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UNIVERSITE MONTPELLIER I ECOLE DOCTORALE DROIT ET SCIENCE POLITIQUE Centre du Droit de l’Entreprise EA 712

THESE Pour obtenir le grade de DOCTEUR DE L’UNIVERSITE MONTPELLIER I Discipline : Droit privé Présentée et soutenue publiquement Par Olivier TRAVER Le 5 décembre 2011

LE STATUT JURIDIQUE DU CHEVAL
Directeur de thèse : Monsieur le Professeur Didier FERRIER Jury : Monsieur Didier FERRIER, Professeur à l’Université Montpellier I Madame Christine HUGON, Professeur à l’Université Montpellier I Monsieur Christophe PAULIN, Professeur à l’Université Toulouse I Capitole Monsieur Guillaume WICKER, Professeur à l’Université Montesquieu - Bordeaux IV

Résumé en français : L’histoire de l’humanité témoigne de l’importance séculaire du cheval et la thèse a pour objet d’en vérifier l’expression en droit par la détermination du statut juridique du cheval. Conformément aux classifications juridiques traditionnelles, le cheval est d’abord chose et bien meuble. Mais l’analyse du régime juridique du cheval révèle que sa nature est admise par le droit et cette évolution est déterminée par la consécration de son autonomie de mouvement et de sa sensibilité. De chose, le cheval devient alors chose vivante. Cependant, sitôt admise, la nature vivante du cheval est récusée par le droit afin de limiter les effets juridiques qui y sont attachés, notamment en droit de la responsabilité. D’apparence contradictoire, cette construction juridique est pourtant justifiée par l’intérêt supérieur de l’homme. Cette considération de l’homme et du cheval en droit affirme l’irréductibilité de leur qualification, d’être juridique pour l’un, de chose vivante pour l’autre. Leur assimilation ne saurait être juridiquement envisagé quel que soit l’autonomie de mouvement et la sensibilité du second. Distinct des êtres juridiques mais non réduit à une simple chose, le cheval s’affirme en droit comme une chose vivante. ***** Titre et résumé en anglais : LEGAL STATUS OF THE HORSE Human history reveals the centennial importance of the horse and the thesis has for object to verify the expression in law, by determination of the legal status of the horse. In accordance with the traditional legal classifications, the horse is first thing and movable. But the analysis of the legal regime of the horse reveals that its nature is admitted by the law and this evolution is determined by the consecration of its movement autonomy and his sensitivity. First a thing, the horse becomes a living thing. However, admitted as soon as, the living nature of the horse is challenged by the law in order to limit the linked legal effects, notably in the responsibility law. In contradictory appearance, this legal construction is yet justified by the man's superior interest. This man and horse consideration in law affirms the irreducibility of their qualification, to be legal for one, and a living thing for the other. Their assimilation would not be juridically considered whatever are the autonomy of movement and the sensitivity of the second. Distinct of the legal beings but not reduced to simple thing, the horse affirms itself in law like a living thing. ***** Discipline : Droit privé ***** Mots-clés : Statut juridique - Cheval - Chose - Bien - Régime juridique - Qualification juridique - Droit des animaux - Droit équin - Chose vivante - Autonomie de mouvement Sensibilité ***** Intitulé et adresse de l’UFR ou du laboratoire : Faculté de droit de l’Université Montpellier I Centre du Droit de l’Entreprise (EA 712) 39, rue de l’Université - 34060 MONTPELLIER Cedex 02

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« La Faculté n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans cette thèse ; ces opinions doivent être considérées comme propres à leur auteur ».

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Remerciements, Que Monsieur le Professeur Didier Ferrier reçoive l’expression de ma plus profonde gratitude pour la confiance qu’il m’a témoignée et les précieux conseils qu’il m’a dispensés. J’adresse de très sincères et respectueux remerciements à Maître Katia FISCHER qui m’a accueilli au sein de son Cabinet et m’a fait partager sa passion pour le cheval. Pour sa présence indispensable à mes côtés, j’exprime mon éternelle reconnaissance à Amandine SIELVA. Enfin, je remercie vivement toutes celles et ceux, ils sauront se reconnaître, qui m’ont apporté leur soutien durant ces années de recherche.

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LE STATUT JURIDIQUE DU CHEVAL

SOMMAIRE
Les numéros indiqués renvoient aux pages Une table des matières détaillée figure à la fin de l’ouvrage

INTRODUCTION GENERALE……………………………………………………….. 1ère PARTIE - LE REGIME JURIDIQUE DU CHEVAL……………………………. Titre I - Le régime juridique de l’appropriation du cheval…………………………. Chapitre I - Les modes d’appropriation communs aux animaux………………… Chapitre II - Les modes contractuels d’appropriation propres au cheval……….. Titre II - Le régime juridique de l’exploitation du cheval………………………….. Chapitre I - Le régime juridique des modes d’exploitation du cheval…………… Chapitre II - Le régime juridique du fait de l’exploitation du cheval……………… 2nde PARTIE - LA NATURE JURIDIQUE DU CHEVAL…………………………... Titre I - Le cheval, chose et bien…………………………………………………….. Chapitre I - Une qualification justifiée par les propriétés du cheval……………... Chapitre II - Une qualification légitimée par le régime juridique du cheval……… Titre II - Le cheval, chose vivante…………………………………………………… Chapitre I - Une consécration juridique de la nature du cheval…………………. Chapitre II - Une consécration juridique de la nature du cheval limitée…………. CONCLUSION GENERALE…………………………………………………………. -7-

12 41 45 48 96 121 124 168 197 201 204 218 253 256 283 324

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BJIPA BO BOI BOCC BRDA Bull. rur. Bull. civ. pén. Bull. soc. req. al. Cah. Cass. civ. CA Cah. dr. Bibl. cass. comm.Liste des principales abréviations aff. Cass. Cass. crim. ass. APD art. com. plén. CA Bull. Univ. conso C. Cass. C. L. Cass. A. C. IDE Bull. C. civ. C. Nat. entr. ass. Affaire Alinéa Archives de Philosophie du droit Article Assemblée Assemblée Nationale Assemblée plénière Bibliothèque Bulletin juridique international de la protection des animaux Bulletin officiel Bulletin officiel des impôts Bulletin officiel de la concurrence et de la consommation Bulletin rapide de droit des affaires Bulletin Bulletin des arrêts de la Cour d’appel Bulletin des arrêts des chambres civiles de la Cour de cassation Bulletin des arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation Bulletin de l’Institut du Droit Equin Bulletin des sciences de l’Antiquité de l’université de Lausanne Code Cour de cassation Code civil Code de commerce Code de la consommation Code pénal Code rural Cour d’appel Cahiers Cahiers de droit de l’entreprise (supplément du JCP E) Chambre civile de la Cour de cassation Chambre commerciale de la Cour de cassation Chambre criminelle de la Cour de cassation Chambre des requêtes de la Cour de cassation Chambre sociale de la Cour de cassation Conseil d’Etat Cour européenne des droits de l’homme Consulter -9- . Bull. sc. C. CE CEDH Cf. Ass. C. crim.

DC Defrénois DH Dir. dir. doc.Gaz. const. in IR JCP CI JCP E JCP G JCP N JO JOCE JOUE juris. GAJC Gaz. Cons. D. et patrimoine Droits Rev.) Les Petites Affiches . mixte Ch. comm. revue française de théorie. concl.10 - . Conc. JurisData LPA Chambre mixte de la Cour de cassation Chambres réunies de la Cour de cassation Chronique Cour de justice des communautés européennes Cour de justice de l’Union européenne Code monétaire et financier Colloque Collection Commentaires Conclusions Conseil constitutionnel Juris-classeur Contrats Concurrence Consommation Recueil Dalloz Dalloz affaires Recueil critique Dalloz Répertoire du Notariat Defrénois Dalloz hebdomadaire Directive Sous la direction de Document Dalloz périodique Droit et patrimoine Droits. Générale Juris-classeur périodique (Semaine juridique) éd. réun. ex. Pal. coll. Chron. aff. Fr. Notariale Journal officiel Journal officiel des communautés européennes Journal officiel de l’Union européenne Jurisprudence Banque de données juridiques (éditions techniques . Pal. Cont. DP Dr.Ch. de philosophie et de culture juridiques Edition Exemple Fascicule Grands arrêts de la Jurisprudence Civile Gazette du Palais Dans Informations rapides (du Recueil Dalloz) Juris-classeur périodique (Semaine juridique) éd. commerce et industrie Juris-classeur périodique (Semaine juridique) éd. éd. Cons. D. fasc. CJCE CJUE CMF Coll. entreprise Juris-classeur périodique (Semaine juridique) éd.

préf. t. dr. T. pén. Numéro Observations Page Panorama Préface Numéro du paragraphe Presses universitaires d’Aix-Marseille Presses universitaires de Bordeaux Presses universitaires de France Rapport Juris-classeur responsabilité civile et assurances Revue des contrats Recueil Revue Revue de droit animalier Revue de droit pénal et de criminologie Revue de Droit Rural Revue française de droit administratif Revue de jurisprudence de Droit des Affaires Revue juridique et économique du sport Revue Lamy Droit des affaires Revue de science criminelle et de droit pénal comparé Revue semestrielle de droit animalier Revue trimestrielle de droit civil Revue trimestrielle de droit commercial Revue trimestrielle de droit européen Recueil Sirey Suivant Sommaires commentés Spécialement Série des Traités Européens Supplément Tome Tribunal civil Tribunal correctionnel Tribunal de Police Tribunal de grande instance Tribunal de première instance des communautés européennes Traduction Volume . pol. p. s. Rev. Dr. pan. Rur. Dr.11 - . an. T. STE suppl. somm. RTD eur. Rev. RCA RDC Rec.n° obs. civ. Rev. corr. et crim. RTD com. TGI TPICE trad. PUAM PUB PUF Rapp. Rev. vol. spéc. T. Pt. S. RFDA RJDA RJES RLDA RSC RSDA RTD civ.

INTRODUCTION GENERALE
« L’homme entouré d’éléments qui conjuraient sa ruine, d’animaux dont la vitesse et la force dépassaient les siennes, l’homme eut été esclave sur la terre ; le cheval l’en a fait roi »
E.Houël, Histoire du cheval chez tous les peuples de la terre, Bureau du Journal des Haras, Paris, 1848, spéc. p.5

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1. « Un cheval est-il un cheval ? »1. Le titre de cet article rédigé par Martine Grinberg2 résume la complexité du raisonnement juridique. En effet, l’apparente similarité du vocabulaire juridique avec le vocabulaire commun ne saurait permettre de négliger les spécificités du raisonnement juridique3. Ainsi, lorsque l’homme de droit porte son regard sur un arbre, un véhicule terrestre à moteur, un moineau… c’est une chose qu’il aperçoit. Le juriste occulte la nature et les caractéristiques de l’objet de son regard pour l’affirmer en fonction de son irréductibilité aux personnes. L’homme de droit « est, à sa façon, un poète : il a la chance de voir le droit rayonner au contour des choses familières. Là où le profane sent la tempête, il renifle le cas fortuit. Un soc de charrue dans un champ, il crie à l’article R.26-7° du Code pénal4 ; et sous les pigeons qui volent, il aperçoit des immeubles par destination. Un tel regard est capable de faire jaillir une gerbe de droit hors des faits les plus sèchement factuels »5. Par conséquent, « l’univers du juriste n’est pas celui que nous livrent les sens ; il est remodelé par la volonté humaine »6. L’interrogation relative au cheval prend alors tout son sens car « le mot, le concept cheval existe. Mais il prend des significations diverses selon qui le regarde, qui le possède. Il est force de travail pour le fermier, un bien pour le juriste, le prix du cheval pour le business man. Il peut donc rentrer dans des définitions et des classifications différentes »7. 2. Le droit est en définitive un autre monde8 et « pousse l’abstraction de la pensée juridique au point où les objets originaires s’effacent derrière un
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M.Grinberg, Un cheval est-il un cheval ? Les mots, les faits, le capitalisme et le droit, in Lectures de J.R.Commons, dir. A.Guery, Cah. d'économie politique, n°40-41, 2001, p.177 - 191 2 Martine Grinberg, née à Chambéry le 24 avril 1944, ingénieur d’études au CNRS et au centre de recherches historiques de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; à propos de notre étude, elle a publié un article titré « Un cheval est-il un cheval ? » qui s’appuie sur l’analyse des relations entre coutumes, économie et droit et met l’accent sur la méthodologie de J.R.Commons afin de rechercher sa façon de procéder pour fonder une théorie qui soit une théorie scientifique 3 C.Perelman, Logique juridique, nouvelle rhétorique, D., 1999 4 Désormais art. R.641-1 C. pén. 5 J.Carbonnier, Flexible droit : Pour une sociologie du droit sans rigueur, LGDJ, 10ème édition, 2001, p.27 6 J.Carbonnier, Droit civil, Les biens, PUF, coll. Quadrige, 2004, p.1595 7 M.Grinberg, Un cheval est-il un cheval ? Les mots, les faits, le capitalisme et le droit, in Lectures de J.R.Commons, dir. A.Guery, Cah. d'économie politique, n°40-41, 2001, p.177 - 191, spéc. p.181 8 M-A.Hermitte, Le droit est un autre monde, Revue Enquête, n°7 sur Les objets du droit, 1998

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monde

peuplé

de

concepts

juridiques

fantomatiques »9.

Ainsi,

« la

construction juridique des objets venant des autres mondes impose une mise à distance par rapport à l’univers d’origine, et cet univers rend les objets méconnaissables »10. Pourtant, les réponses du palefrenier11, de l’éleveur, du jockey12… concordent : un cheval est un cheval. Prendre en main l’animal est assurément la meilleure façon de s’en apercevoir. En droit, la réponse n’est toutefois pas si évidente que cela car le cheval est confondu avec un ensemble d’objets aussi distincts dans leurs utilités que différemment conformés. 3. Le cheval est ainsi considéré comme étant successivement dangereux13, utile économiquement14, indispensable affectivement15, à préserver16. Il justifie donc un fort interventionnisme juridique et « cela se traduit par une augmentation régulière et significative des textes normatifs régissant la matière17, ainsi que par un accroissement du nombre de procès… »18. Cependant, cette ambivalence juridique du cheval « n’est peut-être pas tant celle de l’objet pour le droit que celle de la multiplicité apparente de la forme sous laquelle se donnent les objets que l’on observe à partir des différentes

M-A.Hermitte, Le droit est un autre monde, Revue Enquête, n°7 sur Les objets du droit, 1998 M-A.Hermitte, Le droit est un autre monde, Revue Enquête, n°7 sur Les objets du droit, 1998 11 Dans le Larousse édition 2010, le palefrenier est défini comme une « personne chargée de soigner les chevaux » mais sa compétence pratique va souvent au-delà puisqu’il peut être amené à assurer la détente des chevaux, l’entretien du matériel d’équitation et parfois le débourrage lorsqu’il possède les compétences en équitation requises 12 Dans le Larousse édition 2010, le jockey est un « cavalier professionnel qui monte les chevaux de course » 13 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, p.154 où l’auteur déduit de la vie psychique animant l’animal un caractère dangereux ; M.Vitry, La détermination du fait de l’homme, du fait de l’animal et du fait de la chose, Thèse Rennes, éd. Nouvelliste de Bretagne, 1922, spéc. p.45 où l’auteur évoque la responsabilité du maître d’un animal dangereux 14 Pour s’en convaincre : Cf. X.Libbrecht, L’Eperon, Hors série de l’élevage, 18ème édition, 2009 15 Cf. I.Claude, Le cheval, miroir de nos émotions, éd. Camaïs, 2ème édition, 2007 ; J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, p.313 et s. où l’auteur consacre l’intégralité de la deuxième partie de sa thèse à « l’animal comme un être aimé » en détaillant la protection des animaux aimés et surtout la légitimité de l’affection envers un animal ; J-P.Digard, Les français et leurs animaux, Ethnologie d’un phénomène de société, éd. Fayard, Hachette Littérature, 1999, p.21 et s. 16 Pour s’en convaincre : Cf. la fondation pour la préservation et la protection du cheval de Przewalski créée aux Pays-Bas en 1977 ; Document de presse établi conjointement par le ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales, le ministère des sports, le ministère délégué au budget et à la réforme budgétaire, Une nouvelle politique pour le cheval, 29 juillet 2003, spéc. Fiche 5 17 Et l’auteur de citer : « loi, décret, arrêté, mais également directives, règlements communautaires ou conventions internationales » 18 M.Carius, Le droit du cheval et de l’équitation, éd. France Agricole, 2005, spéc. p.7
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branches du droit, qui sont autant de points de vue sur les choses »19. Mais que l’apparente ambivalence juridique du cheval dépende du regard que chaque discipline du droit lui porte et non de l’animal lui-même n’ôte pas toute difficulté à la recherche de son statut juridique. Au contraire, il existe un risque accru de conclure en référence à des régimes juridiques propres à chaque branche du droit et « autonomes les uns des autres, sans la contrainte d’obéir à une rationalité globale »20. Pourtant, il s’agit de rechercher le statut juridique du cheval communément admis par toutes les disciplines du droit. 4. Puisque c’est en vue de l’homme que le droit est constitué21, il est aisé de deviner le sort réservé par le droit à « la plus noble conquête de l’homme »22. Il importe cependant de dépasser l’intuition et de procéder à une analyse discursive. Il convient alors de révéler ce que le cheval est juridiquement. Afin d’esquisser une réponse à notre interrogation initiale, et vérifier par conséquent que le cheval demeure cheval en droit, il faut d’abord préciser au préalable ce qu’il représente pour l’homme -I- avant d’apprécier la manière dont il est appréhendé en droit -II-.

I-

Des chevaux et des Hommes

5. L’histoire du cheval et de l’homme est celle d’une rencontre dont l’évidence n’a d’égale que sa magnificence car « là où le cheval est en honneur, la civilisation croît et se développe ; là où il s’abâtardit, la civilisation languit et meurt »23. Ainsi, le cheval « a été pendant des siècles… le principal

M-A.Hermitte, Le droit est un autre monde, Revue Enquête, n°7 sur Les objets du droit, 1998 B.Oppetit, De la codification, D., 1996, spéc. p.11 21 Cf. l’adage romain Homonum causa omne jus constitutum : c’est en vue de l’homme que le droit est constitué ; Cf. J.Carbonnier, Droit civil, Introduction, Les personnes. la famille, l’enfant, le couple, PUF, coll. Quadrige, 2004, spéc. p.378 22 G-L.Leclerc de Buffon, Histoire naturelle, 1749, éd. Honoré Champion, Paris, 2007 23 E.Houël, Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre, Bureau du Journal des Haras, Paris, 1848, spéc. p.5
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accessoire de l’histoire »24 et « a de tout temps été soumis à l’homme et a partout suivi ses destins »25. Il a marqué l’Histoire -A- et la Culture -B- de l’homme.

A- Le cheval et l’Histoire

6. Si « le cheval fut de tout temps le serviteur de l’homme »26, il est cependant son aîné en ce qu’il puise ses origines à la fin du tertiaire. Par définition, il est « un mammifère herbivore de grande taille, à un seul doigt par membre, coureur rapide des steppes et prairie, dont la domestication a joué un grand rôle dans l’essor des civilisations asiatiques et européennes »27. Il appartient à l'une des sept espèces de la famille des équidés, laquelle est issue d'une différentiation au sein des Périssodactyles28. L'évolution au sein de la famille des équidés s'est faite par changement progressif d'une fréquence du gène au sein de la population entière comme par différentiations adaptatives et spéciations en branches distinctes. 7. Le genre Equus est apparu il y a quatre à cinq millions d’années. C’est à cette époque qu’une morphologie du cheval similaire à celle que nous lui connaissons se dessine29. Le plus ancien squelette de cheval, dénommé Equus stenonis, est daté de la fin du tertiaire en Europe de l'ouest.

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A.Schenk, Cheval et équitation dans l’antiquité, Bull. sc. A. Univ. L., 7/2001, p.44 - 49, spéc. p.44 E.Houël, Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre, Bureau du Journal des Haras, Paris, 1848, spéc. p.24 26 E.Houël, Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre, Bureau du Journal des Haras, Paris, 1848, spéc. p.7 27 Définition du Larousse édition 2010 28 L'ordre des périssodactyles, du grec perissos « impair » et dactylos « doigt », est un ordre de mammifères ongulés possédant un nombre impair de doigts aux membres postérieurs. Le poids du corps est supporté par le doigt médian. Les équidés ne possèdent qu'un seul doigt aux pieds, tandis que les rhinocérotidés possèdent trois doigts. Les tapiridés possèdent quant à eux trois doigts aux membres postérieurs et quatre aux antérieurs. 29 S-L.Binder, G.Kärcher, La vie fascinante des chevaux, Larousse, Paris, 2002 ; ils précisent que sa taille atteint désormais cent vingt cinq à cent trente cinq centimètres, ses yeux sont disposés sur les côtés pour détecter les prédateurs sur de grandes distances et le naseau très ouvert permet l'inspiration de grande quantité d'air afin d’augmenter la vivacité et la rapidité

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La représentation des équidés sur des peintures pariétales remonte à plus de trente mille ans et s’il est l'un des animaux les plus fréquemment représentés de l'art préhistorique30, il s'agit probablement d’ancêtres de l'espèce Equus ferus31 au sein de laquelle le Tarpan est classé et non d’ancêtres de nos chevaux domestiques. 8. Des fossiles de genres identiques ont été trouvés en Eurasie et en Amérique du nord32, certaines de part et d'autre du détroit de Béring où un passage a existé jusqu'il y a onze mille six cent ans environ. L'Equus atteignit le continent sud-américain33 au début du Pléistocène et des espèces se différencièrent : le cheval nain des Andes34 et le cheval préhistorique argentin35. Les espèces du genre Equus présentes sur le continent américain auraient finalement disparu il y a environ dix mille ans à la suite des agissements de l'homme, des carnassiers mais aussi du volcanisme de la région centrale de Mexico, et des épizooties dévastatrices. La réintroduction d'espèces de la famille des équidés s'est faite lors de l'invasion de l'Amérique par les conquistadores. 9. Aucune date précise ne permet en revanche de déterminer le moment de la spéciation entre les ânes, les chevaux sauvages 36, les zèbres et le cheval domestique37. Il est difficile de savoir si les espèces domestiques résultent d'une sélection opérée par l'homme ou si elles sont le fruit de la sélection naturelle. L’origine de la différentiation entre les espèces d'Equus est donc incertaine.
Cf. J.Millet, L’animal dans l’art, éd. Le Manuscrit, 1984 Signifiant cheval sauvage 32 On a ainsi retrouvé de nombreux ossements d’équidés avec des squelettes humains sur les différents sites archéologiques situés autour du volcan Nevado de Toluca, dans la région de Mexico. Ils auraient été tués il y a dix mille cinq cent ans lors de l’éruption plinienne du volcan Nevado. A également été découvert dans le Yukon canadien une peau d’un Equus lambei vieille de vingt six mille ans et des pattes momifiées, lesquelles permirent par une analyse de l’acide désoxyribonucléique de montrer la très proche parenté avec les actuels Equus 33 Les Andes péruviennes, dans le site de Pikimachay, contiennent ainsi des ossements, datés de vingt deux mille ans, du cheval nain des Andes. Au Chili, dans la Caverne du Mylodon, furent découverts des indices de présence humaine, des ossements d'Hippidum et de Mylodon répartis en plusieurs strates. La datation au carbone quatorze des ossements et artefacts trouvés donnent des dates comprises entre douze mille et treize mille ans. 34 Equus Amerhippus andium 35 Equus Amerhippus curvidens 36 Equus ferus 37 Equus caballus
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L'hypothèse kourgane38 suppose que les chevaux domestiques dérivent d'une seule espèce issue des steppes d'Asie centrale par le peuple de la Culture de Samara. Pour l’université d’Uppsala, une étude comparative d’acide désoxyribonucléique mitochondrial de chevaux fossiles trouvés en Alaska avec des chevaux actuels de différentes races suggère que des chevaux aient été domestiqués à partir de nombreux spécimens issus de plusieurs lieux différents. Cette étude montre que la diversité génétique des chevaux est plus grande que pour les autres animaux domestiques, ce qui révèle soit une proximité avec l'espèce sauvage originale, soit un plus grand nombre de spécimens. Il semblerait que ces animaux domestiques évoluèrent à partir de populations sauvages qui s'adaptèrent peu à peu à différents biotopes, longtemps avant leur domestication39. Toutes les races de chevaux modernes seraient donc les descendantes de quatre grands types de chevaux : le cheval des forêts40, la sous-espèce de trait41, le cheval oriental42 et le tarpan43. 10. En tout état de cause, cheval est un terme générique qui désigne en premier lieu l'espèce domestique Equus caballus, incluant les populations redevenues sauvages comme les mustangs. Le cheval de Przewalski et le tarpan appartiennent à une autre espèce, dénommé Equus ferus, mais sont dans le langage courant appelés chevaux. La majeure partie des chevaux est désormais domestique et le cheval de Przewalski est considéré comme le dernier vrai cheval sauvage. Il existe pourtant de nombreux chevaux domestiques retournés à l'état sauvage.
L'hypothèse kourgane, introduite par Marija Gimbutas en 1956, combine les données de l'archéologie avec celles de la linguistique afin de localiser le foyer originel des proto indo européens qui sont, selon la thèse la plus communément admise, un peuple ancien qui aurait diffusé sa langue, sa culture, ses codes et ses croyances à la quasi-totalité des peuples d'Europe actuelle (Slaves, Latins, Germains, Celtes, Grecs, Baltes), ainsi que certains peuples d'Asie (Indiens, Iraniens) ; A propos du cheval, Cf. D-W.Antony, The kurgan culture : Indo-European origins and the domestication of the horse, in Current anthropology, vol. 27, no 4, août-octobre 1986, p.291 314 39 H.Briggs, Origins of domestic horse revealed, BBC News, 16 juillet 2002 40 Il aurait été un grand animal lent et lourd avec de larges sabots qui lui permettaient de vivre dans les zones marécageuses, et un pelage épais et rugueux qui lui servait de camouflage. Il serait l'ancêtre de toutes les races dites « coldblood » d'Europe du Nord, mais aussi de vieilles races de chevaux de trait comme l'Ardennais. 41 Un animal robuste et de petite taille, se serait adaptée au climat froid du nord de l'Europe grâce à son pelage épais et aurait ressemblé au Fjord et au Shetland 42 Il aurait été un grand cheval très léger, adapté aux climats chauds et secs du Moyen-Orient, ancêtre des chevaux à sang chaud tel l'Akhal-Teke et le pur-sang arabe 43 Petit animal robuste au pelage souris ou isabelle adapté au climat froid et sec, aurait eu pour descendants directs les chevaux de Przewalski et les poneys mongols, entre autres
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11. Skomal et al éditions. le Frison. le Quarter Horse. sa locomotion et son comportement. ses races 45. Apprello Fiorauante Prati .19 - . Cette relation est fondée sur l'utilisation de la force musculaire de l'animal au service des besoins humains46. le Pure race espagnole. Linguistic and archeological data for handbooks of protolanguages in Proto Indoeuropeans Studies in honor of M. L’Equus caballus est une espèce animale employée par l'homme. 24 août 2011 48 W-P. Gimbutas. les chevaux sont des animaux de guerre et de transport au service des hommes. 1530-1598. nombre d'encyclopédies et toutes les formes d'art. Le cheval et l’homme : travail et noblesse. 12. BBC News. 45 Les races les plus connues sont le Pur Sang.Goémé. 1598. Le linguiste Winfred Lehmann soutenait que le cheval était domestiqué depuis huit mille ans avant Jésus-Christ. L’étude de chaque partie du corps du cheval est accompagnée de la description détaillée de l’irrigation sanguine et veineuse. lequel a développé un vaste vocabulaire spécialisé pour décrire les concepts y afférents.Lehmann. 22h05-23h04. dont Carlo Ruini en fut le pionnier44. Ce lexique va de son anatomie. Il écrit un ouvrage en la matière : Anatomia del cavallo. celui qui a sans doute le plus marqué l'histoire et les progrès de l'humanité. et sa morphologie aux étapes de sa vie en passant par sa couleur. Présent dans les mythes. dans la péninsule arabique47. C’est ainsi que l'alliance de l'homme et du cheval dure pendant plusieurs millénaires durant lesquels le cheval devient l’auxiliaire favori de l'homme pour le transport. fut l’un des premiers à s’intéresser à l’univers du cheval et à acquérir une connaissance parfaite des différentes races équines. Find evidence of early horse domestication. 1993 . Des siècles durant. Vice Président de la Commission Saoudienne du Tourisme et des antiquités. le cheval est. le poney Fjord et le poney Shetland 46 C. conférence de Daniel Roche dans Les Lundis du Collège de France. près de la mer Noire48. le Percheron. il décrit pour la première fois l’anatomie du cheval et étudie les différents systèmes organiques ainsi que la distribution des systèmes circulatoire et nerveux. La découverte la plus récente la fait remonter à neuf mille ans. l'Arabe. 30 juillet 2011.Al-Ghabban. les légendes. de tous les animaux. le Lusitanien. Plusieurs théories existent concernant la domestication du cheval. Sénateur de Bologne. 13. sur France Culture 47 A. 44 Carlo Ruini. Cette association contribue significativement à l'évolution de la société et se transforme radicalement au cours du vingtième siècle avec l’essor du machinisme et de l’industrialisation. la guerre et le travail. Ils permettent l'essor du commerce et l'expansion de civilisations.

220 53 S. L'apparition du mors en Eurasie et le perfectionnement des techniques de portage et de traction entraînent une véritable mise au travail du cheval. ils ignorent la selle et les étriers dont on connaît ailleurs les premiers essais. Revue Science. la réponse de l'Occident gréco-latin et du monde médiéval mobilise définitivement les équidés au service des hommes. no 1. au sein de la culture Botaï49 où des brides portées par les chevaux et des traces de lait de jument ont été retrouvées dans la poterie locale. éd. Auparavant. les cavaliers barbares créent une véritable civilisation équestre. joug. Flammarion. The Earliest Horse Harnessing and Milking. En Asie. selle. le plus ancien char hippomobile à nous être parvenu intact provient de la tombe de l'empereur Chinois Wu Ding. l’homme ayant ressenti le besoin de s'approprier la force de l'équidé. Le cheval dans l’antiquité gréco-romaine. en vue de la guerre. p. 14.La théorie précédente évoquait cinq mille cinq cent ans avant notre ère.86. mort en mille cent dix huit avant Jésus-Christ. Droit et institutions en Grèce antique. 1994 . p 449 .Outram. de l’antiquité à nos jours.Francfort. Histoire de l’équitation classique. Nancy. 6 mars 2009. vol. Grecs et Romains ignorent la ferrure connue dans les steppes et généralisent l'emploi des chars de guerre. où l’élevage. The Bronze Age and Early Iron Age Peoples of Eastern Central Asia.Gernet. Les instruments du harnachement sont inventés et diffusés : bât. Mais en matière d'équitation53. 1982. Face à l'Orient cavalier. 1968 52 L. Maloine. Université d'Exeter et de Bristol 50 H-P. 1999.Loch. En Grèce. le dressage. Le processus de domestication prend une autre dimension avec l’expansion du nomadisme. « la possession d’un cheval au moins.458 51 P.. Paris.Vigneron. bricole. in Bulletin de l’École française d'Extrême-Orient. dans l'actuel Kazakhstan. sangle. collier. Durant l'Antiquité51.20 - . A l’opposé. Annales de l’Est. C'est alors qu’émerge la société européenne des écuyers qui réservent l'usage des chevaux à l'Etat et à l'élite sociale en s’appuyant sur des catégories rurales et 49 A-K. le travail et l’usage militaire des chevaux est quotidien. est la condition du statut du noble et le cheval est essentiellement un signe qui suppose la richesse foncière »52. la seule preuve irréfutable de la domestication du cheval demeurait être la découverte de trace d'utilisation de chariots funéraires dans la Culture d'Andronovo vers le deuxième millénaire avant Jésus-Christ50..

Durant la conquête de l'Ouest.21 - . 17. Au XIXème siècle. 54 55 Cf. la culture comme l'ouverture des terroirs. du dressage et du commerce.8 Lequel aurait déclaré à la suite de nombreuses batailles victorieuses face aux amérindiens : « nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux » . permettant au cheval de trait de remplacer avantageusement le bœuf dans les exploitations agricoles. Des académies d'équitation sont créées et l'idée d’une sélection optimale des chevaux de guerre fait son chemin sous François Ier. à partir des mustangs dressés. devenus plus légers et plus souples. Pt. A la veille de la révolution française. le cheval est devenu l'emblème d'une classe. À l'arrivée de la Renaissance. d'écuries et d'écoles de dressage renforce la renommée des chevaux royaux. Au XVIIIème siècle. Désormais. En 1519. C’est ainsi que le 17 octobre 1665. les premiers colons espagnols réintroduisirent le cheval Barbe et Andalou dans les deux continents américains alors que l'espèce y avait disparu depuis plus de huit millénaires 54. l'invention de la poudre à canon entraîne la fin de la cavalerie lourde et une nouvelle sélection du cheval de guerre. les Amérindiens élèvent de grandes hardes de chevaux et. Les conquistadores d'Hernán Cortés55 amènent avec eux onze chevaux et six juments qui deviennent les premiers ancêtres des mustangs. plusieurs centaines de milliers de chevaux sauvages peuplent le continent. l'état possède quinze haras nationaux et près de sept cent cinquante reproducteurs. Colbert ordonne la création des haras nationaux. L'utilisation des chevaux de traction est accrue par la diffusion du collier d'épaule en Europe au XIIème siècle.urbaines spécialisées en vue de la production. de l'élevage. 16. la création de haras. 15. opèrent des sélections afin d’obtenir l'Appaloosa. des programmes d'élevage transforment les races équines locales ou en créent de nouvelles pour les besoins de la cavalerie. Au XVIIIème siècle. A la fin du XVème siècle. Dans l'économie agricole et les transports. c'est aussi un facteur de progrès puisque le cheval accompagne la croissance. tandis que de puissantes races de chevaux de trait sont sélectionnées.

si « l'histoire de l'humanité a connu des événements primordiaux qui ont conditionné son évolution et transformé la destinée des peuples… (dont) la domestication d'espèces animales des plus variées… Parmi celles-ci. seuls les peuples cavaliers. sc. des transports motorisés et du tracteur agricole sonne le glas de la traction hippomobile au cours du XXème siècle dans la plupart des pays.. conférence de Daniel Roche dans Les Lundis du Collège de France. éd.Mais l’arrivée successive du chemin de fer. 22h05-23h04. Aux militaires. notamment par l’intermédiaire du cheval ailé Pégase ou des Centaures.Schenk. il a toujours été présent aux côtés de nos ancêtres lors de leurs migrations et de leurs conquêtes »57. Le cheval et l’homme : travail et noblesse. Bull.44 . B. voyageurs et marchands se substituent les cavaliers de loisir. p. Sa rapidité procurant la maîtrise des grands espaces. Désormais. Ainsi le combat contre les Lapithes peut se lire comme une parabole de l'affrontement des états civilisés et sauvages.Chèze. sur France Culture 57 A. se féminise totalement56. un centaure est une créature mi-homme micheval que l'on disait issue soit d'Ixion et de Néphélé. agriculteurs. Univ.Le cheval et la Culture 18. L. l'équitation où dominait le machisme à l'époque militaire. Les chevaux. 2007 56 . p. Le cheval est présent au sein de nombreuses cultures et dans toutes les mythologies58. A. soit de Centauros et des juments de Magnésie. prouvent encore à quel point l'utilisation du cheval a été primordiale et déterminante dans l'histoire de l'humanité. les centaures symbolisaient pour les Grecs la concupiscence charnelle et la violence.Goémé. Parallèlement. aucune n'a été plus profitable à l'homme et ne l'a aussi fidèlement accompagné que le cheval. de La Martinière Jeunesse. En effet. C.44 58 B.22 - . Cheval et équitation dans l’antiquité.49. spéc. 7/2001. Dans la mythologie grecque. 30 juillet 2011. tous deux avisés et possédant une parenté différente des autres. ce qui en fait un animal symbolique. notamment les Mongoles dont les enfants apprennent toujours à monter dès leur plus jeune age. mythes et légendes du monde entier. Si l'on excepte Pholos et Chiron.

la rapidité et l’ascension vers le sacré.19. chez les indiens Navajos62 comme chez les iraniens63. Dans le langage technique du dressage. D’une part. « Un animal sauvage privilégié depuis le XXXVe millénaire avant J. de nombreuses œuvres d’art évoquent les chevaux ailés. Exposition du 31 mars au 12 novembre 2001. Toujours dans la mythologie grecque. 61 Il s’agirait d’un animal ailé extrêmement rapide. Pégase est présent en Chine60. la littérature et la psychanalyse en tant que symbole. Nemours. Air France. de vitesse et de fidélité. dans la dynastie des Han au IIème siècle avant Jésus-Christ. dieu de la Mer. faisant du cheval l'animal le plus symboliquement chargé.Brun. Monture dynamique et impulsive. les religions. avec le serpent. Le symbolisme du cheval est complexe puisqu’il connaît tous types de rôles. La symbolique de Pégase est complexe. La symbolique du cheval est l'étude de la représentation du cheval dans la mythologie.23 - . il est associé Mobil. le folklore populaire. était déposé un petit cheval ailé du nom de « Fei Ma ». bénéfiques comme maléfiques. Le cheval pourrait d’ailleurs avoir eu très tôt une place symbolique de premier plan puisqu'il est l'animal le plus représenté dans l'art préhistorique. sept cent ans après Jésus-Christ. symbole de pouvoirs dans l’Europe préhistorique. et d’autre part. beaucoup de sociétés l’utilisent comme logo59. il a le pouvoir de la connaissance. au-delà de la réalité physique de l’animal quadrupède.-C » in Le cheval. il peut être soumis à l’homme comme une simple monture. Sous la dynastie des Tang. 20. et de la Gorgone Méduse. un pégase est une cabriole où aucun des membres du cheval ne touche le sol. Pégase inspirerait des valeurs de courage. Jet Service Des poèmes parlant de ce cheval ailé ont été retrouvés et dans la tombe d’un général chinois du 1 er siècle avant Jésus-Christ. dans sa capacité à signifier un concept abstrait. Pégase symbolise la légèreté. dans la religion islamique sous le nom d’Al Burak61. De nombreux rôles et des dons magiques s'associent au cheval à toutes les époques et dans toutes les régions du monde où des populations humaines se sont trouvées en contact avec lui. Fils de Poséidon. 21. voilà pourquoi de nos jours. ce cheval a été élevé au rang de divinité. privilégié depuis le XXXVème millénaire avant Jésus-Christ64. capable de transporter Mahomet de La Mecque à Jérusalem en une nuit 62 Lesquels connaissaient un chant magique qui attirait sur eux la protection d’un cheval céleste 63 Les iraniens considéraient Pégase comme une des transformations du Dieu Verethagna 64 P. Musée de Préhistoire d’Ile de France 60 59 .

1838. aux figures maternelles et paternelles65.Brasey. p. autre incarnation du Diable.Wagner.254 .Jung.36 69 Celtes et germaniques notamment 70 E. à la vie comme à la mort.122 où il est précisé que Sigmund Freud relève un cas où le cheval est l'image du père castrateur 66 G. éd.24 - . 1972. Dunod. Le cheval « est relié aux grandes horloges naturelles »66 et toutes les histoires de cheval solaire comme de coursier chtonien ont en commun « l'effroi devant la fuite du temps »67. La scolastique freudienne. p. « c'est pourquoi la nature sexuelle du Diable se communique aussi au cheval : Loki prend cette forme pour procréer »71. Le cheval dans les croyances germaniques: paganisme.322 .à tous les points cardinaux. p. Il existerait une analogie entre le Diable comme représentant de l’instinct sexuel et le cheval. spéc.255 . 2003. Essai sur les fables indiennes et sur leur introduction en Europe. c’était dans le but de lutter contre la survivance des traditions païennes69 le sacralisant70. à la sexualité. christianisme et traditions. Fayard. Le pré aux clercs. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. au rêve. M-A. Dunod. leurre ses cavaliers pour les tuer ou les blesser gravement72. Dans sa plus lointaine perception symbolique.Baratay. éd. LGF. où circulent des histoires de chevaux noirs apparaissant seuls au milieu de la nuit. Odile Jacob. 1993 68 A. Honoré Champion.Durand. Il est 65 Q. Techener. Paris.Durand. D'anciennes études avancent que l'origine des pouvoirs magiques attribués au cheval serait indienne68. 1996 72 E. éd. 2005 71 C-G. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Et l'homme créa l'animal: histoire d'une condition. Cette association Diable cheval est particulièrement forte dans toute l'ancienne Germanie. aux eaux. Métamorphose de l'âme et ses symboles. Parmi les animaux fantômes de Strasbourg figure un cheval à trois pieds que l'on assure être le Diable. éd. à la divination et au renouvellement de la végétation. Le cheval Mallet. éd.Loiseleur Deslongchamps et Le Roux de Lincy. C'est souvent un animal lunaire lié à la terre mère. éd. Si l'Église catholique romaine a fait passer le cheval pour un animal diabolique durant le Moyen Âge. 1993 67 G. La petite encyclopédie du merveilleux. 22. et en Alsace. 35 .Ritzen. Expérience et psychologie. p. au soleil comme à la lune. Le cheval est parfois l’incarnation du Diable. au monde chtonien comme ouranien. 2008. le cheval était inquiétant et chtonien.

divinité de la guerre.25 - . un des avatars de Vishnou est le cheval blanc et cet animal est aussi lié aux hymnes à Indra. F. Chollima est un cheval ailé trop rapide pour être monté. La connaissance du cheval dans la mythologie nordique provient principalement de l’Edda en prose et de l’Edda poétique. le cheval représente les nomades des steppes et est le symbole des barbares. Un signe zodiacal chinois correspond au cheval. p. éd. Selon la tradition. le cheval d'Alexandre le Grand. La mythologie nordique réserve au cheval un accueil singulier car il y est fréquemment mentionné et possède la particularité d'être quasiment toujours nommé. les cavales de Diomède sont des juments carnivores et sauvages capturées par Héraclès74. Certaines traditions perdurent jusqu'à nos jours. spéc. Chez les grecs. chevauchait la femme du maréchal-ferrant qu'il avait changée en jument73. un cheval de bois géant dans lequel il cache des soldats pour prendre la ville de Troie. comme celle de la Kelpie. Dans la tradition chinoise. 24.ainsi raconté que le Diable.554 Diodore de Sicile. L'intelligence et la férocité des chevaux de bataille sont louées dans les épopées héroïques et la légende arthurienne. mais aussi des sagas qui. permettent d'avoir une idée précise des cultes rendus à cet 73 74 Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace. Adolphe Delahays. 1851 . descendrait de l'une d'elles. 25. En Inde.111. un cheval aquatique du folklore écossais qui transporte ses victimes dans l'eau. Livre IV. 1851. Revue d'Alsace. Bucéphale. vol. 26. déguisé en officier. 23. Les chevaux du soleil tirent le char d'Hélios selon les anciennes traditions et Ulysse fait construire le Cheval de Troie. Bibliothèque historique.Hoefer. déesse jument gauloise dont le culte a été repris par les romains. si elles ne contiennent pas toujours beaucoup d'éléments mythologiques. décrit comme la licorne asiatique. Une figure mythique du cheval est le Qilin. trad. La culture celte accorde une place majeure au cheval à travers les déesses comme Epona. Dans le légendaire coréen.

Nordic Academic Press. an international conference in Lund. 1996. le plan souterrain dont il est familier. 28. changes. 27. K. Il n'a pas qu'un simple rôle de monture ou de véhicule puisqu'il est également étroitement associé à la cosmogonie des anciens peuples germano scandinaves et à une profonde symbolique d'inspiration probablement chamanique. p. BiblioBazaar. comme le montre Odin en chevauchant Sleipnir entre les neuf mondes. Métamorphose de l'âme et ses symboles. p. p. le cheval est l’animal le plus apte à guider les morts durant leur voyage vers l'autre monde. 3 au 7 juin 2004. livrent un très grand nombre de noms de chevaux75. 2009. Old Norse religion in long-term perspectives : origins. C'est donc tout naturellement qu'ils ont attribué de nombreux pouvoirs au cheval.Jennbert et C. Les anciens peuples scandinaves formaient une civilisation cavalière et mystique. Il voit le cheval comme l'un des archétypes les plus fondamentaux des mythologies. de son importance pour les anciens Scandinaves. et le plan céleste. 209 .134 77 C-G.Jung. Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung note une relation d'intimité entre le cavalier et son cheval dans les contes et les légendes. LGF. le chamanisme y tenait un rôle important. proche du symbolisme de l'arbre de vie. il relie tous les niveaux du cosmos : le plan terrestre où il court. Carl Gustav Jung note l’aspect psychopompe de Sleipnir et des montures des Valkyries. celle d'un véhicule dirigé par la volonté de l'homme. où le héros et sa monture lui « paraissent représenter l'idée de l'homme avec la sphère instinctuelle à lui soumise »77. qui sont une forme d'énumération mnémotechnique dans l'Edda en prose de Snorri Sturluson. spéc. A l’instar de ce dernier. Sleipnir et le cheval volant Hófvarpnir sont des chevaux intermédiaires entre la terre et le ciel et entre le monde des mortels et le monde souterrain. et par là même des raisons de sa place dans les textes fondateurs. The Prose Edda. Puisque sa toute première qualité est la mobilité76.130 .animal.456 76 75 . comme dans la plupart des religions. and interactions. L'une des premières symboliques du cheval semble être.Sturluson.Raudvere. 2007.Andrén.26 - .212 A. Les Pulur. S. Sweden.

1996. les rites et a influé sur la mentalité des germains80. Cette particularité a pu contribuer à lui donner sa place particulière dans les textes fondateurs. p.Wagner. censés apporter protection et fertilité tandis que ses ossements sont utilisés comme instruments de magie noire. les légendes attribuent ainsi au cheval des caractères qui reviennent psychologiquement à l'inconscient de l'homme. cet animal fut l'un des plus importants dans les textes fondateurs. La lutte contre les traditions et les rituels comme la consommation de viande de cheval fut un élément capital dans la christianisation des régions qui pratiquaient historiquement la religion nordique. Honoré Champion. LGF. 29. Le pied du cheval.27 - . Il pourrait avoir tenu une place intermédiaire entre animal sauvage et animal domestique du fait de l’existence de grands troupeaux de chevaux sauvages. La fiabilité des Eddas et des sagas comme témoignages de la foi scandinave est parfois remise en cause mais ces textes reflètent fidèlement la société et les coutumes de l’époque. 78 C’est par exemple le cas lors de l’enlèvement d’Hadding où le pied de Sleipnir apparaît soudain sous le manteau de Wotan 79 C-G. Le cheval semble avoir été un médiateur central dans la société nordique. christianisme et traditions. apparaît fréquemment dans les moments critiques78 et Carl Gustav Jung y voit l'irruption d'un contenu inconscient symbolisé79. Ils montrent sans ambiguïté aucune que le cheval y tenait une place prépondérante. Cette importance du cheval dans les textes fondateurs et les sagas mythologiques semble refléter la grande valeur qu'il possédait chez les peuples germano scandinaves.Selon lui. telles la Germanie et l'Islande.460 80 M-A. Considéré comme un double de l'homme. au moins jusqu'au Xème siècle. 2005 . et du fait qu'il a été monté aussi bien pour franchir des plaines que des terrains montagneux. spéc. 30.Jung. éd. Le cheval dans les croyances germaniques: paganisme. car les chevaux disposent de facultés mantiques. souvent anthropomorphisé. comme en attestent également les rituels liés à son sacrifice et à la consommation de sa viande. Métamorphose de l'âme et ses symboles.

spéc. p. de la préhistoire à l'histoire »81. p. publié par l’Institut du Droit Equin.9 . Recueil Juridequi. le cheval est « drivé » par le droit des animaux -A-. le cheval est l’espèce animale la plus productive en matière de jurisprudence84 comme de dispositions législatives ou règlementaires85. publié par l’Institut du Droit Equin. éd. des noms de lieux dans les régions nordiques font référence au cheval. « ses pouvoirs dépassent l'entendement . Honoré Champion. Petite promenade. p.2989 82 81 .333 85 Pour s’en convaincre : Cf. Dictionnaire des symboles. Ainsi appréhendé.Gheerbrant. En définitive. Institut du Droit Equin. 2007 84 Pour s’en convaincre : Cf. J. Jurisprudence-Commentaires de mars 1996 à décembre 2009. il est donc Merveille et il ne faut pas s'étonner que l'homme l'ait si souvent sacralisé. Bien que le droit soit toute la vie82 et le cheval la « plus noble conquête de l’homme »83. p.380 86 J-M. Cependant. Histoire naturelle. Recueil Juridequi.Leclerc de Buffon. ce qui en fait par la suite un animal qui « n’en finit pas d’enrichir le droit »86 et « désarçonne » donc le droit des animaux -B-. entre droit des biens et contrats spéciaux. dont les noms signifient respectivement cheval et poulain. le droit appréhende indirectement le cheval par l’intermédiaire de l’animal. 1939. 2010. 2007.Chevalier et A. Paris. Préface de la 12ème édition du Traité élémentaire de droit civil de Marcel Planiol.Ripert.D’ailleurs. où les premiers colons arrivèrent avec le rituel de l'étalon de combat. 1997 G. Jurisprudence-Commentaires de mars 1996 à décembre 2009. en compagnie du meilleur ami de l’homme. éd. notamment en Islande. C’est donc d’abord eu égard son appartenance au règne animal que le cheval est considéré en droit. D. Paris. comme les deux îles Hestur et Koltur. 2010. LGDJ.28 - . 1749. Plusieurs traditions relatives au cheval sont relatées.341 . Robert Laffont..Bruguière. II- Des chevaux et du Droit 31.7 83 G-L. Institut du Droit Equin.

c’est d’abord comprendre ce qu’est un animal pour le droit. 5ème édition. Montchrestien. . 91 Texte babylonien établi vers 1750 av. Cf.. Le droit s’est intéressé à l’animal pour la première fois près de deux millénaires avant notre ère. dont l’influence est grande sur le comportement de l’homme »87. p. La création d’un droit des animaux n’est donc pas récente et le débat doctrinal sur la place de l’animal en droit est presque aussi ancien. Le Code d’Hammourabi91 règlemente ainsi. p..80 et s. p.Desmoulin. Selon le sens commun. §244 à 249 94 Code d’Hammourabi. Chron.23 90 G. Le langage juridique coïncide d’ailleurs fréquemment avec la langue commune90. Paris. 33. Collection Domat Droit privé. il semble que le terme animal en droit ait donc recueilli le sens commun. l’animal est un être vivant doué de sensibilité et de mouvement.. PUAM. spéc. p. Rechercher la définition juridique de l’animal serait un préalable utile mais vain. 2ème édition..A. la présence du monde animal. J-C.Gaudemet. En effet. n°4 et s. Il a été initié au 87 R. Montchrestien. 1998 92 L’âne appartient toutefois à la même famille que le cheval.21 et s.29 - . et n°18 et s.Nerson.Cornu. à savoir les équidés 93 Code d’Hammourabi. D. 2000. 2006.2 Cf. à propos des bœufs et des ânes92. le droit n’offre aucune définition précise de l’animal. §224 et §225 88 . la mise à disposition de l’animal93 comme le résultat du soin qui lui est apporté94. L’animal entre science et droit. Si le vocabulaire juridique n’apporte aucune définition précise. Animal in Larousse édition 2010 89 S. J. même s’il « ne lui était pas possible d’ignorer ce fait. Cette polysémie indique que « à l’admission de la proximité biologique entre êtres humains et animaux s’oppose l’affirmation d’un fossé infranchissable entre humanité et animalité »89. 1963. Le sens commun ne reçoit donc pas uniquement la signification biologique du terme animal. Linguistique juridique. Déterminer ce qu’est un cheval en droit. Les institutions de l’Antiquité. Collection Domat Droit Public.Le cheval « drivé » par le droit des animaux 32. Thèse Aix-Marseille. Mais l’animal fait aussi figure d’antithèse de l’humain dans la mesure où il décrit un corps animé distinct de l’homme88. La condition de l’animal au regard du droit.

Pythagore.265 97 Le stoïcisme est une école philosophique de la Grèce antique.Descartes.90 101 P. 1970 . l’homme et les dieux usent de raison : tout est donc fait pour eux »98. « le droit. 1996 . composé à l’origine entre 1269 et 1272 où l’auteur ratifie la conception de l’animal consistant à le considérer au service des êtres humains . notamment chez René Descartes. l’animal est initialement perçu comme dénué de toute sensibilité et asservi à l’homme102. Lyon. Ainsi. jusqu'à nos jours. Favorisée par la théorie de l’animal machine 100 qui constitue une hypothèse éthologique issue du mouvement mécaniste créé par René Descartes et fortement contesté dès cette époque par Pierre Gassendi 101. Chron. 1963. Cette philosophie exhorte à la pratique d'exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur envisagés comme ataraxie. ne s’est préoccupé à peu près exclusivement jusqu’à nos jours que de l’animal chose. PUF. Cf. Il s'agit d’une absence de passions qui prend la forme d’une absence de souffrance. puis exercé diverses influences. Syntagma philosophiae Epicuri. La morale stoïcienne. y compris celles qui se meuvent par elles-mêmes comme les animaux »96. PUF. D. Between the species 6:122-127. éd.Gassendi. Cependant.30 - . Discours de la méthode.Taylor. 1649 . qui dans ses trois ouvrages considère la matière active et estime que les animaux disposent d’une petite âme 102 T. p. moribus et placitis Epicuri.Lafont. spéc. Rome. Structures et méthode dans la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin. J. seu Animadversiones in librum X Diogenis Laertii. 1967. Dès lors. du Cerf. C'est par la suite un courant philosophique hellénistique qui a traversé les siècles. éd. Le stoïcisme. p. p. The first animal rights philosopher. Lyon. 1649 .Nerson. 1999. Flammarion. Paris. lequel proclamait le respect pour les animaux parce qu’il croyait en la transmigration des âmes entre humains et non humains. Lyon.78 99 R. Broadview Press. L’homme et l’animal. Manuel élémentaire de droit romain. Léonine. fondée par Zénon de Citium en 301 avant JésusChrist. « la théorie de l’animal chose.d’Aquin.2 100 R. objet d’appropriation ou cause de dommages »99. 1886-1906. Librairie Edouard Duchemin. p. 34. La doctrine stoïcienne97 de la Providence considérait que le rapport particulier entre l’homme et la raison soumet providentiellement l’animal à l’homme car « rien n’est supérieur à la raison . De Vita. De vita. in Animal and ethics.Brun. subi des transformations.. spéc. est aussi la 95 A. tout est donc fait en vue de la raison . Le droit romain identifie ainsi les meubles comme étant « les choses susceptibles d’être déplacées sans détérioration. PUF. spéc.VIème siècle avant Jésus-Christ par Pythagore95. Paris.Girard. miroir et expression de la civilisation humaine. Summa theologiae cum Supplemento et commentariis Caietani. 1647 . La condition de l’animal au regard du droit. p.34 96 P-F. G.. 1978. La philosophie antique. la conception qui va prédominer durant des siècles sera celle de l’animal chose. Paris. 1966 98 T. G.Rodis-Lewis. moribus et doctrina Epicuri libriocto.Gontier. pour un commentaire : Cf. héritée du droit romain. allant de la période classique en Europe. Pour de plus amples explications.

Ministère de la Justice. 35. n°269.184 108 Provenant de Domus en latin qui signifie la maison 109 Cass. 36.. 1895.Marguénaud. Gaz. Chron. Si cette définition est conforme à l’étymologie du mot domestique108. 1861.. crim. Les animaux sauvages sont donc tous ceux qui vivent. Revue Lamy Droit Civil. 106 S. spéc. I. Tabou sur l’animal. dépassant ainsi le périmètre circonscrit du toit. p.19 105 F. crim. p. Selon cette acception juridique de l’animal.63 et s. autrement dit « uniquement en tant que valeur économique et patrimoniale »106. L’animal : un être juridiquement en devenir.transposition sur le plan juridique de la célèbre et impitoyable théorie de Descartes connue sous le nom de théorie des animaux machines »103. C’est dès lors « bien en fonction de son utilité qu’est appréhendé l’animal en 1804 »105. elle s’avérait trop étroite et a donc été élargie par un arrêt du 16 février 1895 à l’animal qui « vit sous la surveillance de l’homme »109. de l'élimination des espèces nuisibles »104. D. envisagé sous l'angle de la chasse. de la pêche. L’animal dans le nouveau Code pénal. l’animal sauvage est celui qui n’appartient à personne 110.Lachaud. Dans une décision du 14 mars 1861.187 J.269 110 Ainsi qualifié de « res nullius » 104 . S. 16 février 1895.. sont nourris. p. de l'exploitation agricole.. 14 mars 1861. la Chambre criminelle de la Cour de cassation définit les animaux domestiques comme des « êtres animés qui vivent. si l’intégralité des animaux demeure chose pour le droit. Ils n’ont subi aucune sélection de la main de l’homme et sont destinés à vivre dans leur milieu naturel. p. 103 J-P.Dumont... s’élèvent.31 - . pénal et rural restent figés pour l'essentiel dans une conception exploitatrice et prédatrice de l'animal. se reproduisent sous le toit de l’homme »107. Pal. Cependant. I. leur régime juridique diffère selon qu’il s’agit d’animaux domestiques ou d’animaux sauvages. 2002. En revanche.Antoine. S. La séparation juridique des animaux domestiques et des animaux sauvages n’est pas fondée sur une base zoologique liée à une ou plusieurs caractéristiques animalières mais sur les rapports que l’homme entretient avec l’animal. Janvier 2006. « les Codes civil. Rapport sur le régime juridique de l’animal. 2005 107 Cass. 1995.. se reproduisent et se nourrissent en dehors de toute intervention humaine. p.

38. alors que les dispositions législatives propres à la faune sauvage. en parallèle de la conception de l’animal chose « se développe en Occident l’idée d’un traitement humanitaire des animaux. Ces animaux perdent leur caractère de bien immeuble lorsqu'ils sont séparés du fonds par le fait d'une aliénation séparée113. les lapins de garenne. I. L. C’est ainsi que le Code civil qualifie l’animal de bien meuble par nature. sont aujourd’hui contenues dans le code de l’environnement au titre de la préservation du patrimoine biologique115..3 Article 524 du Code civil qui énumère les animaux attachés à la culture. Bull.211-5 qui dispose que « sont considérés comme espèces animales non domestiques. sans pour autant 111 R. d’un usufruit. L’animal est donc « pour le droit. no25 114 Art. Qu’il soit meuble ou immeuble. les abeilles des ruches à miel.411-1 et s. La condition de l’animal au regard du droit. dans la classification des biens. 37. Sont également immeubles les animaux que le propriétaire du fonds livre au fermier ou métayer pour la culture. mais seulement tant qu’ils demeurent attachés au fonds par l'effet du bail114. Au XXème siècle.Nerson. l’animal peut faire l’objet d’un droit de propriété. issues primitivement de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature.231-3 du code rural et des plans d'eau visés aux articles L. civ. d’un contrat de vente… Les règles relatives aux animaux domestiques sont rassemblées dans les codes civil et rural.32 - . p. no01-17. 1èreciv. du Code de l’environnement 112 . les poissons des eaux non visées à l'article L. 113 Pour un exemple avec les poissons d'une pisciculture vendus séparément du terrain supportant les bassins : Cass. 1963. une chose qui. appartient à la catégorie des meubles par nature »111. les pigeons des colombiers. D. Cette théorie s’appuie uniquement sur l’idée que les animaux doivent bénéficier de la bienveillance et de la compassion des êtres humains. d’un contrat de location. Chron.736 . 11 janvier 2005. celles qui n’ont pas subi de modifications de la part de l’homme ». 522 C.L’animal sauvage fait ainsi l’objet de l’attention du Code rural dans son article L. étangs privés..231-6 et L. Il est cependant immeuble par destination du fait de son attachement à un fonds immobilier lorsqu’il en constitue l’accessoire112. piscicultures et enclos piscicoles). 115 Art..231-7 du même code (eaux closes. civ.

Vol. La protection est complétée par des dispositions réglementaires concernant les conditions de l'élevage des animaux domestiques126. les établissements détenant des animaux à des fins 116 L.214-79 C.214-1 à R. n°2. 7 5° (JORF 22 juin 2000) 120 Art. Lex Electronica. p. 126 En matière de stabulation. 521-1 al. 655-1 C. 1 C.Couret. pén. Note sous Cass. R 654-1 C. 122 Art. pén. L’animal : un être juridiquement en devenir. Art. pén. Par ailleurs. 653-1 C. 7 C. 1èreciv. rur. pén. numéro spécial. pén. L. alimentation. 118 A. Janvier 2006. Puisque « moins utile comme force de travail. p.remettre en question l’utilisation des animaux pour les fins et les besoins des êtres humains »116. La protection de ces animaux domestiques est organisée autour du principe selon lequel « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce »125. aujourd'hui abrogée et intégrée au code de l'environnement.63 et s.241-1 C. D. . comme des atteintes volontaires123 ou involontaires124 à la vie. R. parcage. 125 Art. l’homme va reconsidérer peu à peu la place de l’animal dans la société »117. conditions d'abattage : Cf. Ces comportements sont visés par le droit pénal sous l’incrimination des sévices graves ou actes de cruauté120.10. portant atteinte à son intégrité physique ou à sa vie. 121 Art. l’animal est davantage voué à des tâches qui le mettent plus étroitement en communication avec l’homme.Dumont. des mauvais traitements121. transport. Revue Lamy Droit Civil.33 - .362 119 Abrogé par Ordonnance n°2000-550 du 15 juin 2000 art. après des époques de destruction anarchique. 123 Art. conscience a été prise par beaucoup des nécessités liées à des équilibres écologiques… »118. exposition dans les foires et marchés.. rur.Létourneau.. 8 octobre 1980. 124 Art. De l’animal objet à l’animal sujet ? : Regard sur le droit de la protection des animaux en Occident. « au fil du temps et notamment au cours du XX ème siècle. L’animal est en effet protégé dans sa relation à l’homme contre les comportements humains susceptibles de lui occasionner des souffrances. automne 2005 117 F. 39. 1981. Ainsi. des abandons122. 521-1 al. C'est alors par la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature119. que le droit appréhende l’animal dans sa dimension d'« être sensible » susceptible de bénéficier d'une protection juridique.

25 avril 1979 . Directive du Conseil sur les oiseaux sauvages no 1979/409 du 2 avril 1979 publiée au JOCE. L’animal sauvage fait aussi l’objet d’une protection dans son environnement naturel grâce à la notion d'espèces protégées130. du Code de l’environnement 134 Art. Les dispositions du Code de l'environnement au titre de la préservation du patrimoine biologique133 reprennent un grand nombre de dispositions des droits communautaire et international.Boitani. Cette protection est organisée autour de conventions internationales131 et de dispositions communautaires132. 41. R. L. . 2002 .413-2 à L. La protection de la faune sauvage en droit français. rur.332-1 à R. jeux ou manifestations sportives utilisant des animaux129.63 et s.Levy-Bruhl. C. no L 344. L. Convention de Bonn du 22 juin 1979 reprise par la Loi no 89-1005 du 31 décembre 1989et le Décret no 90-962 du 23 octobre 1990 . Convention européenne de Strasbourg du 18 mars 1986 publiée par les décrets no 2001-131 du 6 février 2001 au JO du 13 février 2001 et no 2001-486 du 6 juin 2001 au JO du 8 juin 2001 128 Art. Thèse Clermont. Il existe également une réglementation propre aux parcs nationaux et réserves naturelles134. L. Plan d’action pour la conservation du loup en Europe : Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe. Conseil de l’Europe. 2003 . V. Décret no 97-223 du 26 mars 1987. 1992 131 Convention de Washington du 3 mars 1973 reprise par la Loi no 77-1423 du 27 décembre 1977 et le Décret o n 78-959 du 30 août 1978 .411-1 et s. un être juridiquement en devenir.333-85 du Code de l’environnement .331-29 et R. 33-1 à R. R. L. M. . Loi no 89-432 du 28 juin 1989 et Loi o n 99-223 du 23 mars 1999 130 Cf. rur. Janvier 2006. C’est ainsi que « d’une chose protégée par le droit en raison de sa seule utilité à l’homme. Art.331-1 à L.332-81 du Code l’environnement . 22 juillet 1992 133 Art.214-87 à R. éd. les établissements détenant des espèces non domestiques présentées au public ou destinées à un élevage 128 et les spectacles.332-1 à L. 40.Lanord. il apparaît comme un être sensible au gré des dispositions nouvelles »135. R. Directive du Conseil no 1992/43 du 21 mai 1992 sur la conservation des habitats sauvages et semi naturels publiée au JOCE. Thèse Paris IV.331-1 à R. no L 103.333-4 et R. types d’associations et formes d’action.34 - . Art. La conservation des habitats naturels et de la faune sauvage : le droit communautaire et sa mise en œuvre en France. L’animal. Thèse Lyon III.214-130 C.333-1 à L. 7 décembre 1983 .214-84 à R.214-86 C. Art.expérimentales ou scientifiques127 . no L 206. 2003 .Dumont. 31 décembre 1982 .333-85 du Code de l’environnement 135 F.332-19 et R.413-51 du Code de l’environnement mais aussi des dispositions législatives avec les articles L.413-1 à R. Règlement du Conseil no 3418/83/CEE du 28 novembre 1983 publié au JOCE. Protection et défense de l’animal dans l’occident contemporain : sources théoriques.Barbero. Revue Lamy Droit Civil. l’animal a vu sa prise en compte juridique se modifier et s’élargir au fil du temps : de chose utile. Convention de Berne du 19 septembre 1979 reprise par la Loi no 89-1004 du 31 décembre 1989 et le Décret no 90-756 du 22 août 1990 132 Règlement du Conseil no 3626/82/CEE du 3 décembre 1982 publié au JOCE. 127 .413-5 du Code de l’environnement 129 Art. L. no L 384. p.

La filière équine n’échappe pas au phénomène de juridicisation croissante. une double question subsiste : derrière ce cadre juridique. à la Maison de l'Unesco. spéc. Cependant.Daigueperse. le 15 octobre 1978. que les animaux devaient dorénavant être considérés comme des personnes. il faut en montrer l’intérêt pour le cheval. si le cheval est contraint de subir l’application du droit des animaux. si « le cheval est. p. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989. en droit.5 141 S. « de l’existence de certains droits objectifs visant la protection de l’animal. 138 C.27 137 136 . Pal. le droit des animaux brièvement présenté. de tous les êtres créés. En effet. Perspectives sur la situation juridique de l’animal. En effet. Le cheval est l’une des nombreuses espèces du règne animal mais il est. p. par abusive subjectivisation. 2006..Houël. le plus utile à l’homme »140 alors.Desmoulin. Paris. p. sujet de droit : réalité de demain. 42. au sens civil du terme »139. spéc. L’animal. on a parfois déduit. Gaz. 1848. Thèse Aix-Marseille. Bureau du Journal des Haras. qui caractérise nos sociétés modernes.Le passage d’une théorie cartésienne de l’animal machine à la proclamation par l’Unesco136 d’une déclaration des droits des animaux en 1978137 consacre une évolution où « les dernières décennies se sont traduites par une prise de conscience véritable en faveur d’une réhabilitation générale de l’animal »138.240 140 E.160 139 R.Le droit des animaux « désarçonné » par le cheval 43. L’animal entre science et droit. rassurons-nous. qui naît et vit par l’homme141. Janvier-Mars 2001. B. où se situe le cheval et quel rôle joue t-il exactement ? De la réponse à cette interrogation dépend l’intérêt de notre étude mais. la science et la culture La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal a été proclamée solennellement à Paris. a été rendu public en 1990 mais n’a aucune valeur juridique. ne peut en avoir fait abstraction.35 - . Cela se traduit par une Organisation des Nations Unies pour l'éducation. si le monde du cheval constitue un secteur important de la société.. RTD civ. L’effervescence autour de ce débat doctrinal est réelle mais perturbe notre approche. « cette importance ne se dément pas du point de vue juridique. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre. la plus productive. Voilà pourquoi.Libchaber. le droit. PUAM. p. 1981.

1983 . publié le 11 août 2007. La France du tiercé.511 et s. Thèse La Réunion.Roche. éd. p. D. p. ainsi que par un accroissement du nombre de procès. p. 2006.De Blomac.36 - . de tous les êtres créés. Paris. Les chevaux du royaume. de concours et de dressage… sa beauté. Bureau du Journal des Haras.Houël.7 Il s’agit du Recueil Juridequi. Pour la jurisprudence de ces quinze dernières années. A. 1987 .44 . 18ème édition. En effet. 1848. La reproduction des équidés. Hors série de l’élevage. Terre-Net 149 N.Schenk. Le droit du cheval et de l’équitation. il est utilisé à des fins d’élevage147. Paris. France Agricole. Il faut dire que le cheval « a été pendant des siècles… le principal accessoire de l’histoire »144. S. spéc. L.Joly. Trotteurs de légende. 7/2001. un marché porteur. Institut du Droit Equin. G. le circuit 142 M. Fayard. n°42. éd. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.. La gloire et le jeu. 1997 150 P. Ce sont ses qualités qui ont fait que « le cheval est. au cheval de loisir. 2009. L’Eperon. le plus utile à l’homme »145. P.7 147 J. publié par l’Institut du Droit Equin 144 A. « sa force.Konopnicki.5 146 B. Diffusion agence cheval de France.51 143 . l’index alphabétique compte plus de cinq cent entrées parmi plus de trois cent pages ! 44. Univ. histoire de l’élevage du cheval de selle et de la création des Haras. 2006. contrats et responsabilités. D’ailleurs. Montalba. Ouest-France. X. de guerre… sa rapidité.Carius. sa noblesse et son caractère en font un animal de loisirs et de compagnie »146.49. spéc. p. 2005. 1991 . de travail et. de reproduction148 ou de compétition149. Dès lors. . sc. La Manufacture. malheureusement. 1766-1866. 148 Source AFP. Le cheval. 1998 . Cette hégémonie du cheval au sein du droit des animaux est séculaire. tentative d’expression d’une nation. sa puissance et son endurance en ont fait un animal de transport. spéc. pour le sport ou le jeu. Diffusion Agence Cheval de France. civile et militaire. Institut du Droit Equin. l’importance du cheval au sein du droit des animaux est tel qu’un ouvrage relatif à la jurisprudence en droit équin a récemment vu le jour143. Le cheval et ses élevages : perspectives de recherche. des hommes et des chevaux.Mulliez. Cahiers d’histoire. Jurisprudence-Commentaires de mars 1996 à décembre 2009. 1997. Le cheval. ordre et désordre d’une passion populaire.augmentation régulière et significative des textes normatifs régissant la matière. contrats et responsabilités. Pierre Lévêque cite le « cheval omniprésent dans la vie quotidienne. éd.44 145 E.Libbrecht. la compétition. L’encadrement juridique de l’activité hippique constitue donc une réalité quotidienne »142. du gentleman-rider ou des habits rouges au jockey professionnel ou au cavalier sponsorisé »150 et Patrick de Chessé « le manège.Lévêque. Institut du Droit Equin. Rennes. son agilité et son adresse en font un animal de courses. Paris.Tourreau.Callé. p. Les courses hippiques à l’île Maurice. Cheval et équitation dans l’antiquité. p. p. Bull. Paris.

Réponse du 9 octobre 1980. Xénophon évoquait déjà la détermination par le maître de l’animal de l’obligation principale de l’entraîneur d’un poulain154. P. constat non esse sub conditione distractam.3797 .60 157 Pour s’en convaincre. dont le terme est pris dans son acception générique.De Chessé. 4.O. Equitation et droit. n°35111. la pratique sportive du cheval concentre deux codes. en ce qui concerne sa qualification juridique. Bull. in Actes du colloque de Toulouse en date des 12 et 13 mai 1987 sur le thème Droit et animal 158 Créé et édité par France Galop. Note sous Cass. il suit le sort de l’animal. Cass. éd. 1èreciv. de oedilit. Digeste de cont. le polo. 8 octobre 1980. Dioel et Maxim. C’est par référence au cheval considéré comme moyen de locomotion que les règles de droit rural consacrées aux animaux ont été élaborées157 et que les départements administratifs ont été découpés afin que chaque chef lieu de départements limitrophes soit situé à moins d’une journée de cheval. p.. Question Sénat 1980. p. p. inempta esset. où la vente est formulée en ces termes : « si res ita distracta sit ut. celui des courses au galop158 et celui des courses au trot159. 2008 152 151 . 2008. Les Belles lettres.Callaivet. IV. Cependant. L’intérêt que le droit porte au cheval est en effet séculaire. à condition que. Ainsi. la promenade en forêt. C’est ainsi que « on ne peut ignorer la place tout particulièrement importante acquise par le cheval dans notre société »152. SECF n°13 bis du 27 Mars 2008. p.Troplong. Le droit civil expliqué suivant l’ordre du Code. L’animal et le droit rural. dernière édition mai 2011 159 Créé et édité par la Société d’Encouragement à l’élevage du Cheval Français. JCP 1980. 46.104 154 Xénophon.Pech De La Clause. 3. Cass.. 1845.. Fait unique dans le monde animal.365 153 H.. les rallyes. J. 19402 . A l’époque de la Grèce antique. X. débats 3 septembre 1980. D. 15 avril 1979. la chasse à cour. 1997. 2 octobre 1980.touristique. Cf.45 où il est fait référence au contrat puisque le maître doit « ne le donner (le poulain) qu’en spécifiant par contrat ce qu’il devra savoir par retour » 155 Ulpien. Au sein du droit des animaux. 1981. p. si vous n’en êtes pas content. I. 45. la voltige… »151. sed resolvi emptionem sub conditione ». Sort des chevaux de manège : Agriculture. empt.. la prépondérance du cheval est donc manifeste. Paris. II. p.. Charles Hingray.Couret. 1èreciv. autrement dit je vous vends mon cheval. 156 R-T. p. éd. Le droit romain prévoyait la vente d’un cheval et son anéantissement ultérieur en fonction du résultat de l’essai pratiqué par l’acheteur155 et RaymondThéodore Troplong précisait que « ces sortes de vente à l’essai étaient aussi fréquentes chez les romains qu’elles le sont chez nous »156. JCP 1980. 1èreciv. Crépin-Leblond. éd. si displicuisset. I. la vente sera considérée comme non avenue. De la vente.6 A. C.3602 . De l’art équestre. edicto. ne serait-ce qu’à propos des chevaux de manège153.37 - .

directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et depuis octobre 2006. Institut Droit Equin. Après avoir répondu à diverses interrogations que suscitait la qualification juridique du cheval. Cf. Diffusion Agence Cheval de France. observons que la jument de MarieAngèle Hermitte162 « qui. la fiscalité… »165. Ordonnance du 26 septembre 2007. RTD com. 1998 164 B. Revue Enquête.2989 161 Cf. ne serait que « qu’est ce qu’une erreur substantielle pour l’achat ou la vente d’un cheval ? »164.52 166 Hérault Juridique et Economique. p. les saillies restantes sont vendues et le produit est distribué aux co-indivisaires »167. Revue Enquête..Bruguière. entre droit des biens et contrats spéciaux. 10 septembre 2009.Hermitte. en compagnie du meilleur ami de l’homme. De Rothschild c/ Dir. Petite promenade. p. En définitive.710 : à propos de Cass. 2007. p. Contrats et Responsabilités.37 162 Marie-Angèle Hermitte est docteur en droit. directeur de recherche au CNRS. même s’il reste le meilleur ami de l’homme. dans le vrai monde est une alezane facétieuse mettant bas de superbes poulains. le cheval est considéré juridiquement comme une chose. Meuble ou immeuble. Pt. 2006. le besoin de capitaux. TGI Avignon. C’est ainsi qu’un site Internet « propose un concept inédit qui invite l’amateur de courses hippiques à devenir copropriétaires d’écuries de chevaux »166 ou que des éleveurs achetant en commun un étalon prévoient « qu’une partie des saillies est affectée au paiement des frais .2989 160 . n°07-00473 . demeure au regard du droit civil français un bien meuble »160. 2006. 2007. com. J-M. D. Institut du Droit Equin. elle a notamment rédigé l’article Le droit est un autre monde.« le cheval. la recherche de l’efficacité et même de la performance. n°7 sur Les objets du droit.Lévêque. 1998.. 1998 163 M-A. Petite promenade. en compagnie du meilleur ami de l’homme. 47. n°96-10999. conformément au droit des animaux.Bruguière. p. D.125 165 P. Le Cheval. a donc. le cheval offre de belles perspectives d’avenir et « n’en finit pas d’enrichir le droit »168. n°7 sur Les objets du droit.16 167 F.Deboissy. elle est présidente d'honneur de l'association Doxa . Contrats et Responsabilités. entre droit des biens et contrats spéciaux. d’autres sont réparties entre les membres au prorata de leurs parts .. Le droit est un autre monde.Chain. dans l’univers juridique. 18 novembre 1997. Le Cheval. p. Comme l’animal peut être immeuble par destination du fait de son attachement à un fonds immobilier161. p. Gale impôts et autre 168 J-M.. le droit est saisi de nouvelles pratiques équines dont l’émergence est liée à « la spécialisation et la professionnalisation des activités.38 - . Diffusion Agence Cheval de France. un double froid qui affecte la forme d’un immeuble amortissable »163.

. Est-il cheval. en vue de la production d’effets de droit » .174 . P. 1993. C’est pourquoi notre étude concerne exclusivement l’Equus caballus car le cheval sauvage. p. Or. chose… ? L’interrogation de Martine Grinberg.Commons. le capitalisme et le droit. est « res nullius » et. 172 G. PUF. p. animal. Les véritables chevaux sauvages. Une interrogation subsiste donc. qui ne sont pas domesticables. à subsumer des faits sous des normes juridiques. Revue Lamy Droit civil.Dumont. Janvier 2006. dans une première approche.. de labour -donc pour l’exploitation d’un fonds. les faits. 49.45 173 M. Tarpan F. P. 171 F. Un cheval est-il un cheval ? Les mots. n°40-41. du droit des biens… Seule l’étude de l’Equus caballus est donc susceptible de révéler le statut juridique du cheval. « un cheval estil un cheval ? »173.39 - .177 . Dictionnaire de la culture juridique. sauvage il en est -prjevalski-. Revue Lamy Droit civil. L’animal. L’objectif poursuivi est de savoir ce que le cheval est juridiquement. La nature juridique des règlements sportifs à objet commercial.Grinberg. par conséquent. La qualification en droit civil. p. d'économie politique. l’animal du droit est soit domestique. un être juridiquement en devenir.Dumont. s’il est certes une chose. soit sauvage car le régime juridique diffère en fonction de la classification.. Fr.63 et s. « comment faire coïncider les diverses conditions de certains animaux dans un seul statut »170 ? Et François Dumont de citer « le cheval.Wachsmann.ou mieux encore viande de cheval. Chron. donc abattu »171. A. moins problématique.R.191 . Cf. 169 170 Cheval de Przewalski. de course donc soumis à règlement-. un être juridiquement en devenir. dir. Par le terme générique cheval.Guery. l’absence de certitude quant à la qualification juridique du cheval justifie l’étude préalable de son régime juridique. domestiqué. 1999. D.48.Simon. prend alors tout son sens. il faut comprendre l'espèce domestique Equus caballus. 2001. n°18. Cah. C’est en définitive l’analyse du corps de règles appliqués au cheval qui va permettre d’en révéler la qualification. L’animal. il faut comprendre la qualification du cheval par le droit et le régime juridique en résultant. sont de plusieurs autres espèces169. Janvier 2006. Par statut juridique.Jestaz.63 et s. 2003 où l’auteur indique que « la qualification consiste. p. hors du champ d’application du droit commun. Si « la qualification retenue conditionne le régime juridique applicable »172. in Lectures de J. p. Droits Rev.

affirmons ce que le cheval est juridiquement.précède la révélation de sa nature juridique -Partie 2-. Ethique animale. l’omniprésence du cheval en droit incite à penser qu’il est défini par référence à ce qu’il est et non eu égard son appartenance au règne animal. Comme « la plupart des juristes formulent la même critique : on dit souvent ce que l’animal n’est pas.272 . PUF. mais on ne dit pas ce qu’il est »174.40 - . 2008. p. 174 J-B. Afin de satisfaire l’objectif de notre étude. spéc.Jeangene Vilmer.S’il est impossible de faire abstraction du droit des animaux. l’analyse du régime juridique du cheval -Partie 1.

41 - .1ère PARTIE LE REGIME JURIDIQUE DU CHEVAL .

Thèse Rennes. 18ème édition. PUF. 2ème édition. successivement dangereux176. pour la garde des animaux de rente ou les articles L. le Code pénal à un impératif de protection de l’animal par la répression des « atteintes aux au sein des codes rural180.. L’animal en droit privé.214-48-1 du C. spéc. Pt. 179 Pour s’en convaincre : Cf. 622-2 182 Cf. indispensable affectivement178. éd. Les français et leurs animaux. les normes techniques et l’état de la cavalerie de ces établissements ». le ministère délégué au budget et à la réforme budgétaire. Hors série de l’élevage. p. L. rur.479 177 Pour s’en convaincre : Cf. Art.213-1 et s. 185 Art. p. civil182 et de l’environnement183 puise sa légitimité à travers ce caractère ambivalent du Cf. R.Vitry. la fondation pour la préservation et la protection du cheval de Przewalski créée aux Pays-Bas en 1977 . J-P. spéc. à propos des mauvais traitements envers un animal Art. L’Eperon. Loi n° 99-5 du janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. à propos de la propriété par accession Art.313 et s.Marguénaud. Le Code rural obéit principalement à un impératif de police sanitaire184 à propos duquel l’identification des équidés185 est essentielle . 1999. à propos de la qualité de bien meuble de l’animal Art. pénal181. I. J-P. spéc. 176 175 . où l’auteur consacre l’intégralité de la deuxième partie de sa thèse à « l’animal comme un être aimé » en détaillant la protection des animaux aimés et surtout la légitimité de l’affection envers un animal . X. L. 2007 . p. Hachette Littérature.Marguénaud.Revet. p. p. de l’alimentation. Thèse Limoges. du fait de l’animal et du fait de la chose.Digard. utile économiquement177. 1385 183 Cf. à préserver179. Fiche 5 notamment 180 Cf. 51. l’hygiène. Nouvelliste de Bretagne. 547 et 564 .211-1 et s. à propos de la responsabilité civile délictuelle du fait des animaux Art. La détermination du fait de l’homme.50. 2009 178 A propos du cheval Cf. RTD civ. l’enseignement.212-9 du C. 1992. relatifs aux vices rédhibitoires 181 Cf.Claude. Une nouvelle politique pour le cheval. L’examen attentif de l’intégralité de ces règles appliquées au cheval demeure en réalité inopérant dans la mesure où ces dispositions répondent à des impératifs différents. . le ministère des sports. le cheval possède une multitude de facettes que le droit ne cesse d’encadrer. « ce contrôle porte sur la sécurité. M. Ethnologie d’un phénomène de société. Fayard. 654-1 . rur. à propos de la chasse à courre : Art. Document de presse établi conjointement par le ministère de l’agriculture. l’adoption de dispositions hétérogènes dont la codification s’effectue indistinctement cheval en droit. à propos des sévices graves envers un animal Art. R. En effet.42 - . p. qui visent à assurer la salubrité publique » . de la pêche et des affaires rurales. 29 juillet 2003. Le cheval. Cf. qui prévoit le contrôle des établissements ouverts au public pour l’utilisation d’équidés. 1999. Ainsi. L’animal en droit privé.424-4 184 J-P. 1922. 521-1 et s. PUF.45 où l’auteur évoque la responsabilité du maître d’un animal dangereux . R. Camaïs. L. Ainsi.205 où l’auteur évoque « les interventions du législateur applicables le plus souvent aux animaux domestiques.211-1 et s. à propos de la divagation Art.Marguénaud. 528 . miroir de nos émotions.3 J-P. L’animal en droit privé. 1992. Thèse Limoges. entre autres Art. éd.21 et s.Libbrecht. Thèse Limoges. ainsi que R. Analyser la manière dont le droit procède à l’égard du cheval demeure délicat en raison du caractère ambivalent175 qu’il possède juridiquement.154 où l’auteur déduit de la vie psychique animant l’animal un caractère dangereux . T. 1992. PUF.

ne drainent plus guère de fonds. L’étude partielle de ces règles n’est néanmoins pas dénuée de sens. Dr. L’animal dans les pratiques de consommation.animaux dans leur sensibilité d’êtres vivants »186 . spéc. 2002 189 Art.Chouvel. Les français et leurs animaux. 186 S. Thèse Aix-Marseille.110-1 Code de l’environnement où la protection de l’environnement. importantes au XVIII et XIX siècles.Digard. p. 1994.Desmoulin. notamment des ressources naturelles. p. Rev. p. 2006. PUAM. L’animal entre science et droit. aujourd’hui encore. « on ne saurait ignorer le poids de l’élevage 191 dans l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire françaises » et « si les activités de traction animale. 1999. . PUAM.Bechman et V. les activités reposant sur l’appropriation. p. Du caractère indéniable de ce constat s’évince indubitablement que le nœud de la relation entre l’homme et le cheval se situe aux confins des actes matériels d’appropriation et d’exploitation des chevaux. Le principe de précaution. 1995. PUAM. Cf. de dressage et de vente d’animaux de compagnie sont florissantes »192. J-P. le Code de l’environnement à un impératif de préservation de l’environnement187 par le principe de précaution188 qui est un principe directeur du droit de l’environnement189.Desmoulin. n°374. également S. 2005 . A cet effet.. spéc. nous pourrons constater que la lutte contre la douleur non humaine a progressé » 187 S. p. qui indique qu’il s’agit « d’anticiper des risques potentiellement graves et irréversibles notamment pour l’environnement » 188 P. éd. Ethnologie d’un phénomène de société. Fayard. « de fait. 2006.Antoine. Hachette Littérature.Kourilsky et G. est d’intérêt général. spéc. Rapport au premier ministre.Burgat. Les nouvelles règles en matière de commerce et d’hébergement des animaux de compagnie. la cession et l’exploitation des animaux représentent une part considérable de l’économie française »190. spéc.Desmoulin. 2000 . A ce titre. En effet. 2006. Le principe de précaution.230.25 191 F.21 et s. Elle s’inspire de différents principes parmi lesquels figure le principe de précaution 190 S. L’animal entre science et droit. Thèse Aix-Marseille. n°225.236 qui indique que « en nous réjouissant de ce que le refus de la sensibilité n’ait plus cours (ou ne devrait plus avoir cours). Pour autant. encore faut-il mettre en exergue avec précision les comportements primitifs et majeurs de l’homme à l’égard du cheval dont la perception par le droit fonde le socle de son régime juridique.96 192 F. Rapport sur le régime juridique de l’animal. 52. p.Viney. PUF. P. le préalable est l’identification des comportements primitifs et majeurs de l’homme à l’égard du cheval.43 - . Litec. Rur. L. Thèse Aix-Marseille. les activités d’élevage ou de soins. des espèces animales et de la diversité biologique. L’animal entre science et droit.345 . la description des normes constituant le socle de son régime juridique doit légitimement précéder la réflexion relative à sa nature juridique. La documentation française. éd. En effet.Mansuy. Ministère de la Justice.

Par conséquent.impose de les définir comme constitutives du socle du régime juridique du cheval. 193 F. spéc.Dagognet.44 - . Paris. PUF.5 . 1992. Philosophie de la propriété : L’avoir. p.et son exploitation -Titre II.François Dagognet remarque fort justement que « le juriste a donc concentré son attention sur l’acquisition et la détention »193. l’observation de l’importance des normes relatives à son appropriation -Titre I.

TITRE I LE REGIME JURIDIQUE DE L’APPROPRIATION DU CHEVAL .45 - .

2007 . Saisi par la notion juridique de propriété. 2002. 54.Libchaber.53. induisant pour l’homme un rapport de domination200 dont les prémices sont ancestrales. L’animal entre science et droit. 2006. le cheval fait initialement l’objet d’une préhension au profit de l’homme. p.297 et s. La Recherche.Libchaber. A. Or. 202 R. avant d’embrasser un caractère mythique au sein de certaines civilisations194. relation privilégiée par laquelle les individus assouvissent juridiquement leurs désirs »202. D.186 et 187 . 1990.. New-York Avon Books. spéc. DallozLitec. 1804-2004.24 199 F. Dictionnaire des symboles et des croyances. Livre du Bicentenaire. Fides et Entreprises RadioCanada.Singer.46 - .24 198 R. p. D’une manière générale..25 et l’auteur de citer « la surveillance.297 et s. Les biens étant faits « de tous les objets dont les personnes peuvent avoir le désir »201 et « à la subjectivité de la notion de personne répond le caractère objectif de celle des biens . Pt.29 197 R. décembre 2001.305 et s. éd. Odile Jacob. DallozLitec. p. éd. 2002. le lien tendu entre les deux n’est autre que la propriété. p.33 201 R. anthropologie juridique de la modernité.Rouland.Zenati. La recodification du droit des biens. En effet. Thèse Aix-Marseille. 2004.Chèze. RTD. Les chevaux. Répertoire de droit civil. le cheval a nécessairement répondu à la qualification de bien. p. 1991. la locomotion. C’est alors qu’en « considérant que ce qui est matériel s’approprie facilement par une forme de domination physique sur le corpus même de la chose »197 que l’on « glisse spontanément de la matérialité à l’appropriabilité »198.Herscovici.Lattès. 1995. 200 P. éd. 1986. p. Il est vrai que « l’appréhension matérielle d’un objet en facilite l’appropriation »199. Pt.Desmoulin.Libchaber. Répertoire de droit civil. mythes et légendes du monde entier. 1804-2004. civ.. PUAM. de la Martinière Jeunesse. p.Libchaber. D. la détection de produits illicites… » 196 J-D. Au regard de ses utilités. C. Le Code civil. n°348. Animal Liberation : A new ethics for our treatments of Animals.242 . la traction. p. 2004. édition J-C. N. humains et chevaux demeurent en interaction permanente depuis la nuit des temps. Aux confins du droit. Livre du Bicentenaire. c’est en qualité « d’entités matérielles susceptibles de préhension et présentant de nombreuses utilités »195 que le cheval a « de tout temps éveillé un désir d’appropriation »196. Les droits des animaux ? : Remise en question. Biens.57 195 S. le cheval est tout d’abord considéré par l’homme au regard de ses seules utilités. Nécessaire à sa survie. 1993. La recodification du droit des biens. Le Code civil. éd. p.Vigne. Chypre et les débuts de l’élevage. le cheval répond nécessairement à cette caractéristique.Pont-Humbert. Pour une rénovation de la théorie de la propriété. . Biens. 194 B.

Cf. un être juridiquement en devenir. A propos de l’animal en général. Revue Lamy Droit civil. p. Répertoire de droit civil. Or. Institut d'ethnologie. Janvier 2006. un être juridiquement en devenir. l’instrumentaliser208 ? 56.63 207 R. en définitive.Guenancia et J-P. Comment justifier en droit le comportement humain consistant à s’accaparer le cheval. Revue Lamy Droit civil. éd. C’est ainsi que l’appropriation du cheval répond à des modes d’appropriation communs aux animaux -Chapitre I-. 2002. Biens. T. p. D. A l’attitude originelle de l’homme à dominer le cheval succède une évolution significative203. la récente spécialisation de la matière équine et l’augmentation du coût d’acquisition d’un équidé révèlent l’existence de modes contractuels d’appropriation propres au cheval -Chapitre II-. L’animal. Les animaux domestiques et sauvages en France du néolithique au gallo-romain : étude d'ethnozoologie à partir de vestiges osseux. un être juridiquement en devenir. la question des frontières. En effet. Janvier 2006. l’homme a rapidement voulu développer des techniques plus ou moins sophistiquées pour parvenir à la domestication de certaines espèces animales nécessaires à ses besoins »204.Dumont. P.24 208 V.63 205 F. L’animal. Revue Lamy Droit civil. Janvier 2006.Poulain-Josien. p.Sylvestre. Equidés. « poussé par son instinct de survie.63 206 F.. 2009 203 . L’animal.47 - .Cézilly. C’est ce passage progressif « d’une économie fondée sur la chasse et la cueillette à une économie reposant sur la culture et l’élevage »206 qui conduit à la nécessité d’une réflexion juridique. suidés.Libchaber.Dumont. plus de deux millénaires de réflexion juridique précèdent la réponse à cette question. F. Pt.Dumont.55. sauvage à l’origine. Sur la condition des équidés au cours de l’histoire.Camos. du célèbre philosophe grec Aristote au Professeur Jean-Pierre Marguénaud. « par une forme de domination physique sur le corpus même de la chose »207 pour l’asservir à ses fins et. ovidés. Homme et animal. Quae. « cette domestication révèle surtout un processus de transformation des ressources naturelles spontanées en ressources dont la production et la gestion seraient sous la maîtrise de l’homme »205. 1972 204 F. Cependant.

2ème édition. Droit des biens. p. C. 1862. Tome I. Gallimard. PUAM. C’est du traitement juridique de cette domination de l’homme sur le corpus même de l’animal qu’apparaissent les modes « originaires »213 d’acquisition de la propriété. éd. Si les lions pouvaient parler : Essai sur la condition animale. les animaux et la religion. « cette volonté de possession exclusive a été admise et encadrée par le droit »212. Lexifac. spéc. qui indique qu’un mode originaire d’acquisition de la propriété correspond à « un mode d’acquisition par lequel un individu acquiert la propriété d’un bien qui précédemment n’appartenait à personne » . Thèse Aix-Marseille.51 213 A.CHAPITRE I LES MODES D’APPROPRIATION COMMUNS AUX ANIMAUX 57. les pratiques de chasse et de pêche.99. Droit et passion du droit sous la 5ème république. Quarto. éd. coll. 2ème édition.Lattès.1490 . Cf. 1998.Desmoulin. 2007. p. 2006. En effet. 58. PUAM. L’animal entre science et droit. Les Indiens d’Amérique du Nord. p. Odile Jacob. Thèse Aix-Marseille.242 . Aux confins du droit. 1995.51 212 S. p. éd. spéc. les animaux demeurent inséparables de l’homme. Dictionnaire des symboles et des croyances. C’est ainsi que par leurs utilités. Traité des successions. Depuis l’origine. que se soit par le spectre des réincarnations possibles d’ancêtres au sein de certaines civilisations209 ou par leur qualité d’objet éveillant le désir210.Demolombe. spéc. spéc. anthropologie juridique de la modernité. p.57 210 J. Paris.Jacquin. 1991. L’animal entre science et droit. p.Desmoulin. Auguste Durand. également pour cette distinction entre les modes originaires et dérivés d’acquisition de la propriété : C.Chamoulaud-Trapiers. 1996. 2006.124 211 S. conduisent les juristes de l’époque antique à les 209 P.Rouland. « les animaux ressortissent des entités que l’homme souhaite pouvoir utiliser pour améliorer son sort »211. Flammarion. in B.11 .48 - . Or. N.Cyrulnik.Pont-Humbert. p. p. J-C.Carbonnier. en définitive de préhension de l’animal. éd.

Auguste Durand. Droit des biens. SECTION I LES MODES « ORIGINAIRES » D’APPROPRIATION DES ANIMAUX 60. Traité des successions.11 220 S.52 . L’animal entre science et droit. spéc. 1862.Demolombe. Tome I. la préhension du cheval sauvage par des actes de chasse induit une « conversion juridique de chose en bien qui s’opère originairement. Traité des successsions. spéc. éd. p. Tome I. 59. Communs aux animaux. Paris. 1862. p. p.considérer comme naturelles214. 2ème édition. 2ème édition. Lexifac. qui indique que les modes dérivés d’acquisition de la propriété « sont ceux qui permettent l’acquisition d’un bien par un nouveau propriétaire » . par occupation »220. Paris. ces modes « originaires » -Section I.63 216 C.11 219 C. Auguste Durand. lesquels sont définis comme étant des modes « dérivés »217 d’appropriation. Ces modes « originaires » sont à distinguer des modes d’appropriation opérant un transfert de propriété. L’animal. 2ème édition. 214 C-V. 2ème édition. Traité des successsions. Paris. 215 F.Demolombe.99.Saglio. Tome I. p. éd. Puis le passage progressif « d’une économie fondée sur la chasse et la cueillette à une économie reposant sur la culture et l’élevage »215 induit un traitement juridique distinct même si ce comportement demeure constitutif d’une forme primitive d’acquisition de la propriété. Auguste Durand.11 218 C. 2ème édition. éd. éd.141 et s. spéc. Les modes originaires « attribuent la propriété des biens qui n’appartiennent à personne »218 et « ne produisent qu’une acquisition sans aliénation »219. Paris. Paris. Tome I.49 - . p. pour l’animal. également pour cette distinction entre les modes originaires et dérivés d’acquisition de la propriété : C.Demolombe.Daremberg et E. 2007. Auguste Durand. p. p. Janvier 2006.Demolombe. 1877-1919. Traité des successsions. p. Thèse Aix-Marseille. Cf.d’appropriation concernent donc le cheval. un être juridiquement en devenir.11 217 A. Revue Lamy Droit civil. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines.et « dérivés » -Section 2. 1862. PUAM. Hachette. spéc. c'est-à-dire qui « produisent tout à la fois l’acquisition par l’un et l’aliénation par l’autre »216.Dumont.Chamoulaud-Trapiers. éd. 2006. spéc. 1862. Tome 4.Desmoulin. Or.

et les res nec mancipii. 2èmeédition. 1980. L’occupation « est le meilleur exemple de mode originaire d’acquisition de la propriété »223 qui se réalise « en prenant volontairement possession de la chose avec l’intention d’en devenir effectivement le propriétaire »224 et s’applique exclusivement aux choses non appropriées. pour l’animal. F. le droit de propriété est alors intégralement subordonné à l’acte d’occupation . la notion d’occupation est fondatrice puisqu’il s’agit de « la clef des formules et de tout le système de la législation romaine. l’occupation -§I. « la conversion juridique de chose en bien s’opère originairement.Roret. Les biens.Marty et P.Raynaud. p. n°398 225 S. une distinction s’impose entre les res mancipii. dans la mesure où « la propriété s'acquiert aussi par accession… »222.et l’accession -§II. L’animal entre science et droit. civ. sur la mancipation. Dans cette optique. Les biens.Merlin.En outre. 5ème édition.L’APPROPRIATION DES ANIMAUX PAR OCCUPATION 61.Terre et P. PUAM.52 226 M. 712 C. éd. D. choses possédées en pleine propriété auxquelles appartenaient les animaux domestiques. n°415 224 A. civ. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence. Thèse Aix-Marseille.. et donc du cheval. Art.permettent d’acquérir originellement la propriété d’un cheval. Ainsi. Ainsi. spéc. J-P. Droit civil. « point de propriété parfaite sur les choses qui ne sont Art. Avant Justinien.Weill. l’usucapion et la prescription »226. 62. le droit complète les modes « originaires » d’appropriation des animaux.Desmoulin. 2006. Droit civil. §I. spéc. choses sur lesquelles s’exerçait une propriété imparfaite comprenant les animaux sauvages capturés ou apprivoisés. la tradition. 547 C.50 - .684 222 221 . p. 3èmeédition. par occupation »225. en disposant que « le croît des animaux appartient au propriétaire par droit d’accession »221. Sirey. 1826. 1985. Tome 11. En droit romain.Simler. 223 G.

Il n’existerait donc « par la loi de la nature. étant entendu qu’il évoque le gibier ou le poisson situés dans des lieux n’appartenant point à des particuliers puisque l’occupation est un moyen légal d’acquisition uniquement à l’égard des choses sans propriétaire. dès lors. par opposition aux modes « dérivés ».685 228 M. spéc.Saglio. 1826. Paul. « il y avait toujours des res nullius. J. l’occupation revêt le même caractère qu’en droit grec et s’applique aux animaux sauvages pris à la chasse comme 227 M.pas susceptibles d’une occupation parfaite : point de transport de propriété si l’ancien propriétaire ne cesse pas d’occuper. p. Chez les grecs. Tome 4. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. toutes les fois que spontanément et sans le fait ni la volonté d’autrui. « à mesure que les populations sont devenues plus denses et plus fixes. éd.Roret. 5ème édition. 5ème édition.686 229 C-V.Roret. spéc. si l’acquéreur n’occupe pas »227. qu’un seul moyen de conserver la propriété.Daremberg et E. J-P. le nombre des choses non appropriés a diminué et.51 - .Saglio. la continuation d’occupation… »228. l’occupation a perdu beaucoup de son importance originaire »230. spéc. Paris. Hachette. p. Tome 4. 1960-1989 231 C-V. « on peut dire qu’il y a occupation. une personne appréhende animo domini un objet susceptible de propriété privée. mais non approprié actuellement »229.Merlin. et. D’après les jurisconsultes romains232. spéc. ne fût-ce que le gibier et le poisson.Aubonnet.141 230 Aristote. 63. CUF. éd. J-P. Gaius… 1826. p. Tome 11. 1877-1919. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. .Daremberg et E. Paris. l’occupation restait le mode normal d’acquérir cette espèce de choses »231. qu’un seul moyen d’acquérir la propriété. dans le sens large du mot.Merlin. C’est la raison pour laquelle Aristote a très bien saisi le caractère de ce mode d’acquisition lorsqu’il le qualifie de naturel. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence. l’occupation . Politique. 1877-1919. Mais. 64. Aristote énumère en premier lieu la chasse et la pêche. trad. Hachette.142 232 Parmi eux : Ulpien. Paris. p. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence. Tome 11. Parmi les moyens naturels d’acquérir la propriété. par suite. Toutefois.

Desmoulin. conçue à une époque où la nature semblait inépuisable. à connaître nombre de restrictions »236.. p. 16 juillet 2002 . spéc. de l’utiliser. spéc. le fondement de la saisine. opération consistant dans un acte de chasse ou de pêche.Bart. Origins of domestic horse revealed. Droit civil. n°45. p. étymologiquement. Montchrestien. D. PUF. Les biens. Note sous Cass. puisqu’en quelque endroit qu’ils se trouvent ils continuent de demeurer la propriété de leur maître. ils sont à sa disposition d’une manière certaine. 1981. En effet. L’animal entre science et droit. p. qui désigne « le fait de détenir un bien. voire autrement. vivants ou morts. 2006.. Ces limites conduisent aujourd’hui « cette voie classique d’appropriation. Ces animaux appartiennent à l’occupant dès que. 1èreciv.Simler. D.52 . la saisine. « lorsque l’animal est sauvage et donc res nullius. De nos jours. soit par fuite. 66.Patault. p. Introduction historique au droit des biens. ils ne s’acquièrent point par occupation. contiennent tous. Avant leur domestication237 cependant..26 235 A. est identique à celui de l’occupation. 65. Quant aux animaux domestiques. 8 octobre 1980. dans le respect des règles limitant la capture pour certaines espèces »235. 1998.362 236 S. 6ème édition. l’appropriation se réalise au travers de l’occupation. A l’époque franque. 1989. BBC News. spéc. PUAM. une idée de mise en possession solennelle »234 et l’animal demeure appropriable par occupation. 2002.Couret. d’en percevoir les fruits. « les termes médiévaux qui désignent l’appropriation du sol. les chevaux étaient sauvages. Thèse Aix-Marseille. Histoire du droit privé.52 - . 233 234 J.48 237 H. mais aussi sur le renouvellement du droit des biens sous l’influence de l’écologie : F.Terré et P.46 A-M. c’est dire l’importance de l’occupation lors de l’appropriation primitive du cheval. comme de ceux de la communauté du village »233. des membres de la communauté de la famille. soit par le fait d’un tiers. l’animal sauvage cesse d’appartenir à l’occupant dès qu’il recouvre sa liberté naturelle d’une manière définitive.à la pêche. au vu et au su de tous. p. En revanche.Briggs.

Thèse Limoges. le droit d’accession légitime la maîtrise humaine de l’activité de reproduction du cheval -B-. 712 C. un animal peut se fixer librement sur un fonds -II-. à tout ce qu'elle produit et tout ce qui s'incorpore à elle. Compte tenu de sa faculté de déplacement239. Appliqué au cheval. Les biens. PUF. 241 Art. A.L’appropriation du croît des animaux normalisée 69. le Code civil disposant que « le croît des animaux appartient au propriétaire par droit d’accession »240. Le droit d'accession est une extension légale du droit de propriété sur une chose mobilière. « la propriété s'acquiert aussi par accession… »241. Ainsi. civ. p. spéc. PUF. spéc. L'accession est traditionnellement présentée comme un mode non conventionnel d'acquisition de la propriété. La question de l’appropriation du croît des animaux est normalisée -A-. Histoire du droit privé. p. un animal est susceptible de produire -I-.§II.11 240 Art. I- Le droit d’accession et la faculté de reproduction des animaux 68. L’animal en droit privé. ou immobilière. 1971.Marguénaud. 1992.Ourliac et J.L’APPROPRIATION DES ANIMAUX PAR ACCESSION 67. civ.53 - . Définie à l'article 546 du code civil. 547 C.Malafosse.44 où les auteurs signalent la distinction en droit berbère entre les biens vivants capables de procréer et les biens non vivants dont l’utilité s’épuise par l’usage 239 J-P. 238 . elle apparaît comme un attribut de la propriété donnant droit sur tout ce que la chose produit et sur tout ce qui s'y P. Compte tenu de sa faculté de reproduction238.

ce n’est pas seulement que le plus souvent on ne connaît pas le père. L’animal entre science et droit. G. en effet. La règle de l'accessoire en droit privé.unit. 7ème édition. no18 et. L'accessoire se voit communiquer la condition juridique du principal et permet ainsi au propriétaire du principal d'acquérir la propriété de l'accessoire. 70. D.457. mais encore que le fruit a pendant quelque temps fait partie du père… Le maître du taureau ne saurait prétendre légitimement entrer en portion égale avec le maître de la 242 243 L’accessoire suit le principal Cf. elle n'est que le prolongement de la règle du droit romain « accessio cedit principale » qui désigne l'extension du droit de propriété d'une chose dite principale à une autre chose dite accessoire244. p. LGDJ. o n 333 .Goubeaux. no 111 . En définitive. 2006. le propriétaire acquiert les accessoires que produit sa chose ou qui s'unissent ou s'incorporent à elle. p. J. « pourquoi alors le veau appartient-il au maître de la vache et non à celui du taureau ? Pourquoi cette maxime selon laquelle le fruit suit le ventre ? »247. civ. P. G. PUF. La maxime « accessorium sequitur principale » est. Paris. 247 F. PUF. Vocabulaire juridique : Association Henri Capitant. avec les autres entités vivantes. 1998. p. l’animal approprié est capable de donner naissance à de nouveaux animaux. p. 180. Les biens. en conséquence de son droit de propriété. 547 C. 18e édition.59 246 Art. une condition indispensable au jeu de l'accession243. Et Pufendorf de préciser « la raison de cela..Desmoulin. 2005. Quadrige. coll. PUF.265. Accession 245 S.Dagognet. p.Carbonnier. Cf. Thèse Aix-Marseille. Droit civil. 1995.. Philosophie de la propriété : L’avoir. p. Au demeurant. Comme « les animaux possèdent.Cornu. 492. toute la difficulté réside dans le fait de déterminer le propriétaire du nouveau né. la faculté de se reproduire »245. spéc. 1992. indépendamment de toute manifestation de volonté.54 - . Elle est une application de la maxime « accessorium sequitur principale »242. spéc. spéc. Les biens.Jourdain. Cependant. L'acquisition par accession ne saurait intervenir que dans la mesure où il est possible de dégager un rapport d'accessoire à principal entre les choses réunies.34 . PUAM. A cet effet. 1969. p. Or. no 411 244 Cf. le législateur s’est positionné sans ambiguïté aucune en disposant que « le croît des animaux appartient au propriétaire par droit d’accession »246.452 et s.

éd. trad. B. spéc. publié le 11 août 2007 . Le droit de la nature et des gens. Henri Schelte.84 252 B.Pufendorf. La reproduction des équidés. L’animal. le cheval connaît une rationalisation de sa reproduction par des méthodes ultra modernes reléguant au rang d’antiquité les amourettes impromptues qui donnaient naissance aux « cocktails de pré à la génétique vague »253. on ne doive lui donner quelque chose en récompense du service qu’on en tire »248. La machinerie251 reproductive est au cœur de la production animale252.Kohler. cela n’empêchant pas que. « l’homme a rapidement voulu développer des techniques plus ou moins sophistiquées pour parvenir à la domestication de certaines espèces animales nécessaires à ses besoins » et « cette domestication révèle surtout un processus de transformation des ressources naturelles spontanées en ressources dont la production et la gestion seraient sous la maîtrise de l’homme »249. 2006. p. p. 248 S-V.vache.537 249 F. En effet. De l’acquisition. Revue Lamy Droit civil. L’amélioration rationnelle du bétail par les syndicats d’élevage. Paris. 1712. Et « les tentatives de contrôle de la reproduction des animaux sont aussi anciennes que la volonté de sélectionner les meilleures bêtes afin qu’elles se reproduisent et fournissent une progéniture de qualité »250.La maîtrise humaine de l’activité de reproduction du cheval légitimée 72. La maîtrise du vivant. PUAM. un marché porteur. L’animal entre science et droit.Dumont.161 251 F.55 - . Collection Histoire et philosophie des sciences. tome I. Pufendorf indique en définitive que c’est de cette notion juridique que la maîtrise et la commercialisation par l’homme de l’activité de reproduction des animaux puisent sa légitimité. 71. Thèse Aix-Marseille. d’autant plus qu’un seul mâle suffit pour couvrir plusieurs femelles. 1988. Amsterdam.Desmoulin. si quelqu’un entretient tout exprès des étalons. spéc. Barbeyrac. Librairie agricole de la maison rustique. Animal pour lequel la passion du public est croissante. p. spéc. Janvier 2006.Dagognet.63 250 S. un être juridiquement en devenir. p. 1906 253 AFP. Hachette Littérature.

56 - . « le service des Haras et de l’Equitation est chargé de l’ensemble des questions hippiques de nature technique. par décret. Intéressons-nous au fondement de la maîtrise d’une telle activité et constatons à ce titre que le droit de propriété détenu par le maître de l’animal sur le reproducteur induit la propriété de ses semences en vertu du droit d’accession. notamment eu égard la multiplication des courants d’affaires internationaux. Selon les Haras nationaux. la reproduction équine intéresse l’homme. économique et scientifique . Dès 1665. sa compétence s’étend à la production. les aidant par l’attribution de secours en argent ». à la commercialisation et à l’utilisation des équidés ». Les Haras nationaux ont fusionné en 2010 avec l’Ecole Nationale d’Equitation256 pour former l’institut français du cheval et de l’équitation. 73. ne crée trente dépôts d’étalons. prés de huit mille étalons étaient en activité en 2010 et plus de quatre vingt quatorze mille juments ont été saillies. Désormais. 255 254 . Loi du 24 mai 1874 publiée au JORF du 30 mai 1874 Décret n°76-487 du 2 juin 1976 256 Connu du grand public sous le nom de « Cadre Noir » 257 Etalon susceptible d’améliorer la race 258 Etalon susceptible tout au moins de maintenir les qualités de la race 259 Art. « les fruits naturels… appartiennent au propriétaire par droit d’accession »259. depuis le décret du 2 juin 1976255. civ. Tout praticien du droit équin ne peut que constater l’émergence d’une activité aux enjeux économiques d’importance. En effet. Aux côtés des Haras Nationaux existent de nombreux Haras privés titulaires d’étalons classés par l’Administration en étalons « approuvés »257 ou « autorisés »258.Depuis des siècles. témoignant d’un marché florissant. Cette institution est supprimée en 1790 par la Constituante puis rétablie par la Convention avant que Napoléon 1er. 547 C. les Haras nationaux sont d’ailleurs créés afin que les sujets du Roi ne soient plus obligés d’acheter des chevaux à l’étranger. la loi Bocher254 propose de « faciliter la production du cheval en coordonnant les efforts des éleveurs. permettant les saillies de leur jument. En 1874.

Cette règlementation justifie que l’activité de reproduction appartienne à une personne habilitée.57 - .. Ce constat est corroboré par le fait qu’il existe une réglementation stricte fixée notamment par les associations de race263 quant aux modes et modalités de reproduction des équidés et leur inscription au sein d’une race officielle. 2010 F. 20 septembre 1990. que le propriétaire de l’animal. 2010 262 C-V. D. Hachette. Ministère délégué au budget et à la réforme budgétaire.Cohet-Cordey. F. Répertoire de droit civil. Une nouvelle politique pour le cheval. 1877-1919. Dossier de presse.. Les fruits naturels diffèrent des produits « en ce que leur production est régulière et que leur perception n’altère pas la substance de la chose qui les produit »261. à l’origine. rien n’interdit de détacher les accessoires de la chose et d’en disposer séparément264. A cet effet. Accession. 29 juillet 2003 : voir Fiche 4 sur les associations de race et les 44 races d’équidés reconnues en France 264 CA Versailles. Cette situation. Néanmoins. le principe de l’acquisition « des fruits naturels par la perception »262 justifie l’appropriation des semences de l’étalon par son propriétaire.Saglio. le droit de saillie peut se définir comme le droit offrant à son titulaire la maîtrise de l’activité de reproduction de l’animal en lui permettant d’assurer le commerce de ses semences. le propriétaire du cheval. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. les fruits naturels désignent la partie d'un animal engendrée naturellement et périodiquement au cours du cycle de leur croissance. en l’occurrence le titulaire du droit de saillie qui n’est autre. peut décider de concéder à un tiers la maîtrise de l’activité de reproduction de son animal en vertu de conventions portant sur le droit de saillie. ce qu’il convient de désigner par le terme de droit de saillie. titulaire originel du droit de saillie. 74. JurisData n°047547 261 260 . p. Ministère des sports. de la pêche et des affaires rurales. D. D’une manière générale.C’est ainsi que « la propriété s’étend en principe aux fruits naturels qu’une chose produit sans l’intervention de l’homme »260. de l’alimentation. Accession. confère de manière plus précise à son titulaire la maîtrise de l’activité de reproduction du cheval.612 263 Ministère de l’agriculture. dont on perçoit que les prémices datent de l’antiquité. spéc. En effet. Dès le droit romain. Répertoire de droit civil.Daremberg et E.Cohet-Cordey. Tome 5. Paris.

le point de départ… alors que à exprime un rapport de possession. Il est possible de déterminer un caractère annuel aux droits à saillie. voire de l’équidé lui-même 267 Selon le Larousse édition 2010. 76. En effet. la Cour d’appel de Paris considère que le nombre de semences stipulé au bénéfice du vendeur constitue un droit annuel et ne s’entend pas pour l’intégralité de la carrière de Pour s’en convaincre. L’Eperon. et assurer la compréhension de notre propos. des droits à saillie offrant à leur titulaire la disponibilité matérielle d’une saillie 268 La stipulation était rédigée en ces termes : « le vendeur conservera 25 droits de saillie à vie de l’étalon. Le droit de propriété de l’étalon est conservé par son propriétaire originel et l’activité de reproduction appartient alors au titulaire du droit de saillie. par l’interprétation d’une clause ambiguë268 prévue au sein d’un contrat de vente stipulant le maintien de vingt-cinq droits à saillie269.On assiste alors à un démembrement des activités de l’équidé par un transfert des droits y afférent. à l’origine de la commercialisation des saillies d’un étalon. qui à l’époque de la rédaction de la clause n’avait lieu d’être. 75. 2009 Autrement dit.58 - . met en exergue la conclusion d’autres contrats dont la finalité est la réalisation de l’acte matériel de reproduction. Une observation vigilante du commerce de l’activité de reproduction des équidés. Le droit à saillie est donc à distinguer du droit de saillie267 en ce qu’il a pour but la réalisation d’un acte matériel là où le droit de saillie conduit à l’accomplissement d’actes juridiques. de indique l’origine. nous avons modifié la mention « droits de saillie » par droits à saillie 266 265 .Libbrecht. la mise à disposition d’une dose de semence. Ces conventions concernent d’une part le prestataire de services en charge de la saillie et d’autre part le propriétaire de la jument qui souhaite obtenir une saillie de sa poulinière ou la mise à disposition des moyens266 permettant cette saillie. Hors série de l’élevage. X. très développée dans l’Ouest de la France265. D’une manière générale. le droit à saillie peut se définir comme étant le droit offrant à son titulaire la possibilité de faire saillir sa femelle. 18 ème édition. Cf. de prix… ce qui nous permet de distinguer les droits de saillie. Lorsque le titulaire du droit de saillie contracte à cette fin avec le propriétaire de la jument. ladite convention a pour objet la création d’un droit qui est un droit à saillie. sous condition que ceux-ci n’entravent pas la vente à d’autres éleveurs » et on ne s’offusquera point de voir mentionner droits de saillie et non droits à saillie dans la mesure où cette distinction ne demeure être qu’une proposition personnelle 269 Pour poursuivre le raisonnement.

c’est à dire que « la délivrance des cartes constitue une décision créatrice de droit pour l’étalonnier »271. toute la difficulté réside dans le fait de savoir ce qu’il advient de la propriété de cet animal lorsqu’il se fixe sur un fonds. p. 2005. En effet. éd. Cette affirmation ne nous apparaît pas tout à fait exacte dans la mesure où le droit de saillie existe préalablement à la délivrance des cartes puisqu’il concerne la maîtrise de l’activité de reproduction de l’étalon et appartient dès l’origine à son propriétaire en vertu du droit d’accession. éd. « Le droit du cheval et de l’équitation ». Gallimard Jeunesse. 2005. où l’auteur précise que 15589 espèces d’animaux et de plantes sont menacées aujourd’hui en raison de la dégradation de leur milieu.l’étalon270.104 272 A. 270 271 CA Paris. Si cette distinction apparaît théorique. l’interdépendance des espèces et de leur milieu étant brisée par l’activité humaine . l’animal jouit d’une autonomie de déplacement lui permettant de rejoindre librement divers fonds. elle n’en est pas moins utile dans l’optique d’optimiser la précision rédactionnelle des conventions en la matière mais aussi afin de lever l’ambiguïté qui règne autour de certaines pratiques.59 - . spéc.Carius. n°2002/22311 M. France Agricole. Manuel Carius considère enfin que les cartes de saillie seraient consubstantielles à l’agrément. Si cette faculté est toutefois relative en raison de l’activité humaine272. 77.Mills. En revanche. Compte tenu de sa motilité. Les animaux en danger. le caractère annuel des droits à saillie dépend des cartes de saillie. l’absence de cartes de saillie prive le propriétaire de la jument de la possibilité d’inscrire le produit à naître dans un livre de race et l’empêche par conséquent d’obtenir un poulain d’une valeur marchande autrement plus importante. la non délivrance des cartes de saillie n’exclue pas l’éventuelle saillie d’une jument par l’étalon concerné. II- Le droit d’accession et la faculté de déplacement des animaux 78. Autrement dit. 4 juin 2003.

les abeilles des ruches à miel… 276 Art. A ce titre. civ. les pigeons des colombiers. les poissons des eaux non visées à l’article L.431-7 du Code de l’environnement. 80. Thèse Limoges. appartiennent au propriétaire de ces objets. poissons.211-4 C. pourvu qu’ils n’y aient point été attirés par fraude et artifice »273. et des plans d’eau visés aux articles L. cette disposition est une application du droit d’accession relatif aux choses immobilières275.211-4 et L. 274 273 . A propos des lapins.211-9 C.231-3 du C.211-9 C. poissons et pigeons. les lapins de garenne. lequel cite notamment les animaux attachés à la culture. Ces dispositions ne concernent pas le cheval mais seulement quelques animaux limitativement énumérés par le Code civil. Ces animaux « qui vivent à l’état de liberté naturelle au contact de l’homme changent donc de propriétaire en vertu du mécanisme de l’accession fondé sur leur libre déplacement vers des endroits le plus souvent spécialement aménagés à leur intention »274.266 275 Art. Toutefois.60 - .231-6 et L. rur. le droit a adopté une position précise avec un régime particulier. L. qui passent dans un autre colombier. L’animal en droit privé. civ. En effet. rur. 278 Art. p. Art. J-P. PUF. lapins.431-6 et L. 277 Art. civ. 564 C. Ainsi. ainsi que pour les essaims d’abeille276. 1992. « les volailles et autres animaux de basse-cour qui s’enfuient dans les propriétés voisines ne cessent pas d’appartenir à leur maître quoi qu’il les ait perdus de vue »277 et « le propriétaire d’un essaim a le droit de le réclamer et de s’en ressaisir.231-7 du C. le législateur a adopté une solution contraire à propos des volailles et animaux de basse-cour... rur. tant qu’il n’a pas cessé de le suivre »278. garenne ou plan d’eau visé aux articles L. 552 et s. du C. : ces animaux étant réputés immeubles par destination du fait de leur attachement à un fonds immobilier quand ils en constituent les accessoires conformément à l’article 524 du C. rur. « les pigeons.Marguénaud. spéc.79. L. rur. L.

Quadrige. A propos de ce contrat : A. 2006. L’animal entre science et droit. Les biens. d’inexistence de vices et de caractères paisible. échange… L’échange serait davantage pratiqué dans les milieux de la recherche scientifique284.Cornu. 12ème édition.61 - . Or. p. 2007. n°915.Desmoulin. ces modes « dérivés » d’acquisition de la propriété demeurent de nos jours le principe lorsque les modes originaires en constituent l’exception. Introduction. vente. Montchrestien. 2004. PUAM. éd. PUF. que se soit « par succession.99 S. p.Carbonnier.60 .2. spéc. Les contrats spéciaux civils et commerciaux.qui présume le droit de propriété du possesseur à partir de la maîtrise corporelle du bien. la transmettre à un nouveau titulaire »279. Droit des biens. spéc. vol. En effet. Droit civil.52 281 J-D. Partant de l’idée originelle que l’animal a « de tout temps éveillé un désir d’appropriation »281. mais transmettent la propriété sur un bien »280. p. Les modes « dérivés » d’acquisition de la propriété « ne font que déplacer la propriété. donation entre vifs ou testamentaires.Desmoulin. Droit civil. « ces manières dont on acquiert la propriété ne transforment pas une chose en bien. spéc.Chamoulaud-Trapiers. p. 2006. p. Les personnes. Ainsi. n°348. Droit civil. 279 280 A. décembre 2001. l’acquisition de la propriété d’un animal peut également s’opérer par un transfert volontaire de propriété entre parties consentantes.Vigne. Lexifac. n°271 et s.1704 284 Certains auteurs indiquent en effet que l’échange est davantage pratiqué dans les milieux de la recherche scientifique qu’ailleurs : S. L’animal entre science et droit. Thèse Aix-Marseille. n°774.Benabent. La Recherche. Thèse Aix-Marseille.408 . C’est le cas de la possession -§I. PUAM. . p. publique et non équivoque.SECTION II LES MODES « DERIVES » D’APPROPRIATION DES ANIMAUX 81.409 . et par l’effet des obligations »282. Montchrestien. 2005. Chypre et les débuts de l’élevage. coll. p. indépendamment de l’existence du propriétaire sous réserve des conditions de bonne foi. l’animal est une chose dans le commerce283 et il demeure acquis que son appropriation s’effectue essentiellement par achat. 6ème édition.29 282 Article 711 du Code civil 283 G. J. 2ème édition.400 et n°939. 2004.

Houël. §I. et plus récemment : Institut du Droit Equin. Paris. 1826. 286 E. Diffusion Agence Cheval de France. spéc.En revanche. voir les développements accordés aux ventes équines : G. l’Egypte possédait un si grand nombre de chevaux. L’agence Française. 83. En effet. Tome 4. par suite. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.Saglio. res derelictae. et ce depuis l’Egypte ancienne286. p.spéc. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. La possession s’apparente à l’occupation dans la mesure où ces deux notions impliquent une préhension matérielle de l’animal par le possesseur. Paris.62 - . Les ventes de Deauville de 1887 à nos jours.Thibault. Pour s’en convaincre. qu’elle en fit l’objet d’un commerce considérable avec les nations voisines » 287 Res communes. éd. C’est alors en déterminant la durée et les caractères que doit avoir l’occupation du nouveau possesseur qu’un nouveau mode d’acquisition de la propriété. Deauville. 1994 . « à mesure que les populations sont devenues plus denses et plus fixes.Roret. Le cheval et la vente. 2008 . l’adage « possession vaut titre » trouve donc matière à s’appliquer et les faits de possession sont susceptibles d’engendrer l’appropriation de l’animal. J-P. p. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence.686 285 . 289 M. à propos du cheval. l’occupation a perdu beaucoup de son importance originaire »288. p.141 et s. distinct de l’occupation. le nombre des choses non appropriées a diminué et.LA PROPRIETE DE L’ANIMAL TRANSMISE PAR POSSESSION 82. éd.Daremberg et E. 1848. nous pouvons affirmer sans craindre la contradiction que la vente est devenue l’instrument privilégié d’acquisition d’un cheval285 -§II-. res nullius 288 C-V. 1877-1919. Dès que l’animal est approprié. Cet état de fait a eu pour conséquence de conduire « le droit des gens a modifié ce principe de la loi naturelle en admettant l’occupation habituelle comme moyen de conserver la propriété »289. L’émergence de la notion juridique de possession est évidente.27 et l’auteur évoque le passage de la mer rouge en 2515 avant Jésus-Christ et précise que « dans les temps postérieurs. Bureau du Journal des Haras. 5ème édition. Hachette. Tome 11. Mais l’occupation s’applique exclusivement aux choses non appropriées 287 tandis que la possession présuppose l’existence d’un propriétaire de l’animal. est né.Merlin.

Art. civ. 291 290 . Afin d’éluder les discussions relatives à la propriété du cheval par le seul fait de possession. 1èreciv. 1èreciv. 2279 C. le législateur s’est chargé de préciser que « en fait de meubles.La possession présume le droit de propriété du possesseur à partir de la maîtrise corporelle du bien. Bull. 1èreciv. 2279 C. IR. 5 décembre 2003.. civ. n°93-14. A cet effet. comme le propriétaire de l’animal292. 2004. Or. la revendication de l’animal par son propriétaire originaire est possible puisque « celui qui a perdu ou auquel il a été volé une chose peut la revendiquer pendant trois ans. la jurisprudence refuse de considérer ce document comme valant titre de propriété294. 21 mars 2000. En revanche. p. 11 avril 1995. à compter du jour de la perte ou du vol. En qualité de « meubles par leur nature »291. Au demeurant. Cette décision est corroborée par le fait que le défaut de carte d’immatriculation n’empêche pas la participation de l’animal à des compétitions ou au transport295. Malgré l’existence en matière équine d’une carte d’immatriculation permettant l’identification du propriétaire de l’animal. il parait pourtant opportun de s’inspirer du régime des cartes grises à propos des véhicules terrestres à moteur pour reconnaître à la carte d’immatriculation des équidés la valeur d’un titre de propriété.223 293 Cass. la possession suffit pour garantir le respect du droit de propriété lorsque le possesseur se comporte. 1978. n°98-13.. civ. les animaux demeurent donc soumis à ce principe. 86. 25 octobre 1978. Art.63 - . sauf celui-ci son recours contre celui duquel il la tient »296. IDE. de bonne foi. 84.69 296 Art. contre celui dans les mains duquel il la trouve . par exemple en présence de ventes fictives293. 85.. la possession vaut titre »290. la possession de mauvaise foi est rédhibitoire. 528 C.. D. 292 Cass. toute la difficulté réside dans le fait de déterminer le propriétaire d’un animal lorsque celui qui le possède ne peut présenter aucun titre de propriété.514 294 Pour une application où une société a été qualifiée de propriétaire initial du cheval parce qu’elle avait établi la facture de vente et en avait reçu le prix alors même que son nom n’apparaissait pas sur la carte d’immatriculation : CA Paris. n°36 295 Cass. Ainsi.

civ. Le droit commun de la vente a été établi par référence à la vente d’une chose inanimée.19 . ou d’un marchand. « ce qui singularise l’animal par rapport à nombre de choses inanimées. Thèse Limoges. 1992. même à un acheteur professionnel.Cette disposition est toutefois à nuancer dans la mesure où « si le possesseur actuel de la chose volée ou perdue l’a achetée dans une foire ou dans un marché ou dans une vente publique. PUF.Piatti. des investigations suffisamment précises pour pouvoir les découvrir »300. vendant des choses pareilles.d’une vente. 19 mai 1995. 297 298 Art. §II. L’animal en droit privé.et d’exécution -II. n°60. 299 M-C. la vente d’un animal est soumise aux règles ordinaires de formation -I. L’animal est donc sujet à des changements de tempérament. LPA. le propriétaire originaire ne peut se la faire rendre qu’en remboursant au possesseur le prix qu’elle lui a coûté »297. 2280 C. La vente d’un animal obéit au droit commun de la vente. Thèse Limoges. civ. PUF. L’animal en droit privé. au moment de la vente.5 300 J-P.251 301 J-P. 1992. Par renvoi de l’art. des évolutions biologiques .Marguénaud. p. spéc. éthique et condition animale. spéc. aux règles générales du droit des obligations et aux dispositions du Code rural298 propres aux animaux domestiques. « l’animal est une chose animée. de mener. p. c’est le fait de pouvoir être fréquemment atteint de vices dus à des agents si minuscules et si profondément enfouis dans son corps vivant qu’il est impossible. p. fécondité et mortalité »299. On peut donc s’interroger sur la pertinence d’une application à l’animal d’un régime juridique taillé « à la mesure des choses inanimées »301. Exception faites des dispositions du Code rural. Or.64 - .LA PROPRIETE DE L’ANIMAL TRANSMISE PAR VENTE 87.Marguénaud. c'est-à-dire douée de psychomotricité. Réflexions sur la nature des choses. 1598 C. Droit.

65 - . quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le prix payé »302. spéc. Thèse Limoges. Le principe du consensualisme est donc confronté à l’usage de la paumée -A-. Mais « un animal au lieu d’être figé. Art. civ. 89. L’animal en droit privé. PUF. p. il est constant que « il n’y a point de consentement valable. Mais « la paumée est encore. 1992. le moyen le plus usité par lequel se manifeste l’accord des volontés en fait de ventes animalières »303. 1583 C. Or. une fois pour toutes par la volonté de l’homme avec des caractères donnés. p. 1109 du C. Thèse Limoges. et la propriété est acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur.Marguénaud. Comme toute convention. spéc. dès qu’on est convenu de la chose et du prix. D’où une difficulté tenant la distinction à effectuer entre ce qui relève du vice du consentement et ce qui dépend de l’évolution imprévisible de l’animal -B-.229 303 302 .I- La formation de la vente animalière 88. la vente doit nécessairement satisfaire à l’article 1108 du Code civil qui énumère quatre conditions essentielles à la validité d’une convention : « le consentement de la partie qui s’oblige . évolue et se modifie au gré de la vie qui l’anime »305. « la vente est une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose et l’autre à la payer » et « elle est parfaite entre les parties. civ.Marguénaud. un objet certain qui forme la matière de l’engagement . ou s’il a été extorqué par violence ou surpris par dol »304. PUF. J-P. 305 J-P. sur quelques foires et marchés. une cause licite dans l’obligation ». sa capacité de contracter . Au terme de l’article 1582 du Code civil.198 304 Art. si le consentement n’a été donné que par erreur. 1992. L’animal en droit privé.

A- Le principe du consensualisme et l’usage de la paumée

90. La vente est un contrat consensuel306 qui se forme dès l’accord des parties sur la chose et sur le prix307, le transfert de propriété étant instantané308. Mais la constatation de l’accord des parties est rendue difficile par le maintien d’un usage consistant à proscrire l’écrit. D’ailleurs, malgré l’exigence d’une preuve littérale pour toute vente excédant une somme fixée par décret 309, la paumée est toujours d’usage. Or, la jurisprudence a pris acte de cet usage et déroge au formalisme de l’article 1341 du Code civil sur le fondement de l’article 1348 du Code civil. C’est ainsi qu’est reconnue l’existence d’usages créant une impossibilité morale de se constituer la preuve écrite de contrats conclus sur les foires et marchés310 ou de vente de chevaux en quelque lieu qu’elles aient été conclues311. Cette construction d’origine prétorienne favorise l’application du principe du consensualisme. Ainsi, dès l’accord des parties sur un animal, en l’occurrence un cheval, et un prix prouvé -1-, la vente est formée et entraîne ipso facto le transfert de propriété de l’animal -2-.

1- L’accord des parties sur un animal et un prix prouvé

91. En vertu de l’article 1583 du Code civil, l’accord des parties doit porter sur une chose, en l’espèce un animal, et un prix. L’animal objet de la vente doit être déterminé, sinon déterminable, qu’il soit existant ou futur. Désormais, l’obligation d’identifier certains animaux, tels les

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CA Toulouse, 15 novembre 2004, JurisData n°257462 ; CA Lyon, 11 décembre 2003, JurisData n°232820 Cass. 3èmeciv., 20 février 1996, n°94-13.250 ; Cass. 3èmeciv., 19 mai 1993, n°91-14.853 308 Cass. 3èmeciv., 6 mars 1996, Bull. civ. III, n°66 309 La somme est fixée à mille cinq cent euros par le décret n°80-533 du 15 juillet 1980 modifié par le décret n°2001-476 du 30 mai 2001 et le décret n°2004-836 du 20 août 2004 en ses articles 56 et 59 310 T. civ. Lorient, 5 juin 1985, DP, 1987, 2, p.52 311 Cass. 1èreciv., 15 avril 1980 Gaz. Pal. 1980, II, pan p.452 ; Cass. 1èreciv., 28 novembre 1984, Gaz. Pal., 1985, I, pan., p.88

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équidés sevrés avec l’affectation d’un numéro matricule312, évite les difficultés d’identification. L’animal à naître peut faire l’objet d’un transfert de propriété puisque « les choses futures peuvent faire l’objet d’une obligation »313. Ainsi, l’article 1130 du Code civil, en son alinéa 1er, légitime la vente du poulain à naître. Cependant, la perfection de la vente est subordonnée à l’effectivité de la livraison314 bien que la charge des risques de la gestation soit parfois supportée par l’acquéreur. Plus fréquemment, la vente est assortie d’une garantie poulain viable à quarante huit heures. 92. Spécialement prévue par l’article 1599 du Code civil, l’interdiction de vendre la chose d’autrui, et donc l’animal d’autrui, parait une évidence. En pratique, les difficultés apparaissent lorsque l’animal constitue un bien propre de l’un des époux ou appartient indivisément à plusieurs personnes. 93. Diverses dispositions du Code rural font interdiction de vendre les animaux atteints, ou soupçonnés d’être atteints, de maladies contagieuses. Si un équidé est atteint d’une maladie réputée contagieuse, dont la liste figure à l’article D.223-21 du Code rural, cela donne lieu à déclaration à un vétérinaire sanitaire ainsi qu’au maire de la commune où se trouve l’animal 315. Dès lors, la vente, la mise en vente ou l’exposition de l’animal est interdite316 et si, au cours de cette période, « la vente a eu lieu, elle est nulle de droit, que le vendeur ait connu ou ignoré l’existence de la maladie dont son animal était atteint ou suspect »317. Ces dispositions répondent à un impératif de police sanitaire et apparaissent légitimes au regard de l’objectif qu’elles poursuivent. 94. Par application de l’article 1591 du Code civil, « le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties ».
Décret n° 2001-913 du 6 octobre 2001 Art. 1130 al. 1er C. civ. 314 G.Cornu, Note sous CA Rennes, 25 juin 1969, RTD civ., 1969, p.801 : ce fut le cas d’un lot de poulettes, non encore aptes à la ponte, mais destinées à devenir pondeuses, et achetées à cette fin mais contaminées par une maladie avant d’avoir atteint cet état 315 Art. L.223-5 C. rur. 316 Art. L.223-7 C. rur. 317 Art. L.223-7 C. rur.
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Ainsi, la vente n’est pas parfaite au regard de l’article 1583 du Code civil si l’accord des parties porte sur la chose, une jument en l’espèce, mais non sur le prix qu’aucun élément ne permet de déterminer avec certitude, d’autant plus que nul écrit n’avait été rédigé318. C’est toute la difficulté d’application du principe du consensualisme à la vente animale, l’usage étant la paumée, non la rédaction d’un écrit aux fins de se ménager une preuve littérale. La jurisprudence a cependant admis que le prix soit uniquement déterminable319. C’est le cas des ventes de chevaux de course avec redevance, le prix est alors constitué d’une somme fixe et d’une somme variable due en cas de victoire ou de classement de l’équidé selon les courses. Les parties peuvent également convenir de laisser le prix à l’arbitrage d’un tiers par application de l’article 1592 du Code civil. Enfin, le prix doit être sérieux par opposition à un prix dérisoire qui conduit à l’absence de prix. Dans cette hypothèse, la vente est atteinte d’une nullité absolue320 à défaut de contrepartie au transfert du droit de propriété. 95. L’accord des parties peut entériner une vente « faite purement et simplement, ou sous une condition soit suspensive, soit résolutoire »321. Ainsi, la vente d’un cheval peut être soumise à une ou plusieurs conditions, la condition étant « un évènement futur et incertain ou un évènement actuellement arrivé mais encore inconnu des parties »322. En pratique, le recours à la condition est fréquent, que se soit pour subordonner la vente d’un cheval de sport à l’obtention d’un certain montant de gains en concours, à la naissance d’un poulain vivant et viable ou, plus classiquement, à l’obtention d’un prêt.

CA Grenoble, 26 septembre 1995, Juris Data n°044870 CA Nancy, 24 octobre 1994, JurisData n°047019 ; CA Paris, 15ème ch., Section A, 19 juin 1991, JurisData n°022771 ; CA Montpellier, 19 septembre 2000, JurisData n°128402 ; CA Lyon, 14 mars 2002, JurisData n°170999 320 Cass. 3èmeciv., 2 décembre 1992, JCP N, 1993, II, p.195 ; Cass. 3èmeciv., 18 juillet 2001, Bull. civ. III, n°101 321 Art. 1584 C. civ. 322 Art. 1181 C. civ.
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96. En présence de chevaux, la vente sera fréquemment conclue sous condition suspensive d’une visite vétérinaire d’achat satisfaisante. Définie comme « l’examen médical par lequel le vétérinaire mandaté par l’acheteur évalue l’état de santé de l’animal au jour de la visite et son aptitude à un usage déterminé »323, la visite d’achat constitue toujours une précaution utile. Il n’y a pas de texte qui l’impose et la visite d’achat n’est pas obligatoire pour l’acheteur occasionnel324. Pour l’acquéreur expérimenté, la visite d’achat est en revanche un usage qui s’impose. Aussi, un cavalier, déjà propriétaire de plusieurs chevaux et dont l’équidé qu’il venait d’acheter s’est révélé atteint d’une ostéochondrose du boulet a vu son action en résolution de la vente rejetée au motif qu’en ne soumettant pas l’animal à une visite vétérinaire, il avait commis une faute à l’origine de son propre préjudice325. En l’absence d‘écrit, les tribunaux ont admis que la vente était conclue sous condition suspensive d’une visite vétérinaire satisfaisante en l’absence de protestation du vendeur lors de la reprise de l’animal suite à une visite négative326. 97. Spécialement prévue par l’article 1588 du Code civil, la vente à l’essai permet à l’acheteur de s’assurer par l’usage que l’animal dont il envisage l’acquisition possède les qualités souhaitées. En matière équine, l’existence d’une vente à l’essai peut se présumer par l’absence de remise de la carte d’immatriculation au moment du retirement327, la livraison du cheval avec un certificat de vente vierge et la reprise sans discussion après un certain délai par le propriétaire nonobstant le paiement intégral du prix à la livraison328, ou par l’absence de protestation du vendeur à l’occasion de la restitution de l’animal329.

M.Foursin, Le cheval, contrats et responsabilités, Institut du Droit Equin, Diffusion Agence Cheval de France, 2006, p.80 324 Cass. 1èreciv., 27 octobre 1993, n°91-15.632 ; CA Caen, 7 mai 2002, Bull. IDE, n°26 ; CA Nancy, 10 octobre 2000, n°96/03385 ; CA Orléans, 13 septembre 1999, n°98/00198 325 CA Rouen, 1er décembre 2004, Bull. IDE, n°37 326 Cass 1èreciv., 19 juillet 1965, Bull. civ. I, n°490 327 CA Lyon, 19 novembre 1998, JurisData n°040341 328 CA Nancy, 27 mars 2000, JurisData n°121149 329 Cass 1èreciv., 19 juillet 1965, Bull. civ. I, n°490

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Le défaut de paiement comptant, de versement d’arrhes et l’absence de date pour le paiement définitif implique également, selon les usages, l’existence d’une vente à l’essai330. Ces façons de présumer l’existence d’une vente à l’essai sont destinées à pallier l’absence d’écrit et donc passer outre l’usage de la paumée. Pourtant, la vente à l’essai ne se présume pas331. On constate donc que l’usage de la paumée ne constitue pas un frein à l’application du droit commun. La vente sera définitive dès lors que l’acquéreur potentiel de l’animal le conserve à l’expiration de la période d’essai sans formuler d’observations sur son comportement ou ses aptitudes332. A l’inverse, une restitution intervenue au terme de quatre mois n’est pas tardive si, à la fin de l’essai, l’acheteur potentiel a émis des observations défavorables sur les qualités sportives du cheval333. Ainsi, le principe du consensualisme s’accommodant de l’usage de la paumée, une fois l’accord des parties prouvé, la vente est formée et le transfert de propriété du cheval à l’acquéreur immédiat.

2- L’immédiateté du transfert de propriété de l’animal

98. Dès que la vente est parfaite, vendeur et acheteur étant d’accord sur un animal et un prix, le contrat de vente produit ses effets334. Le transfert du droit de propriété sur l’animal vendu est le plus évident des effets du contrat de vente et intervient sans formalisme par la seule rencontre des consentements. Le principe du transfert automatique du droit de propriété n’est toutefois pas d’ordre public et rien interdit aux parties d’y déroger335. 99. Par une clause de réserve de propriété, il peut être convenu que le transfert de la propriété de l’animal ne se produira qu’au complet paiement du prix.
330 331

Cass. 1èreciv., 8 juin 1959, Bull. civ. I, n°285, p.237 Cass. Req., 25 mai 1905, DP, 1905, 1, p.426 ; Cass. 1èreciv., 24 mars 1998, Bull. civ. I, n°127 332 Cass. 1èreciv., 18 octobre 1998, Bull. civ. I, n°304 333 CA Nancy, 27 mars 2000, n°99/01640 334 Art. 1583 C. civ. 335 Cass. 1èreciv., 24 janvier 1984, Bull. civ. I, n°31

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Stricto sensu, la clause de réserve de propriété subordonne le transfert de droit réel à l’exécution de l’obligation de paiement336. La clause de réserve de propriété va permettre aux parties de différer le moment du transfert de propriété à la date de complet paiement du prix par l’acquéreur. Aussi longtemps que la totalité du prix n’est pas réglée, le cheval reste la propriété du vendeur, ce qui le garantit contre une éventuelle insolvabilité de l’acquéreur. En cas d’ouverture d’une procédure collective à l’égard de l’acquéreur, commerçants mais également agriculteur et, depuis la loi du 26 juillet 2006, professions libérales, cette clause permet au vendeur impayé de revendiquer l’équidé par application de l’article L.624-16 du Code de commerce. 100. Le transfert de propriété à l’acquéreur emporte transfert corrélatif des risques à l’acheteur dès la conclusion de la vente, même s’il ne dispose pas encore du bien vendu337. Le principe res perit domino demeure338 mais subit toutefois deux exceptions. En cas de non délivrance de l’animal ou de délivrance partielle, absence de remise des documents d’identification ou de la carte d’immatriculation, les risques sont transférés au vendeur après une mise en demeure restée infructueuse à titre de sanction du non respect de son obligation339. La deuxième exception est celle de la vente conclue sous condition suspensive, hypothèse dans laquelle les risques sont transférés uniquement au moment de l’avènement de la condition340. En conséquence, jusqu’à ce que la condition soit éventuellement remplie, les risques pèsent sur le vendeur si bien que c’est lui qui devra supporter les conséquences de la mort du cheval survenu pendant la période d’essai341.

336

P.Mousseron, J.Raynard et J-B.Seube, Technique contractuelle, 3ème édition, éd. Francis Lefebvre, 2005 Art. 1138 al. 2 C. civ. 338 Cass. 3èmeciv., 11 mars 1987, pourvoi n°85-17.189 339 Combinaison des articles 1138 alinéa 2 et 1302 alinéa 1 du Code civil 340 Art. 1182 C. civ. 341 CA Dijon, 10 avril 2003, JurisData n°208940
337

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B- Les vices du consentement et l’évolution imprévisible de l’animal

101. La formation de la vente d’un animal obéit à l’application des règles ordinaires des vices du consentement, lesquelles ont été établies par référence aux choses inanimées. Pourtant, « un animal au lieu d’être figé, une fois pour toutes par la volonté de l’homme avec des caractères donnés, évolue et se modifie au gré de la vie qui l’anime »342. S’il est certain que « il n’y a point de consentement valable, si le consentement n’a été donné que par erreur, ou s’il a été extorqué par violence ou surpris par dol »343, encore faut-il pouvoir distinguer ce qui relève de l’évolution imprévisible de l’animal de ce qui caractérise réellement un vice du consentement. En effet, l’animal peut évoluer par la vie qui l’anime comme par l’usage qui en est fait. Il ne devrait donc pas y avoir erreur à acquérir un cheval de course si ses mauvaises performances sont uniquement le fruit de l’incompétence de son nouveau propriétaire. En pratique, l’acquéreur qui recherche l’annulation de la vente invoque d’ailleurs fréquemment un vice du consentement : l’erreur -1- ou le dol -2-.

1- L’erreur et l’évolution imprévisible de l’animal

102. La formation de la vente requiert le consentement éclairé de la partie qui s’oblige car il faut assurer la protection de celui dont « la volonté interne est en discordance avec la volonté déclarée »344. A cet effet, « dans beaucoup d’affaires, la question s’arrête au stade de la preuve : le fait même de l’erreur, discordance entre la croyance du demandeur et la réalité, n’est pas prouvé ; de telles décisions n’éclairent pas sur

J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, spéc. p.229 Art. 1109 C. civ. 344 P.Malaurie et L.Aynès, Les contrats spéciaux, éd. Cujas, 1999
343

342

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. G. A cet effet. p. et plus généralement. A. D’autre part.Wiederkehr. de celle qui a trait aux qualités substantielles en considération desquelles les parties ont contracté. l’erreur peut porter sur l’identité du cheval acheté. Or. mais aussi. « il y a lieu d’annuler la vente d’un cheval de sang qui ne répond pas au signalement indiqué sur la carte d’origine »349. 103. A. 106. F.Jacob.Henry.. Novembre 1905. D.l’interprétation jurisprudentielle de l’article 1110 du Code civil »345. 105.Venandet. l’origine est considérée comme une qualité substantielle de l’animal.Wiederkehr.73 - .62 .Venandet. 2007. G. civ. l’erreur sur la substance s’entend non seulement de celle qui porte sur la matière même dont la chose est composée. Lois et Sports. Toutefois.1312 346 X. Dans un second temps. F.1312 347 Art. la jurisprudence est constante à cet égard.Tisserand-Martin. l’erreur prise en considération n’est pratiquement jamais spontanée : l’article 1110 du Code civil est souvent invoqué cumulativement avec l’article 1116.1 C. « lorsqu’elle est démontrée. Ainsi. D. Mais ces qualités substantielles sont susceptibles d’évoluer au gré de la vie de l’animal comme au gré de l’usage qui en est fait. 7ème édition.Jacob. Ainsi. 348 Décret n° 2001-913 du 6 octobre 2001 349 CA Caen. les circonstances révèlent presque toujours l’existence de manœuvres dolosives de la part de l’autre partie »346. p.Tisserand-Martin. 1110 al. mais. les acquéreurs d’une jument 345 X.Henry. 5 août 1905. G. G. p. « l’erreur n’est une cause de nullité de la convention que lorsqu’elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l’objet »347. L’erreur sur les qualités substantielles du cheval est également caractérisée au regard de la destination de l’animal. 7ème édition. Selon le Code civil. 2007. même quand l’erreur est seule en cause. Méga Code civil. le décret du 6 octobre 2001348 imposant l’identification de tous les équidés sevrés avec l’affectation d’un numéro matricule réduit fortement les risques d’erreur sur l’identité de l’animal acquis. Méga Code civil. Dans un premier temps. l’erreur peut affecter les qualités substantielles de l’animal. Qu’en est-il donc à l’égard du cheval ? 104.

1èreciv. Bull. Bull. n°31 . JCP 1999.2 355 CA Aix en Provence. 26 octobre 1983. comme une boiterie. Dans le droit fil de cette construction d’origine prétorienne.. rendant impossible sa participation à des randonnées360. n°38 Cass. 3 juillet 2003.632 353 Cass. 27 octobre 1993. les qualités substantielles sont définies en fonction de l’attente que l’acquéreur a placée dans le cheval et de l’usage qu’il aurait donc dû normalement en faire. de la gourme357 ou encore d’une leucémie358. n°249 352 Cass.. rendant toute utilisation impossible355. à la livraison.dans une course dite à réclamer peuvent se prévaloir de la constatation. civ. 28 mars 2001. est substantielle l’erreur relative à la valeur sportive intrinsèque d’une jument de course353. n°91-15.. 28 octobre 2004. En définitive. 1èreciv. Nous pouvons également citer le cas d’un animal présenté comme légèrement blessé alors qu’il a une fracture du bassin359 ou d’un hongre qui ne l’est pas. soit parce qu’il est atteint d’une affection.. 1èreciv. 1èreciv.. n°38 354 Cass. 107. l’erreur est constituée. 1èreciv. n°2182 359 CA Grenoble. soit parce qu’il est trop indocile. civ. 5 février 2002. Dans ce dernier cas. I. un animal atteint de la maladie naviculaire de manière irréversible356. Il y a aussi erreur à acheter. Bull. Bull. JurisData n°256259 356 CA Grenoble. l’acheteur qui acquiert un trotteur aux enchères atteint d’une ostéochondrite d’origine traumatique antérieure à la vente au point que la jument ne peut plus avoir qu’une carrière de poulinière peut se prévaloir de l’erreur sur une qualité substantielle de l’animal pour obtenir la nullité de la vente352. C’est le décalage entre la finalité de l’acquisition telle que voulue au moment de la formation du contrat par l’acquéreur et ce que 350 351 Cass. p. n°98/03231 357 Cass.27 358 CA Poitiers. L’achat d’un cheval impossible à monter sera annulé354. 5 février 2002. 5 décembre 2000. civ. non par le fait que la race de l’animal soit autre. civ. IDE. le rendant inapte à la compétition. 6 octobre 1998. 1èreciv. I. 24 avril 1985. n°99/03211 360 CA Nîmes. que l’animal est en état de gestation. IDE. comme cheval de sport. alors qu’ils ont l’intention d’acquérir une pouliche de course et non une jument de reproduction 350. n°12. mais par le fait que cette situation ne permette pas l’usage auquel il est destiné. A cet égard. Bull. la volonté de l’acheteur doit être celle au moment de la formation du contrat puisque la validité du consentement s’apprécie à ce stade351.74 - . Bull. p. I.. Au demeurant. IV. 6 janvier 1998. I.

19 décembre 1970 CA Caen. telle son incompétence. Dans le même sens. 2 juillet 1953.spéc. la destination ou les capacités du cheval. p. avait en puissance les aptitudes qu’attendait de lui son acheteur »364. ne porte pas sur une qualité substantielle l’erreur commise sur les conditions d’acquisition du palmarès d’un poney de sport362.75 - .. le fait personnel du nouveau propriétaire. la jurisprudence identifie habilement les qualités substantielles du cheval. 361 362 CA Paris. 2. Pal. 7 novembre 1995 364 CA Lyon. alors qu’il s’agissait d’une course de second ordre. l’acquéreur d’une jument poulinière pleine qui.procure réellement cette acquisition qui détermine l’erreur sur les qualités substantielles. en l’espèce peu critiquable363. 108. a été reconnu en droit de se prévaloir de l’erreur portant sur une qualité substantielle de la chose361. Bull. Cette dernière jurisprudence révèle que l’erreur lors de l’acquisition d’un cheval dépend de l’animal. Ainsi. IDE. Malgré l’évolution imprévisible de l’animal. Gaz. ne saurait caractériser un vice du consentement.297 . A l’inverse. a cru qu’un produit antérieur de cette jument avait gagné une course importante. Ainsi. 1953. n°26. n’est pas considérée comme qualité substantielle d’un étalon l’indication erronée du nombre de saillies alors que sa qualité substantielle et essentielle est son taux de fertilité.2 363 CA Caen. 7 mai 2002. Outre l’erreur sur l’origine. incontestablement un pur-sang. De la même façon. nous sommes en mesure d’affirmer qu’une erreur de race n’altérant en rien la destination du cheval ne constitue pas une erreur sur les qualités substantielles de l’animal. la qualité substantielle d’un équidé acheté comme cheval de compétition est celle de courir pour le compte et sous les couleurs de son propriétaire et « il n’y a pas erreur sur la substance lorsque ce cheval. l’acheteur peut invoquer l’erreur sur les performances de l’animal. par suite d’une indication incomplète du catalogue de vente aux enchères. p.

Mais en présence d’une évolution défavorable de l’animal étrangère au vendeur. et d’un élément intentionnel. Lorsque le vendeur camoufle une seime en coulant de la cire plastifiée. n°23 370 CA Aix-en-Provence. n°288 368 CA Paris. D.76 - .. le fait de cacher à l’acquéreur les opérations importantes antérieures de l’animal371 ou de ne pas 365 366 Art. le dol est-il déterminé ? Observons la jurisprudence équine. sans ces manœuvres. civ. En toute hypothèse. Il n’est en effet une cause de nullité de la vente que s’il émane de la partie envers laquelle l’obligation est contractée366. p. 111. le dol est retenu lorsque le vendeur remet des papiers erronés à l’acquéreur d’un poulain369 ou trompe son cocontractant sur l’age de l’animal370. 1er avril 1952. 3 juillet 1996. 1952. JurisData n°028207 369 CA Montpellier. l’autre partie n’aurait pas contracté »365. 23 septembre 1982. com.380 et p. Toutefois. ce qui a pour effet de vicier son consentement. 110.. De la même façon. Bull.685 367 Cass. 1116 C. la manœuvre illicite. 5 décembre 2000. le dol est une manœuvre malhonnête du vendeur destiné à tromper sciemment le cocontractant. Ainsi. La réticence du vendeur à donner des informations pourtant déterminantes du consentement de son cocontractant relève du dol. n°32 . 112. Bull. IDE. I. l’intention dolosive. 5 décembre 2003. le dol doit émaner du cocontractant. n°34 371 CA Paris.Le dol et l’évolution imprévisible de l’animal 109. 1èreciv. Cass. 22 janvier 2004. qu’il est évident que. IDE. En définitive. « le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les manœuvres pratiquées par l’une des parties sont telles.. IDE. lorsqu’elle porte sur la substance même du contrat. la manœuvre déterminante et la volonté de tromper son cocontractant est mise en exergue368. Bull.2. Bull. l’erreur consécutive au dol d’un tiers à la convention est une cause de nullité367. Par définition. civ. Le dol suppose la réunion d’un élément matériel.

si l’élément matériel peut dépendre de l’évolution imprévisible de l’animal. La règle s’applique avec une rigueur particulière aux marchands professionnels de chevaux qui. 1èreciv. 23 février 1910. En cas de litige. n°40 Cass. conformément à l’article L. d’avoir. mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien ou du service ». au moment de la vente.77 - . 15 mai 2002. dissimulé les cicatrices que laisse l’opération ou d’avoir attribué à ces cicatrices une autre origine »376. Bull. le dol est mis en évidence lorsque le vendeur dissimule que la pouliche vendue est en gestation.révéler le fait qu’il soit atteint de coliques chroniques372 justifient l’annulation de la vente. Cette jurisprudence met en exergue l’étroite frontière entre l’erreur et le dol puisque les qualités sportives de l’animal représentent les qualités substantielles à propos desquelles l’acheteur est susceptible de contracter 375. 27 avril 1910 . civ. 113. cet état ignoré de l’acheteur l’ayant induit en erreur sur les qualités sportives de la jument374. n°132 374 CA Paris. l’élément intentionnel est propre à la personne du vendeur. ne constitue pas une manœuvre dolosive le fait par le propriétaire d’un cheval atteint du mal naviculaire de le soumettre à l’opération de la névrotomie. qu’il incombe de prouver qu’il a exécuté cette obligation373. IDE. 114.111-1 du Code de la consommation. En revanche. Pt. Le dol est donc d’un vice du consentement dont l’application à l’animal est cohérente. Le droit. doivent « avant la conclusion du contrat.106 376 CA Dijon. Ainsi. En effet. 372 373 CA Dijon. En ce sens. I. 10 décembre 1999. c’est au vendeur professionnel. 6 septembre 2005. par un artifice frauduleux. le fait de devoir caractériser une manœuvre frauduleuse pour déterminer le dol évacue la question de l’évolution imprévisible de l’animal. Bull. « la manœuvre dolosive consisterait seulement dans le fait. débiteur d’une obligation de renseignement à l’égard de son client.. JurisData n°102732 375 Cf.

le refus de l’aléa. spéc. Les parties à la vente de l’animal supportent donc des obligations banales en matière de vente -A-. spéc.Callé. II- L’exécution de la vente animalière 116. 2008. Si la vente animalière suppose donc l’application de garanties. la recherche du gain. pour vendre un cheval. p. p. le professionnel ne pouvant être abusé par l’exagération de la réputation de son cocontractant377. Il convient de veiller cependant à la qualité de la personne victime du dol. 2008. JurisData n°041241 B. Institut du Droit Equin. des conflits surgissent parfois entre vendeur et acquéreur. Institut du Droit Equin.7 379 B. Diffusion Agence Cheval de France. acceptant ainsi les aléas inhérents à la matière »379.7 380 B.Callé. L’acquéreur doit prendre possession de l’animal et le vendeur obtenir la contrepartie stipulée. c’est de ces « aléas inhérents à la matière »380 que dépend leur originalité -B-. Diffusion Agence Cheval de France. p. En effet. Le cheval et la vente. l’installation de la méfiance. Diffusion Agence Cheval de France.115. la personnalité de la victime du dol est un élément de décision fréquemment évoqué. Le cheval et la vente. indépendamment de la parfaite exécution de ces obligations par leurs débiteurs. spéc. L’effectivité de la vente dépend de sa parfaite exécution par les parties. 2008. Il semble loin le « temps où. le risque de procès ont profondément modifié les relations entre cocontractants »378. Bernard Callé résume l’évolution des mentalités en indiquant que « l’accroissement de la valeur des chevaux. Cependant. une poignée de main scellait l’accord entre vendeur et acquéreur et instaurait une confiance réciproque que nul n’aurait osé trahir. Le cheval et la vente. Institut du Droit Equin.7 378 377 .78 - . 9 février 1990.Callé. CA Versailles.

. p.comme à l’acquéreur -2. S. et quérable. Art. Cette obligation qui pèse sur le vendeur d’un équidé de délivrer sans délai au nouveau propriétaire le document d’identification et la carte d’immatriculation 381 382 Art.Les obligations du vendeur de l’animal 118. 16 janvier 1907. deux obligations principales pèsent sur le vendeur : une obligation de délivrance conforme de l’animal et une obligation de garantie. 1. 1614 et 1615 C. L’objet de la délivrance est évidemment l’animal objet de la vente mais par extension ses fruits et accessoires382.79 - . 11. seule une faute étrangère peut décharger le vendeur de son exécution. le lieu de la délivrance étant le lieu où se trouve l’animal au moment de la vente sauf convention contraire.La banalité des obligations de la vente animalière 117. Le régime juridique de la vente fait supporter au vendeur -1. Par conséquent.de l’animal diverses obligations traditionnelles en matière de vente. 1907. la jurisprudence estime depuis longtemps que les papiers du cheval constituent un accessoire de l’animal et doivent nécessairement être inclus dans le champ de l’obligation de délivrance 383. L’obligation de délivrance est de résultat. La délivrance est « le transport de la chose vendue en la puissance et possession de l’acheteur »381. civ. le transfert de propriété du cheval est indissociable de celui des documents officiels qui l’accompagnent.280 . 120. En matière équine. civ. Conformément aux dispositions de l’article 1603 du Code civil. 119. 1604 C. 383 CA Lyon.A.

80 - . Bull. civ. Toutefois. 25 octobre 1978. nécessaires à l’utilisation de l’animal. 1978. n°16 387 Cass. A ce titre. Ainsi mise en évidence. IR.69 388 Cass. ère 1 civ. 1978. n°362 . jugeant que la transmission de ces documents ne s’impose que lorsqu’ils sont nécessaires à l’usage normal du cheval386. la Cour de cassation apporte un tempérament à ce principe. Par extension. 1999. Le vendeur est tenu d’une obligation de garantie à l’égard de l’acheteur. D. Bull. I. notamment administratifs. l’acquéreur bénéficie de trois garanties légales : la garantie contre l’éviction.. 26 novembre 1981. l’obligation de délivrance se doit d’être conforme à l’intention des parties. Bull. Cass. IDE. Les accessoires comprennent tous les documents.après l’avoir endossée est désormais clairement énoncée par le décret du 5 octobre 2001384 relatif à l’identification des équidés385... 1èreciv. il est possible au vendeur sous certaines hypothèses de conserver la carte d’immatriculation de l’animal car elle n’empêche pas sa participation à des compétitions ou son transport 387 alors que le document d’identification doit impérativement suivre le cheval. n°352 . civ. 121. la garantie contre les vices cachés ainsi que la garantie de conformité du bien au contrat due par le vendeur au consommateur créée par 384 385 Décret n°2001-913 du 5 octobre 2001 Article 8 du décret n°2001-913 du 5 octobre 2001 386 Cass. D. I. com.248 . 122. p.. En revanche. 1èreciv. 14 décembre 1977. le défaut de conformité de la chose vendue à sa destination normale constitue le vice prévu par les articles 1641 et suivants du Code civil388. 1èreciv. la garantie de conformité repose sur l’article 1604 du Code civil en ce qu’il s’agit du défaut de conformité de la chose vendue aux stipulations contractuelles ou aux spécifications de la commande. 8 décembre 1993. 17 novembre 1999... La frontière entre les deux fondements résulte de la différence entre la conformité liée à un usage normal de l’animal et celui stipulé et voulu par les parties.. Ainsi. p. L’obligation de délivrance repose initialement sur la mise à disposition de l’animal et de ses accessoires à l’acquéreur. Cass.

que l’acheteur ne l’aurait pas acquise.une ordonnance du 17 février 2005 et intégrée tant au Code civil 389 qu’au Code de la consommation390. civ. En revanche. C. depuis la transposition de la directive 99/44/CE du 25 mai 1999393 par l’ordonnance du 17 février 2005394. L. possession vaut titre ». le législateur a introduit une garantie de conformité à la charge du vendeur spécifique aux relations entre consommateur et professionnel. 392 Cf. il semble que les conflits mettant en œuvre la garantie d’éviction soient peu nombreux à l’égard des chevaux. La garantie de conformité repose initialement sur l’article 1604 du Code civil relatif à l’obligation de délivrance392. s’il les avait connus »391. ou qui diminuent tellement cet usage. Art. conso. cette garantie est soumise à un régime particulier issu de la primauté des dispositions du Code rural propres aux animaux domestiques. La garantie des vices cachés protège l’acquéreur « contre les défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine. l’acquéreur peut se prévaloir des 389 390 Art. elle permet à l’acquéreur de demander la restitution du prix. Probablement en raison de l’adage « en fait de meuble. civ. 391 Art. Pour toutes les relations entre professionnels ou entre particuliers.211-1 et s.81 - . pour toutes les ventes conclues entre un professionnel et un consommateur. 1641 C. La garantie d’éviction oblige le vendeur à ne pas perturber la jouissance paisible de l’acquéreur mais aussi à protéger ce dernier de certains troubles causés par des tiers. Pt.121 393 Directive sur certains aspects de la vente et des garanties des biens de consommation 394 Ordonnance applicable dès le 19 février 2005 à toutes les ventes conclues à partir de cette date . A l’égard des animaux. 125. 123. Toutefois. des fruits. ou n’en aurait donné qu’un moindre prix. le fondement de l’action en garantie de conformité restera les dispositions y afférentes du Code civil. 124. 1603-1 C. Lorsqu’elle doit jouer. des frais occasionnés par la vente et l’action en garantie ainsi que des dommages et intérêts.

82 - . 1943. De manière peu surprenante.Les obligations de l’acquéreur de l’animal 126. 395 396 Art.. Cass. En revanche. 2. si la chose vendue et livrée produit des fruits ou autres revenus ou si l’acheteur a été sommé de payer le prix auquel cas les intérêts commencent à courir à compter de la délivrance de la sommation. Le prix à payer est le prix convenu entre les parties et il devient productif d’intérêts si cela a été convenu entre les parties. D. L’obligation de délivrance étant quérable398. 15 juillet 1942. p.104 397 Art. L’acheteur ne peut refuser de retirer le cheval que si ce dernier n’est pas conforme à celui qu’il a acheté ou s’il le découvre atteint d’un vice ignoré jusqu’alors. c'est-à-dire à l’endroit où l’acheteur va en prendre possession. . 1609 C. l’acquéreur est tenu de payer le prix convenu et de retirer l’animal acheté selon les dispositions de droit commun applicables à la vente. 1247 C. civ. 1651 C. il appartient à l’acquéreur de prendre possession de l’animal acheté. Aussi longtemps que la délivrance de l’animal et de ses accessoires n’a pas eu lieu. la délivrance ne vaut pas présomption légale de libération du prix396. civ. 1èreciv. civ. l’acheteur peut invoquer l’exception d’inexécution pour refuser de payer le prix. le paiement du prix doit se faire au moment de la délivrance de l’animal vendu395.. 398 Art. Dans l’hypothèse d’un paiement au comptant. le paiement du prix doit intervenir au lieu où se trouvait l’animal au moment de la vente397. Sauf clause contraire.dispositions spécifiques du Code de la consommation en matière de conformité du bien vendu.

Une garantie de conformité inadaptée 128. 1992. 2008.229 399 . En matière équine. Diffusion Agence Cheval de France. Toute l’originalité des garanties de la vente animalière repose alors sur l’existence d’une garantie de conformité inadaptée -1. L’animal en droit privé.Chain et L. le vendeur d’un équidé. les promenades équestres.B. spéc. Institut du Droit Equin. Thèse Limoges. conduisant à une impossibilité progressive d’effectuer des sauts d’obstacle. Ainsi.et d’une garantie des vices cachés modifiée -2-. C’est en raison de la nature vivante de l’animal que l’origine et le moment du fait générateur du défaut de conformité ou du vice sont difficiles à appréhender.Marguénaud. p.115 400 J-P. B. l’animal livré présentant une arthropathie dégénérative des deux boulets antérieurs. p. l’acquéreur désire que l’animal réponde à ses attentes. PUF. spéc.Sigler. 1. Le cheval et la vente.83 - . Mais toute la difficulté réside dans le fait qu’un animal « évolue et se modifie au gré de la vie qui l’anime »400. l’équitation de loisir ou la compétition pour un cheval. en matière équine. Bruno Chain et Lauren Sigler évoquent « les cabrioles de l’acheteur. qui demande à ce que lui soit délivré un cheval conforme à ce qu’il attendait contractuellement »399. Quelle que soit la destination de l’animal. Par principe. voit la vente résolue pour manquement à l’obligation de délivrance. l’acquéreur dont l’animal acheté ne satisfait pas à la destination contractuellement prévue peut se prévaloir des dispositions du Code civil pour faire jouer la garantie de conformité du vendeur relative à son obligation de délivrance.L’originalité des garanties de la vente animalière 127. qui s’était accordé avec l’acheteur pour lui vendre un cheval de concours de saut d’obstacle.

129. note sous CA Bourges. n°07/00410. Depuis la transposition de la directive 99/44/CE du 25 mai 1999403 par l’ordonnance du 17 février 2005404. Autrement dit. p. RSDA. IDE. n°1. En effet. « le consommateur. n°33 C.84 - . Le fait que l’acquéreur aurait acheté aux vendeurs plusieurs chevaux destinés à la compétition et revendiquait une certaine compétence en la matière n’implique nullement que ces acquisitions étaient destinées à l’usage de sa profession. est un consommateur dès lors que le cheval est acheté pour ses besoins personnels et non pour les besoins d’une activité professionnelle 401 402 CA Douai. 24 novembre 2003.211-3 du Code la consommation. L’application du Code la consommation aux ventes d’équidés. Mais qu’est ce qu’un consommateur en matière équine ? Par définition. des voitures ou des téléviseurs soit véritablement adaptée »402. la garantie de conformité du Code de la consommation a vocation à devenir un fondement privilégié. 10 juillet 2008.Cette non-conformité à la destination initialement prévue est considérée comme un manquement à l’obligation de délivrance401. p.Hugon. Mais comme le souligne Christine Hugon. Bull. au sens de l’article L. 2009. spéc.43 403 Directive sur certains aspects de la vente et des garanties des biens de consommation 404 Ordonnance applicable dès le 19 février 2005 à toutes les ventes conclues à partir de cette date 405 CA Limoges. Planchat c/ Laurent . 130. à la charge du vendeur.. se présentant comme un professionnel. Cependant. spécifique aux relations entre consommateur et professionnel.41 et s. un acquéreur propriétaire de plusieurs chevaux. est l’acheteur qui achète le bien pour ses besoins personnels ou ceux des personnes à sa charge et non pour l’exercice de sa profession. « il n’est pas certain que l’application aux ventes d’équidés d’un régime plutôt conçu pour des canapés. Tenant la souplesse de la jurisprudence pour accueillir la qualité de consommateur de l’acquéreur d’un cheval. le législateur a introduit une garantie de conformité. 9 août 2006. il ne résulte pas des pièces versées aux débats par les appelants que l’acheteur consacre une activité significative aux courses de chevaux ou de compétitions et en tire un revenu »405. cette action fondée sur l’article 1604 du Code civil est concurrencée dans les ventes entre professionnel et consommateur par les dispositions du Code de la consommation.

Ainsi. 9 août 2006. Planchat c/ Laurent : TGI Lisieux. 9 juillet 2008. IDE. Une succession de petites maladresses peut suffire à mettre au refus un cheval d’obstacle. Robillard c/ Ecuries Jeroen 407 Bull. En six mois. En effet. 9 août 2006. sous CA Limoges. Cette solution paraît inadaptée car « même sans avoir pour objectif de s’aménager une source de revenus. le passionné qui investit en achetant des chevaux de compétition. l’animal peut ne pas répondre aux attentes de son nouveau propriétaire. comment le vendeur peut-il rapporter une telle preuve ? Compte tenu de la nature vivante de l’animal et de son évolution imprévisible. qui apparaît dans un délai de six mois à partir de la délivrance du bien. Hormis la visite vétérinaire préalable à la vente. quelques erreurs stratégiques peuvent compromettre la qualité de mouvements de dressage un peu complexes. ce qui a pour effet d’inverser la charge de la preuve.85 - . n°45. 9 août 2006. alors qu’il avait en lui les aptitudes requises au moment de la vente. parce qu’il a évolué au gré de la vie qui l’anime ou régressé au contact d’un nouveau cavalier. sauf preuve contraire ». Planchat c/ Laurent . laisser un délai de six mois pour présumer l’antériorité d’un vice qui se révélerait durant cette période parait démesuré. L’élément majeur de cette action en conformité tient à l’instauration d’une présomption simple de préexistence à la vente des défauts qui apparaissent dans un délai de six mois à compter de la délivrance du bien. L’article L 211-1 du Code de la consommation dispose ainsi que « le défaut de conformité. « l’amateur éclairé est un consommateur protégé par la garantie de conformité tant qu’il ne tire pas de revenus de son activité équine »407. pour une application postérieure à CA Limoges. et qui est peut-être lui-même un cavalier possédant une licence de compétition professionnelle aura en tout état de cause des connaissances et des notions similaires à celles des professionnels »408.dont il obtient des revenus406. est présumé exister au moment de la délivrance. n°45 sous CA Limoges. « tous les cavaliers d’un certain niveau savent que les performances équestres ou sportives d’un cheval sont en partie au moins le fruit d’un dressage ou d’un conditionnement que quelques erreurs suffisent à remettre en question. Planchat c/ Laurent 408 Bull. On 406 Cf. IDE. 131.

p. n’est pas adaptée et doit donc être écartée. pour la vente d’un cheval. 10 juillet 2008. n°1. 10 juillet 2008. ce délai de six mois est extrêmement pénalisant. p. La raison commande alors de laisser à l’acheteur la charge de la preuve du défaut qu’il invoque à l’appui de son action »412. note sous CA Bourges. « ce renversement temporaire de la charge de la preuve est.45 .. 133. Le cheval et la vente. « la spécificité de l’objet de la vente. RSDA. 132. car comme tout animal vivant. C’est certes dans cet esprit que le texte prévoit que le vendeur peut combattre cette présomption si celle-ci n’est pas compatible avec la nature du bien ou le défaut de conformité invoqué mais quel sens doit-on accorder à la notion de « nature du bien » ? En effet. p. n°1. p. spéc. note sous CA Bourges. L’application du Code la consommation aux ventes d’équidés. objectivement. la garantie de conformité du Code la consommation est applicable à la vente d’une jument destinée à la course dont l’acquéreur découvre la gestation de l’animal quelques semaines après.46 .126 411 C.. des performances sportives »411. au motif que la date de naissance du poulain confirme la gestation de la jument au jour de la transaction. sa constitution peut se modifier du fait de l’usage ou simplement du fait de l’apparition de phénomènes cliniques qui n’étaient absolument pas prévisibles »410. 2009. spéc.comprend alors que le risque que supportera le vendeur d’équidés sera bien plus lourd que celui d’un vendeur de voitures ou de canapés »409. Institut du Droit Equin. comme en l’espèce. RSDA. n°07/00410.41 et s. n°07/00410. « il est certain que. L’application du Code la consommation aux ventes d’équidés. Dès lors.Chain et L. p. Diffusion Agence Cheval de France. 10 juillet 2008.86 - . Le Tribunal accueille le principe de la responsabilité du vendeur.. RSDA.Hugon. p. n°1. n°07/00410. 2008.46 410 B.41 et s. suggère de faire jouer la possibilité ouverte par l’alinéa 2 de l’article 211-7 et de considérer qu’en la matière la présomption selon laquelle le défaut d’aptitude à telle ou telle discipline apparaissant dans les six mois de la délivrance existait au moment de la vente.44 412 C. spéc. p.Sigler. note sous CA Bourges.Hugon. En matière équine. 2009.Hugon. excessivement sévère pour le vendeur d’un être vivant et plus particulièrement d’un équidé dont on attend. 2009.41 et s. tandis que de nombreux indices confirment que l’animal était 409 C. L’application du Code la consommation aux ventes d’équidés. Ainsi. un équidé.

destiné à être un cheval de sport413. sous TI Ploërmel. dans bien des hypothèses. « si cette décision constitue une application légitime de la garantie de conformité. une respiration rapide et un essoufflement précoce au travail et de souffrir d’une fibrillation auriculaire le rendant intolérant à un effort intense. n°07/00410 417 Mais toutefois moins de six mois après la vente 418 Bien qu’il s’agisse du résolution et non d’une annulation mais nous ne nous attarderons pas sur cette erreur de droit commise par les juges du fond . Planchet c/ Le Bot Bull.. quelle solution retenir en présence d’un trouble physique évolutif ? En effet. p. RSDA. En l’espèce. « en ce qui concerne les problèmes physiques. 134. les experts seront embarrassés pour fixer avec précision le point de départ d’une pathologie évolutive surtout si celle-ci apparaît plusieurs semaines après la vente »415.41 et s. nous rappellerons que les dispositions précitées présentent de nombreux inconvénients. Une interrogation suffit à comprendre la difficulté : comment expliquer qu’un cheval considéré comme non-conforme au sens juridique du terme ait pu dans le trimestre suivant la vente concourir avec succès à deux reprises ? C’est à se demander « si la règle disposant que sont présumés avoir existé au moment de la délivrance. Dès lors. S’il s’agit d’une application traditionnelle de la garantie de conformité. le cheval avait concouru victorieusement à deux reprises dans le trimestre suivant la vente avant de présenter quelques semaines après 417. n°47. 9 février 2007. aux règles prévues par le texte et qui ne sont pas toujours adaptées quant il s’agit de matière vivante… »414. IDE. Le vendeur n’étant pas parvenu à prouver l’aptitude du cheval à la compétition au moment de la vente. n°07/00410. les défauts de conformité apparaissant dans un délai de six mois à partir de la délivrance est bien adaptée à un être vivant aussi 413 414 TI Ploërmel. A ce titre.Hugon. 10 juillet 2008. spéc.87 - . n°1. l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bourges416 illustre l’effet pervers et le caractère inadapté de la garantie de conformité du Code de la consommation lorsque l’objet de la vente est un cheval. L’application du Code la consommation aux ventes d’équidés. elle apparaît légitime uniquement parce que l’antériorité à la vente du défaut de conformité est certaine. Ainsi. p. note sous CA Bourges. 9 février 2007. cette dernière a été annulée418.44 416 CA Bourges. 10 juillet 2008. tenant notamment au caractère incertain de son champ d’application lié à la qualité des parties. Planchet c/ Le Bot 415 C. 2009.

RSDA. En effet. 2009. Institut du Droit Equin. une option au profit de l’acheteur conduisant au choix entre réparation et remplacement du bien.211-1 et suivants du Code de la consommation introduit.41 et s.Hugon.88 - . 419 C. 136.Chain et L. p. Diffusion Agence Cheval de France. En effet. On peut penser.Singler. Le cheval et la vente. n°1. Le cheval et la vente.fragile qu’un cheval »419. il est fréquent qu’un professionnel se libère d’un animal inapte à la course ou à l’obstacle en conditionnant la vente à la condition expresse qu’il ne fasse plus jamais de compétition ou de manège. il apparaît légitime de se demander ce que recouvre la notion de réparation à propos d’un animal. 135.126 . Diffusion Agence Cheval de France. 10 juillet 2008. L’application du Code la consommation aux ventes d’équidés.125 421 B. C’est d’un corps vivant dont il s’agit. En effet. vu la vigueur de l’usage de la paumée. note sous CA Bourges. visée par les articles L 211-1 et suivants du Code de la consommation. 2008.Chain et L. B. En effet. avec tous les risques que cela suppose »421. L’action des articles L. il est certain que la réparation ne peut être envisagée que dans le cadre d’une opération. p. pas d’une chose inanimée. mais c’est aussi et surtout le révélateur du caractère inadapté de la garantie de conformité du Code de la consommation à la vente équine. 2008. se prescrit par deux ans à compter de la délivrance du bien. n°07/00410. « en matière équine.Sigler. p. que l’achat d’un cheval de course inapte peut être résolu pour nonconformité puisque le vendeur ne pourra jamais démontrer ni la capacité du cheval à concourir au moment de la vente. Face à la protection accrue de l’acquéreur profane.. il est légitime de demeurer perplexe quant au sort réservé à cette stipulation par les tribunaux420. Institut du Droit Equin.44 420 Cf. ni l’accord des parties sur la destination de l’animal. Un doute subsiste quant à l’effectivité de cette option en présence d’une vente de chevaux. p. Ce nouveau fondement exclusivement réservé au consommateur a d’autres effets néfastes en présence d’un cheval. L’action résultant du défaut de conformité. en cas de défaut de conformité. spéc.

les dispositions du Code rural constituent le régime légal en matière de vente d’animaux et il faut remonter au XIXème siècle pour trouver l’origine de ce principe encore en application malgré les diverses critiques dont il fait l’objet. L. A l’inverse du régime juridique de la garantie des vices cachés pour les biens meubles. Ces vices dits rédhibitoires sont limitativement énumérés par l’article R. Ainsi. Le législateur. boiteries anciennes intermittentes. rur.213-1 et s. Ar. dans les ventes ou échanges d’animaux domestiques est régie.89 - . par les dispositions de la présente section… »422. « l’action en garantie. 2. C. Par dérogation au droit commun de la vente.En outre. tic proprement dit avec ou sans usure des dents. 424 Immobilité.213-1 du Code rural424. cornage chronique. Art.La garantie des vices cachés modifiée 137. estimant les règles du Code civil inappropriées à la vente d’un bien de nature vivante. emphysème pulmonaire. les dispositions du Code rural priment celles du Code civil. Les usages et coutumes variant d’une province à l’autre. le législateur pallia ces divergences en déterminant une garantie applicable sur l’ensemble du territoire et décida de soustraire la garantie des vices cachés en matière d’animaux domestiques au droit commun des articles 1641 et suivants du Code civil. rur. modifia le principe de la garantie des vices cachés en dressant une liste limitative de vices. catégorie juridique à laquelle l’animal appartient. 138. 285 C. lesquels permettaient l’ouverture « aux actions résultant des articles 1641 et suivants du Code civil »423. à défaut de conventions contraires. uvéite isolée et anémie infectieuse 423 422 . l’acquéreur peut demander le remboursement des frais qu’il a engagé pour l’entretien de l’équidé dans la mesure où l’action conduit à l’anéantissement rétroactif du contrat par résolution.

139. Il s’agit d’un régime juridique supplétif auquel les parties peuvent donc déroger. la vente équine est soumise aux règles des vices cachés du Code civil lorsque les parties se sont mises d’accord sur l’usage sportif429 de l’équidé ou sa mise à l’élevage430. L. la finalité est identique puisqu’il s’agit toujours de garantir l’acquéreur des vices dont pourrait être affecté l’animal vendu. le délai de forclusion de l’action étant réduit. telles qu’elles sont définies par les articles L.. Institut du Droit Equin.5025 429 CA Chambéry... En effet. Cass. L’administration d’une telle preuve demeure néanmoins délicate en l’absence d’écrit.110 .. « les règles légales de la garantie des vices dans la vente des animaux domestiques. p.213-1 et suivants du Code rural. 12 juillet 1977. p. civ.206 . req. 425 426 Art.394 . 1èreciv. CA Dijon. 1èreciv. Pal. Ainsi..Toutefois. 140. 26 novembre 1981. n°98-02. CA Besançon. IDE. p. n°99-01. 11 décembre 2001. les tribunaux ont fait preuve de beaucoup de souplesse pour admettre l’existence d’une convention contraire résultant de la connaissance par le vendeur de l’usage que l’acquéreur entendait faire de l’animal426 et permettre ainsi l’application de la garantie des vices cachés des articles 1641 et suivants du Code civil. 1èreciv. Bull. C’est en ce sens que « les juges supposaient alors de façon divinatoire »431 la convention tacite invoquée par l’acheteur. n°76-11. si le fondement diffère. 6 février 2001. 1.198 . 1967.420 427 Cass. n°98-00.de Freminville.213-1 C. 13 septembre 1999. p. I. La jurisprudence admet donc l’application de la garantie des vices cachés par l’intermédiaire d’une convention dérogatoire implicite résultant notamment de la destination de l’animal concerné et de la commune intention des parties 427. rur. 30 janvier 1967. Le cheval et la vente. 1èreciv. Cass.353 428 Cass.033 431 F. 10 novembre 1885 et 23 mars 1887 . Diffusion Agence Cheval de France. Or. 1978. 1981.90 - . Gaz. L’application par principe des dispositions du Code rural est cependant subordonnée à l’absence de « conventions contraires »425. JCP. n°25 430 CA Orléans. 12 juillet 1977. Bull.. Cass. 28 septembre 2000. peuvent être écartées par une convention contraire qui peut être implicite et résulter de la destination des animaux vendus et du but que les parties s’étaient proposées et qui constituait la condition essentielle du contrat »428.

« l’action en réduction de prix ne peut être exercée dans les ventes et échanges d’animaux lorsque le vendeur offre de reprendre 432 J. L’acheteur peut obtenir soit la résolution de la vente 436. l’acquéreur dont l’équidé est atteint d’un vice ne peut espérer prospérer dans sa demande en résolution de la vente quasiment que sur le fondement de la garantie des vices rédhibitoires.198 435 Cass. JCP.74 434 J-P. 1èreciv. Le caractère très bref du délai facilite la preuve du vice et de son antériorité à la vente mais demeure un obstacle sérieux pour l’acquéreur.213-1 du Code rural clémente à l’égard du vendeur.1493 436 Action rédhibitoire 437 Action estimatoire . Est en conséquence irrecevable l’action postérieure de plus d’un mois à la date de la vente du cheval de course fondée sur la tendinite dont il souffrait en cas de référence aux vices de boiterie ou d’immobilité du cheval prévus par le Code rural435. PUF. JurisClasseur Notarial. I. civ. en l’absence de stipulations spécifiques. sous Cass. p. 11 avril 1995. 2005.91 - . n°01-13101... 290. fasc. n°93 . 1995. Bull. Vente. 1èreciv. spéc.176 433 Cass. cons. comm. Thèse Limoges.. 29 janvier 2002.La Cour de cassation est revenue récemment à une application stricte 432 des textes en rappelant que l’intention des parties de déroger aux règles du Code rural devait être clairement exprimée433.. 2005. Néanmoins. La Cour de cassation se positionne donc en faveur d’une interprétation de l’article L. En effet. 1èreciv. Ainsi. l’acquéreur doit demander la nomination d’un expert et assigner au fond dans les dix jours de la livraison de l’animal. obs. rur. L. p. 1èreciv. 25 janv. 141. p. Cont. portée à trente jours en cas d’uvéite isolée ou d’anémie infectieuse.. surtout en sachant que « la paumée est encore. note sous Cass. Huet. soit la réduction du prix437. Grimonprez. Dr.Marguénaud. 2002. p. 1992. A ce titre.Leveneur. le moyen le plus usité par lequel se manifeste l’accord des volontés en fait de ventes animalières »434. n°65 . B. conc. sur quelques foires et marchés. les délais de procédure à respecter conduisent le vendeur à une impunité dont nous ne pouvons que nous étonner lorsque l’on connaît l’esprit des textes relatifs aux vices cachés. 6 mars 2001.. L’animal en droit privé.

445 Cass. 21 mars 2006. que l’acheteur ne l’aurait pas acquise. Le vice caché est défini comme l’ensemble des « défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine ou qui diminuent tellement cet usage. peut être rapide. Ainsi. Bull. de tous les dommages et intérêts envers l’acheteur »442. civ. n°173 447 Art. 1646 C.. les frais de pension et de maréchalerie engagés postérieurement à la vente d’une jument atteinte d’un vice caché ne répondent pas à la définition des frais occasionnés par la vente445. 1èreciv. qui s’entendent des dépenses directement liées à la conclusion du contrat446. Art. sont remboursables les frais de vétérinaire. modifié par l’ordonnance du 17 février 2005 qui a supprimé l’exigence d’une action à bref délai 440 Action rédhibitoire 441 Action estimatoire 442 Art. . 143. civ. Au demeurant. 1èreciv. il ne sera tenu qu’à la restitution du prix et à rembourser à l’acquéreur les frais occasionnés par la vente »444. Civ. outre la restitution du prix qu’il en a reçu. Au titre de la garantie des vices cachés. 1641 C. Bull. En revanche. s’il les avait connus »447. civ. 16 juillet 1998. le coût de l’entretien443. 1645 C. BRDA. n°9 et 11 446 Cass.92 - . Ainsi. d’assurance.. « si le vendeur ignorait les vices de la chose. 438 439 Art. n°266 . Il existera toujours un doute sur l’usage qui aura été fait de l’animal par le nouveau propriétaire entre la date de la vente et la date de connaissance du vice. I. civ. L. 144. civ. ou n’en aurait donné qu’un moindre prix. rur. « si le vendeur connaissait les vices de la chose.213-7 C. L’acheteur peut obtenir soit la résolution de la vente440. 21 mars 2006. Cass. l’action « doit être intentée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice »439. 14 janvier 2004.l’animal vendu en restituant le prix et en remboursant à l’acquéreur les frais occasionnés par la vente »438. 1ère civ. I. Juillet 2006. JurisData n°231622 444 Art. Nous pouvons constater que le délai est particulièrement long pour un cheval dont on sait que l’évolution. favorable comme défavorable.. 443 CA Bourges. il est tenu. soit la réduction du prix441. 142. 1648 C.

un cheval borgne ne présente pas de vice apparent dans la mesure où il faudrait un examen approfondi pour le constater 457. Thèse Limoges. L’article 1642 du Code civil dispose clairement que « le vendeur n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même ». sept. l’appréciation de l’existence du vice est délicate.93 - . parfois même pour un expert. IDE. c’est le fait de pouvoir être fréquemment atteint de vices dus à des agents si minuscules et si profondément enfouis dans son corps vivant »456 qu’il en est difficile de les détecter. IDE. civ. 145. La jurisprudence est donc particulièrement exigeante pour considérer le vice comme apparent. la maladie naviculaire causant une inaptitude à la compétition453 ou encore une sciatique rendant très difficile la manipulation d’un postérieur notamment lors du ferrage454. Bull. 1èreciv. spéc. mars 1998 . 24 février 1964. 6 février 2001.. Bull.3 454 CA Poitiers. comme la rétivité.198 451 CA Chambéry. spéc.Marguénaud. la stérilité congénitale d’une jument destinée à l’élevage452. IDE. Une Cass.251 457 Cass. une arthropathie interphalangienne distale évolutive incompatible avec le sport de compétition450. Bull. JurisData n°044184 . p. n°98-00. n°105 CA Dijon. 13 septembre 1999. 28 septembre 2000. 1992. 20 novembre 2002 455 CA Bordeaux. L’animal en droit privé.394 452 CA Versailles.033 450 CA Orléans. la jurisprudence considère ainsi comme vice caché la cécité d’un oeil448. Bull. CA Amiens. 7 mai 2004. Or. notamment lorsqu’elle empêche de participer à des compétitions455. civ. 1èreciv.. En effet. Ainsi. PUF. 5 septembre 1997. n°105 449 448 . 15 décembre 1986. n°5 456 J-P. 3 mai 2001. 2001. p. Bull. n°98-02. antérieur à la vente et rendant impropre l’animal à l’usage auquel on le destine. IDE.En matière équine. CA Caen. Bull. 24 février 1964. I. La garantie des vices cachés requiert la réunion de trois conditions cumulatives pour être mise en oeuvre : un vice caché. La notion de vice caché a été entendue à des problèmes comportementaux. « ce qui singularise l’animal par rapport à nombre de choses inanimées. I. n°35 453 CA Metz. une dermite estivale récidivante empêchant de monter le cheval en plein air449. n°99-01. une endométrite chronique conduisant à la stérilité451. 7 février 1997.

les juges du fond ont constaté. la difficulté est accrue lorsqu’il est d’origine traumatique. 146.boiterie n’est pas non plus nécessairement visible 458. La notion de professionnel est parfois délicate à cerner mais on peut toutefois « sans risquer la contradiction affirmer qu’un cavalier de galop 7. 16 juin 1974. Toutefois. C’est en ce sens qu’après expertise. ses origines. JurisData n°042929 460 CA Agen. 4 novembre 1983. 2008.Sigler. 3 octobre 1995. JurisData n°046780 CA Riom.132 462 CA Caen. C’est ainsi que pour rechercher l’origine de l’hypofertilité d’un équidé. Diffusion Agence Cheval de France. JurisData n°044451 459 458 . La jurisprudence distingue cependant l’acquéreur profane de celui professionnel. Institut du droit équin. sauf lorsqu’elle est réellement apparente459. pour conclure au caractère génétique et totalement irréversible de l’hypofertilité462. que la CA Lyon.94 - . un courtier en chevaux de selle ou de course. Le cheval et la vente. l’éleveur de chevaux anglo-arabes qui achète un cheval sans symptôme clinique mais découvre le lendemain de la vente suite à une visite vétérinaire que l’animal est atteint d’un ostéophyte de l’extrémité latérale interne est tenu de connaître le vice au vu de sa qualité d’éleveur professionnel460. 147. les progrès de la science permettent l’obtention de résultats surprenants. En revanche. Ainsi. La satisfaction à cette condition lorsque la vente concerne un cheval est aléatoire et semble rendre difficile l’application de la garantie des vices cachés en l’absence d’expertise vétérinaire. l’antériorité du vice à la vente est démontrable lorsqu’il est génétique et scientifiquement décelable. un entraîneur de chevaux de course ou un jockey sont des professionnels »461. 20 février 1980 461 B. p. la Cour d’appel de Caen a procédé à des expertises prenant en considération les substances administrées à l’équidé. de sorte que le néophyte peut légitimement arguer du fait qu’il est ignorant en la matière. La nature vivante de l’animal est encore un frein à la démonstration de l’antériorité du vice à la vente.Chain et L. En définitive. à propos d’un équidé indocile et rétif.

JurisData n°170885 471 Cass. JurisData n°184778 469 CA Bordeaux. 148. Ainsi. La condition de l’impropriété de l’animal à son usage épouse en revanche parfaitement les hypothèses rencontrées en matière de vente équine. a fortiori vendu par un professionnel466. 14 septembre 1993. tout comme l’étalon hypofertile destiné à la reproduction. le vice est aisément mis en exergue. 463 CA Caen. A cet égard. 1èreciv. lorsque la destination de l’animal est sans équivoque. 15 mai 2002. la jurisprudence a déjà déduit de la publicité effectuée par le vendeur la destination implicite du cheval471.rétivité n’était pas innée. En effet.632 où la publicité annonce « propriétaire d’un trotteur. 13 novembre 2001. 16 juin 1994. En définitive. n°91-15. La garantie des vices cachés fonctionne donc pour la vente d’un étalon de reproduction467.. 11 décembre 2001. les difficultés survenant en raison du maintien avec vigueur d’un usage proscrivant l’écrit en fait de ventes animalières. pour la vente de génisses en gestation destinées à l’élevage et à la reproduction468. 14 décembre 1999. 20 mai 2003. d’où l’on déduit que l’acquéreur avait acquis un trotteur à l’entraînement et non une poulinière . C’est en ce sens que les tribunaux considèrent qu’un équidé acheté pour la compétition et atteint d’arthrose est affecté d’un vice caché464. le cheval de course destiné à la compétition atteint d’une tendinite est impropre à sa destination. pour la vente d’un cheval recherché pour ses qualités génétiques hors du commun469 ou pour la vente d’une jument destinée à des compétitions pour lesquelles l’aptitude à supporter les déplacements était importante470. IDE. JurisData n°046780 466 CA Angers. ni acquise antérieurement à la vente mais constituait simplement une conséquence du mauvais usage de la monture463. Bull. l’impropriété du cheval à l’usage auquel on le destine est aisée à caractériser lorsque les parties ont convenu expressément de la destination de l’animal. JurisData n°022425 465 CA Lyon. JurisData n°222207 470 CA Montpellier. de même que le cheval d’obstacle présentant une boiterie465. 8 septembre 1994.95 - . JurisData n°050766 467 CA Besançon. 27 octobre 1993. n°17 et le vendeur n’engage donc pas sa responsabilité sur le fondement de la garantie des vices cachés alors que l’action intentée peu de temps après la vente laissait supposer le caractère antérieur du vice à la vente 464 CA Paris. JurisData n°163117 468 CA Montpellier. Pourquoi pas vous ? Un investissement plaisir qui vous permettra de courir et de gagner dans les prochaines semaines ».

96 - . p. cumulée au coût et aux aléas inhérents à leur exploitation. 10 septembre 2009.CHAPITRE II LES MODES CONTRACTUELS D’APPROPRIATION PROPRES AU CHEVAL 149. ce nouveau concept d’engagement soulève nécessairement des questions juridiques474. Suivant ce phénomène. p.16 474 Légitimité de la pratique. qualification exacte de la pratique et réglementation y afférente… 475 Hérault Juridique et Economique. critères d’accès à envisager sous l’angle du droit de la concurrence. L’acquisition de la propriété d’un cheval peut s’effectuer selon des modes d’appropriation communs aux animaux472 mais la valeur pécuniaire de certains chevaux de course ou de reproduction. Titre I. est apparu un phénomène d’appropriation collective du cheval par la contractualisation de pratiques singulières. Par conséquent. Or. Chapitre I Hérault Juridique et Economique. Cette appropriation collective du cheval répond à l’ambition de chacun des propriétaires d’exploiter individuellement un animal qu’il eut été impossible d’acquérir seul. 150. 10 septembre 2009. situation des participants à l’aune du droit fiscal et du droit des obligations voire des sociétés.16 473 472 . de surcroît en sachant que « le pari de la mutualisation des coûts liés à une écurie de chevaux de course ne fait que débuter »475. un site Internet « propose un concept inédit qui invite l’amateur de courses hippiques à devenir copropriétaires d’écuries de chevaux »473. excède fréquemment les moyens financiers du simple particulier. Partie I. Cf.

c’est l’hypothèse du contrat d’association -§II-. Droit des sociétés. outre la constitution d’une personne morale476. la pratique équine a élaboré des contrats permettant une appropriation du cheval fondée sur la réunion de capitaux -Section I.Deboissy. Litec. Cf. SECTION I L’APPROPRIATION DU CHEVAL FONDEE SUR LA REUNION DE CAPITAUX 151.97 - .Cozian. 2005 476 . LE CONTRAT DE SYNDICATION 152. la pratique équine a développé des formules contractuelles organisant une mise en commun de moyens destinée à permettre l’acquisition de la propriété d’un cheval. Pour une étude générale du droit des sociétés et s’assurer de la possibilité de constituer une personne morale en vue d’assurer la gestion d’une carrière sportive de l’animal par exemple. F. §I. Il s’agit pour les futurs propriétaires de l’animal de mettre en commun leurs moyens financiers aux fins d’acquérir un étalon. La pratique équine a développé deux formules contractuelles d’appropriation collective d’un cheval consistant en la mise en commun de capitaux. c’est l’hypothèse du contrat de syndication -§I-.A cet effet. Ainsi. M. 18èmeédition.Viandier.et fondée sur la conjonction d’un étalon et d’une jument -Section II-. A. ou un cheval de course. La formalisation de la relation entre des éleveurs qui se regroupent pour acquérir la propriété d’un étalon s’exprime au travers de la rédaction d’un contrat dit de syndication.

note sous Cass.Aberkane.. RTD com. c’est en se fondant sur cette opération ponctuelle que la Cour de cassation a considéré « qu’une telle 477 H. il faut évoquer la distinction de la société et de l’indivision479. L’étalon au prétoire ou des saillies comme critère de la société en participation.Catala.99 .. la vente de saillies au public étant accessoire et aléatoire »483.99 482 Cass. L’étalon au prétoire ou des saillies comme critère de la société en participation. Bull.. d’autres sont réparties entre les membres au prorata de leurs parts . n°96-10999. 1998.Saint-Alary-Houin. Joly 1998. p.Derrida. com. Mélanges A. L’indivision. Defrénois. p. 1969. 1979. la société en participation et la convention d’indivision. les saillies restantes sont vendues et le produit est distribué aux co-indivisaires »478. De Rothschild c/ Dir. p. L’étalon. L’étalon est affecté à la jouissance exclusive de ses membres en ce sens que le contrat de syndication demeure « à finalité interne. n°2. n°96-10.Le syndicat d’étalon se définit comme le groupement le plus souvent constitué par des éleveurs équins qui se réunissent pour acheter en commun un étalon de valeur dont ils se répartissent les saillies destinées à couvrir leurs poulinières477. RTD com. Le contrat de syndication prévoit « qu’une partie des saillies est affectée au paiement des frais .11 478 F.Breton et F. celui de l’indivision conventionnelle demeure applicable -II-. Bull. pour résoudre la question de la qualification juridique de l’opération où des éleveurs se partagent les saillies d’un étalon acquis collectivement481.. Or. De Rothschild c/ Dir.710 479 C. art.31874 481 J-J. 18 novembre 1997..Daigre.Daigre. Joly.999. Gale impôts et autre 483 J-J. 1991. 1998. Si l’esprit du contrat est aisément perceptible.98 - . l’appropriation collective d’un bien 480. n°2. p. com. Les critères distinctifs de la société et de l’indivision depuis les réformes récentes du Code civil. constitutives de deux figures juridiques représentatives d’une même opération.Deboissy. Gale impôts et autre. 18 novembre 1997. D. I- Le régime juridique de la société en participation appliqué 153.645 480 P. Si la Cour de cassation a décidé que le régime juridique de la société en participation s’appliquait au contrat de syndication482 -I-. p.

à une société et non à une simple indivision conventionnelle »485. c’est grâce à la réunion de moyens financiers que le contrat de syndication matérialise. Le contrat de syndication est donc soumis au régime juridique de la société en participation. 3 C. Gale impôts et autre F. 18 novembre 1997.999.affectation d’un bien indivis à une exploitation commune correspond à une société en participation… »484. un usage desdites saillies autre qu’à titre personnel. 156. n°96-10999. les parties s’entendent sur l’entretien de l’étalon. 1998.710 486 L’apport d’un bien indivis est admis par l’article 1872 al. 155. note sous Cass.Deboissy. com.. Mais si cet étalon a été acquis collectivement. Gale impôts et autre. « si les membres affectent le bien indivis à une entreprise commune en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourrait en résulter. comme dans toute société. . 484 485 Cass. Ainsi. De Rothschild c/ Dir.99 - . 154. au libre choix des participants. En effet. il est indispensable que chaque associé fasse un apport et le syndicat d’étalon ne déroge pas à cette règle puisque les syndicataires conviennent d’apporter un bien indivis486.. RTD com. le groupement s’apparente. la qualification de société en participation est légitime. p. la publicité et en général toutes opérations pouvant être utiles à l’exploitation de l’étalon. lorsque la volonté d’acquisition en commun de l’étalon a pour finalité la commercialisation de ses saillies et par conséquent. n°96-10. 18 novembre 1997. Toutefois. Le contrat de syndication pose un cadre à l’affectation de l’étalon à une exploitation commune. De Rothschild c/ Dir. conformément à l’article 1832 du Code civil. Le contrat de syndication n’a plus simplement vocation à organiser l’exercice du droit de saillie entre les copropriétaires mais aménage aussi l’exploitation de l’étalon en vue d’en tirer le meilleur parti. la vente des saillies supplémentaires. civ. Or. en l’occurrence l’étalon acquis collectivement. l’organisation des saillies.. Le contrat de syndication sous forme de société en participation peut être conclu pour une durée déterminée comme indéterminée. com.

Toutefois. Les participants doivent contribuer aux pertes selon les mêmes règles que celles qui déterminent leurs droits aux bénéfices. Cette disposition permet de pérenniser le syndicat d’étalon. et pour une application : Cass. arrivée du terme. la société en participation à durée indéterminée487 ou à durée illimitée488 peut être dissoute à tout moment sur simple notification d’un associé adressée aux autres associés. 2 du C.. civ. par renvoi de l’article 1871-1 du même Code 491 Art. 2 C. n°68 490 Application de l’article 1851 du C. com. Cass. Les syndicataires ont droit à une répartition des bénéfices selon les modalités convenues sous réserve de l’interdiction des clauses léonines491. 1872-2 al. 492 Art. La société en participation est nécessairement administrée par un gérant nommé par les associés et choisi parmi eux ou non. réalisation ou extinction de l’objet. Néanmoins. com. sauf convention contraire489. civ. 1 C. n°271 . 157. à condition que cette notification soit « de bonne foi et non faite à contretemps ». RJDA. En dehors des causes de dissolution communes. civ. 15 juillet 1969. A défaut de régler souverainement les conditions de révocation et de démission des dirigeants. 1844-1 C. 1871 al. RJDA 1/97. civ. chaque associé contracte en son nom 487 488 Art. aucun associé ne peut demander le partage des biens indivis tant que la société n’est pas dissoute. Bull. civ. 1er octobre 1996. com. et cette solution nous paraît légitime. En l’absence de clause. ce sont les règles des sociétés civiles qui s’appliquent490 au contrat de syndication. 15 février 1994. civ.100 - . la solution la plus courante retient que les associés sont tenus des dettes de la société vis-à-vis des tiers proportionnellement à leur nombre de parts. IV.. les bénéfices sont répartis proportionnellement aux apports492. 493 Cass. l’insertion d’une clause relative aux modes et modalités de dissolution de la société est utile. décision judiciaire pour de justes motifs. 158.. Parmi les éléments constitutifs du contrat de société se trouve l’obligation de contribuer aux pertes493. 1994. Concernant l’étalon en indivision et par dérogation au principe selon lequel nul n’est tenu de rester en indivision. Par conséquent. n°542 489 Article 1872-2 al.

civ. son régime relève des articles 1872-2 et suivants du même Code. le tiers contractant peut se retourner contre les associés qui. elle est subordonnée à l’agrément de tous les associés496. Toutefois.101 - . eu égard à l’objet de la copropriété et dès lors qu’elle est constituée sous la forme de l’indivision au sens des articles 1873-1 à 1873-15 du Code civil. 497 BOI 4 A-10-03. 159.personnel et est donc seul engagé à l’égard des tiers 494. entendu comme la cession ensemble d’une part indivise et d’une part de la société en participation y afférente. civ. que le caractère indivisaire de l’exploitation n’est pas remis en cause du fait de la gestion en commun des saillies supplémentaires ou de l’attribution de saillies gratuites. lui ont laissé croire qu’ils entendaient s’engager à son égard ou ont tiré profit de cette opération495. Sauf clause contraire. Les parties doivent également respecter les dispositions de l’arrêté du 14 mars 2001 relatif à la monte publique des étalons des espèces chevaline et Art. n° 130 du 29 juillet 2003 portant aménagement des mesures prévues à l’instruction du 28 mai 1997 495 494 . 1 C. Si le principe de la convention d’indivision est prévu à l’article 815-1 du Code civil. 1872-1 al. En effet. Le contrat de syndication est certes une société en participation selon la jurisprudence mais le régime juridique de l’indivision conventionnelle lui convient également. 3 C. II- Le régime juridique de l’indivision conventionnelle applicable 160. et ce quel que soit leur nombre par rapport au nombre de saillies individuelles »497. par leur immixtion dans l’opération d’où est née sa créance. 1861 C. 496 Art. La cession de part de l’étalon. doit être constatée par écrit et notifiée aux autres associés selon les formes prévues à l’article 1690 du Code civil. 1872-1 al. « il est désormais admis. civ. 161. Art.

susceptible de justifier une requalification en société en participation. Sauf à le dire expressément. Le contrat de syndication stipule ainsi que la propriété de l’étalon est divisée en un certain nombre de parts égales502 ouvrant droit à l’exercice du droit de saillie selon les conditions stipulées. 502 Le nombre de parts variant entre 40 et 80 498 . la vente des saillies supplémentaires500 mais est-il besoin de le rappeler alors que cela procède de l’organisation des saillies. il est donc inutile de parler d’exploitation alors que le contrat de syndication a bien pour fonction principale l’organisation de l’exercice du droit de saillie entre les copropriétaires. Le contrat doit se conformer aux conditions particulières d’utilisation des reproducteurs fixées par les règlements de stud-books ou registres concernés.102 - . En effet. le cas échéant. leur caractère nominatif et leur numérotation. JORF n°71. p.10360 499 Arrêté du 24 janvier 2008 relatif à l’insémination artificielle dans les espèces équine et asine. Les références parfois portées dans de telles conventions à la vente de saillies supplémentaires apparaissent inopportunes puisqu’elles procèdent de l’organisation des saillies et sont de nature à induire le magistrat en erreur quant à l’intention réelle des parties. 163. p. De même. JORF n°69 du 22 mars 2001.asine498 et. modifié par un arrêté du 6 juin 2003. JORF n°141 du 20 juin 2003. un registre tenu par le gérant Arrêté du 14 mars 2001 relatif à la monte publique des étalons des espèces chevaline et asine. l’organisation des saillies. La clause mentionne fréquemment l’indivisibilité des parts.5062 500 Dites saillies bonus 501 Art. la publicité et en général toutes opérations pouvant être utiles à l’exercice du droit de saillie. civ. D’une manière générale. 2 C. 162. le syndicat a pour objet l’entretien de l’étalon. dans la plupart des cas l’exploitation de l’animal ne s’effectue qu’à titre personnel pour chacun des indivisaires. L’indication des quotes-parts appartenant à chaque indivisaire est essentielle sous peine de nullité de la convention501. une stipulation relative à l’exploitation de l’étalon conduit à envisager l’idée que la convention excède le simple cadre de l’organisation du droit de saillie. de l’arrêté du 24 janvier 2008 relatif à l’insémination artificielle dans les espèces équine et asine499. 1873-2 al. Ainsi.

Le contrat de syndication comporte toujours une clause relative aux saillies individuelles et une autre relative à celles mises en commun. 164. le nombre de saillies individuelles octroyées à chacun est proportionnel au nombre de parts possédés. BOI 4 A-10-03.103 - .indique le nom. Au demeurant. trois ou quatre ans et un règlement établi par le gérant doit alors indiquer pour chaque porteur de part les années où il obtient un droit à saillie supplémentaire. Les saillies bonus peuvent être attribuées périodiquement ou seulement lorsque les circonstances sont jugées favorables par le gérant. dîtes gestion en pool. sous l’éventualité d’une augmentation des saillies. à chaque syndicataire. les parties sont libres d’aménager comme elle le désire la création de droits à saillie au profit de chacun d’entre eux. Le plus souvent. Fréquemment. sans que soit remis en cause le caractère indivisaire de l’organisation503. Soit ces saillies bonus sont prévues tous les deux. sur demande. Au titre des saillies individuelles. ces saillies individuelles peuvent faire l’objet d’une gestion collective. 165. Soit ces saillies bonus sont affectées par tirage au sort et toute part en bénéficiant ne participe plus aux tirages au sort ultérieurs éventuels jusqu’à ce que toutes les parts aient été désignées. Il n’est pas exclu en règle générale qu’un syndicataire détienne plusieurs parts. l’adresse et le nombre de parts de chaque copropriétaire ainsi que leur date d’acquisition. n° 130 du 29 juillet 2003 portant aménagement des mesures prévues à l’instruction du 28 mai 1997 503 . Le gérant peut être mandaté pour le compte du syndicat à la vente de ces saillies dites bonus. Il peut également être prévu. une répartition de saillies dites bonus. une liste des syndicataires avec les numéros et le nombre de parts est annexée à la convention. datée et attestée conforme par le gérant qui pourra la délivrer. à charge d’en répartir le produit de la vente entre tous les syndicataires proportionnellement à leur nombre de parts.

En général. à une association… 167. La cession du droit à saillie ainsi autorisée ne remet pas en cause la co-titularité du droit de saillie. En effet. En l’état actuel du droit positif. que l’on distinguera l’indivision. 28 mai 1997. En outre. de la société en participation. et ce quel que soit leur nombre par rapport au nombre de saillies individuelles »504.11826 . cela signifie que les seuils imposés par l’instruction du 28 mai 1997505 ont disparu et que la discussion est recentrée autour de l’objet du contrat de syndication. 1997. eu égard à l’objet de la copropriété et dès lors qu’elle est constituée sous la forme de l’indivision au sens des articles 1873-1 à 1873-15 du Code civil. n° 130 du 29 juillet 2003 portant aménagement des mesures prévues à l’instruction du 28 mai 1997 505 Instr. Concrètement. « en se plaçant sur le terrain de l’indivision 504 BOI 4 A-10-03. En effet.104 - . Des saillies gratuites seront également prévues et destinées à rémunérer les personnes physiques ou morales qui supportent les frais d’entretien de l’étalon. « il est désormais admis. 168. p. l’indivisaire concerné en demeure co-titulaire. Toutefois. BOI 4 A-11-97 . Dr. les parties sont libres dans la répartition des droits à saillies et peuvent ainsi prévoir l’attribution d’une saillie gratuite à un organisme professionnel. n°26. matérialisée par le contrat. la cession répétitive du droit à saillie par les indivisaires est de nature à remettre en cause le caractère personnel de l’organisation et peut être l’indice de la constitution d’une société en participation. il est reconnu à chacun des indivisaires la possibilité de céder son droit à saillie. que le caractère indivisaire de l’exploitation n’est pas remis en cause du fait de la gestion en commun des saillies supplémentaires ou de l’attribution de saillies gratuites. Le contrat de syndication peut être conclu pour une durée déterminée comme indéterminée. moyen d’exploitation en commun de l’étalon en vue de la commercialisation des droits à saillie. Fisc.166. C’est donc bien selon la volonté des parties. moyen de répartition des droits à saillie en vue d’un usage principal à titre personnel.

« le partage peut être provoqué à tout moment par un indivisaire pourvu que ce ne soit pas de mauvaise foi ou à contretemps »512. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. 509 Art.. 2 C.Deboissy et G. 3 C.conventionnelle. « le partage de l’indivision ne peut être provoqué avant le terme convenu qu’autant qu’il y en a de justes motifs »511. 1873-3 al. civ. 507 F. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. p.225 et s. interprétant le contrat dans le sens qui valide le terme incertain.. interdit toute stipulation visant à réduire davantage le droit au 506 F. A défaut. Lorsque la convention est conclue pour une durée indéterminée. 512 Art. avriljuin 2000.Wicker. civ. Cette disposition impérative. 508 Art. p. civ. 1 C. Mais « la convention ne saurait excéder cinq ans… la limitation à cinq ans doit s’appliquer que le terme retenu soit certain ou incertain »507. 1873-3 al. le contrat de syndication cesse au terme convenu et ce sont alors les règles de l’indivision légale qui ont vocation à s’appliquer509. Mais le risque est encore que l’administration fiscale ou le juge. Guillaume Wicker et Florence Deboissy indiquent ainsi que « pour un syndicat d’étalon. RTD civ. p.225 et s. civ. les indivisaires ont la faculté de décider de maintenir leur groupement pour une durée déterminée ou pour une durée indéterminée »506. Au-delà de cette période. 1873-3 al. avriljuin 2000. . 3 C. cette stipulation n’est pas nulle mais réduite à cinq ans. 1873-3 al.105 - . RTD civ.225 et s. Cependant.Deboissy et G. 511 Art. 169. « dont l’objet est de faire obstacle à une demande malicieuse ou économiquement inopportune. avriljuin 2000. les parties sont libres de prévoir que la convention se renouvellera par tacite reconduction soit pour une nouvelle durée déterminée au plus égale à cinq ans.Wicker. soit pour une durée indéterminée508. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. considèrent que les parties ont entendu constituer une société »510.Deboissy et G.. 510 F. il n’est pas possible de prévoir utilement un terme incertain correspondant à la durée d’exploitation de l’étalon indivis : si cette durée s’avère supérieure à cinq ans. Lorsque la convention est conclue pour une durée déterminée.Wicker. la convention est donc expirée et l’indivision soumise au régime légal. RTD civ.

L’indivision est nécessairement administrée par un gérant. provoque une décision collective chaque fois qu’une offre d’achat de l’étalon est formulée . 513 F. une telle stipulation peut également conduire le magistrat à requalifier le contrat. choisis parmi eux ou non. Les pouvoirs du gérant s’étendent nécessairement à tout ce qui est utile à l’organisation et l’exercice en collectivité du droit de saillie. décide de l’attribution des saillies bonus . soit en justice516 et a le pouvoir d’administrer seul les biens indivis517. 516 Art.225 et s.Deboissy et G. 1873-6 al. RTD civ. civ. 1 C. établit et signe les cartes de saillie . 518 Art. Ainsi. Mais en présence d’une telle stipulation.Deboissy et G. 515 Art. 1873-5 al. Au demeurant. p.Wicker. RTD civ. 1 C. et sur renvoi art. « seraient là encourues la nullité de celle-ci ou la requalification du groupement en société »514. qu’il soit personne physique ou personne morale. de nombreuses limitations sont apportées à ses pouvoirs et toute clause qui confèrerait au gérant des pouvoirs plus étendus est réputée non écrite518. Il appartient aux indivisaires de nommer un ou plusieurs gérants.225 et s. 514 F.partage de chacun des indivisaires »513. Toutefois. 1 C. avriljuin 2000. 170. dans la mesure de ses pouvoirs. tient la comptabilité et paie et encaisse toutes sommes pour le compte du syndicat. soit pour les actes de la vie civile. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux..106 - . Le gérant doit représenter les indivisaires. le gérant surveille la monte. 1873-6 al. décide du nombre et du prix de vente des saillies supplémentaires . civ. civ. intervient dans les cessions de parts selon les conditions stipulées . 1421 al. civ. civ.Wicker. 2 C. 517 Art. . rien n’empêche les indivisaires de limiter les pouvoirs du gérant. décide de la réduction du nombre de saillies et de la vente en France de saillies au cours de la période de monte dans l’hémisphère sud . avriljuin 2000. 2 C. et de fixer à l’unanimité les modalités de leur désignation 515. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. 1873-6 al. voire par un comité. p. En sens inverse..

avriljuin 2000. avriljuin 2000. les parties à une convention d’indivision peuvent valablement décider de soumettre au jeu de la majorité les décisions qui excèdent les pouvoirs du gérant. Bull. la modification de la convention … Même si cette stipulation rapproche la convention d’indivision du modèle sociétaire. des indivisaires »522. notamment s’agissant du délai dans lequel le gérant doit s’acquitter de cette obligation. il est prévu que le gérant adresse chaque année. pourra être décidé à la majorité. les parties sont libres d’aménager les modalités du vote pour les questions relatives à la révocation du gérant et à la nomination de son successeur. un 519 520 Art. Généralement. Une clause peut utilement en prévoir les modalités. simple ou renforcée. 3 mai 2001. En effet. IDE. un compte-rendu technique de la saison de monte . 523 CA Lyon. relatif à un meuble indivis.171.. 172. « le gérant n’ayant pas compétence pour disposer de l’étalon dont la vente ne correspond pas aux besoins d’une exploitation normale. et au plus tard le 31 janvier. 1873-8 al. En revanche. sous réserve qu’il n’y ait pas d’incapables.. Ainsi. L’acceptation d’une proposition d’achat de l’étalon. 3 C.225 et s. Art. RTD civ. civ. il peut être convenu que cet acte.Deboissy et G.107 - . RTD civ. avec indication du nombre de parts possédées .Wicker. elle reste conforme aux prévisions de la loi puisque l’article 1873-8 alinéa 3 du Code civil prévoit l’unanimité uniquement pour l’aliénation des immeubles indivis.Deboissy et G.Wicker. Si « la règle majoritaire ne saurait donc être adoptée sans qu’il en résulte une requalification du groupement en société. p. Le gérant est tenu de rendre des comptes aux autres copropriétaires sous peine d’engager sa responsabilité523. à l’exclusion cependant des actes portant aliénation d’un immeuble indivis »521. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. 1 C. n°23 : le gérant manque à ses obligations en ne permettant pas au copropriétaire d’envisager d’autres modalités d’entretien ni d’accepter ou de refuser la vente des chevaux . En principe. en tant que bien meuble. 1873-8 al. civ. les indivisaires prennent leur décision à l’unanimité 519 sauf stipulation contraire prévoyant que certaines décisions seront prises à la majorité520. est une décision qui peut être décidée à la majorité des indivisaires. 522 F.225 et s. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. la liste des syndicataires. p. 521 F.

BOI 4 A-10-03. avec indication du montant à encaisser ou à payer pour chaque syndicataire. Pour les cessions de parts indivises. il doit leur être interdit de compléter ce droit par une clause d’agrément afin d’atteindre les opérations cession à titre gratuit. voire une simple fatigue passagère rendent plus difficile la saillie des poulinières. mais il est tenu d’en informer ses co-indivisaires qui bénéficient alors d’un droit de préemption. aura souffert d’une telle mesure. civ. portant aménagement des mesures prévues à l’instruction du 28 mai 1997 526 F. de même. les règles prévues pour l’indivision légale sont applicables par renvoi à l’indivision conventionnelle524.compte-rendu d’attribution des saillies bonus . 174. Ainsi.108 - . . la réduction du nombre de saillies sera opérée sur les parts désignées par tirage au sort et toute part qui.. les indivisaires ne peuvent convenir de supprimer le droit de préemption ou de rendre son exercice plus difficile . une maladie. un état détaillé des ventes de saillies supplémentaires et des frais. qui échappent à son empire »526. Un ordre de priorité peut être défini. le contrat de syndication doit nécessairement comporter « un droit de préemption des indivisaires en cas de cession des droits de l’un d’entre eux à un tiers » sous peine de requalification525. 4. L’hypothèse de la réduction du nombre de saillies est à prévoir puisqu’il arrive malheureusement qu’un accident. RTD civ. échange et apport en société -.Wicker.Deboissy et G. dation en paiement. 1873-12 al. avriljuin 2000. Un indivisaire est libre de céder ses droits indivis à un tiers à titre onéreux. Ainsi. 1 C. ne sera plus soumise à ce procédé les saisons à venir jusqu’à ce que toutes les parts aient subi le même sort. il est fréquemment stipulé que pour les raisons sus exposées. à l’inverse. la réduction du nombre de saillies s’opérant d’abord sur les saillies bonus. En effet. 173. p. 524 525 Art.225 et s. au cours d’une saison. C’est pourquoi une clause du contrat de syndication peut lister les causes justifiant une réduction du nombre de saillies et leur conséquence. Pt. « dans les limites de la qualification d’indivision. n° 130 du 29 juillet 2003. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux.

spéc. parfois concédée à un tiers. En effet. s’effectue dans un cadre largement défini par lesdits codes. Diffusion Agence Cheval de France. Le Cheval. et l’entraîneur. Les associations dont il s’agit en l’espèce ne s’entendent pas des associations régies par la loi du 1er juillet 1901. Au contraire. en particulier dans le cas de chevaux de compétition. le contrat d’association est défini comme le contrat par lequel plusieurs copropriétaires déclarés mettent en 527 P. la fiscalité.LE CONTRAT D’ASSOCIATION 175. 176. sont autant de facteurs qui poussent à la séparation entre la propriété et l’exploitation. Plusieurs personnes peuvent acquérir ensemble un cheval de course et formaliser leur relation au travers d’un contrat dit d’association qui aura pour vocation d’organiser les rapports entre les propriétaires quant à l’exploitation de la carrière sportive de l’animal. l’appropriation du cheval en vue de son exploitation serait impossible. le statut de l’entraîneur ainsi que les usages. La doctrine soumet le contrat par lequel plusieurs copropriétaires déclarés organisent leur rapport commun quant à l’exploitation totale ou partielle de la carrière d’un cheval aux règles de l’indivision conventionnelle. Institut Droit Equin. c’est à dire la personne agréée pour faire courir sous ses couleurs.52 . Sans la formalisation de cette mise en commun de moyens financiers par le contrat d’association. Pour les chevaux de course. de courses ou de concours »527.§II. « la spécialisation et la professionnalisation des activités.109 - . dans le monde du concours. la recherche de l’efficacité et même de la performance.Lévêque. Dans le monde des courses. le besoin de capitaux. 2006. 177. l’organisation juridique des rapports entre le propriétaire au sens des Codes des courses. Contrats et Responsabilités. les conditions de fonctionnement du contrat d’association sont précisées par les codes des courses de chaque spécialité. En effet. p. la liberté de la convention demeure entière.

Le groupement de propriétaires dans le cadre d’un contrat d’association révèle bien un but commun. 179. et aux articles 1871 à 1873 du Code civil relatifs à la société en participation. « la société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d’affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter »531. pour profiter d’économies même si le résultat est aléatoire. 178. à tout le moins. l’acquisition du cheval de compétition en vue de son exploitation. . 1 C. BOI 5 G-12-02 530 La société en participation ou l’indivision 531 Art. L’administration fiscale considère également que les associations de carrière de course. dans un cadre dépourvu de la personnalité morale. 1832 al. structures ne disposant pas de la personnalité juridique et régies par le Code des courses. 3. il semble possible de rattacher le contrat d’association au régime des sociétés. Par référence à l’article 1832 du Code civil relatif aux dispositions générales concernant la société. civ.commun l’exploitation totale ou partielle de la carrière de l’animal. et plus particulièrement de la société en participation dépourvue de la personnalité morale. Selon les dispositions du Code civil. L’organisation de la propriété collective d’un ou plusieurs chevaux. le contrat d’association s’analyse plus volontiers en une indivision conventionnelle. leur réunion ne constituant entre eux qu’une indivision temporaire528. peut en effet se rattacher à deux types de contrats530. Les caractères de la société en participation existent indéniablement dans le contrat d’association. Cependant. §XXXIII du Code des courses au trot Instruction fiscale du 28 octobre 2002.110 - . témoignant de l’affectio societatis qui unit les associés. constituent une indivision conventionnelle529. ainsi 528 529 Art. lesquels ont effectué un apport de biens en vue d’en tirer un bénéfice ou. La convention d’association exige tout d’abord une déclaration écrite et signée mentionnant les noms et adresses de chacune des personnes détenant une part de propriété du ou des chevaux objets de l’association.

La déclaration doit en outre mentionner le nom de la personne à qui est attribué le pouvoir de faire courir l’animal sous son nom. les engagements éventuellement cédés à l’association. la désignation précise de l’animal ainsi que les autres conditions financières532. soit pour une durée indéterminée correspondant à la carrière de course de l’animal. le contrat d’association peut être résilié à tout moment par une déclaration de résiliation signée par l’associé dirigeant sous sa seule responsabilité et attestant de l’accord de tous les associés . Le contrat d’association doit encore stipuler le nom de l’entraîneur. à défaut 532 Répartition des frais d’entraînement. des frais d’assurance… . étant entendu que le dirigeant de l’association doit posséder au moins vingt pour cent de la propriété du cheval. Le contrat d’association doit contenir des stipulations relatives à la répartition en pourcentage entre les associés des sommes gagnées par le cheval et des sommes dues. ainsi que toutes les stipulations imposées par la loi. 181. de souscrire les engagements et d’être créditée des sommes gagnées sur le compte dont elle est titulaire et dont elle seule reçoit communication. des frais vétérinaires. les modalités de participation du cheval aux courses à réclamer et aux courses d’obstacles ainsi que la désignation de l’associé dirigeant et le nombre de mandats nécessaires pour qu’il soit autorisé à modifier le contrat d’association concernant l’administration de l’animal. Les associés dont le nombre ne peut excéder six doivent tous être personnellement agréés par les commissaires de la Société d’encouragement à l’élevage du cheval français.que la proportion relative de cette part. La durée du contrat doit être fixée soit pour une durée déterminée sans résiliation envisageable avant la date d’expiration à l’initiative des associés non dirigeants. 180. Mais quelle que soit sa durée. soit pour un nombre déterminé d’années civiles renouvelables par tacite reconduction sauf dénonciation de l’un des associés sous respect d’un préavis avant la date d’échéance.111 - .

les associés sont solidairement responsables du paiement des entrées. 182. L’inscription d’une personne physique ou morale sur la liste des oppositions est maintenue jusqu’à complète libération de la dette entre les mains du directeur général de la Société d’Encouragement du Cheval Français. celui-ci ne peut être entraîné. Ainsi souligné. à lui trouver un remplaçant. il est passible des sanctions prévues au Code des courses pouvant aller jusqu’au retrait des couleurs. il est essentiel de souligner le caractère impératif de certaines règles prévues par les Codes des courses. 53 du Code des courses . le contrat d’association constitue bien une indivision conventionnelle obéissant en sus aux dispositions des Codes des courses. forfaits et autres sommes.de justifier de cet accord. aussi longtemps que le nom de l’animal figure sur la liste. La carrière du cheval ne peut que souffrir de l’absence de paiement des frais et sommes dues. Dans l’hypothèse où l’un des associés désire se retirer de l’association. la solution consiste alors à racheter sa part. Aussi longtemps qu’une personne figure sur la liste des oppositions. l’animal et les associés peuvent être amenés à être inscrits sur la liste des oppositions lorsque certaines sommes dues n’ont pas été payées533. De même. entraîner.112 - . En effet. 183. faire courir. dû en vertu des dispositions du Code des courses. 533 Art. ni ne monter aucun cheval dans aucune course publique. ni courir en France comme à l’étranger. A ce titre. elle ne peut engager. A propos de la rédaction du contrat d’association. voire à vendre l’équidé dans une course à réclamer ou dans une vente aux enchères.

Le cheval. 2006. spéc. l’association avec le propriétaire d’une poulinière en vue de l’appropriation du produit à naître consiste à faire s’accoupler l’étalon et la jument. Ainsi.ou en vue de la revente de la poulinière pleine par un contrat dit de « mare-sharing »535 -§II-.SECTION II L’APPROPRIATION DU CHEVAL FONDEE SUR LA CONJONCTION D’UN ETALON ET D’UNE JUMENT 184. contrats et responsabilités. C’est ainsi que les parties vont formaliser leur relation en vue de l’exploitation du produit à naître par un contrat dit de « foal-sharing »534 -§I. le propriétaire de l’étalon va mettre l’animal à disposition de son partenaire en vue de la saillie de sa poulinière. d’autre part le titulaire d’une saillie »536. La saillie ainsi réalisée au profit du propriétaire de la jument ne trouve pas sa contrepartie dans le paiement d’un prix mais dans la volonté des parties de devenir copropriétaire du produit à naître. §I.113 - . p. LE CONTRAT DE « FOAL-SHARING » 185.Fishelson. En effet. Institut du Droit Equin. l’objectif vers lequel tend le propriétaire de l’étalon correspond au souhait d’obtenir ultérieurement une partie des bénéfices tirés de l’exploitation du produit à naître et le propriétaire de la poulinière profite de la saillie effectuée par un étalon de qualité sans contrepartie financière immédiate. Diffusion Agence Cheval de France. Pratiquée essentiellement par les éleveurs de pur-sang. Le contrat de « foal-sharing » est « un contrat qui associe d’une part le propriétaire d’une jument poulinière.16 535 534 . Expression anglo-saxonne signifiant « poulain partagé » Expression anglo-saxonne signifiant « jument partagé » 536 M-D.

Désormais. auxquelles les performances du poulain donnent droit. p. A l’origine. 12 de l’arrêté du 26 juillet 1976 publié au JO du 24 août 1976. le naisseur est le propriétaire de la poulinière. Néanmoins.5073 539 Arrêté du 21 avril 1988 publié au JO du 5 mai 1988. mère du produit au moment de la mise bas. le nom et la part des naisseurs sont indiqués sur la déclaration sans toutefois qu’il soit possible d’en enregistrer plus de quatre »538. « sauf convention contraire. calculées en fonction des gains en courses. le caractère supplétif de ces dispositions permet aux parties d’être naisseur de tout ou partie d’un produit.6189 portant modification de l’article 12 de l’arrêté du 26 juillet 1976 540 Système d’Information Relatif aux Equidés . 187. les propriétaires respectifs des deux animaux conviennent qu’ils sont copropriétaires et co-éleveurs du produit à naître et enregistrent leur déclaration comme telle auprès du SIRE540. La formalisation de la relation au travers d’un contrat dit de « foal-sharing » dépasse le cadre circonscrit de l’organisation de la propriété du produit à naître en encadrant les rapports entre les parties relatifs à l’exploitation ultérieure de l’animal. p. sans pour autant être propriétaire de la poulinière.En définitive. nulle obligation ne les contraint à procéder à une répartition des parts par moitié et le droit de propriété sur la poulinière comme sur le poulain 537 538 Art. mère du produit au moment de la mise bas. mère du produit au moment de la mise bas »539. Autrement dit.114 - . 188. En tant que telle. le naisseur était « le propriétaire de la poulinière. Le naisseur est la personne qui va bénéficier des primes. 12 de l’arrêté du 26 juillet 1976 publié au JO du 24 août 1976. la dissociation entre la propriété de l’animal et son exploitation se matérialise par l’intermédiaire de la notion de naisseur. 186.5073 Art. on est en présence d’un partenariat au sein duquel le titulaire du droit de saillie ne fait pas payer ladite saillie mais obtient en contrepartie de son engagement la qualité de copropriétaire du produit à naître ainsi que des droits sur les bénéfices éventuels tirés de son exploitation. le naisseur est enregistré au vu d’une déclaration faite sur l’honneur »537 et « en cas de copropriété. p. En général.

110 et s. p. 18 novembre 1997. contrats et responsabilités. Le droit du cheval et de l’équitation.Fishelson. Le plus souvent. spéc. des personnes qui ne sont pas copropriétaires du poulain peuvent néanmoins être déclarées conaisseur541. 189. p. Les critères distinctifs de la société et de l’indivision depuis les réformes récentes du Code civil. RTD com. Hallope c/ Vacher TGI Rennes. Ainsi. Le cheval. 29 septembre 1990. Pour la doctrine contemporaine. il est acquis que « l’affectation d’un bien indivis à une exploitation commune correspond à une société en participation … »547. une partie peut être déclarée co-naisseur malgré l’absence de contrat542. Or.645 546 Art.. RTD com. Nous constatons que le propriétaire de l’étalon recherche essentiellement la qualité de naisseur en contrepartie de la gratuité d’un droit à saillie qu’il confère à son partenaire.115 - . com.999. France Agricole.645 545 C.à naître est sans incidence sur la qualité de naisseur. Gale impôts et autre 542 541 . Parfois. en raison des prescriptions existantes au cas d’espèce. Or.Carius. 2006. éd. p.Saint-Alary-Houin. p. le propriétaire du mâle apporte la saillie et celui de la femelle permet la gestation en vue de la naissance du poulain. 1 C.Saint-Alary-Houin. cette association pose des difficultés de qualification543. 1832 al. le critère de détermination d’une société s’exprime par une « volonté d’affectation de biens à l’entreprise commune »544. « la société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d’affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter »546. civ. M. En effet. Les critères distinctifs de la société et de l’indivision depuis les réformes récentes du Code civil. 26 août 1996 : « le poulain est un fruit devant accroître le patrimoine du propriétaire de la jument mère qui peut passer toute convention relative au démembrement de la qualité de naisseur » 543 M-D. 547 Cass. 1979. n°96-10. De Rothschild c/ Dir.. le contrat de « foal-sharing » organise la future exploitation en commun du poulain détenu en copropriété en procédant au partage préalable des droits sur les bénéfices éventuels tirés de son exploitation. « si les membres affectent le bien indivis à une entreprise commune en vue de partager le CA Angers. Institut du Droit Equin. 2005. l’affectio societatis demeurant la condition d’existence d’une société545. En effet. 1979.. Diffusion Agence Cheval de France. Pour autant. qui hésiterait avec la société en participation mais ferait de l’indivision conventionnelle le principe 544 C.16 qui hésite entre la qualification en association ou en société en participation . le cœur de la relation réside dans la reproduction d’une jument par un étalon déterminé .

15 février 2006. JCP G. C’est d’ailleurs en ce sens que Patrick De Watrigant précise que « l’on parle encore d’association alors qu’il s’agit également plutôt d’une société en participation où les associés apportent pour une durée limitée. à une société » 548. p. 192. De Rothschild c/ Dir. En effet. RTD com. n°96-10999.1869 548 . p. de sorte qu’il n’existe pas une véritable coopération. Le cheval de course. Gale impôts et autre. com. 2006. chacun un élément de valeur très variable »549. les parties procèdent respectivement à des apports au moment de la formation du contrat de société et prévoient leur qualité de copropriétaire du produit à naître. conformément à l’article 1832 du Code civil. le groupement s’apparente. de société en participation. 191. Or. Thèse Bordeaux. Le contrat de « foal-sharing » n’est enfin pas un contrat d’association dans la mesure où l’association est définie comme un contrat par lequel deux ou F.116 - ..710 549 P.De Watrigant. on constate que la particularité de cette relation engendre nécessairement la qualification. 190. note sous Cass. 1975 550 CA Paris.. Dans cette optique. nous constatons que le rôle du titulaire du droit de saillie se limite à l’apport de la saillie. 1998. et notamment une structure ad hoc de prise de décisions concertées. 193. pour le contrat de « foal-sharing ». Le contrat de « foal-sharing » n’est pas un contrat de coopération puisque celui-ci requiert la promesse de coopérer avec la rédaction des diverses modalités de mise en œuvre de cette promesse. 18 novembre 1997. à la lecture attentive du contrat de foal-sharing.bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourrait en résulter. Le contrat de « foal-sharing » n’est pas non plus un contrat de collaboration qui envisage le rapprochement des parties pour faire avancer un projet commun sans toutefois obligation de réaliser celui-ci550. il n’existe pas à proprement parler de projet commun mais uniquement la volonté du propriétaire de la poulinière d’obtenir la saillie d’un étalon de qualité et celle de son cocontractant de recevoir des droits sur les bénéfices éventuels tirés de l’exploitation de l’équidé.Deboissy. A l’examen des notions voisines.

1er de la loi du 1er juillet 1901 . excluant de ce seul fait la qualification en contrat d’association. Le contrat de « mare-sharing » est similaire au contrat de « foal-sharing ». exception faites du but que les parties se proposent d’atteindre. En effet.117 - . Or. l’idée de la conjonction d’un étalon et d’une jument est identique puisque le propriétaire de l’étalon fait saillir gratuitement la poulinière de son cocontractant. Cependant. C’est donc une formule contractuelle 551 Art. le contrat de « mare-sharing » a pour objectif la vente de la poulinière pleine et non le partage des bénéfices éventuels tirés de l’exploitation du produit à naître. le propriétaire de l’étalon bénéficie de droits sur la vente ultérieure de la poulinière pleine. force est de constater que le contrat est emprunt de cette volonté de répartir au préalable le bénéfice éventuel selon les modalités stipulées. §II. Le droit de propriété de la poulinière n’est toutefois pas affecté par l’opération. même si l’animal n’atteint jamais un niveau susceptible de générer des gains.plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité mais dans un but autre que de partager un bénéfice551. le contrat a pour but de procéder au partage préalable des droits sur les bénéfices éventuels tirés de l’exploitation du poulain dont les parties sont copropriétaires. au contraire de celui du poulain dans le cadre du contrat de « foal-sharing ». Il s’agit d’une déclinaison singulière du contrat de « foal-sharing » où le partage n’est plus celui du poulain mais celui de la jument. LE CONTRAT DE « MARE-SHARING » 194. Néanmoins. On est ainsi en présence d’un partenariat au sein duquel le titulaire du droit de saillie ne fait pas payer ladite saillie mais obtient en contrepartie de son engagement une partie du prix de vente de la poulinière pleine. en l’espèce. 195. Par conséquent.

Il s’agit donc bien d’un mode d’appropriation singulier même si la poulinière pleine a vocation à être vendu rapidement. Cf.190 C.645 553 552 .Saint-Alary-Houin. le contrat de « mare-sharing » est une société en participation.189 . RTD com. à savoir une « volonté d’affectation de biens à l’entreprise commune »553.singulière où le propriétaire de la jument devient propriétaire d’une poulinière pleine grâce à la saillie d’un étalon dont le propriétaire bénéficie de droits sur la vente de l’animal en gestation. Les critères distinctifs de la société et de l’indivision depuis les réformes récentes du Code civil.118 - .. Pour les mêmes raisons que le contrat de « foal-sharing »552. 1979. p. Pts.

la préhension initiale de l’animal est légitimée par la notion juridique d’occupation et l’occupation habituelle devient un moyen de conservation de la propriété par le jeu de la possession. mais en raison des difficultés d’application qu’il suscite malgré les efforts de simplification entrepris par la jurisprudence tenant la possible application de la garantie des vices cachés du Code civil en présence d’une convention contraire. Ainsi. qu’il s’agisse de pratiques communes aux animaux ou propres au cheval.CONCLUSION Le droit légitime et régit les pratiques d’appropriation du cheval par l’homme. Le développement du commerce et la naissance corrélative des opérations de transfert de propriété du cheval conduisent à l’application du droit commun de la vente. nous nous sommes interrogé sur la pertinence de cette construction juridique. La nature vivante de l’animal met en exergue le caractère inadapté de la garantie de conformité et justifie une dérogation à la garantie des vices cachés. Malgré cette critique du maintien de la garantie des vices rédhibitoires.119 - . la visite vétérinaire d’achat est logiquement analysée en une condition suspensive. Confrontée à l’évolution imprévisible de l’animal. Mais parce qu’il est appliqué à un cheval dont la nature diffère des choses inanimées à propos desquelles le droit commun de la vente a été établi. Ainsi. le nécessaire transfert corrélatif des documents du cheval est confié à la théorie de la délivrance de l’accessoire… . le droit commun de la vente est d’une application satisfaisante au cheval. La propriété du croît de l’animal est soumise au droit d’accession. et le caractère inadapté de la garantie de conformité. Au demeurant. la vérification préalable des aptitudes de l’animal en un essai. lequel permet de déterminer le fondement de la maîtrise humaine de l’activité de reproduction équine. la théorie des vices du consentement trouve cependant avec le cheval un terrain d’application favorable. le régime semble critiquable. non dans l’esprit du texte. C’est ainsi que les vices affectant le cheval relèvent d’un régime dérogatoire. celui des vices rédhibitoires.

En définitive. le juriste a puisé au sein des outils à sa disposition.120 - .Faisant face à des modes contractuels singuliers d’appropriation du cheval. . indivision conventionnelle ou encore société en participation. droit des sociétés. l’analyse du régime juridique de l’appropriation du cheval met en exergue la soumission du cheval au droit commun.

121 - .TITRE II LE REGIME JURIDIQUE DE L’EXPLOITATION DU CHEVAL .

Ethnologie d’un phénomène de société. spéc. Messénie et Eubée557. moribus et placitis Epicuri.Digard.Gassendi.196. Institut du Droit Equin. « le constat de la diversité de leurs utilisations s’accompagne de l’observation. éd. s'étendant progressivement à partir du sud de la Grèce continentale sur le monde égéen dans son ensemble 556 R. fin de l'âge du bronze. 2006.Descartes. qui dans ses trois ouvrages considère la matière active et estime que les animaux disposent d’une petite âme 554 . Fayard. Le cheval.Lévêque.Touchais. au cheval de loisir. de 1550 à 1100 avant Jésus-Christ environ. civile et militaire.291 558 S. Favorisée par la théorie de l’animal machine562 qui constitue une hypothèse éthologique issue du mouvement mécaniste créé par René Descartes et fortement contesté dès cette époque par Pierre Gassendi 563. De nos jours encore. Syntagma philosophiae Epicuri. Diffusion Agence Cheval de France. L’animal dans les pratiques de consommation. PUAM. ne drainent plus guère de fonds. et chevaux et bovins subissent le même type d’exploitation en Epire.Desmoulin. les activités d’élevage ou de soins.Darcque. PUF. Les français et leurs animaux. Dès avant notre ère. Les civilisations égéennes du Néolithique et de l'âge du bronze. la question du fondement et des origines de cette exploitation se pose.Gille.Burgat. du gentleman-rider ou des habits rouges au jockey professionnel ou au cavalier sponsorisé »561. 1967.90 563 P. ovidés. Discours de la méthode. p. J-C. Or. spéc. Dès lors. toujours renouvelée. Gallimard. 1995. Les animaux domestiques et sauvages en France du néolithique au gallo-romain : étude d'ethnozoologie à partir de vestiges osseux. 1647 . « on ne saurait ignorer le poids de l’élevage dans l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire françaises »559 et « si les activités de traction animale. pour le sport ou le jeu. contrats et responsabilités.21-37 561 P. Flammarion.25 559 F. Rev. Dr. Lyon. Béotie. 2008. Bibliothèque de la Pléiade. p.Treuil. Rur. p.287 . la civilisation mycénienne555 connaît l’élevage ovin556.122 - . p. 197. l’animal est Sur la condition des équidés au cours de l’histoire. moribus et doctrina Epicuri libriocto. Equidés.Poursat et G. J-P.51 562 R. Paris. Hachette Littérature. Les nouvelles règles en matière de commerce et d’hébergement des animaux de compagnie. importantes au XVIII et XIX siècles. p. 1999. T.. Histoire des techniques. 1994. L’animal entre science et droit. Cf. De vita. 2006. l’importance du monde équin est manifeste.Poulain-Josien. Thèse Aix-Marseille. n°374. de dressage et de vente d’animaux de compagnie sont florissantes »560. De Vita. Lyon. 1972 555 La civilisation mycénienne est une civilisation égéenne de l’Helladique récent. suidés. seu Animadversiones in librum X Diogenis Laertii. spéc. de leur importance socio-économique »558. Institut d'ethnologie. p. « du cheval omniprésent dans la vie quotidienne.345 . En effet. L’exploitation du cheval par l’homme constitue le prolongement naturel de son appropriation primitive554.96 560 F. Lyon. P.Chouvel. p. coll. 1978. p. PUF.23 557 B. n°225. 1649 . 1649 .

pour un commentaire : Cf. Summa theologiae cum Supplemento et commentariis Caietani. 1886-1906. Pal. Structures et méthode dans la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin. Gaz.d’Aquin. Une question fondamentale s’inscrit alors dans le droit fil de notre démarche : comment le droit s’est-il comporté à l’égard des diverses formes d’exploitation humaine du cheval ? Constatons que le droit régit différents modes d’exploitation du cheval -Chapitre I.Antoine.Daigueperse. 2005 564 .Lafont.. 198. pénal et rural restent figés pour l'essentiel dans une conception exploitatrice et prédatrice de l'animal. éd. « les Codes civil. éd. Si l’affirmation n’est plus tout à fait d’actualité puisque « les dernières décennies se sont traduites par une prise de conscience véritable en faveur d’une réhabilitation générale de l’animal »566.. 2002. sujet de droit : réalité de demain. L’animal. Rapport sur le régime juridique de l’animal.initialement perçu comme dénué de toute sensibilité et asservi à l’homme 564. p.123 - . de l'élimination des espèces nuisibles »565. il est essentiel d’observer que « c’est bien en fonction de son utilité qu’est appréhendé l’animal en 1804 »567. T. Revue Lamy Droit Civil. n°269. envisagé sous l'angle de la chasse. du Cerf. composé à l’origine entre 1269 et 1272 où l’auteur ratifie la conception de l’animal consistant à le considérer au service des êtres humains .63 568 S.comme le fait même de l’exploitation -Chapitre II-. Gaz. 1996 565 J.160 567 F. Tabou sur l’animal. Paris. En ce sens. Rome. autrement dit « uniquement en tant que valeur économique et patrimoniale »568. p. Ministère de la Justice. Léonine.Lachaud.19 566 C. de la pêche. Janvier 2006. G. p. 1981.Dumont. L’animal : un être juridiquement en devenir. de l'exploitation agricole. Pal.

élevage et exploitation des animaux domestiques.Lévêque. entraîneur. en dépôt dans un haras national. contrats et responsabilités. jockey. qui le confie à un entraîneur public gagnant sous la monte d’un jockey sous contrat. acheté à la vente annuelle des yearlings de Deauville par l’intermédiaire d’un courtier agissant pour le compte d’un syndicat de propriétaires.Diffloth. 200. Le cheval.Lévêque. Institut du Droit Equin. Le cheval. dont l’exemple n’est pas rare dans la spécialité des courses au trot. PUF. P. de fiscalité… »569. éd. p. ou dans celle du concours. p. spéc. de professionnalisation. spéc.Jeangène Vilmer. L’animal est ainsi exploité au quotidien sous diverses formes et par une foule de prestataires différents571. contrats et responsabilités. Baillère et fils. 2006. Le cheval est « enjeu d’argent. puis réformé des courses et vendu à un groupe de cavaliers amateurs qui confient sa carrière à un cavalier professionnel »570. au cheval né d’un saillie d’un crack. Son utilité fonde son exploitation prédatrice et légitime la diversité des activités dont il est l’objet. Diffusion agence cheval de France. Son importance socio-économique n’est pas démentie. Institut du Droit Equin. Ethique animale. 2006. 569 P.51 571 J-B. 1917 .51 570 P. Passant ainsi « de la carrière simple du cheval appartenant à un naisseur éleveur propriétaire.124 - . Diffusion agence cheval de France. Cette diversité dans l’exploitation du cheval est aussi celle de l’animal.CHAPITRE I LE REGIME JURIDIQUE DES MODES D’EXPLOITATION DU CHEVAL 199. 2008 . Zootechnie générale.

p. de concours et de dressage… sa beauté.7 574 B. Le cheval. 2006. « sa force. sa puissance et son endurance en ont fait un animal de transport. 2006.51 573 B. p. spéc.Lévêque.Callé. transporté… En définitive. sa noblesse et son caractère en font un animal de loisirs et de compagnie »574. Le cheval est directement exploité par l’homme car « ces qualités. Le cheval. 572 P. en parallèle d’une exploitation directe du cheval. de guerre… sa rapidité. Diffusion Agence Cheval de France. Ainsi.7 . Diffusion Agence Cheval de France. les aptitudes du cheval déterminent son exploitation. une pratique répandue consistant pour les propriétaires de chevaux destinés à la reproduction ou à la compétition à se défaire de la maîtrise d’une activité lucrative de leur animal au profit d’un professionnel. qui l’ont autrefois retenu comme essentiellement utile. contrats et responsabilités. en ont toujours fait un animal de valeur »573. 2006. de travail et. C’est ainsi que nous observons. contrats et responsabilités. spéc. spéc. ce sont les aptitudes -§I. Le cheval. Pierre Lévêque « saisit la diversité des situations et le nombre de schémas envisageables pour mener à bien l’exploitation d’un cheval doué »572. son agilité et son adresse en font un animal de courses. Institut du Droit Equin. SECTION I LES MODES DIRECTS D’EXPLOITATION DU CHEVAL 201. malheureusement.du cheval qui sont exploités par l’homme. En effet. mais qui aujourd’hui le révèlent comme éminemment agréable. Mais le cheval doit aussi bénéficier de soins. p.et les besoins -§II. être hébergé.et indirects -Section 2.Callé. Institut du Droit Equin. contrats et responsabilités. Diffusion Agence Cheval de France. La pratique équine met ainsi en exergue des modes directs -Section 1. Institut du Droit Equin.A propos des équidés.d’exploitation du cheval.125 - .

spéc. Paris. 204. fondé à considérer que ses clients. En effet. des actes dits de préparation que l’article L. la jurisprudence distingue ainsi le loueur d’équidés de l’entrepreneur de promenades équestres. La qualification de la relation varie donc en fonction de l’existence éventuelle d’un encadrement durant la mise à disposition de l’animal. mais du cavalier . philosophe. p. Xénophon575 évoquait déjà l’entraînement du cheval par un tiers spécialisé576 et le Code d’Hammourabi la mise à disposition577 d’un animal. livrés à eux-mêmes et libres de choisir leur allure comme leur itinéraire.§I. Xénophon. Soucieux de procurer à des cavaliers néophytes comme confirmés l’opportunité de monter à cheval.126 - .et sa monte -III-. Xénophon. rur. le professionnel facilite la pratique de l’équitation d’extérieur par la location de l’animal. En général. libre alors de choisir son itinéraire comme son allure. sont de véritables cavaliers acceptant 575 576 sciemment de courir les risques d’un sport dangereux. J-C. §244 à 249 578 Selon l’article L. J-C. le prestataire propose des promenades accompagnées en sus de la simple mise à disposition du cheval au client.L’EXPLOITATION DES APTITUDES DU CHEVAL 202. et mort vers 355 av. Dans le prolongement de cette observation antique. historien et maître de guerre. non plus de l’animal.311-1 du C.311-1 du Code rural identifie comme tels578 -II. l’exploitation contemporaine des aptitudes du cheval comprend sa location -I-. Les Belles lettres. les activités de préparation et d’entraînement des équidés en vue de leur exploitation correspondent à la préparation des chevaux de course ou de concours et nous pouvons rajouter la préparation. à nuancer cependant au regard du rôle prépondérant joué par le niveau d’équitation du cavalier. I- La location du cheval 203. 2008.. Depuis 1985. né vers 426 ou 430 av.45 577 Code d’Hammourabi. De l’art équestre. A l’époque de la Grèce antique. « à la différence du loueur de chevaux.

civ. Il dispose d’une clientèle se composant « de clients qui peuvent tout ignorer de l’équitation et rechercher seulement le divertissement d’un parcours à dos de cheval sur l’itinéraire imposé par les préposés qui les accompagnent » 581 . n°97-11. 27 mars 1985. 207. Bull. JurisData n°138013 . 1èreciv... Le loueur d’équidés est un professionnel dont le métier consiste à mettre à la disposition de ses clients des chevaux pour pratiquer librement l’équitation d’extérieur. En revanche. 208. civ. I. Il dispose d’une clientèle se composant « de véritables cavaliers aptes à se tenir sur leur monture en la faisant galoper ou trotter dans les directions choisies par eux »580. 1èreciv.209 584 CA Paris. 11 mai 1999. civ. L’entrepreneur de promenades équestres est un professionnel dont le métier consiste à organiser des promenades menées sous la conduite d’un ou plusieurs accompagnateurs qui lui sont subordonnés. Cependant. n°111 582 CA Orléans. Bull. la simple mise à disposition d’un animal à un client suppose son aptitude « à se tenir sur sa monture en la faisant galoper ou trotter dans les 579 580 Cass. au contraire. Bull. Ecuries de Vineuil c/ SARL Les Galvinettes 583 Cass. I. 1èreciv. L’élément essentiel de la relation réside dans l’absence d’encadrement du cavalier durant sa promenade. le souhait du cavalier de partir seul suffit en général à constituer un contrat de location584. 27 mars 1985. à des clients qui peuvent tout ignorer de l’équitation et rechercher seulement le divertissement d’un parcours à dos de cheval sur l’itinéraire imposé par les préposés qui les accompagnent » 579. I.l’entrepreneur de promenades équestres s’adresse. 1èreciv. n°111 581 Cass. 2 février 2001..127 - . n°111 Cass. 205. Les tribunaux font prévaloir la qualification d’entrepreneur de promenades équestres lorsque la promenade a lieu sous la conduite d’un accompagnateur subordonné au centre équestre583. 27 mars 1985. La mise à disposition d’un cheval n’est pas un acte de préparation582.. 206. L’élément essentiel de la relation est l’encadrement du cavalier durant sa promenade. 28 juin 2007.

Ainsi. I. Bull. le niveau d’équitation du client. A. et par conséquent ses aptitudes à le diriger seul. n°111 Cass. qu’à travers la préparation du cavalier par l’enseignement -B-. l’exploitation des aptitudes du cheval s’effectue aussi bien à travers son dressage et son entraînement -A-.311-1 du Code rural concernent la « préparation des chevaux de course ou de concours »589. Les tribunaux qualifient d’entrepreneur de promenades équestres. Bull. 6 septembre 2001. I.La préparation du cheval par le dressage ou l’entraînement 211. n°111 587 CA Lyon. quand bien même leur encadrement était assuré par leurs parents tout aussi inexpérimentés588. En effet. le professionnel qui loue des chevaux à des débutants en l’absence de préposés du centre équestre. 6 septembre 2001. L. JurisData n°153124 589 Art..311-1 C. 27 mars 1985. Dans le cadre du contrat d’entraînement. Le niveau requis du client à la location de chevaux exclu nécessairement le novice de la conclusion d’un tel contrat. 209. 1èreciv. Si les actes de préparation visés à l’article L. dans le droit fil de la construction d’origine prétorienne précitée 586.. 1èreciv. . 27 mars 1985.128 - . C’est en ce sens que la jurisprudence appréhende la qualification de la relation en tenant compte du niveau d’équitation du cavalier. sont pris en compte pour déterminer sa capacité à contracter 587. civ.directions choisies par lui »585. JurisData n°153124 588 CA Lyon. les tribunaux accordent une protection accrue au cavalier novice. le propriétaire remet l’animal entre les mains d’un professionnel « dans le but essentiel d’en assurer 585 586 Cass. rur. II- La préparation du cheval et du cavalier 210. civ.

p. Paris.l’entraînement à la compétition… »590. En matière équine. n’est pas débourré au bout de treize semaines ou lorsque TGI Caen.559 593 TGI Caen. Une telle preuve est nécessairement rapportée lorsqu’un poulain. grâce à l’habileté et à la science de l’entraîneur. 6 novembre 1985 594 Xénophon.129 - . un état de performance qui leur permettra de gagner des courses »592.. 212. non seulement pour les loger et les nourrir. 2008. Gaz. Les Belles lettres. selon laquelle « il faut toutefois ne le donner qu’en spécifiant par contrat ce qu’il devra savoir au retour »594. l’entraîneur « exerce un art qui consiste à tirer le meilleur parti des qualités naturelles d’un animal »591. Xénophon évoquait déjà cette idée. Le contrat formalisant la relation entre le propriétaire du cheval et le professionnel chargé « d’en assurer l’entraînement à la compétition… constitue un contrat d’entreprise »593. le professionnel n’est tenu que d’une simple obligation de moyens. PUF. spéc. Pal. Dans la Grèce antique. 213. loin d’être sauvage. en telle hypothèse. La fiscalité du cheval de course. A cet effet. « le propriétaire de chevaux confie ses animaux à l’entraîneur. 1990 592 TGI Senlis. le propriétaire insatisfait des résultats obtenus a la charge de la preuve et il lui incombe. 1986. L’obligation principale du dresseur ou de l’entraîneur consiste à mettre son art en œuvre afin d’améliorer les capacités de l’animal. à propos du poulain à dresser.Di Malta et M. De l’art équestre. p. L’engagement du propriétaire a pour contrepartie l’entraînement ou le dressage de l’animal en vue d’une participation à des compétitions ou concours bien que l’objectif poursuivi concerner parfois le seul usage privé du cheval. 6 novembre 1985 P. mais essentiellement pour obtenir.45 591 590 . Eu égard à la difficulté inhérente à ce type de prestation. C’est le maître de l’animal qui détermine l’étendue de l’obligation du prestataire professionnel. bien que nous n’ayons aucune certitude sur la sanction en cas d‘inexécution à cette époque. de prouver que l’absence de résultat est due à une faute de son cocontractant. De nos jours.André. 6 mai 1986.

le propriétaire d’un trotteur qui.130 - . a conduit à une ineptie juridique résidant dans le fait que les règles de responsabilité relatives à la pension sont différentes de celles afférentes à l’entraînement. « il n’y a pas dépôt si la chose est remise dans un but différent de la garde. En effet. I. n°6 598 TGI Caen. L’entraîneur assume fréquemment en corrolaire l’obligation d’héberger l’animal et cette situation de fait doit immédiatement être distinguée. le propriétaire de l’animal est tenu de verser au professionnel des honoraires en contrepartie des prestations effectuées mais le contrat prévoit fréquemment le paiement des services annexes tenant en l’entretien et les soins apportés à l’animal.. éd. Le droit du cheval et de l’équitation. p. Parfois. France Agricole. 10 janvier 1990. M. le contrat ne doit pas révéler une confusion entre la rémunération et sa contrepartie. de la paisible poulinière au pré597. civ. l’hébergeant est tenu d’une obligation de moyens quant à la sécurité de l’animal et ne peut se décharger de sa responsabilité qu’en prouvant qu’il 595 La condamnation de l’entraîneur se limite toutefois à des dommages et intérêts : Cf.175 596 CA Angers. En effet. En revanche. à titre d’exemple. « la rémunération prévue ne doit pas être considérée comme un salaire pour la garde du dépôt mais bien comme l’indemnisation du contrat d’entreprise. En effet. A ce titre. En effet. le paiement des frais de pension n’étant pas à lui seul caractéristique du contrat de dépôt salarié puisque. la rémunération est un indice de qualification.Carius. n’est pas fondé à reprocher à l’entraîneur d’avoir cessé d’engager le cheval dans des épreuves596. 6 novembre 1985 599 TGI Caen. 1èreciv. est disqualifié pour des allures défectueuses.l’entraîneur met fin à l’entraînement d’un cheval sans motif légitime et sérieux595. 214. 2005. 23 mai 2000. la garde n’étant en l’espèce que l’accessoire de l’obligation principale qui est celle de l’entraînement »598. huit fois sur dix. 6 novembre 1985 . dans le cadre du contrat d’entreprise. Bull. JurisData n°150057 597 Cass. 215. une rémunération est également prévue en paiement des services de l’entraîneur consistant dans l’entretien et les soins pratiqués aux animaux confiés dans le cadre de cet entraînement »599. spéc. La complexité des prestations à assumer par le dresseur ou l’entraîneur en sus du simple dressage ou entraînement de l’animal.

n°66. Ainsi.58 603 TGI Avranches.131 - . 21 octobre 1993. p. Audijuris. le propriétaire ne prouve aucune faute particulière de l’entraîneur.. p. deux chevaux appartenant à des propriétaires différents ont péri. le Tribunal de Grande Instance d’Avranches a rendu deux décisions. est déclarée non responsable en qualité d’entraîneur et responsable de plein droit en tant que dépositaire salarié.Malin. les 21 octobre 1993 et 2 août 1994 602. sauf clause contraire. n°66. Audijuris. Bull. l’entraîneur n’étant tenu que d’une simple obligation de moyens. A la suite d’un incendie dans une écurie. A cet égard. l’un était en pension simple.n’a commis aucune faute alors que dans le cadre du contrat d’entraînement. Pt. 2 août 1994. 2006. 1èreciv. « Le cheval. En revanche. 13 décembre 1988. 1996.58 604 TGI Avranches. qu’une obligation de moyens quant à la sécurité de l’animal »601. le propriétaire de l’équidé en pension a obtenu gain de cause au motif que le gardien est responsable de plein droit en tant que dépositaire salarié sauf à lui de démontrer qu’il n’a commis aucune faute604. p.58 605 Formule idoine de R. la même personne. 1996. Cf. Audijuris. 21 octobre 1993. pour un unique incendie causant un dommage semblable à deux équidés différents. Droit du cheval. civ. n°66.40 601 600 . la Cour de cassation s’est dans un premier temps positionnée rappelant « qu’il importe peu que l’accident se soit produit au cours de l’entraînement proprement dit ou en dehors de celui-ci » puisque « le contrat d’entraînement ne comporte. Ainsi. c’est au propriétaire de l’animal de rapporter la preuve de la faute du professionnel600. étant en soi normal et non fautif le fait de stocker du fourrage au-dessus des boxes603. Droit du cheval. dans le droit fil de cette jurisprudence. p. l’autre à l’entraînement. n°359 602 TGI Avranches. Droit du cheval. symptomatiques de la différence de régime entre le contrat d’entraînement et le contrat de pension. Contrats et Responsabilité ». « véritable Janus à deux visages »605.213 Cass. I. 1996. 216. Institut du Droit Equin. Le propriétaire de l’équidé à l’entraînement est débouté de sa demande en réparation du préjudice subi au motif que.

. LPA. 11 mai 2004. M. n°01-11. 3 juillet 2001.120.. Désormais. 5 avril 2002. p. pratique courante et bénéfique.17 Cass. l’accident survenu à un animal destiné à l’entraînement mais placé dans une situation de repos relève du régime du contrat de dépôt salarié608. Cette situation fort surprenante a conduit les magistrats de la Haute Cour à un revirement de jurisprudence spectaculaire le 3 juillet 2001606. JurisData n°180656 607 606 . le professionnel est tenu d’une véritable obligation de moyen renforcé en ce qui concerne la sécurité du cheval lors des prestations d’hébergement et ne pourra écarter sa responsabilité qu’en démontrant qu’il n’est pas à l’origine du dommage. De manière plus surprenante.217. elle introduit une difficulté supplémentaire pour les juges du fond607 tenant en la détermination de la frontière entre la prestation de dressage ou d’entraînement et celle d’hébergement. est appréciée comme le corollaire de l’obligation d’entraînement609.132 - . le travail à la longe est rattaché au contrat de dépôt salarié610. 2 mars 2004. Ainsi. tout dommage intervenu dans le cadre de la prestation d’hébergement relève du régime applicable au contrat de dépôt. JurisData n°240952 609 CA Toulouse. l’appréciation des juges du fond est souveraine en l’espèce 608 CA Limoges. En revanche. la mise au paddock du cheval après une séance de travail. les entraîneurs sont tenus d’une simple obligation de moyens seulement à l’égard des accidents survenus au cours de l’exécution de la prestation de dressage ou d’entraînement. 7 novembre 2001. 26 février 2004. JurisData n°244645 610 CA Grenoble. note sous Cass. 1èreciv. Désormais. 218. 1èreciv. En revanche.Carius. Si cette jurisprudence a le mérite d’éviter les différences de traitement selon la qualification du contrat pour des prestations identiques.

dans les contrats d’une durée égale ou supérieure à six mois. lorsqu’il est qualifié de consommateur. d’une part de résilier unilatéralement le contrat pour des raisons professionnelles ou de santé l’empêchant définitivement de bénéficier des prestations de services du club de sport et. le professionnel assure une prestation où « la progression même de l’instruction exige que l’élève soit soumis à des difficultés croissantes qu’il doit. décrivant les obligations de chacune des parties. 1987. l’énoncé de clauses permettant au consommateur. n°33.B. Le contrat d’enseignement engage l’élève auprès d’un professionnel qui doit lui apprendre la pratique d’un sport équestre en contrepartie du paiement du prix des leçons.La préparation du cavalier par l’enseignement 219. 220. d’autre part. le contrat d’enseignement faisant naître deux obligations principales à la charge du professionnel : assurer la prestation promise et garantir la sécurité de son client. apprendre à résoudre progressivement »611.132-1 du Code de la consommation relatif aux clauses abusives. peut se prévaloir des dispositions de l’article L. La relation entre un enseignant et le client est de nature contractuelle.26 BOCC.. Le contrat d’enseignement est un contrat d’entreprise soumis aux dispositions des articles 1787 et suivants du Code civil.133 - . Recommandation n°87-03 du 26 juin 1987 relative aux contrats proposés par les clubs de sport à caractère lucratif. 221. p. 7 décembre 1968. p. la commission des clauses abusives préconise la remise au consommateur lors de son adhésion d’un document écrit signé des deux parties et constatant le contrat. le client. énonçant l’ensemble des activités sportives auxquelles donne droit le contrat .363 . En définitive. 1968. Par une recommandation en date du 26 juin 1987612. En cas de difficulté. 611 612 CA Paris. de prolonger la durée du contrat sans complément de prix lorsqu’il est momentanément empêché pour les mêmes raisons. D. par un effort profitable.

Vincent. Le contrat de monte est un contrat d’entreprise. d’un contrat de prestation de services avec le plus souvent. notamment lorsque la saillie s’effectue par l’intermédiaire de Haras privés. mais assume souvent de manière corrélative la pension des animaux. limitant ou excluant la responsabilité du professionnel en cas d’accident survenu ou de maladie contractée à l’occasion de la fréquentation de l’établissement. L’opération consistant à favoriser la reproduction des animaux met en relation le titulaire du droit de saillie et l’étalonnier. 224. permettant au professionnel de résilier le contrat d’une manière discrétionnaire.134 - . 16ème édition. D. ce contrat dit de monte a pour objectif de fixer à l’étalonnier les conditions auxquelles il est soumis lors de l’acte matériel de reproduction des équidés. 2007 . à titre accessoire. une mise en pension de l’animal.Guillien. désigné « louage d’ouvrage » par le Code civil et est défini comme « le contrat par lequel une personne se charge de faire un ouvrage par autrui.Montagnier. S. Lexique des termes juridiques. III- La monte du cheval 223. La commission des clauses abusives propose l’élimination des clauses imposant au consommateur des obligations non mentionnées dans le contrat signé des deux parties613. en conservant son indépendance dans l'exécution du travail »614.. autorisant le professionnel à modifier unilatéralement la portée et le contenu de ses obligations sans permettre au consommateur de résilier le contrat et d’obtenir le remboursement du prix payé.Guinchard et G. 613 614 Sauf clauses tendant à garantir la sécurité et l’hygiène dans l’établissement R. Le prestataire exécute une prestation de services à titre principal. excluant sa responsabilité en cas de vol commis dans l’établissement.222. En principe. à titre principal. J. Il s’agit donc. moyennant une rémunération.

416 J-P. Dans le cadre de l’exercice de son activité.135 - . 1èreciv. refuser de faire saillir une poulinière qui n’est pas dans un état d’entretien convenable ou dont la santé lui paraît suspecte621. artérite virale équine. p.225.Esling. Bull.600 619 Pour le Stud Book Français de l’année 2007 : recherche métrite contagieuse équine. spéc. le cas échéant. « au lieu de confesser en temps utile son incapacité ». s’agissant en l’espèce d’un vêlage 618 Cass. Toutefois. n° 56. 2001.191 et s. p. en ce sens qu’il est tenu de tout mettre en œuvre pour permettre la bonne exécution du contrat sans garantir le résultat. pour ces examens.. anémie infectieuse équine 620 Pour le Stud Book Français de l’année 2007 : une primo vaccination de la grippe avec 2 injections séparées de 3 semaines à 3 mois puis un rappel au moins annuel … 621 Sur ces questions relatives à la saillie. et au demeurant doit. alors l’étalonnier est tenu de la soumettre à l’épreuve du souffleur pour contrôler sa réceptivité et. n°87-15. la faire examiner par un vétérinaire qualifié après avoir néanmoins recueilli. un prestataire engage sa responsabilité s'il a « accepté à tort de se lancer dans des interventions dépassant ses possibilités et sa compétence » et. Estem.. mais aussi de vacciner l’animal sous le respect des règles de l’annexe sanitaire du studbook620 concerné. Le vétérinaire est tenu d’effectuer certaines recherches619. 31 janvier 1989. DH. Pal.444 . civ.Marguénaud. Cf.736. s'est révélé « incapable de fournir le service minimal qui était attendu de lui »618. W. Si le comportement de la jument est équivoque.160 617 Cass. l’étalonnier est soumis à une obligation de moyens615. En préalable à toute saillie effectuée par l’étalon. 1èreciv. Thèse Limoges. Institut du Droit Equin.. « la vie qu’il s’agit de transmettre présente un caractère trop aléatoire pour qu’il ait pu promettre un résultat définitif »616. 226. L’animal en droit privé. 25 octobre 1989. Gaz. p.. En effet. le titulaire du droit de saillie doit nécessairement produire un certificat vétérinaire attestant de l’état de l’animal. n°88-11. Dès lors. 23 juin 1936. l’étalonnier est tenu de ne pas entreprendre une intervention dépassant ses capacités. maux et sentences. 227. 1992. En effet. L’étalonnier peut. l’accord du titulaire du droit de saillie. 616 615 . civ. Cass. « il appartient au client de prouver » la faute du prestataire617. p. 1936. éd. Le cheval. 1936. I. PUF.

le rendant responsable d’une erreur d’accouplement quand l’un des reproducteurs saillit une jument qui ne lui était pas destinée. A propos de la saillie. les parties sont tenues de se soumettre aux règles fixées par le stud-book de la race de l’équidé. En s’inscrivant dans le cadre du stud-book concerné.228.136 - . les parties peuvent néanmoins prévoir les conditions de monte en laissant. à savoir vérifier l’ouverture du col de l’utérus et éventuellement réaliser un examen échographique. L’étalonnier a le devoir de vérifier le signalement de la jument. 5 juin 2007 . la jurisprudence a mis en exergue une diversité de fautes variant de l’absence de précaution lors de l’accomplissement de l’acte matériel à l’erreur de lieu. Au titre de l’erreur de lieu. apportée le jour même de l’insémination. excluant toute monte en main623. en prévoyant le lieu des saillies… 230. les tribunaux retiennent la responsabilité de l’étalonnier en raison d’une mauvaise manipulation de sa part624 ou pour ne pas avoir informé le propriétaire de la jument et pris rapidement l’avis d’un 622 623 CA Dijon. Lorsque le mode de reproduction est une insémination artificielle. dans l’hypothèse ou ledit propriétaire fait saillir sa jument avec la semence de son étalon. Concernant les conditions de monte. dont certaines sont parfois extrêmement strictes. 22 février 2002 Ce qui est le cas pour les pur-sang où seule la monte en liberté est autorisée 624 CA Caen. l’agent titulaire d’une licence d’inséminateur équin doit contrôler l’identité de la jument à inséminer et pratiquer l’examen préalable à l’insémination. Néanmoins. le choix du mode de reproduction à l’étalonnier. il arrive que le prestataire commette une confusion dans le choix des paillettes qui renferment la semence diluée de l’étalon choisi et le préjudice subi par le propriétaire de la poulinière peut alors faire l’objet d’une indemnisation. Cependant. 229. chaque race dispose de ses propres règles en matière de reproduction. le Haras n’est pas déclaré responsable car il est soumis à une obligation de vérification uniquement pour les semences stockées622. En effet. lorsque cela est possible.

De nos jours. IDE. Le Code d’Hammourabi631 prévoyait des règles relatives au résultat du soin apporté à l’animal par le tiers spécialisé632. 625 626 CA Caen. Bull. les haras nationaux ont été déclarés responsables en cas d’erreur de lieu 626. IDE. 5ème édition. n°17. il est fréquent que le particulier. 629 CAA Nantes.dépendent d’un prestataire spécialisé. 1998 632 Code d’Hammourabi. p.137 - . IDE. Paris. ne dispose pas des moyens requis à l’hébergement -I. Il est acquis que les soins du cheval -III. n°19 CAA Nantes. mars 1998 627 CE.ou le transport -II. Cf. 24 juillet 1997. Le Tribunal de Grande Instance de Macon628.vétérinaire en présence de trace de sang625. certes à propos des bœufs et des ânes633 exclusivement. Leur responsabilité a également été retenue pour ne pas avoir entravé une jument lors de la saillie627. 15 novembre 1999 631 Texte babylonien établi vers 1750 av. Bull. retient la responsabilité de l’étalonnier pour « n’avoir pas prévu une réaction brutale de la jument ou son affaissement alors qu’un tel comportement est prévisible et de ne pas avoir pris les précautions nécessaires au cas où un tel événement arriverait. n°9 630 TGI Laval. 17 janvier 2000. Bull. L’étalonnier qui joue au vétérinaire et pratique des contrôles de gestation par échographie commet en outre une faute630. Montchrestien. Lebon. J-C.Gaudemet. coll.577 628 TGI Macon.de l’animal. R. §224 et §225 633 L’âne appartient toutefois à la même famille que le cheval. §II. 25 novembre 1964. 30 mai 2000. notamment pour empêcher une saillie irrégulière et anormale ou une erreur de lieu…». dans une décision fort bien motivée. 24 juillet 1997. . La responsabilité du prestataire est encore engagée à la suite d’une perforation vaginale consécutive à une saillie naturelle629. Les institutions de l’Antiquité. Domat Droit Public.L’EXPLOITATION DES BESOINS DU CHEVAL 231. J. Bull. Mais c’est dire si l’exploitation de l’animal est séculaire. propriétaire d’un cheval. IDE. à savoir les équidés . De la même façon.

234.I- L’hébergement du cheval 232. la prise en pension d’un animal par un professionnel ne s’inscrit pas toujours dans cette démarche. n° 240 . Malgré une imbrication de missions. 2 octobre 1980. Pt. La qualification du contrat est alors nécessairement différente634. Bull. I. Toutefois. 634 635 Cf. l’éleveur est tenu à titre principal d’une mission d’hébergement et de soins au sein de laquelle. De la conception à la naissance. la mise en pension d’une poulinière chez un éleveur s’inscrit dans un contexte spécifique. les entraîneurs assument la pension des animaux dont ils assurent corrélativement l’entraînement à titre principal. en sus de la simple garde de l’animal. 1ère civ. 233. Le contrat de pension constitue une convention de dépôt régie par les articles 1915 et suivants du Code civil sans que puisse avoir une influence. c’est la mission principale du dépositaire qui détermine la qualification du contrat. Ainsi. la nécessité de le nourrir et de lui donner des soins635. en surveille la croissance en encourageant ses qualités et corrigeant ses défauts. L’éleveur est la personne physique ou morale qui gère et assure la vie du poulain et son évolution jusqu’à son exploitation. il est chargé de la surveillance de la gestation de la jument puis de la naissance au transfert du poulain entre les mains d’autres professionnels. une vigilance accrue est nécessaire en raison de l’état de gestation de la poulinière puis du bas age du poulain. En réalité. L’hébergement du cheval est une nécessité qui requiert parfois certaines installations que le particulier ne possède pas toujours.214 Cass. C’est la raison pour laquelle il est fréquent d’avoir recours à un prestataire spécialisé. Soit l’obligation principale est la pension. il est fréquent que la pension ne soit que l’accessoire d’une activité principale. civ. soit ce n’est que l’accessoire d’une mission d’entraînement ou de dressage. En effet.138 - . En revanche.. néanmoins.

n°37 Autrement dénommé prêt à usage 638 CA Montpellier. en vue de sa formalisation. l’animal restant à la charge et sous la responsabilité de son propriétaire.139 - . 1èreciv.Le contrat de pension doit toutefois être distingué de notions voisines soumises à des dispositions législatives autres. 5 juillet 1960. civ. le contrat de location de box exclut nécessairement une telle mise à disposition. le contrat peut alors être requalifié en un contrat de dépôt à titre gratuit. à la charge par le preneur de la rendre après s’en être servi ». 1ère civ. IDE. I. Bull. Le contrat de pension n’est tout d’abord pas assimilable au contrat de location de box. JurisData n°128403 639 Art. 636 637 CA Paris. De nombreux centres équestres hébergent des chevaux avec pour seule contrepartie le droit de les utiliser. les équidés restaient alors sous la garde de leur propriétaire par l’intermédiaire de l’un de ses préposés. 235. La relation obéit alors aux règles relatives au commodat637 visées aux articles 1875 et suivants du Code civil638. En effet. lorsque l’emprunteur perd la faculté de se servir de l’animal. 236.. Bull. Ce prêt est essentiellement gratuit639 et n’implique aucun transfert de possession640. Or. En effet. 237. les règles du contrat de dépôt sont applicables puisqu’il n’en est qu’une forme particulière dont l’objet est la vente de l’animal641. Le commodat étant défini comme étant « un contrat par lequel l’une des parties livre une chose à l’autre pour s’en servir. Bull. n°365 641 Cass. 9 novembre 2004. d’usage et de direction sur l’objet du dépôt. IDE. n°1 . C’est ainsi que le propriétaire de chevaux morts dans l’incendie d’une écurie où ils faisaient étape n’a pu obtenir d’indemnisation de l’établissement concerné dans la mesure où l’un de ses préposes dormait dans les écuries 636. En revanche. le contrat de dépôt requiert que le dépositaire dispose des pouvoirs de contrôle. Le contrat de pension est également à distinguer d’une pratique répandue dîtes du cheval au pair.. S’agissant du contrat de dépôt-vente. 1876 C. 640 Cass. Civ. 3 octobre 2000. 23 janvier 1996.

en principe. 647 CA Rouen. IDE. l’exercice de ce droit doit être proportionné au montant de la créance. JurisData n°151854 . 239. 1948 C. civ. Or. en perche de châtaigniers. Le défaut de paiement du dépositaire par le déposant peut donner lieu à rétention de l’animal et de ses documents d’identification puisqu’il « peut retenir le dépôt jusqu’à l’entier payement de ce qui lui est dû à raison du dépôt »646. au cas où l’un des équidés vient à s’empaler sur les dites perches en jouant644. septembre 2000 . Toutefois. le dépositaire supportant une obligation de moyens renforcée est donc présumé fautif et c’est à lui que revient la charge de démontrer son absence de faute.140 - . 26 février 2004. « le dépositaire doit apporter. 3 octobre 2000. Bull. Bull. CA Caen. lorsque les conséquences de l’accident sont inconnues ou imprécises. les mêmes soins qu’il apporte dans la garde des choses qui lui appartiennent »642. CA Limoges. 21 mars 2001. 6 septembre 2000.238. IDE. la jurisprudence réserve une place prépondérante aux usages de la profession643. 1927 C. en ce sens que l’indisponibilité des animaux ne doit pas engendrer un préjudice important pour leur propriétaire dans l’hypothèse où la facture serait minime647. JurisData n°150167 643 642 . 16 mai 2000. Si. JurisData n°240952 646 Art. le dépositaire ne dispose d’aucun moyen susceptible de justifier d’une exonération de responsabilité645. 30 mai 2001. CA Besançon. voit sa responsabilité écartée. Bull. Au sein du contrat de dépôt. septembre 2001 644 CA Paris. un dépositaire ayant mis plusieurs pouliches dans un paddock conforme aux usages de la profession. Art. le dépositaire contracte une obligation d’hébergement et de soins et supporte à ce titre une obligation de moyens renforcée. 1er février 1995. CA Rennes. En sens inverse. Ainsi. le dépositaire peut dégager sa responsabilité lorsqu’il prouve qu’il a mis en œuvre tous les moyens possibles et habituels pour éviter l’accident. JurisData n°020369 645 En ce sens : CA Caen. IDE. n°20 . civ. Toutefois. dans la garde de la chose déposée.

141 - . tel le transport effectué par l’entraîneur..4004 654 Désignation des dispositions relatives au contrat de transport de la loi n°95-96 du 1er février 1995 concernant les clauses abusives et la présentation des contrats. JO 23 novembre 1996.17098 653 Loi n°82-1153 du 30 décembre 1982. C. au Code de commerce651. civ. il est fréquent que le propriétaire du cheval sollicite l’intervention d’un professionnel du transport. il s’agira d’un transport routier mais il arrive. Litec. le régime juridique applicable est celui correspondant au contrat principal. Il s’analyse en une convention par laquelle un professionnel. 2005 651 Articles L. p. 1779 et s. à la loi d’orientation des transports internes653 et à la loi « sécurité et modernisation des transports »654.1755 649 648 . Droit des transports. JO 2 février 1995. 1èreciv. Lorsque le transport constitue uniquement l’accessoire d’une mission principale.Les éventuelles sommes facturées par le dépositaire mais non comprises au contrat et susceptibles d’être déclarées comme superflues empêchent l’exercice du droit de rétention648. 242. 650 Cf. p. JO 31 décembre 1982. le contrat de transport est soumis aux dispositions du Code civil en ses articles 1782 à 1786. 1966. Dans l’hypothèse d’un trajet de longue distance ou à risque. D. 3 mai 1966. désigné sous le terme de « voiturier ». 241. à l’arrêté du 5 novembre 1996652. que le transport soit maritime.649 Art.Paulin. p. 133-1 et suivants 652 Arrêté du 5 novembre 1996 relatif à la protection des animaux en cours de transport. voire aérien.. à l’article 277 du Code rural. s’engage à déplacer une certaine quantité de marchandises appartenant à autrui moyennant un prix déterminé et dans un délai fixé par la convention des parties ou par le contrat type applicable à l’opération envisagée650. C. Le plus souvent. II- Le transport du cheval 240. par exemple lors de l’envoi d’étalons dans l’hémisphère sud. Cass. Le contrat de transport appartient à la famille du louage d’ouvrage et d’industrie649. p. Sinon.

133-1 du Code de commerce. p. 14 décembre 1989. le transporteur peut encore opposer la faute du destinataire qui aura. par exemple... D. Il s’agit donc d’une véritable présomption de responsabilité lorsque les causes de l’accident demeurent inconnues. doit être condamnée à rembourser la valeur du cheval »655. La règle est constante puisque « le transporteur ne peut se décharger de la présomption de responsabilité pesant sur lui qu’en démontrant que la perte ou l’avarie provient de la faute de l’expéditeur. com. le transporteur « n’établissant pas de cause d’exonération. 3èmeciv. Pour échapper à sa responsabilité.. 24 novembre 1918 . 7 mars 1963. « lorsque l’insuffisance de la litière fournie par l’expéditeur a été la seule cause des blessures qu’un cheval s’est faites dans le wagon qui le transportait et que ce wagon était en bon état d’entretien et n’a 655 656 Cass. Pal.. 30 octobre 1918. Gaz. 1998. Ainsi. JurisData n°26218 658 CA Douai. d’un cas fortuit ou de force majeure »656. En effet. 17 juin 1997. Gaz.77 657 CA Paris. 30 novembre 1903.142 - . 243.. p. 1905.405 659 Cass. le transporteur est-il exonéré de responsabilité en présence d’un animal ayant une défaillance placentaire conduisant à des avortements657 ou d’un équidé d’une impressionnabilité excessive658. En vertu de l’article L. III. expédié des animaux stressés 659. De la même façon. Ainsi. Civ.8 CA Paris.94 660 Cass. du vice propre de la chose. Req. 244.. p. Pal. p. « le voiturier est garant de la perte des objets à transporter hors les cas de la force majeure » mais il est aussi « garant des avaries autres que celles qui proviennent du vice propre de la chose ou de la force majeure ». 1963. Bull. le mécanisme d’ordre public de la loi d’orientation des transports internes pallie la carence des parties en leur substituant automatiquement le contrat type « transport d’animaux vivants ». pèse sur le transporteur une obligation de résultat puisque la seule démonstration d’un dommage suffit à établir sa responsabilité. Encore. D.. 10 janvier 1955.. n°10. « l’expéditeur commet une imprudence en plaçant dans un même wagon dans le but de restreindre ses frais par application d’un tarif réduit dix huit chevaux sans les mettre hors d’état de se nuire réciproquement »660.A défaut d’écrit. pan.

qu’ils soient vétérinaire. chiropracteur. Dans le cadre des soins à apporter au cheval. Cependant. 663 Art. les soins et les actes d’usage courant. vient réviser la convention du 13 décembre 1968 (STE n°65) en envisageant une actualisation de ses dispositions et une clarification de leur libellé afin d’en faciliter la mise en oeuvre. le chargement et le déchargement des animaux ainsi que l'assistance vétérinaire dans l’hypothèse de transport international662. .243-1 C. il convient de veiller aux diplômes du praticien puisque l’exercice illégal de la médecine ou de la chirurgie vétérinaire constitue un délit663. 1935. maréchal-ferrant.subi aucun choc. de nombreux praticiens interviennent. les moyens de transport. Gaz. p. une césarienne faite en l’absence d’un vétérinaire est 661 662 CA Paris. A ce titre. dans le respect des dispositions légales ou réglementaires.243-2 C. 1er mai 1935. Dans ce dernier cas toutefois. l'aération. diverses dérogations existent et « les propriétaires ou les détenteurs d’animaux de rapport peuvent pratiquer sur leurs propres animaux ou sur ceux dont ils ont la garde. dentiste équin ou encore partisans de la médecine alternative. Trib. nécessaires à la bonne conduite de leur élevage »664. 664 Art. la compagnie de chemin de fer ne saurait encourir aucune responsabilité »661. Ainsi. l'hygiène. la nourriture et l'eau. rur.143 - . ou à fréquences régulières tel le maréchal-ferrant. Le transport d’un animal impose au professionnel de respecter des normes obligatoires concernant l'espace. et en particulier de celles qui régissent la protection animale. STE n°193. l’objectif est identique : veiller à la santé de l’animal. 245. L. 247..431 La Convention européenne sur la protection des animaux en transport international du 6 novembre2003. qu’ils soient ponctuels comme ceux du vétérinaire. L. III- Les soins apportés au cheval 246. rur. 2.

« il se forme entre le médecin et son client un véritable contrat comportant pour le praticien. 249. 23 mars 2000. n°2846 667 M. IV. sinon évidemment de guérir le malade. Les médicaments vétérinaires ne peuvent être détenus et délivrer que par les vétérinaires lorsqu’il s’agit des animaux auxquels ils donnent des soins. non pas quelconques.Carius. CA. 18 janvier 2000. 250. mais consciencieux. Note sous Cass. n°250. 15 décembre 2000. il est interdit à un non vétérinaire de procéder à de telles opérations ainsi qu’à un vétérinaire intervenant hors de sa propre clientèle. pratiquer des interventions de convenance ou procéder à des implantations sous-cutanées668. 3 juin 1992. Le contrat de soins correspond à une prestation de services par laquelle le praticien s’engage à réaliser un travail en rapport avec l’état de santé de l’animal. Pour l’acte médical vétérinaire. Le contrat est soumis aux dispositions des articles 1787 et suivants du Code civil relatif au contrat d’entreprise. JCP. 669 En outre. réserve faite de circonstances exceptionnelles. p.. 1èreciv. L. pratiquer des soins préventifs ou curatifs. conformément aux données acquises de la CA Douai. Bull. JO 22 février 1992. rur. 669 Pour le vétérinaire. attentifs et.243-1 C. p. tout praticien obéit nécessairement au Code de déontologie de sa profession. crim. 12/2000. Ainsi.144 - . Ainsi. établir des diagnostics ou des expertises.28 Cass. LPA. Décret n°92-157 du 19 février 1992.licite en ce qu’elle se rattache aux actes courants nécessaires à la bonne conduite de l’élevage665. 248.. il s’agit du fait à propos des animaux de rente ou de compagnie de donner des consultations. Mais rien n’oblige le vétérinaire à examiner les animaux préalablement à la prescription666.2771 666 665 . ni à demander à une tierce personne d’administrer les médicaments667. délivrer des prescriptions ou des certificats. 1992. p. Les praticiens et prestataires de soins sont soumis par principe à une obligation contractuelle de moyens dans l’exercice de leur activité.17 668 Art. du moins de lui donner des soins.

Eu égard cette jurisprudence. le prestataire de soins n’est tenu que d’employer tous les moyens nécessaires en cours au jour des soins pour tenter de le guérir ou de le sauver en respectant des règles professionnelles. « l’opération de ferrage. attentifs. D.. 2èmeciv. civ. I. conformes aux données acquises de la science »671.88 T. 670 671 Cass. Loudun. I. p. p... 1946. 20 mai 1936.science »670. ne saurait être assimilée à l’ouvrage d’un artisan sur une matière inanimée . La solution est identique pour le maréchal-ferrant dans la mesure où « la responsabilité du maréchal-ferrant en cas d’accident survenu à l’animal au cours des opérations de ferrage. et réserve faite de circonstances exceptionnelles. est une responsabilité contractuelle . 8 mars 1946. I.174 672 CA Angers. Gaz. 1951.. un chirurgien ou d’un vétérinaire.145 - . p. 10 janvier 1950. Pal. en matière probatoire.30 . puisque aussi bien le ferrage est en réalité une véritable opération d’orthopédie vétérinaire… Le maréchalferrant ne s’est pas engagé à réussir cette opération de façon parfaite. D. 1936. Ainsi. le praticien est seulement tenu de l’obligation d’opérer avec la conscience et la prudence requise conformément aux données acquises de la technique »672. mais seulement à fournir des soins consciencieux. il appartient au client de prouver la faute contractuelle du vétérinaire. que celle-ci toutefois ne saurait s’apprécier avec plus de rigueur que celle d’un médecin. travail à effectuer sur une matière vivante qui s’apparente à une chirurgie simple. Ainsi. 251.

La France du tiercé. Les courses hippiques à l’île Maurice. Utilisé à des fins d’élevage674. Thèse Limoges. Thèse la Réunion.Lévêque.Levêque. histoire de l’élevage du cheval de selle et de la création des Haras. des hommes et des chevaux. 2006. civ. Montalba. Paris.De Blomac. L’animal en droit privé.Marguénaud. La gloire et le jeu. Paris. 1983 .511 et s. . p. La reproduction des équidés.Konopnicki.Tourreau. La Manufacture. 675 Source AFP. Rennes. Les chevaux du royaume. Terre-Net 676 N. la recherche de l’efficacité et même de la performance. 1991 . 524 C. Cependant.Roche. Le cheval est une « source originale de profits »673 compte tenu des activités dont il constitue le support essentiel. contrats et responsabilités.Mulliez. pour le cheval de course : P. « la spécialisation et la professionnalisation des activités. le besoin de capitaux. Trotteurs de légende.49 et s. Diffusion Agence Cheval de France. 1766-1866. sont autant de facteurs qui poussent à la séparation entre la propriété et l’exploitation »678. p. 1992. G. Paris. J. P. Ouest-France. D. 2006.146 - . éd. PUF. 1997 677 Cf. 673 674 J-P. ordre et désordre d’une passion populaire.Joly. 1998 . 253. le cheval joue un rôle économique important dans divers secteurs d’activités. Lorsque le cheval est affecté à un fonds. le transfert de l’activité de l’animal s’accompagne souvent de la cession de l’exploitation puisque l’animal a « été placé par le propriétaire pour le service et l’exploitation du fonds »679. Le Cheval. de reproduction675 ou de compétition676. tentative d’expression d’une nation. 1997. p. Dès lors. Diffusion Agence Cheval de France. la fiscalité.52 679 Art. Le Cheval. 1987 . Dans cette optique. Institut du Droit Equin. En ce sens.SECTION II LES MODES INDIRECTS D’EXPLOITATION DU CHEVAL 252. S. publié le 11 août 2007. Cahiers d’histoire. n°42. éd. l’importance des coûts engendrés par l’exploitation d’un animal ne permet pas toujours à un propriétaire unique de les assumer en totalité677. p.155 et s. Le cheval et ses élevages : perspectives de recherche. 678 P. un marché porteur. contrats et responsabilités. Institut du Droit Equin. le propriétaire de l’animal en transfère fréquemment l’exploitation par une cession du droit relatif à l’activité transféré tout en conservant intact son droit de propriété. Fayard.

Le droit du cheval et de l’équitation. soit de manière irrévocable en le cédant définitivement. France Agricole.et de compétition -§II-.LE TRANSFERT DE LA MAÎTRISE DE L’ACTIVITE DE REPRODUCTION DU CHEVAL 254. L’intérêt en l’espèce est de décrire la manière dont les règles relatives au louage de choses s’intègrent à l’hypothèse d’un transfert temporaire de la maîtrise de l’activité de reproduction. Cette formule est détaillée par certains spécialistes680 : « l’étalon est confié au tiers. La volonté du propriétaire de l’étalon sur le caractère temporaire -I. soit pour une durée déterminée.la volonté de concéder à une tierce personne l’activité agricole induit fréquemment le transfert corrélatif du fonds. la pratique équine a développé des modes indirects d’exploitation du cheval. En revanche.147 - . §I. 2005. éd. à l’égard des activités de reproduction -§I.Carius. de valoriser les droits de saillie et de verser une redevance d’utilisation au propriétaire ». spéc. p. 256. I- Le transfert temporaire du droit de saillie 255.113 . Le contrat de bail est défini par l’article 1709 du Code civil : « Le louage de choses est un contrat par lequel l’une des parties s’oblige à faire jouir l’autre d’une chose pendant un certain temps. Le propriétaire de l’étalon peut parfaitement confier à un tiers la maîtrise de l’activité de reproduction de son animal. à charge pour lui d’en assurer l’entretien. En telle hypothèse. il convient d’organiser le transfert du droit de saillie.du transfert doit alors être sans équivoque. et moyennant un certain prix que celle- 680 M.ou définitif -II.

ou l’éventuel titulaire du droit de saillie. sont nécessairement intégrés aux choses pouvant être louées.1195 où l’auteur indique que la licence d’un brevet.ci s’oblige à lui payer ». de sorte qu’il suffit d’avoir la capacité d’accomplir les actes d’administration pour conclure un bail.Schmidt-Szalewski. Note sous Cass. civ. le propriétaire de l’animal transfère temporairement la maîtrise de l’activité de reproduction de son étalon au locataire par le transfert du droit y afférent.. 2001. 1165 du C. 2 novembre 1959. III.25 . « ce droit de jouissance se traduit par le transfert provisoire au locataire de l’intégralité de l’utilité économique du bien en cause »681. RJDA. Le bail est en principe un acte d’administration. est susceptible de donner à bail le droit de saillie. Bull. droit de propriété industrielle. en vertu de l’effet relatif des conventions686.148 - . Par principe. note sous CA Paris. 3èmeciv. p. Néanmoins. 1èreciv... les biens incorporels683. Dalloz Action. il apparaît évident que seul le propriétaire de l’étalon. 3 èmeciv. Cass. est assimilable à un louage. 17 mai 1927.. somm. 2002. Il ressort de cette définition que le trait caractéristique du bail est qu’il confère au locataire un droit de jouissance sur une chose déterminée. 2006/2007 Art. En effet. D. Concrètement. Toutefois. n°1183 682 681 .. 257. D. Bull. civ. 1928. 687 Présomption de propriété en raison de l’état de possession de l’étalon par un tiers : Cass. 7 octobre 1998. Si le louage peut porter sur « toutes sortes de biens meubles ou immeubles »682. coll. P. n°187 686 Art. rien n’interdit un tiers de s’engager à procurer la jouissance de la chose d’autrui685. Rien n’interdit donc la location du droit de saillie qui correspond au louage du droit ayant pour objet la maîtrise de l’activité de reproduction d’un étalon.Le Tourneau. civ. 21 octobre 1999. 258. 1. 684 L’animal ne constitue en réalité qu’un moyen destiné à une finalité : la reproduction d’une femelle 685 H. seulement ce bail est inopposable au titulaire originel du droit de saillie... 683 J. En l’espèce. sauf s’il l’a ratifié ou si le bailleur a donné l’apparence d’être propriétaire 687. Droit de la responsabilité et des contrats. 1713 C. D. civ. n°448 688 Cass.. civ. le bail correspond à la concession temporaire d’un droit de jouissance sur une chose en contrepartie du paiement d’un prix. ce n’est pas l’animal qui est l’objet de la location 684 mais la maîtrise de l’activité de reproduction de cet animal matérialisée juridiquement par la notion de droit de saillie. p. ce qui implique la légitimité de la croyance du locataire688.Capitant. I. 26 septembre 2001.

Pour satisfaire à l’obligation de délivrance conforme.. 1996. En principe. pas de mise à disposition des cartes de saillie… 695 Cass. 3èmeciv. 2000. Pal.. le preneur pourra demander soit une diminution du loyer696. 3èmeciv. La délivrance des accessoires indispensables est donc nécessaire si le bailleur veut satisfaire à son obligation de délivrance conforme . de surcroît être vivant. n°1465 694 Impossibilité de jouir du cheval pour les sauts. com. 1èreciv.. 3èmeciv.. pan. 20 juin 1996. RJDA. 1995. n°75-12. 26 mars 1997. entendue assez strictement par la jurisprudence692 et c’est au bailleur de prouver qu’il s’est libéré de cette obligation693. Le bailleur est tenu de certaines obligations inhérentes au contrat de location dont une obligation d’entretien.. 1er octobre 1997. En effet. il en va de même pour leur objet. le locataire est en droit de refuser de payer le loyer. 1997. 14 décembre 1977. cela ne pose guère de problème puisque l’objet du contrat de location.67 697 Cass... civ. III. pan. faisant jouer l’exception d’inexécution695. Si le bailleur ne doit pas favoriser une dépréciation du droit de saillie et donc l’entretenir. 8 juin 1995. le bailleur est tenu de délivrer le bien loué689 conforme à l’usage prévu par la convention et toute stipulation contraire est dépourvue d’effet690.. CA Versailles.149 - . il lui faut délivrer au preneur les documents officiels du cheval. civ. 30 mars 2000. p. Si le bien n’est pas délivré ou. n°1361 696 Cass. à savoir le droit de saillie. comme le vendeur. n°883 693 Cass. pas intégralement694. 1997. dont les certificats d'origine691 ou les cartes de saillie. Gaz. En l’espèce. l’obligation de délivrance conforme est de résultat.1162 691 Pour un cheval pur-sang à usage d'étalon : Cass. soit la résolution judiciaire avec ou sans dommages et intérêts697. Bull. 259. fixe déjà en lui-même les limites des activités réalisables dans le cadre de l’exécution du contrat. RJDA. 30 avril 2003. 260. Si la situation persiste. encore faut-il précisément prévoir la destination de la chose louée. p.La location du droit de saillie comprend nécessairement la délivrance de ses accessoires indispensables. RJDA. Le propriétaire est tenu en cours de bail d’entretenir la chose « en état de servir à Art. JCP E.. 3èmeciv.996 692 Cass. n° 87 690 689 . 1719 1° C.

la maîtrise de l’activité de reproduction n’étant alors confiée que partiellement au locataire. Cette obligation d’entretien revêt un sens particulier s’agissant d’un animal. Il doit donc procéder aux réparations nécessitées par les « outrages naturels du temps » et par l’usure normale699... civ. Il est également interdit au bailleur de contracter avec des tiers d’éventuelles saillies de leur jument. Bull. auquel cas le preneur doit en être averti. civ. la mise à disposition de l’animal durant les périodes de saut peut être compliquée par différentes maladies. civ. qu’il s’agisse d’un acte juridique701 ou d’un acte matériel. Cass. ne répond pas des faits émanant des tiers702. contre l’éviction et contre les vices cachés. et pour une application : Cass.. en revanche. Bull.l’usage pour lequel elle a été louée »698. n°37 . soc.. Comme le vendeur. Or.150 - . 1725 C. 3èmeciv. Ainsi. civ. en ne permettant pas l’accomplissement de l’acte matériel de reproduction. le bailleur manque à son obligation de délivrance conforme. Le bailleur doit s’abstenir de tout fait personnel qui perturberait la jouissance de son locataire700. 13 octobre 1991. Bull. Toutefois. le bailleur est tenu d’une double garantie légale. Seule une clause spécifique peut étendre le champ des garanties. civ. une clause permettant au propriétaire de l’étalon de se réserver la commercialisation de plusieurs saillies est fréquente. ni quant à la conclusion de contrats emportant création de droits à saillie au profit de propriétaires de femelles. 262. IV. 261. n°286 700 Art. III. C’est pourquoi l’obligation d’entretien doit s’entendre de conserver l’étalon dans un état lui permettant de satisfaire aux obligations contractées par le preneur avec le propriétaire d’une femelle sauf clause contraire mettant à la charge du locataire les risques d’indisponibilité de l’animal. il ne pèse aucune garantie quant à la réussite matérielle des sauts. Si le propriétaire de l’étalon utilise celui-ci. 1719 3° C. 1719 2° C. 698 699 Art. civ. 3èmeciv. n°248 702 Art. 701 Cass. blessures ou simple fatigue passagère. 4 mars 1987. Le bailleur. Le bailleur doit donc s’abstenir d’effectuer une opération susceptible d’entraîner l’hypofertilité de l’étalon sauf à considérer l’opération indispensable. 21 février 1959. III.

Pal. pan.. civ. quelle que soit l’époque de leur naissance703. La principale obligation du preneur. contrepartie de l’obligation de délivrance qui pèse sur le bailleur. 10 décembre 1980. étant constitutionnelle. génétique ou congénitale. 3èmeciv. Ainsi. Une clause contraire est licite à condition qu’elle soit expresse704. JurisData n°044451 706 Mais également comme une erreur sur les qualités substantielles de la chose tant il est évident qu’une des qualités essentielles d’un étalon est son taux de fertilité 707 11 à 15% de réussite alors que le taux normal se situe entre 45 et 50% 708 Cass.. En dehors du paiement du 703 704 Art.263. que le vice était manifestement caché et que l’origine de l’hypofertilité. Gaz. p. Bull. p. civ. P. civ. 1981.122 705 CA Caen. est de payer le loyer709. En effet.587 .151 - . 1721 C.. 1èreciv. qui n’est qu’une obligation de moyens. III. n’eussent-ils pas été connus de lui lors de la conclusion du bail. Normalement.. les blessures occasionnées aux parties ou aux tiers par les animaux relèvent de la responsabilité de l’étalonnier dans la mesure ou celuici s’est vu transféré la garde de l’animal pour l’opération de saillie. Cass. il peut s’exonérer de sa responsabilité lorsque la victime aura elle-même commis une faute à l’origine de son dommage ou lorsque le propriétaire de la femelle ou le titulaire du droit de saillie ont manqué à leur obligation d’information en ne prévenant pas le prestataire du caractère irascible ou ombrageux de l’animal. La jurisprudence a découvert dans le bail une obligation de sécurité 708. . Toutefois. la question se pose de savoir qui est le responsable en cas de blessures faîtes par l’animal au cours de l’acte matériel de reproduction. 16 juillet 1951. était bien antérieure à la conclusion du contrat.Esmein. 265. D. Note sous Cass. Le bailleur doit garantir le preneur contre les vices cachés qui empêchent l’usage de la chose. L’obligation de sécurité n’a pas vocation à s’appliquer à propos du droit de saillie stricto sensu mais à propos de ses accessoires indispensables. il a déjà été jugé705 que l’hypofertilité est considérée comme un vice caché706 dès lors qu’il est constaté une diminution considérable et anormale des aptitudes de l’étalon à la reproduction707. n°236 709 Art. 1728 2° C. 21 novembre 1990. 264. 3èmeciv.. 1951. 3 octobre 1995.

le locataire a trois obligations relatives à l’usage de la chose. p. à propos d’un brevet mais la solution semble applicable par analogie 712 Art. la valorisation du droit de saillie nécessite une activité de l’animal reproducteur à chaque période de monte et le locataire qui ne commercialise pas les saillies peut s’exposer à la résolution du contrat à ses torts711. En effet. le preneur ne peut s’évader du cadre circonscrit prévu par le contrat. cela se traduit par l’obligation de conserver l’accessoire indispensable. Cette stipulation était d’autant plus importante que l’agrément délivré annuellement au propriétaire de l’étalon était autrefois retiré si la production s’avérait de qualité insuffisante712. la destination du bail ne peut être que respectée puisque les limites mêmes du droit concédé correspondent à celles stipulées. ce qui est inapplicable à l’égard de biens incorporels. lors de la mise à disposition de l’animal pour les opérations matérielles de reproduction. l’exploitation du droit de saillie peut être une obligation. le preneur doit veiller à l’utiliser uniquement aux fins de reproduction et doit s’interdire toute autre activité. 8 de l’arrêté du 4 décembre 1990 relatif à la monte publique des étalons des espèces chevalines et asines aujourd’hui abrogé . 25 juin 1968. une clause du bail doit préciser l’usage de la chose louée autorisé par le bailleur : c’est l’expression et la limite du droit personnel de jouissance au titre duquel le locataire occupe la chose. Le cas échéant. En effet. Cass.. Toutefois.loyer. dans l’hypothèse de sa mise à 710 711 Art. Le preneur est tenu de conserver la chose. Par conséquent.. com. 1728 1° C.152 - . Une stipulation est envisageable et peut du reste imposer un nombre de saillies à vendre ou un chiffre d’affaires minimum. Les possibilités d’abus de jouissance n’intéressent donc que l’animal luimême. 267. Concrètement. D. à savoir le cheval. 268. à sa conservation et à sa restitution. Le locataire doit tout d’abord user de la chose louée en bon père de famille et selon la destination qui lui a été donnée par le bail710.23. d’autant plus que le droit concédé laisse pour seule possibilité la maîtrise de l’activité de reproduction de l’animal reproducteur. civ. En l’espèce. 266. 1969.

3èmeciv. Cela étant. Par définition. 9 février 2005. le preneur doit restituer la chose objet de la location. la solution est différente concernant l’équidé dont la restitution doit s’opérer en nature. 715 Cass.. le bail peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée. de la disparition de son objet ou de l’inexécution de ses obligations par l’une des parties. La dépréciation de la valeur de l’objet de la location peut entraîner réparation714 mais une clause exclusive ou seulement restrictive de responsabilité peut être stipulée715. la 713 714 Cass. 23 novembre 1999. mais aucun acte matériel n’a à être accompli s’agissant de biens incorporels. Le locataire doit répondre de tout accident de l’animal. civ. la maîtrise de l’activité de reproduction de l’étalon incombant à nouveau au bailleur. au choix des parties. Le bail prend fin en raison de l’arrivée de son terme. Concrètement. Bull. 270.. 271. ou avec un loyer sans contrepartie réelle et sérieuse.. 2000. n°110 . III. propriétaire de l’animal. n°54 716 Cass. Néanmoins. Le bail dont le terme dépend de la seule volonté du preneur est considéré comme étant perpétuel717. Bull. III. et informer rapidement le bailleur de tout désordre qu’il constate713. La prudence incite les parties à vouloir que la durée du contrat de location du droit de saillie coïncide avec la saison de monte pour laquelle le bailleur a obtenu de la préfecture les cartes de saillie.. III. com. par exemple. l’année suivante. 19 février 1992.disposition. Bull.. 269. le bail est temporaire. 3èmeciv. d’où tout bail perpétuel est nul d’une nullité absolue716. civ. RCA. la commercialisation de saillies permettant l’inscription du produit à naître à un stud-book est subordonnée à l’accomplissement d’une formalité administrative : l’obtention de cartes de saillie annuelles.. n°46 717 Cass. civ. cela signifie que le droit de saillie est rendu à son propriétaire. n°32 Dans l’hypothèse. de la saillie de femelles de basse qualité qui font perdre de l’attrait au dit étalon. En revanche.153 - . Dès lors. Dès lors. 3èmeciv. dès lors que les cartes de saillie ne sont pas délivrées au bailleur. En fin de bail. un bail d’une durée supérieure à un an peut se retrouver sans objet. 27 mai 1998. en matière de droit de saillie.

cette situation n’a guère fait l’objet d’une étude approfondie. Plus complexe est l’hypothèse de la vente du cheval et de l’opposabilité du contrat de location au nouvel acquéreur. D. En effet. 8 février 2007 . 2001. Confrontons donc la pratique avec les mécanismes de droit commun. sans doute car le caractère temporaire d’un tel engagement est plus efficace en présence d’un être vivant dont les performances peuvent à tout moment brusquement varier.166 CA Lyon. en raison d’une blessure par exemple. de sorte qu’il est difficile d’en décrire le régime juridique. voire son hypofertilité réduisant l’activité de reproduction à néant. le contrat de location semble privé d’effet en cas de vente de l’étalon et la prévision d’une clause de résolution pour vente apparaît opportune. le décès de l’animal. 274.. en l’absence d’une telle clause. II- Le transfert définitif du droit de saillie 273. Si le contrat de vente du droit de saillie constitue une charge que l’ancien propriétaire doit mentionner auprès du nouvel acquéreur de l’animal. 31 mars 2000. Paradoxalement. la perte totale de la chose emporte la résiliation de plein droit du bail718. l’indisponibilité du cheval. Toutefois.fin du bail est clairement identifiable. En effet. La caractéristique essentielle de la convention organisant le transfert définitif de l’activité de reproduction de l’étalon est la délivrance du droit de saillie. l’ancien propriétaire du cheval qui procède à sa vente est condamné pour rupture abusive du contrat de location du droit de saillie et doit indemniser le locataire des pertes occasionnées719. est susceptible d’entraîner la fin du bail.154 - . Le transfert définitif de l’activité de reproduction à une tierce personne demeure moins fréquent.. De la même façon. à tout le 718 719 CA Paris. somm. ce qui implique nécessairement la mise à disposition de l’animal ou. 272. entraîne la fin du bail en raison de la disparition de l’objet du droit de saillie. p.

éd. la cession des doses de semence. 1èreciv. 722 Cass. nonobstant le traitement juridique de la cession du droit de saillie -A-. pour pouvoir organiser la reproduction d’un cheval. France Agricole. Précisons à cet égard que notre distinction. n°98-15. d’opérer la saillie de la femelle. En effet. la cession du droit de saillie par le titulaire de la majorité des parts d’un étalon syndiqué à un tiers ne doit pas se faire au détriment des autres copropriétaires. Manuel Carius remarque qu’il est loisible au « propriétaire de s’engager auprès d’une personne à lui céder tout ou partie des droits de saillie. de prime abord théorique. 2005. auquel cas.moins.155 - . En effet. spéc. matériellement.347 721 . En effet. 720 M. entre le droit de saillie et les droits à saillie721 trouve ici un terrain d’application favorable et permet de mettre en exergue les subtilités de la qualification de la cession de doses de semence du cheval -B-. Pts. encore faut-il que le titulaire du droit de saillie soit en mesure.Carius. notamment auprès des autres copropriétaires. le cocontractant copropriétaire devra justifier de sa qualité à conclure et de la portée de son engagement. ce qui serait le cas si cette vente leur faisait perdre le contrôle dont il dispose sur l’usage de l’animal722. Le droit du cheval et de l’équitation. A. La question se pose alors de savoir si le transfert unique des doses de semence n’est pas une alternative au transfert définitif du droit de saillie. Cette précision est d’autant plus importante lorsque l’animal fait l’objet d’une copropriété. La cession du droit de saillie correspond au transfert définitif de la maîtrise de l’activité de reproduction du cheval à un tiers..La cession du droit de saillie 275.113 Cf. p. L’identification des parties s’avère indispensable et il convient d’indiquer en quelle qualité une personne participe au contrat. 16 juin 1998. au moyen de doses de semence »720.73 et s.

n°75-12. voire lui mettre à 723 724 Cf. Mais doit également être mis à disposition de l’acquéreur. par le vendeur. 277. Cass. l’article 11 de l’arrêté du 14 mars 2001 susvisé permet au propriétaire de l’étalon de désigner la personne à qui les cartes de saillie seront remises et rien ne fait obstacle à ce que lesdites cartes soient désormais remises au nouveau titulaire du droit. l’animal ou les doses de semence. com. La cession définitive du droit de saillie s’analyse en une vente et le vendeur doit délivrer l’objet de la vente mais également ses accessoires. Concrètement. l’obligation pour l’acheteur de payer le prix de vente résulte de l’exécution complète.73 et s.996 726 CA Rennes. cela signifie que l’activité de reproduction est désormais propriété d’un tiers. 14 décembre 1977. cette jurisprudence corrobore le fait qu’il existe un droit relatif à la maîtrise de l’activité de reproduction d’un cheval indépendamment de l’exercice du droit de propriété723.. n°94-18. En cas de vente de l’animal. 278. Pour les cartes de saillie.502 725 Pour un cheval pur-sang à usage d'étalon : Cass. 1èreciv. une société n’ayant pas mis à disposition de son cocontractant les cartes de saillie dans le délai imparti s’est vue condamner à les délivrer sous astreinte726.Au demeurant. de son obligation de délivrance724. il incombe alors au propriétaire d’avertir l’acquéreur de la présence d’une telle charge puisque l’activité de reproduction dudit étalon est indisponible en raison de la cession du droit de saillie. 276.156 - . 19 novembre 1996. Le contrat de cession du droit de saillie emporte transfert définitif de ce dernier à l’acquéreur et la mise à disposition du cheval ou de doses de semence aux conditions stipulées.. Toute la difficulté tient au fait qu’il faut préalablement à chaque saison de monte faire parvenir à l’acheteur les doses de semence. 1er juin 2006 . Pts. En l’occurrence. si le vendeur veut satisfaire à son obligation de délivrance. Au demeurant. Permettre à l’acquéreur de maîtriser l’activité de reproduction de l’étalon requiert nécessairement la production de divers documents dont les certificats d'origine725 et les cartes de saillie.

conc. Cont. p. Cass. no89-19. com. n°124 . 18 novembre 1986. le vendeur qui livre à l'acheteur des semences porteuses d'une maladie729. il faut que le défaut caché soit antérieur à la conclusion du contrat731. n°87-19. 19 mars 1973.. com.24 734 Art. 280. 1èreciv. 17 mars 1987. Pour une application : Cass. JCP G. En vertu de l’article 1641 du Code civil.. n°87-12.436 . com. qualités de l’étalon comme son endurance.584 . 1989. com. le vice caché résulte d’un défaut de la chose nuisant à son bon fonctionnement et la rendant impropre à l’usage auquel on la destine730. n° 71-14. Ainsi. n°80-16... diminue ou supprime l’usage de la chose en compromettant son utilité 732 et soit inhérent à la chose elle-même733 sans que l’acquéreur ait pu se convaincre lui-même du vice734.. la Cour de cassation a pu juger que manque à son obligation de livrer des doses de semences conformes aux spécifications contractuelles habituelles...511. comm. : « le vendeur n'est pas tenu des vices apparents dont l'acheteur a pu se convaincre luimême » .657 . civ.401. p. n°85-15. G. JCP CI. 1999. n°94-21. 30 mars 1999. n°94-21.639 731 Cass. Cass.. par analogie. 10 décembre 1973. Cass. Autrement dit. 1982. cons.385 Capacités de l’étalon. 1642 C. caractéristiques génétiques. Cass.110 730 Cass. 18 mars 1997. IV. n°84-16. son agilité … 729 A propos de graines mais la solution semble applicable. Pour que la garantie légale du vendeur soit appelée à jouer.. 279. 1ère civ.. 15 novembre 1988.126. 5 juillet 1988. 7 janvier 1982. 1èreciv.384 733 Cass.disposition l’étalon dans les conditions définies au contrat de cession. à une semence d’étalon : Cf. 3 décembre 1996. en tant qu’instrument de prévision et de gestion des risques. doit faire l’objet à cet égard de stipulations extrêmement prudentes mais précises. C’est la raison pour laquelle l’insertion d’une clause listant les caractéristiques de l’étalon est opportune728. Cass. 1èreciv. com. La délivrance doit s’effectuer de manière conforme et la conformité s’entend de ce qui est stipulé au contrat727.157 - . civ. 20 mai 1986. Cass. n°10497 728 727 . n°84-17.. Bull. II.. com. Note sous Cass.. 2 février 1993. n°91-11501 : les vices cachés s'apprécient à la date de formation du contrat 732 Cass. 23 octobre 1991. com.102. Cass.530. la non conformité ne peut être invoquée par l’acquéreur qu’à partir du moment où la chose délivrée n’est pas conforme à ce qui a été prévu de manière générique dans la convention. La survenance d’un évènement rendant impossible cette mise à disposition est envisageable et le contrat.. com. n°72-12.Raymond. 3èmeciv. IV...

par la même occasion.008 741 La valeur de l’étalon Potin d’Amour était en 1988 de 18 millions de francs ! 742 Jurisprudence Potin d’Amour. JurisData n°044451 . 3 octobre 1995. la mise à disposition de l’étalon est alors prévue pour chaque saison de monte. JurisData n°044451 Mais également comme une erreur sur les qualités substantielles de la chose tant il est évident qu’une des qualités essentielles d’un étalon est son taux de fertilité 737 11 à 15% de réussite alors que le taux normal se situe entre 45 et 50% 738 Cf.158 - . com. L'obligation de respecter les délais contractuels de délivrance varie suivant qu'il s'agit d'un délai de rigueur ou d'un délai indicatif. La difficulté majeure de ce type de relation réside dans l’éventuelle dépréciation du droit de saillie. 281. Imaginons l’acquisition de l’activité de reproduction d’un étalon de qualité pour un prix exorbitant741 et l’hypofertilité annoncée dudit animal à peine un an après742 ! 735 736 CA Caen. et non plus uniquement pour la saison en cours ou à venir. il a été jugé735 que l’hypofertilité est considérée comme un vice caché736 dès lors qu’il est constaté une diminution considérable et anormale des aptitudes de l’étalon à la reproduction737. 30 novembre 1982. Par rapport à l’obligation de mise à disposition de l’animal dans un contrat de location du droit de saillie738. Ainsi. génétique ou congénitale.258 et s. En effet. était bien antérieure à la conclusion du contrat. les périodes de monte doivent être définies au préalable et l’animal doit être mis à disposition de l’acquéreur du droit de saillie durant ces périodes. les parties peuvent prévoir les hypothèses qui empêcheraient la mise à disposition de l’équidé et. ses éventuels palliatifs739. 3 octobre 1995. Pts. leur qualification étant souverainement appréciée par les juges du fond740. cause de résiliation du contrat … 740 Cass. étant constitutionnelle.. En toute hypothèse. c’est pourquoi les parties ont tout intérêt à prévoir un mécanisme d’adaptation en vue de l’éventuelle modification de la clause eu égard à la survenance d’évènements particuliers. 739 Indemnisation de l’acquéreur. la seule originalité tient à la répétition de l’obligation générée par le contrat de cession du droit de saillie. CA Caen. n°81-13.De manière classique. que le vice était manifestement caché et que l’origine de l’hypofertilité. 282.

Le fait générateur de la redevance correspond à l’événement déclencheur de l’obligation de paiement. la fixation du prix de vente peut s’opérer par la détermination d’un montant unique payable à la date d’exigibilité stipulée ou par une clause dite de redevance que nous recommandons fortement..A cet effet.. 10 mars 1998.. le prix définitif à la date de l’exigibilité résulte de la multiplication d’une somme forfaitaire fixée au préalable par un multiplicateur qui peut être le nombre de saillies réalisées par l’étalon. L’objet de la redevance peut être établi par application d’un pourcentage ou d’un forfait. Néanmoins. Pour se faire. à l’intégralité des sommes perçues au titre des saillies exécutées. Ce système dit de la redevance présente l’avantage de prendre en considération la survenance d’évènements qui pourraient affecter la rentabilité de l’étalon et la jurisprudence contemporaine en matière de vente a d’ailleurs admis que le prix soit fonction de l’évolution des résultats de l’entreprise au moment de chaque transaction743. à savoir la conclusion du contrat de saillie. Les clauses de redevance au pourcentage nécessitent l’application d’un taux à une assiette déterminée qui peut correspondre. le paiement du client.. La rédaction de la stipulation relative au prix de vente est particulièrement complexe dans la mesure où le prix est susceptible de varier en fonction des évènements qui pourraient survenir postérieurement à la conclusion du contrat. à titre d’exemple.. la réalisation matérielle de la saillie.159 - . RJDA. nous allons démontrer que la technique contractuelle permet de pallier cette difficulté. n°865 . le nombre de contrats de saillie conclus. En effet. combinons clause de réserve de propriété. clause résolutoire et clause de redevance. 7/98. de son objet et de sa période. le prix peut être fonction des résultats annuels de l’acquéreur et être exigible chaque année une fois un état des comptes dressé. 284. 283. com. Ce système nécessite la détermination du fait générateur de la redevance. 743 Cass. Avec la redevance au forfait.

La clause de prix recommandée étant une fixation par redevance. la titularité du droit de saillie avec néanmoins l’obtention de redevances au prorata de la rentabilité de l’animal. Le vendeur évite également le jeu d’éventuelles clauses de garantie aux termes desquelles il devrait indemniser l’acquéreur pour ne pas avoir mis à disposition l’étalon dans les délais ou pour la période stipulés. malgré la résolution du contrat. tout en laissant au vendeur. permettant ainsi d’éviter à l’acquéreur de supporter la défaillance de l’étalon.160 - . L’application d’un délai à l’issue duquel le contrat est résolu en cas de nonpaiement est inopportune en l’espèce. L’utilité de la clause de réserve de propriété est en effet de permettre le jeu de la clause résolutoire en cas de non mise à disposition de l’équidé. le vendeur reste propriétaire du droit de saillie jusqu’au paiement du montant de vente stipulé. le risque majeur est l’éventuelle dépréciation du droit de saillie qui doit être appréciée au regard de sa cause. non encore payé en intégralité. Toutefois. a profité du droit de saillie et payé au prorata des gains générés par l’activité. l’acquéreur. Stricto sensu. 285. Dans le même temps.La période de redevance correspond à la durée de l’obligation à paiement du prix et peut être mesurée en temps ou en volume de règlement. Cette deuxième solution paraît plus opportune puisqu’elle peut permettre de fixer que le versement des redevances cessera automatiquement lorsque le montant total versé aura atteint un certain montant représentant le prix de la cession. La clause de réserve de propriété va permettre aux parties de différer le moment du transfert de propriété à la date de complet paiement du prix par l’acquéreur. Ce mode de fixation du prix peut permettre au vendeur d’obtenir le montant du prix de cession souhaité tout en évitant à l’acquéreur de supporter les aléas liés à des difficultés de mise à disposition de l’animal. La clause peut prévoir le transfert de la charge des risques puisque le droit français ne lie pas le transfert des risques à la livraison mais au transfert de propriété. 286. Cette dépréciation est . la clause de réserve de propriété subordonne le transfert de droit réel à l’exécution de l’obligation de paiement.

En effet. 288. voire son hypofertilité réduisant l’activité de reproduction à néant.nécessairement relative aux accessoires de l’objet du contrat et concernera le refus de délivrance de cartes de saillie. tant que le prix déterminé par la clause de redevance n’est pas atteint. Par la combinaison d’une clause de prix par redevance. le vendeur reste titulaire du droit de saillie. l’insertion d’une clause résolutoire au contrat va permettre aux parties d’anticiper les évènements susceptibles d’affecter la rentabilité du droit de saillie. doit entraîner la fin du contrat en raison de la disparition de l’objet du droit de saillie. Il est en effet normal que la maîtrise matérielle des accessoires du droit de saillie par l’acquéreur durant les périodes de mise à disposition lui fasse supporter la responsabilité des dommages qu’ils peuvent provoquer. il est essentiel que le contrat prévoit le transfert de la garde des accessoires durant les périodes de mise à disposition de l’animal ou de ses doses de semences à l’acheteur. La technique contractuelle permet en l’espèce d’éviter le contentieux relatif à la responsabilité de la dépréciation du droit de saillie. revient à chercher l’auteur de la diminution de la capacité reproductive de l’étalon. La mort de l’équidé. 287. d’une clause de réserve de propriété et d’une clause résolutoire. l’indisponibilité de l’étalon… La stipulation relative à la fin du contrat doit alors permettre de déterminer les évènements qui permettront à l’acquéreur de demander la résiliation du contrat en distinguant les périodes durant lesquelles l’acquéreur a la charge de ses accessoires et se voit donc en transférer les risques. Les cocontractants doivent lister les évènements qui laissent à l’acquéreur la possibilité de résilier de plein droit le contrat. qui. en définitive. Le jeu de la clause résolutoire permet alors à l’acquéreur de se libérer de son engagement tout en ayant profité durant une ou plusieurs saisons de monte de l’étalon moyennant le paiement d’un prix proportionnel à sa rentabilité et tout en évitant les éventuels désagréments liés à une diminution des capacités de l’étalon. Par l’effet de la clause de réserve de propriété. les effets pervers de la mise à disposition de l’équidé ou de ses doses de semence sont donc limités.161 - . En la présence d’une clause de réserve de propriété et en . En toute hypothèse.

113 746 M. Manuel Carius indique qu’il est possible pour le « propriétaire de s’engager auprès d’une personne à lui céder tout ou partie des droits de saillie. Or. il est entendu que la gestion de l’activité de reproduction de l’animal appartient au seul titulaire du droit de saillie. 2005. B. l’achat unique des doses de semence dans cette optique.162 - . p. spéc. Le droit du cheval et de l’équitation. France Agricole. Il pourra néanmoins toujours se retourner contre lui si la mort de l’étalon a pour origine une faute ou une négligence du vendeur. 2005. spéc. a pour finalité la conclusion d’un acte juridique. le vendeur supporte les risques de disparition de l’équidé.Carius. éd. Le droit du cheval et de l’équitation. Par conséquent.Carius. France Agricole. sauf dans l’hypothèse où la responsabilité de la mort incombe à l’acquéreur.La cession de doses de semence du cheval 289. p. éd. l’achat unique des doses de semence ne peut permettre à l’acquéreur qu’une utilisation personnelle en vue de la saillie d’une femelle déterminée. éd. à savoir gérer l’activité de reproduction de l’animal reproducteur en réalisant le commerce de ses doses de semence. « si le contrat le prévoit. mais seulement en cette hypothèse. Une fois l’intégralité du prix réglée. au moyen de doses de semence »744. On est alors dans le cadre du contrat de vente de semences et on rejoint en cette hypothèse. 2005. Or.l’absence du complet paiement du prix. à savoir leur revente ultérieure dans le cadre d’un contrat prévoyant l’insémination d’une femelle. spéc. Le droit du cheval et de l’équitation. Autrement dit. en réalité. l’acquéreur n’est plus en mesure de se prévaloir de ce montage contractuel à l’encontre de son vendeur.113 M.113 . 744 745 M. la vente unique de semences a alors le même objet que le transfert définitif du droit de saillie. France Agricole. l’analyse développée par Manuel Carius746. p.Carius. L’analyse juridique de cette opération par Manuel Carius n’emporte toutefois pas notre adhésion puisqu’il estime que. il y aura vente des semences »745.

290. TGI Quimper. temporaire ou définitif. soit il s’agit d’un simple mandat de commercialisation des saillies au nom et pour le compte du propriétaire de l’animal reproducteur. le bénéficiaire des semences doit chaque année rendre compte au propriétaire de l’étalon de l’utilisation des doses qui lui ont été transmises et justifier de l’état du stock. rend inapplicable la Convention de Vienne qui ne s’applique qu’aux ventes internationales de marchandises. la pratique recourt assez fréquemment à la cession des doses de semence pour permettre une gestion de l’activité de reproduction de l’animal par une tierce personne. Cette analyse n’est pas sans conséquence au niveau du cadre juridique de l’opération puisqu’elle bouleverse les relations actuelles entre praticiens du monde équin.163 - . Cette seconde analyse est confortée en matière équine par un arrêté ministériel du 21 février 1988 qui précise que les doses de semences appartiennent au propriétaire de l’étalon. En effet. En revanche. En effet. Cette opération est à distinguer de la vente de semences et peut s’analyser de deux façons : soit il s’agit d’un contrat de location du droit de saillie 747 et la cession des doses de semence correspond à leur mise à disposition au locataire durant la période portant transfert temporaire du droit de saillie et le prix de l’opération équivaut au prix du loyer . 5 avril 2005. ne le seraient plus demain. aujourd’hui soumises à la Convention de Viennes. de la maîtrise de l’activité de reproduction de l’étalon sauf dans l’hypothèse où cette cession a pour finalité un usage à titre privé des doses de semence. la cession d’un droit. Le tribunal de grande instance de Quimper748 a d’ailleurs jugé qu’en l’absence de clause contractuelle contraire. n°05/00202 . ou la simple conclusion d’un mandat. La requalification de l’opération n’est donc pas anodine puisque l’ensemble des cessions de doses de semence ayant un lien d’extranéité. 291. Pts. la cession des doses de semence ne peut se faire que dans le cadre d’une opération plus vaste qui comprend nécessairement le transfert.255 et s. 747 748 Cf.

l’exploite lui-même et dirige sa carrière de manière autonome. en accessoire. 1997 750 P.Levêque. Partons alors de ce qui est acquis . LE TRANSFERT DE LA MAITRISE DE L’ACTIVITE DE COMPETITION DU CHEVAL 292. Cependant. des hommes et des chevaux. La France du tiercé.§II. p. Trotteurs de légende. Paris. le contrat de location de carrière de course et de concours d’un équidé est une convention par laquelle le propriétaire met son animal à disposition d’un entraîneur. conduisent les propriétaires de chevaux de course à transférer la maîtrise de l’activité de compétition de l’animal à une tierce personne. . L’entraîneur dispose alors du cheval.57 751 Cf. il s’agit d’une location quelque peu particulière puisque l’entraîneur ne peut jouir du cheval comme bon lui semble dans la mesure où 749 N. Rennes. contrats et responsabilités. lequel a alors la charge d’en exploiter la carrière. 293. nécessitant une spécialisation des intervenants. la nécessité d’une prise en pension de l’animal. 1991 .164 - . 2006. tentative d’expression d’une nation.234 et s. 1766-1866. Le propriétaire espère l’obtention de gains sur lesquels un pourcentage lui revient. G. ordre et désordre d’une passion populaire. Le propriétaire de l’équidé souhaite confier à un professionnel non plus le seul dressage ou entraînement de l’animal mais la maîtrise de l’intégralité de sa carrière de course ou de concours. Institut du Droit Equin. Fayard. L’esprit du contrat est aisément perceptible.Tourreau. 1987 . P. La matière équine illustre parfaitement cette formule par l’intermédiaire du contrat de location de carrière de course et de concours. Paris. 1998 .Konopnicki. La gloire et le jeu.De Blomac. La Manufacture. la jurisprudence renvoyant à cet égard aux dispositions relatives au dépôt751.Pts. Ouest-France. Thèse la Réunion. Certaines compétitions équines lucratives749.Joly. Les courses hippiques à l’île Maurice. S. Le cheval. Diffusion Agence Cheval de France. éd. Le contrat revêt la qualification de louage de chose avec. spéc. Le cadre juridique demeure plus complexe puisque « la nature de ce type de convention est particulière »750.

A cet effet. Le contrat de location de carrière de course est ainsi régi par l’article 17 du Code des courses au trot et l’article 12 du Code des courses au galop. Des normes financières strictes sont imposées pour le calcul du montant de la location : dans les courses au galop.Levêque. contrats et responsabilités. Diffusion Agence Cheval de France. déterminée à priori. elle ne peut être supérieure à trente pour cent des allocations reçues par l’équidé en incluant la prime au propriétaire sauf stipulation contraire 755 .165 - . p.il doit mettre son art en œuvre afin d’améliorer les capacités de l’animal. Concernant la durée. 295. 1èreciv.094 . dans les courses au trot. Les contrats portant sur l’ensemble de la carrière de l’animal peuvent ainsi être résilié 752 P. n°97-17. sauf dérogation exceptionnelle laissée à l’appréciation des commissaires de la Société d’Encouragement du Cheval Français. les sociétés mères imposent d’ailleurs une réglementation stricte visant à encadrer les conditions d’entraînement et à favoriser la transparence de l’ensemble de la filière. Dans le domaine des courses. 294.. le contrat peut prévoir une échéance irrévocable. Il s’agit d’un contrat formaliste nécessitant l’écrit et un dépôt auprès de la société d’encouragement pour le cheval français753 ou agréé par France Galop754 aux fins d’opposabilité. faire référence à un évènement ou porter sur l’ensemble de la carrière de course du cheval sous réserve de dispositions règlementaires applicables. Toute la difficulté réside ainsi dans le fait que ce contrat est « régi par diverses règles issues de régimes juridiques différents. spéc. 17 novembre 1999. le pourcentage revenant au locataire de l’animal ne peut pas être inférieur à cinquante pour cent des allocations obtenues par le cheval.58 753 Pour les trotteurs 754 Pour les galopeurs 755 Cass. Le cheval. le Code des courses au trot interdit la participation d’équidés âgés de plus de dix ans et le Code des courses au galop organise des procédures de résiliation avant terme. 2006. Institut du Droit Equin. au contrat d’entreprise… »752. telles que les dispositions relatives à la location. au dépôt. Cela rapproche sa mission de celle d’un contrat d’entreprise.

Bull. saisie d’une question relative à la rupture abusive du contrat de location de carrière de course.166 - . I. Le cheval. Si sa remarque demeure pertinente. n°115 .Carius. par analogie avec la médecine humaine.176 757 756 .432 Pour s’en convaincre : Cf. 11 février 2003. le vétérinaire joue le rôle du médecin et l’entraîneur celui de l’infirmier »758. Au-delà de l’obligation principale consistant à entraîner l’équidé. Le droit du cheval et de l’équitation. Bull. l’entraîneur a le devoir d’assurer une surveillance générale constante des équidés sous son contrôle dans la mesure où il « contracte l’obligation de moyens de mettre en valeur les aptitudes du cheval à la compétition mais aussi les obligations de moyens. 1ère civ. 10 mai 1989... précisant que les trotteurs ne peuvent plus concourir au terme de leur année de dix ans. n°193 760 M. 296. Cette obligation de moyens induit qu’il appartient au propriétaire de l’animal blessé ou mort de rapporter la preuve d’une faute commise par son cocontractant759. Il est intéressant d’observer que. p. L’entraîneur supporte diverses obligations. I. sauf clause contraire. I. P. Au titre de son obligation de surveillance et de sécurité. le professionnel supporte une obligation de surveillance et de sécurité et une obligation d’information et de conseil 757. Cependant. 15 avril 1979. Manuel Carius fait à juste titre remarquer qu’en matière de bail. civ. 1ère civ. mais la carrière de course ou de concours de l’animal. « l’article 1732 du Code civil précise que c’est au preneur de prouver. civ. n°359 . Cass.unilatéralement sous le respect d’un préavis et la vente du cheval dans un prix à réclamer entraîne la résiliation d’office de la location..Levêque. 18 décembre 1986. le raccourci opéré en évoquant la détérioration du bien loué en lieu et place de l’objet du droit loué est inopportune puisque l’article 1732 ne Cass. Manuel Carius semble omettre que ce n’est pas l’équidé l’objet de la location. 2005. pour estimer que la convention était à durée déterminée et ne pouvait en conséquence être révoquée à tout moment756. spéc. qu’il n’a pas commis de faute à l’origine de la détérioration subie par le bien loué »760. 2006.. Civ. ce dernier n’étant en réalité que l’objet de la carrière. France Agricole. 1èreciv. Bull. Cass. Diffusions Agence Cheval de France. 1èreciv. la Cour de cassation a renvoyé aux dispositions du Code des courses. n°00-13.58 et 59 758 CA Pau. contrats et responsabilités. éd. Institut du Droit Equin. d’entretien et de soins. p. JurisData n°045220 759 Cass.

CA Grenoble. En effet. En ce sens. 761 762 Cf. la location de la carrière de courses ou de concours se distingue de la simple location de l’animal en vue d’une opération ponctuelle déterminée 761. le principe que recouvre l’article 1732 du Code civil s’applique en revanche à l’association qui perd deux lamas au cours d’une randonnée762.167 - . JurisData n°043632 .203 et s. 24 septembre 1996. Pts.recevra application qu’à partir du moment où l’état de l’animal est à l’origine de la détérioration de son aptitude à participer aux courses ou aux concours.

1981.. Lex Electronica. De l’animal objet à l’animal sujet ? : regard sur le droit de la protection des animaux en occident. se soigner. Et Caroline Daigueperse d’insister par l’intermédiaire d’une interrogation : « ne devonsnous pas à l’animal une partie de notre existence matérielle »764 ? Certainement… A cet effet.CHAPITRE II LE REGIME JURIDIQUE DU FAIT DE L’EXPLOITATION DU CHEVAL 297. Chapitre I. A « l’époque moderne. p. est tenue d’obligations. Vol. Pal. se distraire ou pour travailler »763. il existe des obligations ordinaires au profit de l’utilisateur du cheval -Section I-. la personne. Le fait même de l’exploitation implique l’existence de ces obligations. qu’il s’agisse du propriétaire lui-même ou du prestataire spécialisé qui intervient sur le cheval.Daigueperse.Daigueperse. Pal. Partie I. sujet de droit : réalité de demain.160 765 L. sujet de droit : réalité de demain. p. Au quotidien.168 - . L’animal. le cheval compose ainsi avec l’intervention d’une multitude d’opérateurs . pour se nourrir. numéro spécial. Gaz. Gaz. C. voire même les exploite. se vêtir. n°2. les bêtes sont plus que jamais liées aux préoccupations de l’homme qui les utilise.160 C. où est développé le régime juridique des modes d’exploitation du cheval 764 763 . Automne 2005 766 Cf. Titre II. l’entraîneur aux fins de préparation à la compétition ou au dressage… Si le cheval est exploité. le transporteur professionnel en cas de déplacement. le cheval continue néanmoins de subir l’exercice de la domination et de l’empire des êtres humains765. L’animal. 1981. Outre celles caractéristiques à chaque opération766. fréquentant successivement le vétérinaire aux fins de soins. le dépositaire en vue d’une mise en pension.10.Létourneau.

Le fait même de l’exploitation du cheval justifie que la personne qui exploite l’animal soit soumise à des obligations vis-à-vis de l’utilisateur final de l’équidé. Loi n° 99-5 du janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. p.52 769 J-P. PUF.Boisseau-Sowinski. 1992. Mais il faut remarquer que c’est « parce que l’homme parachève son impitoyable domination sur l’animal qu’il lui vient des remords tardifs qui s’expriment dans les sciences humaines en général. T. RTD civ. Thèse Limoges. informer et conseiller l’utilisateur du cheval est essentiel -§I-. Thèse Limoges. p.Marguénaud. Perspectives sur la situation juridique de l’animal. La détermination du fait de l’homme. le droit a récemment pris en compte les caractéristiques de l’animal en « imposant au maître une diligence singulière à l’égard de ces biens particuliers »768.Revet. Le regard que le droit porte sur l’exploitation du cheval est alors emprunt de cette considération. L’animal en droit privé. éd. 1922. d’un cavalier élève. La désappropriation de l’animal.. d’un propriétaire dont le cheval a besoin de soins… Comme chaque cheval est différent. M. du fait de l’animal et du fait de la chose.154 où l’auteur déduit de la vie psychique animant l’animal un caractère dangereux .. Il existe donc également des obligations singulières au profit du cheval -Section II-. SECTION I DES OBLIGATIONS ORDINAIRES AU PROFIT DE L’UTILISATEUR DU CHEVAL 299. Thèse Rennes. Comme l’utilisation d’un cheval est source de danger769. assurer la sécurité de l’utilisateur du cheval est indispensable -§II-.45 où l’auteur évoque la responsabilité du maître d’un animal dangereux . physiologiquement. qu’il s’agisse d’un acquéreur potentiel. sur le terrain juridique en particulier »767 par une volonté d’accueillir l’animal pour ce qu’il est. janvier-mars 2001. p.Vitry. 2008. Ainsi. Nouvelliste de Bretagne. 1999.Libchaber. RTD civ.298. p. 767 768 R.169 - .239 L. morphologiquement.479 . p.

développée initialement dans le cadre de la vente animalière -I-. 8 décembre 1981. a été généralisée par la jurisprudence774 équine -II-. com. L’obligation précontractuelle d’information. Defrénois. qui peut-être l’exploitant lui-même auquel le propriétaire doit faire part des caractéristiques de son animal. Devoir de conseil. n°80-13. X.De Saint Affrique.852 772 Le débiteur doit être curieux 773 B. p. Interprété à l’aune de l’adage « emptor debet esse curiosis »772. est créancier d’une obligation d’information et de conseil.L’OBLIGATION D’INFORMER ET DE CONSEILLER L’UTILISATEUR DU CHEVAL 300. p.. une orientation de choix. « tout professionnel M. civ.521 775 Art. L’utilisateur du cheval.313 774 S.Becqué-Ickowicz. une préconisation de la solution la plus adaptée aux besoins exprimés par le client et constitue généralement une suite du contrat nécessaire à sa bonne exécution771. Litec. 1995. LGDJ. De l’obligation d’information dans les contrats. Defrénois. 3 et 1135 C. 1992 Cass.§I.Fabre-Magnan. La consécration de l’obligation d’information et de conseil dans les relations contractuelles correspond au prolongement naturel de l’obligation de loyauté775. l’obligation d’information et de conseil773. Obligation d’information et revirements de jurisprudence. de l’obligation d’information770. 2003. le conseil implique une incitation. Mélanges Cabrillac. L’obligation de conseil est le prolongement. Fondée initialement sur l’article 1602 du Code civil qui impose au vendeur « d’expliquer clairement ce à quoi il s’oblige ». l’obligation d’information a pour terrain originel de prédilection la vente. 1999. 1134 al. Plus qu’une indication. avec un degré d’intensité supplémentaire. I- L’obligation d’information et de conseil développée dans la vente animalière 301. 771 770 . En ce sens.913 . Thèse Paris I.Thunis. une recommandation.170 - . p.

le mettre en garde contre ses imperfections ou ses dangers. Civ. avant la conclusion du contrat. 302. De la même façon. I. n°128 . La Cour de cassation779 constate « que l'acheteur n'avait ni connaissance ni conscience qu'en achetant un rat domestique il s'exposait à un risque de maladie » et a pu en déduire « que le vendeur. Bull.111-1 C conso. n°08-16. IV. Que le vendeur soit tenu d’informer l’acheteur des risques attachés à la chose vendue est une solution classique780 mais Dominique Fenouillet Art. n°179 . L’information à la une. p. en vertu d'un devoir de sacrifice dont on discernerait bien mal le fondement juridique. 10 juin 1980.. 1èreciv. il appartient au vendeur d’informer son cocontractant des risques inhérents à la garde et l’utilisation de l’animal. Cass. conduit le vendeur « à renseigner son éventuel client sur les caractéristiques essentielles du produit qu'il lui propose et.. p. 13 mai 1986. Bull.vendeur de biens doit. 303. Ainsi. avait manqué à son obligation d'information en ne portant pas ce risque à la connaissance de l'acheteur ». 1èreciv. d’origine précontractuelle. 15 juin 1976. mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien »776. RTD civ. JurisData n°125594 779 Cass. L. L’obligation d’information. d'entreprendre une publicité comparative favorable à ses concurrents »777. 1993.. Civ.. 1er mars 2000. civ. verra sa responsabilité engagée sur le fondement de l’obligation d’information. l’action en réparation contre le vendeur est jugée légitime au motif que celui-ci aurait manqué à l'obligation de mettre en garde les acquéreurs contre le caractère potentiellement dangereux des morsures de l'animal.115 778 CA Rennes. une société de jardinerie qui vend à un couple marié un animal domestique. A cet effet. mais il ne lui incombe quand même pas d'aller au-delà et. en tant que professionnel. 14 mai 2009. En effet.395 780 Cass. l’éleveur professionnel qui laisse à des acquéreurs potentiels un animal à l’essai commet une faute au cas de mauvaise information de l’essayeur profane quant aux précautions à prendre pour garder l’animal778. modifié par la loi n°2009-526 du 12 mai 2009 et provenant de la loi n°92-60 du 18 janvier 1992 renforçant la protection des consommateurs 777 J.179 776 . lequel mord la jeune femme puis son fils..171 - . Bull.Mestre. 1èreciv. Cass. I. Com. n°207. à ce titre.

spéc. Nous pouvons certes le déplorer.181 784 J. une solution en équité783 ou.172 - . tandis que son conditionnement comporte une étiquette mentionnant des précautions d’emploi786..3 ou 1135). La vente de médicament à usage vétérinaire impose de satisfaire à un devoir de conseil auquel le pharmacien manque inévitablement en méconnaissant la réglementation administrative. sa responsabilité est écartée lorsque des analyses montrent que le produit n’est pas toxique en lui-même. 1èreciv.177 786 Cass. JurisData n°000724 787 A propos d’un éleveur de chèvres dont le troupeau a ingéré un aliment dont le conditionnement comportait une étiquette mentionnant des précautions d’emploi 788 CA Orléans. p. spéc. I. 22 juin 1995. encore. de savoir précisément ce qui est attendu d'eux » 784 mais il serait légitime que « leur responsabilité professionnelle soit appréciée à l'aune des obligations positives qui pesaient effectivement sur eux au moment des actes »785.. 6 mars 1996.civ. que ce soit au sein de la théorie générale (C. ce qui a eu pour effet d’entraîner la réalisation des risques que ces dispositions avaient pour fin d’éliminer788. RTD civ. Les professionnels sont-ils tenus d'un devoir de divination ?. 2002. proposer des « revirements pour l'avenir »782.. le médicament ne pouvait être délivré que sur présentation d’une prescription vétérinaire qui faisait défaut en l’espèce et avait vu son autorisation de mise sur le marché suspendue par les autorités compétentes .Molfessis. vendeur d’aliments pour animaux.3776 783 N. de la part de ceux auxquels les tribunaux imposent des exigences de comportement. estimer qu'il existe un « droit.111-1 du Code de la consommation qui impose de mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien ou du service » 782 C. mars 2002. 1994. p. 304. JCP G.Mouly.3 785 N. 2002. Le professionnel. ou du droit spécial.176 et s. p. Droit et patrimoine. p.s’étonne « que rien dans l’arrêt n’indique sur quel texte les demandeurs s’étaient fondés pour imposer au vendeur cette obligation d’information »781. qu’il s’agisse des articles 1602 ou 1603 et suivants du Code civil ou de l’article L. de surcroît en présence d’un éleveur professionnel787.. art. 305. Le revirement pour l'avenir.176 et s.. p. Cependant. RTD civ. 1134 al. p. Mestre. 781 Et l’auteur rajoute à ce titre que « les possibilités sont légion.. les veaux soignés décèdent suite à la prise de ces médicaments . JurisData n°044004 .Molfessis. subit une pression accrue tenant une soumission à un véritable devoir de conseil excédant la simple information.

1721 C. 1969. civ. notamment lorsque l’objet de la relation est un cheval789.533 795 CA Nîmes.570 793 Cass. la jurisprudence.. civ. de manière différente. n°01-16. 22 juin 2004. Ainsi. En revanche. 2002. n°90-17. com. le prêt à usage791 et. mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du service » : Art.350 . JurisData n°182107 796 Cass. JCP G.. un enseignant est tenu d’inculquer à ses clients débutants les règles élémentaires de sécurité. avant la conclusion du contrat..II- L’obligation d’information et de conseil généralisée aux contrats équins 306. conso. n°2887 794 Cass. 1èreciv. IV. 1èreciv. Sinon il est tenu d’indemniser le préjudice subi par son cocontractant lors de l’utilisation du cheval en vertu d’une garantie spécifique que l’on retrouve dans le louage de chose790. 18 avril 2002. il ne peut invoquer la faute de son cocontractant794.. 1973. 3 mars 1992... En ce sens. L’exploitant doit garantir son cocontractant des vices ou défauts affectant l’animal et lui fournir les renseignements utiles pour sa sécurité. si le cavalier commet une négligence ou s’expose inutilement à un risque. RTD civ.. 791 Art. la cavalière d’un équidé au caractère particulièrement difficile peut obtenir réparation des conséquences dommageables d’une chute dès lors que le propriétaire ne l’avait pas informé des risques qu’elle courait et qu’au demeurant il connaissait pour en avoir été la victime 793.173 - . crim. Prenant soin de s’évader du cadre circonscrit de la vente. les consignes relatives aux distances de sécurité795 et les recommandations sur la manière de conduire les chevaux796. p. 1891 C. 792 Cass. a fait application de l’obligation d’information et de conseil pour tout type de relation. L. D. 19 mars 1969. modifié par la loi n°2009-526 du 12 mai 2009 et provenant de la loi n°92-60 du 18 janvier 1992 renforçant la protection des consommateurs 790 Art. 1èreciv. 20 mars 1973. dans le contrat d’entreprise792. 789 Le législateur est intervenu en disposant de manière générale que le prestataire de services « doit. Les juges du fond considèrent que doivent être connues des cavaliers.532 . 17 septembre 2002.Cornu. 307. G. Note sous Cass.111-1 C. p.

2001. JurisData n°141722 F. 1èreciv.. 1969. Cependant..Lagarde.. p. 18 mai 1966. Institut du Droit Equin. il ne « connaissait pas ce cheval ainsi que le danger présenté par les conditions de monte »800. 30 octobre 2000. D.. D. CA Paris. Cette émergence d’une obligation d’information et de conseil803 à l’égard de l’intégralité des prestataires équins s’insère avec justesse dans les relations entre un propriétaire et l’entraîneur de son cheval. 24 mars 2000. Diffusion Agence Cheval de France. 6 février 2001. Ainsi. 2001. Il doit tout d’abord éclairer le cavalier sur sa monture. l’entraîneur doit informer le propriétaire de l’état de santé. p.59 798 . Le centre équestre doit ensuite conseiller le cavalier sur l’itinéraire choisi et l’informer des éventuelles difficultés.. contrats et responsabilités. A ce titre.196 801 TGI Tarascon.Levêque. p. l’établissement équestre n’est nullement tenu de s’assurer de l’inexistence permanente d’obstacle sur le tracé802. 1966.1661 799 CA Nîmes.La personne qui exploite l’animal est débitrice de cette obligation de conseil seulement à l’égard des novices. p. En effet. p..196 800 CA Nîmes. 8 janvier 1969.1661 803 P. sur une simple couverture et en bridon sans mors de bride… »799. le loueur d’équidés est tenu de délivrer à ses clients les informations utiles au bon déroulement de la promenade798.174 - . le cavalier confirmé étant présumé connaître les règles de sécurité797. Gaz. par suite de son défaut d’expérience. D. 308.Lagarde. la monte se faisant sans selle.. Ainsi. En avertissant ainsi le propriétaire de l’animal des signes d’arthrose que présentaient son cheval. n°18 . l’interruption de l’entraînement conduit les juges du fond à débouter le propriétaire de sa 797 CA Paris. note sous Cass. note sous Cass. 1969. 8 janvier 1969. 6 février 2001. p. 2001. le centre équestre est responsable du dommage survenu à son client dès lors que.212 802 F. en présence d’un cheval « moins bien dressé et castré depuis seulement quarante quatre jours. 20006. il incombe à l’opérateur « d’éviter un trajet difficile sachant le cavalier inexpérimenté et de le mettre en garde contre les risques de la promenade qu’il désirait accomplir »801.. La jurisprudence a développé à propos des activités équestres un véritable principe d’obligation d’information. Le cheval. D. 1èreciv. Pal. 309. D. de la forme et des aptitudes de son animal.

La charge de la preuve de l’absence de faute incombe au vétérinaire dont la sanction s’analyse en une perte de chance. L’information doit revêtir un caractère simple de manière à la rendre intelligible et loyale806. Dans cette hypothèse. La Cour de cassation a cependant rappelé au juge qu’il devait établir un lien de cause à effet entre la faute retenue et la perte de chance évoquée810. Le vétérinaire est déontologiquement débiteur d’une obligation d’information et « doit formuler ses prescriptions en conscience de leurs conséquences pour le propriétaire de l’animal avec toute la clarté nécessaire et donner à qui de droit toutes les explications utiles sur la thérapie instituée et la prescription délivrée »805. La responsabilité du vétérinaire est également engagée en cas de fausses indications sur un certificat remis à des tiers et notamment les assureurs. 310. 1èreciv.90 807 Cass. Vol. cass. 1èreciv. civ. Si « la preuve de l’information peut être faite par tous moyens »807. Ainsi. 1èreciv. 1èreciv. n°425 809 Cass. 804 805 CA Versailles. 1èreciv. 17 novembre 1992 811 Cass. n°1055 . II.. est condamné le vétérinaire qui avait coché la case relative au test de coggins alors que cette analyse n’avait pas été réalisée811. « le médecin est tenu d’une obligation particulière d’information vis à vis de son patient et il lui incombe de prouver qu’il a exécuté cette obligation »808. Vol. cass. A tout stade de sa prestation. JO 22 février 1992. 7 juillet 1992. L’évaluation du préjudice mesure les chances perdues et la gravité du préjudice final809.102 Art.. 21 février 1961. I. 7 février 1990. p.. I. 7 mai 1987. Juridisque Lamy C. p. civ.demande de dommages intérêts qui estimait avoir perdu du temps et de l’argent avec cet entraîneur804. c’est une véritable obligation de résultat qui pèse sur le vétérinaire. III. cass. Vol. 1èreciv..2771 806 Cass.. p.. n°1564 808 Cass.. p. 1990.30 810 Cass. 25 février 1997.. Bull. III. n°39. 14 octobre 1997. 311. 1988. 1961. Gaz. Bull. Juridisque Lamy C. 2 du Code de déontologie.. Juridisque Lamy C. le praticien doit fournir les informations nécessaires au consentement du propriétaire de l’animal pour que ce dernier soit en mesure le cas échéant de s’engager en toute connaissance de cause. Pal. n°112. Décret n°92-157 du 19 février 1992.175 - .

Depuis lors.§II. 4ème édition. 5 décembre 1995. B. p. p. n°93-13. . 817 Cass. il a essaimé de la jurisprudence du contrat de transport de personne à une foule d’autres contrats dont l’énumération décourage l’analyse »814. 1992.Viney. il justifie l’application d’une obligation d’assurer la sécurité de son utilisateur. Fondement et régime de l’obligation de sécurité. F. 8 février 1961. 313. civ. D. Pal.Roland. la jurisprudence invente le concept d’obligation de sécurité812 qui protége la faiblesse de l’homme vulnérable devant des forces techniques susceptibles de porter atteinte à son intégrité physique. I. civ. . H. P. n°1061 et s. 1èreciv... n°565 .Marguénaud. 1. L’obligation de sécurité. S...Jourdain.Boyer. Les conditions de la responsabilité.6 814 Y. Litec.Starck.176 - .221-1 C.. 24 septembre 1993..Simler. Gaz. Les obligations. 21 novembre 1911. les tribunaux accèdent fréquemment à l’application de la théorie de l’acceptation des risques818.73 G. 816 Codifiée pour les produits et services à l’article 1 er de la loi n°83-660 du 21 juillet 1983 devenu l’article L.Lyon-Caen. LGDJ. 1993. L. Bull. Pour nuancer les risques intrinsèques à la pratique d’un sport équestre. P.29 818 CA Grenoble. Obligations. 1912. Comme l’animal est « une source originale de dommages »815 par nature.81 815 J-P. 1994. Chron. Dès 1911. p. conso. L’animal en droit privé. n°92. « le concept a fait florès : analysé et généralement approuvé par la doctrine813. n°43. JurisData n°047634 819 Cass.L’OBLIGATION D’ASSURER LA SECURITE DE L’UTILISATEUR DU CHEVAL 312. n°499 et s. l’exploitant supporte une obligation générale de sécurité 816 qui impose de mettre les personnes placées sous sa garde à l’abri des conséquences négatives de son intervention. 1993. 5ème édition.75 .Lambert-Faivre. civ. p. 1èreciv. En effet.21 et s.. D. I. Thèse Limoges. p. 17 janvier 1995. note sous Cass. 1982. à propos de quelques arrêts récents.Terré..Lequette. PUF. Y. p. 812 813 C. « la pratique des sports implique de la part de ceux qui s’y livrent l’acceptation de certains risques et il fallait compter avec les réactions parfois imprévisibles des chevaux qui exposent à des chutes des cavaliers confirmés »819. Mais il supporte aussi une obligation de sécurité « du fait des choses qu’il met en œuvre pour l’exécution de son obligation »817. Bull. Par principe.075.

. 315. ne peut assurer à son cocontractant qu’aucun accident ne se produira et est tenu envers lui d’un devoir général de soins et de diligence. 1964. mais seulement dans le fait de l’avoir mis en présence d’obstacles disproportionnés avec son aptitude à les surmonter »824. D. n’ayant pu prémunir les cavaliers contre les risques encourus.167 822 CA Orléans. p. le centre équestre « qui loue des chevaux pour l’exercice d’un sport essentiellement individuel. D. le professeur ne s’engage pas à l’exonérer de tout risque et à lui assurer sont intégrité physique à l’issue de chacune des leçons. chargé d’accompagner les promeneurs avec pour mission non seulement de les diriger dans la forêt. Pour apprécier la rigueur avec laquelle l’obligation de sécurité s‘applique à la personne qui exploite le cheval.. Dans le cadre de l’enseignement de l’équitation. p.177 - .7 CA Paris. mais encore à adopter toutes mesures nécessaires pour assurer la sécurité de l’élève »821. 316. « la personne liée à un moniteur par un contrat salarié d’équitation entend courir un risque normal inhérent à ce genre de sport . 1964..191 823 CA Orléans.191 824 CA Paris. 12 février 1964. En effet. De la même façon. 820 821 CA Lyon. exigeant une participation active du cavalier et présentant certains dangers. à l’exclusion d’une obligation déterminée de sécurité »822. D. 1955. l’enseignant « contracte une véritable obligation de moyens par laquelle il s’engage non seulement à fournir à l’élève un cheval correspondant à sa capacité. p.1968.. 1959. 12 février 1964. A cet effet. les tribunaux tiennent compte du niveau du cavalier ayant subit le dommage et de la connaissance qu’il pouvait avoir du danger. 7 décembre 1968. D. 29 novembre 1958. Et « la présence d’un écuyer. p. p.26 . mais aussi de les surveiller et de leur prodiguer des conseils. mais assume seulement l’obligation de se conduire en bon père de famille et en professeur prudent et diligent »820. ne modifie pas la nature de l’obligation assumée »823.314.. 26 mai 1954. préposé du maître de manège. « la faute qui peut être légitimement reprochée au professeur d’équitation doit résider non point dans le fait de n’avoir pas soustrait son élève à toute embûche. D.

JurisData n°046215 826 825 . note sous TGI Paris.167 832 Cass. 27 mars 1985. encore que le tribunal retienne directement la faute de l’excentrique victime 830 CA Versailles. 11 décembre 1990. RTD civ. D’une manière générale. I. l’entrepreneur de promenades équestres. même si la jurisprudence favorable à la protection du profane tend à se généraliser 830. n°82 827 J-P. 12 décembre 1967. Bull. de la conformité du matériel et du déroulement de la prestation. I.Rodière. la prise en charge de cavaliers parfaitement novices impose aux organisateurs de promenades de prendre des précautions puisque les tribunaux apprécient la responsabilité du professionnel en tenant compte du niveau du cavalier. Juridisque Lamy C. 29 novembre 1958. 318. 1er octobre 1999. le respect de l’obligation de sécurité s’impose aux personnes qui exploitent le cheval au titre du choix et de la qualité de la cavalerie.. 6 novembre 1996.. Si « la question se pose de savoir si ces principes peuvent être transposés à d’autres animaux que le cheval »827. 17 février 1982. qui fait face « à des clients qui peuvent tout ignorer de l’équitation et rechercher seulement le divertissement d’un parcours à dos de cheval sur l’itinéraire imposé par les préposés qui les accompagnent »825. JurisData n°147290 831 CA Paris. L’enseignant est tenu de « fournir à l’élève un cheval correspondant à sa capacité »831 et de s’abstenir de mettre à sa disposition un « animal dangereux »832.102 Cass.178 - . n°111. au méhari829. Par conséquent.. p. civ. obs. n°1638 . p. Dès lors. CA Aix en Provence. p. n°22. Vol. 12 décembre 1967. 1èreciv. cass.161. 1971.Marguénaud. D. Cass.15619 829 G.. L’accompagnement et l’encadrement d’un groupe de cavaliers demeurent un exercice délicat surtout lorsque l’exploitant perd la maîtrise de l’environnement dans lequel il évolue. Thèse Limoges. 1992. 1èreciv. sur TGI Paris.. ainsi que du matériel en bon état »826.Durry. I.151 828 R. II. p. 319. 1959. 1967. JCP. Bull. constatons que cette transposition a été opérée par la jurisprudence notamment.317. 1èreciv. supporte une obligation de sécurité draconienne par rapport au loueur de chevaux qui est simplement tenu de mettre à la disposition de ses clients « des chevaux non vicieux et adaptés à leur niveau de pratique. dans une espèce pittoresque 828. p. L’animal en droit privé. PUF.. civ.

le cavalier désarçonné par l’animal va fréquemment chercher à engager la responsabilité du centre équestre en démontrant que son préjudice a directement été causé par l’animal837 ou qu’il en a été le vecteur838. I. 10 février 1987. le professionnel doit s’abstenir de fournir des chevaux « un peu vifs »833. 320. JurisData n°171091 . civ.179 - . 30 mai 2001. Si le professionnel est tenu d’informer les cavaliers novices des règles de sécurité. qui ont tendance « à fuir en direction de l’écurie »834 ou dont le propriétaire reconnaît qu’ils sont « parfois ombrageux et capricieux »835. coup de sabot… 838 Chute après ruade… 839 CA Dijon. 13 mars 2003. 10 février 1971. les réactions imprévisibles d’un cheval lors d’une séance d’équitation ne suffisent pas à elles seules à engager la responsabilité du 833 834 CA Lyon. 321. En outre. Pal. 1èreciv. p. En conséquence. compte tenu du niveau sportif du cavalier. Gaz. 4 mars 1980. Constitue cependant un manquement à l’obligation de sécurité le fait d’attribuer à une cavalière un cheval qui lui a précédemment occasionné de graves difficultés840. JurisData n°119635 840 CA Poitiers. 31 mai 2000. JurisData n°146719 . JurisData n°182952 841 CA Poitiers. 25 septembre 2001. 1987. Ainsi. CA Chambéry. Cependant. Cass.246 837 Morsure. JurisData n°209584 Cass. 1èreciv. le degré d’aptitude du cavalier conduit les tribunaux à constater que le fait de confier à un adulte non débutant un cheval d’instruction habituellement monté par des enfants ou des personnes handicapées est la preuve du respect de l’obligation de sécurité par le centre équestre 839. la dangerosité du cheval est appréciée in concreto. 1. 20 novembre 2001. L’obligation de sécurité dont l’enseignant est débiteur comprend en préalable une obligation de conseil. p. il pourra lui être reproché de ne pas avoir résolu les difficultés rencontrées par un cavalier pour appliquer les consignes de sécurité 841.Par principe.467 835 CA Aix en Provence. JurisData n°117644 836 TGI Fontainebleau. n°77 .... « le loueur d’équidés ne satisfait pas cette obligation lorsqu’il est constant qu’un jeune cavalier monte une jument fougueuse »836. Bull. Or. 1971. il doit également veiller à leur application.. 27 avril 2000. D. En cas d’accident.

Bull. 22 juin 2004. d’engager sa responsabilité851. n°01-16. JurisData n°153124 . n°593 847 Cass.. Cass. de la sellerie et du harnachement ne doit mettre en danger ni la sécurité des cavaliers. A cet égard. 22 juin 2004. Cass. 1èreciv. RJES. l’existence de barrières franchissables mais signifiant clairement l’interdiction d’accès à toute personne extérieure étant suffisante849.409 .. D. août 1997 850 Article 12 de l’arrêté du 30 mars 1979 851 Cass. 19 juin 2001. JurisData n°206574 . civ. n°5. Bull. De la même façon. 12 février 1980. p. n°103 . n°55 848 Article 10 de l’arrêté du 30 mars 1979 849 CA Versailles.. civ. Le centre équestre doit veiller à fournir aux cavaliers débutants une bombe au risque..949 . à défaut. IDE. 1èreciv.centre équestre842. 26 janvier 1988. p. Cass. Gaz. D.50 846 Cass.. Note sous CA Paris. p. Bull. 6 février 1998. Bull.. CA Toulouse. 10 octobre 1997. CA Lyon. A ce titre. 14 janvier 2003. n°82 844 CA Besançon. le cheval qui se cabre pour une raison indéterminée843 ou quatre chevaux qui ont simultanément pris le galop pour une raison indéterminée844.. 1èreciv.2539 843 CA Nîmes. 1989. les lices de carrière n’ont pas à être hermétiquement fermées.70 845 CA Agen.. novembre 1998 842 . ère 1 civ. le loueur d’équidés est nécessairement responsable si le cheval qu’il fournit passe sa langue sous le mors846. 1. L’exploitant « doit vérifier l’état de ses chevaux avant le départ »845. n°02-17. I. « les matériaux de construction et les clôtures doivent être conçus de façon à ne pas être une cause d’accident pour les personnes et les animaux : l’usage de fils de fer barbelés est en particulier interdit »848. I. constitue un risque inhérent au comportement des équidés.Dudognon.180 - . Pal. 16 juin 1987. IDE. 6 septembre 2001. En revanche. 322. civ. Bull. En effet. 28 janvier 2003. p. 2003. Bull.. I. 1èreciv. 21 décembre 1964. La jurisprudence considère que l’absence de pare bottes ou la trop faible épaisseur du sol en copeaux dans un manège constituent un manquement à l’obligation de sécurité847. C. I.. JurisData n°181231 confirmé par Cass. 1992. 1èreciv. ni la santé du cheval » et « les cuirs et les aciers doivent être tenus en constant état de propreté et toute pièce détériorée ou usagée doit être remplacée ou réparée »850. 16 mai 1991. « l’état du matériel utilisé. 16 mars 1970. 17 février 1982. civ. 1èreciv. CA Versailles.350 .

19 mai 1981. n’a pas exercé une surveillance rapprochée sur des cavaliers débutants effectuant un slalom au petit trot854 ou commet des négligences dans l’organisation des secours855. 30 novembre 1994. JurisData n°113467 860 Cass.687 . Il supporte ainsi une obligation de sécurité dans le cadre de ses choix comme de ses interventions.323. n°106 859 CA Rennes. En revanche. lui demande d’exécuter un exercice trop difficile pour lui et enfin lui conseille d’utiliser sa cravache. manque à son obligation de sécurité l’enseignant qui n’a aucune réaction face à une cavalière qui rencontre de graves difficultés pour diriger son cheval853. mais doit au contraire tenter de les diminuer »852. la Cour de cassation a confirmé la condamnation de l’enseignant qui a choisi de faire passer un groupe de promeneurs à côté d’un pré dans lequel était un poney. pratiquant régulièrement l’équitation depuis deux années et qu’il n’était pas établi que son niveau de compétence eut exigé une attention spéciale. Ainsi. JurisData n°050310 CA Poitiers.. L’entrepreneur de promenades 852 853 CA Orléans. II. Dans le même sens. 324.6 857 Cass. 10 novembre 1999. JurisData n°182952 854 CA Rennes.181 - . Gaz. I. Ainsi. Commet également une faute l’enseignant qui intègre un cavalier débutant dans une reprise de niveau élevé. L’attitude des préposés du centre équestre peut également être à l’origine du préjudice. JurisData n°109555 855 CA Poitiers. 1èreciv. la Cour de cassation858 exonère l’enseignant de toute responsabilité lorsque la victime n’était pas une débutante mais une cavalière déjà relativement confirmée... 20 novembre 2001. n°97-16. ne doit pas accroître les risques inhérents à la pratique du sport équestre. Gaz. 12 janvier 2000.. 20 novembre 2001.. Pal. civ. ce qui provoque sa chute856 ou qui fait monter un débutant sans selle et frappe le cheval sur les naseaux857. 1èreciv. « tenu à une obligation de prudence et de diligence.366 858 Cass. il a été reproché à un centre équestre de ne pas avoir empêché la coupure d’un groupe de poneys au passage d’un pont. occasionnant l’affolement de l’un deux et la chute de son cavalier859. p. JurisData n°182952 856 CA Paris. 15-17 décembre 1996. 1981. 1èreciv. La personne exploitant le cheval. 22 mars 1983. cette présence ayant entraîné une réaction violente du cheval de l’un de ses clients860. Bull. Pal. 19 juin 1996. p. 11 mai 1999.

en les soumettant le cas échéant à une phase préparatoire en manège 862.. 1. civ. 2000. 1èreciv. Afin d’éviter ce genre de désagréments.. inconscient de faire face à des débutants. JurisData n°113445 867 CA Pau. 7 janvier 1988. 1966. il est inconsidéré de faire passer des débutants à proximité d’un boulevard périphérique sans les faire mettre pied à terre 867 ou à côté d’un pré 861 862 TGI Tarascon.409 . 29 mars 2000. 1989.136 865 Cass. soit en le faisant descendre. Pal. l’organisateur de promenades équestres procède parfois à une vérification des capacités de ses clients. RCA. 18 novembre 1986. 1èreciv. CA Rennes. De la même façon. D. 1994. n°346 . p. 327. A défaut d’avoir apprécié le niveau des cavaliers. 18 mai 1966. il les laisse sans aucune surveillance aller chercher seuls leurs chevaux dans un pré863.équestres doit « prendre toutes précautions utiles pour éviter la chute du client au niveau d’un talus où elle s’est produite. n°270 864 CA Paris. Un centre équestre n’est en revanche pas responsable de l’accident survenu à une cavalière qui connaissait les règles élémentaires de sécurité864.. p. 1èreciv. Bull. l’entrepreneur de promenades équestres engage sa responsabilité lorsque. JurisData n°144735 863 Cass.. Ainsi. n°97-11.290 866 CA Nîmes... 24 mars 2000. Face à une recrudescence d’incidents intervenus au cours de promenades. D. Gaz. la jurisprudence a élargi le champ d’application de l’obligation de sécurité. 325. IR.212 Cass.182 - . I. 326. 13 décembre 2000. L’itinéraire choisi impose à l’entrepreneur de promenades équestres de s’assurer de l’absence de difficulté excessive sur le parcours susceptible d’occasionner un dommage à ses clients865. Une promenade empruntant un sentier sinueux entremêlé de branches barrant la route et très pentu sur la fin est considérée comme dangereuse indépendamment du fait que ce trajet est utilisé habituellement pour les promenades par le centre équestre 866. p. soit en maintenant son cheval par la bride »861. l’entrepreneur de promenades équestres supporte une obligation de sécurité qui s’étend au choix de l’itinéraire. comm. 29 juin 1994. 11 mai 1999. de l’allure et du personnel d’encadrement.

L’encadrement des cavaliers durant la promenade doit être effectif. n°215 . 22 juin 2004. 1èreciv. n°01-16. placé en tête. ne sait pas maîtriser le galop et s’accroît encore lorsqu’un aléa imprévisible amène le cheval à faire un écart alors que le cavalier n’a d’autre préoccupation que de tenir en équilibre sur sa monture »869. JurisData n°195223 . 13 décembre 2000. constitue un défaut de surveillance875. 29 octobre 2002.350 872 CA Lyon. n°97-16. débutant. I. RCA. 328. JurisData n°041737 875 CA Toulouse. 1èreciv. 18 avril 2002. En l’absence de norme impérative..dans lequel était un poney.687 CA Rennes. JurisData n°182167 874 CA Reims.. 1èreciv. La jurisprudence impose ainsi aux entrepreneurs de promenades équestres « de faire garder l’allure du pas » à des chevaux montés par des débutants870.183 - . 329. la Cour de cassation a rejeté la responsabilité d’un centre équestre dès lors que l’accident n’avait pour origine ni l’allure choisie. Cass. le centre équestre commet une faute en encadrant treize personnes par un seul enseignant 873 ou dix cavaliers par une seule personne874.. 7 février 19984. 11 mars 1986. JCP 2001. La compétence du personnel d’encadrement comme leur insuffisance en nombre est susceptible d’engager la responsabilité du centre équestre. IV. 14 mars 1995. En revanche. JurisData n°144735 870 Cass. 7 septembre 1999. « le risque de chute est proportionnel à l’allure donnée au cheval et s’accroît avec celle-ci lorsque le cavalier. 330. civ. ni la configuration du terrain871. 11 mai 1999. Les tribunaux ont déjà constaté que le simple fait de ne mettre à disposition d’un groupe un seul accompagnateur. Ainsi. 1èreciv. Au-delà du tracé. n°64 871 Cass. n°1087 873 CA Nîmes. 1995. le professionnel peut laisser un cavalier aguerri effectuer seul un galop afin de rester aux côtés des cavaliers débutants ne souhaitant pas faire cet 868 869 Cass. En revanche.. l’encadrement est suffisant lorsqu’il y a deux accompagnateurs pour onze cavaliers872. cette présence ayant entraîné une réaction violente du cheval de l’un des clients868. l’organisateur doit également veiller à choisir des allures conformes à la topographie et à la capacité de ses clients. En effet. Bull.

JurisData n°177957 878 CA Besançon. 1er octobre 1999.Boisseau-Sowinski. SECTION II DES OBLIGATIONS SINGULIERES AU PROFIT DU CHEVAL 332. 20 mai 2002. En effet.exercice876. le défaut de qualification officielle n’implique pas nécessairement l’incompétence de l’accompagnateur même si la Cour de cassation a récemment pris soin de relever qu’un entrepreneur de promenades équestres a fourni à ses clients des accompagnateurs diplômés pour conclure qu’il a respecté son obligation de sécurité881.184 - . p. JurisData n°147290 884 L. Thèse Limoges. JurisData n°148686 880 CA Poitiers. 1èreciv. JurisData n°180882 879 CA Nîmes. JurisData n°181254 CA Aix en Provence. JurisData n°182967 881 Cass. 19 avril 2001. 22 juin 2004. n°02-17. 27 mars 2002. commet une faute l’accompagnateur chef de file qui est distrait par une amie qui s’est portée à sa hauteur877. 20 novembre 2001. spéc. l’absence de diplôme joue parfois le rôle d’un indice déterminant882. En revanche. JurisData n°182952 883 CA Versailles.350 . qui impulse un départ au galop sans vérifier que sa cliente est prête à prendre à cette allure878 ou qui fait partir un cavalier débutant au galop afin de lui faire combler son retard879.949 et n°01-16. 331. L’exploitation d’un cheval requiert de protéger l’utilisateur de l’animal mais implique corrélativement de veiller à l’animal. tel le fait de faire accompagner un débutant éprouvant des difficultés par un cavalier simplement confirmé883. La désappropriation de l’animal. 30 mai 2002. L’obligation de sécurité ne sera pas exécutée convenablement à chaque fois qu’un centre équestre met à la disposition de ses clients du personnel manifestement incompétent à l’origine de l’accident880. JurisData n°209584 882 CA Poitiers.. 13 mars 2003. C’est ainsi qu’il est imposé « au maître une diligence singulière à l’égard de ces biens particuliers »884.52 . 876 877 CA Aix en Provence. 2008. 19 décembre 2001. CA Lyon. Cependant.

INRA. éd. éd.comme de le surveiller et d’en assurer la sécurité -§II-. éd. L’obligation d’entretien et de soins du cheval s’impose naturellement à toute personne qui dispose de la maîtrise temporaire de l’animal. 2001 . La désappropriation de l’animal. d'alimentation ou de soins »887 La tendance actuelle s’évade du cadre circonscrit originel du bien meuble pour penser un droit assurant la préservation du « bien-être » même des animaux888. digne de tout être vivant886. éd. le transport aérien des animaux. J. INRA. Intrinsèque à la nature de l’animal.Burgat et R. Les animaux d’élevage ont-ils droit au bien être ?. F. Cette convention fixe des B.Burgat et R.185 - . Evolution de la réglementation de protection des animaux dans les élevages en Europe. M-S.Boisseau-Sowinski.Dantzer. 2004 889 Ces normes concernent le transport des animaux par voie terrestre.Beignier. 334. « la protection garantie cherche à éviter de causer à l'animal toute souffrance ou tout dommage inutile. En effet.Toute l’originalité réside alors dans le fait que la personne qui exploite le cheval est débitrice d’obligations au profit du cheval.Leguille-Balloy. 2008. LGDJ. l’organisation mondiale de la santé animale a adopté six normes relatives au « bien-être » animal en vue de les intégrer au Code sanitaire pour les animaux terrestre de l’organisation mondiale de la santé animale 889. INRA. l’obligation d’entretien et de soins résulte d’une prise de conscience de l’humain qu’il convient d’accorder aux animaux un traitement honorable885. L’honneur et le droit. Le bien-être animal.55 888 M. 1983 887 L. en raison de ses conditions d'habitat. Les animaux d’élevage ont-ils droit au bien-être ?. STE n°65 891 La Convention européenne sur la protection des animaux en transport international du 6 novembre 885 886 .Broom et E. 2006 . La souffrance animale : l’étude objective du bien-être animal. 1999 . 890 Convention européenne sur la protection des animaux en transport international du 13 décembre 1968. §I.L’OBLIGATION D’ENTRETENIR ET DE SOIGNER LE CHEVAL 333. p. la mise à mort d'animaux à des fins de contrôle sanitaire et le contrôle des populations de chiens errants. Bienêtre animal et travail en élevage.Porcher.Dantzer. spéc.De Fontenay. 1995 F. le transport des animaux par voie maritime. 2001 .Dawkins. Thèse Limoges. l'abattage des animaux destinés à la consommation humaine. La convention sur la protection des animaux en transport international fut adoptée dès 1968890 puis révisée en 2003891. C’est ainsi qu’elle est tenue de l’entretenir et de le soigner -§I. éd. du Point Vétérinaire. A cet effet. Conseil de l’Europe. M. Thèse Nantes.

dans la garde de la chose déposée. 6 octobre 2003. facilitant ainsi une application plus efficace de la nouvelle règlementation par des dispositions complémentaires »897. par principe. En raison de l’obligation de soin pesant sur le dépositaire.238 900 CA Douai. CA Rennes. il est fréquent que ce dernier s’assure de l’absence de maladie de l’animal qui lui est confié.Boisseau-Sowinski. JurisData n°2003-228011 901 CA Nîmes. 1997894. 335.186 - . « le dépositaire doit apporter. Etablissant le cadre actuel des dispositions générales en la matière. 892 Directive 91/628/CEE du Conseil du 19 novembre 1991 893 Directive 95/29/CE 894 Règlement (CE) n°1255/97 895 Règlement (CE) n°411/98 896 Règlement (CE) n°1/2005 897 L. STE n°193. l'hygiène. 27 janvier 2004. JurisData n° 155605 . 2008. l'aération. JurisData n°2004-237181 . Le dépositaire supporte à ce titre une obligation de moyens renforcés 899 et engage sa responsabilité lorsque l’animal doit être abattu en raison d’un très mauvais état de santé lié notamment à un manque de nourriture900 ou lorsqu’il tarde à appeler un vétérinaire alors que des animaux placés ensemble et sans surveillance se blessent mutuellement901. les mêmes soins qu’il apporte dans la garde des choses qui lui appartiennent »898. les moyens de transport.normes obligatoires concernant l'espace. La désappropriation de l’animal. La prise en pension du cheval comprend par nature une obligation d’entretien et de soins à la charge de l’hébergeant puisque. 899 Cf. p. 1998895 et plus récemment encore par le règlement du 22 novembre 2004896 qui « constitue une refonte en profondeur de la règlementation communautaire actuelle en matière de transport d'animaux en identifiant d'amont en aval tous les intervenants. spéc. 15 février 2001. vient réviser la convention du 13 décembre 1968 (STE n°65) en envisageant une actualisation de ses dispositions et une clarification de leur libellé afin d’en faciliter la mise en oeuvre. la nourriture et l'eau. la directive européenne relative à la protection des animaux en cours de transport892 a été complétée et renforcée en 1995893. civ. dont il définit clairement les obligations respectives pendant le transport des animaux. Thèse Limoges. Pt. le chargement et le déchargement des animaux ainsi que l'assistance vétérinaire dans l’hypothèse de transport international.58 898 Art. 1927 C. 2003.

un vétérinaire qui ne se déplace pas pour soigner un animal qui en 902 Métrites contagieuses et autres maladies vénériennes… CA Pau. S’ils demeurent débiteurs d’une simple obligation de moyen à ce titre904. 18 décembre 1986.250 905 Cass. Ce type de faute est relativement rare dans la mesure où la jurisprudence estime que. 336. des accords internationaux ont été signés afin de lutter contre diverses maladies contagieuses902 et les parties stipulent parfois qu’il appartient au déposant de fournir lors de l’arrivée de l’animal à son lieu de stationnement des documents indiquant qu’il est à jour de ses vaccinations et a subi les examens conformes aux codes en vigueur et pratiques internationales. En effet. le propriétaire de l’animal peut parfaitement prendre la décision de faire intervenir un autre praticien 905. L’illustration phare de l’intensité de cette obligation concerne les intervenants médicaux. 338. Toutefois. p. 337.. Pt. JurisData n°045220 904 Cf. d’entretien et de soins. ayant été informé de l’impossibilité pour le vétérinaire de se déplacer rapidement. le retard ou le défaut d’intervention du vétérinaire est une première singularité liée à la nature d’être vivant de l’animal et au besoin corrélatif d’une action rapide. une jurisprudence dont la vigueur est croissante les soumet à une véritable obligation de résultat en fonction des actes accomplis ou à accomplir. le vétérinaire joue le rôle du médecin et l’entraîneur celui de l’infirmier »903. 15 décembre 2000.17 903 .187 - . Ainsi. 18 janvier 2000. 1èreciv. par analogie avec la médecine humaine. S’inscrivant au-delà du simple hébergement du cheval.En matière d’élevage notamment. les vétérinaires peuvent être déclarés responsables de l’aggravation de l’état de santé d’un animal qu’ils n’ont point examiné rapidement. LPA. l’entraînement conduit l’entraîneur à assurer une surveillance générale constante des animaux sous sa charge dans la mesure où il « contracte l’obligation de moyens de mettre en valeur les aptitudes du cheval à la compétition mais aussi les obligations de moyens.

1èreciv.Chabas. 28 novembre 2001. 27 janvier 1982.443 910 CA Paris. JurisData n°131793 912 CA Rennes.19923 Cass. manque à son obligation de soins et ne peut se décharger de cette responsabilité909. p. D. le vétérinaire.. La responsabilité du vétérinaire dérive vers l’obligation de résultat en matière de diagnostic et peut être engagée au cas d’erreur. JurisData n°183809 . 12 janvier 1977. 1er juin 1976. Le vétérinaire doit faire un examen attentif et consciencieux tout en prenant les mesures adéquates pour veiller à sa propre sécurité ainsi que celle de l’animal et des tiers. le praticien a l’obligation de venir examiner un cheval en situation de péril. 1983.meurt peut être condamné à des dommages et intérêts pour faute contractuelle906.188 - . 339.. I. n°53 908 Cass. 341. IR. 340. Bull. Bull. Ainsi. 30 mai 1979 911 CA Rennes. Le vétérinaire est encore tenu d’une obligation de résultat en ce qui concerne la qualité du médicament prescrit. 1èreciv. Ainsi. civ.. I. le vétérinaire ne peut retarder son intervention car il y a là une violation de son obligation de moyens908. n°208 909 CA Lyon. 13 septembre 2000. le vétérinaire est responsable en ne décelant pas une hernie étranglée et en ayant prescrit une thérapeutique contraire ayant entraîné la mort du cheval910. notamment en cas d’injection d’un 906 907 F. note sous Cass. 1977. à un analgésique fortement déconseillé en raison des réactions violentes qu’il peut engendrer912. spécialiste des chevaux de sport et de course. 27 janvier 1982. En revanche. La responsabilité du vétérinaire est engagée lorsqu’il a traité avec légèreté et sans respect des précautions habituelles un abcès à l’encolure dont l’évolution chronique a généré des séquelles chez une jument911 ou lorsqu’il a eu recours. JCP. Lorsqu’il s’est engagé à agir rapidement. p. 1èreciv. pour le tatouage d’un animal. en se contentant de remettre des entraves et un tord-nez pour maintenir une jument sans utiliser les moyens de contention que la science met à sa disposition. L’ancien Code de déontologie vétérinaire reprenait cette idée en ajoutant toutefois que le refus de se rendre auprès d’un animal devait être justifié 907. civ.

même si la composition du produit y figurait et si lui-même en tant qu’homme de l’art pouvait en tirer un certain nombre d’enseignements914. 1èreciv. En matière équine. 913 914 CA Rennes. 7 juin 1989. la loi Bambuck917 relative à la répression du dopage du cavalier et du cheval a élargi le champ des responsabilités en poursuivant l’auteur des prescriptions thérapeutiques. c’est à dire le vétérinaire qui a facilité ou incité à la prise de produits dopants. Il peut ainsi décider d’assigner en responsabilité contractuelle le vétérinaire tenu d’une obligation de résultat quant à l’innocuité des produits à finalité thérapeutique. p. le vétérinaire est fondé à se plaindre du fait que le fabricant n’avait pas indiqué les contre-indications sur l’emballage. Malgré ce. Sur le fondement de la responsabilité des produits défectueux. Bull.155 915 Loi n°98-389 du 19 mai 1998.189 - . Vétérinaire et fabricant sont tenus par une obligation de résultat en ce qui concerne l’innocuité des produits à finalité thérapeutique. 28 mars 2001. 25 novembre 1981. n°232. n°18. p. 342. étant précisé que l’ignorance de la nocivité par le vétérinaire n’exonère pas ce dernier de sa responsabilité mais lui permet d’appeler le fabricant en garantie913.626 du Code de la santé publique 917 Loi n°89-432 du 28 juin 1989 modifiée par la loi n°99-223 du 23 mars 1999 relative à la protection de la santé du sportif et à la lutte contre le dopage. Il en va de même pour une erreur dans le calcul du délai de rémanence919. Bull. civ. I. JO 24 mars 1999. p.. 1989. IDE. Commet une faute. p. le propriétaire d’un animal mort des suites de l’injection d’un produit vétérinaire dispose d’une option dans son choix d’action. Le vétérinaire engage encore sa responsabilité en cas de prescription de produits dopants916.2 . 2 mai 2000. JurisData n°165860 919 CA Caen. JO 21 mai 1998.vermifuge qui s’est avéré nocif pour l’animal. à charge pour ce dernier d’appeler en garantie le fabricant ou d’assigner directement le laboratoire fabricant en responsabilité délictuelle915. le vétérinaire qui prescrit un médicament retiré du marché depuis dix ans et contenant des substances dopantes à un cheval de course contrôlé positif par la suite918. JurisData n°041297 Cass.4399 918 CA Rennes.7744 916 Infraction réprimée par l’article L.

La jurisprudence n’hésite pas à rappeler que pour tout acte chirurgical. JurisData n°181173 921 920 .343. En revanche. JurisData n°046914 922 CA Rennes. JurisData n°047935 924 A propos de castration : CA Caen. aucune faute n’est retenue à l’encontre du vétérinaire pour le décès d’un cheval après une intervention de castration des suites d’une rupture de l’artère iliaque 925. notamment lorsque le vétérinaire ne s’est pas renseigné sur l’état sanitaire d’un poulain alors que la méthode était propice à infection928. mais également lorsqu’il n’aura pas imposé une mise à la diète dé l’animal929. n°10 (absence d’examen pré-opératoire) 928 Cass. mars 2001. IDE. le vétérinaire n’est soumis qu’à une obligation de moyens924. Ainsi. A la suite d’une opération chirurgicale.. 1èreciv. il y aura faute lorsque la technique opératoire choisie n’est pas adaptée à l’animal ou que l’intervention a été mal préparée 927. le vétérinaire voit sa responsabilité écartée dès lors qu’il a pris toutes les précautions nécessaires. En revanche. Cependant.. 14 décembre 1989. Le vétérinaire n’est pas responsable de la lésion survenue chez la jument après l’injection dès lors que le praticien a agi dans les règles de l’art et selon les données acquises de la science920. 9 juillet 1982. 344. JurisData n°041746 926 CA Paris. 19 juillet 1988.3 930 CA Lyon. 3 novembre 1981. 25 novembre 1997. 30 novembre 1987. p. IDE. JurisData n°024757 CA Bordeaux. 20 décembre 2001. Bull. 22 mars 1983. 15 octobre 1976 927 Cass. n°001601 929 CA Caen. ni en cas de mort de l’animal lié à des complications fortuites de castration926. notamment lorsque la mort du cheval ne résulte pas de sa faute mais de la chute de l’animal922. IDE. 16 décembre 1997. sa responsabilité est retenue en cas d’absence de surveillance postopératoire923. CA Paris. JurisData n° 041251 923 CA Agen. le vétérinaire doit éviter toutes négligences et imprudences de nature à engager sa responsabilité notamment en laissant un simple particulier procéder à des injections délicates sur un cheval921. 20 février 2001. Bull.190 - . La mort de l’équidé précipité par la négligence du vétérinaire qui n’avait pas prévu le matériel adéquat pour lutter contre une apnée subite engage la responsabilité du prestataire930. Bull. mars 1998 925 CA Angers. 1èreciv. n°9.

l’obligation de sécurité a vu son champ d’application s’étendre aux animaux dans leur globalité et aux chevaux de manière satisfaisante.191 - . 1912. 20 février 2001.L’OBLIGATION DE SURVEILLER ET D’ASSURER LA SECURITE DU CHEVAL 346. La contribution du nouveau Code pénal sur la nature juridique de l’animal.. 2003/31 935 C. JurisData n°141990 934 CA Paris. mars 2001 933 CA Caen. il est tenu de s’assurer que l’animal fera l’objet d’une surveillance efficace durant les heures suivant l’intervention.Danti-Juan. §II. JurisData n°141838 CA Caen. Enfin. D. Chron.. L’animal dans le nouveau Code pénal. IDE. Bull. 1995.187 . note sous Cass. Taillée en 1911 à la mesure de l’homme935. A cet égard. 8 mars 2001. p. n°248. Rur.477 . indépendamment de sa qualité de propriétaire936. en donnant éventuellement des consignes précises à la personne en charge de la surveillance931 et de se rendre disponible pour pouvoir intervenir à nouveau en cas d’urgence932.345. Dr. BJIPA. Cependant. les soins prodigués ou les conseils donnés au propriétaire pour la convalescence. L'animal en droit pénal positif. IDE. il appartient au propriétaire de l’animal de signaler au praticien tout symptôme inquiétant apparu après la sortie de clinique933. 7 mars 2003.. Au pénal.29 . M..Lyon-Caen. En définitive. 1997. si un équidé meurt d’une hernie inguinale extériorisée postérieure à une opération de castration mais qu’aucune faute n’a été commise dans le choix de la technique opératoire. Bull.653-1 du Code pénal réprimant les atteintes involontaires à la vie et à l’intégrité de l’animal dont la méconnaissance engage la responsabilité de son auteur. p. l’obligation de sécurité résulte à l’origine de l’application de l’article R. p. 1. 21 novembre 1911. S.Cedras.Marguénaud. le vétérinaire peut être responsable des complications postopératoires. Civ. 1996. n°117. 6 mars 2001. 931 932 CA Lyon. J. p. la responsabilité du vétérinaire ne peut pas être engagée934.73 936 J-P.

qui remarque que la faute d’imprudence pour devenir répréhensible doit avoir été génératrice d’un résultat dommageable. 15 avril 1979. l’entraîneur est sanctionné en laissant sans surveillance une jument dans un manège aux parois peu élevées941. Bull.3984. Droit pénal général.52 940 Cass. Bull. Dès lors. En réalité. I. 13 décembre 1988. I. civ. A l’étude des diverses jurisprudences équines. n°16 937 . p. 121-3 C. 2005.Chavanne et M-C.. 24 mars 1999. Bull. La désappropriation de l’animal.Fayard.1 . PUF. c'est à dire d’une atteinte à l’intégrité physique des personnes . Cass. n°115 . 1ère civ. 348. p. le droit pénal cantonne le domaine des infractions involontaires aux comportements générateurs de risques pour la sécurité des personnes 937 et impose à l’agent de prendre les précautions nécessaires pour éviter tout dommage938. 2008. le propriétaire se voit contraint de se préoccuper de la sécurité de son animal auquel cas il pourrait voir sa responsabilité pénale engagée. I. RSC. 2006. p. le vétérinaire… supporte une obligation de surveillance et de sécurité à l’égard de l’animal.2604 943 CA Amiens. est dangereuse pour la société l’imprudence de celui qui ne se rend même pas compte du danger qu’il fait courir . n°27.Couvrat.523 938 Art.347. IDE. relativement mineure. I. spéc. L’imprudence en droit pénal. P. n°00/00342 . p. il faut répondre par l’affirmative : en effet. 1èreciv.Pradel.Salvage. Les délits d’imprudences.. A ce titre. J. qu’il en soit le dépositaire. il s’évince que la personne qui exploite le cheval. « imposant ainsi au maître une diligence singulière à l’égard de ces biens particuliers »939. La sanction de l’imprudence. n°193 941 CA Douai. 1975. en omettant d’alerter son propriétaire sur le fait qu’elle rue à la seule vue d’une cravache 942 ou en remettant un cheval domestique trop rapidement au travail après une affection pulmonaire943. Thèse Limoges. 939 L.192 - . JCP. Pourtant. 29 août 2002. Bull. JCP G. A. IDE. Cujas. 21 juin 2001.3 942 CA Limoges. Cass. IV. En principe. qui remarque que l’on s’est parfois demandé en doctrine si cette forme. il est intéressant de remarquer que le législateur a étendu le champ des infractions involontaires en considération des atteintes portées à l’intégrité et à la sécurité des animaux. Bull. 16ème édition. pén. de faute est bien justiciable de sanctions pénales. in Mélanges offerts à P. ère 1 civ. 2001. l’entraîneur. 9 juin 2004. L’obligation de sécurité à la charge de l’entraîneur demeure une simple obligation de moyens pour l’activité de dressage ou d’entraînement à propos de laquelle il appartient au propriétaire du cheval domestique blessé ou mort de rapporter la preuve d’une faute commise par son cocontractant940. n°519. civ. civ.. 1996.Giuddicelli-Delage. p. 10 mai 1989.Boisseau-Sowinski. G. p. n°359 . CA Rouen.

CA Angers. 7 janvier 2003. civ. la jurisprudence réserve une place prépondérante aux usages de la profession947. 2 octobre 1980. 6 septembre 2000. IDE. n°14 (retournement du cheval) CA Caen. 1er février 1995. en perche de châtaigniers. JurisData n°188921 951 Cass. Bull. septembre 2001 948 CA Paris. s’étant débattu. JurisData n°144562 947 CA Rennes. il avait dû être abattu946. 6 septembre 2000. De surcroît. verra sa responsabilité écartée.. au cas où l’un des équidés vient à s’empaler sur les dites perches en jouant948. 30 mai 2001. JurisData n°151854 950 CA Dijon. n°240 945 944 . Ainsi. un dépositaire ayant mis plusieurs pouliches dans un paddock conforme aux usages de la profession. 1èreciv. JurisData n°200134 946 CA Angers. CA Besançon. 3 septembre 2002. 8 septembre 1998. JurisData n° 020369 949 CA Rennes. De façon plus discutable.193 - . ce qui occasionne l’incendie de l’écurie949. la Cour d’appel d’Angers a refusé de voir une faute dans le fait de laisser dans un paddock et sans surveillance un équidé auquel des élastiques avaient été mis . IDE. JurisData n°151854 . Commet en revanche une faute. I.En revanche. En matière de contrat de pension. 349. 17 mai 2000. l’entraîneur n’est pas responsable de la chute d’une pouliche lors d’un exercice de débourrage traditionnel et non prématuré944 ou de la fracture du crâne survenue à un cheval indocile lors d’une chute945. le dépositaire est tenu de fournir des conditions d’hébergement adaptées aux chevaux domestiques et il commet une faute en cas d’écurie trop petite950 ou de portes de box pas assez solides951. le dépositaire qui ne débranche pas une clôture électrique alors que l’orage menace. Bull. Bull.

relative au niveau d’équitation du cavalier. L’analyse du régime juridique de l’exploitation du cheval confirme la soumission du cheval au droit commun. leur qualification dépend des régimes juridiques de la location. traduit par la conclusion d’un contrat de pension. Même lorsque doctrine et jurisprudence hésitent sur une qualification. Quant aux transferts temporaires comme définitifs de l’une des activités du cheval. est considéré comme relevant du régime juridique du dépôt sauf lorsque qu’il ne constitue que l’accessoire d’une opération plus vaste dont il emprunte alors la qualification. des consignes de sécurité… L’exploitant doit aussi assurer la sécurité de l’utilisateur du cheval. L’exploitant est alors tenu d’entretenir et de soigner le cheval ainsi que de le surveiller et d’en assurer la sécurité. du cheval à un débutant. L’exploitation du cheval implique l’existence d’obligations à la charge des personnes l’exploitant. L’hébergement de l’animal. L’utilisateur du cheval doit ainsi être informé et conseillé du caractère de l’animal.194 - . c’est encore par l’intermédiaire des outils de droit commun à notre disposition que l’opération peut être appréhendée juridiquement. C’est ainsi que les différents modes d’exploitation du cheval ont été rattachés à des régimes juridiques existants. à propos de la syndication et du contrat de « foal-sharing » notamment. . conduit néanmoins de facto à qualifier de contrat d’entreprise l’opération de mise à disposition. la mise à disposition d’un équidé à un cavalier est soumise au régime juridique de la location lorsque le cavalier part seul avec la monture et au régime juridique du contrat d’entreprise lorsque la promenade est encadrée. sans encadrement. A ce titre.CONCLUSION Le droit qualifie et réglemente les pratiques humaines d’exploitation du cheval. L’exploitation du cheval va encore au-delà en ce qu’elle implique l’existence d’obligations au profit de l’animal. du mandat ou de la vente. Une subtilité d’origine prétorienne. des conditions de monte. Les actes de préparation du cavalier comme de l’animal demeurent soumis au régime juridique du contrat d’entreprise.

qu’il ne se confond pas avec les choses dont il emprunte pourtant la qualification. Le niveau d’équitation du cavalier dispose d’une influence juridique. le régime juridique du cheval demeure principalement gouverné par les dispositions de droit commun. le régime juridique de la vente équine oscille entre droit commun et admission de la nature du cheval. Ce constat ne doit pas surprendre dans la mesure où le cheval est une chose pour le droit. le cas échéant. Cependant. malgré cette soumission au droit commun. La garantie de conformité paraît inadaptée et la garantie des vices cachés est modifiée afin d’être appliquée par exception et non par principe. Observons que cette « prise en compte des nécessités liées à la nature de l’objet telle qu’elle est révélée par le sens commun. sans occulter sa cession soumise principalement au droit commun de la vente. obligation d’entretien et de soin et obligation de surveillance et de sécurité.1ère PARTIE CONCLUSION L’étude du régime juridique du cheval conduit à un constat . du stade de l’appropriation du cheval. Ainsi. Une autre singularité réside dans l’émergence d’obligations dont le cheval luimême profite. au stade de son exploitation. la biologie. de possession ou d’accession. qu’il s’agisse pour le droit de distinguer la location d’équidés de l’organisation de promenades équestres ou de déterminer le degré de rigueur de l’obligation de sécurité de l’exploitant du cheval. encore fallait-il vérifier que le cheval soit uniquement chose pour le droit. L’intérêt de notre étude est en effet de démontrer. Et. la philosophie ou l’économie… doit être articulée à la logique de l’institution juridique dans .195 - . légitimée par les notions d’occupation. à ce titre. dont la qualification des opérations induit l’application de régimes juridiques usités. l’étude du régime juridique du cheval a aussi réservé quelques singularités.

En effet. Fr.3 . 1998 O. n°18. Rien n’est moins sûr .laquelle elle est insérée »952. sa nature est admise par le droit.Cayla. cette observation ne doit pas occulter « la nécessité de réélaborer l’objet en l’intégrant dans le réseau de concepts juridiques et de règles qui préexistent et n’ont pas été faits pour lui mais pour convenir à un ensemble d’objets disparates. 952 953 M-A. si ce sont les caractéristiques du cheval communes aux choses et aux biens meubles qui dictent son régime juridique. auquel le droit découvre des traits communs »953. Droits Rev.196 - . 1993. p. Revue Enquête. La qualification ou la vérité du droit..Hermitte. L’expression de la singularité du cheval serait donc circonscrite à la logique du droit commun. n°7 sur Les objets du droit. Le droit est un autre monde.

197 - .2ème PARTIE LA NATURE JURIDIQUE DU CHEVAL .

p. en vue de la production d’effets de droit. Mais peut-être le cheval se distingue t-il de l’animal ? Il est légitime de s’interroger : « comment faire coïncider les diverses conditions de certains animaux dans un seul statut »956 ? Et François Dumont de citer justement « le cheval. Cependant. P.45 .Revet. Successivement. Conclusion 1ère Partie 959 La qualification est en définitive une traduction du fait en droit : Cf. P. L’animal. Dictionnaire de la culture juridique. de course -donc soumis à règlement-. la détermination de la nature juridique de l’animal est non moins grave que délicate »955.. le cheval est une espèce appartenant au règne animal. Elle s’inscrit donc dans un processus de concrétisation du droit dont elle représente une étape indispensable en tant qu’elle assure une circulation entre le monde du Sollen (l’univers symbolique où se situent les textes juridiques destinés à régir la conduite des hommes) et celui du Sein (l’univers concret où se déploient les comportements humains » . domestiqué. RTD civ. p.ou mieux encore viande de cheval.479 956 F.Dumont. Droits Rev. 1999.350.. Il est déjà possible de fonder notre raisonnement sur un acquis : l’analyse du régime juridique du cheval révèle une soumission au droit commun958.Dumont.Wachsmann. Janvier 2006. L’analyse du régime juridique du cheval mène à la révélation de sa nature juridique. « l'appréciation donne d'abord aux faits un sens non juridiquement nommé puis la qualification les place dans une catégorie 954 T. RTD civ. p. Fr.Revet. Revue Lamy Droit civil. 1999. Revue Lamy Droit civil.198 - . sauvage il en est -prjevalski-.. La révélation de sa nature juridique requiert donc de porter une attention particulière aux « controverses relatives à la nature juridique de l’animal »954 et « parce qu’elle touche aux définitions fondamentales tout en pointant les aspects relatifs et évolutifs. L’animal. p. un être juridiquement en devenir. La qualification en droit civil. de labour -donc pour l’exploitation d’un fonds.63 957 F. donc abattu »957. 2003 où l’auteur indique que « la qualification consiste. 351. à subsumer des faits sous des normes juridiques. PUF.63 958 Cf.479 955 T. Janvier 2006. Loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux.Jestaz. p. lequel est objet de discussions juridiques dont il est impossible de faire abstraction. un être juridiquement en devenir. 1993. Si le droit commun intervient prioritairement. Loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. dans une première approche. n°18. c’est parce que le processus classique d’application du droit suppose le rattachement d’une situation à un concept juridique existant par une qualification préalable des faits959.

D. RFDA. un double froid qui affecte la forme d’un immeuble amortissable »965.Hermitte. Bull. dans l’univers juridique. Confortons la position de cet auteur en modifiant les faits : un cheval.221 et s. p.Carius. . 1998 965 M-A. il répond nécessairement à la qualification de bien dans son acception juridique comme le dispose expressément le Code civil968. dressé par un professionnel en préalable à sa vente. cependant G. p. les centres d’intérêts. Cf. auquel le droit découvre des traits communs »963.Hermitte. Revue Enquête.Farjat.199 - . 1999. n°7 sur Les objets du droit. RTD civ. a donc. n°35 . Et l’auteur d’illustrer en droit fiscal par sa « jument préférée qui. d’un bien d’occasion966. Droits : revue française de théorie juridique. Chron. avril-juin 2002. Cependant. L’étendue du contrôle de cassation : faut-il séparer appréciation souveraine et qualification juridique des faits ?. le droit fait du cheval une chose. La nature juridique des règlements sportifs à objet commercial. 1998 966 CJCE.Hubert. IDE. éd. Revue Enquête. dans le vrai monde est une alezane facétieuse mettant bas de superbes poulains. Le droit est un autre monde. Revue Enquête.169 967 Cf. D’une manière générale. 1999. Förvaltnings AB Stenholmen (société d’achat et de vente de chevaux) c/ Riksskatteverkert (administration des impôts). p. France Agricole. M..Hermitte. pour le droit fiscal.3 964 M-A.174 962 M-A. 1993. 353. L’analyse du régime juridique du cheval révèle donc qu’il est chose et bien pour le droit -Titre I-. Ainsi. La qualification ou la vérité du droit.Simon. et aux régimes juridiques qui découlent de chacune d’entre elles »962. le droit ramène « la situation qu’il saisit à ses catégories. 1er avril 2004. Le droit du cheval et de l’équitation. n°7 sur Les objets du droit.. Objet d’appropriation. Considérant le monde selon la summa divisio des personnes et des choses967. civ.juridique déterminée à l'avance »960. 1998 963 O. 352. le processus d’application du droit requiert « une prise en compte des nécessités liées à la nature de l’objet telle qu’elle est révélée par 960 P. p. « la qualification retenue conditionne le régime juridique applicable »961.. 968 Art. n°7 sur Les objets du droit. C’est en ce sens que le cheval est intégré « dans le réseau de concepts juridiques et de règles qui préexistent et n’ont pas été faits pour lui mais pour convenir à un ensemble d’objets disparates. 18. 528 C. revêt la forme. 2005.Cayla. Le droit est un autre monde.112 961 G. Ces objets « ont donc une sorte de double juridique qui dépend de leur place dans l’univers du droit bien plus que de leur nature propre »964. p. Entre les personnes et les choses. Le droit est un autre monde.

le sens commun. 2004. des obligations profitent directement au cheval. 1992. le droit a adapté le régime juridique du cheval. 7 mai 1994. p. sans pour autant qu’il doive être traité comme de la matière morte ou indifférenciée »976. la biologie. Livre du Bicentenaire.Hermitte. comme d’appréciation du degré de rigueur de l’obligation de sécurité du professionnel972. la maladie et la mort qui le rongent »973.297 et s. le niveau d’équitation du cavalier. Selon la formule de Rémy Libchaber. l’animal fait l’objet d’une obligation d’entretien et de soins974 et d’une obligation de surveillance et de sécurité975. Aussi est-il considéré comme une chose vivante -Titre II-. C’est exactement l’attitude du droit lorsqu’il saisit le cheval. n°7 sur Les objets du droit.19 . Le Code civil.346 et s. 975 Cf. p. soit sa capacité à maîtriser sa monture. 969 970 M-A. n°7 sur Les objets du droit. 1998 971 Cf. l’analyse du régime juridique du cheval révèle également que sa nature est admise par le droit. également S. p. « il faut laisser l’animal du côté des biens. 1804-2004.Libchaber.. C’est ainsi qu’en phase de qualification d’une opération971. 1998 M-A.208 . Le droit est un autre monde. est déterminant.209 où le niveau d’équitation du cavalier est pris en compte pour qualifier l’opération de mise à disposition d’un cheval 972 Cf.Hermitte. Pts.316 et s. Cf. Eu égard « la vie qui l’anime. Revue Enquête. 973 J-P. . Pal.594 et s. Revue Enquête. Thèse Limoges. 976 R. Le droit est un autre monde. Tenant compte des caractéristiques de l’objet auquel il s’applique. Un animal est-il une chose ?. Pts.Marguénaud. La recodification du droit des biens. 974 Cf. Par conséquent.333 et s. Pts. DallozLitec. Gaz. En ce sens.Antoine.200 - . le mouvement qui l’agite. Pts. L’animal en droit privé. PUF. la philosophie ou l’économie »969 même si « ces données extérieures doivent être articulées à la logique de l’institution juridique dans laquelle elles sont insérées »970.

201 - .TITRE I LE CHEVAL. CHOSE ET BIEN .

L’animal entre science et droit. 984 S. L’animal. Un animal est-il une chose ?. 1998.Nerson. C’est seulement « lorsque de nouveaux besoins ou de nouveaux problèmes surgissent et que les solutions formulées pour y répondre ne prennent pas naturellement leur place dans l’édifice existant que de nouvelles catégories émergent »986. p..202 - . 2006. p. spéc. certains animaux ne sont plus exactement des choses »982. dans la classification des biens. La personnalité juridique des animaux. 7 mai 1994.124 981 J-P. Ce cadre juridique ne fait toutefois pas l’unanimité. conception qui… (serait) un non-sens juridique et une ineptie morale »985 sans avoir caractérisé en amont les incohérences et omissions du régime juridique de l’animal par le droit commun. « les activités qui ont besoin d’exploiter des animaux pour se développer trouvent dans les instruments juridiques fournis par le droit positif les moyens de leur épanouissement en tirant parti de la souplesse des règles et de la richesse des solutions de droit commun »980. l’étude de sujets adjacents converge vers une conclusion identique. Thèse Aix-Marseille.Desmoulin.Marguénaud. appartient à la catégorie des meubles par nature »977. Thèse Aix-Marseille.. PUAM.Antoine. D’ailleurs.163 986 S. Un courant doctrinal condamne l’assimilation de l’animal. L’animal et le droit des biens. 1975 980 S. 2006. 1981. 1998. D. Le cheval de course. p.. p. Cependant. p.Antoine. et par voie de conséquence du cheval. p. Gaz. Pal.Desmoulin. Chron. 2006 979 P. Ministère de la Justice.Marguénaud.Antoine.205 et s. entre science et droit. La personnalité juridique des animaux. PUAM.. prônant « une extraction complète de l’animal du droit des biens »984. p.594 et s. sujet de droit : réalité de demain. L’animal entre science et droit. 2005 985 C.Daigueperse.. Appliqué au cheval. 982 J-P. Pal.208 983 S.. comme à un bien983. D.. 1963. il est incohérent d’envisager « que l’animal cesse enfin d’être relégué au rang de simple objet de droit.205 et s. Rapport sur le régime juridique de l’animal. une chose qui.. ce cadre juridique est cohérent. En effet. En l’absence d’une telle démonstration. p. affirmant que « un examen scrupuleux de l’évolution du droit permet en effet d’affirmer que.De Watrigant. qu’il s’agisse de l’animal dans un contexte scientifique et technique978 ou du cheval destiné à la course979. D.2651 .Marguénaud. . 355. à une chose981. L’animal est « pour le droit. Gaz. L’animal. D. . 1998. J-P. Thèse Aix-Marseille. PUAM.3 S. La condition de l’animal au regard du droit.666 . 2003. Thèse Bordeaux. S. en France.354.Desmoulin. spéc. p. La personnalité juridique des animaux. la thèse soutenue paraît donc purement théorique et dénuée d’intérêt pratique dans la mesure où il est 977 978 R. D.

D. Thèse Aix-Marseille. 2007 994 A.203 - . 356. n°7 sur Les objets du droit. 8 octobre 1980. Chron. Cf. philosophique988. A. 989 A ce titre. Note sous Cass.Leclerc de Buffon. mais aussi A.595 et l’auteur de préciser avec ferveur que « ce qui importe c’est qu’il cesse d’être assimilé à une chose. Cf. et cet univers rend les objets méconnaissables »995. Le droit est un autre monde. 1749.33 et s. éd.1 et s. 1998 992 M-A. Le droit est un autre monde. p. 1998 993 G-L. 7 mai 1964.Hermitte.Desmoulin. sc.44 .Nerson. L’animal entre science et droit. E.. Revue Enquête. Un animal est-il une chose ?. D.. 7/2001. Univ. 1963.Hermitte. La condition de l’animal au regard du droit.Nerson. Cette mise au point est justifiée par des considérations d’ordre moral qui s’insèrent dans un cadre plus large qui est le respect de la vie » 988 A propos des écrits de Descartes ou de Madame la Marquise de Sévigné. Le droit est un autre monde.Antoine. scientifique989 ou S. Bull. L.. De l’art équestre. p. Chron. 1èreciv. p. n°7 sur Les objets du droit.. Gaz. Pal. Les Belles lettres. n°7 sur Les objets du droit.Schenk..Houël. Ne perdons pas de vue que le droit est un autre monde991 et « pousse l’abstraction de la pensée juridique au point où les objets originaires s’effacent derrière un monde peuplé de concepts juridiques fantomatiques »992.. il est indispensable de ne pas omettre que « la construction juridique des objets venant des autres mondes impose une mise à distance par rapport à l’univers d’origine.49 ou encore Xénophon. Marie de Rabutin-Chantal.1 ou encore A. La condition de l’animal au regard du droit. R. D.. Revue Enquête. D. PUAM. Bureau du Journal des Haras. p. mais sa nature juridique. Paris. Paris. 2008 987 . p. Cheval et équitation dans l’antiquité. Honoré Champion. La personnification de l’animal : une tentation à repousser. Chron..puis confirmée par le régime juridique qui lui est appliqué -Chapitre II-. Si le cheval est « la plus noble conquête de l’homme »993 et qu’on « ne peut ignorer la place tout particulièrement importante acquise par le cheval dans notre société »994. 2006 990 A propos du dogme de la métempsycose.Couret. Paris. Ce n’est pas le cheval qui est révélé.. 1998 996 Cf. la qualification du cheval en chose et en bien est d’abord justifiée par les propriétés du cheval -Chapitre I.Hermitte. Dans ce contexte. R.incohérent de prôner le rejet de règles dont l’application aux animaux est satisfaisante quand bien même elles seraient contraires à diverses considérations théologique990. 1848 . voir le remarquable travail de S. d’ordre moral987. 991 M-A. 1990. p. 1981..M Sohm-Bourgeois. Revue Enquête. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.365 995 M-A. Histoire naturelle. lequel ne nous a pas attendus pour faire admirer sa splendeur996. 1963.

il est inacceptable de considérer encore les animaux comme des choses » car les considérer ainsi. 1963. 2003.204 - .Marguénaud. puisqu’il est « une chose qui. Le droit est un autre monde.. on en fait trop ou trop peu ?. L’animal et le droit des biens. Le cheval obéit aux classifications traditionnelles du droit. n°7 sur Les objets du droit.Hermitte..Hermitte.3 J-P. les choses sont des « entités 997 998 R.2651 1000 M-A. D. sans grand lien avec la nature de l’objet »1001. rebelle aux classifications traditionnelles »999. puisqu’un courant doctrinal considère l’animal comme « un bien original. Revue Enquête. « les objets donnés par le monde sont retravaillés par les juristes pour s’insérer dans leur univers »1000 et « cette opération repose sur une mise à distance entre l’objet originaire et son double juridique. Revue Enquête. Le droit est un autre monde. appartient à la catégorie des meubles par nature »997. une chose..Nerson.CHAPITRE I UNE QUALIFICATION JUSTIFIEE PAR LES PROPRIETES DU CHEVAL 357. p. dans le monde du droit.. 1998 1002 M-A. Le droit est un autre monde. 2010. p. 1998 . Aussi choquant au plan éthique cela puisse t-il paraître998. D. dans la classification des biens. mais aussi du point de vue de la technique juridique. Chron. Il faut donc « laisser à la chose sa signification technique : elle est alors tout ce qui n’est pas personne »1002. 1998 1001 M-A. n°7 sur Les objets du droit.Hermitte.Antoine. Droit des animaux. Revue Enquête. En effet. « c'est les maintenir dans la catégorie où on les avait enfermés à l'époque où tout le monde niait obstinément leur sensibilité pour mieux pouvoir les livrer à toutes les formes d'exploitation économique et à toutes les traditions culturelles… c'est donc un moyen particulièrement efficace de verrouiller le débat sur des questions aussi graves que l'expérimentation animale.816 qui indique que « non seulement sur le plan éthique. En effet. 358. n°7 sur Les objets du droit. l'élevage concentrationnaire ou l'abattage rituel » 999 S. D. p. La condition de l’animal au regard du droit. cohérent au regard du système. le cheval est.

p. Bureau du Journal des Haras. SECTION I LES PROPRIETES ECONOMIQUE ET PATRIMONIALE DU CHEVAL 359. PUF.Demolombe. Chron.Houël. éd. Si le cheval est en conséquence chose et bien. soit d’après leurs 1008 caractères intrinsèques. Droit civil. n°142 1006 C. 1978. 1854 1007 P-F. Cours de Code civil. Quadrige.205 - . n°1 J. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.Carbonnier. en droit. Janvier-août 2005 : du classicisme et des innovations.Malaurie.comme ses propriétés physiques -Section II. 2ème édition.Revet. Droit civil. 1997. Cette qualification juridique du cheval dépend d’abord de l’analyse de ses propriétés par le droit. 1848.Zénati et T. Manuel élémentaire de droit romain. De la distinction des biens. corporelles ou incorporelles. « les choses sont divisées en de nombreux points de vue. PUF. c’est parce que ses propriétés économique et patrimoniale -Section I. Droit des biens.Seube.Girard. il en est un indispensable puisque « les choses ne seraient rien pour le législateur sans l’utilité qu’en tirent les hommes »1009. Librairie Edouard Duchemin. il faut qu’elle soit susceptible d’appropriation »1005. p. p.260 1008 P-F. Par essence. 2004. pour le droit. Les biens. Librairie Edouard Duchemin. éd. Si le genre Equus comprend l’espèce Equus caballus. Les biens. « le cheval est de tous les êtres créés.5 1004 1003 .260 1009 L.naturelles ou artificielles. Stienon. 2005. soit d’après leur condition juridique » . Droit et Patrimoine. un décalque imparfait puisque « pour qu’une chose devienne un bien. Les biens.. coll. Parmi leurs caractères. n°707 1005 J-B. qui se distinguent des personnes »1003 et les biens en sont le décalque sur le terrain juridique 1004. F.Aynès et P. Or. le plus utile à l’homme »1010. 1978. « les choses sont tout ce qui existe dans la nature »1007 et. spéc.Girard.justifient cette qualification. Paris. Manuel élémentaire de droit romain. Le cheval est donc d’abord chose utile -§I-. « la chose est le genre. Cujas. le bien est une espèce »1006. 2002 1010 E.

2005. La caractéristique principale d’une chose en droit est son utilité à l’homme. Crépin-Leblond. Traité pratique de droit civil français.5 1016 M. En 2010. p. donc M. D. spéc.. éd. Le droit du cheval et de l’équitation. spéc. 361. par leurs utilités.Desmoulin. Or. de course -donc soumis à règlement-. Chron. Et pour cause.ou mieux encore viande de cheval. éd. la domestication du cheval est la preuve irréfutable de son utilité pour l’homme. miroir et expression de la civilisation humaine. la France compte près d’un million de chevaux et la Fédération française d’équitation représente presque sept cent mille licenciés et environ huit mille clubs adhérents. p. mais lorsqu’elles sont appropriées »1011.2 1014 S. ne s’est préoccupé à peu près exclusivement jusqu’à nos jours que de l’animal chose »1013. PUAM. 2006. Ainsi. Cujas. « les statistiques montrent qu’en vingt cinq ans le nombre des centres équestres a été multiplié par onze. non pas lorsqu’elles sont utiles à l’homme. « le droit. En effet.Mais « les choses deviennent des biens au sens juridique du mot. « les animaux ressortissent des entités que l’homme souhaite pouvoir utiliser pour améliorer son sort »1014. 1952.51 1015 P. Droit civil. de labour -donc pour l’exploitation d’un fonds. sauvage il en est prjevalski-.L’UTILITE DU CHEVAL 360. p. éd. Thèse Aix-Marseille.58 1012 L.7 1011 .Planiol et G. p. Le cheval est source d’utilités.206 - . de Chessé. qu’il s’agisse du « cheval. Les biens. Le « monde du cheval constitue donc un secteur important de la société »1016. Les biens.Aynès et P. Les chiffres plaident en la faveur du cheval. « les choses ne seraient rien pour le législateur sans l’utilité qu’en tirent les hommes »1012. Equitation et droit. le cheval répond à la qualification de bien puisqu’il est appropriable -§II-. spéc. L’animal entre science et droit. France Agricole. 1997. 1963.Carius. LGDJ.Ripert. La condition de l’animal au regard du droit. domestiqué.Picard. par M.Nerson. 362. §I. spéc. 2002 1013 R..Malaurie. De chose utile. p. celui des chevaux et poneys qui les abritent par douze et celui des cavaliers qui les fréquentent par dix sept »1015. Ainsi.

en dépôt dans un haras national. Diffusion agence cheval de France. contrats et responsabilités.Callé. malheureusement. surtout lorsque Bernard Callé en conclut que « ces qualités l’ont retenu comme essentiellement utile »1021. Janvier 2006. puis réformé des courses et vendu à 1017 1018 F. de guerre… sa rapidité. Difficile de correspondre plus fidèlement aux observations formulées par Charles Demolombe. Revue Lamy Droit civil. p.. p. 2006. ou dans celle du concours. de concours et de dressage… sa beauté. p. spéc. pour le sport ou le jeu. Le cheval concentre nombre de qualités : « sa force. un être juridiquement en devenir. l’entraînement. Institut du Droit Equin. entraîneur. qui indique que l’on « apprécie les biens beaucoup moins d’après leurs éléments matériels et physiques que d’après le genre d’utilité qu’ils peuvent procurer à l’homme dans l’ordre de ses besoins »1020. 2006. Le cheval. de travail et. jockey.63 et s. D’ailleurs.Demolombe. son agilité et son adresse en font un animal de courses. Institut du Droit Equin. spéc. La simple carrière sportive du cheval illustre la diversité de ses utilités tenant « la carrière simple du cheval appartenant à un naisseur éleveur propriétaire. contrats et responsabilités. 1854 1021 B. civile et militaire. dont l’exemple n’est pas rare dans la spécialité des courses au trot.abattu »1017 comme du « cheval omniprésent dans la vie quotidienne. qu’est ce que le cheval pour l’homme si ce n’est l’instrument d’activités de loisir. p.Callé. contrats et responsabilités. Stienon. Institut du Droit Equin.Dumont. sa puissance et son endurance en ont fait un animal de transport.7 . P. spéc. L’animal. d’un point de vue strictement économique et patrimonial.7 1020 C. acheté à la vente annuelle des yearlings de Deauville par l’intermédiaire d’un courtier agissant pour le compte d’un syndicat de propriétaires. d’opérations commerciales lucratives comme la vente. Diffusion Agence Cheval de France. sa noblesse et son caractère en font un animal de loisirs et de compagnie »1019. au cheval né d’une saillie d’un crack. 363.Lévêque. qui le confie à un entraîneur public gagnant sous la monte d’un jockey sous contrat. du gentleman-rider ou des habits rouges au jockey professionnel ou au cavalier sponsorisé »1018. Cours de Code civil. au cheval de loisir. de compétition. la pension. éd.207 - .51 1019 B. Le cheval. 2006. De la distinction des biens. Diffusion Agence Cheval de France.. Le cheval.

Desmoulin. En effet.un groupe de cavaliers amateurs qui confient sa carrière à un cavalier professionnel »1022. 2006. 57ème année. spéc. le droit romain hors la religion. p. 1848.Thomas.58 .Thomas. Traité pratique de droit civil français. le droit romain hors la religion. non pas lorsqu’elles sont utiles à l’homme. spéc. par essence. Les biens. 2002/6. p. 1022 P. p. contrats et responsabilités. Institut du Droit Equin. C’est donc assez naturellement que le cheval a été appréhendé par le droit comme ressortissant de la catégorie des choses dont le « régime est d’appartenir régulièrement et d’emblée à une sphère sociale d’appropriation et d’échange qui se manifeste par excellence dans la procédure civile.Houël. Bureau du Journal des Haras. le cheval répond à la qualification juridique de chose. PUAM. spéc. contrats et responsabilités. 2006. eu égard ses « qualités en ont toujours fait un animal de valeur »1026. c’est sous le rapport presque exclusif d’une valeur patrimoniale et réalisable que les choses se considèrent »1025. Diffusion agence cheval de France. où les biens se qualifient et s’évaluent »1027. p.Lévêque. de l’EHESS. Paris. Le cheval. si le cheval est utile. éd. La valeur des choses. spéc. mais lorsqu’elles sont appropriées »1028. Le cheval. Ainsi. « selon la jurisprudence des deux ou trois premiers siècles de notre ère. Or. p. 1952. c’est.Callé.5 1025 Y. 2006. LGDJ. le plus utile à l’homme »1024.L’APPROPRIABILITE DU CHEVAL 364. le cheval est une chose. Diffusion Agence Cheval de France. 57ème année.1431 1028 M. spéc.51 1023 S. entre science et droit.208 - .Planiol et G. L’animal. Annales Histoire.25 1024 E. Sciences Sociales. par M. Compte tenu de son utilité pour l’homme. Etant « de tous les êtres créés.Picard. Thèse Aix-Marseille. Sciences Sociales 2002/6. Par définition. s’il s’agit d’une « entité matérielle susceptible de préhension et présentant de nombreuses utilités… la qualification de chose s’impose donc naturellement au juriste »1023. Institut du Droit Equin. où se reformulent des dispositifs plus anciens. p.1431 1026 B. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.7 1027 Y. §II. « les choses deviennent des biens au sens juridique du mot. Annales Histoire.Ripert. La valeur des choses. p.

au fond non juridique. no494 et s. droits. 2004 1031 R. p. Partie I. 1979. LGDJ. Répertoire de droit civil. le cheval a fait l’objet d’une préhension primitive en préalable à sa commercialisation1037.166 . p.Callé.58 1036 F. biens. constatons que les biens sont des choses. Les biens.. spéc.209 - . Valeurs. Pour pouvoir être qualifié de bien. En dépit des mises en garde philosophiques dénonçant l'échec prévisible d’une tentative de définition de la notion de bien1029. D. en ont toujours fait un animal de valeur »1032. « on ne saurait en demeurer à cette vision économiste et naturaliste des biens. 1991. Les métamorphoses économiques et sociales du droit privé d'aujourd'hui. Mélanges Breton et Derrida.Gregorczyk. Les biens. mais qui aujourd’hui le révèlent comme éminemment agréable.Zénati-Castaing et T.18 1037 Cf. Approfondissement d'un droit renouvelé. J-M. Le cheval. 3ème édition.. D. PUF. 2006.277 1032 B. qui conduirait à identifier les choses aux objets du monde réel car la notion de biens qui seule nous importe est une notion juridique.24. contrats et responsabilités.Savatier. p. 2008. p. Traité pratique de droit civil français.Planiol et G. Institut du Droit Equin. Diffusion Agence Cheval de France. Or. Le terme bien comprend « tout ce qui est un élément de fortune ou de richesse susceptible d’appropriation au profit d’un individu ou d’une collectivité »1035. elle ne se ramène pas purement et simplement à un référent matériel »1033 . D. « de façon absolue. « dès lors que la presque totalité des res étaient qualifiées en raison de leur disponibilité patrimoniale..Libchaber. D. nous l’avons constaté. « qui l’ont autrefois retenu comme essentiellement utile. APD. spéc. p. par M. Toutefois. les qualités du cheval. 366. Mousseron.. le cheval doit donc être appropriable et participer au commerce juridique1036. selon les catégories par lesquelles s’organise 1029 C.365. Chapitre I 1030 . Présentation générale des biens. p. 2011 1034 R. n°2. c'est-à-dire qu'elle est définie par l'idée de valeur »1031. ce terme étant pris dans l'acception la plus floue possible1030 et.7 1033 R. ce qui signifie que si elle entretient des relations d'affinité avec la réalité. Présentation générale des biens.259 E.Ripert. t. Thèse Paris II. « de là deux qualités que doivent réunir les choses pour que l'on puisse les qualifier de biens : l'appropriabilité et la commercialité »1034. on peut donc approcher la notion de bien en constatant qu'elle se situe au carrefour de l'utilité et de la rareté.Libchaber.Picard. 1952. Ainsi. Titre I. 2011 1035 M. 1959. Répertoire de droit civil.Sabathie. Le concept du bien juridique : l’impossible définition.Revet. Or. La chose en droit civil..

n°07-00473 . Cf. Sciences Sociales. J-M. La valeur des choses. p.. 57ème année. Annales Histoire. 2002/6. 1957. la diversité des critères de la fongibilité. 2002/6. l’unité des effets de la fongibilité. D.751 . « c’est une propriété physique de la chose qui lui donne sa qualité juridique »1042.Boulanger.Laude. LGDJ. Or. le droit romain hors la religion.. p. à établir des classifications destinées à regrouper les biens de même nature et à les soumettre à un même régime juridique »1041.Boulanger. Sciences Sociales.Ripert et J.Thomas. elles assumaient une valeur qui en faisait à proprement parler des biens »1038.751 1043 TGI Avignon. Petite promenade.307 1042 G.Thomas. PUF. « tous les biens sont meubles ou immeubles »1044 et « la distinction des meubles et des immeubles a été faites dans le Code civil en considération du caractère physique de la mobilité des choses »1045. en compagnie du meilleur ami de l’homme. demeure au regard du droit civil français un bien meuble »1043. « cette diversité a conduit les juristes. civ.210 - . coll. « cette saisie juridique des choses les situe sur un plan de construction politique où leurs singularités antérieures sont rendues caduques. le droit romain hors la religion. Ainsi.Carbonnier. 2007. éd. pour en rendre compte. Droit civil. qu’il s’agit alors »1039. La fongibilité. 1045 G. 2004. éd. SECTION II LES PROPRIETES PHYSIQUES DU CHEVAL 367. 57ème année. 1038 Y. Annales Histoire. Traité de droit civil d’après le traité de Planiol. p. 1957. même s’il reste le meilleur ami de l’homme.1450 1039 Y. 1995. Le monde des choses étant bariolé1040. RTD com. Quadrige. spéc.Ripert et J. Au demeurant. entre droit des biens et contrats spéciaux. p. LGDJ.l’économie juridique du monde romain. La valeur des choses. p. et non de leur existence avant lui.Bruguière. spéc. 516 C. de l’EHESS. Traité de droit civil d’après le traité de Planiol. n°707 1041 A. p.2989 1044 Art. puisque c’est de leur qualification en droit. de l’EHESS.1449 1040 J. Selon la formule idoine du tribunal de grande instance d’Avignon : « le cheval. Ordonnance en date du 26 septembre 2007.

pour nous. éd. spéc. Or. Paris. la substance de la chose . 2006. à nous procurer un certain genre d’utilité »1049 et Charles Demolombe de préciser « voilà. de concours et de dressage… sa beauté. de travail et.Puisqu’elle est l’une des propriétés physiques du cheval -§I-. contrats et responsabilités. spéc. Cours de Code civil. §I. spéc. non pas. sa forme distinctive et organisatrice.LA DIVERSITE DES PROPRIETES PHYSIQUES DU CHEVAL 368. Le cheval.Demolombe.5 1047 B. Si le cheval est « de tous les êtres créés. sa noblesse et son caractère en font un animal de loisirs et de compagnie »1048. la substance matérielle et élémentaire.Callé. à nous rendre déterminément un certain genre de service. 1854 1050 C. « ce qui nous détermine surtout dans le droit c’est la forme extérieure de la chose. principalement et avant tout. contrats et responsabilités. c’est parce qu’il concentre nombre de « qualités en ont toujours fait un animal de valeur »1047. 1848. p. désigné sous un certain nom. Le cheval. son agilité et son adresse en font un animal de courses. 2006.Houël. comme pour la physique ou la chimie. De la distinction des biens. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre. Diffusion Agence Cheval de France.211 - .dans sa qualification juridique.Demolombe. la mobilité joue un rôle déterminant -§II. sa puissance et son endurance en ont fait un animal de transport. et qui fait qu’elle est apte. Institut du Droit Equin.7 1048 B. Stienon. spécialement propre à remplir telle ou telle destination »1050. malheureusement. le plus utile à l’homme »1046. Bureau du Journal des Haras. p. de guerre… sa rapidité. 1854 . 1046 E.Callé. Bernard Callé identifie habilement les propriétés physiques du cheval : « sa force. Cours de Code civil. éd. Diffusion Agence Cheval de France. qui la rend spécialement propre à un certain usage. revêtu d’une certaine forme. Institut du Droit Equin. cette forme caractéristique qui la différencie essentiellement des autres choses. Stienon. à une certaine fonction. De la distinction des biens. p. mais cette substance juridique qui constitue un certain être.7 1049 C. à l’exclusion des autres choses différemment conformées.

7 1056 M. LGDJ. Diffusion Agence Cheval de France. an international conference in Lund. le cheval est défini prioritairement par référence à sa mobilité. 1848. 2006. En définitive. contrats et responsabilités. de transport.Boulanger. 2ème édition. 1952.Ripert. Paris. Si le cheval est chose et bien. Sa toute première qualité est en effet la mobilité1053. Les Biens. ni immobilisées par leur destination »1056 et « un meuble peut rester immobile en fait pendant toute son existence. Traité de droit civil d’après le traité de Planiol. Traité pratique de droit civil français. 2007.Callé.Jennbert et C. Bureau du Journal des Haras. Old Norse religion in long-term perspectives : origins. par M.4 1052 E. LGDJ. Il est vrai qu’il semble difficile d’occulter que le cheval est meuble puisque c’est bien eu égard sa mobilité qu’il est « animal de transport. En vertu de l’article 528 du Code civil.Andrén. il suffit qu’il dispose de la vocation à être déplacé.Houël. 3 au 7 juin 2004. 1957. Sweden. 1848.5 1053 A. « la distinction des meubles et des immeubles a été faites dans le Code civil en considération du caractère physique de la mobilité des choses »1058. Traité pratique de droit civil français.130 . Au sein d’un écrit poétique et symbolique. 371. spéc. Ephrem Houël indique qu’à la conception du cheval. spéc. 1051 E. Les Biens.Houël.102 1057 M. 1952.Ripert et J. au tigre sa souplesse. La catégorie des meubles par nature « comprend toutes les choses qui ne sont ni immeubles par leur nature.Picard. Paris. p.Planiol et G. p. civ. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre. spéc. spéc. p.Picard. p. ils prirent l’œil de la gazelle. 516 C. p. la mémoire de l’éléphant . le cygne donna son cou d’argent et l’onagre son pied de fer »1051. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.102 1058 G.212 - . Le cheval. spéc.Raudvere. LGDJ. les créateurs « demandèrent au lion sa fierté. la fidélité du chien.Ripert. de courses. K.751 . de guerre. au cerf sa légèreté . Nordic Academic Press. Bureau du Journal des Haras. que ce soit lors de son utilisation à des fins agricoles. changes.Planiol et G. et même être destiné par son propriétaire à rester en place indéfiniment »1057. de concours… »1055. p. de compétition… 370.134 1054 Art. Institut du Droit Equin. 2ème édition. and interactions. la division des biens est posée avec une solennelle simplicité puisque « tous les biens sont meubles ou immeubles »1054. Ainsi. p. « le cheval fut le roi de la vitesse »1052. Mais. C’est sa faculté de déplacement qui serait primordiale. 1055 B. de travail. de toutes ces qualités.369. par M.

soit qu'ils se meuvent par eux-mêmes. ni un souvenir du régime féodal. 1957. Elle n'est certes pas une création pure du Code civil. 374. Partie du droit romain qui faisait état d'une caractéristique physique sans pour autant lui attribuer de rôle important. « sans y attacher les mêmes conséquences que notre droit moderne. « les meubles sont les choses susceptibles d’être déplacées sans détérioration. P-F. Traité de droit civil d’après le traité de Planiol. De toutes les propriétés physiques du cheval. p. la distinction a été lentement élaborée sous la pression du droit savant.213 - . Les meubles sont ainsi définis par leur mobilité puisqu’il s’agit des « animaux et des corps qui peuvent se transporter d'un lieu à un autre. c’est la mobilité qui est déterminante en droit car la distinction des biens corporels est fondée sur une particularité physique. p. La division des meubles et des immeubles est. En droit romain. ni une réminiscence du droit romain. ne possède pas de racines profondes au sein de l'histoire. Manuel élémentaire de droit romain. laquelle constitue la summa divisio des biens dans le Code civil.LE ROLE DETERMINANT DE LA MOBILITE 372. est par nature insusceptible d'extension aux biens incorporels. Librairie Edouard Duchemin. Introduction historique au droit des biens.265 1061 G. soit qu'ils ne puissent changer de place que par l'effet d'une force étrangère »1059. PUF. n° 74 et s. le droit romain avait établi une distinction fondée sur le caractère physique de la mobilité des choses : aux res mobiles ou res se moventes s’opposaient les res soli »1061. 528 C.. ce qui donne une faible profondeur de champ1062. 1989.Girard.Ripert et J. Cette distinction récente est née d'un effort laborieux. 373. Cette particularité. mais il est parvenu à l’intégrer uniquement deux ou trois siècles avant le code civil. 1978.§II. p.Boulanger. mais plutôt une rationalisation 1059 1060 Art. spéc. spéc. civ.752 1062 A-M. La distinction des meubles et des immeubles. puisque l'Ancien droit y faisait référence . y compris celles qui se meuvent par elles-mêmes comme les animaux »1060. énoncée pour les meubles.Patault. spéc. LGDJ.88 . En effet.

La règle est formulée il y a plus de sept siècles déjà puisque « meubles sont toutes choses qui peuvent être mutées de lieu en un autre »1069. et cela suffisait sans doute à considérer les meubles et les immeubles comme des données premières.. les codificateurs ne se sont pas même donnés la tâche de proposer un catalogue d'exemples significatifs : la plupart des articles évoqués cherchent plutôt à explorer les communs confins de l'une et l'autre catégorie. tandis que les immeubles ont une assise fixée une fois pour toutes ne varietur »1067 mais « encore reste-t-il à comprendre pourquoi cette fixité des uns.Libchaber. « partant de l'idée qu'ils travaillaient là des matières dépourvues de mystère . Présentation générale des biens. Évolution de la distinction des meubles et des immeubles depuis le code civil. D.ce qui est parfaitement illustré par les travaux préparatoires. 2011 1068 R. 1283. la distinction plongeait ses racines jusque dans le droit romain. Litec. En définitive. Présentation générale des biens. Répertoire de droit civil. Répertoire de droit civil. alors même qu'ils entreprenaient la constitution d'une summa divisio de l'ensemble des biens corporels. D. de la sensibilité ou de la conscience juridique… d'où une absence de définition rigoureuse.Libchaber. Coutumes de Beauvaisis. A. Mélanges Béguin. quoiqu'il ait légèrement évolué depuis le code civil1063. a pu occuper une place aussi décisive »1068.. Présentation générale des biens. De Beaumanoir énumère d’ailleurs le cheval parmi les meubles .643 1064 R. 1970-1974..Libchaber. En effet. 2005. 1063 H. D. cette zone frontière où l'on pourrait hésiter sur l'exacte qualification »1066. D.. Présentation générale des biens.savante à partir de catégories féodales et romaines. sinon immédiates. Cependant. p. on peut répondre que c'est parce qu'ils considéraient les notions de meubles et d'immeubles comme dépourvues de mystère »1064.De Beaumanoir. 2011 1065 R. cette mobilité des autres. 375. que l'article 528 rendait d'ailleurs inutile »1065. Présentation générale des biens. « si l'on se demande néanmoins pourquoi les codificateurs n'ont pas été plus exigeants. D.Libchaber. qui a conduit à un système original dans lequel nous continuons de vivre. Ainsi.Libchaber. « si la différence n'est pas de matière. 2011 1066 R.214 - . 2011 1067 R. « en voie d'élaboration depuis deux ou trois siècles. Répertoire de droit civil. n°671 .Picard. 2011 1069 P.. Répertoire de droit civil. elle est liée à la situation : les meubles occupent dans l'espace une position changeante.Périnet-Marquet. éd. Répertoire de droit civil.J. où la distinction n'est jamais explorée tant elle paraît conforme aux exigences du droit naturel -.

Antoine. il est par conséquent légitime que le cheval soit appréhendé en fonction de sa mobilité. Certes.. n° 671 1072 S. p. la caractéristique première du cheval. de ne pas occuper de place fixe dans l’espace. Gaz.Antoine.. Un animal est-il une chose ?. et à travers les âges. D.De Beaumanoir. n’est-elle pas qu’il est susceptible de se déplacer et donc. A. D. le cheval est qualifié de bien meuble par nature. mais ce n’est pas parce que la mobilité n’est pas la caractéristique essentielle du cheval qu’il n’en est pas pour autant un meuble dès lors qu’il est mobile. doit à ce caractère d'être considéré comme meuble.215 - . Coutumes de Beauvaisis. 2003. 2003. L’obstacle proviendrait « des classifications fondamentales de notre droit. C’est dès lors un non sens technique que de prôner que « la classification de l’animal dans les meubles présente de nos jours un caractère purement fictif.Antoine. Affirmer que « en ne retenant que le critère de mobilité. affirme péremptoirement qu’il n’existe que 1070 S. 376. Pal. le législateur ne pouvait que classer l’animal dans la catégorie des biens meubles.2651 1071 . elle fait appel au bon sens. 7 mai 1994.594 1073 S.Concrètement. Ce qui peut se déplacer. le Code dénature le sens des mots puisqu’il ne distingue pas ce qui possède le souffle de vie et ce qui est inerte »1072 est dénué de conséquence juridique puisque la référence à la mobilité définit la notion de bien meuble en droit. en retenant le seul critère de mobilité qui est loin d’en refléter les particularités essentielles »1073.. exprimée par l’article 516. 1283. sans lien avec ce qui est l’objet de la classification »1070. ou plus exactement ce qui a vocation à être déplacé. p. 377. éd. En répondant précisément à cette définition. de pouvoir « être muté de lieu en un autre »1071 pour paraphraser la formule idoine de Philippe de Beaumanoir ? Du point de vue de la technique juridique. 1970-1974. En effet. p. par soimême ou par le fait de l'homme. à l’origine de la majeure partie de ses utilités.2652 P. par conséquent. « en l’état des strictes limites imposées par l’article 516 du Code civil. Picard. à savoir une première division bipartite qui limite le droit civil aux personnes et aux biens et à l’intérieur de la classification des biens une seconde division bipartite. J. L’animal et le droit des biens. L’animal et le droit des biens.

non pas tant pour l’asservir à un maître. froid et dépassé . PUF. p. 2006. L’animal et le droit des biens. « des lois particulières y suffisent sans qu’il soit pour autant incontournable de créer autant de groupes de législation qu’il est des situations de biens ou plus généralement de choses »1078..11 1080 J.Antoine. L’animal et le droit des biens. Ainsi. Mais est. p. Droit des biens : évitons la dispersion. spéc.3015 1077 Y. p.ce réellement un obstacle ? En effet. D. il n’en demeure pas moins que sa classification initiale au sein du droit des biens 1074 1075 S. L’animal. 1955.Strickler. Thèse Aix-Marseille.. lorsque cela s’avère nécessaire ou lorsque l’évolution des mœurs l’impose. A ce titre. entre science et droit. 1996. le Doyen Carbonnier indiquait que « la division des biens en meubles et immeubles ne parait laisser place à aucune catégorie intermédiaire »1080.Carbonnier. D.25 . sans renier sa nature particulière.216 - . mais à la condition toutefois de créer une nouvelle catégorie de biens »1075. Droit civil.Strickler.deux sortes de biens : les meubles et les immeubles »1074.Antoine.1599 1081 S.. p. p. « en tant que bien. Pour un droit des choses.1149 1078 Y. à moins d’expulser les animaux de la sphère patrimoniale. De la codification. c’est assurément au droit des biens qu’il revient de leur dicter ses règles »1076. Ainsi. spéc. PUAM.2651 S. D.. 378.. la mobilité est le caractère juridique traditionnel de l’animal »1081. n°39. 2007. que pour organiser juridiquement sa relation à l’homme et il est mis dans le commerce juridique parce qu’il doit pouvoir être cédé. p. Le cheval en est l’archétype car le régime juridique qui lui est appliqué légitime sa qualification. D. p.2651 1076 G. décliner l’objet de son champ d’application »1077. 2003. prêté ou bien donné… aussi. spéc. « le droit des biens n’est pas un ensemble compact.. D. p. 2003. ce qui est proprement irréaliste. Il est d’ailleurs préférable de se préserver d’une fragmentation des sources qui proviendrait de la création « d’innombrables microsystèmes autonomes les uns des autres. Les biens. Ainsi. « ne pouvant occulter que l’animal domestique est objet d’appropriation et de transactions commerciales. Si le cheval possède nombre de propriétés physiques. il sait. Ainsi. D.Loiseau. 1ère édition. sans la contrainte d’obéir à une rationalité globale »1079. le laisser figurer dans le droit des biens. 2007. Droit des biens : évitons la dispersion.1149 1079 B.Desmoulin. on pourrait. « il est l’objet possible de droit.Oppetit.

« les choses meubles sont celles dont l’utilité dépend de leur mouvement »1082.217 - . 2ème édition. 1946.Carnelutti. n°53 .dépend de sa mobilité. 1082 F. spéc. En effet. éd. del Foro italiano. Teoria generale del diritto.

229 1087 L. spéc. Au contraire. « un animal au lieu d’être figé. 2001. Institut du droit équin. 1992. spéc. L’animal en droit privé. Le taux de fertilité d’un étalon est une qualité substantielle de l’animal légitimant l’application du Cf. PUF. p. lequel est un cadre juridique composé de « solutions taillées à la mesure des choses inanimées »1084. une fois pour toutes par la volonté de l’homme avec des caractères donnés. le plus souvent.218 - . la question de la pertinence de cette application se pose. « une chose inanimée étant. maux et sentences. Le cheval. Or. si les propriétés du cheval justifient sa qualification de chose et de bien meuble. L’animal en droit privé. 380. évolue et se modifie au gré de la vie qui l’anime »1086. p. p. l’affection des tendons subie par le cheval est susceptible de revêtir la qualification de vice caché1087. PUF.Marguénaud.19 1085 J-P.Marguénaud. spéc. L’animal en droit privé. éd.228 1086 J-P.CHAPITRE II UNE QUALIFICATION CONFIRMEE PAR LE REGIME JURIDIQUE DU CHEVAL 379.Beuvin.17 1084 1083 . il en est une autre que le régime juridique résultant de cette qualification convienne. Thèse Limoges. Il est une chose de répondre à une qualification. spéc. PUF. ESTEM. Partie I J-P. p. 1992. Selon le droit commun. Grâce au travail analytique réalisé en amont1083. Par conséquent. façonnée ou aménagée par l’homme en considération d’un but bien précis. Thèse Limoges.Marguénaud. Thèse Limoges. nous pouvons constater que le régime juridique du cheval obéit principalement au droit commun. sa destination en est figée une fois presque pour toutes »1085. 1992. donc l’application du droit commun.

Chain.Sigler. Le cheval de course. spéc. 1975 1091 P. p. Ce succès se vérifie à l’application du droit commun au cheval -Section I-.126 1089 L. C’est pourquoi le droit dispose que « tout équidé sevré doit être B. Diffusion Agence Cheval de France. Thèse Bordeaux. contrats et responsabilités.De Watrigant. 1975 1092 S. Le droit commun régit le cheval. pour rejoindre la conclusion de Patrick de Watrigant1090 circonscrite au cheval de course. Diffusion Agence Cheval de France. les solutions du droit positif paraissent bien adaptées à son existence et à la prise en compte de ses différents aspects »1091. 381. Institut du droit équin. 2008. PUAM. 2006.régime juridique de l’erreur en cas d’hypofertilité1088. Aussi surprenant cela puisse t-il paraître.Chain et B. Le cheval de course.Desmoulin. p. Le cheval et la vente. Thèse Aix-Marseille. L’arthropathie dégénérative des boulets antérieurs du cheval qui conduit à une impossibilité progressive d’effectuer des sauts d’obstacle s’analyse en une non-conformité lorsque la vente porte sur un cheval de concours de saut d’obstacle 1089… L’illustration n’est point exhaustive et. p.124 1088 .De Watrigant. L’animal entre science et droit. « dans de nombreux cas. comme aux pratiques équines -Section II-. qu’il s’agisse de déterminer ses caractéristiques essentielles ou de s’intéresser au sort des documents qui l’accompagnent. SECTION I LE SUCCES DE L’APPLICATION DU DROIT COMMUN AU CHEVAL 382. Thèse Bordeaux.219 - . En principe.123 1090 P. Le cheval. l’application du droit commun au cheval est un succès et les pratiques équines « trouvent dans les instruments juridiques fournis par le droit positif les moyens de leur épanouissement en tirant parti de la souplesse des règles et de la richesse des solutions de droit commun »1092. Institut du droit équin. le cheval est indissociable de ses documents officiels. 2006.

1 du Décret n°2001-913 du 5 octobre 2001 relatif à l’identification des équidés Art. 2001. 2 du Décret n°2001-913 du 5 octobre 2001 relatif à l’identification des équidés 1095 B.Callé. Il résulte de l’application du droit commun au cheval une appréciation satisfaisante des caractéristiques essentielles de l’animal -§I.accompagné d’un document d’identification conforme à la réglementation communautaire et être La immatriculé auprès du fichier central du zootechnique »1093. éd. ESTEM. partant des maux ou maladies du cheval rencontrées en jurisprudence. maux et sentences. C’est d’ailleurs de ce constat qu’est né « un ouvrage qui. Le cheval. L’appréciation des caractéristiques essentielles du cheval par le droit commun aboutit à l’identification des qualités substantielles du cheval -I. carte d’immatriculation « indique l’identité propriétaire déclaré ou enregistré au fichier central »1094. p.et des vices l’affectant -II-.comme de ses documents officiels -§II-.7 . le cavalier qui souhaite obtenir la location d’un cheval docile… En général. ainsi que des actes de médecine ou de chirurgie vétérinaires qui ont donné lieu à des décisions judiciaires. analyse chacun d’eux tant sur le plan vétérinaire que sur le plan juridique »1095. Institut du droit équin. spéc. C’est l’acquéreur qui recherche une poulinière pour ses qualités génétiques hors du commun. Les caractéristiques essentielles du cheval sont celles qui fondent le consentement du contractant. §I- L’APPRECIATION SATISFAISANTE DES CARACTERISTIQUES ESSENTIELLES DU CHEVAL 383. 1093 1094 Art.220 - . l’appréciation des caractéristiques essentielles du cheval nécessite un minimum de connaissances vétérinaires.

126 1099 Méga Code Civil. spéc. et en l’absence d’écrit sur la consistance du consentement. Le Cheval. La question est posée en ces termes : « qu’est ce qu’une erreur substantielle pour l’achat ou la vente d’un cheval ? »1096. car la preuve de l’erreur incombe à celui qui s’en prévaut. Se pose alors la question de savoir si les caractéristiques du cheval s’accommodent de manière satisfaisante du régime juridique de l’erreur sur les qualités substantielles.125 1097 B.Chain. Institut du Droit Equin. Diffusion Agence Cheval de France. spéc. généralement l’acheteur. il a été premier du prix de l’Arc de Triomphe de Romorantin . la jurisprudence a précisé que l’erreur sur la substance s’entend non seulement de celle qui porte sur la matière même dont la chose est composée. ce n’est pas ce cheval là que je voulais acheter : il y a erreur et peut-être même dol.Chain. Diffusion Agence Cheval de France.123 1098 B. En effet. Contrats et Responsabilités. mais aussi et plus généralement de celle qui a trait aux qualités substantielles . Diffusion Agence Cheval de France.221 - . Institut du Droit Equin.authenticité. 2007. 385. or. p. origine. 2006. Encore faut-il que l’acheteur puisse en rapporter la preuve . c’est d’ailleurs toute la difficulté de la profession en présence d’usages proscrivant l’écrit. ce caractère substantiel in abstracto est difficile à établir »1098. Contrats et Responsabilités. spéc. Institut du Droit Equin. 1096 B.Chain. Et Bruno Chain de citer en exemple : « je croyais acheter un cheval qui a été indiqué comme premier du Prix de l’Arc de Triomphe . En application de l’article 1110 du Code civil qui dispose que « l’erreur n’est une cause de nullité de la convention que lorsqu’elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l’objet ». si la mention a été faite de façon volontairement ambiguë »1097. 2006.en considération desquelles les parties ont contracté1099. 7ème édition. Le Cheval.I- Les qualités substantielles du cheval identifiées 384. « la nullité pour erreur sur la substance est relativement délicate à obtenir. p. utilisation .1110 . Le Cheval. Contrats et Responsabilités. note 2 sous art. 2006. p.

2 . 1èreciv. p. civ. de ses capacités1107 que de ses performances1108.. n°12.Flour. 1970. p. par l'intermédiaire de Domat et de Pothier. Une nouvelle garantie pour l’acheteur : la garantie de conformité. Etudes offertes à J.. IDE. de marquises d’époques Louis XV1102. 1 èreciv. 6 octobre 1998.. p. Bull. p. DP. Defrénois. 5 août 1905. Gaz.708 1104 CA Paris.. n°91-15.751 1103 CA Paris. 1979. 2. il est possible de comparer les attentes placées en un cheval avec les attentes placées en n’importe quelle autre chose. Répertoire du Notariat.701 1101 1100 .. p. 2001. Cass. 7 mai 2001. IDE. Lois et Sports. 1953.604 . « le droit romain. a transmis au code civil de 1804 un système de protection de l'acheteur qui est connu sous le nom de garantie des vices cachés »1109. p.. p. p. 3 janvier 1974. Or. n°38 1107 Cass. novembre 1905.27 . RTD civ.63 CA Lyon. Gaz. Historiquement. p. Le droit commun identifie habilement les qualités substantielles du cheval. par dérogation au droit commun de la vente. 18 mars 1931. n°98/03231 . Est-ce à dire qu’il s’agit d’un mécanisme taillé à la mesure du cheval ? Observons que la notion trouve un terrain d’application favorable avec le cheval puisque l’erreur sur les qualités substantielles est caractérisée tant au regard de la destination de l’animal1106.62 1106 Cass. Bull. qu’il s’agisse d’une table d’époque Louis XV1101. dès 1905. 1èreciv. p. la jurisprudence considérait que « il y a lieu d’annuler la vente d’un cheval de sang qui ne répond pas au signalement indiqué sur la carte d’origine »1105. Ainsi. d’un bureau d’époque Louis XV1103 ou d’un tableau de Van Gogh1104.632 . Pal. 1974. CA Grenoble. En matière de vente d’animaux domestiques. 1èreciv.Calais-Auloy. 2.. n°31 1108 CA Lyon. 27 octobre 1993.297 1109 J.Chatelain.386. Pal. I. Bull.. Gaz. 5 février 2002. 1933.. civ..1208 1105 CA Caen. 2. 2005.25 1102 Cass. Pal. 2 juillet 1953. CA Nîmes. 5 décembre 2000. p. l’acquéreur d’une œuvre d’art peut se prévaloir d’une erreur sur l’authenticité de ce dernier1100. 3 juillet 2003. 1èreciv. II- Les vices affectant le cheval identifiés 387. I. D.222 - . RTD civ. 23 février 1970. Par analogie. L’origine de l’animal comme erreur sur les qualités substantielles de l’animal précède les développements relatifs à l’authenticité d’une œuvre d’art. les dispositions du Code rural relatives aux vices rédhibitoires J. Cass. Bull. 24 avril 1985.

213-1 du Code rural. 6 février 2001. p.228 1115 Cass.223 - .. Il est intéressant d’observer la façon dont le droit appréhende les vices cachés en présence d’un cheval. n°99-01. spéc. n°98-00. une arthropathie interphalangienne distale évolutive incompatible avec le sport de compétition1117. Si ces vices dits rédhibitoires sont limitativement énumérés par l’article L. civ.394 1110 .139 1113 J-P. n°98-02. p. 24 février 1964. lesquelles « étant. une endométrite chronique conduisant à la stérilité1118. la garantie des vices cachés du Code civil est néanmoins applicable en présence d’une stipulation le prévoyant 1111 ou en raison de l’existence d’une convention contraire implicite1112. au moment de la vente. une dermite estivale récidivante empêchant de monter le cheval en plein air1116. 388.033 1117 CA Orléans. 13 septembre 1999. 1992. des investigations suffisamment précises pour pouvoir les découvrir »1113. le plus souvent. 28 septembre 2000. de mener. Thèse Limoges. boiteries anciennes intermittentes. tic proprement dit avec ou sans usure des dents. leur destination en est figée une fois presque pour toutes »1114. même à un acheteur professionnel.198 1118 CA Chambéry. qui dispose que le principe de la primauté de l’action des vices rédhibitoires a vocation à recevoir application en l’absence de convention contraire 1112 Cf.251 1114 J-P. Constatons que la jurisprudence a considéré comme vice caché la cécité d’un oeil1115.Marguénaud. Bull. Thèse Limoges. « ce qui singularise l’animal par rapport à nombre de choses inanimées. Dès lors. PUF. façonnée ou aménagée par l’homme en considération d’un but bien précis. spéc. la stérilité congénitale d’une jument destinée à Immobilité. En effet. 1èreciv. emphysème pulmonaire. 389. toute la difficulté réside dans le fait de transposer au cheval un régime juridique habituellement satisfaisant à l’égard des choses inanimées. L’animal en droit privé. cornage chronique. au caractère supplétif. PUF. I. uvéite isolée et anémie infectieuse 1111 Cela résulte de la lettre du texte de l’article L. Pt.Marguénaud. 1992.constituent le régime légal et il faut remonter au XIXème siècle pour trouver l’origine de ce principe. n°105 1116 CA Dijon. L’animal en droit privé.2131 du Code rural1110. c’est le fait de pouvoir être fréquemment atteint de vices dus à des agents si minuscules et si profondément enfouis dans son corps vivant qu’il est impossible.

sauf lorsqu’elle est réellement apparente1125. Il semble que la garantie des vices cachés du Code civil permette une appréhension satisfaisante des défaillances. L’appréciation de l’apparence du vice ne soulève guère de difficultés. 3 octobre 1995. 3 mai 2001. L’appréciation de l’antériorité du vice demeure plus délicate même si les progrès de la science permettent l’obtention de résultats surprenants. C’est ainsi que pour rechercher l’origine de l’hypofertilité d’un équidé. 20 novembre 2002 1122 CA Bordeaux. défauts et défectuosités dont le cheval peut être atteint. Bull. n°5 1123 Cass. 390. 15 décembre 1986. 24 février 1964. 5 septembre 1997. A cet effet. Par extension à des problèmes comportementaux. JurisData n°046780 1125 CA Riom. de surcroît en présence d’une jurisprudence particulièrement exigeante. Qu’en est-il exactement en ce qui concerne les conditions cumulatives requises pour permettre l’application des articles 1641 et suivants du Code civil ? 391. 16 juin 1974. 7 février 1997. 392. pour conclure au caractère génétique et totalement irréversible de l’hypofertilité1126. 1119 1120 CA Versailles.l’élevage1119. IDE. 2001.3 1121 CA Poitiers. la Cour d’appel de Caen a procédé à des expertises prenant en considération les substances administrées à ce cheval. IDE.224 - . JurisData n°044451 . 7 mai 2004. CA Amiens. un équidé borgne ne présente pas de vice apparent dans la mesure où il faut un examen approfondi pour le constater1123 tout comme une boiterie n’est pas non plus nécessairement visible 1124. Bull. mars 1998 . 1èreciv. JurisData n°042929 1126 CA Caen. CA Caen. n°35 CA Metz. IDE. sept. la garantie des vices cachés du Code civil a permis la résolution de la vente lorsque la rétivité empêche de participer à des compétitions1122. 4 novembre 1983. civ. n°105 1124 CA Lyon. JurisData n°044184 . p. la maladie naviculaire causant une inaptitude à la compétition1120 ou encore une sciatique rendant très difficile la manipulation d’un postérieur notamment lors du ferrage1121. I. Bull.. Bull. Bull. IDE. ses origines.

le vice est aisément mis en exergue. 15 mai 2002. L’appréciation de l’impropriété du cheval à son usage épouse parfaitement les hypothèses rencontrées en la matière. 16 juin 1994. que la rétivité n’était pas innée. 14 septembre 1993. la garantie des vices cachés fonctionne pour la vente d’un étalon de reproduction1131. JurisData n°163117 1132 CA Montpellier. un équidé acheté pour la compétition et atteint d’arthrose est affecté d’un vice caché1128. lorsque la destination de l’animal est sans équivoque. les juges du fond ont constaté. IDE. 11 décembre 2001. JurisData n°046780 1130 CA Angers. En définitive. 20 mai 2003. l’antériorité du vice à la vente est démontrable lorsqu’il est génétique et scientifiquement décelable. 13 novembre 2001. les difficultés survenant en raison du maintien avec vigueur d’un usage proscrivant l’écrit en fait de ventes équines même si la 1127 CA Caen. n°17 et le vendeur n’engage donc pas sa responsabilité sur le fondement de la garantie des vices cachés alors que l’action intentée peu de temps après la vente laissait supposer le caractère antérieur du vice à la vente 1128 CA Paris. JurisData n°022425 1129 CA Lyon. JurisData n°222207 1134 CA Montpellier. Ainsi. de même que le cheval d’obstacle présentant une boiterie1129. l’impropriété du cheval à l’usage auquel on le destine est aisée à caractériser lorsque les parties ont convenu expressément de la destination de l’animal. En effet. JurisData n°050766 1131 CA Besançon. C’est en ce sens qu’après expertise. à propos d’un équidé indocile et rétif. 14 décembre 1999. a fortiori vendu par un professionnel1130. la difficulté est accrue lorsqu’il est d’origine traumatique. JurisData n°184778 1133 CA Bordeaux. pour la vente de génisses en gestation destinées à l’élevage et à la reproduction1132. ni acquise antérieurement à la vente mais constituait simplement une conséquence du mauvais usage de la monture1127. Bull. JurisData n°170885 . 8 septembre 1994. 393.225 - . En revanche.En définitive. pour la vente d’un cheval recherché pour ses qualités génétiques hors du commun1133 ou pour la vente d’une jument destinée à des compétitions pour lesquelles l’aptitude à supporter les déplacements était importante1134. La satisfaction à cette condition lorsque la vente concerne un cheval est aléatoire et semble en conséquence rendre difficile l’application de la garantie des vices cachés en l’absence d’expertise vétérinaire. En tout état de cause.

Ils « ont une telle importance que leur remise fait nécessairement et implicitement partie de la vente »1137.280 . où la publicité annonce « propriétaire d’un trotteur. S. 1èreciv. p. Juridisque Lamy C. 16 janvier 1907. correspondent à l’ensemble des documents nécessaires à l’utilisation de l’animal1136.II. Le droit a donc imposé la délivrance des documents officiels. 16 janvier 1907. p.L’APPRECIATION SATISFAISANTE DES DOCUMENTS OFFICIELS DU CHEVAL 394. S. Au début du XXème siècle. document d’identification. les documents officiels du cheval constituent un accessoire de l’animal. en l’incluant dans le champ de l’obligation de délivrance1139 -I-. 1614 et 1615 C.. Si l’objet de la délivrance est le cheval objet de la vente.. 2. §II. il comprend par extension les fruits et les accessoires1138. 27 octobre 1993. vol. 1907. 1139 CA Lyon. 2. Le droit commun préserve ce caractère indispensable des papiers du cheval par l’application du mécanisme juridique de la délivrance des accessoires. les 1135 Cass. 1907. usuellement dénommés papiers. civ. la jurisprudence a recours aux usages pour distinguer le caractère nécessaire ou non de la délivrance des papiers du cheval. n°1306. cass. Les documents officiels du cheval.jurisprudence déduit de la publicité effectuée par le vendeur la destination implicite de l’animal1135. « en cas de ventes de chevaux de course.280 1138 Art. A ce titre. d’où l’on déduit que l’acquéreur avait acquis un trotteur à l’entraînement et non une poulinière 1136 Carte d’immatriculation.226 - . Ainsi. de chevaux destinés à la reproduction ou de chevaux de sang destinés à la carrière sportive.. Pourquoi pas vous ? Un investissement plaisir qui vous permettra de courir et de gagner dans les prochaines semaines ». certificat de saillie d’une jument le cas échéant… 1137 CA Lyon. et autorisé corrélativement leur éventuelle rétention -II-. I- La délivrance des documents officiels du cheval imposée 395..

13 . « les accessoires juridiques englobent.. D’une manière générale. 396. 8-II du décret du 5 octobre 2001 modifiant le Décret n°76-352 du 5 avril 1976 1146 Cass. ère 1 civ. pèse désormais sur le vendeur d’un cheval l’obligation de délivrer sans délai au nouveau propriétaire le document d’identification et la carte d’immatriculation après l’avoir endossée1144. 2. 26 novembre 1981. p. 16 janvier 1907.. p.280 CA Paris. Cass.. 17 novembre 1999. D. 1èreciv. p. l'ensemble des documents administratifs qui sont indispensables pour attester la qualité de propriétaire 1140 1141 CA Lyon. com. 14 décembre 1977. ce sont des documents administratifs qui constituent les accessoires de l'article 1615. dit la Cour de cassation. Cass. l’application du droit commun est d’autant plus satisfaisante que « très souvent aujourd'hui. en date du 25 octobre 1978.248 . d'abord. 1978. 8 du décret n°2001-913 du 5 octobre 2001 1145 Art. n°352 . 1èreciv..Paisant. « le vendeur d’un équidé n’est pas tenu de délivrer la carte d’immatriculation si le paiement intégral du prix n’a pas été effectué »1145..papiers d’origine ont une telle importance que leur remise fait nécessairement et implicitement partie de la vente. IDE. jugeant que la transmission de ces documents ne s’impose que lorsqu’ils sont nécessaires à l’usage normal du cheval1142.69 1147 G. 1907. « en dehors de tout usage local. D. no93-10.. sans qu’il soit besoin de la stipuler »1140 mais. 1999. civ. dès lors. Bull. Cette disposition consacre un arrêt de la Cour de cassation. sur Cass. 1èreciv. obs. en vertu du décret du 5 octobre 20011143 relatif à l’identification des équidés. 1978. D.. En l’espèce. 29 novembre 1994. 1996. permettant au vendeur de conserver la carte d’immatriculation de l’animal dans certaines situations dès lors que cette conservation n’empêche pas sa participation à des compétitions ou son transport1146. 26 mai 1908 1142 Cass. notamment dans les ventes mobilières. 397. la remise des papiers d’origine ne peut être exigée par l’acheteur qui a acheté un cheval uniquement pour son service personnel ou pour l’attelage »1141. p.. I. La Cour de cassation valide cette jurisprudence. 25 octobre 1978. n°16 1143 Décret n°2001-913 du 5 octobre 2001 1144 Art. Bull. Toutefois. Le Droit.. qu'ils sont indispensables à l'utilisation normale de la chose vendue »1147. 14 avril 1908. Cependant. IR.227 - . S.303.

Répertoire de droit civil. 1èreciv. leur rétention éventuelle comme moyen de pression sur le débiteur défaillant est autorisée. Dans le droit fil de la nécessité du transfert des papiers du cheval à l’occasion d’une transaction. En réalité. 26 novembre 1981. si les documents officiels du cheval doivent nécessairement suivre ce dernier à l’occasion d’une transaction. ces papiers sont nécessaires aux fins d’identification de l’animal comme c’est le cas pour nombre de choses.231 . IR.228 - . DP 1893. no 10373 1150 Cass. S. ou garantir les spécificités de la chose. 16 janvier 1907.. 2.Barret. 1148 O. en l’occurrence un animal certes. p. Thèse Limoges. D. Pourtant. qu'il est pourtant tenu de restituer. 2. 14 décembre 1977. CA Lyon.. Vente. PUF. De surcroît. 1981.. 1978.248 1151 J-P.du vendeur. selon Jean-Pierre Marguénaud. ou pour permettre l'utilisation normale de celle-ci »1148.Marguénaud. II- La rétention des documents officiels du cheval autorisée 399. L’animal en droit privé. C’est exactement l’hypothèse des papiers du cheval.225 1149 . 1907. 398. Le droit de rétention est traditionnellement défini comme le droit reconnu au créancier de retenir un objet. « l’obligation de délivrer les documents résulte de l’originalité de la nature animale »1151.. En toute hypothèse. jusqu'à ce qu'il ait été payé de tout ce que son débiteur lui doit. indépendamment de la nature du principal. no 1123 CA Rouen. Les documents officiels du cheval illustrent parfaitement le mécanisme juridique de la délivrance des accessoires. p. le droit commun assure la perfection de cette nécessité. le fondement de la remise de ces documents repose sur la notion juridique de la délivrance des accessoires. p. JCP CI. Cass. 2 décembre 1892. la jurisprudence n’hésitant pas à l’affirmer à propos du certificat d’origine pour un cheval de course1149 ou pour un cheval pur-sang promis à usage d’étalon1150. 1992. spéc. p.280 . com. D.

com. I. 20 mai 1997.76. 7 janvier 1992. I. Selon cette jurisprudence. JCP G. sur Cass. Bull.. 7 janvier 1992..Cabrillac. IV. il est acquis que les éventuelles sommes facturées par le dépositaire. Bull. Droit civil.374.915..Aynès. pour d’autres.486. IV.. En pratique. com. contrairement à certaines législations étrangères1157. no 568. p. civ.58 P. IV. civ.. p. DH. no 14. no95-11. no95-11. 1ère civ. note sous Cass. com. il est acquis que le cheval et ses documents officiels sont susceptibles d’une appropriation physique par une forme de domination sur le corpus même de la chose. obs. sur Cass. com.229 - . 1èreciv. 401. S.439 . no 4. com. 1870. registres et papiers divers. civ.545.1427 . Bull. Or. 1997. no63-13. no 4. le Code civil ne consacrait aucun principe général de droit de rétention. IV. il est à noter la nécessité d’une créance certaine en son principe.102 . p. IV. Bull. p. 895 et s. obs. L.545.441 1160 Cass. 20 mai 1997. p. 1992. no142. no97-12. 1ère civ.Piedelièvre. no90-14. note sous Cass.797 1153 1152 . art.Piedelièvre.. 1866..Pour certains auteurs. DP. qui accorde à un avoué le droit de retenir les pièces reçues de son client pour l'accomplissement de son mandat jusqu'au complet paiement de sa créance qui comprenait notamment les frais de procédure 1159 M. no97-12. pour garantir le paiement de ses appointements .Rodière. D. 20 mai 1997. civ. p.Simler. 1965. 22 mai 1962.. les rédacteurs du Code civil l'ont institué au profit de certains créanciers dans des hypothèses particulières mais la jurisprudence s’est rapidement affranchie du cadre légal du droit de rétention1158. note sous Cass. Jusqu’à l’ordonnance du 23 mars 20061156. no95-11. p. Code civil québécois. BGB allemand. no90-14. I.. . P.Delebecque et P. ce que la Cour de cassation exprime en ces termes : « le droit de rétention d’une chose est la conséquence de sa détention »1159.227. Bull. 2001. 20 mai 1997.915. § 273 et 274 . S. 2004. Bull. obs. Bull.. Les sûretés. p. sur Cass. p. 10 août 1870. com.. Au titre de ses conditions d’exercice. 1èreciv. no 141.Delebecque. no95-11. 1998. le droit de rétention serait un droit réel1152. no 141. Bull.41. 1ère civ. 592 1158 Cass. no3583 1156 Ordonnance no 2006-346 du 23 mars 2006 relative aux sûretés. I. I. Cass.476 1154 F. non comprises au contrat et susceptibles R.Crocq. p.915. DP. Le droit de rétention présuppose une mainmise physique sur la chose. RTD civ. La publicité foncière... Defrénois. D. 1èreciv. D.. IV. au terme duquel l'employé chargé de la direction et de la surveillance d'une mine peut retenir les éléments de comptabilité.. o n 5 . publié au JO du 24 mars 2006 1157 Code civil suisse. 1998. no142. 2001. sur Cass. civ. civ. civ.Heinderian. sur Cass.. civ. JCP E. p. 11 juillet 2000. note sous Cass.. 1992. I. une véritable sûreté1153. 3 mai 1966. La jurisprudence réfute cette seconde solution1154 au profit de la première1155.222. no 141. no 58-12.Gautier.707 1155 P-Y. art. p. D. 11 juillet 2000.915. 400. RTD civ. obs.586 . 17 janvier 1866. 4ème édition. 1997. l'exigence d'une créance certaine a conduit la jurisprudence à refuser le droit de rétention au garagiste qui avait effectué des réparations sans l'accord de ses clients sur le prix de celles-ci1160. P.. obs.374. Dès 1804 toutefois.

2008. n°543 et s. Olivia Audic constate qu’il est légitime d'imaginer l’application de ce droit de rétention à l'égard de documents relatifs à la qualité. A ce titre. il est constant qu’un cheval de course ou 1161 Cf. la recherche du gain. 2 décembre 1892. Diffusion Agence Cheval de France. Institut du Droit Equin.d’être déclarées comme superflues. A propos de la rétention des documents. En effet. Bibliothèque de l'Institut André Tunc. le risque de procès ont profondément modifié les relations entre cocontractants »1164. justifiant l’exercice d’un droit de rétention. D’ailleurs.7 1165 O.Audic. p. LGDJ. Le cheval et la vente. t.Callé. la composition ou la conformité de certains biens auxquels ils sont indispensables1165. A propos de la rétention de l’animal. le droit de rétention d’un document relatif au cheval est admis depuis longtemps. 2004. empêchent l’exercice du droit de rétention1161. p. France Agricole. 8-II du Décret du 5 octobre 2001 modifiant le Décret n°76-352 du 5 avril 1976 1164 B.Mazeaud. le Décret du 5 octobre 2001 dispose que « le vendeur d’un équidé n’est pas tenu de délivrer la carte d’immatriculation si le paiement intégral du prix n’a pas été effectué »1163. DP. 3 mai 1966.231 . « l’accroissement de la valeur des chevaux. notamment le certificat d'origine d'un cheval de course1166. 404. 403. D. 1893. 402. Les fonctions du document en droit privé.. II. remarquons au passage que le défaut de paiement du dépositaire par le déposant peut donner lieu à rétention de l’animal et de ses documents d’identification puisqu’il « peut retenir le dépôt jusqu’à l’entier payement de ce qui lui est dû à raison du dépôt »1162. le refus de l’aléa. p. il est possible pour un cocontractant d’exercer un droit de rétention sur le cheval comme sur ses accessoires. éd.Carius.230 - . civ. 1948 C. 1èreciv.50 et J.649 1162 Art. Thèse Paris. l'origine.III. Note sous Cass.. l’installation de la méfiance. Le droit du cheval et de l’équitation. 2005. nécessaire en ce qu’il permet de faire pression sur le propriétaire de l’animal désireux de récupérer le document indispensable à l'exploitation de son bien. p. 1163 Art. C’est en effet une jurisprudence de la fin du XIXème siècle qui envisage la rétention des différents documents à défaut desquels la vente du bien risque d'être moins productive. Or. Conformément au droit commun. 1166 CA Rouen. M.

Gaz. p.248 A.Honorat. 1964.251. 29 octobre 1979. Dalloz. com.849. Revue Banque et Droit. D. 1972.Goubeaux.Clutton-Brock.231 - .. sur Cass.. 405. com. Gallimard Jeunesse..323 1171 G. 1. T..521. p. 1978.Honorat. p. mais les documents qui lui sont relatifs1169. Le monde des chevaux. 14 décembre 1971. 1964. 1980. 2007 . Le bien n’est pas représenté par son accessoire objet de l’exercice du droit de rétention.521. avait déjà été prononcée pour le certificat d’origine d’un cheval de course1171. à savoir ses papiers1167. SECTION II LE SUCCES DE L’APPLICATION DU DROIT COMMUN AUX PRATIQUES EQUINES 406. 14 décembre 1977.705 . Gaz... com.Marin 1170 A. Le « monde des chevaux »1172 comporte divers usages et pratiques que le droit encadre.577. 1ère civ. X. Pal. no17102 1172 J.d’obstacle doit être vendu avec ses accessoires indispensables à l’activité prévue.. 1980. Le véritable objet de la rétention n'est donc pas l'automobile. elle a récemment apporté sur ce point une précision importante : ces documents ne représentent pas le véhicule dont ils ne sont que les accessoires1168. p. II. 2. sur Cass. Or. la rétention de l’un ne se substitue pas à la rétention de l’autre. Dalloz. obs. Si la jurisprudence a admis depuis longtemps la validité de la rétention conventionnelle des documents administratifs constituant les accessoires d'un véhicule. approuvée par la Cour de cassation1170 à propos des véhicules. 13 décembre 1963. obs. p. 1929. Le syndicat d’étalon1173 pour un partage des saillies. note sous Cass. la visite vétérinaire d’achat afin d’obtenir « un avis médical sur le statut de santé d’un cheval et 1167 1168 Cass. no 78-10. Avignon. no 78-10. JCP G. 29 octobre 1979. Pal. p. no67-10. com. En définitive. cette solution. éd.323 1169 CA Douai. 15 juillet 1929. obs.

l’essai de l’animal. p. D. Si « le cheval n’en finit pas d’enrichir le droit »1177. Mais c’est là pure apparence »1176.Corde et M. Mélanges A. de la possession d’une poulinière envisagée sous l’angle du droit d’accession -II. Préface in C.11 . La Seine. L’étalon au prétoire ou des saillies comme critère de la société en participation. « le droit commun se mue ainsi en un fonds commun de règles dans lequel le juge peut puiser pour parvenir à la solution souhaitée. 24 février 1906. D. Le cheval et la vente. n°07-00473 1173 .232 - .Goldie-Genicon. J-J. p. Crépin Leblond.éventuellement un pronostic sur les capacités du cheval à être exploité »1174.124 et s. §I. Equitation et droit. Diffusion Agence Cheval de France.Derrida. 5. LGDJ.Bruguière.84 1175 T.et de la validité de la vente avec redevances eu égard la notion de déterminabilité du prix -III-.Martin-Sisteron. n°2. Petite promenade. En effet. 1998. civ. Joly.Daigre. en compagnie du meilleur ami de l’homme. C’est le cas avec l’application du régime juridique de la condition suspensive à la visite vétérinaire d’achat -I-.40 et Cf.Lequette. 2009 1177 J-M. Bull. « les ventes de chevaux se faisant presque toujours à l’essai »1175… Or. 2008.Breton et F. L’étalon. p. éd. il en est d’autre encore débattues. entre droit des biens et contrats spéciaux.du droit commun.. pour encadrer ces pratiques.2989.DES SOLUTIONS ACQUISES DU DROIT COMMUN ILLUSTREES PAR LES PRATIQUES EQUINES 407. la société en participation et la convention d’indivision.Aberkane. H. p. P. 1991.99 1174 R. 1997. note sous TGI Avignon. DP. Ordonnance du 26 septembre 2007. Institut du Droit Equin. de Chessé. Certains s’en satisferont en faisant valoir que cette flexibilité du droit commun est de nature à favoriser l’obtention de solutions justes.et débattues -§II. si le droit commun dispose de solutions acquises. 2007. 1176 Y. p. p. c’est parce qu’il illustre des solutions acquises du droit commun. Contribution à l’étude des rapports entre le droit commun et le droit spécial des contrats. Thèse Paris. Les pratiques équines illustrent donc l’existence de solutions acquises -§I..

409.Corde. Le cheval. « la mission du vétérinaire est circonscrite par les limites techniques ou financières définies par l’acheteur… son rôle consistant à donner un avis médical sur le statut de santé d’un cheval et éventuellement un pronostic sur les capacités du cheval à être exploité. 2006. la condition suspensive a été jugée réalisée lorsque l'acquéreur a retiré les pièces déposées à l'appui de sa demande de Pour un aperçu global de la visite vétérinaire d’achat.Carius. il appartient à l’acquéreur de s’abstenir de tout fait personnel empêchant l’accomplissement de la condition suspensive. Dans le cadre des transactions de chevaux. l’entrée en vigueur du contrat ou sa conclusion. 2010.Corde. 1182 M. La visite vétérinaire d’achat est définie comme « l’examen médical par lequel le vétérinaire mandaté par l’acheteur évalue l’état de santé de l’animal au jour de la visite et son aptitude à un usage déterminé »1179. 2008.Mercadal.233 - . peut être subordonnée à une condition suspensive lorsqu’elle dépend d’un événement futur et incertain1181. spéc. l’intervention d’un vétérinaire aux fins d’examen de l’objet de la vente est fréquente1178. spéc. Institut du Droit Equin. Il semble évident que le résultat de la visite vétérinaire conditionne l’éventuel succès de la vente et assure ou non sa perfection. Le cheval et la vente.Foursin. France Agricole. La question de la nature juridique de cette pratique se pose. B. p.73 1178 . En matière d’obtention de crédit. 2008. Ainsi. spéc. 2005. contrats et responsabilités. p. Or. Cf. Diffusion Agence Cheval de France. en fonction de ce statut et des objectifs du mandant »1180. A cet effet. Droit commercial. R. le débiteur de la condition ne peut en empêcher l’accomplissement au risque de voir jouer l’article 1178 du Code civil. Institut du Droit Equin. « la plupart du temps. selon la commune intention des parties. p. C’est en ce sens que. éd. Institut du Droit Equin. 410. Le droit du cheval et de l’équitation. p. éd. Diffusion Agence Cheval de France.84 et s. p. Francis Lefebvre. Diffusion Agence Cheval de France. Par principe.I- Condition suspensive et visite vétérinaire d’achat 408. Le cheval et la vente. 1179 M.300 et s. la condition suspensive portera sur l’établissement d’une visite vétérinaire favorable ou sur la vérification par l’acheteur potentiel des qualités sportives ou psychologiques de l’animal »1182.80 1180 R.84 1181 Cf.

Raymond.. cons. cons.632 .234 - . com. ou lorsqu'il a renoncé à son projet d'acquisition pour ne pas aggraver son endettement 1185. la question se pose de savoir si ce principe est transposable à la pratique équine.2 1186 CA Dijon. Or. 29 juin 1981. 3èmeciv. L’existence de la condition suspensive doit être clairement affirmée afin d’éviter toute contestation dans la mesure où. Cass. dès 1965. Cette jurisprudence s’inscrit au-delà des limites du texte puisque la jurisprudence déduit l’existence d’une condition suspensive. les tribunaux avaient admis que la vente était conclue sous condition suspensive d’une visite vétérinaire satisfaisante en l’absence de protestation du vendeur lors de la reprise de l’équidé suite à une visite négative1188. IDE. En revanche. 1èreciv. à une visite vétérinaire. il avait commis une faute à l’origine de son propre préjudice1190. en l’absence d’écrit. CA Nancy.. 1èreciv. CA Orléans. 411. conc. p. à défaut. no92-12... JCP G. Bull. n°01/01722 1187 Cass. 1er décembre 2004. n°490 1189 Cass. 13 septembre 1999. I.298 1185 Cass.339 1188 Cass 1èreciv. G. CA Caen.298.. elle constitue un usage qui s’impose à l’acquéreur expérimenté puisque le cavalier. 1991. no89-13. atteint d’une ostéochondrose du boulet. Bull. Or. no85-16. no 3. note sous Cass. 27 octobre 1993.269.743. l’acquéreur ne peut refuser de conserver l’animal1186. n°98/00198 1190 CA Rouen. 1èreciv. Cont. a vu son action en résolution de la vente rejetée au motif qu’en ne soumettant pas l’animal. Une réponse par l’affirmative s’impose puisque en présence d’un examen vétérinaire favorable. IDE.522 Cass. 1994. 1981. 16 juillet 1991. 6 janvier 1993. n°37 1184 1183 . déjà propriétaire de plusieurs chevaux et pratiquant le CSO depuis une décennie. conc. non plus de la Cass. no148 . Cont. p. 10 avril 2003. 27 avril 1994.. I.. ème 3 civ. n°96/03385 . 10 octobre 2000. il a avisé la banque de l'annulation de la demande de prêt1184. no250 . n°26 . 19 juillet 1965. 412. no89-21. civ.. civ. lorsque.. 4 avril 1995. 1èreciv. 7 mai 2002.prêt avant toute décision de l'organisme de crédit1183 . les juges du fond apprécient souverainement si les parties ont entendu ou non prévoir une condition suspensive1187. ayant finalement estimé que le coût du crédit dépassait ses possibilités financières.. Cette visite vétérinaire d’achat n’est imposée par aucun texte et n’est pas obligatoire pour l’acheteur occasionnel1189. Bull. 4 février 1987. pourvoi n°91-15. I. Bull. no89-21.

Carius. M. les fruits naturels désignent la partie d'un animal engendrée naturellement et périodiquement au cours du cycle de leur croissance. 414. D’une manière générale. Bull. « les fruits naturels… appartiennent au propriétaire par droit d’accession »1193. éd. n°98/00198 1192 Art. Par principe. 7 mai 2002. civ. Cass. En effet. France Agricole. 547 C. 1193 Art. 1195 Art. civ. mais de la qualité et des capacités de l’acquéreur. le croît des animaux est un fruit naturel1195. 10 octobre 2000. 547 C.235 - . IDE. 583 C. la visite vétérinaire d’achat réalisée par le professionnel ne résulterait-elle pas d’un usage dont le droit ne se ferait que l’écho ? Il semblerait que cette interrogation induise une réponse négative tant doctrine et jurisprudence demeurent unanimes1191 sur le caractère non systématique de la visite vétérinaire d’achat en préalable d’une vente.. civ. Cette interrogation pose le problème de la propriété du poulain à naître lorsque la poulinière est exploitée par un tiers. p. il est légitime de ne considérer leur accession au propriétaire que dans la limite du droit des tiers. n°91-15. En effet. II- Droit d’accession et possession de la poulinière 413. CA Caen. Le droit du cheval et de l’équitation. n°26 . De la même façon. 2005. Si « le croît des animaux appartient au propriétaire par droit d’accession »1194. le droit de propriété détenu par le maître de l’animal sur le reproducteur induit la propriété de ses semences en vertu du droit d’accession. civ. 1èreciv.632 . 1191 Cf. « le croît des animaux appartient au propriétaire par droit d’accession »1192. 27 octobre 1993. . spéc. CA Nancy. 1194 Art. 13 septembre 1999. CA Orléans. n°96/03385 . dès lors que les fruits sont détachés.73 . ce qui introduit une ambiguïté au cas de possession par un tiers d’une poulinière en gestation. Dès lors. 547 C.commune intention des parties.

En matière de vente d’équidés. « à chaque fois que le propriétaire est dépossédé de la chose. Le cheval et la vente. p. 1201 B. Les biens. 1997.Sigler.415. 2ème édition. no 362 1199 TGI La Seine.35 1200 Cf. Les fruits reviennent au propriétaire qui est bien fondé à soutenir que. F. et non la propriété. Une telle conception dépasse les limites textuelles. prérogative du propriétaire. du croît de l’animal..Zenati et T. la vente n’est pas parfaite au regard de l’article 1583 du Code civil si l’accord des Art. Les biens. 582 C.. C’est d’ailleurs de cette notion juridique que la maîtrise et la commercialisation par l’homme de la maîtrise de l’activité de reproduction des animaux puisent sa légitimité1200.Revet. PUF.Chain et L. A cet égard.72 et s. détenant la chose. par droit d'accession. est amené à la conserver »1198. Le fructus. sauf convention contraire. il est devenu propriétaire du poulain que sa jument a mis bas quelques mois après la vente1199. Pts. Ainsi. « et particulièrement de chevaux de course. 1997. p. ce principe conduit à abandonner les fruits à celui qui. Diffusion Agence Cheval de France. 14 octobre 1964. Institut du Droit Equin. III- Déterminabilité du prix et validité de la vente avec redevances 416. donnerait droit aux fruits selon un principe « nulle part formulé de manière générale selon lequel le fait de la possession permet d'acquérir les fruits de la chose possédée »1197.Zenati et T. Somm. civ. SP2C.136 1197 1196 . 2008. Le droit d’accession règle une difficulté pratique : le propriétaire qui laisse sa poulinière à un éleveur reste propriétaire. Ainsi. lui permet de percevoir les fruits mais s'il vient à se défaire de la jouissance de sa chose.236 - . 1965. il ressort de la lecture de l’article 1591 du Code civil que « le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties ». Seule la possession. il perd son droit aux fruits naturels produits par la chose au profit de l’usufruitier1196. no 361 1198 F. PUF. D. 2ème édition. Or.Revet. il est souvent prévu une vente avec redevance liée aux gains ultérieurs du cheval »1201. les fruits produits par une chose pourraient revenir au possesseur de la chose et non à son propriétaire.

1998. GAJC. 1965. 7 janvier 1925. en permettant très tôt la déterminabilité du prix en fonction d’éléments objectifs indépendants de la volonté des parties 1205.. mais non sur le prix qu’aucun élément ne permettait de déterminer avec certitude. Cependant. ce qui justifiait une comparaison avec la condition potestative.1 1205 Cass. cette pratique est-elle fondée juridiquement ? 417. 26 septembre 1995. Pourquoi ce recours à la notion de la déterminabilité du prix ? Sans aucun doute car « la détermination du prix est un mécanisme de protection des intérêts des parties en ce qu'elle nourrit la prévision de leurs engagements à la mesure des avantages qu'elles-mêmes escomptent »1204 et il était donc essentiel de pouvoir laisser le soin aux parties de prévoir un prix en toute objectivité sans leur en imposer la détermination précise au jour de la signature du contrat. de déterminer le prix par des éléments ne dépendant plus de la volonté de l’une des parties ou de la réalisation d’accords ultérieurs1203. p. au vu de ses clauses. la Cour de cassation est alors intervenue.. annulant sur le fondement de l'article 1591 du Code civil les contrats dont le prix était indéterminable sans l'intervention de la volonté de l'une des parties. GAJC.. 7 janvier 1925.Brunet et A. p. 418. d’autant plus que nul écrit n’avait été rédigé1202.parties a porté sur la chose. p. n°246 1203 1202 . Req. la jurisprudence a admis que le contrat de vente soit parfait s’il permet. 24 mars 1965. Jacques Ghestin insistait sur la nécessité d'une intervention réellement arbitraire. Dans un deuxième temps. Dans un premier temps. 1965. une jument en l’espèce. 11ème édition. Dès lors. la pratique équine a développé l’usage de la vente avec redevances où la redevance est un complément de prix au caractère incertain.. RTD civ.Ghozi. Or.237 - . Req. mais CA Grenoble. 11ème édition. JurisData n°044870 Cass.821 et dans le même sens : Cass. la jurisprudence s’est exposée à un abus dans la fixation du prix au cas de déséquilibre entre les parties.474 .. Com. D.. D. n°246 1204 A. La jurisprudence de l’Assemblée Plénière sur le prix du point de vue de la théorie du contrat.

Didier Ferrier fait remarquer qu’avec les décisions de l’Assemblée Plénière en date du 1er décembre 19951208 « prendrait fin le contentieux artificiel alimenté depuis 1970 par les avantages que le distributeur pouvait retirer de l'annulation et donc de la disparition rétroactive du . J.Ferrier.. est un élément souvent essentiel du contrat de vente. D. 1èreciv. n°93-13.688 et n°91-19. Plén.. permettant la fixation du prix par un tiers indépendant et impartial. I. Litec. n°91-15. 15 janvier 1963. p. D. Bull. pourvois n°91-15. également : D. n°414 1210 Cass. Chron. 1995. outre une somme variable. Cf. Droit de la distribution..999.293 1207 J. Mais le développement de cette jurisprudence était l’occasion pour nombre de cocontractants de rechercher l’annulation de leur contrat afin d’échapper aux stipulations de fin du contrat.Ferrier. de concession ou de franchise » 1209 Qu’en est-il de cette notion de déterminabilité du prix en matière équine ? 419.251 1208 Cass.. civ. ou de classement du cheval à une ou plusieurs courses désignées. Réflexions sur le domaine et le fondement de la nullité pour indétermination du prix.653 1209 D. de la réalité du consentement à la protection de l'une des parties contre l'arbitraire de l'autre. Dans le domaine des courses. p.Ghestin.Ghestin. 1er décembre 1995. due en cas de victoire. D. C’est bien l’hypothèse des ventes de chevaux de course avec redevance : le prix est constitué d’une somme fixe. p. 1973. à défaut. Cette notion est utile afin de fixer au plus juste un prix en fonction des performances ultérieures de l’animal.59 . contrat d'approvisionnement exclusif.. Ass. Chron. ou. le contrat doit s'appliquer »1207.578. En ce sens. le prix n'est pas déterminable lorsque le contrat se réfère à celui que le vendeur pratiquera lors de la livraison. L'indétermination du prix de vente et la condition potestative.. n°32 1206 . La clause d'un contrat de franchisage faisant référence au tarif en vigueur au jour des commandes d'approvisionnement à intervenir n'affecte pas la validité du contrat. 1993. Cette redevance est un complément du prix qui bien qu’attaché au cheval.non d'ailleurs une application de l'article 1174 du Code civil 1206.. 1997. il existe en effet des ventes dont le prix est complété dès la première course gagnée1210. C’est en ce sens que « la nullité pour indétermination du prix de la vente ne doit pas être le moyen d'échapper trop facilement à ses engagements et dès l'instant que le contrat cadre a mis en place un mécanisme suffisamment respectueux de la liberté de chacune des parties d'accepter ou non le prix proposé par l'autre. la redevance.238 - .

La rétention du cheval met en exergue l’étroitesse de la frontière entre le droit de rétention et l’exception d’inexécution -II-... autant on peut dire qu'un prix est toujours déterminable mais pas forcément déterminé en tous ses facteurs dès la conclusion du contrat : l'incertitude de ce critère emporte incertitude quant à la validité des clauses de prix et donc des contrats »1212. p. en matière équine. D. Bull. le facteur de détermination du complément du prix est parfaitement identifié et consenti par les parties. 420.DES SOLUTIONS DEBATTUES DU DROIT COMMUN ILLUSTREES PAR LES PRATIQUES EQUINES 421.Bruguière. Cependant. cass. d’information n°422 du 15 février 1996 1213 J-M. en compagnie du meilleur ami de l’homme. l’essai du cheval clarifie les discussions relatives à la condition d’essai -I-. Si « le cheval n’en finit pas d’enrichir le droit »1213.2989 1212 1211 . §II. Cette pratique présente également toutefois l’inconvénient de soumettre le complément du prix au résultat obtenu par l’acquéreur dont les aptitudes à être cavalier comme entraîneur peuvent demeurer incertaines. d’information n°422 du 15 février 1996 J.Fossereau.Fossereau. entre droit des biens et contrats spéciaux. c’est aussi parce que les pratiques dont il est l’objet illustrent des solutions débattues du droit commun. d’obtenir un prix supérieur à ses attentes initiales. Ainsi. Enfin. Bull.. Petite promenade. 2007. certain des qualités de son cheval.239 - . C. cass. Une réserve est soulevée car le critère de la déterminabilité serait « une notion ambiguë qui a perdu sa signification d'origine »1211 dans la mesure où « autant on peut dire qu'il ne peut y avoir contrat que s'il porte sur une chose dont la quotité est en soi déterminable. la syndication démontre que société en participation et indivision conventionnelle sont deux J. C.Le mécanisme de la déterminabilité du prix est donc propice aux aménagements propres à la vente équine. Il présente même l’avantage pour le vendeur.

p.60 . spéc. Raymond-Théodore Troplong précise que « ces sortes de vente à l’essai étaient aussi fréquentes chez les romains qu’elles le sont chez nous »1217. Charles Hingray. 1845. C. 423.Troplong. I. Le mot « inempta » implique l’existence d’une vente et son anéantissement ultérieur. I. par exemple un cheval »1215.240 - .. l’appropriation collective d’un bien1214 -III-. 3. ou plutôt suspensif que résolutoire »1218. 1217 R-T. p. la vente sera considérée comme non avenue. Charles Hingray. Mais quelle est la nature juridique de cette condition d’essai ? En droit romain.31874 R-T. et qu’ils n’avaient jamais songé à vouloir assigner de plein droit à la condition d’essai un effet plutôt résolutoire que suspensif. Defrénois. De la vente. art. 1969. De la vente. inempta esset. 1845. pour savoir si elle était suspensive ou résolutoire.figures juridiques représentatives d’une même opération. de oedilit. éd. I- Essai du cheval et condition d’essai 422. L’indivision.Troplong. Dioel et Maxim. Au XIXème siècle déjà. autrement dit je vous vends mon cheval. Le droit civil expliqué suivant l’ordre du Code. edicto. p. Le droit civil expliqué suivant l’ordre du Code. constat non esse sub conditione distractam. Ulpien. 4. s’impose le constat qu’il existe « des choses qu’on ne se décide à acheter qu’après les avoir essayées. éd. Ainsi. elle est analysée en fonction des termes dont se sont servis les parties. sed resolvi emptionem sub conditione »1216. spéc. Digeste de cont.60 1216 Ulpien. empt. si vous n’en êtes pas content. cite en exemple la vente formulée en ces termes : « si res ita distracta sit ut. éd. Charles Hingray. 1214 1215 P.60 1218 R-T. Le droit civil expliqué suivant l’ordre du Code. La vente est donc soumise à une condition résolutoire.Catala. à condition que. De la vente. si displicuisset. illustre jurisconsulte romain.Troplong. 1845.. on observe « par la réserve des jurisconsultes romains à décider si elles étaient seulement conditionnelles ou résolubles que dans leur idée tout dépendait des termes de la convention. spéc.

. les rédacteurs du Code civil. toutefois la présomption que la condition est suspensive doit céder à la preuve contraire. 1èreciv. 10 octobre 2000. mais de la considérer d’abord comme parfaite. Le droit civil expliqué suivant l’ordre du Code. n°285. 27 mars 2000. non de suspendre la vente jusqu’à l’essai. lorsque le certificat de vente n’a pas été rempli lors de la livraison de l’animal1223 ou encore en raison du défaut de paiement comptant. elle n’évoque pas l’éventuelle nature résolutoire de la condition d’essai. R-T. Bull. soit des circonstances qui l’ont accompagné. 19 juillet 1965. Traité de la vente. « croyant qu’il fallait absolument qu’une présomption légale dominat la vente à l’essai. CA Nancy. 1835. de versement d’arrhes et de l’absence de date pour le paiement définitif 1224. En revanche. Bull. p.237 1220 1219 .Duvergier. Au lieu de conserver l’analyse romaine de la volonté des parties. p. Charles Hingray. puis de la résoudre. éd. Paris. 425. cette volonté devra recevoir son exécution »1221. éd. civ. et de laisser la loi neutre sur un point qui ne saurait dépendre que de la convention des parties. I.241 - . 424. civ. notamment pour les risques de la chose vendue . I. une condition présumée suspensive »1220. Art. 1588 C. et s’il résulte. que l’intention des parties a été. 8 juin 1959. si l’essai n’était pas satisfaisant. civ. 1èreciv.Pourtant. 1845.60 1221 J-B. en créèrent une à leur tour. soit des termes du contrat.. De la vente. Jean-Baptiste Duvergier considère ainsi que c’est « sur l’appréciation exacte de l’engagement de l’acheteur que la disposition de l’article 1588 est fondée et l’on ne doit pas hésiter à tirer du principe qu’elle consacre toutes les conséquences qui en dérivent. n°99/01640 1224 Cass. Le mieux eut été d’imiter les jurisconsultes romains dans leur sage réserve. le Code civil dispose que « la vente faite à l’essai est toujours présumée faite sous une condition suspensive »1219. et substituèrent à la condition présumée résolutoire de Pothier. n°96/03385 1223 CA Nancy. Renouard. n°490 . n°98 et n°99 1222 Cass. Tel est le cas en l’absence de protestation du vendeur lors de la reprise de l’animal1222. spéc. La jurisprudence admet que l’acquéreur potentiel d’un cheval peut toujours se prévaloir d’éléments circonstanciels pour démontrer l’existence d’un essai.Troplong.

.242 - . civ. civ. En effet. 10 janvier 1928. L. c’est exactement ce que décide la jurisprudence contemporaine qui considère que le fait pour l’acquéreur potentiel de conserver l’animal à l’expiration de la période d’essai. p. 10 janvier 1928. la Cour de cassation a fait référence aux usages en vigueur dans le milieu équestre.. n°99/01640 1233 Les risques de perte incombent au propriétaire .14 1229 T. sans formuler d’observation sur son comportement ou ses aptitudes. 1998. A l’exégèse du Code civil. civ. 1929.126 . Pour justifier sa décision en 19591226. Cette référence aux éléments circonstanciels susceptibles d’indiquer l’existence d’un essai surprend puisque. 27 mars 2000. prônant ainsi « l’absence d’un usage général selon lequel les ventes de chevaux interviendraient toujours à l’essai »1228. I... 1èreciv. éd.. 1845.. 1.237 1227 M. 2008. 1èreciv. le Tribunal de la Seine constate que « les ventes de chevaux se faisant presque toujours à l’essai… »1229. n°304.Carius. p. 24 février 1906. J.. p. civ. 8 juin 1959. D.Guettard. p. la doctrine semble unanime pour considérer que « il n’y a pas d’usage imposant l’essai systématique des chevaux »1227. n°161 . D. Req. conc. par principe. Bull. implique nécessairement un agrément de sa part1231.73 1228 H.60 1231 Cass.376 1232 Cass. C’est bien là toute l’ambiguïté de l’essai en matière équine puisque dès 1906. 1906. Bull. 18 octobre 1998. Le droit du cheval et de l’équitation. Bull. obs.426. 1èreciv. La Seine. Pourtant. n°127 Cass. sur Cass. 1929. I. Le cheval est la vente. Charles Hingray. Or. I. I. CA Nancy.. tant que la 1225 1226 Cass. 1èreciv. p. Constatons qu’à défaut de convention contraire. éd. cons. RTD civ. n°304. Diffusion agence cheval de France. 1905. 24 mars 1998. civ. I.Leveneur. civ.. la jurisprudence considère qu’un usage fixe à huit jours la durée de la période d’essai1232. 5.Troplong. 25 mai 1905. spéc. la condition d’essai doit faire l’objet d’un accord entre les parties pour que la condition suspensive prenne effet1225.Mestre. DP. Cont. 428. . p. I. spéc.126 . la condition d’essai ne se présume pas. sur Cass. n°285. De la vente. p. Bull. 2005.40 1230 R-T. p. p. Cass. France Agricole. 427. 1999. obs. Institut du Droit Equin. En effet. le silence prolongé est identifié comme l’approbation par l’acheteur de la chose qui lui a été délivrée en essai 1230. civ. 18 octobre 1998.426 . Le droit civil expliqué suivant l’ordre du Code. DP.. La charge des risques constitue l’effet pervers de la condition suspensive dans la mesure où l’adage res perit domino1233 demeure.

pan. Hervé Guettard identifie habilement cette difficulté en indiquant que « s’agissant de ventes de chevaux. Art.243 - . civ. p. la jurisprudence considère que dans l’hypothèse d’un essai effectué durant plusieurs jours chez le candidat acquéreur en l’absence du vendeur. ou cette mésentente.16 1235 1234 . Le cheval et la vente.condition ne s’est pas réalisée. 1182 C. il en est ainsi de la vente d’un poney dépourvue d’effet en raison du caractère non satisfaisant de l’essai1235. Institut du Droit Equin. avec ce qu’elles comportent de personnel et passionnel. doit pouvoir rester très libre.16 1238 H. c’est l’attitude du droit à l’égard de ce constat qu’il est intéressant d’examiner. p. 2008. Qu’en est-il exactement de l’appréciation du refus d’acheter le cheval au terme de l’essai réalisé par l’acquéreur potentiel ? En définitive. l’acquisition d’un cheval révèle une dimension passionnelle et une relation étroite avec l’animal difficilement perceptible hormis pour le cavalier qui essaye l’animal. Diffusion Agence Cheval de France. il nous semble que la décision. 2008.. pour pallier cette incohérence. Or. spéc. les risques pèsent sur le vendeur1234 . JurisData n°125594 1237 H. L’auteur de continuer en précisant que « il ne s’agit pas d’une condition purement potestative puisque l’acquéreur potentiel ne peut pas rompre le contrat de vente sans faire l’essai et que la réussite de cet essai ne dépend pas seulement de l’acquéreur. 2003. est-il possible de contrôler la pertinence de la motivation de l’acquéreur potentiel ? En effet. mais également du comportement du cheval avec tel ou tel cavalier et donc d’un élément difficile à apprécier mais incontestablement extérieur à la volonté de l’acheteur »1238. 10 avril 2003. Le cheval et la vente. à l’issue de la période d’essai.Guettard. la garde est transférée à l’utilisateur temporaire1236. et de son éventuel caprice. 429. n°1453 1236 CA Rennes. sous réserve de ce que l’essai ait été effectué de bonne foi… Tel cheval qui effectuera un parcours d’obstacles d’une hauteur d’un mètre vingt avec tel cavalier ne terminera pas un parcours d’obstacles d’une hauteur d’un mètre avec un autre… Et c’est cette entente. 1er mars 2000. JCP E. Néanmoins.Guettard. Institut du Droit Equin. Diffusion Agence Cheval de France. spéc. que l’essai doit permettre de vérifier »1237. CA Dijon.

qui en a empêché l’accomplissement »1240.430. En second lieu. le vendeur peut contraindre l’acheteur à faire l’essai. mais la loi. Institut du Droit Equin. la restitution de l’animal est valable si l’acquéreur potentiel a émis des observations défavorables sur les qualités sportives de l’animal à l’issue d’un essai d’une durée de quatre mois 1241. Le cheval et la vente.244 - . il ne pourra la refuser qu’en mentant à sa conscience. 2008. Renouard. Jean-Baptiste Duvergier constate que « si on examine attentivement cette assertion que la vente est subordonnée au caprice de l’acheteur. En effet. En premier lieu. 1835. dès le XIXème siècle.15 1241 CA Nancy. Diffusion Agence Cheval de France. 432. En ce sens. le vendeur peut-il effectivement contraindre l’acheteur à effectuer l’essai ? Il est possible de répondre par l’affirmative à cette interrogation et ce. n°99/01640 1240 1239 . obligé sous cette condition. A cet égard. spéc. exiger l’exécution du contrat conformément aux dispositions de l’article 1178 du Code civil selon lesquelles la condition est réputée accomplie lorsque c’est le débiteur. ne saurait considérer comme dépendant seulement du pur arbitre de l’acheteur un engagement auquel il ne peut se soustraire que par une déclaration mensongère »1239. qui ne présume point la fraude. Dans des termes similaires. qu’en manquant à la bonne foi : rarement on aura le moyen de le convaincre de déloyauté . d’un strict point de vue juridique par application de l’article 1178 du Code civil. Paris. n°97 H.Duvergier. p. le vendeur pourra. les juges du fond considèrent que le vendeur d’un cheval ne peut prétendre que J-B. Qu’en est-il de la véracité de ces remarques en présence d’un cheval ? 431. après lui avoir adressé une mise en demeure. on s’aperçoit qu’elle n’est pas exacte : d’abord. 27 mars 2000. éd.Guettard. Traité de la vente. propre à l’usage auquel il la destine. « si l’acheteur s’abstient d’y procéder. qu’en est-il de l’appréciation du caractère mensonger de la motivation du refus à l’issue de la période d’essai ? Observons que celui qui essaye un cheval doit être particulièrement vigilant sur le terme de la période d’essai et il lui appartient de manifester clairement ses intentions. et si l’essai démontre à celui-ci que la chose est de bonne qualité.

R. n°73 1243 1242 . unité ou pluralité. 1967. Or.Catala-Franjou. la résiliation unilatérale du contrat à durée déterminée. « le contractant. car il est possible de voir dans la rétention l'effet commun produit par une pluralité de mécanismes. 1940 . Thèse Paris. Economica. 1971 1244 L. a toujours le choix entre la contestation judiciaire et l'exercice à ses risques et périls de l’exception d’inexécution qui ne représente qu'un refus provisoire d'exécuter »1245. 1er mars 2000.9 . si l’essai d’un cheval est qualifié de condition suspensive. 1914 . 5 mars 1974. inexistant en matière équine pourtant. Recherches sur le fondement du droit de rétention.Derrida. demeurent délicates à distinguer1243. Si la condition d’essai ne se présume pas. N. F. 2005. la qualification de la condition d’essai en condition résolutoire éviterait la construction jurisprudentielle1242 destinée à pallier le fait que les risques pèsent sur le vendeur durant l’essai. 1245 Cass.Pillebout. Ces deux institutions. Thèse Paris. alors que l’équidé avait été vendu en vue de participer à des compétitions.Cassin. Le droit de rétention. différents selon la nature de la connexité qui les fonde1244. p. J-F.. Juris Data n°125594 Pour s’en convaincre : Cf. « l’exception d’inexécution. En définitive. poursuivi en exécution de ses obligations et qui estime que l'autre partie n'a pas exécuté les siennes. I.Aynès. p. 1èreciv.. droit de rétention et exception d’inexécution.245 - . n°192 et s. civ. la volonté des parties étant de laisser un délai suffisant pour que l’acheteur participe à de telles courses. RTD civ. Bull. II- Rétention du cheval et distinction avec l’exception d’inexécution 434. les discussions doctrinales relatives à la condition d’essai sont alimentées par la pratique équine. Recherches sur l'exception d'inexécution. l’essai d’un cheval peut être implicite et le droit commun fait référence à des usages pour la condition d’essai. 433. LGDJ. Par conséquent. En effet. se présentent comme CA Rennes. L'exception d'inexécution dans les contrats synallagmatiques. De la nature juridique du droit de rétention.151 et s.la vente est formée à l’issue du délai d’usage de huit jours. Thèse Alger.

2003. la société en participation et la convention d’indivision.168 . en ce sens que l’indisponibilité de l’animal ne doit pas engendrer un préjudice important pour son propriétaire dans l’hypothèse où la facture serait minime1249. doit être proportionné au montant de la créance.. Le syndicat d’étalon se définit comme le groupement le plus souvent constitué par des éleveurs équins qui se réunissent pour acheter en commun un étalon de valeur dont ils se répartissent les saillies destinées à couvrir leurs poulinières1250. 1. p. 9 décembre 1840.Atias.des remèdes dérogatoires accordés au débiteur placé dans une situation qu'il tient pour anormale. d’autres sont réparties entre les membres au prorata de leurs parts .454.. Defrénois. préjudiciable à ses intérêts légitimes »1246. Les risques et périls de l’exception d’inexécution. Le cheval met ainsi en exergue l’étroitesse de la frontière entre le droit de rétention et l’exception d’inexécution. JurisData n°150167 1250 H. p. S.483 1248 P. DC. Le contrat de syndication prévoit « qu’une partie des saillies est affectée au paiement des frais . 3ème édition. Mélanges A. 30 mars 1954. la faculté de refuser la restitution est renforcée par le principe d'indivisibilité du droit de rétention. CA Paris. 1841. En revanche. III- Syndication et distinction de la société en participation et de l’indivision conventionnelle 436. pathologique. la jurisprudence a considéré que l’exercice du droit de rétention. 2007. D. et non de l’exception d’inexécution. Or. dans l’exception d’inexécution.. 435.Aynès. à l’égard du cheval. 21 mars 2001. p.Aberkane. p.Derrida. L’étalon.1103 Cass. en vertu duquel le créancier peut refuser de restituer l’intégralité du bien jusqu'à complet paiement de sa créance 1247. Il est intéressant d’observer que le cheval illustre parfaitement l’ambiguïté qui règne autour de la distinction de ces deux mécanismes.33 . no861 1249 CA Rouen. civ.Malaurie et L.Breton et F. p.. 1942.11 1247 . 1991. D..246 - . En effet. 20 décembre 1938. « il doit y avoir une proportionnalité entre la défense et l’attaque »1248. p. D. les saillies restantes sont vendues et le produit est 1246 C. Les obligations. CA Paris.

selon nous. Par principe. 28 mai 1997. 11826 .Deboissy. n°96-10. 1251 F. Un auteur1255 a d’ailleurs émis une appréciation critique de la solution rendue par la Cour de cassation1256 et retenu deux séries de considérations dominantes pour pencher en faveur de l’indivision. com. 1997. il s’agit ici de démontrer que la syndication étaye la discussion relative à la délicate distinction de la société en participation et de l’indivision conventionnelle. la société en participation et la convention d’indivision. En effet.11 1257 Voir sur ce point la très détaillée instruction administrative relative aux copropriétés d’étalon : Instr. à l’ensemble de ses copropriétaires lorsque l’équidé a été acheté par plusieurs personnes. Pt. p. 1253 Cass. Ce contrat a déjà été étudié par nos soins1252. n°26. L’étalon. cette analyse est discutable car le contrat de syndication vise à organiser l’exercice de l’activité de reproduction d’un étalon entre ses copropriétaires. 1991.152 et s. par exception.. p. 1998. RTD com.999. il est admis que la maîtrise de l’activité de reproduction de l’étalon appartient à l’origine à son propriétaire 1254 et. n°96-10999. De Rothschild c/ Dir. BOI 4 A-11-97 . D. notamment d’un point de vue fiscal1257. Pts. note sous Cass. Il est vrai que la qualification du contrat n’est pas sans conséquence. mais uniquement lorsque les parties seraient animées d’un affectio societatis. Gale impôts et autre 1254 Cf. Fisc.247 - . Dès lors. le droit de saillie s’exerce en copropriété et requiert une formalisation des relations inter partes au travers du contrat de syndication. De Rothschild c/ Dir.. une société en participation. Dr. Or.Aberkane.. par conséquent.Breton et F.. Le contrat de syndication n’est que la résultante d’un état de fait : la propriété partagée du bien qui conduit à la co-titularité entre les indivisaires du droit de saillie. 18 novembre 1997. si la Cour de cassation a décidé que le contrat de syndication constituait une société en participation1253.distribué aux co-indivisaires »1251. le contrat de syndication serait donc une indivision et. Mélanges A. com. dont la précision de l’analyse conduit à nous rallier à son développement pour en légitimer la solution 1256 H. La syndication démontre bien l’étroitesse de la frontière entre l’indivision conventionnelle et la société en participation.74 1255 H. Gale impôts et autre.Aberkane. 437. 18 novembre 1997.710 1252 Cf.Derrida.

p. p. n°4 1258 . il s’avère que le contrat de syndication a pour essence la co-titularité du droit de saillie dont l’origine se trouve dans l’acquisition en commun d’un étalon. F. I. « cette condition d’étalons » se 1260 trouve . n°638.Cozian et A. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux.Deboissy et G. généralement remplie concernant les syndicats 439.Wicker. JCP E. 1997. 1997. 1261 M.Deboissy et G. avriljuin 2000. I. JCP E. art.438. spéc.225 et s. RTD civ. « la différence entre indivision et société est essentiellement une question d’état d’âme : la passivité et le statisme dans un cas. Il suffit pour cela de retenir pour le groupement la qualification de groupement d’intérêt économique »1258. d’améliorer ou d’accroître les résultats de cette activité »1259.225 et s. n°4 1262 M.Mingat.. RTD civ. Le contrat de syndication est la conséquence d’une volonté commune. Il faut toutefois que l’exploitation du cheval constitue un prolongement de l’activité individuelle des syndicataires puisque le groupement d’intérêt économique doit avoir pour but « de faciliter ou de développer l’activité économique de ses membres.Mingat. La distinction entre une indivision conventionnelle et la société en participation tient en la présence d’un affectio communionis ou d’un affectio societatis . l’intention d’acheter un étalon de valeur en vue d’en partager les frais d’acquisition et d’entretien.248 - . non un mode d’exploitation collective »1262. Comme le font remarquer Florence Deboissy et Guillaume Wicker. « les indivisaires ont une âme de copropriétaire.Cozian et A. 1259 Ordonnance n°67-821 du 23 septembre 1967.Wicker. L’imposition des bénéfices de l’entreprise indivise. spéc. l’activité et le dynamisme dans l’autre »1261. les coassociés une âme d’entrepreneur… en clair. Les membres n’affectent pas le bien indivis à une entreprise commune en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourrait en résulter mais ne font qu’organiser au travers du contrat de syndication l’exercice à plusieurs du droit de saillie. Cet argument fiscal est cependant secondaire car « il est un moyen de bénéficier tout à la fois d’une grande liberté contractuelle et d’un statut fiscal identique à celui défini pour l’indivision. L’imposition des bénéfices de l’entreprise indivise. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. n°638. Or. Ainsi. avriljuin 2000. 1er 1260 F.. l’indivision est avant tout un mode de propriété collective.

Saint-Alary-Houin. 441.En réalité. La plupart du temps. l’opération de regroupement d’éleveurs en vue de l’exploitation de la carrière de 1263 C. Contrats et responsabilités. Les seules saillies excédentaires donnant lieu à une rémunération partagée. Le cheval. RTD com. il est certain qu’une convention adoptant des clauses incompatibles avec les dispositions impératives du Code civil relatives à l’indivision conventionnelle est requalifiée alors même que l’opération telle que voulue par les parties s’apparente en réalité à une indivision conventionnelle.Lévêque. Toutefois.695 1264 P. 2006. les parties ne recherchent pas le profit mais souhaitent uniquement bénéficier d’une ou deux saillies à titre personnel pour couvrir leur jument. La convention empruntera la qualification de société en participation uniquement lorsque le contrat de syndication aura pour finalité l’organisation de la commercialisation des saillies de l’étalon.249 - . les copropriétaires détenant corrélativement le droit de saillie sont dans l’obligation de poser le cadre de leur collaboration.54 . Les critères distinctifs de la société et de l’indivision depuis les réformes récentes du Code civil. de la réussite de l’opération. qu’une simple utilisation individuelle ne permet pas. les parties souhaitent « maintenir la valeur du bien par une jouissance collective »1263. par conséquent. spéc. p. Ainsi. et non leur simple répartition en vue d’un usage à titre personnel. En définitive. La rédaction du contrat de syndication est en conséquence la clé de voûte de la qualification de la convention et. par une véritable casuistique. Institut du Droit Equin. l’achat en commun de l’équidé n’est qu’un moyen destiné à la satisfaction d’une finalité : la maîtrise de l’activité de reproduction de l’étalon qui eut été impossible sans une syndication. 440. p. 1979. Les règles de l’indivision. comme celles de la société en participation. Diffusion Agence Cheval de France. Le contrat de syndication repose essentiellement sur la volonté que les parties ont d’organiser leurs rapports en vue de pouvoir exercer conjointement leur droit de saillie tout en jouissant individuellement et personnellement de l’étalon indivis1264. permettent de décrire avec précision..

RTD civ.250 - . avriljuin 2000. La distinction de l’indivision et de la société et ses enjeux fiscaux. . « la distinction de l’indivision et de la société ne se présente plus en terme d’opposition mais de concurrence »1265. Cependant.225 et s.. p. 1265 F. D’ailleurs.reproduction d’un cheval.Wicker.Deboissy et G. cette pratique équine illustre encore une fois l’incertitude régnant autour de deux mécanismes de droit commun délicats à distinguer.

il est mobile -.Bruguière. Ainsi. sa destination. Petite promenade. l’origine de l’animal. Lorsque la garantie des vices cachés est appelée à s’appliquer par exception. 2007. c’est parce qu’il illustre des solutions juridiques acquises ou débattues. il demeure que les vices du cheval reconnus comme cachés permettent d’appréhender avec satisfaction les difficultés survenant durant l’exécution de la vente. Or. ses capacités. c’est avec succès que le cheval est appréhendé juridiquement car la perception par le droit des actes matériels d’appropriation et d’exploitation du cheval est satisfaisante. en compagnie du meilleur ami de l’homme. de la condition suspensive pour la visite vétérinaire d’achat à la théorie de la délivrance de l’accessoire pour la remise des documents officiels du cheval. Ainsi. et physique .il est appropriable -.251 - . 1266 J-M. patrimoniale . entre droit des biens et contrats spéciaux.CONCLUSION Le cheval obéit aux classifications juridiques traditionnelles : il est chose et bien meuble. D. voire ses performances constituent des qualités substantielles à propos desquelles une indication erronée du vendeur permet à l’acquéreur de se prévaloir des dispositions relatives à l’erreur. encore fallait-il que le régime juridique en résultant lui convienne.. la qualification du cheval ne souffre d’aucune contestation possible.2989 . Cependant. tant dans l’exacte appréhension des faits qui en résulte que dans les effets engendrés par le régime juridique appliqué. Cette qualification est justifiée par les propriétés économique du cheval .il est utile -. Du point de vue de la technique juridique. Si « le cheval n’en finit pas d’enrichir le droit »1266. Mais ces pratiques participent aussi aux discussions relatives à la nature juridique de la condition d’essai et aux distinctions de la rétention et de l’exception d’inexécution comme de la société en participation et de l’indivision conventionnelle. L’identification des qualités substantielles du cheval comme de ses vices demeure satisfaisante. les pratiques équines demeurent rattachées avec succès à divers mécanismes juridiques usités . p.

252 - .Le cheval est donc chose et bien pour le droit. mais le droit positif ne révèle t-il pas qu’il est plus que cela ? .

TITRE II

LE CHEVAL, CHOSE VIVANTE

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442. Le cheval n’est pas seulement chose et bien pour le droit, l’étude de son régime juridique révèle que sa nature est admise par le droit. Puisque répondant à une qualification traditionnelle, le cheval se voit appliquer des « solutions taillées à la mesure des choses inanimées »1267. Pourtant, le cheval « est une chose animée, c'est-à-dire douée de psychomotricité, fécondité et mortalité »1268. Ainsi, « au lieu d’être figé, une fois pour toutes par la volonté de l’homme avec des caractères donnés, (le cheval) évolue et se modifie au gré de la vie qui l’anime »1269. Dès lors, il est possible « que la vie qui l’anime, le mouvement qui l’agite, la maladie et la mort qui le rongent soient plus fort que l’abstraction juridique »1270. 443. Le droit prend en considération cette spécificité du cheval et conçoit en conséquence que le « travail à effectuer sur une matière vivante qui s’apparente à une chirurgie simple, ne saurait être assimilée à l’ouvrage d’un artisan sur une matière inanimée »1271. Le régime juridique des soins du cheval1272 illustre l’admission de sa nature lors de son traitement juridique. Un vétérinaire qui ne se déplace pas pour soigner un cheval qui en meurt est condamné pour faute contractuelle1273, sauf justification1274, évoquant « comme une reconnaissance implicite du devoir de porter secours à l’animal »1275. Par analogie avec la médecine humaine, le maréchal-ferrant « ne s’est pas engagé à réussir l’opération du ferrage d’une façon parfaite, mais seulement à fournir des soins consciencieux, attentifs et, réserve faites de circonstances exceptionnelles, conformes aux données acquises de la technique »1276.
1267

J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992. spéc. p.19 M-C.Piatti, Droit, éthique et condition animale, Réflexions sur la nature des choses, LPA, 19 mai 1995, n°60, p.5 1269 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, p.229 1270 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, p.19 ; Cf. également S.Antoine, Un animal est-il une chose ?, Gaz. Pal., 7 mai 1994, p.594 et s. 1271 CA Angers, 10 janvier 1950, D., 1951, p.30 1272 Cf. Pts.246 et s. 1273 F.Chabas, note sous Cass. 1èreciv, 27 janvier 1982, JCP 1983, p.19923 1274 Cass. 1èreciv., 27 janvier 1982, Bull. civ. I, n°53 1275 G.Farjat, Entre les personnes et les choses, les centres d’intérêts, RTD civ., avril-juin 2002, p.231 1276 T. civ. Loudun, 8 mars 1946, Gaz. Pal. 1946, 1, p.174
1268

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Poursuivant cette argumentation, la jurisprudence considère « que le praticien est seulement tenu de l’obligation d’opérer avec la conscience et la prudence requises et conformément aux données acquises de la technique »1277. Le droit admet qu’il « semble absurde d’exiger du vétérinaire une guérison après chaque visite ou traitement »1278 parce que le cheval est saisi dans sa dimension d’« être vivant »1279. Cette considération pour la nature du cheval influence nécessairement son régime juridique. La nature du cheval transcende donc son régime juridique, aussi parlerons-nous de consécration juridique de la nature du cheval Chapitre I-. 444. Cependant, cette admission de la nature du cheval en droit est source de controverses dans la mesure où elle invite à s’interroger sur ses conséquences juridiques. La problématique jaillit avec force : le cheval est-il « chose, personne ou… animal ? »1280 et « le simple énoncé de l’interrogation suffit à expliquer l’immanquable tour passionnel du débat »1281. En effet, le cheval partage avec l’homme une appartenance au règne du vivant. L’admission par le droit de la nature vivante du cheval pose donc la question de la pertinence de sa qualification juridique de chose. Or, l’étude du régime juridique du cheval révèle que la consécration de sa nature connaît des limites. Sur certains fondements, Jean-Pierre Marguénaud constate que « progressivement, insensiblement, l’animal a été dépouillé par le droit de ses caractères spécifiques »1282. Aussi évoquerons-nous qu’il s’agit d’une consécration juridique de la nature du cheval limitée -Chapitre II-.

CA Angers, 10 janvier 1950, D., 1951, p.30 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, p.13 1279 Sans la comparer à l’homme, un animal est cependant un être vivant : Cf. G.Chapouthier, L'animal humain Traits et spécificités, éd. L'Harmattan, coll. Le mouvement des savoirs, 2004 1280 T.Revet, Loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux, RTD civ., 1999, p.479 1281 T.Revet, Loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux, RTD civ., 1999, p.479 1282 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé Thèse Limoges, PUF, 1992, spéc. p.19
1278

1277

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CHAPITRE I

UNE CONSECRATION JURIDIQUE DE LA NATURE DU CHEVAL

445. La spécificité du régime juridique du cheval réside dans l’expression de la nature vivante du cheval en droit. C’est parce que la nature du cheval est admise juridiquement qu’il est, certes une chose, mais une chose vivante. Or, un « être vivant », du fait de sa dynamique interne d’ordre physicochimique, est doté d'une activité autonome en ce qu'ils se gouvernent selon ses propres déterminations par rapport au milieu au sein duquel il évolue 1283. Ainsi, « l’être vivant existe par nature car il porte en lui le principe de son mouvement… Le vivant est capable de produire son propre mouvement. Il n’est pas seulement déplacé, comme l’est une chose matérielle »1284. 446. A la différence d’une chose inerte, dont le mouvement est le strict produit du déterminisme1285, le cheval est susceptible de se mouvoir seul et de répondre uniquement à son instinct en refusant de faire application d’un ordre donné par son cavalier1286. Avant notre ère, Xénophon identifiait déjà la difficulté : « il faut examiner si, une fois monté, il veut bien s’écarter des chevaux, ou si, travaillant devant des chevaux arrêtés, il n’emmène pas dans leur direction. Et il y en a qui, pour être mal tenus en main, s’enfuient de la carrière vers les chemins aussi de

1283

L.Bounoure, L'autonomie de l'être vivant, essai sur les formes organiques et psychologique de l'activité vitale, PUF, 1949 1284 S.Carfantan, Philosophie et spiritualité, Leçon 35 : Le vivant et l’inerte, 2002 1285 P.Vendryès, Déterminisme et autonomie, éd. Armand Colin, 1956 1286 P.Vendryès, L’autonomie du vivant, éd. Maloine, 1981

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l’écurie »1287 et « gardons-nous cependant des natures ombrageuses ; on les voit souvent désarçonner leur cavalier et le mettre dans les situations critiques »1288. Or, cette autonomie de mouvement du cheval « peut être source de dommages d’autant plus importants que la maîtrise qu’une personne exerce sur un animal est nécessairement limitée »1289. La consécration juridique de la nature du cheval est assurée par la reconnaissance de son autonomie de mouvement -Section I-. 447. Le cheval est certes « une chose, mais pas une chose ordinaire, il est une chose animée, et surtout sensible »1290. L’admission de la nature du cheval en droit s’exprime encore par la prise en considération de ce qu’il est un « être physiologiquement sensible »1291. La consécration de sa « sensibilité » s’épanouit dans le Code pénal1292 où sont réprimées « les atteintes aux animaux dans leur sensibilité d’êtres vivants »1293 -Section II-.

Xénophon, De l’art équestre, Les Belles Lettres, Paris, 2008, spéc. p.46 Xénophon, De l’art équestre, Les Belles Lettres, Paris, 2008, spéc. p.47 1289 S.Desmoulin, L’animal, entre science et droit, Thèse Aix-Marseille, PUAM, 2006, spéc. p.25 1290 A.Couret, note sous Cass. 1èreciv., 8 octobre 1980, D., 1981, p.362 1291 P.Blagny, L’animal considéré comme être physiologiquement sensible en droit pénal français, Thèse, Dijon, 1967 1292 J-P.Marguénaud, L’animal dans le nouveau Code pénal, D., Chron., 1995, p.187 ; M.Danti-Juan, La contribution du nouveau Code pénal au débat sur la nature juridique de l’animal, Dr. rur., n°248, 1996, p.477 1293 S.Antoine, Rapport sur le régime juridique de l’animal, Ministère de la Justice, 2005
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1287

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SECTION I L’AUTONOMIE DE MOUVEMENT DU CHEVAL CONSACREE

448. Si « la mobilité est le caractère juridique traditionnel de l’animal »1294, « cette mobilité s’accompagne d’une autonomie de mouvement »1295, laquelle est déterminante en droit. En effet, la maîtrise du cheval engendre un degré supplémentaire de difficulté puisqu’il s’agit d’une « chose animée, c'est-à-dire douée de psychomotricité »1296 et « sa nature particulière le conduit donc soit à exclure l’intervention humaine de la réalisation des dommages qu’il commet, soit à en réduire la portée »1297. L’autonomie de mouvement du cheval produit des effets juridiques -§I-, dont il est possible d’apprécier le fondement -§II-.

§I- LES EFFETS JURIDIQUES DE L’AUTONOMIE DE MOUVEMENT DU CHEVAL

449. Le cheval étant autonome en mouvement, le cavalier ou le prestataire professionnel ne peut être assimilé au maître d’une chose inerte. C’est la raison pour laquelle l’imprévisibilité du comportement du cheval -I- et le niveau d’équitation du cavalier -II- influent sur le régime juridique du cheval.

1294

S.Desmoulin, L’animal, entre science et droit, Thèse Aix-Marseille, PUAM, 2006, spéc. p.25 ; Cf. Pts.372 et

s.

1295

1296

S.Desmoulin, L’animal, entre science et droit, Thèse Aix-Marseille, PUAM, 2006, spéc. p.25 M-C.Piatti, Droit, éthique et condition animale, Réflexions sur la nature des choses, LPA, 19 mai 1995, n°60, p.5 1297 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, spéc. p.69

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I-

L’influence de l’imprévisibilité du comportement du cheval

450. Puisqu’il est une « chose animée, douée de psychomotricité »1298, le cheval est susceptible de brusques réactions qui en compliquent sérieusement la maîtrise. Dès lors, le caractère imprévisible de ces réactions est de nature à faire obstacle à la responsabilité du centre équestre1299. En effet, constitue un risque inhérent au comportement des équidés, le cheval qui se cabre pour une raison indéterminée1300 ou quatre chevaux qui prennent simultanément le galop pour une raison également indéterminée1301. 451. La frayeur du cheval est susceptible d’être considérée comme imprévisible. Voici le cas d’une jurisprudence relative à la frayeur d’un cheval dont les données du litige sont les suivantes : un premier véhicule automobile venait d’opérer un dépassement, lorsque divers objets arrimés sur son toit s’en détachèrent et, en tombant à proximité d’un herbage, effrayèrent un cheval qui, franchissant la clôture, vint se jeter sur la voiture objet du dépassement, occasionnant des dégâts matériels et causant des blessures au conducteur et à son épouse. Les victimes assignèrent en réparation de leurs préjudices le conducteur du véhicule ayant réalisé le dépassement et son assureur, lesquels appelèrent le propriétaire du cheval en garantie. Sur cette base, la Cour de cassation a considéré que « après avoir rappelé que le cheval qui se trouvait dans un herbage entouré par une clôture… établie conformément aux usages de la région, n’avait pu s’échapper qu’en couchant à terre cette clôture dont deux poteaux en bois avaient été brisés, l’arrêt a énoncé qu’aucun élément du dossier ne tendait à prouver qu’il était peureux, plus effrayés que d’autres par le passage constant des automobiles sur une route à grande circulation et demandant une surveillance particulière. Qu’en l’état de ces constatations et énonciations, les juges du second degré
M-C.Piatti, Droit, éthique et condition animale, Réflexions sur la nature des choses, LPA, 19 mai 1995, n°60, p.5 1299 Cass. 1èreciv., 16 mars 1970, Bull. civ. I, n°103 ; CA Toulouse, 14 janvier 2003, JurisData n°206574 ; C.Dudognon, note sous CA Paris, 28 janvier 2003, D., 2003, p.2539 1300 CA Nîmes, 19 juin 2001, JurisData n°181231 confirmé par Cass. 1èreciv., 22 juin 2004, n°01-16.350 ; Cass. ère 1 civ., 17 février 1982, Bull. civ. I, n°82 1301 CA Besançon, 16 mai 1991, Gaz. Pal. 1992, somm., p.70
1298

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25 mai 1971. constituait pour le propriétaire de cet animal une circonstance imprévisible et irrésistible exonératoire de responsabilité »1302. spéc.Marguénaud. 6ème édition.Mazeaud et L.100 1304 J.. 12ème édition. 1992. p.Carbonnier. En définitive. Les obligations. II. De la même façon. II- L’influence du niveau d’équitation du cavalier 452.. L’animal en droit privé. spéc. est implicite en présence de l’essai du cheval pratiqué par un professionnel1306. Tome II. partant du postulat de base que la location d’un cheval en l’absence d’accompagnateur suppose du client son aptitude « à se tenir sur sa Cass. Arrêt Franck.Mazeaud. le transfert de garde. Le droit prend en considération le niveau d’équitation du cavalier en matière de présomption. PUF. la Cour de cassation « fait produire un effet exonératoire à un vice interne indécelable : le trait ignoré du caractère du cheval sous l’impulsion duquel il a été effrayé »1303. spéc. 2 décembre 1941. Ch. n°194 1306 Cass. la direction et le contrôle de la chose1305. PUF. GAJC.260 - . Traité théorique et pratique de la responsabilité civile délictuelle et contractuelle. qualifier ou apprécier la situation en fonction de son niveau. ni plus effrayé qu’un autre par la circulation. 11 ème édition. Thèse Limoges.132 J-P. La doctrine confère en effet à la frayeur un caractère libératoire1304 et l’imprévisibilité du comportement du cheval constitue donc une modération au principe de la maîtrise constante de l’animal. rend imprévisible tout comportement de frayeur. n°1606 1305 Cass. J. 2èmeciv. D. 15 janvier 1954.Mazeaud. Ainsi.. Paris. Ainsi. Bull. le fait que l’animal ne soit ni peureux. Le niveau d’équitation permet de mesurer la maîtrise dont est susceptible de faire preuve le cavalier et ainsi présumer. Droit civil. n°104 . n°186.ont pu décider que la chute des bagages du véhicule dans des conditions de nature à effrayer le cheval au point qu’il renverse sa clôture. civ. H. 1978. qui suppose l'usage. réun. 1985. p. comme en phase de qualification ou d’appréciation d’une situation. même si le cheval est laissé sans surveillance dans un herbage jouxtant une route nationale. p. 2èmeciv. Montchrestien. 1954.169 1303 1302 ..

cette prise en compte du niveau du cavalier nuance de manière légitime l’obligation stricte de sécurité qui incombe au professionnel. 1èreciv.Wagner.261 - . n°111. 453. le professionnel qui loue un cheval à un débutant pour une promenade en solitaire est considéré comme organisateur de promenades équestres dans sa relation avec le client1308 alors même qu’il ne fait que mettre à disposition l’animal et ce. impossible pour un novice. civ. 455. Ainsi. JurisData n°153124 1309 E. RJES. Néanmoins. sans accompagnateur. 13 septembre 1991. la jurisprudence exclut le débutant de ce type de contrat. obs. Mais c’est aussi parce qu’il est en présence de cavaliers expérimentés lors d’une balade que la rigueur de l’appréciation de son obligation de sécurité est atténuée.. 1991. 27 mars 1985. Bull.102 CA Lyon. si le degré de maîtrise de l’animal par le client et ses aptitudes à le diriger seul sont pris en compte pour déterminer sa capacité à contracter. 454.50 . En effet. elle étonne juridiquement. p. le centre équestre 1307 1308 Cass. sous CA Paris. C’est parce que le client est novice en équitation que le régime juridique applicable sera celui des promenades encadrées quand bien même le centre équestre laisse le client partir seul. sans référence aucune ni à la commune intention des parties. En effet. 6 septembre 2001. la location suppose du locataire la maîtrise de l’animal. Si cette construction d’origine prétorienne est conforme à l’accroissement de la protection du client profane. I.monture en la faisant galoper ou trotter dans les directions choisies par lui »1307. les tribunaux recherchent si le parcours ou l’exercice proposé est bien en rapport avec les compétences de l’élève1309. n°17. L’appréciation d’une situation est fonction du niveau d’équitation du cavalier. ni à l’objet du contrat. la qualification de la relation dépend uniquement des aptitudes techniques de l’une des parties. En définitive. Par voie de conséquence. A ce titre. en l’occurrence le locataire. force est de constater que la méthode de qualification de la relation consiste à déterminer la capacité du client à être partie à un contrat de location d’équidés en fonction de son niveau en équitation. p.

Encore une fois. 1èreciv. 2èmeciv. afin d’apprécier l’obligation de sécurité qui incombe au professionnel équin. Bull. Les tribunaux font référence au niveau du cavalier en toutes circonstances. n°111. supporte une obligation de sécurité draconienne par rapport au loueur de chevaux qui est simplement tenu de mettre à la disposition de ses clients « des chevaux non vicieux et adaptés à leur niveau de pratique. les tribunaux tiennent compte du niveau d’équitation du cavalier ayant subi le dommage et de la connaissance qu’il pouvait avoir du danger. I. considérant que l’enseignant est tenu de « fournir à l’élève un cheval correspondant à sa capacité »1314 et de s’abstenir de mettre à sa disposition 1310 1311 Cass. civ. I. L’aptitude à surmonter lesdits obstacles étant nécessairement proportionnelle au niveau d’équitation du cavalier. n°09-13. De la même façon. « la faute qui peut être légitimement reprochée au professeur d’équitation doit résider non point dans le fait de n’avoir pas soustrait son élève à toute embûche..526 CA Paris. 27 mars 1985. 3 juin 2010. 29 novembre 1958. 456.262 - .167 . l’entrepreneur de promenades équestres.qui organise une journée porte ouverte n’est pas responsable de la chute d’un cavalier lors du concours de saut d’obstacles organisé dès lors que le parcours était adapté au niveau du cavalier1310.. simple débutant ou galop 7 aguerri… 458.. 7 décembre 1968. 1959. D. 457.26 1312 Cass. Bull. p. qui fait face « à des clients qui peuvent tout ignorer de l’équitation et rechercher seulement le divertissement d’un parcours à dos de cheval sur l’itinéraire imposé par les préposés qui les accompagnent »1312. 1968.. 1èreciv. Dans le droit fil de ce courant jurisprudentiel. 17 février 1982. p. En effet. n°82 1314 CA Paris.102 1313 Cass. p. la distinction permettant l’appréciation de la rigueur d’application de l’obligation de sécurité à l’égard du prestataire professionnel dépend du niveau de pratique du cavalier. civ. mais seulement dans le fait de l’avoir mis en présence d’obstacles disproportionnés avec son aptitude à les surmonter »1311. ainsi que du matériel en bon état »1313. D..

constitue un manquement à l’obligation de sécurité le fait 1315 Cass. n°77 . 13 mars 2003. Bull.. 11 décembre 1990. somm. 31 mai 2000. n°106 1318 CA Lyon. JurisData n°046215 1316 CA Dijon.. 459. 1èreciv.. d’autre part.467 1320 CA Aix en Provence. Cette observation permet d’affirmer que. 10 février 1987. 10 février 1971.. civ. I. 460. JurisData n°117644 1321 TGI Fontainebleau. 30 mai 2001. 6 novembre 1996. pratiquant régulièrement l’équitation depuis deux années et qu’il n’est pas établi que son niveau de compétence eut exigé une attention spéciale.246 . la Cour de cassation1317 valide l’arrêt d’appel qui. la dangerosité de l’animal croît en fonction du degré d’ignorance en équitation du cavalier et. compte tenu du niveau sportif du cavalier. Au demeurant.. Cass. JurisData n°146719 . Au regard de ce qui précède. relève que la victime n’est pas une débutante mais une cavalière déjà relativement confirmée. le degré d’aptitude du cavalier conduit les tribunaux à constater que le fait de confier à un adulte non débutant un cheval d’instruction habituellement monté par des enfants ou des personnes handicapées est la preuve du respect de l’obligation de sécurité par le centre équestre1316. 4 mars 1980. Cette affirmation permet de comprendre que la dangerosité du cheval n’est pas tant inhérente à l’animal mais dépend principalement du degré de maîtrise du cavalier.263 - . I. JurisData n°209584 1319 Cass. Juridisque Lamy C... Or. 1. p. 1èreciv. Gaz. Bull. I. En revanche. « le loueur d’équidés ne satisfait pas cette obligation lorsqu’il est constant qu’un jeune cavalier monte une jument fougueuse »1321. pour exonérer l’enseignant de toute responsabilité. CA Aix en Provence. 1èreciv. D. constatons qu’en l’espèce. JurisData n°119635 1317 Cass. p. Pal. civ. 27 avril 2000. ce n’est pas le cheval en tant que tel qui est dangereux mais le cavalier qui est apte ou non à le maîtriser. A ce titre. le centre équestre doit s’abstenir de fournir à des débutants des chevaux « un peu vifs »1318. Ainsi. CA Chambéry. d’une part. 1èreciv.. la dangerosité du cheval est appréciée in concreto. 1971. qui ont tendance « à fuir en direction de l’écurie »1319 ou dont le propriétaire reconnaît qu’ils sont « parfois ombrageux et capricieux »1320. 22 mars 1983. n°1638 . cass.un « animal dangereux »1315. Vol.

En droit romain.Planiol et G.d’attribuer à une cavalière un cheval qui lui a précédemment occasionné de graves difficultés1322. Gaz. 1957 1327 Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux 1323 1322 .et confirmé par une récente réforme législative1327 -II-.19 . 1978. Manuel élémentaire de droit romain. y compris celles qui se meuvent par elles-mêmes comme les animaux »1325. Traité pratique de droit civil français.Antoine.LE FONDEMENT JURIDIQUE DE L’AUTONOMIE DE MOUVEMENT DU CHEVAL 461.Picard.99 . La distinction entre la chose vive et la chose inerte correspond à une « différence naturelle. res se moventes. également S. (du) mouvement qui l’agite »1323. G. p. p. PUF. Thèse Limoges. Librairie Edouard Duchemin. par M.594 et s. Or. Pal. Cf. LGDJ.Ripert et J. 7 mai 1994. 1324 En droit romain.Ripert. comme les esclaves et les animaux ou celles qui sont susceptibles d'être déplacées sous l'action d'une force extérieure 1325 P-F.Marguénaud. « les meubles sont les choses susceptibles d’être déplacées sans détérioration. La distinction du vif et de l’inerte est l’héritière de celle opérée par les juristes romains à propos des « res se moventes et res mobiles »1324. 1992. et dont les autres ne CA Poitiers. 20 novembre 2001. Les biens. Traité de droit civil d’après le traité de Planiol. spéc. qui existe entre les meubles.. les meubles -res mobiles. 1952.Boulanger. L’autonomie de mouvement du cheval dépend de « la vie qui l’anime.Girard. p. §II. JurisData n°182952 J-P. L'ancien droit reprend cette distinction des meubles vifs et des meubles morts1326. p. n°100. I- La distinction du vif et de l’inerte codifiée 462. La vivacité du cheval est donc admise et fondée sur la distinction ancestrale du vif et de l’inerte.sont les choses qui se meuvent par elles mêmes. M. Un animal est-il une chose ?.264 - . L’animal en droit privé. dont les uns peuvent changer de place par une force qui leur est propre. LGDJ.265 1326 Cf. ce fondement à la consécration de l’autonomie de mouvement du cheval est codifié -I.

le cheval est par essence une chose vive. on remarque que certaines d’entre elles ont. civ. trad. et qu’en s’élevant au dessus de la réalité extérieure. 1. 1. il emploie une expression exacte parce que l’animal a une activité propre et peut. éd.69 1332 G. une force intime.125 1329 . ou paraissent avoir. c’est son autonomie de mouvement. Stienon. soit qu'ils se meuvent par eux-mêmes. sous sa seule impulsion et par le simple usage de ses membres et de ses facultés »1331. 1854 Rédaction originelle de l’art. soit qu'ils ne puissent changer de place que par l'effet d'une force étrangère. En effet. A. Or.Hegel.198 1331 M. 463. les corps qui peuvent se transporter d'un lieu à un autre. un dynamisme personnel… mais c’est une apparence… elles ne peuvent devenir nocives que si quelqu’un les anime »1333. Cours de Code civil.125 1333 G. son existence subjective n’est plus soumise aux conditions de l’espace. Tome III.Ripert. Thèse Rennes. 1922. il peut déterminer lui-même son lieu »1330. De la distinction des biens. Librairie philosophique de Ladrange. p. Le Code civil de 1804 fait référence à l’autonomie de mouvement de l’animal puisqu’il considère « meubles par leur nature. Nouvelliste de Bretagne. le cheval possède une autonomie de mouvement. p. si « on apprécie les biens beaucoup moins d’après leurs éléments matériels et physiques que d’après le genre d’utilité qu’ils peuvent procurer à 1328 C. du fait de l’animal et du fait de la chose.Véra. 1330 G-W-F. éd. 1922. 528 C. une activité propre. 1922. spéc. Susceptible de se déplacer par lui-même en répondant à son seul instinct. comme les animaux. de l’idéalité qui s’est affranchie de la pesanteur.peuvent être transportés d’un lieu à un autre que par l’impulsion d’une force étrangère »1328. DP. Or. 1866. p.265 - .Vitry. « l’animal se meut librement parce qu’à l’égal de la lumière. spéc.Demolombe. comme les choses inanimées »1329. 464. sans intermédiaire. p. DP. Philosophie de la nature. de lui-même causer un préjudice . Paris. Ce qui différencie donc le cheval des autres choses. il y a un fait de l’animal »1332 et « si l’on considère maintenant les choses dites inanimées. D’ailleurs. La détermination du fait de l’homme. « quand le Code civil parle de dommage causé par un animal.Ripert. §351. le cheval est susceptible d’atteindre « une personne ou un objet par son propre corps. Ainsi.

266 - . Et la formulation exacte de la règle ressort des paroles d’un poète : « forma dat esse rei »1336. Or. Thèse Aix-Marseille.Desmoulin. « la composition physique des corps est aussi. Tout le danger provenant dès lors de son « autonomie de mouvement. est une proie sans défense. L’animal. PUAM. L’animal entre science et droit. Pts. Si « le juriste demeure indifférent à nombre de caractéristiques biologiques pourtant déterminantes pour le travail du naturaliste. La grande encyclopédie Fleurus cheval. du zoologue. M. C’est 1334 C. De la distinction des biens. Le cheval. spéc. p. « en tant qu’être vivant doté de psychisme.Garagnoux et B.Desmoulin. 465. de l’éthologue ou du vétérinaire… il s’intéresse en revanche à sa mobilité car elle est synonyme de moindre maîtrise pour le gardien… »1341.Kindermans. Cours de Code civil. PUAM.Marguénaud. p.372 et s. Stienon. 2006. Fleurus. spéc. Stienon. 1992. L’animal en droit privé. L’éthologie équine1338 enseigne qu’il est peureux et émotif et privilégie la fuite. laquelle ne manifeste jamais le moindre mouvement de frayeur.671 1342 Cf. éd. Thèse Aix-Marseille.Demolombe. le régime juridique du cheval ne saurait s’affranchir de ses caractéristiques essentielles. Des caractéristiques inhérentes au cheval. éd. PUF. éd. De la distinction des biens. éd. Paris. Par conséquent. Artis-Historia.l’homme dans l’ordre de ses besoins »1334. 2006. à prendre en considération »1335. Cette caractéristique de l’animal est exacerbée chez le cheval qui. Cours de Code civil. p.Demolombe. d’où son instinct grégaire. de simples gestes rapides et saccadés auront tendance à l’effrayer1339. 1854 C. 1335 . de Perthuis. la moindre animosité »1337. 1999 1340 S.Deveaux. qui peut être source de dommages d’autant plus importants que la maîtrise qu’une personne exerce sur un animal est nécessairement limitée »1340. entre science et droit. 1854 1336 Par traduction.25 1341 S. 2001 1339 P. Par conséquent. de cornes ou de griffes. la forme donne l’être à la chose 1337 J-P. c’est donc son autonomie de mouvement qui prolonge le rôle déterminant de sa mobilité en droit1342. Cette particularité du cheval influe nécessairement sur son régime juridique. dans une certaine mesure. dépourvu de crocs.53 1338 Cf. même l’animal le plus docile est susceptible de se sentir menacé et peut donc réagir à des évènements qui n’auraient aucune incidence sur le comportement d’une chose inanimée. H. le moindre geste de défense. Thèse Limoges. spéc.

1992.. II- La distinction du vif et de l’inerte confirmée législativement 467. Le projet de réforme du droit des biens . Stienon. qui se trouve si souvent dans les vieux titres et même encore parfois dans les nouveaux »1345. 1854 1346 S. sans regret. p. et le cheval plus spécifiquement. Doctrine.Nerson. Thèse Limoges. De la distinction des biens.Marguénaud. Janvier 2009 . contrairement aux apparences. éd. La condition de l’animal au regard du droit.54 R. la formule n’est pourtant point naïve.267 - . 1963. Chron. la modification du libellé de la disposition est sans influence sur la distinction du vif et de l’inerte puisque l’article conserve la référence aux animaux et aux corps qui « se meuvent par eux-mêmes » ou « qu'ils ne puissent changer de place que par l'effet d'une force étrangère ».. selon la formule naïve de l’article 528 du Code civil »1344 en concluait Roger Nerson. A l’égard du cheval. malgré la réforme de 1999. Cours de Code civil. Avec la loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. Dr. l’article 528 qui. suivant l’expression de nos anciens. PUF.3 1345 C.Demolombe. D. le Code civil intègre cette caractéristique inhérente à l’animal en le définissant comme « un meuble qui se meut par lui-même. Mais. L’animal en droit privé.Vers un nouveau régime juridique de l’animal ?.en effet « la psychomotricité qui distingue radicalement l’animal aussi bien des choses entièrement inanimées que des choses artificiellement animées »1343. ne caractérisait l’animal qu’en raison de sa possibilité de se mouvoir par luimême »1346. Elle distingue entre « les meubles vifs et les meubles morts. l’animal en général. ne sont plus définis exclusivement en fonction de leur autonomie de mouvement mais la distinction du vif et de l’inerte est maintenue. En 1804. Rev. 466. Suzanne Antoine se réjouit de voir « disparaître. p. spéc.Antoine. Certes. an. 1343 1344 J-P. Cette formule permet de distinguer les choses possédant une autonomie de mouvement de celle dont leur mobilité dépend uniquement d’une force extérieure.

2651 1351 S. dans l’article 524 du Code civil. un resserrement de la notion d’objet sur celle d’entité inanimée »1347. n°671 1355 Dictionnaire Larousse. p. 470.479 1348 T. il en résulte. il est défini comme « un être vivant généralement capable de se déplacer… »1355. Si l’animal est « sorti d’un inadmissible amalgame avec les autres corps non animés»1350. « l’animal étant.2651 1350 S. RTD civ. 1283.. A. Distinct des choses inertes. 2003.. 1999. dans ce même texte. 1999.268 - . prenant soin de conserver la référence à la possibilité « d’être muté de lieu en un autre »1354 par son propre mouvement ou par l’effet d’une force étrangère.2651 1352 T.. p. p. L’animal et le droit des biens.468. il « n’est pas pour autant sorti de la catégorie mobilière »1351. p. 1999. D. Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à animaux.Revet. 469. 1970-1974.479 1354 P. RTD civ. 1999. le législateur confirme la distinction entre le vif et l’inerte.479 1353 T. dans le dictionnaire Larousse..J.Revet. Le cheval « demeure objet malgré la nouvelle rédaction de l’article 524 alinéa 1 du Code civil »1352 et « la même conclusion vaut à propos de la nouvelle distinction qu’opère l’article 528 du Code civil entre les animaux et les corps… la différence a d’ailleurs toujours été faite entre les meubles vifs et les meubles morts »1353. édition 2011 1347 la protection des la protection des la protection des la protection des . En effet. RTD civ.Antoine. p. Coutumes de Beauvaisis.Revet. en harmonie avec la protection qu’elle appelle de plus en plus »1348. de Beaumanoir. D. p. Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à animaux. la loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux confirme la distinction du vif et de l’inerte en admettant implicitement la nature vivante de l’animal. Ainsi. Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à animaux.Picard. spéc. L’animal et le droit des biens. En définitive. L’animal et le droit des biens. En effet.479 1349 S.. 2003. T. Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à animaux. D’ailleurs.Revet. D’ailleurs.. on peut « en déduire que sa nature d’être vivant est implicitement admise »1349.. éd. RTD civ. « la qualité d’être vivant de l’animal s’en trouve soulignée. D.Antoine. p. 2003.Antoine. désormais distingué de l’objet alors qu’il en ressortissait jusqu’ici. il est une chose vive en raison de son autonomie de mouvement.

il se distingue en revanche des choses inertes par sa vivacité. n°7 sur Les objets du droit. Revue Enquête.32 et s. 1998 R. 1998 . SECTION II LA « SENSIBILITE » DU CHEVAL CONSACREE 472. Or. p.Hermitte. c’est parce que le droit considère son autonomie de mouvement qui est tout autant source de dangers que de moindre maîtrise pour l’homme. Cependant. si « l’animal est à la fois isolé et confondu dans un ensemble indifférencié de biens inertes et vivants. En effet..269 - . Le droit est un autre monde. 1356 1357 M-A. Thèse. L’animal considéré comme être physiologiquement sensible en droit pénal français. la reconnaissance de sa « sensibilité » devenait une évidence même si sa souffrance est silencieuse1360.Blagny. 1359 P. Fayard. l’animal étant un « être physiologiquement sensible »1359. Si le régime juridique du cheval est distinct de celui des choses inertes. dont les régimes juridiques partageront de grands traits communs. Le silence des bêtes. dès l’instant où la nature du cheval était admise juridiquement. Perspectives sur la situation juridique de l’animal. la consécration juridique de la « sensibilité » du cheval s’inscrit dans un cadre plus large qui est celui de la « sensibilité » animale.Libchaber. Janvier-Mars 2001.241 1358 Cf. le droit des animaux lui est appliqué1358. Dijon.471. RTD civ. puisqu’ils relèvent de la même catégorie »1356. C’est donc la distinction du vif et de l’inerte qui est pertinente à l’égard du cheval. 1967 1360 E. la philosophie à l’épreuve de l’animalité. Puisqu’il est une espèce appartenant au règne animal.De Fontenay. l’animal apparaît néanmoins à part des autres. Rémy Libchaber l’observe judicieusement : « les articles 524 et 528 du Code civil seront habilement remaniés pour inscrire la spécificité de l’animal dans une curieuse posture : considéré certes comme un bien. Pts. qui sont inanimés »1357.

Doctrine. de la Société de Sport de France et de la Société Sportive d’Encouragement . est considéré par le biais des textes spécifiques du Code rural comme un être vivant et sensible. Rev. c’est également une association loi 1901 soumise à la tutelle du Ministère de l’Agriculture.. Dr. intégré à ce dernier en vertu de l’article 311 dudit Traité 1364 La Ligue Française pour la Protection du Cheval est une association sans but lucratif constituée en conformité avec les dispositions de la Loi du 1er juillet 1901 déclarée à la Préfecture de Police de la Seine le 5 juin 1909 publié au J.LES EFFETS JURIDIQUES DE LA « SENSIBILITE » DU CHEVAL 473. produit des effets juridiques -§I-.et la préservation de son « bien-être » est assurée de manière originale par une convention conclue entre la Ligue Française pour la Protection du Cheval1364 et France Galop1365 -II-. an.O du 2 juillet 1909 et reconnue d’utilité publique par un Décret du 25 novembre 1969 publié au J. en tant que créatures douées de sensibilité »1363. « la France a pris l’engagement de reconnaître aux animaux domestiques leur qualité d’êtres sensibles. Sa « sensibilité » justifie une protection pénale de son intégrité physique aux applications quotidiennes -I. publié au JOCE C 340 du 10 novembre 1997. Ministère de la Justice. l’animal. cette sensibilité fait l’objet d’une protection par le Code pénal »1361. « toujours meuble dans la catégorie des biens.Antoine. 2005 1363 Protocole d’accord additionnel n°10 du Traité d’Amsterdam. Le projet de réforme du droit des biens . La « sensibilité » de l’animal. le Traité d’Amsterdam intègre l’engagement des parties contractantes à garantir l’amélioration de la protection et le respect du « bien-être des animaux. Or.Antoine. à ce titre. La « sensibilité » du cheval est celle de l’animal et. qui assure le contrôle de la régularité des paris . et d’assurer les exigences de leur bien-être »1362. du Ministère des Finances et du Ministère de l’Intérieur. le cheval est l’illustration même de cet engagement. ce qui nous permet d’en apprécier le fondement -§II-.270 - . Janvier 2009 1362 S.Ainsi.O du 2 décembre 1969 1365 France Galop est société organisatrice des courses parisiennes de plat et d’obstacle et a été créée le 3 mai 1995 par la fusion de la Société d’Encouragement et des Steeple-Chases de France. 1361 S. spécifiquement du cheval. §I. Rapport sur le régime juridique de l’animal.Vers un nouveau régime juridique de l’animal ?. A ce jour.

se rend coupable d’actes de cruauté celui qui traîne son poney derrière un véhicule. 2005 Art. pén. pén. apprivoisés ou tenus en captivité et sanctionne ainsi « les atteintes aux animaux dans leur sensibilité d’êtres vivants »1366. 655-1 C. 653-1 C. A cet effet. ni recevoir de mauvais traitements1368. 1369 Art.175 1377 CA Paris. 1371 Art. IDE. cette exigence vaut également pour la contravention de mauvais traitements1374.. 521-1 C.879 . II. le cheval ne peut subir de sévices graves ou d’actes de cruauté1367. 19 juin 1973. « dénotant une volonté perverse ou un instinct de perversité »1376. l’abandonne blessé puis l’achève1377 ou encore « le fait de procéder à la castration d’un cheval sans anesthésiant. A titre d’exemple. 1372 Art. 2 février 1977. Le cheval illustre quotidiennement ces dispositions. ni faire l’objet d’une atteinte volontaire1370 comme involontaire1371 à la vie. Pal. 1373 Cass. En effet. 1. Gaz. ni être abandonné1369. p. Pal. Corr. Sur le fondement des sévices graves et actes de cruauté accomplis intentionnellement envers un animal1372. 2. Police Vienne. La jurisprudence précise l’élément intentionnel en ce que « l’acte de cruauté se distingue de la simple brutalité en ce qu’il est inspiré par une méchanceté réfléchie et qu’il traduit l’intention d’infliger une souffrance »1375. 7 C. Ministère de la Justice. 521-1 al..I- La protection pénale de l’intégrité physique du cheval 474. Rapport sur le régime juridique de l’animal. crim.Antoine. 521-1 al. JCP 1978. pén. pén. 7 mars 1979. p.. Bull. 18843 1376 Trib. R 654-1 C. Nîmes. 1370 Art. la Cour de cassation rappelle qu’une juridiction du fond ne caractérise pas l’élément intentionnel en se contentant d’énoncer que la pouliche « était dans un état lamentable »1373. Gaz. 13 janvier 2004. R 654-1 C. donnant 1366 S.271 - . n°33 1374 Art. Le Code pénal réprime plusieurs types de comportements attentatoires à l’intégrité physique des animaux domestiques. pén. 1375 CA Paris. Trib. pén. 1368 Art. il est impératif de caractériser l’élément intentionnel. 475. JurisData n°023188 1367 . pén. 476. 28 mars 1990. 1 C.

à lui seul. JurisData n°144393 1380 CA Bourges. à tout le moins insuffisant. la protection pénale du cheval. De la même façon. Moreu c/ MP-Chem 1381 CA Dijon. p. Or. une interrogation subsiste : les dispositions précitées font-elles l’objet d’une application uniforme sur l’ensemble du territoire ? A défaut. que les locaux où ils étaient détenus parfois sans lumière. 24 avril 2001. que l’apport de foin était. JurisData n°144393 CA Pau. JurisData n°046275 1382 Trib. alors que les conditions climatiques étaient rigoureuses.272 - . A cet effet. Pal. que parmi les animaux en vie se trouvaient des cadavres parfois en état de décomposition »1382. que si ces animaux pouvaient s’abreuver dans le ruisseau traversant la parcelle. observons que l’infraction est caractérisée par « le fait de s’abstenir volontairement de fournir à boire et à manger à un cheptel pendant une longue période »1381 ou « lorsqu’il est établi que la quasi-totalité des animaux se trouvant chez l’éleveur en cause étaient privés de nourriture ainsi que de boisson. 5 novembre 1985. ne saurait jouir d’une efficacité intégrale. le fait de laisser des chevaux sans nourriture ni boisson n’est pas constitutif. ce qui est insuffisant vu la nature de l’opération »1378 et « l’évaluation de la peine correspond aux nécessités de stigmatiser et de neutraliser un comportement particulièrement indigne »1379. dégageaient une odeur pestilentielle. 24 avril 2001. sans soin ni nettoyage. Ministère de la Justice. sanctionnant une « atteinte dans sa sensibilité d’être vivant »1383. Rapport sur le régime juridique de l’animal.simplement à l’animal un tranquillisant. 2005 . Gaz. 1986. aucune réserve de fourrage ne se trouvait sur celle-ci. que deux chevaux étaient d’une maigreur anormale et l’un deux souffrait de diarrhée »1380. ni désinfection. 1. Evry. 477.Antoine.205 1383 S. du délit de sévices graves mais de la contravention de 1378 1379 CA Pau. quatre chevaux se trouvaient dans un pré partiellement enneigé. Corr. constitue un acte de cruauté le fait « résultant du dossier et particulièrement du rapport établi par la direction des services vétérinaires le 17 janvier 1997 qu’à cette date. que l’herbe en était rase et jaunie . A la lecture de la jurisprudence équine en la matière. 27 avril 1989. 23 octobre 1997.

Bull. Si la jurisprudence n’assure pas la pleine effectivité de cette protection. 9 février 2000. n°52 1388 TGI Béziers.273 - . ce n’est qu’en son âme et conscience. abandon de l’animal et absence de nourriture comme d’eau en quantité suffisante conduisant à un état de maigreur avancé. outre une blessure non soignée suite au poulinage.. est protégé en tant qu’« être vivant sensible ». 23 janvier 1989. crim.. toutefois condamné au civil à des dommages et intérêts1386. crim. JurisData n°109156 1385 CA Caen. chose et bien pour le droit. n°111 . l’éleveur qui héberge une jument dans un enclos réduit. donnent lieu à une condamnation au titre de l’accomplissement d’un acte de cruauté1388. n°23 . laquelle présente quelques mois plus tard une maigreur extrême en raison de son état de gestation et d’une alimentation inexistante ou insuffisante. Ainsi. IDE. non par inexistence de textes y afférents. Bull. CA Rennes. Bull. crim.. Peut-être une réforme est-elle envisageable afin de permettre leur application uniforme et enlever ce sentiment d’impunité ressenti Cass. est poursuivi sur le fondement des mauvais traitements envers un animal ! Malgré le retrait de l’un des équidés et de son poulain à la demande du Parquet. la juridiction pénale a relaxé le prévenu. De la même façon.07 1384 . n°52 1387 CA Rouen. Le cheval.mauvais traitements1384. 23 février 2000. l’éleveur rencontrant de graves difficultés financières le conduisant à licencier le seul palefrenier du haras et à laisser sans soin ni nourriture une vingtaine de chevaux placés dans un pré boueux est sanctionné uniquement au titre de mauvais traitements car il n’est pas caractérisé qu’il aurait manifesté l’intention « d’accomplir volontairement des actes dénotant une volonté perverse de nuire gravement aux chevaux pour sa satisfaction »1385. La Cour d’appel précisant que « en s’abstenant. de prendre les mesures nécessaires pour adapter l’alimentation de la jument à ses besoins. JurisData n°117702 1386 CA Rouen. des faits similaires. la relaxe étant définitive »1387. 479. 478. IDE. le prévenu a été l’auteur volontaire de mauvais traitements et il a ainsi commis une faute engageant sa responsabilité civile. 5 mai 2008. 30 octobre 2007. Dans le même temps. n°2507. 5 mai 2008. sans raison légitime. 12 mars 1992.. crim. Cass. Bull.

mais aucunement de la nature juridique du cheval. civ.209 1389 .Sohm-Bourgeois. immédiat qui participe de l’essence même des droits réels et a fortiori du plus énergique d’entre eux »1394.Seube. La difficulté relative à la protection pénale du cheval émane éventuellement du libellé des textes. Chron.. 544 C. Chron. « admettre des limitations aux prérogatives du propriétaire dans l’intérêt de la chose appropriée. 1990.. Le traitement juridique de la protection pénale de l’intégrité physique du cheval induit une dernière interrogation : doit-on voir au travers de cette protection pénale de l’animal une limitation au droit de propriété ? La lecture de l’article 544 du Code civil suffit pourtant à légitimer la présence de règles spécifiques protégeant la chose puisque « la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue. 480. entre cette chose et le pouvoir s’exerçant sur elle. Chron. A-M. Cependant. un écran excluant immanquablement le caractère direct. En effet. mais aimera t-on plus son cheval quand le droit l’aura qualifié de chose protégée ? « La confiance dans les vertus de la loi est décidément bien étrange »1390..37 1390 J-B.209 1394 J-P. à notre connaissance.Marguénaud. Droit des biens 1392 Art. 2005. 2005. D. 1998. « l’appartenance de l’animal aux biens n’interdit pas sa protection »1391.Seube. que le droit de propriété pouvait être limité dans l’intérêt de la chose appropriée elle-même »1393.par les détenteurs de chevaux en réprimant « avec la plus grande sévérité tout acte de cruauté purement gratuit »1389. 1393 J-P. Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations. D. Droit des biens 1391 J-B.. La personnalité juridique des animaux.Marguénaud. sûrement de leur application par la jurisprudence. Chron.. Jean-Pierre Marguénaud démontre astucieusement que « ces restrictions ont toujours été mises en œuvre ou bien dans un intérêt public ou bien dans l’intérêt privé de certaines personnes proches de la chose : jamais personne n’a prétendu. non pour paraphraser Jean-Baptiste Seube. p. Chron.. p. Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations. 1998. Dr.. p.. La personnification de l’animal : une tentation à repousser. La personnalité juridique des animaux. D. et Patrimoine. Ainsi. 7ème Cahier. ce serait dresser.274 - . Cependant. sur la question de la nature juridique de l’animal. Dr. pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements »1392. et Patrimoine.

. comme le cheval. En effet. Mais au-delà de cette brillante démonstration.Planiol et G.Revet. 1395 1396 J-B. l’objet mobilier présentant un intérêt artistique. n°99 1397 J. Janvier-août 2005 : du classicisme et des innovations. modifiée par les articles 33 à 38 de la loi de finances du 31 décembre 1921. p. Ce qui le révèle être une chose vivante.Estève.Zénati et T. la loi du 31 décembre 1913. spéc.Marguery. et Patrimoine.481. justifient des limitations à l’exercice du droit de propriété dont il est l’objet »1395. et les soumet à un régime général qui modifie les droits du propriétaire ainsi que les conditions de leur aliénation »1398. p. spéc. Ainsi. culturels.Seube. Les biens.275 - .qui. Traité pratique de droit civil français. Le monument historique. dignes de protection.Picard. éd. En revanche. « dans un but de conservation des objets mobiliers présentant un intérêt historique ou artistique1397. par M.25 . Des objets mobiliers ayant un intérêt historique ou artistique. Arthur Rousseau.552 .Ripert. F. L’art et la propriété. Le Code civil et le régime des biens : questions pour un bicentenaire. J. comme un livre précieux. il ne s’agit que de contraintes externes qui n’entament pas le rapport d’exclusivité unissant le propriétaire à sa chose1396. Ces mesures de protection n’altèrent en rien l’essence du droit de propriété. 1924 1398 M.Revet. 2005. PUF.20 et s. 1997. le cheval s’en distingue par le fait que la consécration de sa « sensibilité » et de son autonomie de mouvement est l’expression de l’admission par le droit de sa nature vivante. historiques . Dr. 1912 . n’existe-t-il pas d’autres choses à propos desquelles le législateur a réduit le droit d’en jouir et d’en disposer de la manière la plus absolue ? Ne serait-ce que le monument historique. se voient-ils revendiquer une catégorie intermédiaire au même titre que l’animal ? La réponse est assurément négative. et patrimoine. ils demeurent choses et biens. 2ème édition. 1952. n°142 T. Thèse Aix en Provence. Dr. Thèse Nancy. mars 2004. Les Biens. p. LGDJ. l’animal est protégé parce qu’il concentre sur lui des intérêts affectifs. en autorise la classement. « comme un monument historique.

France Galop est société organisatrice des courses parisiennes de plat et d’obstacle et a été créée le 3 mai 1995 par la fusion de la Société d’Encouragement et des Steeple-Chases de France. Soucieux de l’avenir des chevaux de galop quittant définitivement l’entraînement. « après une brillante carrière sur les hippodromes ou de bons et loyaux services dans un manège. spéc.241-1 C. Le journal de la Ligue Française pour la Protection du Cheval. 484. d’être cité. participant ainsi de la préservation de leur bien être depuis des décennies. Le Fer du Petit Cheval. p. A ce titre. « l’objectif de France Galop et de la Ligue Française pour la Protection du Cheval est de proposer une filière de reclassement à tout propriétaire ayant un cheval en fin de carrière qu’il ne sait comment 1399 1400 Art.Kieffer. c’est également une association loi 1901 soumise à la tutelle du Ministère de l’Agriculture. rur. Concrètement. Précisons d’emblée que cette formule contractuelle a pour objectif de soustraire le cheval aux hypothèses de fin de carrière antérieures. La Ligue Française pour la Protection du Cheval a pour but de mettre en œuvre et de soutenir toute action de protection en faveur des chevaux. car il permet d’assurer une reconversion des galopeurs dans des familles d’accueil et donc de leur éviter l’abattoir »1401. qui assure le contrôle de la régularité des paris 1401 J-P. 483.276 - . sa fin de vie dans un abattoir a de quoi choquer… le partenariat entre France Galop et la Ligue Française pour la Protection du Cheval mérite. le cheval fait l’objet d’un contrat de partenariat original entre la Ligue Française pour la Protection du Cheval et France Galop1400. Par principe.II- La préservation du « bien-être » du cheval 482. France Galop a décidé de soutenir les actions de la Ligue Française pour la Protection du Cheval en créant un fond de reconversion des chevaux de courses de galop. à cet égard. « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce »1399. en particulier en ce qui concerne leur devenir en fin de carrière sportive. de la Société de Sport de France et de la Société Sportive d’Encouragement .7 . L. du Ministère des Finances et du Ministère de l’Intérieur. En effet. n°5.

et la Ligue Française pour la Protection du Cheval comme s’entendre du caractère du droit de propriété conféré à l’association. 3 du Contrat de partenariat 1407 Art. la deuxième concerne la signature d’une convention de placement avec la famille d’accueil. Une difficulté d’ordre sémantique a conduit à diverses procédures dans le cadre de l’application de ce partenariat 1408. La difficulté n’est pas anodine puisque la nature des conventions susceptibles d’être conclues avec les familles d’accueil dépend de la réponse y afférente.4 1406 Art. Le journal de la Ligue Française pour la Protection du Cheval. Dans les deux cas. p. « contre un forfait de prise en charge.4 1404 Le Fer du Petit Cheval. Ainsi. En effet. Ordonnance de référé du 18 juillet 2008. n°2. p. Dans l’esprit des signataires du contrat de partenariat.4 Le Fer du Petit Cheval. n°2. propriétaire initial de l’animal. spéc. spéc. 18 novembre 2009. n°08/02077 1403 1402 . 1 du Contrat de partenariat 1408 LFPC c/ Salichon.277 - . Parfois. la Ligue assure l’hébergement du cheval à sa sortie de l’écurie d’entraînement en vue de son reclassement… cette période de transition est capitale pour évaluer la capacité du cheval à démarrer une deuxième carrière dans l’équitation de sport ou de loisir… les équipes de la Ligue savent évaluer l’état du cheval et décider du moment où il peut être confié à un nouveau cavalier »1403. 486. « une fois placé. l’opération se décompose en deux étapes. l’irrévocabilité de la propriété peut concerner la relation entre le donateur. n°2. Le journal de la Ligue Française pour la Protection du Cheval. Le journal de la Ligue Française pour la Protection du Cheval. n°2.4 1405 Le Fer du Petit Cheval. le cheval fait l’objet de visites de contrôles régulières pour s’assurer de la qualité des soins qui lui sont prodigués et de sa bonne utilisation »1405. 485. Le contrat de partenariat stipule que la Ligue Française pour la Protection du Cheval devient la propriétaire irrévocable des chevaux de courses de galop confiés par leur propriétaire1407. LFPC c/ EARL Les Bosquets du Pays Yonnais. « la seule issue est un hébergement au pré pour une retraite définitive »1404. Le journal de la Ligue Française pour la Protection du Cheval. p. n°08/00163 .réorienter »1402. spéc. TGI La Roche sur Yon. TGI Des Sables d’Olonne. il semble que la volonté commune est de conférer à la Ligue Française pour la Protection du Cheval un droit de propriété insusceptible de Le Fer du Petit Cheval. p. la première correspond à la conclusion du contrat de partenariat entre la Ligue Française pour la Protection du Cheval et France Galop pour une durée d’un an renouvelable par tacite reconduction1406. spéc. Juridiquement.

la visite du dentiste équin. le placement gratuit de l’animal contre bons soins. la nourriture et les soins courants. à ne pas utiliser l’équidé confié à des fins professionnelles.278 - . C’est en effet parce que la Ligue Française pour la Protection du Cheval devient la propriétaire irrévocable de l’animal. mais en qualité de propriétaire. à assurer à ses frais exclusifs et continus l’hébergement. de surcroît irrévocable. fût-il exceptionnel.O du 2 juillet 1909 et reconnue d’utilité publique par un Décret du 25 novembre 1969 publié au J. à assurer à ses frais la vaccination antitétanique. surtout. outre la charge des frais. Ce transfert de propriété à titre gratuit permet à la Ligue Française pour la Protection du Cheval de s’occuper directement de l’animal. 488. ainsi que tout autre soin nécessaire quel qu’en soit le caractère. à autoriser la visite et le contrôle des délégués de la Ligue Française pour la Protection du Cheval sur les lieux mêmes d’hébergement et. non en qualité d’association reconnue d’utilité publique1409. L’étude de la convention de placement enseigne que la famille d’accueil. Observons toutefois que. de telle sorte que l’association demeure propriétaire de l’animal jusqu’à sa mort. 487. 489. avec l’ensemble des attributs La Ligue Française pour la Protection du Cheval est une association sans but lucratif constituée en conformité avec les dispositions de la Loi du 1er juillet 1901 déclarée à la Préfecture de Police de la Seine le 5 juin 1909 publié au J. A ce titre. dénommée hébergeant usufruitier.O du 2 décembre 1969 1409 .cession à l’avenir. la vermifugation. pour préserver le cheval d’un sort autrefois inéluctable. le droit de propriété est au cœur du mécanisme contractuel imaginé par la Ligue Française pour la Protection du Cheval et France Galop. Le cheval réformé des courses de galop offre une illustration de la préservation du « bien-être » des équidés dans le cadre de la reconnaissance de sa « sensibilité ». s’engage à ne demander aucune rétribution à quelque titre que ce soit pour ce qui concerne l’objet de la convention. la Ligue Française pour la Protection du Cheval conclue avec les familles d’accueil une convention de placement. La ligne directrice de la convention demeure être. le parage ou le ferrage des pieds.

The first animal rights philosopher. « parce que les animaux sont des objets vivants. lequel réclamait le respect pour les animaux. La volonté de protection d’une chose vivante est initiée au VIème siècle avant Jésus-Christ par Pythagore1411. il faut leur accorder une protection toute particulière et un traitement privilégié »1410. I- La protection d’une chose vivante réclamée 491. nous pouvons affirmer. La personnification de l’animal : une tentation à repousser. sans jeu de mots.Sohm-Bourgeois. Au XXème siècle. qu’elle est susceptible de veiller efficacement à son devenir. sans pour autant 1410 1411 A-M. le droit de propriété est la pierre angulaire de la préservation du « bien-être » des équidés.énergiques afférents au droit de propriété. 1990. Cette théorie s’appuie uniquement sur l’idée que les animaux doivent bénéficier de la bienveillance et de la compassion des êtres humains. p. p. elle est aujourd’hui codifiée -II-. « se développe en Occident l’idée d’un traitement humanitaire des animaux.37 A. Le fondement selon lequel la « sensibilité » de l’animal.34 .279 - . En définitive. Broadview Press. Chron. §II. Autrement dit. est consacrée est exprimé par la nécessité de protéger une chose vivante.. spécifiquement du cheval. En effet. en parallèle de la conception de l’animal chose. in Animal and ethics. le droit de propriété détenu sur une chose « sensible » n’en est point antinomique. Between the species 6:122-127.. Pythagore. Or. qu’il est utile à la préservation du « bien-être » de l’animal.Taylor. au contraire même. si la protection d’une chose vivante était réclamée -I-.LE FONDEMENT JURIDIQUE DE LA « SENSIBILITE » DU CHEVAL 490. D.

Véra. Les Belles lettres. p. De l’art équestre. 492. Paris. p. A. §351. n°2. l’homme va reconsidérer peu à peu la place de l’animal dans la société »1413. Tome III.. Librairie philosophique de Ladrange.Véra. p.Hegel.198 1416 G-W-F. hypothèse éthologique issue du mouvement mécaniste créé par René Descartes et 1412 L. L’animal : un être juridiquement en devenir.Descartes.Dumont. Paris. automne 2005 1413 F. §351.Hegel.. D. La personnification de l’animal : une tentation à repousser.202 1417 R.90 . Chron. C’est principalement grâce à la théorie de l’animal machine1421. spéc. Quatre siècles avant notre ère. « il n’est pas admissible de faire souffrir l’animal sans nécessité »1417.55 1421 R. p.37 1419 Xénophon. Philosophie de la nature. Vol. trad. voilà la leçon et l’habitude entre toutes essentielle à son égard »1419 et « lorsque le cheval. Janvier 2006. 1967. Paris. 493. Chron. 1963. spéc. 1414 Citation de M-K. D. p. refuse d’avancer vers lui. la souffrance du cheval est déjà perçue. C’est pourquoi il a été sollicité que leur soit accordée « une protection toute particulière et un traitement privilégié »1418. A. Ne pouvons-nous pas « juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités »1414 ? Si l’animal « possède surtout la sensibilité »1415 et si « les autres déterminations de l’animal sont des conséquences de la sensibilité »1416. par défiance de quelque objet. mais volontairement occultée. De l’art équestre. il faut lui montrer qu’il n’a rien de terrible en faisant avancer le cheval sans violence »1420. 1990. 1866. spéc. 1866. p.Nerson. A l’époque de la Grèce antique. Paris.55 1420 Xénophon. p. Revue Lamy Droit Civil. « au fil du temps et notamment au cours du XX ème siècle.10. De l’animal objet à l’animal sujet ? : Regard sur le droit de la protection des animaux en Occident. La condition de l’animal au regard du droit. Xénophon indiquait déjà qu’il convient de ne « jamais traiter le cheval avec colère.63 et s.Gandhi. numéro spécial. spéc. Discours de la méthode.. trad.. En effet.280 - . Ainsi.Létourneau. 2008. dirigeant politique et important guide spirituel de l'Inde et du mouvement pour l'indépendance de ce pays 1415 G-W-F. 2008. Philosophie de la nature.remettre en question l’utilisation des animaux pour les fins et les besoins des êtres humains »1412. Flammarion. p. Tome III. Lex Electronica.Sohm-Bourgeois. Les Belles lettres. 1869-1948.5 1418 A-M. spéc. il est difficile de feindre ignorer l’animal gémissant et l’homme ne peut rester insensible face à la souffrance animale. Librairie philosophique de Ladrange.

De Vita. composé entre 1269 et 1272. la science et la culture 1428 La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal a été proclamée solennellement à Paris. 1427 Organisation des Nations Unies pour l'éducation. 1649 . 495.9 de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature désormais codifié à l’article L. le 15 octobre 1978.281 - . moribus et placitis Epicuri. Réclamée par la doctrine. Il en résulte que le cheval est protégé dans sa relation à l’homme contre les comportements humains susceptibles de lui occasionner des souffrances. Lyon. 2010 1425 Abrogé par Ordonnance n°2000-550 du 15 juin 2000 art. à la Maison de l'Unesco.Gassendi.214-1 C. ratifie la conception de l’animal consistant à le considérer au service des êtres humains 1424 M. La protection d’une chose vivante est encore assurée par le droit communautaire. Syntagma philosophiae Epicuri. seu Animadversiones in librum X Diogenis Laertii. Répertoire de droit civil. II- La protection d’une chose vivante codifiée 494. rur. 1422 P. Mais l’actuelle reconnaissance législative de la nécessité de protéger une chose vivante implique que. Lyon. portant atteinte à son intégrité physique ou à sa vie.. Summa Theologiae.fortement contesté dès cette époque par Pierre Gassendi 1422. De vita. . que l’animal est initialement perçu comme dénué de toute sensibilité et asservi à l’homme 1423. D.Redon. qui dans ses trois ouvrages considère la matière active et estime que les animaux disposent d’une petite âme 1423 Thomas D’Aquin. La consécration en droit de la « sensibilité » animale résulte de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature1425 qui dispose que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce »1426. l’animal autrefois seulement appréhendé en tant que bien ou res nullius est désormais également considéré comme un être vivant susceptible de recevoir une protection juridique »1424. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989. a été rendu public en 1990 mais n’a aucune valeur juridique. 1649 . « du fait de l’évolution du droit. 1647 . l’Unesco1427 proclame la déclaration des droits des animaux en 19781428. moribus et doctrina Epicuri libriocto. la nécessité de protéger une chose vivante a été codifiée. Bien que dépourvue d’effets juridiques. Animaux. Lyon. 7 5° (JORF 22 juin 2000) 1426 Art.

. comporte un Protocole d’accord additionnel n°10. 1999. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. « dans ce texte.282 - . et dans lui seul. la notion de corps est resserrée afin de souligner la qualité d’être sensible de l’animal »1431. p. 1999. RTD civ. intégré à ce dernier en vertu de l’article 311 dudit Traité 1430 T. RTD civ.481 1429 . en tant que créatures douées de sensibilité »1429. ce qui en assure sa pérennité. En France.Le Traité d’Amsterdam.Revet.481 1431 T. p. qui remplace la précédente déclaration du Traité de Maastricht et intègre l’engagement des parties contractantes à garantir l’amélioration de la protection et le respect du « bien-être des animaux. adopté en juin 1997 et officiellement signé par les membres de l’Union européenne le 2 octobre 1997. la loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux mène à l’observation d’un « resserrement de la notion d’objet sur celle d’entité inanimée »1430. publié au JOCE C 340 du 10 novembre 1997. Dans la nouvelle rédaction de l’article 528 du Code civil. La protection d’une chose vivante est donc codifiée. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. 496. Protocole d’accord additionnel n°10 du Traité d’Amsterdam.Revet..

Libchaber. l’analyse du régime juridique du cheval révèle que le droit limite les effets juridiques attachés à la reconnaissance de la nature vivante du cheval. Il en résulterait que la différence entre le vivant et l’inerte serait susceptible de se substituer à la coupure ancienne qui séparait la personne des biens »1432. 1988 . Droit et non droit. p. Cette consécration autorise Rémy Libchaber à penser que par « la grâce d’un changement de perspective dans la définition de référence de l’homme. « c’est son omnipotence qui mérite d’être critiquée quand l’interprétation fait manifestement fi de la réalité.283 - . Paris. dans quel but ? Il s’agit de déterminer la raison qui fait que le droit occulte volontairement la nature du cheval pour le considèrer comme une chose inerte.242 J. puis récuser instantanément cette consécration induit la question suivante : pourquoi. lire l’univers comme si 1432 1433 R. Flexible droit. LGDJ.CHAPITRE II UNE CONSECRATION JURIDIQUE DE LA NATURE DU CHEVAL LIMITEE 497. RTD civ. L’admission de la nature vivante du cheval en droit aboutit à reconnaître juridiquement l’existence d’une caractéristique commune au cheval et à l’homme : leur appartenance au monde du vivant. 6ème édition. Perspectives sur la situation juridique de l’animal.. Dire du cheval qu’il est une chose vivante. Plus que l’omniprésence du droit si brillamment dénoncée par Jean Carbonnier1433. le vivant pourrait émerger en tant que catégorie juridique nouvelle.Carbonnier. 498. Pour autant. Certes. janvier mars 2001.

n°60. derrière les règles juridiques concernant les animaux. l’est également »1434. Les personnes.. PUAM. Droit civil. p. Droit. coll. « les lois sont faites pour les hommes vivant en société .27 1437 R. La famille. Affirmée sans ambiguité aucune -Section I-. laquelle de s’interroger : « faut-il aujourd’hui aller plus loin encore et changer leur nature juridique en en faisant 1434 M-C. la nature vivante du cheval est limitée par le droit. D.Carbonnier. Cependant. Ainsi saisi dans sa dimension d’« être vivant sensible » par le droit. spéc. La condition de l’animal au regard du droit. 2006.2 . PUF. même vivante. il est légitime de se demander si le cheval est toujours une chose. p. Aussitôt admise. n°195. éthique et condition animale. l’homme est « au cœur du système juridique »1436 . 19 mai 1995. Introduction. L’animal entre science et droit. Il faut dire que sa consécration juridique a un double effet pervers : elle fait naître une cause d’exonération de responsabilité pour le propriétaire ou le gardien du cheval à l’origine du dommage et fait partager à l’animal un trait caractéristique de l’homme. p.4 1435 Cf. LPA.284 - . le couple. 499. J.Piatti. cette limite est une manifestation de la finalité du droit : l’homme en vue duquel il est constitué1435.378 1436 S. Quadrige Manuels..Desmoulin. Un sentiment de confusion anime la doctrine. dont l’une est d’établir une frontière entre le vivant et l’inerte. Réflexions sur la nature des choses. Chron. Thèse Aix-Marseille. p. mais détourner les lois de la nature. SECTION I UNE LIMITE AFFIRMEE 500. c’est donc l’homme qui apparaît »1437. la limite à la consécration juridique de la nature du cheval apparaît justifiée -Section II-. 1963. l’enfant. d’apparence contradictoire. l’adage romain Homonum causa omne jus constitutum : c’est en vue de l’homme que le droit est constitué Cf. 2004.Nerson. En effet. car il y a dans la vie beaucoup plus de choses que dans le droit.c’était un livre de droit est fort dommageable.

11 . le comportement imprévisible de l’animal à l’origine du dommage serait une cause d’exonération de responsabilité automatique. ou doit-on. Chron. Le droit en a décidé autrement : le cheval doit être maîtrisé en toutes circonstances. continuer à les considérer comme des objets.De Chessé. éd. 1438 1439 A-M. au contraire. D.33 P. Le régime spécifique de la responsabilité civile délictuelle du fait des animaux étant autonome -II-. l’autonomie de mouvement du cheval est en réalité marginalisée -§Iet sa « sensibilité » subordonnée à l’homme -§II-.285 - . p. La réponse à cette question dépend des limites imposées par le droit à l’admission de la nature vivante du cheval. le cavalier galopant en forêt hors des pistes autorisées renverse un paisible promeneur et lui occasionne de nombreuses blessures »1439… En marginalisant l’autonomie de mouvement du cheval. La personnification de l’animal : une tentation à repousser.Sohm-Bourgeois. Equitation et droit.. Ce principe suppose donc de nier son autonomie de mouvement. le droit fait revêtir à la responsabilité civile un caractère neutre -I-. 1990. le cheval en profite pour s’échapper et endommager un terrain cultivé .. spéc. §I. Crépin-Leblond. 1997. une protection toute particulière doit leur être reconnue ? »1438.des sujets de droits. même si en tant qu’être vivant. Cette maîtrise de l’animal est évidemment déterminante puisque les hypothèses de responsabilité sont nombreuses : « le cavalier abandonne les rênes de son cheval pour remonter une barre d’obstacle renversée. p. A ce titre.L’AUTONOMIE DE MOUVEMENT DU CHEVAL MARGINALISEE 501. Si l’autonomie de mouvement du cheval était admise de manière récurrente.

JurisData n°113467 1443 TGI Tarascon. La maîtrise s’entend de l’animal lui-même en premier lieu. soit en maintenant son cheval par la bride »1443. la responsabilité civile du cavalier ou du prestataire professionnel est engagée. 1966. Dans le même sens.I- Une responsabilité civile neutre 502. JurisData n°050310 CA Poitiers. soit en le faisant descendre. 1. 30 novembre 1994. face à une cavalière qui rencontre de graves difficultés pour diriger son cheval. Pal. ne doit pas accroître les risques inhérents à la pratique du sport équestre. 18 mai 1966. les préposés du centre équestre doivent conserver la maîtrise de l’animal. l’enseignant doit réagir1441. « tenu à une obligation de prudence et de diligence. La maîtrise du cheval est donc imposée -I. l’entrepreneur de promenades équestres doit « prendre toutes précautions utiles pour éviter la chute du client au niveau d’un talus où elle s’est produite.La maîtrise du cheval imposée 503. C’est ainsi que le professionnel de l’équitation. JurisData n°182952 1442 CA Rennes.. Lors d’une promenade. occasionnant l’affolement de l’un deux et la chute de son cavalier 1442. 504.286 - . 20 novembre 2001. Gaz. 10 novembre 1999. A défaut. 1440 1441 CA Orléans. la jurisprudence sanctionne le fait de ne pas avoir empêché la coupure d’un groupe de poneys au passage d’un pont. p. Cette jurisprudence indique implicitement que le débiteur de cette obligation de prudence et de diligence doit conserver la maîtrise de l’animal afin d’éviter d’exposer le cavalier à un risque autre que ceux inhérents à la pratique du sport équestre. C’est en ce sens que.212 . mais doit au contraire tenter de les diminuer »1440. A. A défaut de maîtriser le cheval.et prolongée par l’idée qu’il y aurait en équitation un risque accepté -II-.

Lebon. IV. mars 1998 . CE. placé en tête. 1èreciv. n°88-11. TGI Laval. Bull. En revanche. 1er octobre 1999. A ce titre. JurisData n°182167 1448 CA Reims. 2001. JurisData n°180882 1452 Cass. l’étalonnier engage sa responsabilité lorsqu’il « accepte à tort de se lancer dans des interventions dépassant ses possibilités et sa compétence » et. Lors de l’accomplissement de l’acte matériel de reproduction..505. 29 octobre 2002. constitue un défaut de surveillance1449.. CAA Nantes. 506. l’étalonnier est responsable de « n’avoir pas prévu une 1444 1445 CA Poitiers. 25 octobre 1989. l’encadrement est suffisant lorsqu’il y a deux accompagnateurs pour onze cavaliers1446. « au lieu de confesser en temps utile son incapacité ».600 1454 CA Caen. La perte de maîtrise est révélée lorsque l’accompagnateur chef de file est distrait par une amie qui s’est portée à sa hauteur1450. L’étalonnier est tenu de ne pas entreprendre une intervention dépassant ses capacités1452. La maîtrise de l’animal impose au centre équestre de mettre à disposition de ses clients du personnel compétent1444. 18 avril 2002. JurisData n°182967 CA Versailles. 19 décembre 2001.287 - . n°88-11. n°9 . 20 mai 2002. se révèle « incapable de fournir le service minimal qui était attendu de lui »1453. JurisData n°041737 1449 CA Toulouse. JurisData n°177957 1451 CA Besançon. ce qui confirme le principe selon lequel le professionnel équin ne peut intervenir qu’à condition de maîtriser l’animal comme son acte. 7 septembre 1999. 15 novembre 1999 . p. En effet. le maintien constant de la maîtrise de l’animal impose à l’étalonnier de s’abstenir de toute mauvaise manipulation ou erreur matérielle1454 et d’anticiper sur d’éventuelles difficultés. 24 juillet 1997. n°1087 1447 CA Nîmes. 25 octobre 1989. 25 novembre 1964. 1èreciv. Est ainsi sanctionné le fait de prévoir un cavalier simplement confirmé1445. 7 février 19984. En l’absence de norme impérative. empêchant de facto une parfaite maîtrise des chevaux sur lesquels il veille. 507. 24 juillet 1997. Bull.577 . JurisData n°195223 1450 CA Aix en Provence. IDE. JCP. IDE. impulse un départ au galop sans vérifier que sa cliente est prête à prendre à cette allure1451. Rec. 27 mars 2002.600 1453 Cass. 5 juin 2007 . le centre équestre commet une faute en encadrant treize personnes par un seul enseignant1447 ou dix cavaliers par une seule personne1448. Les tribunaux ont déjà constaté que le simple fait de ne mettre à disposition d’un groupe un seul accompagnateur. CAA Nantes. JurisData n°147290 1446 CA Lyon.

7 janvier 1988.290 1457 CA Nîmes. Ainsi. Bull. la maîtrise du cheval est étendue à l’ensemble des éléments susceptibles d’avoir une influence sur l’animal. p.. 17 janvier 2000. une promenade empruntant un sentier sinueux entremêlé de branches barrant la route et très pentu sur la fin est considérée comme dangereuse indépendamment du fait que ce trajet est utilisé habituellement pour les promenades par le centre équestre1457. l’analyse de la jurisprudence révèle la nécessité d’une maîtrise de l’itinéraire et de l’allure. RCA. 1995.. civ. 1èreciv. il est inconsidéré de passer à proximité d’un boulevard périphérique sans mettre pied à terre1458. notamment pour empêcher une saillie irrégulière et anormale ou une erreur de lieu…»1455.. Ainsi. 508. Bull. En effet. 11 mars 1986. n°215 . débutant. n°17 Cass. Cass. En second lieu. 1èreciv. 14 mars 1995. 22 juin 2004.. D. 13 décembre 2000. la jurisprudence impose aux entrepreneurs de promenades équestres « de faire garder l’allure du pas » à des chevaux montés par des débutants1460 afin de leur en faciliter la maîtrise. ne sait pas maîtriser le galop et s’accroît encore lorsqu’un aléa imprévisible amène le cheval à faire un écart alors que le cavalier n’a d’autre préoccupation que de tenir en équilibre sur sa monture »1459.. 1989. 1èreciv. la Cour de cassation a rejeté la responsabilité d’un centre équestre en relevant que l’accident n’avait pour origine ni l’allure choisie. De la même façon. L’itinéraire choisi impose au professionnel d’en maîtriser les risques en s’assurant de l’absence de difficulté excessive sur le parcours susceptible d’occasionner un dommage à ses clients1456. 1èreciv. JurisData n°144735 1460 Cass. A ce titre.350 .409 1459 CA Rennes. D’ailleurs. JurisData n°113445 1458 CA Pau. « le risque de chute est proportionnel à l’allure donnée au cheval et s’accroît avec celle-ci lorsque le cavalier.288 - . n°01-16.réaction brutale de la jument ou son affaissement alors qu’un tel comportement est prévisible et de ne pas avoir pris les précautions nécessaires au cas où un tel événement arriverait. 29 mars 2000. IDE. Le prestataire professionnel doit veiller à choisir des allures conformes à la topographie et à la capacité de ses clients. I. n°97-11. 11 mai 1999. n°64 1461 Cass. ni la configuration du terrain1461. ce qui signifie a contrario que la haute juridiction a 1455 1456 TGI Macon.

Le droit du cheval et de l’équitation.786.. 2èmeciv. n°22 1464 E. La pratique de l’équitation implique l’acceptation des risques y afférents. 24 avril 2001. Le fait de monter à cheval engendre l’existence de risques. sur les terrains de détente1463 en concours hippique par exemple ou lors de la phase préalable d’entraînement et d’échauffement dans les paddocks1464. Le cavalier consent à supporter le risque d’un éventuel dommage causé par l’animal ou par un concurrent dans le cadre d’une compétition hippique. note sous Cass. 2èmeciv. France Agricole. M. lesquels dépendent partiellement de l’autonomie de mouvement de l’animal. II.Carius. IDE. éd. II. 5 juin 1985.qui est dissimulé derrière le risque accepté . tel n’est pas le cas. de la nature du cheval. « l’exception de risque accepté fonctionne uniquement dans le cadre des compétitions sportives »1462 mais la théorie s’applique également durant la phase préparatoire des compétitions. c’est l’aléa sportif -2. spéc.Le risque accepté émanant du cheval : un défaut de maîtrise 510. 5 juin 1985. Pourtant. Formulé ainsi.qui fonde le risque accepté. s’agissant du risque émanant d’un concurrent. en droit de la responsabilité. B. 2005. civ. La pratique de l’équitation implique donc l’acceptation des risques qui lui sont inhérents. n°84-11.289 - ..40 Cass. Bull.Agostini.vérifié en préalable que le professionnel maîtrisait bien l’allure comme l’itinéraire. 1987. Par principe. c’est la sanction du défaut de maîtrise -1.Le risque en équitation accepté 509. on pourrait penser que le risque accepté est l’admission. CA Caen. 1. n°20744 1463 1462 . S’agissant du risque émanant de l’animal. n°114 . Bull. p. JCP G.

15 avril 1999.Antoine. Revue Lamy Droit Civil. note sous Cass.3237 1467 Respectivement CA Caen. II. p. p.Mouly. Bull.. 7 mai 2004..290 - . 2èmeciv. note sous Cass. légitime résistance ou inéluctable déclin ?. JCP G. II. 20 novembre 1968. obs. n°00-10. La Cour de cassation a ainsi refusé d’appliquer la théorie de l’acceptation des risques lors d’une « activité pédagogique placée sous l’autorité et la surveillance d’un moniteur »1465 comme au cours d’un « jeu improvisé par des mineurs et non dans le cadre d’une compétition sportive »1466. 28 mars 2002. 1969. Juillet 2006. n°84-11.071.. RTD civ. 4 juillet 2002.. 4 juillet 2002.786. Toutefois.. constituent le prolongement de l’activité de compétition qui ne saurait dès lors se limiter au seul champ du lieu de compétition ou de concours. en dehors de la compétition. n°00-20. La spécificité de la responsabilité civile dans le domaine du sport. n°00-20. 2000. II...Agostini. sous Cass.Cordelier. mais l’exclut pour la phase d’entraînement ou de préparation1468. 2èmeciv. enclos au sein duquel les équidés sont promenés en main avant le départ d’une course hippique.Jourdain. 2003.L’équitation est le révélateur d’une extension jurisprudentielle dans la mesure où la jurisprudence traditionnelle cantonne l’application de cette théorie aux compétitions sportives proprement dites.519 1466 D.. 1987. somm. De la même façon. 511. E.628. qu’en est-il réellement du champ d’application de la théorie de l’acceptation des risques en équitation ? 1465 P.335 1468 J. 2èmeciv. D. JCP G. note sous Cass.. Dans des précédents similaires1467. n°277.461. D. p. sous Cass. la Cour de cassation a pourtant fait application de la théorie de l’acceptation des risques.686. 2èmeciv.. II. le fait de monter à cheval dans un bois entraîne également l’acceptation des risques normaux inhérents à ce type d’activité1469. 2èmeciv. n°29 1469 CA Dijon. n°16040 et Cass. obs. n°10317 1471 E. Les paddocks. n° 97-15. La doctrine considère qu’il s’agit d’une application traditionnelle de la jurisprudence de la Cour de cassation qui réserve l’application de la théorie de l’acceptation des risques à la compétition elle-même. 5 juin 1985. 20 mai 1969.686. JCP G. la théorie de l’acceptation des risques a permis d’écarter la responsabilité de plein droit du manadier lorsque le cavalier est blessé durant une promenade1470 et une interrogation subsiste à propos de la jurisprudence relative aux accidents survenus dans les paddocks1471. civ. p.Zerouki. n°20744 . D. Pourtant. 2èmeciv.. n°03/00602 1470 D.

IDE.50 1480 Cass. découlant non seulement de sa propre conduite... 2èmeciv. le cavalier ne peut contester avoir accepté les risques inhérents à la pratique de l’équitation. 13 septembre 1991. RTD civ. n°17.Antoine.. Observons que le principe consacré à propos des courses automobiles énonçait que la victime « connaissait les risques inhérents à pareille épreuve. n° 97-15. F. 2èmeciv. n°09-13. En revanche. à la promenade dans les bois1475 ou dans une manade1476. D. civ. sous Cass. IDE. JCP G. Bull. n°10317 1477 CA Paris. 513. p. Dès lors. l’acceptation du risque émanant du cheval est la sanction au défaut de maîtrise de l’animal. 5 juin 1985. 16 juin 1976.. n°22 1479 E.Agostini. RJES. puisque celle-ci s’accompagne d’un risque de chute. alinéa 1er. 2èmeciv. D’une manière générale. n°11 1478 CA Nancy.071. II. 1977. par là même. n°20744 1475 CA Dijon... II.512.Millet.Wagner.214.Bénabent. en matière de compétition de saut d’obstacles. JCP G. 2005. mais également de la présence des autres concurrents. JCP G. n°18585 1474 E. C’est parce qu’il appartient au cavalier de maîtriser l’animal que. n°246. 8 octobre 1975. sous CA Paris. 7 mai 2004. la réalisation du risque demeure à sa charge.526 1472 . l’acceptation des risques est en rapport avec le niveau du sportif et les tribunaux recherchent si le parcours ou l’exercice proposé était bien en rapport avec les compétences du cavalier1479. il est possible de s’interroger sur la faculté d’invoquer l’acceptation des risques dans le cadre d’une chasse à courre1477 ou lors d’un stage de compétition1478. G. à défaut. du Code civil »1472. Bull. note sous Cass.786. 1473 A. obs. pouvant même entraîner des blessures graves1480. obs. 3 juin 2010. Bull. En effet. p. n°84-11. n°73-14. 2èmeciv. 1987. 2èmeciv. la question du fondement de cette théorie de l’acceptation des risques se pose. II. Mais en réalité. 1991. note sous Cass. tacitement renoncé à invoquer contre un concurrent la responsabilité édictée par l’article 1384. il est possible de considérer qu’elle est une conséquence de l’admission par le droit de la nature du cheval. quel que soit le niveau. II. 13 mai 1998.291 - . note sous Cass. Il a par la suite été appliqué en matière de compétitions équestres 1473 puis étendu à la phase préalable d’entraînement et d’échauffement au sein des paddocks1474. 20 février 2001. L’acceptation des risques réhabilitée ? Une application aux responsabilités du fait d’autrui. 15 avril 1999. n°03/00602 1476 D.Durry. Cependant.2830 et s.357 . et avait. 2000. p. 1976.

11 février 2009. Pour rejeter sa demande. 3 juin 2010. un parcours adapté au niveau du cavalier et l’obligation pour le centre de délimiter l’aire d’évolution par la présence d’une lice. le cavalier n’est toutefois pas censé accepter un danger occasionné par les infrastructures1481..526 1481 . n°09-13. En cas d’accident A propos d’un risque anormal créé par la présence d’une lice en béton longeant la piste : CA Rennes. la deuxième chambre civile de la Cour de cassation souligne le caractère docile du cheval.Le risque accepté émanant d’un concurrent : un aléa sportif 515. En effet. n° 02/04365. Dans ces conditions. Bull. Cependant. énonçant en définitive que le cavalier victime « ne peut contester avoir accepté les risques inhérents à ce genre d’activités »1483. 2. n° 56 . JurisData n°375811. elle confirme ses capacités à réaliser un parcours dans le cadre d’un concours organisé par son club hippique. au titre de son action en réparation des préjudices subis. c'est-à-dire conforme à ceux habituellement rencontrés dans la pratique d’un sport.526 1483 Cass.. L’organisateur n’aurait donc pas mis tous les moyens en œuvre pour éviter la réalisation du dommage. A propos d’un risque anormal créé par la présence d’une niveleuse sur une piste adjacente : CA Rouen.292 - . l’équipement étant jugé conforme aux usages. 2èmeciv. IDE. La victime ne peut avoir consenti qu’à un risque normal. 3 juin 2010. la victime déplore la présence d’une lice en béton entourant la carrière où se déroulait le concours. Par sa simple participation à une compétition hippique. sa tête ayant heurté un poteau en béton de cette même lice. Si le principe est établi. un cavalier qui chute lors d’un concours de saut d’obstacles organisé par un centre équestre à l’occasion d’une journée portes ouvertes et se blesse en heurtant un poteau de la lice de carrière peut être débouté de son action en responsabilité à l’égard du club hippique1482. IDE. le cavalier consent à supporter le risque d’un éventuel dommage causé par un concurrent. la Cour de cassation relève que l’association n’a pas manqué à son obligation de sécurité de moyens et se rapportant au niveau du cavalier.514. n°09-13. principale cause de son préjudice. n°41 1482 Cass. Bull. 5 octobre 2005. 2èmeciv.

sous Cass.Mouly.. 2èmeciv. Revue Lamy Droit Civil. la présomption de responsabilité du fait des animaux édictée à l’article 1385 du Code civil peut être mise en échec par la théorie de l’acceptation des risques. Et d’ailleurs. La théorie de l’acceptation des risques évite de faire supporter l’aléa sportif par un concurrent dont la faute n’est pas établie. 1938. La spécificité de la responsabilité civile dans le domaine du sport. RTD civ. JurisData n°19790036 1486 P. 517. 16 juin 1976. note sous Cass. la jurisprudence considère que la pratique de certains sports engendre des risques normalement prévisibles.. 17 mars 1938.18 . p. obs. Pal. légitime résistance ou inéluctable déclin ?. il convient donc de prouver sa faute mais encore convient-il de déterminer si celle-ci peut CA Rennes. n°29 1485 1484 .653. Gaz. bien au contraire. 24 janvier 1979. car il faut bien reconnaître l’incompatibilité radicale qui existe entre la responsabilité de plein droit et la pratique sportive. JurisData n°202135 CA Paris. l’acceptation des risques ne peut être invoquée1484. sauf à rapporter la preuve que l’auteur du dommage a commis une faute. rendant les présomptions de responsabilité de plein droit inapplicables en cas de dommage. p. 8 avril 2004. mais aussi sur le plan théorique »1487. Juillet 2006. alors qu’il n’existe par ailleurs aucune raison déterminante de faire peser le risque réalisé davantage sur un concurrent quelconque que sur la victime elle-même. 2èmeciv. 2 mai 2002. et le sportif. La théorie du risque accepté n’est pas la résultante de la consécration de la nature du cheval par le droit . II.Bénabent. Dans ces conditions. 1977. La théorie du risque accepté permet ainsi de faire échec à la responsabilité du gardien d’un cheval de course qui a causé un accident au sein d’un peloton1485. A ce titre.Jourdain. est censé en avoir accepté les risques. A. n°03-11.293 - . participant sciemment à une activité.. « l’on ne doit pas s’offusquer de cette solution qui peut se justifier non seulement d’un point de vue pratique. n°18585 . pour engager la responsabilité d’un sportif. CA Paris.518 1487 J. JCP. elle est la reconnaissance d’un aléa sportif car il existe « des risques normaux de la pratique sportive que les joueurs sont censés avoir acceptés »1486. D’une manière générale.grave ou de violation des règles sportives par l’auteur du dommage. 516.

L’application de la théorie de l’acceptation des risques suscite de nombreux débats doctrinaux. 20 novembre 2003. 2èmeciv. Responsabilité civile des sportifs. n° 10017 . La spécificité de la responsabilité civile dans le domaine du sport. chron. D. légitime résistance ou inéluctable déclin ?. note sous Cass. Centre de droit du sport. C’est pourquoi l’on voit parfois dans la spécificité de la responsabilité civile en matière sportive une simple solution d’opportunité destinée à permettre au jeu de vivre. civ.294 - . n°02-13. n°02-13. n° 660-5 1490 P. Un auteur reste attaché à l’idée que le sportif accepte sciemment les risques liés à la pratique de son activité1492 . 519.14 1494 Cass.519 . qui supposent un report de ses propres limites »1490. p. 2005. note sous Cass. D. Responsabilité et assurance. note sous Cass. .. 2èmeciv. n°356 1495 J-C.. chron.653. n°02-13. Juillet 2006.551 1493 E.Brignon. Celles-ci supposent en effet un « dépassement de soi »1489 en ce qu’elles « visent à l’optimisation de ses potentialités et à la performance. n°02-13. n°00-20. 20 novembre 2003. 2èmeciv.274.Radé. Bull.1 ...686.653. 2004.19 1492 B. note sous Cass. Appliquée dans de nombreux domaines. En équitation.. note sous Cass. C.Durry.. 20 novembre 2003. L. 518. elle doit constituer une faute caractérisée. JCP E. Vers la suppression de l’acceptation des risques en matière sportive ?. 2003. p. la faute civile est constituée par une « violation caractérisée des règles du jeu »1494 dans l’hypothèse ou un sportif cause un dommage à un autre sportif1495. II. Responsabilité civile des sportifs.Saint-Pau. n°03-11. LPA. au contraire. 23 septembre 2004.653. En premier lieu. obs. D. II. la démonstration d’une faute est nécessaire et en second lieu. 20 novembre 2003..11 .Collomb. 2004. n°02-13.. n°29 1489 P. in Les problèmes juridiques du sport. n° 75. 20 novembre 2003. 2èmeciv.653.300 . le contexte particulier dans lequel se déroulent les activités sportives est généralement évoqué. 4 juillet 2002. Lamy Droit du sport. d’autres souhaitent la suppression de cette théorie en matière sportive1493.. 2002. note sous Cass. p. 1984. S. G. p. 14 avril 2004.Mouly. RCA. 2èmeciv.Bouché. à l’inverse. elle s’exprime pleinement dans le secteur sportif et plus particulièrement celui de l’équitation. 2èmeciv.Mouly..Cordelier. n°02-13. Une pierre nouvelle à l’édifice de la responsabilité d’une association sportive du fait de l’un de ses membres.être une faute simple ou si. p. Revue Lamy Droit Civil. cette faute doit revêtir une certaine gravité1488. 2004. 2èmeciv. mais qui devrait évidemment céder lorsque l’intérêt supérieur des tiers est en jeu1491. 2èmeciv. 20 novembre 2003..Castets-Renard . 520. L’adéquation des notions classiques du droit de la responsabilité au fait sportif. RCA. Pour justifier cette spécificité.653. p. J.Collomb. 1488 J.Kaczmarek. p. JCP G. note sous Cass. sous Cass.Hocquet-Berg...653. C. n°476 . 2èmeciv. Paris. Lamy Droit du sport. n° 660-5 1491 G.. Economica.

il faut tenir compte de l’environnement au sein duquel elle se produit. 8ème édition.Viney et P. 22 mai 1995.Mazeaud et F. Répertoire de droit civil. Droit civil. 1995. p. JCP G. sous Cass. p.. RCA. 1384 al. La solution est traditionnelle en ce qu’il suffit « d’une faute caractérisée par une violation des règles du jeu »1500.. 20 novembre 2003. à propos du cavalier en l’espèce.649.. n°723. n°02-18..Mouly. F. 2004.197 et n°92-21. p.36 . 521. 2èmeciv. no92-21. spéc. n°15 . 22 mai 1995. RTD civ. LGDJ. 22 mai 1995.5 1499 J. n°03-18. n°02-18. 2003.16 .942 . 2ème édition. En ce sens.. no92-21. D. note sous Cass.197 et n°92-21. Pal. 1995. note sous Cass. 10 juin 2004.871. p. telle la présence de règles du jeu et le consentement de la victime à participer à une activité à risques. G. Les obligations. 2èmeciv. 2èmeciv. Cass.. L.Jourdain. n°98.Lequette.871. Les conditions de la responsabilité.649.29 1498 J.. p.910 et n°03-18. n°03-17. somm. 1995. Sports.Flour.871. D. 1996. peut « constituer une infraction aux règles du jeu de nature à engager la responsabilité »1501 de son auteur. n°10175 . 10 juin 2004. Gaz.Terré. et du sportif en général.871.. 2èmeciv. n°4 . civ.Aubert et E.. RCA. n°86 1500 Cass. 2èmeciv. 2èmeciv. civ.Alaphilippe.295 - .649. Obligations.197 et n°92-21. n°3893 .3821 . 2èmeciv. 1998 1497 Cass. 13 mai 2004.. 1996. 22 mai 1995. n°02-18. no92-21.. no92-21. Bull.653 . II.698 . 2004.Simler et Y.Mazeaud. F. n°155. note sous Cass. 22 mai 1995. 2005. note sous Cass.Viney.La notion surprend en ce sens qu’elle semble apporter une nouvelle coloration à la notion de faute civile en subordonnant son existence à une certaine gravité. 13 janvier 2005. 550 . 2èmeciv.. n°599. dont le fait générateur n’a pourtant pas fait l’objet de sanction du corps arbitral. ce qui est contraire à l’enseignement traditionnel1496.Buy. Leçons de droit civil. JCP G. P. 9ème édition. le cavalier victime doit désormais prouver une faute de l’auteur du dommage pour mettre en cause une association sportive du fait de l’un de ses préposés comme de l’un de ses sociétaires puisque la responsabilité d’un tel groupement est engagée par la preuve d’une faute commise par l’un de ses membres 1497. Il y aurait un certain recul de la faute. Certes.Savaux.197 et n°92-21. RTD civ. Gaz. p. p.. p. note sous Cass. 2èmeciv. Le contexte fait naître des circonstances de nature à influencer l’appréciation d’un comportement fautif. P. Tome II. D.. Armand Colin. chron. 2002. Droit civil.Jourdain. II. : Cf.. la faute est un standard juridique1498 mais en matière sportive...137 1501 F. sur l’extension aux associations sportives de la responsabilité du fait d’autrui fondée sur l’art..Polère.222.899. Traité de droit civil. 10 juin 2004. 2004.871. no92-21. Les obligations. n°02-13. Théorie générale. J-L. n°03-10. d’« immunité relative »1499. 1 er C.Chabas. P.Chabas. Cass.Groutel. H. I. obs. note sous Cass. 2èmeciv. 2èmeciv. LGDJ. on parle. Ainsi. H. 1998. Pal.. l’accident intervenant lors d’une partie de polo. 21 oct.197 et n°92-21. 1. p..617 1496 G. F.

cette théorie de l’acceptation des risques légitime des comportements qui. p. il convient de prouver une faute caractérisée. Cependant. Documentation française. « il n’est pas niable que l’acceptation des risques. D.. c’est-à-dire lorsque la victime s’est exposée en connaissance de cause à un danger réel.Cadiet. « elle aura pour effet de légitimer des comportements dommageables qui. 2èmeciv. en application des règles classiques de la responsabilité civile. n° 573 1506 G.Viney et P. à défaut. cass. Les conditions de la responsabilité. n° 573 1503 1502 . dans le domaine du sport. seraient jugés fautifs. IR. 522. est de nature à modifier l’appréciation de la faute de l’auteur du dommage…» 1505 et « il s’agit sans aucun doute d’une circonstance que les juges prendront en compte pour déterminer l’étendue du devoir qui s’impose à l’agent »1506. Traité de droit civil. Mélanges P. D. ce droit n’a heureusement pas succombé à « l’idéologie de la réparation »1504. Les conditions de la responsabilité. La première ne serait pas génératrice de responsabilité car elle fait « partie des risques normaux de la pratique sportive que les joueurs sont censés avoir F. 2ème édition. LGDJ. d’un point de vue pratique. 2ème édition. Si le droit tend à assurer la primauté de la protection de la victime au détriment de l’auteur du dommage. L’intérêt principal de l’acceptation des risques dans l’équitation est de justifier la distinction entre « la faute de jeu » et la « faute contre le jeu ». 1998. il appartient à la Cour de contrôler la qualification de la faute.543 Rapp.Viney et P. spéc. spéc.. p.Jourdain.296 - . 523. sous Cass. Traité de droit civil. Evidemment.Drai. LGDJ. n°77-15. En définitive.Jourdain. Les conditions de la responsabilité. « en n’admettant dans le domaine du sport qu’une faute d’un certain niveau de gravité mesuré à l’aune du type de sport pratiqué »1503. 2000 1505 G. Par conséquent.Karaquillo.452 1504 L. La faute ordinaire ne suffit donc pas. 2003. 1998. 2ème édition. seraient jugés fautifs… l’acceptation des risques recule ainsi le seuil de la faute en lui imprimant une certaine spécificité »1507. 1998.Viney et P. C. spéc. Le juge entre deux millénaires. il est classique de considérer que les juges civils ne sont pas tenus par l’autorité de la chose arbitrée1502 mais il est surprenant qu’il considère une violation des règles du jeu là où les arbitres en ont décidé autrement. obs.Jourdain.. lorsqu’elle est constatée.Certes. 21 juin 1979. Traité de droit civil. 2004. LGDJ. n° 573 1507 G.345.Alaphilippe et J-P.

1965. instrument du dommage.519 1510 J-C. obs. Etudes à la mémoire de Christian Lapoyade-Deschamps. Dans le présent arrêt.Karaquillo. 2èmeciv. À l’inverse. D. JCP G. p. Centre du droit du sport.. n°03-11. 8 avril 2004. sous Cass. 8 avril 2004. Paris. du Code civil. p. somm.Groutel. 2èmeciv. la faute en équitation n’est pas soumise à un régime particulier différent du droit commun. p. LGDJ. n°195 1513 G. L’adéquation des notions classiques de la responsabilité au fait sportif.518 P.653. PUB...Durry. I. 4 novembre 2010. obs. un homme avait été heurté par une P.947 1509 1508 . 2004. RTD civ. imposant le rattachement de la faute à l’activité en cours. 2èmeciv.acceptés »1508. Appréciation in abstracto et appréciation in concreto en droit civil français. RCA.. n°89-17. p. sans que puisse lui être opposée son acceptation des risques »1516. C’est la raison pour laquelle « l’acceptation des risques est moins le fruit d’une décision individuelle que la conséquence d’une situation objective et collective qu’implique la participation à une compétition »1515. Economica.698. p. 1999.283 1512 N. Université Montesquieu Bordeaux IV.Jourdain. Pourtant. n°09-65. Les particularismes des contentieux sportifs.. 2004. L’acceptation des risques : dérapage ou décollage ?.Auneau et P.Saint-Pau.Jourdain. sous Cass. sous Cass. il semblerait que le recours à l’acceptation des risques ne soit pas nécessaire car l’appréciation du comportement du sportif par référence au critère de l’anormalité est conforme au droit commun de la responsabilité civile1510. 1984. p. En définitive. La Cour de cassation semble cependant avoir opéré un revirement de jurisprudence en la matière en décidant que « la victime d'un dommage causé par une chose peut invoquer la responsabilité résultant de l'article 1384 alinéa 1er.spéc.16 1516 Cass.Jacq. Responsabilité civile et anormalité. 1996.249 1511 J-P. 2èmeciv. la deuxième engagerait la responsabilité du sportif « parce qu’elle expose à des risques anormaux dont on ne peut présumer qu’ils ont été acceptés par les participants »1509. n°03-11.1991.297 - . Responsabilité et assurance.. RTD civ. ce qui diffère d’une situation ordinaire c’est le contexte particulier dans lequel apparaît cette faute1514. n°3947 1515 H.37 et 38 1514 G. à l'encontre du gardien de la chose. spéc. Toute la difficulté réside dans l’appréciation in abstracto du comportement du cavalier auteur du dommage 1512 sauf à observer quelle aurait été l’attitude d’un sportif raisonnable placé dans les mêmes circonstances1513. in Les problèmes juridiques du sport. obs. chron. spéc. Le risque au sein de l’équitation est une évidence que la Cour de cassation retient parfois sans que l’on puisse y voir une consécration de l’acceptation des risques1511..Dejean de la Bâtie.653. 524. 5 décembre 1990.

motocyclette alors qu'il pilotait lui-même l'un de ces engins au cours d'une séance d'entraînement sur un circuit fermé. La Cour de cassation décide que l'acceptation des risques n'est plus soumise à des conditions, ni restreinte à un domaine particulier. Cette suppression de l'acceptation des risques, favorable aux victimes, est toutefois à nuancer dans l’immédiat. Pour qu’elle soit considérée comme définitive, il faudra encore que la Cour de cassation y renonce lorsque la responsabilité est fondée sur les articles 1382, 1383 et 1385 du Code civil. Or, à la lecture d’un récent arrêt rendu par la Cour d’appel de Paris1517, ce revirement n’aura peut-être qu’une portée limitée, en dehors de l’article 1384 alinéa 1er, tout au moins lorsque la victime est un sportif.

II-

Une responsabilité civile délictuelle du fait des animaux autonome

525. Par sa liberté de déplacement indépendamment de toute action humaine, le cheval est « une source originale de dommages »1518 dont le préjudice en résultant appelle réparation. En effet, « à cause de la vie et du mouvement qui le caractérisent, l’animal fait souvent irruption dans le droit de la responsabilité civile »1519. C’est le cas « lorsqu’une voiture attelée perd une roue qui vient briser la jambe d’un passant, lorsqu’un poulain confié au maréchal-ferrant mord un spectateur lors du ferrage »1520… En effet, « le gardien de la voiture attelée engage sa responsabilité découlant du fait des choses »1521, « le maréchal-ferrant celle du fait de l’animal qu’il a sous sa garde »1522. Ces deux textes évoquent « un peu celui d’un parricide dont aurait été victime l’article 1385 du Code civil. Ce texte, en effet, a été absorbé par le régime de responsabilité du fait des choses, institué à partir de l’article 1384, alinéa 1, à la conception duquel il avait pourtant pris une part importante »1523.

CA Paris, 28 mars 2011, GAN Société sportive des courses de Toulouse c/ G. ; Cf. Bull. IDE, n°62 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, p.21 et s. 1519 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, p.21 1520 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.17 1521 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.17 1522 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.17 1523 J-P.Marguénaud, L’animal en droit privé, Thèse Limoges, PUF, 1992, spéc. p.25
1518

1517

- 298 -

526. Par la responsabilité civile délictuelle du fait des choses, le Code civil 1524 s’intéresse aux choses inertes. En effet, « le principe de la responsabilité du fait des choses inanimées trouve son fondement dans la notion de garde, indépendamment du caractère intrinsèque de la chose et de toute faute personnelle du gardien »1525. Ainsi, « cet article édicte une présomption de responsabilité à l’encontre de celui qui a sous sa garde la chose inanimée qui a causé un dommage »1526 et Patrick de Chessé de conclure que « le gardien de la voiture attelée est-il présumé responsable puisque le dommage a été causé par la roue »1527. 527. Cependant, le droit organise un régime spécifique de responsabilité civile délictuelle du fait des animaux1528 en l’absence de lien contractuel entre la victime et le gardien du cheval. Il s’agit d’une responsabilité de plein droit et l’article 1385 du Code civil dispose que « le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé ». C’est un régime particulier de responsabilité dont les origines sont à rechercher dans l’Ancien droit et, au-delà, dans le droit romain archaïque1529. 528. Pour l’essentiel, le régime spécial de responsabilité du fait des animaux s’explique en effet par la combinaison de deux actions connues du droit romain, l’action de pauperie1530 et l’action de pastu1531. La responsabilité du fait de l’animal se réfère aux notions de propriété et de garde. Ces « deux idées sont ici alternatives, et non cumulatives, c'est-à-dire que le propriétaire n’est responsable qu’en tant que gardien »1532. Ainsi, « si la maîtrise de
Art. 1384 al. 1er C. civ. Cass. 2èmeciv., 20 novembre 1968, JCP, 1970, II, p.16567 ; RTD civ., 1969, p.337 ; Cass. Ch. réun., 13 février 1930, Arrêt Jand’heur, GAJC, 11ème édition, n°193 , DP, 1930, 1, p.57 ; S., 1930, 1, p.121 1526 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.19 1527 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.19 1528 Art. 1385 du C. civ. 1529 J.Carbonnier, Droit civil, Les biens, PUF, 1992, spéc. n°255 1530 Action sanctionnant les dommages causés par les animaux et assortie d’une faculté d’abandon noxal au bénéfice du propriétaire 1531 Action réprimant le pacage sur le terrain d’autrui, préfigurant le mécanisme de réparation des dommages de bêtes de l’Ancien droit coutumier 1532 F.Pasqualini, L’animal et le droit, LPA, 23 novembre 1994, n°140
1525 1524

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l’animal a été acquise par une tierce personne, c’est à elle qu’il appartiendra d’assumer la responsabilité liée aux dommages causés »1533. 529. La responsabilité édictée par l’article 1385 du Code civil, à l’encontre du propriétaire de l’animal ou de celui qui s’en sert, est fondée sur l’obligation de garde, corrélative aux pouvoirs de direction, de contrôle et d’usage qui la caractérisent1534. Par définition, « se sert de l’animal, au sens de l’article 1385 du Code civil, celui qui, par lui-même ou ses préposés, en fait l’usage que comporte l’exercice de sa profession »1535. Ainsi, celui qui exerce lesdits pouvoirs est responsable même s’il n’est pas le propriétaire de l’animal1536, ce qui n’est parfois pas si simple lors d’une épreuve sportive où se succède jockey, entraîneur, propriétaire et société organisatrice. Pierre Azard parle de « véritable pari mutuel juridique en bordure des hippodromes »1537. Par cette construction d’origine prétorienne, les tribunaux sont parvenus à une conception qui rapproche incontestablement la garde d’un animal et celle d’une chose inanimée1538. La responsabilité civile délictuelle du fait des animaux est indifférente à la nature du cheval. 530. La portée de l’article 1385 du Code civil est d’autant plus grande qu’il est difficile pour le gardien de s’exonérer de sa responsabilité. La preuve de l’absence de faute du gardien est inopérante, l’article 1385 du Code civil organisant un régime de responsabilité de plein droit qui ne peut être écarté que par la preuve d’une faute de la victime 1539 ou de la force majeure1540 et du fait d’un tiers présentant un caractère imprévisible et irrésistible1541.

1533

A.Esmein, note sous Cass. civ., 18 juin 1896, S., 1897, 1, p.17 Cass. 2èmeciv., 17 mars 1965, JCP, p.14436 1535 Cass. civ., 2 mai 1911, DP, 1911, 1, p.367 1536 Cass. 2èmeciv., 8 juillet 1970, D., p.704 ; Cass. 2èmeciv., 20 novembre 1970, Gaz. Pal., 1971, 1, p.179 1537 P.Azard, note sous CA Paris, 7 juin 1963, D., 1964, 1, p.43 1538 G.Viney, Les conditions de la responsabilité, LGDJ, 1982, n°675 et n°677 1539 Cass. 2èmeciv., 18 octobre 1995, Bull. civ. II, n°242 ; Cass. 2èmeciv., 19 février 1992, Bull. civ. II, n°53 ; Cass. ème 2 civ., 1er avril 1999, JCP, p.10218 1540 Cass. 1èreciv., 9 juillet 2003, n°00-15.975 1541 Cass. Crim., 1er octobre 1997, Bull. crim., n°316
1534

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Il s’agit d’une présomption de responsabilité qui empêche de prendre en considération le fait que le cheval soit un être vivant autonome en mouvement. En effet, « lorsqu’il y a fait de l’animal, il n’y a pas à distinguer si le cheval était ou non tenu en main, monté ou attelé, l’article 1385 est automatiquement appliqué »1542. Mais « il n’est pas nécessaire qu’il y ait contact entre l’animal et la victime, le fait du cheval1543 peut entraîner un trouble de voisinage, l’apparition brusque d’un cheval échappé peut perturber gravement l’équilibre d’un cardiaque ou obliger un conducteur à donner un coup de volant intempestif et meurtrier »1544. C’est ainsi que « la présomption légale de responsabilité édictée par l’article 1385 du Code civil à la charge du gardien de l’animal par le fait duquel est survenu un accident subsiste, même lorsque cet animal n’est pas entré en contact avec la victime ; il suffit d’établir que l’accident a eu pour cause l’animal…spécialement lorsque le brusque écart fait par un cheval, qui se met à ruer au moment où il va être dépassé par un cabriolet attelé d’un poney, provoque la chute de ce poney pris de peur, chute qui occasionne des blessures graves à l’occupant du cabriolet, le propriétaire du cheval est responsable du dommage ainsi causé »1545. 531. Toutefois, est exonérée la gardienne d’un équidé en raison de la faute imprévisible et irrésistible commise par une autre cavalière passant trop près et derrière l’animal, provoquant la réaction de défense de celui-ci1546. De la même façon, un partage de responsabilité est réalisable lorsque le gardien de l’animal, en l’occurrence le vétérinaire, « prouve que l’effet d’une cause étrangère, tel que le fait de la victime, eût-il pu normalement le prévoir et le surmonter, a cependant concouru à la production du dommage »1547. Mais il s’agit ici de causes d’exonération classiques relatives au fait du tiers et au fait de la victime.

P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.24 Et Patrick de Chessé de mentionner le bruit, l’odeur ou le crottin 1544 P.De Chessé, Equitation et droit, éd. Crépin-Leblond, 1997, spéc. p.24 1545 T. civ. Amiens, 23 mars 1939, Gaz. Pal., I, p.929 1546 Cass. 2èmeciv., 5 octobre 1994, n°92-21.242 1547 Cass. 2èmeciv., 4 octobre 1972, JCP, 1973, p.17450
1543

1542

- 301 -

532. L’appréciation du moment où s’opère le transfert de la garde permet de révéler l’identité du gardien. Or, le propriétaire d’une parcelle sur laquelle sont parqués des chevaux, bien que n’étant pas propriétaire des animaux, en devient le gardien dès lors qu’il est investi sur eux des pouvoirs de direction, de contrôle et d’usage 1548. Pour autant, le propriétaire d’un enclos qui le met à la disposition du propriétaire d’un animal ne devient pas systématiquement gardien de ce dernier1549. De la même façon, le propriétaire d’un cheval en pension chez un loueur de boxes qui, en l’absence de ce dernier, pour lui rendre service, longe un cheval appartenant à celui-ci et en est blessé d’un coup de sabot, n’est pas considéré comme le gardien de l’animal1550. 533. L’examen d’un cheval par des acquéreurs potentiels expérimentés entraîne le transfert de la garde en l’absence du propriétaire1551. Le cavalier qui loue un cheval pour une promenade sans moniteur s’en voit transférer la garde 1552, de la même façon que le dresseur1553, le jockey entraîneur professionnel1554 ou le maréchal-ferrant1555 sauf si le propriétaire, accompagnant l’animal, a conservé un pouvoir de direction sur l’animal ferré ou soigné. 534. Pendant toute la durée des soins, la garde de l’animal est transférée au vétérinaire qui ne peut alors invoquer l’article 1385 du Code civil dans le cas où l’animal blesserait son maître1556. Il en va différemment en cas de stipulation contraire et l’absence de transfert de garde engendre l’absence de responsabilité du vétérinaire1557. Les juges apprécient souverainement si le vétérinaire est devenu le gardien, au sens juridique du terme, de l’animal 1558 ou non1559. Toutefois, « si le vétérinaire contracte envers son client l’obligation
1548 1549

CA Nancy, 6 septembre 2004, JurisData n°264113 Cass. 2èmeciv., 25 novembre 1992, n°91-15.459 1550 Cass. 2èmeciv., 18 juin 1997, n°95-17.891 et n°95-19.114 1551 CA Bordeaux, 13 décembre 1990, JurisData n°264113 1552 CA Montpellier, 14 mars 1991, JurisData n°034523 1553 CA Dijon, 1er février 1990, JurisData n°041988 1554 CA Aix en Provence, 13 octobre 1987, JurisData n°046429 1555 Cass. 2èmeciv., 4 octobre 1962, D., p.724 1556 Cass. 2èmeciv., 25 octobre 1957, D., 1958, p.25 1557 Cass. 2èmeciv., 6 janvier 1965, Bull. civ. II, n°6, p.4 1558 Cass. 2èmeciv., 25 octobre 1957, Gaz. Pal., 1958, I, p.25 1559 Cass. req., 22 juillet 1930, DH, p.490

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de donner à l’animal malade ou blessé des soins consciencieux, attentifs et conformes aux données acquises de la science, il ne contracte en revanche aucune obligation de sécurité envers la personne du client, même s’il se fait occasionnellement aider par celui-ci »1560. En cas d’accident, le recours ne peut donc être fondé par la victime que sur la responsabilité délictuelle 1561. Pendant ses séances d’équitation, la cavalière membre d’un club hippique supporte la garde du cheval qu’elle monte1562. Tel n’est pas le cas pour la cavalière de circonstance désarçonnée avant d’avoir eu le temps d’exercer les pouvoirs d’usage, de contrôle et de direction1563. 535. L’objectif poursuivi par la responsabilité civile délictuelle du fait des animaux est d’assurer en priorité la réparation de la victime, c’est la raison pour laquelle, quand le cheval cause un dommage, la loi établit la responsabilité de l’homme qui en a l’usage1564. Par conséquent, la jurisprudence occulte volontairement le fait que le cheval soit autonome en mouvement en matière de responsabilité civile délictuelle aux fins de réparation.

§II- LA « SENSIBILITE » DU CHEVAL SUBORDONNEE

536. La « sensibilité » de l’animal, spécifiquement du cheval, est consacrée juridiquement ; « d’une chose protégée par le droit en raison de sa seule utilité à l’homme, l’animal a vu sa prise en compte juridique se modifier et s’élargir au fil du temps : de chose utile, il apparaît comme un être sensible au gré des dispositions nouvelles »1565. Puisque chose vivante, le droit assure au cheval

1560 1561

CA Aix-en-Provence, 28 avril 1970, JCP, p.16498 Art. 1385 C. civ. en cas d’accident causé par l’équidé ; Art. 1384 al. 1er en cas d’accident causé par un instrument échappant au contrôle du prestataire 1562 CA Aix en Provence, 9 octobre 1986, JurisData n°044376 1563 CA Rennes, 1er juillet 1998, JurisData n°043938 1564 M.Planiol et G.Ripert, Traité pratique de droit civil français, Les personnes, par J. et R.Savatier, LGDJ, Paris, 1952, p.7, texte et note 3 1565 F.Dumont, L’animal, un être juridiquement en devenir, Revue Lamy Droit Civil, Janvier 2006, p.63 et s.

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le respect du « bien-être des animaux, en tant que créatures douées de sensibilité »1566. Cependant, cette « sensibilité » trouble la doctrine puisqu’elle fait partager à l’animal un trait caractéristique de l’homme. C’est pour cela que Suzanne Antoine revendique que sa nature juridique soit établie « conformément à sa véritable nature d’être sensible »1567 ; « c’est donc la sensibilité de l’animal qui justifierait, a maxima, son extraction de la sphère des biens et, a minima, une place particulière au sein des biens »1568 résume Jean-Baptiste Seube. Autrement dit, « prenant de plus en plus de dispositions tendant à améliorer le sort des animaux,
1569

ne

serait-ce

pas

pour

transformer

leur

nature

juridique ? »

.

Or, la protection du cheval est circonscrite au droit pénal. La réponse à cette question est donc négative puisque « l’animal peut être utilement protégé tout en restant un bien, fût il meuble »1570. En réalité, la protection de l’intégrité physique du cheval « peut être assurée sans lui conférer une qualité de personne juridique opposée à sa nature : les devoirs imposés aux sujets de droit suffisent, ainsi l’interdiction des mauvais traitements »1571. La « sensibilité » du cheval est donc subordonnée à l’homme puisque l’effectivité de la protection en résultant dépend des devoirs imposés aux personnes -I- ; l’idée de conférer des droits aux choses vivantes ayant été réprouvée -II-.

Protocole d’accord additionnel n°10 du Traité d’Amsterdam, publié au JOCE C 340 du 10 novembre 1997, intégré à ce dernier en vertu de l’art. 311 dudit Traité 1567 S.Antoine, Rapport sur le régime juridique de l’animal, Ministère de la Justice, 2005, spéc. p.44 1568 J-B.Seube, Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations, Dr. et Patrimoine, 2005, Chron., Droit des biens 1569 A-M.Sohm-Bourgeois, La personnification de l’animal : une tentation à repousser, D., Chron., 1990, p.34 1570 J-B.Seube, Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations, Dr. et Patrimoine, 2005, Chron., Droit des biens 1571 T.Revet, Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux, RTD civ., 1999, p.481

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De la sorte. paraissait rapprocher le cheval de l’être. Le droit du cheval et de l’équitation. « toujours meuble dans la catégorie des biens.I- Des devoirs imposés aux personnes approuvés 537. an. Le cheval. p. 1999.. Le projet de réforme du droit des biens . La consécration juridique de la « sensibilité » du cheval est limitée en ce qu’elle requiert l’action de l’homme pour être effective. cette sensibilité fait l’objet d’une protection par le Code pénal »1574. ainsi l’interdiction des mauvais traitements »1572. 1999.482 et s. « notamment grâce à l’action des associations de protection animale. 1572 T.22 1574 S. Rev. « les devoirs imposés aux sujets de droit suffisent. les tribunaux sanctionnent des propriétaires ou détenteurs d’équidés qui se sont abstenus de leur apporter les soins adéquats »1573.Revet. 1578 T. Rev. éd. « le Code civil dessine l’ossature du régime général de l’animal et se réfère pour le reste à la législation spécifique en la matière »1575. Pour s’épanouir. 2005.Revet.Vers un nouveau régime juridique de l’animal ?.Antoine. janvier 2009 1576 Cf. dont la notion juridique est utilisée quotidiennement1576 comme de façon spécifique1577. Pts. an. Dr. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. 538.Vers un nouveau régime juridique de l’animal ?. Dr.Antoine. RTD civ. Dit autrement. est considéré par le biais des textes spécifiques du Code rural comme un être vivant et sensible. France Agricole. tel n’est pas le cas. Le projet de réforme du droit des biens . p. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. p. Doctrine..481 .Carius.305 - .474 et s. 1577 Cf. janvier 2009 1575 S.481 1573 M.. Pts. spéc. Si l’admission en droit de la « sensibilité » du cheval. En pratique. la notion est subordonnée à l’homme parce que « l’animal n’a aucune aptitude à la prise en charge autonome de son intérêt d’être sensible »1578. Doctrine. RTD civ..

la personnification du cheval. Les chevaux. éditions La Nuée Bleue. L’animal. n°45. Respect for Nature : a Theory of Environmental Ethics. les droits archaïques nous semblent avoir fait courir à l’humanité un péril d’étouffement »1582. animal comme végétal. mystérieux.Taylor. Alsatia. Should Trees have standing ? Toward Legal Rights for Natural Objects. elle n’a pas été consacrée en droit. drôle ou dramatique. Thèse Aix-Marseille.Giberne. la qualité de sujet de droit ont été menées aux Etats-Unis1579.160 1585 Pour le droit romain : Cf. The rights and duties of Beasts and Trees : a Law Teacher’s Essay for Landscape Architects. 1931 . A. 19 avril 1972 1580 S.Dietrich.Morris. Ainsi cité en justice1585. 2006. 1979 . entre science et droit. p. La paix par le respect de la vie. Thèse Paris. A. P. D’ailleurs. la catégorie juridique des sujets de droits n’épouse pas les frontières du monde vivant. « indubitablement. Strasbourg. n°225 1583 B. p. Thèse Montpellier. 2007 1584 C.Modrzejewski. 1961 .Desmoulin. Gaz. à propos de la célèbre affaire opposant les tenants d’une personnification des séquoias centenaires de la Mineral King Valley à la société Disney qui souhaitait implanter une station de sport d’hiver sur le site. un cheval est condamné à mort en 1389 pour avoir méchamment occis un homme. M. Les procès d’animaux du Moyen-âge à nos jours. Ulpien et la nature des animaux. Mais.Stone. Pal. tour à tour merveilleux. « d’aucuns ont vu dans 1579 Cf. Arrêt Sierra Club c/ Morton. PUAM.Canto-Sperber.Carbonnier. Les animaux et la loi pénale. Bosc Frères. mythes et légendes du monde entier. Princeton.II- Des droits conférés aux choses vivantes réprouvés 539.Schweitzer.Chèze. 1998. 1976 . PUF. Cf. 1976 . Droit civil. 1964-1965. éd. 1901 . Rome. p. Fut un temps où « les bêtes comparaissaient devant un Tribunal lorsqu’elles étaient coupables de certains méfaits »1584.. P. Conférer des droits à une chose vivante. à la partie Environnement . C. C-D. Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale. ni même du monde vivant sensible »1580 et si une telle suggestion a pu être formulée par certains philosophes et éthiciens1581. Les philosophies de l’environnement.28 1581 Cf.Delacour. 1972. La protection juridique des animaux. Pour l’ancien droit : Cf . A.306 - . Academia nazionale dei Lincèi. n°7. The Journal of Legal Education.Larrère. « le fait est qu’à imaginer des droits subjectifs sous le pullulement des bêtes. 1997 1582 J. 1981. G. La Cour suprême rejeta par quatre voix contre trois l’action engagée au nom des arbres.Daigueperse. p. éd. Princeton University Press. éd. sujet de droit : réalité de demain. PUF. 540. J. anno CCCLXXIII.Schweitzer. Thèse Lyon. 1996. Les tentatives les plus abouties visant à conférer au monde du vivant. La civilisation et l’éthique. Southern California Law Review. En effet. 1986 . Dès lors. PUF. 18ème édition. est ancestrale1583.. éd. Les biens.189 . Il serait donc antinomique de considérer le titulaire de ces droits comme une chose.450 et s. L’animal. de La Martinière Jeunesse. Colmar. c’est en définitive l’élever au rang de personne juridique. C.

Cependant. il faut leur accorder une protection toute particulière et un traitement privilégié »1593. 8 octobre 1980. un analogon de la personnalité humaine »1589.. spéc. Personnifier l’animal « répond. Perspectives sur la situation juridique de l’animal.1597 1589 E. p. Chron. p.124 1590 C.160 Et l’auteur de citer l’animisme et l’anthropomorphisme 1588 J. D. Certes. cette prétendue personnalité.361 1592 R. Que le cheval soit une chose vivante est acquis. Gaz. à un instinct si primitif. 1990.. A la fin du XIXème siècle.307 - .Engelhardt. Janvier-Mars 2001. Pal. 1ère édition. PUF. et son octroi inspiré de préoccupations téléologiques »1592.. n’a pas été consacrée en droit. Edouard Engelhardt souhaite promouvoir un droit nouveau attribuant aux animaux « une parcelle. Qu’il le demeure en toute circonstance ne l’est pas.Daigueperse.241 1593 A-M. réalité de demain »1590. « l’animal sujet de droit naissant »1591… Mais.Couret.les procès intentés aux animaux au Moyen-âge les prémices d’une défense juridique de l’animal »1586. RTD civ. « l’animal sujet de droit. 1981. p. De l’animalité et de son droit. L’animal. éd. 1955. Chevalier-Maresc. 1981. D. c’est à l’homme qu’il appartient de veiller à la préservation de l’intégrité physique du cheval. les bien. sujet de droit. Pal. p. 1898. 1èreciv. sujet de droit : réalité de demain.Daigueperse. le sujet fait florès. L’animal.Libchaber.Sohm-Bourgeois. La consécration de la nature du cheval en droit connaît en effet ses limites : l’autonomie de mouvement du cheval est C. si profond de l’esprit humain qu’il est des résurgences du phénomène 1587 même dans le droit occidental »1588. réalité de demain. Gaz. néanmoins.160 1591 A.. Depuis.37 1587 1586 . p.. SECTION II UNE LIMITE JUSTIFIEE 542.Carbonnier... La personnification de l’animal : une tentation à repousser. qui « serait par nature hémiplégique. p. Droit civil. « parce que les animaux sont des objets vivants. Note sous Cass. 1981. p. 541.

J. Quadrige. La famille. 2004. en assurer la sécurité. et spéc.et cette construction juridique révèle la frontière entre le cheval et l’homme en droit -§II-. l’entretenir et le soigner.308 - . Il ne s’agit pas de considérer le cheval comme créancier d’obligations mais il infère de ce régime juridique particulier que le droit prend en considération la nature vivante de l’animal pour imposer à son gardien une obligation d’entretien et de 1594 1595 Cf.535 Cf. l’enfant. Pt. notamment en matière de responsabilité civile 1594. coll. Introduction. n°195. c’est parce que les effets juridiques attachés à la qualification de chose vivante ne sont pas satisfaisants pour l’homme. §I.L’INTERET DE L’HOMME PRIVILEGIE 543. il est d’ailleurs singulier d’observer que le gardien de l’animal doit le surveiller. l’adage romain Homonum causa omne jus constitutum : c’est en vue de l’homme que le droit est constitué Cf.Carbonnier.525 et s.marginalisée et sa « sensibilité » subordonnée à l’homme. I- Le rapport au cheval consenti par l’homme 544. En matière d’obligations. p. Puisque c’est en vue de l’homme que le droit est constitué1595. Appréhendé de la sorte par le droit. Le cheval est qualifié de chose vivante par le droit lorsque le rapport que l’homme entretient avec l’animal est consenti. le couple. la nature vivante du cheval s’impose à l’homme uniquement lorsque ce dernier a consenti être en relation avec l’animal -I-. Pts. Ainsi. Si le droit marginalise l’autonomie de mouvement du cheval. l’autonomie de mouvement du cheval cède face à l’intérêt de l’homme -§I. Droit civil. Les personnes.378 . PUF. le cheval est en définitive assimilé à une chose inerte. Il résulte du régime juridique du cheval que le droit se refuse à faire supporter les effets juridiques attachés à la qualification de chose vivante du cheval à la personne qui subit le rapport à l’animal -II-.

II. 10 juillet 1979.. Bull. Traité théorique et pratique de la responsabilité civile délictuelle et contractuelle. A. ou d’un prestataire comme le transporteur.443 1598 Cf. 1980. civ. Montchrestien. la solution est identique. de lui-même causer un préjudice »1599. I. Cass. 1èreciv. 17 janvier 1977. I.309 - . 1èreciv. n°115. retenue doctrinalement à l’égard des biens1596 mais discutée pour les choses inertes. civ. JCP G. 1èreciv. D. Cass. DP. 1989. 6ème édition. note sous Cass. Lorsqu’il s’agit d’appréhender la relation du prestataire de soins avec l’animal. Et une telle obligation est principalement de moyens à raison de leur autonomie de mouvement1598. p. 15 avril 1980. le dépositaire. I. II. promenade en foret. civ. Cass. n°207 pour une clinique vétérinaire .soins et son autonomie de mouvement pour en faire découler une obligation de surveillance et de sécurité.. En effet. compétition équestre… le cheval est considéré par le droit comme une chose vivante. Dans cette hypothèse. Paris. Bull.. C’est parce que la relation avec le cheval est consentie par l’homme que le droit prend en considération la nature vivante du cheval. 15 avril 1980.19402 . civ. 22 novembre 1950. le maréchal-ferrant… Quelle que soit l’hypothèse envisagée... séance d’équitation. I. En effet. Bull. 1950. C’est ainsi que l’obligation de sécurité.Bénabent. L’autonomie de mouvement est inhérente au cheval et ce qui préoccupe le droit c’est cet état vif car il est source de moindre maîtrise pour l’homme comme de danger potentiel.125 . J. 10 mai 1989. 1980. Cass.Ripert. 13 décembre 1988. le droit considère que le « travail à effectuer sur une matière vivante 1596 H. 1 èreciv.Mazeaud.5924 . lorsque la relation avec l’animal est consentie. qu’il s’agisse du propriétaire lui-même. I. p. civ. CA Lyon. donc autonome en mouvement. la relation que l’homme entretient avec l’animal est consentie puisque c’est de son plein gré que le gardien est en contact avec le cheval. En matière de responsabilité civile. p. 1.Mazeaud et L..Mazeaud. 546. 1922. n°359 1599 G. 2èmeciv. est en revanche expressément admise à l’égard des animaux parce qu’ils sont doués de vie1597. 547. Bull. 1978 1597 Cass. Le droit impose donc au gardien du cheval des obligations singulières. 545. p. JCP G. n°193 . Bull. « l’animal a une activité propre et peut. le gardien consent à intervenir auprès de l’animal. 1èreciv.. n°115 pour un contrat de dressage .

25 mai 1971.70 1605 Cass. soigne… un cheval qui n’est autre qu’une chose vivante autonome en mouvement. civ.. 22 juin 2004. I. qu’il s’agisse d’un cheval qui se cabre1603 ou part au galop1604 pour une raison indéterminée. Equitation et droit. II. « la faute qui peut être légitimement reprochée au professeur d’équitation doit résider non point dans le fait de n’avoir pas soustrait son élève à toute embûche. 1. n°01-16. de l’imprévisibilité du comportement de l’animal. l’homme sait qu’il monte. Pal.De Chessé. p.. D. 1607 CA Paris. En définitive. n°82 1604 CA Besançon. « il parait exorbitant d’obliger le moniteur à promettre que tout cavalier à lui confié sera sain et sauf à la fin de la reprise »1602. Lorsque l’homme a consenti être en relation avec le cheval.13 1602 P. « il semble absurde d’exiger du vétérinaire une guérison après chaque visite ou traitement »1601. p. éd. Crépin-Leblond. somm. 7 décembre 1968. I. ère 1 civ. p. éd. dresse..qui s’apparente à une chirurgie simple.132 1606 Pour le sens juridique de l’acceptation des risques : Cf. p. Cass. 2èmeciv. 16 mai 1991. 1997. Bull. spéc. 1èreciv. 10 janvier 1950. ni plus effrayé qu’un autre par la circulation1605.310 - . C’est ainsi que doit être fourni aux cavaliers « des CA Angers.. comme d’un cheval effrayé alors qu’il n’était ni peureux. civ. Pts. Puisque le cheval est une chose vivante.26 1601 1600 . 1992. Crépin-Leblond. Gaz. mais seulement dans le fait de l’avoir mis en présence d’obstacles disproportionnés avec son aptitude à les surmonter »1607. Bull.30 P. 549.13 1603 CA Nîmes. 1951. 1968.De Chessé. n°186. Le droit exprime l’idée selon laquelle le régime juridique d’une chose vivante est distinct de celui d’une chose inerte. le droit considère l’animal comme une chose vivante. JurisData n°181231 confirmé par Cass. p. C’est la raison pour laquelle le droit accorde au niveau d’équitation du cavalier une importance particulière. En effet. 548. il existe une acceptation du risque au sens commun du terme 1606.. Le droit prend en compte l’imprévisibilité du comportement de l’animal pour exonérer le centre équestre de sa responsabilité. 17 février 1982. Pour l’homme consentant être en rapport avec un cheval. 1997. D. le praticien est seulement tenu de l’obligation d’opérer avec la conscience et la prudence requise conformément aux données acquises de la technique »1600.. Equitation et droit. ne saurait être assimilée à l’ouvrage d’un artisan sur une matière inanimée . p.350 .504 et s. 19 juin 2001.. En effet.

1992. Bull. 1èreciv. Le droit en prend acte et impose ainsi au centre équestre de veiller à l’existence d’une proportionnalité entre l’animal. somm. 16 mars 1970. le cheval ayant répondu pour des raisons ignorées à son seul instinct.. tel le fait qu’il se soit cabré sans raison apparente1613 ou qu’il ait fuit au galop pour une raison indéterminée 1614. 14 janvier 2003. en démontrant que le fait générateur de l’accident est lié à l’imprévisibilité 1612 du comportement du cheval. 550. p. 10 février 1987. p. note sous CA Paris.467 1612 Cass.. C.. D.311 - . civ. Cass. L’absence de faute du propriétaire enseignant.. 13 mars 2003. 551. D. 1959. Bull.. JurisData n°206574 . ère 1 civ. p. 17 février 1982. « à l’élève un cheval correspondant à sa capacité »1609 et non des chevaux « un peu vifs »1610 ou qui ont tendance « à fuir en direction de l’écurie »1611 en présence de débutants. I. 1. p.. Bull.2539 1613 CA Nîmes. I. Si l’animal cause un accident à un cavalier durant une leçon d’équitation. n°103 . JurisData n°181231 confirmé par Cass. une illustration permet de concevoir la façon dont le droit fait osciller le cheval entre la chose vivante et la chose inerte.. Or.167 1610 CA Lyon. le cavalier fait face à une chose vivante dont il reconnaît l’autonomie de mouvement. Cette considération pour des caractéristiques inhérentes au cheval.. 19 juin 2001. 1èreciv. n°01-16. Prenons l’exemple d’un cheval appartenant à un propriétaire d’écurie qui dispense personnellement des cours d’équitation. civ.. 1èreciv. CA Toulouse.. civ. Cass.Dudognon. le distingue naturellement des choses inertes. 1èreciv.chevaux non vicieux et adaptés à leur niveau de pratique »1608. civ. le parcours et le niveau d’équitation du cavalier. 28 janvier 2003.70 1609 1608 . D. I. Gaz.350 . n°82 CA Paris. 1èreciv. 29 novembre 1958.. 22 juin 2004. JurisData n°209584 1611 Cass. Le cheval est en effet une chose vivante et le cavalier accepte un risque inhérent à l’imprévisibilité du comportement de l’animal. I. 2003. le propriétaire enseignant peut s’exonérer de sa responsabilité. n°82 1614 CA Besançon. somm. n°77 . Pal. Autrement dit. prive le cavalier de la réparation de son préjudice. Bull.. 17 février 1982. c’est la responsabilité contractuelle du propriétaire enseignant qui est engagée. Cependant. 16 mai 1991. 4 mars 1980. Cass. et dérivant de sa nature vivante dotée d’une autonomie de mouvement.

le cheval est assimilé en droit à une chose inerte. « il suffit d’établir que l’accident a eu pour cause l’animal »1621 pour engager la responsabilité de son gardien. Pal. LGDJ. éd. La relation entre l’homme et le cheval n’est pas toujours consentie. 1997. II- Le rapport au cheval subi par l’homme 553.De Chessé.24 1619 Et Patrick de Chessé de mentionner le bruit. Crépin-Leblond. le fait du cheval1619 peut entraîner un trouble de voisinage. le droit occulte volontairement la nature du cheval lorsque l’homme subit la relation avec l’animal et « il n’est pas nécessaire qu’il y ait contact entre l’animal et la victime. Cette responsabilité rapproche incontestablement la garde d’un animal de celle d’une chose inanimée1615 et occulte les caractéristiques du cheval. civ. lorsque le rapport entre le cheval et l’homme est subi par ce dernier.De Chessé. Dès lors.929 1616 1615 . tel n’est pas le cas si ce même cheval s’évade de l’écurie durant la nuit. Les conditions de la responsabilité. c’est la responsabilité civile délictuelle qui s’applique et il s’agit d’une responsabilité sans faute à laquelle il est difficile d’échapper. 1997. Dans cette hypothèse. Malgré une identité d’animal. Cependant. l’odeur ou le crottin 1620 P.. de fait générateur1616 et de dommage1617. en matière de responsabilité civile délictuelle. Amiens. divague au bord d’une voie publique et occasionne des lésions identiques à un cycliste. surtout « lorsqu’il y a fait de l’animal »1618. Gaz. selon son propre instinct 1617 Les lésions au cavalier comme au cycliste sont identiques 1618 P. p. En définitive. éd. Le cheval n’en demeure pas moins être une chose vivante. 23 mars 1939. p. peu importe que le cheval ait agi selon son propre instinct. il est des hypothèses de rencontres fortuites et malheureuses. pour des raisons ignorées. Or. I. spéc. l’apparition brusque d’un cheval échappé peut perturber gravement l’équilibre d’un cardiaque ou obliger un conducteur à donner un coup de volant intempestif et meurtrier »1620. 1982. spéc.24 1621 T. Equitation et droit. Equitation et droit. le fait générateur de l’accident est la vivacité de l’animal qui a agi.552.Viney. 1939. la victime est indemnisée par le propriétaire de l’animal. p. Crépin-Leblond. G.312 - . n°675 et n°677 Dans les deux hypothèses.

spéc.554. PUF. Thèse Limoges. C’est la raison pour laquelle. LGDJ. C’est « l’idéologie de la réparation »1623 qui triomphe. Les victimes peuvent donc légitimement être indemnisées par le gardien de ce véhicule. la finalité de l’assimilation du cheval à une chose inerte lorsque la relation entre l’animal et l’homme est subie par ce dernier est l’indemnisation de la victime. Le juge entre deux millénaires. par J. la loi établit la responsabilité de l’homme qui en a l’usage1622.. demeure une application 1622 M. Le préjudice subi par les passagers du véhicule dépassé du fait de la collision avec l’animal effrayé trouve son origine dans la chute des bagages du premier véhicule. p. Thèse Limoges. il existerait une cause d’exonération de responsabilité tirée d’une caractéristique inhérente à l’animal.Ripert.313 - . En effet. 2000 1624 J-P. Le droit nie sciemment que « l’animal ne s’immobilise pas en échappant à la surveillance de l’homme et que lorsqu’il devient livré à luimême. L’animal en droit privé. même en matière de responsabilité civile délictuelle. 1992. Traité pratique de droit civil. texte et note 3 1623 L. et R.Planiol et G. dans le cas d’espèce précité.Marguénaud. L’animal en droit privé. quand bien même aucune faute n’aurait été commise dans sa surveillance »1624. la frayeur du cheval est engendrée par la chute des bagages arrimés à un véhicule en cours de dépassement. p. si cette jurisprudence rend irresponsable le propriétaire d’un cheval sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle du fait des animaux. Paris. L’objectif poursuivi par la responsabilité civile délictuelle est d’assurer en priorité la réparation de la victime. Les personnes. quand le cheval cause un dommage. 1992. La jurisprudence précédemment citée sur la frayeur d’un équidé1625 a incité Jean-Pierre Marguénaud à supposer qu’elle consacre « l’autonomie du vice interne au regard de l’article 1385 »1626 du Code civil. c’est parce que les faits d’espèce permettent une réparation de la victime par une tierce personne.100 . qui a toutefois le mérite de préciser le rôle de la frayeur d’un animal dans la survenance d’un dommage. 1952. Le droit occulte alors volontairement la nature vivante du cheval dans un souci d’indemnisation de la victime.Savatier. Or. PUF. Cette jurisprudence.451 1626 J-P.Drai. spéc. Mélanges P. Autrement dit. la vie et l’autonomie qui le caractérisent le conduisent à commettre de nouveaux et nombreux ravages qu’il importe de prévenir. D. Or.Cadiet. pt. 555. p.Marguénaud.7.83 1625 Cf.

Drai. éd.. Bull. Crim. De la distinction des biens. crim. Mélanges P. Le cheval oscille ainsi entre une qualification de chose vivante et une qualification de chose inerte en fonction du caractère consenti ou subi du rapport que l’homme entretient avec l’animal. Si l’homme est dans une relation subie avec le cheval. En définitive.. Cours de Code civil. D. Le juge entre deux millénaires.ce dernier étant alors considéré comme une chose vivante -. et à l’exonérer sous certaines circonstances lorsque la victime a consenti être en relation avec le cheval . 2000 1630 C. 556. A l’égard du cheval. et ne produit pas d’ailleurs. Cass. 1er octobre 1997. Il semble possible d’affirmer que le régime juridique d’une chose vivante et d’une chose inerte diffère.l’animal étant alors assimilé à une chose inerte -. contrairement à Charles Demolombe qui pensait que « cette différence naturelle n’est en droit d’aucune importance. . Tandis que la première est source d’obligations singulières pour son gardien mais aussi un tempérament à sa responsabilité car le droit considère l’autonomie de mouvement de la chose. Si le cheval avait été effrayé pour une raison indéterminée1628. la seconde occulte toute spécificité de la chose et induit l’application du régime juridique des choses inanimées.. l’animal est qualifié de chose inerte et sa nature est alors volontairement occultée. Si l’homme est dans une relation consentie avec le cheval.traditionnelle de l’article 1385 du Code civil qui organise un régime de responsabilité de plein droit susceptible d’être écarté par la preuve du fait d’un tiers présentant un caractère imprévisible et irrésistible1627. de différences légales »1630.314 - . 557. cette différence s’exprime en matière de responsabilité civile par le fait qu’une même lésion survenue à cause du même animal conduit à engager la responsabilité de son gardien lorsque la victime subit le préjudice. l’animal est qualifié de chose vivante et son autonomie de mouvement admise. n°316 Nous pourrions supposer le passage d’un animal de campagne dans le pré 1629 L. Stienon. il est fort à parier que « l’idéologie de la réparation »1629 aurait triomphé de la nature vivante de l’animal. 1854 1628 1627 . entre les uns et les autres.Cadiet.Demolombe. la nature juridique du cheval dépend de la volonté préalable de l’homme à entretenir un rapport avec l’équidé.

En définitive. p. « le cheval a de tout temps été soumis à l’homme et a partout suivi ses destins »1631. BJIPA. En sa qualité d’espèce appartenant au règne animal.24 1632 T. corr. C’est la consécration de la « sensibilité » animale qui conduit un courant doctrinal à considérer l’absence de frontière entre animalité et humanité. La récurrence des discours anthropomorphistes se fonde sur la « sensibilité » de l’animal. dite Loi Grammont. c’est parce qu’il existe entre la chose vivante et l’être juridique une irréductibilité. la volonté de réparer le préjudice de la victime prime la nature du cheval. tant en doctrine qu’en jurisprudence. l’intérêt de l’homme est privilégié. en fait comme en droit… §II. Bureau du Journal des Haras.315 - .72 . Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre. Le tribunal correctionnel de Strasbourg proclamait que « depuis la loi du 2 juillet 1850. Que le cheval se distingue de l’homme en droit est ainsi discuté. n°105. p. 13 mai 1982. face à la nature vivante du cheval.Houël. Paris.LA FRONTIERE ENTRE LE CHEVAL ET L’HOMME REVELEE 558.Lorsque la relation avec le cheval est subie par l’homme. Si. dont le caractère commun au cheval et à l’homme « justifierait. a 1631 E. au stade de la qualification juridique du cheval. cette construction juridique est pourtant la manifestation de l’existence d’une frontière inéluctable entre le cheval et l’homme -II-. le cheval est concerné par la controverse. spéc. Strasbourg. Bien que controversée -I-. 1848. l’intérêt de l’homme est privilégié . I- Une frontière controversée 559. les efforts du législateur ont tendu vers une protection plus grande et plus efficace de l’animal devenu sujet de droit en 1976 »1632.

.Revet.Revet. D’ailleurs. Pal. 7 mai 1994. la complémentarité entre les caractéristiques utile et « sensible » du cheval est rédhibitoire à tout antagonisme. Or.594 1636 Art. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. 1637 Art. p. RTD civ. « si certains souhaitent à toute force le sortir de la catégorie des choses. pén. conscients d’avoir à prendre en considération l’aspect sensible et vivant de l’animal »1635.. que la convention de partenariat conclue entre France Galop et la Ligue Française pour la Protection du Cheval met en exergue habilement. D. Droit des biens. 9 de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature 1638 T.481 . 1999.. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. a minima. 2006..479 1639 T. 561. Chron. c’est pour le faire quitter la condition des biens et protéger l’être sensible par delà les utilités qu’il présente pour son maître »1634. Si « la jurisprudence récente démontre que l’assimilation de l’animal à la chose ne satisfait plus les praticiens du droit. p.Antoine. « la catégorie juridique des 1633 J-B.maxima. et Patrimoine. Gaz..3015 1635 S. p. son extraction de la sphère des biens et. 1999. une place particulière au sein des biens »1633. RTD civ.Loiseau.Seube. Pourtant. le cheval démontre qu’il existe au contraire entre ses caractéristiques utile et « sensible » une réelle complémentarité. p. Cette convention révèle que l’appropriation du cheval eu égard son utilité est l’instrument. Pour un droit des choses. par l’intermédiaire de l’exercice du droit de propriété. 521-1 C. Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations. Dr.316 - . Thierry Revet résume habilement : « si la tradition voit en lui une chose. cette vision est écornée par des dispositions qui marquent l’animal de la considération que l’on a pour les êtres : ainsi la répression des sévices et traitements cruels infligés aux animaux1636 ou l’affirmation de la qualité d’être sensible de l’animal1637 »1638. Ainsi. Un animal est-il une chose ?. 2005 1634 G. et vouloir assurer la primauté de la sensibilité nous parait vain. 560. le cheval est une chose vivante et sa protection « peut être assurée sans lui conférer une qualité de personne juridique opposée à sa nature »1639. de la préservation de son « bien être » en tant que créature douée de « sensibilité ».

Antoine. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. pourquoi ne pas laisser « à la chose sa signification technique : elle est alors tout ce qui n’est pas personne. 1998 1648 M-A. p. Suzanne Antoine le reconnaît : « dans la mesure où l’animal sera. p. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. p. L’animal et le droit des biens. si de chose il devient chose vivante. RTD civ.479 1642 J-B.Revet. fût il meuble »1642. Puisqu’il est une chose vivante.317 - .2651 1645 T.28 T. Dès lors. et Patrimoine. comme sujet »1645. 2003..Antoine. p. RTD civ. 1998 . Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations. La controverse est donc d’ordre sémantique et le cheval s’émancipe de la vision traditionnelle des choses pour s’affirmer comme une chose vivante dont la « sensibilité » est consacrée. D. L’animal. Revue Enquête. PUAM.sujets de droits n’épouse pas les frontières du monde vivant.. le cheval doit faire l’objet d’une protection mais il « peut être utilement protégé tout en restant un bien.Revet. 563. Le droit est un autre monde. En effet. 562. 1999. il est malvenu d’évoquer « le sentiment d’être en face d’une construction à laquelle il manque une pièce »1643 car il n’y aurait « aucune place disponible pour y faire entrer l’animal »1644. Pal. spéc. dans un texte clair.Hermitte.595 1647 M-A.Seube. par ailleurs. Dr. Revue Enquête. le cheval n’en est pas pour autant assimilé à un être juridique. p. L’animal et le droit des biens. Chron.Hermitte. ne fait pas obstacle à la protection qui lui est due »1646. Un animal est-il une chose ?. n°7 sur Les objets du droit.. 2003..Antoine. Thierry Revet en fait l’observation : « il est possible que ces évolutions ne suffisent pas à consommer un changement de catégorie de l’animal »1641. entre science et droit. Le droit est un autre monde.. n°7 sur Les objets du droit. reconnu dans sa nature particulière d’être vivant doué de sensibilité et d’une certaine forme d’intelligence. et rien n’empêche de doter ces choses de régimes de protection »1648 ? 1640 1641 S. le fait qu’il soit classé dans la catégorie des meubles n’est pas choquant puisqu’il est objet de droits réels. D. ni même du monde vivant sensible »1640. 1999.Desmoulin. p.481 1646 S. Cependant. « la qualité d’être sensible de l’animal s’accommode avec sa qualification de chose puisque la reconnaissance de l’animal comme être sensible ne l’affirme pas. 2005 1643 S.2651 1644 S. pour autant. Thèse Aix-Marseille. Droit des biens. Gaz.. ce qui. 2006. Puisque le droit est un autre monde1647. 7 mai 1994.

Droit des biens. Sa nature admise par le droit. RTD civ. 1999.Seube. La frontière entre la personne et la chose est affirmée. les voitures. Janvier août 2005 : du classicisme et des innovations. cela ne l’affirme pas pour autant comme un être. RTD civ.239 1651 T. « affirmer que l’animal est une chose rappelle simplement que l’animal a une existence propre et qu’il ne se confond pas avec l’homme… cette existence propre et cette irréductibilité à l’homme sont les seuls dénominateurs communs des choses : la lumière.. Chron.. l’homme est une personne juridique et le cheval une chose. II- Une frontière pourtant inéluctable 564. c'est-à-dire que la volonté autonome dont elles sont animées en fait de parfaits supports de droits et d'obligations.479 . où situer la chose vivante ? 565. les montagnes… sont des choses et donnent un aperçu de leur infini… affirmer que l’animal est une chose ne revient donc pas à le comparer à une armoire ou à une voiture »1649. La question est alors légitime : au sein de cette summa divisio. il devient une chose vivante mais l’assimilation du cheval et de l’homme ne saurait être 1649 J-B.Libchaber. p. p. Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. le vent. Bien que controversée. les arbres.Ainsi. et Patrimoine. les animaux. quel que soit l’admission par le droit de sa nature. les liquides. tandis que les secondes ne sont rien d'autre que l'objet des désirs des premières »1650.. En droit positif. Une chose vivante cependant mais.Revet. 2001. la frontière entre l’homme et le cheval est pourtant inéluctable : le premier est un être juridique. 2005 1650 R. L’étude du statut juridique du cheval révèle qu’il obéit à une qualification traditionnelle de chose. Perspectives sur la situation juridique de l’animal. le second une chose.318 - . « les premières sont des sujets de droit. De la distinction des personnes et des choses. Cette « division personne chose est fondamentale et primordiale parce qu’elle répartit l’ensemble des éléments saisis par le système juridique en deux groupes qui se définissent notamment par leur opposition »1651. Dr.

Perspectives sur la situation juridique de l’animal. J. Janvier-Mars 2001. le vivant et l’inerte. Seuil 1657 S. 2002 . Leçon 35 : Philosophie et spiritualité. Livre IV. il résulte de l’opposition entre l’être et la chose que le second est l’objet des désirs du premier. Le cheval agit principalement par besoin1657. il est incapable d’assurer personnellement la sauvegarde de ses intérêts. c’est parce que contrairement à ce dernier. D’ailleurs. le cheval est effectivement désiré par l’homme1655 mais. Paris. Prop. alors que l’homme est sujet au désir1658. Ethique. En revanche. Or. Loi n°99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. Ensuite. 1848 1656 Cf. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux.Revet. éd. B. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre.Houël. D’abord. l’être juridique dispose d’une volonté autonome qui en fait un parfait support « de droits et d'obligations »1652. Cf. Cette absence d’aptitude du cheval à l’autonomie juridique le distingue de l’être juridique. si l’expression de sa « sensibilité » est subordonnée à l’homme. La relation d’objet.Spinoza. RTD civ.Lacan. « l’absence ontologique d’aptitude des animaux à l’autonomie juridique.juridiquement envisagé quel que soit l’autonomie de mouvement et la « sensibilité » du premier. RTD civ.. scolie .Revet. ainsi l’interdiction des mauvais traitements »1654. éd.319 - . p. En effet. Bureau du Journal des Haras.239 T. 567. RTD civ. p.Carfantan. il (le vivant) puise ce dont il a besoin pour sa nutrition et sa respiration. son rapport au monde extérieur n’est pas accompagné de désir.9..479 1654 T. le rapport entre la chose et le cheval procède de la théorie là où le rapport de l’homme au monde extérieur est fondé sur le désir1656.. également J. font des choses et des biens le cadre indépassable de leur appréhension par le droit »1653. le cheval « n’a aucune aptitude à la prise en charge autonome de son intérêt d’être sensible et la défense de celuici peut être assurée sans lui conférer une qualité de personne juridique opposée à sa nature : les devoirs imposés aux sujets de droit suffisent. Le séminaire. III. Livre V. Ainsi. Nous voilà en présence de concepts typiques du vivant : nous venons de parler de besoin » 1658 Cf. en revanche. p. 1652 1653 R. 566.481 1655 E.Lacan. 1999.Libchaber. 1999. selon une mécanique susceptible d’être théorisée. Les formations de l’inconscient. Seuil . Le séminaire. et son inutilité pour leur protection. l’auteur précise que « dans son milieu.

Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. p.320 - . 1999. lorsqu’il éprouve l’action d’un objet externe.200 et 201 1660 T. la définition du phénomène est précise : « l’animal est dans un rapport théorétique avec les choses… c’est un rapport qui n’est pas accompagné de désir… l’animal. trad. 1999.Hegel. louer. acheter. sa nature est admise par le droit. vendre. C’est bien lui qui est loué. p. Loi n°99-5 du 6 janvier relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. RTD civ.Revet. L’être juridique accède et participe au commerce juridique. RTD civ. En philosophie. vendu. au contraire de cette dernière. Librairie philosophique de Ladrange. « le groupement de personnes ou de biens aspire à la personnalité parce qu’il a besoin de venir au commerce juridique : il doit emprunter. en tant qu’être sentant. Tome III. L’un est donc être juridique parce qu’il manifeste une volonté autonome.. Ainsi. le comportement du cheval et de l’homme dans leur relation avec le monde extérieur diffère. acquis. Or. 1659 G-W-F. le cheval n’est pas un acteur du commerce juridique mais un instrument. et c’est sur cette satisfaction qu’est fondé le rapport théorétique »1659. le cheval est donc une chose. travaillé… Distinct de l’être juridique. l’autre une chose parce qu’il en est dépourvu.481 1661 T..Revet. p. ce qui le conduit indubitablement à être distingué des êtres juridiques dont il est au contraire l’objet. aussi est-il plus qu’une simple chose : il est une chose vivante.Véra.481 . A. Paris.568. 1866. Autrement dit. embaucher… »1661. Philosophie de la nature. Cependant. de l’accès au commerce juridique distingue alors sa situation de celle des personnes morales »1660. trouve en lui-même sa satisfaction. pour l’animal. « cette inutilité. 569. Le parallèle avec la personne morale est ici révélateur car. §351.

l’adage romain Homonum causa omne jus constitutum : c’est en vue de l’homme que le droit est constitué Cf. Par principe. J. Cependant. dont la fréquence pourrait faire douter du caractère exceptionnel. cette construction juridique est pourtant justifiée. Puisque « sensible ». Les personnes.378 . le couple. l’intégrité physique du cheval est protégée pénalement et la préservation de son « bien-être » fait l’objet d’une illustration unique grâce à une convention de partenariat conclue entre la Ligue Française pour la Protection du Cheval et France Galop. L’exception. D’apparence contradictoire. sitôt admise. Puisque autonome en mouvement.CONCLUSION La nature du cheval est admise par le droit. ce qui mène à l’observation d’une responsabilité civile quasi indifférente à la nature du cheval et d’une responsabilité civile délictuelle du fait des animaux autonome. par exception.Carbonnier. le droit s’efforce de ne pas faire supporter les effets juridiques attachés à la qualification de chose vivante du cheval à une personne qui subit le rapport à l’animal. l’enfant. p. est justifiée par l’intérêt supérieur de l’homme. L’autonomie de mouvement du cheval est marginalisée. Droit civil. l’imprévisibilité du comportement du cheval et le niveau d’équitation du cavalier sont pris en considération par le droit et l’obligation de surveillance et de sécurité du cheval est imposée. la seule façon d’aboutir à ce résultat étant d’occulter volontairement la nature du cheval.321 - . 2004. L’expression de la « sensibilité » du cheval est subordonnée à l’homme. Il s’agit de conserver à l’esprit que c’est en vue de l’homme que le droit est constitué1662 . ce qui fait du cheval. le cheval est donc une chose vivante et. une chose inerte. de sorte que l’effectivité de la protection de l’intégrité physique du cheval dépend en définitive de l’homme. Cette évolution est déterminée par l’admission en droit de l’autonomie de mouvement et de la « sensibilité » du cheval. Introduction. la nature vivante du cheval est récusée par le droit afin de limiter les effets juridiques qui y sont attachés. Quadrige. PUF. une chose vivante. coll. 1662 Cf. outre une chose. Dès lors. n°195. La famille.

D’abord. dans l’ensemble. le cheval est tantôt une chose vivante. la qualification de chose vivante du cheval.au risque de maintenir des solutions juridiques inadaptées. évolution au gré de la vie qui l’anime… . le cheval s’en distingue par sa nature propre.imprévisibilité du comportement. La consécration juridique de la nature du cheval est donc limitée afin de privilégier l’intérêt de l’homme.2ème PARTIE CONCLUSION La détermination de la nature juridique du cheval permet de reconnaître que ce qui le caractérise et lui a procuré un rôle déterminant aux côtés de l’homme est pris en considération par le droit. Il est chose et bien meuble pour le droit et force est de constater que. . exprimée notamment par l’admission de son autonomie de mouvement. Application d’abord parce que le cheval obéit aux classifications juridiques traditionnelles. limitation : voila le triptyque révélateur de la nature juridique du cheval. une chose vivante.322 - . adaptation. donc autonome en mouvement. le cheval est vivant. Dans cet esprit. outre une chose. Ensuite. Adaptation ensuite parce que le droit ne pouvait ignorer certaines caractéristiques du cheval . n’est pas sans effet en droit de la responsabilité où l’imprévisibilité du comportement de l’animal devient une cause d’exonération. sitôt confondu avec les choses dont il emprunte la qualification. Pour la victime du cheval. Là où la chose est par principe inerte. Application. tantôt une chose inerte. la conséquence directe de cette admission de la nature de l’animal est une absence de réparation. Mais à l’admission de la nature du cheval en droit succède instantanément une limitation des effets juridiques qui y sont attachés. Il en résulte une évolution de sa nature juridique. les solutions en résultant lui sont d’une application satisfaisante. justifiant que l’application du régime juridique de la chose vivante soit marginalisée. Cette construction juridique est révélatrice de la manière dont le droit appréhende le cheval. susceptible d’évoluer à force d’entraînement ou de dressage… Le cheval en droit c’est donc.

323 - . le cheval est alors qualifié de chose vivante. . Limitation enfin parce que la consécration juridique de sa nature vivante est marginalisée afin de privilégier l’intérêt de l’homme.Appréhendé selon sa nature par le droit.

éd. spéc. Cujas. Droit civil.Malaurie et L. Les contrats spéciaux.324 - .Aynès. 1986. n°465 . il revient au galop » P.CONCLUSION GENERALE « Le particularisme est difficile à maintenir… chassez le droit commun.

PUF.322 . on ne saurait s’en satisfaire car le cheval n’est pas réductible à une chose. L’étude de ce régime juridique a d’abord révélé qu’il « s’est vu appliquer les solutions taillées à la mesure des choses inanimées »1668.7 1667 G. éd.Wachsmann. Dictionnaire des symboles. miroir de nos émotions. Le cheval dans les croyances germaniques: paganisme. Et l'homme créa l'animal: histoire d'une condition.Claude. Mais l’étude a très vite révélé que le cheval est « drivé » par le droit des animaux. P.Houël. 2007 1665 E. Librairie générale de droit. 2007 1663 . Cf.Chevalier et A. Paris. non seulement eu égard son importance affective pour l’homme1669 mais J. il était possible d’imaginer que ce lien entre le cheval et l’homme.. Thèse Limoges. 1939. « serviteur de l’homme »1665… nul besoin de développer. PUF. éd. à subsumer des faits sous des normes juridiques. 1999. Histoire naturelle..Une étude sur le statut juridique du cheval ne pouvait s’affranchir de préciser à titre liminaire ce que le cheval représente pour l’homme. Paris. Chron. il convenait d’analyser au préalable le régime juridique du cheval.325 - . Dictionnaire de la culture juridique. La qualification en droit civil. moins problématique que sa qualification juridique. Qualifié traditionnellement de chose et de bien meuble. christianisme et traditions. Odile Jacob. démonstration était faite que le cheval a joué un rôle déterminant dans la vie humaine.Simon. Animal mythique et sacralisé1663.. Droits Rev. spéc. Mais l’analyse a démontré qu’il ne se confond que partiellement avec chacune d’elles. éd. p. 2005 1664 G-L. Honoré Champion. spéc. p. en vue de la production d’effets de droit » . s’exprime au plan juridique par un traitement singulier du cheval. Paris. L’animal en droit privé. p. « plus noble conquête »1664. 2ème édition.174 . p. n°18. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre. de nécessité hier et d’utilité aujourd’hui. Préface de la 12ème édition du Traité élémentaire de droit civil de Marcel Planiol. Bureau du Journal des Haras.Gheerbrant.Jestaz. p. son régime juridique dépendant partiellement de son appartenance au règne animal.45 1668 J-P. 1993.Marguénaud. Déterminer ce que le cheval est en droit imposait alors de croire qu’il ne désigne pas une réalité identique à celle que saisissent respectivement les notions d’animal ou de chose. éd. éd. 1997 .19 1669 Cf. Pour autant. et même si « la qualification retenue conditionne le régime juridique applicable »1667. M-A. Robert Laffont. Fr.7 1666 G. Camaïs. I. D. En l’absence de certitude autour de la qualification juridique du cheval.Wagner. 2003. dans une première approche.Ripert. P. La nature juridique des règlements sportifs à objet commercial. 1992. 2003 où l’auteur indique que « la qualification consiste. Et puisque le droit est toute la vie 1666. Le cheval. 1848. le cheval se trouve soumis au droit commun et celui-ci fournit des solutions juridiques adaptées.Baratay. p.Leclerc de Buffon. 1749. Honoré Champion. E.

entre droit des biens et contrats spéciaux. Le droit semble en effet opposer les choses et les êtres comme l’inerte et le vivant. 1995. il était difficile de lui faire supporter les effets indésirables attachés à la qualification de chose vivante du cheval. l’adage romain Homonum causa omne jus constitutum : c’est en vue de l’homme que le droit est constitué Cf. le régime juridique du cheval révèle que le droit admet implicitement que le vivant n’est pas exclusif de l’être juridique. De chose. Folio. 1848. spéc.Kambouchner. C’est ainsi que la spécificité du regime juridique du cheval n’est pas affirmée par le droit qui marginalise dans ses solutions l’autonomie de mouvement et la « sensibilité » du cheval qu’il reconnaît pourtant par ailleurs.Fagot-Largeault. en raison même de son traitement par la loi et la jurisprudence dont il ressort comme une espèce animale qui « n’en finit pas d’enrichir le droit »1670. l’enfant. D. p. Le recul de la consécration juridique de la nature du cheval a ainsi pour cause l’intérêt supérieur de l’homme.231 1672 B. J. PUF. Au demeurant. d’être juridique pour l’un. 2007. n°195. Même si le vivant paraît difficile à appréhender1671 car « il est illusoire et chimérique. p. Les personnes.encore.378 1674 E. Notions de philosophie. de sorte qu’il n’existe pas de catégorie juridique correspondant précisément aux choses vivantes. en compagnie du meilleur ami de l’homme.Claude. cette considération juridique n’est pas propre au cheval.2989 1671 A. d'en chercher une définition absolue »1672. Malgré un lien unique entre l’homme et cheval. Paris. La famille. dir. vol. et leur assimilation ne saurait être juridiquement envisagé quel que soit l’autonomie de mouvement et la « sensibilité » du second. C’est le reflet en droit d’une constante factuelle : « le cheval a de tout temps été soumis à l’homme et a partout suivi ses destins »1674. le couple. 1670 J-M. 1878-1879 1673 Cf. coll. 2004. l’adjonction du qualificatif vivant à la notion de chose n’est pas neutre..Carbonnier. Droit civil. éd. Baillière et fils.Bruguière. Tome I. Petite promenade.326 - . Le vivant. Bureau du Journal des Haras. elle constitue seulement la manifestation de la finalité du droit. p. de chose vivante pour l’autre. Introduction. Histoire du cheval chez tous les peuples de la Terre. Puisque c’est en vue de l’homme que le droit est constitué1673. le cheval devient chose vivante. contraire à l'esprit même de la science. D. Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux. p. Cependant.24 . Quadrige. parmi lesquels l’absence de responsabilité liée à l’imprévisibilité du comportement de l’animal. 1. leur qualification demeure irréductible. spéc.Houël.

il revient au galop »1675. Les contrats spéciaux.327 - . éd. 1986. 1675 P. « le particularisme est difficile à maintenir… chassez le droit commun.Le statut juridique du cheval traduit ainsi la flexibilité du droit lorsqu’il doit régir une chose de nature singulière. En définitive. spéc.Aynès. Mais il souligne aussi les limites de cette flexibilité : l’intérêt de l’homme. Cujas.Malaurie et L. Droit civil. n°465 .

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Cont. com. civ. no92-12. p.3821 RADE (C.) . n°15 RAYMOND (G. 2èmeciv. 2èmeciv. Bull. Cont.1 SCHMIDT-SZALEWSKI (J. n°3893 . p. p. 1967.) . 1964. 1996. no 141.303.) . 21 octobre 1999. 1èreciv.Note sous Cass.. 2èmeciv.. n° 10017 PAISANT (G.. 30 mars 1999.376 MOULY (J.) .Obs. p.. sur Cass. II.Obs. 20 novembre 2003.Note sous Cass.Note sous Cass. sur Cass. p. 2èmeciv. Dalloz. p.Obs..) .Obs. n°02-13. Gaz. 2001.. 13 décembre 1963. RCA. 1998. n°155..) .915. no95-11.. n°02-18. Bull. 11 juillet 2000.15619 SAINT-PAU (J-C. no97-12. 2004. 10 juin 2004. IV. Gaz. RCA.. no93-10. p.Note sous Cass. p. 1èreciv. comm.649. 1. 13 PIEDELIEVRE (S. chron. no142. II. cons. civ. conc.197 et n°92-21. 20 mai 1997. 12 décembre 1967.) . Bull. no92-21.Obs. 2004..649 MESTRE (J. Pal.653..1195 VINEY (G. 20 novembre 2003. 13 mai 2004.110 RODIERE (R.222.. 1964.Note sous Cass. 1999. 2èmeciv. 29 novembre 1994..349 - . n°304. Dalloz..849 MAZEAUD (J. 1999.) .MARIN (X. no148 . 1ère civ.871.441 POLERE (P. 1995.) ... 3èmeciv. JCP.) .102 . civ.653. 2002.Note sous CA Paris. sur Cass. com. somm. com. civ. p.. 18 octobre 1998. Bull. p. 22 mai 1995..Note sous Cass. II. Dalloz. sur Cass. 1èreciv. Pal. 3 mai 1966.) . sur T. p.Note sous Cass.Note sous TGI Paris. Revue Banque et Droit. 1994. p.Note sous Cass. RTD civ. Dalloz. cons..251. IV.) . I. Avignon.374.. JCP G. n°03-10.) . n°02-13. I.743. conc. Dalloz. JCP G. 27 avril 1994.

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138. 503 et s. 501 et s. délivrance. Animal. Accession. 132. 37 meuble par nature. 448 et s. 545 Bien d’occasion. 399 et s. 37. 35 et s. 478 Abus de jouissance.. 474. Aléa sportif. 313. 131. Acte d’administration. 37 croît. 97. 413 et s. 54.. 515 et s. 69 et s. 325 .. 66 immeuble par destination. 62 et s..INDEX ALPHABETIQUE Les chiffres renvoient aux numéros de paragraphe ***** -AAbandon. 85. 446. consignes de sécurité. 31 et s.. -BBien. 509 et s. 67 et s. 320. 196. 152.. 351 -CCarte d’immatriculation. 307. 474 et s. Cavalier. 35 et s. 382. 394 et s. 62. 333. à préserver. Autonomie de mouvement. 439. 357 et s. 203 et s. rétention.351 - . 100. 120.. 84 sauvage. 446. 266 Acceptation des risques.. 306 et s. 414 domestique. 257 Acte de cruauté.

462 et s. 452 et s. 448 et s. 350. 17. 362 sensibilité.. 203. 548. animée. 227 qualités substantielles.. 353. 497 et s. 86 sauvage.. 354 mobilité. 559 et s. vive. 45. 442. 353. . 3. à préserver. 1. 74. 294 et s. 387 et s. 55. 352. 51. 50 bien d’occasion. 60... 536 et s. 472 et s. 87. 221 et s. 549 Centaures. 434 et s. 239. 283 Clause de réserve de propriété. 482 rétention. 27. 321. 362 frayeur.. races. 46 imprévisibilité. 319. future. 388.. 447. 51. 402. 229 réformé. 396 immeuble par destination. 3. 85. Code des courses au trot. Cheval au pair. vivante. 176 et s. 462 et s.352 - . dangereux. 333. 351 bien-être. 7 et s. 462 et s. 557 inerte. 384 et s. transport. 176 et s. 236 Chose. 548 et s... 458 définition. 464. 369. 442 et s. 91. 334.. 552. 446. 354 et s. 497 et s. 450 et s... 93. Clause de redevance. 465 police sanitaire. 18 Cheval. 45. 48. 208 et s. 48. 442. 6 domestique. meuble par nature. Clause abusive. 285 Code des courses au galop. 316 et s. 396 vices cachés. 555 identification.. 87.. 50. 294 et s. 7 et s. 482 et s. 473. 91 inanimée. 46. 99.- niveau d’équitation. 372 et s. revendication. 451.

408 et s.Code d’Hammourabi. 134. 127. 202. Condition potestative. 236 Compétition. 234 et s. 418 Condition suspensive. 203 et s. 249. 185 et s. 295 réglementation. 294 Contrat de mare-sharing. .. 293 durée. 44.353 - . 144. 237 Contrat d’enseignement. 179 durée. définition. 292 et s.. 293 Contrat de foal-sharing. Contrat de monte. 148. 37. 182 Contrat de collaboration. 214. 296 Contrat de location de box.. 234 Contrat d’entreprise. 192 Contrat de coopération. 231 Commodat.. 219 et s. 422 et s. 218. 224. 220. 191 Contrat de dépôt. 130. 422 et s. déclaration écrite. 200. Condition d’essai. 314 Contrat d’entraînement. 293. 33. 292 et s.. 223 et s. 175 et s. 293 Contrat de dépôt-vente. 194 et s... 510 et s. 396. 235 Contrat de location de carrière de courses ou de concours.. Contrat de location. Consommateur. 181 règles impératives. 221 Contrat d’association. 212 et s. 211 et s. 85. 100. 252. 393. 256 et s. 135.

494 Droit à saillie. 109 manœuvre. 158 répartition des bénéfices. 112 Dressage.Contrat de pension. 275 et s.. contribution aux pertes.. 485. 349 Contrat de soins. 111.. Convention de placement. 282 -EEchange. 75 et s. 349 Ecuyer. 194 Droit de saillie. 436 et s. 290 cession. 240 et s. 255 et s. 292 Droit des animaux.. 14 . Dol.354 - . 166 et s. 162. 232 et s. 31 et s. 234. 101. 73 et s. 246 et s. 168 et s. 156.. 474. 109 et s. définition. 216 et s. 81 Ecurie. 131. Contrat de syndication.. 488 et s. 196. 254 et s. 437 location. 164. 49. 335. 149 -DDélivrance des accessoires. 152 et s. 152 durée... 477 et s. 281. 149. Copropriété. 114 réticence dolosive. 47. 37 Contravention de mauvais traitements. 47. dépréciation. Contrat de vente.. 158 Contrat de transport. 167. 394 et s. 223. 211 et s. définition.. 269. 188. 154.

sur les capacités. 2. 478 Elevage. 45... 240. 105 sur les performances. 422 et s. 280. Exception d’inexécution. 48. 452 existence. 211 et s. 380 Garantie d’éviction. 72. 14. 7.Eleveur. vérification du cheval 227 et s. 184. 104 sur l’origine. 125. Erreur. 510 Equus. 152. 146. 233. 123. -FFaute civile. Fonds agricole. 176.. 44. 281. 254 et s. 361. 7 et s. 121 et s. 385 et s. 506 et s. 47. 139. 101 et s. 223 et s. 180. 106 sur l’identité. 428 Etalon. 199. 230 et s. 520 et s. 335 Entraîneur. 425 transfert des risques. 151 et s. 108. 97.. 434 et s. 252.. 288 Etalonnier. 179. erreur de lieu.. 302. hypofertilité. 529 Equitation.. 358 Equus ferus. 253 -GGarantie de conformité. 199. 262 . 108 Essai. 196. 309.. 128 et s. 436 et s.. 72 et s. 127. 52. 232. 185 et s.. 358 Equus caballus. 148.. 348.355 - . 55. 10.

533 -LLoueur d’équidés. 258 et s. 380. Obligation d’entretien et de soins.. 436 et s.. 394 et s. 183. 228 -JJockey. 246. 438 -HHaras nationaux. 301 .Garantie des vices cachés. 199 -OObligation de délivrance. 2.. Inséminateur équin. 333 et s. 62 Maréchal-ferrant.. 1. 204 et s. 196. 362 et s. 315 -MMancipation. 199. 186 et s. Obligation de loyauté. 280. 263.. 72.. 387 Groupement d’intérêt économique. 251. 260. 443. 138.356 - . 296. 466 Meuble vif. 544 Obligation d’information et de conseil. 461. 387 et s. 152. 160 et s.. 466 -NNaisseur. 533 Meuble mort.. 300 et s.. 461. 119 et s. 308. 137 et s. 16. 363 -IImmeuble par destination. 353. Garantie des vices rédhibitoires. 126. 141. 124. 276 et s. Indivision. 92.

Personne morale. 44. 530. 457. 315 et s. 62 Res nullius. 62 Preuve..357 - . 415 Poulain. 312 et s. 539. 140. 61 et s. 329 et s. 62 Res nec mancipii. 140 Pégase. 88.. 508 -RReproduction. 127. 95. 454. 48 . Palefrenier. 18 et s. 90. 452. 346 et s. 146.. 544 Occupation. 218.. 238. 54.. 88. 545 Obligation de surveillance et de sécurité. 559 et s. 45. Principe de précaution. 2 Paumée. 510 et s. 90 et s. 189. 393. Personne juridique.. 132. 90 et s.. 304. 353.. 569 Possession. 91.. 555 Principe du consensualisme...Obligation de sécurité. 148. 517. 233 Prescription. 507 Res mancipii. 252 et s. 51 Professionnel. 82 -PPaddock. 264.. 564 et s. 328. 203 et s. 412 Promenade équestre. 213. 508 compétence du personnel. 71 et s. 200. 505 itinéraire. 353. 504 et s. 81 et s. allure. 223 et s. 310. 296. 349. 133. 327. 102.

427 Usucapion.358 - . 141. 72 et s. -SSaillie. 100. 95. 277 gratuite 166. 252 et s. 94. 185 et s. 165.. sous condition. . 87 et s. cession de doses. 276. 290 vente. 416 et s. 525 et s. 395. définition. 289 et s. 408 et s. 227 et s. bonus 162. 286 Vente avec redevances. 126 et s. 126. 37 -VVente. 118 et s. mandat de commercialisation. 138. Société en participation. 283. 47. 152 et s. 228. 143. 436 et s. -TTarpan. prix. 270. individuelle 164. 153 et s. 195. 289 Sévices graves. 100. 84 obligations de l’acquéreur. 190. 439 Semences. obligations du vendeur.. 474 et s. transfert des risques. 178. 97. 174. 176. 7. 416 et s. 384... 62 Usufruit. 9 Tradition. 76 et s. 174. 278 et s. 62 -UUsages.. 94.Responsabilité civile délictuelle du fait des animaux. 76.. 439 cartes de saillie. 88 fictive. 90.

89. prescription de médicaments 248. 101 et s. 340 expertise. 342 retard d’intervention. 96.359 - . 245 défaut d’intervention. 338.Vétérinaire. 310 opération. 408 et s. Visite vétérinaire d’achat. 338 Vice du consentement. 341 prescription de produits dopants. 147 information. . 343 et s. 443 diagnostic. assistance.

.. 53 A... 41 Titre I .... 28 A.... 53 B...Des chevaux et des Hommes……………………………………………………….... 8 INTRODUCTION GENERALE………………………………………………………….Le droit d’accession et la faculté de déplacement des animaux……………… 59 .... 16 B. 35 1ère PARTIE ..............Le cheval et la Culture…………………………………………………………… 22 II....Le droit des animaux « désarçonné » par le cheval………………………….Les modes d’appropriation communs aux animaux…………………… 48 Section I .LE REGIME JURIDIQUE DU CHEVAL....Des chevaux et du Droit……………………………………………………………. 15 A.L’appropriation des animaux par occupation……………………………………… 50 §II.360 - .Les modes « originaires » d’appropriation des animaux………………....La maîtrise humaine de l’activité de reproduction du cheval légitimée…….L’appropriation du croît des animaux normalisée…………………………….. 12 I...Le régime juridique de l’appropriation du cheval………………………. 6 Liste des principales abréviations…………………………………………………….TABLE DES MATIERES Les numéros indiqués renvoient aux pages ***** Sommaire………………………………………………………………………………….. 55 II....Le cheval et l’Histoire…………………………………………………………….Le droit d’accession et la faculté de reproduction des animaux………………..L’appropriation des animaux par accession……………………………………… 53 I...Le cheval « drivé » par le droit des animaux…………………………………. 29 B.. 45 Chapitre I . 49 §I..

Le dol et l’évolution imprévisible de l’animal……………………………….Une garantie de conformité inadaptée……………………………………… 83 Chapitre II ...L’originalité des garanties de la vente animalière…………………………… 2.Les modes contractuels d’appropriation propres au cheval………… 96 Section I .L’immédiateté du transfert de propriété de l’animal………………………..L’accord des parties sur un animal et un prix prouvé……………………… 66 2.La formation de la vente animalière……………………………………………… 65 A.Le contrat de « mare-sharing »…………………………………………………… 117 . 60 §I..Les modes « dérivés » d’appropriation des animaux…………………. 72 1.. 113 §I...Le contrat de syndication…………………………………………………………… 97 I.. 76 II... 98 II.. 79 1...Le contrat de « foal-sharing »……………………………………………………… 113 §II. 65 I.Section II...Le régime juridique de l’indivision conventionnelle applicable……………….Le principe du consensualisme et l’usage de la paumée…………………… 66 1.Les obligations de l’acquéreur de l’animal………………………………….La banalité des obligations de la vente animalière…………………………... 72 2.L’exécution de la vente animalière……………………………………………… 1..Le régime juridique de la société en participation appliqué…………………….L’appropriation du cheval fondée sur la réunion de capitaux………….La propriété de l’animal transmise par vente…………………………………….L’erreur et l’évolution imprévisible de l’animal…………………………….L’appropriation du cheval fondée sur la conjonction d’un étalon et d’une jument…………………………………………………………………………………….Les vices du consentement et l’évolution imprévisible de l‘animal.Une garantie des vices cachés modifiée…………………………………… 78 79 82 83 89 A.. 101 §II.Le contrat d’association…………………………………………………………… 109 Section II ... 70 B. 2.. 97 §I. B.Les obligations du vendeur de l’animal…………………………………….La propriété de l’animal transmise par possession……………………………… 62 §II.361 - ..

La cession du droit de saillie…………………………………………………. 147 I..L’exploitation des besoins du cheval…………………………………………… I.Le régime juridique de l’exploitation du cheval………………………. II... 170 I.La cession de doses de semences du cheval……………………………… 162 §II.L’exploitation des aptitudes du cheval………………………………………….. 124 Section I .La préparation du cavalier par l’enseignement……………………………. 134 §II.La préparation du cheval par l’entraînement ou le dressage…………….Le transport du cheval………………………………………………………….362 - .... 146 §I.. 125 §I.Les modes directs d’exploitation du cheval……………………………. 133 III.La préparation du cheval et du cavalier………………………………………. 126 II.Les modes indirects d’exploitation du cheval…………………………. 121 Chapitre I . 147 II.. 128 B.Le transfert définitif du droit de saillie………………………………………….L’obligation d’information et de conseil développée dans la vente animalière.. 164 Chapitre II .Conclusion du Titre I……………………………………………………………………..L’obligation d’informer et de conseiller l’utilisateur du cheval………………….L’hébergement du cheval………………………………………………………..Le régime juridique des modes d’exploitation du cheval……………. 137 138 141 143 Section II .La monte du cheval……………………………………………………………. 154 A.Des obligations ordinaires au profit de l’utilisateur du cheval………… 169 §I. 128 A.Le transfert temporaire du droit de saillie……………………………………….170 .La location du cheval…………………………………………………………….Le transfert de la maîtrise de l’activité de compétition du cheval…………….Le transfert de la maîtrise de l’activité de reproduction du cheval……………... 119 Titre II .Les soins apportés au cheval…………………………………………………. III. 155 B.Le régime juridique du fait de l’exploitation du cheval……………… 168 Section I . 126 I.

L’appropriabilité du cheval……………………………………………………….Une qualification confirmée par le régime juridique du cheval…….L’utilité du cheval…………………………………………………………………. 191 Conclusion du Titre II………………………………………………………………….L’appréciation satisfaisante des caractéristiques essentielles du cheval…….L’obligation d’entretenir et de soigner le cheval……………………………….. 204 205 206 208 210 211 213 Chapitre II . chose et bien…………………………………………………… 201 Chapitre I . 184 §I. 219 §I.La diversité des propriétés physiques du cheval………………………………. 220 . 185 §II .Des obligations singulières au profit du cheval………………………. §I. 194 Conclusion de la 1ère Partie…………………………………………………………… 195 2nde PARTIE .L’obligation d’assurer la sécurité de l’utilisateur du cheval…………………… 176 Section II . Section II .Une qualification justifiée par les propriétés du cheval……………. §II.. §II.L’obligation d’information et de conseil généralisée par la jurisprudence équine…………………………………………………………………………………… 173 §II.L’obligation de surveiller et d’assurer la sécurité du cheval………………….Les propriétés physiques du cheval…………………………………… §I.LA NATURE JURIDIQUE DU CHEVAL…………………………… 197 Titre I .Le cheval. Section I .... 218 Section I .II..Les propriétés économique et patrimoniale du cheval……………….363 - .Le rôle déterminant de la mobilité……………………………………………….Le succès de l’application du droit commun au cheval………………..

La rétention des documents officiels du cheval autorisée…………………… 221 222 226 228 §II.La distinction du vif et de l’inerte codifiée…………………………………….L’appréciation satisfaisante des documents officiels du cheval……………. Titre II . II. chose vivante………………………………………………… Chapitre I ...Syndication et distinction de la société en participation et de l’indivision conventionnelle………………………………………………………………………..Essai du cheval et condition d’essai……………………………………………..Déterminabilité du prix et validité de la vente avec redevances…………… §II.Les vices affectant le cheval identifiés………………………………………….L’influence de l’imprévisibilité du comportement du cheval…………………. II.Droit d’accession et possession de la poulinière…………………………….Condition suspensive et visite vétérinaire d’achat……………………………. 226 Section II .L’autonomie de mouvement du cheval consacrée………………….Les effets juridiques de l’autonomie de mouvement du cheval……………… I.Une consécration juridique de la nature du cheval………………. Conclusion du Titre I…………………………………………………………………. III. I.Des solutions acquises du droit commun illustrées par les pratiques équines..Rétention du cheval et distinction avec l’exception d’inexécution…………..... §II..Le succès de l’application du droit commun aux pratiques équines… 231 §I. II.Le cheval..364 - . §I.L’influence du niveau d’équitation du cavalier……………………………….. I...La délivrance des documents officiels du cheval imposée…………………… II.Des solutions débattues du droit commun illustrées par les pratiques équines………………………………………………………………………………… I..Le fondement juridique de l’autonomie de mouvement du cheval…………. II. Section I .Les qualités substantielles du cheval identifiées………………………………. III.. II.I. 232 I.La distinction du vif et de l’inerte confirmée législativement………………. 246 251 253 256 258 258 259 260 264 264 267 239 240 245 233 235 236 .

Une limite affirmée………………………………………………………… 284 §I.Une consécration juridique de la nature du cheval limitée………… 283 Section I .La sensibilité du cheval subordonnée………………………………………….L’autonomie de mouvement du cheval marginalisée………………………….La frontière entre le cheval et l’homme révélée………………………………. I.Le rapport au cheval subi par l’homme………………………………………. Section II . §II..La protection d’une chose vivante réclamée………………………………….Le fondement juridique de la « sensibilité » du cheval………………………. II.... I.. 286 A.La préservation du « bien-être » du cheval…………………………………..Une frontière controversée…………………………………………………….Section II .Le risque en équitation accepté……………………………………………… 289 2. 285 I.Les effets juridiques de la « sensibilité » du cheval………………………….Une frontière pourtant inéluctable……………………………………………..365 286 289 298 303 305 306 307 308 308 312 315 315 318 321 B. §II.Le risque accepté émanant du cheval : un défaut de maîtrise…………. §II.La « sensibilité » du cheval consacrée………………………………. II. II. Conclusion du Titre II………………………………………………………………….Le rapport au cheval consenti par l’homme…………………………………. §I.Des devoirs imposés aux personnes approuvés…………………………….L’intérêt de l’homme privilégié…………………………………………………… I.Une responsabilité civile neutre………………………………………………….Le risque accepté émanant d’un concurrent : un aléa sportif…………. 292 ... §I. I...Des droits conférés aux choses vivantes réprouvés……………………….La maîtrise du cheval imposée………………………………………………... 1. I.. .Une limite justifiée………………………………………………………....La protection pénale de l’intégrité physique du cheval………………………. II.La protection d’une chose vivante codifiée…………………………………… 269 270 271 276 279 279 281 Chapitre II ... II.Une responsabilité civile délictuelle du fait des animaux autonome………. II.

Conclusion 2ème Partie………………………………………………………………… 322 Conclusion générale………………………………………………………………… 324 Bibliographie…………………………………………………………………………..366 - . 328 Index alphabétique…………………………………………………………………. 351 Table des matières…………………………………………………………………… 360 ...

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