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ADG:GuyPierreBiteghe
ADG:GuyPierreBiteghe

le_mbandja@yahoo.frTél06.06.51.13-07.85.22.09

Directeur de la Publication : G. P. Biteghe

Su pplé m e nt «Le M b a ndja » en qu a tre pa g e s do ss ie rs .

Notre3èdossierdossier:«LesFrancsmassons»

Danssaparutiondu8au21avril2012,l’hebdomadaireJeuneAfriqueécrit:«Les

frèresontinfiltrélespalaisprésidentielsafricains,maisaussilespartisd’opposition,

etexercentuneinfluencecertainesurlesdirigeants».Réalitéouprocèsd’intention

?EtleGabonn’estpasépargné.Lesfranc-maçonsgabonaissontaccusésde

crimesrituelsetdetraficsd’organeshumainsetd’avoirperdulesvaleursdejustice,

delibertéetdetolérancequ’ilsétaientcensésdéfendre.Ilssontperçuscommedes

arrivistesetcarriéristes.Ilsviennentauxtenuesblanchesdansl’espoirde

rencontrerunministreoudefairecarrière.OnparledeMAFIA.L’imaginaire

populairevaplusloinencore,faisantdelafranc-maçonnerieunesociété

mystérieuseetredoutable,oùlesritesontdesparfumsdemessenoireetqueles

profanesqualifientde«synagoguedeSatan».Mais,qu’enest-ilexactementdela

réalitémaçonniquedansnotresociétégabonaiseendevenir?

4èdossier«LumièresurRaphaëlNN»

Hebdomadaire indépendant d’informations générales - 5 è année - N° 142 du Vendredi 31 Août 2012 - Prix : 500 FCFA

Politiquementincorrecte

LecynismeduMinistreNdongou

Alorsquelepouvoirpeineàdonnerlabonnerépliqueàl’oppositionexUN,leMinistredel’Intérieurn’apastrouvémieuxquedevenirtourner

endérisiondevantlapressequinedemandaitpastant,l’étatdesantédeJeanClaudeAndréMbaObame.C’étaitlelundi26août2012.

«J e vais saisir le

Procureur de la

République pour

la mise en place d’une

commission médicale nationale et même internationale pour statuer sur l’état de santé mentale et physique de André Mba Obame ». Ces mots sont de Jean François Ndongou (Jeff pour les intimes) actuel Ministre de l’Intérieur du Gabon où il a succédé à un certain Jean Claude André Mba Obame qui l’empêche aujourd’hui de dormir la nuit. La question qui se pose ici est celle de savoir comment un Ministre de la République peu descendre aussi bas ? En quoi la santé de Mba Obame peut-elle bien

le

intéresse

gouvernement au point d’en faire un sujet de presse ? La vérité est ailleurs. En effet, depuis son retour,

? La vérité est ailleurs. En effet, depuis son retour, Mba Obame vient de montrer au

Mba Obame vient de montrer au régime ses failles. La preuve, chaque appel à la mobilisation lancé par

cet homme, sans T-shirt ni bus de transport se transforme en véritable liesse populaire. Des foules viennent de

partout et, ce, malgré les intimidations de Ndongou et de sa

police. (Suite en page 3)

Blocuspolicierà l’audiencepublique

des54manifestants

du15août

P. 8

RetouretactivismedeMbaObame

Lerégimeentrele

marteauetl’enclume

P. 3

Crisesuccessoraleausommet

del’EtatGabonais

Delafraternitéà

l’adversité

P. 6

Edito

LL e retour d’André Mba Obame au pays a incontestablement réveillé la

classe politique gabonaise qui semblait plongée dans une profonde léthargie et du coup, a servi de catalyseur aux activités politiques essentiellement dominées jusque là par les seules actions du Chef de l’Etat que son Porte- parole, de façon hebdomadaire, venait

nous rendre compte. Face aux silences assourdissant du Parti Démocratique Gabonais et de ce qui reste de la Majorité Républicaine pour l’Emergence depuis que son porte parole, Alain-Claude Bilie-by- Nze a été nommé à la présidence de la République ; les atermoiements du gouvernement devant les coups de boutoir répétés de l’opposition représentée par les leaders de l’ex-UN, le champ politique national ne mettait plus en prise directe que le Président Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame. Et c’était là, comme nous le disions dans notre dernier éditorial, une faute stratégique du Pouvoir.

AliBongoOndimbaseulaufront

En effet, la nature de la fonction même du Président de la République telle que définie par la Constitution gabonaise et consacrée par le serment qu’il prête lors de son entrée en fonction le met à l’abri des soubresauts de la politique politicienne, parce que son rôle d’arbitre suprême de l’Etat lui commande «d’être juste envers tous ». Or cette justice ne saurait être valable s’il revêtait le costume d’un simple acteur du jeu politique quotidien. Il incombe au parti la politique partisane. Quant au Gouvernement et à son Chef, théoriquement responsable de la majorité politique, il leur revient de conduire le combat des idées contre l’opposition républicaine. L’opposition frontale entre le Président de la République et André Mba Obame à laquelle nous avons assisté ces derniers jours ne pouvait se justifier que si la continuité de l’Etat, l’indépendance nationale ou l’intégrité du territoire étaient en péril. Ce n’était pas le cas. A son corps défendant, cette irruption

de la première institution du pays dans ce jeu n’a été rendu obligatoire que par le silence du PDG face à cet adversaire incontrôlable que représente l’ex-UN. Les camarades de Louis brillent en effet par leur absence sur le terrain politique. Ils ne parviennent pas à expliquer valablement aux populations ancrées dans la précarité, le bien fondé de la politique prônée par le Chef de l’Etat. Ces camarades, comme s’ils avaient honte de leur écrasante victoire aux dernières élections législatives, ne savent pas quelle stratégie adopter pour répondre aux attaques en règle de Mba Obame et des siens. Sans doute gênés par le choix d’un Premier ministre qui n’est pas un apparatchik, les camarades Pdégistes semblent ruminer leur colère au point de ne lui accorder qu’avec parcimonie leur soutien abandonnant ainsi, le Chef de l’Etat seul, sur le front du combat contre l’opposition. Une amélioration est cependant perceptible ces derniers temps. Le PDG

semble avoir élaboré un plan de bataille fondé sur les méthodes qui ont assuré ses succès au cours des décennies passées. En effet, ont voit apparaître sur la première chaîne de télévision nationale, des personnalités ainsi que des compatriotes lambda de toutes les provinces du pays qui viennent nous rappeler les vertus de l’Unité Nationale et du patriotisme. Par l’intermédiaire du ministre de l’Intérieur, le Gouvernement quant à lui s’interroge à voix haute sur l’état mental de Mba Obame et de son exponentielle dégradation (depuis août 2009 ?). D’autres, plus lucides peut-être et sans doute plus pragmatiques dans leur tactique, ont préféré placer Mba Obame devant ses propres contradictions en lui rappelant son passé d’idéologue du pouvoir d’Omar Bongo Ondimba. Il ne reste plus qu’à souhaiter, pour ces derniers, que leur tactique soit gagnante.

Honorine Mboumba

Danslembandja

Lettreouvertedesfils,fillesetnotablesdeBikondomeA

SonExcellenceMonsieurleprésidentdelaRépubliqueetau

Premierministrechefdugouvernement.

Suiteetfin

MonsieurlePrésidentdelaRépublique,

MonsieurlePremierMinistre,

Lesprincipauximpactsnégatifsoccultésparl’étude d’OLAM que nous sommes en droit d’attendre au Gabonsont:

-Lereculdel’agriculturepaysanneetfamiliale,avecun impactnégatifsurl’emploiagricoledirectetunrisque d’exode rural engendrant la disparition ou la dévitalisationdenosvillagesayantpourconséquence l’aggravationdudéficitalimentaireduGabon. - Les tensions entre les familles et les tribus pour l’accèsàlaterre. -Ladégradationdel’environnement:déforestation, destruction d’écosystèmes, surexploitation des ressourceseneau,pollutionàcausedel’utilisation d’engraischimiquesettoxiques, LeWoleu-NtematoujoursétélegrenierduGabonet ce,aveclesculturesderente(café,cacao)quis’y plantaient.Cesculturesderenteonttrouvédanscette régionlesconditionsclimatiquesetunsolapproprié. CommelenoteJ.BOUCQUEREL,lespaysansdu

Woleu-Ntemétaientconsidérésdanslesannées1960,

comme étant parmi les plus riches d’Afrique. Ils produisaientlemeilleurcacaoparlaqualité.C’estcette qualitéquiaattirédesgrandsgroupeseuropéensà Bitam, ville de conditionnement de ce cacao. La concurrence entre les acheteurs et entre les producteursapermisd’enrichirplusieursdenospapas. Vouslesavez,l’Etatenmonopolisantl’achatducacao et en chassant les européens qui l’achetaient a contribuéaudéclindelacacaoculture. Cen’estpasétonnant,unesituationdemonopolene peutengendreruneallocationoptimaledesressources. Seule, la concurrence le permet. C’est cette concurrencequel’Etatatuée.Actedélibéréoupas, toujoursest-ilquedepuislors,lapopulationruraledu Woleu-Ntem s’est clochardisée, sans que l’Etat n’apporteunréelsoutienàl’agriculturepaysanne.

Lasurviedesvillagesdanscetterégionaétédueau dynamisme de sa population, à sa culture et à la croyancequelaterreestnonseulementunerichesse maiségalementunfacteurdeproduction,unlieude spiritualité,unlieudecohabitationentrelesvivantset lesmorts.LesFangssontpourcela«jaloux»deleur terre.Celle-cin’appartientpastraditionnellementàdes villages,maisàdesfamilles.Enallantvoirdeschefsde villagesouquelquesvillageoisquinepeuventdécider pour d’autres familles, OLAM s’est trompé d’interlocuteurs. Mêmesiuneforêtparaitviergedansunvillage,ellene peut être exploitée sans l’accord de la famille, propriétairetraditionnelle.Dansl’étuded’impactréalisé parOLAM,lalistedespersonnesinterrogéesnousfait constaterquecelles-cinesontpasdanslaplupartdes cas, les propriétaires traditionnels des forêts concernées par le projet. En ignorant cette réalité sociologique,OLAMvientdoncdecréerdestensions entrelesfamilles,tensionsquinesontpasprêtsde s’estomper.Quienassumeralesconséquences? Afindepréserverl’agriculturepaysanne,OLAMprévoit

laisser5Kmsàlarondeautourdesvillages.Ces5kms

sontuneillusion.L’étuded’impactlaissesupposerque toutautourdechaquevillage,ilyasuffisammentde terrelibre.Erreur,Enréalité,ilsnecorrespondentà rien, car non seulement les villages ne sont pas

espacésde10kms,deplus,lesforêtsappartenant

traditionnellementàdesfamillesnesontpasdemême superficie. Certaines familles se retrouveront vraisemblablementsansterre,cequiengendrerades tensions entre les familles. Sans terre, elles sont condamnéesàabandonnerleurvillage.Pourcellesqui

resteront,les5kmsseréduirontaufuretàmesureque

l’hévéa donnera des fruits. L’hévéa a en effet une propensionàpousserdemanièresauvage.Lesvieilles

plantations de LEBRICE à BIKONDOME ou de PERRYLprèsdeBITAMnousledémontrentaisément. ABIKONDOME,ilnousfautfaireplusd’unkmpour fairedesplantationscarl’hévéadeLEBRICEaenvahi unepartiedecetteforêtqu’OLAMcomptenouslaisser. Enconséquence,pointn’estbesoind’êtreagronome pour deviner que le projet OLAM va entrainer une baisse de la production vivrière paysanne et une dévitalisationdesvillagescommedansd’autrespays notammentenIndonésieoùlespopulationsmanquent deressourcesetnesontpluscapablesdescolariser leursenfants.Lessépulturesdesdéfuntsetlesarbres rituelsyontétéravagés.C’esttoutel’organisation socioculturellequiyaétéaffectée. Comme en Indonésie, ce projet fera fuir le peu d’animauxquineserontpasexterminéslorsdela déforestation, occasionnant ainsi le changement d’habitude alimentaire des populations, qui a une incidence négative sur la santé. Ce n’est pas le dispensairequevaconstruireOLAMàBIKONDOME quisoigneralediabète,lecancer,lesida,etc,qui inéluctablementsévirontdanslazonedufaitdeces

changementsd’habitudealimentaireetdelapollution denosfleuvesetrivières. Pourn’avoirpasprévucesexternalitésnégativeslors delamiseenœuvreduprojetCOMUFàMounana,ce sontlesressortissantsdecettelocalitéexposésàla radioactivité, qui meurent chaque jour dans l’indifférencetotalealorsquelescapitalistessontpartis avecleurprofit!Etpourtantlà-basaussi,ilyavaitun dispensaire! C’estpourquoinoussommesendroitdedouterdela capacité du centre médical prévu par le projet à prendreenchargetouteslesmaladiescitéesci-dessus. EnEffet,sidanslechef-lieududépartementduNtem, c’est un« poulailler » qui sert d’hôpital (ou plus exactementdemouroir) àlacommunedeBITAM,ce n’estpasàBIKONDOMEquel’onauraunhôpitaldigne decenom. S’agissantdel'électricitéqueOLAMsouhaiteraitnous apporter, vous avez promis lors de votre tournée républicaine dans la province du Woleu-Ntem

l'électrificationd'ici2013.Etdéjà,lespoteauxdece

projetsontvisiblessurletronçonMitzic-Oyem.De quelleélectricitélesreprésentantsd'OLAMparlent-ils encore? Ne savent-ils pas que le district de

BIKONDOMEsetrouvedanslaprovinceduWoleu-

Ntem?

OLAMmetenavantles7000emploisquevagénérer

son projet pour amadouer les jeunes qui sont au

village, du fait d’une scolarité difficile. L’exemple d’HEVEGABnousmontrequelesemploissubalternes nesubsisterontquependantlaphased’investissement oùOLAMaurabesoindebraspourfairedespépinières et débrousser ses plantations. Dans sa phase d’exploitation, une bonne partie de ces emplois disparaîtront. De plus dans son étude d’impact, OLAM oublie délibérémentdeprendreencomptelesemploisqui seront perdus du fait de ce projet notamment, les chasseursetlespêcheurs.Enréalité,sionajouteles agriculteurs qui n’auront plus de terre, OLAM va

détruiredansleWoleu-Ntemprèsde10.000emplois.

Ledéveloppementetl'extensiondecetteculturedans

notredistrictnepourrontinéluctablementqueconduire

ànotreperte.C'estpourquoinousdemandonsaux

pouvoirspublics,dontlamissionestdeveilleraubien-

être des populations de nous encourager plutôt à développernous-mêmes,lesculturesoùnousavons déjàquelques«avantagescomparatifs»àsavoirle cacao,lecafé,lemanioc,labanane,l'arachide,le maïs, la tomate,… produits qui jusqu'à preuve du contraire, se vendent très bien sur les marchés nationauxetinternationaux. Nousnousinterrogeons,eneffet,pourquoivouloirfaire despopulationsduWoleu-Ntemdesouvriersagricoles degroupesétrangersaulieudenousencouragerà

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LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

êtredesexploitantsagricolescommenosparents? Une vieille loi coloniale avait pourtant à l’époque, interditauxétrangerseuropéensdeplanterquoiquece soit.Ellen’autorisaitàcesétrangers,quel’achatdes produitsetlareventesurlesmarchéseuropéens.Nous

reculonsdeprèsde70ans!

MonsieurlePremierMinistre,

VousavezétéMinistredel’agriculture,pourquoile Gouvernementa-t-ilseulementpenséàencouragerla cacaocultureauHaut-OgoouéetnonauWoleu-Ntem? Nous attendons d’avoir une réponse claire à cette question.Ilnes’agitpaspournousdenouscomparerà nosfrèresduHaut-Ogoouéquenousencourageonsà persévérerdanscetteculture,maisnousnepouvons quenousinterrogersurlalogiquedel’Etat,quandon connait le déficit alimentaire du Gabon, et les avantagescomparatifsdesunsetdesautres.

Sivotreobjectifestvraimentdenousaider,nousvous suggéronsdenousoctroyerdesmicro-créditsquinous permettront d'accroitre la production vivrière dans laquellenousexcellonsdéjàetdontnotrelocalitéa grandbesoin.

MonsieurlePrésidentdelaRépublique,

MonsieurlePremierMinistre,

Le projet d’OLAM ne peut avoir de rentabilité socioéconomiquesurlazonevisée,comptetenudes externalitésnégativesquenousvenonsd’analyser. C’est pourquoi, si vous tenez tant à l’hévéa, nous pensonsquelaforêtdesabeillesestpluspropiceà cetteculture,carinhabitéeetvierge.Etquediredeces hectares de forêts vierges qui séparent la ville de NdjoléetcelledeMitzic Peut-être,danscessites,ily aura moins d’externalités négatives et un coût d’opportunité moindre à payer. Il restera toujours l’aspectenvironnemental. Convaincuesetconscientesdeseffetsnégatifsdu projet d’OLAM, Nous, populations du district de BIKONDOME,affirmonshautetfortque«notreterre» n’estpasàvendre.Nousnevoulonspasêtredes ouvriersagricolesd'OLAMGabon,nidetouteautre structuredecettenature.Laterren’estpaspournous unbienàvendre,c’estnotrefacteurdeproduction, notrerichesse,notrevie. Faisant d’OLAM un problème politique, certains politiciensdeBITAMquilimitentl’intérêtnationalàleur intérêt particulier voudraient vous faire croire à l'indocilitédespopulationsdeBIKONDOME.Touten affirmant notre attachement à votre politique de l'émergencenotammentàl’undesespiliersle«Gabon vert»,etnousrestonsdisposeràtoutprojetquicadre aveccettevision.

Nous pensons que la terre de BIKONDOME sur laquellenousrefusonsl'extensiondelaculturede l'hévéanenousapasétéléguéepourquenousla bradions. Au contraire nous devons penser aux générationsfutures.Pourelles,notredevoirestde protégeretdepréservercetteterre,cettefauneetcette flore qui deviendront dans les années à venir une grandesourcederevenusmêmesansunequelconque exploitationagroindustrielle.Nousavonsledevoirde transmettredemainànosenfants,aumoinsdansl'état quenosancêtresnousl’ontlaissée,cetteterre.C’est celamêmeladéfinitiondudéveloppementdurable.

Hautesconsidérations

FaitàLibreville,le21Juillet2012

Lesfils,fillesetnotablesdeBIKONDOME

Dossierspécial

RetouretactivismedeMbaObame

Lerégimeentrelemarteauetl’enclume

Mêmesisonétatdesantén’estpasaupointcommeill’areconnului-même,l’activismedeJeanClaudeAndréMbaObamemetlesnerfsdu

pouvoiràrudeépreuve.Maislegouvernementa-t-illesmoyensdelefreiner?

Nkoghe en sa triple qualité de Conseiller du président de

Nkoghe en sa triple qualité de Conseiller du président de la République, griot de service du Directeur de cabinet de la première autorité du pays et principal rédacteur de la presse dite de « Cotonou », nombreux sont ceux qui ont pris cette révélation pour argent comptant. Mais à l’aéroport, si le B2 était effectivement là le jour de l’arrivée d’AMO, il n’a pas procédé à son interpellation. Mieux, la police a même encadré la cette manifestation, mettant ainsi à nu, les élucubrations du menteur RNN.

Aujourd’hui, tout le monde sait que le problème du pouvoir, ce n’est pas Mba Obame, mais le pouvoir lui- même. En effet, ce pouvoir, dans son fonctionnement pêche à plusieurs niveaux. Aucune logique, aucune cohérence… On fait tout comme si le chef de l’Etat était le seul qui devra

monter au front. Et tant qu’il ne le fait pas, tout le monde se terre ou fait semblant de s’agiter, comme on l’a vu ces derniers temps, avec les sorties maladroites du Procureur de la République, du Premier Vice-président du Sénat, Léonard Andjembè, du président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama et de l’actuel PM Raymond Ndong Sima.

Malheureusement, ils

ont plus amusé la galerie que de sensibiliser le peuple sur la situation du pays. Autrement dit, ils sont venus parler comme ça, sans une véritable conviction… D’ailleurs, Léonard Andjembè est plus préoccupé aujourd’hui par la guerre sans merci que lui livre le général Idriss Ngari dans la Lekabi-Lewolo où il joue sa survie politique, que par le climat actuel du pays. Pour Guy Nzouba Ndama, tout comme pour Raymond Ndong Sima, le retour et l’activisme de Mba Obame semble être une bonne chose, car au moins, elle va c e r t a i n e m e n t permettre au chef de l’Etat, accusé de ne fonctionner qu’avec la légion étrangère de se tourner enfin vers eux… D’ailleurs, l’actuel PM joue aujourd’hui sa

survie. Dans les milieux proches du Palais, on

raconte que les jours de Ndong Sima sont comptés. Dans les milieux de Raymond aussi, on raconte que les relations entre le chef de l’Etat et son PM se sont largement dégradées et que le « popo » y est pour quelque chose. Pire, au gouvernement,

Suite de la page 1

PP our le Procureur de la République, il est question

d’interpeller Mba Obame : « Même si j’avoue qu’il s’agit d’une question qui n’est pas tout à fait au cœur de mon intervention, mais qui a tout de même un lien avec les événements que nous déplorons aujourd’hui, la justice est lente, mais elle est sûre. Je vous assure que monsieur Mba Obame sera interpellé. Quand ? Certainement que je ne rentrerai pas dans la magie des saints, mais il sera interpellé ». Cette réponse de Madame le Procureur à une question du journaliste a fait rire plus d’un. En effet, au Gabon, c’est vrai, « la justice est lente ». Mais quand à la question de savoir si elle est « sûre », pas grand monde n’y croit. Sur le deuxième volet de la question liée à l’interpellation de Mba Obame, là, Madame le Procureur joue gros. Ici, la question qui se pose est celle de savoir si la justice gabonaise, et

particulièrement le Ministère publique a le courage de passer à l’acte. Nombreux émettent des doutes. D’ailleurs, à la veille de l’arrivée de Mba Obame, la presse du cabinet, par la plume de son artificier de service, Raphaël Ntoutoume Nkoghe annonçait urbi et orbi que l’ancien Ministre de l’Intérieur allait être cueilli à sa descente d’avion et devant ses partisans par les limiers du B2. Venant de Ntoutoume

Ndong Sima ne compte qu’un seul allié, le Ministre des PME-PMI. Les autres lui font comme on dit au quartier : « la bouche », car ce n’est pas lui qui les a nommés ou proposé. Voilà donc un PM affaibli dès le départ et qui n’a aucun pouvoir sur une équipe dont il semble être le chef, mais qui a plutôt le regard tourné vers le Palais. On raconte même que le « popo » Accrombessi et Ohayon ont plus d’autorité sur les ministres que leur « vrai chef Ndong Sima ». Ainsi, si on en juge par l’effritement que connaît le régime actuellement, on peut alors se poser la question de savoir comment va-t-il faire pour arrêter Mba Obame qui, soit dit en passant, est un ancien Ministre de l’Intérieur. Si l’interpeller constitue déjà un

problème, comment va faire la justice pour le juger ? Comme on le voit, arrêter Mba Obame constitue un problème, car non seulement on va en faire un héro, mais ne pas l’arrêter constitue un autre problème du fait qu’il va continuer à hanter les tenants du pouvoir. Résultat, on se lance dans une communication vaille que vaille. Le procureur tient une position aujourd’hui, demain c’est le Ministre de l’Intérieur qui vient tenir une autre. Le régime gagnerait à éviter de se donner cette image d’un chien à la grande gueule, avec des dents et qui aboie, mais ne mord pas.

GPA

LecynismeduMinistre

Ndongou

autres. Surtout qu’à son retour au pays, Mba Obame avait clairement avoué qu’il n’était guéri qu’à 50%. Il n’a donc pas fait mystère de son état de santé. Ainsi, tourner en dérision son état de santé pour des raisons politiques n’est pas digne d’un ministre de la République. En outre, si Ndongou s’est subitement senti investi du « devoir de solidarité », alors qu’il ne le limite pas au seul Mba Obame qui est tout de même loin d’être un nécessiteux. Que lui et son gouvernement commencent par le prouver à tous ces compatriotes économiquement pauvres et qui chaque jour que Dieu fait, tirent le diable par la queue, du moins lorsqu’ils le voient passer. Nous l’avons souvent dit dans nos colonnes, le pouvoir actuel pêche et tombera par son arrogance, son triomphalisme, son mépris des autres et son orgueil. Lorsqu’on assume de hautes responsabilités au sommet de l’Etat, la première des vertus est l’humilité. Elle n’est pas une faiblesse. Ensuite, l’honneur, le sens de l’écoute, du dialogue et de la réconciliation. Voilà ce que nous a laissé en héritage feu Omar Bongo Ondimba. A cela s’ajoute une autre qualité qu’affectionnait le défunt président, la ruse ! Mais l’actuel pouvoir nous apprend que Bongo Ondimba est vraiment mort et que ses héritiers successeurs ne sont pas dignes de lui. Alors en ce moment là, le peuple doit prendre ses responsabilités. Cessons de nous comporter comme des lâches.

Guy Pierre afane Ayare

D’aucuns pensaient qu’après les événements de Cocotiers, les manifestations allaient cesser, ou alors la mobilisation baissé. Mais tout le monde a constaté que la rencontre de l’ancienne Sobraga du 25 août dernier était aussi mobilisatrice que les précédentes. Le site a refusé du monde. Et Jeff qui a visionné les images n’en pouvait plus. Il lui faut faire quelque chose pour arrêter cela. C’est dans cette logique qu’une stratégie tout azimut est mise en place. Elle passe par les intimidations, une campagne de dénigrement médiatique et des menaces sur la personne de Mba Obame et de ses acolytes. Malheureusement jusqu’à ce jour, la mayonnaise ne prend pas. Le premier à être mis en orbite est le Procureur de la République près le tribunal de Libreville. Lors d’une conférence de presse animée la semaine dernière, dame Sidonie Ouwé affirmait urbi et orbi que Mba Obame sera interpellé. Alors qu’on attendait cette fameuse interpellation, voilà que Ndongou vient la battre en brèche en affirmant lui que : « S’il est prouvé qu’il (Mba Obame NDLR) ne soit pas en possession de toutes ses facultés physiques et mentales, nous l’inviterons à se faire évacuer avec l’appui de la CNAMGS. C’est ici notre devoir de solidarité ». C’est vrai que Ndongou a le sens de l’humour, il nous en a donné la preuve à maintes reprises, sauf qu’on ne s’amuse pas avec l’état de santé des

sauf qu’on ne s’amuse pas avec l’état de santé des Pouressayerdereprendrelamain,lepouvoir

Pouressayerdereprendrelamain,lepouvoir désespéré,jettetoutdanslabataille.LeDGdela

RTG1devientreporter.

LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

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DansLeMbandja

Traitportrait

QuiestréellementlesomalienLibanSuleiman?

Danscebillet,notrevolontén’estcertainementpasd’exprimerunquelconqueméprispourlanationalitésomaliennequeleGabona

d’ailleursplusieursfoisaidéesousOmarBongoOndimbapuisabusivementsecourusousAliBongoOndimba.

EE n effet, Omar Bongo Ondimba n’avait pas manqué de jouer un rôle

très important dans la situation dramatique et déshumanisante qui accablait ce grand pays d’Afrique. Il s’y était investi en apportant des aides diverses et variées allant même jusqu’à montrer son affection pour ce peuple somalien souffrant en y acceptant un grand nombre sur notre territoire national. C’est peut être pour cette raison qu’on a aujourd’hui des familles somaliennes entières qui vivent paisiblement dans notre pays sans provoquer ni humilier le peuple gabonais qui a décidé de leurs offrir une hospitalité de grande qualité.

Cependant,est-ce

finalementlatrop

grandebontédupeuple

gabonaisquileperdra?

Actuellement, chef de cabinet du président de la République, Liban Suleiman, que nous espérons désormais binational, ne cesse de faire parler de lui négativement tout comme son chef, Maixent Accrombessi. Finalement le proverbe disant « le petit cabri mange toujours l’herbe que sa mère lui donne » trouve tout son sens. Notre doute sur le caractère binational du jeune Liban Suleiman, âgé seulement de 28 ans et bombardé chef de cabinet du président de la République, émerge du fait que, dans le journal de son école « International Education Financial Aid» où il était encore scolarisé en 2009, il est présenté comme un ressortissant somalien alors que nombreuses sont les langues qui affirmeraient que ce jeune garçon aurait toujours vécu au Gabon. Et mieux, qu’il n’aurait connu que le Gabon et que seule sa typologie rappellerait aux uns et aux autres ses véritables origines.

Dans la « Newsletter » du 07 avril 2009, donc deux mois avant la mort d’Omar Bongo Ondimba et quatre mois avant l’élection présidentielle anticipée, à la rubrique « Langston University International Students », le profil de Liban Suleiman est décliné comme suit : « Liban A. Suleiman est le vice président d’une association d’étudiants étrangers à l’Université de Langston. Il est en deuxième année de licence option « Gestion des Systèmes d’information ». Il est originaire de Mogadiscio en Somalie. Parmi les dix millions de somaliens, il a eu la chance de venir étudier à l’Université de Langston. Son rêve est d’avoir une expérience américaine puis repartir dans son pays pour

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participer à la construction de celui-ci, notamment dans le domaine de la formation dans les nouvelles technologies de l’information ».

A la lecture de ce profil

vérifiable que nous respectons, nous ne pouvons

pas accepter que Liban Suleiman qui a tout reçu du Gabon, qui est parti du Gabon pour apprendre aux Etats-Unis soit aujourd’hui

chef de cabinet du président

de la République quand on

sait que sa priorité c’est la Somalie d’abord et non le « Gabon d’abord » prôné par les pères de notre indépendance et repris par Ali Bongo Ondimba

dans son projet de société « l’Avenir en confiance ».

Liban Suleiman a le droit d’aimer son pays d’origine la Somalie. Il a le droit de lui apporter toute l’aide

nécessaire. De cette assertion, il ne peut le faire au détriment des priorités des populations gabonaises.

En avril 2010, le président Ali

Bongo Ondimba visitait le quartier surpeuplé de Kinguelé, fortement infesté par la misère et les maladies. De nombreuses promesses ont été faites durant cette visite. Aujourd’hui, c'est-à- dire deux ans après, le bidonville le plus déshumanisant du Gabon n’a connu aucun changement. Or, nous avons tristement appris qu’en juillet 2011, le Gabon avait fait un don de 2,5 millions de dollars à la Somalie le pays de Liban Suleiman, soit environ 1.327.000.000 de francs CFA. Une coquette somme d’argent qui aurait pu donner un autre visage à ce quartier et à ses populations condamnées à s’alimenter à la décharge publique de Mindoubé.

Est-cevraimentsérieux

quandlaxe9duprojet

desociétél’aveniren

confianceprônaitle

partagepourtous?

Face à cette situation, les proverbes disant : «on n’est

mieux servi que par soi même » et « avant de regarder la paille qui est dans l’œil de l’autre regarde la poutre qui est dans ton œil » trouvent tous leurs sens. En effet, Liban Suleiman préfère plaider pour la cause de ses frères et sœurs somaliens au lieu de s’occuper des Gabonais qui l’ont accueilli, lui et tous les siens.

De plus, il n’est pas rare de voir

Liban Suleiman se pavaner dans les rues de Libreville à

bord de véhicules coûtant

plusieurs centaines de millions

de francs CFA. Où a-t-il trouvé

tout cet argent pour s’offrir

autant de voitures de luxe alors que certains généraux de nos forces de défense, certains membres du gouvernement, certains hauts cadres du Parti Démocratique Gabonais (PDG),

certains conseillers spéciaux du président de la République, certains hauts fonctionnaires de

la République gabonaise,

certains hommes d’affaires gabonais ne peuvent même pas se les offrir malgré tous les efforts qu’ils déploient au quotidien pour ce pays ?

Est-ce vraiment sérieux et respectueux pour les populations gabonaises de toutes les ethnies, de toutes les provinces qui ne demandent que le strict minimum : l’eau potable, l’électricité, du travail, des aides sociales, des loisirs, une bonne éducation, une bonne formation, des hôpitaux modernes, des salaires décents, des routes, des médicaments,… ? Selon certaines sources indiscrètes, Liban Suleiman se serait procuré une villa d’une valeur d’un milliard de francs CFA (1.000.000.000 Fcfa) dans le quartier huppé de Kalorama aux Etats-Unis. Cette villa aurait été achetée quatre mois avant l’acquisition « par l’Etat gabonais » de la villa de Ted Kennedy. D’ailleurs elles sont situées à un jet de pierre, l’une de l’autre.

ce jeune garçon de 28 ans a

pu

trouver autant d’argent

quand on sait qu’il n’est pas l’héritier d’un richissime homme d’affaires ? Quand on

sait qu’il n’a aucune entreprise,

aucun business pouvant lui permettre de s’offrir un bien d’une telle valeur ? On constate que Liban Suleiman rend bien aux

américains l’instruction qu’ils

ont pu lui offrir en introduisant

dans l’économie américaine la coquette somme de un milliard si on veut juste se limiter à cet achat. Liban Suleiman négocie bien des sommes astronomiques pour la Somalie

son pays qu’il dit vouloir aider.

Mais quand est ce qu’il va rendre au Gabon et à ses populations l’hospitalité qu’ils lui ont offert ? Enfin, au-delà de ce caractère

matériel insolant du débat, il y

a la problématique des

capacités de Liban Suleiman.

Qu’a-t-il fait comme études, qu’a-t-il eues comme expériences professionnelles au point de bénéficier du soutien

du chef de l’Etat et de jouir

abusivement du statut de chef

de cabinet du président de la

République gabonaise ?

De ce qui se dit dans les

couloirs du palais présidentiel,

le seul projet que Liban

LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

seul projet que Liban LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012 Suleiman aurait négocié pour le Gabon, pays dont il n’a

Suleiman aurait négocié pour le Gabon, pays dont il n’a rien à foutre, serait celui d’Olam qui constitue aujourd’hui une des plus grosses bouffonneries du pouvoir. Un massacre sans gêne et sans état d’âme de l’axe 5 du projet de société l’Avenir en confiance. Un projet qui ne séduit personne dans notre pays. Voici que le pouvoir en place, après avoir choisi des profils bancals pour aller négocier un aussi important projet au détriment des cadres gabonais compétents, se retrouve aujourd’hui dans une difficulté innommable. Et comme des hommes sans dignité et sans honneur ne manquent pas au Gabon, alors que leurs expertises avaient été négligées voire méprisées par ceux qui avaient été envoyés négocier ce projet, ils se trouvent aujourd’hui contraints de venir pondre des inepties à ne plus en finir pour tenter de convaincre les populations au lieu tout simplement de dire que ce projet tel qu’il a été négocié possède trop de défauts. De ce fait qu’eux- mêmes ils n’y croient pas et que ce projet abracadabrantesque n’est qu’une farce de mauvais aloi.

D’ailleurs, où sont les Liban Suleiman, les Maixent Accrombessi et compagnie qui étaient allés signer ce partenariat à Singapour ? Pourquoi ne les voit-on jamais devant les caméras et dans les pages des journaux pour venir vomir leur si belle science devant le peuple ? Désormais ils se cachent

pendant qu’on envoie des collabos au charbon pour affronter intellectuellement la crème du patriotisme et de l’intelligentsia gabonaise. Désormais, la première question à poser à chaque défenseur du projet d’Olam au Gabon tel qu’il se présente est la question suivante : faisiez vous partir de la délégation qui était allée signer ce projet ? C’est l’occasion de dire à ceux

qui se sont sucrés avec l’argent d’Olam en engageant le peuple gabonais et en hypothéquant l’avenir de ses enfants qu’ils sachent qu’ils seront contraints de rembourser à Olam ses sous jusqu’au dernier centime comme cela avait été le cas avec le projet du fer de Bélinga. Pour finir sur le profil sulfureux et creux de Liban Suleiman nous précisons qu’en avril 2009, ce dernier n’était qu’en deuxième année de Licence dans son université de Langston. Depuis juin 2009, il a toujours été un peu trop visible dans les actualités qui ont eu cours au Gabon. Cela supposerait qu’il n’aurait donc pas terminé son année universitaire. Que peut bien justifier la présence d’un tel profil à ce niveau du sommet de l’Etat ? Au-delà de tout ce qu’on pourrait reprocher à Jean Pierre Oyiba et à Patrice Otha, est ce vraiment sérieux qu’on puisse les remplacer par des profils aussi creux que ceux de Maixent Accrombessi et de son sherpa Liban Suleiman le somalien qui en 2009 avait déclaré qu’il voudrait acquérir des connaissances en Amérique pour les expérimenter dans son pays la Somalie ? Nous n’acceptons pas ces impostures car elles ne faisaient pas partie des axes du projet de société l’Avenir en confiance bien qu’il ne soit plus surprenant de voir leurs nègres de service venir nous pondre des débités auxquelles eux- mêmes ils n’y croient pas une seule ligne. Liban Suleiman et Maixent Accrombessi doivent dégager avant qu’il ne soit trop tard. Le peuple gabonais s’est moult fois exprimé sur leur imposture, il est inutile qu’ils tentent d’engager un bras de fer perdu d’avance. Aussi bien dans l’opposition mais surtout dans la majorité, personne n’entend plus leurs faire la part belle.

Abon entendeur…

Télesphore Obame Ngomo

Ngoughè

InterviewdeMonsieur Jean-ChristianObame

Lespaysémergents:unenjeumondial

Jean-ChristianObame(JCO),InspecteurGénéraldesFinances,AncienConseilleretMembreduConseild’AdministrationduFMI,Ancien AmbassadeurduGabon &DoyenduCorpsDiplomatiqueauJapon,Inde,IndonésieetMalaisieànotrehebdomadaire«LeMbandja»

Le Mbandja : Vous êtes un témoin privilégié du grand dynamisme économique observé en Asie depuis le milieu du XXème siècle, et une voix autorisée pour parler de l’enjeu mondial que représentent les pays émergents. Comment définir les pays émergents ? JCO : En préambule, permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’honneur que vous me faites en m’offrant cette tribune dans votre journal et qui me permet de vous livrer humblement à vous-même et à vos lecteurs, mes analyses et réflexions personnelles sur le thème de notre entretien. Ceci dit et pour répondre à votre première question sur la définition des pays émergents, les économistes s’accordent à leur reconnaitre au moins trois critères fondamentaux, dont un est structurant, notamment la base industrielle du pays; et les deux autres étant des critères de performances interne et externe se rapportant au taux de croissance du produit intérieur brut (mesurant la somme totale de la richesse produite dans le pays) et à la part de marché du pays dans le commerce mondial (en termes de recettes d’exportation et de réserves de change).

La croissance constituerait-elle le seul point commun des pays qualifiés d’émergents ? Bien entendu, comme cela vient d’être dit plus haut, le taux de croissance (forte et généralement à plus ou moins deux chiffres) n’est que l’un des trois critères communément retenus pour accéder au « club » des pays dits émergents. Il convient ici de rappeler que le concept de « pays émergents » est évolutif et s’applique

aujourd’hui aux dix pays en développement ou semi-industrialisés (Brésil, Argentine, Turquie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Indonésie, Russie, Mexique) qui remplissent au moins les trois critères de base précités.

Comment, donc, caractériseriez-vous le capitalisme des pays émergents ? Si je comprends bien votre question, vous me demandez en fait de vous définir les atouts économiques des pays émergents et leur stratégie de positionnement dans l’économie mondiale. Sur les atouts économiques, ces pays ont su préalablement se doter des infrastructures économiques nécessaires pour asseoir leur socle industriel (sources énergétiques, voies de communications modernes, ports, aéroports, zones franches etc.…). Parallèlement, ils ont mis en place des structures de formation technologiques dans tous les secteurs économiques ciblés (Agro-industrie, Biotechnologie, Industries de transformation, NTIC, Finance, Distribution, etc.….) afin de disposer d’une main d’œuvre locale qualifiée et immédiatement opérationnelle. Sur le deuxième volet de votre question, il faut noter que la stratégie de positionnement des pays émergents dans l’économie mondiale a toujours été tournée vers l’exportation. Il s’est donc agi d’encourager par des mesures incitatives diverses, les industries locales, en partenariat (joint-venture) avec avec les firmes étrangères, de produire localement pour conquérir les marchés extérieures de grande consommation. La conquête des marchés intérieures par la substitution aux importations, autrement dit la limitation quantitative et qualitative des importations a constitué l’autre versant de la stratégie appliquée par les pays émergents.

(Suite au prochain numéro)

Inutiledebrandirletorchondutribalisme:ilneséduira

pluspersonne…

Lacriseprofondequiaccablelespopulationsgabonaisesrisquedes’aggraversil’idéed’uneconférencenationalesouverainen’estpasrapidement acceptée.Depuistroisans,denombreusesalertesetconseilspertinentsavaientétéprodiguésaupouvoirquiapréférénaviguerdansl’entêtement etl’aveuglement.Récemment,desmesuresd’urgenceavaientétéproposéesavantleretourd’AndréMbaObamepourtenterd’apaiserlacrisequi empêchelesgabonaisdevivredanslaquiétude.Unefoisdeplus,certainementlafoisdetrop,le pouvoirabrilléparl’arroganceetleméprisde gensquivoyaientledangerarriver.Maintenantquecedangerest-là,ilfautquelepouvoirseraviseetrevienneàlaraison.

LL asituationdramatiquequifrappelespopulations

gabonaisesetquipourraitmettrehorsdupouvoir

les dirigeants du pays n’est que la conséquence logiquedurefusd’écouteretduchoixdecouperla branchepolitiquesurlaquelleilétaitconfortablement assisauprofitd’unebrancheinexistante.Decefait,il estinutiledebrandirlepétarddéfinitivementmouillé dutribalisme.Ilneprendrapas.Commeiln’yaque leschiensboiteuxquifontdésormaispeurauxpoules. André Mba Obame comme n’importe quel leader politiquesérieuxetmodestementintelligentquiveut dupouvoirnepouvaitcrachersurunetelleaubaine politique:écouterattentivementlesrevendicationsde peuplegabonaisetsebattrerésolumentàsescôtés pourl’aideràbénéficierdemeilleuresconditionsde vie. Decetteassertion,letribalismen’apassaplacecaril s’agit là de revendications légitimes du peuple qui souffrevraimentpendantquelesmoyensfinanciers ne manquent pas mais qu’ils sont mal orientés. Autrement dit, ils sont distillés vers des choix inexplicables et totalement impertinents. Ces choix moultfoisdénoncéscaraussibienfutilesqu’inutiles. OmarBongoOndimba,ledéfuntprésidentduGabon, avait basé son pouvoir sur cinq piliers qui se retrouventaujourd’huicomplètementàterre.Etc’est l’occasion de rappeler aux amnésiques du pouvoir quec’estuniquementsurlabasedecespiliersqu’en

2009lesommetdel’Etatn’avaitpaspuéchapperaux

mainsdupartiDémocratiqueGabonais.

Avec Omar Bongo Ondimba, il s’agissait d’une gestiondupouvoirorganiséesouslemodèlesuivant:

d’abordavecsafamille,puisavecsonclan,puisavec saprovincenatale,ensuiteavecl’élitegabonaisequi bondait les loges maçonniques quand la masse remplissaitlesrangsdupartiaupouvoir,etenfinavec sesréseauxàl’international. Aujourd’hui,touscespiliersquisoutenaientlepouvoir ontbêtementétédétruitsparunegestionscabreuse del’Etatoùl’humiliation,l’arrogance,l’incompétence et l’entêtement demeurent les seuls maîtres mots. Faut-il encore rappeler que des individus ne défendentunpouvoirquelorsqu’ilsyontdesintérêts ?Quelestl’intérêtpourtoutescespersonnesquiont favorisé l’ascension au pouvoir d’Ali Bongo de se battre à ses côtés aux temps froids alors qu’aux tempschaudsc’estunepetitebandedecopainsqui faisaitlapluieetlebeautemps?Parconséquent,le repliidentitaireoul’argumentdutribalismeneprendra

pasbienaucontraire,ilvaêtrefatalaupouvoir. Est-ce un fang qui a parlé d’erreurs de casting en

2010etquilesanéanmoinsencouragéenprônant

l’incompétence des étrangers étranges? Est-ce un fang qui a dégagé tous les hauts cadres du Haut- Ogoouéfinalementaccusésinjustementdemauvaise gestion,quandonvoitqueceuxquilesontremplacé n’ontpasfaitmieux?Est-ceunfangquiaplacéune brochette puante d’étrangers étranges, arrogants, incompétentsetimpopulairesausommetdel’Etat? Est-ceunfangquimaintientMaixentAccrombessià soncabinetalorsqu’ilneluiapporteriensurleplan politique et stratégique en même temps que ce dernier passe son temps à humilier les hauts dignitairesdecepays?Est-ceunfangquiaccepte qu’unincompétentcommeMaixentAccrombessiqui sortdenullepartviennedirigerleGabon?Est-ceun fang qui a empêché le pouvoir actuel de se doter d’une nouvelle image que celle de receleur, de détourneurdedenierspublics,dedictateur?Est-ce unfangquialimogédenombreuxhautscadresde l’administrationdufaitdeleursorientationspolitiques ?Estceunfangquinepermetpasauxpopulations de jouir d’hôpitaux modernes avec un personnel mieuxrémunéré?Est-ceunfangquiaorganiséune course nautique alors que les gabonaises et des gabonais manquent d’eau potable et d’électricité ? Est-ceunfangquiapréférédépenserdescentaines de milliards pour des voitures de luxe alors que le Gabon n’a pas de routes, donc d’espaces où elles peuventcirculer?Est-ceunfangquiaempêchéla constructiondelogementssociauxpendantquedes milliardsdefrancsontétédépenséspouracheterdes biensimmobiliersàParis,auxEtats-Unis,auMaroc, enAfriqueduSud…?

Est-ce encore un fang qui a dépensé des milliers d’eurospouracheterdesfeuxd’artificependantque lesétudiantsrevendiquentleursboursesd’étudeset qu’ilsn’ontmêmepasunebibliothèquesemblableà cellesqu’onpourraitretrouverdanslapluspetiteville de France? Est-ce un fang qui a préféré surfer sur l’arrogance des communiqués et des caricatures à toutvaàl’endroitdechefsd’Etatétrangers?Est-ce unfangquiaencouragélacensuredesmédias,les casdesjournaux«LaUne»et«Ezombolo»ainsi queladestructiondel’émetteurdelachaîneprivée TV+nesontilspassuffisammentparlant?Est-ceun fang qui a autorisé un simulacre de jugement d’un haut gradé de l’armée qui croupit aujourd’hui en

LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

prison malgré son état de santé fragile(le général NtumpaLébani)?Est-ceunfangquiafaitvenirdes starsaméricainespendantqueleshabitantsdetoutes lesprovincesduGabons’étouffentdansunchômage déshumanisant ? Est-ce un fang qui a refusé de mettre en étude la question de l’amélioration des revenus des citoyens gabonais ? Est-ce encore un fang qui a empêché la construction d’un cadre d’affaires sérieux, crédibles avec des experst gabonais reconnus ? Est-ce encore un fang qui a freinéleprojetdelafibreoptiqueauGabon?Est-ce un fang qui a oublié que de la même manière que

nousl’avonssoutenupourprendrelepouvoiren2009

pour améliorer le quotidien des populations gabonaises,c’estdecettemêmemanièrequenous travailleronspourreprendrecepouvoiretl’attribuerà des personnes plus soucieuses du devenir et de l’avenirdesgabonaisesetdesgabonais?

Certains responsables du pouvoir en place ont-ils oublié qu’ils trainaient les mêmes tares de gestion qu’AndréMbaObamemaisqu’ilsontaggravéleurs cas en ne faisant pas mieux que ce qui était fait à l’époqueoùAndréMbaObameétaitauxaffairesavec eux ? La gabegie, les détournements de fonds publics,lacorruption,letauxdepauvreté,leniveau d’éducation… toutes ces réalités de la mauvaise gouvernanceauGabon,ont-ellesdisparu? Letempsdel’attentedelafindesmandatspourles responsablespolitiquesquineveulentpasécouterest bel et bien fini. Ben Ali de Tunisie ainsi que Hosni Moubarakn’ontpaseudroitàlafindeleurmandat carilsrefusaientdesuivrelespleursetlesplaintesde leurspopulations.Sigénéralementilestditqu’onne changepasl’équipequigagnealorsaffirmonsqu’on changel’équipequinegagnepas. Parconséquent,ilestvraimentinutilequel’argument dutribalisme,quiestdésormaisunpetdelapinsur toilecirée,refassesurfacecarilnemarcherapasune seule seconde mais bien au contraire. Le citoyen gabonaisparlantlefangaautantledroitàl’exercice dupouvoirquetoutautregabonais. Enfin,lesproblèmesduGabonilfallaitlesrésoudrequand letempsyétaitfavorable.Maintenantqu’ilestmidietque nousavonsl’âge,lavagueduchangementsouhaitéepar lamajoritédupeuple humiliéeparMaixentAccrombessi ettoussessoutiensnereculerapasetellegagnera commeelleagagnéenCôted’Ivoire,enTunisie,en EgypteetenLybie.

TélesphoreObameNgomo

Page5

Augrandvillage

Crisesuccessoraleausommetdel’EtatGabonais

Delafraternitéàl’adversité

AliBongoOndimbaetAndréMbaObame,ABOetAMOquirimentbien,sontenconflitouvertdepuis3ans.MêmesiAMOaffirmequecen’estpasune

crisedepersonnes,iln’enrestepasmoinsquecesontleshommesetlesfemmesquilavivent,l’accompagnentetlasubissent.SiAMO,malgréla faiblesseetlafatiguequisedégagentdesoncorpsphysique,insistepourqu’uneConférenceNationaleSouverainesefasse,c’estqu’ilyaproblème.Et,il

yaeffectivementunproblèmedepuislaproclamationdel’électionde2009.Demême,siABOetlessienspensentqu’iln’yapasdecrise,c’estparcce

qu’ilsneveulentpasquel’ondéstabiliseleurpouvoir.CriseoupasCrise,touslesgabonaissaventqueduvivantdeOBO,etparticulièrementàlafin incontrôléedesonrègne,leGabonétaitplongédansun granddésordre.C’estcedésordrequisecontinueetquiestàl’origineduconflitentrelenouveau pouvoiretlanouvelleoppositioncontrôléespardeuxexFrères-Amis.Unadagegabonaisditqu’aucoursd’unrepas,«desfrèressesontbagarréspour obtenirlatêtedelagazelle,nonpointparcequ’elleestcharnue,maispard’orgueil,fiertéetconfrontationd’égo».Afinderenforcermonargumentaire etd’éclairerledébatencours,jemetrouvedansl’obligationdedéclasserundemesdocumentsprofessionnelsarchivésquin’estplus secret,enprésentantparavancemesexcusesauxpuristes,critiquesetéventuelsaccusateurs.

ParGuyNang-Bekale,Docteurd’EtatenSciencesPolitiques.Contacts:05364939Blog:http://autregabon.blogspot.com/

CC e qui se passe présentement sur la

scène politique gabonaise est d’une

cocasserie inouïe. Deux

personnages, naguère très proches, qui avaient publiquement affiché une amitié qui paraissait inflexible, une fraternité que l’on pensait infaillible et une entente réputée excellente, se trouvent face à face. L’un s’est emparé de la fonction de président de la République après une investiture à la candidature et un processus électoral dénoncés par une grande partie de l’opinion et par ses adversaires ; au nombre desquels, son ancien fidèle compagnon. Al’origine et au centre de ce duel qui préoccupe le pays et le peuple tout entier se trouve leur défunt Père qui leur a donné le goût du pouvoir, sans avoir réellement fixé et montré leurs limites à l’un et à l’autre, au regard de leurs qualités, de leurs défauts, de leurs compétences et de leur caractère. Faute d’avoir clairement arbitré et freiné les ambitions de ses fils, devenus très puissants grâce à lui, voici que sa succession se trouve entachée d’une âpre lutte pour le Pouvoir qui risque de remettre en cause l’Unité Nationale qu’il considérait comme sa plus grande réussite. Etant donné qu’il n’y a qu’un fauteuil de président de la République, la solution pour régler ce combat devient introuvable et complique le dialogue. L’un semble dire « j’y suis j’y reste», l’autre réplique « tu y es par défaut ». Un vieux de la vieille avait dit que « la politique est une question de génération » :

nous y voilà. Les palabres, les querelles, les crises, les rancœurs, les haines ont de tout temps existé entre des Etres unis par la parenté, la fraternité, l’amitié, le mariage, le travail, les affaires etc. Ils prennent un caractère dangereux quand l’enjeu porte sur l’accès à la fonction publique la plus prestigieuse de la société : celle de chef d’Etat. Pour y accéder, les postulants mettent tout en œuvre : argent, force, mensonges, filouterie, fétiches, sorcellerie et tout ce qui peut participer à la réalisation de l’objectif de commander.

Du lointain passé, il nous est rapporté que les deux fils du premier couple biblique, Adam et Eve, sont entrés en conflit mortel par la faute de Dieu. L’ainé se nommait Caïn, ilétait cultivateur, son cadet Abel était berger. Ils firent des offrandes à Dieu qui agréa celle du cadet, provoquant ainsi le courroux de Caïn qui assassina son frère par jalousie. Tard après, il regretta son acte. En ce qui concerne nos deux compatriotes et frères, le Président Omar Bongo, dont ils se disent fils, et qui connaissait leurs appétits politiques ne pouvaient pas ne pas savoir, et savait même pertinemment qu’un jour, ils allaient entrer en conflit ; que lui, ne sera plus présent pour les calmer et qu’ils n’écouteront personne pour revenir à la raison. Tel est la situation que nous vivons et qui oppose deux enfants gâtés de la République par le régime politique d’un puisant homme d’Etat qui n’a pas mis de l’ordre dans sa succession. Devenus

l e

politiques, les 2 personnalités étatiques Ali

B o

Ondimba

A n

MbaObame se

trouvent

cœur d’une crise

institutionnelle

é t

postélectorale qui préoccupe les gabonais, les hommes d’affaires et les partenaires publics et

privés du Gabon à travers le monde. Si le premier s’est emparé du pouvoir d’Etat ;

le second, en virtuose politicien, a pris le

contrôle et le leadership de l’opposition du pays ; devenant ainsi, l’un des rares anciens ministres de l’intérieur, sinon le seul au monde qui soit devenu très populaire après avoir fidèlement servi avec zèle un régime abject et impopulaire et fabriqué de frauduleuses victoires électorales.

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électorales . a a t n d i e r s g r o et é

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En cas de crise, c’est toujours entre des Etres qui se connaissent bien que les positions se radicalisent violemment. En nommant ABO ministre de la défense et AMO ministre de l’intérieur, le Président OBO avait donné une forte connotation filiale à sa succession présidentielle, quand on sait les places, les missions, les moyens, le poids et l’influence de ces deux ministères dans la vie politique et policière d’un pays. En affirmant qu’il avait beaucoup de dauphins, OBO disait vrai et nous vivons cette réalité ici et maintenant. Il est plus qu’évident que d’autres potentiels dauphins sont aux aguets et assistent muets à la foire d’empoigne qui se déroule sous leurs yeux. L’un et l’autre, en aparté, se sont sûrement entendu dire « tu es mon fils et c’est toi qui est le plus apte à occuper mon fauteuil ». Mais, sur un fauteuil, aussi prestigieux soit-il, on ne peut poser qu’un seul derrière. Il en est ainsi du fauteuil présidentiel, de ceux du pape, du roi, du témoin, du juge ou d’accusé. Tout le gratin politique gabonais connait le passé fraternel et amical d’ABO et AMO. N’y a donc plus un seul sage au Gabon pour mettre fin à leur conflit ? Vrai ou faux, il semblerait qu’une tentative de réconciliation avait été engagée sans succès. La Conférence Nationale Souveraine peut-elle conduire à une solution définitive ? Laquelle ? Certains affirment que le Gabon est en crise,

d’autres le nient. La vérité c’est que le pays est en crise depuis plusieurs années :

crises économique, sociale, politique, démocratique, morale, culturelle, spirituelle etc. Le présent conflit n’est qu’un maillon de cette crise ancienne qui

se focalise sur le contentieux post électoral

de la présidentielle de 2009 et qui oppose le Pouvoir détenu par ABO et l’Opposition conduite par AMO. Questions : qui de ABO ou AMO a sous- estimé, négligé ou minimisé l’autre dans

la

lutte pour la prise du pouvoir en 2009 ?

Il

semblerait que c’est AMO qui a commis

la

mortelle erreur que certains politiciens

intellectuels commettent au Gabon depuis 52 ans en pensant que l’instruction et la détention des diplômes sont une garantie pour mener une carrière politique en Afrique où, comme ailleurs, la politique est voisine de la mafia, du banditisme et se fonde sur la force et la

violence. C’est comme dans l’historique Far West, où c’est celui qui dégaine le plus rapidement qui tire le premier et tue celui d’en face. AMO et ABO le savent parfaitement. Qui de ABO et de AMO défend la juste cause ? C’est AMO qui demande l’ouverture d’un dialogue national. Les intellectuels politiciens gabonais ont souvent fait montre de mépris à l’égard des politiciens sans diplômes. Et, ces derniers les ont toujours copieusement piétinés, humiliés, déshonorés. Ce fût le cas lorsque la succession à L. Mba était ouverte avec la bénédiction de la France de Foccart; quand les « cadres

» de l’époque pensaient

qu’A.B. Bongo n’avait pas les qualités requises pour

diriger le pays qu’il dirigea tranquillement pendant 42 ans. Si ABO est Docteur en Droit, AMO est un politologue. Il a analysé «le Pouvoir Politico- Administratif au Gabon». Il sait que la Dictée, la Rédaction, la Dissertation, les Mathématiques… ne sont pas des données suffisantes pour définir une tactique ou une stratégie de lutte politique démocratique dans les pays noirs. ABO et AMO sont devant une opportune occasion pour démontrer auxgabonais qu’ils ont retenu de leur Père ce qui formait les piliers permanents de son discours et de sa pratique politiques : le Dialogue et la Concertation. Qu’ils nous prouvent qu’ils aiment leur pays et leur peuple en trouvant une solution à ce qui les oppose

; en oubliant leur égo, pour

ne prendre en compte que les intérêts des populations

; et que si « un idiot peut faire

ce qu’un autre idiot fait », un

« idiot ne peut pas faire ce qu’un homme

intelligent sait faire ». Qu’ils sachent qu’il y

a d’autres fortunés compatriotes qui

peuvent prétendre gouverner le pays.

S’ils ne sont pas capables de s’accorder ou,

si l’on ne peut plus les réconcilier ; alors il

faut faire comme dans la fable ; trouver un «troisième larron » pour prendre le pays

en mains et mettre fin aux bruits de bottes et à la chienlit qui s’annoncent. Au-delà d’un homme providentiel, c’est d’une équipe dont le pays a besoin. Ce que le peuple vit aujourd’hui était prévisible et aurait pu être atténué. En ma modeste qualité de Conseiller Personnel, quelques années avant sa mort, comme l’ont certainement fait d’autres patriotes, j’avais attiré l’attention du président Omar Bongo Ondimba sur la nécessité de préparer sa succession (voir document). Hélas ! On ne prête qu’aux riches et les grandes douleurs sont muettes… Puisque la crise politique actuelle polarise toute l’attention du peuple, la solution est de trouver un terrain d’entente pour éviter que l’on en vienne à poser le problème en termes de vie ou de mort ; mais en termes

le problème en termes de vie ou de mort ; mais en termes de Dialogue et

de Dialogue et de consensus politiques démocratiques, ou alors de Changement. Qu’Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame convainquent les gabonaises et les gabonais qu’ils ont chacun, une carrure d’homme d’Etat pour gouverner le Gabon dans la Paix. Sinon, «Qu’ils Dégagent ».

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LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

Dossierspécial

(Suiteetfin)

C’estdireque«LumièresurleGabon»apporteun éclairagesurlastructuremécaniqueetmétallique quiaétéimposéeaupeuplegabonais.Autrement dit une administration d’acier, insensible, cruelle, corrompue, charlatanisée, mystificatrice et totalement au service d’un homme et de son système. Vous ne savez pas ou n’avez jamais compris pourquoi et comment Bongo a réussi à mettre entre parenthèses le multipartisme et le monopartisme pour asseoir ce que j’ai personnellement vécu et que je qualifierai de ventrocratie populaire ? Pourquoi au Gabon les vocables morale et Dieu soulèvent-ils aussi facilementune franche hilarité ? Comment,avec l’artdelafourberieetdeladivisionquicaractérise Bongo,cepetitpaysasucollecterdesproblèmes avec tous ses voisins et même avec des pays pourtanttrèséloignés?Un“Etatdeslieux”aété peint avec la rigueur, la sincérité et la franchise appropriées.Cen’estpointunesuited’affirmations oud’allégationsgratuitescarilnes’estagiquedes faitsrecoupésetrapportés.Documentsàl’appui. Tout a été autant montré que démontré. Une démarche propre au journalisme d’investigation qu’affectionnel’auteur.

La lecture fera découvrir une approche assez concise d’aller droit au but. Sans biaiser. On trouverapeut-êtrequeleschosesontétéditesde façonbrute,sansnuance,maislesactesdénoncés nesontpasmoinsbrutaux.Ilfallaitlefaireetledire duvivantmêmedeBongopourrompreaveccette lâcheté qui consiste à tirer sur le corbillard. Autrementditàattendrelamortdutyranpourenfin avoirlecouragedepeindresavéritableimageetle jardindesonpouvoir.Lesamateursdelalangue de bois, de la litote et des formules imagées en auront,aveccedocument,pourleurdéception.Je neprédispasmoinsàl’endroitdeceuxquicroiront trouverdanslespagesquisuivent,lafacecachée d’Omar Bongo car ce travail, que j’ai déjà eu l’honneur de parcourir, est contenu dans le prochainouvragedeRNN,encoursdeparution.

LumièresurRaphaelNtoutoumeNkoghe

Ceux qui croient que seuls des rêveurs peuvent reconstruireleGabonavecunefacilitémagique,ne trouveront également pas chaussure à leur pied dansle“Pland’action”.Lequelaeuleméritedese départir de la trop classique écriture critique, souvent très contestée et vilipendée par les politiques,pouradjoindreàl’observationsouvent naïve,téléguidéeethabilléeduterrain,lapropre vision des choses ainsi que des propositions de l’auteur.C’estessentiellementàcausedecetravail depropositionsquej’aiacceptéde“préfacer”cette œuvre.Etj’enéprouveunesincèresatisfactioncar, parrapportautravaildediplomatequej’aiaccompli quandj’étaisenposteàLibreville,j’aimaintenantle sentimentd’avoirenfinfaitquelquechosepourle peuplegabonais.Jem’ensensfier.

«Lumière sur le Gabon» est donc un travail de présentation,d’analysesetdesuggestions.Leseul véritablelivrequi,endehorsd’«Affairesafricaines» de Pierre Péan, dresse, sans la moindre complaisance,uneautopsieprofondeetsérieuse del’unedesplusférocesdictaturesdelaplanète. C’est, en tout cas, ce que j’ai personnellement entendudesquelquesprofessionnelsdel’édition quil’ontparcouruavantsonimpression.

Gustaved’Orléans(1)

(1)Mondevoirderéserveentantquediplomatede

carrièrem’acontraintàemployercepseudonyme. Maisjesaisqueceuxquim’ontconnuouquiont travaillé avec moi au Gabon me reconnaîtront facilement.Aleurconsciencedejugermonacte». Fin.

Telleestlapréfacedulivre«LumièresurleGabon »deRaphaelNtoutoumeNkoghequioseencore l’ouvrirdanscepays.Cherslecteursvousnerêvez pas,voicicequeceluiquiécritaujourd’huilaGriffe a eu à dire sur le système qu’il sert aujourd’hui avecunearroganceetunzèleindescriptible.Sile fameuxdiplomateGustaved’Orléansn’estplusde

ce monde, nous pensons qu’il doit vraiment se retournertouteslesdeuxsecondesdanssatombe luiquipensaits’êtrerenduutiledanssafonctionde diplomateauGabon.Finalementilajusteaiguisé lesappétitsdémentielsd’unopportuniste:Raphael NtoutoumeNkoghe.

Mon engagement et mon soutien au projet de société porté par Ali BONGO ONDIMBA ne souffrentd’aucunmaletd’aucunefaille. Jecontinueraiàdébusquerlesprofilsdangereux, hideux,sulfureuxetcreuxquisquattentlesommet del’Etatetàalerterparlesmoyensquisontles miensleChefdel’Etatsurseserreursdecasting dontvousenêtesuneparfaiteillustration.

Deplus,ThomasCORNEILLEdisait:«

Quiconqueécrits’engage».Etj’ysuis.

Lasuitesurle«DossierSpécial:Lumièresur RNN» arrive et elle sera accompagnée de commentairesprésentésdansunespritpurement critiqueetrépublicain. Enlisantsoigneusementcelivreetenobservant lesineptiesqueRNNponddanssesjournaux,on nepeuts’empêcherdesedemandersivraimentAli BONGO ONDIMBA qui a été ministre de la Défense mesure le danger mortel qu’il s’est accrochédanssoncabinet.Carlespropostenus dans ce livre sont à vous couper le souffle. La présenced’unfûtd’eaufraîches’imposependant que vous parcourez ce livre sinon un Accident VasculaireCérébral(AVC)esttrèsvitearrivé.Mais c’esttrèsgravecequiyestécrit.Diantre,ces’est paspossible!

Nous ne doutons pas à une seule seconde que dans sa posture opportuniste d’hier et d’aujourd’hui,c'est-à-direConseillerduprésident delaRépublique,RNNnecessedeseconfondre avec la pensée de Jules RENARD qui disait : « Finalementonécrittoujoursseslivrestroptôt».

TélesphoreObameNgomo

Caissenationaledesécuritésociale(CNSS)

Conseillerouconsultantjuridique?

Bienmalin,celuiquipourradirequelestexactementlestatutdedameThéodoraAlekaLabannéeAblaviàlaCNSS.Alors

qu’elleestconnuecommeConsultantjuridique,ellefonctionneplutôtcommeDirecteur,cecienprofitantdelavacanceduposte

etdel’indifférencededameleDG.Situationquiirritecertainsagentsenposteauseindeladitedirection.

SS ilepersonnelreconnaitquelefaitd’avoircréé

unedirectiondesAffairesjuridiqueset

assurances(DAJA)etremerciemadameleDG

pourcela,ilnecomprendpasparcontre

pourquoipersonnen’aencoreéténomméàce

poste.Selonunelettreouvertedupersonnel

adresséeauDG,lesinitiateursdecettelettre

affirmentquedameVane,pourjustifierlanon

nominationàceposte,argumentequecefait

viendraitdelalenteurdesnominationsen

Conseildesministres.Unargumentqueles

mêmesagentsjugentfallacieux,estimantque

dameDGpeutpourvoiràceposteparnotede

serviceennommantd’abordunintérimaire,ouà

défaut,parlanominationd’unchefdedivision.

Or,parlerd’unedirectiondesaffairesjuridiqueset

assurancessignifieégalementlacréationdes

servicesliés.D’ailleurs,onparledel’existence

d’unConseillerjuridiqueetdescadresjuristes

compétentsquianimentladivisionjuridiques

danslaboîte.DameleDGseméfierait-ellede

sespropresagentsaupointd’avoirrecoursàun

consultantjuridiqueenlapersonnededame

ThéodoraAlekaLaban?Primitivementagentde

BGFI,ThéodoraseraitarrivéeàlaCNSSaprès

samiseenretraite,pistonnéesoupçonne-t-on

paruncertainKeinde,luiaussiunanciende

BGFI.

Laquestionqueseposentégalementlesagents

delaCNSSestcelledesavoirquelestle

contenuducontratquiliedameleDGMarie-

ThérèseVaneàsonconsultant,dameThéodora

AlékaLaban?Etpourcause,unconsultantest

unspécialistequivendsonexpertiseetdonne

desavisrelatifsàsaspécialitéouactivité.Un

genredecollaborateurextérieur.C’estdoncune

personneextérieureàl’entreprise,unepersonne quiasasociétéetquin’estliéequ’àlaseule personneduDGdequielledépendetvendses services. Pourlepersonnel,dameleConsultant,non seulementdonneraitdesavisapproximatifs,ce quilaisseposerdesquestionsdesaspécialité, maisplusencore,elleseraitallédernièrement subiruneformationauSénégalaumêmetitre que les autres agents de la CNSS du départementjuridiquequ’elleestpourtantcensée former.Est-ceàdirequelaCNSSapourrôlede formersescollaborateursextérieurs? Onseposealorslaquestiondesavoirsiun Consultantapouvoirdegérerlepersonnel interneàl’entreprisecommec’estlecaspour dameThéodora?LeConseillerjuridiquefaitquoi ?SidameVanetrouvesatisfaisant,l’étatde servicedesonConsultant,libreàelledeluifaire uncontratenbonetdueformeetluiconfierla DAJA.Sinon,qu’ellel’utilisedanslecadredeses missionsdeconsultantetalorsencemomentlà, elledoitpourvoiràlavacanceàlaDAJA?Sielle n’enestpascapable,qu’ellesupprimepurement etsimplementcettedirectionquisembleposer problème. LesagentsdelaCNSStrouventgênantet insultantqu’uncollaborateurextérieurduDG passedebureauenbureaupourapprécierleur travail,nonsansleurproférerparfoisdestermes désobligeantsdontnouspréféronsnepas reprendre,quandellen’infligepasàcertaindes demandesd’explication… Lecombleiciestque,nonseulementdamele consultantutilisedespapiersen-têtedelaCNSS, maisdisposemêmed’uncachetdeladite

LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

entreprise.Ilesttoutdemêmecurieuxde constatercommesurlefacsimulé quevous avezsouslesyeux,qu’enen-tête,ilestquestion de la Direction des affaires juridiques et assurances,alorsquelasignatureportela mentiondeConsultantjuridique.LamentionPO nefigurepas.Alors,quelestréellementla fonctiondedameThéodoraAlekaàlaCNSS. Lesagentsattendentlaréponse.

Lesagentsattendentlaréponse. Hebdomadaire d’informations générales Rédaction:
Hebdomadaire d’informations générales Rédaction: BP:19242Libreville Tél:06.06.51.13 E-mail: le_mbandja@yahoo.fr

Hebdomadaire

d’informations

générales

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BP:19242Libreville

Tél:06.06.51.13

E-mail:

le_mbandja@yahoo.fr

Fondateur,Rédacteuren

chef:GuypierreBiteghe

Directeurdela

Publication :

GuyPierreBiteghe

DirecteurdelaRédaction:

LaurentLékogo

Conseilleràla

Rédaction:Télesphore

ObameNgomo

Journalistes:

JeanMolièreEpondoma

AfaneAyare

GeorgesNKombéKala

Imprimerie:LaReférence

Distribution:Sogapresse

Tousdroitsde reproductionréservés Dépôtlégal:D.L.B.N.

2389du31/08/2012

Tirage5000 exemplaires

Page7

D ir ecteu r d e la R éd actio n :

LaurentLékogo

E-mail:le_mbandja@yahoo.fr

la R éd actio n : LaurentLékogo E-mail:le_mbandja@yahoo.fr C o n s eiller à la R

C o n s eiller à la R éd actio n :

TélesphoreObameNgomo

BP19242Libreville

“La plume est une arme, peut-être moins forte que l’arme politique, mais elle est une arme” C a ma r a L a ye

politique, mais elle est une arme” C a ma r a L a ye

Blocuspolicieràl’audiencepubliquedes54manifestantsdu15août

Lesavocatsdesmanifestantsdu15aoûtdernierauquartierCocotiersontquittélasalled’audience,le23août2012,aprèsprèsd’uneheurepasséeà

débattreavecleprésidentdeséancesurlesraisonsdel’interdictionfaiteaupublicd’yassister.

AA lors que des

s

c o n c o r d a n t e s

s

o

u

r

c

e

affirmaient la veille qu’une douzaine de prévenus avaient été placés sous mandat de

dépôt à la prison centrale de Libreville, les avocats

ont

précisé ce 23 août qu’il

y

a exactement 53

présumés manifestants en détention préventive dans cette prison, une certaine Mme Oyé ayant bénéficié d’une libération provisoire. Plus précisément, le décompte indique que 39 personnes sont poursuivies pour «trouble à l’ordre public» tandis que 15 autres sont poursuivies pour «pillage,

destruction et dégradation de biens». Annoncée par le ministère public, l’audience publique de ce 23 août qui devait permettre de statuer sur le sort des personnes interpelées lors de la manifestation du 15 août dernier au quartier Cocotiers, n’a pas eu lieu

du fait d’une mésentente

entre le juge et les avocats de la défense. Ces derniers assuraient ne pas comprendre pourquoi il était interdit aux parents

des justiciables d’assister

au procès de leurs enfants. Face à ce blocage, les avocats de la défense ont simplement décidé de quitter la salle d’audience après plusieurs remarques et demandes de motivation de sa décision au juge. «D’entrée de jeu, Maître Oyane a fait remarquer au président qu’elle ne comprenait pas pourquoi,

les parents des justiciables étaient bloqués dehors et ne pouvaient pas accéder à la salle d’audience. À sa suite, naturellement, j’ai expliqué au président que

le procès devait être

public et qu’il n’y avait aucune raison pour que les parents, qui sont arrivés en nombre important, ne soient pas présents dans la salle d’audience, ce d’autant que le dispositif de sécurité que vous avez vu est suffisamment important pour permettre qu’il y ait une sécurité afin que l’audience se tienne

Page8

y ait une sécurité afin que l’audience se tienne Page8 dans de meilleures conditions», a expliqué

dans de meilleures conditions», a expliqué Maître Lubin Ntoutoume, également avocat des prévenus. «Et ce n’est pas la première audience que nous tenions avec autant de monde. Nous en avons l’habitude. Le président estime que

l’audience doit se tenir à huis clos en disant qu’il a toute l’attitude d’apprécier de la dangerosité de la publicité de l’audience», a-t-il renchéri. La publicité faite autour de cette audience et sa supposée dangerosité sont, pour l’essentiel, les arguments brandis par le

juge pour justifier sa décision. Des raisons peu convaincantes selon les avocats de la défense, d’autant plus que, selon Me Lubin Ntoutoume, «personne n’a manifesté depuis le matin à travers un quelconque comportement pouvant déranger ou heurter la sérénité des débats». «À la limite si on fait rentrer les gens et que ces gens-là font du bruit, on leur dit de sortir. Mais à partir de quoi on peut dire que ce public est déjà dangereux ?» s’interroge Me Paulette Oyane. «La loi dit que l’audience doit être publique et qu’une audience qui n’est pas publique est nulle. C’est écrit dans la loi, dans la constitution, c’est écrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme et des

peuples, et malgré cela, le président décide que l’audience doit se tenir à huis clos», s’est indignée Maître Oyane, surprise par l’attitude du juge.

«Nous nous disons qu’il n’est pas question qu’on bousille la vie de nos jeunes frères avec notre complicité. Il n’est pas question que nous cautionnions les décisions déjà préparées à l’avance parce que le procès doit être équitable. Le Gabon doit montrer aux yeux des gens s’il est capable d’agir comme un État normal en traitant tous ces enfants de la même manière», a réclamé Maître Oyane. Avant de conclure : «s’ils ont déjà décidé d’avance, qu’ils fassent alors comme ils veulent, mais ce sera sans notre complicité. Et comme

le dit la loi, quand les avocats sortent de la salle, l’audience ne peut pas continuer. Mais le président s’entête à tenir l’audience». Les 54 prévenus sont actuellement mis en examen par la justice. L’audience du jour, sous la direction du président du tribunal de Libreville, était censée juger les personnes arrêtées afin de décider de leur culpabilité ou de leur relaxe. Pour le moment, tous les prévenus majeurs sont en détention provisoire, sauf Mme Oyé, sans qu’il ait été précisé pour quels motifs. Les prévenus mineurs ont été laissés à la garde de leurs parents mais doivent se présenter aux audiences du tribunal. gabonreview.com

Dansladouleur

L’impactpolitiquedeladéclarationdeBitam

Aumomentoùnousmettonssouspresse,nousapprenonsquelePrésidentdelaRépublique,avantsondépartpour Cuba,adirigé,enmarged’unForuméconomiquesurleHaut-Ogooué,uneréunionàFranceville,entouré,entre autres,dehautespersonnalitésduHaut-Ogooué.OnparledeMM.Andjoua,Lemboumba,Essongue,deMadame Marie-MadeleineMborantsuoetdetroismystérieuxémissairesfrançais.Ilnousrevientquecetterencontrequis’est tenue peu après la déclaration de René Ndemezo’Obiang à Bitam le 24 août, visait à convaincre Ali Bongo ONDIMBAdel’existenced’uneréellecriseauGabonetdelanécessitéd’enpréparerunesortie.LediscoursdeRené NDEMEZO’OBIANG(RNO)dontlesinflexionsjurentavec l’autosatisfactionsanscesseaffichéeparlepouvoiraété àl’ordredujourdecetteréunionquiaduréprèsdequatreheures.

II lfautbienserendreàl’évidence,AliBONGO ONDIMBAnepeutplusfairecommesitout allaitpourlemieuxdanslemeilleurdes mondes. Le contenu de la rencontre de Francevillelesuggèrefortement.LeChefdela Majoritéestdésormaiscontraintdefairelepoint danssoncamp.Avecsesdéputés,sonparti,le PDG,etlesformationspolitiquesalliées.Nepas seplieràcetexercicereviendraitàcourirle risquedevoirnaîtreetsecristalliserdes tendancesauparlement,auseindupartietde laMajoritéPrésidentielle.D’autantplusqueles nombreusesquestionsabordéesparRNOsont partagéesparunebonnepartiedescadreset militantsdebaseduPDG,desdéputéset sénateursPDG,etdesalliésdelamajorité. Bitamvientd’ailleursd’enfaireladémonstration, vendredidernier.AliBONGOONDIMBAsait, mieuxquequiconque,cequereprésente,en termes de conséquences politiques, le positionnement,annoncé,certes,avecfinesse etadresse,d’unRNOsurdesquestions d’actualitéquibrulentleslèvresdetousles Gabonais.Quandunepersonnalitédecette trempedénonce«desétrangersvoulantfaire mainbassesurleGabon»ouencoretouten saluantetsoutenant«lavolontéduPrésident delaRépubliquedemaintenirl’ordre…» observe«lamontéeréelledenombreuses tensionspolitiquesetsocialesdansnotrepays, ainsiqueledésir ardentdesGabonaisesetdes

Gabonaisdeseparler,dedialoguer»,ilest effectivementàcraindrequelesdifférentspartis et personnalités de la pataude Majorité Républicainesoientcontraintsdesortirdeleur mutisme assourdissant pour soutenir ou condamnerl’orientationsuggéréeparl’ancien SecrétaireGénéralAdjointduPDG,principale formationdecettemajorité. Deleurcôté,lesresponsablesdel’ex-UNsont contraintsderéviserleurciblage.Eneffet,le pouvoir,régulièrementpointéparl’opposition, faitdésormaisentendreunautresondecloche. LaréférenceàladéclarationdeBitamparMBA

OBAME,immédiatementaulendemaindu24

août,illustrebienl’évolutionprovoquéedepuisla

postured’ouvertureaudialogueadoptéepar

RNO.Acetégard,unindiceàrelever:l’ACR,

parlavoixduPrKOMBILAKOUMBA,etM.

CONIQUETquiontégalementappelé,le

premieràtraversunsimplecommuniqué,le

second,lorsd’uneinterview,audialoguedes

forcesvivesdelanationn’ontapparemmentpas

suscitélemêmeintérêtdelapartduSGdel’ex-

UN.LadéclarationdeBitam,enprésencede

prèsdedeuxmilliersdepersonnes,revêt,à

l’évidence,uneautreportée,produitunautre

impactsocialetpolitique,nonseulementà

Bitam,maisaussidansleWoleu-Ntemet,bien

évidemment,auniveaunational.Laréactiondu

Présidentdel’AssembléeNationale,assimilable

àunrefusdel’instaurationd’undialoguedes

LeMbandjaN°142duVendredi31Août2012

forcesvivesauGabon,traduitcetimpactettrahit ceuxquiveulentenfaireunblack-out. CecontexteimposeàRNO,lui-même,pour quesadémarcheprospère,deconvaincrede lapossibilitéd’unetroisièmevoiefaitede concessionsmutuellesdelapartdesdeux extrêmes,nonseulementsurlaquestionde cetteconcertationnationalemaiségalement surcelledelavaliditédumandatquicourt

officiellementjusqu’en2016.Eninvitantle

Président de la République à prendre « l’initiativedefavoriserunerencontreentre toutes les forces vives de la Nation », le députédelaCommunedeBitamn’ignore pasqu’unfrontdurefusdudialogueentre Gabonaiss’organiseets’active,GuyNZOUBA NDAMAnenousdémentirapas,pourquele pouvoiradopteuneattitudeirréductibleface audésirardentdeseparler. L’argumentpour la crédibilisation de cette invite est le rassemblementdecesforcesvivesdeBitam àLibrevilleetàtraversleGabontoutentier. Unetellecoalition,denaturepatriotique,serait lamanifestationd’unevolontétypiquement gabonaisedesortiedecrisequis’imposeraità tous.Eneffet,laconfirmationdelaprésence d’émissaires français à Franceville peut laissercraindrequelasolution,commeen

1990eten1994,neviennequedeParis.

GuyAssoume

Apartirdecettesemaine,vousaurez

désormaislesupplément«LeMbandja»en

quatrepagesdossiers

Dossierspécial

Les«FrèresdeLumière»

dansleprocessus

démocratiqueduGabon

MonsieurMartinEdzodzomo-Ela,notable,économisteetcandidatmalheureuxàl’électionprésidentiellede1998,nousafaitparvenir,àla

suitedesdeuxpremiersdossiers,undossiersurlesfranc-maçonsquenouspublionsinextenso.

Quand onabordel’histoiredelafranc-maçonnerie, ondécouvrequ’ellesuscitebiendespolémiques. Selonlesuns,lafranc-maçonnerieremonteraità l’originedumonde.LorsqueDieucréalalumière,Il se serait posé en premier Vénérable, faisant d’Adam le premier initié. Selon d’autres, c’est Lucifer,le«porteurdelumière»,Prométhéedela traditionjudéo-chrétienne,quiseraitlevraipèrede lafranc-maçonnerie.

Toutuncourantdelafranc-maçonnerieseréclame de la tradition des anciens Égyptiens. Certains affirment,eneffet,quecettecivilisationpossédait unsavoirquis’esttransmis,àtraverslesâges,par l’intermédiaire des sociétés initiatiques. Si les anciens Égyptiens étaient des bâtisseurs, détenteurs d’un savoir et d’une connaissance particulière,onpeutsupposerqueleurssecretsse soienttransmisàd’autresbâtisseurs.Cequinous ramène, progressivement, à la tradition judéo- chrétienne et aux constructeurs de cathédrales. Sous l’impulsion de saint Bernard, ces constructeursdecathédralesétaientorganisésen confréries, lesquelles veillaient notamment à la transmissiondessecretsprofessionnels.-(Bernard de Clairvaux, -1090-1153-, moine cistercien français, fondateur de l'abbaye de Clairvaux, docteur de l'Église mystique et théologien prédicateurdeladeuxièmecroisade. Bernard de Clairvaux a joué un rôle politique éminentetaétél'unedesplusgrandesfiguresde la tradition spirituelle chrétienne occidentale. Il auraitrédigélarègledel'ordredesTemplierset,en

1128,ilobtientdesresponsablesecclésiastiquesla

reconnaissanceofficielledel'ordre)-Carpoureux, ces secrets n’étaient pas seulement d’ordre technique.Eneffet,letravailsurlapierreétaitaussi untravailsursoi.Aveclesbâtisseursdecathédrale on entre dans le domaine de l’historique proprementditedelafranc-maçonnerie.

Au Moyen Âge, il n’y avait ni franc-maçons ni compagnons, mais des artisans initiés qui se réunissaient dans des loges (ateliers) pour découvrirlessecretsdumétieretceuxde«l’être». Vers la fin du XVIe siècle, les franc-maçons opératifs, les bâtisseurs de cathédrales, les artisansacceptentdansleursréunionsdesgens quinesontpasdumétier,quisontengénéraldes nobleslocauxoudesfournisseursaveclesquelsils sont en relation de travail, et créent ainsi une nouvelle forme de membres : les franc-maçons acceptés.Despenseursqui,ignoranttoutdutravail deconstruction,seconcentrentsurl’érectiond’un temple d’un autre ordre : le temple intérieur de l’homme.Certainss’adonnentalorsàl’étudedes sciences dites traditionnelles : hermétisme, alchimie,astrologie,kabbale.

En Angleterre, en 1717, l’ère des grandes constructions est terminée et les maçons constructeurs se raréfient. Ces personnages qui avaient été en contact avec eux, bien qu’ils ne fussentpasdel’artdebâtir,etquel’onappelaitles maçonsacceptés,notammentdesmembresdela Royal Society, société savante de l’époque, reprirentleflambeaupourmaintenirl’institution.Ils créèrentlaGrandeLogedeLondres.

En1723,celle-cisedonnades“Constitutions”qui

prirent le nom du Pasteur Anderson, de l’un des deux pasteurs britanniques, James Anderson et Jean-Théophile Désaguiliers, ce dernier faisait partiedu«Refugehuguenot».Cesontcesdeux Pasteursquidonnèrentàlafranc-maçonnerieses

“Constitutions”, lesquelles fixèrent les règles de fonctionnementdelafranc-maçonnerie,obligeant sesmembresàêtrecroyantsetpratiquantsd’une religionrévélée,quellequ’ellesoit.

Aprèslafranc-maçonnerieopérative,aveclafranc-

maçonnerie acceptée, s’ouvrait la période de ce que l’on appelle aujourd’hui la franc-maçonnerie

de ce que l’on appelle aujourd’hui la franc-maçonnerie spéculative, celle où l’on ne remue plus des

spéculative, celle où l’on ne remue plus des matériauxmaislesidées.

Préceptes delafranc-maçonnerie spéculative.

Selonlesécrits,ilexisteaujourd’huiuneseulefranc-

maçonnerie.Celle-ciprésenteraitsimplementune

multitudedevisage.Unpointleconfirme:quanddeux

maçonsserencontrentdanslemondeprofane,ilest

rarequ’ilsnesereconnaissentpascommetelsetnese

fassentpasfideleurséventuellesdivergencesdevues

pourserejoindresurl’essentiel.Pourlefranc-maçon,

l’essentielseraitlesprincipesmaçonniquesquisont:

Dislavérité.Pratiquelajustice.Penseavecdroiture Levraiculteconsistedanslesbonnesmœurset danslapratiquedesvertus. Réjouis-toidanslajustice. Courrouce-toicontrel’iniquité. Évite les querelles. Préviens les insultes, Obéis toujoursàlaraison. Sois content de tout, partout et avec tout si l’honneurn’yestpascontraire. Laisseparlerleshommes. Écoutetoujourslavoixdelaconscience,elleest tonjuge. Nejugepaslégèrementlesactionsdeshommes. Louepeuetblâmeencoremoins;pensequepour juger les hommes, il faut sonder les cœurs et scruterlesintentions. Parle sobrement avec les grands ; prudemment avec les égaux ; sincèrement avec les amis ; doucementaveclespetits;tendrementavecles pauvres. Soulagelespauvres.Chaquesoupirquetadureté arracheraseraunemalédictionquiretomberasur tatête. Aimetonprochain. Aime les bons. Plains les faibles. Fuis les méchants,maisnehaispersonne. Agisavecleshommescommetuvoudraisqueles hommesagissentavectoi. Nefaispasdemal.Faislebien. Faislebienpourl’amourdubienlui-même. Lisetprofite.Voisetimite.Réfléchisettravaille. Rapportetoutàl’utilitédetesfrères;c’esttravailler pourtoi-même. Neflattepastonfrère:c’esttrahison.Sitonfrèrete flatte,crainsqu’ilnetecorrompe. Siturégisdetonétatc’estorgueil.Songequece n’estpointlaplacequihonoreoudégradel’homme, maislamanièredontillaremplit. Penseavecdroiture.Distavérité.Pratiquelajustice.

Chrétienprotestantetfranc-

maçonnerie.

Chrétien de culture protestante, je suis instruitdel’histoiredelafranc-maçonnerie

LeMbandjaSupplémentN°3duVendredi31Août2012

dès mon jeune-âge. Comment ne pas me reconnaîtredanscequejelisdelaméthode maçonnique ce que m’avait donné mon éducationprotestante:l’écoledudimanche, les Éclaireurs Unionistes ou bien les mouvementschrétiensdejeunesseauxquels j’ai participé, c’est-à-dire la lecture des textes, leur exégèse et un certain humanisme. J’y retrouve aussi le libre examendeconscience.Larecherchedela démocratie chère au protestantisme dans

lequeljaiétéformé,labsenceintercession entrelespiritueletletexteconstitueunautre pointderencontrefondamental.Lapensée maçonnique recoupe en tout point le « catéchisme » chrétien protestant que j’ai reçu! Cela ne doit d’ailleurs pas être étonnant:lecalvinismeaétéunphénomène
importantdansledéveloppementdelafranc-

maçonnerie. Ainsi, comme nous l’avons signalé, dans les textes fondateurs d’une obédience comme le Grand Orient de France,ilestimpératifd’entretenirunrapport avecDieu,cequiseréfèreàuneconception protestantedelafoi.Cequicompte,c’estle rapportquechacunentretienavecDieu. L’histoireindiqueeneffetquelesProtestants ontjouéunrôleessentieldansl’histoiredela franc-maçonnerie. Protestantisme et franc- maçonnerieontlongtempsfaitbonménage. Lachoseestbienconnue:Rappelonsque, l’un des textes fondateurs de la franc- maçonnerie fut rédigé en 1723 par deux pasteurs britanniques, James Anderson et Jean-Théophile Désaguiliers, lequel faisait partieduRefugehuguenot. Certes,lorsqu’elles’estétendueàlaFrance, la maçonnerie n’était pas du tout liée au protestantisme,puisqu’elleséduisaitd’abord les princes de l’Église catholique et les aristocratesqui,parunesortedesnobisme, jouaientàcroire,auseindesloges,quel’on pouvaitabolirlesinégalitésdelanaissance. En 1738, la papauté va condamner le mouvement qu’elle considérait comme sacrilège ; et à partir de 1760, nombre de

pasteursrevenantenFranceétaientfranc- maçons. Selonl’historienPatrickCabanel:

« Formés à Lausanne par le fils d’Antoine Court, initiés en maçonnerie en Suisse, ils ont contribué à l’implantation de la franc- maçonnerielanguedocienne.Parlasuite,au XIXesiècle,lesprotestantsfrançais,comme lesjuifs,ontbeaucoupfréquentélesloges parce qu’elles constituaient l’un des rares réseaux de sociabilité ou de notabilité qui n’étaient pas dirigés par des catholiques.» Enretour,lescatholiquesontréunidansune mêmedétestationlesprotestants,lesjuifset lesFranc-maçons. PierreLAMBICHI,l’actuelGrandMaîtredu GrandOrientdeFranceestprotestant.Pour lui : « La franc-maçonnerie n’est pas un ascenseursocial.(…)Entrerenmaçonnerie, cen’estpasfaireréseau,maischercherune identité philosophique, c’est rejoindre des femmesetdeshommesquiontdécidédese construireavecuneméthode,lesymbolisme, etparlelibreexamend’unsignifiant.Lerite et le rituel permettent de faire tenir ensemble, ils accompagnent l’individu sur sonchemin.(…).Lesréférencesàl’Ancien Testamentnemanquentpas,cequisoitdit en passant marquent une fois encore les points de rencontre entre notre spiritualité (protestante) et la maçonnerie. Quand on travaillesursoi-même,ondoitfairedevrais efforts qui permettent de s’améliorer, de progresser,pasdesedétruire.

(Suiteenpage2)

Page1

Dossierspécial

Suitedelapage1

Chacunréfléchitàunequestion,enfaitpartauxautres et,enretour,sesfrèresousessœursformulentdes remarques.Chacunsefaitàtourderôlelerécepteuret l’émetteur de la parole et de la réflexion et c’est ce rapportentrelaparoleetl’écoutequipermetàchacun deseconstruire,des’élever.Cetravailencommuna pourambitiond’améliorerlasociété,pasdefavoriserje nesaisquellefascinationpourlesmanigances.(…) Nousapportonsdugrainaudébatpublicensachant que ce sont les représentants de la légitimité républicainequivontdevoirrésoudrelesproblèmesdu

moment.JajoutequeleGrandOrientdeFrancena jamaisouvertsesportesàdeschefsd’Étatcorrompus et toujours exclu de ses rangs des individus qui poursuiventdesobjectifscontrairesàsesprincipes.»

Delaperversionduprincipe

maçonnique.

EnFrance,partenairesd’unesociétérépublicaine etlaïque,lesprotestantsetlesfranc-maçonsont marchéd’unmêmepastoutaulongdelatroisième République.Mais,aujourd’hui,s’iln’estpasrare,au seindesfamillesprotestantes,decompterunou deux franc-maçons, et si les liens sont restés intellectuellementproches,lesactionscommunes sontdevenuesplusrares.Onpeutparler,àdéfaut d’éloignement,d’uneprisededistance,estimeun ancienGrandMaîtreduGrandOrientdeFrance, Jean-Robert RAGACHE. Il est probable que la réputation de la franc-maçonnerie joue un rôle à cette prise de distance de nos jours, entre le protestantismefrançaisetlafranc-maçonnerie. Régulièrementsoupçonnéed’êtreuneofficineau servicedelacorruption,lafranc-maçonneriesuscitela méfiancedesprotestantstrèssoucieuxdel’éthique danslesaffaires.LepasteurJean-ArnolddeClermont, ancienprésidentdelaFédérationprotestantede Francedesouligneravechumour:«Lesfranc-maçons peuvent jouer parfaitement un rôle important pour construireunesociétéplusjusteetjeneveuxpasêtre totalementnégatif,parcequejesaisqu’instinctivement jepeuxmesentirdesaffinitésavecunautreprotestant. Maisquandlesfranc-maçonsdonnentlesentimentde sefairelacourteéchelleetqu’ilslaissentsedévelopper lacorruptiondanscertainesrégionsdeFranceouen Afrique,jetrouvecelatotalementinadmissible.» Faut-ilréduirepourautantlafranc-maçonnerieàsa caricature?Lesdignitairesdelafranc-maçonnerie française, à l’instar de Jean Robert RAGACHE ancien Grand Maître du Grand Orient de France s’endéfendent.C’estainsiqu’ildéclare: « S’il est vraiqu’unhommecommeOmarBongoabénéficié d’uneregrettablecomplaisancedesmaçons,ils’est appuyé sur tous les réseaux, même ceux des catholiquesetdesmusulmans». QuandAlainBauerestdevenuGrandMaîtreduGrand OrientdeFrance,ilamenéuneopérationbaptisée « Ta b l i e r p r o p r e » quiacontraintlaplupartdes obédiencesàfaireleménageenleursein. Celasuffit-ilàrenouerdesliensavecdesprotestants trèssoucieuxdel’éthiquedanslesaffaires?Michel Maille,professeurhonoraireàlafacultédedroitet GrandMaîtred’unepetiteobédiencemaçonniquele pense: « Quand je fais des conférences dans des paroisses, beaucoup découvrent les liens entre le protestantismefrançaisetlafranc-maçonnerie.Jeleur ditquenousneconstituonspasuneÉgliseparallèleet

quenoussommesuneentreprised’humanismeetde solidarité,jerencontreunéchofavorable.»Presque fraternel. Aujourd’hui,lafranc-maçonneriefrançaises’est fortementéloignéedespassionspolitiquespourse préoccuperdesonactioncitoyenneethumanitaire:elle semanifestepardiversesprisesdepositionpubliques surdesquestionsdesociétéoud’éthiquecomme l’Appel à la fraternité lancé en 1985 avec des associationshumanitairesetdesreprésentantsde diversesreligions,revendiquantledroitàlajustice,àla libertéetàl’égalitépourlesimmigrés.

Qu’enest-ildelafranc-maçonnerie

auGabon?

Mais, qu’en est-elle exactement de la réalité

Les«FrèresdeLumière»dansle

processusdémocratiqueduGabon

maçonnique dans notre société gabonaise en devenir?Certes,uneassembléed’hommesquelle qu’elle soit n’est jamais un lieu de pur idéal, d’intentions paradisiaques ! Il y a toujours ici, le risquedetomber danslapolitiqueetl’affairisme, dansl’activismeindividuel,alorsquel’ambitiondu maçondoitêtred’agirpouraméliorerlasociétéet nonenprofiter. Lesélites(lesdétenteursdespositionsdepouvoir) compradoresafricainesetlaFranc-maçonnerie:

1.Elites de première génération : supplétifs de l’administrationcoloniale

Aprèslaguerrede14l’Afriqueestperçuecomme

un adjuvant organique. On a besoin de l’Afrique parcequ’ilyvadelapuissancefrançaise.Ilyaun doublediscours,uneambivalencequicréedudésir chez les élites indigènes des colonies. Dans les colonies, les valeurs de la République française sont en action dans le domaine du droit, de la scolarisation,etlasanté,maisconcrètementonest dansunepratiquecolonialequiresteextrêmement sommaire. L’essentiel des préoccupations, c’est quandmêmedemaintenirdel’ordre.Ilnefautpas oublier ici le rôle de la franc-maçonnerie qui travailleenmêmetempscerapportdeproximité.

Unelignedeforceessentielledanscettehistoireestla franc-maçonnerie.DèslePremierEmpire,ilyavaitdéjà des loges à Saint-Louis du Sénégal. On parle beaucoup de la franc-maçonnerie en Afrique francophoneaujourd’hui,effectivement,pourbien comprendrelesrelationsfranco-africaines,surtoutla sociabilitéfranco-africaine,ilfautabsolumentavoircette grilledelecturedel’influencemaçonniquedanscette sociabilité. Le désir d’être Français des élites compradores,estpassétrèslargementparlesloges maçonniquesets’estjouésurtouteslesscènes coloniales:D’abordcelleduPremierEmpire,puisdans toutl’empireausenscolonialduterme,pourse pérenniseraujourd’hui,aveclaFrançafrique.Avecces« élites de première génération »,lespolitiquesfrançais ontentretenu,sinondesrelationsdeconfraternité,du moinsdesréseauxd’entente.

2.Elites de seconde génération : cadres de compromispourl’administrationcoloniale. C’estainsiquedanslapremièrephasedel’évolutionde l’« élite de seconde génération »,de1946-1953,la naturedecetéchangevaprolongerlalogiquede compromis.Or,toutcompromisentrelespartissuppose l’échange.Cenouveaucompromisseracomparable avecletrocopérépar«lesélitedepremièregénération (supplétifsdelacoloniale)». Avec les élites de compromis de la seconde génération, c’est l’assentiment à la légitimité coloniale contre l’incorporation aux postes de responsabilité dans l’économie monétarisée coloniale, et plus particulièrement au sein de l’administrationcoloniale,danslafonctionpublique, qui servira de troc. Dès lors, le problème de l’intégration des étudiants et des scolaires aux appareilsdelabureaucratiecolonialevadevenirun enjeucapitalpourlecolonisateur. Aussi, pour mieux comprendre la genèse des relations dans la Françafrique, il y a une fois de plus un fil de la franc-maçonnerie. On organise l’enrôlement del’« élite de seconde génération » qui s’estformée depuis 1946,des gens destinés à intégrer l’administration coloniale, puisqu’ils ont reçu la formation qui y conduit. Bien que la formationdecette «élitedesecondegénération» avaitcommencé àessaimerdespartispolitiques

ditsrévolutionnairesetindépendantistesdès1957.

Cette deuxième génération est en effet très présenteàParis.

Quand, dans sa parution du 8 au 21 avril 2012, l’hebdomadaireJeuneAfriqueécrit:«Lesfrères ont infiltré les palais présidentiels africains, mais aussi les partis d’opposition, et exercent une influencecertainesurlesdirigeants»;c’esttout simplementuneréalitéconnudetoutlemonde.Et commetoujours,notrepaysleGabonestsignalé entêtedelaprétendueinformation!Ainsi,Pascal AIRAULT,envoyéspécialàLibrevilled’écrire:«… au Palais des conférences de la Cité de la démocratie, à Libreville. Deux jours durant ils ont

planchésurunthème,auxalluresdemantra(selon LeLarousse:motsanskritinstrumentdepensée;dans l’hindouisme et le bouddhisme, syllabe ou phrase sacréedotéed’unpouvoirmagique;ndlr):«Sinous persévéronssurlechemindelavertu,laviedeviendra calmeetpaisible».Unexercicepurificatoire?Peut-être. Les franc-maçons sont accusés d’avoir perdu les valeursdejustice,delibertéetdetolérancequ’ilsétaient censésdéfendre.…Cheznous,ilssontarrivisteset carriéristes. Ils viennent aux tenues blanches dans l’espoirderencontrerunministreoudefairecarrière.»Il poursuitpourdire:MAFIA.L’imaginairepopulaireva plusloinencore,faisantdelafranc-maçonnerie une sociétémystérieuseetredoutable,oùlesritesontdes parfumsdemessenoireetquelesprofanesqualifient de«mafia»oumêmede«synagoguedeSatan». (…)Notreimageestdétruite.Onvajusqu’ànous accuserdecrimesliésauxrituelsetdestrafics d’organeshumains.» En effet, les élites compradores gabonaises considèrent que la franc-maçonnerie permet d’obtenir une promotion ou d’accélérer une carrière. Pour eux, la politique est comme le définissaient les auteurs de la Constitutions du Nigeria en 1976 ; « la possibilité d’acquérir la richesse et le prestige, d’être capable d’en distribuerlesbénéficessouslaformed’emplois,de contrats,debourses,dedonsd’argent,etc.,àses parentsetàsesalliéspolitiques». Pourtant,lefranc-maçonfidèleaux“Constitutions” duPasteurAnderson,etqui,danssarecherchede Lumièreseréfèreàla“Parole”,etprêteserment sur l’Evangile selon Saint Jean ne saurait s’affranchirdecettemême“Parole”quiluiditdans cetteEvangileselonSaintJean:

Chapitre3,lesversets19à21;

Etcejugementc'estque,lalumièreétantvenue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaientmauvaises.Carquiconquefaitlemalhaitla lumière,etnevientpointàlalumière,depeurque sesœuvresnesoientdévoilées;maisceluiquiagit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faitesenDieu.

Et,lechapitre7.V.47-49:

Jevousmontreraiàquiestsemblabletouthomme quivientàmoi,entendmesparoles,etlesmeten pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison,acreusé,creuséprofondément,etaposé lefondementsurleroc.Uneinondationestvenue, et le torrent s'est jeté contre cette maison, sans pouvoir l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. Maisceluiquientend,etnemetpasenpratique, estsemblableàunhommequiabâtiunemaison surlaterre,sansfondement.Letorrents'estjeté contreelle:aussitôtelleesttombée,etlaruinede cettemaisonaétégrande. LeFranc-maçon ditbâtirle Templedel’Homme.Au regarddelaperceptionqueleGabonaisadel’influence maçonniquedanslasociétégabonaised’aujourd’hui,ily alieudesedemander surquelfondementlesFranc- maçonsgabonaisbâtissent-ilsleTempledel’homme? Est-ceque,surlerocquiestàlafoisl’écouteetla pratiquedelaParole?Oubienc’estsurlesablequi caractériseceluiquientend,etnemetpasenpratiquela Parole?Voilàlaquestionquedevraitseposer aujourd’huiceluiquialaprétentiondebâtirleTemplede l’hommeauGabon. Àcausedecettesimilitudeentrelecredocalviniste etl’essentielducredomaçonnique,jemesensun devoir d’interpeller dans la phase actuelle de la construction de notre jeune nation gabonaise, le “Frère bâtisseur de Temple de l’homme”. Cette fraternité certaine dans la recherche de notre parcelle divine, nous commande d’œuvrer ensemble,pourl’édificationdelaNationgabonaise. Aussi, Chrétiens et Franc-maçons, réaliserons ensemble, avec la devise qu’ils partagent sans doute:«Penseavecdroiture.Distavérité.Pratique la justice » ; pour réaliser le vivre ensemble :

fonctionfondamentaledelapolitique.Lapolitiquea en effet comme ambition de réaliser le « vivre ensemble»depersonnesetdegroupesqui,sans elle,resteraientétrangerslesunsdesautres.

Suiteetfinenpage3)

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LeMbandjaSupplémentN°3duVendredi31Août2012

Dossierspécial

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«Ceuxquisoupçonnentlapolitiqued’infamies’en font une idée courte L’action politique a un fantastique enjeu : tendre vers une société dans laquelle chaque être humain reconnaîtrait en n’importe quel autre être humain son frère et le traiteraitcommetel.»

Mon propos n’est pas de me perdre dans les détails,oudejoueràquelquemagister,maisde tenter d’interpeler Chrétiens et Franc-maçons gabonaispournousmettreenchemin.Quiplusest, l’Histoire s’écrit avec des heurts. Plutôt que d’insister sur ce qui sépare, nous jugeons préférabledeveilleràrassemblercequiestépars, end’autreterme,derecherchercequiunitetnon cequidivise.Orcequiunit,c’estlavocationde bâtisseur du franc-maçon fondée sur les « Constitutions»desPasteurs JamesAndersonet Jean-ThéophileDésaguiliers.LeFranc-maçon dit bâtirle Templedel’Homme,ets’efforceràtravers leperfectionnementindividuel,debâtirunmonde meilleur. Et le Chrétien dit : 2e Epître aux Corinthiens, 6-16 : Quel rapport y a-t-il entre le templedeDieuetlesidoles?Carnoussommesle temple du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit:

J'habiteraietjemarcheraiaumilieud'eux;jeserai

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Les«FrèresdeLumière»dansle

processusdémocratiqueduGabon

Les«FrèresdeLumière»dansle processusdémocratiqueduGabon SaintBernarddeClairvaux

SaintBernarddeClairvaux

leurDieu,etilsserontmonpeuple.AinsiceTemple de l’Homme que le Franc-maçon dit bâtir, est le templedeDieupourleChrétien! Quecertains cherchent à atteindre cet objectif en suivant une démarche spirituelle, et d’autres en œuvrant à améliorerlesconditionsdeviedeleurssemblables n’est pas antinomique. L’erreur serait de vouloir

imposersonoptiqueàl’autre.Chacunpeutœuvrer sur un plan différent. L’idéal serait peut-être d’œuvrersurlesdeux,maisl’essentielestd’êtreà l’écoute de son être profond et d’agir selon sa nature. Oui, Chrétien comme Franc-maçon :

Devienscetues.C’est-à-direcequetuesavecta parcelledivine,puisque lenomdeDieu,quinous est commun, signifie dans la tradition judéo- chrétienne,Jesuisquijesuis.Eneffet:Dieudità Moïse:«Jesuisceluiquiest.»Etildit:« Voicice quetudirasauxIsraélites:“Jesuis”m’aenvoyé

versvous»(Exode3v14).

Devienscetues:Chrétien,Franc-maçon:l’image deDieu.Car,Dieucréal’hommeàsonimage,à l’imagedeDieuillescréa,hommeetfemmeilles

créa.(Genèse2.27).

«LeFranc-maçon ditbâtirle Templedel’Homme, et s’efforcer à travers le perfectionnement individuel, de bâtir un monde meilleur. Et le

Chrétiendit:2eEpîtreauxCorinthiens,6-16:Quel

rapportya-t-ilentreletempledeDieuetlesidoles? CarnoussommesletempleduDieuvivant,comme Dieu l'a dit: J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Ainsi ce Temple de l’Homme que le Franc-maçon dit bâtir, est pour les Chrétiens le temple de Dieu ( A dona ï IH VH )

LumièresurRaphaelNtoutoumeNkoghe(RNN)

Aladifférenceduphilosophequicherchelavérité,arméd’unelampequiéclairelesentierdesaquête,ledossierspécialquivousest

proposédanscenuméroduMBANDJAdévoileunRaphaelNTOUTOUMENKOGHE(RNN)quiatoujourspréférébraquerleprojecteursur

lui-mêmeafind’êtrevupours’offrirauplusoffrant.Trèspeusoucieuxdevéritéetd’éthique,cemercenairepeut,toutàlafois,brandirdefaux

diplômes,flétrirhierunrégimequ’ilencenseaujourd’hui.Sansfoi,niloi,telunchasseurdeprimes,seulelaprimel’intéresse.Cequisuit

sauravousenconvaincre.Bonnelecture.

Danssonœuvre,«Lagrand-mèrede

Jade»,FrédériqueDEGHELTdisait:

«L’angoissedesquestionsqu’onne pose pas, cache la pauvreté des réponses».

Danssaparutionnuméro508dela«

Griffe de Cotonou » publiée le 24 août 2012, Raphael NTOUTOUME NKOGHE (RNN), conseiller du président de la République, alias Sabrina Courtois, m’invitait à répondre à la question suivante : « Pourquoi ses amis d’hier, d’aujourd’hui et de demain, particulièrementceuxdel’opposition véritable,ontrefuséhierdemettreen placetoutescesvéritablespolitiques que lui, l’Esprit d’AMO, réclame aujourd’huiàcoretàcri».

Toutd’abordj’aimeraisfairesavoirà RNNqueZacharieMYBOTO,Casimir OYE MBA, André MBAOBAME et Paulette MISSAMBO comme ceux quisontmesaînésdanslamajorité ne sont nullement mes amis mais d’abordmespèresetmesmèressije veux faire valoir avec fierté les quelques valeurs des traditions africaines qui coulent encore modestementdansmesveines;puis mescompatriotespourfairevaloirun certainespritrépublicain.

Merci Raphael Ntoutoume Nkoghe de m’offrir cette opportunité de m’adresser publiquement et solennellementà cesaînés.Encore unefoisdeplus,jeconstatequ’ilvous reste des bribes de responsabilités aprèsquevousm’ayezgrandement soutenu quand Maixent ACCROMBESSI et son épouse EvelyneACCROMBESSInéeDIATTA s’étaient acharnés sur ma modeste personneenaffirmantdanslejournal

« Gabon Matin » du 07 septembre

2010quejen’avaisjamaisexercéau

cabinet de la Première Dame et du Président de la République. Donc, que nous n’avions jamais été des collaborateurs.

Comme aime à le dire Zacharie MYBOTO:«lavéritéresteratoujours filledutemps».

Concernantlepassifetlepasséde ces aînés qui en plus ne sont plus aux affaires, je laisse l’histoire les jugercommeellejugeramonsensdu patriotismeetvotresoutienàMaixent ACCROMBESSI qui humilie et mépriselepeuplegabonaisauplus haut point, y compris vous même. Cette même histoire vous jugera également,MonsieurleConseillerdu PrésidentdelaRépublique,vousqui êtesl’auteurdulivre«Lumièresurle Gabon » dans lequel la famille Bongo,lePDGetlerégimeenplace quevoussoutenezaveczèleettoute honte bue sont puissamment massacrés, humiliés et vilipendés ; vousquisemblezenplusoublierles raisons de votre long et douloureux exilauCamerounilyamoinsdedix ans.

C’est votre droit le plus absolu Monsieur le Conseiller du Président delaRépubliquedechoisirdetrahir cequ’onpouvaitappelerdelalucidité ou des convictions. En tant qu’hommelibreetdebonnesmœurs, jerespectevosnouvellesorientations même si je n’ai que le plus grand méprispourcegenred’opportunisme auprofilprofitosituationniste.

C’estlibrementetpubliquementque j’ai toujours soutenu le projet de société « l’Avenir en confiance »

porté par Ali BONGO ONDIMBAet c’estdanscemêmeétatd’espritque je ferais savoir la fin de cet état de fait.

Montesquieudisait:«Ilnefautpas mettreduvinaigredanssesécrits,il fautymettredusel».Etc’estlàtoute ladifférenceentremesécritspubliés pour accompagner la politique d’Ali BONGO ONDIMBA et les vôtres. Autrement dit, pendant que vous, Monsieur le Conseiller du président de la République vous écrivez pour détruire,moijetentemodestementde construire. Aussi, mon engagement lucide et républicain aux côtés du Chefdel’Etatestdel’aideraumieux àseséparerdestaresdesonpouvoir que vous constituez indiscutablement. D’où ma corroborationaveclesmotsdeSusan SONTAG qui disait: «On écrit pour rendre justice à la vérité » quand vous votre objectif est d’écrire pour vousmettreenévidence.

Auregarddevotreattitude,vousne vous différenciez nullement des habitudes des mouches à merde. C’estvotrechoix,malheureusement.

Qu’à cela ne tienne Monsieur le Conseiller du Président de la République, suite à votre question paruedansla«GriffedeCotonou» du 24 août 2012, je répondrais tout simplement que je n’ai malheureusementpasdecomptesà demander à Zacharie MYBOTO, à Casimir OYE MBA, à André MBA OBAMEetencoremoinsàPaulette

MISSAMBOcaren2009,ilsn’ontpas

étélescandidatssurquij’aiaccepté deposermonchoixetpourquijeme suis publiquement investi. C’est d’ailleurs par cet engagement que

LeMbandjaSupplémentN°3duVendredi31Août2012

vousvousêtesplusieursfoisservide mes articles pour alimenter vos journauxavantdevousjeterdansles bras de Maixent ACCROMBESSI. Encore une foisde plus,c’estvotre droit. Face à ces raisons sus-évoquées, c’estàAliBONGOONDIMBAàquile peuplegabonais,dontjefaispartie, devrait toujours demander des comptes. Non seulement parce que

c’estluiquej’aisoutenuen2009sur

labased’unprojetquejegardepour référentiel mais en plus parce que c’estluiquidécideetgèrelesbiens detouslescitoyensgabonais.

Decefait,lepeuplegabonaisetmoi sommes en droit de l’interpeller lorsquenousconstatonsquelesaxes du projet de société « L’Avenir en confiance » ne sont pas en phase aveclesdécisionsoulesorientations prises. Puis, nous sommes en droit de l’alerter lorsque nous constatons quelesmesuresprisesnesontpas porteuses de succès ou pourraient être dangereuses ou nocives pour l’avenir politique de notre pays commec’estd’ailleursprésentement lecas.Enfin,noussommesendroit de lui demander voire de lui exiger des comptes car, c’est son action, sonbilanquidémontrerontqu’ilaété meilleurqueceuxquevous,Monsieur le Conseiller, vous critiquez et insultezàlongueurdeparutionsous le regard bienveillant du Conseil National de la Communication, cet organe dont vous sollicitiez la suppression dans votre livre « Lumière sur le Gabon ». Nous y reviendrons.

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Dossierspécial

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Dans les échecs comme dans les succès d’Ali BONGOONDIMBA,j’auraisbienévidemment,en tantquesoutienquin’apasbesoindesecacher derrièreunnomd’emprunt,àprendremapartde responsabilités.

Cependant,jepréciseauConseillerduPrésident delaRépubliqueRaphaelNTOUTOUMENKOGHE aliasSabrinaCourtoisquelepeuplegabonaisque

j’aiprisàtémoindanslaparutiondunuméro138

denotrejournal«LeMbandja»attendtoujoursla réponsedessimplesquestionsquiyvousavaient étéadressées. Aucasoùvouslesaurezoubliées,jemefaisle plaisirdevouslesposerànouveau:«quelaétéle sujet de votre thèse en communication, le nom de l’établissement d’enseignement supérieur en Franceoùvousaurezpassécettethèse,lenomde votre directeur de thèse, l’année de publication de cettethèseetsipossiblelacopiedudiplômeayant sanctionnévostravauxderecherches?». Espérons qu’enfin une réponse pourra nous être publiquementdonnée,auquelcasvotresilenceou votre fuite en avant pourront définitivement être considérés comme étant le signe d’une véritable impostureetd’ungrossiermensonge.Cequiveut direquevousn’avezjamaisobtenuledoctoratque vous prétendez avoir dans le domaine de la communication. Au-delà de tout ce qui a été dit précédemment, ayantétévotrecollègueauPalaisprésidentiel,je ne me permettrais pas d’étaler ici les quelques faiblesses que vous comptabilisez, sauf si vous mepoussezàlefaire.Eneffet,chaquehommea seslimitesetDieuseulsaitcombienj’enai.

Deplus,monbutn’estpasd’humilierunaînéque vous êtes toujours pour moi et que je respecte, mais juste de vous rappeler que, dans la vie, lorsqu’ontraîned’énormescasserolesouquel’on comptabilise de nombreux cadavres dans son placard, le zèle ou l’esprit «va t’en guerre» est vivementàproscrire. J’avaispromisaupeuplegabonaisdespassages de votre ouvrage « Lumière sur le Gabon » que j’accompagnerai quelques fois de modestes commentairesaubesoin. Aussi, votre dernière sortie provocatrice et anti républicaine dans votre journal « La Griffe de Cotonou»nousdonne,MonsieurleConseillerdu Président de la République, le privilège de faire découvrirvotre«réelprofil»aupeuplegabonais qui attend sous la présidence d’Ali BONGO ONDIMBA, des routes praticables en toutes saisons, de nouvelles salles de classe, de nouveaux hôpitaux modernes, l’exemplarité des profilschoisisausommetdel’Etat,lerespectdela liberté de la presse et de la société civile, une meilleure gestion des finances publiques, la réductiondelapauvreté,lapromotiondesjeunes entrepreneurs gabonais, le respect des pays voisinsetamis,leslogementssociauxdécentset adaptésaucadrefamilialgabonais,etc. NousespéronsqueGuyBertrandMAPANGOU,le PrésidentduConseilNationaldelaCommunication (CNC), et les membres de son bureau n’oseront pasfaireuneentorseàlalibertéd’expressionet d’informationenprivantlepeuplegabonaisdecette lumière quiseradésormaispointéesurundeses « journalistes » les plus insaisissables, Raphael NTOUTOUME NKOGHE. Car nous aussi, nous adhéronsàlapenséedeFrançoisMitterrandque RaphaelNTOUTOUMENKOGHEavaitutilisédans sonlivreetquidisait:«Latyranniesenourritdu silence».Nevoulantpointêtreconsidéréscomme étant des tyrans, alors que le CNC nous laisse parleretinformerlepeuplegabonais. En même temps, nous voulons véritablement rendrehommageà:«VincentdePaulMenguéBa N’na, Pierre Brice Ndoumba, Sam Mve Ondo, Simost Enzéma, William Oyono, Désiré Essimengane,RockyKambikengué,JeanHélène, NorbertZongo,KenSaroWiwa,AlexandreBiyidi, LéonOssialiOngaye,AbbéAloïseEyeangMintsa, AbbéFlorentMakaya,CharlesNgoyKalala,Isaac Nguema, Joseph Rendjambé, Vincent de Paul Nyonda,etbiensûrsansoublierlesoubliéscomme le Conseiller Raphael Ntoutoume Nkoghe alias Sabrina Courtois prétendait vouloir le faire en rédigeantsadiatribecontrelepouvoirenplace.

le faire en rédigeantsadiatribecontrelepouvoirenplace. Leregardd’un«sicaire»sansfoiniloi

Leregardd’un«sicaire»sansfoiniloi

JevousprécisequeRaphaelNTOUTOUMENKOGHE estl’auteurdulivre «Lumière sur le Gabon » écriten

2004etqu’ilaéténomméconseillerduPrésidentOmar

BongoOndimba en2007.

Nousespéronsqu’iln’apasécritcelivrepourêtre nommé Conseiller du Président Omar BONGO ONDIMBA.Carpourlui,siaujourd’huijecontinuede soutenir Ali BONGO ONDIMBA en exprimant publiquementlemalaisequiaccablelamajoritédes gabonaissousunenouvelleforme,jeseraisdevenuun partisandurespectableAndréMBAOBAMEetqueje pousseraisuncoupdegueulepourrevendiquerune placeaupalaisprésidentiel.Bref… HenriMONTHERLANTécrivait: «On ment mieux par écrit » quandunproverbefrançaisstipulait: « les paroles s’envolent mais les écrits restent ». Désormais nous y sommes avec les écrits de RaphaelNTOUTOUMENKOGHE. NousvouslivronslateneurdelaPréfacedulivre« LumièresurleGabon»deRaphaelNTOUTOUME NKOGHE, actuel conseiller d’Ali BONGO ONDIMBA.Quecedernieretlescadresdupouvoir découvrentquiestréellementcethommequiose se permettre d’insulter, critiquer et humilier les gabonaisdanssesjournaux«laGriffedeCotonou »,«leDouk-Doukmalaiguisé»et«legri-grivenu deCotonou». Nous précisons que dans la préface du livre du Conseiller d’Ali BONGO ONDIMBA, Raphael NTOUTOUMENKOGHE,Gustaved’Orléansserait undiplomatequiavaitacceptédepréfacersonlivre «LumièresurleGabon».Nousvousreproduisons FIDELEMENTlecontenududitchefd’œuvre.

Préface:Itinéraired’uneidée

UnanavantmonarrivéeàLibreville,l’auteur,ainsi que me l’avaient informé mes collaborateurs à notreambassade,avaitétécontraintàl’exil,hors du Gabon. Ce n’est donc que sa réputation de journaliste courageux jouissant d’une probité morale irréprochable que j’ai trouvée au Gabon. Des témoignages des collègues diplomates qui l’ont connu avant moi, j’ai surtout retenu qu’il s’agissaitd’unjournalistedéterminé,provocateuret quialedond’indisposerlerégime.Passeulement àcausedesesécrits,maissurtoutparcequ’iln’a jamaisvoulucomposeraveclepouvoir,repoussant touteslesoffresquiluiontétéfaitesetéprouvant unesouveraineindifférenceàl’égarddel’argentdu Palais(présidentiel). J’aurail’occasiondemesurerl’importancedecette

réputationenaoût2000lorsquesonretourd’exil

sera annoncé à la Une du quotidien gouvernemental«L’Union».Jecomprenaisdèslors toute l’attention que le régime porte sur ce journalistepuisqueàl’époque,«L’Union»avaitpour patronceluiquipassaitdansnotremilieucomme étantlejournalistepersonnelduchefdel’Etat,M. GermainNgoyoMoussavou,aujourd’huidirecteur decabinetpolitiqued’OmarBongo.

Notrepremièrerencontrealieulejouroùmême «LaGriffe»reparaîtdansleskiosques.Lecontenu etlestyledecejournalforcentalorsautantmon respectquemonadmiration.Etjedoisavouerici quej’étaisloind’êtreleseulàl’éprouver.Toutle personnel ne parlait que de cela, et je n’ai pas gardélesouvenird’unseuldiplomated’uneautre

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LeMbandjaSupplémentN°3duVendredi31Août2012

missiondiplomatiqueaccréditéeàLibrevillequin’a pas été séduite par le sérieux et le professionnalismedecejournal. Lerestaurantdel’hôtelRé-Ndamaestlelieudenotre premièrerencontre.Ilnem’apascachélepeude

confiancequ’ilaccordeànotreChancellerie.Apeinea-t-

ilfinisonverreetéchangéquelquesbanalitésavecmoi

qu’ilmefixedroitdanslesyeuxetmeconfiececi:«J’ai

beaucoupd’amisBlancsicietdansvospays.Jen’ai

pasbesoindedixminutespoursavoirquandest-ce

qu’unBlancestsincèreetsérieux.Cen’estpaspour

vousfaireplaisircarcen’estpasmongenre,maisje

saisquevousêtesdéjàunami.Etpourvousleprouver

jevaisvousconfierunsecretquejen’airévéléà

personned’autre.Jesuisentraind’écriredeuxlivres.Le

premierconcerneleGabonetlesecondOmarBongo,

quoiquelesujetdusecondsoitaussilavedettedu

premier.J’aicommencélepremierpendantmonexil.Je

nesaispassiavecmontravailàlarédactionje

disposeraidutempsnécessairepourleterminer,mais

j’auraibesoindevotrecontribution».

Maréponseseratoutesimple:«Jenevoispasen quoijepourraisvousêtreutile.Jenesaisriende votre pays et je ne suis là que depuis peu de temps».C’estalorsqu’ilm’éclaire:«Ouimaisvous devezavoirquandmêmedesamischezvousou ailleurs qui ont une parfaite connaissance du Gabonetquiontdesidéesetdesprojetspource pays ?» Sur ce, je le rassure qu’effectivement à Paris,jedisposed’adressesutilesàl’éclairagede salanterne.Avantdeseséparer,ons’accordepour se retrouver, à l’occasion de mes prochaines vacances, à Paris afin de travailler en toute sérénitéetdiscrétion.

Deseptembre2000àfévrier2001,nousn’avons

pluseul’occasiondenousrevoir.Endehorsdes coups de fil quotidiens. Ce n’était point là un handicapparticulierpuisquenotrepréoccupationse

situaitplutôtailleurs.Asavoirsienmars2001,date

demonpassageàParis,RNNdisposerad’unpeu detempspourprendrecongéd’unerédactionqu’il dirigeait quasiment seul, son directeur de publication continuant à vivre en France. Les choses ne paraissant pas évidentes, nous envisagions déjà de remettre tout ça à l’année prochaine. Trois jours après avoir arrêté l’éventualité du report, il me téléphonait pour m’annoncer une nouvelle qui l’enchantait apparemment : «Tu ne peux pas t’imaginer que grâce à Bongo, notre projet va pouvoir se poursuivre. Dis-toi que je serai à Paris en mars

2001.Ilfautqu’onsevoitrapidementpourqueje

t’expliquedequoiilretourne».

Danslebarduhuitièmeétagedel’hôtelOkoumé Palace, il me fait comprendre que Bongo, avec

l’accord préalable du propriétaire du titre, vient

d’ordonner au Conseil national

Communication(CNC)deprocéderrapidementàla fermeturede«LaGriffe»etàl’interdictionàvieaux directeurs de la publication et de la rédaction d’exercerlemétierdejournalisteauGabon.Ilme présentealorsdesdocumentsduCNCpréparant cettedécisionavantdemefaireécouterunebande sonoredanslaquelleBongoétaitentraind’informer un interlocuteur, au téléphone, de l’imminente sanctionquiallaits’abattresur«LaGriffe»etses animateurs.Alademandedel’auteur,j’aidûretirer decesligneslecontenudecetteconversationainsi que l’identité de cet interlocuteur. A cause notammentdesrelationsqu’entretientl’auteuravec cedernier.Ainsidonc,c’estunpeugrâceàBongo quecelivreavulejour.

la

de

AParis,nousavonstenutroisréunionsàsonhôtel IbisdeSaint-Denisetdeuxautresnuitammentdans l’appartement d’un ami dans le seizième

arrondissement. Notre travail s’est résumé à

répondreàdeuxquestions:commentBongos’est-

ilorganisépourainsiéchouerlàoùmêmeleplus incompétentdeschefsd’Etatauraitréussisanstrop selessiver?LeGabonpeut-ilêtrereconstruitet constituercemodèlederéussitedelaFranceen Afrique qu’il devait normalement représenter ? Deux questions qui ont logiquement imposé la formationdedeuxgroupesdetravail.Lepremier s’est borné à rassembler certains éléments d’appréciationdufonctionnementduGabondont nedisposaitpasl’auteur.Etleseconds’estévertué à analyser et à réorganiser la base de projet de sociétéqu’avaitpréalablementélaboréeRNN.

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