SYNTHÈSE

Synthèse TEDx Bordeaux 2012 réalisée en temps réel par Jéroboam communication / Lucas Chevalier
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SYNTHÈSE 2012 – Première partie

Irina DOBRE Acasà Une spécialiste de l'interculturalité pose une question simple, celle du lien à notre terre d’origine et à notre identité. Irina nous pose d’une façon intime et personnelle la question du lien à notre terre. Elle nous interroge sur nos racines, notre vision du monde, notre capacité à nous mouvoir dans l’espace et dans le temps, notre relation à l’autre, bref notre être tout entier. Irina est spécialiste de l’interculturalité, elle vient d’un autre pays et elle a bâtit sa famille ici. Je suis venue vous poser une question aujourd’hui. Une question qui a trait à notre être, à notre fondation même, à ce que nous avons de plus cher au monde certainement. Mais d’abord une histoire, mon histoire. Mon nom trouve son origine dans une famille roumaine. Mon arrière grand-mère qui a les yeux bleus comme moi me dit : « Prie que je ne meure pas rapidement, car je suis la preuve vivante de ton lien à notre famille. » Elle meurt la veille de mon départ en France, en septembre 1999, quand je pars faire mes études. Cet événement symbolique me questionne pendant toute la route vers la France. Par la suite, j’ai l’impression de porter un lourd fardeau : celui d’être étrangère en France comme en Roumanie. L’observation des autres m’a montré que cette quête identitaire était partagée. Ma mère me fait alors un vrai cadeau en m’expliquant que j’étais, bien au contraire, partout chez moi. Cette question que je veux vous poser aujourd’hui, nous la posons à beaucoup de monde avec mon mari dans le cadre d’un documentaire que nous réalisons (A casà). Cette question est celle de la maison, du lieu de vie ; elle trouve autant de réponses qu’il y a de personnes interrogées : évocation de la sécurité, de l’enfance, de l’amour ou de la culture. On a tous besoin d’un chez soi, car ce sentiment du ‘’à la maison’’ est universel. Les gens mettent souvent l’accent sur ce qui sépare. Quelle est notre position spontanée par rapport à l’autre ? Finalement pour moi, ‘’a casa’’ signifie la maison intérieure. C’est maintenant à vous de travailler, mais sans moi. Voici ma question : Et pour vous, quel est votre ‘’à la maison’’ ? Karim LAPP Biomimétisme, inspiration pour des territoires durables Un scientifique regarde l’environnement du point de vue du biomimétisme. Ingénieur spécialisé en écologie urbaine et en biomimétisme, Karim Lapp nous invite à une lecture de notre territoire, la ville, à travers un regard particulier. Karim a été successivement conseiller en développement durable et biodiversité à la ville de Paris, puis à la région Île-deFrance sur l’environnement et les stratégies de Dev Durable, il est aujourd’hui, responsable
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du plan climat de la région Île-de-France et Secrétaire Général de l’organisation à but non lucratif, Biomimicry Europa. Voici la balade d’un biomiméticien. J’ai été l’un des premiers biologistes à la Ville de Paris au service du Développement durable. J’en étais très fier. Me sachant biologiste, on m’a spontanément confié des dossiers sur les crottes de chiens et de pigeons… Le rapport à la biologie et à l’urbanisme interroge heureusement au delà, sur nos habitations et sur notre maison commune, la terre. Votre ville de Bordeaux est très belle ; ce qui m’a frappé, c’est l’omniprésence du ciel et de l’eau. La ville est le fruit d’une construction humaine mais aussi d’une interaction entre des éléments et des êtres vivants. Ces processus vivants sont aujourd’hui étudiés car 50% de la population mondiale vit en ville. Responsable de plus de 80% des gaz à effet de serre, cette croissance urbaine a été possible grâce au pétrole, énergie peu chère et pratique. Mais comment va-t-on continuer à vivre sans ? A l’échelle des 3,5 milliards d’années de la planète, l’espèce humaine est anecdotique. Nous sommes une espèce extrêmement spécialisée dépendante d’une seule source d’énergie. Les scientifiques savent que lorsqu’une ressource unique disparaît, les espèces concernées disparaissent. Coupés de l’environnement, nous n’écoutons pas les signaux envoyés par d’autres être vivants comme cela se passe dans les écosystèmes. Quelles solutions la nature nous montre-t-elle ? La termitière est à température constante car les termites ont inventé le puis canadien. Un architecte a donc inventé un bâtiment bureau sur ce modèle qui supprime 90% de l’énergie normalement utilisée. De même, la forme du bec du martin pêcheur a permis de résoudre des problèmes d’aérodynamique pour la pénétration d’un train dans un tunnel… La nature et les espèces recyclent. Dans la nature, le déchet n’existe pas, c’est une invention urbaine. Nos systèmes humains ne font pas de cycles. Ils tentent de figer les espaces, d’accélérer à outrances les processus. La nature nous rappelle toujours le contraire. Nous sommes face à des contradictions coûteuses. Dans la nature on trouve des matériaux extrêmement résistants car ils fixent le carbone. Idem pour les forêts qui filtrent l’air et l’eau polluée. On peut donc imaginer des processus qui optimisent la relation au vivant au lieu de la dégrader. On sait aujourd’hui que des plantes peuvent fixer du calcaire. Cela permet de fertiliser les sols acides. Nous avons donc monté un programme à Haïti pour optimiser la production agricole. Ces explorations bio-mimétiques sont des innovations qui doivent permettre de croiser des savoirs et d’offrir des transitions énergétiques pour les territoires. J’espère que ce talk vous aura permis de comprendre que dans le vivant, il y a beaucoup de créativité et de génie… Et que vous êtes vivants ! Vidéo : Jérôme CHOAIN Le Tweet & Share Un bloggeur reprend un vieux tube de Michel Delpech, le Tweet and share, pour évoquer une réalité moderne. Jérôme Choain alias JCFrog, est l’auteur d'un blog fameux et hilarant, il est aussi le créateur de la licence CB dont voici le contenu : «Tout article ou image produite sous licence Complete Bullshit est reconnu d’inutilité publique. Tout y est ouvertement faux et scandaleusement mensonger, en général dans l’unique espoir d’aider à la LOLitude ambiante» Il a spécialement et amicalement créé pour TEDxBordeaux une nouvelle vidéoparodie sur le thème du «terroir» et une musique de Michel Delpech : Le Tweet & Share. http://jcfrog.com/blog/le-tweet-and-share-tedxbordeaux/
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Sandrine PACITTO MATHOU Destins croisés en terres africaines Une journaliste parcourt le cœur de l’Afrique et de son histoire proche à travers les voix de ses habitants. Journaliste indépendante, le territoire de Sandrine est le monde et les voix des personnes connues ou inconnues qu’elle rencontre, pour recueillir leurs paroles dans un climat de confiance qu’elle aime particulièrement créer. Elle nous parle plus particulièrement d’un travail récent en Afrique de l’ouest et de l’importance du temps dans sa démarche. « La radio c’est une voix, des silences et l’imaginaire... », un média pudique à son image.... De l’intime à l’universel chaque témoignage est une empreinte. Je réalise des documentaires et mon approche est un peu celle d’un anthropologue : je prends du temps pour observer. Le temps de tenter de comprendre les silences, les non-dits. Je pars pour comprendre les climats et les contextes, créer une relation de confiance. Ecouter, questionner, enregistrer. Chaque voyage est différent même si je pars toujours avec le même bagage occidental. Je pars avec le gout de l’autre, de sa différence, de ses codes. Avec le temps, ces codes deviennent les miens. Au retour, j’ai la mission de transmettre ce dont j’ai été témoin. En 2008, avant de m’installer au nord de Dakar, l’Afrique m’était toujours présentée à travers ses conflits sanglants. C’était toujours des experts occidentaux qui parlaient. Je cherche donc à laisser la parole aux personnes rencontrées, qu’il n’y ait pas de porte-parole ni de spécialiste qui parle pour mes hôtes. Lors de mes voyages en Afrique de l’Ouest sur le fleuve Sénégal ou ailleurs, les larmes et les fous rires hors micro ont émaillé les témoignages recueillis. Je souhaite faire découvrir la relation des êtres à leur territoire, à leurs dialectes mais aussi à la colonisation et aux mouvements d’indépendance. La bienveillance, l’humour et la culture ont toujours été des passerelles dans ce travail. J’ai mis deux ans à réaliser le documentaire de 4 heures Destin croisés en terres africaines. J’y ai rencontré des gens de tous âges et de tous milieux : des paysans, des intellectuels, des tirailleurs sénégalais, etc. Le documentaire que je venais de finir en France sur la relation au père et à la mère, cet héritage social et affectif, m’a inspiré en Afrique. Quelle est l’importance de la famille élargie pour eux, par exemple ? Je me souviens d’Amidou qui est jardinier mais pas seulement. Il est venu vers moi et m’a dit : « même si les fleurs du Sénégal peuvent comprendre la langue de Molière, vous n’êtes pas dans un jardin à la française ; vous pouvez rencontrer des varans ici. ». J’ai aimé cet échange fait de passerelles culturelles et de bienveillance. Je l’ai rencontré ensuite tous les jours. Quelque chose nous échappe selon lui. Cet échappatoire, c’est l’imaginaire et la littérature car il a du se réfugier dans ces territoires quand la dure réalité de la vie s’est imposée à lui très jeune. Une autre rencontre m’a permis de découvrir la figure de Germaine Legof, cette bretonne partie enseigner en Afrique au début du siècle passé. Elle a réussit la gageure de faire aimer la France et l’Afrique à toute une génération de femmes qu’elle appelait ses ‘’filles d’Afrique’’, des femmes qui ont porté une parole importante lors de l’indépendance. Le métissage est particulièrement associé à la ville de St Louis, ville que j’ai abordée à travers l’histoire d’une famille installée depuis 300 ans, à l’origine pour une histoire d’amour. Le descendant de cette famille m’a délivré un message : le métissage, c’est l’avenir du monde ; on peut être métisse de mille façons pour qu’il y ait une paix et l’intégration de chacun.

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Dominique CAREIL Les nomades, nos voisins d'hier et aujourd'hui Un médiateur devient "bilingue Gitan" et traduit les codes et langages des nomades modernes. Le territoire de Dominique est l’univers des gens du voyage de Gironde. En quelques années, il est devenu bilingue Gitan comme il le dit lui même. Dominique nous propose un autre regard sur ces voisins d’hier et aujourd’hui que nous croisons au quotidien et que nous ne connaissons souvent qu’à travers des préjugés... Le crédo de Dominique est "Connaitre l’autre permet de mieux vivre avec". Au marché de Montalivet, à la fête foraine, au cirque Romanes - Bouglione, à la fête foraine ou lors de bouchons provoqués par les caravanes, nous les rencontrons. Toutes ces personnes sont des nomades. Mais nous ne les connaissons pas, bien au contraire, et les préjugés dominent. Venus des tsiganes de l’Inde, ces nomades sont 3.600 familles en Gironde, soit 1,2% de la population. Essentiellement des manouches qui parlent le Français et le Romani. Les gitans, eux, sont venus d’Espagne au XVème siècle. Installés à Bacalan ou à St Eulalie, ils nous appellent Gadjos, « ceux qui ne sont pas nomades ». Ce qui m’a frappé avec eux, c’est le sens du collectif et de l’entraide. L’été, ils se réunissent sur des aires de grands passages. Parfois des rassemblements évangélistes regroupent jusqu’à 2.000 personnes mais la presse n’en parle pas. Normal : il ne se passe rien. Les nomades ont un nom pour leur groupe, sorte de surnom, et un prénom et un nom pour la société civile… Nom et prénom qu’ils n’utilisent pas. L’éducation des enfants est orale, par mimétisme. Mais les enfants sont envoyés à l’école pour apprendre à lire et à écrire. Leur apprentissage se fait par le père pour le fils, par la mère pour la fille. Les femmes sont chargées de la relation à la société, les hommes à la communauté et de subvenir aux besoins du ménage. Alors sur les aires d’accueil, on voit surtout des femmes… Soucieuses par la propreté, en lavant tous les jours les sols, les vêtements, etc. Nous passons pour des gens sales quand ils apprennent que nous pouvons faire porter deux jours d'affilée un pantalon par nos enfants. Les hommes ‘’chinent’’, c’est-à-dire travaillent. Certains recyclent le métal surtout quand le prix augmente. La CUB vide désormais toutes les déchetteries tous les soirs, ce qui rend l’activité plus difficile. D’autres font du commerce de vaisselle sur les marchés du bassin. Jamais de produits alimentaires. D’autres font des vendanges car les familles sont vaillantes. C’est pratique pour les familles comme pour les viticulteurs car il suffit de laisser une place pour la caravane avec un point d’eau et ils sont logés. Pour certains nomades, les prestations sociales sont au même rang que le travail ou le jeu : c’est la dépense qui compte car ils n’ont rien pour stocker, ni cave, ni grenier. Le rapport à la maladie est frappant : quand l’un est malade, tout le monde l’est. Du coup, tout le monde reste dans le hall de l’hôpital pendant l’opération et l’hospitalisation. Je forme donc aussi les personnels hospitaliers pour leur faire comprendre ce besoin d’être ensemble. En retour, je fais comprendre aux gens du voyage que des règles administratives et des normes de sécurité doivent être respectées. Une dimension me frappe enfin, celle de l’oralité, de la négociation et de la parole donnée. Sur un territoire, il partagent donc une loi, la notre en plus, et c’est ce qui compte pour bien vivre ensemble.

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Vidéo TED : Carolyn STEEL, How food shapes our cities http://www.ted.com/talks/carolyn_steel_how_food_shapes_our_cities.html Stéphane FAURE Quel territoire pour l'instant présent? Stéphane depuis plus de 15 ans vit dans l’instant présent, c’est son territoire. Ancien moine bouddhiste, il oeuvre aujourd'hui principalement auprès des malades et des soignants en proposant un protocole de gestion du stress, créé par des médecins aux Etats Unis dans les années 70. Cette méthode laïque basée sur des pratiques méditatives est aujourd’hui utilisée dans plus de 200 cliniques américaines et est enseignée dans le monde entier. Quand il est question de territoires, il est question de souveraineté. C’est un point crucial en droit. Je veux aborder cette question sous l’angle de l’être et de la souveraineté spirituelle. J’ai suivi un programme à l’Université du Massachussetts intitulé Mindfulness Based Stress Reduction ou réduction du stress par la pleine conscience. Ce programme a été déterminant pour moi. Dans la vie, on est forcément confronté à des problèmes personnels ou de santé. Quelle est notre souveraineté intérieure quand la maladie nous accapare ? Il faut donc travailler sur l’instant présent. Un exemple : si je décide de marcher d’un point à un autre, la souveraineté sur mon corps me semble totale ; mais je n’ai fait que me servir de mon corps. Je n’ai pas été sensible à la relation de mon corps à son environnement direct. C’est cette conscience qui est une porte d’entrée vers l’équilibre et la pleine conscience. Le processus cognitif fonctionne malheureusement de cette manière, en allant vers le ‘’pilotage automatique’’. Notre travail sur soi consiste à renouer à cet éveil aux choses et à la vie, à redonner de la place au conducteur. Je vais essayer de dissocier l’image des objets, de ce qu’ils sont : ces objets sont des objets à ce moment précis. Laisser de côté l’émotion, pour laisser place à la conscience. Cette conscience intérieure nous permet d’être sujet de notre expérience, ce n’est pas un rapport de puissance. Il faut travailler avec la conscience pour que nos représentations du réel soient dissociées des émotions. Cette pleine conscience est le fruit d’un entrainement qui permet de la créativité mais aussi de pointer nos difficultés. Aux USA, deux cents hôpitaux ont des départements consacrés à la méditation et la pleine conscience. Intitulées ‘’contemplative studies’’, elles sont mises à disposition de différents objets de recherche, surtout sur la côte ouest des Etats-Unis. Un programme auquel je participe à Bayonne me rappelle celui de l’Université de Massachussetts : je travaille dans une approche thérapeutique avec des personnes atteintes de cancer, par exemple, pour permettre un ‘’aller mieux’’. C’est l’occasion d’une adaptation forte pour les patients, pour moi-même et pour les équipes soignantes qui étaient cantonnées à l’approche scientifique. Vivre autrement la maladie. Revisiter la maladie à la lumière de la pleine conscience. Ces interventions sur la pleine conscience ont aujourd’hui quitté le mode médical pour celui du management (Google campus, General mills…), du carcéral ou de l’éducation… Pour tout un chacun, pratiquer la pleine conscience peut aider à mieux vivre les mutations rapides qui s'opèrent actuellement : le vivant et le biologique deviennent matière première, la machine est intériorisée, etc. Cette pratique nous permet d’arriver à un point d’équilibre qui nous sauve de la crainte et de l’indifférence pour vivre mieux notre souveraineté de l’instant présent.
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Corentin DE CHATELPERRON Jute do it ! Un jeune aventurier s’embarque au long cours pour sauver l'économie d'un pays. Corentin est un aventurier des temps modernes. Jeune ingénieur parti au Bangladesh pour travailler sur un projet de chantier naval, cette expérience le convainc qu’il faut mettre les compétences techniques de l’Occident au service des pays en voie de développement en accord avec leur savoir faire local. Il entreprend alors un projet de recherche en accord avec ces convictions. Je suis venu vous parler d’un centre de recherche un peu spécial. J’habite dans la plus grande mangrove du monde, dans le delta du Gange au Bangladesh. C’est dans ces villes surpeuplées et polluées de l’Asie que des situations paradoxales arrivent : quand un homme richissime côtoie un mendiant ou quand un jeune pauvre sachant à peine parler et écrire, vous interpelle : « Facebook ? ». Là-bas, les évolutions technologiques et culturelles sont tellement radicales et déconnectées de leurs racines qu’elles donnent l’impression que le développement est subi. Pour ces territoires, il devrait y avoir des rythmes modulables de mutation. La plus grande flotte de bateaux du monde se trouve au Bangladesh. Avec la raréfaction du bois, ils commencent à construire leurs bâteaux avec de la fibre de verre. C’est un problème écologique et économique puisque ce matériau est importé et énergivore. Je me suis intéressé alors à l’industrie du jute avec lequel on fait, ou plutôt on faisait, les sacs à patates en toile de jute. Ce jute a fait la richesse du delta du Gange jusque dans les années 80 avant que les fibres synthétiques ne prennent le dessus. C’est une plante de 3-4 mètres de haut qui pousse très vite et qui est principalement cultivée au Bangladesh. C’est la ‘’golden fiber’’ avec 40 millions de Bangladais qui en vivent encore. Imaginons un instant les conséquences écologiques et économiques positives si dans le pays de la plus grande flotte du monde, on utilisait la fibre qui est produite directement dans leur champs. Alors pour prouver la solidité du matériau, j’ai construit un bateau à 40% en fibres de verre et 60% en fibre de jute et je suis rentré en France avec. C’est un long voyage de 14.000 km qui m’a réservé quelques surprises… J’ai trouvé ensuite des mécènes pour poursuivre ces recherches et trouver des applications industrielles : des objets utilitaires, une planche de surf et bien d’autres encore. Aujourd’hui nous sommes installés là où pousse le meilleur jute du Bangladesh, avec des ingénieurs et des chargés de développement. Nous construisons des machines et des produits de démonstration pour convaincre les industriels. Nos objets sont présentés le salon Maison et objets par exemple. Nous avons montré également que l’innovation du jute peut être déclinée sur le bambou ou le sisal et permettre une révolution écologique et économique pour que le Bangladesh et d’autres pays puissent se développer selon leurs ressources. Je suis même convaincu que ce modèle de synergie entre les pays occidentaux et les pays en développement permettra des changements visibles depuis la lune !

(Pause)

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SYNTHÈSE 2012 – Seconde partie

Marianne JAUFFRET Bâtir avec des racines et des ailes Une bâtisseuse de maisons leur fait pousser des racines et des ailes. Marianne a bâti sa maison, vivant cette expérience comme une aventure humaine. Elle en a forgé la certitude de l'évidence de l'utilisation des matériaux des territoires, pour les maisons des territoires. Aujourd'hui, son association met en place un accompagnement des personnes qui souhaitent s’engager dans cette démarche et soutenir la préservation des savoir faire traditionnels. Voici une maison avec des racines et des ailes. Depuis toute petite, je veux être architecte. J’ai l’impression que ma vie est une vie nomade marquée par les maisons et les architectures rencontrées : depuis les cabanes d’ostréiculteurs et la maison en pierre XIXème siècle de mon enfance, jusqu’au house-boat de San Francisco où j’ai vécu, en passant par une année en Suisse dont j’ai gardé le pire souvenir. De retour en France, après la Californie, j’ai eu le besoin de la pierre. J’ai passé une formation de tailleur de pierres et de soudeur ; j’ai démarré une carrière de sculpteur. Les commandes arrivent, notamment pour le salon international du vin et pour une importante maison de champagne. Jusqu’au jour où je déménage dans une maison nouvelle. Tout s’écroule : plus d’inspiration, de l’eczéma pour ma fille, la mort accidentelle de mon mari, les commandes qui cessent soudainement. Sitôt avoir réalisé que la maison était malsaine grâce à l’aide d’un géobiologue, je déménage et les commandes repartent ! Après un passage dans le Var aux côtés des Compagnons du devoir, je cesse mon nomadisme et rentre à Bordeaux pour donner de la stabilité à mes filles. J’achète alors une petite maison avec du terrain pour faire un atelier. Finalement mes filles squattent mon atelier et l’adolescence de mes filles se passe au mieux avec une place pour chacune de nous trois. Les travaux incessants dans cette maison qui évoluent au fil des besoins de ses habitants me font acquérir une compétence de maîtrise d’œuvre. Cette nouvelle vie de sédentaire me permet de comprendre comment les lieux doivent s’adapter aux vivants. Une fois mes filles parties pour les études supérieures, mes trente années d’expérience avec la matière me donnent la liberté de m’installer dans un lieu unique, à moi. Ce sera Carcans et une maison faite de matières premières locales. Mais je ne trouve aucun artisan pour m’expliquer comment adapter ces matières environnantes, comme le pin maritime qui doit être traité pour en dégager la sève. Je vais donc voir les ostréiculteurs qui me donnent trois réponses : plonger les planches de pin dans l’océan, les fumer ou les badigeonner d’huile de vidange. Aucune de ces solutions ne me semble réaliste. Je rencontre alors un artisan qui adapte en France la construction des cabanes d’Alaska : il m’explique que le pin maritime peut être traité naturellement, quand il est coupé à la dernière lune noire de décembre lorsque toute la sève se vide de l’arbre.

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Dans cette maison à toiture végétale, le plancher de 30 cm recèle un isolant en chêne liège que l’on trouve encore dans les Landes. J’ai une maison fraîche en été et, grâce à un poêle à bois, chaude en hiver pour 300 euros par an. J’ai donc atteint mon rêve de petite fille, être architecte, l’architecte de ma maison et de ma vie épanouie. Depuis, j’ai créé une association, La maison co-créative, pour promouvoir ces constructions et j’ai inventé un nouveau métier : courtier en architecture. C’est en effet ce qui m’a manqué, quelqu’un qui fasse le lien entre le client, les artisans et l'archi pour étudier les bonnes solutions écologiques et utiliser des savoir-faire ancestraux, des matériaux locaux… Alors, je vous donne rdv sur les chantiers.

Halim MADI Biohacking : une vie augmentée Un nano-économiste relate son expérience trans-humaniste. Halim Madi est un membre actif de la communauté TED, il a participé à plusieurs conférences en tant que speakers et organisateur, le dernier en date étant le TEDxPanthéonSorbonne le 8 Novembre. Les terres d’exploration de ce jeune économiste sont les données numériques.... tout d’abord, pour l’amélioration de la méthodologie des sciences économiques et aujourd’hui, dans le domaine de la nutrition, la diététique et le sport, en vue d’une optimisation de la vie en général. Gutenberg s’est inspiré des presses à raisin pour construire sa machine à imprimer. Gutenberg est un bidouilleur, motivé qu’il était par l’idée d’imprimer une bible. Les hackers aussi sont des bidouilleurs. Ils sont bien plus que ça. Ils aiment comprendre le mécanisme des choses pour les détourner de leur objet initial. Imaginons que ce soit le corps humain que l’on bidouille, cela donne le bio-hacking. Comment faire pour que notre corps et notre esprit puissent ingérer les mutations sociotechnologiques rapides d’aujourd’hui ? Comment vieillir bien et longtemps, beau et en bonne santé ? Comment dormir mieux, réfléchir plus vite, etc. Bref, comment avoir une ‘’vie augmentée’’ ? Et bien pour changer et faire changer son corps, il faut chercher, bidouiller, lire énormément pour trouver son chemin. Ne pas aller chercher des réponses toutes faites. Éviter les forums grand-public, mais aller à la source, sur les études médicales en cours. Car parfois les savoirs connus sont inefficaces devant des problèmes très particuliers. Il faut donc reconstruire des connaissances après avoir fait des expériences, sur soi s’il le faut. Dans cet esprit, il y a des scientifiques citoyens qui vont de l’avant et il y a aussi des cobayes volontaires qui participent à des expériences collectives pour faire avancer des bidouillages scientifiques. Il y a aussi des pionniers qui voient que l’industrie pharmaceutique n’est pas prête d’évoluer. Ces pionniers sont des biohackers qui construisent des médicaments dans leur garage. Bill Gates leur donne raison : il a dit récemment que c’est ce qu’il construirait aujourd’hui dans son garage… La biologie est en effet la prochaine frontière ! J’ai essayé beaucoup de protocoles sur mon corps. Mon corps m’a donné des réponses très claires : des boutons sur le nez ou une hyper attention selon les tests alimentaires ou les jeûnes observés. J’ai ainsi réussi à ma débarrasser de certaines insuffisances, de surpoids et à régler des problèmes de santé héréditaires. J’en conclu aujourd’hui que l’alimentation, ce que l’on met dans son corps, est pour 75% responsable dans la santé.
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Mais j’ai compris plus largement la réponse à la question « pourquoi chercher ? ». Ces recherches et tests m’ont donné la passion de la recherche. La poursuite d’objectifs premiers se transforme ensuite en une soif de connaissances et d’un meilleur possible pour soi. Je ne veux pas être surhumain mais je veux tout tenter pour devenir pleinement humain.

Vidéo TED : Robert Ballard, Exploring the oceans http://www.ted.com/talks/robert_ballard_on_exploring_the_oceans.html

Mourad DJEBEL Des mots, de l'enfance et de l’émerveillement Un écrivain s'immerge dans les contes de son enfance. Mourad quitte l’Algérie natale en 1994 pour l’Afrique de l’Ouest, puis, la France. Architecte urbaniste de formation, il se consacre depuis plusieurs années à l’écriture. Partant d’un écrit récent et singulier pour lui, une incursion dans le monde de son enfance et des contes, il s’interroge sur les héritages immatériels, la réception et la perception des mots (Lecture d’un extrait de son dernier ouvrage Conte des trois rives, Acte Sud, 2011) Une question m’interpelle dans ce TEDx sur les “terrhistoires” : qu’est-ce qu’on emporte avec soit quand on part, quand on meurt ? J’ai pensé à des petites choses que l’on trimbale quand on s’expatrie ou que l’on part vérifier que l’herbe est plus verte ailleurs : les contes. Il a fallu que je me confronte à l’écriture pour que je me rende compte de l’importance des contes de mon enfance dans ma géographie intime. Cette compréhension a aussi permis que je mette fin à un certain nomadisme. J’ai par la suite enregistré les femmes de la famille en Algérie qui m’avaient bercé de contes et de merveilleux. Déception. Mes découvertes postérieures avaient supplanté la réalité enchantée de ces souvenirs d’enfance. L’enfant que j’étais avait une réception différente de l’adulte que je suis devenu : le sens des mots n’était alors pas figé et la réserve d’émerveillement était inépuisable ! Je me suis posé ensuite la question de savoir si l’adulte pouvait s’émerveiller encore. J’en suis aujourd’hui convaincu et, dans un monde marqué par l’angoisse et les inégalités, nous allons forcément nous tourner vers des richesses moins matérielles, vers la beauté, la poésie, la magie des mots… Et cette capacité à s’émerveiller qu’il faut absolument partager.

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BEASTY BEASTY habite Bordeaux et vit sur la planète «beatbox», cet artiste multivocaliste inscrit son histoire à force de voix, de basses, de rythmes et de percussions. Depuis 2006, il parcours les battles et les scènes hip-hop d’Europe, se classant cette année parmi les 8 meilleurs mondiaux. Voici un homme-orchestre peu ordinaire... Le beat box est l’une des cinq disciplines du rap. Tout a commencé pour moi en 2005. Mais tout a commencé avant, dans les années 80. Précurseur du beat box humain Bismark. (Imitation). D’autres ensuite on fait évoluer le beatbox comme Rased (imitation) et des artistes américains empruntant au RnB ou associant des textes aux rythmiques. (Imitation). Aujourd’hui, le beat box c’est la compétition. On essaie de mettre un maximum de sons en un minimum de temps. (Performance live). http://www.youtube.com/watch?v=tIODlkjINZg

Nicolas GAUME "Des héros et des hommes" Un conquérant d'univers numériques raconte la vie des héros d’hier et d’aujourd’hui. Depuis plus de 22 ans, Nicolas vit dans les territoires du jeu virtuel, comme entrepreneur, producteur et passionné de jeux vidéo. Né entre les pins des Landes et les eaux du Bassin d’Arcachon, il est aussi un homme d’ici. Il se penche sur la place des figures héroïques dans nos loisirs et plus généralement dans nos vies, il partage avec nous ses réflexions sur les héros d’aujourd’hui : ce qu'ils portent de nous, ce qu’ils révèlent de nos connexions aux autres, comment, au delà des loisirs, ils bâtissent nos nouveaux espaces de vie. Des héros et des hommes… Qu’est-ce qui fait un territoire, qu’est-ce qui fait l’histoire ? Mes projets dans le numérique, en France ou ailleurs, m’ont toujours permis de revenir en Gironde, sur le bassin ou ailleurs pour me poser ces questions. Un simple son, celui de la respiration de Dark Vador, du générique de Thierry La fronde ou celui du tube de Psy, nous permettent de réagir collectivement, de construire du lien culturel. Le territoire, c’est pareil. Et les histoires permettent d’évoquer l’âme ou les caractéristiques d’un territoire. Si l’histoire a été religieuse pendant des siècles, elle est aujourd’hui influencée par la pop culture. Nous ne sommes plus à l’époque de John Wayne, ce héros qui porte le monde, plus grand que la vie. Nous ne sommes plus non plus dans la période des anti-héros apparus avec la crise, ceux qui nous ramènent à nous-mêmes. Aujourd’hui, les héros sont dans les univers fantasmés de la virtualité. Ce nouveau héros est incarné par cette une du Time magazine avec une image d’ordinateur et un sous-titre : « you ». Dans le numérique, on construit différentes façons de penser et de s’exprimer selon les supports ou selon les personnes avec lesquelles on échange. Ces petits territoires morcelés forment alors une nouvelle identité. La tentation du repli existe mais je crois comme Michel Serres que ces nouveaux territoires sont des chemins d’exploration qui permettent le partage et, peut-être, une vie meilleure.

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Jean-Pierre XIRADAKIS La croustade du geste Le territoire de Jean-Pierre Xiradakis est l’intimité de la cuisine. Défenseur de la gastronomie locale depuis 30 ans par ses différentes activités (restauration, télé, radio, édition), il s’engage aujourd’hui dans un projet ambitieux pour créer des liens avec les pays méditerranéens, répertorier les gestes et savoir faire du patrimoine gastronomique de chaque pays et de comprendre ce qui se passe lors de la migration vers une autre culture. Mon père était épicier à Blaye à une époque où l’on jetait le caviar d’esturgeons aux poules… Vous imaginez l’omelette ! Ma mère, blayaise, était très bonne cuisinière mais mauvaise pâtissière. Mon nom, Xiradakis, est crétois. Élevé dans un quartier d’émigrés espagnols, j’étais l’émigré des émigrés... Mais j’ai découvert la paella, et le nom de mon restaurant, La Tupina, vient de « chaudron » en espagnol. La croustade du Gers se transmet de mère en fille. Cette pâte feuilletée à l’armagnac et aux pruneaux doit être bastonnée puis reposée et, enfin, tirée extrêmement finement. Seules les femmes savent le faire, à ce que l’on dit. C’est une recette locale… Mais les pruneaux sont arrivés par les croisés, l’armagnac est une eau de vie distillée avec un alambic, mot métis gréco-arabe. De même pour le foie gras qui vient des Landes ou du Périgord : ce sont les juifs égyptiens qui ont commencé à gaver les oies avec des figues. Cela vaut pour tous les plats ; on n’en connaît mal l’origine mais on ne peut que constater la diversité et la complémentarité des traditions et des produits qui les composent. C’est ce qui m’a poussé à créer avec quelques collègues en 1987, Défense et sauvegarde des traditions gastronomiques, pour sauvegarder nos traditions et défendre notre terroir. On a sensibilisé alors plus de 100 restaurateurs pour qu’ils utilisent des produits locaux : chapon des Landes, bœuf de Bazas, piment d’Espelette (plus de deux cents producteurs aujourd’hui), asperge de Blaye, pibale, alose, esturgeon, lamproie… On a fait aussi une étude sur les oiseaux menacés. On était déjà des ‘’locavores’’ sans le savoir... pour limiter les importations, respecter les saisons, faire vivre les producteurs locaux. Une partie de notre gastronomie vient des bords de la Méditerranée, de l’Asie via la route de la soie, de l’Amérique via les conquistadors, des pirates et des explorateurs. Tout est arrivé jusqu’à nous. Mais cela ne serait rien sans les recettes et le tour de main des femmes. Chaque famille d’émigrés transporte les traditions de son village, les plats de la table familiale. C’est un lien fragile qu’il faut sauvegarder et transmettre. Nous voulons aujourd’hui inventorier les plats traditionnels de France et de Méditerranée puisque nos recettes et produits viennent pour l’essentiel de Méditerranée. Nous voulons identifier et répertorier ces produits locaux, filmer les histoires et les tours de main des femmes. Nous voulons faciliter la transmission et voir leur évolution dans le temps et l’espace… Car mémoire et racines, histoire d’une famille et l'amour d’une maman se retrouvent dans le couscous que l’on mange chez mon ami Rabha, place Saint Michel.

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David ABIKER / Conclusion David Abiker est chroniqueur à Europe1 et Canal Plus. Il collabore à plusieurs journaux dont Marie-Claire et L'Express. C'est lui qui conclut l'après-midi avec sa verve et son humour. Je ne vois pas l’intérêt de conclure… Car TEDx c’est tout sauf conclure. Je propose plutôt que nous revenions sur ces ‘‘terhistoires’’ qui font que TEDx, produit américain, hyper charté, peut aussi être intime. TEDx ne part pas dans tous les sens comme on pourrait le croire parfois. Je regroupe donc les interventions en trois grandes questions. La première serait « comment être soi ? » ; c’est celle de l’identité. Irina est finalement partout chez elle, comme un tortue roumaine, elle porte sa maison. Elle n’a pas trouvé son identité dans les yeux bleus de sa grand-mère mais dans le fait de travailler en France, dans cette association, en observant d’autres personnes émigrées vivre le même sentiment qu’elle. Marianne, c’est pareil. Mais elle n’a pas eu cette grand-mère pour lui parler de ses yeux. C’est la vie et les épreuves douloureuses qu’elle a traversées qui lui ont permis de trouver sa “terr(hist)oire” intime. Mourad, avec son travail d’écrivain, va sonder son vécu, son identité, pour pouvoir continuer à écrire. La seconde, c’est « comment être mieux ? ». Stéphane a augmenté sa conscience. Pour lui, l’inconscient freudien qui prédomine en occident n’est pas une fatalité : on peut vivre entre le soleil et la tristesse ; sa “terr(hist)oire”, c’est la pleine conscience. Avec Halim, c’est comment repousser les frontières de l’homme. On peut être libres et pleinement soi, s’autoriser à être explorateur de son corps… S’augmenter en mettant du beurre dans son café si nécessaire ! Beatsy, c’est la bouche augmentée. C’est la pleine conscience de son corps et de ce que peut devenir un organe humain. Il l’a fait, lui aussi ! Nicolas se demande comment être un héros. Il nous dit que la vie peut progresser comme dans les tableaux de jeux vidéo, mais qu’on n’a qu’une vie dans la vraie vie. Dernière question, « comment être aux autres ? ». Karim nous parle de cette maison dans une ville, qui est elle-même une cellule vivante qui respire dans l’univers. Sandrine nous a prouvé que l’homme africain est rentré dans l’histoire plus tôt que certains le pensent… (allusion au discours de N. Sarkosy à Dakar) No comment. Dominique parle plusieurs “terr(hist)oires”. Avec les gens du voyage, il fait comme Corentin qui est aussi un passeur et qui voit ce que les Bangladais ne voient plus. Corentin y est allé et heureux qui, comme Corentin, a fait un beau voyage… Jean-Pierre, enfin, nous explique comment on fait les bricks de l’autre côté de la Méditerranée, comme celles de ma Mamie Zazou qui faisait des bricks comme on ne sait plus les faire, justement.... TEDx sait donc nous parler de nos réussites et des engagements qui nous habitent. Jean Jaures disait « un peu d’internationalisme éloigne de la nation et beaucoup d’internationalisme y ramène ». Je pense qu’ici, à TEDx, beaucoup d’introspection vous ouvre aux autres. Mais ça s‘arrête là, car TEDx ne fait pas de politique et c’est peut-être dommage. C’est à vous d’en faire, de construire de nouveaux sigles, car si vous ne vous en occupez pas, c’est le politique qui s’occupera de vos “terr(hist)oires”.

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