"Je suis la voix qu’on n’attendait pas"
Je suis Bintou,
Petite fille dans un monde grand,
Mais j’ai des rêves larges comme l’océan.
Je suis la voix qu’on n’attendait pas,
Mais que le silence ne retiendra pas.
Je marche sans bruit, mais j’avance droite,
Sous mes airs calmes, j’ai une âme qui se bat.
Une plume dans la main, une couronne dans la tête,
Je veux écrire l’avenir, pas suivre les miettes.
Autour de moi, des regards pleins de lumière,
Un père à des milliers de kilomètres, fier,
Il construit pour moi une route d’or et d’étoiles,
Même loin, je sens sa force, son cœur loyal.
Ma maman, Sonah, elle coud les jours et les espoirs,
Ses mains font naître la beauté dans le noir.
Couturière de génie, reine du quotidien,
C’est dans son sourire que je puise mon chemin.
Et puis il y a mes frères, mes piliers de sang,
Ils sont les murs de cette maison que j’apprends.
Kemoko, le premier, bâtisseur d’avenir,
Il dessine des villes mais pense à me faire grandir.
Ansoumane, discret, mais toujours présent,
Un regard franc, un cœur battant.
Abdoulaye, rieur, vif comme le vent,
Il court vers ses rêves, libre et confiant.
Et le petit dernier, mon Hassan adoré,
Un soleil miniature qui aime déjà briller.
Chacun d’eux m’inspire, chacun d’eux me guide,
Dans leur amour, je suis riche même sans rides.
Je suis la voix qu’on n’attendait pas,
Mais j’ai des racines solides, et je deviendrai quoi ?
Une femme qui pense, une femme qui agit,
Pas une ombre docile, mais un éclat, un cri.
Oui, j’apprends, je lis, je rêve et je trace,
Je veux faire honneur à ceux qui me laissent leur place.
Même si je suis jeune, même si je suis fille,
Je suis l’arbre qu’on a planté dans un champ de billes.
À toutes les petites filles qu’on oublie trop souvent,
Moi j’vous dis : le futur, c’est maintenant.
Je suis Bintou, je suis cette voix-là,
Celle qu’on n’attendait pas… mais qui ne se taira pas.