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Topo Novarina « J’ai toujours pratiqué la littérature non comme un exercice intelligent mais comme une cure d’idiotie

. Je m’y livre laborieusement, méthodiquement, quotidiennement, comme à une science d’ignorance : descendre, faire le vide, chercher à en savoir tous les jours un peu moins que les machines. Dessiner par accès, chanter par poussée, écrire dans le temps, pratiquer le dessin comme une écriture publique, peindre sans fin, chanter des hiéroglyphes, des figures humaines réduites à quelques syllabes et traits, dresser la liste de tous les noms, parler latin, appeler 2587 personnages parlants, traverser toutes les formes. (…) Je quitte ma langue, je passe aux actes, je chante tout, j’émets sans cesse des figures humaines, je dessine le temps, je chante en silence, je danse sans bouger, je ne sais pas où je vais, mais j’y vais très méthodiquement, très calmement : pas du tout en théoricien éclairé mais en écrivain pratiquant, en m’appuyant sur une méthode, un acquis moral, un endurcissement, en partant des exercices et non de la technique ou des procédés, en menant les exercices jusqu’à l’épuisement : crises organisées, dépenses calculées, peinture dans le temps, écriture sans fin ; tout ça, toutes ces épreuves, pour m’épuiser, pour me tuer, pour mettre au travail autre chose que moi, pour aller au-delà de mes propres forces, au-delà de mon souffle , jusqu’à ce que la chose parte toute seule, sans intention, continue toute seule, jusqu’à ce que ce ne soit plus moi qui dessine, écrive, parle, peigne. (…) Je n’ai jamais supporté l’idée que quelqu’un fasse quelque chose. Mes livres, j’ai mis chaque fois cinq ans à les faire, des milliers d’heures, de corrections maniaques ; mais ils se sont faits tout seuls. Je n’ai jamais écrit aucun de mes livres. » Valère Novarina, Pendant la matière, p.163.

Valère Novarina passe son enfance et son adolescence au bord du lac Léman et dans la montagne. A Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre Roger Blin, Marcel Maréchal, Jean-Noël Vuarnet, veut devenir acteur mais y renonce rapidement. Il écrit tous les jours depuis 1958 mais ne publie qu’à partir de 1978. Une activité graphique, puis picturale se développe peu à peu en marge des travaux d’écritures : dessins des personnages, puis peintures des décors lorsqu’il commence, à partir de 1986, à mettre en scène certains de ses livres. On distinguera, dans sa bibliographie, les œuvres directement théâtrales : L’Atelier volant, Vous qui habitez le temps, L’Opérette imaginaire, L’Acte inconnu – et le « théâtre utopique », romans sur-dialogués, monologues à plusieurs voix, poésies en actes : Le Drame de la vie, Le Discours aux animaux, La Chair de l’homme – et enfin, les œuvres « théoriques », qui explorent le corps de l’acteur où l’espace et la parole se croisent dans le foyer respiratoire :

puis étudie la philosophie et la philologie à la Sorbonne. En 1974. 2002 . Il a mis en scène plusieurs de ses pièces : Le Drame de la vie.Pour Louis de Funès. Insaisissable et agissant. La Scène. L'Acte inconnu et Le Vrai sang. une libre adaptation des deux Henry IV de William Shakespeare. Pendant la matière. Il passe son enfance et son adolescence à Thonon-les-Bains. L’Envers de l’esprit. réalisés par Jean-Luc Godard. Devant la parole. Au cinéma. il réalise Falstafe. Valère Novarina est le fils de l'architecte Maurice Novarina (1907–2002) et de la comédienne Manon Trolliet. La Chair de l'homme. ville du Chablais savoyard. Film sur Novarina • Ce dont on ne peut parler. L'Atelier volant est mise en scène par Jean-Pierre Sarrazac. Je suis. Il a réalisé deux émissions pour l'Atelier de création radiophonique sur France Culture : Le Théâtre des oreilles (1980) et Les Cymbales de l'homme en bois du limonaire retentissent (1994). trois films ont utilisé des extraits de ses textes : Zanzibar. L'Origine rouge. Le Jardin de reconnaissance. le langage y apparaît comme une figure de la matière. Valère Novarina est également dessinateur et peintre1. En 1976. pour La Criée théâtre national de Marseille. sa première pièce. Soigne ta droite et Nouvelle vague. c’est cela qu’il faut dire de Raphaël O’Byrne. réalisé par Christine Pascal. Vous qui habitez le temps.

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