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Fiche 2 – Les stratégies d’innovation des entreprises Notions essentielles : profit nul,

innovations, brevet

A – LA CONCURRENCE PURE ET PARFAITE : VERS LE PROFIT NUL


( 4 p 216)

Sur un marché de cpp, le prix est une donnée qui s’impose à tous les producteurs
(l’hypothèse d’atomicité posant qu’ils ne possèdent pas d’une taille suffisante pour
influencer le marché.
Si l’on suppose que les coûts de reconversion d’une industrie vers l’autre sont nuls ou au
moins réduits, on peut alors comprendre pourquoi quasiment inéluctablement le marché
de cpp , en raison de ses hypothèses , tend vers un profit nul .
Prenons l’exemple de deux industries :
- Dans l’industrie des gants, le prix de vente est relativement élevé
supérieur au coût marginal et les entreprises fabriquant ce produit réalisent
donc un profit élevé
- Inversement, dans l’industrie du chausson, le coût de production marginal
est supérieur au prix, les entreprises font donc des pertes
- Attirées par les profits réalisés dans l’industrie du gant, des entreprises de
l’industrie du chausson vont se reconvertir (d’autant plus facilement que
les coûts de reconversion sont réduits) augmentant ainsi la production de
gants, ce qui se traduit à demande inchangée par une baisse des prix, donc
des profits, qui tendent vers 0 ( les entreprises du chausson cessant de se
reconvertir dans le gant quand cela n’est plus rentable)
- Inversement, la production de chaussons diminue en raison de la
reconversion d’une partie des entreprises dans le gant ; donc, à demande
inchangée, le prix des chaussons augmente. La perte se réduit
progressivement pour devenir nulle.
- Au final, les profits dans les deux industries sont égaux et nuls
- Ce raisonnement peut être généralisé à l’ensemble de l’industrie dès lors
que les coûts de reconversion sont réduits (bien évidemment quand les
coûts fixes qui représentent des barrières d’entrée , les stratégies d’entrée
et de sortie sont beaucoup plus coûteuses)

B – L’INNOVATION ELEMENT DETERMINANT DU DYNAMISME DU


MARCHE

• Selon la théorie microéconomique traditionnelle, en raison de la concurrence que


se livrent les entreprises, le profit a tendance à diminuer et même à devenir nul.
Les biens étant homogènes et les entrepreneurs utilisant tous les mêmes
technologies, ils ne peuvent véritablement se concurrencer, ils ne peuvent que
s’adapter passivement à des mécanismes qui leur échappent.
• Dés les années trente J.A. Schumpeter va démontrer que le marché de
concurrence pure et parfaite, paradoxalement, ne comporte pas de mécanisme
assurant une véritable concurrence, assurant une croissance économique durable
car il ne prend pas en compte une dimension essentielle : l’innovation : c’est le
progrès technique qui va dynamiser la croissance en révolutionnant de l’intérieur
l’économie.
• Une des façons pour un entrepreneur de réaliser un profit malgré la concurrence
est d'innover : Afin d'augmenter son profit, « le rôle de l'entrepreneur consiste à
réformer ou à révolutionner la routine de la production ». Le profit récompense
l'entrepreneur dynamique et innovant ; c'est grâce à cette motivation que
l'entrepreneur est le moteur du progrès technique et est incité à innover.
• L'innovation dans un nouveau produit le mettra dans une situation de monopole (il
sera le seul à fabriquer ce produit durant un moment puisqu’il dispose d’un
brevet ) et l'innovation de procédé lui permettra d'avoir des coûts inférieurs à
ceux du marché. Mais cette rente de monopole ou ce surprofit ne seront que
temporaires car d'autres entreprises imiteront rapidement l'entreprise innovatrice.
• Douglas North a démontré le rôle essentiel qu’occupe le droit du brevet et plus
largement les institutions publiques dans l’apparition et le développement des
innovations .Celles-ci sont en effet apparues en Angleterre et aux Pays-Bas qui
sont les deux premiers pays à avoir légaliser le droit des brevets .
• Dés lors si l’entrepreneur veut durablement maintenir son avance il doit utiliser les
capitaux dont il dispose grâce à son innovation pour introduire de nouveaux
produits ou développer de nouveaux procédés de production.