposition © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 50 ppm et 10 ppm.≤ 1 VL n VL 1 VL 2 EXEMPLE : Exposition simultanée à l’éthanol (600 ppm). Voici les cinq éléments principaux : Le degré d’ouverture d’un système : Il s’agit de repérer les contenants qui peuvent être ouverts en permanence. 147 . tout en éliminant les redondances ou les dangers de niveau inférieur.3 . qui ne vise qu’à situer les valeurs entre les extrêmes. Elle repose dans tous les cas sur l’observation de certains facteurs d’exposition. La valeur limite du mélange est obtenue par le biais du rapport des concentrations atmosphériques (Cn) aux VLEP correspondantes (VLn). et relative.21 000 50 10 La valeur limite est donc dépassée.= 1. alors qu’aucun des composants ne dépasse sa propre valeur limite. Dans la majorité des cas.3 Estimation des risques d’additionner les phrases de risque de tous les composants.----. selon la formule : Cn C1 C2 --------.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. pour un liquide. de sa granulométrie. La volatilité d’un produit : Elle est fonction. qui permet de synthétiser les avis. Ce sont des éléments du procédé et de l’environnement qui contribuent au contact des personnes avec les agents chimiques. il faut mesurer les concentrations de tous les composants. comme des cuves. de sa pression de vapeur et. La convention d’additivité donne : 600 -----------. Les VME correspondantes sont 1 000 ppm. Comme toute estimation. elle doit être le résultat d’une approche collective. Des mises à l’air libre d’un agent peuvent arriver au cours d’une opération de versement. mais l’INRS a établi une règle qui considère que chaque substance d’un mélange contribue à l’exposition.+ 25 + ----. de soutirage ou de prélèvement. de ces ouvertures par rapport à l’ensemble des équipements. comme des emballages. comme dans l’exemple suivant.+ … + --------. pour un solide pulvérulent. qui pourrait se trouver dans une combustion de déchets : Exposition simultanée à : Xylène Acide chlorhydrique Poussières de chromate de plomb Classification R10-20/21-38 R23-35 R61-33-40-62 R23-21-35-61-33-40-62 R10 Synthèse Si l’on veut estimer une exposition multiple par métrologie. ou temporairement.+ --------. Le degré reflète la proportion. Rappelons qu’il n’existe pas de VLEP pour les mélanges. au xylène (25 ppm) et à l’ammoniac (2 ppm). spatiale ou temporelle. le coefficient d’exposition R sera le résultat d’une estimation sans métrologie.

puis de combiner les cotations obtenues et d’en déduire un coefficient d’exposition. la détermination des coefficients d’exposition se fait intuitivement. elles doivent être intégrées dans l’estimation. c’est le risque de défaillances de ces protections qui les dévalue en tant que mesures de prévention. Expositions respiratoires : Degré d’ouverture du système Complètement clos Partiel Tout ouvert Partiel Partiel Tout ouvert Tout ouvert Volatilité du produit Quelconque Faible Aucune Moyenne Moyenne Faible Moyenne Dispersion du produit Aucune Aucune Aucune Aucune Aucune Transfert de poudre Meulage Protection Aucune Aucune Aucune Captage enveloppant Captage latéral Masque filtrant Captage latéral Coefficient R Négligeable Faible Faible Faible Moyen Moyen Moyen 1. Nous proposons ci-dessous quelques exemples d’estimation. Il reflète la proportion d’actions qui sont réalisées directement avec les mains. il serait possible de coter chacun de ces facteurs. une protection respiratoire à haute efficacité utilisée dans un espace à forte concentration de vapeurs nocives implique un coefficient négligeable. 148 . le ponçage. Cela veut dire que lorsque des protections collectives sont utilisées ou des protections individuelles portées. Le coefficient d’exposition résulte donc de l’estimation d’une exposition hors protection. le chauffage. l’étalement en surface. Il appartient au groupe de travail chargé de l’évaluation de juger si cette étape supplémentaire est supportable et utile. ND 2233. Le degré de manipulation : Ce facteur vise spécialement le contact cutané. Ainsi. En général. En théorie. comme la projection. le meulage et le broyage. 2005. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. Le degré de protection : Notre méthode exploite toujours l’exposition réelle des personnes. respiratoire ou cutanée. c’est-à-dire conformes au sens premier de manipulation. la pulvérisation. corrigée par l’efficacité de ladite protection dans ses conditions réelles d’exploitation. En fait. alors qu’un travail manuel sur un produit pulvérulent avec des gants de faible efficacité implique un fort coefficient. INRS. Une telle démarche est incluse dans la méthode proposée par l’INRS1.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.3 Estimation des risques Le degré de dispersion : Le mode opératoire peut induire des mouvements d’agents chimiques à l’air libre qui favorisent leur dispersion. mais en tenant bien compte des facteurs d’exposition. etc. Les deux exemples typiques sont les transvasements de petits conditionnements et les nettoyages d’objets aux solvants.

selon les règles de cotation déjà évoquées. conformément au principe énoncé au paragraphe 2. tiré de l’étude d’une opération de mélange de poudres. 149 . Un classement des indices permet de fixer des niveaux d’exposition. Volatilité du produit Quelconque Moyenne Faible Moyenne Poudre fine Élevée Moyenne Moyenne Degré de manipulation Aucune Soutirage de liquide Avec outil manuel Pesée Déplacement de récipient Ponçage Pulvérisation Transvasement de poudres Nettoyage manuel au solvant Protection Aucune Gants spéciaux Aucune Gants Aucune Gants Gants Aucune Coefficient C Négligeable Faible Faible Moyen Moyen Élevé Élevé Élevé Tout ouvert Forte Aucune Très élevé m Niveau d’exposition (NE) Le niveau d’exposition est fixé en fonction des valeurs de l’indice d’exposition.4. Ce calcul est consigné dans un tableau.3 Estimation des risques Degré d’ouverture du système Tout ouvert Partiel Tout ouvert Partiel Partiel Volatilité du produit Faible Forte Forte Moyenne Faible Dispersion du produit Séchage de pièces Écoulement liquide Aucune Pulvérisation Travail à chaud Protection Ventilation générale Aucune Aucune Ventilation générale Aucune Coefficient R Moyen Élevé Élevé Élevé Élevé Expositions cutanées : Degré d’ouverture du système Complètement clos Partiel Partiel Tout ouvert Tout ouvert Tout ouvert Partiel Tout ouvert © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.3. selon l’exemple suivant. Ce dernier est obtenu en multipliant le coefficient d’exposition par la durée et la fréquence d’exposition.

Dans les différentes méthodes d’évaluation des risques. Niveau (NG) 5 Définition Mort collective Exemples de scénario Nuage toxique Explosion Émanation toxique Anoxie Perte de la vue Brûlure au 3e degré Insuffisance respiratoire sévère Intoxication temporaire Brûlure chimique limitée Migraine Irritation 4 Mort individuelle 3 Lésion grave avec incapacité permanente 2 Lésion grave réversible 1 Pathologie légère Dans beaucoup de cas. Nous proposons ici la plus complète. le décès doit être systématiquement envisagé. Lorsqu’il est classé très toxique. et en général de niveau de danger égal à 5.1 indique quels sont les paramètres influant sur le niveau de gravité. une échelle à trois niveaux suffit. Mais l’inverse n’est pas juste. Le tableau du paragraphe 3. elle comporte de deux à cinq échelons.3. parce que la concentration 1. C’est le cas dans la norme ISO 14121 150 .3 Estimation des risques Action Durée (min) 20 5 10 5 15 10 Fréquence (par jour) 4 4 4 4 2 2 Coefficients d’exposition estimés (1 à 7) 3 2 7 1 3 2 Indice Ir 240 40 280 20 90 40 Niveau d’exposition (1 à 5) 4 1 5 1 2 1 Pesée Chargement Déchargement Transfert Broyage Conditionnement m Niveau de gravité (NG) La détermination du niveau de gravité du dommage commence par la fixation de l’échelle de gravité.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Le premier paramètre est le niveau de danger de l’agent chimique. parfois appelée sévérité1.

parce que les dommages sont toujours indirects. car les pics de concentration atmosphérique et les surfaces de contact cutané sont proportionnels à la quantité impliquée dans le scénario d’accident. de combustion soudaine et d’explosion. Elle est en fait la combinaison des probabilités des étapes successives de l’événement dangereux. C’est même un point d’appui majeur de la prévention. La quantité d’agent chimique présente est un autre facteur déterminant sur le niveau de gravité. La proximité des personnes avec le point de départ du phénomène accidentel est l’un des facteurs les plus influents. La séquence type est alors : E1 (déclencheur) Æ E2 Æ… Æ En (évitement) Æ Dommage Si l’on veut quantifier la probabilité. La même prudence doit être observée pour un scénario de réaction dangereuse. les incendies et les explosions.5. Par contre. une substance classée 4 parce qu’appartenant aux CMR ne générera pas nécessairement de risque mortel à une exposition massive de 5 000 ppm. C’est aussi un aspect qui guide les choix de mesures de prévention. Le paragraphe 2. Pour les réactions dangereuses. l’ampleur des dommages est quasiment exponentielle par rapport aux quantités mises en jeu. Ce nombre est exprimé en puissances de dix. Le niveau de probabilité concerne bien le dommage final et non le fait déclencheur de l’événement dangereux. parce que l’étiquetage ne rend que grossièrement compte de la réactivité. L’agent chimique ne joue que le rôle d’initiateur et n’intervient que rarement sur les dommages finaux.2 a montré la quantité surprenante de scénarios imaginables. le nombre de personnes exposées est un critère important pour la gravité. car il existe toujours une distance qui place les personnes hors d’atteinte des événements dangereux. puisque le rayon d’action de ces deux sinistres est très souvent très large et la zone dangereuse inclut des postes de travail initialement sans rapport avec le poste que l’on estime. le facteur distance est déterminant. Dans les scénarios de projection. d’épandage. ND = 2) peut être fatale si la concentration atteint 5 % dans l’air.3 Estimation des risques intervient. qui n’a pas du tout le même niveau de probabilité. C’est pourquoi chaque cas doit être examiné avec toutes les informations de toxicologie aiguë disponibles.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. La probabilité du dommage envisagé est liée à sa gravité. La gravité d’un incendie ou d’une explosion ne dépend pas beaucoup du niveau de danger. C’est pourquoi il est utile d’estimer l’étendue de la zone dangereuse pour situer le dommage possible lié à la proximité. Il est donc important de bien décrire chaque étape des scénarios retenus. précision suffisante en 151 . Elle l’est d’abord de façon évidente pour les expositions massives. Ceux-ci peuvent être écrits de façon strictement linéaire. Ainsi. De même. comme montré précédemment. une exposition à des vapeurs de substance classée irritante (R38. on retrouve la relation : P (dommage) = P1 ¥ P2 ¥ … ¥ Pn les probabilités étant exprimées en fraction 1/nombre estimé de cycles pour un événement E. m Niveau de probabilité (NP) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. chaque événement n’ayant qu’un précurseur.

ou plusieurs événements pour un précurseur. La probabilité qu’il reçoive du produit est de 1/100 ¥ 1/8 = 1/800. Pour fixer les idées.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. C’est du moins une approximation valable quand les probabilités sont faibles. S’il y avait deux raccords. Le calcul exact est fourni par le théorème de Poincarré : si A ou B provoque E. Un opérateur est présent sous ce tuyau 1 heure sur huit par jour. Le schéma suivant en est un exemple typique : E1 E6 E2 E4 E5 E7 E3 E9 E8 dommage Figure 3. la probabilité serait de 1/400. voici quelques définitions de probabilité proposées par la norme ISO 14121 : Probabilité 10 –1 10 –2 10 –3 10 – 4 10 – 5 10 –6 Définition Fréquent et attendu Possible Inhabituel Isolé.3 – Arbre des défaillances Contrairement aux conventions de l’arbre des causes. Les scénarios peuvent prendre la forme d’un arbre des défaillances quand on envisage plusieurs précurseurs à un événement. les précurseurs multiples d’un événement sont liés par une conjonction « ou » et non pas « et ». rare Envisageable à la limite Improbable. les probabilités s’additionnent1 : P4 = P1 + P2 + P3 et Pdommage = P8 + P9 1. peu vraisemblable EXEMPLE CHIFFRÉ : Un tuyau de produit corrosif a un raccord dont la fréquence de fuite est estimée à 1 jour sur cent. 152 . alors PE = PA + PB – PA ¥ PB. Dans ce cas.3 Estimation des risques pratique.

En ce qui concerne les déclencheurs de type humain. Cela est d’autant plus probable que la technologie est complexe. FDS. 1.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Le cas du scénario d’explosion est particulier parce que l’estimation de la probabilité rejoint la démarche réglementaire qui conduit à définir des zones à risque. de définir les zones à risque en fonction des définitions suivantes1 : – Zone 0 (vapeurs) ou 20 (poussières) : Emplacement où une atmosphère explosive est présente en permanence. Ce scénario est toujours assez simple et peut être schématisé ainsi : Travail avec inflammable ou combustible Émission de vapeurs ou de poussières Mélange avec l’air LIE < C < LSE Atmosphère explosive Source d’ignition Explosion Figure 3. autrement dit les décisions erronées. Le recours à des méthodes telles que celles évoquées au paragraphe 3. études. la réglementation du travail demande. schémas.2.4 est souvent indispensable. pour la prévention des explosions. électrique. sachant que le déclencheur technique n’est pas forcément chimique. la probabilité peut se calculer ainsi : P (explosion) = P (ignition) ¥ P (émission) ¥ P (mélange air) ¥ P (concentration explosive) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Il faut chercher dans l’historique des pannes et incidents. ce qui suppose de s’entourer de toute la documentation nécessaire : plans. La probabilité de l’atmosphère explosive est dans la plupart des cas voisine de celle de l’émission de vapeurs ou d’aérosols. mais très souvent mécanique. La probabilité de présence d’une source d’ignition est comprise comme se trouvant dans l’atmosphère explosive. compte tenu de la lourdeur des calculs de probabilités qui peut décourager. qui n’est qu’une partie du volume occupé par les vapeurs ou l’aérosol. 153 . Or. car la présence d’air et l’atteinte de la concentration critique sont presque inévitables en dehors de toute mesure de prévention.4 – Arbre des causes d’une explosion de vapeurs Les liaisons étant du type « et ». Arrêté du 8 juillet 2003 relatif à la protection des travailleurs susceptibles d’être exposés à une atmosphère explosive. Le premier est le déclencheur. hydraulique ou électronique. La difficulté est d’attribuer une probabilité à chaque événement du scénario. pendant de longues périodes ou fréquemment. rapports.3 Estimation des risques Il faut réserver cette approche quantitative à des scénarios relativement simples. etc. ils ont souvent pour origine un défaut d’information ou de compréhensibilité de celle-ci. qui peut avoir une origine technique ou humaine. notices.

4. multiplication. à savoir : – fonctions mathématiques : addition. Il s’agit des brochures ED 845. m Cotation des risques Une fois les quatre paramètres fondamentaux fixés. Ce facteur a l’avantage d’être quantifiable et donc d’améliorer l’estimation de la probabilité de l’événement considéré. Pour mieux observer l’influence de la formule sur la cotation finale. Pour les incendies. – Zone 2 (vapeurs) ou 22 (poussières) : Emplacement où une atmosphère explosive n’est pas susceptible de se présenter en fonctionnement normal ou n’est que de courte durée. Les possibilités d’évitement dépendent aussi de l’expérience et de la formation des personnes concernées. parmi toutes les variantes décrites au paragraphe 2. Il reste qu’il n’est pas toujours facile de les choisir pour une situation donnée. C’est pourquoi il ne faut pas oublier l’éventualité d’un remplacement de personne dans l’estimation de ce facteur. . Pour cela. il s’agit de présence réelle et non prescrite par un mode opératoire ou un règlement. lumineux ou sonores.4. Quant aux réactions incontrôlées. 1. il y a les moyens d’extinction et les douches de sécurité.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. s’il advient qu’elle se présente néanmoins. il existe des systèmes de blocage de réaction et de refroidissement rapide. il faut appliquer la règle de combinaison que l’on s’est choisie. nous présentons différents tableaux de combinaisons obtenus à partir d’une échelle de 1 à 5 pour les paramètres et montrant la progression du niveau de risque. On peut citer les systèmes de surveillance des installations. polynôme. les systèmes d’alarme. car les écarts observés peuvent être considérables. Là encore. Il faut prendre en compte ensuite tout ce qui permet l’évitement du dommage quand un événement dangereux s’est déclenché. 154 . les protections collectives et individuelles sont intégrées dans l’estimation. – matrice de combinaison. etc. etc. Les variantes permettent par exemple de privilégier l’influence du danger dans le risque chronique ou celle de la gravité dans le risque accidentel. L’INRS a édité des guides qui facilitent ce travail1. la durée cumulée de présence humaine en zone dangereuse est un facteur déterminant de la probabilité du dommage. il y a les disques de rupture. Pour les explosions. et ED 911. ED 944. les panneaux d’expansion. Enfin. Comme pour l’exposition chronique. il ne reste plus qu’à les combiner pour obtenir la cotation finale de chaque risque sur l’échelle définie. en tenant compte de leur efficacité réelle. Ces définitions s’appliquent parfaitement à des niveaux de probabilité.3 Estimation des risques – Zone 1 (vapeurs) ou 21 (poussières) : Emplacement où une atmosphère explosive est susceptible de se présenter occasionnellement en fonctionnement normal. qu’ils soient automatisés ou humains.

alors que le classement des risques paraît plus compréhensible dans une échelle du même ordre que celle des paramètres et sans discontinuité. il est dissymétrique en faveur du ND/NG. On peut se rapprocher de cet objectif en prenant la racine carrée (arrondie à 1 décimale) des fonctions qui utilisent un produit. Ainsi les deux dernières formules deviendraient : 155 . 2 ND/NG 3 4 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 2 ND/NG 3 4 5 4 5 6 5 6 7 6 7 8 7 8 9 8 9 10 2 3 2 3 4 3 4 5 4 5 6 5 6 7 NE/NP 1 1 NR = ND ¥ NE (NR = NG ¥ NP) Le résultat va de 1 à 25 . il est symétrique. avec une discontinuité.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.3 Estimation des risques NE/NP 1 1 NR = ND + NE (ou NG + NP) Le résultat va de 2 à 10 . il est symétrique. 2 4 6 8 10 12 3 5 7 9 11 13 4 6 8 10 12 14 5 7 9 11 13 15 3 5 7 9 11 5 L’inconvénient de ces formules est qu’elles génèrent des échelles finales très étendues. 2 ND/NG 3 4 5 3 4 5 6 8 10 9 12 15 12 16 20 15 20 25 1 2 2 2 4 3 3 6 4 4 8 5 5 10 NE/NP 1 1 ND ¥ 2 + NE (ou NG ¥ 2 + NP) Le résultat va de 3 à 15 .

6 3. il est symétrique. sans décimale. et en particulier éviter les cotations décimales.7 à 3.8 3.6 3.0 4.9 3. comme celle qui suit : NE/NP 1 Matrice sans fonction mathématique.6 3. avec 13 échelons.4 2 1. Le résultat va de 1 à 7.6 3.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.7 2. 1 2 ND/NG 3 4 5 2.5 3.9 4.0 3.4 2.3 3.0 Pour ne garder que les avantages des différentes formules.0 2.0 1.6 4 2.4 2.3 Estimation des risques NE/NP 1 ND × NE (ou NG × NP ) Le résultat va de 1 à 5 .5 4.0 2.0 1. il est dissymétrique en faveur du ND/NG.2 3.2 2 2.2 NE/NP 1 ND × 2 + NE (ou NG × 2 + NP ) Le résultat va de 1.5 3.2 3.0 2. il ne reste plus que la matrice de combinaison.3 3.8 5 2.4 2. Par contre.5 3.5 3. il est dissymétrique en faveur du ND/NG.8 5 2.4 4 2.8 3.9 1.2 3. 1 2 ND/NG 3 4 5 1.2 2. Il n’y a que 7 échelons.7 2.0 3 1.7 3.0 3.9 .0 3.5 5.2 2. il comporte 13 échelons.3 2.4 3 2.7 2. 1 2 ND/NG 3 4 5 2 4 5 3 4 5 4 5 6 5 5 6 5 6 7 1 1 2 1 2 3 2 3 4 2 3 5 3 4 156 .2 3.

vap. Les tableaux suivants synthétisent l’ensemble de ces données. mais ce n’est pas souhaitable. 3.3.2.4 pour le repérage des actions et 3.1. inventoriées aux paragraphes 3. p.4 Enregistrement des données Les données concernant l’estimation des risques doivent s’ajouter à celles qui les caractérisent. dans la version la plus développée. = 8 hPa à 20 ˚C Évaporation Local de séchage Au milieu du local 3 15 min 3 par jour 30 ppm 2 Nausées. m Risque chronique Fonction Action Type Code Paramètre S2-5 C-In Xylène R20 Vapeurs Exemple 1 parmi 3 Agent Phrases R Danger Forme Constantes Mode de dispersion Exposition Zone de dispersion Proximité ND © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Il est en effet plus intéressant de disposer d’une vue d’ensemble de ces deux types de risques. troubles hépatiques 3/7 Durée Estimation Fréquence Concentration NE Dommage Cotation Descriptif Niveau sur échelle 157 . Eb = 139 ˚C .3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Si les échelles de cotation des paramètres sont les mêmes pour les risques chroniques et les risques accidentels.3 Estimation des risques Rappelons que le nombre d’échelons de l’échelle de niveau de risque doit être fonction du nombre de risques élémentaires inventoriés.5 pour l’identification des risques. ils peuvent être mélangés dans le classement général.

Il faut alors enregistrer autant de risques distincts que d’événements dangereux différents. En outre. dans la mesure où un agent chimique est présent. Dans l’exemple précédent. en théorie.3 Estimation des risques Fonction Action Type Code Paramètre S2-5 A-IE Xylène R10 Vapeurs Exemple 1 parmi 5 Agent Phrases Danger Forme Constantes Descriptif Zone dangereuse Eb = 139 ˚C . on peut trouver couramment 4 à 5 risques chimiques distincts. la réalisation d’un inventaire rationnel des risques conduit à créer pour chacun d’eux une fiche signalétique comprenant une quinzaine de rubriques. pour le même risque « A-IE ». on aurait pu inscrire pour l’événement dangereux : « étincelle électrostatique pendant le chargement de l’étuve ».3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques m Risque accidentel 3. pour une action élémentaire ou une phase d’un procédé. Cela fait. zone 2 Local de séchage Panne de ventilation et mise en marche du chariot thermique pendant l’ouverture de l’étuve 15 min 3 par jour Voyant de fonctionnement 1 Décès ou lésions diverses 4 4/7 Événement dangereux Situation dangereuse Durée Fréquence Remarques NP Descriptif Dommage NG Cotation Niveau sur échelle Il n’est pas rare que plusieurs événements dangereux concourent au même type de risque. au même moment. Ainsi. une soixantaine de rubriques à renseigner par action 158 . puisque l’estimation et les mesures de prévention peuvent être différentes. LIE = 1 % Atmosphère explosive.

Dans un premier temps. il s’agit d’éliminer tous ceux qui ont manifestement une importance négligeable. Il est plus logique de classer les actions ou les phases répertoriées en fonction de l’ensemble des risques que chacune présente. Pour ce faire. Il est alors possible de procéder à un classement final de toutes les actions ou phases d’un système étudié par cote de risque décroissante. Ce principe sera exploité dans l’étude de cas du chapitre 6. fixant les priorités du plan de prévention qui reste à établir. 159 . il faut les classer par priorité d’action décroissante. et des risques d’autre part (par exemple. EXEMPLE : Une préparation de peinture comporte un ajout de solvant. tous les éléments nécessaires pour passer à l’évaluation sont disponibles au sens de la norme. permet d’accéder facilement aux précisions utiles en cas de besoin. Le classement des risques par cotation décroissante crée en fait une hiérarchie des actions à risque. regroupant des actions présentant un risque coté dans une des fourchettes préalablement établies. en additionnant simplement les cotations de tous les risques qui leur sont attachés. ce qui est bien le but recherché. action codée P2-3. L’action P2-3 sera cotée 3+1+2+5 = 11.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. L’ensemble du classement gagnera en clarté si l’on adopte des classes de risques. et deux risques accidentels cotés 2 et 5. la cotation brute issue de l’estimation est susceptible de modifications. Plus une action ou une phase présente de risques. Elle présente deux risques chroniques cotés 3 et 1. il est possible d’attribuer une cotation aux actions ou phases. Le classement final est une décision du responsable. À l’issue d’un débat entre tous les acteurs concernés. il se trouve que beaucoup de données se répètent. par exemple de A à F. et compte tenu de la connaissance « de terrain ». 3. d’où l’intérêt d’automatiser partiellement leur saisie avec un outil informatique. Ce classement peut être présenté comme l’illustre le cas fictif présenté dans le tableau ci-après. chroniques et accidentels. l’estimation des risques n’étant pas une science exacte. On trouve nécessairement de nombreux risques sur un niveau donné. et plus la priorité de correction est élevée. Dans la pratique. Le codage des actions qui rappelle l’opération dont elles font partie d’une part. qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’une autre organisation. il est préférable de soumettre le résultat brut à la critique avant de l’entériner. Néanmoins. une première pour l’identification. sachant qu’il faut procéder en deux fois. identifiées par leur code.4 Fixation des priorités d’action À la fin de l’estimation des risques. c’est-à-dire la décision sur la suite à donner à chacun des risques.4 Fixation des priorités d’action ou phase. alors qu’elles en comportent presque toujours plusieurs. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. plus son niveau de risque est élevé. C21 ou A32). Mais il serait absurde de ne s’intéresser qu’à un seul risque des actions désignées. Cette priorité est normalement donnée par la cotation établie selon la procédure exposée au chapitre précédent. Ensuite. et une seconde pour l’estimation.

le travail.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. rappelons-le. il est possible de déterminer lequel est le moins dangereux. La recherche de solutions pour supprimer ou réduire les risques constatés constituera la première phase du plan d’action décrit dans le chapitre Pratique de la prévention des risques ci-après. établi pour l’unité de travail choisie au départ. des sous-ensembles de l’unité peuvent être extraits et comparés entre eux. 160 . qui doit faire l’objet d’un rapport de synthèse. En additionnant tous les niveaux de risques de chacun de ces procédés. Par contre. les expositions ou les situations dangereuses. ce qui nécessite de refaire l’évaluation chaque fois qu’une modification intervient concernant les dangers. comme exposé au paragraphe 3. et ne peut être comparé à un autre classement fait sur une unité différente. C’est ainsi que se termine l’étape d’évaluation des risques chimiques. 4121-1 du Code du travail demande à l’employeur de transcrire et de mettre à jour les résultats de l’évaluation des risques dans un document unique comportant « un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement ». d’autre part rédiger le document unique exigé par la réglementation1. L’article R.1. Les données de ce rapport doivent bien sûr être tenues à jour. Le rapport d’évaluation à jour sert de point de départ pour d’une part préparer le plan de prévention.4 Fixation des priorités d’action Code action P2-3 Risque chronique In Co In C25 C26 C51 C52 C13 C14 C45 C46 C47 C8 C9 C32 C33 Cotation 3 1 4 3 2 2 4 3 1 3 2 3 2 Risque accidentel In IE Re A27 A28 A53 Cotation 2 Priorité Classe 11 5 A 3 10 Co In IE A15 4 8 Co In R1-4 M3-5 R1-2 Co Tg Co 8 B Re A10 2 7 M2-1 Tg P2-5 R1-2 In In IE In A34 A35 4 3 7 5 C Ce classement est. comme deux procédés inclus dans la même évaluation globale. 1.

2.1. ce qui revient à agir sur les composantes du risque. La modélisation avait conduit à définir 3 ou 4 composantes du risque selon son type. La première consiste à lister toutes les solutions imaginables. 161 . L’idéal est bien sûr la suppression totale d’une ou plusieurs composantes mais. chronique ou accidentel. suivant le tableau suivant : Processus chronique Danger Exposition Événement dangereux Dommage Dommage Processus accidentel Danger Situation dangereuse © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. c’est-à-dire de respecter l’ordre de priorité suivant : – l’agent chimique dangereux .4 • PRATIQUE DE LA PRÉVENTION DES RISQUES 4. Article L. – le dommage. le plus souvent.1 Objectifs de prévention Pour chaque risque qui a été identifié et caractérisé. – l’exposition . mais en plus concis et plus structuré. – la situation dangereuse . Il est donc nécessaire de toutes les traiter. sachant que l’efficacité exige de commencer toujours en amont. La prévention consiste simplement à bloquer le mécanisme qui conduit au dommage. La seconde comporte la sélection des mesures de prévention les mieux adaptées selon les critères définis. Il est important de s’y référer dans toutes les solutions proposées pour ne pas perdre de vue leur hiérarchie d’efficacité. en suivant strictement la méthodologie issue de la modélisation exposée au paragraphe 2. 4121-2 du Code du travail. Cette liste constitue les objectifs de prévention. il ne sera possible que de réduire leur importance. Elle résume en fait les principes généraux de prévention figurant dans la réglementation1. la recherche des mesures de prévention va se faire en deux étapes. – l’événement dangereux . 1.

Par exemple. on peut remplacer une application de peinture par un traitement de surface. Voici quelques-uns des moyens types les plus efficaces : 4.4 • Pratique de la prévention des risques 4. sans que l’on pense à supprimer le produit ! Une substitution doit s’accompagner d’une nouvelle évaluation des risques concernés. exemple classique du déplacement de risque. Il est souvent illusoire de vouloir établir de telles listes. Il est parfois possible d’atteindre ce but par un changement de procédé. comme en passant d’un milieu solvanté à un milieu aqueux. Toutefois.2 Recherche des mesures possibles Le principe est de rechercher. Ainsi. parce qu’elles devraient être immenses. voire sur la voie de synthèse complète. mais aussi en changeant de famille. La baisse de niveau de danger obtenue peut soit introduire un nouveau danger. Une réévaluation aurait bien montré que le niveau de risque 162 . ou une impression à l’encre par une impression thermique. pour un risque donné. de remplacer le produit dangereux par un autre produit moins dangereux. Pour des produits dits d’application. C’est cette idée qui constitue la méthode idéale de substitution. Il est possible. dont la substitution était devenue obligatoire. Ce remplacement. à défaut de suppression. voire pas d’impression si la communication se dématérialise. le remplacement d’un solvant chloré par un hydrocarbure crée un risque d’incendie-explosion.1 Action sur l’agent chimique dangereux La première solution est la suppression. car il y en a autant que de situations particulières. Cette démarche. En effet. ou produit. sauf exception. peut se faire dans la même famille chimique. appelé aussi substitution. Il arrive aussi que le besoin précis d’un produit disparaisse au cours de l’évolution d’un procédé. soit générer une nouvelle exposition. Par exemple.2. ce n’est pas un produit que l’on doit remplacer. Ce changement peut porter sur le schéma réactionnel d’un stade de synthèse dans l’industrie chimique. Il n’est pas possible d’énumérer tous ces moyens. tous les moyens susceptibles d’atteindre les différents objectifs de prévention. Il est évident que cette solution est lourde à mettre au point. Cela s’est vu particulièrement pour l’amiante. qu’il faut toutefois envisager.2 Recherche des mesures possibles 4. indispensable. Mais. conduit souvent à remettre en cause le procédé. Définir clairement et complètement la fonction recherchée dans l’utilisation d’un produit donné n’est pas si simple. Il est arrivé que l’on puisse supprimer le dégraissage par la suppression du graissage. Les personnes confrontées au problème de la substitution sont souvent à la recherche d’une liste de produits de « remplacement ». mais une fonction. dans l’ordre précisé ci-dessus. comme un changement de solvant. dans un but précis. car la fonction d’un produit répond à un problème posé en amont et en aval d’un process. en référence au niveau de danger attribué. il s’avère que des types de moyens sont récurrents. le changement peut consister à passer à une solution physique. un dégraissage de pièces mécaniques répond à un graissage antérieur de ces pièces. cet agent est utilisé. Elle ne peut raisonnablement intervenir qu’au stade de la recherche ou du développement.

163 . Si c’est une explosion. d’autre part la surveillance et le contrôle à distance. c’est celle de l’action exposante et non de l’agent chimique. Sa suppression exige donc d’empêcher l’explosivité. 4. Si c’est un incendie. soit éliminer l’oxygène par un inertage. Nous avons vu que l’atmosphère explosive est un cas particulier de situation dangereuse. Ce principe est déjà bien développé dans l’industrie chimique. Enfin. un écran permet de l’arrêter.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Confiner la zone dangereuse consiste notamment à installer des protecteurs. le plus simple est souvent de placer cet espace en dehors de toute voie de circulation et tout poste de travail. soit éliminer la concentration critique par dilution des vapeurs ou des poussières. La première solution se concrétise par la création de locaux ou d’espaces hors de toute activité humaine. Il est surtout important de supprimer le besoin de pénétrer dans la zone dangereuse. La supprimer consiste à empêcher cette intrusion. malgré son intérêt. les déchets représentent un cas particulier. Par contre. il est parfois possible de supprimer complètement cette phase. mais devrait l’être davantage dans les autres industries et métiers.4. le confinement est obtenu par des parois résistantes au feu. On obtient ainsi une suppression de risque équivalente à celle de l’agent chimique. sans supprimer l’agent chimique. conçus en fonction du phénomène dangereux.2 Recherche des mesures possibles avait augmenté. Deux moyens sont possibles : maintenir les personnes hors de la zone dangereuse ou confiner la zone dangereuse en la rendant inaccessible. Dans ce cas. un danger ne génère de risque qu’à l’occasion d’une action humaine ou d’une phase de procédé exposant à un effet chronique ou accidentel. Il existe aussi une forme de suppression peu souvent évoquée. c’est-à-dire par télécommande. Pour cela. car il est possible dans certains cas de réduire leur niveau de danger par un traitement physique ou chimique approprié. du moins en fonctionnement normal. la situation dangereuse reste à l’intérieur des grilles. Ce principe vaut particulièrement pour le stockage des produits chimiques. Ce principe est exploité dans la conception du matériel dit « anti-déflagrant ». Si l’événement redouté est une projection. En effet. Cette opération est appelée détoxication et fait l’objet du paragraphe 5. Une situation dangereuse est créée par une intrusion humaine en zone dangereuse. l’onde de choc et les projections peuvent être canalisées vers une sortie sans risque ou arrêtées par des grilles.2. en ventilant au point d’émission.2 Action sur la situation dangereuse © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Il n’est une solution que si l’on est certain que l’explosion ne produira aucun dégât ou dommage à l’extérieur. un captage de forme et de débit adéquats l’élimine à sa source. à une distance tenant compte de l’étendue de la zone dangereuse. Par une adaptation du procédé. On peut soit éliminer le combustible par une substitution. comme l’attestent les nombreux accidents qui ont suivi ce genre de substitution. Si c’est une émission massive. le confinement n’est pas une bonne solution dans la mesure où il n’empêche pas l’explosion à l’intérieur.5. On peut aussi se doter de moyens techniques pour effectuer d’une part toutes les interventions prévisibles à distance. Un tel espace doit être protégé par de la signalétique et des dispositifs d’autorisation d’accès.

4 • Pratique de la prévention des risques 4. les ventilations de secours. ou toute autre méthode similaire évoquée au paragraphe 3. la réduction de probabilité d’un événement dangereux à un niveau négligeable supprime de fait la situation dangereuse qui en dépend. logique pour un volume confiné avec accès des personnes. Pour ce faire. illustré par l’étude de cas n˚ 1 du paragraphe 2. à la formation des individus. 4. L’élimination complète de la première fuite.2. et très utilisée. Les scénarios de réaction chimique intempestive sont nombreux. les procédures de fonctionnement.2 Recherche des mesures possibles Les situations dangereuses liées à des réactions chimiques susceptibles de perte de contrôle sont réduites par les deux catégories de mesures précédentes. Parmi tous les moyens possibles pour interrompre l’événement. Par définition. aux modes opératoires. Celles qui sont issues d’un risque de mélange de produits réactifs entre eux sont réduites par le principe d’éloignement de ces réactifs ou de leur confinement complet. Ce point est développé au paragraphe 5. de même qu’une puissante ventilation permanente.5. on peut citer la ligne de canalisation fixe et unique entre le point de stockage et le point d’utilisation.4. citons simplement les capacités de rétention. tant les scénarios sont variés. à la maintenance préventive. car les limites d’efficacité des consignes et procédures sont bien connues. Toutefois.2. soit interrompu avant qu’il ne génère le dommage final. à la conception des installations. il s’agit de repérer où de telles erreurs sont possibles et de les rendre impossibles par une mesure matérielle. l’événement dangereux est l’ignition. les protections individuelles. Un contrôle rapide et systématique du réactif à la livraison est une mesure très efficace. Dans un process plus complexe. Le deuxième scénario. C’est pourquoi la prévention des explosions repose en grande partie. dès qu’elle est constatée. sur la suppression des sources d’ignition.2. L’exemple le plus clair est celui de l’atmosphère explosive. en dehors des mesures de suppression de l’atmosphère explosive. pour enrayer le déroulement d’accidents souvent très graves. 164 . Cela est dû notamment à la facilité de formation de l’électricité statique et à la probabilité jamais nulle d’une erreur humaine. Il faut donc d’abord essayer de réduire la probabilité de survenue de l’événement déclencheur en agissant sur sa cause. les dispositifs d’extinction automatique. Le premier. un événement dangereux peut être soit supprimé en rendant son déclencheur impossible. Il est difficile de proposer des listes de mesures. Dans ce cas. etc.2. est celui de l’erreur sur l’identité d’un réactif. mais toute méthode de résolution de problèmes est la bienvenue.3 Action sur l’événement dangereux Étant constitué d’une suite de faits qui s’enchaînent. est aussi efficace. l’étude des modes de défaillances.5. qui peut être liée à la qualité des équipements. etc. est celui de fuites successives atteignant une même capacité et permettant ainsi la réaction de deux produits réactifs. illustré par l’exemple n˚ 2 du paragraphe 2. L’existence de capacités de rétention distinctes et séparées pour ces réactifs est suffisante pour bloquer l’événement. est un préalable indispensable. Comme exemple de mesure matérielle.2. l’expérience montre que cette suppression ne peut jamais être complète.4. L’interruption du cours de l’événement dangereux avant le dommage consiste à rendre impossible une ou plusieurs de ses étapes. mais trois d’entre eux ont une fréquence supérieure à la moyenne.

c’est pourquoi cela exige une compétence particulière. mais la seule solution pour l’arrêter est le confinement. Pour diverses raisons. ou leur toxicité. dans un espace qui est d’autant plus étendu qu’elles sont fines. par se déposer dans l’environnement. mais toujours le résultat d’une action mécanique volontaire sur un produit solide ou pulvérulent.2. quelquefois longtemps après le mélange. d’éliminer leur réactivité. car la formation d’un aérosol solide n’est pas spontanée. La prévention d’une telle exposition repose alors d’abord sur la suppression. comme pour la substitution des produits. c’est-à-dire qu’ils seront placés séparément en stockage provisoire. du sciage. de cette action mécanique. C’est donc un moyen très efficace pour éviter ou réduire leur 165 . Toutefois. etc. capable de provoquer des réactions violentes avec émanations toxiques. du transvasement. à l’aide d’un aspirateur par exemple. qui n’est souvent pas aussi bien maîtrisée qu’il le faudrait. elles sont difficiles à éliminer puisqu’il faut les remettre en suspension. Si le contact est respiratoire. le confinement. Il y a beaucoup de paramètres en jeu pour réaliser un captage efficace. si elles ne sont pas captées. Les poussières présentent une nuisance supérieure aux vapeurs en ce sens qu’elles finissent. Le cas des poussières est différent. En pratique.2 Recherche des mesures possibles Le troisième scénario est celui des mélanges de déchets chimiques dans un récipient commun. comme celui du ponçage. Éviter cette action revient à changer de procédé. c’est une des mesures les plus répandues pour l’exposition respiratoire.4 Action sur l’exposition © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. En réduisant la température de travail. par exemple pour une mise en peinture manuelle ou un nettoyage de surface avec un produit solvanté. l’humidification permet de les agglomérer et de supprimer toute volatilité. en dépit des contraintes qu’elle induit. tout en maintenant le procédé. ou la réduction. son importance étant liée à sa pression de vapeur. Après quoi ils pourront être regroupés dans des récipients communs. C’est le principe quasi universel du vase clos.4 • Pratique de la prévention des risques 4. En pratique. dans des récipients adaptés et pourvus d’un étiquetage réglementaire. on limite un peu cette pression. c’est assez difficile puisque l’action mécanique a un but utile. Mais il n’est pas toujours possible de l’appliquer. Ensuite. un captage ne peut être total et son efficacité doit être évaluée avant de le sélectionner. Ce captage est réalisé par un courant d’air induit par un système de ventilation mécanique. ce qui demande des études et des délais. offre un bon compromis en supprimant la dispersion dans l’espace de travail. Il s’avère que ce que l’on appelle trop vite « déchet » reste souvent un réactif. il convient. dans la mesure du possible. 4. où elles n’ont pas de contact avec l’homme. La prévention de tels mélanges dangereux est d’abord de considérer ces résidus comme tous les agents chimiques. quand il est possible. La solution suivante consiste à éliminer les vapeurs ou les poussières au fur et à mesure qu’elles se forment. La prévention des expositions consiste à empêcher le contact humain avec l’agent chimique présent normalement au poste de travail. la première solution est de supprimer ou de réduire la dispersion dans l’air des vapeurs ou des poussières. Cela suppose de les conduire « ailleurs ». par famille de produits compatibles entre eux. Une fois déposées. par un traitement chimique. L’émission de vapeurs par un liquide est inévitable à l’air libre. Là encore. dont nous reparlerons beaucoup.

Ainsi. Leur point commun est l’aspect manuel et ne concerne que des produits d’application. mais après avoir réduit les émissions au minimum. Dans ce cas. La prévention des contacts cutanés peut aussi trouver sa solution dans un changement de procédé.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Cette imprégnation préalable ne doit pas être confondue avec celle qui vise à laisser le matériau en place après une polymérisation solide. ce qui rend le risque moins perceptible. la solution passe par la technique. ou que l’agent chimique ne puisse atteindre la peau. Le contact provient souvent d’une manipulation d’objets ou d’outils avec un produit liquide. une pelle. qui n’a qu’un champ d’application limité. Elle consiste à appliquer une préparation liquide capable de pénétrer le matériau ou l’objet à cœur et de lier les fibres de façon à supprimer leur volatilité. Dès que ces techniques prennent une ampleur industrielle. sur un pinceau.3. consistant à éliminer l’application des produits. On le réalise en humidifiant déjà le solide à partir duquel elles se forment. selon les situations. pose un problème différent. comme l’encollage et le dégraissage. La prévention consiste donc à n’utiliser les produits que par l’intermédiaire d’un outil ou d’un équipement le plus clos possible. que l’opérateur n’ait pas besoin de toucher l’agent chimique. Le retrait de matériaux ou d’objets (principalement des joints) contenant des produits dangereux tels que l’amiante ou le plomb. une spatule. ce qui réduit fortement les contacts homme-produit. Il s’agit en fait de la répétition de gestes issus du domaine domestique ou artisanal. solide ou pâteux. la commercialisation de produits en petites doses ou cartouches permet d’éviter de prélever dans un fût. ou même en prolongeant celui qui existait. C’est ainsi que l’on a vu le masticage remplacé par la pose d’un joint préformé en élastomère. ces moyens n’existent pas souvent pour des applications d’importance limitée. C’est le principe du travail « à l’humide ». souvent en surface. toutes les mesures applicables à l’exposition respiratoire réduisent aussi ce type de contact.2 Recherche des mesures possibles formation. puisqu’il n’y a pas de valeur ajoutée directe. Ils se développent néanmoins et il faut assurer une veille technologique pour repérer ces nouveaux outils. D’autres activités induisent les mêmes types d’expositions. Mais l’élimination d’un contact trouve parfois sa solution dans la confection d’un outil très simple. Il faut aussi chercher du côté des traitements de surface intégrés à la fabrication des objets ou structures à traiter. Dans ce cas. Le retrait ressemble alors à celui d’une pâte. le contact cutané est possible sans que les voies respiratoires soient exposées. La suppression ou la réduction des expositions par contact cutané demande. le travail à l’humide est possible. etc. en enveloppant la zone de formation dans un brouillard d’eau et en les recueillant ou en les ramassant avec de l’eau. Nous avons vu qu’une partie des contacts cutanés est due au dépôt d’un aérosol liquide ou solide sur la peau. une brosse. comme le demande l’artisanat par exemple. mais la technique d’imprégnation est encore plus efficace. le travail est mécanisé. 166 . Toutefois si la zone de dispersion est très limitée. Pour ce faire. Ce point est développé au paragraphe 5. le confinement et le captage à la source sont évidemment recommandés. que l’on pratique dans un unique but d’assainissement. qu’il s’agisse de bâtiment ou d’objets. Des opérateurs ont réussi par exemple en adaptant un manche à un outil existant. Dans la première hypothèse. L’exemple le plus banal est celui de la peinture. Malheureusement.

Sans rien changer dans le poste de travail. – s’échapper par une issue de secours . Il n’est raisonnable de l’envisager que pour des actions courtes et exceptionnelles. on peut éviter le pire.5 Action sur le dommage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Elle a l’avantage d’être tout de suite disponible et peu coûteuse.3.4 • Pratique de la prévention des risques 4. – … Toutes ces actions ne sont possibles que si les équipements correspondants sont disponibles. En agissant sur ces deux points. Bien choisie et bien portée. – issues de secours judicieusement placées et dégagées. sur la cause pour la neutraliser. – porter les premiers secours (ventilation. – articles de soins d’urgence. Réduire la gravité du dommage accidentel. 4. Ce n’est d’ailleurs pas exactement de la prévention puisque ce type de mesure n’agit qu’après l’apparition du dommage. lave-œil et douchettes de sécurité. – mettre en marche une puissante ventilation de secours . si ce n’est par la suppression de l’exposition et dans la mesure où le dommage est réversible. Pour les expositions chroniques. Mais il est assimilable aux autres mesures parce qu’il doit être mis en place précocement. En voici une liste type : – tous types d’extincteurs de première intervention . la gravité du dommage ne dépend que des paramètres de l’exposition. – tous types d’EPI adaptés aux risques les plus probables . surtout sur les vêtements . – se munir d’une protection respiratoire dès le départ d’une émission volatile massive . Mais ses inconvénients ne manquent pas : l’agent chimique dangereux reste présent dans l’environnement de travail et son efficacité dépend totalement de la volonté de la personne à la porter. Par exemple : – éteindre un incendie naissant. voire minutes. elle peut assurer une protection très efficace. Ces mesures techniques ne sont vraiment efficaces que si elles sont accompagnées des mesures organisationnelles suivantes : – formation du personnel à la lutte contre le feu. La technique des équipements de protection individuelle (EPI) est exposée au paragraphe 4. alimentées en eau propre et tempérée . – douches. La gravité d’un dommage est fonction de l’intensité et de la durée du fait générateur. à démarrage automatique et manuel . – se doucher après une aspersion de liquide corrosif . – administrer un traitement curatif d’urgence.2. La réduction de gravité d’un dommage qui se produit malgré tout est la dernière des mesures que l’on peut prendre en prévention des accidents. au port des EPI et au secourisme . oxygénation. 167 . Il n’est donc plus possible de la réduire quand le dommage apparaît. c’est intervenir dans les premières secondes. ou en redondance des mesures techniques listées précédemment. Ce type de mesure vise donc essentiellement le dommage issu d’un accident. local ou général . conservés en bon état et accessibles .…) .11. – ventilation de secours placée dans les zones à risque.2 Recherche des mesures possibles La dernière possibilité de réduction d’une exposition respiratoire ou cutanée reste la protection individuelle. elle se présente comme une barrière empêchant les agents chimiques d’atteindre le corps humain.

des douches et lave-œil. La première étape est d’estimer les risques qu’il génère selon la procédure établie. – facilité d’évaporation . – aptitude à décaper un support . lesquelles réduisent la probabilité des accidents.1 La substitution La substitution d’un agent chimique par un produit ou un procédé moins dangereux doit être tentée systématiquement au début de la recherche des mesures de prévention.4 • Pratique de la prévention des risques 4. – potentiel redox . – pouvoir lubrifiant . – pouvoir abrasif .3 Les familles de mesures La méthode de recherche des mesures par action sur les composantes du risque fournit des principes généraux. Voici une liste indicative de propriétés attachées à un produit chimique : – structure à inclure dans une synthèse chimique . surtout si elle est assurée par un travail collectif des personnes concernées par les risques identifiés. Avec les EPI. 168 . Ces mesures n’agissent qu’à un stade critique de l’événement dangereux . Ensuite il faut définir précisément les fonctions qu’il remplit. l’expérience de la prévention apportant un savoir-faire qui évite les tentatives infructueuses. – viscosité particulière . – organisation des secours incendie et accidents graves avec les services compétents. 4. – effet tampon sur le pH . – vérification périodique des extincteurs. car il est rare qu’un produit ait un remplaçant équivalent.3 Les familles de mesures – exercices réguliers d’évacuation et d’intervention d’urgence .3. – réactivité spécifique pour une réaction chimique . – solvant spécifique d’une réaction chimique . – pouvoir solvant d’autres composés ou matières . – aptitude à ne pas attaquer un support . – élément chimique nécessaire . des ventilations . elles s’imposent en redondance de toutes les mesures techniques et organisationnelles issues de l’approche logique exposée précédemment. 4. Néanmoins. Cette étape est en général la plus facile. notamment le médecin du travail. – stabilité à la température . elles ne sauraient donc assurer seules la sécurité. – aptitude à dégraisser une famille de produits . nous avons réuni ci-après quelques informations dans ce sens. Les propositions de solutions techniques sont abondantes à partir du moment où le problème a été bien posé. il faut suivre un cheminement logique. Pour cela. Ils doivent être ensuite concrétisés au cas par cas. – pouvoir gélifiant . – aptitude à dissoudre un dépôt .

la substitution conduit à une modification de procédé ou de conception. Généralement. Évidemment. Toutefois. 4. 169 . colorant solide. dont les diverses propriétés lui conféraient un large champ d’applications : résistance aux hautes températures. mais il génère des effluents liquides très polluants dont le traitement peut s’avérer problématique. pénétration percutanée . L’expérience montre qu’un risque de niveau équivalent. aussi bien sur le plan environnemental que sanitaire. tant que l’on n’a pas une vision globale du problème. in fine. peut être beaucoup plus facile à maîtriser. Ces hypothèses sont alors soumises à expérimentation et validées ou pas. remplacer un produit solvanté par un produit aqueux permet. antibactérien .3 Les familles de mesures – – – – – – – – – – pouvoir antioxydant . …. elle n’est possible que par une modification du procédé.3. c’est pourquoi son remplacement n’est souvent possible que par plusieurs autres produits. structure fibreuse intéressante en matériaux composites. Il faut ensuite jeter un regard critique sur les fonctions réellement indispensables. ce qu’on appelle aussi analyse de la valeur. comme dans le cas de la substitution. non-inflammabilité . Une fois bien cernées les propriétés à rechercher. pouvoir isolant. Une ou plusieurs solutions peuvent alors se faire jour.2 La suppression de la phase exposante Cette solution est très efficace. mais d’un type différent. qui seront employés soit en mélange. combustible spécifique . un produit est utilisé pour plusieurs de ses propriétés. Attention. générateur de goût . liquide . car elle revient à supprimer l’agent chimique dangereux pendant une action ou une phase de l’activité. C’est une mesure à envisager systématiquement après la suppression ou la substitution de l’agent chimique. pouvoir oxydant . ce qui conduit bien. voire plus élevé. soit successivement. de supprimer les émissions de vapeurs et le risque incendieexplosion. etc. Ce constat vaut par exemple pour l’amiante. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La dernière étape est de refaire l’estimation des risques liés à la solution envisagée et de la comparer avec l’initiale. Toutes les solutions de substitution qui sont apparues pour ce matériau ne reprennent souvent qu’une seule propriété. Dans presque tous les cas. à un risque résiduel nettement plus faible. l’inverse est aussi vrai ! Ainsi. générateur d’odeur spécifique . Des centaines d’autres propriétés pourraient être décrites. il ne faut jamais renoncer prématurément à une solution. Les exemples suivants en illustrent le principe. dont elle est le prolongement. certes. il est possible de trouver nombre d’hypothèses de remplacement respectant ce cahier des charges.4 • Pratique de la prévention des risques 4. ce qui nécessite d’examiner l’amont et l’aval de l’utilisation du produit. qui doit être validé.

prélevé et pesé. à proximité d’une balance. Les pesées se faisaient dans un seau posé sur une balance et rempli avec une pelle qui puisait dans les emballages d’origine. À l’occasion du changement de mélangeur. pour consommer un fût entier de produit C. Les actions de peser et de verser les seaux étaient très exposantes. ou à un nombre entier d’emballages. Avant de chercher un dispositif de protection. en raison des inconvénients inhérents à cette technique. La tentation de supprimer la dernière pesée était forte. À cette condition. Cette action demande en général de placer un emballage. de l’ouvrir. Ayant renoncé à l’idée de renforcer le captage des poussières. EXEMPLE 1 : Une entreprise commercialisait un produit de traitement du bois dont la fabrication incluait un mélange de trois composants pulvérulents. Si cela est possible. un équipement de captage de poussières performant a été intégré. la sécurité et le temps de main-d’œuvre. elle est arrivée à la conclusion qu’il fallait un mélangeur plus grand pour ne faire qu’un mélange avec le contenu du fût de produit C. le gain portera à la fois sur la santé. en remplissant directement le mélangeur avec : – 1 fût de produit C. – 1 ajout de 10 kg de produit A. pourtant très simple. soit 100 kg . m Humidification des poudres Beaucoup de produits chimiques sont disponibles à l’état pulvérulent. les 30 pesées étaient réduites à une seule.3 Les familles de mesures La pesée de produits pulvérulents est une action exposante très classique dans beaucoup de domaines. plus ou moins volatile en fonction de la granulométrie. soit 300 kg . fût ou sac. ce qui fut fait après validation de la nouvelle composition. Celle-ci était d’environ 50 kg. l’entreprise s’est donné le temps de revoir le process. – 6 sacs de produit B. pourquoi ne pas supprimer la pesée ? Cela est possible en s’arrangeant pour que les quantités de produit engagées correspondent à un emballage complet. soit 120 kg . et a réalisé un seul mélange par campagne.4 • Pratique de la prévention des risques m Suppression des pesées 4. Il faut alors soit modifier l’unité opératoire. – 1 fût de produit A. soit environ le contenu d’un fût carton. Avec les conseils d’un fournisseur de mélangeurs. Cette opération était répétée 10 fois par campagne de fabrication. de prélever le produit avec une pelle. malgré un captage localisé. L’entreprise a effectivement installé un mélangeur de 500 kg de capacité. L’opération commençait par la pesée des produits en quantités correspondant à la capacité du mélangeur. mais leur utilisation ultérieure demande parfois de leur ajouter de l’eau. Le mouvement de poudre génère de la poussière. Les proportions indiquées par le mode opératoire étaient les suivantes : Produit A B C Emballage livré Fût métal Sac plastique Fût métal Contenu 100 kg 50 kg 120 kg Poids prélevé 11 kg 30 kg 12 kg Les différents seaux étaient ensuite versés dans le mélangeur. soit le type de conditionnement disponible. pour la phase de remplissage. tous classés toxiques. L’exemple le plus 170 . ou de verser l’emballage dans un autre contenant placé sur la balance.

4. L’incertitude portait sur la stabilité physique et chimique de la pâte. C’est moins simple en pratique puisqu’il faut d’abord pouvoir estimer. qu’ils soient inflammables ou non. enduits. qui contiennent l’eau indispensable à leur application. sous forme vapeurs. L’éloignement comme mesure de prévention s’applique de préférence à toute menace de projection. mais aussi du risque lié aux stockages importants.4 • Pratique de la prévention des risques 4. l’éloignement est une réponse très sûre. et un produit fini prêt à l’emploi. cette zone dangereuse. La recommandation la plus fréquente est de maintenir un écart de 10 mètres. solide ou liquide. Il ne faut pas perdre de vue qu’un incendie peut se déclencher dans un atelier chimique. il n’est pas raisonnable de vouloir se tenir à une distance suffisante pour éviter tout contact. C’est aussi un moyen de traiter les émissions de poussières générées par des opérations mécaniques telles que ponçage. À l’usage. avec une pesée automatique. puisque l’on trouve toutes sortes de joints.3 L’éloignement © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Si cette menace est bien localisée. sciage ou tronçonnage de pierre. Le risque d’incendie prend toujours une gravité particulière en présence de produits chimiques. donc directement dans le mélangeur. outre le gain sur la santé. puisque la sortie du mélange pulvérulent du mélangeur et son conditionnement en fûts restaient une source d’émission importante de poussières toxiques. C’est donc une mesure quasi obligatoire en présence d’un risque d’incendie ou d’explosion. poussières ou aérosol. le procédé a donc été aménagé dans ce but. EXEMPLE 2 : Il s’agit de la suite de l’exemple 1. le mélange à l’état humide s’est révélé plus homogène et le conditionnement plus aisé. Cela rendrait le travail impossible et ne résoudrait pas le problème de la pollution environnementale. il faut évidemment proportionner l’éloignement à la quantité de produits chimiques dangereux présents. mais il n’est pas toujours facile à respecter dans de petites entités. Ce n’est qu’un repère. Le bon sens veut qu’il suffise d’éviter ce recoupement pour supprimer le risque. qu’elle soit chronique ou accidentelle. La meilleure solution pour empêcher toute exportation ou importation d’incendie est d’isoler tout local contenant des produits chimiques du reste d’un établissement. En outre. Plusieurs cas de figure sont à distinguer. Il y a heureusement d’autres solutions plus simples. En présence d’une dispersion d’agent chimique. Cette stabilité s’étant avérée très satisfaisante. En pratique. la sécurité et l’environnement. Il faut alors se demander s’il n’est pas possible d’incorporer l’eau plus tôt dans le procédé. Mais quand le point de départ des projections est imprévisible ou multiple. Ce principe général de travail « à l’humide » est illustré par l’exemple suivant. En effet.3 Les familles de mesures banal est celui du ciment. Cette idée est déjà exploitée dans la distribution au grand public. il est aussi plus facile d’avoir recours au confinement. En prenant conscience que ce mélange était en fait utilisé sous forme de pâte. il s’est finalement montré porteur d’améliorations considérables.3. mais peut aussi provenir de n’importe où et venir menacer les produits chimiques. ce qui supprime radicalement les poussières. l’entreprise a essayé d’ajouter l’eau au moment du mélange de poudres. préparée par ajout d’un peu d’eau juste avant l’emploi. Tout risque naît du recoupement de l’activité humaine avec une zone dangereuse créée par un agent chimique. colles « prêts à l’emploi ». même grossièrement. la conception du bâtiment et la qualité des matériaux 171 .

1. comme le montre le diagramme présenté dans la figure 4. ED 5005. Ce qui nous intéresse. Mais il n’est pas évident de savoir quelle distance est suffisante pour être hors de portée d’une fuite. h = hauteur du point de fuite . g = accélération de la pesanteur = 10 m/s2 . Pour que le calcul reste simple. le jet décrit en théorie une parabole avant d’atteindre le sol à une certaine distance de son point de départ. 172 .3. Il est intéressant de connaître cette distance théorique. La simple pression hydrostatique est déjà suffisante pour provoquer des petits jets pouvant atteindre un visage. La portée d’un jet de liquide sortant d’un orifice est régie par des lois hydrodynamiques. en particulier la loi de Bernoulli. À sa sortie. Même un goutte-à-goutte provenant d’une fuite en hauteur peut causer des brûlures chimiques.8. mais avec plus de sévérité. Les autres mesures sont présentées au paragraphe 4.5 à 1 . La documentation1 et la réglementation2 sont abondantes sur ce sujet. c’est la distance du point d’impact au sol du jet par rapport à la cuve.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Le risque de projection. parce que les dommages ne sont pas souvent très graves. k = coefficient fonction de la forme du trou et de la viscosité . La mesure la plus simple est donc d’éloigner les récipients et canalisations en charge de tout poste de travail ou de toute circulation quand le mode opératoire ne l’exige pas. jouent un rôle tout aussi déterminant sur l’importation ou l’exportation d’un feu. il varie de 0. Autres brochures plus complètes : Incendie et lieux de travail. Voir le document INRS TJ 20 : Prévention des incendies sur les lieux de travail. D’ailleurs. 1. notamment leur résistance au feu. Les projections sont de deux types. qui constituera un maximum.3 Les familles de mesures employés. H = hauteur du liquide dans la cuve. qui ne dépend que de sa vitesse initiale et de sa hauteur au-dessus du sol. La formule qui donne cette distance théorique est : d = 2 h(H – h) d = distance du point de chute au pied de la cuve . alors qu’ils sont assez fréquents. comme le suggèrent la soudaineté et la portée du phénomène. L’INRS propose un document synthétique permettant de trouver d’autres références : Incendie et lieux de travail. Le risque d’explosion impose tout autant l’obligation d’éloignement du local. qui donne la vitesse d’écoulement en fonction de la pression et de la section du trou : V = k 2gh V = vitesse en m/s . est en général davantage ignoré. en particulier de liquide. il faut supposer un orifice horizontal sur une paroi verticale d’un récipient rempli d’eau. Le premier type regroupe toutes les sorties de liquides poussés par une pression. h = pression intérieure exprimée en hauteur d’eau (m). Prévention et lutte contre le feu (ED 990) 2. la gravité du dommage exclut que l’éloignement soit la seule mesure de prévention. Les courbes décrites par le jet dépendent de la hauteur du point de fuite.

00 12. Pour illustrer la sévérité de ce principe.00 4. ces calculs ne valent que pour des pressions hydrostatiques.00 10.3 Les familles de mesures 10. Mais si les 173 . Nous verrons que cette règle a des conséquences importantes dans le cas du stockage et de la conception des capacités de rétention en particulier.4 • Pratique de la prévention des risques 4. En outre. mais celle-ci peut augmenter si le jet est incliné vers le haut. car un orifice de fuite a une forme complexe de nature à diminuer la distance. Figure 4. il faut réaliser qu’une fuite provenant d’un récipient ou d’une canalisation située à 6 mètres au-dessus d’un niveau de travail et en charge d’un mètre a une portée maximum au sol de 5 mètres.00 8.00 Longueur Figure 4.00 0. niveau du liquide H H/2 d=H © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.00 Hauteur 4.00 0.00 2. Ces éléments font que l’on peut garder comme distance de sécurité la hauteur du liquide par rapport au sol.1 – Trajectoire d’une fuite horizontale de liquide Cette fonction passe par un maximum d = H quand h = H/2.00 6.00 2.00 6.00 8.2 – Portée maximum d’une fuite horizontale Cette valeur reste théorique.

mais peut être construit spécialement par un assemblage d’éléments disponibles.3 Les familles de mesures équipements sont pressurisés. on parle plutôt de système clos. que ce soit de façon chronique ou accidentelle.4 Le confinement Le confinement est la mesure fondamentale de tout risque chimique. amont et aval. Comme en général l’espace est compté. l’équipement idoine n’est pas disponible sur le marché. Tout « bricolage » est à proscrire en dehors du cadre de la mise au point. qui interrompt la protection. Ainsi. pour diverses raisons. Pour les transferts. Les laboratoires 174 . l’automatisation est accessible à des équipements de technologie sommaire. comme l’air. un confinement doit être complet. ou à faible taux d’utilisation. dans lesquelles le confinement est une retombée de l’objectif de production en grandes quantités avec un personnel restreint. les aliments. Le premier est constitué par l’enveloppe de l’équipement lui-même. tout agent chimique doit être contenu dans une enveloppe étanche. le but ultime à atteindre dans toutes les situations. soit temporaire (par exemple pour les emballages ou les couvercles de cuves). dans le champ du risque chimique. est soit spatiale (par exemple les orifices de remplissage ou de vidange). que ce soit pour le stockage ou l’utilisation. Comment pratiquer de la peinture ou du nettoyage en système clos ? L’expérience montre qu’une installation doit être conçue dans cet objectif pour respecter la continuité du confinement. rendant finalement le confinement complet assez rare malgré sa simplicité de principe. C’est souvent le cas des installations industrielles. Cet exemple montre que le confinement total n’est possible qu’avec l’aide apportée par l’automatisation. Heureusement.3. Toutefois. il existe des solutions mécaniques aussi développées pour les solides que pour les liquides. C’est par exemple le cas des machines à dégraisser modernes et de tous les équipements assurant des opérations répétitives.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 4. Pour être efficace. En dehors des produits dont la présence est naturelle dans l’environnement. Cette ouverture. de la machine domestique jusqu’à l’industrielle. Il est évident qu’un agent chimique isolé de l’espace de vie ou de travail ne peut entrer en contact avec le corps humain. il existe une offre variée de matériel de pesée et de volumétrie électronique. Un système clos appliqué à un équipement de production ne peut jouer son rôle de prévention que s’il a été conçu pour cela. il existe de nombreuses solutions de confinement pour de petites installations. car la moindre ouverture peut être la source d’expositions chroniques ou massives. Ces ouvertures partielles sont difficiles à éviter. La meilleure illustration en est les machines à laver de tous types. son efficacité amène les opérateurs à placer vite une telle confiance dans le système que leur prudence s’en trouve relâchée. l’eau. notamment à cause d’un pompage. Souvent. Grâce à la banalisation de l’électronique et de l’informatique. le confinement n’est une réponse valable qu’avec des précautions particulières concernant la résistance et le dimensionnement de l’enceinte de confinement. pour le risque d’explosion ou de réaction dangereuse. En effet. Dans ce dernier cas. On peut distinguer trois niveaux de systèmes clos. la terre (et encore avec certaines restrictions). la portée des fuites peut être considérablement augmentée. qui doit donc contenir tous les accessoires nécessaires. c’est vers d’autres mesures qu’il faut alors se tourner.

Pour que le dégraissage se passe bien. et anticiper l’amont et l’aval.3 Les familles de mesures d’analyse offrent ainsi un large marché aux automates dans les domaines chimique et biologique. Il faut aussi procéder par lot. voire leur automatisation. parce qu’il échappait à l’attention avant. Une bonne solution est de pratiquer des ouvertures restreintes dans l’enveloppe. Il peut s’agir d’un réglage mécanique. permettant d’exécuter ces gestes puis de refermer sans difficulté. d’un contrôle visuel. qui devrait être adopté dans bien d’autres activités. L’industrie chimique et pharmaceutique utilise couramment ce principe (voir paragraphe 5.3 – Capotage de table à sérigraphier comportant une ouverture pour le réglage des écrans 175 . Enfin. le troisième niveau est constitué par un local entier contenant un ensemble d’équipements. Évidemment. Figure 4. Le deuxième niveau est une enceinte construite autour et au plus près d’un équipement qui n’est qu’imparfaitement clos.2). par exemple mise en panier et sortie. En réalité. Cet exemple démontre que l’ergonomie ne peut jamais être écartée d’une mesure de prévention efficace. La plupart des ruptures de confinement attribuables à l’homme s’expliquent par le besoin de faire face à un geste imprévu. Cette solution se rencontre par exemple pour des broyeurs ou des essoreuses. selon un cycle imposé. etc. mais la modification des habitudes et de l’organisation du travail que cela entraîne.2. ce n’est pas le manque de solutions techniques qui freine le recours au confinement.4 • Pratique de la prévention des risques 4. un tel local est normalement inoccupé et toutes les commandes et contrôles sont renvoyés à l’extérieur. L’expérience montre en effet que le passage à une mécanisation des manipulations. il faut que le matériel à dégraisser ait une forme et une matière adaptées. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. remet en cause les modes opératoires. d’un remplacement de pièce d’usure. Un confinement réussi passe par une observation détaillée des modes opératoires et de l’analyse des modes de défaillance. Reprenons l’exemple de l’introduction d’une machine à dégraisser. Le changement est souvent assez profond pour créer des résistances et des échecs.

Il faut toutefois que le protecteur ne gène pas la vision en cas de besoin. Cela revient à placer un écran au plus près de la source possible de projection afin d’arrêter aussitôt toute matière en sortant. Le point faible des pompes centrifuges est le joint sur l’arbre d’entraînement. avec un tube ou une gouttière placée en dessous. Ainsi.3 Les familles de mesures Il est en tout cas recommandé de procéder par étapes et de ne pas forcément viser le confinement total. En effet. Un écran est une feuille de métal ou de plastique dont la forme essaie d’épouser celle de la source et dont la résistance a été adaptée sur le plan mécanique et chimique. sans intégrer la qualité et la productivité. sont des sources connues de fuites et de projections. alors que la préparation des produits et le séchage des pièces seront confinés. c’est celui de la reproductibilité et de la disponibilité.5 La protection contre les projections Lorsqu’on ne peut pas supprimer totalement les causes d’une projection d’agent chimique. intéressant quand il y a un groupement de raccords et de vannes. Une simple tôle de métal coiffant cette partie est une bonne protection.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Cela démontre encore l’importance de l’estimation des risques dans l’orientation des mesures de prévention. en voici quelques-uns. Un autre obstacle au confinement. Ces points sont fréquemment à l’origine de gains aussi bien de qualité que de productivité. voire de supprimer. en raison de l’évolution de la réglementation. il faut s’en protéger. c’est un cache-bride. qui est encore. Les exemples en sont innombrables. c’est le confinement complet qui était visé. La troisième est un simple panneau transparent vertical. choisies en fonction de l’estimation des risques présentés. les expositions chroniques et les situations dangereuses. ce qu’on obtient en limitant sa surface ou en utilisant un matériau transparent. très fréquents dans les activités de process. La règle de l’ergonomie optimale doit toujours présider aux choix des solutions. Au départ. L’erreur est de rapporter uniquement l’amortissement sur la quantité. avec les protections individuelles. la solution privilégiée aussi bien par les utilisateurs de produits chimiques que par les conseillers en prévention. En conclusion. à l’usage. puis. Il est vrai que cette option nécessite la plupart du temps un investissement conséquent. Cela conduit parfois à opter pour une association de phases confinées et de phases ouvertes. 176 . 4. des applications de peinture ou de colle pourront rester manuelles. après la réduction du niveau de danger et avant le captage des émissions. la qualité et les délais de livraison ont été considérablement améliorés. provient du fait que les opérations concernées sont relativement rares ou en petite série.3. Nous pouvons citer le cas d’une ligne de chromage électrolytique qui s’est avérée globalement rentable après sa totale automatisation. La première se situe autour du raccord lui-même . malgré une utilisation limitée à quelques pièces par jour. Les raccords par brides. qui appelle un amortissement suffisant. On peut utiliser trois niveaux de protection. Il faut dans ce cas prévoir le moyen de manœuvrer les vannes. La deuxième se situe autour de la canalisation complète. moyennant d’autres mesures de protection. il est un domaine dans lequel la supériorité de la machine sur l’homme s’affirme. le confinement est la meilleure façon de réduire. donc à la mécanisation et à l’automatisation.

L’efficacité d’un captage se mesure à l’étendue de la zone dangereuse résiduaire qu’il génère. Elles ne font que décliner à des situations particulières des principes généraux de ventilation. l’INRS a investi des moyens importants sur ce thème et propose de nombreuses brochures spécialisées dans des activités particulières.3. plus importante que ce que l’intuition pourrait laisser penser.5 – Entraînement de polluants par une aspiration d’air © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Il s’agit ici d’utiliser les lois de l’aérodynamique. afin d’établir des règles pratiques pour la conception des systèmes de captage à l’air. L’annexe 11 fournit la liste de celles qui sont disponibles à ce jour.4 • Pratique de la prévention des risques 4. vapeurs.3 Les familles de mesures Figure 4. exposés dans le premier des « Guides pratiques ». Il résulte de l’entraînement des particules ou des molécules de polluant par l’air dans lequel ils sont dispersés. Cette étendue est la résultante de la propension des polluants à se diffuser et de la vitesse d’air induite par l’aspiration. Voici ces neufs principes : – envelopper au maximum la zone de production de polluants .4 – Cache-brides et Panneau de protection transparent 4. ce qui relève d’une certaine compétence. il faut les capter au plus près de la source. 177 . En particulier. – capter au plus près de la zone d’émission . Ce captage – le terme est conventionnel – a pour effet de réduire la zone dangereuse créée par l’émission. Nombre d’organismes spécialisés ont conduit des études dans ce domaine. poussières ou aérosols. Le schéma suivant illustre ce principe : Sans captage Captage par courant d’air aspiration Figure 4.6 Le captage des émissions Lorsqu’il n’est pas possible de supprimer les émissions de gaz.

New York. – induire une vitesse d’air suffisante . Tout captage doit alors générer une vitesse minimum d’air de cette valeur pour pouvoir entraîner complètement les polluants. puisque la section de passage de l’air est théoriquement une surface sphérique. Mais. – répartir uniformément les vitesses d’air au niveau de la zone de captage . – éviter les courants d’air et les sensations d’inconfort thermique . 178 . – rejeter l’air pollué en dehors des zones d’entrée d’air neuf. qui ont démontré expérimentalement que la vitesse de diffusion d’une particule ou d’une molécule par rapport à l’air ne dépasse jamais 0. Il est intéressant non pas d’expliquer à nouveau en détail ces neuf principes.3 Les familles de mesures – placer le dispositif d’aspiration de manière que l’opérateur ne soit pas entre celui-ci et la source de pollution .. Un orifice d’aspiration.6 – Courbes iso-vitesse d’air autour d’un orifice d’aspiration Si l’espace est libre autour de l’orifice. mais de revenir sur leur fondement. nous nous référons aux travaux de Pouyès. Industrial Press. Exhaust hoods. 1952. Pour ce faire. dès que l’on s’éloigne du plan de l’orifice.4 • Pratique de la prévention des risques 4. v1 décroît alors comme le carré de d1.M. ⎝ d 2⎠ v1 1. 2e éd.= ⎛ ----⎞ . D’après DALLAVALLE J. la section de passage de l’air s’élargit et la vitesse chute rapidement1. – compenser les sorties d’air par des entrées d’air correspondantes .4 m/s. d1 2 v2 Nous observons que ---. – utiliser les mouvements naturels des polluants . 0 % du diamètre 100 % 60 % 50 30 % 15 % 100 7. on obtient une vitesse v1 inférieure à une distance d1 de l’orifice.. Toute la difficulté de conception d’un bon captage réside dans l’obtention de cette vitesse d’air en tout point de la zone de diffusion.5 % Figure 4. comme l’extrémité d’une gaine. ancien ingénieur-conseil à la CRAM d’Auvergne. génère une vitesse d’air v0 liée au débit D par la simple relation : v0 = D/s s étant la section de la gaine.

la vitesse d’air à la même distance de l’orifice est d’environ 0. de l’air pollué. l’idéal étant d’arriver à un flux laminaire. autant de dispositifs largement proposés dans les différents guides pratiques de ventilation de l’INRS. v1 = v0 /120 v1= v0/25 3d d v0 3d v0 5d Figure 4. La règle régissant la canalisation du flux d’air impose deux chiffres critiques : la vitesse d’air de 0. Un simple calcul montre l’intérêt de ce principe : Supposons qu’un orifice d’aspiration. tant qu’on est à l’intérieur de la canalisation. il est nécessaire soit de le neutraliser.8 – Influence d’une enveloppe sur un captage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. soit de l’intégrer dans le calcul. Deux catégories d’enceintes ventilées se rencontrent en pratique.4 m/s représentent une vitesse absolue par rapport à l’aspiration.4 • Pratique de la prévention des risques 4.7 m/s. la vitesse n’est plus que d’environ 0. cette vitesse est indépendante de la distance à l’orifice. génère une vitesse d’air de 10 m/s sur son plan.5 m de diamètre. la perte d’efficacité liée aux turbulences inévitables dans un poste de travail doit être compensée par des vitesses un peu supérieures. en intensité comme en direction. 179 . La première regroupe les enceintes qui laissent l’opérateur à l’extérieur. Si l’aspiration est raccordée à une gaine de 0. Pour éviter d’avoir recours à des débits importants (voir paragraphe suivant).3 Les familles de mesures v2 v1 d1 d2 v0 Figure 4. naturel ou artificiel. En outre. ce qui veut dire que s’il existe un courant.3 m. il faut limiter la section de passage de l’air entraîné.7 – Baisse de la vitesse d’air en fonction de la distance Cette loi aéraulique montre qu’un simple orifice n’est efficace qu’à très faible distance et pour une source ponctuelle et à débit modéré. À une distance de 30 cm de l’orifice. de l’ordre de 0.5 à 0. c’est-à-dire canaliser le flux dans la zone utile. soit 5 fois supérieure. Une exigence qualitative s’ajoute à ces chiffres.4 m/s minimum et une longueur minimum de canalisation de 0.08 m/s. Il faut toutefois bien noter que les 0. C’est cette propriété qui est exploitée avec les captages enveloppants et toutes les enceintes ventilées. Comme cela est pratiquement impossible. La seconde concerne les enceintes qui le contiennent et que l’on appelle plutôt cabines ventilées. c’est la stabilité du vecteur vitesse.4 m/s. de diamètre 10 cm.

– un débit calculé pour assurer 0.4 • Pratique de la prévention des risques m Enceintes ventilées 4.9 – Principe d’une enceinte ventilée du type sorbonne Les éléments importants de conception d’une telle enceinte ventilée sont : – une bonne répartition du flux d’air sur l’ensemble du volume de l’enceinte . pouvant se retrouver dans tous les domaines de l’industrie.5 m/s à l’ouverture. – conditionnements. dans sa position la plus ouverte . – un écran coulissant. soit verticalement. – encollage . etc. – un dimensionnement assurant une bonne accessibilité de tous les équipements contenus. – pesées . – dépoussiérage à la brosse ou à la soufflette . dont le schéma suit : vers ventilateur écran mobile Figure 4. – ponçage d’objets . – dégraissage et nettoyage . illustré par la « sorbonne » de laboratoire. – utilisation de bombes aérosols . . – décapage . – préparation de peintures. et même de l’art. Son rôle est double : réduire l’ouverture en dehors des manipulations et assurer une protection contre les projections .3 Les familles de mesures C’est sans doute le système de ventilation le plus répandu. En voici quelques exemples : – peinture de petits objets . du commerce et de l’artisanat. Cette conception est transposable à un grand nombre de postes de travail. 180 . encres. soit horizontalement. résines.

Figure 4. ce qui ne va pas sans problèmes humains. un écran ou un couvercle pour certaines phases. dont la conception est très simple : grille ou plaque perforée aspiration © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pour lequel il n’a jamais été possible de réaliser un vrai captage enveloppant. il faut alors disposer d’un débit variable. avec si possible des dosserets pour améliorer les performances. plus précisément des pare-chocs d’automobiles. ce qui n’est pas simple. Il faut quand même compter une ventilation de 1 500 m3/h par m2 ! 181 . Table aspirante : Lorsque les objets à traiter avec des produits chimiques sont de forme plate. Une autre caractéristique de l’enceinte ventilée est qu’elle est aussi. Ce cas montre encore qu’une bonne solution demande souvent de revoir complètement les modes opératoires et l’organisation du travail. voire une difficulté d’examiner correctement le travail.3 Les familles de mesures Une enceinte ventilée ne doit être conçue qu’après observation attentive des modes opératoires. on peut citer le cas du polissage de pièces chromées. Cette solution convient bien par exemple pour le nettoyage ou l’encollage de feuilles et d’objets plats. ou des emballages. par conception. l’une des raisons qui expliquent des échecs dans l’utilisation de ce type de protection est la gêne provoqué par l’enceinte ellemême. l’ouverture est généralement variable. Elle peut en effet être presque totalement close et la frontière avec le système clos n’est pas évidente. on peut utiliser des tables aspirantes. La ventilation d’une telle enceinte devient insignifiante. ou des outils. avec tous les avantages décrits au paragraphe précédent. par asservissement à l’ouverture du système. Pour assurer la continuité de la protection par une vitesse d’air minimale. en raison de la nécessité d’ouvrir un capot. Toutefois. puisqu’elle ne dépend que de la section libre de passage de l’air. une forme de confinement. Cela se traduit par une difficulté d’introduire et de manipuler des pièces un peu encombrantes. Pour illustrer ce type d’écueil. En effet.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Le principe de l’enceinte ventilée est très souple et peut prendre des formes particulières pour certaines situations illustrées par les deux exemples suivants.10 – Principe de la table aspirante L’efficacité de ce dispositif ne repose que sur la proximité de la source de pollution avec le plan d’aspiration.

182 . d’autre part. Cette phase de travail est l’une des plus émissives en raison de deux phénomènes : d’une part. dite « anneau de Pouyès » Ce dispositif. Le principe du séchoir ou d’une étuve répond à la définition d’une enceinte ventilée. le séchage peut être poussé en mettant le séchoir sous vide et le produit en mouvement. les vapeurs émises sont bien canalisées et peuvent facilement faire l’objet d’un traitement approprié. Les séchoirs et étuves présentent deux avantages majeurs. le volume d’air déplacé par le remplissage du récipient provoque un courant en sens inverse de la chute des particules. ils peuvent être facilement clos et ne demandent ainsi qu’un faible débit d’air. la chute des particules dans de l’air immobile tend à les disperser en suspension. comme dans le schéma suivant. C’est le fameux « anneau de Pouyès ». Pourtant. la pollution de l’environnement et l’exposition chronique qui en résultent sont bien réelles. Cette observation a conduit Pouyès à imaginer un dispositif dans lequel un courant d’air est créé dans le sens de la chute des particules. pendant que l’air déplacé est extrait sans rencontrer les particules.3 Les familles de mesures Trémie aspirante : Un problème récurent dans la manipulation des produits chimiques pulvérulents est leur facilité à émettre un nuage de poussières dès qu’on les transfère d’un emballage à un récipient ou à un autre emballage. D’autre part. est relativement peu onéreux tout en étant d’une efficacité surprenante. Tout séchage libère des vapeurs organiques ou minérales. Séchoirs et étuves : Le séchage des produits et matières est aussi un domaine d’application privilégié des enceintes ventilées. en accélérant le séchage naturel par la double action du renouvellement de l’air au contact du produit et de la température éventuelle.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Il peut être démontable et nettoyable facilement.11 – Principe de la trémie aspirante. Dans l’industrie chimique. qui connaît nombre de variantes. que l’on laisse souvent se diluer dans l’air ambiant chaque fois que la nuisance olfactive paraît supportable. produit gaine annulaire trémie aspiration air chassé Figure 4. D’une part. ce qui amplifie la mise en suspension. qui a conquis l’industrie chimique. Il s’agit en fait de déplacer l’équilibre qui tend à s’établir entre la pression de vapeur saturante et l’évaporation.

via un écran semi-perméable. Pour mieux comprendre ce principe. Les supports imprimés doivent ensuite perdre tout le solvant contenu dans l’encre.3 Les familles de mesures aspiration chargement filtre moteur mobile d’agitation déchargement Figure 4. Autre solution plus performante : l’enceinte ventilée en fonctionnement continu.13 – Schéma d’un tunnel sécheur pour sérigraphie 183 . nous décrivons ci-après un exemple pris dans l’activité de la sérigraphie. les séchoirs ne sont généralement que des systèmes à confinement temporaire. les émissions à l’air libre ayant lieu juste en amont. et en aval. constitués d’une bande transporteuse passant dans un tunnel ventilé et éventuellement chauffé. Rappelons que ce procédé d’impression consiste à déposer de l’encre solvantée.12 – Schéma d’un sécheur de poudres Tunnels de séchage : Cependant. La conception du poste de travail suit le schéma suivant : dépôt des feuilles imprimées © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. qui permet un confinement quasi total. connue pour ses nombreuses sources d’émission de vapeurs organiques. Il existe pour cette opération des séchoirs en continu. au déchargement du produit sec.4 • Pratique de la prévention des risques 4. aspiration cabine ventilée sortie feuilles sèches tunnel de séchage machine à sérigraphier Figure 4. sur un support plat. du moins quand il est pulvérulent. au chargement du produit humide. C’est pourquoi ils doivent être couplés avec des postes de chargement et de déchargement ventilés.

ce qui exige un local de dimensions appropriées. qu’il faut donc changer régulièrement. Lorsque les objets sont de grandes dimensions. La première solution à examiner dans ce cas est la robotisation de l’opération. renouvellement toutefois nécessaire pour éviter une atmosphère explosive. Les aérosols sont arrêtés sur le filtre.14 – Cabine ventilée à flux horizontal Le débit d’air est toujours calculé sur la base de 0. au travers de larges surfaces filtrées. aspiration filtre pour aérosols plateau tournant Figure 4. à la brosse et surtout par pulvérisation. l’opérateur doit se trouver à l’intérieur de l’enceinte ventilée pour pouvoir accomplir normalement sa tâche. l’huisserie. Cette cabine est totalement close. il faut veiller à ce que l’opérateur ne se trouve jamais dans le flux pollué. il faut utiliser une cabine à flux vertical. m Cabines ventilées L’application d’une peinture ou d’un vernis sur un objet. Si la robotisation n’est pas possible. Sa conception étant assez simple. le tunnel peut être assez long. Lorsque des déplacements sont nécessaires autour de l’objet à peindre. C’est la cabine de peinture. impose l’usage d’une enceinte ventilée pour capter les vapeurs et aérosols émis. une cabine à flux horizontal suffit. Toutefois. Avec ce dispositif du 184 . etc. Il s’agit alors d’une cabine ventilée qui répond à certaines exigences de conception.4 • Pratique de la prévention des risques 4. tels que les véhicules. elle peut être rendue mobile pour être disponible sur un chantier. On retrouve le principe de la sorbonne présenté précédemment.5 m/s au niveau du plan frontal. largement utilisée par les carrossiers automobiles.. Elle permet un confinement complet et un minimum de renouvellement d’air à l’intérieur. car cette technique est maintenant abordable. Si l’opérateur n’a pas à se déplacer.3 Les familles de mesures Compte tenu des temps de séchage. même pour de petites productions. construite sur les mêmes bases que celle citée plus haut. l’air arrivant par le plafond et repartant par le sol. Un plateau tournant permet d’atteindre toutes les faces de l’objet. aménagé pour recevoir des aérosols. entre l’objet et la paroi aspirante. une cabine ouverte permet de faire ce travail. tant que les objets ne sont pas trop encombrants.

ce type d’équipement progresserait sûrement. 1. 2. 185 . Dans la liste des sources d’émission de poussières. c’est-à-dire munis d’un petit capteur enveloppant le point d’impact. on voit plutôt se développer des outils aspirants. L’air chargé d’aérosols est purifié soit par filtre sec.3 Les familles de mesures flux d’air de haut en bas. des burineurs. des meuleuses. car il serait parfois possible d’adapter de petites enceintes mobiles qui suivent l’outil. qu’il faut éventuellement chauffer1. À défaut. est correcte. des scies. une vitesse d’air d’environ 0. Avec une demande suffisante. Pour plus de détails sur ce sujet. plafond soufflant sol aspirant Figure 4. Il est facile de calculer que de telles cabines exigent des débits d’air considérables. Pour plus de précisions. il est difficile de les utiliser dans une enceinte ventilée. soit par rideau d’eau.15 – Cabine ventilée à flux vertical Pour ces cabines. Comme ils sont souvent employés sur des chantiers mobiles. une cabine de 4 m ¥ 6 m demande un débit d’environ 34 000 m3/h. tant qu’elles ne sont pas produites trop haut. m Outils aspirants © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Toutefois. consulter la brochure INRS ED 839. se reporter aux brochures INRS ED 928 et ED 906. bien répartie. Cette solution est applicable pour tous types d’objets encombrants et pour les émissions de poussières. des perceuses et perforateurs. avec une intégration plus ou moins réussie. l’opérateur est protégé des émissions en tout point de la cabine. Par exemple. les outils électroportatifs occupent une place importante. Elle peut être utilisée par exemple pour la peinture électrostatique en poudre et pour la taille ou la sculpture de pierre. D’autres dispositifs de sécurité assurent la protection en cas de panne et la prévention des atmosphères explosives. Il s’agit principalement des ponceuses de tous types. etc.4 m/s. cette difficulté est plutôt surestimée par les professionnels. Ces applications demandent un savoir-faire propre aux constructeurs spécialisés2.

En outre. la maintenance et la récupération peuvent devenir faciles et ne pas présenter de risque sensible. ce qui pose à nouveau des problèmes de maintenance et de pollution. ils rejoignent l’environnement et participent à sa pollution. m La problématique de la ventilation Tous les systèmes de captage des gaz.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qui deviennent de nouveaux déchets. Encore faut-il qu’ils soient réalisés dans les règles de l’art et maintenus dans leurs performances nominales. Si cette idée est séduisante en principe. Néanmoins. Le retour d’expérience très fourni dans ce domaine permet d’identifier les principales nuisances suivantes. poussières et aérosols permettent de bien soustraire les personnes aux expositions correspondantes et. de réduire les risques d’expositions massives et d’incendie-explosion. Dans le premier cas. Cela dit.16 – Ponceuse aspirante (Photo : Facom) – Meuleuse aspirante (Photo : Dynabrade) – Scie aspirante (Photo : Makita). – Le captage n’étant jamais total. le port d’EPR (équipement de protection respiratoire) doit être maintenu. elle souffre de quelques inconvénients en pratique : – Peu d’outils portatifs aspirants sont disponibles (notamment pas de perceuse). Les poches filtrantes portées par l’outil sont assez peu efficaces. si l’installation a bien été conçue en intégrant ce problème. vapeurs. soit rejetés dans l’atmosphère. si les polluants captés sont des aérosols ou des poussières. puisque les polluants captés sont transportés pour être soit récupérés. Pourtant. m Les nuisances Une installation de ventilation génère automatiquement quelques nuisances. qui peuvent vite devenir un obstacle majeur à son utilisation systématique. 186 . dans une certaine mesure. C’est pourquoi le captage est sans doute la mesure de prévention la plus répandue pour le risque chimique.3 Les familles de mesures Figure 4. ils donneront lieu à des dépôts sur leur parcours. – La jonction à l’aspirateur par tuyau rebute les utilisateurs. le recours à la ventilation n’est en fait qu’un déplacement de problème. Dans le second cas. ils se retrouvent sur un filtre ou un support chimique ou physique. ce principe mérite d’être développé et joue parfaitement son rôle dans une combinaison de mesures.

même modérée.3 Les familles de mesures Le bruit : Le bruit aérodynamique de l’air est fonction de plusieurs paramètres. Comme une ventilation. Ce problème est résolu en général à la conception d’un local. ce qui n’est pas souvent possible . qui peuvent conduire à multiplier les circuits de gaines indépendants. Il existe des règles de l’art qui contribuent à minimiser le bruit aéraulique. Enfin. – gaines lisses et coudes à grands rayons. Il l’est d’autant plus que les sections de gaines sont de préférence élevées. L’évaporation : La vaporisation d’un liquide dépend de sa pression de vapeur au-dessus de la surface. peut générer un bruit propre à rendre le travail très pénible. en prévoyant un faux plafond ou un faux plancher de dimensions suffisantes. sans compter les annexes comme les filtres.5 m/s. L’épuration de l’air rejeté a lieu en général dans un local à aménager spécialement. Il faut éviter de dépasser 10 m/s. les conduits d’évacuation. de façon à éviter les effets de sifflets. les réducteurs. même modeste. mais dans les gaines. le type de gaine. dont les principaux sont la vitesse de l’air. la vitesse est nécessairement de 0. alors qu’elle les protège d’une exposition. – orifices d’aspiration avec angles arrondis. l’évaporation se poursuit. L’ensemble de ces dispositifs est dimensionné proportionnellement au débit global exigé. elle est forcément très supérieure. Ensuite. . ce qui conduit souvent à des difficultés de manutention ou d’intervention et à une atmosphère de travail ressentie comme oppressante. En voici quelques-unes : – faible vitesse d’air dans les gaines. un ventilateur performant est toujours volumineux. comme tout circuit aéraulique. en matériaux résilients . Une installation de captage. la forme et le nombre des capteurs. sachant que c’est la section des gaines qui est le paramètre limitant . sachant qu’elle doit normalement fonctionner pendant toute la durée du travail. Il faut savoir qu’en présence de polluants chimiques. le type de ventilateur et l’implantation du réseau. il y a des règles de compatibilité à respecter. elle provoque une évaporation 187 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – gaines et ventilateur placés dans une enceinte phoniquement isolante. L’expérience montre que les opérateurs sont tentés d’arrêter la ventilation. Cela signifie que l’évaporation s’arrête d’elle-même si l’espace est fermé au-dessus du liquide. le circuit de gaines génère un autre encombrement important. élimine les vapeurs. Lorsque toute l’installation n’a pas été prévue à la conception des locaux. Dans la zone à protéger. Nous avons vu qu’elle pouvait constituer un véritable obstacle pour manipuler des objets encombrants. etc. – ventilateur de type centrifuge. Mais dès que les vapeurs sont évacuées. placé loin des postes de travail . elle occupe l’espace libre restant. pour limiter le bruit.4 • Pratique de la prévention des risques 4. car une basse vitesse de rotation est préférable. La nature des polluants peut nécessiter un traitement d’épuration qui demande une installation elle-même très encombrante. l’idéal étant de placer le ventilateur et ses annexes dans un local séparé. L’encombrement : L’enceinte enveloppant la zone dangereuse constitue déjà une limitation de l’espace de travail. voire de ne pas la mettre en marche.

c’est-à-dire utilisant un ventilateur.17 – Compensation de l’air extrait Pour des débits relatifs plus élevés. Selon le procédé. une perte de titre pour un soluté volatil. il suffit de ventiler le contenant. Le circuit de l’air entrant n’est alors pas maîtrisé. ces effets peuvent être rédhibitoires. calculée sur la section du local perpendiculaire au courant d’air. Par exemple. avec un débit juste suffisant pour créer une légère dépression. Les entrées d’air extérieur : Le captage de l’air pollué conduit nécessairement à rejeter de l’air à l’extérieur des locaux de travail. il faut installer un système de compensation mécanique. Un tel dispositif statique est simple et peu coûteux. en fait très faible s’il est bien réparti.05 m/s. rien de particulier n’est prévu pour cette entrée d’air. une concentration du milieu solvanté. dans le stockage des liquides en vrac.3 Les familles de mesures continue. un séchage accéléré des dépôts quand il y en a. mais n’est acceptable que si le débit global d’aspiration est faible par rapport au volume des locaux concernés. Ce volume doit être entièrement compensé par une entrée d’air correspondante. en respectant une bonne répartition des entrées d’air. ce courant d’air. le jet d’air produit par un ventilateur est trop directionnel. qui n’est ouvert que par un évent. ce qui n’est possible qu’avec un confinement important. Pour les limiter. C’est pourquoi le ventilateur doit souffler à travers un système de répartition de l’air sur une surface suffisante pour réduire sa vitesse à moins de 0. une consommation du solvant. Cette répartition peut être réalisée soit par des caissons équipés 188 . ni en débit ni en trajet.4 • Pratique de la prévention des risques 4. pour des débits sortant modérés. qui se fait alors spontanément par les ouvertures inévitablement présentes dans les locaux. On peut prendre comme repère une vitesse d’air de 0. il faut réduire le débit au minimum. Souvent. Ce phénomène présente de nombreux inconvénients : il provoque un refroidissement du liquide. Or. contribue à l’assainissement des locaux par un renouvellement de l’air intérieur.1 m/s. telles que les passages non fermés ou non étanches. pour faire entrer de l’air à un débit voisin de celui du rejet à l’extérieur. Il est donc souhaitable de le canaliser par des ouvertures judicieusement réparties et équipées de filtres. ce qui engendre une gêne pour le personnel et des perturbations dans l’élimination des polluants. En outre. Exemple : 8m entrées d’air de 8 m 2 3m rejet d’air possible à 4 000 m3/h Figure 4. sous peine de faire chuter le débit sortant. après une éventuelle épuration.

Le poste épuration fait appel à des compétences spécialisées. En saison froide. Même bien réparti.4 • Pratique de la prévention des risques 4. a un coût de fonctionnement non négligeable. constituant ainsi une vraie climatisation. Mieux encore. même faible. Il peut toutefois être minimisé en adoptant les précautions suivantes : – choisir des ventilateurs à haut rendement et concevoir un circuit de ventilation à faible perte de charge (longueur. ce coût est directement proportionnel au débit d’air global. de déchets et la maintenance . le supplément de produits volatils consommés .4. une installation de captage des émissions sur plusieurs postes. – confiner autant que possible les postes polluants pour réduire le débit d’air nécessaire. le recyclage de l’air lui-même ne serait acceptable qu’avec une épuration complète et sans défaillance possible . l’air qui vient de l’extérieur a la température de l’extérieur. coudes. soit encore par une gaine soufflante en textile poreux. Les deux premiers postes représentent la plus grosse part. l’élimination des déchets. Le coût de fonctionnement : Outre l’investissement. Il comprend tout ou partie des éléments suivants : – – – – – – – l’électricité pour le fonctionnement des ventilateurs .3 Les familles de mesures de filtres. Il doit être intégré dans tout projet de ventilation. telle que figurant sur le schéma suivant. produits d’épuration . Notons que le réchauffage de l’air de compensation contribue encore à l’encombrement créé par la ventilation. – réduire les émissions afin de diminuer les quantités de consommables. il peut très bien venir en complément. son effet de refroidissement des locaux est difficilement combattu par le chauffage existant. Nous en donnons des éléments de compréhension au paragraphe 5. Mais tout cela a un coût. etc. 189 . le traitement de l’air rejeté . elle peut rafraîchir l’air entrant en saison chaude.) . calorifuger toutes les gaines (ce qui réduit aussi le bruit) . l’énergie de chauffage de l’air entrant . Par contre. si la compensation est équipée d’une source de froid. – recycler la chaleur de l’air sortant dans l’air rentrant par le biais d’un échangeur air/air . Sans pouvoir donner de valeurs tant il y a d’options possibles. section. m Schéma général © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. voire en remplacement du système principal de chauffage des locaux. la main-d’œuvre de maintenance . D’où la nécessité de réchauffer l’air entrant par tout dispositif adéquat. La sensation de froid est renforcée par le courant d’air généré. tels que filtres. les consommables. car il est devenu inévitable et gagne en efficacité et en coût à être inclus au départ de l’étude. soit par une multiplication des bouches d’air.5.

il est important d’être prévenu de l’existence de ce type de risque. la réponse est la concentration de certaines substances volatiles. comme exposé dans les paragraphes précédents.4 • Pratique de la prévention des risques 4. – asphyxie. Mais comme il faut toujours envisager une carence ou une défaillance de ces mesures. si la concentration en oxygène est inférieure à 20 % (en fait la limite varie de 15 à 20 % selon les individus) . si un agent chimique dangereux est présent en concentration voisine de la VLEP . sachant qu’il est illusoire de vouloir tout surveiller. – intoxication respiratoire aiguë. Le choix devrait 190 . D’où le principe de surveillance des atmosphères de travail. il peut exister l’un ou plusieurs des risques suivants : – intoxication respiratoire chronique. Il faut donc chercher dans la liste de tous les produits possibles lesquels sont à surveiller. à plusieurs titres. il existe diverses mesures de prévention qui tendent à supprimer la pollution de l’atmosphère. Selon la nature et la concentration des substances présentes. Le choix est important. C’est pourquoi il faut d’abord fixer ses objectifs de surveillance avant de prendre une décision. car on ne peut se protéger d’une substance non mesurée.7 La surveillance des atmosphères La composition de l’air des postes de travail est un élément déterminant du risque chimique. – explosion de combustibles volatils. Il s’agit de se poser les questions suivantes : – Quelle information faut-il surveiller ? – Quel rythme et quel délai d’information sont nécessaires ? – Où doit être localisée la surveillance ? Pour la première question.3 Les familles de mesures gaine de soufflage gaine d’aspiration épuration postes à capter Figure 4. mais aucun n’est universel.18 – Schéma type d’un réseau de ventilation 4.3. Il existe beaucoup de techniques et d’appareils pour contrôler la composition de l’air. Face à ces risques. si un agent chimique toxique ou très toxique est présent en concentration voisine de la VLEP .

en tout bon sens. au besoin de surveillance de pollution solide. Le délai de réponse peut varier de quelques minutes à quelques jours. Si le risque est de nature accidentelle. le cyanure et le sulfure d’hydrogène. Ce risque. mais elle doit néanmoins être périodique. des actions correctrices. les prélèvements ou les capteurs gagneront à être placés à la source probable d’une émission dangereuse. Mais quand elle est judicieusement mise en place. elle constitue un complément indispensable de toutes les mesures prises en amont. spécialement pour les produits classés CMR. L’emplacement du point de mesure est choisi. mieux encore. un inertage. ou dans des espaces confinés où la présence humaine est improbable. les mesures continues ne sont pas sélectives. mais au moins pour les plus dangereux. après comparaison de la mesure avec une valeur de consigne. l’explosivité. le choix est plus restreint. le chlore.3. Pour le risque d’explosion. partiellement. ou derrière un filtre à poussières.3 Les familles de mesures © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Nous donnerons seulement ici les éléments méthodologiques permettant de bien s’orienter dans ce domaine. C’est pourquoi une mesure par capteur exige des étalonnages et des tests réguliers. de déclencher une alarme et. Pour le risque d’asphyxie. C’est principalement l’opacimétrie qui répond. qui permet par exemple. Elles ont le gros avantage que représente une information immédiate. Mais on peut aussi cibler un inflammable particulier quand il est le seul possible. typiquement accidentel. pour anticiper sur l’apparition d’une situation dangereuse. par exemple pour l’oxyde de carbone. régulière ou occasionnelle. physiques ou les deux. car s’il existe bien des techniques de mesure discontinue sélectives. du moins pour les plus répandues.8 La prévention des explosions La prévention du risque lié aux atmosphères explosives est une discipline à part entière. Dans l’hypothèse d’une exposition chronique. Ces appareils existent aussi pour la plupart en version portable. Il n’existe pas de technique de dosage pour tous les produits. La première comporte généralement un prélèvement d’atmosphère. est particulier dans 191 . comme l’eau de javel. une ventilation de secours. comme une capacité de rétention. Les mesures continues sont obtenues avec des appareils utilisant le signal d’un capteur spécifique. Par exemple à proximité immédiate des contenants de produits toxiques ou de précurseurs d’émanations toxiques. La deuxième question revient à choisir entre une mesure discontinue et une mesure continue. Toutefois. il suffit de tester la teneur en vapeurs combustibles. il suffit de vérifier le taux d’oxygène. etc. Concernant les poussières. une surveillance discontinue est généralement suffisante. etc. suivi d’un dosage plus ou moins complexe. la teneur en oxygène. comme un arrêt de processus. qui peut être manuel ou automatique. On trouve facilement sur le marché des détecteurs performants. 4. car les techniques d’analyse peuvent être chimiques. L’efficacité d’une surveillance d’atmosphère dépend complètement de l’analyse de risque préalable.4 • Pratique de la prévention des risques 4. privilégier les plus toxiques ou les plus sensibles. un contrôle continu s’impose. Leur principal inconvénient réside dans leur fiabilité incertaine. en processus aussi bien chronique qu’accidentel. qui fait l’objet d’ouvrages importants et de programmes de formation. Ce contrôle doit même être redondant dans les espaces confinés. dans l’espace où il peut y avoir une présence humaine.

Cette famille de mesure est efficace 192 . La prévention va consister à appliquer le schéma habituel : supprimer d’abord le danger. ce qui implique des systèmes de télécommande et de télémesure. L’événement dangereux est le déclenchement de l’explosion.4 • Pratique de la prévention des risques 4. parce que les produits inflammables. Le dommage est un ensemble d’atteintes à la santé résultant d’effets mécaniques. la zone dangereuse peut être restreinte par un certain confinement résistant aux explosions. pas d’aérosol 5. captage 7. récipient clos 6. Dès qu’ils sont présents à l’air libre. Il suffirait par exemple d’éloigner systématiquement les postes de travail de la zone dangereuse. la formation d’atmosphère explosive est systématique. matériel Ex 1. ou même combustibles. puis la situation dangereuse. puis le dommage. elle n’est plus à démontrer.3 Les familles de mesures le risque chimique parce qu’il est à la fois très probable et très grave. puis l’événement dangereux.19 – Organigramme de prévention du risque explosion 1) La première étape pourrait être de supprimer la présence humaine à proximité de l’atmosphère explosive. Il est probable. inertage homme 4. Ce schéma permet d’aborder la prévention avec une garantie d’efficacité. atténuation accident Figure 4. sont d’un usage très répandu dans l’industrie. Quant à la gravité d’une éventuelle explosion. l’artisanat et les services. substitution source d’ignition 3. selon le logigramme suivant : combustible air 2. En outre. thermiques et toxiques. Ils sont principalement représentés par la famille des solvants et celle des gaz combustibles. Seule son étendue va beaucoup varier avec les circonstances. éloignement atex explosion 8. La situation dangereuse est la présence humaine à proximité d’une atmosphère explosive (atex). c’està-dire l’ignition.

L’équilibre qui s’établit grâce à la pression de vapeur fait que la concentration est toujours nettement au-dessus de la LSE. Enfin.1. principe décrit au paragraphe 4. Le risque d’explosion n’est alors réellement présent qu’au moment de la vidange. Le principe d’éloignement s’impose toutefois en complément de ces dernières dès que le risque atteint un niveau important. soit à l’état liquéfié. Des dispositifs automatiques d’alimentation en gaz. soit à alterner des mises sous vide et des remplissages au gaz. La première condition à supprimer est la présence d’un inflammable ou d’un combustible. 1. 193 .3 Les familles de mesures et recommandable mais. en fait très courant. ce qui revient à pratiquer une substitution. si elle élimine le risque d’accident corporel. Il est ensuite impératif de n’interrompre l’inertage qu’après élimination totale du combustible dans l’enceinte protégée. température et énergie minimales d’inflammation en nuage. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. ce qui est le cas. En pratique.3. L’inertage doit ensuite être maintenu. Les moins chers sont le dioxyde de carbone et l’azote. pour les solides pulvérulents. Il est disponible soit comprimé en bouteilles métalliques pour de petites quantités. Évidemment. qui consiste soit à balayer l’intérieur par un courant de gaz inerte. mais aussi sur des équipements comme les broyeurs et les sécheurs.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qu’on appelle inertage. On peut aussi utiliser l’argon ou l’hélium. fonctionnant sur de faibles variations de pression. assurent cette continuité. en fait l’oxygène de l’air. On peut se référer aux brochures INRS sur les mélanges explosifs : Gaz et vapeurs (ED 911) et Poussières combustibles (ED 944). cette substitution. elle n’élimine pas celui d’accident matériel. 4) Une variante de ce principe consiste à laisser les vapeurs du liquide saturer l’atmosphère du récipient. comme on peut le rencontrer dans l’industrie chimique. La suppression d’oxygène n’a pas besoin d’être totale. de tous les emballages unitaires de liquides inflammables. L’inertage est réalisé d’abord par une purge initiale du contenant. Il existe une concentration maximale d’oxygène en dessous de laquelle l’explosion d’une vapeur ou d’un aérosol solide est impossible1. ne peut se faire qu’à l’intérieur d’un confinement. pour de plus grandes quantités. pour faire face à la respiration du récipient. C’est pourquoi elle n’a pas priorité sur les mesures visant à supprimer l’atmosphère explosive. 3) La deuxième condition est la présence de comburant. Pour ce faire. La solution est de substituer l’oxygène par un gaz inerte. qui est souvent grave. une valeur de 8 % couvre tous les produits. 2) La suppression de l’atmosphère explosive s’obtient par action sur l’une des conditions de sa formation. Il suffit que le récipient soit bien fermé. ce dernier étant préféré en raison de sa totale inertie chimique. généralement une cuve ou un réacteur. Mg…) pour lesquels il faut descendre à moins de 2 %. le risque d’anoxie créé par tout gaz inerte doit être pris en compte aussi bien à la conception qu’à l’exploitation de l’installation. Ces deux façons de procéder ont leurs avantages et leurs inconvénients. c’est-à-dire la variation du volume gazeux engendrée par les mouvements de remplissage et de vidange. les critères principaux à prendre en compte sont le point d’éclair pour les liquides et l’ensemble concentration. exceptés les métaux légers (Al. mais aussi granulométrie. dans des bonbonnes ou des cuves cryogéniques.

La marge généralement recommandée consiste à ne pas dépasser 10 % de la LIE. En effet. etc. La deuxième origine des poussières dormantes est la pollution qui s’est déposée.2 que cette limite varie de 0. La valeur médiane des LIE étant grossièrement 100 fois plus élevée (10 fois en prenant la limite de sécurité) que celle des VME. complet ou partiel avec un captage enveloppant pour les zones ouvertes. tout dépôt de poussières à l’intérieur peut être remis en suspension au cours d’un démarrage d’installation ou d’une intervention de maintenance. mais toujours en vase clos. soit de 6 000 à 80 000 ppm. car l’objectif est de maintenir la concentration en polluant inférieure à la LIE. celui d’explosion existe encore à l’intérieur d’un confinement. Mais il faut rester vigilant sur les zones « atex » qu’il peut générer lui-même. les LIE. alimentaires et matériaux disponibles sous forme pulvérulente. On obtient ce résultat par un captage à la source efficace des vapeurs ou des poussières. Il faut cependant se méfier de la protection par un confinement presque total associé à un faible débit de captage. le moindre mouvement est capable de créer un aérosol. Il n’y a pas de poussières tant qu’ils sont dans leur emballage d’origine. Les poussières au repos ont deux origines. des filtres. D’où la nécessité supplémentaire de concevoir ladite installation de façon à ce qu’elle ne laisse pas se former de dépôts non fonctionnels.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Or. 194 . contrairement au risque d’exposition. les installations de dépoussiérage doivent avoir des vitesses d’air minimales de l’ordre de 15 m/s. La première regroupe tous les produits chimiques. est un puissant générateur de poussières. car il peut facilement subsister une zone explosive à l’intérieur du confinement. Toutes les mesures déjà décrites pour éviter les expositions sont bénéfiques sur ce point. Quant aux poussières. si elles ne sont pas générées en l’état. un captage correct à la source met à l’abri d’une présence d’atmosphère explosive. des machines à conditionner. Cependant. comme on le fait pour le risque d’inhalation. D’où l’importance d’éviter tout mouvement à l’air libre. alors que les VME ne peuvent dépasser 10 mg par m3. Un broyeur. Cela est même nettement plus facile. alors que les VME s’étagent entre 1 ppm et 1 000 ppm. Le transport pneumatique est une solution intéressante quand il est compatible avec le produit. avec une marge de sécurité. se situent entre 15 et 450 g par m3. La première des mesures dans ce cas est de supprimer les sources de pollution. 6) La formation d’une atmosphère explosive avec des poussières suppose leur mise en suspension préalable.6 à 8 % pour les vapeurs. Il faudrait réaliser ces installations avec la même étanchéité qui convient aux liquides.3 Les familles de mesures 5) La troisième action possible sur l’atmosphère explosive est de la réduire à un volume si faible que toute ignition y soit hautement improbable. surtout si elles sont en surpression. par exemple. Nous avons vu au paragraphe 2. La technologie de transfert des poudres est suffisamment développée pour que l’on puisse toujours trouver un moyen de transfert plus ou moins mécanisé. Il faut en outre repérer et supprimer les émissions parasites que représentent les fuites sur les installations dans lesquelles sont stockés ou traités des produits pulvérulents. Cela concerne principalement les canalisations de transfert et certaines zones d’appareils comme des mélangeurs.5. s’il n’est pas correctement installé et maintenu. En particulier. notamment le confinement et le captage à la source.

il reste à éliminer les sources d’ignition. les flammes nues sont évidemment à proscrire et leur présence ne peut résulter que d’une erreur humaine. Quelle qu’en soit la cause. Dans les conditions normales de fonctionnement. on peut procéder par aspiration. sans qu’elle déclenche elle-même une remise en suspension. avec du matériel performant. 7) Lorsqu’on ne peut garantir l’absence totale d’atmosphère explosive. d’abord par simple examen visuel. l’élimination des poussières déjà déposées dans l’environnement s’impose. Pour ce faire. arrosage ou lavage. Voici quelques températures d’auto-inflammation de produits courants : Substance Sulfure de carbone Oxyde de diéthyle Acétaldéhyde Dioxanne Benzaldéhyde White spirit Cyclohexane Acétate d’octyle Butane Tétrahydrofuranne © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qu’il faut bien intégrer dans la stratégie de prévention. Ils proviennent souvent d’appareils de chauffage. qu’il faudra choisir en conséquence. Température d’auto-inflammation en ˚C 90 160 175 180 190 230-260 245 268 287 320 363 404 410 424 425 445 465 Éthanol Méthyl-éthyl-cétone Trichloréthylène Formol Acétate d’éthyle Huile d’arachide Acétone 195 . Les points chauds ne sont dangereux qu’au-dessus de la température d’auto-inflammation. l’empoussièrement doit toujours être contrôlé régulièrement.3 Les familles de mesures Enfin. ou par humidification. La prévention des incendies contribue aussi à celle des explosions. ensuite par des frottis sur les surfaces horizontales.

Il y a 8 types de protections normalisées : 1. 196 . Leur élimination est tributaire d’une bonne organisation de la maintenance préventive et du respect de consignes comme les bons de feu et les consignations. Leur prévention exige l’utilisation d’appareils spécialement conçus pour être utilisés en atmosphère explosible (c’est-à-dire pouvant devenir explosive).4 • Pratique de la prévention des risques 4. Règles générales. car chacun d’eux n’a qu’un domaine d’utilisation précis. arrêtés et normes encadre la fabrication. par l’emploi d’outillage « non étincelant ». Norme homologuée. Concernant le marquage. décrets. la réglementation européenne est relativement simple. Les étincelles électriques sont produites par beaucoup de matériels fixes ou d’outillages électriques de qualité normale. Elle est complétée. Matériel électrique pour atmosphères explosives.3 Les familles de mesures Substance Nitrobenzène Toluène Styrène Hydrogène Xylènes Dichlorométhane Aniline Dichlorobenzène Phénol Température d’auto-inflammation en ˚C 480 480 490 500 525 556 615 645 715 Trois types d’étincelles se rencontrent assez facilement. en cas de besoin. Un ensemble de directives. le marquage et l’utilisation de ceux-ci.20 Ce n’est pas le cas du marquage fixé par la norme NF EN 500141. G pour gaz D pour poussières CE εx II 1 G groupe hors Mines catégorie 1 pour zone 0 ou 20 2 pour zone 1 ou 21 3 pour zone 2 ou 22 Figure 4. Les étincelles mécaniques ne sont générées que par des travaux de maintenance ou des incidents mécaniques. qui prend aussi en compte le type de protection utilisé et la classe de température maximum de surface.

le groupe II est divisé en trois sous-groupes pour tenir compte des points d’éclair : Acétone – Méthane industriel – Acétate d’éthyle – Méthanol – Butane – Propane – Hexane – Ammoniac – Oxyde de carbone – Pentane – Heptane – Isooctane – Décane – Benzène – Xylène – Cyclohexane – Éthylméthylcétone – Acétate de méthyle – Acétate de n-propyle – Acétate de n-butyle – Acétate d’amyle – Chlorure de méthylène – Butanol – Nitrite d’éthyle Éthylène – Butadiène – Éther diéthylique – Oxyde d’éthylène – Gaz de four à coke Hydrogène – Bisulfure de carbone – Acétylène – Nitrate d’éthyle II A II B II C 197 .3 Les familles de mesures Mode de protection Immersion dans l’huile Surpression interne Remplissage pulvérulent Enveloppes antidéflagrantes Sécurité augmentée Sécurité intrinsèque Matériel de type « n » Encapsulage Symbole o p q d e i n m Norme NF EN 50015 50016 50017 50018 50019 50020 50021 50028 La norme donne 6 classes de températures maximales de surface : Classe T1 T2 T3 T4 T5 T6 TMS 450 ˚C 300 ˚C 200 ˚C 135 ˚C 100 ˚C 85 ˚C © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. En outre.4 • Pratique de la prévention des risques 4.

Les principales mesures à prendre sont : – la mise en place de liaisons équipotentielles. c’est pourquoi les installations électriques doivent être conformes aux règles en vigueur et vérifiées régulièrement. 198 . comme le montre l’exemple suivant : Figure 4. Zone à risque d’explosion vitre résistante Zone hors risque appareil d’éclairage cloison jonction étanche Figure 4.4 • Pratique de la prévention des risques 4. avec mise à la terre.3 Les familles de mesures Ce marquage est repéré par le sigle « EEx » et peut présenter une assez grande complexité.22 – Schéma d’un éclairage sous verre dormant D’autres sources d’étincelles existent dans les installations. L’électricité statique représente quant à elle une menace redoutable. la première mesure à prendre est de déplacer le matériel électrique hors zone à risque et de ne laisser en zone que le strict indispensable. en particulier dans les liquides isolants qui s’écoulent. en tant que source d’ignition insidieuse. entre les équipements et les contenants mobiles . Une des applications de ce principe est l’éclairage sous verre dormant.21 – Étiquette d’un matériel atex Compte tenu des difficultés que peuvent présenter le choix et l’installation de matériel de sécurité. Elle apparaît principalement lors de frottements avec des matériaux isolants. Tout défaut électrique tendant à créer un potentiel anormal peut être à l’origine d’une décharge avec étincelle. très simple à réaliser.

on peut mettre en place des surpresseurs. après déclenchement par un détecteur d’explosion. Contre les explosions de poussières. constitués d’une section de tuyau garni d’une matrice de métal gaufré. la mobilité. effectuées avec des outils qui permettent facilement le contact. tel qu’un réacteur ou un caisson filtrant. tampons. dont le coût. en particulier cutané. il convient d’ajouter des mesures en limitant les effets. godets. Il s’agit d’un disque ou d’un panneau. mais l’installation de tous ces équipements. etc. etc. . pour de nombreuses raisons. éponges. Les exemples de contamination cutanée.9 L’outillage manuel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. utilisés pour appliquer un produit liquide ou nettoyer une surface . rouleaux. quand on ne peut pas éviter l’utilisation de produits inflammables. il faut que leur lieu d’utilisation soit spécialement conçu et équipé dans ce but pour obtenir une baisse suffisante de la probabilité et de la gravité de l’explosion. 199 . utilisés pour prélever et verser des produits pulvérulents . principalement en raison de la technicité du matériel disponible. – l’augmentation de la conductibilité de l’air par humidification ou ionisation. ou rendus conducteurs. qui sont des dispositifs envoyant instantanément une grande quantité de produit inertant sur le front d’explosion. – les pinceaux. tels que tuyaux souples ou vêtements. avec les produits appliqués. En outre. utilisés pour prélever ou verser de petites quantités de liquide . brosses. il est recommandé de prévoir un dispositif de décharge de la pression engendrée. soumis à certification. dont ceux donnés au paragraphe 3.3. les services et surtout le bâtiment. soit pour appliquer des produits en surface . chaussures. demande un savoir-faire confirmé. mettent en cause des outils comme : – les pelles. il est possible de se protéger des projections de petites explosions par des grillages ou des panneaux transparents résistants. En dehors de la solution. Des vannes à fermeture ultrarapide peuvent compléter ces mesures. L’utilisation de produits chimiques dans l’industrie offre la possibilité d’atteindre un bon niveau de prévention. cédant sous une surpression calibrée. mais aussi dans un local contenant l’équipement sensible.4 • Pratique de la prévention des risques 4.1. L’explosion doit aussi être arrêtée dans sa propagation éventuelle par des canalisations. – les chiffons. Cela est obtenu par la mise en place d’arrête-flammes. En conclusion. utilisés soit pour nettoyer ou essuyer. de construire des équipements de travail résistant à une explosion interne. 8) La gravité potentielle d’une explosion est telle qu’en plus des mesures de prévention. 4. la dynamique de l’explosion fait que ce dispositif doit avoir une surface importante par rapport au volume pour être efficace. exceptionnelle. Il reste donc beaucoup d’opérations manuelles. la surpression est canalisée dans une direction où elle ne crée pas de risques.2. la résistance. Dans l’artisanat.3 Les familles de mesures – l’utilisation de matériaux conducteurs. relativement léger. « mains ». la technicité. Enfin. le matériel est nettement plus sommaire. – les petits récipients (< 1 litre) de toutes formes. En effet. Ce dispositif peut être placé sur un récipient.

ou d’adapter un écran protecteur. – dégraisser dans une petite machine close . etc. pulvérisateurs et autres appareils de projection.23 – Distributeurs doseurs S’il n’existe pas de solution de ce type. – utiliser des distributeurs de liquide ou de poudre. Souvent. La première réflexion à conduire concerne l’éventualité d’une autre forme d’utilisation réduisant les possibilités de contact. pour supprimer presque tous les petits contacts ordinaires sur un pinceau. toujours dans le but de rendre les contacts moins probables. 200 . Voici quelques exemples qui. Un simple distributeur doseur placé sur le flacon d’origine permet d’éviter tous ces risques. la créativité des utilisateurs directs apporte de très bonnes solutions. un rouleau. – utiliser des petites pompes pour les réactifs ou les produits pâteux . Prenons l’exemple courant de l’utilisation de réactifs dans les laboratoires de recherche ou de contrôle. par un changement d’organisation ou de matériel. Il est fréquent de voir manipuler à cet effet des flacons entiers. au préalable dans de bonnes conditions. utilisés pour appliquer ou retirer un produit pâteux . Il suffit parfois d’allonger la longueur d’un manche. une pelle.3 Les familles de mesures – les spatules. Figure 4. un objet qui est peint ou collé sur chantier . une spatule.4 • Pratique de la prévention des risques 4. – peindre ou coller en atelier. racloirs et autres applicateurs. s’ils ne sont pas universels. – prélever du liquide avec un tube relié à un récipient mis sous vide au préalable . éliminant ainsi prélèvements et pesées . – les pistolets. mais encore faut-il l’envisager et la susciter. donnent l’idée générale de la démarche : – s’arranger pour utiliser des emballages entiers. – installer un système de dosage en ligne . ce qui génère à la fois des expositions respiratoires et cutanées et des accidents par suite de renversement ou de casse. utilisés pour appliquer un produit sous forme d’aérosol. il reste à améliorer les outils existants. des éprouvettes et des pipettes en verre.

– définir leurs conditions de bon fonctionnement . pour qu’elles soient conduites après avoir réduit au niveau négligeable tous les risques envisageables. solidité Bon état mécanique Réglage et coupure possibles Disponibilité Étanchéité. fixation. nous proposons une check-list sommaire. signalétique Étanchéité (joints tournants et raccords).3. vérification récente Opérationnels. – définir les opérations de maintenance qui s’imposent . protection électrique Disponibilité. Un incident technique pendant le fonctionnement d’une installation conduit souvent à improviser des actions de dépannage ou de rattrapage dans des conditions de sécurité très insuffisantes. à compléter au cas par cas : Matériel Emballages Moyens de manutention Structures de stockage Matériel de pompage fixe ou mobile Matériel de mesure de poids et de volume Organes de fermeture/ouverture Systèmes de télécommande Systèmes de contrôle et signalétique Capteurs de process Canalisations © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. eau propre et tempérée Organes de raccordement Matériel de mélange Matériel de chauffage Matériel de refroidissement Matériel de filtration Systèmes de ventilation Matériel d’extinction et de secours Douches et lave-œil 201 . – intervenir au moment planifié. absence de colmatage Performances nominales. conformité électrique Étalonnage Absence de blocage.10 La maintenance préventive Le défaut de maintenance est une des origines fréquentes des faits déclencheurs d’accidents. conformité Résistance suffisante. Points critiques Solidité. surtout pour toutes les activités possibles. La solution est dans la maintenance préventive.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qui consiste à planifier les interventions. – réunir les moyens de travail en sécurité . identification Étanchéité. La liste des organes critiques pour le risque chimique serait trop difficile à établir.3 Les familles de mesures 4. Cela signifie qu’il faut au préalable : – inventorier tous les organes et systèmes critiques dans le fonctionnement . Néanmoins. étanchéité. étanchéité Réponses conformes aux commandes Signal conforme aux variables Signal normal Étanchéité. étiquetage Disponibilité.

Leur diversité permet de couvrir tous les risques chroniques mais aussi une partie des risques accidentels. c’est-à-dire sans démontage ni intervention manuelle. Ce principe a été utilisé avec bonheur dans les rotatives de l’imprimerie. Le problème des canalisations difficiles. sauf nécessité du process. car les produits chimiques ont un impact puissant sur l’environnement intérieur. comme le changement de filtre ou de joints. Ils comportent un filtre capable d’arrêter les poussières et les aérosols. La maintenance d’installations chimiques ne doit pas constituer un déplacement de risque. C’est elle qui garantit la propreté d’un atelier. il doit être prévu de laver et de rincer les contenants et les canalisations par l’installation elle-même. La qualité de la maintenance joue un rôle déterminant dans les conditions de travail.3 Les familles de mesures Ce qui est également important. avec une efficacité très variable en fonction de l’étanchéité de la pièce faciale et de la perméabilité du filtre. Ces deux principes conduisent à des propriétés et des applications très différentes. EPR filtrants : Cette appellation est justifiée pour ceux qui protègent des poussières. Ils appartiennent à deux grandes familles selon la voie de contact visée. très exposantes. tout en lui fournissant de l’air propre. Elles doivent. comporter des sections isolables par des vannes. Autant que possible. de nettoyage de cylindres au solvant. Ces trois désordres forgent l’image particulièrement négative de nombre d’ateliers. et qui décourage vite de nouveaux embauchés.11 Les équipements de protection individuelle Les équipements de protection individuelle (EPI) occupent une place à part dans l’arsenal des mesures. Les EPR fonctionnent soit en bloquant le polluant de l’air inspiré. car ils sont souvent difficiles à vider complètement.4 • Pratique de la prévention des risques 4. C’est ce qu’on observe en particulier dans la maintenance des pompes et des filtres. à vider est récurrent. Voici les principaux types utilisés : 202 . sans jamais agir sur sa présence dans l’environnement. petits ou grands. voire impossibles. de corrosions et d’odeurs. soit en isolant l’individu de l’air pollué. 4. ils sont responsables de souillures. surtout s’ils ont contenu des produits très visqueux ou s’ils retiennent des dépôts solides. ce qui remplace des opérations. car ils impliquent directement les personnes exposées. Cette image est malheureusement considérée comme inévitable par certains employés et employeurs.3. comme d’ailleurs pour tous les types de risques. Il faut que le poste de maintenance de ce type de matériel soit conçu en conséquence. m Les protections respiratoires Le principe d’un équipement de protection individuelle respiratoire (EPR) est de supprimer le contact de l’agent chimique avec les voies respiratoires. c’est que le matériel ait une conception facilitant la maintenance. S’ils ne sont pas rigoureusement confinés dans leurs récipients et canalisations. être démontables par des raccords et surtout vidangeables complètement par des purges.

généralement du charbon actif.95 %. Le phénomène de colmatage fait que l’efficacité a tendance à augmenter avec l’usage. Mais c’est l’étanchéité avec le visage qui détermine l’efficacité réelle. Les EPR destinés aux gaz et vapeurs fonctionnent par adsorption sur un support spécial. c’est-à-dire la proportion de particules arrêtées selon la norme NF EN 143. Le tableau suivant résume leurs caractéristiques principales : Couleur de bande marron marron gris jaune vert rouge + blanc bleu + blanc violet Type A Ax B E © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les filtres sont marqués d’une bande blanche. 203 . qui diminue pour chacune des couches. Polluants visés gaz et vapeurs organiques dont le point d’ébullition est > 65 ˚C gaz et vapeurs organiques dont le point d’ébullition est < 65 ˚C gaz et vapeurs inorganiques (sauf CO) dioxyde de soufre (SO2) et autres gaz et vapeurs acides ammoniac et dérivés organiques aminés vapeurs de mercure oxydes d’azote composés spécifiques désignés par le fabricant K HgP3 NOP3 Sx Plusieurs types d’adsorbants peuvent être réunis dans une même cartouche. jusqu’à opposer une résistance gênante pour la respiration.24 – Pièce faciale filtrante – Demi-masque – Masque complet (Photos : 3M).4 • Pratique de la prévention des risques 4. le marquage en faisant état. Ils sont équipés de cartouches dont l’adsorbant est spécifique d’une famille de polluants. mais cette facilité apparente est obtenue aux dépens de l’autonomie. est repérée par le code suivant : P1 pour 80 %. P2 pour 94 % et P3 pour 99. Leur efficacité.3 Les familles de mesures Figure 4.

La durée de port possible est en effet limitée par le claquage. C’est pourquoi chaque classe a une concentration maximum d’usage. le temps de claquage pour une cartouche donnée varie avec les conditions d’utilisation : – Une concentration élevée du polluant ne permet pas à l’adsorption de se faire totalement.3 Les familles de mesures Le grand problème posé par cette catégorie d’EPR est de connaître leur autonomie. Tous ces facteurs rendent la prévision de l’autonomie très difficile. de 1 à 3. comme le montre la courbe de saturation d’une cartouche de charbon actif. tant ce critère est aléatoire et dangereux. ainsi que de la nature chimique du polluant. parce que l’adsorption demande un temps de contact minimum. B3. Le claquage arrive d’ailleurs assez brutalement.). on peut obtenir un ordre de grandeur en se référant aux temps de claquage imposés par la normalisation1 : 1. 204 . associé à la lettre de type (ex. : A2. Pour la ventilation libre. 100 % concentration aval/amont du polluant VLE 0% Temps de claquage Figure 4. – Une humidité de l’air importante entre en compétition avec les molécules de polluants. Il varie de 20 à 120 l/min selon l’effort. qui remplace la EN 141. Ce temps de claquage dépend du volume et de la qualité de l’adsorbant. Elle n’est sûrement pas déterminée par la perception d’un début d’odeur. – Une température ambiante élevée limite la quantité adsorbable.25 – Courbe de saturation d’un filtre à charbon actif Toutefois. etc. En outre. – Un débit respiratoire élevé réduit la capacité. c’est-à-dire la saturation commençante du filtre en polluant. voir la norme EN 14387. parce que l’adsorption est réversible.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Les cartouches portent ainsi le numéro correspondant à leur classe de capacité.

en pratique le tiers de celle que donne le calcul. ce qui incite à prendre une bonne marge de sécurité. soit à la ceinture. un masque respiratoire gagne en confort avec une ventilation assistée.27). ce type de pollution n’étant pas si rare. Compte tenu de la perte de charge créée par le filtre.4 • Pratique de la prévention des risques 4. EPR isolants : Les EPR isolants comportent les mêmes pièces faciales que les filtrants (masques. Par exemple. Ils sont reconnaissables au marquage réglementaire. 1. Des cartouches combinent la protection contre les poussières et contre les vapeurs. La première consiste à prendre de l’air propre à l’extérieur à la zone polluée et à l’amener jusqu’à la pièce faciale par pompage. 205 . un masque A2 soumis à une pollution de 1 000 ppm a une autonomie de l’ordre de 3 heures et un masque E1 soumis à 100 ppm aura une autonomie de l’ordre de 3 h 20 min. Ce calcul ne doit pas faire oublier les facteurs réducteurs cités plus haut.26).3 Les familles de mesures Classe A1 A2 A3 B1 B2 B3 E1 E2 E3 K1 K2 K3 NOP3 Gaz d’essai Temps de claquage (min) 70 35 65 40 40 60 20 20 30 50 40 60 20 Concentration amont (ppm) 1 000 5 000 8 000 1 000 5 000 10 000 1 000 5 000 10 000 1 000 5 000 10 000 2 500 Concentration aval maxi cyclohexane 10 sulfure d’hydrogène 10 dioxyde de soufre 5 ammoniac 25 oxydes d’azote 5 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Pour la ventilation assistée. qui nécessite des équipements annexes (figure 4. C’est l’adduction d’air. indépendamment de la pollution environnante. Il faut donc un accumulateur portatif pour l’alimenter. ils sont placés sur une ceinture. Ces chiffres sont approximativement extrapolables en fonction des concentrations. ou TH lorsque la pièce faciale est une cagoule ou un casque (figure 4. Dès que les filtres. à l’aide d’un petit ventilateur porté soit sur le masque. voir les normes EN 12941 et 12942. Pour cela. les ventilateurs ou les accumulateurs sont un peu lourds ou encombrants. deux sources sont possibles. Ces appareils sont soumis à des normes de performances distinctes1 et d’un codage commençant par TM. cagoules et casques) mais l’air respiré est pur.

installer.28). Des variantes de ce système existent. selon la température ambiante et l’effort fourni. Il faut évidemment veiller à ce que l’air prélevé ne soit pas pollué. déplacer .26 – Masque complet à ventilation assistée – Casque à visière pour ventilation assistée – Cagoule pour ventilation assistée (Photos : 3M).4 • Pratique de la prévention des risques 4. même de façon inattendue.3 Les familles de mesures Figure 4. par exemple avec un rejet de gaz d’échappement de moteur thermique. à la demande ou à pression positive garantie. selon que l’air est à débit continu. De petits dispositifs autonomes portés à la ceinture assurent cette fonction (figure 4. entretenir. tuyaux) à acquérir. Elle pose néanmoins quelques problèmes d’utilisation : – équipements annexes (compresseur. Les avantages considérables de l’adduction d’air sont la suppression des limites d’autonomie et une qualité d’air respiré indépendante des performances du média filtrant. 206 .27 – Schéma d’une installation d’adduction d’air L’air respiré doit effectivement être exempt de tout aérosol solide ou liquide et réchauffé ou refroidi. cagoule air propre réglage de débit épurateur ceinture chaud/froid compresseur à vis Figure 4. épurateur.

est une autre option possible d’EPR isolant.4 • Pratique de la prévention des risques 4.29 – Schéma d’appareil respiratoire autonome (Photo : Tricolor Industries). Cela peut être réduit par une préparation du poste de travail et l’utilisation d’enrouleurs ou de tuyaux spiralés. Mais les déplacements importants sont proscrits . Mais elle perd l’avantage de la durée de protection illimitée et ajoute la contrainte d’un équipement lourd et un peu encombrant. 207 . en gagnant la liberté complète de mouvement. Le port d’une source d’air autonome. Quant à l’autonomie. – mode opératoire à adapter aux mouvements des tuyaux. Figure 4. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. elle conserve l’indépendance de la pureté de l’air respiré vis-à-vis de l’environnement. elle dépend du volume des bouteilles . sous forme de bouteilles pressurisées.28 – Épurateur (Photo : Tricolor Industries) – Régulateur de débit (Photo : 3M) – Réchauffeur/refroidisseur (Photo : 3M). En effet. elle ne dépasse pas 30 min. en pratique.3 Les familles de mesures Figure 4. – limitation des mouvements par la présence du tuyau d’adduction d’air.

Pour les plus dangereux. une fuite massive ou une asphyxie. Pour les poussières. La VME étant de 50 ppm. Il exprime le rapport de la concentration en polluant environnant sur celle qui est respirée. le choix va s’effectuer en confrontant les caractéristiques de l’appareil avec les conditions de travail envisagées. les EPR filtrants à cartouche de type TH et TM sont suffisants. à condition de bien les adapter à la nature du polluant. le phosgène. car des erreurs fatales se produisent encore en utilisant des EPR filtrants dans l’urgence. C’est la seule solution acceptable en cas de sous-oxygénation ou de présence de produits gazeux très toxiques. EXEMPLE : Supposons une pollution au xylène et un EPR de type TMA à ventilation assistée.3 Les familles de mesures C’est typiquement un équipement de secours. la concentration maximale admissible est de 50 ¥ 50 = 2 500 ppm dans l’environnement. Pour les gaz et vapeurs sans danger exceptionnel (niveaux 1 à 4). Choix et port des EPR : Aucun EPR n’étant universel. Cela signifie qu’il est global. on obtient une limite de 200 fibres/cm3. dans la mesure où leur étanchéité est satisfaisante. 208 . Le tableau suivant fournit quelques valeurs. et notamment l’amiante. par exemple pour un incendie. Les pièces faciales filtrantes (FFP) sont réservées à des pollutions légères en concentration comme en niveau de danger. le chlore. tels que l’oxyde de carbone. etc.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Pour de l’amiante avec un EPR à adduction d’air à pression positive. Il est primordial de rappeler qu’en cas de sous-oxygénation. Trois critères principaux sont déterminants. un appareil de type TM3P est acceptable en cas d’impossibilité d’utiliser un EPR isolant. L’efficacité de protection : la meilleure est celle des EPR isolants. alors qu’elle dépendra du débit d’air (160 l/min minimum) ou de la surpression avec la forme cagoule. intégrant l’efficacité propre du filtre et l’étanchéité de la pièce faciale. seuls les EPR isolants assurent une protection. les EPR filtrants de type THP et TMP peuvent assurer une bonne protection contre la plupart des polluants. les cyanures et sulfures d’hydrogène. déterminées statistiquement : Famille d’EPR ventilation libre ventilation assistée adduction d’air continue adduction d’air à pression positive Facteur de protection 10 à 20 50 500 > 2 000 Le facteur de protection permet d’évaluer la concentration maximale admissible pour un EPR donné. Le facteur de protection d’un EPR permet de situer son efficacité. Celle-ci sera très bonne avec un masque total.

La prudence s’impose aussi parce que l’adsorption du polluant dans les cartouches n’est pas stable. par l’historique et par un calcul théorique. statistiquement. qui est en général perceptible. La concentration maximum peut être approchée par la métrologie. Le choix d’une protection respiratoire n’est donc pas si simple1. les chiffres passent de 7 min à 200 min. et après réflexion. il faut une ventilation assistée pour tout travail de plus de 30 min. Pour approfondir ce sujet. L’EPR isolant s’impose aussi pour un travail dépassant 90 min. Les cagoules sont les plus faciles à porter. 209 . sauf sur une courte durée (moins de 10 min). tous types de cartouches confondus.4 • Pratique de la prévention des risques 4. L’autonomie des EPR filtrants pour poussières n’est limitée que par le colmatage. Les appareils de protection respiratoire. soit moins de 30 min. compte tenu des autres facteurs intervenants. est limitée par le volume d’air porté. Les masques qui exercent une compression du visage sont les plus difficiles à supporter. Cette facilité est renforcée par l’adduction d’air qui apporte une climatisation individuelle. L’autonomie : L’autonomie des EPR isolants est théoriquement infinie dans la catégorie de l’adduction d’air. les calculs établis sur les temps de claquage normalisés à 1 000 ppm donnent des valeurs variant. Il doit se faire en suivant un raisonnement qui demande de se poser les bonnes questions dans le bon ordre : – N’y a-t-il pas une mesure de prévention collective possible ? La protection collective est envisageable dès qu’une opération est répétitive. Celle des EPR autonomes. elle peut être portée pendant la demijournée de travail. Encore faut-il assurer une parfaite étanchéité avec le visage. c’est-à-dire à réserve d’air. d’autant plus en un lieu fixe. En pratique. en facilité d’emploi et en confort.3 Les familles de mesures © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. ou si la concentration maximum probable est supérieure à 1 000 ppm ou 50 fois la VME. les cartouches pour gaz et vapeurs 1. ou moins si l’effort est important. Ces chiffres peuvent paraître surprenants. et qu’il peut se produire un relargage au bout d’un certain temps. L’autonomie des EPR filtrants pour gaz et vapeurs dépend de nombreux facteurs. comme décrit précédemment. Elle dépend donc totalement de la concentration des poussières. surtout les plus légères. mais nous verrons qu’ils ne posent pas de problème. si le polluant est très dangereux ou inconnu. l’incertitude portant sur l’imprégnation réelle d’une cartouche utilisée fait que l’on doit exclure tout réemploi. En outre. Si l’on s’en tient au tiers du résultat. plus elle sera utilisée plus elle progressera en efficacité. de 20 min à 600 min. – Est-il possible d’utiliser l’adduction d’air ? Il faut examiner la mobilité nécessaire et la possibilité d’aménager le poste en conséquence. Ces appareils ne devant pas être utilisés pour plus de 1 000 ppm. Enfin. D’autre part. la valeur médiane étant de l’ordre d’une heure. – Y a-t-il un facteur imposant un appareil isolant ? C’est le cas d’une sous-oxygénation possible. Les seules raisons qui justifient d’y renoncer sont le caractère exceptionnel. voir la brochure INRS ED 780. l’urgence ou la mobilité du travail. Cette combinaison est donc l’idéal à envisager systématiquement. Des enquêtes effectuées auprès des utilisateurs fixent la limite à 70 min. Le confort : il est très différent selon les types. – L’opération dure-t-elle plus de 30 min environ ? Si l’on n’a pas adopté l’adduction d’air. Cette solution s’impose en cas d’effort important et prolongé.

Selon les circonstances. Le moyen de prévention classique est le port de gants. le niveau d’effort et la durée de l’activité envisagée. Quel que soit le choix d’un EPR. – Quelle est la composition chimique du polluant ? La réponse est indispensable pour choisir le type de cartouche (poussières ou A. En dehors du cas des EPR isolants à adduction d’air. La réponse à ces questions nécessite de connaître au préalable la nature et la concentration probable des polluants. y compris dans l’urgence . Ces opérations relèvent de deux cas de figure : – une exposition chronique. Extrait du document INRS ED 112. « Des gants contre les risques chimiques ». qui s’impose dans tous les risques de haut niveau. qui pourront ainsi être associés au choix. 210 .4 • Pratique de la prévention des risques 4. K. il faut une résistance chimique. etc. celui-ci ne peut pas être utilisé avec toute son efficacité sans une formation des utilisateurs. qu’il faut choisir en fonction de la résistance recherchée. informés sur les limites et sur la maintenance nécessaire. aromatiques Hydrocarbures chlorés Solutions aqueuses Latex Nitrile Néoprène PVC PVA Butyle Fluorés Multicouches 1. malgré la protection collective. ou plutôt en cas de défaillance d’une protection collective. Le marquage réglementaire permet d’avoir cette information. comme le montre le tableau suivant1 : Famille de produits Acides carboxyliques Aldéhydes Alcools primaires Cétones Hydrocarbures aliphatiques Hydrocarb.3 Les familles de mesures devront être de classe 2 minimum ou de classe 3 au-delà de 90 min (ce qui est peu raisonnable…). c’est-à-dire planifiée. m Les protections de contacts Les mains sont le point de contact le plus fréquent avec les agents chimiques. Pour la résistance chimique. Comme exemple on peut citer le déchargement d’un véhicule citerne contenant de l’ammoniac liquéfié.). les autres types ne doivent être utilisés en définitive que pour des opérations courtes ou exceptionnelles. B. mécanique ou microbiologique. – une exposition accidentelle que l’on a envisagée dans l’analyse des risques. les polymères utilisés ont des compatibilités limitées. C’est le principe de redondance. E. qui représentent un idéal.

avec une matière résistante adaptée aux conditions. la protection du visage est déjà assurée. Si la personne porte un masque complet ou une cagoule. mais absorbe bien les liquides. Sa protection consiste à placer un écran transparent devant lui. en fonction du degré de résistance recherché. Le reste du corps est surtout exposé aux projections.3 Les familles de mesures Le principal inconvénient des gants est de réduire l’habileté et le sens du toucher. Les lunettes de sécurité. il faut porter une visière. d’autant plus que la tenue est légère. Il existe six types de vêtements normalisés1 : Type 1 2 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. créant ainsi un inconfort particulier. à réserver aux laboratoires. « Quels vêtements de protection contre les risques chimiques ? ». ne protègent que les yeux. Les vêtements de protection contre les risques chimiques sont assez variés. tel qu’une combinaison. Mais il est aussi exposé de façon chronique par les pollutions volatiles. Or. D’après le document INRS ED 127. En outre. qui sont certes le point le plus fragile du visage. – les remplacer régulièrement. à cause de leur étanchéité. ces gants enferment la transpiration. Le visage est très exposé. d’autant plus qu’ils sont épais. D’où les règles d’usage suivantes : – rechercher d’abord une solution de protection collective ou un outil adapté pour éviter tout contact .4 • Pratique de la prévention des risques 4. Un bon vêtement de protection doit être enveloppant. – assurer l’hygiène intérieure . 211 . car il brûle mal. non étanche aux gaz Étanche aux liquides Étanche aux brouillards Contre les poussières Contre les projections limitées 3 4 5 6 1. en raison de son faible niveau de protection. souvent imposées en continu. Le plus simple et le plus ancien est la blouse. Si ce n’est pas le cas. – bien laver les gants avant de les retirer . par exemple quand il n’y a pas de pollution volatile. la résistance chimique et mécanique s’accorde mal avec la finesse. – réduire au minimum le temps de contact . Le coton est préférable aux tissus synthétiques. Caractéristiques Étanche aux gaz Pressurisable. parce qu’il est normalement découvert et que le fait de regarder l’expose souvent directement aux sources de projection. La visière s’impose avec des produits très corrosifs et présents en grandes quantités.

Lorsque le risque se limite à un contact avec un objet souillé. Quelle que soit la structure. l’ensemble des connaissances présentes dans cet ouvrage permettent de définir les objectifs possibles de formation et d’information.4 • Pratique de la prévention des risques 4.12 La formation et l’information Il a souvent été dit que le succès de toute mesure de prévention n’est garanti et pérenne qu’avec l’adhésion des personnes concernées. Mais la formation utile dépend beaucoup du domaine d’action de chacun.3.fr) – Tablier de protection (Photo : Manutan) – Combinaison de protection (Photo : Protec Nord) Les équipements qui ne présentent pas d’inconfort peuvent être portés en continu mais. C’est le but de la formation. initiale et continue. même si des notions générales sont indispensables à tout le monde. www. 212 . nettoyés et rangés après. dont la fourniture doit être organisée. Ils doivent être vérifiés avant chaque utilisation. Tous ces vêtements font l’objet d’une normalisation fournie.3 Les familles de mesures Il existe aussi des combinaisons à usage unique. ces deux actions du management sont indissociables. Ceux qui sont jetables ne doivent pas être conservés. la sécurité et la protection de l’environnement. la solution du tablier étanche en élastomère est intéressante.protecnord. Voici quelques illustrations de vêtements de protection : Figure 4. L’adhésion n’est possible qu’avec un minimum de connaissances spécifiques. dans un endroit propre. dès qu’il y a une contrainte sensible. car elle n’affecte pas la mobilité ni la transpiration. Nous proposons ici un contenu minimum de formation pour quelques grands domaines d’action. Concernant le risque chimique.30 – Gant de protection (Photo : Protec Nord. il faut restreindre leur usage aux situations courtes et exceptionnelles. La maintenance des moyens de protection contre les contacts est une condition de leur efficacité. Mais la mise en pratique des connaissances nécessite des informations particulières. m La formation au risque chimique Le but final d’une formation au risque est d’obtenir pour soi et pour les autres un bon niveau de santé. comme cela est le cas des démarches qualité. 4. pour des expositions modérées. en recherchant toujours une protection collective en priorité.

– les familles de mesures . Il est évident par exemple que les acheteurs jouent un rôle important dans la chaîne de décisions qui influe sur le niveau de tel ou tel risque. – l’étiquetage et les dangers . Utilisateurs de produits chimiques : – notions générales . environnement. – les méthodes d’analyse . – la logique de prévention .3 Les familles de mesures Notions générales : – signification précise et commune à certains termes omniprésents : produit chimique. – estimation des risques . danger. les informations utiles sont tout ou partie de la liste suivante : – inventaire des agents chimiques présents. elles peuvent être incluses dans l’inventaire informatique . mais une démarche de prévention. commerciaux et gestionnaires : – notions générales . pollution . protection. mises à jour . de préférence en réseau. – formation et information . utilise un grand nombre d’informations. – le choix des mesures. – réglementation . – prévention des dommages. ergonomie. m L’information chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dommage. – étiquetage réglementaire de tous les emballages de produits . estimation. – effets des produits chimiques sur l’homme et l’environnement . afin de garantir à tous la même information mise à jour. la sécurité et l’environnement. telles qu’elles sont apparues tout au long des chapitres de cet ouvrage. La pratique d’une analyse de risque chimique. – fiches de données de sécurité. Cet inventaire peut être imprimé. risque. intéresse toute l’organisation sous des aspects divers. D’autres domaines peuvent exister dans la grande diversité des organisations. chimique ou pas.4 • Pratique de la prévention des risques 4. suivie de la mise en place de mesures de prévention. – la prévention et la protection . Concepteurs de procédés et d’équipements : – notions générales . Administratifs. – organisation des flux. 213 . – mécanismes d’apparition des dommages . ou disponible sur un support informatique. En fonction du domaine d’action de chaque personne confrontée au risque chimique et après sa formation adéquate. prévention. – les protections individuelles et les moyens de secours. avec les données techniques et concernant la santé.

– marquage des équipements en contact avec des produits chimiques. doit être organisée comme un élément du management. indiquant. Les mesures organisationnelles : Ce sont les moins connues.4. . historique et analyse d’incidents. des flux matériels ou des modes opératoires. elles sont mises au point par des services techniques internes ou externes à l’entreprise ou au service. les vérifications de matériel. Les mesures techniques : Ce sont les plus classiques. l’organisation des secours.) . etc. Elles consistent à créer des modifications matérielles dans l’équipement et l’environnement. Ce qui est invariable. fréquences. de délai. état de fonctionnement. comme la ventilation.4 Choix des mesures 4. indiquant notamment les zones de sécurité. circuits. conditionnements. 4.1 Typologie des mesures La pratique de la prévention des risques montre que les mesures sont tellement variées qu’il serait impossible de les lister toutes.3 en font partie. la signalisation réglementaire. maintenance. Formation et information sont souvent le maillon faible de la démarche santésécurité-environnement. La grande majorité des mesures qui ont été examinées au paragraphe 4.). mais aussi toute information de sécurité utile (volume. Après fixation du cahier des charges par les demandeurs. – procédures concernant les mouvements de produits. de canalisations. pression. on peut distinguer trois grands types de mesures selon leur mode de fonctionnement. Il y a une grande différence de coût et de délai entre l’adjonction d’un simple captage et un passage au système clos. température. de ventilation. Toutefois. etc. les dérives possibles. de rétentions. . toutes les données techniques et administratives utiles à la maîtrise des risques (quantités. et éventuellement de nuisances. etc. c’est la méthodologie qui conduit à la proposer. Chaque situation particulière peur conduire à une nouvelle mesure. – documents de référence tels que schémas fonctionnels. – autant que nécessaire. Elles consistent à agir sur l’organisation du travail ou des structures. elles ont des contraintes de coût. de maintenance. etc. Cette somme d’informations. etc. c’est-à-dire supprimant un risque au niveau 214 . Ce sont généralement des mesures de grande efficacité. Néanmoins. . voire une dépense.4 • Pratique de la prévention des risques 4. dont l’importance est fonction de la taille et de l’activité de l’entreprise ou du service. de stockage. qui demande des études et des investissements lourds. au minimum. même si elle se rattache à une des grandes familles que nous avons décrites. sans qu’il y ait nécessairement une modification technique importante. les actions correctives recommandées. les interventions de maintenance. en raison de la confiance qu’inspirent traditionnellement les mesures techniques. Elles ont l’avantage d’être visibles et contrôlables et peuvent être permanentes sans difficulté.4 Choix des mesures – modes opératoires écrits.

Ces mesures sont généralement difficiles à mettre en place. Dans d’autres cas. En réalité. technique et individuel. les conditions de travail. utilisables presque partout et peu coûteuses. elles font progresser dans plusieurs domaines à la fois. L’application complète de la méthodologie basée sur les cinq composantes du risque. etc. le secourisme. regroupe les moyens de secours qui tendent à réduire la gravité des dommages. s’il reste plusieurs mesures possibles pour un même risque. En effet. Ainsi. un suivi informatique du circuit produits. ou un matériel atex et une mise 215 . une première élimination va considérablement réduire ce nombre initial. ou un outil aspirant avec une humidification. l’exécution réelle d’une consigne ou d’une procédure dépend totalement de la liberté de chaque individu. 4. A-In. c’est pourquoi il est primordial de les choisir à bon escient. en particulier les EPR et les gants . cette difficulté est d’ailleurs souvent liée aux contraintes physiques qu’elles induisent. Pourtant. etc. Dans le cas des protections individuelles. deux mesures par composante. Il s’agit typiquement des protections individuelles. cela fait en théorie 36 mesures par action ! Cette créativité est très profitable. une cabine ventilée et un EPR. mais aussi du suivi médical. Par contre.2. Une mesure donnée s’applique le plus souvent à plusieurs risques. Une dernière catégorie. intermédiaire entre les domaines organisationnel. un cursus de formation interne. Ainsi. et il est indispensable de le formuler ainsi dans le rapport avant décision finale. A-IE). nous avons vu au paragraphe 3. Si l’on propose. On ne peut qu’améliorer sa probabilité d’application par un certain nombre de facteurs tels que la formation. complémentaires pour un même risque. A-Co. toujours en moyenne. et cela sur plusieurs actions consécutives… La première étape de sélection est donc d’éliminer les mesures qui se répètent. Les mesures individuelles ont donc la moins bonne fiabilité des trois types.4 • Pratique de la prévention des risques 4. une substitution peut être incompatible avec un captage. etc. car il est souvent compris comme une mesure collective. un captage de vapeurs inflammables supprime deux risques à la fois (C-In et A-IE). compte tenu de leur champ d’application souvent très large. les douches. une signalétique particulière au stockage. Ce dernier point est important à analyser. Ensuite. tels que les extincteurs.4.4 Choix des mesures de la raison qui l’a fait naître. au contraire. en raison des changements d’habitudes qu’elles entraînent. Il faut opter pour l’une des solutions. Un système clos peut supprimer facilement cinq risques par action (C-In. moyennant quoi elles ont le grand avantage d’être disponibles sans délai. de la formation et des consignes et procédures. le climat social. Les mesures individuelles : Certaines mesures ne portent que sur l’individu. C-Co.5 que chaque action pour laquelle un agent chimique est présent peut créer 4 à 5 risques distincts. les mesures sont. Par exemple. une fois rodées.2 Critères de choix © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. génère en général un nombre considérable de mesures de prévention. les relations interpersonnelles. Entrent par exemple dans cette catégorie une suppression de produit dangereux. conduite librement au sein d’une équipe pluridisciplinaire. car elle permet souvent de sortir de situations qui paraissaient bloquées. l’information. et partant de l’analyse des risques effectuée selon les règles du chapitre 3. il faut examiner si elles sont compatibles.

Ainsi. La non-apparition de nouveaux risques Le respect de l’ensemble de la réglementation applicable L’acceptabilité par le personnel La fiabilité et la stabilité dans le temps La facilité et le délai de réalisation Le coût financier Lorsqu’une mesure demande un certain délai de mise en place. quelles qu’elles soient. mais il faut une approche globale. il reste toujours des choix à faire entre plusieurs mesures. avec les problèmes d’usure. C’est ce qui confère l’efficacité réelle à terme. En voici une synthèse : Qualité de la mesure La disparition ou la réduction de risques obtenue Le nombre de risques traités Précisions C’est l’efficacité directe de la mesure. La meilleure des mesures peut être trop difficile à financer. Un risque peut même être maîtrisé à l’issue de plusieurs étapes impliquant des mesures différentes. Après cela. Une mesure qui supprime plusieurs risques à la fois. etc. qui repose sur quelques paramètres importants. il est indispensable de prendre immédiatement une mesure provisoire.4 Choix des mesures à la terre. faut-il remplacer un CMR par un inflammable ? C’est une obligation mais elle est automatiquement respectée avec cette méthodologie. au minimum dans le respect de la réglementation concernant la protection de l’environnement. Par exemple. qu’il faut évaluer globalement. Le délai dépend de l’urgence. d’information et de surveillance médicale. C’est la fiabilité technique dans les conditions réelles. Il faut enfin rappeler que toutes les mesures mises en place. que l’on retrouve exprimés avec des variantes dans les différentes méthodes proposées. comme une protection individuelle. intégrant d’éventuels gains de productivité ou de qualité. notamment en ce qui concerne l’impact des mesures sur l’environnement. 216 . Il faudra alors bien inscrire « et » dans le rapport. C’est le déplacement de risque. peut-être moins efficace mais plus rapide. de fatigue. il vaut mieux choisir la mesure la plus simple. ou dans plusieurs actions. Le choix final résulte d’une prise en compte de la performance globale de la mesure. tout rejet d’air issu d’un captage doit être accompagné d’un système d’épuration et éventuellement de mesures de réduction de bruit. Le non-déplacement du risque doit faire l’objet d’une attention particulière. éventuellement sur plusieurs années. de salissures. Il peut y avoir rejet pour des raisons physiques (EPR…) ou psychologiques (procédures administratives…). D’où la nécessité d’établir un plan de prévention. vérifiable par la baisse de cotation. À performances égales.4 • Pratique de la prévention des risques 4. ne sauraient être pleinement efficaces et stables sans être accompagnées de formation.

Ces dysfonctionnements doivent d’ailleurs être envisagés et estimés dans l’analyse des risques. certains auteurs ont attribué à la prévention le rôle de réduction de la probabilité d’un dommage et à la protection celui de réduction de la gravité. mais mieux encore en combinant plusieurs mesures différentes visant le même risque. Le terme équivalent en anglais. Une règle de base de la prévention est de proportionner l’efficacité d’une mesure au niveau du risque qu’elle vise. et sujettes à des dysfonctionnements d’origine technique ou humaine. C’est par exemple la combinaison captage localisé et EPR. parce qu’on ne peut pas les distinguer du procédé. Les autres mesures. ou transfert par pompe et confinement. quoi qu’il arrive après. le matériel atex et l’ensemble des protections individuelles ne suppriment pas la zone dangereuse créée par l’agent chimique danger mais protègent l’individu. cela devrait être la seule signification du mot prévention. car il est normal et même recommandable de viser la plus forte efficacité disponible indépendamment du niveau de risque. c’est l’efficacité minimum qui est invoquée. Mais une mesure efficace n’est pas forcément fiable. comme expliqué au paragraphe précédent. est le plus parlant. « by design ». la suppression d’une situation dangereuse est beaucoup plus fiable que la suppression ou l’interruption de l’événement dangereux. la suppression ou la substitution d’un agent chimique est toujours la mesure la plus fiable. Pour un risque de haut niveau. En réalité.4 • Pratique de la prévention des risques 4. C’est le principe de redondance. La préservation de la santé et de la sécurité des personnes est suffisamment primordiale pour que le critère d’efficacité des mesures le soit aussi. C’est pourquoi il faudrait toujours les appeler protections. Le gain de fiabilité s’obtient d’abord en travaillant sur la mesure. Les mesures qui suppriment ainsi le risque sont souvent appelées mesures de prévention intrinsèque ou intégrée. qu’il soit technique ou humain. quand la mesure ne pose pas de problème trop difficile. soit par enfermement total et permanent des agents chimiques dangereux.3 Prévention. D’ailleurs. par opposition à protection. puisque si le danger lui-même disparaît. chacune des mesures possède un degré de fiabilité global. comme exposé au chapitre 3. Leur fiabilité est moindre puisqu’elles sont ajoutées à un système existant. c’est-à-dire « par conception ». soit par suppression de la source d’émission. Ainsi. Pour présenter autrement cette distinction. d’autre part de l’AMDE des mesures principales envisagées. La redondance nécessaire se déduit d’une part du niveau de danger d’agent chimique. la pose d’écran. il est recommandé de procéder à une AMDE (voir paragraphe 3. Les dispositifs comme le captage. ou inertage et matériel atex.2. Plus précisément. le risque aussi. pour améliorer la mise au point d’une nouvelle mesure. Cette efficacité doit être pratique et non pas seulement théorique. Vient ensuite la suppression de toute exposition. De même.4. il faut une grande fiabilité.4). protection et redondance © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.4 Choix des mesures 4. ne suppriment pas le risque mais en diminuent la probabilité ou la gravité. collectives ou individuelles. Cela peut conduire à 217 . Cette remarque signifie plus précisément qu’aucune mesure n’échappe à une probabilité de dysfonctionnement. Autrement dit. qui agissent plus bas dans la hiérarchie des composantes. donc distinctes de l’installation. Mais ce qui fait la fiabilité d’une mesure est d’abord son niveau d’action dans la hiérarchie des composantes du risque.

La prévention des risques d’explosion en est la meilleure illustration. Elle est le reflet de la transcription de la réglementation européenne. JO du 12 mars 2008. les employés et les citoyens de tous statuts. Ordonnance n˚ 2007-329 du 12 mars 2007 relative au Code du travail. Voici le plan de la partie réglementaire2. Nous allons vérifier ce point pour le risque chimique. et éventuellement en sous-sections. Ces mesures multiples coûtent plus cher. qui doivent être tout autant respectées. Mais elle comporte aussi des singularités nationales. 4132-1 R. n’est pas une fin en soi. limité aux titres : Livre I II I Dispositions générales III IV V Titre Champ et dispositions d’application Principes généraux de prévention Droits d’alerte et de retraits Information et formation des travailleurs Dispositions particulières à certaines catégories de travailleurs R. puis en titres.4 Le rôle de la réglementation La réglementation concernant la santé et la sécurité. 2. toutes les exigences de la réglementation devraient être satisfaites. annexe I (partie législative). en sections. À partir du moment où des responsables décident d’appliquer une méthodologie de prévention des risques. Son rôle est de garantir un minimum de protection au cas où elle serait absente des préoccupations des personnes impliquées. et demandent plus de maintenance et de vérifications. qui vient d’être réorganisé et codifié1. télécommande et surveillance d’atmosphère. 218 . en chapitres. L’ensemble des textes. l’encadrement. Ainsi. Tous les articles sont répartis dans une organisation en six livres. autant que possible. matériel atex et disques de rupture.4 Choix des mesures plusieurs mesures redondantes. 4152-1 Premier article 1. c’est pourquoi il est toujours plus rentable de diminuer. captage. comme dans tous les domaines.4 • Pratique de la prévention des risques 4. La première réglementation à appliquer est celle du Code du travail. à savoir les employeurs. consacre sa quatrième partie à la santé et à la sécurité au travail. le niveau de risque au préalable.4. le dommage ne se produirait pas. si l’une des mesures venait à défaillir. JO du 13 mars 2007. puisque l’on combine couramment éloignement. Pour un travail avec une substance CMR non substituable. codifiés et non codifiés. Annexe au décret n˚ 2008-244 du 7 mars 2008 relatif au Code du travail (partie réglementaire). mais à droit constant. 4. inertage. compliquent le fonctionnement. on peut associer confinement. EPR. 4121-1 D. 4141-1 R. m Code du travail Le Code du travail. dans la mesure où toutes les transcriptions nécessaires sont bien réalisées. est assez complexe et dans le cadre de ce paragraphe nous nous en tiendrons à l’essentiel.

4311-1 R. 4541-1 R. 4532-1 R. 4511-1 II III V II III IV I R. 4411-1 R. 4523-1 R. Institutions et organismes de prévention II III IV I II VII Contrôle III IV VIII Dispositions relatives à l’Outre-mer 219 . 4221-1 R. 4711-1 R. 4211-1 R. 4641-1 D.4 Choix des mesures Livre Dispositions applicables aux lieux de travail Équipements de travail et moyens de protection I II I II I II III IV Prévention de certains risques d’exposition IV V VI I Prévention des risques liés à certaines activités ou opérations Titre Obligations du maître d’ouvrage pour la conception des lieux de travail Obligations de l’employeur pour l’utilisation des lieux de travail Conception et mise sur le marché des équipements de travail et des moyens de protection Utilisation des équipements de travail et des moyens de protection Risques chimiques Prévention des risques biologiques Prévention des risques d’exposition au bruit Prévention des risques d’exposition aux vibrations mécaniques Prévention des risques d’exposition aux rayonnements ionisants Prévention des risques en milieu hyperbare Travaux réalisés dans un établissement par une entreprise extérieure Installations nucléaires de base et installations susceptibles de donner lieu à des servitudes d’utilité publique Bâtiment et génie civil Autres activités et manutention Comité d’hygiène. 4822-1 VI © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 4741-1 R. 4451-1 néant R. 4731-1 R. 4441-1 R.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 4421-1 R. 4612-1 R. 4621-1 R. 4431-1 R. 4721-1 R. de sécurité et des conditions de travail Services de santé au travail Service social du travail Institutions concourant à l’organisation de la prévention Documents et affichages obligatoires Mises en demeure et demandes de vérification Mesures et procédures d’urgence Dispositions pénales Premier article R. 4631-1 R. 4321-1 R.

Cela commence par les « principes généraux de prévention » exposés par l’article L. 9) donner les instructions appropriées aux travailleurs. y compris dans le choix des procédés de fabrication. dans un ensemble cohérent. donne un début de méthode : « L’employeur. et les différentes cibles de l’action : produits. 8) prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle .4 Choix des mesures Notre attention se porte ici sur les articles qui précisent la logique de la démarche de prévention. la technique. mais ne fournissent aucune méthodologie. 3) combattre les risques à la source . dont les prescriptions sont : 1) éviter les risques . La prévention du risque chimique occupe tout le chapitre II. notamment les risques liés au harcèlement moral. l’individu. À la suite de cette évaluation. les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants. évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs.4 • Pratique de la prévention des risques 4. prévention. 4) adapter le travail à l’homme. des équipements de travail. l’environnement de travail. 1152-1 . tel qu’il est défini à l’article L. en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé . des substances ou préparations chimiques. Ils précisent surtout que tous les domaines sont concernés : la technique. 4121-3. l’employeur met en œuvre les actions de prévention ainsi que les méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. mais il leur manque manifestement un fil conducteur. équipements et procédés. 7) planifier la prévention en y intégrant. la conception. 5) tenir compte de l’état d’évolution de la technique . 220 . R. dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail. » On y retrouve bien les deux étapes fondamentales : évaluation. les conditions de travail. Il intègre ces actions et ces méthodes dans l’ensemble des activités de l’établissement et à tous les niveaux de l’encadrement. 2) évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités . l’organisation. l’organisation du travail. 6) remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux . compte tenu de la nature des activités de l’établissement. Ces neuf principes sont évidemment pertinents. en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production. L’article suivant. 4121-2. qui est divisé en 4 sections.

4412-149 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 4412-94 R. à savoir. 4412-59 R. la propriété intrinsèque d’un agent chimique susceptible d’avoir un effet nuisible . à quelques nuances près. pour les agents chimiques non classés CMR. – L’agent chimique doit être remplacé par un agent moins dangereux ou un procédé moins dangereux. En effet. la probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d’utilisation et/ou d’exposition ». le degré et la durée de l’exposition . activité. – Utilisation d’équipements réduisant la libération d’agents chimiques. mutagènes et toxiques pour la reproduction Risques d’exposition à l’amiante Règles particulières à certains agents chimiques dangereux Premier article R. d’autres mesures s’imposent (R. 4412-13 est étonnante : les mesures de prévention peuvent se limiter aux sept précédentes. – Le risque est réduit par la conception de procédés appropriés. – Mesures de protection collective. On retrouve bien. – la nature. seule la quatrième mesure définit l’objectif : « 4) En réduisant au minimum la durée et l’intensité de l’exposition » lequel correspond à la réduction du niveau d’exposition. 4412-1 R. niveau de danger. par priorité décroissante : – Le risque présenté par un agent chimique doit être supprimé. 2) risque. 4412-4) : « … on entend par : 1) danger. l’objectif et les moyens.4. si les « quantités » d’agent chimique dangereux ne présentent qu’un risque « faible » et si les mesures prises sont « suffisantes »… Dans le cas contraire.4 Choix des mesures Section 1 2 3 4 Contenu Dispositions applicables aux agents chimiques dangereux Dispositions particulières aux agents chimiques dangereux cancérogènes. dont ventilation à la source. 4412-6) : – les propriétés dangereuses des agents chimiques . demande notamment de prendre en compte (R. 4412-15 à R. La sous-section 1 de la section1 introduit des définitions de base telles que (R. et paramètres d’exposition contenus dans notre méthodologie. – Utilisation de protections individuelles. il est dit que l’évaluation des risques chimiques. Ensuite. – les conditions dans lesquelles se déroulent les activités . en substance. défini au paragraphe 2. les notions de danger. Les sept mesures minimales de prévention (R. – les valeurs limites d’exposition professionnelle. à notre avis.3. La règle énoncée dans l’article R. 4412-11) mélangent.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 221 . mais uniquement pour le processus chronique. 4412-22).

Le grand absent est l’exposition massive respiratoire. une réduction de l’exposition. Elles prescrivent. c’est-à-dire cancérogènes. 4412-38 R. d’éclaboussures. Suivi des travailleurs et surveillance médicale. lequel est une propriété non modifiable. Les mesures de prévention visant les agents chimiques classés CMR sont peu différentes des six précédemment citées. 4412-65 rappelle que les expositions par absorption percutanée ou transcutanée sont aussi prises en compte. Il demande en effet de prendre des mesures contre les dangers découlant des propriétés physico-chimiques. le degré et la durée de l’exposition des travailleurs afin de pouvoir apprécier les risques pour leur santé ou leur sécurité et de définir les mesures de prévention à prendre… » Toutefois. qui ne diffère pas. sans le nommer. font l’objet de prescriptions particulières. – en cas d’impossibilité technique. 4412-23 R. Contrôle de l’exposition et VLEP. regroupées dans la section 2. L’article R. La première de ces mesures (R. dans son principe. Premier article R. – les quantités dangereuses de substances chimiques instables . 4412-17 fait nettement allusion au processus accidentel. Notice de poste. 4412-66 à R. notamment la première. Fiches d’exposition. 4412-33 R. 4412-75) : – la substitution de l’agent chimique dangereux . Les risques cités correspondent aux risques d’incendie-explosion. Mesures en cas d’accident ou d’incident. Information et formation des travailleurs. – en cas d’impossibilité technique. susceptibles de provoquer des brûlures thermiques ou chimiques. à moins qu’elle ne soit implicitement visée dans l’article précédent. l’article R. 4412-61) est l’évaluation des risques. son utilisation en système clos .4 Choix des mesures Ces formulations. en évoquant : – les concentrations dangereuses de substances inflammables . Le risque présenté par un agent chimique ne correspond qu’à la définition du danger. 4412-40 Les agents CMR. 222 .4 • Pratique de la prévention des risques 4. – les risques de débordement. mutagènes ou toxiques pour la reproduction de catégorie 1 ou 2. de réactivité et d’exposition massive cutanée. font preuve d’une certaine imprécision. 4412-27 R. énumérées dans les articles suivants de la section 1 : Sous-section 4 5 6 7 8 Contenu Vérification des installations et protections collectives. par priorité décroissante (R. Ces différentes mesures techniques sont accompagnées de mesures organisationnelles ou individuelles. de déversement. Il s’agit plutôt de la suppression de l’agent chimique qui est suggérée. de celle des autres agents : « … l’employeur évalue la nature.

4 Choix des mesures La réduction de l’exposition. 4412-152) ou spécifiques à certains agents : silice. 223 . biologiques (R. 4222-4 R. il existe des articles tout aussi pertinents à d’autres endroits : Livre II. 4412-150). – stockages hermétiques . dans le respect des VLEP . – protections collectives et individuelles . 4412-154 à R. titre II. – détection précoce en cas d’accident . – réduction du dégagement d’agents . plomb. 4412-164). fait l’objet d’un développement dans l’article R. Le Code du travail réserve une section entière au risque d’exposition à l’amiante. assainissement : Ce chapitre comporte 7 sections. Voici en résumé les treize mesures indiquées dans cet article : – limitation des quantités d’agents . Ces mesures sont complétées par d’autres mesures de nature organisationnelle. qui entre dans la catégorie des CMR. qu’elles soient contraignantes (R. – signalisation des dangers . 4412-104. La dernière section est en fait consacrée aux valeurs limites d’exposition. titre I. – évacuation sûre des déchets. – limitation du nombre de travailleurs exposés . qui est le dernier recours. En réalité. – hygiène des locaux . chapitre II : Aération. À première vue. 4412-94 à 4412-124). les mesures à prendre en cas d’accident. chrome (R. indicatives (R. – procédures et méthodes appropriées . mais fait l’objet de prescriptions particulières (R. mais en les renforçant : le contrôle des VLEP. Il faut toutefois signaler que certaines VLEP sont indiquées dans d’autres parties du code : les poussières à l’article R. – dispositifs d’urgence pour les accidents . sachant que ces dernières ne figurent que dans un arrêté. 4222-18 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 4222-1 R. benzène. – information des travailleurs . 4222-10 R. – évacuation des agents par humidification ou captage. la formation et l’information des travailleurs. 4222-10 et l’amiante à l’article R. de rédaction ancienne et néanmoins très importantes pour la prévention : Section 1 2 3 4 Principes et définitions Locaux à pollution non spécifiques Locaux à pollution spécifiques Pollution par les eaux usées Titre Premier article R. 4412-149).4 • Pratique de la prévention des risques 4. 4412-70. tout ce qui concerne le risque chimique est regroupé dans le livre IV. Il est précisé que l’employeur prend aussi des mesures pour les autres risques éventuels et les activités d’entretien et de maintenance. déjà mentionnées.

elle indique que l’employeur doit évaluer les risques d’explosion en fonction de la probabilité de formation d’atmosphère explosive. de : – empêcher la formation d’atmosphère explosible . Les valeurs limites d’exposition professionnelle sont instaurées. dans l’ordre.4 • Pratique de la prévention des risques 4.4 Choix des mesures Section 5 6 7 Titre Contrôle et maintenance des installations Travaux en espace confiné Protection individuelle Premier article R. Les principes de prévention mentionnés dans les articles R. en fonction de la probabilité de présence de l’atmosphère explosible. 4227-45 prescrivent. d’ailleurs très proche de notre méthodologie générale. 4227-28 R. 4227-42 La partie traitant de la prévention des explosions est à signaler pour sa construction logique. 4222-20 R. l’article R. notamment par les sections suivantes Section 4 5 6 Titre Emploi et stockage de matières explosives et inflammables Moyens de prévention et de lutte contre les incendies Prévention des explosions Premier article R. vapeurs. Livre II. elles sont captées à la source. Cette évaluation permet de définir des zones dangereuses. qui traite des équipements de travail et de protection. ainsi que celles du port des protections individuelles. En effet. Nous retrouvons bien l’estimation d’un risque accidentel basée sur la probabilité et la gravité. – atténuer les effets de l’explosion . – éviter l’inflammation . de la nature des substances et des installations et de la gravité de l’explosion. deux parties concernent directement le risque chimique : 224 . Livre III. titre I. chapitre VII : Risques d’incendies et d’explosions et évacuation : Le risque chimique est implicitement visé. la définition de zone dangereuse et les actions sur la situation dangereuse. titre II. En effet. 4222-12 précise en substance que : – Les émissions de gaz. les conditions de recyclage de l’air sont fixées. l’événement dangereux et le dommage. – À défaut. 4227-21 R. 4227-44 et R. chapitre II : Règles techniques de conception : Dans ce livre. – prévenir la propagation des explosions. 4222-25 Ce chapitre est remarquable de concision et définit déjà des règles de prévention concernant les émissions d’agents chimiques. de celle des sources d’ignition. 4222-23 R. aérosols et poussières sont supprimées.

de poudres ou de fibres sèches et cabines mixtes » (R. » Cette formulation fournit un début de méthodologie plus précise que celle qui figure dans le règlement REACH et plus cohérente que celle du Code du travail évoquée ci-dessus. l’employeur aura de préférence recours à la substitution. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. JO L 131 du 5 mai 1998. Il est intéressant de rappeler les principes généraux de prévention qui figurent dans cette directive. n’est pas dangereux ou est moins dangereux pour la sécurité et la santé des travailleurs.4 • Pratique de la prévention des risques 4. • protection contre les contacts cutanés ou oculaires. c) si l’exposition ne peut être empêchée par d’autres moyens. 4312-18). 1. Elle est en outre totalement compatible avec celle que nous préconisons. – La sous-section 1 de la section 2 traite des équipements de protection individuelle neufs ou considérés comme neufs. m Réglementation européenne La directive 98/24/CE. de vernis.4 Choix des mesures – La sous-section 1 de la section 1 contient un paragraphe (2) qui traite des « cabines de projection par pulvérisation.10 de cette annexe traite de la « protection contre les substances ou préparations dangereuses et agents infectieux » et se divise en : • protection respiratoire . n’a pas été remise en cause par le règlement REACH. cabines et enceintes de séchage de peintures liquides. eu égard à l’activité et à l’évaluation des risques visée à l’article 4. telles qu’une bonne ventilation et des mesures organisationnelles appropriées . par ordre de priorité : a) à concevoir des procédés de travail et des contrôles techniques appropriés et à utiliser des équipements et des matériels adéquats de manière à éviter ou à réduire le plus possible la libération d’agents chimiques dangereux pouvant présenter des risques pour la sécurité et la santé des travailleurs sur le lieu de travail . à appliquer des mesures de protection individuelle. notamment dans l’extrait suivant1 : « Mesures de protection et de prévention spécifiques 1. Lorsque la nature de l’activité ne permet pas de supprimer les risques par substitution. b) à appliquer des mesures de protection collective à la source du risque. y compris un équipement de protection individuel. c’est-à-dire qu’il évitera d’utiliser un agent chimique dangereux en le remplaçant par un agent ou procédé chimique qui. qui précise la démarche d’évaluation et de prévention des risques liés à l’utilisation d’agents chimiques. L’employeur veille à ce que les risques que présente un agent chimique dangereux pour la sécurité et la santé des travailleurs sur le lieu de travail soient supprimés ou réduits au minimum. l’employeur fait en sorte que les risques soient réduits au minimum en appliquant des mesures de protection et de prévention en rapport avec l’évaluation des risques effectuée en application de l’article 4. dans les conditions où il est utilisé. Le paragraphe 3. L’article R 4312-23 impose des règles techniques qui sont détaillées dans l’annexe II du chapitre. Ces mesures consisteront. 2. Extrait de l’article 6 de la directive 98/24/CE du 7 avril 1998. selon le cas. 225 . 4312-3 à R. Pour l’application du paragraphe 1.

– Il est important. En outre. etc. amiante. dans la limite de la faisabilité technique.4). notamment grâce à REACH. les agents très réactifs. pour risque d’incendie-explosion. – « S2-3-A-IE2 ». qui est exemplaire). 4. pour risque chronique d’inhalation à l’action n˚ 5 du 2e procédé de peinture . correspondant à la substitution des agents dangereux. autrement nommé système clos. – Le niveau minimum de prévention exigible n’est pas lié.5). les déchets et tous ceux que l’on découvrira.4 • Pratique de la prévention des risques m Méthodologie et réglementation 4. à la phase 3 du procédé de séchage n˚ 2. les agents générés par l’activité. à des catégories d’agents tels que CMR.2. est pour nous un passage obligé. des mesures s’imposent quelle que soit la protection mise en place. car il permet de bien traiter des risques liés à des catégories très dangereuses mais peu ou pas citées dans la partie prévention du code.4 Choix des mesures L’examen des textes codifiés. la fiche d’exposition. en particulier pour le risque chimique. etc. dont le code donne seulement quelques pistes pour sa mise en pratique. fait l’objet dans notre ouvrage d’une approche rationnelle et quantifiée autant que possible. d’utiliser les termes de danger et risque dans le respect de leur définition normalisée. si l’application de la méthodologie couvre et dépasse les exigences de résultat du Code du travail. – Le recours au confinement. comme la surveillance médicale renforcée. plomb. mérite à notre avis une méthodologie développée et globale. selon nous. comme les agents classés très toxiques. Un risque élémentaire peut être repéré par un code ayant une signification. En conclusion. 226 . on peut regretter la séparation des textes sur l’incendie et l’explosion d’une part et sur les expositions accidentelles d’autre part. mais uniquement au niveau de danger issu de la classification. 2e scénario.1. est tout aussi systématique dans notre méthode. montre que le suivi de la méthodologie proposée dans cet ouvrage couvre largement les exigences du Code du travail. qui n’est évoqué que fortuitement dans le code (en dehors de la sous-section des explosions. il reste des mesures typiquement réglementaires qu’il faut appliquer en plus. Ce principe nous paraît plus puissant. qui sont identifiés d’une part par leur localisation dans l’espace et dans la chronologie (voir paragraphe 3. notamment pour la bonne compréhension des mesures de prévention par les personnes concernées. quel que soit le niveau de danger. Par exemple. l’information du CHSCT. – L’évaluation des risques. l’interdiction de certaines catégories de travailleurs.4. Elle n’est donc pas réservée aux CMR. ce qui n’est pas toujours le cas dans le Code du travail. comme : – « P2-5-C-In ».5 Enregistrement des données L’analyse des risques aboutit à un inventaire complet des risques. d’autre part par leur type (voir paragraphe 3. – Le risque accidentel. Elle permet même d’aller plus loin sur des points importants : – L’action sur le danger..

4. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1. – La ou les mesures numérotées. Il faut d’abord reprendre les définitions de base. Tout risque possède en outre une classe de priorité (voir paragraphe 3.4) permettant l’exécution du plan de prévention. – Le délai prévu de mise en place. élaboré par le service Études du département Risques professionnels de la CRAMIF. sous la référence DTE 167. est disponible sur le site www. puisqu’elle a été élaborée par un groupe de travail qui visait un modèle universel fondant une nouvelle méthodologie de prévention.4 • Pratique de la prévention des risques 4.5 Application de la méthodologie aux autres risques La modélisation du risque chimique sur laquelle repose notre méthodologie d’analyse et de prévention est suffisamment générale pour pouvoir s’appliquer à tous les types de risques. Ce document est très général et demande une formation adaptée pour bien en exploiter les principes. Nous montrons simplement ici comment décliner cette méthodologie dans les grandes familles de risques.fr. même sans signification codée. Il est utile de le rappeler. Ce n’est pas par hasard. Il suffit d’ajouter à la liste des risques dûment identifiés les informations suivantes : – L’objectif de prévention. Bien entendu. à lever après études complémentaires. 227 . en résumé. Cet enregistrement clôture l’application complète de la méthodologie. Celle-ci a été finalisée en 2004 et est contenue dans un document publié par la CRAMIF : Guide pour l’évaluation des risques professionnels et le plan d’action de prévention – Une aide pour le document unique et le plan d’action1. l’action ne s’arrête pas là mais entre dans le fonctionnement normal de toute structure qui a pris une décision. Après incorporation des éventuelles mesures réglementaires et des arbitrages stratégiques. Les risques sont ensuite repris un par un au cours de l’étape de recherche et de choix des mesures de prévention. événement dangereux. pour montrer le niveau d’action. exposition. Cette liste est une base de réflexion pour ceux qui feront les choix définitifs.5 Application de la méthodologie aux autres risques Toutes les caractéristiques de ces risques peuvent être retrouvées dans la base de données adéquate.4. la liste définitive des mesures retenues doit être enregistrée.cramif. Elles peuvent se compléter ou n’être que des options. qui pourrait être révisé avec le temps. Mais tout autre repérage. afin qu’elles conviennent à tous les types de risques. important quand plusieurs mesures doivent se succéder. à choisir dans la liste suivante : agent chimique. Ce document. Il faut s’efforcer d’en noter au moins une par objectif. exceptés ceux de l’environnement. Il sera utile de la conserver après que les choix auront été faits et enregistrés. peut convenir dans la mesure où il est possible d’accéder à toutes les données s’y rapportant. situation dangereuse. dommage. qui font l’objet du paragraphe 5.

appartiennent au domaine de la physique. très variés. Les phénomènes dangereux. conformément aux définitions de la norme ISO 12100.1 Risque physique C’est le risque le plus proche du risque chimique.5 Application de la méthodologie aux autres risques Expression Risque Processus chronique Processus accidentel Phénomène dangereux Exposition Situation dangereuse Zone dangereuse Événement dangereux Dommage Définition Combinaison de la probabilité d’un dommage et de sa gravité Dommage par exposition. du chaud et du froid Douleurs dans les bras et les mains Gêne fonctionnelle des articulations (coude.5. poignet. électrocution 228 . de façon habituelle et modérée Dommage survenant de façon soudaine et inattendue Source potentielle d’un dommage Contact entre un phénomène dangereux et une personne Localisation d’une personne dans une zone dangereuse Espace dans lequel une personne peut subir un dommage Enchaînement de faits qui conduit au dommage Dégradation de la santé et/ou de l’intégrité physique d’une personne Nous voyons que le danger est devenu phénomène dangereux pour rendre compte de tous les types de risques. En voici un descriptif : Phénomène Bruit Principe Vibration de l’air touchant l’appareil auditif Effet chronique Diminution des capacités auditives Surdité Crises de blanchiment douloureux des phalanges en cas d’exposition au froid et/ou à l’humidité Moindre sensation du toucher. 4. main) Effet accidentel Traumatisme sonore aigu Vibrations Accélérations alternatives à haute fréquence Pas d’effets décrits Électricité Courant traversant le corps par différence de potentiel Non décrits Électrisation. car les processus chronique et accidentel sont aussi présents.4 • Pratique de la prévention des risques 4.

Le niveau de danger des phénomènes physiques est facile à quantifier. de la hanche ou du genou Syndrome vertigineux Otite moyenne subaiguë ou chronique Hypoacousie par lésion cochléaire irréversible Effet accidentel Brûlures graves Brûlures graves Perte de la vue Brûlures graves Non décrits Brûlures graves Décès Rayonnements Ultraviolets Électromagnétiques Ionisants Chaleur Coup de chaleur Hypothermie aiguë Conditions climatiques Froid Humidité Vent Chute Pression Compression des organes et des gaz Intoxication aux gaz neutres Accident de décompression © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Des valeurs limites sont aussi disponibles pour les plus dangereux : Phénomène Bruit Vibrations Unité de mesure Décibel (dB) Accélération (m/s2) 85 dB 1.4 • Pratique de la prévention des risques 4. puisqu’ils disposent d’unités de mesure et des instruments adéquats pour les mesurer directement.15 m/s2 (corps) 5 m/s2 (bras) Milieu sec U < 50 V Milieu humide U < 25 V Milieu mouillé U < 12 V Valeurs limites Électricité Volts (V) 229 .5 Application de la méthodologie aux autres risques Phénomène Principe Infrarouges Lasers Effet chronique Brûlures superficielles Non décrits Brûlures superficielles Cancers Échauffement des tissus Brûlures superficielles Stérilité masculine Cancers Inconfort Épuisement Inconfort Engourdissement Inconfort Inconfort Difficultés d’équilibre Nécrose osseuse de l’épaule.

que l’on peut éviter soit en changeant de machine. soit en confinant celle-ci dans une enceinte insonorisante.4 • Pratique de la prévention des risques 4.5 Application de la méthodologie aux autres risques Phénomène Infrarouges Lasers Ultraviolets Rayonnements néant Unité de mesure néant Valeurs limites Watts (W) néant Densité de courant (mA/m2) (basses fréquences) Densité de puissance : Watts/kg (hautes fréquences) Dose équivalente et efficace : Sievert (Sv) Température (˚C) Température (˚C) Pourcentage (%) Vitesse (m/s) Bar ou Pascal (Pa) (1 bar = 1 000 hPa) 7 classes de puissance néant Électromagnétiques Dépend des fréquences. dont l’événement dangereux serait un contact avec la main par inadvertance. du moins dans l’attente. soit en plaçant un protecteur isolant. soit en améliorant la suspension du siège. soit par une formation spécialisée. soit en portant une protection auditive. – Travailler sur un laser de classe 4 est une situation dangereuse que l’on peut éviter soit par le confinement dans une enceinte de protection. L’accident peut être évité soit en supprimant la tension électrique. – Conduire un chariot élévateur sur un sol détérioré pendant 2 heures par jour est une exposition chronique aux vibrations de niveau moyen. – Travailler sur des fils conducteurs électriques nus sous tension (BT) est une situation dangereuse. Ionisants Public : 1 mSv/an Professionnel : 6 ou 20 mSv/an. que l’on peut éviter soit en robotisant les transferts concernés. soit par port de lunettes spéciales. soit en rendant le sol parfaitement lisse. avec télécommande. En voici quelques exemples : – Travailler sur une machine émettant un bruit de 92 dB pendant 4 heures par jour est une exposition chronique de haut niveau. soit par capotage du laser. La recherche des mesures de prévention et de protection suit aussi le même schéma. soit en utilisant des gants isolants. selon catégorie néant néant néant néant néant Chaleur Conditions climatiques Froid Humidité Vent Pression Il est alors facile de procéder à l’identification puis à l’estimation des risques selon les règles utilisées pour le risque chimique. 230 .

que l’on peut éviter soit en robotisant les tâches. Nous voyons que l’adoption d’une méthodologie apporte un plus grand choix de solutions possibles. Cela est dû à deux particularités : le nombre de 231 . Phénomène dangereux Effet chronique Écrasement Effet accidentel Rapprochement Cisaillement Rotation Déplacement Mouvement rapide Bord tranchant Forme acérée Dénivellation Frottement ou abrasion Happement. comme dans le cas d’un ressort comprimé. Elle peut être cinétique ou potentielle. 4. puisque l’énergie potentielle qui la conditionne est la gravité (ou « pesanteur »). La chute de hauteur occupe une place à part. qui comporte presque tous les autres risques. soit en réduisant les temps d’exposition par un aménagement des accès aux cellules. à – 25 ˚C pendant 6 heures par jour. est une exposition chronique de haut niveau. Sa particularité est d’être essentiellement accidentel. C’est d’ailleurs le risque le plus meurtrier. professionnels ou de la vie courante. en conduisant à des dommages du type blessures et contusions. de la situation dangereuse et des événements dangereux. est en réalité présent dans tous les domaines. qui fait l’objet d’une attention particulière dans les activités de la construction d’ouvrages. Il est pourtant suffisamment atypique pour qu’il constitue un domaine d’étude spécialisé. Ce risque. Le risque de circulation en véhicule motorisé rentre dans la catégorie des risques mécaniques dus à un déplacement rapide.5 Application de la méthodologie aux autres risques – Travailler dans un local frigorifique. Il faut remarquer que tous les phénomènes dangereux inventoriés dans ce risque ont l’énergie mécanique pour origine.4 • Pratique de la prévention des risques 4. tous types confondus.5. La prévention du risque mécanique se focalise sur la suppression du phénomène dangereux. soit en portant des vêtements adaptés.2 Risque mécanique Le risque mécanique ne doit pas être confondu avec le risque « machine ». Elle a été largement étudiée et fait l’objet d’une réglementation abondante. enroulement Entraînement ou emprisonnement Choc solide ou liquide (par jet haute pression) Coupure ou sectionnement Perforation ou piqûre Chute de hauteur © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

l’infrastructure et l’environnement. La suppression des phénomènes dangereux. – Le dommage est constitué des conséquences matérielles et corporelles. Les études officielles les classent généralement par origine : le comportement. nous proposons de le limiter au domaine du mouvement. dès lors qu’une personne est à l’intérieur d’un véhicule en déplacement.5 Application de la méthodologie aux autres risques personnes exposées. puisque l’ergonomie est plutôt présentée comme une solution. les vibrations. fait largement appel à la 232 . Les TMS ont d’autres facteurs de risque. – La situation dangereuse est permanente. non limitatif : Phénomène dangereux Geste répétitif Effet chronique Troubles musculo-squelettiques (TMS) Fatigue physique Troubles musculo-squelettiques (TMS) Lombalgie aiguë Traumatisme musculaire ou articulaire Choc contre un objet Traumatisme musculaire ou articulaire Chute Choc contre un objet Chute Effet accidentel Effort important Amplitude articulaire Déplacements Obstacles Troubles musculo-squelettiques (TMS) Fatigue physique Fatigue physique Pour ce risque. En voici un inventaire. la posture. avec un niveau de plus en plus faible grâce aux progrès techniques. de l’effort et de la posture. 4. mais il est de plus en plus élargi à toutes les conditions de travail. la vitesse et l’état de santé des personnes transportées. – L’exposition chronique concerne le bruit. dont le nombre de déclarations en maladie professionnelle ne cesse d’augmenter. Il comporte des paramètres aggravants. Nous n’en parlerons que pour mettre en évidence les composantes habituelles du risque : – Le phénomène dangereux est le déplacement rapide d’une machine contenant des personnes par rapport à des obstacles fixes ou mobiles (incluant les autres véhicules).3 Risque ergonomique Ce risque est moins classique et plus difficile à définir. que l’on appelle facteurs de risque par ailleurs. principalement dans le domaine des gestes et des postures. C’est pourquoi il nous est paru indispensable de repartir du phénomène dangereux pour le définir.5. et en particulier les TMS.4 • Pratique de la prévention des risques 4. – Les événements dangereux possibles sont innombrables et constituent tout ce qui a été inventorié comme causes d’accidents « de la route ». le véhicule. et le fait qu’il s’agisse d’une situation du domaine privé. comme des caractéristiques du véhicule et de l’environnement. notamment des nuisances physiques et des aspects psychosociaux (stress). l’accent est traditionnellement mis sur l’aspect chronique. Pour ce dernier.

il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficaces. Ces agents sont très nombreux et de nouveaux apparaissent régulièrement. leur propagation dans la collectivité est possible. Micro-organismes de 1 à 100 microns : levures et moisissures. il n’existe généralement ni prophylaxie ni traitement efficace. 4. qui sont les équivalents des agents chimiques dangereux dans le domaine de la biologie.5.5 Application de la méthodologie aux autres risques mécanisation des tâches. Provoquent des maladies graves chez l’homme et constituent un danger sérieux pour les travailleurs . Le risque de contamination est de nature principalement accidentel. Ils représentent une menace d’autant plus pernicieuse qu’ils sont souvent invisibles. éventuellement mortelle. mais aussi à l’organisation du travail et à l’intégration de l’ergonomie dans la conception des postes de travail. mais elle s’applique en fait au mode de contamination.01 micron.4 Risque biologique Le phénomène dangereux du risque biologique se résume aux agents biologiques pathogènes. Le niveau de danger est déterminé par le classement selon les groupes réglementaires suivants : Groupe © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. le risque de propagation dans la collectivité est élevé . sous forme de maladie infectieuse. Peuvent provoquer une maladie grave chez l’homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs . et qu’ils agissent à des doses infimes. Immuno-allergies Intoxications toxiniques Insuffisance respiratoire Effet chronique Effet accidentel Maladies infectieuses Champignons Virus Endoparasites Prions et agents transmissibles non conventionnels Maladies infectieuses Maladies parasitaires Maladies dégénératives du système nerveux central La distinction des effets chroniques et accidentels paraît ici assez artificielle. leur propagation dans la collectivité est peu probable . mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace. En voici un classement par nature : Agent Bactéries Caractéristique Micro-organismes monocellulaires de 1 à 10 microns. Agents biologiques Non susceptibles de provoquer une maladie chez l’homme.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Se dispersent par leurs spores. Particules protéiques de 0. Protozoaires et helminthes (vers).1 micron. Peuvent provoquer une maladie chez l’homme et constituer un danger pour les travailleurs . Entité parasite de 0. 1 2 3 4 233 .

4 • Pratique de la prévention des risques 4. remis en mars 2008 à Xavier Bertrand. dans les débats sur les conditions de travail modernes1. la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail » de Philippe Nasse et Patrick Légeron. comme dans la recherche et l’analyse en biologie. un groupe 1. bloquer tous les modes de transmission possibles.5 Risque psychosocial Ce domaine n’est pas encore entré officiellement dans le champ des risques professionnels. des Relations sociales et de la Solidarité. L’origine des phénomènes dangereux peut être un individu. 234 . ministre du Travail. 4. dans les deux cas. la pression relationnelle peut croître depuis l’attitude directive jusqu’à la violence physique en passant par le harcèlement. mais il est clair que l’on peut établir une échelle de niveaux de danger pour les phénomènes dangereux. il nous est apparu intéressant de proposer cette adaptation du schéma général au risque psychosocial : Phénomène dangereux Sollicitations de l’attention Effet chronique Fatigue nerveuse Fatigue nerveuse Troubles du sommeil Irritabilité Stress Addictions Fatigue nerveuse Troubles du sommeil Stress Perte de motivation Irritabilité Addictions Perte de motivation Addictions Troubles du sommeil Perte de motivation Addictions Effet accidentel Perte de contrôle dans l’action Surcharge de missions Dépression Troubles organiques Pression relationnelle Perte de contrôle dans l’action Troubles organiques Dépression Actes de violence Carence relationnelle Troubles organiques Dépression Facteurs d’inquiétude Troubles organiques Le sujet de cet ouvrage ne se prête pas à un développement de la méthodologie appliquée à ce domaine. comme dans les industries agro-alimentaires. confinement et protection. Lire à ce sujet l’excellent rapport sur « La détermination. ou voulue.5 Application de la méthodologie aux autres risques La prévention se décline différemment si la présence de l’agent biologique est fortuite. Dans le premier cas. par séparation. Ainsi. on s’attache d’abord à détruire les réservoirs d’agents.5. La vaccination et les soins précoces ne sont que des mesures redondantes. Il faut ensuite. Compte tenu de l’importance que prennent les problèmes de stress. en particulier.

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. d’un acte. L’événement dangereux est constitué ici d’un fait. 235 .4 • Pratique de la prévention des risques 4. d’une décision. Quant à la prévention. la protection contre les événements dangereux par des médiations.5 Application de la méthodologie aux autres risques ou un milieu. de la formation relationnelle. la suppression du phénomène dangereux est transposable par exemple par des mesures d’éloignement ou de changement d’organisation. etc. la réduction de l’exposition par une meilleure maîtrise des objectifs et des moyens. vécus comme une agression.

.

Les dysfonctionnements observés avec ce type d’emballage sont liés en partie à leur résistance. il faut distinguer les deux grands types de stockages que l’on rencontre partout où sont utilisés les produits chimiques. on observe des expositions tant respiratoires que cutanées liées à la présence d’agents chimiques hors de leur emballage. Mais une adaptation des concepts généraux et des mesures de prévention est indispensable à chaque domaine particulier. Ces dysfonctionnements doivent être la cible des mesures de prévention.1 Stockage 5. Pour cela. L’étude des dommages survenus dans des installations de stockage plus ou moins organisées montre que le risque chronique n’est présent que par dysfonctionnement. Dans la pratique. Voici un descriptif des plus courants : m Emballages livrés souillés Il n’est pas rare que des emballages soient déjà souillés à la livraison. mais aussi l’effet des sollicitations du transport. Le stockage des agents chimiques présente des risques spécifiques du fait de leur accumulation en un lieu donné. Dans ces conditions. 5. c’est pourquoi il importe de les analyser au préalable.5 • APPLICATIONS PARTICULIÈRES Le modèle et la méthodologie décrits dans cet ouvrage permettent de couvrir toutes les situations dans lesquelles un risque chimique est présent. Le type de stockage le plus répandu est celui des emballages unitaires. Ce sont les restes de l’opération de remplissage. 237 .1 Risques © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. c’est-à-dire une quantité finie de produit contenue dans une enveloppe fermée et apte à être transportée. idéales.1. En effet. à leur étanchéité et au système d’ouverture-fermeture. solide ou gazeux. il n’y aucun accès possible à un agent chimique dans l’environnement de travail. le fonctionnement normal suppose que tous les emballages sont clos et étanches. Quels sont ces domaines ? L’expérience du conseil en prévention des risques montre que les quatre domaines suivants sont ceux qui soulèvent le plus d’interrogations. Les contenances peuvent varier de quelques grammes dans un flacon à plus d’une tonne dans un conteneur mobile. lieu qui n’est pas toujours identifié comme un poste de travail. Les formes d’emballages unitaires sont innombrables et dépendent de la forme physique du produit : liquide.

c’est ce qu’on appelle une opération de déchargement. Cela est aussi vrai pour les conteneurs souples. Si l’emballage d’un produit volatil est replacé au stockage sans élimination de ces traces extérieures de produit. le contenu étant transféré par des tuyaux en fonction des besoins. Les dysfonctionnements observés sont en partie similaires à ceux des emballages unitaires : souillures consécutives à de petites fuites et à des cuves restant ouvertes.5 • Applications particulières 5. – l’emballage d’un produit plus ou moins volatil soit laissé ouvert. Ce phénomène est d’ailleurs perceptible par l’odeur diffuse de produits chimiques qui règne habituellement au stockage. etc. Cette pratique peut être le résultat d’une négligence. telles que l’ouverture des récipients. etc. avec une intensité qui va dépendre en premier lieu de la volatilité du produit. Il s’ensuit une volatilisation lente mais continue. Le principe du vrac consiste à utiliser un contenant fixe. sur plusieurs produits. mais aussi des conditions opératoires. prélèvements fréquents. m Contenants de produits volatils restant ouverts Il arrive que pour des besoins liés à la production – stockage momentané. D’autre part. m Petites fuites En dehors des fuites accidentelles. Le chargement inverse. généralement de plus d’une tonne. est une source d’émission de vapeurs ou de poussières. capables de contaminer un grand nombre d’emballages environnants. plastique ou métal. soit à partir d’un autre équipement fixe. généralement en papier. En revanche. en carton. de petites perforations ou déchirures sur des sacs laissent échapper des petites quantités de poudre. même s’il se produit sans incident. obtenu par collage. pratique pourtant étrangère à la fonction normale d’un local de stockage. fait que la concentration ambiante en vapeurs diverses peut devenir critique. mais sa répétition. 238 . n’est jamais parfaitement étanche. plus spécifiques de ce type de stockage. les emballages rigides pour pulvérulents. Ce type d’emballage. m Transvasements Les transvasements pour remplir de plus petits emballages ou des récipients destinés aux transports internes (bidons. Le stockage en vrac est utilisé pour des quantités importantes. nécessité d’observer le produit. c’est-à-dire le remplissage d’une citerne mobile à partir d’un contenant fixe est appelé chargement. Elle est certes très faible. peuvent être plus facilement maintenus propres. tout transvasement. seaux…) sont d’une pratique courante dans les locaux de stockage. tels que les fûts et conteneurs. de petites pollutions de l’entourage de l’ouverture d’un emballage sont presque inévitables dès que l’on vide ou remplit tout ou partie de cet emballage. En effet. la hauteur de chute.1 Stockage Ces traces sont principalement observées sur les sacs de pulvérulents de qualité ordinaire. ou de la perte du bouchon ou du couvercle. Le remplissage du contenant fixe est fait soit à partir d’une citerne mobile. Il faut en ajouter deux. une petite vaporisation va se produire.

c’est-à-dire simplement protégée par une toiture ou un bâtiment largement ouvert. Il est facile d’identifier les différents risques d’exposition et d’accident que cela peut créer. surtout si ce dernier débouche à l’intérieur d’un bâtiment. quand ce n’est pas la totalité. les emballages peuvent 239 . il est supposé être organisé. Dans la pratique. liés à des événements dangereux tels que : – incendie survenant à proximité du stockage . appelé évent. m Opérations de dépotage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. c’est un risque accidentel grave que génère ce type de dysfonctionnement. Lorsque cette opération n’est pas réalisée avec un équipement spécialement conçu pour cela. Ces deux modes de stockage peuvent se trouver à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment. Outre le fait que cette pratique consomme de la surface de travail. elle se fait de façon manuelle. Si les produits en question sont classés très toxiques. En effet. Cette respiration expulse donc vers l’extérieur les vapeurs émises par la surface du produit stocké et peut créer une pollution critique dans l’environnement de l’évent. elle peut créer des situations dangereuses. avec du liquide passant à l’air libre. passe normalement par un conduit. se trouve répartie dans les espaces de travail. souvent à proximité immédiate du lieu d’utilisation. quel que soit son type. la plupart des risques présents dans un stockage sont de nature accidentelle. quand la cuve de stockage est elle-même placée à l’intérieur. Il est donc important dans l’estimation des risques de tenir compte du degré de confinement du stockage. Cet air. une partie des emballages. c’est-à-dire situé dans un espace dédié et plus ou moins aménagé en conséquence. ou intermédiaire. en fonction de divers paramètres tels que l’espace disponible. essentiellement de liquide. c’est-à-dire se déclarant en dehors du stockage et le rejoignant dans sa progression. Si le feu réussit à se propager à l’intérieur. la nature des emballages. Il est assez fréquent de transférer le contenu d’une cuve de stockage. Le risque d’incendie interne au stockage est évidemment lié à la présence de produits inflammables. Bien souvent. vers des emballages unitaires. assurant ainsi la « respiration » de la cuve. la nature des produits. il se produira des effets beaucoup plus graves qu’en l’absence de produits chimiques et il sera très difficile de le combattre.5 • Applications particulières 5. Seule l’estimation du risque sera différente. – incendie survenant dans le stockage . selon la nature des produits contenus. c’est-à-dire répartie entre l’intérieur et l’extérieur.1 Stockage m Respiration de cuves Les variations du niveau de liquide au chargement et lors de l’utilisation du contenu génèrent un pompage de l’air dans la cuve. On néglige encore plus souvent le risque d’incendie importé. l’installation est mixte. Il ne faut cependant pas négliger ce risque quand il n’y a pas de produits inflammables stockés. qu’il serait facile de supprimer dans un local de stockage. Dans la description des risques liés au stockage en emballages unitaires. le volume à stocker. car un incendie est toujours possible avec des matières combustibles. chargé de vapeurs si le produit est volatil. – émanations massives ou projections. Si les risques chroniques sont liés à des dysfonctionnements. etc.

On peut s’appuyer sur les symboles de danger. des équipements. – incidents de dépotage pour le stockage en vrac . 240 . La sécurité d’un stockage tient beaucoup à son organisation. Ceux-ci sont utiles soit pour des raisons techniques. des exclusions peuvent être nécessaires à l’intérieur d’une même classe de danger. C’est pourquoi un tel stockage demande des mesures renforcées et redondantes. de dégradations ou de mauvaises conditions de stockage . par exemple.1 Stockage être détruits. ainsi que les structures qui les supportent. des locaux secondaires. mais aussi. à la conception du local. il est toujours possible de prendre quelques mesures conservatrices.2 Prévention Si l’on s’aperçoit qu’un stockage existant présente des risques. 5. parce qu’il faut des équipements spéciaux. comportant au minimum un local central. un certain espace disponible sera dédié au stockage. mais les familles de compatibilité ne leur correspondent pas toujours exactement. mais seulement en attendant une refonte bien préparée. Des regroupements sont possibles entre des classes de dangers différentes et. suivant les besoins. Chacun de ces événements est lui-même le résultat de dysfonctionnements dont l’origine tient souvent à l’organisation et la gestion du stockage. Il faut commencer. Celle-ci consiste à répondre aux questions suivantes : – Quels produits doit-on stocker ? – Quelles sont les quantités maximales à stocker ? – Quels sont les emballages les mieux adaptés ? – Quelles sont les fréquences d’utilisation ? – Quels sont les points d’utilisation ? – Quels sont les dangers particuliers des produits à stocker ? – Quel budget d’investissement et de fonctionnement peut être dégagé ? En fonction des réponses apportées. par une analyse des besoins.1.5 • Applications particulières 5. comme pour tout problème d’organisation. Toutes les recommandations qui suivent s’appliquent indifféremment aux locaux centraux ou secondaires. – réactions dangereuses consécutives à des fuites simultanées ou successives d’agents chimiques incompatibles. Ces décisions ne peuvent être prises qu’avec un minimum de connaissances chimiques et après consultation de toutes les données disponibles dans ce domaine : phrases de risque de l’étiquetage. plus qu’à des équipements ou des consignes. Les émanations et les projections ont parmi leurs causes les plus fréquentes : – bris d’emballages à la suite de chutes. ou même d’erreurs de livraison. parce qu’il est nécessaire qu’ils soient proches des utilisateurs. et aux procédures d’utilisation des agents chimiques. soit pour des raisons logistiques. inversement. m Établir des familles d’agents chimiques compatibles Produits incompatibles : La première règle pour organiser un stockage consiste à ne laisser ensemble que les produits qui ne présentent pas de potentiel de réactions dangereuses entre eux.

qui demandent une aération importante. en fonction des quantités entreposées. Si le volume est important. des mesures renforcées doivent être prises pour les produits inflammables. Notons enfin que certains produits doivent être stockés à une température capable de les maintenir en fusion ou. – les gaz sous pression. Rentrent dans cette catégorie : – les produits inflammables. 241 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. lumière inactinique. etc. aux chocs. Ces conditions demandent des équipements particuliers. une étuve de capacité adéquate suffira. Les séparations seront aussi fonction. tels que les peroxydes ou certains réactifs de la chimie de synthèse. – les produits sensibles à l’eau. Produits à danger particulier : La deuxième règle est d’isoler les produits demandant des mesures particulières. Le paragraphe 2.2 donne des indications plus précises à cet effet. Si le volume est modeste. – les produits qui demandent des conditions physiques particulières. il faut un local équipé d’un chauffage régulé et contrôlable de l’extérieur. Il faut aussi rappeler que les mesures particulières de stockage font l’objet de la rubrique n˚ 7 des fiches de données de sécurité. au gel. tout du moins. Il implique un local fermé à clé . de la concentration des produits. tels que climatiseur. . Produits inflammables : L’incendie restant le risque majeur de tout stockage. Il faut autant de séparations que d’incompatibilités possibles entre eux . des acides et des bases dilués pourront être juxtaposés. De même. s’il n’y a pas d’autres risques par ailleurs. etc. à placer dans un local dépourvu de robinets et de canalisations d’eau . parce qu’ils sont sensibles à la chaleur. Pour donner malgré tout quelques repères. fiches toxicologiques de l’INRS. etc.1 Stockage fiches de données de sécurité. à la lumière. avec une viscosité suffisante pour être utilisés. des mesures particulières s’imposent. qui exigent un contrôle d’accès particulier. à l’humidité. de la quantité stockée et. Une petite quantité d’un produit ne nécessitera pas forcément de créer un emplacement séparé si les autres classes représentent de grandes quantités. – les produits ayant une réactivité importante. disons que les incompatibilités existent principalement entre les acides et les bases d’une part et entre les oxydants et les réducteurs d’autre part. La conservation à basse température doit se faire dans des réfrigérateurs prévus à cet usage ou dans une chambre froide équipée de moyens de sécurité tels qu’une porte toujours manœuvrable de l’intérieur. La difficulté de classement vient du fait que ces propriétés sont plus ou moins marquées.5 • Applications particulières 5. ou à défaut une ventilation mécanique . – les produits toxiques et très toxiques. documents techniques du fournisseur. un éclairage de sécurité. humidificateur.5. ce qui fait quatre combinaisons de propriétés. d’autre part. afin de ne pas être obligé d’appliquer les mesures les plus sévères à l’ensemble du stockage. Lorsque que le stockage relève de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). aux rayonnements divers. d’une part. qui exigent les mesures spécifiques de prévention des incendies (voir ci-après) . un signal d’alarme. etc.

Les extincteurs sont soit à déclenchement manuel. soit automatiques. Cet éloignement n’est pas toujours facile à mettre en œuvre. Dans le cas d’un espace de stockage ouvert. on aura intérêt à subdiviser les locaux de stockage pour diviser le risque incendie et mieux adapter les mesures de prévention et de lutte contre le feu. Si l’on ne peut pas respecter totalement cette distance. par expérience. Dans le cas où le risque est moindre. Il faut d’abord dédier aux produits inflammables un local de stockage spécifique. Dans tous les cas. indépendamment de la quantité stockée.5 • Applications particulières 5. inversement. il faut aussi respecter une distance de sécurité par rapport aux locaux voisins. isolé des autres locaux de travail. en dehors de certaines rubriques de la réglementation ICPE. de ces derniers vers le local de stockage. avec une distance de sécurité calculée en fonction de l’importance des dommages envisageables.1 Stockage Mais quelques mesures fondamentales permettent de réduire ce risque. Les mesures d’aide à la lutte contre les incendies comportent principalement les moyens d’extinction et la formation du personnel. une dizaine de mètres. Il n’y a pas de prescription réglementaire pour cette distance. dont le volume stocké est le paramètre principal. Cette distance est utile d’une part pour empêcher la propagation d’un incendie aux autres locaux. avec toujours le bon choix de l’agent d’extinction. il faut monter un mur coupe-feu face aux locaux menacés. et.1 – Principales mesures destinées à un local de stockage d’inflammables 242 . Éclairage sous verre dormant Signalisation de dangers 10 m Aération naturelle haute et basse = 1/10 surface au sol Extincteurs accessibles Porte pare-flammes (1/2 heure) Murs incombustibles (M0) Figure 5. l’éloignement s’impose pour les liquides facilement et extrêmement inflammables et lorsque les quantités stockées sont importantes. les locaux de stockage pourront être attenants à d’autres locaux de travail. En revanche. à condition qu’ils comportent des murs « coupe-feu » de degré deux heures et des portes extérieures « pare-flammes » de degré une demi-heure. d’autre part pour faciliter l’intervention des pompiers. Nous recommandons. si les volumes sont faibles et les produits classés uniquement inflammables (phrase de risque R10). par exemple hors installation classée.

Signalisation de santé et de sécurité au travail.1 Stockage Ces mesures sont complétées par de la signalétique. Diverses raisons peuvent amener à préférer procéder aux sous-conditionnements dans le local de stockage. Certains peuvent aussi être classés en fonction de leur statut. Ils doivent être effectués de préférence sur le lieu d’utilisation avec toutes les mesures nécessaires. Prévention des incendies sur les lieux de travail. comportant au moins une paroi grillagée. des vérifications périodiques des extincteurs et des alarmes. de leur destination ou de leur usage. pour un petit prélèvement. par exemple pour éviter un déplacement d’emballage lourd. Sans prétendre à l’exhaustivité. s’apparente à une installation de production et doit être traité comme telle. on peut consulter les nombreux ouvrages édités par l’INRS. Ce type d’installation est obligatoirement à l’extérieur et isolé de tout autre local. Réglementation. bien ventilé et comportant une signalisation du risque d’anoxie. Quand les gaz stockés présentent des incompatibilités chimiques. Éléments de rédaction et de mise en œuvre dans un établissement. Consignes de sécurité incendie.1 est un résumé des mesures à prendre dans un petit local de stockage de produits inflammables. il faut un local isolé. Aide-mémoire juridique. La lutte contre les incendies est un domaine largement couvert par nombre d’organismes spécialisés1. Guide méthodologique. par exemple dans des zones de mise en quarantaine ou de non-conformité. La disposition des produits stockés se fait traditionnellement en fonction de leur origine. Le stockage de gaz liquéfié en bouteilles spéciales ne demande qu’un simple local. ED 970. dont les principaux sont : Évaluation du risque incendie dans l’entreprise. comme pour tout poste de travail avec des agents chimiques dangereux.5 • Applications particulières 5. TJ 20. il faut créer autant de cellules séparées par des murs que de familles de compatibilité. Le point des connaissances sur. la figure 5. Pour approfondir ce thème. mais isolé. ED 802 Incendie et lieux de travail. Gaz comprimés ou liquéfiés : Pour les gaz comprimés en bouteilles. Ce type de classement n’est pas souvent compatible avec celui que dictent les règles de compatibilité. ED 5005 Les extincteurs d’incendie portatifs et mobiles. Le stockage des gaz liquéfiés à pression atmosphérique. qui possède la compétence exigée en la matière. Les cellules doivent être équipées de dispositifs d’immobilisation des bouteilles et comporter toutes les informations et la signalisation requises. Poste de transvasement : Les transvasements de liquides ou de solides effectués dans un local de stockage sont des dysfonctionnements. il faut aménager un espace isolé du local de stockage et conçu comme un poste de travail. à l’extérieur. dit « stockage cryogénique ». ED 789 243 . Il faut 1. ED 777. Incendie et lieu de travail. Dans ce cas. ED 929. m Créer les espaces séparés © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dans le cadre d’un système qualité. Il s’agit essentiellement de l’azote livré à l’état liquide et utilisé sous forme liquide ou gazeuse. afin de ne créer aucun nouveau risque dans le local principal de stockage. des exercices d’évacuation et de lutte contre le feu. L’installation comme la maintenance doivent être prises en charge par le fournisseur du gaz.

sachant que les moyens informatiques facilitent beaucoup la gestion des stockages complexes. sont suffisantes.1 Stockage alors rechercher le meilleur compromis entre les deux approches. des rayonnages ordinaires conviennent. dans le respect des charges tolérables. elle peut être réalisée avec un grillage. Pour de plus petites quantités. il faut limiter la superposition directe des emballages. La disposition des emballages sur les étagères joue un rôle 244 . des séparations par limites tracées au sol.2 – Exemple d’organisation d’un local de stockage m Aménager les espaces dédiés L’équipement intérieur d’un local de stockage doit évidemment s’adapter aux types d’emballages prévus. Ce rayonnage métallique est conçu pour placer des palettes. grâce à des structures adaptées dont la plus courante est le palettier. L’espace de stockage étant toujours compté. dès lors qu’un certain espace est respecté entre les zones. Si le risque est relativement faible. L’exemple suivant illustre quelques-uns des principes évoqués dans ce paragraphe : comburants petits conditionnements poste de transvasement toxiques bases liquides acides inflammables bases solides portes fermant à clé Figure 5. En effet. il faut installer des cloisons. comme dans le cas des produits inflammables. dans un même local. Si la séparation n’est dictée que par la nécessité d’un contrôle d’accès. qui a l’avantage de permettre un contrôle visuel sans nécessité d’ouvrir. il faut aménager un local indépendant et bien fermé. Une fois établie la liste des zones séparées de stockage. plus ou moins résistantes en fonction des conditions d’exploitation. il reste à les placer au mieux. Les séparations des familles de produits ainsi constituées peuvent être légères ou complètes. Si la séparation doit être complète. sur lesquelles sont placés des emballages. Elle est possible pour des conteneurs « gerbables » et pour des sacs. à moins qu’ils ne soient conçus pour cela. À défaut d’espace.5 • Applications particulières 5. comme dans le cas des produits toxiques. dans un souci de préserver l’accessibilité et de limiter les déplacements. les emballages unitaires sont stockés sur une certaine hauteur.

Cette solution n’est pas recommandable. il faut une détection précoce des débuts d’incendie. dans la prévention des chutes. Enfin. La prévention des incendies repose sur le classique triangle du feu. qui conduit d’abord à limiter au strict nécessaire les quantités d’inflammables. 245 . Le stockage en vrac se rencontre aussi à l’intérieur des locaux. les palettes. la sensibilité du produit. mais elle est tolérable sous les conditions suivantes : – Les cuves sont en rétention maçonnée facilement inspectable et nettoyable.5 • Applications particulières 5. telles que le manque de surface en extérieur. la vérification périodique des installations électriques. etc. il faut éviter de placer des emballages sur une profondeur qui demanderait des postures à risque ergonomique. ou tout simplement son volume modéré (quelques m3). pour diverses raisons.3 – Stockage de « big bags » sur palettes © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les structures. mais aussi de combustibles. Si la manutention est manuelle.1 Stockage Figure 5. le contrôle rigoureux des entrées et sorties de produits et de personnes. Ces mesures techniques sont à compléter par des mesures organisationnelles. Ensuite toutes les sources possibles d’ignition doivent être recherchées et supprimées. grâce à des détecteurs judicieusement placés. les équipements. telles que l’interdiction de fumer. tels que les emballages. notamment celles d’origine électrique. des procédures d’intervention de maintenance.

évent relié à la ventilation trop-plein Indication de niveau Figure 5. – la position des douches ou lave-œil . La liste suivante indique toutes les informations susceptibles de figurer : – sur les portes d’entrée. – les prescriptions de protection individuelle . complétée par des consignes utiles. 246 . Les produits incompatibles sont séparés par des parois. le plan général de stockage . la charge admissible et le type de produit prévu . Les cuves sont équipées de surveillance de niveau et de trop-plein. – sur le sol. – la position des produits absorbants.1 Stockage – – – – Les contenus ne sont que faiblement volatils. à utiliser en cas de fuite . la délimitation des allées de circulation pour chariots et piétons . – le chemin à suivre vers les issues de secours. – les consignes d’urgence . – les noms ou téléphones à joindre en cas d’incident.4 – Stockage vrac à l’intérieur Si le contenu est inflammable. la nature du stockage. – sur les murs ou les extrémités des rayonnages. les restrictions d’accès et les précautions générales .5 • Applications particulières 5. Il est aussi important de mettre en place une bonne signalisation concernant le plan de stockage et les dangers associés. Les cuves sont étanches et les évents sont reliés à une ventilation qui les maintient en légère dépression. toutes les dispositions spécifiques se rajoutent à celles-ci. – à l’entrée. les interdictions ou restrictions . – Des capteurs de surveillance d’atmosphère sont installés à proximité. – la position de tous les moyens de lutte contre le feu . – sur chaque alvéole. en éclairage de sécurité .

cuve de stockage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. m Créer des rétentions adaptées Le rôle d’une capacité de rétention est d’une part d’empêcher qu’une fuite de liquide dangereux rejoigne l’environnement. – identifier les produits à partir de leur étiquetage . le franchissement se faisant à l’aide de marches ou de rampes dès que l’on doit utiliser un équipement roulant pour le transport des produits. 247 . – éviter les chocs ou accrochages lors des manœuvres . il est préférable de placer les luminaires dans l’axe des allées. D’après la norme NF X35-103. – respecter les indications concernant le plan de stockage. Dans la mesure où 1.5 – Capacité de rétention déportée L’étanchéité au niveau des accès au local nécessite que les seuils soient surélevés. on peut situer ce niveau d’éclairement à environ 300 lux1. Il faut un niveau d’éclairement suffisant dans toutes les allées et sur toute la hauteur des rayonnages pour : – bien positionner les charges . Pour pouvoir en assurer facilement la maintenance. On appelle capacité déportée un volume placé en contrebas de la rétention et capable de contenir les fuites par écoulement.1 Stockage Un bon éclairage contribue à la sécurité et facilite l’exploitation. en particulier le milieu aquatique. Compte tenu de ces contraintes. la capacité étant ainsi constituée dans le local même ou déportée. ce qui signifie que le sol et le bas des murs font office de rétention. tel que le montre le schéma suivant. Chaque local de stockage doit être en rétention. et d’autre part de limiter les conséquences internes sur les risques d’exposition et d’accident. capacité de retention Figure 5.5 • Applications particulières 5. notamment de mélanges dangereux. de façon à les rendre accessibles depuis une plate-forme élévatrice mobile.

2. Mais le Code du travail donne un objectif global2 : « L’employeur prend les mesures techniques et définit les mesures d’organisation du travail appropriées pour assurer la protection des travailleurs contre les dangers découlant des propriétés chimiques et physico-chimiques des agents chimiques. en prenant la plus grande de ces deux valeurs. R. Elles ne concernent donc qu’un ou quelques contenants. 248 . ce qui présente l’énorme avantage de réduire la 1. réservoirs et récipients de toute nature contenant des produits susceptibles de provoquer des brûlures d’origine thermique ou chimique. rétention principale rétentions secondaires muret Figure 5. quels que soient les volumes concernés. c’est pourquoi la règle de calcul des volumes de rétention doit être toujours appliquée. bassins. sur des rayonnages. » Aucun volume minimum n’est mentionné. dite principale. ainsi que de déversement par rupture des parois des cuves. si les emballages unitaires ne dépassent pas 250 litres et que leur contenu n’est pas inflammable. l’employeur prend les mesures appropriées pour empêcher […] les risques de débordement ou d’éclaboussures.6 – Subdivision des rétentions Les rétentions secondaires sont très efficaces pour limiter le périmètre de fuite. il suffira de les déposer directement sur le sol ou sur un support adéquat. les rétentions placées à l’intérieur sont dites secondaires par rapport à la surface en rétention du local. notamment. c’est-à-dire dépassant les volumes de stockage minimum fixés. Article 10 de l’arrêté du 2 février 1998. Cette dernière formule est très souple parce qu’évolutive et rapide à mettre en place. À cet effet. La rétention principale peut être aussi entièrement couverte par assemblage d’éléments constituant chacun une rétention secondaire. Dans ce cas.1 Stockage tous les produits stockés dans un local appartiennent à la même famille de compatibilité. la manutention et l’isolement des agents chimiques incompatibles. sur le stockage. Elles prennent souvent la forme d’un bac ou d’un plateau.5 • Applications particulières 5. Il est cependant toujours avantageux de créer des subdivisions de la rétention au sol. le volume de rétention peut être limité à 20 % du volume total. Art. etc. Le volume de la capacité de rétention est fixé par la réglementation des ICPE1 : soit le volume du plus grand contenant. car leur surface est bien inférieure à la rétention principale. Toutefois. Cette disposition vise les installations soumises à autorisation. soit la moitié de la somme des volumes stockés. Ces mesures portent. 4412-17. à l’intérieur d’une armoire.

les rétentions secondaires peuvent être réalisées avec des parois en acier ordinaire ou inox si nécessaire. Les matériaux synthétiques sont donc à proscrire en présence de matières inflammables. se situe entre celles de la maçonnerie et du plastique. Pour éviter les dommages consécutifs à une 249 .3.1 Stockage surface d’évaporation constituée par le liquide répandu et de faciliter sa récupération. spécialement avec des produits inflammables. Ce matériau est donc utilisable en rétention principale pour de petites quantités stockées et en prenant des mesures supplémentaires. Pour les raisons évoquées précédemment.3. Les rétentions qui comportent des parois en matière plastique sont faciles à façonner et offrent généralement une bonne résistance chimique. C’est par exemple une solution idéale pour les stockages de produits chimiques en laboratoire. solvants rétention principale Figure 5. qui doivent toujours être placés dans des plateaux réunissant des produits compatibles. ordinaire ou inoxydable.7 – Armoire de stockage de laboratoire Dans le cas du stockage en vrac. Ces différents matériaux peuvent être associés pour mieux répondre aux différents objectifs d’une rétention. elles ne présentent aucune efficacité. La résistance des rétentions en acier. tiroir bac acides grilles d’aération bases oxydants © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les capacités de rétention principales doivent être réalisées en maçonnerie. même si elle a le volume adéquat. du moins si l’on peut arrêter le sinistre assez rapidement. en cas d’incendie. Elles se détruiront assez vite dès le début d’incendie et ne pourront donc plus jouer leur rôle.5 • Applications particulières 5. en raison d’une profondeur de liquide recueilli supérieure à volume égal. la hauteur des équipements fait que des fuites peuvent très bien sortir de la rétention. Mais elles présentent une évidente faiblesse vis-à-vis des efforts mécaniques et. En revanche. En effet. dans la mesure où il présente une résistance mécanique suffisante et une compatibilité chimique avec le liquide contenu. comme cela est démontré au paragraphe 4. ou en matériau synthétique tel que plastique ou caoutchouc. une telle rétention présente une résistance mécanique suffisante dans la plupart des cas et une résistance au feu permettant souvent d’éviter une aggravation.

vannes. Figure 5. niveau maxi 45˚ écran rétention secondaire pompe Figure 5. on peut soit respecter la bonne distance entre le muret de rétention et la cuve. etc. spécialement pour les produits corrosifs. comme indiqué dans le paragraphe cité.8 – Protections contre les fuites et projections On notera aussi sur ce schéma la volonté de ramener dans la rétention toute fuite provenant des équipements annexes de la cuve : raccords.1 Stockage telle éventualité. soit rehausser le muret par un écran anti-projection.5 • Applications particulières 5.9 – Rétention contenant une vanne pilotée 250 . pompes. comme indiqué sur le schéma suivant.

40 m1.90 m. de culs-de-sac. Il est recommandé une largeur d’allée égale à celle du chariot et majorée de 1 m. Pour éviter les culs-de-sac.5 • Applications particulières 5.90 m.1 Stockage m Faciliter la manutention et la circulation L’espace de circulation dans un local de stockage est un point clé de la prévention des accidents. Si des croisements de chariots sont prévus. 2. palettiers allée de secours aire départ quai aire arrivée © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les issues de secours doivent être bien signalées et dégagées. dans tous les cas. Mais si l’on utilise un escabeau ou une desserte roulante. Le plan de circulation doit faire l’objet d’une étude qui aura pour but de rechercher le minimum de croisements. si la manutention est strictement manuelle. de carrefours sans visibilité. il faut tenir compte de leur largeur. Ainsi. des allées plus étroites sont possibles lorsqu’on utilise des chariots conçus en conséquence. Toutefois. de voies à double sens. Dès que l’on utilise des chariots. il faut une largeur minimale de 1. soit sur le quai. une voie séparée réservée aux piétons. abrogé. cette largeur est égale à celle de deux chariots. si possible protégée par une barrière. de leur rayon de braquage en charge. Les portes doivent s’ouvrir sur l’extérieur et une barre anti-panique doit équiper le côté intérieur. Il faut en outre. soit à l’entrée du stockage. la largeur d’allée peut être limitée à 0. pour les livraisons en instance de départ ou de placement en rayonnages. 251 . les extrémités d’allée opposées à l’entrée des chariots doivent déboucher sur une allée piétonne de secours de largeur minimale de 0. Un espace doit être réservé.40 m2. Il doit être déterminé en fonction du type d’exploitation prévu. portes pareflammes circulation chariots circulation piétons bureaux Figure 5. majorée de 1.10 – Exemple d’organisation de la circulation 1. Code du travail R 4216-5 et circulaire 95/10 du 14 avril 1995. ce qui implique un système de guidage et une absence de circulation piétonne. D’après l’arrêté du 30 juillet 1974. etc. il est souhaitable que le local de stockage soit limitrophe du quai de chargement. Pour limiter les trajets de chariots. sans utilisation d’escabeau. ou si plusieurs personnes sont amenées à se croiser.

Dans les quantités intermédiaires. m Organiser une gestion des stocks Un stockage bien conçu doit faire l’objet d’une gestion tendant à supprimer les risques d’origine organisationnelle. la stabilité. y compris dans les utilisations très fréquentes. Le premier des choix doit se faire entre les emballages unitaires et le vrac. pour éviter tout choc ou vibration sur le chariot. des prix. Le premier est une bonne planéité. comme la disponibilité. il faut régulièrement analyser ses besoins. alors que les économies réalisées sont sans commune mesure avec le coût des dysfonctionnements qu’un mauvais choix peut engendrer. ils exigent des moyens de manutentions mécaniques et de soutirage. Cet enregistrement unique est en outre le point de départ de la méthode d’inventaire des risques par produit.1. L’emballage unitaire est pratiquement obligatoire pour les solides. quelle que soit sa destination. le choix s’impose de lui-même. 252 . Il convient bien aux utilisations peu fréquentes. les deux modes sont possibles. de gérer le stock et de repérer les utilisations multiples dans une usine ou une grande structure.5 • Applications particulières 5. Une attribution de date de péremption devrait être systématiquement appliquée à tous les produits. Il faut aussi ne pas attendre pour éliminer les stocks « morts ». Lorsque les quantités consommées sont très faibles. Le second est la nettoyabilité. les moyens de livraison. Jusqu’à 30 kg. la troisième citée dans le paragraphe 3. car la propreté permanente des sols constitue un moyen de prévention contre les risques d’accident et de pollution aérienne. des emballages. de bien se prêter aux automatismes. Le vrac a l’avantage d’éviter toute manutention. Le choix est souvent fait en fonction du prix. etc. Centraliser le stockage : Il est important d’avoir un passage obligé unique pour tout produit entrant. il convient de : Réduire les quantités au strict nécessaire : Pour réduire les quantités stockées.2. mais au-delà. souvent oublié. la qualité. seule une approche globale conduira au meilleur choix. Pour éviter d’atteindre ces dates de péremption par inadvertance. . par exemple entre 100 kg et 10 tonnes par mois. et l’inconvénient de demander des investissements. C’est aussi un outil pour tenter de diminuer le nombre de références commandées et simplifier ainsi le stockage. avec les alertes correspondantes gérées par l’informatique. etc. la règle du « premier entré – premier sorti » doit s’imposer. Adapter la nature des emballages au mode d’utilisation (volume et fréquence) : Le choix du type d’emballage pour les produits chimiques est un point clé de la prévention. Un revêtement synthétique est facile à nettoyer et permet la matérialisation multicolore des surfaces dédiées et des allées de circulation. ou au contraire très importantes. Cela permet d’enregistrer les produits dans la base de données avec toutes les informations de sécurité. ou avec des produits délicats ou très dangereux.1 Stockage Le sol doit répondre à plusieurs critères de qualité. Pour ce faire. Des opérations de sous-conditionnement fréquentes sont le signe d’une erreur de choix de conditionnement. en l’absence de toute probabilité de réemploi. ils sont faciles à manipuler. C’est en outre un moyen d’approvisionnement peu flexible. des délais de livraison. D’autres critères interviennent. et fixer le stock en fonction de la consommation.

La diversité vient du fait que l’on utilise des produits qui n’ont pas d’autre intérêt que de servir de matière première à des réactions chimiques. que l’on ne trouvera jamais dans des préparations présentes sur le marché. notamment pour les principes actifs pharmaceutiques et leurs intermédiaires. C’est au stade de la prévention que des particularités apparaissent. spécifiques à ce domaine. même si les contraintes réglementaires associées ne sont pas les mêmes. 5. sur lesquels les connaissances sont limitées. le volet accident est familier dans la production des produits chimiques par le biais des études de dangers. des solides et des gaz implique du matériel très spécialisé. Cela conduit à des cotations de danger élevées. Le stockage amont et aval de la transformation est déjà un problème important à lui seul (voir paragraphe précédent). qui ne présentent pas les mêmes exigences. on utilise souvent des états physiques hors standard. Le travail sur des liquides. ou la chimie lourde telle que la pétrochimie ou la production d’engrais. mais la logique conduisant à leur choix reste la même. Tout d’abord. soit les produits pour identifier toutes les expositions possibles. l’idéal étant de croiser les trois méthodes. les aspects chroniques et accidentels du risque chimique doivent être abordés avec la même rigueur.2 Industrie chimique et pharmaceutique Ce qui caractérise l’industrie chimique. En effet.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5. La prévention des risques chimiques dans l’industrie chimique n’échappe pas aux règles générales développées précédemment. Elles peuvent donc facilement engendrer des dangers assez importants. m La substitution La phase de recherche des mesures de prévention pour chacun des risques identifiés. notamment en températures et en pressions.1 Expositions chroniques La phase d’évaluation des risques peut être conduite exactement selon la procédure générale décrite précédemment. et ils seront probablement nombreux. Enfin. pour beaucoup. soit les procédés. malgré la complexité apparente des installations. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. d’autant plus que c’est en majorité une industrie d’investissement lourd qui évolue vers de grandes structures concentrant les moyens de production. les biotechnologies. Ces produits sont donc souvent des substances complexes et rares. Nous allons en développer quelques aspects caractéristiques. c’est à la fois la diversité des produits mis en œuvre. La technicité des procédés est le fondement de l’industrie chimique. que l’on soit dans la chimie fine.5 • Applications particulières 5. notamment exigibles dans les dossiers de déclaration ou d’autorisation des ICPE. Examinons maintenant ce premier aspect du risque de l’industrie chimique. alors que le volet exposition chronique est abordé par le biais du document unique ou du rapport annuel du service de santé au travail. c’est-à-dire en suivant soit les postes. Le but étant une transformation des molécules par des moyens physiques et chimiques associés. Les moyens mis en place sont évidemment très divers et.2. la technicité des procédés et les quantités de produits utilisées. tant du point de vue de son efficacité que de sa sécurité de fonctionnement. les quantités utilisées sont à l’échelle des marchés en aval. commence par la recherche de substitution 253 .

peuvent être classés dans les deux catégories. Mais il n’y a pas de définition précise d’un système clos. Les systèmes intrinsèquement clos suppriment par nature les expositions. Les systèmes temporairement clos sont évidemment préférables aux systèmes ouverts. d’où la nécessité d’entamer la démarche de prévention dès le développement d’un procédé de fabrication. ce qui peut conduire à une surprotection. suivant les conditions de leur utilisation.5 • Applications particulières 5. appelés produits intermédiaires. tel qu’un fût ou un conteneur. « par précaution ». est la suppression des expositions. tels que solvants. Quel que soit le niveau 254 . mais ils donneront lieu à des expositions temporaires qu’il faut bien inventorier. toujours possible en cas d’incident. doit se retrouver dans la liste des événements dangereux prévisibles. et on doit. il est très difficile de fabriquer un produit benzénique sans partir d’un autre produit benzénique. broyeurs. Encore faut-il avoir des informations fiables sur les dangers des produits. Les réacteurs classiques de l’industrie chimique. etc. procéder à une large recherche bibliographique et à des analogies. habituellement munis d’un trou d’homme et d’une vanne de vidange. Dès que l’on aborde le domaine des intermédiaires de synthèse. La réglementation recommande dans ce cas un classement « volontaire » de la part du producteur. pour reprendre l’expression des textes réglementaires visant les produits dits « CMR ». D’autre part. le toluène par exemple. L’étiquetage est généralement suffisant pour les plus courants. catalyseurs et réactifs . mais pas impossible. cette solution nécessite de modifier le procédé. Il y a deux catégories de produits dans un procédé : ceux qui participent à la structure des molécules. On peut alors prendre le niveau maximum. Ce sera le cas d’un certain nombre d’équipements. Une méthodologie est proposée dans notre ouvrage Guide du risque chimique. que celle-ci ait été réalisée ou pas. nous dirons qu’un emballage. mais leur ouverture. la mise en place du système REACH conduira à disposer d’informations plus complètes. on voit bien l’intérêt d’agir sur le procédé et l’équipement pour faire passer des appareils de la première catégorie à la seconde. Ainsi.2 Industrie chimique et pharmaceutique des substances les plus dangereuses. m L’intérêt des systèmes clos La deuxième solution de prévention à envisager après la suppression-substitution. Dans les deux cas. Il faut déjà distinguer les systèmes temporairement clos des systèmes intrinsèquement clos. Les premiers sont « ouvrables » dans leur fonctionnement normal et les seconds ne le sont qu’en cas de dysfonctionnement. Le seul moyen de la rendre totale est de recourir au système clos. tels qu’essoreuses. Dans un proche avenir. Ce n’est pas un inconvénient quand c’est prévu. Pour les dangers toxicologiques. on peut. et ceux qui n’interviennent que dans le fonctionnement des réactions. alors qu’une pompe de transfert liquide est généralement un système intrinsèquement clos. Un moyen terme consiste à rechercher les informations et à faire des estimations. mais il est nettement plus facile de remplacer le benzène utilisé comme solvant par un solvant moins dangereux. après avoir réalisé les études qui s’imposent. la limite entre les deux est parfois imprécise. Pour illustrer ce propos. La substitution est évidemment plus difficile dans la première catégorie. est un système temporairement clos. le problème se complique. car ils ne figurent souvent pas dans la liste des produits classés. L’hypothèse d’une substitution se pose aussi pour les sous-produits de réaction. filtres.

tel du cyanure d’hydrogène. le risque induit est assez élevé. Quand la réaction. Les systèmes plus ou moins mécanisés de transfert des produits liquides ou solides réduisent grandement les émissions. il s’est avéré qu’une simple neutralisation du mélange final à l’acide chlorhydrique supprimait tout dégagement d’ammoniac. Compte tenu de l’ensemble des difficultés que cette solution générait. malgré les différents captages de vapeurs mis en place. Le niveau de danger des produits manipulés peut conduire à une protection respiratoire redondante. le milieu réactionnel est introduit dans une grande quantité de méthanol qui provoque la précipitation du glycocolle. de petites émissions de vapeurs. des procédés où les produits ont l’occasion de passer à l’air libre et donc de créer des expositions. telle que masque à cartouche. sans nuire aux résultats. Certaines réactions chimiques génèrent des produits à haut niveau de danger.2 Industrie chimique et pharmaceutique de clôture du système. m La réduction des émissions Il existe encore. Face à ce problème. du monoxyde de carbone. il restera. en excès. Lorsqu’il s’agit de vapeurs ou de gaz. Certains solvants. EXEMPLE DE RÉDUCTION D’EXPOSITION PAR LE PROCESS : Cet exemple réel illustre bien ce point important de la démarche de prévention. Ces points feront l’objet d’une attention particulière. des ouvertures nécessaires pour les entrées de produits et pour leurs sorties. une petite entreprise fabriquait du glycocolle. en respectant bien les règles de l’art en la matière. mais aussi des acides et des bases volatils. de l’hydrogène. avant d’envisager des modifications d’installation ou des systèmes de captage. Cette dernière solution vient souvent en premier. ou mieux.3. à partir d’acide monochloracétique par la réaction suivante : Cl-CH2-CO2H + 2 NH3 = NH2-CH2-CO2H + NH4Cl © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.6). Ce dégagement massif d’un gaz très volatil créait une pollution importante et difficile à maîtriser de l’atmosphère de travail. notamment dans la petite industrie chimique. Néanmoins. ou acide amino-acétique. à l’instar du développement. alors que nous avons vu les inconvénients qu’elle entraîne (voir paragraphe 4. Il est vrai que les phénomènes d’émission de vapeurs ou de poussières ne se découvrent dans toute leur ampleur qu’au stade industriel et sont souvent sous-estimés au stade de la recherche ou du développement. Ce problème gagne à être résolu au niveau du procédé. Il a donc été installé un circuit d’introduction d’acide chlorhydrique en solution concentrée. Des produits dangereux peuvent aussi être générés par le procédé lui-même. Cette pollution diffuse se poursuivait au moment de l’essorage du glycocolle et de son séchage.5 • Applications particulières 5. au moyen d’une pompe doseuse pilotée par un pH-mètre. ce qui limite les débits de captage exigibles. cagoule à adduction d’air. Mais ce mélange relargue alors tout l’ammoniac excédentaire qui restait soluble dans le milieu réactionnel. Cela démontre l’importance des services d’ingénierie et de génie chimique dans la prévention. conduite par batch. principalement respiratoires. Après étude au service développement. ont de fortes pressions de vapeur capables de produire des concentrations atmosphériques élevées en peu de temps. de poussières ou d’aérosols peuvent faire l’objet d’un captage à la source. Le chlorure d’ammonium formé reste en grande partie soluble dans le mélange hydroalcoolique. l’entreprise s’est tournée vers une révision du process. la première solution tentée a été de renforcer les moyens de captage. Les conditions de travail de l’atelier ont 255 . Cette réaction très simple est catalysée par de l’hexaméthylène-tétramine (HMT) et utilise de l’ammoniac à l’état liquide. dans toute installation. est terminée. etc. Dans les années 1970.

raclettes. des mélangeurs. éloignant l’opérateur du produit. Les émissions de poussières sont aussi présentes lors des pesées. – refermer l’enceinte de façon étanche. parce qu’il ne nécessite pas de ventilation. de visières. par le chargement des cuves et des réacteurs. mais plus modérément. il faut compléter la protection par le port de gants. il peut être financièrement difficile de concevoir un système clos. – refermer le système et retirer l’emballage vide après une légère ventilation pour éliminer les poussières restant dans l’enceinte de transfert. C’est notamment le cas à l’entrée et à la sortie d’un système clos. ou en très faible tonnage. etc. 256 . Il en résulte les règles suivantes. m La réduction des contacts cutanés Il arrive que la manipulation des produits se fasse à l’air libre. En effet. généralement bien conçus pour cet usage.2 Industrie chimique et pharmaceutique été transformées radicalement et définitivement. en raison de leur relative inaptitude à l’écoulement. il existe pour les fûts des systèmes de transfert de produit par aspiration ou par pompe. – assurer une jonction étanche avec le système . manuels ou mécaniques. de vêtements protecteurs. En partant du fait que la grande majorité des pulvérulents sont conditionnés en sacs. il faut se tourner à nouveau vers le principe du système clos. du fait de l’augmentation de la concentration du mélange en chlorure d’ammonium. Cela est particulièrement vrai pour les produits pulvérulents ou visqueux. une solution de prévention est toujours un compromis entre l’efficacité de protection et le coût des moyens nécessaires. il faut des outils. ou utilisé rarement. et par le déchargement des appareils de séchage. la solution est de mettre en place une interface entre le conditionnement et l’installation fixe qui permette au produit de passer de son emballage au système en restant à l’intérieur d’une enceinte. ce qui rend les systèmes clos difficiles à concevoir pour de petites quantités. Ou : – fixer une enceinte sur l’emballage de façon étanche . Citons toutes sortes de pelles. ou des installations de transport pneumatique. ce qui rend possible le contact direct avec les personnes. Les poussières ne se mettent en suspension que si une poudre se déplace dans l’air. C’est une opération nécessitée. Pour éviter les contacts cutanés. – placer l’emballage dans une enceinte de transfert . – provoquer le glissement du pulvérulent dans le système . Au-delà. en fûts ou en conteneurs (souples ou rigides). fixe ou mobile. Le rendement de précipitation du glycocolle s’en est même trouvé amélioré. Pour éviter la double exposition respiratoire et cutanée qui en résulte. En fonction du danger.5 • Applications particulières 5. pour un produit à faible valeur ajoutée. Mais les installations de production sont parfois largement ouvertes. m Le transfert des poudres Une des phases opératoire les plus exposantes dans l’industrie chimique est le transfert des produits pulvérulents. valables pour les sacs et les fûts : – ouvrir l’emballage au repos . récipients verseurs. par exemple. Ainsi. etc.

parce qu’il dépend beaucoup des caractéristiques physico-chimiques du produit. il faudra un examen sérieux du risque d’explosion. motivées d’une part par de l’entretien préventif ou des incidents techniques. On voit bien que ce système permet de travailler avec des produits relativement dangereux en gardant des niveaux d’exposition négligeables. Du point de vue sécurité. il existe même des dispositifs pour couper le sac après sa mise en place dans l’enceinte. il s’agit de la technique du sas. et le transport pneumatique avec toutes ses variantes. la plupart de ces équipements peuvent être clos et même étanches. compte tenu de la quantité de produit restant piégé par l’installation. Le point critique des systèmes de transfert des produits pulvérulents réside dans les opérations de maintenance. à vis sans fin. le transfert peut être plus facilement réalisé sous atmosphère contrôlée. C’est généralement l’occasion de fortes expositions. Le choix du type de transfert est délicat. à godets. d’utiliser ce solvant pour entraîner la poudre vers la cuve. Le pulvérulent est souvent chargé pour être mis en solution ou en suspension dans un récipient agité. Elles peuvent être fréquentes. Cela peut se faire directement dans l’emballage. s’il s’y prête.2 Industrie chimique et pharmaceutique Globalement.5 • Applications particulières 5.11 – Transfert de poudre sans poussières © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. telles que les convoyeurs à bande. De plus. Heureusement. sous forme de solution ou de suspension. La réalisation pratique de ce principe varie beaucoup avec chaque cas concret. utilisée dans les procédés à risque. Dans ce cas. Dès que les consommations sont importantes. elles se font à partir de conteneurs et surtout de stockage en vrac. il faut un dispositif fixe de transfert des poudres entre le stockage et le point d’utilisation. Dans le cas des sacs. Il est parfois possible. d’autre part par la nécessité d’un nettoyage approfondi exigé en cas de changement de produit transporté. Cette solution s’avère alors plus aisée à réaliser. si la nature du solvant le permet (notamment avec l’eau). ou dans une enceinte du type évoqué plus haut. Cela veut dire qu’il faut toujours se pencher sur 257 . en particulier inerte. Un grand nombre de solutions techniques existent. Nous ne donnerons que ce schéma pour l’illustrer : enceinte étanche vannes réacteur fût Figure 5. Cette technique est encore meilleure si l’on utilise la variante suivante.

Elles se situent d’abord au début du process. Une machine de production brusquement arrêtée contient parfois des quantités importantes de produit en cours de transit. L’expérience montre que le risque majeur d’exposition aux principes actifs se présente lors des interventions de maintenance et surtout de dépannage. Des facteurs tels que la complexité des chaînes de production ou le respect des procédures qualité exercent une pression sur les interventions et peuvent conduire à des prises de risques. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France. note technique n˚ 21.5. certaines ayant été évoquées au paragraphe 5. En effet. Le niveau de danger du produit est déterminant dans le choix du type de transfert. la valeur ajoutée de ces produits autorise les investissements correspondants. voire automatisée. des pesées. comme l’ont montré certaines études2. beaucoup de solutions sont possibles pour utiliser des poudres sans risque. ce qui conduit pratiquement à imposer le système clos sur tout le cycle de fabrication. un système clos devient ouvert et ne dispose pas de toutes les protections qui devraient logiquement être en place. Même une exposition d’un niveau négligeable ne peut être tolérée pour de tels produits. 258 . La première mesure est donc de bien connaître les valeurs limites d’exposition d’activité. mécanisée. La production est d’ailleurs très largement confinée. DMT (dossier médico-technique) 75 TC 69.2. à l’occasion des prélèvements. tels que des alcoolates alcalins.3. Contrairement aux premières impressions. les modalités pour établir ces valeurs ainsi que leur classement sur une échelle de danger ont fait l’objet d’un accord au sein de la profession1. les expositions instantanées qui en résultent sont bien au-delà des valeurs limites. c’est pourquoi cette industrie expose plus particulièrement ses opérateurs à des poussières. 2.5 • Applications particulières 5. exprimées en mg par m3. si des mesures spéciales ne sont pas prises. à tort ou à raison. L’efficacité recherchée doit être très élevée quand on sait la faiblesse des doses actives de certains principes. Un exemple de solution est fourni par le conditionnement de certains réactifs en sacs solubles en milieu organique. Ce constat dicte la principale mesure de 1. Heureusement. surtout si le niveau de danger du principe actif est jugé faible. Une fois le problème bien posé. Risques d’exposition aux principes actifs pharmaceutiques et médicaments. à condition de respecter le principe de ne pas soumettre une poudre à un mouvement à l’air libre. Les solutions sont disponibles et très variées. ou des transferts. Par contact direct ou par mise en suspension. en cas d’incident de fonctionnement. m Particularités de la production pharmaceutique La fabrication pharmaceutique comporte des opérations physiques parfois complexes destinées à présenter un principe actif dans une formulation particulière. Il faut alors repérer les quelques failles dans le système clos qui pourraient occasionner des expositions sensibles. La plus grande partie des principes actifs sont obtenus sous forme pulvérulente.1. la solution est affaire de spécialistes. On peut consulter en particulier : La prévention du risque toxique lié à la fabrication des médicaments. Comme indiqué à la fin du paragraphe 2. ne serait-ce que par respect de l’assurance qualité de haut niveau qui est exigée dans cette industrie.2 Industrie chimique et pharmaceutique l’intégration de la maintenance dans la conception de l’installation.

repousse en fait le problème au niveau du système de ventilation et filtration. Pour les dangers physico-chimiques.2 Accidents En plus des risques classiques d’exposition massive et d’incendie-explosion. – comment organiser les interventions en toute sécurité.2. Ce principe est à la base de la conception de l’espace de production par cercles concentriques à risque décroissant. qui se situe dans la maîtrise du process. il est relativement aisé de réaliser des tests en laboratoire plus ou moins normalisés. Ces tests doivent conduire à un étiquetage. pouvant conduire à une ouverture imprévue du système suivie de projections. Nous rappelons à cette occasion que le captage des poussières. mais il n’est pas interdit d’en créer une en « interne ». d’instabilité et de toxicité aiguë. de tous les produits. même temporairement isolés. l’industrie chimique doit faire face au risque d’accident de process.2 Industrie chimique et pharmaceutique prévention. Risque faible Risque négligeable Présence permanente possible Présence occasionnelle Risque élevé Présence exclue en fonctionnement Figure 5. Certains ouvrages1 fournissent des outils pour y parvenir. La méthodologie dit qu’il faut d’abord utiliser des produits moins dangereux. m Le confinement La phase suivante consiste à éviter les situations dangereuses. Dunod. on reste dans le cadre de deux types classiques d’accidents chimiques. Cela revient à concevoir les installations de façon à rendre improbable la présence humaine en zone dangereuse. Notons qu’il n’existe pas de phrase de risque générale « forte réactivité ».12 – Principe de confinement dans la conception des locaux 1. selon le schéma suivant : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.5 • Applications particulières 5. à savoir une AMDE approfondie des installations. Il faut ajouter les dangers d’inflammabilité. de réactivité. Pour certains intermédiaires. d’émanations massives et d’explosions. ou à un ré-étiquetage. En fait. 5. Il consiste en une perte de contrôle du procédé. 2006. alors que la présence humaine décroît en sens inverse. Notamment le Guide du risque chimique. Mais ici la liste des dangers à prendre en compte est plus large que dans le cadre de la prévention des expositions. La démarche de prévention intègre donc cet aspect. les données risquent de manquer pour situer ces dangers. la particularité venant du déclencheur. avec ou sans emballement de réaction. s’il paraît simple et efficace. le but étant d’avoir une information suffisante pour prendre une décision. 259 . dont il sera possible de déduire : – quels dispositifs d’élimination des produits contenus sont à intégrer dans les équipements .

4. par exemple. Nous en percevons la principale difficulté : dès que le niveau de risque est non négligeable. Nous allons voir que le système intrinsèquement clos réalise facilement cet objectif. Dans cette catégorie. L’arbre. 260 . Cette solution se rencontre. de blocage de réaction. • décompression brutale et arrivée d’air dans le réacteur . ce qui suppose des investissements importants. On retrouve ici la même logique que pour le fonctionnement en assurance qualité. Pour y arriver.5 • Applications particulières 5. d’extinction intégrée. • pilotage à vue. font chuter la probabilité et la gravité du dommage final.5. dans la chimie lourde et la chimie très fine. mises en place simultanément. avec. – La zone à risque élevé correspond aux installations de production. Cela veut dire d’abord sécurisation du process. surtout si l’on ne peut pas supprimer une situation dangereuse. Les études doivent aussi permettre de juger de l’efficacité des manœuvres de rattrapage d’incidents. une température de réaction à respecter et précisent les conséquences des écarts de cette température ? L’expérience montre en effet que le respect absolu d’une consigne est impossible et que les opérateurs s’autorisent obligatoirement une marge d’erreur. m La maîtrise des procédés Il faut ensuite réduire la probabilité des événements dangereux. on peut citer tous les systèmes intelligents de surveillance de process. Mais tous ces dispositifs ne relèvent que de l’interruption d’événement. il ne doit y avoir personne dans les locaux de production en fonctionnement. Le respect de cette règle passe par un haut niveau d’automatisme ou de télécommande. ce principe pouvant être qualifié « d’assurance sécurité ». qui. avait montré six facteurs principaux ayant concouru à la survenue de l’accident par brûlure grave : • nouvel opérateur en charge de la réaction . qui malheureusement consiste souvent à pénétrer en zone dangereuse. en fonction des niveaux de risque. à savoir : ne provoquer aucun dommage humain en cas de survenue d’un événement dangereux dans le process. Combien de modes opératoires indiquent. • montée rapide en pression . de confinement ou de refroidissement rapide. Cela suppose des séparations physiques efficaces entre les zones.2 Industrie chimique et pharmaceutique – La zone à risque négligeable correspond par exemple à une salle de contrôle ou à des bureaux. des communications par sas. La réalisation pratique doit respecter l’objectif de cette solution. ne laissant ainsi pas de part à l’improvisation. • débit de réactif très supérieur à la consigne . Le principe d’interruption du scénario dangereux comporte de nombreuses solutions. alors que la meilleure solution est de les rendre le moins probables possible. de décompression instantanée et de confinement des projections. EXEMPLE : Reprenons l’exemple (étude de cas n˚ 3) de l’accident de process décrit pour illustrer la méthode de l’arbre des causes au paragraphe 2. il faut engager toutes les études adéquates afin d’identifier les paramètres critiques et surtout les intervalles de confiance. – La zone à risque faible correspond à un local technique permettant la maintenance en fonctionnement. • emballement de la réaction . une fois établi. mais seulement en partie.

si cela doit l’être encore. Une seule de ces mesures aurait empêché l’accident de se produire et l’ensemble des six mesures empêcherait tout autre accident. du laboratoire jusqu’aux équipements industriels. suggèrent globalement que l’analyse de risque sur cette réaction n’avait pas été faite au préalable. Chemical Thermodynamic and Energy Hazard Evaluation. en négligeant son principal inconvénient : 1. du moins quand une possibilité de dégagement gazeux existe. Le premier objectif demande de connaître tous les paramètres influents et d’en mesurer les effets. les propriétés du borohydrure de sodium conduisent à imaginer facilement ce type de dérive de réaction. www.2 Industrie chimique et pharmaceutique Ces facteurs. • Des capteurs de pression et de température doivent être placés dans le réacteur et dans les conduites de vapeurs. • Un inertage à pression positive maintenue évite toute formation d’atmosphère explosive. Ces mesures s’inspirent des principes de confinement et de pilotage à distance. – une équation empirique basée sur la masse moléculaire et le nombre d’atome dans la molécule. diffusée par l’ASTM (American Society of Testing Materials). moyen. qui sont utilisables depuis le laboratoire grâce aux dernières technologies disponibles. 261 . Cela suppose des plans d’expériences. • Des soupapes tarées de décharge de pression sont installées pour éviter une rupture trop rapide du disque. On peut aussi procéder par calcul.astm. d’évaluer a priori les risques dus à la réactivité des composés et des réactions chimiques sans avoir à recourir à l’expérience. En particulier. afin d’alerter précocement de tout début de dérive. élevé. la nécessité d’intégrer la sécurité dès la recherche et le développement des procédés. m Le développement des procédés © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. À chaque critère correspondent trois niveaux de danger : faible. et non pas reposer sur un repère de réglage de la pompe. L’objectif de sécurité est en fait double : sécurité des essais en cours et sécurité du procédé industriel à terme. grâce à la méthode CHETAH1. à partir de la seule connaissance des formules chimiques. L’exemple précédent démontre. L’analyse de l’ensemble des critères permet d’évaluer le danger du composé ou du mélange. Ce point est une occasion de remettre en cause le recours systématique au verre comme matériau de base du matériel de chimie. • Un débit précisé dans un mode opératoire doit faire l’objet d’une mesure en continu. – le bilan d’oxygène (possibilités d’auto-oxydation de la molécule) . Cette analyse préalable permet de concevoir le montage destiné aux essais qui va intégrer des mesures pour tous les événements dangereux envisageables. • Les réactions dangereuses sont réalisées en espace confiné et leur pilotage est assuré à distance à partir d’un local protégé. très classiques. Son succès repose sur deux avantages. La réactivité et l’instabilité d’un composé ou d’un mélange de réactifs sont estimées à partir des 4 critères suivants : – enthalpie de décomposition . – différence entre l’enthalpie de composition et de décomposition . la résistance chimique et thermique et la transparence.org.5 • Applications particulières 5. qui permet. notamment dans la chimie fine. qui peut toutefois très bien encadrer un débutant dans le poste. Une telle analyse aurait permis de mettre en place les quelques mesures correspondantes qui auraient rendu l’accident impossible : • La conduite de la réaction est à réserver à une personne expérimentée.

http://aria. En effet. en adaptant le mode opératoire de laboratoire au matériel disponible : réacteurs. très souvent inférieures au kilogramme. il est utile de vérifier comment le procédé réagit au pilotage à distance. il faut l’éviter. Elle a aussi des inconvénients. On peut alors utiliser un volume réactionnel sans commune mesure avec les quantités produites et obtenir un meilleur contrôle des paramètres réactionnels. en utilisant d’autres matériaux. En collaboration avec les représentants de l’industrie de chimie fine et les autorités compétentes. le matériel reste assez polyvalent. Cette méthode comporte des avantages : d’une part. ce qui limite les investissements. mais celui qui nous intéresse ici concerne la sécurité. filtres. Une fois tous les paramètres de conduite du procédé fixés et le génie chimique appliqué. notamment par effet de masse et par une faible efficacité du refroidissement.fr/barpi_stats. le rapport entre le débit et le volume détermine un temps de séjour moyen. par exemple la productivité réduite. l’expérience acquise. survenu dans un réacteur contenant des chloro-phénols. Il implique une évolution dans le comportement des chercheurs. qui est à l’origine de la catastrophe de Seveso en Italie. implanté à Lyon. Dans ce type de réacteur continu. C’est ce type d’effet. Ce changement n’est pas toujours facile. et en remplaçant la vision humaine par des informations issues de capteurs. Le Bureau d’analyse des risques et pollutions industrielles (BARPI). non fragiles. la production « par batch ». Rappelons que « le continu » consiste à conduire une réaction dans un petit volume continûment renouvelé par un flux de réactifs. que l’on règle pour que la réaction atteigne le rendement recherché. la production industrielle est rapidement disponible.gouv. il a publié un recueil de recommandations1. gnc 262 . La solution est le recours au process en continu. au passage en continu. même après un développement pour optimiser les traitements. Lorsqu’on décide de passer en production industrielle. parce qu’il n’est pas uniquement technique. Il est aujourd’hui possible et indispensable de supprimer ce risque. a pour effet de décupler la gravité d’un incident. dont les titres de chapitres sont : – Procédé (recommandations 1 à 7) – La conception et la réalisation des installations (recommandations 8 à 27) – L’exploitation des installations (recommandations 28 à 36) – Le facteur humain (recommandations 37 à 42) m Les procédés continus Un procédé de fabrication chimique prend presque toujours naissance dans un laboratoire. Le deuxième objectif est de tester les mesures de prévention du stade industriel.ecologie. qui signifie qu’on accumule une importante masse réactionnelle dans un réacteur. sa complexité. Cela signifie que les opérations sont réalisées sur de petites quantités. 1. ainsi qu’aux entrées et sorties des agents chimiques. s’intéresse particulièrement aux accidents de process. etc. on a tendance. Cela suppose une installation pilote. dont l’échelle est déterminée par divers facteurs tels que la taille de l’installation finale. à en faire une extrapolation directe. Si la masse est un facteur aggravant du risque. distillateurs et autres sécheurs.5 • Applications particulières 5. d’autre part. dans les petites structures.2 Industrie chimique et pharmaceutique la fragilité.

était néanmoins coûteuse en main d’œuvre. c’est pourquoi il faut estimer son intérêt sur le long terme. il est possible de conserver le principe d’isolement de la zone dangereuse. et le sulfate d’alumine en solution. etc. objectif final de la sécurité avec des agents chimiques dangereux. car les chimistes utilisent beaucoup l’information visuelle pour piloter les réactions. une meilleure maîtrise du procédé et donc une parfaite reproductibilité. Les avantages sont tellement importants que ce principe mérite d’être déjà appliqué au stade des études en laboratoire et du développement. selon le schéma suivant : 2 Na3PO4 + Al2 (SO4) 3 = 2 AlPO4 + 3 Na2SO4 Le phosphate d’alumine précipite sous forme colloïdale et doit être filtré (difficilement !) et lavé.2 Industrie chimique et pharmaceutique Cette solution permet en outre de travailler en système intrinsèquement clos. sachant que la vision peut même être substituée au besoin par de la vidéo. Il fallait dissoudre le phosphate dans l’eau au préalable. m Le pilotage à distance Confiner la zone dangereuse suppose que les commandes et les mesures indispensables soient réalisées à distance. Des réactions peuvent être totalement gérées par un automate. ce qui est souvent la règle. que le process soit continu ou discontinu. qui est l’obsession des services de sécurité de l’industrie chimique. sa résistivité. ce qui en fait la réponse idéale pour la maîtrise des risques. Il s’agit de la fabrication de phosphate d’alumine. EXEMPLE DE PASSAGE D’UN PROCÉDÉ AU CONTINU : Cet exemple illustre à la fois le passage au continu d’un procédé initialement en batch et l’utilisation d’un système intrinsèquement clos. Les avantages du pilotage à distance sont nombreux. Il ne reste ensuite qu’à choisir les bons capteurs et les bons actionneurs pour piloter les réactions sans être au contact du matériel. son pH. Si l’on peut passer à un système intrinsèquement clos. Cette richesse de mesures fait que le pilotage à distance des réactions apporte. Ainsi. un mode opératoire est parfaitement reproductible. le process continu n’est pas toujours possible et nécessite des études lourdes et souvent coûteuses. Les technologies correspondantes sont très évoluées tout en étant facilement disponibles. et cela pour une qualité variant 263 . de qualité pharmaceutique. il apporte une réponse efficace au problème posé par les atmosphères explosives. tant chroniques qu’accidentels. avec des conditions de travail pénibles. Cette méthode. Les obstacles au développement de ce principe sont plutôt d’ordre comportemental. à condition de connaître tous les paramètres influents. Pendant des années.5 • Applications particulières 5. il était fabriqué en faisant réagir une solution de phosphate trisodique avec une solution de sulfate d’alumine. Bien entendu. si malgré tout le risque incendie et explosion demeure. il n’y a plus de zone atex. le pilotage à distance autorise le système clos. L’électronique offre des possibilités de surveillance continue des paramètres invisibles. outre la sécurité en cas d’incident. En particulier. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. il est possible de prévoir de l’inertage ou des moyens d’extinction massifs dans un local où aucune présence humaine n’est tolérée en fonctionnement. son absorption en ultraviolet. tels que la viscosité du milieu. Mais une fois mis au point et stabilisé. et les purges préalables du système sont d’autant plus faciles avec une installation travaillant en continu. très simple et bon marché. Le phosphate trisodique était livré en sacs. Même si l’on reste sur un procédé discontinu. Enfin. où sa production était relativement réduite.

5 • Applications particulières

5.2 Industrie chimique et pharmaceutique

d’un batch à l’autre. La précipitation très épaisse du phosphate d’alumine rendait son homogénéité aléatoire sur des batch de plusieurs tonnes. Des études, provoquées par le développement de ce principe actif, ont conduit à revoir complètement le procédé dans le but de le rendre continu. Pour cela, il fallait évidemment des réactifs uniquement liquides. Il n’a pas été difficile de trouver du sulfate d’alumine en solution, puisqu’il est produit principalement sous cette forme. Quant au phosphate trisodique, il a été tout simplement remplacé par ses précurseurs, à savoir de l’acide phosphorique et de la lessive de soude, tous deux concentrés. Le mélange des trois produits, selon un mode opératoire plus difficile à mettre au point qu’il ne paraît, donne effectivement un phosphate d’alumine de très bonne qualité. Le passage au continu était dès lors possible, moyennant le développement d’un réacteur continu de forme annulaire, équipé des systèmes de contrôle-commande adéquats. Entrent simultanément dans ce réacteur d’une part un mélange d’acide phosphorique et de sulfate d’alumine, d’autre part la solution de soude. Il en sort en continu une suspension de phosphate d’alumine, que l’on envoie sur un filtre continu. Le mélange initial acide est bien sûr préparé par batch de grand volume, ce qui permet de déterminer un numéro de lot pour le produit final formulé, indispensable pour le suivi qualité. Cette installation mono-produit est complètement close, et n’est arrêtée et ouverte que pour la maintenance annuelle.
phosphate d’alumine

acide phosphorique + sulfate d’alumine

Réacteur en boucle

soude

Figure 5.13 – Schéma de fabrication du phosphate d’alumine en continu Le gain réalisé en matière de prévention est considérable, aussi bien pour les expositions que pour les accidents. Comme c’est souvent le cas avec ce système, un gain de qualité et de régularité a aussi été observé, sans parler de l’amélioration des conditions de travail, puisque toute manutention a pratiquement disparu, du moins au stade de la production chimique.
m Particularités du stockage des produits

Les établissements de production chimique, et ils ne sont pas les seuls, se caractérisent par la quantité, la diversité et le niveau de danger des produits qu’ils sont amenés à stocker, en amont comme en aval de la fabrication. Cette situation dangereuse exceptionnelle appelle des mesures renforcées de prévention. La première, qui applique le principe d’éloignement, consiste à constituer un parc de stockage pour les emballages unitaires et un autre pour le vrac. Selon les dimensions utiles et la nature des produits, ces parcs peuvent être plus ou moins abrités des intempéries. Situés à une distance de sécurité des ateliers, ils leur sont reliés par un rack de tuyauteries, conçu pour faciliter la maintenance. Ils sont agencés par famille de compatibilité et la signalisation en est particulièrement soignée, tant pour l’identification
264

5 • Applications particulières

5.2 Industrie chimique et pharmaceutique

des produits que pour les dangers associés. Les rétentions sont réalisées pour bien protéger de tous les risques de projection, comme détaillé au paragraphe 5.1.2. De telles installations de stockage supposent des mouvements de véhicules fréquents : des véhicules routiers en amont et des chariots élévateurs en aval. Le croisement de ces deux groupes de véhicules doit être impossible en fonctionnement normal. Pour les emballages unitaires, les aires de manœuvre sont largement dimensionnées, notamment pour pouvoir réaliser des rampes de franchissement des murets de rétention avec une pente modérée. Le schéma suivant montre certaines des recommandations évoquées.
sprinkler luminaire

portes pare-flammes

palettiers jumelés informations

rampes pour rétentions

Figure 5.14 – Schéma général d’un local de stockage sur palettiers

Les emballages unitaires peuvent aussi être stockés à l’air libre, lorsqu’ils résistent bien aux intempéries. Les aires de stockage de ce type sont très simples ; elles doivent simplement être en rétention, avec les rampes de franchissement.

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Figure 5.15 – Rampe de franchissement d’une rétention

265

5 • Applications particulières

5.2 Industrie chimique et pharmaceutique

L’inconvénient de cette formule est que les rétentions se remplissent en cas de pluie. La solution qui consiste à équiper les points bas d’une vanne de vidange n’est pas à retenir, en raison de la possibilité d’oubli de fermeture. Il est préférable d’équiper les puisards d’une tubulure d’aspiration permettant à une pompe mobile de procéder à la vidange autant que de besoin. Une meilleure solution est de couvrir toutes les aires de stockage, en constituant des cellules spécialisées, accessibles par une rampe. Pour gagner en capacité de rétention, il est aussi préférable de placer les emballages sur un caillebotis recouvrant la rétention.

Figure 5.16 – Cellules de stockage sur caillebotis

Le parc à citernes est également conçu pour faciliter les approvisionnements et les interventions de secours. En particulier, il dispose d’aires de déchargement (ou dépotage) en rétention, comme le montre le schéma suivant :

auvent passerelle

vers capacité de rétention

Figure 5.17 – Aire de dépotage

266

5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

Le dépotage de liquides dangereux est toujours une opération à risque élevé d’incendie et de projections. Ce poste doit être équipé en conséquence, avec une signalisation évitant les erreurs de branchement des tuyaux et un dispositif de recueil des égouttures. Toutes les mesures de suppression des sources d’ignition sont primordiales compte tenu des quantités en cause, et en particulier les dispositifs de mise à la terre des citernes. Pour les substances les plus inflammables, il est recommandé de les stocker dans des cuves enterrées. Le niveau réel de liquide dans les citernes est une autre source d’erreurs conduisant à des débordements, dont les effets nuisibles sont nombreux. D’où les recommandations suivantes : – une indication de niveau bien visible depuis le poste de dépotage ; – une indication de niveau redondante fonctionnant de façon autonome : soit à flotteur et contrepoids, mais l’information est alors inversée, soit à tube de niveau, mais elle est moins visible et plus fragile ; – un tube de trop-plein bien dimensionné pour conduire l’excédent éventuel au fond de la rétention. Les citernes de stockage demandent parfois des interventions à l’intérieur, ce qui présente plusieurs risques évidents. Une mesure efficace consiste à prévoir sur les citernes, outre le trou d’homme classique, une trappe de visite dans le bas, à hauteur d’homme, comme les cuves de vinification en possèdent. Cette ouverture ainsi placée facilite grandement la ventilation, la pénétration, la sortie d’urgence, l’intervention de secours, l’introduction d’outillage, etc. La réticence vis-à-vis de ce dispositif est motivée par la crainte de fuites, mais ce n’est pas un problème insurmontable.

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Figure 5.18 – Trappe de visite – Recueil des égouttures

5.3 Traitements de surface
Le cas des traitements de surface, dans le sens le plus large, est probablement l’un des plus difficiles en prévention du risque chimique et il est assez rare de trouver une solution pleinement satisfaisante. Cependant, notre méthode permet de s’en rapprocher le mieux possible, sachant que la meilleure des préventions reste celle qui est effectivement appliquée. Il vaut donc mieux une mesure de prévention d’efficacité limitée
267

5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

mais toujours présente qu’une mesure idéale mais souvent absente. Deux grandes familles d’activités relèvent du traitement des surfaces.
5.3.1 Surfaces fixes

Les surfaces que nous appelons fixes sont principalement celles des bâtiments construits. Les traitements qu’on leur applique sont la peinture et autres revêtements, les décapages, et un certain nombre d’autres traitements physiques ou chimiques. Ce domaine comprend aussi de grandes surfaces immobiles en pratique, comme les navires, qui d’ailleurs s’appellent parfois bâtiments… Le problème spécifique posé par cette activité est qu’elle est à la fois très émissive et très largement manuelle, donc très exposante. Le produit dangereux est appliqué à l’aide d’un outil – pinceau, rouleau, spatule, pistolet, etc. L’opérateur se tient face au support qu’il traite, c’est-à-dire qu’il y a en général moins de 1,50 m entre l’ensemble support traité, point d’émission du produit et voies respiratoires. En outre, la dimension des surfaces et la mobilité requise de l’opérateur rendent inapplicables les techniques habituelles de protection collective, comme le confinement de la source d’émission ou son captage local. En pratique, c’est le port de protections individuelles qui a été considéré comme l’unique solution, avec l’efficacité que l’on sait. En outre, le caractère temporaire des chantiers du bâtiment n’autorise pas facilement les solutions de prévention que l’on peut rencontrer dans les établissements fixes. Nous allons examiner ce que notre méthode peut apporter dans ce domaine. Le recours à la suppression du produit dangereux doit venir en premier. Des produits dangereux ont disparu des préparations disponibles sur le marché parce que la menace sanitaire a été mise en évidence assez précocement. C’est le cas des éthers de glycol, classés CMR. Pour certains autres produits dangereux, la substitution en est encore à l’état de recherches. On peut citer deux cancérigènes : la 4,4’-méthylène-dianiline (MDA), utilisée pour les résines époxy, et l’acrylamide, pour des résines utilisées en injection. C’est dans le domaine des peintures et des revêtements que la substitution a le mieux fait son chemin. La plupart des produits solvantés, dont la consommation nationale se comptait en milliers de tonnes, ont en effet trouvé leurs remplaçants, en l’occurrence des produits hydrodiluables. Ces peintures, principalement de la famille des acryliques et vinyliques, sont largement répandues dans les produits « grand public ». La disparition des solvants les plus volatils de leur formulation a, en outre, rendu leur utilisation moins désagréable. Notons que la réduction importante de l’exposition par voie respiratoire, sauf dans l’application par pulvérisation, s’accompagne de la disparition du risque incendie-explosion. Cet avantage est considérable, notamment pour l’application en espaces plus ou moins confinés. C’est pourquoi la mise au point de telles émulsions s’est poursuivie, et on peut maintenant trouver ces produits hydrodiluables dans des familles telles que les époxy et les polyuréthannes. Bien entendu, une telle substitution ne conduit qu’à une réduction de risque, puisqu’il reste un grand nombre de substances présentant des dangers variés dans leur composition, ce qui nécessite d’éviter les contacts cutanés. Autres inconvénients :
268

5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

le nettoyage du matériel plus difficile et une pollution préoccupante des eaux utilisées pour le nettoyage et parfois pour le captage des aérosols en cabine. Comme toujours, une recherche de substituant doit faire l’objet d’un bilan avantages/inconvénients, qui n’est valable qu’au cas par cas. Ainsi, un produit solvanté pourra être préféré si, dans certaines conditions, les risques peuvent être parfaitement maîtrisés et au final être inférieurs à ceux d’un produit hydrodiluable. Pour illustrer ce point, citons le cas du remplacement de l’application d’un produit hydrodiluable sur un chantier de pose de panneaux de parement par la pose de panneaux pré-peints en atelier spécialisé, mais avec un produit solvanté. Après la substitution vient la réduction des expositions. Cette solution s’impose quand le produit dangereux n’est pas appliqué, mais généré par l’activité. Dans ce domaine, on trouve essentiellement les poussières. Il faut d’abord essayer de supprimer le phénomène d’émission, qui est presque toujours lié à une action mécanique sur un matériau dur, la vitesse de l’outil étant à l’origine de la projection des particules. La solution à envisager consiste à réduire au maximum les vitesses des outils. Cela est parfois possible, pour tronçonner, percer, lisser, retirer une couche, etc., grâce à des outils spéciaux travaillant à basse vitesse, connus des professionnels. D’autres fois, il est possible de travailler « à l’humide ». Cela veut dire humidifier au préalable le matériau travaillé, ou envoyer un brouillard d’eau sur la zone d’émission des poussières. Cette technique est très utilisée en démolition et en retrait de matériaux contenant de l’amiante. Elle n’est pas parfaite et induit d’autres problèmes liés aux boues formées. À défaut d’une telle solution, il faut s’efforcer de tenir l’opérateur hors de la zone de présence des poussières. Deux possibilités s’offrent alors : – Si l’émission des poussières est localisée sur l’outil employé, il faut essayer de la capter à la source. On peut utiliser un outil aspirant, décrit précédemment. Il existe des ponceuses, des perceuses, ou des scies de ce type. Leur efficacité et leur ergonomie ne sont pas encore arrivées à un niveau satisfaisant, à en juger par la réticence des utilisateurs professionnels. Nous croyons pourtant que c’est un marché d’avenir. – Si l’émission est plus ou moins diffuse, on ne peut que la confiner dans un certain espace, dans lequel l’opérateur ne devra pas pénétrer. Il lui faut donc des moyens électromécaniques plus ou moins télécommandés. On peut illustrer ce principe par l’utilisation d’une enceinte mobile à appliquer contre une façade pour la sabler, ou celle d’un engin télécommandé dans un chantier de démolition. Le principe du captage des poussières dans une enceinte ventilée est assez bien répandu dans les établissements fixes, y compris ceux qui relèvent du secteur bâtiment, comme certains tailleurs de pierres. Nous pensons donc qu’il existe une « troisième voie » pour le problème de l’exposition sur les chantiers temporaires. Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’éléments à découper relativement manipulables, comme en couverture, en revêtement ou en parement, les opérations de découpe peuvent très bien se faire dans un local mobile préfabriqué, équipé dans les règles de l’art, et placé à proximité immédiate du lieu de pose. Nul doute que les conditions de travail ainsi améliorées auront des conséquences sur la qualité du travail, voire sa productivité. Il est même possible que les découpes soit prévisibles et planifiables,
269

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

et donc réalisables en établissement fixe dans d’excellentes conditions. Encore faut-il se poser la question… Pour faire face aux principales causes d’accident chimique dans les métiers du bâtiment, à savoir intoxication, anoxie et incendie-explosion, on commence par agir sur les situations dangereuses. Comme les deux premières causes citées sont liées au travail en espace confiné, la première mesure à appliquer sera d’éviter toute source d’émission d’agent chimique pendant une présence humaine, ou son évacuation totale au fur et à mesure de sa production. Nous prendrons comme exemple un accident figurant dans la base de données INRS.
EXEMPLE D’INTOXICATION AIGUË :

Un ouvrier a perdu connaissance en posant une moquette en sous-sol non ventilé, ce qui nécessitait d’appliquer une couche de colle solvantée au perchloréthylène. Cet accident était facilement prévisible. On aurait pu utiliser une colle sans solvant, ou installer une ventilation provisoire dont le débit aurait été calculé pour éliminer le volume de vapeurs libéré par le séchage de la colle. Quand on connaît la composition de la colle, il est facile de calculer le volume théorique total de vapeurs susceptibles d’être émises. Calcul du volume théorique de vapeurs : 50 m2 recouverts d’une colle à 30 % de perchloréthylène, à raison de 300 g par m2, vont émettre 50 ¥ 300 ¥ 0,3/166 = 27 moles de solvant, qui vont occuper un volume de 27 ¥ 25 = 675 litres ou 0,675 m3. Si le volume du local est de 50 ¥ 2,5 = 125 m3, la concentration maximum finale en perchloréthylène sera de 0,675/125 = 0,54 % ou 5 400 ppm, soit 108 fois la valeur moyenne d’exposition (VME). Même si, en pratique, la concentration réelle est plus faible, parce que l’émission s’étale sur plusieurs heures et qu’il existe toujours un petit renouvellement d’air, le risque d’intoxication aiguë est bien démontré. Quel aurait été le débit d’air renouvelé nécessaire pour assainir suffisamment cet espace ? Pour une bonne marge de sécurité, nous prendrons comme objectif une concentration maximum en solvant égale au tiers de la VME, soit environ 16 ppm, sachant que l’émission des 675 litres de vapeurs est répartie sur les 3 heures que dure l’encollage. Débit = 0,675 m3 ¥ 1 000 000/16 ¥ 3 = 14 000 m3/h Ce calcul n’est valable qu’avec un captage bien placé par rapport à la source d’émission. Ce calcul, certes très théorique, montre que les débits de ventilation nécessaires sont toujours très élevés quand on choisit le principe de renouvellement d’air. À cet inconvénient s’ajoute celui de la pollution de l’environnement, qui n’est pas résolu.

5.3.2 Surfaces mobiles

Les surfaces mobiles sont celles des pièces et des objets, en métal ou en plastique, que l’on traite pour modifier leur aspect ou leurs propriétés. On y retrouve donc la peinture et autres types de revêtements, mais aussi les traitements en bains, électrolytiques ou pas. Dans les modifications d’aspect figurent la recherche du brillant, obtenu par le chromage ou le nickelage, la couleur, obtenue avec les peintures ou des reflets, eux-mêmes obtenus par anodisation ou chromatation. Dans les modifications de propriétés figurent le durcissement, le polissage, la résistance à la corrosion, obtenus par les techniques déjà citées pour l’aspect. Cette courte description, non exhaustive, permet de caractériser le problème du risque chimique dans les traitements en bains.
270

4 4 3 Hydrocarbures Inflammable R10 Nocif R65 Solvants chlorés TétrachloréthyNocif lène R40 3 Très volatils Le trichloréthylène est classé CMR (R45) La deuxième composante du risque est l’exposition. Les émissions sont évidemment fonction de la volatilité des produits contenus dans le bain. 271 . qui devrait être remis constamment à jour.5 • Applications particulières 5.3 Traitements de surface m Les risques du traitement en bain La première composante du risque est l’agent chimique dangereux. Le cadmiage reste réservé à un marché restreint Niveau de danger réduit par la dilution Niveau de danger réduit par la dilution Nouveau classement dans la 30e ATP Surtout dangereux par acidification Surtout dangereux par acidification Cyanures Acide fluorhydrique 5 5 R26/27/28-35 R : 45-46-6061-25-2648/23/25 Cadmium 5 Acides Corrosif R35 4 Base Corrosif R35 R : 49-61-20/ 22-38-42/4348/23-68R : 22-31 R : 31-34 4 Sels de nickel Toxique CMR Nocif Corrosif 4 Bisulfites Hypochlorites © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. mais aussi des conditions opératoires. Le principe de travail au trempé dans une cuve est par nature très émissif. Sans en faire un inventaire. nous présentons les plus dangereux : Famille de produit Exemples Acide chromique Bichromate de potassium Cyanure de sodium Dangers Toxique CMR Corrosif Comburant Très toxique Toxique Corrosif Sulfate de cadmium Chlorhydrique Sulfurique Nitrique Soude Ammoniaque Sulfate de nickel Bisulfite de sodium Hypochlorite de sodium White-spirit Très toxique CMR Phrases de risque R : 45-46-924/25-26-3542/43-48/2362 R26/27/28 Cotation santé Remarques Chrome VI 5 Les dangers disparaissent à la valence III Surtout dangereux par acidification Surtout dangereux par pénétration percutanée.

surtout quand elle est réalisée par un bullage d’air comprimé. D’ailleurs. seule la valence 6 est dangereuse. par l’électrolyse. Voir la brochure INRS Ateliers de traitement de surface – Prévention des risques chimiques. par les courants d’air. Les risques accidentels sont très présents du fait de l’accumulation de substances réactives avec assez peu de confinement en général. On retrouve donc principalement des risques de projections et d’émanations massives provoquées par des mélanges dangereux. ED 827. L’arrêté du 26 septembre 1985. à la manipulation des produits pour préparer ou recharger les bains. La seconde exposition est cutanée. mais les essais de substitution par du chrome 3 ne donnent pas encore satisfaction. de gaz. Cette activité connexe génère à son tour des risques chimiques importants. Pour le chrome.3 Traitements de surface Elles sont activées par une agitation. des pièces et du matériel souillé. du moins pendant la présence humaine. La plupart des établissements concernés assurent leur propre détoxication d’effluents. Le traitement des effluents liquides relève de techniques physico-chimiques assez complexes qui demandent en fait des stations d’épuration qui ont tous les caractères d’un atelier de chimie. les accidents les plus graves enregistrés. l’électrolyse ou les mouvements de pièces.5 • Applications particulières 5. Cette activité génère en outre des effluents liquides et gazeux très nuisibles pour l’environnement. m Les mesures de prévention spécifiques Une grande partie des risques chimiques présents appellent les mêmes mesures que dans l’industrie chimique. Le risque incendie est peu présent. se sont produits dans des stations de détoxication. La spécificité apparaît dans le traitement en bains. c’est-àdire par substitution. Ce procédé. La réglementation est d’ailleurs très contraignante dans cette activité1. il est toujours utile d’agir sur le niveau de danger. les chromates intervenant dans des actions de conversion laissent espérer des substitutions possibles. qui régissait jusqu’à présent les installations de traitement de surface. a été révisé. Compte tenu des effets recherchés. Par contre. Dans un premier temps. nickel) ne le sont pas non plus par définition. mais il est à l’origine de gros dégâts matériels pendant les absences d’activité. 1. qu’il s’agisse de vapeurs minérales ou organiques. 272 . qui ont été souvent explorées. Ces activités autorisées sous la rubrique ICPE 2565 doivent désormais respecter l’arrêté du 30 juin 2006. pour ne parler que des risques chimiques. par la sortie des pièces du bain. Les acides et bases concentrés ne sont pas remplaçables par des produits moins dangereux. d’autant plus que la compétence des personnes employées est souvent inadaptée à la chimie pure. Les métaux dangereux qui servent aux dépôts (chrome. les possibilités de substitution. issue de contacts non maîtrisés avec des produits. Elles sont réduites par la dilution des produits en solution et par la couverture éventuelle des bains. dans sa conception traditionnelle. à la gestion du stockage et à la conduite de la station d’épuration2. dont des mortels. Il s’agit principalement des risques liés aux dépotages de réactifs en vrac. La première exposition est respiratoire. ou d’aérosols produits par l’agitation. généralement sous-produits de réactions parasites. 2. sont assez limitées. s’avère effectivement très polluant pour l’environnement immédiat. parce qu’on est en présence d’un système largement ouvert et avec des mouvements de pièces qui posent un problème inhabituel.

qui représentent de petites productions. la campagne de lutte contre les CMR. Or.5 • Applications particulières 5.19 – Enceinte mobile pour la sortie et le transfert des pièces Ce système ne fonctionne correctement qu’avec une fermeture mécanisée et pilotée des cuves et avec le minimum de passage d’air entre l’enceinte et la cuve. les cuves doivent évidemment rester fermées et ne s’ouvrir qu’en présence de l’enceinte mobile. Cuves de traitement de surface. Ce schéma figure aussi dans la brochure INRS Ateliers de traitement de surface . pour le chrome 6 comme pour les autres produits dangereux. Figure 5. la solution technique qui permet le passage d’objets sans rompre le confinement est connue depuis longtemps : c’est le principe du sas. Ce principe a été décrit dans le guide de ventilation que l’INRS a élaboré pour l’activité du traitement de surface1. Guide pratique de ventilation n˚ 2.3 Traitements de surface Les cyanures sont déjà remplacés dans toutes leurs grandes applications. lancée par les pouvoirs publics. En définitive. Appliqué aux cuves de traitement de surface. plus conformes à la méthodologie et aux textes réglementaires. Ils restent toutefois indispensables dans les dépôts de métaux précieux (or et argent). notamment pour le zincage. la solution passe logiquement par l’approche du système clos. Voici le schéma correspondant : entrée d’air cadre porte-pièces aspiration © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. en voici une2 : 1. INRS ED 651 2. Différentes solutions techniques existent . ED 848. ce qui est déjà beaucoup plus performant que la protection par aspirations latérales. qui s’est répandue dans les ateliers depuis des années.Concevoir en sécurité intégrée. qui restent alors confinées. Pourtant. devrait générer de nouvelles solutions. il devient une enceinte mobile qui les prolonge au moment de l’entrée ou de la sortie des pièces. Compte tenu du mouvement des pièces. En dehors de ces mouvements. on ne peut concevoir qu’un système presque clos. 273 .

– Le personnel est à l’abri de toute exposition respiratoire ou cutanée.5 • Applications particulières 5. un tel équipement doit être prévu dès la conception d’un atelier et ne peut s’adapter qu’exceptionnellement à une ligne de cuves existante. Bien sûr. Cela est donc conforme à la réglementation concernant les CMR. car la flexibilité est apportée par l’automate. On peut penser qu’il n’est pas compatible avec de petites productions très flexibles. qui impliquent l’utilisation d’un automate. qui ajoute une grande 274 .20 – Schéma montrant la jonction entre l’enceinte mobile et les cuves avec couvercles Ces deux contraintes techniques. celle-ci est déjà refermée et ventilée. – Les bains sont eux-mêmes protégés de toute introduction accidentelle d’un corps ou produit étranger. ont certainement freiné son développement. – Les pièces se déplacent de cuve en cuve sans sortir de l’enceinte. C’est une idée fausse. sous courant descendant et avec un rinçage éventuel par pulvérisation. ce concept réunit les avantages suivants : – L’ensemble cuves et pièces traitées est presque totalement confiné et en dépression.3 Traitements de surface système de levage du cadre cadre en position immergée couvercles articulés gaines d’aspiration Figure 5. – Quand l’enceinte quitte une cuve. Un tel équipement n’a été mis en place que sur quelques unités importantes. l’enceinte permet de procéder à l’égouttage. – Le débit de ventilation requis pour chaque cuve est égal au dixième de celui requis pour la même cuve ouverte avec aspiration bilatérale. – À la sortie des pièces. Pourtant.

c’est un atelier de chimie et il doit être traité intégralement comme tel. selon le schéma suivant : aspiration Figure 5. mais avec l’inconvénient d’un transport de matières dangereuses. demandent le même type d’équipement. refroidissement. ou même.21 – Tunnel ventilé © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La prévention des risques importants qui sont liés à cette activité doit s’inspirer de celle que l’on pratique dans l’industrie chimique. Les dégraissages de pièces par solvants. qu’ils soient chlorés ou inflammables. – Les mises en solution se font hors cuves. l’enceinte enveloppe toute la ligne des cuves. Cela veut dire concrètement : – Tous les transferts se font par pompes et canalisations fixes. plus simplement. qui sont équipées d’aspirations latérales. C’est pourquoi la solution qui nous paraît la plus rationnelle est de sous-traiter cette activité soit à des entreprises spécialisées. dans un récipient spécialement équipé dans ce but. d’un ou deux points d’aspiration.3 Traitements de surface reproductibilité des résultats.5 • Applications particulières 5. à condition que les émanations de tous les bains d’une ligne soient compatibles entre elles. tels que chauffage. Une solution comparable est possible pour de petites unités. Ces deux systèmes ne dispensent pas de la maintenance des bains. filtration. Il est vrai que le respect scrupuleux de ce principe alourdit encore l’investissement déjà très lourd d’une station physico-chimique pour des ateliers de traitement de surface de taille majoritairement réduite. c’est-à-dire les apports de produits chimiques. – Les traitements physiques du bain. Dans ce cas. Quant à la station d’épuration. les mouvements de pièces sont mécanisés. Nous l’avons déjà dit. Des ouvertures sont possibles le long de la ligne pour les diverses interventions nécessaires. L’entrée d’air se fait alors par les extrémités du tunnel. les remplacements et déplacements de bains et l’élimination de ceux qui sont usagés. se font autant que possible à l’extérieur de la cuve par circulation dérivée. Les cuves sont closes. les vapeurs sont piégées par condensation et l’ensemble est maintenu en dépression. soit à des unités de traitement communes à un groupement d’entreprises. avant le transfert de la solution préparée. un progrès technique impose toujours une modification de l’organisation du travail. Le tunnel permet tout aussi bien de limiter les débits de ventilation et de protéger le personnel. Il s’agit du confinement par tunnel. 275 .

On tient aussi compte de la biodégradabilité.4.5 • Applications particulières 5. La première est celle des substances dont le danger a été prouvé dans le milieu aquatique par des tests toxicologiques sur des poissons.1 La notion de polluant Il faut prendre quelques précautions dans l’utilisation du mot pollution. La troisième concerne les milieux non aquatiques. comme l’amiante ou les métaux toxiques et nombre de substances végétales. 5. seule change la nature des dommages. 276 .4 Protection de l’environnement La protection de l’environnement vis-à-vis des agents chimiques répond exactement à la même méthodologie que la santé et la sécurité humaine . C’est pourquoi la classification réglementaire dans ce domaine en est encore à ses débuts et ne prend en compte que des effets évidents. De même. m Réglementation européenne Il y a trois catégories de substances dangereuses pour l’environnement. les substances sont affectées d’une ou plusieurs des phrases de risque suivantes : 1. 1 % d’argon dans l’air n’est pas une pollution. La connaissance de ces effets est beaucoup moins développée que pour la santé humaine. Or. Ils ont en effet de nombreuses composantes. comme les gaz volcaniques et tous ceux qui sont issus de fermentations naturelles. le sel est un polluant de l’eau des rivières alors qu’il ne l’est pas de la mer. parmi les plus dangereux. mais 1 % de dioxyde de carbone en est une. Il faut donc considérer comme pollution toute présence d’une matière qui est étrangère à l’écosystème considéré et qui est éventuellement susceptible de modifier son équilibre. mais dont on peut supposer une toxicité aquatique. Ainsi. du coefficient de partage octanol/eau et du facteur de bioconcentration. En voici l’état actuel. Nous allons le vérifier en reprenant les principales étapes de la démarche. En fonction des différents critères fixés par les textes1. que l’on a tendance à considérer comme l’effet de la présence de tout ce qui n’est pas naturel. animal et microbiologique. D’autres sont produits naturellement. La deuxième est celle des substances n’entrant pas dans les critères précédents. des daphnies et des algues. ou leur contenu vivant végétal. beaucoup de polluants. La première notion à considérer dans le mécanisme de pollution est le danger des agents chimiques pour l’environnement. ont une origine strictement naturelle. parce que les études approfondies sont plus récentes et que les milieux cibles sont beaucoup plus complexes. Voir l’arrêté du 9 novembre 2004. pris en application de la directive 1999/45/CE modifiée.4 Protection de l’environnement 5. donc dangereux. telles que les natures chimiques et physiques.

Toxique pour les organismes aquatiques. Dangereux pour la couche d’ozone. Celle-ci comporte deux sous-classes. Toxique pour la faune. Voici le tableau qui résume les règles d’étiquetage : 277 . il est possible de déterminer la catégorie de danger qui reflète son niveau. Le nombre de catégories n’est pas le même pour les deux sous-classes.4 Protection de l’environnement R50 R51 R52 R53 R54 R55 R56 R57 R58 R59 Très toxique pour les organismes aquatiques. dans la classe 4. En fonction des différents tests. – toxicité chronique pour le milieu aquatique. Toxique pour les organismes du sol. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement.Dangereux pour l’environnement Figure 5. Toxique pour la flore. Toxique pour les abeilles. Nocif pour les organismes aquatiques. Dans le SGH.1. l’une pour la toxicité chronique et l’autre pour la toxicité aiguë. Les éléments qui déterminent le classement sont les suivants : – toxicité aiguë pour le milieu aquatique . Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique. L’étiquetage de la première et de la troisième catégorie de substances porte en outre un unique symbole de danger : N .22 m Système Général Harmonisé © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.5 • Applications particulières 5. la partie consacrée à l’environnement (n˚ 4) ne prévoit pour le moment que la toxicité pour le milieu aquatique. – bioaccumulation potentielle ou réelle . – dégradation (biologique ou non biologique) des composés organiques .

La codification des dangers est elle-même bien détaillée. enques.5 • Applications particulières 5. entraîne des traîne des effets né.effets néfastes à effets néfastes à fastes à long terme long terme long terme Le SGH est très précis sur les critères de classement dans les différentes catégories et propose un organigramme de décision complet en fonction des résultats de tests ou autres données. entraîne des effets néfastes à long terme 278 . entraîne des ques.ganismes aquatiaquatiques.4 Protection de l’environnement Toxicité AIGUË Catégorie 1 Catégorie 2 Catégorie 3 Symbole Pas de symbole Pas de symbole Mention d’avertissement Mention de danger Attention Très toxique pour les organismes aquatiques Pas de mention d’avertissement Toxique pour les organismes aquatiques Pas de mention d’avertissement Nocif pour les organismes aquatiques Toxicité CHRONIQUE Catégorie 1 Catégorie 2 Catégorie 3 Catégorie 4 Symbole Pas de symbole Pas de symbole Mention d’avertissement Attention Pas de mention d’avertissement Pas de mention d’avertissement Pas de mention d’avertissement Peut être nocif à long terme pour les organismes aquatiques Mention de danger Très toxique pour Toxique pour les Nocif pour les orles organismes organismes aquati. comme le montre ce tableau. extrait de l’annexe 5 : Catégorie de danger 1 2 3 1 Code H400 H401 H402 H410 Mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Très toxique pour les organismes aquatiques Toxique pour les organismes aquatiques Nocif pour les organismes aquatiques Très toxique pour les organismes aquatiques.

En voici un extrait : Code H1 H2 H3-A H3-B H4 H5 H6 H7 H8 H9 H10 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le codage de l’environnement utilise la même lettre H que le SGH. entraîne des effets néfastes à long terme Peut être nocif à long terme pour les organismes aquatiques Catégorie de danger 2 H411 H412 H413 3 4 m Code de l’environnement Le Code de l’environnement prévoit aussi un codage des propriétés dangereuses des déchets.5 • Applications particulières 5. reproduit dans l’annexe 12. inspirée par le mot anglais Hazard. entraîne des effets néfastes à long terme Nocif pour les organismes aquatiques. mais reprend les termes de la réglementation euro279 . Danger Explosif Comburant Facilement inflammable Inflammable Irritant Nocif Toxique Cancérogène Corrosif Infectieux Toxique pour la reproduction Mutagène Générateur potentiel de gaz toxique Générateur potentiel de polluant Écotoxique H11 H12 H13 H14 Ce tableau illustre malheureusement le problème du chevauchement des réglementations.4 Protection de l’environnement Code Mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Toxique pour les organismes aquatiques.

mais dépendent du classement de l’activité. par procédés ou par produits. du milieu de rejet et du flux de rejet1. « toxique ». culturelles et psychologiques. Une démarche de classement volontaire s’impose donc. colles.4. puisqu’ils prennent en général naissance dans l’activité. En conclusion. c’est-à-dire qu’une pollution n’atteint rarement qu’un seul milieu à la fois. qui peut être relativement facile avec un historique précis de la formation de ces rejets et effluents. Ils sont en général très interactifs. déchets. poussières. Dans l’eau : Évacuation d’eaux de lavage vers les rivières. Une pollution chronique est l’introduction d’un agent chimique dans un milieu environnemental de façon continue et modérée. peut s’appuyer sur l’étiquetage européen. émissions de nuages de poussières. Mais cet étiquettage n’est pas disponible pour tous les rejets et effluents. traitement divers des cultures. voir l’arrêté du 29 mai 2000 : il a pour objectif de réduire les émissions de composants organiques volatils (COV) dans l’atmosphère. « toxique pour la reproduction » et « infectieux » ne sont adaptés théoriquement qu’à l’espèce humaine. complétés par quatre nouveaux. Il faut ensuite faire l’inventaire des pollutions chroniques existantes dans le domaine délimité pour l’analyse de risque. la connaissance du danger pour l’environnement.4 Protection de l’environnement péenne. 280 . « mutagène ». produits de nettoyage. lessivage et ruissellement de surfaces traitées par des agents chimiques. selon un principe assez différent de celui qui régit les VLEP. À ce sujet. 5. La tolérance vis-à-vis de ces pollutions est un phénomène complexe qui a des composantes économiques. alors que la cible est bien plus large. retombées de poussières émises dans des activités industrielles. « cancérogène ». Quelques exemples illustrent cette définition : Dans le sol : Infiltration d’eaux de lavage. Les trois milieux cibles jouent le même rôle que les voies de pénétration pour la santé humaine. La réglementation des ICPE a introduit des valeurs limites. lessivage par la pluie de dépôts de matières plus ou moins solubles. Il faut noter que les termes « irritant ». l’eau et l’air. On peut rechercher les émissions par unités géographiques. nous l’appellerons pollution. rejets des systèmes d’assainissement des atmosphères de travail. dont fait partie l’espèce humaine dans tous les domaines de son activité. rejets de déchets liquides et solides par des équipements et des engins dans le milieu aquatique de surface ou souterrain. Elles n’ont pas de valeurs universelles. etc. qui est la première étape de l’analyse de ce risque. 1. Comme c’est l’environnement qui est exposé. Une méthode doit être choisie pour ne rien oublier. etc. Ces milieux incluent leur flore et leur faune. etc. Dans l’air : Émissions de fumées et de gaz de combustion. Elle se définit comme le contact entre un agent chimique et les trois milieux que sont la terre. émissions par les procédés chimiques et thermiques.2 Le processus chronique La deuxième étape est la caractérisation de l’équivalent d’une exposition. La difficulté est d’intégrer les agents chimiques générés par l’activité : fumées. rejets d’eaux de process. « nocif ».5 • Applications particulières 5. etc. évaporation des solvants contenus dans les peintures. vapeurs.

Il s’agit dans ces exemples d’effets directs sur la santé humaine. ou la raréfaction des insectes pollinisateurs. d’eaux vannes et de déchets. Les milieux naturels sont des systèmes complexes en équilibre. La catastrophe chimique qui est sans doute la plus grave connue à ce jour est celle de l’explosion 281 . Ces aspects des dommages possibles montrent qu’ils dépassent largement le cadre strictement toxicologique. dont la formation peut avoir diverses origines. de vapeurs. ou un phénomène naturel comme de la pluie ou une inondation. qu’un air chargé en oxydes d’azote ou en dioxyde de soufre provoque des problèmes respiratoires. d’un lac ou de la mer.3 Le processus accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Cela peut être une grosse fuite d’eau accidentelle entrant en contact avec des produits. des métaux lourds ou des pesticides dans une nappe phréatique provoquent à terme des intoxications. par des observations cliniques. Les dommages peuvent être des atteintes directes à la santé humaine. De même. Le milieu atmosphérique est ominiprésent. que des poussières provoquent des allergies. Tous ces événements sont évidemment au cœur de l’étude de danger exigée pour les installations classées. La situation dangereuse correspond à une proximité entre une réserve d’agent chimique et les milieux cibles.4. Le processus accidentel aboutit à une pollution et parfois même à une destruction massive et brutale de l’environnement proche.4 Protection de l’environnement Ces pollutions chroniques sont innombrables et permanentes.5 • Applications particulières 5. etc. en particulier dans le cas d’une émission atmosphérique massive de produits toxiques. on sait. comme la disparition de la couche d’ozone. mais les activités domestiques génèrent également des pollutions sur toute la planète. que ce soit sous forme de gaz. il est probablement à côté d’un réseau d’égout ou d’évacuations d’eaux pluviales. car même si le stock d’agent chimique n’est pas à proximité d’une rivière. Le milieu aqueux est aussi très concerné. il faut que la surface du sol soit à l’air libre. Pour qu’elles soient possibles. D’autres pollutions provoquent des modifications qui pourraient être nocives à long terme. d’eaux de lavage. En fait. Par exemple. Toute pollution chronique déplace lentement un équilibre vers un autre. les trois milieux sont encore atteints simultanément dans beaucoup de scénarios. ou qu’il y ait des failles dans le revêtement du sol. Ce sont les mêmes scénarios qui conduisent à des pollutions accidentelles du sol. ou enfin l’eau utilisée pour l’extinction d’un incendie. à juste titre. Les dommages causés dans ces trois milieux sont très variés et on ne connaît que les plus évidents. du moins en première analyse. C’est soit directement l’agent chimique qui se déverse. L’événement dangereux est alors le scénario qui aboutit à l’émission massive de cet agent sous une forme volatile. Les pollutions industrielles et les transports sont souvent mis en évidence. le noircissement de façades ou la turbidité d’eaux de surface n’ont qu’un effet sur le plan esthétique. De même. Mais la raréfaction de certaines espèces animales ou végétales n’a pas d’autre effet apparent qu’une baisse de la biodiversité. de poussières. qui conduisent finalement à de l’eau naturelle de surface ou de sous-sol. qui peut être une menace pour l’homme. soit une solution ou une suspension aqueuse d’un ou plusieurs agents. c’est donc une situation qui existe dès qu’une quantité importante d’agent chimique est stockée. notamment de combustion. L’événement dangereux est le scénario qui aboutit à un déversement polluant massif dans ces eaux naturelles. 5.

les atteintes ne concernent que la flore et la faune. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique. survenue en Inde à Bhopal. Toxique pour la flore. mais aussi des erreurs humaines. 3 4 (pour la toxicité chronique en milieu aquatique) 1 2 282 . Sachant qu’il fallait réserver le niveau 1 au cas d’absence de phrase de risque. nous avons pris trois autres niveaux. Toxique pour la faune. à la différence près que l’échelle est inversée et qu’elle se limite au milieu aquatique. Les marées noires en sont l’équivalent pour le milieu marin. avons pris le délai d’action comme critère. Aucune échelle de niveau de danger n’a été proposée à notre connaissance.4 Estimation du risque m Risque chronique C’est bien dans le domaine de l’environnement que l’estimation des risques est la plus difficile. Ce raisonnement est en outre conforme aux catégories du SGH. Le plus souvent. Le principe est identique à celui qui régit la santé et la sécurité humaine. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement. Les émissions massives ont souvent une explosion comme événement déclencheur. parce qu’ils s’imposaient dans l’effet sur les organismes aquatiques. Toxique pour les organismes du sol. Il est encore difficile de mesurer toutes les conséquences de ces accidents.5 • Applications particulières 5.4.4 Protection de l’environnement d’une cuve d’isocyanate de méthyle. en particulier dans les rivières. Dans le processus chronique. C’est pourquoi nous proposons de la construire sur les phrases de risque existantes dans la réglementation européenne. Les victimes à court ou moyen terme se sont comptées par milliers. Le tableau suivant fournit cette échelle de quatre niveaux : Niveau Phrase de danger de risque 4 3 3 3 3 3 2 2 2 2 1 R50 R51 R54 R55 R56 R57 R52 R53 R58 R59 néant Catégories du SGH Libellé Très toxique pour les organismes aquatiques. à savoir le niveau 2 pour les effets à long terme et le niveau 3 pour les effets à moyen terme. Pour les autres effets. Nocif pour les organismes aquatiques. Toxique pour les abeilles. l’importance du risque se mesure en combinant le danger de l’agent chimique avec le niveau de pollution. Toxique pour les organismes aquatiques. Dangereux pour la couche d’ozone. 5. Mais comment comparer les abeilles et la couche d’ozone ? Nous avons pris des règles très générales. sachant que ce niveau n’est qu’un facteur parmi d’autres et que le but n’est que de fixer des priorités d’action.

5. mais ils méritent d’être recherchés. Le schéma suivant résume la démarche : Agent chimique Métrologie Estimation Phrase de risque Durée d’émission Débit d’émission © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. année…). ou flux : De.23 – Estimation d’un risque chimique environnemental chronique 283 . On obtient ainsi pour chaque milieu une dose périodique : Q = Te ¥ De Les doses sont ensuite classées. Il faut ensuite quantifier la pollution par un niveau.3. toujours en relatif. par des campagnes de mesures par exemple. milieu par milieu.2.5 • Applications particulières 5. Les paramètres qui déterminent cette dose sont : – la durée d’émission : Te . d’après une échelle choisie au préalable. pour pouvoir leur attribuer un niveau de pollution. Ils ne sont pas toujours accessibles simplement. – le débit d’émission. fonction de la dose introduite dans le milieu. selon la méthode (n˚ 3) évoquée au paragraphe 3. Ces paramètres sont basés sur des moyennes établies pour une période de référence (jour. Ils sont aussi approchables par le bilan matière établi produit par produit. Niveau de danger Dose émise périodique Niveau de pollution Importance du risque Figure 5.1. Le passage des valeurs limites aux niveaux de danger pourra se faire avec un tableau similaire à l’un de ceux figurant au paragraphe 2.4 Protection de l’environnement On peut supposer que l’application du règlement REACH donnera accès à des données plus complètes pour fixer les niveaux de danger pour l’environnement. mois.4. Un tableau de combinaison des niveaux de danger et de pollution. ce règlement demande d’identifier la concentration de la substance au-dessous de laquelle il ne devrait pas y avoir d’effets nocifs dans le milieu environnemental en cause.4. Cette concentration est appelée concentration prédite sans effet (PNEC). similaire à celui de l’exposition au paragraphe 2. permet de quantifier l’importance de chaque risque de pollution. Tout en s’appuyant sur la classification de la directive 67/548/CEE.

il est pourtant indispensable de n’utiliser qu’un niveau de gravité. c’est soit supprimer le polluant. atteintes à la faune. car les scénarios d’accident sont en fait les mêmes. à la flore. après une large consultation achevée en 2003. – 4 se rapportent aux aspects financiers. avec leur cotation. Le troisième regroupe tous les déchets solides et liquides. qui peut s’être chargée de polluants solides ou liquides. 5. plus globalement. une échelle européenne selon quatre indices à été proposée par le Comité des autorités compétentes des États membres pour l’application de la directive Seveso. Les principes de prévention d’un risque chronique consistent à supprimer ou réduire d’abord le danger.4) sont parfaitement indiquées dans ce domaine. dégâts matériels. la réalisation d’un système clos. Cette proposition a été retenue après avis du Conseil supérieur des installations classées. ce qui renvoie à une modification de procédé. artisanal ou simplement commercial peut générer trois types de pollutions à partir d’agents chimiques. mais toutes les méthodes de prévision d’accident évoquées pour la sécurité humaine (voir paragraphe 3. puis la pollution. La gravité d’un accident environnemental est difficile à exprimer par un seul chiffre tant les conséquences sont de nature différente : décès. peut être réuni dans un rapport fixant les priorités d’action et un programme pluriannuel de prévention (voir paragraphe 3. C’est évidemment la seule solution définitive pour la protection de l’environnement. sachant qu’il ne s’agit ici que de déterminer des priorités d’action. Pour conduire la démarche d’estimation du risque à son terme. par exemple pour une chaudière à combustion. suppriment normalement toute émission. Seules les conséquences envisagées sont différentes. Le deuxième est véhiculé par l’eau rejetée. l’importance du risque est toujours une combinaison de la gravité et de la probabilité du dommage. – 5 concernent les conséquences environnementales .5 • Applications particulières 5. La détermination du niveau de probabilité n’est pas plus facile.2. Elle regroupe les 18 paramètres de l’échelle européenne en quatre groupes homogènes d’effets ou de conséquences : – 2 paramètres ont trait aux quantités de matières dangereuses impliquées . pertes d’exploitation…. L’estimation du risque accidentel se termine par la combinaison des niveaux de gravité et de probabilité de chaque accident envisagé. Agir sur le danger. soit le rendre moins dangereux.4 Protection de l’environnement m Risque accidentel Dans le processus accidentel. Mais elle n’est pas souvent réalisable.Face à ces difficultés. à l’intérieur de l’entreprise. Le premier se fait vers l’atmosphère si les polluants sont volatils.4). longueur de rivière polluée. – 7 paramètres portent sur les aspects humains et sociaux . Rendre les polluants moins dangereux reste la solution la plus fréquente. généralement conditionnés.4. selon le schéma habituel. L’ensemble des risques chroniques et accidentels pour l’environnement. La première solution revient à supprimer les émissions de polluants. Il appartient aux responsables de l’analyse de faire ce choix. En effet. 284 .5 Principes de prévention appliqués à l’environnement m Pollution chronique Un établissement industriel. toute mesure de confinement et.

4 Protection de l’environnement La réduction du danger d’un polluant s’appelle une détoxication. m Le traitement des effluents volatils Une partie importante des activités humaines émettent des polluants volatils qu’il n’est pas possible de traiter en pratique. Pour traiter des polluants volatils. selon la technique utilisée.5 • Applications particulières 5. à moins qu’un traitement ne les arrête. Ceux qui sont présents dans l’eau polluée.5 0. qui. les travaux de génie civil. L’examen des différentes techniques d’épuration renseigne sur l’issue du traitement. Dans le cadre de cet ouvrage. Le réseau de captage des effluents les transporte vers l’environnement extérieur. tels que les chaudières. il n’est pas possible de traiter des sujets aussi vastes. C’est le principe de l’épuration. cela nécessite des traitements multiples. – remplacer les produits émis par des produits moins dangereux. Nous abordons ce thème dans le cadre du traitement des déchets. auquel cas il n’y a plus de pollution de l’environnement. poussières ou aérosols sont toujours en mélange avec de l’air. et appartiennent à la catégorie des effluents volatils. d’extraction de carrières. comme le montrent les exemples suivants : Polluant Suies Particules inspirables (alvéolaires) Ciment Bois Diamètre en microns 0. de traitement des cultures. Cette disposition est en grande partie déjà incluse dans la prévention des risques visant la santé humaine. il faut d’abord les canaliser complètement. du moins après une détoxication principale. 285 . Les techniques disponibles dépendent de l’état physique du polluant. Ce qui suit concerne le domaine de l’entreprise ou des structures similaires. Épuration des poussières : Les poussières sont facilement retenues à l’aide d’un filtre. Il s’agit des applications se déroulant en plein air comme la peinture de bâtiment. etc. etc. généralement physico-chimique. Ceux qui sont à l’état de gaz. selon les cas. Les gaz. Cette dernière est très variable. Il faut distinguer trois familles de pollution volatile : les poussières. Nous nous contentons ici de rappeler les principes de prévention qui les concernent : – modifier le procédé pour supprimer les émissions . les étuves et les fours. dont la perméabilité doit être adaptée à la granulométrie des particules. Si plusieurs catégories coexistent. les aérosols et les fumées peuvent être rattachés à ces trois catégories. permet soit de recycler les produits récupérés. soit de les transformer en effluents moins polluants. mais elle doit aussi s’appliquer à des équipements reliés directement à l’extérieur. liquides et solides.5 à 3 2 à 100 1 à 1 000 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.01 à 0. que l’on appelle effluents liquides. vapeurs. doivent faire l’objet d’un traitement en station d’épuration. les composés organiques volatils (COV) et les vapeurs minérales.

c’est-à-dire le rapport entre la quantité retenue et celle qui entre dans l’épurateur. que ce soit par décolmatage automatique. – posséder un système de décharge et de conditionnement des déchets en confinement continu. l’installation doit satisfaire quelques conditions : – contrôler aussi bien le colmatage qu’une fuite du média filtrant. selon la granulométrie concernée. Le tableau suivant résume les principales technologies disponibles : Filtres à manches Très simple. une grande dilution (quelques ppm) fait chuter le rendement de l’épuration.5 • Applications particulières 5. le dépoussiérage est une épuration efficace sans grande difficulté. Le principal problème que posent ces équipements est l’élimination des produits arrêtés. fr. qu’il est parfois possible de recycler.ademe. En dehors du problème de l’investissement. Les médias filtrants sont aussi très variés. Il conduit donc à des déchets solides. En effet. mais il demande des installations coûteuses. En définitive. purge continue ou échange de bloc filtrant. mais génère des boues Technique plus délicate Les filtres les plus performants combinent plusieurs de ces procédés. la nature chimique et la température. Épuration des COV : Le piégeage des COV contenus dans l’air de captage ou dans les évents de certains appareils peut faire appel à des techniques très diverses du domaine physique et chimique. décolmatage possible en continu Filtres à poches Filtre à cartouches Cyclone Humidificateur Séparateur électrostatique Souvent jetables Demande de grandes vitesses d’air Intéressant pour les poussières combustibles. avec une évolution vers les non-tissés et les fibres synthétiques modernes comme l’aramide ou le PTFE1. C’est une 1. Ces opérations peuvent générer des expositions importantes. la difficulté principale rencontrée pour l’application de la plupart des techniques disponibles est la concentration en polluant. disponible sur le site de l’ADEME : www2.4 Protection de l’environnement Il existe de nombreux procédés pour retenir les poussières émises dans l’air. La première mesure à prendre est donc de limiter le débit de captage au minimum. – répondre aux exigences des atmosphères explosives. 286 . si c’est le cas . pour favoriser une concentration plus élevée en polluants. Pour en savoir plus. par un dispositif de surveillance et d’alarme . consulter le rapport du CETIAT de juillet 2003. Pour les prévenir.

11. Le charbon actif est un support exceptionnel. mais ce rendement baisse vite quand les concentrations augmentent. Il faut une très grande surface. La capacité d’adsorption du charbon est bien sûr limitée et dépend des facteurs suivants : – Le produit à adsorber : la capacité dépend beaucoup de la structure chimique.3. Il est intéressant de voir comment se comporte le filtre vis-à-vis d’un flux constant d’air à pollution constante. ainsi que sa masse. C’est le cas du charbon actif. Les pores générées par sa préparation mesurent quelques nanomètres et la surface totale créée est de 500 à 1 500 m2 par gramme ! Un filtre à charbon actif industriel se présente comme une colonne. La courbe de saturation est logiquement identique à celle qui a été décrite pour les protections respiratoires. – La concentration en polluants : c’est l’une des rares techniques qui présente un bon rendement avec des concentrations très faibles. en particulier celui qui est issu de la pyrolyse des noix de coco. – La température : elle déplace l’équilibre de l’adsorption vers la désorption. elle s’améliore quand la vitesse diminue. elle est par exemple croissante avec la polarité de la molécule. soit du domaine biologique.4 Protection de l’environnement nouvelle raison de rechercher le confinement maximum. sur une surface solide. le tableau suivant donne quelques valeurs de capacités d’adsorption sur charbon actif (en g de polluant par g de charbon) : Capacité maximale d’adsorption © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. à ne pas confondre avec l’absorption. À titre indicatif. Mais de telles installations permettent de placer un détecteur de vapeurs à la sortie pour prévenir le claquage. – L’humidité : sa présence s’oppose aux échanges et limite la capacité d’adsorption. Le principe est de retenir les molécules organiques. ce qui permet une désorption par de l’air chaud ou de la vapeur d’eau. traversée par l’air à épurer. mais aussi de la silice ou de l’alumine. et décroissante avec sa pression de vapeur. – La vitesse de passage de l’air : l’adsorption n’étant pas instantanée. Les traitements disponibles sont soit du domaine physico-chimique. L’adsorption est un phénomène thermodynamique réversible. au paragraphe 4.5 • Applications particulières 5. Le traitement le plus répandu est probablement l’adsorption sur charbon actif. également utilisée. obtenue par une division poussée du support. grâce à leur polarité. < 10 % Dichlorométhane Formol Oxyde d’éthylène Acétonitrile Anhydride sulfureux Dioxyde d’azote Acétone 10 à 20 % Essence 20 à 50 % Acide acétique Acroléine Éthanol Hexane Sulfure d’hydrogène Perchloréthylène Toluène Trichloréthylène Styrène Éthers de glycol 287 .

on utilise un solvant lourd. air lavé garnissage Figure 5. appelées laveurs. l’une fonctionnant en épuration pendant que l’autre est en régénération. ni économique. que l’on obtient avec des colonnes spécifiques. il est alors très facile de lui appliquer l’une des techniques suivantes. La bonne utilisation suppose la régénération par cycle. souvent une huile pétrolière.5 • Applications particulières 5. Elle utilise la solubilité du polluant dans un liquide choisi dans ce but. qui est assez simple. Mais comme le polluant relargué est en forte concentration. Il suffit d’avoir une batterie de deux colonnes. qu’il faudra traiter à nouveau. la régénération libère un air très chargé en polluant. ce qui n’est ni fiable.4 Protection de l’environnement Les très petites installations utilisent des filtres à charbon jetables. ni écologique. Dans le cas des COV. puisqu’elle se fait par passage d’air chaud ou de vapeur d’eau au travers de la colonne d’adsorption. l’absorption demande un contact intime avec le liquide. vapeur d’eau air propre air chargé récupération des polluants Figure 5. qui fonctionnent avec un garnissage. Une deuxième technique d’épuration importante est l’absorption dans un liquide.25 – Colonne de lavage de gaz air chargé liquide de lavage 288 . Pour bien fonctionner. de préférence à contre-courant.24 – Colonnes d’adsorption fonctionnant en alternance Évidemment.

certains polluants restent difficiles à absorber en solution : les dioxydes de soufre et d’azote. Ces laveurs fonctionnent avec un garnissage ou une aspersion. Parmi tous ceux qui sont piégeables. en dehors de l’investissement. les inconvénients étant. ammoniac et certaines amines) . Ce système peut fonctionner en circuit fermé et fournit le solvant à l’état liquide et pratiquement pur. Elle consiste à condenser les COV contenus dans l’air sur 289 . comme le montre le schéma suivant : Évent Cuve de stockage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Laveur de gaz Figure 5. présente beaucoup d’avantages : elle est propre et économique. – produits toxiques (cyanure et sulfure d’hydrogène. une base. La troisième technique. Cela permet un recyclage quasi total de solvant volatil. Toutefois.) . soit partiellement par prélèvements. sans circuit de ventilation. en utilisant un dispositif très simple. par dissolution dans l’eau. comme un acide. Un mélange de vapeurs redonne le même mélange à l’état liquide. – aérosols (cyanures alcalins. Le liquide d’absorption tourne en circuit fermé et doit être renouvelé.4 Protection de l’environnement L’intérêt de ce choix est de pouvoir récupérer le solvant dissout par simple distillation de l’huile chargée. Les vapeurs émises par la respiration des cuves de stockage peuvent être facilement piégées de cette façon. l’oxyde de carbone. Cette technique est assez économique. la condensation. – toutes poussières toxiques ou réactives. soit totalement par périodes.26 – Piégeage des vapeurs émises par une cuve L’efficacité de l’absorption peut être améliorée en utilisant une solution réactive. acétique. bases et acides concentrés. citons : – acides et bases volatils (acide chlorhydrique. chlore) . Le liquide ainsi saturé constitue un nouveau déchet qui est soit retraité. un oxydant ou un réducteur. chromates. nitrique. une consommation d’énergie importante et une certaine technicité. et de certaines vapeurs organiques. La version la plus courante de cette technique est le piégeage des vapeurs minérales. soit éliminé comme tel. puisqu’elle utilise l’eau ou une solution aqueuse comme liquide absorbant et qu’elle s’accommode d’une grande quantité de polluants. etc.5 • Applications particulières 5.

il peut être injecté dans une chaudière fonctionnant avec son combustible normal. Dans ces deux cas. On peut résumer tous les couplages possibles des différentes techniques par le diagramme suivant : air chargé de polluant adsorption absorption condensation combustion recyclage déchets solides ou liquides rejets gazeux Figure 5.5 • Applications particulières 5. Elle demande par contre une certaine concentration en COV pour bien fonctionner. le refroidissement du condenseur peut être assuré par de l’air. exploitable dans une chaudière spécialisée. en particulier une adsorption. excepté pour des solvants à bas point d’ébullition. qui demandent deux étages de condensation. Cela est facile après une adsorption ou une condensation. qui doivent faire l’objet d’une ségrégation avant traitement. Il constitue alors un apport d’énergie. qui provoquent une réaction autoentretenue avec l’oxygène de l’air et permettent au besoin la récupération des calories dégagées. C’est ce qui fait la difficulté de l’élimination des solvants halogénés. de l’ordre de 1 % minimum. La combustion peut aussi se produire sans flamme. ou réutilisé par ailleurs. en fait une élimination. En fonction du point de rosée du composé à condenser. C’est le principe utilisé dans les stations d’épuration biologiques.4 Protection de l’environnement une paroi froide. Cette technique est assez simple. 290 . Une quatrième technique. Elle peut prendre divers chemins. Le solvant condensé est ainsi prêt à être recyclé dans le process. Il existe des catalyseurs de combustion. fixés sur un support réfractaire. La combustion est directe si le polluant est combustible et suffisamment concentré. Mais si le polluant n’est pas combustible ou trop dilué. Cette technique est aussi utilisable en aval d’une autre. est apportée par la combustion.27 – Combinaisons des techniques physiques d’épuration Les procédés biologiques sont basés sur la transformation des molécules par des organismes microbiologiques en sous-produits sans toxicité pour l’homme ou l’environnement. il faut tenir compte de la composition particulière des gaz de combustion et prévoir éventuellement leur lavage. de l’eau ou un fluide frigorigène à basse température. Elle peut compléter une première récupération.

d’eau et de produits minéraux : COV + O2 micro-organismes Biomasse + H2O + chaleur + minéraux La biodégradation peut se produire sur un support solide (biofiltre) ou en milieu liquide (biolaveur). En voici quelques-uns : – – – – coût de traitement. dès la production. autrement dit « à la source ». Le premier réflexe est souvent de les confier à des entreprises spécialisées. faite à la source.5 • Applications particulières 5. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. il convient de commencer par l’identification des dangers. pour grouper les envois . Ces considérations incitent à favoriser la détoxication des déchets par le producteur. Il n’est pas possible de présenter ici tout l’éventail de ces traitements. stockage préalable.2). Les emballages vides et les produits périmés ou non conformes sont. cette technique récente est appelée à un grand développement. Les emballages des produits solides et pâteux doivent faciliter leur transfert et leur traitement ultérieur. Cette solution présente des inconvénients sérieux. stockés dans un emballage adéquat. il faut l’envisager systématiquement. L’étiquetage doit aussi mentionner l’opération dont ils sont issus. joints et tuyaux imprégnés. Même si c’est parfois impossible. la détoxication est souvent assez facile. qui vont les détoxiquer pour pouvoir les éliminer en déchets banals. Pour bien la réaliser. mais appliqué à des effluents gazeux. R37 et R45. Ils appartiennent à deux catégories : d’une part les produits liquides ou solides.1. puisque c’est en fait une sous-traitance . souillé par quelques pour cents de trichloréthylène. La détoxication va consister à réduire le niveau de danger au plus bas possible. Par sa simplicité et son aspect tant économique qu’écologique. Le premier effet positif de cet étiquetage est de pouvoir stocker les déchets en respectant les règles de séparation adéquates (voir paragraphe 5. tels que les solvants usagés. Ainsi. etc. Les objets imprégnés portent l’étiquetage des produits d’imprégnation. sera étiqueté R10. les gâteaux de filtration.4 Protection de l’environnement pour les effluents aqueux. un solvant classé R10 et R37. par un traitement chimique ou physique approprié. les eaux de décantation ou de lavage. qui relèvent de la compétence d’un chimiste. les produits périmés. Les informations nécessaires se trouvent souvent dans le mode d’obtention. les filtres. eux. les vêtements et protections jetables. Le traitement biologique est basé sur une réaction d’oxydation exothermique des composés en présence d’oxygène et de micro-organismes . Nous en donnons quelques pistes : 291 . m La détoxication des déchets Les déchets chimiques sont à considérer comme des agents chimiques et doivent être traités comme tels. procédure de transport de matières dangereuses . déjà étiquetés. cette réaction conduit à la formation de biomasse. comme pour tout produit chimique. les chiffons d’essuyage. d’autre part les objets souillés comme les emballages vides. les résidus de distillation. ou les produits issus de décapage. car. masquage des faiblesses du procédé générateur de déchets. Il faut donc procéder à un étiquetage de tous les déchets.

292 . on peut seulement réduire le niveau de pollution au plus bas que le permet la technique. mercure. Dans ceux-ci. Dans le cas où le producteur de déchets n’a ni la compétence ni les moyens techniques pour réaliser les détoxications utiles. Notons que la solution consistant à diluer les effluents dans un grand flux d’air ou d’eau ne réduit pas la quantité totale émise. ou piéger certains oxydes. Pour ces polluants. le béryllium. même si l’on peut au moins filtrer les particules. Il existe d’ailleurs de nombreux éléments plus ou moins toxiques susceptibles d’être présents dans des préparations ou des réactifs. Le domaine où ces opérations sont les plus indiquées est celui des petites quantités. dont le danger est inhérent à l’élément chimique.4 Protection de l’environnement Danger initial Inflammable Oxydant Traitement Combustion en chaudière spéciale Réduction par bisulfite Exemple Isopropanol Chromates Chlorates Acide chlorhydrique Soude Cyanures Formol Isocyanates Phosgène Benzène. typiquement le domaine des laboratoires de recherche ou d’analyse. C’est aussi le cas des métaux lourds (plomb. Il importe. il est préférable d’utiliser l’électricité plutôt que les combustibles. de faire les recherches bibliographiques nécessaires et de procéder à des essais de validation. sur des installations lourdes. Pour la fourniture d’énergie thermique ou mécanique. le cobalt. au cas par cas. il doit se tourner vers des entreprises spécialisées. Toutes les améliorations de procédés déjà évoquées peuvent contribuer à cette réduction. cadmium). comme le chrome. l’antimoine. l’arsenic.5 • Applications particulières 5. aniline Pentachlorure de phosphore Sodium Chrome Cadmium Corrosif Neutralisation Dégradation de la molécule par oxydation Toxique Hydrolyse par acide ou base fort Combustion Réactif fort Élément toxique Réaction contrôlée sur produit adéquat Isolement chimique ou électrolytique avant conditionnement Ces exemples ne sont évidemment ni exhaustifs ni suffisamment précis pour être exploités. m La réduction quantitative des pollutions Il n’est pas toujours possible de réduire le danger des polluants. etc. en particulier la récupération et le recyclage des polluants les plus dangereux. la détoxication des déchets devrait être intégrée à la plupart des modes opératoires. C’est le cas des gaz de combustion. Mais il est vrai qu’une concentration réduite peut limiter l’impact final sur l’environnement.

en attendant son traitement. Sans aborder le vaste domaine de cette réglementation. Pour augmenter leur efficacité. de formation et d’information du personnel. Cela veut dire placer un contenant ou un équipement dans sa propre rétention. Rappelons que le sinistre de Seveso était parti d’un refroidissement de réacteur insuffisant en fin de semaine. il se produit une grande quantité d’incidents dont les conséquences restent limitées. de façon à contenir toute émission massive. et en particulier celles qui relèvent du classement Seveso. depuis longtemps. Les grands sinistres sont heureusement rares.4. Cela n’est envisageable que si le risque pour les personnes présentes dans l’installation n’est pas aggravé. classée ou non. il faut réduire au plus bas possible la probabilité du sinistre.4 et d’apporter les solutions. Mais cela est possible pour des installations automatisées. il est intéressant d’examiner ce qu’apporte l’application de la méthodologie. Les réactifs les 293 . Les mesures de prévention seront d’ailleurs assez peu différentes de celles qui sont retenues pour la santé et sécurité humaine. Comme on ne peut pas s’éloigner de l’air. ou à l’intérieur desquelles a été prévu un moyen d’isolement des personnes en toute sécurité. L’étude de danger prévue par la réglementation ICPE répond bien à ce souci. comme en témoigne la base ARIA. Pour citer un type classique d’incident. Pour l’air. il suffit de reprendre l’inventaire des risques accidentels figurant dans le rapport évoqué au paragraphe 5. m Action sur les situations dangereuses Il s’agit d’éviter la proximité de la réserve d’agents chimiques avec les milieux cibles. du fait de retards causés par des incidents techniques. il faut parler du risque particulier qui pèse sur les livraisons en vrac de solutions aqueuses concentrées. Les plus graves ont été tellement médiatisés qu’ils ont provoqué une abondante réglementation. ce qui s’avère utile en présence d’un déversement d’une grande quantité d’eau. point par point.4 Protection de l’environnement m Pollution accidentelle Une pollution accidentelle de l’environnement est un sinistre. de maintenance préventive. qui est elle-même placée dans une plus grande rétention et ainsi de suite.5 • Applications particulières 5. il faut introduire des obstacles dans leur direction. à la suite d’un orage ou d’une intervention de lutte contre le feu. Pour ce faire. les capacités de rétention sont. il faut multiplier les rétentions de façon concentrique. Pour les effluents liquides. on peut en théorie placer une installation entièrement dans une enveloppe étanche. utilisée dans l’industrie nucléaire. Une dernière rétention devrait contenir tout l’établissement. Les capacités de rétention ont en outre l’avantage d’éviter les pollutions du sol. de l’eau ou du sol. et surtout s’il est impossible ou incomplet. Elle conduit à agir sur la situation dangereuse. En revanche. En plus du confinement. m Action sur les événements dangereux © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. on peut citer toutes les mesures de prévention des explosions. C’est en effet l’aspect accidentel qui inspire en majorité tous les textes concernant les installations classées. Mais toute installation. doit éviter les rejets accidentels. puis sur les événements dangereux et enfin sur le dommage. la meilleure solution. C’est le principe de l’enveloppe de confinement. Parmi les plus importantes.

du moins dans les industries de process. l’hypochlorite de sodium (eau de javel) et le bisulfite de sodium. Plus les volumes seront réduits et fractionnés. autant que possible. ou acide et hypochlorite. Notons que cet objectif implique. comme les poussières et certains solvants.2). C’est une solution classique pour un accident de transport. En cas d’émission massive de vapeurs minérales. m La limitation des dommages La réduction de la gravité d’un dommage environnemental. moins la gravité de la pollution sera grande. qu’il faut savoir faire appliquer. pour les matières premières. Encore faut-il qu’il n’existe plus de courts-circuits vers les réseaux d’évacuation externes. l’utilisation de systèmes de production en continu et de flux tendus. à condition que les polluants flottent eux-mêmes. Les déversements massifs de liquides ou solides dans l’eau de surface peuvent être plus ou moins confinés par des barrages flottants. La seconde est de réduire. n’est possible que dans certaines circonstances. utilisant les mêmes outils. il existe des mesures de type organisationnel qui sont capables de limiter considérablement la gravité des accidents environnementaux. tels que acide et bisulfite. Il faut une source relativement localisée et disposer des moyens d’aspersion.4 Protection de l’environnement plus fréquents sont les acides chlorhydriques et sulfuriques.5 • Applications particulières 5. La première est de limiter le volume de ce que nous avons appelé la réserve d’agent chimique. Les mélanges ont provoqué un dégagement massif soit de dioxyde de soufre. le niveau de danger maximum présent dans cette réserve. 294 . Enfin. En conclusion de ce chapitre. soit de chlore. les produits finis. la soude. il faut envisager l’aspersion de la zone d’émission par une grande quantité d’eau bien dispersée. Ce constat ouvre la porte à une approche globale de ces deux domaines. ce qui revient à faire de l’absorption. parce que plus précocement. une fois le sinistre démarré. Elle correspond aux différents stockages présents. les mêmes concepts et aboutissant à la même efficacité. les effluents en cours de traitement et les déchets liquides. Il faut aussi compter toutes les capacités du procédé lui-même. Ils sont déjà cités comme réactifs dangereux dans le traitement de surface (paragraphe 5. Elle est applicable à tout autre type d’agent chimique que l’eau peut « rabattre » efficacement. Mais la rétention générale d’un établissement entier agit plus efficacement. comme dans le dernier exemple cité. La prévention de ce type d’erreur repose en priorité sur des procédures. Il s’est déjà produit des erreurs dans les branchements de tuyaux mobiles pour le déchargement en vrac qui ont conduit à des mélanges dangereux. la protection de l’environnement se prête parfaitement à la méthodologie appliquée pour la prévention des risques visant la santé et la sécurité humaine. Il s’agit ensuite d’en récupérer le maximum. dont on peut donner quelques exemples. mais sont aussi employés dans les blanchisseries industrielles et dans les installations de traitement d’air dont sont équipées les usines d’épuration des eaux urbaines.3. grâce à des techniques qui se développent dans ce domaine.

un petit atelier est réservé à la peinture par pulvérisation.1 Description du cas Dans une entreprise de carrosserie de véhicules utilitaires. Elle est volontairement limitée à une petite activité afin de ne pas alourdir la démonstration. Les objets peints habituellement sont des panneaux rigides. La préparation est en fait le mélange de la base avec le durcisseur et un peu de diluant pour ajuster la viscosité.1 – Préparation de peinture – Application par pulvérisation 295 .6 • ÉTUDE DE CAS L’étude de cas présentée ici est reconstituée à partir de situations réelles. 6. à deux composants. L’atelier comprend une zone de préparation de la peinture et une cabine de pulvérisation à flux horizontal. Figure 6. C’est une peinture de type polyuréthanne. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. L’activité du peintre consiste à préparer la peinture puis à peindre le panneau dans la cabine. pour illustrer l’application de la méthodologie exposée.

2.6 • Étude de cas 6. ne figurent pas toutes les données listées au paragraphe 3.1 Liste des actions de l’opération peinture Les actions listées sont limitées à celles qui supposent un risque. partiellement protégée Nettoyage à main nue Dommage Intoxication Irritation cutanée Irritation cutanée Risque n˚ 1 2 P4 peinture C-Co liquide 3 296 .2 Analyse des risques 6. le durcisseur et le diluant.3 Liste des expositions Compte tenu de la simplicité du cas.2. portent le même étiquetage : Contient du xylène R10 – Inflammable R20/21 – Nocif par inhalation et contact cutané R38 – Irritant pour la peau C’est donc la classification du mélange. Action Agent xylène P1 et P2 peinture C-Co liquide Famille de danger C-In Forme vapeurs Proximité Tête au-dessus du pot Mélange et remplissage à la main.2. 6.5. à savoir la base. Seul le xylène porte les dangers R10 et R20.2 Liste des dangers Les trois composants du mélange. Code P1 P2 P3 P4 Action Ajout des trois composants et mélange Remplissage du pot Pulvérisation en cabine Nettoyage du pot Durée 3 min 1 min 30 min 10 min 6. qui sera constante tout au long de l’opération.2 Analyse des risques 6.2.

explosion Lésions. 297 .2. Risque n˚ 1 2 3 Famille de danger In Co Co Niveau de danger 3 3 3 Durée (min) 4 4 10 Fréquence/ jour 4 4 4 R ou C (1 à 3) 1 1 2 Ir/Ic Niveau Importance d’exposition du risque (1 à 3) (1 à 3) 1 1 2 1 1 2 16 16 80 Le niveau d’exposition ne peut être attribué qu’une fois tous les indices d’exposition connus. puisque le niveau de danger est constant. 6. décès 4 P1 et P2 xylène A-In vapeurs Renversement de Manipulation bidon. P3 n’implique normalement pas d’exposition : la cabine est ventilée et le peintre bien placé. du niveau d’exposition. 6. étincelle d’électricité décès statique. Lésions. évaporation de bidon de 10 l.5 Estimation des risques m Risques chroniques : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. décès 6 P3 peinture A-IE aérosol Panne de ventilation.6 • Étude de cas 6.2 Analyse des risques On remarque que P1 et P2 ont été regroupées en raison des expositions identiques. Le classement du risque ne diffère pas. dans ce cas. Renversement de bidon. explosion Atmosphère explosive potentielle Intoxication aiguë 5 xylène A-IE vapeurs Lésions. explosion 7 Il n’y a pas d’accident envisageable pour P4. évaporation Manipulation de 10 l.4 Liste des situations dangereuses Famille de danger Risque n˚ Action Agent Forme Situation Atmosphère explosive présente Événement Dommage xylène A-IE vapeurs Étincelle électrique. étincelle de bidon dans atelier voisin.2..

298 . Ceux-ci sont toujours attribués en relatif. c’est-à-dire que l’on attribue d’abord les cotes maximum et minimum. Il en résulte un classement des risques par priorité pour aborder la phase prévention : Priorité Action P1 + P2 Urgent P1 + P2 P4 À faire P1 + P2 P1 + P2 2 P3 7 C-Co A-IE 5 1 Peut attendre A-In C-In Préparation de peinture et remplissage pot Préparation de peinture et remplissage pot Pulvérisation en cabine 6 3 A-IE C-Co Préparation de peinture et remplissage pot Nettoyage du pot Risque n˚ 4 Famille de danger A-IE Action visée Préparation de peinture et remplissage pot On aurait pu aussi classer les actions par leur cote de risque total : Action P1 + P2 P4 P3 Risques concernés 1-2-4-5-6 3 7 Cote cumulée des risques 1 + 1 + 3 + 2 + 3 = 10 2 1 Le plan d’action se dégage ainsi clairement. puis toutes les autres.6 • Étude de cas 6.2 Analyse des risques m Risques accidentels Risque n˚ Famille de danger IE In IE IE Niveau de gravité (1 à 3) 2 1 3 2 Niveau de probabilité (1 à 3) 2 3 2 1 Importance du risque (1 à 3) 3 2 3 1 4 5 6 7 Le tableau est apparemment plus simple. mais il ne montre pas les paramètres qui aident à fixer les niveaux de gravité et de probabilité.

3 Mesures de prévention En repartant du tableau précédent. en s’inspirant des règles énoncées dans le chapitre 4. Risque n˚ Famille de danger Action visée Objectif de prévention Mesure possible Emploi de panneaux pré-peints Agent chimique Peinture hydrodiluable 4 A-IE Préparation de peinture et remplissage pot Situation Événement Dommage Agent chimique Peinture hydrodiluable Préparation de peinture et remplissage pot Situation Ajout des composants par pompe dans pot fermé Isolement de la zone de travail Événement Formation au risque Dommage Agent chimique 3 C-Co Nettoyage du pot Exposition Port de gants Dommage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. on ajoute d’abord systématiquement les cinq objectifs et on cherche des mesures pour chacun d’eux. Captage des vapeurs Matériel atex Néant Emploi de panneaux pré-peints 6 A-IE Capacité de rétention Emploi de panneaux pré-peints Machine à laver Lavage des mains Emploi de panneaux pré-peints Agent chimique Peinture hydrodiluable Préparation de peinture et remplissage pot Ajout des composants par pompe dans pot fermé Captage des vapeurs Événement Dommage Formation au risque Port de protection respiratoire 5 A-In Situation 299 .6 • Étude de cas 6.3 Mesures de prévention 6.

Ainsi.6 • Étude de cas 6. – Le choix de certaines mesures en exclut d’autres. – Aucune décision n’est immédiatement possible. on peut dégager 8 grandes options et les confronter au contexte global de l’entreprise.3 Mesures de prévention Risque n˚ Famille de danger Action visée Objectif de prévention Mesure possible Emploi de panneaux pré-peints Agent chimique Peinture hydrodiluable 1 C-In Préparation de peinture Ajout des composants par pompe dans pot fermé. 300 . Il faut une première étude pour éliminer les moins réalistes. le passage à une peinture hydrodiluable élimine toutes les mesures de prévention des explosions. ce qui signifie qu’elles ont une large portée. – Des mesures reviennent souvent. Captage des vapeurs Dommage Agent chimique 2 C-Co Remplissage pot Exposition Remplissage par pompe Dommage Agent chimique Peinture hydrodiluable Situation Robot de peinturage Fiabilisation de l’alimentation électrique Événement Asservissement du pistolet à la ventilation Vêtements et tuyaux antistatiques Dommage Panneau de décompression sur la cabine Port de gants Emploi de panneaux pré-peints Port de protection respiratoire Emploi de panneaux pré-peints Robot de peinturage Exposition 7 A-IE Pulvérisation en cabine Ce tableau appelle plusieurs remarques importantes : – La méthode fournit une quantité de mesures possibles inimaginable par une simple intuition. À partir de cette énumération de 17 mesures différentes.

– installer un poste de préparation isolé avec captage des vapeurs (en rétention) . a toutes les chances d’être adopté et appliqué par tous les acteurs de l’entreprise. L’examen de ce tableau conduit facilement à la solution idéale. avec peu d’actions et peu d’agents chimiques. que l’on trouve même dans de petites entreprises. Notons qu’arrivé au stade n˚ 5. Ce compromis serait : – formation au risque (facilitera l’adoption des autres mesures) . Cela démontre l’importance d’une organisation rigoureuse pour bien respecter la méthodologie dans des situations plus complexes.4 Conclusion Option Principe Risques Délai de mise couverts en place Tous 1-4-5-6-7 2-7 1 an 3 mois 6 mois Remarques Ne peut s’appliquer qu’à 50 % de la production À valider en clientèle Investissement trop lourd pour la quantité Facile à réaliser Demande une autre organisation du travail et une qualification Facile. donc la totalité de ceux qui sont estimés en niveaux 2 et 3.4 Conclusion Cette étude de cas. – installer une machine à laver les pots . – passer progressivement à la peinture hydrodiluable (90 % à terme). reposant sur une analyse rationnelle des risques et un choix calculé des mesures. Les autres mesures ne sont citées qu’une fois.6 • Étude de cas 6. – installer un mélangeur-doseur mécanisé et clos (fonctionne quelle que soit la peinture) . Il existe beaucoup 301 . Un tel plan de prévention. 6. mais inconfortable Facile. mais gène la précision Utile dans tous les cas A B C Emploi de panneaux pré-peints Peinture hydrodiluable Robot de peinturage Captage des vapeurs (sur poste de préparation) Ajout des composants par pompe dans pot fermé (un mélangeurdoseur mécanisé et clos) Port de protection respiratoire Port de gants Formation au risque D 1-4-5 1 mois E 1-5-6 3 mois F G H 1-5 2-3 5-6 1 semaine 1 jour 3 mois © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les risques couverts seraient : 1-3-4-5-6. qui ne porte que sur une opération simple. se révèle finalement déjà délicate à mener à bien. c’est-à-dire le meilleur compromis entre l’efficacité et la faisabilité. – utiliser des panneaux pré-peints chaque fois que possible (c’est déjà le cas) . surtout si l’on intègre la protection de l’environnement.

4 Conclusion d’autres méthodes. comme tous ceux qui garantissent l’avenir de l’entreprise. 302 . qui attirent par leur simplicité et leur rapidité. mais peut-on se contenter d’un résultat approximatif en matière de protection de la santé et de l’environnement ? L’application de normes ISO 9000 et ISO 14000 a aussi montré que la qualité est toujours le fruit d’un investissement lourd.6 • Étude de cas 6.

il serait étonnant qu’une telle démarche se limite à ce risque.5 indique comment réaliser l’extrapolation vers les autres risques et le paragraphe 5. quels que soient les risques.7 • ORGANISATION DE LA DÉMARCHE Le bon déroulement de la démarche de prévention des risques dans l’entreprise nécessite une organisation particulière tenant compte de l’implication de nombreux acteurs et du recueil de nombreuses informations. C’est pourquoi le paragraphe 4. La récapitulation de toutes les étapes à suivre.1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Même si cet ouvrage se consacre au risque chimique.1 Chronologie générale Décision de l’entreprise Mise en place des moyens Recensement des agents chimiques Planification des études Choix d’une méthode de travail Identification des risques Estimation des risques Fixation des priorités Recherche des mesures possibles Mise en place de la démarche Figure 7. Évaluation des risques Action de prévention Choix des mesures Réalisation Évaluation des mesures 303 . est la suivante : 7.4 pour l’environnement.

– la mise à disposition d’outils informatiques spécialisés pour l’enregistrement et la mise en forme des données. c’est la nomination d’un chef de projet et la libération du temps nécessaire. de la part de la direction de l’entreprise. Les moyens dépendent aussi du délai que l’on s’accorde. 1. – la formalisation d’une équipe d’enquêteurs pour aller visiter les postes de travail et questionner le personnel.2 Mise en place des moyens La prévention des risques professionnels ou environnementaux conduit généralement à des changements qui relèvent du management. Cela suppose : – la désignation d’un chef de projet. Il existe de nombreuses offres de formation sur des méthodes comme l’AMDEC ou HAZOP. sur la métrologie des polluants et sur la création et la gestion de bases de données .2 Mise en place des moyens 7. ou de toute autre structure. C’est probablement la fonction la plus consommatrice de temps . C’est l’un des ressorts de la motivation de ses acteurs.7 • Organisation de la démarche 7. intégrant plusieurs compétences. 304 . Ce qui est indispensable. est une condition fondamentale. Cette démarche est d’ailleurs conforme aux principes préconisés par les instances officielles de la prévention des risques professionnels1. ne serait-ce que pour les aspects financiers. – la mise à disposition d’un local de réunion. dûment formé à ce domaine . Une base de données programmable nous paraît être l’outil indispensable pour enregistrer toutes les données prévues et les gérer pour faciliter les estimations et les décisions. la démarche de prévention doit être gérée en tant que projet. les CRAM. de façon à en faire un objectif d’entreprise . du service. Aucun des logiciels commerciaux actuels dédiés aux risques professionnels ne respecte totalement la méthodologie de cet ouvrage. les CGSS et l’INRS). Cet engagement doit être pris. Ce groupe inclut des membres du CHSCT ou des représentants du personnel et le service de santé au travail . à condition d’avoir identifié les urgences. Il n’est pas exceptionnel d’étaler la démarche sur plusieurs années. Ces cinq principes ont été publiés par l’INRS sous la référence ED 886 (Évaluation des risques professionnels – Principes et pratiques recommandés par la CNAMTS. comme on le fait pour toute décision stratégique qui implique l’ensemble du personnel. sur la toxicologie. comme pour la qualité. Pour être conduite à son terme dans un délai raisonnable et avec une précision suffisante. – la constitution d’un groupe de travail. annoncé et expliqué. Elle servira en outre au suivi du plan de prévention. – l’information et la communication sur la démarche envers l’ensemble du personnel. Ces moyens sont évidemment à proportionner à la taille de l’entreprise ou du service. dont la composition peut varier en fonction des besoins. – la formation des personnes concernées. L’engagement d’aller au bout. Tous les membres disposent d’un crédit de temps suffisant pour leur participation. de mobilier et de moyens bureautiques pour le travail d’échange et d’enregistrement .

le recensement est maintenu à jour par la saisie systématique des entrées et des sorties de produits. Par exemple. Il faut ensuite recenser tous les produits « générés » par l’activité : vapeurs. Il n’est pas forcément judicieux de les placer dans la même liste que les produits chimiques classiques. Normalement. il est indispensable que la base de données de tous les agents chimiques présents. Le premier recensement à faire est celui des produits approvisionnés. si nécessaire . Ces informations sont très nombreuses . sans parler de l’approche environnementale. en voici un inventaire possible : m Les éléments d’identification © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. le grade de pureté ou la concentration. Sachant qu’un agent chimique peut se retrouver dans de nombreuses tâches et dans de nombreux procédés. ou un lubrifiant spécifique d’une machine. de disposer d’un inventaire aussi complet que possible des agents chimiques présents dans l’entreprise. les phrases R . le numéro CAS ou EINECS ou le numéro d’index de l’UE . contienne toutes les informations utiles concernant chaque produit. fumées. Des produits échappent parfois à tout contrôle.3 Recensement des agents chimiques 7. poussières. le numéro ONU pour le classement transport. le code SGH . Notons que la plupart de ces données sont normalement saisies dès la demande d’achat (ou d’enlèvement) et confirmées à la livraison. la référence interne à l’entreprise. Les produits générés par l’activité ne peuvent être repérés que par l’observation du travail. – – – – les différents noms possibles d’un agent chimique . Nous avons vu que c’est un outil de base pour l’analyse des risques. aidée par le questionnement des opérateurs et éventuellement par une métrologie adaptée. les phrases S . Les déchets chimiques doivent aussi être identifiés et donner lieu à des « sorties ». m Les informations réglementaires de sécurité – – – – – les symboles de dangers . même temporairement. mais plutôt dans une base spécialisée en raison de leur lien avec une activité particulière. etc. et très pratique. La tenue d’une base de données permet notamment à un acheteur de détecter les demandes redondantes et de prévoir d’éventuelles ruptures de stock. une machine à laver avec un contrat de fourniture de lessive.3 Recensement des agents chimiques Il est indispensable. c’est-à-dire achetés ou non. à condition qu’une organisation adéquate ait été mise en place.7 • Organisation de la démarche 7. mais il s’avère utile dans d’autres domaines. tels que la logistique et les achats. Il faut le faire sur plusieurs années et le vérifier périodiquement par un inventaire physique. parce qu’ils sont livrés comme partie d’un tout. qui peut être un équipement. 305 .

fibres.2). la fréquence de mise en œuvre (par an ou par mois). etc. Il serait judicieux dans ce cas d’attribuer à cette émission une phrase de risque adéquate. On peut se référer au tableau du paragraphe 2. des services analytiques. les sensibilités particulières. parfois. m Les données toxicologiques – les VLEP . S’il s’agit de poussières ou de fumées. – les classements CMR et CIRC . les dangers à mentionner sont ceux des produits à l’origine de l’émission.). Elles proviennent du fournisseur. les lieux de dépôt et d’utilisation . d’achats. Le second avantage est que ces données peuvent alors être facilement accessibles à tous. il faut toujours identifier leur origine et procéder à des analyses. verre. Dans le cas particulier des intermédiaires de synthèse de l’industrie chimique (voir paragraphe 5. ou à l’annexe 4. mais elles serviront dans plusieurs domaines : sécurité. Quand le produit d’origine n’est pas étiquetable. Le premier d’entre eux est la bien connue fiche de données de sécurité (FDS). Cette centralisation peut aussi avoir des retombées telles que des échanges d’informations entre destinataires des produits et. Cela fait beaucoup d’informations. de santé au travail. la pression de vapeur . achats. ciment. les usages prévus ou les procédés concernés . environnement. D’autres documents permettent de compléter ou de vérifier les informations de danger. on se réfère aux produits à l’origine de leur génération. Pour les déchets. dès lors qu’un réseau informatique est disponible. l’entreprise doit agir en tant que fournisseur et faire de la classification volontaire. comme dans le cas des matériaux (bois. selon l’organisation de l’entreprise. etc. une réduction du nombre de produits référencés. – l’existence de tableaux MP . – les DL50 et CL50 . la consommation annuelle . que l’on fera figurer dans la base de données. le caractère dangereux est indiqué par l’existence d’une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP). le point d’éclair . les LIE et LSE . 306 .5. Quant aux agents générés par l’activité sous forme de vapeurs. gestion. le point de fusion . la granulométrie . ce qui suppose un suivi rigoureux du devenir de tous les produits entrants.3. Cette base présente l’énorme avantage de regrouper des informations habituellement dispersées.3 Recensement des agents chimiques m Les données opérationnelles – – – – – les conditionnements . – les données écotoxicologiques. m Les données physiques – – – – – – – le point d’ébullition . de logistique et d’ordonnancement.7 • Organisation de la démarche 7.

peuvent être suffisamment nombreux et coûteux pour que leur traitement demande plusieurs années.7 • Organisation de la démarche 7. D’où l’idée d’un potentiel de risque fonction de ces trois paramètres. Une telle méthode existe . ND 2233. – 12) informations écologiques . – 10) stabilité et réactivité . Elle sera mise à jour au fur et à mesure que de nouvelles informations paraissent. Son intérêt réside dans un repérage rapide de situations à risque important. il a été observé que les risques chroniques ou accidentels les plus élevés étaient souvent en rapport avec le niveau de danger.4 Repérage des urgences Les risques identifiés. permet de rendre toutes ces informations accessibles rapidement et de faciliter ainsi la progression du projet. Il est donc indispensable de savoir rapidement où peuvent se situer les risques les plus importants pour orienter le planning des études vers les plus urgentes. qui en comporte aujourd’hui près de 3 500. maintenant disponibles sur le site Internet. – 3) composition . – 16) autres informations. http://ecb. et donc les actions de prévention. issue des travaux de l’INRS2. C’est du moins ce qui peut se passer si l’on organise l’analyse selon l’une des trois méthodes évoquées au début de cet ouvrage. Il existe en outre beaucoup d’ouvrages spécialisés dans les données de sécurité qui permettent de recouper les informations.4 Repérage des urgences Parmi les 16 rubriques qui la composent. par accès au site de l’UE1. 11 ont un intérêt particulier dans notre démarche : – 1) identification . – 11) toxicologie . Malheureusement. la quantité consommée et la fréquence de mise en œuvre de l’agent chimique. – 2) dangers . – 9) propriétés physico-chimiques . – 8) VLEP et protections individuelles .jrc. La base des agents chimiques. 307 . elle est basée sur le « potentiel de risque » de chaque agent chimique. En effet. elles ne concernent qu’un nombre limité de substances. Une autre source très riche d’informations est constituée par les fiches toxicologiques de l’INRS. Mais le plus simple est encore de se référer à la liste officielle de classement des substances. Le potentiel de risque associé à un agent chimique exprime sa capacité théorique à générer une situation à risque. manipulation) . 7. emploi. 1. – 15) réglementation . Note documentaire de l’INRS : Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. Les fournisseurs de produits chimiques proposent souvent en plus des FDS des dossiers plus ou moins complets sur leurs produits. si elle est bien organisée. – 7) précautions (stockage.it/classification-labelling/ 2. D’où la nécessité de disposer d’une méthode de préestimation rapide. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

qui est une variante simplifiée de celui de l’INRS : – 1) déterminer le niveau de danger ND de chaque agent . EXEMPLE : Une entreprise a relevé les informations suivantes concernant ses agents chimiques consommés : Consommation annuelle (kg) 200 500 200 50 20 100 50 2 Phrases de risque néant R10. pas à pas : Niveaux de danger (selon annexe 4) : Agent chimique Huile pour machine Peinture solvantée Xylène Acétonitrile Phrases de risque néant R10. R20/21. – 2) classer les produits par quantité consommée décroissante. R23/24/25 R35 néant Nombre de mises en œuvre par mois 1 20 20 80 10 20 2 10 Agent chimique Huile pour machine Peinture solvantée Xylène Acétonitrile Soude Bicarbonate de sodium Poussières de bois Fumées de soudure Le mode opératoire s’applique ainsi. R20/21. R20/21.4 Repérage des urgences avant de procéder aux études de terrain. – 3) classer les produits par fréquence de mise en œuvre décroissante. R38 R11.. et leur attribuer le rang R2 . Cette formule privilégie le danger par rapport à l’exposition.7 • Organisation de la démarche 7. R38 R10. et leur attribuer le rang R1 . R20/21. 100 – 4) calculer un indice d’utilisation selon la formule : i = ------------------. – 6) combiner ce niveau de mise en œuvre avec le niveau de danger du produit selon la formule : potentiel de risque = (niveau de danger) ¥ 2 + (niveau de mise en œuvre). il faut suivre le mode opératoire suivant. Pour calculer le potentiel de risque. R23/24/25 ND 1 3 3 4 308 . R1 × R2 – 5) classer les indices d’utilisation par valeur décroissante et leur attribuer un niveau de mise en œuvre NO de 1 à 5 . R38 R10. R38 R11.

7 • Organisation de la démarche 7.4 Repérage des urgences Soude Bicarbonate de sodium Poussières de bois Fumées de soudure R35 néant (VLEP) (VLEP) 4 1 4 3 Quantités consommées : Consommation annuelle (kg) 500 200 200 100 50 50 20 2 Agent chimique Peinture solvantée Huile pour machine Xylène Bicarbonate de sodium Acétonitrile Poussières de bois Soude Fumées de soudure R1 1 2 2 4 5 5 7 8 Fréquence de mise en œuvre : Nombre de mises en œuvre par mois 80 20 20 20 10 10 2 1 Agent chimique Acétonitrile © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. R2 1 2 2 2 5 5 7 8 Peinture solvantée Xylène Bicarbonate de sodium Soude Fumées de soudure Poussières de bois Huile pour machine 309 .

il est facile de déterminer l’ordre des unités de travail ou des procédés dans lequel on conduira le processus complet d’évaluation des risques. qu’un examen rapide peut fort bien invalider. la seule difficulté. 310 .9 2. montrer des urgences différentes.9 2. étant de recueillir les données nécessaires.0 12. il faudrait le traiter immédiatement. une fois réalisées.5 NO 5 4 4 3 2 1 1 1 Ce tableau indique clairement l’ordre à suivre pour conduire les analyses de risque.0 25.4 Repérage des urgences Indices d’utilisation et niveaux de mise en œuvre : Agent chimique Peinture solvantée Xylène Acétonitrile Bicarbonate de sodium Huile pour machine Poussières de bois Soude Fumées de soudure Potentiel de risque : Agent chimique Acétonitrile Peinture solvantée Xylène Soude Poussières de bois Fumées de soudure Bicarbonate de sodium Huile pour machine ND 4 3 3 4 4 3 1 1 NO 4 5 4 1 1 1 3 2 PR 12 11 10 9 9 7 5 4 i = 100/R1 ¥ R2 50. mais on imagine l’intérêt de la méthode sur une liste de plusieurs centaines de produits.7 • Organisation de la démarche 7. C’est pourquoi ce choix des priorités tiendra aussi compte de la connaissance de terrain des participants. Cet exemple est très simple. Le calcul peut être automatisé. Si un potentiel de risque devait se détacher nettement. À partir de la liste de tous les agents chimiques par potentiel de risque décroissant. le potentiel de risque n’indique qu’une probabilité de risque élevé. s’il en est.3 2. Bien entendu. sachant qu’elles peuvent.0 20.5 6.

qui conduit à des priorités de prévention. différents types de métrologie (ventilation. Les mesures de prévention ne peuvent pas être décidées partout en même temps. les consultants et la presse professionnelle. au terme duquel une validation est opérée sur des critères techniques. autant que possible.7 • Organisation de la démarche 7. bruit…). Des études peuvent être envisagées et. pour cela. avec les délais prévus pour la réalisation. les fournisseurs spécialisés. – un descriptif général des procédés. Toutes les données sur les risques sont enregistrées dans la base créée à cet effet. ne peut se faire que globalement. pour savoir qui fait quoi et qui est où . les actions et les risques .5 Application de la méthode Il faut d’abord réunir quelques documents qui aideront à la réalisation de cette étape : – un organigramme complet. La recherche des mesures de prévention fait appel à des compétences différentes. entrent dans le plan de prévention. la réservation d’un budget de prévention des risques est essentielle. indispensable. au niveau de l’établissement. qui demande un examen de toutes les actions ou des phases par personne ou par procédé. c’est pourquoi le plan de prévention est évolutif et fait l’objet de mises à jour régulières. Le chapitre 3 décrit la réalisation de l’analyse des risques. Une fois les mesures de prévention rendues opérationnelles. réalisés avec les apports de compétences internes ou externes utiles et incluant des objectifs de résultats. le rôle de chacun.4.5 Application de la méthode 7. Si un consensus est obtenu. Ces actions sont choisies en suivant les priorités définies précédemment. les choix. on pourra réaliser de nouveaux prélèvements. En cas 311 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Cette étape se termine par un rapport global sur tous les risques détectés et estimés. Toutes les compétences extérieures à l’entreprise peuvent enrichir la recherche. La réception des travaux doit se faire par toutes les parties prenantes.2. un temps d’observation est défini. Il est souhaitable d’organiser des réunions. . toujours grâce à la dynamique du chef de projet. Le chef de projet met aussi en place une organisation susceptible d’assurer la mise en œuvre des mesures de prévention décidées. mais aussi les syndicats professionnels. notamment avec le service de santé au travail. indiquant les équipements. – un plan détaillé de l’établissement pour situer les équipements. L’approche par produit. À cet effet. organisationnels et humains. mais à l’intérieur d’une grande unité de travail. Les travaux sont ensuite suivis avec des outils appropriés et les réajustements éventuellement nécessaires réalisés. Il faut à ce stade une large concertation de façon à faciliter les changements possibles. Cela nécessite la rédaction de cahiers des charges. ainsi que de nouvelles observations des situations de travail pour détecter tout éventuel déplacement de risque. qui précise les échéances et le budget et. pour faire le point et communiquer avec l’ensemble du personnel. ils sont enregistrés et communiqués à tous les intéressés. En particulier. les produits et les fonctions. On peut consulter les spécialistes en prévention. Une fois les choix arrêtés. les partenaires et les moyens de financement sont assez nombreux. répondant notamment aux exigences citées au paragraphe 4. dans les délais impartis et avec les performances fixées.

312 . La précision est une garantie de choix judicieux. Il s’avère que les opérateurs sont alors euxmêmes la source d’un progrès constant dans ce domaine. C’est donc le nombre et la « rareté » des agents chimiques présents qui sera déterminante. Il désigne simplement la personne qui a été désignée pour faire vivre la démarche selon la volonté affichée du décideur. Avec plusieurs centaines de produits. on peut ne considérer que les opérations globales. partielle ou totale. c’est d’ailleurs une règle universelle. il se déroule sans trop de difficultés. un regain de confiance apparaît chez les employés. plutôt que de détailler l’activité par actions élémentaires. sachant que ce n’est pas lui qui fait tout. Quand le projet est bien lancé et bien organisé. on peut aller vite et bien. Dans une petite structure. On peut regarder comment un polluant se dégage dans l’atmosphère. comme le montre l’étude de cas du chapitre 6. cela peut être par exemple un technicien. de même que dans le bâtiment et dans l’alimentaire. auquel on affecte un crédit de quinze heures par mois pour s’en occuper. On remarque partout un réflexe qui consiste à dire : « une méthode légère pour un petit effectif et une lourde pour un gros effectif ». – 6) Chercher les mesures dans l’ordre produit-exposition-dommage ou produitsituation-événement-dommage. on tombe dans une confusion générale si l’on n’est pas assez précis. L’ensemble de ces conseils montre que le démarrage d’une démarche de prévention des risques est une opération lourde et éventuellement perturbatrice. Ainsi. – 4) Faire une estimation des risques pour ne pas se tromper de priorité. plutôt que de faire de la métrologie.6 Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise de non-atteinte. 7. suivi par une motivation à aller plus vite et plus loin. – 2) Analyser les risques poste par poste. Ce raisonnement ne tient pas à l’examen. Il ne faut pas se laisser impressionner par le terme chef de projet. Il y a donc nécessité d’adapter la méthodologie au profil de l’entreprise. Avec une vingtaine de produits. la démarche devra être réitérée pour définir des nouvelles mesures. Plus concrètement. des objectifs de prévention. Ensuite. – 3) Repérer pour chaque poste l’aspect chronique et l’aspect accidentel. Ensuite. L’application rigoureuse de la méthodologie n’est fonction que de deux paramètres : la compétence du chef de projet et le temps qu’il peut y consacrer. La partie variable porte sur la précision des paramètres qui permettent de respecter les points invariables. l’adaptation de la méthodologie consiste à respecter un cadre invariable et à jouer sur la partie variable. la lourdeur de la méthode ne sera fonction que de la précision que l’on veut obtenir dans l’analyse des risques. dans toutes les activités.6 Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise On ne peut pas conduire la même démarche dans une entreprise artisanale et une multinationale. c’est de plus en plus facile : l’expérience a montré qu’après les premières mises en place de mesures.7 • Organisation de la démarche 7. La partie invariable se résume aux points suivants : – 1) Analyser les risques avant de choisir les mesures. – 5) Estimer les risques en combinant toujours : danger-exposition ou gravitéprobabilité.

En conclusion. a priori. la clé de l’efficacité n’est pas la simplicité d’une méthode en quatre pages. pour ne transcrire que ses conclusions. grands et petits. Et surtout. mais la clarté et la cohérence des concepts. on peut décliner la méthodologie mentalement. pour limiter le temps passé à l’appliquer.7 • Organisation de la démarche 7. Ces simplifications aident à franchir le pas. une exposition pour tout produit utilisé. tentés de faire un enjeu de la protection de la santé humaine et de l’environnement. ce qui est positif. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Mais elles aboutissent souvent à un rapport assez formel.6 Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise On peut se limiter aux activités les plus fréquentes. pour ne pas dire réglementaire. ou oralement en réunion. C’est pourquoi nous espérons que ce livre rendra service à toutes les entreprises et tous les organismes. On peut aussi supposer. On peut lister les situations dangereuses à partir d’une liste type. 313 . et qui risque d’être voué à l’oubli.

.

la friction. dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables. Danger d’explosion en contact ou sans contact avec l’air. Inflammable.8 • ANNEXES Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » (Santé et sécurité) CODE R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 R9 R10 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Peut exploser en mélange avec des substances comburantes. le feu ou d’autres sources d’ignition. Risque d’explosion par le choc. PHRASES DE RISQUE Explosif à l’état sec. la friction. dégage des gaz extrêmement inflammables. Forme des composés métalliques explosifs très sensibles. Extrêmement inflammable. Réagit violemment au contact de l’eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables. Facilement inflammable. Favorise l’inflammation des matières combustibles. Réagit violemment au contact de l’eau. Danger d’explosion sous l’action de la chaleur. R11 R12 R14 R14/15 R15 R15/29 R16 315 . le feu ou autres sources d’ignition. Grand risque d’explosion par le choc. Au contact de l’eau. Peut provoquer un incendie. Au contact de l’eau. Peut exploser en mélange avec des matières combustibles.

Au contact de l’eau. Très toxique par inhalation et par ingestion. Toxique par inhalation et par ingestion. Nocif par inhalation et par ingestion. Toxique en cas d’ingestion. Très toxique par inhalation. formation possible de mélange vapeur-air inflammable/explosif. Toxique par inhalation. Nocif par inhalation et par contact avec la peau. Toxique par inhalation et par contact avec la peau. par contact avec la peau et par ingestion. par contact avec la peau et par ingestion. Nocif par inhalation. 316 . Nocif par contact avec la peau et par ingestion. Toxique par contact avec la peau. Nocif par contact avec la peau. dégage des gaz toxiques. Nocif en cas d’ingestion. Nocif par inhalation.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R17 R18 R19 R20 R20/21 R20/21/22 R20/22 R21 R21/22 R22 R23 R23/24 R23/24/25 R23/25 R24 R24/25 R25 R26 R26/27 R26/27/28 R26/28 R27 R27/28 R28 R29 R30 PHRASES DE RISQUE Spontanément inflammable à l’air. Peut former des peroxydes explosifs. Très toxique par inhalation. Très toxique par inhalation et par contact avec la peau. Peut devenir facilement inflammable pendant l’utilisation. Lors de l’utilisation. Très toxique en cas d’ingestion. Très toxique par contact avec la peau et par ingestion. Toxique par contact avec la peau et par ingestion. Très toxique par contact avec la peau. Toxique par inhalation. par contact avec la peau et par ingestion.

Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. Irritant pour les yeux et les voies respiratoires. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par ingestion. Irritant pour les voies respiratoires. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par ingestion. Irritant pour les yeux et la peau. Irritant pour la peau. par contact avec la peau et par ingestion. PHRASES DE RISQUE Au contact d’un acide. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. Irritant pour les yeux. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau. R39/24/25 R39/25 R39/26 R39/26/27 R39/26/27/ 28 317 . Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. Irritant pour les yeux. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par contact avec la peau. par contact avec la peau et par ingestion. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau et par ingestion. Danger d’effets cumulatifs. Provoque de graves brûlures. les voies respiratoires et la peau. Irritant pour les voies respiratoires et la peau. dégage un gaz très toxique. dégage un gaz toxique. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par contact avec la peau. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. Au contact d’un acide. Provoque des brûlures. Danger d’effets irréversibles très graves.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R31 R32 R33 R34 R35 R36 R36/37 R36/37/38 R36/38 R37 R37/38 R38 R39 R39/23 R39/23/24 R39/23/24/ 25 R39/23/25 R39/24 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par ingestion. contact avec la peau et ingestion. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau et par ingestion. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. Peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par contact avec la peau. Effet cancérogène suspecté – preuves insuffisantes. Risque de lésions oculaires graves. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par contact avec la peau. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. Peut causer des altérations génétiques héréditaires.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R39/26/28 R39/27 R39/27/28 R39/28 R40 R41 R42 R42/43 R43 R44 R45 R46 R48 R48/20 R48/20/21 R48/20/21/ 22 R48/20/22 PHRASES DE RISQUE Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par ingestion. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau. Peut entraîner une sensibilisation par inhalation et contact avec la peau. Peut causer le cancer. Risque d’explosion si chauffé en ambiance confinée. R48/21 R48/21/22 R48/22 R48/23 R48/23/24 318 . Risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau et par ingestion. Peut entraîner une sensibilisation par inhalation. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par ingestion. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau.

Nocif : possibilité d’effets irréversibles par ingestion.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R48/23/24/ 25 R48/23/25 PHRASES DE RISQUE Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. L’exposition répétée peut provoquer dessèchement ou gerçures de la peau. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par contact avec la peau et par ingestion. R68/20/21 R68/20/21/ 22 R68/20/22 R68/21 R68/21/22 R68/22 319 . Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau et par ingestion. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation et par contact avec la peau. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par contact avec la peau. par contact avec la peau et par ingestion. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation et par ingestion. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par ingestion. par contact avec la peau et par ingestion. Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant. Nocif : peut provoquer une atteinte des poumons en cas d’ingestion. L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges. Risque possible pour les bébés nourris au lait maternel. Risque possible pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation. Peut causer le cancer par inhalation. R48/24 R48/24/25 R48/25 R49 R60 R61 R62 R63 R64 R65 R66 R67 R68 R68/20 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Risque possible d’altération de la fertilité. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau. Possibilité d’effets irréversibles. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation. Peut altérer la fertilité. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion.

CONSEILS DE PRUDENCE 320 . Éviter le contact avec les yeux. Conserver à l’écart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux. Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé. Conserver le récipient à l’abri de l’humidité. En cas de contact avec les yeux. Ne pas respirer les poussières. Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S12 S13 S14 S15 S16 S17 S18 S20 S21 S22 S23 S24 S25 S26 Conserver sous clé. Conserver à l’écart de la chaleur. Tenir à l’écart des matières combustibles. Conserver le récipient bien fermé. Ne pas fumer pendant l’utilisation. Ne pas respirer les gaz/vapeurs/fumées/aérosols (terme(s) approprié(s) à indiquer par le fabricant). Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles – Ne pas fumer. Ne pas manger et ne pas boire pendant l’utilisation. Conserver à l’écart des… (matière(s) incompatible(s) à indiquer par le fabricant). Ne pas fermer hermétiquement le récipient. Éviter le contact avec la peau. Conserver sous… (liquide approprié à spécifier par le fabricant). Conserver hors de la portée des enfants. Conserver dans un endroit frais. laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. Conserver sous… (gaz inerte à spécifier par le fabricant). Conserver à l’écart de tout local d’habitation.

En cas d’incendie et/ou d’explosion. ne pas respirer les fumées. S45 S46 S47 S48 S49 S50 321 . Après contact avec la peau. Maintenir humide avec… (moyen approprié à préciser par le fabricant). Ne pas jeter les résidus à l’égout. consulter immédiatement un médecin et lui montrer l’emballage ou l’étiquette. se laver immédiatement et abondamment avec… (produits appropriés à indiquer par le fabricant). Ne pas mélanger avec… (à spécifier par le fabricant). utiliser… (à préciser par le fabricant). Pendant les fumigations/pulvérisations. Porter un appareil de protection des yeux/du visage. porter un appareil respiratoire approprié. Éviter l’accumulation de charges électrostatiques. En cas de malaise. Éviter le choc et le frottement. ajouter « Ne jamais utiliser l’eau »). En cas d’ingestion. Conserver uniquement dans le récipient d’origine. consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette). porter un appareil respiratoire approprié (terme(s) approprié(s) à indiquer par le fabricant). Si l’eau augmente les risques.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S27 S28 S29 S30 S33 S34 S35 S36 S37 S38 S39 S40 S41 S42 CONSEILS DE PRUDENCE Enlever immédiatement tout vêtement souillé ou éclaboussé. En cas de ventilation insuffisante. consulter un médecin (si possible lui montrer l’étiquette). Porter un vêtement de protection approprié. Conserver à une température ne dépassant pas… ˚C (à préciser par le fabricant). En cas d’accident ou de malaise. Porter des gants appropriés. En cas d’incendie. S43 S44 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ne jamais verser de l’eau dans ce produit. Ne se débarrasser de ce produit et de son récipient qu’en prenant toute précaution d’usage. utiliser… (moyens d’extinction à préciser par le fabricant. Pour nettoyer le sol ou les objets souillés par ce produit.

Éliminer ce produit et son récipient dans un centre de collecte des déchets dangereux ou spéciaux. Ne pas manger. Conserver le récipient bien fermé et à l’abri de l’humidité. Éviter le rejet dans l’environnement. ne pas faire vomir : consulter immédiatement un médecin et lui montrer l’emballage ou l’étiquette. Consulter le fabricant ou le fournisseur pour des informations relatives à la récupération ou au recyclage. Conserver le récipient bien fermé et dans un endroit bien ventilé. En cas d’ingestion. Conserver uniquement dans le récipient d’origine dans un endroit frais et bien ventilé. Conserver le récipient bien fermé et à une température ne dépassant pas…˚C (à préciser par le fabricant). Conserver uniquement dans le récipient d’origine dans un endroit frais bien ventilé à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par le fabricant). ne pas boire et ne pas fumer pendant l’utilisation. Consulter les instructions spéciales/la fiche de données de sécurité. Conserver dans un endroit frais et bien ventilé à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par le fabricant). Utiliser un récipient approprié pour éviter toute contamination du milieu ambiant.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S51 S52 S53 S56 S57 S59 S60 S61 CONSEILS DE PRUDENCE Utiliser seulement dans des zones bien ventilées. Éviter l’exposition. Éviter le contact avec la peau et les yeux. se procurer des instructions spéciales avant l’utilisation. Conserver dans un endroit frais à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par le fabricant). S62 Phrases combinées S1/2 S3/7 S3/9/14 Conserver sous clé et hors de portée des enfants. S3/9/14/49 S3/9/49 S3/14 S7/8 S7/9 S7/47 S20/21 S24/25 322 . Conserver le récipient bien fermé dans un endroit frais. Ne pas utiliser sur de grandes surfaces dans des locaux habités. Éliminer le produit et son récipient comme un déchet dangereux.

Porter des gants appropriés et un appareil de protection des yeux/du visage. S36/39 S37/39 S47/49 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S29/56 S36/37 S36/37/39 CONSEILS DE PRUDENCE Ne pas jeter les résidus à l’égout. Porter un vêtement de protection approprié. éliminer ce produit et son récipient dans un centre de collecte des déchets dangereux ou spéciaux. 323 . Porter un vêtement de protection approprié et un appareil de protection des yeux/du visage. Conserver uniquement dans le récipient d’origine à température ne dépassant pas… ˚C (à préciser par le fabricant). des gants et un appareil de protection des yeux/du visage. Porter un vêtement de protection et des gants appropriés.

réagissant dangereusement avec l’eau matière liquide très inflammable. pouvant produire spontanément une réaction violente matière liquide inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeurs limites comprises) ou matière liquide inflammable ou matière solide à l’état fondu ayant un point d’éclair supérieur à 61 ˚C. présentant un degré mineur de toxicité.8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 20 22 223 225 23 239 25 26 263 265 268 gaz asphyxiant ou qui ne présente pas de risque subsidiaire gaz liquéfié réfrigéré. asphyxiant gaz liquéfié réfrigéré. valeurs limites comprises). inflammable gaz liquéfié réfrigéré. ou matière liquide auto-échauffante et toxique 30 323 X323 33 333 X333 336 338 X338 339 36 324 . inflammable gaz toxique et comburant (favorise l’incendie) gaz toxique et corrosif matière liquide inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. comburant (favorise l’incendie) gaz inflammable gaz inflammable. chauffée à une température égale ou supérieure à son point d’éclair. pouvant produire spontanément une réaction violente gaz comburant (favorise l’incendie) gaz toxique gaz toxique. ou matière liquide auto-échauffante matière liquide inflammable réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide inflammable réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide très inflammable (point d’éclair inférieur à 23 ˚C) matière liquide pyrophorique matière liquide pyrophorique réagissant dangereusement avec l’eau matière liquide très inflammable et toxique matière liquide très inflammable et corrosive matière liquide très inflammable et corrosive.

valeurs limites comprises). réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière solide. pouvant produire spontanément une réaction violente matière solide inflammable ou matière autoréactive ou matière auto-échauffante matière solide réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière solide inflammable. à une température élevée. ou matière liquide auto-échauffante et corrosive matière liquide inflammable. se trouve à l’état fondu matière solide inflammable ou auto-échauffante. toxique. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables liquide inflammable. 482 X482 50 539 55 556 558 325 . réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz toxiques matière solide inflammable ou auto-échauffante. réagissant avec l’eau en émettant des gaz inflammables matière liquide inflammable. se trouve à l’état fondu matière solide inflammable et toxique qui. toxique et corrosive matière liquide inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables. toxique matière très comburante (favorise l’incendie) et corrosive 382 X382 39 40 423 X423 43 44 446 46 462 X462 48 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. corrosive. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz corrosifs matière comburante (favorise l’incendie) peroxyde organique inflammable matière très comburante (favorise l’incendie) matière très comburante (favorise l’incendie). réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière solide.8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 362 X362 368 38 matière liquide inflammable. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide inflammable. matière solide spontanément inflammable (pyrophorique) matière solide inflammable qui. présentant un degré mineur de corrosivité. corrosive matière solide corrosive. corrosive. toxique matière solide toxique. à une température élevée. toxique. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide inflammable.

pouvant produire spontanément une réaction violente matière toxique et corrosive matière toxique ou présentant un degré mineur de toxicité. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière toxique et comburante (favorise l’incendie) matière très toxique matière très toxique et inflammable (point d’éclair égal ou inférieur à 61 ˚C) matière très toxique solide. corrosive 639 64 642 65 66 663 664 665 668 669 68 69 70 78 326 . pouvant produire spontanément une réaction violente matière radioactive matière radioactive. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière toxique et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. toxique matière comburante (favorise l’incendie). toxique. pouvant produire spontanément une réaction violente matière toxique solide. valeurs limites comprises) et corrosive matière toxique et inflammable (point d’éclair égal ou inférieur à 61 ˚C). corrosive matière comburante (favorise l’incendie) pouvant produire spontanément une réaction violente matière toxique ou présentant un degré mineur de toxicité matière infectieuse matière toxique liquide. inflammable ou auto-échauffante matière toxique solide.8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 559 56 568 58 59 60 606 623 63 638 matière très comburante (favorise l’incendie) pouvant produire spontanément une réaction violente matière comburante (favorise l’incendie). corrosive matière comburante (favorise l’incendie). inflammable ou auto-échauffante matière très toxique et comburante (favorise l’incendie) matière très toxique et corrosive matière très toxique. valeurs limites comprises) matière toxique et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C.

pouvant produire spontanément une réaction violente matière dangereuse du point de vue de l’environnement. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et comburante (favorise l’incendie) matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et comburante (favorise l’incendie) et toxique matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et toxique matière très corrosive matière très corrosive réagissant dangereusement avec l’eau matière très corrosive et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. matières dangereuses diverses matières dangereuses diverses transportées à chaud X83 839 X839 84 842 85 856 86 88 X88 883 884 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pouvant produire spontanément une réaction violente et réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive solide. inflammable ou auto-échauffante matière très corrosive et comburante (favorise l’incendie) matière très corrosive et toxique matière très corrosive et toxique. inflammable ou auto-échauffante matière corrosive solide. valeurs limites comprises).8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 80 X80 823 83 matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive liquide. pouvant produire spontanément une réaction violente matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeurs limites comprises) matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. 885 886 X886 89 90 99 327 . réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité. valeurs limites comprises) réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeurs limites comprises). valeur limites comprises) matière très corrosive solide.

pour la réglementation actuelle. Niveau de danger Type toxicologique R26 R27 R28 R26/27 R26/28 R26/27/28 R27/28 5 R32 R39 R39/26 R39/27 R39/28 R39/26/27 R39/26/28 R15/29 R23 R24 R25 R23/24 R23/25 R23/24/25 R24/25 R29 R31 R35 R39/23 R39/24 R39/25 R39/23/24 R39/23/25 R39/24/25 R39/23/24/25 R41 R45 R46 R48 R48/23 R48/24 R48/25 R48/23/24 R48/23/25 R48/24/25 R48/23/24/25 R49 R60 R61 R20 R21 R22 R20/21 R20/22 R20/21/22 R21/22 R33 R34 R40 R42 R43 R42/43 3 R48/20 R48/21 R48/22 R48/20/21 R48/20/22 R48/21/22 R48/20/21/22 R62 R63 R64 R65 R67 R68 R68/20 R68/21 R68/22 R68/20/21 R68/20/22 R68/21/22 R68/20/21/22 2 1 R36 R37 R38 R36/37 R36/38 R36/37/38 R37/38 R66 aucune R10 aucune R8 R9 R11 R18 R30 R34 R44 R7 R12 R14 14/15 R15 R15/29 R16 R17 R19 R29 R31 R35 R41 Phrases de risque Type physico-chimique R1 R2 R3 R4 R5 R6 R32 4 328 .8 • Annexes Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Le tableau suivant est la synthèse des niveaux affectés aux phrases de risque de tous types.

ciment. céréales et dérivés. huiles d’usinage et de coupe Fer. décapage au jet. fibres céramiques. plomb métallique. goudrons et brais. essence (carburant) Fumées de soudure inox. fumées de combustion de bois traités. fumées de soudure de métaux ou plastiques. déchets de peintures au plomb. poussières de meules. huiles de décoffrage Pas de danger connu Nature de l’agent chimique 3 2 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. talc. 329 .8 • Annexes Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Pour les agents chimiques générés par l’activité et non étiquetables. matériaux de construction. amiante et matériaux en contenant. sables. mercure. matières végétales ou animales. matériaux composites. fumées de fonderie. fibres végétales. il y a lieu d’utiliser le tableau suivant : Niveau de danger 5 4 Bois et dérivés. gaz de combustion. fumées de vulcanisation. graphite. fibres de verre.

1 Division 1.1) Explosives (chapitre 2.6) 1 Liquides inflammables (chapitre 2.2) Catégorie de danger Explosif instable Division 1.3 Division 1.5 1 2 Aérosols inflammables (chapitre 2.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Annexe 5 – SGH – Classification Tableau A 3. d’effet de souffle ou de projection Danger d’incendie ou de projection Danger d’explosion en masse en cas d’incendie Gaz extrêmement inflammable Gaz inflammable Aérosol extrêmement inflammable Aérosol inflammable Liquide et vapeurs extrêmement inflammables Liquide et vapeurs très inflammables Liquide et vapeurs inflammables Liquide combustible Matière solide inflammable Classe de danger (chapitre du SGH) Matières et objets explosibles (chapitre 2.3) 1 Aérosols inflammables (chapitre 2.6) 3 Liquides inflammables (chapitre 2.4 Division 1.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2. danger d’incendie.2 H200 H201 H202 H203 H204 H205 H220 H221 H222 H223 H224 H225 H226 H227 H228 Division 1. danger d’explosion en masse Explosif .15) 1.6) 2 Liquides inflammables (chapitre 2.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2.8) et peroxydes organiques (chapitre 2.15) Matières autoréactives (chapitre 2. 2 H240 Risque d’explosion en cas d’échauffement Type A H241 Risque d’incendie ou d’explosion en cas d’échauffement Type B 330 .1.1) Gaz inflammables (chapitre 2.2) Gaz inflammables (chapitre 2.1 – Codes des mentions de danger pour les dangers physiques Code Mentions de danger pour les dangers physiques Explosif instable Explosif .1) Matières et objets explosibles (chapitre 2.6) 4 Matières solides inflammables (chapitre 2. danger sérieux de projection Explosif .8) et peroxydes organiques (chapitre 2.7) Matières autoréactives (chapitre 2.3) 2 Liquides inflammables (chapitre 2.

10) Matières auto-échauffantes (chapitre 2. 3 H280 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dégagent des gaz inflammables (chapitre 2. peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques Peut être corrosif pour les métaux Gaz dissous H281 H290 Gaz liquide réfrigéré 1 331 .12) Matières qui. dégagent des gaz inflammables (chapitre 2. F H242 Matières autoréactives (chapitre Risque d’incendie en cas d’échauffement 2. au contact de l’eau. D.11) Matières qui. comburant 2.5) Matières corrosives pour les métaux (chapitre 2.13) Matières solides comburantes (chapitre 2.5) Gaz comprimé Gaz liquéfié Gaz sous pression (chapitre 2.8) et peroxydes organiques (chapitre 2. peut exploser sous l’effet de la chaleur Contient un gaz réfrigéré .8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Code Mentions de danger pour les dangers physiques Classe de danger (chapitre du SGH) Catégorie de danger Types C.15) Liquides pyrophoriques (chapitre 2. Contient un gaz sous pression . peut s’enflammer Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables qui peuvent s’enflammer spontanément Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables Peut provoquer ou aggraver un incendie . 3 H270 1 H271 Liquides comburants (chapitre 2. comburant puissant 1 2 H260 1 H261 2.12) Gaz comburants (chapitre 2.9) Matières solides pyrophoriques (chapitre 2. peut s’enflammer Matière auto-échauffante en grandes quantités .14) Gaz sous pression (chapitre 2. au contact de l’eau. E.14) Liquides comburants (chapitre 2. comburant Peut provoquer un incendie ou une explosion .11) Matières auto-échauffantes (chapitre 2.13) 1 Matières solides comburantes (chapitre 2.4) H250 S’enflamme spontanément au contact de l’air 1 H251 H252 Matière auto-échauffante .16) H272 Peut aggraver un incendie .

2 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.4) Lésions oculaires graves/irritation oculaire (chapitre 3.1) 3 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3.1) 5 Danger par aspiration (chapitre 3. 1C H315 2 H316 Provoque une légère irritation cutanée 3 H317 Peut provoquer une allergie cutanée 1 H318 Provoque des lésions oculaires graves 1 H319 Provoque une sévère irritation des yeux 2A H320 Provoque une irritation des yeux 2B H330 Mortel par inhalation 1.2 – Codes des mentions de danger pour les dangers pour la santé Mentions de danger pour les dangers pour la santé Mortel en cas d’ingestion Toxique en cas d’ingestion Nocif en cas d’ingestion Peut être nocif en cas d’ingestion Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Peut être nocif en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Mortel par contact cutané Toxique par contact cutané Nocif par contact cutané Peut être nocif par contact cutané Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque une irritation cutanée Classe de danger (chapitre du SGH) Catégorie de danger Code H300 H301 H302 H303 H304 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3.1) 5 Corrosion cutanée/irritation cutanée (chapitre 3.3) Lésions oculaires graves/irritation oculaire (chapitre 3.1) 4 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.10) 1 Danger par aspiration (chapitre 3.3) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.1) 3 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.2) Corrosion cutanée/irritation cutanée (chapitre 3.10) H305 H310 H311 H312 H313 H314 2 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.2) Corrosion cutanée/irritation cutanée (chapitre 3.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Tableau A 3. 1B. 2 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3.1) 1.1.1) 4 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3. 2 332 .3) Lésions oculaires graves/irritation oculaire (chapitre 3.2) Sensibilisation cutanée (chapitre 3.1) 1A.1) 1.

8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Code Mentions de danger pour les dangers pour la santé Toxique par inhalation Classe de danger (chapitre du SGH) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.8) H336 Peut provoquer somnolence et des vertiges Peut induire des anomalies génétiques (indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) H340 Mutagénicité pour les cellules germinales (chapitre 3.6) formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Peut nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (indiquer Toxicité pour la reproduction la voie d’exposition s’il est formellement (chapitre 3.7) prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) 2 H350 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1B H341 Susceptible d’induire des anomalies génétiques (indiquer la voie d’exposition Mutagénicité pour les cellules s’il est formellement prouvé qu’aucune germinales (chapitre 3.1) Catégorie de danger 3 H331 H332 Nocif par inhalation 4 H333 Peut être nocif par inhalation 5 H334 Peut provoquer des symptômes Sensibilisation respiratoire allergiques ou d’asthme ou des difficultés (chapitre 3.5) autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Peut provoquer le cancer (indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé Cancérogénicité (chapitre 3.8) Toxicité pour certains organes cibles – Exposition unique – Effets 3 narcotiques (chapitre 3. 1B H351 2 H360 1A.5) 1A.1) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.6) qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Susceptible de provoquer le cancer (indiquer la voie d’exposition s’il est Cancérogénicité (chapitre 3.1) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3. 1B 333 . 1A.4) respiratoires par inhalation 1 H335 Peut irriter les voies respiratoires Toxicité pour certains organes cibles – Exposition unique – Irritation des 3 voies respiratoires (chapitre 3.

s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une Toxicité pour certains organes cibles 2 exposition prolongée (indiquer la voie – Expositions répétées (chapitre 3.7) Catégorie supplémentaire H370 Risque avéré d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Code Mentions de danger pour les dangers pour la santé Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel Classe de danger (chapitre du SGH) Catégorie de danger H361 Toxicité pour la reproduction (chapitre 3. s’ils sont connus) (indiquer la Toxicité pour certains organes cibles 2 voie d’exposition s’il est formellement – Exposition unique (chapitre 3.9) d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Risque présumé d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. s’ils sont connus) (indiquer la Toxicité pour certains organes cibles 1 voie d’exposition s’il est formellement – Exposition unique (chapitre 3.9) d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) H371 H372 H373 334 .8) prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Risque présumé d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés.7) 2 H362 Toxicité pour la reproduction – Effets sur ou via l’allaitement (chapitre 3.8) prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Risque avéré d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une Toxicité pour certains organes cibles 1 exposition prolongée (indiquer la voie – Expositions répétées (chapitre 3.

entraîne des effets néfastes à long terme toxicité chronique (chapitre 4. Dangers pour le milieu aquatique.1) H400 H401 2 H402 Nocif pour les organismes aquatiques Très toxique pour les organismes aquatiques.1) Dangers pour le milieu aquatique. 335 . toxicité chronique (chapitre 4.1) Nocif pour les organismes aquatiques. entraîne des effets néfastes à long terme 3 H410 1 H411 Toxique pour les organismes aquatiques. Dangers pour le milieu aquatique. toxicité aiguë (chapitre 4. entraîne des effets néfastes à long terme toxicité chronique (chapitre 4.1) Dangers pour le milieu aquatique.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Tableau A 3.1) Peut être nocif à long terme pour les organismes aquatiques Dangers pour le milieu aquatique.3 Codes des mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Très toxique pour les organismes aquatiques Toxique pour les organismes aquatiques Catégorie de danger 1 Code Classe de danger (chapitre du SGH) Dangers pour le milieu aquatique.1. toxicité aiguë (chapitre 4.1) Dangers pour le milieu aquatique.1) 2 H412 3 H413 4 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. toxicité aiguë (chapitre 4. toxicité chronique (chapitre 4.

1 3.7 3.1 3.8 • Annexes Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger Annexe 6 – SGH – Classement des mentions de danger selon le niveau de danger Dangers pour la santé Niveau Code danger H333 H303 H313 2 H316 H320 H335 H302 H305 H312 H332 H315 H319 H317 H334 H341 H351 H361 Provoque une légère irritation cutanée Provoque une irritation des yeux Peut irriter les voies respiratoires Nocif en cas d’ingestion Peut être nocif en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Nocif par contact cutané Nocif par inhalation Provoque une irritation cutanée Provoque une sévère irritation des yeux Peut provoquer une allergie cutanée Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation Susceptible d’induire des anomalies génétiques (note) Susceptible de provoquer le cancer (note) Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (note) Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel Peut provoquer somnolence et des vertiges Risque présumé d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. de danger 5 5 5 3 H362 H336 3.4 3.8 H373 3.9 2 336 .3 3.1 3.4 3. 3 Mentions de danger pour la santé Peut être nocif par inhalation Peut être nocif en cas d’ingestion Peut être nocif par contact cutané Chapitre 3.1 3.10 3.1 3.1 Cat.7 3 2B 3 4 2 4 4 2 2A 1 1 2 2 2 Catég.5 3. suppl.2 3.8 3. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) 3.3 3.6 3.2 3.

s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Mortel en cas d’ingestion Mortel par contact cutané Mortel par inhalation Risque avéré d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés. 2 1.5 3. 1B 2 H372 3. 1B.1 3.3 3.1 3. 2 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.6 3.7 3.9 1 H304 H300 5 H310 H330 H370 3. 1C 1 1A.1 3.8 1 1.1 3.8 • Annexes Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger Niveau Code danger H301 H311 H331 H314 H318 4 H340 H350 H360 H371 Mentions de danger pour la santé Toxique en cas d’ingestion Toxique par contact cutané Toxique par inhalation Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque des lésions oculaires graves Peut induire des anomalies génétiques (note) Peut provoquer le cancer (note) Peut nuire à la fertilité ou au fœtus (note) Risque présumé d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés.1 3. 2 1.2 3.1 3.1 3. 1B 1A. s’ils sont connus) (note) Chapitre 3. 337 . 1B 1A. de danger 3 3 3 1A.8 Cat. s’ils sont connus) (note) Risque avéré d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés.

8 • Annexes

Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger

Dangers physiques
Niveau de danger Catégorie de danger 2 3 4 1, 2

Code

Mentions de danger physique Matière auto-échauffante en grandes quantités ; peut s’enflammer Liquide et vapeurs inflammables Liquide combustible Matière solide inflammable Peut aggraver un incendie ; comburant Risque d’incendie en cas d’échauffement Danger d’incendie ou de projection Danger d’explosion en masse en cas d’incendie Matière auto-échauffante ; peut s’enflammer Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables Peut être corrosif pour les métaux Gaz inflammable Aérosol inflammable

Chapitre

H252 H226 H227 2 H228 H272 H242 H204 H205 H251 H261 H290 H221 H223 3 H270

2.11 2.6 2.6 2.7

2.13 ; 2.15 2, 3 2.8 ; 2.17 2.1 2.1 2.11 2.12 2.16 2.2 2.3 Types C, D, E, F Division 1.4 Division 1.5 1 2, 3 1 2 2 1 Gaz comprimé Gaz liquéfié Gaz dissous Gaz liquide réfrigéré 2 Type B Type A Division 1.3

Peut provoquer ou aggraver un incendie ; comburant 2.4

H280

Contient un gaz sous pression ; peut exploser sous l’effet de la chaleur

2.5

H281 H225 H241 H240 4 H203

Contient un gaz réfrigéré ; peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques Liquide et vapeurs très inflammables Risque d’incendie ou d’explosion en cas d’échauffement Risque d’explosion en cas d’échauffement Explosif ; danger d’incendie, d’effet de souffle ou de projection

2.5 2.6 2.8 ; 2.16 2.8 ; 2.15 2.1

338

8 • Annexes

Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger

Niveau de danger

Code

Mentions de danger physique

Chapitre

Catégorie de danger 1 1 1 1

H260 H220 H222 4 H224 H271 H250 H201 5 H202 Hors sujet H200

Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables qui 2.12 peuvent s’enflammer spontanément Gaz extrêmement inflammable Aérosol extrêmement inflammable Liquide et vapeurs extrêmement inflammables Peut provoquer un incendie ou une explosion ; comburant puissant S’enflamme spontanément au contact de l’air Explosif ; danger d’explosion en masse Explosif ; danger sérieux de projection Explosif instable 2.2 2.3 2.6

2.13 ; 2.14 1 2.9 ; 2.10 2.1 2.1 2.1 1 Division 1.1 Division 1.2 Explosif instable

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

339

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction
(Annexe XVII du règlement 1907/2006)
N° 1 2 Désignation Polychloroterphényles (PCT) Chloro-1-éthylène (chlorure de vinyle monomère) Substances ou préparations liquides qui sont considérées comme dangereuses au sens des définitions de la directive 67/548/CEE Phosphate de tri (2,3 dibromopropyle) Benzène Fibres d’amiante Oxyde de triaziridinylphosphine Polybromobiphényle (PBB) Poudre de Panama (Quillaja saponaria) et ses dérivés contenant des saponines Poudre de racine d’Helleborus viridis et d’Helleborus niger Poudre de racine de Veratrum album et de Veratrum nigrum Benzidine et/ou ses dérivés o-nitrobenzaldéhyde Poudre de bois Sulfure d’ammonium 10 Hydrogénosulfure d’ammonium Polysulfure d’ammonium Les esters volatils de l’acide bromacétique : Bromacétate de méthyle 11 Bromacétate d’éthyle Bromacétate de propyle Bromacétate de butyle 96-32-2 105-36-2 35223-80-4 202-499-2 203-290-9 12135-76-1 12124-99-1 9080-17-5 232-989-1 5455-55-1 59536-65-1 126-72-7 71-43-2 75-01-4 Concerne les objets décoratifs, ludiques et les combustibles pour lampes décoratives n˚ CAS n˚ EINECS Remarques

3

4 5 6 7 8

92-87-5

202-199-1

9

552-89-06

340

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

N° 12 13 14 15

Désignation 2-naphtylamine et ses sels Benzidine et ses sels 4-nitrodiphényle

n˚ CAS 9-1-59-8 92-87-5 92-93-3

n˚ EINECS 202-080-4 202-199-1 202-204-7 202-177-1

Remarques

4-aminodiphényle, xénylamine et ses sels 92-67-1 Carbonates de plomb :

16

a) Carbonate anhydre neutre (PbCO3) b) Dihydroxybis (carbonate) de triplomb 2 PbCO3 Pb (OH) 2 Sulfates de plomb

598-63-0 1319-46-6

209-943-4 215-290-6

17

a) PbSO4 (1:1) b) Pbx SO4

7446-14-2 15739-80-7

231-198-9 239-831-0

18 19 20

Composés du mercure Composés de l’arsenic Composés organostanniques Di-µ-oxo-dinbutylstanniohydroxyborane ; hydrogénoborate de dibutylétain C8H19BO3Sn (DBB) Pentachlorophénol et ses sels et esters Cadmium et ses composés Monométhyltétrachlorodiphénylméthane Nom commercial : Ugilec 141 Mono-méthyldichlorodiphénylméthane Nom commercial : Ugilec 121, Ugilec 21 Mono-méthyldibromodiphénylméthane bromobenzylbromotoluène, mélange d’isomères Nom commercial : DBBT Nickel et ses composés

21

75113-37-0

401-040-5 (ELINCS)

22 23

87-86-5 7440-43-9

201-778-6 231-152-8

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

24

76253-60-6

25

inconnu

26

99688-47-8

27

7440-02-0

231-111-4

341

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

Désignation Substances figurant à l’annexe I de la directive 67/548/CEE classées « cancérogène catégorie 1 ou cancérogène catégorie 2 » et étiquetées au moins « Toxique (T) », avec la phrase de risque R45 : « Peut provoquer le cancer » ou la phrase de risque R49 : « Peut provoquer le cancer par inhalation », et reprises comme suit : Les substances cancérogènes de catégorie 1 sont énumérées à l’appendice 1. Les substances cancérogènes de catégorie 2 sont énumérées à l’appendice 2. Substances figurant à l’annexe I de la directive 67/548/CEE classées « mutagène catégorie 1 ou mutagène catégorie 2 » et étiquetées avec la phrase de risque R46 : « Peut provoquer des altérations génétiques héréditaires », et reprises comme suit : Les substances mutagènes de catégorie 1 sont énumérées à l’appendice 3. Les substances mutagènes de catégorie 2 sont énumérées à l’appendice 4. Substances figurant à l’annexe I de la directive 67/548/CEE classées « toxiques pour la reproduction catégorie 1 ou toxiques pour la reproduction catégorie 2 » et étiquetées avec la phrase de risque R60 : « Peut altérer la fertilité » et/ou R61 : « Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant », et reprises comme suit : Les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 1 sont énumérées à l’appendice 5. Les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 2 sont énumérées à l’appendice 6. a) Créosote ; huile de lavage

n˚ CAS

n˚ EINECS

Remarques

28

Il s’agit des substances et préparations « CMR ». Elles sont interdites sur le marché grand public. Les emballages doivent porter la mention « réservé aux utilisateurs professionnels ».

29

30

8001-58-9

31 b) Huile de créosote ; huile de lavage 61789-28-4

232-287-5 Ne peuvent être utilisés en tant que substances ou constituants de 263-047-8 préparations pour le traitement du bois. …/…

342

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

Désignation

n˚ CAS

n˚ EINECS

Remarques

c) Distillats de goudron de houille, huiles 84650-04-4 de naphtalène ; huile naphtalénique d) Huile de créosote, fraction acénaphtène ; huile de lavage e) Distillats supérieurs de goudron de houille (charbon) ; huile anthracénique lourde 31 f) Huile anthracénique g) Huiles acides de goudron de houille brutes ; phénols bruts h) Créosote de bois 90640-80-5 65996-85-2 8021-39-4 90640-84-9

65996-91-0

283-484-8 En outre, la mise sur le marché du bois ainsi traité est interdite, sauf 292-605-3 s’il existe une dérogation. L’emballage doit mentionner : 266-026-1 « Réservé aux installations industrielles ou aux utilisateurs 292-602-7 professionnels ». 266-019-3 232-419-1 310-191-5 200-663-8 Ne peuvent être utilisés en concentration 200-262-8 supérieure ou égale à 0,1 % dans les substances 201-166-9 et préparations destinées à la vente au grand public 201-197-8 et/ou aux applications conduisant à une diffusion, telles que le nettoyage des surfaces et 200-925-1 le nettoyage des tissus. 200-864-0 L’emballage doit mentionner : « Réservé aux installations 200-756-3 industrielles ».

i) Résidus d’extraction alcalins (charbon), 122384-78goudron de houille à basse température 5 32 33 34 35 36 37 38 39 Chloroforme Tétrachlorure de carbone tétrachlorométhane 1,1,2-trichloroéthane 1,1,2,2-tétrachloroéthane 1,1,1,2-tétrachloroéthane Pentachloroéthane 1,1-dichloroéthylène 1,1,1-trichloroéthane, méthylchloroforme Substances conformes aux critères d’inflammabilité définis dans la directive 67/548/CEE et classées comme inflammables, facilement inflammables ou extrêmement inflammables, qu’elles figurent ou non à l’annexe 1 de ladite directive Hexachloroéthane Alcanes en C10-C13, chloro (paraffines chlorées à chaîne courte SCCP) Colorants azoïques Diphényléther, dérivé pentabromé C12H5Br5O 67-72-1 67-66-3 56-23-5 79-00-5 79-34-5 630-20-6 76-01-7 75-35-4 71-55-6

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

40

41 42 43 44

200-6664 287-476-5

343

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

N° 45 46

Désignation Diphényléther, dérivé octabromé C12H2Br8O a) Nonylphénol C6H4 (OH) C9H19 b) Éthoxylate de nonylphénol (C2H4O) nC15H24O

n˚ CAS

n˚ EINECS

Remarques

47 48 49

Ciment Toluène Trichlorobenzène Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) 1.Benzo (a) pyrène (BaP) 2.Benzo(e) pyrène (BeP) 3.Benzo (a) anthracène (BaA) 50-32-8 192-97-2 56-55-3 218-01-9 205-99-2 205-82-3 207-08-9 53-70-3 108-88-3 120-82-1

Limite en chrome VI

50

4.Chrysène (CHR) 5.Benzo (b) fluoranthène (BbFA) 6.Benzo (j) fluoranthène (BjFA) 7.Benzo (k) fluoranthène (BkFA) 8.Dibenzo (a, h) anthracène (DBAhA) Les phtalates suivants (ou les autres numéros CAS et EINECS couvrant la substance) :

51

di (2-éthylhexyl) phtalate (DEHP) dibutyl phtalate (DBP) butyl benzyl phtalate (BBP) Les phtalates suivants (ou les autres numéros CAS et EINECS couvrant la substance) : di- « isononyl » phtalate (DINP)

117-81-7 84-74-2 85-68-7

204-211-0 201-557-4 201-622-7

52 di- « isodecyl » phtalate (DIDP) di-n-octyl phtalate (DNOP)

28553-12-0 et 6851548-0 26761-40-0 et 6851549-1 117-84-0

249-079-5 et 271090-9 247-977-1 et 271091-4 204-214-7

344

1 fibre par centimètre cube sur une heure de travail.Dans les locaux à pollution spécifique. dans la zone de respiration des travailleurs. les concentrations moyennes en poussières totales et alvéolaires de l’atmosphère inhalée par un travailleur. ne doivent pas dépasser respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d’air.8 • Annexes Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Art. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Art. 4222-10 . évaluées sur une période de huit heures.La concentration moyenne en fibres d’amiante dans l’air inhalé par un travailleur ne doit pas dépasser 0. 4412-149 . Art. 4412-104 . les valeurs limites d’exposition professionnelle définies ci-après (tableau pages suivantes).Les concentrations des agents chimiques présents dans l’atmosphère des lieux de travail figurant dans le tableau suivant ne doivent pas dépasser. R. 345 . R. R.

346 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CAS (2) 8 h (3) mg/m3 (5) ppm (6) Fibres par cm3 ppm 100 100 100 100 1 000 Peau (7) 7.6 2.5 Peau (7) 1 10 1 7.3 5 3 20 Peau (7) Peau (7) Peau (7) Peau (7) 270 275 270 270 1 210 70 40 500 2 420 50 540 50 540 50 550 50 540 mg/m3 Fibres par cm3 Court terme (4) OBSERVATIONS VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle DÉNOMINATION Numéro CE (1) Acétate d’isopentyle 204-662-3 123-92-2 Acétate de 2-méthoxy-1-éthyléthyle 203-603-9 108-65-6 Acétate de 1-méthylbutyle 210-946-8 626-38-0 8 • Annexes Acétate de pentyle 211-047-3 628-63-7 Acétone 200-662-2 67-64-1 Acétonitrile 200-835-2 75-05-8 Acide chlorhydrique 231-595-7 7647-01-0 2-aminoéthanol 205-483-3 141-43-5 Ammoniac anhydre 231-635-3 7664-41-7 Acide de sodium 247-852-1 26628-22-8 Benzène 200-753-7 71-43-2 Bois (poussières de) Brome 231-778-1 7726-95-6 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Butanone 201-159-0 78-93-3 Chlore 231-959-5 7782-50-5 .5 7 0.25 1 0. 0.1 3.6 14 0.7 600 .1 200 900 1.5 300 0.

2 442 1 3. 347 .8 122 7.5 fibres par cm3 jusqu’au 30 juin 2009) (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS).Chlorobenzène 10 2. 0.2-dichlorobenzène 202-425-9 95-50-1 8 • Annexes N. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.2 1. moyenne pondérée dans le temps.1 (0. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3).4 20 5 5 30 28. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society).59 100 700 40. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de huit heures.9 15 9. N-diméthylacétamide 204-826-4 127-19-5 Diméthylamine 204-697-4 124-40-3 Diéthylamine 203-716-3 109-89-7 Éthylamine 200-834-7 75-04-7 Éthylbenzène 202-849-4 100-41-4 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Fibres céramiques réfractaires classées cancérogènes. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 ˚C et 101.8 2 10 15 100 Peau (7) 2 36 10 20 306 50 10 81.3 kPa (760 mm de mercure).6 20 Peau (7) Peau (7) 200 20 250 50 1 Peau (7) 2 Peau (7) 203-628-5 108-90-7 23 5 70 15 Chloroforme 200-663-8 67-66-3 Chlorure de vinyle monomère 200-831-0 75-01-4 Cumène 202-704-5 98-82-8 Cyclohexane 203-806-2 110-82-7 Cyclohexanone 203-631-1 108-94-1 1.4 88. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne doit pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.

5 1 668 238 95 72 260 308 50 200 20 Peau (7) Peau (7) 20 – 50 475 400 2 085 1.6 4 Peau (7) 10 100 20 50 375 208 72 616 100 50 20 200 Peau (7) DÉNOMINATION Numéro CE (1) Fluorure d’hydrogène 231-634-8 7664-39-3 n-heptane 205-563-8 142-82-5 Heptane-2-one 203-767-1 110-43-0 8 • Annexes Heptane-3-one 203-388-1 106-35-4 n-hexane 203-777-6 110-54-3 Méthanol 200-659-6 67-56-1 (2-méthoxyméthyléthoxy)propanol 252-104-2 34590-94-8 1-méthoxypropane2-ol 203-539-1 107-98-2 4-méthylpentane-2-one 203-550-1 108-10-1 Morpholine 203-815-1 110-91-8 Oxyde de diéthyle 200-467-2 60-29-7 Pentachlorure de phosphore 233-060-3 10026-13-8 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Pentane 203-692-4 109-66-0 Phénol 203-632-7 108-95-2 .8 2.5 mg/m3 Fibres par cm3 Court terme (4) OBSERVATIONS VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle 188 83 36 308 1 3 000 7.8 1 000 2 15.348 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CAS (2) 8 h (3) mg/m3 (5) ppm (6) Fibres par cm3 ppm 3 500 100 Peau (7) 1.

1 150 192 15. moyenne pondérée dans le temps.1 200-870-3 75-44-5 0.8 1 110 12.1.6 100 100 5 200 3 Silice (poussières alvéolaires de tridymite) Sulfotep 222-995-2 3689-24-5 Peau (7) Peau (7) Peau (7) Peau (7) Tétrahydrofurane 203-726-8 109-99-9 Toluène 203-625-9 108-88-3 1.1 0.1 Limite pondérale définie en plomb métal (Pb) Silice (poussières alvéolaires de quartz).1-trichloroéthane 200-756-3 71-55-6 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Triéthylamine 204-469-4 121-44-8 Peau (7) (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS).05 .Phosgène 0.08 0. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society). 349 .4-trichlorobenzène 204-428-0 120-82-1 1. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de huit heures.1 Phosphine 232-260-8 7803-51-2 Plomb métallique et ses composés 0.2.3 kPa (760 mm de mercure). (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 ˚C et 101. 0.1 100 2 50 50 300 384 37.1 555 4.4 0.2 . 0.02 0. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3).05 8 • Annexes Silice (poussières alvéolaires de cristobalite) 0. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne doit pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.14 0. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.

2. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3).5-triméthylbenzène (mésitylène).4-triméthylbenzène 202-436-9 95-63-6 1. moyenne pondérée dans le temps. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 ˚C et 101. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne doit pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.3-triméthylbenzène 208-394-8 526-73-8 8 • Annexes 1. .2. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society). 203-604-4 108-67-8 m-xylène 203-576-3 108-38-3 o-xylène 202-422-2 95-47-6 p-xylène 203-396-5 106-42-3 Xylène : mélange d’isomères 215-535-7 1330-20-7 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS). (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.350 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CAS (2) 8 h (3) mg/m3 (5) ppm (6) Fibres par cm3 ppm 50 50 50 100 442 442 442 100 100 100 Peau (7) Peau (7) Peau (7) Peau (7) 100 100 100 221 221 221 221 50 50 50 50 442 20 250 20 250 20 250 mg/m3 Fibres par cm3 Court terme (4) VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle OBSERVATIONS DÉNOMINATION Numéro CE (1) 1.3. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de huit heures.3 kPa (760 mm de mercure).

constituant des objectifs de prévention. Voir tableau pages suivantes. R. modifié par les arrêtés du 9 février 2006 et du 26 octobre 2007. 4412-150 .Des valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives.8 • Annexes Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Art. peuvent être fixées par arrêté conjoint des ministres chargés du travail et de l’agriculture. 351 . Arrêté du 30 juin 2004. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

5 105-60-2 10 – – 2 10 – – 62 2.8 30 ppm Peau (7) – – – – – – – 203-933-3 – 233-113-0 231-633-2 200-579-1 205-634-3 201-176-3 231-714-2 205-480-7 203-470-7 – 231-131-3 231-131-3 – 203-905-0 203-961-6 203-313-2 111-76-2 112-34-5 – – 7440-22-4 625-16-1 270 0.2 5 – 10 – 2 0.6 101.(2-butoxyéthoxy) éthanol Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives ?-caprolactame (poudre et vapeur) . tert Argent métallique Argent (composés solubles en Ag) Baryum (composés solubles) 2-butoxyéthanol 2.2 50 – 0.6 53 4.352 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CE (1) mg/m3 (5) ppm (6) 2 50 – 0.7 2 540 100 199.3 mg/m3 Numéro CAS (2) 8 heures (3) Court terme (4) OBSERVATIONS DÉNOMINATION Acétate de2-butoxyéthyle Acétate de 3-pentyle Acide bromhydrique Acide phosphorique 8 • Annexes Acide formique Acide oxalique Acide propionique Acide nitrique Acrylate de n-butyle Alcool allylique Amylacétate.48 141-32-2 11 7697-37-2 – 79-09-4 31 144-62-7 1 64-18-6 9 7664-38-2 1 10035-10-6 – 620-11-1 270 112-07-2 13.5 – – 20 1 10 2 100 – – – 30 15 – Peau (7) – – – – Peau (7) – – 6.01 0.8 67.1 107-18-6 0.5 9.8 540 – – – 147.2 40 – 2 0.

1 78-78-4 3 000 1 000 10 20 10 1 000 – 2. composés de chrome inorganiques (II) et composés de chrome inorganiques (insolubles) (III) Cyanamide 1.16 – – – 475 107 – 124-38-9 9 000 5 000 – 75-34-3 412 100 – – – 40 2 – – – 100 20 – Peau (7) Peau (7) – – 106-46-7 4.58 1 107-21-1 52 20 104 3. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne devrait pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire. 5-méthylhexane-2-one 5-méthylheptane-3-one Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Néopentane (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS). (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de 8 heures. 353 .5 0. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3).58 – – – 2 – – – – Peau (7) – Peau (7) – Peau (7) – – 75-00-3 268 100 – – – 200-871-9 75-45-6 3600 1000 – – – Chloroéthane Chrome métal.Chlorodifluorométhane 200-830-5 – 206-992-3 203-400-5 200-863-5 204-696-9 203-473-3 231-954-8 – 201-142-8 203-906-6 203-737-8 208-793-7 207-343-7 463-82-1 541-85-5 53 3 000 110-12-3 95 111-77-3 50.3 kPa (760 mm de mercure).1-dichloroéthane 8 • Annexes Dioxyde de carbone Éthylène-glycol Fluor Fluorures inorganiques Isopentane 2. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.4-dichlorobenzène 1.(2-méthoxyethoxy) éthanol. moyenne pondérée dans le temps.75 306 50 420-04-2 1 0. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 oC et 101.5 – 7782-41-4 1. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society).

1 7803-51-2 – 98-83-9 123 1314-80-3 1 1314-56-3 1 115-10-6 1920 98-95-3 1 54-11-5 0. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3).354 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CE (1) mg/m3 (5) ppm (6) – 0. . moyenne pondérée dans le temps.28 0.3 – – 0. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 oC et 101. Pipérazine (poudre et vapeur) Pyrèthre (après suppression des lactones sensibilisantes) Résorcinol Séléniure de dihydrogène Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS).07 108-46-3 45 8003-34-7 1 110-85-0 0.2 1000 – – 25 – – – 10 0.02 492 0.5 mg/m3 Numéro CAS (2) 8 heures (3) Court terme (4) OBSERVATIONS DÉNOMINATION Nicotine Nitrobenzène Oxyde de diméthyle Pentaoxyde de disphosphore 8 • Annexes Pentasulfure de disphosphore 2-phénylpropène Phosphine.3 kPa (760 mm de mercure). (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society). (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de 8 heures. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne devrait pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.2 – – – 0.17 – – – – 100 0.05 – – – – – – ppm Peau (7) Peau (7) – – – Peau (7) – – – Peau (7) – 200-193-3 202-716-0 204-065-8 215-236-1 215-242-4 202-705-0 232-260-8 203-808-3 – 203-585-2 231-978-9 7783-07-5 0.

2-tétrabromoéthane .1.1-dichloro-1-fluoroéthane Intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques Affections provoquées par les dérivés nitrés du phénol (dinitrophénols.1. trichloroéthylène .2trifluoroéthane . ioxynil) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les chromates et bichromates alcalins Affections cancéreuses causées par l’acide chromique et les chromates et bichromates alcalins ou alcalinoterreux ainsi que par le chromate de zinc Intoxication professionnelle par le tétrachlorure de carbone Affections professionnelles provoquées par les hydrocarbures aliphatiques halogénés énumérés ci-après : dichlorométhane .1-trichloroéthane .2-dichloro-1. RG 12 RG 13 RG 14 355 .2.1-dichloro-2.8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles (Régime général) Extrait limité aux agents chimiques RG 1 RG 2 RG 3 RG 4 RG 4BIS RG 5 RG 8 RG 9 RG 10 RG 10BIS RG 10TER RG 11 Affections dues au plomb et à ses composés Maladies professionnelles causées par le mercure et ses composés Intoxication professionnelle par le tétrachloréthane Hémopathies provoquées par le benzène et tous les produits en renfermant Affections gastro-intestinales provoquées par le benzène.2-difluoroéthane .2-dichloropropane .2-tétrachloro-1. 1. les chromates et bichromates alcalins. par le pentachlorophénol.1. dinosebe). tétrabromométhane . le toluène.2-trichloro-1. 1.1. triiodométhane .1-trichloro-2.2-trifluoroéthane .1-difluoroéthane .2-trichloroéthane . 1.1. 1. 1.2-trifluoroéthane . pentachloroéthane . 1.1-dichloroéthane .1. 1. 1.2-dichloroéthane . 2-bromopropane .2-dibromoéthane . le chromate de zinc et le sulfate de chrome Affections respiratoires provoquées par l’acide chromique. 1. trichlorofluorométhane . tribromométhane .2-difluoroéthane . 1-bromopropane .2. tétrachloroéthylène .2-tétrachloro2. chloroéthane . 1. 1.1. trichlorométhane . dichloro-acétylène . 1.2.2. dinitroorthocrésols. les xylènes et tous les produits en renfermant Affections professionnelles liées au contact avec le phosphore et le sesquisulfure de phosphore Affections causées par les ciments (aluminosilicates de calcium) Affections provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aromatiques Ulcérations et dermites provoquées par l’acide chromique. 1.1. 1. les pentachlorophénates et par les dérivés halogénés de l’hydroxybenzonitrile (bromoxynil.2.

sulfonés et les produits qui en contiennent à l’état libre Lésions prolifératives de la vessie provoquées par les amines aromatiques et leurs sels et la N-nitroso-dibutylamine et ses sels Affections cutanées ou affections des muqueuses provoquées par les goudrons de houille. d’aryle ou d’alcoylaryle et autres organophosphorés anticholinestérasiques ainsi que par les phosphoramides et carbamates hétérocycliques anticholinestérasiques Affections provoquées par les huiles et graisses d’origine minérale ou de synthèse RG 15BIS RG 15TER RG 16 RG 16BIS RG 20 RG 20BIS RG 20TER RG 21 RG 22 RG 25 RG 26 RG 27 RG 30 RG 30BIS RG 31 RG 32 RG 33 RG 34 RG 36 356 . cristobalite. tridymite). leurs dérivés notamment hydroxylés. nitrosés et sulfonés Affections de mécanisme allergique provoquées par les amines aromatiques. les huiles de houille (comprenant les fractions de distillation dites « phénoliques ». acénaphténiques. halogénés. du graphite ou de la houille Intoxication professionnelle par le bromure de méthyle Intoxication professionnelle par le chlorure de méthyle Affections professionnelles consécutives à l’inhalation de poussières d’amiante Cancer broncho-pulmonaire provoqué par l’inhalation de poussières d’amiante Maladies professionnelles engendrées par les aminoglycosides. notamment par la streptomycine. « anthracéniques » et « chryséniques »). leurs sels. halogénés. la néomycine et leurs sels Affections professionnelles provoquées par le fluor. « naphtaléniques ». les huiles de houille (comprenant les fractions de distillation dites phénoliques. talc). l’acide fluorhydrique et ses sels minéraux Maladies professionnelles dues au béryllium et à ses composés Affections provoquées par les phosphates. les brais de houille et les suies de combustion du charbon Affections cancéreuses provoquées par les goudrons de houille. nitrés. nitrosés.8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles RG 15 Affections provoquées par les amines aromatiques. pyrophosphates et thiophosphates d’alcoyle. des silicates cristallins (kaolin. « acénaphténiques ». les brais de houille et les suies de combustion du charbon Affections professionnelles provoquées par l’arsenic et ses composés minéraux Cancer bronchique primitif provoqué par l’inhalation de poussières ou de vapeurs arsenicales Cancer bronchique primitif provoqué par l’inhalation de poussières ou de vapeurs renfermant des arsénopyrites aurifères Intoxication professionnelle par l’hydrogène arsénié Sulfocarbonisme professionnel Affections consécutives à l’inhalation de poussières minérales renfermant de la silice cristalline (quartz. anthracéniques et chryséniques). naphtaléniques. nitrés. leurs sels et leurs dérivés notamment hydroxylés.

les éthanolamines ou l’isophoronediamine Affections provoquées par la phénylhydrazine Maladies professionnelles provoquées par les résines époxydiques et leurs constituants Affections provoquées par le chlorure de vinyle monomère. contenant des particules de fer ou d’oxyde de fer Affections consécutives au travail au fond dans les mines de fer Affections professionnelles provoquées par les poussières de bois Affections cutanées provoquées par les amines aliphatiques. Durée d’exposition : six mois Intoxications professionnelles par l’hexane Maladies professionnelles provoquées par le cadmium et ses composés Cancer broncho-pulmonaire provoqué par l’inhalation de poussières ou fumées renfermant du cadmium Affections professionnelles provoquées par les isocyanates organiques Affections provoquées par les enzymes Intoxication professionnelle par l’oxyde de carbone Lésions eczématiformes de mécanisme allergique Rhinites et asthmes professionnels Pneumopathies d’hypersensibilité RG 62 RG 63 RG 64 RG 65 RG 66 RG 66BIS 357 .8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles RG 36BIS RG 37 RG 37BIS RG 37TER RG 38 RG 39 RG 43 RG 44 RG 44BIS RG 47 RG 49 RG 49BIS RG 50 RG 51 RG 52 RG 59 RG 61 RG 61BIS © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. suies de combustion des produits pétroliers Affections cutanées professionnelles causées par les oxydes et les sels de nickel Affections respiratoires causées par les oxydes et les sels de nickel Cancers provoqués par les opérations de grillage des mattes de nickel Maladies professionnelles engendrées par la chlorpromazine Maladies professionnelles engendrées par le bioxyde de manganèse Affections provoquées par l’aldéhyde formique et ses polymères Affections consécutives à l’inhalation de poussières minérales ou de fumées. huiles minérales utilisées à haute température dans les opérations d’usinage et de traitement des métaux. alicycliques ou les éthanolamines Affections respiratoires provoquées par les amines aliphatiques. Affections cutanées cancéreuses provoquées par les dérivés suivants du pétrole : extraits aromatiques.

diméthylformamide et diméthylacétamine . glycols. N-méthyl N-nitrosourée . éthers alipathiques et cycliques. dont le tétrahydrofurane . aldéhydes . N-éthyl N-nitrosourée. alcools. Durée d’exposition : six mois Affection provoquée par l’halothane Affections respiratoires consécutives à l’inhalation de poussières textiles végétales Broncho-pneumopathie chronique obstructive du mineur de charbon Lésions chroniques du segment antérieur de l’œil provoquées par l’exposition à des particules en circulation dans les puits de mine de charbon Broncho-pneumopathie chronique obstructive du mineur de fer Affections professionnelles de mécanisme allergique provoquées par les protéines du latex (ou caoutchouc naturel) RG 84 RG 85 RG 89 RG 90 RG 91 RG 93 RG 94 RG 95 358 . pyridine . hydrocarbures halogénés liquides . diméthhylsulfone et diméthylsulfoxyde Affection engendrée par l’un ou l’autre de ces produits : N-méthyl N’nitro N-nitrosoguanidine . acétonitrile et propionitrile . dérivés nitrés des hydrocarbures aliphatiques . éthers de glycol . cétones .8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles RG 67 RG 70 RG 70BIS RG 70TER RG 72 RG 73 RG 74 RG 75 RG 78 RG 81 RG 82 Lésions de la cloison nasale provoquées par les poussières de chlorure de potassium dans les mines de potasse et leurs dépendances Affections professionnelles provoquées par le cobalt et ses composés Affections respiratoires dues aux poussières de carbures métalliques frittés ou fondus contenant du cobalt Affections cancéreuses broncho-pulmonaires primitives causées par l’inhalation de poussières de cobalt associées au carbure de tungstène avant frittage Maladies résultant de l’exposition aux dérivés nitrés des glycols et du glycérol Maladies professionnelles causées par l’antimoine et ses dérivés Affections professionnelles provoquées par le furfural et l’alcool furfurylique Affections professionnelles résultant de l’exposition au sélénium et à ses dérivés minéraux Affections provoquées par le chlorure de sodium dans les mines de sel et leurs dépendances Affections malignes provoquées par le bis (chlorométhyle) éther Affections provoquées par le méthacrylate de méthyle Affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel : hydrocarbures liquides aliphatiques ou cycliques saturés ou insaturés et leurs mélanges . N-éthyl N’nitro N-nitrosoguanidine . esters .

Objets lourds ou encombrants Le dossier d’installation de ventilation Sérigraphie Deuxième transformation du bois Fabrication des accumulateurs au plomb Décapage.1 9.8 • Annexes Annexe 11 – INRS – Liste des guides de ventilation Annexe 11 – INRS – Liste des guides de ventilation (disponibles au 1er mars 2008) Référence ED 695 657 651 665 662 672 972 668 703 839 928 906 6008 6001 750 746 768 752 760 767 820 947 Dernière année d’édition 1989 1989 2001 1989 2003 1987 2005 2007 2004 2000 2004 2003 2007 2006 2001 2007 2004 2007 2003 2003 2002 2005 N° Titre 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9.2 9. dessablage.3 10 11 12 13 14 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dépolissage au jet libre en cabine Réparation des radiateurs automobiles Ateliers de fabrication de prothèses dentaires Emploi des matériaux pulvérulents Usines de dépollution des eaux résiduaires et ouvrages d’assainissement Cabines ventilées pour le travail de la pierre 15 16 17 18 AMT* * Aide-mémoire technique 359 . Principes généraux de ventilation L’assainissement de l’air des locaux de travail Cuves et bains de traitement de surface Mise en œuvre manuelle des polyesters stratifiés Postes de décochage en fonderie Ateliers d’encollage de petits objets (chaussures) Captage et traitement des aérosols de fluides de coupes Opérations de soudage à l’arc Espaces confinés Cabines d’application par pulvérisation de produits liquides Cabines d’application par projection de peintures en poudre Pulvérisation de produits liquides.

par contact immédiat. peuvent entraîner des risques de gravité limitée. prolongé ou répété. peuvent entraîner des risques graves. ou – à l’état solide. peuvent exercer une action destructrice sur ces derniers. peuvent provoquer une réaction inflammatoire. JO du 20 avril 2002) Code H1 Danger Explosif Descriptif Substances et préparations pouvant exploser sous l’effet de la flamme ou qui sont plus sensibles aux chocs ou aux frottements que le dinitrobenzène. Substances et préparations qui. . voire la mort. ou – qui. avec la peau et les muqueuses. au contact de l’eau ou de l’air humide. Substances et préparations qui. au contact d’autres substances. Substances et préparations non corrosives qui. produisent des gaz facilement inflammables en quantités dangereuses.8 • Annexes Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux (Annexe I du décret n˚ 2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification des déchets. ingestion ou pénétration cutanée. qui sont inflammables à l’air à une pression normale. dont le point d’éclair est inférieur à 21 ˚C . Substances et préparations qui. Substances et préparations qui. en contact avec des tissus vivants. ingestion ou pénétration cutanée. par inhalation. ou – à l’état gazeux. Substances et préparations liquides. H2 Comburant H3-A Facilement inflammable H3-B Inflammable H4 Irritant H5 Nocif H6 Toxique H7 H8 Cancérogène Corrosif 360 . Substances et préparations (y compris les substances et préparations très toxiques) qui. dont le point d’éclair est égal ou supérieur à 21 ˚C et inférieur ou égal à 55 ˚C. notamment de substances inflammables. par inhalation. ou – pouvant s’échauffer au point de s’enflammer à l’air à température ambiante sans apport d’énergie . peuvent produire le cancer ou en augmenter la fréquence. ingestion ou pénétration cutanée. présentent une réaction fortement exothermique. aigus ou chroniques. qui peuvent s’enflammer facilement par une brève action d’une source d’inflammation et qui continuent à brûler ou à se consumer après l’éloignement de la source d’inflammation . Substances et préparations : – à l’état liquide (y compris les liquides extrêmement inflammables). par inhalation.

peuvent produire des défauts génétiques héréditaires ou en augmenter la fréquence.8 • Annexes Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux Code Danger Descriptif Matière contenant des micro-organismes viables ou leurs toxines. peuvent produire ou augmenter la fréquence d’effets indésirables non héréditaires dans la progéniture ou porter atteinte aux fonctions ou capacités reproductives. Substances et préparations qui présentent ou peuvent présenter des risques immédiats ou différés pour une ou plusieurs composantes de l’environnement. Substances et préparations qui. par inhalation. potentiel dégagent un gaz toxique ou très toxique. par inhalation. après élimination. qui possède l’une des caractéristiques énumérées ci-avant. de gaz toxique Générateur potentiel de polluant Substances et préparations susceptibles. H13 H14 Écotoxique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 361 . par quelque moyen que ce soit. de l’air ou d’un acide. au contact de l’eau. Substances et préparations qui. dont on sait ou dont on a de bonnes raisons de croire qu’ils causent la maladie chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants. par exemple un produit de lixiviation. ingestion ou pénétration cutanée. de donner naissance. H9 Infectieux H10 Toxique pour la reproduction H11 Mutagène H12 Générateur Substances et préparations qui. à une autre substance. ingestion ou pénétration cutanée.

.

226 EPICEA 109 épuration des COV 286 des poussières 285 estimation de l’exposition 117 du risque 10. 153. 256 massif 92 oculaire 60 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 265 enceintes ventilées 180 enregistrement des données 130. 92. 293 conseils de prudence 31 contact cutané 60. 252. 222 CNAMTS 1. 39. 218 combustion 290 compensation de l’air 188 composantes du risque chimique 14 condensation 289 confinement 174. 63. 262 chromage 270 circulation 251 classes de dangers 23. 133. 15. 140. 60 aiguë 103 massive 75 multiple 146 C cabines ventilées 184 cancérogènes 41 captage des émissions 177 caractérisation des risques 117 catégories de dangers 27 chimie fine 99. 29. 142 chimique 15 étiquetage 16. 91 363 . 166. 294 dose cumulée 65 B bains 270 base de données 304 bilan matière 126 bioaccumulation 65 E écran anti-projection 250 éloignement 171 emballages 237. 118 dommage 3.Agitation et mélange Index INDEX A absorption 288 achats 305 adduction d’air 205 ADR 22 adsorption sur charbon actif 287 anoxie 93 appareil respiratoire autonome 207 arbre des causes 94 des défaillances 152 asphyxie 90. 14. F fabrication pharmaceutique 258 facteur d’exposition 147 de protection 208 faits déclencheurs 73 familles de dangers 54 fermentation 77. 157. 111 code de classification 23 de danger 52 du travail 16. 191 autonomie 204 cotation 142. 25 CMR 37. 273. 154 critères de choix 215 D danger 9 chimique 16 d’un agent chimique 11 décompositions 82 détoxication 291 directive 67/548 7 98/24 7 98/24/CE 225 DNEL 21. 191 exposition 12. 137 atmosphère explosive 153. 136 explosions 83. 15. 115. 70. 277 événement dangereux 13. 32. 63. 259.

286 formation 212. 305 I identification des risques 130 importance du risque 69. 193 gestion des stocks 252 granulométrie 87 groupe d’emballage 24 de danger 34. 146 indice d’exposition 65. 269 prévention intrinsèque 217 principes actifs 258 de précaution 119 généraux de prévention 220 priorités d’action 159 probabilité 104 procédés continus 262 process chimique 100 processus accidentel 13 chronique 12 produits incompatibles 240 protection collective 134 individuelle 202 J jet de liquide 172 L limite inférieure d’explosivité (LIE) 85 M maintenance préventive 201 maîtrise des procédés 260 maladie professionnelle 14 matériel atex 198 matrice de combinaison 154 mention d’avertissement 29 de danger 29 mesures individuelles 215 organisationnelles 214 techniques 214 méthode de l’INRS 110 métrologie 146 modélisation 12 N niveau d’exposition 149 364 . 283 pollution 276 accidentelle 281. 92. 305 d’identification de danger 24 ONU 21. 165. 304 G gants 210 gaz inerte 90. 194. 304 ingestion 133. 306 pictogrammes 18. 137 inhalation 63. 118 filtre 202. 39. 150 de probabilité 104. 133. 24. 44. 13. 101 numéro CAS 20. 151 norme ISO 12100 9 ISO 14121 10. 306 inventaire 305 organe cible 64 outils aspirants 185 O P pathologie 12 PBT 32.Agitation et mélange Index fiche de données de sécurité 20. 33. 118. 144 de gravité 102. 293 chronique 280. 137 intermédiaires de synthèse 254. 283 incendies 83 indicateurs biologiques 64. 295 péremption 252 phasage d’un procédé 126 des tâches 124 phase exposante 169 phrases de risque 17. 145 industrie chimique 253 information 212. 246. 29 piégeage des vapeurs 289 PNEC 21. 55. 89. 284 polymérisation 82 potentiel de risque 307 poudres 256 poussières 62. 107. 115 peinture 268.

273 vêtements de protection 211 VLEP 21. 34 voie digestive 60 respiratoire 60. 266 risque 9 biologique 233 chimique 11 ergonomique 232 mécanique 231 physique 228 symboles de danger 17. 70. 134 source d’ignition 89. 70. 136 réactivité chimique 77 redondance 217 repérage des risques 123 rétention 247. 243 trémie aspirante 182 tunnel 183. 40. 47 transvasement 238. 115 vrac 238. 268. 63 vPvB 32. 253. 273 T température d’auto-inflammation 195 temps de claquage 204 traitement biologique 291 transport des matières dangereuses 22. 275 V ventilation 179. 50. 252 S scénario d’exposition 116 SGH 25. 30 système clos 174.Agitation et mélange Index R REACH 6. 113 réaction dangereuse 78. 246. 254. 151. 108. 365 . 168. 163 de dispersion 132 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 195 sous-oxygénation 90 statistiques 1 stockage d’inflammables 242 des agents chimiques 237 des produits 264 substitution 162. 272 surveillance des atmosphères 190 Z zone dangereuse 62. 32. 14. 277 situation dangereuse 12. 186.

.

cet ouvrage propose également un descriptif des avantages et inconvénients des principaux types de mesures rencontrées dans des secteurs très divers. • La pratique de la prévention des risques : les objectifs.TECHNIQUE ET INGÉNIERIE Série Chimie GESTION INDUSTRIELLE CONCEPTION FROID ET GÉNIE CLIMATIQUE MÉCANIQUE ET MATÉRIAUX Guy Gautret de la Moricière CHIMIE LE RISQUE CHIMIQUE Concepts • Méthodes • Pratiques La mise en place du règlement REACH va intensifier la demande de clarification et de structuration de la gestion du risque chimique. l’identification et l’estimation ainsi que la fixation des priorités d’action. Il présente successivement : • La pratique de l’analyse des risques chimiques : les méthodes de repérage. cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui conduisent le changement vers la maîtrise des risques ainsi qu’à ceux qui l’enseignent dans toutes les instances publiques ou privées. Illustré par de nombreux exemples. Les conseils pour organiser la démarche permettent en outre de répondre sans difficulté aux exigences nouvelles de la réglementation.com . analyse des risques et mesures. ISBN 978-2-10-053565-1 www. • Les applications particulières : stockage. ancien responsable du service R&D à la Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (CRAMIF) et formateur à l’INRS.dunod. repérage des urgences. • L’organisation de la démarche : chronologie. application de la méthode et adaptation au domaine d’activité de l’entreprise. Outil de travail indispensable par son contenu à la fois théorique et pratique. Cet ouvrage rassemble tous les éléments composant une théorie complète et propose des outils méthodologiques permettant la maîtrise du risque chimique dans les types d’activités les plus fréquemment rencontrés. • Des études de cas : description. ENVIRONNEMENT ET SÉCURITÉ EEA AGROALIMENTAIRE GUY GAUTRET DE LA MORICIÈRE est ingénieur-docteur en chimie. etc. recensement des agents chimiques. Ingénieur-conseil. mise en place des moyens. la recherche de mesures possibles. traitements de surface. protection de l’environnement. industrie chimique et pharmaceutique. schémas et tableaux de données.

You're Reading a Free Preview

Télécharger
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->