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Circulaire DRT N° 94-14 du 22 novembre 1994 relative à l'emballage et

l'étiquetage des substances et préparations chimiques ainsi qu'à la fiche de


données de sécurité (FDS)

(BO min. Trav. n° 95/1 du 20 janvier 1995)

(…)

Définition et contenu de la la fiche de données de sécurité

La fiche de données de sécurité doit comporter les renseignements nécessaires à la prévention et à la


sécurité lors de l'utilisation d'un produit dangereux.
Conformément aux dispositions constitutionnelles et législatives, toutes les indications figurant sur la
fiche de données de sécurité doivent être rédigées en français. Cette prescription est d'ailleurs reprise
dans l'arrêté du 5 janvier 1993 fixant les modalités d'élaboration et de transmission des fiches de
données de sécurité (art. 2).
Dans le cas de produits importés par exemple, il appartient à l'importateur, même s'il en est
l'utilisateur, de veiller à ce que la fiche de données de sécurité, quand elle existe, soit traduite en
français, ou bien à disposer des éléments nécessaires à sa rédaction, notamment la composition en
substances dangereuses, tels que prévus par l'arrêté du 5 janvier 1993.
Les renseignements inclus dans cette fiche sont désormais répartis dans seize rubriques, dont le
contenu est détaillé dans l'annexe de l'arrêté du 5 janvier 1993. Celles-ci doivent permettre d'identifier
le produit incriminé, de connaître ses propriétés physico-chimiques et ses principales propriétés
toxicologiques ainsi que les précautions de stockage, d'emploi, de manipulation, d'élimination ou de
destruction et les mesures à prendre en cas d'accident.
De plus doivent y figurer des informations sur les dangers pour l'environnement et sur les possibilités
d'éliminer les déchets, ainsi que des données sur la ou les réglementations qui s'appliquent.
N.B. La rubrique n° 12, intitulée "Informations écotoxicologiques", est plus détaillée dans l'annexe de
la directive n° 93/112/CEE. Celle-ci ne sera applicable dans la réglementation nationale qu'à partir du
1er juillet 1995.
2. 1. Numéro d'appel d'urgence
Dans la première rubrique, identifiant le produit et le responsable de la mise sur le marché, il est prévu
d'inscrire le numéro de téléphone d'appel d'urgence de l'organisme agréé prévu au quatrième alinéa
de l'article L. 231-7 du Code du travail, ainsi qu'à l'article L. 626-1 du Code de la santé publique.
Ce numéro, le (1) 45-42-59-59, est celui de l'association Orfila, agréée par l'arrêté du 23 décembre
1992 (JO du 21 janv. 1993). Il permet actuellement d'avoir accès au numéro du centre anti-poison le
plus proche.

2.2. Confidentialité des compositions

Il ne saurait évidemment être question d'exiger qu'y figurent aussi des données à caractère
confidentiel : la circulaire DRT du 25 juillet 1994 précitée indique à cet égard que le secret de
fabrication au sens de l'article 226-13 du Code pénal, peut être revendiqué pour les procédés de
synthèse, les formules chimiques et la composition des produits ; à l'inverse les teneurs respectives
des substances dangereuses dans une préparation ne peuvent être considérées comme des données
confidentielles que dans la mesure où leur communication reviendrait en fait à en donner la
composition.
En d'autres termes, si la formule complète d'un produit - qualitative et quantitative - n'a pas à être
exigée sur la fiche, il importe en revanche que les composants dangereux soient indiqués avec l'ordre
de grandeur de leur concentration, que celle-ci justifie la classification du produit ou non, selon les
prescriptions de l'arrêté du 21 février 1990.
Dans le cas où il s'avère nécessaire de garder confidentiel le nom chimique précis de la substance,
l'information sera fournie en indiquant - à condition que cela soit suffisant pour expliquer ses
propriétés dangereuses - la famille chimique à laquelle elle appartient.
Il convient de souligner que les fabricants, les distributeurs ou les vendeurs ne peuvent revendiquer le
secret de fabrication pour les informations figurant sur les fiches de données de sécurité.

2.3. Valeurs limites d'exposition professionnelle

Il est nécessaire d'indiquer les valeurs limites d'exposition professionnelle indicatives ou


réglementaires définies pour les substances chimiques.
Les valeurs limites indicatives sont définies par la circulaire du 19 juillet 1982, qui a été modifiée et
complétée de nombreuses fois. On peut se référer à la note documentaire de l'INRS n° 1945-153-93,
régulièrement mise à jour, qui reprend l'ensemble des valeurs limites indicatives et réglementaires
françaises publiées depuis lors.
L'arrêté prévoit l'indication des valeurs limites au paragraphe 8 de la fiche de données de sécurité.

2.4. Plan type

Les seize rubriques devant figurer dans la fiche de données de sécurité sont citées à l'article R. 231-
53 et explicitées dans l'annexe de l'arrêté du 5 janvier 1993.
Il n'est pas obligatoire de suivre l'ordre des rubriques tel qu'il est mentionné à l'article R. 231-53, mais
la séquence indiquée est recommandée.
Par ailleurs, l'Afnor a édité une norme NF T 01-102 "fiches de données de sécurité, contenu, plan
type", comportant le plan type conforme à la norme ISO 11-014, qui constitue la norme internationale
sur le sujet.
Cependant, cette norme, qui ne contient pas de modèle de formulaire comme c'était le cas auparavant
dans la norme précédente NF T 01-100, ne reprend pas toutes les prescriptions de l'arrêté. Il en
résulte que pour rédiger la fiche, il faut se référer à l'annexe de l'arrêté.

2.5. Une fiche pour plusieurs produits

La question se pose parfois de savoir si une seule fiche peut être rédigée pour plusieurs produits.
En principe, rien ne s'oppose à ce qu'une telle hypothèse soit exploitée mais seulement si tous les
produits auxquels elle s'adresse sont explicitement cités et si surtout les propriétés définies dans
chaque rubrique sont équivalentes ou suffisamment proches. Il semble raisonnable en particulier de
n'utiliser cette facilité que si les produits concernés ont des compositions suffisamment proches.

2.6. Indications particulières

Les fiches de données de sécurité ne doivent pas comporter d'indications suggérant que le produit en
cause ne comporte pas certains dangers - comme, par exemple, la mention "produit non toxique".
En effet, le degré de toxicité d'un produit peut se révéler à l'usage plus important que prévu - on
dispose très rarement de données de toxicité humaine - or ces indications risquent de diminuer la
vigilance de l'utilisateur.
Il suffit en effet qu'un produit contienne une substance dangereuse à une concentration juste inférieure
au seuil prévu pour l'étiquetage pour que le produit échappe a priori à la réglementation. et qu'ainsi le
danger résiduel ne soit pas signalé.

III. Nature des produits visés

A l'exception des formes massives non dispersables des métaux ou de leurs alliages, et à celle des
polymérisats et des élastomères, tous les produits dangereux, naturels ou de synthèse, sont
concernés.
Cependant, lorsque ces formes massives, notamment celles qui sont vendues sous forme de
granulats, sont destinées à une transformation physico-chimique ultérieure ou à une utilisation
susceptibles de libérer ou de provoquer l'émission de produits dangereux, une fiche de données de
sécurité doit être fournie, nonobstant les dispositions du paragraphe précédent.
De la même manière, la FDS doit en tout état de cause être fournie quel que soit le volume et la
nature du conditionnement du produit.
La fiche de données de sécurité est obligatoire pour les produits entrant dans les catégories
suivantes:
- aux substances ou aux préparations dangereuses réglementées en application des articles L. 231-6
et L. 231-7 du Code du travail, en particulier à celles visées par l'arrêté du 20 avril 1994, par l'arrêté du
28 mars 1989 fixant les conditions de classement, d'étiquetage et d'emballage des préparations
pesticides, par l'arrêté du 14 janvier 1987 sur les abrasifs destinés aux opérations de décapage, de
dépolissage ou de dessablage au jet et enfin par l'arrêté du 21 février 1990 modifié définissant les
critères de classification et les conditions d'étiquetage des préparations dangereuses.
D'une manière générale, il est commode de considérer que cette disposition est également applicable
à tous les produits identifiés à un titre ou à un autre comme dangereux par un acte réglementaire ou
administratif, à savoir :
- aux substances ou aux préparations dangereuses au sens de l'article R. 231-51 et visées par l'arrêté
du 11 juillet 1977 qui fixe la liste des travaux qui nécessitent une surveillance médicale spéciale;
- aux produits cités dans les tableaux de maladies professionnelles, dès lors que leur utilisation peut
conduire à une exposition des travailleurs supérieure aux valeurs de référence communément
admises, et notamment celles fixées par la circulaire du 19 juillet 1982 modifiée;
- aux substances citées dans l'arrêté du 5 avril 1985 comme susceptibles de provoquer une lésion
maligne de la vessie;
- aux substances ou aux préparations dont l'emploi est interdit aux femmes et aux jeunes travailleurs
de moins de dix-huit ans en application des articles R. 234-9, R. 234-10, R. 234-16, R. 234-20 et R.
234-21 du Code du travail.
Mais ces références ne sauraient suffire : la définition d'une substance ou d'une préparation
dangereuse n'est pas que juridique ou administrative ; il convient de considérer également comme
dangereux les produits dont les propriétés ne sont, en toute hypothèse, connues et qualifiées que par
le seul fabricant.