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L’arbre précieux de la guérison

Notes sur les effets bénéfiques des actes de Sauver la vie des êtres et de les mettre en liberté Ainsi que de l’acte de renoncer à tuer,

Recueillis à la faveur des soutras authentiques

Sera Jé

Guéshé Thoubten Soepa

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Table des matières

L’ARBRE PRÉCIEUX DE LA GUÉRISON

Référence aux Écritures

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Tout d’abord, la formule générale de la prise de refuge :

En

sanscrit 1 : Buddham ś aranam 2 gacc ā mi 3

Dhammam ś aranam gacc ā mi Sangam ś aranam gacc ā mi

En tibétain :

Sanggye la kyab su chio

Chö la kyab su chio Gendün la kyab su chio

En français :

Je prends refuge dans le Bouddha

Je prends refuge dans le Sangha

Je prends refuge dans le Dharma

Après avoir récité la prise de refuge commune

aux bouddhistes, nous abordons maintenant notre thème

qui concerne l’utilité ou les avantages à effectuer des

actes qui consistent à 1) protéger ou conserver la vie des

autres êtres vivants, 2) leur sauver la vie ou les mettre en

1 Littéralement en tibétain : « dans la langue de l’Inde ».

2 Le grand érudit tibétain, Sakya Pandita, explique « sharanam » comme quelque chose ayant un pouvoir de protection, permettant ainsi de surmonter la peur.

3 En ce sens que l’on se fie à l’objet de refuge, on ‘va’ ou ‘passe’ de la peur ou de la crainte à l’absence de peur.

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liberté 4 , et 3) s’appliquer à la conduite éthique de renoncer à tuer. C’est dans l’intérêt général et pour le bien de tous, le mien comme celui des autres, que je vais présenter ici certains énoncés clairs et sans équivoque du Bouddha, rapportés dans les soutras (Kangyur). En ce qui concerne la conduite éthique consistant à renoncer à l’acte de tuer, il est dit que de tous les actes éthiques, c’est celui qui apporte les plus grands bienfaits. La conduite éthique de renoncer à tuer est la cause principale d’une renaissance humaine ou divine, et celle de protéger la vie rend possible une renaissance dans les sphères d’existence plus élevées. De plus, il est dit que le résultat de l’acte contraire, c’est-à-dire tuer, se manifeste dans une renaissance en tant qu’être infernal, esprit affamé ou animal. Voici ce qui est dit dans le Soutra sur l’application de la conscience attentive (soutra Saddharma- smrtyupasthana) :

4 Il s’agit ici principalement d’acheter des animaux destinés à être abattu, afin de les mettre en liberté. De plus, cet acte de libération ou de mise en liberté s’étend aussi aux êtres vivants (animaux, êtres humains) qui, quoique non destinés à être tué, maintenus dans des cages ou autres lieux confinés, ou encore, qui sont détenus dans en tant qu’esclave ou dans des conditions d’esclavage et privés de liberté.

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La racine de (le plus important pour…) tous les êtres vivants, c’est la vie. Protéger cette vie revient à faire don de bonheur, et parmi toutes les sortes de dons, celui-ci est le plus grand. Voici ce qu’il en est : Sauver sa propre vie ou celle des autres par compassion est un « don de vie 5 ».

Tout simplement, cela signifie que pour n’importe quel être vivant, le plus important pour lui est sa propre vie. Protéger n’importe quel être vivant craignant pour sa vie ou le sauver d’un danger de mort, sauver la vie, c’est faire don d’ « absence de peur ». Empêcher un être vivant d’être tué, lui rendre sa liberté, c’est la meilleure de toutes les pratiques du don. C’est l’explication de ce soutra.

De plus, il est dit dans le Soutra sur l’application de la conscience éveillée :

5 Littéralement : « Développer séparément les facteurs mentaux revient à donner la vie ». Autrement dit, par la pratique des différents facteurs mentaux positifs tels la bonté, l’amour, la compassion etc., on fait don d’ « absence de peur », ce qui est un grand bienfait.

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Pour une renaissance dans les sphères supérieures, la meilleure des disciplines éthiques est celle de donner la vie.

La signification du passage de ce soutra est la suivante :

la raison pour laquelle la pratique éthique consistant à renoncer à tuer est la meilleure cause d’une naissance en tant qu’être humain ou divin dans une existence future, est que l’abandon de l’acte de tuer fait place à la pratique de donner la vie, de protéger la vie ou de sauver la vie. Concernant les avantages et l’utilité des actes salutaires d’abandonner de l’acte de tuer et de sauver la vie ou de la protéger, voici ce qui est dit dans d’autres soutras, par exemple dans la deuxième partie du Soutra des Dix Roues du Kshitigarbha :

Quand l’acte de tuer a été abandonné, c’est comme si tous les êtres du samsara recevaient le don de l’absence de peur.

Quant aux effets bénéfiques, voici ce qu’il en est :

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Dès cette vie, loués sont ceux qui ont abandonné l’acte de tuer. Leur apparence, leurs sens et leur esprit deviennent clairs, Ils jouissent d’une longue vie. Même les dieux les protègent et ils renaîtront après leur mort Dans les formes de vie heureuses et favorisées des mondes plus élevés, Dans les mondes des dieux.

Dans le Soutra des Dix Roues du Kshitigarbha, il est dit :

Fils de noble famille ! de même, quand, au cours de sa vie, un Bodhisattva Mahasattva renonce complètement à l’acte de tuer, ceci revient à faire don de l’absence de peur à tous les êtres humains.

En ce qui concerne l’effet bénéfique, voici ce qui est dit :

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On est aimé des hommes et des dieux et de tous les êtres dans cette vie-même et tous s’en trouvent fort aise. Il n’y a ni peur ni crainte, le corps et l’esprit sont détendus et la vie sera longue (…). Où que l’on reprenne naissance, on sera exempt de maladie, on jouira d’une longue vie, on aura une forme attrayante et un visage agréable, on jouira de bien-être et de félicité et l’on abandonnera complètement l’acte de tuer.

En résumé, l’extrait de ce soutra signifie que l’abandon de l’acte de tuer est l’un des actes positifs les plus importants pour une naissance future dans le monde humain ou dans l’un des mondes divins. Même dans cette vie, on jouira d’une bonne longévité et d’une vie exempte de maladie et de la peur d’être tué. Même les dieux sont ravis et vous viennent en aide, et les saints, êtres de compassion, se réjouissent. Comme l’effet est conforme à sa cause, il en adviendra que dans les vies futures on

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éprouve de la joie à éviter l’acte de tuer et que les pouvoirs sensoriels seront plus clairs, etc. Si l’on pousse les explications un peu plus loin, on va dire que la pratique éthique qui consiste à abandonner l’acte de tuer est une pratique parfaitement pure qui exige que l’on abandonne aussi bien l’acte de tuer par soi- même que celui d’inciter d’autres à le faire - par exemple par des moyens financiers ou par diverses rémunérations ou récompenses. Et encore faut-il abandonner l’achat, la consommation et le commerce de la chair d’animaux qui ont été tués. Une réflexion analytique des Écritures ainsi que des arguments logiques viennent étoffer la nécessité de renoncer à tout ce commerce. Car il est clair que le nombre de marchands de viande augmente avec celui des mangeurs de viande qui mange la chair provenant d’animaux qui ont été tués. Et puisque la viande s’achète, il y a beaucoup de marchands de mets carnés. C’est pour cela que, si l’on y réfléchit, on peut comprendre qu’il y a un lien clair et évident entre les mangeurs de viande et les abattoirs, les pécheurs, les bouchers, charcutiers et poissonniers qui tuent chèvres,

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moutons, bovins, volailles et autres bêtes innocentes contre leur gré. Pour cette raison, la consommation, l’achat, la vente ou toute forme de commerce de chair animale provenant d’animaux qui ont été tués dans ce but sont des actes en contradiction avec la pratique qui consiste à protéger la vie. Ces activités sont les raisons principales à l’acte opposé, c’est-à-dire tuer, et ont un lien avec l’acte de tuer en général. Si l’on éprouve de la joie à observer la discipline de l’abandon de l’acte de tuer, alors il faut aussi abandonner la consommation et l’achat etc. de toute chair animale provenant d’un animal tué. Une argumentation logique permet de comprendre cela.

Dans le sixième chapitre du Soutra Lankavatara, Bouddha dit :

Mahamati, quelqu’un qui ne mange pas de viande ne tuera pas d’être vivant pour manger sa chair. Mahamati, des êtres vivants innocents sont tués pour leur valeur

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marchande. Il est très rare de tuer pour d’autres raisons.

Le sens de ce soutra est le suivant : la plupart du temps, c’est l’argent et la viande qui constituent la motivation pour tuer des animaux innocents. Parfois aussi des animaux sont tués pour leur peau, pour en faire du cuir ou des fourrures. Il est rare que ce soit pour d’autres raisons. Le goût de manger de la viande provient d’une part, de mauvaises habitudes, et d’autre part les hommes mangent de la viande par égocentrisme. Qu’est-ce que l’« égocentrisme » ? L’égocentrisme signifie que les sortes de souffrances que les autres peuvent éprouver ne nous viennent pas à l’esprit parce que l’on se considère soi-même comme étant beaucoup plus important. Un exemple : Puissé-je être heureux. Pour pouvoir être heureux, je n’accorde pas d’importance aux animaux, aux êtres humains ni aux êtres vivants qui souffrent. Je n’y pense pas. Ne pas éprouver d’affection bienveillante ni de compassion – c’est le sens de l’égocentrisme. L’égocentrisme est le contraire de l’esprit d’éveil. Afin

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de pouvoir abandonner la consommation de viande, pensez et repensez avec force détails aux souffrances des animaux au moment où ils sont abattus. Par la force de la compassion et à mesure que grandit la compréhension que les autres êtres vivants, tout comme soi-même, ne veulent pas souffrir, on devient capable d’abandonner la consommation de viande.

Toujours dans le Soutra du Lankavatara, il est dit que :

De plus, Mahamati, ceux qui tuent, tuent et vendent l’animal mort parce qu’ils veulent en tirer un bénéfice. Les sots qui mangent de la viande achètent la viande avec de l’argent. Ceux qui tuent veulent faire du profit, alors ils ont de multiples façons de tuer les êtres vivants qui volent dans le ciel, qui vivent dans l’eau ou qui marchent sur la terre : ils ont des crochets en fer, des lames et des filets, et ainsi ils aspirent au profit. Mahamati, parce qu’il n’y a pas de « viande qui n’ait été commandée, qui ne

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soit sans aspiration ni perception 6 », il ne faut pas manger de viande. »

Le plus important ici est qu’entre ceux qui tuent les animaux par appât du gain, ceux qui les vendent par appât du gain, et ceux qui éprouvent un besoin de manger

de la viande, il existe un lien ou une complicité. C’est pourquoi ces actes sont tous les trois négatifs. Il est dit aussi que puisque cette viande n’est pas pure sous trois aspects, il ne faut pas la manger. Il faut bien comprendre à ce stade que pour faire de l’exercice de la discipline de l’abandon de l’acte de tuer un acte pur, il faut abandonner tout commerce ayant un rapport avec la viande, vendre,

acheter, manger, etc

C’est ce qu’il ressort d’une analyse

logique basée sur les Écritures bouddhiques.

On

Dhammapada :

peut

lire

aussi

dans

le

dixième

chapitre

du

6 La viande est normalement impure sous trois aspects : la viande qui n’est pas exempte de 1) l’incitation à tuer, 2) l’aspiration (à trouver une telle viande pour obtenir un profit), et 3) la perception qui est la conscience qu’il s’agit d’une viande destinée à être mangée et que l’animal a été tué dans ce but).

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Ils tremblent tous devant la violence, Tous ont peur de la mort, Si l’on se met à la place de l’autre, On ne tue pas, on ne cause pas la mort.

Ils tremblent tous devant la violence, Tous tiennent à leur vie, Si l’on se met à la place de l’autre, On ne tue pas, on ne cause pas la mort.

Et puis dans un tantra du Kangyur :

Ceux qui se gardent de faire du mal aux autres en quelque façon Sont des bhikshus, Des shramanas et des brahmanes. Aucune arme qui ne causerait d’effroi. Et pour rester en vie, ils prennent tous le large. Prenant ton propre corps en exemple – Ne fais pas de mal aux autres !

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C’est-à-dire qu’un véritable pratiquant du dharma est celui qui, ayant compris la situation décrite ici, abandonne l’acte de faire du mal aux autres. Et il est dit aussi qu’en dédiant le mérite ou le potentiel positif de l’abandon de l’acte de tuer, on peut récolter les effets positifs de ses souhaits.

Dans le Soutra sur l’application de la conscience attentive on peut lire :

En ce qui concerne les racines de la vertu (racine du potentiel positif) de l’abandon de l’acte de tuer, celles-ci sont inconcevables. Quels que soient les aspects que l’on dédie sincèrement, complètement et immédiatement, de quelque manière que ce soit et pour quelle cause que ce soit – exactement de la même manière et dans la même mesure, on en récoltera les fruits. […] Pour illustrer ce propos : de même qu’un joaillier habile crée des bijoux selon son bon

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plaisir, de même le mérite de l’abandon de l’acte de tuer, une fois dédié, s’accomplit selon ses propres souhaits.

En d’autres termes, ce soutra signifie que les effets ou résultats de la pratique de l’abandon de l’acte de tuer et de celle de sauver la vie se réalisent exactement selon les souhaits ou vœux que l’on formule en dédiant les potentiels positifs ou mérites.

Quant au bénéfice de sauver la vie, voici ce que l’on peut lire dans le Soutra du Karma-vibhanga :

Il existe à ce sujet des actes qui prolongent la vie. Quels sont-ils ? L’abandon de l’acte de tuer, l’éloge de l’abandon de l’acte de tuer, l’incitation à abandonner l’acte de tuer. Ensuite, sauver la vie de ceux qui sont destinés à être tués ou qui sont menacés de l’être comme les êtres humains, les bovins, les chèvres, les moutons, les poissons, les cochons, les volailles, le gibier, etc., protéger

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les êtres qui vivent dans la peur et la crainte. Générer la compassion envers les êtres qui sont sans protecteurs et générer l’affection bienveillante pour les enfants et les vieillards, les malades, leur donner de la nourriture, des médicaments etc., générer la compassion ou l’affection bienveillante pour les mendiants, détourner les guerres etc.

Le sens de ce soutra est assez clair. Ce dont il s’agit, c’est de sauver la vie de ceux qui sont en danger de mort – humains ou animaux. Actuellement il est de toute première importance d’abandonner l’acte extrêmement néfaste qui consiste à tuer un enfant ou fétus en l’arrachant au ventre de sa mère. Dans les Écritures du Vinaya, il est dit que pour un Bikshu 7 , tuer un être humain ou « un être destiné à naître comme être humain » constitue une transgression majeure 8 des règles monastiques. « Un être né comme être humain » désigne un enfant en gestation dans le ventre de sa mère au tout

7 Un Bikshu est un moine qui a reçu la pleine ordination

8 Cela implique que les voeux sont rompus.

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début de la grossesse 9 . En tuant ce fétus, on accumule le karma négatif de tuer un être humain. Tuer un enfant dans le ventre de sa mère étant l’un des actes les plus nuisibles qui soient, les religions s’accordent probablement sur ce point. En fait, arracher un enfant au ventre de sa mère revient à tuer son propre fils ou sa propre fille. Au contraire, protéger la vie de l’enfant dans le ventre de sa mère est un acte bénéfique, positif. Entre l’enfant dans le ventre de sa mère et sa mère existe un lien karmique tissé dans une vie antérieure. Ne pas tuer cet enfant revient à pratiquer la discipline de l’abandon de tuer un être humain. Les effets de cet acte sont, entre autres, la cause d’une renaissance plus élevée comme être humain ou divin, une bonne longévité et la possibilité, dans une vie future, de trouver de bons parents. En outre, comme les effets des actes positifs se manifestent en accord avec les explications données dans les soutras et que d’après les soutras, ce sont là certains effets des actes bénéfiques tels qu’ils se manifesteront, la pratique de la compassion pourra s’exercer véritablement dans ce

9 Se réfère à l’embryon humain. On emploie l’expression « être né comme être humain » jusqu’à la 6 ème ou 7 ème semaine. Ensuite l’embryon est désigné comme « être humain.

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contexte. En outre, sauver la vie des êtres humains ou des animaux et libérer des êtres humains ou des animaux de la captivité est une merveilleuse et excellente pratique de la compassion. De nombreux oiseaux innocents comme les perroquets éprouvent une souffrance incommensurable à rester en cage. Les mettre en liberté est une véritable mise en pratique de la compassion. Quant au bénéfice de cette pratique : on rapporte que des pouvoirs surnaturels ont été atteints dans cette vie. Dans les commentaires de l’Abhidhamakosha sont rapportés des récits selon lesquels les effets bénéfiques de sauver les animaux de la castration ou stérilisation se sont manifestés au cours de la même vie. Dans un soutra, Bouddha dit :

Tel est l’acte, tel est le résultat.

Ces pratiques directes et efficaces rendent claire l’existence de la loi de cause à effet, mettant ainsi en évidence les effets bénéfiques de la compassion. D’autre part, parmi les quatre sortes de dons énoncées dans les obligations (samayas) rattachées au Bouddha

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Ratnasambhava, le don de protection de la vie ou don de l’absence de peur en fait partie. Et c’est aussi la pratique de la conduite éthique de l’abandon de l’acte de tuer. De façon générale, la raison pour laquelle l’acte de tuer vient en premier sur la liste des dix actes négatifs, est que c’est l’acte qui est le plus négatif. Et la raison pour laquelle la vue fausse vient en dernier est qu’elle est la racine ou source des actes négatifs. Que faut-il comprendre par « vue fausse » ? La vue fausse consiste à considérer le bonheur et la souffrance comme n’ayant pas de cause. Dans la Précieuse guirlande (Ratnavali) 10 on peut lire :

La vue selon laquelle les actes, qu’ils soient bénéfiques ou qu’ils soient néfastes, n’ont pas de conséquence, est une vue fausse.

Les actes opposés aux dix actes négatifs sont des actes bénéfiques, comme de sauver la vie et de mettre des animaux en liberté (le contraire de tuer), de partager la vue selon laquelle les actes salutaires sont autant de

10 de Nagarjuna

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causes de bonheur et les actes négatifs ou non salutaires autant de causes de souffrances (le contraire de la vue fausse). En conséquence de cette vue, l’abandon des actes négatifs qui sont les causes de la souffrance et la conduite d’actes positifs ou salutaires qui sont les causes de bonheur, surviennent. Il s’ensuit que, puisqu`à chacun des dix actes négatifs correspond un acte vertueux et salutaire qui lui est opposé, la conduite de ces actes salutaires est la cause de bonheur et de bien-être.

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Questions et réponses

Question : Quelles sont les pratiques de purification liées aux actes de tuer et de manger de la viande provenant d’animaux abattus ?

Réponse : Les meilleures pratiques de purification du karma négatif dû aux actes de tuer et de manger de la viande commis sur un longue période sous l’emprise de l’ignorance sont : 1) la pratique du remord ou du regret, 2) la pratique de sauver la vie des animaux ou de leur rendre leur liberté tout en éprouvant de la compassion, 3) la pratique de financer des médicaments pour sauver des vies, 4) soigner des malades etc, et 5) prendre la résolution de ne plus être mêler de près ou de loin, à des actes ayant un rapport avec l’acte de tuer.

Question : Quels sont les côtés négatifs ou inconvénients de manger de la viande ?

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Réponse : Vous arrivez à un point mort dans votre pratique. Il est dit dans le Soutra du Lankavatara :

La récitation des mantras reste sans effet, pour cette raison, il ne faut pas manger de viande. Ceux qui mangent de la viande seront évités par les dieux, pour cette raison, il ne faut pas manger de viande. Les yogis ne généreront pas l’état d’esprit altruiste, pour cette raison il ne faut pas manger de viande.

Et selon Jetsün Milarépa :

Adopter une manière de vivre où l’on abandonne la prise de nourritures négatives et nuisibles 11 est la condition favorable au développement et à l’atteinte de la réalisation.

Dans les Étapes de la méditation, Acharya Kamalashila établit une relation de cause à effet comme suit :

11 Des aliments rendus disponibles ou procurés au moyen d’actes négatifs.

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Les yoguis (les pratiquants) devraient tout le temps éviter toute chair animale, ne pas prendre de nourriture non favorable (à la pratique) et devraient restreindre leur alimentation.

Dans le Soutra du Lankavatara :

Manger de la chair animale fait dégénérer la compassion et la sagesse.

Dans le Soutra d’Angulimala, on peut lire aussi que manger de la viande vient contredire le point de vue que tous les êtres vivants possèdent la « nature de bouddha ». Selon les soutras du Hinayana 13 une distinction est établie entre la chair des animaux provenant d’animaux morts de mort naturelle et celle des animaux qui ont été tués dans le but d’être mangé.

13 Littéralement: les soutras du Shravakayana (soutras du véhicule des auditeurs)

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Question : Comment nous est venue la mauvaise habitude de manger de la viande ?

Réponse : Les êtres humains ne font pas partie de ceux qui doivent impérativement manger de la viande lorsqu’ils sortent du ventre de leur mère. Les enfants humains n’ont pas, comme les petits des chiens ou de chats, besoin de viande. Si leur mère les nourrit de fruits et non pas de viande, ils peuvent vivre quand même. Par la suite ils deviennent des mangeurs de viande par indifférence vis-à-vis des mauvaises habitudes de la société, ou par simple négligence. Certains pays ont connu des périodes de famines au cours desquelles les populations, poussées par le désespoir et par une situation d’urgence, ont commencé à tuer des animaux pour les manger. Puis c’est devenu une habitude. Et pour finir, c’est même devenu une marque de civilisation, un héritage culturel – une tradition.

Question : Comment faire pour se débarrasser de la mauvaise habitude de manger de la viande ?

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Réponse : Normalement quand on mange de la viande, on le fait sous l’influence d’une mauvaise habitude sans se poser la question de la souffrance des animaux qui ont été tués et sans réfléchir aux souffrances intolérables qui leur ont été infligées. Si l’on y regarde de plus près, on ne peut ignorer les abattoirs partout dans le monde et les méthodes horribles d’abattage – un véritable enfer créé par l’homme. Et si l’on continue cet examen, on se demande, au vu de toute cette souffrance à laquelle les animaux sont soumis, si tout cela est compatible ou non avec la pratique de la compassion qui est la racine du Dharma. Considérant aussi les effets karmiques qui ne manqueront pas de mûrir, on comprend alors combien il est faux et inapproprié de manger de la viande, la chair d’animaux tués dans le but d’être consommé. C’est pour cette raison qu’il faut analyser ce thème dans un esprit de discrimination pour pouvoir, enfin, abandonner cette mauvaise habitude. Il existe aussi des modèles, des exemples qui peuvent éveiller l’intérêt. On peut s’inspirer des sages ou des saints qui ne mangent pas de viande, ou des sociétés

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végétariennes. Il y a par exemple des gens qui disent par expérience que l’on tombe moins souvent malade, que l’on vit plus longtemps, que l’on mène une vie pure et que l’esprit devient plus clair quand on ne mange pas de viande. Chez ceux qui mangent principalement de la viande, la bienveillance affectueuse, la compassion et la sagesse s’étiolent, c’est également mentionné dans les soutras. Et Sa Sainteté le Dalaï-Lama est très clair sur ce thème :

« On mange de la viande par égocentrisme. On mange de la viande parce qu’on pense : ‘Manger de la viande, c’est bon pour mon corps’. Mais au lieu de faire du bien au corps, ça lui nuit ! Cela favorise la transmission des maladies. C’est vraiment une sottise que de rester exclusivement sous l’emprise de la violence de l’égocentrisme sans y réfléchir, Il vaut mieux être prudent et faire attention à ce qu’on fait. » Il peut être utile d’apporter une réflexion approfondie et étendue à cette déclaration de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Car, dans les enseignements du Mahayana sur l’entraînement de l’esprit, il est très important de bien comprendre les avantages et les effets bénéfiques des

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sentiments et du comportement altruiste et les inconvénients de l’égocentrisme. C’est même de toute première importance. « J’ai faim, j’ai soif, il me faut de la viande, il me faut du sang ». Comme ces désirs/besoins sont perfides. L’égocentrisme, cet ennemi sournois de la bienveillance affectueuse, de la compassion et de l’esprit d’éveil, a envie de viande ! Toutes les souffrances sont issues de l’égocentrisme, tous les bonheurs sont issus de l’attitude altruiste qui consiste à accorder plus d’importance aux autres qu’à soi-même. La reconnaissance de cet état de fait permet de commencer à appliquer l’antidote de l’égocentrisme et à abandonner l’envie ou le besoin de manger de la viande en rapport avec l’acte de tuer. Vaincre aujourd’hui l’égocentrisme, c’est pouvoir atteindre aujourd’hui la bouddhéité. Vaincre l’égocentrisme demain, c’est pouvoir atteindre demain la bouddhéité. Dans les instructions sur l’entraînement de l’esprit, on dit toujours que tous les enseignements du Dharma mahayanique ne sont autres que des antidotes à l’égocentrisme et à la saisie qui consiste à se cramponner

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à l’idée d’une existence véritable ou d’un soi auto- existant. L’une des pratiques les plus importantes est de dompter ou d’apprivoiser ses propres états d’esprit négatifs par le biais de la méditation analytique basée sur une argumentation logique et de cultiver les états d’esprit positifs.

Question : Certains de mes amis disent que la viande est la meilleure nourriture et qu’il est stupide d’y renoncer.

Réponse : La viande n’est nullement le meilleur aliment ! Tu parles comme si tu n’avais aucune idée à ce sujet. Réfléchis. Tu es plus intelligent, plus sage et plus instruit que moi. Quand bien même 100 ou même 200 personnes sont d’accord sur ce point après une analyse superficielle, cela ne veut pas dire pour autant que c’est la vérité. Vérifie par toi-même. Dans les commentaires des soutras, une alimentation carnée est non seulement non-pure, mais en plus, sale. Par contre les plats consommés par les dieux sont un nectar pur et délicieux. Même les parures

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des dieux ne sont pas le résultat de labeur et d’efforts, mais le fuit de la force de leur mérite. Par contre, les habits dont se couvrent les êtres humains et les aliments dont ils se nourrissent sont le résultat du mal qu’ils ont fait à d’autres êtres doués de sensibilité. Par exemple les aliments effroyables et horribles, comme la sueur et le sang, mais aussi les sécrétions nauséabondes du corps des animaux tels que le lait, le beurre etc., sont sales et impurs. C’est pourquoi il est dit qu’en comparaison de l’alimentation des dieux, l’alimentation des hommes a mauvaise réputation. Nous jouissons de ces aliments sans jamais nous poser de questions au sujet de nos habitudes alimentaires. Nous sommes comme les chiens et les corneilles qui se nourrissent de pourriture sans jamais se poser de questions. Bouddha Shakyamuni dit aussi que les êtres vivants, aveuglés par l’ignorance, prennent ce qui est impermanent pour quelque chose de permanent, l’impur pour quelque chose de pur, la souffrance pour le bonheur et ce qui est sans soi pour le soi. Sous l’emprise des fléaux mentaux, illusions ou apparences trompeuses, ils font l’expérience de souffrances sans fin dans le cercle

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des existences (samsara). C’est ce que Bouddha a enseigné encore et toujours, et comme sentier de la libération du samsara, Bouddha a enseigné la familiarisation avec l’opposé.

Question : J’ai des amis tibétains qui disent que les animaux, par leur karma, sont là pour être mangé par les hommes. J’ai aussi des amis occidentaux qui disent que si les animaux sont des animaux, c’est pour être mangé par les hommes.

Réponse : C’est la voix de l’attachement qui parle ici. C’est ainsi que l’on parle quand on veut soi-même manger de la viande sans jamais avoir une seule pensée pour la souffrance horrible et les sentiments de frayeur extrême des animaux qui vont être abattus. De telles déclarations suivent aveuglément des besoins égoïstes faute d’identifier les racines des actions négatives qui sont l’ignorance, l’attachement et la colère. Ces paroles sont vides de logique et ne se réfèrent pas à des sources scripturales vérifiables.

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Alors, supposons qu’il en soit ainsi, que les animaux aient été créés par leur karma afin d’être mangés par les humains, il s’ensuit alors que les humains ont été créés par leur karma pour être mangés par les tigres, les lions et les crocodiles. Il y a des récits selon lesquels il y a 2.000 ans, des êtres humains tuaient d’autres êtres humains pour les manger, et il y avait aussi des mangeurs d’hommes 14 , des ogres, qui tuaient les êtres humains pour les manger. Ne peut-on dire dans ce cas que les épouvantables mangeurs d’hommes, les ogres, et aussi les êtres humains cannibales qui mangeaient de la chair humaine dans le passé, ainsi que ces bêtes effroyables, ont été eux aussi créés par leur karma pour manger les êtres humains ? Vérifiez vous-même ! Il y a trois sortes d’actions, actes ou karma : les actions positives, les actions négatives, et les actions neutres. De même pour les effets ou résultats des actions, actes ou karma, on peut distinguer : les effets qui sont complètement arrivés à maturation, les effets qui correspondent à la cause en ce qui concerne l’expérience, les effets qui correspondent à la cause en ce qui concerne l’acte, les effets qui

14 Les rakshas

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déterminent l’environnement ou les conditions de vie etc. Pour acquérir la compréhension nécessaire de ces choses, il faut continuer à les analyser.

Question : J’ai des amis occidentaux qui disent qu’il faut absolument utiliser de la viande tshog et de l’alcool tshog pour pratiquer le yoga insurpassable. Qu’en est-il exactement ?

Réponse : Je vais me reporter ici aux textes des écritures que j’ai lues et étudiées. J’ai lu des récits qui rapportent que de nombreux lamas, des grands saints comme Lama Atisha 15 , Drikung Kyobpa 16 et son disciple Taglung Thangpa 17 procédaient à cette pratique en substituant de la mélasse 18 ou du miel à la viande tshog et du yaourt ou du lait à l’alcool tshog. Pendant les enseignements du Kalachakra, Sa Sainteté le Dalaï-Lama a dit qu’il ne trouve pas beau à voir ces milliers de moines qui vont et

15 Années de 982 à 1054

16 ‘Bri gung skyob pa ‘jig rten mgon po (1143-1217)

17 sTag lung thankg pas (12 ème siècle)

18 en tibétain: bu ram : mélasse, sucre de canne, sucre brun, sirop de sucre.

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viennent les bras chargés de grands plats de viande lors des cérémonies tshog et qu’il serait mieux de faire des offrandes de thé noir à la place de la viande. Dza Pältrül Rinpotché 19 dit que les plats de viande ne provenant pas de la chair d’animaux qui ont été tués mais d’animaux morts de mort naturelle sont appropriés. Quant au Siddha Drugpa Künleg 20 , voici ce qu’il en dit :

« En ce qui concerne les substances des sacrifices – les offrandes –, – elles doivent être exemptes des trois modes d’acquisition qui sont voler, prendre de force ou tuer. » Gyälsä Thogme Sangpo 21 dit aussi : Si l’est approprié d’avoir les yeux pleins de larmes à la mort d’un animal qui meurt de mort naturelle, comment pourrait-il être approprié et juste de manger de la chair provenant d’animaux tués pour être mangé ? Un tel acte n’est ni juste ni approprié. »

Question : Certains de mes amis occidentaux ont du mal à croire que sauver la vie des animaux puisse avoir un

19 rDza dpa sprul rin po che (1808-1887) (n.d.t.)

20 Grub thog ‘brug pa kun legs (1455-env.1520) (n.d.t.)

21 rGyal sras thogs med bzang po (env. 1295-1369), connu pour ses « 37 pratiques des Bodhisattvas » (n.t.d.)

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effet bénéfique, parce que les animaux ne sont pas conscients qu’on leur sauve la vie.

Réponse : Nous voyons bien que les animaux ont grand besoin de sortir et d’être libre. Nous pouvons voir aussi comme ils sont heureux une fois leur liberté et leur indépendance acquises. Il n’y a pas de différence qui fait que l’acte serait bénéfique si les animaux comprennent et ne le serait pas si les animaux ne comprennent pas. Ce qui est bénéfique, positif et bon, c’est que l’animal soit libre et se sente bien. De même que les actes positifs ont des effets, les actes négatifs ont aussi des effets. Un exemple : une femme se retrouve enceinte, et comme elle est confrontée à divers problèmes et difficultés, elle se rend à l’hôpital pour faire éliminer l’enfant qu’elle porte dans son ventre. Si la grand-mère et le grand-père disent alors : « Non, ne te fais pas avorter. Nous allons t’aider » et que de cette façon ils sauvent l’enfant, ils en retireront les plus grands bienfaits quoique le bébé ne se rende compte de rien.

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Question : La pratique qui consiste à mettre des animaux en liberté ou à leur sauver la vie, n’existe que dans le bouddhisme, n’est-ce-pas ?

Réponse : Sa Sainteté Dalaï-Lama dit qu’une attitude relevant de la bonté et de la bienveillance envers les animaux, ainsi que leur sauver la vie ou les protéger n’a rien à voir avec la religion. C’est quelque chose que n’importe qui – vraiment n’importe qui – devrait faire. J’ai vu moi-même des femmes hindoues et jaïnes mettre des perroquets en liberté. Il arrive aussi parfois que des personnes sans religion sauvent par compassion des vies humaines ou animales. Dans la tradition tibétaine, on a coutume de libérer les animaux en faveur des malades ou des morts et on libère beaucoup d’animaux pour la longévité d’un lama. De nos jours les groupes ou organisations tibétaines ainsi que des personnes privées organisent de nombreuses actions de libération d’animaux pour la longévité de Sa Sainteté le Dalaï- Lama. Cette coutume existe aussi dans la tradition du bouddhisme chinois. De nos jours, certains centres bouddhiques en occident procèdent aussi à la libération

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de différents animaux comme les lapins et les poissons. C’est l’amour en action, la compassion en action. C’est une excellente pratique génératrice de joie.

Question : Quels sont les mantras à réciter, ou les rites à effectuer, quand on libère les animaux ou leur sauve la vie ?

Réponse : On dit qu’il est très bénéfique de leur chuchoter le nom de Bouddha à l’oreille, de déambuler avec eux autour des stoupas, de leur dédier le mérite que accumulé, de prier pour eux etc., et aussi de leur faire écouter les mantras vidya sacrés de valeur inestimable tels que le long et le court Mantra Dharani d’Arya Avalokiteshvara qu’on peut leur souffler à l’oreille.

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Voici le mantra vidya :

NAMO RATNATRAYĀYA / NAMAH ARYA JNYĀNA S ĀGARA / VAIROCANA / VYUHARĀJ ĀYA / TATHĀGAT ĀYA / ARHATE / SAMYAKSAM BUDDHAYA / NAMAH SARVA TATHAGATEBHYAH ARHATEBHYAH SAMYAKSAM BUDDHEBHYAH NAMAH ARYA AVALOKITESHVARĀYA / BODHISATVĀYA / MAHĀSATVĀYA / MAHĀKARUNIKĀ YA / TADYATHA / OM DHARA DHARA DHIRI DHIRI / DHURU DHURU / ITTE VATTE / CALE CALE / PRACALE PRACALE / KUSUME / KUSUMAVARE / ILI MILI / CITI JVALA / MAPANĀYE SVAHĀ /

OM MANI PADME HŪNG

On récite ce mantra le plus souvent possible pendant la

mise en liberté.

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Mon vœu est que tous les points que j’ai rapportés dans cet ouvrage servent de base à d’autres investigations, ouvrent des discussions, débats et dialogues, donnent lieu à des échanges de points de vue et soulèvent d’autres questions – qu’il s’ensuive une prise de conscience. Les soutras que j’ai mentionnés sont extraits du Kangyur, ce sont les propres pensées du Bouddha. Mais ceci ne signifie pas pour autant qu’il ne faille pas les examiner. La conviction la plus forte est celle qui se base sur l’investigation et l’analyse.

Et pour finir, la dédicace des mérites :

Aussi infime que soit le mérite gagné ici avec effort, Puisse t’il se changer rapidement En causes de libération Pour tous les êtres doués de sensibilité des six sphères d’existence Qui ont tous été mes parents, Afin de pouvoir les sauver et les protéger De la peur et de la crainte d’être tué.

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Force du bénéfice de la sagesse, de la compassion et du pouvoir Seigneur aux trois serments 22 , toi, dénommé à juste raison Unité des Seigneurs des trois familles de bouddhas 23 , Divinité aux flans du Tibet 24 , Ô Insurpassable Tenzin Gyatso, Je t’en prie, demeure encore pour des milliards d’éons.

Puisse la force de la pratique, Puisse la force des méthodes principales de la cessation de la souffrance Qui sont la bonté affectueuse, la compassion, la générosité, la patience et La sagesse - antidote de l’ignorance – Devenir victorieuses. Puissent la paix et la félicité se multiplier.

22 Les voeux de pratimoksha, de bodhisattva et de tantra.

23 Manjusri, Avalokiteshvara, Vajrapani.

24 Littéralement: « Divinité destinée au Tibet », Avalokiteshvara.

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Composé par Guéshé Thoubten Soepa du monastère de Sera Jé, section Drati, pour la Fondation pour la Préservation de la Tradition du Mahayana (FPMT), en l’an 2551 après Bouddha, en l’an 2007 après Jésus- Christ.

SARVA MANGALAM

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Références aux Écritures

Soutra de l’Arya Angulimala (sor phreng gi mdo) : Q879 tsu 133b2-tsu 214b8 Soutra de l’Arya Lankavatara (lang kar gshegs pa‘i mdo) : Q775 ngu 310b-313a8 Karma vibhanga (las rnam par ‘byed pa) : Q1005 Za

287b-288b

Soutra du Saddharma-smrtyupasthana (dam pa‘i chos dran pa nyer bzhag gi mdo) : Q953 hu 101b-102b Soutra du Dasacakra-kshitigarbha (‘das pa chen o las sa‘i snying po‘i ‘khor lo bcu pa) : Q905 wu 216a-217b Dhammapada : dixième chapitre

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Traduit du tibétain en anglais et en allemand par Karina Reitbauer et Philip Quarcoo. Traduit de l’anglais et de l’allemand en français par Pauline.

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