Vous êtes sur la page 1sur 4

La m atric e idéol ogiqu e fascis te, qui repos e sur l’idéalisme et l’irr ationn el, déconcer te souvent dan s ses contradictions

. C’est le cas à propo s de la théori e de l’évolution : le mo uveme nt fascis te inclu t des structure s à dominante religieus e qui voue nt Darwin à l’enfer éterne l et défende nt le créationn isme. De l’autre des milita nts se revendique nt de la théori e de l’évolution, mai s esse ntielleme nt pou r en faire un mode d’explication des sociétés humaines et surtout une légitim ation du racism e mai s auss i des politiques de destruction de toutes les formes de protection sociale collective. En fait les choses sont simples : la théori e scie ntifique de Darwin sur l’évolut ion des espèce s, son contenu biol ogique , est jus te, et démoli t implacableme nt les thèse s religieuse s, quelles qu’elles soie nt, ce qui n’arr ange évidemme nt pas les affaire s des fascis tes, qui, san s forcéme nt être croyants, ont besoi n de la thès e divine d’un pouvoir supérieu r à l’homm e. Par contre les théorie s reg roupée s sou s le terme de « darwinism e socia l » ou de « social-darwinisme » ne sont pas une extensio n, mai s une dénaturation antiscie ntifiqu e des théorie s de Darwin : elles ne sont pas issues de la recherch e scie ntifiqu e mai s se sont développée s à parti r de postul ats établi s pou r renforcer la domin ation capitalis te et raciste. Pou r tous les prolétaires , mai s surtout pou r ceu x qui, à un mome nt donn é, sont classé s par ces théorie s dans la catégori e des ind ividu s inférieur s ou excédentaires, il n’est pas inutil e de reveni r sur leu r genèse
Erns t Heinric h Philip p Augus t Haec kel y a jou é un rôl e important. C’était un scie ntifiqu e allemand de la fin du XIXe et du débu t du XXe siècle, qui popularisa les conception s de Charles Darwin en Allemagn e en développa nt notamme nt la théori e des origine s de l’homm e. Libre-penseur, il voulai t développe r les thèse s de Da rwi n sur l’évolution au sei n de la nature en ce qui concern e plu s particulièreme nt l’homm e. C’est lui qui inventa en 1866 le term e « écol ogie », ven u du Grec oïkos qui signi fie la demeur e : pou r comprendre l’homm e, il faut co mprendr e son environneme nt, et l’écologie étai t pou r lui l’ensemble des rel ation s unissant l’ensemble des organisme s vivants. Pou r lui le mond e étai t un tou t uni, c’est-à-dire un monisme , ce qu’il décri t dan s son ouvra ge majeu r intitulé Die Weltr ätsel, par u en 1899, et do nt le titr e pourrai t se traduir e par L’énigme du mond e. Dans ce livre , notre scie ntifique , à l’issue de nombreu x récit s de voyages, pens e pouvoir dire que le mond e es t un tout systémiqu e, c’est-à-dire interdépendant, dan s lequel l’homm e a un e plac e déterminée. Mai s Haec kel comme t deu x err eurs. L’ une est d’avoir une vue métaphysique, c’est-àdire immobil e du monde. Et l’autre est d’avoir un e vu e anthropomorphiqu e de l’univers, puisqu e dan s ce « tou t un i », l’homm e a une plac e prépondérante, supérieure ; il est, selo n le mot qu’employa le philosoph e hollandai s Spinoza, au XVIIe siècle au suje t de l’homm e che z Descartes, « un empir e dan s un empire ».

Il va trè s vi te affirmer qu e le « blan c » est donc supérieu r aux autre s « race s » humaine s. qu’il s’agisse de la légitim atio n de l’oppressio n des pauvre s ou de celle du colonialism e contre les populations des autre s contine nts.Germains (Angl o-Saxons et Scandinaves) ont un e place prépondérante. notre scie ntifiqu e alleman d va développe r une théorie de la « capitul ation ». Il développ e auss i une théori e des races . Haec kel. C’est ains i que ce scie ntifiqu e émettr a l’hypothès e d’une certain e forme de darwinism e au sein de la socié té. est accus é de faire le jeu du socialisme . ce qui va en revanch e à l’encontre des thèses scie ntifique s actuelles. ou le « noir » serai t plu s proch e du sin ge que l’ « indo. il faut que la scienc e soi t inféodé e à cet effet. En effet. allait pouvoir êtr e exploi té tout différemm nt pa r des penseur s nationalis tes pui s par les théoricien s nazis. En 1879 Jules Guesd e répondi t aux théorie s de Haeckel. et qu’à l’intérieur de cet te pré tendu e « rac e » blanche . En étenda nt aux homme s la théori e de la concurrenc e et de l’élimination des inap tes que celui-ci obse rve dan s la nature . Haec kel est à l’image de la class e domina nt e qu’il représe nt e : il est « révolutionnair e » aux yeux du clergé dont il argumente avec Darwin le refus du créationnisme. la bourgeoisi e européenne . indiqua nt qu e le « noir » serait plu s proch e du sin ge qu e l’indo-europée n. Pou r Haec kel. Haec kel va fonde r le laboratoire d’idées de toute doctrin e biol ogiqu e du nazisme . dont les théorie s ulcèrent les conse rvateur s monarchistes et catholique s à travers l’Europe. e Haec kel adap te Darwin san s l’avoir réelleme nt compris. Pou r autant ce mat érialisme vulgair e n’est pas dialectique . certes. ce qu e l’on nommer a ultérieureme nt le socia l-darwinisme. Cette thès e postul e que le développeme nt ind ividue l d’un organism e vivant se fait en rep roduisa nt les états de l’évolut ion de certain s de ses ancêtre s de manièr e ide ntique . Si dans la théori e chaqu e génér ation héri te bie n d’un certain capita l génétique . À aucu n moment ce penseu r ne va voir que sa hiérarchis ation de l’homm e en dif fére ntes « race s ». notamme nt sur le rôl e de . on le sai t aujourd’hu i. dont il tie nt à démo ntre r que le statut de pouvoir particulie r n’a aucu n fondeme nt scientifique rel atif à une pré tendu e hérédi té qui la rendrait supérieur e aux autre s homm es. Haec kel entend à l’inverse dém ntre r qu’il est o bie n pou r l’ordre socia l exis tant. et il faut désormai s trouver le fondeme nt idéol ogiqu e apte à empêche r celle qui pourr ait surveni r contre la bourgeoisie. la théorie de Haec kel affirm e que toutes les caractéristique s sont transmises de la mêm e manièr e pa r les ancêtres. les Indo. les lois fondame ntale s de l’univers suppose nt que l’on comprenn e l’organisme comm e quelqu e chos e qui s’adapte san s cesse au systèmemonde. et de la nobless e.européen ».Spinoz a défendai t lui le princip e d’un tou t systémiqu e. Dan s un mond e où Die u ne fond e plus la légitimi té de la class e dominante. comm e Darwin. Si le mond e chan ge. le scie ntifiqu e qu’il est l’observe de manièr e fixis te. Mai s la révolutio n qu’il dé fend a déj à été fai te. En fonda nt la ligu e monis te. mai s dan s lequel l’homm e n’avait pa s un e place prépondérante. Ains i nou s pouvons dir e que l’enfer est pavé de bonne s intentions .

mais aussi dan s de nombreu x coura nts politique s de gauche. ni ne développ e Darwin. Mais ses thèse s vont avoir un retentisseme nt considérabl e pa r la suite. qui résid e dan s le fait que Haeckel assimil e la bou rgeoisi e impérialis te à la somm e des ind ividu s les plu s fort s et les plu s aptes.l’évolutionn isme social . de son vivant. mai s jus te le frui t d’un proces sus scientifique d’évolut ion. Ceci permettra aux développeme nts eugénistes induits par Haec kel de trouver un éch o favorable . Le capita l transcend e toute pré tendu e compétition biologique. Le socialis te françai s montre notamme nt que le scientifique alleman d postul e pou r une évolutio n au sei n de la socié té d’après Da rwi n. Cette renommé e. De plus. Jules Guesd e répon d avec une ironi e et une logique implacabl e qui dévoil e la nature de class e de la position de Haec kel : il mo ntre que l’app ort de Darwi n. à l’analyse des sociétés hu maines. Dan s so n ouvra ge intitulé La filiation de l’homm e. non seuleme nt che z les nazi s ou che z les fascis tes. était égaleme nt à ce titre un gran d vulgarisat eur. Il démoli t l’imposture de l’extension de la théori e de l’évolution à la socié té capitalis te. Haec kel finir a pan germanis te et dé fendr a la guerr e mondial e impérialiste. Da rwi n affirm e que l’homm e établi t une ruptur e dan s le proces sus de lut te pou r la survie fondée sur l’élimination des plu s faible s. ce qu i signifierait qu’il exis te une lut te général e pou r l’existence au sei n de la socié té. dessin ateur de tale nt. qui réfute le cré ationnism e et don c la légitim ation divin e du pouvoir de quelque s homme s sur tous les autres . Da rwi n replac e l’homm e dan s le contexte animal : l’homm e n’est don c plu s le ce ntre de l’univers. Da rwin indiqu e : « Nous autre s . cet te réput ation de « sérieu x ». car la civilis ation perme t jus teme nt de lut ter contre cette tendanc e naturelle à l’œuvre au sei n de la nature. à savoir que Haec kel ne vulgarise. vont êtr e trè s importa ntes. elles vont permettre de cache r la réali té. fait parti e des fondeme nts scie ntifique s de la critiqu e de l’ordre capitaliste. notamme nt parc e qu e Haec kel a co ntribu é à l’avancée scie ntifiqu e dan s certains domaine s de la biol ogie. Le marxism e en effet prouve que la transmissio n de la domin atio n ne repos e pa s sur un e hérédi té biologique mai s sociale . co ntraireme nt aux autres racialis tes connu s tels que Vacher de Lapou ge. Haec kel. alor s que ce dernie r postul e pou r un évolutionnism e au sei n de la nature. De plu s le socialis te françai s soulign e que le scie ntifiqu e allemand ne retie nt qu e le principe da rwinie n de lut te pou r la survie des faible s contre les forts . Cha rles Darwin s’est oppos é avec vigueu r à l’app lication brutale de la sélectio n naturelle qu’il a développé e dans sa thèse. en terme s de rac e et à l’intérieur mêm e de la race blanche. et donc conn u bie n au-delà du mond e scientifique. Pourta nt. C’est la possessio n du capita l et sa transmissio n de génér atio n en génération qui cré e les fort s et les faible s et non pas des carac tère s génétiques. mai s le trahi t sur la question de l’app lication de ses théorie s à l’analyse des socié tés hu maines. qui ne serai t pas une lut te des classes mai s un e lut te biologique.

les malade s. l’homm e s’affranchit de sa conditio n naturelle . La sélectio n naturelle n’est pa s à l’œuvre au sei n de la société. l’éducation. les estropié s. et la religio n. mai s qu’au traver s de la civilis ation qu i est fondé e sur la raison. que ce soi t des asiles pour les idiots . et nos médecin s déploie nt toute amabili té pou r conse rver la vie de chacu n jusqu’au dernie r mome nt. . l’entendeme nt.homme s civilisés faisons tout notr e possibl e pou r mettr e un frein au processus de l’élimination . la loi morale. par la gestio n des lois sur les pauvre s . » Darwin adme t don c que son hypothès e de la sélection naturell e existe réelleme nt au sei n de la natur e.