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30.11.2003

    30.11.2003
     
Sandrine Viglino:  

Sandrine Viglino:

 

une drôle de gamme

Pianiste de l’émission radiophonique La soupe est pleine, humoriste et encore institutrice, Sandrine Viglino se donne une année pour explorer son potentiel scénique dans un one woman show.

explorer son potentiel scénique dans un one woman show. «Je n’ai pas rêvé d’être chanteuse ou

«Je n’ai pas rêvé d’être chanteuse ou musicienne. C’est ma rencontre avec Yann Lambiel qui m’a orientée vers le spectacle», s’excuse presque Sandrine Viglino. Sous des dehors sages, la jeune femme a pourtant cultivé très tôt son côté showbiz, grâce à des parents qui l’ont mise au solfège dès 4 ans. Puis au piano, en la forçant à continuer lorsqu’elle voulait abandonner. «A 13 ans, cette obligation m’a donné l’impulsion nécessaire. Je remercie mes parents d’avoir eu la persévérance que je n’avais pas», admet-elle. Aujourd’hui, elle s’oriente clairement vers le spectacle. Distraitement ses mains égrènent des mélodies sur le clavier pendant qu’elle raconte des gags, imite des personnages ou joue la simplette qui n’en finit pas de recommencer une chansonnette un rien monotone, avant de demander. «Vous avez aimé? Ça me fait hyper plaisir! Est-ce que ça vous plairait que je la refasse?» Il suffit de la voir scander l’annuaire téléphonique sur un air de variété sirupeuse, un exemplaire des Pages Jaunes posé sur le lutrin de son piano, pour se rendre compte qu’elle a vraiment une pile dans le corps!

Du piano de bal à la scène Adolescente, elle apprend l’accordéon en autodidacte. L’instrument aux innombrables touches est difficile à apprivoiser pour le commun des mortels, mais pas pour elle. Quant au public, elle l’affrontera pour la première fois à l’âge de 14 ans, en jouant dans de petits groupes musicaux. Avant de se lancer en solo pour animer bals, mariages et autres soirées conviviales. «Ce fut une excellente école pour me débrouiller et savoir brancher une sono. J’ai commencé sans souffrir du trac, probablement parce que je ne réalisais pas l’enjeu. Maintenant, lorsque je monte sur scène toute seule pour «Drôles de Gammes», mon one woman show, je vois bien ce que cela représente, et j’ai le trac!» s’amuse-t-elle. Entre les animations pendant son adolescence à Martigny et le spectacle solo qu’elle peaufine actuellement, elle a franchi plusieurs étapes en groupe. Il y a d’abord eu Magma, formation musicale de 10 personnes – rien à voir avec le groupe des années 1970 – qui récoltera un grand succès en Valais, jusqu’à son récent concert d’adieu.

Il y a eu surtout l’irruption d’un certain Yann Lambiel, encore un gars de la région, qui faisait partie du groupe Bilitis et souhaitait monter lui-même un spectacle de sketches. Trois semaines après leur rencontre, elle devient son accompagnatrice au piano. C’était il y a sept ans. Sandrine se souvient: «On avait des amis communs et il m’a appelée pour me proposer une date en public qui était déjà fixée. Ça a collé tout de suite. Il était exigeant sans être autoritaire, ce qui me

correspondait bien. Tous les deux, nous aimons faire les choses à fond.»

Un boulot entraînant l’autre, la voilà quelques années plus tard en train de faire un essai pour accompagner l’émission d’humour radiophonique Les Dicodeurs, sur La Première de la Radio suisse romande. Sa prestation fait mouche. Puis, toujours sur la même station, elle débarque à La soupe est pleine pour une heure trente d’humour et de piano improvisé. «Quand les Dicodeurs chantent faux, je loupe une mesure pour qu’on retombe sur nos pattes, c’est évident», explique-t- elle. Une souplesse de jeu et de caractère qui lui permet de se fondre dans le décor et de faire un peu le caméléon. «Les gens de la Soupe sont devenus des amis, raconte-t-elle. Au contact d’une équipe aussi stimulante, j’ai pris confiance en moi et ce sont eux qui m’ont encouragée à sortir de mon rôle de muette et à prendre le micro pour une chronique de temps en temps.» Sandrine s’aperçoit qu’elle a des choses à dire et à chanter. «Yann Lambiel a joué un grand rôle dans le fait que je me lance toute seule. Il écrit des textes, contacte des auteurs qui écrivent pour moi. Moi je donne des idées et des pistes», précise-t-elle avec modestie.

Mais d’où lui est venue cette envie d’occuper seule la scène alors qu’elle n’aime pas se mettre en avant? «Ma famille a toujours été active dans les sociétés folkloriques. Nous ne sommes pas des clowns et ne montons pas sur la table, mais dans les fêtes que nous organisions, il y avait toujours un micro et des haut-parleurs. Le micro avait un grand succès.» Dans le privé, si elle ne connaît pas l’assemblée, elle préfère se cantonner dans le rôle d’observatrice. En tant qu’animatrice de soirées, elle est par contre ravie d’avoir un prétexte pour se déchaîner.

«Les gens de la Soupe sont devenus mes amis, une équipe extrêmement stimulante (pour moi).»

Le 21 juin dernier, Sandrine Viglino a donné pour la première fois son one woman show dans le cadre du festival Morges-sous-Rire. «Ce que je fais n’est pas uniquement de l’humour, tranche-t- elle. Je donne dans un registre mixte, que j’appellerais «humour et piano.» Et le spectacle évolue constamment. «Je suis en train de trouver ma touche personnelle. Dans les premières versions, je racontais des gags sur les politiciens qui sonnaient faux, ce n’est pas mon truc. Mais dès que je parle de musique, là, je me sens bien.»

Sandrine Viglino a quitté ses élèves de l’école primaire de Martigny-Combe pour une année sabbatique qui doit lui permettre d’explorer son potentiel scénique. Au programme:

accompagnatrice de La Revue emmenée par les humoristes Cuche et Barbezat en décembre, et surtout son spectacle en solo qui tournera dans les salles romandes dès janvier prochain. D’ici là, on peut l’écouter sur La Première, peu avant les repas, à l’heure de la Soupe et des Dicodeurs.

«La Revue de Cuche et Barbezat», Théâtre du Passage, Neuchâtel, du 5 décembre 2003 au 4 janvier 2004. «Drôles de gammes», le 25 janvier 2004 à l'Espace de Je. Lutry. Puis les 5, 6, 7, 11, 12, 13, 14 mars 2004 au Teatro Comico de Sion (027 321 22 08) www.lasoupe.ch.

Anne Bussyde Je . Lutry. Puis les 5, 6, 7, 11, 12, 13, 14 mars 2004 au