A Monsieur le Président Mesdames et Messieurs les membres du Conseil constitutionnel 2, rue de Montpensier 75001 Paris Mémoire en réponse à la défense

de Philippe Kemel et à la décision de la CNCCFP

A titre liminaire, il sera fait remarquer aux membres du conseil constitutionnel que la plupart des irrégularités se sont produites dans les communes de Carvin et Libercourt, villes du canton de Carvin dont Philippe Kemel est le maire. Il sera également fait observer 42,43,44,45,46,47,48 et 49 que Philippe adversaires internes au PS et notamment Facon et le président de la communauté Pierre Corbisez, d’avoir triché lors désignant le candidat du PS à l’élection par les pièces N° Kemel est accusé par ses le député sortant Albert d’agglomération, Jeande la primaire interne législative. d’avoir «

Jean-Pierre Corbisez accuse même Philippe Kemel trafiqué » (sic) la liste électorale de Carvin.

Plus généralement, de nombreux livres sont récemment sortis pour s’émouvoir des méthodes des « barons » du Parti Socialiste dans le bassin minier du Pas de calais et notamment dans l’agglomération d’Hénin-Carvin Rose mafia de Gérard Dalongeville et « La Fédé » des journalistes Benoît Collombat et David Servenay (Edition du seuil) racontent comment les socialistes du Pas de Calais trichent dans les élections internes. Ainsi, pages 166 et 167 du livre « La fédé », Anne Sophie Taszareck, militante du Parti Socialiste, se plaint d’être inscrite sur la liste électorale d’Hénin-Beaumont, de Lens, de Montigny en Gohelle et de Liévin… Elle peut donc voter quatre fois en toute illégalité… Pages 172 et 173, on apprend que Jean-Marc Bouche, élu PS de Montigny en Gohelle dans la 11ème circonscription, a pu voter une fois à Hénin-Beaumont et une fois à Montigny en Gohelle dans la compétition interne entre Martine Aubry et Ségolène Royal en 2008…

Toujours à titre liminaire, le conseil constitutionnel doit être informé d’un reportage de Mediapart relatif aux irrégularités survenues au cours de la campagne législative de juin dans la 11 eme circonscription : Voici (pièce n° 50 ) ce que confie Odette Dauchez, maire de Carvin de 1989 à 2001 aux journalistes de Mediapart : Je vais vous raconter exactement comment ça s’est passé : « Vous savez que j’ai un recours contre moi de la part de madame Le Pen, j’ai demandé les listes d’émargement en préfecture et on est en train de contrôler » Et il me dit : « si jamais on s’aperçoit pour une personne qu’il y a une anomalie entre la première signature et la deuxième je vais aller voir les gens individuellement et leur demander s’ils veulent bien confirmer si c’est leur signature ou pas. Voilà ce qui m’amène à vous appeler : Isabelle CXXXX c’est bien votre belle-fille ? » Je dis « oui tout à fait, Isabelle CXXXX épouse Dauchez ». Il me dit « La signature du deuxième vote n’est pas identique à la première » Je lui dis « Ca m’étonnerait Isabelle n’est pas allée voter »

Je dis : « Ben non, Isabelle n’est pas allée voter au deuxième tour j’en suis certaine. Mais attendez, avant de vous confirmer je vais demander à Isabelle et mon fils, et je vous rappelle » Donc je téléphone à mon fils mon fils qui me confirme qu’effectivement ma belle fille n’est pas allée voter au deuxième tour donc je rappelle Monsieur Kemel qui me dit : « Je suis content de vous avoir appelée parce que du coup on a approfondi et avec Thérèse Lorthois qui est adjointe on a vérifié et il semble que les numéros ne sont pas très visibles et il y a peut être eu dans les numéros un changement au niveau

de la refondation des listes, toujours est-il que inquiétez pas ça ne concerne pas votre belle-fille ».

ne

vous

« Bah c’est bien tant mieux on est rassuré. » Et dès qu’il a raccroché je me suis dit « mais c’est complètement con ! Si c’est pas ma belle-fille, c’est quelqu’un d’autre ! C’est quelqu’un d’autre ! »

A/ Des violations des opérations électorales le jour du scrutin Le refus de répartir les tâches des assesseurs par tirage au sort

Dès lors que la répartition des attributions entre les membres composant un bureau de vote n'a pas été effectuée dans le respect des dispositions de l'article R. 61 du code électoral en dépit des demandes réitérées faites en ce sens et que (comme c’est le cas en l’espèce) le président de ce bureau de vote s'est opposé à ce que le délégué d'un candidat fasse usage de son droit d'inscrire une réclamation au procès-verbal, le Conseil constitutionnel n'est pas en mesure de s'assurer de la régularité du scrutin, il y a lieu d'annuler les opérations de vote dudit bureau, v. la décision n°88-60 PDR, 11 mai 1988, cons. 2, Rec. p. 62.

Dans le bureau de vote n°2 de la commune de Carvin :

Monsieur Kemel et la présidente du bureau de vote dans leur attestation ne contestent pas avoir violé le code électoral en refusant un tirage au sort. Il a été refusé au délégué de Marine Le Pen le droit d’inscrire l’incident dans le procès verbal à tel point que Steeve Briois, suppléant de Marine Le Pen, a dû être dépêché sur place en milieu de matinée et menacer de faire appel à la police. Ajoutons que la présidente du bureau est une élue socialiste de Carvin et membre du comité de soutien de Philippe Kemel…

Dans le bureau de vote n°4 de la commune de Libercourt : L’attestation produite en défense du président du bureau vote, maire socialiste de Libercourt et membre du comité soutien de Philippe Kemel lui aussi, est édifiante : de de

« Madame Lunker souhaitait être assise. Je lui ai donc proposé de vérifier auprès de chaque électeur entrant dans le bureau de vote son identité »

Cette déclaration du maire PS de Libercourt est stupéfiante : d’une part, les assesseurs sont tous assis et on ne comprend pas la manœuvre consistant à prendre prétexte de l’état de santé de l’assesseur de Marine Le Pen pour l’éloigner de l’urne et des cahiers d’émargements. D’autre part, procéder à une double vérification des pièces d’identité à l’entrée du bureau de vote par une personne éloignée de la liste d’émargement est totalement illégal mais aussi inutile puisqu’un deuxième contrôle d’identité serait nécessaire après que les personnes sortent de l’isoloir pour se rendre devant l’urne. Le fait d’asseoir une personne physiquement fragile à la table d’entrée de la vérification des identités éloignée de l’urne et de la liste d’émargement dans le but de l’en écarter sous prétexte de tenir compte de ses problèmes de santé est un aveu

de la manœuvre altérant de fait la sincérité du scrutin, le bureau de vote ayant été sciemment organisé en vue d’éloigner les scrutateurs de l’adversaire. Ce sont donc toutes les opérations du bureau qui sont douteuses et qui doivent être annulées par le conseil constitutionnel. D’autant plus que nous verrons plus bas que cette manœuvre a conduit à des signatures litigieuses dans ce bureau. Dès lors que la répartition des attributions entre les membres composant un bureau de vote n'a pas été effectuée dans le respect des dispositions de l'article R. 61 du code électoral en dépit des demandes réitérées faites en ce sens et que (comme c’est le cas en l’espèce) le président de ce bureau de vote s'est opposé à ce que le délégué d'un candidat fasse usage de son droit d'inscrire une réclamation au procès-verbal, le Conseil constitutionnel n'est pas en mesure de s'assurer de la régularité du scrutin, il y a lieu d'annuler les opérations de vote dudit bureau, v. la décision n°88-60 PDR, 11 mai 1988, cons. 2, Rec. p. 62.

Dans le bureau de vote n° 8 de Carvin : L’attestation produite par la défense est également édifiante. Maryse Godart, présidente du bureau de vote N° 8 de Carvin, est adjointe au maire socialiste de Carvin, Philippe Kemel, elle aussi membre de son comité de soutien. Madame Godart avoue : « Les membres du bureau de vote ont commencé un comptage approximatif des signatures sur le cahier d’émargement, page par page…. » Madame Godart justifie cette consultation minutieuse, totalement illégale, pour se faire une idée générale de la volumétrie des votants… Cette justification est totalement dispose déja d’un compteur. mensongère puisque l’urne

Ainsi, la confirmation par la présidente du bureau de vote, élue socialiste de Carvin, de la consultation massive du cahier d’émargement corrobore en tout point l’attestation du délégué de

Marine Le Pen sur les allers et venues avec un téléphone d’un délégué de Philippe Kemel après avoir consulté illégalement le cahier d’émargement. Ce sont donc toutes les opérations du bureau qui sont douteuses et qui doivent être annulées par le conseil constitutionnel. D’autant plus que nous verrons plus bas que cette manœuvre a conduit à des signatures litigieuses dans ce bureau. Et surtout cette manœuvre a conduit à mobiliser un nombre d’abstentionnistes ce qui, compte tenu du très faible écart de voix (0,1%) suffit à annuler le scrutin.

Les différences de signatures manifestes entre les deux tours

Sur l’article L. 62-1 du code électoral (différences de signatures entre deux tours) :

Le défendeur se garde bien de citer l’ intégralité de l’importante décision 2007-3901 AN du 22 novembre 2007 du Conseil constitutionnel aux termes de laquelle si, effectivement, de nombreux électeurs ont signé de façons très différentes au premier et au second tour de scrutin et que l'examen des listes d'émargement révèle qu'il s'agit dans de nombreux cas de courts paraphes dont rien ne permet d'affirmer qu'ils ne seraient pas authentiques, en revanche, lorsque 97 paraphes comportent des différences très marquées entre les deux tours de scrutin, permettant de mettre en doute l'authenticité des votes en cause, cette situation entraîne la soustraction hypothétique de 97 suffrages tant du nombre de voix obtenu par le candidat élu que du nombre total de suffrages exprimés, v. la décision n°2007-3901 AN, 22 novembre 2007,cons. 13, Rec. p. 397.

Considérant, en troisième lieu, que le requérant soutient que de nombreux électeurs ont signé de façons très différentes au premier et au second tour de scrutin ; qu'il résulte de l'instruction et, notamment, de l'examen des listes d'émargement, qu'il s'agit dans de nombreux cas de courts paraphes dont rien ne permet d'affirmer qu'ils ne seraient pas authentiques ; qu'en revanche quatre-vingt-dix-sept paraphes

comportent des différences très marquées entre les deux tours de scrutin, permettant de mettre en doute l'authenticité des votes en cause ;

que cette situation entraîne la soustraction de quatre-vingtdix-sept suffrages tant du nombre de voix obtenu par M. LIKUVALU que du nombre total de suffrages exprimés. Il faut insister sur les conditions douteuses dans lesquelles le défendeur souhaite confirmer l’authenticité des émargements litigieux : le fait de faire produire après le scrutin sans aucune transparence et sous le poids de possibles pressions avec des employés municipaux des attestations d’authenticité aux électeurs ne saurait être probant : ceci revient à leur demander de voter une seconde fois sans, cependant, leur assurer le caractère secret de leur vote qu’exige l’article 3 de la Constitution.

Les autres griefs viendront alors s’ajouter pour réduire encore l’écart de voix et aboutir à l’annulation de l’élection. Enfin, les manœuvres dans les bureaux de vote numéros 2 et 8 de Carvin et 4 de Libercourt doivent conduire le Conseil Constitutionnel à annuler les résultats dans ces 3 bureaux de votes.

B/ Sur la violation des règles édictées par le CSA La défense se borne à produire des articles relatifs au duel du premier tour entre Jean Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Campagne de presse qui se serait faite au détriment de Philippe Kemel lors du premier tour. Cette argumentation est inopérante : personne ne conteste, pas même le requérant, les résultats du premier tour ayant qualifié

monsieur Kemel en lieu et place de Jean Luc Mélenchon pour le second tour. La défense ajoute que le déséquilibre s’observe au détriment de Philippe Kemel. des temps d’antenne

C’est totalement inexact entre les deux tours. Enfin, la défense précise que les règles édictées ne s’apprécient pas reportage par reportage mais sur une période donnée. Or, la campagne de l’entre deux tours donnée, à part de celle du premier tour. constitue une période

Au cours de cette nouvelle période, France 2 n’a traité la 11 ème circonscription qu’une seule fois en diffusant un reportage sur la campagne des élections législatives dans la 11ème circonscription du Pas de Calais dans l’émission « Envoyé Spécial » le jeudi 14 juin à 20h30. Cette émission, particulièrement regardée, a réuni 2,9 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie. Cette forte audience a été particulièrement accrue dans la 11ème circonscription en raison du titre accrocheur « Duel à Hénin-Beaumont ».

Or, France 2 laisse la parole à Philippe Kemel de abondante. Marine Le Pen n’est JAMAIS interrogée !!!!

manière

De manière stupéfiante, l’émission « Envoyé spécial » signe sa forfaiture en avouant ne pas avoir respecté les temps de parole et en retirant de son site officiel le reportage de sorte que la vidéo ne puisse plus être visionnée ni contestée, ce qui constitue un scandale sans précédent. La page officielle Facebook d’Envoyé spécial indique : « Pour des raisons de droit à l’image et de temps de parole, nous avons dû retirer les sujets les dangers de la beauté expresse et duel à Hénin-Beaumont. Il n’y aura pas de rediffusion sur France 2 ni sur TV5 monde ».

Or, France 2 a violé la règle sur les temps de parole. Dans un contexte de faible écart de voix (0,1%), cette simple violation justifie l’annulation de l’élection. Voir notamment Conseil d’Etat, 25 janvier 1984, municipales de Cosne sur Loire, page 19 ET conseil d’Etat, 7 mai 1993, élections régionales de la réunion, REC p 146)

C/ Sur le rejet du compte de campagne de Philippe Kemel et la décision de la CNCCFP: La défense ne conteste pas les propos maladroits du candidat suppléant Christian Musial qui transforme les repas municipaux en propagande électorale. Le fait que Philippe Kemel ne prenne pas la parole est inopérant puisque Christian Musial est candidat (suppléant)

Christian Musial : J'ai invité Philippe parce qu'on était, bien sûr, sur le terrain en train de faire campagne. Pi j'lui ai dit "Viens Philippe, tu vas voir un foyer comment il vit bien", grâce un peu aux efforts de la municipalité, on essaye de faire du mieux possible, bien sûr, pour que vous vous y sentiez bien à bien, mais aussi grâce à vous qui avez appris à vivre ensemble ici, à bien manger ensemble grâce à nos cuistots, à bien vous amuser ensemble depuis pas mal de temps.

Un mardi normal si j'serais tenté de dire, un mardi comme tous les premiers mardis du mois comme il était y a un mois, comme il était le mois d'avant si ce n'est qu'il y a une attention un peu plus particulière qui est portée sur vous dans la perspective, bien sur, des prochaines élections. Mais ce que je souhaitais montrer et démontrer, c'est que par rapport à d'autres on est des élus alors euh...Philippe est

maire de Carvin comme moi j'suis maire de Leforest, c'est à dire quelqu'un qui est à votre écoute, proche de vous et qui a pas attendu les 15 derniers jours pour vous faire la bise, vous serrer la main, et que c'est des habitudes qu'on a prises depuis bien longtemps. La preuve et il sera un député de la 11ème circonscription proche, à l'écoute de l'ensemble des habitants de sa circonscription et à votre disposition... »

De manière surprenante, dans sa décision du 3 octobre 2012 concernant le compte de campagne de Philippe Kemel, la CNCCFP ne fait pas du tout allusion à ce grief financier alors qu’elle était pourtant saisie de ce moyen de droit. Le conseil constitutionnel doit réparer l’erreur matérielle de la CNCCFP. Le candidat suppléant utilise les moyens de la commune pour faire la campagne de Philippe Kemel et ceci en violation du code électoral. La commune de Leforest, via ce foyer municipal, a participé à la campagne de Philippe Kemel. Cette violation entraine le rejet du compte de campagne de Philippe Kemel et son inéligibilité pour un an.

D. Sur les pressions exercées contre la candidate du FN et les électeurs empêchant le bon déroulement de la campagne électorale

La défense justifie les pressions exercées envers les électeurs sur le marché de Méricourt, la veille du second tour, par une « marche silencieuse qui ne l’a jamais encerclée ou isolée sur le marché ». Cette argumentation est inopérante. En effet, le principe même de la « marche silencieuse » est d’être une manifestation autonome à tout autre. Or, encercler une personnalité, comme le démontre sans aucune ambigüité la vidéo, n’a rien à voir avec le principe de la marche silencieuse.

La défense ne produit aucune attestation visant à nier les déclarations de Bruno BILDE, présent sur le marché, et qui a attesté par une lettre versée au Conseil Constitutionnel dans le recours initial du requérant. « Nous avons été encerclés par le maire de Méricourt et le directeur de cabinet de Philippe Kemel. Tout au long du marché, une quinzaine d’individus accompagnants nous ont empêchés de rencontrer les électeurs. Le maire de Méricourt a même photographié des souhaitaient dialoguer avec la candidate. électeurs les

qui

Marine Le Pen a été dans l’obligation de filmer ces pressions sur les électeurs. Nous avons été encerclés jusqu’à notre véhicule. Je délivre cette attestation pour le Conseil constitutionnel. » Le fait qu’un groupe encercle une candidate est à la fois une provocation physique, une intimidation et une pression sur les électeurs. Combien Marine Le Pen aurait le marché de Méricourt qui circonscription ? En raison dialoguer avec des dizaines tour. Lorsqu’on sait qu’une candidats, cette manœuvre a électeurs. elle pu rencontrer d’électeurs sur est un des plus importants de la de ces manœuvres, elle n’a pas pu de citoyens, la veille du second centaine de voix sépare les deux permis de faire pression sur les

Au surplus, les membres du Conseil Constitutionnel, en visionnant la scène où une candidate est empêchée de faire campagne, feront une juste application de l’article 4 de la constitution : « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l’article 1er dans les conditions déterminées par la loi. La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

E/ De l’abus de la propagande prohibée La défense ne conteste pas que la commune de Carvin a fait distribuer, par les employés de la ville, dans la soirée du vendredi 15 juin et dans la journée du samedi 16 juin, le document suivant : « Flash Info Carvin : Des dégradations inacceptables ! Ce vendredi matin, vous avez constaté comme moi des dégradations commises sur les murs des bâtiments publics, sur le mobilier urbain et sur d’autres supports de toute nature de notre ville. En conséquence, j’ai été amené à demander aux services municipaux de procéder le plus rapidement possible aux différentes réparations. Je demande aux auteurs de cesser cet intolérable comportement et je leur demande d’agir pour que cessent de tels agissements. Les dégâts seront chiffrés et je demanderai à Monsieur le préfet de les facturer aux auteurs. Le bien public acquis par tous les contribuables de la ville est au service de tous. Chaque fois que de telles dégradations sont commises (petits délits ou agissements volontaires) c’est un peu d’égalité de la vie républicaine qui s’en va. Alain MASSON Premier Adjoint – Carvin ».

L’argument de la défense indiquant que le nom de Marine Le Pen ne soit pas directement écrit dans ce tract est inopérant puisqu’il s’inscrit dans un contexte de campagne politique de dernière ligne droite où Philippe Kemel a clairement imputé aux militants du Front National d’avoir causé 15 000 euros de dégradations dans la ville.

L’agence France Presse dans une dépêche datant du vendredi 15 juin à 18h00 indique notamment : « Vendredi matin, le maire PS de Carvin, qui affronte au 2e tour Mme le Pen, a accusé les militants frontistes d'avoir dégradé sa ville avec un collage sauvage et des tags. Des dégâts qu'il a évalué "à 15.000 euros". » AFP

La défense prétend que Marine Le Pen a pu répondre vendredi soir sur France 3 Nord Pas de Calais. Là encore, l’argument est inopérant car tous les habitants de Carvin qui ont reçu ce tract n’ont pas regardé France 3 et, surtout, le tract a été distribué massivement le lendemain, dans TOUTES les boites aux lettres de la ville, ce que la défense ne nie d’ailleurs pas. On se posera d’ailleurs la question de savoir si cette grave accusation de dernière minute ne relève pas de la manipulation lorsqu’on s’aperçoit que la commune de Carvin n’a jamais déposé plainte pour dégradations et que les affichettes litigieuses photographiées par la défense relève d’une évidente fabrication artisanale étonnante et totalement différente de la communication habituelle et traditionnelle de Marine Le Pen.

La diffusion massive de tracts à entête de la commune de Carvin, revêtant un caractère officiel et relayant les accusations de Philippe Kemel contre l’équipe de campagne de Marine Le Pen excède non seulement les limites de la polémique électorale (accusation de graves dégradations) mais ne permettait pas, en raison de la distribution tardive, une réplique de la candidate mise en cause dans toutes les boites aux lettres de la ville.

Ce tract accusatoire et tardif a pu influencer des électeurs ce qui, compte tenu du faible écart de voix existant entre les 2 candidats est suffisant, à lui seul, pour faire annuler l’élection. ***

Compte tenu du caractère des irrégularités invoquées, de l’annulation des résultats dans les bureaux de vote de 2 et 8 de Carvin et numéro 4 de Libercourt, de l’influence qu’elles ont pu avoir sur les résultats du scrutin et du faible écart de voix existant entre les candidats, le Conseil constitutionnel prononcera l’annulation de l’élection contestée.

PAR CES MOTIFS Et tous autres à produire, déduire ou suppléer, au besoin même d’office, Steeve Briois conclut qu’il plaise au Conseil constitutionnel de : prononcer l’annulation des opérations électorales qui se sont déroulées les 10 et 17 juin 1012 dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais et au terme desquelles M. Philippe Kemel a été élu député avec 118 voix d’avance, Infirmer la décision de la CNCCFP concernant Philippe Kemel Rejeter son compte de campagne Prononcer l’inéligibilité de monsieur Kemel pour un an.

Fait à Hénin-Beaumont, le 19 octobre 2012

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