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AlarmesocialeenEspagneoùlesONGsemobilisent Les allocations chômage sont réduites alors quele nombre de sans-emploi
AlarmesocialeenEspagneoùlesONGsemobilisent Les allocations chômage sont réduites alors quele nombre de sans-emploi

AlarmesocialeenEspagneoùlesONGsemobilisent

Les allocations chômage sont réduites alors quele nombre de sans-emploi explose

Madrid

lachambrequ’illouaitetdortàpré-

Correspondance

sent dans la rue. L’organisation

 

humanitaireCaritasconfirmel’ur-

P lusieurs milliers de person-

nes ont protesté, samedi

15 septembre à Madrid,

contre la politique d’austérité menée par le gouvernement espa- gnol pour réduire le déficit public de 8,9% du produit intérieur brut (PIB) en 2011 à 6,3% cette année. Sous le slogan « Ils veulent rui- nerlepays. Il fautlesenempêcher», les syndicats ont exigé du gouver- nement qu’il organise un référen- dum sur les coupes budgétaires, accusées d’alimenter la récession et d’avoir des effets négatifs sur l’emploi à court terme. De fait, plus de quatre ans après le début de la crise, le chômage continue d’augmenter en Espa- gne. En juillet, il touchait 25,1% de la population active, selon l’OCDE. Devant la soupe populaire de Vallecas, un quartier populaire de Madrid, Abdul, un Marocain de 32 ans, installé ici depuis trei- ze ans, raconte son histoire. « J’ai travaillé dans le bâtiment de 1999 à 2007, puis j’ai enchaîné les jobs comme livreur ou videur. J’ai même faitles vendangesenFrance, mais aujourd’hui je ne m’en sors plus. » Après avoir touché le chômage puis une aide de 426 euros durant six mois, Abdul a dû abandonner

gence dela situation. En 2011, elle a accueilli plus d’un million de per- sonnes dans les services d’« accueil et assistance primai- re », qui résolvent les problèmes de logement ou d’alimentation. C’est trois fois plus qu’en 2007. L’ONG catholique a donc lancé un appel au gouvernement pour qu’il «ne coupepas danslesdépen- ses sociales,mais qu’il les augmen- te pour atténuer les effets de la cri-

L’Unicef affirme

que2,2millions

d’enfants viventdans des foyers sousleseuil depauvreté en Espagne

se sur les plus vulnérables ». La demande est restée lettre morte. Et les allocations chômage ontmême été réduites afin de pal- lierl’augmentation du nombre de nouveaux demandeurs d’emploi. Initialement, dans son budget 2012, le gouvernement avait pré- vu une baisse de 5% des dépenses d’allocations chômage. Leur calcul s’appuyait sur le fait que la crise s’éternisant, et le chômage

de longue durée augmentant, de plus en plus de chômeurs épuise- raient leurs droits, qui durent au maximum de deux ans. Mais surles sept premiersmois

de l’année, avec l’arrivée de mil- liers de nouveaux demandeurs d’emplois, les dépenses ont au contraire augmenté de 5,4%. «Si nous ne parvenons pas dans les prochains trimestres àmodifier la situation de ces cinq dernières années,il seraimpossible demain-

tenir les

averti le ministre de l’économie, Luis de Guindos. Les organisations sociales, de leur côté, sonnent l’alarme. La Croix-Rouge a lancé un appel pour aider 300 000 personnes « vulnérables » supplémentaires. L’Unicef affirme que 2,2millions d’enfants vivent dans des foyers subsistant sous le seuil de pauvre- té en Espagne. C’est le cas d’Hilario, Bolivien de 46 ans, arrivé en 2004, avec son fils de 7 ans rejoindre sa femme, qui fait des ménages à Madrid. Employé au noir sur les chantiers, il a vécu quatre ans « correcte- ment » et a eu un deuxième enfant. Il n’a pas eu à se soucier de la précarité de son emploi, jus- qu’en 2008. «Ma femme a perdu son emploi et on m’a appelé de moins en moins. Cela fait sixmois queje n’ai

prestations sociales », a

pas eu un seul petit boulot et trois mois que nous ne payons plus le loyer, raconte-t-il. Je ne sais pas ce que nous allons devenir. » p

Sandrine Morel

mois que nous ne payons plus le loyer , raconte-t-il. Je ne sais pas ce que