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06 - Equilibre

Plan du cours

1- Equilibre dans le plan

2- Equilibre dans l’espace

3- Systèmes de forces équivalents

… Santiag Caltatra ne cherche pas à directement transposer des formes naturelles dans le domaine de la
construction mais plutôt des principes statiques, des modèles mécaniques qui ont fait leur preuves dans le
monde vivant. Ainsi l’emboîtement des articulations, le redoublement des os au niveau des membres, la
complémentarité structurelle des os et des muscles autant d’observation glanées à l’étude du corps qui vont
trouver des applications dans le domaine du construit…
In Lemoine B, Santiago Caltrava, L’architecturee d’aujourd’hui, n*267, février 1990
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JL Zanforlin - ENSAM

1- Equilibre dans le plan

Structures planes
Même si les édifices sont des espaces
à 3 dimensions, leur étude statique
peut dans la grande majorité des cas
se ramener à une étude dans le plan.
Ce sont surtout ces aspects qui seront
pris en compte dans la suite du cours.

Essais sur le système des coques

In Pierre Mardaga Editeur , Prouvé - cours du CNAM


1957 - 1970, essai de reconstitution du cours à partir des
archives de Jean Prouvé, Editons Mardaga : Liège, 1990, 2
p. 63

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1- Equilibre dans le plan

Structures planes
Les forces F et les moments M
agissent dans le plan.
Le (vecteur) moment M agissant
perpendiculairement au plan, son
unique composante Mz lui est égale :
on peut donc sans risque de
confusion supprimer l’indice z.

Source : Marc André Studer et François Frey, Introduction


à l’analyse des structures

1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre
Principe d’équilibre
« Une structure est dite en équilibre si le système de forces auquel elle est
soumise la laisse immobile ; un tel système de forces est aussi dit en
équilibre. »

D’après ce principe, une structure, sous l’action de toutes les forces qui
agissent sur elle doit rester en équilibre immobile

Alors pour que la structure ne bouge pas, ni en translation, ni en rotation, il faut


et il suffit que, selon chaque axe, la somme de toutes les composantes soit
nulles.

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1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre
…la structure ne bouge pas, ni en translation, ni en rotation, il faut et il suffit
que, selon chaque axe, la somme de toutes les composantes soit nulles.

translation

ΣF =O x (a)

ΣF =O y (b)

rotation

ΣM =ΣM z o =0 (c)

Studer Frey - Introduction à l’analyse des structures

1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre
Il y a donc 3 équations d’équilibre dans le plan qui s’associent aux 3 mouvements possibles
d’une structure plane dans son plan.

(a) contrôle le déplacement de translation horizontale (selon X) et seules les


composantes Fx interviennent

(b) contrôle la translation verticale (selon Y) et seules les composantes Fy interviennent

(c) vérifie le mouvement de rotation (autour de de Z ou O). Ici tant les moments M que
les forces F jouent un rôle (car elles peuvent créer des moments)
L’équation devient donc :

ΣM ≡ΣM
tout
z
tout
o = 0≡ Σ M + Σ (± Fd) = 0
tous les
o
toutes les
moments
forces

® les moments directement appliqués (actions) n’interviennent que dans


l’équation de rotation et doivent être soigneusement distingués de ceux
provoqués (autour de Z ou de O) par des forces de translation.

d
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Studer Frey - Introduction à l’analyse des structures

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1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre - Précisions sur l’expression des moments


(1)

Moment d’une force par rapport à un point M = Fd

Studer Frey - Introduction à l’analyse des structures

1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre - Précisions sur l’expression des moments


(2)
Moment d’une force par rapport à un axe
M = ± F Pd

Studer Frey - Introduction à l’analyse des structures 8

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1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre - Précisions sur l’expression des moments


(3)
Forme analytique

Mz ≡ Mo = + xFy - yFx Mz ≡ Mo = ± Fd

Studer Frey - Introduction à l’analyse des structures 9

1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre - Règles pratiques


Pour résoudre un problème statique, on peut suivre les règles suivantes :

a) Dessiner la structure (esquisse) + forces en jeu

b) On y dessine les forces et les moments connus avec leur sens réel

c) Pour chaque force et moments inconnus, on les dessine avec un sens arbitraire

d) Pour faire les calculs, on choisit les axes dont l’orientation n’est pas à priori
aucunement liée à celle des forces ou de la géométrie : toutefois, un choix judicieux
permet souvent de simplifier les calculs.

e) En se basant sur le dessin pour fixer les signes, on écrit et résout les équations
d’équilibre selon les axes : dans les résultats, si le signe d’une inconnue est :
. Positif, son sens est supposé correct
. Négatif, son sens est inverse à celui supposé

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1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre – Exemple 1


Soit le bloc de béton en forme de

Studer Frey - Introduction à l’analyse des structures


parallélogramme ABCD maintenu en
équilibre par 3 forces : l’une verticale en A
et 2 horizontales en C et D. Déterminez les
3 forces
translation

Σ F = -C - D = 0
x x x (a)

ΣF =A -P=0
y y (b)

rotation

ΣM E = -5P + 4Cx = 0 (c)

On en déduit que : Le point E a été choisi intentionnellement à l’intersection des


(c)⇒ Cx= (5P)/4 supports de Ay et Dx de manière à éliminer les moments dus
à ces forces ; Cx reste alors la seule inconnue.
(b)⇒ Ay = P
(c)+(a) ⇒ Dx = - (5P)/4

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1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre – Exemple 2

RB D

1
3

y
2 30°
C

x
160
A B

RA 1350 800
P avec P = 2000daN

Revenons à la potence du cours précédent et déterminons les


réactions non plus par la méthode graphique, mais par l’écriture
générale de l’équilibre :
Pour simplifier les calculs nous décomposons les réactions RA, RB
suivants les axes Ox, Oy.
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1- Equilibre dans le plan

Equations d’équilibre – Exemple 2


Dy
D

Dx 1
3

y
30°
2
C H
Ay
x
160
A B

1350 800
Ax P avec P = 2000daN

Traduisons le fait que le système soumis à toutes les forces


intérieures (charge) et extérieures (réactions d’appui est en équilibre.

Sur Ox: Ax –Dx = 0 d’où Ax = Dx


Sur Oy: Dy + Ay – P = 0

Pas de mouvement de rotation: Σ Μι = 0 par rapport à n’importe quel


point et notamment au point A par exemple (sens >0 trigo)
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Σ Μι/Α = 0 = Ay.0+ Ax.0 + Dy.0 +Dx.H – P.1,35m = 0

1- Equilibre dans le plan


Tg30° = H / L
Equations d’équilibre – Exemple 2
H = (1,35+0,8)tg30° = 1,24m
Dy
D

Dx 1
3

y
30°
2
C H
Ay
x
160
A B

1350 800
Ax P avec P = 2000daN

L
Sur Ox: Ax –Dx = 0 d’où Ax = Dx
Sur Oy: Dy + Ay – P = 0

ΣΜι/Α = 0 = Ay.0+ Ax.0 + Dy.0 +Dx.H – P.1,35m = 0

On en déduit directement Dx = 1,35m . P = 1,35 . 2000 daN = 2180 daN


H 1,24m
Ensuite Ax = Dx = 2180 daN
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1- Equilibre dans le plan
Tg30° = H / L
Equations d’équilibre – Exemple 2
H = (1,35+0,8)tg30° = 1,24m
Dy
D

Dx 1
3
Dy
y
30 30°
2
C H
Dx Ay
x
160
A B

1350 800
Ax P avec P = 2000daN

L
Sur Ox: Ax –Dx = 0 d’où Ax = Dx = 2180 daN
Sur Oy: Dy + Ay – P = 0
Μι/Α = 0 = Ay.0+ Ax.0 + Dy.0 +Dx.H – P.1,35m = 0

Dx, Dy étant dans le prolongement du câble, on a tg30° = Dy/Dx d’où


Dy = Dx.tg30° = 1258 daN
Et Ay = P – Dy = 2000 – 1258 = 742 daN
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1- Equilibre dans le plan


Tg30° = H / L
Equations d’équilibre – Exemple 2
H = (1,35+0,8)tg30° = 1,24m
Dy
D

Dx 1
3
Dy
y
30 30°
2
C H
Dx Ay
x
160
A B

1350 800
Ax P avec P = 2000daN

L
On a donc Ax = 2180 daN, Ay = 742 daN
Dx = 2180 daN, Dy = 1258 daN

RA = 2180² + 742² = 2302 daN

RD = 2180² + 1258² = 2516 daN


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1- Equilibre dans le plan

Théorème de 2 forces en équilibre F2


F1
Quelles conditions doivent-elles satisfaire pour être
en équilibre ?

Si vous appliquez les équations d’équilibre sur un


objet quelconque soumis à 2 forces quelconques (cf.
figure ci-contre), on peut montrer que :

« Une structure soumise à 2 seules forces n’est en


équilibre que si ces 2 forces sont égales et directement
opposées, donc si elles ont même ligne d’action, même
intensité et des sens opposés. »

Pratiquement 2 seuls cas sont possibles :

F
F

F
F Les 2 forces se tournent le dos
Les 2 forces se font face

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1- Equilibre dans le plan

Théorème de 3 forces en équilibre


Dans quelles conditions 3 forces sont-elles en équilibre ?

« le support de 3 forces en équilibre doivent être concourants* »

* Concourants : Qualifie des droites ou des axes qui se coupent en un même point.
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2- Equilibre dans l’espace

Equations d’équilibre dans l’espace


Dans l’espace il y a 6 mouvements à contrôler : 3 translations (selon les axes X, Y et Z) et
3 rotations (autour des axes X, Y et Z). Les équations d’équilibre dans l’espace sont donc :

translation rotation

ΣF =O x ΣM X =0

ΣF =O y ΣM Y =0

ΣF =O z ΣM Z =0

équations d’équilibre en translation équations d’équilibre en rotation

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3- Systèmes de forces équivalents

Définition
2 systèmes de forces sont équivalents s’ils produisent le même effet statique. L’un peut
donc se substituer à l’autre dans l’étude du jeu des forces qui agissent sur une structure.
Le but recherché est une simplification : on remplace des forces par d’autres qui donnent
une vue plus simple du problème.

Il ne s’agit pas de remplacer réellement certaines forces par d’autres, ce qui est
généralement interdit ou impossible ; on cherche à simplifier le calcul.

Forces ou moments concourants (cas plan)

Remarque :
pour avoir équilibre, il faut que FR = O, c’est-à-dire que le polygone des forces soit fermé (point d’origine A et final
confondu
 pour les calculs analytiques, on utilise les composantes sur les axes de coordonnées 20
 ces propriétés s’appliquent pour les moments concourants

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3- Systèmes de forces équivalents
Cas général : Forces ou moments NON concourants (cas plan)
Soit 3 forces non concourantes F1, F2 et F3
Pour trouver la résultante :
- on combine d’abord F1 et F2 en une résultante R2 , puis R2 et F3
- dans la construction graphique, il faut chercher l’intersection A puis B des supports des
forces pour construire le parallélogramme

On peut ainsi trouver la direction, le sens et la grandeur de la résultante. Par contre le


point d’application n’est pas défini.

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3- Systèmes de forces équivalents


Exemple
Soit un mur soumis à l’ensemble des forces ci-dessous. Va-t-il se renverser ?

P1

P2

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3- Systèmes de forces équivalents
Exemple
Soit un mur soumis à l’ensemble des forces ci-dessous. Va-t-il se renverser ?

R1

P2

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3- Systèmes de forces équivalents


Exemple
Soit un mur soumis à l’ensemble des forces ci-dessous. Va-t-il se renverser ?

R1

P2

R2

Réponse ?

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3- Systèmes de forces équivalents

Pierre Varignon (1654 ; 1722),


mathématicien et physicien français, laisse
quelques découvertes scientifiques
remarquables. Il est l'inventeur du
manomètre (appareil qui mesure la
pression), étudie la statique et la mécanique
élémentaire et découvre la théorie des
moments.

Le théorème de Varignon dont l'énoncé


est très simple mène à une conclusion
étonnante :
En joignant les milieux d'un quadrilatère
quelconque, on obtient un
parallélogramme.

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3- Systèmes de forces équivalents


Théorème de Varignon
Soit Fi (i=1,2 à n) des forces et FR leur résultante. Vu que le système de forces Fi est
équivalent à FR on a :

Le moment des Fi est égal au moment de FR ou Σ Fd = F d


i i R R

Dans notre exemple, Moment en A de P1, P2 et F = Moment en A de R2

P1

R2

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A
P2

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3- Systèmes de forces équivalents
Théorème de Varignon - Cas des forces parallèles
Soit Fi (i=1,2 à n) des forces et FR leur résultante. Vu que le système de forces Fi est
équivalent à FR on a :

FR

A A
a b dR
F1 F2 F1 F2

FR = F1 + F2

MA = a F1 + (a+b) F2 = FR dR = (F1 +F2))dR

dR = [ a F1 + (a+b)F2] / (F1 + F2)

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3- Systèmes de forces équivalents


Théorème de Varignon - Cas des forces parallèles
Soit Fi (i=1,2 à n) des forces et FR leur résultante. Vu que le système de forces Fi est
équivalent à FR on a :

FR

b
C
C b dR
F1 F2 F1 F2

Si l’on calcule le Moments par rapport au point d’application de F1, on a:


dR = [ 0. F1 + (b)F2] / (F1 + F2) = b.F2/ (F1+F2)

Soit: dR = b .F2
F1+F2

Remarque: cela revient à déterminer le centre de gravité de deux forces


(poids, pondération etc…) par la méthode des moments que nous avons
admise avant de connaître le théorème de Varignon. 28

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3- Systèmes de forces équivalents
Théorème de Varignon - Cas des forces parallèles
Exemple:

Calculer la valeur et l’abscisse de la Résultante R des Forces F suivantes:

30 daN
20 daN R

10 daN
2m 1m 4m
A

d=? 15 daN

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3- Systèmes de forces équivalents


Théorème de Varignon - Cas des forces parallèles
Exemple:

Calculer la valeur et l’abscisse de la Résultante R des Forces F suivantes:

30 daN
20 daN R

10 daN
2m 1m 4m
A

d=? 15 daN

Calculons le moments des Forces par rapport au point A (sens trigo >0):
Mfi/A = 10 daN.0m + 20 daN.2m - 15 daN.3m +30 daN.7m = + 205 daN.m
R = + 10 daN + 20 daN - 15 daN + 30 daN = + 45 daN
Position de cette résultante d = ?

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3- Systèmes de forces équivalents
Théorème de Varignon - Cas des forces parallèles
Exemple:

Calculer la valeur et l’abscisse de la Résultante R des Forces F suivantes:

30 daN
20 daN R

10 daN
2m 1m 4m
A

d = 4,55 m 15 daN

Théorème de Varignon MtFi = MtR par rapport à tout point et notamment au point A.
MtR/A = + d.R = + d.45 daN = 205 daN
D’où d = 205 daN = 4,55 m
45daN

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3- Systèmes de forces équivalents


Couple / Rappel
Considérons l’ensemble de 2 forces d’intensité égale, de support parallèles distincts mais de
sens opposés.
On appelle couple l’ensemble de ces 2 forces particulières. Quel effet exercent-elles sur B ?

Le couple ne produit donc qu’une tendance à la rotation

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3- Systèmes de forces équivalents
Couple / Rappel
Le couple ne produit donc qu’une tendance à la
rotation comme par exemple l’action sur un volant
comme sur le schéma ci-dessous :

M=Fd

Couples équivalents d’intensité Fd

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Bibliographie du cours
. Studer Marc-André et Frey François, Introduction à l’analyse des structures, Presses
Polytechniques et Universitaires Romandes, 2004, 368 p.

. Lemoine B, Santiago Caltrava - Un sculpteur du jeu des forces, L’architecture d’aujourd’hui,


n*267, février 1990

. Pierre Mardaga, Prouvé - cours du CNAM 1957 - 1970, essai de reconstitution du cours à partir
des archives de Jean Prouvé, Editons Mardaga : Liège, 1990, p. 63

. Halik Daniel, Polycopié de cours - Statique, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de


Marseille : Marseille, Novembre 2005.

. Sandori Pierre, Petites logiques des forces, Editions Seuil Point Sciences : Paris, 1983.

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JL Zanforlin - ENSAM

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