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Comment les entreprises peuvent-elles coopérer entre elles sur le pôle de Roissy ? ou Une petite histoire des associations d’entreprises autour de Roissy CDG ou Faudra-t-il une Chambre de Commerce du pôle de Roissy ?

La question de la représentation des entre- prises sur le pôle de Roissy se pose depuis plus de 10 ans. Mais aussi, et c’est lié, celle de la communication et de la promotion de cette importante région économique, réputée mondialement à cause de son aéroport, mais finalement mal connue dans sa diversité. Ces questions sont elles-mêmes intimement liées

à la question de la « gouvernance » politique

du pôle, qui aurait dû être organisé en ville nouvelle ou maintenant en Communauté d’agglomération, selon l’avis de certains (dont nous). Cet article, qui est limité à la question de la représentativité des entre- prises et de la promotion du pôle, propose la création d’une Chambre de Commerce spéci- fique au pôle. Cela peut prêter à sourire, tant est mauvaise la réputation des CCI en France. Mais c’est aussi une contribution, un appel au

débat. Si d’autres ont des avis différents,

qu’ils proposent des solutions !

On entend dire souvent, et ce n’est pas faux, que notre pays la France ne considère pas assez « l’entreprise » et les « entreprenants ». L’ancien président du Medef, Ernest-Antoine Seillère le déplorait souvent, en comparant l’image de l’entreprise en France et dans les autres pays. Il avait encore évoqué ce problè- me lors d’une réunion du Medef au Bourget, à laquelle j’assistais, il y a quelques années. A ce qu’il en disait, la France est un cas et ce n’est même pas une histoire de politique, de droite ou de gauche. En fait, c’est un peu la faute à notre histoire : « colbertisme », cen- tralisation et hypertrophie de l’Etat et de ses grands corps, pantouflages de la classe poli- tique et administration omniprésente, culture «judeo-chrétienne» contre «l’argent», déma- gogie de certains dirigeants politiques, de droite comme de gauche, qui aiment « taper» sur les entreprises (la dernière en date nous venant de notre cher Président de la

Par Eric Veillon

nous venant de notre cher Président de la Par Eric Veillon République, qui avait fustigé, courant

République, qui avait fustigé, courant février, les assurances coupables de ne pas soutenir un fonds destiné à la création d’entreprise), fiscalité peu encourageante, bureaucratie des «organismes» toujours pesante…

Mais c’est une partie de la réalité, qui est autrement plus complexe. De tout temps (on peut remonter au moins aux guildes moyen- âgeuses) les entreprenants ont cherché à se grouper pour diverses raisons : groupement de producteurs, de distributeurs, d’acheteurs, promotion commerciale, défense et illustra- tion de leurs intérêts, etc. L’évolution de l’économie moderne faite de toujours plus de concurrence et d’ouverture des marchés a fait apparaître un besoin sup- plémentaire d’information et de communica- tion, au sens large du terme. Ainsi, si celle-ci était jusqu’à il n’y a pas si longtemps, l’apa- nage des grandes entreprises (ou des «

«grosses PME»), on peut dire que depuis dix, quinze ans (et nous en savons quelque

chose), les PME et même les TPE se sont mises

à communiquer. Nombre d’entre elles ont fait

réaliser des plaquettes, créer des logos, et, désormais, mis en ligne des sites web, aujour-

d’hui aussi indispensables qu’utiles et peu coûteux. Mais qui dit « communication » dit aussi « réseaux » aujourd’hui. « Clusters » dans les pays anglo-saxons, « pôles de com- pétitivité », SPL (Systèmes Productifs Locaux) mis en place chez nous récemment, centres de transferts de technologie, le besoin de coopération se fait de plus en plus sentir.

D’où aussi la montée en puissance des asso- ciations d’entreprises en tout genre. Et celles-

ci sont devenues aussi un enjeu de communi-

cation…politique cette fois, en tout cas dans notre région de Roissy.

Il existe plusieurs associations d’entreprises

sur le pôle de Roissy. Nous en évoquerons les principales et nous verrons que le « contrôle » de ces associations est devenue dans le meilleur des cas une affaire de lobbying et

dans le pire, une affaire politique, empêchant et la nécessaire information des entreprises

et une promotion du pôle digne de son impor-

tance économique.

Il y a aussi des regroupements : syndicats

patronaux soit généraux, comme le Medef ou

la CGPME : ils sont quasiment absents du pôle.

Ou des syndicats regroupant un même sec- teur d’activité, par exemple le SNAGFA (agents de fret), très actif lui, dont le siège est à Roissy, ou encore des regroupements «obligatoires» comme les chambres de com- merce ou de métiers. Nous reviendrons sur celles-ci plus bas, car c’est un point impor-

tant. On évoquera seulement ici les «commer- çants» qui se sont depuis longtemps regrou- pés en associations, plus ou moins pérennes:

cela concerne surtout les commerces « de proximité » groupés autour d’une rue ou d’un quartier commerçants, voire d’une commune. Ces associations ont généralement pour but d’animer la vie commerçante à travers les « quinzaines commerciales » ou autres mani- festations. Fonctionnant plus ou moins bien (cela dépend des animateurs) elles sont en général choyées, au moins en apparence, par les municipalités. En effet, chacun connaît le «poids» électoral, à défaut d’être politique, des commerçants : au contact permanent des consommateurs, qui sont aussi des électeurs,

leurs avis « pour » ou « contre » les élus en place peuvent être décisifs. Surtout en pério- de pré-électorale. Tous les maires, peu impor- te leur couleur politique, le savent bien. C’est pourquoi ils cherchent souvent à s’assurer le contrôle des associations de commerçants, soit directement en les suscitant (ou en les créant de toutes pièces, sous prétexte d’avoir des « interlocuteurs ») soit en manoeuvrant pour placer à leurs têtes un commerçant «ami». Ils s’en servent ensuite pour les asso- cier habilement à la communication des ini- tiatives municipales, laissant croire d’une manière subliminale que les «commerçants» les soutiennent…

On trouve des associations de commerçants dans pratiquement toutes les villes d’impor- tance du pôle de Roissy. Et, pour être complet, il faut mentionner les associations de com- merçants des centres commerciaux (ex :

Parinor à Aulnay-sous-Bois) qui font naturel- lement la promotion de leurs centres et défendent leurs intérêts. Comme on a pu le voir dans le passé proche où les commerçants d’Usine Center, groupés en association s’étaient battus pour garder leur ouverture du dimanche.

Les associations «territoriales» d’entreprises

Concernant le pôle de Roissy dans son entier, l’histoire et l’état des associations impliquant les entreprises du secteur mérite d’être contés, et nous sommes certainement les plus qualifiés pour en parler. Pour les «anciens» mais aussi et surtout pour les «nouveaux» arrivants sur le pôle, qui ont bien du mal à s’y retrouver, s’ils veulent s’y intéresser. Pour mémoire, je rappellerai que je suis arrivé, un peu par hasard, dans la région de Roissy fin 1992, où j’ai occupé, à la demande du député maire de Tremblay-en- France, le poste de directeur du développe- ment économique, jusqu’au printemps 1997, officiellement. J’ai ensuite créé l’agence de communication « Vieux Pays promotion » (VPP) qui fêtera ses 10 ans à la rentrée. Depuis donc 14 ans, je suis un observateur quotidien, presque unique, de l’évolution économique et politique du pôle

de Roissy, grâce à mes fonctions à la ville de Tremblay, puis grâce aux produits que j’ai développés (les quatre éditions de la carte économique de Roissy -la première fut édi- tée fin 97-, ce magazine Bénéfice.net, depuis juillet 1998 et maintenant l’e-news- letter RoissyMail.com, depuis deux ans. Nous laisserons de côté les associations d’entreprises liées en général à une zone d’activité précise comme par exemple Paris Nord 2 (PN 2 Entreprises) ou Mitry-Compans, qui ont vocation à « défendre » l’image de leur zone et à développer, tant bien que mal, les relations inter-entreprises. Nous nous intéresserons à celles dont la vocation, de fait ou par leurs statuts, veulent s’adresser aux entreprises de tout ou partie du pôle.

1993 :

Les pionniers :

Roissy Entreprise

En 1992, peu de personnes avaient conscience du caractère homogène du pôle de Roissy. Celui-ci représente grosso modo (voir la carte Roissy 2025) un quadrilatère formé par une distance de 15 à 20 Km autour de l’aéroport CDG. Mais ce territoire, riche en zones d’activités était (et est toujours…) divisé en plusieurs entités administratives, est peu visible. Il faut leur rendre cet hom- mage, les premiers qui ont pris conscience d’une réalité « géo-économique » du « pôle » furent les fondateurs de Roissy Entreprise, une association d’entreprises fondée par Gérard Couffignal et M. Thirion. Je les avais rencontrés courant 93 à la mairie de Tremblay, lorsqu’ils avaient organisé une tournée des élus pour expliquer le sens de leur démarche. Gérard, (devenu un ami depuis) était (et est toujours) un opérateur immobilier, avec son entreprise Couffignal Ingenierie, (basée à Roissy Ville) et Thirion dirigeait alors une agence de communica- tion « TRN », basée elle aussi à Roissy. Ils avaient eu une idée géniale : fédérer les entreprises situées dans ce qu’ils appelaient alors « Le Grand Roissy », afin de développer les contacts inter-entreprises et, en théorie du moins, prendre des positions dans les débats publics au nom « des entreprises » de

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Si l’on peut sourire à propos de quelques expressions de cet édito (« sous l’influen-

Si l’on peut sourire à propos de quelques expressions de cet

édito (« sous l’influen- ce des conseils géné-

») et constater

que lesdits documents (carte et « guide ») ne reprennent principale- ment que CDG, Paris Nord 2 et le village de Roissy, que le sud de l’Oise soit complète- ment absent, l’idée du « pôle de Roissy » et le rôle majeur que pour- raient y jouer les entre- prises était lancée. Il faut rappeler aussi que cette période est celle de la révision du Schéma directeur de l’Ile-de-France (SDRIF), qui grâce aux études prospectives de la « mission Roissy » initiée par l’Etat, a fait de « Roissy » un des 5 «centres d’envergure européenne », aupara- vant dénommés pôles d’excellence, (avec Paris, La Défense, Saclay, et Marne-la-Vallée). Et c’est à partir de ce moment que j’ai été sensibilisé à cette « problématique » du pôle de Roissy «Roissy Entreprise » existe toujours, nous verrons ce qu’elle est devenue plus bas.

raux

la région. Thirion avait ensuite édité un pre- mier document, en 1996 : un coffret compre- nant une carte du « Grand Roissy » et une sorte de petit « guide ». Il est intéressant d’en relire « l’édito » de Gérard Couffignal, portant lui sur Roissy Entreprise (un mélan- ge des genres, déjà gros de problèmes):

«Notre association est née en 1993 d’un besoin de communiquer dans un site privilé- gié situé entre deux aéroports, administré par trois départements et subissant l’in- fluence de trois Conseils généraux éloigné du Pôle d’Excellence de Roissy, mais dépen- dant tous d’une même région Ile-de-France. Certaines imperfections, ainsi que le manque de concertation dans le cadre du développement de notre secteur, ont conduit les chefs d’entreprises que nous sommes à apporter leurs réflexions dans des commissions, que nous avons constituées par thème, afin d’apporter notre contribu- tion à l’évolution de ce Pôle d’Excellence ». Et l’édito se terminait ainsi : « si, comme nous, vous souhaitez participer à l’essor économique de ce secteur, et affirmer votre

72 volonté de développement, alors, rejoignez

1994 : Les

«Rencontres

ADP/Entreprises

tremblay-

siennes»

Un autre évènement a joué en faveur de la nécessité d’un regroupement d’entreprises du pôle de Roissy, d’une meilleure informa- tion pour elle et d’une meilleure coopération entre elles.

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nous au sein de Roissy Entreprise ».

En 1993, notre pays était plongé dans une grave crise économique, inconnue depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Dans les fonctions que j’occupais à la mairie de Tremblay, j’étais bien placé pour le savoir. Nombre d’entreprises souffraient du manque d’activité et s’en plaignaient. Les carnets de commandes étaient au plus bas. J’ai été éton- né de me rendre compte que quasiment aucune entreprise de Tremblay (hormis celles qui étaient sur CDG, évidemment) ne « tra- vaillaient » avec l’aéroport, et ADP en parti- culier, qui était (et est toujours) un gros inves- tisseur, et, comme je leur disais à l’époque « un gros acheteur de tout ». Après études, l’explication était aussi étonnante que simple: les deux mondes d’entreprises (celles de l’aéroport, dont ADP, et les PME de Tremblay) s’ignoraient complètement. Pour des raisons « historiques » : ADP venant de Paris et d’Orly avait ses habitudes, et les PME de Tremblay avaient leur clientèle tradition- nelle à Paris ou dans la région parisienne. Et aussi pour des questions d’information : ADP, qui vivait en vase clos à cette époque (ça c’est –un peu- amélioré) ignorait son environne- ment et les PME ne savaient pas comment faire pour obtenir les marchés d’ADP. J’ai donc décidé, avec l’appui du maire et l’ai- de d’ADP (la direction de la communication, alors dirigée entièrement par Didier Hamon), d’organiser des « Rencontres » entre l’en- semble des services « acheteurs » d’ADP et les entreprises de notre ville. Nous avions listé 400 PME et TPE qui avaient « quelque chose à vendre » à ADP. D’après le fichier de celle-ci, seulement quatre d’entre elles avaient, modestement, déjà commercé avec le gestionnaire de l’aéroport ! ADP, de son côté, et à ma demande, avait réalisé, c’était une première pour eux, une sorte de « vade mecum », un manuel qui montrait « comment vendre à ADP ». Ce document détaillait les services acheteurs (produits ou services), les contacts précis, les différentes procédures d’appels d’offre, etc. Ce manuel figurait dans un document (voir photo), imprimé par ADP, sur lequel on pouvait voir les fiches de chaque entreprise de Tremblay qui avait sou- haité participer, et qui fut amplement diffusé dans les services du gestionnaire des aéro- ports parisiens. Et le jour « J » plus de 200 per- sonnes se sont rencontrées en mairie, dont une bonne trentaine d’acheteurs d’ADP, conduits, (il s’en souviendra, c’est un lecteur de RoissyMail et de BN) par Francis Clincks, alors numéro 3 d’ADP et Christian Cléret. Suivi

d’un repas -payé par les entreprises- dans un restaurant situé dans la ZA de Tremblay et au cours duquel les contacts ont été riches. Pas de place ici pour vous détailler les résul- tats de cette demi-journée qui fut un grand succès et eut des répercussions médiatiques nationales inattendues. Quelques temps après, des affaires importantes furent conclues. Chacun avait découvert l’autre… L’idée était de continuer…

1996: Le Club des Entreprises

Quelques temps avant la réussite de ces «Rencontres », j’avais eu l’occasion de sensi- biliser « mes » chefs d’entreprises de Tremblay sur le fait que, à part les « grands hôtels » de la plateforme aéroportuaire (Hilton et Sheraton étaient alors en construc- tion), il n’existait pas, à proximité, d’endroit convivial où les hommes et femmes d’entre- prises, dirigeants et cadres pouvaient se ren- contrer, échanger… Pas un « bar » digne de ce nom, dans une banlieue où les cafés ferment la plupart volontairement vers 20h, pour des raisons de sécurité, et, je m’en étais aperçu déjà, pas une structure « consulaire », pas une « maison de l’entreprise », rien. Moi qui arrivais d’Afrique Noire où chaque grande ville possède un ou plusieurs « clubs », genre Yacht Club ou Club de l’Onu au Bénin, qui sont autant des structures pour les loisirs familiaux que des opportunités pour les hommes d’af- faires (j’écris hommes, pour aller plus vite, mais bien sûr, c’est hommes et femmes, pas de procès, SVP) de se rencontrer, d’être accueillis pour les nouveaux, d’être informés sur la vie économique, politique, etc. Par ailleurs, les « Clubs Service » genre Lions ou Rotary, qui faisaient dans le temps office de rencontres d’affaires, étaient déjà sur le déclin.

J’avais réuni, je m’en souviens, au Vieux pays de Tremblay, une dizaine de ces chefs de PME intéressés par la création d’une telle structu- re, qui serait à la fois un établissement (genre bar restaurant avec « club house cosy ») et un club d’entreprise. L’idée fut bien acceptée, mais n’avais pas cheminé, faute de temps et de « leader ».

Mais après les « Rencontres » évoquées plus haut, ces mêmes chefs d’entreprises, qui avaient compris l’intérêt de ce type de contacts, me relancèrent sur l’idée du «Club». Je leur ai répondu que ce n’était pas à moi de m’en occuper, mais à eux. Ce à quoi ils me répondirent (il faut savoir qu’entre temps, j’avais acquis auprès d’eux, avec ces «Rencontres» et d’autres opérations concrètes dont ils avaient pu profiter, mes «lettres de noblesse») que si, ils souhaitaient que je mette le projet sur les rails. J’ai dit OK et c’était parti ! Quelques temps après, je réunissais une « brochette » de 35 entreprises, dont la Banque populaire, qui avait souhaité se joindre au projet, pour un repas mémorable au Hilton de Roissy. J’y ai présenté un rapport. Discussions, le projet tient, mais les entrepreneurs, prudents, veu- lent faire une étude de faisabilité, par un organisme indépendant, qu’ils sont prêts à financer. Un seul bémol dans ce concert d’op- timisme, émis par Marcel Queyrat, que j’avais invité pour représenter le CNPF de Seine- Saint-Denis, qui avait joué les Cassandre, de peur que leur « représentativité » ne soit menacée (or le CNPF 93, en proie à l’époque à de graves dissensions internes, était totale- ment absent de la problématique de Roissy. Ils ont ensuite créé une structure «aéroport», avec les villes de Sevran et de Vaujours, sur CDG, au Dôme, qui n’a jamais fonctionné).

Du coup, on décide de donner une forme associative au projet et je crée le « Club des Entreprises » dont l’objet est de faire l’étude de faisabilité d’un « club » c'est-à-dire une maison des entreprises avec des locaux per- mettant un bar, voire un restaurant, des salles de conférence, des moyens permettant l’in- formation des entreprises sur l’évolution du pôle de Roissy, les projets à court, moyen et long termes, les relations inter-entre- prises…Sur un rayon qui dépassait bien entendu le seul territoire de Tremblay et qui s’étendait désormais à l’ensemble du pôle. Chacun avait payé 5000 F, même ADP, que j’avais sollicité par la suite ! Et nous avons pu ainsi nous offrir les services d’une société indépendante spécialisée dans ce type d’études. L’association nationale d’experts retraités « ECTI » (www.ecti-vsf.org) nous a filé un formidable coup de main pour interro- ger plus de 1000 entreprises. 500 (longs) questionnaires furent ainsi collectés soit par téléphone, soit par contact en face à face, par

les valeureux « ECTIENS » sous la direction du cabinet d’études et de votre serviteur. Grâce à la générosité de feu Michel Zaffani, alors Président du Conseil de surveillance de « la Ferme du Vieux Pays » (les « œufs Lustucru», pour faire simple), l’équipe avait eu à sa dis- position des locaux spacieux et fonctionnels dans la vieille ferme du Vieux-Pays, située en face de l’église. Nous sommes fin 96, 1997. Les différents rapports d’étapes de l’étude, et son compte rendu final, qui concluait à la fai- sabilité et à la rentabilité éclatantes d’un tel Club furent autant d’occasions de cocktails mémorables, dont le dernier, qui avait réuni plus de 200 opérateurs économiques, venant de tout le pôle. C’est au cours de cette étude qu’on a senti réellement le grand besoin d’in- formation et de contacts inter-entreprises sur le pôle de Roissy.

Le « Club » ne se fit pas. Pas de place pour ren- trer dans les détails, mais sachez que (voir Bénéfice.net n°3) que le site de la ferme du Vieux-Pays de Tremblay avait été retenu pour y créer le Club, mais au sein d’un hôtel restau- rant construit en lieu et place de l’ancienne ferme, nécessitant des capitaux importants mais que les promoteurs missionnés à l’époque n’ont pu trouver, les investisseurs hôteliers sollicités (mal, à mon avis), effrayés par l’aspect peu engageant de l’urbanisme vieillot du Vieux Pays, préférant créer des hôtels à Roissy Ville et à Paris Nord 2, ce qui se fit. Malgré tout, le Vieux Pays de Tremblay avait et a toujours l’immense avantage d’être au centre géographique du pôle et très acces- sible.

Le « Club » est donc resté lettre morte, ayant suscité, après pas mal de palinodies (notam- ment un soutien apporté au projet dans le cadre de la ZAC du Vieux-Pays), l’hostilité secrète du maire de Tremblay, qui voulait, on le verra plus bas, « dominer » l’association des entreprises… Voyant qu’il n’y arriverait pas, la ferme, où notre agence VPP s’était ins- tallée depuis fin 1996 a fait l’objet en 2004 d’une expropriation (engagée secrètement dès que le site de la Ferme fut choisi pour construire « l’hôtel-club ») par la ville de Tremblay, dans des conditions rocambo- lesques et dont le récit précis, tant attendu, fera l’objet d’un futur article.

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1996 / 98 le tournant néfaste d’ADP et le naufrage du «Carrefour des Achats»

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Pendant ce temps (entre 94 et 98) ADP, pres- sée par les gouvernements successifs, com- mençait à se préoccuper de son environne- ment, les deux pistes supplémentaires devant être construites. Suite au succès des «Rencontre» de Tremblay, j’avais proposé (courant 95) à mon patron, François Asensi, maire (PCF) de la ville, de renouveler l’opéra- tion, non plus seulement avec ADP, mais avec la plupart des entreprises de la plate forme aéroportuaire. En effet, les achats faits par les entreprises de CDG et par Air France en particu- lier, qui venait de construire son siège social à Roissypôle, donc à Tremblay, atteignent des montants considérables (une étude d’ADP de l’époque montrait que les entreprises de la plateforme achetaient chaque année pour plus de 7 milliards de F (hors achats d’avion, hors carburant et hors masse salariale ; la seule Fedex, qui était «petite» à l’époque achetait chaque année pour 75 millions de F). Mettre nos PME en contact avec elles, sur la lancée du succès des « Rencontres » ne pouvait qu’être bénéfiques pour le développement écono- mique « endogène » de la ville. Bien sûr, tra- vaillant pour la commune, nous avions réservé ces «Rencontres» aux seules entreprises trem- blaysiennes, mais elles avaient suscité l’inté- rêt des entreprises voisines de Villepinte, Mitry-Mory etc. Le maire me donna son feu vert. Et je repris mon bâton de pellerin. Je rencontrai à nouveau Didier Hamon, le dircom’ d’ADP, qui était d’ac- cord pour soutenir l’opération. Je rencontrai le directeur d’Air France aux achats (c’était juste avant la réorganisation d’AF en centres de résultats), d’autres responsables d’entreprises aéroportuaires, et tout le monde accepta de jouer le jeu. Je prévois cela à l’hôtel Hilton, sur

le territoire de Tremblay.

C’était parti.

Mais un matin, alors que je me trouvais dans le bureau de l’adjoint au maire chargé des affaires éco, Simon Davidowicz, qui était «mon» élu, Asensi nous dit, de mémoire :

«j’ai réfléchi cette nuit. On va pas faire ces «Rencontres». On va faire un truc sur l’emploi avec l’IUT » (un IUT venait d’être construit sur le territoire communal . Je suis abasourdi. Et j’explique au maire : «mais ces «Rencontres» c’est bon pour l’emploi : plus nos entreprises auront des marchés, plus elles emploie- ront…». Rien à faire. Le discours ne passe pas. On laisse donc tomber.

Du coup, j’ai eu une idée. On est au début 1996. Les choses ne se passent pas bien avec Asensi, l’abandon des «Rencontres» me le rappelle, sans parler des histoires person- nelles. Mon contrat avec la Ville vient à échéance fin 96 et ni moi ni lui n’avons envie de le renouveler. J’avais déjà l’idée de créer VPP, avec tout ce que j’avais vu sur la problé- matique du pôle de Roissy. Et, puisqu’il ne veut plus faire ces Rencontres, je vais les organiser moi-même, avec le Club des Entreprises et je lancerai ainsi l’agence que je veux créer. Mais au lieu d’impliquer les seules entreprises de Tremblay, j’impliquerai toutes les PME des villes voisines de l’aéroport. En mai 96, je rencontre à nouveau Hamon, lui fait part de la volte face d’Asensi sur l’organi- sation des « Rencontres », l’informe de mon prochain départ de la mairie (prévu pour fin septembre 96, mais Asensi renouvellera, à sa demande, mon contrat pour 6 mois, histoire de m’amadouer) et de mon intention d’orga- niser moi-même ces «Rencontres» écono- miques.» Je lui garantie la participation d’au moins 1000 entreprises locales. Hamon est enthousiaste, ravi de pouvoir afficher une ini- tiative qui plaira aux « riverains ». Et il me dit, confiant : « comme ça, ça vous mettra le pied à l’étrier pour votre agence ». Moi : confiance. Du coup je bosse à fond sur l’organisation de ces « Rencontres » tout l’été. Air France est toujours OK, ADP aussi donc, les autres aussi, j’en fais part à la Commission « Affaires éco » de la Communauté de communes de Roissy, qui trouve l’idée bonne. Hamon veut mettre le paquet, envisage un immense chapiteau sur les terrains disponibles en face de Hilton. Je fais des propositions.

Arrive septembre 96. Je rencontre à nouveau Hamon pour lui rendre compte de l’état d’avancement du projet. Il me dit : mainte- nant, il faut voir ça avec M. Guérin, qui est

nouvellement chargé de mission pour la coopération économique. Bon, pourquoi pas ? Je connaissais Guérin, un ancien d’une filiale d’ADP qui avait échoué à la Dircom d’ADP. Je lui avais même fait part du projet et de l’inté- rêt, pour ADP, de soutenir de telles initiatives. Je le revois avec Etcheheguy, un cadre d’ADP, aujourd’hui à la retraite, et qui travaillait avec lui dans l’embryon de ce qui allait devenir la pompeuse « Direction de la Coopération éco- nomique et sociale » d’ADP dont Guérin allait devenir, évidemment, le « Directeur ». Le ton avait changé. Après avoir fait semblant de trouver, c’était nouveau, le projet mau- vais, Guérin me dit qu’ADP va organiser elle- même ces « Rencontres » et que je travaille- rais avec eux comme « consultant ». Bizarre. Je ne dis pas non, attendant de voir ce qu’il a dans la tête… Le temps passe, pas de nou- velles. J’appelle Guérin qui fait « F.O.M.E.C ». Et il finit par me rappeler en me disant qu’il ne travaillera pas avec moi sur ce projet. Moi :

«vous ne le faites plus ?» Lui, sec : «si, mais sans vous». Je comprends que je me suis fait avoir. J’essaye de joindre Hamon. Pas de réponse. Je lui envoie le 19 octobre un cour- rier : pas de réponse, sinon une lettre de Guérin m’informant que je ne suis plus mis- sionné. J’appelle le Président d’ADP, le Général Fleury, pas de réponse. Je finis par avoir un entretien avec Michel Wachenheim, alors directeur de cabinet « du président et du directeur général» d’ADP (aujourd’hui Directeur général de l’aviation civile) : il m’écoute, il ne peut rien faire. Je suis cuit !

La place manque pour vous décrire la suite et notamment la première édition de ce qui est devenu, organisé par ADP, le «Carrefour des Achats», le 17 novembre 1998, à l’hôtel Hilton. Un bide bureaucratique, en dépit d’une bonne fréquentation des entreprises alléchées par une communication et une organisation aussi démesurée qu’inadaptée. Deux autres éditions de ce carrefour devenu par la suite «Carrefour des Entreprises» furent «organisées», à grands frais. Deux bides sup- plémentaires. Entre temps, la «direction coopération éco et sociale» d’ADP s’est étof- fée, avec des moyens considérables, voulant toucher à tout mais ne touchant à rien. Sans parler de la misérable tentative, avortée, imaginée par le même Guérin d’ADP de cou- ler Bénéfice.net avec son «Roissy Horizon». Mais c’est une autre histoire. Mais l’essentiel : informer, mettre en relation les entreprises du pôle restait et reste entier.

1998 : le GIP

Emploi CDG

Fin 98, pour répondre aux inquiétudes des riverains en matière d’emploi et de formation l’Etat (J.C Gayssot exactement alors ministre des transports) et en « contrepartie » des nouvelles pistes, créée le « GIP Emploi Roissy CDG ». Ce « Groupement d’Intérêt Public » est une usine à gaz comprenant 6 collèges ras- semblant Etat, collectivités locales, services de l’emploi, Education nationale, entreprises, chambres consulaires et syndicats ouvriers et patronaux, rien que ça. Statutairement can- tonné sur les questions d’emploi et de forma- tion, sur lesquels il faut bien reconnaître au GIP un succès certain ; son directeur Nourredine Cherradi (qui fut un pionnier des «GIP emploi» quand il fut directeur du GIP «Grand Stade») a vite compris qu’il lui fallait embrasser la problématique du pôle de Roissy dans son ensemble. Il a fait de l’infor- mation et de la communication, dans ces «p’tits déj» sur des sujets transversaux divers: contrat Etat-Région, transports, main- tenance aéronautique, sûreté aéroportuaire, Communauté aéroportuaire, révision du SDRIF, et aussi dans ses « conférences territo- riales ». Toutes ces initiatives ont été suivies avec intérêt par des centaines de partici- pants, élus, fonctionnaires et entreprises. L’action du GIP a été exemplaire, grâce uni- quement au grand travail, opiniâtre, intelli- gent, passionné (j’en témoigne), malgré des conditions de fonctionnement et de finance- ment indigentes et d’une rare bureaucratie, de Cherradi. Elle témoigne de cette soif d’in- formation des acteurs du pôle de Roissy et en particulier des entreprises, soif non étanchée à ce jour.

1998 :

«Entreprendre à Tremblay» ?

Pendant ce temps, le maire de Tremblay avait bien compris, en voyant les succès d’audien- ce du « Club des Entreprises », les avantages qu’il pouvait espérer en retirer. Il crée de

toutes pièces, en 1998, l’association «Entreprendre à Tremblay» dont il s’auto pro- clame président. Double avantage pour lui, militant communiste convaincu et par défini- tion opposé au système de libre entreprise :

donner le change en se construisant une image « moderne » auprès des entrepre- nants, nombreux dans la ville, et aubaine électorale car le Parti communiste est en chute libre dans les élections nationales. Ca lui permet de dire : voyez, je suis pas si com- muniste que ça. Il a trouvé ici et là, un certain nombre de chefs d’entreprises : on retrouve le « noyau dur » des entreprises souvent titu- laires des marchés de la ville, d’autres qui croient pouvoir y accéder et qui veulent faire bonne figure, les autres sont les naïfs habi- tuels. Ce qui n’empêche pas, évidemment, le député communiste qu’il est, de se conduire, par ses votes, ses préférences, ses choix, en adversaire déclaré du système de libre entre- prise ! (Asensi connaît bien cette phrase de Lénine : « les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons »). Heureusement, ils ne peuvent plus le faire, mais quand même, un peu de logique, chers chefs d’entreprises ! A noter aussi que Martine Vachoux, l’une des responsables du «département coopération éco et sociale» d’ADP est la « secrétaire générale » de « l’as- sociation », ce qui, venant du gestionnaire de l’aéroport, est en soit au mieux une mal- adresse, au pire un (mini) scandale.

Et Roissy Entreprise, pendant ce temps là ?

Pendant ce temps-là, Roissy Entreprise (RE) continuait son (très) petit bonhomme de che- min. Avec une affaire de taille ! En 95, André Toulouse, le maire de Roissy-en-France est mis en examen sur dénonciation de Thirion, l’un des fondateurs de Roissy Entreprise. On sait que le maire de Roissy a été innocenté (voir les détails dans son portrait dans BN 22). Mais les relations du coup se délitent entre la mairie et RE. D’autant que son président fon- dateur, Gérard Couffignal, s’il n’est pas direc- tement impliqué dans l’affaire de dénoncia-

tion abusive, a tout fait pour, on va dire, ne pas arranger les choses. Et de continuer RE, mais « petits bras » ! L’association organise tant bien que mal des soirées contacts « Cartes sur tables », (avec l’aide matérielle de la mairie malgré tout), avec toujours les mêmes, fait toujours son « Beaujolais nou- veau » (une année en association avec « Entreprendre à Tremblay », c’était cocasse :

voir BN n°13), ses sorties annuelles à l’occa- sion des vendanges. Mais il y a loin, malgré cela, de la coupe aux lèvres. RE ne se déve- loppe pas, ne participe pas aux débats en cours sur l’évolution du pôle de Roissy, se cantonne dans une assoc’ de copains, organi- se des « choucroutes parties », des voyages, des soirées « Trucs et Astuces » bref, on donne dans le sous Lions Club. Les adhérents payants n’arrivent pas à dépasser la centaine, certainement moins. Couffignal, un peu las, et pris par ses affaires (voir son portrait dans BN) passe la main à un de ses amis, Armand Lang, consultant. C’est à cette époque que je reprends contact avec eux, pensant aux débuts prometteurs de RE. La philosophie de Lang est bonne, réaffirmée lors d’une soirée « Beaujolais » : volonté d’indépendance de l’association, méfiance à l’égard des « poli- tiques » : «Nous n’en voulons pas parce que nous sommes un club d’entrepreneurs, nous sommes foncièrement apolitiques, voilà tout». Mais Lang, trop pris par ses propres affaires, laisse rapidement la présidence. Couffignal met alors en piste un jeune chef d’entreprise Christophe Machard, l’ancien directeur de la CEGo à Goussainville, et qui vient de se mettre à son compte en créant « Intégrale », un bureau d’études (eaux et autres) qui veut travailler avec les collectivités territoriales.

Elu président, Christophe est en contact régu- lier avec moi. Je lui redis, ainsi qu’à Gérard Couffignal, (devenu « président fondateur », gardant une sorte de « contrôle » de RE, les réunions du bureau se faisant chez lui, à Roissy), tout l’intérêt qu’il y aurait à relancer RE sur les bases originelles et en faire LA grande association des entreprises du pôle. Il faut que RE prenne position sur les sujets d’actualité ou de fond du pôle, lance une grande campagne d’adhésion, monte en puissance, en toute indépendance. A cette époque, le Sénateur Legrand planche sur ce qui va devenir la loi sur les Communautés aéroportuaires (voir plus bas) et les entre- prises du pôle y seront associées. Il s’agit de

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devenir un acteur incontournable. Le chantier est devant nous. Le courant passe. J’intègre (provisoirement, on le verra) le bureau de RE, pour m’occuper de la communication de l’as- sociation qui était devenue indigente (pas de site Internet, pas de documents, rien). Dans le même temps, je veux mettre Bénéfice.net au service de l’association, sur ces bases (j’avais déjà commencé, dans divers numéros, à évoquer RE). Il faut aussi recoller les morceaux avec la commune de Roissy, et singulièrement avec son maire, André Toulouse, d’autant que lors du 10ème anniversaire de RE, au château de Montvillargennes, où Toulouse avait accepté de venir, alors qu’il ne savait pas que Thirion, son délateur, serait là, à la table d’à côté. Ambiance… Je rédige une interview de Machard, relue et approuvée par lui, évidemment, publiée dans le BN n°18, dans laquelle il réaffirme la volon- té d’indépendance de RE et rend hommage au maire de Roissy en disant « M. Toulouse est un maire formidable ». Et là, ça devient cocas- se. J’aperçois quelque temps après André Toulouse au cours d’une réception. Il me demande, fébrilement, si j’ai vu Christophe Machard. Le message est passé, visiblement, j’en suis ravi, même si Gérard Couffignal n’avait pas apprécié…Mais quelques jours plus tard, j’apprends que la Communauté de communes accepte de prendre en charge les frais postaux de RE… Puis que Machard, sans concertation avec le bureau, accepte de parti- ciper, en tant que président de RE, à une ini- tiative visant à redorer le blason du « Centre Intercommunal de Formation », crée par la Communauté de communes à grands frais, et qui, c’est de notoriété publique, bat de l’aile. Les problèmes commencent. Ce n’est pas «l’esprit d’indépendance» convenu. Il s’agit de plaire, sur fond d’espérance d’affaires. Quelques autres incidents, des explications insuffisantes, voire inexistantes, et je me reti- re rapidement de RE, logiquement. Récemment, alors que chacun (enfin presque) sait que le torchon brûle entre Patrick Renaud, le président de Roissy Porte de France et le maire de Vémars, qui va faire une grande zone d’activités avec Daniel Compiègne, d’IMC Promotion, (devenu à cause de cela persona non grata à la Communauté de communes), Machard se sert de RE pour organiser une réception pour pro- mouvoir la ZA, en présence du maire de

Vémars et des principaux acteurs de la mise

en œuvre de la future zone « Portes de

Vémars ». Clé : « Intégrale Environnement» sa société, réalise l’étude d’impact et le dossier sur l’eau de la ZA : CQFD.

Dans le même temps, cette année, RE publie trois numéros d’un journal (une sorte de sous Bénéfice.net, qui sert de faire-valoir aux anciens membres et dont le premier numéro

a été imprimé gratuitement par…ADP (ADP

au passage, s’arrogeant le droit, sans concer- tation, de corriger une publicité du CEEVO parue dans ce numéro, c’était grandiose !). En effet, Aéroports de Paris, ou plutôt son fameux « département coopération » venait d’adhérer à RE, Martine Vachoux ayant été cooptée membre du bureau, (tout en « mili- tant » à « Entreprendre à Tremblay », l’asso- ciation présidée par le communiste Asensi, comprenne qui pourra). Mais ADP, sentant le roussi et ne voulant pas payer autre chose que la cotisation de base, vient de quitter le bureau de RE…

Ca se passe comme ça à RE. Mais chacun com- prendra qu’on est loin d’une grande associa- tion indépendante d’entreprises, tant sont grandes les arrières pensées soit politiques, soit d’affaires personnelles.

2003-2004 :

La loi sur les Communautés aéroportuaires

Il faut relire le dossier complet que nous

avions réalisé dans le BN 18 (avril 2004) pour bien connaître cette histoire. L’Etat s’est tou- jours intéressé (mais d’assez loin) au pôle de Roissy. Outre les investissements sur lesquels on ne peut pas lui reprocher grand-chose (infrastructures, développement de CDG, Paris Nord 2, maîtrise foncière -les ZAD- etc.)

le «pôle » a fait l’objet de nombreux rapports

(Douffiagues, Lachenaud, etc.) essayant de régler les problèmes surtout au niveau de la répartition fiscale. Mais sur la «gouvernan- ce» globale, rien, alors qu’on le voit bien une «ville nouvelle» et un EPA auraient été utiles

dès le début. Le SDRIF de 1994 le situe dans les pôles d’envergure, mais sans réponse sur la « gouvernance ». La création de l’EPA

Plaine de France, qui devait au début s’occu- per du pôle de Roissy n’a rien apporté, si ce n’est des dépenses inutiles. Et puis, pour des raisons certainement politiques, pour ne pas dire politiciennes, le gouvernement « mis- sionne » le sénateur Le Grand, à l’automne 2003, pour lui faire un rapport sur le déve- loppement « durable » des aéroports…Roissy est bien sûr dans l’œil du cyclone…Après avoir rencontré diverses per- sonnalités, dont votre serviteur, mais, c’est dommage, et il l’a reconnu, peu de maires de la région, il rédige un rapport qui servira de base à une proposition de loi. Celle-ci, votée rapidement juste avant les élections régio- nales, instituait des «Communautés aéropor- tuaires» autour des principaux aéroports français. Elle est aujourd’hui restée lettre morte, mais il faut en retenir au moins que sur les 24 membres de la Communauté, 12 représentaient les entreprises du pôle, direc- tement, preuve s’il en fallait de l’importance des acteurs économiques dans la gouver- nance potentielle du pôle.

Juin 2003 : Pays de Roissy CDG

Courant 2002, je rencontre Guy Tardieu, directeur du cabinet de J.C Spinetta, PDG d’Air France, à propos de la troisième édition de la carte Roissy 2015. Il souhaitait me ren- contrer aussi afin de me faire part d’un pro- jet d’Air France visant à se préoccuper de son environnement proche, c'est-à-dire du pôle de Roissy. Ce qui me réjouit, vous pen- sez bien, Air France étant, et de loin, la plus grande société du pôle, en pleine expansion avec la création récente de son hub de Roissy. On l’emmène déjeuner Chez Américo, et le dialogue s’engage. Il voulait mon avis. Il l’a eu. Qu’Air France, grand acteur économique, s’ouvre à son environ- nement, que demander de mieux ? Vous êtes un grand acheteur, vous pouvez faire en sorte que les PME de la région soient mieux informées pour pouvoir devenir vos fournis- seurs. Il faudrait, globalement, que les «riverains» de CDG ressentent un «plus», lui dis-je en substance. Il me parle de la notion de «Pays» qui venait d’être mise au point par Pasqua… « Pourquoi pas », lui ai-je répondu, «mais n’en faites pas trop. Ne faites surtout pas comme ADP qui après ne

s’être mêlé de rien pendant des années, a voulu se mêler de tout et n’a rien fait d’uti- le». J’ai eu ensuite la visite de Chantal Romand, chef du «hub» d’Air France, qui était pressentie pour diriger la future asso- ciation qui allait s’appeler « Pays de Roissy CDG » (PRCDG). Le courant n’était pas très bien passé avec elle, d’autant que quelques jours auparavant, je recevais un coup de fil d’une agence missionnée par Air France pour étudier le dossier : le responsable de cette officine (qui avait été payée, sûrement grassement par Air France) souhaitant que je bosse gratos pour lui…J’avais déjà vu ça quelque part…

Et puis plus rien. J’ai appris par la bande que l’association s’était créée en grande pompe, au Sofitel, puisque son DG, Claude Chevauché, y représentait le groupe ACCOR, en tant que président de l’association. Je n’avais été ni informé, ni invité… Idem pour le premier « raout » organisé ou soutenu par PRCDG: l’exposition « Fernandel » au Sofitel.

On va passer les détails, mais les «diri- geants» de PRCDG ont su reprendre contact avec moi. Entre temps, quelques initiatives, dont RoissyMail a rendu compte, plus ou moins intéressantes, plus ou moins utiles. Mais je demande à voir et je rédige un article encourageant dans BN sur l’assoc’… Une chose est sûre, c’est que celle-ci, qui bénéfi- cie du soutien logistique et financier direct d’Air France (les permanents et certaine- ment d’autres frais sont payés par la compa- gnie) a recruté facilement parmi les maires et quelques entreprises sous traitantes d’Air France ou voulant le devenir. Car il y a la « magie » d’Air France derrière… Plusieurs de ses manifestations ont montré, s’il le fallait, la demande de concertation et d’informa- tion tant de la part des élus du pôle que des entreprises. Mais l’association s’essouffle, faute de professionnalisme (malgré une par- ticipation régulière de J.F Benon, du CEEVo) se mêle des choses qui ne la regardent pas, comme la problématique école privée catholique de Louvres, controversée, ou qu’elle ne sait pas faire, comme l’emploi. La dernière Assemblée générale de juin der- nier, peu fréquentée, était éloquente. Et l’action et la communication « économique » restent bien en deçà des besoins.

2004 :

Villepinte

Dynamique,

mort-née.

Sacrifiant à la mode et voyant le relatif succès de «Entreprendre à Trembla», la ville de Villepinte a créé (voir BN 17) une association de chefs d’entreprise «Villepinte Dynamique», qui n’a jamais rien fait de concret. Sur le site de la ville, au 15/07/06, il était mentionné une future réunion le 9 novembre… 2004 et, ce jour, ni le numéro du service économique ni le « numéro Vert » de VD ne fonctionnent.

2005 : Roissy

Développement

A l’automne 2005, la Communauté de com- munes, Roissy Porte de France, qui regroupe 14 communes crée une association d’entre- prises, avec Air France, Fedex, ADP, etc. Ouverte aux PME de son territoire, elle est présidée par Christian Nahon, maire de Villeron et dirigée par Agnès Coudray, qui fut auparavant responsable du service écono- mique de la Communauté.

2006 : Aulnay-

sous-Bois:

le Club des entreprises renaît, avec Villepinte

Cette commune a depuis longtemps une riche expérience de l’action en matière de développement économique et d’emploi, comme le montre la création et le succès de

la M2E (Maison de l’Entreprise et de l’Emploi). Un Club d’entreprises avait vu le jour il y a 5 ans, et, selon les informations glanées sur le site web de la M2E, il s’est res- suscité fin 2005 et compte fusionner avec… Villepinte, apprend-on à la M2E. David Galienne, président de «Villepinte Développement», y voit un intérêt, vu que, pour lui, «les limites communales ne signi- fient pas grand-chose pour les entre- prises…». Certes, mais on peut s’interroger sur la cohérence territoriale de « Villepinte- Aulnay ». En réalité l‘opération est politique, uniquement : les entreprises sont prises en otage au nom de la stratégie politique loca- le des membres du SEAPFA (syndicat mixte, présidé par Asensi) : c’est une réponse à l’opération politique « Entreprendre à Tremblay »…

Juin 2006 :

PLATO et les Chambres de commerce.

Dernièrement, les Chambres de commerce de Seine-et-Marne, de Seine-Saint-Denis (qui appartient à la CCI de Paris) du Val d’Oise (qui appartient à la grande Chambre Versailles-Val d’Oise-Yvelines) lancent, pour cet automne, un réseau dénommé PLATO (voir sur www.plato.versailles.cci.fr) dont l’origine remonte à la Belgique, en 1998. Il s’agit, si on a bien compris l’explication que Sophie Guiot, la « chef du projet », qui est venue nous rendre visite début juillet, de créer un réseau auquel participeront des grandes entreprises, et des PME. Il s’agit, en gros, de payer 1800 euros pour participer à ce réseau, afin de pouvoir bénéficier de conseils et d’échanges divers…Les départe- ments concernés seront donc les 77, 93, 95. Sans l’Oise donc. «C’était déjà compliqué comme ça avec trois Chambres», m’a confié un proche du dossier…

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Une solution :

fassent payer la participation à leur « réseau ». Rappelons que les CCI sont financées par l’impôt (l’IATP) que leur payent les entre- prises. Et encore ! On apprend, tout derniè- rement que les Conseils généraux ont été sollicités pour financer ce PLATO : quelques 20 000 euros voire plus ! Le 93 (communiste) et le 77 (socialistes) ont accepté, mais le Val d’Oise (Droite) a refusé. Comprenne qui pourra…En plus on apprend que l’adminis- tration du PLATO est installée gratuitement dans l’espèce de « pépinière » d’entreprises « Aéropole », gérée de fait par ADP, avec l’argent des collectivités locales ! Il serait temps que soient rendus publics les comptes de cette officine, qu’on soupçonne d’avoir hébergé dans des conditions anormales la défunte société éditrice de «Roissy Horizon»!

Mais PLATO est loin

d’être suffisant. On a beau tourner le problème dans

tous les sens, je ne

vois qu’une solu-

tion pour assurer à

la fois l’informa-

tion, la coopération

inter-entreprises et aussi la promo-

tion/communica-

tion du pôle de

Roissy : la création d’une Chambre de Commerce spéci- fique au pôle. Les

CCI ont un rôle

important défini

par

la loi. Les difficultés seront grandes : les

CCI

sont réputées conservatrices, jalouses

de

leurs territoires et de leurs avantages,

comme l’ont souligné deux rapports officiels très critiques (dont le fameux rapport Gérolami, que nous avons lu), parus il y a une dizaine d’années et restés au fond des tiroirs des gouvernement successifs, qui n’osent réformer vraiment le monde «consulaire». Mais l’enjeu d’une «CCI de Roissy» vaut la chandelle : avec le nombre important d‘entreprises sur le pôle (qu’on peut évaluer au moins à 8500; rien que Aulnay-sous-Bois en compte 3200…), le nombre des grandes entreprises (Air France, PSA, l’Oréal, Fedex, ADP, etc…) la future CCI de Roissy aura des moyens financiers consi-

une Chambre de Commerce du pôle de Roissy ?

On l’aura, j’espère, compris, ce (trop) long article montre bien la difficulté, pour les entreprises de la région de Roissy d’être informées, de se faire entendre, et de coopérer entre elles, et de bénéficier ainsi pleinement de la dynamique de Roissy. Pratiquement, toutes les tentatives de regroupement qui ont été faites ont été victimes de récupéra- tion, qu’elle soit poli- tique, personnelle, institutionnelle ou territoriale, quand ce ne sont pas les quatre réunies. Par ailleurs se pose aussi la question des moyens financiers pour le fonctionne- ment d’une institu- tion au service des entreprises et de la promotion du terri- toire, qui fait cruelle- ment défaut au pôle de Roissy. Qui paye décide… Il est intéressant que ce rapide « historique » des associations d’entreprises se termine par l’initiative « PLATO » de Chambres de commerce. Celles-ci, on l’a souvent écrit ici, ne se sont jamais préoccupées du pôle de Roissy, pourtant l’un des pôles de dévelop- pement les plus importants de France, avec une vocation internationale évidente. Situées la plupart du temps loin du pôle (Meaux-Melun, Bobigny, Pontoise, Beauvais), elles ne peuvent prendre en compte l’intégralité de «Roissy» en elle- même, à cause de leurs propres divisions territoriales. Si on peut se réjouir de l’initia- tive PLATO même si ses objectifs sont réduits, on ne peut que déplorer que les CCI

sont réduits, on ne peut que déplorer que les CCI dérables. Elle pourra construire une véri-

dérables. Elle pourra construire une véri- table maison de l’entreprise au cœur du pôle, et se doter des compétences humaines nécessaires. Elle pourrait organiser chaque année ce grand « salon » inter-entreprises de Roissy dont le succès international ne fait aucun doute. Elle pourra promouvoir le terri- toire du pôle dans les grands salons interna- tionaux comme le MIPIM ou le futur MIPIM Asia, à Hong Kong, dans les médias… Son statut officiel lui donnera son indépen- dance. Démocratique, il y a de grandes chances pour que le taux de participation aux élections d’une telle Chambre soit autrement plus significatif que le taux actuel, ridiculement bas, même si l’on a noté quelques progrès aux dernières élections. Sur un territoire « ramassé », cohérent comme le pôle de Roissy, les candidats et les électeurs seront forcément très motivés.

Les 4 CCI concernées iront-elles dans ce sens ? Rien n’est moins sûr. Mais les entreprises l’Etat et les collectivités locales peuvent pousser dans ce sens. Nous lançons le débat. Les prochaines élections aux CCI sont pour 2009. On pourrait se fixer cette date comme objectif pour créer la Chambre de Commerce du pôle de Roissy.

Envoyez-nous vos avis !

EV

eric.veillon@wanadoo.fr

comme objectif pour créer la Chambre de Commerce du pôle de Roissy. Envoyez-nous vos avis !