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Sujet : La culture ouvrière existe-t-elle encore ?

I) OUI, années 60
-homogénéité à l’intérieur des groupes et une fermeture
-sous culture voire contre culture
-classe ouvrière avec une conscience de classe
-démarche déterministe
II) MAIS, maintenant
-possibilité d’ascension sociale
-hétérogénéité des groupes (homogénéité de la société)
-démarche interactionniste

Intitulé :
Dans une première partie vous montrerez que la classe ouvrière dans les années 60
était une classe homogène avec une conscience de classe et une fermeture, ce qui créait
une sous-culture voire une contre-culture et qui est expliqué par une démarche
déterministe. Dans une deuxième partie vous démontrerez qu’aujourd’hui il y a cependant
une hétérogénéité au sein de la classe ouvrière ce qui entraîne une atténuation de la sous
culture et donc une possibilité d’ascension sociale qui sont représentatives d’une
démarche interactionniste.

Documents
Doc1
Pratiques culturelles à l'âge adulte selon la catégorie sociale
Unité : %
Lecture de Musée ou Théâtre Concert ou
livres exposition spectacle
Ensemble 58 39 16 31
Agriculteurs 31 34 11 33
Indépendants 49 40 20 28
Cadres
supérieurs et
83 66 36 50
professions
libérales
Professions
70 52 25 46
intermédiaires
Employés 63 38 12 29
Ouvriers 32 25 6 22
Etudiants élèves 77 50 20 43
Chômeurs 51 34 11 24
Retraités 52 34 14 20
Inactifs et
femmes au 53 30 10 24
foyer

Source : Insee - Enquête permanente sur les conditions de vie. Année des
données : 2005, personnes de 15 ans et plus

document 2
document 3

La classe ouvrière, longtemps considérée comme un bastion social et


culturel voit sa mémoire collective s'effriter. Mais surtout, le mode de
vie ouvrier perd de plus en plus ses contours culturels et la
capacité qu'il avait de doter ses membres d'un sentiment
«d'extériorité» sociale, de renforcer l'identité locale par l'identité
de classe, et vice versa. Désormais, le lieu de résidence s'éloigne
progressivement du lieu de travail, la sociabilité ouvrière recule avec
l'extension de zones résidentielles plus composites, enfin les habitudes de
consommation, malgré des «usages» encore différents parmi les ouvriers,
sont de moins en moins marqués. De plus, l'accroissement du nombre de
couples constitués d'un ouvrier et d'une employée renforce le mélange de
styles de vie... L'épuisement de l'identité ouvrière se manifeste aussi au
niveau politique puisque le vote ouvrier est de moins en moins identifiable
à un vote de classe.
Source : F. Dubet, D. Martucelli, Dans quelle société vivons-nous ? Éditions
du Seuil, 1998
Document 4:
Avec le chômage, l'usine et l'atelier ont perdu leur caractère de lieu privilégié de la
socialisation. L'urbanisation des années 1960-70 avait déstructuré les quartiers
ouvriers de centre-ville, leur image et leurs réseaux de solidarité. La crise et la
paupérisation ont fait de même dans les grands ensembles.
En fait, la classe ouvrière a éclaté. Les ouvriers qualifiés se sont alignés sur la vie
moderne des classes moyennes, les moins qualifiés sont tombés dans la précarité et
la pauvreté. Les nouveaux visages des quartiers en sont le reflet. Les familles
populaires les plus aisées ont quitté les HLM pour les nouveaux lotissements ou les
quartiers rénovés. Les autres sont restés dans les cités devenues des lieux de
relégation. Dans les deux cas l'empreinte du monde ouvrier - les associations, les
fêtes, le bistrot du coin, le syndicat ou la cellule du parti - s'est évanouie, remplacée
dans un cas par les associations de co-propriétaires, de consommateurs ou de
parents d'élèves, et dans l'autre par le vide. Dans l'ensemble du pays, l'audience des
syndicats ouvriers et du parti communiste a décliné, alors que les nouveaux
mouvements sociaux, écologistes, féministes ou autres, sont apparus moteurs des
transformations sociales. Depuis quelques années, la montée de l'insécurité
économique et sociale n'a pas entraîné de retour aux formes traditionnelles
d'organisation collective du mouvement ouvrier. Mais elle a fait le lit de l'extrême
droite et de l'extrémisme religieux, pas toujours d'ailleurs, loin s'en faut, chez ceux
qui souffrent le plus.
Source : Alternatives Economiques, HS n° 29, 1996.

TRAVAIL PREPARATOIRE

1) Donner le mode de calcul et de lecture de : 33 et 86


(ouvriers non qualifiés) (doc 2)

2) Opérez une typologie des pratiques culturelles selon la


PCS. (doc 1)

3) Quels facteurs sont à l’origine de l’unité culturelle des ouvriers ? (doc 4)

4) Quels sont les éléments qui remettent en cause cette unité ? (doc 4)

5) Quelles sont les données statistiques montrant la sous-culture ouvrière ?


(doc 1 et 2)

6) Quelles sont les données montrant que les ouvriers se rapprochent des
autres catégories. (doc 3)

7) Expliquez pourquoi l’auteur peut écrire : « Mais surtout …vice versa.


» (doc 3)
Documents choisis originaux ; questions claires mais peut être un peu vagues

Correction des questions :


1) 33% des ouvriers non qualifiés considèrent le métier comme un thème qui
permet bien de les définir.

Nombre d'ouvriers considérant le métier comme un thème les définissant


Nombre d'ouvriers interrogés x100

86% des ouvriers non qualifiés considèrent la famille comme étant un thème
qui permet de bien les définir.

Nombre d'ouvriers considérant la famille comme un thème les définissant


Nombre d'ouvriers interrogés x100

2) Les ouvriers, les inactifs, les retraités, les chômeurs et les agriculteurs
pratiquent par rapport à l'ensemble peu d'activités culturelles : 31% des
agriculteurs lisent des livres alors que l'ensemble est de 58%, 30% des
inactifs vont au musée ou à des expositions alors que l'ensemble est de
39%, 6% des ouvriers vont au théâtre alors que l'ensemble est de 10
points au-dessus et 24% des chômeurs vont à des spectacles ou des
concerts alors que l'ensemble est de 31%. Les indépendants et les
employés sont bien représentatifs de l'ensemble des PCS : 38% des
employés vont au musée ou à des expositions et l'ensemble est de 39% ;
alors que les cadres supérieurs et professions libérales, les professions
intermédiaires et les élèves étudiants pratiquent en moyenne beaucoup
plus d'activités culturelles que par rapport à l'ensemble : 83% des cadres
supérieurs et professions libérales alors que l'ensemble est de 58%. Ces
regroupements ont été effectués grâce à des statistiques mais cela
correspond aussi à des tranches de salaire et d'étude ; en effet le premier
groupe comporte beaucoup de personnes peu qualifiées et gagnant peu.

3) Les facteurs à l'origine de cette unité de classe sont notamment le lieu


commun des ouvriers qui est l'usine. Ce lieu est un lieu privilégié pour
leur socialisation. De même le lieu de résidence est identique pour tous les
ouvriers, c'est-à-dire les HLM. Le lieu de vie et de travail est commun à
toute cette classe. Les groupes de pairs qui permettent la socialisation
secondaire restent des ouvriers. Cela ne permet pas une mobilité sociale
car ils ne côtoient pas ou peu de personnes extérieures à leur classe. C'est
donc une classe fermée et homogène. Malgré des différences de
qualification parmi les ouvriers, on retrouve tout de même une
homogénéité qui leur est propre et spécifique à leur classe. De même que
les groupes de pairs leur qualification participe à la fermeture de la classe.
Ces facteurs ont donné naissance à une conscience de classe qui renforce
l'unité de cette classe à travers des associations des syndicats, des groupes
communs et spécifiques à cette classe.

4) Les éléments qui remettent en cause cette unité sont tout d'abord la
destruction des quartiers ouvriers, leur lieu de socialisation qui était la
résidence n'entre plus en compte. De plus, cette urbanisation qui a fait
éclater le milieu ouvrier, a poussé les ouvriers qualifiés à s'installer dans
des quartiers rénovés permettant à leurs enfants de côtoyer la classe
moyenne à travers les écoles, les groupes de pairs, plus élever dans la
hiérarchie sociale. Ces enfants le milieu ouvrier définitivement. Au
contraire, les ouvriers non qualifiés sont partis s'installer dans des
quartiers plus pauvres les amenant dans une certaine précarité.
L'éclatement de la classe ouvrière a donc mis fin à l'homogénéité et à la
fermeture de cette classe. Les associations et les groupes communs et
spécifiques à cette classe ont donc disparu.

5) Si l'on fait la moyenne dans chaque pratique culturelle, les ouvriers sont
toujours en dessous de cette moyenne ou égale dans la lecture de livres.
C'est d'ailleurs les ouvriers qui pratiquent le moins d'activités culturelles ;
contrairement aux cadres supérieurs et professions libérales qui
obtiennent de toute part un résultat supérieur à la moyenne. Par exemple
les cadres supérieurs et professions libérales ont environ 50 points de plus
que les ouvriers sur la lecture de livres qui sont à 32. Le taux de pratiques
culturelles par les ouvriers est souvent le plus bas : 25% des ouvriers vont
au musée , c'est le taux le plus faible. Ces différences sont bien
représentatives de la réalité de la sous-culture ouvrière : les ouvriers sont
souvent à l'écart des autres car ils ne pratiquent que très peu d'activités
culturelles.

6) Ce qui permet de dire que la culture ouvrière se rapproche des autres c'est
que le lieu de résidence ne leur est plus spécifique, ils se mélangent avec les
personnes des autres classes. Leurs habitudes de consommation évoluent
grâce aux médias (publicité) accessibles quelle que soit la classe sociale. Le
changement de résidence admet un changement de groupe de pairs cela
favorise l'exogamie. Les habitudes politiques de cette classe disparaissent.

7) L'auteur peut écrire cette phrase car la classe ouvrière tend à se rapprocher de
la classe dite « moyenne » ou vers la classe inférieure. Le lieu de résidence
permettait une identification a une classe et la classe imposait le lieu
d'habitation. Cette mise a l'écart renforçait la fermeture de la classe. Les
quartiers ouvriers ayant disparu ce sentiment s'est atténué .
Introduction :
La sous-culture ouvrière s'est disloquée que voulez-vous dire ?mais qu'en était-il
avant, existait-elle vraiment ? La classe ouvrière était importante dans la société des années
60, les ouvriers étaient nombreux et ils étaient conscients d'appartenir à une classe qui se
fermait aux autres d'où une sous-culture et se différenciaient des autres classes. Mais
aujourd'hui la société a évolué et cette classe a suivi ce même mouvement vers une
homogénéisation de la société et la disparition de la classe ouvrière.

Plan détaillé :

I)La classe ouvrière dans les années 60


a)-homogénéité à l’intérieur des groupes et une fermeture (q3)
b) -classe ouvrière avec une conscience de classe (q3)
c)==>-démarche déterministe

II) Mais dans la classe ouvrière, maintenant, des changements apparaissent


a)-possibilité d’ascension sociale (q6)
b)-hétérogénéité des groupes (homogénéité de la société) (q6)
c)==>-démarche interactionniste

Conclusion :
Bien qu'il y ait eue une fermeture de classe assurant une sous-culture ouvrière dans les
années 60, mais des changements apparaissent aujourd'hui, la classe ouvrière disparait pour se
fondre dans le reste de la société. Malgré la bonne structure de cette classe elle s'est quand
m^me effondrée. Il faut se demander si les autres sous-cultures vont de même disparaître et si
cela entraînera une homogénéisation de la société française.

16 Travail sérieux, mais les réponses au TP ne sont pas assez distinctes ; vous vous répétez
parfois