Vous êtes sur la page 1sur 320

ASSISES NATIONALES : COMMISSION 4 « GOUVERNANCE SOCIALE »

RAPPORT SYNTHETIQUE DES TRAVAUX

Décembre 2008

PLAN

I / ORGANIGRAMME

II / INTRODUCTION

III / DEROULEMENT

IV

/

SYNTHESE

DES

SOUS

COMMISSIONS :

Diagnostic

et

recommandations 1) Education et formation 2) Santé et Développement social 3) Dialogue social, politique et syndical 4) Culture 5) Sports et Loisirs

V / CONCLUSIONS GENERALES

VI / ANNEXES (226 pages)

I

-

ORGANIGRAMME

*Président : Mamadou Fadiga 77 653 84 27

* Vices Présidents :

Babacar Diop Buuba buubadiop@yahoo.com , Aloyse

Raymond Ndiaye aloyse_raymondndiaye@yahoo.fr , et Marie Louise Corréa mlouisecorrea@gmail.com

* Rapporteurs : Thié Ndiaye thiendiayesidy@yahoo.fr jeannelopis@yahoo.fr

et Jeanne Lopis Sylla

*Secrétaire permanent : Ousmane Diadhiou

*5 Sous commissions

Amadou Lamine Ngom

Saliou Diagne

-

Culture

;

Youssou Mbargane Guissé

Abdoulaye Guèye

Ousmane Diadhiou

Siège : Forum Civil, avenue Malick Sy sise à Dakar, date des plénières : Jeudi

UFN

El Hadji Malick AS DIONE

Titulaire d’un CAES en 1997 et d’une Maîtrise es

Sciences mathématiques appliquées en 1993. Prof de Math depuis 1997, Formateur au CFPJ depuis octobre

  • 77 552 87 49

2006. Trésorier Général du parti, membre fondateur de l’UFN, membre du BP

NJ/MAG

Fode Ndiaye : 77 551 15 88

Ingénieur SG adjoint du NJ/MAG

RTA-S

Bocar

Ly

Professeur de Mathématiques (CACEM en 1984-Dues

PC en 1981). En service au CEM Dieuppeul depuis

  • 77 558 43 19

1986. Membre du Secrétariat politique du Rta-S

2

   

chargé de l’organisation

 

AFP

Jeanne Lopis-Sylla 77 644

Chercheur IFAN

et

Présidente

du

Conseil

56

41

d'Administration (PCA) de la mutuelle des femmes

« Racines du progrès ».Membre de l’ANCP

JEF JEL

Amadou Sow

 

Professeur es lettres, inspecteur de l’Education

spécialiste des questions éducatives et des civilisations africaines, ancien directeur d’école,

Tel 77 5324721

doctorant es grammaire, Secrétaire National chargé de la Communication Jef Jel

PIT

Dr Boubacar Danfakha

 

Pr Economie UCAD

 

FDES

Lamine Sow : 77

557 17 00

 

BAC + 2 : Educateur sportif Responsable

fdeshlm@yahoo.fr

 

département de Dakar (Fdes)

RND

Mamadou Koly Niang : 77 545 46 33

Homme d’Affaires USA/ Sénégal Membre du SEPO

CONGAD

Alioune Badara SENGHOR

 
  • 77 511 3849

 

CONGAD

Djebel SARR : 77 539 89 42

   

CONGAD

Ibrahima Lamine DIOP

 
  • 77 553 21 42

 

MRDS

Moctar GAYE : 77 546 28 03

 

Professeur de Français

 

Lyane Sow : 77 656 72 72

 

Prof de médecine UCAD

UNSAS

Ablaye GUEYE : 77 643 70 21

 

Inspecteur de l’Enseignement,

 
 

Syndicaliste Secrétaire chargé de l’Administration de l’UNSAS

Tekki

Alpha

DIA

77 657

94

63 Mouvement

Economiste financier

 

TEKKI

Yoonu

Mamadou Abdoul SY 77 641 00 62

économiste, cadre d’ONG (secteur :

 

Askan Wi

 

éducation non formelle)

 

CAAS

-Toure Marème cire Diallo776567601

assis tante sociale, hôpital A. Le Dantec,

-Mousssa GASSAMA: 77 656 41 38

assistant social

 

SALIOU DIAGNE: 76 698 69 70;

assistant social coud

 

-Abdoulalye Sène :

77 366 16 37;

Magne

assistant social coud

Cisse: 775783798

 
 

aide sociale : « les enquêtes médico- sociales »

Individuel

Mamadou FADIGA 77 653 84 27

 

Inspecteur de l’Enseignement

 

3

 

Souleymane NDIAYE

Professeur

Pacte

Fatou Dème DIOUF ndewdiouf@yahoo.fr

77 54071 68 Educatrice

Repu.

Spécialisée

 

Mame Ami Mbow : 77 637 74 60 :

Artisanat mbowma@orange.sn

 

Massamba LAM 77 548 91 83

Retraité, chercheur à l’IFAN

 

Awa MBOW : 77 637 06 73

Médecin

individuel

Ousmane SOW : 33 82067 66

Sculpteur

 

Alfred NDIAYE alfred@refer.sn

Prof UGB

 

Fatou Sow Diagne : 33 820 03 55

 
 

Abou Touré : 77 556 84 10

IFAN

 

Mamadou Faye

Ancien Directeur Office du Bac

GIS

Ousmane Diadhiou : 77 537 30 29 / 33 855 94

Géographe diadhiou27@yahoo.fr

50

 

Dr Marie Ka CISSE

Santé Abass Ndao

   

Dr Daha Kane

 
 

Rokhaya Fall Sokhna : 33 832 13 61 / 77 637

Prof UCAD rfall@refer.sn

97

67

 

Bouba DIOP : 77 644 41 62

Professeur

 

Waly SENE : 33 837 46 60/77 558 04 89

Prof à l’ENEA

SCEMES

Cheikh g.Diop : cheikhgdiop@yahoo.fr 77 557

 

51

24

 

Gorgui Ciss 775463203 / 338243035

Professeur

   

Dapina Mbaye : 776346707

 

Boubacar Diallo

77 6489220 / 33 8251136

 

Amara Seck : 77 630 0381

Professeur

 

Mamadou Ndoye

Individuell

Marie Amy Mbow

e

LD/MPT

Fatoumata Yaye Boye Ly 77 651 62 12

Professeur CEMG

   

Ndiaga SYLLA

776562232

4

 

Amadou Lamine Ngom amlam@live.fr 77 552

Prof enseignement technique

62

40

UNSAS

Abdoulaye Guèye

Inspecteur-syndicaliste

PIT

Thié NDIAYE thiendiayesidy@yahoo.fr 77 517

INSTITUTEUR

06

26

 

Youssou Mbargane Guissé

Professeur 775424858

 

Marie Louise Corréa

Professeur en médecine

5

II / INTRODUCTION

Le fait même qu’un titre « Gouvernance sociale » nous soit proposé avec plusieurs sous titres : « Ressources humaines », « Droits économiques et socio culturels » montre la complexité de la mission qui nous est confiée. A cela, il faut ajouter le fait que certaines thématiques listées dans notre cahier de charge (ex. accès aux services sociaux de base, conditions des travailleurs , accès aux logements, infrastructures et transports, solidarité, avec les couches vulnérables) sont parfois reprises dans leurs spécificités dans le listing (ex. éducation et formation, santé, culture, jeunesse, emploi, genre et promotion de la femme, situation des personnes âgées, les migrations, défi économiques, sports, etc.

Il est donc nécessaire de montrer les articulations pour mieux anneaux.

affiner la jonction des

Ce qui fait l’articulation avec

deux autres commissions

(à savoir gouvernance politique,

économique, et financière) c’est bien le terme gouvernance, considéré comme fondement de tout développement durable et qui pose les articulations entre gouvernement et acteurs sociaux.

La bonne gouvernance est considérée comme un système complexe d’interactions entre des structures, des traditions, des fonctions (responsabilités) et des procédés ‘pratiques) caractérisés par trois (3) valeurs fondamentales : responsabilité, transparence et participation.

La nature et la qualité de ces interactions qui ont pour but de mener à un développement humain durable, détermine comment le pouvoir est exercé, comment les dépositaires d’enjeux expriment leurs points de vue et comment les décideurs sont tenus responsables »

La notion de gouvernance reconnaît « que des questions d’intérêt public comprennent des gammes d’activités et des problèmes qui nécessitent une intervention et un apport non seulement des organismes d’Etat, mais aussi des acteurs non gouvernementaux, tels que la société civile et le secteur privé (cf doc. d’interaction, comprendre la bonne gouvernance, in B Diop Buuba, Congad, Retour sur les livres d’hivernages, 2003).

Toute société a besoin pour naître, se développer et se maintenir, de se fonder sur plusieurs « biens communs », par exemple : le sentiment d’appartenir à un groupe humain distinct par le mode vie, l’habitat, la religion. Il faut intégrer le fait que nous vivons aussi de plus en plus dans une ère de sous régionalités, régionalités et mondialité ; les sociétés humaines ont pris conscience de leur existence en tant que communautés solidaires et non en tant qu’ensembles multiples juxtaposés (cf. Ricardo Petrelle, le Bien commun, Labor, 1996).

Notre pays a souscrit à des engagements internationaux (OMD, EPT, etc.) sous régionaux, régionaux, (COMEDAF). Ce qui fait donc l’être humain c’est la solidarité avec ses parents, voisins, semblables, c’est, la transmission de connaissances pour un savoir vivre ; l’enfant, le citoyen est ainsi préparé à la vie en société. Il s’y ajoute le savoir faire. Le membre du groupe doit pouvoir participer à la satisfaction des besoins matériels. Pour bien participer à la vie du groupe, il faut jouir d’une bonne santé physique et mentale. Des techniques, des processus particuliers sont élaborés dans les différentes sociétés humaines pour combler des « gaps », soigner des handicaps, soigner des traumatismes.

Ce qui fait la différence entre les pays, c’est la mobilisation de leur capital humain, intellectuel et social et la réussite des articulations. (+)

On peut même se demander si ce n’est pas parce que les articulations ne sont pas bien assurées que, les MINEDAF qui ont été convoqués depuis 1961 ont eu des résultats limités : les rencontres des Ministres de l’Education, de la Formation, de l’Economie et de la Planification ne suffisent pas. Il faut que des Ministres de la Culture et de la Communication soient impliqués dans les politiques éducatives, c’est ce que l’Unesco et l’Union Africaine ont fini de comprendre. C’est cela qui nous a amené à travailler autour cinq (5) sous commissions :

Education Formation ;

Santé et développement social ;

Culture et communication

Sport-Loisirs ;

Dialogues social et citoyen.

Les discussions au sein de la commission n’ont pas manqué de revenir sur les concepts fondamentaux que sont les « les ressources humaines » les notions relatives au « capital humain », au « capital social » et au « capital culturel »

Le concept de ressources humaines peut résumer notre propos.

En effet, c’est une évidence, l’homme

est

au

centre

de l’étude

et

de

la conduite

de

la

vie

économique, sociale et culturelle dans tout pays. Il l’est par ce qu’il se trouve en sa qualité de producteur et de consommateur au début et à la fin du processus de production des biens et des services dont une société a besoin à un moment donné de son histoire.

En effet les économistes de toutes obédiences ont toujours mis l’accent sur le rôle central joué par l’homme dans l’exercice des biens et de services, ils insistent sur le facteur travail dans sa dimension manuelle comme intellectuelle, facteur qui a toujours eu une place privilégiée dans toutes les grandes théories économiques. Certes sous l’influence de l’école classique qui distingue l’homme du facteur capital (capital matériel et monétaire) on a trop souvent accordé moins d’importance au problème essentiel du coût de production, du facteur travail en assimilant facilement l’homme producteur à une matière première ; c'est-à-dire une ressource à l’image des ressources naturelles ou matérielles. D’où l’expression « ressources humaines » concept aussi vieux la science économique mais dont l’utilisation de façon courante est relativement récente. Fréquemment employée au pluriel ; la notion de « ressources humaines » peut parfois être singulier. François Perroux parle souvent ainsi de la « ressource humaine » dont le plein développement est pour lui l’objectif même de l’économie. Le singulier et la transcription en lettres majuscules accentue l’importance accordée à ce qui est humain. Dans son sens le plus abstrait »ressources humaines » désigne les inputs humains qui interviennent dans le processus de production. C’est là, en quelques mots une signification qui donne à l’être humain la même valeur que les ressources naturelles ou matérielles. Les êtres humains interviennent comme on l’a noté plus haut, de deux façons dans les phénomènes économiques : en tant facteurs de production et en tant que processus finaux des processus socio économiques.

Il existe par ailleurs un autre concept plus large des » ressources humaines » selon lequel « ressources humaines » et « êtres humains » ont une valeur identique. Il s’en suit dès lors que le développement des ressources humaines implique le développement de l’homme dans tous les

rôles qu’il peut jouer en tant que consommateur, producteur, membre de la société, en tant qu’être doué de raison, mu par des aspirations spirituelles et esthétiques pour son plein épanouissement. C’est dans ce sens qu’un auteur ; Hector Corréa note : « la mise en valeur des ressources humaines est un processus qui consiste à accroître les connaissances théoriques et pratiques et les aptitudes de tous les individus qui composent la société ». Au plan économique, la mise en valeur des ressources humaines apparaît comme une accumulation de « capital humain » effectivement investi dans le développement économique d’un pays. Au point de vue social et culturel, elle consiste à aider les individus à mener une vie pleine et plus riche. En somme selon cette acceptation, les ressources humaines peuvent être définies comme « l’ensemble des moyens disponibles constitués par le nombre et la qualité des hommes. L’éventail des ressources est donc ici largement ouvert et ses frontières parfois imprécises». Il s’agit pour ainsi dire des hommes, de leur âge, de leur localisation, de leur mobilité, de leur disposition au travail, de leur éducation, de leur santé, de leurs motivations, de leurs valeurs. En somme de tout cela fait parie des ressources humaines. Dans cette optique, il est important de ne restreindre la notion de ressources humaines à un seul de ces éléments ainsi qu’on est tenté parfois de le faire en la ramenant exclusivement ou principalement à une de ses dimensions à savoir l’éducation et la formation.

III / DEROULEMENT DES TRAVAUX

Le 1 er Juin 2008 marque le début officiel des Assises Nationales sénégalaises initiées par la société civile et une bonne frange du monde politique excepté la mouvance présidentielle. L’ouverture a eu lieu au Méridien président sous la conduite du Président des Assises Nationales ; Amadou Mactar Mbow ancien directeur de l’Unesco et Ministre sous le magistère de Léopold Senghor. Les mois de juin et de juillet seront utiliser pour la mise en place des structures et commissions devant coordonner et piloter les Assises Nationales. Au départ sept (7) Commissions thématiques (Ethique, Monde rural, Gouvernance Sociale, Aménagement du territoire, scientifique, NTICs, Politique extérieure et migration) et trois (3) commissions transversales (organisation, finances et communication) sont créées.

La commission 4 intitulée « Gouvernance Sociale, droits économiques et sociaux, valorisation des ressources humaines » a démarré ses travaux le 31 Juillet 2008 au siège du Forum Civil sous la conduite de son Président le doyen Amadou Fadiga ancien inspecteur de l’enseignement. Du 31 juillet au 30 novembre, la commission 4 a tenu des plénières (8), des réunions de sous commissions (+ 20) et comité de rédaction (5) et des séminaires sans compter les interviews accordées à des personnes ressources. Les membres de la dite commission participent aux rencontres des commissions et aux consultations citoyennes

A – Les plénières.

Elles ont réuni tous membres de la commission 4 et des invités (personnes ressources, commissions transversales, etc.) et se sont tenues le jeudi au siège du Forum Civil sur l’avenue Malick Sy sise à Dakar.

La première plénière du Jeudi 31 Juillet 2008 présidée par le Président Fadiga, a reçu vingt trois participants Après lecture du document "Commissions des Assises Nationales" portant sur les thèmes intéressant le groupe, ses membres ont procédé à des échanges exploratoires. Le président de la Commission, dans une première synthèse a proposé:

  • - de confier les questions liées au genre, aux personnes âgées, à la jeunesse, aux sports d'une part et d'autre part celles relatives aux transports à une huitième et une neuvième commissions à créer

  • - de recentrer le reste des thèmes autour de trois (3) groupes de travail:

1/ Education-Formation-Santé

2/ Culture-Sports

3/ Accès aux services sociaux de base-Logement- Conditions de travail.

Monsieur Babacar Diop

dit

Buuba,

par

ailleurs

élu

vice-président

de

la

commission est chargé de présenter un exposé introductif sur la « Gouvernance Sociale » et Waly séne sur « les ressources humaines ».

La seconde plénière (15 participants) du jeudi 7 Aout présidée par

Babacar Diop Buuba marque le début des travaux avec la nomination du bureau :

  • - Doyen Fadiga président de la commission

  • - Babacar Diop Buuba et Aloyes Raymond Ndiaye respectivement premier et second vices présidents

  • - Thié Ndiaye et Jeanne Lopis Sylla co rapporteurs

  • - Ousmane Diadhiou secrétaire permanent

Monsieur Abdoulaye Elimane Kane membre de la commission scientifique a apporter quelques éclairages sur a méthodologie de travail. Pour une fluidité des informations, il a recommandé d’utiliser les tics. Le fait majeur de cette troisième plénière (25 participants) du jeudi 14 Août 2008 est la subdivision de la commission en cinq (5) sous commissions thématiques (voire sous commissions)

La quatrième plénière (20 participants)

du jeudi

28 Août

2008

a

été

décalée d’une semaine afin de permettre aux cinq (5) sous commissions de

démarrer leurs travaux. Chaque sous commission a présenté :

  • - Ses membres

  • - Sa méthodologie

  • - Son chronogramme

  • - Ses activités

  • - Son budget

Certaines sous commissions comme « Education et Formation » a plusieurs volets ; enseignement préscolaire ; enseignement élémentaire ; enseignement moyen, élémentaire, supérieur, etc. Seule la sous commission « Sport et

Loisirs » avait tardé à démarrer par manque de membres, des noms furent proposés pour l’étoffer. Pour toutes les sous commissions on retient trois principes :

  • - Etat des lieux

  • - Politiques existantes

  • - Recommandations

Les cinquième et sixième plénières ont

eu lieu respectivement les 25

Septembre et 16 Octobre. Elles se sont appesanties sur le bilan d’étape, le respect du calendrier, les souscriptions. Il est à noter que l’ancienne ministre de la santé le professeur Marie Louise Corréa a été nommé troisième vice présidente de la commission 4.

La septième plénière (13 participants) du jeudi 30 Octobre a été axée sur le rapport final. Il a été décidé de présenter un rapport final synthétique d’une cinquantaine de pages. Les travaux succincts des sous commissions sont joints en annexes. Pour cela un comité de rédaction a été mis en place comprenant les deux rapporteurs, les vices présidents, le président et les coordonnateurs de sous commissions et la date du 27 Novembre a été retenue pour la réception de tous les travaux des sous commissions.

La huitième plénière tenue le jeudi 27 Novembre 2008, s’est appesantie sur la date de dépôt des rapports de commissions thématiques : 31 Décembre

2009. La neuvième commission s’est tenue le 23 décembre 2008 et la dernière le 30 décembre 2008 fut consacrée à la validation de la synthèse.

B – Les sous commissions

La plénière

du jeudi

14 Août

avait

commission en 5 sous commissions :

1) Education et formation

entériné la subdivision de la

Coordonnée par le doyen Amadou Lamine, elle se réunissait le mercredi au

Congad. Elle a tenu plus dix réunions. Elle a une dizaine de membres tous du secteur de l’éducation (professeurs, inspecteurs, maîtres, directeurs, etc.) Pour un travail bien élaboré, la sous commission a pris tous secteurs de l’enseignement réparti par volets :

a-

Le

volet

« les

trajectoires du système éducatif au Sénégal : les

fondamentaux de l’éducation » fait par Babacar Diop Buuba

b- Le

volet

« Pré

scolaire » on

a une contribution de madame Seynabou

Diallo.

c- Le volet « Enseignement élémentaire » a été fait par un collège de jeunes inspecteurs de l’enseignement sous la supervision du Doyen Fadiga inspecteur président de la Commission 4 (pages ?)

d- Volet

« Enseignement

secondaire

professeur (11 pages) »

Général »

confié

a

Mactar

Gaye

e- Volet « Enseignement technique et formation professionnelle » à Boubar Diallo inspecteur d’enseignement et Amadou Lamine Ngom professeur d’enseignement technique (30 pages)

  • f- Le volet « Enseignement supérieur » confié au Satuc

g- Le volet « Education non formelle » confié à Jeanne Lopis Sylla linguiste (12 pages)

h- Le volet « Engagement du Sénégal dans le Monde et dans le domaine de l’éducation », à Rokhaya Fall Sokhna professeur (6 pages)

La synthèse des travaux de cette sous commission est confiée pages)

Amara (5

  • 2 ) Santé et développement social

Sous la houlette de Saliou Diagne travailleur social secondé par Thié Ndiaye professeur et Iyane Sow professeur en médecine, Aloyse Ndiaye professeur et Awa Sow. L’équipe se réunissait au quartier Scat Urbam de Grand-Yoff les mercredis. Les travaux sont faits en deux volets :

a- Santé par Iyane Sow b- Développement social

3 ) Culture et communication

Elle a été pilotée par Youssou Mbargane Guissé professeur en collaboration avec plusieurs artistes comme Ousmane Sow sculpteur. Les travaux se poursuivent et plusieurs artistes interviewés. Elle se réunion tous les

jeudis au siège du Forum civil. Ses travaux se sont déroulés sur plusieurs mois en plusieurs endroits du Sénégal.

  • 4 ) Dialogues social, politique et syndical

Coordonnée par Abdoulaye Guèye syndicaliste, en collaboration avec Gorgui Ciss professeur et élu local, Diébel Sarr (ONG), Jeanne Lopis Sylla chercheuse à l’IFAN, Fatou Dem Diouf assistante sociale. Elle se réunit les mardis au Forum Civil. Les travaux sont synthétisés dans un document de 7 pages. (Voire annexe)

  • 5 ) Sports et loisirs

Cette sous commission fut conduite par Ousmane Diadhiou (géographe) travailleur social en collaboration avec Moussa Guèye entraineur et dirigeant de navétane et Ahmet Diouf sportif et informaticien. Elle se réunit à ANAFA les

lundis à ANAFA. Elle n’a pas encore bouclé ses travaux. Voir plan de travail en annexe.

III – Les séminaires

Seules trois avaient prévu de faire des séminaires :

a- La sous commission «Education et formation» a tenu son séminaire de validation le samedi 25 Octobre 2008 au siège des Assises Nationales au Point E rue Kaolack angle Kolda

b- « Santé et développement social» a fait son séminaire le samedi 8 Novembre au siège des Assises Nationales, correspondant à l’ouverture des consultations de Dakar c- La sous commission « Culture et communication avait prévu de faire un séminaire avant la clôture des travaux.

IV – Le comité de rédaction

Le comité de rédaction s’est réuni une première fois au Just 4 U le samedi 15 Novembre 2008. Ont participé les deux vices présidents Babacar Diop Buuba et ALoyse, Ousmane Diadhiou et Jeanne Lopis Sylla. Il a été retenu que :

1- Le 1 er vice président Babacar Diop Buuba fera l’introduction du rapport final en faisant la synthèse des deux textes introductifs

2- Le rapporteur Ousmane fut chargé de faire la partie narrative des travaux de la commission

3- Les deux

rapporteurs Thié Ndiaye et Jeanne Lopis Sylla furent chargés

de la synthèse des travaux en sous commission avec deux parties

  • - Diagnostic

  • - Recommandations

4- Le président Fadiga et le second vice président Aloyse Ndiaye furent chargés de la conclusion finale.

La seconde réunion du comité de rédaction a eu lieu le jeudi 20 novembre au siège du Forum Social. Elle sera suivie d’une troisième rencontre le Samedi 27 Décembre.

Enfin la dernière rencontre du comité de rédaction Décembre.

a eu lieu le Mardi 30

III

/

SYNTHESE

DES

recommandations

SOUS

COMMISSIONS :

Diagnostic

et

Au terme de quatre mois de travaux, la Commission 4 « Gouvernance sociale », qui a mené ses activités de réflexion suivant cinq axes pris en charge par les cinq sous-commissions « Education - Formation », « Culture », « Dialogue politique - Dialogue social - Dialogue citoyen », « Santé – Développement social » et « Sports-Loisirs » est parvenue aux conclusions ci-dessous, concernant l’état des lieux / diagnostic et les propositions / recommandations.

1)EDUCATION ET FORMATION

Le passage en revue des engagements internationaux auxquels le Sénégal a souscrit, dans le domaine de l’éducation, a conduit à faire les constats ci-après. Dix ans après le Sommet mondial sur l’éducation de base (Jomtien 1990), le Forum mondial sur l’Éducation (Dakar, avril 2000) démontre que, malgré d’importants progrès, beaucoup reste encore

à faire, notamment dans le domaine de l’accès des enfants à l’enseignement primaire, de l’alphabétisation des adultes et de l’égalité de genre dans le système éducatif. Le forum de Dakar a fait de l’éducation pour tous une priorité, dont les buts sont étroitement liés au développement. Le système éducatif sénégalais comporte sept ordres d’enseignement :

  • - l’Education préscolaire ;

  • - l’Enseignement élémentaire ;

  • - l’Enseignement moyen ;

  • - l’Enseignement secondaire ;

  • - l’Enseignement supérieur ;

  • - l’Enseignement technique ;

  • - l’Education non formelle.

Le présent rapport de synthèse expose d’abord, dans sa globalité, un état des lieux du système, issu

du séminaire organisé par la sous-commission, avant de livrer les résultats des travaux pour chaque ordre d’enseignement.

1. LE SYSTEME EDUCATIF SENEGALAIS

  • 1.1. ETAT DES LIEUX DU SYSTEME

Le système éducatif est administré par trois ministères

  • - Préscolaire, Enseignement élémentaire et moyen ;

  • - Enseignement technique et Formation professionnelle ;

  • - Enseignement secondaire et Enseignements supérieurs (CUR et universités).

Le risque ici est, alors, de voir perdurer la gestion au jour le jour des intérêts catégoriels, au détriment d’un pilotage qui sauvegarde l’ensemble des intérêts des usagers du système, et cela malgré l’existence d’un Plan Décennal de l’Education et de la Formation (PDEF).

Cette organisation institutionnelle remet même en cause le caractère systémique de l’Ecole tant recherché depuis les Etats Généraux de l’Education et de la Formation ( EGEF).

Elle entraîne la dispersion des moyens et le manque de concertation qui atténuent considérablement les chances d’efficience escomptée par les auteurs du PDEF.

C’est pour ces raisons que les membres de la sous-commission proposent le retour à un ministère unique avec des directions fortes mettant en œuvre solidairement la politique nationale concertée et coordonnée.

1.1.1. Le financement du système

« L’Etat reste le principal bailleur du système éducatif en maintenant le budget à 40% du budget de fonctionnement hors dépenses communes et hors amortissement de la dette. » (Rapport d’exécution technique et financière 2006, ME/DPRE/DES).

Cet effort dans le cadre de la mobilisation pérenne des ressources est consécutif à un choix déterminé des Autorités sénégalaises. Passant de 33 à 34% puis à 40%, cette allocation des ressources traduit bien la volonté de développement d’un capital humain autorisant des victoires continues dans la lutte contre la pauvreté et les disparités. C’est la raison pour laquelle l’UNESCO classe le Sénégal dans le groupe E des pays consacrant entre 16 et 22 % de leur PIB à l’éducation. Ces pays réalisant une mobilisation moyenne de ressources internes de l’Etat reflétant par là même une priorité budgétaire pour l’éducation acceptable compte tenu du faible niveau de développement économique du pays.

Si cet effort louable est salué par tous, un courant de forte suspicion est apparu durant le séminaire quant à l’effectivité de la dépense proclamée. Aussi, est- il souhaitable qu’un débat franc soit organisé sur la transparence des ressources réellement allouées et sur les arbitrages opérés.

  • 1.1.2. La nécessité d’un débat large et sincère autour des questions cardinales

. La formation des enseignants

La formation des enseignants a préoccupé très fortement les séminaristes. Car, « ce qui se passe dans la classe et l’impact de l’enseignant et de l’enseignement ont été identifiés par de nombreuses études évoquées comme la variable essentielle pour l’amélioration des résultats d’apprentissage. La manière dont les enseignants enseignent doit être au centre de toute réforme destinée à améliorer la qualité. » (Gauthier et Dembelé, 2004, p 2-4, et une « obsession » pour les Autorités sénégalaises. La variable relative aux enseignants a été identifiée tout au long des travaux comme celle qui a l’effet le plus prononcé sur les acquis scolaires des élèves de milieux modestes. Même lorsque les milieux d’origine des élèves présentent des différences significatives, les enseignants bien formés peuvent exercer une forte influence sur l’amélioration de leurs niveaux acquis. La Réunion biennale sur la qualité organisée en 2003 par l’Association pour le Développement de l’Education en Afrique informe que les bons enseignants se révèlent efficaces quels que soient les niveaux acquis des apprenants et aussi hétérogènes que soit la classe.

Le manque d’identité positive que charrient les nouveaux corps dénommés « volontaires et vacataires de l’éducation » appelle à une réflexion profonde sur le recrutement, la formation et la promotion des enseignants gages d’une amélioration de la qualité de l’éducation, « dans un souci d’excellence, de façon à obtenir des résultats d’apprentissage reconnus et quantifiables, notamment en ce qui concerne la lecture, l’écriture, le calcul et les compétences indispensables

dans la vie courante. » (Objectif 6 du Cadre d’action de Dakar et Objectifs du Millénaire pour le Développement).

. L’environnement des apprentissages, avec des années scolaires régulièrement perturbées par des grèves cycliques

Ces grèves sont devenues la marque distinctive de l’Ecole sénégalaise. Elles ont entamé la crédibilité du secteur public et participé au développement du secteur privé qui joue depuis plusieurs années déjà le rôle de soupape de sécurité du système (en 2006, 388 collèges privés contre 520 pour le public et beaucoup d’établissements privés d’enseignement supérieur). Ces grèves concernent donc tous les secteurs du préscolaire à l’université et affectent dangereusement la fécondité du système. Elles installent la méfiance au sein de la communauté éducative, les parents d’élèves et d’étudiants jouant aux sapeurs pompiers pour constamment sauver l’année académique et éviter des années blanches.

. Le calendrier scolaire et universitaire

Qui, tel qu’il est confectionné, rend illusoire toute efficacité du système. Le survol des programmes qui s’ensuit explique dans une large mesure la médiocrité des résultats aux différents examens. La faiblesse du quantum horaire officiel (800 heures) et celui réalisé dans les différentes académies : 636 h à Kolda, 654 à Ziguinchor et 836 à Thiès, par exemple, sont révélateurs de la faiblesse des ambitions en matière de formation des ressources humaines de qualité et de la gestion laxiste du système.

. Les effectifs pléthoriques

Certaines classes et facultés sont tout simplement des garderies d’élèves et d’étudiants. Les ratios d’encadrement que l’on y observe sont adverses à toute réussite et expliquent les échecs massifs enregistrés chaque année. L’on doit dès à présent s’entendre sur la révision à la hausse des allocations du budget consolidé d’investissement pour atténuer considérablement les effets dévastateurs de cette massification indue des effectifs et revenir assez rapidement à des situations plus conformes à l’esprit et à la lettre du PDEF et des engagements internationaux du Sénégal.

1.1.

PROPOSITIONS EN VUE DE L’AMELIORATION

DU SYSTEME

1.2.

La communauté éducative doit se mobiliser pour consolider les progrès importants réalisés dans l’élargissement de l’accès, dans l’amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages et dans la gestion du système éducatif sénégalais.

- Une concertation impliquant tous les acteurs de l’éducation et les partenaires devrait à être convoquée rapidement pour asseoir un climat apaisé dans l’Ecole, renforcer la capacité du système à transformer les ressources disponibles en résultats. Le lien actuel entre les ressources mobilisées et les rendements est faible et reproduit des inégalités et des disparités de toutes sortes.

  • - Le recrutement en nombre suffisant d’enseignants, de personnels de supervision

pédagogique, de gestionnaires du système et une formation adaptée à leurs vocations actuelles devront y figurer en bonne place, de même que les choix du Sénégal en matière d’alphabétisation et leur articulation au développement national.

  • - L’application des conclusions de la réforme de l’enseignement supérieur ayant

connu des fortunes diverses, il est urgent de se pencher, très sérieusement, sur ce

secteur déterminant pour la constitution d’un capital humain de qualité et l’instauration d’une recherche véritablement féconde.

  • - La propension à la privatisation de secteurs de plus en plus larges (écoles,

collèges, écoles et instituts universitaires) et les effets de la fonction de service,

dans des départements et facultés de l’Université, posent naturellement la lancinante question du financement de l’Ecole au Sénégal. Des accords fédérateurs devront être réalisés aussi bien concernant ces domaines que concernant la logique d’action qui devra leur servir de trame.

Les lecteurs désireux d’approfondir l’analyse de ces différents points, abordés ci- dessus, pourront se reporter avec profit aux neuf (9) documents de base joints en annexe à cette synthèse.

2. LES ORDRES D’ENSEIGNEMENT

2.1. L’ÉDUCATION PRÉSCOLAIRE

2.1.2. ETAT DES LIEUX

On assiste à la création :

  • - d’écoles publiques

  • - d’écoles privées catholiques

  • - d’écoles privées laïques

  • - des daaras Aujourd’hui, on crée une Agence pour gérer ce que l’on appelle la Case des Tout- petits en confisquant les prérogatives de la Direction du Préscolaire, pour y mener des activités d’éducation préscolaire.

Depuis des années, on parle de démocratisation de l’Enseignement, mais sur le plan institutionnel, l’Ecole Maternelle trouve difficilement sa place.

Cette démocratisation est-elle effective, si l’on considère les enfants de la rue ?

Différents ministères ont abrité l’école maternelle :

  • - Ministère de l’Action Sociale

  • - Ministère de la Femme

  • - Ministère de la Santé et de l’Action Sociale

  • - Ministère de l’Education Nationale

Sur le plan institutionnel donc, il serait indiqué de créer un Ministère unique pour l’éducation, la formation et la recherche.

Il s’agit d’harmoniser, de fixer ou d’ancrer cette école maternelle au Ministère de l’Education Nationale, et créer des Directions Générales ou des Agences pour une coordination indispensable.

2.1.3. RECOMMANDATIONS

  • - Elever le niveau de formation, des Educateurs

avec BAC + 1

EFI (pour la maîtrise de la didactique des disciplines)

  • - Faire de la FASTEF un passage obligé pour les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints du Préscolaire pour une bonne pratique pédagogique.

  • - Revenir sur la spécialisation Préscolaire / Elémentaire.

  • - Remédier à l’absence d’un dispositif de pilotage cohérent, on se perd entre Direction du Préscolaire et Agence de la Case des Tout-petits.

2.2. L’ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE

2.2.1.ETAT DES LIEUX

. Taux d’inscription des enfants de 7 ans

Le système éducatif est un système à plusieurs vitesses. En réalité, l’école est reproductrice des inégalités sociales. Alors la libéralisation de l’offre éducative est tronquée. Notre école est élitiste, coûteuse et discriminatoire malgré les gros investissements consentis par l’Etat, l’accroissement du dispositif infrastructurel et le relèvement sensible du TBS grâce aux effets de la scolarisation des filles (SCOFI) et des campagnes de sensibilisation intense au profit du recrutement à l’occasion d’événements telle que la semaine de l’école de base.

L’accès à l’éducation s’analyse à partir de la population scolarisable. Le taux d’admission est le pourcentage du nombre d’enfants de 7ans qui sont inscrits chaque année. Si ce taux est de l’ordre de (70 %) en ………, évolue-t-il et à quel rythme? Mais, le problème, c’est ceux qui ne sont pas inscrits. Pourquoi ils ne le sont pas? Qui sont- ils ? Que font-ils ? Où sont-ils ?

. Taux brut de scolarisation

Le TBS qui est aujourd’hui de l’ordre de 82,5 % en 2007 est biaisé car englobant ceux qui sont âgés de 12 ans et au-delà qui sont encore au primaire. En conséquence,

la progression l’enseignement.

interne n’est

pas fluide

et

cela pose

encore

une fois

la qualité

de

Le constat

est que par rapport à l’accès, on est très éloigné de l’objectif de

scolarisation universelle de Jomtien (Thaïlande1990).

. Objectif de l’EPT non atteint

En milieu rural, on retrouvait dans les années 1990-2000 près de 500 classes sans maître. En tout état de cause, l’éducation pour tous n’est pas encore une réalité au Sénégal. Entre autres raisons, on peut retenir l’ajustement structurel qui s’est traduit par la maîtrise de la masse salariale pour dégraisser la fonction publique, la mise en veilleuse de la formation (250 formés contre 1200 par an face à un besoin annuel de remplacement de plus de 200 enseignants ayant acquis leur droit à la retraite), le problème de planification et l’incitation à aller à la retraite (départ volontaire).

. Efforts fournis

Les succès encourageants qui méritent d’être retenus sont la campagne de la scolarisation des filles (SCOFI) qui a réellement boosté l’admission et le niveau acceptable du taux brut de scolarisation, l’autorisation de recrutement de 700 enseignants et l’autorisation des Classes à Double Flux (CDF) et des Classes Multigrades (CM), mais aussi le relèvement du budget alloué à l’éducation (40% du budget de l’Etat) qui, cependant, ne cesse d’alimenter la controverse.

. Problèmes liés à l’accès à l’enseignement

Le système éducatif sénégalais présente des disparités dans l’accès entre garçons et filles, entre régions, entre secteurs ou sous secteurs et un déficit criard d’enseignants.

Le défi de l’éducation pour tous reste un élément crucial dans l’ordre de bataille des objectifs du système éducatif sénégalais et du PDEF. En réalité, les 30% (……) des enfants de 7 ans qui ne sont pas inscrits à l’école peuvent être répartis comme suit :

1)

ceux dont les parents ne veulent pas de l’école ;

 

2)

les enfants en situation de travail ;

3)

les enfants de la rue (talibés) ;

4)

les enfants des zones sans écoles ;

5)

les

enfants

souffrant

d’un

handicap

(sourds,

muets,

non

voyants,

déficients mentaux).

2.2.2

..

RECOMMANDATIONS

Accès à l’enseignement

. Elargir davantage l’accès à l’éducation

Il faudra avant tout libéraliser effectivement l’offre éducative à travers un élargissement de l’accès à tous les niveaux, accroître le dispositif infrastructurel et le mobilier scolaire de qualité, assurer une dotation suffisante en manuels et intrants pédagogiques et procéder à un recrutement d’enseignants en quantité et en qualité.

. Poursuivre le programme de construction de nouvelles écoles selon une carte scolaire rationnelle

La première action pertinente qu’il convient de poser est le renforcement et la poursuite du programme de construction d’écoles nouvelles selon une carte scolaire équilibrée et cohérente. Cette action sera renforcée par un vaste programme de généralisation des cantines scolaires. Ceci relève de la responsabilité de l’Etat et des Collectivités locales par rapport à leurs missions régaliennes d’orientation et d’accompagnement.

.

Elaborer

un

programme

de

mise

en

place

progressive

d’établissements spéciaux au profit des enfants handicapés

Sous la responsabilité de l’Etat, des partenaires extérieurs, des ONG et des bonnes volontés, il faut d’urgence mettre en place un programme dénommé SCOHANDICAP pour renforcer l’ouverture de l’accès aux jeunes atteints d’un handicap.

. Encourager et assister tous les projets ayant pour objectif le retrait des enfants de la rue

L’idée est de rendre effectif la libéralisation de l’offre d’éducation et l’autonomisation des structures parapubliques et privées pour marquer l’élan irrévocable de l’élargissement de l’accès en rendant publiques les bonnes expériences comme le Programme de Renforcement des Familles (PRF) de l’AN/ Villages D’Enfants SOS et Kinderndorf International, le Partenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la Rue (PARRER) initié par le Gouvernement du Sénégal et la Banque Mondiale, etc.

. Susciter un vigoureux mouvement de plaidoyer pour la reconnaissance et le respect des droits de l’enfant à l’éducation

Ce mouvement sera orienté vers les familles et certaines communautés hostiles à l’école. L’initiative sera portée à la fois par l’Etat d’abord, ensuite par les ONG, les mouvements de défense des femmes, les chefs religieux, les syndicats, les organisations de la société civile, etc.

Qualité de l’enseignement

. Introduire les langues nationales comme medium d’enseignement privilégié, tout au moins dans les trois premières années de l’élémentaire, en préparant progressivement l’élève à la maîtrise du français suivant une approche fonctionnelle.

. Exiger une qualification professionnelle pour tous les enseignants, mettre un terme aux pratiques actuelles de recrutement : volontariat, vacatariat, quota sécuritaire ou complémentaire.

Dans le privé, il sera mis fin à la délivrance des autorisations d’enseigner sans diplôme professionnel.

. Rationaliser les niveaux de carrière des enseignants de l’élémentaire en les ramenant à deux

La réforme devra obéir au schéma suivant :

-Extinction du corps des instituteurs adjoints (BFEM + 1 an) ; -Maintien du corps des instituteurs ordinaires (Bac + 1 an) ; -Création d’un corps nouveau de technicien de l’éducation (Bac + 3 ans). Par ailleurs, l’Etat doit travailler à une meilleure revalorisation de la situation

matérielle et financière des enseignants – avec une des avantages supplémentaires à ceux qui sont en service en milieu rural.

. Mettre à disposition le matériel didactique adéquat, pour toutes les disciplines et en quantité suffisante

. Doter les écoles de bibliothèques et inciter les élèves à la lecture

Pour arriver à résorber le déficit en manuel scolaire, il faudrait aussi mettre en place une bonne politique éditoriale.

. Restructurer l’année scolaire pour faire travailler davantage

Selon les statuts (1966), les enseignants ont droit à deux mois de congé par an. Ainsi donc, l’année scolaire doit s’étaler normalement sur 10 mois. Considérant qu’il serait trop facile de jeter l’anathème sur les enseignants et les élèves, il serait intéressant de revisiter la proposition faite en 1974 par les Inspecteurs de l’Enseignement Primaire (IEP).

En substance il s’agira de planifier l’année scolaire comme suit :

Rentrée des classes :

 

-1 er octobre pour les maîtres ;

-2 novembre pour les élèves ;

-Fermeture

des classes :

le

30

Juin ;

soit pour les enseignants 8

mois

ou

32

semaines de travail plein à raison de 30 heures par semaines;

 

Les examens : tous les examens se dérouleront du 1 er au 31 Juillet.

Ce faisant, le système va accéder au quantum horaire de 900 heures par

année. L’intérêt est que le mois d’Octobre sera réservé à la préparation de la rentrée des classes (mis en place des maîtres, nettoyage de l’école et des classes, etc.). Ce sera l’occasion d’organiser les examens professionnels écrits des enseignants.

Les

examens

scolaires

seront

concentrés

au

mois

de

Juillet

et

tous

les

enseignants seront disponibles pour les corriger ou les surveiller.

En ce qui concerne les fêtes scolaires, religieuses ou légales, elles seront normalisées et leur durée sera ramenée à deux semaines au total.

Pour éviter les « années blanches », il nous paraît nécessaire d’instituer un quantum horaire valable pour toutes les classes du cycle élémentaire et un quantum horaire pour tous les autres niveaux.

. Renforcer la supervision et le contrôle pédagogique

Gestion de l’enseignement

Si le Sénégal ambitionne de bâtir une école de qualité pour tous, il doit :

. Mettre

l'accent

sur la gestion

de

la

qualité, et cela passe par une

utilisation efficiente des ressources (humaines, matérielles et financières), mais aussi

et surtout par une planification rigoureuse aussi déconcentré ;

bien

au

niveau central que

. Créer des comités locaux de suivi des curricula et appliquer une gestion par contrats d’objectifs en mettant en avant l’obligation de résultats ;

. Créer un département ministériel unique pour l’Education, la Formation et la recherche, avec des directions générales fortes et un système de corrélation et de coordination très opérationnel.

. Institutionnaliser les Etats Généraux de l’Education et de la Formation

(EGEF) tous les quatre (4) ans avec des instances de réflexion et d’échanges qui dépassent les préoccupations salariales, syndicales, et

. Créer une commission de suivi et d’évaluation

deux (2) ans.

se réunissant tous les

.

Instaurer

un

cadre

synergique

d’échange

entre

les

écoles

de

formations, les universités et les personnels opérationnels pour promouvoir la recherche action et la recherche appliquée, dans une démarche novatrice et prospective.

2.3. L’ENSEIGNEMENT MOYEN

2.3.1.ETAT DES LIEUX

Les faiblesses de l’enseignement moyen sont particulièrement liées à la qualité, à la formation et au projet d’établissement.

En matière de qualité

Déficit de professeurs de mathématiques et de professeur d’EPS, ce qui entraîne des surcharges horaires ou des réductions horaires dans certaines classes. Le niveau académique des professeurs est assez faible dans les disciplines scientifiques particulièrement, entraînant du coup la faiblesse de niveau des élèves pourtant tant décriée

Le ratio manuel élève reste toujours faible (1,5) et loin de la norme fixée dans la deuxième phase (en moyenne 1,5 au niveau national comme en 2005). Déficit de classes physiques par rapport aux classes pédagogiques

Déficit du temps de travail lié aux multiples fêtes, démarrage tardif des cours et grèves aussi bien des élèves que des enseignants Déficit d’assistants sociaux

L’inexistence de cantines scolaires avec des élèves qui passent la journée à l’école sans pouvoir se restaurer à cause de la journée continue

Dans le domaine précis de la formation, on a noté :

Les modules de formation non différenciés par rapport aux cibles. On a vu des vacataires

bénéficier des mêmes formations que des professeurs expérimentés alors qu’ils n’ont pas les mêmes besoins L’absence de passerelles permettant le passage de PCEM à PEM et de PEM à PES

L’insertion dans le système de vacataires sans formation pédagogique

Une distorsion entre la planification pédagogique et la planification financière due à la

lenteur dans la mise à disposition des fonds prévus pour les formations. Les CPN et les CPI sans aucune indemnité liée à leurs missions; conséquence des CPI

quittent la formation continuée pour des postes de responsabilité (lycée et collège), la FASTEF ou pour devenir IS. L’absence de relations hiérarchiques entre PRF et CNFC. Un manque de cohérence ou une

dichotomie entre les objectifs nationaux de formation et les objectifs de formation ciblée au niveau déconcentré. Les PRF vivent dans un dénuement total (manque de matériel.

Dans le domaine du Projet d’Etablissement

Absence de mise en projet de beaucoup d’établissements

Absence systématique d’une évaluation des effets/ impacts des projets sur les rendements

scolaires et les enseignements apprentissages ; Difficulté à mobiliser la communauté autour du PE ;

Faible participation des collectivités locales et des communautés au financement des actions

prévues dans le PE ; Absence d’un dispositif d’évaluation interne du PE ;

Suite à la chute brutale enregistrée en 2005 dans les résultats du BFEM (30,18%), le moyen affiche une meilleure mine cette année avec 37,39% ; soit une hausse de 7,21%. Ces résultats au niveau national sont confirmés par ceux des régions ; seules Saint-Louis et Dakar ont enregistré une baisse en passant respectivement de 28, 3% à 25,73% et 34,6 % en à 34,16%.

Il est important de signaler que malgré cette hausse du taux de réussite au BFEM, 8 régions sur 11 régions ont enregistré des scores en deçà de la moyenne.

2.3.2. RECOMMANDATIONS

Pour un meilleur développement de l’enseignement moyen dans le cadre global d’un système éducatif global, réunifié et harmonieux, nous recommandons les aspects suivants :

l’enseignement technique obligatoire pour tous au premier cycle

une bonne planification de la création des CEM

une évaluation de la journée continue dans le rendement des élèves

adéquation entre les classes physiques et les clases pédagogiques

équipement des CEM en matériel pédagogique didactique et scientifique

association des professeurs dans la définition des programmes

préparer l’élève à s’insérer dans la vie active à la fin du cycle

allier les cours théoriques aux travaux pratiques

définir les programmes en fonction des objectifs

alléger les programmes afin de ne pas surcharger inutilement l’élève

limiter les effectifs par classe pour un enseignement performant

fixer le taux horaire annuel validant l’année par niveau et le communiquer aussi bien aux élèves qu’aux enseignants

restaurer la discipline en revalorisant les décisions des conseils de classes motiver les enseignants par la formation continue accompagnée de passerelles

définir un statut clair du conseiller pédagogique doit être défini et appliqué

 

avoir

une politique

incitative

pour maintenir

en fonction

les enseignants

des

disciplines scientifiques organiser un suivi régulier des enseignements par les IGEN et les IS

revoir les systèmes d’évaluation

instaurer un système de contrôle de la gestion des établissements

Mettre en place un plan d’urgence pour la formation de professeurs de maths et d’EPS pour la résorption du gap à court terme

(Sources : Rapport d’exécution financière interne du PDEF 2006)

2.4. L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

2.4.1.ETAT DES LIEUX

Au lieu d’un discours spéculatif, l’observation

de

faits sur

le terrain sera

privilégiée ; l’accent sera mis surtout sur les indicateurs d’efficacité

internes.

Autrement dit, il sera

passé

en

revue

l’évolution

du réseau d’établissements

d’enseignement secondaire, les acteurs, le temps de travail et les programmes, le budget et le conseil de gestion.

- la suppression de l’internat dont les conséquences étaient désastreuses ; beaucoup d’élèves, et pas les moins brillants, avaient abandonné leurs études, d’autres avaient des troubles mentaux, etc.

- des lycées ont étét progressivement implantés dans les capitales régionales (qui n’en avaient pas) d’abord ; puis dans les chefs lieux de département, voire dans les chefs lieux d’arrondissement. Ainsi, en 1990/1991 le réseau de l’enseignement secondaire général couvrait 57 établissements (31 publics + 26 privés) contre 111 (48 publics + 63 privés) en 1999/2000 1 ; le nombre d’établissements secondaires a presque doublé en dix ans ; ces efforts s’expliquent par le souci de se conformer à la Déclaration Mondiale qui avait lancé, en 1990, le concept d’« Education Pour Tous » en l’an 2000.

  • - dans quelques départements, on transforme un CEM en lycée sans de nouvelles infrastructures (salles de classe, latrines, bibliothèque, etc.) ; les cours sont dispensés sur deux ou trois sites différents, éloignés les uns des autres durant les premières années d’existence : se posent alors des problèmes de surveillance, de déplacements des élèves et des professeurs, de perte de temps, etc.

  • - dans d’autres, on construit de nouvelles infrastructures mais non équipées ;

  • - dans certains, on implante des abris provisoires qui intempéries et paradoxalement pour une durée assez longue.

résistent

peu

aux

Toutefois, ce nombre important d’établissements secondaires a permis d’accroître considérablement l’effectif total des élèves du secondaire qui passe de 58983 (dont

  • 1 2 Voir DPRE, ANNUAIRE STATISTIQUE 2006/2007

38% de filles)

en 2000

à 105918 (39,1%

de

filles) en

2007. Le

Taux

Brut

de

Scolarisation (TBS) passe ainsi globalement de 9,9% à 14,38% ; de 13,1% à 17,16%

chez les garçons et de 7,1% à 11,48% chez les filles.

  • - les Surveillants généraux et les Surveillants simples : dans beaucoup d’établissements leur nombre est insuffisant et chacun a un jour de repos dans les jours ouvrables de la semaine ; la plupart du temps, c’est le Censeur qui fait, à leur place, ce travail de surveillance ;

  • - le Bibliothécaire : dans nos lycées, ce n’est pas en général un Bibliothécaire de formation mais un surveillant chargé de gérer la bibliothèque ; les élèves ont le plus souvent peur d’entrer dans la bibliothèque (qui, généralement, ressemble à un magasin de livres exigu et sombre) et / ou d’emprunter des livres au Bibliothécaire qui les terrorise. Il y a très peu d’établissements secondaires dotés de toutes les œuvres au programme en nombre suffisant ; certains établissements n’ont même pas de bibliothèque ;

  • - l’Assistant(e) social(e) : peu de lycées ont un(e) Assistant(e) alors qu’il (elle) peut jouer un rôle essentiel dans la prise en charge de certains élèves en difficulté : beaucoup de perditions scolaires sont dues à l’absence de cette personne.

1-2-2 – Le corps professoral

Autrefois, on recrutait les professeurs à la suite d’une année de formation à l’ENS (actuelle FASTEF). Actuellement, il existe deux schémas de recrutement :

  • - les professeurs qui ont d’abord fait une ou deux années de formation à l’ENS ou à l’actuelle FASTEF ;

- les professeurs vacataires sélectionnés uniquement sur la base de leur formation académique ; ils pratiquent les classes pendant au moins deux années scolaires avant de recevoir, pour une durée de 45 jours, une formation pédagogique. Ils peuvent ensuite devenir des professeurs contractuels.

Certes des cellules pédagogiques existent dans les écoles, mais leur travail se limite généralement à harmoniser les enseignements et à organiser des devoirs communs.

Les Inspecteurs de spécialité devaient aider à améliorer les enseignements, mais ils sont en nombre insuffisant, avec peu de moyens.

Il s’y ajoute que le nombre d’enseignants reste insuffisant.

Conséquence :

des surcharges horaires pour les professeurs accompagnées souvent de réductions horaires pour les élèves ;

-

  • - selon les cas et les zones, des professeurs de collège d’enseignement moyen (PCEM) interviennent dans le secondaire et même tiennent des classes de

terminale, l’essentiel, pour certains Inspecteurs d’Académie et Proviseurs, étant de faire fonctionner les classes.

Cette insuffisance est plus marquée chez les professeurs de mathématiques ; les départements éloignés des grandes villes en souffrent beaucoup.

A Bakel, par exemple, un professeur de physique et chimie dispensait, durant l’année scolaire 2007 – 2008, des cours de maths dans les classes de terminales S. A Dakar, les postes vacants en maths ne sont plus déclarés dans les « miroirs » : pour les autorités, il est plus facile d’avoir un vacataire en maths à Dakar que de l’avoir ailleurs. Avec la tendance actuelle (les mathématiciens s’orientent de plus en plus vers une spécialisation dans les TIC), on peut craindre le pire : ne plus trouver, dans un futur proche, un mathématicien candidat au recrutement.

Il faut également signaler :

  • - la fuite des cerveaux vers d’autres secteurs plus offrants. Beaucoup d’enseignants font le concours de l’ENAM pour devenir entre autres administrateurs civils ; certains restent dans la vacation le temps de réunir la somme nécessaire pour émigrer ;

  • - l’abnégation de certains professeurs qui, en accord avec leurs élèves, travaillent, même les jours fériés et/ou de repos, pour terminer à temps leurs programmes ;

  • - l’image négative de l’enseignant : il est diabolisé par les autorités, méprisé par la société ; il n’est plus un modèle pour l’élève ;

  • - le comportement déviant de quelques enseignants : certains professeurs dispensant des cours de renforcement payants à leurs propres élèves défavorisent les autres dans le choix des sujets de devoir ; une manière d’inciter les autres à joindre leur groupe ; d’autres font la cour à leurs élèves, vendent des cours polycopiés ;

  • - les cours dispensés dans les établissements privés : certains professeurs

négligent les élèves du public au profit de ceux du privé ; d’autres, très sérieux dans les deux cas, s’épuisent davantage ;

  • - le mouvement des enseignants défavorise les zones dites déshéritées.

- les grèves d’enseignants : l’insatisfaction ou la satisfaction tardive et/ou partielle des revendications syndicales et, quelquefois, l’irrespect des accords par le gouvernement entraînent des grèves répétitives qui réduisent considérablement le temps des enseignements.

Conséquence :

Soit l’enseignant ne termine pas le programme, soit il distribue le reste dans des feuilles polycopiées, pour se donner bonne conscience.

1-2-3- Les élèves et les performances

Dans nos établissements le nombre des classes physiques (salles) est presque toujours inférieur à celui des classes pédagogiques (groupe d’élèves ayant le même emploi de temps). Ce qui entraîne la rotation de celles-ci avec ses corollaires (bruits, pertes de temps…).

*L’effectif des classes pédagogiques :

Particulièrement pléthorique dans beaucoup d’établissements, il pose trois problèmes majeurs :

  • - le professeur a peu d’espace pour se déplacer et surveiller le travail de ses élèves ;

  • - il a d’énormes difficultés à organiser plus de deux devoirs surveillés par semestre (celui-ci étant très court chez nous) et peu d’enseignants ont trouvé d’autres types d’évaluation efficaces.

  • - la promiscuité aidant, certains élèves ne font qu’observer la copie ou le cahier des autres pour recopier, ce qui instaure la culture de la tricherie.

Toutefois, il faut signaler que l’effectif de la série S1 est très réduit : il varie entre huit (8) et treize (13) selon les écoles ; c’est un gâchis par rapport au nombre de professeurs mobilisés.

Le passage en classe supérieure :

La recherche effrénée de la scolarisation universelle, sous la pression des

bailleurs de fonds, favorise l’amalgame et le superficiel.

Les paramètres quantitatifs cachent mal la faiblesse du niveau de nos élèves : le taux de redoublement est encore élevé même si les élèves passent en classe supérieure :

  • - à l’élémentaire, par quota et non en fonction de la moyenne ;

  • - aux moyen et secondaire, souvent avec une moyenne de 09,5/20 au lieu de 10/20 et plus ;

  • - une moyenne de 10/20 au lieu de 12/20 permet, sans le BFEM, d’orienter l’élève en classe de seconde.

NB :

En 2006, le Ministre de l’Education National, dans sa note de service N° 004129 du 08 septembre 2006 adressée à l’Inspecteur D’académie de DAKAR, a pris, entres autres, la disposition suivante :

« - Pour ce qui concerne les classes bloquées (sans notes du second semestre

ou avec des notes en nombre insuffisant),

tenir compte des notes du premier

semestre, avec la moyenne supérieure.

de

09/20

comme

barre

de

passage

en

classe

- Pour les élèves ayant une moyenne comprise entre 08 et 09/20, les considérer comme repêchables pour le passage en classe supérieure en tenant compte des critères habituels (âge, déroulement de la scolarité, conduite, notes dans les matières dominantes, notes disponibles du second semestre ».

Les conseils de classes étaient tenus, au mois de septembre, par l’administration de chaque établissement concerné.

*Les taux de redoublement :

Le tableau (3) suivant résume les données générales de l’enseignement secondaire général en 2006/2007 :

ETABLISSEMEN

CP

- le professeur a peu d’espace pour se déplacer et surveiller le travail de ses élèves
 

TS

ou

EFFECTIFS

 

REDOUBLANTS

 
   

                   

Zone

Stat

ut

et2°

cycle

2° cycle

GP

G

F

Total

%F

G

F

Tota

l

%F

 

Priv

     

8

5

 

38,5

       

Rura

é

3

1

4

13

%

0

0

0

l

234

107

  • 316 %

35,8

Publ

ic

14

2

103

6

1

  • 3417 31,3

%

203

113

Total

                       

Rura

10

235

107

31,4

20

11

35,8

l

17

3

7

4

6

  • 3430 %

3

3

  • 316 %

 

Priv

     

127

996

  • 2274 43,8

 

194

141

 

42,2

é

73

7

  • 589 %

0

4

7

  • 3361 %

127

5

Urba

in

Publ

493

304

  • 167 38,1

7974

688

428

  • 1116 38,3

ic

34

37

7

46

02

8

%

8

1

9

%

Total

Urba

in

 

161

42

 

621

19

403

69

  • 22 39,4

1024

  • 66 %

88

 

88

32

 
  • 56 39,2

145

  • 98 %

30

 

Total

 

178

45

 

644

73

414

45

  • 23 39,1

1059

  • 73 %

18

 

90

35

 
  • 58 39,1

148

  • 11 %

46

 

_______________

(3) Voir DPRE, ANNUAIRE STATISTIQUE NATIONAL 2006/2007, p.111

CP : classes pédagogiques

;

GP : groupes pédagogiques

A partir du tableau, on peut savoir qu’en 2006/2007 :

  • - le taux national de redoublement s’élève à 14,01% (14846/105918)

  • - ce taux, chez les filles, est de 14,02% (5811/41445) contre 14,01% (9035/64473) chez les garçons ;

  • - le taux national de redoublement dans le privé est de 6,22% (1417/22753) contre 13,8% (11485/83165) dans le public ;

  • - le taux de redoublement dans le privé rural est de 0% contre 6,23% (1417/22740) dans le privé urbain ;

  • - le taux de redoublement dans le public rural est de 9,24% (316/3417) contre 14% (11169/79748) dans le public urbain ;

- le taux de redoublement, dans le privé et chez les filles, est de 6,23% (1417/22740) contre 13,96% (4394/31473) dans le public ;- le taux de redoublement, dans le privé et chez les garçons, est de 15,21% (1944/12773) contre 13,71% (7091/51692) ;- le taux de redoublement, dans le privé rural t chez les filles, est de 0% contre 14,21% (1417/9967) dans le privé urbain .Le taux de redoublement varie donc en fonction du sexe, de la zone et du statut de l’établissement.

*Les taux de réussite au BAC :

A partir des documents (4) confectionnés par la Direction de la Planification et de la Réforme de l’Education (DPRE) et rapports d’activité de l’OFFICE du BAC, on peut dresser le tableau suivant qui résume l’évolution du taux de réussite au BAC, de 1999 à 2008

1999 44,3%
1999
44,3%

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

39%

53,1%

39,7%

44,2%

46,1%

45,5%

50,2%

48,6%

42,9%

  • - ont réussi au premier groupe les candidats ayant une moyenne supérieure ou égale à 10/20 (à l’examen) et ceux, après repêchage par le jury, qui ont une moyenne tournant autour de 09,50/20 ;

  • - les candidats ayant obtenu une moyenne au moins égale à 08/20 sont admissibles au deuxième groupe ; comme le sont ceux qui avaient un peu moins de 08/20 et qui sont repêchés. La délibération se fait comme au premier, avec possibilité de repêcher encore. De plus, les épreuves du deuxième groupe sont très faciles ; le nombre de reçus à ce groupe est presque toujours supérieur à celui du premier groupe, comme le montre le tableau suivant :

Année

Inscrits

Admis

Mentions

 
 

Effecti

Taux de

 

Taux

       

(5)

f

Total

Très

Bien

A.

Pas-

participatio

group

group

de

bien

bien

sable

 

total

n

e

e

 

réussite

 
 
  • 2005 97,7

36636

 

7008

9261

1626

9

45,5

10

108

882

1526

9

 
  • 2006 97,2

41826

 

9119

 
  • 11275 50,2

2039

4

   
  • 2 1037

113

 

1924

2

 
  • 2007 97,9

47136

 

10546

 
  • 11892 48,6

2243

8

   
  • 8 1713

229

 

2048

8

______________________________

(4) Voir : DPRE, SITUATION DES INDICATEURS DE L’EDUCATION 2000-2005, oct. 2005 ;

DPRE, RAPPORT NATIONAL SUR LA SITUATION DE L’EDUCATION 2006, p. 75 DPRE, RAPPORT NATIONAL SUR LA SITUATION DE L’EDUCATION 2007, mai 2007, p.84

Le taux de réussite évolue en dents de scie, avec une chute à partir de 2006. En outre, ce taux ne révèle pas toute la faiblesse du niveau des candidats ; l’examen du

BAC se fait en deux groupes :

Par ailleurs, des correcteurs véreux permettent à certains candidats de reconnaître leur copie pour leur attribuer une bonne note.

1-3 - Le temps de travail et les programmes

« C’est là, la véritable énigme de tous les acteurs du système et l’un des facteurs les plus inhibant des performances du système », selon Waly NDIAYE (6). Depuis des années, il est toujours écourté. Les causes de cette réduction sont multiples :

démarrage tardif de l’année scolaire (acte du deuxième mouvement des professeur non encore disponible, manque de professeurs, désherbage tardif de certains établissements, etc.), souvent mi-novembre, même si officiellement l’ouverture a lieu début octobre, arrêt précoce des cours pour les classes n’ayant pas d’examen de fin d’année, fêtes officielles et nombreuses fêtes politico-religieuses, anticipations et prolongements des fêtes, grèves des élèves, grèves des enseignants et absentéisme,

Il s’y ajoute que les programmes sont démentiels. L’étendu des programmes n’est pas en adéquation avec le temps réel de travail : les classes de terminale terminent difficilement, et à la veille des examens, leurs programmes malgré les cours polycopiés dans certaines disciplines, les cours dits de « rattrapage » ; les secondes et les premières ne terminent presque jamais leurs programmes.

(5) Nous n’avons pas tous les détails pour les autres années

(6) Coordonnateur des Revendications/SUDES. Voir son article dans « Sud Online » du 31 juillet 2008

1-4 - Le budget et le conseil de gestion

Selon les documents de la DPRE, la part de l’Education dans le Budget National est de 33%, loin des 40% dont parlent souvent les autorités, et son taux d’exécution couvre rarement ce qui était prescrit.

Dans les lycées, le conseil de gestion est, selon le décret N° 2000 – 337 du 16 mai 2000, composé par les membres de droit (le Chef d’établissement, président du conseil, le Censeur ou le Directeur des études, le Surveillant général, l’Intendant, le Gestionnaire, le représentant du Conseil Régional, le représentant du Maire, le représentant du Trésor) et les membres élus (1 Surveillant général, 2 Représentants des parents d’élèves, 4 ou 3 Représentants du personnel enseignant si le nombre d’élèves dépasse ou non 1000, 2 ou1 Représentants du personnel de surveillance pour les mêmes raisons, 3 ou 2 Représentants des élèves, idem). Le décret met ainsi en place un cadre institutionnel impliquant toute la communauté éducative.

Mais il précise en son article 3 :

« Le conseil de gestion exerce soit par lui-même, soit par sa section permanente prévue à l’article 5, des attributions relatives au fonctionnement matériel et moral de l’établissement. Le conseil de gestion donne son avis sur l’état prévisionnel des recettes et des dépenses, l’observation des prescriptions relatives à l’hygiène et sur toutes les questions qui sont soumises par le Ministre de l’Education National, l’Inspecteur d’Académie, le Chef d’établissement ou la section permanente. (7) Le conseil de gestion vote le budget ».

Le conseil de gestion ne donne donc que des avis, ses attributions sont ambiguës alors que celles de la section permanente, qui dans la réalité le supplante, sont très précises à l’article 5 du même décret : « Ses attributions sont consultatives ».

Dans les établissements secondaires, il existe deux types de budget :

  • - le budget alloué

par l’ETAT

et sur lequel

donner ; son montant est assez substantiel ;

le conseil de gestion n’a aucun avis à

  • - le budget, provenant de l’inscription des élèves et des ressources additionnelles, sur lequel le conseil de gestion donne son avis consultatif.

2 – BILAN

Depuis 1981, les changements intervenus dans les politiques éducatives peuvent faire croire à une réforme efficiente et irréversible de l’Ecole sénégalaise, surtout du cycle secondaire :

  • - les Etats Généraux de l’Education et de la Formation (EGEF) ont été tenus pour l’avènement d’une école nationale, démocratique et populaire ; (7)Le Chef

d’établissement, président, le Censeur ou le Directeur de Etudes, le Surveillant général, l’Intendant ou le Gestionnaire, les Représentants du personnel enseignant et de surveillance au conseil de gestion

  • - les conclusions de la Commission Nationale de Réforme de l’Education

et

de

la

Formation (CNREF), née au lendemain des EGEF, avaient jeté, en 1983, les bases d’une Ecole Nouvelle ;

  • - la volonté proclamée des autorités de l’époque de réformer le système éducatif en exploitant judicieusement ces conclusions ;

  • - le colloque de Saint-Louis, en 1995, qui a permis de dégager les grandes orientations

et les stratégies visant le renforcement de l’accès à l’éducation, la réalisation de la gestion concertée du secteur, l’harmonisation des intervenions dans le secteur de l’éducation ;

  • - les séminaires de Bambey et de Gorée qui ont permis de mettre en place des commissions thématiques (Accès, Qualité, Gestion) et d’élaborer un diagnostic et un

plan d’actions pour chacun des sous secteurs ;

  • - la tenue à Dakar, en 2000, des Assises Mondiales sur le bilan de l’Education Pour Tous sur la période 1990-2000 ;

  • - le démarrage du Programme Décennal de l’Education et de la Formation.

  • - l’existence des Inspecteurs de spécialité.

Le PDEF, actuellement dénommé Programme de Développement de l’Education et de la Formation, « a capitalisé l’ensemble de ces démarches qu’il a développées et approfondies pour les inscrire dans un cadre politique qui identifie, hiérarchise, planifie les priorités du gouvernement, harmonise et organise les interventions », avec trois objectifs majeurs :

  • - démocratiser l’accès à l’éducation de base ;

- améliorer la qualité des enseignements ;

- rendre plus efficiente la gestion du système.

Avec l’accroissement du réseau d’établissements et la discrimination positive visant à inscrire et maintenir les filles dans tous les ordres d’enseignement, l’accès à l’enseignement secondaire a connu des bonds appréciables.

Cependant, la pratique quotidienne et les réalités du terrain conduisent à penser qu’aux lieux et place de réforme cohérente et efficiente, on assiste plutôt à une stagnation, voire une régression de notre système éducatif, particulièrement du système secondaire général :

- la qualité de l’enseignement et le niveau général des élèves continuent de baisser d’année en année, conséquences des effectifs pléthoriques des classes, de l’insuffisance des manuels scolaires et des matériels didactiques, de la pénurie des moyens humains : le personnel de surveillance reste insuffisant, les professeurs ne sont plus formés et recrutés en nombre suffisant ;

- la lassitude de beaucoup d’enseignants pour cause de surcharges horaires dans le public et/ou dans le public et le privé ;

- le fractionnement du Ministère de l’Education en trois hypothèque davantage le dialogue social pour lequel les autorités adoptent toujours une politique de pourrissement.

Les indicateurs internes tels que le Taux Brut de Scolarisation,

le

taux de

redoublement et les taux de réussite au BAC sont loin des normes de performance

scolaire.

reste entendu que la DPRE produit des documents de référence, même si beaucoup de réalités du terrain analysées ici lui échappent.

Il

2.4.2. RECOMMANDATIONS

Les aspects positifs des politiques éducatives menées jusque là doivent être préservés et améliorés constamment. Mais aussi pour avoir un système éducatif performant, les recommandations suivantes peuvent être prises en compte :

  • - bien planifier l’implantation des lycées sur une durée de dix (10) ans ;

  • - créer le corps des Chefs d’établissement, avec un concours d’entrée, une formation

et un examen de sortie. Les nouveaux sortants seront d’abord nommés Adjoint au

Chef d’établissement, avec suppression du poste de Censeur ;

  • - faire gérer les bibliothèques par des bibliothécaires de formation ;

- arrêter le recrutement des vacataires et former ceux qui sont actuellement dans les classes ;

- former (avec des profils d’entrée et de sortie) et recruter en nombre suffisant des professeurs ;

- revaloriser la fonction enseignante, sanctionner négativement les comportements déviants et positivement les comportements mélioratifs ;

  • - accorder une prime aux enseignants officiant dans les zones dites déshéritées ;

- assurer un plan de carrière aux enseignants : établir par exemple des passerelles permettant à un professeur d’enseignement moyen (PEM) de devenir professeur d’enseignement secondaire (PES) sans retourner à la faculté… ;

- former en nombre suffisant des Inspecteurs de spécialité et les doter de moyens

pour rendre

efficiente leur mission ;

  • - instaurer la moyenne de 10/20 comme barre de passage en classe supérieure ;

- repenser le deuxième groupe du BAC et revoir les modalités d’orientation des nouveaux bacheliers aux universités.

- réorienter les élèves, qui échouent pour la deuxième fois au bac, dans des filières (à créer) qui débouchent sur des activités productives ou des possibilités de promotions sociales ;

-

renforcer

l’action

éducative

par

la

contribution

des

médias et réduire

considérablement la fréquence des films, en supprimer certains ;

  • - restaurer l’unicité du Ministère de l’Education nationale avec des Directions pour ses sous secteurs ;

    • - renforcer le conseil de gestion, lui attribuer un avis délibératif ;

    • - réduire la durée des fêtes scolaires et revoir les programmes.

2.5. L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

2.5.1. ETAT DES LIEUX

  • 1. Difficultés liées aux effectifs

Il est important de remarquer que les structures de l’enseignement supérieur principalement les universités sont confrontées de plus en plus à un surplus d’effectifs d’étudiants alors que les infrastructures existantes n’ont pas été conçues pour en accueillir autant. Cette surpopulation se fait plus sentir au premier cycle où nous avons 75% des effectifs. Cela est à l’origine de plusieurs troubles et ne va pas sans déteindre sur la qualité des enseignements ainsi que sur le taux de réussite qui se situe de nos jours entre 20 et 25% dans les facultés.

  • 2. Profil des diplômés

En dehors du secteur privé, les sortants des structures de l’enseignement supérieur public n’ont pas de diplôme professionnel (à l’exception notoire des sortants des écoles supérieures universitaires et non universitaires et de la FMPO) et sont dans leur écrasante majorité composés de littéraires.

  • 3. Difficultés budgétaires

Les difficultés que traverse aujourd’hui l’enseignement supérieur sont grandement liées au déficit budgétaire des universités. A Dakar, par exemple, les salaires à eux seuls constituent 95% du budget tandis qu’à Saint-Louis, ils constituent 75% du budget. Ces chiffres montrent avec acuité que l’essentiel des budgets de l’enseignement supérieur est destiné au fonctionnement, ce qui ne va pas sans conséquence sur la recherche et l’enseignement. Pour l’essentiel, la recherche au niveau de l’enseignement se fait dans le cadre de projets financés par des organismes extérieurs aux universités. L’enseignement quant à lui se déroule dans des conditions extrêmement difficiles caractérisées par le manque d’infrastructures mais aussi de matériaux de base.

A côté de la prédominance des dépenses de fonctionnement sur les dépenses de recherche et d’enseignement, force est de reconnaître que dans l’enseignement supérieur, la part des budgets destinée au social (budget COUD + bourses) est de loin supérieure à celle dédiée au pédagogique.

2.5.2

..

RECOMMANDATIONS

1- Sur l’autonomie des universités

Création d’une direction de l’enseignement supérieur forte. Le directeur de l’enseignement supérieur doit être au moins aussi gradé que le plus gradé des recteurs ;

Création d’une chancellerie des universités eu égard à l’existence de plusieurs universités ;

Allocation de budgets conséquents qui assureraient aux universités une réelle autonomie financière (financement des universités, fonctions de service) ;

Election du Recteur par communauté universitaire. A défaut, celle-ci propose trois (03) candidats et à charge pour le Président de la République de faire son choix parmi ceux-ci ;

Révision du mode de nomination des doyens et directeurs d’UFR. Ces derniers ne doivent pas être élus que par les enseignants de rang A. Il faut que les enseignants de tout rang, les PATS et étudiants puissent participer à l’élection de celui qui doit les administrer.

2- Sur l’accès et les infrastructures

Réviser le mécanisme d’admission des bacheliers et créer de nouvelles filières ;

Réorganiser les programmes de construction dans les universités et CUR en tenant compte de l’objet de la réalisation, de l’agenda et de la qualité ;

Rationaliser et mutualiser les moyens disponibles (infrastructures, équipements, etc.) entre universités et entre structures d’une même université ;

Diversifier les offres de formation en mettant en place une Commission de Concertation Ministère - Université - Milieux professionnels définissant les nouveaux créneaux d’enseignement à développer dans les universités en harmonie avec leur milieu d’insertion ;

Ouvrir sans délai une deuxième université à Dakar en explorant, au besoin, les stratégies de formation ouverte et à distance et la coopération internationale.

3- Sur la formation, les curricula et l’insertion

La mise en place du système LMD devra contribuer au renforcement de la collaboration entre les universités et les CUR et leurs partenaires, en général, et avec les entreprises, en particulier.

En effet, le LMD est un nouveau système d’enseignement supérieur facilitant l’harmonisation et l’équivalence des diplômes au niveau international. Au Sénégal, il aura l’avantage de contribuer à susciter l’émergence d’un cadre de référence visant à améliorer la qualité de l’enseignement, à faciliter la mobilité des enseignants et des étudiants et, dans la même dynamique, les personnels administratifs. De plus, il favorisera une ouverture au secteur professionnel en permettant une adéquation entre la formation et l’emploi.

Pour assurer la qualité de ses formations, il est impératif d’avoir un taux d’encadrement qui se rapproche de celui des pays émergents, soit au moins un enseignant pour trente étudiants. Pour ce faire le gouvernement devrait mener une politique volontariste de recrutement de personnels d’enseignement et de recherche et de personnels administratif, technique et de service en vue de mettre à niveau les universités, d’avoir des normes de création de postes pour la montée en puissance des nouvelles créations d’établissements d’enseignement supérieur.

4- Sur l’enseignement supérieur privé

Harmoniser les curricula ;

 

Etablir un référentiel unique pour l’évaluation ;

 

Avoir des programmes officiels ou agréés par l’Etat ;

Mettre

sur

pied

une

commission

nationale

d’homologation

des

titres

et

diplômes ;

 

Contractualiser avec les universités publiques.

 

5- Sur les TIC et la Documentation

Développer des réseaux d’éducation et de recherche dotés de leur propre infrastructure ;

Concevoir et mettre en œuvre l’enseignement supérieur ;

un

système

d’information

unique

pour

Proposer des modèles pédagogiques pour l’enseignement à distance par les universités ;

Elaborer

un

plan

stratégique

pour

une

politique documentaire de

l’enseignement supérieur.

6- Sur la Recherche

Créer un cadre permanent de planification, de programmation, de suivi et de prospective pour la recherche au Sénégal en relation avec le Ministère en charge de la recherche ;

Profiter de la mise en place des écoles doctorales pour remédier aux faiblesses actuelles du système : renforcement des liens avec les organismes de recherche et le secteur privé ;

Favoriser la création de fondations universitaires dont une des missions est de mobiliser des ressources pour le financement de la recherche ;

Améliorer l’environnement de la recherche par une augmentation des budgets des structures documentaires (normes UNESCO de 5% au moins des budgets des universités).

7- Sur la gouvernance et la gestion

 

Actualiser la carte universitaire de manière cohérente ;

 

Définir la mission et les valeurs de l’enseignement supérieur en spécifiant les missions et les compétences des établissements et des administrateurs ;

Définir le statut de l’enseignement supérieur privé ;

 

Etablir les relations entre les universités et les milieux économiques ;

 

Mettre en place des mécanismes de prévention et de gestion des crises ;

 

Renforcer les capacités administratives et de gestion des dirigeants et des

 

personnels (élaboration administrative) ;

de

textes,

élaboration

de

projets,

gestion

 

Elaborer des codes d’éthique et de déontologie en matière de recherche et de gouvernance ;

Promouvoir

une

bonne

politique

d’assistance

sociale

au

niveau

des

 

établissements du supérieur.

 

8-

Sur les œuvres sociales et l’hébergement

 

Créer

une

cité

universitaire

internationale

à

Dakar,

Saint

Louis

et

 

progressivement dans les autres universités où chaque nationalité aura un quota de lits ;

 

Exhorter les collectivités locales à conventionner des logements en faveur des étudiants de leur localité ;

Favoriser la promotion d’un partenariat entre le COUD et les entreprises installées dans certaines localités à l’image d’une entreprise basée à Kédougou qui a accepté de mettre à la disposition des étudiants de cette localité un immeuble entièrement équipé à Dakar ;

Mettre l’accent sur la construction d’infrastructures pédagogiques et sociales avant le démarrage effectif des enseignements pour toute nouvelle université ;

Promouvoir une meilleure politique de l’hébergement privilégiant l’excellence.

9- Sur les bourses

Promouvoir une politique d’attribution des bourses basée sur l’excellence ;

Privilégier les étudiants des filières scientifiques dans l’attribution des bourses ;

Veiller au paiement des bourses à date échue pour éviter les mouvements d’humeur des étudiants.

2.6. L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE

2.6.1. ETAT DES LIEUX ET RECOMMANDATIONS

CONSTATS ET PROPOSITIONS

Les chapitres ci-dessous pourraient constituer une base pour l’établissement d’un Plan d’action pluriannuel de l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle définissant rigoureusement son curriculum en vue de conforter ce système d’enseignement dans sa position « prioritaire » maintes fois déclarée par les gouvernants ..

CHAPITRE

 

CONSTAT

 

PROPOSITONS

SUR

LE

PLAN

 

il est indispensable de mettre en place :

 

INSTITUTIONNE

 

L

-

Instabilité

institutionnelle

et

- un nouvel organigramme et une tutelle unique,

dispersion

 

des

moyens

de

formation

-

contrôle

- un observatoire de l’emploi et de la formation suffisamment fonctionnel

insuffisant

 

des

actions de formation du public et du privé

- une restructuration

des

diplômes

et

une

organisation des passerelles

 
 

Instabilité

de

la

Mettre en place des commissions nationales (au

tutelle

et

déficit de

niveau du Ministère), régionales, départementales

DISPOSITIF

DE

cadre

de

et/ ou locales pour le pilotage, le suivi,

PILOTAGE

DU

concertation

et

de

l’évaluation et la validation de la politique

SYSTEME

suivi

des politiques

d’ETFP, en relation avec tous les partenaires,

D’ETFP

d’ETFP

avec des réunions périodiques

     
 

Les

bâtiments

de

-

le

capital

matériel

disposé

dans

les

certaines

écoles

infrastructures

 

techniques,

la

vibration

ETAT DES

sont

dans

un

état

permanente des machines, le capital humain qui

INFRASTRUCTU

 

de

délabrement

les

fréquente

et

les

risques

d’accidents

RES

généralisé

 

engendrés nécessitent une sécurisation entretien permanents des locaux.

 

et

un

 

Une

réhabilitation

sans

délai

est

vivement

recommandée

 
 

-

Nombre

très

La formation technique, source de compétence

insuffisant

 

de

professionnelle

et

de

production

de

richesse,

STRUCTURES

ET

Lycées et de Centre

devrait dorénavant être la priorité des

constructions

et

équipements

scolaires,

à

EQUIPEMENTS

d’enseignement technique (CET)

 

raison d’au moins:

 
 

-

un

Centre

d’enseignement

technique

 

par

département,

 

- un lycée Technique par région

 

- A défaut, la création de lycées mixtes, ayant fait leur preuve de réussite, comme les lycées Seydina Limamou LAYE et Cheikh Ahmadou BAMBA est à encourager

La construction d’écoles et le renouvellement permanent des équipements devraient permettre à notre enseignement d’être en phase avec l’évolution des sciences et des techniques.

-Manque

 

il faut retenir que la rénovation, la réorganisation,

d’équipement

Machines vétustes

des structures et la dotation substantielle d’équipement et d’outillage aux lycées et Centre

-

d’enseignement technique sont une condition

-

Outillage

sine qua none pour un enseignement efficient

 

incomplet

 
 

-

Aucun

budget

l’institution

d’un

système

permanent

 

de

pour les réparations

maintenance

des

équipements

et

des

FONCTIONNEM ENT DES

infrastructures est indispensable pour leur durée de vie

STRUCTURES

-

Insuffisance de

 

les travaux pratiques s’exerçant sur une réalité

matière d’œuvre et d’ouvrages scolaires

matérielle, technique et industrielle, la priorité doit toujours être donnée aux dépenses de matière d’œuvre et d’ouvrages scolaires

 

-

Enseignement

- l’enseignement de l’économie familiale et de la

très

limité

 

de

technologie

étant

un

gage

pour

l’esprit, la

FILIERES

l’économie familiale et de la technologie

méthode et le raisonnement analytique des adolescents.

 

dans certains CEM

 

Ainsi, pour acquérir une vaste culture ouverte sur le monde moderne et réduire la fracture technologique, il serait judicieux :

 

- de créer des blocs scientifiques et techniques polarisant tous les CEM ou d’équiper des salles spécialisées dans tous les CEM (cette solution est de proximité et de moindre coût)

-

de

former

suffisamment

de

professeurs de

spécialité

 

- d’envisager

la

généralisation

de

leur

enseignement de la 6è à la 3è

 

-

Persistance

Depuis quelques années, ces baccalauréats ont

malheureuse

des

été dénoncés dans plusieurs séminaires et

BAC

techniques

à

réunions, mais la question est restée sans suite

double finalité

heureuse.

   

Pour

éviter

de

continuer

à

mobiliser

irrationnellement des sommes importantes sans résultats probants et à sacrifier des valeurs potentielles de notre jeunesse, il urge absolument de réformer tous les BAC à double finalité F1, F3, F6 et F7 en consolidant les matières scientifiques afin de mieux préparer les élèves à l’accès aux écoles d’ingénieurs et aux écoles supérieures techniques

Existence

de

un manque notoire de contrôle et de coordination

Programmes

est constaté dans le fonctionnement

 

des

inadaptés

ou

structures.

 

programme selon le

 

bailleur

 

Il

est donc impératif de

penser à une politique

 

globale harmonisé et cohérente de notre système, conforme à un plan national de formation, tendant vers une parfaite adéquation formation- emploi, répondant aux objectifs fixés par nos plans de développement économique et social, imposée à toutes les structures et coordonnée par le ministère

- Disparition

totale

Le CAP étant le diplôme académique à partir

des

CAP dans

les

duquel les entreprises recrutaient leurs futurs

écoles publiques

agents de maîtrise, la formation menant à ces diplômes ne doit pas être laissée seulement à l’initiative des écoles privées qui ne disposeraient pas d’équipements appropriés et tronquent l’horaire.

 

Toutefois, on

 

remarque

l’ouverture

des

formations CAP et BEP dans les écoles publiques

   

sous forme payante

 

La reprise de cette formation dans les centres de formation publics est vitale et stratégique

Marginalisation

de

En accord avec les responsables, une attention

 

l’Education

   

religieuse,

soutenue devrait être portée à cette forme d’éducation adoptée par une grande frange de notre population, pour leur inculquer un savoir- faire.

 

Insuffisance

de

la

la connaissance du milieu industriel est très

prise

en charge

du

importante pour les élèves issus de la formation

PARTENARIAT

partenariat

 

au

professionnelle et les professeurs en formation.

niveau

de

la

formation

initiale,

Ce faisant, il faut :

 

(Relations

entre

de

la

formation

  • - systématiser l’accueil des élèves et étudiants

l’école

et

continue

et

de

l’entreprise)

l’insertion

des

dans le milieu professionnel

formés

 

(la formation par alternance

est sans aucun

 

doute l’une des plus importantes participations de

l’entreprise à l’effort national de formation professionnelle)

  • - mettre en place des structures de formation continuée en direction des personnels des

secteurs formel et informel

 
 

- Le système n’est ni

  • - Il

faut

procéder à la rédaction

de nouveaux

L’APPRENTISSA

défini, ni

organisé

textes réglementaires mettant en place un

en

vue

de

tenir

organigramme qui prend en compte les secteurs

GE

compte

 

des

artisanal, urbain et rural

différents

niveaux

formel et informel

 

il existe :

 
 
  • - la formation formalisée

 

-les formations artisanale et rurale

  • - la formation traditionnelle dans les ateliers et garages d’artisans

sont en régression

  • - l’éducation surveillée

 

Aux moments où,

à

tous

les

niveaux,

notre

jeunesse en dérision a tant besoin de formation, il

est

important

de

réhabiliter,

rééquiper

et

redynamiser

toutes

 

ces

formes

d’écoles

de

formation

 

GESTION

DES

- Certains lycées techniques sont administrés par des

La gestion d’un établissement d’enseignement technique nécessite des connaissances avérées dans l’ingénierie de formation.

ETABLISSEMEN

personnels hors du

TS

domaine de l’ETFP

En conséquence, cette situation paradoxale crée inévitablement des conflits de compétence et des choix des priorités entraînant souvent la déliquescence de l’établissement.

ORIENTATION

-Elèves pas orientés ou envoyés à des formations où ils ne sont pas destinés

Il est regrettable de constater que les élèves des lycées techniques qui, en plus d’une formation scientifique identique au BAC S1 ont une formation technologique les prédisposant aux

DES

ELEVES

DANS

LE

 

cycles d’ingénieurs se voient jeter dans d’autres

SUPERIEUR

Facultés où ils s’adaptent très difficilement.

Désormais, on doit respecter leur cursus scolaire en les orientant prioritairement dans les écoles et instituts supérieurs de formation professionnelle.

Aussi, pour respecter l’égalité des

chances

de

tous

les

milieux socio-

économiques

de

notre

population,

il

est

indispensable :

 

-

de renoncer

à la privatisation

poussée de

l’enseignement supérieur professionnel public

 

- d’instituer

des

facultés

techniques

afin

d’accueillir

le

maximum

d’étudiants

dans

les

instituts de l’enseignement supérieur technique

et professionnel :

(ESP

Dakar,

Ecole

Polytechnique, IFACE, CEPECS, IST, etc.

 

-

Insuffisance

des

Il est très urgent de former suffisamment de

effectifs

professeurs pour combler le déficit existant.

FORMATION

 

-

déficit

de

DE

professeurs

de

FORMATEURS

spécialités

- la réouverture des sections de professeurs de spécialités en disparition devrait être effective

-manque criard

de

Notre système d’enseignement technique ne

professeurs de haut

compte aucun agrégé,

niveau universitaire

il est indispensable d’encourager les professeurs en exercice et des sortants méritants des instituts de formation à aborder la préparation à l’agrégation.

Formation continuée des

-

- la mise en place d’une structure de formation continuée est indispensable pour s’adapter à l’évolution des techniques et au changement

Enseignants

non

continu des normes internationales

systématisée

 

-

Recrutement

Des enseignants sont en poste dans certains

inacceptable

 

établissements sans formation adéquate .

d’enseignants

Il est indispensable d