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LETTRES AUX ÉTUDIANTS

par Max Heindel

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TABLE DES MATIÈRES

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BIOGRAPHIE DE MAX HEINDEL

Max Heindel, fondateur du Rosicrucian Fellowship, est né le 23 juillet 1865, près de Copenhague,
dans la famille von Grasshof qui, du vivant de Bismarck, était en relation avec la cour allemande.
Le père de Max Heindel, François- Louis von Grasshof, émigra dans sa jeunesse au Danemark, où il
épousa une jeune fille appartenant à la noblesse danoise, Anna Witthen. De cette union naquirent
trois enfants: deux fils et une fille. L'aîné était Carl-Louis von Grasshof, qui adopta plus tard le
pseudonyme de Max Heindel.

A huit ans, Max Heindel fait une chute en sautant un ruisseau, causant à sa jambe gauche une grave
blessure qui l'obligera à garder le lit pendant seize mois. En effet, les chirurgiens avaient retiré de la
blessure de nombreux débris d'os et avaient dû poser plusieurs drains pour évacuer le pus qui se
reformait sans arrêt. Pendant dix ans, Max Heindel dut marcher avec une chaussure spéciale, jusqu'à
ce que sa jambe fût suffisamment forte, mais une plaie ne se refermait pas et un pansement devait
être refait jour et nuit. C'est seulement une trentaine d'années plus tard, à la fin des six premiers
mois d'alimentation végétarienne que la plaie s'est complètement cicatrisée.

A l'âge de seize ans, Max Heindel part en Angleterre, car la vie à la maison lui paraît étouffante, et
il s'engage dans les chantiers navals de Glasgow

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pour y apprendre le métier d'ingénieur. Plus tard, il s'installe à Liverpool, où il devient ingénieur en
chef d'un des grands navires de la "Cunard Line".

En 1885, il épouse Catherine Luetjens Dorothy Wallace. De ce mariage sont nés trois filles et un
fils, mais la vie conjugale étant finalement devenue, pour les deux époux, une source de
désappointements et de chagrins, a fini par un divorce, après lequel Max Heindel est parti aux Etats-
Unis pour s'y refaire une nouvelle vie.

De 1896 à 1902, Max Heindel vit à New York et y exerce la profession d'ingénieur-conseil. Ce sera
une période remplie d'épreuves. La privation, la faim seront ses compagnons quotidiens. Le mariage
qu'il avait contracté durant cette période et dont sont nés un fils et deux filles, s'est terminé en 1905
par le décès de sa femme.

Elevé dans la foi luthérienne, Max Heindel est devenu plus tard membre d'une Eglise Quaker. En
l903, nous le retrouvons à Los Angeles, où il s'intéresse aux études métaphysiques et devient
membre de la Société Théosophique, dont il sera le vice-président entre 1904 et 1905. Il y rencontre
Augusta Foss, qui l'intéresse à l'astrologie et qui devait devenir plus tard, en 1909, sa femme et sa
principale collaboratrice.

A cette époque se développait en lui un désir de plus en plus intense de connaître la cause des
souffrances physiques et morales de l'humanité et de contribuer à leur allégement. A sa grande joie,
il trouva que l'astrologie pouvait donner la clé de la nature intérieure de l'homme.

Le surmenage (Max Heindel travaillait et étudiait jusqu'à 16 et même 18 heures par jour) et les
privations provoquèrent une grave crise cardiaque en 1905 et,

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pendant sa maladie, Max Heindel allait devenir de plus en plus conscient de la nécessité, pour les
être humains, de connaître les causes de leurs souffrances. Il commença une tournée de conférences
sur le mysticisme chrétien et sur l'astrologie, qui l'amena jusqu'à Seattle, dans l'Etat de Washington.
Il était resté en relation avec une amie, Alma von Brandis, qui essayait de le persuader de se rendre
en Allemagne pour rencontrer Rudolf Steiner, mais ce n'est qu'en 1907, après une rencontre à
Dallas, que Max Heindel se laissera convaincre de faire ce voyage, Alma von Brandis allant jusqu'à
lui offrir le billet de la traversée.
C'est dans un texte intitulé "A propos de Dédicace" figurant en tête de la deuxième édition de la
"Cosmogonie", que nous trouverons les renseignements les plus précis sur ce séjour de Max
Heindel:

"Du début de novembre 1907 à fin mars 1908, l'auteur a consacré son temps à l'examen des
enseignements du Dr. Steiner, lequel était absent de Berlin pendant presque toute cette période. Au
cours du dernier d'environ six entretiens personnels avec le Dr Steiner, l'auteur a mentionné qu'il
avait commencé à écrire un ouvrage d'occultisme, sorte d'abrégé des enseignements de l'Orient et de
l'Occident.

"Le Dr Steiner recommanda alors que s'il était fait usage d'enseignements quelconques publiés par
lui, il faudrait le mentionner comme référence et source d'information. En conséquence, l'auteur a
convenu de dédier son ouvrage au Dr. Steiner.

"Au cours des mois de janvier, février et mars 1908, le Frère Aîné que l'auteur connaît et vénère
maintenant comme Instructeur est venu plusieurs fois, revêtu de son corps éthérique, et lui a donné
des éclaircissements sur divers points. En avril et mai,

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après avoir été, sans s'en rendre compte, mis à l'épreuve, l'auteur fut invité à se rendre au domaine
sur lequel se trouve le Temple de la Rose-Croix.

"C'est là qu'il a rencontré le Frère Aîné dans son corps physique et qu'il a reçu la philosophie de
grande envergure et de synthèse contenue dans le présent ouvrage, lequel, dans l'opinion de
nombreux anciens étudiants de l'occulte en Angleterre, sur le continent européen et en Amérique,
englobe tout ce qui a été enseigné publiquement ou ésotériquement par le passé, et contient en outre
beaucoup d'informations qui n'avaient jamais été publiées auparavant.

"C'est pourquoi le manuscrit inachevé mentionné au Dr Steiner a été détruit; toutefois, comme
l'enseignement ultérieur et plus complet corroborait dans les grandes lignes celui du Dr. S., il a
semblé préférable de dédier ce volume au Dr S. plutôt que de paraître un plagiaire. Mais le danger
d'une telle, conclusion était minime, car un plagiaire donne invariablement moins que l'auteur dont
il dérobe les idées; et l'on trouvera que, dans chaque cas où des ouvrages antérieurs sont comparés à
l'actuel, ce livre donnera toujours davantage d'informations.

"Cette dédicace a donc été une erreur (voici le texte de la dédicace en question: "A mon estimé ami,
Dr Rudolf Steiner, en profonde reconnaissance des précieux enseignements reçus; et à mon amie,
Dr Alma von Brandis, pour l'inestimable influence qu'elle a exercé sur ma vie et sur mon
développement spirituel".); elle a conduit bien des personnes qui n'ont jeté qu'un coup d'oeil à ce
livre à la conclusion qu'il inclut les enseignements du Dr S.; et une lecture attentive des pages 8 et 9
(du bas de la page 13 au haut de la page 15 dans la nouvelle Cosmogonie violette) montrera que
cette dédicace n'avait jamais été destinée à rendre une telle idée. L'auteur ne sait comment

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exprimer la vraie idée d'une phrase de dédicace, aussi a-t-il décidé de la retirer, avec ses excuses au
Dr S. pour tout ennui qui pourrait lui être causé par des conclusions hâtives concernant sa
participation à la "Cosmogonie des Rose-Croix".

Ce qu'était l'épreuve mentionnée dans le texte ci-dessus, Max Heindel nous le révèle en disant que,
par deux fois à un mois d'intervalle, celui qui est devenu son Instructeur lui avait assuré que l'Ordre
des Rose-Croix avait, de l'énigme de l'Univers, des solutions bien plus approfondies que tous les
enseignements publiés jusqu'ici, et qu'il les lui communiquerait volontiers, à la condition qu'il les
garde strictement pour lui.

Refus catégorique et réitéré de Max Heindel: "Si ce que vous possédez est si bon, c'est également
bon à faire connaître au monde". Mais lors du second refus, voilà que l'Instructeur le félicite d'avoir
passé cette épreuve et lui fait savoir qu'il avait été en observation pendant plusieurs années comme
un candidat éventuel pour la publication de ces enseignements, laquelle devait avoir lieu avant la fin
de décembre 1909. Il est invité à se rendre au Temple des Rose-Croix, dans un endroit proche de la
frontière de Bohême. Il y séjourne plus d'un mois, en communication directe avec les Frères de la
Rose-Croix, qui lui font part des enseignements contenus aujourd'hui dans le livre qu'il a intitulé
"Cosmogonie des Rose-Croix" (The Rosicrucian Cosmo- Conception).

Sa première rédaction de l'ouvrage n'était qu'une ébauche, aux dires de l'Instructeur, qui lui assura
que, une fois de retour aux Etats-Unis, il désirerait en remanier le texte. Max Heindel n'était pas de
cet avis, mais la prédiction se réalisa, et la nouvelle rédaction de cette oeuvre monumentale fut
commencée à New York, puis, la chaleur devenant trop insupportable,

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continuée plus au nord, à Buffalo, où le manuscrit fut achevé en septembre 1908.

Le problème qui se posait maintenant était de publier cette oeuvre et de réunir les fonds à cet effet.
En raison de la chaleur estivale, les cours et conférences de Max Heindel n'eurent pas le succès
espéré, mais il trouva plus au sud-est, à Columbus (Ohio) un meilleur terrain pour son activité, ainsi
que l'aide de Mrs Rath-Merrill et de sa fille, qui l'assistèrent pour le dessin des schémas de
l'ouvrage.

Il resta plusieurs mois dans cette ville, où ses conférences et ses cours trouvaient un écho favorable,
et c'est là qu'il fonda le premier centre rosicrucien en novembre 1908. Après chaque conférence, il
en distribuait gratuitement le texte qu'il avait polycopié lui-même. Il parcourait chaque jour des
kilomètres pour afficher des cartes aux endroits où elles pouvaient être vues par les passants; d'autre
part, il écrivait des articles pour les journaux et les remettait aux rédacteurs. Certains d'entre ces
derniers étaient très opposés à ces nouveaux enseignements, mais Max Heindel, qui était d'un abord
sympathique, parvenait généralement à se les concilier, obtenant parfois une colonne entière qui
amenait un nombreux public.

Après avoir donné à Columbus vingt conférences, il se rendit à Seattle, où il s'était fait de nombreux
amis en 1906. Un de ces amis, William M. Patterson, étant lui-même imprimeur et éditeur, put non
seulement l'aider à placer son oeuvre chez un éditeur de Chicago, mais aussi lui donner les conseils
les plus précieux pour sa publication. Dans cette ville de Seattle, Mrs Jessie Brewster et Kingsmill
Commander lui furent également des plus utiles pour la révision du manuscrit. C'est aussi là que, le
10 août 1909, sur la suggestion d'un groupe d'étudiants de ses enseignements,

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il fut décidé de fonder l'organisation appelée "The Rosicrucian Fellowship".

Accompagné par M. Patterson, Max Heindel prit le manuscrit de la "Cosmogonie" et les textes de
ses vingt conférences à Chicago, où le tout fut imprimé par la suite (les conférences sous forme de
brochures à distribuer, le volume les contenant n'ayant été publié qu'après son décès). Voici
comment il décrit son activité à Chicago: "La "Cosmogonie des Rose-Croix" a été publiée en
novembre 1909. Des amis avaient révisé le manuscrit et fait un travail admirable, mais je devait
naturellement le revoir avant de le remettre à l'imprimeur. J'ai ensuite relu et corrigé les premières
épreuves, puis les secondes une fois les corrections faites. J'ai encore relu le tout après la division en
pages, donnant des instructions aux graveurs pour les figures, puis à l'imprimeur pour leur
placement dans le livre, etc. Je me levais à six heures du matin et travaillais jusque tard dans la nuit
pendant toutes ces semaines, au milieu d'une confusion sans fin avec les gens du métier et le bruit
assourdissant de Chicago, étant souvent à la limite de mon endurance nerveuse. Je suis cependant
parvenu à garder mon équilibre et à ajouter plusieurs nouveaux points à la "Cosmogonie". Si je
n'avais pas eu l'appui des Frères Aînés, j'aurais succombé à la tâche, mais c'était leur oeuvre et ils
m'ont soutenu jusqu'à la fin."

Pendant que Max Heindel était à Chicago, la totalité de la première édition, excepté quelques
centaines d'exemplaires stockés à Seattle, avait été entreposée chez la gérante d'une maison
d'édition. Etant endettée, cette personne utilisa les exemplaires de la "Cosmogonie" pour
désintéresser (?) d'autres éditeurs qui étaient ses créanciers. Lorsque, de Seattle, on voulut plus tard
faire venir une nouvelle provision de livres, on découvrit que la première édition était épuisée, et il

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fallut en commander une nouvelle, à laquelle fut ajouté un index de soixante pages.

On pourrait penser que la perte des deux tiers des exemplaires de la "Cosmogonie" serait une
calamité pour un promoteur peu fortuné, mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, cette circonstance
se révéla providentielle, car cette gérante avait été associée pendant des années avec des
mouvements d'avant-garde tels que "Pensée Nouvelle" (New Thought), Théosophie, etc. et leur
procurait des livres provenant de grandes maisons d'édition. Elle leur avait donc suggéré en
paiement de ses dettes, d'accepter des exemplaires de la "Cosmogonie" qui, jusqu'ici, avait été
relativement peu connue. De cette manière, elle avait créé, pour cet ouvrage, une demande qui fut le
moyen de diffuser les enseignements rosicruciens dans le monde. Bref, ce fut une réelle
bénédiction.

Après avoir créé des centre du Rosicrucian Fellowship à Columbus, Seattle, Yakima (Washington)
et Portland (Oregon), Max Heindel revint à Los Angeles en novembre 1909 pour y diffuser son
message. De fin novembre 1909 à la mi-mars 1910, aidé par Augusta Foss, il donna des cours et des
conférences, ces dernières à raison de trois par semaine, faisant chaque fois salle comble avec plus
de mille auditeurs. En mars, sa santé ne lui permettant plus de continuer, il dut être hospitalisé à
nouveau pour troubles cardiaques. Pendant ce temps, Augusta Foss le remplaça pour les cours,
ayant souvent 120 élèves en astrologie.

Une fois rétabli, Max Heindel s'installa dans le quartier de Bunker Hill, proche du centre de Los
Angeles, où il rédigea un recueil des réponses aux questions posées par ses auditeurs, et les publia
sous le titre de "Questions et Réponses" (il s'agit du premier volume).

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Le 10 août 1910, à Santa Ana (entre Los Angeles et Oceanside) eut lieu le mariage de Max Heindel
et d'Augusta Foss. Le lendemain déjà, il partait en tournée de conférences dans le nord (Etats
d'Oregon et de Washington) mais dut bientôt interrompre cette activité en raison de nouveaux
troubles cardiaques. Il revint donc à Los Angeles, ou plutôt dans les environs, à Ocean Park, sur la
côte du Pacifique, où Mrs Heindel avait acquis un cottage pour le recevoir. Ils se procurèrent une
petite presse à imprimer et commencèrent, en novembre, à envoyer des leçons à leurs membres,
continuant ainsi le travail commencé à Seattle en 1909. Max Heindel prépara en même temps le
manuscrit d'une autre livre, "Les Mystères Rosicruciens", en dictant son texte à une sténographe
tandis qu'il arpentait la pièce où il se trouvait, racontait plus tard Mrs Heindel.

C'est aussi à cette époque que Max Heindel envisagea la création d'un centre de guérison, ainsi que
cela lui avait été recommandé par l'Instructeur, mais pour cela il devenait nécessaire de créer un
centre permanent. Sur ces entrefaites, William Patterson, l'ami qui avait aidé Max Heindel à publier
la "Cosmogonie" et les vingt conférences, vint avec sa femme rendre visite à Max Heindel et offrit
de l'aider à trouver un terrain et de lui avancer les fonds nécessaires. Ils se mirent donc à la
recherche d'un emplacement convenable et leur choix tomba sur un terrain d'une quinzaine
d'hectares à Westwood (à l'ouest d'Hollywood, près de l'endroit où se trouve maintenant l'université
de Los Angeles). Un acompte fut même versé, mais en raison du refus de certains membres de
signer les papiers requis, l'achat ne put se faire.

Toutefois, Mr et Mrs Heindel continuaient leurs recherches et, un dimanche matin, ils prirent des
billets pour le train allant à San Diego, en demandant

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de pouvoir s'arrêter en cours de route à San Juan Capistrano et à Oceanside, mais seul ce dernier
arrêt fut autorisé.

Voici comment Mrs Heindel nous raconte leur arrivée: "Personne en vue, excepté un petit garçon
d'une dizaine d'années, à la figure pleine de taches de rousseur, qui nous accueille avec un large
sourire en disant: "Bonjour! que cherchez-vous?" Mon mari, qui aimait beaucoup les enfants, lui a
répondu avec simplicité: "Nous voudrions acheter du terrain; peux-tu nous en vendre?" - A notre
grande surprise, il s'est vu répondre: "Non, pas moi, mais voici l'homme qui en vend", tandis que le
garçon pointait son doigt en direction d'un homme grisonnant qui se dirigeait vers eux à travers un
terrain vague.

"Nous avons alors appris de Mr Chauncey Hayes qu'il était le seul agent immobilier de ce petit
village et que nous avions eu de la chance de le rencontrer, car il était sur le point de s'absenter pour
plusieurs semaines. En apprenant ce que nous désirions, il appela un homme qui se trouvait à la
porte d'une écurie de louage et lui demanda de nous conduire au "terrain du réservoir". L'homme
revint bientôt avec un surrey à deux places, attelé de deux chevaux fringants. Environ vingt minutes
plus tard, nous étions sur le bord d'une colline.

"La vue sur la vallée de San Luis Rey était merveilleuse. Nous étions sur un plateau d'une quinzaine
d'hectares, à la végétation désertique d'armoises et de sauges ligneuses, sans aucune trace de
verdure. Au nord, on apercevait le sommet de deux réservoirs assez disgracieux qui alimentaient
Oceanside en eau. Malgré l'état du terrain lui-même, la vue au loin, soit sur les montagnes du nord-
est ou sur l'océan au sud-ouest, était réellement de toute beauté.

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Max Heindel, auquel notre futur Siège avait été montré dans une vision, s'est aussitôt exclamé: "Oh!
c'est ici, c'est ici l'endroit!"

C'est ainsi que fut acquis le site du Siège mondial du Rosicrucian Fellowship. Le premier paiement
de mille dollars fut versé par William Patterson, alors que les 4000 dollars restants devaient faire
l'objet d'acomptes annuels.
Le 28 octobre eut lieu la cérémonie du début des travaux de construction, dont nos lecteurs
trouveront le détail dans ce même volume (Lettre NO 12).

Après la fondation du Siège Directeur Mr et Mrs Heindel, avec quelques aides dévoués, entreprirent
la tâche de transformer ce lieu aride en un beau parc verdoyant et de diffuser les enseignements de
la Sagesse Occidentale au moyen de lettres et leçons mensuelles, de livres, d'un périodique et de
textes à distribuer.

Le travail de pionnier n'est jamais facile, et celui entrepris par Max Heindel ne faisait pas exception.
Mais grâce à ses efforts surhumains et à l'aide de sa fidèle épouse et de collaborateurs dévoués, cet
homme est parvenu, en peu d'années, à créer un centre spirituel d'où devront rayonner durant des
siècles les enseignements du Nouvel âge du Verseau.

Tel que nous le décrivent les premiers numéros des "Echos de Mount Ecclesia" (devenus plus tard
le Magazine des "Rays from the Rose-Cross") et selon ceux qui ont eu le privilège de le connaître,
Max Heindel ne négligeait aucun devoir de nature à réaliser le but qu'il s'était fixé. Il travaillait sans
répit à la construction de nouveaux bâtiments, à installer l'électricité produite par un générateur qu'il
s'était procuré, à creuser un puits pour trouver de l'eau au bas du terrain et à la faire monter à l'aide
d'une pompe à

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moteur jusqu'à un réservoir, l'eau de la ville ayant tari à cette altitude. Grâce à ses efforts, il y avait,
à la fin de 1918, outre les deux bâtiments primitifs, une chapelle où de brefs services étaient
célébrés chaque jour, une "Cafétéria" (réfectoire à self-service) pour le personnel et les visiteurs, un
bâtiment administratif avec imprimerie, atelier de reliure et bureaux, ainsi que des cottages pour
loger les collaborateurs. Une longue allée, aux gracieuses courbes, bordée de part et d'autre par des
palmiers, avait été créée, et ces palmiers sont aujourd'hui superbes à voir, de même d'ailleurs que
tout le reste du domaine, avec ses eucalyptus, ses poivriers du Pérou, ses arbustes et ses fleurs.

Pendant toutes ces années, Max Heindel était naturellement aussi très occupé à écrire des lettres et
des leçons mensuelles pour ses étudiants, à rédiger des articles pour le "Magazine", à donner des
cours de philosophie et d'astrologie. En novembre 1918, peu avant son décès, une de ses lettres aux
étudiants nous apprend encore la publication de 60 éphémérides astrologiques, à partir de l'année
1860, dont les calculs ont pris une année d'efforts acharnés; d'une Table des Maisons et, avec la
collaboration de Mrs Heindel, du volume "Le Message des Astres", complétant l' "Astrologie
Scientifique Simplifiée", un ouvrage écrit en 1909 et complété plus tard par un "Vocabulaire
astrologique philosophique".

Ceux d'entre ses livres qui n'ont pas été mentionnés dans cette biographie ont été publiés après son
décès et se composent en grande partie de ses leçons mensuelles aux étudiants, ainsi que d'autres
écrits parus dans les "Rays", etc.

Pendant les huit années qui ont suivi la création du Siège de Mount Ecclesia en 1911, le surmenage
constant

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de Max Heindel devait inévitablement user son corps physique. Ayant souffert pendant des années
de troubles circulatoires et cardiaques, il savait sans doute que son temps était limité et que l'heure
de continuer son oeuvre de l'autre côté allait bientôt sonner.
Le lundi 6 janvier 1919, à 20 heures 25, ce fidèle messager des Frères de la Rose-Croix a été
rappelé dans le monde invisible. Au matin de cette journée, il semblait encore plus gai qu'à
l'ordinaire, mais dans la soirée, alors qu'il parlait à Mrs Heindel d'une lettre qu'il avait écrite, il
s'affaissa lentement sur le sol en lui disant encore "All is well, dear" (Tout est bien, chérie).

Nous ne saurions mieux faire, en conclusion de ces lignes, que de citer le témoignage de Mrs
Corinne Heline, qui a eu le privilège de collaborer avec lui pendant cinq ans: "Je crois que Max
Heindel a été l'exemple le plus parfait que j'aie connu de l'équilibre entre le côté mystique et le côté
pratique de la vie. Il était simple et humble, avec le don d'accomplir avec grâce et joie les besognes
les plus ordinaires. En cas de nécessité, il descendait à l'étable et trayait la vache, ou bien il
recueillait un essaim d'abeilles. Il grimpait sur un poteau pour réparer un câble électrique, il plantait
des arbres, sarclait le jardin potager, récoltait des légumes. Tout cela, il le faisait avec le même
sérieux et le même enthousiasme que pour se rendre au bureau, à la salle de cours ou à l'auditoire
pour faire partager ses connaissances et sa sagesse.".

TABLE DES MATIÈRES

Biographie de Max Heindel................................... 9


Préface..................................................... 27

Lettre NO

1 L'idéal de l'amitié................................ 29
2 Croître spirituellement par l'action.................... 31
3 Service désintéressé à autrui.......................... 33
4 Un appel en faveur de l'Eglise.......................... 35
5 Importance des sentiments élevés........................ 37
6 La guérison des malades................................. 39
7 Le baptême d'eau et d'esprit............................ 43
8 Gouverner nos astres.................................... 45
9 Les gardiens invisibles de l'humanité................... 47
10 Nourriture carnée et alcool............................. 50
11 Préparatifs en vue de notre installation à Mount Ecclesia............ 52
12 Cérémonie du début des travaux des construction à Mount Ecclesia..... 54
13 Pureté de la procréation, un idéal pour l'Occident...... 57
14 Le futur âge de l'air................................... 59
15 Le rôle des boissons alcooliques dans l'évoulution...... 62
16 Nécessité de la dévotion................................ 65
17 Les retardataires de l'évolution........................ 68
18 La note dominante des enseignements rosicruciens........ 71
19 Le caractère sacré des expériences spirituelles......... 74
20 Initiative et liberté individuelle...................... 77
21 L'esprit du Christ et la Panacée spirituelle............ 80

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22 Le pain et le vin mystiques............................. 82
23 Les courbes descendantes et ascendantes de l'évolution.. 84
24 La Fraternité rosicrucienne, un centre spirituel........ 87
25 Le message mystique de Noël............................. 91
26 Servons notre prochain durant la nouvelle année........ 94
27 Siegfried, le chercheur de vérité....................... 96
28 Constitution de la Fraternité Rosicrucienne en société.. 100
29 Franc-Maçonnerie et Catholicisme........................ 102
30 Le rôle du mal dans le monde............................ 103
31 La seconde venue du Christ.............................. 106
32 Le corps vital de Jésus................................. 109
33 Tirons parti de nos occasions favorables................ 112
34 Aspirons à la pureté.................................... 115
35 Le mythe de Faust et la légende maçonnique.............. 117
36 Méthodes orientales et occidentales de développement.... 119
37 La raison du grand nombre de religions différentes...... 122
38 Ce que l'élève peut attendre de l'instructeur........... 124
39 Où chercher la vérité et comment la reconnaître?........ 127
40 Pourquoi le chercheur de vérité doit vivre dans le monde 130
41 Comment distinguer la vérité de son imitation........... 133
42 Nos responsabilités de propagateurs de la vérité........ 136
43 Le suffrage féminin et l'égalité morale................. 138
44 Le vice d'égoïsme et le pouvoir de l'amour.............. 140
45 On n'arrive pas à l'initiation par des exercices respiratoires................... 142
46 La guerre mondiale et la mortalité infantile............ 145
47 Les aides invisibles et leur activité sur le champ de bataille................. 148
48 La guerre mondiale et la Fraternité universelle......... 151
49 Le désir, une arme à double tranchant................... 154
50 Prospérité spirituelle dans la nouvelle année........... 156
51 Amour, sagesse et connaissance.......................... 159
52 Concentrons-nous sur le travail rosicrucien............. 162
53 La signification cosmique de Pâques..................... 165

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54 Le gaspillage résultant d'efforts dispersés............. 167


55 L'épigénèse et notre destinée future.................... 170
56 La nécessité de diffuser nos enseignements.............. 173
57 L'astrologie, une aide pour les malades................. 176
58 Moyens anormaux de développement........................ 179
59 Les Esprits de race et la nouvelle race................. 182
60 La guerre, un remède à la cataracte spirituelle......... 185
61 Les phases cycliques du soleil.......................... 188
62 La dette de gratitude de l'Instructeur.................. 191
63 Les vrais et les faux instructeurs spirituels........... 193
64 La bataille qui fait rage à l'intérieur................. 196
65 Pâques, une promesse de renouvellement de vie........... 199
66 Cultivons quotidiennement notre âme..................... 201
67 Les véritables héros du monde........................... 204
68 Le travail des Esprits de race.......................... 206
69 Les luttes de l'âme qui aspire.......................... 208
70 Préparons nos vies futures.............................. 211
71 La descente automnale de l'Esprit du Christ............. 214
72 La raison des épreuves qui assaillent les aspirants..... 217
73 Faisons notre "inventaire spirituel" pendant la saison sainte............ 220
74 Tout développement occulte commence par le corps vital...................... 223
75 Servir là où on fait le mieux l'affaire................. 226
76 "Ames perdues" et retardataires......................... 229
77 L'inutile peur de la mort............................... 230
78 Développement du coeur et initiation.................... 233
79 Les sacrifices, facteur de progrès spirituel............ 236
80 Adapter les enseignements à la compréhension de chacun............... 239
81 Le profit qu'on peut retirer d'anciennes leçons......... 242
82 Un organe insoumis qui doit être dompté................. 244
83 Un tribunal intérieur de la vérité...................... 247
84 L'épigénèse et la loi de cause à effet.................. 250
85 Les douleurs d'aujourd'hui et la paix à venir........... 253
86 Dieu, source et but de l'existence...................... 255
87 La nécessité de faire usage de nos talents.............. 258

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88 Tout travail est noble.................................. 261


89 L'Age du Verseau et la nouvelle alliance................ 264
90 Nourriture carnée et port de fourrures.................. 267
91 Tolérance pour les opinions d'autrui.................... 269
92 Le but de la guerre et notre attitude à son sujet....... 271
93 Notre pouvoir intérieur et la responsabilité qui en découle........... 273
94 La grande valeur de l'équilibre dans les moments de crise...................... 276
95 L'attitude optimiste et la foi dans le bien final........ 279
96 Voulez-vous nous rendre service?........................ 281
97 Comment prolonger la vie de l'archétype................. 284
98 La loi du succès en matière spirituelle................. 286
The Rosicrucian Fellowship............................. 289

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PRÉFACE

Pendant huit ans, Max Heindel a envoyé mensuellement aux étudiants de la Philosophie
Rosicrucienne des lettres donnant beaucoup de précieux enseignements sur les causes de
nombreuses difficultés de la vie quotidienne, ainsi que sur les solutions aux problèmes qui peuvent
se poser aussi bien aux individus qu'aux nations. Ces lettres, au nombre de 98, ont été envoyées
entre Noël 1910 et janvier 1919.

En sa qualité de messager des Frères Aînés de l'Ordre de la Rose-Croix, Max Heindel a


continuellement reçu et transmis à ses étudiants des informations de nature occulte sur l'évolution
passée, présente et future de la vie et de la forme, que ses facultés lui permettaient de vérifier et de
compléter. Dans ses "Lettres aux Etudiants", on trouvera de nombreuses notions sur la philosophie
rosicrucienne, avec un grand nombre de conseils pratiques et utiles pour s'efforcer de vivre en
chrétien mystique.

Dans certaines lettres, il est fait mention de la leçon qui les accompagnait. Depuis lors, ces leçons
ont été réunies en volumes et sont devenues les chapitres d'ouvrages tels que: "La Trame de la
Destinée, nouée et dénouée", "Les Mystères des Grands Opéras", "Glanes d'un Mystique",
"Enseignements d'un Initié", "Origines de la Franc-Maçonnerie et du Catholicisme", "Les Grandes
Forces de la Nature", etc. Chaque fois qu'il est fait mention d'une de ces leçons dans le texte des
lettres, nous avons pris soin d'indiquer dans quel

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ouvrage on pourra la retrouver; ainsi le lecteur aura la possibilité de lire d'abord la leçon, s'il désire
retirer un plus grand profit du commentaire qu'en fait la lettre. Grâce à ces renvois, le présent
recueil devient un guide des plus utiles pour l'étude des ouvrages ci-dessus, que les lettres 74 et 81
nous suggèrent de relire de temps à autre.

En publiant ces lettres, nous avons le sentiment d'offrir à nos étudiants, ainsi qu'à tout aspirant, un
ouvrage de grande valeur, dans lequel ils pourront trouver aide et assistance pour leur progrès sur le
Sentier.

Il peut être utile de préciser que toutes ces lettres commençaient par les mots "Dear Friend" qui
signifie à la fois "Cher Ami" et "Chère amie". Ces mots reviennent aussi parfois dans le texte des
lettres, et ont été rendus, pour ne pas alourdir, par le pluriel "chers amis". La formule de salutations
était "Yours in Fellowship", soit à peu près "Bien à vous, en communion d'esprit" (nous dirions
"Votre fraternellement dévoué"). Enfin, il faut noter que le mot anglais "student", que nous avons
rendu par "étudiant" convient mieux à des adultes que le mot "pupil" (élève) et qu'il est utilisé ici
dans le sens de "personne qui étudie".

NB: partout où il est écrit "croissance spirituelle", il s'agit de la "croissance de l'âme", "soul
growth", dans le texte anglais: le "produit spiritualisé du corps triple" (voir index "Cosmogonie").

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LETTRE NO 1

Noël 1910

L'IDÉAL DE L'AMITIÉ

Dans un mouvement religieux, il est d'usage de s'adresser l'un à l'autre comme "frère" ou "soeur",
reconnaissant ainsi que nous sommes tous des enfants de Dieu, notre commun Père. Cependant,
l'harmonie en règne pas toujours entre frères et soeurs; il arrive même qu'ils s'égarent au point de se
haïr mutuellement, alors que les amis ne peuvent être unis que par de bons sentiments.

C'est pour cette raison même que le Christ, notre grand et glorieux idéal, a dit à ses disciples: "Dès
lors, je ne vous appelle pas des serviteurs...mais des amis" (Jean 15:15) et nous ne saurions mieux
faire, en cela comme en d'autres occasions, que de suivre son exemple. Donc, au lieu de nous
contenter de relations fraternelles, efforçons-nous d'être des amis dans le sens le plus saint et le plus
intime du terme.

Les Frères Aînés, dont les admirables enseignements nous ont rapprochés sur le Sentier, honorent
leurs disciples de la même façon que le Christ honorait ses apôtres, en leur donnant le nom d'
"amis". Si vous persévérez dans la voie que vous avez choisie, vous serez un jour en leur présence
et vous entendrez ce mot prononcé sur un ton si aimable, si tendre et si doux, qu'il est impossible de
le décrire ou de se l'imaginer. Dès cet instant, il n'est pas de tâches que vous n'accompliriez pour
mériter cette amitié.

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Votre seul désir, votre seule aspiration, sera de les servir, et aucune distinction terrestre ne vous
paraîtra digne d'être comparée à cette amitié.

Sur mes épaules indignes repose le grand privilège de transmettre les enseignements des Frères
Aînés, aussi bien au grand public qu'aux étudiants, candidats et disciples du Rosicrucian
Fellowship. Vous avez demandé à être inscrit sur ma liste de correspondants, et je suis heureux de
vous tendre une main fraternelle, en vous accueillant sous le nom d'ami . J'apprécie la confiance que
vous me témoignez, et je vous assure que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour mériter votre
confiance. J'espère que vous voudrez aussi m'aider dans la tâche que je remplis pour vous et pour
d'autres, par un jugement charitable de toute insuffisance que vous découvrirez en moi ou en mes
écrits. Nul n'a autant besoin des prières d'autrui que celui qui doit jouer le rôle d'un conducteur.

Veuillez vous souvenir de moi dans vos dévotions et recevoir l'assurance que vous aurez votre place
dans les miennes.

Je joins votre première leçon (devenue le premier chapitre de "Interprétation mystique de Noël"
dans l'ouvrage "Les Grandes Forces de la Nature", tome 2 de "Enseignements d'un Initié") en
espérant que cette lettre permettra d'établir nos relations sur une base de sincère amitié.

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LETTRE NO 2

Février 1911

CROÎTRE SPIRITUELLEMENT PAR L'ACTION

J'espère que vous avez bien étudié la leçon de Noël et que vous êtes pleinement familiarisés avec le
phénomène du flux et du reflux spirituels dans l'univers. Cela vous permettra de fournir une raison
de votre foi dans la "Sainte Nuit". Dans la leçon de ce mois-ci (devenue le chapitre 8 des "Glanes
d'un Mystique") un développement de cette idée conduit à une nouvelle conclusion, jusqu'ici non
enseignée publiquement. Cette petite leçon renferme encore d'autres enseignements qui jettent une
lumière nouvelle sur le Mystère de la Naissance immaculée, et j'espère que vous l'étudierez
diligemment au cours du mois qui vient, de façon à vous rendre pleinement compte de la
transcendante beauté des sublimes enseignements rosicruciens sur ce sujet.

Mais, après tout, le fait d'avoir étudié la leçon de Noël et de pouvoir discuter du flux et du reflux
spirituels, ou d'être capables d'expliquer, à la fin du mois, le mystère de l'Immaculée Conception,
est secondaire en regard de l'importance de ce que vous pourrez répondre à la question suivante:
Avez-vous saisi l'occasion de la marée spirituelle de Noël pour partir à la recherche d'un
malheureux ayant besoin de votre aide, comme il était suggéré dans le dernier alinéa de la leçon?
Avez-vous appliqué à la vie pratique l'enseignement de cette leçon? Je l'espère, car c'est seulement
par leur

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application dans notre cercle immédiat d'influence que ces leçons produiront des fruits sous forme
de croissance de l'âme. Vous pouvez les lire et les relire à en avoir une indigestion mentale, mais les
actions parlent plus fort que les mots. Il existe d'ailleurs un lieu mal famé dont on dit que son
chemin est pavé de bonnes intentions. Aussi, chers amis, permettez-moi d'insister auprès de vous
sur la nécessité d'agir! agir! et encore agir!

Souvent nous voyons chez nous, au bureau, à l'atelier ou ailleurs, une certaine chose qui devrait être
faite, mais l'attitude habituelle est de se dérober, en disant: "Pourquoi devrais-je le faire? A un autre
de s'en occuper!" Nous devrions raisonner différemment et ne pas chercher à en faire le moins
possible, car ainsi nous ne nous préparerions pas à devenir des Aides Invisibles. En voyant qu'une
tâche devrait être accomplie, il faudrait se dire: "Quelqu'un devrait faire cela: pourquoi pas moi ?"

Durant le mois qui vient, chers amis, prenons comme exercice spirituel de conformer notre conduite
au précepte: "Pourquoi pas moi?" et, en le faisant avec constance, les bénédictions que nous en
retirerons dépasseront celles dont nos obligés auront bénéficié de notre part.

Puisse Dieu vous bénir abondamment et vous fortifier dans vos efforts

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LETTRE NO 3

Mars 1911

SERVICE DÉSINTÉRESSÉ À AUTRUI

Vous avez sans doute étudié, jusqu'à un certain point, les enseignements provenant de l'Ordre des
Rose-Croix et, lorsque je m'adresse à vous, ce n'est pas comme si je parlais à des personnes non
familiarisées avec nos idées, ou peut-être sceptiques au sujet de l'existence d'un tel Ordre. Au cours
des deux dernières années, ces enseignements se sont propagés dans le Monde Occidental à la
vitesse d'un feu de brousse, et ceci montre qu'il y a, derrière eux, un pouvoir extra-humain. Vous
vous en rendrez probablement mieux compte encore en lisant la leçon de ce mois-ci (devenue le
premier chapitre des "Mystères Rosicruciens") qui traite de cet Ordre mystérieux, en montrant sa
relation avec The Rosicrucian Fellowship.

Avez-vous déjà réfléchi, chers amis, à ce qui vous lie au Rosicrucian Fellowship? Vous savez qu'il
n'y a pas de liens extérieurs, pas de serments de fidélité, et qu'on ne vous a confié aucun secret. En
quoi donc consiste The Rosicrucian Fellowship?

Cela ne peut être son enseignement, car il est accessible au monde entier, et beaucoup de personnes
l'acceptent sans demander leur affiliation. Ce n'est pas non plus, d'ailleurs, cette affiliation qui crée
le lien intérieur, car il en est beaucoup qui étudient pour leur intérêt propre , sans avoir aucune
fraternité avec le reste d'entre nous. C'est bien plutôt le service que nous

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accomplissons et la ferveur avec laquelle nous mettons en pratique les enseignements; c'est la façon
dont nous devenons de vivants exemples de cet amour fraternel dont le Christ disait qu'il
représentait l'accomplissement de tous les commandements.
Le mois dernier, nous avions pris pour mot d'ordre la pensée que, si un certain travail semblant ne
revenir à personne en particulier devait être accompli, nous dirions "Pourquoi pas moi?" au lieu de
laisser un autre s'en occuper...ou le négliger. Je compte bien que vous avez souvent rendu ce genre
de service désintéressé, resserrant ainsi nos liens fraternels.

Au cours du mois qui vient, j'aimerais vous demander de consacrer vos pensées et vos efforts à la
diffusion des enseignements du Rosicrucian Fellowship. N'essayez pas de convaincre quiconque
contre sa volonté ou de faire du prosélytisme, mais essayez de trouver, d'une manière discrète, ce
qui préoccupe telle ou telle personne au point de vue spirituel, puis tâchez de lui venir en aide avec
nos enseignements. Nous vous laissons cependant juges de l'opportunité de lui dire, ou non, d'où
vous tenez ces enseignements. Le principal est de les diffuser, et non de faire de la propagande pour
The Rosicrucian Fellowship.

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LETTRE NO 4

Avril 1911

UN APPEL EN FAVEUR DE L'ÉGLISE

Le mois dernier, je vous avais promis de continuer à traiter le sujet de l'Ordre des Rose-Croix et de
sa relation avec The Rosicrucian Fellowship, mais j'oubliais que nous approchions de Pâques et
qu'il faudrait donner la priorité à ce sujet. J'espère que vous serez d'accord sur ce point, du moment
que nous vivons dans un pays chrétien et que nous sommes chrétiens de coeur - du moins je
l'espère. De fait, chers amis, ce que je voudrais publier ce mois-ci est réellement un appel en faveur
de l'Eglise , et c'est pourquoi notre leçon de ce mois (devenue le chapitre 20 des "Glanes d'un
Mystiques") se termine par le poème "Credo ou Christ ?" (que nos lecteurs trouveront en tête de la
"Cosmogonie").

Nous sommes tous des Christs en devenir, l'amour spirituel se développe en nous tous, aussi
pourquoi ne serions-nous pas membres de l'une ou l'autre des Eglises chrétiennes qui chérissent
l'idéal du Christ? Certains des meilleurs collaborateurs du Rosicrucian Fellowship sont membres, et
même ministres, d'une Eglise. Beaucoup de personnes ont faim et soif des enseignements dont se
nourrissent nos âmes, et nous ne pouvons les partager en demeurant à part; en outre, cela nous fait
négliger une excellente occasion d'aider à élever le niveau de l'Eglise.

Bien entendu, chacun est entièrement libre de ses décisions. On ne vous

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demande pas de devenir membre d'une Eglise, ni même de prendre part à ses services, mais si vous
y allez dans l'idée de vous rendre utiles, je puis vous promettre que vous ferez l'expérience d'une
merveilleuse croissance de l'âme en un temps très court. Les grands Anges de Justice, qui donnent à
chaque nation la religion convenant le mieux à ses besoins, nous ont placés dans un pays chrétien
parce que la religion du Christ est de nature à favoriser notre croissance spirituelle. Même si elle a
été obscurcie par des divisions et par le dogmatisme, cela ne devrait pas nous empêcher d'accepter
ceux de ses enseignements qui sont bons, car ce serait aussi stupide que de concentrer notre
attention sur les taches du soleil en refusant de voir sa glorieuse lumière.
Veuillez, chers amis, réfléchir à cette question et, pour le mois qui vient, prendre pour mot d'ordre
"Plus grande utilité", afin de faire de grands progrès en essayant de tirer parti des occasions qui
s'offrent à vous.

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LETTRE NO 5

Mai 1911

IMPORTANCE DES SENTIMENTS ÉLEVÉS

J'espère que vous avez pris plaisir à la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 20 des "Glanes
d'un Mystique"). Vous serez peut-être surpris d'apprendre que je m'y suis moi-même complu, car
elle a puissamment éveillé mes sentiments de dévotion, à la pensée que la Vie divine se déverse
périodiquement pour nous, afin que nous puissions vivre avec une plénitude plus grande. Sans cet
influx annuel de la Vie de Dieu, toute vie terrestre, ou plutôt toute forme, cesserait d'exister. C'est
en ressentant les émotions supérieures que nous nous élevons le plus aisément. Il est bon d'étudier et
de développer notre mental, mais à notre époque nous courons le grand danger de nous égarer dans
les dédales de l'intellectualité. Paul a vu juste lorsqu'il disait: "la connaissance enfle, mais l'amour
édifie" (I Corinthiens 8:1). Nous désirons tous savoir , ce qui est bien naturel, mais à moins que nos
connaissances ne nous améliorent, ne fassent de nous de meilleurs serviteurs de notre, prochain,
elles ne nous rendront pas plus grands devant Dieu. C'est pour cela que cultiver des sentiments
élevés a une énorme importance, et j'espère sincèrement que vous avez ressenti la leçon de Pâques,
car c'est la seule façon d'en bénéficier pleinement.

Imaginez-vous cette grande vague d'énergie divine, émise par le Soleil invisible qui est la
manifestation du Père. Essayez d'éprouver le sentiment de

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révérence que vous ressentiriez si vous pouviez voir cette force, comme le fait un clairvoyant
développé. Suivez-la en imagination, atteignant la Terre en la Nuit Sainte de Noël. Laissez-vous
pénétrer par le sentiment de cette vague inondant notre globe et produisant une germination dans
tous les règnes. Le Christ s'est servi de l'exemple d'une poule couvant ses poussins pour décrire ses
sentiments à l'égard des autres êtres, et si vous essayez de ressentir les forces germinatives à
l'oeuvre dans toute la nature comme l'indique notre leçon de Pâques, vous saisirez un aspect de cette
influence qui pourrait vous avoir échappé.

J'espère que vous utiliserez longtemps cette leçon comme sujet de méditation; en effet, elle diffère
de ces leçons intellectuelles qui peuvent être comprises par le mental et mises ensuite de côté. La
valeur de cette leçon est permanente et, plus vous la reprendrez souvent pour la laisser agir sur votre
coeur, plus vous vous rapprocherez du coeur des choses : c'est Dieu, notre Père aimant, qui répand
sa Vie aussi bien pour la plante minuscule que pour le géant des forêts; qui prend soin des bêtes et
des oiseaux et qui, sans connaître de distinctions sociales, se soucie aussi bien du vagabond sans feu
ni lieu, que du potentat dans son palais. Puisse Dieu vous bénir abondamment et vous ouvrir le
trésor de ses richesses, qui surpassent toutes les jouissances terrestres, et puissiez-vous ressentir
comme une réalité la vague d'amour qu'il déverse à nouveau d'année en année! Alors vous ne vous
sentirez jamais isolé si vous êtes seul, et vous serez spirituellement bien plus riche, quelle que soit
votre part d'amour terrestre, et bien plus apte à rayonner cette émotion de l'amour spirituel, la plus
sublime de toutes.

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LETTRE NO 6

Juin 1911

LA GUÉRISON DES MALADES

Le Christ a fait deux recommandations à ses disciples: Prêchez l'Evangile , et guérissez les malades
(Matthieu 10:7-8). Dans la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 18 des "Enseignements d'un
Initié", tome 1), nous avons vu à quel point le ministère de conseiller spirituel est en relation avec la
guérison des troubles physiques. En effet, bien que la cause immédiate et apparente des maladies
puisse être physique; en dernière analyse, tous ces troubles sont dus à la transgression des lois
divines, que nous avons coutumes d'appeler lois naturelles dans nos efforts matérialistes pour
éliminer la divinité. Avec une rare pénétration, Bacon disait: "Dieu et la Nature diffèrent seulement
dans la même mesure que le sceau de son empreinte." De même que la cire ramollie se moule sur
les lignes rigides du sceau, de même aussi la Nature se conforme passivement aux lois immuables
de son divin Créateur, et c'est pourquoi la santé et l'absence de soucis sont de règle dans les règnes
inférieurs. Mais au moment où le stade humain est atteint, lorsque l'individualité se développe et
que nous commençons à demander la liberté de choisir, avec des prérogatives et l'émancipation,
nous sommes enclins à transgresser les lois divines, ce qui entraîne invariablement des souffrances.

La Lune a une face cachée que nous ne voyons jamais, bien que connaissant son

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existence, et cette face cachée exerce sur les marées une influence aussi réelle que la face visible et
plus rapprochée de nous. Il en va de même pour l'homme qui, lui aussi, a son côté caché, lequel
représente un facteur aussi actif que l'être physique visible. Les transgressions des lois divines sur
les plans d'activité mentale et morale ont leur part de responsabilité dans les désordres physiques,
tout comme la face cachée de la Lune participe à la formation des marées.

Si cela était compris, les médecins cesseraient de s'étonner que, chez un malade, une certaine dose
d'un médicament produise une guérison, alors que dans un autre cas elle puisse n'exercer aucun
effet. Un nombre croissant d'entre eux, cependant, commencent à reconnaître que la loi de la
destinée est un important facteur de maladie et de retardement de la guérison, bien qu'ils ne
commettent pas l'erreur de croire en une destinée inexorable. Ils reconnaissent que Dieu ne nous
afflige pas à plaisir et ne recherche même pas à rendre la pareille au transgresseur ; ils comprennent
que les peines et les souffrances ont pour but de nous enseigner des leçons que nous ne voudrions
ou ne pourrions apprendre d'une autre manière. Les astres montrent la période semblant nécessaire
pour nous enseigner la leçon, mais Dieu lui-même ne saurait en déterminer l'exacte durée , ni la
mesure de souffrance nécessaire, car nous avons nous-mêmes cette prérogative, étant d'essence
divine . Si, nous rendant compte de notre transgression, nous commençons à obéir à la loi avant que
cesse l'influence contraignante des astres, nous sommes guéris de notre mal mental, moral ou
physique; si nous persistons dans nos erreurs jusqu'à ce qu'un aspect cesse, sans avoir appris notre
leçon, une configuration plus défavorable viendra plus tard nous forcer à obéir.
C'est souvent dans ce domaine que le médecin ouvert aux choses de l'esprit

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peut rendre des services très efficaces et abréger la durée des souffrances en faisant ressortir
pourquoi le patient est accablé. Même lorsque le guérisseur se trouve dans l'incapacité de venir à
bout de la maladie, il peut très souvent redonner courage au patient pour traverser une période
inévitable de souffrances, en promettant le soulagement pour un temps fixé. En m'occupant de
malades au cours des années passées, j'ai eu assez fréquemment le privilège de montrer ainsi l'étoile
de l'espérance et, pour autant qu'il m'en souvienne, mes prédictions de guérison pour un temps
donné se sont toujours vérifiées, parfois d'une manière presque miraculeuse, car les astres
représentent l'horloge, toujours exacte, de la destinée.

Ce qui précède montre que nous devrions étudier l'astrologie sous un angle spirituel. Dans la
prochaine lettre, j'espère pouvoir continuer à développer ce sujet (voir Lettre NO 8), mais en
attendant je suis sûr que vous serez heureux d'apprendre que nous avons acheté le terrain dont je
parlais. C'est l'un des endroits les plus avenants de la Californie méridionale; de fait, bien qu'ayant
voyagé dans le monde entier, je n'ai jamais trouvé un site comparable à celui de notre Siège futur. Il
se trouve sur un plateau élevé, d'où l'on peut voir jusqu'à une cinquantaine de kilomètres dans toutes
les directions. Au nord, la chaîne des monts de Santa Ana nous abrite des vents froids, si bien qu'il
ne gèle presque jamais au cours de l'hiver. A nos pieds, vers l'est, se trouve la belle vallée de San
Luis Rey, avec sa rivière qui, semblable à un ruban argenté, se fraie un chemin à proximité de
fertiles cultures. Au loin se voient les murs blancs et le clocher de la vieille mission espagnole
placée sous le vocable de Saint Louis, Roi de France (San Luis Rey de Francia) où les Pères
Franciscains ont enseigné les Indiens

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pendant plus d'un siècle. Plus loin à l'est, les monts San Gorgonio et San Jacinto dressent leurs
crêtes enneigées devant un ciel du plus bel azur. Vers le sud, le promontoire de La Jolla, où se
trouvent des grottes pittoresques, nous cache le grand port naturel de San Diego, la ville de
l'extrême sud-ouest des Etats-Unis. Au couchant, semblant reposer sur les eaux placides du
Pacifique, apparaissent les deux îles de San Clemente et de Santa Catalina, dont on sait que cette
dernière abrite de merveilleux jardins sous-marins. Bref, c'est un tableau glorieux et inspirateur,
suffisant à lui seul à évoquer les sentiments les plus purs et les meilleurs chez tous ceux qui aspirent
tant soit peu aux choses spirituelles.

Nous avons donné à ce bel endroit le nom de Mount Ecclesia , et un fond de construction a déjà été
créé pour y construire des bâtiments répondant à nos besoins: une école de guérison, un sanatorium
et, avant tout, un lieu de culte, ou "Ecclesia", où la Panacée spirituelle puisse être préparée et
envoyée dans le monde entier pour être utilisée par des guérisseurs qualifiés.

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LETTRE NO 7

Juillet 1911

LE BÂPTÈME D'EAU ET D'ESPRIT


Le mois dernier, nous avions commencé à parler des sacrements, et mon intention était d'écrire une
leçon sur la Communion , mais le sujet s'est révélé tellement vaste qu'il englobe presque tout, de la
Genèse à l'Apocalypse, sans oublier certains aspects physiologiques, tels que la chimie des aliments
et du sang, l'atmosphère, etc. Il s'apparente d'ailleurs de très près à celui de la seconde venue du
Christ. Le temps me manque pour le traiter en ce moment, car il fournira la matière de plusieurs
leçons. J'ai donc trouvé préférable d'y revenir plus tard (voir chapitres 3 à 11 des "Glanes d'un
Mystique") et de vous donner, en attendant, une leçon tirée du nouveau livre "Mystères
Rosicruciens". Elle est partiellement extraite du chapitre 5, intitulé "Le mystère de la Lumière, de la
Couleur et de la Conscience". Vous la trouverez, je crois très intéressante et instructive.

En ce qui concerne la leçon du mois dernier sur le Baptême (devenue le chapitre 5 des "Glanes d'un
Mystique"), vous noterez que ce sacrement, loin d'être un reliquat du dogmatisme attribué
communément à l'Eglise, est le symbole d'une condition qui existait véritablement dans le passé, à
l'époque où l'humanité formait une authentique fraternité. Il est significatif qu'avant la venue du
Christ, la Loi exigeait oeil pour oeil et dent pour dent, et que notre Sauveur, avant de commencer à
prêcher l'Evangile de l'amour envers nos

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a passé sous les eaux du baptême, où il a reçu l'Esprit universel qui supplantera l'égoïsme actuel.

Après ce baptême, il débordait d'amour, et par conséquent, irradiait naturellement cette qualité,
aussi naturellement qu'un fourneau plein de charbons ardents rayonne de la chaleur. Nous pourrions
prêcher indéfiniment au fourneau qu'il a le devoir de chauffer, mais à moins de le remplir de
combustible, il restera froid. De la même manière, nous pouvons prêcher à l'humanité qu'il nous
faudrait vivre dans la fraternité et nous aimer les uns les autres, mais à moins de nous mettre " à
l'unisson de l'Infini ", nous ne pouvons pas davantage aimer notre prochain que le fourneau vide ne
peut chauffer. Comme le dit Paul: "Quand bien même je parlerais toutes les langues des hommes et
des anges, si je n'ai pas l'amour , je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit" (I
Corinthiens 13:1).

Le baptême de l'eau se rapporte à une condition passée, où nous étions aussi peu responsables de
nos actes que le petit enfant recevant le baptême, mais le baptême de l'Esprit est, pour la plupart
d'entre nous, une expérience future, et c'est à celui-là que nous aspirons. Au cours du mois qui vient,
relisons avec une attention particulière le chapitre 13 de la première Epître aux Corinthiens.
Efforçons-nous de pratiquer, dans notre vie quotidienne, au moins l'une des vertus dont Paul nous
dit qu'elles conduisent à l'illumination, afin de nous rendre bientôt capables de voir en face les
beautés des sacrements, que nous ne percevons peut-être maintenant qu'obscurément, comme dans
un miroir.

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LETTRE NO 8

Août 1911

GOUVERNER NOS ASTRES

J'espère que vous avez apprécié la leçon du mois dernier sur "Le Mystère de la Lumière, de la
Couleur et de la Conscience" (tirée du chapitre 5 des "Mystères Rosicruciens"). Peut-être saisissez-
vous mieux, maintenant, le sens des paroles: "C'est en Lui que nous avons la vie, le mouvement et
l'être" (Actes 17:28), car partout, dans l'Univers tout entier, en quelque lieu que pénètre la lumière,
Dieu s'y trouve aussi. Même dans les endroits que nous appelons obscurs, parce que la constitution
de nos yeux nous empêche d'en percevoir les contours, des organes de vision différemment
constitués, tels que ceux des chats, des hiboux, peuvent distinguer ce qui s'y trouve.

Le Christ a dit: "Laissez luire votre lumière",(Matthieu 5:16). A la vision spirituelle, chaque être
humain apparaît comme une flamme lumineuse, dont les couleurs varient selon le tempérament de
l'intéressé, et dont l'éclat est proportionné à la pureté de son caractère. La science a découvert que
toute matière est en état de transformation, que les particules composant nos corps ne cessent de se
décomposer et d'être remplacées par d'autres, qui restent pour un temps seulement, avant de se
décomposer à leur tour. De même, notre disposition d'esprit, nos émotions, nos désirs, changent
d'un moment à l'autre, l'ancien faisant place au nouveau en une interminable succession. Il s'en suit
qu'eux aussi doivent être formés d'une sorte de matière, sujette à des lois semblables à celles qui
gouvernent les substances physiques.

Nous pouvons même - et cela est fréquent - changer notre mental: nous pouvons

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le cultiver, à notre idée, dans une direction ou dans une autre, tout comme nous pouvons développer
les muscles de nos bras et de nos jambes - ou nous pouvons les laisser s'atrophier. Notre mental doit
donc aussi se composer d'une substance changeante, mais l'Ego, le Penseur, ne perd jamais son
identité. De l'enfance à la vieillesse, ce "je" reste le même, en dépit des changements de pensées, de
sentiments, d'émotions, de désirs. Bien que notre corps, que nous utilisons comme vêtement, change
au cours des années, nous restons continuellement et perpétuellement les mêmes.

Toutefois, la qualité de mutabilité de la matière et de précarité de la forme est la base de tout


progrès spirituel, car si la matière était aussi immuable que l'esprit, il n'y aurait aucune possibilité
d'évoluer. Aussi longtemps que nous dérivons au gré des courants de la vie, sans être capables
d'exercer aucun pouvoir conscient sur le flux et le reflux de la matière qui arrive à nous et qui en
repart, nous sommes le jouet des circonstances. Lorsqu'un rayon de Mars rencontre les atomes de
notre corps sous un certain angle, nous sentons toute l'agressivité qu'il entraîne. Un rayon de
Saturne, d'autre part, nous déprime; il nous rend moroses et pleins de sombres pressentiments. Mais
à mesure que nous évoluons et que nous arrivons à comprendre le mystère de la Lumière, de la
Couleur et de la Conscience , nous apprenons graduellement à gouverner nos astres. Alors, en nous
conformant aux lois de la nature, nous devenons les maîtres de nos propres destinées, et il est
essentiel que nous puissions parvenir à nous affirmer, quels que soient les aspects qui dominent à un
certain moment, et à dire avec le poète Henley:

Peu importent l'étroitesse de la porte,


Les peines qui chargent mon passif
Mon "moi" est le maître de mon esquif,
Le capitaine de mon âme.

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LETTRE NO 9

Septembre 1911

LES GARDIENS INVISIBLES DE L'HUMANITÉ


Dans la leçon sur le Baptême (devenue le chapitre 5 de "Glanes d'un Mystique") vous avez vu qu'il
fallait remonter tout au début de notre évolution sur notre planète pour trouver la signification de ce
sacrement. Dans la leçon du mois dernier, sur la Communion (devenue le chapitre 3 du même livre)
vous aurez également remarqué que ce sacrement avait son origine dans la nuit des temps. Il est
donc évident qu'à moins de pouvoir faire des recherches dans l'histoire ancienne de l'humanité, nous
ne pouvons nous faire une idée claire de ce qui concerne son développement. Goethe parlait de "das
ewig Werdende" - l'éternel devenir. Le changement est le ressort principal du progrès et, en nous
bornant à considérer l'homme tel qu'il est actuellement , il va de soi que nous serons très limités
dans nos déductions touchant son avenir.

Cette dernière leçon illustre la Loi d'Analogie, en montrant comment l'homme a été éduqué par des
guides divins d'une façon analogue à celle dont le petit enfant reçoit de ses parents les soins qui le
prépareront au combat de la vie. Nous pouvons avoir l'assurance que, même si ces gardiens ont
cessé de nous conduire de manière visible , ils n'en sont pas moins toujours avec nous, attentifs aux
faits et gestes de leurs anciens protégés, tout comme nous, en tant que parents, continuons à nous
intéresser au sort de nos enfants après

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qu'ils ont quitté notre foyer pour mener une existence indépendante.

Pour ceux dont la vue spirituelle s'est développée et qui ont appris à discerner les différentes classes
d'êtres sur les plans supérieurs, cette protection est une constatation des plus rassurantes. Bien que
personne ne puisse empiéter sur le libre arbitre de l'humanité, et bien qu'il soit contraire au plan
divin de contraindre quiconque à faire ce qu'il ne désire pas faire, rien n'empêche des suggestions
dans les directions mêmes qu'un homme serait disposé à choisir. Si les mouvements humanitaires
sont en progrès, c'est à la sagesse et à l'amour de ces grands Etres que nous le devons.

Pendant les siècles passés, les Occidentaux ont particulièrement ressenti la tristesse et la peine dues
aux guerres et aux conflits. La lutte pour l'existence ne cesse de devenir de plus en plus âpre; elle
est placée sous le signe de l'"inhumanité de l'homme pour l'homme". Cependant, il existe aussi un
autre facteur; développé par les Etres d'amour et de compassion: les mouvements altruistes qui se
multiplient de plus en plus et qui gagnent en efficacité au cours des années. On est heureux de
constater, d'autre part, que les aumônes et la charité qui dégradent les bénéficiaires sont remplacés
de plus en plus par le principe d'aider les autres à s'aider eux-mêmes , ce qui élève à la fois ceux qui
reçoivent et ceux qui donnent. Cette sorte d'entraide demande davantage de réflexion, et un esprit de
sacrifice, qualités qui sont encouragées par nos Gardiens invisibles chez les hommes les plus forts,
lesquels sont maintenant les gardiens de leurs frères plus faibles .

Nous sommes heureux de constater qu'un certain nombre de nos membres sont actifs dans des
institutions s'inspirant de ces principes, et j'espère

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sincèrement voir le jour où une grande majorité d'entre vous pourra entreprendre un travail de cette
nature, chacun dans son propre milieu. Mais commencez chez vous en étant aimables envers tous
ceux avec lesquels vous entrez en contact, et lorsque vous aurez été fidèles dans les petites choses,
les occasions de servir sur une plus grande échelle ne manqueront pas de se présenter.

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LETTRE NO 10

Octobre 1911

NOURRITURE CARNÉE ET ALCOOL

Une tendance très répandue est celle de prôner ce qui nous plaît, tout en dépréciant ce qui nous
inspire de l'aversion, mais sans doute, après avoir lu la leçon du mois dernier (devenue le chapitre
11 des "Glanes d'un Mystique") aurez-vous assimilé cette grande et glorieuse vérité que dans le
Royaume du Père, toutes choses concourent au bien . Ceux d'entre nous qui se contentent d'une
nourriture végétarienne, et ceux qui ne ressentent pas le désir de boissons fortes, méprisent souvent
leurs frères et soeurs qui consomment de la viande et des boissons alcooliques, mais vous aurez
sans doute compris, grâce à cette leçon, que l'attitude de "je suis plus évolué que vous" est dénuée
de tout fondement. La nourriture carnée et l'alcool ont beaucoup contribué au progrès matériel de
l'humanité et, sans eux, nous ne connaîtrions, ni le confort moderne, ni nos rapides moyens de
transport, ni les multiples machines et appareils qui rendent la vie plus facile qu'autrefois. En outre,
l'époque de leur utilité n'est pas entièrement révolue, car beaucoup de personnes en ont encore
besoin. D'ailleurs, l'Evangile nous dit que ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui nous souille,
mais ce qui en sort (Matthieu 15:11); et une attitude dédaigneuse à l'égard de ceux qui consomment
de la viande ou de l'alcool nuit bien davantage à la croissance spirituelle que le simple usage de tels
aliments.

Par conséquent, ne condamnons pas les autres; essayons plutôt de voir les choses sous leur angle, en

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les laissant vivre à leur façon comme nous désirons vivre à la nôtre. Ne leur imposons pas notre
point de vue et n'essayons pas de convertir à nos idées ceux qui ne sont pas encore prêts à les
accepter. Le changement devrait venir de l'intérieur et ne devrait pas être dicté par des
considérations de meilleure santé, ni d'une accélération de la croissance de l'âme. Le principal motif
d'un tel changement devrait être la compassion pour les pauvres victimes sacrifiées à notre appétit.

On peut cependant dire, sans crainte d'erreur, que nous consommons trop de viande, et que la
nourriture carnée, comme tous les composés azotés (nitro- glycérine, fulmi-coton et autres
explosifs) est extrêmement instable et dangereuse. Par conséquent, il nous est permis de conseiller
la modération. Nous ne sauverons pas autant de vies qu'en convertissant des gens au végétarisme,
mais cette façon de procéder n'en est pas moins la plus sage. En outre, si nous parvenons à
inculquer à autrui un sentiment de compassion, le désir de viande s'effacera devant l'esprit d'amour.

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LETTRE NO 11

Octobre 1911

PRÉPARATIFS EN VUE DE NOTRE INSTALLATION À MOUNT ECCLÉSIA

(N.B. - Cette deuxième lettre d'octobre n'était accompagnée d'aucune leçon)


Samedi 28 octobre, à midi quarante précise, heure du Pacifique, nous allons retourner la première
pelletée de terre pour la construction d'un bâtiment à Mount Ecclesia, qui va devenir le Siège du
Rosicrucian Fellowship. Ce bâtiment sera comparativement petit, et nous tâcherons de le construire
aussi économiquement que possible, sans quoi nous ne pourrions pas bâtir du tout. Je ferai même le
travail d'architecte et d'entrepreneur pour diminuer les frais, mais cela n'empêchera pas de
considérer cette date comme étant d'une grande importance pour la vie de notre association. Nos
locaux privés seront assez exigus, mais en revanche nous aurons une grande salle de travail et de la
place pour héberger plusieurs collaborateurs, en attendant que des fonds deviennent disponibles
pour des bâtiments plus importants et plus dignes de notre mission dans le monde, tels qu'un
Temple.

Nous sommes très conscients que l'envergure de notre activité dans le monde dépend dans une très
large mesure du soutien et de la coopération de nos amis, et c'est pourquoi nous sollicitons
instamment votre assistance active pour cette importante occasion, afin que The Rosicrucian
Fellowship devienne une

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plus grande puissance pour le bien que toute autre qui l'a précédée.

Vous savez que les pensées sont des forces d'une importance proportionnelle à l'intensité du motif
qui les anime. Il n'est pas de moyen plus facile, ni plus efficace de mettre tout notre être en
harmonie avec un certain but, et d'envoyer une pensée puissante dans une direction donnée, que la
fervente prière chrétienne. J'ai deux demandes distinctes à vous faire pour requérir l'aide de vos
prières, et je compte que vous nous donnerez l'appui le plus chaleureux.

Tout d'abord, quoique indigne de cette charge, je devrai, en tant que chef de notre mouvement,
retourner la première pelletée de terre pour notre futur Siège à l'heure indiquée et, s'il vous est
possible de vous isoler à ce moment, veuillez prier avec ferveur pour que ce Siège puisse grandir et
prospérer pour le bien de tous. L'union des prières de nos étudiants dans le monde représentera une
immense force dans cette direction.

Mais vous pouvez faire davantage: les pensées réunies de nombreux amis, dirigées jour après jour
vers un centre commun, peuvent opérer des miracles. Voulez-vous nous envoyer chaque soir une
prière pour fortifier Mrs Heindel, les collaborateurs du Siège et moi-même, afin que nous puissions
devenir des travailleurs plus purs, meilleurs et plus efficaces au service de l'humanité, et que nous
devenions ainsi plus capables de diminuer les souffrances et la détresse de tous ceux qui sollicitent
notre aide?

En outre, voudriez-vous m'écrire de temps à autre pour m'assurer de votre sympathie et de votre
coopération? Je ne serai peut-être pas en mesure de vous remercier individuellement, mais vous
pouvez être assurés que je n'en apprécierai pas moins ce témoignage de votre bonne volonté.

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LETTRE NO 12

Novembre 1911

CÉRÉMONIE DU DÉBUT DES TRAVAUX DE CONSTRUCTION À MOUNT


ECCLÉSIA
Ce mois-ci, je fais une exception à mon habitude de consacrer la lettre mensuelle à une révision de
la leçon du mois précédent, afin de vous parler de notre cérémonie du 28 octobre, où nous avons
retourné la première pelletée de terre pour le bâtiment qui s'élèvera sur le terrain de notre futur
Siège permanent. Je suis sûr que vous étiez avec nous en esprit, que vous êtes impatients d'avoir des
nouvelles à ce sujet, et que ce récit nous rapprochera par la pensée.

Notre première idée était de renoncer à toute cérémonie, d'autant plus que nous désirons éviter toute
dépense inutile, nos fonds n'étant pas même suffisants pour les finitions du bâtiment projeté, si bien
que nous devrons nous serrer la ceinture jusqu'à ce que les conditions soient plus favorables.

Je pensais me rendre sur place pour y faire le service mentalement et tout seul, mais cela me
paraissait trop froid, trop triste, trop morne, de n'avoir pas avec moi un ami en chair et en os qui
puisse se réjouir avec moi en cette importante occasion - pas même ma chère compagne et
collaboratrice, Mrs Heindel. D'autre part, comme il s'agissait d'une question fondamentale touchant
The Rosicrucian Fellowship, et non d'une affaire personnelle, il me

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semblait que les membres devraient avoir l'occasion d'y prendre part. Cette pensée m'a préoccupé
jusqu'au moment où j'ai décidé de prendre l'avis de l'Instructeur. Comme il s'est montré très en
faveur de ce projet, nous avons pris nos mesure pour célébrer cet événement de façon simple, mais
digne, et nous avons envoyé des invitations à des amis des alentours.

Nous avons confectionné une grande croix de même style que notre emblème et, à l'extrémité de ses
trois bras, nous avons peint, en lettres d'or, les initiales C.R.C. Comme vous le savez, elles
représentent le nom symbolique de notre grand Chef, tout en désignant aussi notre emblème comme
la Rose-Croix chrétienne, ce qui comporte une idée de beauté et de vie supérieure, bien différente
de la lugubre idée de mort, habituellement associée à une croix noire.

Nous avons décidé de planter cette croix, avec un rosier grimpant, lors de la même cérémonie, afin
que ces deux symboles servent à représenter la force des différents règnes en train d'évoluer vers
des sphères plus hautes sur le sentier en spirale de l'évolution.

Le 27, Mrs Heindel et moi-même sommes partis pour Oceanside, rompus de fatigue après avoir
préparé notre déménagement. La première pluie de la saison tombait, aussi avions-nous quelque
appréhension pour la cérémonie du lendemain, mais en regardant les montagnes en direction de
l'est, nous avons aperçu le plus grand des arcs-en-ciel - de fait, il était double, et sa base sud
semblait s'appuyer directement sur Mount Ecclesia.

Notre responsabilité d'aider des milliers d'âmes lassées de porter bravement leurs fardeaux nous a
souvent semblé au-dessus de nos forces, et pourtant nous avons toujours trouvé une énergie
renouvelée

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en regardant "au dedans". Cette fois-ci, c'était comme si la nature tout entière désirait nous
réconforter et nous dire: "Prenez courage, rappelez-vous que cette oeuvre n'est pas la vôtre, mais
celle de Dieu; confiez-vous entièrement à lui: il vous montrera le chemin." Nous avons alors joint
les mains et reçu de nouvelles forces pour continuer le beau travail dont Mount Ecclesia doit
devenir le centre.
Le jour de la cérémonie, il faisait un temps californien idéal, et le soleil brillait dans un ciel sans
nuage. Où que nous portions nos regards, l'océan, les vallées ou les montagnes, tout semblait nous
sourire. Nos collaborateurs et nos visiteurs ont été enchantés de la beauté incomparable de notre
site. (Suivent les nom des personnes présentes, au nombre de neuf, y compris Mr et Mrs Heindel).

Au moment prévu, j'ai retourné la première pelletée de terre pour le bâtiment, et ensuite tous se sont
aidés à creuser pour la croix, qui a été plantée par William Patterson. Mrs Heindel a planté le rosier,
qui a ensuite été arrosé par tous les membres présents. Puisse-t-il croître et fleurir pour orner la
nudité de la croix et devenir une inspiration vers la pureté de vie qui effacera tous les anciens
péchés. Le texte de l'allocution, telle qu'elle était prévue, constitue la leçon de ce mois, mais les
circonstances ont donné lieu à quelques modifications (ce texte est devenu le chapitre 19 des
"Enseignements d'un Initié", tome 1).

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LETTRE No 13

DÉCEMBRE 1911

PURETÉ DE LA PROCRÉATION, UN IDÉAL DE L'OCCIDENT

Avez-vous saisi le point principal de la leçon du mois dernier (devenu le chapitre 19 des
"Enseignements d'un Initié", tome 1) sur le symbolisme de la Rose-Croix, la croix de l'Enseignement
de la Sagesse Occidentale? C'est la pureté de la procréation.

Les grands Guides de l'humanité prescrivent toujours ce qui est le mieux indiqué pour l'évolution de
chaque race: religions différentes pour la masse, et plusieurs méthodes de développement pour un
petit nombre. Les énormes chiffres des populations extrême-orientales montrent que nos frères de
Chine et de l'Inde ne s'imposent aucune restriction, et c'est pour cela que nos Sages de l'Orient
prescrivent à leurs disciples le célibat comme un moyen de se rendre maîtres de leurs passions.

En Occident, les conditions sont à la fois plus compliquées et plus dangereuses. Les passions y
sont contenues dans une large mesure, non par sentiment de la sainteté de l'acte de procréation,
mais par égoïsme et fausse économie. Cette méthode conduit souvent à des perversions et à des
pratiques dissolues. Si la passion n'était pas si puissante, cette méthode finirait par nous décimer.
Demander à un aspirant élevé dans de telles conditions de mener une vie de célibataire ne ferait
qu'alimenter son égoïsme et ses réflexes compensatoires, et c'est pourquoi, lorsqu'un élève d'une
Ecole Occidentale des

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Mystères se marie et continue à mener une vie chaste, ceci est considéré comme méritoire.

Il est regrettable qu'en Occident certaines sociétés aient promulgué des doctrines orientales, dont
celle du célibat, et j'ai été choqué lorsqu'un membre du comité d'une de ces organisations s'est mis
à déplorer le mariage d'un de ses conférenciers, disant combien ils avaient été embarrassés d'avoir
appris que sa femme était sur le point d'accoucher. Par la suite, la famille s'est encore augmentée, et
le conférencier a dû cesser de parler en public.

Dans l'Ecole Occidentale des Mystères, c'est le contraire qui se serait produit. On y honore ceux qui
sont désireux de procurer un corps et un foyer à des esprits en attente, pour autant évidemment
qu'ils vivent d'une vie d'amour conjugal chaste dans l'intervalle.

Ainsi, tandis que nos Instructeurs, dans leur compassion, selon le proverbe "A brebis tondue, Dieu
mesure le vent" commandent aux âmes plus jeunes et moins fortes de l'Orient de pratiquer le célibat
et de fuir la tentation, il est en même temps permis à l'esprit occidental, plus âgé, de mettre à
l'épreuve sa fermeté en vivant marié et - peut-être - en réalisant une immaculée conception, telle
qu'elle est symbolisée par la chaste et belle rose qui sème ses graines sans honte et sans passion.

Une nouvelle race est en train de naître, et des chrétiens deviennent de plus en plus conscients de
l'appel des âmes à naître. Célébrons donc l'anniversaire de la naissance de notre Sauveur en priant
pour que les conditions de pureté se généralisent et que tous les enfants puissent être bien nés. Et
enfin, ce qui est le plus important, que chacun de nous prêche, enseigne, et vive cette doctrine.

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LETTRE NO 14 - Janvier 1912 - LE FUTUR AGE DE L'AIR

Dans la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 10 des "Glanes d'un Mystique") il est dit que,
dans la future Epoque, nous abandonnerons la croûte terrestre pour vivre dans les airs, revêtus d'un
corps gazeux. Cet enseignement est tellement sensationnel que j'ai hésité à le publier, jusqu'à ce
que j'aie décidé qu'il était de mon devoir de le faire, au risque d'être traité de visionnaire par certains
étudiants.

Cela provient de ce que nous sommes tous beaucoup plus influencés que nous le croyons par des
concepts matérialistes, ce qui constitue un obstacle à nos recherches. Nos études de philosophie
transcendentale nous ont accoutumés à considérer la possibilité de vivre par intermittences dans un
corps éthérique comme réalisable pour un petit nombre; mais que l'humanité entière puisse vivre en
permanence dans les airs pendant toute la durée d'une Epoque...j'avoue que cela m'a coupé le
souffle. Et pourtant, lorsque la Bible nous dit que nous rencontrerons le Seigneur dans les airs et
que nous serons avec lui pour un Age , c'est littéralement exact (1 Thessaloniciens 4:17).

Après tout, si nous considérons l'avenir à la lumière du passé, cette idée ne devrait pas nous
surprendre, car elle est strictement dans la ligne de notre développement antérieur. Dans la nuit des
temps, nous avons vécu comme des minéraux dans les entrailles d'un globe gazeux. Nous avons
grandi vers

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l'extérieur, en nous éloignant du noyau incandescent, dans une existence végétale. Plus tard, nous
étions sur la mince croûte terrestre, d'abord dans les bas-fonds, et maintenant nous sommes sur les
parties élevées de la terre, bien loin du noyau où a débuté notre existence. La marche du progrès a
toujours été vers l'extérieur , et il s'ensuit que la prochaine étape devrait nous élever au-dessus du
niveau terrestre.

Je vous soumets cet enseignement parce que la majorité de nos étudiants croient à la renaissance et
à la loi de cause à effet, qui sont les principaux arbitres de notre destinée au cours de la présente
dispensation, caractérisée par des retours cycliques. La connaissance de ces lois est précieuse, car
elle nous permet d'ordonner intelligemment nos vies, en édifiant au cours de la présente existence
les conditions de notre prochaine incarnation .

La majorité des chrétiens n'ont pas ce grand avantage, mais cela ne les empêche pas de passer à
travers toutes les tribulations de l'Age actuel - le royaume des hommes - avec l'espoir de se rendre
aptes à être admis dans le Royaume de Dieu - l'Age à venir . Notre vision de la vie future embrasse
une période plus courte ; la leur une période plus longue . Leur façon de s'y prendre pourra être
moins pratique que celle de ceux d'entre nous qui appliquent leur connaissance plus exacte des
conditions actuelles , mais s'ils vivent selon la Bible, il se qualifieront pour un Age futur . Leur
information pourra être vague, mais s'ils sont de vrais chrétiens, ils vivent et meurent en croyant
fermement à cette belle et grande vérité qu'ils iront au ciel et seront pour toujours avec le Seigneur .

Si nous croyons seulement à la renaissance, nous ne pouvons nous attendre à rien d'autre qu'a un
continuel retour sur terre pour une lutte avec la Loi

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de Jéhovah; nous n'avons pas part à l'amour du Christ. Pour conformer parfaitement notre vie aux
faits, pour vivre selon la vérité entière , il nous faut comprendre que la naissance et la mort sont des
particularités éphémères de notre Age d'existence concrète, mais que la vie elle-même n'a pas de fin.
Sans préciser quelle sera notre constitution, l'Apôtre Jean nous dit très clairement que nous serons
changés à la ressemblance du Christ et que nous resterons sans connaître la mort durant tout cet
Age. C'est donc à nous qu'il appartient de garder fermement ce grand espoir et de prier pour le
Royaume futur, comme nous l'a enseigné notre Seigneur.

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LETTRE NO 15 - Février 1912


LE ROLE DES BOISSONS ALCOOLIQUES DANS L'ÉVOLUTION

Notre leçon du mois dernier (voir texte inséré à la fin du chapitre 11 des "Glanes d'un Mystique")
montrait comment l'esprit de l'alcool, fermenté à l'extérieur du corps humain, se trouve supplanté par
le sucre, qui fermente à l'intérieur . Vous avez sans doute suivi le fil du raisonnement qui se retrouve
dans ces leçons sur la Communion, à savoir qu'un stimulant était indispensable pour aiguillonner
l'esprit humain et le faire sortir de la léthargie provoquée par une nourriture carnée; que même les
Bacchanales d'autrefois, ces orgies qui, aujourd'hui, nous inspirent à juste titre de l'horreur, ont
beaucoup favorisé le développement de l'homme; que le premier miracle du Christ et sa dernière
Cène ont été consacrés à une dispensation de ce stimulant qu'il prescrivit d'utiliser "jusqu'à sa
venue" (voir dans la Lettre 89, ainsi qu'au NO 90 du 2e tome des "Questions et Réponses", une autre
interprétation de ce passage, basée sur des recherches ultérieures de Max Heindel dans la Mémoire
de la Nature); que la consommation d'alcool diminue à mesure que celle du sucre augmente, tandis
que le niveau moral s'élève peu à peu; que les gens deviennent plus altruistes et semblables au
Christ en proportion de leur usage de ce stimulant non enivrant et que, par conséquent,

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les mouvements d'abstinence représentent l'un des principaux facteurs susceptibles de hâter le
retour du Christ.

Mais à mesure que nous cultivons des sentiments plus affinés et plus délicats, nous en arrivons à
prendre également la viande en aversion et, un jour, on jugera que de se nourrir d'animaux morts est
aussi dépravé que de s'enivrer de boissons fortes. Toutefois, notre qualité d'étudiants des
Enseignements de la Sagesse Occidentale devrait nous empêcher de juger; elle devrait nous faire
reconnaître que beaucoup de gens ont besoin de ces produits en quantité modérée. De fait, cette
question est conduite par les Guides invisibles de l'évolution d'une manière qui, sans être manifeste
pour les observateurs superficiels, n'en est pas moins perceptible pour les chercheurs des choses
occultes.

Il est évident que les progrès de l'évolution élèvent les règnes inférieurs aussi bien que l'humanité.
Les animaux, surtout ceux qui sont domestiqués, approchent de l'individualisation; et leur retrait de
l'évolution a déjà commencé, si bien qu'un jour il deviendra impossible de se procurer de la
nourriture animale. Ce moment coïncidera aussi avec le détrônement du "Roi Alcool", car les
mangeurs de viande sont seuls à avoir un violent désir d'alcool.

En même temps, la vie végétale devient plus sensible. Les branches latérales des arbres produisent
plus abondamment que les verticales, parce que chez les plantes, comme chez nous, la conscience
découle des activités rivales des courants du Monde du Désir et du Monde Ethérique. Les branches
latérales sont parcourues dans toute leur longueur par les courants du Monde du Désir qui font le
tour de notre planète et qui exercent une influence tellement puissante sur l'épine dorsale des
animaux. La vie végétative des arbres est

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éveillée à un plus haut degré de conscience dans les branches latérales que dans les verticales, ces
dernières étant traversées par des courants ascendants qui rayonnent à partir du centre de la terre.
Un jour viendra aussi où les plantes, à leur tour, deviendront trop sensibles pour servir de nourriture
et, à ce moment, nous devrons avoir recours à d'autres sources.
Aujourd'hui, nous avons acquis un savoir considérable dans le maniement des substances
chimiques et minérales; nous en faisons des maisons, des machines, des navires et toutes sortes de
produits divers. Nous sommes maîtres des minéraux à l'extérieur de notre corps, mais restons
incapables de les assimiler à l'intérieur de notre système pour construire nos organes, avant que la
vie végétale en ait transmué les cristaux en cristalloïdes. Notre travail sur les minéraux dans le
monde extérieur élève leurs vibrations et les prépare à une utilisation interne directe. Par l'alchimie
spirituelle, nous construirons le Temple de l'Esprit, nous triompherons sur la poussière dont nous
sommes issus et nous deviendrons, comme des Maîtres Maçons, "capables de travailler dans des
sphères plus élevées".

LETTRE NO 16 - Mars 1912 - NÉCESSITÉ DE LA DÉVOTION

Comme le sujet du mariage, traité dans notre dernière leçon (devenue le chapitre 6 des "Glanes d'un
Mystique") se trouve, en quelque sorte, traité à nouveau ce mois-ci (même ouvrage, chapitre 7), je
voudrais en profiter pour attirer votre attention sur un problème dont j'aurais voulu parler depuis
longtemps.

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Le succès de la "Cosmogonie" a été phénoménal; des témoignages de gratitude et d'admiration pour


cette oeuvre sont arrivés du monde entier, aussi devrais-je, semble-t-il, m'en réjouir. Au contraire, j'ai
de plus en plus peur que ce livre ne remplisse pas le but auquel visaient les Frères Aînés. Ce but,
mentionné dans l'introduction de l'ouvrage, est de satisfaire le mental par une explication
intellectuelle des mystères du monde, afin que le côté dévotionnel de l'étudiant puisse se développer
dans des directions préalablement approuvées par l'intelligence. Je crois que le succès de la
"Cosmogonie" provient du fait qu'elle en appelle à l'intelligence et qu'elle satisfait l'esprit du
chercheur, ce qui est attesté par des centaines, et même des milliers de messages de personnes
ayant trouvé ce qu'elles avaient vainement cherché pendant des années. Cependant, jusqu'ici, peu
d'entre elles semblent avoir été capables d'aller au-delà des concepts intellectuels et, à moins que ce
livre ne donne au lecteur un ardent désir de dépasser cette étape, il a manqué son but, à ce que je
crois.

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Je sais que, dans un autre mouvement, des groupes se sont penchés pendant des années sur des
diagrammes de l'atome, étudiant avec minutie ses spirales et ses spirilles, tout en restant froids et
indifférents aux souffrances du monde environnant, et c'est avec une grande et une constante
appréhension que je vois se développer, chez certains de nos étudiants, une tendance dont j'espère
qu'elle pourra être tenue en bride avant qu'elle ne tue le coeur. "La connaissance enfle, mais l'amour
édifie" disait l'Apôtre Paul (1 Corinthiens 8:1); or nous voyons parfois des mouvements décrier la
religion chrétienne parce qu'elle manque d'une conception intellectuelle de l'univers.

Permettez-moi de vous rappeler l'avertissement donné par notre Instructeur à propos des schémas
de la "Cosmogonie" (au début du chapitre 7): "Ce sont tout au plus des béquilles destinées à aider
nos facultés limitées; lorsque nous recourons à un tableau pour expliquer des mystères spirituels,
c'est comme si, après avoir démonté une montre, nous en mettions les rouages les uns à côté des
autres pour montrer comment elle mesure le temps". Bien que les schémas puissent représenter une
aide bienvenue à un certain degré de notre développement, nous devrions toujours être conscients
de leurs limitations et essayer d'atteindre , par notre intuition , à la véritable idée spirituelle. J'ai
aussi le sentiment qu'il est très important que nos étudiants aient toujours sous les yeux, clairement
et mot pour mot, le véritable but de la "Cosmogonie", tel qu'il figure au dos de leurs accusés de
réception (récemment, le Comité Directeur du Siège, considérant que les cartes d'accusés de
réception étaient faites pour être retournées et non conservées, a décidé de transférer le texte
mentionné ci-dessus, en le faisant figurer au début de la "Cosmogonie" en gros caractères, comme
le suggérait Max Heindel; voir aussi Lettre NO 26):

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"Le Christianisme Rosicrucien ne considère pas la compréhension intellectuelle de Dieu et de


l'univers comme une fin en soi; loin de là, car plus l'intellectualité est développée, plus grand est le
danger d'en mésuser. Par conséquent, ces enseignements scientifiques sont donnés dans l'unique
dessein d'aider l'aspirant à croire et à entreprendre de conformer sa vie aux enseignements du
Christ, ce qui est le seul moyen d'arriver à la vraie fraternité" (en anglais "fellowship"). Je suggère à
chacun de copier ce texte en grands caractères et de le coller au début de sa "Cosmogonie", de telle
sorte qu'il soit visible chaque fois que le livre est ouvert, car même si nous avons toute la
connaissance, avec le don d'expliquer tous les mystères, nous ne sommes que des cymbales qui
retentissent, à moins de posséder le don d'aimer et de l'utiliser pour aider notre prochain.

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LETTRE NO 17 - Avril 1912 - LES RETARDATAIRES DE L'ÉVOLUTION

Les enseignements contenus dans la leçon précédente (devenue le chapitre 7 des "Glanes d'un
Mystique") vous auront fait comprendre que l'idée courante des "âmes perdues" est dénuée de tout
fondement. Il n'y a pas, dans la Bible, un seul mot qui exprime l'idée de "à jamais", le mot grec ainsi
traduit étant "aïonios", signifiant "pour une période indéfinie", ou "un âge". Quand nous lisons dans
la Bible "à jamais", il faudrait le rendre par "des âges et des âges". En outre, comme le fait d' "avoir
en Dieu la vie, le mouvement et l'être" (Actes 17:28) est une vérité en accord avec les lois naturelles,
une âme perdue signifierait qu'une partie de Dieu est perdue, ce qui est inconcevable.

Après avoir envoyé cette leçon, il m'est venu une autre idée, qui montre comment les "âmes
perdues" d'une Epoque ont l'occasion d'évoluer dans la suivante. Vous vous rappellerez que nous
avons parlé des Esprits Lucifer comme étant les retardataires de la Période de la Lune, en ajoutant
qu'ils ne pouvaient trouver de champ d'évolution dans notre plan actuel de manifestation. Les
Archanges habitent le Soleil, les Anges ont la charge de toutes les Lunes, mais les Esprits Lucifer
étaient incapables de demeurer sur un de ces globes. Etant mus par la passion et par des désirs
égoïstes, ils ne pouvaient aider à la génération de façon pure et désintéressée comme le font

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les Anges, aussi fallut-il trouver un autre habitat pour eux. Ils furent donc placés sur la planète Mars,
un fait bien connu des anciens astrologues qui ont attribué à Mars la maîtrise du signe du Bélier,
lequel régit la tête (rappelez-vous que le cerveau est construit par la force sexuelle détournée). Ils lui
ont aussi donné la maîtrise du signe du Scorpion, qui régit les organes de reproduction. Le signe du
Bélier correspond à la première maison astrologique, celle du début de la vie; le Scorpion à la
huitième, celle de la mort; nous en tirons la leçon que tout ce qui est engendré par passion et désir
est voué à la dissolution. Ainsi Mars est, au double point de vue astrologique et ésotérique, "le
diable", et Lucifer, le prince des anges déchus, est certainement l'adversaire de Jéhovah, qui dirige
les forces de fécondation à partir du Soleil, par l'intermédiaire de la Lune.

Néanmoins, les Esprits Lucifer sont utiles à l'évolution, et c'est d'eux que nous avons reçu le fer,
sans lequel la vie ne serait pas possible dans une atmosphère contenant de l'oxygène. Ils ont
toujours lutté pour le progrès matériel, et nous n'avons pas le droit de les maudire. La Bible nous
interdit formellement de vilipender les dieux; Jude nous dit même que l'Archange Michel n'a pas osé
réprouver Lucifer (Jude 1:9) et, dans le livre de Job, ce dernier est cité au nombre des Fils de Dieu
(Job 2:1). Son ambassadeur sur terre, Samaël, est l'Ange de la mort, représenté par le Scorpion, mais
aussi l'Ange de la vie et de l'action, dont le Bélier est le symbole. Sans l'agitation provoquée par les
impulsions de Mars, nous ne ressentirions peut-être par l'affliction avec autant d'intensité, mais nous
ne pourrions faire autant de progrès, et il est certain qu' "il vaut mieux s'user que de rouiller".

Vous voyez ainsi comment les "brebis perdues" d'une évolution antérieure ont une chance de se
racheter dans le cadre de l'évolution actuelle. Ces Esprits

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ont pris du retard et, de ce fait, ils doivent toujours nous paraître mauvais, mais ils ne sont pas
"perdus sans retour". Ils ont la possibilité de faire leur salut en nous rendant service, probablement
en transformant la génération en régénération, grâce aux forces de création du Bélier et de
transmutation du Scorpion.

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LETTRE NO 18 - Mai 1912 - LA NOTE DOMINANTE DES ENSEIGNEMENTS ROSICRUCIENS

La note dominante de la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 13 des "Enseignements d'un
Initié", tome 1) est que nous avons le devoir de faire profiter autrui du fruit de nos études, en
essayant d'en faire bénéficier le monde. Il est vrai que les mystiques se tiennent généralement à
l'écart et que, d'autre part, le monde se méfie de nous et de nos enseignements. Cela ne devrait pas
être; et une analyse objective montrera que les enseignements contestés sont relativement peu
importants, alors que ce qui est réellement vital peut être accepté et préparer la voie à d'autres
vérités.

La valeur de tout enseignement dépend de son pouvoir de rendre les hommes meilleurs, ici-bas et
maintenant, de les rendre aimables et prévenants chez eux, honnêtes en affaires, loyaux envers leurs
amis, pardonnant à leurs ennemis; aussi tout enseignement d'application facile et qui produira de
tels résultats n'a pas besoin d'autre recommandation.

Où trouver un tel enseignement? Nous avons une "Cosmogonie" monumentale, décrivant des
Périodes cosmiques, des Révolutions, des Epoques, des races. Leur étude rendra-t-elle l'humanité
plus bienveillante? Ou bien deviendra-t- elle plus honnête après s'être plongée dans l'étude des
nombres et des noms de

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la Cabale? Sûrement pas, aussi cette connaissance n'a-t-elle pas une grande portée. Les gens
deviendront-ils plus moraux si nous leur enseignons les lois de l'involution, ou si nous leur
décrivons le circuit de l'âme à travers le purgatoire et le ciel? Pas nécessairement, à moins de les
avoir convaincus du fait que les lois de renaissance et de cause à effet nous font récolter ce que
nous avons semé, mais même une simple allusion à de telles croyances détournerait la plupart de
nos interlocuteurs.

Alors, direz-vous, que reste-t-il de nos enseignements? Il reste le plus grand et le plus pratique
d'entre eux, qui ne provoquera pas l'antagonisme d'un fidèle de n'importe quelle religion, ni même
d'un agnostique, car il peut se passer d'une étiquette "religieuse". Il produira des résultats des plus
bénéfiques dès le jour de sa mise en pratique, et il pourra même influencer les vies futures, sans que
la personne qui l'applique ait besoin d'entendre le mot "rosicrucien" ou d'en apprendre davantage
sur nos enseignements.

Si vous désirez réellement travailler dans la Vigne du Maître - le monde - ne vous isolez pas. Des
études abstraites peuvent être bonnes à l'occasion, mais allez dans le monde, gagnez la confiance
de ceux que vous rencontrerez, soit à l'église, soit dans une société, soit dans votre lieu de travail. Si
vous leur donnez un bon exemple , peut-être désireront-ils connaître votre secret, et vous aurez le
privilège de leur communiquer le plus grand enseignement connu, qui est LE SECRET DE LA
CROISSANCE DE L'AME.

Voici à peu près ce que vous pourriez dire: "Chaque soir, en me couchant, je revois les évènements
de la journées en ordre inverse, en essayant de me juger impartialement. Je me blâme là où je mérite
des reproches, je me repens et je

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prends la résolution de me corriger. Je me décerne des louanges si je les mérites, en me promettant


de faire mieux encore si l'occasion s'en présente. Il m'arrive souvent d'oublier mes bonnes
résolutions, mais je persévère dans mes efforts et, peu à peu, mon attitude en est changée."

Si une explication est demandée à propos de l'ordre inverse de la rétrospection, on peut ajouter que
les évènements s'impriment mieux dans la mémoire, mais il n'est pas nécessaire d'en dire
davantage, à moins que notre interlocuteur ne cherche véritablement une solution aux problèmes de
la vie; en effet, il faut user de discernement et adapter ses explications à la mentalité de chacun.

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LETTRE NO 19 - Juin 1912 - LE CARACTERE SACRÉ DES EXPÉRIENCES SPIRITUELLES

Ces derniers mois, nous avons reçu beaucoup de lettres d'appréciation au sujet des leçons
envoyées, et nous avons été heureux d'y trouver un profond sentiment d'affection pour le
Rosicrucian Fellowship, en même temps que le désir de savoir "comment tout cela est arrivé".
J'hésitais à vous parler d'une expérience personnelle, mais ces questions m'encouragent à le faire.

J'hésitais parce qu'on ne saurait trop répéter que, parler sans discernement d'expériences extra-
sensorielles est une pratique des plus nuisibles, de quelque côté qu'on la considère. Dans la
conférence sur "Vue et pénétration spirituelles" (devenue le chapitre 11 du "Christianisme
Rosicrucien"), cette question est traitée en détail. Le "trésor" doit être extrait en silence; et un mythe
grec nous apprend que Tantale fut précipité dans les régions infernales pour avoir divulgué des
secrets spirituels. En d'autres termes, nous ne pouvons parvenir à une véritable illumination si nous
parlons à droite et à gauche de nos rêves et de nos visions, au point de les confier même à des
personnes peu disposées à nous écouter. Par là, nous profanons et nous rabaissons ce que nous
devrions révérer, et cette profanation tend à concentrer notre vision sur les régions infernales, qui
sont les sous-plans inférieurs du Monde du Désir.

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D'autre part, de tels récits mettent toujours à l'épreuve la crédulité de nos interlocuteurs, car il n'y a
aucun moyen de vérifier leur authenticité. Ils semblent sans rapport pratique avec les problèmes de
la vie et, même si nous avons confiance en la véracité du visionnaire, ses récits n'ont aucune valeur
si nous n'y pouvons découvrir une loi ou un but. Par conséquent, il suffirait de mentionner la loi elle-
même, sans broder inutilement. Il se peut que la meilleure façon d'illustrer ce principe soit de vous
relater comment j'ai découvert la loi de la mortalité infantile, qui n'avait jamais été publiée avant
d'apparaître dans notre littérature.

Un jour, mon Instructeur me donna pour tâche de suivre la vie d'une personne à travers deux
incarnations antérieures, et de lui dire ce que j'avais observé. Je n'avais aucune idée d'avoir été
envoyé à la recherche d'une loi, pensant simplement qu'il s'agissait de développer ma faculté de lire
dans la Mémoire de la Nature. Une fois prêt, j'en rendis compte à l'Instructeur, qui me demanda des
détails sur les circonstances des décès ayant mis fin à ces deux vies. Je répondis que cet homme
était mort à la guerre dans la première de ces vies, et de maladie au cours de son enfance dans la
seconde. Il me répondit que c'était exact et me demanda d'examiner la vie d'une autre personne.
Celle- ci était morte dans son lit la première fois, et de nouveau dans son enfance dans la vie
suivante. La vie d'une troisième personne s'était terminée par le feu; apparemment elle était ensuite
morte en bas âge. Je dis bien "apparemment", car j'avais peine à le croire, et j'hésitais à le dire à
l'Instructeur. A ma surprise, il me dit que mes observations étaient correctes, et mon étonnement ne
fit que s'accroître à mesure que le nombre des personnes observées approchait de quatorze. A la fin
de leur première vie, elles étaient mortes dans des circonstances diverses: Les unes à la guerre,

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d'autres dans des accidents, d'autres dans leur lit, entourée de leur famille en pleurs, mais dans leur
vie suivante, elle étaient toutes mortes au cours de leur enfance.

L'Instructeur me dit alors de comparer les vies de ces personnes pour voir pourquoi elles étaient
mortes en bas âge par la suite et, pendant des semaines, je n'ai cessé de les étudier sans pouvoir
trouver de ressemblance entre leurs premiers décès. Finalement, un dimanche matin, au moment de
rentrer dans mon corps, la solution me vint, et je me réveillai en criant; Eureka! j'ai trouvé! Dans ma
joie d'avoir la solution, j'ai presque sauté jusqu'au milieu de ma chambre. Les horreurs de la bataille,
du feu, des accidents, de même que les lamentations de la famille, empêchent le panorama de la vie
de se graver profondément sur le corps du désir, et les acquisitions d'une vie se terminant dans de
telles circonstances seraient perdues si, dans la vie suivante, l'intéressé n'avait pas l'occasion de
recevoir des enseignements dans le Premier Ciel, après être mort en bas âge. Cette loi se trouve
exposée dans notre littérature, et elle suffit, à elle seule, à expliquer logiquement le mystère de ces
décès, indépendamment de l'exactitude du récit. Comme ce dernier n'a servi qu'à illustrer un point
de la leçon de ce mois (devenue le chapitre 21 des "Enseignements d'un Initié", tome 1) je ne crois
pas me contredire en recommandant à d'autres le silence au sujet de leurs expériences spirituelles.
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LETTRE NO 20 - Juillet 1912 - INITIATIVE ET LIBERTÉ INDIVIDUELLE

Qu'est-ce qui constitue, selon vous, le point principal de la leçon du mois dernier (devenue le
chapitre 21 des "Enseignements d'un Initié", tome 1)? Ce ne sont pas mes expériences qui comptent,
bien que les étudiants y aient attaché une grande importance; en réalité, elles sont dépourvues de
signification tant qu'elles ne servent pas à transmettre des enseignements utiles et complètement
indépendants de ce canal. Ce qu'il importe de retenir de cette leçon, c'est la notion, sur laquelle nous
avons insisté à plusieurs reprises, d'une pleine et entière liberté individuelle au sein du Rosicrucian
Fellowship.

A cet égard, les enseignements des Mystères occidentaux diffèrent radicalement de ceux donnés
aux âmes plus jeunes de l'Orient, où chacun a un Maître, dont le pouvoir est absolu, un Maître qu'il
sert en toutes choses et auquel il obéit servilement, comme Kim servant son Gourou, car le récit de
Kipling se base sur des faits réels. Obéir aux ordres d'un Maître extérieur qu'on voit et qu'on sert
physiquement est, là-bas, le moyen d'avancer spirituellement; l'élève n'a ni choix, ni prérogative -
mais il n'encourt pas non plus de responsabilité.

Pour les âmes plus âgées de l'Occident qui aspirent à la croissance

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spirituelle, il ne saurait y avoir de "Maître" ou de "Guide", car nous devons apprendre à nous
débrouiller tout seuls. Cela peut nous déplaire; nous pouvons reculer devant nos responsabilités et
désirer un Maître ou un Guide pour nous en décharger. Il me semble que c'est là une des raisons
pour lesquelles tant de personnes intelligentes et cultivées ont adhéré à des cercles spirites et à des
mouvement promulguant des enseignements orientaux. Ayant dépassé le niveau moyen de
l'Occident, elles sentent intuitivement les vastes espaces de l'au- delà, qui les attirent de la même
façon que les vastes espaces du ciel bleu poussent l'oiselet à se confier, malgré ses craintes, au
pouvoir porteur de ses ailes. Ces personnes ressentent donc une poussée intérieure, mais, craignant
de s'y abandonner, elles se confient à des "Maîtres" ou à des "Guides spirituels", dans l'espoir qu'ils
les aideront à obtenir des pouvoirs spirituels. Pourtant, un bébé doit s'essayer à marcher seul, il doit
tomber, se relever, retomber et se faire mal. Cette expérience est déplaisante, mais inévitable, et bien
préférable à ce qui arriverait si on attachait le bébé à sa chaise pour l'empêcher de tomber, car alors
ses membres s'atrophieraient. Or, c'est une telle atrophie, mais des pouvoirs spirituels, à laquelle
s'exposent les malheureux qui se placent sous la funeste (pour les Occidentaux) domination des
Esprits-guides et des Maîtres orientaux.

L'Instructeur de l'Occident ressemblerait plutôt à l'oiseau qui pousse hors du nid ceux de ses petits
qui n'ont pas le courage de s'élancer. Nous pouvons nous faire mal, mais nous apprenons à voler .
Voyez mon cas: envoyé dans le monde avec les Enseignements Rosicruciens et la tâche de les
diffuser, vous pouvez être assurés qu'en me rendant de mieux en mieux compte de l'envergure de
cette entreprise, et de notre insignifiance, à Mrs Heindel et à moi-même, j'en ai souvent eu, comme
on dit, le souffle coupé. Bien des fois, lorsque le

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travail menaçait de nous engloutir, nous avons prié, et encore prié, pour appeler à l'aide, mais en
regardant en arrière, nous pouvons reconnaître les leçons apprises grâce à cette lutte. Des amis
nous disent parfois: "Oh, combien nous voudrions que vous receviez l'argent nécessaire à la
construction du Temple et des classes, pour que le message puisse mieux se diffuser dans le
monde" - mais nous comprenons que d'autres leçons nous attendent et que, lorsque nous serons
prêts, les moyens d'agrandir nos locaux nous seront donnés. En attendant, nos ailes ont encore
besoin d'entraînement.

Il en va de même pour chacune des personnes associées au Rosicrucian Fellowship. Nous devons
apprendre la leçon du travail pour un but commun, en l'absence de toute direction, chacun de nous
étant gouverné par l'esprit intérieur d'amour du prochain dans ses efforts pour élever physiquement,
moralement et spirituellement le monde entier à la stature du Christ qui est le Seigneur et la Lumière
du Monde.
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LETTRE NO 21 - Août 1912 - L'ESPRIT DU CHRIST ET LA PANACÉE SPIRITUELLE

Vous vous souviendrez d'avoir lu dans la "Cosmogonie" comment, dans les âges entre Noé et le
Christ, sous le régime de Jéhovah, l'égoïsme universel fut cultivé dans toute l'espèce humaine. Il fut
dit à l'homme que "Le Ciel, et même les cieux appartiennent à Dieu, mais il a donné la Terre aux fils
des hommes" (Psaume 115:16). Ainsi l'homme fut encouragé à rechercher des possessions
matérielles, et il n'avait aucune idée des trésors dans le ciel, qui sont les fruits du sacrifice de soi-
même. Il en résulta que sa vie d'outre-tombe devenait de plus en plus improductive; ses progrès
spirituels se ralentissaient et auraient finalement cessé si une nouvelle impulsion n'avait été donnée.

C'est alors que le Christ cosmique, le "Rédempteur", commença son bienfaisant ministère et finit par
obtenir l'accès à la Terre par l'intermédiaire du "sang purificateur de Jésus" lorsqu'il fut répandu sur
le Golgotha. Ce sacrifice permit à l'Esprit du Christ d'agir à partir de l'intérieur du globe, afin d'épurer
ses éléments physiques et hyperphysiques. Au moment où, sur le Golgotha, cet Esprit a pénétré
dans la Terre et en a pris possession, l'humanité a ressenti un énorme poussée spirituelle, à tel point
qu'elle a été aveuglée par une intense lumière. A partir de ce moment, le principe d'altruisme a
commencé à exercer un plus grand pouvoir sur les hommes: nous cessons graduellement de ne
penser qu'à notre propre intérêt, et nous amassons des trésors dans le ciel en nous intéressant au
bien-être de notre prochain (Matthieu 6:20). Si le Christ n'était pas venu, une nouvelle Lune aurait dû

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être éjectée de la Terre pour la débarrasser de ses pires éléments, mais ce sort nous a été épargné
par la grâce du sacrifice de l'Esprit du Christ cosmique - un sacrifice qui n'implique pas sa mort
comme on l'entend communément, mais la pénétration d'un plus haut degré de vitalité dans la Terre,
qui nous permet une vie spirituelle plus abondante.

Cette venue du Christ nous offre une analogie avec l'administration de la Panacée spirituelle, dont il
est question dans notre dernière leçon (devenue le chapitre 22 de "Enseignement d'un Initié", tome
1) conformément à la loi de "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut". Chaque cellule du
corps humain est dotée d'une vie cellulaire séparée, mais régie par l'Ego, qui en a la direction, afin
que toutes travaillent en harmonie. Dans certaines longues maladies, l'Ego est tellement accablé par
ses souffrances, qu'il cesse de vivifier suffisamment les cellules; ainsi un mal physique engendre
une inaction mentale, si bien qu'il peut devenir impossible de se défaire de la maladie sans une
impulsion spéciale, capable de disperser les brouillards du mental et de remettre en route le
processus d'activité des cellules. C'est là ce que fait la Panacée spirituelle. De même que la
pénétration de la Vie Christique sur le Golgotha a commencé de dissiper l'enveloppe de crainte
engendrée par une inexorable loi, qui planait sur la terre comme un voile obscurcissant, de même
que cette influence a dirigé des millions d'êtres humains sur les sentiers de la paix et de la bonne
volonté, de même aussi, lorsque la Panacée est appliquée, la Vie Christique qui s'y trouve
concentrée se répand à travers le corps du patient, infusant chaque cellule avec un rythme qui
éveille de sa léthargie l'Ego emprisonné, en lui rendant la vie et la santé. Puisse Dieu nous permettre
d'être bientôt aptes à apporter ce grand bienfait à l'humanité souffrante.

LETTRE NO 22 - Septembre 1912 - LE PAIN ET LE VIN MYSTIQUES

Si je vous avais demandé quel était, à votre idée, le point important de la dernière leçon (devenue le
chapitre 4 des "Glanes d'un Mystique") la plupart d'entre vous aurait sans doute répondu que l'idée
principale était la relation entre le pain, le vin et la santé. Il est important, certes, de comprendre cette
relation et de l'appliquer autant que possible à nos vies, mais si nous le faisons pour une raison
moins estimable que celle donnée par notre Seigneur, notre action est essentiellement égoïste et ne
favorisera pas, de loin, autant notre développement que si nous agissons, comme il nous le
demande, "en mémoire de lui".

Si vous voulez bien, mes chers amis, voir la chose sous cet angle, vous saisirez l'idée dont je parle.
Sous le régime de Jéhovah, l'égoïsme avait à tel point cristallisé la Terre que les vibrations
spirituelles en étaient presque paralysées. L'évolution était sur le point de cesser, et le sang était
tellement imprégné d'égoïsme que l'humanité était en danger de dégénérer. Le Christ cosmique s'est
alors manifesté à travers Jésus pour nous sauver. Purifier le sang de l'égoïsme qui le dénature, tel
est le Mystère du Golgotha; il a commencé lorsque le sang de Jésus a coulé, il a continué à travers
les guerres des nations chrétiennes, chaque fois que les hommes ont combattu pour un idéal, et il
continuera jusqu'à ce que, par contraste, les horreurs de la guerre aient suffisamment convaincu les
hommes de la beauté de la fraternité.

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Lors de son sacrifice sur le Golgotha, le Christ a pénétré dans la Terre. Son influence la travaille
comme un levain et la rend plus apte à répondre aux vibrations spirituelles, mais son sacrifice n'a
pas été consommé en un moment par une mort destinée à nous sauver dans le sens généralement
accepté. Il continue à "gémir et souffrir les douleurs de l'enfantement, dans l'attente du jour de la
libération", de la "manifestation des Fils de Dieu" (Romains 8:22 et 19). Chaque fois que nous
prenons une nourriture convenant à nos véhicules supérieurs, symbolisée par le pain et le vin
mystiques, nous hâtons ce jour, mais nous aurions bien plus de succès dans nos efforts pour hâter
notre propre libération et celle du Christ si nous le faisions toujours "en souvenir de lui".

Vous rappelez-vous la "Vision de Sir Launfal", telle qu'elle est citée dans la "Cosmogonie"? Ce
n'était pas l'importance du don qui comptait; la pièce d'or qu'il avait jetée au mendiant avait une
valeur matérielle bien plus grande que la croûte de pain partagée plus tard, mais la pièce avait été
donnée dans un esprit d'impatience, pour se débarrasser d'une présence désagréable. La croûte de
pain avait été partagée en souvenir du Christ, ce qui faisait toute la différence.

Et Sir Launfal dit: "En toi, je contemple Une image de celui qui mourut sur la croix Toi aussi, tu as eu
ta couronne d'épines; Toi aussi, tu as eu les coups et les moqueries;

Et les blessures aux mains, aux pieds, au côté, Ne t'ont pas été épargnées non plus. Doux Fils de
Marie, accepte-moi: Voici, à travers lui, c'est à toi que je donne."

Plus nous cultiverons l'esprit de faire toutes choses en considération du Christ et de sa libération,
plus utiles et meilleures seront nos vies.

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LETTRE NO 23 - Octobre 1912


LES COURBES DESCENDANTES ET ASCENDANTES DE L'ÉVOLUTION

Les points les plus importants de la leçon du mois dernier (devenue le premier chapitre de "Franc-
Maçonnerie et Catholicisme") sont la grande ancienneté et l'origine cosmique des deux mouvements
connus aujourd'hui sous les noms de Franc-Maçonnerie et de Catholicisme - mouvements institués
respectivement par les Fils du Feu et les Fils de l'Eau. Il est vrai, comme l'explique la "Cosmogonie",
que l'initiation d'êtres humains n'a débuté qu'au milieu de la Période de la Terre, alors que les feux
de la Lémurie luttaient avec les eaux de l'Atlantide, mais il est aussi vrai que l'éducation de
l'humanité dépend de la formation de ses instructeurs au cours d'une évolution précédente et de
l'antagonisme de deux groupes différents d'Anges, qui s'est finalement exprimé sous la forme des
deux mouvements mentionnés ci-dessus. Les Anges déchus et l'homme sont impliqués dans le
travail du monde sous ses gouverneurs temporels. C'est de Lucifer, l'Esprit de Mars, que provient le
sang rouge et ardent qui est le véhicule de toute énergie matérielle, de toute ambition, de tout
progrès. C'est aussi, hélas, le véhicule de la passion, qui le souille et qui l'a fait couler jusqu'à en
rougir la terre. De Jéhovah, d'autre part, est venue la Loi restrictive et la punition des péchés. Voici
un schéma représentant les Epoque à travers lesquelles l'Esprit descend et remonte,

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ainsi que les Mondes et les corps qui leur correspondent; il est destiné à nous faire comprendre la
corrélation des divers facteurs entrant en jeu.

lre Epoque 7e Epoque

2e Epoque 6e Epoque
3e Epoque 5e Epoque

Corps séparés en sexes Esprits séparés en coteries - masculin et féminin - gouvernement et prêtrise

4e Epoque (Changement de direction)

Dans la Lémurie, le pays de la 3e Epoque, l'humanité fut séparée en sexes, masculin et féminin. A
cette époque, les hommes étaient des êtres spirituels en train de descendre dans la matérialité; et les
pionniers s'intéressaient vivement à "l'évangile du corps", un corps dont ils avaient vaguement
conscience, mais qu'ils apprirent à connaître de mieux en mieux à mesure que le temps passait et
que le monde spirituel disparaissait de leur vision. A la

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même époque, les Esprit Lucifer étaient les instructeurs de la femme (Eve) et Jéhovah s'adressait à
l'homme (Adam). La femme était alors plus avancée que l'homme au point de vue matériel, car nous
étions encore sur la courbe descendante de l'évolution.

Lorsque fut pris le "tournant" au milieu de l'Epoque Atlantéenne, la femme devint graduellement plus
intéressée aux choses de l'esprit. Elle se mit à écouter la voix de Jéhovah et à fréquenter les églises
- ou ce qui en tenait lieu - dans un effort pour satisfaire ses aspirations spirituelles. Quant à l'homme,
nous le voyons maintenant dépenser son énergie martienne dans des entreprises matérielles
originairement inspirées par le "Porteur de Lumière", Lucifer.

De même que la lumière blanche change de couleur selon son degré de réfraction, de même aussi le
point de vue de l'Esprit change avec le sexe de son vêtement mortel, mais du moment que nous
alternons nos incarnations masculines et féminines, nous pouvons facilement rétablir l'équilibre et
prendre le sentier qui nous attire davantage, ou bien combiner le meilleur de chacun d'eux. Les
leçons suivantes montreront le chemin, mais nous pouvons déjà ajouter que Celui qui a dit: "Je suis
la vraie Lumière" est au bout du Sentier, alors que Lucifer et Jéhovah ne représentent tous deux que
des étapes sur le chemin qui conduit à la Vérité et à la Vie.

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LETTRE NO 24 - Novembre 1912


THE ROSICRUCIAN FELLOWSHIP, UN CENTRE SPIRITUEL

Le 28 du mois dernier, il y avait exactement un an que nous avions donné le premier coup de pelle
pour la construction de notre premier bâtiment. C'était une typique journée californienne de grand
soleil, avec un ciel sans nuages, dont le bleu rivalisait avec celui de l'Océan Pacifique, visible sur
près d'une centaine de kilomètres des hauteurs où nous étions rassemblés. Nous étions un petit
groupe de neuf personnes, la plupart venues de l'extérieur. Derrière nous, dans la vallée, en
regardant les sommets neigeux qui se profilaient dans le lointain, notre attention s'est portée sur les
bâtiments de la Mission San Luis Rey, avec ses blanches murailles, son toit couvert de tuiles rouges
et son dôme doré, où les Frères Franciscains avaient oeuvré et enseigné pendant plus d'un siècle
parmi les Indiens, et cela nous a semblé un présage.

Nous étions là, une poignée d'enthousiastes, sur un terrain inculte, où nous espérions fonder un
Centre spirituel. Ces anciens Pères s'étaient trouvés dans une situation similaire, meilleure à
certains égards, et pire dans d'autres domaines. Aujourd'hui, des méthodes plus modernes et des
moyens de transport rapides nous permettent d'atteindre le monde entier, alors que leur champ
d'action était limité à leur voisinage immédiat. Pour vivre, il leur fallait cultiver le sol en même temps
que les âmes de leurs protégés. Ils faisaient

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appel à eux pour accomplir des travaux dont ils avaient établi les plans et, grâce à leurs efforts
réunis, une église avait été construite, où tous pouvaient prier. A cet égard, leur situation était
meilleure que la nôtre: tous leurs membres étaient sur les lieux, prêts à aider physiquement à
l'édification des bâtiments de la mission, qui était pour eux ce que notre Siège est pour le
Rosicrucian Fellowship. Mais nous n'avons pas de "protégés", nous ne prétendons à aucune
autorité, et nous désapprouvons toute restriction à la liberté individuelle, car une restriction de ce
genre serait diamétralement opposée aux enseignements rosicruciens, les plus élevés qui soient à
l'heure actuelle. "Si tu est le Christ, sauve-toi toi-même", est-il dit au candidat passant l'initiation
lorsqu'il gémit sous son épreuve. Nul de ceux qui s'appuient sur autrui ne peut être en même temps
une aide; chacun doit apprendre à se gouverner seul.

L'effectif de nos membres a quadruplé depuis l'an dernier, et le travail est évidemment plus
important, bien que la rationalisation et les machines permettent à trois d'entre nous qui travaillons
au bureau d'accomplir la besogne d'un important personnel, tandis que des auxiliaires payés
s'occupent des travaux d'entretien et de jardinage. Il nous arrive cependant d'être submergés par les
tâches de préparation des leçons et des lettres pour les cours et l'envoi mensuel d'environ 1500
lettres individuelles pour aider nos étudiants dans leurs difficultés, en plus du courrier mensuel. Il
nous semble ne pouvoir accepter un membre de plus, faute d'aide pour accomplir la partie
mécanique du travail. Mais, miraculeusement à ce qu'il semble, le ciel s'éclaircit soudain, on invente
une nouvelle manière d'accomplir une certaine partie du travail avec plus de rapidité ou moins de
peine, et nous voilà prêts pour un nouvel accroissement de l'effectif des membres. Comme déjà dit,
nous

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en faisons quatre fois plus que l'an dernier, avec moins d'aide et de peine.

Toutefois, tandis que notre oeuvre s'accomplit, le Siège lui-même est négligé. Nos projets d'une
Ecole de guérison, d'un sanatorium et surtout d'un Temple où la Panacée pourra être préparée et où
des services de guérison pourront, avec efficacité, répandre la santé morale et physique dans le
monde entier - tout cela n'est encore, si l'on peut dire, que des idées à l'état de germe. A mesure que
la plainte de l'humanité souffrante nous atteint par des milliers de lettres, notre désir de réaliser les
plans des Frères Aînés devient plus intense; tellement aigu, en vérité, qu'il semble incarner
l'aspiration concentrée de tous ceux qui en ont appelé à nous dans leur détresse et leur souffrance.

Nos membres étant dispersés dans le monde entier, nous ne pouvons suivre l'exemple des Pères
espagnols, en demandant à nos étudiants de confectionner des briques matérielles et d'en édifier
des murs. Je n'ai jamais demandé un sou à personne - l'activité du Rosicrucian Fellowship a été
entièrement soutenue par des dons volontaires et le modeste produit de la vente de nos livres - et je
ne pourrais pas non plus, maintenant, lancer un appel de fonds pour des constructions; si nous
recevons des dons, ils doivent venir du coeur. Toutefois, le fait de ressentir, comme c'est le cas ici,
l'intense souffrance du monde, m'incite à vous demander les moyens de réaliser le projet de faire en
sorte que le Siège du Rosicrucian Fellowship devienne un Centre spirituel des plus efficaces .

L'an dernier, j'avais écrit aux étudiants pour leur indiquer le moment précis où nous retournerions la
première pelletée de terre à Mount Ecclesia et pour demander à chacun de s'isoler pour être avec
nous en prières, s'il ne pouvait

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l'être en personne. Nous avons reçu un merveilleux encouragement de cet effort collectif, et je me
sens de nouveau poussé à vous demander de l'aide dans une même direction.

Quand les membres de la Science Chrétienne désirent construire, ils font ce qu'ils appellent une
"démonstration", et l'argent afflue dans leur caisse; les adhérents de Pensée Nouvelle (New
Thought) envoient une "demande", et les chrétiens de toutes dénominations "prient" pour obtenir
des fonds. Ils se servent pratiquement tous du même moyen, quoique sous des noms différents.
Tous, ils désirent de magnifiques monceaux de pierre et de verre, et ils les obtiennent. Je sais qu'un
local et un bâtiment dignes de notre mission sont nécessaires, mais quoique nous en ayons grand
besoin, je ne puis prier pour des poutres et des pierres, ni vous demander de le faire, mais ce que je
puis vous demander - et je vous le demande - c'est de prier avec moi pour que le Siège du
Rosicrucian Fellowship devienne un Centre spirituel des plus efficaces et des plus puissants . Priez
de toute votre âme, en demandant que ceux qui travaillent à Mount Ecclesia reçoivent la grâce de
faire avancer le travail; faites d'eux le centre de vos pensées aimantes, afin que nous puissions faire
rayonner cette grâce sur un monde qui est assoiffé de cette sorte d'amour.
Personnellement, nous sommes fragiles, mais par vos prières et par la grâce de Dieu, nous
deviendrons une puissante force dans le monde. Si nous cherchons d'abord le Royaume de Dieu ,
des détails tels que les bâtiments nécessaires à notre activité arriveront tout naturellement, sans
qu'il soit besoin de dégrader la prière en la faisant servir à l'acquisition de possessions matérielles.

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LETTRE NO 25 - Décembre 1912 - LE MESSAGE MYSTIQUE DE NOEL

Carillons de Noël!...Avez-vous, dans votre enfance, vibré à la magie de leur appel, avant que le doute
soit entré dans votre coeur, ébranlant l'idéal enseigné par l'Eglise? Nous entendions pourtant les
mêmes cloches dimanche après dimanche, mais à Noël leur vibration était autre; il y avait une note
de festivités que, bien sûr, nous avons plus tard attribuée à notre imagination enfantine. Tout en
nous félicitant de notre émancipation de ces "mômeries", nous n'en avons pas moins un sentiments
qu'il nous manque quelque chose. Dans son "Ode à l'Immortalité", Wordsworth a exprimé ce
sentiment de regret qui suit la perte des idéaux de l'enfance: rien de ce que le monde nous offre ne
peut les remplacer et, quelles que soient nos richesses matérielles, nous sommes réellement à
plaindre lorsque les mirages de l'enfance se sont envolés et que des concepts intellectuels ont
étouffé ce que nous appelons "des superstitions".

Paul nous exhorte à étayer notre foi par la raison - et il y a une raison mystique à de nombreux
usages religieux remontant à une haute antiquité. La coutume de sonner les cloches au moment
d'allumer les cierges sur l'autel a été instituée par des clairvoyants ayant reçu l'illumination
spirituelle, en vue de nous enseigner la similarité cosmique de la lumière et du son. Les langues de
métal des cloches annoncent aujourd'hui le message du Christ à

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l'humanité aussi clairement que lorsqu'il a énoncé pour la première fois son aimable invitation:
"Venez à moi, vous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos" (Matthieu 11:28). La
cloche est donc le symbole du Christ, du "Verbe", lorsqu'elle nous appelle à l'adoration devant l'autel
illuminé où il nous accueille comme la "Lumière du Monde".

Le sentiment de festivités éveillé par les cloches de Noël est aussi produit par des causes
cosmiques actives à cette époque de l'année; et la présente saison est véritablement sainte, ainsi
que nous allons le voir. Ceux qui étudient la science des astres savent que les signes du zodiaque
sont comme un gigantesque clavier, chacun d'eux ayant ses vibrations particulières. A mesure que
les planètes passent successivement, chacune à son allure propre, devant chaque signe, en des
combinaisons toujours nouvelles, les accords des harmonies cosmiques, connus aux mystiques
sous le nom de "musique des sphères", ne cessent de faire entendre les oraisons et les hymnes qui
s'adressent au Créateur. Pour le clairvoyant, cette musique n'est pas une idée saugrenue, mais un
fait réel, capable de vérification dans ses effets. L'harmonie des sphères n'est pas un ton uniforme;
elle varie de jour en jour et de mois en mois, à mesure que le Soleil et les planètes passent d'un
signe à un autre, en produisant d'infinies variations, dont le changement est la base de l'évolution
spirituelle et physique. Si cette vibration cessait, ne fût-ce qu'un instant, le Cosmos retournerait au
Chaos.

Pour vous faire une idée de cette influence, observez la nature et la qualité de l'amour vital émanant
de l'Etoile du Christ, le Soleil, lors de son passage devant le signe belliqueux du Bélier, au
printemps. L'amour des sexes est la note dominante dans la nature, dont toutes les énergies sont
centrées sur la

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génération, aussi la passion règne-t-elle partout. Comparez cet effet du Soleil avec celui qu'il exerce
en décembre, lorsque ses rayons s'imprègnent des vibrations bienveillantes du Sagittaire, gouverné
par Jupiter: il favorise la religion et la philanthropie; l'air vibre de générosité, et l'amour vital de
l'Etoile du Christ trouve sa plus haute expression à travers ce signe aimable. Au dehors règnent les
ténèbres de l'hiver, car le symbole visible de la "Lumière du Monde" (Jean 12:46) a été obscurci,
mais durant la nuit la plus sombre, le carillon de Noël suscite une prompte réaction aux sentiments
de bienveillance qui font de tous les humains des frères issus du même Père Céleste.
Puissent les résonances mystiques des carillons de Noël éveiller en vous la fibre la plus tendre de
votre coeur, et puisse la tonique de joie être la dominante de votre vie durant l'année qui vient - tel
est le voeu de Noël des collaborateurs de Mount Ecclesia.

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LETTRE no 26 - Janvier 1913


SERVONS NOTRE PROCHAIN DURANT LA NOUVELLE ANNÉE

Il fait froid dans l'hémisphère nord; Les vents retiennent la terre et les eaux dans leur étreinte
glaciale, mais le coeur de l'homme est plus chaud qu'à aucune autre époque de l'année. "Joyeux
Noël" ou "Bonne et heureuse année" sont des salutations de bonne volonté qui nous accueillent
partout. Pour la plupart, ce ne sont que de vains propos, mais n'empêche qu'ils laissent une
atmosphère de bonne volonté qui est plus importante qu'on ne croit. Si ces salutations étaient
d'usage toute l'année, au lieu d'être limitées à cette saison, le monde en serait enrichi. Toutefois,
comme dit le proverbe, "Si les souhaits étaient des chevaux, les mendiants rouleraient carrosse" et,
à moins que nos actes visent à réaliser nos souhaits, rien n'en résultera. Il est dit qu'un certain lieu
infernal est pavé de bonnes intentions, mais le monde a encore besoin d'autre chose que de
souhaits.

L'autre mois, je vous avais demandé de vous joindre à mes prières afin que The Rosicrucian
Fellowship serve à élever le monde; et bien des lettres sont venues nous assurer que les
collaborateurs du Siège étaient l'objet des prières constantes des étudiants. Nous connaissons le
pouvoir de la prière; sans l'appui que nous en recevons, nous n'aurions jamais pu supporter les
tensions physiques et mentales qui ont accompagné cette croissance phénoménale. Mais les
quelques milliers qui ont été atteints par notre message ne sont rien en comparaison des millions de
personnes qui sont à la recherche de la Lumière.

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Le Christ a dit: "Que celui qui veut être le plus grand parmi vous soit le serviteur de tous" (Matthieu
20:26). La valeur d'un homme se mesure aux services qu'il rend à ses semblables. Il en va de même
d'une association, mais sa composition fait que son efficacité dépend de l'intérêt et de
l'enthousiasme de chacun de ses membres. Nous sommes tous redevables aux Frères Aînés de la
lumière que nous avons reçue; et notre devoir le plus sacré est de laisser rayonner notre lumière,
afin que d'autres puissent participer à notre grand privilège. Sans négliger nos autres devoirs,
efforçons-nous tout de même de diffuser plus largement les enseignements rosicruciens durant
l'année qui vient.

Agissons toutefois avec discernement, en évitant de troubler ceux qui sont satisfaits de leurs
croyances. C'est seulement si vous trouvez une personne à la recherche d'une solution aux
problèmes de sa vie que vous pouvez nous demander d'envoyer de la documentation à son adresse.
Votre nom ne sera mentionné que si vous l'autorisez.

Nous serons aussi heureux de vous fournir des feuilles d'information sur The Rosicrucian
Fellowship, reproduisant le texte (voir à la fin de l'ouvrage) figurant au dos de vos cartes d'accusés
de réception. De cette manière, vous pourriez intéresser vos amis et ouvrir la voie à d'autres
questions de leur part. Grâce à cette collaboration, peut-être arriverez-vous à mettre un chercheur en
contact avec la lumière , et vous aurez contribué à lui faire un bien durable. En aidant d'autres
personnes à croître spirituellement, vous rendez aussi service à vous-mêmes.

Puissent la prospérité spirituelle et une abondante croissance de votre âme marquer chaque journée
de votre nouvelle année!

LETTRE NO 27 - Février 1913 - SIEGFRIED, LE CHERCHEUR DE VÉRITÉ

De même que nous donnons à nos enfants des livres d'images pour leur enseigner des leçons
morales qu'ils seraient incapables de saisir intellectuellement, de même aussi les divins Guides de la
jeune humanité ont eu recours à des mythes pour lui transmettre de grandes vérités spirituelles qui,
tout en étant restées pendant des âges à l'état "germinatif" dans notre inconscient, n'en ont pas
moins été de puissants facteurs dans la direction imprimée au progrès humain. Vous auriez peine à
croire que le mythe de Faust incorpore les grands problèmes de la Franc-Maçonnerie et du
Catholicisme, avec leur solution finale, mais nous verrons, dans nos prochaines leçons, qu'il en est
bien ainsi. Cette fois-ci, je voudrais seulement me servir d'un épisode du grand poème épique
nordique "L'anneau des Niebelungen" pour montrer comment la grande vérité: "celui qui veut
trouver la Vérité doit quitter père et mère" (Matthieu 19:29) - comme l'ont fait Jésus et Hiram Abiff - a
été communiquée aux "Enfants du Brouillard" (ce qui est la signification du mot "Niebelungen") qui
vivaient dans l'atmosphère nébuleuse de l'Atlantide. Plus tard, nous pourrions étudier la légende
tout entière (voir "Les Mystères des Grands Opéras").

Wotan est le chef des dieux, qui sont toujours en guerre avec les géants. Pour s'en protéger, les
dieux construisent une forteresse appelée Walhalla, où les

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Valkyries, filles de Wotan, ramènent les fidèles défenseurs qui sont tombés dans la bataille, en
défendant leur foi. La vérité a perdu son caractère d'universalité lorsque ses gardiens l'ont entourée
de muraille et l'ont limitée. Mais Wotan a d'autres enfants, qui aiment tellement la Vérité qu'ils
s'enfuient du Walhalla pour être libres. Ils sont armés d'une épée appelée "l'Enfant du désespoir" à
l'aide de laquelle ceux qui se rebellent contre les croyances et les dogmes envoient chaque fois
promener les conventions pour partir à la recherche de la Vérité. Wotan envoie ses favoris à la
poursuite des fugitifs et demande à Brunhilde, la Valkyrie qui représente l'Esprit de Vérité, de l'aider
à les exterminer. Elle refuse, et Wotan, qui s'est rendu invisible, pare les coups de son vaillant fils
Siegmund, qui est tué dans ce combat inégal.

L'Eglise dominante ne voit pas d'un bon oeil la sécession de ses enfants. Elle aurait même voulu
obliger l'Esprit de Vérité à lui obéir et, lorsque cette manoeuvre ne réussit pas, elle recourt à de
subtiles combinaisons pour arriver à ses fins. Ses intentions sont louables, mais elle a dégénéré. Au
moment où Wotan éloigne de lui Brunehilde en pleurs pour la mettre en sommeil sur un roc entouré
de flammes, il lui dit qu'elle ne se réveillera pas avant qu'apparaisse un héros plus libre qu'il ne l'est .
La vérité ne peut être trouvée dans une religion liée par les dogmes; celui qui part à sa recherche ne
doit pas être entravé par une obligation d'obéissance à quiconque.

Siegfried, dont le nom signifie "la paix par la victoire", répond à cette définition; il est le fils de
Siegmund, le héros mis à mort, et de sa soeur et épouse Sieglinde, morte en lui donnant le jour. Il est
donc libre de toute attache envers père et mère, ou autres liens terrestres; son seul héritage est

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une épée brisée, l'"Enfant du désespoir". Elevé parmi les Niebelungen (l'humanité ordinaire), il est
conscient de sa divinité et se rebelle contre les limitations de son milieu. Son père adoptif, Mime, est
un habile forgeron, mais toutes les épées forgées par lui sont fracassées du premier coup par le
jeune géant. Mime avait souvent essayé de forger l'"Enfant du désespoir", mais sans succès, car
aucun poltron n'y peut parvenir. Tant que nous craignons l'Eglise, l'opinion publique ou quoi que ce
soit d'autre, nous ne pouvons pas nous libérer.

Le courage du désespoir l'emporte sur la crainte et, finalement, Siegfried forge lui-même l'épée, dont
il se sert ensuite pour mettre à mort Fafner, le dragon du désir qui "couve" les trésors de la terre, et
Mime, son père adoptif - la nature inférieure. Il est alors absolument libre; et un oiseau, la voix de
l'intuition, lui parle de la belle Brunhilde, l'Esprit de Vérité, qui peut être éveillée par un homme libre
et sans peur. A la poursuite de son idéal, Siegfried suit l'oiseau de l'intuition, mais Wotan, son
ancêtre, essaie de lui barrer le chemin avec sa lance, représentant le pouvoir de la croyance, sur
laquelle l'épée tenue par Siegmund s'était autrefois brisée. Depuis que Siegfried l'a forgée, cette épée
est plus solide, alors que la lance de Wotan a perdu en solidité depuis son premier choc, car la
croyance s'affaiblit toujours sous l'attaque. Siegfried, l'homme libre et sans peur, fracasse la lance
de Wotan et, continuant d'avancer à travers les flammes jusqu'au rocher de la Valkyrie, il étreint
l'Esprit de Vérité et l'éveille d'un tendre baiser.
Ainsi, cet ancien mythe indiquait au chercheur de vérité ce qu'il avait à faire pour la trouver. Il nous
faut quitter père et mère, croyances et dogmes, conventions, idées préconçues et désirs de ce
monde; il ne nous faut jamais craindre un conflit avec les autorités établies, mais il nous faut suivre

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notre voix intérieure à travers le feu si nécessaire: c'est alors, et alors seulement, que nous pourrons
trouver la vérité.

C'est pour cette raison que les Rosicruciens insistent sur le fait que toux ceux qui viennent à eux en
quête d'enseignements plus profonds soient libres de toute inféodation à une école; et aucun
candidat n'est lié, à aucun degré de son développement, par des serments. Les seules promesses
qu'il fait, il se les fait à lui-même, car la liberté est la possession la plus précieuse de l'âme, et il n'est
pas de plus grand crime que d'entraver son prochain de quelque manière que ce soit. Puissions-
nous tous rester fidèles à ce grand héritage, et résister vaillamment à tout empiétement sur ce droit
sacré.

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LETTRE NO 28 - Mars 1913


CONSTITUTION DE THE ROSICRUCIAN FELLOWSHIP EN SOCIÉTÉ

Vous vous rappellerez que l'an dernier, dans une série de leçons (devenues les chapitres 20 à 22 des
"Enseignements d'un Initié", tome 1) j'avais parlé de constituer The Rosicrucian Fellowship en
association et d'en confier la direction à un comité, afin que ce qui appartient à l' oeuvre puisse être
conservé et servir à ses buts altruistes dans les siècles à venir. Cette constitution est maintenant
chose faite et The Rosicrucian Fellowship est enregistré en conformité des lois californiennes, a un
statut légal dans le monde. Le site du Siège, avec ses bâtiments et le matériel nécessaire à son
activité, est maintenant la propriété du Rosicrucian Fellowship tout entier, à l'abri des convoitises
individuelles.

Cet enregistrement nous a soulagés, Mrs Heindel et moi-même, d'un grand poids. Nous avons
attribué à l'oeuvre des dons reçus, allant d'un timbre-poste à de modestes sommes - car jusqu'ici
nous n'avons pas eu de dons importants. Grâce à une utilisation judicieuse de ces fonds
relativement minimes, nous avons maintenant les fondements d'une oeuvre si immensément grande
qu'elle dépasse toute description. C'est vous, avec vos dons spontanés, qui avez aidé à créer Mount
Ecclesia au point de vue matériel; il vous appartient et il restera votre propriété, car ni Mrs Heindel ni
moi ne désirons de l'argent ou des biens, étant plus que comblés du fait de l'inestimable privilège de
rendre service. Pour que notre oeuvre puisse donner toute sa mesure, il nous faudra

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évidemment davantage de moyens, mais nous avons foi dans l'assurance des Frères Aînés que,
lorsque nous serons prêts, les choses matérielles nécessaires à la croissance et à la plus grande
utilité du Rosicrucian Fellowship viendront à nous. D'ici là, nous continuerons à travailler de jour en
jour avec les moyens dont nous disposons, car c'est ainsi, et ainsi seulement, que nous nous
rendrons aptes à mieux servir.

Nous avons aussi le grand plaisir de vous annoncer que, contrairement à la situation antérieure, où
nous n'arrivions pas à trouver de l'aide, nous avons maintenant au Siège plusieurs loyaux
collaborateurs. Toutefois, bien que notre personnel de bureau ait doublé en quelques mois, le travail
s'est aussi accru de manière phénoménale, et notre activité est plus fiévreuse que jamais.

Vous vous rappellerez peut-être que, dans de précédents écrits, il était dit que la Science, les Arts et
la Religion s'étaient trouvés séparés au cours des temps modernes, cette séparation étant
nécessaire à un développement plus complet de chacune de ces disciplines. Il était aussi dit que,
tout comme la Science, les Arts et la Religion avaient été enseignés comme un tout dans les anciens
Temples des Mystères, il faudrait aussi que se produise, dans les temps futurs, une réunification de
ces trois enseignements, ceci étant nécessaire à notre croissance spirituelle. En juin prochain, nous
ouvrirons à Mount Ecclesia une Ecole en vue de donner cet enseignement composite, en mettant
tout spécialement l'accent sur l'art de guérir. Ceux de nos étudiants qui s'y intéressent sont priés de
nous écrire: nous leur enverrons toutes les informations nécessaires. Les dépenses seront
couvertes par les dons des participants.

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LETTRE NO 29 - Avril 1913 - FRANC-MAÇONNERIE ET CATHOLICISME

Dans notre dernière leçon sur les origines de la Franc-Maçonnerie et du Catholicisme (voir fin du
chapitre 9 du livre du même nom) nous avions fait ressortir les divers points relatifs à leur origine
cosmique, et vous serez sans doute heureux de les retrouver ici sous une forme résumée. Voici donc
la quintessence de notre thèse.

Le mot "Franc-Maçon" est dérivé de l'égyptien Phree messen , ou "Enfants de la Lumière". A


l'origine, ces mots servaient à désigner les constructeurs du Temple de Dieu - l'âme humaine. Le mot
"catholique" signifie "universel"; à l'origine, il servait à différencier la religion mondiale, englobant
les autres - le Christianisme - des religions de race, telles l'Hindouisme.

Le sang est le véhicule de l'Esprit; sous le régime de Jéhovah et des Esprits Lucifer, il a été
contaminé par l'égoïsme. Tous deux, la Franc-Maçonnerie et le Catholicisme, visent à purifier le sang
de l'homme et à développer l'altruisme.

La Franc-Maçonnerie apprend au candidat à faire son salut par lui-même, alors que le Catholicisme
le fait dépendre du sang de Jésus. Ceux qui recourent à la méthode positive développent
naturellement les âmes les plus fortes.

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LETTRE NO 30 - Mai 1913 - LE ROLE DU MAL DANS LE MONDE

Dans la leçon du mois dernier (devenue le premier chapitre des "Mystères des Grands Opéras") nous
avons étudié le rôle des dissonances en musique, ainsi que le rôle similaire du mal dans le monde,
qui est de faire ressortir, par contraste, la beauté et l'harmonie du bien. Un esprit superficiel pourrait
en conclure que ce mal apparent a été établi par Dieu, l'Auteur et l'Architecte de notre monde,
comme s'il pouvait être à l'origine de toutes les peines, de toutes les souffrances qui font gémir
l'humanité. La Bible dit vrai lorsqu'elle rapporte que les Elohim, qui étaient ses agents, "virent que
cela était bon", une fois leur travail terminé (Genèse 1:25). La "Cosmogonie", ainsi que les
conférences 13 et 14 (devenues des chapitres du "Christianisme Rosicrucien") expliquent en détail le
récit biblique de l'arrivée du mal apparent, venu dans le monde avec les Esprits Lucifer; ils montrent
également qu'ensuite les forces du bien s'en sont servies d'une façon bienfaisante, de manière à
obtenir un résultat final meilleur que si ce facteur n'avait pas existé.

Vers la fin de l'Epoque Lémurienne et au début de l'Epoque Atlantéenne, l'homme, pur et innocent,
était le docile protégé d'Anges gardiens qui guidaient tous ses pas sur le sentier de l'évolution. Il
n'était pas doué de raison: à quoi bon puisqu'il n'avait pas le choix, n'ayant qu'un chemin à suivre?
Les Seigneurs de Vénus avaient été envoyés pour développer en lui la

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bonté, l'amour et la dévotion: si aucun facteur de trouble n'avait surgi, cette Terre serait restée un
paradis, dont l'homme aurait fait partie comme une belle fleur. Les peines, les souffrances et la
maladie seraient restées inconnues et, sous le régime des Anges lunaires et des Seigneurs de
Vénus, l'homme serait automatiquement devenu bon et sage, puisqu'il n'avait pas d'alternative.
Lorsque les Esprits Lucifer ouvrirent ses yeux à cette voie différente et que les Seigneurs de Mercure
développèrent en lui la raison qui devait lui servir de guide, il devint - en puissance - plus grand que
les uns et les autres de ces guides, ainsi qu'il est demandé de ceux qui suivent le sentier en spirale
de l'évolution.
Ainsi pourvu de libre arbitre et de raison, l'homme a le glorieux privilège de s'élever au pinacle de la
plus haute perfection possible dans ce plan d'évolution; et c'est pour cela que le Christ disait : "Celui
qui croit en moi fera les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes." (Jean 14:12).

Puisse le mythe de Faust nous apprendre à marcher sur les traces de nos guides, en utilisant le mal
apparent pour accomplir un bien plus grand; puissions-nous aussi apprendre à ne pas nous laisser
dominer par le mal, mais à en triompher, le transmutant ainsi en bien. On pense communément que
"un tiens vaut mieux que deux tu l'auras"; si c'était toujours vrai, nous n'aurions rien qui nous
pousse à monter plus haut, à faire mieux ou plus grand. Les paroles du Christ nous encouragent à
avancer; et des légendes telles que le mythe de Faust nous apprennent à utiliser des forces en
apparence destructrices et subversives.

A celui qui a beaucoup reçu, il sera beaucoup redemandé (Matthieu 25:14-30), et c'est pourquoi ceux
qui étudient la philosophie rosicrucienne et les

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enseignements de la Sagesse Occidentale ont l'obligation de faire de plus grands efforts. Puissions-
nous aspirer de toutes nos forces à nous montrer dignes de ce glorieux privilège!

P.S - Depuis que nous avons sollicité vos prières quotidiennes pour ceux qui travaillent au Siège,
beaucoup de nouveaux étudiants se sont inscrits. Nous croyons donc utile de renouveler notre
requête de bien vouloir nous inclure dans vos prières, en demandant que le Siège du Rosicrucian
Fellowship devienne un Centre spirituel des plus efficaces. Ainsi que vous l'apprend la feuille jointe,
nous sommes sur le point d'ouvrir notre Ecole de guérison et, pour faire ce pas important, nous
avons besoin, comme jamais auparavant, de la grâce divine. Veuillez donc nous aider dans cette
entreprise.

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LETTRE NO 31 - Juin 1913 - LA SECONDE VENUE DU CHRIST

L'un des principaux points de la leçon de ce mois (devenue le chapitre 3 des "Mystères des Grands
Opéras"), un point généralement très mal compris, concerne le retour du Christ et le véhicule dont il
se servira. La Bible nous donne pourtant très clairement cet enseignement, avec lequel celui de la
Sagesse Occidentale Rosicrucienne est en plein accord. Cet enseignement diffère radicalement des
idées courantes sur ce sujet, à la fois chez la majorité des Chrétiens et chez ceux qui,
inconsciemment ou non, prônent de faux Christs, propres à induire en erreur les irréfléchis. Il est
donc très important que les élèves de l'Ecole Occidentale comprennent à fond la question, aussi
allons-nous résumer brièvement les principaux enseignements publiés à ce sujet dans la
"Cosmogonie" et dans d'autres ouvrages.

Le Christ est l'Initié le plus élevé de la Période du Soleil, au cours de laquelle la Terre était formée de
matière-désir. Le véhicule inférieur dont il se servait était fait de cette substance.

Nul ne peut se construire un véhicule en une matière qu'il n'a pas appris à façonner, et c'est
pourquoi l'Esprit du Christ a travaillé avec notre humanité à partir de l'extérieur de la Terre, à la façon
des Esprits-Groupes guidant les animaux dont ils ont la charge, jusqu'au moment où Jésus lui a
cédé son

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corps dense et son corps vital. Le Christ en a pris possession et a exercé physiquement son
ministère parmi les hommes jusqu'au moment de la destruction de son corps dense, sur le Golgotha,
où il est devenu l'Esprit intérieur de la Terre. A ce moment, le corps vital de Jésus fut mis de côté
pour attendre la seconde venue du Christ.
Le Christ a mis ses fidèles en garde contre ses imitateurs, aussi peut-on se demander comment
distinguer, en l'occurrence, le vrai du faux, mais Paul nous a donné des instructions tellement
précises qu'il nous suffit de les avoir en mémoire pour être absolument à l'abri d'une erreur.

Il nous dit en effet (I Corinthiens 15:50) que "la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume". Il
insiste sur le fait que notre corps sera changé à la ressemblance du véhicule du Christ (Philippiens
3:21). Même témoignage dans la première Epître de Jean (3:2).

Il est donc évident que quiconque se proclame le Christ en se présentant dans un corps physique a
perdu la raison et doit être pris en pitié, à moins qu'il ne s'agisse d'un imposteur méritant notre
mépris et notre réprobation. On ne nous laisse pas non plus dans l'incertitude touchant la nature du
véhicule dans lequel nous rencontrerons le Christ pour être semblables à lui. Dans la première Epître
aux Thessaloniciens (4:17) il est dit que nous irons à la rencontre du Seigneur dans les airs; par
conséquent il nous faudra, de toute nécessité, posséder un véhicule plus léger que notre actuel
corps dense. Cette transformation prendra des âges, du moins en ce qui concerne l'humanité
ordinaire.

Dans la première Epître aux Thessaloniciens (5:23)Saint Paul déclare que l'être

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complet de l'homme se compose de l'âme, de l'esprit et du corps. Lorsque nous abandonnerons


définitivement notre corps dense, comme l'a fait le Christ, nous fonctionnerons dans un corps
appelé "Soma psuchikon " - corps de l'âme - mentionné dans la première Epître aux Corinthiens
(15:44) qui n'est autre que le "corps vital" de notre philosophie. C'est un véhicule formé d'éther,
capable de lévitation, et de même nature que celui utilisé par le Christ après sa crucifixion. Ce
véhicule n'est pas sujet à la mort dans la même mesure que notre corps dense, et il finit par se
transformer en esprit, ainsi que l'enseigne notre littérature - et ainsi que le requiert le chapitre 15 de
la première Epître aux Corinthiens.

Ainsi, les enseignements de la Sagesse Occidentale sont en parfait accord avec la Bible en déclarant
catégoriquement que le Christ ne reviendra jamais dans un corps de chair, ce qui serait rétrograder.
De même qu'une chenille brise le cocon dans lequel elle est enfermée et se transforme en un
splendide papillon qui butine de fleur en fleur, de même, nous aussi, nous quitterons ces mortelles
attaches qui nous lient à la terre et qui nous alourdissent. Nous fendrons les airs, âmes vivantes,
dans une gloire radieuse, volant à la rencontre de notre Sauveur dans le monde des âmes, les
Nouveaux Cieux et la Nouvelle Terre. Ceci est l'un des principaux points de doctrine de l'Ecole
Rosicrucienne, et nous comptons bien que nos étudiants feront de leur mieux pour l'assimiler, afin
d'être capables de donner une raison de leur foi.

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LETTRE NO 32 - Juillet 1913 - LE CORPS VITAL DE JÉSUS

La leçon du mois dernier (devenue le chapitre 3 des "Mystères des Grands Opéras") contenait
nombre d'enseignements qui n'avaient pas été donnés jusqu'ici en public. Mais d'autres mystères
touchant la portée et la limitation des pouvoirs spirituels, ainsi que la préservation du corps vital de
Jésus, sont également évoqués dans la conversation entre Faust et Lucifer. Lorsque ce dernier
demande à Faust de faire disparaître l'étoile à cinq branches qui lui barre le passage, il reçoit pour
réponse: "Pourquoi ne pas partir par la fenêtre?"

Les personnes étudiant la philosophie occulte se font souvent une idée exagérée des pouvoirs dont
dispose celui qui a développé la vue spirituelle. En fait, les recherches sur le plan occulte sont
limitées par les lois naturelles gouvernant les mondes invisibles, tout comme les expériences de
physique, dans notre monde matériel, doivent se conformer aux lois de cette science.

En vue de maintenir un certain équilibre, il arrive souvent que les lois d'un certain plan soient
exactement contraires à celles d'un autre. Ici, dans le monde physique, les formes denses sont
attirées vers le centre du globe par la force de la pesanteur. Si la solidité de notre corps dense ne
nous en empêchait pas, nous pourrions atteindre le Christ sans effort. Il faut une
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certaine énergie pour soulever de terre, ne fût-ce que de quelques centimètres, un corps dense, alors
qu'au contraire, les formes spirituelles ont une tendance naturelle à la lévitation. Par conséquent, un
adepte de la magie noire peut se rendre avec une relative facilité jusqu'à la planète Mars, grâce à la
force sexuelle dérobée à ses victimes. Il est naturellement attiré par la planète de la passion et,
comme l'aura de Mars se mêle à celle de la Terre, une telle performance n'est pas très difficile. Mais il
lui est impossible de traverser, fût-ce la première des neuf couches terrestres qui conduisent au
Seigneur d'amour, l'Esprit de notre Terre. Une telle pénétration représente le Sentier de l'initiation,
requérant le pouvoir de l'âme, la pureté et l'oubli de soi-même pour atteindre le Christ - et c'est ici la
raison pour laquelle si peu de personnes sont capables de nous renseigner sur la constitution
intérieure de la Terre.

Nous ne voyons pas les objets matériels à l'extérieur de nos yeux: ils se reflètent sur la rétine, et
nous ne voyons que leur "image" à l'intérieur de notre organe de vision. Comme la lumière est
l'agent de cette réflexion, les objets qui "résistent" au passage de la lumière apparaissent
"opaques", alors que d'autres, tels que le verre, semblent clairs par le fait qu'ils se laissent traverser
par les rayons lumineux. Lorsqu'on se sert de la vision spirituelle, une lumière d'une intensité
supérieure est produite à l'intérieur du corps, entre les glandes pituitaire et pinéale. Elle est focalisée
"à travers" la prétendue "tache aveugle", ou papille optique* (il s'agit du point d'entrée du nerf
optique, formant un disque arrondi ou légèrement ovoïde. Ce disque est insensible à la lumière, étant
dépourvu de cônes et de bâtonnets. En fermant l'oeil, on trouve facilement, en le cherchant, un point
où un petit objet, le bout du doigt par exemple, ne sera plus perçu. C'est ce qu'on appelle aussi "la
tache aveugle de Mariotte" - Larousse médical), directement sur l'objet à examiner.

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Le pouvoir du rayon direct est complètement différent de celui du rayon physique reflété. Il pénètre
un mur sans difficulté, mais aucun Esprit du Monde du désir ne peut voir à travers le verre. Ni
Lucifer, ni aucun autre Esprit du mal n'ose même traverser un objet quelconque formé de cette
matière, pas même une mince vitre.

Connaissant cette particularité, nos Frères Aînés ont placé le corps vital de Jésus dans un
sarcophage de verre, afin de le protéger des regards des curieux et des profanes. Ce sarcophage est
conservé dans une caverne, à une grande profondeur, où nul être non initié ne peut pénétrer.
Toutefois, pour plus de précaution, des gardes vigilants surveillent constamment leur précieux
dépôt; en effet, si ce véhicule venait à être détruit, la seule voie de sortie du Christ serait coupée, et il
devrait rester prisonnier de la terre jusqu'à ce que, la Nuit cosmique ayant désintégré ses éléments,
ils retournent au Chaos. Si cela se produisait, la mission du Christ, en tant que Sauveur, aurait
échoué, ses souffrances seraient grandement prolongées et notre propre évolution en serait
énormément retardée.

Travaillons, veillons et prions en vue de l'heureux jour de sa libération.

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LETTRE NO 33 - Août 1913 - TIRONS PARTI DE NOS OCCASIONS FAVORABLES

L'un des plus importants points qui ressortent de la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 4 des
"Mystères des Grands Opéras") est le fait que nous avons le pouvoir d'allonger la durée de notre vie
en apportant toute notre attention au but de l'existence, qui est d'acquérir de l'expérience. Que nous
nous en rendions compte ou non, chaque action de notre vie hâte notre fin ou, au contraire, la
retarde, selon que cette action est, ou non, en harmonie avec la loi. Si nous ne nous appliquons pas
à la tâche de notre vie, si nous persistons à suivre une voie de nature à empêcher la croissance de
notre âme, la dissonance de notre vie détruira l'archétype. Plus tard, une renaissance dans un milieu
différent nous offrira une chance de rencontrer à nouveau les occasions perdues et de mieux faire.
D'autre part, quand nous vivons en harmonie avec le plan de vie gravé sur l'archétype de notre corps
dense, il y a, dans la consonance de leurs vibrations, une force constructive qui a pour effet de
prolonger la vie de l'archétype et, par conséquent, celle du corps matériel également.
Si l'on se rend compte que notre vie sur terre représente les semailles, et que la valeur de notre vie
d'outre-tombe est en proportion directe de la croissance réalisée grâce à l'usage de nos talents, cela
montre combien il est

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suprêmement important que nos facultés s'exercent dans la bonne direction. Bien que cette loi
s'applique à l'humanité toute entière, son action intéresse tout particulièrement les aspirants, car
lorsque nous travaillons de toutes nos forces pour le bien, chaque année gagnée augmente notre
trésor dans d'éminentes proportions. A mesure que nous avançons en âge, nous devenons plus
habiles à "cultiver" notre âme, aussi le fruit des quelques dernières années peut-il facilement
dépasser ce que nous avons acquis dans la première partie de notre existence.

Si nous sommes convaincus de ce qui précède et si nous sommes désireux de progresser dans la
plus grande mesure possible, une question se pose d'emblée: comment discerner quel est le bon
chemin? La réponse est aisée: ce sont les astres qui nous le révèlent, en montrant quels sont nos
talents, quelle est l'époque la plus favorable pour "semer le grain" qui fera croître notre âme, pour
aider, pour guérir. C'est pour cette raison que notre mouvement insiste sur l'étude de l'astrologie, qui
montre clairement ces périodes favorables. Connaître son message augmente le nombre de nos
talents; or cette connaissance, le talent qui en découle et la croissance spirituelle qui accompagne
son usage à bon escient sont à la portée de tous ceux qui voudront étudier le système simplifié de
notre cours d'astrologie par correspondance. Si vous n'y êtes pas encore inscrit, je vous suggère de
le faire: commencez dès maintenant, afin d'apprendre à tirer de votre vie le maximum de progrès
spirituel.

A ce sujet, le moment est peut-être venu de vous rappeler que, lorsque vous aurez été six mois en
correspondance régulière avec le Siège comme étudiant, vous pourrez demander à prendre
l'engagement de candidat (en décembre 1916, ce

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délai a été porté à deux ans). Bien que les leçons d'Astrologie envoyées aux candidats ne
contiennent que les grandes lignes de ce qui est enseigné dans les classes du Siège, elles peuvent
grandement aider ceux dont l'âme aspire à se développer.

Le 6 août, à 2 heures de l'après-midi, nous allons poser la première pierre de ce qui deviendra un
jour un sanatorium où nous pourrons soigner les malades et permettre à nos étudiants d'acquérir
une expérience pratique. D'autres détails à ce sujet seront donnés dans les "Echos de Mount
Ecclesia", qui paraîtront désormais le 10 de chaque mois.

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LETTRE NO 34 - Septembre 1913 - ASPIRONS A LA PURETÉ

Le point le plus important de la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 5 des "Mystères des
Grands Opéras") est le fait que la passion a le pouvoir de dégrader ceux qui s'y livrent. Nous en
avons donné comme exemple les anthropoïdes, qui sont restés en arrière et ont dégénéré au point
d'habiter des formes animales, pour avoir abusé de la force créatrice. Le rôle joué par les Esprits
Lucifer dans leur condition a été souligné dans la "Cosmogonie", ainsi que le fait que les
anthropoïdes pourront nous rattraper à condition d'avoir réalisé une avance suffisante avant le
milieu de la prochaine Révolution.

Toutefois, la connaissance implique une plus grande responsabilité, selon les paroles du Christ: "A
celui qui a beaucoup reçu, il sera beaucoup redemandé" (Matthieu 25:14-30). Or, tandis que la
transgression de ces temps primitifs peut avoir relativement peu d'importance et n'entraîner qu'un
retard de millions d'années, la condition de celui qui possède la lumière résultant d'une
connaissance plus étendue - telle que l'humanité la possède aujourd'hui - et qui transgresse la loi en
abusant de la force créatrice, peut devenir bien plus grave que celle des esprits habitant des corps
d'anthropoïdes.
La Magie noire se pratique beaucoup plus communément qu'on ne l'imagine, parfois presque sans
qu'on en ait conscience, car la ligne de démarcation

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dépend souvent des motifs. Cependant, si nous abusons de nos connaissances plus grandes, même
si nous sommes plus "raffinés" dans la façon de nous laisser aller à nos passions, le résultat ne
pourra qu'être désastreux. A notre degré actuel de développement, la force vitale - à part la quantité
insignifiante nécessaire à la reproduction de l'espèce - devrait être transmuée en pouvoir de l'âme.
Puissions-nous, par conséquent, parcourir avec constance le sentier de la pureté, afin de ne pas
nous exposer à un sort pire que celui des humains dégénérés, ayant Lucifer pour patron, rencontrés
dans la cuisine des sorcières du mythe de Faust.

Si nous sommes, à un moment quelconque, tentés par des pensées impures, tournons aussitôt nos
pensées vers des sujets n'ayant rien de commun avec la sensualité. Avant tout, respectons les lois
du pays, qui requièrent le mariage avant l'union. En effet, bien que les paroles de cette cérémonie
n'aient pas le pouvoir d'unir des époux, il n'en est pas moins souhaitable que ceux qui professent
des idéaux élevés s'abstiennent de heurter la bienséance en vivant ensemble sans être mariés. Ceux
qui sont au-dessus de la loi font montre, comme le Christ, d'une parfaite obéissance. En nous
conformant aux lois sans nous révolter, simplement parce qu'il est bien de le faire, nous nous
élevons au-dessus de ces lois, qui cessent de nous tenir enchaînés.

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LETTRE NO 35 - Octobre 1913 - LE MYTHE DE FAUST ET LA LÉGENDE MAÇONNIQUE

La leçon du mois dernier (devenue le chapitre 6 des "Mystères des Grands Opéras") terminait notre
étude du mythe de Faust. En le considérant dans son ensemble, nous noterons qu'il met en relief la
même idée que la Légende maçonnique. D'un côté, nous avons Faust et Lucifer; de l'autre,
Marguerite et les prêtres. Même dans ses heures les plus sombres, Marguerite montre sa foi dans les
prêtres; cette foi la réconforte et la soutient, aussi finit-elle par atteindre le but de l'esprit. Ses péchés
par omission et commission étaient dus à son ignorance, mais lorsqu'elle voit les pouvoirs du mal
incarnés dans le personnage de Lucifer et qu'il lui offre de la libérer de la prison et de la mort, elle
refuse de s'enfuir en pareille compagnie: par là, elle s'est suffisamment rachetée pour mériter une
place dans le Royaume. De façon similaire, les fidèles de l'Eglise, les Fils de Seth, dépendent
aujourd'hui d'un "rachat" plutôt que de leurs propres actes. Ils cherchent le salut dans la foi, car leur
pouvoir de faire leur salut par des oeuvres est assez limité.

En Lucifer et Faust, nous trouvons des portraits des Fils de Caïn, qui sont positifs, actifs dans les
travaux de ce monde. L'esprit même qui animait Caïn d'un désir de "faire pousser deux brins d'herbe
là où il n'y en avait qu'un", l'instinct divin d'indépendance et de création qui a incité, de tout temps,
les Fils de Caïn à exécuter le travail du monde, est également fort dans Faust. L'usage glorieux qu'il
fait des pouvoirs du mal en leur faisant créer

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une nouvelle contrée, une contrée libre, où un peuple heureux peut, en toute liberté, demeurer dans
la paix et le contentement, nous donne une notion de ce que le futur nous réserve.

Par nos propres oeuvres, en faisant servir les pouvoirs du mal à des fins utiles, nous finirons par
nous libérer à la fois des limitations de l'Eglise et de l'Etat qui nous enchaînent actuellement. Bien
que les conventions sociales et les lois du pays soient maintenant nécessaires pour nous empêcher
d'empiéter sur les droits d'autrui, un jour viendra où l'Esprit nous animera et nous purifiera, tout
comme l'amour de Faust pour Hélène l'a purifié et l'a poussé à utiliser les forces de Lucifer de la
manière indiquée. Une fois que nous avons maîtrisé le désir de travailler pour nous-mêmes, une fois
que nous nous passionnons pour un travail au bénéfice d'autrui, comme Faust à l'heure de sa
dernière vision du pays qui émergeait des eaux, nous n'aurons plus besoin des restrictions que
nous imposent les lois et les conventions, car en nous pliant à toutes leurs exigences, nous nous
élevons au-dessus d'elles. C'est seulement de cette manière que nous devenons réellement libres. Il
est toujours facile de dire aux autres ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire, mais très difficile
d'obtenir de nous-mêmes l'obéissance, même si, intellectuellement, nous acceptons les nécessités
des conventions. Comme le dit Goethe:

"De tout pouvoir qui tient le monde enchaîné L'homme se libère, lorsqu'il sait se gouverner".

Le mythe de Faust nous enseigne que cet état d'utopie sera nôtre, une fois que nous aurons fait
notre salut en usant de nos formidables forces intérieures pour nous rendre véritablement libres.
Puissions-nous tous, par nos actions journalières, nous efforcer de hâter ce jour!

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LETTRE NO 36 - Novembre 1913


MÉTHODES ORIENTALES ET OCCIDENTALES DE DÉVELOPPEMENT

Nous recevons fréquemment des appels à l'aide de la part de personnes ayant appartenu à des
sociétés où elles sont tombées sous la domination d' "esprits obsesseurs" qui ne cessent de les
hanter et de les harceler, à tel point que la vie leur est devenue intenable. Nous recevons aussi des
appels de correspondants ayant fréquenté des sociétés recommandant des exercices respiratoires
hindous. L'impatience d'entrer dans les mondes invisibles pousse beaucoup de personnes à
pratiquer des exercices dont elles ne découvrent le danger qu'au moment où il est trop tard et où
leur santé et leur esprit sont complètement détraqués. C'est à ce moment qu'elles viennent à nous,
en demandant une aide que nous avons heureusement pu donner jusqu'ici à tous ces malheureux,
bien que certains d'entre eux aient été à deux doigts de la folie.

C'est pour cette raison que la littérature rosicrucienne est pleine de mises en garde concernant tous
les exercices respiratoires orientaux, qui ne sont pas faits pour des Occidentaux. Cela nous a fait
beaucoup de peine d'apprendre qu'un de nos étudiants est tombé malade pour les avoir pratiqués,
aussi pensons-nous qu'il est indiquer de préciser, une fois de plus, la raison de la différence entre
les méthodes orientale et occidentale, afin de bien montrer

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pourquoi il faut s'abstenir de ces exercices.

Rappelons-nous que l'évolution de l'esprit va de pair avec celle de la matière. L'esprit se développe
en fonctionnant dans des corps de matière dense et en travaillant sur la matière qu'il trouve dans le
monde environnant. A mesure que l'esprit progresse, la matière s'affine également, parce que l'esprit
travaille sur elle. Les esprits des pionniers attirent naturellement une matière plus affinée que ceux
qui sont derrière eux sur le chemin de l'évolution; et les atomes d'une race plus évoluée sont
beaucoup plus sensibles que ceux des races plus anciennes.

Par conséquent, les atomes des peuples cultivés de l'Occident répondent à des ondes vibratoires
non encore atteintes par les esprits habitant des corps orientaux. Des exercices respiratoires sont
employés pour éveiller les atomes endormis des aspirants de l'Orient, et il en faut une bonne dose
pour accélérer leur taux vibratoire. Un Indien d'Amérique ou un Boshiman pourrait pratiquer de tels
exercices pendant des années sans aucun risque, mais lorsqu'une personne habitant un corps
hautement sensibilisé de l'Occident essaie de les pratiquer, le résultat est tout autre. Les atomes de
son corps ont déjà été sensibilisés dans le cours ordinaire de son évolution; lorsqu'une telle
personne reçoit le surcroît de turbulence des exercices respiratoires, ses atomes se déchaînent, ni
plus ni moins, et il est extrêmement difficile de les faire revenir à la normale.

L'auteur croit utile, ceci pouvant faire quelque bien, d'ajouter qu'il parle par expérience personnelle.
Des années auparavant, alors qu'il s'engageait sur le Sentier avec l'impatience qui caractérise les
ardents chercheurs à la poursuite de la connaissance, il a trouvé dans un livre les exercices
recommandés par le Swami Vivekananda et il

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s'est mis à les pratiquer. Pas pour longtemps, toutefois, car après deux jours seulement son corps
vital avait été "tiré" hors de son corps dense. Il avait la sensation de marcher "en l'air", et son corps
tout entier semblait vibrer à un taux excessif. Heureusement qu'il a eu le bon sens d'arrêter ces
exercices, d'autant plus qu'il lui a fallu attendre deux semaines entières avant de revenir à la
condition normale de marcher d'un pas ferme sur le sol, et avant que ces vibrations anormales aient
cessé.

Dans la Parabole du Festin (Matthieu 22:2-13), il est dit que ceux qui n'avaient pas de robe nuptiale
ont été jetés dehors. Avant d'avoir développé suffisamment notre corps de l'âme, tout essai d'entrer
dans les Mondes invisibles peut aboutir à un désastre. Tout "instructeur" qui prétend pouvoir ouvrir
l'accès à ces plans n'est pas digne de confiance. Il n'existe qu'un seul moyen d'y parvenir:
persévérer patiemment dans le bien.

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LETTRE NO 37 - Décembre 1913


LA RAISON DU GRAND NOMBRE DE RELIGIONS DIFFÉRENTES

La pensée centrale de la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 9 des "Mystères des Grands
Opéras"), une pensée à laquelle nous devrions bien réfléchir, est la raison du grand nombre de
religions différentes, dont chacune a sa propre profession de foi, avec l'idée qu'elle est seule à
détenir la vérité. Comme le montre cette leçon, cette condition provient du fait que l'Ego s'est limité
en revêtant un corps dense qui le sépare de tous les autres Egos. En raison de cette limitation, il est
incapable d'appréhender la vérité absolue et universelle, aussi a-t-il fallu lui donner des religions
n'enseignant qu'une vérité partielle.

D'ailleurs, l'état de guerre et de lutte provoqué dans le monde par les influences séparatives des
croyances a aussi aidé l'évolution de l'humanité. Si nous étions tous du même avis sur la question
"Qu'est-ce que la vérité?" il n'y aurait pas de recherches approfondies pour trouver la lumière ou la
connaissance: la vérité ne nous impressionnerait pas avec la même force que lorsque nous avons
dû lutter pour nos croyances. Mais, d'un autre côté, l'esprit militant des Eglises montre à ceux des
pionniers qui commencent à avoir des vues plus larges, à ceux qui reconnaissent que nul ne
possède davantage qu'un rayon de la vérité et qui attendent de l'avenir un élargissement de leur
capacité de la saisir - qu'un jour, cessant de ne voir qu'à travers un miroir, d'une manière obscure, ils
connaîtront "comme ils sont

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connus de Lui" (I Corinthiens 13:12).

Sachant que la diversité des religions repose sur une base cosmique, nous devrions nous abstenir
d'essayer de "forcer" des idées avancées sur ceux qui sont encore limités par l'esprit de convention,
ou de copier l'esprit militant et missionnaire des Eglises, mais, comme le conseille la Bible, ne
donner nos perles de savoir qu'à ceux qui en ont assez de se nourrir des cosses et qui soupirent
après le vrai Pain de Vie (Matthieu 7:6).

Parler de sujets relatifs à cette connaissance plus avancée peut intéresser ceux qui se sont réveillés
de la léthargie spirituelle si commune à notre époque, mais discuter ne servira jamais de rien, parce
que ceux qui aiment la discussion ne seront jamais convaincus par aucun de nos arguments. La
prise de conscience de la vérité, seule à pouvoir renverser les barrières des limitations qui sont à la
base des croyances, doit venir du dedans et non du dehors.

Par conséquent, bien que devant toujours être prêts à répondre aux questions de ceux qui désirent
savoir, et aussi prêts à faire connaître les raisons de notre foi, nous devrions également nous garder
de vouloir forcer les autres à accepter nos opinions. Etant parvenus à nous libérer d'une entrave, ne
nous laissons pas retenir par d'autres chaînes, car la liberté est l'héritage le plus précieux de l'âme.
C'est pour cette raison que les Frères Aînés n'acceptent pas d'élèves non libérés de toute autre
attache, et qu'ils veillent à ce qu'ils ne s'engagent, ni envers eux, ni envers qui que ce soit d'autre.
C'est seulement ainsi que l'anneau des Niebelungen et le cercle limitatif des dieux pourra être
dissout. Puissions-nous tous tâcher de nous conformer à cet idéal de liberté absolue, tout en évitant,
bien sûr, d'empiéter sur les droits des autres à la leur propre.
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LETTRE NO 38 - Janvier 1914 - CE QUE L'ÉLEVE PEUT ATTENDRE DE L'INSTRUCTEUR

Le Christ disait: " Vous les reconnaîtrez à leurs fruits" (Matthieu 7:16- 20;12:33; Luc 6:44; Jean 13:35;
15:8,16; Galates 5:22). En supposant que des mauvaises herbes soient capables de parler, les
croirions-nous si elles prétendaient être de la vigne? Sûrement pas: nous demanderions à voir leurs
fruits et, tant qu'elles n'en produiraient pas, leurs protestations, si véhémentes soient-elles, ne nous
feraient aucune impression. Dans les affaires matérielles, nous avons donc suffisamment de
sagesse pour nous garder d'être induits en erreur; alors pourquoi n'appliquerions-nous pas le même
principe à d'autres départements de la vie, en nous fondant sur notre bon sens? Si nous agissions
ainsi, personne ne pourrait nous en imposer en matière de spiritualité, car tous les plans du Cosmos
sont gouvernés par des lois naturelles; et la loi de l'analogie est la clé de tous les mystères, en
même temps qu'une protection contre la tromperie.

La Bible nous enseigne très clairement (I Jean 4:1) que nous devrions éprouver les esprits et les
juger sur le résultat. Grâce à cette précaution, nous ne nous laisserons jamais induire en erreur par
des instructeurs qui se décernent à eux-mêmes ce titre. Nous éviterons ainsi, à nous-mêmes, à nos
proches, au Rosicrucian Fellowship que nous aimons, beaucoup de peines et d'anxiétés.

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Voyons donc un peu ce que nous avons le droit d'attendre de quiconque se prétend instructeur et,
pour cela, commençons par nous demander quel est le but de l'existence dans notre univers
matériel. A cette question, nous pouvons répondre que ce but est l'évolution de la conscience. Au
cours de la Période de Saturne, alors que notre constitution était comparable à celle du médium
expulsé de son corps par des esprits obsesseurs au cours d'une séance de matérialisation où la
plus grande partie des éthers formant le corps vital a été soutirée: le corps dense est alors dans un
état très profond de léthargie. Dans la Période du Soleil, alors que notre constitution était
comparable à celle des végétaux, notre conscience était celle d'un profond sommeil sans rêves, où
le Corps du désir, l'Intellect et l'Esprit sont à l'extérieur, ayant abandonné le corps vital et le corps
dense étendus sur le lit. Dans la Période de la Lune, nous avions une conscience imagée, analogue à
celle que nous avons en rêve, dans un état où le Corps du désir n'est que partiellement séparé du
corps dense et du corps vital. Aujourd'hui, nous en sommes à la Période de la Terre, où notre
conscience s'est étendue au point d'englober des objets extérieurs à nous, grâce à la position
concentrique de tous nos véhicules pendant que nous sommes à l'état de veille.

Pendant la prochaine Période, celle de Jupiter, les globes sur lesquels nous évoluerons se
trouveront sur les mêmes plans que pendant la Période de la Lune, et la connaissance imagée
intérieure que nous possédions alors sera extériorisée , la Période de Jupiter étant sur l'arc
ascendant. Ainsi, au lieu de voir les images en nous, nous serons capables, en parlant, de les
projeter

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sur la conscience de ceux auxquels nous parlerons. Par conséquent, quiconque prétend être un
Instructeur doit être capable de fournir, de cette manière, la preuve de ce qu'il avance. En effet, les
véritables Instructeurs, qui sont les Frères Aînés, préparent maintenant les conditions qui seront les
nôtres pendant cette Période, et ils sont tous capables, naturellement et sans effort, d'utiliser ce
langage d'images extérieures, donnant ainsi la preuve de leur identité. Ils sont seuls à pouvoir guider
les autres en toute sécurité, alors que tous ceux dont le développement n'a pas atteint ce degré,
même s'ils s'illusionnent et que leurs intentions sont bonnes, sont sujets à caution, et on ne doit pas
se fier à eux. Ceci est un étalon absolument infaillible; et les prétentions de quiconque ne peut
montrer ses "fruits" ne valent pas davantage que celles des mauvaises herbes dont nous parlions au
début. Tous les Frères Aînés de l'Ordre de la Rose-Croix possèdent cet attribut, et je compte bien
qu'à l'avenir, aucun de nos membres ne se laissera entraîner à pratiquer des exercices ou à passer
par de quelconques cérémonies imaginées par une personne incapable de produire ces "fruits" en
évoquant des images vivantes dans la conscience de ceux auxquels elle s'adresse.

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LETTRE NO 39 - Février 1914
OU CHERCHER LA VÉRITÉ ET COMMENT LA RECONNAITRE?

A la fin de la leçon du mois dernier (devenue le chapitre 11 des "Mystères des Grands Opéras") nous
avons vu Siegfried, le chercheur de vérité, atteindre l'objet de ses recherches: il avait trouvé la
Vérité. En méditant sur ce sujet, il m'a semblé indiqué de consacrer cette lettre à une réponse à la
question: "Où chercher la vérité, et comment savoir , sans l'ombre d'un doute, que nous l'avons
découverte?"

Il est très important d'avoir une certitude absolue à ce sujet, car beaucoup d'entre ceux qui pénètrent
accidentellement dans le Monde du désir, comme par exemple les médiums, sont la proie d'illusions
et d'hallucinations, faute de savoir reconnaître la vérité. En outre, les Frères Aînés de l'Ordre de la
Rose-Croix donnent aux candidats un enseignement défini et logique sur ce point et, afin de les
prémunir contre les dangers en question, ils font passer à chacun une épreuve avant de l'accepter
comme disciple: tous doivent arriver à un certain degré avant d'être admis à recevoir d'autres
instructions. Vous serez sans doute surpris que cette discussion ne soit pas réservée aux candidats
ou aux disciples, mais le Rosicrucian Fellowship ne croit, ni aux secrets, ni aux mystères. Tous ceux
qui le désirent peuvent se rendre aptes à

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passer n'importe quel degré; et ce n'est pas une question de "forme" mais de "vivre la vie
supérieure".

A la première partie de la question: "Où chercher la vérité?" il n'y a qu'une seule réponse: au dedans
. C'est strictement une question de développement moral; et la promesse du Christ qu'en "vivant la
vie ", nous connaîtrons la doctrine (Jean 7:17) est vraie au sens le plus littéral. Vous ne trouverez
jamais la vérité en étudiant mes livres ou ceux de n'importe qui d'autre. Tant que vous continuerez à
courir après des maîtres extérieurs, après moi ou qui que ce soit d'autre, vous perdez votre temps.
Des livres et des enseignants peuvent éveiller votre intérêt; ils peuvent vous aider à "vivre la vie",
mais c'est seulement dans la mesure où leurs préceptes deviendront partie intégrante de votre moi
intérieur que vous cherchez réellement dans la bonne direction. Le Frère Aîné que, peut-être à tort,
j'appelle l'Instructeur, ne m'a jamais enseigné directement après la brève période du début, où j'ai
reçu ce qui est devenu la "Cosmogonie". Depuis l'an dernier, j'ai appris à ne plus lui poser de
questions, ayant remarqué qu'à chaque fois, il se contentait de faire allusion à la manière dont, moi-
même, je pouvais obtenir l'information désirée. Maintenant, au lieu de lui poser des questions, je me
contente de lui demander des directives me permettant de résoudre le problème. Vous voyez donc
que c'est par l'usage de nos propres facultés, comparables aux talents de la parabole, que nous
obtenons l'information qui aura le plus de valeur pour nous.

La meilleure réponse à la deuxième partie de la question: "Comment reconnaître la vérité?" est de se


référer à l'exercice du soir décrit dans la onzième conférence (devenue le chapitre 22 du
"Christianisme Rosicrucien") intitulée "Vue et pénétration spirituelles". Cet exercice peut être
pratiqué par

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quiconque, candidat ou non. Lorsqu'il l'a donné, l'Instructeur disait que si l'on pouvait parvenir à
décider la personne la plus dépravée à le pratiquer fidèlement pendant six mois, elle serait
définitivement réformée; et ceux qui le pratiquent régulièrement ont trouvé qu'il aiguise toutes les
facultés mentales, notamment la mémoire. En outre, par ce jugement impartial de soi- même, soir
après soir, on apprend à discerner la vérité de l'erreur, à un degré qui ne pourrait être atteint par tout
autre moyen. Nos étudiants ne sont pas forcément tous désireux de devenir candidats et dans
l'Ecole de la Sagesse Occidentale, nous n'incitons jamais personne à faire ceci ou cela. Toutefois, si
vous désirez réellement connaître la vérité, je puis honnêtement vous recommander cette méthode.
Elle développe une faculté intérieure qui vous permettra, une fois acquise, de discerner, dans
n'importe quelle déclaration qui vous est faite, si elle est véridique, ou si elle sonne faux.

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LETTRE NO 40 - Mars 1914
POURQUOI LE CHERCHEUR DE VÉRITÉ DOIT VIVRE DANS LE MONDE

Après la Transfiguration, au moment où le Christ et ses disciples se préparaient à redescendre de la


montagne, ces derniers auraient bien aimé y rester et s'y construire des demeures. Cela ne pouvait
toutefois leur être permis, car le travail qu'ils avaient à faire dans le monde n'aurait pu être mené à
bien s'ils avaient mis leur projet à exécution.

La Montagne de la Transfiguration est le "Rocher de la Vérité" de la légende de Siegfried (voir le


chapitre 11 des "Mystères des Grands Opéras") où l'Esprit libéré est admis à contempler les réalités
éternelles. C'est le Grand Maintenant (le passé étant symbolisé par Moïse et Elie) où les prophètes de
l'ancienne dispensation se rencontrent avec le Christ, le souverain Seigneur du Royaume à venir.
Tout Esprit auquel il a été permis de contempler les splendeurs incomparables de ce Monde céleste,
d'entendre les sublimes harmonies de la Musique des Sphères, d'admirer les merveilleuses couleurs
qui accompagnent cette musique, répugne également à s'en détacher. Si ce n'était que nous
semblons perdre à la fois notre forme et notre personnalité, tout en englobant en nous-mêmes ce
monde tout entier, nous n'aurions probablement pas la force de retourner sur terre, mais le
sentiment de garder "le ciel au dedans de nous" nous fortifie lorsque le moment est venu de tourner
de nouveau

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nos regards vers l'extérieur et de nous occuper de notre travail dans le monde.

Dans le Monde physique, les objets cachent toujours leur nature et leur structure internes: nous n'en
voyons que la surface. Dans le Monde du Désir, les objets sont distincts de nous, et nous en voyons
à la fois l'intérieur et l'extérieur, mais ils ne nous disent rien d'eux-mêmes et de la vie qui les anime.
Dans la Région des Archétypes, il semble n'y avoir pas de circonférence, car où que nous dirigions
notre attention, ce point est le centre de tout, et notre conscience est immédiatement remplie de la
connaissance concernant l'être ou la chose qu'elle contemple. Il serait plus facile de graver sur un
disque les harmonies qui nous arrivent des régions célestes que de décrire les expériences
rencontrées sur ce plan, car il n'existe pas de mots pour les exprimer: tout ce que nous pouvons
faire est d'essayer de les vivre .

Mais pour les vivre, si imparfaitement soit-il, il nous faut être dans le monde, car nous n'avons pas le
droit de nous retirer à l'écart avec la vérité que nous avons trouvée. Telle est la grande leçon qui
découle de la séparation de Siegfried d'avec sa bien-aimée. Il ne doit pas rester avec elle, car la vie
est un perpétuel changement, et la stagnation est une grave faute, les expériences nouvelles étant
d'importance vitale pour le progrès. Si nous avons trouvé la vérité, notre devoir impérieux est de
chercher un rayon d'action où elle puisse servir, et notre moisson dépendra de notre jugement en
cette matière et de la diligence avec laquelle nous aurons planté et arrosé.

C'est là une question que nous devrions examiner attentivement: "quel usage faisons-nous des
enseignements que nous recevons?" Tout en vivant dans une ville, nous pouvons être comme
absents dans les montagnes du rêve, et aussi

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sourds aux clameurs de ceux qui aspirent à davantage de lumière, que s'ils étaient à cent lieues. A
moins de partager par nos vies - qui parlent plus haut que des mots - la vérité que nous avons
trouvée, nous encourons une grave responsabilité, car "à celui qui a beaucoup reçu, il sera
beaucoup redemandé".

Rappelons-nous que "la connaissance enfle, alors que l'amour édifie" (I Corinthiens 8:1), et que le
service est l'étalon de mesure de la vraie grandeur .

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LETTRE NO 41 - Avril 1914 - COMMENT DISTINGUER LA VÉRITÉ DE SON IMITATION


Dans la lettre de février (NO 39) nous avions traité du sujet suivant: Où chercher la vérité, et
comment la reconnaître?" Mais il est inutile de chercher la vérité, ou de la connaître après l'avoir
trouvée, sans l'utiliser de façon pratique dans nos vies. Ne croyons surtout pas que l'un découle
automatiquement de l'autre: un nombre relativement grand de collectionneurs parcourent le monde à
la recherche de trésors artistiques ou archéologiques, par exemple des tableaux de maîtres, des
meubles anciens, des monnaies, etc.; mais il existe aussi de nombreux falsificateurs qui fabriquent
des imitations, aussi les collectionneurs risquent-ils d'être dupés s'ils ne savent distinguer le vrai du
faux.

En ceci, le collectionneur court le même danger que le chercheur de vérité, car il existe un grand
nombre de pseudo-cultes et d'"inventions" propres à nous induire en erreur. Certains amateurs de
pièces rares cachent leurs trésors dans une retraite secrète et les couvent du regard dans la
solitude. Il n'est pas rare qu'après des années, ou après leur décès, on découvre que celles de leurs
pièces qui étaient les plus jalousement gardées et "adorées" étaient des faux et des imitations sans
valeur. De la même manière, celui qui trouve ce qu'il croit être la vérité peut "enterrer son trésor" en
lui-même ou

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"mettre sa lumière sous le boisseau" - pour découvrir, peut-être après bien des années, qu'il a été
induit en erreur par une imitation. Il est donc nécessaire de disposer d'un moyen infaillible de
vérification, capable d'éliminer toute possibilité de fraude. Comment peut-on trouver et utiliser ce
moyen?

La réponse est aussi simple que la méthode est efficace. Quand on demande à un collectionneur
comment il a découvert que telle ou telle pièce qu'il chérissait était une imitation, la réponse est
généralement qu'il l'a montrée à quelqu'un qui avait vu l'original. On peut, ou bien tromper en
permanence une partie des gens, ou bien tromper tout le monde une partie du temps, mais pas à la
fois tout le monde et tout le temps; et si le collectionneur avait montré sa pièce en public au lieu de
la cacher, il aurait vite appris, grâce à la connaissance collective du monde, si sa découverte était
authentique ou non.

Maintenant, veuillez noter ceci, qui est très important: de même que le mystère dont s'entourent les
collectionneurs favorise la fraude chez les antiquaires, de même aussi, le désir de connaître et de
garder pour soi des secrets non connus du vulgaire favorise le commerce des "marchands
d'imitations", avec leur cérémonial destiné à décider la victime à se séparer de son numéraire.

Comment pouvons-nous éprouver la valeur d'une hache, pour savoir si elle conservera son
tranchant après avoir servi à de rudes travaux? L'achèterions- nous si le vendeur nous demandait de
la conserver dans un coin où personne ne puisse l'apercevoir et s'il nous interdisait de l'utiliser?
Certainement pas: nous désirerions nous en servir pour nos travaux et pour voir si son acier est de
bonne trempe. Si oui, nous l'apprécierions; dans le cas contraire, nous dirions au marchand de
reprendre sa camelote.

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Selon le même principe, à quoi bon "acheter" ce que nous offrent les marchands de secrets? Si leur
marchandise était de bon aloi, il n'y aurait pas besoin de la garder secrète et, à moins de pouvoir
l'utiliser dans la vie quotidienne, elle est sans valeur: c'est comme une hache qui rouille dans un
coin et perd son tranchant sans servir à rien. Il faut donc absolument que quiconque trouve la vérité
l'utilise pour son travail dans le monde, à la fois comme une sauvegarde pour lui-même - afin de voir
si elle subira la grande épreuve - et pour offrir aux autres une chance de participer au trésor qu'il
apprécie. Il est donc très important de nous conformer au commandement du Christ: "Laissez luire
votre lumière."

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LETTRE NO 42 - Mai 1914 - NOS RESPONSABILITÉS DE PROPAGATEURS DE LA VÉRITÉ


Au sujet de la lettre du mois dernier (voir NO 41) un de nos étudiants nous écrit: "Est-ce à dire que la
personne connaissant des vérités occultes puisse les diffuser sans garder de secrets et sans faire
preuve de discrétion? N'encourt-il, de ce fait, aucune responsabilité personnelle? Sur ce point, votre
lettre ne semble pas très claire."

Il est évidemment impossible d'épuiser un sujet aussi vaste en une lettre, et même en plusieurs,
mais cette question de responsabilité dans la diffusion de la vérité concerne réellement chacun de
nous dans la mesure où il existe le danger d'un mauvais usage. Notre correspondant dit encore que
"dans notre pays, il existe des mouvements qui ont certains pouvoirs, dont ils se servent à des fins
égoïstes et pour amasser de l'argent"; et il demande si l'on aurait tort de leur refuser des pouvoirs
occultes. Certainement pas, mais les Frères Aînés prennent soin de ces choses, et ce sont eux qui
sont les véritables gardiens de tout ce qui est hautement dangereux. L'hypnotisme est évidemment
dangereux, mais pas autant que les pouvoirs occultes dont parle notre correspondant.

Au cours de l'ancienne dispensation hébraïque, l'obscurité régnait dans le Saint des Saints, et
l'accès au Temple n'était permis qu'à quelques prêtres et Lévites. Le Grand-Prêtre était seul à
pouvoir pénétrer, une fois par année, dans le Saint des Saints, mais lors de la Crucifixion, le voile
s'est déchiré, le Temple a été inondé de lumière et, depuis lors, l'initiation a cessé d'avoir ses
secrets. Toutefois, dans un certain sens, elle est aussi secrète

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que jamais, car, comme le disait la lettre du mois dernier, elle ne consiste nullement en une
cérémonie. C'est une expérience intérieure, et nous devons avoir en nous-mêmes le pouvoir de vivre
cette expérience avant qu'elle puisse se présenter à nous. Elle est secrète dans le même sens que
les mystères de la racine carrée sont secrets pour le petit enfant. Aucune somme d'argent pour une
soi-disant initiation ne pourrait transmettre à un mental enfantin la compréhension d'un tel sujet: il
faut d'abord qu'il se développe pendant quelques année et qu'il mûrisse suffisamment pour qu'il soit
possible de l'instruire. Lorsque ce point est atteint, il n'est pas difficile d'éclairer l'enfant à ce sujet: il
saisira facilement cette vérité.

C'est précisément de cette vérité que je parlais dans la lettre du mois dernier. Le disciple doit avoir
subi une période d'entraînement qui le mûrisse et le rende suffisamment "malléable" pour qu'il
puisse vivre la vérité intérieure. Le moment venu, il est alors très facile à l'Instructeur, ou Initiateur,
de lui montrer pour la première fois comment mettre en oeuvre la vérité qu'il a trouvée, comment
utiliser la force qu'il a accumulée en lui. Dès lors, il est initié, mais l'expérience par laquelle il a passé
ne peut être racontée à qui que ce soit; de fait, il est absolument inutile d'essayer de le faire. Cette
expérience ne lui arrive pas par une cérémonie ou un quelconque rituel extérieur, mais comme un
résultat authentique de ses propres actions. Par conséquent, il peut en appliquer la vérité dans sa
vie quotidienne, bien que d'autres soient dans l'incapacité absolue de la saisir, tout comme le petit
enfant est incapable de comprendre ce qui se produit lorsqu'une racine carrée est extraite sous ses
yeux. C'est ainsi que les vérités réelles et vitales se trouvent préservées et placées hors de portée de
tous, jusqu'à ce que la clé du mérite ouvre la serrure du trésor.

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LETTRE NO 43 - Juin 1914 - LE SUFFRAGE FÉMININ ET L'ÉGALITÉ MORALE

En réfléchissant à la leçon du mois dernier sur Tannhäuser (devenue le chapitre 15 des "Mystères
des Grands Opéras") nous devons reconnaître - si étrange que cela puisse paraître - qu'on y
retrouve, sous forme légendaire, un plaidoyer pour le suffrage féminin, dont on entend tellement
parler à l'heure actuelle. Il est aussi évident, comme nous l'avons vu, que le fruit ne tombe pas loin
de l'arbre, et c'est ainsi qu'une femme timide et craintive, forcée d'accepter un mariage dans lequel
elle se sentira ravalée au même niveau que les autres possessions de son mari, sans être libre
d'exprimer ses opinions et ses idéaux, ne saurait être capable de donner naissance à des être nobles
et sans peur, à des êtres ayant le courage d'adhérer solidement à leurs idéaux. Par conséquent, si
nous tenons les femmes en esclavage, si nous leur dénions la place à laquelle elles ont droit dans le
monde, une place de collaboratrices et de compagnes de l'homme, nous ne faisons que retarder le
développement de l'humanité et le nôtre propre. Ceci est donc la raison ésotérique pour laquelle la
pleine égalité doit être réalisée.
Si seulement les hommes pouvaient se pénétrer profondément de l'idée que nous naissons
alternativement dans des corps masculins et féminins, ils s'empresseraient d'accéder aux justes
revendications féminines - quand ce ne serait que pour une raison égoïste, à la pensée que, dans
une vie future, ceux qui sont maintenant des hommes devront endosser des vêtements féminins et

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vivre dans les conditions qu'ils réservent aujourd'hui aux femmes. D'un autre côté, les femmes de
maintenant jouiront, sans avoir à les demander, des privilèges auxquels elles aspirent aujourd'hui.
Cependant, l'auteur croit que les femmes aspirent surtout, non pas tant au droit de vote, mais à
l'égalité morale, dont elles ont le sentiment qu'elles devraient pouvoir jouir - et il est certain que ce
droit leur appartient par privilège divin, aussi bien qu'aux hommes.

Un point de l'opéra de Tannhäuser devrait intéresser tout spécialement ceux qui s'efforcent de vivre
une vie supérieure, et c'est que Tannhäuser est aussi bien tenu pour responsable par ceux de ses
amis qui connaissent son crime, qu'il l'est par l'Eglise. Il n'y a pas, dans la nature, de double critère
de moralité. Un péché demeure un péché, quel que soit celui qui le commet, et ceci d'autant plus
qu'il sera beaucoup redemandé à celui qui a beaucoup reçu (Matthieu 25:14-30).

Par conséquent, ceux qui ont reçu quelque lumière doivent apprendre avant tout à vivre une vie
propre et pure, en harmonie avec les idéaux qu'ils professent. Si cette lumière nous place au-dessus
de la loi, abstenons-nous, comme le dit Saint Paul, d'abuser de notre liberté en cédant aux désirs de
la chair. La doctrine des "âmes-soeurs" et des "affinités" a ruiné mainte vie qui, autrement, aurait été
couronnée d'une grande croissance spirituelle.

Ce que l'ombre est à la lumière, ce que le "diable" est à Dieu, la luxure l'est à l'amour. L'amour est
une chose divine, un compagnonnage d'âmes libres . La luxure est diabolique, et le transgresseur
est esclave du péché, peu importe si ce péché a été légalisé par l'Etat ou béni par l'Eglise.

Efforçons-nous donc de nous aimer les uns les autres par l'esprit plutôt que par la chair.

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LETTRE NO 44 - Juillet 1914 - LE VICE D'EGOISME ET LE POUVOIR DE L'AMOUR

Dans notre dernière leçon (devenue le chapitre 16 des "Mystères des Grands Opéras") nous avons
vu le Seigneur de Wartburg demander au ménestrel de décrire l'amour. Comme nous aspirons tous à
développer en nous cette qualité, il est sans doute très important d'aborder carrément le problème et
de voir sur quel point nous rencontrons la plus forte résistance, car il est indéniable que, chez nous
tous, cette sorte d'amour fait cruellement défaut. Même si nous pouvons faire illusion autour de nous
- lorsque nous sondons nos propres coeurs, nous avons honte, connaissant les véritables motifs
d'actes que d'autres considèrent comme dictés par des sentiments altruiste. En analysant ces
motifs, nous découvrirons qu'ils sont tous inspirés par une sorte ou une autre d'égocentrisme et, qui
plus est, c'est là un travers que nous n'avouons jamais. J'ai entendu des personnes se confesser en
public et en privé, en avouant tous les péchés possibles, excepté celui d'égoïsme. Oui, nous allons
même jusqu'à entretenir l'illusion que nous ne sommes pas égoïstes. Pour peu que nous soyons
observateurs, nous discernons très nettement ce travers chez les autres, mais nous ne voyons pas
la poutre dans notre propre oeil et, aussi longtemps que nous ne reconnaîtrons pas cette grande
carence, en nous efforçant sérieusement de la surmonter, nous ne pourrons progresser dans la voie
de l'amour.

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Thomas a Kempis disait: "J'aimerais mieux ressentir la componction que de savoir la définir", et
nous pourrions très bien remplacer le mot componction par celui d'amour. Si seulement nous
pouvions ressentir l'amour plutôt que de le définir! Mais nous ne pouvons le connaître, si ce n'est
dans la mesure où nous nous purifions de cet important péché d'égoïsme. La vie est notre bien le
plus précieux, aussi le Christ a dit: "Il n'est pas de plus grand amour (ou de désintéressement) que
de donner sa vie pour ses amis.
Par conséquent, dans la mesure où nous cultiverons ce désintéressement (unselfishness) nous
parviendrons à l'amour (love) car ces deux termes sont synonymes, comme le montre Paul dans son
inoubliable treizième chapitre de la première Epître aux Corinthiens. Lorsqu'un pauvre cheminot
frappe à notre porte, lui donnons-nous aussi peu que possible? Si oui, nous sommes égoïstes. Ou
bien l'aidons-nous seulement parce que notre conscience ne nous permet pas de le renvoyer? C'est
encore de l'égoïsme, car nous voulons éviter la morsure du remords. Même si nous donnons nos
vies pour une cause, ne nous reste-t-il pas l'idée que c'est notre oeuvre? Souvent, lorsqu'une telle
pensée me passe par la tête au sujet du Rosicrucian Fellowship, la honte me prend et je me voile la
face...Il faut évidemment que le travail se poursuive en dépit de tout, mais ne nous laissons pas
leurrer, résistons au démon de l'égoïsme, en nous gardant sans cesse de ses subtiles attaques. Si
nous l'entendons murmurer que nous avons besoin de repos et que nous ne sommes pas en mesure
de nous dépenser pour les autres, essayons de "forcer" notre vertu de générosité. Après tout, nous
ne gardons, en vérité, que ce que nous donnons, car nos corps se décomposent et nos biens sont
abandonnés, alors que nos bonnes actions nous restent pour l'éternité.

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LETTRE NO 45 - Août 1914


ON N'ARRIVE PAS A L'INITIATION PAR DES EXERCICES RESPIRATOIRES

C'est bien à regret que je me vois amené de nouveau à traiter la question des exercices respiratoires
et de leurs effets sur le corps, mais il est absolument nécessaire de publier une nouvelle mise en
garde contre les enseignements erronés et dangereux de personnes agissant, soit par ignorance,
soit par manque de scrupules et désir de s'enrichir. Les exercices respiratoires sont absolument
contraires aux enseignements du Rosicrucian Fellowship, car ces enseignements montrent que des
résultats spirituels ne peuvent être atteints que par des méthodes spirituelles et non par des
exercices physiques. Malheureusement, le grand désir de certains étudiants de progresser
rapidement en fait une proie facile pour de tels "maîtres". Un de nos élèves, qui promettait beaucoup,
se trouve maintenant dans un asile d'aliénés pour avoir écouté les promesse d'un charlatan qui avait
offert de l' "initier" pour la somme de vingt-cinq dollars.

Je viens d'apprendre que, dans l'un de nos Centres, un homme qui n'est pas affilié au Rosicrucian
Fellowship demande des montants variables pour l'établissement de thèmes astrologiques,
contrairement à nos enseignements. En une année, malgré nos besoins financiers et par fidélité au
principe qui veut qu'une science spirituelle ne doive pas être prostituée pour une somme

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d'argent, nous retournons de nombreux dollars à des personnes qui nous demandent des analyses
astrologiques et des prédictions, aussi cela nous chagrine beaucoup d'apprendre que des individus
sachant que de telles pratiques sont contraires aux principes du Rosicrucian Fellowship soient
admis à faire des exposés dans nos Centres d'études et se présentent au public comme des
personnes chargées d'enseigner et d'expliquer notre philosophie. La personne dont nous parlons a
aussi copié, dans des ouvrages hindous ne coûtant que quelques sous, des exercices respiratoires
qu'il vend à de trop confiantes victimes pour la somme d'un dollar.

Mes chers amis, ne voulez-vous pas accepter l'avis d'un homme qui a suivi le Sentier et qui sait par
expérience personnelle qu'il n'existe pas de train express pour le Temple de l'Initiation? Le chemin
est long, raide et ardu; il doit être parcouru pas à pas, même si les pieds se couvrent de plaies et si le
coeur, lui aussi, saigne de douleur et de peine. Le corps de l'âme - la robe nuptiale d'or - seul mot de
passe permettant de franchir le seuil, se construit au moyen de bonnes actions accomplies jour
après jour, avec patiente persévérance dans le bien, à l'exclusion de toute autre méthode. Ne
pouvez- vous pas comprendre que des exercices respiratoires ne sauraient remplacer les bonnes
actions? Je sais de quoi je parle, ayant moi-même, tout au début de mes efforts vers la spiritualité,
trouvé ces exercices respiratoires hindous. Je les ai pratiqués pendant deux jours, et mon corps
éthérique est partiellement sorti du corps dense. Heureusement que je me suis rendu compte du
danger et que j'ai cessé, mais j'ai mis deux semaines entières à m'en remettre, avec le sentiment de
ne pouvoir placer mes pieds sur le sol, de marcher en l'air, et j'ai beaucoup souffert au cours de ces
deux semaines. D'autres peuvent ne pas

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avoir la même persévérance dans leurs efforts pour guérir, et finir dans un asile d'aliénés, aussi un
tel essai est-il extrêmement dangereux. Bien entendu, il est des personnes sur lesquelles ces
exercices n'auront pas d'effet, mais il est dangereux de jouer avec le feu, et vous devriez vous en
abstenir. D'un autre côté, si vous voulez bien, jour après jour, vous efforcer de servir dans la vigne
du Christ, en vous évertuant à des actes de miséricorde, vous pouvez être certains de tisser votre
robe nuptiale d'or, votre corps de l'âme qui, un beau jour, vous ouvrira sûrement la porte du Temple.

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Leçon NO 46 - Septembre 1914


LA GUERRE MONDIALE ET LA MORTALITÉ INFANTILE

C'est à dessein que, jusqu'ici, je me suis abstenu de commenter les évènements du jour, mais j'ai le
sentiment que la crise cosmique actuelle demande, de la part du Siège, un message susceptible de
guider l'attitude de nos étudiants en face de cette calamité. Les répercussions de ce massacre sans
précédent d'êtres humains dépassent de beaucoup ce qui nous apparaît sur le plan physique.

Il est évident que nous sommes consternés par les effets visibles de cette guerre, et que nous
ressentons sympathie et pitié pour les milliers de familles éprouvées par la perte cruelle d'un père,
d'un époux, d'un fils. Mais la douleur et la souffrance rencontrées sur le plan physique ne sont rien
en comparaison de ce qui se passe sur les plans invisibles. Les milliers de victimes de cette guerre
cruelle, qui se réveillent de l'état d'inconscience causé par leur transition subite de la vie physique
au Monde du désir, emportent avec elles les scènes du champ de bataille. Beaucoup d'entre elles
sont étourdies par le choc et errent sans but, n'étant pas capables de se rendre compte de ce qui
leur est arrivé. D'autres, qui commencent à comprendre qu'elles ont passé d'un plan d'existence à un
autre, sont alors en proie à la tristesse, en pensant à ceux qu'elles ont dû abandonner. Nous avons
donc, à l'heure actuelle, dans le monde, une somme énorme et indescriptible de

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souffrances et de chagrins, aussi bien mentaux que physiques.

De fait, depuis que le monde existe, nous n'avons jamais vu de souffrance aussi universelle, mais
cela ne doit pas nous faire oublier qu'en ce moment, nous sommes en train d'accumuler une somme
énorme de peines futures. Comme cela est expliqué dans notre littérature, ceux qui sont si
atrocement et brusquement privés de leur corps dense sont dans l'impossibilité de passer leur vie
en revue, aussi l'impression du panorama de l'existence écoulée ne peut-elle s'effectuer comme elle
le devrait. Ces Egos ne pourront donc récolter, en purgatoire et dans le Premier Ciel, le fruit de leur
vie. Plus tard, ils reviendront s'incarner sans cet appoint, et il sera nécessaire, pour leur faire
récupérer ce qu'ils ont perdu, de les laisser mourir pendant leur enfance, afin que leurs nouveaux
corps du désir et vital puissent recevoir, gravée en eux, la quintessence de cette précédente vie.

Pour cette raison, dans un futur encore éloigné, il se trouvera une épidémie, ou quelque autre fléau,
qui fera mourir ces milliers d'enfants, tandis que nous, leurs contemporains, porterons leur deuil. Si
seulement cette loi de la mortalité infantile pouvait être comprise, nous n'aurions pas à prier pour la
paix comme nous le faisons. Que chacun de nous, dans le Rosicrucian Fellowship, prie le matin, à
midi et le soir pour que revienne la paix aussitôt que possible! Nous devons être conscients des
responsabilités qui découlent de la connaissance et nous efforcer de les assumer au jour le jour. La
connaissance que nous avons reçue doit être diffusée chaque fois que cela est possible sans
importuner autrui. Oh! si le monde connaissait les lois de renaissance et de cause à effet, s'il
comprenait la loi de la mortalité infantile, une guerre telle que celle-ci n'aurait jamais pu éclater et,
plus

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nous essaierons de diffuser ces enseignements, mieux nous servirons la cause de la paix et de la
bonne volonté envers les hommes, tout en servant aussi l'humanité.

Veuillez bien, aux dates des réunions de guérison, concentrer avec ferveur toutes vos énergies sur le
travail de guérison qui s'opère à notre Siège, car nous avons besoin de toute l'aide possible.
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LETTRE NO 47 - Octobre 1914


LES AIDES INVISIBLES ET LEUR ACTIVITÉ SUR LE CHAMP DE BATAILLE

Un autre mois s'est écoulé, et la guerre européenne continue de faire rage dans toute son intensité.
Des milliers et des milliers de personnes ont franchi la limite qui les séparait du monde invisible; et
la détresse, d'un côté comme de l'autre, est sans précédent dans l'histoire du monde. Comme vous
l'avez appris par nos écrits, le Monde du désir est un monde d'illusion et d'erreur; et les pauvres être
humains qui s'y sont trouvés soudainement transférés avec un corps dense mutilé par d'affreuses
blessures s'imaginent - comme c'est souvent le cas lors d'accidents mortels - que les lésions de leur
corps dense les affectent encore. Ils souffrent terriblement de ces blessures illusoires, comme ils le
feraient ici-bas, et leur tourment est naturellement sans objet. Beaucoup d'entre eux vont de ci, de là,
avec, sur leurs corps subtils, de terribles blessures, surtout lorsqu'elles proviennent d'obus ou de
coups de baïonnette, mais ils serait relativement facile, pour les Aides invisibles, de les détromper
en leur prouvant que ces blessures sont imaginaires, n'était le nombre immense de ces cas. Ainsi,
ces Aides se trouvent devant une tâche qui dépasse leurs possibilités, bien qu'ils se montrent aussi
actifs que possible.

D'ailleurs, ce n'est pas tellement l'angoisse résultant de ces lésions imaginaires qui leur donne du
travail, que les angoisses mentales: souci pour

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ceux qui sont laissés en arrière, pour les enfants privés de leur père, souci des mères laissées
seules avec la charge d'une famille à élever. Tel est l'obstacle le plus sérieux qui se présente aux
Aides Invisibles, et c'est sur ce point que je voudrais vous demander instamment votre coopération.

Aux Etats-Unis, le Président Wilson a choisi le 4 octobre comme jour de prières pour la paix. Il est
toujours bon de s'unir à de telles initiatives, car nos pensées disciplinées exerceront un effet
considérable et renforceront tout particulièrement leur influence générale. Ceux de nos étudiants qui
prennent leur rôle au sérieux devraient passer cette journée à prier pour que le monde soit délivré de
cet affreux carnage. Leurs pensées devraient être spécialement dirigées vers l'apaisement de ceux
qui sont dans ce monde, et aussi de ceux qui, dans le monde invisible, se font du souci pour les
familiers dont la mort les a séparés. Chacun de nous devrait nourrir la pensée que, même si la guerre
actuelle semble atroce, elle ne représente qu'un incident par rapport à une longue période qui n'a ni
commencement ni fin. En notre qualité d'esprits, nous sommes immortels, et les choses qui, dans le
moment présent, nous semblent d'une énorme importance, deviennent moins actuelles lorsqu'elles
sont considérées sous l'angle spirituel et avec la conviction de notre réelle immortalité. Tout ce qui
peut nous arriver sera incorporé à notre nature spirituelle, comme une leçon destinée à nous rendre
conscients de l'horreur du carnage qui désole aujourd'hui notre terre.

Avec toute la ferveur possible, souhaitons que cette guerre soit la dernière à troubler la paix du
monde; prions pour que l'humanité, ayant appris cette coûteuse leçon, se décide à détruire une fois
pour toutes les instruments de

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guerre en transformant les épées en socs de charrue (Esaïe 2:4). Puissent ces idées occuper l'esprit
de tous nos étudiants en ce 4 octobre - mais comme cette date semble trop proche pour que notre
lettre les atteigne tous, nous voudrions que tous les membres du Rosicrucian Fellowship réservent
leur dimanche 18 à la prière pour la paix. A cette date, tous nos étudiants auront reçu ce message et,
de nouveau, nous serons unis du matin jusqu'au soir pour aider à ramener la paix dans le monde.
Puisse bientôt le règne du Christ supplanter celui des hommes, car ces derniers se sont
certainement montrés des gouverneurs inefficaces.

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LETTRE NO 48 - Novembre 1914


LA GUERRE MONDIALE ET LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE
Dans presque chaque courrier, nous recevons des lettres contenant des commentaires sur la guerre,
mais, à peu d'exceptions près, nos correspondants n'ont pas pris parti, montrant ainsi qu'ils se
placent à un point de vue plus élevé que l'attitude inculquée par les divers Esprits de Race, cette
attitude à laquelle on donne communément le nom de patriotisme. Au contraire, l'état d'esprit de
ceux qui se placent au-dessus des querelles partisanes est le seul qui soit compatible avec les
principes du Rosicrucian Fellowship. Nous sommes tous groupés en une association internationale,
et nous aspirons tous au Royaume qui supplantera les nationalités. Le fait que nous sommes nés
dans des parties différentes du globe et que nous parlons diverses langues n'abolit pas l'injonction
du Christ: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même"; il ne nous excuse pas non plus de jouer le
rôle du "brigand" plutôt que celui du "samaritain". En notre qualité de membres du Rosicrucian
Fellowship, il nous appartient de nous élever au-dessus des barrières nationales et d'apprendre à
dire, comme Thomas Paine - un homme qui a été beaucoup diffamé de son vivant - "Le monde est
ma patrie; faire le bien est ma religion". Nous devons cesser d'être simplement des "nationaux", et
nous efforcer de devenir universels dans nos sympathies.

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Mais il est une guerre qui vaut la peine d'être menée, une guerre à laquelle nous pouvons
légitimement consacrer toute notre énergie, une guerre dans laquelle nous ferons bien de persévérer
avec un zèle incessant; et l'un de nos étudiants exprime tellement bien cette idée que nous ne
saurions faire mieux que de citer sa lettre:

"En réfléchissant à cette guerre, l'idée nous vient qu'un jour, lorsque les hommes en auront assez de
cette épouvantable lutte intestine et mettront bas les armes, lorsque la paix régnera de nouveau - de
notre continent, chargé des dépouilles d'amis aussi bien que d'ennemis, et dont les fleuves sont
teintés du sang de la jeunesse des empires, naîtra une nouvelle Europe, où une civilisation plus
élevée succédera à celle qui aura été détruite.

Et la grande armée des inconnus qui sont morts ou en train de mourir va constituer, pour la paix, une
force plus puissante que s'ils avaient vécu. C'est ainsi que, sur les ruines causées par les passions
déchaînées des humains, une Divinité juste et aimante apporte finalement un bien plus grand.

Si les hommes, et aussi les femmes, voulaient seulement consacrer, à la guerre envers l'ennemi bien
plus réel qui se cache en eux-mêmes, la dixième partie des forces dépensées à combattre un ennemi
supposé, au-delà d'une frontière imaginaire sur la surface de la bonne Terre de Dieu, le règne du
Prince de la Paix pourrait s'instituer. Toutes les armes meurtrières seraient éliminées, en même
temps que se réaliserait la glorieuse promesse: "Paix sur la terre, et bonne volonté envers les
hommes".

En ce qui me concerne, je prends la résolution de ne pas cesser mes efforts avant la disparition des
derniers vestiges de mal, d'erreur et de haine qui

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subsistent en moi, et avant le règne indisputé, dans mon coeur, de la sublime Trinité du Bien, de la
Vérité et de l'Amour.

Dans cette lutte réelle, je me sens un piètre soldat, et le sport des armes se décide souvent dans une
mauvaise direction, mais même si je devais succomber mille fois, la leçon doit être apprise et le sera.
Un jour, grâce à un coeur vaillant, une volonté tenace et une persévérance invincible, la bataille sera
gagnée et la paix régnera - cette paix qui surpasse toute intelligence."

Joignons-nous tous à notre frère dans ce noble combat, en nous remémorant ces paroles de Goethe:

"De tout pouvoir qui tient le monde enchaîné L'homme se libère, lorsqu'il sait se gouverner."

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LETTRE NO 49 - Décembre 1914
LE DÉSIR, UNE ARME A DOUBLE TRANCHANT

Nous voici à l'époque des souhaits: "Joyeux Noël, Bonne et heureuse année" sont à l'ordre du jour
et, se conformant à cet ancien usage, les travailleurs de Mount Ecclesia font également part, à tous
les membres dispersés de par le monde, de leurs voeux de saison.

Cependant, tout en vous souhaitant un bon départ, dans une atmosphère d'optimisme, nous devons
remarquer que, si les voeux d'autrui peuvent être encourageants et agréables, ils n'ont pas, en eux-
mêmes, grande importance. Ce qui importe, ce sont les souhaits que nous formulons pour nous-
mêmes et qui peuvent réaliser des miracles, si nous y mettons suffisamment d'intensité et de
persévérance, même si le monde entier se ligue contre nous. Richesse, pouvoir, popularité, peuvent
être nôtres si notre souhait est soutenu par une ardeur capable de surmonter les obstacles. La santé,
elle aussi, peut être nôtre si nous avons la volonté de guérir et de faire le nécessaire pour éviter les
rechutes. Les restrictions sociales, les conditions familiales difficiles peuvent céder devant un désir
ardent.

Mais il y a une autre face du problème, car le désir est une arme à double tranchant, et ce qui nous
apparaît comme le plus grand bien peut se transformer en malédiction lorsque nous l'avons obtenu.
La plus grande fortune peut s'écrouler en peu d'heures, à la suite d'une catastrophe ou d'un coup de
bourse; et l'homme riche est constamment tourmenté par la peur de perdre ses biens. Pour être
populaires, nous devons nous mettre à la disposition de

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chacun, répondre à toutes les demandes, au moindre appel, si bien que nous n'avons plus ni repos,
ni le temps de suivre nos propres inclinations. Des souffrances physiques qui semblent des
aiguillons dans la chair et dont nous aimerions bien nous défaire, peuvent être une bénédiction
déguisée. Paul, qui avait un tel mal, a demandé au Seigneur de l'en débarrasser, mais s'est vu
répondre "Ma grâce te suffit". Il en est de même des conditions familiales difficiles et d'autres
ennuis, car toutes les relations humaines comportent certainement leçons à apprendre pour notre
bien. Il faudrait donc faire bien attention de ne pas souhaiter leur disparition sans ajouter chaque fois
les mots utilisés par le Christ dans le Jardin de Gethsémané. Tout en reculant, dans son corps,
devant la torture qui l'attendait, il disait: "Non pas ma volonté, mais la tienne." Rappelons-nous
toujours qu'il est une seule chose pour laquelle nous puissions prier avec toute la ferveur et
l'intensité dont nous sommes capables, et c'est d'être trouvés agréables à Dieu.

Chers amis, le Rosicrucian Fellowship est une association composée d'un grand nombre de
membres, et je m'adresse individuellement à chacun de vous pour vous demander ce qui suit:
voulez-vous, en votre qualité de membre, vous joindre aux autres pour nous souhaiter - au
Fellowship - une plus grande effusion de la grâce divine pendant l'année 1915, afin que nous
puissions, avec plus d'efficacité, accomplir notre part du plan de Dieu et hâter la venue du Christ? Et
voulez-vous mettre dans ce souhait une intensité telle, que vous travaillerez à la réalisation de cet
idéal, avec zèle et ferveur, durant toute l'année?

Puisse Dieu bénir The Rosicrucian Fellowship et en faire un agent plus efficace de son travail dans le
monde!

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LETTRE NO 50 - Janvier 1915


PROSPÉRITÉ SPIRITUELLE DANS LA NOUVELLE ANNÉE

Ces jours-ci, la coutume est de se saluer par les "Heureuse et prospère nouvelle année!" - et le
signataire se joint volontiers aux autres dans ce souhait quoique dans un sens quelque peu
différent. C'est en effet surtout la prospérité matérielle que vos amis vous souhaitent, alors que notre
souhait se réfère à l'or produit par l'alchimie de l'âme, à la transformation des vils métaux des
expériences de l'année écoulée en la Pierre Philosophale, le plus grand trésor que puisse jamais
nous offrir ce monde. Les richesses matérielles sont toujours une source de soucis pour leur
possesseur, alors que ce joyau précieux entre tous apporte avec lui une paix "qui surpasse toute
intelligence" (Philippiens 4:7).
D'ailleurs, en ne visant qu'à l'acquisition de biens matériels, notre travail nous semblera toujours
fastidieux et ingrat, même si nous cherchons à en interrompre la monotonie par ce qu'on appelle des
"plaisirs", car on se posera souvent la question "à quoi bon?" Au contraire, pour ceux qui travaillent
dans la vigne du Christ, ceux qui font tout, aussi bien dans l'exercice de leur profession qu'à côté,
"pour le Seigneur", la vie se présente de façon bien différente. Le Christ a dit "Mon joug est aisé et
mon fardeau léger" (Matthieu 11:30), ce qui est bien vrai, quoique peut-être pas dans le sens courant.
Le

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signataire et ceux qui l'ont aidé pendant des années peuvent affirmer, sur la base de leurs
expériences personnelles, que malgré le labeur le plus ardu, aussi bien mental que physique, et
malgré que leur corps était parfois exténué à tel point que, au réveil, il semblait presque impossible
de démarrer, ils en ont éprouvé une satisfaction, une joie, un plaisir que le monde ne connaît pas et
ne saurait comprendre. Les années passées à ces besognes ont été satisfaisantes au point que rien
au monde ne pourrait les remplacer, pour lui et sa compagne, en cas de perte. D'une année à la
suivante, il estime que c'est un privilège de plus en plus grand de pouvoir travailler ainsi, et ceux qui
collaborent avec lui ont exactement le même sentiment.

Et vous, chers amis? Nous voici au début d'une nouvelle année, d'un nouveau départ. En tant
qu'organisation, le Rosicrucian Fellowship dépend de chacun de vous: si nous voulons progresser
spirituellement, il faut que chacun assume sa part du fardeau. Nous devons devenir plus fidèles, plus
fervents, plus dévoués à l'idéal transmis par les Frères Aînés. Nous savons que le Fellowship
compte des membres loyaux: êtes-vous de ceux-là? Il ne suffit pas d'étudier les enseignements et de
méditer à leur sujet; il faut vraiment les incorporer à notre vie et devenir des lumières rayonnantes
dans notre milieu. Il nous faut "vivre la vie", non seulement dans le monde extérieur, mais chez nous,
afin que les autres membres de notre famille puissent percevoir la lumière qui éveillera leur esprit.
Nous savons que beaucoup de vous le font, mais d'autres sont tièdes et continuent à se tenir sur le
seuil, parce qu'ils ne désirent pas se charger du joug. Et pourtant ce joug doit être supporté, même
si le cou se râpe sous l'effort; de fait, toute ampoule ajoute un fil à la trame du corps de l'âme, cette
glorieuse robe nuptiale qui, seule, nous permettra

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d'aller à la rencontre du Seigneur lorsqu'il apparaîtra.

Le signataire espère vivement que chacun des étudiants dont se compose le Fellowship va se
charger de son joug avec davantage d'ardeur que jamais, afin que, individuellement et
collectivement, nous puissions amasser, dans le ciel, des trésors qui seront bien nôtres lorsque
nous aurons, toute l'année durant, supporté le joug et l'intensité du labeur.

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LETTRE NO 51 - Février 1915 - AMOUR, SAGESSE ET CONNAISSANCE

Ce mois-ci, nous commençons une nouvelle série de leçons sur "La Trame de la Destinée, nouée et
dénouée" (réunies depuis lors en un volume portant ce titre) en comptant bien qu'elle vous sera
profitable, à la fois comme étude et pour la conduite de votre vie. Bien que ces leçons soient
analytiques et techniques à certains égards, ce sujet devrait être abordé avec le sentiment de la plus
profonde dévotion, en gardant l'esprit fixé sur le but essentiel de la vie.

Comme vous le savez sans doute, le terme "philosophie" se compose de deux mots grecs dont la
signification est "amour de la sagesse". La plupart des gens pensent qu'aimer la sagesse est
synonyme de désirer la connaissance, mais, ainsi que nous l'avons vu dans une précédente leçon
(devenue le chapitre 4 des "Enseignements d'un Initié", tome I), il y a une énorme différence entre la
connaissance et la sagesse. La sagesse implique l'amour, en premier, en dernier et tout le temps,
alors que la connaissance peut être utilisée dans les buts les plus répréhensibles qui soient. En
vérité, le mystique, inspiré par une fervente dévotion dans ses études et son travail quotidien, est
trop modeste pour accepter le titre de philosophe. Pour lui, ce titre a même davantage de sens s'il en
intervertit les termes, en l'appelant "la sagesse de l'amour", plutôt que l'amour de la sagesse. En y
réfléchissant, vous
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comprendrez ce point de vue, car le sujet choisi est l'un des plus intimes, des plus sacrés qui
puissent être traités, aussi s'agit-il de l'approcher dans cet esprit de "sagesse aimante", cet esprit
d'amour spirituel qui est celui de la véritable signification de la philosophie. Comme le disait le poète
Robert Burns:

"Oh! si quelque génie nous accordait le don de nous voir tels que les autres nous voient!"

Il me semble qu'en vérité un tel pouvoir serait plus détestable qu'autre chose, bien qu'il paraisse, à
première vue, hautement désirable. Chacun de nous est plein d'imperfections, et il nous arrive
souvent de faire triste figure sur la scène du monde. Nous avons parfois l'impression d'être ballottés
de ci, de là, par les caprices du destin, tandis que ceux qui nous observent, incapables de voir la
poutre dans leur oeil, nous critiquent et nous font paraître ridicules. Si nous pouvions nous voir avec
leurs yeux, nous perdrions cet attribut essentiel qu'est le "respect de nous-mêmes" - notre dignité -
et nous n'oserions plus regarder notre prochain en face.

Une fois que nous l'avons compris (il suffit d'y réfléchir pour s'en convaincre) nous pourrons aussi,
avec profit, regarder par l'autre bout de la lorgnette et nous rendre compte de l'attitude peu
fraternelle, peu philosophique, peu "sagesse aimante", que nous assumons en critiquant sévèrement
les défauts courants de notre prochain. L'objet de ces leçons sur la Trame de la Destinée est de nous
donner une idée de ce qui a pu causer, par le passé, certaines des particularités que nous critiquons
le plus chez les autres, afin de nous rendre capables, à notre tour, d'éviter de semblables erreurs;
elles visent à nous faire acquérir la vraie, la réelle charité

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chrétienne qui ne vante pas, ne s'enfle point d'orgueil, ne se réjouit point de l'injustice, mais de la
vérité, ainsi que l'exprime Paul dans le beau treizième chapitre de la première Epître aux Corinthiens.

Je compte bien que vous allez aborder ces leçons dans cet esprit, et que nous en retirerons tous un
profit durable.

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LETTRE NO 52 - Mars 1915 - CONCENTRONS-NOUS SUR LE TRAVAIL ROSICRUCIEN

En méditant sur la meilleure voie à suivre pour le Rosicrucian Fellowship, le signataire s'est posé la
question suivante: "Quel est l'obstacle le plus grand et le plus généralisé qui s'oppose à nos progrès
dans le travail spirituel?" Et sa réponse: "Le manque de concentration."

Nous avons tous nos familles qui réclament une part de notre attention; notre travail professionnel,
lui aussi, ne doit être négligé sous aucun prétexte. Nous sommes venus sur terre pour y accomplir
certaines choses et pour apprendre les leçons qui en découlent. Après l'accomplissement de ces
devoirs, il reste encore, pour chacun de nous, un peu de temps que nous pouvons légitimement
consacrer à notre propre développement; et il est aussi important d'en bien user que de remplir nos
obligations matérielles, familiales et sociales.

Veuillez bien considérer que, dans la vie courante, nous n'essayons pas d'étudier aujourd'hui la
médecine dans l'espoir de devenir docteurs, pour changer ensuite d'idée et travailler demain dans un
atelier de mécanique, puis passer les jours suivants à essayer d'autres genres d'occupations, car
ainsi nous n'arriverions à rien dans la vie. Nous n'exerçons pas non plus aujourd'hui la fonction
d'époux ou d'épouse dans une famille, le lendemain

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dans une autre; nous ne changeons pas de milieu de relations aussi souvent que de vêtements ou
de chaussures. Vivre dans de telles conditions matérielles et sociales serait complètement
impossible; au contraire, nous exerçons une seule profession, nous prenons soin de notre famille,
nous concentrons nos efforts dans ces départements de la vie, à l'exclusion des autres.
Pourquoi ne ferions-nous pas montre du même bon sens dans nos efforts spirituels? Nous étudions
ce qui concerne notre profession ou notre affaire, nous établissons des plans de travail; nous nous
efforçons d'en faire un succès. Nous étudions aussi les besoins de notre famille et faisons des plans
pour y faire face. Nous savons que le succès, social ou en affaires, dépend de notre concentration et
des plans judicieux que nous décidons de suivre. Alors, si nous avons cette sagesse dans les
choses de ce monde, dont la durée ne dépasse pas les quelques années de notre vie terrestre, nous
pourrions user du même bon sens pour nous appliquer également, de tout notre esprit et de tout
notre coeur, aux choses spirituelles qui durent éternellement.

Dans l'Epoque Atlantéenne, alors que les Sémites primitifs étaient "appelés" parmi leurs
contemporains, beaucoup d'entre eux ont trouvé la route très dure. Eux, les "Fils de Dieu" ont
épousé les "filles des hommes" (Genèse 6:2), avec le résultat que nous ont appris nos études de la
"Cosmogonie".

Aujourd'hui, nous nous trouvons à un autre carrefour. Une "Ecclesia" (mot grec signifiant une
"assemblée de personnes") est en train d'être "appelée" pour jouer le rôle de pionniers de la
prochaine grande race. De nombreux chemins mènent à Rome et au Royaume du Christ, mais si
nous perdons notre temps à

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suivre aujourd'hui l'un d'eux, pour en choisir un autre le lendemain, nous courons à un échec, et
c'est pourquoi j'invite tous les étudiants qui sont en sympathie avec les idées du Rosicrucian
Fellowship à renoncer à toute autre société religieuse et à se consacrer, coeur, intelligence et esprit,
à vivre nos enseignements et à les répandre. (A ce sujet voir la Lettre 54).

Dans nos entreprises terrestres, nous engageons des collaborateurs entraînés, capables et dévoués.
Dans le Royaume des Cieux, la loyauté et le dévouement sont aussi des facteurs d'importance
primordiale. Mémorisons les trois premiers versets du Psaume 1 et concentrons-nous sur ces
paroles, car nous désirons sûrement récolter la plus grande moisson possible de nos efforts
spirituels, aussi bien que matériels.

"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s'arrête pas sur la voie
des pécheurs et Qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs."

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LETTRE NO 53 - Avril 1915 - LA SIGNIFICATION COSMIQUE DE PAQUES

Comme cette lettre vous atteindra à l'époque de Pâques, je crois bien faire de la consacrer à cet
événement annuel.

Vous connaissez l'analogie entre l'homme, qui rentre le matin dans ses véhicules, y vit et y travaille,
puis s'en libère pour la nuit, où il cesse d'être entravé par eux - et l'Esprit du Christ, vivant une partie
de l'année dans la Terre. Nous savons tous quelle prison notre corps représente, combien nous
sommes entravés par la maladie et la souffrance, car nul être humain ne possède une santé assez
parfaite pour n'avoir jamais ressenti la douleur; et ceci est doublement vrai pour ceux qui s'élèvent
sur le Sentier.

Il en va de même pour le Christ cosmique, qui tourne son attention vers notre petite Terre,
concentrant sur elle sa conscience, afin que nous puissions vivre. Chaque année, il doit redonner vie
à cette masse inerte - que nous avons cristallisée à partir du Soleil - et, pour lui, c'est une gêne, une
entrave et une prison. Nous avons donc bien lieu de nous réjouir lorsqu'il vient chaque année à Noël,
qu'il naît à nouveau dans notre monde pour nous aider à rendre vie à cette masse inerte dont nous
nous sommes encombrés. A ce moment, nos coeurs devraient être pleins de gratitude pour le
sacrifice qu'il

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consent en notre faveur, en pénétrant notre planète de sa vie, afin de la réveiller de son état de
sommeil hivernal, dans lequel elle resterait éternellement s'il ne renaissait en elle pour lui redonner
vie.

Au cours des mois d'hiver, il est au supplice, "gémissant et souffrant les douleurs de l'enfantement"
(Romains 8:22) dans l'attente du jour de la libération, qui tombe dans ce que les Eglises appellent la
Semaine de la Passion. Mais les enseignements mystiques nous font comprendre que cette semaine
n'est que la culmination, la vague de fond, de ses souffrances, et qu'il est alors en train de se
dégager de sa prison. Au moment où le Soleil croise l'Equateur, il est symboliquement suspendu à
cette croix , et il s'écrie: "Consummatum est " - c'est accompli. Autrement dit, son travail de l'année
est maintenant accompli, et ce n'est pas un cri d'agonie, mais bien plutôt de triomphe, de joie, parce
que l'heure de la libération a sonné et qu'il peut de nouveau s'élever dans les cieux pour un temps,
libéré de cette masse pesante qu'est notre Terre.

Maintenant, chers Amis, le point sur lequel j'aimerais attirer votre attention est que nous devrions
tous nous réjouir avec le Christ en cette grande, triomphale et glorieuse heure de libération où il
s'exclame: "C'est accompli!" Accordons nos coeurs sur ce grand événement cosmique; réjouissons-
nous avec le Christ, notre Sauveur, de ce que la période de son sacrifice soit de nouveau terminée;
soyons reconnaissants, du fond du coeur, de ce qu'il soit sur le point d'être libéré de ces entraves
terrestres, la vie qu'il a transmise à notre planète étant suffisante pour nous permettre d'exister
jusqu'au prochain retour de Noël.

J'espère que ces lignes vous fourniront un sujet de méditation et de prière, dont vous retirerez une
abondante croissance de l'âme.

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LETTRE NO 54 - Mai 1915 - LE GASPILLAGE RÉSULTANT D'EFFORTS DISPERSÉS

Dans la lettre de mars (NO 52) j'avais suggéré de concentrer toutes les énergies dans une seule
direction, en conseillant aux étudiants de consacrer leur temps libre à une seule société religieuse,
au lieu de disperser leur énergie en appartenant à plusieurs d'entre elles, car il est impossible, de
cette manière, de faire un travail effectif.

Depuis lors, quelques démissions ont été reçues, comme on pouvait s'y attendre. Parmi un grand
nombre de membres, il est naturel que certains d'entre eux, membres d'autres organisations, les
préfèrent à la nôtre et suivent leur inclination, conformément au conseil donné. Nous avons plutôt
été surpris de ne recevoir que peu de démissions, mais cela provient sans doute du fait que le Siège
épure périodiquement sa liste de membres, en éliminant ceux qui font preuve de peu d'intérêt et en
ne conservant que les plus "vivants".

Mais c'est le ton de ces démissions qui fait de la peine. On nous écrit par exemple: "Je suis membre
de l'Eglise Episcopale, et ma place y est louée", etc. Il semble étrange qu'on ne puisse comprendre
que le Rosicrucian Fellowship n'est contre aucune église ou société, surtout pas les Eglises
chrétiennes. La lettre ne disait pas "églises" mais "sociétés religieuses" et, comme déjà dit, ce n'était
pas que nous ayons quoi que ce soit contre des

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sociétés travaillant dans la ligne chrétienne.Il y a, par exemple. la "Société de l'Unité", de Kansas
City, une organisation honnête et morale, placée sous une noble direction, pour autant que nous
pouvons nous en rendre compte. Mais pour accomplir le meilleur travail dans cette société religieuse
ou dans une autre, il faut y consacrer toute son énergie pendant le temps dont on peut disposer; et
si un membre du Rosicrucian Fellowship, qui est aussi membre d'une de ces sociétés, décide de se
consacrer exclusivement à cette dernière, il vaux mieux pour lui qu'il resserre ses liens avec elle, et
c'est aussi préférable pour le Rosicrucian Fellowship. Mais si c'est au Rosicrucian Fellowship que
vont ses sympathies, il vaudra mieux pour lui, pour la Société de l'Unité et pour le Fellowship qu'il
s'y consacre entièrement.
Comme nous l'avons souvent dit, de nombreux chemins mènent à Rome, mais vous ne pouvez en
suivre deux à la fois. Il faut en suivre un seul, car zigzaguer de l'un à l'autre, c'est gaspiller son
énergie. Si nous accomplissons notre travail dans le monde, il ne nous reste que peu de temps que
nous puissions légitimement consacrer à notre développement spirituel, aussi faut-il faire porter tout
notre effort dans la direction où le rendement sera le meilleur, au lieu de dissiper notre énergie et
d'en retirer très peu de croissance de l'âme.

En outre, il faut bien comprendre que si, à un moment donné, quelqu'un n'approuve pas la ligne de
conduite du Fellowship, il ne sert pas sa cause en désertant son drapeau et en s'en prenant à nous
de l'extérieur. S'il reste parmi nous, nous l'écoutons comme un frère en écoute un autre, et nous
voyons ses arguments sous un autre jour que s'il fait montre d'hostilité, s'en va et devient ainsi un
antagoniste, car alors les mêmes arguments perdent beaucoup

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de leur poids. Nous sommes tous d'accord sur les points importants et fondamentaux de nos
enseignements, et chacun de nous apprécie sûrement le bien qu'il retire de la philosophie que nous
sommes en train de propager. Ne devrions-nous pas nous montrer tolérants pour ce qui concerne
notre action, afin de pouvoir vouer toute notre attention à nos idéaux?

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LETTRE NO 55 - Juin 1915 - L'EPIGÉNESE ET NOTRE DESTINÉE FUTURE

En étudiant ces leçons sur "La Trame de la Destinée, nouée et dénouée", il est indiqué - il est même
absolument nécessaire - de se rappeler que la vie n'est pas un simple développement de causes
mises en action au cours d'existences précédentes. L'esprit, lorsqu'il se réincarne, a une plus ou
moins grande latitude de libre arbitre - selon sa vie précédente - pour arranger à sa guise le détail de
ce qui entre dans le cadre de sa vie. D'autre part, il n'y a pas seulement des causes passées se
transformant en effets, car l'esprit crée, à chaque occasion, de nouvelles causes qui seront la
semence d'où germeront de nouvelles expériences dans une vie future. Il s'agit là d'un point très
important et qui, à la réflexion, est une vérité évidente, car autrement, les causes antérieures
finissant par épuiser leur effet, ce serait la cessation de toute existence.

Ainsi, nous ne sommes pas absolument forcés d'agir d'une certaine manière parce que nous
sommes dans tel milieu et parce que nos expériences passées nous ont orientés dans une certaine
direction. Grâce à sa prérogative divine de libre arbitre, l'homme a le pouvoir d'Epigénèse ou
d'initiative, qui lui permet de prendre une nouvelle direction. Il ne peut pas immédiatement s'extraire
de son ancien mode de vie - cela peut prendre longtemps, même

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jusqu'à plusieurs existences - mais il se hissera graduellement jusqu'à l'idéal qui a naguère fait
l'objet de ses "semailles".

Par conséquent, la vie ne progresse pas seulement par l'involution et l'évolution, mais spécialement
par l'Epigénèse. Ce sublime enseignement de la Religion de la Sagesse Occidentale de la Rose-Croix
donne la solution de bien des mystères qui, autrement, ne pourraient trouver d'explication logique.
Parmi eux. il en est un qui a donné lieu à de nombreuses lettres adressées au Siège, et que l'auteur
hésite un peu à citer, n'aimant pas parler de la guerre. Il s'agit de la relation entre un soldat, une
femme ennemie violée par lui, et l'Ego né d'une mère qui le hait à cause de cette naissance non
désirée.

Des recherches sur un certain nombre de ces cas ont révélé qu'il s'agit d'une nouvelle tentative de la
part des esprits qui se réincarnent. Ils se sont tous montrés incorrigibles dans leurs précédents
milieux; et il semblait que de les y laisser, pour le chagrin de ceux avec lesquels ils étaient en
relation, ne pouvait leur faire aucun bien. Quoique n'ayant rien à faire avec ces problèmes, les
conditions nées de la guerre offrent une occasion de transférer ces Egos dans un autre milieu, où la
nouvelle mère récolte, par ce moyen, le fruit d'erreurs commises par elle-même dans le passé.
Cette condition n'est d'ailleurs nullement particulière à la guerre. En d'autres temps, des moyens
similaires sont bien souvent employés pour nous faire récolter ce que nous avons semé; et cela se
fait par l'intermédiaire d'une autre âme qui entre dans nos vies pour souffrir et nous apporter de la
souffrance. Il me souvient d'une mère qui m'a raconté, bien des années auparavant, combien elle
s'était révoltée contre sa maternité et comment,

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après avoir subi sa période de grossesse avec la haine et la colère au coeur, le bébé était né. Elle
avait même refusé de le regarder, mais ensuite elle avait été prise de pitié pour ce petit être sans
défense et, plus tard, cette pitié s'était transformée en amour. L'enfant avait eu tous les avantages
que l'argent pouvait lui procurer, mais ces avantages s'étaient révélés impuissants à sauver son
équilibre mental, et aujourd'hui, après avoir commis un meurtre, il se trouve dans la cellule d'un asile
pour criminels aliénés, alors que sa mère est seule dans son chagrin, à réfléchir à ce qu'elle a fait ou
n'a pas fait pendant que cet enfant venait à elle.

Inversement, il arrive aussi qu'un esprit, en ayant fini avec un ancien milieu, arrive dans une nouvelle
sphère d'action comme un rayon de soleil et de réconfort pour ceux qui se sont rendus dignes de
cette bénédiction par leurs actions précédentes. Rappelons-nous donc que, quelle que soit la
dégradation d'un être, il a toujours le pouvoir de semer la graine du bien, mais il doit attendre
jusqu'au moment où cette graine pourra se développer dans un milieu favorable. Chacun de nous,
quoique lié par son passé, est donc, dans cette mesure, libre en ce qui concerne ses lendemains.

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LETTRE NO 56 - Juillet 1915


LE NÉCESSITÉ DE DIFFUSER NOS ENSEIGNEMENTS

En relisant la leçon de ce mois (devenue le chapitre 5 de "La Trame de la Destinée, nouée et


dénouée") où se trouvent rassemblés les résultats de recherches faites il y a quelque temps, j'ai été
de nouveau frappé, avec une force encore plus grande, par le fait que nous sommes environnés de
conditions redoutables. A l'heure actuelle, où les horreurs de la grande guerre accroissent plus que
jamais le nombre de ceux qui passent de ce monde dans l'au-delà au milieu de conditions navrantes,
il semble qu'un effort spécial devrait être tenté pour conjurer et diminuer le mal. Le Rosicrucian
Fellowship n'est encore qu'une goutte dans l'océan de l'humanité, mais en faisant notre part, nous
mériterons de pouvoir servir dans un domaine plus vaste.

Aucun remède ne vaut, pour les conditions présentes, la connaissance de la continuité de la vie, et
du fait que nous renaissons de temps à autre sous la loi immuable de cause à effet. Si ces faits
importants, avec tout ce qu'ils impliquent, pouvaient être portés à la connaissance d'un très grand
nombre de personnes, ce levain opérerait finalement de manière à changer les conditions actuelles
dans le monde entier. Un seul homme, Galilée, a changé le point de vue du monde au sujet du
système solaire et, même si nous ne sommes que quelques milliers, pourquoi ne pourrions-nous pas
exercer une influence sur l'opinion mondiale, si nous savons que ces faits sont véridiques?

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On dit souvent que les gens ne s'intéressent pas aux choses spirituelles et qu'on ne peut se faire
entendre d'eux, mais il n'en est vraiment pas ainsi. Même s'il se trouvait aussi, parmi les centaines
de milliers de personnes qui sont allées écouter Billy Sunday, le célèbre évangéliste, quelques
milliers de curieux ou de personnes venues pour se moquer et pour ricaner, il y en avait bien
davantage qui ressentaient un fort désir de quelque chose qu'elles ne pouvaient définir, mais qui les
poussait à venir. Récemment, il y avait un débat public entre un évangéliste de New York et un juriste
sur le sujet "Où sont les morts?" Ce débat avait lieu dans une grande salle publique pouvant
contenir des milliers de personnes, et il a duré trois jours. Tous les sièges étaient occupés et, si mes
souvenirs sont exacts, bien des personnes n'avaient même pas pu trouver de place en restant
debout. Oui, les gens sont certainement à la recherche de quelque chose; leur coeur a soif de savoir
ce qu'il en est de l'après-vie, et il ne dépend que de nous de faire notre part en offrant au monde
l'explication rationnelle des mystères de la vie, qui nous est venue des Frères Aînés. C'est là un
grand privilège, dont nous devrions certainement prendre avantage.
Mais de quelle manière? dira-t-on peut-être. Permettez-moi de vous demander si votre journal
n'accepterait pas, à l'occasion, un article sur ce sujet? Nous avons certainement, parmi nos
membres, beaucoup de personnes capables d'écrire de tels articles. On pourrait former une
commission qui recevrait ces articles et qui les enverrait sur demande aux membres acceptant de les
montrer aux rédacteurs de journaux dans leur ville, en espérant faire connaître les enseignements
rosicruciens par ce moyen. Un article bien rédigé est rarement refusé si l'on dispose de l'espace
nécessaire, car les rédacteurs ne sont que

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trop heureux d'avoir un texte dont ils pensent qu'il intéressera le public, même s'ils ne partagent
peut-être pas les idées de l'auteur.

A ceux de nos lecteurs qui savent rédiger, nous demandons de bien vouloir écrire de brefs articles
sur "La continuité de la vie"; quant à ceux qui sont désireux d'essayer de les faire publier dans leurs
journaux, qu'ils veuillent bien nous écrire pour nous permettre de noter leur adresse, afin que nous
puissions passer à l'action. J'espère que cet appel rencontrera un accueil chaleureux.

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LETTRE NO 57 - Août 1915 - L'ASTROLOGIE, UNE AIDE POUR LES MALADES

Avez-vous jamais saisi la raison pour laquelle le Christ nous commandait de guérir les malades?
L'une de ses raisons était certainement qu'après s'être convaincus de votre capacité de guérir le
corps, ceux qui ont été aidés auront davantage de foi dans votre aptitude à aider également leur âme.
Une fois que nous aurons atteint à la haute stature du Christ, ce qui nous permettra de voir à la fois
le passé et le présent; une fois que nous pourrons déterminer d'un seul coup d'oeil les causes, les
crises et le stade actuel d'une maladie, nous n'aurons plus besoin d'aide pour diagnostiquer et
conseiller. Mais d'ici là, force nous est d'utiliser les béquilles dont nous disposons, et la principale
d'entre elles est l'astrologie.

Bien des personnes n'ayant pas la volonté de travailler pour arriver à des résultats sont venues au
Siège dans l'attente d'obtenir une illumination spirituelle, de se voir pousser des ailes et de revenir
dans le monde, après un bref séjour ici, comme des faiseurs de miracles - et, naturellement, ils sont
repartis désappointés. Mais chaque fois qu'une personne a, honnêtement et sérieusement, entrepris
de faire ici du vrai travail - non simplement assister à des cours - pendant un temps raisonnable, des
résultats ont toujours été obtenus. Nous avons reçu une lettre d'un ami qui a séjourné à Mount
Ecclesia

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et qui s'est adonné sérieusement à ses études. Nous vous faisons part de ses expériences à titre
d'encouragement pour ceux qui voudraient en faire de même: "Chère amie - l'entreprise à laquelle je
pensais collaborer après mon stage à Mount Ecclesia s'est révélée une affaire malhonnête et
nullement compatible avec nos idéaux, aussi ai-je envoyé ma démission, mais j'avais à peine
renoncé à cette activité que j'ai reçu, d'un médecin réputé de Kansas City, une invitation à travailler
avec lui. Il m'a fait une excellente impression; nous étions littéralement pris d'assaut par les
malades, et vous ne sauriez croire, Mme Heindel, combien les gens ont soif de quelque chose de
cette nature. Ils sont à la recherche de quelqu'un qui leur ouvre les portes de la vie, et ils cherchent à
trouver des encouragements provenant de sources supérieures et plus dignes de foi que le dur
matérialisme, dont la sécheresse détruit toute vie.

L'astrologie s'est révélée une aide inestimable pour les mettre en confiance et, avec l'aide de Dieu,
qui m'a envoyé ici, j'ai pu les reconduire après avoir correctement diagnostiqué leurs maux. Le plus
curieux est qu'aucun d'eux ne m'a fait part de ses symptômes, mais presque tous m'ont dit que
j'étais dans le vrai et qu'ils étaient résolus à conformer leur vie aux principes humanitaires que je
leur avais exposés.

Je m'attends à être très occupé ici, et je tiens à vous remercier pour l'aide reçue dans mes études au
cours de l'année dernière à Mount Ecclesia. J'ai eu énormément de plaisir à séjourner chez vous, et
j'attends beaucoup de bien de mon activité actuelle; si je regrette une chose, c'est de n'avoir pu
rester plus longtemps."

Ce qu'un homme peut faire, un autre le peut également. Madame Heindel et moi

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n'avons pas acquis sans effort nos connaissances en ce domaine. Nous avons dû fournir un rude
travail; mais d'autres personnes qui ont travaillé autant, avec les mêmes idéaux spirituels, ceux
d'aider l'humanité à s'élever, trouvent aussi une illumination qui est refusée à ceux dont l'esprit reste
fixé sur les compensations matérielles de la vie et sur leur propre intérêt. Le temps me semble venu,
pour le Rosicrucian Fellowship, de s'éveiller et de se vouer sérieusement à cette étude, afin que des
centres de guérison puissent être créés dans toutes les villes du monde.

Dans notre revue mensuelle "Rays from the Rose-Cross", nous avons créé une rubrique dans
laquelle nous analysons les thèmes d'enfants en vue d'aider les parents à connaître leurs
caractéristiques latentes. A côté des cours de diagnostic et thérapeutique astrologiques, nous avons
un cours également par correspondance, pour débutants, et nous conseillons à tous ceux qui ne s'y
sont pas encore inscrits d'entreprendre cette étude.

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LETTRE NO 58 - Septembre 1915 - MOYENS ANORMAUX DE DÉVELOPPEMENT

Lorsqu'on examine un sujet dans les mondes invisibles, il se présente de nombreux à-côtés
fascinants, et l'on se trouve constamment détourné du principal objet de sa recherche par tel ou tel
spectacle qui attire l'attention, si bien que le danger est grand de perdre de vue son étude principale
et de s'égarer dans un dédale d'incohérences. Parfois, la tentation de suivre un de ces à-côtés
l'emporte sur mon pouvoir de résistance et, récemment, alors que je travaillais sur le sujet de la
"Trame de la Destinée, nouée et dénouée", la figure d'un ermite qui s'était émacié au point de devenir
semblable à un squelette - qui s'était fustigé jusqu'à faire couler le sang de blessures qu'il ne laissait
pas guérir, en croyant servir Dieu par ce genre d'austérités - m'a conduit à rechercher l'origine de
cette pratique hideuse. J'ai rédigé un article à ce sujet pour notre revue (incorporé dans le chapitre
10 de "Santé et Guérison") mais comme il s'agit d'une question importante et que de nombreux
étudiants ne sont pas abonnés, je crois bien faire de vous en donner ici l'essentiel:

Dans les anciens Temples des Mystères, les principales vérités enseignées aujourd'hui par le
Rosicrucian Fellowship au sujet du corps vital étaient communiquées à l'aspirant à l'initiation. Il
apprenait que ce véhicule se composait des quatre éthers: l'éther chimique, nécessaire à
l'assimilation,

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l'éther vie qui favorise la croissance et la reproduction, l'éther-lumière, véhicule de la perception


sensorielle, et l'éther réflecteur, siège de la mémoire.

L'aspirant recevait des instructions détaillées sur les fonctions des deux éthers inférieurs, par
comparaison avec celles des deux éthers supérieurs. Il savait que toutes les fonctions purement
animales du corps dépendent de la densité des deux éthers inférieurs, alors que les deux éthers
supérieurs constituent le "corps de l'âme", véhicule du service dans les mondes invisibles. Il aspirait
à tisser ce splendide vêtement par l'oubli de soi-même et en domptant les velléités de sa nature
inférieure par le pouvoir de sa volonté, tout comme nous le faisons aujourd'hui.

Mais certains néophytes, trop impatients d'aboutir par n'importe quel moyen, perdirent de vue que le
service et l'oubli de soi-même sont les seuls moyens de tisser la robe nuptiale formée des deux
éthers supérieurs. Ils s'imaginèrent que la maxime occulte

"L'or dans le creuset, Les scories dans le feu; Plus léger que le vent, De plus en plus haut"
voulait seulement dire: pour autant que la nature inférieure, les scories, étaient rejetées au dehors, le
moyen importait peu. Ils se disaient donc qu'en trouvant un moyen facile de les rejeter, il ne resterait
que l'or des deux éthers supérieurs, ou corps de l'âme, dans lequel ils pourraient faire leur entrée
dans les mondes invisibles en toute liberté. Du moment que l'éther chimique est l'agent
d'assimilation, avaient-ils raisonné, il pouvait être éliminé du corps vital en privant le corps physique
de nourriture. Ils ont aussi pensé que, l'éther vie étant actif dans les fonctions de reproduction,

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ils pourraient l'affaiblir par une vie de continence. Dès lors, il ne leur resterait plus que les deux
éthers supérieurs; ou du moins le volume de ces deux derniers l'emporterait sur celui des éthers
inférieurs.

Dans ce but, ils ont pratiqué toutes les austérités imaginables, dont le jeûne. Par ces moyens contre
nature, le corps perdait sa santé et devenait émacié. La nature passionnelle, qui cherchait à
s'exprimer à travers la fonction de reproduction, fut réduite au silence par les flagellations et autres
macérations. Il est vrai que, par cette horrible méthode, la nature inférieure semblait domptée; il est
aussi vrai que, une fois les fonctions corporelles réduites à leur plus simple expression, des visions,
ou plutôt des hallucinations, en ont été le résultat. Mais la véritable spiritualité n'a jamais été atteinte
en dégradant ou en détruisant le "temple de Dieu", notre corps, et le jeûne peut être aussi immoral
que la gloutonnerie. Efforçons-nous donc de pratiquer la modération en toutes choses, afin de
pouvoir être un exemple aux autres et de mériter l'admission au Temple par la sagesse de notre vie.

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LETTRE NO 59 - Octobre 1915 - LES ESPRITS DE RACE ET LA NOUVELLE RACE

Comme notre revue publie en ce moment une importante série d'articles sur l'aspect occulte de la
guerre (voir chapitre 9 à 12 des "Enseignements d'un Initié", tome 1) et qu'un grand nombre
d'étudiants ne sont pas nos abonnés, je crois bien faire de vous offrir, dans cette lettre mensuelle,
un résumé des faits les plus importants. Même ceux qui reçoivent notre revue pourront en profiter,
du moins je l'espère, car ceci n'est pas une copie. Comme je reprends le sujet à zéro, de nouveaux
aspects ne manqueront pas de se présenter.

Vous vous rappellerez que chacun des pays impliqués dans cette triste affaire s'est efforcé, dès le
début, de dénier toute responsabilité de sa part. En un sens, ils sont dans le vrai - même s'ils ont
tous été coupables d'avoir l'orgueil au coeur et d'avoir, comme le roi David lorsqu'il a compté les
soldats d'Israël, mis leur foi dans la multitude de leurs forces armées, de leurs navires et de leurs
armements - car aucune guerre ne peut avoir lieu sans la permission des Esprits de Race. Ces
Esprits guident leurs peuples sur le sentier de l'évolution et, comme Jéhovah, ils combattent pour
eux, ou bien permettent à d'autres nations de les vaincre, selon qu'il est opportun de leur apprendre
les leçons nécessaires à leurs progrès.

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A la vision spirituelle, un Esprit de Race apparaît sous la forme d'une sorte de nuée planant sur un
pays, et cette nuée entre dans les poumons des habitants à chacune de leurs respirations. On peut
vraiment dire qu'en elle ils ont la vie, le mouvement et l'être (Actes 17:28). De cette manière, ils
deviennent pénétrés de ce sentiment de camaraderie nationale que nous appelons "patriotisme" et
qui, en temps de guerre, attise à tel point les émotions que tous se sentent "empoignés" au sujet
d'une certaine question, et prêts à tous les sacrifices pour leur patrie.

Les Etats-Unis n'ont pas encore d'Esprit de Race. C'est le creuset dans lequel on amalgame les
différentes nations en vue d'en extraire la semence d'une nouvelle race. Il est donc impossible de
leur faire éprouver un sentiment généralisé qui les fasse réagir tous comme un seul homme au sujet
d'une question quelconque. Mais cette nouvelle race commence à faire son apparition; elle est
caractérisée par la longueur des bras et des jambes, par un corps souple, une tête allongée et
quelque peu étroite, au sommet élevé, un front presque rectangulaire. Je m'attends à les voir pris en
charge, d'ici peu de générations, par un Archange, qui commencera alors à les unir. A lui seul, ce
travail portera sur plusieurs générations, car même si les mariages internationaux ont effacé les
clichés originaux des anciens corps de races, ils sont encore actifs, bien qu'ayant cessé d'être
visibles; et les liens du sang entre l'Amérique et l'Europe peuvent encore se retrouver dans la
Mémoire de la Nature, sur le plan de l'Ether Réflecteur. Tant que toute trace n'en aura pas été effacée,
les liens avec le pays d'origine ne seront pas entièrement rompus; et les colonies d'Italiens,
d'Ecossais, d'Allemands, d'Anglais, etc. qui subsistent encore dans certaines parties du pays,
retardent la formation de la nouvelle race. Il est probable que nous serons

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dans l'Age du Verseau avant qu'on soit complètement venu à bout de cette condition et que la race
américaine puisse être définitivement formée.

En suivant les évènements des 60 ou 70 dernières années (dès 1850 environ) vous devrez
reconnaître qu'il s'est agi d'un Age de scepticisme, de doute, de critique des sujets religieux. Les
églises se sont vidées de plus en plus, et le monde s'est détourné du culte de Dieu pour courir après
les plaisirs. Cette tendance s'est accrue en Europe jusqu'à l'éclatement de la guerre, et elle est
encore active dans certaines villes et dans des centres d'études scientifiques d'Amérique. Par suite
de cette attitude d'esprit généralisée dans le monde entier, encouragée par les Frères des Ténèbres
avec la permission des Esprits de Race - tout comme, dans la légende, Job a été tenté par Satan -
une cataracte spirituelle a recouvert les yeux du monde occidental, et elle devra être enlevée avant
que l'évolution puisse se poursuivre - et ceci sera le sujet de notre prochaine lettre.

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LETTRE NO 60 - Novembre 1915


LA GUERRE, UN REMEDE A LA CATARACTE SPIRITUELLE

Les enseignements de la "Cosmogonie" vous ont appris qu'à la fin de l'Epoque Lémurienne, il y avait
une seule race, mais qu'il y en a eu sept pendant l'Epoque Atlantéenne, que le total sera aussi de
sept pour l'Epoque Aryenne, et enfin que nous en aurons une seule pour l'Epoque de la Nouvelle
Galilée, ce qui fera seize au total. Vous vous rappellerez également que les Frères Aînés appellent
ces races "les seize chemins vers la destruction", à cause du grave danger que l'esprit s'attache aux
corps d'une race au point de devenir incapable de suivre le reste de l'humanité dans son évolution.
Pendant les Périodes et les Epoques, le temps dont disposent les Guides de l'humanité est toujours
suffisant pour leur permettre de rassembler leur troupeau, mais les Juifs sont un exemple de ce qui
peut arriver à un peuple devenu imbu de son esprit racial avec une intensité telle, qu'il refuse
absolument de le lâcher. Ils continuent à constituer une anomalie par rapport au reste de l'humanité,
ce peuple n'ayant ni pays, ni souverain, ni l'un quelconque des autres facteurs de l'évolution raciale
(écrit en 1915).

Telle était aussi la tendance prédominante chez les peuples européens jusqu'à la présente guerre.
Leur patriotisme, avec l'idéal racial qu'il nourrissait, les éloignait de Dieu. Un âge de doute et de
scepticisme avait été instauré

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par les nombreuses découvertes scientifiques; et les races les plus avancées du monde occidental
étaient en train de se diriger tout droit vers le bord de l'abîme. Les Frères Aînés ont donc été obligés
d'imaginer des mesures leur permettant de faire passer l'humanité du sentier des plaisirs à celui du
dévouement, ce qui pouvait seulement se faire par l'opération de la cataracte spirituelle chez un
assez grand nombre de personnes. Cette cataracte, cette membrane qui bouchait leur vue spirituelle,
devait être ôtée, afin de leur permettre de l'emporter sur les doutes et le scepticisme des autres.

Lorsque nous vivions sous les eaux du début de l'Epoque Atlantéenne, nous étions incapables,
comme vous le savez, de voir le corps physique et même de sentir sa présence, parce que notre
conscience était centrée sur les plans spirituels. Pouvant nous voir mutuellement d'âme à âme, nous
n'étions pas conscients de la naissance ou de la mort, car nous ne nous sentions pas séparés de
ceux que nous aimions. Mais lorsque nous sommes peu à peu devenus conscients de nos corps et
que notre conscience s'est centrée sur le monde physique, alors qu'elle l'était sur les mondes
spirituels entre la mort et la naissance, nous avons ressenti la séparation et le chagrin qui en
découle, lors du décès de nos proches. Toutefois, dans les temps plus anciens, il restait encore
beaucoup de personnes capables de voir les deux mondes, et elles formaient une notable proportion
de la population. Leurs témoignages touchant la continuité de la vie étaient d'un grand réconfort
pour ceux qui étaient dans le deuil, car ils croyaient fermement que ceux qu'ils avaient perdus
étaient toujours en vie et heureux, quoique incapables de se faire reconnaître. Mais le monde est
graduellement devenu de plus en plus matérialiste; la foi en la réalité de l'au-delà s'est éteinte, tandis
que le

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chagrin dû à la perte des êtres aimés se faisait de plus en plus intense, si bien qu'aujourd'hui
beaucoup s'imaginent que la séparation est définitive. Pour eux, le terme de "renaissance" est vide
de sens, aussi l'affliction est- elle accablante.

Mais c'est précisément cette affliction qui est le remède offert par la nature à l'humanité en proie à la
cataracte spirituelle. Aussi sûrement que le désir de croître a construit, à partir des organes les plus
rudimentaires, le canal alimentaire compliqué que nous avons développé afin de satisfaire notre
envie de croissance; aussi sûrement que le désir de nous mouvoir a construit nos étonnantes
articulations, avec leurs merveilleux tendons et ligaments qui permettent tous nos mouvements,
nous pouvons également être assurés que l'intense désir de renouer les liens rompus par la mort va
construire l'organe nécessaire à sa réalisation: l'oeil de l'esprit. Ainsi, ce massacre de millions de
personnes a aidé et aidera de plus en plus, à construire un pont sur l'abîme séparant le monde
visible de l'invisible, mieux que ne pourraient le faire mille ans de prédications. Tout au long de
l'histoire, on a relaté que des guerriers avaient été témoins de manifestations dites surnaturelles; et
de nombreux témoignages attestent que de telles visions ont été observées durant la présente
guerre. Le choc dû à la blessure, la souffrance à l'hôpital, les pleurs des veuves et des orphelins,
tout cela contribue à ouvrir la vision spirituelle de l'Europe, ce qui marquera le début du déclin de
l'âge du doute et du scepticisme. Au lieu d'avoir honte de notre foi en Dieu, nous verrons, dans un
avenir pas trop éloigné, le monde honorer un homme pour sa piété, plutôt que pour sa bravoure.
Prions donc tous pour l'avènement de cette nouvelle époque.

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LETTRE NO 61 - Décembre 1915 - LES PHASES CYCLIQUES DU SOLEIL

Les nouvelles imprimées aujourd'hui en gros caractères sur la manchette des journaux, ces
nouvelles qui nous semblent passionnantes et d'intérêt vital, sont généralement vite oubliées, et les
numéros les contenant sont tout juste bons à être brûlés. La chanson qui, ces jours-ci, est sur les
lèvres de chacun sera généralement, après une brève vogue, vouée à l'oubli. Même les personnes
dont la renommée, soutenue par une publicité tapageuse, monte comme un météore, sont le plus
souvent oubliées, de même que les actions qui sont à l'origine de leur brève popularité. Comme le dit
Salomon, "tout est vanité".

Mais au milieu de ces changements constants, qui ne cessent de modifier moralement, mentalement
et physiquement, la face du monde, il est des évènements cycliques dont, en dépit de leurs phases
périodiques, la permanence et la stabilité les apparentent aux lois du Macrocosme plutôt qu'à la
manière "microcosmique" de mener les affaires de ce monde.

Au printemps, à l'époque de Pâques, où le Soleil croise l'équateur à l'équinoxe de printemps, la Terre


sort de son sommeil hivernal et se débarrasse du manteau neigeux qui la recouvrait de sa blancheur
immaculée. La voix de la nature se fait entendre à nouveau: c'est l'eau des ruisselets murmurants qui
dévale les pentes et commence son voyage vers le grand océan;

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c'est la chanson bien-aimée du vent qui agite les nouvelles feuilles des arbres et des herbes,
appelant à la vie les bourgeons et leurs fleurs dont le pollen, transporté au loin, assurera la pérennité
de leur espèce; c'est le chant d'amour des oiseaux, les appels des animaux qui se cherchent. Cette
voix ne cesse de se faire entendre dans toutes les sphères de la nature, jusqu'à ce que
l'accroissement de la nouvelle vie ait compensé la destruction due à la mort.
Tout au long de l'été, l'Amour et la Vie oeuvrent tant et plus, avec la joie au coeur, car ils sont passés
maîtres dans la lutte pour l'existence, tant que le Soleil est exalté dans l'hémisphère nord, à son
maximum de puissance, au solstice d'été. Mais le temps s'écoule, et voici que l'équinoxe d'automne
marque un autre tournant. Le chant du choeur sylvestre est assourdi, les tendres appels des
animaux et des oiseaux ont cessé, la nature redevient muette. La lumière diminue, les ombres
nocturnes gagnent de plus en plus sur elle, jusqu'à ce qu'au solstice d'hiver, où nous nous trouvons
présentement, la Terre se prépare de nouveau pour son plus profond sommeil, car elle a besoin de
cette nuit de repos après la tension des activités du "jour" qui s'achève.

Mais, tout comme l'activité spirituelle de l'homme est à son maximum lorsque son corps est
endormi, nous pouvons comprendre que, selon la loi d'analogie, les feux spirituels de la Terre
brillent de leur plus grand éclat pendant cette saison. Ce moment est le meilleur pour la croissance
de l'âme, pour les recherches et les études touchant les mystères profonds de la vie. Nous devrions
tous saisir cette occasion par les cheveux, afin de retirer le plus grand avantage du moment actuel.
Faisons-le sans hâte excessive, sans nous

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tourmenter, mais avec patience et en esprit de prière, sachant que, parmi toutes les choses
éphémères du monde, cette vague de lumière spirituelle nous reviendra chaque hiver pendant les
âges futurs. Elle brillera d'un éclat de plus en plus grand à mesure que la Terre, et nous-mêmes,
nous évoluerons vers des degrés plus élevés de spiritualité. En ce moment, nous accomplissons un
travail de pionniers en vue de diffuser les enseignements rosicruciens qui contribueront à
l'illumination du monde au cours des siècles suivant immédiatement notre temps présent. Il est une
loi selon laquelle nous ne pouvons recevoir que dans la mesure où nous donnons. C'est maintenant,
dans cette saison, le temps le plus propice pour donner et recevoir, aussi ne manquons pas de faire
en sorte que notre lumière luise sur le grand arbre cosmique de Noël, qu'elle soit visible pour les
autres, afin qu'ils puissent "ecirc;tre attirés vers ces vérités dont nous connaissons l'importance
vitale pour le développement de notre prochain.

En conclusion de cette lettre, je désire remercier tous nos étudiants pour leur collaboration à
l'oeuvre commune tout au long de l'année qui s'achève - et puissions-nous faire mieux encore l'an
prochain!

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LETTRE NO 62 - Janvier 1916 - LA DETTE DE GRATITUDE DE L'INSTRUCTEUR

Nous voici maintenant à la fin d'une année de notre vie et au début d'une autre; et quelques idées me
sont venues au sujet de ces divisions de nos vies terrestres.

A la fin de son ministère, le Christ, prenant la dernière Cène avec ses disciples, leur a lavé les pieds,
malgré les protestations de certains qui voyaient là une humiliation pour leur instructeur. En réalité,
c'était le symbole d'une attitude d'esprit d'une grande importance en tant que facteur de croissance
spirituelle. Sans le sol minéral, le règne végétal, qui lui est supérieur, ne pourrait exister; et le règne
animal ne pourrait vivre si les plantes ne lui fournissaient la nourriture nécessaire. Nous voyons
ainsi que, dans la nature, le supérieur se nourrit de l'inférieur et dépend de lui pour sa croissance et
son évolution. Bien qu'il soit certain que les disciples aient été instruits et aidés par le Christ, il n'en
est pas moins vrai qu'ils ont été des instruments de son développement; et c'est en reconnaissance
de ce fait qu'il s'est abaissé en exprimant sa gratitude par le service le plus humble qui se puisse
imaginer.

A l'auteur de ces lignes est échu le grand privilège de transmettre les instructions ésotériques des
Frères Aînés, à vous et à des milliers d'autres,

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au cours de l'an dernier et, en cela, il a été aidé, directement ou indirectement, par tous les
travailleurs de Mount Ecclesia. Ceux qui ont accompli leur besogne à l'imprimerie, dans les bureaux
et dans tous les autres départements indispensables au bon fonctionnement de notre activité ont
tous participé à ce privilège, et c'est pourquoi tout Mount Ecclesia vous remercie pour les occasions
de croissance de l'âme nées de la satisfaction de vos besoins de connaissance.

Nous avons le sentiment de vous avoir rendu quelques services en ce domaine, et nous sollicitons
l'aide de vos prières afin de devenir des serviteurs plus efficaces dans l'année qui commence.

Et vous, chers amis? L'année dernière, vous aussi, vous avez eu l'occasion de servir votre prochain
d'une manière semblable. Avez-vous utilisé les "talents" représentés par la connaissance reçue pour
éclairer ceux avec lesquels vous étiez en contact? Il n'est pas nécessaire d'être en chaire -
littéralement ou au sens figuré - pour parler au coeur des autres. La plupart du temps, ce genre de
service s'accomplit plus efficacement d'une façon discrète et de telle manière que les gens ne
s'aperçoivent pas que nous essayons de leur montrer quelque chose. Nous comptons bien que vous
avez accompli des progrès par une meilleure utilisation des occasions de servir qui se sont
présentées l'an dernier, et nous prions pour que vous abordiez cette année nouvelle avec un esprit
de service encore plus zélé, qui vous fera faire des progrès beaucoup plus grands.

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LETTRE NO 63 - Février 1916 - LES VRAIS ET LES FAUX INSTRUCTEURS SPIRITUELS

Pour ceux qui sont à la tête d'un mouvement spirituel, l'un des problèmes les plus difficiles qui se
présentent provient de l'impatience d'étudiants qui désirent récolter là où ils n'ont pas semé. Ils ne
sont pas assez patients pour attendre l'heure de la moisson; ils voudraient des résultats immédiats
et, si des ailes ne leur poussent pas dans un délai fixé par eux-mêmes, ils sont prêts à crier à
l'imposture et à chercher un "instructeur individuel", visible ou invisible. Dès le moment où l'un de
ces "Maîtres" leur "garantira" des résultats, ils sont prêts à oublier leur bon sens pour le suivre
aveuglément, fût-ce jusqu'à échouer dans un asile d'aliénés ou mourir de tuberculose pulmonaire -
ou encore, dans le meilleur des cas, s'en tirer avec une bourse dégarnie.

Nous avons déjà parlé de ce danger dans les lettres précédentes, mais cela s'oublie, et de nouveaux
étudiants viennent sans cesse s'ajouter aux anciens, aussi devient-il nécessaire de répéter, de temps
à autre, quelques notions importantes. Ayant récemment appris la défection d'un membre qui a
quitté un centre pour suivre un "instructeur individuel" et qui semble, de ce fait, être envié par ceux
du groupe qui n'ont pas eu la même chance (?) il nous semble utile de traiter à nouveau ce sujet.

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Avez-vous déjà vu un établissement d'instruction de l'école maternelle à l'université, avoir un


professeur par élève? Aucune commission scolaire n'accepterait un tel gaspillage de forces; et il ne
suffirait pas qu'un élève soit impatient et désire suivre l'école "rapidement" pour qu'on lui désigne
un instructeur pour lui seul. D'ailleurs, même si cela pouvait se faire, si un professeur était capable
de "bourrer le crâne" d'un élève, il serait en danger d'attraper une méningite, de perdre la raison ou
même d'en mourir.

Si ces faits sont avérés pour les sciences du monde physique, comment peut-on croire qu'il en va
différemment pour la science spirituelle? Le Christ disait à ses disciples: "Si je vous ai parlé de
choses terrestres et vous ne me croyez pas, comment me croirez-vous si je vous parle de choses
célestes?" Aucun "instructeur individuel", s'il en existait, ne pourrait initier quiconque aux mystères
de l'âme avant que l'élève se soit préparé par son propre travail. Celui qui se donne un tel titre se
désigne lui-même comme un imposteur de bas étage, alors que sa dupe fait montre de peu de sens
commun. En effet, comment ne pas comprendre qu'aucun instructeur vraiment évolué ne pourrait se
permettre de consacrer son temps et ses forces à un seul élève, puisqu'il pourrait aussi facilement
en instruire un grand nombre?

Essayez de vous imaginer, si vous le pouvez, les douze grands Frères de l'Ordre de la Rose-Croix,
chacun suivant de près un petit élève: cette pensée n'est-elle pas sacrilège? Des hommes vraiment
supérieurs et d'une haute évolution ont d'autres choses à faire, bien plus importantes, et il n'est
même pas permis aux frères lais qui ont été initiés par eux de les déranger pour des questions de
minime importance.
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On peut donc affirmer catégoriquement que les Frères Aînés n'ont pas l'habitude de rendre visite à
qui que ce soit dans le Rosicrucian Fellowship, ou ailleurs, en qualité d' "instructeurs individuels", et
quiconque croit cela est induit en erreur. Ils ont donné certains enseignements formant la base de
l'instruction donnée dans notre école, et c'est en apprenant à vivre la science de l'âme que nous
pourrons un jour nous rendre capables de les rencontrer face à face dans l'Ecole des Aides
invisibles. Il n'y a pas d'autre moyen d'y parvenir.

Je compte bien que ces lignes vont faire entrer plus profondément cette notion dans votre esprit et
vous fournir une base pour redresser les idées de ceux qui sont en danger de se laisser entraîner sur
une voie de garage.

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LETTRE NO 64 - Mars 1916 - LA BATAILLE QUI FAIT RAGE A L'INTÉRIEUR

De temps à autre, nous avons le chagrin de recevoir, en provenance de pays en guerre, des lettres
d'étudiants nous reprochant de ne pas prendre parti pour la cause de leur pays et de ses alliés.
Depuis le début de ce triste conflit, il n'est pas de jour où nous n'ayons pas déploré cet affreux
massacre, bien que sachant - chose qui nous réconforte - à quel point il peut contribuer, mieux que
n'importe quoi d'autre, à faire disparaître la barrière séparant les vivants d'avec les morts. Ainsi,
cette guerre fera beaucoup pour mettre fin à la souffrance aujourd'hui ressentie par les personnes
séparées de ceux qu'elles aiment; d'autre part, la détresse actuelle détourne les peuples occidentaux
des plaisirs du monde et ramène leurs préoccupations vers Dieu. Il ne s'est pas passé une seule nuit
sans que nous ayons travaillé diligemment avec les morts et les blessés pour apaiser leurs
angoisses mentales ou leurs souffrances physiques.

Il fut un temps où le patriotisme était une excellente chose, mais le Christ a dit: "Avant qu'Abraham
fût, je suis" (Ego sum ) (Jean 8:58). Les races et les nations, comprises dans le terme "Abraham",
sont éphémères, mais "l'Ego", qui existait avant Abraham, le père de toutes les races, perdurera
encore lorsque les nations ne seront plus qu'un souvenir. Pour cette raison, The Rosicrucian

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Fellowship ne tient aucun compte des différences nationales ou raciales et s'efforce d'unir tous les
hommes par des liens d'amour mutuel, dans une grande guerre, la seule guerre à laquelle un vrai
chrétien doive participer, un combat qu'il faut mener sans fléchir et sans merci - le combat contre sa
propre nature inférieure. Paul disait: "Ce qui est bien, je le sais, n'habite point en moi, c'est-à-dire
dans ma chair...car je ne fais pas le bien que je voudrais faire, mais je fais le mal que je ne voudrais
pas faire...Je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur, mais je vois dans mes membres
une autre loi, qui lutte contre la loi de mon esprit, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est
dans mes membres. Misérable que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort?" (Romains 7:18-
24).

Saint Paul ne décrit-il pas ici exactement l'état d'âme de tout aspirant? Ne souffrons-nous pas tous
spirituellement à cause de ce conflit? J'espère que la réponse est unanime, c'est-à-dire que ce
combat intérieur est mené avec acharnement et sans merci par chacun de nos étudiants. Là où il n'y
a pas de lutte, c'est une indication certaine de coma spirituel, et c'est le corps du péché qui a le
dessus, mais plus la lutte est acharnée, plus il y a d'espoir pour notre spiritualité.

En Amérique, on parle beaucoup de "neutralité", de "préparatifs de défense", mais dans le combat


plus noble que nous sommes appelés à mener, il ne saurait y avoir de "neutralité". Ou bien c'est la
paix, et c'est alors la "chair" qui commande et qui nous tient dans une abjecte sujétion, ou bien c'est
une guerre conduite sans merci, à la fois par la chair et par l'esprit. Tant que nous continuerons à
vivre dans le "corps de mort", cette guerre continuera, puisque le Christ lui-même a été tenté et que
nous ne pouvons espérer un sort meilleur que le sien.

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Il est bon, dans cette guerre qui est la nôtre, d'être "préparé", et c'est même de plus en plus
nécessaire: en effet, tout comme un ennemi physique cherche à tendre des pièges et à attirer dans
une embuscade un adversaire bien armé, plutôt que de risquer une bataille en terrain découvert, de
même aussi les tentations qui se présentent au long du "sentier" se font de plus en plus subtiles à
mesure que les années passent.

Des auteurs tels que Thomas a Kempis avaient coutume de parler d'eux-mêmes comme de "vils vers
de terre" et d'user d'autres termes péjoratifs, parce qu'ils connaissaient le grand et subtil danger de
l'approbation de soi-même, mais cet état d'esprit lui-même peut aller trop loin. A trop se rabaisser,
on finit pas se croire "bon" et plus "saint" que d'autres, et on tend à mal parler de soi pour le plaisir
de s'entendre contredire. En vérité, les pièges de notre corps du désir sont presque impossibles à
déceler.

Il existe un moyen sûr d'être préparé, et c'est de "regarder au Christ", en ayant constamment l'esprit
occupé - pendant les heures de veille où nous ne vaquons pas à nos affaires - par l'étude des
moyens de le mieux servir. Il faut, de toutes les manières possibles, essayer de réaliser dans la
pratique les idées ainsi conçues. Mieux nous imiterons le Christ, plus nous servirons loyalement les
instructions de notre moi supérieur, et plus nous pourrons être certains de vaincre notre nature
inférieure et de gagner la seule guerre qui vaille la peine de l'être.

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LETTRE NO 65 - Avril 1916 - PAQUES, UNE PROMESSE DE RENOUVELLEMENT DE VIE

Bien qu'elle ne contienne pas un mot sur cet événement d'importance cosmique, la leçon ci-jointe,
relative aux effets de la guerre sur le corps du désir (voir "Trame de la Destinée, nouée et dénouée",
chapitre 3 de la deuxième partie) est celle de Pâques. Certes, elle fait ressortir un fait très important,
à savoir que la naissance et la mort ne sont que des incidents de la vie de l'esprit qui, lui, est sans
commencement ni fin.

L'âge, la maladie, la guerre, les accidents peuvent détruire cette demeure terrestre, mais nous avons
une "demeure céleste" qu'aucun pouvoir ne saurait affecter. Peu importe, par conséquent, que la
mort s'approche de près de nous ou des nôtres, nous avons cette certitude: tout comme le Vendredi
Saint est suivi par le glorieux matin de Pâques, la porte de la mort n'est que l'entrée conduisant à
une vie plus longue où la maladie et les souffrances qui épuisent notre corps physique n'ont plus
aucun pouvoir.

Pensons donc à ce que cela veut dire pour nos pauvres frères qui sont déchirés et mutilés par
l'affreuse inhumanité de l'homme pour l'homme, et soyons reconnaissants à l'idée qu'ils ont échappé
aux souffrances qu'ils auraient encore endurées s'il n'y avait pas eu de mort pour les en délivrer.

La grande majorité des gens considèrent la mort comme la "suprême terreur",

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mais une fois mis au courant de ce qu'elle est réellement, nous comprenons que, dans nos
conditions présentes, c'est une véritable amie. Nul de nous n'a un corps parfait et, comme il se
détériore à une cadence alarmante au cours du peu d'années qu'il nous sert, pensez à ce que vous
ressentiriez si vous l'aviez encore dans un million d'années - une période qui, comparée à l'éternité,
n'est qu'un instant. L'esprit est seul à pouvoir endurer l'infinité, aussi Pâques est-il le garant de notre
espérance en l'immortalité, le Christ représentant "les prémices de cette immortalité, et nous les
nombreux frères" (I Corinthiens 15:19-20).

Puissions-nous donc, chers amis, aborder le temps de Pâques dans une attitude d'inspiration
spirituelle, avec le désir d'imiter notre grand guide, le Christ, en crucifiant notre nature inférieure.
Puisse chaque jour de cette nouvelle année solaire être un vendredi saint, puisse chacune de nos
nuits se passer dans les bagnes du purgatoire, à aider les esprits qui s'y trouvent confinés, comme
le faisait le Christ, et puisse chaque matin être celui d'une glorieuse journée de Pâques, au début de
laquelle nous ressusciterons à la nouveauté d'une vie d'actions meilleures et plus grandes.
Un proverbe dit: "Prenez soin des centimes, et les francs prendront soin d'eux-mêmes". On peut, en
le paraphrasant, dire au sujet de la vie spirituelle: "Faisons en sorte que chaque journée soit bien
employée, et les années rapporteront des trésors."

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LETTRE NO 66 Mai 1916 - CULTIVONS QUOTIDIENNEMENT NOTRE AME

Lorsque le Christ rendit visite à Marthe et Marie, la première d'entre elles se préoccupait bien
davantage du confort matériel de son hôte que d'écouter les vérités spirituelles qu'il était en train
d'enseigner, d'où le reproche de se préoccuper de questions bien moins importantes que "la seule
chose nécessaire". Certes, il est vraiment mal de négliger l'accomplissement de ses devoirs, et nous
devrions faire honneur à toutes les obligations qui nous incombent réellement au cours de notre vie
quotidienne. Mais, malheureusement, la plupart d'entre nous font la grande erreur de considérer leur
travail et leurs devoirs dans le monde matériel comme étant d'importance primordiale, en pensant
que le côté spirituel de notre développement peut attendre un moment propice, où nous n'avons rien
d'autre à faire. Un nombre de plus en plus grand de personnes admettent qu'elles devraient
consacrer davantage d'attention à des questions spirituelles, tout en ayant chaque fois une excuse
pour ne pas s'en occuper dans le moment présent. "Mes affaires exigent la totalité de mon
attention", dira l'une. "Les temps sont durs et, pour surnager, je dois travailler dès le matin jusque
tard dans la soirée. Mais dès que la situation s'améliorera quelque peu, je vais m'en occuper et y
consacrer plus de temps." Un autre étudiant fait valoir que certains membres de sa famille
dépendent de

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son salaire et qu'après avoir rempli ses obligations envers eux, il pourra consacrer son temps à sa
croissance de l'âme.

Nul doute que, dans de nombreux cas, ces excuses soient légitimes, du moins jusqu'à un certain
point, et que celui qui avance de telles raisons se sacrifie réellement pour quelqu'un d'autre. Je me
rappelle le cas d'une candidate écrivant combien elle se désolait de ce que ses deux enfants avaient
toujours besoin d'elle au moment où elle aurait dû faire ses exercices du soir et du matin. Elle
désirait ardemment progresser sur le sentier de la vie supérieure, mais les soins nécessaires à ses
enfants semblaient constituer un obstacle; que faire? S'occuper de ses enfants, bien sûr, ainsi que je
lui ai répondu. Le sacrifice consenti en renonçant à son propre progrès pour venir en aide à ses
enfants lui a naturellement valu, en retour, une croissance spirituelle mille fois supérieure à celle
qu'elle aurait acquise en négligeant ses enfants pour un intérêt égoïste de ce genre.

Mais, d'autre part, il en est beaucoup qui manquent de la force de résistance intellectuelle nécessaire
pour faire un effort soutenu. Malgré la tension exigée par les affaires, il est toujours possible de
consacrer un peu de temps, matin et soir, à son développement spirituel. Une excellente habitude est
celle de concentrer son esprit sur un idéal durant le temps que l'on passe dans les transports en
commun pour aller à son travail et en revenir. Le fait même de se trouver au milieu du bruit et de la
foule, s'il rend l'effort plus difficile, est en réalité une aide, car celui qui apprend à diriger ses
pensées dans une seule direction avec de telles conditions n'aura pas de peine à obtenir des
résultats semblables, sinon meilleurs, dans des circonstances plus favorables. Le temps ainsi passé
se révélera plus profitable que s'il

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avait été employé à lire un journal ou une revue, dont les textes attirent fatalement l'attention sur des
conditions peu propres à élever l'esprit.

Le mental de la plupart des gens est semblable à un tamis, et les pensées - bonnes, mauvaises, ou
plus souvent indifférentes - qui leur trottent par la tête passent à travers ce tamis comme de l'eau. Le
mental ne les retient pas assez longtemps pour bien en connaître la nature, et pourtant nous aimons
à croire que nous ne pouvons empêcher nos pensées d'être ce qu'elles sont, aussi beaucoup de
personnes ont pris l'habitude de penser distraitement, ce qui les rend incapables de se fixer sur un
sujet jusqu'à ce qu'il soit bien compris. C'est peut-être bien difficile, mais lorsqu'on a appris à être le
maître de ses pensées, on possède la clé du succès dans ce qu'on entreprend.
En relation avec cette série de leçons sur "L'effet occulte de nos émotions" (devenues la deuxième
partie de "La Trame de la Destinée, nouée et dénouée") que vous recevez en ce moment, je voudrais
vous encourager à prendre à coeur ce qui précède et à réserver chaque jour un moment pour vous
exercer à devenir le maître de vos pensées. Il existe à ce sujet des livres variés qui vous donneront
des conseils utiles; de mon côté, je vais aussi réfléchir et tâcher de vous donner quelques directives
de caractère général. A vrai dire, en ce domaine, l'instruction devrait être individuelle, plutôt que
collective, pour produire les meilleurs résultats. (Les directives en question ne semblent pas avoir
été envoyées, à moins qu'il ne s'agisse de la lettre de septembre, NO 70).

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LETTRE NO 67 - Juin 1916 - LES VÉRITABLES HÉROS DU MONDE

Bien que cette lettre soit datée du premier du mois, il va sans dire qu'elle a été écrite auparavant:
exactement la veille du "Decoration Day" (fixé le 30 mai), ce jour où tous les patriotes américains
sont censés honorer la mémoire des héros morts pour la patrie au cours de la guerre civile.

En réfléchissant à cette commémoration, l'idée m'est venue qu'une calamité ou catastrophe semble
toujours nécessaire pour inciter les hommes à s'oublier et à se sacrifier pour une cause ou pour
aider les victimes d'une calamité, sans s'arrêter aux conséquences. Il se trouve toujours des
volontaires en cas de guerre, de séismes, d'incendies ou de naufrages.

Mais pourquoi de tels cataclysmes seraient-ils nécessaires pour mettre en relief la vertu du service
par le sacrifice de soi-même, lorsqu'un tel service est nécessaire chaque jour et à toute heure dans
chaque maison, village ou ville? Le monde irait beaucoup mieux si nous accomplissions
journellement nos nobles actions, au lieu de ne le faire qu'à l'occasion de tensions exceptionnelles. Il
peut être noble de mourir pour une grande cause, mais il y a certes plus de noblesse encore à vivre
une vie de sacrifice de soi-même pendant des années, en chérissant les autres et en les aidant à être
meilleurs, plutôt que de mourir en essayant de tuer son prochain. Bien des

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pères luttent, des années durant, pour donner à leurs enfants ce qu'ils appellent une chance de faire
leur chemin dans la vie. De nombreuses mères de famille s'épuisent à la tâche pour arriver à nouer
les deux bouts. De ces héros dont on entend jamais parler, parce qu'ils ont aidé leur prochain au lieu
de le tuer, il y en a par millions.

N'est-ce par anormal d'honorer une armée pendant plus d'un demi-siècle (la guerre civile a duré de
1861 à 1865, et ce jour férié, appelé aujourd'hui de préférence "Memorial Day"", est seulement resté
celui où l'on va fleurir les tombes des siens, surtout militaires), parce qu'elle a tué, tué et encore tué,
alors que cette armée bien plus importante, après avoir pris la défense de tout ce qu'il y a de meilleur
au monde, reste vouée à l'oubli dans ses tombeaux?

Si nous suivons le Christ, il nous faut bien plutôt rendre hommage aux héros, aux héroïnes qui, des
années durant, ont souffert pour les autres en aidant l'enfance, en soignant les malades, en
acceptant patiemment la pauvreté et toutes les difficultés qui peuvent survenir.

N'attendons pas non plus qu'ils soient passés de l'autre côté, mais honorons- les dès maintenant. Et
ce tribut ne devrait pas être acquitté en un jour spécialement réservé pour la circonstance, mais bien
tous les jours de notre vie, en essayant d'alléger les fardeaux de ces héros et d'imiter leurs nobles
actions.

Comment les découvrir? Ils n'ont pas d'uniforme et n'ont pas non plus, comme on dit, le coeur sur
les lèvres. Ils se trouvent partout, et nous les découvrirons en les cherchant. Plus vite nous
rejoindrons leurs rangs, et plus tôt nous nous honorerons en les aidant à porter leurs fardeaux,
comme il convient à tous les vrais serviteurs du Maître. "Ce que vous avez fait au dernier de ces
frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Matthieu 25:40).

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LETTRE NO 68 - Juillet 1916 - LE TRAVAIL DES ESPRITS DE RACE

Dans quelques jours, nous allons célébrer, en Amérique, le "Glorieux Quatre", (4 juillet, fête
nationale) notre Journée de l'Indépendance, et nous allons, pour montrer notre "patriotisme", faire
partir beaucoup de poudre en fumée. A en juger par les années précédentes, il en résultera un assez
grand nombre d'accidents et d'incendies.

A quoi sert tout cela? Nous pouvons en juger par le spectacle navrant de la guerre qui, depuis près
de deux ans, a fait couler tant de larmes. Rendons- nous bien compte que, s'il n'y avait pas eu de
"patriotisme", il n'aurait pas pu y avoir de guerre, et alors, étant bien convaincus de la funeste
influence de ce sentiment, nous pourrons dire avec Thomas Paine: "Le monde est ma patrie; faire le
bien est ma religion." Tel est, me semble-t-il, l'évangile que nous devrions prêcher à nos
contemporains, quel que soit le pays où nous vivons, car cet état d'esprit sera l'un des facteurs
grâce auxquels nous nous émanciperons de la domination de l'Esprit de Race, qui entretient le
sentiment "patriotique", en vue de conserver aussi longtemps que possible le pouvoir qu'il exerce
sur son peuple. En un certain sens, l'Esprit de Race vit de la guerre, car elle fait en sorte que la
nation qu'il gouverne oublie temporairement ses querelles intestines et que ses habitants se
rapprochent

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mutuellement pour se défendre ou pour attaquer l'ennemi commun. Ainsi, ils vibrent davantage à
l'unisson que de coutume, ce qui renforce l'Esprit de Race et retarde d'autant l'avènement du Christ.
Tant que la patriotisme retiendra les nations sous la coupe des Esprits de Race, le Royaume
universel ne pourra être instauré.

J'aimerais donc recommander aux étudiants de ne pas participer à des manifestations patriotiques
de nature martiale. Pratiquons la fraternité universelle en nous abstenant systématiquement de
mentionner ou de reconnaître de quelconques différences de nationalité, car nous sommes tous Un
dans le Christ.

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LETTRE NO 69 - Août 1916 - LES LUTTES DE L'AME QUI ASPIRE

De temps à autre, nous recevons ici des lettres de correspondants ayant des tourments de
conscience parce qu'ils sont incapables de se montrer à la hauteur de leur idéal élevé. Ils trouvent
qu'ils serait plus honnête d'abandonner leur foi et de vivre comme vivent ceux qui ne la partagent
pas. Tant qu'ils lisent, étudient ou écoutent à l'église des passages exhortant à aimer leurs ennemis,
à bénir ceux qui les maudissent, à prier pour ceux qui les persécutent, ils sont, disent-ils, coeur et
âme dans ces mêmes sentiments et seraient heureux de suivre de tels préceptes. Mais lorsqu'ils se
heurtent à de telles conditions dans le monde, ils ne peuvent se conformer aux injonctions bibliques,
ce qui leur donne le sentiment d'être des hypocrites.

Si l'homme était un tout homogène; si l'esprit, l'âme et le corps étaient un et indivisibles, ces
personnes pourraient se dire hypocrites. Mais l'esprit, l'âme et le corps ne sont unanimes, ainsi que
nous le constatons à regret dès le premier jour où nous ressentons le désir de fouler le sentier de la
vie supérieure...et c'est là que se trouve le noeud du problème. Dans chacun de nous, il y a deux
natures distinctes et, tant que nous n'avons pas encore de hautes aspirations, notre plus haute
nature spirituelle est en sommeil, tandis que le moi personnel, celui de ce monde, régit sans
conteste toutes nos

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actions. Nous connaissons donc la paix et la sérénité, mais dès que s'éveille notre nature spirituelle,
voilà la guerre qui commence. A mesure que nous croissons en spiritualité, la lutte s'intensifie
jusqu'au jour où, finalement, la personnalité succombera et où nous connaîtrons "la paix qui
surpasse toute intelligence".
En attendant, nous sommes dans la condition dont se plaignent nos étudiants (avec Paul, Faust et
toutes les âmes qui aspirent). Il leur est facile de vouloir, mais le bien qu'ils voudraient faire, il ne le
font pas; et le mal qu'ils voudraient ne pas faire, il le font (Romains 7:19). Le signataire a ressenti, et
ressent de plus en plus vivement, à mesure que les jours passent, cette contradiction entre ses
enseignements et ses actions. Une partie de son être aspire avec une ardeur, douloureuse en son
intensité, à tout ce qui est noble et élevé, alors que d'un autre côté, une forte personnalité,
extrêmement difficile à dompter, est une source continuelle de regrets. Néanmoins, tant qu'il ne se
donne pas l'air d'un saint, tant qu'il admet honnêtement ses insuffisances et s'en montre peiné, tant
qu'ils se sert, dans ses exhortations, du "nous" dans lequel il s'inclut, il estime qu'il ne trompe
personne et ne se conduit pas en hypocrite. Il prend d'abord et surtout pour lui ce qu'il dit et, en
dépit de son peu de succès, il s'efforce de conformer sa vie aux enseignements rosicruciens. Si,
parmi nos étudiants, d'autres se sentent troublés pour les mêmes raisons que ceux de nos
correspondants qui nous ont inspiré cette lettre, nous espérons que ces lignes les rassureront.

D'ailleurs, que pouvons-nous faire d'autre que de continuer? Maintenant que nous avons éveillé
notre nature supérieure, elle ne peut être continuellement réduite au silence et, si nous abandonnons
nos efforts, nous connaîtrons le

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supplice des regrets et des remords. Plusieurs fois, nous avons attiré l'attention sur la manière dont
le navigateur se guide sur le vaste océan par rapport à une étoile. Il ne pourra jamais l'atteindre, mais
elle ne l'en conduira pas moins, à travers les récifs, à bon port. Il en va de même pour nos idéaux:
s'ils sont tellement élevés que nous ne pouvons espérer les atteindre au cours de la présente vie,
rappelons-nous aussi que nous avons devant nous un temps infini et que ce qui ne sera pas
accompli en cette vie pourra l'être dans la suivante, ou plus tard encore. Suivant l'exemple de Paul,
continuons donc à rechercher la gloire spirituelle, l'honneur et l'immortalité "en persévérant avec
patience dans le bien".

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LETTRE NO 70 - Septembre 1916 - PRÉPARONS NOS VIES FUTURES

Vous savez évidemment que le Rosicrucian Fellowship enseigne la renaissance comme étant une loi
de la nature, et vous croyez à cette doctrine à cause de la lumière qu'elle jette sur beaucoup
d'aspects de nos vies qui, autrement, seraient difficiles à expliquer. Je me demande néanmoins
combien d'étudiants ont pris à coeur le côté pratique de cette loi, combien d'entre eux concentrent
leur attention sur elle en y adaptant consciemment et systématiquement leur vie, afin de préparer le
cadre de leurs futures incarnations.

Il est vrai que, dans le Deuxième Ciel, nous passons notre temps à établir le cadre de notre vie
future, en formant les terres et les mers, en préparant les conditions nécessaires au développement
de la flore et de la faune et, en général, en arrangeant les choses de façon à retrouver un milieu
convenable pour notre activité future sur la terre. Mais ce travail préparatoire, nous l'accomplissons
en conformité de notre vie présente, telle qu'elle aura été vécue. Si nous avons été paresseux et
négligents ici-bas, si nous avons vécu à la "va comme je te pousse", il est peu probable qu'à notre
arrivée dans le Deuxième Ciel nous prenions le soin de préparer un sol fertile afin de pouvoir le
cultiver plus tard. Par conséquent, notre prochaine vie nous apportera

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probablement le minimum de moyens d'existence, afin que le fouet de la nécessité nous apprenne à
faire les efforts nécessaires.

Il en va de même de nos qualités morales. Lorsque nous sommes prêts à redescendre sur le plan
terrestre pour notre prochaine vie, nous ne pouvons faire entrer, dans la composition de nos
véhicules, autre chose que ce que nous avons récolté dans celle-ci. Il serait donc sage de
commencer dès maintenant, alors que notre vie future est encore à l'état "malléable", à faire de nos
idéaux ce que nous voudrions qu'ils soient et à préparer le milieu dans lequel nous voudrions être
élevés.
Nous sommes sans doute tous d'accord sur le fait que nos corps physiques actuels ne sont pas tels
que nous aimerions les avoir. La plupart des gens sont affectés de maladies diverses; certains
souffrent toute leur vie; et nul d'entre nous n'est capable d'aller du berceau à la tombe sans subir au
moins quelques souffrances. Ainsi, chacun de nous pourrait souhaiter avoir, dans une vie future, un
corps sain, exempt des maladies qui, à l'heure actuelle, représentent son plus grand tourment.

En ce qui concerne nos facultés morales et mentales, nous sommes bien loin de la perfection, aussi
chacun de nous peut, avec profit, réfléchir à ce qui pourrait être amélioré en ce domaine. Sommes-
nous conscients de ce que nous avons une langue acérée, un caractère prompt à s'emporter ou
d'autres défauts analogues qui nous suscitent des ennuis dans nos relations avec autrui et nous
gâtent la vie dans notre milieu actuel? Alors en méditant sur notre moi idéal pour une vie future, en
le "visualisant" - avoir un caractère équilibré en toutes circonstances, parler avec douceur, être
aimable, affectueux, etc. - nous allons incorporer ces idéaux dans la forme-pensée que nous aurons
déjà

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préparée pour nous à cette époque lointaine. Le résultat dépendra de l'intensité que nous aurons
apportée à notre concentration sur les améliorations souhaitées. Dans la mesure où nous essayons
maintenant de cultiver ces vertus et d'y aspirer, nous les posséderons, et ceci s'applique aussi aux
facultés. Si nous sommes négligents aujourd'hui, notre aspiration à avoir de l'ordre dans notre
milieu nous fera revenir avec cette vertu. Le sens du rythme nous fait-il défaut? Nous pouvons l'avoir
dans une vie future en le demandant maintenant. L'habileté en matière de mécanique, ou toute autre
faculté nécessaire pour nous procurer les expériences auxquelles nous aspirons pour une autre vie,
peut être acquise de la même manière.

Nous devrions donc systématiquement consacrer, aussi fréquemment que nous le permettent nos
autres devoirs, des moments à envisager notre vie future: quel genre de corps nous aimerions avoir,
avec quelles facultés, qualités ou vertus; dans quel milieu nous voudrions vivre, etc. Nul doute que
cette possibilité de faire un choix intelligent nous donne une plus grande latitude que si nous n'y
avions pas réfléchi du tout.

Vous comprenez sans doute que la plus haute forme d'aspiration à une vertu est un effort constant
de pratiquer cette vertu dans notre vie quotidienne. C'est donc sur ce point que doivent porter nos
efforts, mais il est utile de penser à l'avance à l'emploi que nous allons faire de notre vie future, tout
comme nous faisons des plans pour la journée du lendemain. Je compte bien que cette idée va
prendre racine dans votre esprit et que vous la mettrez en pratique avec assiduité en vue de sa
légitime réalisation, car ainsi elle exercera un merveilleux effet sur votre avenir et sur celui du monde
qui nous entoure.

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LETTRE NO 71 - Octobre 1916 - LA DESCENTE AUTOMNALE DE L'ESPRIT DU CHRIST

Nous voici maintenant à l'équinoxe d'automne, où le Soleil physique quitte l'hémisphère nord après
nous avoir pourvus des nécessités de la vie pour l'année qui s'ouvrait. La vague spirituelle, sur la
crête de laquelle nous arrive la vie qui trouvera l'an prochain son expression physique, est en route
vers notre Terre. Les six mois qui sont devant nous représentent la partie la plus sainte de l'année
solaire. A partir de la fête de l'Immaculée Conception jusqu'à la naissance mystique de Noël (la
descente de cette vague dans la Terre) et de Noël à Pâques (la résurgence de cette vague) une
vibration rythmique, un son harmonieux, rythmé, assez bien décrit dans la légende de la Naissance
mystique comme étant le "hosanna" chanté par un choeur angélique, emplit l'atmosphère planétaire
et nous influence tous sous la forme d'une aspiration spirituelle née de cette impulsion. Nous n'en
sommes évidemment pas tous affectés dans la même mesure, car cela dépend de notre nature.

Certains ne ressentent pas du tout cette vague spirituelle à cause de leur dépravation, mais elle n'en
travaille pas moins en eux, sur eux et avec eux et, un jour, il y seront réceptifs. D'autres sont
tellement absorbés par leurs ventes et leurs achats, par les mariages en perspective, les amours et
les

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ambitions qu'ils n'en sont pas conscients, sauf au point culminant de son influence, qui est Noël.
Elle s'exprime alors seulement sous forme d'un esprit de plus grande sociabilité, de générosité: ces
gens aiment à être en fête et à offrir des présents. Enfin, une classe plus avancée ressent cette
vague de sainteté dès le début de sa descente sur terre et se rend compte de l'effet important
qu'exercent son harmonie et son rythme pour appuyer les efforts visant à la croissance spirituelle.
Ils profitent donc de faire le maximum d'efforts entre les équinoxes d'automne et de printemps, car
c'est, en quelque sorte, nager avec le courant.

C'est pour cette raison que j'attire aujourd'hui votre attention sur ce phénomène périodique. Que
vous en soyez conscient ou non, les vibrations spirituelles de cette vague porteuse de vie Christique
sont dans l'atmosphère terrestre pendant les mois d'hiver et sont à votre disposition pour être
utilisées à leur plus grand avantage. Mieux vaut donc en être conscient et redoubler d'efforts, que
d'ignorer cette possibilité.

Nous allons donc, chacun de nous, "inventorier" nos péchés les plus habituels, car c'est bien en ce
moment que débute la période la plus favorable de l'année pour leur extirpation. Faisons aussi le
compte des vertus qui nous manquent et que nous aurions le plus grand besoin de cultiver, car c'est
maintenant que nos efforts porteront le plus de fruits. Par un travail minutieux et systématique au
cours des saints mois d'hiver, nous ferons de grands progrès dans nos efforts pour réaliser nos
aspirations spirituelles.

Après avoir pris nos décisions au sujet de notre travail personnel, regardons autour de nous pour
voir qui, parmi nos connaissances, paraît être à la recherche de lumières spirituelles et semblerait
pouvoir prêter l'oreille à nos enseignements.

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Cela demande du discernement, car nous n'avons pas le droit de "forcer" nos idées dans les oreilles
rétives, pas davantage que nous ne saurions être absous après avoir joué tous les jours du tambour
chez quelqu'un pendant une heure ou deux. Si nous remarquons que nos propos ne sont pas
favorablement écoutés, mieux vaut abandonner; mais bien des personnes avec lesquelles ce contact
ne pourrait être établi pendant les mois d'été peuvent être "éveillées" en hiver, grâce aux vibrations
spirituelles Christiques. Je compte donc bien que vous allez tous utiliser ces mois prochains de
façon à en retirer un grand profit spirituel.

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LETTRE NO 72 - Novembre 1916


LA RAISON DES ÉPREUVES QUI ASSAILLENT LES ASPIRANTS

De temps à autre, nous recevons des lettres d'étudiants qui se plaignent de ce qu'à partir du moment
où ils ont adopté les enseignements supérieurs que nous promulguons, en essayant d'y conformer
leur vie, tout semble aller de travers pour eux. Certains rencontrent une opposition résolue dans leur
famille, d'autres souffrent dans leurs affaires, d'autres sont même affectés dans leur santé. Selon
leur tempérament, certains sont prêts à abandonner, alors que d'autres grincent des dents,
déterminés à suivre la méthode de Paul, qui consiste à "persévérer avec patience dans le bien" en
dépit des épreuves. Mais ils sont unanimes à demander quelle est la raison de ce changement
prononcé dans leurs affaires. Chacun d'eux reçoit l'aide qu'il nous est possible de donner pour la
solution de ses problèmes individuels, mais nous pensons que, parmi nos étudiants, il en est
beaucoup qui ont dû passer par des épreuves analogues, aussi le moment semble-t-il venu de faire
connaître la raison de ces conditions.

Premièrement, ces aspirants devraient se rendre compte que cette adversité leur arrive pour leur
bien, selon une loi naturelle bien établie, par laquelle

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Dieu vise à les aider dans leurs efforts. Les épreuves sont un signe de progrès, et elles sont un motif
de grande réjouissance. Voici comment opère cette loi: pendant toutes nos vies antérieures, nous
avons noué des liens et nous avons fait des dettes par rapport à la loi de cause à effet. Tant que
A la lumière de ces faits, nous pouvons comprendre l'exhortation du Christ de se réjouir lorsque les
autres nous insultent et nous accusent faussement à cause de lui. Les enfants passent avec
indifférence à côté d'un arbre non chargé, mais sitôt qu'il porte des fruits, ils sont prêts à lui lancer
des pierres pour le dépouiller. Il en va de même des humains: tant que nous marchons avec la foule
et que nous faisons comme elle, nous ne sommes pas

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inquiétés, mais dès le moment où nous faisons ce que, dans le fond de leur coeur, ils savent être le
bien, nous devenons, pour eux, un vivant reproche, même si nous n'avons jamais un mot de blâme à
leur égard. Pour se justifier à leurs yeux, ils commencent à nous trouver des défauts et, à cet égard,
ceux qui sont proches de nous, membres de la famille ou collègues de travail, nous vexent
davantage que ceux avec lesquels nous n'avons pas de relations suivies. Néanmoins, quelle que soit
la forme ou la source de ces ennuis, nous pouvons nous en féliciter, car il prouvent que nos efforts
sont effectifs et nous font progresser. Persévérons donc sans nous émouvoir et avec un zèle
indéfectible.

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LETTRE NO 73 - Décembre 1916


FAISONS NOTRE INVENTAIRE SPIRITUEL PENDANT LA SAISON SAINTE

Le Christ comparait les aspirants de son époque à des gérants ayant reçu de leur maître un certain
nombre de talents à faire fructifier afin d'augmenter le capital qui leur avait été confié, et cela nous
fait comprendre que tous ceux qui aspirent à suivre le Christ devraient, de la même manière, utiliser
les talents reçus de Dieu de façon à pouvoir faire état d'une certaine croissance de leur âme lorsque
le temps sera venu de rendre compte de leur gestion.

Pour la majorité des humains, cette présentation des comptes est ajournée jusqu'au moment où la
Grande Moissonneuse a clôturé les comptes et où ils se trouvent au Purgatoire pour se rendre
compte des résultats de leurs actions, bonnes ou mauvaises.

Mais que penserions-nous d'un homme d'affaires qui conduirait son entreprise de cette Façon? Ne
croirions-nous pas qu'il court à la ruine en négligeant de clôturer ses comptes chaque année, de
faire l'inventaire de son actif et de son passif? Nous penserions sûrement qu'il mériterait de faire
faillite, faute de mener son affaire selon des méthodes éprouvées.

Si nous sommes convaincus de la nécessité d'un système permettant de savoir clairement et


constamment où en sont nos affaires matérielles, pourquoi

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n'appliquerions-nous pas les mêmes principes de prudence à nos affaires spirituelles? Mieux
encore, nous devrions nous montrer beaucoup plus prudents pour la conduite de nos affaires
spirituelles que pour celle des affaires d'ici-bas, car notre prospérité matérielle, comparée à la
sauvegarde éternelle de l'esprit, n'est qu'un bref tour de garde dans la nuit.
Nous approchons du solstice d'hiver, qui, au point de vue spirituel, marque le début d'une nouvelle
année, et nous attendons joyeusement le nouvel épanchement d'amour de notre Père Céleste, par
l'enfant Jésus. C'est donc un bon moment pour faire notre inventaire spirituel et nous demander quel
usage nous avons fait des dons reçus dans l'année écoulée, quels efforts nous avons déployés pour
amasser des trésors dans le ciel. En procédant à cet inventaire dans un état d'esprit favorable et à
l'époque la plus propice, nous en retirerons de grands avantages, car il y a un temps pour semer, un
autre pour récolter. Pour toutes choses sous le soleil, il existe un temps où elles peuvent être
accomplies avec de plus grandes chances de succès qu'à n'importe quel autre moment.

Les étoiles sont les régulateurs des époques célestes, car c'est d'elles que nous viennent les forces
qui nous influencent tout au long de nos vies. Dans la nuit sainte, entre le 24 et le 25 décembre, où
que vous soyez, vous trouverez que cette rétrospection, avec les résolutions qui en découlent pour
la nouvelle année, aura le meilleur effet.

A Mount Ecclesia et dans nos divers Centres Reconnus, nous avons un service de minuit lors de
cette nuit sainte, aussi n'est-il pas possible à nos étudiants de procéder à cet examen à l'heure dite.
Certains peuvent aussi avoir d'autres empêchements, mais tout moment assez proche de minuit, à la
fin de la soirée

ou aux premières heures du matin, fera presque aussi bien l'affaire. Au cours de cette nuit, unissons-
nous dans un effort concerté d'aspiration spirituelle; que chaque étudiant, non seulement prie pour
sa croissance spirituelle au cours de la nouvelle année, mais se mette en union de prières pour la
croissance collective de notre mouvement. Ceux qui travaillent au Siège ont aussi besoin de vos
pensées d'aide.

Si nous poussons tous à la roue à cette occasion, nous pouvons être sûrs d'en retirer une
bénédiction individuelle et collective exceptionnelle et de connaître une prospère année spirituelle.

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LETTRE NO 74 - Janvier 1917


TOUT DÉVELOPPEMENT OCCULTE COMMENCE PAR LE CORPS VITAL

Récemment, un de nos amis, qui avait suivi pendant quelques mois nos cours par correspondance,
nous a écrit pour nous soumettre une question qui le préoccupait. Il se peut que d'autres, sans être
allés jusqu'à nous écrire, partagent son état d'esprit, aussi pensons-nous bien faire, vu l'intérêt
général de ce problème, de répondre par cette lettre collective, qui pourra être utile à ceux mêmes
qui ne voient pas les choses sous le même angle que notre ami. Il ne voudrait pas se plaindre, dit-il,
mais il s'est inscrit aux cours par correspondance dans l'espoir de recevoir des directives propres à
favoriser le développement occulte. Au lieu de cela, il reçoit chaque mois "un gentil petit sermon",
dont il admet qu'il est bon à la fois pour les débutants et les étudiants plus avancés, mais où est le
"cours d'entraînement" auquel il s'attendait? D'autres auteurs donnent des exercices propres à aider
leurs élèves: pourrions-nous lui en indiquer un qui lui permette d'acquérir la faculté d'écrire.

Non, nous ne pouvons pas le faire, car les enseignements rosicruciens sont destinés à favoriser les
progrès spirituels plutôt que la prospérité matérielle. Nous ne connaissons pas d'exercice occulte
propre à vous rendre riches, que ce soit directement ou par une manière anormale de développer
une

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faculté latente. Si nous en connaissions un, nous ne l'enseignerions d'ailleurs pas, car cette façon
d'user de pouvoirs occultes est de la magie noire. "Cherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa
justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît", a dit le Christ, et nous pourrons être
certains de ne pas faire d'erreurs en suivant son conseil (Matthieu 6:33). Si notre ami, ou qui que ce
soit d'autre, désire développer une faculté latente, uniquement pour le bien qu'elle lui permettrait de
faire, cette aspiration spirituelle suffira, si elle est cultivée avec persévérance et appuyée par des
efforts sur le plan physique (des oeuvres) pour lui permettre de réaliser un jour son désir sans qu'il
soit besoin, pour cela, d'un exercice occulte spécial.

En ce qui concerne ces "gentils petits sermons" que sont nos leçons, c'est bien exact, si on les lit
superficiellement. Mais si on les étudie à fond, elles contiennent beaucoup de connaissances
occultes dont nos étudiants bénéficient bien davantage que d'un exercice tel que celui désiré par
notre ami. C'est d'ailleurs sciemment que nous procédons ainsi pour nos leçons; nos étudiants ne
s'en rendent peut-être pas compte, aussi allons-nous essayer d'en expliquer la raison. Veuillez bien
noter que ce qui suit est une comparaison faite dans un but légitime; ce n'est donc pas une critique.

Outre le fait que l'Ecole Orientale d'Occultisme base ses enseignements sur l'Hindouisme, alors que
l'Ecole de la Sagesse Occidentale souscrit au Christianisme, religion de l'Occident, il existe une
différence essentielle et inconciliable entre les enseignements des modernes représentants de
l'Orient et ceux des Rosicruciens. Selon la version de l'Occultisme oriental, l'importance du corps
vital - appelé "Linga Sharira " - est comparativement minime, car il ne saurait être développé comme
véhicule de la conscience. Il

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ne sert que de transmetteur de la force solaire, le "prana", et de "lien" entre le corps physique et le
corps du désir, appelé "Kama Rupa ", ou aussi "corps astral". Ce dernier, assurent-ils, est le
véhicule de l'Aide invisible.

L'Ecole de la Sagesse Occidentale enseigne comme une notion fondamentale que "tout
développement occulte commence par le corps vital ", et c'est pourquoi l'auteur, en sa qualité de
représentant officiel de cette Ecole, s'est toujours efforcé, dès la fondation de notre mouvement, de
recueillir et de publier des informations sur les quatre éthers et le corps vital. De nombreux
renseignements à ce sujet ont été donnés dans la "Cosmogonie" et les livres qui ont suivi, mais nos
leçons et nos lettres mensuelles donnent les derniers résultats de nos recherches en ce domaine.
Nous faisons constamment "étalage" de ce corps vital (vital dans les deux sens du terme) devant le
mental de nos étudiants, afin qu'en le connaissant, en y pensant, tout en lisant avec attention les
"gentils petits sermons" que nous utilisons pour "enrober" ces informations, ils puissent, à la fois
consciemment et inconsciemment, tisser leur "robe nuptiale d'or". Nous aimerions donc conseiller à
chacun de relire attentivement ces leçons, année après année; il est possible qu'il s'y trouve
beaucoup de scories, mais il y a aussi de l'or parmi elles. (Dans la préface de cet ouvrage, on
trouvera la liste des volumes dans lesquels ces leçons ont été réunies).

Avec nos voeux sincères pour une abondante croissance spirituelle durant la nouvelle année.

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LETTRE NO 75 - Février 1917 - SERVIR LA OU ON FAIT LE MIEUX L'AFFAIRE

La question suivante nous a récemment été posée: "Vous parlez beaucoup de servir : qu'entendez-
vous exactement par là? Dans le Rosicrucian Fellowship, il y a beaucoup de personnes qui se
déclarent enchantées de servir, mais elles ne font jamais que ce qu'elles aiment faire. Est-ce là
servir?"

Il semble que cette question puisse nous offrir matière à de profitables réflexions et qu'une analyse
de ce sujet serait utile à chacun, aussi avons- nous décidé d'y consacrer cette lettre.

Il est évident que la plupart des gens ne rendront pas de services s'il n'y a pas aussi, dans leur
geste, "quelque chose" pour eux. Ils attendent une récompense matérielle, et c'est de cette manière
pleine de sagesse que les pouvoirs invisibles les incitent à agir. Par leurs actions, ils évolueront
sans s'en rendre compte jusqu'au degré de croissance spirituelle où ils serviront simplement parce
qu'ils aiment servir, mais ce changement ne s'opérera pas du jour au lendemain, car il n'y a pas,
dans la nature, de transformations soudaines. Lorsqu'une coquille d'oeuf éclate et qu'un poussin en
sort, ou lorsqu'un papillon émerge de son cocon pour butiner d'une fleur à l'autre, nous savons que
cette transformation magique n'a pas été instantanée, mais que le changement extérieur a été
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précédé d'une préparation intérieure d'une certaine durée. Pour changer les serviteurs de Mammon
en serviteurs de l'esprit d'Amour, un processus similaire de croissance intérieure est indispensable.

Si nous désirons agrandir un bâtiment, il nous suffit de faire amener sur place des briques, avec les
autres matériaux nécessaires, de mettre des ouvriers au travail - et voilà le bâtiment qui commence à
s'agrandir jusqu'aux dimensions désirées, avec une rapidité qui dépend uniquement des travailleurs
et de l'apport des matériaux. Mais pour augmenter les dimensions d'un arbre ou d'un animal, nous
ne pouvons arriver à nos fins en clouant des planches sur le tronc d'un arbre ou en ajoutant de la
chair et de la peau sur le dos de l'animal. Le bâtiment s'accroît par des adjonctions extérieures, mais
chez tout ce qui vit la croissance physique procède de l'intérieur et peut difficilement s'accélérer
sans danger de complications. Il en est de même de la croissance spirituelle: elle procède de
l'intérieur et nécessite un certain temps. Nous ne pouvons attendre de personnes venant seulement
de ressentir une incitation intérieure qui les conduit à s'affilier à une association aux tendances
altruistes, qu'elles renoncent en un clin d'oeil à tout égoïsme et à leurs autres défauts pour atteindre
à la stature du Christ. Au mieux, nous ne sommes qu'un tout petit peu meilleurs qu'auparavant, à
part le fait que, maintenant, nous nous efforçons de marcher sur ses traces; mais c'est cela qui fait
toute la différence, car nous essayons de servir comme Il servait.

Si c'est bien là notre motif, le fait qu'une personne musicienne aime à jouer pour nous inspirer un
sentiment de dévotion ne l'empêche pas de "servir". Le service d'un orateur n'est pas non plus
diminué par le fait que, tout en stimulant notre zèle à servir le Maître, il aime recourir à de belles

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expressions pour en revêtir ses idées. Et tant mieux si la personne qui a balayé, épousseté et décoré
la salle aime à la rendre aussi attractive que possible. Chacun peut certainement servir beaucoup
mieux s'il le fait selon son inclination naturelle et ses aptitudes, et nous devrions nous encourager
mutuellement à chercher à nous rendre utiles dans les domaines pour lesquels nous avons un
certain talent.

Il n'y a pas de mérite particulier à chercher à servir dans une capacité qui ne nous agrée pas. Ce
serait certainement une erreur si la personne chargée de jouer disait à celle qui prend soin de la
salle: "Je n'aime pas balayer et décorer les salles et, d'autre part, je sais que, faute de pratique, vous
auriez très peur de devoir jouer, mais nous allons permuter, afin de mieux servir." Toutefois, si
personne n'était pas disponible pour jouer, la personne décorant la salle aurait le devoir d'oublier
son embarras et de rendre service aussi bien que possible. Si le sol devait être balayé et les sièges
époussetés, l'orateur et le musicien devraient également être prêts à faire ce travail, sans avoir égard
à leurs préférences personnelles. Aucun travail n'est avilissant; et les principes valables dans un
Centre s'appliquent aussi à la vie chez soi, à l'atelier ou au bureau. Le service peut se définir comme
étant le meilleur emploi de nos talents - le fait de consacrer nos talents au meilleur usage possible
dans chaque cas de besoin immédiat, sans tenir compte de nos préférences ou de nos aversions.

Si nous nous efforçons d'agir ainsi, nos progrès et la croissance de notre âme augmenteront dans la
même proportion.

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LETTRE NO 76 - Mars 1917 - "AMES PERDUES" ET RETARDATAIRES

Désireux de connaître le point de vue rosicrucien à ce sujet, un de nos étudiants nous a demandé
une leçon sur les "âmes perdues" et les retardataires. Cette question ayant déjà été traitée dans la
lettre NO 17 d'avril 1912, nous y renvoyons notre correspondant. Nous serions cependant heureux si
d'autres étudiants ayant des questions d'intérêt général voulaient bien nous les soumettre pour qu'il
y soit répondu au moyen de ces lettres, car, même si les "Rays" ont une rubrique pour les questions
et réponses, nos étudiants n'y sont pas tous abonnés. D'autre part, les problèmes en question
pourront aussi être traités d'une façon plus "intime" que cela ne serait le cas dans une revue dont
certains abonnés et acheteurs ne sont pas aussi au courant de notre philosophie que nos étudiants.
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LETTRE NO 77 - Avril 1917 - L'INUTILE PEUR DE LA MORT

Il est vraiment navrant de voir le chagrin de ceux qui ont été séparés, par la mort, de l'un de leurs
bien-aimés, et de constater qu'en des cas extrêmes ils consacrent le reste de leur vie à pleurer celui
qui est parti. Ils s'habillent de noir et pensent que ce serait une insulte à la mémoire du disparu de se
permettre même un sourire. Ils ne se rendent pas compte que, par cette attitude envers ceux qu'il
font profession d'aimer, ils les retiennent dans les régions les plus denses du Monde du Désir, un
plan où tout ce qui est mauvais vit et se meut en contact étroit avec le côté bas et égoïste de
l'humanité. Ce ne sont pas là des craintes imaginaires, mais des faits démontrables pour quiconque
a seulement la moindre extension de la vision physique.

Le fait est que ceux qui étudient les enseignements rosicruciens et y croient sont vraiment favorisés
du sort, car ils se libèrent graduellement de la peur de la mort et du sentiment qu'une grande
calamité est survenue lorsqu'un de leurs proches bien-aimés passe dans le monde invisible.
Lorsque l'esprit qui s'en va reçoit les soins et l'aide dont il a besoin pour sa transition, les "vivants"
et les soi-disant "morts" en retirent tous deux des bénédictions. En effet, l'esprit est alors capable
d'assimiler le panorama des évènements de sa vie écoulée, ce qui rendra son existence d'outre-
tombe plus "fournie" et profitable, n'ayant pas été troublée par le chagrin, les regrets et les pleurs
hystériques de ceux qui restaient sur le plan terrestre. Au cours des années qui suivent, cet esprit
décédé peut d'ailleurs encore être aidé par leurs prières.

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D'un autre côté, ceux des "vivants" qui étudient ces enseignements apprennent à assumer, en face
de la mort, cette attitude désintéressée, tellement nécessaire au développement de l'âme, en se
rendant compte que la mort du corps physique, le moment venu, est réellement la plus grande
bénédiction qui puisse échoir à l'humanité. Nul d'entre nous ne possède un corps assez parfait pour
y vivre éternellement. La plupart du temps, la fuite des années fait ressortir, l'un après l'autre et
toujours davantage, les points faibles de nos véhicules, qui se cristallisent et se durcissent à tel
point que, finalement, ils deviennent un fardeau dont nous sommes trop heureux de nous défaire.
Nous avons d'ailleurs l'espérance, la certitude même, de recevoir plus tard un corps tout neuf pour
prendre un nouveau départ qui nous permettra d'apprendre davantage de leçons à l'Ecole de la Vie.

L'époque de Pâques est celle où notre célébration de la Mort mystique oriente tout naturellement nos
pensées, et celles de l'humanité en général, sur le sujet de la mort et de la renaissance. Aucun
enseignement n'est aussi important, aussi précieux que celui de la renaissance dans de nouveaux
corps; et l'humanité en a plus que jamais besoin, vu le déchaînement de cruauté et de tuerie qui sévit
depuis deux ans et demi en Europe. La famille humaine a des rapports si généralisés et si étroits
qu'il y a comparativement peu de personnes, dans le monde, qui n'aient perdu, soit des parents plus
ou moins proches, soit des amis dans cette lutte gigantesque.

Ceux qui connaissent la vérité au sujet de la mort ont à la fois le devoir et le privilège de la faire
connaître autant que possible à ceux qui sont encore dans les ténèbres de l'ignorance à propos des
faits touchant ce passage. Je voudrais donc faire comprendre aux étudiants du Rosicrucian
Fellowship que nous sommes les gérants

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de toutes nos possessions, aussi bien mentales que physiques, et que nous avons le devoir, pour
autant qu'il soit possible de le faire avec tact et diplomatie, de partager ces bonnes nouvelles avec
ceux qui n'ont pu en bénéficier jusqu'ici. En "jetant notre pain sur la face des eaux", nous ne
pouvons jamais savoir comment il nous reviendra. Il est certain que ces enseignements,
temporairement tombés dans l'oubli, devront de nouveau être connus de toute l'humanité; et nous
devrions partager ces perles de connaissance chaque fois que cela est possible. En négligeant de le
faire, nous commettons un péché d'omission dont nous devrons rendre compte un jour ou l'autre.

Je compte bien que vous prendrez ces lignes à coeur, en consacrant vos efforts à la diffusion de
cette connaissance, non seulement lorsque l'occasion s'en présentera, mais aussi en devançant le
temps et en créant l'occasion. Toutefois, opérez avec tout le tact possible, afin de ne pas courir à un
échec en vous y prenant de la mauvaise manière. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de mettre une
étiquette quelconque à cette connaissance, car des citations bibliques peuvent servir à montrer que
les Anciens d'Israël croyaient à cette doctrine, puisqu'ils avaient envoyé des messagers à Jean-
Baptiste pour lui demander s'il était Elie. Ils avaient aussi fait des conjectures au sujet de savoir si le
Christ était Moïse, Jérémie ou quelque autre prophète, ce qui confirme que telle était leur croyance.
Quant au Christ, il croyait également à la renaissance, puisqu'il a clairement fait entendre que Jean-
Baptiste était Elie. Paul fait allusion à cette doctrine dans le 15e chapitre de la première Epître aux
Corinthiens, et ailleurs encore.

Vous ne pouvez rendre à l'humanité de service plus grand qu'en lui enseignant ces vérités.

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LETTRE NO 78 - Mai 1917 - DÉVELOPPEMENT DU COEUR ET INITIATION

En dictant la leçon de ce mois (incorporée dans le chapitre 7 de "Franc- Maçonnerie et


Catholicisme") je me suis demandé si, oui ou non, vous retiriez le profit maximum de ces leçons.
Tout dépend de la manière dont vous les étudiez, car vous ne pouvez en retirer davantage que ce
que vous y mettez vous-mêmes. Il m'a donc paru bon de consacrer cette lettre à un petit exposé sur
la méthode à suivre pour en retirer le meilleur profit.

Vous savez que les enseignements rosicruciens visent à développer l'intelligence et le coeur d'une
manière égale, en donnant toutes les explications avec assez de logique pour que l'intelligence soit
prête à les accepter, permettant ainsi au coeur de donner libre cours à son assimilation des notions
reçues. Si vous vous contentez de lire votre leçon mensuelle, d'y réfléchir et de la juger raisonnable
en tant qu'explication du sujet traité pour, ensuite, la mettre de côté et n'y plus penser, elle ne vous
sera pas d'un grand profit, vu que vous n'aurez fait travailler que votre cerveau, mais non votre
coeur. Après avoir assimilé intellectuellement la leçon et y avoir donné votre assentiment, il faudrait
la reprendre de temps à autre, au cours du mois, lorsque vous vous sentez dans les dispositions
voulues pour un tel exercice, et la laisser agir sur votre nature dévotionnelle. Parcourez la

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leçon en essayant de n'y pas du tout penser et d'exclure autant que possible le mental de votre
exercice. Cherchez à "ressentir" la leçon, car le sentiment est une fonction du coeur. Essayez de voir
par l'esprit les choses et les sujets dont traite la leçon.

A titre d'exemple, la leçon accompagnant cette lettre traite de l'humanité, telle qu'elle existait lorsque
les humains étaient encore hermaphrodites. Elle décrit l'entrée en scène des Esprits Lucifer, et
mentionne le Sentier de la régénération sur lequel on progresse dirigé par Mercure. Si vous voulez
évoquer devant votre regard intérieur la condition de l'homme au cours des différentes étapes de
son développement, vous en retirerez un grand profit spirituel. Il est plus facile de s'imaginer et de
ressentir ces changements lorsqu'on remonte dans le passé que si l'on médite sur l'avenir, car nous
possédons, enfouis dans notre conscience, tous les sentiments que nous avons éprouvés pendant
les époques anciennes de notre évolution et, avec une certaine pratique, on peut les évoquer à
volonté.

Vous vous souvenez sans doute d'avoir lu dans la "Cosmogonie", au sujet de la méthode pour
parvenir à l'initiation, que, un jour, arrivé à ce point, il devient nécessaire de revenir en arrière le long
du chemin parcouru, en ressentant et en voyant consciemment ce qu'on a éprouvé inconsciemment
à l'époque. Ainsi l'exercice ci-dessus représente une préparation à cette sorte de rétrospective.
Mieux vous saurez vous voir dans l'état d'esprit indiqué, en ressentant profondément les conditions
par lesquelles vous passiez et en étant conscients de l'influence protectrice et tutélaire des
Hiérarchies divines qui nous ont aidés sur le sentier de l'évolution, mieux vous serez préparés pour
le jour où vous passerez par ces expériences au cours du processus initiatique.

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On peut d'ailleurs affirmer que vous retirerez, de cette initiation, un profit bien plus grand que si vous
n'y êtes pas préparés.
Vous découvrirez que cette façon de ressentir les leçons vous apporte une aide très très grande
pour votre progrès spirituel et, si vous savez vous y prendre de la manière indiquée, elle "illuminera"
vos leçons et vous donnera une pénétration spirituelle impossible à atteindre de toute autre façon.
J'espère donc sincèrement que vous allez prendre à coeur ces conseils et vous décider à pratiquer
régulièrement cet exercice, même avec des leçons qui, à première vue, vous paraîtraient ennuyeuses
et peu intéressantes. Il vous permettra d'en extraire, cachées sous la surface, des perles dont vous
n'auriez jamais rêvé.

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LETTRE NO 79 - Juin 1917 - LES SACRIFICES, FACTEURS DE PROGRES SPIRITUEL

De temps à autre, nous recevons au Siège des lettres dans lesquelles on nous demande, d'une
manière ou d'une autre: "Comment pourrais-je faire davantage de progrès spirituels?" J'ai donc
pensé qu'il serait utile de consacrer la présente lettre à cette question.

Il est une loi de la nature selon laquelle "de rien, rien ne sort", mais cela n'empêche pas qu'un grand
nombre de personnes entretiennent l'illusion que les vérités et les progrès spirituels peuvent être
obtenus sans argent et sans y mettre le prix. En un sens ceci est vrai, car on devrait absolument se
garder de trafiquer des pouvoirs spirituels contre de l'argent. C'est un acte abominable, ainsi que
Pierre l'a démontré par son énergique refus de l'argent que Simon le sorcier lui offrait en échange de
tels pouvoirs. Néanmoins, la croissance spirituelle doit être payée, en un certain sens, par ceux qui
désirent l'obtenir, et la première chose à faire, pour cela, est de sacrifier ses anciens intérêts. Nous
connaissons tous la parabole des invités au festin, qui se sont récusés pour différentes raisons. L'un
venait de prendre femme, un autre avait acheté des boeufs et désirait les inspecter; et ainsi de suite,
si bien qu'ils avaient tous négligé de saisir l'occasion de faire des progrès (Luc 14:15-24).

La même proposition nous est présentée aujourd'hui sous une apparence différente. Il se peut que
nous voulions bien, pendant nos heures de loisir, lire quelques pages d'un livre traitant de sujets
spirituels à condition de

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n'avoir rien qui nous intéresse davantage, mais lorsque le Grand Oeuvre requiert un peu de notre
temps, nous avons des excuses variées: "J'ai une fille à laquelle je veux faire faire des études, dit
l'un; lorsqu'elle les aura terminées, et que je n'aurais plus d'obligations de ce côté, je m'y mettrai
sérieusement." Un autre nous écrit: "Mes affaires nécessitent continuellement ma présence et, le
soir, je suis fatigué. Je ne puis pas travailler le soir pour le Fellowship ou assister à ses réunions, car
je ne serais pas en mesure, le jour suivant, de consacrer toute mon énergie à mon travail, mais dès
que j'aurai pris ma retraite, je m'y appliquerai." Une autre: "J'ai plusieurs filles qui requièrent mon
attention et que je dois accompagner à diverses réceptions, etc. Je ne puis assister à vos réunions,
mais dès que mes enfants seront mariés, je m'intéresserai activement à votre cause."

Il est parfaitement exact que, lorsque nous avons à assumer des obligations, il faut nous en acquitter
de notre mieux, mais il est tout de même possible qu'en réfléchissant bien à la question, nous
trouvions qu'il nous reste encore certains moments à consacrer à notre Grand Oeuvre. A ce sujet, il
est bon de se souvenir du récit des personnes venant vers le Christ pour lui dire: "Ta mère et tes
frères sont dehors et désirent te parler", et la réponse: "Qui est ma mère? qui sont mes
frères?...Quiconque accomplira la volonté de mon Père Céleste est mon frère, ma soeur et ma mère"
(Matthieu 12:46-50; Luc 8:20-21). Il a aussi dit: "Si quelqu'un vient à moi et ne hait pas son père, sa
mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon
disciple...Et quiconque aura renoncé à des maisons, à des frères, soeurs, père, mère, épouse,
enfants ou terres en mon nom, en recevra le centuple et héritera de la vie éternelle (Matthieu 19:29;
Marc 10:29-30).

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Il y a, et il doit y avoir un sacrifice accompagnant la vie régénérée, et j'ai pu observer, non seulement
par expérience personnelle, mais encore sur une quantité d'autres personnes, que les progrès
spirituels sont en directe proportion des pensées, du temps et de l'argent consacrés à la cause que
l'on épouse. Lorsque l'on consacre son être tout entier à la vie régénérée, en se laissant guider par
l'esprit, on verra bientôt que l'intensité du zèle nouvellement orienté tend à exclure les anciens
objectifs. On cesse d'avoir le temps pour eux; la pensée ne se fixe plus sur eux et ils tombent d'eux-
mêmes dans l'oubli. D'une manière ou d'une autre, la fille termine ses études ou trouve un emploi qui
en tient lieu; les affaires prospèrent même mieux que quand le patron y consacrait tout son temps et
que son énergie se dépensait en soucis et tentatives de gagner de l'argent. Les enfants trouvent un
autre chaperon tout aussi capable que leur mère pour les jours où elle travaille en faveur d'une
cause spirituelle. Dans chaque cas, ce à quoi nous renonçons pour la Cause - le temps que nous
dépensons au service du Christ, l'argent que nous dépensons judicieusement à cet effet - la loi qui
agit pour le bien y pourvoira et nous en assurera la compensation.

Comme le dit le Psalmiste: "J'ai été jeune et maintenant je suis vieux, mais je n'ai pas vu le juste être
abandonné, ni ses enfants mendier." La loi énoncée par le Christ: "Cherchez premièrement le
Royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît" est aussi
valable aujourd'hui qu'au jour où cette parole a été prononcée. Je l'ai vérifié par expérience
personnelle (Matthieu 6:33); et quiconque "vit la vie" et se consacre au travail trouvera que cette loi
s'applique aussi à lui-même. La croissance ne s'obtient que par le service.

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LETTRE NO 80 - Juillet 1917


ADAPTER LES ENSEIGNEMENTS A LA COMPRÉHENSION DE CHACUN

Dans une lettre récemment reçue de Seattle, nous avons trouvé une bonne suggestion, dont vous
aimeriez peut-être faire votre profit. Voici ce qu'écrit notre amie: "L'autre jour, je suis allée à la
bibliothèque de Ballard et j'ai demandé la "Cosmogonie". Au moment de partir, je l'ai déposée sur le
bureau de la bibliothécaire, ouverte à la page des valeurs et calories des aliments. Je lui ai montré
cette table, en lui faisant remarquer combien elle était utile. L'examinant, elle m'a dit avec surprise:
"Cela fait plusieurs fois qu'on me demande précisément une table de ce genre." J'ai alors pensé que,
si d'autres étudiants demandent la "Cosmogonie" dans une bibliothèque, ils pourraient faire comme
moi. La bibliothécaire établirait alors une fiche de renvoi signalant que ce livre contient des conseils
pour la santé et l'alimentation et, de cette manière, il pourrait tomber dans les mains de personnes à
la recherche de la Lumière qu'il renferme."

Ce que dit notre amie est plus vrai qu'on ne le croit, car les façons, les moyens et les endroits par
lesquels la Lumière nous atteint tiennent parfois du miracle. Non seulement elle atteint ceux qui
nient l'existence de la Lumière au sens spirituel et qui traitent de fumistes ceux qui s'en inspirent.

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J'ai souvent reçu courage et inspiration à la pensée du voyage à Damas de Paul, un homme qui se
glorifiait de l'ardeur avec laquelle il persécutait les saints. Personne n'était plus zélé que lui pour
écraser ce qu'il croyait être une hérésie condamnable. Mais, qu'elles travaillent pour le bien ou pour
le mal, les âmes fortes sont aimées des dieux, parce que l'énergie indomptable et irrésistible qui les
pousse à l'action, même si elle est temporairement utilisées à des fins répréhensibles, sera tout
aussi forte une fois qu'elle aura été réorientée vers le bien. Ainsi, Paul était un vrai favori des dieux,
et c'est pour cela qu'il a reçu une lumière assez puissante pour l'aveugler au moment où il s'y
attendait le moins, c'est-à-dire sur le chemin de Damas. C'est à ce moment et à cet endroit qu'il a
reçu une compréhension et une connaissance bien supérieures à celles des autres apôtres. Il avait
été choisi pour une mission particulière et il avait reçu le don très spécial de vue spirituelle, avec la
capacité d'être tout à tous.

Il n'est pas rare que nos étudiants se plaignent de ne pouvoir faire comprendre les enseignements
rosicruciens à leur entourage ou à leurs proches. L'autre jour, en regardant notre coffre à outils, il
m'est venu une idée à ce sujet. Il s'y trouvait un grand nombre de clefs à écrous, des plus petites aux
plus grandes, chacune faite pour tourner une seule sorte d'écrou; il y en avait aussi d'autres,
réglables dans certaines limites. Je me suis rendu compte que, parfois, une petite clef pouvait être
bien plus utile qu'une de grandes dimensions, car tout dépend du calibre de l'écrou. Il en va de
même pour les êtres humains: il nous faut prendre leur mesure et voir ce dont ils ont besoin.
Beaucoup d'entre nous ont très sérieusement étudié les enseignements mystiques et ont une
connaissance approfondie de ces sujets. Nous ressemblons à des clefs de grand calibre, mais nous
sommes absolument
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inutilisables pour faire tourner les petits écrous qui n'ont jamais été touchés par cette connaissance.
Dans de tels cas, n'essayons pas de faire étalage de nos profondes connaissances et de parler "par-
dessus les têtes" de ceux qui nous écoutent, mais mettons-nous à leur niveau, en leur expliquant les
choses aussi simplement qu'il a fallu le faire pour nous lors de nos débuts.

En d'autres termes, nous devons être "réglables", comme certaines des clefs de notre coffre à outils.
En parlant à une audience inconnue, il nous faut descendre à son niveau et employer le langage le
plus simple possible. Une autre fois, donnant un cours à des étudiants plus anciens, capables de
saisir des problèmes bien plus profonds, nous pourrons, pour notre plus grand profit et celui de nos
auditeurs, donner toute notre mesure. Mais avant tout, il nous faut apprendre, avec Paul, à être tout à
tous, faute de quoi nous agirons à l'encontre de notre but, qui est d'apporter la lumière aux âmes qui
y aspirent.

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LETTRE NO 81 - Août 1917


LE PROFIT QU'ON PEUT RETIRER D'ANCIENNES LEÇONS

Dans une lettre d'un étudiant de nos enseignements, j'ai trouvé une utile suggestion, dont je crois
devoir vous fait part.

"Hier soir, en revoyant un gros dossier de correspondance que j'ai eu le privilège de recevoir du
Rosicrucian Fellowship pendant près de cinq ans, je me suis demandé ce que d'autres candidats et
étudiants faisaient de leurs plis mensuels, et je me suis dit que cela pourrait faire le sujet d'une de
vos lettres. Mon désir n'est pas de critiquer ce que d'autres font, mais il est probable que peu
d'étudiants se rendent vraiment compte de la mine de renseignements représentée par cette
correspondance. Elle peut être mise à profit par sa transformation en action juste, dont on sait
qu'elle tend à accumuler des trésors dans le ciel. Combien de fois, relisant d'anciennes lettres ou
leçons, n'ai-je pas vu se présenter à mon esprit de nouvelles idées, avec la compréhension de
vérités dont je n'étais pas conscient auparavant - et quelle aide ne m'ont pas apporté ces écrits dans
maint combat intérieur!

On peut vraiment dire que ces anciennes leçons représentent une mine d'or dans laquelle de
véritables trésors peuvent être mis au jour pour nous aider à "vivre la vie". En vérité, elles sont
comme une deuxième "Cosmogonie"; et il

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vaut la peine de les classer soigneusement pour pouvoir en faire le plus grand usage possible dans
notre travail de diffusion. Il se peut qu'un de ces écrits contienne exactement ce qu'il faut pour aider
telle ou telle personne, aussi est-il bon de pouvoir les retrouver sans difficulté.

Il me semble difficilement possible que la plupart des étudiants et candidats puissent se rendre
pleinement compte du pouvoir de ces leçons pour le bien de ceux qui nous entourent. Pour ceux
d'entre vous qui ont l'habitude de données précises et de méthodes modernes de recherche, ces
anciennes leçons seront d'un grand secours dans le travail d'union de la tête et du coeur, car elles
contiennent de précieuses perles de savoir qui peuvent nous conduire à l'action juste et à la
persévérance dans le bien. Si chacun de nous voulait penser au meilleur usage qui pourrait être fait
de ces plis, quelle aide et quelle croissance spirituelle n'en serait pas le résultat! Ce sont sûrement
les petites choses qui permettent d'en faire de grandes; et ces lignes pourraient peut-être inciter
certains à servir davantage."

Si nos étudiants veulent bien se rappeler que la répétition est la caractéristique de corps vital et que
"tout développement occulte commence par le corps vital", ils comprendront à quel point il peut être
profitable de relire souvent les anciennes lettres et leçons.

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LETTRE NO 82 - Septembre 1917 - UN ORGANE INSOUMIS QUI DOIT ETRE DOMPTÉ

Comme vous le savez sans doute, nous avons ici, matin et soir, à Mount Ecclesia, un bref service
comportant la lecture d'un extrait de la Bible. Lorsque vient le tour de Mrs Heindel ou de moi-même,
nous aimons lire de temps en temps le troisième chapitre de l'Epître de Jacques, à cause de
l'importante leçon qui s'y trouve. J'ai cru bon d'attirer votre attention sur ce texte, un incident ayant
récemment servi à graver profondément cette leçon dans ma conscience, et je crois que nous
pourrons tous en faire notre profit. Commençons par quelques extraits de ce chapitre, après quoi je
vous raconterai cet incident.

"Si quelqu'un ne bronche point en paroles, c'est un homme parfait, capable de tenir tout son corps
en bride. Nous mettons, comme vous le savez, des mors dans la bouche des chevaux pour qu'ils
nous obéissent, et nous dirigeons ainsi leur corps tout entier. Voyez aussi les navires, qui sont si
grands et que poussent des vents impétueux; ils sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du
pilote. De même la langue est un petit membre, et se vante de grandes choses. Voyez comme un
petit feu peut embraser une grande forêt! Et la langue est aussi un feu, un monde d'iniquité. La
langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps et embrasant le cours de la nature,
étant elle-même enflammée par l'enfer.

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Toutes les espèces de bêtes et d'oiseaux, de reptiles et d'animaux marins sont domptés par la nature
et l'ont été par l'homme, mais la langue, aucun homme ne peut la dompter; c'est un mal qu'on ne
peut réprimer; elle est pleine d'un venin mortel. Par elle, nous bénissons Dieu notre Père, et par elle
nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu. Il ne faut pas, mes frères, qu'il en soit ainsi
(Jacques 3:2-10). Car là où il y a la jalousie et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes
de mauvaises actions. Mais la sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée,
conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits. Le fruit de la droiture est semé dans la paix par
ceux qui recherchent la paix" (Jacques 3:16-18).

A Mount Ecclesia, nous avons plusieurs essaims d'abeilles et, un jour, les jardiniers ont essayé d'en
déplacer un. Rendues furieuses par cette intervention, elles ont vivement réagi en piquant
douloureusement leurs "agresseurs". En prenant connaissance de cet incident, il m'est venu à l'idée
qu'il y avait là une très importante leçon, car lorsque l'abeille pique, elle perd son dard, et ensuite elle
meurt. Imaginez cela! cette rigueur de la loi qui fait automatiquement mourir l'abeille lorsqu'elle nuit
à un autre être! Ce n'est pas un Dieu vengeur, notez-le bien qui entraîne ce châtiment, mais l'acte lui-
même. Songez-y!

Si nous mourions après avoir piqué autrui avec des paroles blessantes, qui d'entre nous serait
encore en vie? Cependant, dans le cas où nous saurions qu'il nous faudrait mourir après avoir
"piqué", ne tiendrions-nous pas notre langue en bride, pour notre plus grand bien et celui de tous
nos interlocuteurs? Ne s'agit-il pas là d'un exemple que nous devrions prendre à coeur et auquel
nous devrions réfléchir fréquemment, jusqu'au moment où nous aurons appris à serrer les dents et à
garder bouche close chaque fois que nous

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serons tentés de proférer des paroles désobligeantes? En ne faisant que cela, le moment viendra
peu à peu où nous cesserons d'avoir des sentiments peu aimables à l'égard des autres, quelle que
soit leur conduite envers nous (Romains 12:17-19, 21).

Je puis vous assurer que, dans le cas de Mrs Heindel et de moi-même, et tout spécialement depuis
notre venue ici, ce chapitre nous a, plus que tout autre, aidés spirituellement. Il nous a aidés
davantage que toutes les autres lectures prises ensemble, bien qu'évidemment nous soyons très
très loin de la perfection. Mais ce que nous avons fait, et ce que d'autres ont fait ici en même temps
que nous, suffit amplement pour recommander sérieusement ce chapitre à votre attention - peut-être
en relation avec la petite histoire des abeilles - car il sera tout aussi efficace pour vous, si vous le
lisez et le prenez bien à coeur une fois ou deux par semaine.

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LETTRE NO 83 - Octobre 1917 - UN TRIBUNAL INTÉRIEUR DE LA VÉRITÉ

La semaine dernière, une personne visitant Mount Ecclesia m'a dit avoir étudié pendant une
vingtaine d'années toutes les philosophies possibles, avant d'avoir, depuis deux ou trois ans,
commencé l'étude des enseignements rosicruciens, qui l'avaient séduite comme étant la vérité
absolue. Elle s'attendait évidemment à me voir partager ce sentiment, aussi fut-elle stupéfaite en
m'entendant répondre que je ne considérais pas sous ce jour-là les enseignements reçus des Frères
Aînés et consignés dans nos livres.

Pour les primitifs, pour autant qu'ils soient capables de développer des sentiments religieux, le fait
qu'il existe un être divin d'une nature supérieure à celle des humains doit apparaître comme une
grande vérité. A partir de ces peuples et de leurs conceptions religieuses, nous pouvons observer
toute une gradation jusqu'aux philosophies transcendentales qui font naître des sentiments de
révérence chez les plus hautement développés des êtres humains; et nous en pouvons conclure que
l'évolution de l'homme exige aussi une évolution de sa religion. Nous avons, à partir des vallées de
l'ignorance enfantine, gravi jusqu'au point où nous nous trouvons actuellement; et croire que
n'importe quelle conception religieuse de notre époque soit l'ultime vérité serait absolument
contraire à la loi d'analogie:

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s'il ne peut plus y avoir de progrès religieux, il ne saurait non plus y avoir de progrès humain.

Quel est donc le chemin conduisant aux réalisations religieuses les plus élevées, et comment peut-
on le trouver? - telle semble être, en toute logique, la question suivante. La réponse est qu'on ne le
trouve dans aucun livre, et pas davantage dans les nôtres que dans ceux de quiconque. Les livres ne
sont utiles que dans la mesure où ils fournissent un aliment à nos pensées sur les sujets traités.
Nous pouvons arriver, ou ne pas arriver, aux mêmes conclusions que l'auteur des livres, mais aussi
longtemps que nous en présentons les idées à notre être intérieur et que nous travaillons sur elles
avec attention et dans un esprit de prières, toutes les idées qui nous viendront de cet examen seront
bien à nous, et plus proches de la vérité que ce que nous pourrions recevoir de quiconque ou de
quelque autre manière.

Le for intérieur est donc le meilleur tribunal de la vérité. Si nous soumettons, systématiquement et
avec persévérance, nos problèmes à ce tribunal, nous développerons peu à peu un sens supérieur
de la vérité qui nous fera savoir instinctivement, lorsque nous entendons avancer une opinion, si elle
est juste et vraie. Dans plusieurs de ses passages, la Bible nous exhorte à nous garder de toutes
sortes de doctrines qui circulent, car beaucoup d'entre elles sont dangereuses et ne font que
troubler les esprits. Il existe beaucoup de livres qui promulguent un système ou un autre de
philosophie et, à moins d'avoir établi, ou commencé à établir, ce tribunal intérieur de la vérité, nous
pourrons ressembler à la dame mentionnée plus haut, errant d'une place à une autre - mentalement
parlant - pendant notre vie entière, sans trouver le repos, n'en sachant guère davantage à la fin qu'au
commencement, et peut-être même moins.

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Mon conseil aux étudiants sera donc de ne jamais accepter, rejeter ou suivre aveuglément une
autorité quelconque, mais de s'efforcer d'instituer ce tribunal intérieur de la vérité. Soumettez toutes
questions à ce tribunal, en éprouvant toutes choses et en retenant fermement ce qui est bon.

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LETTRE NO 84 - Novembre 1917 - L'ÉPIGÉNESE ET LA LOI DE CAUSE A EFFET

De temps en temps, il devient nécessaire de corriger l'une ou l'autre d'entre les idées fausses que se
font nos étudiants; et l'une des plus fréquentes est que tout ce qui nous arrive est le résultat d'une
certaine cause ou action de notre part dans le passé, le plus souvent au cours d'une vie antérieure.
En théorie, nos étudiants savent très bien que ce n'est pas le cas; ils savent qu'à côté de la destinée,
provenant d'existences antérieures, à liquider au cours de leur vie présente, ils créent chaque jour,
par leurs actions, de nouvelles causes. Une partie considérable des actions commises en cet vie
aura exercé ses effets avant que la mort ait mis fin à leur séjour terrestre, alors que ce qui n'aura pu
être liquidé formera la base de la destinée d'une future existence, où ils pourront récolter ce qu'ils
auront semé. La destinée provenant des existences antérieures est montrée par notre thème
astrologique et nous confère certaines caractéristiques, certaines tendances ou lignes de moindre
résistance. On ne peut non plus nier que cette destinée ancienne nous donne une sorte de parti-pris
qui nous entraîne à agir de telle ou telle manière. Néanmoins, nous jouissons d'une marge assez
étendue de libre arbitre

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pour la plupart de nos actions, ce qui nous laisse une latitude suffisante pour l'exercice de
l'Epigénèse, cette divine activité créatrice qui est à la base de l'évolution.

Comme déjà dit, nos étudiants savent parfaitement tout cela, du moins en théorie, mais dans les
problèmes pratiques de la vie quotidienne, il semble qu'ils persistent à adopter une attitude
différente, selon laquelle tout ce qui leur arrive est un développement à partir de quelque chose
d'antérieur, et ceci est surtout le cas pour ceux qui ont étudié les religions orientales avant d'adopter
les enseignements de la Sagesse Occidentale. Par cette attitude mentale, qui ne tient pas compte de
l'Epigénèse, ils retardent bien davantage leur croissance spirituelle qu'ils ne se l'imaginent. En fait, il
leur arrive quelque chose de comparable au sort qui est le lot du matérialiste lorsque, après la mort,
il se trouve à la limite entre le Purgatoire et le Premier Ciel, dans une terrible atmosphère de
monotonie. Cette région limitrophe est, peut-on dire, une sorte de remous à l'écart du fleuve de la
vie, où le progrès se trouve arrêté. Si le matérialiste s'y trouve, c'est en raison du fait qu'en niant
l'existence d'après-vie, il s'est placé en dehors des courants spirituels qui produisent le mouvement
et l'action au cours de son passage par le Monde du Désir.

Il en ira de même pour nous si nous faisons constamment ressortir l'importance de la loi de cause à
effet, en négligeant systématiquement et constamment celle d'Epigénèse, ce qui nous place en
dehors de son champ d'action. Nos occasions d'exercer notre initiative en y recourant sont le plus
souvent perdues, ce qui nous rend de plus en plus "stériles" à mesure que passent les

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années. Si, par contre, en considérant les problèmes de la vie tels qu'ils se révèlent dans les actes
d'autrui aussi bien que dans les nôtres, nous cherchons à découvrir le principe de l'épigénèse et à
étudier son action, nous trouverons qu'il se présente, à un degré surprenant, des occasions d'agir
avec initiative. En observant comment agit la loi de l'Epigénèse chez les autres, nous apprendrons à
l'appliquer à notre propre vie.

J'espère que vous allez méditer souvent sur cette pensée et que vous retirerez le plus grand bien
d'une application persévérante de ce principe.

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LETTRE NO 85 - Décembre 1917 - LES DOULEURS D'AUJOURD'HUI ET LA PAIX A VENIR

D'un lointain passé nous vient la voix d'Esaïe, l'un des plus grands prophètes et celui qui sait le
mieux parler à l'âme:

"Car un enfant nous est né, le Fils nous est donné et la domination reposera sur ses épaules. On
l'appellera l'Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père Eternel, Prince de la Paix. Il n'y aura pas de fin
à l'accroissement de son empire et à la prospérité du trône de David et de son royaume, pour
l'affermir et le soutenir avec droiture et justice, dès maintenant et à jamais." (Esaïe 9:5-6)

Le chant du choeur des Anges au-dessus des collines de Galilée, lui aussi, parle à l'âme d'un idéal
sublime:

"Paix sur la Terre,

Bonne volonté envers tous les hommes." (Luc 2:14)


Mais à regarder en face ce qui se produit aujourd'hui dans le monde, ces paroles semblent presque
une dérision et, du point de vue de l'homme moyen, toutes les platitudes offertes par les gens
religieux ne sauraient rendre moins odieuse la situation dans les soi-disant "pays chrétiens".

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Cependant, lorsque nous considérons le problème de plus haut, dans une perspective cosmique, il
n'en va pas de même. Comme le dit si bien Goethe:

"Qui n'a jamais mangé son pain dans la tristesse, Qui n'a jamais passé les heures de la nuit A pleurer
dans l'attente du matin, Ne vous connaît pas, ô pouvoirs célestes!"

Il en va des peuples comme des individus: la peine et la souffrance semblent malheureusement être
les seuls éducateurs qu'ils veuillent écouter, et ceci explique la nécessité de ces sévères leçons. En
considérant la vie sous l'aspect de l'éternité, nous ne sommes pas épouvantés par la prétendue
"perte de vies" de la présente guerre. Ceux qui ont été tués renaîtront, et leurs expériences les
auront rendus meilleurs. La paix et la bonne volonté viendront certainement à leur heure, une fois
que nous aurons appris à détester la guerre, aussi pouvons-nous à bon droit nous réjouir de cette
perspective et prier avec ardeur pour sa réalisation. J'aimerais engager instamment les étudiants du
Rosicrucian Fellowship à s'unir à nous en cette prière dans la Nuit Sainte, à minuit, lorsque le
service habituel sera célébré dans la chapelle Pro-Ecclesia par les collaborateurs de Mount Ecclesia.

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LETTRE NO 86- Janvier 1916 - DIEU, SOURCE ET BUT DE L'EXISTENCE

Nous voici de nouveau au seuil d'une nouvelle année, en une période où les gens ont coutume de
donner corps à leurs aspirations sous forme de résolutions. Comme ceux qui étudient les
enseignements rosicruciens devraient être particulièrement intéressés par la question de la
croissance spirituelle, j'ai pensé que les réflexions suivantes pourraient être utiles à ce moment.

Dans l'esprit de beaucoup de personnes, le mot de "sainteté" est devenu évocateur d'une longue
figure et d'une attitude hypocrite, si bien qu'on se méfie beaucoup de ceux qui font profession de
sainteté. Le vrai saint n'est pas un rabat-joie, il n'est pas négligent en affaires; il accomplit
pleinement ses devoirs professionnels et familiaux, mettant son coeur dans tout ce qu'il fait; il donne
l'exemple de la loyauté et il est respecté de tous ceux qui le connaissent, car ses actions parlent plus
haut que des mots et méritent l'éloge. Dans ses transactions, il prend bien soin de ne rien devoir,
sauf d'aimer. Toujours empressé à aider les autres, il est vraiment l'homme modèle en ce qui
concerne ses actions à l'égard d'autrui.

Néanmoins, une telle vie publique de rectitude n'est pas, en elle-même, un indice certain de sainteté.

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Il y a, dans le monde, une quantité de personnes admirables qui, pour des raisons morales, vivent de
façon modèle et se comportent d'une manière qui leur vaut le respect de tous ceux qui les
connaissent. Elles sont aussi charitables et actives, selon leur situation sociale, dans toutes les
bonnes oeuvres, mais nous avons déjà vu que ce n'est pas la pierre de touche. La différence entre
une personne modèle et un saint se révèle dans les heures de loisir, une fois que les devoirs du
moment ont été accomplis, car c'est là que bifurquent les voies des gens du monde et des saints. A
ce moment, ce sont les activités récréatives, l'amusement et les plaisirs qui permettent à l'homme du
monde de dépenser son énergie, ou alors il se consacrera à quelque passe-temps, selon ses goûts
et ses moyens: jeux, sports, chasse et pêche, ou bien musique théâtre, soirées, ou toute autre
manière agréable de passer leur temps.

Mais le saint ressemble à la boussole temporairement influencée par un aimant et empêchée de


pointer vers le pôle. Une fois que le coeur a été touché par la force d'attraction de l'amour de Dieu, le
devoir quotidien pourra et devra dévier l'aiguille vers les affaires qui, légitimement, requièrent son
attention. Non seulement le saint ne se dérobe pas à son devoir quotidien, mais encore il le remplit
mieux et plus consciencieusement qu'avant de s'être consacré à Dieu. Toutefois, dans le même
temps, il éprouve un désir subconscient de communion renouvelée de son esprit avec le Père, tout
comme l'aiguille aimantée, déviée de son orientation vers le nord, subit une sorte d'influence tendant
à la ramener vers son pôle d'attraction. Dès que les devoirs ont été pleinement remplis et que cesse
la pression des choses de ce monde, les pensées du saint se tournent automatiquement vers les
choses divines. Un trajet en train ou en autobus pour nous rendre au travail ou en

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revenir peut fournir l'occasion de méditer; il en va de même du temps passé à attendre quelqu'un.
Bref, chaque fois que le saint dispose, au cours de son activité dans le monde, d'un moment bien à
lui, ses pensées se tournent instantanément vers sa source et son objectif - Dieu.

On raconte que des personnes ont fait des études de droit pendant leurs parcours quotidiens dans
les transports en commun; d'autres ont appris des langues étrangères en utilisant les moments
creux que la plupart des personnes gaspillent en pensées oiseuses, vagabondes et sans but.
Inspirons-nous de leur exemple et, au cours de l'année qui commence, habituons-nous à penser à
Dieu dans chacun des petits moments quotidiens qui s'y prêtent. En persévérant fidèlement dans
cette habitude, nous ferons une grande avance sur le sentier de la croissance de l'âme.

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LETTRE NO 87 - Février 1918 - LA NÉCESSITÉ DE FAIRE USAGE DE NOS TALENTS

Le Christ nous exhorte à faire luire notre lumière et, dans la parabole des talents, il a souligné que:
"à celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé" (Matthieu 25:14-30), laissant
entendre que quiconque a reçu le moindre talent, si petit soit-il, devrait le faire fructifier. Il faudrait,
comme le conseille l'Ecclésiaste (11:1), jeter son pain sur la face des eaux, car avec le temps on le
retrouvera avec usure. Nous avons maintenant reçu les précieux enseignements rosicruciens et, au
cours de cette année, il nous faudrait faire usage de cette connaissance pour venir en aide à ceux
qui, autour de nous, n'ayant pas encore trouvé la solution du problème de la vie, sont à la recherche
de la lumière.

Nous avons raison de ne pas aimer les vaniteux qui se font une idée exagérée de leurs talents et qui,
avec leurs discours malvenus, ennuient les autres à mourir, mais les étudiants du Rosicrucian
Fellowship semblent atteints du mal et du tempérament opposés, ce qui est tout aussi mauvais. Se
dénigrer soi- même, être timide et manquer de confiance en soi tend à paralyser les capacités et les
talents, qui finissent par s'atrophier comme les yeux des animaux qui ont quitté la lumière du soleil
pour vivre dans des cavernes, ou comme le fait la main du fakir qui, restée inactive pendant des
années, perd

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sa capacité de se mouvoir. A défaut d'être utilisés, nos talents s'atrophient, et nous serons rendus
responsables d'avoir thésaurisé la connaissance et de ne pas l'avoir partagée avec ceux qui la
cherchaient. Nous serons jugés comme le serviteur de la parabole, qui avait caché son talent au lieu
de travailler à le faire fructifier.

Nous avons toujours soutenu qu'il ne faudrait pas forcer l'attention d'autrui sur des questions de
croyance, mais chaque année nous offre des milliers d'occasions de placer un mot choisi tout
exprès pour provoquer une demande d'information sur notre philosophie. Il est parfaitement légitime
de poursuivre le débat aussi longtemps que notre interlocuteur se montre intéressé. Paul exhortait
ses fidèles à avoir pour chaussure "la préparation de l'Evangile"; or, si nous suivons ce conseil en
nous préparant à répondre intelligemment aux questions qu'on nous pose, nous verrons les gens
s'intéresser à ce que nous avons à dire.

En raison de la guerre qui continue à sévir, les gens s'intéressent beaucoup à l'après-vie, mais si l'on
veut être capable de répondre convenablement à leurs questions, il est nécessaire de mémoriser les
notions de base des enseignements rosicruciens et d'avoir, comme on dit, ses arguments sur le bout
de la langue. Un peu de connaissance est dangereux, dit-on, et c'est aussi vrai en matière de religion
et de philosophie qu'ailleurs. Il faut en avoir suffisamment, et de la meilleure sorte, pour que cela
vaille la peine de se lancer dans ce genre de propagande, mais ce n'est pas difficile. Alors que
certains étudiants des enseignements rosicruciens peuvent s'instruire en approfondissant les
mystères des périodes et évolutions, des époques et des races, des jours et des nuits cosmiques,
etc., tout ce qui est nécessaire pour

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aider l'homme moyen est une profonde connaissance des lois de cause à effet et de renaissance,
telles qu'elles sont exposées dans notre littérature. Ce sont là les principes fondamentaux qui
l'intéressent le plus; c'est l'essence même des enseignements rosicruciens. Si vous pouvez en faire
part à un désespéré, soit qu'il ait perdu un de ses proches qui lui était cher, soit que le monde lui
semble détraqué au point qu'il ne puisse trouver sa place, ne voyant pas le moyen de sortir de la
coque de misanthropie dans laquelle il se réfugie, il se peut que vous l'aidiez à résoudre ses
problèmes d'une manière logique et raisonnable en lui montrant comment la loi de renaissance, en
collaboration avec celle de cause à effet, oeuvre constamment pour le bien de l'humanité, et
comment il peut améliorer son sort en travaillant en harmonie avec ces deux grandes lois. Vous lui
aurez ainsi rendu un service éminent, tout en retirant un considérable profit spirituel de votre aide.

J'aimerais aussi vous suggérer de créer, dans les différents groupes d'études, des classes où serait
étudié le fonctionnement de ces deux grandes lois, afin que nos étudiants puissent se rendre aptes à
rendre d'importants services à leur entourage en aidant les gens à résoudre ces problèmes de leur
vie qui leur semblent tellement déconcertants.

Je compte bien que vous pourrez bénéficier de cette suggestion au cours de la présente année.

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LETTRE NO 88 - Mars 1918 - TOUT TRAVAIL EST NOBLE

Une correspondante, enthousiasmée par la beauté et la grandeur des enseignements rosicruciens et


par la satisfaction qu'ils apportent à l'âme humaine, déplore le sort qui l'attache à son fourneau de
cuisine, à ses casseroles, sans parler des soins aux enfants et des corvées de ménage. Ah! si
seulement elle était libre de s'occuper de cet évangile nouvellement découvert, combien serait-elle
heureuse de parcourir le vaste monde avec la bonne nouvelle dont elle sait que des milliers la
cherchent et prient pour la trouver!

Ce serait très bien pour notre amie et pour ces milliers de personnes, mais que deviendraient les
petits enfants s'ils étaient privés des soins de leur mère? N'oublions pas un point très important de
la parabole des vignerons ( Matthieu 20:1-16), à savoir que tous ceux qui furent engagés pour
travailler dans la vigne du Maître étaient inoccupés, sur la place du marché. Ils n'avaient pas de
devoirs les empêchant de consacrer tout leur temps à leur travail; et celui qui ne s'est pas libéré de
ses autres obligations ne peut, du jours au lendemain, s'en aller prêcher la bonne nouvelle et en faire
le centre de sa vie. Mais si, tout en étant fidèles dans l'accomplissement de nos devoirs actuels,
nous aspirons à nous engager dans une telle carrière, la voie nous sera ouverte un jour et nous
appellera d'une manière légitime.

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Et que dire des "corvées" - n'employons-nous pas trop souvent de mot? L'instituteur parle de la
corvée de faire entrer, année après année, les mêmes notions dans la tête des élèves; la mère parle
des corvées du ménage, le père se plaint de la corvée du travail de bureau ou d'atelier, et ainsi de
suite. Chacun pense que s'il était dans la peau d'un autre, la vie se transformerait aussitôt en une
musique aussi merveilleuse qu'agréable. C'est là une illusion: "L'homme né de la femme...sa vie est
courte et pleine de tribulations" (Job 14:1). Où qu'il se trouve placé, il n'existe qu'une manière de
trouver le soulagement et de vaincre, c'est d'adopter une attitude mentale constructive.

Un grand moteur à essence, tournant à toute vitesse, peut être plus fort qu'une troupe d'hommes
robustes cherchant à l'arrêter, mais il suffit d'un minuscule dépôt de suie sur la point d'une bougie,
ou du dérèglement d'une petite came, pour en réduire rapidement l'énergie. Ainsi, un tout petit peu
de suie, que nous traitons volontiers de "saleté", pourra, dans certaines conditions, accomplir
davantage que plusieurs hommes. Gardons-nous donc bien de vanter étourdiment les uns et de
mépriser les autres comme des cendrillons. Parmi les personnes qui ravaudent des bas, on ne
trouve certes pas moins de nobles âmes qu'il ne s'en est trouvé pour honorer des fauteuils
présidentiels, car tout dépend de la dose d'amour qu'on voue à son travail.

Mais ce qu'on veut souvent exprimer par "corvée", c'est bien plutôt la notion de monotonie. Tout
travail comporte, à un degré plus ou moins grand, un élément de routine, et il est fréquent que
l'accomplissement constant des mêmes besognes devienne monotone. Il y a cependant une très
bonne raison pour que la phase actuelle de notre développement comprenne ce principe de routine.

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Nous sommes en effet en train de nous préparer pour l'Age du Verseau, qui approche rapidement,
avec son grand développement intellectuel et spirituel, mais ce développement ne peut s'accomplir
sans une stimulation du corps vital, qui est actuellement en sommeil. La caractéristique de ce
véhicule est la répétition ; et la routine de notre travail quotidien lui apporte cet élément. Maudire
cette répétition crée le sentiment de monotonie et retarde notre progrès, mais si, dans notre travail,
l'amour joue le rôle de levain, nous ferons de grands progrès dans notre évolution et nous en serons
récompensés par le contentement.

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LETTRE NO 89 - Avril 1918 - L'AGE DU VERSEAU ET LA NOUVELLE ALLIANCE

Après avoir rédigé la leçon ci-jointe (devenue le chapitre 14 des "Enseignements d'un Initié", tome 1)
et en réfléchissant aux aspects multiples du message de Pâques, compte tenu de tous les
évènements survenus en ces journées selon les récits bibliques, il m'est apparu que la Bible était
bien loin d'être un livre ouvert pour ceux qui ne connaissent pas les enseignements de la Sagesse
Occidentale et n'ont aucune idée de l'astrologie ésotérique. J'ai donc décidé de traiter, dans cette
lettre, l'un des points qui se sont présentés à mon esprit.

Vous vous rappellerez sans doute que, selon l'Evangile de Luc (chapitre 22) le Christ avait envoyé
Pierre et Jean en ville avec la mission de rencontrer un homme portant une cruche d'eau et d'entrer
dans sa maison, car c'était là que la Pâque devait être célébrée. Plus tard, en cette place, nous dit-on,
il a donné à ses apôtres le pain et l'eau qui constituaient la nouvelle alliance, en déclarant qu'il ne
boirait plus du fruit de la vigne. C'est un passage qu'on comprend de travers, car, pour beaucoup,
l'homme à la cruche n'a aucune signification, ni le fait que la Pâque devait être célébrée dans sa
maison et nulle part ailleurs. On croit donc que le Christ a donné à ses disciples du vin, alors que la
Bible laisse entendre exactement le contraire. En lisant ce

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récit tel qu'il est écrit et en l'examinant à la lumière des enseignements ésotériques, nous y
trouverons une importante signification.

Rappelons-nous d'abord comment les guides de l'humanité avaient donné à chaque race une
nourriture appropriée, ainsi que le précise la "Cosmogonie". Brièvement, le blé fut donné à Caïn,
l'homme de la seconde race, qui était semblable à la plante et avait un corps vital. Pour Abel,
l'homme de la troisième race, qui avait un corps du désir, ce fut le lait. Pour Nemrod, l'homme de la
quatrième race, qui avait un intellect, il fallait de la viande. Le vin a été donné par Noé à l'homme de
la cinquième race, ce qui a fait de lui un égoïste et un impie, si bien qu'on a désormais pu parler de
l'inhumanité de l'homme pour l'homme - mais cela l'a aussi aidé à atteindre le nadir de l'évolution
matérielle. Toutefois, c'est maintenant l'évolution spirituelle qui va commencer, et les idées altruistes
doivent être cultivées, ou tout au moins arriver à l'état de germination, afin qu'elles puissent être
exprimées par la sixième race, et ceci exige un nouveau changement de régime.

Au cours de ces étapes de l'évolution, le point vernal, celui où le Soleil croise l'équateur à l'équinoxe
de printemps, a fait bien des fois le tour du zodiaque, mais chacune de ces époques a été inaugurée
sous l'influence d'un signe différent; d'autre part, ces grands changements ont été précédés et suivis
de cycles mineurs qui étaient des répliques des grands âges et époques. Ainsi, les derniers six à
sept millénaires du passage du Soleil dans le Taureau, le Bélier et les Poissons, ce dernier étant un
signe "liquide" et changeant, ont été des âges où le développement matériel était favorisé par la
viande et le vin. Le Christ lui-même, au début de son ministère, a changé l'eau en vin, ratifiant ainsi la
continuation de son usage pendant l'Age des

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Poissons. Mais à la fin de sa carrière terrestre, il a envoyé ses disciples préparer la Pâque dans la
maison du porteur d'eau abolissant ainsi la viande et le vin, en donnant le pain et la coupe d'eau
comme signe de la nouvelle alliance en vue du Royaume de Dieu, où il régnera en qualité de Prince
de la Paix.

N'est-ce pas l'évidence même? Le Christ est l'Esprit solaire, et lorsque, par précession, le Soleil
passera, à l'équinoxe de printemps, dans la constellation du porteur d'eau, ce changement marquera
le début de l'Age du Verseau, dans lequel le régime non carné et non alcoolique de la nouvelle
alliance sera en vogue, marquant le début d'une ère d'altruisme. Nous commençons déjà à ressentir
cette bienfaisante influence, bien qu'elle soit encore éloignée de plusieurs siècles, et nous sommes
ici pour aider à préparer cette époque future. Il nous appartient donc de nous fortifier physiquement,
moralement, mentalement et spirituellement, afin d'être en exemple aux autres et de les guider ainsi
vers la grande Lumière que nous avons eu la chance de percevoir. Rappelons-nous aussi que, plus
nos connaissances seront étendues, plus grande sera aussi notre responsabilité dans l'usage
judicieux que nous en ferons et, à moins de conformer nos vies à ces idéaux, nous mériterons une
plus grande condamnation.

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LETTRE NO 90 - Mai 1918 - NOURRITURE CARNÉE ET PORT DE FOURRURES

Un de nos étudiants avoue que, quoiqu'il continue à manger modérément de la viande, il se sent
parfois poussé à parler à d'autres des enseignements rosicruciens, mais qu'il a toujours le sentiment
d'être un hypocrite lorsqu'il recommande le végétarisme. Il nous demande comment il pourrait
surmonter cette habitude et s'il devrait, jusque-là, cesser d'enseigner les autres.

Sa demande présente un intérêt général, car même si les étudiants rosicruciens sont sincères et
consciencieux, il n'en ont pas moins les mêmes défauts que tous les autres être humains, sinon ils
ne seraient pas ici-bas. Une lettre sur ce sujet pourrait donc être utile à beaucoup d'entre eux.

Il est incontestable qu'on ne peut discuter efficacement de la spiritualité devant un cocktail, ni


conseiller de vivre de manière à ne pas nuire, tout en dévorant un bifteck. En outre, ceux qui
connaissent en même temps vos habitudes et vos professions de foi sont très prompts à noter leur
contradiction, aussi est-il naturellement préférable de conformer sa vie aux enseignements avant
d'essayer de convertir les autres. Néanmoins, traiter d'hypocrite celui qui recommande un idéal qu'il
n'a pas atteint, c'est aller trop loin. Tant qu'on croit que le régime végétarien est meilleur et qu'on
s'efforce de conformer sa vie à ses convictions, on peut légitimement le conseiller, même si l'on fait
occasionnellement une entorse à la règle. Bien qu'il ne l'atteigne jamais, l'étoile polaire guide le
marin jusqu'au port et,

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de même, si nous choisissons des idéaux d'une élévation rappelant celle des étoiles, nous pouvons
ne pas y parvenir en cette vie, mais nous serons tout de même meilleurs parce que nous y aspirons.

En même temps, il semble qu'avec un peu de volonté, il ne devrait pas être tellement difficile pour
quiconque de s'abstenir de tabac, de boissons alcooliques et de viande. Sûrement, la pensée des
souffrances causées aux pauvres animaux dans les trains qui les mènent à l'abattoir, et l'agonie
précédant l'instant où le coup fatal est administré, ou bien le moment où le couteau pénétrera dans
leur gorge, devrait émouvoir toux ceux qui aspirent à une vie plus noble et les remplir de
compassion pour ces pauvres créatures, incapables de se défendre. Pour des raisons similaires,
ceux de nos membres appartenant au beau sexe devraient renoncer à s'orner de fourrures et de
plumes. C'est tout aussi illogique de prêcher l'évangile de la vie inoffensive avec de pareils
accoutrements, et cela ne manquerait pas de susciter des commentaires défavorables.

Malheureusement, la complexité de notre civilisation nous force à utiliser du cuir pour beaucoup
d'objets, par exemple des chaussures et des courroies, faute d'autre matériel. Toutefois, nous
devrions faire tout notre possible pour éviter d'employer ce qui provient d'un animal qu'il faut tuer
pour cela. L'un des bienfaits de la présente guerre est de faire découvrir à l'homme que la viande
n'est pas un aliment indispensable, et aussi qu'on se porte mieux sans alcool. Espérons que ce sera
l'indice d'un revirement en ce domaine, et que l'homme cessera bientôt d'élever et de chasser des
animaux pour leur viande ou leur fourrure. En attendant, tâchons tous de montrer l'exemple, et
mettons toute notre volonté dans cet effort.

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LETTRE NO 91 - Juin 1918 - TOLÉRANCE POUR LES OPINIONS D'AUTRUI

Nous sommes venus sur terre pour vivre dans les conditions que nous y trouvons et pour apprendre
les leçons que nous enseigne notre entourage. Ceux qui prennent constamment leur essor vers les
nuages à la recherche d'idéaux spirituels, mais négligent leurs devoirs ordinaires, dirigent tout aussi
mal leurs efforts que ceux qui s'embourbent dans la fange du travail matériel, à s'escrimer dans leur
avidité de "faire des sous". Ces deux classes ont besoin d'aide, quoique dans des directions
opposées. Les uns devraient être ramenés sur terre jusqu'à ce que leurs pieds y soient bien plantés,
alors que les autres ont besoin de recevoir un bon élan qui leur fasse apercevoir la lumière céleste et
leur donne un peu envie d'acquérir ce genre de trésors.

"Ce qui est nourriture pour l'un est un poison pour un autre", dit-on, et ceci s'applique au moins
autant à la nourriture spirituelle qu'à celle du plan physique. Il existe une seule grande vérité, qui est
la divinité, mais elle a de nombreuses faces. L'angle de présentation qui nous attire peut n'avoir
aucun pouvoir sur d'autres et, vice-versa, leur idée de la vérité peut ne pas répondre à nos besoins. Il
y a donc une raison pour toutes les religions dans le monde et pour les opinions variées des
différentes dénominations et sectes

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religieuses. Chacun a sa mission à remplir parmi les peuples où elle est enseignée, aussi devrions-
nous faire montre de tolérance envers toutes les sortes de cultes et de religions, même lorsque leurs
fidèles nous attaquent, nous et nos opinions.

Nous devrions nous contenter d'être connus par nos fruits, car ceci est la seule preuve concluante
de la religion de chacun. Cette religion fait-elle de nous de meilleurs hommes et femmes, de
meilleurs parents, frères, soeurs, employeurs et employés? Fait-elle de nous de meilleurs citoyens à
tous les points de vue, des citoyens méritant l'estime de la communauté? C'est à cela qu'on
reconnaît la vraie religion.

On ne risque guère de trouver des matérialistes dans nos rangs, mais malheureusement, ceux qui
adoptent des enseignements d'avant-garde tendent à s'envoler dans les nuages, en oubliant le
monde matériel et ses devoirs. Pour cette raison, d'autres se méfient des enseignements occultes et
considèrent ceux qui les étudient comme des détraqués, bien que l'occultisme ne soit pas plus
responsable de leur attitude que ne l'est une bonne nourriture lorsqu'un faible estomac est incapable
de la digérer.

Par conséquent, nous devrions non seulement nous montrer tolérants pour les croyances des autres
et nous faire une règle de ne jamais dénigrer une foi différente de la nôtre, mais encore nous
surveiller, afin de voir si nous vivons réellement les enseignements rosicruciens de façon à leur faire
honneur dans notre entourage.

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LETTRE NO 92 - Juillet 1918


LE BUT DE LA GUERRE ET NOTRE ATTITUDE A SON SUJET
De temps à autre, des étudiants de diverses parties du monde nous ont demandé quelle devrait être
leur attitude à l'égard de la guerre et quelle pouvait être son utilité, spirituellement parlant. En
réponse, nous avons fait ressortir, dans plusieurs articles publiés dans les "Rays from the Rose
Cross", les enseignements rosicruciens concernant l'objet de la guerre, qui est d'amener le monde à
se tourner vers Dieu pour être consolé de son chagrin, et aussi de contribuer à déchirer le voile qui
sépare le monde visible des plans invisibles, en aidant beaucoup de personnes à acquérir la vue
spirituelle et la faculté de communiquer avec ceux qui ont passé les portes de l'au-delà. Bien que ces
explications aient satisfait la plupart des étudiants jusqu'à un certain point, d'autres auraient voulu
quelque chose qui soit en rapport direct avec les conditions actuelles. Nous avons alors attiré leur
attention sur notre 13e conférence, intitulée "Les Anges, facteurs de l'évolution (devenue le 13e
chapitre du "Christianisme Rosicrucien") qui montre comment les affaires humaines sont dirigées
par des Anges et des Archanges jouant le rôle d'Esprits de familles et de races, causant l'ascension
et la décadence des nations, selon les besoins des différents groupes d'esprits dont ils ont la
charge.

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Comme un dernier essai de répondre aux voeux de nos étudiants, nous vous remettons ci-joint une
leçon intitulée "La Philosophie de la Guerre" (devenue le NO 163 du 2e volume de "Questions et
Réponses") montrant l'application des principes ci-dessus aux conditions présentes. Nous pensons
que vous y trouverez les explications nécessaires et qu'elles vous aideront tous à comprendre ce
que cela implique, afin que vous puissiez apporter votre chaleureuse coopération à nos efforts pour
mettre fin à cette lutte le plus tôt possible et assurer la paix à laquelle nous aspirons tous
ardemment.

Rendons-nous bien compte, toutefois, qu'il ne pourra y avoir de paix digne de ce nom tant que le
militantisme n'aura pas reçu un coup assez dur pour ne pouvoir relever la tête pendant longtemps.
Beaucoup de gens pensent que cette guerre sera la dernière, et nous désirons ardemment pouvoir
les croire. On l'a aussi cru lorsque Napoléon, il y a cent ans, a envahi l'Europe avec ses hordes, mais
la suite a montré combien ces espoirs étaient vains. La paix est une question d'éducation, un idéal
impossible à atteindre avant que nous ayons appris à agir charitablement, avec justice et franchise,
les uns avec les autres, aussi bien sur le plan national que dans nos rapports individuels. Tant que
nous fabriquerons des armes, la paix ne saurait s'établir. Nous devrions avoir pour objectif de faire
tout notre possible pour l'abolition du militarisme dans tous les pays et pour l'établissement du
principe de l'arbitrage des différends.

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LETTRE NO 93 - Août 1918


NOTRE POUVOIR INTÉRIEUR ET LA RESPONSABILITÉ QUI EN DÉCOULE

Bien des années auparavant, j'ai passé quelques semaines dans une ferme de l'Etat du Maine, à
l'époque de la récolte des pommes de terre. En regardant passer les chariots remplis de ces
tubercules, j'ai constaté que toutes les pommes de terre étaient grosses et presque de la même
dimension. Un jour, j'en ai fait le compliment au paysan, en lui disant combien sa récolte était belle.
En réponse, il m'a fait voir, au déchargement, que c'était seulement en surface, et que le fond était
plein de petites pommes de terre. Il m'a dit qu'elles étaient mises pêle-mêle dans les chariots, mais
que les cahots du chemin, entre le champ et la ferme, faisaient descendre les petites et remonter les
grosses. "Vous auriez beau mettre les grosses au fond et les petites au sommet, disait-il, les grosses
remonteront et les petites descendront."

N'en va-t-il pas de même dans la vie? Tandis que nous jouons des coudes sur la route de la vie, les
plus représentatifs et les plus habiles s'élèvent au sommet. Comme l'affirme le dicton: "Un homme
de valeur ne peut être empêché de monter." Il s'élèvera au sommet malgré tout, grâce au pouvoir
ascensionnel qui est en lui. Et inversement, chaque fois que l'on place un homme médiocre au
sommet, il s'enfoncera, faute de talent. Nous pouvons construire un bâtiment

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aussi haut que nous voulons et l'élever au-dessus des maisons environnantes, pourvu que nous
ayons les matériaux nécessaires, mais la croissance d'un être humain se mesure de l'intérieur, et
personne ne peut ajouter un cheveu à la stature d'un autre, qu'il s'agisse de stature physique,
mentale ou morale. Chacun de nous doit faire lui-même son salut; c'est à nous de décider si nous
voulons rester en bas ou monter.

Le paysan avait remarqué que si ses pommes de terre étaient transportées sur une route unie, elles
restaient mélangées, mais que, plus le chemin était cahoteux, plus les grosses arrivaient rapidement
au sommet, tandis que les petites descendaient au fond.

Dans les grandes crises de la vie, il se présente des occasions importantes à ceux qui sont prêts à
endosser des responsabilités et à combattre en première ligne.

Nous vivons à une telle époque et, si nous aspirons à monter, c'est maintenant ou jamais que la
meilleure occasion se présente. En ce moment, le monde entier cherche une solution à l'énigme de
la vie et se demande où va l'humanité. Nous avons la réponse, aussi est-ce sur nos épaules que
repose la responsabilité de conformer notre vie aux enseignements des Frères Aînés et de faire en
sorte que notre vie exemplaire exerce un attrait sur ceux que nous côtoyons. De nombreux frères
propagent ces enseignements jusque dans les tranchées et apportent une lumière à ceux qui sont
prêts à la recevoir. Ceux d'entre nous qui sont restés dans leur milieu habituel trouveront qu'on se
pose des points d'interrogation dans bien des milieux jusqu'ici peu perméables à nos
enseignements. Cherchons donc avec empressement les occasions de servir et

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tournons-les à notre avantage, car "à qui a beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé" (Matthieu
25:14-30).

Je voudrais suggérer à nos étudiants de veiller à ce que la "Cosmogonie" - et nos autres livres - se
trouvent, autant que possible, dans les bibliothèques de leur localité, car c'est le moment
d'entreprendre une telle action. Il faudrait que cette "Cosmogonie" soit à un endroit accessible et
puisse être consultée. Si des amateurs la demandent de temps en temps, même si le bibliothécaire
ignore tout de son contenu ou lui est peut-être hostile, la demande constante le forcera finalement à
en prendre note. Il est incontestable que les enseignements rosicruciens ont en eux une force
intérieure grâce à laquelle ils se font une place dans le monde, mais nous acquerrons des mérites en
proportion de la manière dont nous aiderons à porter le message des Frères Aînés à la connaissance
de l'humanité en général. C'est maintenant l'époque des vacances, aussi le moment est-il
particulièrement propice pour la dissémination d'une philosophie qui a le don de satisfaire l'âme.
Cette action se révélera un bienfait pour autrui, et aussi pour nous.

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LETTRE NO 94 - Septembre 1918


LA GRANDE VALEUR DE L'ÉQUILIBRE DANS LES MOMENTS DE CRISE

Dans ces jours où la grande guerre transforme si radicalement nos coutumes, nos habitudes et nos
occupations, quel que soit l'endroit du globe où nous vivons; à cette heure où la fleur de notre
jeunesse est fauchée par millions, où la femme elle-même est obligée de renoncer à sa vocation de
gardienne du foyer pour prendre part à la lutte titanesque derrière les lignes de feu, où les faibles, les
vieillards et les tout petits succombent aux privations, comment peut-on s'empêcher d'être plus ou
moins bouleversé, selon la mesure de ses souffrances ou de sa proximité de l'océan de haine et de
tristesse affectant ce qui était autrefois la douce France, avec les autres pays ravagés par les
batailles?

Ne pas se troubler semble sans doute impossible, car on ne peut rester insensible en face de telles
souffrances. Un de nos étudiants, après avoir décrit la dévastation d'une ville bombardée, nous
demande si l'on peut s'empêcher d'être profondément remué à cette vue. Non, car le Christ était
aussi profondément remué lorsqu'il pleurait sur le sort de Jérusalem (Matthieu 23:37), et il a
également montré son indignation lorsqu'il a chassé les vendeurs du Temple. Néanmoins, il est
certain que la leçon de l'équilibre est l'une des plus grandes que cette guerre puisse nous enseigner.

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Il est bien facile d'être pacifique lorsqu'on se retire dans les montagnes pour y vivre en ermite, mais
quel mérite avons-nous à garder notre équilibre sans avoir personne pour nous contrecarrer,
s'opposer à nous ou nous tourmenter? Il est plus difficile, cependant, de conserver une attitude
paisible dans la vie industrielle d'une cité où une guerre sans merci se livre avec les armes de la
concurrence et où l'existence est réglée par des lois et des coutumes. On y arrive pourtant, et cela se
fait constamment, par des milliers de personnes qui n'ont aucune prétention à la spiritualité, ayant
simplement trouvé que le manque de sang-froid se mettait au travers de leurs ambitions. Ces
personnes ont donc décidé de s'entraîner à la pratique de la maîtrise de soi, et elles ont
invariablement trouvé qu'elles avaient retiré un grand profit de leurs efforts. Leur santé s'est
améliorée, leur bonheur est plus grand et leur efficacité en affaires s'est accrue.

Si cette maîtrise de soi peut être réalisée par des hommes travaillant dans le monde, et s'ils peuvent
en retirer un tel bénéfice dans les conditions ordinaires de la vie, ceux d'entre nous qui ont des
visées plus hautes et plus nobles et qui se sont efforcés pendant des années de suivre le Sentier ne
devraient-ils pas être des exemples de foi et d'espérance en ces temps troublés? Nous devrions être
semblables à des forteresses offrant protection à ceux qui n'ont pu avoir cette grande illumination
dont nous avons eu le privilège de bénéficier. Et, avant tout, nous devrions exercer une influence
régénératrice dans cette crise mondiale.

Dans la leçons ci-jointe (devenue le chapitre 9 des "Enseignements d'un Initié, tome 1) j'ai fait
ressortir les causes secrètes qui, par le passé, ont produit et ont fertilisé les semences qui,
aujourd'hui, se sont développées sous la forme du présent cataclysme. J'ai aussi fait allusion à la
manière

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dont nous semons aujourd'hui les graines de notre avenir, heureux ou malheureux, ceci dans
l'espoir que vous allez concentrer vos pensées d'une façon constructive dans la direction indiquée,
tout en propageant, autour de vous, les idées présentées. Beaucoup de souffrances pourraient être
évitées dans le futur, car les pensées sont des choses réelles et, pour peu qu'elles soient en
harmonie avec le plan cosmique, dans lequel tout concourt au bien, elles porteront sûrement leurs
fruits.

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LETTRE NO 95 - Octobre 1918


L'ATTITUDE OPTIMISTE ET LA FOI DANS LE BIEN FINAL

Si l'un de vos proches était sur le point de subir une opération chirurgicale, il est probable que vous
vous feriez du souci à son sujet et que vos sentiments passeraient alternativement de la crainte à
l'espérance. Tantôt l'une de ces émotions aurait le dessus, tantôt l'autre - mais pensez un peu à
l'effet qui serait produit sur le patient si vous exprimiez à chaque instant vos doutes et vos
inquiétudes. La crainte exerce toujours un effet nuisible et affaiblissant, de nature à augmenter la
difficulté qu'éprouve le patient à se guérir. N'oublions pas qu'un malade perd son assurance et se
montre beaucoup plus négatif que lorsque sa santé était bonne. Ainsi, même en désirant faire tout ce
qui est en votre pouvoir pour aider le malade, votre état d'esprit et le fait de lui confier vos
appréhensions l'entraverait énormément.

Il se passe quelque chose de semblable dans le monde à l'heure actuelle, car le genre humain est en
train de subir une opération, devenue nécessaire, de cataracte spirituelle. Les peines et les
souffrances occasionnées par la présente guerre font beaucoup pour arracher de nos yeux les
concrétions matérialistes qui obstruaient notre vision et pour diminuer l'épaisseur du voile qui nous
sépare de nos "morts-vivants". Cette opération est extrêmement douloureuse, et tout être humain
capable d'éprouver des sentiments ne peut

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s'empêcher de sympathiser avec ceux qui sont réellement au milieu de la tourmente. Mais si nous
sommes fermement convaincus du fait que "les pensées sont des choses réelles", nous avons le
devoir sacré d'adopter l'attitude la plus optimiste possible, malgré les temps que nous traversons.
Je ne doute pas que chaque étudiant du Rosicrucian Fellowship fasse et donne tout ce qu'il peut
pour atténuer les peines et les souffrances dans les pays immédiatement affectés, mais c'est la très
importante attitude optimiste que beaucoup ont tant de peine à cultiver et à conserver. Néanmoins,
nous avons le devoir d'adopter cette attitude, notamment à la lumière de notre connaissance plus
grande du but poursuivi, qui sera sûrement atteint avec le temps. Nous ne pouvons évidemment
nous réjouir de ce que cette tourmente sévisse, mais nous pouvons être reconnaissants de savoir
que nous pouvons aussi bien compter sur les grands bienfaits qu'en retirera le monde en général,
que nous pouvons nous attendre au lever du soleil chaque matin et à son coucher chaque soir.

Nous avons une fois absolue dans la sagesse et la toute-puissance divines. Nous savons qu'il est
faux de dire que "la nature n'est que dents et griffes menaçantes", comme l'exprimait un pessimiste.
En dépit de ce qui peut paraître à notre vision limitée, la bienveillance est le facteur qui gouverne
l'évolution du monde.Il faudrait donc que chacun de nous se montre à la hauteur de l'obligation
sacrée de toujours s'efforcer d'avoir une attitude optimiste et de toujours manifester notre foi
inébranlable dans le bien final qui ne manquera pas de résulter des conditions actuelles. Rappelons-
nous qu'en travaillant dans le sens de l'évolution, nous sommes comparables à celui qui rame dans
le courant: nos efforts auront un effet plus grand que si notre attitude est contraire au bien général.

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LETTRE NO 96 - Novembre 1918 - VOULEZ-VOUS NOUS RENDRE SERVICE?

Ne pouvant, pour des raisons de poids et de frais de port, mettre davantage de textes dans nos
enveloppes, j'espère que vous me pardonnerez d'avoir, au lieu de traiter comme de coutume un sujet
spirituel, utilisé l'espace de notre lettre de ce mois pour vous prier d'aider à la diffusion de nos
enseignements.

Nos étudiants ne s'intéressent pas tous à l'astrologie, mais nos livres d'astrologie sont de puissant
propagateurs de notre philosophie, en raison du fait qu'ils font ressortir le côté religieux de
l'astrologie, tout en faisant de la réclame pour la "Cosmogonie" et nos autres ouvrages
philosophiques. Grâce à eux, nous pouvons atteindre une classe de personnes qui, autrement, ne se
seraient pas intéressées aux enseignements rosicruciens. Par conséquent, tout effort en vue de
diffuser nos livres d'astrologie est en même temps une propagande pour notre philosophie.

Jamais moment plus propice ne s'est présenté pour introduire nos publications astrologiques. Les
autorités britanniques ont interdit l'exportation de livres et rationné le papier, si bien que peu
d'éphémérides seront imprimées et qu'aucune d'elles ne sera exportée. Avant la guerre, un éditeur
de Londres avait le monopole de ces publications, difficiles à obtenir et d'un prix assez élevé. Ce prix
ayant encore doublé, The Rosicrucian Fellowship a entrepris le

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prodigieux travail de publier de meilleures éphémérides pour la moitié de ce prix. Ce travail, qui nous
a pris une année d'efforts acharnés, s'est achevé en juillet de cette année, presque au moment même
où les autorités britanniques décrétaient l'embargo mentionné sur les exportations de livres, ce qui
aurait mis les astrologues du monde entier dans l'impossibilité de se procurer les données
nécessaires, si nos éphémérides n'avaient pas déjà été en vente.

Ceux qui les ont reçues en sont reconnaissants et ne tarissent pas d'éloges sur la clarté de leurs
grands caractères, leur disposition pratique et leur prix modique, mais des milliers de libraires et
d'astrologues ne connaissent pas nos éphémérides. Ils sont restés sous l'impression que ces
publications ne pourront être obtenues avant la fin de la guerre, et nous aurions besoin de votre aide
pour corriger cette idée et les mettre en rapport avec The Rosicrucian Fellowship. Vous contribuerez
ainsi à la fois à la diffusion des enseignements occultes et astrologiques, car, comme déjà dit, quand
l'un d'eux est porté à l'attention de quelqu'un, l'autre l'est automatiquement.

Pourriez-vous visiter, dans votre localité, les libraires vendant des livres d'occultisme et leur
demander s'ils connaissent les publications du Rosicrucian Fellowship? Dites-leur qu'avant la
guerre, les éditeurs anglais vendaient environ un demi-million d'éphémérides par an; leur prix est
actuellement de 50 Cents la pièce par année écoulée, mais nous avons maintenant publié de
meilleures éphémérides pour les 60 ans de 1860 à 1919, qui se vendent 25 Cents l'année. En outre,
un très généreux rabais sera consenti aux revendeurs sur ce prix. Nous vous serions également
reconnaissants de nous indiquer les adresses de ces libraires.

PAGE 283

Si vous avez des amis qui s'intéressent à l'astrologie et qui ne connaissent pas The Rosicrucian
Fellowship, veuillez nous indiquer leur adresse, afin de nous permettre de leur offrir nos
éphémérides, la Table des Maisons, ainsi que notre grand nouveau livre, le "Message des Astres",
que nous sommes en train de publier. Nous comptons sur votre entière coopération en ce domaine,
car vous travaillerez ainsi dans l'intérêt du Rosicrucian Fellowship, tout en aidant très efficacement à
propager les enseignement de nos Frères Aînés, que nous aimons tous.

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LETTRE NO 97 - Décembre 1918


COMMENT PROLONGER LA VIE DE L'ARCHÉTYPE

Cette lettre aux étudiants est la dernière de l'année; et il va de soi qu'à la fin de chaque cycle annuel
nos pensées se concentrent sur la fuite du temps et la brièveté de l'existence dans ce monde. Cela
nous fait aussi sentir combien le temps est précieux, en nous rappelant que nous sommes
responsables de son meilleur emploi, car "que servirait-il à un homme de gagner le monde entier, s'il
perdait son âme?" (Marc 8:36). Le moment des semailles est venu, et on nous dit que "à qui il a été
beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé" (Matthieu 25:14-30). Par conséquent, nous devrons
rendre compte de ce que nous avons fait ou négligé de faire, et cela dans une plus grande mesure
que d'autres qui n'ont pas eu cette connaissance intime du plan divin, telle que nous l'ont accordée
les Frères Aînés.

Dans cette ordre d'idées, rendons-nous compte que tout acte d'un être humain exerce un effet direct
sur l'archétype de son corps. Si cet acte est en harmonie avec les lois de la vie et de l'évolution, il
renforce l'archétype et tend à prolonger une vie dans laquelle l'intéressé passera par le maximum
d'expériences et développera son âme dans la mesure des conditions où il se trouve et de sa
capacité d'apprendre. Il aura donc besoin de se réincarner moins de fois pour atteindre à la
perfection que celui qui se dérobe aux

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tensions de la vie et tâche d'échapper à ses fardeaux, ou que celui qui utilise ses forces de façon
destructrice. Chez ces deux dernières classes d'êtres, l'archétype est, pourrait-on dire, "tendu", et il
se rompt de bonne heure. Ainsi, ceux dont les actes sont contraires à la loi abrègent leur vie et
doivent se réincarner plus souvent que ceux qui vivent en harmonie avec cette loi; et ceci est une
illustration du passage biblique nous exhortant à "faire le bien, afin de pouvoir vivre longtemps dans
le pays".

Cette loi s'applique à tous, sans exception, mais elle revêt une plus grande importance dans la vie de
ceux qui collaborent consciemment avec les lois de l'évolution que dans celle des autres. La
connaissance de ces faits devrait décupler, sinon centupler notre enthousiasme et notre zèle pour le
bien. Même si nous avons commencé, comme on dit, "tard dans la vie", nous pouvons facilement
amasser davantage de "trésors" durant ces quelques dernières années de notre vie qu'au cours de
plusieurs vies antérieures. Et, avant tout, nous nous plaçons dans les meilleures conditions pour
prendre le départ bien plus tôt dans les vies suivantes.

Espérons donc que nous aurons tiré le meilleur avantage de l'année qui s'en va, et préparons-nous à
redoubler d'efforts dans la suivante.

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LETTRE 98 - Janvier 1919 - LA LOI DU SUCCES EN MATIERE SPIRITUELLE

Il semble indiqué de commencer notre correspondance de 1919 en vous souhaitant bonheur et


succès pour la nouvelle année, mais, comme dit le proverbe: "Si les souhaits étaient des chevaux,
les mendiants rouleraient carrosse." Pour assurer le succès et le bonheur, il faut quelque chose de
plus que des souhaits, mais il se pourrait que les miens portent davantage de fruit si je vous
explique la loi du succès.

Les étudiants de The Rosicrucian Fellowship savent que la "chance" n'existe pas, et ils sont
absolument d'accord avec Méphisto quand il dit, dans le drame de Faust:

"Le sot ne s'aperçoit jamais Combien la chance est liée au mérite. S'il possédait la pierre
philosophale, Gageons qu'elle serait sans philosophe!"

Mais ici, une question se pose à beaucoup d'entre vous: est-il possible de réduire le succès à une
loi?

Oui, il existe une loi du succès, aussi sûre et immuable que n'importe laquelle des autres lois
cosmiques. Toutefois, bien qu'ayant uniquement l'intention de traiter de son application aux choses
spirituelles, je ne voudrais pas vous cacher qu'elle s'applique aussi avec un

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succès certain aux affaires matérielles. Mais avant de l'utiliser dans cette direction, veuillez bien
réfléchir au fait qu'une telle action équivaut à un suicide mental, car "vous ne pouvez servir à la fois
Dieu et Mammon" (Matthieu 6:24). Cherchez plutôt en premier le "Royaume de Dieu et sa justice et
toutes choses vous seront données par surcroît" (Matthieu 6:33). Ayant vécu des années sur la
véracité de cette promesse, je puis attester qu'il en est bien ainsi.

La loi du succès peut donc s'énoncer comme suit:

Premièrement, déterminez avec clarté et précision votre désir, qui devrait être désintéressé et dont la
réalisation ne devrait pas vous faire perdre l'équilibre: développement du pouvoir de guérison, vision
spirituelle, activité d'aide invisible, don de la parole pour transmettre à autrui le message rosicrucien,
etc.

Deuxièmement, une fois que vous avez bien défini votre but, n'entretenez jamais, fût-ce pour un
instant, une pensée quelconque de crainte ou d'échec, mais cultivez une attitude de détermination
invincible pour l'accomplissement de votre désir en dépit de tous les obstacles. Ayez constamment
présente à l'esprit la pensée: "je peux et je veux".

Ne commencez pas à faire des plans pour réussir dans votre entreprise avant d'être arrivé à une
attitude de confiance absolue en vous et en votre capacité d'accomplir ce que vous désirez, car un
mental ébranlé par la moindre crainte d'échouer ne saurait faire des plans susceptibles de réussir
pleinement. Soyez donc patient, et ne manquez pas de commencer par cultiver une foi absolue en
vous-même et en votre capacité de réussir malgré les difficultés.

Une fois arrivé au point où vous serez pleinement persuadé de votre capacité de réussir et
positivement déterminé à faire tout ce qu'il faudra pour y

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arriver, il n'est pas, sur terre ou dans les cieux, de pouvoir capable de vous résister dans cette
entreprise particulière, et vous pourrez alors commencer à faire vos plans concernant la manière de
procéder pour réaliser, avec la certitude de succès, le désir de votre coeur.

J'espère que vous allez appliquer cette loi avec zèle pour votre croissance spirituelle, non seulement
dans l'année qui s'ouvre, mais pour toutes celles qui suivront.

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THE ROSICRUCIAN FELLOWSHIP (voir leçon XXXX 26)


Autrefois, même dans une époque aussi proche de la nôtre que la civilisation grecque, la Religion,
les Arts et la Science faisaient l'objet d'un enseignement conjoint dans les Temples des Mystères.
Toutefois, pour que chacune de ces branches puisse continuer à se développer, il était devenu
nécessaire qu'elles soient séparées pour une certaine durée.

Pendant ce qu'on a appelé "l'Age de l'Obscurantisme", ou Moyen Age, la Religion était toute-
puissante et maintenait la Science et les Arts sous une étroite tutelle. Vint ensuite la Période de la
Renaissance, où s'affirmèrent les Arts sous toutes leurs formes. Toutefois, la Religion continuait à
être aussi puissante que précédemment, aussi les Arts ne lui ont été que trop asservis. Finalement,
la Science est venue au premier plan et, de sa main de fer, elle a subjugué la Religion.

Les chaînes dans lesquelles la Religion enserrait la Science avaient été très funestes pour
l'humanité, mais tout au moins l'homme entretenait un idéal supérieur, car il espérait en une vie
meilleure et plus élevée. Aujourd'hui, le fait que la Science étouffe la Religion est infiniment plus
désastreux car maintenant l'Espérance elle-même, le seul don que les Dieux aient laissé au fond de
la Boîte de Pandore, pourrait disparaître devant le Matérialisme et l'Agnosticisme .

Un tel état de choses ne saurait durer, car une réaction doit intervenir si l'on veut éviter que
l'humanité détruise le Cosmos. Pour prévenir une telle calamité, il faut que la Religion, la Science et
les Arts s'unissent à nouveau en une expression plus élevée du Bien, de la Vérité et de la Beauté
qu'avant leur séparation.

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Toutefois, une religion spirituelle ne peut s'unir à une science matérialiste, pas davantage que de
l'huile ne pourrait se mélanger à de l'eau et, pour cette raison, des mesures ont été prises afin de
rendre la Science plus spirituelle et la Religion plus scientifique.

Au XIIIe siècle, un Instructeur d'une haute spiritualité, portant le nom symbolique de Christian
Rosenkreuz (le Chrétien à la Rose et à la Croix) est apparu en Europe pour commencer ce travail
d'unification. Il a fondé l'Ordre mystérieux de la Rose-Croix dans le but d'apporter les lumières de
l'Occultisme à la Religion Chrétienne si mal comprise, et d'expliquer les mystères de la vie et de
l'être au double point de vue scientifique et religieux.

Au cours des siècles passés, les Rose-Croix ont oeuvré dans le secret, mais aujourd'hui le temps est
venu de rendre publics des enseignements à la fois définis, logiques et cohérents concernant
l'origine, l'évolution et le développement futur du monde et de l'humanité; de montrer à la fois
l'aspect scientifique et religieux de ces notions, de diffuser des connaissances sans rien affirmer qui
ne soit appuyé par la raison et la logique. Telle est la philosophie promulguée par The Rosicrucian
Fellowship; elle satisfait le mental en donnant des explications claires; elle ne fait pas de pétitions de
principe ni n'élude les questions. Elle offre une solution raisonnable de tous les mystères, mais - et
ceci est très important - les Rose-Croix ne considèrent pas la compréhension intellectuelle de Dieu et
de l'Univers comme un but en soi ; loin de là. Plus l'intelligence est développée, plus grand est le
danger d'en mésuser, et c'est pourquoi des enseignements scientifiques sont uniquement donnés
aux hommes pour que leur coeur puisse croire ce que leur intelligence a sanctionné et s'appliquer à
vivre de la vie mystique qui, seule, pourra nous apporter la vraie Fraternité.