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LES NOUVEAUX CARNETS DE L'AITEC

AUTOMNE 2012

Edito
L’Assemblée générale de l’Aitec a eu lieu en septembre
L’ampleur des crises à l’échelle internationale, une situation politique en France marquée par la « gauche des petits et grands renoncements », l’austérité, les licenciements boursiers, le démantèlement des services publics et de la protection sociale, la crise du logement et de la ville créent une situation où le développement d’une expertise citoyenne s’inscrivant au cœur des luttes et confortant l’émergence de propositions alternatives en appui au mouvement social relève d’une véritable évidence, voir d’une impérieuse nécessité. Cet objectif qui a toujours constitué le fondement de notre projet associatif est donc plus que jamais d’actualité. Mais c’est justement aussi ce contexte qui nous impose un « moment de vérité » où il convient de réexaminer nos engagements et nos priorités. Il convient cependant de s’interroger si ces thèmes sont ceux qui prioritairement doivent nous mobiliser compte tenu des enjeux de la période. Quels sont les thèmes où « la plus-value de l’expertise citoyenne apportée par l’Aitec» est la plus pertinente ? Il est certain qu’il nous faut consolider l’articulation du travail de l’Aitec entre engagements dans les mouvements, bataille dans les champs de l'expertise et mobilisation des « professionnels ». Il s’agit aussi de travailler sur les formes que cette articulation doit prendre aujourd'hui compte tenu des enjeux de la période, des questions posées par les luttes et mouvements mais aussi dans le contexte d’un changement générationnel des membres de l’Aitec. Il faut s'interroger sur la manière d’impliquer au mieux les membres, et tirer partie de la richesse d’un collectif politique reflétant différentes facettes. Cette Assemblée générale avait pour but de consolider les évolutions en cours. Mais aussi de souligner les difficultés présentes, en particulier concernant notre capacité à financer nos activités. Nous devons ainsi apporter des solutions innovantes concernant notre fonctionnement et le modèle économique qui permet d’adosser nos activités. Dans cette tâche, nous avons besoin de tout votre soutien !

Un réseau de professionnels, de chercheurs et de citoyens engagés dans le mouvement social. Une expertise citoyenne et des propositions alternatives sur l’habitat, le commerce, la financiarisation des ressources naturelles.

AGENDA
Manifestation et réoccupation de Notre-Damedes-Landes
NDDL, 17 novembre

Regards croisés de femmes en lutte: Chemins vers un féminisme sans frontières
CICP, du 16 au 18 novembre

Quels enjeux d'un FSM dans la région MaghrebMashreq?
CICP, 21 novembre à 18h

Conseil d’administration de l’Aitec
CICP, 24 novembre à 15h-17h30

Débats publics et fête du CICP
CICP, 24 novembre, à 17h

Séminaire Financiarisation et collectivités territoriales
Mairie du 2ème, Paris, 14 décembre -10h à18h

La politique européenne et les transnationales françaises en Amérique latine
Maison des association, Paris 14è, 18 décembre, 19h

Forum social mondial
Tunis, Tunisie, du 26 au 30 mars 2013

AITEC 21 ter rue Voltaire 75011 Paris 0143712222

contact.aitec@reseau-ipam.org http://aitec.reseau-ipam.org

L es

activités de l’AITEC

Habitat-logement
Lancement du site Internet Basta/Aitec : l’actualité du droit au logement
L'Aitec et Basta Mag s'associent et ont lancé début septembre un site internet pour décrypter les politiques du logement et l'actualité du droit au logement et à la ville. À travers différents articles d’actualité, brèves, interviews, articles de fonds, mais aussi un regard plus graphique sur la ville et l’habitat, Basta et Aitec lient leurs savoir-faire journalistiques et d’expertise citoyenne pour décrypter des sujets fondamentaux comme le droit au logement mais souvent trop technicisés. Le nombre de mal logés, en constante augmentation, est là pour nous rappeler que nous sommes en état d’alerte. Les revendications et propositions défendues par le milieu associatif militant, aux niveaux local, national, international, sont nombreux et variées mais souvent mal relayées. En matière de logement et d’action publique, quelle complexité ! La mairie, le département, la région, l’Etat interviennent sans qu’on sache qui est responsable de quoi. De l’hébergement à un logement décent, le circuit n’est pas clair. On continue de voir le nombre de mal logés augmenter chaque année, les expulsions continuent sans que soient proposées des solutions de logement, on écarte les plus pauvres aux périphéries de nos villes. Le niveau de technicité nécessaire pour comprendre les politiques du logement et les enjeux est de plus en plus grand. Nous refusons que le débat politique soit ainsi confisqué ! A la complexité, nous répondons par un site de décryptage et de partage d’informations. Avec ce site, nous voulons rassembler des contributions simples sur des questions compliquées, identifier les propositions des mouvements sociaux pour montrer leur diversité et leur richesse, nous voulons que les politiques publiques et les revendications associatives soient mises en débat. L'Aitec et Basta Mag, en collaboration avec leurs partenaires (DAL, No-Vox, HIC, FAP etc...) ont donc créé le site L'actualité du logement pour décrypter ces questions, et ramener le débat au niveau citoyen. Ce site internet est au cœur d'un projet plus global qui comprend une série de débats, rencontres et formations qui auront lieu au cours de l'année 2013. Vous souhaitez diffuser vos réflexions et travaux de recherche sur le logement et l'habitat à un large public? N'hésitez pas à nous faire part de vos idées d'articles, de contacts intéressants à interviewer, en contactant Charlotte Mathivet (charlotte.aitec@reseau-ipam.org)! Retrouver le site sur : http://www.bastamag.net/logement

Lancement et présentation du Passerelle "Le logement en Europe: délogeons la crise" au Forum social urbain à Naples.
Plus de soixante personnes ont assisté au lancement de la publication Passerelle, coordonnée par l'Aitec, au Forum social urbain, à l'Ex Asilo Filiangieri dans le centre de Naples, mardi 4 septembre. Après la présentation du livre et des différentes expériences, s'est tenu un débat avec la salle avec constat partagé sur la nécessité d'une coordination des organisations et mouvements européens sur les thèmes du logement et de la ville. Cela a donné lieu par la suite à d'autres réunions de coordinations avec des représentants de différents pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Portugal, Turquie). 600 exemplaires de la publication en français et anglais ont été diffusés lors du FSU et du Forum urbain mondial. Plus d'information sur le FSU dans la rubrique « Mobilisations » ci-dessous.

Le collectif pour un Pôle Public financier rassemble des organisations syndicales des banques publiques (Banque de France, Caisse des dépôts et consignations, Banque Postale) et des banques qui ont encore des missions de service public (Crédit Foncier, Caisses d’épargne), ainsi que des associations (DAL, ATTAC, Aitec, Fondation Copernic). Il s’agit de faire en sorte que les réorganisations en cours du secteur financier public servent la population autour de cinq droits : emploi et revenu décent, inclusion bancaire des particuliers, financement de services publics de qualité et de proximité, droit au logement et droit à la conversion écologique de l’économie. Sur le financement de ces cinq droits le collectif a élaboré des cahiers de revendication qu’il promeut auprès des élus de gauche concernés. Il a aussi élaboré un schéma d’organisation de la mise en réseau des établissements du secteur financier public. Il développe ces revendications pour l’ensemble des territoires y compris le monde rural, les DOM et les banlieues. Le collectif se réunit tous les quinze jours pour faire le point sur les réformes et les luttes en cours. Il organise également des séminaires pour approfondir certaines questions avec les formations politiques de gauche, les associations qui le suivent. L’animateur du collectif Loic Daguzan réalise une revue de presse, diffusée à 200 exemplaires, à peu près tous les deux jours sur tout ce qui se passe sur le front de la finance publique. Actuellement le collectif est particulièrement actif dans les domaines suivants : – Le logement et le risque de disparition des programmes d’accession à la propriété pour les plus modestes portés par le Crédit immobilier de France – Le financement des entreprises et le développement de l’emploi avec le projet de Banque Publique d’investissement du gouvernement, qui ne répond pas aux critères sociaux et environnementaux que souhaite promouvoir le collectif en utilisant l’expertise de la Banque de France. – La lutte contre la menace de réduction des implantations territoriales de la Banque de France (traitement du surendettement, information économique). – La lutte pour une centralisation complète de l’épargne sur livrets à la Caisse des dépôts et consignations afin d’accroître les moyens de financer le logement et le développement durable.

Rencontres nationales du logement et de l’habitat à Aubagne
La communauté d’agglomération d’Aubagne a initié une démarche originale en mai 2011 en organisant une initiative rassemblant des syndicats, associations, acteurs nationaux de l’habitat et du logement et comportant des ateliers organisés avec les habitants sur le thème : « 5 ans pour résoudre la crise du logement ». En 2011 l’Aitec avait contribué au débat d’ouverture, aux côtés des fondations Gabriel Peri, Terra Nova et Copernic, concernant le diagnostic de la situation et les enjeux à prendre impérativement en compte dans les mois à venir. L’édition 2012 s’est déroulée le 9 novembre à Aubagne et a rassemblé prés de 400 participants. Il s’agissait de faire le point sur les propositions qui avaient émergées lors de la précédente édition et de les confronter aux premières mesures et annonces prises par le nouveau gouvernement. Sur de nombreux points la plupart des participants ont souligné la nécessité d’aller plus loin et de proposer des mesures qui s’attaquent davantage aux causes structurelles de la crise du logement. Comment fonder un véritable service public ou une sécurité sociale du logement permettant de rendre effectif le droit au logement ?

L’Aitec a introduit un des ateliers participatifs de cette nouvelle édition qui avait pour thème « Donner aux collectivités des outils pour développer une offre plus massive de logements sociaux accessibles à l'ensemble des revenus modestes ». La contribution aux débats présentée par Jean Pierre Troche s’est appuyée sur une partie des thèmes développés par le groupe urbain de l’Aitec: les conséquences de la financiarisation du marché du logement et la nécessité d'une régulation des marchés plus large qu'un simple encadrement des loyers. Il est d’une part nécessaire d’organiser une baisse des loyers dans certaine zones et d'autre part, les collectivités territoriales, en particulier les intercommunalités, peuvent jouer un rôle essentiel « d’autorité organisatrice » de cette régulation grâce à de nouveaux outils fiscaux (fiscalité foncière et fiscalité sur les transactions foncières et immobilières à caractère spéculatif) qui permettraient de redistribuer territorialement des moyens financiers visant à mettre en œuvre le droit au logement et aussi le droit à la ville. La gouvernance citoyenne des politiques de logement et la mise en œuvre du droit au logement. Cette dimension est souvent oubliée des débats actuels sur la territorialisation des politiques de l'habitat. L’organisation d’un véritable service public local du logement (qui traite aussi bien du logement social que du parc privé) devra comporter des instances de gouvernance, contrôle et évaluation citoyenne. En dernier lieu, la question du logement social a été évoquée : quelles propositions pour développer le logement social dans le contexte des enjeux actuels, mais aussi la nécessité de clarifier ce qu’est un logement social et ce qui n’en est pas un. Aujourd’hui de nombreux logements qualifiés de sociaux et financés comme tels, ne sont pas économiquement accessibles aux plus modestes. Les aides à la pierre et le mode de calcul des aides à la personne doivent être revus pour rendre économiquement accessible tout logement social aux personnes ayant des revenus faibles.

Commerce-finances
Politiques commerciales de l’UE
Lancement de la campagne « Face à la crise, importons les alternatives ! »
Dans la continuité de la campagne « Stop à l'accaparement des ressources du Sud par l'Union européenne », l’Aitec, avec ses partenaires européens, a choisi de poursuivre ce travail en explorant les réponses et les alternatives défendues par les mouvements sociaux et citoyens face à cette stratégie d'appropriation agressive déployée par l'UE et ses multinationales. Dans le cadre de cette nouvelle campagne « Face à la crise, des alternatives en marche », elle publie : • Un rapport politique "Au lieu d'exporter la crise, importons les alternatives ! Quand les peuples du Sud redéfinissent les politiques commerciales" rassemblant les contributions de plusieurs mouvements d’Afrique, Asie et d’Amérique Latine, sur les questions agricoles, l’accès durable et équitable aux matières premières, la défense du droit à l’eau, ou encore les coopérations régionales, téléchargeable : http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1280

• Une note d’analyse "Face à la crise, des alternatives en marche. Quand les peuples décident de
leur futur" faisant la synthèse des principaux enseignements de ce rapport, téléchargeable ici : http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/Rapport_def_2_Noir_ok_DEF.pdf

• Une vidéo présentant cette campagne : https://vimeo.com/52395707#at=0 • Un supplément Altermondes n°31 "Quelles Alternatives aux politiques commerciales de l’Union
européenne ?", téléchargeable ici : _Politiques_commerciales_UE.pdf http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/Supplement_AITEC_-

Tous ces outils de campagne, à diffuser largement, sont disponibles sur le site de l'Aitec à cette adresse : http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?rubrique230 et en version papier à l'Aitec. N'hésitez pas à demander des exemplaires en écrivant un mail à fannys.aitec@reseau-ipam.org

Ces publications ont été présentées lors de l'Université d'été d'Attac à Toulouse et du Symposium du Cetim organisé à Genève du 1er au 3 novembre dernier (« A qui profitent les accords de libre-échange ? »), avec un accueil très enthousiaste. Le 18 décembre à 19h à la Maison des associations du 14è (22, rue Deparcieux), l'Aitec présentera également ce travail lors de la rencontre « La politique européenne et les transnationales françaises en Amérique latine », organisée par France Amérique Latine. Ce travail exploratoire s'inscrit dans une perspective de long terme et nous espérons qu'il continuera à être alimenté par de nouvelles contributions.

Campagne européenne contre la ratification de l’Accord de libre échange UE / ColombiePérou
Le 10 octobre dernier était prévu le vote de l'ALE UE-Colombie Pérou devant la commission INTA (Commerce international) du Parlement européen (PE), suivi dans la semaine du 22 octobre de son vote en plénière du PE. Ce vote a finalement été reporté au 27 novembre pour la commission INTA et dans la semaine du 11 décembre au Parlement européen. Alors que que nous entrons dans la phase finale du processus de ratification de cet accord au niveau européen, les organisations et mouvements latino-américains et européens ont envoyé à tous les membres du Parlement européen et à la commission INTA, une lettre réitérant leur profonde opposition à la signature de cet accord, accessible ici: http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/Lettre_ALE_oct_25.pdf. Les syndicats européens, réunis à Bruxelles le 9 octobre, ont eux aussi interpellé les parlementaires européens leur demandant de voter contre cet accord (déclaration disponible ici – en anglais -: http://www.etuc.org/IMG/pdf/ETUC-TUCA_Colombia-Peru-3.pdf). D'ici la date du vote au Parlement européen, il est important de démultiplier les prises de position contre cet accord. L'Aitec a de son côté interpellé le gouvernement français concernant la position de sa majorité parlementaire sur cet accord, et travaille actuellement à une prise de position publique des organisations françaises. Parallèlement, l'enjeu pour l'Aitec et ses partenaires français est de préparer la campagne nationale contre cet accord, puisque celui-ci ayant étant déclaré de compétence mixte (de compétence communautaire et nationale) il devra être ratifié par le Parlement français sur lequel nous aurons très certainement plus de chance de peser. Pour plus d'information sur cette campagne, voir ici : http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1189 ou contacter Fanny SIMON (fannys.aitec@reseau-ipam.org) Retrouver également la pétition en ligne « En mon nom, ne le ratifier pas ! » sur le site : http://www.fta-eu-

latinamerica.org/fra/
Communiqué et interpellation des euro-députés contre le vote du Protocole ACAA entre l'UE et Israël au Parlement européen Le 22 octobre dernier, une vingtaine d'organisations européennes ont interpellé les euro-députés leur demandant de ne pas ratifier le protocole ACAA entre l'UE et Israël. Cette interpellation, si elle n'a pas empêché l'adoption honteuse du protocole ACAA par le Parlement européen le 23 octobre, aura au moins eu le mérite de dénoncer publiquement ce vote scandaleux et, pour l'Aitec, obtenir du gouvernement français qu'il demande à sa majorité parlementaire de voter contre l'adoption de ce protocole. Retrouver cidessous le Communiqué de presse publié par l'Aitec le 22 octobre : « Vote du protocole "ACAA" au Parlement européen : l'entente commerciale UE-Israël renforcée au mépris des droits humains ! » Une vingtaine d'organisations de la société civile européenne interpelle aujourd'hui [Lundi 22 octobre] les Parlementaires européens, et leur demande de ne pas ratifier, demain, le protocole ACAA avec Israël. Le Parlement européen doit se prononcer ce 23 octobre, en session plénière, sur le Protocole ACAA (Évaluation et acceptation de conformité sur les produits industriels) attaché à l'Accord d'association Union européenne - Israël. Ce protocole prévoit notamment l'entrée des produits pharmaceutiques israéliens sur le marché communautaire sans plus de vérifications de conformité aux standards européens ; il représente de fait un approfondissement des facilités commerciales prévues par cet accord d'association.

L'Accord d'association entre l'Union européenne et Israël prévoit pourtant, comme tous les accords de ce type, que les deux parties signataires s'engagent à respecter les standards internationaux relatifs aux droits humains fondamentaux. Régulièrement critique sur le comportement de l’État israélien en la matière, l'UE avait d'ailleurs suspendu les discussions relatives à l'ACAA quand l'armée israélienne avait attaqué Gaza en 2009, et la flottille pour la paix en 2010. Pour nos organisations, la ratification du protocole ACAA, si elle est confirmée demain, entrera en directe contradiction avec les demandes de longue date de l'UE pour la fin des violations du droit international dans les Territoires palestiniens occupés. Par ailleurs, elle rappellera aux opinions publiques du monde entier, et en premier lieu à celles du monde « arabe » avec lequel l'Union européenne entend négocier des accords de libre-échange approfondis (dont la Tunisie et l’Égypte)1, qu'en Europe les besoins du commerce et les intérêts des entreprises surplombent, et de très haut, les principes fondamentaux des droits de l'Homme. Télécharger la déclaration ici : http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1299 Pour aller plus loin, voir ici : http://www.waronwant.org/component/content/article/17665

« Le mutisme de l'Europe sur les mobilisations de masse en Inde n'est pas anodin ! »
-Résumé de l'article publié dans la revue Campagnes solidaires de la Confédération paysanne, du mois de novembre. Intégralité de l'article disponible ici (en français et en anglais) : http://aitec.reseauipam.org/spip.php?article1308 -Au lendemain de l'annonce du gouvernement indien des mesures de son plan de réforme économique visant à ouvrir plusieurs secteurs clés de l'économie indienne, un vent de révoltes souffle sur le pays qui s'oppose à cette nouvelle vague de libéralisation. Si l'Europe reste bien silencieuse face à ces protestations de masse, c'est qu'elle est au cœur des réformes économiques annoncées par le gouvernement indien. En effet, depuis 2007 et sous la pression active des lobbies industriels 2, l'UE et le gouvernement indien ont entamé des négociations pour la conclusion d'un Accord de libre-échange (ALE) visant à libéraliser le commerce dans les secteurs des biens et services, de l’investissement, de l'accès aux marchés publics, et à renforcer le régime des droits de propriété intellectuelle. Ces négociations sont toujours en cours mais avancent d'un bon pas malgré les menaces d'un tel accord sur les droits économiques, sociaux et environnementaux en Inde : Menace directe sur le droit à la santé des populations indiennes et plus largement du monde entier, par le renforcement du régime de droits de propriété intellectuelle demandé par l'UE. Menace directe sur le droit à l'alimentation de millions d'indiens par l'élimination des tarifs douaniers, par une protection accrue des droits des investisseurs, et surtout par l'ouverture du commerce au détail (assuré actuellement à 90 % par des petites échoppes) aux grandes chaînes de distribution avec perte d'emplois estimée entre 1,1 à 4,9 millions d'emplois en 5 ans ! [...] L'annonce du gouvernement indien d'ouvrir le secteur du commerce au détail multi-marques aux investisseurs étrangers a déclenché une grève nationale. Le 20 septembre dernier se sont ainsi des millions de manifestants – organisations de vendeurs de rue, travailleurs, petits commerçants et petits fabricants, syndicats, militants écologistes, associations de consommateurs, … – qui ont défilé dans les rues des grandes villes paralysant une grosse partie du pays avec fermeture des magasins, usines, bureaux et blocage de plus de 200 trains. Mais les médias et politiques européens semblent bien silencieux sur ce vent de révolte populaire qui a déjà réussi à faire reculer le gouvernement indien en décembre 2011 contraint de remettre sa réforme à plus tard. Nos gouvernements restent sourds – trop absorbés à défendre les parts de marchés de leurs entreprises – aux revendications du peuple indien et aux nôtres. Ce n'est qu'en unissant nos forces contre l'alliance des élites économiques et politiques que nous pourrons défendre nos droits fondamentaux. La 1 A ce sujet, voir le communiqué de presse ici : http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1271 2 A ce sujet voir ici : http://corporateeurope.org/publications/eu-india-trade-invaders-how-big-businessdriving-eu-india-free-trade-negotiations

marche non violente du mouvement Ekta Parishad, soutenue par des marches solidaires à travers le monde, a été à ce titre exemplaire : elle a réussi à obtenir du gouvernement indien l'engagement d'élaborer dans les six mois un véritable projet de réforme agraire et foncière et une redistribution des terres cultivables aux sans-terres. Alors face à l'offensive de l'UE sur les marchés indiens pour relancer sa propre croissance, dont le pendant est l'ouverture de nos marchés au détriment des droits et de la souveraineté des peuples ici et ailleurs, ne restons pas muets et dénonçons l'agression de nos gouvernements européens contre le peuple indien !

Régulations financières
L'Aitec organise le 14 décembre prochain à la Mairie du 2ème arrondissement de Paris un séminaire intitulé « Comment sortir les collectivités locales de la financiarisation ? Quelles alternatives politiques ? ». Ce séminaire s'inscrit dans son projet Vers un système financier au service du développement durable et l'Aitec souhaite investir un champ qui n'a pas encore été abordé dans le cadre de ce projet, à savoir les changements structurels des financements des collectivités locales et les conséquences de la crise financière sur le financement des collectivités locales, leur autonomie politique. Les collectivités locales sont un échelon essentiel pour la définition de politiques publiques, de la fourniture des services essentiels, de l'activité économique et des politiques de l'emploi. C'est également un échelon essentiel de la définition des politiques de solidarités (logement, formation professionnelle, insertion...). De plus, à l'Aitec, nous considérons que la transition sociale et écologique appelle un important degré de relocalisation des processus de production, de commercialisation, de consommation, l'établissement de scénarii de transition énergétique ambitieux... On parle donc bien de développement local et nous défendons deux choses : le fait que les collectivités locales doivent disposer d'une capacité et d'une autonomie politiques fortes (évidemment soumise à un contrôle démocratique) et le fait qu'elles doivent avoir les moyens de conduire ces politiques. Or la crise financière a détruit cette capacité d'action des collectivités locales, et elle a mis en évidence leur totale dépendance vis à vis des marchés financiers. Le développement durable comme la transition sociale et écologique des territoires, sont incompatibles avec le court-termisme des marchés financiers. Par ailleurs, la dépendance des collectivités locales aux marchés ruine toute marge de manœuvre du pouvoir politique. Le recours à des financements exogènes, déconnectés de la richesse produit par la ville elle-même a détruit les services au public, la solidarité et la coopération. La crise des subprimes de 2008, qui a été le déclencheur des multiples crises que nous traversons depuis, a montré les premières failles du modèle de financement des services et de la production urbaine via les marchés financiers. Il est désormais urgent de penser des alternatives répondant aux réels besoins des territoires et de leur population. Ce séminaire d'une journée se déroulera en trois temps : – La financiarisation : choix erroné ou choix assumé ? – Comment financer le développement local, l'emploi et les services publics ? – Les ressources financières des collectivités locales : Quelles sources, leurs évolutions, et quelles alternatives ? Les inscriptions sont ouvertes. Contactez Gildas Jossec (gildas.aitec@reseau-ipam.org) pour toute information complémentaire.

Alter UE

Dans le cadre du projet Alter Citizen auquel participe l'Aitec, les partenaires du projet organisent deux jours de débats les 15 et 16 novembre prochain. Temps fort de ces deux jours, une conférence intitulée « Participation, éthique et transparence : ce que les citoyens européens attendent de Bruxelles » aura lieu le vendredi 15 novembre de 9h30 à 13h.

Elle est organisée en deux grandes parties : – Le lien entre entre les régulations éthiques et la confiance des citoyens : que peut-on apprendre de l'expérience du Parlement européen et comment celui-ci peut servir à augmenter la participation des citoyens à l'échelle de l'Union européenne et dans les États membres ? – Transparence et participation citoyenne : plus d'ouverture pour plus de dialogue. Plus d'informations sur le site : http://www.eu-citizens.org

Urgence Climatique, Justice sociale
Veni, Vidi, VINCI ? Réoccupons Notre-Dame-des-Landes !!!
Communiqué de presse IPAM, jeudi 8 novembre 2012. Alors que s'intensifient les affrontements avec les forces de l'ordre, qui ont donné l’assaut le 30 octobre pour expulser les derniers habitants de la ZAD, zone où doit être construit le futur aéroport de Notre-Dame-desLandes, la résistance ne faiblit pas, bien au contraire. En ce moment et comme depuis plus de 40 ans, des milliers de personnes, issues de lieux, de luttes et de cultures diverses, se rassemblent autour de l'opposition à ce projet, dont plusieurs études indépendantes ont montré l'aberration économique, sociale et environnementale1. A court d'argument contre la pression de plus en plus importante des opposants contre ce « Grand projet inutile et imposé » (GPII), les autorités locales et nationales n'ont d'autre réponse que l'imposition de ce projet par une véritable démonstration de force, non sans rappeler les méthodes utilisées contre les manifestants s'opposant à l'extension militaire sur le plateau du Larzac. Que dire de cette situation où tout dialogue avec une population unie, organisée et fermement opposée au projet semble exclu par les autorités locales? A fortiori lorsqu'il s'agit d'un projet longtemps porté par notre actuel premier ministre et son parti politique? Il semble alors clair qu'il s'agit avant tout de défendre les intérêts du capital financier, et dans ce cas ceux du groupe sociétaire Vinci qui s'est vu confier – sous forme de partenariat public/privé - la construction et le monopole de la concession pour 55 ans, au détriment de la démocratie et des conséquences sociales, économiques et environnementales dramatiques de ce projet : accaparement de 2000 ha de terres agricoles bocagères, destruction d'une zone humide (pourtant sous haute vigilance du PNUE qui déplore la destruction de 50 % des zones humides dans le monde en un siècle), augmentation des impôts locaux et détournement des dépenses sociales au profit du financement public de ce projet (plus de 360 millions d'investissement publics engloutis dans ce projet), nuisance sonore et augmentation des gaz à effet de serre... Ce projet n’est pas seulement scandaleux par la politique de force brutale contre ceux qui s’y opposent. Il est aussi révélateur d’un projet et d’une politique qui sont totalement contestables : l'économie des Grands projets, au service d'une économie de rente et de privilèges. Les « Grands projets inutiles et imposés » (GPII) relèvent tous de la même logique : l'utilisation des capitaux disponibles du fait des profits de plus en plus importants. L’investissement est justifié par la marchandisation qui est supposée résumer l’usage sans autre considération de l’utilité sociale et des conséquences. Les Grands projets se suffisent à eux-mêmes et leurs justifications sont d’abord financières. Ils doivent d’autant plus être imposés qu’ils sont inutiles, que leur utilité n’apparaît pas déterminante pour ceux qui en subissent les conséquences. Ils participent dans leur conception et dans leur mise en œuvre des méthodes qui ont fait leurs preuves dans les différents projets de colonisation. Il s’agit du principe de la « terre vierge » nécessaire aux Grand projets, c'est-à-dire d’une situation pour laquelle il n’y a pas de droits acquis, pas de droits des occupants. Cette pratique de la table rase génère un sentiment d’insécurité et pousse à la militarisation de la production et de la société. Face à la répression violente exercée par les autorités locales et le gouvernement pour faire taire les opposant-e-s à ce projet et plus largement à tous les GPII, le réseau IPAM

• Condamne fermement les expulsions sur la zone d'occupation (ZAD) par les forces de •
l'ordre et la violence policière totalement injustifiée Dénonce l'acharnement du gouvernement à défendre un projet dont l'inutilité publique n'est plus à démontrer mais servant d'abord les intérêts financiers de la multinationale française, VINCI Soutient et appelle à rejoindre toutes les initiatives de solidarité avec les opposant-e-s au projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes2 Appelle à rejoindre la manifestation de réoccupation de la ZAD, samedi 17 novembre à Notre-Dame-des-Landes3
1Voir par exemple l'étude réalisée par le CEDPA : http://aeroportnddl.fr/articles.php?lng=fr&pg=422 2Voir les dates ici : http://acipa.free.fr/Newsletter/Agenda/agenda.htm 3Voir ici pour les informations pratiques : http://zad.nadir.org/

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10 leçons non apprises de la catastrophe du Prestige
Le Prestige, chargé de 77.000 tonnes d’oléocarburants, a sombré alors qu'il se trouvait en face de la côte galicienne. Ce naufrage est le produit d'un cumul d’erreurs politiques et de gestion qui ont empêché le navire de se réfugier dans un quelconque abri, ce qui aurait considérablement réduit le déversement après le naufrage, contaminant les côtes de Galice, des Asturies, de Cantabrie, du Pays basque et de diverses régions de France.

Ecologistas en acción a produit une brochure traduite en français sur les leçons de la catastrophe. Mais, une telle catastrophe peut-elle se répéter ? En avons-nous retenu la leçon ? Pour accéder à la brochure : http://www.ecologistasenaccion.org/article24310.html

T emps forts de l'AITEC et
mobilisations
Séminaire L'Europe et ses politiques commerciales au cœur de la crise
Les 5 et 6 octobre, l'Aitec organisait un séminaire sur « L'Europe et ses politiques commerciales au cœur de la crise mondiale » avec pour objectifs de: – Remobiliser un certain nombre d'acteurs (ONG, associations, syndicats, mouvements) sur les questions commerciales, en vue de recréer une dynamique collective sur ces questions et faciliter le travail en commun – Actualiser notre cadre d'analyse et identifier les nouvelles questions Retrouver la note introductive de ce séminaire ici :http://aitec.reseauipam.org/IMG/pdf/Note_introductive_AITEC__seminaire_L_Europe_et_ses_politiques_commerciales_au_coeur_de_la_crise_mondiale_-_oct_2012.pdf Ce séminaire (dont le compte-rendu devrait être envoyé dans les prochaines semaines) a réuni sur 1 journée et demi une soixantaine de personnes, issues de plus de 25 organisations. Cette participation, quoiqu'étalée sur un jour et demi, est en soi une réussite étant donné le peu d'acteurs aujourd'hui mobilisés sur ces questions. Par ailleurs, il a permis de remettre la question de la libéralisation des échanges et l'agressivité des politiques commerciales européennes au cœur de notre analyse sur la crise. Cela a également été l'occasion de réinterroger les rapports de force sur la scène géopolitique mondiale (montée des émergents et alliance des forces capitalistes au delà des frontières) et de repenser nos

alliances à partir des mouvements et non pas en terme de division Nord/Sud. Enfin, au-delà du travail d'analyses et de réflexions sur les dynamiques actuelles, ce séminaire a débouché sur la constitution d'un petit groupe de travail au niveau français sur les politiques commerciales européennes (avec la participation d'Attac , Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, FAL, Espace Marx, un représentant du collectif contre les GdS, AGTER). Une liste de discussion « info-commerce » a d'ores et déjà été mise en place et l'Aitec s'est engagée à alimenter une lettre d'information régulière sur l’actualité des politiques commerciales européennes (afin d'en faciliter la lecture) et à animer ce groupe de travail. Plusieurs échéances ont également été retenues pour porter des activités communes, notamment la rencontre Firenze 10+10, le prochain Sommet des peuples contre le Sommet UE-Amérique latine à Santiago du Chili (fin janvier 2013), le FSM de Tunis, et à plus long terme les élections européennes. Pour en savoir plus, retrouver les conclusions de la réunion stratégique du samedi 6/10 ici : http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/Conclusion_de_la_reunion_strategique_du_samedi.pdf Si vous souhaitez être inscrit-e sur cette nouvelle liste « info-commerce », envoyer un mail à Fanny Simon: fannys.aitec@reseau-ipam.org

Forum social urbain, Naples
Plus de 250 organisations et réseaux locaux, nationaux et internationaux d'habitants pour le droit au logement, engagés dans la lutte pour des conditions de vie décentes dans les villes et territoires ont contribué au II Forum social urbain (Naples, Italie, 3-7 septembre 2012) avec plus de 40 initiatives organisées. Ce forum totalement indépendant, auto-géré et autofinancé est une alternative au Forum urbain mondial de l'ONU Habitat. Le Forum social urbain est engagé collectivement pour défendre le droit à la ville, à la terre et aux biens communs. Tribunal des expulsions et accaparement de terres : les gouvernements et ONU-Habitat sur le banc des accusés La première journée du Forum social urbain s'est terminée par le Tribunal sur les expulsions et l'accaparement des terres. Cette activité s’est déroulée sur l’esplanade du parc des expositions qui accueille la sixième édition du Forum urbain mondial organisé par l’ONU-Habitat. «Halte aux expulsions dans le monde entier"! Avec cette affirmation, le Tribunal des expulsions du Forum Social Urbain a appelé les gouvernements et l'ONU-Habitat à faire face à cette problématique dramatique, encore plus aggravée par la crise systémique qui touche actuellement l'Europe et le monde. Lors de ce tribunal, une quinzaine de cas présentés sur des pancartes ont mis en évidence l'impact considérable causé par des méga-projets et les méga-événements, les accaparements de terres, les monocultures, les loyers et les hypothèques impayables. Des questions embarrassantes que l'ONU-Habitat a refusé d’incorporer dans le programme officiel. Raquel Rolnik, Rapporteure Spécial des Nations Unies sur le droit au logement adéquat a souligné que les expulsions représentent de graves violations du droit au logement, c'est-à-dire la violation de l’obligation légale des États dans la mesure où ceux-ci ont signé le Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC). ----Anne Querrien, membre de l'Aitec, a participé au VI Forum Urbain Mondial à Naples, début septembre, elle nous livre ses impressions: Intitulé « le Futur de la ville », le VI Forum Urbain Mondial organisé par l’ONU Habitat à Naples du 1 au 7 septembre exposait dans ces travaux préparatoires comment la ville devrait toujours davantage se soumettre au développement du capitalisme qu’elle avait déjà doté de ses principales infrastructures, et à qui elle devrait toujours plus rendre ce service. La ville durable ce n’est plus l’établissement humain, qui trouve dans le respect de son environnement et dans l’aménagement moderne de ses conditions sociales, les possibilités de son développement économique, ce qu’on appelait le développement durable dans le

rapport Bruntland de 1987. La ville durable revisitée par l’ONU Habitat depuis le Sommet de Johannesburg en 2002 c’est celle qui offre aux grandes entreprises les moyens environnementaux et sociaux de se développer durablement. La différence est de taille : les habitants sont objectivement évincés de la nouvelle gouvernance technique et économique qui prétend répondre à la crise économique mondiale. Prévu initialement à Bahreïn, le FUM s’est tenu à Naples pour fuir les mouvements sociaux de ce royaume arabe, et jouir de la politique de propreté urbaine du nouveau maire de Naples. Il n’y avait presque plus trace dans la ville des tas d’ordures signalés par la presse auparavant. La propreté physique s’accompagnait d’une promesse de propreté morale : finies les compromissions avec la Maffia racontées par Roberto Saviano dans son roman hyperréaliste Gomorra. Une nouvelle ère technocratique a commencé avec Mario Monti au niveau national et Luigi de Magistris au niveau local. Prochaine étape de cette croisade anticorruption et anticrimininalité : le prochain Forum mondial se tiendra à Medellin en Colombie. Le Forum urbain mondial réunit des participants de presque tous les pays du monde : 152 dans le cas de celui de Naples. Une absence notable : les États-Unis d’Amérique qui ne veulent plus financer une enceinte qui ne respecte pas leurs desideratas en matière de politique étrangère, et traite sur un pied d’égalité toutes les propositions nationales d’où qu’elles viennent. La présence des Palestiniens y était plus visible que celle des Israéliens, et le stand iranien occupait dans le hall d’exposition une place de choix. Le FUM rassemble l’ensemble des partenaires de la politique mondiale de l’habitat, c’est à dire des acteurs qui produisent les ensembles urbains sur le terrain : entreprises de construction et de services urbains, architectes, et autres professionnels libéraux de la décision urbaine. Depuis quelque temps les autorités locales, qui ont eu à batailler ferme pour se faire reconnaître comme acteurs à part entière de politiques présentées comme nationales, sont quasiment fêtées, décentralisation et transfert de responsabilité sans budgets suffisants obligent. Chercheurs en construction, environnement, habitat, urbanisme, complètent le paysage institutionnel. On remarquera que le principal acteur de l’urbain, l’habitant, est absent de cette énumération. ONU-Habitat a bien essayé d’intégrer un partenaire habitant, le réseau international pour les droits liés à l’habitat : Habitat International Coalition (HIC), en lui confiant l’organisation et la direction de la Table ronde de la société civile. Cependant, alors que les thèmes abordés - le droit à la ville et le droit à la terre - sont des thèmes prépondérants vu les problèmes actuels, l’ONU Habitat n’a pas participé au dialogue et n’a pas montré de signe d’intérêt pour travailler en partenariat avec les réseaux d’habitants. Ces réseaux et organisations locales et internationales ont organisé le deuxième Forum social urbain, avec notamment des manifestations aux portes du FUM avec un Tribunal international des expulsions qui a exposé une vingtaine de cas de violations des droits à l’habitat dans le monde. On ne peut que déplorer qu’aucun représentant de l’ONU Habitat ne soit venu et que peu de participants du FUM ont montré un intérêt pour les cas exposés sur les pancartes. Avec plus de 8000 participants, le FUM n’est pas un lieu d’échange réel. Les différents partenaires y viennent prendre connaissance des nouvelles inflexions des doctrines de l’ONU Habitat, pour se rendre capables de présenter leurs demandes de financement à la Banque Mondiale dans le bon vocabulaire. D’après les documents préparatoires l’inflexion récente allait en faveur d’une marchandisation croissante des services urbains et d’une soumission des territoires urbains aux impératifs de rentabilité et de compétitivité. Cette orientation était également sensible dans les discours des permanents du secrétariat de l’ONU Habitat : dans le « dialogue » sur la croissance et l’emploi, le représentant du secrétariat a carrément affirmé que le développement urbain devait chercher d’abord à attirer les investisseurs étrangers. En séance, cette position a été rejetée par les intervenants invités et les participants qui insistaient pour construire la ville avec les habitants existants, pour investir dans le développement des capacités de ceuxci. A noter dans cette optique les travaux d’une professeure de Cardiff, Alison Brown, qui a soutenu la création de coopératives de femmes dans plusieurs pays. La générosité réelle des professionnels et des chercheurs se heurte cependant à la real-politik de leurs Etats respectifs, qui en dernière instance font la loi, même si le FUM peut sembler un moment d’effusion, de bonne volonté, de solidarité, bien tempérée par le manque d’argent chronique de l’ONU-Habitat qui lui fait recourir à des financeurs aussi écologiques et sociaux que Coca-Cola ! Les Napolitains ont su faire des 300 bénévoles qui pourvoyaient à la logistique du forum les représentants actifs de l’idéologie de la générosité et du don. La séance finale du FUM fut un grand moment d’émotion quand les 300 bénévoles

sont montés sur la scène en dansant et ont serré chacun la main du maire et des dirigeants de l’ONU Habitat. L’ONU Habitat a demandé de poursuivre cette mobilisation dans chaque pays en célébrant comme chaque année en octobre la Journée mondiale de l’habitat. C’est pourtant tous les jours qu’il faut se mobiliser pour combattre les effets de la crise économique et de la pauvreté sur les capacités de logement des populations. Les solutions proposées par l’ONU Habitat restent plus que modestes, car toujours respectueuses du droit de propriété au nom duquel les grands aménageurs continuent régulièrement de déloger des habitants sans leur assurer un relogement ; et du droit du premier installé au nom duquel des millions d’habitants sont réduits à des solutions précaires, pour ne pas dire non « durables ».

Florence 10+10
En 2002, lorsque les mouvements et les réseaux européens se donnèrent rendez-vous à Florence pour lancer le premier Forum social européen, la crise n’était qu’une conséquence prévue par les analyses des mouvements sur l’impact à venir de la mondialisation économique et financière. Aujourd’hui, au contraire, la crise est réelle et nous sommes toute-s concerné-e-s. Retrouver ci-dessous les activités auxquelles ont participé l'Aitec et IPAM: Programme sur les traités européens et les politiques autoritaires: • Activité co-organisée par l'Aitec: Convergence Workshop on Europe, Mediterranean Area and the World - Introduction par le réseau S2B sur les accords de libre-échange • Activités auxquelles l'Aitec est associée : Ateliers sur le mandat ATM (Alternative trade mandate) pour d'autres politiques commerciales européennes, avec le réseau S2B, la coalition ATM et la campagne Sblocchiamoli, organisés en 2 parties: -> Atelier de présentation du processus "Alternative Trade for another Europe" -> Atelier sur les alternatives aux DPI: "Rights for people, not Intellectual Property Rights" Programme des activités déposées par le réseau Financiarisation de la nature: • Réunion stratégique du réseau Financiarisation de la nature Objectifs: clarifier les objectifs communs / les opportunités de campagne / voir le calendrier et législation de l'UE / préparer les activités pendant le FSM / s'accorder sur un calendrier commun pour 2013 • Réunions de convergence des réseaux travaillant sur les "Communs": Objectifs : Mieux définir ce que l'on entend par les "Communs de la nature" // Quelles activités - stratégie pour renforcer la convergence entre nos luttes ? // Quelle articulation avec les luttes contre l’austérité, pour la démocratie, etc. ? Programme Transparence et encadrement du lobbying Séminaire: Corporate power undermining democracy in Europe - Rolling back corporate power, reclaiming democracy) Co-organisateurs: Corporate Europe Observatory (Belgium), AITEC (France), Transnational Institute (The Netherlands), ALTER-EU (Europe-wide network). Programme Paix Activité co-organisée par IPAM → Défendre un cessez-le-feu et une paix juste en Syrie: initiatives politiques et de solidarité pour soutenir les civils et la société civile → Sarajevo 2014: Construire des brigades de paix européennes - Préparons les journées de la paix de 2014.

L ’AITEC et ses réseaux
Université d'été du CRID
L’université d’été de la solidarité internationale, organisée par le CRID a eu lieu du 4 au 7 juillet à Lyon sous le thème « Citoyen-ne-s et solidaires, réinventons le monde ». L'Aitec y a co-organisé un module de formation ainsi que deux ateliers. - Conférence Rio+20: de l'économie verte à la transition de nos sociétés. - Nouvelles formes de mobilisation - Vers un mouvement global pour les droits liés à l’habitat Retour sur une édition qui a accueilli pendant 4 jours plus de 1000 participant-e-s et 50 partenaires internationaux. Module « Conférence Rio+20: de l'économie verte à la transition de nos sociétés ». Épuisement des ressources, creusement des inégalités, augmentation de la pauvreté, émeutes de la faim, intensification des catastrophes climatiques,...vingt ans après le Sommet de la Terre (Rio, 1992), le bilan des actions visant à lutter contre les injustices sociales et environnementales est bien faible... Le Sommet de la Terre Rio+20 a poursuivi la même voie en instaurant un nouveau paradigme, celui de la dite « économie verte ». L'objectif de cette matinée consacrée à Rio+20 était de déconstruire le discours sur l'économie verte et de sensibiliser sur les enjeux de la financiarisation et marchandisation de la nature à partir des luttes locales. A partir des interventions de Massa Koné (Union des Associations et des Coordinateurs d’Associations pour le Développement et la Défense des Droits des Démunis-Réseau NO Vox-Mali), de Geneviève Azam (ATTAC France), de Maxime Combes (ATTAC France) et de Thibault Saint-Aubin (Ingénieurs sans frontières – France), complétées par celle de Moema Miranda de Ibase, le débat s'est porté sur le rôle des entreprises, des citoyens et la responsabilité des États. Atelier : « Nouvelle formes de mobilisation » 2011 et le premier semestre 2012 ont été riches en mobilisations internationales des organisations de la société civile: G8, G20, FAME, Rio+20. Cet agenda largement défini lors du Forum social mondial de Dakar en février 2011 a été perturbé par les mouvements Occupy, Indignés et autres révolutions arabes, sans oublier la mobilisation sur les gaz de schistes etc. Entre les thèmes abordés dans ces nombreux pays, et les revendications démocratiques, les mouvements sociaux en 2011 ont donné un souffle aux questions de solidarité internationale (accès aux droits, redistribution, démocratie réelle...). Privilégier et développer des moyens de communication, d’information novateurs utilisés par les mouvements jeunes, s’avère essentiel concernant l’accès à l’information et la diffusion de celle-ci. La réappropriation de l’espace public comme du débat public est également important. Un autre objectif est de travailler à la proximité des organisations instituées et les citoyens. L'impact de nos idées sur la société pourrait alors être plus conséquent. Créer, instaurer des stratégies de rapprochements géographiques, notamment au niveau régional en vue d’une globalisation du/des mouvement(s) doit être également une de nos priorités. Par exemple, le mouvements des Indignés a créé des outils d'échanges et de mobilisations conjointes décentralisées ou centralisées. En cela, la participation de ces mouvements à des Forums sociaux internationaux est essentielle. Atelier : « Pour un mouvement global pour les droits liés à l'habitat » L'Aitec, en partenariat avec Amnesty International, Habitat International Coalition, No-Vox et la Plataforma de Afectados por la Hipoteca, a organisé un atelier le 7 juillet intitulé « Vers un mouvement global pour les droits liés à l’habitat ». Les partenaires invités ont présenté la situation des déguerpissements en Afrique de l'Ouest, en particulier

au Mali, les expulsions dues aux hypothèques en Espagne et la situation au Portugal ainsi que les luttes qui ont lieu dans chaque pays.

Université d'été d'Attac
Placée sous la bannière « Face à la crise, les alternatives ! » et s'inscrivant dans un contexte de mobilisation particulièrement fort – au lendemain de la Conférence Rio+20, au cœur de la campagne sur l'audit de la dette, à six mois du Forum social mondial de Tunisie - , l'Université d'été d'Attac qui s'est tenue à Toulouse du 24 au 27 août a été un franc succès. Un franc succès d'abord par l'importance de la participation : 800 personnes qui ont activement participé à plus de 50 ateliers enregistrés autour des 5 filières (Comprendre et dépasser le capitalisme // Europe, stratégies et résistances // D'un bout du monde à l'autre, luttes, indignations et exigences démocratiques // Les alternatives concrètes // Dette sociale, dette financière, dette écologique). Un franc succès également par la présence de nouveaux acteurs – issus tant des mouvements Occupy, Indignés, que des révoltes arabes – qui ont permis une ouverture des discussions sur l'articulation entre organisations traditionnelles et nouveaux mouvements, au cœur desquelles un débat très riche sur les revendications pour une démocratie réelle. Un franc succès encore par l'importance des débats sur la transition écologique et sociale avec une articulation très forte entre d'une part les réflexions sur dette écologique et dette financière, et d'autre part entre luttes locales et globales. Un franc succès enfin en terme de perspectives avec le lancement de la campagne contre le Pacte budgétaire européen, avec la préparation de Firenze 10+10 et de l'AlterSummit, et surtout l'implication d'Attac dans l'organisation du prochain Forum social mondial qui se tiendra à Tunis du 26 au 30 mars 2013. L'Aitec était ainsi présente lors de ces débats, et s'est fortement engagée dans l'organisation de cette université toulousaine, notamment dans le cadre des ateliers sur l'économie verte et la financiarisation de la nature et pour une Europe des peuples. Ce fût notamment l'occasion pour l'Aitec de partager avec les militants d'Attac son travail et réflexions sur les alternatives des peuples pour d'autres politiques commerciales européennes (voir ci-dessus). Pour revivre certains moments de l'Université d'été d'Attac, rendez-vous sur : http://www.france.attac.org/articles/universite-citoyenne-dattac-france-24-27-aout-toulouse

Échanges et Partenariats
Les volontaires EP pour l’Aitec viennent de revenir de leur mission au Portugal, en Espagne, en Tunisie et en Égypte. Vous trouverez ci-dessous une brève présentation de leur mission ainsi que les liens des articles qu'elles ont écrit. La capitalisation a lieu à Paris du 12 novembre au 4 décembre. N'hésitez pas à venir les rencontrer ! Morgane Masterman est partie à Lisbonne, Portugal, auprès de l'organisation féministe UMAR et du collectif de droit au logement et droit à la ville Habita. Elle a accompagné le mouvement des habitant-e-s de Santa Filomena, quartier dit illégal existant depuis plus de quarante ans. Ce bairro de lata dont la population est en grande majorité originaire du Cap-Vert est depuis mai en cours d'« éradication » par la mairie, qui se borne à ne reloger que les personnes ayant été recensées en 1993. Entre les expulsions, Morgane a pu insérer dans sa réflexion des questionnements de genre, grâce à une série d'entrevues intitulée « Pessoas, casas e bairros » – personnes, maisons et quartiers. Réalisés auprès de femmes de trois quartiers différents, ces entretiens ont permis de dégager des problématiques à la fois spécifiques à chacun et transversales. Plus d’informations : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?author=16 Miléna Lachmanowitz est partie à Barcelone, Espagne, en mission avec la Plataforma de afectados por la hipotecas (PAH). Elle s'est intéressée aux problématiques de droit à la ville et tout particulièrement aux actions de la Plataforma qui se mobilise pour lutter contre la situation du logement en Espagne. Plus de 400000 expulsions ont eu lieu depuis 2008 et l'explosion de la bulle immobilière engendrée par la spéculation des entités bancaires. Face à cette situation les membres de la PAH organisent des actions

pacifiques de désobéissance civile afin de bloquer les expulsions et occupent les banques pour demander la dación en pago (annulation de la dette du crédit hypothécaire une fois que la personne est mise à la rue). L'action connaît un très fort succès et une Initiative Législative Populaire sera portée à Madrid en janvier pour demander un moratoire sur les expulsions, la création d'un parc social ainsi que l'annulation de la dette. La PAH a paralysé un peu plus de 600 expulsions depuis sa création en 2009. Plus d’informations : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?author=15 Lala Hakuma Dadci est partie au Caire au sein d’Al Shehab Institution for Comprehensive Development.. Elle travaille sur la thématique des accords de libre-échange approfondis entre l’Union européenne et l’Égypte, en effectuant un travail d’investigation (rencontres d’acteurs venant de la société civile, d’une agence gouvernementale ou du milieu académique) et de mise en réseau dans un objectif de diffusion de l’information et de coopération. Ce travail permettra une mise en perspective des types d’action à mener contre ces accords et contre les politiques commerciales de libéralisation entre l’UE et l’Égypte. D’autre part, la volontaire a participé au développement de deux projets complémentaires d’émancipation des travailleuses domestiques (soutien à l’ONG gérée par les travailleuses domestiques, cours d’alphabétisation, sensibilisation aux droits, soutien psychologique). Une dynamique de coopération avec d’autres organismes travaillant sur la même thématique va être initiée au retour de la volontaire en vue du FSM. Un soutien au projet d’émancipation économique des femmes du quartier informel d’Ezbet el Haggana va être mis en place dès le mois de décembre. Plus d’informations : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?author=10

Ana Luz Muñoz Maya est partie à Tunis dans le cadre de la préparation du FSM 2013 pour travailler sur deux points principaux avec le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES): Le Forum Social Mondial (FSM) Tunis 2013 et les accords de libre-échange entre l'UE et la Tunisie. Dans le cadre du FSM, qui aura lieu en mars 2013 à Tunis, elle a participé activement à la préparation de la Caravane à vélo qui a parcouru le centre de la Tunisie fin octobre. Le but était d'informer et de mobiliser la société civile des différentes régions sur cette rencontre mondiale. Cela lui a permis d'approfondir sa connaissance des mouvements sociaux tunisiens et des luttes qu'ils mènent. Pour les accords de libre-échange, elle a fait un rapide état des lieux de la situation actuelle et a rencontré différents experts sur ce sujet. La prochaine étape est de déterminer les impacts potentiels engendrés par la signature de ces accords et identifier les acteurs locaux désireux de se mobiliser. Elle retourne à Tunis début décembre et continuera à participer à l'organisation du FSM 2013 et à se documenter sur les accords de libre-échange. Plus d’informations : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?author=9

À VENIR…
Fête au CICP, 24 novembre
Une soirée est organisée par le CICP et ses associations membres le samedi 24 novembre dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale. Cette soirée a pour but de réunir les associations du Centre autour de leurs activités, l'enjeu étant de montrer la vitalité du Centre, son utilité politique pour les associations qui y ont leur siège, pour celles qui en sont usagères et de faire connaître le Centre plus largement aux personnes extérieures. La soirée se déroulera en deux temps : 18h - 20h: trois débats sont organisés par les associations. Ils auront pour objectif de caractériser son engagement, ses actions et le sens de sa présence au CICP. Trois axes ont été retenus : – Les migrations autour de Migreurop de l'ANAFE du 9ème Collectif des sans-papiers, de Femmes inter associatives et de l'association Tamoul. – Les droits de l'Homme et les droits des peuples autour de l'Association France Palestine solidarité, Génération Palestine, la Campagne Civique internationale de protection du peuple palestinien, l'Union juive française pour la paix, la campagne Boycott désinvestissement sanction et le Cedetim.

Le développement et les biens communs avec l'AITEC, Attac, le Collectif Haïti, le Collectif Guatemala, RITIMO, Autres Brésils et le Cedidelp A partir de 20h, un buffet sera proposé et Emel Mathlouthi fera un concert. –

« Comment sortir les collectivités locales de la financiarisation ? Quelles alternatives politiques ? »
L’Aitec organise le 14 décembre de 10 heures à 18 heures un séminaire intitulé : Comment sortir les collectivités locales de la financiarisation ? Quelles alternatives politiques ? Il aura lieu à la mairie du 2ème arrondissement de Paris, 8, rue de la Banque.
L’Aitec souhaite développer une analyse sur les changements structurels des financements des collectivités locales et les conséquences de la crise financière sur le financement des collectivités locales, leur autonomie politique. Les collectivités locales sont un échelon essentiel pour la définition de politiques publiques, de la fourniture des services essentiels, de l'activité économique et des politiques de l'emploi. C'est également un échelon essentiel de la définition des politiques de solidarités (logement, formation professionnelle, insertion...). Plus d’informations sur : http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1300

Les enjeux du FSM 2013 – 26 au 30 mars 2013
Le Forum Social Mondial se tiendra à Tunis, un peu plus de deux ans après le début du dense et intense cycle de luttes et de mobilisations (révolutions tunisienne et égyptienne ; mouvement des Indignés ; Occupy Wall Street ; mobilisations étudiantes au Chili et au Québec ; Y’en A Marre au Sénégal, etc.). Deux ans après, ce cycle a connu des fortunes diverses : défaites électorales des partis progressistes en Tunisie et en Égypte, guerre en Libye, violente répression du soulèvement populaire en Syrie, éviction des campements Indignés et Occupy, etc. Par delà les difficultés et les mésaventures rencontrées par ces mouvements, 2011 marque sans aucun doute l’émergence d’un nouveau cycle de luttes et de mobilisation, qui vient prolonger et renouveler le cycle ouvert à la fin des années 90 et au début des années 2000. L’altermondialisme et les mouvements de 2011 partagent de nombreux traits communs : volonté de construire des alliances aussi larges que possibles, attachement à la diversité des points de vue et des analyses, refus de la délégation, attrait pour l’horizontalité, etc. Certes d’importantes nuances les différencient également : les sit-ins de la Casbah à Tunis, d'Occupy Wall Street, en passant par la place Tahrir, la Puerta del Sol ou encore la place de la Constitution à Athènes ont imposé l’occupation de l’espace public comme un élément politique clef. Les militant-e-s y articulent réflexion stratégique et construction de rapports de force à l’expérimentation et la préfiguration. Ancrés dans des occupations évidemment locales, ils rompent avec le nomadisme typique du mouvement altermondialiste. En cela, ils ne renouvellement pas tant l’internationalisme altermondialiste qu'ils cherchent à proposer de nouvelles formes de solidarité et d'action. Le prochain Forum Social Mondial, à Tunis, du 26 au 30 mars prochains, sera l’occasion d’avancer dans ces discussions, sur l’état des processus révolutionnaires, les solidarités possibles avec les acteurs de ces luttes, etc. Pour la première fois organisé dans la région Maghreb-Mashreq, ce FSM sera bien sûr, aussi, l’occasion d’approfondir les travaux sur les thématiques récurrentes des forums sociaux sur un certain nombre de questions particulièrement d'actualité pour les mouvements de la région : l’accès à l’eau, la justice climatique, les guerres, les communs, la lutte contre la corruption et la prévarication, les droits économiques, sociaux et culturels, l’annulation de la dette ; etc. Mais ce forum sera également l’occasion de développer des travaux sur de nouvelles thématiques directement liées aux luttes qui restent très vives de Rabat à Damas : les accords de partenariat entre l’UE et les pays de la rive Sud de la méditerranée, les délocalisations (en particulier dans le secteur des télécoms), les grands projets inutiles et imposés, la justice transitionnelle etc. Il sera en outre sans aucun

doute l’occasion d’accorder plus de place au problème de la précarité : des diplômés-chômeurs de Gafsa, Sidi Bouzid ou Kasserine aux étudiants sur-endettés d’Occupy Wall Street, en passant par les jeunes grecs ou espagnols à l’avenir obscurci, les mobilisations de 2011 ont été portées par des précaires. Le FSM sera organisé en trois temps : en ouverture, des activités traitant de la situation économique et sociale dans la région, ainsi qu’aux autres mobilisations de 2011 ; puis un temps consacré aux activités auto-organisées, réparties dans les différents axes thématiques ; enfin, des « assemblées de convergence et de mobilisation » (sur le modèle de ce qui avait été organisé à Dakar, en 2011). Son comité d’organisation regroupe les organisations suivantes : le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux, l’UGTT, le Conseil de l’Ordre des Avocats Tunisiens, la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, Transparency 25, l’Union des Diplômés Chômeurs, RAID-Attac Tunisie, L’Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement, ainsi que les organisations représentant les Tunisiens de l’étranger, le Comité de suivi du Forum Social Maghreb – Machreq et le Conseil du Forum Social Africain. L'AITEC, avec IPAM mais également avec ses partenaires en Europe et sur les autres continents, est résolu à s'engager activement dans le FSM de Tunis. Nous appuyons d'ores et déjà l'organisation de ce FSM via la présence d'Analuz Muñoz auprès du Comité d'organisation tunisien du FSM, et notre participation active à toutes les étapes du processus préparatoire (réunions internationales de préparation, délégation de plusieurs militants à Tunis...). Nous proposerons bien sûr des ateliers sur nos thèmes de prédilection (libéralisation commerciale versus droits économiques et sociaux, transition écologique, démocratie et transparence dans la décision publique, droit à la ville et mobilisations urbaines...) dans le souci d'approfondir nos partenariats avec des mouvements de la région Maghreb-Mashreq-Moyen-Orient et d'insérer nos réflexions dans le cadre des préoccupations et des luttes politiques et sociales des mouvements de la région. L'AITEC, avec IPAM, participera également au travail de coordination développé dans le cadre du CRID, et d'ores et déjà plusieurs séminaires préparatoires sont prévus les 21 novembre, 12 décembre, 16 janvier et 20 février à Paris. Enfin nous contribuerons au travail effectué dans le cadre du réseau Alternatives International sur un certain nombre de thèmes politiques clés dans la région, en particulier les luttes de solidarité avec la Palestine, l'islam politique ou encore la question syrienne, dans la perspective de contribuer à la réflexion, qui sera centrale à Tunis, sur la formulation d'un horizon géopolitique alternatif par les mouvements sociaux et citoyens. Pour en savoir plus visitez le site www.fsm2013.org et souscrivez à la lettre d'information tunisienne. Rejoignez la liste du groupe de travail du CRID pour le FSM en écrivant à Camille Champeaux c.champeaux@crid.asso.fr

P ublications
En 2008, l'Aitec avait publié un dossier Passerelle intitulé « Europe pas sans
toit », qui dressait un état des lieux de la situation du logement en Europe. En 2008, on parlait déjà de la crise et du logement avec notamment l’éclatement de la crise des subprimes. Quatre ans plus tard, il nous a semblé important de solliciter à nouveau certains des auteurs de la précédente publication, d’en contacter d’autres afin de montrer les effets dévastateurs de cette « crise » sur les habitant-e-s et leur cadre de vie. A travers une analyse critique de la crise, en l’abordant à la fois sous l’angle du logement et sous l’angle européen, nous espérons avoir évité l’écueil du poncif – alors que le terme est omniprésent dans les discours médiatique et politique, et relevé le double pari que nous nous étions donné, à savoir : mettre la question du logement au centre de l’analyse sur la crise et déconstruire le discours dominant sur les raisons de la crise. Cette publication, en partenariat avec Ritimo, la Coredem et Citégo a été présentée lors du Forum social urbain à Naples le 4 septembre 2012. Pour plus d’information ou pour se procurer le Passerelle, contacter charlotte.aitec@reseau-ipam.org --

Les luttes de résistance à la libéralisation multilatérale du commerce et aux accords bilatéraux de libre-échange sont nombreuses depuis 1999 et la première bataille de Seattle. Mais dans le même temps, ces mouvements sociaux et citoyens se sont engagés dans une réflexion sur les principes, les politiques, et les pratiques alternatifs qu’ils pourraient à la fois promouvoir et expérimenter pour prendre le contre-pied du libre-échange, de la marchandisation et de l’exploitation intensive des écosystèmes. Ces propositions et expériences alternatives concernent tous les thèmes, tous les secteurs et toutes les échelles et procèdent autant de la construction théorique que de la pratique concrète. Aucune tentative n’est une recette universelle, et il s’agit autant de penser d’autres modèles de développement que de construire de la jurisprudence face aux acteurs privés, ou de tester des propositions concrètes d’élaboration de la décision publique ou de gestion des ressources locales. [ ...] C’est dans le souci de nourrir ces réflexions que l’Aitec, aux côtés de ses quatre partenaires européens, s’est engagée dans ce travail de recherche et d’analyse sur les expériences et principes alternatifs. Elle publie à cette occasion le rapport "Au lieu d'exporter la crise, importons
les alternatives ! Quand les peuples du Sud redéfinissent les politiques commerciales" rassemblant 8 contributions de mouvements d’Afrique, Asie et d’Amérique Latine, sur les questions agricoles, l’accès durable et équitable aux matières premières, la défense du droit à l’eau, ou encore les coopérations régionales, et la note d'analyse "Face à la crise, des alternatives en marche. Quand les peuples décident de leur futur" faisant la synthèse des principaux enseignements de ce rapport. Pour plus d'informations ou recevoir un exemplaire, contacter fannys.aitec@reseau-ipam.org

"Les politiques commerciales et d’investissement font partie d’une stratégie géopolitique globale qui vise à asseoir l’influence de l’Europe sur le plan politique", analyse Nicola Bullard de l’organisation Focus on the Global South. La montée en puissance des pays émergents et la peur du déclassement qui l’accompagne ne sont pas loin. Alors les scandales se multiplient, voyant même des entreprises traîner devant les tribunaux privés des États, coupables d’avoir voulus préserver les droits de leur population à l’eau, à un environnement sain, [...] C’est pour dénoncer les errements de la politique européenne qu’Altermondes s’est associé à l’Aitec pour produire ce supplément. Mais au moment où le monde s’enfonce dans une crise profonde, tout autant crise économique, financière, sociale qu’écologique, critiquer ne saurait suffire. Les alternatives existent. Elles sont déjà portées voire expérimentées, à différents échelons, dans les domaines de l’agriculture, de la gestion durable des ressources naturelles, du travail décent ... Pas de solution unique, ni de grand soir, mais une multitude d’opportunités, toutes basées sur la justice, économique, sociale et environnementale, toutes nécessitant la consultation et la mobilisation citoyenne, la solidarité et la coopération plutôt que la compétition et l’exploitation. C’est tout le sens de ce supplément que de rappeler l’Union européenne à ses responsabilités et de tracer quelques pistes pour l’avenir. Pour plus d'informations ou recevoir un exemplaire, contacter fannys.aitec@reseau-ipam.org

Vie associative
Assemblée générale de l’Aitec
L’Assemblée générale de l’Aitec a eu lieu samedi 29 septembre et a réuni 27 personnes qui ont, entre autres, débattu du projet politique et stratégique de l’association. Cette discussion a permis de faire ressurgir ce qui unit les membres de l’association pour ainsi aborder avec force les faiblesses de celle-ci. L’Aitec est un collectif de militants politiques, professionnels aux parcours différents ce qui confère à l’association une grande richesse d’expériences et d’analyses et lui confère cet atout particulier d’être un espace de liberté. L’Aitec a toujours articulé radicalité et radicalisation dans ses réflexions et prises de positions : c’est un permanent va et vient entre la nécessité d’aller à la racine des choses et le besoin de rompre, d’élargir et de construire des alliances en vue d’un projet plus large. Ainsi, l’expertise (la technique) est utilisée à l’Aitec comme outil politique, pour montrer qu'il y a des avancées possibles. La spécificité de l’association et sa richesse, est la vision transversale dans les thèmes et les problématiques traitées. L’Aitec, avec ses partenaires, joue un rôle bien identifié, elle favorise souvent le dépassement des crispations, car elle dispose d'un capital symbolique et de confiance, tout en affichant un positionnement politique clair. L'Aitec n'est pas seulement « au service de » : elle met à disposition une expertise et doit se nourrir de celle des autres. L'association a la responsabilité politique de porter les questions internationales et de développer un espace de discussion transversal sur ces questions. Cependant, dans ce cadre, il faut que l’association fasse attention à ne pas tomber dans l'eurocentrisme en privilégiant une mise en perspective internationale, tout ne perdant pas de vue les luttes locales. Retrouver le compte-rendu de cette Assemblée ici (http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php? rubrique242), ainsi que le compte-rendu du dernier Conseil d'administration ici : http://aitec.reseauipam.org/spip.php?rubrique175

Dans le cadre de cette Assemblée générale, les membres du Conseil d’administration et du bureau de l’Aitec ont été renouvelés : Conseil d'administration (22 membres) : Hélène Cabioc'h ; Amélie Canonne ; Cécile Canpolat ; Lorba Dewry ; Maxime Combes ; Sonia Fayman ; Nicolas Galepides ; Ghazi Hidouci ; Samuel Jablon ; Gus Massiah ; Céline Méresse ; Fanny Petit ; Lucie Pinson ; Annie Pourre ; Anne Querrien ; Juliette Rousseau ; Florent Schaeffer ; Lilia Santana ; Jean-François Tribillon ; Jean-Pierre Troche ; Sarah Valin. Bureau : Présidents d'honneur : Ghazi Hidouci et Jean-Pierre Troche Co-Président(s) : Amélie Canonne et Florent Schaeffer Trésorière : Cécile Canpolat Secrétaire : Fanny Petit Un groupe gestion émanant du CA prendra en charge la gestion quotidienne de l'Aitec et l'appui des salariés dans leurs missions. Il réunira : Hélène Cabioc'h, Cécile Canpolat, Céline Méresse, Fanny Petit, Jean-Pierre Troche, Amélie Canonne et Florent Schaeffer.

Contacts
N’hésitez pas à nous appeler à l’Aitec au 01 43 71 22 22. A passer au CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011, Paris (Métros : Rue des Boulets/Nation/Alexandre Dumas.) Contact : contact.aitec@reseau-ipam.org Site internet: http://aitec.reseau-ipam.org L'Aitec dispose de plusieurs listes de discussion-diffusion thématiques: Aitec-urbain Aitec-lobby Aitec-services publics Aitec-cofi : sur les questions commerciales (OMC, accords de libre-échange...) et financières (taxes, G20, IFIs...). N'hésitez pas à nous demander de vous y inscrire et à y diffuser des informations ou encore à y lancer des débats.

Rédaction : Gildas Jossec, Charlotte Mathivet, Fanny Simon Lettre envoyée le 15 novembre 2012 contact.aitec@reseau-ipam.org / http://aitec.reseau-ipam.org