n° 1 30 - Octobre 201 2

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T P E : vo te z !

Bulletin d'information de l'Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l'Isère

Sommaire

Comité général jeudi 15 novembre
(repas prévu sur place sur inscription)

de 9h30 à 13 h

Les salariés face à la crise, élections dans les TPE
Un patron filou chez R2R p.2
à la Bourse du travail 32 av. général de Gaulle à Grenoble tél. 04 76 09 76 36

Emplois jeunes : un avenir incertain p. 4

Avec Andrée Thomas

Secrétaire confédérale chargée du secteur international, européen...

Directeur de publication : Jean-Pierre Gilquin - commission paritaire : 071 6 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre Dame - Montbonnot UD FO Isère - bourse du travail - 32 avenue de l'Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - tél. 04 76 09 76 36 - fax 04 76 22 42 55 - courriel : udfo.38@laposte.net Prix le numéro : 0.80 € - Abonnement 1 an : 3,20 €

E d it o ri a l
Le changement, c’est pour qui ?

R2R : un patron saboteur
R2R est un employeur qui sait innover, avec un coup de pouce bienveillant, il est vrai, d’un tribunal de commerce dont il faut écrire, pour rester poli, qu’il s’est fait enfumer. Innovante et ambitieuse, la direction R2R tente de fermer purement et simplement, sans débourser un sou pour un PSE (Plan dit de Sauvegarde de l’Emploi) et pour la revitalisation du site de Pont-Evêque, à deux pas de Vienne. Le tribunal de commerce est précisément celui de Vienne qui a nommé, voici peu de semaines, un mandataire judiciaire puisque… de direction sur le site, il n’y avait plus. Le dernier directeur en date était, il est vrai, un cadre de haute volée à défaut d’être armé d’une grande moralité. N’avait-il pas essayé de convaincre les salariés, en avril, qu’il convenait de travailler gratuitement cinq heures de plus par semaine ? N’avait-il pas organisé l’insolvabilité de la société en faisant le nécessaire pour perdre des clients ou travailler à perte ? "Cette histoire de travail gratuit, on a pensé que c’était une blague", raconte l’un des ouvriers. "Travailler gratuitement, c’est de l’esclavage , de l’irrespect", commente l’un de ses collègues. A l’époque, tous sont sortis de la salle, suivant Stéphane Fontanel, secrétaire FO du comité d’entreprise.

Pont-Evêque

« Venir bosser en ce moment, ce n’est pas facile. Mais nous voulons travailler et voir les commandes entrer. D’aucuns voudraient que nous cassions tout, leur donnant un prétexte pour fermer ! », lancent des salariés.

sabotage de R2R", analyse l’union départementale FO qui a par ailleurs saisi le ministère du Redressement productif. Aujourd’hui, l’expert-comptable du comité d’entreprise est à l’œuvre, faisant face à un tsunami de documents après en avoir manqué, au point que le comité d’entreprise a fait constater un délit d’entrave. Mais l’expert ne se noiera pas, pas plus que les salariés. "D’abord, qu’il ne s’amuse pas à venir enlever les machines. Nous ne sommes pas des naïfs !", récapitule Mohamed Snoussi avant de souligner la cohésion des salariés. "Nous sommes honnêtes et nous continuons à travailler. Nous obtiendrons les indemnités légales et même supra-légales. Nous savons que le groupe Gerosa a provisionné de l’argent pour cette fermeture", relève Stéphane Fontanel. "Tout cela est d’autant plus affreusement frustrant que la qualité de notre travail n’est pas en cause et que le groupe gagne de l’argent", a conclu un salarié.

Pendant que Monsieur Arnaud (LVMH) s’emploie à s’exiler fiscalement vers la Belgique, le gouvernement annonce rechercher 30 milliards. La TVA dite sociale ayant été abrogée, c’est un mix taxe sur les entreprises ou taxe environnementale qui serait créée. Pourtant, promis juré, ce ne devait être ni la rigueur, ni l’austérité. Le redressement des comptes serait un modèle d’effort juste. Mais dans les entreprises, les patrons continuent de liquider les salariés comme on renvoie des domestiques (lire ci-contre). Les traitements et pensions des fonctionnaires sont bloqués depuis deux ans. Et le TSCG (traité de stabilité, de Coopération et de Gouvernance) est une atteinte à la liberté de négocier, par exemple pour l’assurance chômage (lire en page 10). Tous les salariés, retraités, chômeurs et précaires sont excédés et pourraient bien faire sauter le couvercle de la marmite sociale qui continue à bouillir. Depuis le changement de gouver-nement, le social tarde à retrouver la place qui lui revient. Allez, encore un effort camarades ! FO a récemment interrogé : "le changement, c’est quand ?" S’il tarde trop, FO ajoutera : "Le changement, c’est pour qui ?".

Des salariés honnêtes et pas naïfs

"Ce directeur a utilisé des méthodes de voyou", souligne Mohamed Snoussi, délégué FO. "Gerosa, le groupe italien majoritaire de R2R a des sites en Espagne et en Roumanie et c’est apparemment vers l’Espagne qu’il a détourné les commandes, organisant le

Jean-Pierre Gilquin, Secrétaire général.

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Saint-Jean-de-Soudain

Les salariés de CEPL voient rouge

Chômage partiel chez Caterpillar

travailler le samedi en heures supplémentaires. Cette situation est sensiblement la même que celle des salariés de CEPL à Seclin dans le Nord de la France. On demande beaucoup aux salariés, explique la déléguée syndicale : « Mais ces efforts ne sont pas rémunérés. Nous ne touchons plus de prime. Cette précarité est difficile à vivre et notre vie quotidienne est bouleversée ». Nicole ajoute : "soit l’entreprise n’a pas investi au bon moment, soit le métier a changé et ces contrats courts seront de plus en plus fréquents. Nous sommes inquiets et redoutons la fermeture totale du site. L’entreprise est composée de 80% de femmes avec une moyenne d’âge de 50 ans et nous ne gagnons guère plus que le smic." Le comité d’entreprise, soutenu par l’Union départementale FO, a fait appel à un cabinet d’expertise.

Yvon Ciaravola, délégué syndical : "les informations arrivent au compte-goutte. Nul ne sait ce que l’on nous annoncera le mois prochain".

Située à Saint-Jean-de-Soudain, proche de La-Tour-du-Pin, l’entreprise CEPL emploie aujourd’hui 140 personnes. CEPL a une activité de prestataire logistique appelée « picking », le travail consistant à préparer des commandes de produits hétérogènes à destination d’un même client. Les implantations tant nationales qu’internationales ont fait de CEPL l’un des leaders dans son activité. La situation depuis quatre ans n’a pourtant pas cessé de se dégrader du fait de la perte de clients. Il restait, mi-septembre, un seul client sous contrat, le reste de l’activité étant des prestations ponctuelles. Nicole Saubin, déléguée syndicale FO, seul syndicat représentatif dans l’entreprise, a appris en juillet la demande, par la direction, d’une période de chômage partiel d’août à novembre. En effet, le seul client régulier à ce jour occupe seulement 40 salariés sur les 140 que compte l’entreprise. C’est donc une flexibilité sans limite que les salariés subissent depuis quelques temps, passant de périodes de chômage à des périodes de travail où il leur est demandé de

Chômage partiel chez Caterpillar (sites d’Echirolles et Grenoble) : un jour par semaine en septembre. Les 2500 salariés des deux sites sont concernés et obligation leur est imposée d’utiliser leur banque de réserve de temps (RTT). Depuis quelques jours, le chômage partiel est passé à deux jours, toujours par semaine. Le bruit court que ce régime se poursuivra jusqu’en 2013. Le report de commandes et la forte baisse enregistrée n’allègent pas les inquiétudes des salariés.

Neuf licenciements chez Satma PPC
Avec neuf licenciements prévus, Satma PPC (Goncelin) fait l’économie d’un plan social pour l’emploi (PSE) puisque celui-ci ne s’enclenche qu’à partir de dix licenciements ! L’annonce a été faite lors du comité d’entreprise de septembre. La direc-tion ne veut rien négocier : les salariés partiront avec leur minimum légal, pas plus. Incompréhension chez les ouvriers : Pourquoi seuls les ateliers de production sont-ils touchés ? Et Frédéric Boyer, délégué syndical, l’annonce : « Ce qui se profile à l’horizon : des conditions de travail plus difficiles encore pour les salariés et d’autres licenciements ».

Nicole Saubin, déléguée syndicale CEPL et Maryline Pellet, élue au CE.

En savoir plus sur www.fo38.fr.
Heures supplémentaires
Il est possible d’obtenir le paiement d’heures supplémentaires même quand l’employeur rechigne à les verser ! Défendu par FO, Paul Volelli, ouvrier chez SAS Aseptic Fluides Systèmes a vu, cet été, le tribunal des Prud’hommes de Grenoble, section industrie, faire droit à sa demande. Il a obtenu près de 30 000 € au titre du paiement d’heures supplémentaires effectuées entre 2006 et 2010 ainsi que des rappels de salaire.

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Elections chez Alinéa
C’est pour préparer les élections professionnelles qui auront lieu dans un an chez Alinéa (SaintEgrève) que Sébastien Kabi a été désigné représentant de section syndicale. Des salariés ont d’ores et déjà fait appel à lui et sont volontaires.

L’avenir… sans garantie du gouvernement
L’intitulé « emploi d’avenir » met du baume au cœur… mais la réalité des « emplois d’avenir professeur » est nettement moins rose. Zoom, avecRégis Hérault, responsable isérois du SN FO LC (syndicat national des Lycées et Collèges). la durée hebdomadaire de leur travail pourra varier. Annualisés et flexibles ils pourraient exercer dans un ou plusieurs établissements ».

Isère

Vigilance chez Trixell
Samir Bouleghlem, délégué syndical FO, attend la confirmation officielle de la direction de Thalès qui a annoncé, mi-septembre, ne pas se séparer de Trixell, sa filiale spécialisée dans l’imagerie médicale (Moirans). La mobilisation des derniers mois à porté ses fruits mais la vigilance s’impose.

Il est question de "pré-recrutement", non ?
« Il est à craindre que ces "emplois d’avenir professeur" remettent en cause la formation, le recrutement, les statuts et les missions des enseignants. Ces jeunes serviraient de bouche-trous, sans possibilité de refuser, sans véritables garanties et… pourraient échouer aux concours ! Le ministère aurait alors un vivier de précaires "contractualisables", utilisable selon les besoins ! Ce n'est pas un pré-recrutement mais un "contrat première embauche" pour devenir professeur au mieux, ou… contractuel ou rien ! »

Ces emplois, ce sont…
« Les étudiants en 2ème année de licence ou 1ère de master, boursiers et prioritairement issus des Zus (zone urbaine sensible), de moins de 25 ans, seront employés 3 ans à mi-temps pour 900 € mensuels. Ils devront s'engager à présenter un concours dans l'enseignement. 6 000 contrats sont prévus en 2013 et 18 000 en 2015. "Embauchés" avec un contrat de droit privé,

Elections à la Chambre d' agriculture
Les salariés sous statut MSA éliront leurs représentants à la Chambre d’Agriculture en janvier prochain. FO déposera des listes dans le collège de la production agricole ainsi que dans le collège des groupements professionnels. Le résultat de ces élections comptera pour la représentativité nationale.

Otis, employeur déloyal
Farid Mahboubi, délégué syndical FO secteur Est d’Otis, 420 salariés, enrage : « aux élections d’avril 2012 FO a triplé son score en obtenant 18 % des suffrages sur le secteur Est. Le travail de fonds a payé… Et la direction annonce un plan dit de sauvegarde de l’emploi (PSE). La disparition de la région remet en cause tous les mandats ». Tous les indicateurs sont au vert, l’activité est très florissante, « mais il faut maintenir la compétitivité » dit la direction : 58 salariés licenciés, second PSE en 3 ans. Chaque fois la direction parle de loyauté, de confidentialité, mais met-elle en œuvre elle-même ce qu’elle réclame ?

Régis Hérault, élu FO des lycées et collèges : "C’est un "contrat première embauche" pour devenir professeur au mieux, ou… contractuel ou rien !"

Mieux vaudrait la relance !
Les emplois d’avenir… 150 000 emplois, subventionnés par l'état, pour des jeunes peu ou pas qualifiés, de 16 à 25 ans, résidant dans des "zones urbaines sensibles", "zones de revitalisation rurales", ou sur des "territoires connaissant des difficultés particulières en matière d'accès à l'emploi des jeunes". Il a été étendu à des travailleurs handicapés peu qualifiés de moins de 30 ans, en difficulté. La position de FO… La confédération a fait part de ces interrogations, notamment pour le secteur marchand qui profiterait d’un effet d’aubaine, ainsi que sur l’accompagnement social et professionnel du jeune dans

l’emploi. Le défi de ce type de contrat reste la pérennisation de l’emploi du jeune lorsque l’aide de l’état prendra fin. L’expérience des emplois jeunes en 1997 n’incite pas à l’optimisme surtout dans un contexte économique de crise.
Est-ce une solution ? Ces contrats aidés ne pourront être, à eux seuls, la solution au chômage des jeunes. Déjà aujourd'hui, FO revendique par exemple un contrôle des entreprises abusant des stages et une augmentation du nombre de bourses étudiantes. La satisfaction de ces revendications passe par une relance économique, par la consommation et l’investissement.

Farid enrage : « pour maintenir les dividendes versés aux fonds de pension américain on licencie. On nous dit que le salarié coûte cher, mais combien coûte l’actionnaire ? »

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Isère

Salarié d'une TPE : ne pas rester
C’est tellement plus facile avec des salariés isolés ! Les salariés des TPE ont donc des droits que le syndicalisme a gagné au fil de ses combats et que la confédération et les fédérations FO défendent âprement, lors de chaque négociation nationale de branche. FO négocie, pour le compte de tous, en s’intéressant aux grandes questions comme aux petites qui souvent font aussi la différence sur le terrain.

« Vendeuse dans un magasin que je tiens seule depuis huit ans, je suis toujours au Smic… ». « Je travaille sur un chantier éloigné. Ai-je droit à une indemnité repas ? ». « Ma patronne m’avertit toujours au dernier moment des changements d’horaires… ».

Mille et une questions, trop souvent sans réponse pour les milliers de salariés isérois des TPE (très petites entreprises). Ils sont environ 80 000 travaillant dans environ 27 000 entre- FO a besoin d’être forte pour ces négociations. Le vote des prises où les syndicalistes sont plus rares encore que les salariés des TPE doit nourrir cette force. Ils sont appelés à voter à la fin de l’année. Leurs voix iront s’additionner à gros salaires ! celles des salariés des grandes entreprises pour donner la Certains disent que les patrons, débordés, ne peuvent pas représentativité de chaque syndicat. être au courant de la loi. FO sait, pour assister régulièrement les salariés, qu’il arrive aussi tout simplement que le patron Pour les salariés de ces entreprises, les enjeux sont s’assoie sur le code du travail et les conventions collectives. importants. Pour Force Ouvrière aussi.

A l'échelle nationale et dans chaque entreprise
tauration de chèques-vacances, de titres-restaurants et de mutuelles. Evidemment, nous n'avons pas attendu ces élections pour défendre les salariés des TPE. FO le fait concrètement en défendant les intérêts des salariés à la sécurité sociale, pour les retraites, la formation professionnelle, l'assurance chômage.

D’accord, mais au jour le jour…

Marc Deroudille, secrétaire adjoint de l'Union départementale Isère

Au jour le jour nous recevons des salariés qui, faute de syndicat dans leur entreprise, se tournent vers l’Union départementale pour connaître leurs droits et les défendre. Entrent alors en scène les conseillers des salariés, qui opèrent sur chaque zone géographique du département, mais aussi les militants formés pour intervenir devant les prud’hommes.

Quels sont les enjeux de cette élection pour les salariés des TPE ?

Et quels sont les enjeux pour FO ?

En Isère, il y a environ 80 000 salariés travaillant dans ces très petites entreprises. Mais si les entreprises sont petites, chacune est souvent couverte par la convention collective de son secteur d’activité. Ces dernières sont négociées entre les syndicats de salariés et les syndicats patronaux. Les conventions collectives comportent fréquemment des volets sur l'organisation du temps de travail, la prévoyance et la formation professionnelle. Voter FO, c’est lui donner de la force lors des négociations. Plus FO recueillera de votes lors des élections TPE, plus elle sera écoutée et efficace face aux pouvoirs publics et aux branches patronales.

Ces élections seront prises en compte pour le calcul de la représentativité de chaque confédération syndicale. Chaque voix est importante pour affirmer que seul un syndicalisme indépendant des organisations politiques est apte à défendre durablement, quelles que soient les circonstances, les intérêts des salariés. On voit combien c’est important en ce moment !

Quelles sont les positions de FO pour les salariés des TPE ?

Au-delà des avancées générales pour tous les salariés sur des questions comme les salaires, les temps de travail et de repos, les carrières, FO revendique, pour les salariés des TPE, l'ins-

A la rencontre des salariés.

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er isolé et voter...

Qui vote ?

Les salariés titulaires d’un contrat de travail dans une TPE en décembre 2011, âgés de seize ans révolus à cette date.

Pour qui ?

Les salariés voteront pour un syndicat, pour un sigle et non une liste de candidats. Seuls les sigles des organisations apparaîtront. Aucun représentant ne sera désigné à l'issue de ces élections.

Comment ?

Distribution de tracts, mise sur les pare-brise, campagne d'affichage...

Chaque électeur a reçu un courrier à en-tête du ministère du travail lui détaillant la marche à suivre. Le vote se fait par internet ou par correspondance. Les salariés n'ayant pas reçu de courrier peuvent contacter l'union départementale.

Sur www. fo38.fr

Quand ?

Farid Mahboubi travaille dans une grande entreprise et accompagne les salariés des petites : « Cet été j’ai rencontré des salariés qui travaillent dans de petites boîtes, petits magasins d’alimentation, etc. Ils venaient de recevoir une enveloppe sur ces élections. Qu’est-ce que c’est que ça ? m’ont-ils demandé ? Ils allaient jeter l’enveloppe. Je leur ai dit, surtout ne jetez rien !".

Le vote aura lieu entre le 28 novembre et le 12 décembre.

www.info-tpe.fr

La suite sur www.fo38.fr

C'est un site rigolo, plein d'infos sur vos droits. C'est le site spécial TPE de la confédération FO.

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Repères

Bernin

• Il est interdit : Article 2141-5 du Code du Travail : "Il est interdit à l’employeur de prendre en considération l’appartenance à un syndicat ou l’exercice d’une activité syndicale pour arrêter ses décisions en matière notamment de recrutement, de conduite et de répartition du travail, de formation professionnelle, d’avancement, de rémunération et d’octroi d’avantages sociaux, de mesures de discipline et de rupture du contrat du travail". • Dans la vraie vie : Parfois le patron n’aime que très modérément le syndicaliste. Résultats ? Mise au placard, carrière qui n’avance plus, salaire qui stagne, sanctions disciplinaires injustifiées, primes plus ou moins amputées, plannings difficiles… • Un délit : Le conseil des prud’hommes est compétent pour traiter la discrimination syndicale. La juridiction pénale également puisque c’est un délit. Encore fautil prouver que le délit a bien été commis. Avant d’arriver à la case justice, l’inspection du travail peut intervenir, obliger l’employeur à se mettre en règle et dresser procèsverbal. • La preuve : Il faut comparer la situation de la personne discriminée avec un panel de salariés entrés dans l’entreprise en même temps, au même poste, au même salaire. Le registre du personnel et les documents fournis lors des négociations annuelles obligatoires don-nent ces informations. • Droit d’alerte : les délégués du personnel peuvent déclencher un droit d’alerte si une ou plusieurs personnes s’estiment discriminées. L’employeur est alors tenu de fournir les éléments demandés. S’il refuse, il est possible de se tourner vers la justice en procédure accélérée.

Syndicaliste et discriminé

En 2007 arrive un nouveau directeur des relations sociales, qui permet à Pierre Pernot de passer sur un poste autorisant l’exercice de ses mandats. En 2009, après un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi), sa charge de travail repasse à 100 % malgré l’intervention du médecin du travail. L’année suivante il saisit le tribunal des prud'hommes. L’audience, voici peu de mois, a permis au président du tribunal d’interroger le responsable des relations sociales de Soïtec : « Pratiquez-vous une diminution de salaire et de prime liée aux heures de délégation et aux absences pour raison syndicale de Pierre Pernot ? ». Le responsable des relations sociales a reconnu que les primes du syndicaliste ont diminué au prorata de ses heures d’absence liées à des formations syndicales. Puis il a justifié cette façon de faire par des accords de l’époque signés par Pierre Pernot, qui spécifiaient que seules les absences pour maladie professionnelle et accident de travail n'avaient pas d'incidence sur le calcul des primes. Il a enfin affirmé qu'un salarié qui s'absente de son poste de travail pour raison syndicale ne travaille pas à 100% pour l'entreprise. Les prud’hommes n’ont pu dégager une décision. Le juge départiteur (professionnel) est saisi de l’affaire.

Pierre Pernot avoue : « J’ai cédé en partie sur mes heures et sur mes mandats, démissionnant de certains à cause des pressions de la direction. Mais je suis là car mes copains me soutiennent et comptent sur moi, sinon il y a longtemps que j’aurais abandonné ces fonctions. »

Pierre Pernot est embauché comme technicien supérieur à Soïtec en 1993. A partir de 1997, date où il sollicite son employeur pour l'organisation d'élections, il subit des pressions qui auront un impact sur sa santé et sa rémunération. En 2004, lors d'entrevues avec la direction et l'inspection du travail, l'employeur nie toute discrimination. Mais les choses se compliquent encore lorsqu’il prend le mandat de délégué syndical. Les pratiques de l’employeur évoluent vers le harcèlement, jusqu'à une sanction en 2006. Si ses collègues ne peuvent lui venir en aide, certains responsables donneront tout de même des copies de mels prouvant la pression que subit le syndicaliste.

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Des heures pour construire
Les heures de délégation dont disposent les élus des salariés et les délégués syndicaux ne sont pas la condition sine qua non de l’activité syndicale. C’est heureux puisque les syndicats n’existeraient pas si elles l’étaient. Elles ne sont pas une manière de réduire le temps de travail, bien au contraire en général.

La question

Formation des élus au comité d’entreprise
Un stage destiné aux élus des comités d’entreprise se tiendra du 26 au 30 novembre à Grenoble. Les frais pédagogiques sont pris en charge sur le budget de fonctionnement du CE, les élus ne subissent pas de perte de salaire pour cette formation.

Le titulaire des heures de délégation doit-il dire à l’employeur ce qu’il en fait ?
En aucun cas. L’employeur ne peut que se retourner devant un tribunal pour vérifier la bonne utilisation de ces heures et ce uniquement après les avoir payées.

Inscription au 04 76 09 76 36.

Combien de temps à l'avance faut-il Elles permettent aux syndicalistes de renfor- avertir l’employeur ?
cer les liens avec les salariés, de mener les recherches utiles à leur défense, d’organiser l’action… La loi ne dit rien. L’employeur demande en général de remplir des bons de délégation après discussion avec chaque instance représentative.

En juin, renouvellement des conseillers du salarié
L’échéance du mandat de conseiller du salarié arrive à expiration, l’occasion de poursuivre ce mandat pour les conseillers en place, ou de prendre un nouveau mandat pour ceux qui veulent s’investir. Les conseillers du salarié interviennent dans les entreprises dépourvues de représentants du personnel et assistent les salariés lors des entretiens préalables aux licenciements.

Ce qui leur permet parfois aussi d’obtenir des conditions d’exercice des délégations plus larges que le strict cadre légal.

Peut-on poser des heures de délégation un jour de congé ?
Oui. De même, les heures utilisées hors temps de travail peuvent être payées en heures supplémentaires ou récupérées. Dans le même ordre d’idée, le temps des réunions convoquées par l’employeur ne doit pas être imputé sur les heures de délégation.

Cumuler des mandats, est-ce cumuler des heures de délégation ?
Oui, sans limite… sinon celles qu’imposent la morale et l’intelligence. Nombreux, on construit mieux et plus.

Voir sur : http://www.fo38.fr/?q=node/22

Les prendre ou les perdre
Seuls les titulaires ont droit à des heures de délégation sauf si un suppléant remplace un titulaire absent (maladie, congé). Elles sont comptabilisées par mois et sont perdues si elles ne sont pas utilisées. • Délégué syndical : 10 h (50 à 150 salariés), 15 h (151 à 500 salariés) et 20 h (plus de 500 salariés), • représentant de section syndicale : 4 h, • élu au comité d’entreprise : 20 h, • délégué du personnel : 15 h par mois (50 salariés et plus), 10 h (moins de 50 salariés), • élu au CHSCT (comité hygiène sécurité conditions de travail) : 2 h (établissements occupant jusqu’à 99 salariés), 5 h (100 à 299 salariés), 10 h (300 à 499 salariés), 15 h (500 à 1499 salariés), 20 h (à partir de 1500 salariés), • conseiller du salarié : 15 h, • défenseur syndical : 10 h, non rémunérées.

Dès octobre une formation est prévue sur cette fonction. Vous êtes intéressés ?

Contactez l’union départementale : 04 76 09 76 36.

En direct de l’union locale FO de Bourgoin
L’assemblée générale de l’union locale de Bourgoin s’est tenue le 5 octobre. les élections TPE étaient à l’ordre du jour. Un programme d’action à été mis en place à cette occasion pour couvrir les entreprises du secteur de Bourgoin et environs.

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inepte et antidémocratique
Voilà un nom dont le nom est un rien faux-cul. Le TSCG, donc, sera soumis au vote des seuls parlementaires. Parlementaires à qui la confédération FO vient d’écrire pour dire son opposition à ce traité et à sa ratification. "Chaque fois que le peuple a été appelé à voter, il a rejeté la logique qui a présidé à l’écriture de ce traité", souligne Jean-Pierre Gilquin, secrétaire général de l’Union départementale Isère. "Ce 3 % de déficit qu’il ne faudrait pas dépasser, heureusement qu’il est possible de le faire exploser, comme l’ont fait les Etats-Unis. C’est le propre de l’individu et des nations de faire bouger les para-mètres", poursuit-il.

Le TSCG,

Visite à Grenoble, lundi 10 septembre, de Raphaël Nedzynski, secrétaire général de la FGTA (Fédération générale des Travailleurs de l'Agriculture FO). Les militants isérois de cette branche d’activité ont répondu à l’invitation. Ils ont fait le point sur les obligations légales en matière de comptabilité des syndicats, échangé autour des revendications et de la prochaine échéance électorale : les élections dans les très petites entreprises.

Les syndicats, rayon FO

Isère

Aperçu de la vie des syndicats isérois de la FGTA
BJM Boucherie : Une entrée en matière réussie
FO, seul syndicat de l’entreprise, s’est implantée au début de l’année. Jérémy a participé en avril à ses premières négociations salariales (NAO). Des éléments positifs ont pu être engrangés grâce à l’activité syndicale.
Exemple ? La prise en charge de la journée de solidarité par l'entreprise (y compris pour les contrats à durée déterminée (CDD) et une revalorisation de la prime de lavage des blouses.

Les arguments de FO
• Ineptie : "Au plan global, ce traité (…) s’inscrit dans une logique économique qui se veut unique, ce qui est en soi une ineptie". • Liberté de négocier : "Tant l’assurance chômage que les retraites complémentaires, donc les négociateurs, devraient se plier aux injonctions de la Banque communautaire européenne". • Rigidité économique : "Au plan social, la rigidité économique ainsi arrêtée (…), conduit à diminuer les dépenses publiques et sociales, donc à remettre en cause les services publics et/ ou la protection sociale". • Démocratie : "On assiste également à un transfert de souveraineté, en catimini, vers la Commission européenne et la Cour de Justice dans l’examen et la mise en place de contrôle et de sanctions". • Croissance : "Quant aux 120 milliards d’euros annoncés en matière de soutien à la croissance au niveau européen, non seulement une partie non négligeable était déjà engagée ou s’appuie sur des effets de leviers, mais le cumul des plans d’austérité en zone euro dépasse déjà ce montant. Sur ces 120 milliards, seulement 15 seront réellement nouveaux".

Jérémy Dreyer, élu délégué du personnel et membre du comité hygiène, sécurité et conditions de travail.

D'autre part l'entreprise permet aux élus de bloquer leurs heures de délégation. Ils peuvent ainsi partir deux jours pour visiter les

collègues dans des magasins éloignés. Les frais de déplacement sont alors pris en charge par l'entreprise.

Compass : le syndicat pour connaître ses droits
de connaître ses droits. En juin, elle a été élue déléguée du personnel au restaurant Compass Group de Jarrie, son lieu de travail : huit personnes, six temps plein dont deux intermittents scolaires. Elle vient de participer à une première réunion avec son patron : les problèmes comme ceux de l'emploi du temps des enfants du collège qui arrivent tous en même temps ont bien été évoqués, mais n'ont pas trouvé de solution pour l’instant.
Manuela Feuillet, déléguée du personnel.

Manuela a adhéré au syndicat il y a deux ans. Pour elle c'est un bon moyen d'être aidée et

Seul le plongeur à temps partiel a vu son temps de travail augmenté, mais cela ne règle pas les retards dans le service !

Dia : le cercle vicieux
Sofyane Zayani est embauché chez Dia depuis 1993 et a adhéré à FO en 1995. Il est aujourd'hui chef de magasin à Saint-Etiennede-Saint-Geoirs. Le secteur de la grande distribution alimentaire souffre lui aussi d'une consommation en baisse. Du coup l'employeur Dia, d'origine espagnole, fait pression sur l'emploi. Il n'est pas rare de ne trouver que deux personnes dans le magasin : les rayons sont mal approvisionnés et les temps d'attente aux caisses s'allongent. Ce mauvais service accélère encore la baisse du chiffre d'affaire et des magasins dans la
Sofyane Zayani, délégué syndical.

région de Strasbourg ont déjà fermé.

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Publi reportage

Publi-reportage

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Geoffroy Excoffon

Sur terrain défavorable, ne pas se laisser intimider
Au début des années 2000, Geoffroy Excoffon est employé par Citroën, à Rennes. Intérim et cumul de CDD… la précarité le mènera au syndicat. C’est à l’union départementale FO d’Ille-et Vilaine qu’il cherche du soutien et qu’il prend sa première adhésion à FO. Embauché depuis 2008 dans une entreprise de ramonage comptant une vingtaine de salariés à Echirolles, Geoffroy Excoffon est toujours adhérent. De ce combat sur terrain défavorable il ajoute : « Dans les petites boîtes, c’est en général plus délicat que dans les grands groupes. Le contact avec le patron est chez nous permanent alors, pour un délégué du personnel, cela ne doit pas être évident. La pression peut s’exercer de différentes manières. Mais je ne suis pas pessimiste et pas non plus de nature à me laisser intimider ». Il ajoute : « Je milite par ailleurs dans un parti qui est un complément de lutte de mon engagement, il n’y a pas en revanche de confusion entre les deux. Le syndicat doit rester indépendant de toute pression politique on ne doit pas les mélanger ».

Savoir faire valoir ses droits
Mais l’absence de représentant du personnel n’a pas empêché Geoffroy Excoffon de faire valoir ses droits. Il a récemment saisi le tribunal des prudhommes pour le non respect de son contrat de travail. "Tout a commencé quand la direction a décidé d’arrêter de payer les heures supplémentaires. J’ai décidé de coller à la réglementation et là, bizarrement, les choses se sont gâtées… Mais je ne me laisse pas intimider et je poursuis l'action.

Pourquoi pas des représentants du personnel ?
L’entreprise ne compte aujourd’hui pas de représentant du personnel : « Je n’exclus pas, aux prochaines élections de me présenter, mais j’ai quelques doutes sur la mobilisation de mes collègues et crains un barrage de la direction face à une candidature syndicale. »

Consommateurs ou… acteurs
Il enchaîne : « Implanter un syndicat dans une PME demande le soutien d’un maximum de collègues. Là commence les difficultés. Les collègues ont bien conscience que l’union fait la force mais il faut faire comprendre que c’est par le syndicat dans l’entreprise que cela commence. Beaucoup ne veulent pas être acteurs mais simplement consommateurs ».

Geoffroy Excoffon : "L'indépendance est primordiale à mes yeux".

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Alpes FO - Octobre 201 2 - n° 1 30

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