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FI CHE TOX I C OLOG I QUE N° 106 Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - N° 174, 1er trimestre 1999

Solvants naphta et
solvants aromatiques
Note établie par les services techniques et médicaux de l’INRS
(M.T. Brondeau, M. Falcy, D. Jargot, S. Miraval, J.C. Protois, M. Reynier, O. Schneider)

Numéros CAS (liste non exhaustive) Les solvants naphta et les solvants aroma- Tension de vapeur : 0,3 kPa (20 °C)
(1) N° 64742-94-5 tiques sont des mélanges d’hydrocarbures dont Point d’éclair (en coupelle fermée) : ≥ 41 °C
(2) N° 64742-95-6 la composition chimique dépend de la nature Température d’auto-inflammation : ≥ 230 °C
des pétroles bruts dont ils dérivent et des procé- Limites d’explosivité dans l’air (en volume %)
Numéros CE dés de raffinage qu’ils ont subis. limite inférieure : 0,6 à 0,8
Leurs principaux constituants (représentant limite supérieure : 6 à 7
Index plus de 50 % et même fréquemment plus de 90 %
(1) N° 649-424-00-3 du solvant) sont des hydrocarbures aromatiques
(2) N° 649-356-00-4 dont le nombre de carbones se situe dans la Propriétés chimiques [1 à 3]
gamme (C8 - C20) et dont les points d’ébullition
EINECS sont compris entre 140 et 320 °C.
(1) N° 265-198-5 Dans les conditions normales de tempéra-
(2) N° 265-199-0 ture et de pression, les solvants naphta et aro-
matiques sont des produits stables.
Synonymes
(1) Solvant naphta aromatique lourd (pétrole) Caractéristiques Ils ne corrodent pas les métaux usuels.
(2) Solvant naphta aromatique léger (pétrole)
Ils peuvent par contre réagir vivement avec
Utilisations les agents oxydants forts.

- Diluant pour les peintures, vernis, encres Récipients de stockage [1 à 3]


d’imprimerie.
- Solvant dans l’industrie agrochimique et
l’industrie du bâtiment. Le stockage des solvants naphta et aroma-
Xn - Nocif - Solvant pour la fabrication des caout- tiques peut s’effectuer dans des récipients en
choucs et plastiques, bitumes. acier ordinaire, inoxydable et certaines
- Préparation du noir de carbone et de matières plastiques (polyester et polymères
résines. fluorés, tels que polytétrafluoroéthylène).
SOLVANT NAPHTA - Agent de nettoyage industriel.
AROMATIQUE LÉGER (*)
Méthodes de détection et de
R 10 - Inflammable Propriétés physiques [1 à 3] détermination dans l’air [13, 14]
R 65 - Nocif : peut provoquer une atteinte
des poumons en cas d’ingestion
Les solvants naphta et aromatiques sont Echantillonnage de l’air à analyser sur tube
S 23 - Ne pas respirer les vapeurs
des liquides incolores, d’odeur caractéristique de charbon actif et prélèvement du mélange
S 24 - Eviter le contact avec la peau «aromatique». Ils sont pratiquement inso- pétrolier à l’origine de la pollution, désorption
S 62 - En cas d’ingestion, ne pas faire vomir : lubles dans l’eau (< 0,1 % en poids), mais mis- par le disulfure de carbone, analyse par chro-
consulter immédiatement un médecin cibles à de nombreux solvants organiques. matographie en phase gazeuse ; quantifica-
et lui montrer l’emballage ou l’étiquette tion globale par étalonnage externe du mélan-
Leurs principales caractéristiques phy- ge présent sur le tube.
265-199-0 - Etiquetage CE siques sont les suivantes : La quantification de composés définis,
ayant leur propre valeur limite, peut se faire par
(*) Voir la rubrique «Classification et étiquetage» Intervalle de distillation : entre 140 et 320 °C étalonnage interne sur le même tube de prélè-
au paragraphe «Réglementation».
Densité (D415) : 0,86 à 0,89 vement.
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Toxicité expérimentale In vivo, ces solvants n’induisent pas d’aber-


Risques ration chromosomique dans la moelle osseuse
du rat (inhalation, 1500 ppm, 6h/j pendant 5
Aiguë jours). Un mélange d’hydrocarbures aroma-
tiques, contenant 40 % d’hydrocarbures en C9,
Risques d’incendie [1 à 3] ne provoque pas de létalité dominante chez le
La toxicité aiguë des solvants naphta est rat et la souris.
faible ; la DL50 par voie orale est supérieure à
Les solvants naphta et aromatiques sont 5 ml/kg. Les principaux symptômes sont une
des liquides inflammables (point éclair supé- irritation gastrointestinale et des diarrhées Effets sur la reproduction [8, 9]
rieur à 41 °C) dont les vapeurs peuvent former après exposition par voie orale, une irritation
des mélanges explosifs avec l’air. des voies respiratoires et une dépression du
système nerveux central, révélée par une nar- L’exposition prénatale aux mélanges d’hy-
Ils sont susceptibles de provoquer des cose, après exposition par inhalation. Après drocarbures aromatiques provoque une foeto-
incendies par accumulation de charges élec- exposition par voie orale ces substances peu- toxicité uniquement à des concentrations
trostatiques. vent être aspirées dans les poumons et provo- toxiques pour les mères.
quer une pneumopathie chimique. Chez le rat,
En cas d’incendie, les agents d’extinction l’inhalation d’un mélange d’hydrocarbures aro- Chez la souris, l’exposition des mères à une
préconisés sont le dioxyde de carbone, les matiques (C8-C10, 810 ppm pendant 8 h) induit concentration létale de solvant aromatique
poudres chimiques et les mousses spéciales, à des larmoiements, une perte de coordination naphta léger (1 500 ppm, 6h/j, du 6e au 15e jour
condition de pouvoir stopper la fuite de produit. mais pas de létalité. Une concentration de de gestation) induit une augmentation des
Dans le cas contraire, il est préférable d’éloi- 930 ppm pendant 4 heures provoque, chez le pertes postimplantatoires, une baisse du
gner de la flamme tout autre élément combus- chien beagle, des convulsions et la mort. Des nombre de portées viables, de foetus vivants
tible et de laisser brûler. chats, exposés à 370 ppm pendant 6 heures, par portée et du poids foetal, un retard d’ossi-
présentent des symptômes neurologiques fication, et une augmentation de l’incidence
Refroidir à l’aide d’eau sous forme pulvéri- centraux (ataxie, mydriase, tremblements et des fentes palatines. A 500 ppm, concentration
sée les fûts exposés ou ayant été exposés au prolapsus de la membrane nictitante) [5]. qui n’induit qu’une baisse de la prise de poids
feu. maternel, il y a réduction du poids foetal sans
Les solvants naphta desséchent et dégrais- autre effet sur le développement. La concen-
Les intervenants, qualifiés, seront équipés sent la peau, provoquant des craquelures et des tration sans effet adverse observé chez les
d’appareils de protection respiratoire isolants dermites ; ils sont irritants pour les yeux et le mères et les foetus est de 100 ppm.
autonomes et de combinaisons de protection tractus respiratoire. Des souris, soumises à un
spéciales. essai permettant d’évaluer l’effet irritant respira- Chez le rat, les effets sur la reproduction et
toire (test d’Alarie), présentent une baisse de la le développement ainsi que les effets postna-
fréquence respiratoire de 50 % ou plus après une taux des solvants aromatiques naphta ont été
Pathologie - Toxicologie exposition à 370 ppm d’un mélange d’hydrocar- analysés, dans une étude sur trois générations
bures aromatiques (C8- C10) [5]. (mâles et femelles) exposées par inhalation
(100 à 1500 ppm, 6 h/j, 5 j/sem pendant 10
La nocivité des solvants naphta et des sol- semaines avant accouplement ; les femelles
vants aromatiques reflète celle de leurs consti- Subchronique et chronique sont ensuite exposées 6 h/j, 7 j/sem du 1er au
tuants, notamment les composés aromatiques 20e jour de gestation et du 5e au 21e jour après
de la famille des alkylbenzènes, formés d’au la naissance).
moins 8 atomes de carbone. Chez le rat, l’inhalation répétée de solvant
contenant 75 % d’hydrocarbures aromatiques La sévérité des effets toxiques observés
en C9 (1 500 ppm, 6 h/j, 5 j/sem, 13 sem) entraî- s’amplifie avec les générations, particulière-
Toxicocinétique - Métabolisme ne une baisse de la prise de poids mais ni léta- ment à la plus forte concentration. Dans la pre-
lité, ni signe clinique, ni lésion pathologique [6]. mière génération, les poids corporels des
Les rats exposés par inhalation pendant 90 parents sont diminués mais il n’y a pas d’effet
Les alkylbenzènes sont principalement jours à un solvant aromatique naphta (100, 500, sur les portées ; si l’exposition des mères est
absorbés par voies pulmonaire et cutanée et 1 500 ppm, 6 h/j, 5 j/sem.) ne présentent pas de reprise au 4e jour après la naissance, le gain de
accessoirement par voie orale. modification d’activité motrice ou fonctionnel- poids des petits après la naissance est plus
Après absorption, les solvants sont trans- le ni de lésion pathologique du système ner- lent. Dans la deuxième génération, le gain de
formés essentiellement dans le foie et s’accu- veux central ou périphérique [7]. poids corporel parental est réduit mais les
mulent dans les tissus riches en lipides comme paramètres de la reproduction ne sont pas
le système nerveux. La voie métabolique pré- affectés sauf si les mères sont exposées à 1 500
dominante, chez les mammifères, passe par Génotoxicité [6] ppm sans interruption jusqu’à la mise bas.
des réactions d’oxydation de la chaîne latérale Dans ce cas, on observe une létalité chez les
catalysées par les monooxygénases à cyto- nouveaux nés et une baisse de survie pendant
chrome P450, suivies d’une conjugaison avec In vitro, les solvants aromatiques naphta la lactation. Dans la troisième génération, la
l’acide glucuronique ou sulfurique. L’hydroxy- légers donnent des résultats négatifs, avec et mortalité des parents exposés à 1 500 ppm est
lation du noyau benzénique est une voie méta- sans activation métabolique, sur Salmonella importante (88 %), la fertilité des survivants,
bolique mineure ; elle passe par la formation typhimurium (test d’Ames) et sur cellules ova- la taille des portées et la survie postnatale ne
d’oxydes d’arène fortement réactifs [4]. riennes de hamster chinois (mutation, induc- semblent pas affectées.
tion d’échanges entre chromatides soeurs et
25 à 80% des hydrocarbures benzéniques d’aberrations chromosomiques). Un mélange Les solvants aromatiques sont fœtotoxiques
inhalés sont éliminés dans l’air exhalé sous d’hydrocarbures aromatiques, contenant 40 % chez le rat.
forme inchangée. Les métabolites conjugués d’hydrocarbures en C9, est inactif dans le test La concentration sans effet toxique observé
hydrosolubles sont excrétés dans l’urine. d’Ames. chez les mères et les fœtus est de 100 ppm.
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Toxicité sur l’homme Lors d’expositions chroniques ont été Valeurs limites d’exposition
décrits le plus souvent des signes d’irritation
cutanée, oculaire et/ou respiratoire mais aussi En France, le ministère du Travail a fixé les
Aiguë [11, 12] des symptômes variés à type de céphalées, valeurs limites indicatives suivantes :
perte d’appétit, asthénie, sensation ébrieuse, - une VME de 1000 mg/m3 et une VLE de 1500
nausées ; ces symptômes sont, au moins au mg/m3 pour les hydrocarbures en C6-C12 (tous
La toxicité aiguë des solvants naphta est début, réversibles à l’arrêt de l’exposition. hydrocarbures confondus, y compris benzé-
commune à celle d’autres hydrocarbures niques), une « valeur d’objectif » est fixée à 500
pétroliers liquides ; ils sont irritants et dépres- Le syndrome psycho-organique, à un stade mg/m3 pour la VME ;
seurs du système nerveux central. réversible ou irréversible, est un effet toxique - une VME de 150 mg/m3 pour les hydrocar-
chronique de mélanges de solvants dont les bures benzéniques.
Les intoxications aiguës peuvent être secon- naphta. Il associe des effets neurologiques Des valeurs limites spécifiques ont égale-
daires à une inhalation, ingestion et/ou conta- centraux à type de troubles du sommeil, de la ment été fixées pour certains hydrocarbures.
mination cutanée. concentration, de la mémoire, de la personnali-
té, d’irritabilité, voire des diminutions des per-
L’inhalation de vapeurs entraîne des signes formances intellectuelles ; ces troubles ont été
dont l’intensité dépend de la concentration.
Les victimes se plaignent d’une irritation nasa-
rapportés le plus souvent pour des durées
d’exposition supérieures à 10 ans et parfois Réglementation
le et oculaire avec larmoiement et conjonctivi- pour des expositions faibles mais il n’est pas
te, ainsi que de difficultés respiratoires et de possible d’établir une relation dose-effet.
douleurs gastriques. Puis l’atteinte neurolo- Ces symptômes ne sont que partiellement 1° Règles générales de prévention des
gique se traduit par une euphorie (comme avec réversibles à l’arrêt de l’exposition. risques chimiques
de l’alcool), des céphalées, vertiges et nau-
sées, puis par une fatigue, une incoordination, Des anomalies de l’électroencéphalogram-
des tremblements et de la confusion, enfin à un me ou des débits sanguins cérébraux, voire - Articles R. 231-54 à R. 231-54-8 du Code du
stade plus avancé on peut observer un coma. une atrophie cérébrale ont également été rap- travail.
portées chez des peintres exposés principale-
En cas de contact cutané direct ou par l’in- ment au white-spirit pendant plus d’une ving-
termédiaire de vêtements souillés ou lors de taine d’années [10]. 2° Aération et assainissement des
projections, peuvent apparaître des signes d’ir- locaux
ritation cutanée (érythème, oedème ou prurit) Le contact répété avec les solvants naphta
parfois importants. Les projections dans l’œil et aromatiques est responsable, par son action
peuvent être la cause de blépharo-conjoncti- dégraissante et desséchante, d’une dermato- - Articles R. 232-5 à R. 232-5-14 du Code du
vites. Ces lésions de gravité variable sont se d’irritation avec fissuration cutanée. travail.
généralement réversibles.
Il est peu probable que les teneurs actuelles - Circulaire du ministère du Travail du 9 mai
L’injection accidentelle sous pression de de ces mélanges en benzène (inférieures au 1985 (non parue au J.O.).
produits contenant des solvants tels que les seuil réglementaire de 0,01 %) soient capables,
solvants naphta est la cause de lésions dou- dans des conditions normales d’emploi, d’in- - Arrêtés des 8 et 9 octobre 1987 (J.O. du 22
loureuses très étendues avec des nécroses duire des expositions susceptibles de provo- octobre 1987) et du 24 décembre 1993 (J.O. du 29
cutanée, sous cutanée et/ou tendineuse. quer des effets pathologiques chroniques. décembre 1993) relatifs aux contrôles des ins-
tallations.
L’ingestion accidentelle peut être mortelle,
notamment chez l’enfant. Elle entraîne des Cancérogenèse [12]
signes d’irritation digestive (douleur abdomi- 3° Prévention des incendies
nale, nausée, vomissement, puis diarrhée),
voire des lésions plus sévères de la muqueuse Dans une étude cas-témoins portant sur des
intestinale (ulcérations) lors d’ingestion mas- sujets exposés à des solvants on note une aug- - Articles R. 232-12 à R. 232-12-22 du Code du
sive. Une dépression du système nerveux cen- mentation significative de fréquence des can- travail.
tral (syndrome ébrieux puis troubles de cers du poumons et de la prostate chez les
conscience) peut également survenir. La sévé- sujets exposés plus de 20 ans ; de même - Décret du 14 novembre 1988 (J.O. du 24
rité des symptômes dépend essentiellement lorsque l’exposition est importante peut on novembre 1988), section V, articles 43 et 44 (ins-
de l’éventuelle aspiration pulmonaire du sol- noter une augmentation des lymphomes hodg- tallations électriques) et arrêtés d’application.
vant, réalisant une pneumopathie d’inhalation kiniens. La responsabilité des différents sol-
dont les premiers signes, apparaissant dans vants ne peut être déterminée à partir de cette - Décret du 17 juillet 1978 modifié et arrêtés
les 8 heures suivant l’accident, sont radiolo- seule étude. d’application relatifs au matériel électrique uti-
giques (opacités floconneuses localisées le lisable dans les atmosphères explosives.
plus souvent aux lobes moyen et inférieur
droits) ; les signes cliniques sont plus tardifs : Effets sur la reproduction [11]
toux, dyspnée, fièvre, le plus souvent régressifs 4° Valeurs limites d’exposition
en 2 à 3 jours, en l’absence de surinfection. Une
baisse du cholestérol est parfois retrouvée Une étude dans l’industrie du caoutchouc
dans les intoxications sévères. chez des femmes exposées à un solvant aro- - Circulaire du ministère du Travail du 12
matique a montré l’existence de troubles du juillet 1993 (non parue au J.O.).
Chronique [11, 12] cycle ainsi qu’une augmentation de la fréquen-
ce des ménométrorragies. Les auteurs notent
également une augmentation du nombre des 5° Maladies de caractère profession-
D’une façon générale, la toxicité à terme des fausses-couches chez les femmes récemment nel
solvants naphta et aromatiques est modérée. exposées.
Ils entraînent des effets communs à de nom- - Articles L. 461-6 et D. 461-1 (et son annexe)
breux autres solvants. du Code de la Sécurité sociale : déclaration
médicale de ces affections.
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6° Maladies professionnelles - arrêté du 31 mars 1980 portant réglementa-

- Articles L. 461-4 du Code de la Sécurité


tion des installations électriques des établis-
sements susceptibles de présenter des
Recommandations
sociale : déclaration obligatoire d’emploi à la risques d’explosion.
Caisse primaire d’assurance maladie et à l’ins-
pecteur du travail ; tableaux n° 4 bis (toluène, I - Au point de vue technique
xylène) et n° 84. Protection de la population
Décret du 29 décembre 1988 relatif aux sub- Stockage
7° Surveillance médicale spéciale stances et préparations vénéneuses (articles
R. 5149 à R. 5170 du Code de la Santé publique),  Stocker les solvants naphta et aromatiques
- Arrêté du 11 juillet 1977 (J.O. du 24 juillet décret du 29 décembre 1988 relatif à certaines dans des locaux frais et bien ventilés, à l’abri
1977) fixant la liste des travaux nécessitant une substances et préparations dangereuses (J.O. des rayonnements solaires et de toute source
surveillance médicale spéciale (préparation, du 31 décembre 1988) et circulaire du 2 sep- de chaleur ou d’ignition (flammes, étin-
emploi, manipulation ou exposition à des tembre 1990 (J.O. du 13 octobre 1990) : celles,...) et à l’écart des produits oxydants, des
homologues du benzène) et circulaire du 29 bases et des acides forts.
avril 1980 (non parue au J.O.). - détention dans des conditions détermi- Le sol des locaux sera incombustible, imper-
nées ; méable et formera cuvette de rétention, afin
- étiquetage (cf. 8°). qu’en cas de déversement accidentel le liquide
8° Classification et étiquetage ne puisse se répandre au-dehors.

a) des solvants naphta ou aromatiques purs : Transport  Interdire de fumer.

- Arrêté du 20 avril 1994 modifié (J.O. du 8 mai Se reporter éventuellement aux règlements  Mettre le matériel électrique, y compris
1994) qui prévoit pour la classification suivante : suivants : l’éclairage, en conformité avec la réglementa-
tion en vigueur.
Inflammable, R 10 (point d’éclair compris 1° Transport terrestre national et
entre à 21 et 55 °C) international (route, chemin de fer,  Fermer soigneusement les récipients et les
Nocif, R 65 voie de navigation intérieure) étiqueter correctement. Reproduire l’étiqueta-
Cancérogène Cat. 2, R 45 (la classification ge en cas de fractionnement des emballages.
comme cancérogène ne doit pas s’appliquer
s’il peut être établi que le solvant naphta - ADR, RID, ADNR : distillats de pétrole, n.  Prendre toutes dispositions pour éviter l’ac-
ou aromatique contient moins de 0,1 % s. a. ou produit pétrolier, n. s. a. cumulation d’électricité statique.
poids/poids de benzène). .Classe : 3 .Code danger : 30
.Chiffre/lettre : 31c) .Code matière 1268 Manipulation
Remarque : la classification des solvants .Etiquette : 3
naphta ou aromatiques doit être complétée en ou Les prescriptions relatives aux zones de
tant que de besoin par les effets autres que stockage sont applicables aux ateliers où sont
ceux couverts par l’annexe I de l’arrêté du - ADR, RID, ADNR : hydrocarbures liquides, utilisés les solvants naphta et aromatiques.
20 avril 1994 modifié. n. s. a. En outre :
.Classe : 3 .Code danger : 30
b) des préparations contenant des solvants .Chiffre/lettre : 31c) .Code matière 3295  Instruire le personnel des risques présentés
naphta ou aromatiques : .Etiquette : 3 par le produit, des précautions à observer et
des mesures à prendre en cas d’accident.
- Arrêté du 21 février 1990 modifié (J.O. du 24
mars 1990). Des limites de concentration sont 2° Transport par air  Entreposer dans les ateliers des quantités de
fixées à l’annexe I de l’arrêté du 20 avril 1994 produit relativement faibles et de toute maniè-
modifié. - IATA. re ne dépassant pas celles nécessaires au tra-
vail d’une journée.
3° Transport par mer
9° Entreprises extérieures  Éviter l’inhalation de vapeurs. Effectuer en
- IMDG. appareil clos toute opération industrielle qui
- Arrêté du 19 mars 1993 (J.O. du 27 mars s’y prête. Prévoir une aspiration des vapeurs à
1993) fixant en application de l’article R 237-8 leur source d’émission ainsi qu’une ventilation
du Code du travail la liste des travaux dange- générale des locaux. Prévoir également des
reux pour lesquels il est établi par écrit un plan appareils de protection respiratoire pour cer-
de prévention. tains travaux de courte durée, à caractère
exceptionnel ou pour des interventions d’ur-
gence.
Protection de l’environnement
 Éviter le contact du produit avec la peau et les
Installations classées pour la protection de yeux. Mettre à la disposition du personnel des
l’environnement, Paris, Imprimerie des vêtements de protection, des gants et des
Journaux Officiels, brochure n° 1001 : lunettes de sécurité. Ces effets seront mainte-
nus en bon état et nettoyés après chaque
- n° 1431, fabrication industrielle ; usage.

- n° 1433, installations de mélange ou  Ne jamais procéder à des travaux sur ou dans


d’emploi ; des cuves et réservoirs contenant ou ayant
contenu des solvants naphta ou aromatiques
- arrêtés du 10 juillet 1990 et du 1er mars 1993 sans prendre les précautions d’usage [15].
modifiés relatifs aux rejets ;
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 Ne pas rejeter à l’égout ou dans le milieu temps les vêtements souillés ou suspectés de BIBL I OGRAPHI E
naturel les eaux polluées par les solvants l’être, qui ne seront réutilisés qu’après avoir été
naphta ou aromatiques. décontaminés. Si une irritation apparaît ou si la 1. SOLVESSO 100 - Fiche de données de sécurité.
contamination est étendue ou prolongée, Rueil-Malmaison, EXXON Chemical, 1997.
 En cas de fuite ou de déversement acciden- consulter un médecin. 2. SHELLSOL R, NF, A - Fiches de données de
tel, récupérer immédiatement le produit après sécurité. Rueil-Malmaison, Shell Chimie, 1997.
l’avoir recouvert de matériau absorbant inerte  En cas d’injection sous-cutanée, consulter 3. SOLVARO AFD - Fiche de données de sécurité.
(sable, terre). Laver ensuite à grande eau la un chirurgien dans tous les cas. Paris - La Défense, TOTAL Solvants, 1996.
surface ayant été souillée. 4. PYYKKO K., PAAVILAINEN S., METSA-
Si le déversement est important, supprimer  En cas de projection oculaire, laver immédia- KETELA T., LAUSTIOLA K. - The increasing and
decreasing effects of aromatic hydrocarbon sol-
toute source potentielle d’ignition, aérer la tement et abondamment à grande eau pendant vents on pulmonary and hepatic cytochrome P-
zone, évacuer le personnel en ne faisant inter- 15 minutes au moins, paupières bien écartées. 450 in the rat. Pharmacology and Toxicology,
venir que des opérateurs entraînés munis d’un Une consultation ophtalmologique sera indis- 1987, 60, pp. 288-293.
équipement de protection approprié. pensable s’il apparait localement une douleur, 5. CARPENTER C.P. et coll. - Petroleum hydro-
une rougeur ou une gêne visuelle. carbon toxicity studies. VII. Animal and human
 Conserver les déchets dans des récipients response to vapors of «70 solvent».
spécialement prévus à cet effet et les éliminer  En cas d’ingestion, ne pas provoquer de Toxicology and Applied Pharmacology, 1975,
dans les conditions autorisées par la régle- vomissements et ne pas faire ingérer de lait ou 34, pp. 395-412.
mentation (incinération contrôlée, par de matières grasses ; après avis médical, on 6. SCHREINER C.A. et coll. - The mutagenic
exemple). pourra faire absorber du charbon activé. potential of high flash aromatic naphta. Cell
Biology and Toxicology, 1989, 5, 2, pp. 169-188.
 En cas d’inhalation, retirer le sujet de la zone 7. DOUGLAS J.F. et coll. - A neurotoxicity
assessment of high flash aromatic naphtha.
II - Au point de vue médical polluée après avoir pris toutes les précautions Toxicology and Industrial Health, 1993, 9, pp.
nécessaires pour les intervenants. 1047-1058.
8. McKEE R.H. et coll. - The reproductive and
 A l’embauche et au cours des visites pério-  Dans les deux derniers cas, si la victime est developmental toxicity of high flash aromatic naph-
diques, l’examen clinique comportera, entre inconsciente, la placer en position latérale de ta. Toxicology and Industrial Health, 1990, 6, 3-
autres, un examen soigneux de la peau et une sécurité ; en cas d’arrêt respiratoire, commen- 4, pp. 441-460.
recherche de signes évoquant un syndrome cer les manœuvres de ventilation assistée ; 9. SKALKO R.G. - Reproductive and developmen-
psycho-organique débutant. même si l’état initial est satisfaisant, transfé- tal toxicity of the components of gasoline.
rer, si nécessaire par ambulance médicalisée, Environmental Health Perspectives, 1993, 101
(suppl. 6), pp. 143-149.
 Sauf si le médecin l’estime nécessaire, il en milieu hospitalier où pourra être effectuée
n’apparait pas impératif, en cas d’exposition une radiographie de thorax. Une surveillance 10. GROSCH J.W., NEALE A.V., DEMERS R.Y. -
Neurobehavioral and health-related deficits in
modérée et dans l’état actuel des connais- de l’état de conscience, des fonctions cardio- Solvent-exposed painters. American Journal of
sances, de pratiquer des examens complé- vasculaires et pulmonaires ainsi qu’un traite- Industrial Medicine, 1996, 30, 5, pp. 623-632.
mentaires chez les sujets exposés aux sol- ment symptomatique en milieu de soins inten- 11. BESKRONAYA N.I. et coll. - Gynecologic mor-
vants naphta ou aromatiques. sifs peuvent s’avérer nécessaires. ■ bidity in women workers of a rubber factory.
Gygiena Truda, 1979, 8, pp. 36-38.
 On avertira les femmes enceintes ou dési- 12. Petroleum Ether - In : Base de données HSDB.
rant procréer du risque éventuel, bien que mal Hamilton, Centre Canadien d’Hygiène et de
connu, pour la grossesse lors d’expositions au Sécurité, 1998, n 2892.
solvant. 13. NIOSH manual of analytical methods, 4e éd.
Cincinnati, Ohio, 1991, méthode 1550.
 Lors d’accidents aigus, demander dans tous 14. NF X 43-290 - Air des lieux de travail.
les cas, l’avis d’un médecin ou du centre anti- Prélèvement et dosage des mélanges de vapeurs
poison régional ou des services de secours d’hydrocarbures de C6 à C12. Paris - La Défense,
AFNOR, déc. 1993.
d’urgence médicalisés.
 En cas de contact cutané ou muqueux, laver 15. Cuves et réservoirs - Recommandation CNAM
R 275 - INRS.
la peau à grande eau, immédiatement et pen-
dant 15 minutes au moins ; retirer en même