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Communiqué de Presse – Collectif « Victimes du Subutex France- Maurice »

– Collectif « Victimes du Subutex France- Maurice » Le Collectif « Victimes du Subutex à

Le Collectif « Victimes du Subutex à Maurice » émet des réserves quant au choix de l’avocat recommandé par l’ambassade de France à Port Louis.

Suite à l’audience du 1er août sollicité par Me. José Moirt, l’avocat d’Aurore Gros-Coissy et de Katia Terminet, le collectif « Victimes du Subutex à Maurice » tient à remercier cet avocat bénévole qui a obtenu en moins de quinze jours que le Parquet mauricien s’engage à loger, dans un délai rapide, des charges formelles contre les prévenues. Le collectif émet toutefois des réserves quant au choix de Me. Ivan Collendavelloo, l’avocat recommandé par l’ambassade de France pour représenter les deux jeunes Françaises.

Le collectif « Victimes du Subutex à Maurice » est aujourd’hui en présence d’informations à l’effet que Me. Ivan Collendavelloo a assuré la défense de Jivanenden Paupiah, aussi connu sous le nom de Sivom Paupiah, la quarantaine, considéré comme un des véritables parrains de l'axe Paris/Maurice qui se retrouve ces jours-ci incarcéré à Fresnes, dans la deuxième plus importante prison de France, en région parisienne. Cette décision a été entérinée par une juge d'instruction à Paris, qui avait procédé à l'audition du suspect Sivom Paupiah suite à des allégations de sa participation active dans le trafic de Subutex.

Sivom Paupiah est l’oncle de Sada Curpen, considéré comme le cerveau du trafic de subutex à Maurice et qui est lui-même en prison actuellement. Paupiah, qui aurait aussi la nationalité française, était revenu à Maurice, en décembre 2009, célébrer son anniversaire en grande pompe dans un grand hôtel du nord du pays. Les limiers de l’ADSU, la brigade antidrogue mauricienne, avaient effectué une fouille de ses bagages à sa descente d’avion mais celle-ci n’avait rien donné. Mais quelque temps après, soit le 29 décembre 2009, les limiers effectuaient une nouvelle descente à l’hôtel où il logeait. Sivom Paupiah parvenait à fausser compagnie à la police. Les membres de l’ADSU devaient récupérer une valise contenant du haschisch ainsi que des billets d’avion en son nom et celui de sa compagne. La valise avait été abandonnée sur le terrain de golf de l’hôtel. Le flou persiste sur le fait que Sivom Paupiah a pu récupérer son passeport et a pris son chemin pour la France alors que les prévenus font systématiquement l’objet d’une objection au départ du territoire. Il aurait acheté un autre billet pour rentrer à Paris en passant par La Réunion et ce au lendemain de l’assassinat d’un dénommé de Denis Fine, proche à un certain moment de Sada Curpen et qui fut abattu par un sniper.

« Loin de nous rassurer, la recommandation de l’ambassade de France à Port Louis pour que les

proches de Katia Terminet et d’Aurore Gros-Coissy retiennent les services de Me. Ivan Collendavelloo jette un trouble qu’il convient de dissiper rapidement. Me. Collendavelloo est peut- être un excellent avocat, mais sa présence auprès de Katia Terminet contribue à un amalgame qui

n’est certainement pas favorable à la jeune fille »,déclare Farid Dekhli, le coordonnateur du collectif basé à Lyon, et qui est également cofondateur de cette association de défense des détenus Français incarcérés à Maurice pour importation de Subutex à l’île Maurice.

Me. Collendavelloo était aussi l’avocat de Christophe Caterino, le chef de cabine d’Air France qui avait été arrêté alors qu’il transportait 51 583 comprimés de Subutex le 14 mai 2007 pour ses contacts à Maurice. Alors qu’il se trouvait en liberté conditionnelle, en attendant son procès en appel contre sa condamnation à une peine d’emprisonnement de quatre ans et demi, Christophe Caterino s’est enfui du territoire mauricien le 26 juin 2009 en passant par La Réunion d’où il a pris un avion pour rejoindre la France. Caterino avait réussi son coup avec l’aide d’un mercenaire, un dénommé Vincent Lejeune, qui s’était présenté aux autorités comme un reporter. Et aussi grâce à Mayday, l’association créée par ses collègues pour le soutenir.

« Katia Terminet n’a certainement pas le profil de ces clients de Me. Collendavelloo, qui ont des

manières bien particulières de s’illustrer. Il est évident que le dossier de la jeune fille était en souffrance depuis son arrestation il y a 16 mois. Depuis qu’il a été chargé du dossier, soit en moins de quinze jours, Me. Moirt a obtenu de la justice mauricienne que le Parquet s’engage à inculper formellement ou à disculper Katia Terminet dans les plus brefs délais. Cette audience est maintenant prévue pour le 6 août. Nous avons appris que Me. Collendavelloo, a rendu visite à la prévenue en prison samedi dernier, le 28 juillet, soit au lendemain de la visite de Me. Moirt. Me. Sohun, du cabinet de Me. Collendavelloo, a pourtant bien été avisée que les parents de Katia ne retenaient plus leurs services. Il faut comprendre que les prévenues n’ont pas accès à toutes les informations les concernant et sont donc psychologiquement fragilisées. Cette manière de procéder dans le dos des familles n’est pas pour garantir la confiance qui doit prévaloir en pareil cas. Au contraire, cette insistance les perturbe car les familles craignent aujourd’hui pour la sécurité de Katia. », explique Farid Dekhli.

Le collectif « Victime du Subutex à Maurice » souhaite que Me. Collendavelloo se récuse de lui- même et le cas échéant que l’ambassade de France use de ses bons offices pour qu’il en soit persuadé. « Il serait temps que l’ambassade de France à Maurice prenne la vraie mesure de sa recommandation et fasse preuve d’un meilleur discernement. Nous souhaitons que le Quai d’Orsay se penche sérieusement sur cette affaire et que l’ambassade s’empresse de corriger cette erreur d’appréciation. Katia Terminet n’a rien à voir avec le réseau de trafic de Subutex et sa famille ne souhaite pas qu’elle ait le même avocat qui défend les cerveaux présumés de ce trafic », ajoute Farid Dekhli.

Par Farid De Lyon, jeudi 2 août 2012