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Et le divin ? Qu'en est-il de la manifestation du divin '? L'Hennétisme pratique c'est I'Alehimie. L'idéal de I'Hermétismeesl essentiellement et foncierement I'idéal a1chimique. Cela veut dire que plus on devient véritablement humain, plus on manifeste le divin sOlls-jacent a la nature humaine et qui est « l 'image et la ressem­ blance de Dieu ». L'idéal d 'Abstraerian invite les etres humains él se défaire de la nature humaine, él se déshumaniser. L'idéal de Transfor­ mation a1chimique de I'hermétisme offre par contre aux etres humains la voie de la réalisation de la vraie nature humaine qui est « I'image et la ressemblance de Dieu ». L'Hermétisme, c'est la ré­ humanisation de tous les éléments de la nature humaine, c'estleur retour él leur essence véritable. De méme que tout métal vil peut etre transfonné en argent et en or, de méme toutes les puissances de la nature humaine sont susceptibles de la transformation en Argent et en Or, e 'est-a-dire en ce qu 'elles sont lorsqu 'elles fon t partie de l'lmage et de la Ressemblance de Dieu.

fon t partie de l'lmage et de la Ressemblance de Dieu. Mais pour redevenir ce qu'el/es

Mais pour redevenir ce qu'el/es sont en leur essence, el/es doivent etre soumises él I'opération de la sublimation. Or cette opération c'est le crucifiement pour ce qui est vil en el/es et c'est en méme temps I'épanouissement de ce qui est leur essence véritable. La Croó: et la Rose, la Rose Croix, est le symbole de cette opération de la réalisa­ tion de I'homme véritablement humain. Ainsi l' « Empereur » du Tarot renonce-t-i1 él quotre libertés arbitraires de la nature humaine. If est, dans ce sens, crucifié. Et comme le symbole réel du vide qui s'établit a cause de la renonciation est la plaie, on peut dire que l'Empereur est celui qui a quatre plaies.

Cest par ces quatre plaies, que la manifestation de la

di vine image

et de la ressemblance de la nature humaine s'accomplit en luÍ.

Le divin de la nature humaine

Et le nivin qui la transcende ?

Pour le manifester, iI faut avoir une plaie de plus. JI faut avoir cinq plaies. Or c'est la Lame suivante « le Pape» qui nous enseignera f'Arcane de la manifestation du Divin transcendant la nature humaine au moyen de cinq plaies .

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LE

v

PAPE

f'Arcane de la manifestation du Divin transcendant la nature humaine au moyen de cinq plaies .
«LE PAPE» Al l'ero Mclchiredek, rex Salcm, pruferens panem e( l'inum, erar cnim Meemos Dei

«LE

PAPE»

Al l'ero Mclchiredek, rex Salcm,

pruferens panem e( l'inum, erar cnim Meemos Dei A Itinimi, henedixil ei,

e(

e( henedicTUs Deus excelsus (Gen . XIV, 18)

: nemo

l'en;' ad PaTrem, nisi per me (lean, XIV, 6) De cerero nemo mihi moles(us Sil :

Egu sum l'iD. e( l'erÜas

aiT : Benedic(usAhram Deo excelsu

e( 1'Í/a

egu e/lim s(igma(a Domini Jesu in corpore m('o porto

(Galates, VI, 17)

Ch~r Ami Inconnu,

La Lame « Le Pape » nous met en présenee de I 'acre de la bénédic­

tum. Il est essentiel de

IHétation aussi bien de la eontexture de la Lame enti~re que de ehaeun dc ses éléments en partieulier. Il ne fau t done jamais perdre de vue que, qlllllle que soit I'interprétation a donner, du « Pape », des aeolytes

Pape», quel

les yeux lorsqu'on se Iivre a I'inter­

I'avoir sous

IHo nouillés aupr~s de luí, des deux eolonnes derriere « le

"' lO $oit le symbolisme attaehé a la tiare et a la triple eroix qu'il tient ­

líeu de la bénédiction et des problemes qu'eIle

, 'lJllporte. Qu 'estoCe que la bénédietion ? QuelJe est sa souree e{ son

1

s'a git

en

premier

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effet ? Qui en a I'autorité ? Quel róle joue-t-elle dans la vie spirituelle de l'humanité? Or la bénédiction est plus qu'un simple vreu formulé pour autrui; elle est aussi plus qu'une empreinte magique de la pensée et de la volonté personnelles sur autrui - elle est la mise en action de la puis­ sance divine transcendant la pensée et la volonté individueUes de celui qui bénit aussi bien que de celui qui est béni. En d'autres termes, elle est un acte essenticllement sacerdotal. La Kabbale compare le róle de la prierc et de la bénédiction a un double mouvement, ascendant et descendant, semblable él la circula­ tion du sango Les prieres de 1'humanité montent vers Dieu et apres

y « avoir été divinement oxydées », elles se transforment en bénédic­

en-ba.s. C'est pourquoi 1'un des

tions qui descendent d 'en-haut vers

« acolytes » de la Lame a la main gauche levée et ('autre la main

« le Pape» symboli­

droite abaissée. Les deux colonnes bleues derriere

sent en premier Iieu, ce double courant montant et descendant - des

pricrcs et des bénédictions . En meme temps « le Pape», lui, tient élevée la triple croix du cOté de la « colonne de priere » et de 1'aco­ Iyte priant, tandis que sa main droitc est élevée du coté de la « colonne de bénédiction » et de I'acolyte recevant (ou « inspirant »)

la bénédiction - sa main fait le geste de la bénédiction .

Les deux « cotés » de la Kabbale - le cóté « droit » et le cóté « gauche » - et les dellx « colollnes » de l'Arbre séphirotique, la colonne de la Miséricorde et celle de la rigueur, aillsi que les deux colonnes du Temple de Salomon, Jakin et Boas, correspondent en tou t poin t au x colonnes de prÍ€:re et de la bénédiction de la Lame. Car c'est la Rigueur qui stimule la pricre et c'est la Miséricorde qui bénil. Le sang « bleu » veinellx de Boas monte et le sang « rouge » artériel oxydé de Jakin deseend. Le sang « rouge » porte la bénédiction vivi­ fiante de I'oxygene; le sang « hlell » débarrasse I'organisme de la

riglleur de I'acide carbonique. 11 en va de meme dans la vie spirituelle. L'asphyxie spirituelle menace celui qui ne pratique pas la priere sous une fonne que/conquc; celui qui la pratique re¡;oit. sous une forme queJconque, la bénédiction vivifiante. Les deux « colonnes » ont done une signification essentiellement prafique - spirituellement aussi pratique que celle de la respiration pour la vie de I'organisme. Or le premier enscignell1ent pratique - car les Areanes Majeurs dll Tarot sont des exerC'ices spirituels - du cinquicme Arcane porte

sur la respiratio1/ sp irit u el/e.

11 y a deux eSpCecs de respiration ; la respiration horizontale qui a Iiell entre le « dehors » et le « dedans » , et la respiration verticale

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qui a lieu entre « 1'en-haut » et « I'en-bas ». « L'aiguillon de la mort » ou la crise essentielle de I'agonie supréme est le passage brusque de la respiration horizontale a la respiration verticale. Cependant celui qui a appris la respiration verticale de son vivant, sera dégagé de cet « aiguillon de la mort ». Chez lui, le passage d 'une forme de respira­

sera pas secteur de cercle ; -.l

duelle et curviligne au lieu d'étre une ligne rompue. Or I'essence de la respiration verticale est ]'alternance de la priere et de la bénédiction ou grace. Ces deux éléments de la respiration verticale se manifestent dan s tous les domaines de la vie intérieure - la raison, le creur et la volonté . Ainsi un probleme pertinent de la raison

qui n 'est pas dü él la curiosité ou a la

bien a la soif de vérité, est au fond une priere. Et l'iIIumination dont

i1 peut etre suivi est la bénédiction ou la gráce correspondante. La souffrance véritable est elle aussi, au fond, toujours une priere, et la

consolation, paix et joie qui peuvent lui succéder sont les effets de la bénédiction ou grace qui lui correspondent. L'effort véritable de la volonté, c'est-él-dire I'effort él cent pour cent, le vrai travail, est lui aussi une priere . Lorsque c'est un travail inteIlectuel, c'est la priere ; que ton nom soit sanctifié. Lorsque c'est un travail créatif, c'est la priere : que ton regne vienne . Lorsque c'est un travail en vue de suppléer aux besoins ma tériels de la vie, c'est la priere : donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. Et toutes ces formes de prü:re dans le langage du travail ont leurs bénédictions ou graces correspondan tes. La loi de la eorrespondanee entre la eolonne de la priere (ou souf­ franees, efforts) et eelle de la bénédiction (ou iIlumination, consola­ tion, fruits) se trouve exprimée dans les béatitudes du Sermon sur la Montagne du Maitre, Les neuf (car elles sont neuf, et non huit) béati­ tudes peuvent etre comprises comme la formule de la respiration vertica/e . Elles nous l'enseignen t.

d'áme que I'apotre Paul dé signe eomme

« la liberté en Dieu ». Celle-ei est une nouvelle maniere de respirer. On respire librement le souffle divin qui est la liberté.

e !. e Seigneur e'est / 'esprit; et /a ou est l'esprit du Se;­ gneur, Id eSf /0 liberté)J. (11 Corillfhiens, 3,17).

Le correspondant spirituel él la respiration horizontale est I'alternan­ ce de « I'extraversion » et de « I'introversion » ou de I'attention él la vie cxtérieure objective et a la vie intérieure subjeetive. La loi de la respi­ ration horizontale est : « Tu aimeras ton prochain comme toi-méme ».

tion a I'autre ne

de la nature d 'un angle droit mais bien d 'un

J

La transition ne sera pas brusque .maisgra­

compilation intelJectuelle, mais

Celte

respiration est I'état

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J La transition ne sera pas brusque .maisgra­ compilation intelJectuelle, mais Celte respiration est I'état 133

Ut est I'équilibre de ces deux directions de I'attention. Quant a la respiration verticale, sa loi est : « Tu aimeras le Sei­ gneur, ton Dieu, de tout ton creur, de toute ton ame, de toute ta pen­ sée ». La est le rapport entre la priere e tIa bénédiction ou grace. 11 existe trois plans de la respiration horizon tale, tout comme iI y a

trois stades de la respiration verticale .

Les trois plans de la respiration

horizontal e sont :

I'amour de la nature, I'amour du prochain, I'amour des étres spirituels hiérarchiques (anges, etc.)

Les trois stades de la respiration verticale sont :

la purification (par le souffle divin), I'illumination (par la lumiere divine), I'union mystique (dans le feu divin).

Voila pourquoi « le Pape» tient élevée la triple croix . La triple croix a trois traverses quí divisent la Iigne verticale en trois parties .

C'est la croix de la respiration spirituelle complete et parfaite, hori­

zontale et verticale : =f. C'est la croix du triple amour du prochain (prochain inférieur - nature, prochain éga! - homme, prochain supé­ rieur - etre hiérarchique) et du triple amour de Dieu (souftle ou foi, lumiere ou espérance, feu ou amour). Elle est le « sceptre » de I'autorité du Pape de la Lame, tout comme la boule formée de la double coupe et surmontée de la croix est le sceptre de l'Empereur. De me me que l'Empereur, le gardie.n du « trone de David », représente I'humain envers le Ciel, c'est-a-dire I'image et la ressemblance divines en l'homme, de merite le Pape, le gardien de la Porte aux eolonnes de la Bénédiction et de la Prithe, représente le Divin transcendant envers I'humanité. Les deux postes, celui de l'Empereur et celui du Pape, sont deux réalités spirituelles. lis sont aussi réels que la « tete» et le « creur » le sont dans la vie de

I'individu. Le creur est le centre de Ili respiration et de la circulation

du

pensée. Et de méme qu'aucun parlement ne remplacera la réalité spirituelle du poste de l'Empereur, le « trOne de David» ne pouvant pas étre

remplacé par une collectivité, de méme aucuo concile recuméniquc ne remplacera la réalité spirituelle du poste du Pape ou le « trone de

Melchisédek, roi

prédit dans les « cercles ésotériques de l'Ocoident », soit donné 0\1

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sang; la

tete est le centre du systeme nerveux et le siege de la

de Plénitude (Salem) ». Que le « coup de canon»,

non, que le trone sacerdotal reste visible ou qu'i1 soit installé dans les catacombes, iI restera bien, n 'en déplaise aux prophetes de sa destruction, présent ajamais dans I'histoire future de 1'humanité. Car I'histoire - cornme d'ailleurs la vie de l'individu - est rythmée par le jour et la nuit . Elle a un aspect diume et un aspect nocturne. Le premier est exotérique et 1'autre ésotérique. Le silence et I'obscu­ rité de la nuit - et tout ce qui est « inconscient » ou « surconscient » dans I'étre humain appartient au domaine de la « nuit » - sont toujours gros d'événements en préparation. C'est le coté magique de I'histoire « du jour », le coté des faits et des reuvres magiques agis­ san-t derriere la fa~ade de I'histoire. C'est ainsi que lorsque I'f:vangile fu t préché au grand jour dans les pays autour de la Méditerranée, les rayons nocturnes de I'f:vangile effectuerent une transformation pro­ fonde du Bouddhisme . La, I'idéal de la Iibération individuelle par I'entrée dans I'état du Nirvana céda la place a I'idéal de la renoncia­ tion au Nirvana pour I'reuvre de la miséricorde envers 1'humanité

souffrante . L'idéal du

Mahayana, du Grand Char, eut alors son aurore

resplendissante au cíel des valeurs morales de I'Asie.

«" Le jour transmel a un autre jour la parole (11l~

- Vmer) . La nuit indique a une autre nuit la science

(nYil - Da'ath) .l> (Psaume XIX de la Bible Hébrai"que; XVIII de la Vulgate dont voici le texte latin :

« Dies diei eructat verbum et nox nocti indical scien­ tiam .l»

Voila la formule du double enseignement - par la parole du jour et

par la science de la nuit; de la double tradition - par l'enseignement verbal et par I'inspirat ion directe; de la double magie - par la parole pro­ nnncée et par le rayonnement silencieux; de la double histoire enfin .­ de 1'histoire « visible » diurne et de I'histoire « invisible » noctume . Or les postes de I'Empereur et du Pape sont des réalités en de41a

.l1lssi bien qu 'au dela du seuil qui sépare le « jour » de la « nuit

,( le Pape » de la cinquieme Lame est le gardien de ce seuil. II siege "¡llre les deux colonnes - la colonne du jour ou de la priere et la , "lonne de la nuit ou de la bénédiction . « L'Empereur » de la quatrieme Lame est le Maltre du « jour » ,' 1 le Gardien du Sang ou de la quintessence de la réalité nocturne du 11111. ( Le Pape» est le gardien de la Respiration ou de la réalité du IlIpport entre le jour et la nuiL Ce qu'il garde, c'est I'équilibre entre It, 10m et la nuit, entre I'effort humain et la grace divine. Son poste ,. (""lile sur des faits cosrniques primordiaux.

». Et

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(' Dieu sépara la lumiere d avec les ténebres. Dieu appela la lumiere jour et il appela les ténebres nuit. »

(Gen. 1,5)

dit le premier Iivre de Moi'se. Et I'acte de la séparation de I'lntelligible du Mystere signifie en meme temps I'instauration de la respiration cos­ mique qui est I'analogie de «I'espri t de Dieu se mouvan t au-dessus des eaux. » Car le souffle divin (ruah 'elohim)au-dessus de la profondeur de la paix «( les eaux » - c'est ce qui est la réalité cosmique aussi bien que psychologique du Nirvana) - est le prototype divin de la respiration. Done le « Grand Char »), le « Mahayana »du Bouddhisme s'éleva vers le souffle divin - la Miséricorde qui se meut au-dessus des eaux de la paix pré-cosmique du Nirvana, tandis que le « Petit Char », le Hina­ yana, aspire a la fin de la respiration; son but est de se noyer dans les eaux de la paix - d'entrer dans le Nirvana Ol! iI n'y a pas de mouve­ ment, ni de changement, ni de respiration . Mais le Souffle divin (ruah 'elohim) est au-dessus de I'océan de la paix nirvanique; iI le meut. Et renoncer au Nirvana, apres etre arrivé a son seuil, veut dire s'élever au-dessus du Nirvana et participer au Souffle divin qui le tra'lscende. Or I'eau primordiale pénétrée du souffle divin est I'essence du Sang; le souffle reflété par I'eau est la Lumiere; I'altemance ryth­ mique de I'absorption du souffle par I'eau et de sa réflcxion par elle, est la Respiration. La Lumiere est le JOUT, le Sang est la Nuit, ct la Respiration est la Plénitude (Salem). MELCHIS~:D¡::K, roi de Salem, Prerre du Dicu Tres-Haut (kohen Ic'clc 'elyon - 1;7'n 'na li1j), est done préposé a la Plénitude , a la Respiratiun, tandi~que le Roi Oint, gardien du « tronc de David» ou l'Empereur, cst préposé au Jour. Bien qu'i1 soit préposé au Jour, iI est oint par la Nuit et iI doit son autorité a la Nuit, et iI est le gar­ dien de la présence mystérieuse de la Nuit au JOUT -le Sango Cher Ami Inconnu, vous vous dcmandez probablement s'il cst un truisieme poste, le poste de celui qui est préposé a la Nuit ? Oui, le poste du Maltre de la Nuit (i1 est aussi nommé « Seigneur de la Nuit ») existe. Nous nous approcherons de I'ordre d'idées relatives a ce poste dan s la onzi~me Lettre consacrée au neuvieme Arcane du Tarot. 1I sumt d'indiquer ici qu'en Israel il y avait trois postes supérieurs, les postes de roi, de grand pretre et de prophere . 1I y a encore Iieu de remarquer qu'i1 s'agit de postes, et non de personnes; une seule personne peut parfois occuper deux et méme trois postes. Mais revenons au poste du Pape, qui est le sujet du cinquieme

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Arcane du Tarot. 1I se rapporte a la Respiration spirituelle, comme nous I'avons vu. C'est pourquoi le Pape représente un autre ordre de

vérité et un autre eritere de la vérité que la vérité et le eritere seien­ tifiques. Est « vrai » pour lui ce qui comporte la respiration hoT­ monk¡ue; « faux » ce qui dérange I'harmonie de la respiration spiri­ tueHe. Ainsi, le systeme héliocentrique de la science astronomique modeme est « vrai » du point de vue de la science des phénomenes,

mais il est en meme temps foncierement

la Respiration spirituelle. Le Sang versé par le Christ sur la terre est

tellement précieux qu'il a donné a la Terre une position eentrale daos I'espace des valeurs nouménales. Le cosmos géocentrique est done vrai du point de vue de la Respiration, c'est-a-dire du point de vue de la vie de priere et de bénédiction. Et le cosmos hélioeentrique, bien qu ' i1 ait le support de tous les faits du monde phénoménal, est faux paree qu'il méconnait ce qui est véritablement central - I'lncarnation du Verbe - et qu'i1la remplace par un centre situé plus ala périphérie

cen trale. JI n 'est qu 'un cen tre de I 'espace phénoménal, et

de la valeur

on eommet le péché d'idolátrie en lui attribuant le role central qui appartient a la Terre sanetifiée, done rendue centrale, par I'lnear­ nation du Verbe. Voici un autre exemple, emprunté eette fois au domaine de I'expé­ rience ésotérique. Comme nous l'avons signalé, la réineamation - les vies successives de la méme individualité humaine - est un fait d'expérience, tout t:Omme le sont les veilles suecessives des jours interrompues par le I.ommeil des nuits . Bouddha reconnaissait ce fait eomme tel, mais I'tlstimait regrettable. C'est pourquoi le but de la voie des huit stades 'IU'i1 enseignait est de mettre fm a la réineamation. Car Nirvana est la IIn des vies suceessives terrestres. Ainsi, Bouddha reconnait et nie a la fois le fait de la réincarnation. 11 le reeonnait eomme fait et le nie eomme idéal. Car les faits sont pas­ 'mf(ers; ils vont et viennent. II y eut un temps ou il n'y avait pas de

lól ncarnation; viendra le temps ou iI n'y en aura plus. La réin­ í ur uation n 'a eommeneé qu 'apres la chute et elle eessera avee la réin­

« faux » du point de vue de

I~R ration . Elle n 'est done pas éternelle et n 'est

11 Y a done deux vérités : l'une est aetuelle ou temporaire et I'autre ¡Ma lc ou étemelle. La premiere se fonde sur la logique des faits; l 'lI 11 tre sur la logú¡ue morale. Or le Psaume quatre-vingt-<J.uatrieme ('(hatre-vingt-{;inquieme de la Bible hébraique) désigne la vérité •. IlIclle i1g~ (emeth) - vérité, veritas et la vérité basée sur la logique

1Il"Jale -- i~Q (hesed), miséricorde, misericordia. Le Psaume dit :

done pas un idéal.

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11' La Miséricorde (hesed) et la Vérité (emeth) se rencontrent, La Justice (tsedek) et la Paix (schalom) s 'embrasseront; La Vérité (emeth) germe de la terre (meeretz) Et la Justice (tsedek) regarde du haut des cieux (mischamaim)>>

Voila tout le probleme de la « double vérité » - et volla la prophétie émouvante selon laquelle les deux vérités, faetuelle et morale, se reneontreront un jour et que leurs révélations dans l'homme, la justice (tsedek) et la paix (sehalom) s'embrasseront ! Mais elles ne se rencontrent que lentement, et, étant donné I'état aetuel des choses, elles se contredisent encore souvent, du moins en apparenceo e'est pourquoi St Paul pouvait djre que « la sagesse de ce monde est une folie devant Djeu » (I Corinthiens, 3, 19)0 Et c'est pourquoj aussi la

sagesse divine est souvent une folie devant ce monde 000 Or le Pape étant le gardien de la respiration spirituelle, (et la lettre i1, hé, la cinquieme lettre de I'alphahet hébrai'que a pour hiéroglyphe primitif I'haleine !), est le représentant de la logique moraleo La bénédietion et la Priere sont les deux colonnesentre lesquelles il est assiso Seul ce qui est idéal est vrai pour luio Voila pourquoi, pour lui, le mariage est indissoluble - en dépit des milliers de catastrophes matrimoniales; voila pourquoi la confession et le repentir effacent tout péché - bien que des milIiers de tribunaux ne font que punir les coupables, qu'ils se repentent ou non; voila pourquoi I'fglise est guidée par l'Esprit Saínt - bien qu'elle ait pratiqué ou toléré la pra­ tique de 1'Inquisition durant des siecles; et voilil pourquoi une seule

bien que les ámes se réin­

vie sur terre suffit pour le salut éternel -

carnent. Ainsi le Pape est toujoursau milieu dun eonflit entre la vérité idéale et la vérité actuelIe, entre la Misérieorde (hesed) et la Vérité (emeth)o Ce eonflit-ci est une plaie, la einquieme plaie, la plaie du creuroCar si I'Empereur a quatre plaies, le Pape en a cinq o Si vous eonnaissez, cher Ami Inconnu, le symbolisme de la Kabbale, vous comprendrez que la plaie dont iI s'agit esl due il I'oppo­ sition entre la quatrieme Sephirah, Hesed, la Miséricorde, et la ein­ quieme Sephirah , Gebourah, la Rigueur, de l'Arbre Séphirotique o Et que ectte plaie-la a trail a la sixieme Sephirah, Tiphereth, Beauté ou Harmonie, qui est la synthese des deux Sephiroth précédenteso Si vous avez en outre quelque notion de 1'fsotérisme chrétien, vous eomprendrez que la plaie en question est eelle du Saeré-Creur, causéc extérieurement par « un des soldats qui lui per~a le coté avec une lance, et aussitót il en sortit du sang et de 1'eau » (lean, 19,34). Et vous eomprendrez aussi que e'est la Misérieorde et la Vérité (Hesed

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et Emeth) qui en sortirent eomme sang et eauo Ces! pourquoi I'han­ géliste souligne la réalité symbolique ou le symbolisme réel du fait que

le sang et I'eau sortis de la plaie n 'étaient pas mélés et que e'est dans

de la plaie oLa plaie est

causée spirituellemenl par le eonflil entre la Miséricorde el la Vérité, entre la vérilé idéale e! la vérité aetuelIe, qui ne sont pas unies .0_ Et I'hangéliste vienl de le dire : « Celui qui I'a vu en a rendu témoignage el son lémoignage est vrai; et il saít qu'i1 di! vrai afin que vous eroyiez aussi. » I1 a done vu le fait, il sail ce qu 'jI veul dire comme symbole de la

ce fait que se trouve exprimé le sens spirituel

réalité spirituelle de la plaieo Mais nous voici en plein ésotérisme des Cinq Plaies, de I'ftoile Flamboyante, du Pentagrarnme, du Quinaire ou du nombre dnqooo L. C. DE SAINT-MARTIN dil que :

« Tant que les nombres sont unís et liés ala décade, iI

n y en a aUCUf/ qui présente I ~mage de la corruption ou de la difformité. Ce n 'est que quand on les sépare que ces caracteres se manilestent. Parmi ces nombres ainsi particularisés, que/ques-uns sont absolument mau­

vais, tels que 2 et 50 Ce sont m(me les seuls qui divisent

le dénaireo » (Des Nombres, XXI)

Selon Saint-Martin, le quinaire (quanl au binaire, nous vous ren­ voyons il la Lettre 11 ou vous trouverez une mise au poin t de 1'énoncé de Sainl-Martin conceman! la nature mauvaise du nombre Deux) est done absolument mauvais lorsqu 'il n 'est pas uni el lié a la déeade. Ainsi dit-il,

« la forme des animaux doit se porter aussi comme ser­ vant de réceptacle aux persécutions des quinaires, persécutions que nous exerc;ons nous-m(mes contre eux a I fmitation de ces mbnes quinaires » (Des Nom­

bres, XXXI)

fliphas U:VI dil eependanl que :

« Le pentagramme exprime la domination de ['esprit

sur les (4) éléments, et e 'est par ce signe qu 'en enchaí­

spectres de

I'eau et les fantómes de la terreo Armé de ce signe et cOf/venablement disposé o vous pOUIJez vair HI/fini

a travers cetle faculté qui est comme I 'a!i1 de votre áme, et vous mus Jerez servir par des légions d 'unges et

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f/e les démons de I 'air, les esprits du feu, les

des colonnes de démons » Puis : <f Cet empire de ILI volonté sur ILI lumiere astrale, qui est I'time physique des quatre éléments, est figuré en magie par le penta­ gramme, dont núus avons plLIcé ILI figure en rete de ce

Et plus loin : '" <f C'est le 24 juillet de

I 'allnée J854 que I 'auteur de ce livre, Eliphas Lél'i, fit a [,ondres I 'expérience de I 'évocation par le penta­

gramme, apres sJ' etre préparé par toutes les cérémo­

chapitre ;l

,úes qui

13) »

sont marquées dans le Rituel (Rituel, chap o

Et enDn

<f Observons seulement que I 'usage

du pentagramme est tres dangereux pour les opérateurs qui n 'en ont pas ILI complete et parfaite intelligenc:e. La direction des pointes de l'étoile n 'est pas arbitraire, et peut changer le caractere de lOute I'opération, comme nous /'expliquerons dans le Rituel » (l)ogme de la

Haute Magie, chapitre 5).

Dans le Rituel (chapitre 5) nous trouvons le résumé de la doctrine d'fliphas Ü :VI sur le pentagramme. Le voici :

<f [,e pentagramrne, qu 'on appelle dans les écoles gnos­ tiques I'étoile /1amboyante, est le signe de ILI toute­ puissance et de I'autocratie intellectuelles. »

Mais dans La Clef des Grands Mysteres , fliphas ÜVI dira :

<f [, e quinaire es( brede Dieu réuni

le nombre religieux, car e 'est le nom­ a ce/ui de la femme . »

Et plus tard encore, dans son reuvre posthume, le Grand Arc:ane ou I'Occultisme dévoilé, fliphas ÜV 1écrira :

« Les anciens rit es ont perdu lellr effic:acité , depuis que le christianisme ~ paru dans le monde. La religioll c:hr(}riellne et c:atholique , en effet, est ILI filie légitime de .Jésus, roi des Mages. Un simple scapldaire porté par /lne personne vraiment chrétienne, est lI'n ta/isman plus invincible que I 'anneau et le pentacle de Salomon. La Messe est la plus prodigieuse des évocptiol1s. Les nécromaneiens éi~'oquent les morts, le sorcier boque le diable et il tremhJle, mais le prétre catholique l/e trem­ ble pas el/ évoqufallt le Dieu .'h'ant. Les catho/iques S:euls ont des prétres paree que seuls, ils

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ont I 'autel et le sacrifiee, e 'est-a dire toufe la religioll. Exereer ILI haute Magie, e'est faire conc:urrenee au

sac:erdoce catholique, e 'est

Rome est ILI grande Thebes de I'initiation nouvelle. Elle

a pour cryptes ses eatacombes; pour falismans, ses cha­

pelets et ses médailles; pour chaine magique, ses eon­

erre un pretre dissident,

grégatiolls; pour foyers magnétiques, ses c:ouvents, pour centre d 'attractions, ses confessionaux; pour moyen

d 'expansion, ses ehaires et les mandements de ses

éveques; el/e a son pape enfin, l'HommeJJieu rendu visible. ;1

Et concIuons en citant Joséphin PJ'LADAN qui se déclare d'accord avec ce qui précede :

~ L 'Eueharistie est tout le christianisme; et par elle le christianisme est devenu ILI magie vivante. Depuis Jésus, il ya encare des sorciers , il n y a plus de mages» (L'Occulte Catholique, 1898, Livre III « Tri­ odos occulte », chapitre 11, « L'Occulte du Fils ou Thé­ urgie») .

Apres toutes ces citations, ou en sommes-nous? Nous sommes arrivés a un probh~me tres grave : celui du penta­ ramme ou quinaire mauvais et du pentagrarnme ou quinaire bono Car selon Saint-Martin - - dont la présentation nette du probleme ·.c' prcte mieux que toute autre a servir de point de départ - - le qui­ lIaire est bon C( tant que uni et lié a la décade » et iI est « absolu­

en est séparé et particularisé. En d'autres

Icnnes, le pentagrarnme comme signe de I'autorité intel/ectuelle,

n'('s t-a-dire

"'/( I'expression de la personnalité dont la volonté est unie et liée a la pl ~ J1itude de la manifestation de · 1'Unité, c'est-a-dire a la décade; et iI

la volonté de la personnalité séparée de

I ,' lI e Unité-Ia . Ou en d'autres termes encore le signe est bon lorsqu'il ~Jlfime la formule : Fiat voluntas Tua; et il est mauvai¡ lorsque la Ill IIilulc de volonté sous-jacente est : Fiat voluntas mea. Voilil le sens 111I"al et pratique de I'énoncé de Saint-Martin. i )uant aux énoncés d'fliphas LFVI et de Joséphin P~LADAN que II\lil~ vcnons de citer, i1s y ajoutent leur persuasion que c'est l'fgJise lllllvNscl\e ou Catholique qui représente pour l'humanité la décade

Il lOnt mauvais » lorsqu'i1

de la personnalité émancipée humaine, est bon lorsqu'¡¡

', 1 mallvais lorsqu 'il exprime

,1'1 tu plénitude de I'unité manifestée. Pour eux la volonté unie et lI ~r fI I'cssencc de I'fgJise s'exprime par le pentagrarnme bon, compris

141

dans le sens de Saint Martin, et la volonté purement et simplement personnelle, par le pentagra.mme mauvais. Voila pourquoi Madame BLAVATSKY aeeusait Eliphas LÉVI de politique jésuite et pourquoi les oceultistes aneiens amis de Joséphin Péladan, regrettaient sa reehute dans le sectarisme romain. Mais maintenant - et ici il ne s'agit pas de prendre parti dans la «guerre de deux roseS», ni d'aecuser ou de regretter - il s'agit du pro­ bleme de la magie personnelle arbitraire (le quinaire séparé de la déeade) et de la magie personnelle saerée (le quinaire uni et lié a la décade). Et voiei la these qlIe j'avance a l'égard de ce problcme, la these qui est le fruit de 43 années d 'expérienee dans le domaine ésotérique :

Ce n'est que le pentagramme des cinq plaies qui est le signe effi­ cace de la magie personnelle saerée, tandis que le pentagramme des

cil/q courants de la I'%nté personnclle, - et peu importe comment

les pointes de ee pentagramme sont tournées " , n'est que le signe efficace pour I'imposition de la volonté personnelle de I'opérant aux ctres plus faibles que lui · il est toujours un acte foncierement tyran­ nique . Voila la these qu'il nous faut expliquer. Un acte magique présupposc un effet dépassant le pouvoir normal de I'opérant. Ce surplus de pouvoir est fourni soit par des forces qui obéissent a I'opérant, soit par des forces empruntées par lui , soit enfin par dcs forces agissant par ropérant et auxquelles il obéit. En cas de forces qui sont soumises it ('opérant, il s'agit d'une opération de la magie que nous avons dite (Lettre IJI) « personnelle

ou arbitraire

tiative, le moycn et l"e but, se trouvent exclusivement dans Ip vouloir

et le savoir de 'la personnalité de l'opérant, Une telle opération ne peut

se servir que des fon.:es inférieures a l 'opérant. Car

pas aux anges. L'opérant y eS,t seul et agit en technicien magique sous

sa propre responsabilité et a ses risques et

aussi eette espéee de magie comme « faustienne » .

»; c 'est-it-dire d 'u.ne opération dont la source de l'ini­

on ne commande

périls . On pourrait désigner

En eas des forces empruntées par I'opérant, il s'agit d'un aete de

magie

puis5ant; elle luí « pretc» les forces dont il se sert lors de l'opération. En ce cas ropérant est aidé par des forces qui sont égales a lui, non plus inférieures, comme c'est le ' cas pour la magie « faustienne » . Le pouvoir et l'eITet y dépendent du nombre de personnes appartenant

collective . Cest la « .chaine magique » qui rend ('opérant plus

a la «chaine». On pourrait désigner eette espeee de magie comme «collective» ,

142

Dans le cas , enfin, de forees agissant par I'intermédiaire de l'opérant et auxquelles il obéit, il s'agit de meme d'une « chaine », mais d'une

chaine

horizontale et quantitative, eomme dans la magie collective, L'opérant

y est seul dans le sens horizontal, mais il ne ('est pas dans le sens verti· cal : au-dessus de lui des etres supérieurs a lui agissent avee lui et par lui. eette espece de magie présuppose le fait d'etre en rapport cons·

de I'expérienee

cient avec les etres spirituels supérieurs, c'est

rnystique et gnostique precédente. Nous avons désigné cette es~ce

« Magie sacrée », ear les forces actives

de magie (Lettre 111) comme

dans les opérations de eette magie-lit sont supérieures a ('opérant .

Ma is son nom historique est « la théurgie » . Les formules exprimant I'attitude fonciere de la volonté person­ nelle correspondant aux trois especes de magie ei-dessus seraient :

vertica/e

et qualitatiJle (hiérarchique) au lieu d'une chaine

fl-dire

Fiat voluntas mea (magie faustienne); Fiat voluntas nostra (magie colleetive); Fiat voluntas TUA (magie saerée).

Les deux premieres formes de magie -

faustienne et collective ­

se servent de la méthode dont le pentagramme des cinq eourants de la volonté personnelle et eolleetive est le signe . Elles sont basées sur c e principe que le fort domine le faible . 11 s'agit ici du pouvoir de

('ontrainte.

Quant a la troisieme foree de magie - la magie saerée, elle a pour méthode non la force de la volonté, mais bien sa pureté. Mais

pure

'Omme la volonté eomme telle n 'est jamais entierement

car ee n 'est pas la « chair »qui porte les stigmates du péehé originel, ni la pensée eomme telle, mais bien la volonté - il faut que les cinq ;ourants ténébreux inhérents a la volonté humaine, c'est-a-dire les

lIésirs d'etre grand, de prendre, de tenir, d'avancer et de se maintenir

flUX dépens d'autrui - soient paralysés ou « cloués », Les cinq plaies unt donc les cinq vacuités qui en résultent dans les cinq eourants

de la volonté . Et ees vaeuités se

, 'cst-it-dire de la volonté absolument pureo Yoila le principe de la magie du pentagramme des cinq plaies . Avant de eonsidérer la maniere dont les cinq plaies de la volonté se I'loduisent et quelle est la méthode pratique conerete de la magie du ¡lclltagramme des einq plaies, il nous faut réfléehir sur le eoncept lll ti me de « la plaie ». I.a « plaie » est une porte par laquelle le monde extérieur objectif ' uit ¡rruption a I'intérieur du systeme dos du monde intérieur subjectif.

143

remplissent de la volonté d'en haut,

En tennes bioJogiques, elle est une breche dans les murs de la for­ teresse de I'organisme par laquelle pénetrent les forces extérieures a I'organisme. Une simple lésion de la peau, par exemple, constitue une breche de cette sorte et donne, pour un certain temps, acces a I'air et tout ce qu'i1 porte a une région intérieure de I'organisme qui lui serait interdite si la peau était intacte. Or I'organe de la vue, I'reil est, comparativement a la surface du corps huma in recouverte de peau, une plaie qui peut etre couverte par une peau mobile - les paupieres. Par cette plaie, le monde exté­ rieur objectif pénetre dans notre vie intérieure avec d'autant plus d'intensité que la vue révele plus du monde extérieur que le toucher. Les paupicres fermées, la place Ol! avait Iieu I'expérience du monde nommée « la vue » redevient I'expérience réduite du monde - nor­

male pourtant pour la surface entiere du corps - comme « le toucher

que nous désignons

».

Les yeux sont des blessures ouvertes,qui sont tellement sensibles, qu'elIes sou!!rellt (c'est-a-dire réagissent a) de toute nuance de lumicre, de toute couleur. Et iI en est de meme pour les autres organes des sens. lis sont des plaies, ils nous imposent la réalité objective du monde extérieur. La Ol! je voudrais voir de belles fleurs, mon reil me fait voir un tas de fumier. le suis forcé de voir ce que le monde objec­ tif me montre par la voie de mon rei\. 11 est comme un clou venu de I'extérieurclouer ma volonté. Les sens - en tant qu 'ils sont sains et fonctionnent nonnalement ­ sont des plaies par lesquelles le monde objectif, sans égard a notre volonté, s'impose a nous. Mais les sens sont des organes de perception . non d'action. Ima­ ginez que les cinq organes d'action ~ les membres, y compris la tete dans sa fonction de membre - aient des plaies analogues. C'est-a-dire que les cinq courants de la volonté qu'ils expriment donnent acces

a une volol/té objective qui serait aux désirs personnels ce que sont les perceptions des sens au jeu de la fantaisie .

Voila le concept ésotérique de la plaie . Et ce concept peut devenir réalité spirituelle, puis psychique - et me me physique enfin chez quelques-uns . Les stigmatiques - depuis Saint Francois D'ASSISI':

jusqu'a Padre PIO en Italle et Thérese NEUMANN en Allemagne de nos jours - sont des personnes chez qui la réalité des cinq plaies

a atteint le · plan physique. Ce sont des organes !uturs de la

en formation - les organes d'action dont l'ensemble a pour signe le pentagrarnme sacré, le quinaire uni et lié a la plénitude de la décade, selon Saint-Martin.

volonté

144

11 fati t encare préciser que les cinq plaies qui correspondent aux • IIlq ~ourants ténébreux de la volonté -les désirs de grandeur person­ 111, 111" de prendre. de tenir, d'avancer et de se maintenir aux dépens tI 'n lltl1li - , qui correspondent a leur tour aux cinq membres (y com­ I'ri ', la tete en tant que membre). ne sont pas toutes situées aux mem­ I,r,'~ correspondants. Le désir de prendre ou de s'emparer des choses ,1'. 1 en effet c10ué a la main droite; de meme le désir de garder ou 111' ICllir, a la main gauche; il en est de me me quant aux désirs d 'avancer ,.¡ de se maintenir aux dépens d'autrui, qui correspondent respective­ IrIl'lIt aux pieds droit et gauche - mais cela n 'est pas le cas en ce qui

I ollcerne le désir de grandeur personnelle et la tete . La tete ne porte I':r~ la cinquieme plaie et cela pour deux raisons : prernierement, parce '11I'L'lIe porte « la couronne d'épines » (dont nous avons tenté de tlollner une explication dans la Lettre IV) qui est portée, en principe, I'llI' toute personne capable de pensée objective, la « couronne tI'épines » étant donnée a I'étre humain des le commencement de I'histoire hurnaine, Elle est cet organe subtil que I'on désigne chez 1I0US, en Occident, comme (f le lotus ahuit pétales » et que I'on dési­ f:nc en Jnde comme (f le lotus aux mil/e pétales» ouSahasrára (centre I·monal). Ce centre coronal est un don quasi naturel achaque etre humain et toute personne normale le possede. Les « épines » du Cl:ntre coronal fonctionnent comme des « c10us » d'objectivité, qui fo nt la conscience (dans le sens du mot anglais « conscience » ou du mot a1lemand « Gewissen », ou « sovest » en russe) de la pensée. C'est /<Iriice a elles que la pensée n'est pas deverfue tout a fait émancipée et aussi arbitraire que 1'est, par exemple , I'imagination. La pensée comme l elle est quand meme I'organe de la vérité, et non de l'iIIusion . Ainsi, ce n 'est pas la pensée comme telle qui comporte le désir de grandeur personnelle ou la tendance vers la mégalomanie, mais hien la volonté qui se sert de la tete et qui peut s'emparer de la pensée et la réduire au role d'instrumep.t. Et ceci constitue la deuxieme raison pour laqueIle la cinquieme plaie - celle de l'humilité organique rempla«ant le courant de la volonté-de-grandeur - ne se trouve pas i'.l la tete, mais bien au creur (elle atteint le creur du coté droit) . Car c'est la que la volonté-de~randeur prend son origine et c'est de la qu'elle s'empare de la tete et en fait son instrument oC'est pourquoi maints penseurs et savants veulent penser « sans creur » pour étre objectifs - ce qui est une iIIusion, car on ne peut point penser sans creur, le creur étant le principe moteur de la pensée; il est seulement possible de penser avec un creur humble et chaud ou bien avec un creur prétentieux et froid.

145

il est seulement possible de penser avec un creur humble et chaud ou bien avec un

Or la cinquieme plaie (qui est en fait premiere par son importance) est celle du creur et non de la tete, la tete étant du point de vue de la volonté active un instrument ou « membre » du creur. Tournons-nous main tenant vers la question concernant l'origine des cinq plaies : Comment se produisent-elles et quelle est la méthode concrete pratique de la magie du pentagramme sacré des cinq plaies ? Comment acquiert-on les cinq plaies? 11 n'existe qu'une seule méthode, qu'un seul moyen d'yaboutir. Peu importe que ce soit en pie in e connaissance de cause, ou instinc­ tivement; tout ésotériste, tout mystique, tout idéaliste, tout spiritua­ liste, tout homme de bonne volonté enftn, en fait usag~ en Europe comme en Asie, aujourd'hui comme il y a vingt siecles. Cette méthode universelle de tous les ages et de toutes les hautes cultures, n'est rien d'autre que la pratique des trois vreux traditionnels, a savoir de

l'obéissance, de la pauvreté et de la chasteté.

L 'obéissance cloue la volonté-de-grandeur du creur; la pauvreté cloue les désirs de prendre et de garder de la main droite et de la main gauche; la chasteté cloue les désirs du « chasseur» nemrodique

- d'avancer et de se maintenir aux dépens d'autrui, ou, en d'autres

termes, de chasser et d'attraper le gibier - du pied droit et du pied gauche. Le vreu d'obéisS/1/1ce est la pratique du silence des désirs, des émo­ tions et de l'imagination personnels en face de la conscience et de la raison; c'est la primauté de I'idéal sur l'apparent,de la nation sur le personnel, de l' humanité sur la nation, de Oieu sur I'humanité . Elle est la vie de l'ordre hiérarchique cosmique et humain; elle est le sens et la justification de l'existence des Séraphins, des Chérubins et des Trones; des Oominations, des Vertus et des Puissances; des Principautés, des Archanges, et des Anges; des Pretres, des Chevaliers et des Ouvriers . L'obéissance c'est l'ordre - c'est la loi in ternationale , c'est l'Etat, c'est l'Eglise, c'est la paix universelle. La vraie obéissance est le contraire meme de la tyrannie et de l'esclavage, puisque sa racine est l'amour dont découlent la foi et laconfiance . Ce qui est en-haut sert ce qui est en bas, et ce qui est en-bas obéit a ce qui est en-hau t. L'obéissance, c 'est la conclusion pratique de la reconnaissance de l'existence de quelque chose de supérieur a soi-meme. Quic<;>nque reconnait Oieu, obéit. L'obéissance telle qu 'elle est pratiquée dans les ordres religieux et

la chevaleriespirituelle catholique, est une forme de l'entrainement

- tres efficace d'ailleurs - de la volonté en vue de faire clouer la

volonté-de-grandeur. L'obéissance que le chela doit au gourou en Inde et au Tibet poursuit, en principe, le meme but. Cela est vrai aussi bien

146

hassidim doivent a leurs tzadekirn

dans les communautés juives hassides; de me me que l'obéissance sans

réserve

Russie orthodoxe prébolchevique. La formule universelle de l'obéis­ sance est : Fiat Voluntas toa. Le vreu de pauvreté, c'est la pratique du vide intérieur qui s'établit

en conséquence du silence des désirs, des émotions et de l'imagina­

la part des disciples des Startzy (Maitres spirituels) en

de l'obéissance absolue que

les

de

tion personnelles afin que l'ame soit capable de recevoir la révéla­ tion du verbe , de la vie et de la lumiere d'en-haut. La pauvreté, c'est la veille et l'attente perpétuelles actives en face des sourees étemelles

de la créativité; c'est l'ame prete a ce qui est nouveau et inattendu;

e'est l'aptitude a apprendre toujours et partout; c'est la « conditio

sine qua non » de toute illumination, de toute révélation et de toute initiation.

a merveille le sens pratique

Voici un petit conte

qui fait ressortir

spirituel de la pauvreté . Quatre freres se mirent jadis en route pour chercher le plus grand (résor. Apres une semaine de voyage , ils arriverent a une montagne

de minerai de fer. « Une montagne entiere de minerai de fer ! »

s'écria run des quatre, « Voila le trésor que nous avons trouvé ! » - Mais les trois au tres diren t : « Ce n 'est pas le plus grand trésor, » e( continucrent leur marche, tandis que leur frere resta pres de la mon­ lagne de fer. 11 était riche maintenant et eux, ils étaient aussi pauvres qu'allparavant. Un mois plus tard, ils arrivcrent a un champ parsemé

dc pierres verdatres et jaumitres. « Cest du cuivre ! » s'écria un des

(rois freres. « Cest bien le trésor que nous cherchons ! » Mais les

Jeux autres

propriétaire d'une mine de cuivre, tandis que les deux autres conti­

nuerent leur chemin. pauvres qu'ils étaient. Apres un an ils arriverent a une vallée pleine de pierres jetant une

lucur blanchatre . « De I'argent ! » s'écria un des deux fn:res. « Voici

cnfin

d continua son chemin, tandis que son frere resta en riche proprié­ laire d'une mine d'argent. Sept ans plus tard, le demier arriva a une place pierreuse dans un d é sert aride. 11 s'assit a demi-mort de fatigue. C'est alors qu'il s'aper­ ¡;ut que les eailloux sous ses pieds brillaient. C'était de I'or . Le veeu de chasteté signifie la mise en pratiqlle de la résolution 11 <.: vivre selon la loi solaire, sans cupidité et sans indifférence. Car la Vl'rlU est clll1uyellse et le viee est dégoütant. Mais ce qui n'est ni l"I\IIuyeux ni dégoütant, e'est ce qui vient du fond du ereur. Le fond

ne furent pas de son avis . Ainsi, il resta la, devenu riche

le trésor que nous cherchons ! » Mais l'autre frere secoua la tete

147

du creur c'est I'arnour. Le creur ne vit que lorsqu'il aime. 11 est a10rs pareil au soleil. Et la chasteté est l'état de I'étre humain ou le creur, devenu solaire, est le cen tre de gravité. En d'autres termes, la chasteté est l'état de l'étre humain ou le centre nommé dans l'ésotérisme occidental ~ le lotus iJ douze pétales ~ (Anahata - en Inde) est éveillé et devient le soleil du « sys­ teme planétaire »fiÚcrocosnúque. Les trois lotus situés au-dessous de lui (a dix pétales, a six pétales et a quatre pétales) commencent alors a fonctionner en harmonie avec la vie du creur (Iotus a douze pétales), c'est-a-dire « selon la loi solaire ». Lorsqu'ils le font, la per­ sonne est chaste, et peu importe qu'elle soit célibataire ou mariée. Ainsi il y a des vierges qui sont mariées et meres et il y a des vierges physiques qui ne le son t pas en réalité. L'idéal de la Vierge-Mere que l'Eglise traditionnelle (catholique ct orthodoxe) propose, est vraiment adorable. C'est I'idéal de la chasteté qui triomphe de la stérilité et de l'indifférence. La pratique de la chasteté ne concerne pas seulement le domaine du sexe. Elle porte également sur tous les autres domaines ou le choix est possible entre la loi solaire et toutes sortes d'ivresses obscurcissantes . Ainsi, par exemple, tout fanatisme est un péché contre la chasteté car on y est emporté par un courant ténébreux. La révolution franc;aise fut une orgie d'ivresse collective perverse, tout comme fut la révolution en Russie. Le nationalisme - tell'Allemagne d'Hitler - est de méme une forme d'ivresse noyant la conscience du creur et donc incompa­ tible avec l'idéal de chasteté. 11 est aussi des formes d'occultisme pratique qui se prétent a la poursuite d'une ivresse malsaine. Ainsi Joséphin PI::LADAN avoue :

~ le ne le cele pas; nous avons tous été séduits d 'abord par l'esthétique de rOce'ulte; et épris de pittoresque et d'étrange, on a souscrit a des amusements de femme nerveuse; on a cherché le frissof!, - le frisson de l'inl'i­ sible et de l'au.aela - on a demandé une sensation iJ

[,incorporel;¡> (L'Occulte catholique, Livre IIl,chap.1I « L'Occulte du fils ou Théurgie ») .

La pratique de la chasteté cloue les penchants de chasseur de l'étre humain dont le coté male incline a poursuivre le gibier et le coté féminin a lui tendre des pieges. La pratique de pauvreté cloue les

penchants de

saisir et le coté féminin a garder indéfiniment au lieu d'attendre le

don libre ou le fruit mérité du travail. La pratique de l'obéissance

148

voleur de l'étre humain dont le coté male incline a

enfin cloue la volonté-de~randeur ou les penchants de l'usurpateur de la nature humaine dont le cóté m31e est enclin a s'estirner grand

a ses propres yeux et le cóté féminin a se faire estirner tel aux yeux

d'autrui. Ces trois « vreux » constituent donc la seule méthode connue et indispensable qui conduit aux « cinq plaies », c'est-a-dire au penta­ gramme efficace de la Magie Sacrée. 11 faut préciser qu'il ne s'agit pas la des vertus d'humilité, de pauvreté et de chasteté entierement réalisées, - car nul homme de chair ne peut posséder totalement

ces vertus - mais bien de leur pratique, c'est-a-dire des efforts sinceres visant a leur réalisation. Ce sont ces efforts-Ia qui comptent. Telle est la réponse a la question : Comment acquiert-on les cinq plaies ? Voici maintenant la réponse a l'autre question : Comment opere la -magie du pentagramme sacré des cinq plaies ? Comme nous I'avons signalé plus haut, c'est la pureté de la volonté

et no'n sa force qui constitue la base de la magie du pentagramme sacré

des cinq plaies. En cela elle correspond a la magie divine qui ne force pas mais établit (ou rétablit) la liberté de choix par la présence du

vrai, du beau et du bien. Or, dans la magie du pentagramme sacré des cinq plaies, il s'agit d'accomplir la présence vive du bien aupres de la conscience du sujet de I'opération. Car le bien ne combat pas le mal;

il ne lutte pas contre lui - il est simplement présent ou il ne I'est paso

Sa victoire consiste en ce qu'i1 réussit a étre présent, sa défaite en ce qu'il est forcé d'étre absent. Et ce sont les cinq plaies qui assurent

la présence du bien - c'est-a-dire de la volonté pure d'en-haut. Voici un épisode qui se trouve dans les Considérations sur les

Stigmates de Saint Fran~ois (Cinquieme Considération) et qui peut

servir de clef au probleme qui

Un frere franciscain prolongea sa priere pendant huit ans apres

la mort de Saint Fran'1ois, pour que les paroles secretes que le Séra­

phin avait dites a Saint Franc;oís quand iI luí donna les stigmates, lui soient révélées. Or un jour, Saint Franc;ois lui apparut ainsi qu'a sept autres freres et se tournant vers lui, parla ainsi :

1: Sache, n/on tres cher frere, que, lorsque jetais sur le mont Alverne, tout absorbé dans le souvenir de la Passion du Christ, je fus, en cette apparition du Séra­ phin, stigmatisé ail/si dans mon corps par le Christ, et

nous occupe .

t 'ai fail ? le

t 'ai donné les empreintes de ma Passion, a/in que tu sois mon gonfalol/ier. Et, comme au jour de ma mort, je descendis aux Limbes et que, toutes les ames que j'y

149

le Christ me dit alors " ~ Sais-tu ce que je

trouvais, je les en retirai, par la vertu de mes Stigmates et les conduisis au paradis, ainsi je t 'accorde des ti pré­ sent, pour que tu me sois conforme dans la mort comme tu l'as été dans la vie, qu 'apres que tu auras quitté cette vie, tu ailles chaque année au jour de ta mort au purgatoire, et que, toutes les ámes de tes trois

des Sceurs et des

Ordres, c 'est.a-dire des Mineurs,

Continents, et, en plus de cel/es-lti, cel/es de tes déIJots que tu y trouveras, tu les en retires, par la vertu de tes Stigmates que je t 'ai donnés, et tu les conduiras au paradis Al. Et ces paroles, je /le les ai jamais dites, tant que je vivais dal/s le mOl/de. »

Cela dit, Saint Fran<;ois

disparo t su bitement. De

nombreux' freres

entendirent ensuite ce récit de la bouche de ces huit f[(hes qui étaient présents a cette vision et avaient entendu les paroles de Saint Fran­ <;ois. Et « Frater Jacobus Blancus lector Romanus praedicavit hoc et dixit se audisse ab uno fratre de supradictis octo » - ajoute le manus­ crit de Saint-Isidore, décrit par Paul SARATIFR , ala fin du récit. Analysons maintenant le récit du point de vue de la magie du

pentagramme sacré des cinq plaies. II y a lieu de noter de prime abord que les Stigmates donnés a Saint Fran'íois sont de nature corporelle aussi bien que spirituelle, car leur vertu (c'est-a-dire leur puissance magique) continue apres sa mort. 11 y a aussi lieu de signaler que la vertu des Stigmates du Christ lui­ meme aussi bien que de Saint Fran~ois se révele en ce qu'elle peut retirer les ames des Limbes et du purgatoire et les conduire au para­ dis, Signalons enfin que le récit est bien formel en ce qui concerne l'énoncé selon lequel ce n'est que par la vertu de ses Stigmates que Jésus-Christ avant sa résurrection retira les ames des Umbes et les conduisit au paradis, et selon lequel ce n'est que par la vertu de ses Stigmates que Saint Fran<;ois, lui aussi, retirera du purgatoire chaque année au jour de sa mort toutes les ames qui sont liées a lui par un Iien spirituel et les conduira au paradis .

les termes « Limbes », « Purgatoire » et « Para­

dis » dans leur sens étendu analogique et vous aurel. la formule nette et précise de I'opération de la magie du pentagrarnme sacré des cinq plaies : elle effectue le changement de I'état naturel (( Limbes ») et I'état humain de souffrance (( Purgatoire ») en celui de la béatitude de I'état divin (( Paradis »). L'opération de la magie du pentagramme sacré des cinq plaies consiste donc a transformer l'état natureI en état humain et ce dernier en état divino C'est I'reuvre de l'Alchimie spiri-

ISO

Prenez maintenant

tuelle de la transmutation du Naturel (<< Limbes ») et de I'Humain (( Purgatoire ») en Divin «( Paradis »), selon la division trinitaire tra­ ditionnelle - Nature, Homme et Dieu. Considérons maintenant de plus pres le sens pratique des termes

« Limbes», «Purgatoire »et « Paradis» en tant que stades de I'reuvre de transmutation - ou libération - de la magie du pentragramme sacré des cinq plaies. Leur sens pratique n 'est pas celui de I'espace, des « places », mais bien celui de I'état de I'étre humain corporel, animique et spirituel. Lorsque nous le comprenons ainsi, nous découvrons aisément que les trois -états nous sont connus par expérience et que cette expé­ rience-Ia nous fournit les clefs d 'ana/ogie qui permettent de com­ prendre les idées de « Limbes », « Purgatoire » et « Paradis » cornme telles, c'est-a-dire sur tous les plans et sur toute I'échelle psycholo­ gique, métaphysique et théologique de leurs applications. Chacun de nous a eu I'expérience de I'état harmonieux de la bonne santé accompagnée de I'insouciance de I'ame et du calme de l'esprit. C'est ce que I'on appelle « joie de vivre » pure et simple. S'il n'y avait pas de malaises, de chagrins et de problemes graves, ce serait notre état naturel permanent. C'est ce que la nature, en tant que vierge et non-déchue, nous offre et dont nous pourrions jouir constarnment s'jJ n'y avait dans la nature des éléments déchus, des ma­ ladies et des péchés, et en nous-memes des chagrins, des craintes et des remords, - et si surtout la vie entiere n'était pas le champ ou la mort moissonne sans cesse. Nous avons néanmoins de temps en temps des moments, des heures, peut-étre meme des jours entiers, d 'expé­ rience de la joie de vivre naturelle, sans chagrins ni soucis. Et cette expérience-Ia nous fournit l'analogie qui permet de comprendre ce

de

qu'est le sens des « I.,.imbes ». Les Limbes, c'est I'état naturel

santé physique et psychique que la nature - en dehors et en dedans

de nous - nous peut offrir elle-meme sans le concours de la grace sumaturelle ou divine. Les Limbes, c'est la partie vierge de la nature

selon la doctrine traditionnelle « natura

qui connaissent la BHAGA VATGIT A,

vulnerata non deleta ». Ceux

ou se sont occupés en général de la tradition hindoue, reconnaitront aisément dans I'état désigné par le terme « Limbes » I'état ou « gúna » de la Nature (Prakriti) que I'on appelle Sattva en Jnde, les deux autres étant tarnas et rajas. En ce qui concerne I'expérience relative au « Purgatoire » elle est con­ stituée de toute souffrance purgeante - physique, animique et spiri­ tuelle. C'est la souffrance corporelle, morale et intellectuelle qui est

1Sl

- extérieure et humaine -

notre état intermédiaire entre I'expérience de I'innocence naturelle des Limbes et les moments de joie céleste Ol! les rayons de para­

dis nous atteignent. Nous éprouvons ici-bas déja l'avant-gout du Purgatoire et du Para­ dis. Nous souffrons et nous recevons des consolations du Ciel. C'est la vie humaine que la joie innocente naturelle, et sa perte vient par le péché; il en résulte la souffrance et les rayons de bénédic- . tion du Ciel qui nous consolent. Voila notre vie . Elle consiste a éprouver la réalité des Limbes, du Purgatoire et du Paradis . Or la magie du pentagramme sacré des cinq plaies « retire les ames des Limbes et du Purgatoire et les conduit au Paradis ». Cela veut dire qu'elle rend le Ciel présent aux Limbes et au Purgatoire, qu'elle le fait descendre dans le domaine de la nature innocente et souffrante. Ce qui, a son tour, veut dire qu'elle introduit le surna­ turel dans le naturel, guérit les maJadies, illumine les consciences et les fait participer a la vie spirituelle. Le « Purgatoire » comprend toute maJadie et toute souffrance. « En retirer » signifie en libérer, c'est-a-dire guérir, illuminer, unir.

La magie des cinq plaies opere

par la présence de la réaJité du

monde spirituel surhumain au moyen des plaies et accomplit la transmutation des états « des Limbes » et « du Purgatoire » en I'état de l'union au Divin ou « Paradis ». Quant au cóté rituel ou « techni­ que» de la magie du pentagramme sacré des cinq plaies,il se trouve esquissé dans la troisieme Lettre relative a l' Arcane « L'Impéra­ trice» . Le quinaire « uni et lié a la décade » dont parle Saint-Martin, est donc le quinaire ou pentagramme des cinq plaies. L'autre quinaire, que Saint-Martin qualifie comme « absolument mauvais », est séparé de la décade, c'est-a-dire des cinq courants (ou « membres ») de la volonté humaine doués des cinq plaies (ou lettres du nom : i1'~iP - mSCHUH, Jesus - comme il est accepté symboliquement par KHUNRATH, KIRCHER, SAINT-MARTIN et d'autres, bien qu'en hébreu le nom de Jésus s'écrive : Y'~iP) - et de la volonté divine. Mais je ne dirais pas aussi radicalement que ne le fait Saint-Martin que le quinaire séparé de la décade est absolument mauvais. 11 est pru­ tót arbitraire et n 'est mauvais qu'en tant que la personnalité humaine émancipée du Divin et du naturel est mauvaise. En tout cas le pentagrarnme, autre que celui des cinq plaies, n'est pas le signe de la « magie noire », mais bien de la magie arbitraire ou « grise », si vous voulez. Car il est le signe de la puissance de la person­ naJité comme telle - qui est inévitablement un mélange du bien

152

et du mal, meme lorsqu'elle agit avec les meilleures intentions du monde. OswaJd WIRTH dit a ce propos :

«: La Magie

signe, qui ne confére par /ui-meme aucun pOUIlOir. La

Il%nté indilliduelle i1 'est puissante que dans la mesure ou elle concorde allec un pouvoir plus généra/ _ Ne cherchons pas iJ déve/opper la V%nté artificiellement

Ilu/gairc s 'illusionne sur la puissance de ce

et iJ nous transformer en ath/étes volitifs p. 123).

, (Le Tarot,

Quant aux deux formes du pentagrarnme - la pointe en haut ou en bas -, elles ne correspondent point (quoique les mages tradition­ neis, par exemple ~liphas LEVI, l'enseignent) a la division de la magie en « Magie blanche » et « Magie noire » _Vous pouvez bien dessiner

une tete de

bouc (comme le fait f:liphas Lévi) dans le « pentagramme

renversé », il ne deviendra pas pour cela le signe de la magie noire. Les deux formes du pentagramme ont trait a I'électricité humaine (c'est­

a-dire l'électricité de l'organisme humain accompagnant les mouve­

ments de la volonté) de la tete ou des jambes qui n'ont rien a voir

deux cas, avec la seule

avec les comes . C'est la meme électricité dans les

différence qu'en cas de pentagramme avec la pointe toumée en haut, e'est la volonté de l'intelIect qui meut les courants électriques tandis

qu'en cas du pentagramme avec la pointe toumée en bas, c'est I'intel­

lect de la volonté qui le fait. Les deux póles de la volonté peuvent éga­ lement servir le bien et le mal - bien qu'en fait tous les deux représen­ tent un mélange de deux principes. Il est pourtant vrai que la raison et la conscience ont plus de chances de se faire vaJoir a l'opération,

si

le signe du pentagramme a la pointe tournée vers le haut que

s'il est tourné vers le bas, mais tout dépend ici de l'état intellec­

IIJel et moral de l'opérant. Une intellectualité perverse fera certaine­ mcnt un pire emploi du pentagrarnme droit qu'une volonté saine

mue

du pentagramme renversé .

N'ayons donc pas peur du pentagramme renversé et ne comptons pas trop sur le pentagramme droit. Mais retoumons au quinaire lié et uni a la plénitude de la décade, c'cst·f¡·dire au pentagramme sacré des cinq plaies. Considérons-le

tllaintenant, non pas comme une affaire individuelle, mais bien comme ec lle de l'humanité entiere .

- 's l aIJ fond I'opération d'un nombre limité de formules et de signes

153

par

une

bonne

intention

le

fera

Or

l'histoire de

l'humanité

vue de

son coté « nocturne »

­

et de signes 153 par une bonne intention le fera Or l'histoire de l'humanité vue de

magiques . Quoique vous fassiez, vous vous placez sous I'égide d'une telle formule et d'un tel signe . La Croix, le Pentagramme et I'Hexa­ gramme sont .des signes et des formules qui operent dans l'histoire de l'humanité. La Croix, c'est le vreu et la vertu de l'Obéissance, c'est-a-dire le signe et la formule de la Foi cornme respiration horizon­ tale humaine et verticale divine, unies ensemble. Le Pentagramme, c'est I'initiative, c'est l'effort et le travail, c'est­ a-dire le vreu et la vertu de Pauvreté - ou le signe et la formule de I'Espérance comme I'effet de la présence de la lumíere divine ici-bas . L' Hexagramme, c'est le vreu et la vertu de Chasteté, c'est-a-díre le signe et la fonnule de I'Amour cornme unité du Pere, du Fils et du Saint-Esprit, et de la Mere, de la Filie et de la Sainte-Áme. L'histoire spirituelle de l'humanité, c'est son chenñn de la Croix

Pentagramme et par le Pentagramme vers I'Hexagramme , ce

qui veut dire qu'elle est l'école de l'obéissance, de la pauvreté et de la chasteté et elle est , en meme temps lbpération magique divine Ol! l'Amour est atteint par la Foi au moyen de l'Espérance. La Moyen Áge a érigé la Croix au-dessus des nations, sociétés, aspi­ rations et pensées de I'Europe . C'était I'époque de I'obéissance et de la Foi - accompagnée de tous leurs abus humains imaginables. Elle fut suivie par une époque Ol! l'aurore de l' Espérance se faisait sentir.

L'Humanisme avec la floraison des arts, de la philosophie et des sciences est né sous le signe de I'Espérance. Le signe du Pentagram­ me amor~a son mouvement ascendant. C'est alors que naquit I'opposi­ tion du pentagramme sacré des cinq plaies et du pentagramme de la personnalité émancipée. Un art, une science et une magie pure­ ment humanistes se développerent sous le signe du pentagrarnme de l'Espérance en I'hornme, opposé au signe du pentagramme

de l'Espérance en Oieu, le pentagramme sacré des cinq plaies, sous le signe duquel se développa I'ésotérisme - la mystique, gnose , magie

vers le

sacrée et hermétisme

- L'impulsion de la liberté - de I'espérance en l'homme émancipé ­

chrétien .

a beaucoup créé et beaucoup détruit. Elle a créé une civilisation maté­

rielle sans pareille, mais elle a détruit en meme temps l'ordre hiérar­ chique - I'ordre de I'obéissance spirituelle. Une série de révolutions·

religieuses, politiques et sociales en résulta . Mais I'ordre hiérarchique est étemel et I'obéissance est indispen­ sable . Or on se mit a établir des ordres hiérarchiques nouveaux et

a remplacer 1'0béissance par des tyrannies et des dictatures . Celui qui seme le vent moissonnera la tempete - voila une vérité que nous

l54

apprenons ave e tant de souffrance aujourd ' hui . Le pentagramme de I' espérance en I'homme émancipé avait semé autrefois le vent - et nous autres contemporains moissonnons maintenant la tempete. Or, le poste du Pape dan s I'histoire spirituelle de I'humanité est celui du gardien du pentagramme sacré des cinq plaies, c'est-a-dire de la seule voie légitime de passage de la Croix au Pentagramme et du Pentagramme a I'Héxagramme. La fonction du poste spirituel du Pape est de veiller a ce que ce ne soít qu'une fois la Croix acceptée que le Pentagramme amorce son mouvement ascendant et que ce ne soit qu'une fois accepté le Pentagramme sacré des cinq plaies qu'ait lieu le lever de I'Hexagramme . La mission du poste de Pape est de veiller a ce que l'Obéissance, la Pauvreté et la Chasteté spirituelles

- libres et saintes - ne disparaissent pas du monde et qu 'il y ait tou­

jours au monde des gens qui les embrassent et les représentent. Car la

pratique de ces trois vreux constitue la conditíon préliminaire de la Foi vive, de I'Espérance lumineuse et de I'Amour ardent - c'est-a-dire de la respiratíon spirituelle de I'humanité. L'humanité suffoquerait

spirituellement sans Foi, Espérance et Amour ou Charité. Et elle en serait privée si cessait la pratique de l'Obéissance, de la Pauvreté et de la Chasteté spirituelles - libres et saintes. Le poste de Pape ou le Saint Siege est une fonnule de la magie divine - tout comme le poste d'Empereur - dans I'histoíre de I'humanité. C'est ce que signifie le tenne ésotérique de « Pierre ».

terme désignant, dans l' Ancien et dans le Nou­

veau Testament, le statut divin immuable ou fonnule de la magie divine. C'est pourquoi le poste de Pape fut instauré en qualité de « Pierre » :

« La

pierre

» est

le

« Et moi, je te dis que t1/ es Pierre, et que sur cette

que les portes de l 'enfer

Pierre je batirai n/un Église,

et

l/e prbaudront puil/t cOl/tre elle » (Matthieu, XVI, 18)

Les cinq « portes de I'enfer » - la volonté-de-grandeur, les désirs de prendre et de garder, les désirs d'avancer et de maintenir aux dépens d'autrui - qui sont la contre-fonnule, ne prévaudront point rontre la fonnule des cinq plaies. Et ces plaies sont « les clefs du royaume des cieux ».

La puissance magique de ces clés est telle que ce qui sera lié par leur vertu sur la terre sera lié dans les cieux et ce qui sera dé lié par

leur vertu sur la terre sera délié dans les ciellx .

hallt est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en hau t. Et lorsque la désobéissance, la cupidité et I'impudicité

Car ce qui est en

l55

prévalent sur la terrc de sorte qu'iJ n'en est plus ainsi - a10rs c'est la vertu des c1efs ou des plaies sacrees qui pourra rétablir I'unité de ce

4ui est en haut et de ce qui est en bas, c'est-¡¡-dire « fiel»

et « délier »,

par un

Que ce qui est en haut soit comme ce qui est en bas et que ce qui

est en bas soit comme ce qui est en haut.

acte qui , mis en paroles, aurait la teneur que voici :

L'idée de la hiérarchie de l'Empereur peut etrc présentée :

¿

L'idée de la hiérarchie dU Pape 'peut etre présentée:

Col> f,¡I<"rembl"

%

W

156

VI

L'AMOUREUX

dU Pape 'peut etre présentée: Col> f,¡I<"rembl" % W 156 V I L ' A M