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SOEURS MISSIONNAIRES

NOTRE DAME DES APÔTRES

PROVINCE D´AFRIQUE FRANCOPHONE

Nº 59

Janvier 2009

1
SUR LES PAS DE SAINT PAUL.
EDITORIAL
Lorsque l’on pense à Saint Paul,
On a immédiatement en tête l’Apôtre des païens au zèle
infatigable qui se dépensa sans compter pour le service de l’Evangile et
la fondation de nouvelles Eglises.
On pense au converti, naguère persécuteur, saisi par Jésus ressuscité
sur le chemin de Damas.
On pense à l’auteur des épîtres.

On pense moins souvent à l’homme de prière, au mystique, à celui


qui se retirait dans le secret d’une chambre pour intérioriser une
existence si pleine de projets et si riche en événements.

Pourtant la prière est omniprésente dans les écrits de l’Apôtre et


sous des formes variées : louange, supplication, action de grâce. De
nombreux passages de ses épîtres peuvent aisément soutenir notre
prière.

Ainsi dans les textes de Paul, nous pouvons découvrir ou


redécouvrir une riche expérience spirituelle, et d’y trouver une
nourriture consistante pour notre vie quotidienne au service de
l’Evangile, de la vie communautaire, de nos engagements apostoliques.

C’est pour nous aider à cette redécouverte que nous partageons


avec vous dans ce numéro de la Nouvelle, une réflexion sur le
fondement de la prière chrétienne selon Saint Paul.
2
(Avec saint paul – Michel Quesnel)
Vos Sœurs du Conseil

LE FONDEMENT DE LA PRIERE CHRETIENNE


« Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacune de vous
pense à celui des autres. Comportez-vous entre vous comme on le fait
quand on connaît Jésus-Christ :
Lui qui possédait la condition divine, ne voulut pas demeurer de force
l’égal de Dieu.
Mais il renonçât de lui-même à tout ce qu’il avait,
Et prit la condition d’esclave. Devenu homme parmi les hommes et
reconnu comme tel,
Il s’abaissa lui-même
En devenant obéissant jusqu’à la mort,
La mort sur une croix.
C’est pourquoi Dieu l’éleva à la plus haute place
Et le gratifia du nom
Supérieur à tout autre nom
Afin qu’au nom de Jésus tous les êtres vivants
S’agenouillent,
Au cieux, et sur la terre,
3
Et que toute langue proclame :
Jésus-Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père »
Ph 2 ; 5-11

POUR COMPRENDRE

Ecrivant à l’Eglise de Philippe en Macédoine, une ville qu’il a lui-même


évangélisé, Paul exhorte tous les fidèles à rechercher les intérêts des autres plutôt
que les leurs. La tentation de profiter d’une situation pour en tirer honneur et
avantage est de tous les temps.
L’Apôtre soutient cette exhortation en citant une hymne dont il n’est sans doute pas
l’auteur, emprunté à la liturgie des premières communautés chrétiennes ce texte
superbe retrace l’itinéraire complet de Jésus-Christ, depuis son incarnation jusqu’à
sa Résurrection et à son exaltation à la droite du Père.
La portée de cette pièce liturgique dépasse largement la simple exhortation
morale qu’elle vient appuyer : Jésus fut le premier à faire passer les intérêts des
autres avant les siens propre. Il mérite d’être imité.

LECTURE MEDITEE

L’hymne de l’épître aux Philippiens nous place au cœur de l’originalité


chrétienne. Le Dieu Créateur s’est compromis avec sa création. Par l’incarnation le
Fils de Dieu se dépouilla de tous ses privilèges et pris chair de notre chair, initiative
qui n’a d’équivalent dans aucune autre religion monothéiste : Il devient l’un des
nôtres, et il le resta. Si l’on situe le ciel en haut et la terre en bas, c’est un immense
abaissement.
En se faisant humain Dieu s’immergea complètement dans notre histoire : Il se fit
Juif, Galiléen, aux premiers siècles de notre ère. L’homme Jésus qui sillonna les
routes de Palestine, reconnu par ses contemporains comme un prophète et un sage
est icône et parole de Dieu. Plus humain que tout humain puisqu’il n’a pas été
défiguré par le péché. Il est l’homme par excellence, il révèle le vrai visage de
Dieu : un visage plein d’humanité.
En retour, tout être humain est invité à honorer la part de divinité qu’il a en lui. De
nous à Dieu, la distance, qui peut paraître immense, n’est pas si grande que cela.

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Jésus n’hésita pas à citer à des contradicteurs, qui lui reprochaient ses prétentions à
être intime de dieu, une phrase du psaume 82 : « J’ai dit : Vous êtes des Dieux
Et l’abaissement de Dieu ne s’arrête pas là. A la condition divine l’hymne n’oppose
pas la condition humaine mais la condition d’esclave. Le terme est fort. On peut
aussi le traduire par « serviteur », moins violent, mais l’attitude est la même. Jésus
l’illustra par sa proximité avec tous les pauvres et humiliés de son temps et de sa
culture : les infirmes, les enfants, les femmes, les veuves, les pécheurs, les non juifs
etc.……
L’attitude culmine au lavement des pieds rapporté par St jean, geste courant dans
la culture orientale de l’époque, que le Maître de maison confiait à une servante ou
une jeune esclave lorsqu’il recevait un hôte de marque ; Laver les pieds de
quelqu’un, c’est le regarder de bas en haut. Pierre, d’ailleurs ne se trompe pas sur
ce renversement inattendu il refuse d’abord de se laisser faire jn 13 ; Mais Jésus
insiste. Une telle posture a pour conséquence que les humains se reconnaissant
disciples de Jésus doivent à leur tour regarder de bas en haut ceux qu’ils veulent
servir ;
On ne donne pas de son temps ou de son argent comme une aumône de riche, je
suis l’obligé de celui à qui je viens en aide, car il me donne l’occasion d’imiter Jésus
et de dépasser mon égoïsme. Cela je dois me le redire chaque fois que je fais du
bien à quiconque, par un peu d’argent que je lui donne ou un peu de temps que je
lui consacre. Vincent de Paul disait à ses dirigés qu’ils avaient à se faire pardonner
par les pauvres le bien qu’ils leur faisaient
Puis l’Esclave divin fut mis à mort. Dans l’Antiquité, un Maître avait droit de vie ou
de mort sur son esclave. Esclave volontaire, Jésus accepta que la haine l’atteigne,
que l’intention de supprimer le prophète de l’amour aboutisse. Il accepta la mort
injuste, réclamée au cours d’une parodie de procès que lui intentèrent quelques
grands prêtres, lâchement décidée par un gouvernement romain brutal et vénal. Et
il mourut de la façon la plus infamante pour l’époque, crucifié aux portes de
Jérusalem : la croix était le supplice des esclaves et des gens de basses condition.
Le Crucifié de Jérusalem nous montre jusqu’où peut aller l’amour que Dieu nous
porte.
La suite de l’hymne aux Philippiens rapporte la réponse du Père à l’amour dont le
Fils aima : il le réveilla dans une vie autre que celle où il avait souffert. Jésus-Christ
ressuscité est à jamais un humain vivant, comme nous sommes tous appelés à
l’être. Celui qui, sur la croix, n’avait plus de figure humaine a reçu le Nom par
excellence : il est Seigneur, un titre divin qu’il avait déposé à nos pieds.
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Après s’être agenouillé devant ses disciples, Jésus était devenu sur le gibet du
Golgotha un corps lamentable et agonisant. Il avait ensuite été inhumé. Remis
debout par le Père, c’est maintenant lui qui mérite que les genoux fléchissent en sa
présence, que tous les vivants se prosternent, et pas seulement les humains : le
texte mentionne aussi les êtres célestes et les puissances infernales, donc tout ce
qui, dans le monde créé, est porteur de vie.
La résurrection n’est pas seulement un évènement de la vie de Jésus, c’est aussi le
signe incontestable que la création réussira, message qu’il est bon d’entendre
lorsque l’on estime trop facilement, face aux désordres du monde, que l’avenir est
sans espoir. Non, le destin ultime du monde n’est pas le chaos. Les ténèbres
n’auront pas le dernier mot.

UNE PRIERE

Seigneur Jésus,

Icône et Parole de Dieu,

Tu nous as montré en devenant l’un de nous à quel point le Père désire être proche de ses

créatures.

Par ta mort acceptée, tu as abandonné ta destiné entre nos mains, acceptant d’être

victime de la haine lorsqu’elle se déchaîne contre l’amour.

Nous te rendons grâce pour cette œuvre merveilleuse.

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Maintenant, vivant éternellement par la grâce du père, tu nous montres un visage

rayonnant, capable d’illuminer nos grisailles et nos ténèbres.

Reçois l’hommage de notre reconnaissance.

Donne-nous de savoir nous mettre à genoux devant toi et devant nos frères et soeurs, en

esclaves volontaires, convaincus que le don de soi est le chemin de la vie véritable.

LA DYNAMIQUE DE L’OUVERTURE :
UNE NECESSITE ET UNE GRACE POUR LES FEMMES APOTRES
QUE NOUS SOMMES

INTRODUCTION

Nous sommes membres d’une congrégation internationale missionnaire. Des


cultures se côtoient et parfois s’affrontent au sein de nos communautés, et dans nos
milieux de mission.
Le Père Sinsin Bayo nous a interpellées lors du chapitre provincial de septembre 2008.

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Nous partageons avec toutes les soeurs de la Province sa réflexion sur « Mission et
Pluricultualité ».

MISSION ET PLURICULTURALITE

Notre congrégation a été fondée pour la mission en Afrique, et particulièrement en


direction de la femme, des jeunes, des enfants, de l’éducation et de la santé ; autrement dit
en direction des lieux fragiles de la vie. Or l’Afrique contemporaine où se déroule notre
mission est confrontée à un grave problème de la cohabitation et de mise en convergence
pacifiques et enrichissantes des cultures. Nous avons mission de vivre la pluriculturalité
évangélique.

A – PLURICULTURALITE, UN LIEU DE MISSION EN AFRIQUE

1 – La culture

La culture peut être définie comme l’ensemble de tout ce qu’un homme, une communauté
ou un peuple a, dans l’espace et dans le temps, accumulé comme expérience de vie et qui,
désormais, lui sert d’appui, de repères pour vivre le présent et affronter le futur. Comme
fruit de l’expérience, la culture est centrée sur l’être humain ou la communauté qui la
produit. Elle porte la marque de ses convictions, de ses angoisses et de ses espérances, de
ses souffrances, de ses doutes et de ses faiblesses, et surtout de ses peurs. Dans son noyau,
d’où elle rayonne, irradie vers la périphérie, elle est statique mais à la périphérie, là où elle
rencontre, affronte des réalités nouvelles au quotidien, elle est dynamique, dans un
processus de sédimentation permanente, progressive, des valeurs acquises qui agrègent le
noyau.

D’une manière générale, le regard chrétien sur les cultures africaines révèlent un élément
important : la personne humaine. Toute la culture tourne autour de cet élément, de sa vie et
de sa protection. La personne humaine est le cœur et le déterminant du contenu des
cultures. Cela fait à la fois leur valeur, leur force (l’accent mis sur la personne humaine)
mais aussi leur faiblesse à corriger par l’Evangile.

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2 – De l’exaltation de soi à l’élimination de l’autre
Les cultures africaines sont marquées par un sens aigu de l’être humain. Celui-ci est le
centre et la raison d’être de toute l’organisation sociale. Si, dans les sociétés africaines
traditionnelles, la communauté paraît première, en réalité, elle est au service de la
protection de la personne.

A maints égards, les cultures africaines exaltent l’être humain et spécifiquement


l’individu. La communauté est un cadre stratégique de survie de l’individu, où la
solidarité est en fait un réseau de prestations de services rigoureusement gérés. L’individu
n’est aidé par la communauté que dans la mesure ou il aide les membres de cette
communauté…
Dans les sociétés africaines traditionnelles et même modernes, l’exaltation excessive de
soi, liée aussi à la peur de l’autre, peut conduire à l’élimination de l’autre considéré
comme un danger possible… Cette méfiance vis-à-vis de l’autre qui peut aller jusqu’au
rejet, au mépris, à la minimisation, à la banalisation, à l’exclusion et à l’élimination ou à
l’extermination de l’autre s’exacerbe surtout lorsqu’il s’agit d’un autre groupe ethnique,
ou d’un autre statut social(considéré comme inférieur pour diverses raisons).C’est dans ce
cadre, que sereinement, objectivement et honnêtement sans parti pris, il convient de
considérer et d’examiner le rapport entre les populations du Nord et du Sud de l’Ouest et
de l’Est, du Centre, les Autochtones et les Etrangers,les groupes sociaux, les castes. Et ce
réflexe culturel d’auto exaltation de soi et d’élimination de l’autre, nous l’avons tous en
nous, même devenus chrétiens, Prêtres et consacrés, dotés et enracinés par nous et en nous.
C’est à ce niveau également que l’évangile par nous et en nous, doit opérer une
transformation de mentalités et de comportements.

3 – De l’autre (étranger) au prochain, un chemin de conversion

Dans nombre de sociétés africaines, celui ou celle qui est issu de la même communauté, et
qui, partage, la même culture que nous, est considéré comme un être humain à part entière.
Mais celui ou celle qui vient d’une autre communauté culturelle est appelé un «l’autre»,
différent de nous, et dont l’humanité n’est par d’emblée reconnue comme valeur. C’est
pourquoi l’intégration de l’étranger au corps social exige un processus d’assimilation. Il
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doit avoir un tuteur, bénéficier d’un nom local et être initié. Il s’agit certes de précautions
sociales, qui, cependant et en réalité, cachent la difficulté dans l’impossibilité d’accepter et
d’accueillir dans et avec sa différence. Dans la plupart de nos villages Africains, les
étrangers habitent à part dans un lot réservé généralement à la périphérie du village…
Si l’accueil de l’autre dans les cultures africaines consiste à l’intégrer, à l’assimiler, à le
rendre semblable, la dynamique chrétienne, elle, est différente. Elle nous ouvre à l’autre,
et nous lance vers lui, vers elle, pour nous faire proche de lui, d’elle, nous intéresser à lui,
à elle, et à tout son univers humain et culturel. Elle consiste à nous rendre disponible pour
nous ouvrir à sa <<révélation>> à ce qu’il, elle, va nous dévoiler, nous communiquer, et
nous offrir de lui, d’elle… C’est cette attitude qui nous permet alors de l’accueillir, de le
comprendre et de communier avec lui de sa différence. C’est un véritable mouvement
de conversion que l’Evangile introduit dans nos cultures et dans nos mentalités, et qu’il
nous faut accepter en tant qu’individu et communauté pour être chrétiens.

B – CULTURES ET EVANGILE

1 – Cultures et Incarnation

L’inculturation a été choisie par l’Eglise d’Afrique comme principe d’évangélisation pour
entrer dans la logique de l’incarnation. Elle consiste à accueillir Dieu dans une culture
donnée et par cet accueil purifier celle-ci de toutes ses scories et ainsi lui permettre
d’atteindre sa pleine stature. De la sorte, la culture exprime la présence et la vérité de Dieu
et de sa parole et la vérité de l’homme ayant accueilli la parole de Dieu.
En allant plus loin, à la lumière de l’incarnation du Fils de Dieu, nous nous rendons
compte que Dieu vient dans chaque culture, manifeste et souligne la valeur divine de
chaque homme et chaque culture en tout ce qui est en lui ou en elle l’honore et le glorifie.
Tout homme est divin grand et toute culture constitue l’œuvre de l’Esprit et d’une
certaine manière le reflet de la gloire de Dieu. A ce titre tout homme et toute culture
doivent être respectés et promus, traités avec dignité…

Cette révélation de la dignité et de la grandeur divines de l’homme et de la culture à cause


de l’incarnation, est la source de l’éducation à une véritable et saine fierté

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anthropologique, identitaire et culturelle, lieu privilégié de la libération de l’homme
africain du complexe du Noir, de la folklorisation, de la profanation et de la banalisation
de ses propres cultures. La sympathie de Dieu à notre endroit exprimée dans le mystère de
l’incarnation nous invite à la sympathie l’égard de nous-mêmes, de nos propres cultures et
à l’endroit des autres et de leurs cultures.

Mais par l’incarnation, Dieu vient visiter, réhabiliter nos cultures et les faire aboutir dans
leur intuition et intention primordiales par la présence de Dieu et de son Esprit, nos
cultures passent de la création humaine à la recréation divine. C’est le mystère pascal au
cœur des cultures

2 – Cultures et Mystère pascal

L’inculturation peut être mal comprise. Elle peut être saisie par l’homme comme exaltation
de soi et de ses cultures, même au nom du Christ. Elle apparaît alors comme une
canonisation béate et non critique de tout ce qui est africain. L’inculturation ainsi mal
comprise se présente alors comme une revanche culturelle sur tous ceux qui, à tort ou à
raison, ont prétendu ou décrété que toutes les cultures africaines étaient diaboliques. Une
telle compréhension de l’inculturation est fausse, anti-chrétienne.

L’inculturation est encore une fois l’implantation de la parole et de la Croix d’Amour et de


sainteté dans le cœur des hommes et des peuples et au cœur des cultures. Tout n’est pas
mauvais dans les cultures humaines et singulièrement de nos cultures africaines.
Tout n’y est pas bon aussi. Et le principe qui permet de faire ce discernement est celui de
l’Amour ouvert qui vient de Dieu et qui promeut la vie de tous, sans discrimination.
Aimer Dieu et aimer le prochain. Donner la première place à Dieu et à sa volonté et à
cause de lui donner toute sa place à l’homme et à tout homme, en touts lieux et en
toutes occasion.

Une culture où Dieu n’est pas premier, où c’est l’être humain qui est premier, doit être
convertie. Elle est dangereuse. Une culture où tout homme sans exception n’est pas
accueilli, servi et traité avec amour, dignité, doit être convertie.

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Il y a une nécessaire purification pascale des cultures à partir de ce principe. Toute culture
doit accueillir en son sein le mystère pascal, c’est-à-dire, la passion, la crucifixion, la mort
et la résurrection. Cela doit se faire dan nos cultures et cela doit aussi se faire dans
chacune de nos vies, dans chacun de nos cœurs qui constituent un véritable univers
culturel où doit s’opérer la conversion, et la rupture radicale avec ce qui est incompatible
avec la foi chrétienne, notamment le culte de soi, de sa culture, de son ethnie, et le rejet,
le mépris, et la haine de l’autre (Mt 5, 27 – 30)

C’est par cette purification et rupture radicale que s’opère la pentecôte culturelle.

3 – Culture et pentecôte

Lorsque, par la foi en Dieu et par l’Evangile, les cultures sont purifiées de tout ce qui
blesse, exclut et tue les autres, elles deviennent de véritables richesses non seulement pour
les peuples qui les produisent, mais aussi pour les autres hommes. La culture habitée par
l’amour devient un trésor pour le peuple qui la produit et pour tous. C’est cet esprit
d’ouverture et de partage qu’il nous faut introduire dans nos cultures et dans la manière
de les pratiquer. En vivant chacun et chacune cet esprit de pentecôte,
nos communautés chrétiennes et religieuses et notre congrégation ne seront plus des
lieux de conflits culturels, mais des plates formes de réconciliation, d’échanges et
d’enrichissement culturels. Et nous réaliserons ainsi d’une manière prophétique l’unité
dans la communion différentielle que recherchent parfois maladroitement nos peuples
africains et le monde d’une manière générale.

REFLEXION PERSONNELLE ET COMMUNAUTAIRE

PLURICULTURALITE, UN LIEU DE MISSION EN AFRIQUE


Nous avons mission de vivre la pluriculturalité évangélique.

« La méfiance vis-à-vis de l’autre peut aller jusqu’au rejet, au mépris, à la minimisation,


à la banalisation, à l’exclusion et à l’élimination de l’autre. Et ce réflexe culturel d’auto
exaltation de soi et d’élimination de l’autre, doté et enraciné par nous et en nous ; nous
l’avons toutes en nous, même devenues chrétiennes et consacrées,. »
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1- A- Qu’avons-nous à mettre en place, dans notre communauté, pour nous accueillir
mutuellement, et gérer nos conflits culturels ?
1- B- Est-ce que je sais discerner dans ma propre culture ce qui n’est pas conforme à
l’Evangile ? (Donner des exemples).
2- Comment nous nous organisons pour aider le peuple qui nous accueille à dépasser
les barrières culturelles et ethniques ?

« Une culture où tout être humain sans exception n’est pas accueilli, servi et traité avec
amour, dignité, doit être convertie. »
La culture NDA, une culture de femmes missionnaires : des femmes appelées à être
«attentives aux espoirs et aux recherches des peuples vers lesquels nous sommes envoyées
et qui nous accueillent… Const. N° 7 «Nous participons à la construction d’un monde
nouveau selon le dessein de Dieu. Nous devenons ainsi germes d’unité, d’espérance et de
salut au milieu des pauvres » Const. N°13.
Comment moi, personnellement, je vis cette culture de femme missionnaire?

Quelques mots de sœur Marie Colette SOUBEIGA


Depuis le Botswana

« Je suis arrivée à Maun le 16 septembre 2008, et j’ai commencé aussitôt


l’étude de la langue locale : le Setswana. Elle est difficile comme toute langue
étrangère ; mais déjà je peux dire bonjour (Dumelamma), comment ça va
(otsogile jang) et merci (kea leboga).
Le Botswana est un pays désertique situé dans le désert de Khalahari. Selon le
mot de bienvenue de l’Evêque, le pays compte plus d’animaux que de personnes,
et il y a plus d’éléphants et de buffles que de Catholiques.

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Le Botswana a une population de 1,750 millions d’habitants ; et les chrétiens
catholiques à maun font moins de 1%. L’Eglise est jeune. 26 ans. Elle a été
fondée en 1982.
Maun est une ville importante pour le pays, car le tourisme y est très
développé. La vie est cher ici. Tout s’achète au supermarché. Les petits
magasins et boutiques n’existent pas. Pas de marché local comme on en trouve
dans nos pays africains ; encore moins les vendeurs ambulants. Pas non plus les
petits vendeurs de rue de cartes de recharge. Tout absolument s’achète au
supermarché.
Si vous cassez votre chaussure, n’espérez pas trouver un coordonier du
quartier pour vous la réparer. Et surtout priez Dieu pour ne pas avoir à
réparer un meuble ou un robinet qui coule.
Un habitant du Botswana est appelé Motswana et le pluriel fait Batswanais.
On ne dit donc pas Botswanais, ni Botswanien.
Les villes sont distantes les unes des autres. Notre communauté se situe à
500kms du centre du Diosèce Francistown, et la plus proche Paroisse de nous
est à 300kms, ce qui veut dire que quand le prêtre de notre paroisse est
absent, il n’y a pas beaucoup de choix.

Notre activité comme communauté, c’est d’abord l’étude de la langue locale.


Voilà en bref, les premières nouvelles de Maun.
Je vous reste unie dans la prière.

Sœur Marie-Colette SOUBEIGA

Nous devrions te rendre hommage avant la fin de l’année 2007. Les événements s’étant succédés,
ce désir n’est resté que désir jusqu’en ce jour où il devient action. C’est toute la cour du noviciat qui
voudrait faire mémoire de ces temps passés ensemble avec toi, et qui deviennent un point d’appui pour
notre présent. La grâce que nous bénéficions, pour te l’exprimer, vient de Celui qui donne l’être et le
mouvement. Oui, il est important pour nous de nous remémorer certaines choses. Comme le peuple
d’Israël, qui sous l’action de l’Esprit aimait faire mémoire des bienfaits du Seigneur dans sa vie :
mémoire des actions libératrices de Dieu dans le passé, mémoire de l’Alliance qui a été nouée et mémoire

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de la promesse de Dieu ; il est tout à fait normal que nous aussi, nous nous souvenions de toi et que nous
te rendions hommage dans cette petite page.
En effet, les événements et imprévus de l’année 2007-2008 accueillis tels qu’ils nous arrivaient
ont fait que nous n’avons pas pu te laisser nos impressions après ton départ du 10 novembre. Ce n’était
simplement qu’une partie remise.
Chère Sœur Odette, si aujourd’hui, nous continuons cette mission particulière par la grâce de
Dieu, c’est parce que ta présence ici au noviciat nous a été précieuse. Femme aimable, très attentive,
disponible, serviable, alerte à tout point de vue ; mais aussi nerveuse !!! Comment pourrions-nous perdre
le souvenir d’une telle présence, de cette vie toute donnée ? Toute la chrétienté d’Abengourou, pour ne
citer que celle-là, le dit tout autant que nous.
Nous aurions bien voulu que vous duriez davantage au noviciat international mais nous sommes aussi
contentes que la mission vous conduise auprès de nos Sœurs aînées.

Nous demandons à Dieu de continuer de vous accorder les grâces nécessaires pour témoigner de la
passion pour le Christ et pour les humains en communion avec la grande famille NDA.

Que Marie au milieu des Apôtres nous soutienne de ses prières.

La communauté du noviciat.

MOUVEMENTS DANS LA PROVINCE

TOGO
 AMEKUSE Béatrice en mission à Kolowaré
 DORE Vivian en service temporaire à Kolowaré
 AMAIHWE Benedicta (sœur de la Province du Nigéria) en année sabbatique à Lomé
 PLETOU Pétrina en mission à Sokodé

TCHAD
 COULIBALY Yoh Thérèse à N’Djamena
 SOUBEIGA Emilienne à N’Djamena
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 BLANC Théresia revient à Bousso

NIGER
 NOUKONTO Honorine en mission à Niamey

COTE d’IVOIRE

 FONTANA Maria Gracia en mission à Abengourou


 FAROUK Samia en mission à Ferké
 SCHIAVON Annamaria en mission à Ferké
 KANHOUN Gnissan Christine en mission à Gagnoa
 BOUA Chantal en mission à Grand Bassam
 BROU N’GO Julianne en mission à Kouassi Datékro

BURKINA
 MOULERO Marcelline en mission à Fada (Béthanie)
 OUEDRAOGO Claire revient à Fada (Béthanie)
 SETTON Reine aux études à Ouaga
 GBABA Anne-Marie aux études à Ouaga

BENIN
 LANTONKPODE Claudine en mission à Cotonou
 PRATT Marie Agnès au repos à Cotonou
 De MONTGOLFIER Bernadette en mission à Savè
 AMOUZOUGAN Christine en mission à Tanguiéta
 KUMAPLEY Rosita en mission à Pobè
 AYITE Jeanne-D’Arc en mission à Cotonou, sœurs aînées

Autres Nouvelles
 Monique SOUBEIGA quitte Chagoua (Tchad) pour Abidjan comme
Régionale de RCI
 Juliane BROU N’GO, après 10 ans de service à la tête de la Côte d’Ivoire
quitte Adjamé pour Kouassi Datékro.
 Delphine EDOUN finit ses études à Ottawa (Québec) vers fin Avril. Elle
rejoindra la communauté de Lomé comme Régionale du Togo
 Colette Hobuame quitte Gagnoa (RCI) pour rejoindre la communauté de
Cotonou comme Régionale du Bénin
 Germaine (Cyrille) VIEILLE quitte Pommier (France) en septembre 2009
pour rejoindre la communauté de Chagoua comme Régionale du Tchad. Pour
16
le moment, les deux (2) Conseillères assument la responsabilité de la
Région.
 Eugénie KRAYE KOUPOH quitte Niamey pour rejoindre la communauté de
Ouaga comme Régionale du Burkina.
 Christine Gnissan KANHOUN a terminé son stage d’anglais au ghana. Elle
est rentrée en Côte d’Ivoire fin décembre.
 Anne-Marie KOUASSI finit ses études vers fin avril et rejoint la Province
 Hortense DOSOUMON finit ses études fin Mai et rejoint la Province
 Françoise GUEU ZRO a changé de communauté. Elle a quitté Kab-Elias et
rejoint la communauté de Kafaat. Elle termine ses études vers le mois de
juillet et rejoint la Province
 Odile OGOU termine ses études vers le mois juillet et rejoint la Province
 Maria Gracia est revenue au noviciat pour soutenir la communauté et le
noviciat.
 Anne-Marie LOBOGNON, après 5 années de service à la tête de la Région
du Bénin, quitte Cotonou pour la Côte d’Ivoire.
 Cécile TINODJI, après 5 années de service à la tête de la Région du
Burkina, quitte Tibga pour une année sabbatique au Nigéria.

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Nous nous souvenons de nos parents décédés

• La maman de sœur Monique POIRIER a rejoint la maison du Père au mois de


décembre dernier.

• Le frère de Reine SETTON nous a quittées au mois de Janvier 2009.

Conseil Provincial Abidjan, le 12 janvier 2009


Afrique Francophone

Le Conseil provincial nomme

Au Bénin
Supérieure Régionale : Colette HOBUAME
Conseillères : Léa KOULNGAR et Claudette VERMETTE

Au Burkina
Supérieure Régionale : Eugénie KRAYE KOUPOH
Conseillères : Piera SANGALLI et Amélie YAPO

En Côte d’Ivoire

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Supérieure Régionale : Monique SOUBEIGA
Conseillères : Christine Gnissan KANHOUN et Agnès AYIDZOE

Au Niger
Supérieure Régionale : Réjeanne DUPUIS
Conseillères : Elisabeth SOUBEIGA et Pascaline BALIMA

Au Tchad
Supérieure Régionale : Germaine VIEILLE
Conseillères : Margherita ALBERTI et Emilienne SOUBEIGA

Au Togo
Supérieure Régionale : Delphine EDOUN
Conseillères : Etta PROFUMO et Bernadette GODOGODOE

Nous disons un grand merci aux sœurs qui ont accepté ce service, et à vous toutes qui avez porté dans vos
prières ce temps de discernement.

Toute notre reconnaissance aux Régionales et Conseillères sortantes. La mission continue.

Le Conseil Provincial

Emilienne, Lucille et Olga.

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P.S. Si dans La Nouvelle ou dans l’annuaire, il s’est glissé une erreur de notre part, nous vous serions
reconnaissantes de nous la signaler en toute simplicité.

Merci

UN PEU D’HUMOUR === UN PEU D’HUMOUR === UN PEU D’HUMOUR

Un jour de janvier 2009, un vieux monsieur est assis sur un banc de parc face à
la maison blanche....après quelques minutes il se lève et va voir le soldat qui est
de garde et lui dit " j'aimerais visiter la maison blanche et rencontrer le
président Georges W. Bush"

...le soldat lui dit "Monsieur Bush n'est plus président et il n'habite plus ici"
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......le vieux monsieur s'en va sans dire un mot.....

Le lendemain le vieux monsieur est encore assis sur le banc de parc....il se lève, va
voir le soldat et lui dit "je veux visiter la maison blanche et rencontrer le
président Georges W. Bush"

....le soldat lui dit " Monsieur Bush n'est plus président et il n'habite plus
ici".....le vieux monsieur s'en va sans dire un mot..
Pour une troisième journée consécutive le vieux monsieur est assis sur le même
banc de parc et regarde toujours la maison blanche.
Il se lève enfin et va voir le même soldat et lui dit j'aimerais visiter la maison
blanche et rencontrer le président Georges W. Bush"

.....le pauvre soldat ne sait plus trop quoi dire...il lui dit "monsieur ça fait 3
jours que vous me demandez de rencontrer monsieur Bush et ça fait 3 jours que
je vous dit que monsieur Bush n'est plus président et qu'il n'habite plus
ici.....est-ce qu'il y a quelque chose que vous ne comprenez pas?"

.....".non... non".... dit le vieux monsieur "C'est juste que ça me fait tellement
plaisir de l'entendre".......

Alors le soldat s'est mis au garde-à-vous, l'a salué et lui a dit " A demain
monsieur "

Trois fous sont dans le désert, le premier dit aux deux autres :
- Regardez ! Si on a faim j’ai emmené un sandwich !
Le deuxième répond:
- Regardez ! Si on a soif j’ai emmené une gourde !
Et le troisième dit:
- Et moi, si jamais on a trop chaud, j’ai une porte de voiture, on pourra baisser la
vitre !

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19
C’est trois femmes amies en train de prendre le thé un après-midi.
La première dit:
- Mon mari me trompe, j’en suis sure maintenant. J’ai retrouvé une paire de bas
dans la poche de sa veste, et ce n’étaient pas les miens!
La seconde renchérit:
- Ah ça me réjouit un peu que tu dises ça, car mon mari aussi me trompe.
Et j’en suis certaine aussi car j’ai retrouvé un préservatif neuf dans son
portefeuille. Alors, par vengeance anticipée, j’ai percé de plein de petits trous
avec une aiguille à coudre!
La troisième ne dit rien et s’évanouit.

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C’est l’histoire d’un chauffard qui arrive en trombe dans un village de campagne
et pas de chance, une brave dame était en train de traverser la route, il fait
un écart de volant pour l’éviter et écrase une poule.
Très embêté, le pov’gars va voir le paysan:
- Je suis désolé, j’ai écrasé une de vos poules, pour éviter cette brave dame.
Je vais vous rembourser…
- Alors vous, les bêtises vous les accumulez: vous écrasez ma meilleure pondeuse
pour éviter ma belle-mère…

La nouvelle des nouvelles !!! Le site de la Province est en


construction !!! Il sera consultable à partir du 1er Mars 2009 à
l’adresse suivante :
www.ndafrique.org
Delphine demande des photos, des articles, des idées… Envoyez-
les à ognilade@yahoo.fr
Merci à Delphine.

SOMMAIRE
Editorial (Sur les pas de Saint Paul) P.1

Le fondement de la prière chrétienne P.2-5

20
Mission et pluriculturalité P.6-11

Nouvelles du Botswana P.12

Sœur Odette P.13

Mouvements dans la Province P.14

D’autres nouvelles P.15

Nomination Conseils Régionaux P. 16

Un peu d’humour P.17-18

Sommaire P.19

21