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Gobineau, Arthur de (1816-1882). Essai sur l'inégalité des races humaines. 1884. 1/ Les contenus accessibles
Gobineau, Arthur de (1816-1882). Essai sur l'inégalité des races humaines. 1884. 1/ Les contenus accessibles

Gobineau, Arthur de (1816-1882). Essai sur l'inégalité des races humaines. 1884.

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Pt~cM&! d'on ~nmt-pN'm)!, et J'a~e M«t~aph!e de t'mtem.

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CLASSIQLES FRANÇA~ COLLECi'K.IN.t.~JÉfiUP.

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DNIA rBEm~BB~DÏTION (1854).

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A SA MAJESTE

GEORGES

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i l'honneur

d'oiFnF ici à VoTM!MAJESTÉlé

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n de longues médittdMMMet d'études &vonte~, mtmter!'ompues,tot~ours reprises. évén~nen~ coDaLdéraMes,révolutMas,gner- mgiMtes, renversements de ioM, qui, depais d'amné~, ont agi sur les ~a.ts eaMpéens, tent aisément les imagina~MM vers ï'exsa&en

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< atts poU~~aes. Tandis que le vntg&tre n'en

c. dêre qno les <?ésnt~tsimmédiats et n'admire ou t.e réprcnve que rétincelle éleetriqne doat ils ~& .ppent les intérêts, les penaenrsplus gM~ves ener- &découvrir les csasM cachées de si ternMes

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A SAMAJESTE:OEOB&ES V,

ébranlements, et,. descendant la lampe à la main daas les sentiers obscur de la philosophie et de l'histoire, ils vont demander à l'analyse du cœur humain ou à l'examen attentif des annales le mot d'une énigme qui trouble si fort et les existences et les consciences. Comme chacun, j'ai ressenti ce que ~agitation des époques modernes Inspire de soucieuse curio-

sité. Mais. en appliquant à en comprendre les mo- biles toutes les forces de mon intelligence, j'ai vu l'horizon de mes étonncments, déjà si vaste, s'a- grandir encore, (quittant, peu à peu, je l'avoue, l'observation de 1 ère actuelle pour ceUe des pério-

des précédentes, puis du passé tout entier, j'ai réuni ces fragments divers dans un ensemble immense, et, conduit par l'analogie, je me sms <ourné, pres- que malgré moi, vers la divinatiun de l'avenir le plus lointain. Ce n'a plus été seulement les causes directes de nos tourmentes soi-disant réformatrices

qu'il m'a semblé désirable de connaître j'ai

aspiré

plu.

à découvrir les raisons plus hautes de cette identité

des maladies sociales que la connaissance la

imparfaite des chroniques humaines suffit à faire remarquer dans toutes les nations qui furent jamais, qui sont, comme, selon toute vraisemblance, dans ceHes qui seront un jour. Je crus, d'ailleurs, apercevoir, pour de tels tra- vaux des facilités particulières à l'époque présente. Si, par ses agitations, elle pousse à la pratique

BMDu BANOVM.

m

elle en facilite

aussi les labeurs. Le brouillard épais, les ténèbres profondes qui nous cachaient, depuis une date im- mémoMaïo, ks débuts des civilisationsdinerentes Jo ia nôtre, se lèvent et se dissolvent aujourd'hui au soleilde ia science. Une merveilleuse épuration des méthodes analytiques, après avoir, sous les mainss

d'une sorte de chimie

historique,

de Niebuhr, fait apparaître une Honte ignorée de Tita-Livc, nous découvre et nous explique aussi les vérités mèïées aux récits fabuleux de l'enfance hel- ïenïqae. Vers un autre point dit monde, les peu- pkt germains, longtemps méconnus, se montrent Anous aussi grands, aussi majestueux que les écri- vains du Bas-Empire nousles avaient dits barbares. L'~ypte ouvre ses hypogées, traduit ses hiérogiy- phes, confesse l'âge de ses pyramides. L'Assyrie dévoileet ses palais et leurs inscriptions sans fin,

naguère encore évanouies sous leurs

décombres.L'Iran de Zoroastre n'a su rien cacher ~m puissantes investigations de Burnouf, et l'Inde primitive nous raconte, dans les Védas, des faits Msn proches du lendemain de la création. De l'en- semble de ces conquêtes, déjà si importantes en ei~mèmes, résulte encore une compréhension

plusjuste et plus large d'Hérodote, d'Homèreet sur-

tout des

abimed'assertionsdont on n'admire jamais assezla ~chessoet la rectitude lorsqu'on l'aborde avec ua ~sput aumsaïnnient pourvu de lumières.

propres

premiers chapitres du Livre saint, cet

iv

A SA MAJESTÉ BEOBMS V,

Tant de découvertesinattendues ou inespérées ne se placent pas, sans doute, au-dessus des atteintes de toute critique. Elles sont loin de présenter, sans. lacunes, les listes des dynasties, l'enchaînement ré-

gulier des règnes et des faits. Cependant,

de leurs résultats incomplets, il en est d'admira--

au milieu

bles, pour les travaux qui m'occupent, il en est de plus fructueux que ne sauraient l'être les tables

chronologiques les mieux suivies. Ce que j'y re- cueille avec joie, c'est la révélation des usages, des

mœurs, jusqu'aux portraits, jusqu'aux costumesdes nations disparues. On connalt désormais l'état de

leurs arts. On aperçoit toute leur vie,

morale, publique et privée, et il nous €st devenu possible de reconstruire, au moyen des matériauy

physique

et

les

races et le principal criterium de leur valeur.

plus.authentiques, ce qui fait la personnalité des

Devant un tel amoncellementde richessestoutes

neuves ou tout nouvellement comprises, pertionne

n'est plus autorisé à

les motifsdes élévations

pliqué des rapports sociaux,

et des décadencesnationales avec l'unique secours des considérationsabstraites et purement hypothé- tiques qu'une philosophie sceptique peut fournir. Puisque les faits positifs abondent désormais, qu'ils surgissent de partout, se relèvent de tous les ~pnl- cres, et se dressent sous la main de qui veut 1 '<¡. terroger, il n'est plus loisible d'aller, avec les rioiens révolutionnaires, amasser des nuages

prétendre expliquer le jeu com-

ROI M HANOVNB.

v

c~ f QMr des hommes fantastiques et se donner le

pt

tr de faire mouvoirartificiellementdes cMmè-

Rtô, trop notoire, trop pressante, inte~'d~do

r~ dttM desmiUeuxpon~quesqui leur ressemblent.

u.

h.

i<'ax, souvent impies, toujours néfastes. Pour

-{or sainement des caractères de

l'humanité, le

~buoal de l'histoire est devenu le seul compétent.

Cc~J tueurs, j'en conviens, un arbitre sévère, un ~oC bien redoutable à évoquer à des époques -m~i tristes que celle-ci.

~u pas que le passé soit lui-même immaculé, il c<~lent tout, et, à ce titre, on en obtient l'aveu de .t u des f&nteset l'on y découvre plus d'une hon- t€QS<défaillance. Les hommes d'aujourdTim se-

trophée

dj quelques mérites qui lui manquent. Mais, si,

rMert môme en droit de faire, devant lui,

pouL'repousser

cuitt: du

leurs accusations, il vient soudain

a c\ cquer les ombres grandiose*! des périodes hé- ro~es, que diront-ils? S'il leur reproché d'avoir

eouipcomis la foi religieuse, la ndéliié politique, le

devoir, que répondre? S'il leur af&rme

qu'ils ne sont plus aptes qu'à poursuivre le déM- chôment de connaissancesdont les principes ont été

reconnus et exposéspar lui; s'il ajoute que Fanit- q~e vertu est devenue un objet de risée quel'éner'

;~e passé de l'homme à la vapeur; que la

vivent

s<~ éteinte, que ses grands interprètes ne

phts: que

<m\t msidérationsles plus mesquines;qu'alléguer?

poésie

ce qu'on nomme des intérêts se ravale

JL.

A SAMAJESTMGEOMESV,

Men, sinon que toutes les belles choses, tombées

dans le silence, ne sont pas mortes et qu'elles dor- ment; que. tous les âges ont vu des périodes de

où la souNrancelutte avec la

tMiBsUion,époques

vie et d'en ce3e-ci se détache, à la fin, victorieuse

et resplendissante, et que, puisque

vieilliefut remplacée~adispar

goureuse, la Crèce décrépite

dominationabâtardie d Àugustulepar le& royaumes des nobles princes teutoniques, de même les races modernes obtiendront leur rajeunissement. C'est là ce que j'ai moi-même espéré un instant, an bien court instant, et j'aurais voulu répondre immédiatement a l'Histoire pour confondre ses ac-

cusations et ses sombres pronostics, si je n'avais été

la Chaldée trop

la

Perse jeune et vi-

par Rome vicH&et

de cette considération accablante, que je

frappé

me hâtais trop d'avancer une proposition dénuée

de preuves. Je voulus en chercher, et ainsi j'étais Mmenésans cesse, par ma sympathie pour les ma-

a~esiations de l'humanité vivante, à

davantage les secrets de l'humanité morte. C'est alors que, d'inductionsen inductions, j'ai

approfondir

dA MM pénétrer de cette évidence, que la question ethnique domine tous les autres problèmes de l'his-

toi!~ en tient la clef, et que l'inégalité des races dant le concours forme une nation, suffit à explî 1 (~aer tout l'enchaînementdes destinéesdes pe~es.

8/a'ast personne, d'ailleurs; qui

n'ait été

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de quelque pressentiment d'une vérité si

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A SAMAJMT&6EO&OES V,

L'exposition de cette synthèse se trouve dans ce

déposer l'hommage au pied du

livre, dont je

viens

trône de VoTMM~œsTË.Il

ne m'appartenait pas,

et je n'y ai pas songé, de quitter les régions élevées

et pures

de

Ia~discussion scientifiquepour descendre

terrain de la polémique contemporaine. Je

n'ai cherché à éclaircir ni l'avenir de demain, ni

ee~Timême des années qui vont suivre. Les pé-

riodes que je trace

avec les premiers peuples qui furent jadis, pour chercher jusqu'à ceux qui ne sont pas encore. Je ne calcule que par séries de siècles. Je fais, en un mot, de la géologie morale. Je parle rarement de

sont amples et larges. Je débute

sur le

l'homme, plus rarement encore du citoyen ou

= sujet, souvent, toujours des différentes fractions

ethniques, car il ne s'agit pour moi, sur les cimes ou j<* me suis placé, ni des nationalités fortuites, ni même de l'existencedes États, mais des races, des sociétéset des civilisationsdiverses. En osant tracer ici ces considérations,je me sens

du

enhardi, SiM, par

la

protectionque l'esprit vasteet

historique. Je ne

élevéde VoTMMAJESTÉaccorde aux effortsde l'intel-

B~ence et par l'intérêt plus particulier dont Elle

honore les travaux de l'érudition

précieux

enseignementsqu'il m'a été donné de recueillir de

abouche de

saurais perdra jamais le souvenir des

VoTM MAJESTÉ, et j'oserai ajouter que

ne sais qu'admirer davantage dès connaissances .m brillantes, si solides, dont le Souverain da H~-

ROI M HAttOVM.

h

movre possède les moissonsles plus vaNees, oa du gënémwx MntNmentet des nobles &m~ons qui les fécondentet assurent &aes peuples un règne si prospère. Plein d'une Teconmaissanoemaltemhie pour les bontésdeVoTMMAjBSTË,jeLapriede daigner accueHur

L'e~re~on du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,

Stm,

De VomE MAMSTË,

te très humble et très obéi~ant serviteur,

t

A.MUOBÏNBAU.

ESSAI SUR L'INË6ÂLY'PÊ

RACES

DES

HUMAINES.

DEUXI&MBÉDITION.

·

AVANT-PROPOS.

Ce livra a été publié pour la premiLre fois en i893 (tome 1 et tome 1I); les deux derniers volumes (tome H! et tome IV) sont de i8S6. L'édition actuelle n'y a pas

changé une ligne, non pas que, dans l'intorvaHe, des travaux considérablesn'aient détermine bien des pM- grès de détail. Maisaucune des vérités que j'ai omises n'a été ébranlée, et j'ai trouvé nécessaire de maintenir la vérité telle que je l'ai trouvée. Jadis, on n'avait sur les Races humaines que des doutes très timides. On sentait vaguementqu'il fallaitfouillerde ce côte ai !'o& voulaitmettre a découvertla base encore inaperçue de l'histoire et on preMentait que dans cet ordre de no-

tiom ~~tdé~ssie~Mt~

ces mystères aiebMam~

devaient se rencontrer à de certaines profondeurs les

AVANT-MM~OS.

vastessubstructionssut lesquelles se sontgradueliMMnt élevée"les assises, puis tas murs, bref tous les déve- loppûtaents sociauxdes multitudes si variéesdont l'en- semble compose la marqueterie de nos peuples. Mais on ne voyait pas la marche à suivre pour rien conclure. Depuis la seconde moitié du dernier.giccle, on rai- sonnait sur les songes générales et on prétendait. pourtant, ramener tous ces phénomènes dont Us pré- scnttfit les séries, à des lois fixes. Cette nouvellema-

nière de tout classer,'de tout expliquer, de louer, de condamner, au inoy~) de formulesabstraites dont on s'etfMçaitde déuitontrpriâ rigueur, conduisaitnaturelle- ment à soupçonner, so~ l'éclosion des faits, une force dont on n'avait encore jamais reconnu la nature. La prospérité ou !'iafor<.uned'une nation, sa grandeur et sa décadence, on s'était longtemps contenté de les faire résulter des vertus et des vices éclatant sur le point spécialqu'on examinait.Un peuple honnêtedevait être nécessairement.un peuple illustre, et, au rebours, une société qui pratiquait trop librement le recrutement

actif des

consciencesrelâchées, amenait sans merci la

ruine de

Suse, d'Athènes, de Rome, tout comme une

situât ion analogue avait attiré le châtiment ûnal sur les

cités décriées de la Mer Morte.

En faisant tourner de pareilles clefs, on avait cm ouvrir tous les mystères; mais, en réalité, tout res"

tait clos. Les vertus utiles

aux'grandes agglomérations

doivent avoir un caractère bien particulier d'égoïsme collectif qui np les rend pas pareilles à ce qu'on appelle M~ chezles particuliers. Le bandit spartiate, l'usurier romain ont été des personnages publics d'une rare ef- ~cacité~ bien qn& en juger au point de vue moral, et

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1

AVAMMpàoPOS.

XNJ

Lysandre et Caton fussent d'assez méchantes gens; il fallut.en convenir après rénexion et, en conséquence, si on s'avisait de louer la vertu chez un peuple et de dénonceravec indignation le vice chez un autre, on se vit obligé de reconnattre et d'avouer tout haut qu'il ne là de mérites et de démérites intéressant

s'agissaitpas la consciencechrétienne, mais bien de certaines apti- tudes, de certaines puissances activesde Famé et même du corps, déterminantou paralysant le développement de la vie dans les nations, ce qui conduisità se deman- der pourquoi l'une de celles-ci pouvait ce que l'autre ne pouvaitpas, et ainsi on se trouvainduit à avouer que c'était un fait résultant de la race. Pendant quelquetemps on se contenta de cette dé- claration-à laquelle on ne savait comment donner !a précision nécessaire. C était un mot creux, c'était une phrase.etaucuneépoquenes'est jamais payée dephrases et n'en a eu le goût comme celle d'à présent. Unesorte d'obscurité translucide qui émane ordinairement des r~ots inexpliqués était projetée ici par les études phy-

siologiques et suffisait,ou, du moins, on voulut quelque temps encore s'en contenter. D'ailleurs, on avait un

de ce qui allait suivre. On sentait que si la

d'un peuple dérive de son originel

tout ce

qu'on

peu peur

valeur intrinsèque

il fàNait restreindre, peut-être supprimer

appelleÉgalité et, en outre, un peuple grand ou misé- râblé ne serait donc ni à louer, ni à blâmer. Il en se-

rait comme de là valeur relative de l'or et du cuivre. Onreculait devant de tels aveux. Fallait-il admettre, en ces jours de passion enfantine pour l'égatité, qu'une hiérarchie si peu démocratique <XMtM panai lesnb d'Adam?combien dsdogmes.auss~

xiv AVAST-MOPOS.

bien philosophiquesque religieux, se .léclaraient prêts à réclamer! Tandis qu'on Msitait, on marchait pourtant; les dé- couvertes s'aecunmiaientet leurs voix se haussaient et exigeaient qu'on parlât Ktisoo.La géographie racon- tait ce qui s'étalait a so vue; les collections regorgeaient de nouveaux types humains. L'histoire antique mieux étudiée, les secrets asiatiquesplus fb vêles, les traditions américainus d(vécues accessibles comme elle? ne l'é- taient pas auparavant, tout proclamait1 importancede la race. Il fallait se décidera entrer dans la question telle qu en<! est. Sur ces entrefaites, se présenta un physiologiste, M. Pritchard, historien médiocre,théologienplus mé- diocre encore, qui voulant surtout prouver que toutes les races se valaient, soutint qu'on avait tort d'a~ou'peur

et se donna peur à lui-méme. Il se

savoir et de dire la vérité des choses, mais <1~rassurer la philanthropie. Dans cette intention, il courut les uns aux autres un certain nombre de faits isolé; observés plus ou moins bien et qui ne demandaient pas mieux que de prouver l'aptitude innée du nègre de Mozam- bique, et du Malaisdes îles Mariannecà devenir de fort grands personnagespour peu que l'occasion s'en presént&t. M. Pritchard fut néanmoins grandement à estimer par cela seul qu'il toucha réellement,à la diM- culte. Ce fut, il est vrai, par le petit côté, mais ce fut pourtant et on ne saurait trop lui en savoir gré. J'écrivis alors le livre dont je présente ici la seconde

édition. Depuisqu'ilaparu, des discussionsnombreuses ont eu lieu à. son sujet. Les principes en ont été moins combattus que les applications et surtout que les ccR-

proposa non pas de

AYANT-MOMS.

XV

'ons. Les partisans du progrès illimité ne M ont nasétéiavoraMes.Le savant Ewald émettait ravis que :'étaitune inspiration des catholiquesextrêmes l'école ïositiviste t'a déclaré dangereux. Cependant des écri- vains qui ne sont ni catholiques ni positivistes, mais !;ui possèdentaujourd'hui une grande réputation, en ont fait entrer incognito, sans l'avouer, les principes et même des parties entières dans leurs œuvres et, en somme,FaHmereyer n'a pas eu tort de dire qu'on s'en

servait plus souventet plus largementqu'on n'était dis- à en convenir.

posé Une des idées mattresses de cet ouvrage, c'est la grande inftuencedes mélangesethniques, autrement dit

des mariages entre les races diverses.Cefut la première

rois qu'onposa

sortirles résultats au point de vue social, on présenta cetaxiome que tant valait le mélangeobtenu, tant va- lait lavariétéhumaine produit de ce mélange et que les progrès et les reculs des sociétés ne sont autre chose que les effets de ce rapprochement. De la fut tirée la théoriede la sélectiondevenuesi célèbre entre les mains le Darwinet plus encore de ses élèves. Il en est ré-

cette observationet qu'en en faisant res-

Muté, entre autres, le système de Buckle, et par l'écart considérable que les opinions de ce philosopheprésen- tentavec les miennes, on peut mesurer l'éloignement fehtif des routes que savent se frayer deux pensées bosttles parties d'un point commun. Buckle a été im- ~rrompu dans son travail par la mort, mais la saveur Démocratique de ses sentiments lui a assuré, dans ces temps-ci,un succès que la rigueur de ses déductions

?

¡

justifie pas plus que la solidité de

ses connaissances.

DMwinet Budde ~nt créé ainsi les dérivations

xvj

ATA~tT-MOMS.

principales du ruisseau que j'ai ouvert. Beaucoupd'au tres ont simplement donné comme des vérités trouva s

par eux-mêmesce quil ? copiaient chez moi en y mêlant tant bien que mal les idées aujourd'hui de mode.

Je laisse donc mon

livre tel que je t'ai fait et je n'y

au temps

changci

ceUes d'aujourd'hui, qui

changerai absolumentrien. C'est l'exposé d'un système, c'est l'expression d'une vérité qui m est aussi claire et `:

aussi indubitable aujourd'huiqu'elle me Fêtait

où je l'ai professée pour la première fois. Les progrps

des connaissances historiques ne m'ont fait

d'opinion en aucune sorte ni dans aucunemesure. Mp!:

convictions d'autrefois sont

n'ont incliné ni à droite ni à gauche, mais qui sont res- iées teik qu'elles avaientpoussé dès le premier moment § je les ai connues. Les acquisitions survenuesdans domaine des faits ne leur nuisent pas. Les détails se sont multiplia, j'en suis aise. Ils n'ont rien altéré de~ constatations acquises. Je suis satisfait que les témoi-

gnages fournis par l'expérience aient encore plus d< montré la réalité de l'inégalité des Races. J'avoue que j'aurais pu être tenté de joindre ma

prutestation à tant d'autres qui s'élcventcontre le

dar-

winisme. Heurpu«cment,je n'ai pu oublier qu3 mon livre n'est pas une œuvre de polénnque. Son but est de professer une vérité et non de faire la guerre aux erreurs. Je dois donc résister à une tentation belliqueuse. C'est

pourquoije me garderaiégalement de disputer contre ce prétendu approfondissement de l'érudition qui, sous le

nomd'études préhistoriques, ne laisse pas que d~v-~f fait dans le monde un bruit assez sonore.Se dispenser g de connaître et surtout d txaminer les documents s S plus anciens de tous las peuples, c'est commefoc régit, g

g

AVANt-MOMS.

XV~

genre de travaux. C'est libre de tous renseigne-

ments on déclare ainsi la table rase, et l'on se trouve

patMtement

les

une manière de se supposer

toujours facile, de ce prétende

autorisé à l'encombrer à son choixde tel-

hypo&èsesqui peuvent convenir et que l'on peut

mettre où l'on suppose le vide. Alors, on dispose tout à

son gré et, au moyen d'une phraséologie spéciale, en

supputant les temps, par âges de pierre, de bronze, de

en substituantÏe

fer,

tions de. chronologiequi ne seraient pas assez surpre- nantes, on parvient à se mettre l'esprit dans un état de surexcitation aiguë, qui permet de tout imaginer et de tout trouver admissible. Alors au milieu des incohé- rencesles plus fantasques, on ouvre tout à coup, dans tous les coins du globe terrestre, des trous, des caves, des cavernes de l'aspect le plus sauvage, et on en fait sortir des amoncellements épouvantables de crânes et de tibias fossiles, de détritus comestibles, d'écaillés d'huttres et d'ossementsde tous les animaux possibles

vaguegéologique à des approxima-

et impossibles,taillés, gNvés, éraNés,polis et non polis, de haches, de têtes de nèches, d'outils sans noms; et le tout a'écroulantsur les imaginationstroublées, aux fanfaresretentissantes d'une pédanterie sans pareille, les ahurit d'une manière si irrésistible que lés adeptes peuventsansscrupule,avec sir JohnLubbocketM.Evans, hérosde ces rudes labeurs, assigner à toutes ces belles chosesune antiquité, tantôt de cent mille années, tan- tôt une autre de cinq cent mille, et ce sont des diffé-

rencesd'avis

dont on ne s'explique pas le moins du

mondele motif.

11faut savoir respecter les congrèspréhistoriques et

pareils

lears amusements.Le go&t en passera quand de

Xti~

AVAM*]PMMS

excès auront été poussés encore an peu plus loin, et qae les esprits rebutés réduiront simplement à rien tou< tes ces folies. A dater de cette réforme indispensable on enlèvera enftn les haches de silex et les couteaux. d'obsidienneaux mains des anthropoïdes de M. le pro- fesseur Haeckel, gens qui en font un si mauvais usage. Ces rêveries, dis-je, passeront d'elles-mêmes.On les g

voit déjà passer. L'ethnologie a besoinde jeter ses gour- mes avant de se trouver sage. I! fut un temps, et il n'est pas loin, on tes pf~uges contre les mariagesconsangnins étaient devenustels qu'il fu<- question de leur donner la

consécration de la loi.

Épouser

une cousine germaine

équivalait à frapper à l'avance tous ses enfants de sur-

dité et d'autres affections héréditaires. PeT~onnene semblait rénecïur que les générationsqui ont précédé

la nôtre, fort adonnéesaux mariagesconsanguins, n'ont

rien connu des conséquences morbides

leur attribuer; que tes Séleucides, les Ptotéïnees,~es Incas, époux de leur~ sœurs, étaient, les uns et les M- très, de très bonne santé et d'intelligence fort accep- table, sans parler de leur beauté, généralement hors ligne. Des faits si concluants, si irréfutables, ne pou- vaient convainci, personne, par~equ'on prétendait uti- liser, bon gré mal gré, les fantaisiesd'un libéralisme, qui, n'aimant pas l'exclusivité chapitrale était. con-

traire à.toute pureté du sang, et l'on voulait autant que

qu'on prétend jj

gJ

possible célébrer l'union du nègre et du blanc d~ou j~

provient le mulâtre. Ce qu'il fallait démontrer

dange- g

Q

<g

g

reux, inadmissible, c'était une race qui ne s'umssaitet

ne se perpétuait qu'avec elle-même. Quandon eut suf- nsanunent déraisonné, les expériences tout &Mt con- c~an~da docteur Brocaotar~tôpoor~~

AYANT-MOMS.

x

les fantasmagories du même genre iront

paradoxeque

rf~oiBdrequand leur &nsera artivée. Encore une fois, je laisse ces pages telles que je les ai écrites ~l'époque où la doctrine qu'eMes contiennent

sortaitde mon esprit, commeun oiseaumet la tête hors

du nid et

cherche sa route dans t'espace ou il m'y a pas

de limites. Ma théorie a été ce qu'elle était, avec ses faiblesseset sa force, son exactitudeet sa part d'erreurs, pareille à toutes les divinationsde l'homme. Elle a pris sonessor, elle le continue.Je ressaierai ni de raccour- cir, ni d'allonger ses ailes, ni moins encorede rectifier son vol. Qui me prouverait qu'aujourd'hui je le diri- gerais mieux et surtout que j'atteindrais plus haut dansles parages de la vérité? Ce que je pensais exacte je le pense toujours tel et n'ai, par conséquent, aucun motif d'y rien changer. Aussibien ce livre est la base de tout ce que j'ai pu faireet ferai par la suite. Je l'aï, en quélquesorte, com- mencédès mon enfance.C'est l'expression des instincts apportéspar moi eh naissant. J'ai été avide, dès le pre- mier jour ou j'ai réfléchi, et j'ai réfléchide bonne heure, deme rendre compte de ma propre nature~parce que fortementsaisi par cette maxime Connais-toi toi- m6me, je n'ai pas estimé que je pusse me connattre, sanssavoir ce qu'était le milieu dans lequel je venais wnreet qui, en partie, m'attirait à lui par la sympa- th!ela plus passionnée et la plus tendre, en partie me d~oataït et me remplissait de haine, de mépris et d'hop- rear.J'ai doncfait mon possible pourpénétrer de mon miMxdans l'analyse de ce qu'on appelle, d'une &con Mtpeaplus généralequ'il ne faudrait,l'espècehumaine~ ~~e~ceite étude qui m'a appris ce queje raconte ici

s

SX

A~ANT-MOMS.

Peu A peu est sortie, pour

.as.

moi, de cette théorie, l'ob-

a.

servation plus détailléeet plus minutieuse des lois que j'avais posées. J'ai comparé les races entre elles. J'en ai

choisi une au

milieu de ce que je voyais de meilleur

et j'ai écrit I'J?M<etfedes Perses, pour montrer par

l'exemple

tes ses

changer ou. brider le génie d'une race, les différences de climat, de voisinage et les circonstancesdes temps. C'est après avoir mis fin à cette seconde partie de ma <àche quej'ai pu aborderles difficultés de la troisième, cause et but de mon intérêt. J'ai fait l'histoire d'une famille, de ses facultés reçues dès son origine, de ses aptitudes, de ses défauts, des fluctuations qui ont agi sur ses destinées, et j'ai écrit l'histoire d'Ottar Jart, pirate norvégien, et de sa descendance.C'estainsi qu'a-

de la nation aryane la plus isolée de tou-

congénères, combien sont impuissantes, pour

près avoir enlevé l'enveloppeverte, épineuse, épaisse ~tela noix, puis l'écorce ligneuse,j'ai mis à découvertle noyau. Le chemin quej'ajt parcouru ne mène pas à un de ces promontoireseséarpés où la terre s'arrête, mais bien à une de ces étroites prairies, où la route restant ouverte, l'individu hérite des résultats suprêmes de la EMC, de ses instincts bonsou mauvais,forts oufaiNes, et se développe librement dans sa personnalité. Aujourd'hui on aime les grandes unités~ les vastes amas où les entités isolées disparaissent. C'est ce qu'on suppose être le produit de la science. A chaque époque, celle-ci voudrait dévorer une vérité qui la gêne. tl ne faut pas ~'ea enrayer. Jupiter échappe

taeité de Saturne, et l'époux et le nls de

l'un commel'autre, règnent, sans pouvoirs'entpe-dé- truire, sur la majesté de l'univers.

toujoars~&~o-

Rhée

dieux,

BIOGRAPHIE.

Le comte de Gobineauest mort à Turin le i3 octobre i~, sans avoir pu voir-la seconde édition du livre que nous réimprimons. Né à ViHe-d'Avray le i4 juillet i8i6, il venait d'atteindre sa soixante-septième an- née mais l'âge n'avait pas éteint son ardeur au travail, et le poème d'~MK~, qui sera prochainement publié en entier, montrera la hauteur à laquelle s'était main- tenue jusqu'à la fin cette rare intelligence. M. de Gobineau était nïs d'un officier de la garde royale et descendait d'une branche de la grande fa- mille normande de Goumay qui s'était établie en Guyenne au quatorzième siècle. Son grand-père faisait partie du parlement de Bordeaux. Dansun livre très curieux puNié en 1879 et intitulé

~Mo~re~*0~sf./M

lesvicissitudesde sa famille.

de sa d!MeeM<&ïMe~ H â raconté

it passa ses premières annéesà Paris et dans les en-

Tiîoas.Vers Ï'âge de

douze ans, il fut envoyépour son

dducationen Suisse et habita surtout Bienne. n avait conservéun bon souvenir de cette petite viUe, de son lacet de me de Saint-Pierrerendue si célèbre par les descrtptîons de Rousseau. C'est là que ses premières lecturesle charmèrent, qu'Happrit l'allemand, et qu'il

~!j

MO&BAMM.

commença, comme par instinct, à réfléchir sur la des races.

question Quand il revint en France, ce fut pour gagner le fond de la Bretagne, où son père s'était retiré, après avoir quitté le service &la suite de la Révolutionde i830.

II vécut là quelque temps, dans un milieu de Mgi- timisme provincial fort respectable mais fort étroit, et qui ne pouvait qu'ennuyer un jeune homme d6j&plein d'ardeur et de curiosité d'esprit.

H

vint donc à Paris dès qu'il le

put,

et comme tant

opinions légitimistes df 1

d'autres il chercha sa voie. Les

sa faomte

n'avait pas de fortune et untrère aîné de son père, assez riche et quinteux, était intermittent dans ses libéra-

l'empochaient d'entrer dans une carrière. 11

lités.

Cefut une période difficile qui se prolongeajusqu'en

4848.

Cependant ceux qui l'approchaient se rendaient- déjà compte do sa grande valeur. Des travaux littérairef publiés dans le Journal des Débatsavaientcte appréciés, et la famille de Serre, la famille des deux peintres A~y et Henri Scheffer,et celled'Alexisde TocqueviH9,pour ne citer que les noms les plus connus, l'entouraient d'estime et d'affection. Aussi quand ce dernier devint ministre des affaires étrangères, il n'hésita pas &nom- mer M. de Gobineauau poste de chef de son cabinet. Ou sait l'histoire de ce ministère qui, autant et plus qu'un fameux cabinet anglais du commencementde ce siècle, aurait meriMle nom de <~miM~M'rede tMMles talents ?. Il portait ombrage au prince Louis-Nappteon. qui lui fit une sourde guerre et finit par s'en débar- rasser.

1

BMÛBAMME

xxN;

M. de Tocqwevihc se retira sans vouloir rien

donner

ni demander; mai« le mit)istr<' par intérim des affaires

étrangères, le général de La Hitte, ancien camaradedu

de M. de Gobineau&la garde royale, s'intéressa à

père

son fils et le nomma secrétaire d'ambassade à Berne.

Cefut un choix heureux. La position matérielle de

M de Gobineau était assurée. Sa carrière lui laissait

des loisirs. Il se livra au travail, et

le livre dont nous

présentons aujourd'hui la seconde édition au public

lut composé vers cette époque à Berne, puis à Hanovre

et à Francfort où il fut successivement envoyé. Le coup d'État de i85i ne modifia pas sa situation. Il ne l'accueillit pas avec le même déplaisir que le tirent ses amis. II avait un certain goût pour la force, et la basseet féroce populace métisse des grandes villes

f

l

Im inspirait un profond dégoût.

A Francfort il connut deux personnages bien diffé-

rents le terrible futur grand chancelier qui s'apprêtait à porter le fer et le feu dans l'ouvre de M. de Metternich

.~tle baron de homme d'État

longtemps l'Autriche en

et de

avec!e premier, mais il se lia avecle second d'une ami- tié qui ne se démentit jamais et dont fait foi une longue

correspondance du plus grand intérêt, qui sera peut-être publiéequelquejour.

Prockesh, le dernier disciple du prudent

autrichien, qui -devait représenter si

Turquie

avec tant de

sagesse de rapports ultérieurs

dignité. H ne conserva pas

En i88~

il fut nommé premier secrétaire en Persa et

ne revint en Europe qu'au

partit M&nh de l'année. Ïl

printemps de i888. Il avait ga~né Téhéran par l'JÈgypte

v

at la golfe Persique, A son retour, -il vit r~menie et CûMtantinople. Cemomentfut le plus heureux de sa vie.

xxiv

BMOBAmM.