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E. LAOUST

PROFESSEUR TITULAIRE DE LANGUE BERBÈRE

A L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE LANGUE ARABE ET DE DIALECTES BERBÈRES

DE RABAT

MOTS ET CHOSES

BERBÈRES

NOTES DE LINGUISTIQUE ET D'ETHNOGRAPHIE

DIALECTES DU MAROC

-4RVRîâ21i

»,

Ouvrage illustré de 112 gravures ou

et l\ planches hors texte

PARIS

Augustin CHALLAMEL, Éditeur

Rde Jacob, 17

Librairie maritime et coloniale.

1920

Copyright

by Augustin CHALLAMEL, Éditeur.

Paris, 1919-

A MONSIEUR LE GENERAL LYAUTEY

COMMISSAIRE RÉSIDENT-GÉNÉRAL DE FRANCE

AU MAROC

Hommage de reconnaissance.

E. Laoust.

PRÉFACE

J'ai groupé sous le titre de « Mots et choses berbères » un

ensemble de notes relatives à la lexicographie et à l'ethnographie

berbères recueillies au cours de cinq années de recherches et

d'études. En les offrant aux berbérisants et à ceux qui, à des titres

divers, s'intéressent au Maroc berbère, mon but a été de leur pro

curer un instrument de travail ils puiseront des éléments

d'information sûrs, précis et inédits.

Les dix chapitres de ce volume comportent chacun un vocabu

laire, des textes et des études sommaires sur les mœurs et les cou

tumes berabers et chleuhs, le tout groupé autour d'une idée.

Le vocabulaire relevé dans le dialecte type qui sert de base à mon

enseignement à l'Ecole Supérieure de Rabat constitue le complé

ment attendu de mon Etude sur le dialecte berbère des Nlifa, ».

Mais, il est commun, à quelques variantes près, au vocabulaire des

sous-dialectes parlés, dans la région de Demnat, par les Inoultan,

les Infedouaq, les Inteketto, les A. Mohammed, les A. Messad, les A. Attab, les A. Bou Oulli, les Ait Bou Gucmmaz, les Imeghran.

Les différences qu'il présente avec le vocabulaire des dialectes

apparentés à la taselhail d'une part et celui des dialectes du Maroc

Central groupe Uimaz'mi ou taberberit de l'autre, ont été rele

vées dans des annotations nombreuses auxquelles j'ai cru bon

d'ajouter, à titre de comparaison, des données fournies par les

divers travaux relatifs à la dialectologie, berbère. Dans cette partie

purement linguistique, je me suis attaché à suivre le mot moins dans

les déformations phonétiques qu'il subit à travers les parlers que

dans l'évolution de ses différentes acceptions. En cela, réside, je crois, l'originalité de mon travail.

La plupart des textes sont transcrits dans les dialectes de la

région de Demnat et plus particulièrement dans le dialecte des

Ntifa. D'autres m'ont été dictés par des chleuhs du Haut et de

FAnti-Atlas : Ida Gounidif, Illaln, Amanouz, Ida Oukensous, Ait

Baàmran, etc. on du moyen Drâ. Le sous-dialecte parlé par les

Berbères de la tribu de Tlit avec Timgissin comme centre prin

cipal en compte un nombre si important qu'il aurait pu faire à lui

seul l'objet d'une monographie dialectale séparée.

La partie ethnographique ordinairement absente des travaux de

ce genre occupe une place importante du volume. J'en ai recueilli

les éléments au cours de conservations familières tenues en berbère

avec des paysans, des artisans, des enfants, des femmes, des vieil

lards, des soldats, des prisonniers, des chefs et des petites gens et

surtout de pauvres gens originaires de tous les points du Maroc ber

bère. J'avoue avoir abordé cette partie avec une certaine appréhen

sion . Que pouvait-il rester à glaner après le passage, des Doutté et des

Westermarck? Mes recherches dirigées vers des régions inexplo

rées par eux n'ont cependant pas été vaines. Je laisse à de plus

qualifiés le soin d'apprécier la valeur des documents nouveaux que

j'apporte ici, et je prie mon ami Henri Basset qui s'est déjà révélé

comme le futur, maître de l'ethnographie nord-africaine de m 'excu

ser d'avoir empiété avec plus de témérité que de science sur une

partie de son précieux domaine.

Je remercie de tout cœur ceux à qui je dois d'avoir pu mener ce travail à bien: le général Henrys et le capitaine Le Glav qui, en

m'appelant auprès d'eux en igi/i, m'ont permis de suivre, la cam

pagne des Zayan qui s'est terminée comme l'on sait par l'occupation

de Khenîfra; le général de Lamothe, commandant la région du sud,

qui a bien voulu m'autoriser à visiter en 1916 le pays île Demnat

et des Ntifa ; le commandant de Mas-Latrie ; les capitaines Justinard et Ortheb qui ont facilité mes déplacements daxis ces régions et

dont l'obligeant accueil a rendu mon séjour en tribu agréable et

fructueux; le regretté colonel Berriau, Directeur du Service des

Renseignements, dont l'intervention a rendu possible la publication

des « M. ils et choses »; le général Maurial, son successeur.

l'aurai garde d'oublier mes chefs directs: M. Nehlil, Directeur

de l'Ecole supérieure de Rabat, qui a sollicité et a obtenu pour moi

mes déplacements en tribu ; M. Loth, Directeur de FRnseiwicnienl

PREFACE

XI

au Maroc, qui m'a accordé maintes fois son appui efficace et honoré

de ses précieux encouragements.

Je remercie également mes nombreux informateurs interrogés en tribu, sous la tente ou dans la tighremt, et même dans les pri

sons marocaines et en particulier dans celle de Rabat. C'est, auprès

de détenus politiques ou de prisonniers de droit commun d'origine

chleuh ou beraber que j'ai souvent trouvé le meilleur de mes infor

mations.

Jiibnl, k- 7 avril 1918.

Laoust.

LISTE

AVEC INDICATIONS GEOGRAPHIQUES SOMMAIRES DES NOMS DE LIEUX

MENTIONNÉS DANS CETTE ÉTUDE

Abda, région au sud de Safi, comprise entre le territoire des

Doukkala au nord et celui des Chiadma, au sud.

Achtouken, Chleuhs du Sous.

Addar, petit village de.s Ntifa, près de Tanant.

Ait Badmran, Chleuhs du Sous, entre 0. Noun et Tiznit.

Ait Bou Guemmaz, Berbères voisins des Ntifa.

«- AU Bou Oulli, tribu de montagnards au pied du Ghat, contrefort

du Haut-Atlas, sud de Demnat.

Aït Bou Zemmour, Berabers du Maroc Central. AU Chitaehen, fraction des Inoultan (Demnat). AU Hamid, Chleuhs du Haut-Sous (Aoulouz).

AU Iafehnan , puissante confédération de Berabers du Sud. ~ AU Immour, Chleuhs du Houz de Marrakech.

Aït Inouï, fraction des Ntifa.

AU Isaffen, Chleuhs de FAnti-Atlas.

AU Khebbach, Berabers du Sud.

Aït Majjen, fraction des Inoultan (Demnat) voisine de Tanant.

Aït Messad, tribu au N. 0. des Ntifa; poste: Azilal.

Aïth Mjild, en arabe Béni Mguild ; Berabers du Nord enclavés entre les A. Ndhir et les Izayan. AU Mzal, Chleuhs de FAnti-Atlas. Aïth Ndhir, Berabers du Nord; banlieue de Meknès.

Aït Ouagrou, Chleuhs de FAnti-Atlas; fraction des A. Isaffen.

Aïth Oubakhti, Berbères du Maroc oriental ; district d'Oujda.

Aït Oumribecl, tribu en zone désertique entre le Dj. Bani et le

Moyen Dra.

X1V

LISTE DES NOMS DE LIEUX

Aïth Sadden, Berbères du Moyen Atlas enclavés entre les A. Yousi

et les Aït Warain.

Aïth Seghrouchen, Berabers du Moyen-Atlas.

Aït Toulal, Berbères originaires du Haut-Guir installés dans un

petit village sis dans la petite banlieue de Meknès.

Aïth Warain, puissante tribu berbère occupant le N. E. du Moyen-

Atlas entre le pays des Riata et celui des A. Yousi.

Aïth Waryaghal, Rifains.

Ait Waouzgit, Chleuhs du Haut-Atlas.

Aïth Yousi. Berabers du Moyen-Atlas, entre Sefrou et Kasbet el-

Makhzen.

Amanouz, Chleuhs de FAnti-Atlas.

Amzmiz, petite ville dans le Houz de Marrakech.

Andjera, Jbala, entre Tanger et Tetouan.

Bezou, bourg avec mellah chez les Ntifa du Nord, près de l'O* el-

Abid.

Chaouia, région au sud de Casablanca.

Dads, région berbère comprise entre le Haut-Atlas et le Dj. Saghro.

Demnat, petite ville berbère au pied du Haut-Atlas, tribu des

Inoultan. Doukkala, région en bordure du littoral entre Safi et Mazagan.

Fahs, la grande banlieue de Tanger.

Figuig, groupe de ksour à la frontière algéro-marocaine.

, Glawa, forme arabisée de Igliwa.

Goundafa,

id.

de Tagountaft.

Hiaina, tribu arabe près de Fès.

^Hawwara, importante tribu du Sous.

Ibouhassoussen, fraction des Izayan (Moulay Bou Azza).

Ichqern, Berabers du Moyen-Atlas.

-Jda Gounidif, Chleuhs de FAnti-Atlas.

Ida Oukensous,

id.

■■Ida Ou Qaïs, Chleuhs du Haut-Atlas. Ida Ou Tanan, Chleuhs du Haut-Atlas. Ida Ouzeddoul, Chleuhs de FAnti-Atlas. Ida Ouzal, Chleuhs du Haut-Atlas (versant Sous).

Ida Ouzikki, Chleuhs du Haut-Atlas, voisins des I. Ou Tanan.

Ida Ou.zikri, Chleuhs de FAnti-Atlas.

^ Iguedmioun,

Chleuhs du Houz de Marrakech.

LISTE DES NOMS DE LIEUX

XV

Igliwa, Berbères du Haut-Atlas (Tizi n-Tlouat).

Ihahan, Chleuhs du Haut-Atlas, sud de Tassourt (Mogador).

Illaln, Chleuhs de FAnti-Atlas.

Imehihen, petit village des Ntifa du Nord. ,

Imeghran, Berbères du Haut-Atlas (versant sud), près Demnat.

Imejjad i" Chleuhs de l'A. Atlas (sud du Tazerwalt).

2° Berbères de la région de Meknès se prétendant origi

naires du Sous.

Imesfiwan, Berbères du Haut-Atlas (région d'Aghmat).

Imettougen, en arabe Mtougga, Chleuhs du Haut-Atlas voisins des Ihahan.

Imitek, Chleuhs de FAnti-Atlas.

Indouzal, Chleuhs du Sous.

Inpultan, en arabe Noultana ; petite tribu berbère au sud des Ntifa

dont dépend Demnat.

Infedouaq, Berbères de la région de Demnat.

Intëkelto, Intift, en arabe Ntifa,

id.

id.

■» Isemdaln, Chleuhs de l'A. Atlas.

" Isenhajen, en arabe Senhaja, tribu située au nord de FOuergha.

Ithamed, Chleuhs de l'Oued Noun.

Izayan, Berabers du Moyen-Atlas enclavés entre les A. Mjild, les

Ichqern, les A. Ishaq et les A. Houdi.

Masst, Chleuhs du Sous (Aghbalou). Oued Dra, fleuve d'origine saharienne se jetant dans l'Océan.

Oued Noun, fleuve du Sud.

Ouled Yahra, tribu arabe établie dans le Sous.

Ounzoutl, Chleuhs du Haut-Atlas.

Ras el-Oued, région comprenant les populations chleuhs du Haut-

Sous.

Sraghna, Berbères arabisés voisins des Ntifa.

Sous, région comprise entre le Haut-Atlas et FAnti-Atlas.

Tadla, région au pied du. Moyen-Atlas.

Tajïlalt, région saharienne au Sud du Haut-Atlas traversée dans le

Ziz. " Tagountaft, en arabe Goundafa ; Berbères du Haut-Atlas.

Tam'ei'roiit ', Ksar berbère sur le Haut-Drâ.

Tanant, poste en tribu des Ntifa, 18 km. de Demnat.

XVI LISTE DES NOMS DE LIEUX

Taraudant, capitale du Sous.

Tazerwalt, tribu de Chleuhs au sud de Tiznit.

Tifnout, région de la tribu des Goundafa.

Timgissin, Ksar de la tribu berbère de Tlit. Tindouft, tribu berbère du Sahara, au sud de FO. Drâ.

Tlit, tribu de Chleuhs entre le Dj. Bani.^t le Blad El-Feija (entre

Agadir Tissint et Foum Zguid). Touggana, Chleuhs du Houz de Marrakech.

Warzazat, ville et district sur le versant sud du Haut-Atlas, voisin

du Tizi n-Tlouat.

.

Zaers, Berbères arabisés de la banlieue de Rabat.

^JZernmour, Berbères installés dans la région Monod-Tiflet-Khemis-

set.'(0- de Rabat-Salé, sud de la forêt de Mâmora).

Zerhoun, petit massif montagneux isolé au nord de Meknès (Volu-

bilis-Moulay-Idris).

OUVRAGES CONSULTÉS

Los informations lexicographique figurant dans les annotations et se rapportant pour

la plupart aux parlers algériens ou touaregs sont empruntées aux auteurs suivants :

u. Dialectologie berbère.

Ahaggar : De Motylinski, Grammaire, dialogues et dictionnaire touaregs, Alger, 1908.

Aurès : P. G. Huyghe, Dictionnaire français-chaouia. Jourdan, Alger, 1906.

Bougie : Dictionnaire français-berbère, ouvrage composé par ordre de M. le Ministre

de la Guerre. Paris, i84&-

Beni-Salah : Laoust, in Étude sur le dialecte berbère du Chenoua comparé avec ceux

des Beni-Menacer et des Beni-Salah, Paris, Leroux, 1912.

Ben Halim.a : R- Basset, Etude sur la Zenatia de VOudrscnis et du Maghreb central,

Paris, Leroux, i8g5.

Béni Menacer:

Destaing, Dictionnaire français-berbère, Paris, Leroux, 14 -

Beni-Iznacen : Destaing, Dictionnaire (y. supra). Beni-Snous : Destaing, id.

Béni Bou Zegzou: Destaing, id. Chenoua : Laoust (y. supra).

Demnat: Boulii-a, Textes berbères de l'Atlas marocain, Paris. Leroux, 1908.

Djebel Nefousa : De Motylinski, Le Djebel Nefousa, transcription, frac/, française

# et noies avec une étude grammaticale. Leroux, 1898.

G-hat : Neiïlil, Etude sur le dialecte de Ghat. Leroux, 1909. Ghdamès : De Motylinski, Le dialecte berbère de Wedam.es. Leroux, 190^.

Haraoua : R- Basset, Et. sur la Zenatia de l'Ouarsenis. Metmata : Destaing, Dictionnaire. Mzab : R. Basset, Étude sur la Zenatia de Ouargla et de l'oued Bir'. Paris, Leroux,

1892.

Ouarsenis : R- Basset (v. supra). Ouargla : Biarnay, Etude sur le dialecte berbère de Ouargla, Leroux.

Rif : Biarnay,

Sened : Dr

Étude sur les dialectes du Bif. Leroux, 1917.

Provotelle, Étude sur ta Tamazir't ou Zenatia de la Qalaât es-Sened

(Tunisie), Leroux, igi 1.

Syouah : R- Basset, Le dialecte de Syouah. Leroux, ï85o.

Taïtoq : Masqueray, Dictionnaire français-touareg (dialecte des Taïtoq).

Tazerwalt: H. Stumme, Handbuch des Schilhischen von Tazerwalt. Leipzig, 189g. Touat: R. Basset, Notes de lexicographie berbère, 4" Série. Paris, 1888.

XVIII OUVRAGES CONSULTES

Zouaoua : Boulifa, Méthode de langue kabyle, cours de deuxième année. Alger, Jour-

dan, igi3.

Zekara : Destaing, Dictionnaire (supra).

Zenaga ; R. Basset, Étude sur le dialecte Zenaga, Mission au Sénégal, Leroux, 1909.

p. Dialectologie arabe.

Beaussier, Dictionnaire pratique arabe-français.

Dozy, Supplément aux dictionnaires arabes.

W. Marcais, Quelques observations sur le dict. prat. arabe-français de Beaussier, in

Recueil de Mémoires eL de Textes ; XIVe Congrès des Orientalistes, Alger, igo5.

W. Marcais, Textes arabes de Tanger, Bibliothèque do l'École des Langues orientales

vivantes. Paris, 1911.

y. Ethnographie berbère.

Archives beruère^. Publication du Comité d'études berbères de Rabat. Editions

E, Leroux, Paris.

R. Basset, Recherches sur la religion des Berbères (Rev. de l'Hist. des Religions) 1910.

Bel, A., Coup d'œil sur l'Islam en Berbérie (Reo. de l'Hist. des Religions). T917.

Bertholon et Chantre, Recherches anthropo'txjiques dans la Berbérie orientale. Lyon,

igi3.

Boulifa, Méthode de Langue Kabyle (IIe Année): Elude linguistique et sociologique sur

la Kabylie de Djurdjura. Alger, tgi3.

Destaing, Fêtes et coutumes saisonnières chez les Beni-Snous (in Reo. africaine), 1906.

Dûutté, L'Islam algérien. Alger, igoo.

Les Marabouts. Paris, igoo.

,

Merrakech, public par le Comité du Maros. Paris, 1905.

En tribu. Paris^ x 9 1 4-

Magie et Religion dans l'Afrique du Nonl. Alger, 1909.

Hanoteau et Letourneux, La Kabylie et les coutumes kabyles. 3 v. Paris, 1893.

Randall-Maciver et A. Wilkin, Libyan notes. Londres, igoi. Revue Africaine, Alger.

Revue des traditions populaires, Paris.

Van Gennep, Études d'ethnographie algérienne. Leroux, 191 1.

Wf.stermarck, Midsummercastoms in Morocco. m Folk-Ion?, \VI-iqo5.

Cérémonies and Reliefs connected xuiih Agriculture, certain Dates of the

Solar Year, and the wealher in Morocco. Helsingfnrs, igi3.

Marriage Cérémonies in Morocco. London, igi4-

The popular Ritaal of the Greal Feast in Morocco, in Folk-lore XXII.

The moorish conception of Holiness (Baraka). Ilclsingfors, 1916.

TABLEAU DES SIGNES EMPLOYÉS

Consonnes!

6, 6 français et aussi aspirant permutant

avec u ou /.

d,

d,

d,

d,

/.

d

français.

th anglais doux.

d emphatique.

(dz) affriquée.

/

français.

(h 1res guttural comme dans « grand »

(n'a jamais la valeur de j comme

dans « juge m).

9> g faible, palatal, se réduit en y et i

chez les Berabers.

0> r grasseyé, le 9- arabe.

/i. h aspiré français, arabe.

*. le r" arabe.

/t, le r arabe (kh).

j français.

j emphatique.

k

k

dans « képi n,

mouillé.

/, 1 français,' non mouillé.

/. 1 emphatique.

m, m français.

n, n français 1res nasalisé.

fi, (gn) n palatisé.

p, presque le p français.

q,

le ij arabe.

r, r alvéolaire, le J arabe.

r.

r emphatique.

r1.

r des Izayan à tendance vers l.

rn, r des Drawn à tendance vers n.

o,

français dans i Jl et non dans

" maison ».

s, s emphatique, le ^p arabe. le ch français.

s,

t, le i français.

t,

le ih sourd anglais.

t. i emphatique comme dans a mouton».

10, w anglais, dans « winde ». a, semi-voyelle, entre w et a.

y,

y anglais, dans « yoke ».

i, semi-voyelle, entre y et i.

~, ? français.

r, z emphatique.

c, le P arabe, spirante laryngale sonore.

u, a pur.

Voï

à, entre a et e.

â, a penchant vers o (voisinage des etn-

phaliques).

e, e muet français et aussi é fermé.

i,

i pur.

u, ou français.

û,

u français.

ù, ou penchant vers o,

u,

o français.

TABLEAU DES SIGNES EMPLOYES

Signes.

a, u, i,

sans signe = voyelle de valeur

moyenne.

à, û, ï, voy. fortement nasalisée.

â, iï, i,

voy. longue.

à, u,

ë, voy. très brève.

d, â, i, voy. accentuée.

â, û, î, voy. longue et accentuée.

w entre deux consonnes indique l'existence

d'une syllabe sans élément vocalique.

Lé signe X représente un groupe de vo

yelles et de consonnes.

Le signe _ réunissant plusieurs mots in

dique qu'ils forment un complexe de

vant se prononcer sans arrêt.

A.,

B,

ch.,

coll. pi.:

,

dim.,

Aïth ou Ait.

Béni.

chapitre.

collectif pluriel.

diminutif.

diph., diphtongue.

exp. ,

f. f.,

f. h.,

I-,

litt,

expression .

féminin.

forme factitive.

forme d'habitude

Ida.

littéralement.

Dans le vocabulaire :

ABRÉVIATIONS

m.,

masculin .

m. à m. , mot à mot.

.1.,

note.

n. d'u,, nom d'unité.

0.,

Oulad.

p. ext., par ex tension.

pi,

a, ,

syn.,

V. ,

V?

pluriel .

singulier.

synonyme.

verbe.

suivi d'un nom propre : villa*

le signe (ma) indique que le nom en rapport d'annexion est de la forme waX.

le nom qui suit parfois le nom singulier est un pluriel.

le mot placé à la suite du verbe indique une forme d'habitude.

Dans les textes :

Le nom entre parenthèses indique le nom de la tribu, de la fraction, du douar ou

du village l'information a été prise. Par Berabers, nous désignons les Berbères du Maroc Central ; par Rifains ceux du Nord; par Chleuhs ceux du Sud et de l'Extrême-Sud Marocain ayant leur habitat

au-dessous d'une ligne idéale Mogador-Demnat.

En

Fie. ,. Tighremt du caïd Ouohto à T anant.

CHAPITRE PREMIER

tigemmi maison.

juggwa,

id.

L'HABITATION

, famille.

ibergëmmi, grande habitation.

tigremt\ maison flanquée de

tours ; foi'teresse.

i . Avec le sens général de « maison ., , le mot est connu dans les parlers du sud :

Tazerwalt, Sous, A. Baâmran, Ida Oukensous, Tlit, etc ; Tamegrout, Tafilalt, Dads.

Dans les parlers du centre, sous des formes légèrement modifiées, il se rapporte soil

« au douar » tijèmml,

Ouirra, ou « au centre du douar

sont parqués les

animaux tidjëmml, A. Seghrouchen (voir supra: la tente berbère). Au Tidikelt,

lagemmi désigne « la petite cour de la maison réservée aux bestiaux » d'où le sens de

.< lieux d'aisances » pris par les mots tedjemmi, Ghdames et gamma, Mzab, Ouargla.

A rapprocher: tagemmi, ce palmeraie », Ouargla; tajemmi, ce buisson », Mzab; igem,

ce perche », Touareg, d'où agum, Zemmour ; jum, A. Seghrouchen ; yum, A. Warain;

tagmut, ce branche », Taroudant; tagèmmut, ce tube en bois, roseau », Ntifa.

Par ailleurs, on trouve un veçbe gem, ce grandir », Ouargla; ëgmi, ce être élevé »

(enfant) Chenoua, dont la forme factitive sigem, Izayan, signifie élever », sigem ci bourgeonner Zouaoua ; asigmi. bébé », Rif, Ouargla. On peut croire à une

racine primitive GM marquant l'idée de croissance de laquelle dérivent ces expressions,

au premier abord, ne présentant entre elles aucun lien étymologique. Le sens le plus

-; ancien de tigemmi peut avoir été celui de

ce buisson » ; puis appliqué à l'abri entouré

de buissons, le mot aurait pris la valeur du terme arabe zriba, ce enclos », berbérisé

sous la forme lazribt. D'un awtre coté , il est possible que le Berbère, en certaines

régions du moiias^ait cherché un refuge darrs la haute brousse et les forêts; aujour

d'hui encore on sait que sa demeure est presque partout protégée par des broussailles

épineuses, flM^lr1$faïis la Johannide de Gorippe, chant II : - Les régions voisines se

couvrent de léùrs*Çrou/pes nombreuses r partout, sur les montagnes, sous la voûte des

feuillages des hautes forêts, se cachent leurs cabanes suspendues aux arbres

»

Traduction ^j^, 'iri Rev. Tunisieijne, t. YI. Signalons encore tigemmi en Zouaoua

avec le sens de ce biens », richesses'Jortune constituée en bétail et surtout en champs

et jardins». H*. *.»%,»

2. Dans la province de Beirfftajfc le mot désigne une grande habitation carrée cou-

"

Laoust.

^\

i

2 MOTS ET CHOSES BERBERES

taddart* > gourbi.

amazir%

id.

agèlluj\ hutte.

acasus, hutte.

tanuàlt, nouala.

agrur, gîte, niche.

verte en terrasse, aux angles garnis de tours, et aux murs percés de meurtrières ». Le

mot tigremt est connu avec ce sens chez les Zemmour et quelques tribus berabers. La

forme masculine, igrem, pi. igerman est commune

à(

Demnat, au Dads, au Drà pour

désigner « un ksar, un village fortifié », agërem, chez les Â. Warain et les A. Seghrou

chen, est « une grande maison » et une « ville » chez les Touaregs, au Dj. Nefousa, au

Mzab et à Figuig; igrem a le même sens ahez les Zemmour; sous la forme irmi, le

terme<est connu en Zenaza et se rapporte aussi à la ville.

i. Malgré une ressemblance de forme avec l'arabe dar, maison, le mot ne doit pas

être considéré comme un emprunt fait à cette langue, du moins dans tous les cas ;

sans doute dérivé de dder, « vivre ». Taddart avec le sens de « maison » est localisé dans les parlers du nord, comme tigemmi dans ceux du sud. On le trouve avec des

acceptions diverses: taddart, village >,, Zouaoua; maison», B. Menacer, Rif;

tiddart, « maison », B. Iznacen ; taddart, même sens, Dj. Nefousa, Mzab, Ouargla;

taddart, « chambre ,,, A. Mjild, A. Warain, A. Seghrouchen; << centre du douar »

Zemmour ; taddart, « rez-de-chaussée d'une maison servant d'étable et de bergerie »,

Imerghan;