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la palestine

Date 20/5/2005 12:54:31 | Sujet : Manhaj

La Palestine
Shaikh Ali Hasan Al-Halabi

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La louange est à Allah, nous Le louons, implorons Son aide et Son pardon. C’est auprès
d’Allah que nous cherchons protection contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos
actions. Celui qu’Allah guide, nul ne peut l’égarer et celui qu’Allah égare, nul ne peut le
guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité [digne d’être adorée] qu’Allah, Unique, sans associé et
que Muhammad est Son serviteur et messager. Certes, la plus véridique des paroles est le
Livre d’Allah, et la meilleure voie est celle de Muhammad (salallahu’ alayhi wasalam). Et les
pires choses [dans la religion] sont celles inventées, toute chose inventée est une
innovation, toute innovation est un égarement et tout égarement mène en enfer. Ceci dit :

Les musulmans qui méritent vraiment d’être appelés musulmans sont ceux qui mettent en
œuvre par la parole et l’acte, la parole du prophète (salallahu’ alayhi wasalam) : « L’amour
et la miséricorde qu’ont les croyants entre eux est comparable à un seul corps, lorsqu’un
membre se plaint d’une douleur, l’ensemble du corps est atteint de fièvre et d’insomnie ».
Ceci parce que l’islam est au-dessus des couleurs, des langues et des peuples car il est la
religion de l’union et de l’unicité. Ainsi, de la même façon que le serviteur est monothéiste
dans son adoration d’Allah, Allah est unique dans Son essence, Ses Noms et attributs et Sa
seigneurie. Et cette union est aussi liée à la deuxième partie de l’attestation d’unicité, et le
prophète (salallahu’ alayhi wasalam) est envoyé en toute vérité et suivi en toute véracité,
l’union repose donc aussi sur la révélation, sur l’exemple : « Vous avez dans le messager
d’Allah un excellent exemple, pour celui qui espère en Allah et au jour dernier ». Cette
union se manifeste aussi dans la Qibla, la Qibla des musulmans est unique, ils y dirigent
leurs cœurs avant leur corps.

Cette unicité et cette union se manifestent chez les musulmans si ceux-ci sont attachés à
leur religion, accrochés à la législation de leur Seigneur et à la sunna de leur prophète
(salallahu’ alayhi wasalam). A ce moment, les blessures et les peines des musulmans sont
uniques (elles touchent tout le monde), car cette unicité théorique doit se concrétiser en une
unicité d’acte réelle. Mais, tant que nous ne mettrons pas cela en pratique et tant que nous
n’y soumettrons pas nos sentiments, il faut se montrer les choses telles qu’elles sont. Il ne
faut pas laisser (les gens) jouer avec nos sentiments et que nous jouions nous-mêmes avec
nos sentiments et que la fougue (hamâs) nous entraîne à droite et à gauche. Je dis qu’il est
de notre droit d’avoir des sentiments, que nos cœurs soient touchés, de ressentir des
choses, vivants, éveillés, sinon nous mériterions plus la mort que la vie. At-Tirmidhî rapporte
que ‘Umar a dit : « Nous veillions une partie de la nuit, moi, Abu Bakr et le messager d’Allah,
(et nous parlions) des affaires des musulmans ». Pourquoi ? En raison de ce que je viens
d’indiquer, de cette unicité théorique qui doit se concrétiser pour être réalisée, de cette
unicité d’acte qui est ce lien qui doit apparaître chez les musulmans. Chacun selon ses
capacités, ses possibilités, et selon ce qu’Allah lui a accordé. Quant à être comme la pierre,
que notre cœur soit insensible, que nous n’ayons aucune crainte, qu’aucune larme ne coule
de nos yeux, c’est là l’état des choses et pas des serviteurs.

C’est un fondement qu’il faut rappeler, et c’est le premier fondement face à cette situation
difficile que vivent les musulmans, surtout au cœur vibrant de la communauté : la Palestine.
Cette terre vers laquelle le prophète (salallahu’ alayhi wasalam) a voyagé (Al-Isrâ), cette
terre bénie à propos de laquelle le prophète a dit : « Béni (tûba) soit le Shâm, car les anges
du Tout Miséricordieux abaissent sur elle leurs ailes », il dit aussi : « Si les gens du Shâm se
pervertissent, il n’y aura plus de bien en vous ». Regardez ce degré de bonté, si le bien est
présent en elle, le bien est présent dans la communauté, mais s’il diminue en elle, il diminue
dans la communauté et s’il disparaît en elle, il manque dans la communauté. Ce degré de
bonté, n’est pas seulement géographique ou lié aux hommes, mais il est lié aux œuvres
pieuses qui nourrissent réellement l’humanité et montrent la profondeur de la foi. Sinon, à
toute époque et en tout lieu, tout le monde peut prétendre des choses qui n’ont aucun
rapport réel avec ce que vivent les gens. Et nous remercions Allah qui nous a mis parmi Ses
serviteurs monothéistes.

En raison de ce bienfait divin, le serviteur pieux préserve cette vérité et en réponse à cette
sincérité, il invoque son Seigneur jour et nuit afin d’atteindre cette droiture, cette unicité, ce
but, et c’est notre parole à tous dans chaque raka’a de nos prières « Guide-nous sur le
chemin droit ». Mais la communauté étant dans l’état que nous constatons, trouve-t-on
dans ces pays ou en toi un effet de ce que subissent nos frères comme injustice,
soumission, meurtre, en espérant que tout cela soit sur le chemin d’Allah, dans la recherche
de Son agrément et par obéissance, en réponse à Son prophète (salallahu’ alayhi wasalam)
et dans le suivi de Son prophète (salallahu’ alayhi wasalam). Je dis : en dehors de ces
contrées, doit-on trouver dans les rangs de la communauté : division, déviation, repliement,
ou faut-il que la communauté face un effort collectif pour protéger ses frères musulmans. Et
cette défense, comme je l’ai dit, dépend des capacités de chacun. Et nous avons dit que
face à cette situation que personne n’ignore, le serviteur doit donner son droit à l’adoration
(‘ubudya), et c’est là son droit, et c’est une épée, et quelle bonne épée, le prophète
(salallahu’ alayhi wasalam) a dit comme il est rapporté dans le Sahih Muslim : « L’adoration
dans le chaos (al-harj) est comme une émigration vers moi », et al-harj, c’est le massacre.

Alors qu’avons-nous a oublié cette tâche divine, prophétique dans ce contexte ? Que nos
actes soient dans l’adoration de notre Seigneur, notre rappel pour Lui et que nous suivions
notre prophète (salallahu’ alayhi wasalam) pour soutenir nos frères musulmans, au lieu que
nos divisions, nos actes soient un soutient pour les ennemis des musulmans qui veulent que
la communauté s’écroule sur elle-même, patauge dans son injustice et ses péchés, et
qu’elle se divise jusque dans ses moquées, ses rues, ses villages, et plus encore dans ses
villes et pays. Le vrai croyant est celui qui se regarde réellement et ne se ment pas à lui-
même et ne trompe pas sa raison et son cœur. Au contraire il regarde sincèrement sa
situation et sait qu’il ne peut faire qu’une de ces trois choses, ou les trois ensemble :

- Il peut donner de son argent, de la nourriture ou de son sang dont il est sûr, ou dont il
pense fortement qu’ils vont parvenir à ses frères monothéistes, qu’il le fasse et en cela il est
récompensé.

- Il peut invoquer d’une invocation sincère par laquelle il se rapproche du Seigneur de


l’univers qui dit dans Son Livre : « Votre Seigneur a dit : invoquez-Moi, Je vous
répondrai ». Pourquoi invoquons-nous et Allah ne répond-Il pas à nos invocations ? Est-ce
un manquement dans la promesse d’Allah ? Aucunement et cela ne Lui convient pas ! Cela
est uniquement dû à un manquement en nous, à notre éloignement et à notre propre rejet
de nos droits. Et si nous répondions à Allah comme il se doit et comme Allah le veut, cela
serait un bien immense et une porte vers le succès et la victoire éclatante qu’Allah nous
accorderait s’Il répondait à nos invocations. « Ö vous les croyants, répondez à Allah et à
Son messager lorsqu’ils vous appellent vers ce qui vous donne la vie », la vraie vie est
celle de l’adoration, de l’unicité et du suivi du prophète.

- La troisième chose qu’il peut faire est ce qui rapporté dans le hadith de Muslim :
« L’adoration dans le chaos est comme l’émigration vers moi », comme une émigration
vers le messager d’Allah (salallahu’ alayhi wasalam) qui est une grande œuvre, pour
laquelle Allah a loué les Muhajirin et les a cités dans Son Livre jusqu’au jour dernier. Si
l’émigration était à cette époque une émigration du corps, elle est aujourd’hui une émigration
de la raison, du cœur et des œuvres et le prophète (salallahu’ alayhi wasalam) dit : « Al-
Muhajir est celui qui s’écarte de ce qu’Allah et Son prophète ont interdit ». Ce hadith est
donc la preuve que le Muhajir est aussi celui qui accomplit son adoration au moment où la
raison se perd, où les doués d’intelligence se trompent, et c’est lors des massacres, des
meurtres qui ont atteint une partie de la communauté d’Est en Ouest. Et si les adorations
sont nombreuses, la plus majestueuse est l’invocation comme il apparaît dans la parole du
prophète : « L’invocation est l’adoration même ». Méditons sur cette parole prophétique :
« L’invocation est l’adoration même », en raison de sa haute importance.

Si, dans notre situation, nous faisons ces trois choses, chacun selon ses capacités et ses
possibilités, c’est une très grande chose que nous faisons pour nous et pour nos frères qui
sont dominés. Mais, si nous oublions cela et nous appuyons seulement sur les paroles et la
mise à plus tard des actes, sans pour autant changer notre état par les adorations et les
invocations, en s’accrochant au câble (habl) d’Allah, l’union sur l’ordre d’Allah, alors par
Allah c’est là le but des frères des singes et des porcs et tous ceux qui sont avec eux ou
parmi eux en Orient ou en Occident. Et si ces choses peuvent apparaître faiblement à
quelques moments, alors il faut que nous soyons sûrs que c’est ce que nous voulons et pas
ce qui apparaît qui n’est que paroles, mise à plus tard des œuvres, colportage des nouvelles
sans que cela soit lié à la mise en pratique qu’Allah a pourtant lié aux œuvres dans des
dizaines de versets de Son Livre. Cela, je le répète et je pèse ce que je dis, est le but des
frères des singes et des porcs et de ceux qui sont avec eux ou parmi eux en Orient et en
Occident. Allah veut seulement de nous que nous soyons de véritables serviteurs sincères
dans l’unicité afin que se réalise la promesse de notre Seigneur.

Cela ne peut être atteint que par la science profitable et l’œuvre pieuse, afin que se réalise
en nous la promesse d’Allah qui est le plus véridique en parole et qui dit : « Allah a promis
à ceux d’entre vous qui ont cru et accomplis de bonnes œuvres qu’Il les établira sur
la terre comme Il a établi ceux d’avant eux et qu’Il affermira la religion qu’Il a agréé
pour eux et qu’Il changera leur peur en sécurité. Qu’ils M’adorent et ne m’associent
rien ». Allah a commencé le verset par la foi et l’œuvre pieuse, et ils sont liés, et le verset se
termine par l’adoration et l’éloignement du polythéisme, et ils sont liés. Et il y a entre ces
deux, ce qui est demandé (matlub) et ce qui est espéré (marghub) : affermissement,
établissement, réponse (aux invocations) afin que la situation de la communauté change
comme Allah dit : « Allah ne change pas la situation d’un peuple tant qu’ils ne
changent pas ce qu’il y a en eux ». Car le changement doit venir de ce qu’il y a en soi, pas
par les nouvelles de la radio, de la télévision, des chaînes satellites, des journaux ou des
magazines. Mais au contraire ce doit être un changement dans la foi sincère et profond, afin
que la science soit en accord avec les actes, que notre da’wa soit conforme et que nous
soyons des serviteurs rabanyin (ceux qui mettent en pratique leur science) comme veut le
Seigneur de l’univers « Mais soyez des (savants) rabaniyin pour ce que vous enseignez
du Livre et ce que vous apprenez ». Le désordre, le chaos, l’ignorance, l’agitation, la
fougue, tout cela ne rectifie ni le musulman, ni son pays, ni sa foi, mais ce n’est qu’un
moyen par lequel il va nourrir ses ennemis apparents ou cachés, et ils sont tous les ennemis
d’Allah, de Son messager et des croyants.
C’est un discours que je ne pensais pas faire, mais il m’est difficile, comme pour vous, de
voir que nous parlons et que la réalité est à l’opposé de cela, et de ce que nous vivons. Et si
nous faisions (ce qui nous est obligatoire) nous ne serions pas en contradiction avec la
Législation d’Allah et nous ne serions pas aussi éloignés de la Législation d’Allah, mais les
cœurs et les esprits qui ne suivent pas la Législation d’Allah et ne marchent pas avec le
Livre d’Allah et la sunna du messager d’Allah (salallahu’ alayhi wasalam) divergent des
choses essentielles. Ils divergent des choses primordiales, c’est pourquoi Allah dit en
parlant du combat qu’il faut mener contre son âme : « Et ceux qui combattent pour Nous,
Nous les guiderons vers Nos chemins », c’est pour cela que j’ai prononcé ce discours en
espérant que j’ai atteint ce qui était juste, je demande à Allah qu’Il m’accorde ainsi qu’à vous
le succès et l’affermissement, ainsi que la guidée, Il est certes Celui qui possède cela et
peut l’accorder, et que la prière et le salut d’Allah soient sur notre prophète Muhammad, sur
sa famille et ses compagnons et notre dernière parole est louange à Allah Seigneur de
l’univers.

Dans la deuxième partie de la cassette, shaikh ‘Ali Hasan répond à des questions de fiqh
qui n’ont pas de rapport direct avec le sujet, mais à la fin de l’assemblée, il est pris à parti
par deux frères qui semblent (leurs questions sont quasiment inaudibles) lui reprocher son
discours et le fait d’avoir limité l’action à l’union, la piété, l’adoration et l’invocation

Ecouter le shaikh

« … (Tu les aides) par tout ce que tu peux… notre religion dit : « Allah ne charge pas une
âme plus qu’elle ne peur porter », notre religion base les actes qui ont lien avec la
législation sur deux règles : la science et la capacité. Donc si tu as la science et la capacité,
avec les conditions authentiques qui feront que cet acte apportera un bienfait et non un
méfait et que cet acte soit construit sur les fondements de base authentiques du
commandement du bien et de la réprobation du mal, et que tu n’accomplis pas cet acte, tu
es pécheur. Et si la communauté en est capable avec les mêmes conditions (et ne le fait
pas), elle est pécheresse. Mais j’ai dit et je répète : il faut que nous soyons honnêtes avec
nous-mêmes et ne pas tromper nos cœurs en prenant en considération la réalité à laquelle
nous assistons et pas les utopies. Et Allah est plus savant… (dernière question mes frères
car j’ai un rendez-vous à Amman et je m’en excuse)… je pense que cette question est la
même que celle de noble frère précédemment, et la réponse est celle-ci : dans la législation
(les actes) sont construits sur deux bases : la capacité et la science. Si tu peux faire (ce que
tu dis) avec les conditions légales induites, alors le fait que tu sois encore assis avec nous
est un péché, et si tu n’en es pas capable alors s’il ne s’agit que de parler, tout le monde
peut le faire. Je peux transformer maintenant le cours en une représentation et rapporter
des informations par lesquelles je transporte les esprits et les cœurs, les membres, la peau
et les yeux, mais quel est le résultat après cela ? Qui d’entre nous n’a pas mangé
aujourd’hui… je prends Allah a témoin : Y a-t-il quelqu’un d’entre nous qui a jeûné
aujourd’hui ? … alors que nous parlons des épreuves que vivent nos frères en Palestine ?
La réponse est non, nous ne pouvons que nous plaindre à Allah car nous connaissons nos
personnes et la situation dans laquelle nous vivons. S’il s’agit uniquement de parler, tout le
monde peut le faire, et l’injuste et l’égaré peut en être plus capable que celui qui est guidé et
juste, et aujourd’hui vous voyez à la télé : les acteurs parlent de la Palestine, les chanteurs
parlent de la Palestine, les communistes parlent de la Palestine, les membres du Bass
parlent de la Palestine et les musulmans parlent de la Palestine. Mais nous ce que nous
voulons c’est la réalité de la situation sur laquelle nous ne nous mentirons pas à nous-
mêmes. Sinon, si nous faisions que parler dans cette assise, le moindre d’entre vous
pourrait parler plus que moi, car la plupart d’entre vous ont une télévision, et moi je n’en n’ai
pas, je ne fait qu’écouter ce que me rapporte untel et untel. Donc parler est très facile, mais
la réalité de la situation que tu connais, que je connais et que toute personne douée de
raison connaît, montre que nous ne pouvons faire que ce que j’ai rappelé. Et celui qui pense
qu’il peut faire autre ou mieux que cela, alors le fait qu’il s’assoit ici est un péché. Et que la
prière et le salut d’Allah soient sur notre prophète Muhammad, sa famille et ses
compagnons.

Traduit par les salafis de l’Est

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