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MICHELMXËAL

Emi)ie qu'a son âge il y<cf/ mat de faire la jolie?

disons

grave ». Nous avons même un composé Mï~'c~

/M~f'<!y?/, ou l'on a voulu voir le préfixe germanique M~M'c, M!M' qui est dans MM.Me-y. Mais ce préUxe est d'origine. latine. C'est l'adverbe latin M!MM~ employé en manière de

Nous

« Une parole, mal séante dans la bouche d'un homme

participe

négation le vieux mot français M~cAe/'est représenté en espa- gnol par M!<;Moscf<<"9 (1).

On ne risquera donc pas de trop s'égarer si l'on cherche chez

les anciens une association d'idées pareille.

imposante famille de mots comme npsnM'<' « convenable )),

su~pe~ « décent,

Cette grande et

beau )', ~eY~.onps~, « magnifique, géné-

reux )'. se ramené en dernière analyse à une idée de costume. Il s'agit maintenant d'examiner d'un peu plus près ce verbe T~!T:M. La plupart des savants qui s'en sont occupés ont voulu y voir la réunion de deux mots, la préposition ~po et quelque verbe qui restait a trouver. C'est ainsi que Bcnf'ey avait pensé au verbe sanscrit <~ « atteindre », précédé de T:p6. Mais si l'on

veut bien se rappeler l'imparfait E'~p~~ov,par exemple en ce vers d'Homère où il est parlé d un guerrier qui se distinguait entre tous

6 0 STtO!~ X9".S'.K C', m[~TM'

en voyant l'augmenta sa place en tête du mot, on sera conduit a penser que ~p~~ ne contient aucun préfixe. Aux alentours de Ttasru nous trouvons un substantif dont ta

ressemblance avait déjà frappé Buttmann, quoiqu'il ne sût au juste qu'en faire, c'est le substantif nop~T-j « agrafe, boucle ». La boucle peut nous ramener au costume et a l'arrangement en

général. De 7:6?~ vient le verbe ~op~u Encore aujourd'hui nous entendons

peut ou qu'on ne peut pas boucler. ce qui s'adapte et ce qui s'arrange.

« agrafer, boucler ».

qu'on

parler de budget De même ~p~o'

c'est

(1) En a)touahd, /)nMe<t,/tden, H/t~e/te't expriment la u)'mc métaphore.

n)'E)<Ef<fJLCONV)EKT))

»

lis

Nous pouvons donc, en suivant cette indication, examiner si

le verbe n~nu,

qui, employé comme verbe neutre,

signifie

« convenir », n'a pas eu anciennement, comme verbe transitif,

le sens « adapter, ajuster H. II serait surprenant

laissé, en ce dernier sens, quelques représentants dans la langue.

qu'il n'eût pas

Nous croyons qu'il en a laissé au moins deux

l'un dans la

langue médicale, l'autre dans la langue religieuse. Lamembranequi, à l'intérieur du corps, maintient les organes

supérieurs et les sépare des organes inférieurs, ce que la phy- siologie moderne appelle le diaphragme, s'appelle ~p~< au pluriel ~px~.Ss,, littéralement celle qui ajuste, qui fixe. On sait

que le pluriel Tr?'xmS~ est souvent employé en poésie comme signifiant « âme, pensée, prudence ». C'est l'une des nombreuses

localisations qu'on a faites de l'intelligence. La raison de cette localisation se devine. Nous sentons la poitrine qui se resserre ou qui se dilate sous l'action de certaines pensées, de certains sen- timents c'est ce qui a valu aux ~px~S~, ainsi qu'au cœur, l'honneur d'être considérés comme le siège de notre vie morale. Hpx~ est un dérivé de npsrcM avec le changement de l'e en at

que nous trouvons dans Tp~M au lieu de ~p6T:u, <r-:pK-BMpour

yTpstu. L'autredérivé nous est fourni par la. langue religieuse, car on sait qu'à toutes les époques et chez tous les peuples, la reli-

locutions, comme elle reste

gion aime à conserver les vieilles

attachée aux anciennes coutumes. Elle est donc une mine pré* cieuse pour le ph))o)oguc. Elle nous a conservé un dérivé de np!~M qui, déjà au temps d'Homërc, avait cessé d'être parfaite"

ment clair. De même que ~YM a donné le substantif Aoyo, ou que To~u

a fait TpMto. de même le verbe nps~M a donné nponot, qui

n'existe plus à l'état isolé, mais qui subsiste dans le composé ~0'noo~o, et dans son dérivé 9:onpo~o~. Homère, en parlant de Calchas, lui donne les deux qualifications Q~o~po~o~, o?.M-~9"

îl semble bien que le mot; déjà au temps d'Homère,

ne soit

plus parfaitement compris. On l'explique par et ~.rs~, en