I-contexte et justificatif de la recherche
La question environnementale occupe aujourd’hui une place centrale dans la stratégie
des organisations mondiales. Depuis la publication du Rapport de Brundtland « Notre avenir
à tous » (WCED, 1987), qui a consacré le concept de développement durables, jusqu’aux
engagements pris dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU et
de l’accord de Paris (2015), la transition vers des modes de productions et de consommation
responsables est devenue un impératif inéluctable. Dans ce contexte, les entreprises sont de
plus en plus appelées à rendre compte non seulement de leur performance économique, mais
aussi de leur impact environnemental et social, selon le cadre du « Triple bilan » proposé par
Elkington (1997).
Cette mutation profonde a entrainé le développement d’une littérature théorique et
empirique abondante sur la gestion écologique des organisations. Cependant, comme le
souligne Daily et Huang (2001) ainsi que Jabbour et Santos (2008), les approches purement
technologiques et structurelles restent insuffisantes pour produire des transformations
durables. La mobilisation active des ressources humaines apparait dès lors comme un levier
essentiel que les recherches tendent à négliger, notamment dans les pays du Sud. C’est
précisément pour répondre à ce déficit analytique que le champ de la Gestion des Ressources
Humaines vertes (GRHV) a émergé (Renwick et al., 2013 ; Jackson et al., 2011).
En Afrique subsaharienne, les défis environnementaix s’aggravennt à un rythme
préoccupant sous l’effet conjugué de la croissance démographique, de l’urbanisation non
planifiée et de la pression exercée sur les ressources naturelles. La banque mondiale (2019)
docuemente une accentuation de la déforestation, de la desertification et de la pollution
urbaine. Bien que des cadres juridiques nationaux aient adopté, la mise en œuvre effctive des
polituqes environnementales au niveau des entreprises reste fragile et inégales. Les travaux
d’Amaeshi et al., (2016) montrent que les entreprises africaines adoptent généralement une
posture réactive, motivée par par la seule conformité réglementaire minimale plutôt que par
une vision stratégique intégrée. Zoogah (2018) souligne, pour sa part, le caractère
embryonnaire de la littérature africaine sur la GRHV, identifiant un vide conceptuel et
empirique que la présente recherche cherche à combler.
Au Cameroun, Fokam