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Bureau

du coroner

Québec

IDENTITE

SUITE À UN AVIS DU

Prénom à la naissance

MARTIN

Sexe

El

MASCULIN

D

FÉMININ

Prénom de la mère

HÉLÈNE

D

INDETERMINE

RAPPORT D'INVESTIGATION DU CORONER Loi sur la recherche des causes et des circonstances des décès

2011

ANNEE

05

MOIS

08

JOUR

Mu nicipalité de résidence

V

CTORIAVILIE

Nom à

TR/>

Nom de la mère à la naissance

TRAHAN

NUMÉRO DE DOSSIER A-1 77727

a naissance

JHAN-HÉROUX

Province

QUÉBEC

Prénom du père

ROBERT

>814

Date de naissance

1985

ANNÉE

Pays

CANADA

Nom du père

HÉROUX

07

MOIS

21

JOUR

DECES

Lieu du décès

H

DÉTERMINÉ

D

INDÉTERMINÉ

DATE DU DÉCÈS

Nom du lieu

PRÈS

El

DÉTERMINÉE

DU 163 RANG

D

INDÉTERMINÉE

2011

ANNÉE

10

OUEST

05

MOIS

08

JOUR

HEURE DU DÉCÈS

Municipalité du décès

PRINCEVILLE

D

DÉTERMINÉE

D

PRÉSUMÉE

E l

INDÉTERMINÉE

-

HRS

:

-

MIN

CAUSE PROBABLE DU DECES

Polytraumatisme consécutif à une chute d'une hauteur importante.

EXPOSÉ DES CAUSES

Identification

La victime, un homme âgé de 25 ans, a été identifiée par sa conjointe.

Examen externe, autopsie et toxicologie

Le corps de la victime a été transporté à la Morgue de Montréal où, à la demande du coroner soussigné, une autopsie fut pratiquée par Dr André Bourgault, pathologiste judiciaire, rattaché au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale.

L'examen externe

Le pathologiste note la présence de sang dans les deux oreilles. Des érosions sont également visibles au dos et à la nuque.

L'examen interne

II y a évidence de fractures à la base et à la voûte du crâne. Des infiltrations sanguines sont décelées au cuir chevelu, aux sites des fractures. Au cerveau, on peut observer les indices d'une hémorragie sous-arachnoïdienne d'origine traumatique.

Des fractures sont identifiées au massif facial, aux côtes et au bassin. Les deux poumons ont été lacérés par des côtes fracturées.

L'examen du cœur et des artères ne révèle aucune maladie d'origine cardiaque ou coronarienne.

Divers organes sont lacérés : le foie, la rate, les deux reins.

La pathologiste considère que ce polytraumatisme majeur est compatible avec une chute libre d'une hauteur importante, comme le suggèrent les circonstances rapportées.

IDENTIFICATION DU CORONER

Prénom du coroner

PIERRE

Je soussigné, coroner, reconnais que la date indiquée, et les JieuxrcaDses. circonstances- de ma connaissance et ce, suite à mon investigation, en foi

J'Ai SIGNÉ À :

7 (2002-05)

Victoiïaville

Ce

2012

ANNÉE

MOIS

its ci-haut ont été établis au meilleur

Toxicologie

RAPPORT D'INVESTIGATION DU CORONER

(suite)

A-177727

Numéro de l'avis

|

Divers échantillonsde liquides biologiques ont été prélevés et transmis au département de toxicologie du Laboratoire pour analyses. Les résultats se sont avérés négatifs quant à la présence d'alcool, de médicament ou de drogue dans l'organisme de lavictime.

L'enquête

Le 8 mai 2011, vers 14hOO, une demande de secours est adressée au service 911 par un témoin qui dit avoir retrouvé une personne inconsciente à la suite d'un saut en parachute. La victime repose au sol dans un champ à proximité du 163, Rang 10 Ouest, sur le territoire de la Municipalité de Princeville. La Sûreté du Québec, poste de la MRC de l'Érable, dépêche des effectifs.

La scène

La victime est couchée au sol, sur le dos. M. Trahan-Héroux ne porte ni casque, ni équipement de saut en parachute.

Le casque muni d'une visière est retracé un peu plus loin. La sangle de retenue est détachée mais fonctionnelle. L'extracteur du parachute de secours est retrouvé pendu à un arbre, dans un petit boisé et le harnais est au sol. La sangle à la poitrine est en bon état et détachée. Les sangles de cuisses ne présentent pas de défectuosités : elles sont relâchées au maximum. Le parachute principal ne s'est pas déployé. Le parachute de secours, à la voilure orangée, s'est ouvert. C'est vraisemblablement le dispositif de secours qui est entré en fonction et a ouvert ce parachute à environ 700 pieds. Cela se produit lorsque le sauteur n'a pas déclenché lui-même le mécanisme de déploiement. Un technicien de scène de la Sûreté du Québec a constaté que la corde de retenue du dispositif de secours a été coupée.

Les deux parachutes sont à bonne distance de la victime manifestement décédée : M. Trahan-Héroux est conduit à PHôtel-Dieu d'Arthabaska où son décès est constaté médicalement à 15h09.

Témoignages

Le premier témoin rencontré est celui qui a découvert le corps. Il est le propriétaire de l'école de parachutisme de Victoriaville. Lui-même et son associé sont les instructeurs de parachutisme et propriétaires d'avions dont celui dans lequel a pris place la victime pour effectuer ses sauts.

Il explique qu'un groupe de huit adeptes sont montés dans un des avions vers 12h30 en vue d'un saut. La victime était du groupe : pour M. Trahan-Héroux, c'est son deuxième saut de la journée. La seconde envolée se fait avec le même avion que le vol précédent et c'est aussi le même pilote qui est aux commandes, l'associé du témoin.

Le témoin était au sol lorsque les parachutistes se sont élancés de l'avion. Sa perception était que tous semblaient se diriger pour atterrir en direction sud de la bâtisse de l'aéroport. Un seul descendait en direction nord. La voilure orangée de l'équipement de la victime disparaissait derrière les arbres de l'autre côté de la rivière. Les autres parachutistes ayant touché le sol, il fut rapidement constaté que la victime était le parachutiste manquant et le témoin s'est donc dirigé en véhicule vers la voilure orangée. À l'arrivée, il constate qu'il n'y a personne retenue au harnais. La sangle de la poitrine est détachée et les cuissardes sont ouvertes, complètement étirées. Étrangement, il n'y a pas de trace de pas au sol. En examinant de plus près le harnais de la poitrine, il se rend compte que la voilure principale était dans son sac. De l'avis de ce témoin, la voilure d'urgence s'est déployée automatiquement.

Ce dernier déclare bien connaître la victime, du moins sur le plan du parachutisme. Il a été son instructeur et considère que M. Trahan-Héroux excellait. Il était très minutieux,prudent et possédait un équipement de très bonne qualité.

Tous ceux qui ont pris part au dernier saut ont été rencontrés par les policiers. Tous n'ont rien remarqué de particulier dans les agissements de la victime et sont pour la plupart convaincus que rien ne clochait avec l'équipement que portait M. Trahan-Héroux. Il était le dernier à sauter.

Ses proches nous apprennent que la victime ne travaillait pas, ayant reçu une somme importante en héritage. M. Trahan-Héroux se disait joueur professionnel de poker et qu'il gagnait ainsi très bien sa vie. Il était généreux avec ses parents et amis et dépensait beaucoup à faire des sauts en parachute. Il menait un train de vie dispendieux.

Après son décès, la famille a appris qu'en réalité il jouait très peu au poker de sorte qu'il est douteux qu'il ait pu gagner sa vie de cette façon et plus probable qu'il ait vécu de ses avoirs propres. Qui plus est, au moment du décès, le pécule reçu était pratiquement épuisé.

7 (2002-05)

RAPPORT D'INVESTIGATION DU CORONER

A-177727

Numéro de l'avis

(suite)

j

Ni à ses amis, ni aux proches rencontrés n'a-t-il jamais fait mention de suicide ou n'a-t-il tenu devant eux des propos suicidaires. Aucun message dans lequel la victime aurait pu expliquer son geste n'a été retrouvé.

Les divers éléments d'enquête ainsi que le matériel du parachutiste ont été soumis pour expertise auprès de spécialistes de l'armée canadienne. Le rapport établit que l'ensemble des faits permet de conclure que le parachutiste s'est délesté de son équipement, voilure principale et voilure de réserve, durant le saut et que le parachute de secours s'est ouvert alors qu'il n'était plus retenu au corps de la victime.

Commentaire

Les éléments recueillis au cours de cette enquête ne peuvent qu'entériner la thèse du suicide. La victime a quitté l'avion avec son équipement. Il est retrouvé au sol sans équipement et sans casque. Il n'est pas possible, vu l'état de l'équipement que celui-ci se soit détaché accidentellement.

La victime étant restée discrète sur sa vie, personne ne peut avancer le motif à l'origine de son geste. L'un de ses proches parents ne croit pas qu'il faille associer le drame à l'épuisement de ses ressources financières. Néanmoins, la chose ne peut être complètement écartée puisquejusque-là sa situation financière lui avait permis de réaliser ce qu'il aimait : faire des cadeaux à ses proches et pouvoir pratiquer à son gré le saut en parachute, un sport quand même onéreux lorsqu'on s'y adonne pratiquement toutes les semaines, comme le faisait la victime.

En l'absence de d'autres indices, la cause de ce décès est reliée à un suicide.

CONCLUSION

II s'agit d'un décès de nature violente par autodestruction, déterminée quant à l'intention.

7 (2002-05)